Circuit du Médicament à l’Hôpital  et  Iatrogénie médicamenteuse  Philippe FAGNONI Pharmacien Assistant Spécialiste Département Pharmaceutique CHU de Besançon Institut de Formation en Soins Infirmiers de Besançon
Qualité « Ensemble des caractéristiques d’une entité qui lui confèrent l’aptitude à satisfaire des besoins exprimés ou implicites. »  (NF EN ISO 8402) Qualité des soins « Délivrer à chaque patient, l’assortiment des actes diagnostiques et thérapeutiques qui lui assurera le meilleur résultat et terme de santé, Conformément à l’état actuel de la science Au meilleur coût pour un même résultat Au moindre risque iatrogène (…) »  (OMS) Trois niveaux d’évaluation de la qualité des soins proposées par  DONABEDIAN  :  Les structures :   STRUCTURE Les procédures :   PROCESS Le résultat des soins :   OUTCOME A- Qualité des soins (1)
Niveau national AMM  délivrée par la Commission d’AMM de l’ AFSSAPS  (ou  ATU ) Agrément aux collectivités  par la  Commission de Transparence Délivre aussi le  SMR = qualifie le médicament par rapport à l’impact de la pathologie dans lequel il est indiqué en terme de santé publique  (Majeur, Modéré, Mineur),  Délivre aussi l’ ASMR = ensemble des avantages que procure un traitement en terme d’efficacité/utilité/d’intérêt thérapeutique par rapport aux traitements existants  ( Majeur, Important, Modéré, Mineur, Absence ). Niveau local Inscription au  Livret Thérapeutique de l’établissement  par le la  Commission du Médicament et des Dispositifs Médicaux stériles (COMEDIMS) Prix hôpital  libre (Sf T2A) mais achats soumis au  Code des Marchés Publics B- Conditions minimales pour qu’un médicament soit disponible à l’hôpital (1)
COMEDIMS Mise en place par le  Décret PUI  du 26/12/2000 Au niveau de  chaque  hôpital (public/privé) Chargé d’établir la  politique commune du médicament et des DMS  dans l’établissement avec :  Livret thérapeutique Recommandations de prescription, de bon usage des médicaments/DMS et de lutte contre l’iatrogénie Enquêtes de suivi des consommations B- Conditions minimales pour qu’un médicament soit disponible à l’hôpital (2)
D’après l’arrêté du 31 Mars 1999 Dispositions relatives à la prescription, à la dispensation et à l’administration des médicaments soumis à la réglementation des substances vénéneuses, dans les établissements de santé. Le circuit du médicament idéal comporte cinq étapes : la prescription médicale, l’analyse pharmaceutique de la prescription, la préparation des doses à administrer, la délivrance des médicaments prescrits,  l’administration par l’infirmière au malade .  C- Le circuit du médicament à l’hôpital (1)
C- Le circuit du médicament à l’hôpital (2) © E. Schmitt & F. Locher Circuit du Médicament d’après l’arrêté du 31 Mars 1999
Principes de Prescription médicale / Rôle du prescripteur  Capacité à Prescrire C- Le circuit du médicament à l’hôpital (3) * la liste des prescripteurs habilités, par délégation, est transmise par l’administration à la Pharmacie. même par délégation   même par délégation   Prescripteurs non autorisés   Étudiants en médecine 6 ème  année non validée   par délégation du chef de service*   par délégation du chef de service*   Prescripteurs délégués Praticiens adjoints contractuels, Assistants associés, Attachés associés, Internes et résidents, Faisant-fonction d’internes   de plein droit   de plein droit   Prescripteurs sans limitation de prescription Praticiens hospitaliers, Chefs de clinique Assistants spécialistes ou généralistes, Attachés   les substances vénéneuses   les stupéfiants   Habilitation à prescrire   Catégories de prescripteurs
Liberté  de prescription (Code de déontologie) Expression de la prescription, après examen du patient, indiquant  lisiblement  : nom, prénom, sexe et âge du malade, dénomination du médicament, posologie, mode d’emploi, et durée de traitement, nom, fonction du prescripteur et signature.   Fait  transmettre le double de la prescription  à la pharmacie Veille à la  conservation de l’original  de la prescription sur support papier (CDS) détermine, avec le pharmacien au moins une fois par an, après consultation du cadre infirmier, la  liste qualitative et quantitative des médicaments en dotation d’urgence  C- Le circuit du médicament à l’hôpital (4)
(CDS) donne son accord au pharmacien sur  l’organisation du rangement  des médicaments destinés à répondre aux besoins urgents (CDS) donne son accord au pharmacien sur les  dispositions propres à éviter toute perte, vol ou emprunt des clefs du rangement  des médicaments destinés à répondre aux besoins urgents   (CDS)  signe l’état récapitulatif permettant le renouvellement de la dotation d’urgence   (CDS)  signe les relevés d’administration des stupéfiants C- Le circuit du médicament à l’hôpital (5)
Rôle du Pharmacien  Au CHUB, la majorité des médicaments sont délivrés en « distribution globale » prépare, ou fait préparer, les doses individuelles à administrer (préparations magistrales, préparations hospitalières, et doses unitaires   délivre, ou fait délivrer, les médicaments et toute information nécessaire au bon usage de celui-ci   donne son accord sur les dispositions proposées par le cadre infirmier propre à éviter toute perte, vol ou emprunt des clefs des dispositifs de rangement contrôle de façon périodique les conditions de conservation des médicaments dans les services de soins   C- Le circuit du médicament à l’hôpital (6)
C- Le circuit du médicament à l’hôpital (7) © E. Schmitt & F. Locher Circuit du Médicament d’après l’arrêté du 31 Mars 1999
C- Le circuit du médicament à l’hôpital (8) © E. Schmitt & F. Locher Circuit du Médicament actuel au CHUB = Distribution Globale
Et en plus, pour certains médicaments (antibiotiques, stupéfiants,…), le pharmacien : procède à l’analyse pharmaceutique de l’ordonnance et demande, si nécessaire, tous renseignements utiles (dont vérification de l’habilitation du prescripteur) exige pour le renouvellement de la dotation d’urgence les doubles des documents de prescription et le document relatif signé par le médecin, de plus, concernant les stupéfiants, demande le retour des conditionnements correspondant aux quantités consommées Seule l’informatisation totale du circuit du médicament permet de respecter intégralement l’arrêté du 31 Mars 1999 C- Le circuit du médicament à l’hôpital (9)
Droit de substitution à l’hôpital ? « Le pharmacien ne peut délivrer un médicament autre que celui qui a été prescrit qu’avec l’accord exprès et préalable du prescripteur, sauf en cas d’urgence et dans l’intérêt du patient. Toutefois, il peut délivrer par substitution à la spécialité prescrite une spécialité générique ». Ce droit est une nécessité à l’hôpital :  le COMEDIMS définit la liste des molécules à détenir à l’hôpital, et le pharmacien, conformément au code des marchés publics, met en concurrence différentes spécialités contenant ces molécules pour ne retenir que la plus efficiente. C- Le circuit du médicament à l’hôpital (10)
Rôle de l’infirmière s’assure de  l’adéquation du stock de médicaments dans le service par rapport à la dotation  accordée  et procède aux commandes nécessaires, vérifie  avant toute administration l’identité du malade et des médicaments au regard de la prescription médicale  ainsi que les dates de péremption et le respect du mode d’emploi des médicaments, reconstitue et administre les médicaments au malade ,  enregistre la dose administrée et l’heure d’administration , de même concernant les stupéfiants, remet les conditionnements correspondant aux quantités consommées,  C- Le circuit du médicament à l’hôpital (11)
fixe en accord avec le pharmacien  les dispositions propres à éviter toute perte, vol ou emprunt des clefs du rangement des médicaments  destinés à répondre aux besoins urgents, fixe en accord avec le pharmacien les  modalités de conservation et de stockage des médicaments dans le services .   C- Le circuit du médicament à l’hôpital (12)
Enjeux de la maîtrise du circuit du médicament ? C- Le circuit du médicament à l’hôpital (13) Donner le bon médicament,  de façon adéquate,  au bon patient,  au bon moment.
Enjeux En 2000 Accidents de la route   8079 tués / 162 000 blessés dont 27 000 blessés graves Iatrogénie médicamenteuse hospitalière   24 000 décès !!!!!! enquête nationale sur un jour 1992 43 services / 32 hôpitaux,  109/1733 (6,28%) patients victimes d'accidents iatrogènes, dont 3 décès, part de la iatrogénie médicamenteuse : 82%, [Queneau et al. Bull Acad Natle Med. 1992;176:511-29] D- Circuit du Médicament et iatrogénie (1)
Définitions Effet indésirable  (adverse drug reaction) Réaction nocive et non voulue, se produisant aux posologies normalement utilisées chez l’homme (…) ou résultant d’un mésusage du médicament  [Décret n°278 du 13 Mars 1995] Iatrogénie (=iatropathologie) Grec  iatros =  médecin  + genos  = origine Iatrogénie médicamenteuse Pathologie provoquée par un ou plusieurs médicaments prescrits par le médecin D- Circuit du Médicament et iatrogénie (2)
Quatre types d’erreurs Erreurs scientifiques  (Médecin) Essentiellement au niveau de la prescription Choix / Non prescription / Interactions / Adaptations Erreurs techniques  (Pharmacien /Infirmière) Au niveau de l’exécution de la prescription Préparation / Distribution / Dispensation Erreurs d’administration des médicaments  (Infirmière) Par omission / Administration non autorisée / Erreur de posologie / Erreur de voie / Erreur de fréquence / Erreur de forme galénique / Erreur d’horaire / Erreur de préparation / Erreur de technique d’administration Erreurs pratiques d’utilisation des médicaments Mésusage par le patient (observance) / ou l’infirmière D- Circuit du Médicament et iatrogénie (3)
D- Circuit du Médicament et iatrogénie (4) Modes de défaillance du circuit du médicament Traitement ordonnance Erreur lecture Erreur retranscription Omission Pharmacie fermée, rupture de stock Dispensation Disponibilité du produit Exécution ordonnance Erreur de patient, lecture, interprétation, substitution Médicament Dosage, forme galénique, quantité, péremption  Information Insuffisante, erronée Prescription Ttt inadapté Indication, CI, IM,allergie, monitorage, redondance Médicament inadapté Dose, nb prise,forme galénique, voie administration, incompatibilité Qualité ordonnance Incomplète, illisible, verbale Patient Mauvais patient Information Insuffisante, erronée Préparation-Administration Confusion Patient, médicament Préparation Solvant, soluté, dose, calcul Administration Technique, vitesse, horaire, calcul
Trop de causes Ordonnance orale / abréviations / incomplète Retranscriptions multiples de l’ordonnance Compétence Pluralité de prescripteurs Nécessité de préparation de doses individuelles avec des conditionnements non adaptés à l’hôpital Circuit du médicament en « Distribution Globale » dans plus de 80% des hôpitaux français Conséquences Cliniques, économiques, sociologiques… D- Circuit du Médicament et iatrogénie (5)
Quelques études Une erreur de médication par jour et par patient [Barker et al. Am J Hosp Pharm. 1982;39:987-91] Erreurs de prescriptions 1 ère  cause d’erreur de médication  [Bates et al. JAMA. 1995;274:29-37] D- Circuit du Médicament et iatrogénie (6)
Conformité réglementaire  [Bontemps et al. J Pharm Clin. 1997;16:49-53] taux global non conformité :  94,1% non identification prescripteur : 8% non conformité posologie : 23% non conformité horaire admin : 72% non conformité fréquence : 48,5% Conformité «qualité»  [Tissot et al. Presse Med. 1999] taux global non conformité :  54,2% dose non précisée : 6,2% nbre de prise / j : 7,9% horaires d’administration : 32,3% D- Circuit du Médicament et iatrogénie (7)
Erreurs de préparation / administration Technique de référence : observation directe (Barker)   [Allan et al. Am J Hosp Pharm. 1990;47:555-71] Étude Besançon  [Tissot et al. Intensive Care Med. 1999;25:353-9] Réanimation Médicale Adulte Distribution globale 30 jours d’observation  2009 gestes infirmiers - 568 doses Taux global d’erreur : 23,2% D- Circuit du Médicament et iatrogénie (8)
Perspectives d’amélioration ? Processus :   Du longitudinal segmenté au transversal multidisciplinaire continu  (du global au nominatif = conformément à l’arrêté du 31 Mars 1999) Avec optimisation du rôle des différents acteurs, De l’absence de surveillance à la mise sous Assurance-Qualité D- Circuit du Médicament et iatrogénie (9) © E. Schmitt & F. Locher
Structure matérielle : Du papier aux nouvelles technologies  ( informatisation totale du circuit du médicament) ,  avantages *:  Prévention des erreurs de prescription, Amélioration de la qualité rédactionnelle, Document unique : prévention des erreurs de retranscription, transmission à la pharmacie, transmission d’un plan de traitement pour équipes soignantes, épidémiologie clinique (base de données). Structure organisationnelle : Dispensation nominative de doses prêtes à l’emploi Reconstitution centralisée, Système de code à barre : Prévention des erreurs de préparations, Traçabilité de l’administration Avec mise sous assurance qualité D- Circuit du Médicament et iatrogénie (10) * [M. Kondo et al. Med Hyg 2000;58:826-9 et Gordon et al. JAMA. 1998;279:1024-9]
Vers la maîtrise du circuit du médicament à l’hôpital ? Prise de conscience collective Volonté politique et professionnelle d’amélioration Mise à disposition de moyens Implication de tous les acteurs…  Médecins + Infirmiers(ères) + Pharmaciens
 

Le circuit du médicament à l’hôpital

  • 1.
  • 2.
    Circuit du Médicamentà l’Hôpital et Iatrogénie médicamenteuse Philippe FAGNONI Pharmacien Assistant Spécialiste Département Pharmaceutique CHU de Besançon Institut de Formation en Soins Infirmiers de Besançon
  • 3.
    Qualité « Ensemble descaractéristiques d’une entité qui lui confèrent l’aptitude à satisfaire des besoins exprimés ou implicites. » (NF EN ISO 8402) Qualité des soins « Délivrer à chaque patient, l’assortiment des actes diagnostiques et thérapeutiques qui lui assurera le meilleur résultat et terme de santé, Conformément à l’état actuel de la science Au meilleur coût pour un même résultat Au moindre risque iatrogène (…) » (OMS) Trois niveaux d’évaluation de la qualité des soins proposées par DONABEDIAN : Les structures : STRUCTURE Les procédures : PROCESS Le résultat des soins : OUTCOME A- Qualité des soins (1)
  • 4.
    Niveau national AMM délivrée par la Commission d’AMM de l’ AFSSAPS (ou ATU ) Agrément aux collectivités par la Commission de Transparence Délivre aussi le SMR = qualifie le médicament par rapport à l’impact de la pathologie dans lequel il est indiqué en terme de santé publique (Majeur, Modéré, Mineur), Délivre aussi l’ ASMR = ensemble des avantages que procure un traitement en terme d’efficacité/utilité/d’intérêt thérapeutique par rapport aux traitements existants ( Majeur, Important, Modéré, Mineur, Absence ). Niveau local Inscription au Livret Thérapeutique de l’établissement par le la Commission du Médicament et des Dispositifs Médicaux stériles (COMEDIMS) Prix hôpital libre (Sf T2A) mais achats soumis au Code des Marchés Publics B- Conditions minimales pour qu’un médicament soit disponible à l’hôpital (1)
  • 5.
    COMEDIMS Mise enplace par le Décret PUI du 26/12/2000 Au niveau de chaque hôpital (public/privé) Chargé d’établir la politique commune du médicament et des DMS dans l’établissement avec : Livret thérapeutique Recommandations de prescription, de bon usage des médicaments/DMS et de lutte contre l’iatrogénie Enquêtes de suivi des consommations B- Conditions minimales pour qu’un médicament soit disponible à l’hôpital (2)
  • 6.
    D’après l’arrêté du31 Mars 1999 Dispositions relatives à la prescription, à la dispensation et à l’administration des médicaments soumis à la réglementation des substances vénéneuses, dans les établissements de santé. Le circuit du médicament idéal comporte cinq étapes : la prescription médicale, l’analyse pharmaceutique de la prescription, la préparation des doses à administrer, la délivrance des médicaments prescrits, l’administration par l’infirmière au malade . C- Le circuit du médicament à l’hôpital (1)
  • 7.
    C- Le circuitdu médicament à l’hôpital (2) © E. Schmitt & F. Locher Circuit du Médicament d’après l’arrêté du 31 Mars 1999
  • 8.
    Principes de Prescriptionmédicale / Rôle du prescripteur Capacité à Prescrire C- Le circuit du médicament à l’hôpital (3) * la liste des prescripteurs habilités, par délégation, est transmise par l’administration à la Pharmacie. même par délégation même par délégation Prescripteurs non autorisés Étudiants en médecine 6 ème année non validée par délégation du chef de service* par délégation du chef de service* Prescripteurs délégués Praticiens adjoints contractuels, Assistants associés, Attachés associés, Internes et résidents, Faisant-fonction d’internes de plein droit de plein droit Prescripteurs sans limitation de prescription Praticiens hospitaliers, Chefs de clinique Assistants spécialistes ou généralistes, Attachés les substances vénéneuses les stupéfiants Habilitation à prescrire Catégories de prescripteurs
  • 9.
    Liberté deprescription (Code de déontologie) Expression de la prescription, après examen du patient, indiquant lisiblement : nom, prénom, sexe et âge du malade, dénomination du médicament, posologie, mode d’emploi, et durée de traitement, nom, fonction du prescripteur et signature. Fait transmettre le double de la prescription à la pharmacie Veille à la conservation de l’original de la prescription sur support papier (CDS) détermine, avec le pharmacien au moins une fois par an, après consultation du cadre infirmier, la liste qualitative et quantitative des médicaments en dotation d’urgence C- Le circuit du médicament à l’hôpital (4)
  • 10.
    (CDS) donne sonaccord au pharmacien sur l’organisation du rangement des médicaments destinés à répondre aux besoins urgents (CDS) donne son accord au pharmacien sur les dispositions propres à éviter toute perte, vol ou emprunt des clefs du rangement des médicaments destinés à répondre aux besoins urgents (CDS) signe l’état récapitulatif permettant le renouvellement de la dotation d’urgence (CDS) signe les relevés d’administration des stupéfiants C- Le circuit du médicament à l’hôpital (5)
  • 11.
    Rôle du Pharmacien Au CHUB, la majorité des médicaments sont délivrés en « distribution globale » prépare, ou fait préparer, les doses individuelles à administrer (préparations magistrales, préparations hospitalières, et doses unitaires délivre, ou fait délivrer, les médicaments et toute information nécessaire au bon usage de celui-ci donne son accord sur les dispositions proposées par le cadre infirmier propre à éviter toute perte, vol ou emprunt des clefs des dispositifs de rangement contrôle de façon périodique les conditions de conservation des médicaments dans les services de soins C- Le circuit du médicament à l’hôpital (6)
  • 12.
    C- Le circuitdu médicament à l’hôpital (7) © E. Schmitt & F. Locher Circuit du Médicament d’après l’arrêté du 31 Mars 1999
  • 13.
    C- Le circuitdu médicament à l’hôpital (8) © E. Schmitt & F. Locher Circuit du Médicament actuel au CHUB = Distribution Globale
  • 14.
    Et en plus,pour certains médicaments (antibiotiques, stupéfiants,…), le pharmacien : procède à l’analyse pharmaceutique de l’ordonnance et demande, si nécessaire, tous renseignements utiles (dont vérification de l’habilitation du prescripteur) exige pour le renouvellement de la dotation d’urgence les doubles des documents de prescription et le document relatif signé par le médecin, de plus, concernant les stupéfiants, demande le retour des conditionnements correspondant aux quantités consommées Seule l’informatisation totale du circuit du médicament permet de respecter intégralement l’arrêté du 31 Mars 1999 C- Le circuit du médicament à l’hôpital (9)
  • 15.
    Droit de substitutionà l’hôpital ? « Le pharmacien ne peut délivrer un médicament autre que celui qui a été prescrit qu’avec l’accord exprès et préalable du prescripteur, sauf en cas d’urgence et dans l’intérêt du patient. Toutefois, il peut délivrer par substitution à la spécialité prescrite une spécialité générique ». Ce droit est une nécessité à l’hôpital : le COMEDIMS définit la liste des molécules à détenir à l’hôpital, et le pharmacien, conformément au code des marchés publics, met en concurrence différentes spécialités contenant ces molécules pour ne retenir que la plus efficiente. C- Le circuit du médicament à l’hôpital (10)
  • 16.
    Rôle de l’infirmières’assure de l’adéquation du stock de médicaments dans le service par rapport à la dotation accordée et procède aux commandes nécessaires, vérifie avant toute administration l’identité du malade et des médicaments au regard de la prescription médicale ainsi que les dates de péremption et le respect du mode d’emploi des médicaments, reconstitue et administre les médicaments au malade , enregistre la dose administrée et l’heure d’administration , de même concernant les stupéfiants, remet les conditionnements correspondant aux quantités consommées, C- Le circuit du médicament à l’hôpital (11)
  • 17.
    fixe en accordavec le pharmacien les dispositions propres à éviter toute perte, vol ou emprunt des clefs du rangement des médicaments destinés à répondre aux besoins urgents, fixe en accord avec le pharmacien les modalités de conservation et de stockage des médicaments dans le services . C- Le circuit du médicament à l’hôpital (12)
  • 18.
    Enjeux de lamaîtrise du circuit du médicament ? C- Le circuit du médicament à l’hôpital (13) Donner le bon médicament, de façon adéquate, au bon patient, au bon moment.
  • 19.
    Enjeux En 2000Accidents de la route 8079 tués / 162 000 blessés dont 27 000 blessés graves Iatrogénie médicamenteuse hospitalière 24 000 décès !!!!!! enquête nationale sur un jour 1992 43 services / 32 hôpitaux, 109/1733 (6,28%) patients victimes d'accidents iatrogènes, dont 3 décès, part de la iatrogénie médicamenteuse : 82%, [Queneau et al. Bull Acad Natle Med. 1992;176:511-29] D- Circuit du Médicament et iatrogénie (1)
  • 20.
    Définitions Effet indésirable (adverse drug reaction) Réaction nocive et non voulue, se produisant aux posologies normalement utilisées chez l’homme (…) ou résultant d’un mésusage du médicament [Décret n°278 du 13 Mars 1995] Iatrogénie (=iatropathologie) Grec iatros = médecin + genos = origine Iatrogénie médicamenteuse Pathologie provoquée par un ou plusieurs médicaments prescrits par le médecin D- Circuit du Médicament et iatrogénie (2)
  • 21.
    Quatre types d’erreursErreurs scientifiques (Médecin) Essentiellement au niveau de la prescription Choix / Non prescription / Interactions / Adaptations Erreurs techniques (Pharmacien /Infirmière) Au niveau de l’exécution de la prescription Préparation / Distribution / Dispensation Erreurs d’administration des médicaments (Infirmière) Par omission / Administration non autorisée / Erreur de posologie / Erreur de voie / Erreur de fréquence / Erreur de forme galénique / Erreur d’horaire / Erreur de préparation / Erreur de technique d’administration Erreurs pratiques d’utilisation des médicaments Mésusage par le patient (observance) / ou l’infirmière D- Circuit du Médicament et iatrogénie (3)
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    D- Circuit duMédicament et iatrogénie (4) Modes de défaillance du circuit du médicament Traitement ordonnance Erreur lecture Erreur retranscription Omission Pharmacie fermée, rupture de stock Dispensation Disponibilité du produit Exécution ordonnance Erreur de patient, lecture, interprétation, substitution Médicament Dosage, forme galénique, quantité, péremption Information Insuffisante, erronée Prescription Ttt inadapté Indication, CI, IM,allergie, monitorage, redondance Médicament inadapté Dose, nb prise,forme galénique, voie administration, incompatibilité Qualité ordonnance Incomplète, illisible, verbale Patient Mauvais patient Information Insuffisante, erronée Préparation-Administration Confusion Patient, médicament Préparation Solvant, soluté, dose, calcul Administration Technique, vitesse, horaire, calcul
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    Trop de causesOrdonnance orale / abréviations / incomplète Retranscriptions multiples de l’ordonnance Compétence Pluralité de prescripteurs Nécessité de préparation de doses individuelles avec des conditionnements non adaptés à l’hôpital Circuit du médicament en « Distribution Globale » dans plus de 80% des hôpitaux français Conséquences Cliniques, économiques, sociologiques… D- Circuit du Médicament et iatrogénie (5)
  • 24.
    Quelques études Uneerreur de médication par jour et par patient [Barker et al. Am J Hosp Pharm. 1982;39:987-91] Erreurs de prescriptions 1 ère cause d’erreur de médication [Bates et al. JAMA. 1995;274:29-37] D- Circuit du Médicament et iatrogénie (6)
  • 25.
    Conformité réglementaire [Bontemps et al. J Pharm Clin. 1997;16:49-53] taux global non conformité : 94,1% non identification prescripteur : 8% non conformité posologie : 23% non conformité horaire admin : 72% non conformité fréquence : 48,5% Conformité «qualité» [Tissot et al. Presse Med. 1999] taux global non conformité : 54,2% dose non précisée : 6,2% nbre de prise / j : 7,9% horaires d’administration : 32,3% D- Circuit du Médicament et iatrogénie (7)
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    Erreurs de préparation/ administration Technique de référence : observation directe (Barker) [Allan et al. Am J Hosp Pharm. 1990;47:555-71] Étude Besançon [Tissot et al. Intensive Care Med. 1999;25:353-9] Réanimation Médicale Adulte Distribution globale 30 jours d’observation 2009 gestes infirmiers - 568 doses Taux global d’erreur : 23,2% D- Circuit du Médicament et iatrogénie (8)
  • 27.
    Perspectives d’amélioration ?Processus : Du longitudinal segmenté au transversal multidisciplinaire continu (du global au nominatif = conformément à l’arrêté du 31 Mars 1999) Avec optimisation du rôle des différents acteurs, De l’absence de surveillance à la mise sous Assurance-Qualité D- Circuit du Médicament et iatrogénie (9) © E. Schmitt & F. Locher
  • 28.
    Structure matérielle :Du papier aux nouvelles technologies ( informatisation totale du circuit du médicament) , avantages *: Prévention des erreurs de prescription, Amélioration de la qualité rédactionnelle, Document unique : prévention des erreurs de retranscription, transmission à la pharmacie, transmission d’un plan de traitement pour équipes soignantes, épidémiologie clinique (base de données). Structure organisationnelle : Dispensation nominative de doses prêtes à l’emploi Reconstitution centralisée, Système de code à barre : Prévention des erreurs de préparations, Traçabilité de l’administration Avec mise sous assurance qualité D- Circuit du Médicament et iatrogénie (10) * [M. Kondo et al. Med Hyg 2000;58:826-9 et Gordon et al. JAMA. 1998;279:1024-9]
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    Vers la maîtrisedu circuit du médicament à l’hôpital ? Prise de conscience collective Volonté politique et professionnelle d’amélioration Mise à disposition de moyens Implication de tous les acteurs… Médecins + Infirmiers(ères) + Pharmaciens
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Notes de l'éditeur

  • #4 Base de la qualité industrielle = PDCA ou roue de Deming Structure : Ce niveau évalue les ressources humaines, matérielles et l’organisation de l’ensemble du lieu où ont lieu les soins Process : Ce niveau évalue les procédures de soins, s’appuyant essentiellement sur les audits médicaux OUTCOME : ce niveau évalue la variation de l’état de santé des malades attribuable aux soins dont il a bénéficié. Tous ces niveaux fortement imbriqués.
  • #5 Commission de transparence fixe également : inscription sur la liste des médicaments remboursables aux assurés sociaux, édite les fiches de transparence = précise la place d’un nouveau médicament par rapport à l’arsenal thérapeutique déjà dispo et cible la population (épidémiologie) qui pourra en tirer un bénef maximal, fixe le SMR = qualifie le médicament par rapport à l’impact de la pathologie où il est indiqué en terme de santé publique = fonction efficacité/effets indésirables, place par rapport aux autres traitements dispos, gravité de l’affection, intérêt santé pub, caractère préventif ou curatif. 3 SMR = Majeur (traite maladies avec mise en jeu pronostic vital SUBUTEX, REBETOL, CELESTENE), Modéré (CLARYTINE), Mineur (pour pathologie bénigne, mais que les autorités veulent prendre en charge de façon collective) Fixe aussi l’ ASMR = ensemble des nouveaux avantages que procure ce nouveau médicament en terme d’efficacité/utilité/intérêt pour le patient par rapport aux médics existants. 5 niveaux 1)Progrès thérapeutique majeur, 2) Amélioration importante en terme d’efficacité et/ou réduction EI 3) Amélioration modérée Eff et/ou EI, 4) Amélioration mineure en terme d’acceptabilité, commodité d’emploi, observance, complément de gamme justifiée, 5)Aucune amélioration RSS aussi fixé par Commission de transparence = 100% irremplaçable et particulièrement coûteux, 35% destinés à traiter troubles ou affections sans caractère habituel de gravité, 65% les autres médics CEPS = Membre = ASS Maladie, Ministère travail, Ministère Eco Finance. Objectif = Accord conventionnel trisannuel avec l’industriel sur le prix en ville – Engagement industriel volume/prix. Fonction = SMR/ASMR/Volume => (Prix ville fixé par le Comité Économique des Produits de Santé ) Si absence AMM => ATU + agrément coll. L’achat, la fourniture, la prise en charge et l’utilisation par les collectivités publiques est limité aux produits agréés aux collectivités.
  • #7 Relatif à la prescription, dispensation,et administration des médicaments soumis à la réglementation des subst vén dans les établissements de santé
  • #9 Capacité à prescrire varient fonction compétence des prescripteurs et peuvent faire l’objet de limitations plus ou moins étendues (hors restrictions prévues par l’AMM). Les sages femmes ont également un droit limitatif à certaines spécialités (contraceptifs, certains stups) de prescription Code de déontologie médicale Article 8 Liberté de prescription « dans les limites fixées par la loi, le prescripteur est libre de ses prescriptions, qui seront celles qu’il estime le plus appropriées en la circonstance »
  • #10 Liberté = prescription hors AMM normalement que ATU ou EC. Dans la réalité 20 % voire plus des prescriptions sont hors AMM… le plus souvent avec de réels besoins et rationnel scientifique (AMM parfois trop restrictif Ex pédiatrie). Double pour toutes les prescriptions (today uniquement pour les stups)
  • #12 Distribution = ne sous entend aucune compétence pharmaceutique particulière Le pharmacien hospitalier ne serait-il qu’un grossiste répartiteur ?=> Dispensation = valeur ajoutée pharmaceutique = analyse pharmaceutique
  • #15 Médicaments à marge étroite/nouveaux/chers/où enjeux majeurs antibiorésistance)
  • #20 Réduire l’incidence des accidents iatrogènes évitables = Priorité Conférence Nationale de Santé en 1996 Problème majeur de santé publique pour morbi/mortalité et coût (Comité technique pharmacovigilance 1997 Donc iatrogénie médicamenteuse hospit tue trois fois plus que la route !!!!!!!! (Source Forum AAQTE = association pour l’assurance qualité en thérapeutique) Effet indésirable = implique organisation de pharmacovigilance Iatrogénie = qui est provoqué par le médecin Iatropathologie = Terme issu du rapport Queneau = mission sur la iatrogénie et sa prévention en 1998 Accident médical = indépendant de la maladie ou état antérieur + imprévisible + anormalement grave Aléa thérapeutique = Science non exacte (=résultat non garanti)
  • #22 Scientifiques Choix = trop de médics = pas bien, tout comme oubli d’une prescription (ATB dans méningite) Adaptation = dose trop faible ou trop forte (marge thérapeutique étroite théophylline, digoxine/ou IR/IH) Interactions = induct/inhibiteru enzym, dangereux = IMAO+tricycliques, DIGOXINE+Ca++ IV CAUSES = manque de formation/pluralité des prescripteurs pour un même patient / Prescription ORALE ou abrégée Technique = inf et/ou pharmacien Préparation = Erreur de matière première pour la préparation, de pesée, de choix des excipients,… Distribution / dispensation = erreur d’approvisionnement, problème présentation des étiquettes, boîtages (confusions, Génériques qui se ressemblent tous) CAUSES = en premier lieu = Ordonnance orale ou mal écrite laissant place à l’interprétation, La RETRANSCRIPTION Administration = inf Omission = oubli de prise, Non autorisée = non prescrit ou prescrit au voisin !, Forme = administration orale d’un injectable, Horaire = corticoïde le soir, Préparation = mauvaise reconstitution ou conservation CAUSE = multiplicité prescription, retranscription,…, roulement, insuffisance de communication, formation Pratique = le patient si on lui a mal expliqué comment s’en servir Va jusqu’à l’observance CAUSE= prescription, culture, traitement chronique…
  • #23 LE FAIT D’ETRE
  • #24 Clinique=morbi-mortalité Économique = coûts D=augmentation DMS + traitements / Ind=perte de productivité / Intangible=préjudice moral et inefficience de l’utilisation des moyens Coût total direct de la iatrogénie hospitalière : 10 milliards de francs (Queneau et al. Bull Acad Natle Med. 1992;176:511-29) Sociologique = Perte de confiance du patient et des assureurs
  • #28 Améliorer la structure ne peut qu’améliorer le processus Difficile de toucher au rôles des acteurs… Informatisation totale permet de garantir l’efficience du processus
  • #29 UCR = intérêt économique en plus ! Mais intérêt majeur pour médics dangereux et chers Code Barre = Traçabilité + dernier garde fou avant administration (Chester et al. Am J Hosp Pharm. 1989;46:1380-5) MAIS implique informatisation totale