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Crédits : Teddy SeguinMes débuts en archéologie                                                sur deux frégates corsaires...
Crédits : Catherine GrallR ien  ne me prédestinait à devenir cheffe    GEAB qui est un diplôme spécialisé dans lad’entrepr...
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Portraits de femmes

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Portraits réalisés dans le cadre de l'opération 100 femmes 100 métiers.
Florence Risueño Faure & Régis Delanoë : réalisation des portraits et interviews
Marie-Charlotte Hautbois & Alexandre Sicualt : graphisme et mise en page

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Portraits de femmes

  1. 1. Le vingtième siècle aura été celui des grandes concentrés pour les filles. C’est ainsi que 48  %conquêtes pour les femmes : droit de vote, droits des emplois des bretonnes sont concentrés surdans le couple et la famille, droit à la santé et 4 des 36 secteurs professionnels que compte laà la maîtrise de la fécondité, droit à l’éducation, nomenclature. Les femmes sont ainsi largementau travail, à la libre disposition des revenus… minoritaires voire absentes de 32 secteurs  !Les femmes représentent désormais près de la De cette forte concentration découle un chômagemoitié de la population active. Pour autant, les structurel supérieur à celui des hommes. Les femmesfemmes ont toujours travaillé et ont toujours été ne profitent pas de toutes les opportunités d’emploisnombreuses à le faire contrairement aux idées et de carrière et subissent une forte déqualificationreçues. Le travail des femmes n’est pas d’origine sur le marché du travail. Les femmes ne représententrécente mais son développement n’a pas été linéaire. que 30  % des cadres mais 75  % des employés.L’histoire du travail des femmes révèle en effet une Diversifier les choix professionnels des femmesalternance de périodes favorables durant lesquelles nécessite d’en finir avec un certain nombre deleurs droits progressent et de période de régression préjugés et de stéréotypes sur les métiers queoù le droit même à travailler est questionné. pourraient exercer ou non les femmes. DesDes lois ont proclamé l’égalité de rémunération actions volontaristes doivent être conduites pourentre les femmes et les hommes ainsi que informer, former, ouvrir le champ des possibles !l’égalité professionnelle entre les femmes et Bousculer nos préjugés, donner «  à penserles hommes mais force est de constater que l’impensable  », en proposant d’autres modèlesdes inégalités demeurent alors même que d’identifications pour les filles et les garçons,les femmes font preuve d’un investissement telle est l’ambition de ces portraits de femmeset d’une réussite scolaire remarquable. qui ouvrent des horizons nouveaux pour laCe paradoxe entre scolarité et insertion mixité des emplois, un enjeu pour plus d’égalitéprofessionnelle difficile que nous connaissons professionnelle entre les femmes et les hommes !avec plus d’acuité en Bretagne, région del’excellence scolaire, tient en partie aux typesd’orientation  : insuffisamment diversifiés, très Photographies, entretiens et graphisme réalisés par le collectif Pia Pia Pia.
  2. 2. © Florence Risueño FaureJ ’ai commencé ma carrière professionnelle maîtres d’œuvre et les entreprises. Je peuxen tant qu’assistante de direction, avec être amenée à travailler sur des projetsun BTS Assistante de gestion en PME et de travaux d’aménagement, de voirie, dePMI en poche. Après quelques années sur réseaux (eau, téléphone, etc.), paysagers,un poste d’assistante de dépollution oud’opérations, j’ai senti encore de construction.que j’en avais fait le Je passe la plupart detour et commençais à mon temps à l’extérieur,éprouver de l’ennui. Étant sur les chantiers, età l’époque embauchée auprès d’un chargé une autre part au bureau pour assurerd’opérations à Territoires et Développement, le traitement administratif des dossiers.où je travaille toujours, j’ai eu l’opportunité Ce que j’apprécie le plus dans mon travail ?de suivre un chantier. Cette expérience Être sur le terrain, voir l’avancement desa eu un effet de détonateur car j’ai tout travaux et les machines fonctionner. Side suite eu envie de continuer. J’ai alors j’avais été mieux informée sur les métierssuivi différentes formations en techniques techniques, je me serais orientée dès ledu bâtiment et en conduite de travaux Bac vers des études me permettant dedans le cadre de la formation continue. travailler dans le bâtiment et les travauxCela fait maintenant cinq ans que je suis publics. Et pour ceux, femmes et hommes,conductrice de travaux. Concrètement, qui sont en processus d’orientation, je leurje m’occupe du suivi des chantiers en conseille de ne pas hésiter à se lancer,coordonnant les relations entre les différents quelque soit le secteur qu’ils visent  !intervenants, à savoir les promoteurs, les
  3. 3. © Florence Risueño FaureM ême si j’ai toujours voulu travailler sur douce. J’ai ensuite passé le concours, enles navires, j’ai commencé ma carrière interne, d’inspectrice des affaires maritimesprofessionnelle dans un autre secteur. et suis venue travailler en bord de mer.Après avoir étudié en physique du froid Mon travail consistait alors à contrôler laet obtenu le Diplôme d’études supérieures sécurité à bord des navires français ettechniques, j’ai été embauchée en tant que étrangers à Dunkerque puis à Saint-Malo. J’aitechnico-commerciale chez un fabricant récemment évolué vers le poste de cheffeet distributeur de matériel frigorifique. Je du pôle plaisance, ENIM et gens de mer à lame suis rapprochée du secteur maritime délégation mer et littoral de Saint-Nazaire.quelques années plus tard en me mettant Je trouve que les filières pour lesquellesà mon compte dans la vente de bateaux j’ai opté restent méconnues des femmes.et de matériel de plongée. Après 7 ans Malheureusement, les métiers ont tendanced’exercice, je n’ai plus voulu dépendre à être « sexués » alors qu’il n’y a pasd’une activité extrêmement aléatoire en d’activités féminines ou masculines. Ettermes de rémunération. J’ai donc décidé les clichés ont la peau dure ! Une aide-de passer le concours de contrôleur des soignante est par exemple amenée à portertravaux publics de l’État option voies de plus lourdes charges qu’un maçon... Ilnavigables et ports maritimes. Même si s’agit, à mon sens, de faire connaître lesmon affectation a été au domaine fluvial, et métiers et filières sans distinction à toutenon pas maritime comme je le souhaitais, personne en processus d’orientation.j’ai apprécié cette expérience en eau
  4. 4. © Régis DelanoëE n tant que fille de skipper, j’ai certes été l’entreprise Mayday Boat que je dirige, etamenée à connaître tôt ce métier, mais j’ai l’écurie de course au large BG Race, de monsouhaité d’abord me consacrer aux études compagnon Louis Burton, en qualité de: un Bachelor d’école de commerce, passé coordinatrice. Nous préparons actuellementà La Rochelle et Plymouth en Angleterre. sa participation au prochain Vendée Globe.C’est en 2003 que j’ai effectué ma première Toutes ces activités sont majoritairementcourse en double, la Transat Jacques Vabre réalisées par des hommes. Je ne dirais pasavec mon père. Ce fut un déclic. Dans les cependant que c’est difficile en tant quemêmes années, en effectuant un stage femme de s’y faire une place. Il faut faired’études en Allemagne, j’ai compris que preuve de caractère, ne pas avoir peurje souhaitais me consacrer à la course en des tâches physiques, mais pour le reste…mer. Ce que j’ai fait à plein temps de mai C’est un milieu qui peut parfois être décrit2005 à janvier 2011, avec en point d’orgue comme austère et dur, je le qualifieraisla participation à la Route du Rhum 2010. plus volontiers de brut, constitué de gensDepuis, j’ai eu un enfant, ce qui a changé honnêtes, entiers et passionnés par ce qu’ilsla donne. J’ai mis ma carrière sportive font. C’est d’ailleurs une grande chanceentre parenthèses pour un temps, menant que j’ai de pouvoir faire de ma passionactuellement de front deux autres activités un métier. J’en ai pleinement conscience.: la restauration de bateaux en bois, via
  5. 5. © Régis DelanoëÀ mes débuts dans la vie active, officiellement la cheffe d’exploitation !jamais je n’aurais imaginé travailler dans Je ne regrette pas mon ancienne activitél’ostréiculture. J’évoluais alors dans le d’assistante commerciale dans l’immobilier.secteur de l’immobilier à Rennes, à un J’y prenais du plaisir, mais l’ostréiculture aposte administratif qui me convenait. J’ai ceci de passionnant que nous travaillons surrencontré mon mari Olivier, qui s’occupait du vivant. Nous gérons la partie production etavec son associé Stéphane d’une société l’aspect vente, tout en ayant en permanencede mareyage spécialisée dans la vente à l’esprit des règles d’hygiène et de sécuritéd’huitres en gros. En 2006, nous avons eu à respecter. Il m’arrive d’aller sur le terrainl’opportunité de racheter un magasin de lors des marées, même si ça reste encoredétail à Cancale, que nous développons majoritairement un travail effectué par desparallèlement à notre exploitation ostréicole hommes. Et pour cause : manipuler lesde Saint-Méloir-des-Ondes, « La Fine de pieds dans l’eau 200 à 300 poches d’huitresCancale », dotée d’un parc ostréicole de pouvant peser jusqu’à 18 kilos chacune,10 hectares. Pendant un an, entre 2008 et c’est très dur physiquement. Alors il faut2009, j’ai suivi une formation de 1 200 heures savoir se rendre indispensable ailleurs.sanctionnée par le Brevet professionnel Heureusement que le travail au bureaude responsable d’exploitation aquacole s’avère tout aussi important dans ce métier !maritime. De fait, je suis donc devenue
  6. 6. © Régis DelanoëC ’est par pur hasard que je suis devenue mes collègues conducteurs d’autocar seconductrice d’autocar. À la base, j’ai une montraient plutôt protecteurs vis-à-vis deformation de dessinatrice en bâtiment, moi, une des seules femmes de l’entreprise.métier que j’ai exercé avant d’élever mes Ce métier m’a aussi beaucoup fait voyagerenfants. Un jour, l’autocariste en charge pour accompagner des groupes de touristes.du ramassage scolaire, apprenant que je J’aime leur montrer des lieux remarquables.cherchais à me reconvertir me fait une Les relations humaines sont essentiellesoffre. Trois jours plus tard, je prenais mes dans ce métier où on est en contactpremiers cours à l’auto-école et un jour permanent avec les clients. Conductriceaprès l’obtention d’autocar, ce n’estde mon permis D, pas seulementj’étais au travail, tenir un volant,sous la neige  ! c’est transmettre unC’était pendant savoir et véhiculer sil’hiver 1982. En 30 ans, j’ai attrapé le possible des valeurs de respect et de civisme.virus du transport routier, un métier Si la profession reste encore masculine etparfait pour moi qui avais toujours rêvé âgée (48,5 ans en moyenne), j’essaie ded’être mécanicienne étant plus jeune. À faire évoluer les mentalités et les conditionsl’époque, pour une fille, c’était impossible. de travail, au travers de responsabilitésHeureusement, les mentalités ont un peu syndicales. Chaque avancée sociale estévolué. Travailler dans un environnement une petite victoire apportée à l’ensemblemajoritairement masculin ne m’a jamais d’une profession en mouvement.contrariée, au contraire. À mes débuts,
  7. 7. © Florence Risueño FaureM on métier consiste à relation avec la mer. C’estcultiver des algues que ce que j’ai toujours voulu.je vends ensuite en gros Après le Bac, j’ai étudié aupour la transformation puis Conservatoire national desle commerce de détail. arts et métiers pour obtenirEnviron 90 % de la production est destinée le diplôme de technicienne supérieur de laau marché alimentaire et le reste à celui des mer (DTSM) puis celui d’études supérieurescosmétiques. Cela fait douze ans que je en techniques aquacoles (DESTA). Cetravaille à mon compte dans l’algoculture. bagage me permet non seulement de menerC’est un travail très prenant car il faut se mes tâches à bien, mais aussi d’apporterrendre chaque jour sur les concessions des compétences spécifiques dans led’algues situées à une cinquante mètres domaine de l’aquaculture. Et grâce à ce profilde la côte quelques soient les conditions scientifique, je pense avoir toute ma placeclimatiques. Je n’ai pour ainsi dire jamais dans un environnement majoritairementde vacances et je suis au travail aussi bien masculin. C’est d’autant plus vrai que je faispendant la semaine que le week-end. Dans partie du Comité départemental des pêches.un tel contexte, il est très difficile de trouver Même s’il faut parfois que je hausse le tonun équilibre entre vies professionnelle pour me faire entendre, j’ai l’impressionet personnelle. Mais c’est un choix que de faire évoluer les mentalités en étantje ne regrette pas puisque mon activité tout simplement moi-même et en montrantreprésente un véritable espace de liberté : qu’hommes et femmes ont tous leur place.être mon propre chef et pouvoir travailler en
  8. 8. Crédits : Teddy SeguinMes débuts en archéologie sur deux frégates corsairesremontent à l’enfance  j’avais : du 18e siècle. Puis j’ai8 ans quand j’ai participé à mené une formidablemon premier chantier terrestre ! Chantier que aventure avec l’exposition itinérante «  Laj’ai poursuivi les dix années suivantes quand je Mer pour mémoire », entre 2005 et 2008. Cepouvais y consacrer du temps. Parallèlement, n’est qu’après qu’on m’ait proposé le projetje me suis passionnée pour la plongée et de valorisation du patrimoine à portée dule monde maritime. Lors de mes études grand public : l’Atlas archéologique des bienssupérieures, je me suis orientée vers l’histoire culturels maritimes de l’Arc atlantique, portéde l’art et l’archéologie. C’est une grande par l’association pour le développementchance que d’avoir pu combiner mes passions de la recherche archéologique maritimeen un seul métier  : l’archéologie maritime. (ADRAMAR) que j’ai dirigé durant trois ans.Un autre défi a été d’intégrer le service référent Les priorités du DRASSM sont le recensement,en la matière : le DRASSM (Département des l’étude, la protection et la valorisation durecherches archéologiques subaquatiques et patrimoine immergé ainsi que la diffusion desous-marines), où jusqu’en 2002 il n’y avait la recherche scientifique. Pour espérer percerpas eu de création de poste d’archéologue dans ce métier où les places sont chères, lamaritime depuis 10 ans ! Il a d’abord fallu que passion est un moteur essentiel. La plongéej’acquière de l’expérience sur une trentaine archéologique peut parfois s’avérer physiquede chantiers, en France comme à l’étranger. mais elle convient parfaitement et sans aucunJ’ai notamment fouillé au large de Saint-Malo problème aux femmes autant qu’aux hommes.
  9. 9. Crédits : Catherine GrallR ien ne me prédestinait à devenir cheffe GEAB qui est un diplôme spécialisé dans lad’entreprise dans le secteur du bâtiment. gestion de l’entreprise artisanale du bâtiment.Informaticienne de métier, j’ai décidé Mon objectif était alors de maîtriser ausside donner un tournant à ma carrière bien le terrain que le domaine de la gestionprofessionnelle lorsque mon père, qui était pour ensuite pouvoir reprendre les rênes.artisan, a amorcé son départ en retraite. Même si mon activité est passionnante,Je ne voulais pas j’ai parfois rencontréque son affaire cesse des difficultés à faired’exister après avoir reconnaître mesfourni autant d’efforts compétences auprèset passé autant des hommes. Cela s’estd’années à la tête de finalement présentéson entreprise de carrelage et de peinture. comme un défi qui m’a permis d’identifierJe lui ai donc proposé de la reprendre et de m’entourer de partenaires fiables etet l’aventure a débuté il y a quatre ans, fidèles en qui j’ai pleinement confiance.en 2008. J’ai tout d’abord passé un CAP Grâce à eux, je parviens à avancer à la têtepeinture puis un CAP plâtrier plaquiste en de mon entreprise. Ainsi, la complémentaritéalternance dans l’équipe de mon père en et la solidarité sont les moteurs d’un travailtant qu’ouvrière. J’ai ensuite décroché un coopératif qui permettent de s’épanouir.

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