Un « Valence » prometteur pour Olivier Dewolf
On ne présente plus « Le boucher de Besonrieux » ! Devenu un spécialiste de la ligne du Rhône, il a déjà brillé
sur le premier National de la saison dans cette ligne de vol, à savoir Valence. Cinq pigeons dans les prix
nationaux sur les neuf enlogés dont les 23e
, 57e
et 171e
classés au National. « C’est très bien, je suis pleinement
satisfait », commente-t-il, humblement.
Une humilité dont il ne se dépare jamais. Pourtant, on en connait qui gonfleraient des chevilles avec un tel
palmarès. Après avoir débuté, en 1979, par la vitesse, avoir opéré un premier virage vers le grand demi-fond,
en 1985, et définitivement opté pour le fond et le grand fond, de manière exclusive sur les concours de la ligne
du Rhône, en 2005, Olivier Dewolf fait figure de référence. Point d’orgue : l’année 2015 avec un As Pigeon
Ligne du Rhône. Le fameux « 970/11 » qui aurait même pu truster le prix d’As Pigeon National Grand Fond
RFCB. Classé 23e
à Valence et 11e
à Montélimar, ce crack était déjà le meilleur pigeon belge sur deux concours
de fond. Le dilemme était le suivant : voler un troisième concours sur la ligne du Rhône ou tenter la ligne de
l’est. « Tous les amateurs me disaient de le mettre sur un concours de la ligne de l’est pour tenter d’être As
Pigeon Grand Fond RFCB et pas seulement Ligne du Rhône. Alors, je me posais aussi la question. J’ai vraiment
hésité. J’ai retourné la question dans tous les sens. Mais j’ai finalement opté pour la sagesse en le laissant sur sa
spécialité. Et il a encore fait mouche sur le Marseille. Il aurait peut-être réussi aussi sur l’autre ligne. On ne le
saura jamais. Je n’ai aucun regret. » Pas le genre de la maison.
Olivier Dewolf a des principes et n’y déroge pas. Sauf quand c’est impossible de faire autrement. Ainsi, s’il a,
comme les saisons précédentes, constitué différentes équipes de vol, il a été contraint d’opérer sa sélection en
fonction du calendrier. « Cette année, le calendrier des Nationaux a changé pour la ligne du Rhône. Montélimar
n’est plus un concours national. C’est devenu un semi-national en quelque sorte. J’aime bien ce concours mais
ça change quand même la donne. Si je compare la colombophilie au vélo, c’est un peu comme si une classique
devenait une course de kermesse. Or, le prestige, ça compte. Je jouerai évidemment le Montélimar mais pas
avec les pigeons qui ne feront que les Nationaux. »
« TROIS EQUIPES , TROIS CONCOURS »
Lors de ce Valence 2017, les deux meilleurs classés (23e
et 57e
Nat.) ne sont pourtant pas destinés à voir le ciel
catalan ni celui de Marseille. Olivier Dewolf : « Non car ce sont des pigeons de trois ans, tous deux de la lignée
du « Vieux Pau », pour lesquels ce sera Cahors et Limoges ensuite. Trois teams différentes avec trois concours
de fond et grand fond au maximum pour chacune. Une partie de ceux qui étaient à Valence feront Montélimar
et seuls les plus vieux enchaîneront avec Marseille. D’autres étaient là pour préparer Barcelone sur lequel ils
seront alignés avec des femelles.
Parcimonie et préservation sont des leitmotivs pour le champion de Besonrieux. « Je fais des choix. Je suis
indépendant et avec mon emploi du temps, je ne peux pas tout jouer. Je préserve mes pigeons parce que les
concours auxquels ils son soumis sont tout de même réputés comme les plus difficiles. La ligne du Rhône, c’est
long, vallonné, et il n’y a pas beaucoup de zones d’abreuvage sur leur parcours. Pour l’avoir fait en voiture, on
se rend compte de la difficulté de cette ligne. Rien à voir avec les concours qui longent l’Atlantique. Ce n’est pas
une critique, c’est un constat. J’ai aussi appris à connaître mes pigeons. Je sais qu’ils montent lentement en
régime, par exemple. Ils donnent leur pleine mesure à partir de trois ou quatre ans. »
Ces voiliers au long cours volent jusqu’à 6 et même 7 ans. Le troisième classé à Valence (171e
Nat.) est un
pigeon de 6 ans par exemple. Reconnaissons que c’est devenu rare dans la colombophilie actuelle. « C’est vrai.
Je constate aussi que les pigeons de 6 ou 7 ans sont devenus plus rares dans les classements. Actuellement,
beaucoup demandent tout, et tout de suite. La patience n’est pas de mise chez certains amateurs. Mes pigeons,
je sais qu’ils sont plus longs à monter en puissance. C’est vrai pour l’âge et c’est tout aussi vrai pour leur état de
forme. Plus on avance dans la saison, plus ils montent en puissance. Ce ne sont pas des sprinteurs, volant tout
le temps à fond. D’ailleurs, on me demande si mes pigeons volent longtemps pendant les volées journalières.
Certains pensent que comme ce sont des pigeons qui donnent leur pleine mesure sur plus de 650 kilomètres,
ils font des longues sorties journalières. Eh bien, non ! Moi, mes pigeons, ils font des volées d’un quart d’heure.
Et bien souvent, c’est toujours à vue. Puis, ils jouent, ils prennent l’air mais ils ne volent jamais longtemps et
jamais loin du pigeonnier. J’entends parfois des amateurs dire que leurs pigeons sont en forme parce qu’ils
partent pendant une heure mais personnellement, je ne connais pas cela avec les miens. Ils ne sont pas des
adeptes de l’effort violent. »
UNE LIGNEE DE SPECIALISTES
Depuis 2005, Olivier Dewolf est associé à Michel De Smael, amateur de Bracquegnies. Les deux compères
perpétuent l’accord établi depuis leur union : les hâtifs pour Michel De Smael, les tardifs pour Olivier Dewolf.
« Les reproducteurs sont chez Michel. Il prend la première tournée, je prends la suivante. Sur Valence, il a
classé 10 pigeons sur 17 enlogés. C’est très bien. Et ses premiers classés viennent s’intercaler avant mon
troisième. Il était d’ailleurs satisfait de ce concours. » On les comprend ! Beaucoup d’amateurs aimeraient
aligner de telles performances cumulées. Il faut dire que la lignée est de haute tenue. La colonie actuelle est
toujours issue pour moitié du fameux « Pau » (11e
Nat. De Pau en 2008 et 4e
Nat. en 2009) , lui-même un fils du
« Petit Cahors » acquis chez Jean-Marie Chapelle, de Chapelle-Lez-Herlaimont.
« Nous avons aussi des jeunes qui sont issus de nouvelles acquisitions faites ces dernières années et on va
bientôt pouvoir jauger l’ensemble quand tout cela aura été dégrossi. Il n’y a jamais de vérité toute faite en
colombophilie. On dit toujours que la ligne du Rhône est la seule qui n’avantage pas les deux Flandres mais le
vainqueur de Valence, il est à 12 kilomètres de Bruges. » Olivier Dewolf a raison. Toutefois, il ne se passe pas
une année sans qu’il frappe dans un top 10 national. « C’est vrai que j’ai déjà tout fait, de la 2e
à la 10e
place.
Mais jamais un premier », rappelle-t-il en rigolant franchement.
C’est clairement devenu l’un de ses objectifs mais il n’en fait pas non plus une fixation : « Je suis comme tous les
colombophiles. On rêve tous de faire un premier National. J’ai déjà été très proche de le faire. Plusieurs fois.
Mais vous savez, il y a beaucoup de colombophiles qui ont accumulé les belles places nationales sans jamais
décrocher la première place sur le podium. J’en connais même quelques-uns. Il faut un peu de tout pour rafler
cette fameuse victoire : un super pigeon, des conditions qui lui conviennent le jour J et aussi un peu de
réussite. »
Quand on vous disait que le champion de Besonrieux est empli d’humilité !
HUPEZ

Olivier dewolf

  • 1.
    Un « Valence» prometteur pour Olivier Dewolf On ne présente plus « Le boucher de Besonrieux » ! Devenu un spécialiste de la ligne du Rhône, il a déjà brillé sur le premier National de la saison dans cette ligne de vol, à savoir Valence. Cinq pigeons dans les prix nationaux sur les neuf enlogés dont les 23e , 57e et 171e classés au National. « C’est très bien, je suis pleinement satisfait », commente-t-il, humblement. Une humilité dont il ne se dépare jamais. Pourtant, on en connait qui gonfleraient des chevilles avec un tel palmarès. Après avoir débuté, en 1979, par la vitesse, avoir opéré un premier virage vers le grand demi-fond, en 1985, et définitivement opté pour le fond et le grand fond, de manière exclusive sur les concours de la ligne du Rhône, en 2005, Olivier Dewolf fait figure de référence. Point d’orgue : l’année 2015 avec un As Pigeon Ligne du Rhône. Le fameux « 970/11 » qui aurait même pu truster le prix d’As Pigeon National Grand Fond RFCB. Classé 23e à Valence et 11e à Montélimar, ce crack était déjà le meilleur pigeon belge sur deux concours de fond. Le dilemme était le suivant : voler un troisième concours sur la ligne du Rhône ou tenter la ligne de l’est. « Tous les amateurs me disaient de le mettre sur un concours de la ligne de l’est pour tenter d’être As Pigeon Grand Fond RFCB et pas seulement Ligne du Rhône. Alors, je me posais aussi la question. J’ai vraiment hésité. J’ai retourné la question dans tous les sens. Mais j’ai finalement opté pour la sagesse en le laissant sur sa spécialité. Et il a encore fait mouche sur le Marseille. Il aurait peut-être réussi aussi sur l’autre ligne. On ne le saura jamais. Je n’ai aucun regret. » Pas le genre de la maison.
  • 2.
    Olivier Dewolf ades principes et n’y déroge pas. Sauf quand c’est impossible de faire autrement. Ainsi, s’il a, comme les saisons précédentes, constitué différentes équipes de vol, il a été contraint d’opérer sa sélection en fonction du calendrier. « Cette année, le calendrier des Nationaux a changé pour la ligne du Rhône. Montélimar n’est plus un concours national. C’est devenu un semi-national en quelque sorte. J’aime bien ce concours mais ça change quand même la donne. Si je compare la colombophilie au vélo, c’est un peu comme si une classique devenait une course de kermesse. Or, le prestige, ça compte. Je jouerai évidemment le Montélimar mais pas avec les pigeons qui ne feront que les Nationaux. » « TROIS EQUIPES , TROIS CONCOURS » Lors de ce Valence 2017, les deux meilleurs classés (23e et 57e Nat.) ne sont pourtant pas destinés à voir le ciel catalan ni celui de Marseille. Olivier Dewolf : « Non car ce sont des pigeons de trois ans, tous deux de la lignée du « Vieux Pau », pour lesquels ce sera Cahors et Limoges ensuite. Trois teams différentes avec trois concours de fond et grand fond au maximum pour chacune. Une partie de ceux qui étaient à Valence feront Montélimar et seuls les plus vieux enchaîneront avec Marseille. D’autres étaient là pour préparer Barcelone sur lequel ils seront alignés avec des femelles. Parcimonie et préservation sont des leitmotivs pour le champion de Besonrieux. « Je fais des choix. Je suis indépendant et avec mon emploi du temps, je ne peux pas tout jouer. Je préserve mes pigeons parce que les concours auxquels ils son soumis sont tout de même réputés comme les plus difficiles. La ligne du Rhône, c’est long, vallonné, et il n’y a pas beaucoup de zones d’abreuvage sur leur parcours. Pour l’avoir fait en voiture, on se rend compte de la difficulté de cette ligne. Rien à voir avec les concours qui longent l’Atlantique. Ce n’est pas une critique, c’est un constat. J’ai aussi appris à connaître mes pigeons. Je sais qu’ils montent lentement en régime, par exemple. Ils donnent leur pleine mesure à partir de trois ou quatre ans. » Ces voiliers au long cours volent jusqu’à 6 et même 7 ans. Le troisième classé à Valence (171e Nat.) est un pigeon de 6 ans par exemple. Reconnaissons que c’est devenu rare dans la colombophilie actuelle. « C’est vrai. Je constate aussi que les pigeons de 6 ou 7 ans sont devenus plus rares dans les classements. Actuellement, beaucoup demandent tout, et tout de suite. La patience n’est pas de mise chez certains amateurs. Mes pigeons, je sais qu’ils sont plus longs à monter en puissance. C’est vrai pour l’âge et c’est tout aussi vrai pour leur état de forme. Plus on avance dans la saison, plus ils montent en puissance. Ce ne sont pas des sprinteurs, volant tout le temps à fond. D’ailleurs, on me demande si mes pigeons volent longtemps pendant les volées journalières. Certains pensent que comme ce sont des pigeons qui donnent leur pleine mesure sur plus de 650 kilomètres, ils font des longues sorties journalières. Eh bien, non ! Moi, mes pigeons, ils font des volées d’un quart d’heure. Et bien souvent, c’est toujours à vue. Puis, ils jouent, ils prennent l’air mais ils ne volent jamais longtemps et jamais loin du pigeonnier. J’entends parfois des amateurs dire que leurs pigeons sont en forme parce qu’ils partent pendant une heure mais personnellement, je ne connais pas cela avec les miens. Ils ne sont pas des adeptes de l’effort violent. » UNE LIGNEE DE SPECIALISTES Depuis 2005, Olivier Dewolf est associé à Michel De Smael, amateur de Bracquegnies. Les deux compères perpétuent l’accord établi depuis leur union : les hâtifs pour Michel De Smael, les tardifs pour Olivier Dewolf. « Les reproducteurs sont chez Michel. Il prend la première tournée, je prends la suivante. Sur Valence, il a classé 10 pigeons sur 17 enlogés. C’est très bien. Et ses premiers classés viennent s’intercaler avant mon troisième. Il était d’ailleurs satisfait de ce concours. » On les comprend ! Beaucoup d’amateurs aimeraient aligner de telles performances cumulées. Il faut dire que la lignée est de haute tenue. La colonie actuelle est toujours issue pour moitié du fameux « Pau » (11e Nat. De Pau en 2008 et 4e Nat. en 2009) , lui-même un fils du « Petit Cahors » acquis chez Jean-Marie Chapelle, de Chapelle-Lez-Herlaimont.
  • 3.
    « Nous avonsaussi des jeunes qui sont issus de nouvelles acquisitions faites ces dernières années et on va bientôt pouvoir jauger l’ensemble quand tout cela aura été dégrossi. Il n’y a jamais de vérité toute faite en colombophilie. On dit toujours que la ligne du Rhône est la seule qui n’avantage pas les deux Flandres mais le vainqueur de Valence, il est à 12 kilomètres de Bruges. » Olivier Dewolf a raison. Toutefois, il ne se passe pas une année sans qu’il frappe dans un top 10 national. « C’est vrai que j’ai déjà tout fait, de la 2e à la 10e place. Mais jamais un premier », rappelle-t-il en rigolant franchement. C’est clairement devenu l’un de ses objectifs mais il n’en fait pas non plus une fixation : « Je suis comme tous les colombophiles. On rêve tous de faire un premier National. J’ai déjà été très proche de le faire. Plusieurs fois. Mais vous savez, il y a beaucoup de colombophiles qui ont accumulé les belles places nationales sans jamais décrocher la première place sur le podium. J’en connais même quelques-uns. Il faut un peu de tout pour rafler cette fameuse victoire : un super pigeon, des conditions qui lui conviennent le jour J et aussi un peu de réussite. » Quand on vous disait que le champion de Besonrieux est empli d’humilité ! HUPEZ