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N32

  1. 1. Au pénitencier national, toutes les conditions sont réunies pour réduire un citoyen coupable d’un forfait à sa plus simple expression. Outre la liberté dont il est privé, il perd aussi le droit de rester un « être humain ». Il est brutalisé, violé, agressé et humilié à longueur de journée. S’il se blesse ou tombe malade, il ne peut espérer recevoir de soin. « La réalité n’est pas différente dans les autres centres d’incarcération du pays », raconte un ancien détenu qui, aujourd’hui, est coordonnateur général de l’organisation « kore prizonye neglije yo » KPNY. » P. 21 » P. 17 »   P. 6 SPORT CULTURE » lire page 4 » suite page 14 Le championnat national d'athlétisme Sylvio Cator dans l'impasse ! par Kenson Désir En route vers la réforme de l'administration pénitentiaire Par Evens RÉGIS J'ai à cœur ma planète par Elisée Décembre Entre complicité, promiscuité et deshumanisationPar Joe Antoine Jn-Baptiste HAÏTI / BUDGET LUNDI 6 JUILLET 2015 NUMÉRO 32 WWW.LENATIONAL.HT QUOTIDIEN • 25 gourdesRÉPUBLIQUE D’HAITI ACTUALITÉ 2015-2016 : un pari sur l'agriculture Le ministre de l’Économie et des Finances, Wilson Laleau. / Photo : J.J. Augustin HAÏTI SOCIÉTÉ / DROITS HUMAINS / PÉNITENCIER NATIONAL « Il y a beaucoup plus d’innocents incarcérés que de coupables réels à la prison civile de Port- au-Prince. Il est beaucoup plus facile pour un détenu de devenir un criminel notoire et sans scrupule après avoir fait la prison. Aucune correction possible ne peut être envisagée dans les centres d’incarcération du pays », a fait savoir Valcin Rodelin Jr. CC’est ce qu’a fait savoir cet ancien détenu au cours d’une interview accordée à Le National. Son séjour de six mois et trois jours lui a effec- tivement prouvé que, dans les cen- tres d’incarcération du pays, les prisonniers ne jouissent d’aucun droit. Même pas celui de manger. Dans des cellules de quatre mètres carrés sont enfermés 80 à 90 pris- onniers. C’est dans leur carré qu’ils dorment, mangent, se baignent, étendent leur lingerie, font leurs besoins, tout. Ils y vivent dans des conditions les plus inimag- inables où complicité, promiscuité et deshumanisation ponctuent à chaque seconde leur quotidien.
  2. 2. 2 | N0 32 LUNDI 6 JUILLET 2015 TRIBUNE C e samedi quatrième jour du mois de juillet devait être pour moi un jour faste. Leo Messi allait enfin remporter son premier trophée majeur avec l’Albiceleste et mon frère Claude Delatour devait convoler en justes noces. Il est minuit passé, les enfants sont couchés, mon épouse fait sem- blant de dormir pour édulcorer mon chagrin. Elle sait que je vais passer une nuit blanche. Le Chili a remporté sa Copa America. Mon frère Claude a été sauvagement abattu de plus- ieurs balles en plein cœur de Pétion- Ville par des hommes-Karanklous. Chaque fois que je ferme les yeux, je revois Claude heureux comme un enfant recevant un merveil- leux présent de son père, venir nous inviter, Berto et moi, à son mariage. Il avait l’air léger. Il était resplendissant comme s’il savait qu’il ne tarderait pas à entrer dans la lumière. Mais comment diable pouvait-il savoir que son épouse, sa fille, sa mère, son père et tous ses amis seraient réunis chez lui en ce samedi pour se remémorer sa vie, ses gestes ? Comment en est-on arrivé là ? Comment est-ce que les Haïtiens peuvent-ils con- tinuer à vivre dans de telles condi- tions ? Je me demande combien de Claude nous devons mettre en terre avant que la colère, l’indignation nous envahissent et nous contraignent à nous mobiliser contre ces bandits qui ne se cachent plus pour accomplir leur basse besogne ? Car, pour tous ceux qui l’ont connu, Claude était un homme, que dis-je ? demeure un homme sans méchanceté. Il exerce sa profession en toute intégrité et vit au milieu des siens simplement. Mais, dans notre pays livré aux ban- dits de tous poils, vivre en homme libre en toute simplicité n’est pas un gage de longévité. Ainsi, ce soir, Claude repose quelque part dans un tiroir glacé, le corps sans vie. Nous ne pourrons plus rire aux éclats après une blague de Dominique, sa sœur chérie. Nous ne pourrons plus rire de voir Domi contrariée par nos atti- tudes enfantines. Comment peut-on continuer à vivre dans cette merde ? Tankou Beetova ta di si nou viv nou pa moun. La vie est une fête en larmes, nous dit Jean d’Ormesson. On vit, on pleure tout à la fois. Ou plutôt, certains rient pendant que d’autres ne savent comment noyer leur chagrin. Des millions de Chiliens célèbrent cette première consécra- tion continentale alors que nous sommes des dizaines, peut-être des milliers à pâtir de la disparition sau- vage de Claude. Combien vaut une vie ? Un million, un milliard de dollars ? Dans ce cas, Steve Jobs serait encore en vie. La vie n’a pas de prix ! Il faut la protéger envers et contre tout. Comment com- prendre notre nonchalance devant les actes de barbarie répétés d’assassins sans vergogne ? Comment accepter sans un geste que des lâches tuent des hommes, des femmes sous nos yeux, et s’en vont à bord d’une moto ou d’un véhicule quelconque ? La solidarité a-t-elle disparu de chez nous ? Ou serait-elle devenue un vain mot ? Je sais que je vais recouvrer le sommeil. Je sais aussi que je continuerai à vivre en pensant à mon frère Claude. Mais je voudrais qu’il n’y en ait plus d’autres Claude. Je suis fatigué. Fatigué de compter mes amis assassinés. Fatigué de lire dans les journaux que des inconnus armés viennent de commettre un for- fait et sont repartis cahin-caha. Certaines sociétés célèbrent la vie lors même qu’elles doivent faire face au terrorisme. Nous, nous célébrons la banalité de la vie en tuant à crédit, pour s’acheter une bagnole ou pour se débarrasser d’un concurrent. Allons- nous tous périr comme des lâches sous les balles ou réaliser un grand coumbite pour enrayer ce fléau ? M esdames, Messieurs les Chefs d’État et de gouver- nement, Mesdames, Messieurs les Minis- tres, Monsieur le Secrétaire général de la CARICOM, Mesdames, Messieurs les Délé- gués, Mesdames, Messieurs, Je voudrais, tout d’abord, remercier l’Honorable Perry CHRISTIE, Premier ministre des Bahamas et président sortant de la CARICOM pour l’excellent travail qu’il a effectué au cours de son mandat. J’en profite pour saluer l’arrivée de l’honorable Freundel STUART, Premier ministre de la Barbade, à la présidence de la Communauté. Sachez, Monsieur le Président, que je suis à votre disposition. Qu’il me soit permis de vous dire que ce n’est pas de gaieté de cœur que je m’adresse à cette assemblée pour parler des relations de la République d’Haïti avec la République Dominic- aine. Aujourd’hui, ces relations nous interpellent et interpellent les amis de la CARICOM compte tenu du sort réservé aux Haïtiens vivant en situation irrégulière en République Dominicaine. Depuis le mercredi 17 juin 2015, date de l’échéance du Plan national de régularisation des étrangers (PNRE), mettant en appli- cation l’Arrêt 168-13 du Tribunal Constitutionnel dominicain, des mil- liers d’Haïtiens ont rejoint les postes frontaliers haïtiano-dominicains. Si certains ont décidé de retourner volontairement en Haïti, d’autres, plus nombreux que les premiers ont, en revanche, été arrêtés et conduits manu militari aux frontières. Les autorités dominicaines préfèrent parler de rapatriement volontaire assisté, alors qu’il s’agit de déporta- tions souvent violentes. La République d’Haïti, dans le cadre de toutes les rencontres bilatérales sur les questions migratoires, n’a jamais nié le droit souverain de la République Dominicaine de légiférer sur sa politique migratoire nationale et de prendre toutes les disposi- tions subséquentes concernant les étrangers, notamment les Haïtiens. La position du gouvernement, con- formément au respect des normes de Droit International Public régis- sant la matière, est et a toujours été d’accueillir en Haïti toute personne jouissant de la nationalité haïtienne, mais vivant en situation irrégulière, que ce soit en République Domini- caine ou dans n’importe quel autre pays. C’est, respectueuse de ce principe et en harmonie avec les normes inter- nationales que la partie haïtienne, à toutes les réunions bilatérales, a invité la partie dominicaine à con- sidérer la nécessité et l’urgence de négocier un protocole d’Accord sur le processus ou les mécanismes de rapa- triement dans le seul et unique but de respecter les droits des migrants. Les autorités dominicaines, en util- isant tous les subterfuges possibles, ont systématiquement refusé de négocier, non seulement ledit proto- cole, mais encore tout autre qu’elle pourrait courtoisement présenter. En conséquence, la partie haïtienne est en droit de considérer que le gou- vernement dominicain veut effectuer les déportations sans tenir compte des droits élémentaires des migrants haïtiens. Mesdames, Messieurs les Chefs d’État et de Gouvernement, Monsieur le Secrétaire Général de la CARICOM, Face à cette situation intolérable, la République d’Haïti lance un vibrant appel aux États membres de la CAR- ICOM, de l’Organisation des États Américains et de l’Organisation des Nations Unies afin de porter les auto- rités dominicaines à traiter les res- sortissants haïtiens avec dignité en respectant leurs droits conformément à tous les protocoles et toutes les con- ventions internationales et région- ales existant en matière migratoire. La communauté internationale ne peut pas se taire quand des familles nucléaires se divisent arbitrairement et que des enfants sont séparés de leurs parents et conduits à des postes frontaliers. La communauté internationale ne peut garder le silence lorsque des personnes dont la force de travail a été exploitée pendant plusieurs décennies et qu’un beau jour on leur demande de débarrasser le plancher sans avoir la possibilité de toucher une pension, voir le droit à récupérer leur maigre patrimoine. La Répub- lique d’Haïti demande à la com- munauté internationale de soutenir la position du gouvernement dans sa tentative de souscrire un accord avec la République dominicaine qui respecte les droits humains des res- sortissants haïtiens. La République d’Haïti ne dispose pas de forces armées. Aussi fait-elle de la diplomatie sa première ligne de défense. Si dans un premier temps, elle avait privilégié l’approche bila- térale, c’est parce qu’elle avait cru en la bonne foi des autorités domini- caines à tenir leurs promesses de ne pas organiser de rapatriement massif encore moins de violer les droits des migrants haïtiens. Toutefois, le constat sur le terrain du nombre de déportés que nos institutions et les agences humanitaires internationales ont pu accueillir au cours des deux dernières semaines annonce déjà des signes d’une catastrophe humanitaire pouvant déstabiliser le pays et son économie. Mesdames, Messieurs les chefs d’État et de Gouvernement Monsieur le Secrétaire Général de la CARICOM, La République Haïti s’engage dans un processus électoral devant per- mettre le renouvellement de son personnel politique. La gestion de ce processus exige calme, sérénité et clairvoyance. Les déportations massives et indiscriminées de res- sortissants haïtiens sont de nature à fragiliser le processus et saper la fragilité politique du pays. Sur le plan économique et social les maigres res- sources dont dispose l’État haïtien ne pourront lui permettre de faire face à ces déportations massives qui ris- quent de mettre en danger la paix et la sécurité régionales.La République d’Haïti renouvelle son engagement à résoudre ce conflit d’une manière pacifique conformément à l’article 33 de la Charte de l’ONU. Cependant, elle demeure convaincue que ce drame humanitaire auquel elle fait face avec dignité, ne manquera pas de susciter la solidarité des peuples frères et des organisations internationales, régio- nales et sous-régionales comme cela a toujours été le cas dans le passé. Je vous remercie. Banalité de la vie Par Franck VANEUS, av. Intervention du Président de la République, S.E.M. Michel Joseph Martelly au 36e Sommet des Chefs d'État et de Gouvernement de la CARICOM sur la crise migratoire entre Haïti et la République Dominicaine.
  3. 3. A fin de contrecarrer les actes de banditisme qui gagnent du terrain au niveau du département de l’Artibonite, la direction départementale de la police a lancé le vendredi 3 juillet 2015 une nouvelle opération bapti- sée « Sere Koud ». Conscient de la recrudescence de l’insécurité dans l’Artibonite, le directeur départemental de la police, Berson Soljour, s’est montré plus que déterminé à rétablir la sécurité dans tout le département. « Ces dernières semaines, la direc- tion départementale a répertorié plusieurs cas de vols domestiques, de braquage, de vols de nuit et autres infractions », a informé le directeur. « Plusieurs cas de braquage sont recensés, notamment, à Savane Désolée (entrée sud de la ville) et à Terre Noire (entrée nord de la ville de Saint-Marc) », a-t-on appris. Pour pallier cette situa- tion, Berson Soljour, se propose de mobiliser toutes ses ressourc- es. « Nous demandons à tous les collègues policiers de faire un dépassement d’horaire, en vue d’avoir un niveau de sécurité opti- mal dans la région », a déclaré M. Soljour. « À l’approche de la campagne électorale, nous voulons garder un environnement de sécurité stable » a-t-il poursuivi. Par ailleurs, le chef départemental de la police a fait savoir qu’il est en attente de l’accomplissement de la promesse faite par la direction générale de la police en matière de renforcement de l’équipe et de ressources matérielles. Berson Soljour a enfin lancé une mise en garde aux chauffeurs de taxi-moto soupçonnés de vols à la tire. « Plusieurs plaintes ont été déposées au commissariat pour des vols à la tire de valises, de bijoux et de téléphones por- tables », a-t-il indiqué. LUNDI 6 JUILLET 2015 N0 32 | 3 ACTUALITÉ Pour une révolution mentale Lasuccessiondesévénementsquinoustombentsurlesépaulesnousmontreque nousnesommespasprèsdesortirduplanélaborédepuisdesdécenniespourimmo- biliserlepaysdansuneimpasse.Cesévènementsseprécipitentavecunrythmequi laissecroirequ’ilyauraitcommeungénialhorlogerquimanipulenotremécanique socialepournous«monter»lesunscontrelesautresetmêmedésarticuler,defaçon dangereuse,nosinterrelationshumaines. Nousserionsdéjàloindelaluttedesclasses.Nousnousinstallerions,sansyprendre garde,dansunegigantesquesituationoù,faceàdessolutionsquimanquentou à des alternatives qui paraissent impossibles, nous chercherions un bouc émis- saire. Dans les plus grands rituels, celui-là doit payer pour toutes les fautes de la République. La situation des Haïtiens en République dominicaine, à quelques jours de ce qui devraitêtreladatedelacélébrationdel’occupationaméricaineenHaïti,le28juillet 1915,vientempirerunesituationoùnotreidentitéestmiseàmaletnotreéquilibre depeupledésarticuléphysiquementetpsychologi-quement.Aumomentoùtoutes lescomposantesnationalesdevraient,dansunélandepatriotisme,semettreenun faisceaupourdire«Non»àcetteentreprisemacabre longtempsmiseenlaboratoire, on constate plutôt une course contre la montre vers le « Palais national » détruit parleséismedu12janvier2010.Oùsedirigent-ilstous?Versquelsbureaux?Et pourquoiaujourd’huitouteslescontestationssocialessont-ellesmisesenberne? Est-ce parcequelarouteverslaprésidenceestouverteàtous? NousnoustrouvonsencoreaumomentoùlescitoyensdelaRépubliqueattendent un discours fort pour qu’ils reprennent confiance. En temps de catastrophes, le leadership doit se manifester ouvertement pour que chaque Haïtien arrive à la conclusionquedanssondomainequelquechosedoitêtrefaitpositivementpour reveniraudestinplanifiédepuislagestede1804. On est passé à côté après le séisme. Après le choléra, nous avons pris l’épidémie comme une des plaies de l’Égypte. Avec les déportations massives, à la suite des échecsdenotrediplomatieetlesmanquesd’articulationduministèredesHaïtiens vivantàl’étranger,nousvoilà,dansunaffaiblissementinstitutionnel,entrainde recevoir des milliers de compatriotes dépourvus de leurs biens comme au temps del’Exode. On ne demande pas la révolution. On exige plutôt que chacun, des plus hautes instancesdel’ÉtatauplussimpleHaïtien,delacommerçantedesruesàl’homme descience,s’investissedansune révolutionmentale,quipourraitencorefaired’Haïti lanationinéditeetimprévisible.Celapeutseréalisersinouslevoulons. Le National ÉditoArtibonite-insécurité : La DDA-PNH lance une nouvelle opération contre les bandits par Dieulivens Jules Le directeur départemental de l’Artibonite de la PNH, Berson Soljour. Photo : Dieulivens Jules
  4. 4. WWW.LENATIONAL.HT 2, DELMAS 40 B EMAIL: INFO@LENATIONAL.HT PUBLICITE@LENATIONAL.HT REDACTION@LENATIONAL.HT (509) 4611-1010 / 3214-5554 PROPRIÉTAIRE : LE NATIONAL. 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Dans cette perspective se sont tenus, les 3 et 4 juillet derniers à l’hôtel Kinam, des ateliers de réflexion autour du thème : l’agriculture au service du développement durable d’Haïti : orientation stratégique pour le budget 2015-2016. D urant ces deux jours, dif- férents secteurs vitaux du pays, répondant à l’invitation du gouverne- ment, ont débattu en ateliers de l’opportunité de faire du secteur agri- cole une locomotive de croissance à travers le budget de l’exercice fiscal qui débute dans trois mois. Les acteurs en présence ont convenu de la nécessité d’adresser les problèmes fonciers et infrastructurels au niveau agricole. Le ministre de l’Économie et des Finances, Wilson Laleau, estime même que 5 % du PIB national, soit 20 milliards de gourdes environ, per- mettraient de développer les potenti- alités de la terre et l’eau, deux prin- cipaux axes moteurs de l’agriculture. Les propositions concrètes issues de ces discussions, cependant, se font attendre. Une synthèse des réflex- ions entamées et d’autres ateliers de discussions sont prévues prochaine- ment. L’agriculture, un choix stratégique Orienter le budget du prochain exercice fiscal vers l’agriculture répond à un besoin impérieux pour le pays d’augmenter ses recettes internes. Le Premier ministre Évans Paul, intervenant à ces assises, l’a clairement exprimé. « L’économie nationale subit une contraction de l’aide internationale et une diminution des ressources de Petrocaribe. Le gouvernement doit mobiliser d’autres ressources nationales pour financer les investissements publics et assurer la pérennité ses actions », a t-il déclaré. En effet, le budget 2014-2015 en cours a accusé, au cours du premier trimestre, un manque à gagner de 10 milliards de gourdes provenant des fonds petrocaribe, soit une réduction de près 49 % des recettes internes prévues. À cela s’ajoute la chute des investissements de 16,5 %. Et L’aide internationale sur lequel repose ce budget à 60 % n’a pas comblé les espérances. C’est ce qui a expliqué que le budget rectificatif a été revu à la baisse : 122,6 milliards de gourdes prévues initialement contre 109,7 milliards. Les espérances de croissance ont alors diminué de 4,5 % à 2,5 %. C’est dans ce contexte qu’a germé l’idée d’orienter le budget 2015- 2016 dans le sens d’une plus grande cohérence des politiques publiques. Un budget plus intelligent, réaliste et efficient au niveau de l’affectation des ressources, selon M. Pressoir Exéus, directeur du budget. Pour apporter ces nouvelles orientations, l’agriculture a été préférée à l’éducation, au terme des consultations engagées au niveau du gouvernement, comme vecteur de croissance et de développement. Il s’agit pour le grand argentier de la République d’un choix stratégique compte tenu des potentiels à court terme du secteur agricole. Et, renchérit-il, c’est une source d’effets positifs pour le processus de croissance des autres secteurs. Abondant dans le même sens, le Premier ministre souligne que les exportations dans le secteur agricole s’estiment à 25 millions de dollars américains en moyenne au cours des cinq dernières années en dépit d’une forte demande des produits agricoles. Aussi croit-il que le développement du secteur agricole contribuera rapidement au développement de l’emploi, au renforcement de la sécurité alimentaire et à l’amélioration de la balance commerciale dont le déficit a cru de 203,97 millions de dollars américains à 1,4 milliard. Le coût d’une banque d’investissement Les débats sur la nécessité de développer l’agriculture ne datent pas d’hier. Ce secteur, selon l’économiste Eddy Labossière, depuis la présidence de Jean Claude Duvalier, a été une priorité pour tous les gouvernements qui se sont succédé. Pourtant le niveau de productivité du secteur est très faible. Tout en saluant l’initiative du gouvernement, M. Labossière recommande aux décideurs publics de développer des filières spécifiques de l’agriculture en lieu et place de vouloir tout embrasser. Sinon les résultats ne seront pas manifestes en dépit des efforts qui auraient été consentis. Car, interroge-il, comment partager l’enveloppe budgétaire tellement faible entre le secteur agricole et les autres secteurs dont les besoins sont incompressibles ? Augmenter la pression fiscale ne serait pas un élément de réponse, poursuit le président de l’Association haïtienne des économistes. Les perceptions de corruption des contribuables vis-à-vis de leurs dirigeants constituent, selon lui, un frein majeur à cette démarche. Aussi préconise-t-il la création d’une banque d’investissement pour faciliter notamment aux PME des prêts à long terme tandis que les banques commerciales s’occuperont des crédits à court terme. Cependant, une telle entreprise (banque d’investissement) a un coût. Elle demande aux gouvernants, pour le professeur, beaucoup de courage compte tenu de puissants intérêts économiques et politiques en jeu. Elle permettra, croit-il, de mettre sur pied une politique de substitution aux produits provenant de la République dominicaine et de réduire la dépendance alimentaire d’Haïti vis-à-vis des puissances économiques mondiales. Ce qui, dit-il, ne plaira pas à ces pays, pour lesquels Haïti est un marché de prédilection pour exporter leurs produits. Eddy Labossière estime que le pays a besoin de dirigeants qui puisent une double légitimité, provenant, d’une part, de la population aux prochaines élections et, d’autre part, au niveau de toutes les élites du pays. Laquelle légitimité, explique-t-il, permettra aux nouveaux dirigeants d’adresser les problèmes de développement d’Haïti à l’instar de Paul Kagame, dirigeant africain d’un grand mérite pour avoir transformé le Rwanda qui revenait d’un génocide tributaire de luttes intestines. L’une de ces actions dont les dirigeants haïtiens pourraient s’inspirer, croit M. Labossière, consiste en la réorientation de l’aide externe via les ONG dans le sens des besoins prioritaires du pays et non selon l’agenda de l’international. L’économie haïtienne ne reposerait plus sur l’agriculture. En 2013, selon des données de la banque mondiale, sur un total de 800 millions de dollars américains d’exportations de produits haïtiens, 90 % provenaient du Textile alors que l’agriculture n’y a contribué qu’à 7 %.
  5. 5. Racisme et insultes, les expulsés haïtiens racontent leur vie dominicainepar Amélie BARON, AFP LUNDI 6 JUILLET 2015 N0 32 | 5 ACTUALITÉ Beltha Désir erre sur le perron de l’école qui lui sert de refuge. / Photo : AFP B eltha Désir erre sur le perron de l’école qui lui sert de refuge, son nourrisson de 10 mois au sein: pas une seule seconde, elle ne lâchera l’enfant, unique membre de sa famille avec lequel elle a été expulsée de Répub- lique dominicaine. La semaine dernière, des officiers de l’immigration dominicaine ont arrêté cette Haïtienne de 30 ans et l’ont reconduite à la frontière, son bébé au cou. « Ils m’ont dit de retourner dans mon pays: « vas retrouver le président Michel Martelly, on n’a plus besoin des Haïtiens. Que vous ayez des papiers ou non, retournez chez vous » », a raconté lentement Beltha, qui vivait depuis 10 ans en République dominicaine et était vendeuse de rue. Mais un changement de la politique migratoire en République dominicaine est venu bouleverser sa vie et celle de milliers d’étrangers. Le Plan national de régularisation des étrangers (PNRE) – plus de 250 000 personnes concernées, surtout des Haïtiens – a pris fin le 17 juin, mais la procédure était inachevée pour des milliers d’entre eux qui sont désormais expulsés sans coup férir. Selon les services dominicains, 31 225 Haïtiens étaient de retour dans leur pays au 1er juillet. Beltha n’a même pas pu prévenir son mari, qui se trouvait seulement à une cinquantaine de mètres d’elle. « Il ne sait même pas que je suis ici en Haïti. Je n’ai pas pu lui parler parce qu’il n’a pas de téléphone ». Elle a deux autres enfants, de 5 et 6 ans, restés avec leur père mais « comment peuvent-ils comprendre que je ne suis plus avec eux maintenant ». Outre la douleur d’être séparée et sans nouvelle de sa famille, la jeune femme a entendu des insultes racistes durant tout le trajet vers la frontière. « Ils m’ont dit que les Dominicains n’ont pas le même sang et que je devais aller retrouver ceux de mon sang en Haïti », a-t-elle raconté. A ses côtés, Rose Hippolyte acquiesce: « Quand ils voient un Haïtien, les Dominicains disent « regarde le cochon, Haitiano diablo » ». Racisme et insultes au quotidien Le visage marqué par les années à travailler dans les champs de canne à sucre, elle décrit la discrimination au quotidien: « On nous traite comme des bêtes. Parfois, quand on s’assoit à côté d’un Dominicain, il s’écarte en faisant comprendre qu’il ne veut pas que notre peau touche la sienne ». Expérience similaire pour Francky Dorseli, qui maîtrise mal le créole car il n’a passé que ses quatre première années en Haïti. Il a 43 ans et, expulsé seul, il est sans nouvelles de sa femme et de ses quatre enfants. « Les Dominicains maltraitent les Haïtiens: c’est tous les jours qu’on se fait insulter, même des fois par les policiers », a-t-il déploré. Beltha, Franky, Rose et les (dizaines) de personnes ayant trouvé refuge dans l’école communautaire de Fond-Bayard, dans la petite ville de Fond Parisien, n’ont même pas eu la possibilité de récupérer quelques affaires chez eux. « J’ai travaillé depuis 1981 à couper la canne à sucre. Je ne gagnais pas grand- chose mais j’avais réussi à me construire une petite maison », a expliqué Rose Hippolyte, 52 ans. Elle était arrivée en République dominicaine à 8 ans. « Tout est resté là-bas, je n’ai plus rien. La femme du pasteur du village ici m’a offert cette robe pour me changer », a-t-elle confié, lissant lentement le tissu fleuri sur ses cuisses. Les maigres dons de la com- munauté religieuse voisine et les distributions sporadiques de quelques ONG ou de simples citoyens ne suffisent pas à offrir aux réfugiés des conditions de vie décente. Sans eau, ni électricité. En deux semaines, aucun médecin n’est passé. Habillés de vêtements sales et souvent trop grands pour eux, une quarantaine d’enfants jouent aux osselets avec des cailloux. Les nourrissons sont couchés à même la dalle en béton, sous le regard distrait des femmes épuisées. Aucune des 81 personnes réfugiées dans l’école n’envisage néanmoins de retourner en République dominicaine, pour ne pas subir encore insultes et agressions. Contraints de vivre dans leur pays d’origine, ces expulsés désirent s’en sortir sans attendre la charité. Beltha tient à faire savoir qu’elle peut et veut travailler: « j’ai été superviseuse dans une usine textile, et aussi caissière en supermarché. Je ne veux pas de l’argent ou de la nourriture mais un travail, pour pouvoir faire venir mes enfants et mon mari ici, qu’on vive ensemble tranquillement ».
  6. 6. En route vers la réforme de l'administration pénitentiaire Par Evens RÉGIS 6 | N0 32 LUNDI 6 JUILLET 2015 ACTUALITÉ HAÏTI/DAP Malgré les vingt ans d’existence de l’Administration pénitentiaire nationale (Apena), on s’interroge encore sur son utilité et sa mission. En la circonstance, la direction tente, d’une part, d’apporter des réponses appropriées et, d’autre part, de dégager les perspectives pour les années à venir. L ’Apena a été créée dans le but de garder des prisonniers, soit des personnes placées en détention préventive ou des condamnés. Sa mission est de les corriger, les réhabiliter et les réin- sérer dans la société. L’Apena apporte une contribution à la sécurité pub- lique. Elle compte aujourd’hui 1540 employés, dont 1038 agents de police et 502 cadres du personnel adminis- tratif. Ses problèmes sont nom- breux, ses structures sont inef- ficaces et ne permettent pas de garder les détenus avec dignité. Selon les statistiques, elle gère 11 165 détenus, dont seulement 27 % de condamnés, la majorité étant des personnes placées en détention préventive prolongée. Ses bâtiments ont des structures désuètes, plus d’espace pour rece- voir des prisonniers. La prison civile de Port-au-Prince a plus de 4000 prisonniers, alors qu’elle a été construite pour en recevoir seulement 800. Il faudrait réin- venter la vie, et le fonctionnement des agents de l’administration pénitentiaire. L’Apena fonctionne à l’image du pays, a martelé James Louis, un agent de la DAP. Les dif- ficultés auxquelles nous faisons face, poursuit-il, font partie des difficultés de tous les jours, ren- contrées par tout le monde. Aucun avantage social, au niveau du salaire, pas de satisfaction totale. Les choses ne vont pas bien, mais cela n’empêche cet agent II de la DAP de croire en l’avenir, en espérant que leur problème va être pris en considération par l’Administration. Les agents de l’Apena, selon Muscadin Jean Gardy, sont quotidiennement confrontés à toute sorte de risques. De même que les prisonniers, ils font face à l’environnement d’insalubrité. Ils sont exposés aux risques de maladie et sont souvent victimes de la tuberculose. Ils affrontent chaque jour des détenus dangereux qui les menacent toujours. Si on n’a jamais été à leur place, il serait difficile d’imaginer leur insatisfaction, leur souci, leur inquiétude et leur angoisse, explique le DG de la DAP. Un survol du bilan et des perspectives Les mineurs placés au Cermicol et au centre de détention de Pétion-Ville sont actuellement scolarisés jusqu’à la 9e AF. Grâce aux supports des partenaires, des projets de formation ont été mis en œuvre à la prison civile de Port-au-Prince. À en croire le DG, des cours en plomberie, cuisine-pâtisserie, coupe- couture, et en informatique y sont actuellement dispensés. Dans le plan de développement 2014- 2016, informe l’administrateur de l’institution, des projets sociaux sont prévus pour tous les policiers, y compris les agents de l’Administration pénitentiaire. « En tant qu’unité spécialisée, ajoute-t-il, nous sommes en train d’effectuer des démarches auprès des autorités concernés, pour l’obtention par les agents de l’Administration pénitentiaire d’un frais de prime de risque. » Pour stimuler la performance, la Direction générale de la PNH promet à cette occasion d’élever le grade de 40 agents de police, et quatre cadres intermédiaires de l’Administration pénitentiaire selon des critères d’ancienneté, de compétence et de discipline. Comme facteur de motivation, 12 plaques d’honneur et 170 lettres d’encouragement ont été adressées à des agents et membres du personnel de soutien des différentes entités de l’administration. Le cap est également mis vers des programmes de réhabilitation, de réinsertion et d’une garde sécuritaire efficace. En plus d’un projet d’uniforme pour les détenus, des programmes de formation financés par la Minustah et l’ambassade américaine sont en cours de réalisation, en faveur des agents et des membres de l’administration. Avec l’appui du MSPP, et du CICR, des séances de formation pour une meilleure prise en charge des détenus sont aussi en perspective. Le 15 juillet 2015 marquera le début d’un programme de scolarisation et de professionnalisation pour les mineurs à Cap-Haïtien. Par ailleurs, l’inspecteur général en chef, Ralph Stanley Jean Brice, nous a informé du projet de construction de deux prisons, à Cabaret et à Morne-Caste (Nord- Est), au moment de son allocution, lors de la cérémonie qui a été organisée vendredi dernier au local de la DAP à Delmas 75, pour rehausser l’éclat des vingt années d’existence de l’Administration pénitentiaire. ÉCHO Anse-à-Galets : le BEC incapable de publier sa liste électorale Le BEC d’Anse-à-Galets fait face à de graves difficultés pour rendre publique sa liste électorale en raison de l’indisponibilité des juges devant statuer sur les cas des candidats con- testés. « Jusqu’à présent, les dossiers en contestation sont restés dans les tiroirs », a révélé un membre du BEC dans la presse locale. Rapatriement : Michel Martelly sollicite l'intervention des pays amis Au 36e Sommet des chefs d’État et de gouvernement de la Commu- nauté caribéenne (CARICOM) qui s’est déroulé du 2 au 4 Juillet 2015 à Bridgetown (Barbade), le président de la République, Michel Joseph Martelly, a fustigé le comportement arbitraire des autorités dominicaines dans le processus de rapatriement des illégaux haïtiens. « Les autori- tés dominicaines préfèrent parler de rapatriement volontaire assisté, alors qu’il s’agit de déportations souvent violentes. La communauté interna- tionale ne peut pas se taire quand des familles nucléaires se divisent arbitrairement et que des enfants sont séparés de leurs parents et conduits à des postes frontaliers », a soutenu le chef de l’État haïtien. RD, un député demande le rappel du personnel diplomatique dominicain en Haïti Le député dominicain Vinicio Cas- tillo Semán, de la Force nationale progressiste (FNP), a demandé au président Danilo Medina de retirer le personnel diplomatique dominicain accrédité en Haïti. « Danilo devrait retirer le personnel diplomatique en Haïti où ils seront à risque dans les prochaines semaines », a écrit le parlementaire sur son compte Twit- ter. Selon les nouvelles, le député a annoncé que le gouvernement d’Haïti « va radicaliser son offensive contre la République dominicaine, manip- ulant sa population pour atteindre une explosion de colère contre les Dominicains ». Le changement de centre de vote est possible du 1er au 8 juillet 2015 Les candidats et les électeurs désireux de changer de centre de vote à cause d’un changement d’adresse peuvent se présenter au Bureau électoral départemental (BED) et au Bureau électoral com- munal (BEC) le plus proche de leur domicile pour effectuer cette modi- fication. C’est ce qu’a informé le Conseil électoral provisoire (CEP) indiquant que ce changement doit s’effectuer du 1er au 8 juillet 2015. L’intéressé doit être muni de sa carte d’identification nationale (CIN) ou d’un certificat émis par l’Office national d’identification (ONI). Le Pnud, formation en diagnostic et techniques de renforcement Le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) via le projet « Plan prévention séisme Grand Nord », offre à l’intention de trente ingénieurs des départe- ments du Nord, du Nord-Est et du Nord-Ouest une formation en diag- nostic et techniques de renforce- ment. Cette formation qui se tient du 6 au 10 juillet 2015 intègre les dernières techniques d’évaluation des infrastructures et de renforce- ment recommandées par le ministère des Travaux publics, Transports et Communications et reconnues sur le plan international, informe le Pnud dans un communiqué. L’inspecteur général en chef de la PNH, Ralph Stanley Jean Brice. / Photo : Evens Régis
  7. 7. Pamela White met en garde contre tout gouvernement de transition Par Noclès Débréus LUNDI 6 JUILLET 2015 N0 32 | 7 ACTUALITÉ HAÏTI/ÉLECTIONS Alors que le Conseil électoral provisoire fonce de plain-pied dans le calendrier électoral en vue de l’organisation des prochaines élections en Haïti, certains observateurs, pour le moins avisés, se montrent plutôt pessimistes quant à la tenue de ces joutes cette année et présagent déjà un gouvernement de transition. L’actuelle ambassadrice des États-Unis accréditée en Haïti, Pamela Anne White, semble avoir entendu ce même son et met en garde contre tout gouvernement de transition. L e Conseil électoral provisoire envoie des signaux clairs et forts dans le processus élector- al avec les mises en place déjà effectuées pour les prochaines législa- tives. Tous les matériels non sensibles sont déjà en Haïti. Les bulletins de vote sont actuellement sous presse et doivent être livrés dans quelques jours, selon les propos de l’ingénieur Philippe augustin, directeur du Reg- istre électoral. Le recrutement du personnel vacataire (superviseurs, formateurs, agents de sécurité et autres) est lancé. Les partis politiques sont invités le mardi 7 juillet à statuer sur les membres des bureaux de vote (MBV). Ces avancées semblent toute- fois n’être pas suffisantes pour dis- siper les doutes, calmer les esprits et donner une garantie à la tenue des élections en Haïti cette année tant le pessimisme est grandissant chez certains acteurs de la société civile, et même au sein de la classe politique, en dépit du fait qu’ils sont parties pre- nantesdu processusélectoral.Malgré les doutes, l’avenir du processus électoral se précise de jour en jour. Quarante-quatre millions de dollars américains dans le fonds des élections, c’est un bon pas, mais le gouvernement haïtien doit encore puiser dans ses ressources et s’activer auprès des bailleurs de fonds pour trouver les 22 mil- lions manquants pour compléter le budget et, parallèlement, créer un climat économique et social stable pour le bon déroulement des scrutins. Parlant du budget des élections, Pamela Anne white, l’ambassadrice sortante des États-Unis en Haïti, a récemment lancé un appel aux bailleurs internationaux en vue de venir en renfort au processus électoral dans le pays. Madame white, qui est en fin de mission en Haïti, dit voir de grands espoirs pour Haïti et prévient en ce sens toute idée de gouvernement de transition. « Il y a de grands espoirs que les élections se tiendront cette année. Pas seulement de l’espoir, mais un besoin. Haïti ne peut progresser aussi rapidement qu’elle le devrait sans un gouvernement élu. Chers amis, un gouvernement de transition ne fera pas l’affaire », a-t-elle lancé à l’occasion du 239e anniversaire de l’indépendance des États-Unis, célébré en Haïti, le 2 juillet dernier. Le monde regardera Haïti comme un pays bloqué si un relâchement des tensions en ce qui concerne les élections ne se fait pas sentir bientôt, a précisé Pamela White qui invite les acteurs à cesser de se chamailler sur des détails. « Le temps des commentaires et déclarations est terminé. Le temps des compromis et engagements envers le processus électoral est révolu. Exigez l’organisation des élections. Exigez la démocratie et le droit à la pensée libre », a fait savoir la diplomate en bonne donneuse de leçons avant d’inviter tout un chacun à supporter le processus électoral ainsi que les candidats de son choix. Le Premier ministre Évans Paul et l’ambassadrice White parlent de la même voix. Pour le chef du gouvernement, la démocratie est la forme de gouvernement qui contribue à garantir le mieux les libertés individuelles. Ainsi, dit- il, son gouvernement s’engage déjà à créer des conditions favorables au renouvellement des institutions par l’organisation cette année d’élections crédibles et transparentes. L’Ambassadrice américaine, Pamela White. / Photo : J. J. Augustin
  8. 8. 8 | N0 32 LUNDI 6 JUILLET 2015 MONDE Q uelque 5 000 Guaté- maltèques ont à nouveau manifesté samedi soir à Guatemala pour exiger la démission du président Otto Pérez, soupçonné d’être impliqué dans un vaste scandale de fraude et de corrup- tion aux taxes douanières et menacé de perdre son immunité. « Dehors Otto Perez », « Halte à la corruption », ont notamment lancé les manifestants, qui se sont rendus du siège de la Cour suprême de justice au Palais National, dans le centre histo- rique de la capitale, à la lueur de flambeaux et de bougies et bran- dissant des pancartes contre Otto Pérez. Certains d’entre eux étaient accompagnés de chiens recouverts du drapeau du Guatemala. « Nous sommes fatigués et indignés », répétait à l’envie dans un haut- parleur, un jeune à la barbe rouge, un foulard jaune autour du cou, symbole distinctif de l’école d’architecture de l’université de San Carlos. Pour l’ex-ministre des Finances Juan Alberto Fuentes, membre du collectif social Semilla, qui a participé au cortège, « le renon- cement du président constitue un point de départ et clarifiera la situation ». “Nous ne résoudrons pas tous les problèmes, mais (cette démis- sion) constituera une bonne étape pour faire avancer la lutte contre la corruption et le débat sur les profondes réformes nécessaires au pays”, a ajouté M. Fuentes inter- rogé par l’AFP. Ce nouveau rassemblement, qui suit de nombreux autres ces dernières semaines, est survenu alors que vendredi une commis- sion parlementaire a recommandé au parlement guatémaltèque la levée de l’immunité du président Perez. Une crise gouvernementale avait éclaté en avril au Guatemala lors de la mise au jour d’un réseau de fraude et de corruption aux taxes douanières qui avait entraîné la démission de la vice-présidente Roxana Baldetti le 8 mai. Guatemala: cinq mille manifestants réclament la démission du présidentSources : afp Manifestation dans le centre historique de Guatemala city, le 4 juillet 2015 pour réclamer la démission du président Otto Pérez. / Photo: BAFP/AFP Départ du pape François pour un périple dans trois pays d'Amérique LatineSources : afp L e pape François est parti dimanche à 07H00 GMT de l’aéroport de Rome-Fiumicino pour un périple de huit jours sur son continent d’origine, qui le conduira d’abord en Equateur, puis en Bolivie et au Paraguay. Lors de ce neuvième déplacement à l’étranger au programme chargé, le premier pape jésuite et latino- américain, âgé de 78 ans, pronon- cera 22 discours et prendra sept fois l’avion sur un parcours de 24 000 km. Le pape voyage à bord d’un Airbus A330 de la compagnie Alitalia. Le vol dure 13 heures. François s’est rendu samedi soir à la basilique Sainte-Marie Majeure de Rome, comme il le fait avant chaque voyage, pour prier la Vierge pour lequel il a une grande dévotion et lui confier son voyage. Il a déposé un bouquet de fleurs aux couleurs des trois drapeaux des pays qu’il visitera: rouge, jaune, vert, blanc et bleu. Quito, où il est attendu à 15h (heure locale) sera la première étape du voyage. Il sera en Bolivie du 8 au 10 juillet, et au Paraguay du 10 au 12 juillet. La participation de l’Eglise catholique au « débat démocra- tique », le respect de « l’identité culturelle de chaque pays », l’objectif de l’unité du continent, les cultures des peuples indigènes, la protection de l’environnement et des familles, l’injustice sociale, la lutte contre la corruption et les trafics, sont autant de thèmes que le pape abordera durant son voyage. Illustration du Pape François. - / Photo: POL EMILE / SIPA
  9. 9. LUNDI 6 JUILLET 2015 N0 32 | 9 MONDE E ntre reprise hypothétique des négociations et possible panique bancaire, le scénario de l’après-référendum est des plus flous. «Référendum grec: vous pouvez répéter la question?», titrait samedi Libération. La remarque vaut aussi pour l’après- vote, qui a vu le «non» l’emporter avec, selon les projections du ministère de l’Intérieur, autour de 61 % des voix, ce dimanche 5 juillet. «Gardez à l’esprit que les choses peuvent mal se passer que le résultat soit oui ou non», écrivait dimanche matin l’économiste Tyler Cowen. «Je ne suis même pas sûr que le résultat du référendum fera une telle différence, puisque tout repose sur l’accord qui suivra, ou son absence.» Samedi, le professeur de sciences politiques Joshua Tucker expliquait lui dans le Washington Post que le référendum grec ressemblait à «un jeu d’échecs en trois dimensions mal conçu», où les électeurs grecs étaientàlafoisamenésàs’exprimer sur la politique économique de leur pays, sur la confiance qu’ils accordent au gouvernement Tsipras et sur les relations qu’ils veulent entretenir avec la troïka (FMI, BCE, Commission européenne) et les gouvernements de l’Union européenne, ce qui rend l’interprétation des résultats extrêmement compliquée. Il pointait, par exemple, que les électeurs étaient amenés à s’exprimer sur un plan de réformes que l’Union européenne a déjà retiré de la table des négociations: «Le référendum [...] sera un vote sur l’acceptation ou non d’un accord qui n’existe probablement pas. (Et si vous trouvez que cela ressemble un peu à deux collégiens qui affirment tous les deux avoir rompu avec l’autre en premier, vous n’en êtes peut-être pas si loin.)» Et il s’interrogeait aussi sur la position futur de la Grèce dans les relations internationales: «Un vote “non” va-t-il simplement renforcer la position de la Grèce dans les négociations? Ou va-t-il à l’inverse l’affaiblir?» La première option, celle d’une partie grecque renforcée pour revenir à la table des négociations, figure, par exemple, dans cette note de la banque britannique HSBC. Mais dans un post de blog, l’ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton, Larry Summers, a estimé que ceux qui pensaient que la négociation pouvait revenir à la situation de la mi-juin ignoraient à quel point la situation avait changé depuis une semaine: «Le référendum n’est probablement que le deuxième évènement le plus important de la semaine en Grèce. Quel que soit le résultat, les banques grecques vont se retrouver à court de liquidités en début de semaine, probablement lundi.» Dès lundi sont prévues plusieurs réunions de haut niveau, par exemple du côté des directeurs du Trésor de la zone euro ou encore d’Angela Merkel et François Hollande, qui se rencontreront à l’Elysée. La question la plus importante, bien sûr, est celle du maintien de la Grèce dans la zone euro: un schéma assez simpliste de la chaîne CNN en a fait la conséquence quasi-automatique d’un «non». Une majorité de Grecs est pourtant pour le maintien de la monnaie unique dans le pays. Dimanche, dans une interview à la radio allemande Deutschlandfunk, le président de la Commission européenne Martin Schulz (SPD) estimait que si la Grèce disait non, elle devrait introduire une nouvelle devise après le référendum. Le président de la Commission européenne, Jean- Claude Juncker, avait lui affirmé que le référendum constituait un vote sur l’appartenance de Grèce à la zone euro. Mais d’autres dirigeants adoptent un ton plus conciliant: Emmanuel Macron a ainsi affirmé dimanche que «quel que soit le vote, nous devons dès demain reprendre des discussions politiques». «Il est évident que, le jour d’après, on devra se remettre à parler», a lancé de son côté dans Il Messaggero le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi. La seule certitude qu’on peut avoir, c’est qu’Alexis Tsipras (qui n’avait, au contraire de son ministre des Finances Yanis Varoufakis, pas annoncé qu’il démissionnerait en cas de victoire du «oui») va pouvoir pour l’instant se maintenir au pouvoir. Dans un bureau de vote de Crète, le 5 juillet 2015.- REUTERS/Stefanos Rapines. Les Grecs ont répondu «non». Mais quelle était la question ? Repéré par Jean-Marie Pottier Hollande et Merkel lundi soir à Paris pour « évaluer les conséquences du référendum en Grèce » Le Monde.fr avec AFP L e non au plan des créanciers l’emporterait à 61 % des suf- frages à l’issue du référendum organisé par le gouvernement grec d’Alexis Tsipras, selon les pro- jections du ministère de l’intérieur publiées à 20 heures. Merkel et Hollande à Paris lundi soir Avant même l’annonce des résul- tats officiels, François Hollande et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont annoncé qu’ils se ren- contreraient à l’Elysée lundi 6 juil- let au soir pour « un entretien suivi d’un dîner de travail pour évaluer les conséquences du référendum en Grèce ». Cette rencontre, organisée au len- demain du référendum, « s’inscrit dans le cadre de la coopération permanente entre la France et l’Allemagne pour contribuer à une solution durable en Grèce », précise l’Elysée dans un commu- niqué. La Grèce va demander à la BCE de relever son soutien aux banques Le porte-parole du gouvernement grec Gabriel Sakellaridis a de son côté assuré dimanche que « les initiatives pour arriver à un accord » entre Athènes et ses créanciers — Union européenne et Fonds monétaire international (FMI) — « allaient s’intensifier à partir de ce soir ». M. Sakellaridis a également annoncé que la banque centrale du pays allait demander à la BCE de relever le plafond des liquidités d’urgence accordées aux banques grecques. Ces liquidités fournies aux banques grecques par la BCE dans le cadre de sa fourniture de liquidité d’urgence (« emergency liquidity assistance », ELA) leur sont devenues pratiquement indispensables pour poursuivre leur activité. Les banques sont fermées en Grèce depuis l’annonce du référendum le 26 juin et les retraits aux dis- tributeurs automatiques sont pla- fonnés à 60 euros par jour et par personne. Réunion des directeurs du Trésor des pays de la zone euro lundi Une réunion des directeurs du Trésor de la zone euro se tien- dra dès lundi. La tenue de cette réunion, de l’Euroworking group, instance préparatoire aux rencon- tres des 19 ministres des finances de la zone euro (Eurogroupe), a été confirmée alors que les premiers sondages donnaient le non vain- queur. Mais aucun Eurogroupe n’est encore prévu. Mercredi dernier, le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijs- selbloem, avait indiqué que si la Grèce n’était pas prêts à « accept- er des mesures désagréables », il n’existerait « aucune base pour un nouveau programme d’aide ».
  10. 10. 10 | N0 32 LUNDI 6 JUILLET 2015 ÉCONOMIE Cuba : En route vers le développement des énergies propresPar Patricia Grogg / IP Il y a plus d’une décennie, l’électricité solaire a changé la vie de plusieurs communautés de montagne à Cuba. Aujourd’hui, cette source d’énergie renouvelable et d’autres apparaissent comme de meilleures options disponibles pour développer l’énergie durable à travers l’île. “ Si le potentiel d’énergie propre au monde dépasse nos besoins de consommation, pourquoi insistons-nous sur l’utilisation de celle qui pollue?”, a demandé Luis Bérriz, directeur de la Société cuba- ine pour la promotion des sources d’énergie renouvelables et le respect de l’environnement (CUBASOLAR), une organisation non gouvernementa- le qui promeut l’utilisation de sources d’énergie alternatives et respectueus- es de l’environnement. Selon ses calculs, la quantité de rayonnement solaire que Cuba reçoit équivaut à 50 millions de tonnes de pétrole par jour. “Si nous couvrions l’autoroute nationale longue de 1.000 kilomètres de panneaux solaires, nous produirions toute l’énergie consommée actuellement, sans utiliser de combustibles fossiles ou occuper un seul mètre carré de terre agricole”, a expliqué Bérriz à IPS dans une interview. En outre, “personne ne peut bloquerlesoleil;ilappartientànous tous”, a-t-il ajouté. Bérriz est un chercheur et un ardent défenseur de longue date des sources d’énergie renouvelables, qui préfère parler de “renversement” des changements climatiques - qui, selon lui, sont causés par “les actions destructrices des sociétés d’aujourd’hui” - au lieu de leur “adaptation”. Selon lui, s’adapter à ce que d’autres détruisent ressemble plus au “conformisme”. Les pays industrialisés sont responsables de 75 pour cent de toutes les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’origine anthropogénique, qui provoquent le réchauffement de la planète. Le principal GES est le dioxyde de carbone (CO2). Pour Bérriz, le meilleur plan d’action est de passer du pétrole à des sources d’énergie propres, qui dépassent les besoins énergétiques. La manière de le faire, c’est de développer les connaissances, la technologie et l’industrie nécessaires pour puiser dans les diverses sources d’énergie renouvelables les plus disponibles dans chaque région, dit-il. Les principales composantes de ce processus, affirme Bérriz, sont la formation des scientifiques, des techniciens et d’agents qualifiés pour couvrir les besoins en ressources humaines, et la création d’une culture énergétique et environnementale qui permettra de mener la sensibilisation, essentielle pour le développement de l’énergie solaire basée sur “l’équité et la solidarité”. Le plus grand exploit de Cuba dans ce sens, c’est dans le domaine du développement scientifique et de l’éducation, qu’il partage avec d’autres pays de la région à travers des efforts de coopération. La contribution de l’énergie éolienne, hydroélectrique et de l’équipement de la biomasse de canne à sucre au Système national d’énergie électrique de Cuba en 2010 était de 178,1 gigawatts/ heure, ce qui équivaut à la quantité d’électricité produite en quatre jours et remplace près de 46.000 tonnes de pétrole. Selon le tableau des statistiques officielles publiées par ‘Energía y Tú’, le magazine de CUBASOLAR, Cuba dispose de 9.624 panneaux solaires, 8.677 moulins à vent, 6.447 chauffe-eau solaires, 554 usines de biogaz, 173 centrales hydroélectriques, quatre parcs éoliens avec 20 turbines éoliennes, et de 608 poêles pour la production de biomasse à granulés de bois. En outre, l’île dispose de 57 turbogénérateurs et de 67 chaudières dans 61 moulins à sucre. La nouvelle relance de l’industrie sucrière – gérée par un groupe d’entreprises depuis 2011 - comprend l’augmentation du potentiel de production d’électricité à base de la bagasse et d’autres sous-produits de canne à sucre pour approvisionner le secteur durant toute l’année. Les experts considèrent comme un bon signe la décision du gouvernement de puiser dans la gamme des sources d’énergie renouvelables, en donnant la priorité à celles qui ont le plus grand impact économique, tel qu’il est défini dans un vaste programme visant à moderniser l’économie et à améliorer son efficacité, lancé en avril 2011. “Le pays s’améliore en termes d’organisation. Le travail et les efforts de planification pour les prochaines années sont en cours dans ce secteur et dans d’autres domaines relatifs aux énergies renouvelables”, a déclaré Bérriz, insistant que Cuba a toutes les conditions pour progresser dans l’utilisation des infrastructures d’énergies propres. Les plans comprennent la réactivation des usines éoliennes, la revitalisation de l’industrie des turbines hydroélectriques, et le développement accru de la production de panneaux solaires, autant que possible, car ces plans ont été les meilleures options dans un programme d’électrification rurale mis en œuvre au cours des 10 dernières années. “Nous ne pouvons pas passer à un rythme plus rapide (dans le développement de l’industrie) en raison des énormes contraintes financières du pays. Avec plus de ressources, nous pourrions avancer beaucoup plus vite sur le chemin de l’énergie renouvelable et la partager avec d’autres nations”, indique l’expert. D’autres experts notent que Cuba a besoin d’un mécanisme d’appui spécifique pour accélérer l’introduction et l’utilisation de générateurs alternatifs “vers un développement énergétique durable” qui n’accable pas l’Etat, et que cela constitue une option attrayante et fiable pour les investisseurs étrangers, et encourage les industries nationales à utiliser ces sources. Dans ce sens, Conrado Moreno, un chercheur et membre du conseil d’administration de CUBASOLAR, présente les coopératives agricoles comme une “niche encore inexploitée”, où, avec la production et la vente des aliments, les sources d’énergie renouvelables apparaissent comme “une solution prometteuse dans le modèle économique qui approche”. Selon Moreno, cette forme de production recevra des incitations grâce à une législation actuellement en discussion et qui sera adoptée sous peu. Plusieurs pays d’Amérique latine, y compris l’Argentine, le Brésil, le Mexique, El Salvador, le Nicaragua et la République dominicaine, ont déjà des cadres juridiques en place pour fournir un appui politique et financier pour le développement de générateurs respectueux de l’environnement. ÉNERGIESALTERNATIVES La quantité de rayonnement solaire que Cuba reçoit équivaut à 50 millions de tonnes de pétrole par jour. Photo :vimeo.com
  11. 11. LUNDI 6 JUILLET 2015 N0 32 | 11 ÉCONOMIE De nouveau, la Grèce peut sauver l'Occident***Par Dr. Paul Craig Roberts L’AUTREPOINTDEVUE P eu de gens comprennent que le sort de la liberté occiden- tale, ce qu’il en reste, est en jeu dans le conflit et, en fait, le sort de la vie sur terre. Il est certain que le gouvernement allemand ne le comprend pas. Sigmar Gabriel, un vice-chancelier allemand, a déclaré que le gouvernement grec était une menace pour l’ordre européen. Ce qu’il entend par ordre européen est le droit des pays les plus forts de piller les plus faibles.. La crise grecque n’est pas à propos de la dette. La dette est la propa- gande à laquelle l’Empire recourt pour nier la souveraineté partout dans le monde occidental. Le gouvernement grec a demandé à la brochette de pays qui compo- sent la démocratique Union euro- péenne une prolongation d’une semaine pour rembourser la dette afin de permettre au peuple grec d’approuver ou de désapprouver les conditions léonines imposées à la Grèce par la Commission euro- péenne, la Banque centrale euro- péenne et le FMI, sur l’insistance de Washington. La réponse de l’Europe et du FMI, et de Washington, a été NON. Ils ont dit au gouvernement grec que la démocratie ne s’applique pas lorsque les créanciers sont déterminés à faire payer les citoy- ens grecs pour les erreurs de leurs créanciers, avec la diminution des pensions de retraite, la réduction des soins de santé, de l’éducation, de l’emploi et des services sociaux. La position de l’Empire est que le peuple grec est responsable des erreurs de ses créanciers étrang- ers, et que le peuple grec doit payer pour les erreurs de ses cré- anciers, en particulier les erreurs [et magouilles comptables, NdT] commises par Goldman Sachs. Comme cela a été définitivement prouvé, l’affirmation de l’Empire est fausse. Les mesures d’austérité qui ont été imposées à la Grèce ont fait chuter l’économie de 27%, aug- mentant ainsi le ratio de la dette par rapport au PIB et aggravant la situation financière du pays. Tout ce que l’austérité a fait est de tirer le peuple grec encore plus bas, ce qui rend le remboursement de la dette impossible. L’Empire a rejeté le référendum démocratique de la Grèce de dimanche prochain, parce que l’Empire ne croit pas à la démocra- tie. L’Empire, comme tous les empires, croit en la soumission. La Grèce n’est pas soumise. Donc la Grèce doit être punie. Les Perses Darius et Xerxès avaient la même vision que Washington et l’UE. Le gouvernement grec est censé faire ce que les précédents gouverne- ments grecs ont fait, accepter de rembourser et autoriser le pillage de la Grèce. Le pillage est la seule manière qui reste au système financier occidental pour faire de l’argent. Dans la course aux profits à court terme, les sociétés occidentales, encouragées et contraintes par le secteur financier, ont délocalisé à l’étranger l’industrie, la fabrica- tion et les compétences professi- onnelles, ainsi que la technologie de l’information et l’ingénierie des logiciels. Tout ce qui reste à l’Occident, ce sont les paris de casino sur les produits dérivés à effet de levier. Apple est une socié- té américaine, mais pas un seul ordinateur Apple n’est fabriqué aux États-Unis. Les gouvernements allemand, fran- çais et néerlandais, avec Washing- ton et le système financier occiden- tal, se sont prononcés en faveur du pillage. Pour qu’un pays puisse être pillé, il faut que la voix de son peuple soit réduite au silence. Voilà pourquoi les Allemands et l’UE contestent au gouvernement grec le pouvoir de confier au peuple grec le droit de décider de l’avenir de la Grèce. En d’autres termes, en Occident aujourd’hui, la souveraineté des peuples et la responsabilité des gouvernements sont incompatibles avec les intérêts financiers du 1%. Pour conclure : si la démocratie peut être détruite en Grèce, elle peut être détruite dans toute l’Europe. Le peuple ne tient pas seulement le sort de la démocratie occidentale entre ses mains, mais aussi le sort de la vie sur la terre. La méthode de Washington pour créer un con- flit avec la Russie est l’UE et l’Otan. En violation des accords[verbaux, NdT] passés entre Gorbatchev et les précédents gouvernements états-uniens, Washington a amené l’Otan aux frontières de la Russie et déploie actuellement plus de troupes, d’armements et de mis- siles sur les frontières russes, tout en tenant des propos agressifs à l’égard de la Russie. La Russie n’a pas d’autre choix que de viser ces déploiements militaires insensés. Comme ces derniers augmentent et que la pro- pagande occidentale irresponsable et totalement faussaire contre la Russie et le gouvernement russe dégénère, la guerre peut éclater. Il est clair que Washington et ses États vassaux ont évité la diploma- tie et ont recouru en lieu et place à la diabolisation et à des tenta- tives de coercition pour forcer la Russie à satisfaire les demandes de l’Empire. Cette politique irre- sponsable se poursuit malgré les nombreux avertissements du gou- vernement russe à l’Occident de ne pas poser d’ultimatum à la Russie. Comme les empires se caractéri- sent par l’arrogance et l’hybris, l’Empire n’entend pas les avertisse- ments. Nous avons récemment eu des menaces britanniques contre la Russie de la part du Premier min- istre marionnette de Washington à Londres, en dépit du fait que le Royaume-Uni ne peut engager aucune force contre la Russie et peut être détruit en quelques minutes par celle-ci. Cette sorte d’insanité est ce qui mène à la guerre. Le Premier ministre bri- tannique est cinglé, il pense qu’il peut défier la Russie. Washington prépare l’Armageddon. Mais la Grèce peut nous sauver. Tout ce que le peuple a à faire est de soutenir son gouvernement et d’insister pour que ce gouver- nement, le premier depuis long- temps à représenter les intérêts du peuple grec, envoie l’UE cor- rompue au diable, fasse défaut sur la dette et se tourne vers la Russie. Cela serait le début de la fin de l’UE et de l’Otan et cela sauverait le monde de l’Armageddon. Très probablement, l’Italie et l’Espagne suivraient la Grèce et sortiraient de l’UE et de l’Otan, puisque ces pays sont aussi visés par un pillage sans merci. L’UE et l’Otan, les supplétifs utilisés par Washington pour créer un conflit avec la Russie, se déliteraient. Le monde serait sauvé et devrait son salut à la capacité des Grecs à réaliser ce qui est réellement en jeu. Exactement comme ils l’ont fait à Marathon, aux Thermopyles, à Platées et à Mycale. Il est difficile d’imaginer un autre scénario qui nous sauverait de la Troisième Guerre mondiale. Prions pour que les Grecs comprennent la responsabilité qui est entre leurs mains, non seulement celle de la liberté mais aussi de la vie sur la terre. *Cet article est une traduction de l’article original en anglais “Greece Again Can Save The West” [ http://www.mondialisation.ca/ de-nouveau-la-grece-peut-sauver- loccident/5460271 ] pour Le Saker francophone. **L’ex-Secrétaire d’Etat Adjoint Paul Craig Roberts est très impli- qué dans des activités universita- ires aux Etats-Unis. Il est l’auteur de plusieurs publications du Global Research. Comme à Marathon, aux Thermopyles, à Platées et à Mycale, il y a environ 2500 ans, de nouveau, la liberté occidentale dépend de la Grèce. Aujourd’hui, Washington et son empire d’États vassaux européens jouent le rôle de l’Empire perse, et les Grecs ont, tardivement, formé un gouvernement, Syriza, qui refuse de se soumettre à l’Empire de Washington. La dette est la propagande à laquelle l’Empire recourt pour nier la souveraineté partout dans le monde occidental. / Photo: Mondialisation.ca
  12. 12. 12 | N0 32 LUNDI 6 JUILLET 2015 ÉCONOMIE 200 agro-entrepreneurs ciblés dans un projet innovantSource : Des jardins Développement International Une enquête démontre les impacts positifs d’un projet pilote mené par un consortium en Haïti afin de structurer et professionnaliser le secteur financier agricole. CRÉDITAGRICOLE L ’organisme canadien de coo- pération internationale « Développement international Desjardins » (DID), vient de compléter une enquête auprès de 200 entrepreneurs agricoles collabo- rant avec les institutions financières qui participent au projet « Système de financement et d’assurance agri- cole en Haïti (SYFAAH) » financé par le ministère canadien des Affaires étrangères, du Commerce et du Dével- oppement (MAECD). D’après cette enquête, « des impacts extrêmement positifs pour les emprunteurs » sont déjà enregistrés dans le cadre de ce projet dont la finalité est de stimuler l’économie agricole et rurale, de créer des emplois et d’améliorer la sécurité alimentaire en Haïti : 97 % des emprunteurs rappor- tent que « l’officier de crédit avec lequel ils ont fait affaire a bien analysé leurs besoins et leur a donné de bons conseils, résultat direct de la formation reçue par ces officiers ». Plus de 95% des répondants disent que le crédit reçu leur a permis « d’augmenter la superficie cultivée, d’acquérir de l’équipement, d’augmenter leur production ou d’augmenter leurs profits ». Les répondants sont par ail- leurs plus de 90% à déclarer « avoir dégagé un surplus de fonds après avoir remboursé leur prêt » et auraient donc amélioré leur situation financière grâce au crédit reçu. Grâce à cette amé- lioration, 95 % des répondants auraient réussi à mieux nourrir leur famille, 91,5 % réinvestissent dans leurs activités de production, 92 % financent l’éducation de leurs enfants et 84 % améliorent la résidence familiale. Les résultats de l’enquête révèlent que 90,5 % des emprunteurs manifestent leur intention de renouveler leur crédit auprès de la même institution financière dans les douze mois à venir. Ce projet, réalisé conjointement par DID, Financière agricole du Québec – Développement inter- national inc. (FAQDI) et l’Institut Interaméricain de Coopération pour l’Agriculture (IICA), vise à mettre en place en Haïti un système de financement et d’assurances agricoles, structurant ainsi de façon globale l’offre de services financiers destinés aux agro- entrepreneurs dans le but ultime de relancer l’économie agricole et rurale, créer des emplois et amé- liorer la sécurité alimentaire en Haïti. Ce système implique la professi- onnalisation du secteur en entier, c’est-à-dire le renforcement des capacités des agro-entrepreneurs, des institutions financières et de l’État afin de gérer efficacement deux fonds nationaux de garantie et d’assurances. Le projet SYFAAH est réalisé par un consortium formé de Dével- oppement international Desjar- dins (DID), Financière agricole du Québec – Développement interna- tional (FADQDI) et l’Institut inter- américain de coopération pour l’agriculture (IICA), en partenariat avec le ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR) d’Haïti. Il vise à mettre en place en Haïti un système de financement et d’assurances agricoles, struc- turant ainsi de façon globale l’offre de services financiers destinés aux agro-entrepreneurs dans le but ultime de relancer l’économie agri- cole et rurale, créer des emplois et améliorer la sécurité alimentaire en Haïti. Ce système implique la professi- onnalisation du secteur en entier, c’est-à-dire le renforcement des capacités des agro-entrepreneurs, des institutions financières et de l’État afin de gérer efficacement deux fonds nationaux de garantie et d’assurances À ce jour, trois institutions finan- cières haïtiennes y sont pleine- ment engagées dans le finance- ment de l’agriculture. Un fonds de garantie est en opération, un système d’assurance récolte est conçu pour la filière riz et de l’appui conseil est offert aux agro- entrepreneurs. DID agira à titre de gestionnaire du projet et contribuera à renforc- er l’offre de crédit agricole par les activités suivantes: •Sélectionner des institutions financières participantes; •Analyser leur marché potentiel dans le secteur agricole; •Établir une stratégie de profes- sionnalisation en crédit agricole; •Proposer une structure organisa- tionnelle adéquate; •Définir des produits de crédit adaptés; •Former le personnel spécialisé en crédit agricole; •Élaborer et mettre en place des normes de gestion et d’encadrement du risque de crédit. Développement international Des- jardins est une société canadienne spécialisée en appui technique et en investissement dans le secteur de la finance de proximité dans les pays en développement et en émergence. Le « zai » est une méthode qui leur a permis de revitaliser des sols et de produire à nouveau sur des terrains jadis impropres à l’agriculture. / Photo : © Ecodufaso
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  14. 14. 14 | N0 32 LUNDI 6 JUILLET 2015 SOCIÉTÉ » suite de la première page HAÏTISOCIÉTÉ/DROITSHUMAINS/PÉNITENCIERNATIONAL « Vivre dans un centre de déten- tion en Haïti, c’est apprendre à mener une vie en enfer », a laissé entendre Valcin Rodelin Jr, coor- donnateur général de KPNY. Le pénitencier national, un des plus grands centres de détention du département de l’Ouest, a été construit pour accueillir huit cent prisonniers. Aujourd’hui, plus de cinq mille prisonniers y sont enfermés. L’intérieur de ce centre de détention est divisé en zone. Chaque zone comprend plusieurs cellules. Chacune des cellules est contrôlée par un prisonnier. Il est surnommé « Major ». Ce dernier obtient cette fonction pour plus- ieurs raisons. Il peut être le plus violent, le plus « aksyonè » et/ou le plus ancien de la prison. Le major de la cellule doit faire son rapport au « major général » : celui qui a le contrôle de tous les autres majors de son carré. « Pour vivre dans une telle structure, il faut avoir le sens du respect », a expliqué l’ancien détenu. À « Titanic »1, 2, 3, 4, une des plus grandes zones ou sections de la prison civile de Port-au-Prince, une cellule d’une superficie de quatre mètres carrés environ peut contenir entre 80 à 90 détenus. « Ti Acier », en est une autre. Dans cette section, les cellules mesurent 1m 50. C’est dans cette section qu’on place ceux qui n’ont pas les moyens. Plus de 80 détenus y sont enfermés. Dans une autre zone nommée « Brick », 180 à 200 prisonniers partagent quelques mètres carrés. Ils y sont entas- sés comme des sardines. Sur des matelas pour enfants retrouvés dans cet espace, raconte Valcin Rodelin Jr, il faut 10 000 gourdes à un prisonnier s’il veut s’allonger. Sur deux de ces matelas réunis, six détenus peuvent s’entendre pour y passer la nuit. « Le pire, à l’intérieur de la prison civile de Port-au-Prince, c’est le business. Est vendu tout ce que l’on peut trouver dans la rue. La marijuana et la drogue aussi. On peut même jouer à la borlette, au poker. Tout y est vendu avec la complicité des geôliers et le major général de la prison. Les prison- niers font également du kidnap- ping à l’intérieur. Tout passe et doit passer par le major général avant d’atteindre les agents », explique Valcin. La population carcérale, estime par ailleurs le coordonnateur général de KPNY représente 1, 2 % de la population nationale. « Elle peut être gérée moyennant une prise en charge et un respect scru- puleux de ses droits ». Dans les différentes zones du Pénitencier national, il n’y a pas de toilettes. On en trouve seulement dans le « Hall 7», là où l’élite de la prison est incarcérée. Seuls les privilé- giés de la section peuvent faire leurs besoins dans un canal, où une puanteur exagérée peut hor- rifier les narines de ceux qui n’y sont pas habitués. Une puanteur à laquelle s’ajoutent mouches, cafards et autres insectes nuisi- bles. Ce qui empoisonne davan- tage l’existence des prisonniers. Les incarcérés ne veulent pas entendre parler d’isolement. Selon Valcin Rodelin Jr. c’est le plus grand mal qu’un geôlier puisse faire à un détenu. « Anba mach ». C’est un espace minus- cule, obscur, sous un escalier, où des bestioles de toutes sortes ont élu domicile. Le prisonnier, une fois qu’il s’y trouve, doit se recroqueviller pen- dant des jours sans avoir la possi- bilité de se tenir debout même une fois. C’est sous l’escalier qu’on lui apporte à manger. Si, au moment de trainer le chariot, un paquet de matière fécale tombe dans la nour- riture, raconte Valcin, on enlève le paquet et on donne le plat au prisonnier qui doit s’empresser de le recevoir pour ne pas crever de faim. « La prison civile de Port-au- Prince est génératrice de malades mentaux, d’infirmes et surtout de criminels endurcis. Passer six mois, un an voire dix ans dans ce centre, et on est pareil à quelqu’un qui se trouverait dans un drôle de coma. Cependant, il existe au Pénitencier national, des jeunes âgés entre 14 et 24 ans enfermés sans savoir pourquoi ils sont en prison et sans avoir rencontré même une fois leur juge naturel. C’est injuste », se plaint Valcin Rodelin Jr. Jugé non coupable, Valcin Rodelin Jr a été libéré, le 20 décembre 2013 après six mois d’emprisonnement. Aujourd’hui, il veut travailler pour le respect des détenus du pays. Pour cela, il vient de mettre sur pied une organisation. Sa mission consiste à plaider la cause des prisonniers, surtout ceux en situation irrégulière et qui se voient obligés de purger une peine allant de six mois à dix ans pour avoir volé un téléphone, couché avec la femme d’un com- missaire et pour voies de fait etc. Le coordonnateur de cette nou- velle organisation prévoit de leur fournir assistance juridique, éducative et médicale. Entre complicité, promiscuité et deshumanisationpar Joe Antoine Jn-Baptiste
  15. 15. LUNDI 6 JUILLET 2015 N0 32 | 15 SOCIÉTÉ A près le dernier amende- ment constitutionnel, il ne demeure pas moins vrai que la loi mère de la société est loin d’être un roman à lire pour chas- ser l’ennui. Il s’agit évidemment des prescritslégauxetjuridiquesrégissant les rapports entre les hommes et les institutions. À cet égard, l’éducation est définie dans son accessibilité par cette même constitution qui a été amendée au cours d’une période de tensions et de doutes politiques. C’est dans les articles 32 à 34.1 que sont définies les conditions d’accessibilité à l’éducation dont la principale fonc- tion est la formation des individus de la société haïtienne. L’éducation a été l’arme de la propagande et de la cam- pagne électorale du président Michel Joseph Martelly. Et le programme de scolarisation universelle, gratuite et obligatoire (PSUGO) a été l’initiative du gouvernement pour concrétiser les promesses électorales. Mais, tou- jours est-il qu’il faut questionner la correspondance entre le PSUGO, les lois constitutionnelles et les résultats enregistrés dans le système éducatif. La constitution stipule dans ses articles 32, 32.1, 32.3, que le droit à l’éducation pour tous, sans aucune discrimination, est garanti par l’État. Et l’article 32.6 qui a été amendé, l’idée de méritocratie traduisant la discrimination, est supprimée pour la garantie absolue de ce droit. Mais, les conditions objectives de l’application de ces lois n’ont jamais été crées par les pouvoirs publics. Ainsi, avons-nous toujours assisté à l’exclusion d’un nombre croissant des gens du système d’éducation publique. Mais, depuis le lancement du programme de scolarisation universelle gratuite et obligatoire et le décaissement des fonds pour son opérationnalisation, on s’attendait à voir la concrétisation des lois constitutionnelles sur l’éducation. En effet, ces subventions publiques auraient du permettre à ceux qui ont été toujours exclus du système éducatif, d’avoir un accès véritable au droit à l’éducation. Mais, les faits ne correspondent nullement aux attentes. Au fait, l’observation révèle qu’il n’y a eu aucune construction d’établissements scolaires pouvant accueillir les fils et les filles du pays, aucune formation de nouveaux enseignants, aucun nouveau programme scolaire élaboré en vue d’uniformiser la formation académique, qui auraient pu améliorer le système de l’enseignement scolaire. Certes, certaines difficultés observables dans le fonctionnement du système éducatif haïtien sont certainement liées au séisme dévasteur du 12 janvier 2010. Mais, il convient de faire remarquer que ce système a toujours enregistré des défaillances en raison de l’absence d’une vision étatique pour la massification et la démocratisation de l’éducation en Haïti. Les articles de la constitution relatifs au bien de l’éducation, parce qu’ils n’ont jamais été appliqués avec efficacité et efficience pour répondre aux besoins de la population, n’existent que pour être contradictoires aux faits du système éducatif. Nul ne peut prétendre ignorer les conditions dans lesquelles les enfants reçoivent la formation scolaire dont la qualité est très lacunaire. L’éducation demeure un bien de capitalisation privé qui profite aux directeurs d’écoles. Le tableau descriptif du système éducatif exprime qu’il s’agit plutôt d’un marché où l’État n’est pas le principal fournisseur de la formation. D’où la nécessité de questionner le programme de scolarisation universelle gratuite et obligatoire, qui aurait dû annoncer une réforme en profondeur du système éducatif. En quoi ce programme pouvait contribuer à solutionner un problème dont les causes sont politiques et historiques ? À quoi étaient destinés les fonds qui ont été décaissés pour opérationnaliser le programme ? Quel lien existe-t-il entre les exigences d’une formation scolaire devant être offerte par les institutions bénéficiaires du PSUGO et les exigences de la constitution ? En somme, comment le PSUGO aurait pu contribuer à améliorer le système éducatif, s’il ne l’a pas déjà rendu plus défaillant ? Ce sont autant de questionnements que nous devrions adresser aux décideurs politiques dont la mission est d’élaborer une politique d’éducation pour réaliser les vœux exprimés par les articles de la Constitution. En attendant que des réponses soient proposées pour apaiser les inquiétudes, la population doit croire que tout programme d’éducation devra permettre de massifier et de démocratiser l’éducation, en tenant compte d’une bonne formation scolaire. Car, elle a compris, du moins elle devrait comprendre que les programmes de réforme éducative ne correspondant pas aux besoins de la population, profitent aux dirigeants populistes et ne pourront jamais résoudre les problèmes d’un système dysfonctionnel. L’éducation ne doit plus être un outil de propagande, quand nous relisons les articles 32 et 32.7 de la Constitution haïtienne amendée qui fixe les droits des citoyens et les devoirs de l’État : Article 32 « L’État garantit le droit à l’éducation. Il veille à la formation physique, intellectuelle, morale, professionnelle, sociale, et civique de la population » Qui se lit désormais comme suit dans la constitution amendée «L’Étatgarantitledroitàl’éducation. L’enseignement est libre à tous les degrés. Cette liberté s’exerce sous le contrôle de l’État » Article 32.7 «L’État doit veiller a ce que chaque collectivité territoriale, section communale, commune, département soit doté d’établissements indispensables adaptés aux besoins de son développement, sans toutefois porter préjudice à la priorité de l’enseignement agricole, professionnel, coopératif, et technique qui doit être largement diffusé » Qui se lit désormais comme suit dans la constitution amendée « L’État doit veiller à ce que chaque collectivité territoriale soit dotée d’établissements adaptés à son développement » On suppose qu’il doit y avoir un rapport de complémentarité entre les lois constitutionnelles et les programmes gouvernementaux. C’est dans cette perspective qu’une société deviendra réellement l’émanation des lois que les citoyens se sont donné pour garantir le bien- être de tous. Si le PSUGO rend des services au gouvernement de Michel Joseph Martelly, il n’en rend aucun au peuple haïtien dont les fils et les filles n’ont pas toujours eu un accès réel à une éducation de bonne qualité. Quel lien entre le PSUGO et les lois constitutionnelles haïtiennes ?par CHERISCLER Evens (Boukman) HAÏTISOCIÉTÉ/ÉDUCATION/PROGRAMMEPSUGO Si, dans le pays, certaines pratiques et certains produits tendent à disparaître, il y en a qui existe encore et qui, semble-t-il, reste en vie malgré l’évolution de la société. Aujourd’hui, les « fresko » par exemple se vendent dans toutes les rues de la Capitale et dans ses agglomérations. Mais avec un élan vers la modernité qui tue le côté original et traditionnel du « Fresko » des années 90.
  16. 16. 16 | N0 32 LUNDI 6 JUILLET 2015 SOCIÉTÉ T rente-six lauréats du prix Nobel, réunis sur l’île de Mainau, sur le lac de Con- stance, en Allemagne, ont signé une déclaration dite « de Mainau » sur le changement clima- tique vendredi 3 juillet. Cinq mois avant la Conférence de l’ONU sur les changements climatiques (COP21), lors de laquelle 195 Etats pourraient adopter le premier accord universel sur le climat, le texte appelle « à pren- dre des mesures décisives afin de lim- iter les futures émissions mondiales de gaz à effet de serre ». Nous soussignés, scientifiques lauréats du prix Nobel, avons rejoint les rives du lac de Con- stance dans le sud de l’Allemagne afin d’échanger nos points de vue avec de jeunes chercheurs prom- etteurs qui viennent comme nous du monde entier. Il y a près de soixante ans, ici, à Mainau, une assemblée similaire de lauréats du prix Nobel de sciences a publié une déclaration sur les dangers inhérents à la nouvelle technolo- gie des armes nucléaires — une technologie résultant des avancées dans les sciences fondamentales. Jusqu’ici, nous sommes parve- nus à éviter une guerre nucléaire, même si la menace demeure. Nous pensons que notre monde est aujourd’hui confronté à une autre menace d’une ampleur com- parable. Des générations succes- sives de chercheurs ont contribué à créer un monde de plus en plus prospère. Cette prospérité s’est faite au prix d’une augmentation rapide de la consommation des ressources de la planète. En l’absence de maîtrise, notre demande sans cesse croissante en produits alimentaires, en eau et en énergie finira par dépasser la capacité de la terre à satisfaire les besoins de l’humanité, et mènera à une tragédie humaine générale. Déjà, les scientifiques qui étudi- ent le climat de la terre constatent l’impact des activités humaines. En réponse au changement cli- matique généré par l’homme, l’Organisation des Nations unies a créé le Groupe d’experts inter- gouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) afin de fournir aux décideurs mondiaux un résumé de l’état actuel des connaissances sci- entifiques pertinentes. Bien que loin d’être parfaits, les efforts qui ont conduit à l’actuel cinquième Rapport d’évaluation du GIEC représentent, à notre avis, la meilleure source d’information concernant l’état actuel des con- naissances sur le changement cli- matique. Nous ne le disons pas en tant qu’experts dans le domaine du changement climatique, mais plutôt comme un groupe diversifié de scientifiques qui ont un pro- fond respect et une compréhen- sion de l’intégrité du processus scientifique. Bien qu’il subsiste une incerti- tude quant à l’étendue exacte du changement climatique, les con- clusions de la communauté scien- tifique contenues dans le dernier rapport du GIEC sont alarmantes, en particulier concernant le main- tien de la prospérité humaine, en cas d’une augmentation de plus de 2 °C de la température moyenne mondiale. Le rapport conclut que les émissions anthropiques de gaz à effet de serre sont la cause prob- able du réchauffement climatique actuel de la Terre. Les prévisions formulées à partir des modèles climatiques indiquent que ce réchauffement va très probablement, au cours du prochain siècle, augmenter la tem- pérature de la Terre de plus de 2 °C par rapport à son niveau préindus- triel, à moins que des réductions spectaculaires ne soient faites dans les émissions anthropiques de gaz à effet de serre au cours des prochaines décennies. D’après les évaluations du GIEC, le monde doit faire de rapides progrès dans la réduction des émis- sions actuelles et futures de gaz à effet de serre afin de minimiser les risques importants de change- ment climatique. Nous pensons que les nations du monde doivent profiter de l’occasion donnée par la Conférence sur les changements climatiques des Nations unies à Paris, en décembre 2015, pour prendre des mesures décisives afin de limiter les futures émis- sions mondiales. Cet effort exigera la coopération de toutes les nations, dévelop- pées ou en développement, et il devra être poursuivi à l’avenir, en accord avec les évaluations sci- entifiques actualisées. L’inaction soumettra les générations futures de l’humanité à un risque inad- missible et inacceptable. Peter Agre, Michael Bishop, Eliza- beth Blackburn, Martin Chalfie, Claude Cohen-Tannoudji, Steven Chu, James Cronin, Peter Doherty, Gerhard Ertl, Edmond Fischer, Walter Gilbert, Roy Glauber, David Gross, John Hall, Stefan Hell, Serge Haroche, Jules Hoffmann, Klaus von Klitzing, Harold Kroto, William Moerner, Ferid Murad, Ei-Ichi Negishi, Saul Perlmutter, William Phillips, Richard Roberts, Kailash Satyarthi, Brian Schmidt, Hamilton Smith, George Smoot, Jack Szostak, Roger Tsien, Harold Varmus, Robin Warren, Arieh Warshel, Robert Wilson, Torsten Wiesel. Le glacier Colony au nord d’Anchorage, en Alaska. / Photo : Mark Thiessen /AP 36 Prix Nobel appellent à une action urgente contre le changement climatiqueSource: Le Monde.fr Sida: Un vaccin expérimenté sur des singes donne des résultats encourageantsSource: 20minutes.fr E tude D’après les chercheurs, le vaccin serait la meilleure stratégie de protection contre le VIH chez les humains... Un pas de plus dans la lutte contre le sida. Un vaccin expéri- mental contre le VIH (virus de l’immunodéficience humaine), testé sur des singes, a donné des résultats encourageants, selon une étude publiée ce jeudi dans la revue américaine Science. Ce vaccin « à double détente » consiste, dans un premier temps, à préparer le système immunitaire avec un autre agent pathogène avant de le doper avec une pro- téine se trouvant sur l’enveloppe du VIH. Celui-ci pourrait, d’après les auteurs de l’étude, être la meilleure stratégie de protection contre une infection par ce virus chez les humains. 50 % des singes ont été protégés grâce au vaccin Pour mesurer les effets du sérum, les chercheurs ont tout d’abord injecté à des singes un vaccin contre un adénovirus (des virus liés à de nombreuses infections humaines) de façon à mettre en éveil leur système immunitaire. Dans un deuxième temps, ils leur ont donné une sorte de rappel avec, cette fois, une protéine purifiée formant l’enveloppe du VIH, déclenchant ainsi une réac- tion plus vigoureuse des cellules immunitaires. Si l’on en croit les résultats de l’étude, le vaccin a permis d’obtenir une protection totale chez la moitié des douze singes contre une infection par le virus de l’immunodéficience simienne (VIS), similaire au VIH chez les humains. De surcroît, ces travaux démon- trent qu’il existe un lien très fort entre la capacité de protection de ce vaccin et le nombre d’anticorps produits pour combattre le virus. Des essais sur l’homme devraient voir le jour D’après Dan Barouch, virologue et professeur à la faculté de méde- cine de l’Université de Harvard, qui a participé à l’étude, cet essai « ouvre la voie à l’évaluation d’un vaccin candidat pour les humains ». C’est pourquoi le groupe phar- maceutique américain Johnson & Johnson, dont des chercheurs participent à ces travaux, recrute actuellement 400 volontaires aux Etats-Unis et au Rwanda pour mener un premier essai clinique. D’autres volontaires devraient être enrôlés en Afrique du Sud, en Ouganda et en Thaïlande.
  17. 17. LUNDI 6 JUILLET 2015 N0 32 | 17 CULTURE P lus d’un milliard de jeunes vivent sur la planète. Dans l’espace francophone, on dénombre à nos jours plus de 245 millions dans les États et gouver- nements membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Et ces jeunes femmes et hommes constituent la plus grande opportunité pour l’avenir de la fran- cophonie. Consciente de l’importance de leur rôle dans la promotion du développement durable de nos socié- tés, la francophonie les a toujours encouragés à s’investir pleinement sur la scène internationale afin qu’ils contribuent activement aux discus- sions sur les enjeux mondiaux. À ce titre, l’un des plus grands défis actuel pour la jeunesse est sans doute celui des changements climatiques. Dans ce contexte, la secrétaire générale de la Francophonie, Michaëlle Jean, invite la jeunesse à une grande consultation sur le développement durable dans la perspective de la 21e Session de la Conférence des parties à la con- vention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CdP21), un rendez-vous incon- tournable de l’agenda internation- al qui se tiendra à Paris, France, du 30 novembre au 15 décembre 2015. Plus de 5000 jeunes y ont déjà participé, soit à titre individuel, soit dans le cadre des réseaux de la jeunesse francophone. Les pre- miers résultats de cette mobili- sation affichent cinq priorités pour lutter contre les change- ments climatiques : diversité et solidarité, eaux et forêts, énergies propres, emplois verts, recyclage. S’inscrivant dans la continuité de cette campagne, un appel à can- didatures est lancé pour identifier une cinquantaine de jeunes fran- cophones engagés pour prendre part à un atelier international sur les changements climatiques. C’est ainsi que l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) invite les jeunes franco- phones à postuler pour partici- per à l’Atelier international fran- cophone de concertation sur les changements climatiques qui se tiendra du 27 au 30 juillet 2015 en Afrique centrale (le pays reste à préciser). Les candidats sélection- nés bénéficieront d’une prise en charge complète (transport, assur- ances, hébergement et restaura- tion) pour participer à cet atelier international francophone. Les participants à l’atelier part- ageront leurs expériences en matière de changements clima- tiques et recevront de nouvelles compétences pour les renforcer dans leurs activités de plaidoyer et de sensibilisation pour une par- ticipation bénéfique au sommet « Paris Climat 2015». De plus, parmi les participants, certains auront peut-être la chance de par- ticiper au Sommet « Paris Climat », en décembre prochain à Paris, qui rassemblera environ cinq mille jeunes en plus des nombreuses personnalités et personnes atten- dues. À une cause aussi noble, l’artiste haïtien Jean Jean Roosevelt affirme qu’il ne saurait rester les bras croisés. Médaillé d’or au con- cours culturel de la chanson lors de la 7e édition des Jeux de la francophonie, sa carrière a connu depuis une envolée fulgurante tant sur la scène nationale haïtienne que sur la scène internationale. Il fait usage de sa notoriété gran- dissante pour porter des messages d’amour, de solidarité et de part- age aux quatre coins du monde. Ainsi il associe ses écrits et sa voix à cette mobilisation comme il le fait aussi bien pour d’autres causes depuis le début de sa « Bal- lade ». « Je pense que ça peut aider à cette vaste campagne en vue d’attirer l’attention des gens du monde entier sur le réchauffement climatique », nous confie l’artiste. Les paroles ont une résonnance particulière au sein des commu- nautés francophones liées par la langue française et par le partage de valeurs communes. J'ai à cœur ma planètepar Elisée Décembre Jean Jean Roosevelt. / Photo: J. J. Augustin L’ATELIER,LACHANSON Dans l’objectif de sensibiliser les jeunes aux changements climatiques, la secrétaire générale de la Francophonie, Michaëlle Jean, ex-gouverneure du Canada, lance une campagne de consultation jeunesse sur l’environnement et le climat. Pour applaudir ce mouvement, le chanteur Jean Jean Roosevelt sort son nouvel opus : J’ai à cœur ma planète, thème même de cette mobilisation. La musique a fêté Havana Guitar Nightpar walcam L a fête pour les sept ans de Havana Guitar Night a été grandiose et les mordus du rendez-vous des jeudis avaient répondu aux organisateurs le 2 juillet à l’hôtel Royal Oasis. Le jardin de l’hôtel Royal Oasis a été pris d’assaut très tôt par de nombreux fans et musiciens venus faire la fête avec Berthony Raphaël et Harry Luc, les deux principaux animateurs de Havana Guitar Night. Dans l’assistance on a remarqué le commentateur politique Valéry Numa, le speaker Ed Lozama, Gary Bodeau, Mick Avin, le sénateur Steven Benoit, le délégué Wadner Joseph, Sandro (Ti Micky) Martel- ly, la styliste et fleuriste Ketty C. Defay, la commentatrice Shelove Perin, Patrick Moussignac P.-D.G. de la radiotélévision Caraïbes, et j’en passe. Les retardataires ont eu tort. Jusqu’à minuit trente, les specta- teurs ont applaudi les différents artistes qui ont défilé sur le podium. Il était clair que Havana Guitar Nigth leur manquait. Les Queen B., Mandela et Charline ont charmé et bien servi les spec- tateurs avec leurs compositions. Et comme la mission de Havana Guitar Night est de nous faire découvrir de nouveaux talents, des jeunes étaient au rendez-vous. De très jeunes chanteurs ont chanté pour le public qui n’a pas hésité à les applaudir. Ces jeunes voix sont à suivre, selon le musicien, pein- tre et professeur Richard Barbot. La fête allait continuer avec les confirmés, les ténors. D’abord, Dadou Pasquet qui, après une première prestation, a exécuté des morceaux instrumentaux et chanté des titres à succès de Magnum Band. C’est lui qui allait introduire la chanteuse guadeloupéenne Tanya Saint-Val en l’invitant à l’accompagner pour chanter « Se verite » ; point besoin de vous dire ce qui s’est passé dans les jardins de l’hôtel. La chanteuse guadeloupéenne nous a offert des compositions de Malavoi et a terminé son heure avec de la « biguine », le rythme de son pays. BIC, qui vient tout juste d’Europe, a débarqué pour ne pas rater cet anniversaire. Avec ses musiciens, sous les applaudissements du public, il a lancé son « chic-choc ». En profes- sionnel, la star a mis le feu sous les arbres à l’arrivée de Rutshelle Guillaume Dauphin. C’est cette dernière qui a clôturé cette belle soirée pour les sept années de Havana Guitar Night, sans oublier le passage éclair du rappeur Black Alex dans un jam avec elle. Bonne fête, Havana !

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