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Prologue
Je sentais les larmes chaudes couler sur les deux côtés, l'une d'elles a fini par atterrir
dans mon oreille mais je ne l'essuyais pas, je ne pouvais pas avoir recours à mes mains,
je ne sentais plus mon corps, j'étais allongée face au plafond, je regardais une araignée
tisser sa toile dans un coin un peu sombre, elle au moins est chez elle, elle au moins n'a
peur de rien en ce moment, pas comme moi, je suis tellement terrifiée que j'en tremble,
mais je ne me sens pas trembler, il n y a que le son des claquements de mes dents qui
me le fait sentir.
Je voulais sourire une dernière fois avant la fin, je voulais dire au revoir à ceux que
j'aimais, à ma maman, à mon papa, je crois que je devrai attendre de les retrouver là haut,
je pensais à mes études, à quoi ressemblerai la vie dans une centaine d'années. J'ai vu
toute ma vie défiler et puis j'entendis les bruits de pas, je serrais les dents et fermer les
yeux si fort au point de me faire mal.

***

Chapitre 1
Un drôle de changement

L'été le plus affreux de toute mon existence était bien celui de mes vingt et un an.
Pourquoi ? Parce qu'il s'est passé quelque chose de vraiment terrible cet été là, j'avais
perdu un être chère à qui je tenais plus que tout, un ami, un confident, un complice, et
même quelques fois, un amoureux. Nassim était tout ce que j'avais de bien dans ma vie,
je passais tous mes bons et mauvais moments avec lui, on se connaissait depuis le
primaire et on était voisins, on a grandit ensemble et nos parents étaient amis. Je n'avais
aucune idée de la façon dont il était mort, tout ce que je savais c'est que la police avait
trouvé un corps au bord d'une plage à Zeralda, et qu'après trois mois d'absence et
d'inquiétude, ses parents ont reçu un appelle de la morgue pour confirmer l'identité de leur
enfant unique. Jamais je n'oublierai cette journée là, la mère de Nassim était assise par
terre quand on lui avait rendu visite mes parents et moi le jour de l'enterrement, elle ne
pleurait pas, elle avait simplement le visage dénué de toute trace de rougeur, ou même de
sang, elle avait le regard vide, son mari était assis à côté d'elle mais sur un canapé, il
avait le visage enfoui dans ses mains et pleurait silencieusement. Les gens arrivaient peu
a peu, consolant et pleurant la perte de mon chère ami Nassim. Oui, je ne vous ai pas
encore raconté ma réaction, c'est parce que j'ai du mal à m'en souvenir, ma mère m'avait
dit que j'avais pleuré tellement fort que j'avais fini par perdre connaissance et que je
m'étais réveillée le lendemain, le jour de son enterrement.
Que pourrai je dire de tout cela, à part que toute ma vie semblait être sinistre depuis sa
mort, rien n'allait plus, je ne pouvais me confier à personne, même pas à mon amie de
Fac Lynda, qui était aussi notre amie à moi et à Nassim. Je n'arrivais jamais à la joindra
au téléphone, le jour où je l'avais appelé pour lui annoncer la mort de Nassim, elle m'avait
raccroché au nez et n'a plus rappelé depuis. Lynda a toujours été forte de caractère, et ne
laissait paraître aucun sentiment de faiblesse. J'imaginais qu'elle avait eu cette réaction
simplement parce qu'elle ne voulait pas que je l'entende pleurer.
Je ne savais plus quoi faire, je passais tout l'été dans ma chambre, écoutant de la
musique et lisant plein de livres, mais je n'arrivais toujours pas à oublier Nassim, ne serai
ce que pour trente secondes, il y avait un peu de lui dans chaque coin de ma chambre, un
livre qu'il m'avait offert pour mon anniversaire, un grand cadre pour accrocher toutes nos
photos, une lampe qui change de couleur ... Il y avait même son odeur dans mon esprit,
toujours. Mes parents faisaient pratiquement tout pour me remonter le moral, un jour ma
mère avait acheté un carton de chocolat, ça m'a fait sourire, et ça m'a fait par la même
occasion plein de boutons aussi.
J'avais demandé à mon père de m'acheter deux machines, une pour courir, et l'autre
pour faire de la musculation, j'ai toujours voulu canaliser ma colère quelque part, et
maintenant j'avais une bonne raison pour le faire, un jour je vengerai celui qui l'a tué, si un
jour je saurai comment mon meilleur ami à péri, je subirai le même sort à son meurtrier.
Aujourd'hui Dimanche 25 Septembre, réveil à 8h du matin. Bien décidée à faire quelque
chose de ma journée, qui soit dit en passant était plus ennuyante qu'autre chose depuis le
début des vacances et la mort de Nassim. Je pris donc la décision d'aller m'inscrire pour
une nouvelle année à la fac, mon réveil sonna à temps cette fois, vu que j'ai tendance à
oublier de l'enclencher et fini toujours en retard à mes rendez vous, ou tout simplement en
cours. Je me retournai dans mon lit, me mettant face à mon placard, pensant à ce que
j'allais mettre aujourd'hui vu que j'avais un peu de temps devant moi. J'en avais tellement
marre de cette chambre, Dieu seul sait combien de temps j'ai passé ici, les fois où je riais
aux éclats avec Nassim pendant nos innombrables soirées pyjamas, les fois où je
n'arrivais pas à me concentrer sur mes cours, et fini par gribouiller sur un papier, et bien
sure les fois où je hurlais de colère dans mon coussin et fini par fondre en larmes.
Heureusement pour moi que j'allais quitter ce trou pour au moins juste un moment ... Mais
maintenant que j y pense, pour aller où ?
Alger, oh, "Alger la blanche." vraiment ? Je ne sais pas qui a dit ça de cette ville, mais
bon sang faut mettre des lunettes, Alger est tout sauf blanche. Personne ne contribue à sa
propreté, il n y a aucune place pour les piétons, et ceux qui se baladent dans la rue, ont
tendance à avoir le coeur sur la main, ou la langue bien pendue je dirai. Je regardais donc
mon placard pensant à ce que j'allais mettre aujourd'hui, parmi les nombreux jeans, et Tshirt que j'ai. Cette ville, ou du moins les gens qui y vivent ne me donnent pas trop de
choix sur ma tenue vestimentaire. Une jupe ? Une robe ? Pardon ? Non, non ce n'est pas
possible. Il est inconcevable de "ressembler à une fille" sans qu'on soit tout le temps
harcelée, huée, ou même tripotée dehors par les ... Je ne sais même pas comment les
appeler, disons juste qu'ils s'appellent "muralistes" , le mot mur pour leur besoin inévitable
de s'appuyer sur un mur, tout au long de la journée avec un café dans la main et une
cigarette dans la bouche, le mot "raliste" pour leur personnalité si complexe je dirai qu'ils
sont incapable de passer une journée sans râler. Bref, en pensant à tout ça dans mon lit,
je fut un peu découragée, et tentée par le fait de rester dans mon lit et ne plus le quitter,
mais j'ai pensé à mes études, et à combien j y tenais, et j'ai donc décidé de me lever, et
enfiler ce qui me semblait être une tenue décente pour une journée à la Fac.
Je descendit à la cuisine, et comme chaque matin, étant une lève tôt, maman prépare la
petit déjeuner pour mon père et moi. J'aimais ce moment de la journée, où je me sentais
en sécurité avec ma petite famille, et surtout le fait de me lever le matin en sachant que
maman attend mon réveil, rien de plus rassurant pour moi.
_Tu te lèves de bonheur aujourd'hui Norhane, quelqu'un t'as donné un coup de pied et
t'as fichu hors de ton lit ? Dit maman d'un ton joyeux.
_Bonjour maman, oui j'ai bien dormi et toi ? Répondis je en souriant.
_Oh tu sais, je ne cesse de faire les mêmes cauchemars, le même serpent qui m'enroule
le coup, la même sensation d'étouffement... Commença maman.
_ Ah, la coupai je, arrête donc de t'inquiéter maman, ce n'est rien, j'en suis sûre.
Elle me regarda un moment, ouvrit la bouche pour riposter, mais fini par me sourire. Je le
regardait à mon tour, et remarquait qu'elle était un peu pâlotte, les yeux cernés, elle avait
vraiment l'air fatiguée. Je ne voulais pas parler de ce rêve avec elle pour éviter de
l'inquiéter plus qu'il en fallait. D'ailleurs, je ne savais même pas pourquoi elle s'inquiétait,
cela faisait un moment qu'elle n'allait pas vraiment bien.
_Tu vas t'inscrire finalement ? M'interrogea elle rompant le silence qui s'était installé.
_Oui il est grand temps, j'ai vu hier sur internet que les inscriptions ont commencés.
_Fais attention à toi alors, et je te conseille de finir cette Orange, tu n'en manges qu'un
bout et tu la laisses intacte.
_Ah maman, je te jure que je voudrai bien mais je vais finir par rater le bus.
_Comme à ton habitude. Dit maman en me taquinant.
_Dis bonne journée à papa de ma part quand il sera réveillé.
_Allez file. M'encouragea elle.
Je pris mon sac, et sortit en fermant la porte derrière moi, je mit mes écouteurs et
commençait à marcher. On habite dans un cartier plutôt calme, on connaît tous nos
voisins et ce sont tous des gens bien. En passant devant la maison de Nassim, j'ai eue la
chaire de poule, les souvenirs que j'ai sont trop douloureux pour être évoqués en si bonne
matinée, il faisait beau, bon, ni trop chaud ni trop froid, juste la petite brise de la fin du
mois de Septembre.
En arrivant sur la route principale, là où il y a généralement des passants, des voitures,
enfin du bruit en un mot, j'ai eu le sentiment que ça allait être une journée pénible, comme
celles qui ont précédés, enfin depuis que j'ai perdu le seul être vivant qui me gardait
souriante et de bonne humeur, qui me faisait oublier dans quel pays je vivais.
Je finis par traverser la route (sur, bien sûre, aucun passage pour piétons.) et me dirigeait
vers les bus destinés à nous emmener nous les étudiants à l'Université. Pour la première
fois depuis trois mois, je fus contente de revoir ses bus orange, là à m'attendre... Où
plutôt, moi plantée à l'arrêt en train de les attendre. Comme à mon habitude, je passais
d'abord chez le buraliste pour acheter du chewing-gum et le journal du jour, parce que je
savais que j'allais attendre un bon moment avant l'arrivée du Bus.
Je parcourus la première page, rien de bien intéressant, à part les guerres qu'il y a au
tiers monde, les gens qui crèvent de faim, des problèmes d'électricité dans la région, une
invasion de moustiques, en lisant tout ça, je me rend compte que nous et le monde de
Barbie c'est pratiquement la même chose. Personne ne parle des meurtres qu'il y a dans
notre pays, des agressions que je vois de temps à autre dans la rue de mes propres yeux,
même les policiers ont peur de se mêler quand ça arrive. Les jeûnes d'aujourd'hui sont
devenus incontrôlable, insolants, ignorants... En y pensant je me dis, bon sang mais où va
le monde, que serait on dans une centaine d'années ? Il y a très peu de gens que je
connaisse qui ont réussit leur vie, qui dans leur confort, leur assurance, leur confiance en
eux ont pour but de sauver notre pays, non ces gens là sont morts il y a plus de cent ans
de cela, en faisant la guerre et en défendant leur pays, en se conduisant en hommes et
non en lâche, en se sacrifiant pour sauver leur familles.
non les jeûnes d'aujourd'hui vivent pour la cigarette, la drogue, les voitures, et
l'harcèlement morale et physique qu'ils font endurer aux filles qui passent devant eux dans
la rue.
Vous vous dîtes sûrement que j'ai la haine, que je ne vois que ce qui est mauvais ici, moi
je vous dirait non, je ne vois que ce qui est vrai, que ce qui me tape dans l'oeil. Nassim ne
faisait plus partie des vivants, et aucune trace de son incident n'est apparue dans le
journal du pays, c'était grave, humiliant, et navrant.
_Excusez moi mademoiselle, dit une voix derrière moi me tapotant l'épaule et me sortant
de ma haine, ma rêverie du moment.
Je m'étais retournée et enlevait mes écouteurs. Je vit une fille voilée, qui avait les yeux
magnifiquement beau, et m'adressait un sourire timide. Je ne mens pas, je l'ai regardé de
long en large, et remarquait qu'elle était habillée n'importe comment, je fit une grimace,
que je doute qu'elle ait remarqué. Elle portait ce qui me semblait être une robe rouge, très
courte, super serrée qui montrait la forme de sa poitrine et ses hanches, un jean slim qui
en passant me demande comment elle a pu le mettre tellement qu'il était serré, un pull
noir en dessous de sa robe rouge, des chaussures rouges dont le talon fait au moins 10
centimètres, et bien sûre, le voile.
_Oui ? finis je par répondre d'un ton exaspéré.
_Tu ne sais pas quand est ce que le bus de Tafourah arrive ? Demanda t elle.
_Eh bien je suis entrain de l'attendre justement, il ne va pas tarder, je suis là depuis déjà
un moment.
_Merci. me répondit elle avec un large sourire et repartit avec sa copine qui était habillée
pratiquement de la même manière.
"Ahhh les filles." soupirai je. Je n'ai jamais compris ce phénomène, qui est très récent
d'ailleurs, pourquoi les filles s'obstinent elles a mettre quelque chose de vraiment vulgaire
alors qu'elles sont censées passer inaperçu vu qu'elle mettent le voile. Je me dit qu'elle ne
connaissent pas le vrai sens du geste. Mettre un voile est signe de sagesse avant tout,
c'est aussi faire preuve de pudeur, d'éloigner les ennuis, et surtout d'éviter de se faire
remarquer par le sexe opposé. Voilà les raisons pour lesquelles les filles doivent mettre le
voile, et non pas pour mettre une robe sur un jean et un T-shirt.
Le Bus arriva m'arrachant à mes pensées noires. Je vit comme d'habitude un monde fou
se ruer vers lui. Etant experte en la matière, je montai sans difficulté et prit soin de choisir
une place qui n'a pas de "Voisin" pour m'asseoir toute seule. Non pas que je ne sois pas
sociable, mais nombreuses de mes expériences m'ont apprise à ne pas m'asseoir à côté
de quelqu'un dans le bus, soit pour éviter les odeurs insupportable, soit, pire encore, pour
éviter les discussions indésirables.
Le trajet fut infiniment long, il y avait une circulation énorme, heureusement que j'avais
mes écouteurs et mon livre dans le sac, autrement je me serai ennuyée.
Alger centre n'a pas tellement changé, il y a de nouveau palmiers qui sont encerclés par
du gazon (qui est déjà usé, manque d'entretien) Il y aussi de nouvelles routes bien
tracées, chaque plaque dans son coin (que les gens ne respecte pas), bref, Alger n'a
peut être pas tellement changé mais nos arrière grand parents nous le diront sûrement
s'ils étaient toujours en vie.
Arrivée à l'arrêt, je sorti à la hâte du bus, et marchait le plus vite possible pour éviter les
regards indiscrets que les gens me lançaient pour je ne sais quelle raison, je vérifie
encore une fois ce que j'avais mise, un jean pas trop moulant, un t-Shirt (simple bien sûre,
autrement ils finiront par faire des commentaires là dessus) et mes converses blanches
que j'adore, bref je fini par arriver à L'université, je montais les escaliers quand j'aperçoit
de loin Lynda, ma copine de classe, c'était une très bonne amie à Nassim et à moi. Je fut
tellement contente de la voir, après trois mois de vacances.
_Hé Lynda, criais je.
Elle se retourna, elle avait les cheveux très bruns, et très longs, un teint très pâle, mais qui
lui allait à merveille avec ses beaux yeux bleus, elle avait la même taille que moi et elle
était habillée tout à fait comme moi, un jean simple un T-shirt simple et ses converses, ce
look lui allait bien. Je me demandais comment elle avait passé son été après mon coup de
fil pénible. Mais j'essayais de faire comme si de rien était, après tout ce n'était pas elle sa
meilleure amie, mais moi, moi qui suis affectée le plus, moi qui a frôlé la dépression, moi
qui après trois mois de son absence ressent toujours cette douleur au ventre qui
m'empêchait de penser à autre chose qu'à lui.
_Hé salut Norhane, me dit elle quand je m'étais approchée d'elle pour lui faire la bise,
alors comment ça va ? Oh comme tu as bien bronzée, toi c'est sûre t'as passé un bon été.
_Ah ne m'en parle pas, ce que tu vois là c'est l'oeuvre du soleil de la terrasse et non pas
de la plage, piscine et compagnie. Lui répondis je
Elle me regardait d'un air approbateur, qui voulait dire " Je vois absolument ce que tu veux
dire. "
_Toi non plus apparemment c'était pas le top hein ? me dit elle.
_Viens on va à l'administration je te raconterai en chemin.
Elle me suivit en souriant, la fac m'avait tellement manqué, je suis arrivée à un stade où il
fallait que je sorte de chez moi, il fallait que je revienne ici, pour m'occuper, pour voir des
gens, sourire, parler, manger, vivre quoi. Je me retournai vers mon amie, et commençait
mon discours avant qu'elle ne s'impatiente.
_ Alors écoutes, comme maman est un peu faible ces temps ci, je suis restée à la maison
avec elle cet été, je l'aidais à faire le ménage, les courses la cuisine, donc les sorties, la
plage et tout ça, c'est raté pour cet été. Et puis ne fais pas cette tête, dis je en la voyant
grimacer, je sortais souvent faire une balade en voiture avec ma mère.
_Ah ma pauvre fille t'as du en baver, et ça résume ton été ?
_Non justement, j'ai demandé à mon père de m'acheter tu sais ces nouvelles machines
pour faire du sport et la musculation ?
_Oui. Dit elle d'un ton joyeux, tu as toujours dit que tu voulais en faire pour canaliser ta
colère.
_Eh bien justement mon père a fini par céder et m'a offert deux nouvelles machines, un
tapis pour courir et un autre pour muscler les bras et les jambes en même temps. Dis je
en montant les escaliers de l'administration, un peu sombre.
_Eh bien franchement maintenant que tu le dis, dit Lynda en montant derrière moi, tu as
vachement changé, je veux dire tu as perdu quelques kilos à vu d'oeil, mais pour les
muscles je ne les vois pas encore.
_ça viendra tu verras, finis je par lui dire en rigolant. Tu t'es déjà inscrite ?
_Pas encore, mais on est venues tôt, normalement il n y aura pas beaucoup de monde.
me répondit Lynda en arrivant devant l'allée qui donne au bureau de l'administration.
_J'espère bien.
Je savais à quel point c'était pénible de faire la queue devant le bureau, on en avait pour
la journée, c'est pour ça que cette année j'avais décidé de venir m'inscrire un peu tôt.
Lynda avait raison, il n y avait personne on était les deux premières, on avait rempli
quelques paperasse et on est repartie, je l'avais invité à prendre un café au salon de thé
d'en face, il y avait collé sur la vitrine le logo de la marque Starbucks (Une chaîne de
fabrication de boissons, café, jus, cocktails Américain) cela me fit soupirer, les algériens
n'ont aucun sens de la créativité, oui on est des suiveurs pas des butteurs.
_Et toi alors comment ça va, demandai je à Lynda après que nous soyons
confortablement installées. Je décidait d'éviter totalement le sujet qui pourrai peut être
nous éloigner, je le savais. Aucune de nous ne voulait évoquer l'événement qui lui a fait le
plus mal.
_Bah là au moins je peux dire que mon été a été un chuiya meilleur que le tien, répondit
elle en me souriant, Je suis allée plein de fois à la plage, avec ma soeur et deux de mes
cousines, on s'est bien amusées, mais je n'ai pas bronzé comme toi.
_Je t'invite à ma terrasse quand tu veux Lyn. dis je en éclatant de rire.
Je la regardait droit dans les yeux, c'était bien Lynda, ma copine de classe devant moi,
mais quelque chose avait changé en elle, je ne sais pas, la façon de regarder les gens, de
parler, de manger son chewing-gum par exemple, ça me paraissait bizarre, je ne voulais
pas lui demander ce qui n'allait pas, je préférais :
_Et sinon, tu as fait de nouvelles rencontres ou pas ? Lui demandai je.
_Oh non pas vraiment, j'ai rencontré un gars une fois pendant que j'étais à la plage avec
mes cousines, deux semaines après il m'appelle au téléphone, j'ignore comment il l'a eu
mais ça m'a drôlement étonné, depuis tu sais il me harcèle, je ne sais vraiment pas quoi
faire.
Elle en parlait d'un ton froid, distant, comme si ça ne la dérangeait pas plus que ça que
quelqu'un qu'elle ne connais ni d'Eve ni d'Adam l'appelle sans cesse sur son portable. Je
réfléchis deux minutes et fini par répondre.
_Je peux venir avec toi chez ton opérateur si tu veux changer ton numéro. Lui proposai je.
Sa réaction, aussi calme et posée, avec une petite pointe de stresse fini par m'intriguer,
elle ne répondit pas tout de suite et fini par me dire après avoir bu une longue gorgée de
sa tasse de thé.
_Ecoutes, au bout d'un moment il faudrait qu'on s'impose un peu tu ne crois pas ? Moi
quand ce mec m'appelle je lui dit clairement d'aller voir ailleurs, et si il me rappelle je lui
fait entendre mon mécontentement. Dit elle agacée.
_Je ne suis pas entrain de te juger Lyn, je dis simplement que tu dois faire attention c'est
tout, j'aurai changé de numéro si j'étais à ta place, écoutes, ce n'est pas la compagnie,
mais j'ai promis à ma mère de rentrer avant le déjeuner, j'avais dit que je t'inviterai, donc
je vais de ce pas payer nos consommations, dis je en me levant.
_Ah tu t'en vas déjà, pourquoi ? me demanda Lynda d'un ton amusé, je t'ai énervé ?
_Oh non ne t'inquiètes pas pour ça, dis je en ramassant mon sac. Allez à bientôt.
En allant à la caisse, je me rendis compte à quel point elle m'avait effectivement énervée,
je payais ce que je devais à la caissière et sortit à la hâte, quand je m'énerve je préfère
marcher rapidement, pour décompresser en quelque sorte. Je descendit les escaliers qui
menaient vers Tafourah profitant pour mettre mes écouteurs, et ma musique à fond.
Maintenant qu'il était presque midi, il faisait un peu plus chaud que ce matin là, les gens
passaient à côté de moi mais je ne les regardait pas, je faisais comme si j'étais seule au
monde, c'est la seule façon pour moi de continuer à marcher la tête haute.
Une fois dans le bus, je repensais à ce que Lynda m'avait dit, et comment elle m'avait
parlé, c'était la première fois qu'elle agissait de la sorte avec moi, je ne comprenais pas
pourquoi, mais ce qui m'avais énervé en elle c'est le changement brusque, ça m'avait
surpris, je ne m y attendais pas du tout, là au moins je saurai quoi faire à la rentré. Je
savais qu'on n'allaient pas rester bons amis comme avant, je savais qu'un jour où l'autre,
on finirai par se séparer, soit violemment, soit en s'ignorant.
_Alors ces inscriptions ? Me dit maman une fois rentrée à la maison
Ce que j'aimais quand je rentrais à midi, c'était l'accueil que me faisait ma mère ,quand
elle ne travaillait pas, avec sa grosse cuillère en bois à la main, son tablier et son sourire.
J'aimais l'odeur de sa cuisine, et l'odeur de sa peau quand elle me prenais dans ses bras.
Je m'étais assise sur une des chaises de la table après avoir posé mon sac par terre
j'étais essoufflée et exaspérée.
_Comme d'habitude maman, trop de circulation, il fait trop chaud dehors, mais sinon je
n'ai pas eue de problèmes au moment de l'inscription c'était très rapide vu qu'il n y avait
pratiquement personne, les gens croient qu'ils sont encore en vacance j'imagine. Lui
répondis je.
_Eh bien là au moins tu peux être tranquille pour le reste de la semaine, me dit maman
avec un sourire.
Je le lui rendit et fini par monter me changer après un moment passé à la cuisine entrain
de la regarder préparer à manger. Je ne lui racontait pas ce qui s'était passé avec Lynda,
à quoi bon l'alarmer, ce n'est sans doute que le fruit de mon imagination, ce drôle de
changement. En lui tournant le dos pour monter les escaliers qui menaient vers ma
chambre, je me rendis compte que ma vie ne serai sans doute jamais la même sans
maman, elle m'a tout donné. Je m'allongeait sur mon lit et repensait à la discussion que
j'avais eu avec ma tante quand j'étais encore toute petite :
"Tu sais Norhane, ce n'est pas pour rien que tu sois l'enfant unique que tes parents aient
eu, ta mère te voulait tellement si tu savais, elle avait tout fait pour t'avoir. Ton père et elle
avaient du mal à avoir des enfants, ils ont donc eu recours a la médecine, ce qui les as
sauvé, et t'avoir eu c'est comme une bénédiction pour eux, tu dois prendre soin de tes
parents, peu importe ce qui va t'arriver, peu importe les conséquences, il faut que tu sois
toujours là pour eux"
Je n'oublierai jamais ces mots, ma tante m'en a parlé au moment où j'en avais le plus
besoin, j'avais quatorze ans à l'époque, et j'étais en plein crise d'adolescence, la période
où les enfants ont tendance à désobéir aux parents et être méchants avec eux, avoir
l'impression d'être détesté par tout le monde alors que ce n'était pas le cas.
Je me relevait de mon lit et me regardait dans la glace, mon crayon pour les yeux avait
fondu a cause de la chaleur qu'il y avait dehors, je décidait donc d'aller prendre une
douche, et descendit juste après pour manger.
La semaine passa tranquillement comme maman l'avait prévus, entre cuisine, ménage et
télé, je n'ai pas fait quelque chose d'intéressant. Ah si quand même : je m'étais beaucoup
entraîné, les machines que mon père m'avait acheté me servaient beaucoup à me
défouler, de canaliser mon énergie, en me regardant dans le miroir je remarquait que mon
corps avait commencé à changer.

Chapitre 2
Le récit d'une fille battue.

Les cours avaient reprit le premier du mois d'Octobre, même si on était officiellement en
automne, l'air était toujours aussi chaud, ce qui ne facilite donc pas la tâche pour nous les
étudiants d'aller à la Fac par un temps pareil, j'imaginais très mal la situation pour ceux qui
habitaient loin. Je me réveillait de bonheur ce jour là, bien décidée à me changer les
idées, retrouver mes habitudes de fac sans Nassim n'allait pas être du gâteau, mais il
fallait que je le fasse, il fallait que j y arrive sinon, personne ne le fera à ma place. Je
n'avais pas encore vraiment envie de me lancer directement dans les cours, les devoirs et
tout ça, j'estimais que ça pouvait attendre, que je sois d'humeur quoi.
Je me préparais à la hâte, habillée toujours aussi simplement, je décidait d'emmener un
gilet au cas où il commencerai à pleuvoir parce qu'il y avait un peu de nuages ce matin là,
je descendit à la cuisine, mes parents dormaient toujours, ce qui était étonnant de la part
de ma mère, vu que c'est une lève tôt, je la trouvait toujours dans la cuisine à mon réveil,
là entrain d'attendre que mon père et moi nous réveillons. Je les ai entendue discuter la
veille, ils ont sûrement dû veiller, discuter de tout et de rien au tour d'un café.
Une fois sortie de la maison, mit mes écouteurs, je me rendis compte que j'avais oublié
d'emmener de l'argent avec moi, mais je ne retournai pas en chercher, de toute façon, je
n'allais peut être pas tarder, je rentrerai sûrement pour déjeuner. Je prit donc mon
téléphone et j'envoyais un texto à maman :
"Bonjour maman, j'espère que tu as bien dormi, écoutes je n'ai rien sur moi, mais je
rentrerai sûrement pour déjeuner alors ne t'inquiètes pas."
J'ai eue sa réponse une fois confortablement installée sur mon siège solitaire dans le bus
:
"Bonjour ma chérie, tu t'es levée tôt dis donc... D'accord je t'attends pour déjeuner alors,
je ferai ton plat préféré aujourd'hui, des lasagnes. Je t'aime."
"Je t'aime aussi, maman."
J'ai eu un sourire pendant le long du trajet, j'avançait dans la lecture de mon livre, qui
parlait des livres perdus, je trouvais l'histoire un peu ennuyante, trop de suspens, et j'avais
horreur de ça pour dire vrai.
Une fois arrivée à la fac, je montais directement à l'administration pour noter mon emploi
du temps, je regardais alentour, pas de trace de Lynda cette fois ci, bizarre j'aurai juré
qu'elle se serait pointé ce jour là, bref, mon premier cours fut très court, vu que le
professeur n'était pas venu,pareil pour le deuxième, je ne comprenais pas pourquoi on
nous faisait venir s'il n y avait aucun enseignant qui se pointait. Toujours pas de signe de
Lynda cependant.
En sortant de la salle de cours les nerfs à vif, je tombais nez à nez avec le loup :
_Alors ma jolie, on s'ennuie ? Me dit Lynda avec un grand sourire. Allez viens, je t'invite à
déjeuner pour me faire pardonner.
Elle portait un parfum tellement fort que j'en eue le tournis, je fus choquée de la voir, si
joyeuse, toujours avec son chewing-gum dans la bouche, elle me regardait attendant une
réponse puis, n'en recevant aucune, son sourire disparut pour laisser place à une tête
triste et maussade.
_Tu ne veux pas de mes excuses pas vrai ? Me demanda elle
L'intrigue, la curiosité et plein de questions me démangeaient la langue, je me suis dit
qu'un déjeuner ne me ferai pas de mal, au contraire ça va me permettre d'en savoir plus
sur elle, qu'est ce qui a pu la faire changer comme ça. Moi aussi j'avais perdu un ami, et
pas n'importe lequel, mais contrairement a elle, je n'ai pas subit un énorme changement
simplement au cours de l'été.
_De quelles excuses tu parles Lynda, je n'ai jamais été furieuse contre toi, dis je en
avançant vers elle pour lui faire la bise. Tu viens ? Bien sûre que j'accepte ton invitation, je
crève de faim d'ailleurs j'espère que tu as assez d'argent pour payer ce que je vais
manger. Dis je avec un sourire tout droit sorti d'un film américain.
Elle me le rendit et me suivit montant marche après marche derrière moi. Oui j'étais
hypocrite, la meilleure qui soit même, mais je me devais de l'être, je ne faisais confiance à
personne, et j'étais sûre à cent pour cent que Lynda avait quelque chose derrière la tête et
j'étais bien décidée à le savoir. On étaient donc sorti de la Fac, pour aller au restaurant d'à
côté, qui était je dois l'avouer bien loin des restaurants qu'on voit à la télé, là où c'est
propre, là où les serveurs ont des uniformes, et là où on rentrerait sans que tout le monde
se retourne pour nous voir marcher jusqu'à notre table, bref, j'avais choisit une assiette de
Chawarma avec des frittes et de la salade et une canette de jus, et Lynda prit la même
chose que moi.
Nous sommes restées là, bien silencieuses à nous contempler un long moment, bien
décidée à ne pas parler la première, Lynda céda donc et me dit :
_Alors comment tu te sens aujourd'hui, t'es prête pour la reprise ?
J'écarquillais les yeux, quelle bonne question pour rompre le silence et d'éviter ce pour
quoi on étaient ici, ses soit disant excuses. Je décidait alors de jouer le jeu moi aussi.
_Oh pitié, demande ça aux professeurs qui n'ont toujours pas montré le bout de leurs
nez. Finis je par répondre. Sans sourire cependant.
Le silence fit encore une fois puis Lynda ne supportant plus que je sois autant froide fini
par tout déballer, ce qui me fit finalement sourire.
_Ecoute, je sais que j'ai changé, trois longs mois se sont écoulés depuis qu'on ne s'est
pas vu, tu ne t'es quand même pas attendue à ce que je sois la même personne que
l'année dernière, après tout ce qui m'est arrivé ?
_Et qu'est ce qui t'es arrivé Lynda au juste, je ne comprends pas, tu as mon numéro,
pourquoi tu ne m'as pas appelé, si tu avais besoin d'aide j'aurai très bien pu te l'offrir
quand même. Dis je soudain déçue.
_Tu ne sais pas ce que j'ai enduré cet été, je t'ai menti, je n'ai jamais été à la plage, et
d'ailleurs je ne suis même pas censé te raconter tout cela. me dit elle en baissant la voix
Alors ça, si je m y attendais, moi tout ce que je pensais c'est qu'elle ait eue du chagrin a
cause de Nassim, au moins un peu, après mon coup de fin je n'ai pas eu de nouvelles,
alors j'ai pensé qu'elle ne voulait plus en parler, peut être que c'était sa façon de passer le
cap de la tristesse, l'ignorer. Je n'ai jamais eue une bonne copine simplement parce
qu'elles croient que je leur fait de l'ombre avec mes cheveux blonds et mes yeux bleus,
alors que non, je m'en fout totalement et je n'ai jamais voulu attirer l'attention sur moi. Je
fus bien surprise par la révélation de Lynda cependant, elle me parut effrayée, fatiguée, et
surmenée. Je voulu en savoir plus :
_Qu'est ce qui s'est passé alors Lyn, raconte moi tu sais que tu peux me faire confiance
quand même, on se connaît depuis déjà trois ans, on ne va surtout pas finir la fac en étant
fâchée l'une contre l'autre, je ne veux pas perdre une autre personne à qui je tiens.
_C'est mes parents, commença Lynda en fondant en larmes.
Je ne m'attendais pas non plus à ce qu'elle commence à pleurer, je rapprochait ma
chaise de la sienne et mit ma main sur son épaule :
_Lyn, on est en sécurité ici, tu peux tout me dire, qu'est ce qu'ils ont tes parents, vous
manquez d'argent ? Ils sont malade ? Que Dieu éloigne ce malheur...
_Non, non, tu n'es jamais venue chez moi, tu ne sais pas ce que je vis ...
_Alors raconte moi Lyn, vas-y je suis là. la rassurai je, de plus en plus inquiète.
C'est alors, pour la première fois depuis trois ans, que j'entendit Lynda parler tristement,
elle commença son récit :
"Mon père n'a jamais été clément avec nous, mes deux soeurs et moi. Je ne me souviens
pas de la dernière fois où il nous a prit dans ses bras et nous a dit qu'il nous aimait de tout
son coeur, non. Il a toujours été méchant, il reproche toujours à ma mère de nous avoir
très mal élevé. Ils se disputent souvent à cause de nous, à cause des reproches que mon
père fait a ma mère, il ne se passe pas un jour sans qu'on les entend hurler, et pas que.
Cet été, il s'est passé le pire, d'habitude quand je rentre à la maison je trouve mon père en
face de la télé, avec sa cigarette et son verre de Hammoud Boualem à la main, il regarde
tellement de films que je crois qu'il les connais tous. Il ne demande que rarement où et
avec qui j'étais, ce jour là, il a vu que j'ai été acheter une teinture pour mes cheveux, je lui
ai dit que j'ai été au super marché d'à côté pour m'en acheter. Il a tout de suite appelé ma
mère au téléphone lui ordonnant de rentrer sur le champ.
Ma mère était la seule a travailler, elle est médecin, et depuis qu'elle est mariée à mon
père, c'est toujours elle qui fait les courses, elle qui nous donne de l'argent de poche, elle
qui prend soin de nous en gros. Et lui, bah il ne fait rien à part rester à la maison, sortir le
soir et rentrer très tard.
Elle est donc rentrée une heure et demi après le coup de fil de mon père, ça l'a énervé.
_Je t'avais dit de rentrer sur le champ. Lui dit mon père.
_Mon collègue avait encore besoin de mon aide je ne pouvais pas venir sur le coup, et je
t'ai toujours dit que je travaillais je ne pouvais pas quitter mon boulot à n'importe quel
moment quand même. lui répondit ma mère sur la défensive.
ça a mit mon père encore doublement en colère, comment faire passer un collègue avant
son mari, il refusait d'accepter cette idée.
_Bon alors pour commencer, tes filles ne sont toujours pas rentrées, elles sont où ? Lui dit
mon père.
_Mais elles sont à l'école voyons on est Dimanche... Lui répondit elle
_Je m'en fout qu'elles aillent à l'école, elles finiront par être femme de ménage de toute
manière, et ta fille Lynda est partie acheter de la teinture, pour mettre cette merde sur ses
cheveux, qui c'est qui lui a donné cette idée? je suis sûre que ça vient de toi ! Dit il avec
colère.
_On a une fête Jeudi, ma nièce se marie...
_JE NE VEUX PAS ENTENDRE PARLER DE TA FAMILLE!!
J'étais à la porte de ma chambre à l'étage, j'avais tout entendu, et connaissant mon père
je savais que ça allait dégénérer à l'instant où ma mère avait parlé de sa famille. J'en n'en
pouvait plus Norhane tu comprends ? Je me suis dit que cette fois ça allait changer, j'allais
changer les choses avant que les filles ne rentrent de l'école, je me devais d'en finir avec
lui.
Je rassemblais mon courage, j'ai fermé les yeux, et remémorais toutes les fois où j'avais
fini à l'hôpital à cause de lui, à cause des coup de poings, des coup de pieds, et à cause
des objets qui me lançait sur la figure surtout, et c'est à ce moment là que j'entendit ma
mère crier et tomber par terre. J'ouvris les yeux alors et descendit, je suis directement
allée à la cuisine, j'attrapait un couteau et revenait dans le salon là où mon père était
perché sur ma mère par terre et l'étranglait.
_Lâche là ou je te colle ça en plein dans le coeur. criais je.
il avait relevé la tête et me regardait avec un air curieusement méchant, qui inspirait la
haine, la mort, le désespoir.
_Qu'est ce que tu crois que tu vas faire avec ça, tu crois vraiment pouvoir me tuer, tu n'es
qu'une gamine, tu ne vaut rien, et tu restera comme ça à jamais.
_Je m'en fout de ce que tu penses de moi, si tu crois que c'est comme ça que je vais finir,
tu te trompes, tu sais pourquoi ? parce que j'ai juré de ne jamais te ressembler...
Commençai je
_Lâche ce couteau tout de suite Lynda tu ne sais pas ce que tu fais, couina maman
toujours allongée par terre, son cou serré par les mains de mon abominable père.
_Non maman, je sais ce que je fais, je nous libère de ce monstre qui nous empêche de
vivre, qui boit et qui mange au frais de la princesse, tu n'en a jamais marre qu'il prenne
toujours ton argent maman, tu n'en as pas marre ? Parce que moi si, j'en ai marre qu'il
nous empêche de nous épanouir, de réaliser nos rêves, de suivre des études qui nous
plaisent mes soeurs et moi sans qu'il ait à nous rabaisser ! Lève toi ! Sinon je te jure que
je tire et peu m'importe où ce couteau atterrira du moment qu'il sera planté dans ton
corps.
Mon père s'exécuta, mais au lieu de rester sur place il s'avança vers moi, en colère.
_Reste là où tu es je vais appeler la police.
_Tu crois qu'ils vont prendre qui, dit mon père en s'avançant toujours vers moi m'obligeant
à reculer, tu crois qu'ils vont croire ce que tu racontes ? Tu crois qu'ils vont te laisser
désobéir à ton père et le menacer avec un couteau.
Il fini par m'atteindre, et je ressentis soudain cette douleur familière, celle que je ressentais
quand mon père me donnait un coup de poing en pleine figure, je tombait alors, et le
couteau me glissa des mains. Mon père le reprit par terre.
_Alors réponds moi, tu crois vraiment pouvoir m'atteindre, me battre moi, ton père ? Hurla
t il.
Il se pencha sur moi me mit le couteau sur la gorge, et je vis soudain ma mère se lever
et se ruer vers lui pour le repousser, il se tourna vers elle et planta le couteau droit dans
son estomac.
Je ne peux pas te décrire le sentiment que j'ai eu à ce moment là, j'avais perdu l'usage
de ma voix, je ne pouvais pas hurler, le choc me bloquait les poumons, je regardais ma
mère, les yeux écarquillés, remplies de larmes à présent, tomber par terre, elle non plus
n'a pas hurlé, elle regardait ce couteau planté dans son ventre, le ventre dans lequel, mes
deux soeurs et moi sommes restées pendant neuf mois, je regardais ma mère s'eteindre
peu à peu, le sang n'arrêtais pas de couler de son ventre, j'étais par terre moi aussi,
pétrifié, je n'arrivais pas à bouger, je voyais mon père aller et revenir dans la pièce, il
décida alors de décrocher le téléphone et d'appeler les pompiers. Je l'entendit parler mais
très loin, je ne savais plus quoi faire, tout était de ma faute si ce couteau se trouvait là,
j'avais donné une arme à mon père, pour qu'il puisse nous assassiner tous.
Soudain je me senti me relever, c'était mon père qui me secouait.
_Tu vas m'écouter attentivement espèce de débile, regarde ce que tu as fait à ta mère,
par ta faute elle est inconsciente, elle ne va sans doute jamais se réveiller et c'est tant
mieux on n'aura pas de problème. Les pompiers vont arriver, et je jure sur l'amour de ta
grand mère, si jamais tu révèle ce qui c'est passé ici, je te tue, tes soeurs et toi tu
m'entends ? Je vous tue tous. "

Lynda se tut, visiblement elle avait du mal à continuer, je la regardais pleurer, me sentant
inutile devant ce genre de situation, je ne faisait que lui carresser l'épaule.
Je ne pouvais même plus parler, nos plats étaient déjà devant nous mais avaient sans
doute refroidit, tout le monde dans le restaurant regardait vers notre table, je les regardais
à mon tour un par un d'un regard méchant jusqu'à ce que chacun d'entre eux détourne le
regard, et me concentrait alors sur Lynda. Je la regardait de plus près, elle avait sur les
avant bras des bleus qui avaient fini par virer vers le jaune, signe que sa peau
commençait à guérir, sur son coup aussi il y avait comme une blessure mais nettement
plus guérie. Soudain je ressentit une telle peine pour elle, je ne savais pas si ce qu'elle
disait était vrai, mais ses marques sur son corps me l'avaient prouvés. J'attendis jusqu'à
ce qu'elle sèche ses larmes et se soit calmée pour lui demander :
_Dis moi que ta mère va bien Lynda, s'il te plaît ?
_Oui, elle est dans le coma depuis déjà deux mois, les médecins disent que l'un de ses
organes a été touché par le couteau, on attend tous son réveil, je suis la seule à
m'occuper de la maison, de mes deux soeurs et de lui ... Me répondit elle.
Je réfléchis un moment, puis me dit qu'elle subissait sûrement le même châtiment tous les
jours elle et ses soeurs, qu'elles vivaient dans la terreur et que tout ce qu'elles avaient
envie de ne pas faire en fin de journée c'est de rentrer à la maison. Je comprenais mieux
maintenant les réactions de Lynda, son comportement avec les gens, elle faisait croire à
tout le monde que tout allait bien dans sa vie pour éviter d'être jugée, pour éviter qu'on lui
pose des questions, pour que finalement on la laisse tranquille et qu'on la traite
normalement, sauf que cette fille avait besoin d'aide et je n'allais sûrement pas laisser
passer ça sous mon nez.
_Je ne sais pas quoi faire, continua t elle, j'attends le réveil de maman peut être qu'elle
m'aidera à faire enfin éclater la vérité sur ce qui s'est passé cet été, mais je suis sûre, je
suis prête à mettre ma main au feu qu'elle ne dira rien, qu'elle prendra toujours sa défense
comme à son habitude. Je ne la laisserai pas faire cette fois ça a assez duré.
_Lynda, écoutes moi, tu n'es plus seule maintenant, je suis là pour t'aider, si tu as besoin
de quoi que ce soit tu as mon numéro, appelle moi et j'accours. Je suis très sérieuse, je
serai super fâchée si tu ne le fais pas. Et puis tu as raison d'attendre le réveil de ta
maman, je suis d'accord avec toi ne fais pas ça toute seule, peut être que je viendrai avec
toi pour essayer de la convaincre et ...
_Mais les coups et blessures de mes soeurs et moi ne l'ont jamais convaincu et toi tu vas
essayer de la convaincre, me coupa elle, écoutes Norhane, tu es très gentille je te
remercie de vouloir m'aider mais je ne crois pas que tu pourrai me dit elle avec un ton sec.
Tu es hors de danger lorsque tu es loin de moi. me dit elle en se levant et en prenant son
sac et en y cherchant quelque chose.
_Mais qu'est ce que tu fais Lynda, où vas tu ? Demandai je
_Je rentre chez moi avant que mon père ne remarque ma présence, pour lui je ne suis
pas censée aller à l'université, je ne le mérite pas. Me dit elle en sortant deux milles dinars
et les lançant sur la table.
_C'est quoi ça, mais attends ne t'en vas pas, s'il te plaît ...
_Je t'avais promis de payer le déjeuner pour me faire pardonner, j'espère que les raisons
de mon changement t'ont convaincu. Me lança elle en s'éloignant.
Je la regardait partir, bouche bée, je ne comprenais pas pourquoi elle avait eu cette
réaction, puis restant assise, les deux plats refroidit et la chaise de Lynda vide devant moi,
je restait là, j'attrapait une fritte et me repassait la discussion que je venais d'avoir avec
une amie de quatre ans, celle qui est censée tout me raconter, en revue. Comment a t elle
pu me cacher une chose pareille ? Comment a t elle pu faire semblant. Soudain, sa
dernière phrase me vint à l'esprit : " Tu es hors de danger lorsque tu es loin de moi "

Chapitre 3
Rendez-vous.
C'était donc ça, ma sécurité ? C'était tout ce qui lui importait ? Et la sienne alors, elle n y
avait pas pensé ? Bon sang ce que je voulais lui donner une bonne gifle pour la réveiller
un peu, et la secouer pour aller tout révéler à la police pour qu'ils enferme ce gros tas de
merde qui lui servait de père. En y réfléchissant, le coup de la gifle risquerai de ne pas
marcher vu qu'elle en recevait pratiquement tous les jours. Ce qui s'est passé à Nassim
ne lui a donc pas servit de leçon ? Un jour ils la retrouveront morte, et tout ça parce que
sa mère et elle n'ont pas réagit à temps.
Je suis restée assise à cette table un bon moment, réfléchissant aux options possible et
impossible de cette affaire. Je m'étais dit qu'il fallait que j'en parle aux parents, on pourrai
peut être l'aider, je ne sais pas, faire quelque chose au moins. Je me suis levée d'un
bond, me rendant compte que le temps pressait pour rester là à réfléchir au lieu d'agir. Je
payais la note et me tapait le trajet habituelle, Tafourah, Bus, beaucoup de monde,
écouteurs, et surtout une totale méfiance des gens qui m'entouraient, on ne sait jamais ce
qui pourrai se passer.
Depuis que j'ai commencé la fac, je me suis faite volé trois fois mon téléphone portable,
une fois dans le bus, le kit mains libre est resté accroché à mon coup. Ce jour là, Nassim
s'est tapé un fou rire de trois quart d'heures. Une fois je l'avais oublié dans une classe de
cours et évidement en revenant je ne l'avais pas trouvé et bien sûre personne ne l'avait
vu, et une fois on m'avait fait un croche pied à Tafourah, mon portable m'avait glissé des
mais et deux sombre crétins me l'ont piqué et se sont enfuit. Ma chute était tellement
violente que j'ai eu du mal à me relever rapidement et courir après eux. C'est pour ces
simple raisons que j'ai décidé de m'offrir un iPhone blanc, dernière génération, écouteurs,
baffles, la totale. Vous vous dîtes sûrement : Mais pourquoi vu que tu te fais tout le temps
volé. Eh bien mesdames et messieurs, à la place j'ai décidé de faire du sport, m'entraîner
sans relâche jusqu'à ce que mes poumons deviennent tellement douloureux que j'ai du
mal à respirer. Quand je m'entraîne je pense à cette chute à Tafourah, aux insultes que
j'entends dehors de la part des garçons avec qui je ne veux pas parler et qui finissent par
se retourner contre moi et me disent de gros mots, mais ces temps ci, je pense surtout
aux coups et blessures que Lynda et ses soeurs se font infligés par leur propre père,
quelle injustice, quelle honte, quelle peine.
C'est vrai que je suis le genre de fille qui a du caractère, qui ne cède pas au premier
signe de force, qui ne fait confiance à personne, mais en tant qu'amie, je suis prête à dire
que je le suis avec coeur et âme. Je suis une bonne amie, et quand je dis bonne ça veut
dire serviable, aimante, à l'écoute, toujours à l'écoute, et soucieuse. C'est pourquoi je
voulais à tout prix aider Lynda, elle ne m'a jamais fait de mal, et je suis sûre qu'elle ne
m'en fera jamais.
Une fois rentrée à la maison, je me débarbouillais un peu, ma peau avait tendance à
coller et devenir grasse quand je reste trop longtemps dehors, mais ça ne m'étonnais pas,
vu l'humidité qu'il y a dans la région, j'attendit que ma mère rentre de son travail, elle était
vétérinaire, elle aimait beaucoup les animaux, mais bizarrement, on n'en a jamais eu.
J'avais préparé du café, et un gâteau, je savais que ma mère raffolait des moelleux au
chocolat, donc je lui en ai fait un, et j y avait mi du coeur en plus.
Je savais qu'elle allait être fatiguée, et j'en eut la preuve en la voyant franchir la porte de
la cuisine, enlever ses chaussures à talons et s'asseoir sur la première chaise qu'elle ait
vu en soupirant et en se massant les orteils.
_Ah je suis si fatiguée aujourd'hui ma chérie, me dit elle, qu'est ce que tu nous a préparé
ça sent bon.
_Devines un peu m'an. Lui dis je en souriant.
_Un gâteau ça c'est sûr.
_Touché, mais c'est ton gâteau préféré, un moelleux au chocolat.
_Ah c'est gentil ça ma puce, c'est en quel honneur ?
_Bah, tu vois je me rends compte que j'ai de la chance de vous avoir toi et papa, surtout
ces jours ci. Lui révélait je.
Je la regardait enlever ses bas qui ont fini par laisser des traces sur ses mollets, elle se
massait le coup, et attachait ses longs cheveux, elle avait enlevé sa verse et s'était mise à
l'aise, prête à manger mon gâteau. Je m'étais assise en face d'elle, je lui avait servit une
grosse part, et versait du café au lait dans sa tasse. Elle avait commencé à manger, je la
regardait faire, elle paraissait tellement fatiguée, et avait toujours les yeux cernés.
_Tu fais toujours ces rêves bizarre maman ? Ceux dont tu m'as parlé ? Dis je, inquiète.
_Oui, la nuit dernière, le serpent ne m'étouffait pas, mais il y avait plein de petits serpents
qui rodaient au tour de moi. Tu sais je commence à croire qu'il y a quelque chose qui se
trame, ton père se sent bien, toi aussi, je me pose donc des question, d'où ça pourrai bien
venir tout ça, peut être que je devrai appeler ta grand mère, voir si tout va bien pour elle et
...
_à ce propos maman, la coupai je, je voulais justement te parler de quelque chose qui me
tient à coeur.
_Excuses moi ? Serai tu entrain d'insinuer que quelque chose ne va pas dans ta vie et
c'est maintenant que tu m'en parles ? Commença maman.
_Non écoutes je ne l'ai su que toute à l'heure.
Je lui racontait alors ce qui s'était passé pendant le déjeuner, et pourquoi je n'étais pas
rentrée pour manger les lasagnes qu'elle avait préparé ce jour là uniquement pour moi. Je
lui racontait ce que Lynda avait du mal à me dire, et me cachait depuis plusieurs années
maintenant.
_Et donc je crois que c'est de ça que tu rêves maman, c'est peut être Lynda, sa mère et
ses soeurs les victimes, et le gros serpent c'est son père tu comprends ?
_Et tu crois que je vais rêver de ça à cause d'une famille dont j'ignore totalement
l'existence ?
_Mais maman, ça compte pour moi, c'est mon amie ...
_Excuse moi de te contre dire ma chérie, mais je ne pense pas qu'il s'agisse de ça,
d'ailleurs tu devrai laisser ta copine gérer ses problèmes de famille toute seule, cela fait de
la peine oui, mais que veux tu, c'est la vie.
_Mais comment peut tu dire ça maman ? Elle souffre la pauvre.
_Tout ce que tu peux faire c'est lui tenir compagnie Norhane, rien de plus. Tu veux aller
voir la police à sa place ? Ne soit pas naïve ma chérie, j'ai consacré ma vie à te rendre
forte et impénétrable.
_D'accord alors je te tiens au courant des choses, et puis tu as raison, après tout, je ne
pourrai rien faire, lui répondis je.
Non c'est vrai, je ne pouvais rien faire, comme je n'ai rien pu faire pour mon Nassim, je
ne savais pas ce qui lui est arrivé, je me rappelle du dernier coup de fil qu'il m'avait passé,
il était content, il allait chercher sa nouvelle BD collector d'un vendeur qu'il a rencontré sur
internet, je me rappelle qu'il avait payé chère pour l'avoir, d'ailleurs maintenant que j y
pense ça lui a coûté la vie. Peut être que c'était ça finalement, peut être que c'était un
piège, il s'était fait piégé par un internaute, mais pourquoi lui, ça aurai pu arriver à
n'importe qui dans la région, ils l'ont choisit lui, et me l'ont enlevé. Ce soir là, je
m'entraînait comment une malade, je me souviens de m'être presque évanouie de
douleur, je repensais à toutes les injustices qu'il y avait dans le monde, et surtout le trou
béant que Nassim a laissé dans ma poitrine.
Environ un mois passa après le long entretien que j'avais eu avec Lynda, j'allais à mes
cours mais je ne la voyais nul part, un mois d'absence, j'appelais sur son numéro, elle ne
me répondait jamais, les professeurs bien sûre, ne se demandaient jamais où étaient les
absents, ils se contentaient de noter leur absence et puis c'est tout. Je m'inquiétais
vachement pour elle.
Un jour, vers midi, entre deux cours, j'étais assise dans mon coin devenu habituel à la
fac, le côté où personne ne passait généralement, sur les escaliers qui menaient vers les
salles de cours des étudiants de pharmacie. Au moins là bas j'étais tranquille avec mon
sandwich et mon livre avant le prochain cours. Je n'étais pas du genre à m'asseoir avec
un groupe d'étudiants pour discuter et rire aux éclats du moins depuis la mort de Nassim,
je n'en ressentis plus l'envie. Ma mère me disait souvent que je devrai m'éclater, me
changer les idées, au moins je serai plus épanouie, mais elle ignore que tout ce qui me
rend heureuse c'est un bon sandwich de chez Aladin, et mon vieux bouquin. Soudain mon
téléphone sonna, je ne reconnu pas le numéro mais je décrochait quand même :
_Ouais allô ?
_Salut, Norhane.
Je reconnus tout de suite la voix effrayée de Lynda.
_Oh mon Dieu Lynda, comment ça va ? Je t'ai appelé un million de fois ? Où es tu ?
_Calme toi Nounoutte, je vais bien, je t'appelle juste pour te rassurer, et te dire que je suis
toujours vivante.
_Bah encore heureux...
_Laisse moi finir s'il te plaît, me coupa t elle.
Je me suis tut.
_Je suis désolée de m'être énervée contre toi le dernier jour, tout ce que je veux c'est que
tu sois saine et sauve, je ne veux surtout pas que mon père apprenne ton existence dans
ma vie sinon il me le fera payer tu comprends ?
_Oui, dis je.
_Alors je t'ai appelé pour te dire aussi que ma mère s'est reveillée, mon père part chez sa
famille pour voir mon grand père dans onze jours tu m'entends ? Onze jours, je veux que
tu viennes me rendre visite dans onze jours chez moi, pour voir ma mère.
_Il n y a aucun problème...
_S'il te plaît, Norhane, viens toute seule, je sais que tu as prévenu tes parents, mais ma
mère se sent très faible et a difficilement accepté d'avoir de la visite, mais elle ne sait pas
que tu es au courant de toute l'histoire d'accord ? Donc ne la bouscule pas.
_Et toi tu ne reviens plus à la fac ? Demandai je.
_Non ma puce, je suis désolée, pas tant que cette affaire ne soit pas réglée, tu me
manques et il n y a aucun autre moyen pour que je puisse te voir tu comprends, alors je
t'envoies mon adresse par texto et n'oublies pas, dans onze jours à midi. Bisous
Elle avait raccroché avant que j'ai pu dire un mot, elle me faisait vachement de la peine,
maintenant elle n'a même plus le droit de parler au téléphone, j'imagine le pire pour elle.
Non seulement son père lui infligeait de la torture physique, mais en plus elle subissait de
la torture morale aussi, sans parler du fait qu'elle soit la seule à prendre soin de sa mère,
ses soeurs étant trop jeûne pour l'aider. En pensant à tout ça je me suis dit que j'avais
beaucoup de chance d'avoir des parents tel que les miens.
Ma journée ne fut pas terrible, comme le reste de la semaine d'ailleurs, j'avais hâte d'aller
chez Lynda, voir l'atmosphère dans lequel elle vivait. C'est vrai que j'avais promis à ma
mère de ne pas me mêler de ses histoires mais je m'étais jurée que si je voyais les
choses dégénérer, j'appellerai la police et je leur raconterai tout.
Je montrais le texto que Lynda m'avait envoyé à mes parents, en leur disant que le
lendemain j'allais à cette adresse et qu'il ne fallait pas s'inquiéter, j'allais prendre la voiture
de toute façon vu que les moyens de transport étaient pourri dans la région, et
n'emmenaient pas à Ouled Fayet sans embrouilles, pas de place où s'asseoir, plein de
gens qui fouettent de sueur, et bien sûr le trajet allait être long vu que le mini bus
s'arrêtera chaque deux minutes à une station.

Chapitre 4
La visite.

Le jour J, je m'étais faite belle, j'avais mi la robe rouge que j'avais acheté de Paris cet
hiver là avec mes ballerines blanches, je m'étais maquillée un peu, j'avais mi un peu
d'eye-liner, et du far à joues. Je me suis regardée dans le miroir, mon corps avait
totalement changé, je me sentais en pleine forme, comme si rien ne pouvais m'arrivais, je
m'étais en quelque sorte habituée à la douleur, maintenant je serai capable de me
défendre si jamais quelque chose de mal m'arrivait. Après avoir prit mon petit déjeuner,
j'avais mi un peu de rouge à lèvres, pour être dans les même tons que ma tenue. Mes
parents n'étaient déjà plus là à mon réveil, je leur avait donc envoyé un texto en disant
que je sortais de la maison pour aller chez Lynda. Je n'avais pas reçu de réponse, ils
étaient sûrement absorbés tous les deux par leurs travail.
Le trajet fut infernal, même en voiture on ne s'en sortait pas, il y avait une circulation
énorme vu que j'étais sortie vers onze heures, les gens rentraient sûrement pour déjeuner
chez eux, mais ne savaient pas que s'ils se mettaient tous à quitter leur boulot en ayant
l'intention d y revenir à temps après le déjeuner, ils se mettaient les doigts dans le nez.
J'avais du mal à trouver le bâtiment dans lequel vivait Lynda, c'était enfouit dans la cité de
Ouled Fayet, j'ai dû prendre mon courage à deux mains et demander mon chemin.
Bizarrement, les trois personnes auxquels j'avais demandé mon chemin fient une grimace
en m'entendant dire l'adresse, et j'étais prête à parier que c'était à cause du père de
Lynda, tout le monde connaissait certainement le fou furieux qui habitait à cette adresse.
Je me garais alors juste en face du bâtiment qu'un grand monsieur m'avait indiqué, cet
endroit me donnait la chair de poule, je me disais que quelque chose n'allait pas, mais je
me forçait à penser à Lynda et sa famille qui souffrait dans un des appartement de ce
bâtiment sinistre qui inspirait la mort. Il était midi moins Cinq, le temps pour moi de monter
les escaliers j'arrivais juste à temps. Je sortis de ma Polo, verrouillait la porte derrière
moi, et me dirigeait vers le bâtiment, mes ballerines faisant le moins de bruit possible, il n
y avait quasiment personne, je voyais des voitures au loin, mais personne à pied, et
personne dans la cage d'escaliers. Lynda habitait au dernier étage, j'entreprit donc de
monter une à une les marches en faisant attention à ne pas faire de bruit. J'étais
finalement arrivée devant la porte rouge de chez Lynda, je prit mon courage à deux mains
et sonna à la porte, j'entendis des bruits au loin sur le coup, ensuite un long silence
s'imposa avant que j'entende des bruits de pas derrière la porte. Lynda m'ouvrit enfin, elle
avait le visage pâle, les cheveux ramassés en arrière, elle portait ce qui me semblait être
un pyjama bleu, et me sourit à peine quand elle avait enfin posé les yeux sur moi après
m'avoir scrutée de la tête aux pieds.
_Tu es élégante dis donc. Me dis t elle avec un sourire forcé.
_J'ai fait de mon mieux pour ta maman. Lui répondis je.
_Vas-y entre.
Elle me tourna le dos, laissant la porte ouverte pour me laisser rentrer et se dirigeait vers
le salon, je franchis le seuil de la porte, mais quelque chose me coupa la respiration, je
sentis comme une odeur de dissolvant, une substance que je n'avais jamais senti avant,
j'avais du mal a respirer, quelqu'un se tenait derrière moi, m'étranglant avec ses deux
mains. La substance fini par m'achever, je ne sentis plus mes jambes et je suis tombée
par terre, j'avais ressenti une folle envie de dormir, et c'est ce que je fis.
En me réveillant, je ne savais pas combien de temps étais je assoupie, mais je ressentis
tout de suite une douleur atroce à la tête, j'ouvris mes yeux avec beaucoup de mal, la
pièce était très petite mais sombre, il devait faire nuit, cependant la fenêtre était fermé je
ne pouvais donc pas en être sûre. J'étais allongée sur un matelas qui était posé par terre,
j'essayais de me relever mais j'avais mal aux poignets et surtout entre les jambes, cette
douleur m'intriguait tellement que je décidait de me relever quand même, pour voir au
moins ce que j'avais, il y avait un peu de sang sur le matelas mais je vérifiais je n'avais
aucune écorchure. De l'air frais était passé par dessous la porte, et je su alors que ma
culotte avait disparu.
J'avais tout de suite compris le manège, si je n'avais aucune écorchure sur mon corps, il
n y avait qu'un seul endroit où j'aurai pu saigner, et je ne me rappelais pas avoir eu mes
règles à cette période là. J'essayais de me rappeler de ce qui s'était passé, tout ce qui me
venait à l'esprit était Lynda, je regardais au tour de moi, j'étais toute seule dans la pièce,
elle devait être enfermée dans une autre pièce, on nous a sans doute tendu un piège,
peut être que son père était revenu plus tôt que prévu du Bled, peut être qu'après l'avoir
torturé elle lui a finalement dit que j'allais lui rendre visite.
Je me rallongeait face au plafond, je sentais les larmes chaudes couler sur les deux
côtés, l'une d'elles a fini par atterrir dans mon oreille mais je ne l'essuyais pas, je ne
pouvais pas avoir recours à mes mains, je ne sentais plus mon corps, je regardais une
araignée tisser sa toile dans un coin un peu sombre, elle au moins est chez elle, elle au
moins n'avait peur de rien, pas comme moi, j'étais tellement terrifiée que j'en tremblais,
mais je ne me sentais pas trembler, il n y avait que le son des claquements de mes dents
qui me le faisait sentir.
Je voulais sourire une dernière fois avant la fin, je voulais dire au revoir à ceux que
j'aimais, à ma maman, à mon papa, je devrai attendre de les retrouver là haut, je pensais
à mes études, à quoi ressemblerai la vie dans une centaine d'années. J'ai vu toute ma vie
défiler et puis j'entendis les bruits de pas, je serrais les dents et fermer les yeux si fort au
point de me faire mal.
La porte s'ouvrit à la volée, et je vit Lynda apparaître, la lumière m'aveuglait en premier
lieu mais je fini par m y habituer, j'étais si contente de la voir, je me disait qu'elle avait
échappé à son père et était venu à ma rescousse.
_Ah tu es enfin réveillée, il était temps ma grande, tu as dormi une journée et demi, allez
secoue toi un peu, tu n'en a plus pour longtemps. Me lança Lynda d'un ton si froid que j'en
eut la chaire de poule.
_Qu'est ce qui se passe Lynda ? Qu'est ce que tu veux dire ? Tu ne peux pas me laisser
sortir ? Est ce que c'est ton père qui m'a fait ça ?
Lynda éclata de rire.
_Ah tu es si naïve, tout comme ton crétin de copain, qui a cru faire une bonne affaire en
achetant une BD sur internet. Je n'ai jamais eu de père espèce de débile, je t'ai raconté
des salades pour te faire venir ici, dans mon coin personnel, à moi et à mes deux potes,
qui se sont bien éclatés avec toi à ce que je vois.
Elle regarda la tâche de sang qui était sur le matelas, et me regardais pleurer.
_Pauvre petite, tu n'es même pas capable de te défendre maintenant, je vais en finir avec
toi, comme je l'ai fait avec le crétin de Nassim.
_C'était donc toi ? Toi qui m'a volé mon meilleur ami... Commençai je, devenant furieuse.
_Je t'arrête tout de suite, tu était tout sauf sa meilleure amie, tu était la femme de sa vie
comme il me le disait si bien, tu était tout pour lui, il n'en jurai que par toi, il n'avait jamais
vu que j'était tombée amoureuse de lui, que je l'admirais, que j'adorais tout ce qu'il faisait,
et que toi tu t'en foutais,

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Norhane De Yas

  • 1. Prologue Je sentais les larmes chaudes couler sur les deux côtés, l'une d'elles a fini par atterrir dans mon oreille mais je ne l'essuyais pas, je ne pouvais pas avoir recours à mes mains, je ne sentais plus mon corps, j'étais allongée face au plafond, je regardais une araignée tisser sa toile dans un coin un peu sombre, elle au moins est chez elle, elle au moins n'a peur de rien en ce moment, pas comme moi, je suis tellement terrifiée que j'en tremble, mais je ne me sens pas trembler, il n y a que le son des claquements de mes dents qui me le fait sentir. Je voulais sourire une dernière fois avant la fin, je voulais dire au revoir à ceux que j'aimais, à ma maman, à mon papa, je crois que je devrai attendre de les retrouver là haut, je pensais à mes études, à quoi ressemblerai la vie dans une centaine d'années. J'ai vu toute ma vie défiler et puis j'entendis les bruits de pas, je serrais les dents et fermer les yeux si fort au point de me faire mal. *** Chapitre 1 Un drôle de changement L'été le plus affreux de toute mon existence était bien celui de mes vingt et un an. Pourquoi ? Parce qu'il s'est passé quelque chose de vraiment terrible cet été là, j'avais perdu un être chère à qui je tenais plus que tout, un ami, un confident, un complice, et même quelques fois, un amoureux. Nassim était tout ce que j'avais de bien dans ma vie, je passais tous mes bons et mauvais moments avec lui, on se connaissait depuis le primaire et on était voisins, on a grandit ensemble et nos parents étaient amis. Je n'avais aucune idée de la façon dont il était mort, tout ce que je savais c'est que la police avait trouvé un corps au bord d'une plage à Zeralda, et qu'après trois mois d'absence et d'inquiétude, ses parents ont reçu un appelle de la morgue pour confirmer l'identité de leur enfant unique. Jamais je n'oublierai cette journée là, la mère de Nassim était assise par terre quand on lui avait rendu visite mes parents et moi le jour de l'enterrement, elle ne pleurait pas, elle avait simplement le visage dénué de toute trace de rougeur, ou même de sang, elle avait le regard vide, son mari était assis à côté d'elle mais sur un canapé, il avait le visage enfoui dans ses mains et pleurait silencieusement. Les gens arrivaient peu a peu, consolant et pleurant la perte de mon chère ami Nassim. Oui, je ne vous ai pas encore raconté ma réaction, c'est parce que j'ai du mal à m'en souvenir, ma mère m'avait dit que j'avais pleuré tellement fort que j'avais fini par perdre connaissance et que je m'étais réveillée le lendemain, le jour de son enterrement. Que pourrai je dire de tout cela, à part que toute ma vie semblait être sinistre depuis sa mort, rien n'allait plus, je ne pouvais me confier à personne, même pas à mon amie de
  • 2. Fac Lynda, qui était aussi notre amie à moi et à Nassim. Je n'arrivais jamais à la joindra au téléphone, le jour où je l'avais appelé pour lui annoncer la mort de Nassim, elle m'avait raccroché au nez et n'a plus rappelé depuis. Lynda a toujours été forte de caractère, et ne laissait paraître aucun sentiment de faiblesse. J'imaginais qu'elle avait eu cette réaction simplement parce qu'elle ne voulait pas que je l'entende pleurer. Je ne savais plus quoi faire, je passais tout l'été dans ma chambre, écoutant de la musique et lisant plein de livres, mais je n'arrivais toujours pas à oublier Nassim, ne serai ce que pour trente secondes, il y avait un peu de lui dans chaque coin de ma chambre, un livre qu'il m'avait offert pour mon anniversaire, un grand cadre pour accrocher toutes nos photos, une lampe qui change de couleur ... Il y avait même son odeur dans mon esprit, toujours. Mes parents faisaient pratiquement tout pour me remonter le moral, un jour ma mère avait acheté un carton de chocolat, ça m'a fait sourire, et ça m'a fait par la même occasion plein de boutons aussi. J'avais demandé à mon père de m'acheter deux machines, une pour courir, et l'autre pour faire de la musculation, j'ai toujours voulu canaliser ma colère quelque part, et maintenant j'avais une bonne raison pour le faire, un jour je vengerai celui qui l'a tué, si un jour je saurai comment mon meilleur ami à péri, je subirai le même sort à son meurtrier. Aujourd'hui Dimanche 25 Septembre, réveil à 8h du matin. Bien décidée à faire quelque chose de ma journée, qui soit dit en passant était plus ennuyante qu'autre chose depuis le début des vacances et la mort de Nassim. Je pris donc la décision d'aller m'inscrire pour une nouvelle année à la fac, mon réveil sonna à temps cette fois, vu que j'ai tendance à oublier de l'enclencher et fini toujours en retard à mes rendez vous, ou tout simplement en cours. Je me retournai dans mon lit, me mettant face à mon placard, pensant à ce que j'allais mettre aujourd'hui vu que j'avais un peu de temps devant moi. J'en avais tellement marre de cette chambre, Dieu seul sait combien de temps j'ai passé ici, les fois où je riais aux éclats avec Nassim pendant nos innombrables soirées pyjamas, les fois où je n'arrivais pas à me concentrer sur mes cours, et fini par gribouiller sur un papier, et bien sure les fois où je hurlais de colère dans mon coussin et fini par fondre en larmes. Heureusement pour moi que j'allais quitter ce trou pour au moins juste un moment ... Mais maintenant que j y pense, pour aller où ? Alger, oh, "Alger la blanche." vraiment ? Je ne sais pas qui a dit ça de cette ville, mais bon sang faut mettre des lunettes, Alger est tout sauf blanche. Personne ne contribue à sa propreté, il n y a aucune place pour les piétons, et ceux qui se baladent dans la rue, ont tendance à avoir le coeur sur la main, ou la langue bien pendue je dirai. Je regardais donc mon placard pensant à ce que j'allais mettre aujourd'hui, parmi les nombreux jeans, et Tshirt que j'ai. Cette ville, ou du moins les gens qui y vivent ne me donnent pas trop de choix sur ma tenue vestimentaire. Une jupe ? Une robe ? Pardon ? Non, non ce n'est pas possible. Il est inconcevable de "ressembler à une fille" sans qu'on soit tout le temps harcelée, huée, ou même tripotée dehors par les ... Je ne sais même pas comment les appeler, disons juste qu'ils s'appellent "muralistes" , le mot mur pour leur besoin inévitable de s'appuyer sur un mur, tout au long de la journée avec un café dans la main et une cigarette dans la bouche, le mot "raliste" pour leur personnalité si complexe je dirai qu'ils sont incapable de passer une journée sans râler. Bref, en pensant à tout ça dans mon lit, je fut un peu découragée, et tentée par le fait de rester dans mon lit et ne plus le quitter, mais j'ai pensé à mes études, et à combien j y tenais, et j'ai donc décidé de me lever, et enfiler ce qui me semblait être une tenue décente pour une journée à la Fac. Je descendit à la cuisine, et comme chaque matin, étant une lève tôt, maman prépare la
  • 3. petit déjeuner pour mon père et moi. J'aimais ce moment de la journée, où je me sentais en sécurité avec ma petite famille, et surtout le fait de me lever le matin en sachant que maman attend mon réveil, rien de plus rassurant pour moi. _Tu te lèves de bonheur aujourd'hui Norhane, quelqu'un t'as donné un coup de pied et t'as fichu hors de ton lit ? Dit maman d'un ton joyeux. _Bonjour maman, oui j'ai bien dormi et toi ? Répondis je en souriant. _Oh tu sais, je ne cesse de faire les mêmes cauchemars, le même serpent qui m'enroule le coup, la même sensation d'étouffement... Commença maman. _ Ah, la coupai je, arrête donc de t'inquiéter maman, ce n'est rien, j'en suis sûre. Elle me regarda un moment, ouvrit la bouche pour riposter, mais fini par me sourire. Je le regardait à mon tour, et remarquait qu'elle était un peu pâlotte, les yeux cernés, elle avait vraiment l'air fatiguée. Je ne voulais pas parler de ce rêve avec elle pour éviter de l'inquiéter plus qu'il en fallait. D'ailleurs, je ne savais même pas pourquoi elle s'inquiétait, cela faisait un moment qu'elle n'allait pas vraiment bien. _Tu vas t'inscrire finalement ? M'interrogea elle rompant le silence qui s'était installé. _Oui il est grand temps, j'ai vu hier sur internet que les inscriptions ont commencés. _Fais attention à toi alors, et je te conseille de finir cette Orange, tu n'en manges qu'un bout et tu la laisses intacte. _Ah maman, je te jure que je voudrai bien mais je vais finir par rater le bus. _Comme à ton habitude. Dit maman en me taquinant. _Dis bonne journée à papa de ma part quand il sera réveillé. _Allez file. M'encouragea elle. Je pris mon sac, et sortit en fermant la porte derrière moi, je mit mes écouteurs et commençait à marcher. On habite dans un cartier plutôt calme, on connaît tous nos voisins et ce sont tous des gens bien. En passant devant la maison de Nassim, j'ai eue la chaire de poule, les souvenirs que j'ai sont trop douloureux pour être évoqués en si bonne matinée, il faisait beau, bon, ni trop chaud ni trop froid, juste la petite brise de la fin du mois de Septembre. En arrivant sur la route principale, là où il y a généralement des passants, des voitures, enfin du bruit en un mot, j'ai eu le sentiment que ça allait être une journée pénible, comme celles qui ont précédés, enfin depuis que j'ai perdu le seul être vivant qui me gardait souriante et de bonne humeur, qui me faisait oublier dans quel pays je vivais. Je finis par traverser la route (sur, bien sûre, aucun passage pour piétons.) et me dirigeait vers les bus destinés à nous emmener nous les étudiants à l'Université. Pour la première fois depuis trois mois, je fus contente de revoir ses bus orange, là à m'attendre... Où plutôt, moi plantée à l'arrêt en train de les attendre. Comme à mon habitude, je passais d'abord chez le buraliste pour acheter du chewing-gum et le journal du jour, parce que je savais que j'allais attendre un bon moment avant l'arrivée du Bus. Je parcourus la première page, rien de bien intéressant, à part les guerres qu'il y a au tiers monde, les gens qui crèvent de faim, des problèmes d'électricité dans la région, une invasion de moustiques, en lisant tout ça, je me rend compte que nous et le monde de Barbie c'est pratiquement la même chose. Personne ne parle des meurtres qu'il y a dans notre pays, des agressions que je vois de temps à autre dans la rue de mes propres yeux, même les policiers ont peur de se mêler quand ça arrive. Les jeûnes d'aujourd'hui sont devenus incontrôlable, insolants, ignorants... En y pensant je me dis, bon sang mais où va le monde, que serait on dans une centaine d'années ? Il y a très peu de gens que je connaisse qui ont réussit leur vie, qui dans leur confort, leur assurance, leur confiance en eux ont pour but de sauver notre pays, non ces gens là sont morts il y a plus de cent ans
  • 4. de cela, en faisant la guerre et en défendant leur pays, en se conduisant en hommes et non en lâche, en se sacrifiant pour sauver leur familles. non les jeûnes d'aujourd'hui vivent pour la cigarette, la drogue, les voitures, et l'harcèlement morale et physique qu'ils font endurer aux filles qui passent devant eux dans la rue. Vous vous dîtes sûrement que j'ai la haine, que je ne vois que ce qui est mauvais ici, moi je vous dirait non, je ne vois que ce qui est vrai, que ce qui me tape dans l'oeil. Nassim ne faisait plus partie des vivants, et aucune trace de son incident n'est apparue dans le journal du pays, c'était grave, humiliant, et navrant. _Excusez moi mademoiselle, dit une voix derrière moi me tapotant l'épaule et me sortant de ma haine, ma rêverie du moment. Je m'étais retournée et enlevait mes écouteurs. Je vit une fille voilée, qui avait les yeux magnifiquement beau, et m'adressait un sourire timide. Je ne mens pas, je l'ai regardé de long en large, et remarquait qu'elle était habillée n'importe comment, je fit une grimace, que je doute qu'elle ait remarqué. Elle portait ce qui me semblait être une robe rouge, très courte, super serrée qui montrait la forme de sa poitrine et ses hanches, un jean slim qui en passant me demande comment elle a pu le mettre tellement qu'il était serré, un pull noir en dessous de sa robe rouge, des chaussures rouges dont le talon fait au moins 10 centimètres, et bien sûre, le voile. _Oui ? finis je par répondre d'un ton exaspéré. _Tu ne sais pas quand est ce que le bus de Tafourah arrive ? Demanda t elle. _Eh bien je suis entrain de l'attendre justement, il ne va pas tarder, je suis là depuis déjà un moment. _Merci. me répondit elle avec un large sourire et repartit avec sa copine qui était habillée pratiquement de la même manière. "Ahhh les filles." soupirai je. Je n'ai jamais compris ce phénomène, qui est très récent d'ailleurs, pourquoi les filles s'obstinent elles a mettre quelque chose de vraiment vulgaire alors qu'elles sont censées passer inaperçu vu qu'elle mettent le voile. Je me dit qu'elle ne connaissent pas le vrai sens du geste. Mettre un voile est signe de sagesse avant tout, c'est aussi faire preuve de pudeur, d'éloigner les ennuis, et surtout d'éviter de se faire remarquer par le sexe opposé. Voilà les raisons pour lesquelles les filles doivent mettre le voile, et non pas pour mettre une robe sur un jean et un T-shirt. Le Bus arriva m'arrachant à mes pensées noires. Je vit comme d'habitude un monde fou se ruer vers lui. Etant experte en la matière, je montai sans difficulté et prit soin de choisir une place qui n'a pas de "Voisin" pour m'asseoir toute seule. Non pas que je ne sois pas sociable, mais nombreuses de mes expériences m'ont apprise à ne pas m'asseoir à côté de quelqu'un dans le bus, soit pour éviter les odeurs insupportable, soit, pire encore, pour éviter les discussions indésirables. Le trajet fut infiniment long, il y avait une circulation énorme, heureusement que j'avais mes écouteurs et mon livre dans le sac, autrement je me serai ennuyée. Alger centre n'a pas tellement changé, il y a de nouveau palmiers qui sont encerclés par du gazon (qui est déjà usé, manque d'entretien) Il y aussi de nouvelles routes bien tracées, chaque plaque dans son coin (que les gens ne respecte pas), bref, Alger n'a peut être pas tellement changé mais nos arrière grand parents nous le diront sûrement s'ils étaient toujours en vie.
  • 5. Arrivée à l'arrêt, je sorti à la hâte du bus, et marchait le plus vite possible pour éviter les regards indiscrets que les gens me lançaient pour je ne sais quelle raison, je vérifie encore une fois ce que j'avais mise, un jean pas trop moulant, un t-Shirt (simple bien sûre, autrement ils finiront par faire des commentaires là dessus) et mes converses blanches que j'adore, bref je fini par arriver à L'université, je montais les escaliers quand j'aperçoit de loin Lynda, ma copine de classe, c'était une très bonne amie à Nassim et à moi. Je fut tellement contente de la voir, après trois mois de vacances. _Hé Lynda, criais je. Elle se retourna, elle avait les cheveux très bruns, et très longs, un teint très pâle, mais qui lui allait à merveille avec ses beaux yeux bleus, elle avait la même taille que moi et elle était habillée tout à fait comme moi, un jean simple un T-shirt simple et ses converses, ce look lui allait bien. Je me demandais comment elle avait passé son été après mon coup de fil pénible. Mais j'essayais de faire comme si de rien était, après tout ce n'était pas elle sa meilleure amie, mais moi, moi qui suis affectée le plus, moi qui a frôlé la dépression, moi qui après trois mois de son absence ressent toujours cette douleur au ventre qui m'empêchait de penser à autre chose qu'à lui. _Hé salut Norhane, me dit elle quand je m'étais approchée d'elle pour lui faire la bise, alors comment ça va ? Oh comme tu as bien bronzée, toi c'est sûre t'as passé un bon été. _Ah ne m'en parle pas, ce que tu vois là c'est l'oeuvre du soleil de la terrasse et non pas de la plage, piscine et compagnie. Lui répondis je Elle me regardait d'un air approbateur, qui voulait dire " Je vois absolument ce que tu veux dire. " _Toi non plus apparemment c'était pas le top hein ? me dit elle. _Viens on va à l'administration je te raconterai en chemin. Elle me suivit en souriant, la fac m'avait tellement manqué, je suis arrivée à un stade où il fallait que je sorte de chez moi, il fallait que je revienne ici, pour m'occuper, pour voir des gens, sourire, parler, manger, vivre quoi. Je me retournai vers mon amie, et commençait mon discours avant qu'elle ne s'impatiente. _ Alors écoutes, comme maman est un peu faible ces temps ci, je suis restée à la maison avec elle cet été, je l'aidais à faire le ménage, les courses la cuisine, donc les sorties, la plage et tout ça, c'est raté pour cet été. Et puis ne fais pas cette tête, dis je en la voyant grimacer, je sortais souvent faire une balade en voiture avec ma mère. _Ah ma pauvre fille t'as du en baver, et ça résume ton été ? _Non justement, j'ai demandé à mon père de m'acheter tu sais ces nouvelles machines pour faire du sport et la musculation ? _Oui. Dit elle d'un ton joyeux, tu as toujours dit que tu voulais en faire pour canaliser ta colère. _Eh bien justement mon père a fini par céder et m'a offert deux nouvelles machines, un tapis pour courir et un autre pour muscler les bras et les jambes en même temps. Dis je en montant les escaliers de l'administration, un peu sombre. _Eh bien franchement maintenant que tu le dis, dit Lynda en montant derrière moi, tu as vachement changé, je veux dire tu as perdu quelques kilos à vu d'oeil, mais pour les muscles je ne les vois pas encore. _ça viendra tu verras, finis je par lui dire en rigolant. Tu t'es déjà inscrite ? _Pas encore, mais on est venues tôt, normalement il n y aura pas beaucoup de monde.
  • 6. me répondit Lynda en arrivant devant l'allée qui donne au bureau de l'administration. _J'espère bien. Je savais à quel point c'était pénible de faire la queue devant le bureau, on en avait pour la journée, c'est pour ça que cette année j'avais décidé de venir m'inscrire un peu tôt. Lynda avait raison, il n y avait personne on était les deux premières, on avait rempli quelques paperasse et on est repartie, je l'avais invité à prendre un café au salon de thé d'en face, il y avait collé sur la vitrine le logo de la marque Starbucks (Une chaîne de fabrication de boissons, café, jus, cocktails Américain) cela me fit soupirer, les algériens n'ont aucun sens de la créativité, oui on est des suiveurs pas des butteurs. _Et toi alors comment ça va, demandai je à Lynda après que nous soyons confortablement installées. Je décidait d'éviter totalement le sujet qui pourrai peut être nous éloigner, je le savais. Aucune de nous ne voulait évoquer l'événement qui lui a fait le plus mal. _Bah là au moins je peux dire que mon été a été un chuiya meilleur que le tien, répondit elle en me souriant, Je suis allée plein de fois à la plage, avec ma soeur et deux de mes cousines, on s'est bien amusées, mais je n'ai pas bronzé comme toi. _Je t'invite à ma terrasse quand tu veux Lyn. dis je en éclatant de rire. Je la regardait droit dans les yeux, c'était bien Lynda, ma copine de classe devant moi, mais quelque chose avait changé en elle, je ne sais pas, la façon de regarder les gens, de parler, de manger son chewing-gum par exemple, ça me paraissait bizarre, je ne voulais pas lui demander ce qui n'allait pas, je préférais : _Et sinon, tu as fait de nouvelles rencontres ou pas ? Lui demandai je. _Oh non pas vraiment, j'ai rencontré un gars une fois pendant que j'étais à la plage avec mes cousines, deux semaines après il m'appelle au téléphone, j'ignore comment il l'a eu mais ça m'a drôlement étonné, depuis tu sais il me harcèle, je ne sais vraiment pas quoi faire. Elle en parlait d'un ton froid, distant, comme si ça ne la dérangeait pas plus que ça que quelqu'un qu'elle ne connais ni d'Eve ni d'Adam l'appelle sans cesse sur son portable. Je réfléchis deux minutes et fini par répondre. _Je peux venir avec toi chez ton opérateur si tu veux changer ton numéro. Lui proposai je. Sa réaction, aussi calme et posée, avec une petite pointe de stresse fini par m'intriguer, elle ne répondit pas tout de suite et fini par me dire après avoir bu une longue gorgée de sa tasse de thé. _Ecoutes, au bout d'un moment il faudrait qu'on s'impose un peu tu ne crois pas ? Moi quand ce mec m'appelle je lui dit clairement d'aller voir ailleurs, et si il me rappelle je lui fait entendre mon mécontentement. Dit elle agacée. _Je ne suis pas entrain de te juger Lyn, je dis simplement que tu dois faire attention c'est tout, j'aurai changé de numéro si j'étais à ta place, écoutes, ce n'est pas la compagnie, mais j'ai promis à ma mère de rentrer avant le déjeuner, j'avais dit que je t'inviterai, donc je vais de ce pas payer nos consommations, dis je en me levant. _Ah tu t'en vas déjà, pourquoi ? me demanda Lynda d'un ton amusé, je t'ai énervé ? _Oh non ne t'inquiètes pas pour ça, dis je en ramassant mon sac. Allez à bientôt.
  • 7. En allant à la caisse, je me rendis compte à quel point elle m'avait effectivement énervée, je payais ce que je devais à la caissière et sortit à la hâte, quand je m'énerve je préfère marcher rapidement, pour décompresser en quelque sorte. Je descendit les escaliers qui menaient vers Tafourah profitant pour mettre mes écouteurs, et ma musique à fond. Maintenant qu'il était presque midi, il faisait un peu plus chaud que ce matin là, les gens passaient à côté de moi mais je ne les regardait pas, je faisais comme si j'étais seule au monde, c'est la seule façon pour moi de continuer à marcher la tête haute. Une fois dans le bus, je repensais à ce que Lynda m'avait dit, et comment elle m'avait parlé, c'était la première fois qu'elle agissait de la sorte avec moi, je ne comprenais pas pourquoi, mais ce qui m'avais énervé en elle c'est le changement brusque, ça m'avait surpris, je ne m y attendais pas du tout, là au moins je saurai quoi faire à la rentré. Je savais qu'on n'allaient pas rester bons amis comme avant, je savais qu'un jour où l'autre, on finirai par se séparer, soit violemment, soit en s'ignorant. _Alors ces inscriptions ? Me dit maman une fois rentrée à la maison Ce que j'aimais quand je rentrais à midi, c'était l'accueil que me faisait ma mère ,quand elle ne travaillait pas, avec sa grosse cuillère en bois à la main, son tablier et son sourire. J'aimais l'odeur de sa cuisine, et l'odeur de sa peau quand elle me prenais dans ses bras. Je m'étais assise sur une des chaises de la table après avoir posé mon sac par terre j'étais essoufflée et exaspérée. _Comme d'habitude maman, trop de circulation, il fait trop chaud dehors, mais sinon je n'ai pas eue de problèmes au moment de l'inscription c'était très rapide vu qu'il n y avait pratiquement personne, les gens croient qu'ils sont encore en vacance j'imagine. Lui répondis je. _Eh bien là au moins tu peux être tranquille pour le reste de la semaine, me dit maman avec un sourire. Je le lui rendit et fini par monter me changer après un moment passé à la cuisine entrain de la regarder préparer à manger. Je ne lui racontait pas ce qui s'était passé avec Lynda, à quoi bon l'alarmer, ce n'est sans doute que le fruit de mon imagination, ce drôle de changement. En lui tournant le dos pour monter les escaliers qui menaient vers ma chambre, je me rendis compte que ma vie ne serai sans doute jamais la même sans maman, elle m'a tout donné. Je m'allongeait sur mon lit et repensait à la discussion que j'avais eu avec ma tante quand j'étais encore toute petite : "Tu sais Norhane, ce n'est pas pour rien que tu sois l'enfant unique que tes parents aient eu, ta mère te voulait tellement si tu savais, elle avait tout fait pour t'avoir. Ton père et elle avaient du mal à avoir des enfants, ils ont donc eu recours a la médecine, ce qui les as sauvé, et t'avoir eu c'est comme une bénédiction pour eux, tu dois prendre soin de tes parents, peu importe ce qui va t'arriver, peu importe les conséquences, il faut que tu sois toujours là pour eux" Je n'oublierai jamais ces mots, ma tante m'en a parlé au moment où j'en avais le plus besoin, j'avais quatorze ans à l'époque, et j'étais en plein crise d'adolescence, la période où les enfants ont tendance à désobéir aux parents et être méchants avec eux, avoir l'impression d'être détesté par tout le monde alors que ce n'était pas le cas. Je me relevait de mon lit et me regardait dans la glace, mon crayon pour les yeux avait fondu a cause de la chaleur qu'il y avait dehors, je décidait donc d'aller prendre une douche, et descendit juste après pour manger. La semaine passa tranquillement comme maman l'avait prévus, entre cuisine, ménage et
  • 8. télé, je n'ai pas fait quelque chose d'intéressant. Ah si quand même : je m'étais beaucoup entraîné, les machines que mon père m'avait acheté me servaient beaucoup à me défouler, de canaliser mon énergie, en me regardant dans le miroir je remarquait que mon corps avait commencé à changer. Chapitre 2 Le récit d'une fille battue. Les cours avaient reprit le premier du mois d'Octobre, même si on était officiellement en automne, l'air était toujours aussi chaud, ce qui ne facilite donc pas la tâche pour nous les étudiants d'aller à la Fac par un temps pareil, j'imaginais très mal la situation pour ceux qui habitaient loin. Je me réveillait de bonheur ce jour là, bien décidée à me changer les idées, retrouver mes habitudes de fac sans Nassim n'allait pas être du gâteau, mais il fallait que je le fasse, il fallait que j y arrive sinon, personne ne le fera à ma place. Je n'avais pas encore vraiment envie de me lancer directement dans les cours, les devoirs et tout ça, j'estimais que ça pouvait attendre, que je sois d'humeur quoi. Je me préparais à la hâte, habillée toujours aussi simplement, je décidait d'emmener un gilet au cas où il commencerai à pleuvoir parce qu'il y avait un peu de nuages ce matin là, je descendit à la cuisine, mes parents dormaient toujours, ce qui était étonnant de la part de ma mère, vu que c'est une lève tôt, je la trouvait toujours dans la cuisine à mon réveil, là entrain d'attendre que mon père et moi nous réveillons. Je les ai entendue discuter la veille, ils ont sûrement dû veiller, discuter de tout et de rien au tour d'un café. Une fois sortie de la maison, mit mes écouteurs, je me rendis compte que j'avais oublié d'emmener de l'argent avec moi, mais je ne retournai pas en chercher, de toute façon, je n'allais peut être pas tarder, je rentrerai sûrement pour déjeuner. Je prit donc mon téléphone et j'envoyais un texto à maman : "Bonjour maman, j'espère que tu as bien dormi, écoutes je n'ai rien sur moi, mais je rentrerai sûrement pour déjeuner alors ne t'inquiètes pas." J'ai eue sa réponse une fois confortablement installée sur mon siège solitaire dans le bus : "Bonjour ma chérie, tu t'es levée tôt dis donc... D'accord je t'attends pour déjeuner alors, je ferai ton plat préféré aujourd'hui, des lasagnes. Je t'aime." "Je t'aime aussi, maman."
  • 9. J'ai eu un sourire pendant le long du trajet, j'avançait dans la lecture de mon livre, qui parlait des livres perdus, je trouvais l'histoire un peu ennuyante, trop de suspens, et j'avais horreur de ça pour dire vrai. Une fois arrivée à la fac, je montais directement à l'administration pour noter mon emploi du temps, je regardais alentour, pas de trace de Lynda cette fois ci, bizarre j'aurai juré qu'elle se serait pointé ce jour là, bref, mon premier cours fut très court, vu que le professeur n'était pas venu,pareil pour le deuxième, je ne comprenais pas pourquoi on nous faisait venir s'il n y avait aucun enseignant qui se pointait. Toujours pas de signe de Lynda cependant. En sortant de la salle de cours les nerfs à vif, je tombais nez à nez avec le loup : _Alors ma jolie, on s'ennuie ? Me dit Lynda avec un grand sourire. Allez viens, je t'invite à déjeuner pour me faire pardonner. Elle portait un parfum tellement fort que j'en eue le tournis, je fus choquée de la voir, si joyeuse, toujours avec son chewing-gum dans la bouche, elle me regardait attendant une réponse puis, n'en recevant aucune, son sourire disparut pour laisser place à une tête triste et maussade. _Tu ne veux pas de mes excuses pas vrai ? Me demanda elle L'intrigue, la curiosité et plein de questions me démangeaient la langue, je me suis dit qu'un déjeuner ne me ferai pas de mal, au contraire ça va me permettre d'en savoir plus sur elle, qu'est ce qui a pu la faire changer comme ça. Moi aussi j'avais perdu un ami, et pas n'importe lequel, mais contrairement a elle, je n'ai pas subit un énorme changement simplement au cours de l'été. _De quelles excuses tu parles Lynda, je n'ai jamais été furieuse contre toi, dis je en avançant vers elle pour lui faire la bise. Tu viens ? Bien sûre que j'accepte ton invitation, je crève de faim d'ailleurs j'espère que tu as assez d'argent pour payer ce que je vais manger. Dis je avec un sourire tout droit sorti d'un film américain. Elle me le rendit et me suivit montant marche après marche derrière moi. Oui j'étais hypocrite, la meilleure qui soit même, mais je me devais de l'être, je ne faisais confiance à personne, et j'étais sûre à cent pour cent que Lynda avait quelque chose derrière la tête et j'étais bien décidée à le savoir. On étaient donc sorti de la Fac, pour aller au restaurant d'à côté, qui était je dois l'avouer bien loin des restaurants qu'on voit à la télé, là où c'est propre, là où les serveurs ont des uniformes, et là où on rentrerait sans que tout le monde se retourne pour nous voir marcher jusqu'à notre table, bref, j'avais choisit une assiette de Chawarma avec des frittes et de la salade et une canette de jus, et Lynda prit la même chose que moi. Nous sommes restées là, bien silencieuses à nous contempler un long moment, bien décidée à ne pas parler la première, Lynda céda donc et me dit : _Alors comment tu te sens aujourd'hui, t'es prête pour la reprise ? J'écarquillais les yeux, quelle bonne question pour rompre le silence et d'éviter ce pour quoi on étaient ici, ses soit disant excuses. Je décidait alors de jouer le jeu moi aussi. _Oh pitié, demande ça aux professeurs qui n'ont toujours pas montré le bout de leurs nez. Finis je par répondre. Sans sourire cependant.
  • 10. Le silence fit encore une fois puis Lynda ne supportant plus que je sois autant froide fini par tout déballer, ce qui me fit finalement sourire. _Ecoute, je sais que j'ai changé, trois longs mois se sont écoulés depuis qu'on ne s'est pas vu, tu ne t'es quand même pas attendue à ce que je sois la même personne que l'année dernière, après tout ce qui m'est arrivé ? _Et qu'est ce qui t'es arrivé Lynda au juste, je ne comprends pas, tu as mon numéro, pourquoi tu ne m'as pas appelé, si tu avais besoin d'aide j'aurai très bien pu te l'offrir quand même. Dis je soudain déçue. _Tu ne sais pas ce que j'ai enduré cet été, je t'ai menti, je n'ai jamais été à la plage, et d'ailleurs je ne suis même pas censé te raconter tout cela. me dit elle en baissant la voix Alors ça, si je m y attendais, moi tout ce que je pensais c'est qu'elle ait eue du chagrin a cause de Nassim, au moins un peu, après mon coup de fin je n'ai pas eu de nouvelles, alors j'ai pensé qu'elle ne voulait plus en parler, peut être que c'était sa façon de passer le cap de la tristesse, l'ignorer. Je n'ai jamais eue une bonne copine simplement parce qu'elles croient que je leur fait de l'ombre avec mes cheveux blonds et mes yeux bleus, alors que non, je m'en fout totalement et je n'ai jamais voulu attirer l'attention sur moi. Je fus bien surprise par la révélation de Lynda cependant, elle me parut effrayée, fatiguée, et surmenée. Je voulu en savoir plus : _Qu'est ce qui s'est passé alors Lyn, raconte moi tu sais que tu peux me faire confiance quand même, on se connaît depuis déjà trois ans, on ne va surtout pas finir la fac en étant fâchée l'une contre l'autre, je ne veux pas perdre une autre personne à qui je tiens. _C'est mes parents, commença Lynda en fondant en larmes. Je ne m'attendais pas non plus à ce qu'elle commence à pleurer, je rapprochait ma chaise de la sienne et mit ma main sur son épaule : _Lyn, on est en sécurité ici, tu peux tout me dire, qu'est ce qu'ils ont tes parents, vous manquez d'argent ? Ils sont malade ? Que Dieu éloigne ce malheur... _Non, non, tu n'es jamais venue chez moi, tu ne sais pas ce que je vis ... _Alors raconte moi Lyn, vas-y je suis là. la rassurai je, de plus en plus inquiète. C'est alors, pour la première fois depuis trois ans, que j'entendit Lynda parler tristement, elle commença son récit : "Mon père n'a jamais été clément avec nous, mes deux soeurs et moi. Je ne me souviens pas de la dernière fois où il nous a prit dans ses bras et nous a dit qu'il nous aimait de tout son coeur, non. Il a toujours été méchant, il reproche toujours à ma mère de nous avoir très mal élevé. Ils se disputent souvent à cause de nous, à cause des reproches que mon père fait a ma mère, il ne se passe pas un jour sans qu'on les entend hurler, et pas que. Cet été, il s'est passé le pire, d'habitude quand je rentre à la maison je trouve mon père en face de la télé, avec sa cigarette et son verre de Hammoud Boualem à la main, il regarde tellement de films que je crois qu'il les connais tous. Il ne demande que rarement où et avec qui j'étais, ce jour là, il a vu que j'ai été acheter une teinture pour mes cheveux, je lui ai dit que j'ai été au super marché d'à côté pour m'en acheter. Il a tout de suite appelé ma mère au téléphone lui ordonnant de rentrer sur le champ. Ma mère était la seule a travailler, elle est médecin, et depuis qu'elle est mariée à mon père, c'est toujours elle qui fait les courses, elle qui nous donne de l'argent de poche, elle qui prend soin de nous en gros. Et lui, bah il ne fait rien à part rester à la maison, sortir le
  • 11. soir et rentrer très tard. Elle est donc rentrée une heure et demi après le coup de fil de mon père, ça l'a énervé. _Je t'avais dit de rentrer sur le champ. Lui dit mon père. _Mon collègue avait encore besoin de mon aide je ne pouvais pas venir sur le coup, et je t'ai toujours dit que je travaillais je ne pouvais pas quitter mon boulot à n'importe quel moment quand même. lui répondit ma mère sur la défensive. ça a mit mon père encore doublement en colère, comment faire passer un collègue avant son mari, il refusait d'accepter cette idée. _Bon alors pour commencer, tes filles ne sont toujours pas rentrées, elles sont où ? Lui dit mon père. _Mais elles sont à l'école voyons on est Dimanche... Lui répondit elle _Je m'en fout qu'elles aillent à l'école, elles finiront par être femme de ménage de toute manière, et ta fille Lynda est partie acheter de la teinture, pour mettre cette merde sur ses cheveux, qui c'est qui lui a donné cette idée? je suis sûre que ça vient de toi ! Dit il avec colère. _On a une fête Jeudi, ma nièce se marie... _JE NE VEUX PAS ENTENDRE PARLER DE TA FAMILLE!! J'étais à la porte de ma chambre à l'étage, j'avais tout entendu, et connaissant mon père je savais que ça allait dégénérer à l'instant où ma mère avait parlé de sa famille. J'en n'en pouvait plus Norhane tu comprends ? Je me suis dit que cette fois ça allait changer, j'allais changer les choses avant que les filles ne rentrent de l'école, je me devais d'en finir avec lui. Je rassemblais mon courage, j'ai fermé les yeux, et remémorais toutes les fois où j'avais fini à l'hôpital à cause de lui, à cause des coup de poings, des coup de pieds, et à cause des objets qui me lançait sur la figure surtout, et c'est à ce moment là que j'entendit ma mère crier et tomber par terre. J'ouvris les yeux alors et descendit, je suis directement allée à la cuisine, j'attrapait un couteau et revenait dans le salon là où mon père était perché sur ma mère par terre et l'étranglait. _Lâche là ou je te colle ça en plein dans le coeur. criais je. il avait relevé la tête et me regardait avec un air curieusement méchant, qui inspirait la haine, la mort, le désespoir. _Qu'est ce que tu crois que tu vas faire avec ça, tu crois vraiment pouvoir me tuer, tu n'es qu'une gamine, tu ne vaut rien, et tu restera comme ça à jamais. _Je m'en fout de ce que tu penses de moi, si tu crois que c'est comme ça que je vais finir, tu te trompes, tu sais pourquoi ? parce que j'ai juré de ne jamais te ressembler... Commençai je _Lâche ce couteau tout de suite Lynda tu ne sais pas ce que tu fais, couina maman toujours allongée par terre, son cou serré par les mains de mon abominable père. _Non maman, je sais ce que je fais, je nous libère de ce monstre qui nous empêche de vivre, qui boit et qui mange au frais de la princesse, tu n'en a jamais marre qu'il prenne toujours ton argent maman, tu n'en as pas marre ? Parce que moi si, j'en ai marre qu'il nous empêche de nous épanouir, de réaliser nos rêves, de suivre des études qui nous plaisent mes soeurs et moi sans qu'il ait à nous rabaisser ! Lève toi ! Sinon je te jure que je tire et peu m'importe où ce couteau atterrira du moment qu'il sera planté dans ton corps.
  • 12. Mon père s'exécuta, mais au lieu de rester sur place il s'avança vers moi, en colère. _Reste là où tu es je vais appeler la police. _Tu crois qu'ils vont prendre qui, dit mon père en s'avançant toujours vers moi m'obligeant à reculer, tu crois qu'ils vont croire ce que tu racontes ? Tu crois qu'ils vont te laisser désobéir à ton père et le menacer avec un couteau. Il fini par m'atteindre, et je ressentis soudain cette douleur familière, celle que je ressentais quand mon père me donnait un coup de poing en pleine figure, je tombait alors, et le couteau me glissa des mains. Mon père le reprit par terre. _Alors réponds moi, tu crois vraiment pouvoir m'atteindre, me battre moi, ton père ? Hurla t il. Il se pencha sur moi me mit le couteau sur la gorge, et je vis soudain ma mère se lever et se ruer vers lui pour le repousser, il se tourna vers elle et planta le couteau droit dans son estomac. Je ne peux pas te décrire le sentiment que j'ai eu à ce moment là, j'avais perdu l'usage de ma voix, je ne pouvais pas hurler, le choc me bloquait les poumons, je regardais ma mère, les yeux écarquillés, remplies de larmes à présent, tomber par terre, elle non plus n'a pas hurlé, elle regardait ce couteau planté dans son ventre, le ventre dans lequel, mes deux soeurs et moi sommes restées pendant neuf mois, je regardais ma mère s'eteindre peu à peu, le sang n'arrêtais pas de couler de son ventre, j'étais par terre moi aussi, pétrifié, je n'arrivais pas à bouger, je voyais mon père aller et revenir dans la pièce, il décida alors de décrocher le téléphone et d'appeler les pompiers. Je l'entendit parler mais très loin, je ne savais plus quoi faire, tout était de ma faute si ce couteau se trouvait là, j'avais donné une arme à mon père, pour qu'il puisse nous assassiner tous. Soudain je me senti me relever, c'était mon père qui me secouait. _Tu vas m'écouter attentivement espèce de débile, regarde ce que tu as fait à ta mère, par ta faute elle est inconsciente, elle ne va sans doute jamais se réveiller et c'est tant mieux on n'aura pas de problème. Les pompiers vont arriver, et je jure sur l'amour de ta grand mère, si jamais tu révèle ce qui c'est passé ici, je te tue, tes soeurs et toi tu m'entends ? Je vous tue tous. " Lynda se tut, visiblement elle avait du mal à continuer, je la regardais pleurer, me sentant inutile devant ce genre de situation, je ne faisait que lui carresser l'épaule. Je ne pouvais même plus parler, nos plats étaient déjà devant nous mais avaient sans doute refroidit, tout le monde dans le restaurant regardait vers notre table, je les regardais à mon tour un par un d'un regard méchant jusqu'à ce que chacun d'entre eux détourne le regard, et me concentrait alors sur Lynda. Je la regardait de plus près, elle avait sur les avant bras des bleus qui avaient fini par virer vers le jaune, signe que sa peau commençait à guérir, sur son coup aussi il y avait comme une blessure mais nettement plus guérie. Soudain je ressentit une telle peine pour elle, je ne savais pas si ce qu'elle disait était vrai, mais ses marques sur son corps me l'avaient prouvés. J'attendis jusqu'à ce qu'elle sèche ses larmes et se soit calmée pour lui demander : _Dis moi que ta mère va bien Lynda, s'il te plaît ? _Oui, elle est dans le coma depuis déjà deux mois, les médecins disent que l'un de ses organes a été touché par le couteau, on attend tous son réveil, je suis la seule à
  • 13. m'occuper de la maison, de mes deux soeurs et de lui ... Me répondit elle. Je réfléchis un moment, puis me dit qu'elle subissait sûrement le même châtiment tous les jours elle et ses soeurs, qu'elles vivaient dans la terreur et que tout ce qu'elles avaient envie de ne pas faire en fin de journée c'est de rentrer à la maison. Je comprenais mieux maintenant les réactions de Lynda, son comportement avec les gens, elle faisait croire à tout le monde que tout allait bien dans sa vie pour éviter d'être jugée, pour éviter qu'on lui pose des questions, pour que finalement on la laisse tranquille et qu'on la traite normalement, sauf que cette fille avait besoin d'aide et je n'allais sûrement pas laisser passer ça sous mon nez. _Je ne sais pas quoi faire, continua t elle, j'attends le réveil de maman peut être qu'elle m'aidera à faire enfin éclater la vérité sur ce qui s'est passé cet été, mais je suis sûre, je suis prête à mettre ma main au feu qu'elle ne dira rien, qu'elle prendra toujours sa défense comme à son habitude. Je ne la laisserai pas faire cette fois ça a assez duré. _Lynda, écoutes moi, tu n'es plus seule maintenant, je suis là pour t'aider, si tu as besoin de quoi que ce soit tu as mon numéro, appelle moi et j'accours. Je suis très sérieuse, je serai super fâchée si tu ne le fais pas. Et puis tu as raison d'attendre le réveil de ta maman, je suis d'accord avec toi ne fais pas ça toute seule, peut être que je viendrai avec toi pour essayer de la convaincre et ... _Mais les coups et blessures de mes soeurs et moi ne l'ont jamais convaincu et toi tu vas essayer de la convaincre, me coupa elle, écoutes Norhane, tu es très gentille je te remercie de vouloir m'aider mais je ne crois pas que tu pourrai me dit elle avec un ton sec. Tu es hors de danger lorsque tu es loin de moi. me dit elle en se levant et en prenant son sac et en y cherchant quelque chose. _Mais qu'est ce que tu fais Lynda, où vas tu ? Demandai je _Je rentre chez moi avant que mon père ne remarque ma présence, pour lui je ne suis pas censée aller à l'université, je ne le mérite pas. Me dit elle en sortant deux milles dinars et les lançant sur la table. _C'est quoi ça, mais attends ne t'en vas pas, s'il te plaît ... _Je t'avais promis de payer le déjeuner pour me faire pardonner, j'espère que les raisons de mon changement t'ont convaincu. Me lança elle en s'éloignant. Je la regardait partir, bouche bée, je ne comprenais pas pourquoi elle avait eu cette réaction, puis restant assise, les deux plats refroidit et la chaise de Lynda vide devant moi, je restait là, j'attrapait une fritte et me repassait la discussion que je venais d'avoir avec une amie de quatre ans, celle qui est censée tout me raconter, en revue. Comment a t elle pu me cacher une chose pareille ? Comment a t elle pu faire semblant. Soudain, sa dernière phrase me vint à l'esprit : " Tu es hors de danger lorsque tu es loin de moi " Chapitre 3 Rendez-vous.
  • 14. C'était donc ça, ma sécurité ? C'était tout ce qui lui importait ? Et la sienne alors, elle n y avait pas pensé ? Bon sang ce que je voulais lui donner une bonne gifle pour la réveiller un peu, et la secouer pour aller tout révéler à la police pour qu'ils enferme ce gros tas de merde qui lui servait de père. En y réfléchissant, le coup de la gifle risquerai de ne pas marcher vu qu'elle en recevait pratiquement tous les jours. Ce qui s'est passé à Nassim ne lui a donc pas servit de leçon ? Un jour ils la retrouveront morte, et tout ça parce que sa mère et elle n'ont pas réagit à temps. Je suis restée assise à cette table un bon moment, réfléchissant aux options possible et impossible de cette affaire. Je m'étais dit qu'il fallait que j'en parle aux parents, on pourrai peut être l'aider, je ne sais pas, faire quelque chose au moins. Je me suis levée d'un bond, me rendant compte que le temps pressait pour rester là à réfléchir au lieu d'agir. Je payais la note et me tapait le trajet habituelle, Tafourah, Bus, beaucoup de monde, écouteurs, et surtout une totale méfiance des gens qui m'entouraient, on ne sait jamais ce qui pourrai se passer. Depuis que j'ai commencé la fac, je me suis faite volé trois fois mon téléphone portable, une fois dans le bus, le kit mains libre est resté accroché à mon coup. Ce jour là, Nassim s'est tapé un fou rire de trois quart d'heures. Une fois je l'avais oublié dans une classe de cours et évidement en revenant je ne l'avais pas trouvé et bien sûre personne ne l'avait vu, et une fois on m'avait fait un croche pied à Tafourah, mon portable m'avait glissé des mais et deux sombre crétins me l'ont piqué et se sont enfuit. Ma chute était tellement violente que j'ai eu du mal à me relever rapidement et courir après eux. C'est pour ces simple raisons que j'ai décidé de m'offrir un iPhone blanc, dernière génération, écouteurs, baffles, la totale. Vous vous dîtes sûrement : Mais pourquoi vu que tu te fais tout le temps volé. Eh bien mesdames et messieurs, à la place j'ai décidé de faire du sport, m'entraîner sans relâche jusqu'à ce que mes poumons deviennent tellement douloureux que j'ai du mal à respirer. Quand je m'entraîne je pense à cette chute à Tafourah, aux insultes que j'entends dehors de la part des garçons avec qui je ne veux pas parler et qui finissent par se retourner contre moi et me disent de gros mots, mais ces temps ci, je pense surtout aux coups et blessures que Lynda et ses soeurs se font infligés par leur propre père, quelle injustice, quelle honte, quelle peine. C'est vrai que je suis le genre de fille qui a du caractère, qui ne cède pas au premier signe de force, qui ne fait confiance à personne, mais en tant qu'amie, je suis prête à dire que je le suis avec coeur et âme. Je suis une bonne amie, et quand je dis bonne ça veut dire serviable, aimante, à l'écoute, toujours à l'écoute, et soucieuse. C'est pourquoi je voulais à tout prix aider Lynda, elle ne m'a jamais fait de mal, et je suis sûre qu'elle ne m'en fera jamais. Une fois rentrée à la maison, je me débarbouillais un peu, ma peau avait tendance à coller et devenir grasse quand je reste trop longtemps dehors, mais ça ne m'étonnais pas, vu l'humidité qu'il y a dans la région, j'attendit que ma mère rentre de son travail, elle était vétérinaire, elle aimait beaucoup les animaux, mais bizarrement, on n'en a jamais eu. J'avais préparé du café, et un gâteau, je savais que ma mère raffolait des moelleux au chocolat, donc je lui en ai fait un, et j y avait mi du coeur en plus. Je savais qu'elle allait être fatiguée, et j'en eut la preuve en la voyant franchir la porte de la cuisine, enlever ses chaussures à talons et s'asseoir sur la première chaise qu'elle ait vu en soupirant et en se massant les orteils. _Ah je suis si fatiguée aujourd'hui ma chérie, me dit elle, qu'est ce que tu nous a préparé ça sent bon. _Devines un peu m'an. Lui dis je en souriant.
  • 15. _Un gâteau ça c'est sûr. _Touché, mais c'est ton gâteau préféré, un moelleux au chocolat. _Ah c'est gentil ça ma puce, c'est en quel honneur ? _Bah, tu vois je me rends compte que j'ai de la chance de vous avoir toi et papa, surtout ces jours ci. Lui révélait je. Je la regardait enlever ses bas qui ont fini par laisser des traces sur ses mollets, elle se massait le coup, et attachait ses longs cheveux, elle avait enlevé sa verse et s'était mise à l'aise, prête à manger mon gâteau. Je m'étais assise en face d'elle, je lui avait servit une grosse part, et versait du café au lait dans sa tasse. Elle avait commencé à manger, je la regardait faire, elle paraissait tellement fatiguée, et avait toujours les yeux cernés. _Tu fais toujours ces rêves bizarre maman ? Ceux dont tu m'as parlé ? Dis je, inquiète. _Oui, la nuit dernière, le serpent ne m'étouffait pas, mais il y avait plein de petits serpents qui rodaient au tour de moi. Tu sais je commence à croire qu'il y a quelque chose qui se trame, ton père se sent bien, toi aussi, je me pose donc des question, d'où ça pourrai bien venir tout ça, peut être que je devrai appeler ta grand mère, voir si tout va bien pour elle et ... _à ce propos maman, la coupai je, je voulais justement te parler de quelque chose qui me tient à coeur. _Excuses moi ? Serai tu entrain d'insinuer que quelque chose ne va pas dans ta vie et c'est maintenant que tu m'en parles ? Commença maman. _Non écoutes je ne l'ai su que toute à l'heure. Je lui racontait alors ce qui s'était passé pendant le déjeuner, et pourquoi je n'étais pas rentrée pour manger les lasagnes qu'elle avait préparé ce jour là uniquement pour moi. Je lui racontait ce que Lynda avait du mal à me dire, et me cachait depuis plusieurs années maintenant. _Et donc je crois que c'est de ça que tu rêves maman, c'est peut être Lynda, sa mère et ses soeurs les victimes, et le gros serpent c'est son père tu comprends ? _Et tu crois que je vais rêver de ça à cause d'une famille dont j'ignore totalement l'existence ? _Mais maman, ça compte pour moi, c'est mon amie ... _Excuse moi de te contre dire ma chérie, mais je ne pense pas qu'il s'agisse de ça, d'ailleurs tu devrai laisser ta copine gérer ses problèmes de famille toute seule, cela fait de la peine oui, mais que veux tu, c'est la vie. _Mais comment peut tu dire ça maman ? Elle souffre la pauvre. _Tout ce que tu peux faire c'est lui tenir compagnie Norhane, rien de plus. Tu veux aller voir la police à sa place ? Ne soit pas naïve ma chérie, j'ai consacré ma vie à te rendre forte et impénétrable. _D'accord alors je te tiens au courant des choses, et puis tu as raison, après tout, je ne pourrai rien faire, lui répondis je. Non c'est vrai, je ne pouvais rien faire, comme je n'ai rien pu faire pour mon Nassim, je ne savais pas ce qui lui est arrivé, je me rappelle du dernier coup de fil qu'il m'avait passé, il était content, il allait chercher sa nouvelle BD collector d'un vendeur qu'il a rencontré sur internet, je me rappelle qu'il avait payé chère pour l'avoir, d'ailleurs maintenant que j y pense ça lui a coûté la vie. Peut être que c'était ça finalement, peut être que c'était un piège, il s'était fait piégé par un internaute, mais pourquoi lui, ça aurai pu arriver à n'importe qui dans la région, ils l'ont choisit lui, et me l'ont enlevé. Ce soir là, je m'entraînait comment une malade, je me souviens de m'être presque évanouie de
  • 16. douleur, je repensais à toutes les injustices qu'il y avait dans le monde, et surtout le trou béant que Nassim a laissé dans ma poitrine. Environ un mois passa après le long entretien que j'avais eu avec Lynda, j'allais à mes cours mais je ne la voyais nul part, un mois d'absence, j'appelais sur son numéro, elle ne me répondait jamais, les professeurs bien sûre, ne se demandaient jamais où étaient les absents, ils se contentaient de noter leur absence et puis c'est tout. Je m'inquiétais vachement pour elle. Un jour, vers midi, entre deux cours, j'étais assise dans mon coin devenu habituel à la fac, le côté où personne ne passait généralement, sur les escaliers qui menaient vers les salles de cours des étudiants de pharmacie. Au moins là bas j'étais tranquille avec mon sandwich et mon livre avant le prochain cours. Je n'étais pas du genre à m'asseoir avec un groupe d'étudiants pour discuter et rire aux éclats du moins depuis la mort de Nassim, je n'en ressentis plus l'envie. Ma mère me disait souvent que je devrai m'éclater, me changer les idées, au moins je serai plus épanouie, mais elle ignore que tout ce qui me rend heureuse c'est un bon sandwich de chez Aladin, et mon vieux bouquin. Soudain mon téléphone sonna, je ne reconnu pas le numéro mais je décrochait quand même : _Ouais allô ? _Salut, Norhane. Je reconnus tout de suite la voix effrayée de Lynda. _Oh mon Dieu Lynda, comment ça va ? Je t'ai appelé un million de fois ? Où es tu ? _Calme toi Nounoutte, je vais bien, je t'appelle juste pour te rassurer, et te dire que je suis toujours vivante. _Bah encore heureux... _Laisse moi finir s'il te plaît, me coupa t elle. Je me suis tut. _Je suis désolée de m'être énervée contre toi le dernier jour, tout ce que je veux c'est que tu sois saine et sauve, je ne veux surtout pas que mon père apprenne ton existence dans ma vie sinon il me le fera payer tu comprends ? _Oui, dis je. _Alors je t'ai appelé pour te dire aussi que ma mère s'est reveillée, mon père part chez sa famille pour voir mon grand père dans onze jours tu m'entends ? Onze jours, je veux que tu viennes me rendre visite dans onze jours chez moi, pour voir ma mère. _Il n y a aucun problème... _S'il te plaît, Norhane, viens toute seule, je sais que tu as prévenu tes parents, mais ma mère se sent très faible et a difficilement accepté d'avoir de la visite, mais elle ne sait pas que tu es au courant de toute l'histoire d'accord ? Donc ne la bouscule pas. _Et toi tu ne reviens plus à la fac ? Demandai je. _Non ma puce, je suis désolée, pas tant que cette affaire ne soit pas réglée, tu me manques et il n y a aucun autre moyen pour que je puisse te voir tu comprends, alors je t'envoies mon adresse par texto et n'oublies pas, dans onze jours à midi. Bisous Elle avait raccroché avant que j'ai pu dire un mot, elle me faisait vachement de la peine, maintenant elle n'a même plus le droit de parler au téléphone, j'imagine le pire pour elle. Non seulement son père lui infligeait de la torture physique, mais en plus elle subissait de la torture morale aussi, sans parler du fait qu'elle soit la seule à prendre soin de sa mère, ses soeurs étant trop jeûne pour l'aider. En pensant à tout ça je me suis dit que j'avais
  • 17. beaucoup de chance d'avoir des parents tel que les miens. Ma journée ne fut pas terrible, comme le reste de la semaine d'ailleurs, j'avais hâte d'aller chez Lynda, voir l'atmosphère dans lequel elle vivait. C'est vrai que j'avais promis à ma mère de ne pas me mêler de ses histoires mais je m'étais jurée que si je voyais les choses dégénérer, j'appellerai la police et je leur raconterai tout. Je montrais le texto que Lynda m'avait envoyé à mes parents, en leur disant que le lendemain j'allais à cette adresse et qu'il ne fallait pas s'inquiéter, j'allais prendre la voiture de toute façon vu que les moyens de transport étaient pourri dans la région, et n'emmenaient pas à Ouled Fayet sans embrouilles, pas de place où s'asseoir, plein de gens qui fouettent de sueur, et bien sûr le trajet allait être long vu que le mini bus s'arrêtera chaque deux minutes à une station. Chapitre 4 La visite. Le jour J, je m'étais faite belle, j'avais mi la robe rouge que j'avais acheté de Paris cet hiver là avec mes ballerines blanches, je m'étais maquillée un peu, j'avais mi un peu d'eye-liner, et du far à joues. Je me suis regardée dans le miroir, mon corps avait totalement changé, je me sentais en pleine forme, comme si rien ne pouvais m'arrivais, je m'étais en quelque sorte habituée à la douleur, maintenant je serai capable de me défendre si jamais quelque chose de mal m'arrivait. Après avoir prit mon petit déjeuner, j'avais mi un peu de rouge à lèvres, pour être dans les même tons que ma tenue. Mes parents n'étaient déjà plus là à mon réveil, je leur avait donc envoyé un texto en disant que je sortais de la maison pour aller chez Lynda. Je n'avais pas reçu de réponse, ils étaient sûrement absorbés tous les deux par leurs travail. Le trajet fut infernal, même en voiture on ne s'en sortait pas, il y avait une circulation énorme vu que j'étais sortie vers onze heures, les gens rentraient sûrement pour déjeuner chez eux, mais ne savaient pas que s'ils se mettaient tous à quitter leur boulot en ayant l'intention d y revenir à temps après le déjeuner, ils se mettaient les doigts dans le nez. J'avais du mal à trouver le bâtiment dans lequel vivait Lynda, c'était enfouit dans la cité de Ouled Fayet, j'ai dû prendre mon courage à deux mains et demander mon chemin. Bizarrement, les trois personnes auxquels j'avais demandé mon chemin fient une grimace en m'entendant dire l'adresse, et j'étais prête à parier que c'était à cause du père de Lynda, tout le monde connaissait certainement le fou furieux qui habitait à cette adresse.
  • 18. Je me garais alors juste en face du bâtiment qu'un grand monsieur m'avait indiqué, cet endroit me donnait la chair de poule, je me disais que quelque chose n'allait pas, mais je me forçait à penser à Lynda et sa famille qui souffrait dans un des appartement de ce bâtiment sinistre qui inspirait la mort. Il était midi moins Cinq, le temps pour moi de monter les escaliers j'arrivais juste à temps. Je sortis de ma Polo, verrouillait la porte derrière moi, et me dirigeait vers le bâtiment, mes ballerines faisant le moins de bruit possible, il n y avait quasiment personne, je voyais des voitures au loin, mais personne à pied, et personne dans la cage d'escaliers. Lynda habitait au dernier étage, j'entreprit donc de monter une à une les marches en faisant attention à ne pas faire de bruit. J'étais finalement arrivée devant la porte rouge de chez Lynda, je prit mon courage à deux mains et sonna à la porte, j'entendis des bruits au loin sur le coup, ensuite un long silence s'imposa avant que j'entende des bruits de pas derrière la porte. Lynda m'ouvrit enfin, elle avait le visage pâle, les cheveux ramassés en arrière, elle portait ce qui me semblait être un pyjama bleu, et me sourit à peine quand elle avait enfin posé les yeux sur moi après m'avoir scrutée de la tête aux pieds. _Tu es élégante dis donc. Me dis t elle avec un sourire forcé. _J'ai fait de mon mieux pour ta maman. Lui répondis je. _Vas-y entre. Elle me tourna le dos, laissant la porte ouverte pour me laisser rentrer et se dirigeait vers le salon, je franchis le seuil de la porte, mais quelque chose me coupa la respiration, je sentis comme une odeur de dissolvant, une substance que je n'avais jamais senti avant, j'avais du mal a respirer, quelqu'un se tenait derrière moi, m'étranglant avec ses deux mains. La substance fini par m'achever, je ne sentis plus mes jambes et je suis tombée par terre, j'avais ressenti une folle envie de dormir, et c'est ce que je fis. En me réveillant, je ne savais pas combien de temps étais je assoupie, mais je ressentis tout de suite une douleur atroce à la tête, j'ouvris mes yeux avec beaucoup de mal, la pièce était très petite mais sombre, il devait faire nuit, cependant la fenêtre était fermé je ne pouvais donc pas en être sûre. J'étais allongée sur un matelas qui était posé par terre, j'essayais de me relever mais j'avais mal aux poignets et surtout entre les jambes, cette douleur m'intriguait tellement que je décidait de me relever quand même, pour voir au moins ce que j'avais, il y avait un peu de sang sur le matelas mais je vérifiais je n'avais aucune écorchure. De l'air frais était passé par dessous la porte, et je su alors que ma culotte avait disparu. J'avais tout de suite compris le manège, si je n'avais aucune écorchure sur mon corps, il n y avait qu'un seul endroit où j'aurai pu saigner, et je ne me rappelais pas avoir eu mes règles à cette période là. J'essayais de me rappeler de ce qui s'était passé, tout ce qui me venait à l'esprit était Lynda, je regardais au tour de moi, j'étais toute seule dans la pièce, elle devait être enfermée dans une autre pièce, on nous a sans doute tendu un piège, peut être que son père était revenu plus tôt que prévu du Bled, peut être qu'après l'avoir torturé elle lui a finalement dit que j'allais lui rendre visite. Je me rallongeait face au plafond, je sentais les larmes chaudes couler sur les deux côtés, l'une d'elles a fini par atterrir dans mon oreille mais je ne l'essuyais pas, je ne pouvais pas avoir recours à mes mains, je ne sentais plus mon corps, je regardais une araignée tisser sa toile dans un coin un peu sombre, elle au moins est chez elle, elle au moins n'avait peur de rien, pas comme moi, j'étais tellement terrifiée que j'en tremblais, mais je ne me sentais pas trembler, il n y avait que le son des claquements de mes dents
  • 19. qui me le faisait sentir. Je voulais sourire une dernière fois avant la fin, je voulais dire au revoir à ceux que j'aimais, à ma maman, à mon papa, je devrai attendre de les retrouver là haut, je pensais à mes études, à quoi ressemblerai la vie dans une centaine d'années. J'ai vu toute ma vie défiler et puis j'entendis les bruits de pas, je serrais les dents et fermer les yeux si fort au point de me faire mal. La porte s'ouvrit à la volée, et je vit Lynda apparaître, la lumière m'aveuglait en premier lieu mais je fini par m y habituer, j'étais si contente de la voir, je me disait qu'elle avait échappé à son père et était venu à ma rescousse. _Ah tu es enfin réveillée, il était temps ma grande, tu as dormi une journée et demi, allez secoue toi un peu, tu n'en a plus pour longtemps. Me lança Lynda d'un ton si froid que j'en eut la chaire de poule. _Qu'est ce qui se passe Lynda ? Qu'est ce que tu veux dire ? Tu ne peux pas me laisser sortir ? Est ce que c'est ton père qui m'a fait ça ? Lynda éclata de rire. _Ah tu es si naïve, tout comme ton crétin de copain, qui a cru faire une bonne affaire en achetant une BD sur internet. Je n'ai jamais eu de père espèce de débile, je t'ai raconté des salades pour te faire venir ici, dans mon coin personnel, à moi et à mes deux potes, qui se sont bien éclatés avec toi à ce que je vois. Elle regarda la tâche de sang qui était sur le matelas, et me regardais pleurer. _Pauvre petite, tu n'es même pas capable de te défendre maintenant, je vais en finir avec toi, comme je l'ai fait avec le crétin de Nassim. _C'était donc toi ? Toi qui m'a volé mon meilleur ami... Commençai je, devenant furieuse. _Je t'arrête tout de suite, tu était tout sauf sa meilleure amie, tu était la femme de sa vie comme il me le disait si bien, tu était tout pour lui, il n'en jurai que par toi, il n'avait jamais vu que j'était tombée amoureuse de lui, que je l'admirais, que j'adorais tout ce qu'il faisait, et que toi tu t'en foutais,