SlideShare une entreprise Scribd logo
Le sursaut qui a vu le taux de participation aux européennes
de 2019 bondir de plus de 8 points par rapport à l’édition
2014 pour atteindre 50.63% (de loin le meilleur taux
depuis l’élargissement de 2004 et même depuis plus de
20 ans1
) fut l’un des principaux enseignements du scrutin
du 26 mai, et l’une de ses premières surprises. Cependant,
si elle était inattendue avec une telle ampleur, cette
participation en hausse n’était pas en contradiction avec
les enquêtes préélectorales, qui dans un certain nombre de
pays pressentaient une possible hausse de la mobilisation.
L’Eurobaromètre 911 du Parlement européen n’était pas en
reste qui mesurait dès février-mars une hausse du nombre
de personnes faisant état d’une forte probabilité d’aller
voter. Surtout, ce sursaut de participation est parfaitement
cohérent avec d’autres enseignements de ces mêmes
enquêtes : l’accumulation de thèmes de préoccupation tels
que la croissance, le chômage, l’immigration, le changement
climatique que les électeurs souhaitaient voir débattus lors
de ces élections. Deux d’entre eux, immigration et climat,
concernaient des électorats très différents, mais fortement
mobilisés par le sentiment que l’Europe est l’échelon pertinent
pour gérer ces enjeux, accroissant d’autant la participation.
Emmanuel Rivière
Chairman
Centre Kantar sur le Futur de l’Europe
emmanuel.riviere@kantarpublic.com
Nicolas Becuwe
Kantar
Head of the International Election Team
nicolas.becuwe@kantar.com
LES ÉLECTIONS
EUROPÉENNES
DE 2019 :
UN SCÉNARIO
EUROPÉEN CONFIRMÉ,
ÉMAILLÉ DE QUELQUES
SURPRISES LOCALES
UN DOCUMENT DU CENTRE KANTAR SUR LE FUTUR
DE L'EUROPE - ANALYSE INITIALEMENT PUBLIÉE
PAR ESOMAR DANS RESEARCH WORLD
1 Il faut remonter aux élections européennes de 1994 pour trouver un taux de
participation au niveau européen plus élevé (56,67%)
Le nouveau parlement
Pour ce qui est des résultats eux-mêmes, et leur conséquence
sur la composition du nouveau parlement, les élections
du 26 mai n’ont fait que confirmer les nouveaux équilibres
anticipés par les sondages, et la principale conséquence
de ce scrutin, à savoir le recul des deux plus importants
groupes de l’hémicycle de Strasbourg, le PPE et le S&D, qui
ne détiennent plus à eux seuls la majorité absolue. Comme
attendu le PPE reste le principal groupe, avec 182 sièges
sur 751, et les pertes qu’il subit (39 sièges par rapport à la
session constitutive de 2014) sont tout à fait conformes à
que ce que laissaient entendre les projections basées sur les
enquêtes préélectorales. La surprise est venue de la France où
les Républicains, à 8,5%, chutent à un niveau inédit inférieur
de 4 à 5 points aux anticipations des sondages. Cependant
cette contreperformance a été compensée par des scores
légèrement meilleurs qu’anticipé pour les formations du
PPE dans un certain nombre de pays d’Europe centrale
(principalement en Tchéquie, Slovaquie et Roumanie)
2LES ÉLECTIONS EUROPÉENNES DE 2019© KANTAR
2 Kantar Pays-bas avait cependant placé le PvdA et le FvD en tête
de leur dernier sondage préélectoral
3 Les projections de Kantar trois jours avant les élections attribuaient
108 députés à ce groupe
Le recul des sociaux-démocrates de S&D, qui avec 153
sièges perdent une trentaine d’élus, était lui aussi largement
anticipé, à l’échelle du continent. Certains succès sont
venus limiter les pertes voire créer la surprise, tels le PvdA
néerlandais, qui obtient une première place inattendue
dans la plupart des sondages préélectoraux2
. Elle doit sans
doute beaucoup à la personnalité de Frans Timmermans, et
peut-être à son statut de « Spitzenkandidat » mais semble
également être un signe d’un vote en faveur de l’Union
européenne au regard de la contre-performance des deux
partis eurosceptiques, le FvD de Thierry Baudet et le PVV
de Geert Wilders. En Italie, le Parti Démocrate résiste bien,
et semble avoir reconquis en cours de campagne quelques
électeurs séduits par le Mouvement 5 étoiles qui semble lui
pâtir de sa participation au gouvernement avec la Lega de
Matteo Salvini. En Espagne le PSOE est arrivé largement
en tête, et fournit dans le nouveau Parlement la principale
délégation du S&D, avec 20 sièges quand l’Allemagne n’en
fournit plus que 16. La principale leçon de ce scrutin se
trouve en effet dans l’affaiblissement des formations social-
démocrates dans trois pays qui fournissaient historiquement
des contingents importants au S&D, le Royaume-Uni,
l’Allemagne et la France. Dans ces deux derniers pays SPD et
PS sont pour la première fois devancés par les Verts.
Au Royaume-Uni les travaillistes sont talonnés par le Green
Party, mais avec le renfort des 3 députés écossais du SNP
la délégation britannique au sein des Verts/ALE sera plus
nombreuse que celle du S&D.
Croissance verte
La progression du groupe des Verts/ALE, qui passe de 52
à 75 sièges, n’était pas attendue à un tel niveau. Elle tient
principalement au score des Verts allemands (qui, avec
20,5%, font un peu mieux qu’attendu) mais le décalage
avec les prévisions se situe surtout en France, où la troisième
place d’EELV (13,5%) n’était pas anticipée. Les renforts
Britanniques, et dans une moindre mesure des Verts irlandais
et autrichiens, des indépendantistes en Espagne ont participé
de ce succès. Il est cependant à noter que ce phénomène
concerne essentiellement l’Europe occidentale, nordique
et baltique. L’Europe centrale (à l’exception du Parti Pirate
tchèque) n’est pas représentée dans ce groupe.
Les Verts n’en restent pas moins un des partis pivots
pour constituer la future majorité que le PPE et S&D ne
rassemblent plus seul. Ils partagent ce statut avec un autre
gagnant du scrutin, le groupe des centristes et libéraux,
nouvellement baptisé « Renew Europe ». L’apport des 21 élus
Français de la liste Renaissance à l’ancien ALDE permet à ce
groupe de dépasser 100 sièges (108) et de devenir le 3ème
groupe du nouvel hémicycle, conformément aux projections3
.
Les enquêtes préélectorales avaient en effet correctement
anticipé le score de la liste « En Marche » en France,
légèrement surestimé celui de Ciudadanos en Espagne, mais
plus largement sous-estimé celui des Libdem britanniques.
Les récentes informations concernant des alliances au niveau
local de Ciudadanos avec le PP et surtout Vox (notamment
à Madrid) pourraient néanmoins affaiblir numériquement ce
groupe politique qui pourrait décider d’exclure Ciudadanos.
3LES ÉLECTIONS EUROPÉENNES DE 2019© KANTAR
Les grands gagnants
Les principaux bénéficiaires du recul du PPE et du S&D sont
donc les Libéraux et les écologistes, et si l’on compare le
Parlement élu et le Parlement sortant, ces quatre groupes
qui pourraient constituer la future majorité sont presque
stables, passant de 522 à 518 sièges. Ils représentent les 2/3
de l’hémicycle. Cela cadre mal avec le scénario très présent
dans les esprits, mais rapidement démenti par les premières
projections fondées sur les enquêtes préélectorales, d’un raz
de marée « populiste » ou « antieuropéen » à Strasbourg.
A l’extrême gauche de l’hémicycle la GUE/NGL subit
une contre-performance (passant de 52 à 38 sièges),
notamment en France ou la France Insoumise est loin de la
suprématie à gauche que les sondages leur faisaient espérer.
Cette famille recule également en Espagne (Podemos) ou
en Grèce (Syriza confrontée à l’épreuve du pouvoir) où le
contexte de crise économique avait permis ses bons scores
en 2014.
Quid des souverainistes ?
En revanche, les formations de droite Eurosceptiques (ECR et
EFDD, ainsi que Identité et Démocratie, qui remplace ENF)
progressent de 155 sièges à 179. Cet espace reste cependant
divisé en trois groupes, parmi lesquels les équilibres internes
ont évolué. Le fort recul des Tories britanniques (de 19
à 4 sièges), plus sévère qu’anticipé, affaiblit ECR. Cet
affaiblissement est toutefois relatif car il est compensé par le
très bon résultat du parti polonais Droit et Justice (PiS) qui se
place en tête et obtient plus de 45% des voix lui permettant
de passer de 19 à 26 sièges, ce qui en fait le quatrième parti
avec le plus de représentants au Parlement européen derrière
la CDU (29), le Brexit Party (29) et la Lega (28). le succès
anticipé de la Lega en Italie renforce ID qui obtient 73 sièges,
grâce également à la 1ère place du Rassemblement national
en France, aux 11 sièges allemands d’AFD, qui a choisi de
rejoindre ce groupe mais également au Vlaams Belang qui
avec 11.68% et trois sièges arrive deuxième en Belgique juste
derrière la N-VA.
EFDD reste apparemment stable, du fait du score très élevé
du Brexit Party (29 sièges), mais ne dispose pas du nombre
de délégations nationales nécessaires pour constituer un
groupe, puisque seul le Mouvement 5 Etoiles italien s’y
rattacherait. En outre la perspective du départ des députés
britanniques laisse présager une autre distribution des
groupes à la droite de l’hémicycle, qui pourrait profiter
encore à ID. Mais pour cette législature, ce pôle souverainiste
de droite restera, comme le prévoyaient les enquêtes et les
projections, minoritaire.
Le passage d’une majorité à deux groupes (PPE et S&D) à
une majorité à quatre (+ Renewed Europe et les Verts) aura
néanmoins un impact important sur le fonctionnement
du Parlement européen. La nomination du président de
la Commission européenne semble ainsi déjà fortement
impactée par ce changement puisque le système du
« Spitzenkandidat » qui attribue la présidence de la
Commission au "candidat en tête de liste" du parti politique
européen qui a remporté le plus grand nombre de sièges au
Parlement européen semble remis en cause. Ce processus
entériné en 2014, salué comme un progrès démocratique
à l’époque, et confirmé en 2018 par le Parlement européen
devait en théorie désigner Manfred Weber, du PPE, à la
présidence de la Commission. Ce scénario semble en passe
d’être écarté sous la pression d’une partie des membres de
cette nouvelle coalition du centre.
4LES ÉLECTIONS EUROPÉENNES DE 2019© KANTAR
ESOMAR est la voix mondiale de la communauté
des données, recherches et connaissances, parlant
au nom de plus de 4900 professionnels et de 500
entreprises qui fournissent ou commandent de
l’analytique de données et des recherches dans plus
de 130 pays, et acceptent tous de respecter le Code
international ICC/ESOMAR. En tant qu'association
mondiale, en collaboration avec les associations de
recherche nationales et internationales, ESOMAR
met en place des normes professionnelles et
d'autorégulation pour notre secteur, et encourage,
promeut et fait progresser le rôle et la valeur de
l'analytique des données, de la recherche, des études
de marché et d'opinion pour éclairer les véritables
problèmes et aider à prendre des décisions efficaces.
CENTRE KANTAR SUR
LE FUTUR DE L’EUROPE
Créé au sein de Kantar, société internationale
d’étude et de recherche, le Centre Kantar sur le
Futur de l’Europe a pour ambition de nourrir le débat
public sur les enjeux européens, en s’appuyant
notamment sur les experts nationaux
de Kantar, leur connaissance de l’opinion
publique, des mouvements politiques,
tendances socioéconomiques et phénomènes
migratoires au sein de l’Union européenne
et chacun des pays qui la composent.
Leader mondial de la data, des études et du conseil,
le groupe Kantar regroupe toutes les disciplines
de la recherche et du consulting en marketing.
Les 30 000 experts de Kantar développent des
stratégies auprès des décideurs partout dans le
monde. Forts de ces expertises, nous apportons les
éclairages sur tout ce que les consommateurs et
les citoyens ressentent, achètent, regardent, votent,
postent, débattent. Tout ce qu’ils vivent.
Retrouvez-nous sur fr.kantar.com -
Twitter : @KantarFR

Contenu connexe

Tendances

[Février 2011] Popularité Web des présidentiables 2012 et des partis politiqu...
[Février 2011] Popularité Web des présidentiables 2012 et des partis politiqu...[Février 2011] Popularité Web des présidentiables 2012 et des partis politiqu...
[Février 2011] Popularité Web des présidentiables 2012 et des partis politiqu...Pierre GUILLOU
 
Présidentielle 2022 : un « moment » Mélenchon à relativiser
Présidentielle 2022 : un « moment » Mélenchon à relativiserPrésidentielle 2022 : un « moment » Mélenchon à relativiser
Présidentielle 2022 : un « moment » Mélenchon à relativiserJihel1976
 
Brexit wave 2 - TNS
Brexit wave 2 - TNSBrexit wave 2 - TNS
Brexit wave 2 - TNSRomain Brami
 
Baromètre politique Odoxa mai 2017
Baromètre politique Odoxa mai 2017Baromètre politique Odoxa mai 2017
Baromètre politique Odoxa mai 2017Jean-michel Neugate
 
Le barometre politique Odoxa de mai 2018
Le barometre politique Odoxa de mai 2018Le barometre politique Odoxa de mai 2018
Le barometre politique Odoxa de mai 2018Jean-michel Neugate
 
Les Français et les premières mesures économiques / Sondage ELABE pour Les Ec...
Les Français et les premières mesures économiques / Sondage ELABE pour Les Ec...Les Français et les premières mesures économiques / Sondage ELABE pour Les Ec...
Les Français et les premières mesures économiques / Sondage ELABE pour Les Ec...contact Elabe
 
Présidentielle 2017 : mesurer ou comprendre la campagne présidentielle
Présidentielle 2017 : mesurer ou comprendre la campagne présidentiellePrésidentielle 2017 : mesurer ou comprendre la campagne présidentielle
Présidentielle 2017 : mesurer ou comprendre la campagne présidentielleHarris Interactive France
 

Tendances (10)

Elabe primaire
Elabe primaireElabe primaire
Elabe primaire
 
[Février 2011] Popularité Web des présidentiables 2012 et des partis politiqu...
[Février 2011] Popularité Web des présidentiables 2012 et des partis politiqu...[Février 2011] Popularité Web des présidentiables 2012 et des partis politiqu...
[Février 2011] Popularité Web des présidentiables 2012 et des partis politiqu...
 
Présidentielle 2022 : un « moment » Mélenchon à relativiser
Présidentielle 2022 : un « moment » Mélenchon à relativiserPrésidentielle 2022 : un « moment » Mélenchon à relativiser
Présidentielle 2022 : un « moment » Mélenchon à relativiser
 
Elabe politique fiscale
Elabe politique fiscaleElabe politique fiscale
Elabe politique fiscale
 
Brexit wave 2 - TNS
Brexit wave 2 - TNSBrexit wave 2 - TNS
Brexit wave 2 - TNS
 
Baromètre politique Odoxa mai 2017
Baromètre politique Odoxa mai 2017Baromètre politique Odoxa mai 2017
Baromètre politique Odoxa mai 2017
 
Le barometre politique Odoxa de mai 2018
Le barometre politique Odoxa de mai 2018Le barometre politique Odoxa de mai 2018
Le barometre politique Odoxa de mai 2018
 
Le journal du petit bar .pdf
Le journal du petit bar .pdfLe journal du petit bar .pdf
Le journal du petit bar .pdf
 
Les Français et les premières mesures économiques / Sondage ELABE pour Les Ec...
Les Français et les premières mesures économiques / Sondage ELABE pour Les Ec...Les Français et les premières mesures économiques / Sondage ELABE pour Les Ec...
Les Français et les premières mesures économiques / Sondage ELABE pour Les Ec...
 
Présidentielle 2017 : mesurer ou comprendre la campagne présidentielle
Présidentielle 2017 : mesurer ou comprendre la campagne présidentiellePrésidentielle 2017 : mesurer ou comprendre la campagne présidentielle
Présidentielle 2017 : mesurer ou comprendre la campagne présidentielle
 

Similaire à Les élections européennes de 2019 : un scénario européen confirmé, émaillé de quelques surprises locales

Pour les Français et les sympathisants, l’avenir de LR passe par une alliance...
Pour les Français et les sympathisants, l’avenir de LR passe par une alliance...Pour les Français et les sympathisants, l’avenir de LR passe par une alliance...
Pour les Français et les sympathisants, l’avenir de LR passe par une alliance...Jihel1976
 
Politique : baromètre Odoxa pour la presse régionale
Politique : baromètre Odoxa pour la presse régionalePolitique : baromètre Odoxa pour la presse régionale
Politique : baromètre Odoxa pour la presse régionaleJean-michel Neugate
 
Les droites européennes face aux populismes
Les droites européennes face aux populismesLes droites européennes face aux populismes
Les droites européennes face aux populismesIpsos France
 
Jordan Bardella et Raphaël Glucksmann, révélations des prochaines européennes ?
Jordan Bardella et Raphaël Glucksmann, révélations des prochaines européennes ?Jordan Bardella et Raphaël Glucksmann, révélations des prochaines européennes ?
Jordan Bardella et Raphaël Glucksmann, révélations des prochaines européennes ?Jihel1
 
Baromètre politique Odoxa du 29 mars 2017
Baromètre politique Odoxa du 29 mars 2017Baromètre politique Odoxa du 29 mars 2017
Baromètre politique Odoxa du 29 mars 2017Jean-michel Neugate
 
Barometre politique odoxa janvier 2017
Barometre politique odoxa janvier 2017Barometre politique odoxa janvier 2017
Barometre politique odoxa janvier 2017ibrendan
 
Réforme des retraites : l’opposition des Français ne faiblit pas, selon le ba...
Réforme des retraites : l’opposition des Français ne faiblit pas, selon le ba...Réforme des retraites : l’opposition des Français ne faiblit pas, selon le ba...
Réforme des retraites : l’opposition des Français ne faiblit pas, selon le ba...Jihel1976
 

Similaire à Les élections européennes de 2019 : un scénario européen confirmé, émaillé de quelques surprises locales (8)

Note Europe Kantar #3 Abstract
Note Europe Kantar #3 AbstractNote Europe Kantar #3 Abstract
Note Europe Kantar #3 Abstract
 
Pour les Français et les sympathisants, l’avenir de LR passe par une alliance...
Pour les Français et les sympathisants, l’avenir de LR passe par une alliance...Pour les Français et les sympathisants, l’avenir de LR passe par une alliance...
Pour les Français et les sympathisants, l’avenir de LR passe par une alliance...
 
Politique : baromètre Odoxa pour la presse régionale
Politique : baromètre Odoxa pour la presse régionalePolitique : baromètre Odoxa pour la presse régionale
Politique : baromètre Odoxa pour la presse régionale
 
Les droites européennes face aux populismes
Les droites européennes face aux populismesLes droites européennes face aux populismes
Les droites européennes face aux populismes
 
Jordan Bardella et Raphaël Glucksmann, révélations des prochaines européennes ?
Jordan Bardella et Raphaël Glucksmann, révélations des prochaines européennes ?Jordan Bardella et Raphaël Glucksmann, révélations des prochaines européennes ?
Jordan Bardella et Raphaël Glucksmann, révélations des prochaines européennes ?
 
Baromètre politique Odoxa du 29 mars 2017
Baromètre politique Odoxa du 29 mars 2017Baromètre politique Odoxa du 29 mars 2017
Baromètre politique Odoxa du 29 mars 2017
 
Barometre politique odoxa janvier 2017
Barometre politique odoxa janvier 2017Barometre politique odoxa janvier 2017
Barometre politique odoxa janvier 2017
 
Réforme des retraites : l’opposition des Français ne faiblit pas, selon le ba...
Réforme des retraites : l’opposition des Français ne faiblit pas, selon le ba...Réforme des retraites : l’opposition des Français ne faiblit pas, selon le ba...
Réforme des retraites : l’opposition des Français ne faiblit pas, selon le ba...
 

Plus de Kantar, Division Public, France

COVID-19 : Perceptions et comportements dans les pays du G7 (vague 3)
COVID-19 : Perceptions et comportements dans les pays du G7 (vague 3)COVID-19 : Perceptions et comportements dans les pays du G7 (vague 3)
COVID-19 : Perceptions et comportements dans les pays du G7 (vague 3)Kantar, Division Public, France
 
Baromètre politique (juin 2020) : édition spéciale COVID-19
Baromètre politique (juin 2020) : édition spéciale COVID-19Baromètre politique (juin 2020) : édition spéciale COVID-19
Baromètre politique (juin 2020) : édition spéciale COVID-19Kantar, Division Public, France
 
L'image de la recherche médicale et des chercheurs auprès des Français
L'image de la recherche médicale et des chercheurs auprès des FrançaisL'image de la recherche médicale et des chercheurs auprès des Français
L'image de la recherche médicale et des chercheurs auprès des FrançaisKantar, Division Public, France
 
Les salariés français face à l'épidémie de COVID-19
Les salariés français face à l'épidémie de COVID-19Les salariés français face à l'épidémie de COVID-19
Les salariés français face à l'épidémie de COVID-19Kantar, Division Public, France
 
Baromètre politique (mai 2020) : édition spéciale COVID-19
Baromètre politique (mai 2020) : édition spéciale COVID-19Baromètre politique (mai 2020) : édition spéciale COVID-19
Baromètre politique (mai 2020) : édition spéciale COVID-19Kantar, Division Public, France
 
COVID-19 : Perceptions et comportements dans les pays du G7 (vague 2)
COVID-19 : Perceptions et comportements dans les pays du G7 (vague 2)COVID-19 : Perceptions et comportements dans les pays du G7 (vague 2)
COVID-19 : Perceptions et comportements dans les pays du G7 (vague 2)Kantar, Division Public, France
 
Coronavirus : le jugement des Français sur les personnalités politiques
Coronavirus : le jugement des Français sur les personnalités politiquesCoronavirus : le jugement des Français sur les personnalités politiques
Coronavirus : le jugement des Français sur les personnalités politiquesKantar, Division Public, France
 
Covid-19 : perceptions et comportements dans les pays du G7
Covid-19 : perceptions et comportements dans les pays du G7Covid-19 : perceptions et comportements dans les pays du G7
Covid-19 : perceptions et comportements dans les pays du G7Kantar, Division Public, France
 
MUNICIPALES 2020 : QUELLES SOLUTIONS POUR NOS VILLES DE DEMAIN ?
MUNICIPALES 2020 : QUELLES SOLUTIONS POUR NOS VILLES DE DEMAIN ? MUNICIPALES 2020 : QUELLES SOLUTIONS POUR NOS VILLES DE DEMAIN ?
MUNICIPALES 2020 : QUELLES SOLUTIONS POUR NOS VILLES DE DEMAIN ? Kantar, Division Public, France
 
Le regard des Françaises et des Français sur l'égalité entre les femmes et le...
Le regard des Françaises et des Français sur l'égalité entre les femmes et le...Le regard des Françaises et des Français sur l'égalité entre les femmes et le...
Le regard des Françaises et des Français sur l'égalité entre les femmes et le...Kantar, Division Public, France
 

Plus de Kantar, Division Public, France (20)

Baromètre politique (octobre 2020)
Baromètre politique (octobre 2020)Baromètre politique (octobre 2020)
Baromètre politique (octobre 2020)
 
Barometre politique (septembre 2020)
Barometre politique (septembre 2020)Barometre politique (septembre 2020)
Barometre politique (septembre 2020)
 
Barometre politique (juillet 2020)
Barometre politique (juillet 2020)Barometre politique (juillet 2020)
Barometre politique (juillet 2020)
 
COVID-19 : Perceptions et comportements dans les pays du G7 (vague 3)
COVID-19 : Perceptions et comportements dans les pays du G7 (vague 3)COVID-19 : Perceptions et comportements dans les pays du G7 (vague 3)
COVID-19 : Perceptions et comportements dans les pays du G7 (vague 3)
 
Baromètre politique (juin 2020) : édition spéciale COVID-19
Baromètre politique (juin 2020) : édition spéciale COVID-19Baromètre politique (juin 2020) : édition spéciale COVID-19
Baromètre politique (juin 2020) : édition spéciale COVID-19
 
L'image de la recherche médicale et des chercheurs auprès des Français
L'image de la recherche médicale et des chercheurs auprès des FrançaisL'image de la recherche médicale et des chercheurs auprès des Français
L'image de la recherche médicale et des chercheurs auprès des Français
 
Les Français et l'Europe
Les Français et l'EuropeLes Français et l'Europe
Les Français et l'Europe
 
Les salariés français face à l'épidémie de COVID-19
Les salariés français face à l'épidémie de COVID-19Les salariés français face à l'épidémie de COVID-19
Les salariés français face à l'épidémie de COVID-19
 
Baromètre politique (mai 2020) : édition spéciale COVID-19
Baromètre politique (mai 2020) : édition spéciale COVID-19Baromètre politique (mai 2020) : édition spéciale COVID-19
Baromètre politique (mai 2020) : édition spéciale COVID-19
 
COVID-19 : Perceptions et comportements dans les pays du G7 (vague 2)
COVID-19 : Perceptions et comportements dans les pays du G7 (vague 2)COVID-19 : Perceptions et comportements dans les pays du G7 (vague 2)
COVID-19 : Perceptions et comportements dans les pays du G7 (vague 2)
 
Coronavirus : le jugement des Français sur les personnalités politiques
Coronavirus : le jugement des Français sur les personnalités politiquesCoronavirus : le jugement des Français sur les personnalités politiques
Coronavirus : le jugement des Français sur les personnalités politiques
 
Covid-19 : perceptions et comportements dans les pays du G7
Covid-19 : perceptions et comportements dans les pays du G7Covid-19 : perceptions et comportements dans les pays du G7
Covid-19 : perceptions et comportements dans les pays du G7
 
Municipales 2020 : Limoges
Municipales 2020 : LimogesMunicipales 2020 : Limoges
Municipales 2020 : Limoges
 
MUNICIPALES 2020 : QUELLES SOLUTIONS POUR NOS VILLES DE DEMAIN ?
MUNICIPALES 2020 : QUELLES SOLUTIONS POUR NOS VILLES DE DEMAIN ? MUNICIPALES 2020 : QUELLES SOLUTIONS POUR NOS VILLES DE DEMAIN ?
MUNICIPALES 2020 : QUELLES SOLUTIONS POUR NOS VILLES DE DEMAIN ?
 
Le Twittorama des Municipales 2020 : Marseille
Le Twittorama des Municipales 2020 : MarseilleLe Twittorama des Municipales 2020 : Marseille
Le Twittorama des Municipales 2020 : Marseille
 
Élections Municipales 2020 : Nantes, notre analyse
Élections Municipales 2020 : Nantes, notre analyseÉlections Municipales 2020 : Nantes, notre analyse
Élections Municipales 2020 : Nantes, notre analyse
 
Élections Municipales 2020 : Perpignan, notre analyse
Élections Municipales 2020 : Perpignan, notre analyseÉlections Municipales 2020 : Perpignan, notre analyse
Élections Municipales 2020 : Perpignan, notre analyse
 
Le Twittorama des Municipales 2020 : Rennes
Le Twittorama des Municipales 2020 : RennesLe Twittorama des Municipales 2020 : Rennes
Le Twittorama des Municipales 2020 : Rennes
 
Le Twittorama des Municipales 2020 : Bordeaux
Le Twittorama des Municipales 2020 : BordeauxLe Twittorama des Municipales 2020 : Bordeaux
Le Twittorama des Municipales 2020 : Bordeaux
 
Le regard des Françaises et des Français sur l'égalité entre les femmes et le...
Le regard des Françaises et des Français sur l'égalité entre les femmes et le...Le regard des Françaises et des Français sur l'égalité entre les femmes et le...
Le regard des Françaises et des Français sur l'égalité entre les femmes et le...
 

Les élections européennes de 2019 : un scénario européen confirmé, émaillé de quelques surprises locales

  • 1. Le sursaut qui a vu le taux de participation aux européennes de 2019 bondir de plus de 8 points par rapport à l’édition 2014 pour atteindre 50.63% (de loin le meilleur taux depuis l’élargissement de 2004 et même depuis plus de 20 ans1 ) fut l’un des principaux enseignements du scrutin du 26 mai, et l’une de ses premières surprises. Cependant, si elle était inattendue avec une telle ampleur, cette participation en hausse n’était pas en contradiction avec les enquêtes préélectorales, qui dans un certain nombre de pays pressentaient une possible hausse de la mobilisation. L’Eurobaromètre 911 du Parlement européen n’était pas en reste qui mesurait dès février-mars une hausse du nombre de personnes faisant état d’une forte probabilité d’aller voter. Surtout, ce sursaut de participation est parfaitement cohérent avec d’autres enseignements de ces mêmes enquêtes : l’accumulation de thèmes de préoccupation tels que la croissance, le chômage, l’immigration, le changement climatique que les électeurs souhaitaient voir débattus lors de ces élections. Deux d’entre eux, immigration et climat, concernaient des électorats très différents, mais fortement mobilisés par le sentiment que l’Europe est l’échelon pertinent pour gérer ces enjeux, accroissant d’autant la participation. Emmanuel Rivière Chairman Centre Kantar sur le Futur de l’Europe emmanuel.riviere@kantarpublic.com Nicolas Becuwe Kantar Head of the International Election Team nicolas.becuwe@kantar.com LES ÉLECTIONS EUROPÉENNES DE 2019 : UN SCÉNARIO EUROPÉEN CONFIRMÉ, ÉMAILLÉ DE QUELQUES SURPRISES LOCALES UN DOCUMENT DU CENTRE KANTAR SUR LE FUTUR DE L'EUROPE - ANALYSE INITIALEMENT PUBLIÉE PAR ESOMAR DANS RESEARCH WORLD 1 Il faut remonter aux élections européennes de 1994 pour trouver un taux de participation au niveau européen plus élevé (56,67%) Le nouveau parlement Pour ce qui est des résultats eux-mêmes, et leur conséquence sur la composition du nouveau parlement, les élections du 26 mai n’ont fait que confirmer les nouveaux équilibres anticipés par les sondages, et la principale conséquence de ce scrutin, à savoir le recul des deux plus importants groupes de l’hémicycle de Strasbourg, le PPE et le S&D, qui ne détiennent plus à eux seuls la majorité absolue. Comme attendu le PPE reste le principal groupe, avec 182 sièges sur 751, et les pertes qu’il subit (39 sièges par rapport à la session constitutive de 2014) sont tout à fait conformes à que ce que laissaient entendre les projections basées sur les enquêtes préélectorales. La surprise est venue de la France où les Républicains, à 8,5%, chutent à un niveau inédit inférieur de 4 à 5 points aux anticipations des sondages. Cependant cette contreperformance a été compensée par des scores légèrement meilleurs qu’anticipé pour les formations du PPE dans un certain nombre de pays d’Europe centrale (principalement en Tchéquie, Slovaquie et Roumanie)
  • 2. 2LES ÉLECTIONS EUROPÉENNES DE 2019© KANTAR 2 Kantar Pays-bas avait cependant placé le PvdA et le FvD en tête de leur dernier sondage préélectoral 3 Les projections de Kantar trois jours avant les élections attribuaient 108 députés à ce groupe Le recul des sociaux-démocrates de S&D, qui avec 153 sièges perdent une trentaine d’élus, était lui aussi largement anticipé, à l’échelle du continent. Certains succès sont venus limiter les pertes voire créer la surprise, tels le PvdA néerlandais, qui obtient une première place inattendue dans la plupart des sondages préélectoraux2 . Elle doit sans doute beaucoup à la personnalité de Frans Timmermans, et peut-être à son statut de « Spitzenkandidat » mais semble également être un signe d’un vote en faveur de l’Union européenne au regard de la contre-performance des deux partis eurosceptiques, le FvD de Thierry Baudet et le PVV de Geert Wilders. En Italie, le Parti Démocrate résiste bien, et semble avoir reconquis en cours de campagne quelques électeurs séduits par le Mouvement 5 étoiles qui semble lui pâtir de sa participation au gouvernement avec la Lega de Matteo Salvini. En Espagne le PSOE est arrivé largement en tête, et fournit dans le nouveau Parlement la principale délégation du S&D, avec 20 sièges quand l’Allemagne n’en fournit plus que 16. La principale leçon de ce scrutin se trouve en effet dans l’affaiblissement des formations social- démocrates dans trois pays qui fournissaient historiquement des contingents importants au S&D, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France. Dans ces deux derniers pays SPD et PS sont pour la première fois devancés par les Verts. Au Royaume-Uni les travaillistes sont talonnés par le Green Party, mais avec le renfort des 3 députés écossais du SNP la délégation britannique au sein des Verts/ALE sera plus nombreuse que celle du S&D. Croissance verte La progression du groupe des Verts/ALE, qui passe de 52 à 75 sièges, n’était pas attendue à un tel niveau. Elle tient principalement au score des Verts allemands (qui, avec 20,5%, font un peu mieux qu’attendu) mais le décalage avec les prévisions se situe surtout en France, où la troisième place d’EELV (13,5%) n’était pas anticipée. Les renforts Britanniques, et dans une moindre mesure des Verts irlandais et autrichiens, des indépendantistes en Espagne ont participé de ce succès. Il est cependant à noter que ce phénomène concerne essentiellement l’Europe occidentale, nordique et baltique. L’Europe centrale (à l’exception du Parti Pirate tchèque) n’est pas représentée dans ce groupe. Les Verts n’en restent pas moins un des partis pivots pour constituer la future majorité que le PPE et S&D ne rassemblent plus seul. Ils partagent ce statut avec un autre gagnant du scrutin, le groupe des centristes et libéraux, nouvellement baptisé « Renew Europe ». L’apport des 21 élus Français de la liste Renaissance à l’ancien ALDE permet à ce groupe de dépasser 100 sièges (108) et de devenir le 3ème groupe du nouvel hémicycle, conformément aux projections3 . Les enquêtes préélectorales avaient en effet correctement anticipé le score de la liste « En Marche » en France, légèrement surestimé celui de Ciudadanos en Espagne, mais plus largement sous-estimé celui des Libdem britanniques. Les récentes informations concernant des alliances au niveau local de Ciudadanos avec le PP et surtout Vox (notamment à Madrid) pourraient néanmoins affaiblir numériquement ce groupe politique qui pourrait décider d’exclure Ciudadanos.
  • 3. 3LES ÉLECTIONS EUROPÉENNES DE 2019© KANTAR Les grands gagnants Les principaux bénéficiaires du recul du PPE et du S&D sont donc les Libéraux et les écologistes, et si l’on compare le Parlement élu et le Parlement sortant, ces quatre groupes qui pourraient constituer la future majorité sont presque stables, passant de 522 à 518 sièges. Ils représentent les 2/3 de l’hémicycle. Cela cadre mal avec le scénario très présent dans les esprits, mais rapidement démenti par les premières projections fondées sur les enquêtes préélectorales, d’un raz de marée « populiste » ou « antieuropéen » à Strasbourg. A l’extrême gauche de l’hémicycle la GUE/NGL subit une contre-performance (passant de 52 à 38 sièges), notamment en France ou la France Insoumise est loin de la suprématie à gauche que les sondages leur faisaient espérer. Cette famille recule également en Espagne (Podemos) ou en Grèce (Syriza confrontée à l’épreuve du pouvoir) où le contexte de crise économique avait permis ses bons scores en 2014. Quid des souverainistes ? En revanche, les formations de droite Eurosceptiques (ECR et EFDD, ainsi que Identité et Démocratie, qui remplace ENF) progressent de 155 sièges à 179. Cet espace reste cependant divisé en trois groupes, parmi lesquels les équilibres internes ont évolué. Le fort recul des Tories britanniques (de 19 à 4 sièges), plus sévère qu’anticipé, affaiblit ECR. Cet affaiblissement est toutefois relatif car il est compensé par le très bon résultat du parti polonais Droit et Justice (PiS) qui se place en tête et obtient plus de 45% des voix lui permettant de passer de 19 à 26 sièges, ce qui en fait le quatrième parti avec le plus de représentants au Parlement européen derrière la CDU (29), le Brexit Party (29) et la Lega (28). le succès anticipé de la Lega en Italie renforce ID qui obtient 73 sièges, grâce également à la 1ère place du Rassemblement national en France, aux 11 sièges allemands d’AFD, qui a choisi de rejoindre ce groupe mais également au Vlaams Belang qui avec 11.68% et trois sièges arrive deuxième en Belgique juste derrière la N-VA. EFDD reste apparemment stable, du fait du score très élevé du Brexit Party (29 sièges), mais ne dispose pas du nombre de délégations nationales nécessaires pour constituer un groupe, puisque seul le Mouvement 5 Etoiles italien s’y rattacherait. En outre la perspective du départ des députés britanniques laisse présager une autre distribution des groupes à la droite de l’hémicycle, qui pourrait profiter encore à ID. Mais pour cette législature, ce pôle souverainiste de droite restera, comme le prévoyaient les enquêtes et les projections, minoritaire. Le passage d’une majorité à deux groupes (PPE et S&D) à une majorité à quatre (+ Renewed Europe et les Verts) aura néanmoins un impact important sur le fonctionnement du Parlement européen. La nomination du président de la Commission européenne semble ainsi déjà fortement impactée par ce changement puisque le système du « Spitzenkandidat » qui attribue la présidence de la Commission au "candidat en tête de liste" du parti politique européen qui a remporté le plus grand nombre de sièges au Parlement européen semble remis en cause. Ce processus entériné en 2014, salué comme un progrès démocratique à l’époque, et confirmé en 2018 par le Parlement européen devait en théorie désigner Manfred Weber, du PPE, à la présidence de la Commission. Ce scénario semble en passe d’être écarté sous la pression d’une partie des membres de cette nouvelle coalition du centre.
  • 4. 4LES ÉLECTIONS EUROPÉENNES DE 2019© KANTAR ESOMAR est la voix mondiale de la communauté des données, recherches et connaissances, parlant au nom de plus de 4900 professionnels et de 500 entreprises qui fournissent ou commandent de l’analytique de données et des recherches dans plus de 130 pays, et acceptent tous de respecter le Code international ICC/ESOMAR. En tant qu'association mondiale, en collaboration avec les associations de recherche nationales et internationales, ESOMAR met en place des normes professionnelles et d'autorégulation pour notre secteur, et encourage, promeut et fait progresser le rôle et la valeur de l'analytique des données, de la recherche, des études de marché et d'opinion pour éclairer les véritables problèmes et aider à prendre des décisions efficaces. CENTRE KANTAR SUR LE FUTUR DE L’EUROPE Créé au sein de Kantar, société internationale d’étude et de recherche, le Centre Kantar sur le Futur de l’Europe a pour ambition de nourrir le débat public sur les enjeux européens, en s’appuyant notamment sur les experts nationaux de Kantar, leur connaissance de l’opinion publique, des mouvements politiques, tendances socioéconomiques et phénomènes migratoires au sein de l’Union européenne et chacun des pays qui la composent. Leader mondial de la data, des études et du conseil, le groupe Kantar regroupe toutes les disciplines de la recherche et du consulting en marketing. Les 30 000 experts de Kantar développent des stratégies auprès des décideurs partout dans le monde. Forts de ces expertises, nous apportons les éclairages sur tout ce que les consommateurs et les citoyens ressentent, achètent, regardent, votent, postent, débattent. Tout ce qu’ils vivent. Retrouvez-nous sur fr.kantar.com - Twitter : @KantarFR