L'Eveil économique de l'Indochine ["puis" (Eveil
économique de l'Indochine)] ; Bulletin
hebdomadaire
Source gallica.bnf.fr...
L'Eveil économique de l'Indochine ["puis" (Eveil économique de l'Indochine)] ; Bulletin hebdomadaire. 1915.
1/ Les contenu...
Sommaire
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Voyage de Henri Mouhot au Cambodge en 1859
(Suite voir n°* 329, 330, 332, 334,335)
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14 LEVEIL ECONOMIQUE
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Chose étrange, cependant, aucun de ces i
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L*EVÉÏL ÉCONOMIQUE 15
principal, nous considérions, sans nous las-
ser jamais ni de les voir ni d'en parler, ces
glorieux ...
16 L'EVEIL»-ECONOMIQUE
Buvez la BIÈRE HOMMEL
3- Fleuves
Amélioration de l'embouchure du Sénégal
parla canalisation de la b...
L'ÉVEIL ECONOMIQUE 17
CHEZ NOS CONFRÈRES
Pas de bâillon
La presse indigène n'aurait pins sa rai-
son d'être si elle devait...
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  1. 1. L'Eveil économique de l'Indochine ["puis" (Eveil économique de l'Indochine)] ; Bulletin hebdomadaire Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
  2. 2. L'Eveil économique de l'Indochine ["puis" (Eveil économique de l'Indochine)] ; Bulletin hebdomadaire. 1915. 1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour la plupart des reproductions numériques d'oeuvres tombées dans le domaine public provenant des collections de la BnF.Leur réutilisation s'inscrit dans le cadre de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 : *La réutilisation non commerciale de ces contenus est libre et gratuite dans le respect de la législation en vigueur et notamment du maintien de la mention de source. *La réutilisation commerciale de ces contenus est payante et fait l'objet d'une licence. Est entendue par réutilisation commerciale la revente de contenus sous forme de produits élaborés ou de fourniture de service. Cliquer ici pour accéder aux tarifs et à la licence 2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes publiques. 3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation particulier. Il s'agit : *des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés, sauf dans le cadre de la copie privée, sans l'autorisation préalable du titulaire des droits. *des reproductions de documents conservés dans les bibliothèques ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signalés par la mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèque municipale de ... (ou autre partenaire). L'utilisateur est invité à s'informer auprès de ces bibliothèques de leurs conditions de réutilisation. 4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du code de la propriété intellectuelle. 5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica sont régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans un autre pays, il appartient à chaque utilisateur de vérifier la conformité de son projet avec le droit de ce pays. 6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en matière de propriété intellectuelle. En cas de non respect de ces dispositions, il est notamment passible d'une amende prévue par la loi du 17 juillet 1978. 7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter reutilisation@bnf.fr.
  3. 3. Sommaire Nos stations d'altitude, le Tàmdao (suite). IL CUCUEBOUSSET Correspondance Chinois et Annamites (suite) Lt Colonel BQNJFACY Le contingentement des pousse-pousse . CATON Fiez-vous aux statistiques . . . . . J. Bosc Une utile campagne de presse .... H. C. Le train de nuit de Huô à Tourane . . . BARBISIER Nos plans de Dalat. ....... Monsieur le Gouverneur Général Merlin à Vinh-9ênthuy BARRISIER La mode Vovage de Henri Mouhot au Cambodge en 1859 (suite). . U.MOUHOT Chronique intercoloniale Chez nos confrères Informations diverses Nos stations d'altitude, le Tàmdao Nous avons dit qu'au premier coup d'oeil le village du Tàmdao avait un aspect coquet. Il est, en effet, déli- cieusement niché et réellement un cer- tain nombre de concessionnaires- de lots ont fait un effort, méritoire dans ce Tonkin à peu près sans architectes et où l'on ne sait pas construire,pour édi- fier des chalets et villas d'un aspect as- sez agréable. Malheureusement l'auto- mobile est venu tout gâter. Nous ne blâmons pas les gens qui possèdent une automobile. Ce sont gé- néralement des gensraisonnables.de bon goût, qui n'écrasent et n'éclaboussent ni physiquement ni moralement leurs con- citoyens moins fortunés, et qui mettent l'automobile à sa place : dans les dépen- dances. Mais ceux qui possèdent une au- tomobile sont très peu nombreux. La plus grande partie des gens qu'on voit en auto sont possédés par ce qu'ils ap- pellent « leur» automobile. Ce sorçt eux qui sont des accessoires et l'auto qui est « un peu là» Et bien entendu l'auto qui conduit ses esclaves au Tàmdao entend avoir une bonne place dans la maison et s'imposer à la vue du public. Et com- me elle a au plus haut point l'esprit par- venu et le bon goût d'un bougnat, vous voyez d'ici l'aspect de bon nombre de propriétés au Tamdap. Un garage laid, massif,au piemierplan avec, tout hum- blette, la caï-nhà du possédé — Aussi le village du Tàmdao, si gracieux au premier coup d'oeil, perd son charme dès qu'on arrête uu peu sa vue sur tel (Suite) ou tel coin. Cà pue le parvenuisme mi- teux. Il est inadmissible que l'on tolère plus longtemps que chaque propriété soit déshonorée par des dépendances style étable à porc, surtout quand c'est, comme dans le cas du garage, la dépen- dance qui tend à devenir le bâtiment principal. Puisque c'est l'auto qui est la patronne, au moins qu'on lui fasse une demeure aussi élégante que celle de son pipelet. D'autre part, on ne comprend pas que, sur des terrains donnés gracieusement par l'administration, les concessionnai- res soient laissés libres de construire des horreurs. Cette année un de nos concitoyens, assez riche pourtant, a construit en plein centre, entre deux jolies villas, un horribie garage pour son auto et pour lui-même une sorte de bicoque étriquée qui dépare tout ce coin de la station. On sait que lors du premier lotisse- ment la plus belle moitié du cirque fut réservée à l'administration. Très bien. A tout seigneur tout honneur. On y construisit trois fort belles maisons pour les amicales des T. P.,des douanes et des chats fourrés, un château à la Louise II de Bavière pour le Gouver- neur général et deux magnifiques vil- las pour le secrétaire général et le Haut Personnel du Gouvernement — avec garage aussi. Hélas ! pauvre budget ! Puis on s'aperçut que la moitié du cirque affectée à la roture n'était pas la plus mauvaise. Elle était moins re- cherchée par le brouillard que le quar- tier noble. Alors on fit tout simplement comme le lion en société avec la génis- se et la brebis. Les Hautes Administra- tions Khpmpétentes se mirent à acheter les plus belles villas du quartier rotu- rier en les payant au poids de l'or Bien mieux, une de ces administrations, celle qui devrait donner le bon exem- ple et pfôner au-dessus,des petits égoïs- mes humains avec la môme souriante crân.erie avec laquelle son chei aérq- plane par-cjessus les plaines et les mon- tagnes de l'Indochine,le Contrôle finan- cier, pour ne pas le nommer, ayant ac- quis pour un bon nombre de livres tournois une des plus belles villas.vou- lut y ajouter un garage. Elle s'adressa au grand architecte des bâtiments civils et le garage fut fait, beaucoup plus vite que s'il s'était agi d'une construction d'utilité publique. Lorsqu'il fut terminé on s'aperçut qu'il était inaccessible soit de la routç qui passe à dix mètres en contrebas., soit de celle qui passe à dix mitres en cpntre haut.Qu'à cela ne tien- ne 1La Haute Administration demanda tout sjrnptement qu'pnluifit un chemin en biais à travers le$ deux lots voisins. La combinaison était doublement avan- tageuse. Primo on avait un chemin, se- epndo. pn empêchait de sales roturiers de construire sur ces lots devenus trop petits. Seulement nos hauts fonction- naires avaient compté sans la vigilance
  4. 4. L'EVEIL ECONOMIQUE FUMEZ LE "GLOBE" dujardien de l'intérêt général dans cette bonne province de Viuh-Yên et un fer- me coup de bride rappela la cavale au devoir. « Ces deux lots seront laissés à ces pauvres roturiers ; nous, les no- bles,nous leur en avons déjà assez volé». Ce qu'il y a de lamentable c'est qu'en ce pays les roturiers ne se serrent pas les coudes. Ceux qui se sont assez en- richis pour pouvoir se faire tolérer dans la société des nobles font cause commune avec ceux-ci. L'un deux, qui s'est construit une magnifique villa, comprenait mal notre point de vue et trouvait tout naturel qu'une haute ad- ministration prit trois lots pour elle seule. 11 semblait déplorer que l'on rendît la propriété accessible aux bour- ses moyennes et eût fort bien compris que l'on réservât la station à une demi- douzaine de grands chefs el à autant de riches bourgeois. Çà c'est un point de vue et qui malheureusement tend à dominer an Tonkin. Nous voyons la même chose d'ailleurs à Dalat, où le projet Hébrard est très combattu par ceux qui voudraient allolir le site entre quelques douzaines de châtelains (ou des spéculateurs). M.Hébrard, que nous avons rencontré au Tàmdao et avec qui nous avons parcouru la station, nous a d'ailleurs exposé,lui, cet aristo- crate de l'art, les mêmes théories dé- mocratiques pour le développement futur du Tàmdao que pour Dalat. Il prévoyait pour une partie de la station qui lui était désignée comme offrant encore de l'espace, des chemins de 2m50 seulement, non accessibles aux autos, bordés de chalets modestes mais coquets, s'étageant sur la croupe la plus ensoleillée. 11 y a en effet encore beaucoup de place, plus qu'on ne s'imagine, au Tàm- dao. Seulement il serait criminel de bâtir sur quelques emplacements, très beaux, il est vrai, au point de vue de ceux qui les occuperaient, mais qu il conviendrait de réserver à 1extension du parc et à la protection des abords de 1 étang. Il est désirable que le parc soit con- sidérablement agrandi, pour fournir aux familles et aux enfants,loin du pas- sage des automobiles, de vastes lieux de promenades et terrains de jeu. La plupart des dames et des convalescents hésitent devant des excursions loin- taines et préfèrent les promenades plus courtes et moins éloignées. 11 est en- core temps d'aménager un parc très vaste allant de l'étang à la cascade et du parc actuel au chemin qui dessert l'amicale des T. P. Ce serait la plus belle attraction du Tàmdao. Mais hélas, pour le moment, pauvre parc ! La partie basse qui s'étendait de la Poste à la Cascade et qui était si ravissante avec son torrent sautant de bassin en bassin, ses ponts rustiques, ses sentiers fleuris, son kiosque au- dessus de la chute, a été complètement saccagé par les T. P. Inaccessible dé- sormais, ce n'est plus qu'un amas de pierres et terres éboulées, d'arbres renversés, avec des commencements de maçonnerie, des tranchées aban- donnéeset,les ruines d une construction qui coûta 8.000 p. et dont personne n'a jamais bien connu le but. Promenades.— Il y a deux ans enco- re la station du Tàmdao possédait tout un réseau de superbes sentiers d'un ensemble de près de vingt kilomètres offrant de magnifiques perspectives. Aujourd'hui quelle décadence ! L'é» goïsme des grands, la courtisanerie des larbins, l'indifférence à l'égard de l'in- térêt général et le j'm'enfoulisme des gens gavés ont fait leur oeuvre. Les abords du ruisseau au bas de la cascade, avec la Roche Percée et toute une succession de cascadelles,offraient, à peu de distance, de charmants buts d'excursion. Les cannibales des T. P. ont tout saccagé et, par un raifinement de sadisme, ils entretiennent en haut, pendant la saison, juste assez de coolies pour jeter de temps en temps des pierres dans le précipice et en empêcher l'accès Voilà pour le bas. Sur la côte, entre le col de Thaï- Nguyên, l'étang et le Gouvernement Général il y avait d'agréables sentiers sous bois. Seulement ces sentiers abou- tissaient derrière les chalets de leurs Excellences du Gouvernement général. Des sentiers le regard indiscret des promeneurs aurait pu plonger sur les dépendances et sur les greniers d'aris- tocratiques demeures. Le larbinisme veillait ; les deux sentiers furent dé- truits en cet endroit et ne furent pas continués ou dégagés par de nouveaux sentiers. Les princes étaient désormais bien chez' eux, la roture n'avait qu'à abandonner cette partie de la station. Le sentier qui mène au Pic Sud et qu'on n'a pas encore osé supprimer, a du moins été abandonné et la végéta- tion coupe maintenant si bien le coup d'oeil que cette promenade n'offre dé- sormais plus aucun intérêt. Puisqu'il y a au Tàmdao un garde principal des fo- rêts, ne pourrail-ou pas lui demander de faire dégager par son personnel, ou par quelques uns de ces messieurs de la prison, quelques points de vue ? Evi- demment nous ne proposerions jamais telle chose sans proposer aussi pour le titulaire de l'emploi une indemnité spé- ciale, ne fût ce que d'une quinzaine de
  5. 5. L'EVEIL ECONOMIQUE FUMEZ LE "GLOBE" piastres par mois pour s occuper de ce se sentier. On vient bien d'attribuer au — Garde principal du Tàmdao une indem- al nité de 15 p. par mois pour transmettre pi leur paiement aux gardiens du château p et voir un peu s'ils époussettent les meu- à blés de temps en temps. Toute peine ci mérite salaire et le sort des petits fonc- C tionnaires, astreints, comme dirait tel d inspecteur des Forêts, ancien combat- o tant, à vivre sous le climat malsain dii à Tàmdao et dans un dur exil, est assez t pitoyable par lui-même. d Nous croyons d'ailleurs que le gai de s forestier actuel n'en demanderait pas c tant et s'intéresserait bien volontiers à ! l'embellissement de la station s il rece- ( vait de ses chefs des instructions à ce I sujet. C'est un rude travailleur et nous avons pu au cours de nos promenades 1 nous rendre compte des résultats de ses ! efforts. Des semis de pins ont été faits, dont il était de bon ton de rire, dans certains groupes. En effet, pour le pro- meneur distrait rien n'apparaît. C'est qu'un pin ne pousse pas comme un ba- nanier et même notre épicéa du Jura, géant qui atteint 50 mètres de haut, est un bien chétif personnage à l'âge de six mois : cinq centimètres de haut et vous en pouvez prendre un cent dans une poignée. Sachant cela nous avons dé- tourné les herbes là où des piquets in- diquaient l'endroit du semis et presque partout nous avons trouvé plein de vi- gueur, se dressant de toute sa taille de cinq à dix centimètres, le petit pin qui, si Dieu lui prête vie, deviendra grand. Seulement il ne faudra pas le laisser étouffer par les herbes. Tourt cela ce n'est peut-être pas bien extraordinaire comme résultat, mais c'est très beau pour une administration qui, en ce mo- ment sur un plateau de la balance, a ru- dement de peine à faire contre poids aux critiques; aussi convient-il de féli- citer ceux qui peuvent montrer des ré- sultats, si modestes soient-ils. Si maintenant des promenades voi- sines nous passons aux promenades plus lointaines, la décadence du Tàm- dao est encore plus évidente. Un sentier magnifique avait été ébauché, faisant tout le tour du pic nord en partant du kiosque au-dessus de l'hôtel et aboutis- santau coldeThaïNguyên. Extrêmement pittoresque, passant près de sources en cascades, dans des bois à la végétation variée, longeant des précipices, domi- nant de profondes vallées, il offre des panoramas de toute beauté. Eh bien ! qu'ont fait les T. P. ? Ils se sont chargés de l'améliorer, ce sentier, bi — Us ont donc commencé par tout si abandonner; le sentier à la brousse,les ai ponceaux de bois à la pourriture et les pi petits mûrs provisoires de soutènement 1« à la dégringolade. Puis ils ont commen- cé le travail par un bout en fignolant, v Ce bout là est très bien. Puis après d deux kilomètres : » « Eh puis zut l g ont-ils dit, nous en avons assez » — d Alors on fit faire un magnifique écri- d teau : « Sentier inachevé — Passages é dangereux -— On ne s'y aventure qu'à £ ses risques et périls ». Et l'écriteau fut I confié pour être planté au bon endroit s à un caï. Arrivé au Col de Thaï-Nguyêu, t ce caï, en vrai caï T. P. se sentit fati- s gué. « Eh puis zut ! dit-il, j'en ai assez < — Plantez moi ce poteau ici ». Et voilà ] pourquoi les promeneurs timides ne < s'aventurent pas plus loin, pas même : sur les deux kilomètres de magnifique sentier bien dégagé, bien de niveau, soigneusement pavé, garni aux endroits pittoresques de bancs en ciment. Eh bien 1 nous connaissons deux hardis villégiateurs qui s y sont aven-' turés, sur ce sentier, malgré les écri- teaux, et non sans peine, il est vrai, sont allés jusqu'au bout : merveilleuse promenade de 8 km »Et ce qu'ils ont découvert c'est ceci : qu'avec un tout petit effort supplémentaire on aurait pu pousser le travail jusqu'au delà du pas- sage difficile et que ce travail n'eût pas demandé sensiblement plus de temps que la fabrication et la pose de l'écri- teau. Seulement voilà, personne ne commande au Tàmdao et bien qu'il y ait là haut le personnel d'une province, rien ne se fait, ou plutôt, comme nous venons de le voir, tout se défait. Nous avons déjà eu l'occasion de par- ler de quatre autorités concurrentes et ; généralement divergentes.au Tàmdao: la Résidence de la province, les T. P., la Garde-Indigène, l'administration des Forêts. Mais ce n'est pas tout : sans parler de l'Hôtel qui est une véritable s puissance, nous avons les Services Agri- i- coles qui eux aussi font ce qu'its veu- r lent et disposent pour leur pépinière et t leur vaste jardin potager d'un terrain u très étendu, puis il y a le Gouverneur i- général, et les grands feudataires, tous vt au dessus des lois et règlements. n Réellement le besoin se fait sentir n au Tàmdao d'une autorité, qui se fasse i* respecter, ce qui n'est certes pas aisé -s avec tant de privilèges aristocratiques à ménager, ce qui demande donc non se seulement une situation administrative bien nette et suffisamment étayée d'une situation matérielle imposante, mais aussi une culture générale et une com- pétence technique de nature à imposer le respect mêmeaux hauts personnages. Notre opinion personnelle est que, vu la situation géographique du Tàm- dao, la station, avec un territoire en- globant toute une partie de la montagne, devrait être sous la direction d'un gar- de général des Eaux et Forêts, ancien élève de l'Ecole des Eaux et Forêts de Nancy.Pas d'inspecteur sortant du rangl Il peut y en avoir par exception qui soient des gens cultivés, mais l'excep- tion n'est pas la règle et ouvre la route à ce qu'il faut éviter. Ce garde général dépendra, en tout ce qui ne concerne pas les questions forestières, du Rési- dent Supérieur et sera assimilé à un ré- sident. Nous voudrions voir là un technicien des Eaux et Forêts car l'existence mê- me de la station et son développement ultérieur dépendent étroitement de l'a- ménagement de la forêt et de la conser- vation des sources. L'aménagement de la forêt, de pâturages en certains' en- droits, peuvent même donner au Tàm- dao une importance économique. Et il faut absolument un homme de haute culture et d'éducatiou distinguée non seulement parce que c'est généralement une garantie de largeur de vues, de mé- thode et d'esprit de progrès,mais parce qu'il s'agit ici d'imposer une discipline et le respect de règlements à une clientèle qui a tendance à s'en croire dispensée, et d'exercer un tact absolu dans l'admi- nistration d'une agglomération de gens , à tendances déraisonnables. Nous ne sommes pas partisans d'y détacher un administrateur des Services t Civils, dont la compétence est fort né- cessaire ailleurs dans les fonctions spé- ciales en vue desquelles il a été formé, à moins d'y mettre un administrateur en fin de carrière ; mais alors faudra-t- a il qu'il ait autorité sur tous les services "_ s'exerçant au Tàmdao et qu'il soit sin^ gulièrement énergique. it H. CUCHEROUSSET
  6. 6. 4: LEVE1L ECOINOKigUK CORRESPONDANCE ^Résidence de Vinh-Yén Secrétariat Vinh-Yèn. le 13 Novembre 11)23 Monsieur le Directeur, Nous avons lu dans votre dernier numéro que certaines personnes nous imputaient, à il. Je Résident et à moi, la paternité do la mise en construction de la nouvelle rouie qui a com- plètement défiguré le parc du Tàmdao et les environs delà cascade.coûle très cher et sem- ble ne jamais devoir être achevée. M. le Rési- dent vous prie de noter que ce travail s'est fait entièrement à son insu. Quant à moi. Monsieur le Directeur, de tels travaux d'art ne sont pas de ma compétence et je suis suf- fisamment occupé par quelques travaux de terrassement à In résidence, à Yinli-Yèn. Recevez, Monsieur le Directeur, l'assurance de ma singulière estime. DOUDOU Compagnie Française des Chemins de fer de l'Indochine cl du Yunnan Hanoï, le 9 Novembre -1tl2:$ Monsieur le Hédaclcnr en Chef de l'Eveil Economique Hanoi Monsieur le Rédacteur en Chef, Dans lu numéro de VEveil Economique paru le 28 octobre dernier, nous lisons dans l'ar- ticle intitulé « Irai us accélérés el trains lram~ ways au Tonkiu > que la Compagnie du Yun- nan ne demanderait qu'à augmenter le nombre de ses trains et à en accélérer certains si le Gouvernement général ne faisait pas obstruc- tion administrative à tous ses projets d'amé- lioration. Nous ignorons qui a pu vous donner de tels renseignements, mais nous devons à la véri- té d»j dire qu'ils sont tout à fait erronés, ftous n'avons aucun exemple à citer, depuis le début de notre exploitation, de propositions faites par nous dans cet ordre d'idées et qui aient été repoussées par le Gouvernement gé- néral. Nous sommes convaincus qu'il en sera tou- jours de même toutes les fois que nous lui soumettrons des projets d'améliorations de nos services reconnues utiles par l'expérience et compatibles avec les possibilités de notre exploitation. Alin d'éviter toute équivoque, je vous se- rais très obligé de bien vouloir publier cette petite rectification et, avec nos remerciements anticipés, je vous prie d'agréer, Monsieur le Rédacteur en Chef, l'expression de mes senti- ments distingués. Le Directeur de l'Exploitation CHEMIN DUPOKTÈS N. D. L. . — Les renseignements en question ne nous ayant pas été don- nés par écrit et signés nous avons été imprudent d'en faire étal. Nous sommes heureux d'apprendre qu'en fait la Compagnie n'éprouve ni difficultés ni retards dans l'exécution de ses projets d'améliorations. C'est pour nous un soulagement de savoir qu aussitôt présentés aussitôt approuvés. Les lenteurs à amener des perfection- nements au service ne doivent donc pas être attribuées au contrôle de l'Etat,mais sans doute à ce que la compagnie étant dirigée de Paris est, en fait, une adminis- tration avec tous les défauts d'une ad- ministration d'Etat — Et ceci prouve qu'en somme la concession des chemins! de fer à des compagnies dirigées de France n'est pas encore la solution rê- vée . En tout cas voilà une cause entendue et le public saura désormais à quoi s'en tenir sur les raisons que certaines per- sonnes lui donnent verbalement pour expliquer le peu de progrès sur les chemins de fer du Yunnan. CHINOIS ET ANNAMITES (Suite) Donc les Annamites, séparés des Chi- nois, vécurent de leur vie propre, sous des souverains ; particuliers, mais ils conservèrent strictement la civilisation des Chinois; elle se cristallisa pour ain- si dire chez eux. La langue chinoise ne se modifia pas par l'usage journalier, car elle resta à l'état de langue savante, de langue écrite seulement, de cô-vûn (ancienne littérature), comme au Japon et en Corée. On en usa comme du la- tin en France avant François 1er : les annales, le folk lore» les actes civils et de commerce, les lettres privées même, sont en chinois, bien que les Annami- tes aient appris à noter les sons de leur langue avec des caractères, qu'on appela le les chu-nôm. Les souverains annamites, qui se pa- raient dans leur pays de titres pompeux, ne se croyaient jamais rois légitimes s'ils n'avaient reçu, de l'Empereur de Chine, une lettre et un mandat, appor- tés par un mandarin chinois. Ces pièces étaient remises au roi d'Anna m par ce fonctionnaire, et les prosternations nombreuses auxquelles était soumis le souverain vassal nous paraîtraient em- preintes d'une servilité infiniment plus grande que celle d'un serf du moyen âge envers son seigneur. De plus, le roi d'Annam envoyait à son suzerain, tous les deux ou trois ans selon l'époque, un tribut assez important. Par contre, les rois annamites ne voulurent jamais al- ler, en personne, visiter l'Empereur, ainsi que le faisaient les rois vassaux du nord. Il est curieux de constater qu'en dépit de ces marques de subordi- nation, les souverains annamites résis- tèrent victorieusement aux invasions armées des Chinois, portèrent même la guerre chez eux et surent toujours les empêcher de former un état dans, l'état, du moins jusqu'à la dynastie actuelle. En 1076, par exemple, les Annami- tes envahissent le bassin du Si-Kiang (Tây-Giang).L'empereur Chenn-TsouDg des Song les repousse et soumet le Tonkin ; d'après les Annamites, qui s'attribuent le beau rôle, les Chinois leur rendent, après l'envoi d'un tribu
  7. 7. i. 'EVEIL ECONOMIQUE de cinq éléphants, le pays de Bao-Lac. En 1258, première invasion des Mon- gols au Tonkin, le roi d'Annam s'enfuit, les envahisseurs neparaissent pas,d'ail- leurs, avoir séjourné longtemps dans le pays et les Annamites revendiquent la gloire de les en avoir chassés. En 1282, Rhoubilai voulant soumet- tre le Champa, demanda au roi d'An- nam de laisser-passer son armée, celui- ci refusa- Les Mongols et Chinois, com- mandés par Togan (Thoac-Hoang pour les Annamites), pénétrèrent de force. Les Annamites se laissèrent envahir, se réfugièrent dans le sud et s'allièrent aux Chams. Le climat éprouvait les Chi- nois, qui, harcelés par des guérillas, i voyaient leurs convois enlevés, leurs i trainards tués, etc, si bien qu'ils durent < rentrer en Chine après avoir perdu | beaucoup de monde. En 1287 nouvelle invasion, on diri- ] gea sur l'Annara les troupes préparées pour le Japon et une flotte se joignit à : l'armée de terre ; elle u'eut pas plus de succès. La tactique des Annamites, re- culer devant les masses, harceler les détachements isolés, réussit si bien, que Togan dut s'enfuir encore, après avoir vu la majeure partie de son armée détruite et ses meilleurs généraux tués. L'empereur, furieux de cet échec, ne voulut revoir son fils de sa vie. Il est à remarquer que des Chinois sujets fidèles des Song, que les Mongols ve- naient de renverser, s'étaient réfugiés en Annam et combattaient avec les An- namites contre leurs vainqueurs. A cette époque les Annamites étaient encore tatoués et peints, à moitié nus, portant le pagne, les cheveux courts. Ce n'est qu'en 1293 que le roi Tràn-anh- Tôug, ayant reculé devant la douleur que causait le tatouage, s'abstint de se faire tatouer, exemple qui fut suivi par le peuple. En 1410, les Chinois, profitant de l'é- tat d'affaiblissement où se trouvait l'An- nam par suite de l'usurpation des Hô et des attaques des Chams, s'emparè- rent du pays. Ils en furent chassés après 15-ans de lutte par Lê-Loi qui s'em- pressa de plaider, auprès de l'empe- reur de Chine, la cause des généraux qu'il avait battus, lui envoya de somp- tueux présents et demanda l'investiture qui lui fut accordée. Il est à remarquer que ce brillant vainqueur fit adopter par son peuple l'habitude de porter les cheveux longs selon la mode chinoise- En 1787, les Chinois aidés d'Anna- mites restes fidèles au roi légitime Lè- chiêu-Tông, rétablirent ce roi sur le trône, à Hanoï, mais huit jours après le Têt, ils furent complètement défaits par Nguyên-van-Huê, l'un des Tây-son, et obligés de se réfugier en Chine D'ail- leurs Nguyên-van-Huê demanda à son tour l'investiture quilui fut accordée de même qu'elle le fut ensuite à Gia-Long, vainqueur des Tây-Son. Le souverain chinois respectait toujours le fait ac- compli. L'autorité morale de la Chine était donc telle, sur les souverains annami- tes, que même lorsqu'ils étaient en lut- te avec les Chinois, ils recouraient à cette autorité pour légitimer leur prise de possession de la royauté. C'est que le souverain chinois était regardé com- me un pape, comme un calife, on res- pectait son autorité spirituelle, on n'hé- sitait pas à lui faire la guerre quand il s'agissait du temporel. Les souverains de la dynastie des Le, ou plutôt leurs maires de palais du Tonkin, les Trinh, employèrent divers moyens, d'abord pour différencier les Annamites des Chinois, ensuite pour empêcher ceux-ci de devenir trop puissants en Annam. Il fut sévèrement interdit aux Anna- mites de copier le costume chinois. L'habit des hommes comportait les manches étroites et le col serré, le pan- talon large, pour les femmes la jupe, l'habit toujours ouvert avec ceinture et le turban. Au 17e et au 18e siècles, les hommes portaient le pagne, rarement le pantalon. Lors de la prise de possession de la Chine par les Mandchoux, beaucoup de Chinois se réfugièrent au Tonkin et en Cochinchine. Au Tonkin, ils se fondi- rent rapidement dans la population, et voici pourquoi ; d'après les lois des Le, les fils de Chinois et de femmes indi- gènes étaient annamites et en portaient le costume. Les Chinois étaient placés sous l'autorité des ly-truong (maires), il leur était défendu de former des grou- pes de plus de 300. Le séjour à Hanoï leur était interdit, alors qu'il y avait dans cette ville une concession anglaise et une concession hollandaise, le petit groupe chinois était parqué à Gia-Làm, et il était expressément défendu à ses membres de demeurer à Hanoï pendant la nuit. Bien entendu, ils n'avaient pas de consul, et étaient justiciables des tri- bunaux annamites. Ils ne semblent pas qu'ils aient eu le droit de posséder, sauf des maisons, la constitution des villages ne le permettait guère, et ils payaient, en argent, un impôt beau- coup plus fort que les natifs. On ne trouve guère d'ouvrage par- lant de l'Annam sans le bien connaître, qui ne s'étonne de cette appellation de chu (oncle lrère cadet de père), donnée aux Chinois. On en conclut que les Annamites se considèrent comme leurs inférieurs. C'est une erreur, chu est le terme de politesse le plus bas qu'on puisse employer et, entr'eux, les An- namites se traitent de bac (oncle frè- re aine du père) qui est beaucoup plus poli. Un enfant dira bac xe à un coolie pousse-pousse, et se contentera de chu en parlant à un Chinois. Les seigneurs de Cochinchine, les
  8. 8. L'EVEIL ECONOMIQUE Nguyên, qui n'étant pas limitrophes de la Chine redoutaient moins les Chinois, leur permettaient de se grouper, de se perpétuer, c'est ainsi que se fonda chez eux la ville de Faifô, absolument chi- noise et qui n'avait pas d'équivalent au Tonkin, que l'ouest de la Cochinchine était sous l'administration de Chinois réfugiés. Lorsque les Nguyên devinrent maî- tres de tout l'Annam, Tonkin compris, non seulement ils ne conservèrent pas les règlements sévères de Le envers les Chinois, mais ils s'efforcèrent au contraire, d'atténuer les différences qui séparaient les deux peuples. Le code de Gia-Long est une copie servile du code chinois et, surtout au Tonkin, il n'a jamais élé suivi en matière civile. En 1829 Minh-Mang proscrivit le pagne et la jupe, il voulut faire coiffer les fem- mes à la chinoise, il n'y réussit que dans les environs de Huê et en Cochin- chine. Ces souverains permirent plusieurs fois aux Chinois d'empiéter sur les fron- tières du Tonkin et, aberration funeste, ils employèrent des réguliers chinois, et même les débris des bandes T'ai-ping pour soumettre la haute région, déso- lée par la révolte de Méo du Dông- Quang dite des Pavillons blancs. Ces débris des T'ai-ping, avec Luu-vinh- Pliuc, furent même la suprême sauve- garde de Tu-Duc contre les Français. Alors que les Trinh, puissamment aidés par les seigneurs héréditaires tày qui bordaient la frontière, résistaient victorieusement aux tentatives d'em- piétement des Chinois, même lorsqu'ils leur disputaient le canton de Tu-Long, les Nguyên s'en désintéressèrent. En 1835 après la révolte du grand feudatai- rede Bao-Lac,Nông-vau^Van, on divisa certains châu pour en former des huyên à la tête desquels on mit désfonctionna- resamovibles.il fut décidéde supprimer partout les seigneurs héréditaires, pour les remplacer par des Annamites. Mal- gré les réclamations des premiers, cer- tains points de la frontière furent aban- donnés aux Chinois, et après la rébel- lion de 62 (Pavillons blancs), IesCbinois furent les maîtres de la frontière, et tel- lement, qu'ils parvinrent à convainore les officiers français chargés de la déli- mitation que ces pays leur avaient tou- jours appartenus, si bien que la fron- tière actuelle a laissé les Chinois en possession de pays peuplés par des Tày et même, du côté de Môncay, par des Annamites. Sur la frontière du 3e ter- ritoire, par exemple, cinq communes sur six du canton de Tu-Long ont èt,é laissées aux Chinois, deux communes dû canton dePhuong-Dô sur trois, et ces communes renferment des mines de zinc, de plomb, de cuivre, d'argent, des découverts de charbon qu'on employait sur place au traitement des métaux, elles étaient considérés comme l'Eldorado du Tonkin. Sur un autre point de la frontière, le thon de Thien-Phong, sauf un mamelon sur lequel se trouve un poste (Chang-Poung), a également été abandonné à la Chine. Ce pays est un plateau, au nord du tropique, d'une al- titude moyenne de 17 à 18 cents mètres, où on voit des haies d'aubépine, dû lier- re, des noyers et autres arbres de Fran- ce et dont la température moyenne est celle de la Lorraine, sans extrêmes, car le thermomètre y descend rarement, par beau ciel découvert au-dessous de — 4. tandis qu'il ne s'élève presque ja- mais à -f- 25. Et il eu est ainsi sur toute la ligne frontière, nous avons été bernés parles Chinois et fort mal défendus par nos représentants à Pékin. Lieut. Golouel BONIPACÏ Le contingentement des pousse-pousse Nous avous mainte et mainte fois dénon- cé le mouopole des pousse-pousse. Eu fait ce u'est pas exactement un monopole, c'est son cousin yermaiu: le contiugeuiémeut. Le conliugeutemeut a donué lieu, eu lu- dochine, eu ce qui concerne l'exportation des riz, aux scandales que l'on sait. Même s'il u'y a pas de scandales dans l'attribution des coutiugeuls, que le contingentement est une chose scandaleuse en soi. C'est l'enri- chissement sans cause légitime de quelques favorisés, c'est l'houuète travail bafoué, c'est l'encouragement à la spéculation malsaiue. C est ce qui ne pouvait marquer de se produire à Hanoï. Ou nous rapporte qu'une société chinoise (bien euteudu) ayant obte- nu 350 permis de pousse-pousse choléra aurait, revendu sou fonds à une société anna- mite un prix tel que les permis semblent bien être évalués à près de 25.000 p. Voilà le résultat naturel, inévitable des contingentements : le tratic des permis. En ce qui concerne les pousse-pousse caoutchouc, pour favoriser les maisons qui ont les permis, ou a réduit le nombre de ces permis à moins du quart de ce qu'il faudrait. 11est temps que cesse ce scandale. Qu'on laisse la liberté entière. Aucun des arguments que Ton sert pour défendre ce contingentement absurde ne vaut rien. Celui que va sortir la police est celui-ci : s'il y a davantage de pousse-pousse il sera impossible d'assurer l'ordre dans la rue. Réponse: 0 ores et déjà vous êtes incapa- bles d'assurer un ordre quelconque dans la rue, incapables ou négligents. 11serait peut être temps de mettre bou ordre dans votre service. Si vous n'en êtes pas capables, cé- dez là place à d'autres. Une police bien organisée et bien faite doit 1 pouvoir assurer uu ordre parfait à Hanoi, même s'il y a quatre mille pousse-pousse. GAÎON
  9. 9. L'EVEIL ECONOMIQUE Fiez-vous aux statistiques Nous avons déjà fait quelques allusions à la manière déplorable dont les statistiques ont été faites eu ludochine jusqu'à ce jour. En fait, malgré l'apparence docte et le ton pontiliant des documents administratifs, les gens au courant savent que tout cela n'est qu'une vaste fumisterie et qu'en fait nous n'avons sur le pays, sa population, sou cheptel, ses ressources, ses voies navi- gables etc que des notious excessivement vagues. Or il semble que ce mépris de l'exactitude soit passé de mode. La direction des Ser- vices Economiques a lini par avoir honte et a recruté un spécialiste de la statistique pour mettre un peu d'ordre et de méthode dans U documentation et fixer des règles pour la recherche des renseignements. Quel- ques hauts fonctionnaires se sont à leur tour émus du rôle ridicule qu'ils jouaient en transmettant des statistiques absurdes ou invraisemblables; ctilscherchentà inculquer ^ leurs subordonnés les mômes sentiments. C'est ainsi que M. Bosc, résident supé- rieur du Laos, a récemment demandé à ses chefs de province de faire preuve d'intelli- gence et de bon sens dans l'établissement des statistiques. Voici la traduction en français de ce do- cument : « Messieurs. La plupart des renseigne- « meuts statistiques que vous me transmet- te tez sont invraisemblables. Veuillez désor- « mais user d'un peu de jngeotle en les re- « cueillant ». Ainsi eût écrit Colbert ou Vauban. Mais la langue claire, nette du XVlIme siè- cle u'est plus admise dans l'administration et, pour se conformer à la traditiou iudochi- noise, M.Bosc fit transcrire sa circulaire en langue solennelle. C'est un beau spécimen du charabia ad- ministratif moderne. Lisez plus tôt. Circulaire de M. le Résident Supérieur du Laos à MM. les Commissaires du Gouver- nement et Commandant du Be territoire mi- litaire. «Il m'a été donné de constater que la plu- part des renseignements statistiques qui sont adressés par les provinces à la Résidence Supérieure, notamment sur la population, les superficies cultivées, les récoltes etc, présentent trop souvent, dans leur totalisa- tion, un caractère d'invraisemblance quç leur enlève toute valeur documentaire. » «.leu'ignore pas, certes, les très grandes difficultés auxquelles vous vous heurtez dans la pratique pour recueillir et contrôler des évaluations que la multiplicité des races, l'incompréhension par certains groupes eth- niques du but poursuivi, et surtout les dis- tauces et la lenteur des communications, inhérentes au Laos, rendent des plus pro- blématiques. » « Toutefois j'attacherais du prix à ce que vous apportiez un soin tout particulier à redresser dans la mesure du possible par recoupements, comparaisons et déductions, les renseignements qui vous parviennent et qui vous paraîtront exagérés ou insuffisants. Il importe eu effet que les statistiques, to- talisées par mes soins,pour le Laos tout en- tier, permettent de se lormer sur le pays, sinon une opinion rigoureusement précise dans les détails, du moins une opiuiou d'en- semble conforme, dans ses grandes lignes, à la réalité et justifiant les possibilités éco- nomiques que laisse espérer la mise en va- leur progressive et rationnelle du pays.» ! ! ! J. Bosc UNE UTILE CAMPAGNE DE PRESSE Depuis quelque temps notre confrère Saïgonnais l'Opinion fait uue très bonne campague pour iutéresser les agriculteurs tant Annamites que Français de Cochinchi- ne à l'élevage non pas de l'aigrette ou du cheval de course, de Pautructie ou du zè- bre, mais tout simplement de ces deux sym- pathiques animaux du pays : le cochou et le poulet. Il y a longtemps qu'à YEceil nous avons dénoncé la tendance des Concours Agrico- les à douner toute leur attention au cheval, à n'accorder aux animaux d'une utilité plus immédiate, tels que le buffle, le cochon et le poulet, qu'une attention distraite et à gar- der vis-à-vis des fruits, légumes et laitages la plus parfaite indifférence. C'est grotesque au suprême degré et c'est pourquoi nous suggérons que des concours hippiques aient lieu pour les chevaux et que ceux-ci soient exclus desconcours agricoles. Nous estimons que l'importation d'un verrat de bonne race et son acclimatement a plus d'importance pour l'Indochine que l'arrivée par un paquebot de douze splen- dides étalons arabes. Des essais, quedis-je : des essais? des dé- monstrations ont été faites au Tonkin par M. Borel, colon à Sontây, telles qu'il a fallu 4oute l'indifférence de l'administration à l'é- gard du bien être du petit peuple, pour ne pas chercher à en faire profiter tout le pays. Avec les races améliorées on obtient avec la même dépense et dans un temps plus court des animaux beaucoup plus lourds et d'une viande de qualité supérieu- re. Or il n'y a pas besoin d'être un grand savant pour en déduire qu'en répandant ces races dans les villages et en encourageant les paysans à améliorer leur élevage on procu- re à une population sous alimentée une aug- mentation considérable de nourriture. Tandis qu'un étalon revenant à 50.000 fres permettra à quelques douzaines d'a- mateurs de gagner des prix aux courses et à quelques centaines de spectateurs de s'a- muser deux ou trois après midi par au à faire des paris, qui n'enrichissent en rien le pays, un verrat revenant à 4 ou 5.000 fres permettra à quelques ceulaiues de truies de donner quelques milliers de porcs qui, dans le même temps et avec la môme nourriture que leurs cousins de la branche maternelle, pèseront quarante kilos de plus ; mettons pour cinq ans d'activité du verrat dix mil- le fils, petits fils et arrières-petits fils soit 400.000 kilos de viande en plus, c'est-à- dire de quoi faire manger à dix mille An- namites plus de viande qu'aucun de leurs ancêtres n'en a jamais mangé. Dès lors si le Protectorat accorde 500 p. de primes aux chevaux à un coucours il devrait en accorder cinq mille aux porcs, et autant, d'ailleurs, aux poulets ; et les produits choisis des reproducteurs primés devraient être distribués aux huyeus pour y servir eux-mêmes de reproducteurs ("les ver- rats, pas les quau huyèu). 11devrait être passible en moias d'une douzaine d'années de transformer complè- tement de cette mauière les couditious d'existence de la population aunamile. Seulement nous ne savous que trop ce qu'où va nous répoudre : Da minimis non curât praetor. 11. C.
  10. 10. 8 U'B VKIL JCCt>J»4JM«$U£ Le train de nuit de Huê à Tourane . Grâce à.son énergie M. le Gouverneur Gé* lierai Baudoin avait réussi à jforcer la Diree* tion des chemins de fer à créer un train de nuit quotidien entre Hue et Tourane, train qui faisait gagner un jour aux voyageurs et surtout aux correspondances de Hanoï à Sai- gon. M. Baudoin n'eut pas plus tôt quitté l'In- dochine que ce train fut supprimé et rem- placé par uu traiu heddomadaire, sans at- tendre que la bonne saison et la foire de Hanoi lui aient permis de faire ses preuves. Evidemment pour ceux qui n'arriveut pas à voir plus loin que leur petite sphère d'ac- tion et dont l'esprit est absolument fermé à toute conception d'intérêt générai, il est na- vrant de voir ce train faire le voyage à peu près à vide avec un voyageur par-ci par-là et quelques sacs postaux. Ils tiennent si peu de place, ces sacs ! Us ne remuent guère et font peu de bruit ! aussi est-on facilement amené à les considérer comme inexistants. Nous avons confiance en M. le Gouver- neur Général Merlin pour empêcher que ne soit ainsi sabotée l'oeuvre commencée de l'amélioration générale des transports par la voie de terre de Saigon à Hanoï. Comment! le.Gouvernement Général lais- se la direction du Tourisme dépenser sur celle côte d'Annam 150.000 p. pour cons^ truire trois inutiles micropalaces dont l'ex- ploitation coûtera au moins 15.000 piastres par an au budget général soit,avec l'intérêt, du capital, l'entretien et l'amortissement 30.000 p. par an, et il laisse la direction des chemins de fer supprimer un train qui ne revient probablement pas à cette somme et fait gagner un jour entier sur le trajet ! C'est toujours Gribouille Roi. Que pour ce tombeau qu'est Huê et ce village qu'est Tourane ce train de nuit soit une dépense excessive, c'estévident ; mais il ne s'agit ni de Tourane ni de Huê mais du Tonkin et de la-Cochinchine et nu jour de gagué sur la correspondance qu'échangent ces deux pays a une répercussion sur le dé- veloppement économique de'l'Indochine! D'ailleurs ce train de nuit a un horaire qui nous paraît bien critiquable. 11arrive de Dônghà à 19 h.18 et ne re- part pour Tourane qu?à 91 h. Pourquoi 1 h. 42 d'arrêt à Une? Il nous semble que 12 mi- nutes suffiraient largement ce qui permet- trait d'arriver à Tourane non plus à l'heure barbare d'une heure du matin mais à 23h. 1/2, et même à 23heures car réellement qua- tre heures pour faire 105 km. c'est une de- mi heure de trop. Or pour lés voyageurs, arrivera onze heu- res du soir an lieu d'une hewe du matin çà change la question. On arrive à Phôlel avant que tout le monde ne soit couché, eu a tieux heures de sommeil de plus soit six heures au lieu de quatre, si l'on doit prendre l'au- tomobile le lendemain matin. Même obser- vation dans le sens inverse. Mais c'est surtout du courrier qu'il s'agit ; du courrier pour lequel nous réclamons oes automobiles spéciales ue transportant pas les voyageurs. Eh bien ! si l'on arrivait à Touraue à onze heures du soir, l'automobi- le postale portant le courrier direct pour- rait partir à minuit pour arriver à Quinhoue à midi et de Quinhoue à 13 heures pour ar- river dans la nuit à tvhatrang. Le courrier prendrait ainsi le train de jour pour Saigon et arriverait le dimanche à 6 h. au lieu du lundi matin — C'est ce qu'avait préconisé M. Lochard; seulement c'était le train de nuit du nord qu'il supprimait au lieu de celui du Sud. Nous croyons que l'idée est plus facile- ment réalisable comme nous la présentons. D'ailleurs le développement deDalat va bien- tôt rendre nécessaire le maintien d'uu train de nuit au moins hebdomadaire de Saigon à Tour Tjame, avec correspondance sur Nhatrang. BARBJSIER NOS PLANS DE DALAT Nous donnons aujourd'hui les deux der- niers cartoùs pris dans le plan de Dalat au 1 : 5 000. Le premier donne le quartier qui s'éteud entre la gare et le cercle sportif, Devant la gare, séparé de celle-ci par un jardin,est prévu un quartier à construire en boutiques; puis au centre du carton bue série de petits lots de façon à ce que soient plus près de la gare ceux qui n'ont pas leur automobile. Eu face de la gare se trouveront les deux hôtels prévus en plus du grand hôtel actuel. Ce sera surtout un hôtel du commerce, pour les voyageurs ne faisant qu'un court séjour. Derrière la gare un quartier est réservé aux industries: scieries, ateliers de constructions mécani- ques, ateliers d'entrepreneurs, ébénistes, magasins à matériaux de construction etc. Au delà, marqué par les lettres Q.I. le quar- tier indigène, qui figure dans le premier plan de notre dernier numéro. Séparés des lotissements par un vallon aménagé en bosquets sont les collèges; , collège de garçons et collège de jeunes filles, construits nou pas selon les vieux prin- cipes comme de sombres bagnes, mais sur le modèle des collèges de plein air installés en France à la suite de la campagne de M. Demolins par l'initiative privée :. bâti- , ments séparés et très aérés, n'écrasant par le paysage par leur masse, et entourés de; maisons de professeurs, éparpillées dans les jardius. Les collèges ont accès sur les ter- rains de sports où l'on trduve un amphi- théâtre utilisant une disposition naturelle du, terrain avec terrains de ballon, de courses, bassin de natation alimenté par le Camly, etde l'autre côté du vallon cours de tennis et landes à golf avec les constructions du cercle sportif. ' , Notre second Carton s'étend des hôpitaux et de la chute du Camly d'une part, à la villa du Gouverneur général d'autre part. .Celle-ci, occupe une : position dominante (à0 m..plus haut que le lac) et aura une vue ,par-dessus un vaste quartier d'habitations privées. ., , .-,.,•.. Si nous considérons ce plan nous voyons à quelle impasse nous acculaient des erre- ments que beaucoup, voudraient voir conti- nuer .Notre carton contient.en dehors des lots déjà concédés, euviron deux cents lots dont quelques-uns assez importants.nn plus graud nombre moins importants et une plus forte portion de dimensions plus modestes. Si l'on écoutait certaines personnes, au lieu de 200 lots disponibles ou n'en aurait pas eu quarante. Voyez la propriété Ribérolles, pat- exemple -s;elle équivaut à cinq lots du nou- veau projet. j. De si gros, lots ne seront adjugés désor- mais que contre l'engagement de construire -une villa de tout premier ordre. Ceux qui voudront un parc n'auront qu'à demander des concessions à quelques kilomètres du centre urbain. Il ne manque pas dans les envirofls de terrains pour un grand nombre -de beaux domaines. Mais il est inadmissible que les richards et les spéculateurs acca- parent en plein centre des terrains et com- promettent le développement harmonieux de la ville.
  11. 11. L EVEIL ECONOMIQUE !» Monsieurle GouverneurGénéralMerlin à Vinh-Bènlliuv Nous parlons souvent de Vinh-Bênthuy dans fEveil Economique ; nous en soulignons l'importance commercia- le, nous en prédisons le bel avenir économique, nous es- sayons desecouer la torpeur de nos chemins de fer et de leur arracher un service de nuit convenable, nous suggérons un service postal par autos et chemin de 1er un peu plus inten- se t>t plus perfectionné de Vinh a Nhatrang ; nous attirons l'attention s"r le débouché du Laos par ce port- Nous croyons que tout de même on commence à se rendu compte en haut lieu qu'il y a là une ville d'avenir, que Clé du Laos est destiné à devenir un port très important et un grand centre de commerce et d'industrie. En ce moment les études se pour- suivent en vue de l'amélioration et de l'aménagement du port ; il est ques- tion de couper un canal directement entre Bôhthuy et la mer pour éviter un détour par l'estuaire et la barre du fleuve; et ce canal serait à écluse pour permet- tre l'entrée et la sor- tie des navires en tout état de mer. En attendant un navire de 1.500 tonnes, d'une construc- tion spéciale pour ce genre de rivières, est venu récemment sans aucune difficulté à Bên- thuy et ce n'a pas été un petit événement. Dans un prochain numéro nous donnerons quelques dé- tails, avec des photographies, sur la puissante centrale élec- trique en voie d'achèvement à Bênthuy et qui déjà fournit aux deux villes une lumière é- clatante. Nos lecteursse feront une idée des espérances qu'on peut fonder sur Bênthuy quand nous leur dirons que cette centrale, plus puissante que celle de Hanoï, est la seconde en importance de toute l'Indochine. Aussi était-il naluiel que M. je Gouverneur Général Merlin, montant par voie de terre de Saigon à Hanoï, s'arrêlât un jour franc à Vinh. Une réception lui fut faite, organisée par Monsieur l'administrateur Saint Pou- lof, qui fut tout à l'ait remarqua- ble ; ville magnifiquement décorée et pavoisée, cérémonies et réjouis- sances indigènes extrêmement pitto- resques et d'un goût parfait. Le sympathique administrateur à l'imagination si féconde et aux dons d organisateur si remarquables s'était celle fois surpas- se. Longtemps on parlera à Vinh de ces l'êtes dont le souvenir perpétue- ra celui du passage de M. le Gouverneur Général Merlin. M. Saint Pou lof a, depuis, en inten- dant fidèle, remis les clefs de la mai- son au nouveau résident, M. Chatel, et c'est de nouveau dans un rôle plus effacé qu'il continue à bien servir les intérêts de- la province. Celle-ci a main- tenant en la personne de M. Chatel un chef énergi- que, aimable et sans repro- che, un vrai Bavard adminis- tratif, et nous sommes cer- tain que Vinh-Bênthuy, no- tre Clé du Laos, va prendre avec lui une nouvelle im- pulsion. H. C. Monsieur le Gouverneur Général Merlin à Vinh Vinh. Fèlesen l'honneur de M. le Gouverneur Général Merlin — Chanteuses annamites Vinh. Fêles en l'honneur de M. le Gouverneur Général Merlin Femmes des montagnes
  12. 12. lî L'EVEIL ECONOMIQUE La dernière, enfin, est en crêpe marocain uni et marocain brodé de lacet et se Doue gra- cieusement derrière. La première est en reps gris La seconde, en velours bleu, blouse Entièrement plissée, la troi- et le tablier de devant détaché ; à la taille dans une ceinture de peau sième est en crêpe Georgette. la ceinture, la corsage sont gar- blanche brodée de soie bleue. Le bas Une résille de perles forme nis d'une broderie rouge et de la jupe est garni d'applications de les manches courtes et la cein- noire. peau blanche. ture. Croquis des Modes de la Femme de France, 84t rue Lafayette. — PARIS.
  13. 13. L'EVfiiif'ÉCOftOMlbÛE Voyage de Henri Mouhot au Cambodge en 1859 (Suite voir n°* 329, 330, 332, 334,335) Battambaug est d'origine assez récente ; s il n'y a guère qu'un siècle qu'autour des rui- e nés deBassette se groupait encore une nom- breuse population cambodgienne qui a dis- c paru en entier à la suite des guerres réité- c rées que ce pays a eu à soutenir contre les s Siamois. c Les habitants de cette province furent em- menés captifs par les vainqueurs, qui peu- i plèreut de la sorte plusieurs parties désertes ] de leur pays. ! C'est ainsi que l'on voit à Siam et au Laos ; des provinces entières dont la plupart des i habitants sont d'origiue cambodgienne. j Dépeupler une province pour en peupler ] une autre est, à peu près, toute l'économie politique de l'Orient moderne.-Engourdi par la mollesse et la servitude, il dort insoucieux sur les ruines de l'Orient antique, ruiues qui n'out désormais d'éloquence et de leçons que pour les fils de l'Occident. En remontaut la rivière de Battambaug l'espace de douze à treize lieues, dans la di- rection du sud, on arrive à un des premiers monts détachés d'une des ramifications de la grande chaîne de Poursat. A ses pieds est une misérable pagode d'origine récente ; dans leseuvirons sont dispersésquelques hameaux, tandis que sur le sommet aplani du mont même se trouve le monument en ruines de Banone. Huit tours sont reliées par des ga- leries et communiquent de deux côtés, par un mur de terrassement, à une tour centrale qui a plus de huit mètres de diamètre et vingt d'élévation. L'édifice est de plain-pied, bâti en pierre de grès, et doit remonter à la même époque queBassette. Quoiqu'il n'y ait rien de par- ticulièrement remarquable, ce qui est resté debout dès tours et des galeries u'en indi- que pas moins un travail imposant, beau- coup de goût dans l'ensemble, d habileté dans la construction et d'art dans les dé- tails. Ce monument, de môme que tous ceux de la province d'Ongkor, contraste autant, parla nature de ses matériaux, avec les constructions de briques et de faïence de l'architecture siamoise, qu'avec les fragiles et puérils monuments de l'art chinois. Danone devait être un temple ; on voit encore dans la cour centrale, et aux deux petites tours opposées qui sont reliées par une galerie, uu grand nombre d'énormes idoles bouddhiques, probablement aussi an- ciennes que l'édifice lui-même, et entourées d'une infinité d'autres petites divinités qui paraissent dater de toutes les époques. Au pied du mont voisin se trouve une profonde caverne aux voûtes élevées, som- bres, et aux blocs calcaires desquelles pen- dent de belles stalactites. Ou n'y pénètre qu'en rampant l'espace de plusieurs mètres. Comme l'eau qui découle de ces stalactites est regardée comme sainte par les Cambod- giens, qui lui attribuent, entre autres vertus et propriétés, celle de posséder la connais- sance du passé, du. présent et de l'avenir, et d'en réfléchir les images comme une glace, les dévots s'y rendent encore de temps en temps en pèlerinage pour demander à ces eaux de leur rendre la santé ou de jeter des lumières sur leur sort ou celui du pays, et pour adresser quelques prières aux nom- breuses idoles que l'on trouve partout épar- ses dans les anfracluosités des rochers ou 1 entassées sur le sol. i Le temple de Wat-Ek se trouve dans la < direction opposée à celle de Banone, et à deux lieues de Battambang. C'est uu édifice assez bien conservé, probablement de l'âge du précédent. Après avoir visité les ruines dont nous venons de parler, le 20 janvier, au lever de l'aurore, M. Sylvestre et moi nous partîmes pour Ongkor, situé au nord-est du lac, et le 22 nous arrivâmes à l'embouchure d'un pe- tit cours d'eau que dans la saison des pluies nous aurions pu remonter presque jusqu'à la nouvelle ville. A deux milles au-dessus de son embou- chure, nous quittâmes notre bateau pour suivre pendant un peu plus d'une heure une ancienne chaussée encore praticable, et nous traversâmes une longue plaine aride, sans arbres, sablonneuse et couverte de hautes herbes. An sud, elle est bordée par la chaîne dés montagnes des Somrais, qui est une ramifi- cation de celle de Kôrat ; à l'ouest, par Je joli mont Chrône, dans le voisinage duquel on voit de loin une haute tour eu pierres qui est avec la chaussée le premier vestige que l'on trouve de l'ancienne civilisation, de ces lieux. Arrivés à Ongkor, nous fîmes halte dans un petit caravansérail à moitié détruit par les voyageurs de toute espèce, qui en ont arraché tout ce'qu'ils ont pu de bois pour faire cuire leur riz. Le Cambodgien n'est pas hospitalier et il n'admet que rarement un étranger dans son intérieur ; s'il le fait, ce n'est que pour un temps très limité, con- trairement aux usages des pays voisins. Nokhor ou Ongkor était la capitale de l'ancien royaume du Cambodge, ou. de Khmer, si fameux autrefois parmi les grands Etats de l'Indochine, que,la seule tradition encore vivante dans le pays rapporte qu'il comptait cent vingt trois tributaires, une armée de cinq millions de soldats, et que les bâtiments du trésor royal couvraient à eux seuls un espace de plusieurs lieues. Dans la province qui a conservé le mê- me nom et qui est située à ,l'est du grand lac Touli Sap., vers le quatorzième degré de latitude et le cent deuxième de longitude à l'orient de Paris, se trouvent des ruipes se imposantes, fruit d'un travail tellement pro- digieux, qu'à leur aspect on est saisi de la plus profonde admiration, et que l'on si demande ce qu'est devenu le peuple puis- sant, civilisé et éclairé, auquel ou pourrai attribuer ces oeuyres gigantesque?. Uu deces temples surtout, qui figurerait avec honneur à côté de nos plus belles basi- liques, et qui l'emporte pour le grandiose sur tout ce que l'art des Grecs ou des Ro- mains a jamais édifié, fait un coustraste étonnant et peu ble avec le triste état de barbarie dans lequel est plongé ce qui reste des descendants du grand peuple, auteur de ces constructions. Malheureusement le temps qui ne respec- te rien, les invasions de barbares venus de tous les points de l'horizon, et dernièrement les Siamois modernes, peut-être aus.-i les tremblements de terre, ont bouleversé la plus grande partie de ces somptueux mo- numents. L'oeuvre de destruction continue même pour ceux qui s'élèvent encore, im- posants et majestueux, à côlé d'amas de décombres et c'est eu vain que l'on cher- che d'autres souvenirs historiques de tous les rois qui ont dû se succéder sur le trône de l'auguste royfxujne Maha'Nokher- Kftmer, que celui d'un roi lépreux auquel quelques-uns attribuent la fondation du grand temple. Tout le reste est totalement oublié ; les quelques inscriptions qui cou- vrent certaines parois sont indéchiffrables pour les lettrés du pays, et lorsque l'on in- terroge les Indigènes sur .les fondateurs d'Ongkor-Wat, ils fout invariablement une deces quatre répopses :« C'est l'ouvrage du roi des anges, Pra-Euu, » ou bien •. « C'est l'oeuvre des géants,» ou encore : « on doit ces édifices au fameux roi lé- preux, » ou enfin : « ils se sont créés d'eux- mêmes. » Un travail de géants. L'expression cer- tainement ser.ait juste si on l'employait au figuré pour parler de ces travaux prodigieux dont la vue seule peut donner une juste idée, et dans lesquels la patience, la force et le génie de .l'homme semblent s'être sur- l passés, afin de confondre l'imagination et s laisser des preuves de leur puissance aux i .générations futures. fitivez la BIÈHE HOMMEL
  14. 14. 14 LEVEIL ECONOMIQUE FUMEZ LE "GLOBE" Chose étrange, cependant, aucun de ces i monuments ne semble avoir été créé en 1 vue de servir d'habitation ; tons semblent I porter le cachet des idées du bouddhisme. Dans le palais même, statues et bas-reliefs i ne représentent que des sujets exclusive- ment civils ou religieux ; c'est une suite de rois entourés de leurs femmes, la tête et I le corps chargés d'ornements, tels que bra- i celets et colliers, et vêtus d'uu étroit lan- gouti. Partout, d'ailleurs, on découvre des mon- ceaux de débris de porcelaiue et de poterie, beaucoup d'ornements, des instruments de fer, des lingots d'argent, pareils à ceux eu usage comme monuaie en Cochinchine et appelés naines, mais beaucoup plus gros. Les naines actuelles pèsent trois cent soixante-dix-huit grammes. Ce qui a pu faire choisir cette localité de préférence à d'autres peut-êlre plus avanta- geuses sous bien des rapports, c'est sans doute la position centrale qu'elle occupe ; car le ir.iuerai d'or dont nous avons recon- nu 1 existence dans une roche de quartz du voisinage ne doit entrer que pour peu dans ce choix, je le suppose du moius. Située à quinze milles du grand lac, dans une plaiue en grande partie sablonneuse et aride, sous tons les rapports en un mot, à moins que la nature du terrain n'ait changé, la métropole d'un grand empire aurait trou- vé sur les rives du grand fleuve un emplace- ment plus abondant en ressources, et offrant surtout des communications faciles. Quoique sans la moindre prétention en science architecturale, non plus qu'eu ar- chéologie, j'essayerai cependant de décrire ce que j'ai vu et senti à Ongkor, dans le seul espoir de contribuer, selon mes faibles capacités, à enrichir d'un nouveau champ le terrain de la science et d'attirer sur une scè- ne nouvelle l'attention des savants qui fout de l'Orient l'objet de leurs études spéciales. Nous commencerons notre étude par le temple d'Ongkor, qui est le plus beau et surtout le mieux conservé de tous ces mo- numents ; c'est-aussi le premier qui sourit au voyageur, lorsqu'il arrive d'Ongkor la neuve, lui fait oublier les fatigues du voya- ge, le transporte d'admiration et le remplit d'une joie bien plus vive encore que ne le ferait la rencontre de la plus riante oasis au milieu du désert. Subitement, et comme par enchantement, on se croit transporté de la barbarie à la civilisation, des profon- des ténèbres à la lumière. Avant d'aller plus loin, toutefois, nous sentons le besoin d'exprimer ici notre pro- fonde gratitude envers le digne missionnai- re deBattambang, M.l'abbé E.Sylvestre.qui, avec une complaisance sans borne et une ar- deur infatigable, a daigné nous accompagner depuis sa résidence nous guider partout au milieu des épaisses forêts qui couvrent une partie des ruines, et auquel nous devons d'avoir pu recueillir bon nombre de maté- riaux dans un espace de temps assez court. Lorsque de Battambang on se rend à Ong- kor, après avoir coupé le grand lac, de l'un à l'autre des cours d'eau qui traversent ces deux localités, on s'engage dans un ruisseau que l'on remonte l'espace de d'eux milles dans la saison sèche, puis ou arrive à un endroit où il s'élargit quelque peu et forme un petit bassin naturel qui lient lieu déport. De là une chaussée eu terre, assez élevée praticable encore et qui s'étend jusqu'à la' limite que les eaux atteignent à l'époque de l'inondation annuelle, c'est-à-dire sur un espace de trois milles, conduit à Ongkor la neuve, bourgade insignifiante, chef-lieu de i la province actuelle et située à quinze mil- i les au nord nord-ouest des bords du lac. Le vice-roi de la province de Battambaug i se trouvait à Ongkor au moment de notre visite : il venait de recevoir l'ordre du gou- vernement siamois d'enlever uu des plus per tits mais en même temps un des plus jolis monuments d'Ongkor et de le transporter à Bangkok. Nous trouvâmes dans la personne du gou- verneur d'Ongkor un homme beaucoup plus affable et beaucoup mieux élevé sous tous les rapports que celui de Battambang. Je lui offris pour tout présent un pain de savon, et M. Sylvestre deux feuilles lilhographiées représentant des militaires français, et nous fûmes aussitôt dans les bonnes grâces de Son Excellence. 11s'approcha de moi et passa sa main daus ma barbe avec une sorte d'admiration. « Que dois-je faire pour faire croître la mienne ainsi ? dit-il. Je désirerais eu avoir uue pareille. Ne conuaîtriez-vous pas un moyen pour la faire pousser ? > Eufiu il nous promit un chariot pour fai- re conduire nos bagagesà Ongkor-Wat, ain- si qu'une lettre pour nous recommander au chef du district et lui ordonner de nous ac- corder tout ce que nous lui demanderions. Le lendemain, nous nous mimes en route. Nous traver.-âmes d'abord le chef-lieu mo- derne qui ne compte pas beaucoup plus de mille habitants, tous cultivateurs, et à l'ex- trémité duquel se trouve un fort d'un mille carré ; cest une muraille crénelée, construi- te en beaux blocs de concrétions ferrngi» ueuses tirées des ruines. Eufiu, après trois heures de marche dans un sentier couvert d'un lit profond de poussière et de sable fiu qui traverse une forêt touffue, nous débou- châmes tout à coup sur une belle esplana- de pavée d'immenses pierres bien jointes les unes aux autres, bordée de beaux esca- liers qui en occupent toute la largeur et ayant à chacun de ses quatre angles deux lions sculptés dans le granit. Quatre larges escaliers dounent accès sur cette plate-forme. De l'escalier nord, qui fait face à l'entrée principale, on longe pour se rendre à cette dernière une chaussée longue de deux cent treute mètres, large de neuf, couverte ou pavée de larges pierres de grès et soutenue par des murailles excessivement épaisses. Cette chaussée traverse uu fossé d'une grande largeur qui entoure le bâtiment, et dont le revêtement, qui a trois mètres de hauteur sur un mètre d'épaisseur, est aussi formé de blocs de concrétions ferrugineu- ses, à l'exception du dernier rang, qui est en grès, et dont chaque pierre à l'épaisseur de la muraille. Epuisés par la chaleur et une marche pé- nible daus un sable mouvant, nous nous disposions à nous reposer à l'ombre des grands arbres qui ombragent l'esplanade, lorsque, jetant les yeux du côté de l'est, je restai frappé de surprise et d'admiration. Au-delà d'un large espace dégagé de tou- 1 te végétation forestière s'élève, s'étend une immense colonnade surmontée d'un faite 1 voûté et couronnée de cinq hautes tours. La plus grande surmonte l'entrée, les qua- tre autres les angles de l'édifice ; mais tou- > tes sont percées, à leur base, en manière , d'arcs triomphaux. Sur l'azur profond du 1 ciel, sur la verdure intense des forêts de ! l'arrière-plan de cette solitude, ces grandes 1 lignes d'une architecture à la fois élégante 1 et majestueuse me semblèrent, au premier abord, dessiner les contours gigantesques du tombeau de toute une race morte ! Les ruines de la province de Battambang, quoique splcndides, ne peuvent donner une idée de celles-ci, ni même laisser supposer rien qui en approche. En effet, peut-on s'imaginer tout ce que l'architectural a peut-être jamais édifié de plus beau, transporté dans la profondeur de ces forêts, dans un des pays les plus reculés du monde, sauvage, inconnu, désert, où les traces des animaux sauvages onteffacécelles de l'homme, où ne retentissent guère que le rugissement des tigres, le cri rauque des éléphauts et le brame des cerfs. Nous mîmes une journée entière à par- courir ces lieux, et nous marchions de merveille en merveille, dans uu état d'extase toujours croissant. Ah ! que n'ai-je été doué de la plume d'un Chateaubriand ou d'un Lamartime, ou du pinceau d'un Claude Lorrain, pour faire connaître aux amis des arts combien sont belles et grandioses ces ruines peut-être in- comparables, seuls vestiges d'un peuple qui n'est plus et dont le nom même, comme celui des grands hommes, artistes et souve- rains qui l'ont illustré, restera probable- ment toujours enfoui sous la poussière et les décombres. J'ai déjà dit qu'une chaussée traversant un large fossé revêtu d'un mur de soutène- ment très épais conduit à la colonnade, qui n'est qu'une entrée, mais entrée digne du grand temple. De près, la beauté, le fini et la grandeur des détails l'emportent de beau- coup encore sur l'effet gracieux du tableau vu de loin et sur celui de ses ligues impo- santes. Au lieu d'une déception, à mesure que l'on approche, on éprouve une admiration et un plaisir plus profonds. Ce sont tout d'abord de belles et hautes colonnes car- rées, tout d'une seule pièce ; des portiques, des chapiteaux, des toits arrondis en coupo- les ; le tout construit en gros blocs admira- blement polis, taillés et sculptés. A la vue de ce temple, l'esprit se sent écrasé, l'imagination surpassée ; on regarde, on admire, et, saisi de respect, on reste si- lencieux ; car où trouver des paroles pour louer une oeuvre architecturale qui u'a peut être pas, qui n'a peut-être jamais eu sou équivalent sur le globe. L'or, les couleurs ont presque totalement disparu de l'édifice, il est vrai ; il n'y reste que des pierres ; mais que ces pierres par- lent éloquemment ! Comme elles proclament haut le génie, la force et la patience, le ta« lent, la richesse et la puissance des « Kmer- dôm » ou Cambodgiens d'autrefois ! Qui nous dira le nom de ce Michel-Ange de l'Orient qui a conçu une pareille oeuvre, en a coordonné toutes les parties avec l'art le plus admirable, en a surveillé l'exécution de la base au faîte, harmonisant l'infini et la variété des détails avec la grandeur de l'ensemble et qui, non content encore, a semblé chercher partout des difficultés pour avoir la gloire de les surmonter et. de con- fondre l'entendement des générations à ve- nir ! Par quelle force mécanique a-t-il soulevé ce nombre prodigieux de blocs énormes jusqu'aux parties les plus élevées de l'édi- fice, après les avoir tirés de montagnes éloignées, les avoir polis et sculptés ? Lorsqu'au soleil couchant mon ami et moi nous parcourions lentement la superbe chaussée qui joint la colonnade au temple, ou qu'assis en face du superbe monument
  15. 15. L*EVÉÏL ÉCONOMIQUE 15 principal, nous considérions, sans nous las- ser jamais ni de les voir ni d'en parler, ces glorieux restes d'une civilisation qui n'est plus, nous éprouvions au plus haut degré cette sorte de vénération, de saint respect que l'on ressent auprès des hommes de grand génie ou en présence de leurs créa- tions. Mais en voyant, d'un côté, l'état de pro- fonde barbarie des Cambodgiens actuels, de l'autre, les preuves de la civilisation avan^ cée de leurs ancêtres, il m'était impossible de voir daus les premiers autre chose que les descendants de Vandales, dont la rage s'était exercée sur les oeuvres du peuple fondateur, et non la postérité de celui-ci. Que ti'aurais-je pas donné pour pouvoir évoquer alors une des ombres de ceux qui reposent sous celte terre, et écouter l'his- toire de leur longue ère de paix suivie sans doute de longs malheurs ! Que de choses n'eût-elle pas révélées qui resterout toujours ensevelies dans 1 oubli ! Ce monument, ainsi qu'on peut le voir par le plan général, qui éh dbtitièrà une idée plus claire que la description techdiqiiè la plus détaillée, se compose de deux carrés de galeries concentriques et traversées à angle droit par des avenues aboutissant à uu pavillou central, couronnement de l'édi- fice, saint des saints, pour lequel l'architecte religieux semble avoir réservé les détails les plus exquis de son ornemeutatiou. DaUs ce tabernacle, une statue de Bouddha, pré- sent du roi actuel de Siam, trône 'encore,, desservie par de pauvres talapoins dispersés dans la forêt voisine, et attire de loin eu loin à ses pieds quelques fidèles pèlerius. Mais que sont ces dévotions comparées aux solennités d'autrefois, alors que les princes et rois.de i'Extrême-Orient venaient en per- sonne rendre hommage à la divinité tuté- laire d'uu puissant empire ; que des mil- liers de prêtres couvraient de leurs probes, sious les gradins et les terrasses de Ce tem- ple iniméuse ; que du haut de ses vingt- quatre coupoles le son des cloches répoû- dait au carillon des iuuombràbles pagodes de la capitale voisine ; de cette Ongkor la Grande, dont l'enceinte de quarante kilo- mètres dé pourtour a pu, certes, couiéhir autant d'habitants que les plus peuplées métropoles de l'Occident ancien ou moder- ne ! (à suivre) CHRONIQUE INTERCOLONIALE La situation économique de l'Afrique Occidentale Française en 1922 Le mouvement général du commerce, pou** l'année 1922, s'est élevé en Afrique occi- dentale française à 662.862.130 francs, dont 351.508.480 f. à l'importation et 311.353.650 f. à l'exportation. La part de chaque colonie de la Fédération est la suivante : Importations Exportations francs francs Sénégal .... 233.7U3.5I5 192.950.148 Dahomey . . . 42 198.789 41.894.132 Gôte d'Ivoire . 37.749.898 48.530 '218 Guinée .... 30.666.485 21.253.562 Soudan.. . . . 15.076.675 2 098.307 Haute Voira. . 1.513:118 4 027.313 Totaux . . 351.508.480 311.353.650 La diminution de 45.000.000 francs sur l'année précédente n'est qu'apparente et pro- vient de la baissé des prix, les quantités enre- gistrées en 1922 à<l'importation comme à l'ex= portation étante au contraire, en augmentation sensible. Le Thiès-KaYes est complètement terminé La liaison du chemin de fer Thiès-Kayes est un fait accompli depuis le 5 septembre. Désormais Bamako est à 38 heures de Da- kar sans transbordement. Toutefois, par suite de crues annuelles de la Falémé, les remblais de la voie ferrée du Thiès-Kayes se sont affaissés en plusieurs ed- droitsetles communications interrompues sur un parcours de 26 km. Il faut croire qu'en vue dé la Visite ministérielle, les travaux de rem- blaiement, trop activement poussés l'ont été aux dépens de la solidité. La voie est paraît 41 en divers points sous deux mètres d eau. Et un ttoûVél appel au recrutement mossi a été fait. De cette fâçùû, le travail pourra être complètement terminé dans les délais impar- tis pour la visite de M. Albert Sarraut, fixée au 2S'octbbrè prochain. La crise économique de la Nouvelle-Calédonie diminue Pendant le premier trimestre 1923, les im- portations de provenance française ont été dfe 2.954.347 francs en augmentation de t.486.531 francs sur les arrivages de la période corres- pondante de l'année précédente. Par contre, les importations de provenance étrangère présente une différence en moins de 536.5M francs. Néanmoins, lécoitimercé général d'hnpor-- tation présente pour cétls première par-tie de l'année 1923 un excèdent d'uu million de d francs sur l'année 1922. ' En ce qui concerne les exportations sur la Métropole qui s'élèvent à 4.970.044 francs, il < y a également à signaler une augmentation de 1 632. '.64 francs sur les résultats de la période correspondante de 1922. Pour équilibrer le budget de la colonie, la Chambre de Commerce de Nouméa s'est mon- trée favorable à l'établissement d'une nouvelle taxe de 4 pour 100 sur tous les produits im- portés sauf la farine. Essor Colonial Le radium à Madagascar La région de la Soavinandriana parait riche en minerais radifères. On pense que les dé- pôts actuellement reconnus pourraient conte- nir 4 grammes de radium, c'est-à-dire la moi- tié de l'extraction mondiale à ce jour. Le cheptel de la Grande-Ile Le cheptel de Madagascar dépasse 7 millions de bovidés et alimente de nombreuses indus- tries, dérivées de l'élevage. Mais les frais de transport actuels les empêchent de lutter dans la Métropole contre la concurrence des vian- des étrangères. Essor Colonial La population de l'A. O. F, D'après un recensement récent, la Colonie de l'Afrique Equatoriale Française accuse un total de 2.850.683 habitants se répartissant comme suit : 2.84*,751 indigènes et 1932 blancs ou assimilés, parmi lesquels 193 étran- gers. d'Ivoire, de Bouaké vers la Comoé, 31 mil- lions 200 000 francs. Prolongement du chemin de fer du Dahomey, de Save, versDjougou, par Parakou. Construc- tion de la ligne de Grand-Popo à Locossa, avec raccordement de la ligne i.e lotonoù à Seg- boroue ^éludes) 570.000 frs. Construction du chemin de fer de Porlo-No- vo à Cotonou, 11 millions de francs. 2- Ports Amélioration du port dé Dakar, 40 millions dfi frs nes Amélioration du port de Conakry, 3 millions cip frsncs Port de la Côte-d'lvoir (études) 400.000 francs. Les grands travaux eh A. O. F. Une loi du 29 juillet modifie la répartition des crédits prévus pour les travaux publics dn l'A. 0. F. •i• Chemin de Jer Achèvenient du chemin de fer de Thiès à Kayes, et édification d'un hôtel, 77 millions de francs. Assainissement et assistance médicale indi- gène au Sénégal. Etudes et travaux complé- mentaires en vue de l'installation de centres d'assistance médicale de l'assainissement de la ligne de Thiès-Kayes et de l'aménagement de l'hôpital indigène de Dakar, 250.000 francs. Construction du chemin de fer de Bamako à Rougouni (étudîs;, 95.000 francs. Prolongement du chemin de fer de la Guinée de Kankan, vers Beyla (études) 360 milles francs. Prolongement du chemin de fer d« la Côte-
  16. 16. 16 L'EVEIL»-ECONOMIQUE Buvez la BIÈRE HOMMEL 3- Fleuves Amélioration de l'embouchure du Sénégal parla canalisation de la barre (éludes) lï5 mille francs. Essor Colonial Un pionnier hébridais Narcisse Mannequin,planteur à Jlélé,étail ve- nu, il y a quelques mois, demander au climat Neo-Calédonien de lui rendre les forces qu'un très long séjour aux Nouvelles-Hébrides lui avait fait perdre. Le destin en a décidé autrement, Narcisse Mannequin est décédé le 20 Août courant. J'ai connu Narcisse Mannequin en 1887, lors de ma première visite de l'archipel Hébridais, il était alors âgé de 15 ans et avait suivi aux Nouvelles-Hébrides ses père et mère, colous néo-iiébridais de la première heure. C'était à celle époque, un entant élevé à la rude école ou colon et qui promettait d'être,ce qu'il a été, sa vie durant, un bon et fidèle colon français. Désireux de pouvoir travailler pour lui-mê- me, il obtint le 1er Mai 1899 de l'Etat et de la Société Française des Nouvelles-Hébrides une concession gratuite à Mêle (Vaté). Modeste, dénué d'ambition, .Narcisse Man- nequin initions ses elforls à mettre en valeur de rendement le terrain qui lui fût concédé et ne cherchant pas la fortune se contenta, pour lui et les siens, de la modeste aisance. Très droit, très ferme en ses opinions, Nar- cisse damiequiu avait au coeur, comme tout bon Français Nèo-Hébndais, I espoir de voir un jour les Nouvelles-Hébrides à jamais fran- çaises. Narcisse Mannequin, comme tant d'autres disparus, n'aura pu voir la réalisation de ce rêve mais, j'aime à penser, et je crois ferme- ment que ses llls le verront et viendront lui dire, penchés sur sa tombe : a l'ère, le rêve est devenu une réalité, les Nouvelles-Hébrides sont françaises ». A. VIGOUREUX France Australe Impressions sur la Nouvelle- Calédonie Le Major Général Sir Charles Rosenthal,qui nous visitait le mois dernier, au moment de la tète nationale, publie dans le Daily Télé- graph de Sydney, ses impressions sur la Nou- velle-Calédonie" Nous nous faisons un plaisir d'en extraire quelques passages: En ma qualité d'architecte, dit Sir Charles Rosenthal, j'ai eu récemment l'occasion de vi- siter la iNouvelle-Calédonie, pour y étudier sur place l'édification d'un hôtel moderne des- tiné à recevoir les touristes. Les premiers aspects de la Nouvelle-Calédo- nie, vue du large, sont impressionnants. ..'île est protégée contre les grosses boules par une barrière de coraux, qui s'étend sans interrup- tion tout autour d'elle, en une ceinture inin- terrompue qui longe la côte à une dizaine de milles. L'intérieur de cette barrière protectrice na- turelle est parsemé d'îles innombrables, qui avec les montagnes abruptes de la grande ter- re, sont d'un elîel remarquable et constituent un tableau d'une réelle beauté. Les détails dans lesquels Sir Charles Rosen- thal rentre pour décrire Nouméa, ne présen- teraient rien de bien nouveau pour nos lec- teurs. Notons cependant l'étonnemenl de notre distingué visiteur de ne plus trouver dès le canon de 20 heures, qu'une ville déserte et en- dormie, où il est impossible de se procurer une auto" ou même un simple sapin. L'auteur décrit ensuite les fêtes du 14 juillet et la revue à laquelle il a assisté, placé à la droite du représentant de la France. Il note la belle allure des jeunes troupes et l'allant des tirailleurs indigènes. 11n'a garde d'oublier de conter à ses lec- teurs qu'à plusieurs reprises, la musique a joué le God save the liing à la suite de la Mar- seillaise, délicate et courtoise attention, dit-il, dont ses compagnons et lui-même, ont été très touchés. Parlant de la réception au Cercle militaire, à laquelle il fut convié et prit la parole, Sir Charles Rosenthal, rappelle les liens qui doi- vent à jamais unir la France à l'Australie. la suite de l'article a trait au tourisme et au projet d'édification d'un grand hôtel, pour- vu de tout le confort moderne. Dans le but de mettre ces projets sur pied, un Comité constitué par des personnalités lo- cales influentes a été constitué. Il comprend, le Gouverneur, le Président et les membres du Conseil Général, le Maire, le Directeur de la Banque,l'Agent des Messageries Maritimes, etc Le Conseil Municipal a consenti aux promo- teurs h location pour 99 ans, pour un prix nominal de un franc par an, d'un terrain d'une huitaine d'uectares couronnant une colline de 65 m d'altitude qui domine la ville et d'où le panorama s'étend sur les 360« de l'horizon. L'hôtel projeté sera abondamment pourvu d'eau, il aura des fosses sepliques, et sera éclairé à la lumière électrique. Le bâtiment principal sera complété par de nombreux pavillons particuliers et indépen- dants, constituant de petites résidences pour les familles qui voudront éviter la vie d'hôtel et la table d'nôte. Les jardins de l'hôtel seront particulièrement soignés et constitueront l'une des attractions de l'établissement. Au point de vue touristique, la Nouvelle- Calédonie offre de grands attraits aux visiteurs étrangers ; mais les hôtels actuels ne sont pas suffisants pour des touristes, habitués à plus de confort. Les paysages sont vraiment délicieux, le coloris de la végétation luxuriante est éclatant partout les palmes les plus variées et les co- cotiers abondent, ainsi que les manguiers, pommiers canelles, les orangers et les manda- riniers ; il y en a partout. Les eaux sont très poissonneuses, et la pê-= che agréable : et dans la brousse, les cerfs vi- vent en nombreux troupeaux. Les roules sont excellentes pour l'auto- mobile. La route principale de Nouméa à Bourail, qui a une longueur d'une centaine de milles, traverse de hautes montagnes; elle est bien construite; c'est au point de vue tech- nique une entreprise que l'on peut être fier de montrer. Les excursions en pélrolctle permettent d'atteindre aux endroits les plus inaccessibles et donnent toute opportunité d'admirer les b aulés d'un côté mirjlime très pittoresque. Le climat, est d'une douceur hivernale idéa- le et avec des facilités plus grandes au point de vue maritime et avec l'ouverture d'un hô- tel moderne, il doit attirer amplement les touristes Australiens et Néo-Zélandais. Par une coïncidence des plus heureuses, et grâce à la parfaite amabilité de M. Fay, chef de l'expédition cinématographique du « Nar- whal», qui a voulu laisser aux Calédoniens un souvenir durable de son passage parmi eux, un panorama cinématographique du cirque de Nouméa, vu des hauteurs du Mont Col'liu, a pu être réalisé hier. M. Montaigne, toujours à l'affût de l'actua- lité touristique, s'est rendu acquéreur de ce film, qui sera projeté sur l'écran à Sydney. Quelle plus belle réclame peut-on faire à no- tre pays, que de mettre sous leurs yeux nos payages si lumineux ? Le Syndicat d'initiative, ne pourrait-il s'ins- pirer de cet exemple et profiter de l'obligean- ce de M. Fay, pour obtenir la cession d'un certain nombre des films qui doivent être pris aux Loyalty et sur divers points de notre côte maritime. La propagande par le film et par la carte postale artistique ne peut que nous être très profitable, et nous ne retrouverons plus de longtemps l'occasion favorable que nous offre i actuellement l'expédition du * Narwhal ». M. Montaigne reparla Sydney une fois de , plus, non pas seulement pour ramener un cer- tain nombre de touristes, mais pour mettre au point, financièrement, ses projets de construc- tion d'hôtel moderne. La Municipalité de Nourr.éa a reçu les plans établis par l'architecte, Sir Charles Rosenthal; de l'avis unanime, ils sont fort bien compris et répondront aux exigences et aux besoins de confort des voyageurs les plus difficiles. A FRAYSSE France-Australe N. D. L. R- — Nous parlons beau- coup de la Nouvelle-Calédonie. C'est que celte colonie qu'on voudrait mettre sous une sorte de tutelle de l'Indochi- ne, donne un bel exemple d initiative. Nos compatriotes n'y attendent pas tout de l'administration; aussi, avec de très faibles moyens, réalisent-ils plus que nous ne réalisons,nous, en Cochin- chine par exemple. Ils ont nn syndicat d'initiative, n Nouméa, mais ils ont surtout des hom- mes d'initiative. A lui seul M Montai- gne a plus fait pour le tourisme en Nouvelle-Calédonie que notre impo- sante administration du tourisme avec son personnel, ses bureaux et ses mil- lions n'a su faire en Indochine. C'est que l'étatisme avec d'énormes moyens ne donne que de faibles ré- sultats. Comparez le spectacle grotesque de la Flotte Indochinoise avec l'activité que déploient et les résultats qu'obtiennent les armateurs de Nouvelle-Calédonie» Voilà par exemple le service Tonkin- Nouméa organisé de main de maître sans In moindre subvention avec un magnifique petit paquebot. Et voyez comment ces hommes d'ac- tion savent saisir l'occasion aux che- veux. Des touristes américains avec leur bateau le Narwhal (dont ils forment l'équipage, seul le capitaine, leur em- ployé, n'étant pas un touriste) prennent des films. Vite on traite avec eux pour en avoir et s'en faire une publicité en Australie. Comparez avec l'Etatisme. Une compagnie américaine de films passe au Siam, demande au Gouverne- ment Général d Indochine quelques fa- cilités pour faire dans notre colonie une tournée de prise de vues animées. On les envoie promener: <rNous avons notre propre administration cinéma- tographique, nous n'avons pas besoin de l'initiative privée : passez, passez votre chemin ». Ceci ce passait il y a quatre ans et nous fut raconté par M. l'agent général à Hongkong de la Cana- , diac Pacific Railway Cie. Eh bien elle a fait du propre, l'administration ciné- matographique! Voyez un peu son der- nier film sur l'arrivée du Gouverneur Général ! Ça vous rappelle un combat de nègres dans la nuit.
  17. 17. L'ÉVEIL ECONOMIQUE 17 CHEZ NOS CONFRÈRES Pas de bâillon La presse indigène n'aurait pins sa rai- son d'être si elle devait borner son effort à crier: vive la France, vive la Ilépulique, en acceptant les yeux fermés toutes les mesu- res eu Indochine, même celles qui vout à l'encoutre des intérêts du peuple annamite. H planeri.it alors sur ce pays un silence de mort, les Indigènes gardant par devers eux toutes les haines, toutes les rancoeurs et les Français poursuivant un règne de despotis- me inconscient. Est-ce cela qu'on désire dans un pays où les qualités françaises trou- veraient un terrain si éminement favorable à se faire valoir, où la nation éducatrice pourrait faire une oeuvre si généreuse et si digne d'un grand pays ? Le jour où la voix annamite cessera de se faire entendre en terre d'Annam, la mé- tropole française ne saurait se flatter d'avoir accompli en Extrème-Asie une oeuvre civili- satrice. La Tribune Indigène L'Indochine et Tahiti Eu ce qui coucerue l'envoi de main-d'oeu- vre, nous admettons assez volontiers, avec notre confrère parisien, que la prospérité du Tonkin ne sera pas compromise par l'envoi de deux mille ou deux mille cinq cents coo- lies, et que les journaux indigènes de Co- chinchine exagéraient quelque peu en par- lant de déportation d'Annamites. Mais il s'agit de savoir si c'est là un chif- fre global ou s'il doit s'augmenter par la suite. Or l'Indochine ne peut pas fournir de la main-d'oeuvre à profusion. Elle en a be- soin sur place Quaut à un emprunt à émettre en Indo- chine en faveur de Taïti, nous sommes obli- gé de coustater que l'idée n'est pas populaire Sans doute, six millions ne sont point une somme très considérable. Il s'agit à un taux avoisinant huit francs, de quelque 750.000 piastres On entend bien, au surplus, que si ce pro- jet prend corps, l'emprunt eu faveur de Taï- ti sera souscrit. H s'agit tout simplement de le vouloir et l'administration dispose de moyens tels que ses demandes seront toujours satisfaites tant qnVbe n'exagérera ras dé- raisonnablement ses exigences. Tout le monde sait comment les indigènes furent, au moins dans certaines provinces, «invités» à souscrire aux divers emprunts émis au cours de ces dernières années. Qu'il s'agisse d'un emprunt d'Océanie, d'un emprunt français, iudochinois ou de quelque oeuvre charitable, on obtiendra, si on Je veut, les mêmes résultats et nos pro- tégés verseront leurs piastres sans murmu- rer, y compris les... commissions et courta- ges qui, en semblable circonstance s'égarent toujours entre les mains de quelques inter- médiaires. Mais si les Annamites ne disent rien, ils n'en pensent pas moins lorsqu ils se voient, au bout d'un certain temps, rache- ter leurs titres le tiers ou le quart de ce qu'ils les ont payés. Et c'est très sagement qu'on a condamné en haut lieu les pratiques dont nous venons de donner un aperçu. Il y faudrait bien recourir, cependant, si l'on voulait, obtenir pour les Etablissements fran- çais d'Océanie une somme de six millions souscrite par les Iudochinois. L'envoi de travaiMeuis. si l'on s'en lient au chiffre indiqué par la Dépêche coloniale ne fera pas difficulté, à la seule condition que les premiers engagés, lorsqu'ils enver- ront des nouvelles au pays, se déclarent sa- tisfaits de leur sort et qu'on les voie revenir leur contrat terminé. Quant à l'emprunt, il sera certainement souscrit, si l'administration le veut ; mais on ne saurait vraiment recommander une opé- ration de ce genre. R. LE GAG Courrier d'Haïphong N.D.L.R.— Ces passages sont extraits !: d'un article de notre confrère de Le Gac, l commentant un article d'A. de Pouvour- . ville dans la Dépêche coloniale. ( Mais comme de Pouvourville s'est t inspiré de l'Eveil Economique dont il a I reproduit très fidèlement lesidées quant ' à l'emprunt, il est bon de se reporter à j YEoeil pour savoir de quel genre d'em- prunt de Pouvourville veutparler quand il parle d'un emprunt admissible. Aucun journal ne s'est prononcé aus- si promptement et énergiquement que l'Evtil Economique contre le prêt que M. Sarraut entendait faire faire à f Océanie par l'Indochine et qui consistait tout simplement à puiser d'office dans les caissesde l'Indochine pour remettre les deux sommes de 6 millions d'une part et de 14 millions d'autre part respecti- vement à MM. les Gouverneurs de Ta- hiti et de la Nouvelle-Calédonie. Nous avons été jusqu'à-qualifier cet acte éventuel d'abus de confiance. Nous étant préalablement renseigné à bonne source nous avons pu affirmer que par contre un emprunt de 6.000.000 par la Chambre de commerce de Tahiti garanti par la métropole, employé ex- clusivement, sous la surveillance de la banque, aux travaux du port et émis li- brement en Indochine, aurait les plus grandes chances d'être couvert. C'est à ce genre d'emprunt que de Pouvourville fait allusion et non a un nouvel emprunt forcé, dont le pays ne veut plus à aucun prix. Cet emprunt, dont l'administration indocbinoise de- vrait s'abstenir de s'occuper,serait émis par les Banques ne faisant appel qu'aux souscripteurs français. Or six millions représentant à peu près le montant mensuel des économies des fonction- naires, à peu près entièrement placées en bons du trésor et rentes sur l'Etat. 11s'agirait donc tout simplement de ca- naliser pendant quelques semaines vers Tahiti, l'exode des économies desFran- çais vers là métropole. Evidemment il serait à souhaiter que cet argent restât en Indochine que pour cela l'Indochine fût autorisée à émettre quelques emprunts en fres ; mais quitte à aller alimenter le tonneau des danaï- des métropolitain autant et peut-être 1 mieux vaut que cet argent serve à ou- tiller le port de Pâpeete; mais il ne faut pas qu'il serve à autre chose, surtout i pas à fortifier le césarismeaô'ministFa- tif. Nos stations d'altitude et balnéaires Nous avons dit dans des précédents arti- cles que nos compatriotes commençaient à apprécier les bienfaits des séjours au bord de la mer et que, chose particulièrement signi- ficative, nos coucitoyeunes n'étaient pas les dernières daus cette voie. Il faut donc s'at- teudre à voir dans un ou deux ans, les An- namites accourir vers nos plages, le Cap- Saint Jacques et Long-Hai, etc., si l'Admi- uistratiou veut bien considérer que ces nou- velles tendances sont à encourager dans l'intérêt collectif, la santé élant le premier des biens du peuple, le gouvernement se doit d'eu veiller à la bonne conservation. Il est bien de nous doter d'hôpitaux, d'am- bulances, de cliniques gratuites, bref de tout ce qui est susceptible sinon de guérir toutes nos maladies, du moins d'atténuer nos souf- frances ; mais il serait mieux encore de nous donner les moyens de conserver notre sauté. Il est avéré que, même pour les In- digènes, la chaleur humide du pays est dé- bilitante et que l'air sec et pur de la mer et des montagnes, dans la majeure des cas, est le plus précieux des médicaments pour les sujets faibles et anémiés. La Tribune Inaigène N.D.L.R. — Dans cet article L« Tri- bune suggère à l'administration de pen- ser moins exclusivement aux EuropéenB dans l'organisation des stations bal- néaires et d altitude. Ce fut toujours la théorie de l'Eveil Economique, qui n'a cessé de lutter, mê- me vis-à-vis d'un Gouverneur général qui lui était sympathique, contre la va- gue d'aristocratisme féroce des dernières années et contre cet égoïste <t Tout pour les grands, tout pour les riches y> qui semble être la devise de notre fa- meux Bureau officiel du Tourisme. En dehors de la question de princi- pes, car les fils spirituels de la Révolu- lion considèrent eux-mêmes ces prin- cipes comme des thèmes à discours, de vieilles balançoires ; en dehors de la question de sentiment, qui laisse bien indifférents ceux à qui l'on a ditî*il n'y a plus qu'un Dieu" le veau d'or», il y a la question utilitaire. C'est notre intérêt, si nous voulons des stations balnéaires, thermales et d'altitude confortables et variées, que les Annamites acquièrent sous ce rap- port les mêmes goûts que nous. Nous sommes trop peu nombreux, nous Européens, pour faire vivre ' et prospérer toutes les stations que nous rêvons de créer. Mais si nous les créons non pas pour nous seuls, 5 mais aussi pour les Indigènes, en cons-

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