Membres du jury
Monsieur le Professeur Roy Pierre-Marie | Président
Monsieur le Docteur Hamdan David | Directeur
Monsieur le Professeur Beydon Laurent | Membre
Monsieur le Professeur Connan Laurent | Membre
Madame le Docteur Armand Aurore | Membre
Madame le Docteur Roy Corinne | Membre
Soutenue publiquement le :
27 octobre 2016
2015-2016
THÈSE
pour le
DIPLÔME D’ÉTAT DE DOCTEUR EN MÉDECINE
Qualification en Médecine Générale
Mise en place et évaluation de l’impact
d’une intervention concernant
les décisions de Limitation et d’Arrêt des
Thérapeutiques Actives
aux Urgences du
Centre Hospitalier Universitaire d’Angers
Fieni Aurélie
Née le 22 mars 1988 à Nantes (44)
Sous la direction de M. le Docteur Hamdan David
ENGAGEMENT
DE NON PLAGIAT
Je, soussignée Aurélie Fieni,
déclare être pleinement consciente que le plagiat de documents ou d’une
partie d’un document publiée sur toutes formes de support, y compris l’internet,
constitue une violation des droits d’auteur ainsi qu’une fraude caractérisée.
En conséquence, je m’engage à citer toutes les sources que j’ai utilisées
pour écrire ce rapport ou mémoire.
signé par l'étudiante le 22/09/2016
LISTE DES ENSEIGNANTS DE L’UFR SANTÉ D’ANGERS
Directeur de l'UFR : Pr Isabelle RICHARD
Directeur adjoint de l'UFR et directeur du département de pharmacie : Pr Frédéric LAGARCE
Directeur du département de médecine : Pr Nicolas LEROLLE
PROFESSEURS DES UNIVERSITÉS
ABRAHAM Pierre Physiologie Médecine
ASFAR Pierre Réanimation Médecine
AUBE Christophe Radiologie et imagerie médicale Médecine
AUDRAN Maurice Rhumatologie Médecine
AZZOUZI Abdel Rahmène Urologie Médecine
BARON-HAURY Céline Médecine générale Médecine
BARTHELAIX Annick Biologie cellulaire Médecine
BATAILLE François-Régis Hématologie ; transfusion Médecine
BAUFRETON Christophe Chirurgie thoracique et cardiovasculaire Médecine
BEAUCHET Olivier Gériatrie et biologie du vieillissement Médecine
BENOIT Jean-Pierre Pharmacotechnie Pharmacie
BEYDON Laurent Anesthésiologie-réanimation Médecine
BIZOT Pascal Chirurgie orthopédique et traumatologique Médecine
BONNEAU Dominique Génétique Médecine
BOUCHARA Jean-Philippe Parasitologie et mycologie Médecine
BRIET Marie Pharmacologie Médecine
CAILLIEZ Eric Médecine générale Médecine
CALES Paul Gastroentérologie ; hépatologie Médecine
CAMPONE Mario Cancérologie ; radiothérapie Médecine
CAROLI-BOSC François-Xavier Gastroentérologie ; hépatologie Médecine
CHABASSE Dominique Parasitologie et mycologie Médecine
CHAPPARD Daniel Cytologie et histologie Médecine
CONNAN Laurent Médecine générale Médecine
COUTANT Régis Pédiatrie Médecine
COUTURIER Olivier Biophysique et médecine nucléaire Médecine
CUSTAUD Marc-Antoine Physiologie Médecine
DARSONVAL Vincent Chirurgie plastique, reconstructrice et
esthétique
Médecine
DE BRUX Jean-Louis Chirurgie thoracique et cardiovasculaire Médecine
DESCAMPS Philippe Gynécologie-obstétrique Médecine
DIQUET Bertrand Pharmacologie Médecine
DUVAL Olivier Chimie thérapeutique Pharmacie
DUVERGER Philippe Pédopsychiatrie Médecine
ENON Bernard Chirurgie vasculaire ; médecine vasculaire Médecine
EVEILLARD Mathieu Bactériologie-virologie Pharmacie
FANELLO Serge Épidémiologie ; économie de la santé et
prévention
Médecine
FAURE Sébastien Pharmacologie physiologie Pharmacie
FOURNIER Henri-Dominique Anatomie Médecine
FURBER Alain Cardiologie Médecine
GAGNADOUX Frédéric Pneumologie Médecine
GARNIER François Médecine générale Médecine
GARRE Jean-Bernard Psychiatrie d'adultes Médecine
GOHIER Bénédicte Psychiatrie d'adultes Médecine
GRANRY Jean-Claude Anesthésiologie-réanimation Médecine
GUARDIOLA Philippe Hématologie ; transfusion Médecine
GUILET David Chimie analytique Pharmacie
HAMY Antoine Chirurgie générale Médecine
HUEZ Jean-François Médecine générale Médecine
HUNAULT-BERGER Mathilde Hématologie ; transfusion Médecine
IFRAH Norbert Hématologie ; transfusion Médecine
JARDEL Alain Physiologie Pharmacie
JEANNIN Pascale Immunologie Médecine
JOLY-GUILLOU Marie-Laure Bactériologie-virologie ; hygiène hospitalière Médecine
LACCOURREYE Laurent Oto-rhino-laryngologie Médecine
LAGARCE Frédéric Biopharmacie Pharmacie
LARCHER Gérald Biochimie et biologie moléculaires Pharmacie
LASOCKI Sigismond Anesthésiologie-réanimation Médecine
LAUMONIER Frédéric Chirurgie infantile Médecine
LEFTHERIOTIS Georges Physiologie Médecine
LEGRAND Erick Rhumatologie Médecine
LERMITE Emilie Chirurgie générale Médecine
LEROLLE Nicolas Réanimation Médecine
LUNEL-FABIANI Françoise Bactériologie-virologie ; hygiène hospitalière Médecine
MARCHAIS Véronique Bactériologie-virologie Pharmacie
MARTIN Ludovic Dermato-vénéréologie Médecine
MENEI Philippe Neurochirurgie Médecine
MERCAT Alain Réanimation Médecine
MERCIER Philippe Anatomie Médecine
MILEA Dan Ophtalmologie Médecine
PAPON Nicolas Parasitologie mycologie Pharmacie
PASSIRANI Catherine Chimie générale Pharmacie
PELLIER Isabelle Pédiatrie Médecine
PICHARD Eric Maladies infectieuses ; maladies tropicales Médecine
PICQUET Jean Chirurgie vasculaire ; médecine vasculaire Médecine
PODEVIN Guillaume Chirurgie infantile Médecine
PROCACCIO Vincent Génétique Médecine
PRUNIER Fabrice Cardiologie Médecine
REYNIER Pascal Biochimie et biologie moléculaire Médecine
RICHARD Isabelle Médecine physique et de réadaptation Médecine
RICHOMME Pascal Pharmacognosie Pharmacie
RODIEN Patrice Endocrinologie, diabète et maladies
métaboliques
Médecine
ROHMER Vincent Endocrinologie, diabète et maladies
métaboliques
Médecine
ROQUELAURE Yves Médecine et santé au travail Médecine
ROUGE-MAILLART Clotilde Médecine légale et droit de la santé Médecine
ROUSSEAU Audrey Anatomie et cytologie pathologiques Médecine
ROUSSEAU Pascal Chirurgie plastique, reconstructrice et
esthétique
Médecine
ROUSSELET M.-Christine Anatomie et cytologie pathologiques Médecine
ROY Pierre-Marie Thérapeutique ; médecine d’urgence Médecine
SAINT-ANDRE Jean-Paul Anatomie et cytologie pathologiques Médecine
SAULNIER Patrick Biophysique pharmaceutique et biostatistique Pharmacie
SENTILHES Loïc Gynécologie-obstétrique Médecine
SERAPHIN Denis Chimie organique Pharmacie
SUBRA Jean-François Néphrologie Médecine
UGO Valérie Hématologie ; transfusion Médecine
URBAN Thierry Pneumologie Médecine
VENIER Marie-Claire Pharmacotechnie Pharmacie
VERNY Christophe Neurologie Médecine
WILLOTEAUX Serge Radiologie et imagerie médicale Médecine
ZAHAR Jean-Ralph Bactériologie-virologie ; hygiène hospitalière Médecine
ZANDECKI Marc Hématologie ; transfusion Médecine
MAÎTRES DE CONFÉRENCES
ANNAIX Véronique Biochimie et biologie moléculaires Pharmacie
ANNWEILER Cédric Gériatrie et biologie du vieillissement Médecine
AUGUSTO Jean-François Néphrologie Médecine
BAGLIN Isabelle Pharmaco-chimie Pharmacie
BASTIAT Guillaume Biophysique et biostatistique Pharmacie
BEAUVILLAIN Céline Immunologie Médecine
BELIZNA Cristina Médecine interne Médecine
BELLANGER William Médecine générale Médecine
BENOIT Jacqueline Pharmacologie et pharmacocinétique Pharmacie
BIGOT Pierre Urologie Médecine
BLANCHET Odile Hématologie ; transfusion Médecine
BOISARD Séverine Chimie analytique Pharmacie
BOURSIER Jérôme Gastroentérologie ; hépatologie Médecine
CAPITAIN Olivier Cancérologie ; radiothérapie Médecine
CASSEREAU Julien Neurologie Médecine
CHEVAILLER Alain Immunologie Médecine
CHEVALIER Sylvie Biologie cellulaire Médecine
CLERE Nicolas Pharmacologie Pharmacie
CRONIER Patrick Chirurgie orthopédique et traumatologique Médecine
DE CASABIANCA Catherine Médecine générale Médecine
DERBRE Séverine Pharmacognosie Pharmacie
DESHAYES Caroline Bactériologie virologie Pharmacie
DINOMAIS Mickaël Médecine physique et de réadaptation Médecine
DUCANCELLE Alexandra Bactériologie-virologie ; hygiène hospitalière Médecine
FERRE Marc Biologie moléculaire Médecine
FLEURY Maxime Immunologie Pharmacie
FORTRAT Jacques-Olivier Physiologie Médecine
HELESBEUX Jean-Jacques Chimie organique Pharmacie
HINDRE François Biophysique Médecine
JEANGUILLAUME Christian Biophysique et médecine nucléaire Médecine
JOUSSET-THULLIER Nathalie Médecine légale et droit de la santé Médecine
KEMPF Marie Bactériologie-virologie ; hygiène hospitalière Médecine
LACOEUILLE Franck Biophysique et médecine nucléaire Médecine
LANDREAU Anne Botanique Pharmacie
LE RAY-RICHOMME Anne-Marie Valorisation des substances naturelles Pharmacie
LEPELTIER Elise Chimie générale Nanovectorisation Pharmacie
LETOURNEL Franck Biologie cellulaire Médecine
LIBOUBAN Hélène Histologie Médecine
MALLET Sabine Chimie Analytique et bromatologie Pharmacie
MAROT Agnès Parasitologie et mycologie médicale Pharmacie
MAY-PANLOUP Pascale Biologie et médecine du développement et de
la reproduction
Médecine
MESLIER Nicole Physiologie Médecine
MOUILLIE Jean-Marc Philosophie Médecine
NAIL BILLAUD Sandrine Immunologie Pharmacie
PAPON Xavier Anatomie Médecine
PASCO-PAPON Anne Radiologie et imagerie médicale Médecine
PECH Brigitte Pharmacotechnie Pharmacie
PENCHAUD Anne-Laurence Sociologie Médecine
PETIT Audrey Médecine et santé au travail Médecine
PIHET Marc Parasitologie et mycologie Médecine
PRUNIER Delphine Biochimie et biologie moléculaire Médecine
RIOU Jérémie Biostatistique Pharmacie
ROGER Emilie Pharmacotechnie Pharmacie
SCHINKOWITZ Andréas Pharmacognosie Pharmacie
SIMARD Gilles Biochimie et biologie moléculaire Médecine
TANGUY-SCHMIDT Aline Hématologie ; transfusion Médecine
TRICAUD Anne Biologie cellulaire Pharmacie
TURCANT Alain Pharmacologie Médecine
AUTRES ENSEIGNANTS
AMIARD Stéphane Informatique Médecine
AUTRET Erwan Anglais Médecine
BRUNOIS-DEBU Isabelle Anglais Pharmacie
CAVAILLON Pascal Pharmacie Industrielle Pharmacie
CHIKH Yamina Économie-Gestion Médecine
FISBACH Martine Anglais Médecine
LAFFILHE Jean-Louis Officine Pharmacie
LETERTRE Elisabeth Coordination ingénierie de formation Médecine
O’SULLIVAN Kayleigh Anglais Médecine
REMERCIEMENTS À Monsieur le Professeur Roy Pierre-Marie,
Merci de me faire l’honneur de présider ce jury de thèse. Veuillez trouver ici l’expression de
ma sincère gratitude.
À Monsieur le Docteur Hamdan David,
Merci de m’avoir guidée et rassurée, durant tout ce travail. Merci pour ta patience et ton
écoute. Travailler avec toi a toujours été un plaisir que cela soit auprès des patients ou
concernant ce travail de thèse.
À Monsieur le Professeur Beydon Laurent et à Monsieur le Professeur Connan Laurent,
Je vous remercie de faire partie de mon jury et de l’intérêt que vous avez porté à ce travail.
À Madame le Docteur Armand Aurore et à Madame le Docteur Roy Corinne,
Merci d’avoir accepté de faire partie de ce jury. Merci de m’avoir appris la médecine d’Urgence
en travaillant à vos côtés. Merci de m’avoir fait part de vos réflexions et de vos connaissances
concernant les problèmes éthiques, l’abord du patient et les relations entre les professionnels
de santé. Grâce à vous j’ai pu approfondir ma réflexion. J’ai beaucoup appris à vos cotés.
À Madame le Docteur Bourgeais Blandine, Madame Frontera Nadine et Monsieur Pilleron
Benjamin,
Merci de m’avoir aidée à animer les séances de rencontre avec les soignants. Notre travail
collectif n’est qu’un avant-goût d’une future collaboration professionnelle.
Merci à Blandine d’avoir en plus participé à l’élaboration des protocoles.
À Monsieur le Professeur Saulnier Patrick,
Merci de m’avoir initiée au monde étrange des statistiques que vous avez réussi à rendre
agréable de part votre bonne humeur. Ce fut un plaisir de travailler avec vous.
Merci à Gauthier, Olivia, Violette, Lise, Cécile et Thierry, pour l’aide qu’ils m’ont apportée pour
la rédaction de ce travail.
REMERCIEMENTS
À Gauthier,
Merci de faire partie de ma vie. Merci pour ta patience, ton écoute, ton soutien et tous les
moments de bonheur que tu me fais vivre.
À mes parents et à ma famille,
Merci d’avoir toujours cru en moi et de m’avoir poussée à donner toujours le meilleur de moi
même. Je n’en serais pas là sans vous.
À Audrey,
Merci d’être mon alliée. Merci pour les moments incroyables et à jamais gravés dans ma
mémoire que nous avons vécus ensemble ici ou à l’autre bout du monde. Tu sais que « à toi,
je peux tout te dire ».
À Violette,
Le destin fait que nous suivons le même parcours mais il n’aurait pas la même saveur sans
toi.
À mes amis de l’internat, Kamélia et Romain, Anne-Gaëlle, Maelys, Lise, JM, Cécile et Ben,
Daphnée, Noémie, Greg, Marie, Romain, Anne et Simon,
Merci pour les moments de joies que je vis avec vous, merci pour votre tolérance, votre
bienveillance, votre ouverture d’esprit, votre humour. Je me sens bien parmi vous.
Aux Transbordeurs,
Merci d’être des compagnons de scène comme de vie, merci pour ce lien si spécial qui nous
uni.
À la famille « Caillou »,
Merci pour l’accueil chaleureux que vous m’avez réservé dans votre si jolie famille.
Aux soignants qui m’ont encadrée pendant tout mon parcours d’interne,
Merci particulièrement aux équipes des Urgences et du SAMU d’Angers, des Urgences de
Cholet et de la Réanimation de Cholet. J’ai trouvé parmi vous des modèles. Vous m’avez
permis d’apprendre les bases scientifiques et humaines de notre si beau métier avec
bienveillance et bonne humeur.
Liste des abréviations
ANAES Agence Nationale d’Accréditation et d’Évaluation en Santé
CHU Centre Hospitalier Universitaire
EHPAD Établissement d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes
IGAS Inspection Générale des Affaires Sociales
LATA Limitation et Arrêt des Thérapeutiques Actives
SAU Service d’Accueil des Urgences
SFAP Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs
SFMU Société Française de Médecine d’Urgence
SRLF Société de Réanimation de Langue Française
UHCD Unité d’Hospitalisation de Courte Durée
Plan
INTRODUCTION	
  
1.	
   Les limitations et les arrêts des thérapeutiques actives	
  
1.1.	
   Définition	
  
1.2.	
   Épidémiologie	
  
2.	
   Prise en charge d’un patient en LATA	
  
2.1.	
   Encadrement des LATA	
  
2.2.	
   Recommandations concernant la prise en charge des patients en LATA	
  
2.3.	
   Modifications apportées par la loi du 2 février 2016	
  
2.4.	
   Décision de LATA et prise en charge des patients aux Urgences	
  
3.	
   Question de recherche	
  
METHODES	
  
1.	
   Type d’étude	
  
2.	
   Population étudiée	
  
3.	
   Intervention	
  
4.	
   Données recueillies	
  
5.	
   Le critère de jugement principal	
  
5.1.	
   Description du critère de jugement principal	
  
5.2.	
   Analyse principale	
  
6.	
   Les critères de jugement secondaires	
  
7.	
   Outils statistiques	
  
8.	
   Aspects éthiques	
  
RESULTATS	
  
1.	
   Diffusion de l’information	
  
2.	
   Diagramme de flux	
  
3.	
   Épidémiologie	
  
3.1.	
   Âge et sexe	
  
3.2.	
   Structure d’origine	
  
3.3.	
   Antécédents	
  
3.4.	
   Motif de recours aux Urgences	
  
3.5.	
   Aptitude du patient à consentir à ses soins	
  
4.	
   Analyse principale	
  
5.	
   Analyses secondaires	
  
5.1.	
   Nombre de décisions conformes selon l’aptitude du patient à consentir à ses soins	
  
5.2.	
   Répartition des dossiers selon le taux de réalisation des critères décisionnels	
  
5.3.	
   Détails des critères décisionnels d’une LATA	
  
DISCUSSION	
  
1.	
   Discussions et comparaisons de nos résultats par rapport aux données de
la littérature	
  
1.1.	
   La population	
  
1.2.	
   Le critère de jugement principal, comparaison du nombre de décisions de LATA
conformes aux recommandations	
  
1.3.	
   Nombre de décisions conformes selon l’aptitude du patient à consentir à ses soins	
  
1.4.	
   Répartition des dossiers selon le taux de réalisation des critères décisionnels	
  
1.5.	
   Détails des critères décisionnels d’une décision de LATA	
  
2.	
   Biais et limites de notre étude	
  
3.	
   Perspectives	
  
CONCLUSION	
  
BIBLIOGRAPHIE	
  
LISTE DES FIGURES	
  
LISTE DES TABLEAUX	
  
TABLE DES MATIERES	
  
ANNEXES	
  
Annexe 1 : Poster limitation de soins aux urgences	
  
Annexe 2 : Livret prise en charge des patients en limitation de soins et/ou
situation de fin de vie	
  
1
INTRODUCTION
1. Les limitations et les arrêts des thérapeutiques actives
1.1. Définition
La problématique des limitations et des arrêts des thérapeutiques actives (LATA) est un
questionnement sociétal. Avec le vieillissement de la population et une médicalisation de plus
en plus poussée, les soins dits curatifs ne paraissent plus appropriés dans toutes les
situations et peuvent alors être qualifiés d’obstination déraisonnable.
Il s’agit là d’un problème éthique majeur de la médecine moderne que d’appréhender la
distinction entre la persévérance thérapeutique, salutaire pour la vie et l’obstination
déraisonnable, qui porte plus atteinte à la dignité humaine qu’elle ne sauve.
Trois situations ont été identifiées comme pouvant faire partie de l’obstination
déraisonnable : les situations d’échec des thérapeutiques curatives, les situations où les
soins curatifs ne permettent pas d’aller à l’encontre d’un pronostic très défavorable et les
demandes du patient d’arrêt des suppléances d’organe [1].
Pour autant, une fois ces situations définies, la décision et la mise en place d’une LATA sont
complexes car uniques et spécifiques à chaque patient.
Dans ces situations, où la médecine curative se pondère, les soins ont un autre objectif. Ils
ne visent pas la guérison mais le soulagement et l’accompagnement du patient. Loin d’être
définies par une dichotomie entre soins curatifs et soins de confort, les LATA s’envisagent
2
dans le cadre d’une réflexion éthique propre à chaque patient concernant chaque
thérapeutique qui sera administrée, limitée ou arrêtée.
Les LATA peuvent s’intégrer dans le cadre de la fin de vie. Pour autant, il a été clairement
établi que les LATA ne représentent pas une aide à mourir ou un suicide assisté [2 ; 3] mais
une prise en charge basée sur la réflexion de la pertinence thérapeutique.
Le bien-être du patient est toujours un impératif dans l’exercice médical. Il le devient
d’autant plus dans le contexte de LATA et notamment dans les situations de fin de vie, où il
devient la priorité. Le soignant doit changer son approche du patient qui devient alors, non
plus un malade, mais une personne en fin de vie. La mort est replacée comme une étape
naturelle de la vie.
1.2. Épidémiologie
Avec le vieillissement de la population et le développement de poly-pathologies, les
situations de LATA sont de plus en plus fréquentes. À la limite du tabou, l’appréhension et
l’accompagnement à la mort ne se font plus au sein des familles mais en institution [4].
Ainsi, plus de la moitié des français meurent à l’hôpital, dont 16 % dans les vingt-quatre
premières heures [5]. Au vu du parcours de soins habituel, ces patients décédant quelques
heures après leur entrée à l’hôpital auront été pris en charge par les équipes des Urgences
dans la grande majorité des cas.
Les services d’accueil des Urgences (SAU) sont le recours pour toutes les situations
d’urgences réelles ou ressenties. Les équipes travaillant aux Urgences sont amenées à mener
le processus décisionnel de LATA puis à prendre en charge ces patients, la plupart du temps
3
face à des situations de détresse aiguë, chez des patients fragiles, ayant un pronostic vital
engagé à court terme ou une qualité de vie compromise.
Les Urgences, et notamment l’unité d’hospitalisation de courte durée (UHCD), gèrent de plus
en plus les situations de fin de vie dans le cadre des LATA, accompagnant jusqu’au décès les
patients [6]. En effet, les décès aux Urgences représentent 0.2% à 0.5% des passages [7 ;
8] soit 5% des décès en France [9] et 7 à 17.5% des décès hospitaliers [5 ; 9]. Plus de 60%
(63% à 79% selon les études) des décès aux Urgences sont précédés d’une décision de LATA
[7 ; 8].
La plupart des études ont caractérisé les démarches de LATA à partir de la population
décédée aux Urgences. Cela ne représente pas forcement toutes les décisions de LATA qui ne
concernent pas seulement des patients en fin de vie. Une étude incluant tous les patients
hospitalisés aux Urgences dans la filière médecine sur 250 jours montrait un taux de décision
de LATA à 0.8% du total des passages [10]. Une autre étude montrait un résultat similaire
avec 0.96% des passages correspondant à une décision de LATA [11].
Ainsi, les décisions de LATA, puis la prise en charge de ces patients, font parties du quotidien
d’un service d’Urgence. Il est donc nécessaire que les équipes y travaillant soit formées aux
recommandations savantes et légales ainsi qu’aux principes éthiques les encadrant afin
d’optimiser la prise en charge de ces patients.
4
2. Prise en charge d’un patient en LATA
2.1. Encadrement des LATA
Les LATA placent le patient au centre d’une réflexion pluridisciplinaire :
Ÿ Une réflexion médicale, avec les recommandations des sociétés savantes : la Société
Française de Médecine d’Urgence (SFMU) [12], la Société de Réanimation de Langue
Française (SRLF) [13] et la Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs (SFAP)
[14].
Ÿ Une réflexion légale, avec le Code de Déontologie Médicale (articles 35 sur l’information, 36
sur le consentement, 37 sur l’obstination déraisonnable, 38 sur les soins de confort [15]) et
le Code de Santé Publique avec la loi du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur
des malades et des personnes en fin de vie [3], actualisation de la loi du 22 avril 2005
relative aux droits des malades et à la fin de vie [16], la loi du 9 juin 1999 visant à garantir
l’accès aux soins palliatifs [17], la loi de mars 2002 relative aux droits des malades et à la
qualité du système de santé [18].
Ÿ Une réflexion éthique avec les principes de bienfaisance, de non malfaisance, d’autonomie
[19].
5
Figure 1 Les LATA, le patient au centre d'une réflexion pluridisciplinaire
2.2. Recommandations concernant la prise en charge des patients en
LATA
Quand le patient est apte à consentir à ses soins, les actes de santé qui sont réalisés doivent
être décidés avec lui. Ils ne peuvent pas être réalisés sans le consentement du patient hors
situation d’urgences vitales [15]. Il en est de même pour un acte de limitation ou d’arrêt
d’une thérapeutique. En respect du principe d’autonomie et de la dignité de la personne
humaine, il faut pouvoir discuter avec le patient de ce qui, pour lui, correspond à de
l’obstination déraisonnable.
Quand le patient n’est pas apte à consentir à ses soins, les thérapeutiques correspondant à
de l’obstination déraisonnable ne doivent pas être entreprises [3]. Toutefois, l’impossibilité
du patient à choisir pour lui-même dans ce contexte, impose une rigueur décisionnelle pour
6
respecter au mieux la dignité du patient et répondre aux objectifs éthiques de bienfaisance et
de non-malfaisance.
La décision doit être collégiale, prise par le médecin en charge du patient après concertation
avec l’équipe de soins et sur l’avis motivé d’au moins un autre médecin dit consultant [3].
Elle prend en compte les désirs du patient qui sont transmis par les directives anticipées, la
personne de confiance, la famille ou les proches [3].
Le patient doit être informé de la décision prise s’il est apte à la recevoir [3 ; 15]. S’il n’en
est pas apte, l’information doit être donnée à la personne de confiance, la famille ou les
proches [3].
Une fois la décision de LATA prise, le niveau de soins, correspondant aux actes et aux
thérapeutiques qui sont possibles, limités ou arrêtés, doit être déterminé.
Les soins de confort, visant le bien-être du patient, doivent être introduits s’ils sont
nécessaires [3]. De même, les soignants doivent accompagner de manière médicale et non
médicale le patient, dans toutes les étapes de sa fin de vie si tel est le cas [14].
La traçabilité dans le dossier médical est une obligation [3].
2.3. Modifications apportées par la loi du 2 février 2016
Cette récente loi renforce les droits des patients concernant l’acharnement thérapeutique, le
respect de leur volonté et le soulagement de toutes les souffrances [3 ; 20].
7
Les principales nouveautés apportées sont :
Ÿ Les soins dits déraisonnables, parce qu’ils n’ont comme objectif que la prolongation
artificielle de la vie, doivent être arrêtés alors qu’auparavant ils pouvaient être arrêtés.
Ÿ La place des directives anticipées est renforcée. Les directives anticipées n’ont plus de
durée de validité. Elles priment sur l’avis de la personne de confiance, des proches ou de la
famille. Elles s’imposent aux médecins, sauf situation d’urgence vitale le temps de faire le
diagnostic, ou si elles sont manifestement inappropriées après la réflexion collégiale.
Ÿ La sédation profonde et continue, dite sédation terminale, est autorisée dans les situations
de mort imminente.
Ÿ La nutrition et l’hydratation artificielle sont des traitements qui peuvent être arrêtés dans le
cadre des LATA.
Ÿ La formation des soignants et l’octroi de moyen en faveur des soins palliatifs sont
renforcés.
2.4. Décision de LATA et prise en charge des patients aux Urgences
Il existe plusieurs difficultés concernant la prise de décision et la mise en place des LATA aux
Urgences. La méconnaissance du patient, l’intensité de l’activité, les sollicitations répétées, la
nécessité de parfois prendre une décision rapidement et la saturation des lits d’aval font la
complexité de ces prises en charge. De plus il a été démontré que les médecins et les
8
paramédicaux sont insuffisamment sensibilisés aux problèmes éthiques et au processus
décisionnel des LATA [5 ; 21 ; 22].
Par ailleurs, les études ont mis en évidence des défauts dans la prise en charge de ces
patients aux Urgences concernant le processus décisionnel ainsi que pour les soins apportés
aux patients :
Ÿ La collégialité n’est pas systématique [8 ; 10 ; 23 ; 24].
Ÿ L’équipe paramédicale n’est que très peu impliquée dans le processus décisionnel [8 ; 10 ;
23 ; 24].
Ÿ Le patient, s’il est apte à consentir à ses soins, n’est pas assez consulté [8 ; 23 ; 24].
Ÿ Les directives anticipées et la personne de confiance ne sont pas assez recherchées [23].
Ÿ Les familles et proches ne sont pas assez impliqués [8 ; 10 ; 23 ; 24].
Ÿ Les soins de confort sont insuffisamment prescrits [8 ; 25].
Récemment, dans le cadre d’une thèse, une étude observationnelle concernant la prise en
charge des patients en LATA a été réalisée aux Urgences du Centre Hospitalier Universitaire
(CHU) d’Angers [26]. Conformément aux autres études, elle a pu mettre en évidence des
manquements au processus décisionnel des LATA, notamment en terme de collégialité de la
décision, d’implication de l’équipe paramédicale, de recherche des directives anticipées et de
la personne de confiance, d’implication à la décision et d’information du patient apte à
consentir à ses soins.
9
3. Question de recherche
En connaissance des manquements au processus décisionnel optimal des LATA aux Urgences
du CHU d’Angers, nous avons, par ce travail, souhaité améliorer leur réalisation.
Dans ce but, nous avons mis en place une intervention basée sur l’information concernant la
décision et la prise en charge des patients en situation de LATA aux Urgences.
Puis nous avons étudié si la mise en place de cette intervention permettait l’amélioration
escomptée.
10
METHODES
1. Type d’étude
Nous avons réalisé une étude descriptive, rétrospective, s’axant autour d’une intervention.
Elle s’est déroulée au SAU et à l’UHCD du CHU d’Angers, sur deux périodes de 4 mois
réparties entre décembre 2014 et août 2016.
2. Population étudiée
Les critères d’inclusion étaient :
Ÿ Une hospitalisation à l’UHCD du CHU d’Angers entre le 1er
décembre 2014 et le 31 mars
2015 (période pré-interventionnelle) puis entre le 1er
mai et le 31 août 2016 (période post-
interventionnelle).
Ÿ Un âge supérieur ou égal à 18 ans.
Ÿ Une décision de LATA prise au SAU ou à l’UHCD, qu’elle soit clairement établie (mention
dans le dossier) ou déductible de la lecture du dossier (arrêt ou non introduction de
thérapeutiques curatives dans un contexte où elles auraient été nécessaires).
11
Les critères d’exclusion étaient :
Ÿ Un patient mineur.
Ÿ Une décision de LATA antérieure à la prise en charge aux Urgences.
Ÿ Un dossier administratif incomplet.
Critères
d’inclusion
- Une hospitalisation à l’UHCD du CHU d’Angers entre le 1er
décembre 2014 et le
31 mars 2015 (période pré-interventionnelle) puis entre le 1er
mai et le 31 août
2016 (période post-interventionnelle).
- Un âge supérieur ou égal à 18 ans.
- Une décision de LATA prise au SAU ou à l’UHCD, qu’elle soit clairement établie
(mention dans le dossier) ou déductible de la lecture du dossier (arrêt ou non
introduction de thérapeutiques curatives dans un contexte où elles auraient été
nécessaires).
Critères
d’exclusion
- Un patient mineur.
- Une décision de LATA antérieure à la prise en charge aux Urgences.
- Un dossier administratif incomplet.
Tableau I : Description de la population étudiée
3. Intervention
L’intervention a été réalisée en avril 2016. Elle consistait à informer les équipes médicales et
paramédicales des principaux points scientifiques, législatifs et éthiques concernant la
décision et la prise en charge des patients en LATA.
12
Elle s’est axée sur 3 points :
Ÿ La création d’un poster (annexe 1) permettant de structurer la décision de LATA en 4
étapes et d’en décrire les principaux éléments nécessaires à chacune de ces étapes :
w La motivation de la décision : il s’agit de rechercher les éléments qui orientent les
soignants vers une décision de LATA.
w La confrontation de la décision : il s’agit de la prise de décision de LATA, avec le
patient s’il est apte à consentir ou selon une procédure collégiale s’il est inapte à consentir.
w L’écriture de la décision : il s’agit de déterminer le niveau de soins et de prescrire
les soins de confort si le patient en nécessite.
w La réévaluation de la décision : il s’agit de réévaluer la décision de LATA en elle-
même et d’adapter le niveau de soins ainsi que les soins de confort, selon l’évolution du
patient et la récupération d’informations le concernant.
Figure 2 : Les 4 étapes décisionnelles d'une LATA
•  Rechercher les éléments qui orientent les soignants vers une LATA
I. Motiver sa décision
•  Prendre une décision avec le patient s'il est apte à consentir à ses soins
•  Ou selon une procédure collégiale si le patient n’est pas apte à consentir
II. Confronter sa décision
•  Déterminer le niveau de soins
•  Mettre en place les soins de confort si le patient en nécessite
III. Écrire sa décision
•  S’interroger tout au long de la prise en charge sur la validité de la
limitation de soins
•  Adapter le niveau de soins et des soins de confort à l’état du patient
IV. Réévaluer sa décision
13
Le poster a été présenté aux équipes médicales et paramédicales et affiché dans la salle de
staff du SAU du CHU d’Angers.
Ÿ La transmission d’un livret (annexe 2) comprenant les principales mesures de soins de
confort et les principes de prise en charge d’un patient algique, dyspnéique ou nécessitant
une sédation dans le cadre des LATA. Ce livret était accompagné d’une feuille explicative.
Ÿ La rencontre des équipes médicales et paramédicales où il leur était présenté le processus
décisionnel d’une LATA et les principes de prise en charge des patients en LATA en prenant
comme support les différents éléments mis en place lors de cette intervention (poster et
livret).
Un infirmier et une aide-soignante, faisant partie du groupe éthique des Urgences et ayant
déjà effectué un travail sur le sujet, s’étaient joints à nous pour l’animation des rencontres
avec le personnel paramédical ce qui permettait une vision globale du patient en LATA.
Les informations transmises ont été issues des recommandations de la SFMU, de la SRLF, de
la SFAP, des principes éthiques et du cadre légal.
4. Données recueillies
Le recueil de données s’est effectué du 1er
décembre 2014 au 31 mars 2015 pour la période
pré-interventionnelle et du 1er
mai au 31 août 2016 pour la période post-interventionnelle.
Les données étaient recueillies à partir des dossiers médicaux informatisés des patients
correspondant aux critères d’inclusion dans les périodes étudiées.
14
Les données recueillies sont présentées dans le tableau II :
Données recueillies
Intervention - le personnel médical et paramédical ayant reçu l’information orale
- le personnel médical et paramédical ayant reçu l’information écrite
Épidémiologie - l’âge, le sexe, la structure d’origine
- les pathologies chroniques du patient
- le motif de recours aux Urgences
Motivation de
la décision
- la justification de la mise en place d’une LATA
Confrontation
de la décision
- la capacité du patient à consentir à ses soins
L’incapacité du patient à consentir à ses soins était définie par :
Ÿ La notification dans le dossier de l’incapacité à consentir du patient
Ÿ Les troubles de la conscience (score de Glasgow inférieur à 14)
Ÿ La démence
Ÿ La présence d’une détresse vitale majeure (asphyxie, douleur intense,
hémorragie massive)
Si le patient était apte à consentir :
- l’association du patient à la décision
- l’information du patient
Si le patient n’était pas apte à consentir :
- la recherche des directives anticipées
- la consultation et l’information de la personne de confiance
- la prise de décision collégiale
- le nom et la fonction du médecin consultant
- la consultation et l’information des proches
Prescription
de la décision
- la détermination des thérapeutiques limitées
- l’utilisation de termes flous ne permettant pas de caractériser les
thérapeutiques limitées
Réévaluation
de la décision
- la présence d’une nouvelle réflexion sur la décision de limitation de
soins ou sur le niveau de soins
Tableau II : Données recueillies
15
5. Le critère de jugement principal
5.1. Description du critère de jugement principal
Le critère de jugement principal était la comparaison du taux de réalisation des critères
décisionnels d’une LATA, avant et après intervention. Les critères décisionnels d’une LATA
ont été déterminés selon les recommandations de la SFMU, de la SRLF et de la SFAP, selon la
législation et selon les principes éthiques concernant ces situations.
Pour un patient apte à consentir à ses soins, les critères décisionnels sont au nombre de 5 et
décris dans le tableau III :
Tableau III : Les critères décisionnels d'une LATA chez le patient apte à consentir à ses soins
1/	
  Mo&va&on	
  de	
  la	
  décision	
  
• 	
  Fait	
  :	
  jus&fica&on	
  de	
  la	
  décision	
  de	
  la	
  LATA	
  	
  
• 	
  Non	
  fait	
  :	
  pas	
  de	
  jus&fica&on	
  de	
  la	
  décision	
  de	
  LATA	
  
2/	
  Associa&on	
  du	
  pa&ent	
  à	
  la	
  décision	
  
• 	
  Fait	
  :	
  décision	
  prise	
  en	
  consultant	
  le	
  pa&ent	
  	
  
• 	
  Non	
  fait	
  :	
  décision	
  prise	
  sans	
  consulter	
  le	
  pa&ent	
  
3/	
  Informa&on	
  du	
  pa&ent	
  
• 	
  Fait	
  :	
  informa&on	
  du	
  pa&ent	
  sur	
  son	
  état	
  de	
  santé	
  et	
  sur	
  le	
  niveau	
  de	
  soins	
  décidé	
  
• 	
  Non	
  fait	
  :	
  pa&ent	
  non	
  informé	
  
4/Détermina&on	
  d’un	
  niveau	
  de	
  soins	
  	
  
• 	
  Fait	
  :	
  précision	
  des	
  thérapeu&ques	
  limitées	
  ou	
  arrêtées	
  	
  
• 	
  Non	
  fait	
  :	
  pas	
  de	
  précision	
  des	
  thérapeu&ques	
  limitées	
  ou	
  arrêtées	
  ou	
  termes	
  flous	
  
seuls	
  
5/	
  Réévalua&on	
  de	
  la	
  décision	
  	
  
• 	
  Fait	
  :	
  réévalua&on	
  de	
  la	
  décision	
  de	
  LATA	
  ou	
  du	
  niveau	
  de	
  soins	
  	
  
• 	
  Non	
  fait	
  :	
  pas	
  de	
  réévalua&on	
  de	
  la	
  décision	
  de	
  LATA	
  ou	
  du	
  niveau	
  de	
  soins	
  
16
Pour un patient inapte à consentir à ses soins, les critères décisionnels sont au nombre de
8 et décris dans le tableau IV :
Tableau IV : Les critères décisionnels d'une LATA chez le patient inapte à consentir à ses soins
1/	
  Mo&va&on	
  de	
  la	
  décision	
  
• 	
  Fait	
  :	
  jus&fica&on	
  de	
  la	
  décision	
  de	
  la	
  LATA	
  	
  
• 	
  Non	
  fait	
  :	
  pas	
  de	
  jus&fica&on	
  de	
  la	
  décision	
  de	
  la	
  LATA	
  
2/	
  Collégialité	
  de	
  la	
  décision	
  
• 	
  Fait	
  :	
  décision	
  prise	
  par	
  au	
  moins	
  2	
  médecins	
  
• 	
  Non	
  fait	
  :	
  décision	
  prise	
  par	
  1	
  médecin	
  seulement	
  
3/	
  Précision	
  du	
  nom	
  et	
  de	
  la	
  fonc&on	
  du	
  médecin	
  consultant	
  
• 	
  Fait	
  :	
  nom	
  et	
  fonc&on	
  du	
  médecin	
  consultant	
  précisés	
  
• 	
  Non	
  fait	
  :	
  pas	
  de	
  précision	
  du	
  nom	
  et	
  de	
  la	
  fonc&on	
  du	
  médecin	
  consultant	
  
4/	
  Recherche	
  des	
  direc&ves	
  an&cipées	
  
• 	
  Fait	
  :	
  direc&ves	
  an&cipées	
  recherchées	
  	
  
• 	
  Non	
  fait	
  :	
  pas	
  de	
  recherche	
  des	
  direc&ves	
  an&cipées	
  
5/	
  Avis	
  et	
  informa&on	
  de	
  la	
  personne	
  de	
  confiance	
  	
  
• 	
  Fait	
  :	
  consulta&on	
  et	
  informa&on	
  de	
  la	
  personne	
  de	
  confiance	
  	
  
• 	
  Non	
  fait	
  :	
  pas	
  de	
  consulta&on	
  ou	
  d'informa&on	
  de	
  la	
  personne	
  de	
  confiance	
  
6/	
  Avis	
  et	
  informa&on	
  de	
  la	
  famille	
  ou	
  des	
  proches	
  
• 	
  Fait	
  :	
  consulta&on	
  et	
  informa&on	
  de	
  la	
  famille	
  ou	
  des	
  proches	
  
• 	
  Non	
  fait	
  :	
  pas	
  de	
  consulta&on	
  ou	
  d'informa&on	
  de	
  la	
  famille	
  ou	
  des	
  proches	
  
7/	
  Détermina&on	
  d’un	
  niveau	
  de	
  soins	
  	
  
• 	
  Fait	
  :	
  précision	
  des	
  thérapeu&ques	
  limitées	
  ou	
  arrêtées	
  
• 	
  Non	
  fait	
  :	
  pas	
  de	
  précision	
  des	
  thérapeu&ques	
  limitées	
  ou	
  arrêtées	
  ou	
  termes	
  flous	
  seuls	
  
8/	
  Réévalua&on	
  de	
  la	
  décision	
  	
  
• 	
  Fait	
  :	
  réévalua&on	
  de	
  la	
  décision	
  de	
  LATA	
  ou	
  du	
  niveau	
  de	
  soins	
  	
  
• 	
  Non	
  fait	
  :	
  pas	
  de	
  réévalua&on	
  de	
  la	
  décision	
  de	
  LATA	
  ou	
  du	
  niveau	
  de	
  soins	
  
17
5.2. Analyse principale
Nous avons arbitrairement considéré que le processus décisionnel de LATA était conforme
aux recommandations quand étaient présents 4 critères décisionnels sur 5 chez les patients
aptes à consentir à leurs soins et 6 critères décisionnels sur 8 chez les patients non aptes à
consentir à leurs soins. Ceci correspond à un taux d’adéquation aux recommandations de
80% pour les patients aptes à consentir et de 75% pour les patients non aptes à consentir.
Nous avons considéré que l’intervention était efficace si elle induisait une augmentation
significative (définie par p<0.05) du nombre de décisions conformes aux recommandations,
entre les phases pré et post interventionnelles.
6. Les critères de jugement secondaires
Nous avons comparé le nombre de décisions conformes entre les périodes pré et post-
interventionnelles pour les patients aptes à consentir à leurs soins et pour les patients
inaptes à consentir à leurs soins.
Par ailleurs, nous avons étudié la répartition des dossiers entre les périodes pré et post-
interventionnelles, en fonction du nombres de critères décisionnels réalisés.
Enfin nous avons évalué dans le détail chaque critère décisionnel entre les périodes pré et
post-interventionnelles.
18
7. Outils statistiques
Les données ont été collectées grâce à un tableur EXCEL (Microsoft) à partir des logiciels
«URQUAL» et «HEO», utilisés aux Urgences du CHU d’Angers.
L’analyse statistique a été réalisée par le logiciel SPSS 15.0 et le site BIOSTATGV. Les
données ont été comparées par le test du Chi2, par le test exact de Fisher ou par le test
d’indépendance de Aochrane-Armitage.	
  
Il s’agit d’une étude bilatérale, avec un seuil de significativité de 5% (p<0.05). Il n’y a pas
eu de contrôle de la puissance du test.
8. Aspects éthiques
Le comité d’éthique du CHU d’Angers ainsi que le comité d’éthique des Urgences du CHU
d’Angers ont émis un avis favorable concernant cette étude.
19
RESULTATS
1. Diffusion de l’information
L’information écrite a été reçue par la totalité du personnel des Urgences en activité au
moment de la réalisation de l’intervention (poster, livret et fiche explicative).
L’information orale a été dispensée à 42% du total du personnel médical et paramédical
travaillant aux Urgences. En détail, 100% des médecins, 31% des infirmier(e)s et 23% des
aide-soignant(e)s ont reçu l’information orale.
2. Diagramme de flux
Durant les deux périodes d’étude, 3437 patients ont été hospitalisés à l’UHCD. Pour 231
patients, soit 7% du total des patients hospitalisés à l’UHCD, la prise en charge a conduit à la
mise en place d’une LATA. Il n’y avait pas de différence significative entre les groupes pré et
post-interventionnels concernant le nombre de patients hospitalisés à l’UHCD ayant eu une
décision de LATA (p=0.673).
Parmi les 3437 dossiers de patients hospitalisés à l’UHCD, 39 dossiers ont été exclus
(respectivement 16 dossiers pour le groupe pré-interventionnel et 23 dossiers pour le groupe
post-interventionnel) en raison d’un manque de données administratives, d’une décision de
LATA antérieure à la prise en charge aux Urgences ou de l’impossibilité à déterminer avec
certitude si la prise en charge correspondait à une LATA. Un total de 3398 dossiers a donc
été pris en compte.
20
Figure 3 : Diagramme de flux
3. Épidémiologie
Il n’y avait pas de différence significative entre les groupes pré et post interventionnels
concernant l’âge, le sexe, la structure d’origine, les antécédents et le nombre de patients
inaptes à consentir à leurs soins. Des différences significatives ont pu être mises en évidence
concernant le motif de recours aux Urgences et la cause d’incapacité du patient à consentir à
ses soins.
Décisions
conformes
ou non
Dossiers
comprenants
une décision de
LATA ou non
Période d'étude
par rapport à
l'intervention
Patients
hospitalisés à
l'UHCD
3398 patients
Avant :
1705 patients
7% LATA
(N=119)
13% décisions
conformes
(N=15)
87% décisions
non conformes
(N=104)
93% non LATA
(N=1586)
Après :
1693 patients
7% LATA
(N=112)
23% décisions
conformes
(N=26)
77% décisions
non conformes
(N=86)
93% non LATA
(N=1581)
21
3.1. Âge et sexe
La moyenne d’âge pour les deux groupes étaient de 84.5 ans. Il n’y avait pas de différence
significative entre les deux groupes (p=0,479).
La population totale était à 60% composée de femmes (respectivement 59% pour le groupe
pré-interventionnel et 62% pour le groupe post-interventionnel). Il n’y avait pas de
différence significative entre les deux groupes concernant le rapport hommes/femmes (H/F)
(p=0,666).
Critères Pré-interventionnel Post-interventionnel Significativité p<0.05
Age moyen 84 ans 85 ans p = 0,479
Sexe ratio (H/F) 0.7 0.6 p = 0,666
Tableau V : Comparaison de l'âge et du sexe
3.2. Structure d’origine
Il n’y avait pas de différence significative concernant la structure de provenance du patient
entre les groupes pré et post-interventionnel. Les patients provenaient majoritairement
d’établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD).
Structure Pré-interventionnel Post-interventionnel Significativité p<0.05
EHPAD 40% (N=48) 40% (N=45) p=0.981
Domicile 35% (N=42) 38% (N=43) p=0.625
Maison de retraite 13% (N=15) 16% (N=18) p=0.452
Hôpital 8% (N=10) 4% (N=4) p=0.124
Foyer logement 4% (N=4) 2% (N=2) p=0.684
Tableau VI : Comparaison de la structure d'origine
22
3.3. Antécédents
Le principal antécédent présenté par les patients était la démence en pré comme en post-
interventionnel. Il n’y avait pas de différence significative entre les deux groupes concernant
les antécédents.
Antécédents Pré-interventionnel Post-interventionnel Significativité p<0.05
Démence 34% (N=40) 45% (N=50) p=0.086
Trouble neurologique invalidant 30% (N=36) 23% (N=26) p=0.228
Insuffisance cardiaque 21% (N=25) 24% (N=27) p=0.573
Coronaropathie 20% (N=24) 21% (N=23) p=0.471
Cancer local 17% (N=20) 23% (N=26) p=0.223
Diabète 19% (N=23) 15% (N=17) p=0.405
Pathologie respiratoire 18% (N=21) 17% (N=19) p=0.891
Cancer métastatique 12% (N=14) 15% (N=17) p=0.447
Pathologie thrombotique 15% (N=18) 11% (N=12) p=0.319
Insuffisance rénale 8% (N=9) 11% (N=12) p=0.405
Hémopathie 9% (N=11) 7% (N=8) p=0.561
Hépatopathie 5% (N=6) 5% (N=6) p=0.914
Tableau VII : Comparaison des antécédents
3.4. Motif de recours aux Urgences
Le motif de consultation aux Urgences était principalement d’ordre infectieux pour le groupe
pré-interventionnel et respiratoire pour le groupe post-interventionnel. Il y avait
significativement plus de patients consultant aux Urgences pour un motif infectieux dans le
groupe pré-interventionnel (p=0.003).
23
Motif de recours aigu Pré-interventionnel Post-interventionnel Significativité p<0.05
Infectieux 60% (N=72) 41% (N=46) p=0.003
Respiratoire 53% (N=63) 44% (N=49) p=0.071
Neurologique 18% (N=22) 24% (N=27) p=0.296
Cardiaque 14% (N=17) 19% (N=21) p=0.360
Digestif 8% (N=9) 9% (N=10) p=0.706
Autre 8% (N=10) 4% (N=5) p=0.225
Endocrinien 3% (N=4) 1% (N=1) p=0.198
Traumatique 0% (N=0) 3% (N=3) p=0.072
Tableau VIII : Comparaison du motif de recours aux Urgences
3.5. Aptitude du patient à consentir à ses soins
La population totale comprenait 16% de patients capables de consentir à leurs soins (18%
(N=22) dans le groupe pré-interventionnel et 14% (N=16) dans le groupe post-
interventionnel). Il n’y avait pas de différence significative entre les groupes pré et post-
interventionnels concernant le nombre de patients non aptes à consentir à leurs soins
(p=0,389).
Le principal motif d’incapacité d’un patient à consentir à ses soins était les troubles de la
vigilance dans les deux groupes. Il y avait significativement plus de patients incapables de
consentir à leurs soins en raison de trouble de la vigilance en pré-interventionnel (p=0.008)
et en raison d’une détresse vitale aiguë en post-interventionnel (p=0.012).
Critères Pré-interventionnel (N=97) Post-interventionnel (N=96) Significativité p<0.05
Trouble de la vigilance 75% (N=73) 57% (N=55) p=0.008
Démence 21% (N=20) 28% (N=27) p=0.224
Détresse vitale aigue 4% (N=4) 15% (N=14) p=0.012
Tableau IX : Comparaison des motifs d'inaptitude à consentir des patients
24
4. Analyse principale
Dans le groupe pré-interventionnel, il y a eu 15 sur 119 (13%) décisions de LATA conformes
aux recommandations. Dans le groupe post-interventionnel, il y a eu 26 sur 112 (23%)
décisions de LATA conformes aux recommandations.
Il y a eu significativement plus de décisions de LATA conformes (p=0.035) en post-
interventionnel.
Figure 4 : Critère de jugement principal, comparaison du nombre de décisions de LATA conformes
25
5. Analyses secondaires
5.1. Nombre de décisions conformes selon l’aptitude du patient à
consentir à ses soins
Chez les patients inaptes à consentir à leurs soins, il y avait significativement plus de
décisions conformes en post-interventionnel (p=0.008).
Pour les patients aptes à consentir à leurs soins, il n’y avait pas de différence significative
entre les phases pré et post-interventionnelle concernant le nombre de décisions conformes
(p=0.578).
Population et période Décisions conformes Décisions non conformes Significativité p<0.05
Patient non apte à consentir (N=193)
Pré-interventionnelle (N=97) 6% (N=6) 94% (N=91) p=0.008
Post-interventionnelle (N=96) 19% (N=18) 81% (N=78)
Patient apte à consentir (N=38)
Pré-interventionnelle (N=22) 41% (N=9) 59% (N=13) p=0.578
Post-interventionnelle (N=16) 50% (N=8) 50% (N=8)
Tableau X : Comparaison du nombre de décisions conformes chez les patients aptes et inaptes à
consentir à leurs soins
26
5.2. Répartition des dossiers selon le taux de réalisation des critères
décisionnels
Chez les patients aptes à consentir à leurs soins
Il y avait une majorité de décisions prises avec 4 critères décisionnels réalisés en pré-
interventionnel (32%). En post-interventionnel, la majorité des décisions comprenaient 4 ou
5 critères décisionnels (25% dans les deux cas).
Pour les patients aptes à consentir à leurs soins, il n’y avait pas de différence significative
concernant la répartition des décisions selon le nombre de critères décisionnels réalisés entre
les groupes pré et post-interventionnels (p=0.29).
Figure 5 : Répartition des décisions selon le nombre de critères décisionnels réalisés chez les patients
aptes à consentir à leurs soins
0/5 1/5 2/5 3/5 4/5 5/5
pré-interventionnel 9% 18% 14% 18% 32% 9%
Post-interventionnel 0% 19% 12% 19% 25% 25%
0%
5%
10%
15%
20%
25%
30%
35%
27
Chez les patients inaptes à consentir à leurs soins
Il y avait une majorité de décisions prises avec 5 critères décisionnels réalisés dans les deux
groupes (28% en pré-interventionnel et 32% en post-interventionnel).
Pour les patients inaptes à consentir à leurs soins, il y avait significativement plus de critères
décisionnels réalisés en post-interventionnel (p<0.001).
Figure 6 : Répartition des décisions selon le nombre de critères décisionnels réalisés chez les patients
inaptes à consentir à leurs soins
0/8 1/8 2/8 3/8 4/8 5/8 6/8 7/8 8/8
Pré-interventionnel 0% 8% 16% 19% 23% 28% 4% 1% 1%
Post-interventionnel 0% 2% 2% 20% 25% 32% 17% 2% 0%
0%
5%
10%
15%
20%
25%
30%
35%
28
5.3. Détails des critères décisionnels d’une LATA
Critères décisionnels communs aux patients aptes et inaptes à consentir à leurs
soins
Concernant les critères communs aux patients aptes et inaptes à consentir à leurs soins, il
n’y avait pas de différence significative concernant la réalisation de la motivation (p=0.139)
et la réévaluation de la décision (p=0.103) entre les périodes pré et post-interventionnelles.
La détermination du niveau de soins était significativement plus réalisée en post-
interventionnel (p=0.008).
Critères période Critère fait Critère non fait Significativité p<0.05
Motivation de la
décision
Pré-interventionnelle 68% (N=81) 32% (N=38) p=0.139
Post-interventionnelle 77% (N=86) 23% (N=26)
Détermination du
niveau de soins
Pré-interventionnelle 55% (N=66) 45% (N=53) p=0.008
Post-interventionnelle 72% (N=81) 28% (N=31)
Réévaluation Pré-interventionnelle 21% (N=25) 79% (N=94) p=0.103
Post-interventionnelle 30% (N=34) 70% (N=78)
Tableau XI : Comparaison de la réalisation des critères décisionnels communs aux patients aptes et
inaptes à consentir à leurs soins
Critères décisionnels spécifiques aux patients aptes à consentir à leurs soins
Concernant les critères spécifiques aux patients aptes à consentir à leurs soins, il n’y avait
pas de différence significative concernant l’implication du patient à la décision (p=0.089) et
l’information du patient (p=0.917).
29
Critères période Critère fait Critère non fait Significativité p<0.05
Implication du
patient à la décision
Pré-interventionnelle 41% (N=9) 59% (N=13) p=0.089
Post-interventionnelle 69% (N=11) 31% (N=5)
Information du
patient
Pré-interventionnelle 45% (N=10) 55% (N=12) p=0.917
Post-interventionnelle 44% (N=7) 56% (N=9)
Tableau XII : Comparaison de la réalisation des critères décisionnels spécifiques aux patients aptes à
consentir à leurs soins
Critères décisionnels spécifiques aux patients inaptes à consentir à leurs soins
Concernant les critères spécifiques aux patients inaptes à consentir à leurs soins, il n’y avait
pas de différence significative concernant la consultation des directives anticipées (p=0.745)
et la consultation et l’information de la famille (p=0.488).
La consultation de la personne de confiance étaient significativement plus réalisées en pré-
interventionnel (p=0.006). Le nombre de décision collégiale était significativement plus
important en post-interventionnel (p<0.001). Le nom et la fonction du médecin consultant
étaient significativement plus renseignés en post-interventionnel (p<0.001).
Critères période Critère fait Critère non
fait
Significativité p<0.05
Avis et information de la
personne de confiance
Pré-interventionnelle 14% (N=14) 86% (N=83) p=0.006
Post-interventionnelle 3% (N=3) 97% (N=93)
Consultation des
directives anticipées
Pré-interventionnelle 5% (N=5) 95% (N=92) p=0.745
Post-interventionnelle 4% (N=4) 96% (N=92)
Collégialité de la décision Pré-interventionnelle 62% (N=60) 38% (N=37) p<0.001
Post-interventionnelle 89% (N=85) 11% (N=11)
Nom et fonction du
médecin consultant
Pré-interventionnelle 61% (N=59) 39% (N=38) p<0.001
Post-interventionnelle 85% (N=82) 15% (N=14)
Avis et information des
proches
Pré-interventionnelle 90% (N=87) 10% (N=10) p=0.488
Post-interventionnelle 86% (N=83) 14% (N=13)
Tableau XIII : Comparaison de la réalisation des critères décisionnels spécifiques aux patients inaptes
à consentir à leurs soins
30
DISCUSSION
1. Discussions et comparaisons de nos résultats par rapport
aux données de la littérature
1.1. La population
La décision de LATA aux Urgences a été étudiée dans la littérature à partir de plusieurs
populations différentes : les patients décédés aux Urgences [8 ; 27], les patients accueillis
en salles d’urgences vitales [24], les patients pris en charge en pré-hospitalier [28] et tous
les patients admis aux Urgences [10 ; 11 ; 23]. Nous avons choisi d’étudier les patients
hospitalisés à l’UHCD car il s’agit d’un lieu d’accueil fréquent des patients en LATA [6 ; 11].
De plus, cette unité permet une prise en charge thérapeutique et relationnelle privilégiée par
rapport au SAU ou aux salles d’accueil des urgences vitales du fait du suivi continu du patient
sur la journée.
Les caractéristiques de notre population étaient similaires aux autres études en terme d’âge
[11 ; 23 ; 27] et de sex ratio, avec une majorité de femmes [10 ; 11 ; 23]. Contrairement à
notre population où les patients provenaient majoritairement d’EHPAD, ceux des autres
études venaient principalement de leur domicile [8 ; 11 ; 24]. La démence était aussi un
antécédent majeur [11 ; 23]. Les principaux motifs de recours aux Urgences étaient des
motifs respiratoires [8 ; 11 ; 24] et infectieux [11] dans la littérature comme pour notre
étude mais nous n’avons pas observé une part importante de cause neurologique comme
dans certaines études [8 ; 10 ; 23].
31
1.2. Le critère de jugement principal, comparaison du nombre de
décisions de LATA conformes aux recommandations
À notre connaissance, il n’y a pas d’étude dans la littérature qui traite de la conformité
globale de la décision de LATA. Pourtant, la réalisation d’un critère décisionnel seul ne parait
pas être suffisant pour prendre une décision de LATA au plus juste selon les
recommandations éthiques, savantes et légales. L’originalité de notre étude repose sur le fait
que nous avons étudié la décision de LATA pour chaque patient et non la réalisation de
critères décisionnels seulement.
Nous avons pu mettre en évidence une amélioration du nombre de décisions conformes
après l’intervention. Malgré tout, le nombre de ces dernières reste insuffisant. Cela traduit
bien la difficulté de la prise d’une décision de LATA aux Urgences. Néanmoins, il semble
qu’en effectuant un travail d’information globale auprès de l’ensemble des équipes médicales
et paramédicales intervenant dans ces situations, nous sommes en mesure d’améliorer ces
prises en charge.
1.3. Nombre de décisions conformes selon l’aptitude du patient à
consentir à ses soins
La capacité du patient à consentir à ses soins influe sur le processus décisionnel de LATA.
En étudiant la conformité des décisions de LATA selon que le patient soit apte ou non à
consentir à ses soins, nous pouvons remarquer qu’aux Urgences d’Angers, les décisions de
LATA concernant les patients aptes à consentir à leurs soins sont plus fréquemment
conformes que chez les patients inaptes à consentir. Cela, malgré la difficulté que peut
représenter la prise d’avis et l’information du patient dans de telles situations.
32
Notre intervention est intéressante car elle a eu un impact avec une amélioration significative
de la conformité décisionnelle en post-interventionnelle chez les patients inaptes à consentir
à leurs soins.
1.4. Répartition des dossiers selon le taux de réalisation des critères
décisionnels
Chez les patients aptes à consentir à leurs soins, la répartition des dossiers selon le taux de
réalisation des critères décisionnels est assez homogène en post-interventionnel.
Chez les patients inaptes à consentir à leurs soins, pour lesquels le taux de dossiers
conformes était faible, nous pouvons observer qu’une majorité des décisions a été prise avec
quatre ou cinq critères présents. Ceci ne permettait pas d’affirmer que ces décisions étaient
conformes aux recommandations, mais le nombre de critères décisionnels réalisés était plus
important en post-interventionnel et tendait vers une décision conforme.
1.5. Détails des critères décisionnels d’une décision de LATA
Critères décisionnels communs aux patients aptes et inaptes à consentir à leurs
soins
Motiver sa décision
La motivation de la décision est bien renseignée en pré comme en post-interventionnel. Le
taux de décisions motivées est plus important que pour certaines études [24].
33
L’orientation vers une limitation de soins et donc la détermination de ce qui correspond à de
l’acharnement thérapeutique est la première difficulté du processus décisionnel.
La notion d’acharnement thérapeutique est propre à chaque patient. Quand le patient est
capable de s’exprimer, il faut pouvoir discuter avec lui des soins qui lui paraissent
envisageables. Quand le patient est inapte à s’exprimer, le médecin se trouve dans la
situation où il doit déterminer pour le patient les soins dits déraisonnables.
La motivation de la décision de LATA doit reposer sur un faisceau d’argument. Un âge, un
score GIR ou même un potentiel refus d’admission en réanimation ne paraissent pas
suffisant à eux seuls pour conduire à une décision de LATA.
Il s’agit de repérer le problème moral [12] et d’essayer d’anticiper le devenir du patient. La
SFMU propose de « se laisser du temps même dans l’urgence » [12].
Déterminer le niveau de soins
La détermination du niveau de soins a été significativement plus réalisée en post-
interventionnel. Le niveau de soins est une prescription médicale à part entière qui concerne
les thérapeutiques qui peuvent être administrées, arrêtées ou limitées. Aussi, il n’est pas
licite d’utiliser des termes flous tel que « l’absence de réanimation » ou « pas de
réalisation d’actes invasifs ». Le niveau de soins ne doit pas correspondre à un listing des
thérapeutiques qui pourront être faites ou non, mais doit être adapté à chaque patient selon
sa problématique.
34
Réévaluer la décision
À notre connaissance, il n’y a pas d’étude dans la littérature qui s’intéresse à la réévaluation
de la décision de LATA et du niveau de soins. Ce critère nous paraît pourtant primordial car
une décision de LATA ne se justifie qu’à un moment donné. La décision de LATA et le niveau
de soins doivent être réévalués au moins quotidiennement. D’autant plus aux Urgences, où
les décisions initiales sont prises dans des situations particulières, propices aux erreurs
d’évaluation. En effet, elles sont prises dans un contexte aigu, avec un patient méconnu du
soignant, pour qui il peut manquer des éléments déterminants et dont l’évolution peut être
difficile à prévoir.
La réévaluation de la décision de LATA et du niveau de soins se font selon les mêmes
dispositions que la décision initiale et doivent faire l’objet d’un questionnement tout le long
de la prise en charge du patient. Ainsi une décision de LATA ne conditionne pas le patient à
cet état.
Critères décisionnels spécifiques aux patients aptes à consentir à leurs soins
Notre étude montre un taux plus élevé d’implication et d’information du patient concernant la
décision par rapport aux autres études [8 ; 24]. Ces critères décisionnels sont difficiles à
réaliser aux Urgences. Les manques de temps, d’intimité et de connaissance du patient sont
des challenges à la création d’une atmosphère propice à ce genre de discussion. Pourtant il
est essentiel de prendre le temps nécessaire pour aborder ce sujet avec les patients.
35
Critères décisionnels spécifiques aux patients inaptes à consentir à leurs soins
Collégialité de la décision
Le nombre de décisions prises de manière collégiale est significativement plus important en
post-interventionnel. De plus, ce résultat est satisfaisant puisque près de 90% des décisions
le sont. Ce résultat est plus important que pour les autres études [8 ; 10 ; 23 ; 24].
C’est le médecin en charge du patient qui est responsable de la décision. Dans le cadre des
LATA chez le patient inapte à consentir à ses soins, la décision doit être collégiale, c’est-à-
dire, en accord avec un médecin donnant un avis sur cette décision. Cette prise d’avis n’a
pas pour objectif d’obtenir l’approbation du médecin consultant mais d’aboutir un consensus
qui représente la décision la plus juste possible pour le patient.	
  
Selon la loi du 2 février 2016, la décision collégiale s’appuie sur les directives anticipées, la
personne de confiance, la famille et les proches, selon cette hiérarchie [3]. Les informations
qui en sont recueillies ont une portée informative et non décisionnelle.
Les directives anticipées, la personne de confiance et les proches
La recherche des directives anticipées n’a été que très peu réalisée en pré comme en post-
interventionnel. Il en est de même concernant les autres études [8 ; 23]. Cela traduit une
méconnaissance des médecins et une difficulté d’accès à ces informations aux Urgences alors
que la loi du 2 février 2016 donne toute leur place aux directives anticipées [3].
36
Une étude montrait que seulement 2.5% des français avaient rédigé des directives anticipées
[29]. De plus, dans le contexte de l’urgence, des soins peuvent être réalisés sans qu’elles ne
soient consultées [3]. Les directives anticipées ne paraissent pas être l’outil idéal
actuellement, pour aider à la prise de décision d’une LATA aux urgences, du fait de leur
caractère peu répandu et de leur accessibilité limitée.
Concernant la personne de confiance, celle-ci a été plus consultée en pré-interventionnel,
même si son implication dans le processus décisionnel reste rare. Ce faible taux de
réalisation est plus en lien avec la difficulté d’identifier la personne de confiance en situation
d’urgence, que d’un manque de volonté de prendre en compte et d’informer l’entourage du
patient, comme peut le montrer le taux satisfaisant de consultation de la famille et des
proches du patient.
Les proches sont, le plus souvent, le recours le plus facile et le plus fiable pour traduire la
volonté d’un patient en situation d’urgence. Les taux d’’implication des proches et de la
famille retrouvés dans notre étude sont similaires à ceux des autres études [12 ; 27].
2. Biais et limites de notre étude
Notre étude est mono-centrique ce qui ne permet pas une extrapolation de l’information à
d’autres centres. Néanmoins, son action locale a pu permettre de cibler l’information sur les
critères décisionnels les moins réalisés mis en évidence par l’étude observationnelle réalisée
aux Urgences d’Angers [26].
37
Tout le personnel des Urgences n’a pas reçu l’information orale. De plus, il y a eu des
changements de personnel pendant la durée de l’étude.
Notre recueil de données post-interventionnel s’est effectué immédiatement après la
réalisation de l’intervention ce qui n’a pas permis de vérifier la pérennité de l’amélioration
des pratiques.
Notre intervention s’est inscrite dans un mouvement de réflexion mené par le groupe éthique
des Urgences. Des actions parallèles à notre information ont été réalisées et ont
probablement contribué elles aussi à l’amélioration des pratiques.
Les périodes pré et post-interventionnelles n’ont pas été faites sur des mois de l’année
similaires. Cela peut expliquer pourquoi il y a eu plus de motif de recours aux Urgences
d’ordre infectieux dans le groupe pré-interventionnel dont le recueil s’est effectué en hiver.
Notre recueil de données, rétrospectif, se base sur les éléments notifiés dans le dossier
médical. Bien que la traçabilité soit une nécessité, des actes ou des réflexions ont pu être
menés sans pour autant avoir été tracés dans le dossier médical.
Malgré ces biais, notre étude montre qu’une intervention auprès du personnel des Urgences
pour les sensibiliser aux décisions de LATA est efficace. Notre étude est originale car en
s’appuyant sur le groupe éthique des Urgences, elle a intégré une dimension éthique dans la
prise en charge des patients en situation de LATA, ce qui semble indispensable, malgré les
difficultés liées à notre environnement particulier.
38
3. Perspectives
Cette étude a permis de mettre en évidence une amélioration des pratiques entre les
périodes pré et post-interventionnelles.
Néanmoins, certains points du processus décisionnel d’une LATA, tels que la consultation de
la personne de confiance et la recherche des directives anticipées, sont peu réalisés. Une
rencontre des soignants en insistant sur ces deux derniers points pourrait permettre
d’augmenter leur réalisation.
Cette amélioration des pratiques devrait être réévaluée à distance de l’intervention pour
évaluer son impact à plus long terme. S’il était constaté une diminution du nombre de
décisions de LATA conformes aux recommandations, il conviendrait de mettre en place des
formations plus pérennes, comme des informations répétées à intervalles réguliers, ou des
informations systématiques à tout nouveau personnel arrivant aux Urgences.
39
CONCLUSION
Les décisions de LATA sont complexes. Le personnel des Urgences est fréquemment
confronté à ce processus décisionnel, bien que leur configuration entraîne certaines
difficultés.
Nous avons eu comme projet une tentative d’amélioration de ces décisions en créant un
processus décisionnel à quatre étapes et en rencontrant les équipes médicales et
paramédicales travaillant aux Urgences.
En étudiant le processus global de décision d’une LATA, nous avons pu mettre en évidence
une amélioration des décisions grâce à une information basée sur les recommandations
éthiques, savantes et légales.
Le travail de groupe pluridisciplinaire et l’échange autour des pratiques ne peuvent
qu’améliorer la prise en charge de ces patients. L’information aux équipes pourrait être
reproposée de manière pérenne, en ciblant les critères décisionnels peu réalisés et mis en
évidence par cette étude.
40
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44
LISTE DES FIGURES
Figure 1 Les LATA, le patient au centre d'une réflexion pluridisciplinaire ............................5	
  
Figure 2 : Les 4 étapes décisionnelles d'une LATA......................................................... 12	
  
Figure 3 : Diagramme de flux .................................................................................... 20	
  
Figure 4 : Critère de jugement principal, comparaison du nombre de décisions de LATA
conformes............................................................................................................... 24	
  
Figure 5 : Répartition des décisions selon le nombre de critères décisionnels réalisés chez les
patients aptes à consentir à leurs soins....................................................................... 26	
  
Figure 6 : Répartition des décisions selon le nombre de critères décisionnels réalisés chez les
patients inaptes à consentir à leurs soins .................................................................... 27	
  
45
LISTE DES TABLEAUX
Tableau I : Description de la population étudiée ........................................................... 11	
  
Tableau II : Données recueillies ................................................................................. 14	
  
Tableau III : Les critères décisionnels d'une LATA chez le patient apte à consentir à ses soins
............................................................................................................................. 15	
  
Tableau IV : Les critères décisionnels d'une LATA chez le patient inapte à consentir à ses
soins ...................................................................................................................... 16	
  
Tableau V : Comparaison de l'âge et du sexe ............................................................... 21	
  
Tableau VI : Comparaison de la structure d'origine ....................................................... 21	
  
Tableau VII : Comparaison des antécédents ................................................................ 22	
  
Tableau VIII : Comparaison du motif de recours aux Urgences....................................... 23	
  
Tableau IX : Comparaison des motifs d'inaptitude à consentir des patients ...................... 23	
  
Tableau X : Comparaison du nombre de décisions conformes chez les patients aptes et
inaptes à consentir à leurs soins................................................................................. 25	
  
Tableau XI : Comparaison de la réalisation des critères décisionnels communs aux patients
aptes et inaptes à consentir à leurs soins .................................................................... 28	
  
Tableau XII : Comparaison de la réalisation des critères décisionnels spécifiques aux patients
aptes à consentir à leurs soins ................................................................................... 29	
  
Tableau XIII : Comparaison de la réalisation des critères décisionnels spécifiques aux
patients inaptes à consentir à leurs soins .................................................................... 29	
  
46
TABLE DES MATIERES
INTRODUCTION .......................................................................................................1	
  
1.	
   Les limitations et les arrêts des thérapeutiques actives ....................................1	
  
1.1.	
   Définition ......................................................................................................... 1	
  
1.2.	
   Épidémiologie ................................................................................................... 2	
  
2.	
   Prise en charge d’un patient en LATA ................................................................4	
  
2.1.	
   Encadrement des LATA ...................................................................................... 4	
  
2.2.	
   Recommandations concernant la prise en charge des patients en LATA..................... 5	
  
2.3.	
   Modifications apportées par la loi du 2 février 2016................................................ 6	
  
2.4.	
   Décision de LATA et prise en charge des patients aux Urgences ............................... 7	
  
3.	
   Question de recherche.......................................................................................9	
  
METHODES.............................................................................................................10	
  
1.	
   Type d’étude....................................................................................................10	
  
2.	
   Population étudiée...........................................................................................10	
  
3.	
   Intervention ....................................................................................................11	
  
4.	
   Données recueillies .........................................................................................13	
  
5.	
   Le critère de jugement principal......................................................................15	
  
5.1.	
   Description du critère de jugement principal ....................................................... 15	
  
5.2.	
   Analyse principale ........................................................................................... 17	
  
6.	
   Les critères de jugement secondaires..............................................................17	
  
7.	
   Outils statistiques............................................................................................18	
  
8.	
   Aspects éthiques .............................................................................................18	
  
RESULTATS ............................................................................................................19	
  
1.	
   Diffusion de l’information ................................................................................19	
  
2.	
   Diagramme de flux ..........................................................................................19	
  
3.	
   Épidémiologie..................................................................................................20	
  
3.1.	
   Âge et sexe .................................................................................................... 21	
  
3.2.	
   Structure d’origine........................................................................................... 21	
  
3.3.	
   Antécédents ................................................................................................... 22	
  
3.4.	
   Motif de recours aux Urgences .......................................................................... 22	
  
3.5.	
   Aptitude du patient à consentir à ses soins ......................................................... 23	
  
4.	
   Analyse principale ...........................................................................................24	
  
5.	
   Analyses secondaires ......................................................................................25	
  
5.1.	
   Nombre de décisions conformes selon l’aptitude du patient à consentir à ses soins... 25	
  
5.2.	
   Répartition des dossiers selon le taux de réalisation des critères décisionnels .......... 26	
  
5.3.	
   Détails des critères décisionnels d’une LATA........................................................ 28	
  
47
DISCUSSION..........................................................................................................30	
  
1.	
   Discussions et comparaisons de nos résultats par rapport aux données de la
littérature ..............................................................................................................30	
  
1.1.	
   La population.................................................................................................. 30	
  
1.2.	
   Le critère de jugement principal, comparaison du nombre de décisions de LATA
conformes aux recommandations ............................................................................... 31	
  
1.3.	
   Nombre de décisions conformes selon l’aptitude du patient à consentir à ses soins... 31	
  
1.4.	
   Répartition des dossiers selon le taux de réalisation des critères décisionnels .......... 32	
  
1.5.	
   Détails des critères décisionnels d’une décision de LATA ....................................... 32	
  
2.	
   Biais et limites de notre étude .........................................................................36	
  
3.	
   Perspectives ....................................................................................................38	
  
CONCLUSION .........................................................................................................39	
  
BIBLIOGRAPHIE ....................................................................................................40	
  
LISTE DES FIGURES ...............................................................................................44	
  
LISTE DES TABLEAUX.............................................................................................45	
  
TABLE DES MATIERES ............................................................................................46	
  
ANNEXES ...............................................................................................................48	
  
Annexe 1 : Poster limitation de soins aux urgences ...............................................48	
  
Annexe 2 : Livret prise en charge des patients en limitation de soins et/ou situation
de fin de vie...........................................................................................................49	
  
48
ANNEXES
Annexe 1 : Poster limitation de soins aux urgences
Annexe 1 : Poster limitation de soins aux Urgences
LES LIMITATIONS DE SOINS
AUX URGENCES
I. MOTIVER SA DÉCISION
- Autonomie antérieure réduite
- Affection chronique grave et incurable
- Pathologie aigue avec engagement du pronostic vital ou fonctionnel
- Risque majeur de dépendance définitive aux techniques de suppléance
II. CONFRONTER SA DÉCISION
Rechercher la capacité à consentir du patient :
! Si patient apte à consentir :
- Discuter de ses projets de vie avec le patient
- Informer et rechercher le consentement du patient
! Si patient inapte à consentir :
- Rechercher les directives anticipées
- Consulter la personne de confiance
- Consulter l’équipe paramédicale
- Informer les proches/recueillir leur opinion
- Prendre une décision selon une procédure collégiale
III. ÉCRIRE SA DÉCISION
1. Définir un niveau de soins :
Limiter les soins, c’est écrire ce que l’on fait
et ce que l’on ne fait pas.
“Pas de soins invasifs”
préciser ce que cela signifie.
- Prise en charge de la douleur
- Prise en charge de la dyspnée
- Prise en charge de l’anxiété
IV. RÉÉVALUER SA DÉCISION
Réévaluation au moins quotidienne :
- De la décision de limitation de soins : elle n’est pas irrévocable
- Du niveau de soins et des soins de confort : à adapter en fonction de l’évolution
PENSER À LA TRAÇABILITÉ DANS LE DOSSIER MÉDICAL
Les éléments des 4 étapes de limitation de soins doivent être tracés dans le dossier
Procédure collégiale :
La décision est prise par le médecin
en charge du patient :
" Après concertation avec l’équipe de
soins
" Sur l’avis d’au moins un autre
médecin.
Pensez au médecin traitant et au
spécialiste d’organe.
Aide à la prescription :
protocole HEO “soins de confort”
2. Prescrire les soins de confort :
L’orientation vers une limitation de soins
se base sur un faisceau d’arguments avec
une réflexion propre pour chaque patient.
La décision de limitation est modifiable à tout moment
selon la récupération d’informations et/ou l’évolution
du patient.
D Hamdan, PHC SAU/SAMU49 CHU Angers; B Bourgeais, assistante des hôpitaux,SAU/SAMU49 CHU Angers; A Fieni, interne DESC
Médecine d’Urgence CHU angers.
Loi n°2016-87 du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur des maladies et des personnes en fin de vie.
Éthique et urgences; Réflexion et recommandations de la Société Francophone de Médecine d’Urgence. Avril 2003.
49
Annexe 2 : Livret prise en charge des patients en limitation de soins
et/ou situation de fin de vie
Annexe 2 : Livret prise en charge des patients en limitation de soins et/ou situation de fin de
vie
FIENI Aurélie
Mise en place et évaluation de l’impact d’une intervention concernant les décisions de
Limitation et d’Arrêt des Thérapeutiques Actives aux Urgences du Centre Hospitalier
Universitaire d’Angers.
Mots-clés : LATA, limitation et arrêt des thérapeutiques actives, urgences, éthique.
Implement and assess the impact of a training program within Angers Hospital
ER Department on Withholding and withdrawing life-support therapy decisions.
Keywords : withholding and withdrawing life support, emergency, ethics.
RÉSUMÉ
Introduction : Les décisions de limitation et d’arrêt des thérapeutiques actives (LATA) sont fréquemment prises aux Urgences.
Il a été mis en évidence des manquements au processus décisionnel tiré des recommandations savante, éthique et légale.
Cette étude a pour objectif la mise en place et l’évaluation de l’impact d’une information auprès des soignants concernant les
décisions de LATA.
Sujets et Méthodes : Nous avons étudié les décisions de LATA chez les patients hospitalisés à l’unité d’hospitalisation de courte
durée des Urgences du CHU d’Angers. L’intervention, définie par une information auprès des soignants, a été réalisée en avril
2016. Deux périodes ont été comparées : de décembre 2014 à mars 2015, correspondant à la période pré-interventionnelle et
de mai à août 2016, correspondant à la période post-interventionnelle.
Résultats : L’information a été dispensée à 42% du total du personnel soignant dont 100% des médecins. 231 décisions ont été
analysées, 119 en pré-interventionnel et 112 en post-interventionnel. L’âge, le sexe, la structure d’origine, les antécédents, le
nombre de patients aptes à consentir sont comparables entre les groupes. Il y a plus de patients consultant pour un motif
infectieux en pré-interventionnel (60% vs 41% ; p=0.003). Il y a plus de patients inaptes à consentir en lien avec des troubles
de la vigilance en pré-interventionnel (75% vs 57% ; p=0.008) et en lien avec une détresse vitale aiguë en post-
interventionnel (4% vs 15% ; p=0.012). 23% des décisions de LATA sont conformes en post-interventionnel alors que 13%
des décisions le sont en pré-interventionnel (p=0.035). Chez les patients inaptes à consentir, 19% des décisions sont
conformes en post-interventionnel et 6% en pré-interventionnel (p=0.008) alors qu’elles sont comparables entre les groupes
chez les patients aptes à consentir. 72% des décisions comportent une détermination du niveau de soins en post-
interventionnel et 55% en pré-interventionnel (p=0.008). 14% des décisions sont prises après implication de la personne de
confiance en pré-interventionnel et 3% en post-interventionnel (p=0.009).
Conclusion : L’intervention a permis une amélioration des décisions de LATA aux Urgences du CHU d’Angers, en particulier chez
les patients inaptes à consentir à leurs soins.
ABSTRACT
Introduction : Withholding and withdrawing decisions are frequently taken at the ER department. The
decision process based on scientific, ethic and legal recommandations could be improved. The study’s main
objective is to implement and assess the impact of a specific training to ER medical staff on withholding and
withdrawing life-support therapy decisions.
Patients and Methods : We examined withholding and withdrawing life-support therapy decisions for
patients in the Short-Stay Unit of Angers ER Department. The training program informing the carevinger
staff was in April 2016. Two periods were compared : pre-intervention from December 2014 to March 2015
and post-intervention from June to August 2016.
Results : Training was performed to 42% of the carevinger staff, inclunding 100% of the Doctors. 231
decisions were analysed, 119 from the pre-intervention period and 112 from the post-intervention period.
The age, gender, original structure, number of patients able to consent to care were comparable between
the two groups. There are more infectious medical disorders in pre-intervention period (60% vs 41% ;
p=0.003). There are more unable-to-consent patients linked to disturbed vigilance in pre-intervention
period (75% vs 57% ; p=0.008) and to acute vital distress in post-intervention period (4% vs 15% ;
p=0.012). 23% of withholding and withdrawing life-support therapy decisions are in accordance in post-
intervention period while 13% of decisions are in accordance in pre-intervention period (p=0.035). For
unable-to-consent patients, 19% of decisions are in-line during post-intervention period vs. only 6% in pre-
intervention period (p=0.008). The number of decisions in-line for able-to-consent patients are comparable
for both periods. 72% of decisions included a level of care determination in post-intervention period vs.
55% in pre-intervention period (p=0.008). Trusted person was heard in 14% of the decisions in pre-
intervention period vs. 3% in post-intervention period (p=0.009).
Conclusion : The training program improved the withholding and withdrawing life-support therapy decisions
in the ER Angers Hospital E.R Department, significantly for patients unable to consent to treatment.
Groupe régional
« LAT DANS LES SERVICES
D’URGENCES »
présentation au COPACAMU
23 mars 2017
Dr Stéphane LUIGI
Chargé de mission e-Santé ORU PACA
SOMMAIRE
GIP e-SANTÉ ORU PACA
PROPOSITIONS DE FICHE LAT AVEC NIVEAUX THÉRAPEUTIQUES
TRANSMISSIONS LAT AUX URGENCES ET HORS URGENCES
POURQUOI UN GROUPE LAT ET URGENCES ?
GIP e-SANTÉ ORU PACA
MEMBRES DU GROUPE DE TRAVAIL
Nom Service Etablissement adresse email
Dr Laurence BOIRON URGENCES APHM laurence.boiron@ap-hm.fr
Dr Béatrice EON REANIMATION POLYVALENTE PRÉSENTE PRÉSENTE APHM beatrice.eon@ap-hm.fr
Dr Perrine MALZAC EEM & DEPARTEMENT DE GENETIQUE MEDICALE PRÉSENTE APHM perrine.malzac@ap-hm.fr
Dr Isabelle PONS URGENCES CH AUBAGNE ipons@ch-aubagne.fr
Dr Fabienne BRANCHE URGENCES & COMITE ETHIQUE CH AVIGNON PRÉSENTE CH AVIGNON fbranche@ch-avignon.fr
Dr Christian BAR URGENCES PRÉSENT CH BRIGNOLES cbar@orupaca.fr
Dr Maya CONTANDRIOPOULOS URGENCES CH BRIGNOLES m.contandriopoulos@ch-brignoles.fr
Mme Nathalie MORA EMG PRÉSENTE CH BRIGNOLES n.mora@ch-brignoles.fr
Dr Claudine CASTANY SOINS PALLIATIFS EXCUSÉE CH SALON DE PROVENCE c.castany@ch-salon.fr
M. Philippe MICHON ESP PRÉSENT CH SALON DE PROVENCE phmichon@aol.com
Dr Jean BERTHET REANIMATION POLYVALENTE CHICAS GAP Jean.berthet@chicas-gap.fr
Dr Isabelle BROCHE - TASHAN URGENCES & SOINS PALLIATIFS PRÉSENTE CHICAS GAP isbroche@live.fr
Pr Dominique GRIMAUD REANIMATION et EEA CHU NICE grimaud.d@chu-nice.fr
Dr Isabelle CASINI SOINS PALLIATIFS EMSP Cannes Grasse Antibes isabelle.casini@e-santepaca.fr
Dr Marion DOUPLAT URGENCES PRÉSENTE HCL mdouplat@gmail.com
Dr Michaël AFANETTI REANIMATION PEDIATRIQUE HLN afanetti.m@pediatrie-chulenval-nice.fr
Dr Emmanielle GONDON REANIMATION PEDIATRIQUE HLN gondon.e@pediatrie-chulenval-nice.fr
Dr Marie-Claude DUMONT DIRECTION GENERALE EXCUSÉE ARS PACA Marie-Claude.DUMONT@ars.sante.fr
Dr Gilles VIUDES EXCUSÉ E-SANTE ORUPACA gviudes@orupaca.fr
Dr Stéphane LUIGI E-SANTE ORUPACA sluigi@orupaca.fr
M. Christophe ALARCON E-SANTE ORUPACA calarcon@orupaca.fr
M. Rémi BENIER-PISANI E-SANTE ORUPACA rbenierpisani@orupaca.fr
SOMMAIRE
GIP e-SANTÉ ORU PACA 4
PROPOSITIONS DE FICHE LAT AVEC NIVEAUX THÉRAPEUTIQUES
TRANSMISSIONS LAT AUX URGENCES ET HORS URGENCES
POURQUOI UN GROUPE LAT ET URGENCES ?
GIP e-SANTÉ ORU PACA
1ère RAISON/ LA LOI DU 2 FEVRIER 2016 1/3
Toute personne a le droit d’avoir une fin de vie digne et accompagnée du meilleur apaisement
possible de la souffrance, Les professionnels de santé mettent en œuvre tous les moyens à
leur disposition pour que ce droit soit respecté.
La formation initiale et continue des médecins, des pharmaciens, IDE, AS, AD et
psychologues cliniciens comporte un enseignement sur les soins palliatifs.
Les actes de prévention, d’investigation ou de soins ne doivent pas être mis en œuvre lorsqu’ils
résultent d’une obstination déraisonnable. Lorsqu’ils apparaissent inutiles, disproportionnés
ou n’ont d’autres effets que le seul maintien artificiel de la vie, ils peuvent être suspendus ou ne
pas être entrepris conformément à la volonté du patient et (s’il ne peut s’exprimer) à l’issue
d’une procédure collégiale
GIP e-SANTÉ ORU PACA
A la demande du patient d’éviter toute souffrance et de ne pas subir d’obstination déraisonnable, une
sédation profonde et continue provoquant une altération de la conscience maintenue jusqu’au
décès, associée à une analgésie et à l’arrêt de l’ensemble des traitements de maintien en vie, est
mis en œuvre dans les cas suivants:
1° Lorsque le patient atteint d’une affection grave et incurable et dont le pronostic vital est
engagé à cours terme présente une souffrance réfractaire aux traitements;
2° Lorsque la décision du patient atteint d’une affection grave et incurable d’arrêter un traitement
engage le pronostic vital à court terme et est susceptible d’entrainer une souffrance
insupportable
L’ensemble de la procédure suivie est inscrite au dossier médical du patient
Toute personne a le droit de refuser ou de ne pas recevoir un traitement. Le suivi du malade
reste cependant assuré par le médecin, notamment son accompagnement palliatif.
1ère RAISON/ LA LOI DU 2 FEVRIER 2016 2/3
GIP e-SANTÉ ORU PACA
Toute personne majeure peut rédiger des directives anticipées pour le cas où elle
serait un jour hors d’état d’exprimer sa volonté (…) relative à sa fin de vie en ce qui
concerne les conditions de la poursuite, de la limitation, de l’arrêt ou du refus de
traitement ou d’acte médicaux.(…) elles sont révisables, révocables et rédigées selon
un modèle qui sera fixé par un décret du conseil d’état.
Les directives anticipées sont enregistrées sur un registre national
Les directives anticipées s’imposent au médecin (…) sauf en cas d’urgence vitale pendant le temps
nécessaire à une évaluation complète de la situation et lorsque les directives anticipées apparaissent
manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale. Cette décision est prise à
l’issue d’une procédure collégiale et est inscrite dans le dossier médical. Elle est portée à la
connaissance de la personne de confiance ou, à défaut, de la famille des proches.
Lors de toute hospitalisation il est proposé de désigner une personne de confiance
1ère RAISON/ LA LOI DU 2 FEVRIER 2016 3/3
GIP e-SANTÉ ORU PACA
La place du médecin traitant dans le
projet thérapeutique et dans les
limitations de soins à l’hôpital•  16/12/2015
•  Emilie BEDANI
Comité de Réflexion
Ethique du CHGM
56 médecins généralistes, 75 questionnaires, 33 réponses
7 mois, 30 patients « LATA »,
64% ne connaissent pas les DA de leur patients,
61% connaissent la Personne de confiance
30% des patients pas de traçabilité de contact avec le MT
Demande + de relation avec l’hôpital mais n’ont pas le temps
d’assurer cette coordination, demande de cotation spécifique
63% chroniques,37% aigues
119 pat sur 5 mois
75 ans + 13 ans
80% réa préalable
Admission-décision médiane: 3H
Décision-décès: médiane 16H
84% sont restées aux urgences
4% vivants à 1 mois
2002
2ième RAISON : LE CONSTAT AUX URGENCES2ème RAISON : LE CONSTAT AUX URGENCES
GIP e-SANTÉ ORU PACA
0,3-0,5% de décès aux urgences (par passages), 7,5% des décès hospitaliers
Age moyen de décès = 72 ans
Admissions-décisions 2h /décision-décès: 7,5h
Des études sur les décès aux urgences (Roupie et col, Conte…)
Mais il y a des obstacles à la prise en charge des « LATA »
Chronophage, ignorance de l’état antérieur,
pas d’évaluation possible…. Manque d’indicateurs, qui empêche une démarche
d’amélioration
Art 35….36….37
2ème RAISON : LE CONSTAT AUX URGENCES
GIP e-SANTÉ ORU PACA
«… l’urgence risque de masquer la dimension éthique du problème de santé du patient…
paradoxalement c’est souvent à ce moment là que l’interrogation éthique surgit… »
A l’instar de la chaine de survie « … la chaine éthique doit être activée… chaque maillon a sa place, le
malade, la famille, l’entourage, les professionnels de santé qui concourent à la prise en charge et après
le SU… »
« attitude et comportement »
« communication et dialogue
« prendre le temps »
« Décisions collégiales pour les arrêts et abstentions thérapeutique»… Il s’agit plus d’un savoir être que
de mises en œuvre, ou non de techniques de réanimation avec une communication de tous les maillons
de la chaine éthique
« mesures de confort et soins palliatifs » ….toujours
Replacer la mort dans un processus de vie
Préconise la mise en place d’une formation spécifique
2003
3ème RAISON : LES RECOMMANDATIONS
GIP e-SANTÉ ORU PACA
Cf Dr Gwenaël Poulain
Service de médecine gériatrique
CHU Mont-Godinne – UCL
« jusqu’ou traiter le patient âgé »
GIP e-SANTÉ ORU PACA
GIP e-SANTÉ ORU PACA
GIP e-SANTÉ ORU PACA
Projet thérapeutique:
•  Directives anticipées
•  Personne de confiance
•  Niveau thérapeutique
DPI
Patient externe =
Projet thérapeutique
sur un dossier papier?
Numérique? Médecin
traitant.
U
R
G
E
N
C
E
S
Projet thérapeutique
identifiable, DPI, autre
format numérique?
Pré-hospitalier!
SUPPORT INFORMATIQUE ROR?
Relevé d’indicateurs pour une coordination locale et régionale
DISPOSITIF DU PMO
LAT ET URGENCES
GIP e-SANTÉ ORU PACA
GROUPE DE TRAVAIL « LAT et URGENCES »
1) FICHE PROJET THERAPEUTIQUE COMMUNE (fiche LAT) TU
-identité
-contexte
OBJECTIFS
-Améliorer les conditions de décisions de LAT aux urgences.
-Améliorer les conditions d’application et de coordination intra et extra
hospitalière des décisions de limitation et arrêt de thérapeutiques.
-Utilisation d’une échelle thérapeutique A / B / C / D
3) TRANSMISSION INTRA ET EXTRA HOSPITALIER avec un
support informatique de coordination
MOYENS
2) PROTOCOLES THERAPEUTIQUES. Propositions à évaluer au sein de
chaque établissement
SOMMAIRE
GIP e-SANTÉ ORU PACA
PROPOSITIONS DE FICHE LAT AVEC NIVEAUX THÉRAPEUTIQUES
TRANSMISSIONS LAT AUX URGENCES ET HORS URGENCES
POURQUOI UN GROUPE LAT ET URGENCES ?
GIP e-SANTÉ ORU PACA
CONTENU FICHE LAT: phase d’initialisation
GIP e-SANTÉ ORU PACA
CONTENU FICHE LAT: phases d’évaluation
T0…
T + x heure ou jour
GIP e-SANTÉ ORU PACA
NIVEAUX DE SOINS
Niveau A
Prolonger la vie
par tous les soins
nécessaires
Les soins comprennent toutes les interven3ons médicalement appropriées et un
transfert si l’interven3on n’est pas disponible sur place.
Toute interven3on invasive peut être envisagée, y compris, par exemple,
l’intuba3on, les manœuvres de réanima3on cardio pulmonaire et l’admission en
réanima3on.
Niveau B
Prolonger la vie
par des soins
limités
Les soins intègrent des interven3ons visant la prolonga3on de la vie qui offrent
une possibilité de corriger la détériora3on aigue de l’état de santé tout en
préservant la qualité de vie. Pas de réanima3on cardio-pulmonaire
Comportent des soins propor3onnés :
-Mesures diagnos3ques usuelles : radiologie, biologie.
-Mesures médicales usuelles : médica3ons, an3biothérapie, soluté, nutri3on
ar3ficielle.
-Mesures chirurgicales usuelles : lors des pathologies intercurrentes risquant de
limiter encore d’avantage le contrôle des symptômes.
GIP e-SANTÉ ORU PACA
NIVEAUX DE SOINS
Niveau C
Assurer le confort
prioritairement à
prolonger la vie
Les soins visent en priorité le confort du pa3ent par le soulagement des
symptômes :
-Contrôle des symptômes spécifiques : douleur, dysphagie, nausées, vomissement,
fièvre. Cela peut inclure l’an3biothérapie et la chirurgie si le bénéfice en est le
contrôle de ces symptômes.
-Hydrata3on et nutri3on ar3ficielle
-Contrôle de l’élimina3on : laxa3fs, lavements, sondes.
-Main3en ou restaura3on de l’intégrité cutanée, kiné, …
Niveau D
Assurer le confort
uniquement
sans viser à
prolonger la vie
Les soins visent exclusivement le main3en du confort par la ges3on des
symptômes sans prolonger la vie; la maladie est laissée à son cours naturel.
Comportent les soins de phase terminale :
-Arrêt des traitements visant à prolonger la vie: O2, hydrata3on, an3biothérapie
-Soins associés à l’hygiène corporelle et soins buccaux
-Posi3onnement corporel confortable
-Contrôle de la douleur et de l’inconfort
-Support émo3onnel
GIP e-SANTÉ ORU PACA
INTERETS DE L’OUTIL
21
•  Nuance et clarifie
•  Anticipe une situation, donne une perspective, évolutif
•  Vision positive en terme de projet thérapeutique ( vision péjorative de
LATA, non réanimatoire…)
•  Communication et traçabilité
•  Favorise les échanges, la concertation et la planification.
•  Langage commun
•  Facilite la continuité des soins au sein d’un service, d’un établissement,
d’un territoire
•  Rassure les soignants
•  Aide le médecin de garde d’un service, des urgences, de la réanimation
dans le choix des traitements et des explorations
•  Evite certaines « non réanimation » ou l’inverse
•  Permet une meilleure concordance entre le souhait et l’état de santé du
patient et la prise en charge proposée Cf Dr Gwenaël Poulain
Service de médecine gériatrique
CHU Mont-Godinne – UCL
« jusqu’ou traiter le patint agé »
SOMMAIRE
GIP e-SANTÉ ORU PACA
PROPOSITIONS DE FICHE LAT AVEC NIVEAUX THÉRAPEUTIQUES
TRANSMISSIONS LAT AUX URGENCES ET HORS URGENCES
POURQUOI UN GROUPE LAT ET URGENCES ?
Accès au DPI
Principe d’un terminal de coordination
GIP e-SANTÉ ORU PACA
URGENCE VITALE
URGENCE
SYMPTOMATIQUE
Anémie, fièvre, douleurs,
pathologie chirurgicales…
Informations par:
Patient, Famille, proche
Lettre médecin traitant
ACCUEIL PEC MEDICALE DECISION URGENCES / ORIENTATION
IOA
Information par: IOA
patient, famille, lettre
médecin traitant, spécialiste,
IDE.
TRT de survie
immédiat
TRT symptomatique
immédiat
urgentiste Prescription thérapeutique
adaptée, procédure de LAT
Discussion d’équipe
(sentiment d’obstination
déraisonnable)
Recherche de Directives
anticipées
TU TUTU
DPI
TERMINAL
LAT
LAT
LAT
LAT
TERMINAL
LAT
DPI
Transmettre la décision:
-
EPHAD
-Déterminer le niveau
thérapeutique: A / B / C / D
(puis le réévaluer)
-Remplir la fiche « projet
thérapeutique » sur
terminal urgence avec
transmission au terminal
LAT dès validation sur TU
DOMICILE
HAD
ALERTER par terminal LAT ALERTER par le DPI,
ALERTER par terminal LAT
-Aux équipes des
urgences via TU
-Aux services
hospitaliers via DPI
qui doit alerter le
service
Vers les
autres
équipes avec
terminal LAT
TUT LAT
PROCESSUS DECISION DE LAT URGENCES
Merci pour votre
attention
LATA (Limitation ou arrêt de thérapeutiques actives)
CHRA
Réanimation et USC
1.1.1 Classeur
Pratiques des soins infirmiers
PEC-rea-usc.MO08 V1
30/04/2016 1/12
Rédaction : Dr Renaud CHOUQUER
Clémentine CHEVRON
Lison ROLAND
Vérification : Dr Pierre-Alain CHARRETIER
Dr Julie STEYER
Approbation : Dr Albrice LEVRAT
Dr Sylvie BERGE MONTAMAT
1. Objet et personnes concernées
✓ Amélioration des soins de fin de vie en réanimation
✓ Réalisation d’un projet de service en soins palliatifs impliquant la création de
procédures de limitations des traitements, alternatives éthiques à un acharnement
thérapeutique contraire au code de déontologie médicale et à la loi.
✗ Personnel médical et paramédical du service de réanimation - USC.
2. Définitions
Thérapeutiques actives : thérapeutiques visant à soutenir les fonctions vitales défaillantes
(traitements de suppléance d’organe) mais aussi les traitements de la cause (traitements
étiologiques) de ces défaillances.
Limitations de thérapeutiques actives : décision de non instauration ou non intensification
de thérapeutiques actives. C’est le refus de « l’escalade thérapeutique ».
Sédation profonde et continue : traitement qui peut être demandé par le malade et qui
consiste à lui administrer une dose de sédation assez forte pour garantir qu’il n’y aura pas de réveil
intempestif. Cette possibilité est un droit du malade. Elle concerne des malades atteints d’une
pathologie au pronostic très sévère et au cours de laquelle une souffrance particulièrement intense,
physique et/ou morale, est vécue (ou présumée pour les malades qui ne peuvent l’exprimer).
Arrêt de thérapeutiques actives : décision de ne pas poursuivre un traitement actif en cours.
Acharnement thérapeutique (le terme le plus adapté est l’obstination déraisonnable) :
poursuite de thérapeutiques actives malgré, soit l’échec thérapeutique (certitude de décès), soit une
situation où la survie paraît possible mais avec une qualité de vie jugée inacceptable pour le patient,
ou bien jugés inenvisageables du fait, par exemple, de leur agressivité, pénibilité, répétition ou de
leur durée dans le temps. Depuis 2005, l’obstination déraisonnable est interdite par la loi. C’est
le caractère déraisonnable qui est souligné avec ce terme. Celui « d’acharnement thérapeutique »,
même si chacun comprend tout à fait de quoi il s’agit, est un mauvais terme car la majorité des
patients justifient qu’on s’acharne à les soigner, et ceci reste pourtant tout à fait « raisonnable » et
adapté. La loi de 2016 apporte la notion de proportionnalité des traitements et cette approche permet
de mieux définir ce qui est raisonnable et ce qui ne l’est pas.
Soins de confort : ensemble des mesures destinées à favoriser le confort du patient
(notamment en fin de vie), en particulier les traitements contre les symptômes de douleur ou
d’anxiété. Les soins de base comportent les soins d’hygiène, les soins cutanés et de décubitus, la
surveillance et la relation d’aide. Lorsque ces soins ne sont pas ou pas bien effectués, c’est la dignité
du patient qui est atteinte, en tout cas c’est le retour que les proches et les accompagnants ne
manqueront pas de faire.
Soins palliatifs : soins visant à soulager la douleur, apaiser la souffrance psychique et
physique, sauvegarder la dignité de la personne et soutenir son entourage.
Double effet (art 2 L. 110-5): si le médecin constate qu’il ne peut soulager la souffrance d’une
personne, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, qu’elle qu’en soit la
cause, qu’en lui appliquant un traitement qui peut avoir pour effet secondaire d’abréger sa vie, il doit
en informer le malade, la personne de confiance, la famille ou à défaut, un des proches. La
procédure suivie est inscrite dans le dossier médical.
L’euthanasie est un acte pratiqué par un tiers, qui met intentionnellement fin à la vie d’une
personne, à la demande de celle-ci. Elle n’a rien à voir avec une procédure de LATA qui consiste
en un refus de l’acharnement thérapeutique, thérapeutique jugée inutile, disproportionnée ou n’ayant
d’autre objet que la seule prolongation artificielle de la vie. L’euthanasie est interdite par la loi.
3. Recueil du consentement (2 situations à distinguer)
Les patients concernés sont des personnes en phase avancée ou terminale d’une maladie,
dont le pronostic est très défavorable sur des éléments d’anamnèse, un état clinique et/ou des
investigations paracliniques et/ou des personnes en échappement thérapeutique.
Les urgences vitales imprévues ne sont pas inclues dans le champ de ces
recommandations. De même, elles ne s’appliquent pas au sujet en état de mort encéphalique,
par définition légalement décédé.
Parmi ces patients, on distingue 2 situations :
1. Personne en état d’exprimer sa volonté
Valable si :
- la personne est majeure et consciente
- son autonomie de jugement est retenue comme valide
Le médecin en charge du patient doit une information loyale, claire, simple et appropriée
sur son état. Si une décision de limitation ou une décision d’arrêt de traitement est envisagée, le
médecin lui explique les conséquences prévisibles de cette décision, y compris la possibilité de
décès prématuré. Un temps de réflexion doit être laissé au patient. L’information peut être
éventuellement réitérée par un deuxième médecin. La décision du patient doit être réaffirmée (sans
délai fixé) et transmise aux proches. Il peut s’agir de patient en fin de vie (en phase terminale d’un
cancer et refusant une chimiothérapie ou en phase terminale d’une insuffisance chronique d’organe),
ou non (patient souffrant d’une SEP (sclérose en plaques) ou SLA (sclérose latérale amyotrophique)
en phase avancée, refusant une ventilation mécanique).
Le principe d’autonomie du patient prévaut. La décision du malade est inscrite dans son
dossier médical.
2. Personne hors d’état d’exprimer sa volonté
Il peut s’agir de patient en fin de vie, de patient dans un état clinique particulièrement grave
(cas de la plupart des patients en réanimation), ou de patient souffrant d’un état chronique non
évolutif (état végétatif par exemple).
La réflexion autour du projet de soin et éventuellement de la limitation ou l’arrêt d’un traitement
peut être impulsée par l’entourage du patient ou tout acteur des soins. Le médecin en charge du
patient initie la procédure de LATA en respectant la démarche suivante.
Mise en œuvre d’une procédure collégiale avec plusieurs étapes coordonnées par le praticien
en charge du patient :
- Recherche des directives anticipées du patient (moins de 5% des patients) : document écrit,
et signé par son auteur (identifié par son nom, prénom, date et lieu de naissance). Les
directives anticipées s’imposent au médecin pour toute décision d’investigation,
d’intervention ou de traitement, sauf en cas d’urgence vitale pendant le temps nécessaire à
une évaluation complète de la situation et lorsque les directives anticipées apparaissent
manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale.
- En absence de directives anticipées, il faut consulter la personne de confiance, qui est
désignée préalablement par écrit (concerne 12% des patients), ou la famille ou un proche
(en l’absence de personne de confiance définie). Cette personne de confiance exprime ce
que le patient aurait probablement souhaité. Les proches doivent être impliqués dans le
processus qui conduira à une décision. Cette démarche doit être expliquée au cours d’un
entretien assez formel (lorsque les décisions impliquent rapidement une situation de fin de
vie, cet entretien correspond à ce qu’on appelle « conférence de fin de vie » dans la
littérature médicale). Il permet en outre de déculpabiliser la famille et ainsi de diminuer le
stress post traumatique. Le fait que la responsabilité de la décision revient à l’équipe
médicale doit être souligné.
- Concertation avec l’équipe de soins paramédicale et médicale présente.
- Consultation d’un médecin, extérieur à la prise en charge du malade, permettant d’apporter
un avis éclairé. Il peut s’agir idéalement, d’un médecin ayant une grande connaissance du
patient (médecin généraliste) ou de la pathologie du patient (chirurgien, neurologue,
pneumologue, oncologue…) ou de tout médecin s’il s’agit de répondre à une question
d’éthique (en particulier médecin spécialiste des soins palliatifs).
- Transcrire ces réflexions, entretiens et décisions dans le dossier médical du patient et
remplir la fiche spécifique du protocole de LATA avec le médecin, l’IDE et l’ASDE en charge
du patient.
- L’entretien (en particulier la « conférence de fin de vie ») a sa meilleure place ici, après le
processus d’évaluation et avant la mise en œuvre des décisions. Cette démarche de LATA
implique donc au minimum 2 entretiens avec le patient ou ses représentants. La conférence
de fin de vie, si elle a pour but d’expliquer les étapes à venir, est aussi une occasion
supplémentaire de répéter l’argumentaire de la décision, et de répéter que la responsabilité
n’a pas à être portée par les proches.
Toute cette démarche d’information, de recueil du consentement, et de concertation doit être
entreprise dans un esprit permanent de « recherche du consensus ». Les conflits doivent être
évités au maximum. En cas de divergence forte des points de vue et/ou de conflit ouvert, il est
recommandé
• de ne pas prendre de décision, a fortiori en urgence,
• d’informer plus largement les personnes concernées
• de donner un temps supplémentaire de réflexion
• de prendre l’avis d’un professionnel, reconnu par les deux parties en désaccord (par exemple
le « médecin de famille »)
• de solliciter l’aide d’un comité d’éthique.
En dehors de situations particulièrement désespérées, il n’est pas souhaitable de prendre des
décisions de LATA en urgence ou pendant les périodes de garde.
Les décisions prises peuvent être à tout moment discutées, critiquées, remises en
question, approfondies, allégées ou annulées du fait d’une évolution de l’état du patient, d’un
changement d’avis du patient, d’une rupture dans le consensus au sein de l’équipe ou avec les
proches du patient. Dans ce cas, une nouvelle procédure de concertation doit avoir lieu, dans les
mêmes conditions que précédemment, et une nouvelle décision peut être prise.
Si une décision d’arrêt thérapeutique est prise, la coordination du don d’organe et de tissus
(CDOT) doit être informée avant sa mise en œuvre. Elle interviendra alors librement auprès du
malade et de ses proches sans modifier les prescriptions qui concernent l’arrêt thérapeutique. La
CDOT peut être informée du fait qu’une décision est à la discussion mais ses membres ne participent
et n’interviennent pas dans le processus de décision.
4. Inscription dans le dossier médical
Obligation légale d’inscription dans le dossier médical (article R.4127-37 du code la santé
publique) pour opposer à la responsabilité pénale du médecin :
- l’argumentaire médical de la décision basée sur des éléments anamnestiques, cliniques,
biologiques et pronostiques
- la synthèse des entretiens au sein de l’équipe et avec l’entourage du patient. Le consensus
doit être recherché.
- la nature de la décision. Elle doit être transmise oralement au médecin de garde.
- le nom du médecin éventuellement consulté
- la date de la décision et le nom du médecin l’ayant prise
Tout cela doit apparaître dans le dossier papier et informatique.
L’existence d’une discussion sur le niveau d’engagement thérapeutique, et a fortiori, d’une
procédure de LATA en cours, doit apparaître dans le dossier infirmier. Ces informations doivent être
mises à jour aussi fréquemment que nécessaire. Elles doivent être transmises aux équipes de
permanence, par écrit et à l’oral, au même titre que les autres transmissions de soins. L’existence
d’un document spécifique (« fiche de LATA ») est un point fort de la dynamique d’information ; cette
fiche ne dispense en rien de transcrire les éléments ci-dessus dans le dossier médical. Une
attention particulière doit être portée à ce que l’on sait de la perception du patient ou de ses proches
au sujet de cette situation.
5. Procédure possible de limitation ou d’arrêt thérapeutique
Quelle que soit la décision prise,
- l’esprit de la procédure doit être respecté (correspondre au mieux à la volonté du patient,
respecter la loi et l’esprit de la loi, faire et dire les choses avec humanité) ;
- la responsabilité de chacune de ces décisions est médicale et leur application doit être effectuée
en présence du médecin responsable du patient ;
- les soins d’hygiène et de confort du patient (soins de bouche, change, massages,…) sont
poursuivis en toutes circonstances (ANAES. 2002. Modalités de prise en charge de l’adulte
nécessitant des soins palliatifs) ;
- toute injection létale (curares chez un patient non ventilé, chlorure de potassium) est
juridiquement qualifiée d’homicide volontaire (Art.38 du code de déontologie médicale).
Il y a différents types de limitation thérapeutique :
a. ne pas entreprendre de traitement supplémentaire: pas d’antibiotiques, pas d’introduction
d’amines, pas d’intubation, pas d’épuration extra rénale, …
b. fixer une limite de posologie ou de durée à une thérapeutique en cours : non
augmentation des posologies d’amines, arrêt de la transfusion sanguine, …
c. interrompre un ou plusieurs traitements en cours :
o Extubation. Cela nécessite la parfaite compréhension des personnes impliquées. Le
médecin référent doit être présent. Pour ce point, la procédure répond à un protocole de
service qui a été discuté collégialement : procédure d’arrêt thérapeutique avec extubation
(cf. plus loin).
o Arrêt de la ventilation mécanique avec mise sur nez artificiel de manière progressive
(diminution FiO2, volume courant et/ou fréquence respiratoire) ou rapide en fonction du
contexte.
o Arrêt de la nutrition, cette décision nécessite le plus large consensus.
o Arrêt de l’hydratation pour diminuer l’encombrement bronchique. Une hydratation de la
bouche doit être prévue.
d. renforcer un traitement analgésique et sédatif, après évaluation quotidienne des
symptômes de douleurs, d’anxiété et d’inconfort pour chaque patient, à base de morphinique
et de benzodiazépines. Il n’y a alors pas de limitation de posologie si le confort du patient le
nécessite.
e. et arrêter les thérapeutiques actives (cf. Chapitre 7)
6. Arrêt thérapeutique
a. Procédure d’arrêt thérapeutique avec extubation
o Elle doit être évoquée spécifiquement avec les proches lors de l’entretien de fin de vie.
Les actions mises en œuvre doivent être expliquées à l’avance, en détail. La décision
revient à l’équipe médicale ; il s’agit d’une prescription. Le rappel que tout sera fait dans
le respect de la loi et de la déontologie médicale n’est pas inutile.
o En aucun cas il ne s’agit d’abandonner le malade. La charge en soins, en évaluation dia-
gnostique et en démarche thérapeutique est la même ou alors il y a plus d’investissement
encore à fournir. La poursuite des soins est une évidence même si les traitements curatifs
sont arrêtés. Il est donc préférable de ne pas utiliser le terme « d’abandon » dans l’infor-
mation aux proches, et de souligner l’investissement de tous auprès du patient.
o Préparation avec un patch de scopolamine (24 heures avant si possible).
o Arrêt de la nutrition entérale (risque de vomissement à l’extubation).
o Une sédation-analgésie sera systématiquement mise en œuvre et débutée au moins 30
minutes avant l’extubation. Elle comprend le midazolam, le sufentanil et éventuellement
le propofol. Leur posologie initiale est adaptée au poids du patient selon le tableau ci-
après. Ce cadre de posologies est adapté à la grande majorité de nos patients (personnes
âgées). Dans certains cas, il faut adopter des posologies différentes, cf. plus loin.
o L’arrêt thérapeutique avec extubation est, dans la grande majorité des cas, pourvoyeur de
signes physiques de difficultés respiratoires (que certains nomment signes agoniques ou
signes de lutte). Les râles, les bruits liés à l’encombrement des voies respiratoires, le ti-
rage, le balancement thoraco-abdominal, la sialorrhée, l’apparition de traits marqués au
visage, les gasps, la coloration grisâtre des téguments…arrivent très vite après l’extuba-
tion. Ils sont presque toujours mal, voire très mal vécus par les proches et par les profes-
sionnels mêmes qui accompagnent le patient en fin de vie.
o Il faut prendre en compte cette probabilité de morbidité (du patient ou des proches) pour
adapter au mieux les conditions de fin de vie du malade.
Il existe des facteurs de risque de plus grande probabilité que ces difficultés de fin de
vie apparaissent :
le jeune âge (moins de 70 ans dans ce cas)
l’absence de comorbidités
le caractère non ou pauci-défaillant de l’état général du malade avant l’arrêt
thérapeutique.
Ainsi, les posologies et les choix de sédatifs ou d’analgésiques doivent être reconsidérés
pour prendre en charge cette symptomatologie. En présence de facteurs de risque, au cas
par cas et selon l’appréciation de l’équipe soignante et des proches, les posologies
doivent être augmentées, dès le début des traitements, avant l’extubation, et il faut
considérer l’ajout d’un sédatif de plus grande maniabilité comme le propofol.
o Même en l’absence des facteurs de risques cités plus haut, la posologie doit être réévaluée
au moment de l’extubation puis régulièrement, aussi fréquemment que nécessaire. Une
titration adaptée aux symptômes peut être réalisée. Malgré cela, les gasps et les râles peu-
vent survenir et la famille doit être prévenue.
o Les posologies des sédatifs et analgésiques doivent être discutées à tout moment sur sol-
licitation des médecins, des soignants ou des proches, s’ils assistent à la fin de vie. Mais,
quelle que soit la situation, elles ne doivent pas être choisies dans le but de hâter le décès
du patient mais uniquement pour traiter la « souffrance présumée » et la souffrance ex-
primée par l’entourage accompagnant la fin de vie. Ce point doit être expliqué aux
proches en cas de difficulté.
On distingue alors 2 cadres de prescriptions :
Analgésie-sédation préventive lors d’un arrêt thérapeutique sans facteur de risque de morbidité
associée à la fin de vie : 2 médicaments (posologies initiales)
Analgésie-sédation préventive lors d’un arrêt thérapeutique avec un ou plusieurs facteurs de
risque de morbidité associée à la fin de vie : 3 médicaments (posologies initiales)
Même procédure +
Sufentanil (SUFENTA) 250 µg/50 ml
Poids idéal 40 50 60 70 80 90
entretien en ml/h 1,5 2 2,5 3 3,5 4
bolus en ml 1,5 2 2,5 3 3,5 4
Midazolam (HYPNOVEL) 50 mg/50 ml
Poids idéal 40 50 60 70 80 90
entretien en ml/h 2 2.5 3 3.5 4 4.5
bolus en ml 2 2.5 3 3.5 4 4.5
Propofol
Poids idéal 40 50 60 70 80 90
entretien en ml/h 8 10 12 14 16 18
bolus en ml 2 2.5 3 3.5 4 4.5
o C’est souvent après l’extubation que surviennent des « demandes d’euthanasie urgentes ».
Elles ne doivent pas être interprétées comme abusives mais plutôt comme un échec d’an-
ticipation des problématiques de fin de vie. De plus, elles peuvent constituer le point de
départ d’un processus pathologique supplémentaire qui va compliquer le deuil chez les
proches. Les études portant sur la fin de vie en réanimation tendent à montrer qu’il faut
adopter une stratégie de prévention du deuil compliqué. Cette stratégie implique une com-
munication riche tout au long du séjour en réanimation, une franchise et une honnêteté
dans les informations diagnostiques, pronostiques et de fin de vie. Le processus de ré-
flexion doit se faire collégialement, en impliquant les proches de manière participative.
Le traitement des complications liées à l’arrêt thérapeutique avec extubation (citées plus
haut) est une étape indispensable de cette stratégie de prévention.
o Une totale liberté de présence ou d’absence est laissée aux proches lors de cette procédure,
à condition de les prévenir de la souffrance qu’ils peuvent ressentir. Cette présence ne
doit pas être perçue comme un devoir envers l’équipe médicale.
o Il faut informer les proches du fait que, si le patient décède en l’absence de son entourage,
dans notre service, à Annecy, il y a presque toujours quelqu’un de l’équipe qui reste pré-
sent à ses côtés lors des derniers instants, fruit d’une démarche spontanée.
b. Procédure d’arrêt thérapeutique avec « sédation profonde est continue ».
En fait la procédure d’AT avec extubation (visée au chapitre 6.e) est un AT avec sédation pro-
fonde et continue. L’extubation qu’elle implique la rend un peu particulière et plus conforme à ce
qu’on vit régulièrement en réanimation. Néanmoins, en réanimation et hors de nos murs au sein
de l’hôpital, on peut être confronté à un malade qui répond de cette situation et qui demande
« une sédation profonde et continue ». Selon la loi du 4.02.2016:
A la demande du patient d'éviter toute souffrance et de ne pas subir d'obstination déraisonnable, une
sédation profonde et continue provoquant une altération de la conscience maintenue jusqu'au décès, as-
sociée à une analgésie et à l'arrêt de l'ensemble des traitements de maintien en vie, est mise en œuvre dans
les cas suivants :
1° Lorsque le patient atteint d'une affection grave et incurable et dont le pronostic vital est engagé à court
terme présente une souffrance réfractaire aux traitements ;
2° Lorsque la décision du patient atteint d'une affection grave et incurable d'arrêter un traitement engage
son pronostic vital à court terme et est susceptible d'entraîner une souffrance insupportable.
Lorsque le patient ne peut pas exprimer sa volonté et, au titre du refus de l'obstination déraisonnable
mentionnée à l'article L. 1110-5-1, dans le cas où le médecin arrête un traitement de maintien en vie,
celui-ci applique une sédation profonde et continue provoquant une altération de la conscience maintenue
jusqu'au décès, associée à une analgésie.
Cette situation justifie de la même stratégie de prévention de la symptomatologie associée à la
fin de vie. On appliquera donc la même procédure médicamenteuse et les mêmes règles
d’interaction avec le patient et les proches. Des mentions particulières doivent être apportées
pour le cas où une sédation profonde et continue est entreprise dans un service autre que le
nôtre (cf. chapitre 10).
7. Impact d’une fin de vie sur l’entourage - Prévention
o le séjour en réanimation / USC est pourvoyeur d’une certaine morbidité dans l’entourage
du patient, a fortiori quand il conduit au décès et a fortiori quand ce décès survient à la
suite d’une procédure de LATA. Cette morbidité est différente des signes associés au
deuil, non pathologique en soi. L’évaluation de ces troubles est débutante, il y a peu de
données dans la littérature médicale.
o Certaines notions semblent ressortir récemment :
- il faut communiquer beaucoup
- il faut un discours médical franc
- il faut une cohérence entre le discours et les décisions médicales
- il faut impliquer les proches dans le processus de réflexion et de décision
- lorsqu’un arrêt thérapeutique est décidé, il faut recourir à l’extubation
- il faut un entretien spécifique pour expliquer les modalités de cette procédure
- après le décès, il est souhaitable de revoir les proches, juste avant leur départ
- et il faut proposer un entretien plus formel dans les semaines ou mois après le
décès (dans la mesure du possible évidemment) auprès d’un médecin de l’équipe
- proposer un suivi psychologique
o Toutes ces démarches vont diminuer le risque de voir apparaitre chez les proches des
symptômes d’anxiété, de dépression, un deuil compliqué, etc…
8. Mesures d’accompagnement
Dans les deux situations (patient en état ou non d’exprimer sa volonté), le médecin sauvegarde
la dignité de la personne malade et assure la qualité de sa fin de vie en dispensant des soins palliatifs
et en assurant un soutien de l’entourage. Il convient de :
- poursuivre des soins infirmiers de qualité identique à ceux prodigués à tout patient.
- arrêter ou espacer les techniques de surveillance (scope, radiographies, prélèvements
sanguins, alarmes de surveillance…)
- choisir le moment de l’application de la décision : attendre l’arrivée d’un proche par exemple
- soutenir la famille et les proches. Il est souhaitable que les entretiens entre le médecin et les
proches se fassent en présence de la cadre et/ou de l’infirmière et/ou de l’aide-soignante en
charge du patient. Les informations véhiculées et le soutien aux familles ne pourront en être
que meilleurs. Une aide supplémentaire peut être proposée (psychologique,
administrative…). Un entretien à distance peut également être possible.
- élargir la liberté de visite, le nombre de personnes autorisées, discuter la présence des enfants.
- limiter au maximum toute source de stress pour le patient ou ses proches (lumière forte,
éclats de voix, sonneries prolongées,...)
- tout membre de l’équipe peut demander à bénéficier d’une aide psychologique auprès de
l’équipe de psychiatrie des urgences et de l’Equipe Mobile de Soins Palliatifs (EMSP).
- la famille et /ou les proches peuvent bénéficier d’un accompagnement et d’un suivi par l’EMSP.
- de ne pas déplacer le malade dans un autre service, sauf si le malade le demande. Une fois
le processus de fin de vie ou d’arrêt thérapeutique débuté, ce n’est pas souhaitable, sauf cas
exceptionnel. Il est possible également d’envisager un retour à domicile pour une fin de vie
mais ceci doit être fait avec l’aide de l’entourage du malade, sans le mettre en difficulté, et
des professionnels de santé qui interviennent régulièrement à domicile.
- Après le décès, un contact avec les proches avant qu’ils ne quittent l’hôpital, même
informel, peut être très utile dans le processus de deuil
- Et, dans la mesure du possible, et pour certains cas particuliers, il faut proposer de revoir les
proches dans les mois qui suivent lors d’une consultation dédiée.
- proposer un suivi psychologique
- Les principes d’humanité et du respect de la dignité du patient guident les actions mises en
œuvre, y compris la parole ; à ce titre, une attention particulière doit être portée sur le choix
de nos mots, sachant le poids qu’ils ont dans la bouche d’un soignant, a fortiori d’un médecin.
9. Appel de l’équipe de réanimation pour une problématique de fin de vie
ou pour une sédation dans un autre service de l’hôpital
a. Contexte local
o l’équipe de réanimation n’a pas à prendre en charge la fin de vie d’un patient qui n’y est
pas hospitalisé – aucune dotation horaire ni budgétaire n’est prévue pour cette situation
o les personnels de réanimation ne peuvent pas, en plus des situations propres à leur unité,
supporter l’impact d’une fin de vie d’un patient d’un autre service
o on ne peut pas exporter nos compétences en termes d’accompagnement de fin de vie –
chaque unité concernée doit inscrire ce thème dans son projet de service
o l’implication du médecin responsable de l’unité concernée est incontournable et le réani-
mateur ne pourra pas s’y substituer
o cependant du fait de situations nouvelles créées par la loi de 2016, il est inévitable
que nos équipes soient sollicitées, au moins le temps que les changements de culture
médicale s’opèrent dans les différents services, ceci du fait que la réanimation est la plus
armée pour relever le défi de l’accompagnement de fin de vie avec sédation.
b. Situation actuelle – retours de nos expériences – conditions d’intervention
Les notions exposées plus bas sont le fruit d’un constat régulièrement fait au sein de notre
hôpital et aucun jugement n’est porté à l’encontre de nos collègues. Les difficultés rencon-
trées proviennent d’abord du fait que la fin de vie est une situation difficile à vivre pour tout
le monde.
o La réanimation intervient souvent auprès d’une unité où la prise en charge du patient a
déjà fait naître un conflit.
o Il faut commencer par exiger l’impératif d’information due au malade : dans l’écrasante
majorité de nos interventions pour des problèmes ou conflits autour d’une fin de vie, le
malade n’est pas encore au courant qu’il va mourir.
o Le fait de préciser le pronostic, d’informer, d’expliquer et d’exposer les possibilités d’ac-
compagnement fait d’emblée disparaître un grand nombre de demandes de sédation.
Faire savoir aux malades, qu’ils pourront bénéficier d’une sédation de fin de vie,
permet souvent de détendre la situation et certains suspendent leur demande à partir
du moment où ils savent qu’ils disposent de cette possibilité.
o Il faut exiger également de la clarté et de l’honnêteté dans ce qui est réellement fait au-
près du malade. On ne peut pas débuter une procédure de sédation profonde et continue
et poursuivre parallèlement une chimiothérapie ou un antibiotique. Ce point est impor-
tant car il n’est pas juste un élément de « forme ». En effet, même si un antibiotique
ne changerait rien à l’effet d’une sédation profonde, poursuivre son administration révèle
toujours une ambigüité dans la compréhension du pronostic ou dans l’adhésion au pro-
jet ; et surtout, cette poursuite d’un traitement actif à visée curative alors qu’on est en
situation d’arrêt thérapeutique n’a aucun sens, cela va favoriser les symptômes liés à la
fin de vie (ce que certains spécialistes de la fin de vie appellent les dommages collaté-
raux) qui concernent cette fois les personnes les plus exposées : proches du malades et
soignants non médicaux. A ce titre, il faut être particulièrement prudent avec les « pres-
criptions à titre compassionnel ». Dans ce cas précis, la compassion est offerte aux
médecins et entre médecins, refusée en fait aux malades, et ces effets néfastes imposés
aux proches et aux soignants.
o Là aussi, il faut évaluer les facteurs de risque de morbidité liée à la fin de vie.
o Les modalités de sédation sont les mêmes (posologie et association, cf. plus haut)
o Les médicaments utilisés sont des médicaments, pas des drogues et on ne peut pas
opposer le fait que ce sont des médicaments à usage anesthésique exclusif pour justifier
d’une réticence dans leur utilisation. Ce sont des médicaments utiles pour répondre aux
situations de fin de vie.
o Jusqu’à maintenant, toute sédation profonde et continue mise en œuvre dans une unité
extérieure par l’équipe de réanimation a fait l’objet de difficultés d’application (au niveau
médical, paramédical, au niveau de l’encadrement et de la pharmacie). Il est certain que,
pour des années encore, des questions de légitimité, des questions pratiques ou même
une certaine opposition surgiront lors de ces procédures. D’après notre expérience, elles
traduisent le manque d’implication médicale dans l’accompagnement de fin de vie et il
est probablement assez simple de résoudre cela avec plus d’implication par le médecin
de l’unité. S’il n’est pas souhaitable que le réanimateur se substitue au spécialiste dans
son service, l’intervention de la réanimation peut éventuellement servir de déclencheur
et peut guider les collègues sur les aspects pratiques comme la prescription.
o Il faut savoir que les réveils intempestifs et les signes agoniques seront plus mal vécus
et plus difficiles à gérer qu’en réanimation car les proches ne pourront pas bénéficier d’un
accompagnement aussi régulier qu’en réanimation et seront en première ligne face à ces
symptômes. Le personnel soignant n’est pas épargné et il exprime régulièrement de la
culpabilité lors de ces situations. Même si on est conscient de ces risques à l’échelle du
service concerné, il est difficile de les prévenir et les premières procédures de ce type
seront toujours l’objet de difficultés, de remises en question personnelles, etc… Il est
fréquent qu’elles soient l’élément déclencheur d’un arrêt de travail ou d’un départ du ser-
vice. Les aides-soignants sont les plus exposés vis-à-vis de ça.
o Dans la mesure du possible, un contact avec les proches après le décès, même informel,
peut être très utile dans le processus de deuil
o Un temps de débriefing ou retour d’expérience doit être proposé aux soignants. A condi-
tion qu’il n’ait pas été impliqué directement dans l’accompagnement du malade, le psy-
chologue peut aussi être un soutien auprès de l’équipe qui a réalisé cet accompagne-
ment.
10. Documents de référence
Textes légaux :
- Loi n° 2016-87 du 2 février 2016 relative aux droits des malades et à la fin de vie
- Loi n° 2002-303 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé.
- Articles 35-38 : Code de déontologie médicale, 1995
Textes de recommandation :
- Recommandations de bonnes pratiques cliniques concernant l’application de la loi n° 2005-370,
Groupe de réflexion éthique de la SFAR, juin 2006
- Anaes. Déc 2002. Modalités de prise en charge de l’adulte nécessitant des soins palliatifs.
- Désignation de la personne de confiance – procédure CHRA, nov. 2005
- Fin de vie en réanimation, Référentiel réanimation pavillon G, Hôpital Edouard Herriot
- SRLF, Limitation et arrêt des traitements en réanimation adulte, actualisation des
recommandations de la SRLF, Réanimation 2010 ; 19, 679-968.
- Comité d’éthique de la SRLF, Contribution à un scénario de mise en œuvre des prélèvements
d’organes de type Maastricht III en France, AFAR 2014 ; 33, 128-134.
Articles:
Ganzini L et al, Nurses’ experience with hospice patients who refuse food and fluids to hasten
death. NEJM 2003; 349 : 359-65
Pocard F et al, Withholding and withdrawing life-sustaining treatment: the necessity of
discrepancies in ethical reasoning. Crit Care. 2008;12(2):418.
11. Mots-clés
✗ LATA
✗ Accompagnement
✗ Réanimation
✗ Arrêt thérapeutique
✗ Limitation thérapeutique
✗ Soins palliatifs
✗ Sédation profonde et continue
✗ Fin de vie
Diffusion
- Réanimation
- USC
Rédaction
Dr Renaud CHOUQUER, médecin du service
Lison ROLAND, infirmière du service
Clémentine CHEVRON, infirmière du service
Vérification
Dr Pierre Alain CHARRETIER, médecin du service
Dr Julie STEYER, médecin assistant
Approbation
Dr Albrice LEVRAT, Chef de service réanimation
Dr Sylvie BERGE MONTAMAT, médecin des soins palliatifs
Limitations et / ou Arrêt des
Traitements Actifs (LATA) en
médecine d’urgence.
Expérience de Saint-Malo.
Dr Philippe ZEMMOUCHE
Congrès de Médecine d’Urgence de Bretagne.
Saint-Malo.
27 septembre 2016
17/10/2016 1
Centre hospitalier de Saint-Malo
Généralités
• Elaboration d’une fiche LATA en 2011, après concertation entre
urgentistes et réanimateurs, puis modifiée et validée par le
comité d’éthique communautaire
pour assurer la traçabilité des décisions de limitation de soins,
conformément à la Loi n°2005-370 du 22/04/2005 relative aux droits des
malades et à la fin de vie, dite Loi Léonetti.
• Evaluation prospective des fiches LATAS effectuées de janvier
2012 à février 2013 et d’avril 2014 à mai 2015
• Toute détresse aigue en fin de vie n’est pas synonyme de LATA
17/10/2016 CMUB 2016 2
Centre hospitalier de Saint-Malo
3
17/10/2016 4
Centre hospitalier de Saint-Malo
17/10/2016 CMUB 2016 5
Centre hospitalier de Saint-Malo
17/10/2016 CMUB 2016 6
Centre hospitalier de Saint-Malo
Généralités
• 250 fiches renseignées sur 26 mois
• Sex ratio : 0,92
• Age moyen 80,5 ans.
• Implication du personnel paramédical dans la décision : 60,4%.
• Responsabilité de la décision est médicale, mais responsabilité
paramédicale engagée dans les modalités d’application de la LATA.
• Prise de décision dans 55% des cas hors des heures ouvrables.
17/10/2016 CMUB 2016 7
Centre hospitalier de Saint-Malo
Antécédents
0
10
20
30
40
50
60
70
16
62
16 16
5 5
30
50
5 5
39
N=250
17/10/2016 CMUB 2016 8
Centre hospitalier de Saint-Malo
Détresse vitale au moment de la décision
17/10/2016 CMUB 2016 9
0
5
10
15
20
25
30
35
40
Neurologiques Circulatoires Respiratoires
29
22
39
(%)
Centre hospitalier de Saint-Malo
Autonomie
0
10
20
30
40
50
60
70
80
90
100
Bonne Partielle Altérée / tres
altérée
Grabataire Demence Autres NR
22 25
93
9 13
37
51
N=250
17/10/2016 CMUB 2016 10
Centre hospitalier de Saint-Malo
Diagnostics
19%
22%
24%
24%
7% 4%
Neurologiques
Cardio-circulatoires
Respiratoires
Non renseigné
Fin de Vie
Autres
17/10/2016 11
Centre hospitalier de Saint-Malo
Traitements actifs entrepris
0
20
40
60
80
100
120
140
160
Intubation Rempl. Vasc. (RV) RV+ Amines Ventilation Non
Invasive (VNI)
Non renseigné
5
46
5
42
152
N=250
17/10/2016 CMUB 2016 12
Centre hospitalier de Saint-Malo
Collégialité
17/10/2016 CMUB 2016 13
0
5
10
15
20
25
30
35
40
Urgentiste seul 2 urgentistes 3 médecins Réanimateur Autre spécialiste Médecin Traitant
2
37
39
31
17
11,2
(%)
98% des décisions de LATA sont prises par au moins 2 médecins, implication d’un médecin non urgentiste : 59,2%.
Centre hospitalier de Saint-Malo
Autonomie du patient
Directives anticipées
17/10/2016 CMUB 2016 14
0
2
4
6
8
10
12
14
Implication du patient dans la
décision
Directives anticipées (DA) DA transmises par les proches
3
5
14
(%)
Centre hospitalier de Saint-Malo
Information des proches (%)
0
10
20
30
40
50
60
70
80
Famille / personne de
confiance
Famille injoignable Non renseigné
80
14,4 5,6
17/10/2016 CMUB 2016 15
Centre hospitalier de Saint-Malo
Compréhension de l’information (%)
68
2
30
Information non
comprise
Non renseigné
Information comprise
Quand l’information est effectuée aux proches ou PC , elle est comprise par les proches dans 97% des situations
17/10/2016 CMUB 2016 16
Centre hospitalier de Saint-Malo
Thérapeutiq ues inv asiv es à ne pas
entreprendre
0
10
20
3 0
4 0
5 0
60
70
8 0
9 0
100
100 100
9 0
9 8 , 4 9 8 , 4
9 8
69 , 2
8 7, 6 8 5 , 6
%
17/10/2016 CMUB 2016 17
Centre hospitalier de Saint-Malo
Appréciation de l’év olution par l’urgentiste
0
20
4 0
60
8 0
100
120
14 0
I rrev ersible R ev ersible I nconnue N on renseigné
103
11
125
4
17
7
5 5
2
N = 25 0
Total
V iv ants
L’év olution n’est pas celle attendue dans 13 % des situations.
17/10/2016 18
Centre hospitalier de Saint-Malo
Soins de confort / Accompagnement
• Les soins de bouche, l’hydratation, la prévention des escarres,
la toilette complète (sauf en phase agonique) sont
généralement poursuivis.
• Une prise en charge psychologique par les IDE psy a été
effectuée pour 8 familles
• Un représentant du culte catholique est venu dans 3 situations
(UHTCD).
17/10/2016 CMUB 2016 19
Centre hospitalier de Saint-Malo
UNE LATA AUX URGENCES
  Sortie SMUR dans le secteur de Haguenau,
été 2014
  Il est 9H00
  Mme R. 75 ans est retrouvée somnolente au
sol dans sa cuisine, pas de signes de
traumatisme crânien.
  A l’arrivée des secours
◦  Elle est confuse,
◦  Elle présente une latéro déviation du regard vers
la gauche et une hémiplégie droite
◦  Elle commence à s’agiter
  La patiente est:
◦  Traitée par pradaxa® pour une ACFA, par triatec® pour
une HTA et par crestor® pour une hypercholesterolemie,
◦  Elle prend par ailleurs du stilnox® tous les soirs et du
seresta® et du norset® pour un syndrome anxio-dépressif,
◦  Elle n’a pas d’allergie,
◦  Ses antécédents chirurgicaux comprennent
  une hystérectomie,
  une appendicectomie,
  un prothèse totale de hanche droite et de genou gauche
  Appel de la filière thrombolyse, mais
patiente récusée en raison:
◦  de la prise de pradaxa®,
◦  de l’horaire inconnu du début des symptômes
◦  de la forte suspicion d’hémorragie cérébrale
  A l’arrivée aux urgences, il est 10h
◦  Installation directe en box d’examen
◦  Mise en place d’un scope
◦  Réalisation du bilan sanguin
Pas de thérapeutique possible
Surveillance à Haguenau et scanner de réévaluation
dans 24H
  La patiente est veuve et à 2 filles
  Une fille habite à proximité, on lui demande
de se rendre aux urgences
  Explication sur la limitations de soins en
raison de l’absence de possibilités
chirurgicales
Après entretien avec la famille et sans
possibilité de prise en charge chirurgicale
Décision de manière collégiale de mettre en
place une LATA
  Ne nous arrêtons pas là!
  L’état neurologique de la patiente se dégrade
encore, l’hémorragie est massive, avec des
signes d’engagements
PENSONS AU PMO
  La gravité de la situation est exposée
  La possibilité de passage en mort
encéphalique est abordée
  On demande à la famille si elle connaît la
position de la patiente face au don
d’organe
  La patiente et sa famille avaient abordé le
sujet du don d’organe
  La fille n’a pas d’opinion sur ce sujet mais
elle rapporte que sa mère y était favorable
  On évoque donc un transfert en
réanimation chirurgicale pour prise en
charge et on décide une IOT pour
protéger les voies aériennes.
  Mais avant tout…
  TEL 03.88.12.70.68
  On peut détecter les comas graves
  Mais pour cela il faut y penser.
LAT
LIMITATION ou ARRÊT
DES THERAPEUTIQUES
EN REANIMATION
Dr Sandrine GAILLARD
Anne-Lise BRIERE
Réanimation - Bourg en Bresse
Journée ARS 13 juin 2017 - Lyon
CONCEPTS
REANIMATION
– Larousse = ensemble des moyens et des soins mis en
œuvre par un médecin pour rétablir ou surveiller une
fonction vitale menacée à court ou moyen terme
– CSP R6123-33 = les soins de réanimation sont destinés
à des patients qui présentent ou sont susceptibles de
présenter plusieurs défaillances viscérales aiguës
mettant directement en jeu le pronostic vital et
impliquant le recours à des méthodes de suppléance
LAT SRLF 2002
Limitation = non instauration ou non optimisation - Arrêt
d’1 ou plusieurs thérapeutique(s) curative(s) ou de suppléance des
défaillances d’organes, dont la conséquence peut être d’avancer le
moment de la mort
CONCEPTS
Maîtrise de l’agressivité des soins en fin de vie
Amélioration de la qualité de vie et limitation des coûts
SOINS PALLIATIFS
Larousse = ensemble des soins et de l’accompagnement psychologique
apportés à un malade en fin de vie
SRLF = les traitements palliatifs associent l’ensemble des mesures
permettant de lutter contre l’inconfort, qu’il soit physique,
émotionnel, spirituel ou social
CONCEPTS
EUTHANASIE
– Larousse = acte d'un médecin qui provoque la mort d'un
malade incurable pour abréger ses souffrances ou son
agonie, illégal dans la plupart des pays
homicide volontaire selon article 221-1 du code pénal
ACHARNEMENT THERAPEUTIQUE
– Larousse = fait d'employer tous les moyens
thérapeutiques pour maintenir en vie un malade qu'on
estime dans un état désespéré
ETHIQUE MEDICALE
= ensemble des règles de conduite des professionnels
de santé vis-à-vis de leurs patients
• L'éthique médicale, nécessairement complexe, participe à
la fois de la déontologie (ensemble des règles internes à
une profession), de la morale et de la science
• Le respect de l'éthique médicale constitue la meilleure
garantie de la qualité des soins et de la liberté du
malade ; il témoigne de la recherche d'une certaine forme
de sagesse, de « science avec conscience », dans
l'exercice de la médecine contemporaine
ETHIQUE MEDICALE
Relation médecin-malade
MédecinMédecinMédecinMédecin MaladeMaladeMaladeMaladeBienfaisance
Non-malveillance
Consentement éclairé
Autonomie
Justice
ETHIQUE MEDICALE
Relation médecin-malade
Information
Médecin
Information
Malade
Familledirectives
anticipées ?
personne de
confiance ?
Le modèle de décision évolue avec l’incapacité
liée à la situation critique
Outils d’expressions de la volonté du patient
EN REANIMATION
secret médical ?
Autonomie
Justice
Bienfaisance
Non-malveillance
Médecin Malade
Internes
Seniors
Médecin de garde
Infirmières
Conjoint
Enfants
Proches
Parents
Père
Mère
Fils
Fille
Grands Parents
Aides Soignantes
Psychologue
Médecin traitant
Collègues
Entre « paternalisme » et « autonomie » :
le modèle de « décision partagée »
LAT
1998 LATAREA 1 décès sur 2 est précédé d’une LAT
2002 recommandations SRLF sur les LAT en réanimation adulte
– groupe de travail réanimateurs/psychiatres/philosophes
2009 réactualisation
CADRE LÉGAL
Loi no 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à
la qualité du système de santé, aussi appelée (loi Kouchner)
Loi n° 2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à
la fin de vie (loi Léonetti) – décret 2006-120
Rapport Sicard du 18 décembre 2012 de réflexion sur la fin de vie
Loi n° 2016-87 du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur
des malades et des personnes en fin de vie (loi Clayes-Léonetti)
Contexte juridique
Lois Kouchner et Léonetti
Lois du 4 mars 2002 et du 22 avril 2005
Décret du 6 février 2006
- Expression de la volonté des malades en fin de vie
- Refus de « l’obstination déraisonnable »
- Directives anticipées
- Personne de confiance
- Procédure collégiale de décision pour les patients
hors d’état d’exprimer leur volonté
L’obstination déraisonnable (art.L.1110-5,et R.4127-37 CSP) s’entend des
actes de prévention, d'investigation ou de soins qui apparaitraient «inutiles,
disproportionnés ou n'ayant d'autre effet que le seul maintien artificiel de
la vie», et qui peuvent en tant que tels, faire l’objet d’une décision de limitation
ou d’arrêt des traitements actifs définie selon des critères objectifs appréciés
par l’équipe en charge du patient
En amont de la réanimation
pré-hospitalier / urgences / service
– non transfert en réa = décision de ne pas proposer
par le médecin en charge du patient
– non admission en réa = décision de ne pas admettre
par le réanimateur
– décision anticipée de ne pas recourir à certaines
suppléances
OÙ ET COMMENT SE PRENNENT
LES DÉCISIONS DE LAT ?
Lorsque le patient n’est plus en état d’émettre sa volonté dès ce stade, la décision de
LAT prise par anticipation suppose la réalisation d’une procédure collégiale.
En réanimation
EN PRATIQUE
Processus décisionnel théorique
collégial & multidisciplinaire avec
souhait du patient et avis de la
famille/personne de confiance
Fréquence ?
• pas du tout…
• sur alerte
• réunions formelles régulières
• au quotidien
Traçabilité
EN PRATIQUE
Processus décisionnel théorique
collégial & multidisciplinaire avec
souhait du patient et avis de la
famille/personne de confiance
Fréquence ?
• pas du tout…
• sur alerte
• réunions formelles régulières
• au quotidien
Traçabilité
AIDE A LA DECISION
• Sur le plan médical
état général et autonomie antérieurs
réversibilité/curabilité de l’épisode actuel
évaluation pronostique des maladies sous-jacentes
traitements ultérieurs possibles
séquelles prévisibles
qu’exprime la
famille ?
• Sur le plan personnel pour le patient
que sait-il ?
que veut-il ?
que ne veut-il pas ?
Déterminants
Complexité
DR/NR
Patient
Famille
Médecins
Lieu
Temps
Âge
Antécédents
Absente
Présente
«alliée»/
opposée
Âge
Cursus
Expérience
en SP
Organisation
du travail
CH/CHU
Réa sur place
SAU/
UHCD
Pathologie /
Suppléance
Coma
DRA
« Autonome »
« Grabataire »
ACR « jusqu’auboutisme »
Vécu personnel
Directives
Anticipées
Personne
de confiance
Décision
immédiate
Décision
différée
Indécision
Collaboration/
conflits
IOT
Pré-hospitalier
PROTOCOLE REA CHB
• Niveau A = pas de limitation
• Niveau B = pas de RCP si ACR
• Niveau C = non-escalade thérapeutique
• Niveau D = arrêt des thérapeutiques actives
• Niveau E = arrêt de la ventilation mécanique
et sédation anticipative
1er temps :
NIVEAU ÉQUIPE
• Interrogation quotidienne
• Directives anticipées
• Collégiale
• Place au doute… et on peut rétrograder
Image extraite du reportage de 7 à 8 « la décision » de février 2012
TRACABILITE +++ CSP art R4127-37
2ème temps :
NIVEAU EFFECTIF
• Entretien formalisé
• Implication de la famille +/- du
patient
• Responsabilité médicale
Image extraite du reportage de 7 à 8 « la décision » de février 2012
Parler juste
• Eviter la confusion des mots
– « Futilité » thérapeutique :
• imprécis et ambigu
• quels éléments pronostiques ?
– « Euthanasie passive » :
• inapproprié et facteur de confusion
• LAT ≠≠≠≠ euthanasie
• « Quelle est mon/notre intention ? »
• Eviter les erreurs de communication
– « on arrête (tout/les soins actifs) » :
⇒⇒⇒⇒ « on continue à faire le maximum » pour…
Recommandations SRLF 2010
Silences
+++
3ème temps :
MISE EN APPLICATION
DU NIVEAU
• Accompagnement de la famille
Image extraite du reportage de 7 à 8 « la décision » de février 2012
Apport du protocole
• Points positifs
– Intensité de TTT définie et prescrite
– Remise en question selon l’évolution clinique
– Relation claire avec la famille
– Pas de tabou par rapport à la mort
– Remet de l’humain dans la technicité
• Points négatifs
– Parfois abordé trop précocément
– N’empêche pas les situations difficiles
désaccord dans l’équipe / avec la famille / avec
les correspondants
Améliorer la PEC palliative
= corollaire indissociable
de la décision de LAT
• Soins palliatifs = assurer la meilleure qualité
de vie possible et établir un projet
thérapeutique qui tient compte de l’état
physique et psychologique du patient
• Soins palliatifs et traitements curatifs ne sont
pas incompatibles
⇒⇒⇒⇒ acquisition de compétences
⇒ évolution des mentalités
Nelson CCM 2010
Pas de décès
dans 10% des
LAT
en réanimation
Hier
soins curatifs
Décès
P
a
l
l
i
a
t
i
f
?
LAT
Info ?
Info
Thérapeutiques Actives
Acharnement
Obstination…
Essais…
Effet
« on/off »
Aujourd’hui et demain…
Soins palliatifs
Soins
de
deuil
Décès
Processus décisionnel de LAT
Information et communication
Thérapeutiques Actives
Conclusions
• LAT ajustement thérapeutique à la situation
du patient à un moment donné
• Plus facile quand la décision est anticipée
en amont avec le médecin référent et le
patient/sa famille notamment dans les
pathologies chroniques IRpC, K
• La mort fait partie de la vie
• La mort est un vêtement que tout le monde
portera - Proverbe africain
LA	
  FIN	
  DE	
  VIE	
  AUX	
  URGENCES:	
  
	
  LES	
  LIMITATIONS	
  ET	
  ARRÊTS	
  
DES	
  THÉRAPEUTIQUES	
  ACTIVES	
  
	
  Dr	
  Marion	
  DOUPLAT	
  
SAMU-­‐Urgences	
  Timone	
  
SOMMAIRE	
  
1.  La	
  mort	
  aux	
  urgences	
  
2.  Les	
  Limitations	
  et	
  Arrêts	
  des	
  
Thérapeutiques	
  Actives	
  (LATA):	
  législation	
  
actuelle	
  
3.  Etude	
  sur	
  les	
  pratiques	
  et	
  le	
  vécu	
  des	
  
médecins	
  face	
  aux	
  limitations	
  et	
  arrêts	
  des	
  
thérapeutiques	
  actives	
  aux	
  urgences	
  
4.  Conclusion	
  
1. LA	
  MORT	
  AUX	
  URGENCES	
  
	
  
1.  LA	
  MORT	
  AUX	
  URGENCES	
  
Répartition	
  des	
  lieux	
  de	
  décès	
  en	
  2006	
  
1.  LA	
  MORT	
  AUX	
  URGENCES	
  
1.  LA	
  MORT	
  AUX	
  URGENCES	
  
§  La	
  mort	
  est	
  une	
  réalité	
  quotidienne	
  aux	
  
urgences.	
  
§  La	
  part	
  assumée	
  par	
  les	
  services	
  d’urgence	
  
varie	
  entre	
  7,5	
  %	
  à	
  17,5	
  %	
  .	
  
§  Plus	
  d’un	
  patient	
  sur	
  dix	
  meurent	
  aux	
  
urgences	
  
§  	
  Les	
  Limitations	
  et	
  Arrêts	
  des	
  Thérapeutiques	
  
Actives	
  (LATA)	
  sont	
  pratiqués	
  depuis	
  de	
  
nombreuses	
  années	
  dans	
  les	
  différents	
  
services	
  d’urgence	
  et	
  de	
  réanimation.	
  
1.  LA	
  MORT	
  AUX	
  URGENCES	
  
§  Ce	
  sont	
  des	
  lois	
  mises	
  en	
  place	
  récemment	
  
qui	
  sont	
  venues	
  préciser	
  le	
  cadre	
  légal	
  de	
  ces	
  
pratiques:	
  
ú  La	
  Loi	
  du	
  4	
  mars	
  2002	
  	
  
ú  La	
  loi	
  du	
  22	
  avril	
  2005	
  dite	
  loi	
  Léonetti	
  
§  Peu	
  de	
  travaux	
  ont	
  évalué	
  l’application	
  de	
  
ces	
  mesures	
  au	
  sein	
  des	
  services	
  d’urgence	
  et	
  
leur	
  impact	
  sur	
  les	
  soignants	
  concernés.	
  
	
  
1.  LA	
  MORT	
  AUX	
  URGENCES	
  
§  Ce	
  sont	
  pourtant	
  des	
  situations	
  fréquentes:	
  	
  
une	
  décision	
  de	
  LATA	
  était	
  prise	
  dans	
  78,8	
  %	
  
des	
  décès	
  aux	
  urgences.	
   	
   	
  (Le	
  conte	
  2010)	
  
	
  
§  Peu	
  de	
  réflexion	
  collégiale:	
  	
  une	
  décision	
  
d’arrêt	
  des	
  soins	
  était	
  prise	
  par	
  l’urgentiste	
  
seul	
  dans	
  2/3	
  des	
  cas	
  
	
   	
   	
   	
   	
   	
  (Roupie	
  1999).	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  
§  Dans	
  50%	
  la	
  décision	
  était	
  prise	
  par	
  un	
  seul	
  
médecin.	
   	
   	
   	
   	
  (Verniolle	
  2011)	
  
	
  
1.  LA	
  MORT	
  AUX	
  URGENCES	
  
§  Mais	
  	
  il	
  y	
  existe	
  aussi	
  	
  une	
  dérive	
  vers	
  des	
  
traitements	
  aggressifs	
  :«	
  la	
  prise	
  en	
  charge	
  de	
  la	
  
détresse	
  vitale	
  d’un	
  patient	
  inconnu	
  en	
  fin	
  de	
  vie	
  
peut	
  conduire	
  le	
  médecin	
  des	
  urgences	
  à	
  user	
  de	
  
soins	
  lourds	
  de	
  réanimation	
  injustifiés	
  ».	
  Cela	
  avait	
  
été	
  le	
  cas	
  pour	
  un	
  tiers	
  des	
  patients	
  de	
  l’étude.	
  
(Rothmann	
  2005)	
  
§  Dans	
  l’ignorance	
  de	
  l’état	
  antérieur	
  du	
  malade,	
  
le	
  praticien	
  urgentiste	
  dans	
  plus	
  d’1/3	
  des	
  cas	
  	
  
administrait	
  un	
  traitement	
  agressif	
  qui	
  se	
  révélait	
  
a	
  posteriori	
  inadapté.	
  (Tardy	
  2002)	
  
1.  LA	
  MORT	
  AUX	
  URGENCES	
  
§  Beaucoup	
  de	
  patients	
  arrivent	
  aux	
  urgences	
  
pour	
  mourir,	
  c’est	
  le	
  résultat:	
  
ú  De	
  situations	
  aigues	
  non	
  prévisibles	
  (20%)	
  
ú  De	
  situations	
  	
  aigues	
  ou	
  chroniques	
  prévisibles	
  	
  	
  
(80%)	
  avec	
  des	
  décisions	
  de	
  LATA.	
  
ú  D’une	
  	
  non	
  préparation	
  des	
  familles	
  	
  à	
  accepter	
  la	
  
mort	
  dans	
  le	
  cas	
  d’une	
  maladie	
  chronique	
  
ú  De	
  l’insuffisance	
  de	
  place	
  en	
  	
  soins	
  palliatifs	
  	
  
ú  D’un	
  dysfonctionnement	
  du	
  système	
  de	
  santé	
  en	
  
amont	
  qui	
  fait	
  peser	
  sur	
  les	
  urgences	
  la	
  charge	
  
lourde	
  de	
  la	
  fin	
  de	
  vie.	
  
§  Les	
  situations	
  de	
  LATA	
  aux	
  urgences:	
  
ú  Une	
  affection	
  aiguë	
  par	
  défaillance	
  d’une	
  
fonction	
  vitale	
  	
  
ú  Une	
  poussée	
  aiguë	
  sur	
  une	
  pathologie	
  
chronique	
  
ú  Pathologie	
  néoplasique	
  évolutive	
  au	
  delà	
  
de	
  toute	
  ressource.	
  
ú  Patient	
  conscient	
  informé	
  apte	
  à	
  
consentir	
  qui	
  demande	
  une	
  LATA.	
  
1.  LA	
  MORT	
  AUX	
  URGENCES	
  
2. LES	
  LIMITATIONS	
  ET	
  
ARRÊTS	
  DES	
  
THÉRAPEUTIQUES	
  
ACTIVES:	
  LÉGISLATION	
  
ACTUELLE	
  
	
  
2.  Les	
  principes	
  
	
  §  La	
  loi	
  du	
  22	
  avril	
  2005	
  met	
  en	
  œuvre	
  une	
  
éthique	
  fondée	
  sur	
  l’acceptation	
  de	
  la	
  mort:	
  «	
  	
  
laisser	
  mourir	
  sans	
  faire	
  mourir	
  ».	
  
	
  
§  	
  Elle	
  proscrit	
  l’euthanasie	
  active	
  et	
  	
  pallie	
  aux	
  
risques	
  d’acharnement	
  	
  thérapeutique.	
  
	
  
§  Interdiction	
  de	
  l’obstination	
  déraisonnable	
  et	
  
l’obligation	
  de	
  délivrer	
  des	
  soins	
  palliatifs	
  
(article	
  1)	
  avec	
  le	
  principe	
  du	
  double	
  effet	
  (article	
  2).	
  
 
	
  
§  Les	
  principaux	
  droits	
  	
  dans	
  la	
  loi	
  sont	
  :	
  
ú  d’une	
  part	
  la	
  liberté	
  et	
  l’autonomie	
  
puisque	
  la	
  volonté	
  du	
  patient	
  est	
  au	
  cœur	
  
de	
  la	
  décision	
  de	
  limitation	
  ou	
  d’arrêt	
  des	
  
soins	
  
ú  	
  et	
  d’autre	
  part,	
  le	
  respect	
  de	
  la	
  personne	
  :	
  
le	
  renforcement	
  des	
  soins	
  palliatifs	
  
apparaissant	
  comme	
  une	
  véritable	
  
alternative	
  à	
  l’euthanasie.	
  
2.  Les	
  principes	
  
	
  
2.  La	
  décision	
  
	
  
§  Dans	
  le	
  cas	
  du	
  patient	
  conscient:	
  	
  
ú  le	
  médecin	
  doit	
  respecter	
  la	
  volonté	
  de	
  la	
  
personne	
  après	
  l'avoir	
  informée	
  des	
  
conséquences	
  de	
  ses	
  choix.	
  	
  
ú  le	
  malade	
  doit	
  réitérer	
  sa	
  décision	
  après	
  
un	
  délai	
  raisonnable	
  donc	
  exclusion	
  des	
  
urgences	
  vitales	
  imprévues	
  .	
  
	
  
2.  La	
  décision	
  
	
  
§  Dans	
  le	
  cas	
  du	
  patient	
  inconscient	
  qui	
  est	
  
hors	
  d’état	
  d’exprimer	
  sa	
  volonté:	
  
ú  obligation	
  d’une	
  procédure	
  collégiale	
  	
  	
  
avec	
  l’avis	
  motivé	
  d’au	
  moins	
  un	
  
médecin,	
  appelé	
  en	
  qualité	
  de	
  consultant	
  
	
   	
   	
   	
   	
   	
  (décret	
  2006-­‐120	
  )	
  
ú  concertation	
  avec	
  l’équipe	
  de	
  soins.	
  
	
  
2.  La	
  décision	
  
	
  §  La	
  décision	
  doit	
  	
  prendre	
  en	
  compte	
  :	
  	
  
ú  1)	
  les	
  souhaits	
  que	
  le	
  patient	
  aurait	
  
antérieurement	
  exprimés,	
  en	
  particulier	
  
dans	
  des	
  directives	
  anticipées	
  s'il	
  en	
  a	
  
rédigé	
  (article	
  7)	
  
ú  2)	
  l'avis	
  de	
  la	
  personne	
  de	
  confiance	
  qu'il	
  
aurait	
  désignée	
  	
  (article	
  8)	
  
ú  3)	
  ainsi	
  que	
  celui	
  de	
  la	
  famille	
  ou,	
  à	
  
défaut,	
  celui	
  d'un	
  de	
  ses	
  proches.	
  
	
  
2.  Les	
  directives	
  anticipées	
  
	
  
§  Les	
  directives	
  anticipées:	
  (article	
  7	
  et	
  décret	
  2006-­‐119)	
  
ú  Indiquent	
  les	
  souhaits	
  de	
  la	
  personne	
  	
  
relatifs	
  à	
  sa	
  fin	
  de	
  vie	
  dans	
  le	
  cas	
  ou	
  elle	
  
serait	
  inconsciente.	
  
ú  Révocables	
  à	
  tout	
  moment.	
  
ú  	
  Doivent	
  être	
  établies	
  moins	
  de	
  trois	
  ans	
  
avant	
  l’état	
  d’inconscience	
  de	
  la	
  personne.	
  
2.  Les	
  recommandations	
  
	
  
§  La	
  SFMU	
  en	
  2003:	
  
ú  Concept	
  de	
  chaine	
  éthique++:	
  les	
  services	
  
d’urgence	
  sont	
  un	
  maillon.	
  Nécéssité	
  d’une	
  
continuité.	
  
§  La	
  SRLF	
  en	
  2002	
  et	
  2007	
  
ú  Détaillées	
  et	
  exhaustives.	
  
ú  	
  Vrai	
  guide	
  pour	
  le	
  praticien.	
  
ú  Mais	
  propres	
  à	
  la	
  réanimation.	
  
3. ÉTUDE	
  SUR	
  LES	
  
PRATIQUES	
  ET	
  LE	
  VECU	
  
DES	
  MEDECINS	
  FACE	
  AUX	
  
LATA	
  AUX	
  URGENCES	
  
	
  
3.  Etude	
  sur	
  les	
  LATA	
  
	
  
§  Matériels	
  et	
  méthodes:	
  
ú  Questionnaire	
  comportant	
  25	
  items,	
  envoyé	
  
aux	
  médecins	
  	
  par	
  mail.	
  
ú  13	
  services	
  d’urgence	
  de	
  la	
  région	
  PACA	
  dont	
  4	
  
CHU.	
  
§  Résultats	
  
ú  92	
  questionnaires	
  obtenus	
  
ú  56,5	
  %	
  d’hommes	
  
ú  La	
  moyenne	
  d’âge	
  est	
  de	
  40	
  ±	
  8	
  ans	
  
	
  
Des	
  médecins	
  expérimentés	
  
Durée	
  d'exercice	
  de	
  la	
  médecine	
  d'urgence	
  
	
  
Les	
  LATA	
  des	
  situations	
  
fréquentes	
  aux	
  urgences	
  
	
  Fréquence	
  des	
  situations	
  de	
  LATA	
  
La	
  réflexion	
  collégiale	
  est	
  
trop	
  peu	
  appliquée	
  
	
  
	
  26	
  %	
  déclarent	
  avoir	
  une	
  procédure	
  écrite	
  	
  
au	
  sein	
  de	
  leur	
  service.	
  
Le	
  médecin	
  consultant	
  
47	
  %	
  des	
  médecins	
  pensent	
  que	
  le	
  médecin	
  réanimateur	
  peut-­‐être	
  un	
  
référent	
  systématiquement	
  impliqué	
  dans	
  la	
  réflexion	
  collégiale	
  
Bonne	
  implication	
  de	
  l’équipe	
  
paramédicale	
  dans	
  la	
  réflexion	
  
Connaissance	
  de	
  la	
  loi	
  
Connaissance	
  du	
  concept	
  	
  
des	
  directives	
  anticipées	
  	
  
39%	
  les	
  recherchent	
  
	
  systématiquement	
  
	
  
Connaissance	
  du	
  concept	
  	
  
de	
  la	
  personne	
  de	
  confiance	
  
61%	
  la	
  recherche	
  
	
  systématiquement	
  
Des	
  difficultés	
  dans	
  l’annonce:	
  
un	
  manque	
  de	
  temps	
  
	
  
Le	
  médecin	
  souvent	
  seul	
  dans	
  
l’annonce	
  
	
  90	
  %	
  des	
  médecins	
  pensent	
  que	
  le	
  médecin	
  traitant	
  pourrait	
  être	
  une	
  
aide	
  dans	
  l’annonce	
  aux	
  familles.	
  	
  
Des	
  difficultés	
  dans	
  l’annonce:	
  
un	
  manque	
  de	
  moyens	
  
Un	
  vécu	
  des	
  médecins	
  difficile:	
  
Sentiment	
  d'être	
  seul	
  des	
  médecins	
  pour	
  mener	
  la	
  réflexion	
  sur	
  les	
  LATA	
  
	
  
Un	
  vécu	
  des	
  médecins	
  difficile:	
  	
  
Sentiment	
  d'être	
  seul	
  des	
  médecins	
  lors	
  de	
  l’annonce	
  des	
  LATA	
  
	
  
Un	
  vécu	
  des	
  médecins	
  difficile:	
  	
  
Sentiment	
  d'être	
  dépassé	
  face	
  aux	
  décisions	
  et	
  aux	
  annonces	
  des	
  LATA.	
  
Des	
  solutions	
  pour	
  améliorer	
  
les	
  décisions	
  de	
  LATA	
  aux	
  
urgences?	
  
	
  §  79	
  %	
  des	
  médecins	
  	
  ressentent	
  le	
  besoin	
  de	
  
bénéficier	
  d’une	
  procédure	
  sur	
  la	
  prise	
  en	
  
charge	
  des	
  LATA	
  
§  	
  76	
  %	
  sont	
  favorables	
  à	
  la	
  création	
  d’un	
  lieu	
  
dédié	
  spécifiquement	
  à	
  l’annonce	
  	
  
§  78,5	
  %	
  pensent	
  qu’une	
  actualisation	
  des	
  leurs	
  
connaissances	
  sur	
  le	
  sujet	
  des	
  LATA	
  est	
  
nécessaire.	
  	
  
Des	
  solutions	
  pour	
  améliorer	
  
les	
  décisions	
  de	
  LATA	
  aux	
  
urgences?	
  
	
  
§  Seulement	
  41	
  %	
  des	
  médecins	
  ressentent	
  le	
  
besoin	
  de	
  séances	
  de	
  débriefing	
  en	
  équipe.	
  
§  	
  	
  85	
  %	
  des	
  médecins	
  pensent	
  que	
  les	
  comités	
  
d’éthiques	
  des	
  hôpitaux	
  pourraient	
  être	
  une	
  
aide	
  dans	
  l’établissement	
  de	
  procédures	
  de	
  
services	
  dans	
  la	
  cadre	
  des	
  LATA.	
  
Discussion	
  
§  Les	
  situations	
  de	
  LATA	
  sont	
  fréquentes	
  et	
  
appliquées	
  dans	
  le	
  non	
  respect	
  de	
  la	
  loi	
  dans	
  
un	
  cas	
  sur	
  deux.	
  
ú  Méconnaissance	
  de	
  la	
  loi	
  ?	
  
ú  Pas	
  de	
  procédure	
  écrite	
  ?	
  
ú  Difficulté	
  à	
  appliquer	
  la	
  loi	
  dans	
  le	
  contexte	
  de	
  
l’urgence?	
  
   Trouver	
  un	
  médecin	
  consultant	
  
   Rôle	
  du	
  médecin	
  réanimateur	
  ,	
  rôle	
  du	
  médecin	
  
traitant?	
  Médecin	
  référent?	
  
   Implication	
  des	
  spécialistes	
  
Discussion	
  
§  Problème	
  des	
  directives	
  anticipées:	
  
ú  Accessibilité	
  en	
  urgence	
  de	
  même	
  pour	
  la	
  
personne	
  de	
  confiance	
  (registre	
  ?)	
  
ú  Dérive	
  euthanasique 	
  ?	
  
§  Une	
  difficulté	
  à	
  trouver	
  le	
  temps	
  d’annoncer:	
  
d’autres	
  solutions?	
  
ú  Implication	
  équipe	
  paramédicale,	
  med	
  traitant	
  
ú  Formation	
  des	
  équipes	
  
	
  
4.  Conclusion	
  
	
  §  Il	
  ressort	
  un	
  certain	
  malaise	
  de	
  notre	
  étude	
  au	
  
sein	
  des	
  urgentistes	
  avec	
  des	
  difficultés	
  :	
  
ú  d’une	
  part	
  à	
  appliquer	
  la	
  loi	
  (en	
  particulier	
  la	
  réflexion	
  
collégiale),	
  
ú  	
  mais	
  aussi	
  à	
  consacrer	
  du	
  temps	
  à	
  l’annonce	
  et	
  à	
  
l’accompagnement	
  
§  D’autre	
  part,	
  la	
  loi	
  est	
  encore	
  assez	
  méconnue	
  	
  
et	
  	
  peu	
  appliquée	
  aux	
  urgences.	
  
§  On	
  a	
  l’impression	
  que	
  les	
  services	
  urgence	
  sont	
  
un	
  peu	
  les	
  oubliés	
  de	
  la	
  loi	
  du	
  22	
  avril	
  2005	
  alors	
  
que	
  ce	
  sont	
  eux	
  qui	
  sont	
  concernés	
  le	
  plus	
  par	
  la	
  
mort	
  des	
  patients	
  à	
  l’hôpital.	
  
4.  Conclusion	
  
	
  
§  Certes,	
  la	
  loi	
  exclut	
  le	
  champ	
  de	
  l’urgence	
  
vitale	
  mais	
  la	
  plupart	
  des	
  situations	
  de	
  fin	
  de	
  
vie	
  aux	
  urgences	
  ne	
  relève	
  pas	
  de	
  ce	
  cadre	
  là	
  
et	
  ce	
  sont	
  souvent	
  des	
  patients	
  qui	
  auraient	
  
pu	
  mourir	
  chez	
  eux.	
  
	
  
§  De	
  plus,	
  les	
  recommandations	
  de	
  la	
  société	
  
savante	
  de	
  médecine	
  d’urgence	
  ne	
  sont	
  
toujours	
  pas	
  actualisées	
  depuis	
  2003	
  ne	
  
proposant	
  pas	
  de	
  réelle	
  aide	
  pour	
  le	
  praticien.	
  
4.  Conclusion	
  
	
  
§  Il	
  manque	
  une	
  vraie	
  prise	
  de	
  conscience	
  des	
  
autorités	
  de	
  santé	
  afin	
  de	
  reconnaître	
  que	
  les	
  
services	
  d’urgence	
  réalisent	
  une	
  réelle	
  
activité	
  de	
  soins	
  palliatifs	
  d’urgence.	
  
	
  
§  Il	
  serait	
  grand	
  temps	
  de	
  valoriser	
  cette	
  
activité,	
  de	
  la	
  soutenir,	
  et	
  de	
  mettre	
  les	
  
moyens	
  financiers	
  et	
  humains	
  nécessaires	
  à	
  
défaut	
  de	
  trouver	
  des	
  solutions	
  en	
  amont.	
  
MERCI	
  DE	
  VOTRE	
  ATTENTION	
  
Limitations et arrêts des traitements de suppléance vitale chez l’adulte dans le
contexte de l’urgence.
Jean Reignier (SRLF-CE, CHU de Nantes), Thierry Boulain (SRLF, Orléans), Françoise
Carpentier (SFMU, CHU de Grenoble), Tahar Chouihed (SFMU, CHU de Nancy), Denis Del
Nista (SRLF-CMU, CH de Rochefort), Sandrine Dray (SRLF, Marseille), Anne-Laure Feral-
Pierssens (SFMU, Paris), Delphine Hugenschmitt (SFMU, Lyon), Alexandra Laurent (SRLF,
Besançon), Pierrick Le Borgne (SRLF-CMU, Strasbourg), Thierry Vanderlinden (SRLF-CE,
CH Saint-Philibert, Lomme) pour la Société Française de Médecine d’Urgence et la Société
de Réanimation de Langue Française.
Introduction
Depuis plusieurs décennies, le public, la communauté médicale, les sociétés savantes et
les législateurs ont reconnu les droits des patients à décider des traitements qui leur sont
administrés et, pour les patients en fin de vie, à mourir dignement. Les lois et
recommandations françaises récusent l’obstination déraisonnable et imposent le recueil de la
volonté du patient (via ses directives anticipées lorsqu’il est inconscient), la réalisation d’une
procédure collégiale le cas échéant et l’organisation d’une prise en charge palliative incluant,
si nécessaire, une sédation profonde en fin de vie.
Pour autant, ces textes n’apportent que peu d’aide aux médecins concernant les décisions
de limitation et d’arrêt des traitements dans le contexte de l’urgence. Chaque année en France,
600000 personnes décèdent dont près de 60% dans un établissement de santé. Dans 16% des
cas, ces décès surviennent après un séjour bref de moins de 24 heures, souvent dans un
service d’urgences. 0,1 à 0,2% des patients admis aux urgences y décèdent, constituant 5 à 7%
des décès intra-hospitaliers. Parmi les patients âgés institutionnalisés, un quart des décès
survient au cours d’une hospitalisation.
A l’évidence, les exigences règlementaires se heurtent à la réalité du quotidien. La
majorité des patients, y compris ceux souffrant de pathologies chroniques sévères, n’a pas
exprimé de souhaits précis ni rédigé de directives anticipées. Pour de nombreux patients, y
compris ceux institutionnalisés dans des structures comme les EHPAD, une décision de fin de
vie et une prise en charge palliative n’ont pas été anticipées. Lorsque ces patients sont pris en
charge en urgence, la décision de ne pas entreprendre ou d’interrompre un traitement de
suppléance vitale est difficile à prendre par le médecin et son équipe. Un éventuel médecin
référent du patient est rarement joignable en situation d’urgence et la réunion de
professionnels en vue d’une procédure collégiale telle que prévue par la Loi, pose un vrai
problème pratique dans le contexte de l’urgence (y compris en pré-hospitalier).
Les équipes soignantes sont souvent démunies face à ces situations : les locaux des
services d’urgences sont peu appropriés pour l’accueil et la prise en charge des patients en fin
de vie, le temps et la disponibilité manquent en raison des flux incessants, la formation est
souvent insuffisante. Les équipes médicales préhospitalières (SMUR) n’ont pas pour mission
première de mettre en oeuvre des limitations et arrêts de traitements de suppléance qui
auraient pu être anticipées et préparées antérieurement. La difficulté est de surmonter
l’antagonisme apparent entre l’urgence de la prise de décision et l’élaboration complexe d’un
projet thérapeutique pouvant aboutir à une limitation ou un arrêt des traitements. Ni les lois ni
les dernières recommandations sur le sujet n’apportent de réponse spécifique à ces
problématiques. C’est pourquoi la SRLF et la SFMU ont jugé utile de réunir un groupe de
travail constitué d’experts issus de la médecine d’urgence et de la réanimation dont la mission
était de rédiger un texte qui se veut à la fois une prise de position sur ce sujet des limitations
et arrêts des traitements de suppléance vitale dans le contexte de l’urgence, mais aussi un
guide pour les professionnels exerçant dans le contexte de l’urgence. Le groupe a travaillé sur
la base des textes de lois, recommandations et études publiées dont une sélection est
répertoriée à la suite du texte.
Mai 2018 1
Question 1 : Quels éléments clés sont à considérer lors de la prise de décision ?
 En premier lieu, il est indispensable de rechercher la volonté du patient, soit par son
expression directe s’il est capable de la formuler, soit au travers de ses directives
anticipées, ou, à défaut, au travers du témoignage de sa personne de confiance ou de ses
proches.
 Quand cette volonté n’est pas connue, l’âge ne doit pas être le seul critère pris en compte
pour prendre une décision.
 Il faut tout mettre en œuvre pour récupérer le dossier médical complet du patient, ainsi
que les informations concernant l’autonomie antérieure, l’état cognitif et la qualité de vie
préalable. Les notions d’état général très altéré, de cachexie, de perte d’autonomie, de
troubles cognitifs invalidants, mais aussi les possibilités de traitements curatifs, aideront à
la décision du niveau de prise en charge, en particulier chez un patient souffrant d’une
pathologie chronique évoluée, de pronostic vital défavorable.
– Il faut confronter le bénéfice attendu avec la lourdeur des thérapeutiques envisagées et
l’impact éventuel des traitements ou d’un séjour en réanimation.
– L’admission systématique en réanimation ne contribue pas à améliorer le pronostic et la
qualité de vie des patients très âgés. L’autonomie est un élément clé de la décision et la
classification GIR peut constituer un outil d’aide à la décision. Les patients GIR1 ne
doivent a priori pas recevoir de traitement visant à prolonger la vie, mais uniquement ceux
visant à améliorer leur confort. En dehors d’une cause simplement et très rapidement
réversible, les patients déments classés GIR2 doivent être considérés comme les patients
GIR1.
– Dans les pathologies aiguës de pronostic vital et fonctionnel sombre nécessitant
potentiellement un traitement d’exception, comme la craniectomie au cours des AVC
malins, il est licite d’engager une réanimation d’attente avant le recueil des informations
nécessaires. Ainsi, le niveau d’engagement thérapeutique doit être discuté au cas par cas
avec le patient, ou à défaut ses proches, et le réanimateur.
Question 2 : Comment élaborer le projet thérapeutique en contexte d’urgence : les
points clés.
– Chaque service doit disposer d’une procédure écrite et disponible 24h/24 exposant les
principes et modalités de prise de décision et de prise en charge d’un patient en fin de vie
en urgence.
– Chez le patient en capacité de décider et d’exprimer ses souhaits, il faut prendre le temps
de la discussion, l’informer de sa situation et des différentes options thérapeutiques et le
laisser exprimer ses souhaits ou décisions.
– Chez le patient dans l’incapacité d’exprimer ses souhaits, il faut rechercher l’existence de
directives anticipées et sinon recueillir l’avis des proches. Lorsqu’elles sont jugées
adaptées à la situation, les directives anticipées du patient s’imposent au médecin « pour
toute décision d’investigation, d’intervention ou de traitement ». Dans le contexte de
l’urgence, les professionnels peuvent s’affranchir des directives anticipées si elles ne leur
semblent pas adaptées ou si les proches s’opposent à leur application. Le médecin peut
alors décider d’entreprendre une « réanimation d’attente » le temps d’évaluer leur
pertinence.
– Dans tous les cas, il faut organiser une discussion collégiale associant médecins et
paramédicaux présents.
– La recherche de la collégialité ne doit pas conduire à une situation d’obstination
déraisonnable.
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– Il faut tracer les entretiens et décisions dans le dossier médical. Il ne suffit pas de
retranscrire la décision seule, mais préciser aussi l’argumentaire dont elle est issue et les
modalités d’application qui l’accompagnent.
– La prudence s’impose devant des décisions de limitation ou d’arrêt thérapeutique
antérieures. Celles-ci doivent être systématiquement réévaluées et ne peuvent être prises
en compte que si elles sont jugées adaptées à la nouvelle situation et aux souhaits du
patient.
Question 3 : Quelle définition et quelle place pour la « réanimation d’attente » ?
– La « Réanimation d’attente » est la mise en œuvre de traitements de suppléance dans un
contexte d’incertitude rendant nécessaire une période d’évaluation sans faire perdre de
chance au patient.
– La « Réanimation d’attente » peut durer quelques heures et conduire à une réévaluation
(permettant de préciser le diagnostic, l’état antérieur, une réponse aux traitements ou
d’attendre l’arrivée de la famille en vue d’une annonce difficile).
– La « Réanimation d’attente » peut être débutée dès la phase pré-hospitalière et n’implique
pas une admission systématique en réanimation, elle peut être poursuivie à la SAUV.
– Si l’incertitude se prolonge au-delà de quelques heures, la poursuite des investigations et
des traitements actifs doit s’effectuer en réanimation ou en Unité de Surveillance
Continue (USC) selon le niveau de soins requis.
Question 4 : Comment intégrer la possibilité de don d’organes dans le contexte de
l’urgence ?
– Lorsqu’un patient présente des lésions cérébrales sévères sans possibilité thérapeutique
et pouvant conduire à la mort encéphalique, il doit être considéré́ comme un donneur
potentiel quel que soit son âge.
– Une annonce anticipée de cette évolution doit être réalisée par le médecin permettant
aux proches de se préparer à l’imminence du décès, de préciser les volontés émises du
vivant par le patient et d’envisager un transfert médicalisé de l’éventuel donneur dans
un établissement habilité aux prélèvements.
Question 5 : Quelles sont les conditions de la collégialité dans le contexte de l’urgence ?
– Aux heures ouvrables, il faut respecter les conditions prévues par la loi. Il faut impliquer
le patient, ses proches, les paramédicaux présents et un consultant extérieur adapté à la
situation : le médecin traitant, un spécialiste référent, un réanimateur.
– Hors heures ouvrables, une « collégialité restreinte » doit au minimum être appliquée,
associant le patient, ses proches, les paramédicaux présents et, chaque fois que possible,
un autre médecin, éventuellement au téléphone, dont l’avis semble le plus pertinent dans
le contexte.
Question 6 : Comment concilier communication avec les proches et spécificités de
l’urgence ?
– Dans le contexte des décisions de limitation et d’arrêt des traitements, l’entretien avec
les proches du patient est une mission difficile pour le médecin souvent en manque
d’outils et craignant l’émotion qu’il va susciter. La situation est fortement asymétrique :
l’un détient le savoir et exerce sa profession, l’autre est dans l’attente et vit une situation
exceptionnelle pouvant bouleverser le cours de sa vie. Si rien ne peut modifier la
difficulté du contenu à entendre, il est important d’anticiper le déroulement et le contenu
de l’entretien.
– Les conditions de l’entretien doivent respecter les modalités suivantes :
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o S’assoir dans une pièce dédiée offrant un cadre accueillant, calme et confidentiel.
o Être en présence de l’infirmier(e) et de l’aide-soignant(e) en charge du patient et
éventuellement du (de la) psychologue du service
o Éviter les interruptions extérieures. Si elles sont inévitables, les proches en sont
informés au préalable.
o L’entretien sera conduit de la manière suivante :
- Avoir une attitude bienveillante (empathie, disponibilité et écoute)
- Présenter aux proches les membres présents de l’équipe.
- Informer les proches que la décision reste de la responsabilité entière de
l’équipe soignante (« pour prendre une décision et agir dans l’intérêt de
votre proche nous avons besoin de comprendre ce que votre proche aurait
voulu que l’on fasse. Vous pouvez nous aider en témoignant sur ce sujet »).
- Veiller à utiliser une communication verbale et non verbale adaptées à la
situation.
- Commencer par des questions sur ce que les proches savent déjà, donner
les informations progressivement, laisser aux proches le temps d’intégrer
l’information transmise (débit verbal adapté, arrêt dans le discours,
reformulation, questionner les proches afin de savoir ce qui a été compris),
comprendre et respecter leurs réactions, les aider à poser ou formuler leurs
questions et à exprimer leurs émotions.
- Eviter les termes techniques.
- Conclure l’entretien et proposer du soutien aux proches.
– L’entretien au téléphone est déconseillé car il est vecteur d’incompréhensions et de
conflits. S’il est inévitable, les principes sont ceux de l’entretien en face à face. Il
convient de vérifier au préalable l’identité, le lien avec le patient et si le proche est en
mesure d’avoir cette conversation importante.
– En pré-hospitalier, il convient de se rapprocher au mieux de ces conditions.
Question 7 : Comment organiser l’arrêt de traitements de suppléance aux urgences ?
– Le contexte de l’urgence ne doit pas modifier les modalités d’arrêt des thérapeutiques.
– Devant un patient initialement pris en charge de façon invasive (intubation, amines
vaso-actives), l’arrêt de thérapeutiques de suppléance peut être secondairement réalisé
aux urgences.
– Le délai habituellement rapide de survenue du décès après un arrêt des traitements de
suppléance et/ou l’instauration d’une sédation profonde incite ici à une prise en charge
intégrale par l’équipe des urgences dans le lieu le plus approprié (SAUV ou l’UHCD).
Cela permet d’assurer la continuité de la prise en charge du patient et de son entourage.
– Cependant, si le décès n’est pas imminent après l’arrêt des traitements de suppléance, le
patient doit être admis dans un secteur d’hospitalisation, en première intention dans le
service référent où il est connu ou dans une unité de soins palliatifs. Le projet doit être
détaillé dans le dossier patient et transmis clairement aux équipes concernées.
Question 8 : Comment instaurer une sédation profonde dans le contexte de l’urgence ?
– Il faut instaurer une sédation profonde dès que possible chez le patient en fin de vie
inconscient ou présentant une souffrance réfractaire aux traitements.
– La sédation profonde doit associer un hypnotique et un analgésique morphinique.
– L’efficacité de la sédation et de l’analgésie doit être évaluée régulièrement et adaptée à
des objectifs prédéfinis.
– Cette prise en charge doit être reportée de façon claire dans le dossier du patient.
– Le médecin veille à la compréhension de cette démarche par les proches et à la mise en
œuvre de leur accompagnement.
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Question 9 : Quelle place pour une prise en charge palliative en urgence ?
– La fin de vie, y compris dans le contexte de l’urgence, doit répondre aux bonnes
pratiques des soins palliatifs.
– Le secteur des urgences ne constitue pas un environnement adapté à la prise en charge
optimale des situations palliatives. Par défaut, la SAUV et/ou l’UHCD sont des lieux
d’accueil permettant d’instaurer provisoirement des conditions d’accueil plus
humanisés.
– Tout ce qui contribue au confort du patient doit être mis en œuvre : soins de nursing
adaptés, traitement de la douleur, de la dyspnée, d’un encombrement.
– Tout ce qui n’y contribue pas ou peut être source d’inconfort doit être suspendu :
surveillance par scope, bilan biologique, contrôle de la glycémie capillaire.
– L’oxygénation est le plus souvent inutile et ne doit être utilisée que si elle améliore le
confort du patient.
– L’alimentation et l’hydratation sont à proscrire, sauf si le patient le désire. La sensation
de soif est rare ; une hydratation réduite, éventuellement associée aux anti-sécrétoires,
participe à réduire l’encombrement.
– Les professionnels des soins palliatifs peuvent être sollicités dans le contexte de
l’urgence et à distance pour les retours d’expérience ou débriefing de situations
difficiles.
– Il faut favoriser la formation de référents médicaux et paramédicaux à la prise en charge
palliative dans le contexte de l’urgence.
Question 10 : Peut-on prendre des décisions de LAT et les mettre en œuvre en pré-
hospitalier ?
– Malgré le caractère singulier de la médecine pré-hospitalière, les principes éthiques
(bienfaisance, non malfaisance, autonomie et justice) doivent s’appliquer en toute
circonstance.
– Les conditions de prise de décision précédemment décrites s’appliquent également en
pré-hospitalier.
– La médicalisation pré-hospitalière peut permettre de débuter mais aussi d’arrêter des
traitements de suppléance lorsque toutes les conditions sont réunies (informations
complètes, et prise en charge palliative possible).
– Toutefois, en cas de difficulté, l’instauration d’une « réanimation d’attente » et un
transport vers une structure hospitalière permettront de « se donner du temps » pour
clarifier une situation parfois complexe.
– L’orientation pré-hospitalière des patients en fin de vie ne se fait pas nécessairement
vers les urgences, ni même vers l’hôpital.
– L’équipe SMUR peut être déclenchée pour la prise en charge d’une détresse vitale et
être ensuite amenée à débuter une prise en charge palliative en lien avec la régulation
médicale.
– Une équipe médicalisée ne sera pas systématiquement mobilisée, notamment en
EHPAD, si une prise en charge palliative optimale peut être assurée rapidement sur
place.
Question 11 : Quels sont les intervenants participant à une décision en pré-hospitalier
(par téléphone compris) ?
 Le patient et ses proches
 Le médecin régulateur du Centre 15 a un rôle pivot dans cette démarche.
 Les membres de l’équipe pré-hospitalière
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 Le médecin traitant ou un éventuel médecin hospitalier référent, si possible
 Les soignants d’un éventuel réseau ou d’une structure d’hébergement
 Le réanimateur ou l’urgentiste susceptible d’accueillir le malade
Question 12 : Comment organiser une prise en charge palliative en pré-hospitalier ?
– Il est important de communiquer avec l’entourage du patient, le personnel soignant sur
place et le médecin traitant ou référent afin d’obtenir leur adhésion et de ne pas exposer
le patient à un inconfort ou à un transport ultérieur vers les urgences
– Une équipe médicale préhospitalière initialement mobilisée pour assurer la prise en
charge d’une détresse vitale peut, face à la constatation d’une situation de fin de vie, être
amenée à débuter une sédation profonde. Il conviendra d’organiser un relais avec les
soignants éventuellement disponibles.
– Le médecin régulateur doit pouvoir, si besoin, remobiliser l’équipe pré-hospitalière pour
une autre intervention ; ceci sous-entend son implication active et continue dans cette
démarche. La prise en charge sera alors écourtée et complétée en intra-hospitalier si
nécessaire.
– La traçabilité dans le dossier de soins et l’information des médecins correspondants sont
indispensables à la continuité de la prise en charge.
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Annexes
Textes et extraits choisis
– Recommandation 1418 de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe, 1999 (Conseil de
l'Europe, Assemblée parlementaire. Protection des droits de l'homme et de la dignité des malades
incurables et des mourants. Recommandation n°1418, 25 juin 1999. ) : « L’Assemblée recommande (…)
d’encourager les Etats membres du Conseil de l’Europe à respecter et à protéger la dignité des malades
incurables et des mourants à tous égards: en consacrant et en protégeant le droit des malades incurables
et des mourants à une gamme complète de soins palliatifs, et en prenant les mesures nécessaires (…) pour
qu’aucun malade incurable ou mourant ne reçoive de traitement contre sa volonté, tout en veillant à ce
que l’intéressé ne subisse ni l’influence ni les pressions de tiers. (…) pour faire respecter les instructions
ou la déclaration formelle («living will») rejetant certains traitements médicaux données ou faite par
avance par des malades incurables ou des mourants désormais incapables d’exprimer leur volonté. (…). »
– Loi n°2002-303 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé du 4 mars 2002
(« Loi Kouchner ») (Journal Officiel de la République Française, 5 mars 2002 : 4118-59.
http://www.legifrance.gouv.fr ) : « Toute personne a le droit de recevoir des soins visant à soulager sa
douleur. Celle-ci doit être en toute circonstance prévenue, évaluée, prise en compte et traitée. » (…) « Les
professionnels de santé mettent en œuvre tous les moyens à leur disposition pour assurer à chacun une vie
digne jusqu'à la mort. » (…) « Ils (les établissements de santé) mènent, en leur sein, une réflexion sur les
questions éthiques posées par l'accueil et la prise en charge médicale. »
– Ethique et urgences. Réflexions et recommandations de la Société́ Francophone de Médecine
d’Urgence, 2003. (Journal Européen des Urgences. http://www.sfmu.org): « Le groupe a d’abord tenu à
souligner que recommandations, connaissances ou compétences n’empêcheront pas que l’exercice
éthique, y compris ou notamment en situation d’urgence, restera toujours difficile, au carrefour d’un «
choix tragique ». Il ne peut y avoir ni recettes toutes faites, ni simple application d’arbre décisionnel. »
(…) « Il ne peut y avoir d’abstention ou d’arrêt thérapeutique décidé sur une simple impression clinique.
La connaissance des éléments anamnestiques, cliniques, para cliniques et pronostiques doit être obtenue
et synthétisée...» (…) « Information et consentement s’imposent aux médecins urgentistes, aucune
intervention thérapeutique ne pouvant être réalisée sans le recours à cette consultation. L’exception
représentée par l’urgence ou l’impossibilité de réaliser la consultation des proches permet aux médecins
urgentistes de choisir une réanimation d’attente jusqu’à ce que les conditions de la consultation soient
réunies. » (…) « Le principe de justice distributive ne peut justifier ni le non recours aux techniques de
réanimation ni leur arrêt tant que tous les critères de la décision n’ont pas été rassemblés. Il faut en avoir
conscience, car il ne devrait pas s’immiscer dans les étapes de la réflexion. »
– Dixième conférence de consensus sur la prise en charge de la personne âgée aux urgences de la de la
Société Francophone de Médecine d’Urgence, 2003 (Journal Européen des Urgences.
http://www.sfmu.org): « L’émergence de la problématique des situations de fin de vie dans les Services
d’Urgence, repose sur un sentiment d’obstination déraisonnable qui devra être formulée et déclinée sur
des critères cliniques suivants: forte probabilité de décès, nature de la maladie chronique, souffrances
extrêmes, incurabilité d’une affection aiguë, qualité de vie inacceptable. L’autonomie du patient,
l’existence de troubles cognitifs et l’âge du patient viennent s’ajouter à ces éléments. »
– Loi n° 2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie (« Loi Léonetti »)
(Journal Officiel de la République Française, du 23 avril 2005. http://www.legifrance.gouv.fr ) : « Toute
personne a le droit d'avoir une fin de vie digne et accompagnée du meilleur apaisement possible de la
souffrance. Les professionnels de santé mettent en oeuvre tous les moyens à leur disposition pour que ce
droit soit respecté. » (…) « Ces actes ne doivent pas être poursuivis par une obstination déraisonnable.
Lorsqu'ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou n'ayant d'autre effet que le seul maintien artificiel de
la vie, ils peuvent être suspendus ou ne pas être entrepris. Dans ce cas, le médecin sauvegarde la dignité
du mourant et assure la qualité de sa vie en dispensant les soins visés à l'article L. 1110-10. » (…)
« Article L1110-10 : Les soins palliatifs sont des soins actifs et continus pratiqués par une équipe
interdisciplinaire en institution ou à domicile. Ils visent à soulager la douleur, à apaiser la souffrance
psychique, à sauvegarder la dignité de la personne malade et à soutenir son entourage. »
– Limitation et arrêt des traitements en réanimation adulte. Actualisation des Recommandations de la
Société de Réanimation de Langue Françaisen, 2008 (https://www.srlf.org/wp-
content/uploads/2015/12/2008_-actualisation_des-
recommandations_de_la_SRLF_concernant_les_limitations_therapeutiques.pdf): « La décision de
limitation ou d’arrêt des traitements n’est en aucun cas un arrêt des soins ou un abandon de soins. Elle
entre dans le cadre d’une réorientation de la stratégie de soins vers une stratégie palliative. » (…) « Lors
de la réflexion, il est indispensable de prendre en compte l’avis du patient, directement si celui-ci est apte
à consentir, indirectement par la recherche de ses souhaits antérieurement exprimés » (…) « Au cas où le
patient serait inapte à consentir, le médecin doit mettre en œuvre une procédure de réflexion dite
collégiale dont la forme minimale a été définie par la loi. Au-delà des textes, il est recommandé de veiller
à ce que cette démarche de réflexion soit réellement collégiale.» (…) « L’urgence ou l’absence de
possibilité d’entreprendre une procédure collégiale, selon les termes définis par la loi, ne permet pas
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d’engager un processus de décision de limitation ou d’arrêt des traitements. Néanmoins, ces deux
situations ne doivent pas conduire à l’obstination déraisonnable (augmentation sans limite des
catécholamines, dialyse, etc..) si l’issue est à l’évidence fatale à très brève échéance (quelques heures).»
– Loi n° 2016-87 du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en
fin de vie (« Loi Léonetti Claeys ») (Journal Officiel de la République Française, du 3 février 2016.
http://www.legifrance.gouv.fr ) :
« Article L1110-5-1- Les actes mentionnés à l'article L. 1110-5 ne doivent pas être mis en oeuvre ou
poursuivis lorsqu'ils résultent d'une obstination déraisonnable. Lorsqu'ils apparaissent inutiles,
disproportionnés ou lorsqu'ils n'ont d'autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, ils peuvent être
suspendus ou ne pas être entrepris, conformément à la volonté du patient et, si ce dernier est hors d'état
d'exprimer sa volonté, à l'issue d'une procédure collégiale définie par voie réglementaire. »
« Article R4127-37-2 : I. - La décision de limitation ou d'arrêt de traitement respecte la volonté du patient
antérieurement exprimée dans des directives anticipées. Lorsque le patient est hors d'état d'exprimer sa
volonté, la décision de limiter ou d'arrêter les traitements dispensés, au titre du refus d'une obstination
déraisonnable, ne peut être prise qu'à l'issue de la procédure collégiale prévue à l'article L. 1110-5-1 et dans
le respect des directives anticipées et, en leur absence, après qu'a été recueilli auprès de la personne de
confiance ou, à défaut, auprès de la famille ou de l'un des proches le témoignage de la volonté exprimée par
le patient. II. - Le médecin en charge du patient peut engager la procédure collégiale de sa propre initiative.
Il est tenu de le faire à la demande de la personne de confiance, ou, à défaut, de la famille ou de l'un des
proches. La personne de confiance ou, à défaut, la famille ou l'un des proches est informé, dès qu'elle a été
prise, de la décision de mettre en oeuvre la procédure collégiale. III. - La décision de limitation ou d'arrêt de
traitement est prise par le médecin en charge du patient à l'issue de la procédure collégiale. Cette procédure
collégiale prend la forme d'une concertation avec les membres présents de l'équipe de soins, si elle existe, et
de l'avis motivé d'au moins un médecin, appelé en qualité de consultant. Il ne doit exister aucun lien de nature
hiérarchique entre le médecin en charge du patient et le consultant. L'avis motivé d'un deuxième consultant
est recueilli par ces médecins si l'un d'eux l'estime utile. Lorsque la décision de limitation ou d'arrêt de
traitement concerne un mineur ou un majeur protégé, le médecin recueille en outre l'avis des titulaires de
l'autorité parentale ou du tuteur, selon les cas, hormis les situations où l'urgence rend impossible cette
consultation. IV. - La décision de limitation ou d'arrêt de traitement est motivée. La personne de confiance,
ou, à défaut, la famille, ou l'un des proches du patient est informé de la nature et des motifs de la décision de
limitation ou d'arrêt de traitement. La volonté de limitation ou d'arrêt de traitement exprimée dans les
directives anticipées ou, à défaut, le témoignage de la personne de confiance, ou de la famille ou de l'un des
proches de la volonté exprimée par le patient, les avis recueillis et les motifs de la décision sont inscrits dans
le dossier du patient. »
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31. Picard Y, Leheup BF, Piot É, et al (2016) Limitation et arrêt de traitement :
collaboration entre une équipe mobile de soins palliatifs et un service de réanimation.
Médecine Palliat Soins Support - Accompagnement - Éthique 15:78–85. doi:
10.1016/j.medpal.2015.11.003
Mai 2018 1
0
32. Ciais JF, Pradier C, Ciais C, Berthier F, Vallageas M,Raucoules-Aimé M..Impact
d’une équipe d’urgence spécialisée sur les hospitalisations non désirées de
patients en phase terminale à domicile .La Presse Médicale, 2007 ; 36 : 404-409
33. Le Conte Ph, Guilbaudeau S, Batard E, Trewick D et all. Mise en place d’une
procédure de limitation ou d’arrêt des soins actifs dans un service d’urgence. JEUR,
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34. Sedillot N, Holzapfel L, Jacquet-Francillon T, Tafaro N, Eskandanian A, Eyraud S,
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withdrawing of life support in an emergency department : an observational study Eur
J Emerg med 2008; 15, 145-149
Mai 2018 1
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1LES LIMITATIONS ET ARRÊT DES THÉRAPEUTIQUES ACTIVES EN RÉGULATION MÉDICALE
Structures d’urgence, CHR Metz Thionville, Hôpital de Mercy, 1, allée du Château, CS 45001
57085 Metz Cedex 03
Correspondance : Dr François BRAUN, Structures d’urgence, CHR Metz Thionville, Hôpital de Mercy,
1, allée du Château, CS 45001, 57085 Metz Cedex 03. Tél. : 03 87 17 92 92.
E-mail : fr.braun@chr-metz-thionville.fr
Points essentiels
■ Les procédures de limitation ou d’arrêt des thérapeutiques actives sont
encadrées par la loi.
■ Elles se distinguent de l’euthanasie et du suicide assisté, punis par le code
pénal.
■ En absence de texte réglementaire sur ces procédures en médecine d’urgence
et plus précisément en régulation médicale, il convient de rechercher et
d’appliquer l’esprit de la loi.
■ L’esprit de la loi se base sur la condamnation de l’obstination déraisonnable,
le respect du choix du patient et la collégialité de la prise de décision.
■ Le patient peut exprimer son choix directement, pas le biais de directives
anticipées ou via la personne de confiance.
■ La décision de LATA impose de « laisser du temps au temps », ce qui est
souvent incompatible avec la pression temporelle de la régulation médicale.
■ Une détresse aiguë chez une personne en fin de vie n’est pas
systématiquement synonyme de LATA.
■ Une réanimation d’attente permet de « laisser du temps à la mort ».
■ L’anticipation des situations de fin de vie est indispensable.
■ Cette anticipation comprend des procédures et protocoles de prise en charge
communs entre les équipes de soins palliatifs, d’hospitalisation à domicile,
d’EHPAD et la médecine d’urgence.
Chapitre 58
Les limitations et arrêt
des thérapeutiques actives
en régulation médicale
F. BRAUN, M. BAILLY
2 ■ SITUATIONS À RISQUE EN RÉGULATION MÉDICALE
La LATA découle du principe de refus d’obstination déraisonnable (1, 2). Elle
consiste à ne pas mettre en œuvre ou ne pas intensifier des traitements actifs
(withholding), voire à ne pas poursuivre ces traitements actifs (withdrawing). La
médecine d’urgence est confrontée depuis de nombreuses années à cette
« obstination déraisonnable » tant au niveau des prises en charges préhospita-
lières qu’intrahospitalières. Pourtant, si les publications sur la LATA en structures
des urgences ou en Smur sont nombreuses, il n’y a pas de travail publié s’intéres-
sant à l’aspect particulier de la régulation médicale en Samu-Centre 15 face à une
décision de LATA.
Il convient tout d’abord de bien définir le cadre de la LATA tout comme celui de la
régulation médicale, avant d’analyser le rapport entre les deux.
1. La limitation et arrêt des thérapeutiques actives
L’obstination déraisonnable identifiée par la loi, consiste donc à suspendre ou à ne
pas entreprendre des actes qui « apparaissent inutiles, disproportionnés ou
n’ayant d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie ». La décision de LATA
n’a aucun rapport avec les principes d’euthanasie ou de suicide assisté, punis par
la loi. Il convient de bien comprendre les différences entre ces concepts, afin
d’éviter toute dérive dans la mise en œuvre d’une LATA.
– L’euthanasie est définie par un acte ayant pour intention de donner
volontairement la mort. Elle est punie par le code pénal (articles 221-1 à 221-5),
même si la victime est consentante.
– Le suicide assisté est une aide apportée à un malade pour qu’il se donne lui-
même la mort. Il est également puni par le code pénal (articles 221-1 à 221-5).
La LATA concerne les patients en soins palliatifs, en fin de vie, ou atteints d’une
pathologie aiguë à pronostic défavorable à très court terme. Sa conséquence peut
être d’avancer le moment de la mort, mais en aucun cas de la provoquer.
Définis par la Société française d’accompagnement de soins palliatifs, « Les soins
palliatifs sont des soins actifs délivrés dans une approche globale de la personne
atteinte d'une maladie grave, évolutive ou terminale. L’objectif des soins palliatifs
est de soulager les douleurs physiques et les autres symptômes, mais aussi de
prendre en compte la souffrance psychologique, sociale et spirituelle. » (3).
Les patients en fin de vie présentent d’emblée une détresse vitale, sur un terrain
marqué par des antécédents médicaux chargés, voire déjà en soins palliatifs. Le
caractère « aigu » de la fin de vie justifie souvent sa prise en charge par les
urgentistes.
Le contexte dans lequel peut être prise une décision de LATA nécessite donc de
connaître les éléments anamnestiques, cliniques et pronostiques du patient
concerné. Cette prise de décision est de la seule responsabilité du médecin en
3LES LIMITATIONS ET ARRÊT DES THÉRAPEUTIQUES ACTIVES EN RÉGULATION MÉDICALE
charge du patient. Toutefois, le cadre législatif comme déontologique, apporte
nécessairement des éléments d’aide à cette décision :
– les directives anticipées : la notion de directive anticipée est encadrée par la
loi (4). Elle permet à un patient majeur d’exprimer, avant qu’il ne soit inconscient
ou incapable de la faire, ses choix relatifs à sa fin de vie et/ou à une LATA.
« À condition qu'elles aient été établies moins de trois ans avant l'état
d'inconscience de la personne, le médecin en tient compte pour toute décision
d'investigation, d'intervention ou de traitement la concernant. » Ces décisions
sont révocables à tout moment, y compris bien sûr lors d’une situation de
détresse. Ces directives sont « des documents écrits, datés et signés par leur
auteur dûment identifié par l’indication de ses nom, prénom, date et lieu de
naissance. » ;
– la personne de confiance : « toute personne majeure peut désigner une
personne de confiance qui peut être un parent, un proche ou le médecin traitant,
qui sera consultée au cas ou elle-même serait hors d’état d’exprimer sa volonté et
de recevoir l’information nécessaire à cette fin. Cette désignation est faite par
écrit. Elle est révocable à tout moment. » (5) ;
– la procédure collégiale : « lorsque le patient est hors d’état d’exprimer sa
volonté, le médecin ne peut décider de limiter ou d’arrêter les traitements
dispensés sans avoir préalablement mis en œuvre une procédure collégiale » (6).
Cette procédure collégiale doit respecter certaines règles : l’équipe soignante,
lorsqu’elle existe, doit être consultée, au moins un autre médecin doit être appelé
comme consultant, les souhaits du patient doivent être respectés, ou, à défaut,
l’avis de la famille, de la personne de confiance ou de proches doit être recherché.
Il faut ici noter que la loi précise que « il ne doit exister aucun lien de nature
hiérarchique entre le médecin en charge du patient et le consultant ». Un second
consultant peut être appelé si besoin ;
– article 37 du Code de déontologie médicale. La nouvelle rédaction de cet
article intègre l’évolution législative et donc les notions d’obstination
déraisonnable, de directives anticipées, de personne de confiance et de procédure
collégiale.
2. La régulation médicale (7)
La régulation médicale est l’un des modes d’exercice de la médecine d’urgence
avec l’urgence et la réanimation préhospitalières (Service Mobile d’Urgence et de
Réanimation) et l’activité en structure des urgences (service des urgences). Acte
médical, réalisé au téléphone, à distance du patient, la régulation médicale doit
répondre au principe du juste soin (8) et adapter la réponse au besoin de soins du
patient (9). La régulation médicale s’inscrit dans un contrat de soins avec le patient
ou l’appelant qui repose, chaque fois que cela est possible, sur un entretien singu-
lier (colloque) avec le patient. Au terme de cet entretien, le médecin régulateur
analyse et qualifie la demande de soins, établit une ou des hypothèses diagnosti-
ques et propose une prise en charge. Pour étayer sa décision, outre l’entretien
4 ■ SITUATIONS À RISQUE EN RÉGULATION MÉDICALE
avec le patient ou son entourage, le médecin régulateur peut consulter des élé-
ments du dossier médical du patient, soit au sein de la base de données de régu-
lation si le patient a déjà été pris en charge ou signalé comme « patient
remarquable », soit par les biais des multiples connexions indispensables à la régu-
lation médicale avec le ou les systèmes d’information hospitaliers, les dossiers des
hospitalisations à domicile (HAD) ou les dossiers de liaison d’urgence des établis-
sements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). La possibi-
lité, demain, de consulter rapidement le dossier médical personnel (DMP) du
patient, depuis la salle de régulation médicale permettra une « lecture » plus
rapide et plus pertinente du dossier médical.
Pour agir, le médecin régulateur dispose de plusieurs possibilités : un conseil
médical, une prescription médicamenteuse par téléphone, l’orientation vers une
consultation médicale, l’intervention d’un médecin généraliste sur place,
l’engagement d’un transport sanitaire en ambulance, le recours aux sapeurs
pompiers ou à des secouristes dans le cadre du secours à personne, l’intervention
d’une équipe de réanimation (Smur). « En cas d’appel pour un patient pris en
charge dans le cadre d’un réseau de soins (soins palliatifs, HAD, oncologie, etc.), il
est recommandé de contacter ce réseau, voire son astreinte, si celle-ci existe, avec
l’accord du patient » (7).
Enfin, si elle est nécessaire, l’orientation du patient se fera vers un service dont le
plateau technique permet de le prendre en charge, et respectera, si possible, son
choix. Les filières spécialisées, directes, doivent être privilégiées et le service
receveur sera informé de l’arrivée du patient. Les éléments du dossier médical de
régulation peuvent être communiqués au service afin de garantir la qualité de la
continuité des soins.
3. LATA en régulation médicale
La confrontation entre la médecine d’urgence préhospitalière et les situations de
LATA n’est plus à démontrer. Dans une étude rétrospective auprès de 192 Smur,
E. Ferrand et J. Maty (10) ont montré que 76 % des praticiens interrogés avaient
été confrontés à une décision de LATA dans les 15 jours précédents l’enquête.
Dans 45 % des cas, le médecin Smur décidait seul. Lors de l’intervention d’un
autre praticien (55 %), il s’agissait principalement du médecin régulateur du Samu
ou d’un réanimateur (40 %) ou du médecin traitant (30 %).
Les impératifs législatifs sont-ils compatibles avec la régulation médicale ?
– Les directives anticipées témoignent de l’avis du patient. Lorsqu’il est
conscient, celui-ci doit être mis en contact avec le médecin régulateur afin
d’exprimer son choix, sous réserve que le médecin régulateur puisse « éclairer » ce
choix (2). La consultation d’un dossier médical peut permettre de consulter le
choix d’un patient inconscient tout comme la consultation de la personne de
confiance, sous réserve qu’elle puisse être clairement identifiée par le médecin
régulateur.
5LES LIMITATIONS ET ARRÊT DES THÉRAPEUTIQUES ACTIVES EN RÉGULATION MÉDICALE
– La décision collégiale est un élément clef du dispositif législatif de LATA. Le
médecin régulateur doit donc confronter son avis, et in fine sa décision, avec un
autre confrère. Celui-ci peut être auprès du patient ou non. Il peut s’agir du
médecin traitant ou du médecin d’HAD ou du réseau de soins concerné, ou d’un
médecin du Smur dépêché sur place. On est en droit de s’interroger sur la
possibilité, pour un médecin Chef de service, de prononcer une LATA avec comme
consultant un autre médecin de son service (Smur ou médecin régulateur), la loi
précisant explicitement qu’il ne doit y avoir aucun lien de nature hiérarchique
entre le médecin « décideur » et le consultant. Toutefois, il convient de préciser
que, si un médecin est sur place auprès du patient, il est logique que la décision
lui incombe et que le médecin régulateur soit alors considéré comme consultant.
On le voit ici, la procédure de recherche de critères de LATA est une procédure
chronophage souvent peu compatible avec l’acte de régulation médical qui se
heurte à des contraintes temporelles fortes, d’autres régulations étant souvent
« en attente ». En l’absence de directives anticipées, le médecin doit disposer d’un
« délai raisonnable » pour faire changer d’avis un patient qui ne souhaite pas
l’instauration ou la poursuite d’un traitement, mettant sa vie en danger. Ce « délai
raisonnable », même s’il n’est pas quantifié par le législateur, n’est de toute
évidence pas compatible avec l’acte de régulation médicale.
La loi ne détaillant pas les champs précis d’application de la décision de LATA, et
en particulier le champ de la régulation médicale, il convient alors de se
rapprocher le « l’esprit de la loi » comme serait certainement poussé à le faire le
juge confronté à ce problème. La loi est basée sur la condamnation
de l’obstination déraisonnable, le respect du choix du patient et la nécessité de
s’entourer d’autres avis avant la prise de décision avec la nécessité de « laisser du
temps au temps ».
3.1. Obstination déraisonnable : les situations de régulation pouvant
conduire à une LATA
L’arrêt cardiaque est une situation régulièrement rencontrée en régulation
médicale. Certaines situations, de toute évidence, imposent de ne pas débuter
une réanimation cardio-pulmonaire. Elle sont d’ailleurs partiellement reprises dans
l’annexe III du référentiel commun sur l’organisation du secours à personne et de
l’aide médicale urgente (décapitation ou écrasement de la tête avec éclatement de
la boite crânienne et destruction évidente du cerveau, raideur et lividités
cadavériques, décomposition évidente des tissus) et plus détaillées dans les
recommandations nord-américaines (11) en associant les situations à risque
majeur pour les sauveteurs et les cas ou une demande de non-réanimation a été
rédigée. Dans les autres cas, le diagnostic de mort avérée est difficile et l’envoi
d’un Smur est conseillé (12).
La décision d’arrêt d’une réanimation cardio-pulmonaire de base déjà entreprise
par des secouristes est un problème fréquemment posé au médecin régulateur.
Des règles ont été récemment édictées par l’American Heart Association (13) et
6 ■ SITUATIONS À RISQUE EN RÉGULATION MÉDICALE
l’European Ressucitation Council (14) avec une valeur prédictive positive de la
« BLS rule » excellente mais laissant sur place des patients qui auraient pu
bénéficier d’une RCP efficace (15). Nous sommes bien ici dans le cadre de l’arrêt
d’une thérapeutique active et l’existence de recommandations internationales ne
dispense pas le médecin régulateur de s’enquérir de l’avis du patient auprès de la
famille ou de proches, de l’avis des secouristes sur place et si possible de l’avis du
médecin traitant.
Les Samu-Centre 15 sont de plus en plus fréquemment appelés pour une
détresse aiguë chez un patient en fin de vie, rentré à domicile, et
habituellement suivi par une équipe de soins palliatifs et/ou d’hospitalisation à
domicile. Des directives anticipées sont généralement remplies et annexées au
dossier médical et la famille est souvent informée d’une issue fatale à court terme.
Sans connaître le patient, le médecin régulateur se heurte alors à deux difficultés :
– faire la part des choses entre l’évolution inéluctable de la maladie, et un épisode
intercurrent, facilement traitable sans soins importants : bouchon muqueux dans
une canule de trachéotomie, facile accessible à une simple aspiration par
exemple ;
– sauvegarder la dignité du mourant et assurer la qualité de sa fin de vie en
dispensant des soins adaptés qui « visent à soulager la douleur, à apaiser la
souffrance psychique, à sauvegarder la dignité de la personne malade et à
soutenir son entourage » (16).
Dans ces circonstances, l’intervention d’une équipe soignante est nécessaire,
idéalement l’équipe suivant habituellement le patient lorsque celui-ci est inscrit
dans un parcours de soins formalisé, mais plus souvent l’équipe du Smur qui
dispose des matériels et compétences permettant de faire face, non seulement à
ce double défi, mais également capable d’instaurer une réanimation d’attente
(donner du temps au temps) (17, 18), ou compassionnelle (donner du temps à la
mort : en raison de l’émotion liée à la présence de la famille ou en attendant
l’arrivée des proches). L’appelant doit être clairement informé de la décision prise
par le médecin régulateur ainsi que des délais d’intervention auprès du patient qui
dépendront du vecteur engagé et de la nature de la détresse (dyspnée aiguë,
trouble de conscience, saignement extériorisé…).
3.2. Réanimation d’attente ou compassionnelle : où diriger le patient ?
L’orientation d’un patient, pris en charge ou non par une équipe Smur, est du rôle
du médecin régulateur du Samu-Centre 15. Une structure des urgences n’est pas
la destination qui doit être privilégiée : ces services ne disposent que très rarement
de locaux adaptés à ces prises en charge et l’activité incessante des services
d’urgence est peu propice à une décision de LATA. Pour un patient ne bénéficiant
pas de geste de réanimation préhospitalière nécessitant un environnement
technique particulier, une orientation vers un service de soins palliatifs ou au
moins le service ayant l’habitude de prendre en charge ce patient doit être
privilégiée. Les patients pour lesquels une ventilation, invasive ou non a été
7LES LIMITATIONS ET ARRÊT DES THÉRAPEUTIQUES ACTIVES EN RÉGULATION MÉDICALE
entreprise, doivent être dirigés vers un service de soins continus ou de
réanimation. Il est évident que ces filières doivent être définies préalablement avec
les services concernés et protocolisées avec eux faute de quoi, la structure des
urgences de proximité sera la seule solution à la portée du médecin régulateur.
3.3. Comment éviter ces situations
L’anticipation est le maître mot pour éviter les situations dans lesquelles le
médecin régulateur prendra une décision postérieurement non compatible avec la
décision du patient, humainement inacceptable et potentiellement condamnable.
Des procédures et protocoles doivent être réalisés avec les services de soins
palliatifs et d’hospitalisation à domicile pour permettre, non seulement d’identifier
dès la régulation les patients concernés (patients remarquables, accès rapide à des
données du dossier médical), mais également pouvoir rapidement faire appel à un
référent de ces réseaux afin de faciliter l’obtention d’une décision collégiale. Un
lien avec les médecins coordonnateurs des EHPAD doit également être tissé pour
que les informations inscrites dans le dossier de liaison d’urgence des EHPAD
tiennent compte de la possible nécessité d’une prise de décision de LATA.
4. Conclusion
L’évolution des pratiques médicales favorise l’hospitalisation à domicile pour les
personnes en soins palliatifs ou en fin de vie. Ces hospitalisations sont organisées
au sein de réseaux structurés dans lesquels les structures d’urgence sont trop
souvent absentes. Pourtant, l’appel au Samu-Centre 15 ou l’adressage d’un
patient en fin de vie à la structure des urgences est fréquent et les urgenstistes se
trouvent confrontés à des problèmes auxquels ils sont mal préparés. Le médecin
régulateur est généralement « en première ligne » et ne dispose que rarement des
éléments nécessaires à un choix éclairé. L’information des urgentistes et
l’intégration des structures d’urgence dans les réseaux traitants de fin de vie sont
indispensables pour l’amélioration des prises en charge de LATA.
Références
1. Loi n° 2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades à la fin de vie.
2. Loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du
système de santé.
3. http://www.sfap.org/content/définition-des-soins-palliatifs-et-de-laccompagnement,
dernière consultation le 20 décembre 2012.
4. Art. L1111-11, R1111-17 à -20 du Code de la santé publique.
5. Art. L1111-6 du Code de la santé publique.
6. Art. R4127-37 du Code de la santé publique.
8 ■ SITUATIONS À RISQUE EN RÉGULATION MÉDICALE
7. HAS, recommandations de bonne pratique, mars 2011 : modalités de prise en charge
d’un appel de demande de soins non programmés dans le cadre de la régulation
médicale
8. F. Braun, F. Berthier. Les interconnexions de la régulation médicale. In : Conférence
Congrès Urgences 2009. Paris, chapitre 81 ; 817-29.
9. Y. Pervenne et al. Régulation médicale des situations à risque. In : Conférence
Congrès Urgences 2011. Paris, chapitre 89.
10. E. Ferrand, J. Maty. Prehospital withholding and withdrawal of life-sustaining treat-
ments. The French LATASAMU Survey. Intensive Care Med 2006 ; 32 (10) : 1464-66.
11. C. Pradeau, M. Thicoïpe . Gestion téléphonique d’un appel pour arrêt cardiaque. In
Conférences Congrès Urgences 2011. Paris, chapitre 88 ; 1001-13.
12. L.J. Morrison et al. 2010 American Heart Association Guidelines for Cardiopulmonary
Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care Science. Part 3 : Ethics. Circulation
2010 ; 122 : 5665-75.
13. L.J. Morrison et al, Circulation 2010 ; 122 : S665-S675.
14. F.K. Lippert et al. European Resuscitation Council guidelines for resuscitation 2010.
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15. C. Sasson et al. Prehospital termination of ressucitation in case of refractory out-of-
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16. Article L1110-10 du Code de la santé publique.
17. J. Reignier et al. Limitation et arrêt des traitements ou réanimation d’attente. In
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70 : 787-799.

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  • 1.
    Membres du jury Monsieurle Professeur Roy Pierre-Marie | Président Monsieur le Docteur Hamdan David | Directeur Monsieur le Professeur Beydon Laurent | Membre Monsieur le Professeur Connan Laurent | Membre Madame le Docteur Armand Aurore | Membre Madame le Docteur Roy Corinne | Membre Soutenue publiquement le : 27 octobre 2016 2015-2016 THÈSE pour le DIPLÔME D’ÉTAT DE DOCTEUR EN MÉDECINE Qualification en Médecine Générale Mise en place et évaluation de l’impact d’une intervention concernant les décisions de Limitation et d’Arrêt des Thérapeutiques Actives aux Urgences du Centre Hospitalier Universitaire d’Angers Fieni Aurélie Née le 22 mars 1988 à Nantes (44) Sous la direction de M. le Docteur Hamdan David
  • 3.
    ENGAGEMENT DE NON PLAGIAT Je,soussignée Aurélie Fieni, déclare être pleinement consciente que le plagiat de documents ou d’une partie d’un document publiée sur toutes formes de support, y compris l’internet, constitue une violation des droits d’auteur ainsi qu’une fraude caractérisée. En conséquence, je m’engage à citer toutes les sources que j’ai utilisées pour écrire ce rapport ou mémoire. signé par l'étudiante le 22/09/2016
  • 4.
    LISTE DES ENSEIGNANTSDE L’UFR SANTÉ D’ANGERS Directeur de l'UFR : Pr Isabelle RICHARD Directeur adjoint de l'UFR et directeur du département de pharmacie : Pr Frédéric LAGARCE Directeur du département de médecine : Pr Nicolas LEROLLE PROFESSEURS DES UNIVERSITÉS ABRAHAM Pierre Physiologie Médecine ASFAR Pierre Réanimation Médecine AUBE Christophe Radiologie et imagerie médicale Médecine AUDRAN Maurice Rhumatologie Médecine AZZOUZI Abdel Rahmène Urologie Médecine BARON-HAURY Céline Médecine générale Médecine BARTHELAIX Annick Biologie cellulaire Médecine BATAILLE François-Régis Hématologie ; transfusion Médecine BAUFRETON Christophe Chirurgie thoracique et cardiovasculaire Médecine BEAUCHET Olivier Gériatrie et biologie du vieillissement Médecine BENOIT Jean-Pierre Pharmacotechnie Pharmacie BEYDON Laurent Anesthésiologie-réanimation Médecine BIZOT Pascal Chirurgie orthopédique et traumatologique Médecine BONNEAU Dominique Génétique Médecine BOUCHARA Jean-Philippe Parasitologie et mycologie Médecine BRIET Marie Pharmacologie Médecine CAILLIEZ Eric Médecine générale Médecine CALES Paul Gastroentérologie ; hépatologie Médecine CAMPONE Mario Cancérologie ; radiothérapie Médecine CAROLI-BOSC François-Xavier Gastroentérologie ; hépatologie Médecine CHABASSE Dominique Parasitologie et mycologie Médecine CHAPPARD Daniel Cytologie et histologie Médecine CONNAN Laurent Médecine générale Médecine COUTANT Régis Pédiatrie Médecine COUTURIER Olivier Biophysique et médecine nucléaire Médecine CUSTAUD Marc-Antoine Physiologie Médecine DARSONVAL Vincent Chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique Médecine DE BRUX Jean-Louis Chirurgie thoracique et cardiovasculaire Médecine DESCAMPS Philippe Gynécologie-obstétrique Médecine DIQUET Bertrand Pharmacologie Médecine DUVAL Olivier Chimie thérapeutique Pharmacie DUVERGER Philippe Pédopsychiatrie Médecine ENON Bernard Chirurgie vasculaire ; médecine vasculaire Médecine EVEILLARD Mathieu Bactériologie-virologie Pharmacie FANELLO Serge Épidémiologie ; économie de la santé et prévention Médecine FAURE Sébastien Pharmacologie physiologie Pharmacie FOURNIER Henri-Dominique Anatomie Médecine FURBER Alain Cardiologie Médecine GAGNADOUX Frédéric Pneumologie Médecine GARNIER François Médecine générale Médecine GARRE Jean-Bernard Psychiatrie d'adultes Médecine GOHIER Bénédicte Psychiatrie d'adultes Médecine GRANRY Jean-Claude Anesthésiologie-réanimation Médecine GUARDIOLA Philippe Hématologie ; transfusion Médecine GUILET David Chimie analytique Pharmacie
  • 5.
    HAMY Antoine Chirurgiegénérale Médecine HUEZ Jean-François Médecine générale Médecine HUNAULT-BERGER Mathilde Hématologie ; transfusion Médecine IFRAH Norbert Hématologie ; transfusion Médecine JARDEL Alain Physiologie Pharmacie JEANNIN Pascale Immunologie Médecine JOLY-GUILLOU Marie-Laure Bactériologie-virologie ; hygiène hospitalière Médecine LACCOURREYE Laurent Oto-rhino-laryngologie Médecine LAGARCE Frédéric Biopharmacie Pharmacie LARCHER Gérald Biochimie et biologie moléculaires Pharmacie LASOCKI Sigismond Anesthésiologie-réanimation Médecine LAUMONIER Frédéric Chirurgie infantile Médecine LEFTHERIOTIS Georges Physiologie Médecine LEGRAND Erick Rhumatologie Médecine LERMITE Emilie Chirurgie générale Médecine LEROLLE Nicolas Réanimation Médecine LUNEL-FABIANI Françoise Bactériologie-virologie ; hygiène hospitalière Médecine MARCHAIS Véronique Bactériologie-virologie Pharmacie MARTIN Ludovic Dermato-vénéréologie Médecine MENEI Philippe Neurochirurgie Médecine MERCAT Alain Réanimation Médecine MERCIER Philippe Anatomie Médecine MILEA Dan Ophtalmologie Médecine PAPON Nicolas Parasitologie mycologie Pharmacie PASSIRANI Catherine Chimie générale Pharmacie PELLIER Isabelle Pédiatrie Médecine PICHARD Eric Maladies infectieuses ; maladies tropicales Médecine PICQUET Jean Chirurgie vasculaire ; médecine vasculaire Médecine PODEVIN Guillaume Chirurgie infantile Médecine PROCACCIO Vincent Génétique Médecine PRUNIER Fabrice Cardiologie Médecine REYNIER Pascal Biochimie et biologie moléculaire Médecine RICHARD Isabelle Médecine physique et de réadaptation Médecine RICHOMME Pascal Pharmacognosie Pharmacie RODIEN Patrice Endocrinologie, diabète et maladies métaboliques Médecine ROHMER Vincent Endocrinologie, diabète et maladies métaboliques Médecine ROQUELAURE Yves Médecine et santé au travail Médecine ROUGE-MAILLART Clotilde Médecine légale et droit de la santé Médecine ROUSSEAU Audrey Anatomie et cytologie pathologiques Médecine ROUSSEAU Pascal Chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique Médecine ROUSSELET M.-Christine Anatomie et cytologie pathologiques Médecine ROY Pierre-Marie Thérapeutique ; médecine d’urgence Médecine SAINT-ANDRE Jean-Paul Anatomie et cytologie pathologiques Médecine SAULNIER Patrick Biophysique pharmaceutique et biostatistique Pharmacie SENTILHES Loïc Gynécologie-obstétrique Médecine SERAPHIN Denis Chimie organique Pharmacie SUBRA Jean-François Néphrologie Médecine UGO Valérie Hématologie ; transfusion Médecine URBAN Thierry Pneumologie Médecine VENIER Marie-Claire Pharmacotechnie Pharmacie VERNY Christophe Neurologie Médecine WILLOTEAUX Serge Radiologie et imagerie médicale Médecine ZAHAR Jean-Ralph Bactériologie-virologie ; hygiène hospitalière Médecine ZANDECKI Marc Hématologie ; transfusion Médecine
  • 6.
    MAÎTRES DE CONFÉRENCES ANNAIXVéronique Biochimie et biologie moléculaires Pharmacie ANNWEILER Cédric Gériatrie et biologie du vieillissement Médecine AUGUSTO Jean-François Néphrologie Médecine BAGLIN Isabelle Pharmaco-chimie Pharmacie BASTIAT Guillaume Biophysique et biostatistique Pharmacie BEAUVILLAIN Céline Immunologie Médecine BELIZNA Cristina Médecine interne Médecine BELLANGER William Médecine générale Médecine BENOIT Jacqueline Pharmacologie et pharmacocinétique Pharmacie BIGOT Pierre Urologie Médecine BLANCHET Odile Hématologie ; transfusion Médecine BOISARD Séverine Chimie analytique Pharmacie BOURSIER Jérôme Gastroentérologie ; hépatologie Médecine CAPITAIN Olivier Cancérologie ; radiothérapie Médecine CASSEREAU Julien Neurologie Médecine CHEVAILLER Alain Immunologie Médecine CHEVALIER Sylvie Biologie cellulaire Médecine CLERE Nicolas Pharmacologie Pharmacie CRONIER Patrick Chirurgie orthopédique et traumatologique Médecine DE CASABIANCA Catherine Médecine générale Médecine DERBRE Séverine Pharmacognosie Pharmacie DESHAYES Caroline Bactériologie virologie Pharmacie DINOMAIS Mickaël Médecine physique et de réadaptation Médecine DUCANCELLE Alexandra Bactériologie-virologie ; hygiène hospitalière Médecine FERRE Marc Biologie moléculaire Médecine FLEURY Maxime Immunologie Pharmacie FORTRAT Jacques-Olivier Physiologie Médecine HELESBEUX Jean-Jacques Chimie organique Pharmacie HINDRE François Biophysique Médecine JEANGUILLAUME Christian Biophysique et médecine nucléaire Médecine JOUSSET-THULLIER Nathalie Médecine légale et droit de la santé Médecine KEMPF Marie Bactériologie-virologie ; hygiène hospitalière Médecine LACOEUILLE Franck Biophysique et médecine nucléaire Médecine LANDREAU Anne Botanique Pharmacie LE RAY-RICHOMME Anne-Marie Valorisation des substances naturelles Pharmacie LEPELTIER Elise Chimie générale Nanovectorisation Pharmacie LETOURNEL Franck Biologie cellulaire Médecine LIBOUBAN Hélène Histologie Médecine MALLET Sabine Chimie Analytique et bromatologie Pharmacie MAROT Agnès Parasitologie et mycologie médicale Pharmacie MAY-PANLOUP Pascale Biologie et médecine du développement et de la reproduction Médecine MESLIER Nicole Physiologie Médecine MOUILLIE Jean-Marc Philosophie Médecine NAIL BILLAUD Sandrine Immunologie Pharmacie PAPON Xavier Anatomie Médecine PASCO-PAPON Anne Radiologie et imagerie médicale Médecine PECH Brigitte Pharmacotechnie Pharmacie PENCHAUD Anne-Laurence Sociologie Médecine PETIT Audrey Médecine et santé au travail Médecine PIHET Marc Parasitologie et mycologie Médecine PRUNIER Delphine Biochimie et biologie moléculaire Médecine RIOU Jérémie Biostatistique Pharmacie ROGER Emilie Pharmacotechnie Pharmacie SCHINKOWITZ Andréas Pharmacognosie Pharmacie SIMARD Gilles Biochimie et biologie moléculaire Médecine
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    TANGUY-SCHMIDT Aline Hématologie; transfusion Médecine TRICAUD Anne Biologie cellulaire Pharmacie TURCANT Alain Pharmacologie Médecine AUTRES ENSEIGNANTS AMIARD Stéphane Informatique Médecine AUTRET Erwan Anglais Médecine BRUNOIS-DEBU Isabelle Anglais Pharmacie CAVAILLON Pascal Pharmacie Industrielle Pharmacie CHIKH Yamina Économie-Gestion Médecine FISBACH Martine Anglais Médecine LAFFILHE Jean-Louis Officine Pharmacie LETERTRE Elisabeth Coordination ingénierie de formation Médecine O’SULLIVAN Kayleigh Anglais Médecine
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    REMERCIEMENTS À Monsieurle Professeur Roy Pierre-Marie, Merci de me faire l’honneur de présider ce jury de thèse. Veuillez trouver ici l’expression de ma sincère gratitude. À Monsieur le Docteur Hamdan David, Merci de m’avoir guidée et rassurée, durant tout ce travail. Merci pour ta patience et ton écoute. Travailler avec toi a toujours été un plaisir que cela soit auprès des patients ou concernant ce travail de thèse. À Monsieur le Professeur Beydon Laurent et à Monsieur le Professeur Connan Laurent, Je vous remercie de faire partie de mon jury et de l’intérêt que vous avez porté à ce travail. À Madame le Docteur Armand Aurore et à Madame le Docteur Roy Corinne, Merci d’avoir accepté de faire partie de ce jury. Merci de m’avoir appris la médecine d’Urgence en travaillant à vos côtés. Merci de m’avoir fait part de vos réflexions et de vos connaissances concernant les problèmes éthiques, l’abord du patient et les relations entre les professionnels de santé. Grâce à vous j’ai pu approfondir ma réflexion. J’ai beaucoup appris à vos cotés. À Madame le Docteur Bourgeais Blandine, Madame Frontera Nadine et Monsieur Pilleron Benjamin, Merci de m’avoir aidée à animer les séances de rencontre avec les soignants. Notre travail collectif n’est qu’un avant-goût d’une future collaboration professionnelle. Merci à Blandine d’avoir en plus participé à l’élaboration des protocoles. À Monsieur le Professeur Saulnier Patrick, Merci de m’avoir initiée au monde étrange des statistiques que vous avez réussi à rendre agréable de part votre bonne humeur. Ce fut un plaisir de travailler avec vous. Merci à Gauthier, Olivia, Violette, Lise, Cécile et Thierry, pour l’aide qu’ils m’ont apportée pour la rédaction de ce travail.
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    REMERCIEMENTS À Gauthier, Merci defaire partie de ma vie. Merci pour ta patience, ton écoute, ton soutien et tous les moments de bonheur que tu me fais vivre. À mes parents et à ma famille, Merci d’avoir toujours cru en moi et de m’avoir poussée à donner toujours le meilleur de moi même. Je n’en serais pas là sans vous. À Audrey, Merci d’être mon alliée. Merci pour les moments incroyables et à jamais gravés dans ma mémoire que nous avons vécus ensemble ici ou à l’autre bout du monde. Tu sais que « à toi, je peux tout te dire ». À Violette, Le destin fait que nous suivons le même parcours mais il n’aurait pas la même saveur sans toi. À mes amis de l’internat, Kamélia et Romain, Anne-Gaëlle, Maelys, Lise, JM, Cécile et Ben, Daphnée, Noémie, Greg, Marie, Romain, Anne et Simon, Merci pour les moments de joies que je vis avec vous, merci pour votre tolérance, votre bienveillance, votre ouverture d’esprit, votre humour. Je me sens bien parmi vous. Aux Transbordeurs, Merci d’être des compagnons de scène comme de vie, merci pour ce lien si spécial qui nous uni. À la famille « Caillou », Merci pour l’accueil chaleureux que vous m’avez réservé dans votre si jolie famille. Aux soignants qui m’ont encadrée pendant tout mon parcours d’interne, Merci particulièrement aux équipes des Urgences et du SAMU d’Angers, des Urgences de Cholet et de la Réanimation de Cholet. J’ai trouvé parmi vous des modèles. Vous m’avez permis d’apprendre les bases scientifiques et humaines de notre si beau métier avec bienveillance et bonne humeur.
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    Liste des abréviations ANAESAgence Nationale d’Accréditation et d’Évaluation en Santé CHU Centre Hospitalier Universitaire EHPAD Établissement d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes IGAS Inspection Générale des Affaires Sociales LATA Limitation et Arrêt des Thérapeutiques Actives SAU Service d’Accueil des Urgences SFAP Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs SFMU Société Française de Médecine d’Urgence SRLF Société de Réanimation de Langue Française UHCD Unité d’Hospitalisation de Courte Durée
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    Plan INTRODUCTION   1.  Les limitations et les arrêts des thérapeutiques actives   1.1.   Définition   1.2.   Épidémiologie   2.   Prise en charge d’un patient en LATA   2.1.   Encadrement des LATA   2.2.   Recommandations concernant la prise en charge des patients en LATA   2.3.   Modifications apportées par la loi du 2 février 2016   2.4.   Décision de LATA et prise en charge des patients aux Urgences   3.   Question de recherche   METHODES   1.   Type d’étude   2.   Population étudiée   3.   Intervention   4.   Données recueillies   5.   Le critère de jugement principal   5.1.   Description du critère de jugement principal   5.2.   Analyse principale   6.   Les critères de jugement secondaires   7.   Outils statistiques   8.   Aspects éthiques   RESULTATS   1.   Diffusion de l’information   2.   Diagramme de flux   3.   Épidémiologie   3.1.   Âge et sexe   3.2.   Structure d’origine   3.3.   Antécédents   3.4.   Motif de recours aux Urgences   3.5.   Aptitude du patient à consentir à ses soins   4.   Analyse principale   5.   Analyses secondaires   5.1.   Nombre de décisions conformes selon l’aptitude du patient à consentir à ses soins   5.2.   Répartition des dossiers selon le taux de réalisation des critères décisionnels   5.3.   Détails des critères décisionnels d’une LATA  
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    DISCUSSION   1.  Discussions et comparaisons de nos résultats par rapport aux données de la littérature   1.1.   La population   1.2.   Le critère de jugement principal, comparaison du nombre de décisions de LATA conformes aux recommandations   1.3.   Nombre de décisions conformes selon l’aptitude du patient à consentir à ses soins   1.4.   Répartition des dossiers selon le taux de réalisation des critères décisionnels   1.5.   Détails des critères décisionnels d’une décision de LATA   2.   Biais et limites de notre étude   3.   Perspectives   CONCLUSION   BIBLIOGRAPHIE   LISTE DES FIGURES   LISTE DES TABLEAUX   TABLE DES MATIERES   ANNEXES   Annexe 1 : Poster limitation de soins aux urgences   Annexe 2 : Livret prise en charge des patients en limitation de soins et/ou situation de fin de vie  
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    1 INTRODUCTION 1. Les limitationset les arrêts des thérapeutiques actives 1.1. Définition La problématique des limitations et des arrêts des thérapeutiques actives (LATA) est un questionnement sociétal. Avec le vieillissement de la population et une médicalisation de plus en plus poussée, les soins dits curatifs ne paraissent plus appropriés dans toutes les situations et peuvent alors être qualifiés d’obstination déraisonnable. Il s’agit là d’un problème éthique majeur de la médecine moderne que d’appréhender la distinction entre la persévérance thérapeutique, salutaire pour la vie et l’obstination déraisonnable, qui porte plus atteinte à la dignité humaine qu’elle ne sauve. Trois situations ont été identifiées comme pouvant faire partie de l’obstination déraisonnable : les situations d’échec des thérapeutiques curatives, les situations où les soins curatifs ne permettent pas d’aller à l’encontre d’un pronostic très défavorable et les demandes du patient d’arrêt des suppléances d’organe [1]. Pour autant, une fois ces situations définies, la décision et la mise en place d’une LATA sont complexes car uniques et spécifiques à chaque patient. Dans ces situations, où la médecine curative se pondère, les soins ont un autre objectif. Ils ne visent pas la guérison mais le soulagement et l’accompagnement du patient. Loin d’être définies par une dichotomie entre soins curatifs et soins de confort, les LATA s’envisagent
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    2 dans le cadred’une réflexion éthique propre à chaque patient concernant chaque thérapeutique qui sera administrée, limitée ou arrêtée. Les LATA peuvent s’intégrer dans le cadre de la fin de vie. Pour autant, il a été clairement établi que les LATA ne représentent pas une aide à mourir ou un suicide assisté [2 ; 3] mais une prise en charge basée sur la réflexion de la pertinence thérapeutique. Le bien-être du patient est toujours un impératif dans l’exercice médical. Il le devient d’autant plus dans le contexte de LATA et notamment dans les situations de fin de vie, où il devient la priorité. Le soignant doit changer son approche du patient qui devient alors, non plus un malade, mais une personne en fin de vie. La mort est replacée comme une étape naturelle de la vie. 1.2. Épidémiologie Avec le vieillissement de la population et le développement de poly-pathologies, les situations de LATA sont de plus en plus fréquentes. À la limite du tabou, l’appréhension et l’accompagnement à la mort ne se font plus au sein des familles mais en institution [4]. Ainsi, plus de la moitié des français meurent à l’hôpital, dont 16 % dans les vingt-quatre premières heures [5]. Au vu du parcours de soins habituel, ces patients décédant quelques heures après leur entrée à l’hôpital auront été pris en charge par les équipes des Urgences dans la grande majorité des cas. Les services d’accueil des Urgences (SAU) sont le recours pour toutes les situations d’urgences réelles ou ressenties. Les équipes travaillant aux Urgences sont amenées à mener le processus décisionnel de LATA puis à prendre en charge ces patients, la plupart du temps
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    3 face à dessituations de détresse aiguë, chez des patients fragiles, ayant un pronostic vital engagé à court terme ou une qualité de vie compromise. Les Urgences, et notamment l’unité d’hospitalisation de courte durée (UHCD), gèrent de plus en plus les situations de fin de vie dans le cadre des LATA, accompagnant jusqu’au décès les patients [6]. En effet, les décès aux Urgences représentent 0.2% à 0.5% des passages [7 ; 8] soit 5% des décès en France [9] et 7 à 17.5% des décès hospitaliers [5 ; 9]. Plus de 60% (63% à 79% selon les études) des décès aux Urgences sont précédés d’une décision de LATA [7 ; 8]. La plupart des études ont caractérisé les démarches de LATA à partir de la population décédée aux Urgences. Cela ne représente pas forcement toutes les décisions de LATA qui ne concernent pas seulement des patients en fin de vie. Une étude incluant tous les patients hospitalisés aux Urgences dans la filière médecine sur 250 jours montrait un taux de décision de LATA à 0.8% du total des passages [10]. Une autre étude montrait un résultat similaire avec 0.96% des passages correspondant à une décision de LATA [11]. Ainsi, les décisions de LATA, puis la prise en charge de ces patients, font parties du quotidien d’un service d’Urgence. Il est donc nécessaire que les équipes y travaillant soit formées aux recommandations savantes et légales ainsi qu’aux principes éthiques les encadrant afin d’optimiser la prise en charge de ces patients.
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    4 2. Prise encharge d’un patient en LATA 2.1. Encadrement des LATA Les LATA placent le patient au centre d’une réflexion pluridisciplinaire : Ÿ Une réflexion médicale, avec les recommandations des sociétés savantes : la Société Française de Médecine d’Urgence (SFMU) [12], la Société de Réanimation de Langue Française (SRLF) [13] et la Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs (SFAP) [14]. Ÿ Une réflexion légale, avec le Code de Déontologie Médicale (articles 35 sur l’information, 36 sur le consentement, 37 sur l’obstination déraisonnable, 38 sur les soins de confort [15]) et le Code de Santé Publique avec la loi du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie [3], actualisation de la loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie [16], la loi du 9 juin 1999 visant à garantir l’accès aux soins palliatifs [17], la loi de mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé [18]. Ÿ Une réflexion éthique avec les principes de bienfaisance, de non malfaisance, d’autonomie [19].
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    5 Figure 1 LesLATA, le patient au centre d'une réflexion pluridisciplinaire 2.2. Recommandations concernant la prise en charge des patients en LATA Quand le patient est apte à consentir à ses soins, les actes de santé qui sont réalisés doivent être décidés avec lui. Ils ne peuvent pas être réalisés sans le consentement du patient hors situation d’urgences vitales [15]. Il en est de même pour un acte de limitation ou d’arrêt d’une thérapeutique. En respect du principe d’autonomie et de la dignité de la personne humaine, il faut pouvoir discuter avec le patient de ce qui, pour lui, correspond à de l’obstination déraisonnable. Quand le patient n’est pas apte à consentir à ses soins, les thérapeutiques correspondant à de l’obstination déraisonnable ne doivent pas être entreprises [3]. Toutefois, l’impossibilité du patient à choisir pour lui-même dans ce contexte, impose une rigueur décisionnelle pour
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    6 respecter au mieuxla dignité du patient et répondre aux objectifs éthiques de bienfaisance et de non-malfaisance. La décision doit être collégiale, prise par le médecin en charge du patient après concertation avec l’équipe de soins et sur l’avis motivé d’au moins un autre médecin dit consultant [3]. Elle prend en compte les désirs du patient qui sont transmis par les directives anticipées, la personne de confiance, la famille ou les proches [3]. Le patient doit être informé de la décision prise s’il est apte à la recevoir [3 ; 15]. S’il n’en est pas apte, l’information doit être donnée à la personne de confiance, la famille ou les proches [3]. Une fois la décision de LATA prise, le niveau de soins, correspondant aux actes et aux thérapeutiques qui sont possibles, limités ou arrêtés, doit être déterminé. Les soins de confort, visant le bien-être du patient, doivent être introduits s’ils sont nécessaires [3]. De même, les soignants doivent accompagner de manière médicale et non médicale le patient, dans toutes les étapes de sa fin de vie si tel est le cas [14]. La traçabilité dans le dossier médical est une obligation [3]. 2.3. Modifications apportées par la loi du 2 février 2016 Cette récente loi renforce les droits des patients concernant l’acharnement thérapeutique, le respect de leur volonté et le soulagement de toutes les souffrances [3 ; 20].
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    7 Les principales nouveautésapportées sont : Ÿ Les soins dits déraisonnables, parce qu’ils n’ont comme objectif que la prolongation artificielle de la vie, doivent être arrêtés alors qu’auparavant ils pouvaient être arrêtés. Ÿ La place des directives anticipées est renforcée. Les directives anticipées n’ont plus de durée de validité. Elles priment sur l’avis de la personne de confiance, des proches ou de la famille. Elles s’imposent aux médecins, sauf situation d’urgence vitale le temps de faire le diagnostic, ou si elles sont manifestement inappropriées après la réflexion collégiale. Ÿ La sédation profonde et continue, dite sédation terminale, est autorisée dans les situations de mort imminente. Ÿ La nutrition et l’hydratation artificielle sont des traitements qui peuvent être arrêtés dans le cadre des LATA. Ÿ La formation des soignants et l’octroi de moyen en faveur des soins palliatifs sont renforcés. 2.4. Décision de LATA et prise en charge des patients aux Urgences Il existe plusieurs difficultés concernant la prise de décision et la mise en place des LATA aux Urgences. La méconnaissance du patient, l’intensité de l’activité, les sollicitations répétées, la nécessité de parfois prendre une décision rapidement et la saturation des lits d’aval font la complexité de ces prises en charge. De plus il a été démontré que les médecins et les
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    8 paramédicaux sont insuffisammentsensibilisés aux problèmes éthiques et au processus décisionnel des LATA [5 ; 21 ; 22]. Par ailleurs, les études ont mis en évidence des défauts dans la prise en charge de ces patients aux Urgences concernant le processus décisionnel ainsi que pour les soins apportés aux patients : Ÿ La collégialité n’est pas systématique [8 ; 10 ; 23 ; 24]. Ÿ L’équipe paramédicale n’est que très peu impliquée dans le processus décisionnel [8 ; 10 ; 23 ; 24]. Ÿ Le patient, s’il est apte à consentir à ses soins, n’est pas assez consulté [8 ; 23 ; 24]. Ÿ Les directives anticipées et la personne de confiance ne sont pas assez recherchées [23]. Ÿ Les familles et proches ne sont pas assez impliqués [8 ; 10 ; 23 ; 24]. Ÿ Les soins de confort sont insuffisamment prescrits [8 ; 25]. Récemment, dans le cadre d’une thèse, une étude observationnelle concernant la prise en charge des patients en LATA a été réalisée aux Urgences du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) d’Angers [26]. Conformément aux autres études, elle a pu mettre en évidence des manquements au processus décisionnel des LATA, notamment en terme de collégialité de la décision, d’implication de l’équipe paramédicale, de recherche des directives anticipées et de la personne de confiance, d’implication à la décision et d’information du patient apte à consentir à ses soins.
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    9 3. Question derecherche En connaissance des manquements au processus décisionnel optimal des LATA aux Urgences du CHU d’Angers, nous avons, par ce travail, souhaité améliorer leur réalisation. Dans ce but, nous avons mis en place une intervention basée sur l’information concernant la décision et la prise en charge des patients en situation de LATA aux Urgences. Puis nous avons étudié si la mise en place de cette intervention permettait l’amélioration escomptée.
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    10 METHODES 1. Type d’étude Nousavons réalisé une étude descriptive, rétrospective, s’axant autour d’une intervention. Elle s’est déroulée au SAU et à l’UHCD du CHU d’Angers, sur deux périodes de 4 mois réparties entre décembre 2014 et août 2016. 2. Population étudiée Les critères d’inclusion étaient : Ÿ Une hospitalisation à l’UHCD du CHU d’Angers entre le 1er décembre 2014 et le 31 mars 2015 (période pré-interventionnelle) puis entre le 1er mai et le 31 août 2016 (période post- interventionnelle). Ÿ Un âge supérieur ou égal à 18 ans. Ÿ Une décision de LATA prise au SAU ou à l’UHCD, qu’elle soit clairement établie (mention dans le dossier) ou déductible de la lecture du dossier (arrêt ou non introduction de thérapeutiques curatives dans un contexte où elles auraient été nécessaires).
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    11 Les critères d’exclusionétaient : Ÿ Un patient mineur. Ÿ Une décision de LATA antérieure à la prise en charge aux Urgences. Ÿ Un dossier administratif incomplet. Critères d’inclusion - Une hospitalisation à l’UHCD du CHU d’Angers entre le 1er décembre 2014 et le 31 mars 2015 (période pré-interventionnelle) puis entre le 1er mai et le 31 août 2016 (période post-interventionnelle). - Un âge supérieur ou égal à 18 ans. - Une décision de LATA prise au SAU ou à l’UHCD, qu’elle soit clairement établie (mention dans le dossier) ou déductible de la lecture du dossier (arrêt ou non introduction de thérapeutiques curatives dans un contexte où elles auraient été nécessaires). Critères d’exclusion - Un patient mineur. - Une décision de LATA antérieure à la prise en charge aux Urgences. - Un dossier administratif incomplet. Tableau I : Description de la population étudiée 3. Intervention L’intervention a été réalisée en avril 2016. Elle consistait à informer les équipes médicales et paramédicales des principaux points scientifiques, législatifs et éthiques concernant la décision et la prise en charge des patients en LATA.
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    12 Elle s’est axéesur 3 points : Ÿ La création d’un poster (annexe 1) permettant de structurer la décision de LATA en 4 étapes et d’en décrire les principaux éléments nécessaires à chacune de ces étapes : w La motivation de la décision : il s’agit de rechercher les éléments qui orientent les soignants vers une décision de LATA. w La confrontation de la décision : il s’agit de la prise de décision de LATA, avec le patient s’il est apte à consentir ou selon une procédure collégiale s’il est inapte à consentir. w L’écriture de la décision : il s’agit de déterminer le niveau de soins et de prescrire les soins de confort si le patient en nécessite. w La réévaluation de la décision : il s’agit de réévaluer la décision de LATA en elle- même et d’adapter le niveau de soins ainsi que les soins de confort, selon l’évolution du patient et la récupération d’informations le concernant. Figure 2 : Les 4 étapes décisionnelles d'une LATA •  Rechercher les éléments qui orientent les soignants vers une LATA I. Motiver sa décision •  Prendre une décision avec le patient s'il est apte à consentir à ses soins •  Ou selon une procédure collégiale si le patient n’est pas apte à consentir II. Confronter sa décision •  Déterminer le niveau de soins •  Mettre en place les soins de confort si le patient en nécessite III. Écrire sa décision •  S’interroger tout au long de la prise en charge sur la validité de la limitation de soins •  Adapter le niveau de soins et des soins de confort à l’état du patient IV. Réévaluer sa décision
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    13 Le poster aété présenté aux équipes médicales et paramédicales et affiché dans la salle de staff du SAU du CHU d’Angers. Ÿ La transmission d’un livret (annexe 2) comprenant les principales mesures de soins de confort et les principes de prise en charge d’un patient algique, dyspnéique ou nécessitant une sédation dans le cadre des LATA. Ce livret était accompagné d’une feuille explicative. Ÿ La rencontre des équipes médicales et paramédicales où il leur était présenté le processus décisionnel d’une LATA et les principes de prise en charge des patients en LATA en prenant comme support les différents éléments mis en place lors de cette intervention (poster et livret). Un infirmier et une aide-soignante, faisant partie du groupe éthique des Urgences et ayant déjà effectué un travail sur le sujet, s’étaient joints à nous pour l’animation des rencontres avec le personnel paramédical ce qui permettait une vision globale du patient en LATA. Les informations transmises ont été issues des recommandations de la SFMU, de la SRLF, de la SFAP, des principes éthiques et du cadre légal. 4. Données recueillies Le recueil de données s’est effectué du 1er décembre 2014 au 31 mars 2015 pour la période pré-interventionnelle et du 1er mai au 31 août 2016 pour la période post-interventionnelle. Les données étaient recueillies à partir des dossiers médicaux informatisés des patients correspondant aux critères d’inclusion dans les périodes étudiées.
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    14 Les données recueilliessont présentées dans le tableau II : Données recueillies Intervention - le personnel médical et paramédical ayant reçu l’information orale - le personnel médical et paramédical ayant reçu l’information écrite Épidémiologie - l’âge, le sexe, la structure d’origine - les pathologies chroniques du patient - le motif de recours aux Urgences Motivation de la décision - la justification de la mise en place d’une LATA Confrontation de la décision - la capacité du patient à consentir à ses soins L’incapacité du patient à consentir à ses soins était définie par : Ÿ La notification dans le dossier de l’incapacité à consentir du patient Ÿ Les troubles de la conscience (score de Glasgow inférieur à 14) Ÿ La démence Ÿ La présence d’une détresse vitale majeure (asphyxie, douleur intense, hémorragie massive) Si le patient était apte à consentir : - l’association du patient à la décision - l’information du patient Si le patient n’était pas apte à consentir : - la recherche des directives anticipées - la consultation et l’information de la personne de confiance - la prise de décision collégiale - le nom et la fonction du médecin consultant - la consultation et l’information des proches Prescription de la décision - la détermination des thérapeutiques limitées - l’utilisation de termes flous ne permettant pas de caractériser les thérapeutiques limitées Réévaluation de la décision - la présence d’une nouvelle réflexion sur la décision de limitation de soins ou sur le niveau de soins Tableau II : Données recueillies
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    15 5. Le critèrede jugement principal 5.1. Description du critère de jugement principal Le critère de jugement principal était la comparaison du taux de réalisation des critères décisionnels d’une LATA, avant et après intervention. Les critères décisionnels d’une LATA ont été déterminés selon les recommandations de la SFMU, de la SRLF et de la SFAP, selon la législation et selon les principes éthiques concernant ces situations. Pour un patient apte à consentir à ses soins, les critères décisionnels sont au nombre de 5 et décris dans le tableau III : Tableau III : Les critères décisionnels d'une LATA chez le patient apte à consentir à ses soins 1/  Mo&va&on  de  la  décision   •   Fait  :  jus&fica&on  de  la  décision  de  la  LATA     •   Non  fait  :  pas  de  jus&fica&on  de  la  décision  de  LATA   2/  Associa&on  du  pa&ent  à  la  décision   •   Fait  :  décision  prise  en  consultant  le  pa&ent     •   Non  fait  :  décision  prise  sans  consulter  le  pa&ent   3/  Informa&on  du  pa&ent   •   Fait  :  informa&on  du  pa&ent  sur  son  état  de  santé  et  sur  le  niveau  de  soins  décidé   •   Non  fait  :  pa&ent  non  informé   4/Détermina&on  d’un  niveau  de  soins     •   Fait  :  précision  des  thérapeu&ques  limitées  ou  arrêtées     •   Non  fait  :  pas  de  précision  des  thérapeu&ques  limitées  ou  arrêtées  ou  termes  flous   seuls   5/  Réévalua&on  de  la  décision     •   Fait  :  réévalua&on  de  la  décision  de  LATA  ou  du  niveau  de  soins     •   Non  fait  :  pas  de  réévalua&on  de  la  décision  de  LATA  ou  du  niveau  de  soins  
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    16 Pour un patientinapte à consentir à ses soins, les critères décisionnels sont au nombre de 8 et décris dans le tableau IV : Tableau IV : Les critères décisionnels d'une LATA chez le patient inapte à consentir à ses soins 1/  Mo&va&on  de  la  décision   •   Fait  :  jus&fica&on  de  la  décision  de  la  LATA     •   Non  fait  :  pas  de  jus&fica&on  de  la  décision  de  la  LATA   2/  Collégialité  de  la  décision   •   Fait  :  décision  prise  par  au  moins  2  médecins   •   Non  fait  :  décision  prise  par  1  médecin  seulement   3/  Précision  du  nom  et  de  la  fonc&on  du  médecin  consultant   •   Fait  :  nom  et  fonc&on  du  médecin  consultant  précisés   •   Non  fait  :  pas  de  précision  du  nom  et  de  la  fonc&on  du  médecin  consultant   4/  Recherche  des  direc&ves  an&cipées   •   Fait  :  direc&ves  an&cipées  recherchées     •   Non  fait  :  pas  de  recherche  des  direc&ves  an&cipées   5/  Avis  et  informa&on  de  la  personne  de  confiance     •   Fait  :  consulta&on  et  informa&on  de  la  personne  de  confiance     •   Non  fait  :  pas  de  consulta&on  ou  d'informa&on  de  la  personne  de  confiance   6/  Avis  et  informa&on  de  la  famille  ou  des  proches   •   Fait  :  consulta&on  et  informa&on  de  la  famille  ou  des  proches   •   Non  fait  :  pas  de  consulta&on  ou  d'informa&on  de  la  famille  ou  des  proches   7/  Détermina&on  d’un  niveau  de  soins     •   Fait  :  précision  des  thérapeu&ques  limitées  ou  arrêtées   •   Non  fait  :  pas  de  précision  des  thérapeu&ques  limitées  ou  arrêtées  ou  termes  flous  seuls   8/  Réévalua&on  de  la  décision     •   Fait  :  réévalua&on  de  la  décision  de  LATA  ou  du  niveau  de  soins     •   Non  fait  :  pas  de  réévalua&on  de  la  décision  de  LATA  ou  du  niveau  de  soins  
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    17 5.2. Analyse principale Nousavons arbitrairement considéré que le processus décisionnel de LATA était conforme aux recommandations quand étaient présents 4 critères décisionnels sur 5 chez les patients aptes à consentir à leurs soins et 6 critères décisionnels sur 8 chez les patients non aptes à consentir à leurs soins. Ceci correspond à un taux d’adéquation aux recommandations de 80% pour les patients aptes à consentir et de 75% pour les patients non aptes à consentir. Nous avons considéré que l’intervention était efficace si elle induisait une augmentation significative (définie par p<0.05) du nombre de décisions conformes aux recommandations, entre les phases pré et post interventionnelles. 6. Les critères de jugement secondaires Nous avons comparé le nombre de décisions conformes entre les périodes pré et post- interventionnelles pour les patients aptes à consentir à leurs soins et pour les patients inaptes à consentir à leurs soins. Par ailleurs, nous avons étudié la répartition des dossiers entre les périodes pré et post- interventionnelles, en fonction du nombres de critères décisionnels réalisés. Enfin nous avons évalué dans le détail chaque critère décisionnel entre les périodes pré et post-interventionnelles.
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    18 7. Outils statistiques Lesdonnées ont été collectées grâce à un tableur EXCEL (Microsoft) à partir des logiciels «URQUAL» et «HEO», utilisés aux Urgences du CHU d’Angers. L’analyse statistique a été réalisée par le logiciel SPSS 15.0 et le site BIOSTATGV. Les données ont été comparées par le test du Chi2, par le test exact de Fisher ou par le test d’indépendance de Aochrane-Armitage.   Il s’agit d’une étude bilatérale, avec un seuil de significativité de 5% (p<0.05). Il n’y a pas eu de contrôle de la puissance du test. 8. Aspects éthiques Le comité d’éthique du CHU d’Angers ainsi que le comité d’éthique des Urgences du CHU d’Angers ont émis un avis favorable concernant cette étude.
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    19 RESULTATS 1. Diffusion del’information L’information écrite a été reçue par la totalité du personnel des Urgences en activité au moment de la réalisation de l’intervention (poster, livret et fiche explicative). L’information orale a été dispensée à 42% du total du personnel médical et paramédical travaillant aux Urgences. En détail, 100% des médecins, 31% des infirmier(e)s et 23% des aide-soignant(e)s ont reçu l’information orale. 2. Diagramme de flux Durant les deux périodes d’étude, 3437 patients ont été hospitalisés à l’UHCD. Pour 231 patients, soit 7% du total des patients hospitalisés à l’UHCD, la prise en charge a conduit à la mise en place d’une LATA. Il n’y avait pas de différence significative entre les groupes pré et post-interventionnels concernant le nombre de patients hospitalisés à l’UHCD ayant eu une décision de LATA (p=0.673). Parmi les 3437 dossiers de patients hospitalisés à l’UHCD, 39 dossiers ont été exclus (respectivement 16 dossiers pour le groupe pré-interventionnel et 23 dossiers pour le groupe post-interventionnel) en raison d’un manque de données administratives, d’une décision de LATA antérieure à la prise en charge aux Urgences ou de l’impossibilité à déterminer avec certitude si la prise en charge correspondait à une LATA. Un total de 3398 dossiers a donc été pris en compte.
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    20 Figure 3 :Diagramme de flux 3. Épidémiologie Il n’y avait pas de différence significative entre les groupes pré et post interventionnels concernant l’âge, le sexe, la structure d’origine, les antécédents et le nombre de patients inaptes à consentir à leurs soins. Des différences significatives ont pu être mises en évidence concernant le motif de recours aux Urgences et la cause d’incapacité du patient à consentir à ses soins. Décisions conformes ou non Dossiers comprenants une décision de LATA ou non Période d'étude par rapport à l'intervention Patients hospitalisés à l'UHCD 3398 patients Avant : 1705 patients 7% LATA (N=119) 13% décisions conformes (N=15) 87% décisions non conformes (N=104) 93% non LATA (N=1586) Après : 1693 patients 7% LATA (N=112) 23% décisions conformes (N=26) 77% décisions non conformes (N=86) 93% non LATA (N=1581)
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    21 3.1. Âge etsexe La moyenne d’âge pour les deux groupes étaient de 84.5 ans. Il n’y avait pas de différence significative entre les deux groupes (p=0,479). La population totale était à 60% composée de femmes (respectivement 59% pour le groupe pré-interventionnel et 62% pour le groupe post-interventionnel). Il n’y avait pas de différence significative entre les deux groupes concernant le rapport hommes/femmes (H/F) (p=0,666). Critères Pré-interventionnel Post-interventionnel Significativité p<0.05 Age moyen 84 ans 85 ans p = 0,479 Sexe ratio (H/F) 0.7 0.6 p = 0,666 Tableau V : Comparaison de l'âge et du sexe 3.2. Structure d’origine Il n’y avait pas de différence significative concernant la structure de provenance du patient entre les groupes pré et post-interventionnel. Les patients provenaient majoritairement d’établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Structure Pré-interventionnel Post-interventionnel Significativité p<0.05 EHPAD 40% (N=48) 40% (N=45) p=0.981 Domicile 35% (N=42) 38% (N=43) p=0.625 Maison de retraite 13% (N=15) 16% (N=18) p=0.452 Hôpital 8% (N=10) 4% (N=4) p=0.124 Foyer logement 4% (N=4) 2% (N=2) p=0.684 Tableau VI : Comparaison de la structure d'origine
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    22 3.3. Antécédents Le principalantécédent présenté par les patients était la démence en pré comme en post- interventionnel. Il n’y avait pas de différence significative entre les deux groupes concernant les antécédents. Antécédents Pré-interventionnel Post-interventionnel Significativité p<0.05 Démence 34% (N=40) 45% (N=50) p=0.086 Trouble neurologique invalidant 30% (N=36) 23% (N=26) p=0.228 Insuffisance cardiaque 21% (N=25) 24% (N=27) p=0.573 Coronaropathie 20% (N=24) 21% (N=23) p=0.471 Cancer local 17% (N=20) 23% (N=26) p=0.223 Diabète 19% (N=23) 15% (N=17) p=0.405 Pathologie respiratoire 18% (N=21) 17% (N=19) p=0.891 Cancer métastatique 12% (N=14) 15% (N=17) p=0.447 Pathologie thrombotique 15% (N=18) 11% (N=12) p=0.319 Insuffisance rénale 8% (N=9) 11% (N=12) p=0.405 Hémopathie 9% (N=11) 7% (N=8) p=0.561 Hépatopathie 5% (N=6) 5% (N=6) p=0.914 Tableau VII : Comparaison des antécédents 3.4. Motif de recours aux Urgences Le motif de consultation aux Urgences était principalement d’ordre infectieux pour le groupe pré-interventionnel et respiratoire pour le groupe post-interventionnel. Il y avait significativement plus de patients consultant aux Urgences pour un motif infectieux dans le groupe pré-interventionnel (p=0.003).
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    23 Motif de recoursaigu Pré-interventionnel Post-interventionnel Significativité p<0.05 Infectieux 60% (N=72) 41% (N=46) p=0.003 Respiratoire 53% (N=63) 44% (N=49) p=0.071 Neurologique 18% (N=22) 24% (N=27) p=0.296 Cardiaque 14% (N=17) 19% (N=21) p=0.360 Digestif 8% (N=9) 9% (N=10) p=0.706 Autre 8% (N=10) 4% (N=5) p=0.225 Endocrinien 3% (N=4) 1% (N=1) p=0.198 Traumatique 0% (N=0) 3% (N=3) p=0.072 Tableau VIII : Comparaison du motif de recours aux Urgences 3.5. Aptitude du patient à consentir à ses soins La population totale comprenait 16% de patients capables de consentir à leurs soins (18% (N=22) dans le groupe pré-interventionnel et 14% (N=16) dans le groupe post- interventionnel). Il n’y avait pas de différence significative entre les groupes pré et post- interventionnels concernant le nombre de patients non aptes à consentir à leurs soins (p=0,389). Le principal motif d’incapacité d’un patient à consentir à ses soins était les troubles de la vigilance dans les deux groupes. Il y avait significativement plus de patients incapables de consentir à leurs soins en raison de trouble de la vigilance en pré-interventionnel (p=0.008) et en raison d’une détresse vitale aiguë en post-interventionnel (p=0.012). Critères Pré-interventionnel (N=97) Post-interventionnel (N=96) Significativité p<0.05 Trouble de la vigilance 75% (N=73) 57% (N=55) p=0.008 Démence 21% (N=20) 28% (N=27) p=0.224 Détresse vitale aigue 4% (N=4) 15% (N=14) p=0.012 Tableau IX : Comparaison des motifs d'inaptitude à consentir des patients
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    24 4. Analyse principale Dansle groupe pré-interventionnel, il y a eu 15 sur 119 (13%) décisions de LATA conformes aux recommandations. Dans le groupe post-interventionnel, il y a eu 26 sur 112 (23%) décisions de LATA conformes aux recommandations. Il y a eu significativement plus de décisions de LATA conformes (p=0.035) en post- interventionnel. Figure 4 : Critère de jugement principal, comparaison du nombre de décisions de LATA conformes
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    25 5. Analyses secondaires 5.1.Nombre de décisions conformes selon l’aptitude du patient à consentir à ses soins Chez les patients inaptes à consentir à leurs soins, il y avait significativement plus de décisions conformes en post-interventionnel (p=0.008). Pour les patients aptes à consentir à leurs soins, il n’y avait pas de différence significative entre les phases pré et post-interventionnelle concernant le nombre de décisions conformes (p=0.578). Population et période Décisions conformes Décisions non conformes Significativité p<0.05 Patient non apte à consentir (N=193) Pré-interventionnelle (N=97) 6% (N=6) 94% (N=91) p=0.008 Post-interventionnelle (N=96) 19% (N=18) 81% (N=78) Patient apte à consentir (N=38) Pré-interventionnelle (N=22) 41% (N=9) 59% (N=13) p=0.578 Post-interventionnelle (N=16) 50% (N=8) 50% (N=8) Tableau X : Comparaison du nombre de décisions conformes chez les patients aptes et inaptes à consentir à leurs soins
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    26 5.2. Répartition desdossiers selon le taux de réalisation des critères décisionnels Chez les patients aptes à consentir à leurs soins Il y avait une majorité de décisions prises avec 4 critères décisionnels réalisés en pré- interventionnel (32%). En post-interventionnel, la majorité des décisions comprenaient 4 ou 5 critères décisionnels (25% dans les deux cas). Pour les patients aptes à consentir à leurs soins, il n’y avait pas de différence significative concernant la répartition des décisions selon le nombre de critères décisionnels réalisés entre les groupes pré et post-interventionnels (p=0.29). Figure 5 : Répartition des décisions selon le nombre de critères décisionnels réalisés chez les patients aptes à consentir à leurs soins 0/5 1/5 2/5 3/5 4/5 5/5 pré-interventionnel 9% 18% 14% 18% 32% 9% Post-interventionnel 0% 19% 12% 19% 25% 25% 0% 5% 10% 15% 20% 25% 30% 35%
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    27 Chez les patientsinaptes à consentir à leurs soins Il y avait une majorité de décisions prises avec 5 critères décisionnels réalisés dans les deux groupes (28% en pré-interventionnel et 32% en post-interventionnel). Pour les patients inaptes à consentir à leurs soins, il y avait significativement plus de critères décisionnels réalisés en post-interventionnel (p<0.001). Figure 6 : Répartition des décisions selon le nombre de critères décisionnels réalisés chez les patients inaptes à consentir à leurs soins 0/8 1/8 2/8 3/8 4/8 5/8 6/8 7/8 8/8 Pré-interventionnel 0% 8% 16% 19% 23% 28% 4% 1% 1% Post-interventionnel 0% 2% 2% 20% 25% 32% 17% 2% 0% 0% 5% 10% 15% 20% 25% 30% 35%
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    28 5.3. Détails descritères décisionnels d’une LATA Critères décisionnels communs aux patients aptes et inaptes à consentir à leurs soins Concernant les critères communs aux patients aptes et inaptes à consentir à leurs soins, il n’y avait pas de différence significative concernant la réalisation de la motivation (p=0.139) et la réévaluation de la décision (p=0.103) entre les périodes pré et post-interventionnelles. La détermination du niveau de soins était significativement plus réalisée en post- interventionnel (p=0.008). Critères période Critère fait Critère non fait Significativité p<0.05 Motivation de la décision Pré-interventionnelle 68% (N=81) 32% (N=38) p=0.139 Post-interventionnelle 77% (N=86) 23% (N=26) Détermination du niveau de soins Pré-interventionnelle 55% (N=66) 45% (N=53) p=0.008 Post-interventionnelle 72% (N=81) 28% (N=31) Réévaluation Pré-interventionnelle 21% (N=25) 79% (N=94) p=0.103 Post-interventionnelle 30% (N=34) 70% (N=78) Tableau XI : Comparaison de la réalisation des critères décisionnels communs aux patients aptes et inaptes à consentir à leurs soins Critères décisionnels spécifiques aux patients aptes à consentir à leurs soins Concernant les critères spécifiques aux patients aptes à consentir à leurs soins, il n’y avait pas de différence significative concernant l’implication du patient à la décision (p=0.089) et l’information du patient (p=0.917).
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    29 Critères période Critèrefait Critère non fait Significativité p<0.05 Implication du patient à la décision Pré-interventionnelle 41% (N=9) 59% (N=13) p=0.089 Post-interventionnelle 69% (N=11) 31% (N=5) Information du patient Pré-interventionnelle 45% (N=10) 55% (N=12) p=0.917 Post-interventionnelle 44% (N=7) 56% (N=9) Tableau XII : Comparaison de la réalisation des critères décisionnels spécifiques aux patients aptes à consentir à leurs soins Critères décisionnels spécifiques aux patients inaptes à consentir à leurs soins Concernant les critères spécifiques aux patients inaptes à consentir à leurs soins, il n’y avait pas de différence significative concernant la consultation des directives anticipées (p=0.745) et la consultation et l’information de la famille (p=0.488). La consultation de la personne de confiance étaient significativement plus réalisées en pré- interventionnel (p=0.006). Le nombre de décision collégiale était significativement plus important en post-interventionnel (p<0.001). Le nom et la fonction du médecin consultant étaient significativement plus renseignés en post-interventionnel (p<0.001). Critères période Critère fait Critère non fait Significativité p<0.05 Avis et information de la personne de confiance Pré-interventionnelle 14% (N=14) 86% (N=83) p=0.006 Post-interventionnelle 3% (N=3) 97% (N=93) Consultation des directives anticipées Pré-interventionnelle 5% (N=5) 95% (N=92) p=0.745 Post-interventionnelle 4% (N=4) 96% (N=92) Collégialité de la décision Pré-interventionnelle 62% (N=60) 38% (N=37) p<0.001 Post-interventionnelle 89% (N=85) 11% (N=11) Nom et fonction du médecin consultant Pré-interventionnelle 61% (N=59) 39% (N=38) p<0.001 Post-interventionnelle 85% (N=82) 15% (N=14) Avis et information des proches Pré-interventionnelle 90% (N=87) 10% (N=10) p=0.488 Post-interventionnelle 86% (N=83) 14% (N=13) Tableau XIII : Comparaison de la réalisation des critères décisionnels spécifiques aux patients inaptes à consentir à leurs soins
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    30 DISCUSSION 1. Discussions etcomparaisons de nos résultats par rapport aux données de la littérature 1.1. La population La décision de LATA aux Urgences a été étudiée dans la littérature à partir de plusieurs populations différentes : les patients décédés aux Urgences [8 ; 27], les patients accueillis en salles d’urgences vitales [24], les patients pris en charge en pré-hospitalier [28] et tous les patients admis aux Urgences [10 ; 11 ; 23]. Nous avons choisi d’étudier les patients hospitalisés à l’UHCD car il s’agit d’un lieu d’accueil fréquent des patients en LATA [6 ; 11]. De plus, cette unité permet une prise en charge thérapeutique et relationnelle privilégiée par rapport au SAU ou aux salles d’accueil des urgences vitales du fait du suivi continu du patient sur la journée. Les caractéristiques de notre population étaient similaires aux autres études en terme d’âge [11 ; 23 ; 27] et de sex ratio, avec une majorité de femmes [10 ; 11 ; 23]. Contrairement à notre population où les patients provenaient majoritairement d’EHPAD, ceux des autres études venaient principalement de leur domicile [8 ; 11 ; 24]. La démence était aussi un antécédent majeur [11 ; 23]. Les principaux motifs de recours aux Urgences étaient des motifs respiratoires [8 ; 11 ; 24] et infectieux [11] dans la littérature comme pour notre étude mais nous n’avons pas observé une part importante de cause neurologique comme dans certaines études [8 ; 10 ; 23].
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    31 1.2. Le critèrede jugement principal, comparaison du nombre de décisions de LATA conformes aux recommandations À notre connaissance, il n’y a pas d’étude dans la littérature qui traite de la conformité globale de la décision de LATA. Pourtant, la réalisation d’un critère décisionnel seul ne parait pas être suffisant pour prendre une décision de LATA au plus juste selon les recommandations éthiques, savantes et légales. L’originalité de notre étude repose sur le fait que nous avons étudié la décision de LATA pour chaque patient et non la réalisation de critères décisionnels seulement. Nous avons pu mettre en évidence une amélioration du nombre de décisions conformes après l’intervention. Malgré tout, le nombre de ces dernières reste insuffisant. Cela traduit bien la difficulté de la prise d’une décision de LATA aux Urgences. Néanmoins, il semble qu’en effectuant un travail d’information globale auprès de l’ensemble des équipes médicales et paramédicales intervenant dans ces situations, nous sommes en mesure d’améliorer ces prises en charge. 1.3. Nombre de décisions conformes selon l’aptitude du patient à consentir à ses soins La capacité du patient à consentir à ses soins influe sur le processus décisionnel de LATA. En étudiant la conformité des décisions de LATA selon que le patient soit apte ou non à consentir à ses soins, nous pouvons remarquer qu’aux Urgences d’Angers, les décisions de LATA concernant les patients aptes à consentir à leurs soins sont plus fréquemment conformes que chez les patients inaptes à consentir. Cela, malgré la difficulté que peut représenter la prise d’avis et l’information du patient dans de telles situations.
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    32 Notre intervention estintéressante car elle a eu un impact avec une amélioration significative de la conformité décisionnelle en post-interventionnelle chez les patients inaptes à consentir à leurs soins. 1.4. Répartition des dossiers selon le taux de réalisation des critères décisionnels Chez les patients aptes à consentir à leurs soins, la répartition des dossiers selon le taux de réalisation des critères décisionnels est assez homogène en post-interventionnel. Chez les patients inaptes à consentir à leurs soins, pour lesquels le taux de dossiers conformes était faible, nous pouvons observer qu’une majorité des décisions a été prise avec quatre ou cinq critères présents. Ceci ne permettait pas d’affirmer que ces décisions étaient conformes aux recommandations, mais le nombre de critères décisionnels réalisés était plus important en post-interventionnel et tendait vers une décision conforme. 1.5. Détails des critères décisionnels d’une décision de LATA Critères décisionnels communs aux patients aptes et inaptes à consentir à leurs soins Motiver sa décision La motivation de la décision est bien renseignée en pré comme en post-interventionnel. Le taux de décisions motivées est plus important que pour certaines études [24].
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    33 L’orientation vers unelimitation de soins et donc la détermination de ce qui correspond à de l’acharnement thérapeutique est la première difficulté du processus décisionnel. La notion d’acharnement thérapeutique est propre à chaque patient. Quand le patient est capable de s’exprimer, il faut pouvoir discuter avec lui des soins qui lui paraissent envisageables. Quand le patient est inapte à s’exprimer, le médecin se trouve dans la situation où il doit déterminer pour le patient les soins dits déraisonnables. La motivation de la décision de LATA doit reposer sur un faisceau d’argument. Un âge, un score GIR ou même un potentiel refus d’admission en réanimation ne paraissent pas suffisant à eux seuls pour conduire à une décision de LATA. Il s’agit de repérer le problème moral [12] et d’essayer d’anticiper le devenir du patient. La SFMU propose de « se laisser du temps même dans l’urgence » [12]. Déterminer le niveau de soins La détermination du niveau de soins a été significativement plus réalisée en post- interventionnel. Le niveau de soins est une prescription médicale à part entière qui concerne les thérapeutiques qui peuvent être administrées, arrêtées ou limitées. Aussi, il n’est pas licite d’utiliser des termes flous tel que « l’absence de réanimation » ou « pas de réalisation d’actes invasifs ». Le niveau de soins ne doit pas correspondre à un listing des thérapeutiques qui pourront être faites ou non, mais doit être adapté à chaque patient selon sa problématique.
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    34 Réévaluer la décision Ànotre connaissance, il n’y a pas d’étude dans la littérature qui s’intéresse à la réévaluation de la décision de LATA et du niveau de soins. Ce critère nous paraît pourtant primordial car une décision de LATA ne se justifie qu’à un moment donné. La décision de LATA et le niveau de soins doivent être réévalués au moins quotidiennement. D’autant plus aux Urgences, où les décisions initiales sont prises dans des situations particulières, propices aux erreurs d’évaluation. En effet, elles sont prises dans un contexte aigu, avec un patient méconnu du soignant, pour qui il peut manquer des éléments déterminants et dont l’évolution peut être difficile à prévoir. La réévaluation de la décision de LATA et du niveau de soins se font selon les mêmes dispositions que la décision initiale et doivent faire l’objet d’un questionnement tout le long de la prise en charge du patient. Ainsi une décision de LATA ne conditionne pas le patient à cet état. Critères décisionnels spécifiques aux patients aptes à consentir à leurs soins Notre étude montre un taux plus élevé d’implication et d’information du patient concernant la décision par rapport aux autres études [8 ; 24]. Ces critères décisionnels sont difficiles à réaliser aux Urgences. Les manques de temps, d’intimité et de connaissance du patient sont des challenges à la création d’une atmosphère propice à ce genre de discussion. Pourtant il est essentiel de prendre le temps nécessaire pour aborder ce sujet avec les patients.
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    35 Critères décisionnels spécifiquesaux patients inaptes à consentir à leurs soins Collégialité de la décision Le nombre de décisions prises de manière collégiale est significativement plus important en post-interventionnel. De plus, ce résultat est satisfaisant puisque près de 90% des décisions le sont. Ce résultat est plus important que pour les autres études [8 ; 10 ; 23 ; 24]. C’est le médecin en charge du patient qui est responsable de la décision. Dans le cadre des LATA chez le patient inapte à consentir à ses soins, la décision doit être collégiale, c’est-à- dire, en accord avec un médecin donnant un avis sur cette décision. Cette prise d’avis n’a pas pour objectif d’obtenir l’approbation du médecin consultant mais d’aboutir un consensus qui représente la décision la plus juste possible pour le patient.   Selon la loi du 2 février 2016, la décision collégiale s’appuie sur les directives anticipées, la personne de confiance, la famille et les proches, selon cette hiérarchie [3]. Les informations qui en sont recueillies ont une portée informative et non décisionnelle. Les directives anticipées, la personne de confiance et les proches La recherche des directives anticipées n’a été que très peu réalisée en pré comme en post- interventionnel. Il en est de même concernant les autres études [8 ; 23]. Cela traduit une méconnaissance des médecins et une difficulté d’accès à ces informations aux Urgences alors que la loi du 2 février 2016 donne toute leur place aux directives anticipées [3].
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    36 Une étude montraitque seulement 2.5% des français avaient rédigé des directives anticipées [29]. De plus, dans le contexte de l’urgence, des soins peuvent être réalisés sans qu’elles ne soient consultées [3]. Les directives anticipées ne paraissent pas être l’outil idéal actuellement, pour aider à la prise de décision d’une LATA aux urgences, du fait de leur caractère peu répandu et de leur accessibilité limitée. Concernant la personne de confiance, celle-ci a été plus consultée en pré-interventionnel, même si son implication dans le processus décisionnel reste rare. Ce faible taux de réalisation est plus en lien avec la difficulté d’identifier la personne de confiance en situation d’urgence, que d’un manque de volonté de prendre en compte et d’informer l’entourage du patient, comme peut le montrer le taux satisfaisant de consultation de la famille et des proches du patient. Les proches sont, le plus souvent, le recours le plus facile et le plus fiable pour traduire la volonté d’un patient en situation d’urgence. Les taux d’’implication des proches et de la famille retrouvés dans notre étude sont similaires à ceux des autres études [12 ; 27]. 2. Biais et limites de notre étude Notre étude est mono-centrique ce qui ne permet pas une extrapolation de l’information à d’autres centres. Néanmoins, son action locale a pu permettre de cibler l’information sur les critères décisionnels les moins réalisés mis en évidence par l’étude observationnelle réalisée aux Urgences d’Angers [26].
  • 49.
    37 Tout le personneldes Urgences n’a pas reçu l’information orale. De plus, il y a eu des changements de personnel pendant la durée de l’étude. Notre recueil de données post-interventionnel s’est effectué immédiatement après la réalisation de l’intervention ce qui n’a pas permis de vérifier la pérennité de l’amélioration des pratiques. Notre intervention s’est inscrite dans un mouvement de réflexion mené par le groupe éthique des Urgences. Des actions parallèles à notre information ont été réalisées et ont probablement contribué elles aussi à l’amélioration des pratiques. Les périodes pré et post-interventionnelles n’ont pas été faites sur des mois de l’année similaires. Cela peut expliquer pourquoi il y a eu plus de motif de recours aux Urgences d’ordre infectieux dans le groupe pré-interventionnel dont le recueil s’est effectué en hiver. Notre recueil de données, rétrospectif, se base sur les éléments notifiés dans le dossier médical. Bien que la traçabilité soit une nécessité, des actes ou des réflexions ont pu être menés sans pour autant avoir été tracés dans le dossier médical. Malgré ces biais, notre étude montre qu’une intervention auprès du personnel des Urgences pour les sensibiliser aux décisions de LATA est efficace. Notre étude est originale car en s’appuyant sur le groupe éthique des Urgences, elle a intégré une dimension éthique dans la prise en charge des patients en situation de LATA, ce qui semble indispensable, malgré les difficultés liées à notre environnement particulier.
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    38 3. Perspectives Cette étudea permis de mettre en évidence une amélioration des pratiques entre les périodes pré et post-interventionnelles. Néanmoins, certains points du processus décisionnel d’une LATA, tels que la consultation de la personne de confiance et la recherche des directives anticipées, sont peu réalisés. Une rencontre des soignants en insistant sur ces deux derniers points pourrait permettre d’augmenter leur réalisation. Cette amélioration des pratiques devrait être réévaluée à distance de l’intervention pour évaluer son impact à plus long terme. S’il était constaté une diminution du nombre de décisions de LATA conformes aux recommandations, il conviendrait de mettre en place des formations plus pérennes, comme des informations répétées à intervalles réguliers, ou des informations systématiques à tout nouveau personnel arrivant aux Urgences.
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    39 CONCLUSION Les décisions deLATA sont complexes. Le personnel des Urgences est fréquemment confronté à ce processus décisionnel, bien que leur configuration entraîne certaines difficultés. Nous avons eu comme projet une tentative d’amélioration de ces décisions en créant un processus décisionnel à quatre étapes et en rencontrant les équipes médicales et paramédicales travaillant aux Urgences. En étudiant le processus global de décision d’une LATA, nous avons pu mettre en évidence une amélioration des décisions grâce à une information basée sur les recommandations éthiques, savantes et légales. Le travail de groupe pluridisciplinaire et l’échange autour des pratiques ne peuvent qu’améliorer la prise en charge de ces patients. L’information aux équipes pourrait être reproposée de manière pérenne, en ciblant les critères décisionnels peu réalisés et mis en évidence par cette étude.
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    40 BIBLIOGRAPHIE 1. Le ConteP, Batard E, Pinaud V et al (2008) Décisions de limitation ou d’arrêt des thérapeutiques actives dans les services d’urgence. Réanimation 17:802-806 2. Beydon L, Pelluchon C, Beloucif H et al (2012) Fin de vie, euthanasie et suicide assisté: une mise au point de la Société française d’anesthésie et de réanimation (Sfar). Ann Fr Anesth Reanim 31:697-703 3. Loi n° 2016-87 du 2 févier 2016 créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie (J.O. 3 février 2016) 4. Baron D (2004) Question 19 : Controverse. Fin de vie et soins palliatifs : mission des services d’urgences? JEUR 17:288-293 5. Lalande F, Veber O (2008) La mort à l’hôpital Rapport Tome I. IGAS. Rapport n°RM2009-124P. http://alegall14.free.fr/IMG/pfd/La_mort_hopital.pdf, consulté en Septembre 2016 6. Borer A, Bertard A, Gandar J et al (2008) La fin de vie en unité d’hospitalisation de courte durée. JEUR 21:A175 7. Rothmann C, Evrard D (2005) La mort aux urgences. JEUR 18:3-9 8. Le Conte P, Riochet D, Batard E et al (2010) Death in emergency departments : a multicenter cross-sectional survey with analysis of withholding and withdrawing life support. Intensive Care Med 36:765-772 9. Roupie E (1999) La mort aux urgences : enquête prospective préliminaire. Actualité en Réanimation et Urgences 281-289
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    41 10. Le ConteP, Baron D, Trewick D et al (2004) Withholding and withdrawing life-support therapy in an Emergency Department : prospective survey. Intensive Care Med 30:2216-2221 11. Béreau J, Reix A, Faure I, Gabinski C (2013) Mise en place et premières évaluations d’un protocole d’aide à la décision éthique dans un service d’urgences. JEUR 25:4-10 12. Haegy J.-M, Andronikof M, Thiel M.-J et al (2003) Ethique et urgences. Réflexion et recommandation de la Société Francophone de Médecine d’Urgence. JEUR 16:106-120 13. Ferrand E, Regnier B et al (2010) Limitation et arrêt des traitements en réanimation adulte. Actualisation des recommandations de la Société de réanimation de la langue française. Réanimation 19:679-698 14. Colombas P et al (2004). Conférence de consensus. L’accompagnement des personnes en fin de vie et de leurs proches. ANAES. http://www.has- sante.fr/portail/jcms/c_272290/fr/accompagnement-des-personnes-en-fin-de-vie-et- de-leurs-proches, consulté en Septemble 2016 15. Articles R4127-35 à R4127-38 du Code de Déontologie Médicale inscrit dans le Code de la Santé Publique 16. Loi n° 2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie (J.O. 20 mai 2005) 17. Loi n° 99-477 du 9 juin 1999 visant à garantir le droit à l’accès aux soins palliatifs (J.O. 7 février 2006) 18. Loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé (J.O. 5 mars 2002) 19. Le Conte P. (2014) Ethique et fin de vie en médecine d’urgence. EMC-Médecine d’urgence 9:1-7
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    42 20. Devalois B,Puybasset L (2016) Nouvelle loi sur la fin de vie : quel impact pour la pratique médicale ? Presse Med 45:414-421 21. Lindenmeyer E, Lalanne B, Plaindoux S, Reymond J.-B (2009) La loi Léonetti : une loi médiatisée ? Connaissance et application dans un établissement hospitalier. JEUR 22:A38 22. Dumont R, Asehnoune K, Pouplin L et al (2010) Limitation ou arrêt des thérapeutiques actives en situation d’urgence. Le point de vue des anesthésistes réanimateurs. Ann Fr Anesth Reanim 29:425-430 23. Le Conte P, Guilbaudeau S, Batard E et al (2005) Mise en place d’une procédure de limitation ou d’arrêt des soins actifs dans un service d’urgence. Evaluation prospective sur 7 mois. JEUR 18:188-192 24. Verniolle M, Brunel E, Olivier M et al (2011) Evaluation des démarches de limitation et d’arrêt de traitement en salle d’accueil des urgences vitales. Ann Fr Anesth Reanim 30: 625-629 25. Tardy B, Venet C, Zeni F (2002) Death of terminally ill patients on a stretcher in the emergency department : a french speciality? Intensive Care Med 28:1625-1628 26. Bourgeais B (2015) Evaluation du niveau de renseignements des dossiers médicaux, concernant les décisions de limitation et ou arrêt des thérapeutiques actives dans le service des urgences du CHU d’Angers. Thèse de docteur en médecine, Université d’Angers 27. Claret P.-G, Louart G, Bobbia X et al (2008) Limitation et arrêt des thérapeutiques actives (LATA) aux urgences : pratiques d’un service d’accueil des urgences entre 2005 et 2006. JEUR 21:A175 28. Ferrand E, Marty J (2006) Prehospital withholding and withdrawal of life-sustaining tratments. The French LATASAMU Survery. Intensive Care Med 32:1498-1505
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    43 29. Zeisser M,Weber J.-C (2016) Les directives anticipées : un semi-échec transitoire? Ethique et santé http://dx.doi.org/10.1016/j.etiqe.2016.04.001
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    44 LISTE DES FIGURES Figure1 Les LATA, le patient au centre d'une réflexion pluridisciplinaire ............................5   Figure 2 : Les 4 étapes décisionnelles d'une LATA......................................................... 12   Figure 3 : Diagramme de flux .................................................................................... 20   Figure 4 : Critère de jugement principal, comparaison du nombre de décisions de LATA conformes............................................................................................................... 24   Figure 5 : Répartition des décisions selon le nombre de critères décisionnels réalisés chez les patients aptes à consentir à leurs soins....................................................................... 26   Figure 6 : Répartition des décisions selon le nombre de critères décisionnels réalisés chez les patients inaptes à consentir à leurs soins .................................................................... 27  
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    45 LISTE DES TABLEAUX TableauI : Description de la population étudiée ........................................................... 11   Tableau II : Données recueillies ................................................................................. 14   Tableau III : Les critères décisionnels d'une LATA chez le patient apte à consentir à ses soins ............................................................................................................................. 15   Tableau IV : Les critères décisionnels d'une LATA chez le patient inapte à consentir à ses soins ...................................................................................................................... 16   Tableau V : Comparaison de l'âge et du sexe ............................................................... 21   Tableau VI : Comparaison de la structure d'origine ....................................................... 21   Tableau VII : Comparaison des antécédents ................................................................ 22   Tableau VIII : Comparaison du motif de recours aux Urgences....................................... 23   Tableau IX : Comparaison des motifs d'inaptitude à consentir des patients ...................... 23   Tableau X : Comparaison du nombre de décisions conformes chez les patients aptes et inaptes à consentir à leurs soins................................................................................. 25   Tableau XI : Comparaison de la réalisation des critères décisionnels communs aux patients aptes et inaptes à consentir à leurs soins .................................................................... 28   Tableau XII : Comparaison de la réalisation des critères décisionnels spécifiques aux patients aptes à consentir à leurs soins ................................................................................... 29   Tableau XIII : Comparaison de la réalisation des critères décisionnels spécifiques aux patients inaptes à consentir à leurs soins .................................................................... 29  
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    46 TABLE DES MATIERES INTRODUCTION.......................................................................................................1   1.   Les limitations et les arrêts des thérapeutiques actives ....................................1   1.1.   Définition ......................................................................................................... 1   1.2.   Épidémiologie ................................................................................................... 2   2.   Prise en charge d’un patient en LATA ................................................................4   2.1.   Encadrement des LATA ...................................................................................... 4   2.2.   Recommandations concernant la prise en charge des patients en LATA..................... 5   2.3.   Modifications apportées par la loi du 2 février 2016................................................ 6   2.4.   Décision de LATA et prise en charge des patients aux Urgences ............................... 7   3.   Question de recherche.......................................................................................9   METHODES.............................................................................................................10   1.   Type d’étude....................................................................................................10   2.   Population étudiée...........................................................................................10   3.   Intervention ....................................................................................................11   4.   Données recueillies .........................................................................................13   5.   Le critère de jugement principal......................................................................15   5.1.   Description du critère de jugement principal ....................................................... 15   5.2.   Analyse principale ........................................................................................... 17   6.   Les critères de jugement secondaires..............................................................17   7.   Outils statistiques............................................................................................18   8.   Aspects éthiques .............................................................................................18   RESULTATS ............................................................................................................19   1.   Diffusion de l’information ................................................................................19   2.   Diagramme de flux ..........................................................................................19   3.   Épidémiologie..................................................................................................20   3.1.   Âge et sexe .................................................................................................... 21   3.2.   Structure d’origine........................................................................................... 21   3.3.   Antécédents ................................................................................................... 22   3.4.   Motif de recours aux Urgences .......................................................................... 22   3.5.   Aptitude du patient à consentir à ses soins ......................................................... 23   4.   Analyse principale ...........................................................................................24   5.   Analyses secondaires ......................................................................................25   5.1.   Nombre de décisions conformes selon l’aptitude du patient à consentir à ses soins... 25   5.2.   Répartition des dossiers selon le taux de réalisation des critères décisionnels .......... 26   5.3.   Détails des critères décisionnels d’une LATA........................................................ 28  
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    47 DISCUSSION..........................................................................................................30   1.  Discussions et comparaisons de nos résultats par rapport aux données de la littérature ..............................................................................................................30   1.1.   La population.................................................................................................. 30   1.2.   Le critère de jugement principal, comparaison du nombre de décisions de LATA conformes aux recommandations ............................................................................... 31   1.3.   Nombre de décisions conformes selon l’aptitude du patient à consentir à ses soins... 31   1.4.   Répartition des dossiers selon le taux de réalisation des critères décisionnels .......... 32   1.5.   Détails des critères décisionnels d’une décision de LATA ....................................... 32   2.   Biais et limites de notre étude .........................................................................36   3.   Perspectives ....................................................................................................38   CONCLUSION .........................................................................................................39   BIBLIOGRAPHIE ....................................................................................................40   LISTE DES FIGURES ...............................................................................................44   LISTE DES TABLEAUX.............................................................................................45   TABLE DES MATIERES ............................................................................................46   ANNEXES ...............................................................................................................48   Annexe 1 : Poster limitation de soins aux urgences ...............................................48   Annexe 2 : Livret prise en charge des patients en limitation de soins et/ou situation de fin de vie...........................................................................................................49  
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    48 ANNEXES Annexe 1 :Poster limitation de soins aux urgences Annexe 1 : Poster limitation de soins aux Urgences LES LIMITATIONS DE SOINS AUX URGENCES I. MOTIVER SA DÉCISION - Autonomie antérieure réduite - Affection chronique grave et incurable - Pathologie aigue avec engagement du pronostic vital ou fonctionnel - Risque majeur de dépendance définitive aux techniques de suppléance II. CONFRONTER SA DÉCISION Rechercher la capacité à consentir du patient : ! Si patient apte à consentir : - Discuter de ses projets de vie avec le patient - Informer et rechercher le consentement du patient ! Si patient inapte à consentir : - Rechercher les directives anticipées - Consulter la personne de confiance - Consulter l’équipe paramédicale - Informer les proches/recueillir leur opinion - Prendre une décision selon une procédure collégiale III. ÉCRIRE SA DÉCISION 1. Définir un niveau de soins : Limiter les soins, c’est écrire ce que l’on fait et ce que l’on ne fait pas. “Pas de soins invasifs” préciser ce que cela signifie. - Prise en charge de la douleur - Prise en charge de la dyspnée - Prise en charge de l’anxiété IV. RÉÉVALUER SA DÉCISION Réévaluation au moins quotidienne : - De la décision de limitation de soins : elle n’est pas irrévocable - Du niveau de soins et des soins de confort : à adapter en fonction de l’évolution PENSER À LA TRAÇABILITÉ DANS LE DOSSIER MÉDICAL Les éléments des 4 étapes de limitation de soins doivent être tracés dans le dossier Procédure collégiale : La décision est prise par le médecin en charge du patient : " Après concertation avec l’équipe de soins " Sur l’avis d’au moins un autre médecin. Pensez au médecin traitant et au spécialiste d’organe. Aide à la prescription : protocole HEO “soins de confort” 2. Prescrire les soins de confort : L’orientation vers une limitation de soins se base sur un faisceau d’arguments avec une réflexion propre pour chaque patient. La décision de limitation est modifiable à tout moment selon la récupération d’informations et/ou l’évolution du patient. D Hamdan, PHC SAU/SAMU49 CHU Angers; B Bourgeais, assistante des hôpitaux,SAU/SAMU49 CHU Angers; A Fieni, interne DESC Médecine d’Urgence CHU angers. Loi n°2016-87 du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur des maladies et des personnes en fin de vie. Éthique et urgences; Réflexion et recommandations de la Société Francophone de Médecine d’Urgence. Avril 2003.
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    49 Annexe 2 :Livret prise en charge des patients en limitation de soins et/ou situation de fin de vie Annexe 2 : Livret prise en charge des patients en limitation de soins et/ou situation de fin de vie
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    FIENI Aurélie Mise enplace et évaluation de l’impact d’une intervention concernant les décisions de Limitation et d’Arrêt des Thérapeutiques Actives aux Urgences du Centre Hospitalier Universitaire d’Angers. Mots-clés : LATA, limitation et arrêt des thérapeutiques actives, urgences, éthique. Implement and assess the impact of a training program within Angers Hospital ER Department on Withholding and withdrawing life-support therapy decisions. Keywords : withholding and withdrawing life support, emergency, ethics. RÉSUMÉ Introduction : Les décisions de limitation et d’arrêt des thérapeutiques actives (LATA) sont fréquemment prises aux Urgences. Il a été mis en évidence des manquements au processus décisionnel tiré des recommandations savante, éthique et légale. Cette étude a pour objectif la mise en place et l’évaluation de l’impact d’une information auprès des soignants concernant les décisions de LATA. Sujets et Méthodes : Nous avons étudié les décisions de LATA chez les patients hospitalisés à l’unité d’hospitalisation de courte durée des Urgences du CHU d’Angers. L’intervention, définie par une information auprès des soignants, a été réalisée en avril 2016. Deux périodes ont été comparées : de décembre 2014 à mars 2015, correspondant à la période pré-interventionnelle et de mai à août 2016, correspondant à la période post-interventionnelle. Résultats : L’information a été dispensée à 42% du total du personnel soignant dont 100% des médecins. 231 décisions ont été analysées, 119 en pré-interventionnel et 112 en post-interventionnel. L’âge, le sexe, la structure d’origine, les antécédents, le nombre de patients aptes à consentir sont comparables entre les groupes. Il y a plus de patients consultant pour un motif infectieux en pré-interventionnel (60% vs 41% ; p=0.003). Il y a plus de patients inaptes à consentir en lien avec des troubles de la vigilance en pré-interventionnel (75% vs 57% ; p=0.008) et en lien avec une détresse vitale aiguë en post- interventionnel (4% vs 15% ; p=0.012). 23% des décisions de LATA sont conformes en post-interventionnel alors que 13% des décisions le sont en pré-interventionnel (p=0.035). Chez les patients inaptes à consentir, 19% des décisions sont conformes en post-interventionnel et 6% en pré-interventionnel (p=0.008) alors qu’elles sont comparables entre les groupes chez les patients aptes à consentir. 72% des décisions comportent une détermination du niveau de soins en post- interventionnel et 55% en pré-interventionnel (p=0.008). 14% des décisions sont prises après implication de la personne de confiance en pré-interventionnel et 3% en post-interventionnel (p=0.009). Conclusion : L’intervention a permis une amélioration des décisions de LATA aux Urgences du CHU d’Angers, en particulier chez les patients inaptes à consentir à leurs soins. ABSTRACT Introduction : Withholding and withdrawing decisions are frequently taken at the ER department. The decision process based on scientific, ethic and legal recommandations could be improved. The study’s main objective is to implement and assess the impact of a specific training to ER medical staff on withholding and withdrawing life-support therapy decisions. Patients and Methods : We examined withholding and withdrawing life-support therapy decisions for patients in the Short-Stay Unit of Angers ER Department. The training program informing the carevinger staff was in April 2016. Two periods were compared : pre-intervention from December 2014 to March 2015 and post-intervention from June to August 2016. Results : Training was performed to 42% of the carevinger staff, inclunding 100% of the Doctors. 231 decisions were analysed, 119 from the pre-intervention period and 112 from the post-intervention period. The age, gender, original structure, number of patients able to consent to care were comparable between the two groups. There are more infectious medical disorders in pre-intervention period (60% vs 41% ; p=0.003). There are more unable-to-consent patients linked to disturbed vigilance in pre-intervention period (75% vs 57% ; p=0.008) and to acute vital distress in post-intervention period (4% vs 15% ; p=0.012). 23% of withholding and withdrawing life-support therapy decisions are in accordance in post- intervention period while 13% of decisions are in accordance in pre-intervention period (p=0.035). For unable-to-consent patients, 19% of decisions are in-line during post-intervention period vs. only 6% in pre- intervention period (p=0.008). The number of decisions in-line for able-to-consent patients are comparable for both periods. 72% of decisions included a level of care determination in post-intervention period vs. 55% in pre-intervention period (p=0.008). Trusted person was heard in 14% of the decisions in pre- intervention period vs. 3% in post-intervention period (p=0.009). Conclusion : The training program improved the withholding and withdrawing life-support therapy decisions in the ER Angers Hospital E.R Department, significantly for patients unable to consent to treatment.
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    Groupe régional « LAT DANSLES SERVICES D’URGENCES » présentation au COPACAMU 23 mars 2017 Dr Stéphane LUIGI Chargé de mission e-Santé ORU PACA
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    SOMMAIRE GIP e-SANTÉ ORUPACA PROPOSITIONS DE FICHE LAT AVEC NIVEAUX THÉRAPEUTIQUES TRANSMISSIONS LAT AUX URGENCES ET HORS URGENCES POURQUOI UN GROUPE LAT ET URGENCES ?
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    GIP e-SANTÉ ORUPACA MEMBRES DU GROUPE DE TRAVAIL Nom Service Etablissement adresse email Dr Laurence BOIRON URGENCES APHM laurence.boiron@ap-hm.fr Dr Béatrice EON REANIMATION POLYVALENTE PRÉSENTE PRÉSENTE APHM beatrice.eon@ap-hm.fr Dr Perrine MALZAC EEM & DEPARTEMENT DE GENETIQUE MEDICALE PRÉSENTE APHM perrine.malzac@ap-hm.fr Dr Isabelle PONS URGENCES CH AUBAGNE ipons@ch-aubagne.fr Dr Fabienne BRANCHE URGENCES & COMITE ETHIQUE CH AVIGNON PRÉSENTE CH AVIGNON fbranche@ch-avignon.fr Dr Christian BAR URGENCES PRÉSENT CH BRIGNOLES cbar@orupaca.fr Dr Maya CONTANDRIOPOULOS URGENCES CH BRIGNOLES m.contandriopoulos@ch-brignoles.fr Mme Nathalie MORA EMG PRÉSENTE CH BRIGNOLES n.mora@ch-brignoles.fr Dr Claudine CASTANY SOINS PALLIATIFS EXCUSÉE CH SALON DE PROVENCE c.castany@ch-salon.fr M. Philippe MICHON ESP PRÉSENT CH SALON DE PROVENCE phmichon@aol.com Dr Jean BERTHET REANIMATION POLYVALENTE CHICAS GAP Jean.berthet@chicas-gap.fr Dr Isabelle BROCHE - TASHAN URGENCES & SOINS PALLIATIFS PRÉSENTE CHICAS GAP isbroche@live.fr Pr Dominique GRIMAUD REANIMATION et EEA CHU NICE grimaud.d@chu-nice.fr Dr Isabelle CASINI SOINS PALLIATIFS EMSP Cannes Grasse Antibes isabelle.casini@e-santepaca.fr Dr Marion DOUPLAT URGENCES PRÉSENTE HCL mdouplat@gmail.com Dr Michaël AFANETTI REANIMATION PEDIATRIQUE HLN afanetti.m@pediatrie-chulenval-nice.fr Dr Emmanielle GONDON REANIMATION PEDIATRIQUE HLN gondon.e@pediatrie-chulenval-nice.fr Dr Marie-Claude DUMONT DIRECTION GENERALE EXCUSÉE ARS PACA Marie-Claude.DUMONT@ars.sante.fr Dr Gilles VIUDES EXCUSÉ E-SANTE ORUPACA gviudes@orupaca.fr Dr Stéphane LUIGI E-SANTE ORUPACA sluigi@orupaca.fr M. Christophe ALARCON E-SANTE ORUPACA calarcon@orupaca.fr M. Rémi BENIER-PISANI E-SANTE ORUPACA rbenierpisani@orupaca.fr
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    SOMMAIRE GIP e-SANTÉ ORUPACA 4 PROPOSITIONS DE FICHE LAT AVEC NIVEAUX THÉRAPEUTIQUES TRANSMISSIONS LAT AUX URGENCES ET HORS URGENCES POURQUOI UN GROUPE LAT ET URGENCES ?
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    GIP e-SANTÉ ORUPACA 1ère RAISON/ LA LOI DU 2 FEVRIER 2016 1/3 Toute personne a le droit d’avoir une fin de vie digne et accompagnée du meilleur apaisement possible de la souffrance, Les professionnels de santé mettent en œuvre tous les moyens à leur disposition pour que ce droit soit respecté. La formation initiale et continue des médecins, des pharmaciens, IDE, AS, AD et psychologues cliniciens comporte un enseignement sur les soins palliatifs. Les actes de prévention, d’investigation ou de soins ne doivent pas être mis en œuvre lorsqu’ils résultent d’une obstination déraisonnable. Lorsqu’ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou n’ont d’autres effets que le seul maintien artificiel de la vie, ils peuvent être suspendus ou ne pas être entrepris conformément à la volonté du patient et (s’il ne peut s’exprimer) à l’issue d’une procédure collégiale
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    GIP e-SANTÉ ORUPACA A la demande du patient d’éviter toute souffrance et de ne pas subir d’obstination déraisonnable, une sédation profonde et continue provoquant une altération de la conscience maintenue jusqu’au décès, associée à une analgésie et à l’arrêt de l’ensemble des traitements de maintien en vie, est mis en œuvre dans les cas suivants: 1° Lorsque le patient atteint d’une affection grave et incurable et dont le pronostic vital est engagé à cours terme présente une souffrance réfractaire aux traitements; 2° Lorsque la décision du patient atteint d’une affection grave et incurable d’arrêter un traitement engage le pronostic vital à court terme et est susceptible d’entrainer une souffrance insupportable L’ensemble de la procédure suivie est inscrite au dossier médical du patient Toute personne a le droit de refuser ou de ne pas recevoir un traitement. Le suivi du malade reste cependant assuré par le médecin, notamment son accompagnement palliatif. 1ère RAISON/ LA LOI DU 2 FEVRIER 2016 2/3
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    GIP e-SANTÉ ORUPACA Toute personne majeure peut rédiger des directives anticipées pour le cas où elle serait un jour hors d’état d’exprimer sa volonté (…) relative à sa fin de vie en ce qui concerne les conditions de la poursuite, de la limitation, de l’arrêt ou du refus de traitement ou d’acte médicaux.(…) elles sont révisables, révocables et rédigées selon un modèle qui sera fixé par un décret du conseil d’état. Les directives anticipées sont enregistrées sur un registre national Les directives anticipées s’imposent au médecin (…) sauf en cas d’urgence vitale pendant le temps nécessaire à une évaluation complète de la situation et lorsque les directives anticipées apparaissent manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale. Cette décision est prise à l’issue d’une procédure collégiale et est inscrite dans le dossier médical. Elle est portée à la connaissance de la personne de confiance ou, à défaut, de la famille des proches. Lors de toute hospitalisation il est proposé de désigner une personne de confiance 1ère RAISON/ LA LOI DU 2 FEVRIER 2016 3/3
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    GIP e-SANTÉ ORUPACA La place du médecin traitant dans le projet thérapeutique et dans les limitations de soins à l’hôpital•  16/12/2015 •  Emilie BEDANI Comité de Réflexion Ethique du CHGM 56 médecins généralistes, 75 questionnaires, 33 réponses 7 mois, 30 patients « LATA », 64% ne connaissent pas les DA de leur patients, 61% connaissent la Personne de confiance 30% des patients pas de traçabilité de contact avec le MT Demande + de relation avec l’hôpital mais n’ont pas le temps d’assurer cette coordination, demande de cotation spécifique 63% chroniques,37% aigues 119 pat sur 5 mois 75 ans + 13 ans 80% réa préalable Admission-décision médiane: 3H Décision-décès: médiane 16H 84% sont restées aux urgences 4% vivants à 1 mois 2002 2ième RAISON : LE CONSTAT AUX URGENCES2ème RAISON : LE CONSTAT AUX URGENCES
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    GIP e-SANTÉ ORUPACA 0,3-0,5% de décès aux urgences (par passages), 7,5% des décès hospitaliers Age moyen de décès = 72 ans Admissions-décisions 2h /décision-décès: 7,5h Des études sur les décès aux urgences (Roupie et col, Conte…) Mais il y a des obstacles à la prise en charge des « LATA » Chronophage, ignorance de l’état antérieur, pas d’évaluation possible…. Manque d’indicateurs, qui empêche une démarche d’amélioration Art 35….36….37 2ème RAISON : LE CONSTAT AUX URGENCES
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    GIP e-SANTÉ ORUPACA «… l’urgence risque de masquer la dimension éthique du problème de santé du patient… paradoxalement c’est souvent à ce moment là que l’interrogation éthique surgit… » A l’instar de la chaine de survie « … la chaine éthique doit être activée… chaque maillon a sa place, le malade, la famille, l’entourage, les professionnels de santé qui concourent à la prise en charge et après le SU… » « attitude et comportement » « communication et dialogue « prendre le temps » « Décisions collégiales pour les arrêts et abstentions thérapeutique»… Il s’agit plus d’un savoir être que de mises en œuvre, ou non de techniques de réanimation avec une communication de tous les maillons de la chaine éthique « mesures de confort et soins palliatifs » ….toujours Replacer la mort dans un processus de vie Préconise la mise en place d’une formation spécifique 2003 3ème RAISON : LES RECOMMANDATIONS
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    GIP e-SANTÉ ORUPACA Cf Dr Gwenaël Poulain Service de médecine gériatrique CHU Mont-Godinne – UCL « jusqu’ou traiter le patient âgé »
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    GIP e-SANTÉ ORUPACA Projet thérapeutique: •  Directives anticipées •  Personne de confiance •  Niveau thérapeutique DPI Patient externe = Projet thérapeutique sur un dossier papier? Numérique? Médecin traitant. U R G E N C E S Projet thérapeutique identifiable, DPI, autre format numérique? Pré-hospitalier! SUPPORT INFORMATIQUE ROR? Relevé d’indicateurs pour une coordination locale et régionale DISPOSITIF DU PMO LAT ET URGENCES
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    GIP e-SANTÉ ORUPACA GROUPE DE TRAVAIL « LAT et URGENCES » 1) FICHE PROJET THERAPEUTIQUE COMMUNE (fiche LAT) TU -identité -contexte OBJECTIFS -Améliorer les conditions de décisions de LAT aux urgences. -Améliorer les conditions d’application et de coordination intra et extra hospitalière des décisions de limitation et arrêt de thérapeutiques. -Utilisation d’une échelle thérapeutique A / B / C / D 3) TRANSMISSION INTRA ET EXTRA HOSPITALIER avec un support informatique de coordination MOYENS 2) PROTOCOLES THERAPEUTIQUES. Propositions à évaluer au sein de chaque établissement
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    SOMMAIRE GIP e-SANTÉ ORUPACA PROPOSITIONS DE FICHE LAT AVEC NIVEAUX THÉRAPEUTIQUES TRANSMISSIONS LAT AUX URGENCES ET HORS URGENCES POURQUOI UN GROUPE LAT ET URGENCES ?
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    GIP e-SANTÉ ORUPACA CONTENU FICHE LAT: phase d’initialisation
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    GIP e-SANTÉ ORUPACA CONTENU FICHE LAT: phases d’évaluation T0… T + x heure ou jour
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    GIP e-SANTÉ ORUPACA NIVEAUX DE SOINS Niveau A Prolonger la vie par tous les soins nécessaires Les soins comprennent toutes les interven3ons médicalement appropriées et un transfert si l’interven3on n’est pas disponible sur place. Toute interven3on invasive peut être envisagée, y compris, par exemple, l’intuba3on, les manœuvres de réanima3on cardio pulmonaire et l’admission en réanima3on. Niveau B Prolonger la vie par des soins limités Les soins intègrent des interven3ons visant la prolonga3on de la vie qui offrent une possibilité de corriger la détériora3on aigue de l’état de santé tout en préservant la qualité de vie. Pas de réanima3on cardio-pulmonaire Comportent des soins propor3onnés : -Mesures diagnos3ques usuelles : radiologie, biologie. -Mesures médicales usuelles : médica3ons, an3biothérapie, soluté, nutri3on ar3ficielle. -Mesures chirurgicales usuelles : lors des pathologies intercurrentes risquant de limiter encore d’avantage le contrôle des symptômes.
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    GIP e-SANTÉ ORUPACA NIVEAUX DE SOINS Niveau C Assurer le confort prioritairement à prolonger la vie Les soins visent en priorité le confort du pa3ent par le soulagement des symptômes : -Contrôle des symptômes spécifiques : douleur, dysphagie, nausées, vomissement, fièvre. Cela peut inclure l’an3biothérapie et la chirurgie si le bénéfice en est le contrôle de ces symptômes. -Hydrata3on et nutri3on ar3ficielle -Contrôle de l’élimina3on : laxa3fs, lavements, sondes. -Main3en ou restaura3on de l’intégrité cutanée, kiné, … Niveau D Assurer le confort uniquement sans viser à prolonger la vie Les soins visent exclusivement le main3en du confort par la ges3on des symptômes sans prolonger la vie; la maladie est laissée à son cours naturel. Comportent les soins de phase terminale : -Arrêt des traitements visant à prolonger la vie: O2, hydrata3on, an3biothérapie -Soins associés à l’hygiène corporelle et soins buccaux -Posi3onnement corporel confortable -Contrôle de la douleur et de l’inconfort -Support émo3onnel
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    GIP e-SANTÉ ORUPACA INTERETS DE L’OUTIL 21 •  Nuance et clarifie •  Anticipe une situation, donne une perspective, évolutif •  Vision positive en terme de projet thérapeutique ( vision péjorative de LATA, non réanimatoire…) •  Communication et traçabilité •  Favorise les échanges, la concertation et la planification. •  Langage commun •  Facilite la continuité des soins au sein d’un service, d’un établissement, d’un territoire •  Rassure les soignants •  Aide le médecin de garde d’un service, des urgences, de la réanimation dans le choix des traitements et des explorations •  Evite certaines « non réanimation » ou l’inverse •  Permet une meilleure concordance entre le souhait et l’état de santé du patient et la prise en charge proposée Cf Dr Gwenaël Poulain Service de médecine gériatrique CHU Mont-Godinne – UCL « jusqu’ou traiter le patint agé »
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    SOMMAIRE GIP e-SANTÉ ORUPACA PROPOSITIONS DE FICHE LAT AVEC NIVEAUX THÉRAPEUTIQUES TRANSMISSIONS LAT AUX URGENCES ET HORS URGENCES POURQUOI UN GROUPE LAT ET URGENCES ? Accès au DPI Principe d’un terminal de coordination
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    GIP e-SANTÉ ORUPACA URGENCE VITALE URGENCE SYMPTOMATIQUE Anémie, fièvre, douleurs, pathologie chirurgicales… Informations par: Patient, Famille, proche Lettre médecin traitant ACCUEIL PEC MEDICALE DECISION URGENCES / ORIENTATION IOA Information par: IOA patient, famille, lettre médecin traitant, spécialiste, IDE. TRT de survie immédiat TRT symptomatique immédiat urgentiste Prescription thérapeutique adaptée, procédure de LAT Discussion d’équipe (sentiment d’obstination déraisonnable) Recherche de Directives anticipées TU TUTU DPI TERMINAL LAT LAT LAT LAT TERMINAL LAT DPI Transmettre la décision: - EPHAD -Déterminer le niveau thérapeutique: A / B / C / D (puis le réévaluer) -Remplir la fiche « projet thérapeutique » sur terminal urgence avec transmission au terminal LAT dès validation sur TU DOMICILE HAD ALERTER par terminal LAT ALERTER par le DPI, ALERTER par terminal LAT -Aux équipes des urgences via TU -Aux services hospitaliers via DPI qui doit alerter le service Vers les autres équipes avec terminal LAT TUT LAT PROCESSUS DECISION DE LAT URGENCES
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    LATA (Limitation ouarrêt de thérapeutiques actives) CHRA Réanimation et USC 1.1.1 Classeur Pratiques des soins infirmiers PEC-rea-usc.MO08 V1 30/04/2016 1/12 Rédaction : Dr Renaud CHOUQUER Clémentine CHEVRON Lison ROLAND Vérification : Dr Pierre-Alain CHARRETIER Dr Julie STEYER Approbation : Dr Albrice LEVRAT Dr Sylvie BERGE MONTAMAT 1. Objet et personnes concernées ✓ Amélioration des soins de fin de vie en réanimation ✓ Réalisation d’un projet de service en soins palliatifs impliquant la création de procédures de limitations des traitements, alternatives éthiques à un acharnement thérapeutique contraire au code de déontologie médicale et à la loi. ✗ Personnel médical et paramédical du service de réanimation - USC. 2. Définitions Thérapeutiques actives : thérapeutiques visant à soutenir les fonctions vitales défaillantes (traitements de suppléance d’organe) mais aussi les traitements de la cause (traitements étiologiques) de ces défaillances. Limitations de thérapeutiques actives : décision de non instauration ou non intensification de thérapeutiques actives. C’est le refus de « l’escalade thérapeutique ». Sédation profonde et continue : traitement qui peut être demandé par le malade et qui consiste à lui administrer une dose de sédation assez forte pour garantir qu’il n’y aura pas de réveil intempestif. Cette possibilité est un droit du malade. Elle concerne des malades atteints d’une pathologie au pronostic très sévère et au cours de laquelle une souffrance particulièrement intense, physique et/ou morale, est vécue (ou présumée pour les malades qui ne peuvent l’exprimer). Arrêt de thérapeutiques actives : décision de ne pas poursuivre un traitement actif en cours. Acharnement thérapeutique (le terme le plus adapté est l’obstination déraisonnable) : poursuite de thérapeutiques actives malgré, soit l’échec thérapeutique (certitude de décès), soit une situation où la survie paraît possible mais avec une qualité de vie jugée inacceptable pour le patient, ou bien jugés inenvisageables du fait, par exemple, de leur agressivité, pénibilité, répétition ou de leur durée dans le temps. Depuis 2005, l’obstination déraisonnable est interdite par la loi. C’est le caractère déraisonnable qui est souligné avec ce terme. Celui « d’acharnement thérapeutique », même si chacun comprend tout à fait de quoi il s’agit, est un mauvais terme car la majorité des patients justifient qu’on s’acharne à les soigner, et ceci reste pourtant tout à fait « raisonnable » et adapté. La loi de 2016 apporte la notion de proportionnalité des traitements et cette approche permet de mieux définir ce qui est raisonnable et ce qui ne l’est pas. Soins de confort : ensemble des mesures destinées à favoriser le confort du patient (notamment en fin de vie), en particulier les traitements contre les symptômes de douleur ou d’anxiété. Les soins de base comportent les soins d’hygiène, les soins cutanés et de décubitus, la surveillance et la relation d’aide. Lorsque ces soins ne sont pas ou pas bien effectués, c’est la dignité du patient qui est atteinte, en tout cas c’est le retour que les proches et les accompagnants ne manqueront pas de faire.
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    Soins palliatifs :soins visant à soulager la douleur, apaiser la souffrance psychique et physique, sauvegarder la dignité de la personne et soutenir son entourage. Double effet (art 2 L. 110-5): si le médecin constate qu’il ne peut soulager la souffrance d’une personne, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, qu’elle qu’en soit la cause, qu’en lui appliquant un traitement qui peut avoir pour effet secondaire d’abréger sa vie, il doit en informer le malade, la personne de confiance, la famille ou à défaut, un des proches. La procédure suivie est inscrite dans le dossier médical. L’euthanasie est un acte pratiqué par un tiers, qui met intentionnellement fin à la vie d’une personne, à la demande de celle-ci. Elle n’a rien à voir avec une procédure de LATA qui consiste en un refus de l’acharnement thérapeutique, thérapeutique jugée inutile, disproportionnée ou n’ayant d’autre objet que la seule prolongation artificielle de la vie. L’euthanasie est interdite par la loi. 3. Recueil du consentement (2 situations à distinguer) Les patients concernés sont des personnes en phase avancée ou terminale d’une maladie, dont le pronostic est très défavorable sur des éléments d’anamnèse, un état clinique et/ou des investigations paracliniques et/ou des personnes en échappement thérapeutique. Les urgences vitales imprévues ne sont pas inclues dans le champ de ces recommandations. De même, elles ne s’appliquent pas au sujet en état de mort encéphalique, par définition légalement décédé. Parmi ces patients, on distingue 2 situations : 1. Personne en état d’exprimer sa volonté Valable si : - la personne est majeure et consciente - son autonomie de jugement est retenue comme valide Le médecin en charge du patient doit une information loyale, claire, simple et appropriée sur son état. Si une décision de limitation ou une décision d’arrêt de traitement est envisagée, le médecin lui explique les conséquences prévisibles de cette décision, y compris la possibilité de décès prématuré. Un temps de réflexion doit être laissé au patient. L’information peut être éventuellement réitérée par un deuxième médecin. La décision du patient doit être réaffirmée (sans délai fixé) et transmise aux proches. Il peut s’agir de patient en fin de vie (en phase terminale d’un cancer et refusant une chimiothérapie ou en phase terminale d’une insuffisance chronique d’organe), ou non (patient souffrant d’une SEP (sclérose en plaques) ou SLA (sclérose latérale amyotrophique) en phase avancée, refusant une ventilation mécanique). Le principe d’autonomie du patient prévaut. La décision du malade est inscrite dans son dossier médical. 2. Personne hors d’état d’exprimer sa volonté Il peut s’agir de patient en fin de vie, de patient dans un état clinique particulièrement grave (cas de la plupart des patients en réanimation), ou de patient souffrant d’un état chronique non évolutif (état végétatif par exemple). La réflexion autour du projet de soin et éventuellement de la limitation ou l’arrêt d’un traitement peut être impulsée par l’entourage du patient ou tout acteur des soins. Le médecin en charge du patient initie la procédure de LATA en respectant la démarche suivante.
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    Mise en œuvred’une procédure collégiale avec plusieurs étapes coordonnées par le praticien en charge du patient : - Recherche des directives anticipées du patient (moins de 5% des patients) : document écrit, et signé par son auteur (identifié par son nom, prénom, date et lieu de naissance). Les directives anticipées s’imposent au médecin pour toute décision d’investigation, d’intervention ou de traitement, sauf en cas d’urgence vitale pendant le temps nécessaire à une évaluation complète de la situation et lorsque les directives anticipées apparaissent manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale. - En absence de directives anticipées, il faut consulter la personne de confiance, qui est désignée préalablement par écrit (concerne 12% des patients), ou la famille ou un proche (en l’absence de personne de confiance définie). Cette personne de confiance exprime ce que le patient aurait probablement souhaité. Les proches doivent être impliqués dans le processus qui conduira à une décision. Cette démarche doit être expliquée au cours d’un entretien assez formel (lorsque les décisions impliquent rapidement une situation de fin de vie, cet entretien correspond à ce qu’on appelle « conférence de fin de vie » dans la littérature médicale). Il permet en outre de déculpabiliser la famille et ainsi de diminuer le stress post traumatique. Le fait que la responsabilité de la décision revient à l’équipe médicale doit être souligné. - Concertation avec l’équipe de soins paramédicale et médicale présente. - Consultation d’un médecin, extérieur à la prise en charge du malade, permettant d’apporter un avis éclairé. Il peut s’agir idéalement, d’un médecin ayant une grande connaissance du patient (médecin généraliste) ou de la pathologie du patient (chirurgien, neurologue, pneumologue, oncologue…) ou de tout médecin s’il s’agit de répondre à une question d’éthique (en particulier médecin spécialiste des soins palliatifs). - Transcrire ces réflexions, entretiens et décisions dans le dossier médical du patient et remplir la fiche spécifique du protocole de LATA avec le médecin, l’IDE et l’ASDE en charge du patient. - L’entretien (en particulier la « conférence de fin de vie ») a sa meilleure place ici, après le processus d’évaluation et avant la mise en œuvre des décisions. Cette démarche de LATA implique donc au minimum 2 entretiens avec le patient ou ses représentants. La conférence de fin de vie, si elle a pour but d’expliquer les étapes à venir, est aussi une occasion supplémentaire de répéter l’argumentaire de la décision, et de répéter que la responsabilité n’a pas à être portée par les proches. Toute cette démarche d’information, de recueil du consentement, et de concertation doit être entreprise dans un esprit permanent de « recherche du consensus ». Les conflits doivent être évités au maximum. En cas de divergence forte des points de vue et/ou de conflit ouvert, il est recommandé • de ne pas prendre de décision, a fortiori en urgence, • d’informer plus largement les personnes concernées • de donner un temps supplémentaire de réflexion • de prendre l’avis d’un professionnel, reconnu par les deux parties en désaccord (par exemple le « médecin de famille ») • de solliciter l’aide d’un comité d’éthique. En dehors de situations particulièrement désespérées, il n’est pas souhaitable de prendre des décisions de LATA en urgence ou pendant les périodes de garde. Les décisions prises peuvent être à tout moment discutées, critiquées, remises en question, approfondies, allégées ou annulées du fait d’une évolution de l’état du patient, d’un
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    changement d’avis dupatient, d’une rupture dans le consensus au sein de l’équipe ou avec les proches du patient. Dans ce cas, une nouvelle procédure de concertation doit avoir lieu, dans les mêmes conditions que précédemment, et une nouvelle décision peut être prise. Si une décision d’arrêt thérapeutique est prise, la coordination du don d’organe et de tissus (CDOT) doit être informée avant sa mise en œuvre. Elle interviendra alors librement auprès du malade et de ses proches sans modifier les prescriptions qui concernent l’arrêt thérapeutique. La CDOT peut être informée du fait qu’une décision est à la discussion mais ses membres ne participent et n’interviennent pas dans le processus de décision. 4. Inscription dans le dossier médical Obligation légale d’inscription dans le dossier médical (article R.4127-37 du code la santé publique) pour opposer à la responsabilité pénale du médecin : - l’argumentaire médical de la décision basée sur des éléments anamnestiques, cliniques, biologiques et pronostiques - la synthèse des entretiens au sein de l’équipe et avec l’entourage du patient. Le consensus doit être recherché. - la nature de la décision. Elle doit être transmise oralement au médecin de garde. - le nom du médecin éventuellement consulté - la date de la décision et le nom du médecin l’ayant prise Tout cela doit apparaître dans le dossier papier et informatique. L’existence d’une discussion sur le niveau d’engagement thérapeutique, et a fortiori, d’une procédure de LATA en cours, doit apparaître dans le dossier infirmier. Ces informations doivent être mises à jour aussi fréquemment que nécessaire. Elles doivent être transmises aux équipes de permanence, par écrit et à l’oral, au même titre que les autres transmissions de soins. L’existence d’un document spécifique (« fiche de LATA ») est un point fort de la dynamique d’information ; cette fiche ne dispense en rien de transcrire les éléments ci-dessus dans le dossier médical. Une attention particulière doit être portée à ce que l’on sait de la perception du patient ou de ses proches au sujet de cette situation.
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    5. Procédure possiblede limitation ou d’arrêt thérapeutique Quelle que soit la décision prise, - l’esprit de la procédure doit être respecté (correspondre au mieux à la volonté du patient, respecter la loi et l’esprit de la loi, faire et dire les choses avec humanité) ; - la responsabilité de chacune de ces décisions est médicale et leur application doit être effectuée en présence du médecin responsable du patient ; - les soins d’hygiène et de confort du patient (soins de bouche, change, massages,…) sont poursuivis en toutes circonstances (ANAES. 2002. Modalités de prise en charge de l’adulte nécessitant des soins palliatifs) ; - toute injection létale (curares chez un patient non ventilé, chlorure de potassium) est juridiquement qualifiée d’homicide volontaire (Art.38 du code de déontologie médicale). Il y a différents types de limitation thérapeutique : a. ne pas entreprendre de traitement supplémentaire: pas d’antibiotiques, pas d’introduction d’amines, pas d’intubation, pas d’épuration extra rénale, … b. fixer une limite de posologie ou de durée à une thérapeutique en cours : non augmentation des posologies d’amines, arrêt de la transfusion sanguine, … c. interrompre un ou plusieurs traitements en cours : o Extubation. Cela nécessite la parfaite compréhension des personnes impliquées. Le médecin référent doit être présent. Pour ce point, la procédure répond à un protocole de service qui a été discuté collégialement : procédure d’arrêt thérapeutique avec extubation (cf. plus loin). o Arrêt de la ventilation mécanique avec mise sur nez artificiel de manière progressive (diminution FiO2, volume courant et/ou fréquence respiratoire) ou rapide en fonction du contexte. o Arrêt de la nutrition, cette décision nécessite le plus large consensus. o Arrêt de l’hydratation pour diminuer l’encombrement bronchique. Une hydratation de la bouche doit être prévue. d. renforcer un traitement analgésique et sédatif, après évaluation quotidienne des symptômes de douleurs, d’anxiété et d’inconfort pour chaque patient, à base de morphinique et de benzodiazépines. Il n’y a alors pas de limitation de posologie si le confort du patient le nécessite. e. et arrêter les thérapeutiques actives (cf. Chapitre 7)
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    6. Arrêt thérapeutique a.Procédure d’arrêt thérapeutique avec extubation o Elle doit être évoquée spécifiquement avec les proches lors de l’entretien de fin de vie. Les actions mises en œuvre doivent être expliquées à l’avance, en détail. La décision revient à l’équipe médicale ; il s’agit d’une prescription. Le rappel que tout sera fait dans le respect de la loi et de la déontologie médicale n’est pas inutile. o En aucun cas il ne s’agit d’abandonner le malade. La charge en soins, en évaluation dia- gnostique et en démarche thérapeutique est la même ou alors il y a plus d’investissement encore à fournir. La poursuite des soins est une évidence même si les traitements curatifs sont arrêtés. Il est donc préférable de ne pas utiliser le terme « d’abandon » dans l’infor- mation aux proches, et de souligner l’investissement de tous auprès du patient. o Préparation avec un patch de scopolamine (24 heures avant si possible). o Arrêt de la nutrition entérale (risque de vomissement à l’extubation). o Une sédation-analgésie sera systématiquement mise en œuvre et débutée au moins 30 minutes avant l’extubation. Elle comprend le midazolam, le sufentanil et éventuellement le propofol. Leur posologie initiale est adaptée au poids du patient selon le tableau ci- après. Ce cadre de posologies est adapté à la grande majorité de nos patients (personnes âgées). Dans certains cas, il faut adopter des posologies différentes, cf. plus loin. o L’arrêt thérapeutique avec extubation est, dans la grande majorité des cas, pourvoyeur de signes physiques de difficultés respiratoires (que certains nomment signes agoniques ou signes de lutte). Les râles, les bruits liés à l’encombrement des voies respiratoires, le ti- rage, le balancement thoraco-abdominal, la sialorrhée, l’apparition de traits marqués au visage, les gasps, la coloration grisâtre des téguments…arrivent très vite après l’extuba- tion. Ils sont presque toujours mal, voire très mal vécus par les proches et par les profes- sionnels mêmes qui accompagnent le patient en fin de vie.
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    o Il fautprendre en compte cette probabilité de morbidité (du patient ou des proches) pour adapter au mieux les conditions de fin de vie du malade. Il existe des facteurs de risque de plus grande probabilité que ces difficultés de fin de vie apparaissent : le jeune âge (moins de 70 ans dans ce cas) l’absence de comorbidités le caractère non ou pauci-défaillant de l’état général du malade avant l’arrêt thérapeutique. Ainsi, les posologies et les choix de sédatifs ou d’analgésiques doivent être reconsidérés pour prendre en charge cette symptomatologie. En présence de facteurs de risque, au cas par cas et selon l’appréciation de l’équipe soignante et des proches, les posologies doivent être augmentées, dès le début des traitements, avant l’extubation, et il faut considérer l’ajout d’un sédatif de plus grande maniabilité comme le propofol. o Même en l’absence des facteurs de risques cités plus haut, la posologie doit être réévaluée au moment de l’extubation puis régulièrement, aussi fréquemment que nécessaire. Une titration adaptée aux symptômes peut être réalisée. Malgré cela, les gasps et les râles peu- vent survenir et la famille doit être prévenue. o Les posologies des sédatifs et analgésiques doivent être discutées à tout moment sur sol- licitation des médecins, des soignants ou des proches, s’ils assistent à la fin de vie. Mais, quelle que soit la situation, elles ne doivent pas être choisies dans le but de hâter le décès du patient mais uniquement pour traiter la « souffrance présumée » et la souffrance ex- primée par l’entourage accompagnant la fin de vie. Ce point doit être expliqué aux proches en cas de difficulté. On distingue alors 2 cadres de prescriptions : Analgésie-sédation préventive lors d’un arrêt thérapeutique sans facteur de risque de morbidité associée à la fin de vie : 2 médicaments (posologies initiales) Analgésie-sédation préventive lors d’un arrêt thérapeutique avec un ou plusieurs facteurs de risque de morbidité associée à la fin de vie : 3 médicaments (posologies initiales) Même procédure + Sufentanil (SUFENTA) 250 µg/50 ml Poids idéal 40 50 60 70 80 90 entretien en ml/h 1,5 2 2,5 3 3,5 4 bolus en ml 1,5 2 2,5 3 3,5 4 Midazolam (HYPNOVEL) 50 mg/50 ml Poids idéal 40 50 60 70 80 90 entretien en ml/h 2 2.5 3 3.5 4 4.5 bolus en ml 2 2.5 3 3.5 4 4.5 Propofol Poids idéal 40 50 60 70 80 90 entretien en ml/h 8 10 12 14 16 18 bolus en ml 2 2.5 3 3.5 4 4.5
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    o C’est souventaprès l’extubation que surviennent des « demandes d’euthanasie urgentes ». Elles ne doivent pas être interprétées comme abusives mais plutôt comme un échec d’an- ticipation des problématiques de fin de vie. De plus, elles peuvent constituer le point de départ d’un processus pathologique supplémentaire qui va compliquer le deuil chez les proches. Les études portant sur la fin de vie en réanimation tendent à montrer qu’il faut adopter une stratégie de prévention du deuil compliqué. Cette stratégie implique une com- munication riche tout au long du séjour en réanimation, une franchise et une honnêteté dans les informations diagnostiques, pronostiques et de fin de vie. Le processus de ré- flexion doit se faire collégialement, en impliquant les proches de manière participative. Le traitement des complications liées à l’arrêt thérapeutique avec extubation (citées plus haut) est une étape indispensable de cette stratégie de prévention. o Une totale liberté de présence ou d’absence est laissée aux proches lors de cette procédure, à condition de les prévenir de la souffrance qu’ils peuvent ressentir. Cette présence ne doit pas être perçue comme un devoir envers l’équipe médicale. o Il faut informer les proches du fait que, si le patient décède en l’absence de son entourage, dans notre service, à Annecy, il y a presque toujours quelqu’un de l’équipe qui reste pré- sent à ses côtés lors des derniers instants, fruit d’une démarche spontanée. b. Procédure d’arrêt thérapeutique avec « sédation profonde est continue ». En fait la procédure d’AT avec extubation (visée au chapitre 6.e) est un AT avec sédation pro- fonde et continue. L’extubation qu’elle implique la rend un peu particulière et plus conforme à ce qu’on vit régulièrement en réanimation. Néanmoins, en réanimation et hors de nos murs au sein de l’hôpital, on peut être confronté à un malade qui répond de cette situation et qui demande « une sédation profonde et continue ». Selon la loi du 4.02.2016: A la demande du patient d'éviter toute souffrance et de ne pas subir d'obstination déraisonnable, une sédation profonde et continue provoquant une altération de la conscience maintenue jusqu'au décès, as- sociée à une analgésie et à l'arrêt de l'ensemble des traitements de maintien en vie, est mise en œuvre dans les cas suivants : 1° Lorsque le patient atteint d'une affection grave et incurable et dont le pronostic vital est engagé à court terme présente une souffrance réfractaire aux traitements ; 2° Lorsque la décision du patient atteint d'une affection grave et incurable d'arrêter un traitement engage son pronostic vital à court terme et est susceptible d'entraîner une souffrance insupportable. Lorsque le patient ne peut pas exprimer sa volonté et, au titre du refus de l'obstination déraisonnable mentionnée à l'article L. 1110-5-1, dans le cas où le médecin arrête un traitement de maintien en vie, celui-ci applique une sédation profonde et continue provoquant une altération de la conscience maintenue jusqu'au décès, associée à une analgésie. Cette situation justifie de la même stratégie de prévention de la symptomatologie associée à la fin de vie. On appliquera donc la même procédure médicamenteuse et les mêmes règles d’interaction avec le patient et les proches. Des mentions particulières doivent être apportées pour le cas où une sédation profonde et continue est entreprise dans un service autre que le nôtre (cf. chapitre 10).
  • 96.
    7. Impact d’unefin de vie sur l’entourage - Prévention o le séjour en réanimation / USC est pourvoyeur d’une certaine morbidité dans l’entourage du patient, a fortiori quand il conduit au décès et a fortiori quand ce décès survient à la suite d’une procédure de LATA. Cette morbidité est différente des signes associés au deuil, non pathologique en soi. L’évaluation de ces troubles est débutante, il y a peu de données dans la littérature médicale. o Certaines notions semblent ressortir récemment : - il faut communiquer beaucoup - il faut un discours médical franc - il faut une cohérence entre le discours et les décisions médicales - il faut impliquer les proches dans le processus de réflexion et de décision - lorsqu’un arrêt thérapeutique est décidé, il faut recourir à l’extubation - il faut un entretien spécifique pour expliquer les modalités de cette procédure - après le décès, il est souhaitable de revoir les proches, juste avant leur départ - et il faut proposer un entretien plus formel dans les semaines ou mois après le décès (dans la mesure du possible évidemment) auprès d’un médecin de l’équipe - proposer un suivi psychologique o Toutes ces démarches vont diminuer le risque de voir apparaitre chez les proches des symptômes d’anxiété, de dépression, un deuil compliqué, etc… 8. Mesures d’accompagnement Dans les deux situations (patient en état ou non d’exprimer sa volonté), le médecin sauvegarde la dignité de la personne malade et assure la qualité de sa fin de vie en dispensant des soins palliatifs et en assurant un soutien de l’entourage. Il convient de : - poursuivre des soins infirmiers de qualité identique à ceux prodigués à tout patient. - arrêter ou espacer les techniques de surveillance (scope, radiographies, prélèvements sanguins, alarmes de surveillance…) - choisir le moment de l’application de la décision : attendre l’arrivée d’un proche par exemple - soutenir la famille et les proches. Il est souhaitable que les entretiens entre le médecin et les proches se fassent en présence de la cadre et/ou de l’infirmière et/ou de l’aide-soignante en charge du patient. Les informations véhiculées et le soutien aux familles ne pourront en être que meilleurs. Une aide supplémentaire peut être proposée (psychologique, administrative…). Un entretien à distance peut également être possible. - élargir la liberté de visite, le nombre de personnes autorisées, discuter la présence des enfants. - limiter au maximum toute source de stress pour le patient ou ses proches (lumière forte, éclats de voix, sonneries prolongées,...) - tout membre de l’équipe peut demander à bénéficier d’une aide psychologique auprès de l’équipe de psychiatrie des urgences et de l’Equipe Mobile de Soins Palliatifs (EMSP). - la famille et /ou les proches peuvent bénéficier d’un accompagnement et d’un suivi par l’EMSP. - de ne pas déplacer le malade dans un autre service, sauf si le malade le demande. Une fois le processus de fin de vie ou d’arrêt thérapeutique débuté, ce n’est pas souhaitable, sauf cas exceptionnel. Il est possible également d’envisager un retour à domicile pour une fin de vie mais ceci doit être fait avec l’aide de l’entourage du malade, sans le mettre en difficulté, et des professionnels de santé qui interviennent régulièrement à domicile. - Après le décès, un contact avec les proches avant qu’ils ne quittent l’hôpital, même informel, peut être très utile dans le processus de deuil - Et, dans la mesure du possible, et pour certains cas particuliers, il faut proposer de revoir les proches dans les mois qui suivent lors d’une consultation dédiée. - proposer un suivi psychologique - Les principes d’humanité et du respect de la dignité du patient guident les actions mises en œuvre, y compris la parole ; à ce titre, une attention particulière doit être portée sur le choix de nos mots, sachant le poids qu’ils ont dans la bouche d’un soignant, a fortiori d’un médecin.
  • 97.
    9. Appel del’équipe de réanimation pour une problématique de fin de vie ou pour une sédation dans un autre service de l’hôpital a. Contexte local o l’équipe de réanimation n’a pas à prendre en charge la fin de vie d’un patient qui n’y est pas hospitalisé – aucune dotation horaire ni budgétaire n’est prévue pour cette situation o les personnels de réanimation ne peuvent pas, en plus des situations propres à leur unité, supporter l’impact d’une fin de vie d’un patient d’un autre service o on ne peut pas exporter nos compétences en termes d’accompagnement de fin de vie – chaque unité concernée doit inscrire ce thème dans son projet de service o l’implication du médecin responsable de l’unité concernée est incontournable et le réani- mateur ne pourra pas s’y substituer o cependant du fait de situations nouvelles créées par la loi de 2016, il est inévitable que nos équipes soient sollicitées, au moins le temps que les changements de culture médicale s’opèrent dans les différents services, ceci du fait que la réanimation est la plus armée pour relever le défi de l’accompagnement de fin de vie avec sédation. b. Situation actuelle – retours de nos expériences – conditions d’intervention Les notions exposées plus bas sont le fruit d’un constat régulièrement fait au sein de notre hôpital et aucun jugement n’est porté à l’encontre de nos collègues. Les difficultés rencon- trées proviennent d’abord du fait que la fin de vie est une situation difficile à vivre pour tout le monde. o La réanimation intervient souvent auprès d’une unité où la prise en charge du patient a déjà fait naître un conflit. o Il faut commencer par exiger l’impératif d’information due au malade : dans l’écrasante majorité de nos interventions pour des problèmes ou conflits autour d’une fin de vie, le malade n’est pas encore au courant qu’il va mourir. o Le fait de préciser le pronostic, d’informer, d’expliquer et d’exposer les possibilités d’ac- compagnement fait d’emblée disparaître un grand nombre de demandes de sédation. Faire savoir aux malades, qu’ils pourront bénéficier d’une sédation de fin de vie, permet souvent de détendre la situation et certains suspendent leur demande à partir du moment où ils savent qu’ils disposent de cette possibilité. o Il faut exiger également de la clarté et de l’honnêteté dans ce qui est réellement fait au- près du malade. On ne peut pas débuter une procédure de sédation profonde et continue et poursuivre parallèlement une chimiothérapie ou un antibiotique. Ce point est impor- tant car il n’est pas juste un élément de « forme ». En effet, même si un antibiotique ne changerait rien à l’effet d’une sédation profonde, poursuivre son administration révèle toujours une ambigüité dans la compréhension du pronostic ou dans l’adhésion au pro- jet ; et surtout, cette poursuite d’un traitement actif à visée curative alors qu’on est en situation d’arrêt thérapeutique n’a aucun sens, cela va favoriser les symptômes liés à la fin de vie (ce que certains spécialistes de la fin de vie appellent les dommages collaté- raux) qui concernent cette fois les personnes les plus exposées : proches du malades et soignants non médicaux. A ce titre, il faut être particulièrement prudent avec les « pres- criptions à titre compassionnel ». Dans ce cas précis, la compassion est offerte aux médecins et entre médecins, refusée en fait aux malades, et ces effets néfastes imposés aux proches et aux soignants.
  • 98.
    o Là aussi,il faut évaluer les facteurs de risque de morbidité liée à la fin de vie. o Les modalités de sédation sont les mêmes (posologie et association, cf. plus haut) o Les médicaments utilisés sont des médicaments, pas des drogues et on ne peut pas opposer le fait que ce sont des médicaments à usage anesthésique exclusif pour justifier d’une réticence dans leur utilisation. Ce sont des médicaments utiles pour répondre aux situations de fin de vie. o Jusqu’à maintenant, toute sédation profonde et continue mise en œuvre dans une unité extérieure par l’équipe de réanimation a fait l’objet de difficultés d’application (au niveau médical, paramédical, au niveau de l’encadrement et de la pharmacie). Il est certain que, pour des années encore, des questions de légitimité, des questions pratiques ou même une certaine opposition surgiront lors de ces procédures. D’après notre expérience, elles traduisent le manque d’implication médicale dans l’accompagnement de fin de vie et il est probablement assez simple de résoudre cela avec plus d’implication par le médecin de l’unité. S’il n’est pas souhaitable que le réanimateur se substitue au spécialiste dans son service, l’intervention de la réanimation peut éventuellement servir de déclencheur et peut guider les collègues sur les aspects pratiques comme la prescription. o Il faut savoir que les réveils intempestifs et les signes agoniques seront plus mal vécus et plus difficiles à gérer qu’en réanimation car les proches ne pourront pas bénéficier d’un accompagnement aussi régulier qu’en réanimation et seront en première ligne face à ces symptômes. Le personnel soignant n’est pas épargné et il exprime régulièrement de la culpabilité lors de ces situations. Même si on est conscient de ces risques à l’échelle du service concerné, il est difficile de les prévenir et les premières procédures de ce type seront toujours l’objet de difficultés, de remises en question personnelles, etc… Il est fréquent qu’elles soient l’élément déclencheur d’un arrêt de travail ou d’un départ du ser- vice. Les aides-soignants sont les plus exposés vis-à-vis de ça. o Dans la mesure du possible, un contact avec les proches après le décès, même informel, peut être très utile dans le processus de deuil o Un temps de débriefing ou retour d’expérience doit être proposé aux soignants. A condi- tion qu’il n’ait pas été impliqué directement dans l’accompagnement du malade, le psy- chologue peut aussi être un soutien auprès de l’équipe qui a réalisé cet accompagne- ment. 10. Documents de référence Textes légaux : - Loi n° 2016-87 du 2 février 2016 relative aux droits des malades et à la fin de vie - Loi n° 2002-303 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé. - Articles 35-38 : Code de déontologie médicale, 1995 Textes de recommandation : - Recommandations de bonnes pratiques cliniques concernant l’application de la loi n° 2005-370, Groupe de réflexion éthique de la SFAR, juin 2006 - Anaes. Déc 2002. Modalités de prise en charge de l’adulte nécessitant des soins palliatifs. - Désignation de la personne de confiance – procédure CHRA, nov. 2005 - Fin de vie en réanimation, Référentiel réanimation pavillon G, Hôpital Edouard Herriot - SRLF, Limitation et arrêt des traitements en réanimation adulte, actualisation des recommandations de la SRLF, Réanimation 2010 ; 19, 679-968.
  • 99.
    - Comité d’éthiquede la SRLF, Contribution à un scénario de mise en œuvre des prélèvements d’organes de type Maastricht III en France, AFAR 2014 ; 33, 128-134. Articles: Ganzini L et al, Nurses’ experience with hospice patients who refuse food and fluids to hasten death. NEJM 2003; 349 : 359-65 Pocard F et al, Withholding and withdrawing life-sustaining treatment: the necessity of discrepancies in ethical reasoning. Crit Care. 2008;12(2):418. 11. Mots-clés ✗ LATA ✗ Accompagnement ✗ Réanimation ✗ Arrêt thérapeutique ✗ Limitation thérapeutique ✗ Soins palliatifs ✗ Sédation profonde et continue ✗ Fin de vie Diffusion - Réanimation - USC Rédaction Dr Renaud CHOUQUER, médecin du service Lison ROLAND, infirmière du service Clémentine CHEVRON, infirmière du service Vérification Dr Pierre Alain CHARRETIER, médecin du service Dr Julie STEYER, médecin assistant Approbation Dr Albrice LEVRAT, Chef de service réanimation Dr Sylvie BERGE MONTAMAT, médecin des soins palliatifs
  • 100.
    Limitations et /ou Arrêt des Traitements Actifs (LATA) en médecine d’urgence. Expérience de Saint-Malo. Dr Philippe ZEMMOUCHE Congrès de Médecine d’Urgence de Bretagne. Saint-Malo. 27 septembre 2016 17/10/2016 1 Centre hospitalier de Saint-Malo
  • 101.
    Généralités • Elaboration d’unefiche LATA en 2011, après concertation entre urgentistes et réanimateurs, puis modifiée et validée par le comité d’éthique communautaire pour assurer la traçabilité des décisions de limitation de soins, conformément à la Loi n°2005-370 du 22/04/2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie, dite Loi Léonetti. • Evaluation prospective des fiches LATAS effectuées de janvier 2012 à février 2013 et d’avril 2014 à mai 2015 • Toute détresse aigue en fin de vie n’est pas synonyme de LATA 17/10/2016 CMUB 2016 2 Centre hospitalier de Saint-Malo
  • 102.
  • 103.
  • 104.
    17/10/2016 CMUB 20165 Centre hospitalier de Saint-Malo
  • 105.
    17/10/2016 CMUB 20166 Centre hospitalier de Saint-Malo
  • 106.
    Généralités • 250 fichesrenseignées sur 26 mois • Sex ratio : 0,92 • Age moyen 80,5 ans. • Implication du personnel paramédical dans la décision : 60,4%. • Responsabilité de la décision est médicale, mais responsabilité paramédicale engagée dans les modalités d’application de la LATA. • Prise de décision dans 55% des cas hors des heures ouvrables. 17/10/2016 CMUB 2016 7 Centre hospitalier de Saint-Malo
  • 107.
    Antécédents 0 10 20 30 40 50 60 70 16 62 16 16 5 5 30 50 55 39 N=250 17/10/2016 CMUB 2016 8 Centre hospitalier de Saint-Malo
  • 108.
    Détresse vitale aumoment de la décision 17/10/2016 CMUB 2016 9 0 5 10 15 20 25 30 35 40 Neurologiques Circulatoires Respiratoires 29 22 39 (%) Centre hospitalier de Saint-Malo
  • 109.
    Autonomie 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Bonne Partielle Altérée/ tres altérée Grabataire Demence Autres NR 22 25 93 9 13 37 51 N=250 17/10/2016 CMUB 2016 10 Centre hospitalier de Saint-Malo
  • 110.
  • 111.
    Traitements actifs entrepris 0 20 40 60 80 100 120 140 160 IntubationRempl. Vasc. (RV) RV+ Amines Ventilation Non Invasive (VNI) Non renseigné 5 46 5 42 152 N=250 17/10/2016 CMUB 2016 12 Centre hospitalier de Saint-Malo
  • 112.
    Collégialité 17/10/2016 CMUB 201613 0 5 10 15 20 25 30 35 40 Urgentiste seul 2 urgentistes 3 médecins Réanimateur Autre spécialiste Médecin Traitant 2 37 39 31 17 11,2 (%) 98% des décisions de LATA sont prises par au moins 2 médecins, implication d’un médecin non urgentiste : 59,2%. Centre hospitalier de Saint-Malo
  • 113.
    Autonomie du patient Directivesanticipées 17/10/2016 CMUB 2016 14 0 2 4 6 8 10 12 14 Implication du patient dans la décision Directives anticipées (DA) DA transmises par les proches 3 5 14 (%) Centre hospitalier de Saint-Malo
  • 114.
    Information des proches(%) 0 10 20 30 40 50 60 70 80 Famille / personne de confiance Famille injoignable Non renseigné 80 14,4 5,6 17/10/2016 CMUB 2016 15 Centre hospitalier de Saint-Malo
  • 115.
    Compréhension de l’information(%) 68 2 30 Information non comprise Non renseigné Information comprise Quand l’information est effectuée aux proches ou PC , elle est comprise par les proches dans 97% des situations 17/10/2016 CMUB 2016 16 Centre hospitalier de Saint-Malo
  • 116.
    Thérapeutiq ues invasiv es à ne pas entreprendre 0 10 20 3 0 4 0 5 0 60 70 8 0 9 0 100 100 100 9 0 9 8 , 4 9 8 , 4 9 8 69 , 2 8 7, 6 8 5 , 6 % 17/10/2016 CMUB 2016 17 Centre hospitalier de Saint-Malo
  • 117.
    Appréciation de l’évolution par l’urgentiste 0 20 4 0 60 8 0 100 120 14 0 I rrev ersible R ev ersible I nconnue N on renseigné 103 11 125 4 17 7 5 5 2 N = 25 0 Total V iv ants L’év olution n’est pas celle attendue dans 13 % des situations. 17/10/2016 18 Centre hospitalier de Saint-Malo
  • 118.
    Soins de confort/ Accompagnement • Les soins de bouche, l’hydratation, la prévention des escarres, la toilette complète (sauf en phase agonique) sont généralement poursuivis. • Une prise en charge psychologique par les IDE psy a été effectuée pour 8 familles • Un représentant du culte catholique est venu dans 3 situations (UHTCD). 17/10/2016 CMUB 2016 19 Centre hospitalier de Saint-Malo
  • 119.
    UNE LATA AUXURGENCES
  • 120.
      Sortie SMURdans le secteur de Haguenau, été 2014   Il est 9H00   Mme R. 75 ans est retrouvée somnolente au sol dans sa cuisine, pas de signes de traumatisme crânien.
  • 121.
      A l’arrivéedes secours ◦  Elle est confuse, ◦  Elle présente une latéro déviation du regard vers la gauche et une hémiplégie droite ◦  Elle commence à s’agiter
  • 122.
      La patienteest: ◦  Traitée par pradaxa® pour une ACFA, par triatec® pour une HTA et par crestor® pour une hypercholesterolemie, ◦  Elle prend par ailleurs du stilnox® tous les soirs et du seresta® et du norset® pour un syndrome anxio-dépressif, ◦  Elle n’a pas d’allergie, ◦  Ses antécédents chirurgicaux comprennent   une hystérectomie,   une appendicectomie,   un prothèse totale de hanche droite et de genou gauche
  • 123.
      Appel dela filière thrombolyse, mais patiente récusée en raison: ◦  de la prise de pradaxa®, ◦  de l’horaire inconnu du début des symptômes ◦  de la forte suspicion d’hémorragie cérébrale
  • 125.
      A l’arrivéeaux urgences, il est 10h ◦  Installation directe en box d’examen ◦  Mise en place d’un scope ◦  Réalisation du bilan sanguin
  • 129.
    Pas de thérapeutiquepossible Surveillance à Haguenau et scanner de réévaluation dans 24H
  • 130.
      La patienteest veuve et à 2 filles   Une fille habite à proximité, on lui demande de se rendre aux urgences   Explication sur la limitations de soins en raison de l’absence de possibilités chirurgicales
  • 132.
    Après entretien avecla famille et sans possibilité de prise en charge chirurgicale Décision de manière collégiale de mettre en place une LATA
  • 133.
      Ne nousarrêtons pas là!   L’état neurologique de la patiente se dégrade encore, l’hémorragie est massive, avec des signes d’engagements PENSONS AU PMO
  • 134.
      La gravitéde la situation est exposée   La possibilité de passage en mort encéphalique est abordée   On demande à la famille si elle connaît la position de la patiente face au don d’organe
  • 135.
      La patienteet sa famille avaient abordé le sujet du don d’organe   La fille n’a pas d’opinion sur ce sujet mais elle rapporte que sa mère y était favorable   On évoque donc un transfert en réanimation chirurgicale pour prise en charge et on décide une IOT pour protéger les voies aériennes.   Mais avant tout…
  • 136.
  • 137.
      On peutdétecter les comas graves   Mais pour cela il faut y penser.
  • 138.
    LAT LIMITATION ou ARRÊT DESTHERAPEUTIQUES EN REANIMATION Dr Sandrine GAILLARD Anne-Lise BRIERE Réanimation - Bourg en Bresse Journée ARS 13 juin 2017 - Lyon
  • 139.
    CONCEPTS REANIMATION – Larousse =ensemble des moyens et des soins mis en œuvre par un médecin pour rétablir ou surveiller une fonction vitale menacée à court ou moyen terme – CSP R6123-33 = les soins de réanimation sont destinés à des patients qui présentent ou sont susceptibles de présenter plusieurs défaillances viscérales aiguës mettant directement en jeu le pronostic vital et impliquant le recours à des méthodes de suppléance
  • 140.
    LAT SRLF 2002 Limitation= non instauration ou non optimisation - Arrêt d’1 ou plusieurs thérapeutique(s) curative(s) ou de suppléance des défaillances d’organes, dont la conséquence peut être d’avancer le moment de la mort CONCEPTS Maîtrise de l’agressivité des soins en fin de vie Amélioration de la qualité de vie et limitation des coûts SOINS PALLIATIFS Larousse = ensemble des soins et de l’accompagnement psychologique apportés à un malade en fin de vie SRLF = les traitements palliatifs associent l’ensemble des mesures permettant de lutter contre l’inconfort, qu’il soit physique, émotionnel, spirituel ou social
  • 141.
    CONCEPTS EUTHANASIE – Larousse =acte d'un médecin qui provoque la mort d'un malade incurable pour abréger ses souffrances ou son agonie, illégal dans la plupart des pays homicide volontaire selon article 221-1 du code pénal ACHARNEMENT THERAPEUTIQUE – Larousse = fait d'employer tous les moyens thérapeutiques pour maintenir en vie un malade qu'on estime dans un état désespéré
  • 142.
    ETHIQUE MEDICALE = ensembledes règles de conduite des professionnels de santé vis-à-vis de leurs patients • L'éthique médicale, nécessairement complexe, participe à la fois de la déontologie (ensemble des règles internes à une profession), de la morale et de la science • Le respect de l'éthique médicale constitue la meilleure garantie de la qualité des soins et de la liberté du malade ; il témoigne de la recherche d'une certaine forme de sagesse, de « science avec conscience », dans l'exercice de la médecine contemporaine
  • 143.
  • 144.
  • 145.
    Médecin Information Malade Familledirectives anticipées ? personne de confiance? Le modèle de décision évolue avec l’incapacité liée à la situation critique Outils d’expressions de la volonté du patient EN REANIMATION secret médical ? Autonomie Justice Bienfaisance Non-malveillance
  • 146.
    Médecin Malade Internes Seniors Médecin degarde Infirmières Conjoint Enfants Proches Parents Père Mère Fils Fille Grands Parents Aides Soignantes Psychologue Médecin traitant Collègues Entre « paternalisme » et « autonomie » : le modèle de « décision partagée »
  • 147.
    LAT 1998 LATAREA 1décès sur 2 est précédé d’une LAT 2002 recommandations SRLF sur les LAT en réanimation adulte – groupe de travail réanimateurs/psychiatres/philosophes 2009 réactualisation CADRE LÉGAL Loi no 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, aussi appelée (loi Kouchner) Loi n° 2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie (loi Léonetti) – décret 2006-120 Rapport Sicard du 18 décembre 2012 de réflexion sur la fin de vie Loi n° 2016-87 du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie (loi Clayes-Léonetti)
  • 148.
    Contexte juridique Lois Kouchneret Léonetti Lois du 4 mars 2002 et du 22 avril 2005 Décret du 6 février 2006 - Expression de la volonté des malades en fin de vie - Refus de « l’obstination déraisonnable » - Directives anticipées - Personne de confiance - Procédure collégiale de décision pour les patients hors d’état d’exprimer leur volonté L’obstination déraisonnable (art.L.1110-5,et R.4127-37 CSP) s’entend des actes de prévention, d'investigation ou de soins qui apparaitraient «inutiles, disproportionnés ou n'ayant d'autre effet que le seul maintien artificiel de la vie», et qui peuvent en tant que tels, faire l’objet d’une décision de limitation ou d’arrêt des traitements actifs définie selon des critères objectifs appréciés par l’équipe en charge du patient
  • 149.
    En amont dela réanimation pré-hospitalier / urgences / service – non transfert en réa = décision de ne pas proposer par le médecin en charge du patient – non admission en réa = décision de ne pas admettre par le réanimateur – décision anticipée de ne pas recourir à certaines suppléances OÙ ET COMMENT SE PRENNENT LES DÉCISIONS DE LAT ? Lorsque le patient n’est plus en état d’émettre sa volonté dès ce stade, la décision de LAT prise par anticipation suppose la réalisation d’une procédure collégiale. En réanimation
  • 150.
    EN PRATIQUE Processus décisionnelthéorique collégial & multidisciplinaire avec souhait du patient et avis de la famille/personne de confiance Fréquence ? • pas du tout… • sur alerte • réunions formelles régulières • au quotidien Traçabilité
  • 151.
    EN PRATIQUE Processus décisionnelthéorique collégial & multidisciplinaire avec souhait du patient et avis de la famille/personne de confiance Fréquence ? • pas du tout… • sur alerte • réunions formelles régulières • au quotidien Traçabilité
  • 152.
    AIDE A LADECISION • Sur le plan médical état général et autonomie antérieurs réversibilité/curabilité de l’épisode actuel évaluation pronostique des maladies sous-jacentes traitements ultérieurs possibles séquelles prévisibles qu’exprime la famille ? • Sur le plan personnel pour le patient que sait-il ? que veut-il ? que ne veut-il pas ?
  • 153.
    Déterminants Complexité DR/NR Patient Famille Médecins Lieu Temps Âge Antécédents Absente Présente «alliée»/ opposée Âge Cursus Expérience en SP Organisation du travail CH/CHU Réasur place SAU/ UHCD Pathologie / Suppléance Coma DRA « Autonome » « Grabataire » ACR « jusqu’auboutisme » Vécu personnel Directives Anticipées Personne de confiance Décision immédiate Décision différée Indécision Collaboration/ conflits IOT Pré-hospitalier
  • 154.
    PROTOCOLE REA CHB •Niveau A = pas de limitation • Niveau B = pas de RCP si ACR • Niveau C = non-escalade thérapeutique • Niveau D = arrêt des thérapeutiques actives • Niveau E = arrêt de la ventilation mécanique et sédation anticipative
  • 155.
    1er temps : NIVEAUÉQUIPE • Interrogation quotidienne • Directives anticipées • Collégiale • Place au doute… et on peut rétrograder Image extraite du reportage de 7 à 8 « la décision » de février 2012
  • 156.
    TRACABILITE +++ CSPart R4127-37
  • 157.
    2ème temps : NIVEAUEFFECTIF • Entretien formalisé • Implication de la famille +/- du patient • Responsabilité médicale Image extraite du reportage de 7 à 8 « la décision » de février 2012
  • 158.
    Parler juste • Eviterla confusion des mots – « Futilité » thérapeutique : • imprécis et ambigu • quels éléments pronostiques ? – « Euthanasie passive » : • inapproprié et facteur de confusion • LAT ≠≠≠≠ euthanasie • « Quelle est mon/notre intention ? » • Eviter les erreurs de communication – « on arrête (tout/les soins actifs) » : ⇒⇒⇒⇒ « on continue à faire le maximum » pour… Recommandations SRLF 2010 Silences +++
  • 159.
    3ème temps : MISEEN APPLICATION DU NIVEAU • Accompagnement de la famille Image extraite du reportage de 7 à 8 « la décision » de février 2012
  • 160.
    Apport du protocole •Points positifs – Intensité de TTT définie et prescrite – Remise en question selon l’évolution clinique – Relation claire avec la famille – Pas de tabou par rapport à la mort – Remet de l’humain dans la technicité • Points négatifs – Parfois abordé trop précocément – N’empêche pas les situations difficiles désaccord dans l’équipe / avec la famille / avec les correspondants
  • 161.
    Améliorer la PECpalliative = corollaire indissociable de la décision de LAT • Soins palliatifs = assurer la meilleure qualité de vie possible et établir un projet thérapeutique qui tient compte de l’état physique et psychologique du patient • Soins palliatifs et traitements curatifs ne sont pas incompatibles ⇒⇒⇒⇒ acquisition de compétences ⇒ évolution des mentalités Nelson CCM 2010 Pas de décès dans 10% des LAT en réanimation
  • 162.
    Hier soins curatifs Décès P a l l i a t i f ? LAT Info ? Info ThérapeutiquesActives Acharnement Obstination… Essais… Effet « on/off »
  • 163.
    Aujourd’hui et demain… Soinspalliatifs Soins de deuil Décès Processus décisionnel de LAT Information et communication Thérapeutiques Actives
  • 164.
    Conclusions • LAT ajustementthérapeutique à la situation du patient à un moment donné • Plus facile quand la décision est anticipée en amont avec le médecin référent et le patient/sa famille notamment dans les pathologies chroniques IRpC, K • La mort fait partie de la vie • La mort est un vêtement que tout le monde portera - Proverbe africain
  • 165.
    LA  FIN  DE  VIE  AUX  URGENCES:    LES  LIMITATIONS  ET  ARRÊTS   DES  THÉRAPEUTIQUES  ACTIVES    Dr  Marion  DOUPLAT   SAMU-­‐Urgences  Timone  
  • 166.
    SOMMAIRE   1.  La  mort  aux  urgences   2.  Les  Limitations  et  Arrêts  des   Thérapeutiques  Actives  (LATA):  législation   actuelle   3.  Etude  sur  les  pratiques  et  le  vécu  des   médecins  face  aux  limitations  et  arrêts  des   thérapeutiques  actives  aux  urgences   4.  Conclusion  
  • 167.
    1. LA  MORT  AUX  URGENCES    
  • 168.
    1.  LA  MORT  AUX  URGENCES   Répartition  des  lieux  de  décès  en  2006  
  • 169.
    1.  LA  MORT  AUX  URGENCES  
  • 170.
    1.  LA  MORT  AUX  URGENCES   §  La  mort  est  une  réalité  quotidienne  aux   urgences.   §  La  part  assumée  par  les  services  d’urgence   varie  entre  7,5  %  à  17,5  %  .   §  Plus  d’un  patient  sur  dix  meurent  aux   urgences   §   Les  Limitations  et  Arrêts  des  Thérapeutiques   Actives  (LATA)  sont  pratiqués  depuis  de   nombreuses  années  dans  les  différents   services  d’urgence  et  de  réanimation.  
  • 171.
    1.  LA  MORT  AUX  URGENCES   §  Ce  sont  des  lois  mises  en  place  récemment   qui  sont  venues  préciser  le  cadre  légal  de  ces   pratiques:   ú  La  Loi  du  4  mars  2002     ú  La  loi  du  22  avril  2005  dite  loi  Léonetti   §  Peu  de  travaux  ont  évalué  l’application  de   ces  mesures  au  sein  des  services  d’urgence  et   leur  impact  sur  les  soignants  concernés.    
  • 172.
    1.  LA  MORT  AUX  URGENCES   §  Ce  sont  pourtant  des  situations  fréquentes:     une  décision  de  LATA  était  prise  dans  78,8  %   des  décès  aux  urgences.      (Le  conte  2010)     §  Peu  de  réflexion  collégiale:    une  décision   d’arrêt  des  soins  était  prise  par  l’urgentiste   seul  dans  2/3  des  cas              (Roupie  1999).                                               §  Dans  50%  la  décision  était  prise  par  un  seul   médecin.          (Verniolle  2011)    
  • 173.
    1.  LA  MORT  AUX  URGENCES   §  Mais    il  y  existe  aussi    une  dérive  vers  des   traitements  aggressifs  :«  la  prise  en  charge  de  la   détresse  vitale  d’un  patient  inconnu  en  fin  de  vie   peut  conduire  le  médecin  des  urgences  à  user  de   soins  lourds  de  réanimation  injustifiés  ».  Cela  avait   été  le  cas  pour  un  tiers  des  patients  de  l’étude.   (Rothmann  2005)   §  Dans  l’ignorance  de  l’état  antérieur  du  malade,   le  praticien  urgentiste  dans  plus  d’1/3  des  cas     administrait  un  traitement  agressif  qui  se  révélait   a  posteriori  inadapté.  (Tardy  2002)  
  • 174.
    1.  LA  MORT  AUX  URGENCES   §  Beaucoup  de  patients  arrivent  aux  urgences   pour  mourir,  c’est  le  résultat:   ú  De  situations  aigues  non  prévisibles  (20%)   ú  De  situations    aigues  ou  chroniques  prévisibles       (80%)  avec  des  décisions  de  LATA.   ú  D’une    non  préparation  des  familles    à  accepter  la   mort  dans  le  cas  d’une  maladie  chronique   ú  De  l’insuffisance  de  place  en    soins  palliatifs     ú  D’un  dysfonctionnement  du  système  de  santé  en   amont  qui  fait  peser  sur  les  urgences  la  charge   lourde  de  la  fin  de  vie.  
  • 175.
    §  Les  situations  de  LATA  aux  urgences:   ú  Une  affection  aiguë  par  défaillance  d’une   fonction  vitale     ú  Une  poussée  aiguë  sur  une  pathologie   chronique   ú  Pathologie  néoplasique  évolutive  au  delà   de  toute  ressource.   ú  Patient  conscient  informé  apte  à   consentir  qui  demande  une  LATA.   1.  LA  MORT  AUX  URGENCES  
  • 176.
    2. LES  LIMITATIONS  ET   ARRÊTS  DES   THÉRAPEUTIQUES   ACTIVES:  LÉGISLATION   ACTUELLE    
  • 177.
    2.  Les  principes    §  La  loi  du  22  avril  2005  met  en  œuvre  une   éthique  fondée  sur  l’acceptation  de  la  mort:  «     laisser  mourir  sans  faire  mourir  ».     §   Elle  proscrit  l’euthanasie  active  et    pallie  aux   risques  d’acharnement    thérapeutique.     §  Interdiction  de  l’obstination  déraisonnable  et   l’obligation  de  délivrer  des  soins  palliatifs   (article  1)  avec  le  principe  du  double  effet  (article  2).  
  • 178.
        §  Les  principaux  droits    dans  la  loi  sont  :   ú  d’une  part  la  liberté  et  l’autonomie   puisque  la  volonté  du  patient  est  au  cœur   de  la  décision  de  limitation  ou  d’arrêt  des   soins   ú   et  d’autre  part,  le  respect  de  la  personne  :   le  renforcement  des  soins  palliatifs   apparaissant  comme  une  véritable   alternative  à  l’euthanasie.   2.  Les  principes    
  • 179.
    2.  La  décision     §  Dans  le  cas  du  patient  conscient:     ú  le  médecin  doit  respecter  la  volonté  de  la   personne  après  l'avoir  informée  des   conséquences  de  ses  choix.     ú  le  malade  doit  réitérer  sa  décision  après   un  délai  raisonnable  donc  exclusion  des   urgences  vitales  imprévues  .    
  • 180.
    2.  La  décision     §  Dans  le  cas  du  patient  inconscient  qui  est   hors  d’état  d’exprimer  sa  volonté:   ú  obligation  d’une  procédure  collégiale       avec  l’avis  motivé  d’au  moins  un   médecin,  appelé  en  qualité  de  consultant              (décret  2006-­‐120  )   ú  concertation  avec  l’équipe  de  soins.    
  • 181.
    2.  La  décision    §  La  décision  doit    prendre  en  compte  :     ú  1)  les  souhaits  que  le  patient  aurait   antérieurement  exprimés,  en  particulier   dans  des  directives  anticipées  s'il  en  a   rédigé  (article  7)   ú  2)  l'avis  de  la  personne  de  confiance  qu'il   aurait  désignée    (article  8)   ú  3)  ainsi  que  celui  de  la  famille  ou,  à   défaut,  celui  d'un  de  ses  proches.    
  • 182.
    2.  Les  directives  anticipées     §  Les  directives  anticipées:  (article  7  et  décret  2006-­‐119)   ú  Indiquent  les  souhaits  de  la  personne     relatifs  à  sa  fin  de  vie  dans  le  cas  ou  elle   serait  inconsciente.   ú  Révocables  à  tout  moment.   ú   Doivent  être  établies  moins  de  trois  ans   avant  l’état  d’inconscience  de  la  personne.  
  • 183.
    2.  Les  recommandations     §  La  SFMU  en  2003:   ú  Concept  de  chaine  éthique++:  les  services   d’urgence  sont  un  maillon.  Nécéssité  d’une   continuité.   §  La  SRLF  en  2002  et  2007   ú  Détaillées  et  exhaustives.   ú   Vrai  guide  pour  le  praticien.   ú  Mais  propres  à  la  réanimation.  
  • 184.
    3. ÉTUDE  SUR  LES   PRATIQUES  ET  LE  VECU   DES  MEDECINS  FACE  AUX   LATA  AUX  URGENCES    
  • 185.
    3.  Etude  sur  les  LATA     §  Matériels  et  méthodes:   ú  Questionnaire  comportant  25  items,  envoyé   aux  médecins    par  mail.   ú  13  services  d’urgence  de  la  région  PACA  dont  4   CHU.   §  Résultats   ú  92  questionnaires  obtenus   ú  56,5  %  d’hommes   ú  La  moyenne  d’âge  est  de  40  ±  8  ans    
  • 186.
    Des  médecins  expérimentés   Durée  d'exercice  de  la  médecine  d'urgence    
  • 187.
    Les  LATA  des  situations   fréquentes  aux  urgences    Fréquence  des  situations  de  LATA  
  • 188.
    La  réflexion  collégiale  est   trop  peu  appliquée      26  %  déclarent  avoir  une  procédure  écrite     au  sein  de  leur  service.  
  • 189.
    Le  médecin  consultant   47  %  des  médecins  pensent  que  le  médecin  réanimateur  peut-­‐être  un   référent  systématiquement  impliqué  dans  la  réflexion  collégiale  
  • 190.
    Bonne  implication  de  l’équipe   paramédicale  dans  la  réflexion  
  • 191.
    Connaissance  de  la  loi   Connaissance  du  concept     des  directives  anticipées     39%  les  recherchent    systématiquement     Connaissance  du  concept     de  la  personne  de  confiance   61%  la  recherche    systématiquement  
  • 192.
    Des  difficultés  dans  l’annonce:   un  manque  de  temps    
  • 193.
    Le  médecin  souvent  seul  dans   l’annonce    90  %  des  médecins  pensent  que  le  médecin  traitant  pourrait  être  une   aide  dans  l’annonce  aux  familles.    
  • 194.
    Des  difficultés  dans  l’annonce:   un  manque  de  moyens  
  • 195.
    Un  vécu  des  médecins  difficile:   Sentiment  d'être  seul  des  médecins  pour  mener  la  réflexion  sur  les  LATA    
  • 196.
    Un  vécu  des  médecins  difficile:     Sentiment  d'être  seul  des  médecins  lors  de  l’annonce  des  LATA    
  • 197.
    Un  vécu  des  médecins  difficile:     Sentiment  d'être  dépassé  face  aux  décisions  et  aux  annonces  des  LATA.  
  • 198.
    Des  solutions  pour  améliorer   les  décisions  de  LATA  aux   urgences?    §  79  %  des  médecins    ressentent  le  besoin  de   bénéficier  d’une  procédure  sur  la  prise  en   charge  des  LATA   §   76  %  sont  favorables  à  la  création  d’un  lieu   dédié  spécifiquement  à  l’annonce     §  78,5  %  pensent  qu’une  actualisation  des  leurs   connaissances  sur  le  sujet  des  LATA  est   nécessaire.    
  • 199.
    Des  solutions  pour  améliorer   les  décisions  de  LATA  aux   urgences?     §  Seulement  41  %  des  médecins  ressentent  le   besoin  de  séances  de  débriefing  en  équipe.   §     85  %  des  médecins  pensent  que  les  comités   d’éthiques  des  hôpitaux  pourraient  être  une   aide  dans  l’établissement  de  procédures  de   services  dans  la  cadre  des  LATA.  
  • 200.
    Discussion   §  Les  situations  de  LATA  sont  fréquentes  et   appliquées  dans  le  non  respect  de  la  loi  dans   un  cas  sur  deux.   ú  Méconnaissance  de  la  loi  ?   ú  Pas  de  procédure  écrite  ?   ú  Difficulté  à  appliquer  la  loi  dans  le  contexte  de   l’urgence?      Trouver  un  médecin  consultant      Rôle  du  médecin  réanimateur  ,  rôle  du  médecin   traitant?  Médecin  référent?      Implication  des  spécialistes  
  • 201.
    Discussion   §  Problème  des  directives  anticipées:   ú  Accessibilité  en  urgence  de  même  pour  la   personne  de  confiance  (registre  ?)   ú  Dérive  euthanasique  ?   §  Une  difficulté  à  trouver  le  temps  d’annoncer:   d’autres  solutions?   ú  Implication  équipe  paramédicale,  med  traitant   ú  Formation  des  équipes    
  • 202.
    4.  Conclusion    §  Il  ressort  un  certain  malaise  de  notre  étude  au   sein  des  urgentistes  avec  des  difficultés  :   ú  d’une  part  à  appliquer  la  loi  (en  particulier  la  réflexion   collégiale),   ú   mais  aussi  à  consacrer  du  temps  à  l’annonce  et  à   l’accompagnement   §  D’autre  part,  la  loi  est  encore  assez  méconnue     et    peu  appliquée  aux  urgences.   §  On  a  l’impression  que  les  services  urgence  sont   un  peu  les  oubliés  de  la  loi  du  22  avril  2005  alors   que  ce  sont  eux  qui  sont  concernés  le  plus  par  la   mort  des  patients  à  l’hôpital.  
  • 203.
    4.  Conclusion     §  Certes,  la  loi  exclut  le  champ  de  l’urgence   vitale  mais  la  plupart  des  situations  de  fin  de   vie  aux  urgences  ne  relève  pas  de  ce  cadre  là   et  ce  sont  souvent  des  patients  qui  auraient   pu  mourir  chez  eux.     §  De  plus,  les  recommandations  de  la  société   savante  de  médecine  d’urgence  ne  sont   toujours  pas  actualisées  depuis  2003  ne   proposant  pas  de  réelle  aide  pour  le  praticien.  
  • 204.
    4.  Conclusion     §  Il  manque  une  vraie  prise  de  conscience  des   autorités  de  santé  afin  de  reconnaître  que  les   services  d’urgence  réalisent  une  réelle   activité  de  soins  palliatifs  d’urgence.     §  Il  serait  grand  temps  de  valoriser  cette   activité,  de  la  soutenir,  et  de  mettre  les   moyens  financiers  et  humains  nécessaires  à   défaut  de  trouver  des  solutions  en  amont.  
  • 205.
    MERCI  DE  VOTRE  ATTENTION  
  • 206.
    Limitations et arrêtsdes traitements de suppléance vitale chez l’adulte dans le contexte de l’urgence. Jean Reignier (SRLF-CE, CHU de Nantes), Thierry Boulain (SRLF, Orléans), Françoise Carpentier (SFMU, CHU de Grenoble), Tahar Chouihed (SFMU, CHU de Nancy), Denis Del Nista (SRLF-CMU, CH de Rochefort), Sandrine Dray (SRLF, Marseille), Anne-Laure Feral- Pierssens (SFMU, Paris), Delphine Hugenschmitt (SFMU, Lyon), Alexandra Laurent (SRLF, Besançon), Pierrick Le Borgne (SRLF-CMU, Strasbourg), Thierry Vanderlinden (SRLF-CE, CH Saint-Philibert, Lomme) pour la Société Française de Médecine d’Urgence et la Société de Réanimation de Langue Française. Introduction Depuis plusieurs décennies, le public, la communauté médicale, les sociétés savantes et les législateurs ont reconnu les droits des patients à décider des traitements qui leur sont administrés et, pour les patients en fin de vie, à mourir dignement. Les lois et recommandations françaises récusent l’obstination déraisonnable et imposent le recueil de la volonté du patient (via ses directives anticipées lorsqu’il est inconscient), la réalisation d’une procédure collégiale le cas échéant et l’organisation d’une prise en charge palliative incluant, si nécessaire, une sédation profonde en fin de vie. Pour autant, ces textes n’apportent que peu d’aide aux médecins concernant les décisions de limitation et d’arrêt des traitements dans le contexte de l’urgence. Chaque année en France, 600000 personnes décèdent dont près de 60% dans un établissement de santé. Dans 16% des cas, ces décès surviennent après un séjour bref de moins de 24 heures, souvent dans un service d’urgences. 0,1 à 0,2% des patients admis aux urgences y décèdent, constituant 5 à 7% des décès intra-hospitaliers. Parmi les patients âgés institutionnalisés, un quart des décès survient au cours d’une hospitalisation. A l’évidence, les exigences règlementaires se heurtent à la réalité du quotidien. La majorité des patients, y compris ceux souffrant de pathologies chroniques sévères, n’a pas exprimé de souhaits précis ni rédigé de directives anticipées. Pour de nombreux patients, y compris ceux institutionnalisés dans des structures comme les EHPAD, une décision de fin de vie et une prise en charge palliative n’ont pas été anticipées. Lorsque ces patients sont pris en charge en urgence, la décision de ne pas entreprendre ou d’interrompre un traitement de suppléance vitale est difficile à prendre par le médecin et son équipe. Un éventuel médecin référent du patient est rarement joignable en situation d’urgence et la réunion de professionnels en vue d’une procédure collégiale telle que prévue par la Loi, pose un vrai problème pratique dans le contexte de l’urgence (y compris en pré-hospitalier). Les équipes soignantes sont souvent démunies face à ces situations : les locaux des services d’urgences sont peu appropriés pour l’accueil et la prise en charge des patients en fin de vie, le temps et la disponibilité manquent en raison des flux incessants, la formation est souvent insuffisante. Les équipes médicales préhospitalières (SMUR) n’ont pas pour mission première de mettre en oeuvre des limitations et arrêts de traitements de suppléance qui auraient pu être anticipées et préparées antérieurement. La difficulté est de surmonter l’antagonisme apparent entre l’urgence de la prise de décision et l’élaboration complexe d’un projet thérapeutique pouvant aboutir à une limitation ou un arrêt des traitements. Ni les lois ni les dernières recommandations sur le sujet n’apportent de réponse spécifique à ces problématiques. C’est pourquoi la SRLF et la SFMU ont jugé utile de réunir un groupe de travail constitué d’experts issus de la médecine d’urgence et de la réanimation dont la mission était de rédiger un texte qui se veut à la fois une prise de position sur ce sujet des limitations et arrêts des traitements de suppléance vitale dans le contexte de l’urgence, mais aussi un guide pour les professionnels exerçant dans le contexte de l’urgence. Le groupe a travaillé sur la base des textes de lois, recommandations et études publiées dont une sélection est répertoriée à la suite du texte. Mai 2018 1
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    Question 1 :Quels éléments clés sont à considérer lors de la prise de décision ?  En premier lieu, il est indispensable de rechercher la volonté du patient, soit par son expression directe s’il est capable de la formuler, soit au travers de ses directives anticipées, ou, à défaut, au travers du témoignage de sa personne de confiance ou de ses proches.  Quand cette volonté n’est pas connue, l’âge ne doit pas être le seul critère pris en compte pour prendre une décision.  Il faut tout mettre en œuvre pour récupérer le dossier médical complet du patient, ainsi que les informations concernant l’autonomie antérieure, l’état cognitif et la qualité de vie préalable. Les notions d’état général très altéré, de cachexie, de perte d’autonomie, de troubles cognitifs invalidants, mais aussi les possibilités de traitements curatifs, aideront à la décision du niveau de prise en charge, en particulier chez un patient souffrant d’une pathologie chronique évoluée, de pronostic vital défavorable. – Il faut confronter le bénéfice attendu avec la lourdeur des thérapeutiques envisagées et l’impact éventuel des traitements ou d’un séjour en réanimation. – L’admission systématique en réanimation ne contribue pas à améliorer le pronostic et la qualité de vie des patients très âgés. L’autonomie est un élément clé de la décision et la classification GIR peut constituer un outil d’aide à la décision. Les patients GIR1 ne doivent a priori pas recevoir de traitement visant à prolonger la vie, mais uniquement ceux visant à améliorer leur confort. En dehors d’une cause simplement et très rapidement réversible, les patients déments classés GIR2 doivent être considérés comme les patients GIR1. – Dans les pathologies aiguës de pronostic vital et fonctionnel sombre nécessitant potentiellement un traitement d’exception, comme la craniectomie au cours des AVC malins, il est licite d’engager une réanimation d’attente avant le recueil des informations nécessaires. Ainsi, le niveau d’engagement thérapeutique doit être discuté au cas par cas avec le patient, ou à défaut ses proches, et le réanimateur. Question 2 : Comment élaborer le projet thérapeutique en contexte d’urgence : les points clés. – Chaque service doit disposer d’une procédure écrite et disponible 24h/24 exposant les principes et modalités de prise de décision et de prise en charge d’un patient en fin de vie en urgence. – Chez le patient en capacité de décider et d’exprimer ses souhaits, il faut prendre le temps de la discussion, l’informer de sa situation et des différentes options thérapeutiques et le laisser exprimer ses souhaits ou décisions. – Chez le patient dans l’incapacité d’exprimer ses souhaits, il faut rechercher l’existence de directives anticipées et sinon recueillir l’avis des proches. Lorsqu’elles sont jugées adaptées à la situation, les directives anticipées du patient s’imposent au médecin « pour toute décision d’investigation, d’intervention ou de traitement ». Dans le contexte de l’urgence, les professionnels peuvent s’affranchir des directives anticipées si elles ne leur semblent pas adaptées ou si les proches s’opposent à leur application. Le médecin peut alors décider d’entreprendre une « réanimation d’attente » le temps d’évaluer leur pertinence. – Dans tous les cas, il faut organiser une discussion collégiale associant médecins et paramédicaux présents. – La recherche de la collégialité ne doit pas conduire à une situation d’obstination déraisonnable. Mai 2018 2
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    – Il fauttracer les entretiens et décisions dans le dossier médical. Il ne suffit pas de retranscrire la décision seule, mais préciser aussi l’argumentaire dont elle est issue et les modalités d’application qui l’accompagnent. – La prudence s’impose devant des décisions de limitation ou d’arrêt thérapeutique antérieures. Celles-ci doivent être systématiquement réévaluées et ne peuvent être prises en compte que si elles sont jugées adaptées à la nouvelle situation et aux souhaits du patient. Question 3 : Quelle définition et quelle place pour la « réanimation d’attente » ? – La « Réanimation d’attente » est la mise en œuvre de traitements de suppléance dans un contexte d’incertitude rendant nécessaire une période d’évaluation sans faire perdre de chance au patient. – La « Réanimation d’attente » peut durer quelques heures et conduire à une réévaluation (permettant de préciser le diagnostic, l’état antérieur, une réponse aux traitements ou d’attendre l’arrivée de la famille en vue d’une annonce difficile). – La « Réanimation d’attente » peut être débutée dès la phase pré-hospitalière et n’implique pas une admission systématique en réanimation, elle peut être poursuivie à la SAUV. – Si l’incertitude se prolonge au-delà de quelques heures, la poursuite des investigations et des traitements actifs doit s’effectuer en réanimation ou en Unité de Surveillance Continue (USC) selon le niveau de soins requis. Question 4 : Comment intégrer la possibilité de don d’organes dans le contexte de l’urgence ? – Lorsqu’un patient présente des lésions cérébrales sévères sans possibilité thérapeutique et pouvant conduire à la mort encéphalique, il doit être considéré́ comme un donneur potentiel quel que soit son âge. – Une annonce anticipée de cette évolution doit être réalisée par le médecin permettant aux proches de se préparer à l’imminence du décès, de préciser les volontés émises du vivant par le patient et d’envisager un transfert médicalisé de l’éventuel donneur dans un établissement habilité aux prélèvements. Question 5 : Quelles sont les conditions de la collégialité dans le contexte de l’urgence ? – Aux heures ouvrables, il faut respecter les conditions prévues par la loi. Il faut impliquer le patient, ses proches, les paramédicaux présents et un consultant extérieur adapté à la situation : le médecin traitant, un spécialiste référent, un réanimateur. – Hors heures ouvrables, une « collégialité restreinte » doit au minimum être appliquée, associant le patient, ses proches, les paramédicaux présents et, chaque fois que possible, un autre médecin, éventuellement au téléphone, dont l’avis semble le plus pertinent dans le contexte. Question 6 : Comment concilier communication avec les proches et spécificités de l’urgence ? – Dans le contexte des décisions de limitation et d’arrêt des traitements, l’entretien avec les proches du patient est une mission difficile pour le médecin souvent en manque d’outils et craignant l’émotion qu’il va susciter. La situation est fortement asymétrique : l’un détient le savoir et exerce sa profession, l’autre est dans l’attente et vit une situation exceptionnelle pouvant bouleverser le cours de sa vie. Si rien ne peut modifier la difficulté du contenu à entendre, il est important d’anticiper le déroulement et le contenu de l’entretien. – Les conditions de l’entretien doivent respecter les modalités suivantes : Mai 2018 3
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    o S’assoir dansune pièce dédiée offrant un cadre accueillant, calme et confidentiel. o Être en présence de l’infirmier(e) et de l’aide-soignant(e) en charge du patient et éventuellement du (de la) psychologue du service o Éviter les interruptions extérieures. Si elles sont inévitables, les proches en sont informés au préalable. o L’entretien sera conduit de la manière suivante : - Avoir une attitude bienveillante (empathie, disponibilité et écoute) - Présenter aux proches les membres présents de l’équipe. - Informer les proches que la décision reste de la responsabilité entière de l’équipe soignante (« pour prendre une décision et agir dans l’intérêt de votre proche nous avons besoin de comprendre ce que votre proche aurait voulu que l’on fasse. Vous pouvez nous aider en témoignant sur ce sujet »). - Veiller à utiliser une communication verbale et non verbale adaptées à la situation. - Commencer par des questions sur ce que les proches savent déjà, donner les informations progressivement, laisser aux proches le temps d’intégrer l’information transmise (débit verbal adapté, arrêt dans le discours, reformulation, questionner les proches afin de savoir ce qui a été compris), comprendre et respecter leurs réactions, les aider à poser ou formuler leurs questions et à exprimer leurs émotions. - Eviter les termes techniques. - Conclure l’entretien et proposer du soutien aux proches. – L’entretien au téléphone est déconseillé car il est vecteur d’incompréhensions et de conflits. S’il est inévitable, les principes sont ceux de l’entretien en face à face. Il convient de vérifier au préalable l’identité, le lien avec le patient et si le proche est en mesure d’avoir cette conversation importante. – En pré-hospitalier, il convient de se rapprocher au mieux de ces conditions. Question 7 : Comment organiser l’arrêt de traitements de suppléance aux urgences ? – Le contexte de l’urgence ne doit pas modifier les modalités d’arrêt des thérapeutiques. – Devant un patient initialement pris en charge de façon invasive (intubation, amines vaso-actives), l’arrêt de thérapeutiques de suppléance peut être secondairement réalisé aux urgences. – Le délai habituellement rapide de survenue du décès après un arrêt des traitements de suppléance et/ou l’instauration d’une sédation profonde incite ici à une prise en charge intégrale par l’équipe des urgences dans le lieu le plus approprié (SAUV ou l’UHCD). Cela permet d’assurer la continuité de la prise en charge du patient et de son entourage. – Cependant, si le décès n’est pas imminent après l’arrêt des traitements de suppléance, le patient doit être admis dans un secteur d’hospitalisation, en première intention dans le service référent où il est connu ou dans une unité de soins palliatifs. Le projet doit être détaillé dans le dossier patient et transmis clairement aux équipes concernées. Question 8 : Comment instaurer une sédation profonde dans le contexte de l’urgence ? – Il faut instaurer une sédation profonde dès que possible chez le patient en fin de vie inconscient ou présentant une souffrance réfractaire aux traitements. – La sédation profonde doit associer un hypnotique et un analgésique morphinique. – L’efficacité de la sédation et de l’analgésie doit être évaluée régulièrement et adaptée à des objectifs prédéfinis. – Cette prise en charge doit être reportée de façon claire dans le dossier du patient. – Le médecin veille à la compréhension de cette démarche par les proches et à la mise en œuvre de leur accompagnement. Mai 2018 4
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    Question 9 :Quelle place pour une prise en charge palliative en urgence ? – La fin de vie, y compris dans le contexte de l’urgence, doit répondre aux bonnes pratiques des soins palliatifs. – Le secteur des urgences ne constitue pas un environnement adapté à la prise en charge optimale des situations palliatives. Par défaut, la SAUV et/ou l’UHCD sont des lieux d’accueil permettant d’instaurer provisoirement des conditions d’accueil plus humanisés. – Tout ce qui contribue au confort du patient doit être mis en œuvre : soins de nursing adaptés, traitement de la douleur, de la dyspnée, d’un encombrement. – Tout ce qui n’y contribue pas ou peut être source d’inconfort doit être suspendu : surveillance par scope, bilan biologique, contrôle de la glycémie capillaire. – L’oxygénation est le plus souvent inutile et ne doit être utilisée que si elle améliore le confort du patient. – L’alimentation et l’hydratation sont à proscrire, sauf si le patient le désire. La sensation de soif est rare ; une hydratation réduite, éventuellement associée aux anti-sécrétoires, participe à réduire l’encombrement. – Les professionnels des soins palliatifs peuvent être sollicités dans le contexte de l’urgence et à distance pour les retours d’expérience ou débriefing de situations difficiles. – Il faut favoriser la formation de référents médicaux et paramédicaux à la prise en charge palliative dans le contexte de l’urgence. Question 10 : Peut-on prendre des décisions de LAT et les mettre en œuvre en pré- hospitalier ? – Malgré le caractère singulier de la médecine pré-hospitalière, les principes éthiques (bienfaisance, non malfaisance, autonomie et justice) doivent s’appliquer en toute circonstance. – Les conditions de prise de décision précédemment décrites s’appliquent également en pré-hospitalier. – La médicalisation pré-hospitalière peut permettre de débuter mais aussi d’arrêter des traitements de suppléance lorsque toutes les conditions sont réunies (informations complètes, et prise en charge palliative possible). – Toutefois, en cas de difficulté, l’instauration d’une « réanimation d’attente » et un transport vers une structure hospitalière permettront de « se donner du temps » pour clarifier une situation parfois complexe. – L’orientation pré-hospitalière des patients en fin de vie ne se fait pas nécessairement vers les urgences, ni même vers l’hôpital. – L’équipe SMUR peut être déclenchée pour la prise en charge d’une détresse vitale et être ensuite amenée à débuter une prise en charge palliative en lien avec la régulation médicale. – Une équipe médicalisée ne sera pas systématiquement mobilisée, notamment en EHPAD, si une prise en charge palliative optimale peut être assurée rapidement sur place. Question 11 : Quels sont les intervenants participant à une décision en pré-hospitalier (par téléphone compris) ?  Le patient et ses proches  Le médecin régulateur du Centre 15 a un rôle pivot dans cette démarche.  Les membres de l’équipe pré-hospitalière Mai 2018 5
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     Le médecintraitant ou un éventuel médecin hospitalier référent, si possible  Les soignants d’un éventuel réseau ou d’une structure d’hébergement  Le réanimateur ou l’urgentiste susceptible d’accueillir le malade Question 12 : Comment organiser une prise en charge palliative en pré-hospitalier ? – Il est important de communiquer avec l’entourage du patient, le personnel soignant sur place et le médecin traitant ou référent afin d’obtenir leur adhésion et de ne pas exposer le patient à un inconfort ou à un transport ultérieur vers les urgences – Une équipe médicale préhospitalière initialement mobilisée pour assurer la prise en charge d’une détresse vitale peut, face à la constatation d’une situation de fin de vie, être amenée à débuter une sédation profonde. Il conviendra d’organiser un relais avec les soignants éventuellement disponibles. – Le médecin régulateur doit pouvoir, si besoin, remobiliser l’équipe pré-hospitalière pour une autre intervention ; ceci sous-entend son implication active et continue dans cette démarche. La prise en charge sera alors écourtée et complétée en intra-hospitalier si nécessaire. – La traçabilité dans le dossier de soins et l’information des médecins correspondants sont indispensables à la continuité de la prise en charge. Mai 2018 6
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    Annexes Textes et extraitschoisis – Recommandation 1418 de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe, 1999 (Conseil de l'Europe, Assemblée parlementaire. Protection des droits de l'homme et de la dignité des malades incurables et des mourants. Recommandation n°1418, 25 juin 1999. ) : « L’Assemblée recommande (…) d’encourager les Etats membres du Conseil de l’Europe à respecter et à protéger la dignité des malades incurables et des mourants à tous égards: en consacrant et en protégeant le droit des malades incurables et des mourants à une gamme complète de soins palliatifs, et en prenant les mesures nécessaires (…) pour qu’aucun malade incurable ou mourant ne reçoive de traitement contre sa volonté, tout en veillant à ce que l’intéressé ne subisse ni l’influence ni les pressions de tiers. (…) pour faire respecter les instructions ou la déclaration formelle («living will») rejetant certains traitements médicaux données ou faite par avance par des malades incurables ou des mourants désormais incapables d’exprimer leur volonté. (…). » – Loi n°2002-303 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé du 4 mars 2002 (« Loi Kouchner ») (Journal Officiel de la République Française, 5 mars 2002 : 4118-59. http://www.legifrance.gouv.fr ) : « Toute personne a le droit de recevoir des soins visant à soulager sa douleur. Celle-ci doit être en toute circonstance prévenue, évaluée, prise en compte et traitée. » (…) « Les professionnels de santé mettent en œuvre tous les moyens à leur disposition pour assurer à chacun une vie digne jusqu'à la mort. » (…) « Ils (les établissements de santé) mènent, en leur sein, une réflexion sur les questions éthiques posées par l'accueil et la prise en charge médicale. » – Ethique et urgences. Réflexions et recommandations de la Société́ Francophone de Médecine d’Urgence, 2003. (Journal Européen des Urgences. http://www.sfmu.org): « Le groupe a d’abord tenu à souligner que recommandations, connaissances ou compétences n’empêcheront pas que l’exercice éthique, y compris ou notamment en situation d’urgence, restera toujours difficile, au carrefour d’un « choix tragique ». Il ne peut y avoir ni recettes toutes faites, ni simple application d’arbre décisionnel. » (…) « Il ne peut y avoir d’abstention ou d’arrêt thérapeutique décidé sur une simple impression clinique. La connaissance des éléments anamnestiques, cliniques, para cliniques et pronostiques doit être obtenue et synthétisée...» (…) « Information et consentement s’imposent aux médecins urgentistes, aucune intervention thérapeutique ne pouvant être réalisée sans le recours à cette consultation. L’exception représentée par l’urgence ou l’impossibilité de réaliser la consultation des proches permet aux médecins urgentistes de choisir une réanimation d’attente jusqu’à ce que les conditions de la consultation soient réunies. » (…) « Le principe de justice distributive ne peut justifier ni le non recours aux techniques de réanimation ni leur arrêt tant que tous les critères de la décision n’ont pas été rassemblés. Il faut en avoir conscience, car il ne devrait pas s’immiscer dans les étapes de la réflexion. » – Dixième conférence de consensus sur la prise en charge de la personne âgée aux urgences de la de la Société Francophone de Médecine d’Urgence, 2003 (Journal Européen des Urgences. http://www.sfmu.org): « L’émergence de la problématique des situations de fin de vie dans les Services d’Urgence, repose sur un sentiment d’obstination déraisonnable qui devra être formulée et déclinée sur des critères cliniques suivants: forte probabilité de décès, nature de la maladie chronique, souffrances extrêmes, incurabilité d’une affection aiguë, qualité de vie inacceptable. L’autonomie du patient, l’existence de troubles cognitifs et l’âge du patient viennent s’ajouter à ces éléments. » – Loi n° 2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie (« Loi Léonetti ») (Journal Officiel de la République Française, du 23 avril 2005. http://www.legifrance.gouv.fr ) : « Toute personne a le droit d'avoir une fin de vie digne et accompagnée du meilleur apaisement possible de la souffrance. Les professionnels de santé mettent en oeuvre tous les moyens à leur disposition pour que ce droit soit respecté. » (…) « Ces actes ne doivent pas être poursuivis par une obstination déraisonnable. Lorsqu'ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou n'ayant d'autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, ils peuvent être suspendus ou ne pas être entrepris. Dans ce cas, le médecin sauvegarde la dignité du mourant et assure la qualité de sa vie en dispensant les soins visés à l'article L. 1110-10. » (…) « Article L1110-10 : Les soins palliatifs sont des soins actifs et continus pratiqués par une équipe interdisciplinaire en institution ou à domicile. Ils visent à soulager la douleur, à apaiser la souffrance psychique, à sauvegarder la dignité de la personne malade et à soutenir son entourage. » – Limitation et arrêt des traitements en réanimation adulte. Actualisation des Recommandations de la Société de Réanimation de Langue Françaisen, 2008 (https://www.srlf.org/wp- content/uploads/2015/12/2008_-actualisation_des- recommandations_de_la_SRLF_concernant_les_limitations_therapeutiques.pdf): « La décision de limitation ou d’arrêt des traitements n’est en aucun cas un arrêt des soins ou un abandon de soins. Elle entre dans le cadre d’une réorientation de la stratégie de soins vers une stratégie palliative. » (…) « Lors de la réflexion, il est indispensable de prendre en compte l’avis du patient, directement si celui-ci est apte à consentir, indirectement par la recherche de ses souhaits antérieurement exprimés » (…) « Au cas où le patient serait inapte à consentir, le médecin doit mettre en œuvre une procédure de réflexion dite collégiale dont la forme minimale a été définie par la loi. Au-delà des textes, il est recommandé de veiller à ce que cette démarche de réflexion soit réellement collégiale.» (…) « L’urgence ou l’absence de possibilité d’entreprendre une procédure collégiale, selon les termes définis par la loi, ne permet pas Mai 2018 7
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    d’engager un processusde décision de limitation ou d’arrêt des traitements. Néanmoins, ces deux situations ne doivent pas conduire à l’obstination déraisonnable (augmentation sans limite des catécholamines, dialyse, etc..) si l’issue est à l’évidence fatale à très brève échéance (quelques heures).» – Loi n° 2016-87 du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie (« Loi Léonetti Claeys ») (Journal Officiel de la République Française, du 3 février 2016. http://www.legifrance.gouv.fr ) : « Article L1110-5-1- Les actes mentionnés à l'article L. 1110-5 ne doivent pas être mis en oeuvre ou poursuivis lorsqu'ils résultent d'une obstination déraisonnable. Lorsqu'ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou lorsqu'ils n'ont d'autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, ils peuvent être suspendus ou ne pas être entrepris, conformément à la volonté du patient et, si ce dernier est hors d'état d'exprimer sa volonté, à l'issue d'une procédure collégiale définie par voie réglementaire. » « Article R4127-37-2 : I. - La décision de limitation ou d'arrêt de traitement respecte la volonté du patient antérieurement exprimée dans des directives anticipées. Lorsque le patient est hors d'état d'exprimer sa volonté, la décision de limiter ou d'arrêter les traitements dispensés, au titre du refus d'une obstination déraisonnable, ne peut être prise qu'à l'issue de la procédure collégiale prévue à l'article L. 1110-5-1 et dans le respect des directives anticipées et, en leur absence, après qu'a été recueilli auprès de la personne de confiance ou, à défaut, auprès de la famille ou de l'un des proches le témoignage de la volonté exprimée par le patient. II. - Le médecin en charge du patient peut engager la procédure collégiale de sa propre initiative. Il est tenu de le faire à la demande de la personne de confiance, ou, à défaut, de la famille ou de l'un des proches. La personne de confiance ou, à défaut, la famille ou l'un des proches est informé, dès qu'elle a été prise, de la décision de mettre en oeuvre la procédure collégiale. III. - La décision de limitation ou d'arrêt de traitement est prise par le médecin en charge du patient à l'issue de la procédure collégiale. Cette procédure collégiale prend la forme d'une concertation avec les membres présents de l'équipe de soins, si elle existe, et de l'avis motivé d'au moins un médecin, appelé en qualité de consultant. Il ne doit exister aucun lien de nature hiérarchique entre le médecin en charge du patient et le consultant. L'avis motivé d'un deuxième consultant est recueilli par ces médecins si l'un d'eux l'estime utile. Lorsque la décision de limitation ou d'arrêt de traitement concerne un mineur ou un majeur protégé, le médecin recueille en outre l'avis des titulaires de l'autorité parentale ou du tuteur, selon les cas, hormis les situations où l'urgence rend impossible cette consultation. IV. - La décision de limitation ou d'arrêt de traitement est motivée. La personne de confiance, ou, à défaut, la famille, ou l'un des proches du patient est informé de la nature et des motifs de la décision de limitation ou d'arrêt de traitement. La volonté de limitation ou d'arrêt de traitement exprimée dans les directives anticipées ou, à défaut, le témoignage de la personne de confiance, ou de la famille ou de l'un des proches de la volonté exprimée par le patient, les avis recueillis et les motifs de la décision sont inscrits dans le dossier du patient. » Mai 2018 8
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    1LES LIMITATIONS ETARRÊT DES THÉRAPEUTIQUES ACTIVES EN RÉGULATION MÉDICALE Structures d’urgence, CHR Metz Thionville, Hôpital de Mercy, 1, allée du Château, CS 45001 57085 Metz Cedex 03 Correspondance : Dr François BRAUN, Structures d’urgence, CHR Metz Thionville, Hôpital de Mercy, 1, allée du Château, CS 45001, 57085 Metz Cedex 03. Tél. : 03 87 17 92 92. E-mail : fr.braun@chr-metz-thionville.fr Points essentiels ■ Les procédures de limitation ou d’arrêt des thérapeutiques actives sont encadrées par la loi. ■ Elles se distinguent de l’euthanasie et du suicide assisté, punis par le code pénal. ■ En absence de texte réglementaire sur ces procédures en médecine d’urgence et plus précisément en régulation médicale, il convient de rechercher et d’appliquer l’esprit de la loi. ■ L’esprit de la loi se base sur la condamnation de l’obstination déraisonnable, le respect du choix du patient et la collégialité de la prise de décision. ■ Le patient peut exprimer son choix directement, pas le biais de directives anticipées ou via la personne de confiance. ■ La décision de LATA impose de « laisser du temps au temps », ce qui est souvent incompatible avec la pression temporelle de la régulation médicale. ■ Une détresse aiguë chez une personne en fin de vie n’est pas systématiquement synonyme de LATA. ■ Une réanimation d’attente permet de « laisser du temps à la mort ». ■ L’anticipation des situations de fin de vie est indispensable. ■ Cette anticipation comprend des procédures et protocoles de prise en charge communs entre les équipes de soins palliatifs, d’hospitalisation à domicile, d’EHPAD et la médecine d’urgence. Chapitre 58 Les limitations et arrêt des thérapeutiques actives en régulation médicale F. BRAUN, M. BAILLY
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    2 ■ SITUATIONSÀ RISQUE EN RÉGULATION MÉDICALE La LATA découle du principe de refus d’obstination déraisonnable (1, 2). Elle consiste à ne pas mettre en œuvre ou ne pas intensifier des traitements actifs (withholding), voire à ne pas poursuivre ces traitements actifs (withdrawing). La médecine d’urgence est confrontée depuis de nombreuses années à cette « obstination déraisonnable » tant au niveau des prises en charges préhospita- lières qu’intrahospitalières. Pourtant, si les publications sur la LATA en structures des urgences ou en Smur sont nombreuses, il n’y a pas de travail publié s’intéres- sant à l’aspect particulier de la régulation médicale en Samu-Centre 15 face à une décision de LATA. Il convient tout d’abord de bien définir le cadre de la LATA tout comme celui de la régulation médicale, avant d’analyser le rapport entre les deux. 1. La limitation et arrêt des thérapeutiques actives L’obstination déraisonnable identifiée par la loi, consiste donc à suspendre ou à ne pas entreprendre des actes qui « apparaissent inutiles, disproportionnés ou n’ayant d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie ». La décision de LATA n’a aucun rapport avec les principes d’euthanasie ou de suicide assisté, punis par la loi. Il convient de bien comprendre les différences entre ces concepts, afin d’éviter toute dérive dans la mise en œuvre d’une LATA. – L’euthanasie est définie par un acte ayant pour intention de donner volontairement la mort. Elle est punie par le code pénal (articles 221-1 à 221-5), même si la victime est consentante. – Le suicide assisté est une aide apportée à un malade pour qu’il se donne lui- même la mort. Il est également puni par le code pénal (articles 221-1 à 221-5). La LATA concerne les patients en soins palliatifs, en fin de vie, ou atteints d’une pathologie aiguë à pronostic défavorable à très court terme. Sa conséquence peut être d’avancer le moment de la mort, mais en aucun cas de la provoquer. Définis par la Société française d’accompagnement de soins palliatifs, « Les soins palliatifs sont des soins actifs délivrés dans une approche globale de la personne atteinte d'une maladie grave, évolutive ou terminale. L’objectif des soins palliatifs est de soulager les douleurs physiques et les autres symptômes, mais aussi de prendre en compte la souffrance psychologique, sociale et spirituelle. » (3). Les patients en fin de vie présentent d’emblée une détresse vitale, sur un terrain marqué par des antécédents médicaux chargés, voire déjà en soins palliatifs. Le caractère « aigu » de la fin de vie justifie souvent sa prise en charge par les urgentistes. Le contexte dans lequel peut être prise une décision de LATA nécessite donc de connaître les éléments anamnestiques, cliniques et pronostiques du patient concerné. Cette prise de décision est de la seule responsabilité du médecin en
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    3LES LIMITATIONS ETARRÊT DES THÉRAPEUTIQUES ACTIVES EN RÉGULATION MÉDICALE charge du patient. Toutefois, le cadre législatif comme déontologique, apporte nécessairement des éléments d’aide à cette décision : – les directives anticipées : la notion de directive anticipée est encadrée par la loi (4). Elle permet à un patient majeur d’exprimer, avant qu’il ne soit inconscient ou incapable de la faire, ses choix relatifs à sa fin de vie et/ou à une LATA. « À condition qu'elles aient été établies moins de trois ans avant l'état d'inconscience de la personne, le médecin en tient compte pour toute décision d'investigation, d'intervention ou de traitement la concernant. » Ces décisions sont révocables à tout moment, y compris bien sûr lors d’une situation de détresse. Ces directives sont « des documents écrits, datés et signés par leur auteur dûment identifié par l’indication de ses nom, prénom, date et lieu de naissance. » ; – la personne de confiance : « toute personne majeure peut désigner une personne de confiance qui peut être un parent, un proche ou le médecin traitant, qui sera consultée au cas ou elle-même serait hors d’état d’exprimer sa volonté et de recevoir l’information nécessaire à cette fin. Cette désignation est faite par écrit. Elle est révocable à tout moment. » (5) ; – la procédure collégiale : « lorsque le patient est hors d’état d’exprimer sa volonté, le médecin ne peut décider de limiter ou d’arrêter les traitements dispensés sans avoir préalablement mis en œuvre une procédure collégiale » (6). Cette procédure collégiale doit respecter certaines règles : l’équipe soignante, lorsqu’elle existe, doit être consultée, au moins un autre médecin doit être appelé comme consultant, les souhaits du patient doivent être respectés, ou, à défaut, l’avis de la famille, de la personne de confiance ou de proches doit être recherché. Il faut ici noter que la loi précise que « il ne doit exister aucun lien de nature hiérarchique entre le médecin en charge du patient et le consultant ». Un second consultant peut être appelé si besoin ; – article 37 du Code de déontologie médicale. La nouvelle rédaction de cet article intègre l’évolution législative et donc les notions d’obstination déraisonnable, de directives anticipées, de personne de confiance et de procédure collégiale. 2. La régulation médicale (7) La régulation médicale est l’un des modes d’exercice de la médecine d’urgence avec l’urgence et la réanimation préhospitalières (Service Mobile d’Urgence et de Réanimation) et l’activité en structure des urgences (service des urgences). Acte médical, réalisé au téléphone, à distance du patient, la régulation médicale doit répondre au principe du juste soin (8) et adapter la réponse au besoin de soins du patient (9). La régulation médicale s’inscrit dans un contrat de soins avec le patient ou l’appelant qui repose, chaque fois que cela est possible, sur un entretien singu- lier (colloque) avec le patient. Au terme de cet entretien, le médecin régulateur analyse et qualifie la demande de soins, établit une ou des hypothèses diagnosti- ques et propose une prise en charge. Pour étayer sa décision, outre l’entretien
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    4 ■ SITUATIONSÀ RISQUE EN RÉGULATION MÉDICALE avec le patient ou son entourage, le médecin régulateur peut consulter des élé- ments du dossier médical du patient, soit au sein de la base de données de régu- lation si le patient a déjà été pris en charge ou signalé comme « patient remarquable », soit par les biais des multiples connexions indispensables à la régu- lation médicale avec le ou les systèmes d’information hospitaliers, les dossiers des hospitalisations à domicile (HAD) ou les dossiers de liaison d’urgence des établis- sements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). La possibi- lité, demain, de consulter rapidement le dossier médical personnel (DMP) du patient, depuis la salle de régulation médicale permettra une « lecture » plus rapide et plus pertinente du dossier médical. Pour agir, le médecin régulateur dispose de plusieurs possibilités : un conseil médical, une prescription médicamenteuse par téléphone, l’orientation vers une consultation médicale, l’intervention d’un médecin généraliste sur place, l’engagement d’un transport sanitaire en ambulance, le recours aux sapeurs pompiers ou à des secouristes dans le cadre du secours à personne, l’intervention d’une équipe de réanimation (Smur). « En cas d’appel pour un patient pris en charge dans le cadre d’un réseau de soins (soins palliatifs, HAD, oncologie, etc.), il est recommandé de contacter ce réseau, voire son astreinte, si celle-ci existe, avec l’accord du patient » (7). Enfin, si elle est nécessaire, l’orientation du patient se fera vers un service dont le plateau technique permet de le prendre en charge, et respectera, si possible, son choix. Les filières spécialisées, directes, doivent être privilégiées et le service receveur sera informé de l’arrivée du patient. Les éléments du dossier médical de régulation peuvent être communiqués au service afin de garantir la qualité de la continuité des soins. 3. LATA en régulation médicale La confrontation entre la médecine d’urgence préhospitalière et les situations de LATA n’est plus à démontrer. Dans une étude rétrospective auprès de 192 Smur, E. Ferrand et J. Maty (10) ont montré que 76 % des praticiens interrogés avaient été confrontés à une décision de LATA dans les 15 jours précédents l’enquête. Dans 45 % des cas, le médecin Smur décidait seul. Lors de l’intervention d’un autre praticien (55 %), il s’agissait principalement du médecin régulateur du Samu ou d’un réanimateur (40 %) ou du médecin traitant (30 %). Les impératifs législatifs sont-ils compatibles avec la régulation médicale ? – Les directives anticipées témoignent de l’avis du patient. Lorsqu’il est conscient, celui-ci doit être mis en contact avec le médecin régulateur afin d’exprimer son choix, sous réserve que le médecin régulateur puisse « éclairer » ce choix (2). La consultation d’un dossier médical peut permettre de consulter le choix d’un patient inconscient tout comme la consultation de la personne de confiance, sous réserve qu’elle puisse être clairement identifiée par le médecin régulateur.
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    5LES LIMITATIONS ETARRÊT DES THÉRAPEUTIQUES ACTIVES EN RÉGULATION MÉDICALE – La décision collégiale est un élément clef du dispositif législatif de LATA. Le médecin régulateur doit donc confronter son avis, et in fine sa décision, avec un autre confrère. Celui-ci peut être auprès du patient ou non. Il peut s’agir du médecin traitant ou du médecin d’HAD ou du réseau de soins concerné, ou d’un médecin du Smur dépêché sur place. On est en droit de s’interroger sur la possibilité, pour un médecin Chef de service, de prononcer une LATA avec comme consultant un autre médecin de son service (Smur ou médecin régulateur), la loi précisant explicitement qu’il ne doit y avoir aucun lien de nature hiérarchique entre le médecin « décideur » et le consultant. Toutefois, il convient de préciser que, si un médecin est sur place auprès du patient, il est logique que la décision lui incombe et que le médecin régulateur soit alors considéré comme consultant. On le voit ici, la procédure de recherche de critères de LATA est une procédure chronophage souvent peu compatible avec l’acte de régulation médical qui se heurte à des contraintes temporelles fortes, d’autres régulations étant souvent « en attente ». En l’absence de directives anticipées, le médecin doit disposer d’un « délai raisonnable » pour faire changer d’avis un patient qui ne souhaite pas l’instauration ou la poursuite d’un traitement, mettant sa vie en danger. Ce « délai raisonnable », même s’il n’est pas quantifié par le législateur, n’est de toute évidence pas compatible avec l’acte de régulation médicale. La loi ne détaillant pas les champs précis d’application de la décision de LATA, et en particulier le champ de la régulation médicale, il convient alors de se rapprocher le « l’esprit de la loi » comme serait certainement poussé à le faire le juge confronté à ce problème. La loi est basée sur la condamnation de l’obstination déraisonnable, le respect du choix du patient et la nécessité de s’entourer d’autres avis avant la prise de décision avec la nécessité de « laisser du temps au temps ». 3.1. Obstination déraisonnable : les situations de régulation pouvant conduire à une LATA L’arrêt cardiaque est une situation régulièrement rencontrée en régulation médicale. Certaines situations, de toute évidence, imposent de ne pas débuter une réanimation cardio-pulmonaire. Elle sont d’ailleurs partiellement reprises dans l’annexe III du référentiel commun sur l’organisation du secours à personne et de l’aide médicale urgente (décapitation ou écrasement de la tête avec éclatement de la boite crânienne et destruction évidente du cerveau, raideur et lividités cadavériques, décomposition évidente des tissus) et plus détaillées dans les recommandations nord-américaines (11) en associant les situations à risque majeur pour les sauveteurs et les cas ou une demande de non-réanimation a été rédigée. Dans les autres cas, le diagnostic de mort avérée est difficile et l’envoi d’un Smur est conseillé (12). La décision d’arrêt d’une réanimation cardio-pulmonaire de base déjà entreprise par des secouristes est un problème fréquemment posé au médecin régulateur. Des règles ont été récemment édictées par l’American Heart Association (13) et
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    6 ■ SITUATIONSÀ RISQUE EN RÉGULATION MÉDICALE l’European Ressucitation Council (14) avec une valeur prédictive positive de la « BLS rule » excellente mais laissant sur place des patients qui auraient pu bénéficier d’une RCP efficace (15). Nous sommes bien ici dans le cadre de l’arrêt d’une thérapeutique active et l’existence de recommandations internationales ne dispense pas le médecin régulateur de s’enquérir de l’avis du patient auprès de la famille ou de proches, de l’avis des secouristes sur place et si possible de l’avis du médecin traitant. Les Samu-Centre 15 sont de plus en plus fréquemment appelés pour une détresse aiguë chez un patient en fin de vie, rentré à domicile, et habituellement suivi par une équipe de soins palliatifs et/ou d’hospitalisation à domicile. Des directives anticipées sont généralement remplies et annexées au dossier médical et la famille est souvent informée d’une issue fatale à court terme. Sans connaître le patient, le médecin régulateur se heurte alors à deux difficultés : – faire la part des choses entre l’évolution inéluctable de la maladie, et un épisode intercurrent, facilement traitable sans soins importants : bouchon muqueux dans une canule de trachéotomie, facile accessible à une simple aspiration par exemple ; – sauvegarder la dignité du mourant et assurer la qualité de sa fin de vie en dispensant des soins adaptés qui « visent à soulager la douleur, à apaiser la souffrance psychique, à sauvegarder la dignité de la personne malade et à soutenir son entourage » (16). Dans ces circonstances, l’intervention d’une équipe soignante est nécessaire, idéalement l’équipe suivant habituellement le patient lorsque celui-ci est inscrit dans un parcours de soins formalisé, mais plus souvent l’équipe du Smur qui dispose des matériels et compétences permettant de faire face, non seulement à ce double défi, mais également capable d’instaurer une réanimation d’attente (donner du temps au temps) (17, 18), ou compassionnelle (donner du temps à la mort : en raison de l’émotion liée à la présence de la famille ou en attendant l’arrivée des proches). L’appelant doit être clairement informé de la décision prise par le médecin régulateur ainsi que des délais d’intervention auprès du patient qui dépendront du vecteur engagé et de la nature de la détresse (dyspnée aiguë, trouble de conscience, saignement extériorisé…). 3.2. Réanimation d’attente ou compassionnelle : où diriger le patient ? L’orientation d’un patient, pris en charge ou non par une équipe Smur, est du rôle du médecin régulateur du Samu-Centre 15. Une structure des urgences n’est pas la destination qui doit être privilégiée : ces services ne disposent que très rarement de locaux adaptés à ces prises en charge et l’activité incessante des services d’urgence est peu propice à une décision de LATA. Pour un patient ne bénéficiant pas de geste de réanimation préhospitalière nécessitant un environnement technique particulier, une orientation vers un service de soins palliatifs ou au moins le service ayant l’habitude de prendre en charge ce patient doit être privilégiée. Les patients pour lesquels une ventilation, invasive ou non a été
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    7LES LIMITATIONS ETARRÊT DES THÉRAPEUTIQUES ACTIVES EN RÉGULATION MÉDICALE entreprise, doivent être dirigés vers un service de soins continus ou de réanimation. Il est évident que ces filières doivent être définies préalablement avec les services concernés et protocolisées avec eux faute de quoi, la structure des urgences de proximité sera la seule solution à la portée du médecin régulateur. 3.3. Comment éviter ces situations L’anticipation est le maître mot pour éviter les situations dans lesquelles le médecin régulateur prendra une décision postérieurement non compatible avec la décision du patient, humainement inacceptable et potentiellement condamnable. Des procédures et protocoles doivent être réalisés avec les services de soins palliatifs et d’hospitalisation à domicile pour permettre, non seulement d’identifier dès la régulation les patients concernés (patients remarquables, accès rapide à des données du dossier médical), mais également pouvoir rapidement faire appel à un référent de ces réseaux afin de faciliter l’obtention d’une décision collégiale. Un lien avec les médecins coordonnateurs des EHPAD doit également être tissé pour que les informations inscrites dans le dossier de liaison d’urgence des EHPAD tiennent compte de la possible nécessité d’une prise de décision de LATA. 4. Conclusion L’évolution des pratiques médicales favorise l’hospitalisation à domicile pour les personnes en soins palliatifs ou en fin de vie. Ces hospitalisations sont organisées au sein de réseaux structurés dans lesquels les structures d’urgence sont trop souvent absentes. Pourtant, l’appel au Samu-Centre 15 ou l’adressage d’un patient en fin de vie à la structure des urgences est fréquent et les urgenstistes se trouvent confrontés à des problèmes auxquels ils sont mal préparés. Le médecin régulateur est généralement « en première ligne » et ne dispose que rarement des éléments nécessaires à un choix éclairé. L’information des urgentistes et l’intégration des structures d’urgence dans les réseaux traitants de fin de vie sont indispensables pour l’amélioration des prises en charge de LATA. Références 1. Loi n° 2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades à la fin de vie. 2. Loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé. 3. http://www.sfap.org/content/définition-des-soins-palliatifs-et-de-laccompagnement, dernière consultation le 20 décembre 2012. 4. Art. L1111-11, R1111-17 à -20 du Code de la santé publique. 5. Art. L1111-6 du Code de la santé publique. 6. Art. R4127-37 du Code de la santé publique.
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    8 ■ SITUATIONSÀ RISQUE EN RÉGULATION MÉDICALE 7. HAS, recommandations de bonne pratique, mars 2011 : modalités de prise en charge d’un appel de demande de soins non programmés dans le cadre de la régulation médicale 8. F. Braun, F. Berthier. Les interconnexions de la régulation médicale. In : Conférence Congrès Urgences 2009. Paris, chapitre 81 ; 817-29. 9. Y. Pervenne et al. Régulation médicale des situations à risque. In : Conférence Congrès Urgences 2011. Paris, chapitre 89. 10. E. Ferrand, J. Maty. Prehospital withholding and withdrawal of life-sustaining treat- ments. The French LATASAMU Survey. Intensive Care Med 2006 ; 32 (10) : 1464-66. 11. C. Pradeau, M. Thicoïpe . Gestion téléphonique d’un appel pour arrêt cardiaque. In Conférences Congrès Urgences 2011. Paris, chapitre 88 ; 1001-13. 12. L.J. Morrison et al. 2010 American Heart Association Guidelines for Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care Science. Part 3 : Ethics. Circulation 2010 ; 122 : 5665-75. 13. L.J. Morrison et al, Circulation 2010 ; 122 : S665-S675. 14. F.K. Lippert et al. European Resuscitation Council guidelines for resuscitation 2010. Section 10. The ethics of resuscitation and end-of-life decisions. Resuscitation 2010 ; 81. 1445-51. 15. C. Sasson et al. Prehospital termination of ressucitation in case of refractory out-of- hospital cardiac arrest. JAMA 2008 ; Vol 300 : n° 12. 16. Article L1110-10 du Code de la santé publique. 17. J. Reignier et al. Limitation et arrêt des traitements ou réanimation d’attente. In Conférences Congrès Urgences 2011. Paris ; Chapitre 72 : 807-815. 18. A. Burnod, B. Devalois. Problématique préhospitalière face à une décision de limita- tion ou arrêt de traitement. In Conférences Congrès Urgences 2011. Paris ; chapitre 70 : 787-799.