Mahmûd al-BostaniL’islam et la psychologieAl-Islam wa Ilm al-NafsÉditeur : Abbas Ahmad al-Bostani (La Cité du Savoir)Publi...
Table des matièresIntroduction ..................................................................................3Première...
3Au Nom dAllah, le Clément, le MiséricordieuxIntroductionLa "psychologie" sintéresse au comportement de lêtre humain dans ...
4Tout le comportement humain sarticule toujours autour de ce processuspsychique, lequel constitue la matière de la psychol...
5Cela signifie que la "lieutenance" ou l"adoration" représentée par "laplus belle œuvre" est le but que le Ciel recherche ...
6Première Partie :LES FONDEMENTS PSYCHOLOGIQUES DUCOMPORTEMENTChapitre 1Les fondements moteurs du comportementIl y a un "f...
7être dorigine vitale, tel que "linstinct de recherche de nourriture" oupsychologique, tel que "linstinct de combat". Mais...
8second, le fondement psychologique, lequel est tributaire de la naturedu milieu qui le détermine: ainsi, lorsque nous som...
9ou leur classification en fondements vitaux et fondementspsychologiques. Et cest ce que nous essayons de faire maintenant...
10La réponse à cette question se précisera nettement dans les chapitres àvenir. Toutefois, nous sommes obligé de laborder ...
11montures dociles sur lesquelles on a mis leurs propriétaires en leurconfiant leurs laisses».(3)Ce texte indique que la r...
12situation : la répulsion pourrait se substituer à la séduction. Le Prophète(P) projette suffisamment de lumière sur ce p...
13"Le ça" représente lensemble des "instincts" qui recherchent lasatisfaction absolue, "le moi" a pour tâche de retenir le...
14La preuve en est que Freud, lauteur de cette théorie, compare le "moi"à un cavalier obligé dorienter son cheval vers la ...
15Selon cette interprétation freudienne :Lhomme primitif ou préhistorique avait une structure simple qui nesoccupait que d...
16"civilisationnel" ? Autrement, il eût été possible que la désapprobationdes instincts neût pas eu lieu, si cette désappr...
17Chapitre 2Les fondements psychologiques entre le milieu etlhéréditéNous avons noté quil y a un fondement psychologique q...
18(lhérédité et léducation ou lenvironnement social), tout en considérantque certains de ces fondements psychologiques - e...
19Ce conditionnement est dénommé "le système de signaux secondaires",en référence au système des signaux premiers.Cette no...
20systématiquement de leau bouillante portée à 110c sur un sujet, enassociant à cette application le tintement dune cloche...
21Conclusion: Lexploitation dune expérimentation suggestive ouconditionnée faite de la sorte pour la généraliser à lensemb...
22Le premier facteur (lhérédité pure) nous indique que laptitude mentale,considérée dans sa pureté totale, caractérise tou...
23survenus au niveau du système nerveux de lémetteur du sperme nefont partie de lhérédité pure du nouveau-né.En tout état ...
24dans des conditions particulières, comme nous lavons remarqué lors denotre exposé sur les aptitudes mentales.De là, la l...
25ce même rôle (que celui quelle joue dans laptitude mentale) lorsquenous transposons le problème sur un plan philosophiqu...
26«La véracité du courage, lacquittement du dépôt, le maintien du lien deparenté (la bienfaisance envers les proches paren...
27Ainsi, lImam al-Redhâ (p) recommande :«Donnez du lait à vos femmes enceintes: si elles portent un garçon, ilaura un coeu...
28Donc, comme nous lavons dit, ces textes islamiques, bien quà premièrevue, semblent converger avec la thèse laïque selon ...
29Résumé du chapitre : la conception islamique du milieu et delhérédité se résume ainsi: le genre humain hérite dun fondem...
30Deuxième PartieLES FONDEMENTS PSYCHIQUES ET LES ÉTAPES DUDÉVELOPPEMENTChapitre 1LÉtape préliminaireNous avons dit que la...
312- Létape de la formation du foetus;3- Létape de la grossesse;4- Létape des lochies;5- Létape de lallaitement.Il est évi...
32En réalité les résultats de ces expériences concordent avec le point devue islamique qui admet lexistence dune hérédité ...
33recommandations nont pas un caractère de règles absolues, maisparlent en termes de probabilité, et de conditionnel. Ains...
34«Nourrissez de lait vos femmes enceintes: si lenfant quelles portent estun garçon, il aura le cœur pur et il sera courag...
35islamiques mettent en évidence tout dabord, la nécessité de nourrir lebébé essentiellement du lait de sa mère, car «il n...
361- Létape de la prématurité2- Létape de la maturité et suivantIl est à remarquer que cette division des étapes de léduca...
37Chapitre 2LÉtape de la Première enfancePréambule :La recherche laïque établit quatre étapes du développement de laperson...
38Bien que la législation islamique concorde avec certaines lignes de laconception laïque de ces étapes, elle possède un p...
39LIslam a résolu le problème en accordant à la première enfance uneimportance mesurée en la qualifiant: détape du jeu - e...
40Le Prophète (P) a qualifié lenfant de la première étape de "maître", etcelui de la seconde d"esclave", termes on ne peut...
41Mohammad). Puis on le laisse jusquà ce quil achève ses cinq ans où onlui demande : "Laquelle est ta main droite et laque...
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  1. 1. Mahmûd al-BostaniL’islam et la psychologieAl-Islam wa Ilm al-NafsÉditeur : Abbas Ahmad al-Bostani (La Cité du Savoir)PublicationdelaCitéduSavoir
  2. 2. Table des matièresIntroduction ..................................................................................3Première Partie : LES FONDEMENTS PSYCHOLOGIQUES DUCOMPORTEMENT............................................................................6Chapitre 1.....................................................................................6Les fondements moteurs du comportement .......................................6Résumé du chapitre ................................................................... 16Chapitre 2................................................................................... 17Les fondements psychologiques entre le milieu et lhérédité .............. 171- Sur le plan des fondements mentaux ....................................... 18Conclusion:............................................................................... 212- Les Fondements psychologiques.............................................. 23Résumé du chapitre :................................................................. 29Deuxième Partie .......................................................................... 30LES FONDEMENTS PSYCHIQUES ET LES ÉTAPES DU DÉVELOPPEMENT 30Chapitre 1................................................................................... 30LÉtape préliminaire...................................................................... 301- Létape du choix du conjoint ................................................... 312- Létape de la formation du fœtus ............................................. 323- Létape de la grossesse .......................................................... 334- Létape des lochies ................................................................ 345- Létape de lallaitement .......................................................... 34Récapitulons :........................................................................... 35Chapitre 2................................................................................... 37LÉtape de la Première enfance ...................................................... 37Préambule : ................................................................................ 371- Létape de la première enfance................................................ 38Conclusion :.............................................................................. 47Moralité : ................................................................................. 522- Létape de la seconde enfance................................................. 53Les phases du développement de la seconde étape de lenfance:..... 62Chapitre 3................................................................................... 68Létape de la maturité................................................................... 681- Ladolescence........................................................................ 682- Les stades de ladolescence et de létape suivante ..................... 72Le résumé du chapitre : ............................................................. 77Annotations................................................................................. 80
  3. 3. 3Au Nom dAllah, le Clément, le MiséricordieuxIntroductionLa "psychologie" sintéresse au comportement de lêtre humain dans lesdifférents domaines de son activité. Mais le domaine sur lequel il seconcentre le plus cest le processus de la "réaction" à un "stimulus"donné (psychologie de réactions).Pour mieux saisir la signification de ces deux expressions "réaction" et"stimulus" prenons lexemple suivant :Lorsque quelquun nous fait un mal, nous réagissons par lun descomportements suivants :1- Nous répondons au mal par un mal semblable;2- Nous contrôlons notre colère et nous nous taisons;3- Nous répondons au mal par un geste de bienfaisance.Dans tous ces cas nous sommes face à un stimulus, en loccurrence, lemal, auquel nous répondons par une "réaction" qui pourrait se présentersous forme de laction semblable, du silence ou de la bienfaisance.Ce processus psychologique consistant en une "réaction" à un ou desstimuli a trait à deux aspects de la personnalité :1- Laspect conscient : lequel comprend la réflexion, limagination, laremémoration, loubli etc.2- Laspect affectif : lequel comprend la volonté, le désir, lémotion etc.Ainsi il nous arrive tous de nous souvenir dun événement, den oubliercertains détails, dimaginer ou de nous représenter un aspect de sesréminiscences: auquel cas la remémoration, loubli ou limaginationrelève de laspect conscient de la personnalité. Quant à la sensation dedétente, de crispation ou dindifférence que suscite le rappel de cetévénement, elle relève de laspect affectif de la personnalité. Mais dansles deux cas (laspect conscient et laspect affectif) le processuspsychologique repose, comme nous lavons dit, sur la "réaction" à un"stimulus".
  4. 4. 4Tout le comportement humain sarticule toujours autour de ce processuspsychique, lequel constitue la matière de la psychologie.La psychologie traite donc du comportement humain en tant queprocessus psychique. Et cette espèce de connaissance ou de science (lapsychologie) semploie à déterminer les sources des processuspsychiques et sefforce de les contrôler (les discipliner et les modifier).Quant à nous, nous essaierons, à la lumière de ces deux tâches (ladétermination et la régulation des processus psychologiques) dévolues àla psychologie, de présenter le point de vue islamique comparativementau point de vue laïc (cest-à-dire celui des psychologues qui ne tiennentpas compte des principes de Dieu), dans le but de définir les points deconvergence entre les deux en ce qui concerne certaines conclusionsvraisemblables ou certaines expériences concluantes auxquelles sontparvenues les écoles laïques, et de souligner les aberrations danslesquelles est tombée la recherche laïque, toutes tendances confondues.Il est à noter que nous ne sommes pas tenus de suivre la méthodologiede la recherche laïque relativement à la "matière psychologique", nidemprunter sa terminologie, ni de nous arrêter aux limites danslesquelles elle assigne ses thèmes. Ainsi, tantôt nous dépassonsvolontairement ces limites pour toucher à celles de la sociologie et de laphilosophie par exemple, tantôt nous réduisons certains de ses thèmes.La raison de notre non-observation des règles des méthodes laïquestient au fait quelles interprètent les processus psychiques sans tenircompte et sans séclairer des Principes célestes. Elles traitent lhommeen tant quune existence réelle (entité indépendante), et non en tantquun être que le Ciel a créé en lui confiant la tâche de "lieutenance surla Terre" (khilâfat al-ardh), et en adaptant sa structure psychique auxexigences de cette tâche.En fait, le concept de "fonction dadoration" (al-muhimmah al-ibâdiyyah) ou de "lieutenance" (khilâfiyyah) demeure pour nous la baseprincipale de lexplication et de lorganisation des processus psychiquesou psychologiques, étant donné quAllah établit clairement:«... Je vais désigner un lieutenant sur la terre». (Sourate al-Baqarah, 2:30)«Je nai créé les djinns et les hommes que pour quils Madorent».(Sourate al-Thâriyât, 51: 56)«Celui qui a créé la mort et la vie afin déprouver qui de vous est de plusbelle oeuvre». (Sourate al-Mulk, 67: 2)
  5. 5. 5Cela signifie que la "lieutenance" ou l"adoration" représentée par "laplus belle œuvre" est le but que le Ciel recherche dans sa création desprocessus psychiques.Le Ciel - comme nous le verrons dans les plis de la présente étude -nous définit les niveaux du comportement dans ses deux volets: normalet anormal, conformément aux conclusions auxquelles sont parvenuesles recherches laïques dernièrement, mais Il les dépasse en ceci quIldéfinit des critères plus larges et plus globaux que les conceptsdécouverts par les écoles laïques. Or lémergence dune telle différenceentre les critères du Ciel et ceux de la recherche laïque conduitnécessairement à une différence dans leur conception et leurorganisation des processus psychologiques, et ensuite à une différence,sur le plan méthodologique, dans leur objet, leur méthode et leurterminologie.À la lumière de ce qui précède, nous nous devons de commencer dansles pages suivantes par la définition des "processus psychiques" et leurfondement primaire: l"excitant" ou le "stimulus" essentiel de lactivitéde lêtre humain.
  6. 6. 6Première Partie :LES FONDEMENTS PSYCHOLOGIQUES DUCOMPORTEMENTChapitre 1Les fondements moteurs du comportementIl y a un "fondement" général du comportement que les chercheursenjambent habituellement en le considérant comme une évidencecourante. Il sagit du principe de "la recherche du plaisir et delévitement de la douleur (ou du désagrément)" qui se trouvegénéralement à lorigine du comportement des êtres humains. Ainsi,lorsque nous avons faim par exemple, nous recherchons un plaisir, enloccurrence le plaisir de la satiété, et nous voulons éviter une douleur,celle de la faim qui se traduit par la contraction des muscles delestomac. Et lorsque nous nous trouvons dans la solitude, nousrecherchons le plaisir de la sociabilité et nous désirons éviter la douleurde la solitude et du dépaysement. Et même lorsque nous choisissonsvolontiers la solitude par exemple, nous recherchons le plaisir que nousprocure le calme et nous évitons le désagrément des bruits et duvacarme etc.Si nous passons sur cette évidence générale du comportement, nousnous retrouverons face à la recherche des fondements qui incarnent ceprincipe, pour savoir sils appartiennent au concept dinstinct, debesoins, de pulsions, de propensions, ou de mobiles, ou bien sils sontinnés, acquis ou les deux à la fois, ou encore sils sont vitaux(biologiques) ou psychologiques, principaux ou secondaires etc.Le fondement selon lequel "linstinct" représente lincarnation duprincipe de "plaisir" est lune des théories laïques qui tentent dexpliquerpar lui (linstinct) tous les processus psychologiques.En effet, cette théorie (la théorie de linstinct) affirme que lêtre humainest le produit dune série dinstincts qui le conduisent à se mouvoir et àagir ou réagir, tel que linstinct de "la recherche de nourriture","linstinct sociable", "linstinct de combat" etc. Ces instincts pourraient
  7. 7. 7être dorigine vitale, tel que "linstinct de recherche de nourriture" oupsychologique, tel que "linstinct de combat". Mais dans les deux cas,ces instincts constituent un fondement inné qui se trouve à lorigine desactivités de lhomme.Lun des représentants de ce courant, William McDougall(1)a placédevant chaque instinct une réaction affective qui lui soit propre. Parexemple:- Linstinct de nourriture: réagit à la faim;- Linstinct social: réagit à la solitude;- Linstinct de combat: réagit à la colère etc.Cette théorie a fait lobjet de diverses objections, dont celle selonlaquelle une partie des instincts que ce chercheur avait mentionnés danssa liste nont pas un fondement "vital" mais résultent de "lacquis". Parexemple "linstinct de combat" ne saurait être inclus sous la rubrique"Instincts", étant donné que lhomme nest pas né avec linclination aucombat, ou au contraire, linclination à la paix, lesquelles sontdéterminées par le "milieu" (léducation) et non par "lhérédité".Ce qui a renforcé et réconforté ce courant opposé à la théorie delinstinct, ce sont les recherches menées par les anthropologues auprèsde peuples et de tribus primitifs, recherches qui ont montré que latendance au combat, à la domination, à la possession et les autrespenchants dorigines psychologiques sont inexistants chez lesditspeuples et tribus, lesquels vivent en paix entre eux au lieu de se battre,seffacent au lieu de rechercher la domination, et renoncent à leursbiens au lieu de sattacher à la possession, ce qui signifie que lesfondements psychologiques, comme nous lavons signalé, sontdéterminés par "le milieu" et non par "lhérédité".En fait, toutes les deux théories, celle de linstinct et celle qui lui estopposée tombent dans la même erreur: la première, parce quelleconfond entre deux types dinstincts (le vital et le psychologique) et lesplace sous un même et seul fondement, et la seconde, parce quellerenie radicalement le fondement instinctif.Lerreur qui a enveloppé la première théorie consiste à ne pas faire ladistinction entre un fondement vital - tel lalimentation - et unfondement psychologique - tel la domination, la possession etc. -alorsque le premier relève dun héritage inné dont la satisfaction estinévitable, sous peine de détruire lêtre humain, contrairement au
  8. 8. 8second, le fondement psychologique, lequel est tributaire de la naturedu milieu qui le détermine: ainsi, lorsque nous sommes animés par undésir de combattre ou de posséder, nous pourrions modifier outransformer ce désir en son contraire, la tendance à la paix et à lasatisfaction avec la portion congrue en ce qui concerne les biens de cemonde. Toutefois cela ne signifie pas que le fondement psychologiquenest soumis à aucun organe inné, mais que sa soumission est enpuissance, alors que celle du fondement vital est en acte.Nous héritons, dans le cas de la faim par exemple, dun organe inné quidébouche nécessairement sur une contraction musculaire de lestomac,ce qui nous oblige à faire disparaître celle-ci en mangeant (et cest celaque nous appelons en acte). Et par "en puissance" nous voulons direque nous possédons une "prédisposition" ou une capacité héréditaire(héritée ou innée) à devenir un jour "pacifiques" ou "agressifs" parexemple.Ainsi, "la prédisposition" ou "la capacité" constitue en elle-même un"héritage" inné, mais sa matérialisation ou sa transformation en "acteagressif" ou "acte pacifique" dépendra de lenvironnement culturel quinous conduit à être agressifs ou pacifiques.De là, le fait de qualifier d"instinct" lattitude belliqueuse ou lattitudepacifique est une erreur dans la mesure où nous ne naissons pas munisde ces attitudes, mais de la capacité à les avoir.Quant à lerreur qui enveloppe la théorie opposée (à celle de linstinct),elle consiste, comme nous lavons souligné, à ignorer la différence entreles deux formes de linstinct (en puissance et en acte), en ne tenant pascompte du fait que la "pacificité" ou l"agressivité" par exemple sontdeux attitudes certes "acquises", mais tributaires dun fondement"inné", quest la "capacité" de devenir agressif ou pacifique, et non"acquises" dune façon absolue.De ce qui précède nous pouvons induire que les fondements aussi bienvitaux que psychologiques sont soumis à un fondement "inné" ou"instinctif", mais alors que le premier représente un héritage effectif ouen "acte", le second incarne un héritage "en puissance" (latent).Ceci dit, selon la conception islamique, toutefois, la recherche desfondements moteurs du comportement ne devrait pas se faire à traversla "théorie de linstinct" ni à travers celle qui lui est opposée, mais par larecherche dun fondement général qui précède la recherche des instincts
  9. 9. 9ou leur classification en fondements vitaux et fondementspsychologiques. Et cest ce que nous essayons de faire maintenant.Référons-nous pour commencer à ce que lImam Ali (p) dit :«Allah a déposé chez les Anges le aql (esprit, raison) sans le désir, chezles animaux le désir sans le aql, et chez les êtres humains le aql et ledésir. Celui dentre ces derniers, dont le aql domine le désir est meilleurque les Anges, et celui dont le désir lemporte sur le aql est pire que lesanimaux».(2)Ce texte islamique définit le fondement moteur du comportement àtravers un trait principal qui lempreint : la dualité. Cest dire que lêtrehumain est tiraillé, dans sa tendance à rechercher le plaisir et à éviter lemal, entre deux pôles ou principes : "le aql et le désir", "le bien et lemal", "lobjectivité et la subjectivité", les commandements et lesinterdictions légaux (le légal et lillégal).Cette composition bipartite, innée dans lhomme incarne le côté affectifde lhéritage, et a pour pendant le côté "conscient" (réfléchi) : laconscience des principes du aql et du désir à la fois. En dautres termes,lorsque lhomme a été doté de "la prédisposition" ou de "la capacité" àpratiquer le bien et le mal (le aql et le désir), il était doté en mêmetemps de "la conscience" du bien et du mal, afin que son comportementsoit tributaire du libre choix et non de la contrainte, ce qui engage saresponsabilité dans son comportement.Le Coran a souligné clairement ce côté "conscient" dans le versetsuivant :«Par lâme et Celui qui la harmonieusement équilibrée; et lui a alorsinspiré son immoralité de même que sa piété». (Sourate al-Chams, 91:7-8)Lénoncé : «... lui a alors inspiré son immoralité de même que sa piété»signifie la conscience des principes du désir (immoralité) et du aql(piété).Ainsi, la structure bipartite que lindividu hérite et qui constitue lemoteur du comportement est équilibrée par la "conscience" de cettedualité "le aql et le désir".La question qui se pose maintenant est de savoir comment se définit ladifférence entre les deux composants de cette structure bipartite, et sile "plaisir" que le aql incarne est dune force égale à celle du "plaisir"incarné par le désir ? Ou bien sont-ils de force inégale ?
  10. 10. 10La réponse à cette question se précisera nettement dans les chapitres àvenir. Toutefois, nous sommes obligé de laborder ici, serait-ce dunefaçon passagère, puisque nous traitons à présent du "fondementbipartite" du comportement humain.Notons tout dabord, que la différence entre le "plaisir" incarné par leaql et celui que le "désir" représente réside en ceci que le désirrecherche la satisfaction absolue, sans la soumettre aux règles ou loisqui la régissent, alors que le aql opte pour une satisfaction relative ouassignée dans les limites qui lui sont fixées.Évidemment, la satisfaction absolue est souvent impossible à réaliser enraison de la nature et des différentes circonstances de la vie qui y fontobstacle (le cas par exemple dun individu qui recherche la satisfactionabsolue de sa pulsion de domination par laccession au poste de chefdétat, ou de sa pulsion de possession par laccumulation dune fortunecolossale, ou encore sa pulsion sexuelle, par laccouplement avec la plusbelle fille du monde etc.).Dautre part, même lorsque la satisfaction absolue est réalisable dansdes cas limités (lorsquon mange à satiété, ou jusquà réplétion, denombreux plats très variés et très appétissants), elle pourrait provoquerune "douleur" et une maladie (la sensation de réplétion) au lieudapporter "le plaisir" recherché. Cela signifie donc que "la satisfactionabsolue" ne réalise pas en vérité le but recherché, et que parconséquent, "la satisfaction relative" est la seule alternative pour lêtrehumain, et quelle est dautre part à même de réaliser une plus grandesatisfaction que "la satisfaction absolue". On peut illustrer cetteaffirmation en reprenant lexemple de la satisfaction de la faim : si noussupposons que la satisfaction relative de lappétit se réalise par laconsommation dun repas normal qui naboutit pas à la satiété totale, ilsensuit que la santé corporelle que lindividu obtient de cette façonprocure une satisfaction que "la réplétion" ne saurait réaliser, puisquecelle-ci entraîne, au contraire, une maladie et un désagrément.LImam Ali (p), faisant allusion à ce sujet dans un texte où il a établiune comparaison entre les principes du aql et ceux du désir, dit àpropos du "désir" :«Les péchés (en loccurrence le désir) sont (comme) des chevaux rétifsquon a chargés et débridés, et la "piété" (aql) est comme des
  11. 11. 11montures dociles sur lesquelles on a mis leurs propriétaires en leurconfiant leurs laisses».(3)Ce texte indique que la recherche de "la satisfaction absolue est pareilleà un cheval quon a débridé et qui conduit le cavalier à sa mort, et cecontrairement à "la satisfaction relative", laquelle est pareille àquelquun qui enfourche une monture docile, en tenant bien sa laissepour léloigner des sentiers périlleux.Ceci montre quune telle satisfaction relative ou "satisfaction objective",restreinte par les lois qui régissent lêtre humain, ou par ce que lImamAli (p) appelle le aql, se caractérise par une plus grande satisfaction quecelle que réaliserait le "désir". Évidemment la réalisation de cettesatisfaction dépend du processus de "lajournement" du "désir" ou de "lasatisfaction immédiate" par lequel, comme le recommande lImam Ali(p), lindividu doit sefforcer de favoriser la victoire du aql sur le désir.Mais là encore la question que nous avons posée précédemment àsavoir: «Le plaisir incarné par le aql et celui incarné par le désir sont-ilségaux quant à leur efficacité, ou bien lun est-il plus efficace quelautre?» se repose encore, et la réponse y est le texte de lImam Ali quimontre que le premier est le plus efficace, daprès la comparaison quilétablit entre le cheval débridé et la monture maîtrisée qui représententrespectivement, le désir et le aql.Mais cela nempêche pas de penser que le plaisir de désir est plus"pressant" que le plaisir de aql, quand bien même ce dernier est plusefficace, étant donné que la pratique de lajournement du désir impliquequil soit plus pressant que le désir de aql, autrement larecommandation de faire dominer le désir par le aql naurait plusaucune raison dêtre. Ainsi, celui qui recherche le plaisir sexuel, parexemple, ressent forcément que la pulsion sexuelle est plus intense quela pulsion de aql en lui lorsquil décide soit de pratiquer ce qui est illégalpour se satisfaire sexuellement soit de résister à cette pulsion, enajournant lassouvissement et en renforçant le pouvoir du aql audétriment du désir. Or dans les deux cas, il y a pression de la part dudésir, qui loblige soit à sy soumettre, soit à y résister.Mais, comme nous lavons remarqué, cette pression du désir ne signifiepas quil est plus puissant ou plus efficace que le pouvoir du aql. Elleindique seulement quil est plus séduisant. Or cette séduction estappelée à perdre son effet dès lors que le sujet sexerce à lui résister.Car, comme nous lindique la fin du verset coranique : «Les pièges dudiable sont faibles»(4). Et cet exercice conduirait même à renverser la
  12. 12. 12situation : la répulsion pourrait se substituer à la séduction. Le Prophète(P) projette suffisamment de lumière sur ce phénomène, lorsquilexplique que le processus de "lajournement" de la satisfaction du désiret le remplacement de celle-ci par le plaisir du aql (cest-à-direlexercice au plaisir de aql), amène lindividu à abhorrer le côtévoluptueux du plaisir : «La persistance dans le bien conduit à ladétestation du mal»(5).Ce texte islamique riche en enseignements décèle une règle relative àlaspect rationnel (aqlî) du plaisir, que la psychologie laïque continuedignorer, à savoir la possibilité déprouver de la répugnance pourlaspect voluptueux du plaisir à force de sexercer au comportementobjectif (cest-à-dire un comportement régi par les lois et les règles quilui sont fixées)... On pourrait même dire que le verset coranique précitéqui établit quAllah a inspiré à lâme lamour de la foi, et la haine de laturpitude, du péché et de la mécréance, établit clairement la véritépsychologique selon laquelle "le plaisir régi"(restrictif, strict) ou"rationnel" est non seulement plus efficace et plus agissant que le plaisirdébridé ou débraillé, mais ce dernier peut se transformer en soncontraire et devenir "douleur".De là nous pouvons percevoir la différence entre la psychologie laïque etla conception islamique de ce phénomène. Certes, quelques courantslaïcs saccordent avec le point de vue islamique pour affirmer quelaspect rationnel du plaisir est plus efficace que laspect voluptueux,puisque lun des représentants contemporains de ce quon appelle lecourant humaniste de la psychologie, professe que lhomme est bon depar sa nature, ou, tout du moins il a un fond neutre (ni bon ni mauvais),et que léducation ou le développement de ce fond le conduit vers laperfection. Mais les autres courants laïcs sont dun avis tout à faitopposé, en concevant une grosse aberration scientifique, selon laquelledes deux principes qui tiraillent la nature humaine, celui qui recherche ledésir est plus agissant et plus efficace que celui qui tente de le brider oude le contenir, et ce lors même quil y aurait exercice et entraînement(pour contenir le désir).Sans doute la théorie des structures de la personnalité de Freudincarne-t-elle le zénith de cette aberration à cet égard.Cette théorie, comme on le sait, a divisé la personnalité en troisinstances : "le ça", "le moi" et "le surmoi".
  13. 13. 13"Le ça" représente lensemble des "instincts" qui recherchent lasatisfaction absolue, "le moi" a pour tâche de retenir les instincts(pulsions) du "ça" dans les limites de la réalité (la société), cest direquil régule les modes de satisfaction conformément aux exigences de lasociété (ses lois et ses critères). Mais cette tâche fait partie dune autretâche qui a rapport à une autre instance, "le surmoi". En effet "le moi"essaie de concilier également entre ce "surmoi" et les exigences du "ça"et de lenvironnement social. Ainsi, lorsquun individu est confronté àune pulsion sexuelle par exemple, le ça le pousse à la satisfactionabsolue de sa pulsion, mais étant donné quil est doté dun appareil desystème de valeurs, "le surmoi", celui-ci lempêche de réaliser lasatisfaction absolue. Dautre part, lenvironnement social lempêcheégalement de réaliser cette satisfaction absolue, lors même que lonsuppose que certains modes de satisfaction concordent avec leditorgane de système de valeurs.Cela signifie que la tâche du moi représente les tentatives deconciliation entre les revendications de trois parties: "le ça,", "le surmoi"et "la réalité sociale"(6).Ce qui nous intéresse de traiter ici, à la lumière de la conceptionislamique, cest de la détermination du rapport du "ça", en tantquincarnant les instincts ou le désir, au principe de la réalité sociale, etde la façon dont se comporte le "moi" dans sa relation avec laditeréalité.La principale critique que lon peut faire au principe de la "réalité", cestque ce principe est présenté comme étant une sorte de "contrainte" etnon comme faisant partie des deux pôles qui tiraillent la naturehumaine.Nous avons vu dune part, comment lImam Ali (p) a expliqué que le"désir" et le "aql" représentent tous deux une recherche du plaisir et unévitement de la douleur, et comment le verset coranique et le Hadith duProphète (P) indiquent que le plaisir rationnel, si on sy entraîne, estplus efficace que le plaisir voluptueux, et dautre part comment lathéorie du principe de la réalité sociale suppose que le "moi" (lego) secharge de la tâche de discipliner les instincts ou les pulsions du "ça" àtravers la soumission à un facteur extérieur imposé à la personnalité, enloccurrence "le principe de la réalité sociale", et non à un facteur inné,"le plaisir rationnel" qui répugne à la satisfaction absolue, ou la déteste,selon lexpression du Coran et du Prophète (P).
  14. 14. 14La preuve en est que Freud, lauteur de cette théorie, compare le "moi"à un cavalier obligé dorienter son cheval vers la direction que celui-cidésire et non vers la direction quil choisirait lui-même, ce qui est àlopposé de la position islamique (laquelle symbolise lhomme par uncavalier qui tient bien en main la laisse du cheval et le mène à saguise), et ce qui revient à dire que lêtre humain, selon la vuefreudienne, demeure une proie aux assauts des instincts (le ça - ledésir) qui le conduisent à leur gré, une vue dautant plus absurde queFreud, malgré toutes ses tentatives de pallier les défaillances de cettethéorie fut conduit à reconnaître que lhomme est condamné à perdre,en fin de compte, dans sa lutte amère pour le contrôle de la vie.La raison de cette conception pessimiste des capacités de lhomme tientau fait que son auteur ignore les principes de résistance ou derépression, principes quil a imaginés être "imposés" à la personnalité,lors même que la nature de lactivité du "moi", selon cette théoriemême, doit inévitablement reposer sur une base de "plaisir rationnel".En effet, pourquoi le "moi" essaierait-il de contenter la réalité sociale, sitelle tentative nétait pas liée au phénomène "de récompense et dechâtiment sociaux", lequel signifie que si lhomme craint le châtiment dela société et aspire à sa récompense, cest parce quil cherche àsatisfaire lun de ses besoins ou pulsions, en loccurrence, le besoin delestime sociale ? En dautres termes, lorsquil sefforce de contenter lasociété, cest pour éviter une "douleur" suscitée par le châtiment quelleest susceptible de lui infliger, et obtenir un plaisir que lui procurelestime sociale. Or la réalisation dun tel plaisir ne serait possible sansla nature spécifique de la structure bipolaire dont parle la législationislamique, et dont lun des deux pôles est justement le plaisir rationnel,ce qui veut dire que celui-ci repose sur "un fondement inné" et non surun élément extérieur imposé à la personnalité.Ceci concerne "le principe de la réalité".Quant au "surmoi", il semble sous-tendre la même aberration, puisquelauteur de cette théorie laïque, le conçoit comme sil était imposé à lapersonnalité, (et non comme étant un fondement inné, reposant sur larecherche objective du plaisir), ce qui implique la possibilité laissée auxinstincts du "ça" de triompher en fin de compte. Et bien que Freudsefforce de présenter "le surmoi" comme étant un fondement inné, il entraite pourtant, comme sil émanait de la "contrainte".Nous pouvons mieux saisir cette aberration, lorsque nous examinons lanature de linterprétation quil fait de la naissance et de lévolution de lastructure humaine:
  15. 15. 15Selon cette interprétation freudienne :Lhomme primitif ou préhistorique avait une structure simple qui nesoccupait que des instincts du "ça", quil satisfaisait à sa guise, tousprincipes et règles établis étant absents. Dans le modedassouvissement de ses principaux instincts, il ressemblait plutôt à unanimal dévorant les êtres humains. Il représentait un père sauvage quigardait pour lui-même ses filles et chassait ses fils. Un jour ces derniersdécidèrent de le tuer et de le dévorer pour mettre fin à sonaccaparement de sa descendance féminine. Et pour éviter que ce dramese reproduise, la première tentative de sopposer et de résister auxinstincts du "ça", et en premier lieu celui de laccouplement avec lesproches parents eut lieu ainsi. À partir de ce tournant le "surmoi"commença à prendre forme, car lassassinat du père fit naître le premier"sentiment de culpabilité", et la résistance aux instincts suscita lepremier processus de "refoulement". Dautres types de résistance auxinstincts suivirent la première et se succédèrent, pour devenir ouconstituer à la longue un héritage inné qui fournit au "surmoi" unappareil de valeurs spécifiques dont hérita "le genre humain" toutentier.Naturellement, une partie du "surmoi" est déterminée par léducation etla formation, mais cest lautre partie, celle qui représente "le sentimentde culpabilité" et "la résistance aux instincts", qui suscite notre objectionet appelle un commentaire sur linterprétation mythique de lauteur decette théorie.Ici, la même question qui sest posée à propos du "principe de la réalité"se repose: pourquoi la personnalité de lhomme préhistorique a-t-elleéprouvé "le sentiment de culpabilité" et pourquoi a-t-elle renié oudésapprouvé ses instincts ? Nest-ce pas parce que "le sentiment deculpabilité" est un fondement inné ou une partie de la structure bipolairede lêtre humain, tiraillée par "le désir et le aql" et dans laquelle "lesentiment de culpabilité" incarne le plaisir "aqlite" (rationnel) quirépugne à lassassinat et se plaît au "pacifisme" (et prend plaisir(rationnel) à la paix ou au pacifisme) ? En effet, le pacifisme, sil nétaitpas associé à un plaisir rationnel, naurait aucune raison dêtre, et onserait même en droit de penser que lassassinat du père (selon lalogique du mythe) aurait pu se passer sans susciter aucun sentiment deregret ! Puis, pourquoi la société primitive a-t-elle désapprouvé lesinstincts après lassassinat ? Cette désapprobation nétait-elle paslexpression du plaisir rationnel qui pourrait être gouverné par "leprincipe de la récompense et du châtiment" sociaux, vu que laditedésapprobation était, selon Freud lui-même, le prix du progrès
  16. 16. 16"civilisationnel" ? Autrement, il eût été possible que la désapprobationdes instincts neût pas eu lieu, si cette désapprobation elle-même nereposait pas sur un plaisir rationnel que lêtre ressent, même en dehorsde lidée de la récompense sociale, et uniquement par pure convictionde lutilité sociale dune telle désapprobation.Ainsi, même si on acceptait comme vraie cette interprétation historiquede la naissance de la structure de la personnalité (bien quelle soitcontredite par les événements sociaux accompagnés de sentiment deculpabilité et de désapprobation des instincts - à commencer par ce quise passait avec Adam et sa femme, et en passant par lattitude de sesdeux fils dans lhistoire du meurtre commis par lun et refusé parlautre(7): tous ces événements sociaux préhistoriques dénotent ladésapprobation des instincts et lexistence innée du sentiment deculpabilité) ; nous disons donc que même en supposant la justesse decette interprétation de cette théorie laïque, la désapprobation desinstincts et le sentiment de culpabilité révèlent plutôt lexistence dun"plaisir rationnel" intrinsèque qui les suscite, que linfluence dunélément extérieur imposé à la personnalité.Résumé du chapitre: Il y a un fondement "moteur" de la naturehumaine, qui se trouve à lorigine de la totalité du comportementhumain. Il est de nature bipolaire dont les deux pôles tiraillent lindividudans sa recherche du plaisir. Ce sont "le aql et le désir", "le bien et lemal" ou "lobjectivité et la subjectivité". Le premier pôle représente larecherche de la satisfaction restreinte par les principes que le Ciel adictés : "la piété", le second, incarne la recherche de la satisfactionabsolue et non astreinte à aucun principe: "la turpitude".Ce fondement psychologique est concomitant dun "fondementconscient" (réfléchi) dont la propriété est de distinguer entre lesprincipes du aql et ceux du désir: "linspiration de la piété et de laturpitude"...Et bien que les deux pôles en conflit paraissent en "équilibre", le côté (leplateau) du désir est plus pressant. Mais malgré ce fait, lefficacité du"plaisir rationnel" simpose et savère, comme létablit le Noble Coran,qui dit quAllah a inculqué aux âmes lamour de la Foi et la détestationde la mécréance. En outre, lentraînement au côté rationnel amène larépulsion pour le côté voluptueux (de désir) et vice versa, comme nousallons le voir dans les chapitres suivant de ce livre.
  17. 17. 17Chapitre 2Les fondements psychologiques entre le milieu etlhéréditéNous avons noté quil y a un fondement psychologique que lêtre humainhérite et qui explique la "prédisposition", la "capacité", ou létat de"puissance".Ce fondement est le moteur de tous les aspects de lactivité humaine,quils soient de nature biologique ou psychologique. Nous avons notéque les fondements (pulsions) biologiques tels que la faim, la soif, lasexualité sont hérités "en acte", cest-à-dire que nous naissons en enétant munis effectivement, de sorte que nous ne pouvons pas ne pas lessatisfaire (ne pas manger ou ne pas respirer par exemple), et cecontrairement au domaine des "fondements psychologiques" tels latendance à lagressivité, lavarice, le mauvais caractère etc. dont nousnhéritons pas à la naissance, mais que nous acquérons à traverslenvironnement social et léducation, tout en héritant toutefois la"disposition" ou la "capacité" à les acquérir: en un mot ils nexistent ennous qu"en puissance".Il en va de même pour les modes de satisfaction de nos besoinsbiologiques (non les besoins eux-mêmes - la faim par exemple -,lesquels doivent être nécessairement satisfaits), cest-à-dire le degré etle comment de leur satisfaction: ils constituent des fondementspsychologiques que nous acquérons là aussi par léducation.Néanmoins, malgré la véracité de ces faits, on ne peut simplifier leproblème à lexcès en concluant que le fondement psychologique nesttributaire daucune forme dhérédité, même pas dans des conditions oucirconstances spécifiques.LIslam a une conception très claire de cette question, comme nouslavons dit, mais il fait état de lexistence dune sorte dhéréditéaccidentelle, dont nous déterminons les niveaux dans les pages quisuivent.Pour ce qui concerne les recherches laïques dans ce domaine, les pointsde vue divergent: certains courants affirment que les fondementspsychologiques seraient héréditaires, dautres refusent dy voir toutetrace dhérédité, un troisième courant y marient lacquis et linné
  18. 18. 18(lhérédité et léducation ou lenvironnement social), tout en considérantque certains de ces fondements psychologiques - et en premier lieu lefondement mental (à propos duquel il y a presque unanimité), suivi dufondement tempéramental, puis de celui lié au trait de la personnalité,et finissant par les fondements moraux - ont notoirement un caractèrehéréditaire.En tout état de cause la divergence des psychologues à propos du conflitentre linfluence du milieu et de lhérédité sur les fondementspsychologiques se situe sur plusieurs plans1- Sur le plan des fondements mentauxIl est presque établi que les "aptitudes mentales" sont doriginehéréditaire. Et il est superflu dessayer de corroborer ce fait par lesrecherches, les expériences et les études laïques menées dans cedomaine. Cependant, certains courants laïcs, en particulier le courantconditionnel en psychologie (lÉcole de Pavlov, et le courantpsychologique contemporain, en Union Soviétique, en général) rejettentavec force cette vérité. En effet les tenants de ce courant ont effectuédifférentes études sur les aptitudes mentales pour essayer de démontrerque celles-ci sont tributaires des systèmes du "réflexe conditionnel".Pour mieux comprendre les idées clés de ce courant, nous essayons desimplifier ses concepts essentiels par des exemples illustratifs :Si un léger courant électrique touche notre main, nous réagirons à cestimulus en retirant notre main. Cette réaction est un "réflexe" inné.Mais si au moment où le courant touche notre main, le tintement dunecloche est déclenché simultanément, et que cela se reproduit plus dunefois, nous réagirons de la même façon (retrait de la main), au tintementde la cloche lors bien même quil ny a pas de courant électrique. Notreréaction sexplique ici par lassociation ou le lien entre le tintement et lecourant électrique. Notre réaction dans ce second cas de figure sappelle"réflexe conditionné" : cest-à-dire que cest un processus "psychique"dans lequel le sensoriel (le courant électrique) est conditionné par ce quiest "psychique". En dautres termes, le tintement, un trait psychique,est devenu le signal indicateur dun trait sensoriel (sensitif, sensible).(8)Et lorsque nous utilisons un signal verbal (cest-à-dire la prononciationdu mot cloche) ou graphique (lécriture ou la transcription de ce mot),nous aurons la même réaction (le retrait de la main), étant donné que lemot prononcé ou écrit constitue un symbole du tintement de la cloche.
  19. 19. 19Ce conditionnement est dénommé "le système de signaux secondaires",en référence au système des signaux premiers.Cette notion essentielle de réflexe conditionné nous permet de mieuxcomprendre la raison pour laquelle le courant de conditionnementprésume que les activités mentales sont acquises et non héréditaires.Pour corroborer leur thèse, les tenants de ce courant se sont appuyéssur les expériences faites sur des enfants qui ont perdu le sens desrythmes ou chez qui ce sens est défaillant. Après avoir été soumis àplusieurs stages dentraînement, lesdits enfants ont obtenu des résultatspositifs. Les expérimentateurs en ont conclu que le sens des rythmes estengendré par des associations de sons qui représentent des réponses àdes stimulus sonores "composés" dans lesquels la gamme du son est lestimulus le plus fort, ce qui signifierait que ce phénomène reposetotalement sur le réflexe conditionné, lequel est un élément psychiquepurement environnemental.Si le courant de conditionnement avait raison de souligner linfluence dumilieu dans ce domaine, sa thèse ne saurait toutefois démentir la placede lhérédité, démontrée par des courants opposés (les tenants dudéterminisme héréditaire) à travers diverses expériences concluantes,faites aussi bien sur le même type denfants, que sur des vrais jumeaux.Dans ce dernier cas, on a beau placer les vrais jumeaux dans desmilieux totalement différents, leur sens des rythmes est resté identique.De même ils sont restés identiques dans leurs traits psychologiques, telsque le caractère emporté, langoisse, le calme etc.En résumé, les expériences faites par le courant de conditionnement ontété neutralisées par des expériences similaires, réalisées sur desindividus privés du sens des rythmes, et qui ont débouché sur desconclusions contraires à celles tirées par les tenants de la thèseconditionnelle.Moralité, il ne fait pas de doute que les stimulus sonores composés (ducourant de conditionnement) jouent un rôle (limité) dans la modificationou lamélioration du sens des rythmes, par exemple, sans pouvoir pourautant dépasser ce rôle pour créer purement et simplement ce sens, oumême égaler le rôle de lhérédité dans ce phénomène.Étrangement, le courant de conditionnement tend à généraliser cephénomène même à des domaines dans lesquels lassociationconditionnée ou la suggestion et les facteurs héréditaires exercent uneinfluence mutuelle. Ainsi, dans lune de ses diverses expérimentations,les tenants de ce courant se sont employés à appliquer
  20. 20. 20systématiquement de leau bouillante portée à 110c sur un sujet, enassociant à cette application le tintement dune cloche. À chaqueexpérience les vaisseaux sanguins réagissaient par un relâchement. Cequi est naturel. Mais lorsquils ont augmenté le degré de la chaleur deleau bouillante à 150c pour lappliquer sur le même sujet, mais à soninsu, tout en associant lexpérience au tintement de la cloche, au lieu dese contracter (réaction biologique normale), les vaisseaux se sontrelâchés (réflexe conditionné par le tintement de la cloche). Lesexpérimentateurs ont vu là aussi la confirmation de leur thèse sur ledéterminisme de lenvironnement et de lexpérience aux dépens delhérédité.Pour mieux comprendre laspect fallacieux de cette thèse et de cesexpériences, prenons lexemple de lexpérience faite par ce courant,dans le domaine de la psychiatrie sur des sujets soumis à certainssomnifères. Après avoir administré à ces sujets pendant quelques joursde tels somnifères, les expérimentateurs ont remplacé ceux-ci par despilules neutres (placebos)(9). On a remarqué alors que les patients ont dormi encore plusprofondément que sous leffet des vrais somnifères, et ce à cause delaction du réflexe conditionné engendré par la consommation despilules. Mais cela permettrait-il pour autant de renier au phénomène dusommeil sa dimension héréditaire ? En fait, les processus de"relâchement" et de "contraction" des vaisseaux sanguins ne diffèrentpas du processus de sommeil (un phénomène dorigine biologique), entant que constituant des réflexes innés. Le fait quils subissentlinfluence des réflexes conditionnés nenlève rien de leur caractère de"constance". Ils sont exactement comme tous les autres réflexespurement biologiques et innés- tels que le besoin de nourriture, lasexualité, le sommeil - que le courant de conditionnement admetcomme étant héréditaires. Ainsi, la contraction des muscles de lestomacne peut se dissiper, en principe, que par la nourriture. Cependant il estpossible de lestomper par des associations conditionnées dont le sujet(celui qui a faim) est inconscient, comme on la fait avec le sujet surlequel on a appliqué leau chaude portée à 150c sans quil soit aucourant du changement de la température de leau. Donc lexpérienceen question (leau chaude) perdrait toute sa valeur dès lors que le sujetaura été mis au courant du changement de la température, ce quientraînerait obligatoirement une "contraction" des vaisseaux sanguins(réaction physiologique normale), et non un relâchement (dû au réflexeconditionné), comme cela sétait produit lors de lexpérimentationévoquée plus haut.
  21. 21. 21Conclusion: Lexploitation dune expérimentation suggestive ouconditionnée faite de la sorte pour la généraliser à lensemble ducomportement humain savère un argument spécieux.En tout état de cause, le courant laïc qui renie linfluence de lhérédité,tout comme le courant laïc opposé qui met en évidence linfluence dumilieu, restent tous les deux marginaux, par rapport au troisièmecourant laïc qui domine la recherche psychologique contemporaine etqui soutient la thèse selon laquelle le milieu et lhérédité exercentconjointement leur influence sur le comportement.LIslam tranche dune façon on ne peut plus claire la question: ilprofesse que les fondements psychiques sont généralement tributairesdun type dhérédité fixe en général et dun autre type dhéréditéaccidentel, dans un cadre particulier, sans négliger pour autant le rôledu milieu et de léducation. Écoutons ce que dit lImam al-Sâdiq (p) àpropos des aptitudes mentales, dans leurs trois niveaux, lors dunentretien avec un compagnon, lequel rapporte : «Jai dit à Abî Abdullâh(lImam al-Sâdiq) : "Je commence à exposer une idée à un homme, il lacomprend avant même que jaie fini de lexposer; je lexpose à un autrehomme, et quand je la termine, il la saisit parfaitement et me la reditmot par mot; je lexpose à un troisième et il me demande derecommencer (de répéter ce que je dis) !" LImam Al-Sâdiq (p) mademandé alors : "Ne sais-tu pas pourquoi cela ?". Jai répondu que non.LImam Al-Sâdiq (p) ma expliqué :«1- Celui à qui tu exposes une partie de ton idée et il comprend lereste, est quelquun dont, à létat germinal, lembryon fut pétriavec son aql; 2- celui à qui tu exposes ton idée et qui comprend toutce que tu dis, est quelquun dont le aql fut agencé pendant quilse trouvait dans le ventre de sa mère; 3- quant à celui qui tedemande de répéter, cest quelquun dont le aql fut composéquand il a grandi».(10)Ce texte islamique qui met en évidence le rôle du milieu aussi bien quecelui de lhérédité dans les aptitudes mentales, et qui est corroboréheureusement par la plupart des recherches laïques contemporaines,mérite que lon sy appesantisse. Il dénote lexistence de :1- Un facteur inné commun à lensemble du genre humain que leschercheurs laïcs désignent sous lappellation de "pure hérédité".2- Un facteur de milieu "prénatal" dit le "milieu utérin".3- Un facteur de milieu "postnatal", la vie terrestre, lenvironnement.
  22. 22. 22Le premier facteur (lhérédité pure) nous indique que laptitude mentale,considérée dans sa pureté totale, caractérise tous les êtres humains, aumême titre que lensemble des fondements biologiques et vitaux (lebesoin de nourriture, le sommeil, la sexualité etc.). En dautres termes,le genre humain dans son ensemble (tous les êtres humains) hérite, àlorigine, dune façon égale dune aptitude mentale sans faille, nidéfaillance, ni différence de degré. Ce facteur dhérédité pure estdésigné dans le texte précité par «celui dont lembryon fut pétri avecson aql», et qui représente lhomme qui comprend toute lidée exposéedès le début de son exposition. Toutefois, la défaillance ou la différencede degrés dans laptitude mentale, que lon constate chez les êtreshumains, sexplique par une hérédité accidentelle, si lon peut dire, quise produit dans le milieu utérin, entre autres.On sait que les différents accidents (choc, hausse de température,malnutrition etc.) que la femme enceinte subit pendant la grossesselaissent des traces sur le cerveau du foetus. Aussi la législationislamique prend-elle, comme nous le verrons plus loin, un soinparticulier du milieu foetal et nous fait de nombreuses recommandationsà cet égard, afin daméliorer et dassainir la progéniture.En tout état de cause, le texte précité fait référence au milieu foetal ouà ce que nous nous permettons dappeler les composantes de lhéréditéaccidentelle, lesquelles contribuent à modifier les aptitudes mentales età les transférer du niveau de la pure hérédité fixe à celui de lhéréditéaccidentelle et altérée du milieu foetal. Cest du moins ce qui ressort dela parole de lImam al-Sâdiq (p) à propos de celui «dont le aql futcomposé dans le ventre de sa mère» et qui représente lhomme quicomprend toute lidée exposée et parvient à la redire telle quelle, ce quisignifie quil est doté dune aptitude mentale moyenne, en comparaisonavec laptitude mentale supérieure dont jouit celui qui conserve intacteson hérédité pure.Toutefois il convient de noter que la structure mentale du foetus, telleque lImam al-Sâdiq (p) lentend très probablement nest pas le produitdu seul milieu foetal, mais subit linfluence de deux sortes dhéréditéaccidentelle (phénotype) : lune au niveau de lutérus de la mère aprèsla formation du foetus, lautre au niveau du sperme avant lafécondation. Par exemple lalcool pourrait détruire un nombre importantde neurones du cerveau. Cette destruction se répercuterait sur lesystème nerveux de lindividu et par voie de conséquence sur ses gènes,et puis sur le sperme qui se dépose dans lutérus de la mère. Donc ni lechangement intervenu lors du développement du foetus ni ceux
  23. 23. 23survenus au niveau du système nerveux de lémetteur du sperme nefont partie de lhérédité pure du nouveau-né.En tout état de cause, lhérédité pure qui caractérise tout le genrehumain et celle accidentelle (avant, pendant et après la fécondation),cest-à-dire le milieu foetal et son influence sur lhérédité pure,auxquelles fait référence lImam al-Sâdiq (p) montrent que laconception de lIslam de lhérédité accidentelle (phénotype) ne diffèrepresque pas dans ses grandes lignes de celle des courants laïcs.Pour ce qui concerne le troisième facteur qui détermine laptitudementale de la personnalité, lImam al-Sâdiq la symbolisé par «celuidont le aql fut composé à lâge adulte» pour signifier linfluence dumilieu qui débute après la naissance. Et là on verra que lImam Ali (p),définissant les étapes du développement mental, insiste sur limportancedes expériences dans la formation de lesprit, et que les Imams dAhl-ul-Bayt (p) soulignent le rôle de lenseignement pendant létape delenfance, tout en présentant diverses recommandations relativementaux étapes prénatales.Ceci dit, étant donné que lImam al-Sâdiq a tranché clairement dans letexte ci-dessus la question de linfluence conjointe du milieu et delhérédité, sous leurs différentes formes, il serait superflu, du point devue islamique ou pour un croyant, daccorder le moindre crédit à toutcourant laïc qui hésiterait à admettre le rôle de lun ou de lautre de cesdeux facteurs. Heureusement, comme cela a été dit, la plupart desrecherches contemporaines ont corroboré les faits que la législationislamique avait établis à cet égard.2- Les Fondements psychologiquesLe texte précité de lImam al-Sâdiq (p) sur les aptitudes mentales etleur lien avec lhérédité fixe et lhérédité accidentelle constitue unprincipe général valable aussi pour tous les fondements psychologiques.Et si certaines ou la plupart des recherches laïques établissent unedistinction entre les fondements mentaux et les fondementspsychologiques, en professant que les premiers sont de nature plus oumoins héréditaire, alors que chez les seconds linfluence de lhérédité estinsignifiante ou même inexistante, cest parce que les études et lesexpériences quelles ont menées sur les traits mentaux leur ont apportéla conviction que ceux-ci sont plus réceptifs à lhérédité que les traitspsychologiques. Bien que cette conviction ne soit pas totalement sansfondement, il est incongru de la généraliser, car elle peut être nuancée
  24. 24. 24dans des conditions particulières, comme nous lavons remarqué lors denotre exposé sur les aptitudes mentales.De là, la législation islamique subordonne le phénomène psychologiqueà des facteurs déterminants, généraux et particuliers, qui prennent enconsidération aussi bien lhérédité que le milieu sous des conditionsspécifiques qui gouvernent ce phénomène. Mais avant de présenter lestextes islamiques relatifs à ce sujet, il est opportun de nous arrêter uninstant sur un point dont nous traiterons plus loin, à savoir la distinctionartificielle établie entre deux sortes de traits psychologiques :1- Les traits intellectuels, ou ce que les spécialistes dénomment"tendance".2- Les traits purement psychologiques.En effet la législation islamique établit parfois artificiellement une telledistinction, et parfois elle lefface, et ce pour les raisons suivantes :dune part elle tient compte de lunité du comportement de lhomme entant que soumis (croyant) au concept du rôle de ladoration ou du califat(lieutenance) sur la terre auquel il est assigné(11), et là la différenceentre le fondement psychologique et le fondement intellectuelsestompe; mais, en même temps, et dautre part, elle considère lêtrehumain en général, (abstraction faite de son identité et de sa positionphilosophique - sa croyance - vis-à-vis du sens de la vie), pour définirles aspects du comportement sain (et en faire un exemple), auquel casla distinction simpose.À la lumière de cette remarque, nous reviendrons au point de vueislamique sur les facteurs déterminants, généraux et particuliers, desfondements psychologiques, sous leurs deux volets précités pourconstater quil est représenté par les deux types de lhérédité pure:dabord par le phénomène de la "disposition" (ou de lexistence "enpuissance") chez un individu, à un tel ou tel autre fondementpsychologique, et ensuite par la transformation de cette disposition,sous leffet du milieu environnant "en acte" choisi volontairement parlindividu et non pas imposé à sa volonté.Naturellement il y a quelques différences entre la subordination delaptitude mentale à lhérédité pure et la subordination de la"disposition" à cette hérédité. Car la première - laptitude mentale -incarne un élément positif, en loccurrence lintelligence dans son étatdexcellence, alors que la seconde - la disposition - ne représente quunélément neutre que lindividu traduirait librement et volontairement, enacte positif ou négatif, ultérieurement. Néanmoins, lhérédité pure joue
  25. 25. 25ce même rôle (que celui quelle joue dans laptitude mentale) lorsquenous transposons le problème sur un plan philosophique, à savoir laconstitution de la nature humaine selon une structure basée sur lareconnaissance dAllah et de Son Unicité, sujet dont nous traiteronsultérieurement, pour ne pas nous écarter de notre domainepsychologique, quitte à y revenir occasionnellement et dune façonpassagère.Il nous reste à présent à définir le point de vu islamique sur lefondement "psychologique" et sur la position de ce fondement parrapport à lhérédité fixe. La législation islamique est claire sur ce point.Elle souligne la pureté de ce fondement chez tous les êtres humains etson dépouillement de tout défaut et de tout élément différentiel,exactement comme tous les fondements biologiques, vitaux et mentauxdont hérite le genre humain dune façon égale, et peu importe que cefondement soit dordre proprement psychologique ou intellectuel.Concernant le fondement intellectuel, lImam al-Sâdiq (p) le définitcomme suit :«Le sperme du croyant, même placé dans le rein du polythéiste, le malne peut latteindre (reste intact), et ce jusquà ce que le calamecoure»(12).La teneur de ce texte est dune clarté qui ne souffre aucune équivoquepour un connaisseur. Elle définit un fondement inné commun à tout legenre humain, à savoir la pureté de la pesée et son dépouillement detoute tare (défaut, tache) héréditaire, peu importe que ce fondement setrouve dans les reins des hommes, dans les utérus des mères ou mêmedans la phase de lenfance, ce qui veut dire que la personnalité(lenfant) entre et reste dans son nouveau milieu, dans un état pur etsans aucun défaut, jusquà lâge de la raison où elle choisit alorslibrement le type de comportement quelle veut.LImam al-Sâdiq (P) énonce le même principe pour ce qui serapporte aux traits ou fondements psychologiques, lorsque,parlant de quelques traits de la personnalité, il dit :«Si tu peux, les (ces traits) avoir, soit. Car ils peuvent être chezle père sans quils soient transmis à son fils, ou chez le fils sansquils soient chez son père».On demanda alors à lImam al-Sâdiq (p) quels étaient ces traits, ilrépondit :
  26. 26. 26«La véracité du courage, lacquittement du dépôt, le maintien du lien deparenté (la bienfaisance envers les proches parents), etc...»(13).Il est évident que les traits moraux dont parle lImam al-Sâdiq (p) sontde caractère purement acquis et nont rien à voir avec un quelconquefondement héréditaire, puisque, le père pourrait les avoir sans pouvoirles transmettre à son fils, et celui-ci pourrait les avoir, sans les avoirtenus de son père. Cela revient à dire que le genre humain dans sonensemble, nhérite pas de fondements moraux ni psychologiques engénéral, mais les acquiert à travers le milieu environnant.Mais sagit-il là dune règle fixe qui reste indifférente ou imperméable àlinfluence dune hérédité accidentelle survenue dans certainescirconstances ou sous certaines conditions ? La réponse est négative,car lhérédité accidentelle que nous avons signalée à propos de"laptitude mentale" peut également influer sur les fondementspsychologiques, peu importe que le transfert héréditaire sopère àtravers lépine dorsale (reins) des hommes ou les utérus des mères.Ainsi, sagissant du changement héréditaire opéré à travers les "épinesdorsales", lImam al-Sâdiq (p) le signale lorsquil nous recommande le"mariage sélectif", cest-à-dire de tenir compte des traits morauxhéréditaires de la famille dont est issue la personne avec laquelle onprojette de se marier :«Ne vous mariez pas avec eux (les membres dune telle famille ou duntel clan), car ils possèdent une "veine" qui appelle à linfidélité».(14)- Selon une autre version de ce Hadith :«Car ils possèdent des "utérus" qui dénotent linfidélité».(15)- Selon une troisième version :«Car ils ont des "racines" (origines, lignage, fondements) qui les incitentà linfidélité».(16)Il ne fait pas de doute que la "veine", les "utérus" et les "racines"figurant dans les trois versions désignent le transfert (le changement)héréditaire du caractère "trahison ou infidélité", et la transmission de cecaractère au sperme qui se dépose dans lutérus de la mère.Quant au transfert héréditaire opéré à travers le milieu utérin, les textesislamiques abondent en recommandations concernant une alimentationsaine génératrice de hautes qualités morales ou psychologiques.
  27. 27. 27Ainsi, lImam al-Redhâ (p) recommande :«Donnez du lait à vos femmes enceintes: si elles portent un garçon, ilaura un coeur pur ... du courage, et si elles portent une fille, elle serabonne physiquement et moralement»(17).Ce texte met en évidence les traits moraux tels que le courage, le boncaractère etc. et dautres fondements psychologiques et mentaux et leurtransmission à lenfant par le milieu de lutérus et nous permet doncden inférer la possibilité de lhérédité accidentelle dans ce domaine.Mais il est à noter ici que les psychologues laïcs établissent souvent unedistinction artificielle entre deux sortes de fondements psychiques(psychologiques) : les traits "tempéramentaux" et les traits "moraux".Ainsi, lintroversion ou lextraversion, par exemple, sont considéréescomme des traits "tempéramentaux" et pourraient donc avoir unedimension héréditaire, alors que les traits moraux, tels que la fidélité,lhonnêteté etc. seraient des traits acquis et nauraient rien à voir aveclhérédité.Bien que cette observation ne soit pas sans fondement, nous nepourrons, selon notre conception islamique, en généraliser la portée oulapplication sur tout le genre. Pour nous, elle revêt un caractère deprobabilité et non de généralité.Les textes islamiques que nous avons présentés précédemmentpourraient paraître de prime abord concordants avec le point de vue laïcrelativement à la distinction entre les fondements "tempéramentaux" etles fondements "moraux". En effet lorsque lImam al-Sâdiq (p) a évoquécertains traits tels «le respect du dépôt», «la véracité» etc., des traitspurement moraux, ils les a exclus du cercle de lhérédité et les a classésdans la zone dinfluence du milieu, et lorsquil a fait référence à laconservation de la pureté du "sperme" dans les épines dorsales despolythéistes et les utérus des mères polythéistes, il a exclu, làégalement, ce trait "intellectuel" ou "idéologique" (la croyance), dudomaine de lhérédité pour lui attribuer un caractère environnemental(le milieu).Toutefois, lorsquil a souligné le trait "trahison" par exemple, il laannexé à lhérédité chez certains clans. Or, la trahison étant un traitagressif, et lagressivité étant une émanation du tempéramentintroverti, sa subordination à lhérédité sexplique par son caractère"tempéramental" et non "moral".
  28. 28. 28Donc, comme nous lavons dit, ces textes islamiques, bien quà premièrevue, semblent converger avec la thèse laïque selon laquelle les traitsmoraux seraient des caractères acquis et les traits tempéramentaux descaractères héréditaires, ils laissent entendre, en réalité, que cettedistinction artificielle entre les fondements "moraux" et les fondements"tempéramentaux" a une valeur de probabilité et non duniversalité.La preuve en sont les divers textes islamiques (que nous verrons plusloin) présentant des recommandations pour lamélioration(assainissement) de la lignée (hérédité accidentelle) en vue davoir desenfants de bon caractère, indulgents, religieusement intègres, ainsi quedautres qualités purement morales. En tout état de cause, nous avonsdéjà vu un exemple de ces textes dans la recommandation de lImamal-Redhâ (p) pour la consommation du lait pendant la grossesse, dans lebut de mettre au monde des enfants de bon caractère.Ainsi, on peut conclure de ce qui précède que les traits moraux peuventà leur tour être tributaires de lhérédité accidentelle dans un cadreparticulier. Il convient toutefois de noter avant de boucler ce chapitre,que certains chercheurs laïcs sefforcent de trouver un lien entre lamorale (caractère acquis) et la haute aptitude mentale (lintelligence),laquelle est un trait héréditaire, pour présenter une autre interprétationdu rapport des traits moraux avec lhérédité et le milieu. Ils ont procédéà une expérience sur un groupe dindividus distingués par leurintelligence (selon les critères de la recherche laïque du quotientintellectuel). Ils ont observé que ces individus se distinguaientégalement par de hautes qualités morales dont sont dépouillés lesmembres dun autre groupe dindividus dun quotient intellectuelinférieur (ayant été soumis au même test dintelligence que le premiergroupe). Cependant, certains chercheurs ont donné une autreinterprétation de cette expérience en arguant que si le second groupena pas les mêmes hautes qualités morales du premier groupe, cest àcause du manque dintelligence pour les acquérir et non à cause dunquelconque facteur héréditaire.Mais la pertinence ou non de cette remarque nappelle pas à la négationde la possibilité de lexistence des facteurs héréditaires dans les qualitésmorales, dès lors que la législation islamique souligne clairement cettepossibilité et quil nest pas possible dignorer le lien héréditaire entre lesfondements comportementaux, moraux, intellectuels et mentaux, dumoins dans des cas particuliers que les textes islamiques ont établis.
  29. 29. 29Résumé du chapitre : la conception islamique du milieu et delhérédité se résume ainsi: le genre humain hérite dun fondementpsychique (psychologique) général au niveau de lhérédité pure, qui nediffère pas dun individu à lautre, que ce soit dans le domaine desaptitudes mentales ou des processus psychiques en général. Mais il y aune hérédité accidentelle qui survient dans des conditions particulièreschez des individus ou des clans et qui constitue une exception à la règle.En dehors de cela, léducation ou le milieu se charge de déterminer letype de comportement que la personnalité se choisit à la lumière dufondement psychologique dont elle hérite en état potentiel (enpuissance, virtuel), cest-à-dire sa capacité à choisir ou à distinguerlespèce du comportement approprié.
  30. 30. 30Deuxième PartieLES FONDEMENTS PSYCHIQUES ET LES ÉTAPES DUDÉVELOPPEMENTChapitre 1LÉtape préliminaireNous avons dit que la plupart des courants laïcs contemporains onttendance à associer lhérédité et le milieu (éducation) dans la formationde la personnalité. Aussi sappliquent-ils à émettre desrecommandations visant à assainir ou améliorer lhérédité, et dautressusceptibles de mettre en œuvre des méthodes déducation socialeadéquates, et ce afin de réguler et de réformer le comportementhumain, en tenant compte de ces deux éléments (le milieu et lhérédité)constitutifs de la personnalité.Nous avons dit également que la Législation islamique admet lexistencedune sorte dhérédité accidentelle qui influe, dans des circonstances etconditions particulières, sur la formation du comportement et quendehors de cet élément cest le milieu ou léducation qui se charge decette formation.À la lumière de ces données, nous essayons maintenant de suivre lesrecommandations de la Législation islamique en vue de lamélioration delhérédité et du milieu.Commençons par la première catégorie des recommandationsislamiques, celles relatives à lhérédité.On peut définir cinq étapes de lamélioration de lhérédité sur lesquelleslIslam insiste à cet égard:1- Létape du choix du conjoint;
  31. 31. 312- Létape de la formation du foetus;3- Létape de la grossesse;4- Létape des lochies;5- Létape de lallaitement.Il est évident que ces cinq étapes couvrent le milieu "prénatal" et lemilieu "postnatal": les trois premières, soit "le choix du conjoint", "laformation du fœtus" et "la grossesse", formant "le milieu prénatal", lesdeux dernières, soit "les lochies" et "lallaitement", constituant "le milieupostnatal".Mais elles sont toutes perméables au facteur de lhérédité accidentelle,et peuvent en conséquence être soumises au processus delassainissement du futur comportement de la personnalité,conformément aux recommandations de la législation islamique à cetégard.1- Létape du choix du conjointNous avons déjà noté que la législation islamique insiste sur la sélectiondu conjoint lorsque lImam al-Sâdiq (p) a mis en garde contrelaccouplement avec des membres de certains clans connus pour leurinclination agressive (la trahison) et ayant des "origines" et des "veines"traîtres transmissibles aux "fœtus".Il en va de même pour des traits psychologiques et moraux, tels quelenvie, lavarice, la lâcheté etc. Puisque lImam al-Sâdiq (p) nousprévient contre le mariage avec des gens issus de clans qui possèdentces caractéristiques :«Prenez garde donc de bien choisir ce qui convient à vos foetus»(18).Il est notable que les recherches scientifiques ont mené des expériencesconcluantes dans le domaine de la génétique (cf. la stérilisationeugénique)(19)sur les chevaux, les troupeaux, les chiens, les rats,relativement à laccouplement sélectif. De telles expériences ont mêmeété appliquées à lhomme et ont démontré la fiabilité de laccouplementsélectif. Toutefois, ces expériences ont montré leurs limites, ayant étéheurtées par limpossibilité de généraliser la sélection à tous lesindividus, dune part, et par le fait que les bons éléments produisaientparfois des éléments mauvais et vice versa.
  32. 32. 32En réalité les résultats de ces expériences concordent avec le point devue islamique qui admet lexistence dune hérédité accidentellesurvenant dans des circonstances spécifiques, sans lériger en règleabsolue.2- Létape de la formation du fœtusLa législation islamique insiste particulièrement sur cette étape etprésente diverses recommandations relatives aux différentes situationset circonstances qui en relèvent. Elles nous mettent en garde parexemple contre la pratique de lacte sexuel pendant les "menstrues",après une éjaculation non suivie de lavage rituel (ghusl), en étatdikhtidhâb (application dune teinture), sous peine de laisser demauvais effets sur le fœtus et le futur être, lequel risque de souffrir desymptômes mentaux, psychiques et physiques, tels que le "thuhân"(trouble mental), le "uçâb" (trouble névrotique, agressivité), la cécité,la mutité, la lèpre, léléphantiasis etc.Ainsi à propos de risques physiques que ferait courir lacte sexuelaccompli pendant les menstrues de la femme, lImam al-Sâdiq (p) dit :«Regardez ces gens au physique déformé. Ceux-là accomplissent lactesexuel avec leurs femmes réglées».(20)Concernant la pratique de la sexualité après une éjaculation non suiviede lavage rituel, elle pourrait provoquer des troubles mentaux. SelonlImam al-Sâdiq (p) toujours :«Il est détestable quun homme pénètre sa femme avant davoiraccompli le lavage déjaculation. Autrement, il risquerait davoir unenfant dément...»(21)Quant à la pratique de la sexualité pendant que lhomme est en"khidhâb", elle fait courir le risque de mettre au monde un enfantefféminé, selon la même source :«Ne fais pas lacte sexuel avec ton épouse, lorsque tu es en "khidhâb",autrement, et dans léventualité de la venue dun garçon, il seraitefféminé».(22)Il y a bien dautres recommandations qui visent à assainir la formationdu fœtus et à éliminer les risques des tares mentales et psychiques,quil pourrait porter, recommandations que les recherches scientifiquesont ignorées en raison de leur imperméabilité aux mystères divins et àla science infuse. Toutefois il est impératif de noter que ces
  33. 33. 33recommandations nont pas un caractère de règles absolues, maisparlent en termes de probabilité, et de conditionnel. Ainsi lImam al-Sâdiq (p) dit :«Si la formation de fœtus coïncide...»(23), «Il est à craindre que lenfantné ... dans un tel cas de figure...soit atteint de démence», etc.Donc de telles tares pourraient sexpliquer partiellement (et nontotalement) par les pratiques que les recommandations incriminent. Sila législation islamique y insiste cependant, cest par souci déliminertout risque probable danomalie chez la progéniture, et de nous amenerà recourir à tous les moyens de prévention de tels risques. Notons aupassage, que ces recommandations islamiques ont le mérite de mettreen évidence, du moins partiellement, les causes probables de certainssymptômes morbides, que la psychiatrie et la psychologie laïques semontrent encore incapables dexpliquer.Il faut préciser avant de conclure cette section, que lesrecommandations précitées concernent un laps de temps déterminé,limité au moment de la fécondation de lovule par le spermatozoïde.Pour ce qui concerne létape de la post-fécondation, la législationislamique propose dautres recommandations.3- Létape de la grossesseCette étape peut jouer également un rôle important dans laméliorationde la progéniture. Aussi la législation islamique avance-t-elle diversesrecommandations qui sarticulent essentiellement autour de la sélectionalimentaire pendant cette période. En outre, les recherchesscientifiques, comme nous avons eu loccasion de le souligner, signalentlimportance de cette étape en raison de différentes mutations qui syproduisent et du rôle du fondement chimique (de la nourriture) dans laformation des aptitudes mentales et psychiques de lenfant. Il nest doncpas superflu de rappeler quelques recommandations islamiques déjàcitées, relativement aux alimentations, le lait notamment, que lon doitoffrir à la femme enceinte pour assainir les traits mentaux, psychiqueset physiques du fœtus et de lembryon. Ainsi, le Prophète (P) cité parlImam al-Hassan Ibn Ali (p) dit :«Nourrissez de lait vos femmes enceintes, car lorsque lenfant est nourride lait dans le ventre de sa mère, son esprit se renforce».(24)LImam Ali Ibn Moussâ al-Redhâ (p) :
  34. 34. 34«Nourrissez de lait vos femmes enceintes: si lenfant quelles portent estun garçon, il aura le cœur pur et il sera courageux, et sil est une fille,elle aura de bons traits physiques et moraux».(25)On peut rappeler une autre recommandation islamique qui nousdemande doffrir le coing, par exemple, aux femmes enceintes, pourpurifier et clarifier la teinte de lenfant.(26)4- Létape des lochiesCette étape représente la période postnatale, mais elle peut êtreperméable à leugénique positive, cest-à-dire à lassainissement de laprogéniture. Il est évident que létape de lochies ne dure que quelquesjours, mais des changements physiques et psychiques sy produisent.Lalimentation sélective y influe sur les traits du nouveau-né. Lalégislation islamique recommande à la mère de manger notamment desdattes fraîches pendant cette période, lesquelles sont susceptiblesdinfluer sur la qualité du lait maternel dont les effets bénéfiques serépercutent sur le tempérament du nourrisson. Le Prophète (P) dit à cesujet :«Il ny a pas une femme en lochies, qui mange des dattes le jour de sonaccouchement sans que son enfant ne soit clément, sil est un garçon,et clémente, si elle est une fille».(27)Sur le même sujet, lImam al-Sâdiq (p) donne plus de précisions endésignant la variété des dattes à manger :«La meilleure de vos dattes est le "barnî". Nourrissez-en donc vosfemmes en lochies, afin que vous ayez des enfants cléments».(28)Il convient de noter ici que la clémence est considérée comme lun destraits les plus saillants de la personnalité normale ou saine, car elletraduit une grande aptitude à contrôler et maîtriser les émotions.Lobservance de cette recommandation permet donc de faire acquérir àla future personnalité de lenfant une très haute qualité tempéramentaleet morale.5- Létape de lallaitementPendant cette étape postnatale, lalimentation sélective, en loccurrence,le lait, est de la première importance, car elle se répercute sur les traitsmentaux et psychiques de lenfant. Cest pourquoi la législationislamique insiste tout particulièrement sur cette étape et sur le choix etla qualité du lait dont est nourri lenfant. Ainsi, les recommandations
  35. 35. 35islamiques mettent en évidence tout dabord, la nécessité de nourrir lebébé essentiellement du lait de sa mère, car «il ny a rien de mieux pourle nourrisson que le lait de sa mère».(29)-(30)Cette recommandation revêt une importance éducative et doit être doncobservée scrupuleusement. Elle nous invite à ne pas recourir à dautreslaits, sauf en cas de force majeure. Il ne suffit donc pas que la mèresouffre dun malaise bénin ou dun petit ennui de santé, ou encorequelle ait quelques raisons sociales ou familiales, pour abandonnerlallaitement maternel.Et en cas de force majeure, privant le bébé du lait maternel, lalégislation islamique, insiste sur le choix adéquat de la nourrice, enraison de linfluence de celle-ci, par lait interposé, sur le comportementfutur du nourrisson :«Prenez garde en choisissant les nourrices de vos enfants, car ceux-ciacquerront des traits de celles-là».(31)La stupidité est lun des traits de la personnalité, que la législationislamique désigne comme pouvant être transmis par lallaitement.LImam al-Bâqer (p) dit à cet égard :«Nallaitez pas votre enfant au sein dune sotte, car ce lait a des effetstransmissibles...».(32)Mais la législation islamique ne limite pas le risque de la transmission decaractères, par lallaitement au sein, à ce trait seulement. Elle legénéralise à tous les traits psychiques et psychologiques. Elle nousprévient par exemple contre le lait de la prostituée, de lalcoolique, de lamangeuse de la viande de porc etc.: «Namène pas ton bébé chezelles».(33)Ce texte nous demande de ne pas confier nos nourrissons àde telles nourrices, afin déviter que lallaitement à leur sein ne coïncideavec leur consommation de lalcool ou de la viande de porc.Récapitulons : ces recommandations, quelles se rapportent àlallaitement ou aux lochies, constituent un prolongement de cellesrelatives aux étapes prénatales, et toutes contribuent à lamélioration dela progéniture à travers lhérédité accidentelle.Quant au facteur de léducation sociale ou du milieu, lesrecommandations de la législation islamique revêtent une autre forme,étant donné que la fonction ou la tâche cultuelle de lêtre humain seréalise essentiellement à travers léducation, laquelle se divise en deuxétapes :
  36. 36. 361- Létape de la prématurité2- Létape de la maturité et suivantIl est à remarquer que cette division des étapes de léducation faite parla législation islamique est fonction du principe de la récompense et duchâtiment, cest-à-dire de lassujettissement (taklîf)(34)et du non-assujettissement de lindividu aux instructions de la Loi islamique. Dansla première étape, celle de la prématurité, lindividu est soustrait à ceprincipe, lequel prend effet à partir de la seconde étape. Mais en dehorsdu cadre de lassujettissement et du non-assujettissement la législationislamique fait interférer les deux étapes, en soumettant la période de(ce que la recherche laïque appelle) ladolescence à létape du pré-assujettissement aussi, pour ce qui concerne limportance de léducationet les traces quelle laisse sur la future personnalité. Elle concorde ainsi,sur ce plan, avec la recherche laïque qui aborde léducation pendant lesétapes de lenfance et de ladolescence. Et cest ce que nous allonsmontrer dans notre développement du point de vue islamique sur cesujet dans les prochains chapitres.
  37. 37. 37Chapitre 2LÉtape de la Première enfancePréambule :La recherche laïque établit quatre étapes du développement de lapersonnalité :1- La première ou la petite enfance qui va de la naissance à la septièmeannée2- Lenfance tardive (seconde enfance): de 7 à 14 ans3- Ladolescence: de 14 à 21 ans;4- La maturité: de 21 ans jusquà la finLes textes islamiques tendent à établir la même division.Ce qui nous intéresse dans cette division, cest le lien du développementde lindividu avec le processus de léducation sociale ou lapprentissageen général. Si lon excepte létape de la maturité dans laquelle lapersonnalité recouvre son indépendance et établit ses limites générales,les trois étapes précédentes demeurent exposées à diverses formes dedéveloppement, chaque étape se caractérisant par des traits spécifiqueset exigeant un type déducation ou dapprentissage approprié à cestraits.Certes, même la dernière étape (létape de la maturité) demeure, enréalité, perméable à lapprentissage, et celui-ci, considéré dans sonacception finale, se détermine dans cette étape dune façon consciente,puisque ladulte assume la responsabilité totale de son apprentissage.Mais le but de lapprentissage ou de léducation selon les étapesprécitées reste lié au processus du développement, lequel ne sarrêtequà la fin de la troisième étape.De là, les trois étapes concernées (première enfance, seconde enfance,adolescence) continuent à faire lobjet du soin des chercheurs tantquelles sont liées au développement, lequel est à son tour lié à laformation et à ses répercussions sur le futur de la personnalité (cest-à-dire à sa quatrième étape).
  38. 38. 38Bien que la législation islamique concorde avec certaines lignes de laconception laïque de ces étapes, elle possède un point de vue spécifiquequi la distingue complètement de cette dernière. En effet, alors que lescourants laïcs présentent certaines conclusions comme étant des faitsétablis, concernant notamment le rôle de lenfance dans lavenir de lapersonnalité, lIslam soutient un point diamétralement opposé, ce quiincite à ne pas sous-estimer la divergence entre les deux conceptions,islamique et laïque dans ce domaine. Cest ce que nous allons voir àtravers notre étude des trois étapes du développement de lapersonnalité.1- Létape de la première enfanceCette étape couvre les six ou sept premières années de la vie delenfant.Les chercheurs laïcs confèrent à cette phase une importance primordialeet exagérée, au point quils la considèrent comme le facteur déterminantde la personnalité, dont le comportement futur serait prédéterminé parles traits acquis lors de la première enfance. En fait, il est à croire queles recherches laïques commettent une erreur scientifique majeure enattribuant à la première enfance cette importance indue, surtoutlorsquelles considèrent les premiers mois, ou les deux ou troispremières années de lenfant comme lélément décisif du comportementfutur de la personnalité.Bien que nous discutions plus loin cette conception des courants laïcsdans leurs contextes respectifs, nous sommes obligés de signaler ici laméprise dans laquelle tombent les psychologues, les éducateurs et lessociologues en exagérant limportance de la première enfance, et enoubliant le rôle de lamendement (la correction) du comportement, et lerôle de la conscience ou de ce quils appellent "le moi" (lego) et sacapacité à contrôler et à réguler ce comportement. On pourrait diremême, que tous les efforts des éducateurs et des psychologuescliniciens seraient vains et inutiles, ou que leur raison dêtre mêmedisparaîtrait, si nous admettions que le comportement humain se décidependant les premières années de lenfance. Heureusement bon nombredes courants pédagogiques, psychologiques et psychopédagogiquesmodernes commencent à mettre en doute le rôle déterminant delenfance, et à souligner le facteur de la "conscience" et des expériencesadultes, sans toutefois négliger lenfance, mais se contentant de ladépouiller du caractère exagéré de limportance dont lont affublé lesprédécesseurs.
  39. 39. 39LIslam a résolu le problème en accordant à la première enfance uneimportance mesurée en la qualifiant: détape du jeu - et en mettantlaccent, en revanche, sur le rôle de la seconde enfance.Donc, en la qualifiant détape de jeu, lIslam lui ôte carrément lecaractère décisif que lui prête le courant laïc. Car, qui dit jeu dit activitéphysique ou mentale purement gratuite, qui na, dans la conscience dela personne qui sy livre, dautre but que le plaisir quelle procure.Autrement dit, pendant cette étape il nest pas possible de donner auxexpériences mentales de lenfant un caractère de cohérence et deconstance, étant donné que son développement mental nest paspropice à une expérience éducative sérieuse qui requiert un certaindegré de maturité. De là, la législation islamique a retenu de cette étapeson caractère essentiellement ludique.Ci-après quelques-uns des textes islamiques sur le sujet :1- «Laisse ton enfant jouer pendant (les premiers) sept ans, éduque-lependant les sept ans suivants, et oblige-le pendant les sept années quisuivent».(35)2- «Laisse ton enfant jouer pendant sept ans, oblige-le pendant septans...».(36)3- «Lenfant joue pendant sept ans, apprend le livre pendant sept ans,et apprend le licite (halâl) et lillicite (harâm) pendant sept ans».(37)Ces textes indiquent indubitablement que les sept premières années delenfance se caractérisent par le jeu, les sept années suivantes, parléducation et la formation fondées uniquement sur lentraînement(lapprentissage et non la contrainte), les sept années qui les suivent(les années de ladolescence), par lobligation.Nous aborderons exhaustivement létape de la seconde enfance et cellede ladolescence, à la lumière des textes précités et dautres, plus loin.Ce qui nous occupe maintenant, cest dattirer lattention sur lecaractère ludique de létape de la première enfance, daprès lunanimitédes textes islamiques, lesquels nous conduisent à réfuter commeerronée toute théorie qui attribue à cette étape une importancepédagogique notable.Le Hadith suivant du Prophète (P) ne laisse aucun doute quant à lanature foncièrement ludique de létape de la première enfance :«Lenfant est maître durant sept ans, et esclave durant sept ans».(38)
  40. 40. 40Le Prophète (P) a qualifié lenfant de la première étape de "maître", etcelui de la seconde d"esclave", termes on ne peut plus révélateurs etsignificatifs. En effet, le "maître" est quelquun qui ne reçoit dordres depersonne, il est son propre maître, ce qui signifie que cette phase dedéveloppement de lenfant ne lui permet pas daccepter des ordres,cest-à-dire des instructions, des directives et des obligations. Il abesoin dexercer ses activités avec une liberté sans restrictionsmanifestes, la liberté de jouer.Et cest contrairement à lenfant de la deuxième étape (7-14 ans), quele Messager dAllah (P) a comparé à lesclave, lequel est censé recevoiret exécuter les ordres, cest dire quil est préparé au processus deformation et dentraînement.Cependant, il faut préciser tout de suite que le fait de mettre enévidence le caractère ludique de létape de la première enfance, signifiemoins la négation de limportance même de léducation et delentraînement quon y dispense à lenfant, et plus la contestation ducaractère déterminant et primordial de cette importance, tel que le luiprêtent ceux qui affirment que le comportement futur de la personnalitéaura été irréversiblement déterminé par léducation qua reçue lenfantpendant cette étape. Cest pourquoi, la législation islamique nest passans prévoir pour ladite étape une certaine forme dentraînement, certespartielle, mais appropriée au développement mental et physique delenfant. Elle sapplique même à déterminer les différentes phases decette étape et à esquisser le type dentraînement élémentaire et léger,propice à chacune delles. En un mot, la législation islamique, tout ensoulignant le caractère essentiellement ludique de cette étape, tientcompte de limportance dune certaine forme dentraînement à ydispenser, mais sans charger celui-ci du même poids dont le charge lecourant laïc.Ceci, on peut le constater dans le hadith éducatif suivant, où lImam al-Sâdiq (p) laisse percevoir six phases de létape de la première enfance,dans lesquelles on devine comment se dessinent les courbes dudéveloppement mental de lenfant :«Lorsque lenfant atteint lâge de trois ans, on lui répète sept fois laformule "lâ ilâha illâllâh" (il ny a de Dieu quAllah), et on le laissejusquà ce quil ait trois ans, sept mois et vingt jours, où on lui dit septfois : "Mohammadun Rassûl-ullâh" (Mohammad est le Messager dAllah -P-). On le laisse encore jusquà ce quil complète les quatre ans pour luidire sept fois: "Allâhumma çalli alâ Mohammadin wa âle Muhammad"(Ô Allah ! Prie sur Mohammad et sur les membres de la Famille de
  41. 41. 41Mohammad). Puis on le laisse jusquà ce quil achève ses cinq ans où onlui demande : "Laquelle est ta main droite et laquelle est ta maingauche ?". Sil répond correctement, on doit lorienter vers la directionde la Qiblah (la direction de la Mecque), et on lui dit : "Prosterne-toi".Puis on le laisse jusquà ce quil vienne au terme de ses six ans, où onlui apprend comment prier, comment sagenouiller et comment seprosterner et ce jusquà lâge de sept ans. Lorsquil aura complété sessept ans, on lui dit : "Lave-toi le visage et les (paumes des) mains". Sille fait, on lui dit : "Fais la prière", et ce jusquà ce quil atteigne lâge deneuf ans, où on lui apprend à faire la Prière (çalât) et lablution(wudhû), tout en prévoyant, le cas échéant, une punition corporelle, silles néglige».(39)Comme on peut le constater, ce texte nous révèle non seulementlimportance (relative) de lapprentissage élémentaire pendant lapremière étape de lenfance, mais aussi, et de là sa valeuréducationnelle, les phases du développement mental de lenfant, jusquàlâge de neuf ans, cest-à-dire jusquà la première phase de la secondeétape, alors que la psychologie infantile tâtonne encore(40)dans leurdéfinition, et présente des hypothèses divergentes et contradictoiresquant à leur distinction quantitative et qualitative précise.Peut-être la première chose qui se signale à lesprit du lecteurconcernant le processus de lapprentissage dans ce texte est-il le choixpédagogique du "vocabulaire" utilisé (glorification dAllah) et de "lacte"demandé (les gestes de la prière) à lenfant. On remarque ainsi, que letexte a recouru au langage et à lacte cultuels, cest-à-dire langage etacte qui se rapportent au concept de culte (lequel constitue le butcéleste de lexistence de lhomme), et plus précisément à lune de sesprincipales applications: la Prière et ses préliminaires (lablution).La deuxième remarque est que le texte néglige la période antérieure àlâge de trois ans, et fixe cet âge comme début de lapprentissage, cequi laisse deviner que les trois premières années de la vie de lenfant nesont pas réceptives à lentraînement pédagogique qui nécessite une plusgrande aptitude mentale, dont le développement commence au termede la troisième année.Les études laïques font référence au processus du transfert de lenfantde létape dite de la "perception" à létape de la "perception symbolique"ou imaginative. Mais leurs expériences dans ce domaine aboutissent àdes conclusions divergentes quant à lévaluation du volume de létapedu transfert. En revanche, la législation islamique a tranché la questionen fixant le début de lapprentissage symbolique à lâge de trois ans

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