20 TERRITOIRES / INTERNATIONAL
LA TRIBUNE VENDREDI 22 NOVEMBRE 2013

En 2012, le PIB de Monaco (4,48 milliards d’euros) a
dépassé son niveau d’avant la crise de 2008. [PRESSE MONACO]

Armée de ses pôles d’excellence, de ses 130 nationalités, de sa stabilité politique et législative,
la Principauté multiplie les actions de promotion de ses avantages économiques. De quoi séduire
DE LA SEMAINE les jeunes pousses françaises frontalières.

LE ZOOM

Monaco drague les petites
start-up de la Côte d’Azur

U

LAURENCE BOTTERO, À MONACO

ne famille princière
scrutée par les
médias du monde
entier, de magnifiques bateaux
ancrés dans l’eau turquoise de la
Méditerranée, des voitures haut
de gamme, des événements sportifs prestigieux et un luxe clairement apparent, sinon affiché… Les
superlatifs pour décrire cette
enclave coincée entre mer et montagne, entre Italie et France, ne
manquent pas. Sauf que le Rocher
n’est pas que le synonyme de
strass et paillettes. Et il entend
bien le faire savoir.
Pour preuve l’initiative lancée
conjointement en septembre dernier par Monaco Telecom, l’opérateur monégasque de télécommunications, StarNox, une PME
spécialisée dans la prestation de
services cloud implantée à la fois
en Principauté et à Sophia-Antipo-

lis, et Saphelec, un acteur des télécommunications et des réseaux
data pour les entreprises, basé également sur la technopole azuréenne. Un trio persuadé que la
création d’un hub business entre,
d’un côté, les grands groupes et
PME monégasques et, de l’autre,
les start-up installées à SophiaAntipolis, a beaucoup de sens.
Dix semaines plus tard, elles sont
déjà une dizaine de jeunes pousses,
monégasques, à être entrées en
relation d’affaires. « Lier les entreprises pour qu’ensemble elles créent
de la synergie et des collaborations
concrètes nous semblait pertinent.
Le but est de valoriser nos expertises communes », expliquent d’une
même voix Yannick Quentel, le
directeur Business Development
de Monaco Telecom, et Hervé Barbat, codirigeant de StarNox. « Les
entreprises monégasques doivent
avoir le réflexe de proximité, d’autant que les savoir-faire existent.
Pourquoi aller les chercher à

l’étranger quand ils sont dans un
rayon de 30 km ? », renchérit
Hervé Mangot, PDG de Saphelec.
GUICHET UNIQUE POUR LES
CRÉATEURS D’ENTREPRISE

Des projets en commun ont donc
déjà été actés, notamment entre
Saphelec et Monaco Telecom tandis qu’Azuriel, SSII de SophiaAntipolis et éditeur d’une plateforme permettant de générer des
applications mobiles et communautaires, est devenu le fournisseur de trois entreprises monégasques, l’une dans les médias,
l’autre dans les télécoms et la troisième dans l’agroalimentaire.
« C’est une possibilité pour chacun
d’aller chercher de nouveaux segments de croissance », reconnaît
son PDG, Brice Campos.
Ce n’est pas Maurice Cohen qui
dira le contraire. Cet homme d’affaires – ancien joueur et entraîneur de foot, président d’ailleurs
de 2002 à 2009 de l’OGC Nice –

FOCUS
VOLTAGE

Le bolide Venturi séduit Dupuis

par Dupuis, a suivi
l’équipe monégasque sur
le Lac Salé de Bonneville
aux États-Unis en septembre dernier, là même
où se déroulent les épreuves
de vitesse. « Venturi est la seule firme au monde
qui correspondait à ce que l’on recherchait »,
explique Olivier Perrard, directeur général de
Dupuis. Une reconnaissance grandeur nature
de l’innovation monégasque.
L.B.
CODE PRIX :
DU07
ISBN 978-2-8001-5
779-5

2

CV_MVAILLAN

T_AMV2_02_FR

.indd 1

8/10/13 08:25

© DUPUIS

Imaginez Michel Vaillant au volant d’une voiture électrique… monégasque. Le 6 décembre
prochain, le rêve sera réalité. Dans cette nouvelle aventure baptisée Voltage, le pilote français tente de battre le record du monde de
vitesse avec une Venturi Vaillante. Un bolide
propulsé par un moteur électrique, directement inspiré de la technologie développée en
interne par la PME que dirige Gildo Pallanca
Pastor, Venturi Automobiles. Pour ce faire,
Philippe Graton, le scénariste de la BD éditée

NOUVELLE SAISO
N
1. AU NOM DU FILS
2. VOLTAGE

est un fin observateur. Fondateur
du Monaco Yacht Show (salon de
la grande plaisance qui se tient
chaque année en septembre) et de
sociétés de communication, il a
décidé d’organiser mi-octobre un
salon dédié au B-to-B, baptisé logiquement Monaco Business. Il l’a
positionné comme « une plateforme d’échanges entre les entreprises monégasques et celles de la

loppent une activité réellement
nouvelle, elles en sont exonérées
les deux premières années et bénéficient d’un régime de faveur pendant les trois années suivantes.
Autre atout, la nature même de
l’économie, « extrêmement diversifiée, ce qui permet au pays de se
mettre à l’abri des grosses crises
sectorielles », analyse Lionel Galfré, le directeur de l’Institut monégasque de la statistique
et des études économiques. Ce que
confirme Élisabeth Ritter-Moati, la directrice
générale Investissement et promotion de
la Chambre de développement économique
(CDE). Elle insiste sur les deux
pôles majeurs que sont le yachting
et la santé, et que la coopération
franco-monégasque concerne
aussi les demandes de locaux. La
CDE travaille main dans la main
avec son homologue, l’agence de
développement économique Team
Côte d’Azur. « Monaco est un
réseau ouvert sur le monde, qui sert
de tremplin vers l’international »,
observe Laurence Garino. Trois
cent quatre-vingt-quatre créations
nettes de nouvelles entreprises ont
été enregistrées entre 2011 et 2012.
Avec un PIB en valeur qui a rattrapé et dépassé en 2012
(4,48 Mds €, + 0,9 % par rapport à
2011) son niveau de 2008
(4,42   Mds  €), 45 000  salariés
dans le privé, 5 000 dans le secteur
public, zéro endettement et des
perspectives de croissance dans
les activités non polluantes,
Monaco montre qu’elle peut espérer continuer à briller longtemps
sur son rocher.

Le Rocher princier
a d’autres atouts
que le strass et les
paillettes. Et il entend
bien le faire savoir.
Côte d’Azur ». Une plate-forme qui
« leur manquait ». De fait, Monaco
Business a accueilli 600 personnes
en une seule journée.
Il faut dire que Monaco, vu sous
l’angle affaires, est plutôt séduisant.
La Principauté, qui sait jouer les
ambassadrices de charme, a créé il
y a deux ans un guichet unique
pour l’accueil du futur créateur
d’entreprise. « Nous lui expliquons
l’ensemble du processus à suivre, les
éventuels obstacles à éviter et les
étapes à prévoir », explique Laurence Garino, chef de service de ce
Monaco Welcome & Business
Office. Entre autres points forts, on
n’oubliera pas de mentionner une
fiscalité stable et plus douce que de
l’autre côté de la frontière. L’impôt
sur les bénéfices (33,33 %), par
exemple, est demandé aux entreprises qui exercent une activité
industrielle ou commerciale et réalisent plus de 25 % de leur chiffre
d’affaires en dehors de la Principauté. Quant à celles qui déve-

Monaco et son dynamisme

  • 1.
    20 TERRITOIRES /INTERNATIONAL LA TRIBUNE VENDREDI 22 NOVEMBRE 2013 En 2012, le PIB de Monaco (4,48 milliards d’euros) a dépassé son niveau d’avant la crise de 2008. [PRESSE MONACO] Armée de ses pôles d’excellence, de ses 130 nationalités, de sa stabilité politique et législative, la Principauté multiplie les actions de promotion de ses avantages économiques. De quoi séduire DE LA SEMAINE les jeunes pousses françaises frontalières. LE ZOOM Monaco drague les petites start-up de la Côte d’Azur U LAURENCE BOTTERO, À MONACO ne famille princière scrutée par les médias du monde entier, de magnifiques bateaux ancrés dans l’eau turquoise de la Méditerranée, des voitures haut de gamme, des événements sportifs prestigieux et un luxe clairement apparent, sinon affiché… Les superlatifs pour décrire cette enclave coincée entre mer et montagne, entre Italie et France, ne manquent pas. Sauf que le Rocher n’est pas que le synonyme de strass et paillettes. Et il entend bien le faire savoir. Pour preuve l’initiative lancée conjointement en septembre dernier par Monaco Telecom, l’opérateur monégasque de télécommunications, StarNox, une PME spécialisée dans la prestation de services cloud implantée à la fois en Principauté et à Sophia-Antipo- lis, et Saphelec, un acteur des télécommunications et des réseaux data pour les entreprises, basé également sur la technopole azuréenne. Un trio persuadé que la création d’un hub business entre, d’un côté, les grands groupes et PME monégasques et, de l’autre, les start-up installées à SophiaAntipolis, a beaucoup de sens. Dix semaines plus tard, elles sont déjà une dizaine de jeunes pousses, monégasques, à être entrées en relation d’affaires. « Lier les entreprises pour qu’ensemble elles créent de la synergie et des collaborations concrètes nous semblait pertinent. Le but est de valoriser nos expertises communes », expliquent d’une même voix Yannick Quentel, le directeur Business Development de Monaco Telecom, et Hervé Barbat, codirigeant de StarNox. « Les entreprises monégasques doivent avoir le réflexe de proximité, d’autant que les savoir-faire existent. Pourquoi aller les chercher à l’étranger quand ils sont dans un rayon de 30 km ? », renchérit Hervé Mangot, PDG de Saphelec. GUICHET UNIQUE POUR LES CRÉATEURS D’ENTREPRISE Des projets en commun ont donc déjà été actés, notamment entre Saphelec et Monaco Telecom tandis qu’Azuriel, SSII de SophiaAntipolis et éditeur d’une plateforme permettant de générer des applications mobiles et communautaires, est devenu le fournisseur de trois entreprises monégasques, l’une dans les médias, l’autre dans les télécoms et la troisième dans l’agroalimentaire. « C’est une possibilité pour chacun d’aller chercher de nouveaux segments de croissance », reconnaît son PDG, Brice Campos. Ce n’est pas Maurice Cohen qui dira le contraire. Cet homme d’affaires – ancien joueur et entraîneur de foot, président d’ailleurs de 2002 à 2009 de l’OGC Nice – FOCUS VOLTAGE Le bolide Venturi séduit Dupuis par Dupuis, a suivi l’équipe monégasque sur le Lac Salé de Bonneville aux États-Unis en septembre dernier, là même où se déroulent les épreuves de vitesse. « Venturi est la seule firme au monde qui correspondait à ce que l’on recherchait », explique Olivier Perrard, directeur général de Dupuis. Une reconnaissance grandeur nature de l’innovation monégasque. L.B. CODE PRIX : DU07 ISBN 978-2-8001-5 779-5 2 CV_MVAILLAN T_AMV2_02_FR .indd 1 8/10/13 08:25 © DUPUIS Imaginez Michel Vaillant au volant d’une voiture électrique… monégasque. Le 6 décembre prochain, le rêve sera réalité. Dans cette nouvelle aventure baptisée Voltage, le pilote français tente de battre le record du monde de vitesse avec une Venturi Vaillante. Un bolide propulsé par un moteur électrique, directement inspiré de la technologie développée en interne par la PME que dirige Gildo Pallanca Pastor, Venturi Automobiles. Pour ce faire, Philippe Graton, le scénariste de la BD éditée NOUVELLE SAISO N 1. AU NOM DU FILS 2. VOLTAGE est un fin observateur. Fondateur du Monaco Yacht Show (salon de la grande plaisance qui se tient chaque année en septembre) et de sociétés de communication, il a décidé d’organiser mi-octobre un salon dédié au B-to-B, baptisé logiquement Monaco Business. Il l’a positionné comme « une plateforme d’échanges entre les entreprises monégasques et celles de la loppent une activité réellement nouvelle, elles en sont exonérées les deux premières années et bénéficient d’un régime de faveur pendant les trois années suivantes. Autre atout, la nature même de l’économie, « extrêmement diversifiée, ce qui permet au pays de se mettre à l’abri des grosses crises sectorielles », analyse Lionel Galfré, le directeur de l’Institut monégasque de la statistique et des études économiques. Ce que confirme Élisabeth Ritter-Moati, la directrice générale Investissement et promotion de la Chambre de développement économique (CDE). Elle insiste sur les deux pôles majeurs que sont le yachting et la santé, et que la coopération franco-monégasque concerne aussi les demandes de locaux. La CDE travaille main dans la main avec son homologue, l’agence de développement économique Team Côte d’Azur. « Monaco est un réseau ouvert sur le monde, qui sert de tremplin vers l’international », observe Laurence Garino. Trois cent quatre-vingt-quatre créations nettes de nouvelles entreprises ont été enregistrées entre 2011 et 2012. Avec un PIB en valeur qui a rattrapé et dépassé en 2012 (4,48 Mds €, + 0,9 % par rapport à 2011) son niveau de 2008 (4,42   Mds  €), 45 000  salariés dans le privé, 5 000 dans le secteur public, zéro endettement et des perspectives de croissance dans les activités non polluantes, Monaco montre qu’elle peut espérer continuer à briller longtemps sur son rocher. Le Rocher princier a d’autres atouts que le strass et les paillettes. Et il entend bien le faire savoir. Côte d’Azur ». Une plate-forme qui « leur manquait ». De fait, Monaco Business a accueilli 600 personnes en une seule journée. Il faut dire que Monaco, vu sous l’angle affaires, est plutôt séduisant. La Principauté, qui sait jouer les ambassadrices de charme, a créé il y a deux ans un guichet unique pour l’accueil du futur créateur d’entreprise. « Nous lui expliquons l’ensemble du processus à suivre, les éventuels obstacles à éviter et les étapes à prévoir », explique Laurence Garino, chef de service de ce Monaco Welcome & Business Office. Entre autres points forts, on n’oubliera pas de mentionner une fiscalité stable et plus douce que de l’autre côté de la frontière. L’impôt sur les bénéfices (33,33 %), par exemple, est demandé aux entreprises qui exercent une activité industrielle ou commerciale et réalisent plus de 25 % de leur chiffre d’affaires en dehors de la Principauté. Quant à celles qui déve-