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TERMES DE REFERENCE POUR LE DIALOGUE POLITIQUE RELATIF A L’ANNEE
INTERNATIONALE DE L’AGRICULTURE FAMILIALE (AIAF) A BAMAKO
THEME : BATIR LA RESILIENCE POUR NOURRIR L’AFRIQUE
DE L’OUEST: PROPOSITIONS DES EXPLOITANTS FAMILIAUX
I. CONTEXTE
L’importance de l’agriculture familiale dans le monde
Sur les 2,5 milliards de personnes habitant des pays pauvres et vivant directement des
secteurs alimentaire et agricole, 1,5 vivent dans des ménages composés de petits
agriculteurs. Paradoxalement, dans la plupart des régions du monde, notamment en Asie et
en Afrique Subsaharienne, ce sont les petits agriculteurs qui assurent 80 % de l’offre de
produits alimentaires.
Dans le secteur halieutique, la pêche artisanale contribue à hauteur de 46 % des captures
marines et continentales mondiales (ce chiffre atteignant les 54 % dans les pays en
développement). Selon les estimations, ce système de pêcherie emploie plus de 90 % des 35
millions de personnes pratiquant la pêche de capture à travers le monde et assure la
subsistance de 85 millions de personnes employées dans les activités de transformation, de
distribution et de commercialisation associées.
Le système de production familiale comprend également les systèmes de production
pratiqués par les peuples autochtones. Selon le FIDA dans son rapport de 2012, plus de 370
millions de personnes se définissent comme autochtones dans environ 70 pays. Les terres et
territoires autochtones traditionnels renferment près de 80 % de la diversité biologique de la
planète.
Le Rapport 2013 du Groupe d’experts de haut niveau du CSA a conclu qu’en Chine, 200
millions de petites exploitations couvrant 10 % des terres agricoles disponibles à l’échelle
mondiale, produisent 20 % de l’ensemble des aliments du monde. Ce même Rapport
souligne qu’au Brésil, les petits agriculteurs occupent seulement 24,3 % de la superficie
agricole totale, alors qu’ils génèrent 74 % de l’ensemble des emplois agricoles et produisent
38 % de la valeur totale de la production.
En en ce qui concerne la mobilisation et la gestion des ressources naturelles, notamment les
terres, les exploitations familiales incluant les pêcheries artisanales et les systèmes des
peuples autochtones assurent une gestion durable de l’essentiel de ces ressources
nécessaires pour la production de denrées alimentaires dans le monde.
En Afrique, l’agriculture familiale recouvre la même importance. Plus de 60 % de la
population génèrent 80 % des productions alimentaires, assurent 65 % des emplois.
Le secteur agricole de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest
(CEDEAO) occupe une place déterminante au plan des économies nationales, de l’emploi,
des revenus des ménages ruraux, de l’équilibre de la balance commerciale et de la sécurité
alimentaire des populations et des Nations. Sur le plan économique, l’agriculture représente
environ 35 % du produit intérieur brut régional après les services (37%). Sur le plan de
l’emploi, le secteur agricole demeure le premier fournisseur de main-d’œuvre. Plus de 60 %
de la population active de la région CEDEAO travaille dans ce secteur en dépit de la faible
rémunération de son effort par rapport aux autres secteurs de l’économie. Environ 80 % des
besoins alimentaires des populations de la région sont satisfaits par les productions
régionales.
L’agriculture familiale, la principale forme de production agricole, a souvent été taxée d’être
à l’origine de cette contre-performance du secteur agricole. Dans les faits, ce système de
production offre l’essentiel des productions agricoles et agroalimentaires qui couvrent les
besoins alimentaires des populations et des industries en Afrique. L’agriculture familiale
assure fondamentalement une gestion durable des ressources naturelles, grâce à une
combinaison rationnelle des savoirs endogènes et des connaissances modernes. Elle porte
en elle pour la génération future la promesse d’un environnement propice au
développement et un fort potentiel de création d’emplois grâce à une utilisation intensive
de la main d’œuvre familiale. Des études scientifiques dont celles de deux prix Nobel
d’économie (Sen et Schultz) ont démontré que les petits producteurs sont certes pauvres
mais techniquement efficaces, c'est-à-dire qu’ils utilisent très peu d’intrants (capital, terre,
main d’œuvre) pour obtenir un maximum de production. Ces études mettent en lumière le
rôle moteur de l’agriculture familiale dans la préservation de l’environnement et son
aptitude à produire plus avec peu de ressources.
L’Agriculture familiale n’est pas la source de la contre performance du secteur agricole en
Afrique de l’Ouest
Certes, l’Afrique est la première région de croissance au monde depuis au moins 2010. Les
principales sources de richesse de la région sont : la bonne tenue des cours mondiaux des
matières premières et la bonne gestion macroéconomique. Malgré cette performance, selon
l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Afrique est
depuis plusieurs décennies le continent le plus dépendant du point de vue de l’alimentation
avec une proportion d’environ 22 % de la population qui souffre de la faim et de la
malnutrition. Malgré un potentiel agricole considérable, la majorité des pays africains sont
des importateurs nets de produits alimentaires. José Graziano Da Silva, Directeur général de
la FAO a indiqué que la facture de l'importation de produits alimentaires dépasse 50
milliards $ par an. L’Afrique de l’Ouest est la première région importatrice de riz et les
importations alimentaires ont une tendance à la hausse jusqu’à au moins 2020.
Par ailleurs, les études réalisées par le ROPPA en collaboration avec le REPAD, montrent que
la pauvreté s’est accrue dans la plupart des pays de l’Afrique de l’Ouest depuis 2003, excepté
dans quelques rares pays, comme le Ghana. La productivité agricole a été relativement
faible (autour de 5 %) sur la période 2010 à 2013.
En se référant à cette performance relativement faible, les décideurs politiques dans les
différents pays de la région récusent l’incapacité de l’agriculture familiale à assurer la
sécurité alimentaire et la création d’emplois, ceci malgré son importance et son potentiel. A
tort, de nombreux décideurs politiques refusent de croire en l’avenir et en la capacité de
l’agriculture familiale et l’enferme dans une vision passéiste et aléatoire de l’agriculture et
de l’Afrique. En dépit des graves menaces qu’elle fait peser sur la sécurité alimentaire et la
biodiversité, les décideurs politiques d’Afrique tendent toujours à privilégier l’agriculture
industrielle et commerciale comme solution ultime au problème de la faim et du sous-
développement, au nom de sa supposée efficacité productive qui n’est pas prouvée au plan
scientifique.
Les décideurs ont toujours privilégié la protection des urbains et des autres secteurs de
l’économie au détriment de l’agriculture créant ainsi un biais urbain. Cette réalité est
largement démontrée par l’étude de Krueger, Schiff et Valdès en 1991 pour le compte de la
Banque Mondiale.
L’année internationale est aussi une opportunité de s’interroger sur le partage des coûts du
développement entre les différents secteurs et la taxation plus forte du secteur agricole au
profit des autres secteurs. C’est en fait une occasion de revisiter l’ordre ancien et de
construire un nouveau contrat social sur les options stratégiques pour le développement de
l’agriculture.
Les réponses des politiques face au défi de la sécurité alimentaire et la création d’emplois
agricoles
Le recours à l’agrobusiness pour nourrir les populations
La réponse des gouvernements à l’incapacité supposée de l’agriculture familiale à nourrir
l’Afrique a été de répondre aux sollicitations de l’agrobusiness, avec un accaparement massif
des terres pour combler le manque de performance. Une proportion de 62 % des transferts
internationaux de terres à grande échelle se fait sur le sol africain. L’Afrique compte près de
600 millions d’hectares de terres arables non cultivées, soit 60 % du total mondial. Une telle
stratégie rompt le pacte social en confinant les paysans dans la vulnérabilité et dans l’exode
rural, d’où certaines questions essentielles de cette Conférence, que deviendront les
paysans africains si par exemple quatre agro-industries fournissaient toute l’alimentation de
nos pays ? Quel contrat social durable en résultera ?
Au-delà des questions susmentionnées, il convient de donner une réponse concrète aux
préoccupations légitimes des peuples de notre région. Est-ce que l’agriculteur familial
exerçant dans les conditions difficile, adoptant moins de 30 % des technologies existantes
dont 40 % de la production est perdue faute de stockage adéquate peut-il nourrir l’Afrique
de l’Ouest dont le Nigeria seul aura environ 460 millions d’habitants en 2050 ? Quelles sont
les dispositions à prendre afin que le marché agricole régional puisse contribuer à nourrir la
population ?
Certes, une proportion de 85 % de la nourriture dans le monde demeure produite et
consommée localement et une étude de la FAO en 2005 montre que cette tendance se
dessine fortement au niveau régionale. Mais, l’on doit se demander comment faire face à
ces besoins spécifiques à long terme ? Combien de temps faudra t’il aux décideurs pour
comprendre cette réalité ?
Pourtant ce qui est en cause dans les difficultés des agricultures familiales africaines que
nous connaissons aujourd’hui, n’est pas fondamentalement lié à ses caractéristiques
propres, mais aux politiques agricoles inconsistantes et incohérentes. Ces politiques n’ont
pas réussi à mettre en place les investissements, les outils et mesures appropriés pour
assurer une modernisation et une intensification de la production. Des conditions n’ont pas
été mises en place pour favoriser un accès des productions locales à des marchés
rémunérateurs, une préférence communautaire, des revenus décents aux producteurs leur
permettant de réaliser un auto-investissement. L’agriculture familiale n’est pas
accompagnée par des mécanismes assurantiels et de minimisation des risques et une loi
foncière sécurisant l’usage de la terre et permettant l’investissement et l’innovation, des
financements innovants et des institutions de crédit agricole, une régulation des marchés
permettant une stabilité des prix, une minimisation des risques et une rémunération
décente du travail agricole.
Un environnement des affaires ciblant uniquement les agrobusiness au détriment
des premiers investisseurs de la région
Dans nos pays, les exonérations fiscales pour attirer les agrobusiness pour la plupart coûtent
au moins 2 millions de dollar au budget de chacun de nos pays. Que font les Etats pour
encourager les petits producteurs, premiers investisseurs de l’agriculture dans nos pays ?
Les stratégies d’investissements dans nos pays suscitent les questions suivantes :
• Investir dans quels systèmes de production ?
• Pour quels produits ?
• Pour quels marchés ?
• Au profit de qui ?
Si la convergence autour du renforcement des investissements dans l’agriculture est
quasiment acquise, des divergences importantes demeurent et persistent quant au type
d’agriculture à promouvoir pour atteindre la sécurité alimentaire, le débat continue surtout
en ce qui concerne les orientations politiques quant à l’investissement dans l’agriculture
familiale ou dans l’agrobusiness. Assurément, l’alimentation est bien trop importante que
pour être confiée à des « marchands et des spéculateurs », qu’Élisée Reclus désignait déjà au
début du vingtième siècle comme les principaux responsables des inégalités alimentaires,
bien loin devant les facteurs climatiques et physiques. La leçon du père fondateur de la
géographie humaine moderne semble aujourd’hui être tombée dans l’oubli.
Une reconnaissance mondiale de l’agriculture familiale dans un contexte de controverse
sur sa valeur ajoutée dans un monde globalisé
Pendant que les débats se poursuivent, la pertinence de l’agriculture familiale reste une
réalité reconnue au niveau international. La 66ème
session des Nations Unies a déclaré 2014,
Année Internationale de l’Agriculture Familiale. Cette décision offre au monde une
opportunité unique de reconnaître la contribution et la dignité des hommes et des femmes
de la terre, mais aussi la place occupée et le rôle joué à l’échelle mondiale par les
agricultures familiales pour la souveraineté alimentaire, le développement économique, la
création d’emplois et la distribution de revenus, la gestion des ressources naturelles et la
construction de la paix. Cette reconnaissance internationale est doublement partagée par
l’Afrique, puisque l’Union africaine a décrété elle aussi 2014 comme l’année de l’agriculture
et de la sécurité alimentaire.
Le moment est venu de s’interroger sur la valeur ajoutée de l’agriculture familiale dans un
monde où les agrobusiness et les multinationales dominent le marché de l’alimentaire avec
un intérêt accentué pour la production de celle-ci. Dans un tel contexte, il est urgent de
s’interroger sur la résistance de l’agriculture familiale dans ce monde globalisé où la
réduction des coûts des facteurs et les économies d’’echelle sont la règle pour survivre.
Beaucoup d’analystes prédisent la fin de l’agriculture familiale et son incapacité à résister
dans un tel monde. La conférence contribue à donner des orientations sur les options
possibles offertes à l’agriculture tout en s’adaptant pour continuer à jouer son rôle.
OBJECTIF GENERAL
L’objectif général de cette conférence est de contribuer à promouvoir une agriculture
résiliente en Afrique de l’Ouest pour nourrir les populations, dans le cadre de la réalisation
des objectifs de la PAU et de l’ECOWAP, ceci à travers des politiques et programmes
assurant véritablement le renforcement et le développement des exploitations familiales
Objectifs spécifiques
Formuler à l’intention des décideurs politiques des propositions visant à relever les
défis des exploitations familiales liés au foncier, au financement de l’agriculture
familiale, au changement climatique, à la transformation et au stockage des denrées
alimentaires, le marché régional et international ;
Identifier des approches et mécanismes permettant une meilleure prise en charge
des préoccupations des femmes et des jeunes dans les politiques et programmes de
développement agricole;
Echanger sur les innovations des exploitations familiales et des organisations
paysannes apportant des solutions concrètes aux questions liées au développement
des chaînes de valeur et au financement de l’agriculture ;
Créer une alliance pour accompagner l’agenda de modernisation de l’AF
STRATEGIE ET ORGANISATION DE LA CONFERENCE
Une conférence inscrite dans une vision stratégique
L’attachement au dialogue politique est une tradition du ROPPA qui, depuis sa création en a
développé une expertise. Depuis 2012, le ROPPA a développé un cadre de dialogue multi
acteurs thématique pour servir de cadre de référence à son plaidoyer mais aussi mobiliser
un ensemble d’acteurs autour d’un sujet important pour la région en vue de mieux
comprendre les positions des uns et des autres et développer ensemble une alliance pour
adresser les défis de la région.
Ainsi, en 2012 le ROPPA a développé un cadre permanent de dialogue politique avec une
conférence internationale sur le changement climatique à Niamey (sous la présidence du
premier ministre du Niger) et une conférence sur les dix ans de Maputo à Monrovia (sous la
présidence du vice président du Libéria).
Dans le cadre de l’AIAF, Le dialogue politique régional aura lieu à Bamako en septembre
2014 sous la présidence des hautes autorités du Mali.
La conférence de Bamako, aboutissement d’un processus
Dans le cadre de la préparation, le ROPPA a initié plusieurs rencontres et événements visant
à accorder une visibilité à l’organisation de la conférence de Bamako sur l’AIAF. Il y’a eu :
Une première rencontre avec le président de la Commission de la CEDEAO qui a
assuré le ROPPA du soutien de la CEDEAO dans l’organisation de l’AIAF.
En marge de la réunion interministérielle de la CEDEAO, une seconde audience a été
accordée à la mission du ROPPA par le Président de la Commission de la CEDEAO qui
a indiqué l’intérêt de la Commission à prendre part à la conférence régionale multi-
acteurs prévue par le ROPPA en septembre 2014 à Bamako au Mali pour célébrer
l’AIAF.
Une note de position en faveur du plaidoyer pour faire de l’année 2014, année
internationale de l’agriculture familiale, une année de reconnaissance de la
contribution de la paysannerie africaine et une année de rénovation des politiques
agricoles et de coopération internationale a été élaborée et distribuée aux
Gouvernements des pays membres de la CEDEAO et de la France durant le sommet
Afrique-France.
Le lancement officiel de l’AIAF par le ROPPA a eu lieu à Ouagadougou avec la
présence du Commissaire de l’UEMOA, de la CEDEAO, du CILSS, du représentant du
ministre de l’agriculture et de la sécurité alimentaire du Burkina-Faso. Les autorités
ont renouvelé leurs engagements à accompagner le ROPPA pour faire de cette
reconnaissance de l’agriculture familiale, une réalité sur le terrain de la sécurité
alimentaire et de la lutte contre la pauvreté. Les autorités ont encore réitéré leur
soutien à l’organisation à l’événement de Bamako en septembre.
A la suite du lancement officiel de l’AIAF par le ROPPA; un comité de pilotage
composé des institutions sous-régionales, des réseaux d’éleveurs et d’agropasteurs,
d’organisations régionales de la société civile et de représentations de la coopération
multilatérale a été mis en place.
Toujours dans le cadre de la préparation de la conférence de Bamako, le ROPPA a lancé une
étude. Cette étude, en plus des expériences des plateformes nationales vise à documenter la
contribution des exploitations familiales dans la souveraineté alimentaire, portant sur les
progrès et défis des exploitations familiales
Le ROPPA compte également valoriser les études réalisées dans le cadre de la préparation de
la rencontre de Monrovia sur les engagements de Maputo et d’autres travaux réalisés par les
plateformes nationales pour alimenter les débats et réflexions au cours de la conférence.
Au plan régional, la stratégie consiste à établir des synergies avec l’action des réseaux
d’organisations paysannes d’Afrique dans le cadre de la PAFO. Ainsi les 4 autres réseaux
seront invités à Bamako pour partager les résultats de leurs actions et contribuer aux
réflexions en Afrique de l’Ouest. La rencontre de Malawi sur l’AIAF dans le cadre de la PAFO
sera également un espace pour valoriser les résultats des travaux et la déclaration des
organisations paysannes d’Afrique de l’Ouest et pour faire le plaidoyer auprès des
institutions africaines compétentes (UA, NEPAD…).
Organisation de la conférence
En ce qui concerne le déroulement de la conférence, les travaux seront structurés ainsi :
Panel 1 : Place, rôle et défis de l’agriculture familiale
Il s’agira d’analyser la place de l’agriculture, dans l’emploi l’emploi, la fourniture de
nourriture, l’équilibre social et économique au niveau mondiale avec un accent sur l’Afrique
de l’Ouest. Ce panel fera appel aux Gouvernements, à la recherche, au FIDA, à la FAO, au
CTA, AFDI, ILRI, via campesina, APESS, RBM, CEDEAO/UEMOA, INADES-Formation.
A propos des défis, il s’agira d’analyser l’accaparement des terres, l’accès à l’eau, les
changements climatiques, le financement, l’accès au marché régional, la chaine de valeur,
Ce panel fera appel à la CEDEA0, à l’UEMOA, au LPI, au CORAF, CCAS, AGRA, CGIAR, USAID,
SOS Faim, AAFEX, Bordless Alliance, RBM
Panel 2 : Le déplacement de la frontière des potentiels : la contribution des femmes dans
la performance des exploitations familiales
Il s’agira d’analyser la meilleure stratégie pour mieux impliquer les femmes afin d’accroître la
performance de l’agriculture familiale. Ce panel verra la participation d’ONU-Femmes,
WILDAF, AFAO, présidente collège des femmes du ROPPA, la présidente des femmes APESS
et de RBM.
Panel 3 : L’avenir de l’agriculture familiale : proposition du collège régional des jeunes
Il s’agira d’analyser les conditions pour maintenir les jeunes dans l’agriculture familiale en
revisitant les perspectives pour les jeunes et la création des conditions pour leur inclusion
dans les débats sur l’agriculture. Les panelistes suivants contribueront au débat : jeunes du
ROPPA, FIDA, AFDI, BM, APESS, RBM, IPAR
Panel 4 : Capitalisation sur les changements opérés par les OP
Parler des changements dans le domaine du conseil agricole, du crédit, des chaînes de
valeur, des success stories de l’agriculture familiale. Ce panel verra la participation
d’ASPRODEB, AAFEX, AFRACA, CTA, ROPPA, APESS, RBM, Fondation de France/CFSI, AFDI
Panel 5 : Bâtir la résilience condition pour nourrir l’Afrique de l’Ouest : création d’une
Alliance pour un agenda de transformation de l’agriculture familiale
Ce panel adresser les facteurs déterminants d’une agriculture résiliente avec la CEDEAO,
UEMOA, Hub Rural, CILSS, CTA, APESS, RBM, FAO, FIDA, BM, Hub Rural, les partenaires
techniques et financiers. Il s’agira de mettre en place une alliance pour le suivi d’agenda de
transformation de l’agriculture familiale
La journée du Mali
Une demi-journée sera dédiée au Mali. Il s’agira de revisiter la politique agricole malienne et
les défis avec la situation de conflit d’identifier les success stories et les secteurs
d’intervention tout en mobilisant aussi bien la communauté nationale qu’internationale sur
les priorités du pays. Cette journée est aussi une journée de solidarité et de contribution du
ROPPA et des autres partenaires à la reconstruction post conflit du Mali.
RESULTATS ATTENDUS
- L’opinion publique est sensibilisée sur la place, le rôle et les défis de l’agriculture
familiale;
- Des success stories sont identifiées pour contribuer à nourrir l’Afrique de l’Ouest;
- Les propositions pour des politiques agricoles et rurales plus inclusives ;
- La création d’une alliance pour le suivi d’agenda de transformation de l’agriculture
familiale.
DATE ET LIEU
La Conférence aura lieu du 09 au 11 septembre 2014 à Bamako et à Nyéléni au Mali.

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  • 1. TERMES DE REFERENCE POUR LE DIALOGUE POLITIQUE RELATIF A L’ANNEE INTERNATIONALE DE L’AGRICULTURE FAMILIALE (AIAF) A BAMAKO THEME : BATIR LA RESILIENCE POUR NOURRIR L’AFRIQUE DE L’OUEST: PROPOSITIONS DES EXPLOITANTS FAMILIAUX I. CONTEXTE L’importance de l’agriculture familiale dans le monde
  • 2. Sur les 2,5 milliards de personnes habitant des pays pauvres et vivant directement des secteurs alimentaire et agricole, 1,5 vivent dans des ménages composés de petits agriculteurs. Paradoxalement, dans la plupart des régions du monde, notamment en Asie et en Afrique Subsaharienne, ce sont les petits agriculteurs qui assurent 80 % de l’offre de produits alimentaires. Dans le secteur halieutique, la pêche artisanale contribue à hauteur de 46 % des captures marines et continentales mondiales (ce chiffre atteignant les 54 % dans les pays en développement). Selon les estimations, ce système de pêcherie emploie plus de 90 % des 35 millions de personnes pratiquant la pêche de capture à travers le monde et assure la subsistance de 85 millions de personnes employées dans les activités de transformation, de distribution et de commercialisation associées. Le système de production familiale comprend également les systèmes de production pratiqués par les peuples autochtones. Selon le FIDA dans son rapport de 2012, plus de 370 millions de personnes se définissent comme autochtones dans environ 70 pays. Les terres et territoires autochtones traditionnels renferment près de 80 % de la diversité biologique de la planète. Le Rapport 2013 du Groupe d’experts de haut niveau du CSA a conclu qu’en Chine, 200 millions de petites exploitations couvrant 10 % des terres agricoles disponibles à l’échelle mondiale, produisent 20 % de l’ensemble des aliments du monde. Ce même Rapport souligne qu’au Brésil, les petits agriculteurs occupent seulement 24,3 % de la superficie agricole totale, alors qu’ils génèrent 74 % de l’ensemble des emplois agricoles et produisent 38 % de la valeur totale de la production. En en ce qui concerne la mobilisation et la gestion des ressources naturelles, notamment les terres, les exploitations familiales incluant les pêcheries artisanales et les systèmes des peuples autochtones assurent une gestion durable de l’essentiel de ces ressources nécessaires pour la production de denrées alimentaires dans le monde. En Afrique, l’agriculture familiale recouvre la même importance. Plus de 60 % de la population génèrent 80 % des productions alimentaires, assurent 65 % des emplois. Le secteur agricole de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) occupe une place déterminante au plan des économies nationales, de l’emploi, des revenus des ménages ruraux, de l’équilibre de la balance commerciale et de la sécurité alimentaire des populations et des Nations. Sur le plan économique, l’agriculture représente
  • 3. environ 35 % du produit intérieur brut régional après les services (37%). Sur le plan de l’emploi, le secteur agricole demeure le premier fournisseur de main-d’œuvre. Plus de 60 % de la population active de la région CEDEAO travaille dans ce secteur en dépit de la faible rémunération de son effort par rapport aux autres secteurs de l’économie. Environ 80 % des besoins alimentaires des populations de la région sont satisfaits par les productions régionales. L’agriculture familiale, la principale forme de production agricole, a souvent été taxée d’être à l’origine de cette contre-performance du secteur agricole. Dans les faits, ce système de production offre l’essentiel des productions agricoles et agroalimentaires qui couvrent les besoins alimentaires des populations et des industries en Afrique. L’agriculture familiale assure fondamentalement une gestion durable des ressources naturelles, grâce à une combinaison rationnelle des savoirs endogènes et des connaissances modernes. Elle porte en elle pour la génération future la promesse d’un environnement propice au développement et un fort potentiel de création d’emplois grâce à une utilisation intensive de la main d’œuvre familiale. Des études scientifiques dont celles de deux prix Nobel d’économie (Sen et Schultz) ont démontré que les petits producteurs sont certes pauvres mais techniquement efficaces, c'est-à-dire qu’ils utilisent très peu d’intrants (capital, terre, main d’œuvre) pour obtenir un maximum de production. Ces études mettent en lumière le rôle moteur de l’agriculture familiale dans la préservation de l’environnement et son aptitude à produire plus avec peu de ressources. L’Agriculture familiale n’est pas la source de la contre performance du secteur agricole en Afrique de l’Ouest Certes, l’Afrique est la première région de croissance au monde depuis au moins 2010. Les principales sources de richesse de la région sont : la bonne tenue des cours mondiaux des matières premières et la bonne gestion macroéconomique. Malgré cette performance, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Afrique est depuis plusieurs décennies le continent le plus dépendant du point de vue de l’alimentation avec une proportion d’environ 22 % de la population qui souffre de la faim et de la malnutrition. Malgré un potentiel agricole considérable, la majorité des pays africains sont des importateurs nets de produits alimentaires. José Graziano Da Silva, Directeur général de la FAO a indiqué que la facture de l'importation de produits alimentaires dépasse 50
  • 4. milliards $ par an. L’Afrique de l’Ouest est la première région importatrice de riz et les importations alimentaires ont une tendance à la hausse jusqu’à au moins 2020. Par ailleurs, les études réalisées par le ROPPA en collaboration avec le REPAD, montrent que la pauvreté s’est accrue dans la plupart des pays de l’Afrique de l’Ouest depuis 2003, excepté dans quelques rares pays, comme le Ghana. La productivité agricole a été relativement faible (autour de 5 %) sur la période 2010 à 2013. En se référant à cette performance relativement faible, les décideurs politiques dans les différents pays de la région récusent l’incapacité de l’agriculture familiale à assurer la sécurité alimentaire et la création d’emplois, ceci malgré son importance et son potentiel. A tort, de nombreux décideurs politiques refusent de croire en l’avenir et en la capacité de l’agriculture familiale et l’enferme dans une vision passéiste et aléatoire de l’agriculture et de l’Afrique. En dépit des graves menaces qu’elle fait peser sur la sécurité alimentaire et la biodiversité, les décideurs politiques d’Afrique tendent toujours à privilégier l’agriculture industrielle et commerciale comme solution ultime au problème de la faim et du sous- développement, au nom de sa supposée efficacité productive qui n’est pas prouvée au plan scientifique. Les décideurs ont toujours privilégié la protection des urbains et des autres secteurs de l’économie au détriment de l’agriculture créant ainsi un biais urbain. Cette réalité est largement démontrée par l’étude de Krueger, Schiff et Valdès en 1991 pour le compte de la Banque Mondiale. L’année internationale est aussi une opportunité de s’interroger sur le partage des coûts du développement entre les différents secteurs et la taxation plus forte du secteur agricole au profit des autres secteurs. C’est en fait une occasion de revisiter l’ordre ancien et de construire un nouveau contrat social sur les options stratégiques pour le développement de l’agriculture. Les réponses des politiques face au défi de la sécurité alimentaire et la création d’emplois agricoles Le recours à l’agrobusiness pour nourrir les populations
  • 5. La réponse des gouvernements à l’incapacité supposée de l’agriculture familiale à nourrir l’Afrique a été de répondre aux sollicitations de l’agrobusiness, avec un accaparement massif des terres pour combler le manque de performance. Une proportion de 62 % des transferts internationaux de terres à grande échelle se fait sur le sol africain. L’Afrique compte près de 600 millions d’hectares de terres arables non cultivées, soit 60 % du total mondial. Une telle stratégie rompt le pacte social en confinant les paysans dans la vulnérabilité et dans l’exode rural, d’où certaines questions essentielles de cette Conférence, que deviendront les paysans africains si par exemple quatre agro-industries fournissaient toute l’alimentation de nos pays ? Quel contrat social durable en résultera ? Au-delà des questions susmentionnées, il convient de donner une réponse concrète aux préoccupations légitimes des peuples de notre région. Est-ce que l’agriculteur familial exerçant dans les conditions difficile, adoptant moins de 30 % des technologies existantes dont 40 % de la production est perdue faute de stockage adéquate peut-il nourrir l’Afrique de l’Ouest dont le Nigeria seul aura environ 460 millions d’habitants en 2050 ? Quelles sont les dispositions à prendre afin que le marché agricole régional puisse contribuer à nourrir la population ? Certes, une proportion de 85 % de la nourriture dans le monde demeure produite et consommée localement et une étude de la FAO en 2005 montre que cette tendance se dessine fortement au niveau régionale. Mais, l’on doit se demander comment faire face à ces besoins spécifiques à long terme ? Combien de temps faudra t’il aux décideurs pour comprendre cette réalité ? Pourtant ce qui est en cause dans les difficultés des agricultures familiales africaines que nous connaissons aujourd’hui, n’est pas fondamentalement lié à ses caractéristiques propres, mais aux politiques agricoles inconsistantes et incohérentes. Ces politiques n’ont pas réussi à mettre en place les investissements, les outils et mesures appropriés pour assurer une modernisation et une intensification de la production. Des conditions n’ont pas été mises en place pour favoriser un accès des productions locales à des marchés rémunérateurs, une préférence communautaire, des revenus décents aux producteurs leur permettant de réaliser un auto-investissement. L’agriculture familiale n’est pas accompagnée par des mécanismes assurantiels et de minimisation des risques et une loi foncière sécurisant l’usage de la terre et permettant l’investissement et l’innovation, des financements innovants et des institutions de crédit agricole, une régulation des marchés
  • 6. permettant une stabilité des prix, une minimisation des risques et une rémunération décente du travail agricole. Un environnement des affaires ciblant uniquement les agrobusiness au détriment des premiers investisseurs de la région Dans nos pays, les exonérations fiscales pour attirer les agrobusiness pour la plupart coûtent au moins 2 millions de dollar au budget de chacun de nos pays. Que font les Etats pour encourager les petits producteurs, premiers investisseurs de l’agriculture dans nos pays ? Les stratégies d’investissements dans nos pays suscitent les questions suivantes : • Investir dans quels systèmes de production ? • Pour quels produits ? • Pour quels marchés ? • Au profit de qui ? Si la convergence autour du renforcement des investissements dans l’agriculture est quasiment acquise, des divergences importantes demeurent et persistent quant au type d’agriculture à promouvoir pour atteindre la sécurité alimentaire, le débat continue surtout en ce qui concerne les orientations politiques quant à l’investissement dans l’agriculture familiale ou dans l’agrobusiness. Assurément, l’alimentation est bien trop importante que pour être confiée à des « marchands et des spéculateurs », qu’Élisée Reclus désignait déjà au début du vingtième siècle comme les principaux responsables des inégalités alimentaires, bien loin devant les facteurs climatiques et physiques. La leçon du père fondateur de la géographie humaine moderne semble aujourd’hui être tombée dans l’oubli. Une reconnaissance mondiale de l’agriculture familiale dans un contexte de controverse sur sa valeur ajoutée dans un monde globalisé Pendant que les débats se poursuivent, la pertinence de l’agriculture familiale reste une réalité reconnue au niveau international. La 66ème session des Nations Unies a déclaré 2014, Année Internationale de l’Agriculture Familiale. Cette décision offre au monde une opportunité unique de reconnaître la contribution et la dignité des hommes et des femmes de la terre, mais aussi la place occupée et le rôle joué à l’échelle mondiale par les agricultures familiales pour la souveraineté alimentaire, le développement économique, la création d’emplois et la distribution de revenus, la gestion des ressources naturelles et la
  • 7. construction de la paix. Cette reconnaissance internationale est doublement partagée par l’Afrique, puisque l’Union africaine a décrété elle aussi 2014 comme l’année de l’agriculture et de la sécurité alimentaire. Le moment est venu de s’interroger sur la valeur ajoutée de l’agriculture familiale dans un monde où les agrobusiness et les multinationales dominent le marché de l’alimentaire avec un intérêt accentué pour la production de celle-ci. Dans un tel contexte, il est urgent de s’interroger sur la résistance de l’agriculture familiale dans ce monde globalisé où la réduction des coûts des facteurs et les économies d’’echelle sont la règle pour survivre. Beaucoup d’analystes prédisent la fin de l’agriculture familiale et son incapacité à résister dans un tel monde. La conférence contribue à donner des orientations sur les options possibles offertes à l’agriculture tout en s’adaptant pour continuer à jouer son rôle. OBJECTIF GENERAL L’objectif général de cette conférence est de contribuer à promouvoir une agriculture résiliente en Afrique de l’Ouest pour nourrir les populations, dans le cadre de la réalisation des objectifs de la PAU et de l’ECOWAP, ceci à travers des politiques et programmes assurant véritablement le renforcement et le développement des exploitations familiales Objectifs spécifiques Formuler à l’intention des décideurs politiques des propositions visant à relever les défis des exploitations familiales liés au foncier, au financement de l’agriculture familiale, au changement climatique, à la transformation et au stockage des denrées alimentaires, le marché régional et international ; Identifier des approches et mécanismes permettant une meilleure prise en charge des préoccupations des femmes et des jeunes dans les politiques et programmes de développement agricole; Echanger sur les innovations des exploitations familiales et des organisations paysannes apportant des solutions concrètes aux questions liées au développement des chaînes de valeur et au financement de l’agriculture ; Créer une alliance pour accompagner l’agenda de modernisation de l’AF
  • 8. STRATEGIE ET ORGANISATION DE LA CONFERENCE Une conférence inscrite dans une vision stratégique L’attachement au dialogue politique est une tradition du ROPPA qui, depuis sa création en a développé une expertise. Depuis 2012, le ROPPA a développé un cadre de dialogue multi acteurs thématique pour servir de cadre de référence à son plaidoyer mais aussi mobiliser un ensemble d’acteurs autour d’un sujet important pour la région en vue de mieux comprendre les positions des uns et des autres et développer ensemble une alliance pour adresser les défis de la région. Ainsi, en 2012 le ROPPA a développé un cadre permanent de dialogue politique avec une conférence internationale sur le changement climatique à Niamey (sous la présidence du premier ministre du Niger) et une conférence sur les dix ans de Maputo à Monrovia (sous la présidence du vice président du Libéria). Dans le cadre de l’AIAF, Le dialogue politique régional aura lieu à Bamako en septembre 2014 sous la présidence des hautes autorités du Mali. La conférence de Bamako, aboutissement d’un processus Dans le cadre de la préparation, le ROPPA a initié plusieurs rencontres et événements visant à accorder une visibilité à l’organisation de la conférence de Bamako sur l’AIAF. Il y’a eu : Une première rencontre avec le président de la Commission de la CEDEAO qui a assuré le ROPPA du soutien de la CEDEAO dans l’organisation de l’AIAF. En marge de la réunion interministérielle de la CEDEAO, une seconde audience a été accordée à la mission du ROPPA par le Président de la Commission de la CEDEAO qui a indiqué l’intérêt de la Commission à prendre part à la conférence régionale multi- acteurs prévue par le ROPPA en septembre 2014 à Bamako au Mali pour célébrer l’AIAF. Une note de position en faveur du plaidoyer pour faire de l’année 2014, année internationale de l’agriculture familiale, une année de reconnaissance de la contribution de la paysannerie africaine et une année de rénovation des politiques agricoles et de coopération internationale a été élaborée et distribuée aux Gouvernements des pays membres de la CEDEAO et de la France durant le sommet Afrique-France.
  • 9. Le lancement officiel de l’AIAF par le ROPPA a eu lieu à Ouagadougou avec la présence du Commissaire de l’UEMOA, de la CEDEAO, du CILSS, du représentant du ministre de l’agriculture et de la sécurité alimentaire du Burkina-Faso. Les autorités ont renouvelé leurs engagements à accompagner le ROPPA pour faire de cette reconnaissance de l’agriculture familiale, une réalité sur le terrain de la sécurité alimentaire et de la lutte contre la pauvreté. Les autorités ont encore réitéré leur soutien à l’organisation à l’événement de Bamako en septembre. A la suite du lancement officiel de l’AIAF par le ROPPA; un comité de pilotage composé des institutions sous-régionales, des réseaux d’éleveurs et d’agropasteurs, d’organisations régionales de la société civile et de représentations de la coopération multilatérale a été mis en place. Toujours dans le cadre de la préparation de la conférence de Bamako, le ROPPA a lancé une étude. Cette étude, en plus des expériences des plateformes nationales vise à documenter la contribution des exploitations familiales dans la souveraineté alimentaire, portant sur les progrès et défis des exploitations familiales Le ROPPA compte également valoriser les études réalisées dans le cadre de la préparation de la rencontre de Monrovia sur les engagements de Maputo et d’autres travaux réalisés par les plateformes nationales pour alimenter les débats et réflexions au cours de la conférence. Au plan régional, la stratégie consiste à établir des synergies avec l’action des réseaux d’organisations paysannes d’Afrique dans le cadre de la PAFO. Ainsi les 4 autres réseaux seront invités à Bamako pour partager les résultats de leurs actions et contribuer aux réflexions en Afrique de l’Ouest. La rencontre de Malawi sur l’AIAF dans le cadre de la PAFO sera également un espace pour valoriser les résultats des travaux et la déclaration des organisations paysannes d’Afrique de l’Ouest et pour faire le plaidoyer auprès des institutions africaines compétentes (UA, NEPAD…). Organisation de la conférence En ce qui concerne le déroulement de la conférence, les travaux seront structurés ainsi : Panel 1 : Place, rôle et défis de l’agriculture familiale
  • 10. Il s’agira d’analyser la place de l’agriculture, dans l’emploi l’emploi, la fourniture de nourriture, l’équilibre social et économique au niveau mondiale avec un accent sur l’Afrique de l’Ouest. Ce panel fera appel aux Gouvernements, à la recherche, au FIDA, à la FAO, au CTA, AFDI, ILRI, via campesina, APESS, RBM, CEDEAO/UEMOA, INADES-Formation. A propos des défis, il s’agira d’analyser l’accaparement des terres, l’accès à l’eau, les changements climatiques, le financement, l’accès au marché régional, la chaine de valeur, Ce panel fera appel à la CEDEA0, à l’UEMOA, au LPI, au CORAF, CCAS, AGRA, CGIAR, USAID, SOS Faim, AAFEX, Bordless Alliance, RBM Panel 2 : Le déplacement de la frontière des potentiels : la contribution des femmes dans la performance des exploitations familiales Il s’agira d’analyser la meilleure stratégie pour mieux impliquer les femmes afin d’accroître la performance de l’agriculture familiale. Ce panel verra la participation d’ONU-Femmes, WILDAF, AFAO, présidente collège des femmes du ROPPA, la présidente des femmes APESS et de RBM. Panel 3 : L’avenir de l’agriculture familiale : proposition du collège régional des jeunes Il s’agira d’analyser les conditions pour maintenir les jeunes dans l’agriculture familiale en revisitant les perspectives pour les jeunes et la création des conditions pour leur inclusion dans les débats sur l’agriculture. Les panelistes suivants contribueront au débat : jeunes du ROPPA, FIDA, AFDI, BM, APESS, RBM, IPAR Panel 4 : Capitalisation sur les changements opérés par les OP Parler des changements dans le domaine du conseil agricole, du crédit, des chaînes de valeur, des success stories de l’agriculture familiale. Ce panel verra la participation d’ASPRODEB, AAFEX, AFRACA, CTA, ROPPA, APESS, RBM, Fondation de France/CFSI, AFDI Panel 5 : Bâtir la résilience condition pour nourrir l’Afrique de l’Ouest : création d’une Alliance pour un agenda de transformation de l’agriculture familiale Ce panel adresser les facteurs déterminants d’une agriculture résiliente avec la CEDEAO, UEMOA, Hub Rural, CILSS, CTA, APESS, RBM, FAO, FIDA, BM, Hub Rural, les partenaires techniques et financiers. Il s’agira de mettre en place une alliance pour le suivi d’agenda de transformation de l’agriculture familiale
  • 11. La journée du Mali Une demi-journée sera dédiée au Mali. Il s’agira de revisiter la politique agricole malienne et les défis avec la situation de conflit d’identifier les success stories et les secteurs d’intervention tout en mobilisant aussi bien la communauté nationale qu’internationale sur les priorités du pays. Cette journée est aussi une journée de solidarité et de contribution du ROPPA et des autres partenaires à la reconstruction post conflit du Mali. RESULTATS ATTENDUS - L’opinion publique est sensibilisée sur la place, le rôle et les défis de l’agriculture familiale; - Des success stories sont identifiées pour contribuer à nourrir l’Afrique de l’Ouest; - Les propositions pour des politiques agricoles et rurales plus inclusives ; - La création d’une alliance pour le suivi d’agenda de transformation de l’agriculture familiale. DATE ET LIEU La Conférence aura lieu du 09 au 11 septembre 2014 à Bamako et à Nyéléni au Mali.