1ère
HG 2022/2023
THEME 1 : L’EUROPE FACE AUX REVOLUTIONS
(1789 – 1848)
L’année 1789 est un tournant pour la France et l’Europe. La France connaît de profonds
bouleversements politiques au cours des années précédentes, ce qui précipitent le début de la
Révolution. Née des difficultés de la monarchie et des contestations de l'absolutisme, la Révolution
française engendre de profonds bouleversements politiques en France. Les principes de
gouvernement sont redéfinis et les institutions du pays réorganisées, dans une période marquée par
de nombreux conflits politiques, sociaux, économiques, religieux et militaires. Les Français étendent
leur influence à une partie de l’Europe, des débuts de la Révolution à la chute de l’Empire de Napoléon
Bonaparte en 1815. Ils diffusent ainsi une notion nouvelle, désormais placée au cœur de la vie
politique : la nation1.
Problématique générale du thème : En quoi la Révolution française est-elle la matrice d’un nouvel
univers politique et social, ainsi que des débats et des tensions qui parcourent la France et
l’Europe tout au long du XIXe siècle ?
1
Nation : Du latin nascere qui signifie « naître », communauté politique uni par des références communes
(langue, culture, projet politique, valeurs…), établi sur un territoire et personnifié par une autorité
souveraine.
2
CHAPITRE 1 – LA REVOLUTION FRANÇAISE ET L’EMPIRE : UNE
NOUVELLE CONCEPTION DE LA NATION
La Révolution française est avant tout un long processus c’est-à-dire une succession de
moments de rupture, de révolutions2, d’insurrections3, de journées révolutionnaires mettant en
scène différents acteurs. Ce processus conduit à l’abolition de la monarchie – après des siècles de
de stabilité – inventant de nouveaux rapports sociaux et créant une langue politique inédite. Pour les
historiens, la Révolution française renvoie à une période qui se situe entre 1789 et 1799 et qui
constitue une rupture considérable avec l’Ancien Régime 4 . En opérant un transfert de
souveraineté du roi sacré à la nation, elle marque l’entrée dans la modernité politique. Sur le
plan social, elle met fin aux privilèges de l’Ancien Régime et proclame les droits de l’homme et du
citoyen. La conception française de la nation se diffuse en Europe à l’occasion des guerres
révolutionnaires. À partir de 1799, Napoléon Bonaparte fonde avec le Consulat puis l’Empire, un
régime autoritaire qui enracine pourtant certains principes de la Révolution. Les conquêtes militaires
de la Révolution et de l’Empire donnent une résonance européenne à ces expériences politiques.
2
Une révolution : Changement brusque et violent dans la structure politique et sociale d'un État, qui se
produit quand un groupe se révolte contre les autorités en place et prend le pouvoir.
3
Insurrection : Soulèvement armé ou non, une révolte d'un groupe ou d'une population (les insurgés), contre
un pouvoir établi ou une autorité.
4
Ancien Régime : L'expression Ancien Régime a été utilisée en 1789 par les députés de l'Assemblée nationale
constituante pour désigner, avec une connotation négative, le régime monarchique avant 1789. Cette période
se caractérise par la monarchie absolue de droit divin et une inégalité sociale fondée sur des privilèges
de naissance pour la Noblesse et le rôle important joué par le Clergé. Il n'y a pas de constitution écrite
et c'est le roi qui incarne l'Etat.
3
Problématique du chapitre : Comment la période révolutionnaire et impériale instaure-t-elle un
nouveau rapport entre nation et pouvoir politique ?
I. LA REVOLUTION FRANÇAISE ET L’ECHEC DE LA MONARCHIE
CONSTITUTIONNELLE (1789 – 1792)
A. 1789 : « L’ANNEE SANS PAREILLE »
1) UN CONTEXTE DE CRISES ET DE REMISE EN CAUSE DE L’ABSOLUTISME
Au XVIIIe siècle, les écrits des Lumières (Montesquieu, Diderot, D’Alembert, Voltaire, Rousseau,
Paul d’Holbach...) diffusent une critique de l’ordre établi, qu’il soit social, politique, religieux ou
moral => Une opinion publique émerge et critique de façon plus ou moins virulente les fondements du
pouvoir absolu. Les élites c’est-à-dire la bourgeoisie et noblesse éclairées, en faisant vivre
l’opinion publique, y expriment leur désir de partager le pouvoir avec le roi. Cette remise en
cause de la monarchie absolue fermente, aidée par l’influence des expériences et des modèles
britannique et étasunien.
Le royaume est fragilisé par une crise économique et sociale => Les privilèges de la noblesse
et du clergé (ne pas payer d’impôts, les emplois réservés, les revenus considérables) qui
fondent la société d’ordres ne sont plus considérés comme légitimes en 1789. En effet, bien la
noblesse ne représente que 1% de la population, elle détient la majorité des postes clefs du pouvoir,
domine considérablement dans les campagnes grâce aux seigneuries et sa richesse foncière (1/5e
des terres du royaume). Les classes sociales qui composent le tiers-état (97% des 28 millions de
Français), bourgeoisie, artisans, paysans réclament l’égalité des droits. De plus, la série de
mauvaises récoltes en 1787 et 1788 a en effet aggravé les tensions politiques et sociales. La hausse
du prix du blé, qui enrichit les grands propriétaires fonciers (seigneurs, Eglise, bourgeois), menace de
disette les catégories populaires, tout particulièrement, les petits paysans qui sont obligés d’acheter le
blé pour se nourrir sur les marchés. La crise de subsistances entretient donc un climat de révoltes
(plus de 1000 depuis 1780), auxquelles les femmes prennent massivement part (elle représente à 70%
les participants aux émeutes frumentaires).
2) L’ECHEC DES REFORMES ET LA CONVOCATION DES ETATS GENERAUX
A la veille de la Révolution, le gouvernement de Louis XVI souffre du gouffre financier de l’intervention
française en Amérique. Déjà affaibli par les échecs des réformes successives, les années 1787-1788
marquent de nouvelles oppositions au gouvernement de Louis XVI. Afin de rétablir l’équilibre des
finances, une solution : la levée de nouveaux impôts. Le 5 mai 1789, Louis XVI convoque les
Etats Généraux – la réunion des trois ordres (le clergé, la noblesse et le tiers-état) à Versailles
4
pour la première fois depuis 1614. Les représentants du tiers-état s’appuient sur les cahiers de
doléances5 pour relayer les revendications des Français. Le discours d'ouverture prononcé par
Necker (ministre des finances) freine les espoirs nés de la rédaction des cahiers de doléances => Le
roi refuse que les trois ordres siègent ensemble et rejette le vote par tête.
3) L’ECHEC DES ETATS GENERAUX ET LES DEBUTS DE LA REVOLUTION
 LE SERMENT DU JEU DE PAUME : UNE REVOLUTION POLITIQUE
Le 17 juin, face au refus du roi, les représentants du tiers-état réaffirment leur légitimité (véritables
représentant du peuple) se proclament Assemblée nationale. Le 20 juin, trouvant les portes de la
salle des Menus Plaisirs closes, sur ordre du roi, les membres de l’Assemblée se réunissent dans la
salle voisine et prêtent le fameux Serment du Jeu de Paume, jurant de ne jamais se séparer
avant qu’une constitution soit établie dans le royaume. Louis XVI finit par céder et consentir à la
réunion des trois ordres, dans un climat extrêmement tendu où le roi maintient la pression en faisant
regrouper des troupes près de Versailles et Paris. Le 9 juillet, les députés réunis se proclament
Assemblée nationale constituante.
 La révolution politique met fin à l'absolutisme en transférant le pouvoir législatif du roi à
la constituante.
5
Cahier de doléances : Registres dans lesquels étaient consignées les vœux, demandes et protestations
adressées au roi.
5
 L’IRRUPTION DU PEUPLE DANS LA REVOLUTION
Louis XVI veut reprendre le contrôle de la situation. Il masse des troupes aux portes de Paris et renvoie
Necker, un ministre favorable aux réformes => Son renvoie met le feu au poudre : la réaction populaire
est violente. Dès le 12 juillet des émeutes éclates à Paris, le reste de la France s’embrase
également. Le 13 juillet, les bourgeois de Paris annoncent qu’ils prennent le contrôle de la ville
et que, pour en défendre les habitants, une armée de citoyens dirigée par le marquis de La
Fayette est créée sous le nom de « Garde Nationale ». Le 14 juillet, des centaines de Parisiens
des faubourgs, en quête d'armes, se dirigent vers la Bastille, vieille forteresse royale, qui est
prise d'assaut => son retentissement symbolique est immense : C’est la première révolution.
C’est la fin d’un important symbole de l’absolutisme puisqu’elle était aussi une prison royale où le roi
pouvait y faire enfermer quiconque.
Parallèlement dans les campagnes, en juillet 1789, une « Grande Peur » traverse la France rurale.
Née de rumeurs mal fondées – notamment d’un complot aristocratique – qui parcourent les
campagnes, la Grande Peur conduit à une réaction violente des paysans => ils s’arment contre
les « brigands » qui seraient payés par les nobles, envahissent et brûlent les châteaux afin de
détruire les registres des droits seigneuriaux (documents et archives recensant les droits des
seigneurs). Une fois la crise passée, ils forment une population armée et, s'il le faut, prête à l'action.
 Les évènements de juillet 1789 dans les villes et dans les campagnes symbolisent
l’irruption – de manière violente – mais aussi et surtout l’importance du peuple dans le
processus révolutionnaire.
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 LE 4 AOUT 1789 : LA FIN DE LA SOCIETE D’ORDRE
Pour mettre fin aux troubles dans les campagnes, les députés de la Constituante sont
contraints de réagir : Ils votent au cours de la nuit du 4 août l’abolition des privilèges, les droits
seigneuriaux et la dîme (impôt) => La société des trois ordres, l’un des fondements de l’Ancien
régime, n'est plus.
B. L’ESPOIR D’UNE MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE
1) LES FONDEMENTS DU NOUVEAU REGIME
Dès juin 1789, les députés de la constituante souhaite donner à la France une constitution => afin de
graver dans le marbre l’abolition du système politique de l’Ancien Régime et définir les bases
d’une société nouvelle fondée désormais sur le principe de la souveraineté nationale6.
 LE PREMIER SYMBOLE : LA DECLARATION DES DROITS DE L'HOMME ET DU CITOYEN
Le 26 août 1789, les députés de la Constituante vote le premier texte consacrant les droits et
libertés fondamentaux communs à tous les citoyens du royaume => Les français ne sont plus des
sujets mais des citoyens. CE N’EST PAS UNE CONSTITUTION !! La Déclaration des droits de
l'homme et du citoyen (DDHC) proclame la souveraineté de la nation, la séparation des pouvoirs
et la primauté de la loi. Les hommes sont « libres et égaux en droits » et « le principe de toute
souveraineté réside essentiellement dans la nation » => Les citoyens, égaux devant la loi et l'impôt,
disposent des libertés d'opinion, d'expression et de conscience religieuse.
 PARIS, LE NOUVEAU CENTRE DU POUVOIR
Les 5 et 6 octobre 1789 sont des grandes journées de la Révolution. Une délégation de Parisiens,
et surtout de Parisiennes, arrive à Versailles et conduit le roi, sa famille et l'Assemblée, aux
Tuileries à Paris, désormais capitale politique du pays.
6 Souveraineté nationale : Principe selon lequel la souveraineté appartient à la nation.
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 LA CONSTITUTION DE 1791
Basée sur la séparation des pouvoirs entre « le roi des français » (pouvoir exécutif) et
l'Assemblée Nationale (pouvoir législatif) élue au suffrage censitaire7 (745 députés élus pour 2
ans), la Constitution du 3 septembre 1791 officialise la monarchie constitutionnelle.
Le roi détient un pouvoir exécutif non négligeable : Il dispose d'un droit de veto suspensif et de
l'initiative de la paix et la guerre, dirige un cabinet ministériel non responsable devant l'assemblée.
Toutefois, le pouvoir du roi se voit bridé par l'importance dévolue à l'Assemblée nationale élue au
suffrage censitaire, qui a le pouvoir de faire la loi.
7 Suffrage censitaire : Un suffrage censitaire est un mode de suffrage dans lequel le droit de vote est
réservé aux citoyens qui acquittent un impôt direct.
En 1791, le suffrage est alors réservé aux hommes de plus de 25 ans, payant un cens (un impôt direct) égal à
la valeur de trois journées de travail. Ils étaient considérés comme des « citoyens actifs » par opposition aux
autres les « citoyens passifs ».
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Les patriotes radicaux ou députés démocrates (Robespierre) dénoncent fermement le texte, d’une part
du fait du droit de veto du roi contraire au principe de la souveraineté nationale. Et d’autre part car,
outre les femmes, les citoyens les moins riches sont exclus par un suffrage censitaire qui
réserve le droit d’être élu aux 1% les plus riches.
2) REORGANISER LE ROYAUME
 LA NATIONALISATION DES BIENS DE L’EGLISE ET LA CONSTITUTION CIVILE DU
CLERGE
La situation financière catastrophique conduit l'Assemblée à nationaliser les biens du clergé
pour les revendre. La Constitution civile du clergé, votée le 12 juillet 1790, prévoit que les curés
et évêques doivent prêter serment sur la Constitution => Ils deviennent des fonctionnaires élus
par les fidèles et payés par l'État. Cette réorganisation de l'Église est condamnée par le roi et le
pape Pie VI. Le clergé se divise entre les « jureurs », qui prêtent serment, et les « réfractaires »,
qui s'y opposent. Ces derniers seront visés par la répression populaire. Nombreux dans l'Ouest
et soutenus par des catholiques hostiles à ces réformes, ces derniers alimentent la contre-révolution.
En quelques mois le système dans lequel vivait la France depuis des siècles s’effondre.
 LA REFORME TERRITORIALE
Le territoire français est réorganisé et divisé en 83 départements, eux-mêmes subdivisés en
districts, cantons et communes. Dans chaque territoire un personnel entièrement élu sur le principe
d'un scrutin censitaire. Une élite bourgeoise émerge et s’empare du pouvoir local.
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 LA FETE DE LA FEDERATION
Le 14 juillet 1790, les Gardes nationaux de province arrivent à Paris pour célébrer le nouveau régime
sur le Champ-de-Mars. Lors de cette fête, Louis XVI prête serment à la nation et à la loi, et il est
acclamé par la foule. Les Français semblent adopter le nouveau régime. Toutefois, si Louis XVI
prête serment à la Loi et à la Nation devant des délégations de Fédérés, le roi refuse en réalité les
changements qu’il perçoit comme un abaissement de sa dignité et une attaque contre les traditions
dont il s’estime le garant.
De plus, la Constitution ne signifie pas la fin du cycle révolutionnaire : les tensions religieuses, le
mécontentement rural (troubles frumentaires et opposition à l'imparfaite suppression des droits
seigneuriaux), les doutes sur la fidélité du roi à la Constitution amplifient les divisions.
2) DE NOUVELLES PRATIQUES POLITIQUES
La Révolution donne naissance à une intense vie politique dans les villes. Pour participer au
changement politique, les citoyens fondent et fréquentent des clubs. Certains clubs prennent une
importance nationale (le club des Jacobins). Des dizaines de sociétés similaires sont fondées : à la
fin de l'année 1789, plus de 300 un an plus tard et 1 100 à la fin de l'année 1791. Le club est une
association politique. Souvent abonné à des journaux, qui connaissent un développement
inédit, il permet à ses membres de se tenir informés. Il est également un lieu d'échanges et de
débats, de même qu'un centre d'impulsion, qui dote les citoyens d'une culture politique et leur offre
l'occasion d'exprimer leurs attentes ou de faire pression sur les nouveaux pouvoirs.
Ainsi, malgré leur impossibilité à participer directement au pouvoir (Assemblée surtout
dominée par des bourgeois lettrés), les classes populaires ont régulièrement participé aux
grands évènements révolutionnaires et parfois accélérer certains processus. Avec la liberté
d’expression, journaux et pétitions se multiplient. L’ensemble de la société se passionne pour les
débats, à l’Assemblée, dans les clubs, les sociétés populaires, à Paris ou en province. Les femmes
sont de toutes les mobilisations et participent directement lors des journées révolutionnaires
ou indirectement en intégrant des clubs relayant à la Convention leurs idées.
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C. L’ECHEC DE LA MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE
1) UNE NATION DIVISEE
Le système mis en place par la nouvelle Constituante de 1791 est fragilisé : Trop grand partage
du législatif et de l'exécutif => La Constituante peine à s’imposer contre le roi qui lutte de son
côté pour maintenir son autorité.
De plus, deux forces opposées se dessinent de plus en plus :
 D'un côté : Paris qui, après le 14 juillet, s'est donné un maire, une garde nationale et, depuis
octobre 1789, tient en son pouvoir le roi et l'Assemblée, qu'il a ramenés de Versailles.
 De l'autre : une noblesse, soutenu par le clergé « réfractaire » qui, dépouillée de ses
privilèges, veut pousser le roi à l'intransigeance et commence à émigrer pour trouver près des
princes étrangers refuge et soutien armé pour rétablir l'Ancien Régime.
 VARENNES, L’UN DES TOURNANTS DE LA REVOLUTION
Dans La nuit du 20 au 21 juin 1791, le roi cherche à quitter la France avec sa famille dans le but de
rejoindre une armée de nobles contre-révolutionnaires émigrés. Reconnu dans la nuit à Varennes, en
Lorraine, il est reconduit à Paris et assigné à résidence aux Tuileries. Cette tentative de fuite lui fait
perdre la confiance des Parisiens et ruine le réel prestige qu’il possédait encore.
 Cet événement aggrave les divisions politiques entre les partisans du roi et ceux qui
réclament désormais l’instauration d’une république, notamment les sans-culottes des
militants révolutionnaires aux idéaux démocratiques et égalitaires.
2) UNE NATION EN GUERRE
Louis XVI, qui espère qu'une intervention militaire de l'Autriche pourra le rétablir dans son
pouvoir, favorise l'arrivée au gouvernement de ministres favorables à la guerre révolutionnaire.
En avril 1792, l'Assemblée nationale déclare la guerre à l'Autriche alors que celle-ci s'y prépare.
Les armées autrichienne et prussienne envahissent la France. « La patrie est en danger ! ». Les
fédérés viennent défendre la capitale. Ceux de Marseille chantent La Marseillaise. À Paris, de
nombreux citoyens pensent que Louis XVI est un traître et ils l'accusent d'être le responsable
des défaites. Le 25 juillet 1792, le duc de Brunswick, qui commande les troupes ennemies, menace
Paris de destruction si ses habitants maltraitent le roi de France. Le manifeste de Brunswick confirme
les craintes du peuple de Paris et met le feu aux poudres.
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3) LA CHUTE DE LA MONARCHIE
Le 10 août 1792, la tension est à son comble : En réponse à la menace de Brunswick, une foule de
sans-culottes force l’entrée du palais des Tuileries, se présentant comme « les défenseurs de la
nation » => Les sans-culottes parisiens et les fédérés prennent d'assaut le palais des Tuileries.
Sous la pression populaire, l'Assemblée nationale fait emprisonner Louis XVI – considéré
comme un ennemi intérieur – et sa famille à la prison du Temple et annonce l'élection d'une
nouvelle Assemblée la Convention Nationale8 , au suffrage universel masculin. Un Conseil
provisoire organise des élections.
Le 20 septembre 1792, La France révolutionnaire remporte sa première victoire à Valmy contre
la coalition des monarchies européennes : Valmy est un véritable tournant dans le processus
révolutionnaire => Au milieu des violences, des massacres de septembre9 et des mesures extrêmes,
surtout antireligieuses, l’euphorie de la victoire conduit la Convention à prendre deux mesures
retentissantes :
 21 septembre 1792 : La monarchie est abolie
 22 septembre 1792 : La République est proclamée (premier jour de l’an I de la République).
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La Convention Nationale (ou la Convention) : Assemblée élue en 1792 qui dirige la République française
jusqu’au 26 octobre 1795. Elle connaît trois périodes : girondine, montagnarde et thermidorienne.
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Massacre de septembre : A Paris comme en province, des centaines « d’ennemis de la Révolution »
soupçonnés de coalition avec les armées ennemies sont arrêtés et massacrés.
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II. UNE NATION DECHIREE, UNE REPUBLIQUE TOURMENTEE (1792 – 1799)
A. LA PROCLAMATION DE LA REPUBLIQUE
Dès la proclamation de la République, les divisions entre révolutionnaires s’aggravent. Les
Girondins10, qui dirigent dans un premier temps le pays en dominant la Convention, sont hostiles aux
sans-culottes contrairement aux Montagnards11. Ces derniers obtiennent que le roi soit jugé et
exécuté le 21 janvier 1793. L’alliance entre Montagnards et sans-culottes élimine les Girondins
dès juin 1793.
 LE PROCES ET L’EXECUTION DE LOUIS XVI
La Convention s'occupe d'abord du sort du roi : Le 20 novembre, des documents révélant la
culpabilité du roi sont découverts => Cet évènement précipite le procès qui se tient en décembre
1792 et janvier 1793. Il est accusé de trahison et de conspiration contre l'État. Reconnu
coupable de « conspiration contre la liberté publique et d’attentats contre la sûreté générale de
l’État », Louis XVI, appelé Louis Capet, est guillotiné sur la place de la Révolution le 21 janvier
1793.
 LA REACTION EUROPEENNE : LA FRANCE ENVAHIE ET DECHIREE
La mise à mort du roi achève de faire entrer les monarchies européennes en guerre contre la France :
L'exécution du roi suscite une grande émotion chez les souverains européens qui forment une
coalition armée contre la France.
En France, les oppositions intérieures déchirent le pays :
 En Vendée, les paysans refusent de rejoindre l'armée et se soulèvent contre la
République au nom du roi et de la religion.
 À Paris, les sans-culottes exigent des mesures fortes pour défendre la République : Le 2 juin
1793, ils obligent la Convention à faire arrêter 22 députés girondins. Le pouvoir tombe
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Girondins : Elus du département de la Gironde, les Girondins forment la droite de la nouvelle Assemblée.
Ces modérés sont très attachés aux principes de 1789, mais se méfient du peuple. Ce sont eux qui exercent le
pouvoir aux premiers temps de la République.
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Montagnards : Nombreux élus de Paris. Ils siègent en haut des tribunes (d'où leur nom). Ils sont plus
proches des sans-culottes que les Girondins. Parmi eux se trouvent Georges Danton, Maximilien de
Robespierre, Jean-Paul Marat (grandes figures de la Révolution).
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alors aux mains des Montagnards. Mais ce coup de force entraîne la révolte des
départements fidèles aux Girondins.
B. DEFENDRE LA REPUBLIQUE CONTRE TOUS CES ENNEMIS : LA
REPUBLIQUE DES MONTAGNARDS
1) « LA TERREUR A L’ORDRE DU JOUR »
Face aux dangers extérieur et intérieur, la Convention, désormais aux mains des Montagnards,
désigne un Comité de salut public de douze membres, chargé mener la politique du pays.
Dominé par Robespierre, il met « la terreur à l'ordre du jour ».
 Jusqu’au retour de la paix, trois institutions provisoires sont créées :
 Le Comité de Salut public12 (dès avril 1793) qui domine la Convention et dirige la politique
impulsée par cette dernière ;
 Le Comité de Sûreté générale qui centralise les opérations de surveillance et les arrestations ;
 Le Tribunal révolutionnaire chargé de juger les « crimes des contrerévolutionnaires ».
 De plus, les mesures prises sous la Terreur sont radicales :
 Les libertés sont suspendues sur tout le territoire
 Les prix et les salaires sont contrôlés pour éviter leur hausse (un prix maximum pour les
produits de première imposé par les sans-culottes)
 La Convention décrète la levée en masse afin de recruter plus d'un million de soldats.
 La loi des suspects : Elle permet l’arrestation de toute personne ennemie de la République ou
supposée (prêtres réfractaires, Girondins, nobles…) => nombreuses arrestations et des
procès expéditifs devant le Tribunal révolutionnaire. Les suspects sont souvent exécutés.
 La Convention dominée par le Comité de salut public mène une politique de
déchristianisation => Les souvenirs de la religion catholique sont effacés notamment par la
fermeture de lieux de cultes. Tout ce qui portait la marque de l’Église est sécularisé =>
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Comité de salut public : Le Comité de salut public est créé au sein de la Convention (avril 1793). D’abord
dominé par Danton, le comité subit la rivalité des groupes – Girondins, Montagnards, Enragés, Indulgents –,
tandis que des insurrections royalistes s’étendent en province, notamment en Vendée. Robespierre
prend le pouvoir et instaure un régime de terreur par le recours massif à la guillotine.
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églises ; mariage ; état-civil ; le calendrier chrétien est remplacé par un calendrier républicain (plus
de noms de saints et plus de dimanche ; 1792 devient l’an I du nouveau calendrier).
Au total, près de 500 000 personnes sont arrêtés et 40 000 sont exécutés.
 Les victoires de la République
Dès 1794, la République est victorieuse sur tous les fronts : Sur le front extérieur, les armées
ennemies sont repoussées hors des frontières. L'ordre est rétabli à l’intérieur dans les départements
(Bretagne et Vendée en particulier).
2) LES LUTTES FRATRICIDES ENTRE REPUBLICAINS
Malgré les victoires, les Montagnards éclatent en tendances opposées : Les Indulgents, menés
par Danton et Desmoulins, demandent l'arrêt de la Terreur. Tandis que les Enragés, souhaitent au
contraire son renforcement. Robespierre fait exécuter les uns et les autres – dont ces alliés de la
veille Danton et Desmoulins –, puis établit quasi une dictature personnelle entouré de ses
fidèles soutiens.
C. DE LA REPUBLIQUE CONSERVATRICE DES THERMIDORIENS AU COUP
D’ETAT DE NAPOLEON BONAPARTE
1) LE 9 THERMIDOR AN II (27 JUILLET 1794) : LES EVENEMENTS DE THERMIDOR ET LA
CHUTE DE ROBESPIERRE
Après l’exécution des hommes forts de la Révolution comme Danton, Robespierre est le seul homme
fort de la Révolution : il incarne la République et la Terreur. Accusé de vouloir mettre en place une
dictature personnelle par une coalisation de députés craignant de subir le même sort que les
suspects arrêtés, jugés et assassinés (crainte de la fameuse loi des suspects), Robespierre est
conspué à la Convention. Ces députés surnommés les Thermidoriens13 font arrêter, juger et
guillotiner Robespierre le lendemain. Le peuple n'eut aucune part dans la journée du 9 thermidor qui
vit la chute de Robespierre.
2) LE DIRECTOIRE, UNE REPUBLIQUE INSTABLE, CONSERVATRICE ET BOURGEOISE
Après la mort de Robespierre, les modérés de la Convention les Thermidoriens, reprennent le pouvoir.
Ils mettent fin à la Terreur et tentent de restaurer une certaine stabilité. En septembre 1795, une
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Thermidoriens : Députés modérés appartenant à différents groupes à l’origine de la chute de Robespierre.
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nouvelle constitution, celle de l’an III, confie le pouvoir exécutif à cinq Directeurs, d’où le nom de
Directoire. Le pouvoir législatif, partagé entre deux assemblées. Ainsi vivra donc cette République
« bourgeoise » où le suffrage est limité aux catégories sociales aisées entre 1794 à 1799 et où les
oppositions entre républicains et royalistes seront nombreuses.
3) LE COUP D’ETAT DE NAPOLEON BONAPARTE
Durant le Directoire, la guerre continue et la France s'engage dans une politique de conquêtes
notamment en Afrique du Nord. Le général français Napoléon Bonaparte, à la tête de l'armée
d'Italie, devient très populaire après ses victoires contre les Autrichiens. Dès 1796, il devient le
sauveur de la République et le réorganisateur de l'Europe. Le contraste est donc grand entre
l’instabilité politique et la crise intérieure et l'éclat des armés à l’extérieur. Le 9 novembre 1799 (18
brumaire an VIII), par un coup d'État hasardeux, Napoléon réussit à renverser le Directoire et à
conquérir un pouvoir qu'il ne lâchera plus.
III. LE MOMENT NAPOLEON : DE LA REPUBLIQUE A L’EMPIRE

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    1ère HG 2022/2023 THEME 1: L’EUROPE FACE AUX REVOLUTIONS (1789 – 1848) L’année 1789 est un tournant pour la France et l’Europe. La France connaît de profonds bouleversements politiques au cours des années précédentes, ce qui précipitent le début de la Révolution. Née des difficultés de la monarchie et des contestations de l'absolutisme, la Révolution française engendre de profonds bouleversements politiques en France. Les principes de gouvernement sont redéfinis et les institutions du pays réorganisées, dans une période marquée par de nombreux conflits politiques, sociaux, économiques, religieux et militaires. Les Français étendent leur influence à une partie de l’Europe, des débuts de la Révolution à la chute de l’Empire de Napoléon Bonaparte en 1815. Ils diffusent ainsi une notion nouvelle, désormais placée au cœur de la vie politique : la nation1. Problématique générale du thème : En quoi la Révolution française est-elle la matrice d’un nouvel univers politique et social, ainsi que des débats et des tensions qui parcourent la France et l’Europe tout au long du XIXe siècle ? 1 Nation : Du latin nascere qui signifie « naître », communauté politique uni par des références communes (langue, culture, projet politique, valeurs…), établi sur un territoire et personnifié par une autorité souveraine.
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    2 CHAPITRE 1 –LA REVOLUTION FRANÇAISE ET L’EMPIRE : UNE NOUVELLE CONCEPTION DE LA NATION La Révolution française est avant tout un long processus c’est-à-dire une succession de moments de rupture, de révolutions2, d’insurrections3, de journées révolutionnaires mettant en scène différents acteurs. Ce processus conduit à l’abolition de la monarchie – après des siècles de de stabilité – inventant de nouveaux rapports sociaux et créant une langue politique inédite. Pour les historiens, la Révolution française renvoie à une période qui se situe entre 1789 et 1799 et qui constitue une rupture considérable avec l’Ancien Régime 4 . En opérant un transfert de souveraineté du roi sacré à la nation, elle marque l’entrée dans la modernité politique. Sur le plan social, elle met fin aux privilèges de l’Ancien Régime et proclame les droits de l’homme et du citoyen. La conception française de la nation se diffuse en Europe à l’occasion des guerres révolutionnaires. À partir de 1799, Napoléon Bonaparte fonde avec le Consulat puis l’Empire, un régime autoritaire qui enracine pourtant certains principes de la Révolution. Les conquêtes militaires de la Révolution et de l’Empire donnent une résonance européenne à ces expériences politiques. 2 Une révolution : Changement brusque et violent dans la structure politique et sociale d'un État, qui se produit quand un groupe se révolte contre les autorités en place et prend le pouvoir. 3 Insurrection : Soulèvement armé ou non, une révolte d'un groupe ou d'une population (les insurgés), contre un pouvoir établi ou une autorité. 4 Ancien Régime : L'expression Ancien Régime a été utilisée en 1789 par les députés de l'Assemblée nationale constituante pour désigner, avec une connotation négative, le régime monarchique avant 1789. Cette période se caractérise par la monarchie absolue de droit divin et une inégalité sociale fondée sur des privilèges de naissance pour la Noblesse et le rôle important joué par le Clergé. Il n'y a pas de constitution écrite et c'est le roi qui incarne l'Etat.
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    3 Problématique du chapitre: Comment la période révolutionnaire et impériale instaure-t-elle un nouveau rapport entre nation et pouvoir politique ? I. LA REVOLUTION FRANÇAISE ET L’ECHEC DE LA MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE (1789 – 1792) A. 1789 : « L’ANNEE SANS PAREILLE » 1) UN CONTEXTE DE CRISES ET DE REMISE EN CAUSE DE L’ABSOLUTISME Au XVIIIe siècle, les écrits des Lumières (Montesquieu, Diderot, D’Alembert, Voltaire, Rousseau, Paul d’Holbach...) diffusent une critique de l’ordre établi, qu’il soit social, politique, religieux ou moral => Une opinion publique émerge et critique de façon plus ou moins virulente les fondements du pouvoir absolu. Les élites c’est-à-dire la bourgeoisie et noblesse éclairées, en faisant vivre l’opinion publique, y expriment leur désir de partager le pouvoir avec le roi. Cette remise en cause de la monarchie absolue fermente, aidée par l’influence des expériences et des modèles britannique et étasunien. Le royaume est fragilisé par une crise économique et sociale => Les privilèges de la noblesse et du clergé (ne pas payer d’impôts, les emplois réservés, les revenus considérables) qui fondent la société d’ordres ne sont plus considérés comme légitimes en 1789. En effet, bien la noblesse ne représente que 1% de la population, elle détient la majorité des postes clefs du pouvoir, domine considérablement dans les campagnes grâce aux seigneuries et sa richesse foncière (1/5e des terres du royaume). Les classes sociales qui composent le tiers-état (97% des 28 millions de Français), bourgeoisie, artisans, paysans réclament l’égalité des droits. De plus, la série de mauvaises récoltes en 1787 et 1788 a en effet aggravé les tensions politiques et sociales. La hausse du prix du blé, qui enrichit les grands propriétaires fonciers (seigneurs, Eglise, bourgeois), menace de disette les catégories populaires, tout particulièrement, les petits paysans qui sont obligés d’acheter le blé pour se nourrir sur les marchés. La crise de subsistances entretient donc un climat de révoltes (plus de 1000 depuis 1780), auxquelles les femmes prennent massivement part (elle représente à 70% les participants aux émeutes frumentaires). 2) L’ECHEC DES REFORMES ET LA CONVOCATION DES ETATS GENERAUX A la veille de la Révolution, le gouvernement de Louis XVI souffre du gouffre financier de l’intervention française en Amérique. Déjà affaibli par les échecs des réformes successives, les années 1787-1788 marquent de nouvelles oppositions au gouvernement de Louis XVI. Afin de rétablir l’équilibre des finances, une solution : la levée de nouveaux impôts. Le 5 mai 1789, Louis XVI convoque les Etats Généraux – la réunion des trois ordres (le clergé, la noblesse et le tiers-état) à Versailles
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    4 pour la premièrefois depuis 1614. Les représentants du tiers-état s’appuient sur les cahiers de doléances5 pour relayer les revendications des Français. Le discours d'ouverture prononcé par Necker (ministre des finances) freine les espoirs nés de la rédaction des cahiers de doléances => Le roi refuse que les trois ordres siègent ensemble et rejette le vote par tête. 3) L’ECHEC DES ETATS GENERAUX ET LES DEBUTS DE LA REVOLUTION  LE SERMENT DU JEU DE PAUME : UNE REVOLUTION POLITIQUE Le 17 juin, face au refus du roi, les représentants du tiers-état réaffirment leur légitimité (véritables représentant du peuple) se proclament Assemblée nationale. Le 20 juin, trouvant les portes de la salle des Menus Plaisirs closes, sur ordre du roi, les membres de l’Assemblée se réunissent dans la salle voisine et prêtent le fameux Serment du Jeu de Paume, jurant de ne jamais se séparer avant qu’une constitution soit établie dans le royaume. Louis XVI finit par céder et consentir à la réunion des trois ordres, dans un climat extrêmement tendu où le roi maintient la pression en faisant regrouper des troupes près de Versailles et Paris. Le 9 juillet, les députés réunis se proclament Assemblée nationale constituante.  La révolution politique met fin à l'absolutisme en transférant le pouvoir législatif du roi à la constituante. 5 Cahier de doléances : Registres dans lesquels étaient consignées les vœux, demandes et protestations adressées au roi.
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    5  L’IRRUPTION DUPEUPLE DANS LA REVOLUTION Louis XVI veut reprendre le contrôle de la situation. Il masse des troupes aux portes de Paris et renvoie Necker, un ministre favorable aux réformes => Son renvoie met le feu au poudre : la réaction populaire est violente. Dès le 12 juillet des émeutes éclates à Paris, le reste de la France s’embrase également. Le 13 juillet, les bourgeois de Paris annoncent qu’ils prennent le contrôle de la ville et que, pour en défendre les habitants, une armée de citoyens dirigée par le marquis de La Fayette est créée sous le nom de « Garde Nationale ». Le 14 juillet, des centaines de Parisiens des faubourgs, en quête d'armes, se dirigent vers la Bastille, vieille forteresse royale, qui est prise d'assaut => son retentissement symbolique est immense : C’est la première révolution. C’est la fin d’un important symbole de l’absolutisme puisqu’elle était aussi une prison royale où le roi pouvait y faire enfermer quiconque. Parallèlement dans les campagnes, en juillet 1789, une « Grande Peur » traverse la France rurale. Née de rumeurs mal fondées – notamment d’un complot aristocratique – qui parcourent les campagnes, la Grande Peur conduit à une réaction violente des paysans => ils s’arment contre les « brigands » qui seraient payés par les nobles, envahissent et brûlent les châteaux afin de détruire les registres des droits seigneuriaux (documents et archives recensant les droits des seigneurs). Une fois la crise passée, ils forment une population armée et, s'il le faut, prête à l'action.  Les évènements de juillet 1789 dans les villes et dans les campagnes symbolisent l’irruption – de manière violente – mais aussi et surtout l’importance du peuple dans le processus révolutionnaire.
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    6  LE 4AOUT 1789 : LA FIN DE LA SOCIETE D’ORDRE Pour mettre fin aux troubles dans les campagnes, les députés de la Constituante sont contraints de réagir : Ils votent au cours de la nuit du 4 août l’abolition des privilèges, les droits seigneuriaux et la dîme (impôt) => La société des trois ordres, l’un des fondements de l’Ancien régime, n'est plus. B. L’ESPOIR D’UNE MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE 1) LES FONDEMENTS DU NOUVEAU REGIME Dès juin 1789, les députés de la constituante souhaite donner à la France une constitution => afin de graver dans le marbre l’abolition du système politique de l’Ancien Régime et définir les bases d’une société nouvelle fondée désormais sur le principe de la souveraineté nationale6.  LE PREMIER SYMBOLE : LA DECLARATION DES DROITS DE L'HOMME ET DU CITOYEN Le 26 août 1789, les députés de la Constituante vote le premier texte consacrant les droits et libertés fondamentaux communs à tous les citoyens du royaume => Les français ne sont plus des sujets mais des citoyens. CE N’EST PAS UNE CONSTITUTION !! La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (DDHC) proclame la souveraineté de la nation, la séparation des pouvoirs et la primauté de la loi. Les hommes sont « libres et égaux en droits » et « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation » => Les citoyens, égaux devant la loi et l'impôt, disposent des libertés d'opinion, d'expression et de conscience religieuse.  PARIS, LE NOUVEAU CENTRE DU POUVOIR Les 5 et 6 octobre 1789 sont des grandes journées de la Révolution. Une délégation de Parisiens, et surtout de Parisiennes, arrive à Versailles et conduit le roi, sa famille et l'Assemblée, aux Tuileries à Paris, désormais capitale politique du pays. 6 Souveraineté nationale : Principe selon lequel la souveraineté appartient à la nation.
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    7  LA CONSTITUTIONDE 1791 Basée sur la séparation des pouvoirs entre « le roi des français » (pouvoir exécutif) et l'Assemblée Nationale (pouvoir législatif) élue au suffrage censitaire7 (745 députés élus pour 2 ans), la Constitution du 3 septembre 1791 officialise la monarchie constitutionnelle. Le roi détient un pouvoir exécutif non négligeable : Il dispose d'un droit de veto suspensif et de l'initiative de la paix et la guerre, dirige un cabinet ministériel non responsable devant l'assemblée. Toutefois, le pouvoir du roi se voit bridé par l'importance dévolue à l'Assemblée nationale élue au suffrage censitaire, qui a le pouvoir de faire la loi. 7 Suffrage censitaire : Un suffrage censitaire est un mode de suffrage dans lequel le droit de vote est réservé aux citoyens qui acquittent un impôt direct. En 1791, le suffrage est alors réservé aux hommes de plus de 25 ans, payant un cens (un impôt direct) égal à la valeur de trois journées de travail. Ils étaient considérés comme des « citoyens actifs » par opposition aux autres les « citoyens passifs ».
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    8 Les patriotes radicauxou députés démocrates (Robespierre) dénoncent fermement le texte, d’une part du fait du droit de veto du roi contraire au principe de la souveraineté nationale. Et d’autre part car, outre les femmes, les citoyens les moins riches sont exclus par un suffrage censitaire qui réserve le droit d’être élu aux 1% les plus riches. 2) REORGANISER LE ROYAUME  LA NATIONALISATION DES BIENS DE L’EGLISE ET LA CONSTITUTION CIVILE DU CLERGE La situation financière catastrophique conduit l'Assemblée à nationaliser les biens du clergé pour les revendre. La Constitution civile du clergé, votée le 12 juillet 1790, prévoit que les curés et évêques doivent prêter serment sur la Constitution => Ils deviennent des fonctionnaires élus par les fidèles et payés par l'État. Cette réorganisation de l'Église est condamnée par le roi et le pape Pie VI. Le clergé se divise entre les « jureurs », qui prêtent serment, et les « réfractaires », qui s'y opposent. Ces derniers seront visés par la répression populaire. Nombreux dans l'Ouest et soutenus par des catholiques hostiles à ces réformes, ces derniers alimentent la contre-révolution. En quelques mois le système dans lequel vivait la France depuis des siècles s’effondre.  LA REFORME TERRITORIALE Le territoire français est réorganisé et divisé en 83 départements, eux-mêmes subdivisés en districts, cantons et communes. Dans chaque territoire un personnel entièrement élu sur le principe d'un scrutin censitaire. Une élite bourgeoise émerge et s’empare du pouvoir local.
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    9  LA FETEDE LA FEDERATION Le 14 juillet 1790, les Gardes nationaux de province arrivent à Paris pour célébrer le nouveau régime sur le Champ-de-Mars. Lors de cette fête, Louis XVI prête serment à la nation et à la loi, et il est acclamé par la foule. Les Français semblent adopter le nouveau régime. Toutefois, si Louis XVI prête serment à la Loi et à la Nation devant des délégations de Fédérés, le roi refuse en réalité les changements qu’il perçoit comme un abaissement de sa dignité et une attaque contre les traditions dont il s’estime le garant. De plus, la Constitution ne signifie pas la fin du cycle révolutionnaire : les tensions religieuses, le mécontentement rural (troubles frumentaires et opposition à l'imparfaite suppression des droits seigneuriaux), les doutes sur la fidélité du roi à la Constitution amplifient les divisions. 2) DE NOUVELLES PRATIQUES POLITIQUES La Révolution donne naissance à une intense vie politique dans les villes. Pour participer au changement politique, les citoyens fondent et fréquentent des clubs. Certains clubs prennent une importance nationale (le club des Jacobins). Des dizaines de sociétés similaires sont fondées : à la fin de l'année 1789, plus de 300 un an plus tard et 1 100 à la fin de l'année 1791. Le club est une association politique. Souvent abonné à des journaux, qui connaissent un développement inédit, il permet à ses membres de se tenir informés. Il est également un lieu d'échanges et de débats, de même qu'un centre d'impulsion, qui dote les citoyens d'une culture politique et leur offre l'occasion d'exprimer leurs attentes ou de faire pression sur les nouveaux pouvoirs. Ainsi, malgré leur impossibilité à participer directement au pouvoir (Assemblée surtout dominée par des bourgeois lettrés), les classes populaires ont régulièrement participé aux grands évènements révolutionnaires et parfois accélérer certains processus. Avec la liberté d’expression, journaux et pétitions se multiplient. L’ensemble de la société se passionne pour les débats, à l’Assemblée, dans les clubs, les sociétés populaires, à Paris ou en province. Les femmes sont de toutes les mobilisations et participent directement lors des journées révolutionnaires ou indirectement en intégrant des clubs relayant à la Convention leurs idées.
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    10 C. L’ECHEC DELA MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE 1) UNE NATION DIVISEE Le système mis en place par la nouvelle Constituante de 1791 est fragilisé : Trop grand partage du législatif et de l'exécutif => La Constituante peine à s’imposer contre le roi qui lutte de son côté pour maintenir son autorité. De plus, deux forces opposées se dessinent de plus en plus :  D'un côté : Paris qui, après le 14 juillet, s'est donné un maire, une garde nationale et, depuis octobre 1789, tient en son pouvoir le roi et l'Assemblée, qu'il a ramenés de Versailles.  De l'autre : une noblesse, soutenu par le clergé « réfractaire » qui, dépouillée de ses privilèges, veut pousser le roi à l'intransigeance et commence à émigrer pour trouver près des princes étrangers refuge et soutien armé pour rétablir l'Ancien Régime.  VARENNES, L’UN DES TOURNANTS DE LA REVOLUTION Dans La nuit du 20 au 21 juin 1791, le roi cherche à quitter la France avec sa famille dans le but de rejoindre une armée de nobles contre-révolutionnaires émigrés. Reconnu dans la nuit à Varennes, en Lorraine, il est reconduit à Paris et assigné à résidence aux Tuileries. Cette tentative de fuite lui fait perdre la confiance des Parisiens et ruine le réel prestige qu’il possédait encore.  Cet événement aggrave les divisions politiques entre les partisans du roi et ceux qui réclament désormais l’instauration d’une république, notamment les sans-culottes des militants révolutionnaires aux idéaux démocratiques et égalitaires. 2) UNE NATION EN GUERRE Louis XVI, qui espère qu'une intervention militaire de l'Autriche pourra le rétablir dans son pouvoir, favorise l'arrivée au gouvernement de ministres favorables à la guerre révolutionnaire. En avril 1792, l'Assemblée nationale déclare la guerre à l'Autriche alors que celle-ci s'y prépare. Les armées autrichienne et prussienne envahissent la France. « La patrie est en danger ! ». Les fédérés viennent défendre la capitale. Ceux de Marseille chantent La Marseillaise. À Paris, de nombreux citoyens pensent que Louis XVI est un traître et ils l'accusent d'être le responsable des défaites. Le 25 juillet 1792, le duc de Brunswick, qui commande les troupes ennemies, menace Paris de destruction si ses habitants maltraitent le roi de France. Le manifeste de Brunswick confirme les craintes du peuple de Paris et met le feu aux poudres.
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    11 3) LA CHUTEDE LA MONARCHIE Le 10 août 1792, la tension est à son comble : En réponse à la menace de Brunswick, une foule de sans-culottes force l’entrée du palais des Tuileries, se présentant comme « les défenseurs de la nation » => Les sans-culottes parisiens et les fédérés prennent d'assaut le palais des Tuileries. Sous la pression populaire, l'Assemblée nationale fait emprisonner Louis XVI – considéré comme un ennemi intérieur – et sa famille à la prison du Temple et annonce l'élection d'une nouvelle Assemblée la Convention Nationale8 , au suffrage universel masculin. Un Conseil provisoire organise des élections. Le 20 septembre 1792, La France révolutionnaire remporte sa première victoire à Valmy contre la coalition des monarchies européennes : Valmy est un véritable tournant dans le processus révolutionnaire => Au milieu des violences, des massacres de septembre9 et des mesures extrêmes, surtout antireligieuses, l’euphorie de la victoire conduit la Convention à prendre deux mesures retentissantes :  21 septembre 1792 : La monarchie est abolie  22 septembre 1792 : La République est proclamée (premier jour de l’an I de la République). 8 La Convention Nationale (ou la Convention) : Assemblée élue en 1792 qui dirige la République française jusqu’au 26 octobre 1795. Elle connaît trois périodes : girondine, montagnarde et thermidorienne. 9 Massacre de septembre : A Paris comme en province, des centaines « d’ennemis de la Révolution » soupçonnés de coalition avec les armées ennemies sont arrêtés et massacrés.
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    12 II. UNE NATIONDECHIREE, UNE REPUBLIQUE TOURMENTEE (1792 – 1799) A. LA PROCLAMATION DE LA REPUBLIQUE Dès la proclamation de la République, les divisions entre révolutionnaires s’aggravent. Les Girondins10, qui dirigent dans un premier temps le pays en dominant la Convention, sont hostiles aux sans-culottes contrairement aux Montagnards11. Ces derniers obtiennent que le roi soit jugé et exécuté le 21 janvier 1793. L’alliance entre Montagnards et sans-culottes élimine les Girondins dès juin 1793.  LE PROCES ET L’EXECUTION DE LOUIS XVI La Convention s'occupe d'abord du sort du roi : Le 20 novembre, des documents révélant la culpabilité du roi sont découverts => Cet évènement précipite le procès qui se tient en décembre 1792 et janvier 1793. Il est accusé de trahison et de conspiration contre l'État. Reconnu coupable de « conspiration contre la liberté publique et d’attentats contre la sûreté générale de l’État », Louis XVI, appelé Louis Capet, est guillotiné sur la place de la Révolution le 21 janvier 1793.  LA REACTION EUROPEENNE : LA FRANCE ENVAHIE ET DECHIREE La mise à mort du roi achève de faire entrer les monarchies européennes en guerre contre la France : L'exécution du roi suscite une grande émotion chez les souverains européens qui forment une coalition armée contre la France. En France, les oppositions intérieures déchirent le pays :  En Vendée, les paysans refusent de rejoindre l'armée et se soulèvent contre la République au nom du roi et de la religion.  À Paris, les sans-culottes exigent des mesures fortes pour défendre la République : Le 2 juin 1793, ils obligent la Convention à faire arrêter 22 députés girondins. Le pouvoir tombe 10 Girondins : Elus du département de la Gironde, les Girondins forment la droite de la nouvelle Assemblée. Ces modérés sont très attachés aux principes de 1789, mais se méfient du peuple. Ce sont eux qui exercent le pouvoir aux premiers temps de la République. 11 Montagnards : Nombreux élus de Paris. Ils siègent en haut des tribunes (d'où leur nom). Ils sont plus proches des sans-culottes que les Girondins. Parmi eux se trouvent Georges Danton, Maximilien de Robespierre, Jean-Paul Marat (grandes figures de la Révolution).
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    13 alors aux mainsdes Montagnards. Mais ce coup de force entraîne la révolte des départements fidèles aux Girondins. B. DEFENDRE LA REPUBLIQUE CONTRE TOUS CES ENNEMIS : LA REPUBLIQUE DES MONTAGNARDS 1) « LA TERREUR A L’ORDRE DU JOUR » Face aux dangers extérieur et intérieur, la Convention, désormais aux mains des Montagnards, désigne un Comité de salut public de douze membres, chargé mener la politique du pays. Dominé par Robespierre, il met « la terreur à l'ordre du jour ».  Jusqu’au retour de la paix, trois institutions provisoires sont créées :  Le Comité de Salut public12 (dès avril 1793) qui domine la Convention et dirige la politique impulsée par cette dernière ;  Le Comité de Sûreté générale qui centralise les opérations de surveillance et les arrestations ;  Le Tribunal révolutionnaire chargé de juger les « crimes des contrerévolutionnaires ».  De plus, les mesures prises sous la Terreur sont radicales :  Les libertés sont suspendues sur tout le territoire  Les prix et les salaires sont contrôlés pour éviter leur hausse (un prix maximum pour les produits de première imposé par les sans-culottes)  La Convention décrète la levée en masse afin de recruter plus d'un million de soldats.  La loi des suspects : Elle permet l’arrestation de toute personne ennemie de la République ou supposée (prêtres réfractaires, Girondins, nobles…) => nombreuses arrestations et des procès expéditifs devant le Tribunal révolutionnaire. Les suspects sont souvent exécutés.  La Convention dominée par le Comité de salut public mène une politique de déchristianisation => Les souvenirs de la religion catholique sont effacés notamment par la fermeture de lieux de cultes. Tout ce qui portait la marque de l’Église est sécularisé => 12 Comité de salut public : Le Comité de salut public est créé au sein de la Convention (avril 1793). D’abord dominé par Danton, le comité subit la rivalité des groupes – Girondins, Montagnards, Enragés, Indulgents –, tandis que des insurrections royalistes s’étendent en province, notamment en Vendée. Robespierre prend le pouvoir et instaure un régime de terreur par le recours massif à la guillotine.
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    14 églises ; mariage; état-civil ; le calendrier chrétien est remplacé par un calendrier républicain (plus de noms de saints et plus de dimanche ; 1792 devient l’an I du nouveau calendrier). Au total, près de 500 000 personnes sont arrêtés et 40 000 sont exécutés.  Les victoires de la République Dès 1794, la République est victorieuse sur tous les fronts : Sur le front extérieur, les armées ennemies sont repoussées hors des frontières. L'ordre est rétabli à l’intérieur dans les départements (Bretagne et Vendée en particulier). 2) LES LUTTES FRATRICIDES ENTRE REPUBLICAINS Malgré les victoires, les Montagnards éclatent en tendances opposées : Les Indulgents, menés par Danton et Desmoulins, demandent l'arrêt de la Terreur. Tandis que les Enragés, souhaitent au contraire son renforcement. Robespierre fait exécuter les uns et les autres – dont ces alliés de la veille Danton et Desmoulins –, puis établit quasi une dictature personnelle entouré de ses fidèles soutiens. C. DE LA REPUBLIQUE CONSERVATRICE DES THERMIDORIENS AU COUP D’ETAT DE NAPOLEON BONAPARTE 1) LE 9 THERMIDOR AN II (27 JUILLET 1794) : LES EVENEMENTS DE THERMIDOR ET LA CHUTE DE ROBESPIERRE Après l’exécution des hommes forts de la Révolution comme Danton, Robespierre est le seul homme fort de la Révolution : il incarne la République et la Terreur. Accusé de vouloir mettre en place une dictature personnelle par une coalisation de députés craignant de subir le même sort que les suspects arrêtés, jugés et assassinés (crainte de la fameuse loi des suspects), Robespierre est conspué à la Convention. Ces députés surnommés les Thermidoriens13 font arrêter, juger et guillotiner Robespierre le lendemain. Le peuple n'eut aucune part dans la journée du 9 thermidor qui vit la chute de Robespierre. 2) LE DIRECTOIRE, UNE REPUBLIQUE INSTABLE, CONSERVATRICE ET BOURGEOISE Après la mort de Robespierre, les modérés de la Convention les Thermidoriens, reprennent le pouvoir. Ils mettent fin à la Terreur et tentent de restaurer une certaine stabilité. En septembre 1795, une 13 Thermidoriens : Députés modérés appartenant à différents groupes à l’origine de la chute de Robespierre.
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    15 nouvelle constitution, cellede l’an III, confie le pouvoir exécutif à cinq Directeurs, d’où le nom de Directoire. Le pouvoir législatif, partagé entre deux assemblées. Ainsi vivra donc cette République « bourgeoise » où le suffrage est limité aux catégories sociales aisées entre 1794 à 1799 et où les oppositions entre républicains et royalistes seront nombreuses. 3) LE COUP D’ETAT DE NAPOLEON BONAPARTE Durant le Directoire, la guerre continue et la France s'engage dans une politique de conquêtes notamment en Afrique du Nord. Le général français Napoléon Bonaparte, à la tête de l'armée d'Italie, devient très populaire après ses victoires contre les Autrichiens. Dès 1796, il devient le sauveur de la République et le réorganisateur de l'Europe. Le contraste est donc grand entre l’instabilité politique et la crise intérieure et l'éclat des armés à l’extérieur. Le 9 novembre 1799 (18 brumaire an VIII), par un coup d'État hasardeux, Napoléon réussit à renverser le Directoire et à conquérir un pouvoir qu'il ne lâchera plus. III. LE MOMENT NAPOLEON : DE LA REPUBLIQUE A L’EMPIRE