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Introduction

Ce mémoire professionnel est le résultat d’un travail de fin de DUT Information-
Communication, option Gestion de l’Information et du document dans les organisations. Il
porte sur le journalisme participatif, avec comme sous titre « principes, modalités,
tendances ».

Cette notion, également appelé « journalisme citoyen » a fait apparition en même temps que
le web se développait et prenait la forme qu’on lui connait actuellement, le web 2.0.

Ce mémoire s’inscrit donc dans un sujet d’actualité, et fait appelle à plusieurs notions
d’importances qui se résument par les questions suivantes :
- Comment le web 2.0 fonctionne-t-il ?
- Qu’est ce que le journalisme citoyen précisément ?
- Comment accéder à ce statut ?
- Quel impact à l’arrivée du web collaboratif sur les journalistes et leur travail ?

Ce mémoire se décline en deux parties : une partie blog qui présente des sources et ressources
sur le sujet, une revue de presse journalistique qui mettra en lumière les principes et
évolutions de la pratique du journalisme participatif, ainsi qu’une galerie d’images qui
présentera les « faits d’armes » des journalistes citoyens. La partie écrite contiendra en sus de
cette introduction, une note de synthèse qui reprendra tous les éléments sur le sujet, une
arborescence commentée ainsi que des captures d’écran du blog, qui auront pour but
d’expliciter les choix de l’auteur sur cette plateforme, et enfin l’explication de la
méthodologie employée pour la réalisation de ce mémoire et son bilan. Vous pouvez consulter
ce blog à l’adresse suivante : http://journalisme-participatif.blogspot.fr

Afin de mieux cerner et comprendre le sujet, j’ai décidé, en parallèle de la réalisation de ce
mémoire de tenter « l’aventure » qu’est le journalisme participatif. Ayant dans le passé déjà
connu une expérience de co-webmaster d’un site traitant de l’actualité musicale, modérateur
du forum qui découlait du site, et en charge de rédiger des biographies et des brèves, j’avais
déjà une certaine idée et conception du journalisme participatif. De surcroit, j’avais également
connu à la même période (2007-2008), une éphémère expérience de blogueur, où ma
principale activité était de réaliser des critiques d’albums de musique.

Ce blog abandonné depuis plusieurs années, il me trottait dans la tête de remonter un projet
similaire. Choisir ce sujet de mémoire est donc rapidement apparu comme une évidence. Je
tiens donc régulièrement depuis quelques mois maintenant un blog1 qui traite de l’actualité en
général, avec comme contenu des articles sur des sujets divers tels que la politique, les
élections présidentielle de 2012 en France, les relations internationales, la situation sociétale
de certains pays ne respectant pas les droits de l’homme et la démocratie, des revues de presse

1
    http://public-tribune.fr
et enfin des critiques de films et de livres. Pour pousser le processus plus loin, j’ai décidé de
proposer deux de mes articles aux médias citoyens Agoravox2, le premier traitant de la
situation en Corée du Nord après la mort de Kim Jung-Il en décembre 2011, et le second
relatant les mouvements de contestations qui ont pris corps depuis les législatives de
décembre 2011 en Russie, ainsi que l’évènement majeur qui a suivi : l’élection présidentielle
russe.

Enfin, afin d’être le plus exhaustif possible, ce mémoire se concentre principalement sur la
situation du journalisme participatif en France.




2
    http://agoravox.fr
I] Note de synthèse

Le « journalisme participatif », également appelé « journalisme citoyen » est défini comme
« la pratique de la création et de la diffusion rapide de l’information par des non-
professionnels par le moyen du web et des réseaux sociaux plutôt que sa consommation »,
selon le glossaire journalistique du site Grandquebec.com3.

Pourtant, en soi, cette expression renvoie à deux termes qui sont en total opposition.
“Journalisme” fait référence à un métier pointu, dont les acteurs ont mené une formation
poussée et qui possèdent des aptitudes et qualités qui respectent une déontologie propre au
métier. Obtenir le statut de journaliste nécessite de nombreuses péripéties, et cette profession
est, de surcroît, normée, vérifiée et légiférée au travers de la carte de presse, qui fait d’eux de
véritables professionnels de l’information.

La notion de “citoyen” signifie, elle, ce qu’on appelle communément “M. Tout Le Monde”.
Celle de “participatif” est en revanche moins globale, puisqu’elle renvoie au fait que les
citoyens qui le désirent, et uniquement eux, peuvent participer.

En définitive, la notion de “journalisme participatif” est une formule sémantiquement très
forte, puisqu’elle implique que le citoyen lambda peut devenir, s’il le désire, un journaliste.
Cela signifie concrètement que désormais, les citoyens peuvent s’exprimer de façon
“journalistique”, ou tout de moins de façon argumentée librement. En soi, cette démarche de
“donner la parole au citoyen” s’inscrit dans une lignée démocratique tout à fait respectable.

Quels sont les facteurs qui ont permis d’en arriver là ? Concrètement, comment cela marche t-
il ? Ce système de journalisme citoyen fonctionne t-il ? Et si non, quelles sont les dérives et
autres effets pervers ?

Trois axes de traitement semblent pertinents pour répondre à ces questions complexes :

- Les principes de ce type de journalisme, soit l’origine, la base de départ,
- Les modalités, à savoir quelles en sont les particularités, le fonctionnement,
- Les tendances, c’est à dire le (encore jeune) bilan de ce type d’expression, mais aussi ses
évolutions et ses orientations,

Ces thématiques seront développées sans ne rien omettre. Nous verrons également
l’expérience de « journaliste participatif » que j’ai réalisé afin de me confronter à la situation,
et afin de connaitre et de vivre le sujet « de l’intérieur ».




3
    http://grandquebec.com/medias-au-quebec/lexique-journalisme/
1. Principes

L’idée « de donner la parole » au peuple n’est pas récente, et repose sur le principe même de
la démocratie. Elle a grandement pris forme avec l’arrivée des interviews, qui ont vu le jour
avec l’avènement de la radiophonie dans les années 1920. Les journalistes ont toujours su
recueillir des témoignages de citoyens ayant assisté à des évènements où eux ne se trouvaient
pas, ponctuent leurs reportages par leur avis, et l’omniprésence des sondages et enquêtes
d’opinion révèle que l’avis du citoyen est sinon pris en compte, au moins écouté et relaté. De
la même façon, il n’est pas rare qu’un journaliste ayant un article à écrire ou un dossier à
réaliser sur un sujet pointu fasse appelle à un expert en la matière pour l’aider à structurer ses
informations.

Les derniers évènements de l’actualité récente illustre d’ailleurs ce procédé. Mercredi 21 mars
dernier, dans le cadre des « tueries de Toulouse et de Montauban » et de « l’affaire Merah »,
le –alors- suspect est retranché chez lui, encerclé par les forces du RAID. Les voisins de
l’immeuble, qui n’ont pas encore été évacués, sont tous contactés par différents médias. Que
ce soit la presse écrite, la télévision ou encore la radio, les témoignages des voisins alors sur
place étaient primordiaux pour permettre aux journalistes, contraints de respecter une distance
de sécurité avec les lieux de l’intervention, d’obtenir des informations autres que celles
divulguées par le ministère de l’intérieur. Cet exemple n’est pas un cas isolé. Pour autant, il
part du principe que le citoyen a la parole, mais uniquement quand on la lui demande. Le
principe même du « journalisme participatif » est tout autre, puisqu’il repose, à l’inverse, sur
le fait que le citoyen a la parole dès qu’il a envie de la prendre.

Les historiens ont du mal à définir concrètement les premières formes de « journalisme
participatif », et les avis et points de vue divergent. Certains estiment que la première
apparition de ce phénomène date de 1963, quand Abraham Zapruder, tailleur de profession,
assistent à Dallas à la parade de John F. Kennedy, et se retrouve à filmer par inadvertance la
mort du Président des Etats-Unis d’Amérique. D’autres estiment en revanche que c’est le
blogueur Matt Drudge, auteur du blog Drudge Report, qui en révélant la teneur de ce qui
deviendra « l’affaire Monica Lewinsky », pose la première pierre du « journalisme
participatif ». Enfin, d’autres spécialistes voient en ce phénomène des apparitions plus
récentes, comme les attentats terroristes du 11 septembre, qui auraient grandement contribué à
donner envie aux citoyens de s’exprimer plus librement, ou encore la guerre en Irak de 2003,
où les soldats américains et les journalistes dépêchés sur places racontaient presque en temps
réel sur des blogs personnels, rebaptisés alors « warblogs », la situation telle qu’ils la vivaient.

Ces évènements majeurs ont chacun leur part de vérité dans l’avènement du « journalisme
participatif ». Mais c’est bien l’arrivée et le développement de l’internet qui l’a rendu possible
et effectif.
L’arrivée du web 1 ou web dit de « contemplation » en 1993 a tout d’abord permis à ses
utilisateurs de pouvoir consulter plus facilement l’information, de tout type qu’elle soit. Le
web a connu ensuite une progression rapide et croissante, et en 2003-2004, la notion de web
2.0 fait son apparition. Ce web se veut moins technique, plus accessible et ouvert à tous.
Désormais chacun ou presque pourra maitriser les caractéristiques et techniques du web afin
d’y prendre part à grande échelle. Le nombre d’utilisateurs connecté à la toile a augmenté de
façon exponentielle depuis sa création : 2 millions en 1994, 1250 milliards en 2007.
Aujourd’hui chaque entité, institution, marque, organisation est présent sur internet à l’aide de
sites web et de réseaux sociaux.
2. Modalité

Dans ce contexte, l’information circule, va et vient à une vitesse jusqu’alors inconnue.
L’avènement de l’internet a donc permis d’instaurer une certaine clarté : tous les documents
officiaux sont disponibles sur la toile. « Nul n’est censé ignorer la loi » dit le dicton, grâce au
web, tout le monde peut au moins consulter tous les textes de loi disponibles. La recherche est
logiquement simplifiée, plus facile, plus aisée. Cette surabondance de l’information a donc
ceci de positif qu’elle amène un climat de transparence. En revanche, les utilisateurs
« lambdas », pas ou peu initié au web et à la recherche d’information peuvent rapidement se
noyer dans le flou que génère cette « infobésité ».

Le web 2.0 correspond également à l’évènement de plusieurs outils qui vont directement
permettre au citoyen de pouvoir communiquer plus facilement :

  -Wikipédia : Lancé en 2001 par Jimmy Wales et Larry Sanger, et aidé par un design
accrocheur et minimaliste, l’encyclopédie en ligne Wikipédia a connu un large succès depuis
sa création. Le principe est simple : chacun peut poster une nouvelle rubrique correspondant à
un sujet qu’il souhaite développer. Chaque membre de Wikipédia peut ensuite ajouter des
précisions, des modifications ou des éclaircissements sur le sujet. Les membres jouent à la
fois le rôle de contributeurs et de modérateurs. Grandement critiquée, notamment sur les
sujets politiques et historiques, l’encyclopédie participative Wikipédia était pourtant
plébiscitée en 2005 par une étude menée à l’initiative du périodique scientifique Nature, qui
affirmait alors qu’elle était « presque aussi fiable que l’encyclopédie Britannica ». D’autres
études sont plus circonspectes sur ce point, jugeant que Wikipédia avait laissé des erreurs
grossières expressément ajoutée sur certaines pages pendant plusieurs semaines.

  -Les forums de discussion : Le terme « forum », provient de la langue latine et signifie
initialement le « marché », lieu où les romains venaient échanger et discuter. Les forums de
discussion internet désigne donc dans la logique des choses un espace de discussion,
asynchrone, thématique, sur un site web à part entière ou sur une sous catégorie d’un site. Il
permet à ses utilisateurs de poser des questions, d’échanger ou d’apporter des réponses aux
questions sur le thème du forum, sous régit des administrateurs et des modérateurs, qui sont là
pour assurer le bon fonctionnement et faire respecter la chartre éthique et les règles propres à
chacune des ces plateformes. De facto, des communautés se créaient ainsi sur les thématiques
des différents forums. Cette pratique avait littéralement explosé de 2004 à 2006, mais connait
un large essoufflement aujourd’hui. D’autres outils ont effet pris la relève de ce système
participatif.

  -Les blogs : Lancés dès l’apparition du web, les blogs ont toutefois connu un énorme boom
avec l’apparition du web 2.0. D’abord réservés aux experts de la toile par leur complexité,
leur popularisation en France est du à la plateforme proposée par le site de la radio libre
Skyrock –les blogs étaient alors rebaptisé « Skyblog ». Les blogs permettaient initialement de
composer, au rythme que son utilisateur souhaitait, une sorte de carnet secret mais en accès
libre : les coups de cœur et coups de gueule y étaient exposés publiquement grâce à des
« billets » de blog. Cette très populaire facette de s’exposer aux yeux de tous a rapidement été
supplantée par l’arrivée des réseaux sociaux. Les blogs ont aujourd’hui une importance non
des moindres puisqu’on en dénombrait en 2011 environs 156 millions, et sont devenus au fil
du temps « plus sérieux ». Adoptés par les médias, les journalistes tiennent pour la plupart
aujourd’hui un blog sur le site de leur employeur. La diffusion et leur accès dépendant
librement de leur créateur, il n’est pas rare que les blogs soient les supports privilégiés, avec
les réseaux sociaux, des courants de pensées les plus radicaux et extrêmes.

  -Les réseaux sociaux : Symbolisés par Facebook et Twitter, ce terme désigne un site
internet permettant à ses utilisateurs d’y créer une sorte de « carte d’identité » numérique. Le
côté « social » de ces réseaux réside dans l’échange possible entre ses « amis » virtuels. Les
réseaux sociaux permettent à ses utilisateurs d’y exposer leur humeur du moment, ou de
partager des informations sur tout type de support : vidéo, audio, texte.

  -Les médias citoyens : Les médias dits « citoyens », sont des plateformes où tout le monde
peut publier un article et devenir rédacteur. Ils sont l’emblème même du « journalisme
participatif ». Ce type de support apparait dès 2000 en Corée du Sud avec le média Sud
Ohmynews. En France, Carlo Revelli et Joël de Rosnay emboitent le pas en 2005 et lancent le
média citoyen « Agoravox ». Ce site participatif reste aujourd’hui le seul média de taille qui
soit 100 % citoyen. Le principe est assez simple : chacun peut y publier un article sur le sujet
de son choix. L’article est ensuite soumis au comité de modérateurs, et passera l’étape
supérieure si trois voix le décident. Enfin, le comité de rédaction d’Agoravox, composé d’une
poignée d’employés, apporte ou non une dernière validation. Le rédacteur devient ensuite
modérateur au bout de quatre articles publiés. Le site affiche un succès relativement correct,
et est financé grâce à la publicité, forcément omniprésente sur la plateforme, et grâce aux dons
des utilisateurs le désirant. TROUVER DES CHIFFRES

Très vite, la notion de « tout le monde est un média » a pris forme. Les différents supports
permettant la publication d’écrits, d’articles, de réflexions et de tribunes libres listés ci-haut
s’accompagne d’un véritable boom d’autres supports permettant la publication et la diffusion
d’autres sortes de médias :

- Les vidéos sont maintenant diffusables en quelques cliques, grâce à des plateformes
hébergeant directement en ligne ces documents, telles que Youtube.com et Dailymotion.fr. De
la même façon, l’audio est diffusable à grande échelle.

- Les photos peuvent être postées directement sur les réseaux sociaux, ou encore partagées sur
des plateformes telles que Flyckr.com ou GettyImage.

- L’écrit, qui généralement légende l’image et la vidéo, est on ne peut plus facilement
diffusable sur les plateformes précédemment cités.

Cette diffusion massive d’information quotidiennement a largement été renforcée par l’arrivée
en force des Smartphones. Fin 2011, on dénombrait 18,3 millions d’utilisateurs de
smartphones étant connectés à l’internet mobile en plus de leur connexion fixe4. Cette
proximité avec l’internet renforce inéluctablement la notion de « journalisme citoyen ». Si un
évènement comme l’assassinat de Kennedy arrivait aujourd’hui, combien de vidéos seraient
posté à la seconde qui suivrait ce drame ?

Ces différentes plateformes prouvent et font qu’aujourd’hui tout le monde peut diffuser
l’information qu’il souhaite. Il nécessite néanmoins plusieurs conditions sine qua non pour
assurer son développement :

- La nationalité de la plateforme participative doit logiquement appartenir à un Etat respectant
un minimum les principes de démocratie, et qui assure à ses citoyens l’accès à internet. On
imagine en effet assez mal qu’un pays comme la Corée du Nord, où les citoyens sont privés
de leurs libertés fondamentales et où internet est réservé aux élites du pouvoir, qu’un site
comme Agoravox se développe.

- Pour autant, le « journalisme participatif » s’est largement développé afin d’assurer la liberté
d’opinion, qui est mise à mal, tout comme la liberté de la presse, dans certains pays. Par
exemple dans la société française, qui pourtant est une démocratie qui fonctionne relativement
bien dans la mesure où la pluralité est respectée et où les citoyens sont encore libres de leurs
choix à chaque élection électorale, a perdu pas moins de 27 places depuis 10 ans dans le
classement mondial de la liberté de la presse réalisé annuellement par Reporters Sans
Frontières, passant de 11eme en 2002 avec une note de 3,25, à 38eme en 2012 avec une note
de 9,5. D’autres Etats appartenant à ce qu’on appelle les « grandes démocraties » sont
également assez mal classés au regard de l’importance et de l’exemplarité qu’on leur
accorde : en 2012, le Royaume Uni est 28eme, l’Espagne 39eme et les Etats-Unis 47eme.
Notons également que Reporters Sans Frontières a récemment radicalisé son système de
notation afin de prendre en compte tous les facteurs relatifs à la liberté de la presse et
d’expression5.

Le « journalisme citoyen », comme explicité en introduction implique que le citoyen désirant
pratiquer du « journalisme sauvage » en respecte un minimum des règles d’éthiques sinon de
déontologie. Celui qui se définit comme un « journaliste citoyen » peut se méfaire de ces
règles s’il diffuse ses articles sur un blog personnel ou sur certains réseaux sociaux par
exemple. Toutefois, s’il souhaite toucher un plus grand nombre de lecteurs, il sera
inéluctablement nécessaire qu’il passe par une plateforme de type participative. Les notions
entre « bloggeur » et « journaliste citoyen » s’enchevauchent et se croisent. Le site Agoravox
est par ailleurs parfois qualifié de « blog d’informations citoyennes ». Le journaliste citoyen
n’est donc pas uniquement celui qui poste des articles sur un média d’information générale,
mais aussi celui qui rédige des billets de blog, qui rediffusent l’information des médias
classiques en la commentant, en y apportant des précisions et des remarques.


4
    http://www.mediametrie.fr/comportements/communiques/generation-smartphone-android-en-tete.php?id=554
5
    http://fr.rsf.org/spip.php?page=classement&id_rubrique=1043
Le bon fonctionnement des médias participatifs s’explique également par le fait qu’il y a une
large remise en cause des médias traditionnels. Selon une enquête réalisée annuellement par le
journal La Croix et TNS Sofrès en janvier 2011, 63 % des français pensent que « les
journalistes ne sont pas indépendants face aux pressions des partis politiques et du pouvoir »,
et 58 % pensent que « les journalistes ne sont pas indépendants face aux pressions de
l’argent ».

Comme déjà évoqué, j’ai créé et alimenté en parallèle de la réalisation de ce mémoire un blog
qui s’inscrit justement dans une démarche de journaliste participatif. Ayant eu l’opportunité
de voir ces deux articles publiés sur Agoravox, j’ai pu observer un certains nombres de
choses :

- Les deux articles ont tous deux été soumis à la publication le soir, et acceptés dans la nuit.
Les modérateurs et le comité d’Agoravox prouve de facto qu’ils sont actifs,

- Les commentaires et avis émis par les utilisateurs et membres d’Agoravox n’ont pas été de
toutes réjouissances. Un vaste sentiment « anti-américaniste » a ponctué les commentaires
concernant l’article sur la Corée du Nord. Sur les sites des médias traditionnels, il est courant
et connu que les utilisateurs « se déchainent » et laissent libre court à une certaine radicalité, à
l’encontre de l’auteur de l’article ou envers d’autres membres avec lesquels ils sont
visiblement en désaccord. Cet engouement semble se multiplier sur Agoravox. Le fait que les
auteurs des articles ne soient pas des professionnels agréés semble accentuer la grossièreté, les
insultes et autres bassesses en tout genre. Pour ne pas envenimer ces débats, j’ai décidé à
chaque fois de ne pas répondre.

Hormis Agoravox, qui reste la référence puisque le média est 100 % citoyen, d’autres
plateformes 100 % participatives ont tenté de d’héberger ces dernières années, sans véritable
succès. Le site place-publique.fr6, qui se veut être un observatoire des médias du web, mettait
en ligne en 2009 un listing de médias 100 % citoyens. Aujourd’hui, la majeure partie de ces
liens renvoient à des sites morts. Ceux qui restent sont consacrées à une thématique bien
rodées, excluant par principe une large partie de la population. Par exemple, certains sites
proposent aux habitants d’un quartier défini de venir participer au journal en ligne de ce
quartier, ou encore d’autres sont réservés à un sujet d’histoire. Les médias 100 % citoyens
sont en fait devenus des forums et des réseaux sociaux, le tout réuni sur une plateforme
participative.




6
    http://place-publique.fr
3. Tendances

Les médias classiques qui connaissent pour certains une véritable crise depuis l’avènement de
l’internet ont du faire face et s’adapter. Les consommateurs d’information ne se contentent
plus d’un seul média, forte heureusement internet offre la possibilité de rajouter une vidéo, ou
un podcast audio, les médis ont ainsi pu adapter leur contenu. Les journaux papiers relatent
toujours principalement de l’écrit, mais peuvent ajouter une vidéo ou de l’audio, et
inversement pour les autres types de médias.

Restreindre l’accès au contenu des médias aux seuls abonnés n’auraient sans doute pas pu
fonctionner. Les médias marchent en utilisant un certain « effet mouton ». Si un média décide
de parler d’un sujet important jusque là passé sous silence, les autres médias vont reprendre
l’information. Il va de même pour leur implantions sur internet. Si un média décide de s’y
installer, et d’y laisser ses contenus en libre accès, ce qui par ailleurs est obligatoire pour les
médias publics, les autres risquent de tomber dans l’oubli s’ils ne procèdent pas de la même
façon. De la même manière, s’implanter sur internet sans laisser libre accès aux
consommateurs de réagir aux contenus des médias eu été très mal perçu. C’est ainsi qu’est
mis en place un système de commentaires permettant aux visiteurs de pouvoir répondre à ce
qu’ils apprennent. La fonction commentaire s’est vite vu accaparée par les utilisateurs les plus
virulents, et les « clash-commentaires » sont nombreux, pas toujours de bon goût, et semblent
parfois durer jusqu’à l’infini. Mais qu’importe, désormais les médias doivent composer avec
les réactions de leurs lecteurs. Le Figaro pose ainsi par exemple chaque jour une question à
ses lecteurs, qui ont le choix de répondre par « oui » ou par « non ». La réponse à cette
question est ensuite publiée sur la Une du journal du lendemain.

Mais les commentaires ont vite acquis la réputation d’être un lieu où les insultes vont à bon
gré, et où les fautes de syntaxes et d’orthographe amène une sorte de capharnaüm sans nom.
La véritable évolution des médias est l’arrivée pour certains de plateformes entières dédiées
au journaliste participatif.

Enfin, les médias classiques offrent une dose de participation à leur consommateur en ayant
mis en place des lieux où les citoyens étant témoin d’un évènement puissent le poster
directement aux médias. Cette pratique est surtout développé par les chaines de télévisions
d’information en continue comme LCI, BFMTv et iTélé. Mais elle est aussi présente sur les
radios et dans la presse écrite. Présents sur les smartphones, certains médias comme RTL ont
placé une image rappelant qu’il est aisé de pouvoir leur transmettre une vidéo au cas où nous
sommes témoins de quelques choses d’important, est diffusée à l’ouverture de l’application.

Si des grands médias comme Le Monde, Le Figaro, Marianne, et beaucoup d’autres proposent
à leurs utilisateurs de créer des blogs, à condition qu’ils respectent la ligne éditoriale du
média, d’autres ont été jusqu’à créer lieux de participation à part entière. C’est le cas des
Echos qui a lancé en X Le Cercle Les Echos, ou du Nouvel Observateur qui a lancé en 2011
Le + Nouvel Observateur.
D’autres médias uniquement en ligne, appelé « pure players » (désigne initialement des
entreprises uniquement accessible en ligne) ont fait leur apparition. Lancé en 2007 par des
anciens journalistes de Libération, le site Rue89.fr est l’emblème de cet avènement, et est
aujourd’hui le pure player le plus visité. Le slogan de ce site d’information générale est
d’ailleurs : « L’info à 3 voix, journalistes, experts & vous ». Comme pour Agoravox, les
articles soumis au site sont vérifiés et doivent être acceptés avant publication. Dans la même
veine, le site MediaPart.fr a vu le jour en 2008, à l’initiative des journalistes François Bonnet,
Gérard Desportes, Laurent Mauduit et de l’emblématique Edwy Plenel. Contrairement aux
autres pure players français, Media Part se finance uniquement grâce à ses abonnés. L’accès y
est donc restreint. De la même façon que Rue 89, Media Part propose à ses abonnés un
« club », c'est-à-dire une plateforme dépendante du site où chacun peut contribuer. Enfin,
Slate.fr et TheHuffingtonPost.fr sont les deux derniers pure players français, issus cette fois
de leur grand frère américain.

?Parler observatoire des médias

Le problème majeur qui empêche la bonne pérennité de certains de ces projets participatifs
reste le financement. D’une manière générale, les médias classiques ayant du muter vers le
web se finance grâce à la publicité, de facto omniprésente sur leur site. C’est en effet
généralement la moitié d’une page d’un article qui est occupé par la publicité. Si les médias
traditionnels, qui font partie de groupes de presse comme Dassault, Lagardère ou Bouygues,
pour ne citer que les plus grands, peuvent espérer un avenir serein, les « petits médias » qui se
veulent indépendant ont du mal à assurer leur bon fonctionnement. Le site d’information en
ligne Média Part à lui restreint l’accès aux utilisateurs abonnés uniquement. D’autres doivent
procéder différemment : le média en ligne Rue89.fr, qui propose un volet participatif à son
contenu, a été racheté en décembre 2011 par le groupe Perdriel, qui possède déjà Le Nouvel
Observateur. S’il est convenu dans leurs accords que la ligne éditorial resterait la même, ce
rachat a suscité des vagues, et montre tout l’étendu des problèmes qu’ont les petits médias à
vouloir rester indépendant.

En définitive, quel bilan apporter au journalisme participatif ? Quels sont concrètement les
plus et les moins qu’apportent cette notion à ce grand débat dit « citoyen » ?

Les principales qualités et réels évolutions qu’apportent le journalisme participatif résident
véritablement dans la liberté de ton et de parole qu’il offre. Ces médias ne sont plus contraints
de suivre une ligne éditoriale fixe, mais uniquement une chartre d’éthique. Tous les points de
vue sont bons à entendre tant qu’ils sont justifiés et argumentés. Cela retire également la
dérive commerciale que prennent certains médias classiques : le côté « marketing éditorial »,
qui se définit par la notion « d’infotainment », mot valise entre « information » et
« entertainment » (« divertissement » en français), qui signifie « info-divertissement ». En
outre, ce système permet au tout à chacun de pouvoir s’exprimer réellement et concrètement,
puis s’auto-promouvoir à l’aide des réseaux sociaux. La multitude d’opinions qui sont
désormais accessible partout et pour tous, peut désormais restreindre la désinformation pour
les utilisateurs avertis.
En revanche, la non-subjectivité de l’information reste de mise. Cela est toutefois logique au
regard de ce qui fait qu’un média peut être considérer comme impartial : rester neutre pour le
rédacteur peut s’avérer difficile, surtout sur les sujets sensibles comme la politique, mais c’est
surtout le lecteur, qui dès qu’il lira ou se confrontera à un média qui ne pense pas comme lui,
le jugera alors comme non-neutre. Au moins les journalistes participatifs ont l’intérêt de faire
valoir leurs opinions de façon assumée. Cette proximité entre le rédacteur citoyen et ses
opinions clairement affichée repose le problème du terme « journaliste » qui fait parti
intégrante de l’expression de « journaliste participatif ». Un journal doit pouvoir être impartial
puisqu’il est agrégé de spécialiste de l’information. De plus, laisser la parole a tout le monde
peut amener sur le devant de la scène des militants de causes encore plus radicales que celles
défendues par ce qu’on appelle communément « l’extrême gauche » et « l’extrême droite ».
Des blogs contenant des propos abjects et injustifiés ont ainsi pu voir le jour très librement.
Jamais avec l’apparition et la diffusion de masse sur la toile les rumeurs ne s’étaient
propagées à ces vitesses aujourd’hui vertigineuses. Tous ces outils et plateformes
participatives peuvent littéralement nuire à ce qu’on appelle « l’e-réputation » d’individus ou
de sociétés, qu’ils soient de notoriété publique ou non.

Aujourd’hui, la notion de journalisme participatif apparait réellement comme un complément
et une complémentarité au métier de journaliste. Les principaux médias ont su adapter leur
plateforme afin de faire participer leurs lecteurs. Ces médias citoyens au sens large, incluant
les blogs, ont acquis en quelques années une notoriété qui prouve leur succès. Des prix de
« meilleur blog citoyen » sont décernés chaque année (ajouter des infos), et la notion de
« net-citoyen » fait partie des critères que prend en compte Reporters Sans Frontières pour
juger de la liberté de la presse. A l’heure actuelle, l’association compte 121 net-citoyens et
160 journalistes emprisonnées, issus généralement de pays différent : par exemple, la Chine
ne compte aucun journaliste emprisonné, alors que 68 net-citoyens le sont. Il faut comprendre
ici que si la presse classique peut être cadenassée et verrouillée, le phénomène des journalistes
participatifs permet de retranscrire aux yeux du monde une réalité tout autre que celle prônée
et décrite dans les médias classiques.

De plus, l’histoire récente des révolutions arabes prouve que sans les bloggeurs, sans les
réseaux sociaux, sans ces journalistes citoyens, tout cela ne se serait pas produit de façon si
rapide et de manière si enthousiasme. Fukushima etc
II] Arborescence et captures d’écran commentés

1. Arborescence




                    Infographie réalisée sur le logiciel Photoshop
2. Explication des pages

Editorial : Cette page correspond à la page d’accueil du blog. Sont explicités dessus la raison
de la création de ce blog, ainsi que ses informations pratiques, et celles en rapport avec le
mémoire en général.

Bibliographie : Sur cette page est mise à disposition des visiteurs une bibliographie sous la
norme NORME Z-44 005-2. Les références sont classées par date puis par ordre alphabétique
des noms d'auteur.

Galerie d'images :               Sont présentés dans cette galerie les "faits d'armes" du journalisme
participatif et leurs           différentes étapes, puis présente un rapide aperçu du traitement de la
presse classique sur            ce sujet. Afin d’offrir une interface dynamique, les photos sélectionnées
ont été mises en                forme sur le logiciel PowerPoint, puis uploadé en ligne à l'aide
de Slideshare7.

Revue de presse : La revue de presse présentée a pour but de montrer les différents points de
vue et évolution du journalisme participatif au fil du temps. Sont disponibles en dessous de
celle-ci les différents articles qui ont ont permis sa réalisation, classées par date de parution.

Webographie : Sur cette page sont proposées de nombreux sites en rapport avec le
journalisme citoyen.

Contact : Cette partie permet d’avoir les coordonnées du créateur du blog et du mémoire.

Dossier écrit : Comme pour la page « contact », cette partie n’était pas obligatoire et a été
rajoutée. Elle contient le dossier écrit entier du mémoire, dans le but que le visiteur potentiel
puisse prendre connaissance du dossier écrit complet, et notamment de la note de synthèse sur
le sujet qui contient de nombreuses informations utiles.




7
    http://www.slideshare.net
3. Captures d’écran


a. Architecture du blog




      La capture d’écran ci-dessus représente les « widgets » (éléments graphiques réglable,
      contenant des informations) qui régissent le blog :

      - Favicon : Icône du haut de page.

      - Le journalisme participatif : Titre du blog. Ce widget contient la bannière du blog.

      - HTML/JavaScript : Ce widget rajouté manuellement (c’est à dire qu’il a fallu créer
      les codes HTML rendant cette opération possible) contient le menu du blog.

      - Messages du blog : contient les posts ou pages de blog.

      - La « navbar » est la barre du haut d’écran imposée par

      Le choix de cette architecture de blog a été motivé afin de rendre un ensemble
      cohérent, minimaliste, concis et clair.
b. Bannière




La bannière ci-dessus a été réalisée par Florence Paul, proche de l’auteur et à sa demande.
Elle répond à la demande suivante : représenter une tribune à l’allure très formelle, mais
donnant l’impression que la situation se trouve dehors. Elle a pour but d’illustrer le
journalisme citoyen : un lieu de partages et d’échanges ouvert sur l’extérieur, mais qui répond
à des règles.

c. Menu

                        Le menu ci-contre a été réalisé à l’aide de Photoshop, puis implanté
                        dans le blog en utilisant le langage HTML.

                        Il contient les liens vers les différentes pages du blog :

                        - Editorial
                        - Bibliographie
                        - Galerie d’images
                        - Revue de presse
                        - Webographie
                        - Contacts
                        - Dossier
d. Editorial



Page « éditorial » du blog qui fait office de page d’accueil.
e. Bibliographie
f. Galerie d’images
g. Revue de presse
h. Webographie
i. Contacts
j. Dossier
III] Méthodologie

- Recherche :
La recherche d’information a été la pierre angulaire pour la conception et la réalisation de ce
mémoire. Chaque connaissance a donc été mobilisée pour cet exercice :
       - Moteurs de recherche
       - Utilisation des sites « factiva », « cairn.fr », « revue.org »
       - Recherche d’informations directement sur les sites concernées par le journalisme
       participatif

- Veille :
Afin de ne rien manquer, une démarche de veille a été mise en place :
        - Mise en place d’alertes google sur le sujet, avec comme mots clés : « journalisme
        citoyen », « journalisme participatif », « média participatif », « média citoyen » et
        « net-citoyen »
        - Veille sur Twitter : les sites participatifs ont été rajoutés à ma liste d’abonné de mon
        compte personnel Twitter. Agoravox n’était plus actif sur ce réseau social, son suivi
        s’est effectué via sa page Facebook, sur laquelle ils sont plus actifs

- Gestion et graphisme du blog :
Persuadé qu’un contenu bien mis en valeur aura plus d’impact que l’inverse, je me suis
efforcé de réaliser une architecture et un graphisme fonctionnel, simple, minimaliste et
complet à mon blog. Le choix d’utiliser la plateforme « blogger » a été motivé par le fait que
son utilisation a fait sujette de cours pendant la formation, et que de ce fait j’étais plus
familiarisé avec cet outil. De plus, sa facilité d’utilisation a motivé ma démarche, plutôt que
de réaliser un site internet.
Pour la bannière, j’ai pu bénéficier de l’aide d’un proche, Florence Paul8, architecte en Haute-
Savoie.
Pour le reste du blog, c'est-à-dire le jeu des couleurs, le design s’est fait directement sur la
plateforme de blogger.
Le menu, et l’encadrement de la bannière ont été réalisés à l’aide du logiciel Photoshop, dont
l’utilisation a également fait partie de la formation.
Enfin, des notions dans le langage HTML, également enseigné durant la formation, ont été
utiles afin de pouvoir pousser l’ergonomie du blog à un niveau fonctionnel.

- Expérience personnelle :
La création d’un blog, son agrémentation, et sa gestion ont également mobilisé plusieurs
connaissances. L’esprit de synthèse, la gestion des commentaires, la mise en place de mise à
jour fréquente afin d’intéresser le plus grand nombre, la promotion à l’aide des réseaux
sociaux sont des qualités qui ont été nécessaire pour tenir ce blog personnel.

V] Bilan
8
    http://florence-paul.com/
A l’heure de tirer le bilan de ce mémoire professionnel, j’admets avoir pris une grande
satisfaction à le réaliser.

Tout d’abord au niveau du sujet, j’ai eu l’opportunité de pouvoir sélectionner mon choix
favori le jour de la sélection en novembre 2011. Aucun changement n’a donc été à opérer. De
plus, réaliser un mémoire sur ce sujet m’a poussé à réaliser moi-même une expérience de
« journaliste citoyen », idée que j’avais en tête, mais que je n’avais jamais pris le temps de
mettre en place. Maintenant lancé, je compte continuer à agrémenter mon blog personnel
aussi longtemps que possible, et essayer de publier sur d’autres plateformes qu’Agoravox, que
j’ai jugé décevant.

Au niveau de la problématique, j’ai très vite réalisé qu’il aurait été inopportun de traiter
uniquement du journalisme citoyen au sens propre, j’ai donc pu quelque peu élargir la
problématique en évoquant l’impact de l’arrivée de ce type de média pour les journalistes
professionnels. En revanche, j’ai pris la décision de traiter principalement de la situation en
France, afin d’être plus exhaustif et de ne pas trop m’éparpiller sur le sujet.

Enfin, la réalisation de ce mémoire m’a apporté plusieurs qualités méthodologiques, comme
la synthèse, la polyvalence, la vérification des informations, la recherche et la maitrise des
réseaux sociaux.

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  • 3. Introduction Ce mémoire professionnel est le résultat d’un travail de fin de DUT Information- Communication, option Gestion de l’Information et du document dans les organisations. Il porte sur le journalisme participatif, avec comme sous titre « principes, modalités, tendances ». Cette notion, également appelé « journalisme citoyen » a fait apparition en même temps que le web se développait et prenait la forme qu’on lui connait actuellement, le web 2.0. Ce mémoire s’inscrit donc dans un sujet d’actualité, et fait appelle à plusieurs notions d’importances qui se résument par les questions suivantes : - Comment le web 2.0 fonctionne-t-il ? - Qu’est ce que le journalisme citoyen précisément ? - Comment accéder à ce statut ? - Quel impact à l’arrivée du web collaboratif sur les journalistes et leur travail ? Ce mémoire se décline en deux parties : une partie blog qui présente des sources et ressources sur le sujet, une revue de presse journalistique qui mettra en lumière les principes et évolutions de la pratique du journalisme participatif, ainsi qu’une galerie d’images qui présentera les « faits d’armes » des journalistes citoyens. La partie écrite contiendra en sus de cette introduction, une note de synthèse qui reprendra tous les éléments sur le sujet, une arborescence commentée ainsi que des captures d’écran du blog, qui auront pour but d’expliciter les choix de l’auteur sur cette plateforme, et enfin l’explication de la méthodologie employée pour la réalisation de ce mémoire et son bilan. Vous pouvez consulter ce blog à l’adresse suivante : http://journalisme-participatif.blogspot.fr Afin de mieux cerner et comprendre le sujet, j’ai décidé, en parallèle de la réalisation de ce mémoire de tenter « l’aventure » qu’est le journalisme participatif. Ayant dans le passé déjà connu une expérience de co-webmaster d’un site traitant de l’actualité musicale, modérateur du forum qui découlait du site, et en charge de rédiger des biographies et des brèves, j’avais déjà une certaine idée et conception du journalisme participatif. De surcroit, j’avais également connu à la même période (2007-2008), une éphémère expérience de blogueur, où ma principale activité était de réaliser des critiques d’albums de musique. Ce blog abandonné depuis plusieurs années, il me trottait dans la tête de remonter un projet similaire. Choisir ce sujet de mémoire est donc rapidement apparu comme une évidence. Je tiens donc régulièrement depuis quelques mois maintenant un blog1 qui traite de l’actualité en général, avec comme contenu des articles sur des sujets divers tels que la politique, les élections présidentielle de 2012 en France, les relations internationales, la situation sociétale de certains pays ne respectant pas les droits de l’homme et la démocratie, des revues de presse 1 http://public-tribune.fr
  • 4. et enfin des critiques de films et de livres. Pour pousser le processus plus loin, j’ai décidé de proposer deux de mes articles aux médias citoyens Agoravox2, le premier traitant de la situation en Corée du Nord après la mort de Kim Jung-Il en décembre 2011, et le second relatant les mouvements de contestations qui ont pris corps depuis les législatives de décembre 2011 en Russie, ainsi que l’évènement majeur qui a suivi : l’élection présidentielle russe. Enfin, afin d’être le plus exhaustif possible, ce mémoire se concentre principalement sur la situation du journalisme participatif en France. 2 http://agoravox.fr
  • 5. I] Note de synthèse Le « journalisme participatif », également appelé « journalisme citoyen » est défini comme « la pratique de la création et de la diffusion rapide de l’information par des non- professionnels par le moyen du web et des réseaux sociaux plutôt que sa consommation », selon le glossaire journalistique du site Grandquebec.com3. Pourtant, en soi, cette expression renvoie à deux termes qui sont en total opposition. “Journalisme” fait référence à un métier pointu, dont les acteurs ont mené une formation poussée et qui possèdent des aptitudes et qualités qui respectent une déontologie propre au métier. Obtenir le statut de journaliste nécessite de nombreuses péripéties, et cette profession est, de surcroît, normée, vérifiée et légiférée au travers de la carte de presse, qui fait d’eux de véritables professionnels de l’information. La notion de “citoyen” signifie, elle, ce qu’on appelle communément “M. Tout Le Monde”. Celle de “participatif” est en revanche moins globale, puisqu’elle renvoie au fait que les citoyens qui le désirent, et uniquement eux, peuvent participer. En définitive, la notion de “journalisme participatif” est une formule sémantiquement très forte, puisqu’elle implique que le citoyen lambda peut devenir, s’il le désire, un journaliste. Cela signifie concrètement que désormais, les citoyens peuvent s’exprimer de façon “journalistique”, ou tout de moins de façon argumentée librement. En soi, cette démarche de “donner la parole au citoyen” s’inscrit dans une lignée démocratique tout à fait respectable. Quels sont les facteurs qui ont permis d’en arriver là ? Concrètement, comment cela marche t- il ? Ce système de journalisme citoyen fonctionne t-il ? Et si non, quelles sont les dérives et autres effets pervers ? Trois axes de traitement semblent pertinents pour répondre à ces questions complexes : - Les principes de ce type de journalisme, soit l’origine, la base de départ, - Les modalités, à savoir quelles en sont les particularités, le fonctionnement, - Les tendances, c’est à dire le (encore jeune) bilan de ce type d’expression, mais aussi ses évolutions et ses orientations, Ces thématiques seront développées sans ne rien omettre. Nous verrons également l’expérience de « journaliste participatif » que j’ai réalisé afin de me confronter à la situation, et afin de connaitre et de vivre le sujet « de l’intérieur ». 3 http://grandquebec.com/medias-au-quebec/lexique-journalisme/
  • 6. 1. Principes L’idée « de donner la parole » au peuple n’est pas récente, et repose sur le principe même de la démocratie. Elle a grandement pris forme avec l’arrivée des interviews, qui ont vu le jour avec l’avènement de la radiophonie dans les années 1920. Les journalistes ont toujours su recueillir des témoignages de citoyens ayant assisté à des évènements où eux ne se trouvaient pas, ponctuent leurs reportages par leur avis, et l’omniprésence des sondages et enquêtes d’opinion révèle que l’avis du citoyen est sinon pris en compte, au moins écouté et relaté. De la même façon, il n’est pas rare qu’un journaliste ayant un article à écrire ou un dossier à réaliser sur un sujet pointu fasse appelle à un expert en la matière pour l’aider à structurer ses informations. Les derniers évènements de l’actualité récente illustre d’ailleurs ce procédé. Mercredi 21 mars dernier, dans le cadre des « tueries de Toulouse et de Montauban » et de « l’affaire Merah », le –alors- suspect est retranché chez lui, encerclé par les forces du RAID. Les voisins de l’immeuble, qui n’ont pas encore été évacués, sont tous contactés par différents médias. Que ce soit la presse écrite, la télévision ou encore la radio, les témoignages des voisins alors sur place étaient primordiaux pour permettre aux journalistes, contraints de respecter une distance de sécurité avec les lieux de l’intervention, d’obtenir des informations autres que celles divulguées par le ministère de l’intérieur. Cet exemple n’est pas un cas isolé. Pour autant, il part du principe que le citoyen a la parole, mais uniquement quand on la lui demande. Le principe même du « journalisme participatif » est tout autre, puisqu’il repose, à l’inverse, sur le fait que le citoyen a la parole dès qu’il a envie de la prendre. Les historiens ont du mal à définir concrètement les premières formes de « journalisme participatif », et les avis et points de vue divergent. Certains estiment que la première apparition de ce phénomène date de 1963, quand Abraham Zapruder, tailleur de profession, assistent à Dallas à la parade de John F. Kennedy, et se retrouve à filmer par inadvertance la mort du Président des Etats-Unis d’Amérique. D’autres estiment en revanche que c’est le blogueur Matt Drudge, auteur du blog Drudge Report, qui en révélant la teneur de ce qui deviendra « l’affaire Monica Lewinsky », pose la première pierre du « journalisme participatif ». Enfin, d’autres spécialistes voient en ce phénomène des apparitions plus récentes, comme les attentats terroristes du 11 septembre, qui auraient grandement contribué à donner envie aux citoyens de s’exprimer plus librement, ou encore la guerre en Irak de 2003, où les soldats américains et les journalistes dépêchés sur places racontaient presque en temps réel sur des blogs personnels, rebaptisés alors « warblogs », la situation telle qu’ils la vivaient. Ces évènements majeurs ont chacun leur part de vérité dans l’avènement du « journalisme participatif ». Mais c’est bien l’arrivée et le développement de l’internet qui l’a rendu possible et effectif. L’arrivée du web 1 ou web dit de « contemplation » en 1993 a tout d’abord permis à ses utilisateurs de pouvoir consulter plus facilement l’information, de tout type qu’elle soit. Le web a connu ensuite une progression rapide et croissante, et en 2003-2004, la notion de web
  • 7. 2.0 fait son apparition. Ce web se veut moins technique, plus accessible et ouvert à tous. Désormais chacun ou presque pourra maitriser les caractéristiques et techniques du web afin d’y prendre part à grande échelle. Le nombre d’utilisateurs connecté à la toile a augmenté de façon exponentielle depuis sa création : 2 millions en 1994, 1250 milliards en 2007. Aujourd’hui chaque entité, institution, marque, organisation est présent sur internet à l’aide de sites web et de réseaux sociaux.
  • 8. 2. Modalité Dans ce contexte, l’information circule, va et vient à une vitesse jusqu’alors inconnue. L’avènement de l’internet a donc permis d’instaurer une certaine clarté : tous les documents officiaux sont disponibles sur la toile. « Nul n’est censé ignorer la loi » dit le dicton, grâce au web, tout le monde peut au moins consulter tous les textes de loi disponibles. La recherche est logiquement simplifiée, plus facile, plus aisée. Cette surabondance de l’information a donc ceci de positif qu’elle amène un climat de transparence. En revanche, les utilisateurs « lambdas », pas ou peu initié au web et à la recherche d’information peuvent rapidement se noyer dans le flou que génère cette « infobésité ». Le web 2.0 correspond également à l’évènement de plusieurs outils qui vont directement permettre au citoyen de pouvoir communiquer plus facilement : -Wikipédia : Lancé en 2001 par Jimmy Wales et Larry Sanger, et aidé par un design accrocheur et minimaliste, l’encyclopédie en ligne Wikipédia a connu un large succès depuis sa création. Le principe est simple : chacun peut poster une nouvelle rubrique correspondant à un sujet qu’il souhaite développer. Chaque membre de Wikipédia peut ensuite ajouter des précisions, des modifications ou des éclaircissements sur le sujet. Les membres jouent à la fois le rôle de contributeurs et de modérateurs. Grandement critiquée, notamment sur les sujets politiques et historiques, l’encyclopédie participative Wikipédia était pourtant plébiscitée en 2005 par une étude menée à l’initiative du périodique scientifique Nature, qui affirmait alors qu’elle était « presque aussi fiable que l’encyclopédie Britannica ». D’autres études sont plus circonspectes sur ce point, jugeant que Wikipédia avait laissé des erreurs grossières expressément ajoutée sur certaines pages pendant plusieurs semaines. -Les forums de discussion : Le terme « forum », provient de la langue latine et signifie initialement le « marché », lieu où les romains venaient échanger et discuter. Les forums de discussion internet désigne donc dans la logique des choses un espace de discussion, asynchrone, thématique, sur un site web à part entière ou sur une sous catégorie d’un site. Il permet à ses utilisateurs de poser des questions, d’échanger ou d’apporter des réponses aux questions sur le thème du forum, sous régit des administrateurs et des modérateurs, qui sont là pour assurer le bon fonctionnement et faire respecter la chartre éthique et les règles propres à chacune des ces plateformes. De facto, des communautés se créaient ainsi sur les thématiques des différents forums. Cette pratique avait littéralement explosé de 2004 à 2006, mais connait un large essoufflement aujourd’hui. D’autres outils ont effet pris la relève de ce système participatif. -Les blogs : Lancés dès l’apparition du web, les blogs ont toutefois connu un énorme boom avec l’apparition du web 2.0. D’abord réservés aux experts de la toile par leur complexité, leur popularisation en France est du à la plateforme proposée par le site de la radio libre Skyrock –les blogs étaient alors rebaptisé « Skyblog ». Les blogs permettaient initialement de composer, au rythme que son utilisateur souhaitait, une sorte de carnet secret mais en accès libre : les coups de cœur et coups de gueule y étaient exposés publiquement grâce à des
  • 9. « billets » de blog. Cette très populaire facette de s’exposer aux yeux de tous a rapidement été supplantée par l’arrivée des réseaux sociaux. Les blogs ont aujourd’hui une importance non des moindres puisqu’on en dénombrait en 2011 environs 156 millions, et sont devenus au fil du temps « plus sérieux ». Adoptés par les médias, les journalistes tiennent pour la plupart aujourd’hui un blog sur le site de leur employeur. La diffusion et leur accès dépendant librement de leur créateur, il n’est pas rare que les blogs soient les supports privilégiés, avec les réseaux sociaux, des courants de pensées les plus radicaux et extrêmes. -Les réseaux sociaux : Symbolisés par Facebook et Twitter, ce terme désigne un site internet permettant à ses utilisateurs d’y créer une sorte de « carte d’identité » numérique. Le côté « social » de ces réseaux réside dans l’échange possible entre ses « amis » virtuels. Les réseaux sociaux permettent à ses utilisateurs d’y exposer leur humeur du moment, ou de partager des informations sur tout type de support : vidéo, audio, texte. -Les médias citoyens : Les médias dits « citoyens », sont des plateformes où tout le monde peut publier un article et devenir rédacteur. Ils sont l’emblème même du « journalisme participatif ». Ce type de support apparait dès 2000 en Corée du Sud avec le média Sud Ohmynews. En France, Carlo Revelli et Joël de Rosnay emboitent le pas en 2005 et lancent le média citoyen « Agoravox ». Ce site participatif reste aujourd’hui le seul média de taille qui soit 100 % citoyen. Le principe est assez simple : chacun peut y publier un article sur le sujet de son choix. L’article est ensuite soumis au comité de modérateurs, et passera l’étape supérieure si trois voix le décident. Enfin, le comité de rédaction d’Agoravox, composé d’une poignée d’employés, apporte ou non une dernière validation. Le rédacteur devient ensuite modérateur au bout de quatre articles publiés. Le site affiche un succès relativement correct, et est financé grâce à la publicité, forcément omniprésente sur la plateforme, et grâce aux dons des utilisateurs le désirant. TROUVER DES CHIFFRES Très vite, la notion de « tout le monde est un média » a pris forme. Les différents supports permettant la publication d’écrits, d’articles, de réflexions et de tribunes libres listés ci-haut s’accompagne d’un véritable boom d’autres supports permettant la publication et la diffusion d’autres sortes de médias : - Les vidéos sont maintenant diffusables en quelques cliques, grâce à des plateformes hébergeant directement en ligne ces documents, telles que Youtube.com et Dailymotion.fr. De la même façon, l’audio est diffusable à grande échelle. - Les photos peuvent être postées directement sur les réseaux sociaux, ou encore partagées sur des plateformes telles que Flyckr.com ou GettyImage. - L’écrit, qui généralement légende l’image et la vidéo, est on ne peut plus facilement diffusable sur les plateformes précédemment cités. Cette diffusion massive d’information quotidiennement a largement été renforcée par l’arrivée en force des Smartphones. Fin 2011, on dénombrait 18,3 millions d’utilisateurs de
  • 10. smartphones étant connectés à l’internet mobile en plus de leur connexion fixe4. Cette proximité avec l’internet renforce inéluctablement la notion de « journalisme citoyen ». Si un évènement comme l’assassinat de Kennedy arrivait aujourd’hui, combien de vidéos seraient posté à la seconde qui suivrait ce drame ? Ces différentes plateformes prouvent et font qu’aujourd’hui tout le monde peut diffuser l’information qu’il souhaite. Il nécessite néanmoins plusieurs conditions sine qua non pour assurer son développement : - La nationalité de la plateforme participative doit logiquement appartenir à un Etat respectant un minimum les principes de démocratie, et qui assure à ses citoyens l’accès à internet. On imagine en effet assez mal qu’un pays comme la Corée du Nord, où les citoyens sont privés de leurs libertés fondamentales et où internet est réservé aux élites du pouvoir, qu’un site comme Agoravox se développe. - Pour autant, le « journalisme participatif » s’est largement développé afin d’assurer la liberté d’opinion, qui est mise à mal, tout comme la liberté de la presse, dans certains pays. Par exemple dans la société française, qui pourtant est une démocratie qui fonctionne relativement bien dans la mesure où la pluralité est respectée et où les citoyens sont encore libres de leurs choix à chaque élection électorale, a perdu pas moins de 27 places depuis 10 ans dans le classement mondial de la liberté de la presse réalisé annuellement par Reporters Sans Frontières, passant de 11eme en 2002 avec une note de 3,25, à 38eme en 2012 avec une note de 9,5. D’autres Etats appartenant à ce qu’on appelle les « grandes démocraties » sont également assez mal classés au regard de l’importance et de l’exemplarité qu’on leur accorde : en 2012, le Royaume Uni est 28eme, l’Espagne 39eme et les Etats-Unis 47eme. Notons également que Reporters Sans Frontières a récemment radicalisé son système de notation afin de prendre en compte tous les facteurs relatifs à la liberté de la presse et d’expression5. Le « journalisme citoyen », comme explicité en introduction implique que le citoyen désirant pratiquer du « journalisme sauvage » en respecte un minimum des règles d’éthiques sinon de déontologie. Celui qui se définit comme un « journaliste citoyen » peut se méfaire de ces règles s’il diffuse ses articles sur un blog personnel ou sur certains réseaux sociaux par exemple. Toutefois, s’il souhaite toucher un plus grand nombre de lecteurs, il sera inéluctablement nécessaire qu’il passe par une plateforme de type participative. Les notions entre « bloggeur » et « journaliste citoyen » s’enchevauchent et se croisent. Le site Agoravox est par ailleurs parfois qualifié de « blog d’informations citoyennes ». Le journaliste citoyen n’est donc pas uniquement celui qui poste des articles sur un média d’information générale, mais aussi celui qui rédige des billets de blog, qui rediffusent l’information des médias classiques en la commentant, en y apportant des précisions et des remarques. 4 http://www.mediametrie.fr/comportements/communiques/generation-smartphone-android-en-tete.php?id=554 5 http://fr.rsf.org/spip.php?page=classement&id_rubrique=1043
  • 11. Le bon fonctionnement des médias participatifs s’explique également par le fait qu’il y a une large remise en cause des médias traditionnels. Selon une enquête réalisée annuellement par le journal La Croix et TNS Sofrès en janvier 2011, 63 % des français pensent que « les journalistes ne sont pas indépendants face aux pressions des partis politiques et du pouvoir », et 58 % pensent que « les journalistes ne sont pas indépendants face aux pressions de l’argent ». Comme déjà évoqué, j’ai créé et alimenté en parallèle de la réalisation de ce mémoire un blog qui s’inscrit justement dans une démarche de journaliste participatif. Ayant eu l’opportunité de voir ces deux articles publiés sur Agoravox, j’ai pu observer un certains nombres de choses : - Les deux articles ont tous deux été soumis à la publication le soir, et acceptés dans la nuit. Les modérateurs et le comité d’Agoravox prouve de facto qu’ils sont actifs, - Les commentaires et avis émis par les utilisateurs et membres d’Agoravox n’ont pas été de toutes réjouissances. Un vaste sentiment « anti-américaniste » a ponctué les commentaires concernant l’article sur la Corée du Nord. Sur les sites des médias traditionnels, il est courant et connu que les utilisateurs « se déchainent » et laissent libre court à une certaine radicalité, à l’encontre de l’auteur de l’article ou envers d’autres membres avec lesquels ils sont visiblement en désaccord. Cet engouement semble se multiplier sur Agoravox. Le fait que les auteurs des articles ne soient pas des professionnels agréés semble accentuer la grossièreté, les insultes et autres bassesses en tout genre. Pour ne pas envenimer ces débats, j’ai décidé à chaque fois de ne pas répondre. Hormis Agoravox, qui reste la référence puisque le média est 100 % citoyen, d’autres plateformes 100 % participatives ont tenté de d’héberger ces dernières années, sans véritable succès. Le site place-publique.fr6, qui se veut être un observatoire des médias du web, mettait en ligne en 2009 un listing de médias 100 % citoyens. Aujourd’hui, la majeure partie de ces liens renvoient à des sites morts. Ceux qui restent sont consacrées à une thématique bien rodées, excluant par principe une large partie de la population. Par exemple, certains sites proposent aux habitants d’un quartier défini de venir participer au journal en ligne de ce quartier, ou encore d’autres sont réservés à un sujet d’histoire. Les médias 100 % citoyens sont en fait devenus des forums et des réseaux sociaux, le tout réuni sur une plateforme participative. 6 http://place-publique.fr
  • 12. 3. Tendances Les médias classiques qui connaissent pour certains une véritable crise depuis l’avènement de l’internet ont du faire face et s’adapter. Les consommateurs d’information ne se contentent plus d’un seul média, forte heureusement internet offre la possibilité de rajouter une vidéo, ou un podcast audio, les médis ont ainsi pu adapter leur contenu. Les journaux papiers relatent toujours principalement de l’écrit, mais peuvent ajouter une vidéo ou de l’audio, et inversement pour les autres types de médias. Restreindre l’accès au contenu des médias aux seuls abonnés n’auraient sans doute pas pu fonctionner. Les médias marchent en utilisant un certain « effet mouton ». Si un média décide de parler d’un sujet important jusque là passé sous silence, les autres médias vont reprendre l’information. Il va de même pour leur implantions sur internet. Si un média décide de s’y installer, et d’y laisser ses contenus en libre accès, ce qui par ailleurs est obligatoire pour les médias publics, les autres risquent de tomber dans l’oubli s’ils ne procèdent pas de la même façon. De la même manière, s’implanter sur internet sans laisser libre accès aux consommateurs de réagir aux contenus des médias eu été très mal perçu. C’est ainsi qu’est mis en place un système de commentaires permettant aux visiteurs de pouvoir répondre à ce qu’ils apprennent. La fonction commentaire s’est vite vu accaparée par les utilisateurs les plus virulents, et les « clash-commentaires » sont nombreux, pas toujours de bon goût, et semblent parfois durer jusqu’à l’infini. Mais qu’importe, désormais les médias doivent composer avec les réactions de leurs lecteurs. Le Figaro pose ainsi par exemple chaque jour une question à ses lecteurs, qui ont le choix de répondre par « oui » ou par « non ». La réponse à cette question est ensuite publiée sur la Une du journal du lendemain. Mais les commentaires ont vite acquis la réputation d’être un lieu où les insultes vont à bon gré, et où les fautes de syntaxes et d’orthographe amène une sorte de capharnaüm sans nom. La véritable évolution des médias est l’arrivée pour certains de plateformes entières dédiées au journaliste participatif. Enfin, les médias classiques offrent une dose de participation à leur consommateur en ayant mis en place des lieux où les citoyens étant témoin d’un évènement puissent le poster directement aux médias. Cette pratique est surtout développé par les chaines de télévisions d’information en continue comme LCI, BFMTv et iTélé. Mais elle est aussi présente sur les radios et dans la presse écrite. Présents sur les smartphones, certains médias comme RTL ont placé une image rappelant qu’il est aisé de pouvoir leur transmettre une vidéo au cas où nous sommes témoins de quelques choses d’important, est diffusée à l’ouverture de l’application. Si des grands médias comme Le Monde, Le Figaro, Marianne, et beaucoup d’autres proposent à leurs utilisateurs de créer des blogs, à condition qu’ils respectent la ligne éditoriale du média, d’autres ont été jusqu’à créer lieux de participation à part entière. C’est le cas des Echos qui a lancé en X Le Cercle Les Echos, ou du Nouvel Observateur qui a lancé en 2011 Le + Nouvel Observateur.
  • 13. D’autres médias uniquement en ligne, appelé « pure players » (désigne initialement des entreprises uniquement accessible en ligne) ont fait leur apparition. Lancé en 2007 par des anciens journalistes de Libération, le site Rue89.fr est l’emblème de cet avènement, et est aujourd’hui le pure player le plus visité. Le slogan de ce site d’information générale est d’ailleurs : « L’info à 3 voix, journalistes, experts & vous ». Comme pour Agoravox, les articles soumis au site sont vérifiés et doivent être acceptés avant publication. Dans la même veine, le site MediaPart.fr a vu le jour en 2008, à l’initiative des journalistes François Bonnet, Gérard Desportes, Laurent Mauduit et de l’emblématique Edwy Plenel. Contrairement aux autres pure players français, Media Part se finance uniquement grâce à ses abonnés. L’accès y est donc restreint. De la même façon que Rue 89, Media Part propose à ses abonnés un « club », c'est-à-dire une plateforme dépendante du site où chacun peut contribuer. Enfin, Slate.fr et TheHuffingtonPost.fr sont les deux derniers pure players français, issus cette fois de leur grand frère américain. ?Parler observatoire des médias Le problème majeur qui empêche la bonne pérennité de certains de ces projets participatifs reste le financement. D’une manière générale, les médias classiques ayant du muter vers le web se finance grâce à la publicité, de facto omniprésente sur leur site. C’est en effet généralement la moitié d’une page d’un article qui est occupé par la publicité. Si les médias traditionnels, qui font partie de groupes de presse comme Dassault, Lagardère ou Bouygues, pour ne citer que les plus grands, peuvent espérer un avenir serein, les « petits médias » qui se veulent indépendant ont du mal à assurer leur bon fonctionnement. Le site d’information en ligne Média Part à lui restreint l’accès aux utilisateurs abonnés uniquement. D’autres doivent procéder différemment : le média en ligne Rue89.fr, qui propose un volet participatif à son contenu, a été racheté en décembre 2011 par le groupe Perdriel, qui possède déjà Le Nouvel Observateur. S’il est convenu dans leurs accords que la ligne éditorial resterait la même, ce rachat a suscité des vagues, et montre tout l’étendu des problèmes qu’ont les petits médias à vouloir rester indépendant. En définitive, quel bilan apporter au journalisme participatif ? Quels sont concrètement les plus et les moins qu’apportent cette notion à ce grand débat dit « citoyen » ? Les principales qualités et réels évolutions qu’apportent le journalisme participatif résident véritablement dans la liberté de ton et de parole qu’il offre. Ces médias ne sont plus contraints de suivre une ligne éditoriale fixe, mais uniquement une chartre d’éthique. Tous les points de vue sont bons à entendre tant qu’ils sont justifiés et argumentés. Cela retire également la dérive commerciale que prennent certains médias classiques : le côté « marketing éditorial », qui se définit par la notion « d’infotainment », mot valise entre « information » et « entertainment » (« divertissement » en français), qui signifie « info-divertissement ». En outre, ce système permet au tout à chacun de pouvoir s’exprimer réellement et concrètement, puis s’auto-promouvoir à l’aide des réseaux sociaux. La multitude d’opinions qui sont désormais accessible partout et pour tous, peut désormais restreindre la désinformation pour les utilisateurs avertis.
  • 14. En revanche, la non-subjectivité de l’information reste de mise. Cela est toutefois logique au regard de ce qui fait qu’un média peut être considérer comme impartial : rester neutre pour le rédacteur peut s’avérer difficile, surtout sur les sujets sensibles comme la politique, mais c’est surtout le lecteur, qui dès qu’il lira ou se confrontera à un média qui ne pense pas comme lui, le jugera alors comme non-neutre. Au moins les journalistes participatifs ont l’intérêt de faire valoir leurs opinions de façon assumée. Cette proximité entre le rédacteur citoyen et ses opinions clairement affichée repose le problème du terme « journaliste » qui fait parti intégrante de l’expression de « journaliste participatif ». Un journal doit pouvoir être impartial puisqu’il est agrégé de spécialiste de l’information. De plus, laisser la parole a tout le monde peut amener sur le devant de la scène des militants de causes encore plus radicales que celles défendues par ce qu’on appelle communément « l’extrême gauche » et « l’extrême droite ». Des blogs contenant des propos abjects et injustifiés ont ainsi pu voir le jour très librement. Jamais avec l’apparition et la diffusion de masse sur la toile les rumeurs ne s’étaient propagées à ces vitesses aujourd’hui vertigineuses. Tous ces outils et plateformes participatives peuvent littéralement nuire à ce qu’on appelle « l’e-réputation » d’individus ou de sociétés, qu’ils soient de notoriété publique ou non. Aujourd’hui, la notion de journalisme participatif apparait réellement comme un complément et une complémentarité au métier de journaliste. Les principaux médias ont su adapter leur plateforme afin de faire participer leurs lecteurs. Ces médias citoyens au sens large, incluant les blogs, ont acquis en quelques années une notoriété qui prouve leur succès. Des prix de « meilleur blog citoyen » sont décernés chaque année (ajouter des infos), et la notion de « net-citoyen » fait partie des critères que prend en compte Reporters Sans Frontières pour juger de la liberté de la presse. A l’heure actuelle, l’association compte 121 net-citoyens et 160 journalistes emprisonnées, issus généralement de pays différent : par exemple, la Chine ne compte aucun journaliste emprisonné, alors que 68 net-citoyens le sont. Il faut comprendre ici que si la presse classique peut être cadenassée et verrouillée, le phénomène des journalistes participatifs permet de retranscrire aux yeux du monde une réalité tout autre que celle prônée et décrite dans les médias classiques. De plus, l’histoire récente des révolutions arabes prouve que sans les bloggeurs, sans les réseaux sociaux, sans ces journalistes citoyens, tout cela ne se serait pas produit de façon si rapide et de manière si enthousiasme. Fukushima etc
  • 15. II] Arborescence et captures d’écran commentés 1. Arborescence Infographie réalisée sur le logiciel Photoshop
  • 16. 2. Explication des pages Editorial : Cette page correspond à la page d’accueil du blog. Sont explicités dessus la raison de la création de ce blog, ainsi que ses informations pratiques, et celles en rapport avec le mémoire en général. Bibliographie : Sur cette page est mise à disposition des visiteurs une bibliographie sous la norme NORME Z-44 005-2. Les références sont classées par date puis par ordre alphabétique des noms d'auteur. Galerie d'images : Sont présentés dans cette galerie les "faits d'armes" du journalisme participatif et leurs différentes étapes, puis présente un rapide aperçu du traitement de la presse classique sur ce sujet. Afin d’offrir une interface dynamique, les photos sélectionnées ont été mises en forme sur le logiciel PowerPoint, puis uploadé en ligne à l'aide de Slideshare7. Revue de presse : La revue de presse présentée a pour but de montrer les différents points de vue et évolution du journalisme participatif au fil du temps. Sont disponibles en dessous de celle-ci les différents articles qui ont ont permis sa réalisation, classées par date de parution. Webographie : Sur cette page sont proposées de nombreux sites en rapport avec le journalisme citoyen. Contact : Cette partie permet d’avoir les coordonnées du créateur du blog et du mémoire. Dossier écrit : Comme pour la page « contact », cette partie n’était pas obligatoire et a été rajoutée. Elle contient le dossier écrit entier du mémoire, dans le but que le visiteur potentiel puisse prendre connaissance du dossier écrit complet, et notamment de la note de synthèse sur le sujet qui contient de nombreuses informations utiles. 7 http://www.slideshare.net
  • 17. 3. Captures d’écran a. Architecture du blog La capture d’écran ci-dessus représente les « widgets » (éléments graphiques réglable, contenant des informations) qui régissent le blog : - Favicon : Icône du haut de page. - Le journalisme participatif : Titre du blog. Ce widget contient la bannière du blog. - HTML/JavaScript : Ce widget rajouté manuellement (c’est à dire qu’il a fallu créer les codes HTML rendant cette opération possible) contient le menu du blog. - Messages du blog : contient les posts ou pages de blog. - La « navbar » est la barre du haut d’écran imposée par Le choix de cette architecture de blog a été motivé afin de rendre un ensemble cohérent, minimaliste, concis et clair.
  • 18. b. Bannière La bannière ci-dessus a été réalisée par Florence Paul, proche de l’auteur et à sa demande. Elle répond à la demande suivante : représenter une tribune à l’allure très formelle, mais donnant l’impression que la situation se trouve dehors. Elle a pour but d’illustrer le journalisme citoyen : un lieu de partages et d’échanges ouvert sur l’extérieur, mais qui répond à des règles. c. Menu Le menu ci-contre a été réalisé à l’aide de Photoshop, puis implanté dans le blog en utilisant le langage HTML. Il contient les liens vers les différentes pages du blog : - Editorial - Bibliographie - Galerie d’images - Revue de presse - Webographie - Contacts - Dossier
  • 19. d. Editorial Page « éditorial » du blog qui fait office de page d’accueil.
  • 20. e. Bibliographie f. Galerie d’images g. Revue de presse h. Webographie i. Contacts j. Dossier
  • 21. III] Méthodologie - Recherche : La recherche d’information a été la pierre angulaire pour la conception et la réalisation de ce mémoire. Chaque connaissance a donc été mobilisée pour cet exercice : - Moteurs de recherche - Utilisation des sites « factiva », « cairn.fr », « revue.org » - Recherche d’informations directement sur les sites concernées par le journalisme participatif - Veille : Afin de ne rien manquer, une démarche de veille a été mise en place : - Mise en place d’alertes google sur le sujet, avec comme mots clés : « journalisme citoyen », « journalisme participatif », « média participatif », « média citoyen » et « net-citoyen » - Veille sur Twitter : les sites participatifs ont été rajoutés à ma liste d’abonné de mon compte personnel Twitter. Agoravox n’était plus actif sur ce réseau social, son suivi s’est effectué via sa page Facebook, sur laquelle ils sont plus actifs - Gestion et graphisme du blog : Persuadé qu’un contenu bien mis en valeur aura plus d’impact que l’inverse, je me suis efforcé de réaliser une architecture et un graphisme fonctionnel, simple, minimaliste et complet à mon blog. Le choix d’utiliser la plateforme « blogger » a été motivé par le fait que son utilisation a fait sujette de cours pendant la formation, et que de ce fait j’étais plus familiarisé avec cet outil. De plus, sa facilité d’utilisation a motivé ma démarche, plutôt que de réaliser un site internet. Pour la bannière, j’ai pu bénéficier de l’aide d’un proche, Florence Paul8, architecte en Haute- Savoie. Pour le reste du blog, c'est-à-dire le jeu des couleurs, le design s’est fait directement sur la plateforme de blogger. Le menu, et l’encadrement de la bannière ont été réalisés à l’aide du logiciel Photoshop, dont l’utilisation a également fait partie de la formation. Enfin, des notions dans le langage HTML, également enseigné durant la formation, ont été utiles afin de pouvoir pousser l’ergonomie du blog à un niveau fonctionnel. - Expérience personnelle : La création d’un blog, son agrémentation, et sa gestion ont également mobilisé plusieurs connaissances. L’esprit de synthèse, la gestion des commentaires, la mise en place de mise à jour fréquente afin d’intéresser le plus grand nombre, la promotion à l’aide des réseaux sociaux sont des qualités qui ont été nécessaire pour tenir ce blog personnel. V] Bilan 8 http://florence-paul.com/
  • 22. A l’heure de tirer le bilan de ce mémoire professionnel, j’admets avoir pris une grande satisfaction à le réaliser. Tout d’abord au niveau du sujet, j’ai eu l’opportunité de pouvoir sélectionner mon choix favori le jour de la sélection en novembre 2011. Aucun changement n’a donc été à opérer. De plus, réaliser un mémoire sur ce sujet m’a poussé à réaliser moi-même une expérience de « journaliste citoyen », idée que j’avais en tête, mais que je n’avais jamais pris le temps de mettre en place. Maintenant lancé, je compte continuer à agrémenter mon blog personnel aussi longtemps que possible, et essayer de publier sur d’autres plateformes qu’Agoravox, que j’ai jugé décevant. Au niveau de la problématique, j’ai très vite réalisé qu’il aurait été inopportun de traiter uniquement du journalisme citoyen au sens propre, j’ai donc pu quelque peu élargir la problématique en évoquant l’impact de l’arrivée de ce type de média pour les journalistes professionnels. En revanche, j’ai pris la décision de traiter principalement de la situation en France, afin d’être plus exhaustif et de ne pas trop m’éparpiller sur le sujet. Enfin, la réalisation de ce mémoire m’a apporté plusieurs qualités méthodologiques, comme la synthèse, la polyvalence, la vérification des informations, la recherche et la maitrise des réseaux sociaux.