LES PME allemandesune compétitivité à dimension sociale et humaine

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Etude OSEO PME 2010, par Isabelle Bourgeois et René Lasserre CIRAC International.
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LES PME allemandesune compétitivité à dimension sociale et humaine

  1. 1. 181 LE S PmE aLLEmanDES unE cOmPétitivité à DimEnSiOn SOciaLE Et humainE OSEO Isabelle Bourgeois et René Lasserre cir a c in te rn ati o na l pme 2010 Actualité inTernaTionalDans l’économie allemande, les PME reprise du marché mondial dès la finjouent un rôle central. Si après la forte 2009, et particulièrement celle de la 2006récession entraînée par la crise finan- demande des économies émergentes,cière mondiale (le PIB avait chuté de les commandes affluent et la production4,7 % en 2009), l’économie allemande reprend. C’est l’ouverture internationalese redresse rapidement, c’est en effet de l’économie allemande qui expliqueessentiellement dû aux PME, grâce à la fois la forte exposition aux risquesauxquelles le moteur des exporta- externes mais aussi l’étonnante capa-tions redémarre, que l’investissement cité des entreprises à résister aux chocsreprend, que l’emploi a été préservé et qui s’ensuivent.que, rassurés par un taux de chômage Les performances économiques deparmi les plus faibles d’Europe (un peu l’Allemagne reposent sur ses PME bienplus de 7 %), les Allemands retrouvent plus que sur quelques grands groupesgoût à la consommation. mondialement connus. 25 % d’entreLa plupart des PME a en effet bien elles sont internationalisées, elles réa-résisté à la récession, saisissant la lisent près de 60 % du CA à l’exportcrise comme une opportunité pour de l’économie allemande, elles inves-gagner encore en compétitivité sur tissent massivement (la moitié desles marchés domestique, européen et investissements privés en RFA) et ellesmondial. La Fédération allemande des contribuent largement à l’innovation (encaisses d’épargne, dont les membres Allemagne, les entreprises contribuentsont les partenaires financiers tradi- à hauteur de 70 % aux dépenses detionnels des trois quarts des PME, va R & D). Leurs activités sont créatricesjusqu’à considérer que l’activité de ces d’emploi (elles occupent 70 % desdernières « constitue les fondations actifs), et elles forment bon an mal ansur lesquelles s’opère le retour de la quelque 1,4 million de jeunes apprentis.croissance ». 1 Si leurs produits et prestations jouissentLa récession était en effet « importée » : d’une haute réputation mondiale, c’estl’économie allemande étant spéciali- que les PME industrielles allemandessée dans les biens d’investissement, œuvrent essentiellement dans lesc’est la chute brutale de la demande secteurs globalisés que sont l’automo-mondiale qui avait ralenti l’activité bile, l’électrotechnique, la chimie et laindustrielle outre-Rhin, les économistes construction mécanique.sont unanimes sur ce point. Or avec la Plus important encore, les PME sont garantes de la culture industrielle et, plus fondamentalement, d’un système1. Deutscher Sparkassen – und Giroverband,Diagnose Mittelstand 2010 (www.dsgv.de). de valeurs sur lequel repose la cohésion
  2. 2. 182 sociale de l’Allemagne. Leur compéti- lité (99,7 %) des quelque 3,5 millions tivité qui s’exprime dans la réputation d’entreprises sont des PME. L’écrasante mondiale du made in Germany n’est majorité d’entre elles réalisent un CA infé- que le reflet intime du « modèle » éco- rieur ou égal à 1 M€ et occupe moins de nomique et social allemand. 10 salariés. Seulement 10 203 de toutes les entreprises recensées en Allemagne OSEO Les pme, « colonne réalisent un CA supérieur à 50 M€ 2, pla- vertébrale » de fond de CA dans la définition européenne de la PME. 3 Seules 11 293 entreprisespme 2010 l’économie ont un effectif supérieur à 250 salariés 4. Actualité Quelles que soient les statistiques Dans ce groupe, 6 000 occupent entre considérées, outre-Rhin, la quasi-tota 250 et 499 salariés, et 5 000 plus de 500. 5 inTernaTional TablEau 1 En aLLEmagnE, 99,7 % DES EntrEPriSES SOnt DES PmE Total PME % de PME Total (2008) 3,63 millions 3,62 millions 99,7 % – Entreprises inscrites au registre 3,55 millions 3,54 millions 99,7 % – Entreprises soumises à la taxe sur le CA 3,14 millions 3,13 millions 99,7 % – Entreprises artisanales 0,97 million - - – Professions libérales 1,05 million - - CA des entreprises soumises à la taxe sur le CA 5,15 Md€ 1,93 Md€ 37,5 % Salariés 30,01 millions 21,15 millions 70,5 % – dont apprentis 1,74 million 1,45 million 83,1 % CA domestique net de la RFA (2007) 47,3 % Source des données : IfM Bonn/DSGV, Diagnose Mittelstand 2010. N.B. : tous secteurs, sauf agriculture. Les critères quantitatifs communé- critères qualitatifs dont le premier est ment utilisés pour définir une PME le mode de gouvernance induit par (effectif, CA) ne permettent toute- la propriété du capital : le patron de fois pas de comprendre ce qui fait la l’entreprise en est également le pro- réalité d’un ensemble très disparate priétaire (ou en contrôle au moins le que les Allemands préfèrent appe- capital). Généralement familiales, les ler Mittelstand : « classe moyenne ». sociétés de personnes prédominent en Elle se définit avant tout par des effet en Allemagne. 2. Destatis, Statistisches Jahrbuch 2009 (www. destatis.de). L’Office fédéral des statistiques ne précise pas les catégories de CA supérieures. 3. Les définitions d’Eurostat et celles en vigueur en Allemagne diffèrent par contre quant à l’effectif : dans le premier cas, une PME a au maximum 249 salariés, dans le second, 499. 4. Destatis, op. cit. 5. Institut für Mittelstandsforschung, Die Volkswirts- chaftliche Bedeutung der Familienunternehmen, IfM- Materialien, no 172, avril 2007 (www.ifm-bonn.de). Cette étude de référence est une des rares à fournir des données plus précises.
  3. 3. 183 TablEau 2StatutS DES PmE aLLEmanDES Part des entreprises par catégorie de CA (*) faible moyen fort Total Part des entreprises ayant le statut de…Nombre d’entreprises (en milliers) 2 514 514 9 3 037Sociétés de capitaux, dont… 10,2 % 38,9 % 48,8 % 15,1 % OSEO– AG et KG a. A. (**) 0,1 % 0,8 % 8,7 % 0,2 %– GmbH (**) 10,1 % 38,1 % 40,1 % 14,9 % pme 2010Sociétés de personnes, dont… 88,0 % 58,1 % 42,1 % 82,8 %– KG et GmbH & Co. KG 2,0 % 13,4 % 37,5 % 4,0 % Actualité– OHG et GBR (**) 8,4 % 9,7 % 3,2 % 8,6 %– Entreprises individuelles 77,6 % 35,0 % 1,4 % 70,2 % inTernaTionalAutres (par ex. coopératives) 1,8 % 3,1 % 9,2 % 2,1 %Source des données : Destatis, statistiques fiscales (taxe sur le CA) ; état : 2005/Klaus-Heiner RÖhl, 2006« Fiscalité des PME : les effets pervers de réformes de 2008-2009 », in Bourgeois I. (dir.), PME allemandes :les clés de la performance, CIRAC, 2010.(*) Faible CA : 500 000 € ; CA moyen : de 500 000 € à 50 M€ ; fort CA : > 50 M€.(**) N.B. : AG = SA ; KG = société en commandite ; GmbH = sarl ; OHG = société en nom collectif ; GBR =société de droit civil.Le second est une excellente solvabi- Des pme activeslité : en 2008, la moitié des PME avait dans l’industrie etun ratio de fonds propres d’au moins les services liés13,9 % (voir infra) ; ce sont ces réserves Étant donné la complexité des critèresqui leur ont permis de ne pas avoir à retenus en Allemagne pour définir lesaffronter de restrictions du crédit ban- PME, les statistiques varient sensible-caire durant la récession. Le troisième ment selon les sources. Néanmoins,critère est l’indépendance statutaire et dans tous les cas, le nombre des PMEcommerciale par rapport à leurs clients, recensées est supérieur à trois mil-ce qui garantit l’autonomie opération- lions depuis dix ans. Si les entreprisesnelle et décisionnelle des PME et les industrielles stricto sensu (production)contraint à s’adapter en permanence à représentent moins d’un dixième duun environnement évolutif et hautement total, cela est dû à une nomenclatureconcurrentiel. Enfin, le quatrième est statistique quelque peu en retard surleur profond ancrage dans le « terroir » l’évolution des activités. En effet, prèset leur culture de travail en réseaux de d’un tiers des PME proposent des ser-partenariats. Ces quatre facteurs conju- vices aux entreprises, le plus souventgués favorisent la forte réactivité à la liées à l’industrie, qu’il s’agisse dedemande du marché qui est si caracté- logistique, d’ingénierie ou de presta-ristique des PME allemandes. tions immobilières. L’Allemagne est loin d’être désindustrialisée ; son industrie a changé de nature : c’est désormais une industrie de services.
  4. 4. 184 TablEau 3 StructurE DES EntrEPriSES Par taiLLE DE L’EFFEctiF Et Par SEctEur Entreprises …par nombre de salariés Total 0-9 10-49 50-249 > 250 Extraction de minéraux 2 640 1 970 538 112 20 OSEO Industrie 270 277 206 125 45 365 14 989 3 798 Eau et énergie 29 215 24 751 2 972 1 194 298pme 2010 BTP 382 736 348 204 31 636 2 705 191 Commerce et entretien auto. 737 182 679 892 48 156 7 772 1 362 Actualité Transports et stockage 128 431 111 286 14 043 2 643 459 Gastronomie/hôtellerie 270 864 258 308 11 011 1 393 152 inTernaTional TIC 125 329 115 945 7 223 1 772 389 Banque et assurance 60 025 55 944 1 982 1 330 769 Immobilier 297 423 294 048 2 838 472 65 Services scientifiques et 459 606 436 380 20 329 2 490 407 techniques (dont travailleurs indépendants) Autres services aux entreprises 158 070 142 656 10 630 3 998 877 Éducation 68 628 58 187 8 568 1 496 377 Prestations sociales, Santé 229 921 199 749 21 625 6 860 1 687 Arts, divertissement, loisirs 97 340 94 616 2 183 442 99 Autres services 233 553 222 958 8 537 1 715 343 Total 3 551 240 3 250 928 237 636 51 383 11 293 Source des données : Destatis, Statistisches Jahrbuch 2009 / I. Bourgeois (dir.), PME allemandes : les clés de la performance, CIRAC, 2010. Les pme ont grossi extension du marché communautaire au cours de la dans le fil de l’élargissement de l’UE décennie écoulée et montée en puissance des écono- mies émergentes. Ces mutations ont Le nombre des entreprises est resté déclenché un important mouvement stable depuis dix ans, mais on observe de concentration : aux cours des dix de grands changements dans leur dernières années, 7 PME sur 10 en taille. Le socle des PME au CA inférieur ont racheté une autre ou ont fusionné. à 5 M€ s’est légèrement rétréci, mais L’évolution est particulièrement pro- rassemble encore près de 2,3 millions noncée dans les branches industrielles d’entreprises. Le nombre des PME les plus exportatrices, et donc les au CA compris entre 5 et 50 M€ (les plus exposées à la concurrence glo- moyennes) n’a quant à lui pas varié. bale : chimie, métallurgie, construction C’est la catégorie supérieure qui a mécanique, électrotechnique, méca- grossi au cours de la décennie. 6 nique de précision. C’est dans ces Cet accroissement en taille est avant secteurs aussi que les entreprises tout la conséquence de l’évolution ont été à l’évidence les plus affectées du contexte des activités depuis les par la chute de la demande mondiale années 1990 : globalisation accélérée, en 2008-2009, et où l’activité est tirée numérisation des échanges, stabilité aujourd’hui par le redémarrage de monétaire au sein de la zone Euro, cette dernière. 6. Destatis/IKB Deutsche Industriebank, Unterneh- merthemen, avril 2007.
  5. 5. 185Des pme aux longtemps été leur principale faiblesse :finances solides le manque de capitaux propres. Dans toutes les catégories de PME, le ratioSi les PME allemandes ont bien résisté de fonds propres a ainsi considérable-à la récession, c’est qu’elles avaient ment augmenté et se situait en 2008 àaccumulé des réserves. Entre 1997 6,3 % pour les petites (CA inférieur àet 2004, la rentabilité de toutes les 1 M€), à 17,6 % pour les moyennes (CA OSEOPME s’était accrue de + 44,4 % en de 1 à 50 M€) et à 28,2 % pour lestermes nominaux selon la Bundesbank grosses (CA de plus de 50 M €) 7. C’est pme 2010(celle des grands groupes de + 11 % la raison pour laquelle l’Allemagne n’aseulement). Dans l’industrie, la hausse pas connu de credit crunch lors de la Actualitéa été de + 37,5 % et dans les services dernière récession ; car si le crédit auxaux entreprises, de + 40 %. Les PME entreprises s’est effectivement ralenti, inTernaTionalont su mettre à profit la modération c’était essentiellement faute desalariale de ces années et tirer les demande de la part des PME, la 2006enseignements de la récession de 2002 Bundesbank, la KfW, les Caissespour accroître leur compétitivité et pour d’épargne ou les CCI allemandes sontremédier également à ce qui avait unanimes sur ce point.Un ratio de fonds propres fonction de la taille et dusecteur d’activité des entreprisesLa valeur médiane du ratio de fonds propres (capitaux propres par rapport au totalbilan) du Mittelstand est passée de 10,8 % en 2006 à 13,9 % en 2008 (dernières don-nées disponibles). Mais comme toute valeur médiane, ce taux masque une grandediversité selon la taille de l’entreprise et son secteur d’activité. Les TPE, qui ne des-servent souvent qu’un marché local, voire de proximité (artisanat, par exemple), pré-sentent dans l’ensemble un très faible ratio. À l’opposé, à partir d’un CA de 500 000 €,ce ratio dépasse les 10 %. Dès un seuil de CA de 5 M€, le ratio médian dépasse les20 %, et se situe à 24,6 % dans la catégorie de 12,5 à 50 M€.La répartition de ces ratios par secteur d’activité révèle que c’est dans l’industrie, lesecteur qui est aussi le plus ouvert à l’international, que le taux de capitaux propres estle plus élevé, surtout dans la catégorie des moyennes et grosses PME (CA respective-ment de 5 à 12,5 M€ et de 12,5 à 50 M€). 2008 (taux médians) RFA BTP Services Commerce IndustrieMédiane Σ Mittelstand 13,9 % 9,0 % 14,5 % 12,6 % 19,7 %CA 5-12,5 M€ 20,5 % 12,3 % 25,1 % 18,0 % 25,5 %CA 12,5-50 M€ 24,6 % 12,4 % 29,4 % 21,7 % 28,9 %(Source : Fédération allemande des Caisses d’épargne, DSGV). 7. Finanzgruppe Deutscher Sparkassen – und Giro- verband, Diagnose Mittelstand 2010 (www.dsgv.de).
  6. 6. 186 Et si les grands groupes et les socié- elles ne réalisent que 20 % du CA total tés par action se plaignent de difficultés des exportations. On compte, selon les rencontrées auprès des banques com- sources, entre 300 000 et 400 000 PME merciales pour ouvrir une ligne de exportatrices. Mais leur activité interna- crédit, il n’en va pas de même des tionale ne se limite pas au commerce, PME. Elles s’adressent en effet en prio- car toutes pratiquent au moins une forme rité au réseau des Caisses d’épargne d’internationalisation : si elles vendent OSEO (Sparkassen) qui, avec plus de 13 000 hors des frontières, elles y investissent filiales réparties sur l’ensemble du terri- aussi, y ont ouvert une succursale oupme 2010 toire et une part de marché de plus de pris une participation dans une société Actualité quelque 40 % sur le segment du crédit étrangère. La Fédération allemande de aux entreprises, est le partenaire établi l’industrie (BDI) révèle dans une étude 8 inTernaTional des PME. Or la proximité avec le client, que plus des deux tiers des PME indus- les liens de confiance qu’elle permet trielles ont développé leurs activités à d’établir sur le long terme, sont déci- l’international : si la moitié d’entre elles sives pour l’accompagnement durable se contente d’exporter, une sur dix des PME. C’est ainsi que les caisses investit et un gros quart a engagé des d’épargne estiment que même les 20 % liens de coopération avec des homolo- de PME qu’elles considèrent comme gues étrangers. durement affectées par la récession en 2009 n’en sont pas moins solvables, Le degré car foncièrement assises sur des bases d’internationalisation solides ; seules 5,6 % des PME sont des pme est fonction condamnées. de leur taille et du Même durant la récession, la structure secteur d’activité traditionnelle du financement des PME Pour franchir les frontières, une cer- est donc restée intacte, les entreprises taine taille est requise, tant en ce qui ayant rationalisé leurs activités et accu- concerne les ressources humaines que mulé des réserves suffisantes. Tout le capital-développement. Mais par- au plus rencontrent-elles actuellement delà ce constat, le facteur déterminant quelques difficultés de trésorerie ; mais est l’appartenance sectorielle. Dans elles sont assurées du soutien principa- les services, les entreprises sont géné- lement des caisses d’épargne. ralement plus petites, et les activités hors des frontières impliquent moins de Des pme très coûts fixes que dans l’industrie. C’est ouvertes au monde en partie ce qui explique par exemple que la moitié des PME investissant hors Alors que les PME réalisent plus de d’Allemagne réalisent un CA inférieur à 40 % du CA domestique de l’Allemagne, 1 M€. 8. BDI Mittelstandspanel, 2005 (www.bdi-online.de).
  7. 7. 187 TablEau 4DEgré D’intErnatiOnaLiSatiOn DES PmE inDuStriELLES aLLEmanDES Type de PME PME non Présentes …dans 1 à …dans ≥ 4 internatio- dans l’UE 3 régions régions naliséesEffectif moyen 24 43 74 372CA moyen (en M€) 4,1 7,7 13,0 57,6 OSEOMarge > 5 % du CA (en % des PME) 27,8 37,5 43,7 42,1Taux d’exportation (en %) – 11,2 28,1 50,9 pme 2010Source des données : IfM, Die Bedeutung der aussenwirtschaftlichen Aktivitäten für den Mittelstand, 2007(www.ifm-bonn.de)/ I. Bourgeois, op. cit. NB : Calculs de l’institut IfM sur la base du BDI-Mittelstandspanel du Actualitéprintemps 2005. Base : 106 398 PME industrielles. inTernaTionalRépartition géographique phase d’internationalisation de l’éco-des activités à nomie allemande au cours des années 2006l’international du « miracle économique », choisissentLe premier pas hors d’Allemagne mène aujourd’hui des destinations plus loin-toujours une PME dans un des pays taines, notamment les marchés d’Asie.voisins au sein de l’UE et surtout de Mais généralement, toutes suivent plusla zone euro, la France venant loin en ou moins leurs partenaires, reproduisanttête des destinations. L’acquis com- hors d’Allemagne le mode de fonction-munautaire, la stabilité monétaire, les nement en réseaux de partenariats.faibles distances à parcourir, limitent les L’exemple le plus parlant de ces choixrisques et les coûts. Les plus grandes, de localisation est celui de la constitutionqui avaient souvent déjà étendu leurs des grappes d’activité dans la filière auto-activités en Europe depuis la première mobile au sein de l’espace européen. TablEau 5réPartitiOn régiOnaLE DES invEStiSSEmEntS DirEctS SOrtantS PargranDS SEctEurS UE 15 PECO a) AutresPME ayant une succursale/filiale hors d’Allemagne b)Industrie 71,2 % 29,9 % 43,3 %Commerce 95,6 % 36,7 % 10,3 %Services 64,5 % 3,3 % 35,9 %Total 73,6 % 18,1 % 31,8 %PME ayant une part de capital dans une société étrangère c)Industrie 72,4 % 18,6 % 48,3 %Commerce 58,2 % 53,0 % 7,4 %Services 83,7 % 18,1 % 18,1 %Total 72,2 24,5 % 21,8 %Source des données : IfM, op. cit. / I. Bourgeois, op. cit. Calculs effectués par l’IfM sur la base de l’enquêteMIND 2005. N.B. Plusieurs réponses possibles. a) Il s’agit des 12 nouveaux états membres ayant rejoint l’UEdepuis 2004 ; b) base : 31 000 PME disposant d’une succursale/filiale hors d’Allemagne ; c) base : 21 000PME ayant des parts dans le capital d’une société étrangères.
  8. 8. 188 Une stratégie de première consiste à ouvrir un nouveau croissance organique débouché (export) et/ou à assurer l’ap- hors d’Allemagne et provisionnement (import). Ensuite, pour d’intégration dans garantir la fluidité de la production, elles le nouveau partage ouvrent une succursale ou filiale. Une mondial du travail fois la croissance des activités assurée OSEO Les PME allemandes suivent une stra- sur cette base, elles prennent éventuelle- tégie de développement étape par ment une participation dans une sociétépme 2010 étape hors des frontières nationales. La étrangère pour pérenniser leurs activités. TablEau 6 Actualité LE DEgré D’intErnatiOnaLiSatiOn DES PmE aLLEmanDES Par tyPE D’EngagEmEnt inTernaTional Nombre en % PME internationalisées (tous types d’engagement) 381 000 29,6 – une seule forme d’engagement 357 000 27,8 – import/export seulement 340 000 26,4 – ID seulement 16 000 1,2 – filiale/succursale seulement 8 000 0,6 – part de capital seulement 4 000 0,3 – les deux 4 000 0,3 – deux formes d’engagement 24 000 1,9 – import/export et ID 24 000 1,9 – import/export et succursale/filiale 11 000 0,8 – import/export et part de capital 6 000 0,4 – import/export + succursale/filiale + part de capital 8 000 0,6 Source des données : IfM, op. cit. I. Bourgeois, op. cit. Calculs effectués par l’IfM sur la base de l’enquête MIND 2005 et des statistiques fiscales (taxe sur le CA) 2003 fournies par Destatis en 2005. N.B : le corpus se compose de PME dans l’industrie et les services au CA compris entre 100 000 € et 50 M€, de PME du commerce de détail au CA de 250 000 € à 50 M€ et de PME du commerce de gros au CA de 500 000 € à 50 M€. Le nombre de PME entrant dans chaque rubrique de ce tableau est calculé sur la base des statistiques 2003 sur le CA établi par taille du CA et par secteur d’activité (base : 1 286 023 PME). Leur ouverture au monde a été forcée chaîne de valeur, les PME allemandes par la globalisation (et l’insertion des se sont montrées proactives, saisis- PECO dans le marché communautaire sant ces bouleversements comme une dès le milieu des années 1990). Les chance pour réviser leur stratégie. PME en ont d’abord subi les effets sur Face à la multiplication de l’offre de le marché domestique sous la forme produits de masse, souvent low cost, d’une concurrence intensifiée (arrivée en provenance des économies émer- de concurrents et de produits étran- gentes, les PME allemandes ont choisi gers), puis de la perte progressive de la spécialisation et la concentration leurs principaux clients qui préféraient sur un cœur de métier. Elles ont alors acheter désormais leurs biens intermé- développé leurs exportations et choisi diaires dans les pays à bas salaires, et d’acheter leurs biens intermédiaires (en enfin de la délocalisation de la produc- Allemagne ou hors du pays) plutôt que tion par les grands groupes dont elles de les produire elles-mêmes. Souvent étaient sous-traitantes. Face à ces aussi, elles ont délocalisé tout ou partie mutations qui remettaient en question de leur production pour suivre la migra- les positions établies et fractionnaient la tion de leurs clients stratégiques.
  9. 9. 189 TablEau 7POurquOi LES PmE aLLEmanDES invEStiSSEnt à L’étrangEr(mOtivatiOnS cLaSSéES Par imPOrtancE : 1 = trèS imPOrtant ; 5 = SanSimPOrtancE) Industrie Commerce Services TotalConquérir de nouveaux marchés 2,1 2,0 1,8 1,9Préserver les positions sur les marchés existants 2,0 1,6 1,7 1,8 OSEOSources d’approvisionnement à prix attractifs 2,7 3,4 2,9 2,9Différentiel salarial avantageux 2,9 4,3 3,3 3,3 pme 2010Salariés qualifiés 3,3 4,1 3,2 3,4Environnement de R & D porteur 4,5 4,4 4,1 4,3 ActualitéSubventions 4,3 4,4 4,3 4,3Source : KfW, Die Globalisierung des Mittelstands : Chancen und Risiken, 2006 / I. Bourgeois, op. cit. N.B. : inTernaTionalrésultat de deux sondages réalisés en 2004 et 2005 par Creditreform, la KfW et l’institut RWI d’Essen auprèsd’un panel de 9 000 PME ; plusieurs réponses possibles. 2006Ce mouvement, d’abord le propre de Les programmes d’aidel’industrie, s’est rapidement étendu à l’internationalisationaux services liés. Le principal motif de ont peu d’effet,ces délocalisations est la conquête de les pme préférantnouveaux marchés et/ou la préserva- l’auto-organisationtion des parts de marché existantes, le Pour franchir les frontières, les PMEdifférentiel salarial n’étant qu’un critère agissent le plus souvent de leur propremarginal pour des entreprises dont la initiative, effectuant des choix auto-compétitivité repose sur la spécialisa- nomes guidés par l’expérience detion dans le segment des moyennes et leurs partenaires et concurrents. Peuhautes technologies, et la réputation de d’entre elles recourent aux innom-haute qualité comme de fiabilité. brables programmes d’incitation àL’accélération de la globalisation les a l’internationalisation (plus de 140) queainsi poussées à développer hors d’Al- proposent en Allemagne la Fédération,lemagne leur mode de fonctionnement les diverses institutions fédérales, lesen réseaux. Mais toutes ont gardé un 16 Länder (les états fédérés mènentancrage fort dans leur territoire, conser- leur propre politique de développementvant leurs effectifs en Allemagne. Au économique), les CCI, les chambrestotal, en assurant ainsi la pérennité de de métiers ou celles du commerceleur activité, en accroissant leur compé- extérieur. Les mesures proposéestitivité mondiale, les PME ont contribué (soutien des activités hors du terri-à stabiliser l’emploi en Allemagne. Ce toire, orientation sectorielle, aidessont en effet les sociétés à capitaux par zone géographique) laissent les(des grands groupes pour la plupart) PME largement indifférentes. Elles nequi délocalisent les fonctions inten- sont visiblement pas adaptées à leurssives en main-d’œuvre ; les familiales besoins, car seuls les grands groupes(presque toutes les PME), fidèlement y recourent. Souvent, les PME ne lesà leur culture de réseau qui favorise la connaissent même pas, faute de tempsdiffusion des savoirs, développant hors pour les prospecter.d’Allemagne les fonctions intensives en Par contre, elles recourent volontierssavoir. aux services de veille économique
  10. 10. 190 des pays d’accueil que proposent les entreprises qui investissent le plus chambres du commerce extérieur. dans ce domaine ; un petit tiers seule- Mais leur préférence va de loin à ment des sociétés moyennes (entre 100 l’accompagnement que leur offre une et 500 salariés) s’impliquent, et seule- institution issue de la société civile ment un gros dixième des plus petites. et pilotée conjointement par les syn- Mais depuis le début du millénaire, les OSEO dicats, le patronat et des fédérations PME montent en puissance : si leur part professionnelles : le Centre de rationa- dans le total des dépenses de R & D estpme 2010 lisation et d’innovation des entreprises restée aux alentours de 13 %, leur part allemandes (Rationalisierungs – und dans le total des effectifs de R & D s’est Actualité Innovationszentrum der Deutschen accru, passant à 20 %. En effet, les Wirtschaft). Ce RKW au statut PME mènent de plus en plus leur R & D inTernaTional d’association, un réseau d’aide à l’auto- en interne : plus des deux tiers des organisation des PME né à l’origine en PME industrielles innovantes disposent 1921 et recréé en 1951 dans le cadre de leur propre division de R & D. du Plan Marshall, a pour mission d’ac- Cet investissement dans la R & D est lui compagner les PME dans leur stratégie aussi une réponse à la globalisation des de compétitivité, qu’il s’agisse de R & D, activités et s’accompagne d’une spé- d’organisation ou de modernisation des cialisation prononcée. Peu connues du qualifications. Son approche « intègre grand public parce qu’elles consacrent les différentes perspectives de tous les peu d’énergies à la communication, un acteurs impliqués dans le processus certain nombre de ces PME proactives économique », à commencer par les sont ce que les Allemands appellent entreprises, et en y associant les parte- des « hidden champions » : des leaders naires sociaux et le monde scientifique européens ou mondiaux incontestés (www.rkw.de). sur un segment high-tech extrêmement pointu (marché de niche), comme par Les pme allemandes exemple les colles pour cartes à puce. sont particulièrement Ce sont souvent des PME moyennes au CA inférieur à 50 M€, mais à fort effectif innovantes (proche de 250), celui-ci étant très hau- Traditionnellement, en Allemagne, tement qualifié. Et ces championnes les deux tiers des dépenses de R & D discrètes assurent généralement une (elles atteignent au total 2,53 % du PIB fonction de locomotive dans leurs selon la Commission européenne) sont réseaux, tirant leurs partenaires imputables au secteur privé (entre- vers l’excellence et de forts gains de prises). Certes, ce sont les grands compétitivité.
  11. 11. 191 TablEau 8DéPEnSES DE r & D DES EntrEPriSES DanS LES PrinciPaux SEctEurSinnOvantS En aLLEmagnE (2006-2009) Dépenses de R & D (en Md€) 2006 2007 2008 2009 *) Total (en Total (en Total (en Total interne) interne) interne) OSEOProduction manufacturière 47 299 37 035 47 770 38 159 51 264 41 001 51 346– chimie 9 048 7 066 8 064 6 460 8 297 6 646 8 259 pme 2010dont production pharma. 5 393 3 648 4 504 3 312 4 666 3 414 4 565– construction mécanique 4 673 4 255 5 207 4 763 5 535 5 042 5 486 Actualité– électrotechnique 10 554 8 267 10 085 8 157 10 800 8 683 10 395– automobile 19 799 14 691 20 884 15 610 23 114 17 458 23 714 inTernaTionalServices aux entreprises 3 760 3 399 4 399 3 934 4 740 4 107 4 663Total 51 980 41 148 53 447 43 035 57 304 46 073 57 404 2006< 250 salariés 6 559 5 798 4 882 4 309 5 154 4 501 5 077250-499 salariés 2 563 2 266 51 722 41 296 51 909≥ 500 salariés 44 980 35 045 45 573 36 184Institutions AiF **) 441 304 428 276 428 276 418Source des données : Stifterverband für die deutsche Wissenschaft, FUE-Datenreport 2010/I. Bourgeois, op.cit. *) Dépenses projetées. **) Instituts et centres de recherche appliquée du réseau de l’Arbeitsgemeinschaftindustrieller Forschungsvereinigungen e. V. (AiF).Une nouvelle politique disproportionnée. Leur logique adminis-publique de soutien trative est incompatible avec la gestionà l’innovation, mieux du temps (ressource clé dans une petiteadaptée aux pme entité) dans une PME.Les plus actives en la matière sont Ce constat a incité les pouvoirs publics àcelles qui bénéficient (plus de la moi- lancer un nouveau programme, rassem-tié des PME industrielles) d’un des blant sous un guichet unique les mesuresinnombrables programmes d’aide à l’in- du gouvernement fédéral s’adres-novation que proposent la Fédération sant aux PME innovantes : Zentralesou les Länder, indépendamment ou Innovationsprogramm Mittelstand (ZIM).non de la politique européenne en Lancé en juillet 2008, il court jusqu’à lala matière. Mais ces programmes fin 2013. Et dans le cadre des politiquessemblent eux aussi mal adaptés à leurs de soutien à la conjoncture 2009/10, lesbesoins et modes de fonctionnement, moyens alloués ont été augmentés, desurtout à ceux des entreprises de moins sorte que le montant des aides s’élèvede 250 salariés ; c’est ce qui explique à 2,2 Md€ sur cette période. L’objectifque les trois quarts des aides publiques de ZIM, qui conjugue politique généralevont aux grandes entreprises. Outre de soutien au Mittelstand et politiqueun problème de visibilité, ces pro- de soutien à l’innovation technologique,grammes ont un handicap majeur aux est de développer la proximité de layeux des PME : leur mise en œuvre est R & D avec le marché en promouvant lad’une extrême complexité et s’accom- constitution de réseaux de partenariats,pagne d’une charge bureaucratique y compris transnationaux.
  12. 12. 192 Les trois modules du programme ZIm (1) ZIM-KOOP : projets de coopération entre plusieurs PME, entre des PME et des centres de recherche appliquée. Dans la limite d’un plafond de 350 000 € par projet, le soutien public s’échelonne entre 35 % et 50 % du coût prévisionnel du projet, le taux maximal étant réservé aux PME de moins de 50 salariés. Les centres de recherche OSEO impliqués se voient, eux, verser jusqu’à 100 % du coût. Gestionnaire : Arbeitsgemeins- chaft industrieller Forschungsvereinigungen ‘Otto von Guericke’ e. V. AiF ;pme 2010 (2) ZIM-NEMO : projets de constitution de réseaux de six PME au moins. Le soutien est alors destiné aux prestations liées au management et à l’organisation du réseau. Actualité Dans la limite d’un plafond de 350 000 €, les charges salariales du manager de réseau sont subventionnées à hauteur de 70 % la première année, de 50 % la deuxième et de inTernaTional 30 % la troisième. Gestionnaire : VDI/VDE Innovation und Technik GmbH ; (3) ZIM-SOLO : projet isolé présenté par une PME et visant le développement de produits, process et prestations techniques innovants. La contribution ZIM couvre dans ce cas entre 25 % et 45 % du coût total (maximum : 350 000 €), les PME est- allemandes continuant de percevoir les subventions les plus élevées. Gestionnaire : EuroNorm GmbH. S’y ajoute, pour les modules (1) et (3), un soutien aux activités de conseil et pres- tations liées au développement du projet (études de marché, veille en matière de brevets, etc.) à proportion de 50 % au maximum des frais engagés (plafond : 50 000 € par projet). Les projets sont sélectionnés par un jury composé de 15 experts issus des milieux scientifiques et économiques. L’ensemble des mesures existant à l’échelon fédéral est consultable sur le portail www. foerderinfo.bund.de Le programme ZIM mise sur la culture de 9 500 projets ont été retenus, les de la coopération et du partenariat en trois quarts des aides allant à des PME réseaux qui est un des facteurs struc- de moins de 50 salariés. 10 turels du schéma d’innovation allemand et qui explique la forte implication Une approche de des entreprises. Cette approche se l’innovation qui ne se conjugue avec celle de la politique des résume pas à la R & D clusters que mènent la Fédération et Indépendamment de tous les pro- les Länder dans le cadre de la politique grammes existants, même au d’innovation européenne 9. Enfin, ce paroxysme de la crise, les PME n’ont programme révèle l’approche du bottom pas réduit leurs efforts en matière d’in- up qui caractérise toutes les politiques novation. La première des raisons est allemandes de soutien à l’innovation et qu’elles disposaient de suffisamment qui s’exprime dans une logique d’offre : de réserves pour les poursuivre ; elles les pouvoirs publics se contentent de financent en effet 71 % de leurs dépenses mettre à disposition des acteurs pri- sur fonds propres (voir page 201 l’ana- vés des moyens pour leur permettre de lyse de la KfW). réaliser plus facilement les projets que La deuxième est révélatrice de la straté- ces derniers ont eux-mêmes définis. Ce gie poursuivie par les PME allemandes : programme semble bien répondre à la elles considèrent qu’une adaptation demande des PME : actuellement, plus permanente à l’évolution du contexte de 9. I. Bourgeois (dir.), Allemagne : compétitivité et dynamiques territoriales, CIRAC, 2007. 10. Ministère fédéral de l’Économie (www.bmwi.de).
  13. 13. 193leurs activités est la condition sine qua des PME allemandes, puisque « lanon de leur compétitivité. Or l’activité de R & D n’est qu’une composante parmiveille permanente qu’implique cette atti- d’autres des processus d’innovation »,tude est particulièrement développée en résume l’EFI, ce dernier incluant « lesAllemagne. Structurellement, du fait du nouveautés techniques, organisation-polycentrisme des pouvoirs et institu- nelles, sociales ou autres dont la misetions (la RFA fédère 16 états largement en œuvre est tentée ou couronnée de OSEOsouverains, notamment en matière bud- succès ». Cette approche large, holis-gétaire), la cohésion des décisions est tique, qui place le facteur humain au pme 2010assurée par un flux permanent et omni- centre du processus, est celle qui pré-directionnel d’information dans lequel Actualité vaut officiellement en Allemagne depuisles médias d’information générale et le début du millénaire, et qui a fait éga-spécialisée jouent un rôle fondamen- inTernaTional lement son entrée voici peu dans letal. Institutionnellement, les PME sont tableau de bord de l’innovation de l’UE 2006informées également par les chambresconsulaires qui sont leur émanation et (EIS 2008).assurent la diffusion du savoir, y com- L’innovation est dès lors la résultantepris sous la forme de transfert avec les des efforts de tous les acteurs : lescentres de recherche appliquée. Enfin, chercheurs, les patrons, mais aussi lesles savoirs circulent « humainement » syndicats. Elle repose donc sur unepuisque les salons professionnels et culture collective du changement. Parmifoire-exposition qui sont profusion sur les nombreuses institutions impliquéesl’ensemble du territoire allemand offrent dans ce processus soit en tant qu’ac-en permanence des plateformes d’infor- teurs soit en tant qu’observateurs (dontmation et d’échanges et permettent de les instituts Fraunhofer, spécialisésnouer ces relations de confiance sur dans la recherche appliquée en lien aveclesquelles reposent les partenariats en les PME ; www.fhg.de), il en est une quiaffaires. incarne cette approche dans sa versionOutre-Rhin, ce sont les PME indus- la plus immédiate : le centre RKW (voirtrielles qui tirent l’innovation. Dans supra). Ce qui en fait la singularité etl’industrie en effet, le taux moyen traduit le caractère partenarial de l’inno-d’entreprises innovantes est de 58 % vation dans les entreprises allemandes,selon l’EFI, une commission d’experts c’est que les syndicats en sont cofon-indépendants qui évalue le potentiel dateurs. Or les syndicats sont aussiallemand et conseille le gouvernement institutionnellement impliqués dans lafédéral. Celle-ci souligne que les PME marche des affaires comme dans la« sont déterminantes pour la diffusion qualification des salariés. Ils formentlarge et en profondeur de l’innova-tion… dans l’économie » (rapport 2008 ; les représentants des élus des salariéswww.e-fi.de), dans la mesure où elles élus au Conseil d’établissement présentsont intégrées dans des réseaux de par- dans toute entreprise occupant plus detenariats et que les plus en pointe tirent 5 salariés ; ces conseils ont un largeainsi les autres – clients, fournisseurs pouvoir consultatif dans les décisionsou partenaires - vers le haut. C’est donc relatives à l’organisation de la produc-principalement par les liens commer- tion, et donc de l’innovation produit ouciaux et les échanges entre personnes process. Autrement dit, directement etque s’effectue cette diffusion. indirectement, les syndicats allemandsLe seul critère des dépenses de R & D accompagnent le changement et, loinn’est toutefois pas suffisant pour éva- de le freiner, y participent activementluer l’ampleur de l’effort d’innovation dans la plupart des cas.
  14. 14. 194 Forces et faiblesses Cologne) crée un terreau favorable à la créativité comme à la productivité, des pme allemandes puisqu’elle s’accompagne d’une forte En Allemagne, l’environnement réservé concentration de main-d’œuvre haute- aux activités est favorable à l’activité ment qualifiée. des PME et de l’entreprenariat en géné- L’environnement est d’autant plus OSEO ral. Néanmoins, si les PME jouissent favorable à la créativité, terreau de l’in- d’une haute considération, les poli- novation, que les Länder se livrent une tiques, fiscales notamment, restent concurrence acharnée en matière depme 2010 encore trop centrées sur les besoins politique structurelle régionale. Ils sont Actualité des sociétés à capitaux que sont la plu- en effet largement autonomes pour la part des grands groupes. De même, un mise en œuvre sur leur territoire des inTernaTional certain nombre de forces propres aux politiques qu’ils contribuent à définir sociétés de personnes que sont la plu- à l’échelon fédéral (via leur représen- part des PME risquent aujourd’hui de tation qu’est le Bundesrat). Cette se transformer en handicaps, ainsi la concurrence ou confrontation des best délicate question des successions ou le practices dans les états membres de manque croissant de main-d’œuvre. la RFA que sont les Länder tire la com- pétitivité de l’ensemble de l’Allemagne, polycentrisme des puisqu’elle permet de tester sur le activités et diversité des terrain des politiques économiques spé- politiques économiques cifiques. Parfois, un modèle s’impose à L’Allemagne est une économie indus- l’ensemble du pays, comme ce fut le trielle ; cela signifie que l’industrie est cas de la politique de soutien aux PME omniprésente, réunie par grappes d’ac- lancée par la Bavière dans les années tivité sur l’ensemble du territoire. Ces 1960 et qui a largement inspiré l’actuelle grappes (ou clusters) se sont dévelop- politique du gouvernement fédéral en pés au fil du temps, trouvant souvent la matière et incité d’autres Länder à leur origine dans l’histoire de l’industria- développer la leur. Or la diversité de lisation de l’Allemagne à la fin du XIXe, ces politiques, qui relèvent toutes d’une une époque où s’étoffait également un logique d’offre, permet de tenir compte réseau d’infrastructures très denses. des spécificités locales ou régionales, Le premier facteur structurel de com- et de limiter ainsi les asymétries dans pétitivité des entreprises allemandes l’information qui sont le principal handi- est en effet leur concentration sur les cap des politiques uniformes définies à points nodaux des réseaux de trans- l’échelon central. ports au maillage étroit. La politique des Or si on excepte quelques aides spé- clusters, de facture très récente en com- cifiques, ces politiques officiellement paraison, se contente généralement de dédiées aux PME se résument en réalité communiquer sur ces partenariats éta- à un ensemble de politiques cherchant à blis de longue date entre universités, améliorer le cadre réservé aux activités : centres de recherche appliquée (dont elles incluent par exemple la politique les innombrables Instituts Fraunhofer) d’éducation/formation (chaque Land est et entreprises, et de mettre à leur dis- souverain en la matière), la politique uni- position des moyens dans une logique versitaire, de recherche et d’innovation, d’offre ; les pouvoirs publics en restent ou encore la politique structurelle (en absents en tant qu’acteurs. Or cette matière d’énergie ou de transports par concentration sectorielle (par exemple exemple). Le gouvernement fédéral pour la construction mécanique dans le sa part est compétent dans les domaines Bade-Wurtemberg ou les médias à de l’impôt sur le revenu (auquel sont
  15. 15. 195soumises les sociétés de personnes) ou disposent de multiples représentationsde l’impôt sur les sociétés (qui frappe et circuits pour faire entendre leurs voixles sociétés de capitaux). Quant aux – et ce, avec une grande continuité.salaires, ce sont les partenaires sociauxqui les déterminent en toute autonomie, Une cultureau niveau de chaque branche, région entrepreneuriale inscritepar région. Leur politique salariale diffé- dans la durée… OSEOrenciée sur le sol allemand est dès lors En Allemagne, la culture de l’entre-lui aussi un facteur structurel favorable à preneuriat repose sur un système de pme 2010la compétitivité des PME. valeurs qui fonde les normes du droit. La première est la liberté, ici sous la ActualitéOrganisation des forme de la libre propriété et de laentreprises au sein de liberté d’entreprendre. Or le « modèle » inTernaTionalfédérations puissantes allemand étant construit sur la quête 2006Une autre donne structurelle favorise permanente de l’équilibre entre inté-la puissance des PME allemandes : rêts collectifs et particuliers, la libertél’auto-organisation de la société. a pour corollaire des devoirs, en l’oc-Comme le modèle économique alle- currence la responsabilité sociale demand repose sur l’autonomie ou la l’entrepreneur. Cet équilibre est inscritresponsabilité des acteurs, les pou- dans la Constitution, sous la forme duvoirs publics se contentent de fixer un principe « propriété oblige » (art. 14, 2cadre général pour l’activité (et l’intérêt de la Loi fondamentale). Dès lors qu’ungénéral). Pour faire valoir leurs intérêts citoyen use de son bien à des finsparticuliers légitimes, les acteurs éco- industrielles et commerciales en créantnomiques s’auto-organisent au sein de son entreprise, il engage sa responsa-fédérations. Certaines sont les parte- bilité vis-à-vis de la société. En tant quenaires établis des gouvernements avec patron, il donne du travail à ses sala-lesquels ils définissent conjointement riés ; employeur et employés formentles politiques économiques et sociales : dès lors une communauté ouvrant droitc’est la « triade décisionnelle » qui asso- au partage des richesses : sans capi-cie exécutif, mouvement syndical (DGB) tal pas de travail (responsabilité duet patronal (BDA, BDI). Les autres sont patron) – sans travail pas de capitaldes fédérations professionnelles pour (celle des salariés). Le même principela plupart, auxquelles les entreprises par exemple est au fondement de l’éga-s’affilient volontiers car elles y trouvent lité des droits entre travail et capitalconseil, expertise et défense de leurs telle qu’elle se manifeste aussi au quo-intérêts. Ces fédérations jouent un rôle tidien dans la codécision (ou, pour lesprimordial dans la définition des poli- entreprises de plus de 500 salariés, partiques étant donné que ce sont elles la représentation des ces derniers auqui sont et font la mémoire collective conseil de surveillance).des branches ou secteurs comme des Cette norme et les valeurs qui la sous-dossiers afférents. Faisant valoir leurs tendent sont par nature particulièrementpoints de vue dans les débats précé- vivaces dans les entreprises familiales.dant les prises de décision politiques, Or 95 % des entreprises allemandeselles constituent donc un puissant appui entrent dans cette catégorie 11. Toutes nepour les entreprises. Enfin, en tant que sont pas des PME, comme en attestenttel, le Mittelstand a lui aussi ses fédéra- les noms de Bosch, BMW, Metro outions, dont le BVMW qui a récemmentouvert un bureau à Paris (www.bvmw.de). Autrement dit : les PME allemandes 11. Institut für Mittelstandsforschung, op. cit.
  16. 16. 196 Oetker. Mais dans leur écrasante majo- personne dont la compétence repose rité, les PME sont des familiales, que la aussi sur le respect de la parole don- famille fondatrice en contrôle le capital née. Car ne pas la respecter équivaut ou qu’elle dirige la société. à violer le « devoir de probité » qui est Le mode de gouvernance que cela le principe fondateur du droit de la implique est particulièrement struc- concurrence. Les qualités profession- OSEO turant pour l’activité (et les relations nelles du collaborateur sont donc aussi sociales), puisqu’il s’inscrit dans la des qualités citoyennes. Cette norme durée. La priorité du patron-propriétaire éthique (et les normes de droit qui enpme 2010 est en effet non seulement de dévelop- découlent) sur laquelle repose la culture Actualité per durablement l’activité pour assurer des affaires en Allemagne est rarement la transmission du patrimoine, mais évoquée lorsqu’on analyse les facteurs inTernaTional aussi de pérenniser la culture de l’en- de compétitivité des PME allemandes treprise dans l’intérêt de ses salariés, et leur surprenante capacité à innover. clé de sa/leur compétitivité présente Pourtant, c’est ce facteur humain qui et future. Cette culture établie sur la explique la proactivité d’entreprises qui logique de l’effort collectif s’accom- sont foncièrement des organisations pagne d’une structure hiérarchique apprenantes. plate où chaque collaborateur exerce On comprend mieux, dès lors, ce qui des responsabilités autonomes, et pousse les PME à s’engager massive- place sa responsabilité individuelle au ment dans la formation professionnelle, service du collectif. De ce seul fait, les voie royale de l’insertion profession- informations circulent plus facilement nelle, même aujourd’hui ; elles forment au sein de l’entreprise, ce qui facilite la plus des trois quarts des apprentis et réactivité lors des prises de décision et les socialisent dans l’entreprise. Et entretient une culture d’innovation ou elles investissent tout aussi massive- d’adaptabilité au changement. ment dans la formation continue, quoi qu’en dise l’OCDE ; simplement, elles ...et fondée sur le respect recourent essentiellement aux modes des collaborateurs, informels d’acquisition des savoirs (non personnes ressources pris en compte par l’OCDE), c’est-à-dire Cette approche de l’entrepreneu- insérés dans les process de production, riat repose sur le respect du salarié, ce qui permet justement d’adapter en considéré comme un « collaborateur » permanence produits et prestations (Mitarbeiter), seul terme qu’utilisent les à une demande par nature évolutive. entreprises allemandes pour désigner Enfin, c’est la même priorité accordée leurs salariés. C’est là la véritable clé de aux qualifications qui explique que, la compétitivité des PME allemandes. même au paroxysme de la récession, Ce collaborateur est considéré comme elles ont tout entrepris pour conser- une personne, porteuse de qualités pro- ver leurs potentiels de compétences, fessionnelles. Celles-ci ne se résument notamment en recourant au chômage pas à une qualification sanctionnée par partiel. un diplôme (qu’il ait été acquis, comme c’est généralement le cas, par l’appren- Ces mêmes atouts tissage dans le système dual, ou dans comportent en germe un risque de fragilisation un établissement d’enseignement supé- rieur). Il s’agit plutôt d’un ensemble de Entreprises familiales pour la plupart, savoirs et savoir-faire – le « métier », les PME allemandes sont exposées à dans tous les sens du terme - sur lequel la délicate question des successions ; s’établit la réputation individuelle d’une sur la période 2010-2014, elle concerne
  17. 17. 19722 000 entreprises par an. À la difficulté entreprises ne parviennent pas à pour-que pose le manque d’intérêt à une voir quelque 400 000 emplois vacants,reprise de la part des enfants s’ajoute faute d’ingénieurs et techniciens notam-un régime fiscal contraignant : la dis- ment. Or la solution de ce problème neposition la plus critiquée de la Loi de réside pas dans une politique spéci-réforme de l’impôt sur les successions fique aux PME ; elle relève plutôt de laentrée en vigueur en 2009 privilégie politique générale des gouvernements OSEOles descendants directs, et leur fait (Bund et Länder), notamment en ceobligation de conserver le patrimoine qui concerne les politiques scolaires et pme 2010de l’entreprise pendant plus de 7 ans universitaires, et aussi la politique fami-sans procéder à des licenciements liale afin de permettre aux femmes de Actualitéimportants. Or si cette disposition part mieux concilier vies familiales et pro-d’une bonne intention (préservation fessionnelles, ou encore la politique inTernaTionaldes structures et de l’emploi), elle bride d’immigration visant une meilleurel’adaptabilité des PME et donc leur com- intégration des nouvelles générations 2006pétitivité. De même, la Loi de réforme d’origine étrangère. C’est là l’enjeu prin-de la fiscalité des entreprises entrée en cipal des débats actuels sur l’adoptionvigueur en 2008, qui visait à réduire la d’une politique d’immigration choisiecharge fiscale pesant sur les sociétés par l’Allemagne.de capitaux, a pour effet indirect d’ac-croître celle pesant sur les sociétés depersonnes (la majorité des PME). Mais Conclusionles fédérations professionnelles se Ces trois derniers aspects révèlentsont emparées de ces questions, et les clairement en quoi consiste, au fond,débats finiront par déboucher sur une la politique allemande en faveur desmodification des dispositions litigieuses. PME : malgré quelques contradictions,Plus important est le handicap que elle vise à améliorer le cadre des acti-représentent les charges administra- vités pour que puisse s’épanouir letives, dont les PME supportent 80 % du potentiel des entreprises, c’est-à-direpoids total, estimé par le gouvernement avant tout des PME. Il en va de la com-à 30 Md€. Or si le gouvernement fédé- pétitivité globale de l’Allemagne, étantral a récemment adopté trois lois visant donné le rôle primordial que jouent lesà réduire la paperasse, elles se soldent PME dans la culture industrielle et laen réalité par une hausse notable des cohésion sociale allemandes en tantcharges bureaucratiques. Certes, les qu’organisations apprenantes inséréesfédérations et les experts portent ces à la fois dans le « terroir » et dans lequestions dans l’espace public, ce qui partage mondial du travail. La clé deamènera les pouvoirs publics à simplifier leur compétitivité, notamment dansleur législation, mais d’ici là, le manque l’industrie, repose sur un système deà gagner induit par le renseignement de valeurs et sur la continuité d’une cultureformulaires tasse le potentiel de com- innovante dont le principal ressort estpétitivité des PME, organisations où le la valeur accordée au facteur humain.facteur temps n’a pas la même valeur C’est là aussi qu’il faut voir la principaleque dans l’administration publique. raison pour laquelle les entreprisesEnfin, le handicap majeur que ren- allemandes se sont montrées jusqu’icicontrent depuis quelques années les réfractaires à la mode anglo-saxonnePME allemandes, et qui gagne actuel- de la shareholder value et de son orien-lement en ampleur, c’est le manque tation court-termiste, peu propice aucruel de main-d’œuvre qualifiée. Les développement durable de l’activité.
  18. 18. 199 LE S PmE aLLEmanDES cOmmEnt FinancEnt-ELLES LEurS innOvatiOnS ? OSEO Dr Volker Zimmermann pme 2010 vol ks w i rts c ha f tl i ch e a b t e il u n g, K fW b a n k e n g r u p p e Dépa rtem en t é co no mi q u e, g r o u p e b a n c a ir e K fW Actualité inTernaTionalIntroduction ce faire, l’Allemagne est en principe bien préparée. Comme le montre un 2006L’Allemagne est un pays qui dispose grand nombre d’indicateurs, le systèmede très peu de matières premières et d’innovation allemand compte encoreaffiche un niveau de vie élevé. En tant actuellement parmi les plus efficacesque tel, ce pays ne peut maintenir dura- au monde (tableau 1). Par le passé,blement sa richesse et sa prospérité l’Allemagne avait assuré sa réussitedans un contexte de concurrence inter- en se concentrant sur le perfectionne-nationale, que s’il se différencie de ses ment de technologies établies et hautconcurrents avec des marchandises de gamme. Avec cette stratégie, l’Alle-et des services de qualité supérieure magne doit cependant faire face à uneapportant aux clients des solutions nou- concurrence croissante sur les marchésvelles ou meilleures. Pour relever ce mondiaux. De ce fait, il est nécessairedéfi, il est essentiel de disposer d’un de redoubler les efforts au niveau desystème d’innovation performant. Pour l’innovation. TablEau 1inDicES cOncErnant LE SyStèmE D’innOvatiOn DanS un grOuPE DEPayS DE L’OcDE Dépenses R & D en % Dépôts de brevets Emploi dans le du PIB 2008 auprès de l’Office domaine des hautes (%) européen des technologies brevets 2007 comparé à l’emploi par million total 2008 d’habitants en %Allemagne 2,63 290,70 46,2Finlande 3,73 250,76 48,0France 2,02 132,37 43,1Italie 1,18 86,37 38,3Suède 3,75 298,36 54,0 a)Espagne 1,35 32,62 33,67Royaume-Uni 1,88 89,16 47,6USA 2,76 105,75 non indiquéJapon 3,44 a) 161,67 non indiquéRemarque : a) 2007.Source : EUROSTAT.
  19. 19. 200 Le dynamisme des entreprises alle- de créer des innovations : étant donné mandes en matière d’innovation, leur chiffre d’affaires comparativement inégalé en Europe, est surtout imputable bas, les coûts fixes liés aux innovations aux activités d’innovation déployées représentent pour elles un handicap par les petites et moyennes entreprises particulièrement lourd. De plus, les inno- (tableau 2). Cependant, cette même vations engendrent des effets externes force d’innovation des PME est freinée positifs (« spill overs ») qui entraînent un OSEO par différents obstacles. Les principaux rendement pour l’entreprise, inférieur freins à l’innovation, énumérés par les au rendement macroéconomique.pme 2010 entreprises interrogées, sont les coûts TablEau 2 Actualité élevés des innovations et les difficul- POurcEntagE D’innOvatEurS tés de financement. D’une part, ceci Parmi tOutES LES PmE a) DanS cErtainS PayS EurOPéEnS (2006) inTernaTional s’explique par le fait que les entre- prises disposent souvent de diverses idées innovantes mais sont obligées Pourcentage Allemagne 46,3 d’investir leurs ressources limitées Finlande 40,9 dans ceux des projets qui promettent France 28,3 b) les bénéfices les plus élevés. D’autre Italie 28,1 part, les études économiques indiquent Suède 41,8 également que les problèmes de finan- Espagne 24,6 cement évoqués traduisent un échec Royaume-Uni non indiqué du marché à financer les innovations. Note : a) selon la définition proposée dans le Ainsi, il est rarement possible pour des Community Innovation Survey : entreprises de 10 à 249 salariés b) 2004 bailleurs de fonds extérieurs à l’entre- prise d’évaluer le succès potentiel des Source : European Innovation Scoreboard 2009. projets innovants (« information asy- Pour analyser la façon dont les petites métrique »), ce qui explique qu’ils sont et moyennes entreprises allemandes peu disposés à financer de tels projets. financent leurs projets d’innovation et Ceci vaut particulièrement pour les pour rechercher des preuves de l’exis- financements de crédits – étant donné tence d’une défaillance de marché, que le bailleur de fonds, malgré le fait évoquée auparavant, il fut demandé pour qu’il partage la haute incertitude pesant la première fois à quelles sources de sur la réussite du projet d’innovation, financement les PME ont-elles recours ne pourra cependant pas participer pour leurs projets d’innovations. Cette aux importants bénéfices en cas de question fut posée dans le cadre de l’en- succès, car il a convenu d’un taux d’in- quête effectuée en 2009 dans le panel térêt fixe. Par ailleurs, les petites et des PME de la KfW (cf. encadré). Vous moyennes entreprises, du fait de leur trouverez ci-dessous une présentation taille, sont défavorisées lorsqu’il s’agit des principaux résultats de ces analyses. 1 1. Les réponses des entreprises concernent l’année 2008. Consulter à ce sujet les informations détaillées fournies dans l’ouvrage de Zimmermann, V. (2010), Die Finanzierung von Innovationen in kleinen und mittleren Unternehmen (Le financement des inno- vations des petites et moyennes entreprises). Dans : KfW, Creditreform, IfM, RWI, ZEW (éditeur), Konjunkturelle Stabilisierung im Mittelstand – aber viele Belastungsfaktoren bleiben (Stabilisation de la conjoncture pour les PME – cependant de nombreux facteurs de contrainte demeurent). MittelstandsMo- nitor 2010 – Jährlicher Bericht zu Konjunktur – und Strukturfragen kleiner und mittlerer Unternehmen (Rapport annuel sur les questions conjoncturelles et structurelles concernant les PME) Francfort-sur-le- Main, pages 145-171.
  20. 20. 201Résultats empiriques d’innovations sont financés au moyen de crédits bancaires. Les primes etde l’enquête sur compléments c’est-à-dire des aidesle financement financières non remboursables repré-des innovations sentent 7 % du financement et les 10 % restant se répartissent sur d’autresComme on peut le constater dans le sources de financement. Ainsi, le finan- OSEOgraphique 1, le financement des inno- cement des innovations se différencievations est en grande partie réalisé par nettement du financement des inves- pme 2010l’autofinancement (71 % du volume de tissements dans lequel la proportion definancement). Seuls 12 % des dépenses l’autofinancement n’atteint que 48 %. Actualité inTernaTionalKfW-mittelstandspanel 2006Le panel des PME de la KfW (KfW-Mittelstandspanel) est jusqu’à aujourd’hui le seuljeu de données longitudinales représentatif pour les petites et moyennes entreprisesen Allemagne. Celles-ci sont définies comme l’ensemble des entreprises privées ayantun chiffre d’affaires annuel inférieur à 500 M€. En sont exclus : le secteur public, lesbanques et associations ne réalisant pas de profits. L’enquête inclut également desentreprises de moins de cinq salariés qui représentent environ 82 % des petites etmoyennes entreprises allemandes. Selon cette définition, on compte 3,66 millions dePME en Allemagne.Les données sont récoltées dans une enquête réalisée régulièrement par écrit. Cetteenquête réalisée avec le panel des PME de la KfW récolte chaque année des infor-mations concernant principalement les thèmes suivants : « structure de l’entreprise »,« emploi et évolution de l’emploi », « développement de l’entreprise », « concurrence,ventes et internationalisation », « investissements et leur financement », « nouveauxproduits et prestations, innovations », « financement global de l’entreprise », « réussitede l’entreprise, charges et produits » ainsi que « propriétaire gérant ou associé gé-rant ». Par ailleurs, les enquêtes individuelles recueillent également des informationsau sujet d’un ensemble de thèmes spécifiques.L’enquête est réalisée par sondage aléatoire stratifié, dans lequel la répartition pargroupe a lieu par branche, taille des effectifs, région et éligibilité à la promotion. L’utili-sation de facteurs d’extension permet d’établir des déclarations représentatives, com-munes à l’ensemble des PME.L’enquête dans sa 7e version s’est déroulée de mars à juillet 2009. Dans ce cadre,57 168 entreprises ont reçu un questionnaire et 13 975 parmi elles y ont répondu.
  21. 21. 202 Avec un pourcentage de 75 %, ce sont souvent pas lieu à cause des coûts surtout les très petites et les moyennes fixes liés à une telle demande. Il faut entreprises (les plus grandes parmi les également prendre en compte le fait PME) qui financent leurs dépenses que l’accès aux crédits bancaires, aux d’innovations au moyen d’autofinan- primes et aux compléments est plus cement. Au vu d’autres études qui ont difficile pour les petites entreprises. OSEO été menées à ce sujet, dans le cas Le pourcentage croissant de finance- des entreprises de moins de cinq sala- ment des dépenses d’innovations parpme 2010 riés, ceci peut s’expliquer par le fait que les projets d’innovation ne sont le biais de crédits bancaires – dans Actualité souvent que de petite envergure ; en le groupe des entreprises comptant conséquence, la demande de finance- jusqu’à 49 salariés – devrait refléter inTernaTional le fait que plus l’entreprise est grande, ment externe (tels que des crédits ou des fonds d’encouragement) n’a ainsi plus l’accès aux crédits est facile. G raPhiquE 1 Graphique 1 SOurcES DE FinancEmEnt,rapport au nombre deffectifs Sources de financement, par Par raPPOrt à La taiLLE En EFFEctiFS (En POurcEntagE du total desDES DéPEnSES D’innOvatiOn FinancéES) (en pourcentage Du tOtaL dépenses d’innovation financées) Moins de 5 75 12 2 11 5à9 60 13 11 15 10 à 49 65 16 8 11 50 et plus 75 10 8 7 Total 71 12 7 10 0 20 40 60 80 100 Autofinancement Crédits bancaires Primes / Compléments Autres Source : KfW-Mittelstandspanel 2009. La proportion croissante des dépenses l’entreprise est grande, plus elle semble d’innovation que les entreprises (à capable de mettre à disposition suffi- partir de 5 salariés) financent à l’aide samment de ressources propres pour d’autofinancement, indique que plus réaliser des projets innovateurs.

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