Les projets professionnels communs a propos du gcs de perpignan.

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Dans notre dernier sondage, vous étiez une large majorité (plus de 30 %) à vouloir exercer dans le futur une activité mixte à la fois libérale et hospitalière. De nouvelles alternatives existent, et des montages comme le GCS permettent d’effacer les limites entre privé et public, voire même d’essayer de combiner le meilleur des deux mondes…
Nous vous présentons une expérience originale menée au Centre Hospitaliser de Perpignan, qui a poussé la coopération privé-public à son paroxysme. Intrigués, nous avons décidés d’en savoir plus, et nous vous livrons les réponses du chef de service de la structure, le Dr Philippe Smadja. Peut-être que ce nouveau type de pratique sera amené à se développer ? En technique comme en juridique, la Radiologie est en progrès perpétuel, alors restez connectés !

Radioactif (RA) :

Dr Smadja, vous avez constitué en 2009 avec la direction du Centre Hospitalier de Perpignan un GCS de moyens. Qu’est-ce qu’un GCS ?

Dr Philippe Smadja (PS) :

C’est l’acronyme de Groupement de Coopération Sanitaire. C’est avec le GIE (groupement d’intérêt économique) la structure organique privilégiée pour les coopérations médicales. Le GCS nous semble plus abouti dans cette démarcheet permet une intégration optimale des praticiens libéraux au sein d’un service hospitalier. Il est utilisé afin de réaliser ou gérer des équipements d’intérêt commun. Contrairement au GIE, il est soumis aux autorités administratives (validation nécessaire par l’ARS). Il est obligatoirement de droit public s’il est conclu entre des médecins libéraux, y compris en structure et un établissement de santé public. Dans notre cas, c’est notre structure d’exercice libéral (SEL) qui est membre du GCS.

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Les projets professionnels communs a propos du gcs de perpignan.

  1. 1. N° 14 26 Juillet 2013 Les projets professionnels communs : aproposduGCSdePerpignan Dans notre dernier sondage, vous étiez une large majorité (plus de 30 %) à vouloir exercer dans le futur une activité mixte à la fois libérale et hospitalière. De nouvelles alternatives existent, et des montages comme le GCS permettent d’effacer les limites entre privé et public, voire même d’essayer de combiner le meilleur des deux mondes… Nous vous présentons une expérience originale menée au Centre Hospitaliser de Perpignan, qui a poussé la coopération privé-public à son paroxysme. Intrigués, nous avons décidés d’en savoir plus, et nous vous livrons les réponses du chef de service de la structure, le Dr Philippe Smadja. Peut-être que ce nouveau type de pratique sera amené à se développer ? En technique comme en juridique, la Radiologie est en progrès perpétuel, alors restez connectés ! Radioactif (RA) : Dr Smadja, vous avez constitué en 2009 avec la direction du Centre Hospitalier de Perpignan un GCS de moyens. Qu’est-ce qu’un GCS ? Dr Philippe Smadja (PS) : C’est l’acronyme de Groupement de Coopération Sanitaire. C’est avec le GIE (groupement d’intérêt économique) la structure organique privilégiée pour les coopérations médicales. Le GCS nous semble plus abouti dans cette dé- marche et permet une intégration optimale des praticiens libéraux au sein d’un service hospitalier. Il est utilisé afin de réaliser ou gérer des équipements d’intérêt commun. Contrairement au GIE, il est soumis aux autorités adminis- tratives (validation nécessaire par l’ARS). Il est obligatoirement de droit public s’il est conclu entre des médecins libéraux, y compris en structure et un établis- sement de santé public. Dans notre cas, c’est notre structure d’exercice libéral (SEL) qui est membre du GCS. ......................... Mickaël Ohana CCA, Strasbourg Président UNIR 2012/2013 DossierActu: Lesprojetsprofessionnels Dr Philippe Smadja smadja-philippe@wanadoo.fr
  2. 2. 27 RA : Pouvez-vous nous faire part de votre motivation de l’époque ? PS : Le projet s’est concrétisé en février 2009 après quatre années de travail préalable. Mon associé et moi-même étions désireux de créer du lien avec le centre hospitalier afin d’impulser une coopération public-privé. Pour nous, il s’agissait de renforcer notre accès à un plateau technique complet et en particulier à l’imagerie en coupes et de soutenir l’activité du CH alors en difficulté suite à des départs de praticiens. Nous avons eu assez vite la conviction que le projet était porteur pour l’avenir de la discipline. RA : La radiologie, notamment libérale, traverse-t-elle une crise ou est-elle au contraire en pleine croissance ? PS : Les deux éléments sont vrais d’après moi. Certes, il y a des contraintes en particulier organisationnelles à travers les SROS et les autorisations d’équipements dits « lourds ». Les freins divers et variés qui sont parfois, il faut bien le dire, les préjugés des médecins eux-mêmes. Mais aussi la lourdeur des accréditations et le contexte de pénurie médicale. Le contexte économique est également morose, la médecine n’échappe pas aux dommages dus à la crise. Il reste encore à évoquer le mode de rémunération des praticiens du public différent de celui du privé. Néanmoins, notre discipline est en plein essor. Elle est, du moins en théorie, reconnue depuis la fin des années 60 comme science clinique et non plus comme simple prestation de service. Le temps est venu de rendre complémentaires les deux modes d’exercice public et privé dans un schéma « gagnant-gagnant » où les patients seront au cœur de nos préoccupations et trouveront une réponse adaptée à leurs besoins.
  3. 3. N° 14 28 Juillet 2013 RA : En quoi un GCS vous semble-t-il à même d’apporter des réponses pertinentes à cette problématique ? PS : En fait la structure juridique est fondamentale mais ce qui compte surtout c’est le projet médical. La structure est un outil qui n’a de sens que s’il est adapté aux objectifs poursuivis. Si on recherche une collaboration légère, une convention ou un GIE semblent suffisants. Si on souhaite une intégration plus évoluée permettant une participation active à la vie du service, une structure type GCS me semble préférable. Mes associés et moi avons un statut de praticien attaché. Ce statut est en outre protecteur notamment en matière de responsabilité civile professionnelle. Pour ma part, je suis également en responsabilité du service. Nous gérons au quotidien, avec l’appui de notre chef de pôle et du personnel d’encadrement, les petits et gros soucis du service. Au travers de différentes réunions et commissions nous élaborons, en accord avec notre direction et les différentes instances décisionnaires, les grands axes pour le futur. RA : Vous parlez de schéma « gagnant-gagnant », pouvez-vous préciser ? PS : Les deux parties et bien entendu, les hommes et les femmes qui les composent, doivent y trouver leur compte en gardant à l’esprit que la finalité est le service rendu au patient. Du point de vue des praticiens le système permet d’avoir accès à un plateau technique performant au sein d’un hôpital neuf où toutes les disciplines sont représentées. Nous pouvons avoir une activité variée qui couvre l’ensemble des spécialités, notamment la radiologie interventionnelle, ce qui est très valorisant. Les praticiens libéraux sont rémunérés à l’acte ce qui rend le système plus attractif par rapport au statut de praticien hospitalier. Nous sommes, je crois, dans la bonne moyenne en termes de revenus, par rapport aux structures strictement libérales. Nous recevons en direct tous les patients et remettons le plus souvent le compte rendu à la fin de la consultation grâce à la dictée numérique vocale. Le GCS est transparent pour le patient du fait du statut public (pas d’avance de frais ni de dépassement d’honoraires).
  4. 4. 29 Ces points sont fondamentaux et augmentent l’attractivité du centre hospitalier en termes de recrutement de praticiens (l’entrée dans le GCS via une association dans la SEL est simplifiée car nous avons fait le choix de limiter l’investissement des nouveaux entrants à l’achat de parts sociales). Nous sommes 8 associés aujourd’hui alors que nous étions 2 il y a 3 ans... L’Hôpital devient également plus attractif pour les médecins correspondants et leurs patients qui se plaignaient souvent d’une prise en charge assez anonyme et en tout cas moins personnalisée que dans le secteur privé avec notamment des délais de remise des résultats souvent jugés insatisfaisants. L’activité est donc en notable progression et la tendance est toujours à la hausse pour cette nouvelle année. Nous assurons aussi la permanence des soins, qui est indispensable au bon fonctionnement de l’Hôpital. RA : Quelles sont vos perspectives ? PS : Pérenniser l’existant bien sûr mais préparer l’avenir surtout. Nous sommes en recherche de nouveaux associés, de préférence ACCA, PH ou Assistants (service validant pour le secteur II). Sur les 8 associés actuels, 4 sont ACCA, 5 pratiquent la radiologie interventionnelle et la moyenne d’âge est de 40 ans. Nous travaillons en bonne complémentarité avec 6 collègues hospita- liers. Nous voulons nous inscrire dans la durée, renforcer notre participation aux différentes activités du service et du centre hospitalier en général. Nous sommes présents dans les RCP et différents Staffs et nous nous positionnons sur les activités nouvelles, nous tendons vers un fonctionnement par sur- spécialité. Ces activités nouvelles concernent le centre hospitalier mais aussi rayonnent au-delà avec notamment l’implication dans le projet de Télé-radio- logie Régional en Languedoc-Roussillon, l’hôpital européen trans-frontalier franco-espagnol, la formation des internes du CHU, le rapprochement avec la faculté de médecine de Gérone en Espagne, la poursuite du partenariat avec le centre hospitalier de Narbonne, la mise en place d’une unité de neuroradio- logie interventionnelle sous le contrôle du Pr Bonafé du CHU de Montpellier, sans oublier bien sûr notre activité de ville qu’il faudra sans doute développer dans une logique de maillage territorial. Comme vous le voyez, nous sommes confiants en l’avenir et animés d’un fort désir de développement professionnel au service de nos patients !

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