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Chapitre 1 Parce que Susan Boyle, sors de ce corps!

J'aime bien écrire des petits trucs idiots dans mon agenda et les laisser en évidence pour
qu'un indiscret vienne les lise et me félicite sur mes qualités littéraires. Des bouts de
poèmes, des choses comme ça.
Je ne m'imagine pas être écrivain- faut trop de talent pour ça- mais j'ai un milliards de
choses à dire, j'ai envie d'échanger et puis ptêtre un peu laisser une trace de moi, quelque
chose d'utile j'espère. Voila pourquoi, à minuit aujourd'hui, je n'ai rien trouvé de plus
intelligent que de commencer ce blog.
Qui m'aime (ou pas) me suive!
A propos d'Amour, j'étais hier à la fête de L dans son minuscule studio (je crois bien que
y'avait plus de gens que de mêtres carrés, mais je suis pas allée vérifier!) . Donc, j'étais avec
les têtes habituels quand arrive, comme par enchantement, le seul beau mec de la soirée
(non, les autres n'étaient pas moches à ce point, mais lui était vraiment trop canon!).
Quand il est arrivé, j'vais déja descendu un peu de Vodka (mélangée à du jus,
heureusement), plusieurs bierres et quelques tafs.
Donc, vous le devinez, j'étais...bien. L'avantage, c'est que je n'avais plus trio la place de
penser avec tout ce que j'avais dans la tête. Donc cet aréable garçon, comme je ne l'ai pas
dit, était exctement mon type: grand, avec des dreads, piercés et tattoués, les autres gamins
à côté faisaient pale figure. Même son nom est incroyable: JB Fabuleux. Oui, Fabuleux!
L. me l'a présenté comme étant son ex. Premier problème. Mais vu que je suis pas d'un
naturel jaloux, ça m'a pas arrêtée dans mon élan. On a tapé un peu la discute, mais plus je
parlais plus il répondait par monosyllabes.
Bon, j'ai ensuite testé la technique du toutou, je l'ai suivie sur le balcon quand on est partis
clopés, je me suis assise à côté de lui sur le canapé. J'ai tout essayé: la mise en valeur de
mes attributs naturels, discuter de ces tattos, le complimenter, rien n"y a fait.
A la fin, désespérée, je me suis jetée sur le premier mec venu et j'ai passé la nuit avec ce
gentil petit gros plein d'humour...pendant que le beau gosse me fuyait comme la peste et
dormait avec son ex qu'il semblait vraiment apprécie plus qu'une ex...
Je suis partie la première ce matin. Dans le métro j'ai croisé tous ces pauvres gens qui
allaient au boulot, ou à l'école.
Je me suis sentie bien.
Et puis ensuite très conne parce que ce soir, je suis encore seule, avec des images glacées de
superbes mannequins pour me consoler. Espérons que demain j'aurais le sourire.
A.
Chapitre 2 Parce que y'aura tout sur Facebook demain

Je me rappelle un lendemain de fête quand jétais en seconde. Le mélange alcool-fumette
m'avait rendue paf et je me suis réveillée le matin avec une sale gueule (qui était aussi de
bois). Tout le monde dormait encore alors je me sui levée. S'il y a bien un truc que j'aime
dans ces moments-la, c'est que la maison entière m'appartient, et que je peux en profiter
pour chourrer des trucs ou vider les frigo sans qu'on me remarque.
Pas de bol, quelqu'un avait eu la même idée que moi et dans la cuisine j'ai retrouvé A. qui
finissait un pot de Nutella, signe qu'elle n'allait pas bien. A l'époque on se cotoyait sans
vraiment se connaitre, mais j'étais trop affamée pour retourner me coucher. J'ai ouvert le
frigo et en ai cherché de quoi manger jusqu'à en sortir un énorme plat de pates(parce que
je suis la seule personne au monde à pouvoir mangé des pates au fromage à 6h du matin)
et du fromage.
Je me suis assise devant elle et on a mangé en silence. Et puis quand elle a fini le pot, elle
m'a dit:
"Je me sens trop torturée, quoi."
Je me suis dit qu'une meuf qui vient de se bourrer de chocolat n'était pas sencée se sentir
torturée mais je l'ai pas ouverte. Je sentais bien qu'elle avait envie de parler, pas d'entendre
quelqu'un. Elle m'a avouée qu'elle était grave amoureuse.
Elle avait l'air terrifiée et totalement perdue, c'était adorable. Je lui ai donné le seul conseil
qui me semblait utile: en gros elle avait interêt à agir, parce que quand elle serait une
vieille de 40 piges et qu'elle y repenserait, elle se torturerait avec des regrets, des "J'aurais
du.." et "Qu'est-ce qui se serait passé si...". Ou ça passait, ou ça cassait mais si elle restait
planté la elle vivrait jamais rien, les bons moments comme les mauvais.
Elle m'a regardé plutot surprise et dit "Je te croyais totalement folle et dingue mais en
fait...t'es pas si conne".
Ca m'a fait plaisir de voir qu'elle avait une bonne opinion de moi, quand même!
Après, O. a débarquée avec les cheveux en pétards; elle avait confondu la porte des toilettes
et celle de la cuisine et 1 mois après, on avait formé la Trilogy, alias, la meilleure bande de
potesse de tout le bahut.
J'irai pas jusqu'à dire que je fais partie de la pseudo"Jeunesse Dorée" parce qu'il n'y a rien
de doré à être née dans le bon milieu, mais mes parents peuvent me payer tous mes
caprices.
Du coup, j'ai fait toute ma scolarité dans des boites privées cathos, et dans ces prisons la, il
arrive (quelque fois) que viennent des extraterrestres: des gens qui habitent en cité ou en
banlieue, ou les deux et n'ont pas la chance d'aller en vacances 5 fois par an dans les quatre
coins du monde. A. en fait partie.
On est devenues surtout amies parce que, comme moi, elle se fout totalement de l'opinion
qu'ont les autres sur elle, et opinions il y en a beaucoup entre autres car elle ne cache pas le
fait qu'elle soit gay. Elle trace la tête haute, un tel comportement ne pouvait donc que
m'impressionner.
 Je crois aussi que je suis franchement attirée par A., mon exact contraire, une meuf
gentille, franche, sympa, et qui rêve encore du grand amour. Et surement que je l’envie de
son optimisme.
A trois, on était juste imbattables, et intouchables.
Enfin, aujourd'hui, on s'est plutot éparpillée, j'ai plus de nouvelles d'A., elle fait la muette
quand je lui envoie des SMS mais sur so Facebook, elle a plutôt l'air de bien s'amuser, à
faire la conne sur les photos, et à verser des torrents d'amour sur les Murs de ses nouvelles
amies.
C'est la vie, comme on dit. J'espère juste pouvoir la revoir un jour.
A.
Chapitre 3 Parce qu'il faut rester enfant, Peter Pan

Quand j'étais petite j'étais persuadée qu'en grandissant, beaucoup de choses
s'amélioreraient. La route droite que je pensais être l'avenir serait sure, inchangée. Je
serais forte, sans peur et sans reproche, comme les adultes qui m'entouraient. Je serais
fidèle à ma ligne de conduite et en exigerait autant des autres. Le temps a passé, depuis et
alors que je suis maintenant une adulte, j'ai bien peur de ne jamais le devenir.
Je ne suis sure de rien et doute de pouvoir assumer les trop nombreuses responsabilités
qui incombent à un adulte (certains jours, j'ai l'impression d'être encore un bébé grandi
trop vite), mon avenir est bancal et hésitant, les vieux ne sont d'aucune aide puisqu'ils sont
pires. Je préférerais retourner dans les bras protecteurs de l'enfance que d'aller droit
devant.
Pour mes amis, ça ne vaut pas mieux. Nous errons, d'histoires d'amours tronqués parce
que l'autre est encore à fond sur son ex en (semi) ou total plans culs, en échecs, que ce soit
à des partiels ou à l'entrée de grandes écoles. Mais Dieu merci, le week-end arrive et on
peut enfin se bourrer la gueule et fumer.
Ce serait trop facile de ma part de m'arrêter à un constat aussi pessimiste: pour
rééquilibrer la balance nous sommes des enfants plutôt sympas avec nos parents, nous
accumulons les jobs d'étudiants pour gagner notre indépendance, nous avons des rêves et
l'avenir nous est (encore) ouvert.
Les Skyblogs ont été fermés, on passe presque tous eu notre bac et de ces courtes années
derrière nous, seuls les meileurs, les plus fidèles, sont encore à nos côtés.
Je sais que c'est paq bien de juger mais à part de rares expressions, je vois ce que nous
sommes et je me dis: « C'est pas bien ça. C'est pas bien du tout. », aussi bien les vierges
jusqu'au mariage que les players, ceux qui ont décidé de chanter dans le métro et ceux qui
n'ont que leurs prépas et HEC dans la tête. Et moi je ne vaux pas mieux, à accumuler des
histoires qui ne durent pas plus d'une soirée.
En ce moment, je me recentre, je fais le ménage. J'ai des regrets que les choses ne se soient
pas passés comme je les rêvais mais pourquoi aurait-elles du obéir à ma seule volonté? Je
ne suis pas Dieu, que je sache.
Non, peu de choses se sont passés comme je l'imaginais, enfant.
Mais une chose est sure: je ne pourrais jamais ne pas prendre au sérieux un gosse.
A.
Chapitre 4 Parce que t'es jeune et t'es con

Je pars en couilles. Remarque, c'est pas de ma faute, je fais des efforts, c'est juste les autres
qui sont compliqués. En ce moment par exemple, à 1 semaine des vacances, les profs
mettent doublement la pression parce que, parait-il, un examen pire que vital nous attend
en juin et qu'on est obligé de choisir nos futures écoles qui elles-mêmes détermineront les
40 prochaines années de notre vie et faut pas se viander!!
On a eu droit à la traditionnelle réunion d'information . La bas, j'ai croisé un groupe de
meufs de ma classe, dont N., mais je vous en dirai plus sur elle un autre jour. Donc, je fais
un effort pour être sociable: je me suis incrustée dans leurs groupe, ai hoché la tête quand
elles se sont mises à discuter de l'intérêt de mettre des portes jarretelles pour le nouvel an.
Donc, à ce mini-salon, on a croisé des représentants d'écoles de commerce (beurk!) et d'art
qui essayaient de nous convaincre de raquer 6000e par an pour se retrouver dans 5 ans
avec un diplôme même pas reconnu par l'état. Mais après tout, si on en dépensait autant
pour ce pensionnat, pourquoi ne pas ocntinuer les années à venir? Sinon, j'ai eu mes
résultats du bac blanc: 9,73 de moyenne, je pense qu'avec ça j'irai loin.
A un moment autour d'un stand, un prof a été assez con pour nous dire que "nous avions
de la chance d'être encore jeunes et qu'il nous fallait profiter de nos précieuses années de
lycée qui touchaient à leur fin". Ils sont tous aveugles ou quoi? Qu'est qu'il y a de précieux à
suivre des cours ennuyants, à être débordée de travail et dépendants de nos parents qui
nous traitent encore ocmme des bébés alors qu'on a des poils et compagnie?
A.
Chapitre 5 Parce qu'on est jeunes et limités!
Je ne vois pas pourquoi tout le monde se félicite d'être en vacances. Les cours font chier
mais à la maison c'est pas mieux.
Prenons mes parents, par exemple. Quand je rentre à la maison, il ne faut pas bien
longtemps avant que ça ne démarre, les cris et les claquements de portes théâtraux. La
cause en est souvent tel ou telle supposé amant ou maitresse, ou bien une dépense
inconsidérée de l’un ou de l’autre (un conseil, ne vous mariez pas en communauté de biens
si vous espérez échapper aux huissiers). Et puis, après de longs moments ou on ne s’entend
plus penser, ils se souviennent qu’ils sont des adultes et se réconcilient dans leur chambre.
Puis vient le chef d’œuvre, au diner : tous réunis autour de la table, ma mère, les yeux
pleins d’étoiles sert avec servitude un bon petit plat à son mari, des « chéris » sous le bras.
Il n'y a pas de vie, et encore moins d'esprit de famille. Tout est morne et mort, aussi mort
que la viande qu'elle nous sert. L'ambiance est tendue ; je ne lève pas les yeux vers mon
père, pas plus que je ne lui parle. Je m'empiffre rapidement, en silence, et je réponds par
monosyllabes aux vaines tentatives de maman pour réchauffer l'atmosphère.
Quand il a fini, elle débarrasse docilement et pour le rassurer dans sa virilité, elle lui
demande de l’aide pour réparer une chaise, par exemple. Une fois installés devant la télé
elle commente avec force les programmes en sollicitant son avis comme si penser était une
chose dont elle est incapable.
Ma mère, contrairement aux idées reçues, n’assume pas d’être une femme active et dès
qu’elle retourne dans son foyer, troque son tailleur pour un tablier plus seyant.
Cette situation me fait peur car il est fort probable que je devienne comme elle, soumise et
frustrée. Ma solution, c'est d’essayer au maximum de les éviter : quand je rentre à la
maison, je trace direct jusque dans ma chambre, un MCDO dans mon sac et je ne fais
même pas l'effort d'être polie.
C'est un peu plus gai quand elle se pointe. Elle est super précoce et mignonne. Quand elle
est la, je retombe dans l'enfance. Je joue à Barbie-et-Action man-vont-faire-la-guerre-
dans-la-machine-à-laver, à Ken-escalade-les-barreaux-du-lit, je regarde des vieux Disney.
Mais bon, c'est dommage, elle n'est pas souvent la.
A elle seule, elle illuminerait un cimetière.
Heureusement que y'a ma soeur.
Pourquoi dans les séries idiotes qui passent à la télé, les mecs et meufs de nos âges ont une
super vie, des supers apparts et vont au bahut genre, une fois tous les mois?
En plus il neige. Je suis dehors dans le froid, mais aujourd'hui, j'ai décidé en sortant des
cours que ça pouvait plus continuer comme ça, tout simplement.
Donc je me suis tirée de chez moi.
Chapitre 6 …

Hier, donc, le dernier jour de cours de l'année, qui sonnait donc le début des vacances de
Noël, à la dernière heure de cours, j'ai reçu un SMS d'A.: « J voulé te dir k'en ce moment
chuis dan 1 centre pour ado paske ça va pa tro en ce momen...Tinkiet, j'ai r1 de grave é je
sortiré biento! ».
La seule chose que j’y ai apprise, à l'école, c’est que ce genre d’endroits est rempli de gens
fêlés, obsédés par l’idée de rester au top niveau. Prenons cette fille, N. Elle ne peut pas
supporter le fait que j'existe. Je le sais, je le sens, chaque fois que je dis ou fait quelque
chose de, disons, particulier, et qu'elle me dévisage de la tête au pied comme si j'étais
bonne à aller à l'asile (je sais que je le suis mais bon ,c'est pas grave). Elle grimace quand je
lui parle, et quand c'est elle qui veut m'adresser la parole, elle m'interpelle comme si j'étais
sa putain de femme de ménage. Et c'est bien dommage parce que je vous assure qu'il y a
quelques années, elle était bien sympa.
 Et puis il y a aussi G. La seule à chose à dire c'est qu'elle est...bavarde. Ennuyeuse à
mourir. Mais comme elle est sympa, je reste avec elle, parce que, voyez vous, je suis le
genre de grande âme qui prend sous son aile les pauvres gens.
Le plus marrant c'est que, jusqu’à aujourd'hui, je n’imaginais pas que cette situation
m’était aussi insupportable. Mon quotidien, je le vivais comme un téléfilm interprété par
des acteurs minables et qu’on regarde d’un œil entrouvert à 2h30, parce qu’on a pas envie
de dormir.
Comme toujours, il y a eu un élément déclencheur: aussi soudainement que cela puisse
être, alors que j'étais affalée sur la table les paupières tombantes, je sortis de mon royal
ennui, prenant conscience que nous étions en cours d’anglais et que ma voisine Géraldine
babillait allègrement:
 -...et donc tu vois, je suis super contente qu'on soit ensemble, parce ce que j'avais pas
vraiment envie de me retrouver à côté de ces deux connes de Rugoberte et Albertine, tu
vois, je peux même pas blairer leurs noms. Sinon, tu penses quoi de ma nouvelle coupe,
elle me va bien, non? Parce que je voulais que tous les autres me remarquent et puis
j'attends l'été pour montrer mon piercing, mais ils ont dit que...
Dehors, les arbres dans la cour étaient nus et ployaient sous les coups du vent, perdant
leurs branches et leurs feuilles. C'était un spectacle vraiment désolant, mais pour qui
excepté les rêveurs?
 A poor life this is, full of care. We have no time to stand and stare.
Ces paroles dansaient dans ma tête et tout d'un coup elles recouvrirent tout leur sens. J’eus
la certitude frappante qu’ils m’étaient adressés. A ce moment la, Noémie, qui se faisait
défoncer par la prof au tableau, se mit à pleurer.
La cloche sonna la délivrance. Je me sentais un peu mal pour elle qui allait se faire
défoncer mais l’essentiel était que j’avais enfin compris que je perdais mon temps ici. Je
me levai précipitamment pour aller empaqueter toutes mes affaires dans le dortoir.
Tout se serait excellemment bien passé si G., à côté, ne me regardait avec des yeux de
merlan fris -ce qui signifiait qu’elle n’avait rien trouvé de plus intelligent que de me suivre.
Je ne me voyais pas lui dire que je plaquais tout.J’étais coincée, alors je lui ai donné un
prétexte bidon, comme quoi j'attendais que la place se fasse rare autour de N.
Prise à mon propre piège, je rejoignis celle-ci, suivie par mon chien docile qui, pour se
rendre utile, la consola tout en affirment assez simplement que ça servait à rien de pleurer
pour ça. J'avais un million de mots compatissants à lui dire mais rien ne sortait et j’ai
quitté le pensionnat sans même avoir l’affront d’aller prendre mes affaires, et sans rien leur
révéler. Je me retournai frénétiquement vers le bâtiment qui s’éloignait au fur et à mesure
de mes pas, sous les bavardages de Géraldine qui meublait, osant à peine réaliser que je ne
le verrai plus...
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Les chats errants essai

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  • 2. Chapitre 1 Parce que Susan Boyle, sors de ce corps! J'aime bien écrire des petits trucs idiots dans mon agenda et les laisser en évidence pour qu'un indiscret vienne les lise et me félicite sur mes qualités littéraires. Des bouts de poèmes, des choses comme ça. Je ne m'imagine pas être écrivain- faut trop de talent pour ça- mais j'ai un milliards de choses à dire, j'ai envie d'échanger et puis ptêtre un peu laisser une trace de moi, quelque chose d'utile j'espère. Voila pourquoi, à minuit aujourd'hui, je n'ai rien trouvé de plus intelligent que de commencer ce blog. Qui m'aime (ou pas) me suive! A propos d'Amour, j'étais hier à la fête de L dans son minuscule studio (je crois bien que y'avait plus de gens que de mêtres carrés, mais je suis pas allée vérifier!) . Donc, j'étais avec les têtes habituels quand arrive, comme par enchantement, le seul beau mec de la soirée (non, les autres n'étaient pas moches à ce point, mais lui était vraiment trop canon!). Quand il est arrivé, j'vais déja descendu un peu de Vodka (mélangée à du jus, heureusement), plusieurs bierres et quelques tafs. Donc, vous le devinez, j'étais...bien. L'avantage, c'est que je n'avais plus trio la place de penser avec tout ce que j'avais dans la tête. Donc cet aréable garçon, comme je ne l'ai pas dit, était exctement mon type: grand, avec des dreads, piercés et tattoués, les autres gamins à côté faisaient pale figure. Même son nom est incroyable: JB Fabuleux. Oui, Fabuleux! L. me l'a présenté comme étant son ex. Premier problème. Mais vu que je suis pas d'un naturel jaloux, ça m'a pas arrêtée dans mon élan. On a tapé un peu la discute, mais plus je parlais plus il répondait par monosyllabes. Bon, j'ai ensuite testé la technique du toutou, je l'ai suivie sur le balcon quand on est partis clopés, je me suis assise à côté de lui sur le canapé. J'ai tout essayé: la mise en valeur de mes attributs naturels, discuter de ces tattos, le complimenter, rien n"y a fait. A la fin, désespérée, je me suis jetée sur le premier mec venu et j'ai passé la nuit avec ce gentil petit gros plein d'humour...pendant que le beau gosse me fuyait comme la peste et dormait avec son ex qu'il semblait vraiment apprécie plus qu'une ex... Je suis partie la première ce matin. Dans le métro j'ai croisé tous ces pauvres gens qui allaient au boulot, ou à l'école. Je me suis sentie bien. Et puis ensuite très conne parce que ce soir, je suis encore seule, avec des images glacées de superbes mannequins pour me consoler. Espérons que demain j'aurais le sourire. A.
  • 3. Chapitre 2 Parce que y'aura tout sur Facebook demain Je me rappelle un lendemain de fête quand jétais en seconde. Le mélange alcool-fumette m'avait rendue paf et je me suis réveillée le matin avec une sale gueule (qui était aussi de bois). Tout le monde dormait encore alors je me sui levée. S'il y a bien un truc que j'aime dans ces moments-la, c'est que la maison entière m'appartient, et que je peux en profiter pour chourrer des trucs ou vider les frigo sans qu'on me remarque. Pas de bol, quelqu'un avait eu la même idée que moi et dans la cuisine j'ai retrouvé A. qui finissait un pot de Nutella, signe qu'elle n'allait pas bien. A l'époque on se cotoyait sans vraiment se connaitre, mais j'étais trop affamée pour retourner me coucher. J'ai ouvert le frigo et en ai cherché de quoi manger jusqu'à en sortir un énorme plat de pates(parce que je suis la seule personne au monde à pouvoir mangé des pates au fromage à 6h du matin) et du fromage. Je me suis assise devant elle et on a mangé en silence. Et puis quand elle a fini le pot, elle m'a dit: "Je me sens trop torturée, quoi." Je me suis dit qu'une meuf qui vient de se bourrer de chocolat n'était pas sencée se sentir torturée mais je l'ai pas ouverte. Je sentais bien qu'elle avait envie de parler, pas d'entendre quelqu'un. Elle m'a avouée qu'elle était grave amoureuse. Elle avait l'air terrifiée et totalement perdue, c'était adorable. Je lui ai donné le seul conseil qui me semblait utile: en gros elle avait interêt à agir, parce que quand elle serait une vieille de 40 piges et qu'elle y repenserait, elle se torturerait avec des regrets, des "J'aurais du.." et "Qu'est-ce qui se serait passé si...". Ou ça passait, ou ça cassait mais si elle restait planté la elle vivrait jamais rien, les bons moments comme les mauvais. Elle m'a regardé plutot surprise et dit "Je te croyais totalement folle et dingue mais en fait...t'es pas si conne". Ca m'a fait plaisir de voir qu'elle avait une bonne opinion de moi, quand même! Après, O. a débarquée avec les cheveux en pétards; elle avait confondu la porte des toilettes et celle de la cuisine et 1 mois après, on avait formé la Trilogy, alias, la meilleure bande de potesse de tout le bahut. J'irai pas jusqu'à dire que je fais partie de la pseudo"Jeunesse Dorée" parce qu'il n'y a rien de doré à être née dans le bon milieu, mais mes parents peuvent me payer tous mes caprices. Du coup, j'ai fait toute ma scolarité dans des boites privées cathos, et dans ces prisons la, il arrive (quelque fois) que viennent des extraterrestres: des gens qui habitent en cité ou en banlieue, ou les deux et n'ont pas la chance d'aller en vacances 5 fois par an dans les quatre coins du monde. A. en fait partie. On est devenues surtout amies parce que, comme moi, elle se fout totalement de l'opinion qu'ont les autres sur elle, et opinions il y en a beaucoup entre autres car elle ne cache pas le fait qu'elle soit gay. Elle trace la tête haute, un tel comportement ne pouvait donc que m'impressionner. Je crois aussi que je suis franchement attirée par A., mon exact contraire, une meuf gentille, franche, sympa, et qui rêve encore du grand amour. Et surement que je l’envie de son optimisme. A trois, on était juste imbattables, et intouchables. Enfin, aujourd'hui, on s'est plutot éparpillée, j'ai plus de nouvelles d'A., elle fait la muette quand je lui envoie des SMS mais sur so Facebook, elle a plutôt l'air de bien s'amuser, à faire la conne sur les photos, et à verser des torrents d'amour sur les Murs de ses nouvelles amies. C'est la vie, comme on dit. J'espère juste pouvoir la revoir un jour. A.
  • 4. Chapitre 3 Parce qu'il faut rester enfant, Peter Pan Quand j'étais petite j'étais persuadée qu'en grandissant, beaucoup de choses s'amélioreraient. La route droite que je pensais être l'avenir serait sure, inchangée. Je serais forte, sans peur et sans reproche, comme les adultes qui m'entouraient. Je serais fidèle à ma ligne de conduite et en exigerait autant des autres. Le temps a passé, depuis et alors que je suis maintenant une adulte, j'ai bien peur de ne jamais le devenir. Je ne suis sure de rien et doute de pouvoir assumer les trop nombreuses responsabilités qui incombent à un adulte (certains jours, j'ai l'impression d'être encore un bébé grandi trop vite), mon avenir est bancal et hésitant, les vieux ne sont d'aucune aide puisqu'ils sont pires. Je préférerais retourner dans les bras protecteurs de l'enfance que d'aller droit devant. Pour mes amis, ça ne vaut pas mieux. Nous errons, d'histoires d'amours tronqués parce que l'autre est encore à fond sur son ex en (semi) ou total plans culs, en échecs, que ce soit à des partiels ou à l'entrée de grandes écoles. Mais Dieu merci, le week-end arrive et on peut enfin se bourrer la gueule et fumer. Ce serait trop facile de ma part de m'arrêter à un constat aussi pessimiste: pour rééquilibrer la balance nous sommes des enfants plutôt sympas avec nos parents, nous accumulons les jobs d'étudiants pour gagner notre indépendance, nous avons des rêves et l'avenir nous est (encore) ouvert. Les Skyblogs ont été fermés, on passe presque tous eu notre bac et de ces courtes années derrière nous, seuls les meileurs, les plus fidèles, sont encore à nos côtés. Je sais que c'est paq bien de juger mais à part de rares expressions, je vois ce que nous sommes et je me dis: « C'est pas bien ça. C'est pas bien du tout. », aussi bien les vierges jusqu'au mariage que les players, ceux qui ont décidé de chanter dans le métro et ceux qui n'ont que leurs prépas et HEC dans la tête. Et moi je ne vaux pas mieux, à accumuler des histoires qui ne durent pas plus d'une soirée. En ce moment, je me recentre, je fais le ménage. J'ai des regrets que les choses ne se soient pas passés comme je les rêvais mais pourquoi aurait-elles du obéir à ma seule volonté? Je ne suis pas Dieu, que je sache. Non, peu de choses se sont passés comme je l'imaginais, enfant. Mais une chose est sure: je ne pourrais jamais ne pas prendre au sérieux un gosse. A.
  • 5. Chapitre 4 Parce que t'es jeune et t'es con Je pars en couilles. Remarque, c'est pas de ma faute, je fais des efforts, c'est juste les autres qui sont compliqués. En ce moment par exemple, à 1 semaine des vacances, les profs mettent doublement la pression parce que, parait-il, un examen pire que vital nous attend en juin et qu'on est obligé de choisir nos futures écoles qui elles-mêmes détermineront les 40 prochaines années de notre vie et faut pas se viander!! On a eu droit à la traditionnelle réunion d'information . La bas, j'ai croisé un groupe de meufs de ma classe, dont N., mais je vous en dirai plus sur elle un autre jour. Donc, je fais un effort pour être sociable: je me suis incrustée dans leurs groupe, ai hoché la tête quand elles se sont mises à discuter de l'intérêt de mettre des portes jarretelles pour le nouvel an. Donc, à ce mini-salon, on a croisé des représentants d'écoles de commerce (beurk!) et d'art qui essayaient de nous convaincre de raquer 6000e par an pour se retrouver dans 5 ans avec un diplôme même pas reconnu par l'état. Mais après tout, si on en dépensait autant pour ce pensionnat, pourquoi ne pas ocntinuer les années à venir? Sinon, j'ai eu mes résultats du bac blanc: 9,73 de moyenne, je pense qu'avec ça j'irai loin. A un moment autour d'un stand, un prof a été assez con pour nous dire que "nous avions de la chance d'être encore jeunes et qu'il nous fallait profiter de nos précieuses années de lycée qui touchaient à leur fin". Ils sont tous aveugles ou quoi? Qu'est qu'il y a de précieux à suivre des cours ennuyants, à être débordée de travail et dépendants de nos parents qui nous traitent encore ocmme des bébés alors qu'on a des poils et compagnie? A.
  • 6. Chapitre 5 Parce qu'on est jeunes et limités! Je ne vois pas pourquoi tout le monde se félicite d'être en vacances. Les cours font chier mais à la maison c'est pas mieux. Prenons mes parents, par exemple. Quand je rentre à la maison, il ne faut pas bien longtemps avant que ça ne démarre, les cris et les claquements de portes théâtraux. La cause en est souvent tel ou telle supposé amant ou maitresse, ou bien une dépense inconsidérée de l’un ou de l’autre (un conseil, ne vous mariez pas en communauté de biens si vous espérez échapper aux huissiers). Et puis, après de longs moments ou on ne s’entend plus penser, ils se souviennent qu’ils sont des adultes et se réconcilient dans leur chambre. Puis vient le chef d’œuvre, au diner : tous réunis autour de la table, ma mère, les yeux pleins d’étoiles sert avec servitude un bon petit plat à son mari, des « chéris » sous le bras. Il n'y a pas de vie, et encore moins d'esprit de famille. Tout est morne et mort, aussi mort que la viande qu'elle nous sert. L'ambiance est tendue ; je ne lève pas les yeux vers mon père, pas plus que je ne lui parle. Je m'empiffre rapidement, en silence, et je réponds par monosyllabes aux vaines tentatives de maman pour réchauffer l'atmosphère. Quand il a fini, elle débarrasse docilement et pour le rassurer dans sa virilité, elle lui demande de l’aide pour réparer une chaise, par exemple. Une fois installés devant la télé elle commente avec force les programmes en sollicitant son avis comme si penser était une chose dont elle est incapable. Ma mère, contrairement aux idées reçues, n’assume pas d’être une femme active et dès qu’elle retourne dans son foyer, troque son tailleur pour un tablier plus seyant. Cette situation me fait peur car il est fort probable que je devienne comme elle, soumise et frustrée. Ma solution, c'est d’essayer au maximum de les éviter : quand je rentre à la maison, je trace direct jusque dans ma chambre, un MCDO dans mon sac et je ne fais même pas l'effort d'être polie. C'est un peu plus gai quand elle se pointe. Elle est super précoce et mignonne. Quand elle est la, je retombe dans l'enfance. Je joue à Barbie-et-Action man-vont-faire-la-guerre- dans-la-machine-à-laver, à Ken-escalade-les-barreaux-du-lit, je regarde des vieux Disney. Mais bon, c'est dommage, elle n'est pas souvent la. A elle seule, elle illuminerait un cimetière. Heureusement que y'a ma soeur. Pourquoi dans les séries idiotes qui passent à la télé, les mecs et meufs de nos âges ont une super vie, des supers apparts et vont au bahut genre, une fois tous les mois? En plus il neige. Je suis dehors dans le froid, mais aujourd'hui, j'ai décidé en sortant des cours que ça pouvait plus continuer comme ça, tout simplement. Donc je me suis tirée de chez moi.
  • 7. Chapitre 6 … Hier, donc, le dernier jour de cours de l'année, qui sonnait donc le début des vacances de Noël, à la dernière heure de cours, j'ai reçu un SMS d'A.: « J voulé te dir k'en ce moment chuis dan 1 centre pour ado paske ça va pa tro en ce momen...Tinkiet, j'ai r1 de grave é je sortiré biento! ». La seule chose que j’y ai apprise, à l'école, c’est que ce genre d’endroits est rempli de gens fêlés, obsédés par l’idée de rester au top niveau. Prenons cette fille, N. Elle ne peut pas supporter le fait que j'existe. Je le sais, je le sens, chaque fois que je dis ou fait quelque chose de, disons, particulier, et qu'elle me dévisage de la tête au pied comme si j'étais bonne à aller à l'asile (je sais que je le suis mais bon ,c'est pas grave). Elle grimace quand je lui parle, et quand c'est elle qui veut m'adresser la parole, elle m'interpelle comme si j'étais sa putain de femme de ménage. Et c'est bien dommage parce que je vous assure qu'il y a quelques années, elle était bien sympa. Et puis il y a aussi G. La seule à chose à dire c'est qu'elle est...bavarde. Ennuyeuse à mourir. Mais comme elle est sympa, je reste avec elle, parce que, voyez vous, je suis le genre de grande âme qui prend sous son aile les pauvres gens. Le plus marrant c'est que, jusqu’à aujourd'hui, je n’imaginais pas que cette situation m’était aussi insupportable. Mon quotidien, je le vivais comme un téléfilm interprété par des acteurs minables et qu’on regarde d’un œil entrouvert à 2h30, parce qu’on a pas envie de dormir. Comme toujours, il y a eu un élément déclencheur: aussi soudainement que cela puisse être, alors que j'étais affalée sur la table les paupières tombantes, je sortis de mon royal ennui, prenant conscience que nous étions en cours d’anglais et que ma voisine Géraldine babillait allègrement: -...et donc tu vois, je suis super contente qu'on soit ensemble, parce ce que j'avais pas vraiment envie de me retrouver à côté de ces deux connes de Rugoberte et Albertine, tu vois, je peux même pas blairer leurs noms. Sinon, tu penses quoi de ma nouvelle coupe, elle me va bien, non? Parce que je voulais que tous les autres me remarquent et puis j'attends l'été pour montrer mon piercing, mais ils ont dit que... Dehors, les arbres dans la cour étaient nus et ployaient sous les coups du vent, perdant leurs branches et leurs feuilles. C'était un spectacle vraiment désolant, mais pour qui excepté les rêveurs? A poor life this is, full of care. We have no time to stand and stare. Ces paroles dansaient dans ma tête et tout d'un coup elles recouvrirent tout leur sens. J’eus la certitude frappante qu’ils m’étaient adressés. A ce moment la, Noémie, qui se faisait défoncer par la prof au tableau, se mit à pleurer. La cloche sonna la délivrance. Je me sentais un peu mal pour elle qui allait se faire défoncer mais l’essentiel était que j’avais enfin compris que je perdais mon temps ici. Je me levai précipitamment pour aller empaqueter toutes mes affaires dans le dortoir. Tout se serait excellemment bien passé si G., à côté, ne me regardait avec des yeux de merlan fris -ce qui signifiait qu’elle n’avait rien trouvé de plus intelligent que de me suivre. Je ne me voyais pas lui dire que je plaquais tout.J’étais coincée, alors je lui ai donné un prétexte bidon, comme quoi j'attendais que la place se fasse rare autour de N. Prise à mon propre piège, je rejoignis celle-ci, suivie par mon chien docile qui, pour se rendre utile, la consola tout en affirment assez simplement que ça servait à rien de pleurer pour ça. J'avais un million de mots compatissants à lui dire mais rien ne sortait et j’ai quitté le pensionnat sans même avoir l’affront d’aller prendre mes affaires, et sans rien leur révéler. Je me retournai frénétiquement vers le bâtiment qui s’éloignait au fur et à mesure de mes pas, sous les bavardages de Géraldine qui meublait, osant à peine réaliser que je ne le verrai plus...