Compte rendu élaboré

par
Rose-Anne Auguste
Membre du Comité de Facilitation
28 octobre 2009

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

1
Parler de crise c’est la promouvoir, et se taire dans la crise c’est exalter
le conformisme. Au lieu de ceci, travaillons dur pour la dépasser.
Finissons-en une fois pour toute avec l’unique crise menaçante qui est la
tragédie de ne pas vouloir combattre pour évoluer.
Citation tirée d’une réflexion de Albert Einstein

Ma position minoritaire ne prétend ni s’opposer ni faire obstacle au travail du Comité. Elle
n’est pas non plus l’expression d’une volonté conflictuelle. Elle est plutôt suggérée par
ma formation disciplinaire selon laquelle les réalités doivent être étudiées de manière
systémique en écartant toute approche personnalisée. À mon avis, les crises émergeant
au sein de l’Université seront difficilement résolues par l’adoption de ce second regard.
Le contenu analytique de ce rapport est enrichi d’un point de vue s’inspirant de ma
formation disciplinaire et des principes cohérents guidant notre mission, c’est-à-dire,
l’impartialité, l’indépendance et la confidentialité.
J’en profite pour exprimer à chacun ma satisfaction d’avoir eu la possibilité d’œuvrer pour
le bien futur de la Faculté de Médecine et Pharmacie. Ma manière de confronter la vision
de chaque membre du Comité n’entend que proposer des nuances susceptibles de faire
émerger des propositions robustes pour une sortie de crise tout en respectant le choix de
la majorité.

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

2
Table des matières
Liste des figures/tableaux

5

Liste des entités rencontrés

6

Liste des abréviations

8

I. Introduction

9

II. Conception et Organisation de la mission

10

2.1 Buts et objectifs de la mission

10

2.2 Description de l’équipe chargée de la mission

10

2.3 Le calendrier d’exécution de la mission

12

III. Cadres méthodologiques retenus pour la mission

13

3.1 Stratégies d’échantillonnage

13

3.2 Cadres méthodologiques retenus

13

IV. Présentation descriptive des synthèses1 des rencontres

14

4.1 Synthèse des propos recueillis à la rencontre du CUEH

14

4.2 Rencontres avec les acteurs de la Faculté de Médecine et de Pharmacie

15

4.2.1 Synthèse des propos recueillis des membres du décanat et des chefs des
départements

15

4.2.2 Synthèse des propos recueillis du Collectif des Etudiants
pour la Sauvegarde de la FMP

17

4.2.3 Synthèse des propos recueillis du Comité Central des Étudiants de la FMP

18

4.3 Synthèse des propos recueillis de la rencontre avec la Faculté d’Ethnologie

20

4.4 Synthèse des propos recueillis des dirigeants de la Faculté des sciences humaines 22
4.5 Synthèse des propos recueillis des dirigeants de L’École Normale Supérieure

24

V. Interprétation et appréciation des données

27

5.1 L’ampleur du problème

27

5.2

30

1

Crise de la gestion organisationnelle de l’enseignement à la FMP

La synthèse des rencontres a été rapportée tantôt par Me. Canton tantôt par moi.

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

3
5.3

Déficit de communication à la FMP vs crise morale dans notre société

34

VI. Proposition de sortie de crise

38

Proposition de Plan des délais

45

Stratégie d’échantillonnage (guide)

46

Cadre méthodologique (figure)

47

Cadre d’écoute

48

Quelques références bibliographiques

49

Besoins urgents exprimés par quelques facultés

50

Annexes

52

Annexe 1 : Adresse à la Nation de Son Excellence, Monsieur René Garcia Préval, Président de la
République
Annexe 2 : Termes de référence de notre mandat
Annexe 3 : Prise de position des étudiants siégeant au niveau du Conseil de l’Université d’État d’Haïti
(CUEH)
Annexe 4 : Proposition soumise au CUEH par le Professeur Anselme Rémy et le Doyen de l’ENS
Bérard Cénatus
Annexe 5 : Deux documents parmi ceux soumis par le Comité Central des Étudiants de la FMP
L ‘équipe dirigeante de la FMP nous a remis des documents en copie dure à l’exception du plan 2007
qui est malheureusement en format PDF. Il sera attaché en fichier séparé au cours de l’envoi du
rapport.

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

4
Liste des tableaux/ figures

Tableau 1- Calendrier sommaire du mandat
Figure 1- Modèle causale de la crise actuelle
Tableau 2 - Proposition de plan des délais
Figure 2- Stratégie d’échantillonnage
Figure 3- Cadre retenu pour apprécier la crise
Figure 4 - Cadre retenu pour faciliter l’écoute chez les acteurs en crise

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

5
Liste des entités rencontrées
Conseil de l’Université d’État d’Haïti : 28 septembre 2009
Prénom et nom
M. Vernet Henry
M. Fritz Deshommes
M. Wilson Laleau
M. Christian Rousseau
M. Hancy Pierre
M. Anselme Rémy
Dr. Rodolphe Malbranche
Mme Chantale Noël
M. Paul Antoine
Occéus Géto
Jacques Blaise
Mario Jean Victor
Olivier Daty
Pierre Inody Fils
Jean M. Lafonds
Bérard Cénatus

Poste occupé
Recteur de l’UEH
Vice Recteur à la Recherche
Vice Recteur Académique
Représentant des professeurs au CUEH
Coordonnateur au Conseil de direction de la
FASCH
Représentant des professeurs de la FASCH
Représentant des professeurs au sein de la FMP
Représentante des Professeurs de la FO
Doyen de la Faculté d’Ethonologie
Étudiant
Doyen de la FAMV
Étudiant de la FDSE
Étudiant
Étudiant
Doyen de la FO
Doyen de l’ENS

Le décanat et les chefs de département de la FMP , vendredi 1er octobre,
Mercredi 14 octobre, mardi 20 octobre 2009
Prénom et nom
Dr. Gladys Prosper
Dr. Dodley Sévère
Dr. Rodolphe Malbrance
Dr. Maryse Saget
Mme Marie Lise Rouzier
Dr. Robert Jean Louis
Dr. Bernard Lesvêque
Dr. Louis Franck Télémarque
Dr. Volvique Rémy Joseph

Poste occupé
Doyenne de la FMP
Vice Doyen, Chef de Département de la Pédiatrie
Chef de Département de médecine
Chef du Département de physiologie
Chef du département de Biologie
Chef du département d’Obstétrique et
Gynécologique
Chef du département d’Anatomie
Chef du Département de la Chirurgie à la FMP
Chef du Département de Santé Publique

Faculté d’Ethnologie : Lundi 5 octobre 2009
Prénom et nom
Antoine Augustin
Bayyinah Bello
Jean Yves Blot

Poste occupé
Vice doyen à la recherche académique
Responsable du Tronc Commun
Vice doyen à la recherche

Le Collectif des Etudiants pour la Sauvegarde de la FMP (CESFMP) : Lundi 12
octobre 2009
Prénom et nom
Babi Alténor
Youvenson Augustin
Ruth Joseph
Anne Christine Buteau
Jernielo Jean
Donald Maccéus
Gérard Taylor Dalvius

Année d’études
5ème année
5ème année
4ème année
2ème année
5ème année
5ème année
5ème année

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

6
Faculté des Sciences Humaines: Mardi 13 octobre 2009
Prénom et nom
Jérome Paul Eddy Lacoste
Fritz Pierre Joseph
Jean Romel Rodney
Hancy Pierre
Roosevelt Millard

Poste
Chef du département de Travail Social à la FASCH
Responsable du Centre en Population et développement
Chef du département de communication Sociale
Coordonnateur du Conseil de direction de la FASCH
Responsable de l’année préparatoire

École Normale Supérieure: mercredi 14 octobre 2009
Prénom et nom
Fritz Rosemond
Jean Fritzner Étienne
Bérard Cénatus

Poste
Membre du Conseil de direction
Membre du Conseil de Direction
Doyen de l’École Normale

Comité central de la FMP: jeudi 15 octobre –mardi 20 octobre 2009
Prénom et nom
Bontan Jean Blaise
Romulus E. Beethoven
Jean Baptiste Jorchémy
Démas Erlandy Roben
Azard Pouchon
Valéry Fils Aimé
Datus Francito
Martial Bénèche
Manigat Sterly
Robens St. Pierre
Cheriza Frody
Dufens Pierre Louis
Weedmark Jn. Baptiste
Mackendy Anarius Jacques

Année d’études
1ère année
2ème année
3ème année
1ère année
4ème année
2ème année
4ème année
5ème année
2ème année
4ème année
2ème année
3ème année
4ème année
2ème année

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

7
Liste des abréviations
CESFMP : Membre du Collectif des Etudiants pour la Sauvegarde de la FMP
CF : Comité de Facilitation
CUEH : Conseil de l’Université d’État d’Haïti
ENS : École Normale Supérieure
FASCH : Faculté des Sciences Humaines
FDSE : Faculté de Droit et des Sciences Économiques
FE : Faculté d’Ethnologie
FMP : Faculté de Médecine et de Pharmacie
FO : Faculté d’Odontologie
HUEH : Hôpital de l’Université d’État d’Haïti
SOGEBANK : Société Générale Haïtienne de Banque
UEH : Université d’État d’Haïti

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

8
I.

Introduction

Chargé de garantir le respect de la loi et de la paix publique, le Président de la
République, S.E. Monsieur René G. Préval, après évaluation des débordements de
la crise au sein de la Faculté de Médecine et de Pharmacie (FMP) où les
interlocuteurs n’ont pu mettre un terme à leur désaccord interne, a cru bon de
mandater un Comité devant assurer le dialogue entre les acteurs concernés afin
d’identifier des pistes susceptibles d’orienter l’UEH et les institutions liées vers une
issue satisfaisante. Le comité s’est mis au travail dès le 23 septembre et a pu
rencontrer différents acteurs clés dans un souci de favoriser un dégel graduel de la
crise. Ce rapport a été élaboré pour rendre compte du travail accompli.
Ce rapport présente de façon descriptive la synthèse des témoignages
recueillis de tous les acteurs rencontrés. Il apprécie et interprète les données pour
mieux cerner les enjeux qui sous-tendent la crise afin de dégager des perspectives
pertinentes pour un dénouement harmonieux. Les informations recueillies et les
différents documents consultés nous ont permis de mesurer l’ampleur du problème.
La première partie du rapport présente le cadre méthodologique adopté. Il est
suivi de synthèses de témoignages des responsables de quatre facultés ainsi que
deux groupes d’étudiants de la FMP. La seconde partie analyse l’environnement
structurel de la FMP à partir des informations recueillies et d’analyse documentaires.
La troisième partie conclut et propose une résolution de sortie de crise et certaines
recommandations de mesures d’accompagnement pour faciliter une réouverture
harmonieuse au sein de la communauté universitaire.

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

9
II. Conception et Organisation de notre démarche
Indépendance, impartialité et confidentialité sont les trois principes ayant guidé la
démarche de notre mission pour laquelle nous avons exigé une garantie d’autonomie
suffisante de la part de la Présidence de la République et du Rectorat de l’Université
d’État d’Haïti. Notre autonomie a facilité l’instauration du dialogue avec les
composantes de l’UEH sans la volonté de substituer notre rôle à celui du Conseil de
l’Université, la plus haute instance décisionnelle de cette institution. Notre
collaboration s’est révélée satisfaisante.
2.1 Le mandat du Comité de Facilitation
 Œuvrer à la reprise d’un fonctionnement harmonieux des
différentes entités de l’UEH dans les meilleurs délais

 Amorcer les solutions aux problèmes bien réels mis en évidence
par la crise actuelle

2.2

Description de l’équipe chargée d’exécuter la mission de

facilitation
Rose-Anne Auguste, doctorante en Sciences Humaines Appliquées et
détenant une maîtrise en Gestion des Services de Santé (option analyse et
intervention), elle est intervenante communautaire en santé depuis une
vingtaine d’années. Activiste de défense des droits de la santé de la femme et
des enfants, elle collabore depuis plusieurs années avec des réseaux de
défense des droits de la personne tant en Haïti qu’au Québec, province du
Canada.
Émile Hérald Charles, médecin de formation et détenteur d’une
maîtrise en Administration de la Santé, coordonne les programmes d’action du
Fonds Global à la Fondation SOGEBANK depuis environ cinq ans. Il est aussi
professeur à la Faculté de Médecine et de Pharmacie à l’UEH.
Josseline Colimon Féthière, gestionnaire, possède plus de 35 années
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

1
d’expérience dans plusieurs banques privées du pays. Elle gère actuellement
sa propre firme…
Mathias Pierre, ingénieur électronique diplômé de la Faculté des
Sciences de l’Université d’État d’Haïti (UEH. Président Directeur Général des
compagnies GaMa Consulting S.A. et GaMa Entreprises S.A. depuis 1998, il
est également vice président de la Chambre de Commerce et de l’Industrie de
l’Ouest (CCIO), trésorier et membre du conseil de l’AHTIC, trésorier du
Conseil Haïtien pour le Développement des Relations avec la Chine (CHDC)
et assistant trésorier de la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti
(CCIC) et de la Chambre Américaine de Commerce en Haïti (AMCHAM).
Hérold Jean François, journaliste, propriétaire de la Radio IBO et
membre de l’ANMH
Jean Alouidor, pédiatre et professeur à la Faculté de Médecine et de
Pharmacie de l’UEH
Frizto Canton, juriste et professeur à la Faculté de Droit et des
Sciences Économiques de l’UEH .

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

1
2.3 Calendrier d’exécution de la mission de facilitation
Tache/ Exécution du mandat
Création du Comité de Facilitation

période
23 septembre 09

Responsable
S.E René Garcia Préval

Connaissance des dossiers

23-29 septembre

Les membres du CF

Contact avec le Conseil de
l’Université d’État d’Haïti
Compréhension de la genèse de la
crise
Rencontre avec les acteurs
concernés par la crise à la FMP +
les responsables de certaines
facultés de proximité aux
événements récents

30 septembre-6 Les membres du CF
octobre 09

-Rencontre avec les dirigeants de la
FMP
-Rencontre avec les dirigeants de la
FE
-Rencontres informelles avec
quelques étudiants concernés par
la crise
Rencontres bilan avec

l a 29 septembre 09

La Présidence

Présidence en présence du
Rectorat et les responsables des
facultés (13 octobre 09

6 octobre 09
13 octobre 09

particulièrement)
27 octobre 09
Rencontre avec les directeurs 6 octobre 09

Les membres du CF

d’information de la presse (parlée,
écrite et télévisée)
Rencontre avec d’autres acteurs de 7-22 octobre

Les membres du CF

l’UEH

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

1
III. Cadres méthodologiques retenus
3.1 Population visée dans le cadre de la mission
La FMP a constitué la cible prioritaire de la mission puisqu’elle constitue le nœud
gordien de la crise à l’U.E.H. Nous avons donc tenté de rencontrer différents groupes
d’acteurs de cette institution. Nous n’avons pas pu trouver malheureusement un
consensus au sein du CF pour rencontrer le corps professoral de la FMP. Le corps
professoral demeure une boîte noire que nous n’avions pas pu explorer durant notre
mandat. Nous avons choisi de rencontrer la direction de l’École Normale Supérieure
et celle de la Faculté des Sciences humaines suite à la réception de la proposition
formulée conjointement par Le doyen Bérard Cénatus et le Professeur Ansèlme
Rémy. Cette proposition nous a été soumise par voie électronique.

La Faculté

d’Ethnologie, en dernier lieu, nous a intéressé vu que son espace physique
constituait l’un des pôles de tension au cours des récents événements.
La population, visée dans le cadre de la mission, est constituée de sept catégories
d’acteurs :
•

Des responsables de décanat et des chefs de département de la FMP ;

•

Le comité central des étudiants de la FMP (exclu en bloc) ;

•

Le groupe des 35 étudiants suspendus pour deux (2) ans;

•

Le Collectif des Etudiants pour la Sauvegarde de la FMP;

•

Des responsables de Décanat et des chefs de département de la FE

•

Des responsables de la FASCH

•

Des responsables de l’ENS

Nous avons utilisé deux sources

de données pour réaliser cette mission : des

documents d’archives ainsi que des témoignages d’acteurs ayant vécu la genèse de
la crise. Deux cadres méthodologiques ont été retenus pour guider notre mission :
1.

Le premier cadre2 se rapproche de l’évaluation normative. Ce cadre repose,
d’une part, sur l’appréciation portée sur chaque composante de la FMP par

2

Voir modélisation de ce cadre en annexe
rapport à des critères et des normes de façon à recueillir des informations
pertinentes nous permettant d’identifier le maximum de facteurs de risques
associés à la crise et, d’autre part, sur la justification du mode de savoir faire
dans le milieu ambiant de la FPM. Le profil des acteurs (es) , les mécanismes
de fonctionnement ont été pris en compte dans les propos recueillis pour
mieux cerner les déterminants de la crise dans sa globalité.
2.

Le second cadre3 est préconisé pour asseoir une écoute pour une meilleure
compréhension de la genèse de la crise afin de nous permettre de mieux
orienter les discussions tout au cours du processus d’exécution de notre
mission. Ce cadre a d’abord une fonction observatoire :


Identifier, apprécier et regrouper les types de besoins et de demandes ;



Apprécier les types de réponses et leur disponibilité;

Le devoir de réserve
Respect de la confidentialité de certaines informations recueillies dans le cadre du
dialogue;
Ensuite, une fonction d’identification des issues vers la formulation des
recommandations.
IV. Présentation descriptive des synthèses des propos recueillis
4.1 La synthèse de la rencontre avec le Conseil de l’Université d’État d’Haïti

Lundi 28 septembre 2009
Grâce à l’intermédiation du Recteur, nous avons rencontré le Conseil de l’Université
avec la représentation de la majorité de ses instances . Elles ont fait état de leur
préoccupation relative à la crise. Elles ont affiché leur optimisme et leur
compréhension du dessaisissement de leurs prérogatives au profit du Comité. Elles
énumèrent les difficultés matérielles existant à l’Université, touchant professeurs,
Décanats, personnel administratif ainsi qu’étudiants.
Décision : « Position plutôt conciliante du Conseil de l’Université dans la quête d’une
3

Voir modélisation de ce cadre en annexe
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

1
solution positive. Le Comité a cru trouver en ce Conseil un partenaire déterminant
dans le dégel de la situation en raison de sa proximité et du dialogue plus ouvert
existant entre ses membres. Cela favorisera la restitution au Conseil, la normalité et
la plénitude de son autorité décisionnelle et de gestion au sein de l’Université ».
Idées dégagées : « Il est nécessaire et urgent que l’État se montre réceptif aux
revendications des étudiants. Il doit s’efforcer de ne pas étouffer ou refouler les
mécontentements exprimés par des sanctions choquantes. Son attitude réceptive
évitera toute forme de tendance à l’impunité qui pourrait prendre forme au sein de
l’Université. Il restaurera ainsi l’autorité disciplinaire des décanats dans la régulation
des comportements à travers les entités de l’UEH».
Le Comité n’a cependant pas reçu un accueil uniforme dans les Facultés. Les
représentants de la FASCH ont été réticents vis-à-vis du Comité. Les représentants
des étudiants, regroupés au sein du Conseil de l’Université d’État d’Haïti (CUEH), ont
tenu des propos défavorables en ce sens. Toutefois, les étudiants du CUEH nous ont
soumis une déclaration4 réclamant la reconsidération des sanctions infligées à
certains de leurs camarades de la FMP. La position de la FASCH allait évoluer de
manière plus positive face au CF une semaine plus tard à partir d’une proposition5
soumise par le représentant des professeurs de la FASCH et le doyen de l’ENS. La
dernière assemblée du CUEH, tenue le lundi 5 octobre au Rectorat, a finalement
voté en grande majorité sur le principe d’acceptation du Comité de facilitation.

4.2 Rencontre avec la FMP
4.2.1 La synthèse des propos recueillis des membres du Décanat et des Chefs de
département de la Faculté de Médecine et de Pharmacie
Vendredi 2 octobre 2009
Éclairage de la genèse et de l’éclatement de la crise apparemment née de la
proposition d’un étudiant, opposé aux instances compétentes de la FMP. Sa
proposition résumait une violation systématique des mesures administratives et
4
5

Voir l’intégralité de cette déclaration en annexe 2 de ce rapport
Voir l’intégralité de cette proposition en annexe 3 de ce rapport

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

1
disciplinaires arrêtées au sein de la Faculté (Port obligatoire de la blouse et du
badge, Réduction des couloirs de circulation entre la Faculté et l’extérieur,
transformation des salles de conférence en dortoir, parking des camionnettes dans la
cour, éviter une dérive alarmante des bonnes mœurs, occupation abusive des salles
pendant la nuit où des besoins de toutes natures auraient été assouvies).
Mésentente tirée du retrait formel de la note éliminatoire, mais avec volonté de
compensation par un effort à consentir pour les matières réputées essentielles,
notamment dans les rapports entre la Faculté de Médecine et les Facultés
étrangères. Désaccord suivi de diatribes et de propos vexatoires, et mêmes jugés
inexcusables, des étudiants à l’endroit des membres du décanat, dont l’un aurait
même failli connaître un sort bien funeste.
Nonobstant des difficultés rencontrées par chaque Faculté observée (manque de
moyens, d’infrastructures, contiguïté des locaux d’accueils des étudiants, absence de
restaurants universitaires, de laboratoires, de bibliothèques, de cafétérias, d’un lieu
décent où les plus nécessiteux pourraient dormir, professeurs sous-payés, absence
de budget d’investissement, réduction et octroi au rabais du budget de
fonctionnement, d’ailleurs absorbé par la masse salariale à près de 85%, rencontre
de deux années académiques, etc.), les responsables de ladite Faculté se sont
montrés disposés à une réouverture plutôt immédiate de la Médecine, en
commençant par les services administratifs et une vérification vigilante de l’identité
de chaque individu admis à pénétrer l’enceinte de la Faculté jusqu’à complet
fonctionnement. Nécessité alors du maintien des forces de police pour

contrer

toutes nouvelles agitations.
Toutefois, compromis trouvé sur le régime des sanctions, qui doivent être révisées
par le Conseil de Discipline concerné, dès réouverture de la Faculté, en vue d’une
adaptation correspondant à chaque situation et, le cas échéant, d’un retrait même de
la décision ; possibilité de fermer l’année académique 2008-2009 en janvier, grâce à
des sacrifices exorbitants qui seront consentis par les différents Professeurs ainsi
concernés.
Proposition à court terme d’une restructuration complète de l’Université en vue d’une
compétition réelle et confortable avec les Facultés privées, d’apaiser toutes les
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

1
rancoeurs une fois pour toutes d’où qu’elles viennent et définir une politique de
l’Université d’État, d’un budget suffisant et propre à chaque Faculté librement
exécuté ; Besoins de Professeurs pour des matières de base (rhumatologie,
endocrinologie, etc.).
Idée dégagée : La Faculté de Médecine pourra rouvrir ses portes d’abord pour les
services administratifs, et ensuite pour l’ensemble des étudiants, de manière
ordonnée, avec un engagement concomitant de l’État d’un encadrement effectif et
urgent, afin de faire face dans l’immédiat à des défis majeurs, pourtant élémentaires,
d’une grande banalité même. Le Conseil de discipline siègera pour entendre chaque
étudiant, chaque cas spécifiquement, conformément au règlement intérieur de ladite
Faculté.

4.2.2 SYNTHÈSE DES PROPOS RECUEILLIS DU COLLECTIF DES ÉTUDIANTS
POUR LA SAUVEGARDE DE LA FMP (CESFMP)
Entrevue très ouverte et très soutenue. Elle a permis de comprendre, à l’instar des
autres réunions antérieurement tenues, les points de discorde, parfois sans grand
intérêt, pour le fonctionnement même de la Faculté, mais susceptibles de causer, par
carence de communication jointe à des difficultés matérielles et académiques (telles
la note éliminatoire, les lettres de blâme sans réelle précision de la faute
administrative reprochée, l’obligation de port du badge et de la blouse répercussions
au sein de la Faculté), des ressentiments contagieux et même des répercussions
malencontreuses sur le fonctionnement de ladite Faculté.
Proposition par ces étudiants, en plus de la réouverture administrative déjà suggérée
par le Comité au décanat et aux Chefs de Département de la Faculté, d’une rentrée
par promotion, en commençant par le Stage dont l’absence est drastiquement
sanctionnée en terminant la semaine suivante par le Concours d’admission.
Souhait de plus de communication entre l’Administration et les étudiants, même dans
le cadre de nouvelles réglementations, voire de décisions disciplinaires, d’une
amélioration de leurs conditions de vie et de travail à l’intérieur de la Faculté, en vue
d’éviter la survenance de situations, au départ bénignes et par la suite difficiles
<<contensibles>>.
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

1
En conclusion, les instances rencontrées souhaitent, lorsqu’elles ne l’ont pas déjà
effectué, la réouverture de l’Université, mais avec les garanties concrètes que les
Mesures d’Accompagnement formulées par le Pouvoir puissent être immédiatement
observées, et notamment dans leurs effets immédiats.
4.2.3 SYNTHÈSE DES PROPOS RECUEILLIS DU COMITÉ CENTRAL DES ÉTUDIANTS DE LA
FMP

Date : jeudi 15 octobre et mardi 20 octobre 2009
La rencontre du jeudi 15 octobre a duré cinq (5) heures de temps
Points pertinents retenus de cette rencontre :
Genèse de la crise et son contenu
La crise à la FMP remonte à septembre 2008 et non à avril 2009. Le Manifeste
des 8 du mois de novembre 2008 (une pétition) est le document de
référence qui a amorcé la crise à la FMP;
1. Tensions accumulées chez les étudiants face au comportement peu
communicatif et parfois humiliant du vice doyen (des lettres de blâme non
justifiées pour le non port de la blouse, des propos de dénigrement émis de
façon constante…)
2. La note du 3 novembre 2008 du Décanat a été mal accueillie par les
étudiants. Le contenu des deux derniers paragraphes de cette note :
«Aucune composante, ou groupe d’une composante n’est autorisée à nuire ou à
paralyser le fonctionnement normal de la faculté, quelque soit la raison.
Si tel est le cas les acteurs seront identifiés et passibles de sanctions
disciplinaires allant de la suspension à l’exclusion définitive ou à la révocation
selon le cas ».
1. La note du 4 mai 2009 convoquant une réunion des parents au lieu de
dialoguer avec les étudiants ;
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

1
2.

La décision arbitraire et vide de sens du 9 septembre 2009 excluant 46
étudiants à cause de leur conviction, de leur désir de changement témoignent
le courant qui circule à la faculté à savoir : tout par et pour le Décanat.

 Gestion administrative quasiment nulle : non renouvellement des cadres
enseignants et l’impossibilité de mettre en place des mécanismes pouvant
restructurer, revitaliser et re dynamiser le système. (Des cours sortent du
cursus, des professeurs sont révoqués et non remplacés…) Donc, rôle de
régulateur non joué.
 Fermeture de laboratoire, la précarité de la bibliothèque…) De ce fait,
absence d’une politique réelle visant à relever le niveau académique, à rendre
plus performante et plus compétitive la Faculté.
Communication entre les différentes entités de la Faculté totalement
défaillante.
a) Absence d’assemblées mixtes pour discuter sur les grandes décisions
(refonte du curriculum, refonte des règlements internes…) concernant le
fonctionnement adéquat de la faculté.
b) Conseil virtuel des chefs de département pourtant responsables de
l’orientation à donner aux cours.
-Ils n’ont pas de bureau. Ils n’ont aucun regard sur les activités académiques
de la Faculté. Les étudiants rappellent avoir eu des examens avec l’en-tête d’une
faculté privée.
c) Pas de rapport entre les différentes entités. Pas de mécanismes pour
prendre en compte les doléances des divers groupes.
4.

L’utilisation à outrance des forces de l’ordre pour résoudre les problèmes
soulevés montre à clair la volonté de dominer et le refus de comprendre que
diriger équivaut à servir, aider et écouter. Ils rappellent les débarquements du
28 août et du 9 septembre 2009 de la police suite à la sollicitation du décanat.
Ce qui a certainement fait élargir le fossé des frustrations.

d) Ils ont aussi signalé la tentative d’abolir les activités culturelles extra
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

1
académiques à la Faculté.
Idées dégagées : Ils rappellent que cette lutte estudiantine a pour essence
d’aboutir à une faculté de médecine renforcée, plus compétitive et plus performante.
Elle a comme objectifs selon eux de mettre à nue l’inefficacité du système et de
souligner l’importance d’une réforme solide. Il est donc inutile de rappeler qu’il est un
impératif pour que soient envisagées dans le cadre de la résolution de cette crise,
des solutions mûrement réfléchies et surtout tenant compte de la réalité prédominant
à la faculté.
Points pertinents retenus de la rencontre du 20 octobre 2009 avec le
Comité central des étudiants
5. Ils ont contesté l’idée d’une réouverture sans un possible dialogue ;
6. Ils ont rejeté l’idée d’un comité de discipline ad hoc pour réviser les sanctions.
Ils avancent que les sanctions ont été prises de façon arbitraire et non
conformes aux prescrits des règlements par un décanat qui a fait une
mauvaise gestion de la crise (refus systématique de dialogue face à leurs
revendications)…
7. Ils seraient favorables à l’idée d’Amnistie générale et la création d’une
commission pour arbitrer toute négociation entre l’assemblée des étudiants et
le décanat comme solution de sortie de crise …
4.3 SYNTHÈSE DE LA RENCONTRE

AVEC TROIS REPRÉSENTANTS DE LA

DIRECTION DE LA FACULTÉ D’ETNOLOGIE
Date : lundi 5 octobre 2009
Entretiens fructueux et constructifs.
Beaucoup de détails de la réalité aiguë des difficultés au sein de cette Faculté :
Ensemble éternels étudiants finissants, étudiants irréguliers, étudiants réguliers et
même des professeurs astreints à une indigence révoltante (Ex. : 11 000, 00 G net
pour un professeur titulaire de trois (3) chaires ; 18 000, 00 G pour un professeur
titulaire de cinq (5) chaires, incapacité même pour des professeurs de se doter de
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

2
livres de base pour leurs recherches et la transmission du savoir ;
Rien qu’une cafétéria où se bousculent plus de trois cents (300) étudiants pour
s’offrir difficilement un plat d’à peine quinze (15) gourdes. Problème de transport,
même pour des expérimentations sur sites ; Capacité d’accueil inexistante des
étudiants venus de partout dans le pays. Professeurs sous-qualifiés, d’autres
irréguliers : absence d’intérêt pour la Faculté, etc. Bref ! L’Ethnologie est devenue la
poche privilégiée de la pauvreté, de compensation aux échecs essuyés dans
d’autres Facultés, des frustrations et même des audaces des uns et des autres pour
la survie.
Le rectorat et les décanats, pensent-ils, doivent se faire entendre plus concrètement
pour ne pas laisser libres aux étudiants, qui les ont bien investis, d’ailleurs, les
espaces d’expression face à l’opinion publique.
Idée dégagée : Cette faculté fonctionne dans la pauvreté et l’indigence. Malgré des
précautions prises par les responsables, toute persistance de cette situation
risquerait de conduire à un carrefour irrémédiable. La réouverture se fera le mercredi
7 octobre 2009 avec un forum pour une catégorie d’étudiants dits mémorants, et
ensuite le 12 octobre avec les étudiants dits finissants et les étudiants réguliers.
4.4 Synthèse des propos recueillis des dirigeants de la FASCH
Points pertinents retenus des échanges avec ces dirigeants :
 Mauvaise gestion de la crise de la FMP par le Rectorat pour cause de déficit
de communication entre les dirigeants et les étudiants. Les membres du
Conseil exécutif ont tendance à se fier aux versions des représentants des
professeurs et du décanat au sein du Conseil de l’Université sans chercher à
développer des stratégies de communication viables pour mieux cerner les
déterminants de la crise;
 Deux lettres adressées au Rectorat dans le cadre de la crise à la FMP nous
ont été soumises par la direction des Sciences humaines. La première lettre,
datant du 17 juin, faisait l’objet d’une demande de rencontre avec le Rectorat
sur la situation qui prévalait à la FMP et la seconde, datant du 22 septembre,
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

2
condamnait l’intervention policière à la FMP.
 Ces dirigeants ont déploré qu’ils n’aient pu obtenir du Rectorat dans une
rencontre d’une durée de cinq (5) heures en juillet dernier la conduite d’une
médiation entre les acteurs de la FMP. Ils pensent qu’on aurait pu éviter le
pourrissement de la crise si on avait emprunté le chemin de la médiation dès
juillet 2009.
 Ils ont aussi dénoncé le manque de disposition d’écoute chez le Vice recteur à
la recherche. Les violons ne s’accordent pas semble-t-il entre la direction de la
FASH et le Vice Recteur à la Recherche.
 Les dirigeants ont aussi évoqué la question de la gestion des programmes de
maîtrise par le Rectorat et pensent que cela constitue une concurrence
déloyale entre le Rectorat et la FASH et entre le Rectorat et l’ENS.
 Ils ont aussi évoqué la question de grandes Facultés (FMP, FAMV, FDS) et de
petites Facultés traitées en parents pauvres par les membres du Rectorat.


Ils ont beaucoup insisté sur le traitement discriminatoire fait aux professeurs
contractuels par rapport aux professeurs nommés (60,000.00gourdes + 13ème
mois accordés annuellement aux professeurs nommés et seulement
27,000.00gourdes accordés par année aux contractuels qui ne bénéficient
d’aucun avantage social)

Idées dégagées de cette rencontre :
1) Le temps imparti est trop court pour le travail du Comité de Facilitation. Il faut une
rallonge d'au moins 15 jours. Le comité pourrait entre temps soumettre un Rapport
intermédiaire de Mission au Président de la République.
2) L’évacuation des locaux par les Forces de Police
3) La levée des sanctions prises dans les conditions que l'on sait à l’égard des
étudiants.
4) La signature d'un Gentlemen Agreement entre les parties annonçant une trêve et
mettant à l'écart des propos et actions inappropriés pouvant être assimilés à des
formes de violence ou de détérioration du matériel de la Faculté comme patrimoine
commun. Dans ce même document, l'on fixera le cadre général global du dialogue,
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

2
les modalités de ce dialogue et un échéancier. L' on pourrait même envisager la
formation d'un comité de négociation pour réaliser alors le dialogue et les
négociations sérieuses entre toutes les parties pour une reprise alors
harmonieuse de toutes les activités au sein de la Faculté de Médecine.
4.5

Synthèse des propos recueillis des dirigeants de l’ENS

Points pertinents retenus
•

L'Entrevue a été très ouverte et très soutenue;

•

Les dirigeants de l'École Normale souhaitent une amnistie générale à la FMP
pour arriver à une réouverture harmonieuse de cette dite faculté d'ici peu;

Concernant l'ENS:


Ils ont évoqués des problèmes de carence de cadres enseignants en chimie,
physique et biologie;



Il y a carence de matériels pour les travaux pratiques en chimie, physique et
biologie



Ils collaborent avec la Guadeloupe pour le suivi de la licence en physique;



Ils enregistrent par contre des progrès sensibles en mathématique;



Ils collaborent avec la Martinique pour le master en Français et en langues
étrangères;



Ils collaborent aussi avec Paris VIII pour le master en philosophie

Les dirigeants à l'ENS s'engagent de façon régulière à la formation post graduée des
étudiants sortants dans le but de constituer une banque de ressources adéquates
pour l'enseignement.
Idée dégagée
•

Ils déplorent le manque d'utilisation des normaliens au niveau du cycle
secondaire par le Ministère de l'Éducation Nationale. Selon eux, beaucoup de
professeurs non qualifiés ont intégré l'enseignement secondaire alors que des
centaines de normaliens sont écartés.

•

Il est impérieux qu'il y ait des missions d'enseignement pour la chimie, la
physique et la biologie en attendant de former un réseau de professeurs qui
seraient disponibles sur place.

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

2
Résumé des rencontres avec les facultés incluant l’INAGHEI
Points de convergence retenus des échanges des rencontres avec les responsables
des Faultés
En effet, l’absence se fait trop souvent ressentir d’un budget suffisant, autonome et
constant pour assurer des besoins immédiats, et même élémentaires, devant
favoriser un fonctionnement plutôt acceptable des Institutions universitaires.
Professeurs sous-payés, et malgré tout en retard dans la réception de leurs salaires
de manière périodique (des arriérés de salaires qui atteignent presque QUARANTE
CINQ MILLIONS DE GOURDES (45 000 000. 00 Gdes, en intégrant l’INAGHEI),
professeurs pratiquement dans l’indigence caractérisée et de fait dans l’impossibilité
manifeste de transmettre, pour la plupart, un savoir de qualité, absence de formation
continue pour les Maîtres, de Bibliothèques adéquates :

D’où une carence dans la dynamisation même des structures de la production
universitaire, un désintéressement compréhensible vis-à-vis des activités facultaires,
aucun budget pour la Recherche, le même budget reconduit depuis plus de dix (10)
ans, un absentéisme parfois outrancier, un manque de professeurs qualifiés pour des
matières essentielles, nomination de Professeurs non qualifiés, et jamais recyclés
etc. Tout cela est constitutif de déficiences de gravité suffisante pour que l’État puisse
repenser intégralement sa politique de l’Enseignement Supérieur, sans négliger celle
de l’Enseignement préparatoire au stade sus visé.

Résumé des idées dégagées des différents groupes d’étudiants rencontrés

Quant à la situation des étudiants, leurs conditions d’évolution se révèlent à la fois
précaires et exécrables : en dehors de l’inexistence constatée et déplorée de
bibliothèques «standardisées», de cafétérias, de restaurants universitaires,
d’espaces de loisirs, de dialogues et de discussions, de dortoirs aménagés, de
transports élaborés, etc. s’ajoutent des problèmes purement académiques, tels des
cours non dispensés par manque de professeurs, des laboratoires dysfonctionnels
pour les uns et d’autres convertis en bureaux, sous l’ancien décanat, créant ainsi des
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

2
besoins non encore comblés de formation expérimentale…, manque de concision
dans l’application des règlements en vigueur que, même corrigé par la suite, est
source de mésintelligences, celles-ci nées, -en l’absence de choix délibéré par un
petit groupe du désordre-, d’un manque de communication primordial entre
Responsables et Étudiants, en vue d’une meilleure connaissance des décisions
arrêtées par les Décanats, notamment celui de la Faculté de Médecine.

Il faudra une redéfinition même du Cadre Universitaire

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

2
V. Interprétation et appréciation des données recueillies
5.1 L’ampleur du problème
La crise à l’Université d’État d’Haïti nécessite une réponse définitive. Son ampleur
inquiète et constitue une menace pour d’autres entités de la société. La présence
des étudiants dans les rues de façon régulière ainsi que la démarche empruntée
pour articuler les revendications ont exprimé un mal profond (Piquant 2009). Cette
crise, en effet, révèle le conflit existant entre les besoins d’écoute des étudiants et
l’insuffisance des réponses des dirigeants. De plus, malgré l’approche frontale
utilisée, les étudiants de différentes facultés ont quelque part exprimé entre eux un
sens de la convergence, de similitude et de solidarité. Cette crise est
fondamentalement structurelle mais épouse une forme conjoncturelle à la faveur d’un
déficit de communication entre les différentes entités de l’UEH. Sa nature révèle les
limites de la gestion organisationnelle des différentes entités de l’UEH. Les acteurs
concernés doivent s’ouvrir réciproquement pour introduire une communication saine
dans l’espace universitaire en dépit des attitudes et des faits répréhensibles de part
et d’autre. Une analyse des données recueillies des rencontres effectuées et des
sources de lecture de rapports d’évaluation sur le fonctionnement de la FMP et
d’autres entités de l’UEH durant ces dernières années nous conduit à déterminer le
modèle causal de la crise actuelle qui a duré plus de cinq (5) longs mois. La crise
étant structurelle. Les infrastructures, les programmes de recherches et
académiques ne donneront des résultats en l’absence de possibilités financières car
la crise a des liens directs avec la faiblesse institutionnelle de l’État et de ses
instances visibles. Le budget alloué à l’Université est symptomatique de cette
faiblesse. Il est impérieux cependant de signaler que les conditions de la naissance
même de l’UEH participent à ce déficit de vision de programmes de recherche et
d’une politique de formation académique uniforme pour parvenir à produire des
connaissances dans l’intérêt de la nation. Jouthe et al. (2005)6 ont explicitement
signalé de telle lacune concernant le domaine de recherches dans leur étude :
« Le premier obstacle à l’institutionnalisation de la recherche a son
origine dans l’acte de naissance même de l’Université, qui n’a pas été
6

Jouthe et al. (2005) Pour une politique institutionnelle de la recherche à l’Université d’État d’Haïti,
Rapport présenté à M. Fritz Deshommes, Vice Recteur à la Recherche.
créée à partir d’une réflexion sur le rôle de l’Université dans la
Société. L’UEH n’a jamais été une entité organique, un espace
réunissant des facultés productrices d’un savoir autonome. Les
dispositions transitoires de 1997 ont été une tentative pour contourner
en partie le problème constitutionnel que comportait la création de
l’Université, au regard des clauses de la Constitution de 1987 »
(Jouthe, E. et al 2005 p. 5)..
Aucun cadre réel de coopération n’existe entre l’UEH et la société haïtienne pour lui
permettre de répondre adéquatement à la demande sociale de recherche. Ce n’est
pas par hasard que l’UEH tarde à produire des connaissances par exemple dans le
domaine de la santé, des déterminants de la violence urbaine explosive des sept
dernières années, des problèmes identitaires… Les relations entre les différentes
entités de l’UEH demeurent aussi opaques dans la mesure qu’elles soient marquées
par la dispersion géographique des facultés. Toujours selon Jouthe,
« L’absence d’un sentiment d’appartenance institutionnelle et d’un
cadre de référence commun favorise entre les Facultés et entre les
disciplines la concurrence, voire certaines formes de rivalités, plutôt
que la concentration de synergie nécessaire pour faire face aux enjeux
collectifs » .
1

Les crises en série émergeant à l’UEH depuis plus d’une dizaine d’années ont atteint
aujourd’hui des dimensions fort inquiétantes et nécessitent un regard articulé qui
tiendra compte de tous les déterminants qui les sous-tendent. La modélisation à la
page suivante traduit ma compréhension de la genèse de la crise actuelle. Cette
modélisation tente de poser un regard systémique sur la crise au lieu de la réduire à
un simple conflit entre quelques étudiants et le décanat de la FMP.

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

2
Figure 4 : Modèle causal de compréhension de la crise actuelle
Crise des acteurs
Liée à une crise morale dans la
société. Cette crise se manifeste
par une méfiance- un déficit de
communication entre les acteurs
des différentes entités de l’UEH
-Absence notoire
d’apprentissage interdisciplinaire

Revendications
insatisfaites des étudiants
Éclatement de crise en série
au sein de l’UEH

Difficulté de cohabitation
entre les acteurs
Tension interne mue
en manifestation
de rue et en casse

Jean François, E. (2009)
Jean François, E. (2009)

Polarisation des pôles de
tension
Mouvement mu en
dimension sociopolitique
et gagnant l’opinion
publique

Crises politiques
Les crises politiques en série
durant ces vingt dernières
années affectent largement le
processus de construit
organisationnel de l’UEH

Déficit de gouvernance
-Incapacité des acteurs de l’UEH de
juguler la crise actuelle
-Tentative de récupération par d’autres
secteurs

Élie,JR. (juin 2000)

Vulnérabilité
économique accrue
de la majorité des étudiants qui
fréquentent
la FMP, la FE, l’UEH en général
-Déficit de prise en charge des
jeunes dans ce pays par l’État

Crise économique

Crise organisationnelle

-Budget nettement insuffisant
pour faire fonctionner l’UEH
-La FMP reçoit moins de
la moitié du budget demandé…
-Incapacité de l’État de prendre
en charge l’UEH

l’UEH se retrouve encore
sans un cadre légal formel en
dépit des dispositions transitoires
consacrant son autonomie
depuis 1997
5. 2 Crise de gestion organisationnelle de l’enseignement au sein de la FMP
L’UEH nécessite une «remobilisation» pour pouvoir mieux servir la société. La FMP
illustre cette nécessité au niveau de ses programmes. Déjà, en 2005, le rapport
d’évaluation de Gosselin et Jean dressait un tableau sombre sur la qualité de
l’enseignement académique de la FMP :
 Aucun contrôle sur les contenus des enseignements par la direction de la
FMP, les enseignements sont personnels aux enseignants, les méthodes
d’enseignements ainsi que les séances pratiques sont très discutables, les
méthodes d’évaluations ont les mêmes lacunes, les dispositifs d’évaluation
de programme font défaut ;
 Recrutés par voie d’examen national, les étudiants souffrent d’un
éloignement très marqué de la part de la direction, ils sont peu impliqués
dans la vie de la faculté en plus de subir l’intrusion de la politique dans
l’atmosphère de l’hôpital universitaire ;
 Mal rémunérés, les enseignants sont majoritairement démobilisés. La FMP
n’a aucun pouvoir sur eux. Il n’y a aucune concertation entre les
enseignants d’une même discipline et encore moins entre ceux de
disciplines différentes, les polycopiés remplacent les enseignements de
même que leurs enseignants ;


Des faiblesses dans les relations entre les autres entités dirigeantes de
l’UEH et la FMP, dans les rapports de l’Université avec le ministère de la
santé publique et de la population ;

 L’hôpital universitaire est dans un état lamentable. Une réforme de la FMP
ne pourra pas se faire sans une remise à niveau de l’Hôpital de l’Université
d’État d’Haïti ;
 Absence criante de matériels indispensables au fonctionnement des
laboratoires. Les étudiants développent leur sens clinique faute de pouvoir
compter sur les examens complémentaires ;
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

2
 Il n’existe pas de disponibilité chez les enseignants à la FMP ;
 Les enseignants ne sont pas formés aux méthodes pédagogiques
innovatrices et sont peu sensibles aux principes de l’éducation des
adultes ;


Les étudiants déplorent le peu de contact avec les enseignants qui
viennent donner leur cours et s'en vont immédiatement après. Ils se
plaignent de l'antagonisme dont certains d'entre eux font preuve à leur
endroit.



Les étudiants ne participent pratiquement pas à la vie de la Faculté. La
direction ne semble pas demander l'avis des étudiants. Il est révélateur
que la direction et les étudiants occupent deux immeubles séparés

 Les étudiants ont tendance à faire la grève, ce qui rend difficile
l’implantation d’un nouveau programme.
Les recommandations de ce rapport semblent n’avoir pas été suivies

de façon

régulière jusqu’ici. Par contre, un plan d’action élaboré par l’équipe dirigeante
actuelle a fait ressortir une certaine volonté de mettre en œuvre certaines activités
académiques pour revitaliser la FMP. Nous avons tenté de visiter ce plan à la lumière
des recommandations du rapport Gosselin-Jean.
Plan d’action octobre 2007 de la direction de la FMP vs rapport Gosselin
Le plan d’action pour un renforcement institutionnel de la Faculté de Médecine et de
Pharmacie (FMP) élaboré en octobre 2007, présenté en juin 2008 et actualisé en mai
2009 a comporté onze points découlant d’une stratégie à adopter. Les points sont
centrés sur les «besoins de la communauté». Ce plan d’action a envisagé la
nécessité d’actualiser l’enseignement dispensé à la FMP. Il a voulu tenir compte de
la réalité sanitaire du pays et des progrès scientifiques. D’après ce plan, une révision
du curriculum existant est indispensable. Bref, ce plan semble reconnaître les maux
qui affaiblissent le fonctionnement de cette institution. Les ambitions louables de ce
plan nous interpellent au point qu’elles suscitent une confrontation avec les
recommandations contenues dans le rapport d’évaluation Gosselin.

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

3
En effet, à travers ses différents points, le plan d’action prévoit l’organisation de
manifestations scientifiques telles que journées scientifiques, séances de formation
pour les formateurs non sans l’utilisation des nouvelles technologies, le renforcement
du concept d’autonomie et des rapports entre la FMP et l’HUEH, l’intégration du
corps enseignant dans l’espace international, le regroupement des anciens de
l’institution, l’aménagement du cadre physique de la FMP. Plusieurs activités
inspirées de ces points ont eu lieu avec une satisfaction relative. Elles laissent
transparaître le malaise contre lequel elles sont organisées.
Le rapport Gosselin a plutôt réalisé une étude sur le fonctionnement et l’organisation
interne et externe de la FMP. Ce rapport conclut que la FMP est en perte de contrôle
sur son fonctionnement interne. Ses activités académiques se réalisent dans une
opacité inquiétante. Les dispositifs d’évaluation existants sont largement défaillants.
Le rapport Gosselin a identifié de grandes faiblesses dans les relations entre
l’Université et la FMP, entre l’Université et le Ministère de la Santé Publique et de la
Population et l’HUEH. Ce rapport a formulé plusieurs recommandations pressantes
dont une réforme majeure des études médicales et un appui technique à la réforme
de la FMP. Conscient des faiblesses existantes, le rapport Gosselin a identifié des
pistes envisageables telles l’investissement massif dans les ressources humaines,
matérielles et financières. La réforme qui doit s’opérer s’effectuera dans le cadre
d’une réforme globale de l’UEH.
La confrontation du plan d’action 2007 avec les recommandations du rapport
Gosselin révèle que les deux documents prennent en compte le malaise de la FMP.
Les points contenus dans le plan d’action 2007 ne sont faisables que dans un
contexte institutionnel sain, c’est-à-dire, un cadre institutionnel non fragilisé, stable et
dynamique. Or, la FMP est ébranlée jusque dans ses bases, un tel plan parait
insuffisant pour la relever de manière provisoire voire durable. Le rapport Gosselin
quant à lui semble avoir embrassé les difficultés de la FMP dans leurs aspects les
plus divers:
« un climat politique étouffant, des relations inter-organisationnelles
tendues entre les ministères de tutelles, l'Université, l'Hôpital universitaire, la
Faculté, l'état de délabrement avancé de l'Hôpital universitaire, l'absence d'un
corps professoral digne de ce nom, l'asservissement des étudiants aux
polycopiés et aux examens des années antérieures » (Rapport Gosselin P. 17 paragraphe 5) .

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

3
Les propositions de recommandations, si elles sont prises en compte, pourront
donner des résultats dans un délai provisoire

et encore moins durable. Le plan

d’action 2007 aborde le malaise de la FMP en surface en négligeant son ampleur
tandis que le rapport Gosselin, sans être alarmant, attaque les difficultés dans leur
racine en les analysant avec profondeur et justesse. En conséquence, les points du
plan d’action 2007 pourraient être envisagés ultérieurement après la matérialisation
des recommandations du rapport Gosselin.

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

3
« Dans le contexte de désagrégation de notre société, il nous faudra poser
sérieusement la question du mépris de l'autre ou du mépris des couches
défavorisées. Cette question ne doit être abordée d'une manière
démagogique et folklorique. Ce coin de terre abonde en hommes et en
femmes blessés et humiliés quotidiennement dans leur corps et dans leur
dignité. Ils ne peuvent pas et ne doivent pas attendre une intervention
divine pour les faire sortir de l'enfer de la misère. Contre leur volonté, ils
souffrent dans leur corps et ils sont soumis à une terrible humiliation qui
détruit en eux la vraie relation qu'ils devraient avoir avec leur être
profond. Un regard de dénigrement est souvent porté sur leurs modes de
vie individuels et collectifs. La hiérarchie sociale des valeurs dévalue leur
mode de vie, leurs convictions et leur style de vie ». Toussaint, H. (2009)

5.3 Déficit de communication à la FMP vs crise morale dans notre société
Le modèle de communication interne de la FMP semble être inadaptable à l’attente des
étudiants. Ce modèle, apparemment inéquitable, ne permet pas aux responsables de la
FMP de maintenir l’équilibre dans les rapports les plus ordinaires avec les étudiants et vice
versa. Il entraîne des perturbations certaines. Il empêche que les responsables répondent
de manière adéquate aux aspirations légitimes des étudiants. Ces derniers sont incapables
de voir, à leur tour, dans les responsables des interlocuteurs honnêtes et crédibles,
disponibles et réceptifs. Les uns comme les autres sont en désaccord avec les buts
poursuivis par la FMP et laissent une place de choix aux rapports de force.
En effet, certaines allégations apparemment racistes d'un membre du décanat et de
certains professeurs, dénoncées par les étudiants contestataires, méritent d’être vérifiées
car elles tendent à remettre en question la crédibilité du décanat. La désagrégation des
rapports entre les étudiants et les personnalités du décanat élu indique que ces hiérarchies
perdent de leur autorité pour statuer équitablement sur le sort des étudiants expulsés. Leur
renvoi massif paraît traduire le refus de poser les problèmes gangrenant le fonctionnement
de la Faculté. Il est de notre devoir d’éviter que nos recommandations soient teintées du
«politiquement correct». La réouverture de la FMP sera harmonieuse si et seulement si elle
est éclairée par un sens élevé de justice sociale, de l’éthique, de l’impartialité et de la
transparence.

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

3
Il est difficile de dissocier la crise à la FMP de la crise morale qui secoue notre
société. Le comportement des acteurs au sein de la communauté universitaire nous
interpelle à plus d’un titre et traduit ce malaise où la crise morale qui secoue notre
société est au cœur même de la mêlée à l’UEH. L’opinion publique a évidemment
accès aux manifestations visibles des étudiants durant ces six (6) derniers mois et
l’approche frontale empruntée par ces derniers pour faire valoir leurs revendications
n’a fait que discréditer leur lutte en quelque sorte. Cette approche frontale,
condamnée par plus d’un, aurait pu être évitée si les étudiants avaient choisi la voie
de sérénité tout en conservant la dimension « résistance » et cherchant à ramener
beaucoup plus d’alliés à leur cause. Cette approche frontale, apparemment
suicidaire, utilisée pour mener leur lutte, s’est caractérisée par « un incivisme
ambiant » après avoir épuisé en vain les différentes voies de dialogues. Sans vouloir
faire l’avocat de cet « incivisme ambiant », ne serait-il pas la conséquence directe de
l’absence de l’apprentissage de citoyenneté dans ce pays ponctué de violence
explosive depuis ces vingt dernières années? Cet « incivisme ambiant » ne serait-il
pas la conséquence du manque de prise en charge de la jeunesse dans ce pays où
les repères crédibles, les modèles de références se font rares de plus en plus? Qu’a
-t-on fait en matière d’apport de connaissance et de réflexions durant ces vingt
dernières années au sein de l’U.E.H pour prévenir cet « incivisme ambiant » qui sévit
aujourd’hui? L’on dira que ces jeunes ne se comportent pas en universitaires mais
l’on n’osera questionner certains professeurs qui ne se comportent pas en
responsables universitaires non plus? La société doit certainement porter un regard
sur les dérives suicidaires des étudiants, mais doit aussi s’armer de courage pour
questionner : la qualité de l’enseignement au sein de l’UEH durant ces dernières
années? La réforme de l’UEH non encore aboutie après 12 ans de proclamation des
dispositions transitoires

7

consacrant son autonomie? Dans quelles conditions

évoluent des milliers d’étudiants qui viennent faire l’apprentissage du savoir d’un
niveau supérieur? Le niveau de responsabilité de l’État face à cette unique université
publique?

7

Date de proclamation des Disposition Transitoires de l’UEH : 21 février 1997

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

3
L’approche suicidaire adoptée par les étudiants dérange certes mais ne devrait servir
de prétexte pour étouffer l’état du fonctionnement délabré de plusieurs Facultés au
sein de cette Université. Un fonctionnement délabré qui ne répond pas aux normes
universitaires. Il n’est pas nécessaire de revenir sur le diagnostic posé par le rapport
Gosselin suffisamment élaboré plus haut pour décrire la désorganisation qui règne
dans la gestion de l’enseignement à la FMP. En nous basant cependant sur les
propos recueillis des responsables d’au moins quatre autres Facultés il nous importe
de signaler que l’UEH fonctionne dans la plus totale indigence et se trouve dans
l’incapacité de répondre à un espace de savoir adéquat pour satisfaire les besoins
réels des étudiants au service de notre pays.
Quelle Université pour quel pays?
Il ne fait pas de doute que les acteurs sont en crise au sein de la communauté
universitaire. L’entité CUEH, considérée comme l’instance décisionnelle de l’UEH,
paraît être en déficit de légitimité face à l’assemblée des étudiants et l’ensemble des
corps professoraux puisque certains des décanats semblent être élus dans des
conditions peu démocratiques. L’assemblée des professeurs à la FMP par exemple
arrive difficilement à réunir 60 % du nombre total pour débattre des problèmes de
cette Faculté. Ce problème ne se pose pas cependant pour toutes les Facultés où
certaines d’entre elles conservent encore la culture de l’assemblée mixte telle que
conçue par les dispositions transitoires de 1997. Là où la culture de l’assemblée
mixte fait défaut, les revendications des étudiants sont plus difficiles à accueillir et à
gérer et le décanat détient tout le pouvoir sans laisser une brèche pour la
participation des étudiants dans la vie de la Faculté. Selon les dispositions
transitoires qui consacrent l’autonomie de l’UEH, la configuration organisationnelle
doit favoriser la participation de tous les acteurs dans la vie de cette Faculté et de
façon transparente. À la FMP par exemple, les étudiants sont apparemment liés aux
responsables par une communication verticale de type descendant. Si la
configuration organisationnelle de certaines Facultés ne favorise pas la participation
des étudiants et des professeurs dans les réflexions d’orientation de l’UEH, comment
pourrait-on aboutir à des résultats escomptés dans le cadre d’une véritable réforme ?
Comment s’entendre sur un consensus épistémologique à la base de la réforme s’il
n’existe pas réellement cet espace de débat contradictoire pour avancer des
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

3
thématiques en fonction de l’intérêt de la nation? Telle Université telle société.
L’université a pour devoir d’être à l’avant garde de la société en questionnant en
permanence tous les déterminants responsables du dysfonctionnement de la
sécurité sociale dans ce pays. C’est à l’Université d’État d’Haïti de donner le ton sur
le modèle de médecin approprié en fonction des besoins de notre pays, le modèle de
sociologue, le modèle d’Ethnologue, le modèle d’agronome, le modèle de juriste…
etc… La communauté universitaire doit trouver un consensus sur un cadre
épistémologique arrêté pour orienter une réforme en profondeur en fonction des
réalités du pays. Quels sont les déterminants qui sous-tendent des problèmes réels
que confronte la société d’aujourd’hui ? Problèmes identitaires ; Violences urbaines ;
Absence de citoyenneté ; Problèmes environnementaux ; Système de santé
inapproprié lié à une vision conventionnelle de santé publique … Toute réforme
universitaire doit tenir compte de tous ces déterminants et définir un cadre
épistémologique correspondant. L’Université d’État d’Haïti, malheureusement,
fonctionne depuis quelque temps de façon inquiétante et les crises en série durant
ces dernières années traduisent ce mal profond qui semble constituer un défi de
taille pour les acteurs dirigeants. Peut-on résoudre cette crise en cherchant
seulement à sanctionner des étudiants pour « l’incivisme ambiant » créé durant ces
six (6) derniers mois et passer un trait sur le déficit de gouvernance de certains
acteurs dirigeants de l’UEH ? Certaines questions méritent d’être posées dans le
cadre de la FMP par exemple ? La FMP nécessite-t-elle en réalité plus d’une
centaine de professeurs où plus de 60% d’entre eux sont peu disponibles pour
accompagner adéquatement les étudiants ? Une réforme sérieuse et équitable
pourrait seule répondre à une telle question que la société n’a peut-être pas le
courage d’avancer…

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

3
Proposition de sortie de crise :
L'émotion est encore très vive chez les deux parties à la FMP et des pôles de tension
s’agitent encore contre le Conseil exécutif du Rectorat. Il y a eu des dégâts humains
à la FMP de part et d'autres dans cette crise selon notre constat d'intervenante. Nous
avons ce souci de proposer un renforcement du processus de dégel amorcé pour
faciliter ce climat harmonieux tant souhaité au sein de l'UEH.
Phase I : fin octobre-fin décembre 2009
3. Consolider le processus de dégel amorcé par le CF durant ces quatre
dernières semaines. Cette consolidation tiendra compte de l’adoption des
mesures suivantes :


Amnistie générale à la FMP pour permettre à cette communauté de se
réconcilier avec elle-même. Je reprends les propos évoqués par le professeur
Eddy Lacoste[1] à la rencontre du 13 octobre 2009 avec le CF: « Il faut exiger
la signature d'un Gentlemen Agreement entre les parties annonçant une trêve et
mettant à l' écart des propos et actions inappropriés pouvant être assimilés à des
formes de violence. Dans ce même document, l'on fixera le cadre général global du
dialogue, les modalités de ce dialogue et un échéancier. L' on pourrait même
envisager la formation d' un comité de négociation pour réaliser alors le dialogue et
les négociations sérieuses entre toutes les parties pour une reprise alors
harmonieuse de toutes les activités au sein de la Faculté de Médecine ».

 Prévoir une cérémonie œcuménique à la réouverture de la FMP en présence
des autorités de l’UEH pour renforcer ce climat serein ;


Encourager les étudiants ayant fait l'objet de « sanctions » à effectuer des
actions communautaires en santé à travers des centres périphériques publics
de santé durant les trois prochains mois pour favoriser l'apprentissage du
devoir civique chez eux;

 Le Conseil de l’Université d’État d’Haïti doit définir une stratégie de dialogue
pour faciliter dans le plus bref délai des rencontres en série entre le Conseil
exécutif de l’UEH et la Faculté des Sciences Humaines ainsi qu’avec l’École
Normale Supérieure pour clarifier les enjeux sur la gestion des programmes
de maîtrise afin de retrouver un climat de confiance dans la relation entre le
Rectorat et ces deux Facultés. Une commission de 3 membres du CUEH se
porterait volontaire pour arbitrer ces rencontres. Le Conseil exécutif du
Rectorat doit travailler à enlever de l’esprit de la communauté des autres
Facultés la préférence semble-t-il affichée pour les Facultés de Médecine,
Science et Agronomie ;
 Suivi de l’application des mesures d’accompagnement pour permettre aux
facultés de fonctionner de manière adéquate dans le respect des droits des
étudiants, des professeurs et du personnel administratif. Nous reprenons ici
les mesures d’accompagnement soumises à l’exécutif pour les suites utiles :

À court terme (novembre 2009-janvier 2010)
•

Mettre une dizaine d’autobus aux services de l’UEH pour le transport
des étudiants.

•

Rendre fonctionnelles toutes les cafétérias de l’UEH et subventionner
les plats chauds

•

Aménager des dortoirs dans des maisons de résidence pour les
étudiants.

•

Implanter des bibliothèques fonctionnelles

Des mesures à prévoir aussi à court terme spécifiquement dans le cadre de la
FMP (novembre 09-janvier 2010)
•

Constituer une banque de ressources alternatives de spécialistes en
lien avec la coopération cubaine et les associations des médecins haïtiens en
pays francophones pour combler les vides pour les cours de Rhumatologie,
endocrinologie, anatomie radiologie, Histologie…

•

Trouver une entente avec la coopération cubaine, le Conseil de l’HUEH
ainsi que les moniteurs de la FMP pour le remplacement provisoire des
internes qui partent en service social d’ici janvier 2010 par les nouveaux
médecins haïtiens franchement diplômés de Cuba. Il faut agir en responsable
pour éviter une désorganisation des soins à l’HUEH durant au moins quatre
mois avec la rentrée tardive prochaine des nouveaux internes. Les nouveaux
internes de la FMP risquent de prendre service seulement à la fin du
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

3
printemps avec le retard provoqué par la crise…
•

Travailler à la réorganisation de la gestion des soins à l’Hôpital général
afin qu’il réponde aux normes d’un espace de savoir universitaire pour
accueillir les étudiants de la FMP (Le Conseil exécutif de l’UEH doit jouer un
rôle actif dans la redéfinition de la vocation de cet hôpital de concert avec le
Décanat, les chefs de département à la FMP ainsi que la Direction de l’École
Nationale des Infirmières);
À moyen terme : novembre 2009- juin 2010 (Suite des mesures
d’accompagnement)

•

Travailler à rendre fonctionnels les laboratoires au sein de la FMP

•

Injecter un fonds spécial d’urgence pour augmenter l’enveloppe
budgétaire de l’exercice 2009-2010 de l’UEH afin de lui permettre de faire face
à ses problèmes d’indigence et éponger les arriérés de salaire de 2 ans d’un
nombre important de professeurs…
À long terme

•

Travailler à mettre en oeuvre le processus de construction d’au moins 4
campus universitaires de L’UEH dans plusieurs départements.

2. À court terme (novembre 2009) : Création d’une commission
interdisciplinaire d’experts pour une réforme en profondeur de l’UEH


Créer une commission d’experts interdisciplinaires universitaires qui
sera chargée de conduire une réforme en profondeur de l’UEH. Pour
une duré de 6 mois (novenbre09- mars 2010), cette commission aura
pour mandat de :

o Définir avec les représentants de toutes les entités de la communauté
Universitaire un consensus épistémologique pour la conduite de la
réforme (quelle université pour quel pays et en fonction de quels
besoins?);
o Vérifier la gestion de la qualité de l’enseignement dans toutes les
Facultés en ce sens : analyser le cursus en vigueur (ces cursus
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

3
correspondent-ils en réalité aux besoins de la discipline en question et
aux réalités du pays ?);


À propos du statut des professeurs, est-ce que le nombre de
professeurs affectés correspond aux besoins du cursus de la Faculté ?
Le statut des professeurs à temps plein mérite d’être vérifié. Ce statut
doit être redéfini en fonction des nouvelles données de la Réforme ?
Les critères d’embauche des professeurs au sein des Facultés sont à
vérifier et à définir en fonction des nouvelles données de la réforme? La
disponibilité des professeurs selon l’importance de la matière
enseignée (les cours de 3 crédits nécessitant par exemple plus de
disponibilité en terme de durée que les cours de 1 crédit)



Vérifier la configuration organisationnelle de toutes les Facultés à la
lumière des dispositions transitoires du 21 février 1997 … Est-ce qu’il
existe des assemblées mixtes viables dans toutes les Facultés ?
Comment sont les relations entre étudiants, professeurs et le
personnel administratif au sein des Facultés ?



Est- ce qu’il existe des programmes de recherches au sein des
Facultés ? Est-ce qu’il existe des programmes d’extension universitaire
au sein des Facultés ?



Vérifier le statut des étudiants au sein de toutes les Facultés ?
(nombre de finissants, mémorants et réguliers)



Le cadre légal en perspective à vérifier et suggérer des stratégies
pressantes pour son élaboration finale ? Après 12 ans de la
proclamation des dispositions transitoires, il n’existe encore aucun
cadre légal les renforçant…

3. Concernant la gestion administrative des facultés (novembre 2009- février
2010)


Conduire un audit de gestion de toutes les facultés d’ici février 2010 afin
d’uniformiser la configuration organisationnelle administrative selon les
normes universitaires de gestion. La configuration organisationnelle de
gestion administrative universitaire doit tenir compte des prescrits des
dispositions transitoires.
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

4
Étape de restructuration organisationnelle de l’UEH
Phase 2 : Avril-octobre 2010


Réaliser des mini forums à travers les Facultés pour discuter des propositions
de recommandation de la commission de Réforme;



Organisation d’un congrès des étudiants pour valider les prescrits de la
réforme et définir les stratégies électorales pour le renouvellement graduel
des décanats, et des membres du Conseil exécutif de l’UEH ;



Organisation graduelle de nouvelles élections selon les nouveaux prescrits de
la Réforme découlant de l’esprit des dispositions transitoires ;



Rétablissement des Assemblées mixtes viables dans toutes les Facultés

Des suggestions par rapport à l’augmentation excessive des « mémorants »
Certains responsables de Facultés rencontrés ont fait part des difficultés éprouvées
avec la population des « mémorants » qui augmentent de plus en plus. Il faudrait
peut-être penser à des propositions de travaux de recherche collectifs parmi les
stratégies pouvant servir à solutionner ce problème crucial.
À court /moyen terme (novembre 2009-juin 2010)
 Organisation de séminaire de thèse intensif pour les mémorants de plusieurs
Facultés;
 Constitution de 10 ou 15 groupes de recherches pour travailler sur une
quinzaine de thématiques en rapport aux réels problèmes sociaux du pays :
Violences urbaines; Exploitation sexuelle sur les enfants de rue; Gestion du
SIDA en Haïti; La relation haitiano-dominicaine ; La crise alimentaire; Haïti et
les impacts du changement climatique; Famille migration et santé; Les jeunes
et la question identitaire; Quel système de santé nécessite Haïti?; Femmes et
violences sociales ; Perte identitaire et société de consommation…. Les
résultats de ces recherches feront l’objet d’une publication collective pour
aider à la compréhension des déterminants de ces problèmes sociaux.
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

4
Suggestion par rapport à « l’incivisme ambiant »
A moyen terme (janvier-décembre 2010)
Promouvoir l’Implantation graduelle de maisons de citoyenneté à travers les quartiers
sensibles pour offrir des ateliers sur l’action civique, la participation citoyenne, la
question de genre, les droits sexuels et reproductifs, la quête identitaire ….
Encourager des activités de loisirs sains pour les jeunes au sein de ces maisons de
citoyenneté…

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

4
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé
Doctorante en Sciences Humaines Appliquées
Intervenante communautaire en santé
Membre du Comité de Facilitation
Proposition de plan des délais pour une réforme Universitaire de taille
Étapes de dégel et introduction du
processus de réforme universitaire

Phase de dégel et
de redressement de
la gestion
administrative des
facultés

Oct.09

Nov.09

déc 09

Janv 10

Fev. 10

Mars. 10

Dégel des pôles de tension au sein de la
communauté universitaire et rétablissement d’un
climat serein de fonctionnement
Suivi de l’application graduelle des mesures
d’accompagnement pouvant faciliter un
fonctionnement harmonieux des facultés
Création d’une commission universitaire
interdisciplinaire indépendante d’experts de 5
membres pour interagir avec les entités de l’UEH
sur les stratégies de mise en œuvre de cette
réforme…
Conduire un audit de gestion de toutes les facultés
d’ici février 2010
Lancement d’un appel d’offre pour la construction d’au
moins 4 campus universitaires

Étapes de restructuration organisationnelle Avril
2010
de l’UEH
Phase de construit
d’un autre espace
de savoir pour un
programme
d’Enseignement
supérieur digne
d’Haïti

Mai.
2010

Juin
2010

Août
2010

Septembre
2010

Octobe
2010

Réalisation de mini Forum au sein des Facultés
entre toutes les entités sur le rapport de la
commission indépendante de réforme
Organisation d’un congrès des étudiants pour
débattre en atelier, de façon démocratique, les
prescrits du rapport de la commission
indépendante de réforme pour sa validation
Rétablissement des assemblées mixtes viables au
sein des facultés avant d’intégrer le ou les
campus universitaires

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

4
Nous n’avons pas pu rencontrer le corps
professoral faute de consensus entre les
membres du CF autour de la table

FMP dans la crise actuelle
et positionnement des acteurs
Décanat

Mme.Gladys Prosper --Dr. Dodley Sévère…

Conseil exécutif
de l’UEH

Réseaux internes

Assemblée des
étudiants/es

Corps professoral
CESFMP
Conseil des
Comité de
départements
Composante discipline
administrative

Conseil de l’UEH
composé de 33
membres

Les sanctions ont été apparemment prises dans des
conditions non conformes ???

Comité central de 11
étudiants

35 étudiants suspendus
pour deux ans

Rencontre avec le Conseil de
l’HUEH si nécessaire

Stratégie d’échantillonnage adoptée
pour l’orientation des rencontres

Solidarité externe

Sciences Humaines

Monde organisationnel des
étudiants dans cette nouvelle
crise

École Normale Supérieure

Ethnologie

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

4
Appréciation de
l’impact du mode
de savoir faire

Appréciation du
fonctionnement de la
FMP et du savoir faire
de l'équipe dirigeante

Appréciation de la
structure
Organisationnelle
de la FMP

Figure2: Cadre retenu pour apprécier le fonctionnement et
le savoir faire à la FMP
Adapté de François Champagne, 1999
Chercheur au niveau du Département d’Administration de la
Santé de l’Université de Montréal

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

4
Rencontre/Accueil
.
Information

Écoute

Mise en confiance

Pertinence
de
l’information

Qualité de
l’entretien

Écoute
Dialogue

Gestion d’état de crise

Objectivité/impartialité

Climat serein
Échange fructueux

Maîtrise de la crise (en
terme de dégâts humains )
Restauration d’une écoute et
quelles sont les solutions?

Les références provisoires
Aide à l’appréciation de
la situation
Disponibilité des
références

Qualité de l’accueil

Sécurité

Figure 3 : Cadre d’écoute
Adaptation de Loubat, J.R, 1997
Élaborer son projet d’établissement social
et Médico-social, Dunod p.122

Identification des difficultés,
des enjeux et des acteurs en
cause, des ressources et
points forts, points faibles,
des aspirations
Ouverture de
perspectives

Pertinence et opportunité
des perspectives,
faisabilité des démarches

Suivi

Multiplication des rencontres pour écouter les
points de vue de différents acteurs

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

4
Quelques Références bibliographiques utilisées dans ce compte rendu
Élie, J.R (juin 2000) , Réforme de l’Université Cadre Conceptuel, draft présenté au Conseil de
l’Université le 2 juin 2000 (Vice Recteur des affaires académiques lors)
Gosselin, R., Jean, P. (2005), Identification des besoins institutionnels à l’UEH et en particulier à
la Faculté de Médecine et de Pharmacie
Jean François. E, L'Échec de la société civile haïtienne à la lumière des dernières crises de
l’université d'Etat d'Haïti, Le Nouvelliste, 30 septembre 2009
Jouthe, E. et al (2005) Pour une Politique institutionnelle de la Recherche à l’Université d’État
d’Haïti, rapport présenté au Vice -recteur à la recherche, M. Fritz Deshommes
Loubat, J.R, (1997), Élaborer son projet d’établissement social et Médico-social, Dunod
Piquant, J. (7 octobre 2009), Université d’Etat d’Haïti : Pour une sortie de crise , Alter presse
Toussaint, H. (2 octobre 2009) Haïti: L'avenir du débat et de la raison en Haïti, Propos d’un
universitaire, Le Nouvelliste
___________________________________________
SE Le Président Préval, R. (2009), Adresse à la Nation, déclaration officielle sur la crise de la
FMP
Autres documents consultés
 Dubois. C.H et al, Avril 2009, Analyse et projection: Recensement des ressources humaines en santé en
Haïti, MSPP, ACDI, Unité Santé Internationale de l’Université de Montréal
 Éli, J.R (juin 2001) Projet de formation en administration universitaire à l’intention de
cadres administratifs de l’UEH, Université d’État d’Haïti
 Cadet, C.L (mai 2001) L’Université d’État d’Haïti aux défis du Changement, U.E.H
 La Faculté de Médecine et de Pharmacie, à la croisée des chemins (plan d’action 2007
élaboré par l’équipe dirigeante de la FMP, présenté en juin 2008 et revisité le 4 mai 2009)
 Des professeurs à temps plein (UEH 2000)

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

4
Besoins exprimés par la Direction de l’École Normale Supérieure

Rubriques
Arriérés de salaires
Deux véhicules
Laboratoire informatique
Matériel pour le laboratoire
de Chimie-Biologie
Climatiseurs
Stages
Bourses

Octobre 2005 à septembre 2009
1 Bus et un Tout-terrain
25 ordinateurs + 3 imprimantes

4,961,750.00
3,966,000.00
392,502.50
6,422,000.00

Bibliothèque et secrétariat
Étudiants finissant de l’ENS
Préparation de Master en
physique, Chimie, Biologie

286,405.00
3,000,000.00
9,400.000.00
28,428,657.50

Mission d’enseignement
6 missions en biologie et
Chimie

US$ 23,340.00
US$ 18,240.00
Billet d’Avion : US$ 1500 X 6
Frais d’Hôtel : US $ 100 X 7 jours X 6
Perdiem : 120 X 7 jours

TP en Mathématiques

255 heures de TP : US $ 20.00 X 255

US$ 9,000.00
US$ 4,200.00
US$
5,040.00.00
US$ 5,100.00

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

4
Besoins urgents exprimés par la Faculté d’Ethnologie
2 véhicules
Renforcement de la
bibliothèque
Activités de recherche
Laboratoire informatique
Cafétéria
Arriérés de salaire

Véhicules bus pour les
sorties d’extension
universitaire
500,000.00gourdes
1,500.000.gourdes
40 ordinateurs
Environ 1,500 étudiants
pour 10 mois
2007-2008 + 2008-2009

500.000.00gdes
3,387,400.16gourdes

Besoins urgents exprimés par Faculté des Sciences humaines
Renforcement de la
bibliothèque
Équipements, matériels
Département de
pour monter un studio
Communication sociale
Audio visuel
Laboratoire informatique
40 ordinateurs
Arriérés de salaires
Mars-juillet 2009
Arriérés de salaires
Mars-juillet 2008

Non chiffré
Non chiffré

1,187,504.84
280,000.00gdes

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

5
Annexes

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

5
Annexe 1. Adresse à la Nation de S.E Monsieur Garcia Préval, Président de
la République
«Cela fait maintenant de longs mois qu'une crise au sein de la Faculté de Médecine
et de Pharmacie, paralyse l'Université d'Etat d'Haïti, menace la paix publique et est la
source de nombreux drames humains.
«Mandaté par le peuple Haïtien, chargé par la Constitution de la bonne marche des
institutions de la République, j'avais néanmoins choisi de respecter l'autonomie de
l'Université, confiant que les auteurs directement impliqués auraient pu dégager,
dans le dialogue, des solutions harmonieuses et réalistes aux problèmes sérieux
soulevés à l'occasion de cette crise.
«L'Etat dont j'ai la charge s'était jusqu'ici limité à garantir le respect de la loi et la paix
des rues, laissant aux universitaires la responsabilité de résoudre une crise qui à
l'origine s'était présentée sous un aspect purement académique.
«Mais il est aujourd'hui évident que la confrontation a débordé ce cadre initial et que
ses interlocuteurs ne peuvent seuls y trouver une issue satisfaisante. Ce n'est plus
simplement le fonctionnement d'une institution qui est bloqué, mais celui d'une
société déjà fragilisée. L'intégrité des biens et des vies de nombreux citoyens est
quotidiennement violée, au nom de revendications recevables mais qui ne sauraient
être défendues de cette manière-là, sous un régime qui respecte scrupuleusement
les conquêtes populaires des libertés civiques et des libertés d'expression et
d'association en particulier.
«J'ai conscience d'avoir été critiqué pour mon obsession d'une stabilité fondée sur le
dialogue permanent entre acteurs sociaux et politiques, plutôt que sur l'autoritarisme.
Je persiste : le dialogue et la stabilité sont les seules garanties du l'autoritarisme. Je
persiste : le dialogue et la stabilité sont les seules garanties du progrès et du
bonheur de notre peuple, mais également de la reconquête de notre souveraineté
nationale, trop souvent sabordée par les comportements de ceux-là même qui se
présentent comme ses plus ardents défenseurs.
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

5
«La crise de l'Université sera résolue par le dialogue, au sein de l'institution, mais
également entre elle et l'ensemble de la société. L'autonomie universitaire ne libère
pas la nation de ses engagements envers son université, ni l'université de ses
devoirs vis-à-vis la nation.
«Sollicité par des parents inquiets de voir leurs sacrifices réduits à néant, par des
citoyens traumatisés par la répétition des atteintes à leurs biens et à leurs activités
vitales, par une Force Publique en pleine reconstitution et trop souvent mobilisée par
l'incivisme ambiant, j'ai décidé de m'investir dans la résolution de cette crise.
«Elle comporte à la fois des aspects urgents mais sous-tendus par un malaise
sociétal dont la genèse comme les solution dépassent l'étendue d'un simple mandat
quinquennal. Ce malaise ne sera levé que par un engagement sur le long terme de
l'Etat et de l'ensemble de la citoyenneté.
«En ce qui concerne les problèmes exigeant des solutions immédiates, j'ai décidé
d'une part de mandater un comité chargé de facilité dans le meilleur délai la reprise
d'un fonctionnement harmonieux de l'université d'Etat. De l'autre, et malgré les
difficultés financières évidentes auxquelles notre Etat est confronté, de dégager les
ressources indispensables à la résolution des problèmes les plus urgents. Les plus
profonds seront pris en compte par un effort soutenu de l'ensemble de la nation pour
redéfinir une politique de l'enseignement supérieur à la hauteur des défis auxquels
nous sommes confrontés.
«En attendant, je ne saurais cependant me dérober à mon devoir de garant de
l'ordre public et je réaffirme ma ferme volonté de mettre fin à toute atteinte à cet
ordre».
René Préval

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

5
Annexe 2 :
Communiqué de presse du Secrétariat de la Présidence donnant
mandat au Comité de Facilitation

Secrétariat Général de la Présidence
Palais National
PN/SG/09/00344
Communiqué de presse
La crise qui secoue l’Université d’État d’Haïti, s’éternise, dégénère et menace
l’existence même de cette importante institution.
Interpellée par cette institution, la Présidence, après consultation avec différents
secteurs concernés a décidé de confier à un Comité de Facilitation la mission
d’œuvrer à la reprise d’un fonctionnement harmonieux des différentes entités de
l’UEH dans les meilleurs délais et d’amorcer les solutions aux problèmes bien réels
mis en évidence par la crise actuelle.
Le mandat du Comité de Facilitation est de 30 jours
Le comité de Facilitation est ainsi composé :
-Madame Rose-Anne Auguste
-Mme Josseline Colimon Féthière
-Monsieur Émile Hérald Charles
-Monsieur Jean Alouidor
-Monsieur Fritzo Canton
-Monsieur Hérold Jean François

Palais National, le 23 septembre 2009
Fritz Longchamp
Secrétariat Général

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

5
Annexe III. Position des étudiants siégeant au sein du CUEH
Port-au-Prince, le 16 septembre 2009

Note à la communauté universitaire et au grand public
Vu les articles 8 et 24-f des Dispositions Transitoires ;
Vu le point 5 de la résolution adoptée par le Conseil de l’Université en date du 2
septembre 2009, votée le 7 septembre 2009 donnant mission au Conseil Exécutif de
monter, dans un temps record, une commission qui devra travailler sur la crise de la
Faculté de Médecine et de Pharmacie (FMP), impliquant toutes les parties,y compris
des membres du conseil de l’université.

3. Considérant que le décanat de la Faculté de Médecine et le rectorat de
l’Université ont reconnu justes les doléances des étudiants contestataires ;
2. Considérant que le décanat de la FMP a voulu exclure de l’institution, en date
du 8 septembre 2009, les étudiants grévistes. Une telle décision est réputée
non conforme à la résolution votée par l’organe suprême de l’U.E.H, le
Conseil de l’Université, réuni au Rectorat de l’Université, le 7 septembre
2009 ;
3. Considérant qu’aucune décision de force ne résoudra cette crise qui ternit
l’image de l’UEH en général et celui de la FMP en particulier ;
4. Considérant que les étudiants membres du Conseil de l’Université ont essuyé
une fin de non-recevoir de la part du Conseil Exécutif en date du 18 Août 2009
dans leur tentative d’assurer la médiation en vue de trouver une fructueuse
issue à la crise ;
5. Considérant que la reprise des processus de dialogue entre les différentes
parties impliquées dans la crise est le seul moyen d’arriver à une résolution
efficace et durable de cette crise ;
6. Considérant que les décanats de toutes les Facultés de l’Université sont
tenues d’appliquer, à tout le moins, d’optempérer aux décisions du Conseil de
l’Université d’Etat d’Haïti (C.U.E.H).

Pour empêcher l’effondrement de l’UEH, lié au non respect des dispositions
transitoires du 21 Février 1997 qui régissent jusqu'à présent son fonctionnement,
nous, étudiants membres du Conseil de l’Université, demandons au Conseil Exécutif
d’agir cette fois-ci, pour l’histoire, en appliquant la résolution prise et votée par le
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

5
Conseil de l’Université en date du 7 septembre 2009.
En effet, la décision du renvoi définitif ou partiel de certains étudiants de la FMP tend
à envenimer la crise et, par suite, à l’étendre à d’autres entités de l’UEH ; ce qui
compromettrait la stabilité et la sérénité au sein de celle-ci. Pour cela, nous réitérons
notre appel à la communauté de la FMP (membres du décanat, professeurs,
étudiants, membre du personnel administratif et de soutien), au Conseil Exécutif, au
Conseil de l’Université, à la société civile de revenir sur la table de dialogue pour
pouvoir résoudre la crise de la FMP sans causer préjudice à aucune des parties
impliquées dans la crise.
Nous condamnons énergiquement les violences, sous toutes les formes, perpétrées
dans les mouvements des étudiants et, comme il leur est reconnu le droit de
manifester, de faire valoir leurs doléances, nous leur recommandons de jouer la carte
de la prudence face à toute éventuelle alliance ou aide pour éviter toutes dérives,
sinon toutes violences dues à des infiltrations malhonnêtes.
Nous condamnons de toutes nos forces la chasse aux étudiants de la FMP, entamés
par la PNH sous l’autorisation du décanat de la FMP. De plus, nous déplorons les
mauvais traitements dont les étudiants de la FMP ont été l’objet lors de la dernière
intervention policière.
En définitive, nous déconseillons toute démarche visant á autoriser les forces de
l’ordre á violer l’espace universitaire. Il revient, par conséquent, au Conseil Exécutif,
en tant que responsable de la bonne gestion de l’UEH, de faire preuve de sérénité et
d’impartialité dans la crise actuelle.
Pour authentification :
NOM PRENOM (S) ENTITÉ SIGNATURE
1-FILS Pierre Inodyl FE
2- OLIVIER Daddy ENS
3- MEDEE Ewenso Simon IERAH/ISERSS
4- OXEUS Getho INAGHEI
5- SAINT-GERMAIN Patrick FO
6- PIERRE Sandiny FAMV
7- DELIZIN Emmanuel FDS
8- VICTOR Mario Gérard FDSE

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

5
Annex 4 : Proposition soumise par le Professeur Anselme Rémy et le Doyen de
l’ENS, Bérard Cénatus
Proposition de Résolution en vue de résoudre la crise à la Faculté de Médecine, de
Pharmacie et de Technologies Médicales
(Présentée par deux (2) membres du Conseil de l’Université (CU) Bérard Cénatus de
l’Ecole Normale Supérieure et Anselme Rémy de la Faculté des Sciences Humaines)
Vu les articles 34, 34-1, (Titre III), l’article 159 (Titre V), les articles 208, 209, 210,
211, 211-1, 212 (Titre VI) et l’article 296 (Titre XV) de la Constitution de 1987,
Vu les Dispositions Transitoires de Février 1997 réglementant le fonctionnement
général de l’Université d’Haïti (UEH),
Considérant qu’il y a lieu de réaffirmer la position du Conseil de l’Université (CU)
d’Etat d’Haïti comme seul organisme revêtu de l’autorité et de la capacité légale et
institutionnelle pour résoudre en dernière instance tout différend à l’intérieur de
l’UEH,
Considérant qu’il est urgent de résoudre le conflit qui paralyse la Faculté de
Médecine, de Pharmacie et de Technologies Médicales (FMP) depuis le mois d’avril
2009 et qui affecte le fonctionnement de plusieurs unités à l’intérieur de l’UEH,
Le Conseil de l’Université d’Haïti a décidé ce qui suit :
1. Il réaffirme qu’en vertu de l’Article 8 des Dispositions Transitoires de Février
1997, il « est l’organe suprême d’orientation, de contrôle et d’arbitrage de
l’UEH ». A ce titre, toute décision, toutes mesures qui affectent le statut et la
situation d’un membre de la communauté universitaire devront lui être
formellement soumises pour leur approbation ou validation en dernière
instance.
2. Il informe la population en général et la communauté universitaire en
particulier, que dans le but d’explorer toutes les initiatives pouvant aider à
trouver une prompte et juste solution à la crise paralysant la Faculté de
Médecine et de Pharmacie et de Technologies Médicales (FMP), il a rencontré
le lundi 28 septembre écoulé le Comité Présidentiel de Facilitation créé par le
Président René Préval dont la mission expresse et officielle est « d’œuvrer à
la reprise d’un fonctionnement harmonieux des différentes entités de l’UEH
dans les meilleurs délais … » Il a ensuite décidé de collaborer avec ledit
Comité de Facilitation, ce dans le respect scrupuleux de l’autonomie de l’UEH.
3. Dans le but de faciliter la détente au sein de l’UEH en général et à la FMP en
particulier, il a décidé d’accorder une amnistie générale pour toutes les actions
entreprises en violations des lois et règlements. Cette décision implique
l’annulation de toutes les sanctions imposées par les autorités universitaires
ou académiques aux violations commises lors des derniers événements et qui
ont abouti à la présente crise.
4. Il est crée un Comité de Négociation de cinq (5) membres sélectionnés au
sein du CU pour :
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

5
1. Servir d’interface directe et immédiate avec le Comité Présidentiel de
Facilitation dans le but de rendre plus fluides et plus efficaces les
échanges entre ce dernier et le Conseil Universitaire,
2. Initier des contacts avec tous les secteurs concernés à la FMP en vue
de contribuer au dégel des rapports au sein de cette unité de l’UEH et
arriver à la reprise des activités académiques.
3. Préparer et présenter un rapport préliminaire au CU dans un délai de
quinze (15) jours sur les mesures et actions immédiates à entreprendre
par les autorités universitaires pour améliorer la situation générale à la
FMP en priorité et dans les autres entités. Un autre rapport plus étoffé
devra être présenté dans un (1) mois.
5. Les étudiants de la FMP et leurs alliés dans les autres unités de l’UEH et des
autres universités devront cesser toutes manifestations de rues et à l’intérieur
des unités pendant la durée du travail du Comité de Négociation.
6. Les membres de la communauté universitaire de l’UEH, à quelques titres que
ce soit, doivent observer dans leurs rapports, directs ou indirects, les règles
de civilité et de respect mutuel. Le Conseil de l’Université (CU) de l’UEH
entend sanctionner toutes déclarations désobligeantes par voie de presse ou
autres (journaux, radio, internet, panneaux), visant à stigmatiser, ou insulter
un interlocuteur.
7. Le Conseil de l’Université informe la communauté nationale et universitaire
qu’il entend
i. jouer son rôle d’organe suprême d’orientation de contrôle et
d’arbitrage de l’UEH,
ii. sensibiliser les autorités nationales et le grand public sur les
problèmes, besoins urgents et à long terme de l’UEH,
iii. établir une plus grande transparence, égalité et équité dans la
répartition des fonds alloués à l’UEH, y compris ceux qui
seraient accordés en urgence dans le cadre de la dernière
déclaration du Président René Préval, ce pour en finir avec les
rentes de situation et la distinction entre grandes et petites
facultés,
iv. réorienter et dynamiser le processus de reforme universitaire en
vue de doter le pays d’une université publique au service de la
communauté en général et qui réponde aux exigences de ses
besoins et de son développement

Bérard Cénatus Anselme Rémy
Membre Conseil de Direction Délégué des Professeurs
Ecole Normale Supérieure Faculté des Sciences Humaines
P.S La présente proposition n’engage que les signataires. Toutes les
personnes et organisations affiliées ou pas à l’UEH sont encouragées à la
commenter et peuvent faire valoir leurs opinions aux signataires et/ou aux membres
du CU.

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

5
C.C Conseil de l’Université
Presse

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

5
Annexe 4. Retour sur la RENCONTRE AVEC LES ORGANES DE PRESSE
Entrevue très attendue par l’opinion publique, désireuse de connaître les démarches
et de se sentir rassurée sur les chances de succès du Comité par rapport à tant
d’écueils et de réticences clairement affichées.
Exposé assuré et explication conceptuellement satisfaisante du rôle et du parcours,
déjà effectué, du Comité : accueil favorable de l’ensemble des organes de Presse et
soulagement perceptible de l’opinion publique. Bref ! Acceptation et Accueil très
positifs du mode et de l’évolution de l’accomplissement, en toute sérénité, de la
mission à nous-mêmes impartie. Nécessité d’un relais par les autorités publiques
pour plus de solennité et plus de confiance dans un dénouement qui tienne compte
de la réalité des problèmes alors soulevés.
Le reportage d’Alterpresse sur le point de presse du Comité de Facilitation

Mercredi 7 octobre 2009
par Ronald Colbert
P-au-P, 06 oct. 09 [AlterPresse] --- L’Exécutif haïtien s’est engagé à doter
l’Université d’Etat d’Haïti (Ueh) d’une allocation extraordinaire de ressources
financières en vue de jeter les bases d’une reprise normale des activités au
sein de l’enseignement supérieur public dans la capitale, apprend l’agence en
ligne AlterPresse.
Le rectorat de l’Ueh fournira, d’ici le jeudi 8 octobre, un cahier de charges y
relatif, annonce le comité de facilitation entre les différents acteurs, formé, le
23 septembre 2009 pour un mandat d’un mois, par le président René Garcia
Préval.
Dans l’immédiat, seront apportées des réponses concrètes et adaptées,
comme une formule de cafétéria proche du modèle de cantine scolaire en
application dans les écoles fondamentales publiques.
Environ 60 % des facultés et écoles supérieures, telles la faculté d’ethnologie
qui compte reprendre les activités académiques le 7 octobre, se trouvent dans
une ambiance de reprise à une date non encore déterminée.
Par rapport aux sanctions à l’encontre de plusieurs étudiants contestataires à
la faculté de médecine et de pharmacie (FMP, paralysée dans son
fonctionnement depuis avril 2009), le comité de facilitation signale avoir noté
une “capacité de flexibilité” chez le décanat de la Fmp.
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

6
Cela ne signifie pas que le comité de facilitation peut entériner ou porter à
revenir sur les sanctions prises, lesquelles relèvent du décanat et des
structures compétentes de la Fmp.
“Une réalité d’apaisement, de dégel ainsi qu’une reprise de confiance ont
émergé. La désignation du comité de facilitation a bousculé un ensemble
d’inerties au sein de l’Ueh. Le conseil de l’Ueh, qui comprend 33 membres,
vient d’approuver, le 5 octobre, une résolution en faveur d’un dialogue avec le
comité de facilitation”, souligne le journaliste Hérold Jean-François, porteparole du comité dans sa première rencontre le 6 octobre avec la presse, à
laquelle a assisté AlterPresse.
Mais attention, l’ensemble des problèmes ne va pas être solutionné en 30
jours, au cours de la période qui correspond au mandat du comité de
facilitation.
Dès le départ, les personnes désignées [1] pour initier le dialogue avec toutes
les composantes au sein de l’Ueh ont exigé une garantie d’autonomie (sans
aucune interférence de la présidence haïtienne) afin de pouvoir conduire les
démarches d’échanges et de concertation.
Depuis leur désignation, ils se sont réunis en 3 fois avec René Préval pour lui
exposer l’évolution de leur travail et lui faire part de recommandations et de
mesures d’accompagnement à adopter très rapidement pour ramener le calme
à l’université d’Etat d’Haïti.
Cette “commission ad hoc”, qui a rencontré le rectorat, le Conseil de l’Ueh, le
décanat de la faculté de médecine et de pharmacie (Fmp) et son conseil des
chefs de département, les comités de discipline dans certaines facultés, et eu
des rencontres informelles avec d’autres acteurs directs et indirects “ de
manière à responsabiliser chacune et chacun”, créera une fenêtre
d’opportunités pour des discussions plus approfondies à l’université d’Etat
d’Haïti.
Seront alors posés les problèmes fondamentaux urgents : de cafétéria, de
laboratoire, de dortoir, de bibliothèque, d’autobus, de campus et de réforme.
Sur la question de campus, le comité de facilitation propose à l’Exécutif de
lancer un appel d’offres pour la mise en oeuvre proprement dite, d’ici à 2011,
d’un grand espace de regroupement universitaire public au nord de Port-auPrince.
Parallèlement, dans une perspective de long terme, face au désespoir des
jeunes – qui craignent d’être confrontés au chômage au sortir de l’université -,
le comité de facilitation suggère de rapprocher l’université d’Etat des familles
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

6
en mettant en place des structures fonctionnelles d’enseignement supérieur
public en province.
Le comité de facilitation lance un appel à une prise de conscience chez la
partie des étudiants “ qui ne se sentent pas encore confortables pour entamer
le dialogue”, afin d’arriver à un minimum, c’est-à-dire une reprise de la qualité
de vie au sein de l’université d’Etat d’Haïti.
Tout en admettant les questionnements, le comité de facilitation pour une
reprise harmonieuse des activités académiques à l’Ueh rattache les résultats
de sa mission (qu’il précise être une “implication citoyenne bénévole”) à la
disponibilité et aux dispositions des acteurs à vouloir un déblocage réel de la
situation de crise.
Les membres du comité de facilitation affirment haut et fort qu’ils n’ont pas
reçu ni ne recevront aucune rémunération pour la mission qu’ils exécutent
pendant un mois “à l’appel de la communauté universitaire”.
Il s’agit, avant tout, de favoriser un dialogue ouvert, y compris avec les
étudiantes et étudiants, principaux bénéficiaires directs de l’offre de formation.
“Nous voulons rapprocher les protagonistes et effacer les antagonismes en
mettant toutes les énergies en synergie”, avancent les membres du comité de
facilitation qui soulignent n’être ni une instance au sein de l’Ueh, ni une
structure de décision. [rc apr 06/10/2009 14:00]

[1] La gestionnaire Jocelyne Féthière, l’ingénieur Mathias Pierre, le journaliste et
directeur de la station privée Radio Ibo Hérold Jean-François, Dr. Emile Hérald
Charles, Me Fritzo Canton, Dr Jean Alouidor (pédiatre) et l’infirmière (également
doctorante en sciences humaines) Rose Anne Auguste sont les 7 membres du
comité de facilitation.

Ronald Colbert [AlterPresse - Haiti]

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

6
Annexe 5- Deux documents de ceux soumis par les étudiants du Comité
Central de la Faculté de Médecine
Annexe 5.1 Suivi du « Manifeste des 8 »
Considérant la pétition « Manifeste des 8 » du mois de novembre 2008 signée par
l’ensemble des promotions de la FMP, adressée au Rectorat de l’UEH et au décanat
et restée sans réponse, dans laquelle déjà étaient relatés les multiples difficultés
auxquelles la FMP fait face telles : absence de certains cours, fermeture des
laboratoires, réduction de la durée des stages, dysfonctionnement de la bibliothèque,
etc.
Considérant la note datant du 3 novembre 2008 interdisant tout mouvement de
protestation pour quelque soit la raison sous peine d’être sanctionné (sanction allant
de la suspension a l’exclusion définitive), bafouant tous les principes et acquis
démocratiques
Considérant l’absence non motivée auprès de la communauté estudiantine de la
doyenne pendant cinq mois, ce qui constitue une faute administrative excessivement
grave
Considérant qu’après l’arrêt de travail du 27 avril, la lettre du 29 avril du Comité
Central invitant les responsables du décanat a initier des débats autour des
problèmes sus-cités demeure jusqu'à date sans réponse
Considérant le refus manifeste du décanat de communiquer avec les étudiants et sa
volonté de contourner les problèmes justifiés par une convocation des parents à une
réunion a l’HUEH le lundi 4 mai 2009, ce qui traduit leur irresponsabilité et qui montre
que selon eux il n’existe aucune différence entre un écolier et un universitaire
Considérant que leur première intervention sur la crise a été faite au niveau de la
presse (note de presse du 2 juillet 2009) et ce, trois mois après l’arrêt de travail
observé a la faculté.
Considérant que le Dr Gladys T. Prosper a elle-même déclaré sur la radio Vision
2000 lors de la rubrique « Invité du jour » animé par M. Valery Numa qu’elle ne
dispose pas de baguette magique pour pallier aux divers problèmes de la faculté et
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

6
ce malgré ses trente-trois ans passés dans les sphères décisionnelles de la FMP, ce
qui prouve donc son manque flagrant de vision

Considérant que Dr Gladys T. Prosper lors d’une émission sur la TNH se déclare
contre toute idée d’assemblée mixte avec les étudiants sous prétexte que ces
derniers sont des « têtes brulées » pour citer ses propos.
Considérant notre première rencontre officielle avec différents professeurs tels les
Drs Telemaque, Deverson, Desmangles, Gedeon déclarant que toutes nos
revendications sont justes, fondées et générées par le simple fait que des notions de
base en administration font défaut a l’équipe dirigeante pour citer le Dr Louis Franck
Telemaque (a la salle de DCEM2)
Considérant notre première rencontre officielle avec différents professeurs tels les
Drs Telemaque, Deverson, Desmangles, Gedeon declarant que toutes nos
revendications sont justes, fondées et générées par le simple fait que des notions de
base en administration font défaut a l’équipe dirigeante pour citer le Dr Louis Franck
Telemaque (a la salle de DCEM2)
Considérant notre deuxième rencontre avec les professeurs (Drs Noel, Milce,
Gedeon, Desmangles). Ce dernier nous a choque par ses révélations qu’il a
également tenues a l’émission « Ranmase » de Caraibes FM « questionné sur le
succès étonnant de mes étudiants au cours d’anatomie en PCEM1 le quota de la
discipline pour laquelle généralement les étudiant échouent, est passé de 150 a 50
points… On dirait que le décanat part en guerre contre les étudiants »
Considérant que la médiation entamée avec le Dr Deverson a la mi-mai soldée par le
refus du décanat de s’asseoir autour d’une table avec les étudiants pour débattre de
la crise
Considérant que la médiation entamée avec Dr Junot Felix à la fin du moi de mai
ayant facilité une rencontre avec le recteur, M. Jean Henry Vernet et le vice-recteur
aux affaires académiques, M. Wilson Laleau au cours de laquelle nous était faite la
fallacieuse promesse d’arriver dans le plus bref délai a une solution devant mettre fin
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

6
a cette crise
Considérant les lettres du 3 juillet 2009 et du 8 juillet 2009 du Comité Central
sollicitant le dialogue avec le décanat, lettres qui ont été remis respectivement aux
Drs Junot Felix et Deverson et qui sont jusqu'à date restées sans réponse
Considérant la rencontre avec les professeurs Emile Herard Charles, Demorcy,
Buteau, Cherro, Desmangles, Bernard Pierre au terme de laquelle Dr Demorcy
déclara qu’après constat, le décanat a perdu toute légitimité
Considérant qu’après près de quatre mois de crise le recteur refuse tout dialogue
avec les étudiants, refuse de comprendre que l’université est le lieu de débat
contradictoire par excellence et déclare le 20 juillet qu’il n’est pas venu pour
dialoguer mais pour livrer un message.
Considérant que le 18 août les représentants d’étudiants auprès du rectorat ont
sollicité auprès de celui-ci une rencontre en vue de discuter sur la crise de la FMP,
lettre déclarée irrecevable par le rectorat sous prétexte que les représentants
signataires de la lettre n’avaient pas posé leurs paraphes mais leurs noms
Considérant la tentative d’assassinat orchestrée dans la nuit du 28 au 29 août 2009
par les différentes unités des forces de l’ordre (a noter ce soir la la présence
d’ambulance pour empiler les cadavres, de sapeurs pompiers pour laver le sang des
étudiants…)
Considérant que sans solution aucune à la crise on prétend reprendre les activités
académiques comme si de rien n’était
Considérant la dernière rencontre avec les professeurs Emile Herard Charles,
Telemaque, Levêque, Desmangles, Jean Louis, Lafontant, Abel dans une
atmosphère sereine, calme, paisible ou il a été conclu que ces professeurs devraient
assurer la mediation entre le décanat et les étudiants
Considérant que dans la matinée du 9 septembre, triste et alarmant est de constater
le mépris, le non respect de la personne humaine témoignés par la tentative de
tuerie ordonnée par le décanat
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

6
Considérant les différentes mesures discriminatoires visant les plus pauvres, les
« anonymes » sans référence sociale et la volonté manifeste de boycotter la
formation de cette « génération d’intrus » comme ils le disent
Considérant la pétition signée par 462 étudiants témoignant leur désaccord avec le
mode de gestion de cette équipe
Considérant qu’en définitive tout le monde, quelque soit sa position sociale, politique
ou économique, notamment le recteur Jean Henry Vernet reconnaît la justesse et la
légitimité de toutes nos revendications
Nous, les représentants élus des différentes promotion de la Faculté de Médecine et
de Pharmacie / Ecole de Technologie Médicale de l’Université d’État d’Haïti
déclarons ce qui suit :
Nous ne reconnaissons plus l’autorité morale et la légitimité de cette équipe
décanale par conséquent nous déclarons nuls et sans effet toute décision prise
jusqu'à la résolution de la crise.

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

6
Annexe 5.2

POUR UNE AUTRE FMP/ETM
10/15/2009
Le Comité Central.

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Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

6
A 7 mois près, la crise à la FMP/ETM n’est toujours pas résolue. Les
revendications estudiantines jugées pertinentes et justes par tous, et visant à rendre
la FMP plus performante, à la rendre à la fois adaptée à la réalité haïtienne et
standardisée (comme le recommandent d’ailleurs les dispositions transitoires de
l’UEH statuant sur les procédures de réforme au sein de l’Université) sont
paradoxalement jusqu'à présent restées sans réponse aucune.
Cette crise nous a permis malheureusement de constater que l’Université d’Etat
d’Haïti, tout comme la plupart des institutions publiques du pays n’échappe pas au
laxisme, à la mauvaise foi, au manque de sens de responsabilité… des personnes
mandatées à diriger.
Encore une fois, nous semble-t-il que la notion de « chef », consciemment ou pas,
n’est pas totalement maîtrisée. Le désir d’imposer un discours dominant, de fuir les
débats contradictoires est plus que manifeste. Alors que plus d’uns le savent
pertinemment, la mission d’un dirigeant, « d’un chef » n’est autre que d’aider, que de
servir, que d’accompagner ou de guider le dirigé.
Nous ne cesserons jamais de le répéter : L’université est le miroir de toute société,
de tout pays. Aussi, dans notre cas ne serait-ce nullement une surprise si l’image
qu’elle reflète est déformante, laide, affreuse : lorsqu’on considère le nombre
incalculable de problèmes auxquels elle est confrontée et surtout lorsqu’on remarque
le manque de volonté flagrante de pallier à certains d’entre eux.
Dans le contexte où nous évoluons actuellement, où tout est prioritaire, nous ne
pouvons en aucun cas, nous permettre le luxe de continuer à creuser le fossé de
l’injustice sociale, du mensonge, des inégalités socio économiques, de la dérive de
nos institutions publiques et surtout du dysfonctionnement de notre système
éducatif…
Aujourd’hui, triste et affligeant est-il de faire face presqu’impuissamment à la
perte des valeurs acquises à l’école, à l’église, dans la famille…ou d’assister à la
disparition de certaines notions vertueuses telles le respect de l’autre, la
confraternité, l’amour de l’autre, l’amour du travail, l’amour du pays, de la
communauté…Tout semble ne plus exister. Aucun modèle, aucune élite…
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

6
Il n’est un secret pour personne que les problèmes du pays sur le plan
sanitaire sont criants. Le manque de moyens financiers, le manque important de
ressources humaines et surtout l’absence d’une politique d’amélioration des
conditions de vie… ne constituent certainement qu’un amer cocktail à placer
honteusement ou fièrement (dépendamment des personnes impliquées) sur la table
du sous-développement, de la misère et de la pauvreté.

Nous sommes à un carrefour historique. Et de tous ceux qui ont eu à
intervenir à propos de cette crise à la FMP/ETM, une seule conclusion est à tirer : si
une solution réelle, durable et efficace n’est pas adoptée dans le plus bref délai,
l’UEH en fera les frais. Et de ce fait, le pays en sera le plus grand perdant.

Notre premier document sur la crise à savoir : La Radiographie de la
FMP/ETM Quelle issue !!! que nous avons publiée et dans laquelle sont clairement
énumérées les différentes irrégularités administratives et académiques auxquelles
nous faisons face quotidiennement est plus que justifiée, surtout lorsque le 23
septembre 2009, le Président de la république eut été amené à mettre sur pied une
commission de facilitation à la résolution de la crise. Voila donc la preuve tangible de
l’incapacité et de l’incompétence des personnes censées décider sur le
fonctionnement adéquat de l’UEH, qui jusqu’ à date demeure malheureusement le
seul centre public de l’enseignement supérieur.
L’état actuel de notre chère Université, particulièrement de la faculté de
médecine et de pharmacie ne nous rend pas fiers. Nous avons plus de problèmes
que de salles de cours, que de livres, que de professeurs à plein temps, que de
laboratoires…
Aussi, force était de constater le déclenchement de la crise à la Faculté de
médecine, très peu de temps après celles observées à l’ENS et à la faculté
d’ethnologie. Témoignage donc de l’effondrement d’un système inefficient, inadapté
et inapproprié à la réalité haïtienne ainsi qu’au processus actuel de globalisation.

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

6
Il nous est donc un devoir 7 mois après, de rappeler dans ce document les
problèmes de la Faculté de médecine et surtout les vraies raisons qui nous ont
pousse à observer un arrêt de travail depuis le 27 avril 2009.
La faculté de médecine ces deux dernières années, avec cette équipe décanale a
pratiquement laissé le rail de la compétitivité et de la modernisation.

Y a-t-il eu un projet académique réel ?
- Notre programme s’étend sur 24 semaines de cours (y inclues les semaines
d’examen), alors que l’on sait très bien que la durée standard requise est de 30 à 33
semaines.
-La durée des stages hospitaliers est réduite de moitie. (Certains passent même à
une semaine)
-En première année, on n’a plus de Statistiques médicales, en 2e année de médecine
on n’a plus de Radiologie anatomique et pire encore, la Doyenne de la faculté ne
vient plus dispenser depuis 2 ans, son cours de T.P d’Histologie ou encore
celui d’ana-pathologie digestive en DCEM2.De quoi parle-t-on maintenant ? De
manque de ressources humaines ?
- En 5e année, le cours de médecine familiale longtemps enseigne par le Dr.
Lubrenne Bien-aimé est inexplicablement sorti du cursus. Rappelons donc pourquoi.
En juillet 2008, il y eut un problème avec ce dernier, ce qui a traine une première
crise jusqu’en septembre 2008. (Voir radiographie de la FMP/ETM) de laquelle le
docteur sera révoqué pour absence répétée, et par conséquent, le cours qu’il avait
entame depuis une semaine dans la nouvelle année académique n’est plus. A ne pas
oublier la gériatrie, l’endocrinologie qui ne sont plus enseignées.
-En pharmacie, les stages hospitaliers ne se font plus. Aucun mécanisme n’est mis
en place pour relever le niveau de cette section. Des cours comme : Pharmacie
hospitalière, sante publique, virologie, endocrinologie ont bizarrement disparu du
cursus.
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

7
-Pendant que la science ne cesse de se développer, pendant que partout dans le
monde on ne cesse de faire la promotion de la recherche, pendant que surtout la
science médicale devient de plus en plus pratique, paradoxalement à la faculté de
médecine on procède à la fermeture des laboratoires. Aujourd’hui, ne fonctionne
plus, le laboratoire de botanique qui a laisse sa place aux bureaux du DESS. Le
laboratoire de contrôle de la qualité des médicaments est dysfonctionnel. Celui de
physiologie est dans un état délabrant.
-Des livres qui nous ont été offerts dans le cadre de la coopération avec l’Université
de Montréal, n’ont jamais été mis à notre disposition depuis deux ans. Alors que
tout le monde sait dans quel état se trouve notre bibliothèque. (Peut-être que
c’est ainsi qu’ils définissent le concept de bibliothèque virtuelle).
Peut-être comme l’est souligné dans leur bilan, que tout cela fait partie du
projet majeur de refonte du Curriculum de la faculté. Peut-être qu’il y a une
tentative de moderniser la Faculté et que malheureusement nous n’arrivons
pas à comprendre. Peut-être…

Quelle orientation compte-t-on donner à la Faculté ???

-Le terrain de jeu est transformé en parking si bien que toute tentative d’organiser
des activités sportives sur la cour est un délit…Paradoxal hein !!! Des professionnels
de la sante ne faisant pas de sport.
-Les activités culturelles sont bannies. Peu d’importance est accordée aux journées
scientifiques, autrefois très prisées.
La Commission de Refonte des règlements internes par son travail, illustre
parfaitement l’objectif poursuivi par le Décanat. En effet, il y a de quoi être
sérieusement inquiet lorsqu’on considère :

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

7
L’article : 39 (page 16) stipulant que « …les salles de cours et de travaux pratiques
peuvent être mises à la disposition des enseignants et des étudiants d’une faculté
privée par autorisation du Décanat. »
Nous pouvons expliquer pourquoi donc nous avions eu des textes d’examens
avec l’en-tête d’une faculté privée. Ce sont donc les échanges inter facultaires qui
commencent déjà.
Les articles : 54-55 (page 19-20) stipulent que : « Les membres des comités de la
faculté peuvent être des professeurs de la Faculté, des vices doyens, des
personnes ressources non attachées à la Faculté. Ces comités sont entre
autres :…comité de contrôle des résultats d’examen, comité d’équivalence, comité
de gestion de la bibliothèque, comité de discipline… »
Comment donc comprendre que des personnes qui n’ont rien à voir avec la
Faculté puissent définir son mode de fonctionnement, puissent définir notre avenir,
puissent prendre des mesures disciplinaires, puissent déterminer qui doit pouvoir
bénéficier de la formation donnée à la Faculté ? Quelle ingérence ! Est-ce pour
confirmer que nous n’avons pas la compétence requise pour prendre les rênes de la
Faculté ? Ou ce sont les règles de l’administration du 21e siècle qui sont en train
d’être appliquées ?
Lorsque l’article 114 (page 40) stipule que : « l’admission en 1ere année de
médecine, de pharmacie et de technologie médicale s’obtient par voie de concours :
cependant le nombre d’admis sera déterminé de façon périodique selon les
capacités d’accueil de la Faculté… »
Nous pouvons donc y voir une tentative d’explication du fait qu’en 1ere année
nous avons actuellement près de 50 places vacantes. De la place se fait donc pour
leurs amis étudiants qui seront admis par équivalence en 1ere et en 2e année. Point
n’est besoin de participer au concours. Et c’est triste lorsque nous savons
pertinemment qu’il y a un manque flagrant de personnel de santé dans le pays. Et
surtout lorsque nous savons aussi que l’État haïtien dispose d’un budget annuel pour
165 étudiants en 1ere année afin de pouvoir offrir à ce peuple si courageux, qui ne
rechigne pas pour payer les taxes réclamées à cet effet, la possibilité de voir ses fils
bénéficier d’une formation solide, soutenue et adéquate.
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

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N e s o y o n s p a s c o m p l i c e s d e c e t t e t e n t a t i v e d’exclusion
socioprofessionnelle à peine voilée : « L’internat est possible avec 40
personnes. » comme l’avait dit La Doyenne, Dr. Gladys Prosper… (À noter
également le règlement visant a empêcher toute personne ayant un handicap
physique à fréquenter la faculté)
Lorsque l’article 122 (page 42) stipule que : « …au surplus sera ouvert au Décanat
un dossier confidentiel dans lequel seront consignées les différentes observations
relatives au comportement de l’étudiant durant son passage à la Faculté… Dossier
qui peut-être communiqué à la demande d’autres Centres Universitaires sur une
base confidentielle. »
Donc nous pouvons comprendre clairement les propos du vice doyen de
médecine, Dr. Dodley Sévère à savoir : « si se nan mache Salomon nou pral
profese, pa gen pwoblem. Men si se pou travese frontyè menmm la SaintDomingue, nou met kontinye di aba paske se avem nap jwenn. »
Cet article ne s’écarte nullement du courant qui circule à la Faculté.
Rappelons la fameuse note du 3 novembre 2008 qui nous interdisait formellement
de nous réunir, de revendiquer pour quelle que soit la raison, sous peine après être
identifiés, d’être passibles de suspension voire même d’exclusion.
Nous ne mentons pas quand nous répétons qu’on nous ignore, qu’on nous
marginalise. Notre droit d’expression, de contestation et surtout de questionner la
gestion de la Faculté que nous fréquentons nous est refusé arbitrairement. Et ce
n’est pas la note de presse qui convoquait nos parents à une réunion le 4 mai
2009(en témoignent les demandes de discussion du 29 avril, du 3 juillet, du 8
juillet qu’ils ont boudées) pour débattre de la crise, qui dira le contraire. Alors qu’à
l’Université c’est l’andragogie. C’est l’espace par excellence des débats
contradictoires entre les différentes entités.
Qu’ont fait les Étudiants pour subir un tel sort ??? Pourquoi la FMP/ETM doitelle périr ??? Quel est le plan ??? A quelle fin ??? L’avenir dira le reste…

Il y a eu une absence flagrante de vision, de l’irresponsabilité, de la mauvaise
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

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foi, un manque de savoir faire…
Oui quand on considère : la pétition « Manifeste des 8 » du mois de novembre 2008
signée par l’ensemble des promotions de la FMP adressée au Rectorat de l’UEH et
au décanat et restée sans réponse, dans laquelle déjà étaient relatées les multiples
difficultés auxquelles la FMP fait face telles : absence de certains cours, fermeture
des laboratoires, réduction de la durée des stages, dysfonctionnement de la
bibliothèque, etc.
- l’absence non motivée auprès de la communauté estudiantine de la doyenne
pendant cinq mois, ce qui constitue une faute administrative excessivement grave;
- qu’après l’arrêt de travail du 27 avril, la lettre du 29 avril du Comité Central invitant
les responsables du décanat à initier des débats autour des problèmes suscités
demeure jusqu'à date sans réponse;
- le refus manifeste du décanat de communiquer avec les étudiants et sa volonté de
contourner les problèmes justifiés par une convocation des parents à une réunion à
l’HUEH le lundi 4 mai 2009, ce qui traduit leur irresponsabilité et qui montre que
selon eux, il n’existe aucune différence entre un écolier et un universitaire;
- que leur première intervention sur la crise a été faite au niveau de la presse (note
de presse du 2 juillet 2009) et ce trois mois après l’arrêt de travail observé à la
faculté;
- que le Dr Gladys T. Prosper a elle-même déclaré sur la radio Vision 2000 lors de la
rubrique « Invité du jour » animé par M. Valery Numa qu’elle ne dispose pas de
baguette magique pour pallier aux divers problèmes de la faculté » et ce
malgré ses trente-trois ans passés dans les hautes sphères décisionnelles de
la FMP, ce qui prouve donc son manque flagrant de vision;
-que Dr Gladys T. Prosper lors d’une émission sur la TNH se déclare contre toute
idée d’assemblée mixte avec les étudiants sous prétexte que ces derniers sont des
« têtes brulées » pour citer ses propos;
- notre première rencontre officielle avec différents professeurs tels les Drs
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

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Télémaque, Deverson, Desmangles, Gédéon déclarant que toutes nos
revendications sont justes, fondées et générées par le simple fait que des notions de
base en administration font défaut à l’équipe dirigeante, pour citer le Dr Louis Franck
Télémaque (à la salle de DCEM2) ;
- notre deuxième rencontre avec les professeurs (Drs Noel, Milcé, Gédéon,
Desmangles).Où le Dr Desmangles nous a choqué par les révélations qu’il a
également tenues à l’émission « Ranmase » de Caraïbes FM : «

j’ai été

questionné sur le succès étonnant de mes étudiants au cours d’anatomie en
PCEM1, par conséquent, le quota de la discipline pour laquelle généralement
les étudiants échouent, est passé de 150 à 50 points… On dirait que le décanat
part en guerre contre les étudiants »
- que la médiation entamée avec le Dr Deverson à la mi-mai est soldée par le refus
du décanat de s’asseoir autour d’une table avec les étudiants pour débattre de la
crise;
-que la médiation entamée avec Dr Junot Félix à la fin du mois de mai ayant facilité
une rencontre avec le Recteur, M. Jean Henry Vernet et le vice-recteur aux affaires
académiques, M. Wilson Laleau au cours de laquelle, nous était faite la fallacieuse
promesse d’arriver dans le plus bref délai à une solution devant mettre fin à cette
crise;
-les lettres du 3 juillet 2009 et du 8 juillet 2009 du Comité Central sollicitant le
dialogue avec le décanat, lettres qui ont été remises respectivement aux Drs Junot
Félix et Aristobule DEVERSON et qui sont jusqu'à date restées sans réponse;
- la rencontre avec les professeurs Emile Hérard CHARLES, DEMORCY, Buteau,
Cherro, Desmangles, Bernard Pierre au terme de laquelle Dr Demorcy déclara
qu’après constat, « le décanat a perdu toute légitimité. »
-qu’après près de quatre mois de crise le Recteur refuse tout dialogue avec les
étudiants, refuse de comprendre que l’université est le lieu de débat contradictoire
par excellence et a déclaré le 20 juillet « n’être pas venu dialoguer mais pour livrer
un message »;

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

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- que le 18 août les représentants d’étudiants auprès du rectorat ont sollicité auprès
de celui-ci une rencontre en vue de discuter sur la crise de la FMP, lettre déclarée
irrecevable par le rectorat sous prétexte que les représentants signataires de la lettre
n’avaient pas posé leurs paraphes mais leurs noms;
-la dernière rencontre avec les professeurs Emile Herard Charles, Télémaque,
Leveque, Desmangles, Jean Louis, Lafontant, Abel le lundi 7 septembre, dans une
atmosphère sereine, calme, paisible où il a été conclu que ces professeurs devraient
assurer la médiation entre le décanat et les étudiants;
-la déclaration plus que tendancieuse du Dr. Mallebranche sur les ondes de RFM, le
dimanche 13 septembre 2009 « Si les étudiants sortent victorieux de cette crise,
que la FMP meure »

Et puis…il y a eu ces dernières gouttes d’huile versées sur le feu de la mobilisation
avec les attaques, les tentatives d’assassinat de la nuit du 28 août au 29 août et du 9
septembre 2009, bafouant ainsi tous les acquis et principes démocratiques et
traduisant le non respect de la personne humaine.
Pourquoi avoir choisi cette voie ? Pourquoi ? Où est la moralité dans tout ça ? Les
étudiants sont à tort traités de bandits, de menteurs, d’incapables, d’immatures…
parce qu’ils revendiquent une meilleure formation, parce qu’ils font savoir leur rêve
de grandeur, leur vision d’une faculté compétitive pouvant offrir des cadres modèles
au service de cette pauvre nation au combien courageuse. Il faut souligner que ces
récents événements n’ont fait qu’approfondir le fossé dû à cause de cette crise. Les
séquelles sont inoubliables. C’est triste et hypocrite de diaboliser de vaillants
étudiants, de patriotiques jeunes gens, qui au péril de leur vie défendent le projet
d’une autre Université afin d’aboutir à une société renforcée.

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

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NOS REVENDICATIONS

En relevant les divers problèmes auxquels la FMP/ETM fait face, après avoir
questionné le mode de gestion de notre alma mater et tenant compte de notre rêve
d’avoir une Faculté plus performante et pouvant offrir à tous indistinctement, une
formation solide, nous tenons donc à préciser de nouveau nos revendications, qui
une fois satisfaites, certainement permettront à ce que la FMP/ETM continue à
former valablement des cadres pour la société et surtout pour le système sanitaire du
pays déjà très fragile.

A COURT TERME

1) Il est évident que la crise a confirmé l’absence de vision, le manque de sens de
responsabilité de nos dirigeants…et de plus il est clair que la méfiance des étudiants
vis-à-vis de cette équipe dirigeante n’a cessé de s’accentuer au point que leur
légitimité soit sérieusement remise en question. Aussi, pour assurer le bon
fonctionnement de l’institution et le redressement de cette pénible situation, il s’avère
donc indispensable que soit envisagé et adopté le sage recul de ce Décanat des
prises de décisions au sein de la FMP/ETM. Ce qui devra donc justifier la tenue d’un
conseil provisoire devant assurer l’intérim, liquider les affaires courantes et surtout
d’assurer de nouvelles élections dans le plus bref délai.
2) Compte tenu des multiples questions et inquiétudes soulevées par les règlements
nouvellement élaborés, la décision de soumettre ces derniers à des débats entre les
entités (étudiants, personnel administratif, professeurs…) compétentes et qualifiées
à cet effet, s’impose indubitablement.
3) Nous exigeons que les articles 147-148 et 169 du livre vert régissant jusqu'à date
le fonctionnement de l’institution, « nous autorisant à revoir toutes nos copies 15
jours après la remise des bulletins, et surtout à ce que celles-ci soient corrigées dans
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

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l’anonymat complet » afin d’éviter tout dérapage inutile soient appliques sans
condition.
4) Nous exigeons également la tenue d’Assemblée(s) Mixte(s) afin que chacune des
entités concernées (décanat, professeurs, étudiants) se trouve imbue et activement
impliquée dans toutes les décisions visant le fonctionnement adéquat de la faculté.
5) Nous soutenons que la bibliothèque fonctionne tous les jours de la semaine,
pendant les jours fériés et même pendant les vacances. (De 8heures AM à 6 heures
PM du lundi au vendredi. Et de 8 heures AM à 2 heures PM les samedi et dimanche.)

6) Nous exigeons la régularisation selon les normes établies, des stages hospitaliers.
7) Nous demandons la mise sur pied d’une commission d’examens et de contrôle de
correction des copies ayant pour mission d’assurer l’impartialité des corrections et de
veiller à ce que les examens se déroulent selon les normes établies.
8) Lorsqu’on considère qu’il est aisé pour un candidat d’accéder au poste visé, sans
pour autant prendre la peine de connaître les divers besoins et souhaits des
différentes entités de l’institution, ce qui certainement contribue à un climat de
frustration et d’instabilité, lorsqu’on considère les dispositions transitoires de 1997 qui
optent pour l’implication active des étudiants dans les différentes activités au sein
des facultés : il se révèle donc indispensable qu’un changement soit opéré au
niveau du quotta des élections, qui devra être reparti comme suit : 45%pour les
professeurs, 40% pour les étudiants et 15% pour le personnel administratif.
9) Nous réclamons la revue des modalités actuelles concernant le concours
d’admission, qui ont déjà permis à ce qu’une cinquantaine de places soient restées
vacantes et qui ont, par conséquent, prouvé qu’elles étaient inappropriées. De
même, nous souhaitons la tenue d’un comité de surveillance du concours
d’admission avec la participation active des étudiants ainsi que la publication des
listes d’attente.

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

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A MOYEN TERME (début de la nouvelle année académique)

1) Notre désir d’avoir une faculté plus compétitive est plus fort que tout. Aussi, ne
tolérerons-nous sous aucun prétexte que, les cours qui ont été retirés
inexplicablement du cursus, n’y soient pas figurés à nouveau, y compris des
séminaires sur le secourisme (pour toutes les sections).Toutefois étant conscients de
la situation actuelle, nous exigeons que ce problème soit résolu avant le début de la
prochaine année académique.

2) Nous réclamons une bibliothèque actualisée avec : au minimum 5 exemplaires
des livres de base pour quelle que soit la section considérée.
3) Nous exigeons à ce que soient mises en place des procédures permettant de
veiller à la régularité, à la ponctualité des professeurs au cours et à leur évaluation.
Ce qui ne sera que pour garantir une meilleure formation des futurs professionnels
de la santé que nous sommes.
4) Nous exigeons que les examens oraux, examens de stage soient passés devant
un jury d’au moins trois (3) membres.
5) Nous demandons aussi à ce que la 1ere année de Technologie Médicale bénéficie
d’une salle de cours. De même nous soutenons le fait que cette section ait un
représentant officiel à la Faculté, capable de prendre en compte ses doléances.
6) Personne ne l’aurait cru. Les étudiants à la FMP/ETM n’ont pas d’assurance
médicale. Désormais, il nous faut pallier à ce problème. Aussi, réclamons-nous que
tous les étudiants de la Faculté soient assurés. De même, doit-être mise sur pied
une infirmerie.
7) Compte tenu du lourd investissement effectué par l’Etat haïtien dans le processus
de notre formation, compte tenu du manque flagrant de personnel de santé dans le
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

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pays, nous avons donc compris combien il est important de réviser les articles
suivant et stipulant. Car autrement, ce serait une aberration de continuer à perdre
nos ressources humaines.
8) Compte tenu des fonds provenant de l’AMHE, des étudiants, de l’état haïtien au
profit de la Cafeteria et surtout tenant compte de la situation socio- économique du
pays, il devient donc obligatoire que chaque étudiant (ainsi que les membres des
personnels) ait la possibilité d’obtenir quotidiennement deux repas gratuitement.
9) Nous exigeons la reprise des stages hospitaliers pour la section Pharmacie.
10) Nous exigeons aussi la reprise des activités sportives et culturelles. (Le
traditionnel gala, les championnats…ne doivent plus constituer un défi.)
11) Nous réclamons la tenue de réelles journées scientifiques avec l’implication de
tous les étudiants.
12) Nous demandons également à ce que soit mis à la disposition du Comité central
un bureau. Surtout que le conseil exécutif de l’Université a déjà entrepris une
politique de renforcement des comités centraux.
13) Nous exigeons la mise sur pied d’un laboratoire d’informatique avec au moins
100 ordinateurs.
14) Compte tenu de la façon dont les cours sont dispensés à la Faculté et de
l’incapacité des étudiants à se procurer des documents nécessaires à leur formation,
nous réclamons à ce que soit mise à leur disposition une photocopieuse.

A LONG TERME

1) Nous savons tous combien est indispensable la phase pratique dans
l’apprentissage des sciences médicales. Aussi, demandons-nous la redynamisation
et le fonctionnement adéquat et régulier des laboratoires rendus non fonctionnels.
Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

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2) Nous exigeons aussi la remise sur pied des laboratoires : de contrôle de la qualité
des médicaments, d’anatomie, de botanique, de physiologie, de chimie.
3) L’une des missions de l’Université est de répondre aux divers problèmes de la
société. Aussi, comprenons-nous l’urgence d’occuper les périodes de vacances par
des activités de clinique mobile.
4) Tenant compte que la Faculté accueille des étudiants de partout dans le pays, et
tenant compte également de la précarité des services offerts par l’Etat haïtien, nous
demandons à ce que soit installé au profit des étudiants, un dortoir.
5) Les problèmes sur le plan sanitaire dans le pays sont multiples ; et les facultés de
la trempe de la FMP/ETM, capables de former valablement à cet effet des cadres
sont peu nombreuses. Aussi, exigeons-nous que la capacité d’accueil de la faculté
soit augmentée et passée à 300 annuellement.

Aujourd’hui la FMP/ETM est dans l’impasse. L’UEH fait face également à de
multiples difficultés. L’éducation est méprisée. En résumé, l’Université est malade. Et
les médecins pour la traiter se font de plus en plus rares…De ce fait, face à ce triste
panorama, nous ne pouvons plus continuer à jouer avec le feu. L’eau du
changement, de la vraie réforme, d’une Université plus performante et plus
compétitive doit couler dans tous les esprits.
L’UEH ne doit pas périr. Et pour cela, les facultés qui la composent doivent exister et
fonctionner selon les normes, afin de pouvoir offrir à tous les fils authentiques de ce
pays indistinctement, une formation solide, soutenue et adéquate.

Vive la FMP/ETM !!! Vive l’UEH !!! Vive le pays !!!

Rose-Anne Auguste
M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation

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Versionofficielle9novembre09

  • 1.
    Compte rendu élaboré par Rose-AnneAuguste Membre du Comité de Facilitation 28 octobre 2009 Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 1
  • 2.
    Parler de crisec’est la promouvoir, et se taire dans la crise c’est exalter le conformisme. Au lieu de ceci, travaillons dur pour la dépasser. Finissons-en une fois pour toute avec l’unique crise menaçante qui est la tragédie de ne pas vouloir combattre pour évoluer. Citation tirée d’une réflexion de Albert Einstein Ma position minoritaire ne prétend ni s’opposer ni faire obstacle au travail du Comité. Elle n’est pas non plus l’expression d’une volonté conflictuelle. Elle est plutôt suggérée par ma formation disciplinaire selon laquelle les réalités doivent être étudiées de manière systémique en écartant toute approche personnalisée. À mon avis, les crises émergeant au sein de l’Université seront difficilement résolues par l’adoption de ce second regard. Le contenu analytique de ce rapport est enrichi d’un point de vue s’inspirant de ma formation disciplinaire et des principes cohérents guidant notre mission, c’est-à-dire, l’impartialité, l’indépendance et la confidentialité. J’en profite pour exprimer à chacun ma satisfaction d’avoir eu la possibilité d’œuvrer pour le bien futur de la Faculté de Médecine et Pharmacie. Ma manière de confronter la vision de chaque membre du Comité n’entend que proposer des nuances susceptibles de faire émerger des propositions robustes pour une sortie de crise tout en respectant le choix de la majorité. Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 2
  • 3.
    Table des matières Listedes figures/tableaux 5 Liste des entités rencontrés 6 Liste des abréviations 8 I. Introduction 9 II. Conception et Organisation de la mission 10 2.1 Buts et objectifs de la mission 10 2.2 Description de l’équipe chargée de la mission 10 2.3 Le calendrier d’exécution de la mission 12 III. Cadres méthodologiques retenus pour la mission 13 3.1 Stratégies d’échantillonnage 13 3.2 Cadres méthodologiques retenus 13 IV. Présentation descriptive des synthèses1 des rencontres 14 4.1 Synthèse des propos recueillis à la rencontre du CUEH 14 4.2 Rencontres avec les acteurs de la Faculté de Médecine et de Pharmacie 15 4.2.1 Synthèse des propos recueillis des membres du décanat et des chefs des départements 15 4.2.2 Synthèse des propos recueillis du Collectif des Etudiants pour la Sauvegarde de la FMP 17 4.2.3 Synthèse des propos recueillis du Comité Central des Étudiants de la FMP 18 4.3 Synthèse des propos recueillis de la rencontre avec la Faculté d’Ethnologie 20 4.4 Synthèse des propos recueillis des dirigeants de la Faculté des sciences humaines 22 4.5 Synthèse des propos recueillis des dirigeants de L’École Normale Supérieure 24 V. Interprétation et appréciation des données 27 5.1 L’ampleur du problème 27 5.2 30 1 Crise de la gestion organisationnelle de l’enseignement à la FMP La synthèse des rencontres a été rapportée tantôt par Me. Canton tantôt par moi. Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 3
  • 4.
    5.3 Déficit de communicationà la FMP vs crise morale dans notre société 34 VI. Proposition de sortie de crise 38 Proposition de Plan des délais 45 Stratégie d’échantillonnage (guide) 46 Cadre méthodologique (figure) 47 Cadre d’écoute 48 Quelques références bibliographiques 49 Besoins urgents exprimés par quelques facultés 50 Annexes 52 Annexe 1 : Adresse à la Nation de Son Excellence, Monsieur René Garcia Préval, Président de la République Annexe 2 : Termes de référence de notre mandat Annexe 3 : Prise de position des étudiants siégeant au niveau du Conseil de l’Université d’État d’Haïti (CUEH) Annexe 4 : Proposition soumise au CUEH par le Professeur Anselme Rémy et le Doyen de l’ENS Bérard Cénatus Annexe 5 : Deux documents parmi ceux soumis par le Comité Central des Étudiants de la FMP L ‘équipe dirigeante de la FMP nous a remis des documents en copie dure à l’exception du plan 2007 qui est malheureusement en format PDF. Il sera attaché en fichier séparé au cours de l’envoi du rapport. Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 4
  • 5.
    Liste des tableaux/figures Tableau 1- Calendrier sommaire du mandat Figure 1- Modèle causale de la crise actuelle Tableau 2 - Proposition de plan des délais Figure 2- Stratégie d’échantillonnage Figure 3- Cadre retenu pour apprécier la crise Figure 4 - Cadre retenu pour faciliter l’écoute chez les acteurs en crise Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 5
  • 6.
    Liste des entitésrencontrées Conseil de l’Université d’État d’Haïti : 28 septembre 2009 Prénom et nom M. Vernet Henry M. Fritz Deshommes M. Wilson Laleau M. Christian Rousseau M. Hancy Pierre M. Anselme Rémy Dr. Rodolphe Malbranche Mme Chantale Noël M. Paul Antoine Occéus Géto Jacques Blaise Mario Jean Victor Olivier Daty Pierre Inody Fils Jean M. Lafonds Bérard Cénatus Poste occupé Recteur de l’UEH Vice Recteur à la Recherche Vice Recteur Académique Représentant des professeurs au CUEH Coordonnateur au Conseil de direction de la FASCH Représentant des professeurs de la FASCH Représentant des professeurs au sein de la FMP Représentante des Professeurs de la FO Doyen de la Faculté d’Ethonologie Étudiant Doyen de la FAMV Étudiant de la FDSE Étudiant Étudiant Doyen de la FO Doyen de l’ENS Le décanat et les chefs de département de la FMP , vendredi 1er octobre, Mercredi 14 octobre, mardi 20 octobre 2009 Prénom et nom Dr. Gladys Prosper Dr. Dodley Sévère Dr. Rodolphe Malbrance Dr. Maryse Saget Mme Marie Lise Rouzier Dr. Robert Jean Louis Dr. Bernard Lesvêque Dr. Louis Franck Télémarque Dr. Volvique Rémy Joseph Poste occupé Doyenne de la FMP Vice Doyen, Chef de Département de la Pédiatrie Chef de Département de médecine Chef du Département de physiologie Chef du département de Biologie Chef du département d’Obstétrique et Gynécologique Chef du département d’Anatomie Chef du Département de la Chirurgie à la FMP Chef du Département de Santé Publique Faculté d’Ethnologie : Lundi 5 octobre 2009 Prénom et nom Antoine Augustin Bayyinah Bello Jean Yves Blot Poste occupé Vice doyen à la recherche académique Responsable du Tronc Commun Vice doyen à la recherche Le Collectif des Etudiants pour la Sauvegarde de la FMP (CESFMP) : Lundi 12 octobre 2009 Prénom et nom Babi Alténor Youvenson Augustin Ruth Joseph Anne Christine Buteau Jernielo Jean Donald Maccéus Gérard Taylor Dalvius Année d’études 5ème année 5ème année 4ème année 2ème année 5ème année 5ème année 5ème année Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 6
  • 7.
    Faculté des SciencesHumaines: Mardi 13 octobre 2009 Prénom et nom Jérome Paul Eddy Lacoste Fritz Pierre Joseph Jean Romel Rodney Hancy Pierre Roosevelt Millard Poste Chef du département de Travail Social à la FASCH Responsable du Centre en Population et développement Chef du département de communication Sociale Coordonnateur du Conseil de direction de la FASCH Responsable de l’année préparatoire École Normale Supérieure: mercredi 14 octobre 2009 Prénom et nom Fritz Rosemond Jean Fritzner Étienne Bérard Cénatus Poste Membre du Conseil de direction Membre du Conseil de Direction Doyen de l’École Normale Comité central de la FMP: jeudi 15 octobre –mardi 20 octobre 2009 Prénom et nom Bontan Jean Blaise Romulus E. Beethoven Jean Baptiste Jorchémy Démas Erlandy Roben Azard Pouchon Valéry Fils Aimé Datus Francito Martial Bénèche Manigat Sterly Robens St. Pierre Cheriza Frody Dufens Pierre Louis Weedmark Jn. Baptiste Mackendy Anarius Jacques Année d’études 1ère année 2ème année 3ème année 1ère année 4ème année 2ème année 4ème année 5ème année 2ème année 4ème année 2ème année 3ème année 4ème année 2ème année Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 7
  • 8.
    Liste des abréviations CESFMP: Membre du Collectif des Etudiants pour la Sauvegarde de la FMP CF : Comité de Facilitation CUEH : Conseil de l’Université d’État d’Haïti ENS : École Normale Supérieure FASCH : Faculté des Sciences Humaines FDSE : Faculté de Droit et des Sciences Économiques FE : Faculté d’Ethnologie FMP : Faculté de Médecine et de Pharmacie FO : Faculté d’Odontologie HUEH : Hôpital de l’Université d’État d’Haïti SOGEBANK : Société Générale Haïtienne de Banque UEH : Université d’État d’Haïti Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 8
  • 9.
    I. Introduction Chargé de garantirle respect de la loi et de la paix publique, le Président de la République, S.E. Monsieur René G. Préval, après évaluation des débordements de la crise au sein de la Faculté de Médecine et de Pharmacie (FMP) où les interlocuteurs n’ont pu mettre un terme à leur désaccord interne, a cru bon de mandater un Comité devant assurer le dialogue entre les acteurs concernés afin d’identifier des pistes susceptibles d’orienter l’UEH et les institutions liées vers une issue satisfaisante. Le comité s’est mis au travail dès le 23 septembre et a pu rencontrer différents acteurs clés dans un souci de favoriser un dégel graduel de la crise. Ce rapport a été élaboré pour rendre compte du travail accompli. Ce rapport présente de façon descriptive la synthèse des témoignages recueillis de tous les acteurs rencontrés. Il apprécie et interprète les données pour mieux cerner les enjeux qui sous-tendent la crise afin de dégager des perspectives pertinentes pour un dénouement harmonieux. Les informations recueillies et les différents documents consultés nous ont permis de mesurer l’ampleur du problème. La première partie du rapport présente le cadre méthodologique adopté. Il est suivi de synthèses de témoignages des responsables de quatre facultés ainsi que deux groupes d’étudiants de la FMP. La seconde partie analyse l’environnement structurel de la FMP à partir des informations recueillies et d’analyse documentaires. La troisième partie conclut et propose une résolution de sortie de crise et certaines recommandations de mesures d’accompagnement pour faciliter une réouverture harmonieuse au sein de la communauté universitaire. Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 9
  • 10.
    II. Conception etOrganisation de notre démarche Indépendance, impartialité et confidentialité sont les trois principes ayant guidé la démarche de notre mission pour laquelle nous avons exigé une garantie d’autonomie suffisante de la part de la Présidence de la République et du Rectorat de l’Université d’État d’Haïti. Notre autonomie a facilité l’instauration du dialogue avec les composantes de l’UEH sans la volonté de substituer notre rôle à celui du Conseil de l’Université, la plus haute instance décisionnelle de cette institution. Notre collaboration s’est révélée satisfaisante. 2.1 Le mandat du Comité de Facilitation  Œuvrer à la reprise d’un fonctionnement harmonieux des différentes entités de l’UEH dans les meilleurs délais  Amorcer les solutions aux problèmes bien réels mis en évidence par la crise actuelle 2.2 Description de l’équipe chargée d’exécuter la mission de facilitation Rose-Anne Auguste, doctorante en Sciences Humaines Appliquées et détenant une maîtrise en Gestion des Services de Santé (option analyse et intervention), elle est intervenante communautaire en santé depuis une vingtaine d’années. Activiste de défense des droits de la santé de la femme et des enfants, elle collabore depuis plusieurs années avec des réseaux de défense des droits de la personne tant en Haïti qu’au Québec, province du Canada. Émile Hérald Charles, médecin de formation et détenteur d’une maîtrise en Administration de la Santé, coordonne les programmes d’action du Fonds Global à la Fondation SOGEBANK depuis environ cinq ans. Il est aussi professeur à la Faculté de Médecine et de Pharmacie à l’UEH. Josseline Colimon Féthière, gestionnaire, possède plus de 35 années Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 1
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    d’expérience dans plusieursbanques privées du pays. Elle gère actuellement sa propre firme… Mathias Pierre, ingénieur électronique diplômé de la Faculté des Sciences de l’Université d’État d’Haïti (UEH. Président Directeur Général des compagnies GaMa Consulting S.A. et GaMa Entreprises S.A. depuis 1998, il est également vice président de la Chambre de Commerce et de l’Industrie de l’Ouest (CCIO), trésorier et membre du conseil de l’AHTIC, trésorier du Conseil Haïtien pour le Développement des Relations avec la Chine (CHDC) et assistant trésorier de la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti (CCIC) et de la Chambre Américaine de Commerce en Haïti (AMCHAM). Hérold Jean François, journaliste, propriétaire de la Radio IBO et membre de l’ANMH Jean Alouidor, pédiatre et professeur à la Faculté de Médecine et de Pharmacie de l’UEH Frizto Canton, juriste et professeur à la Faculté de Droit et des Sciences Économiques de l’UEH . Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 1
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    2.3 Calendrier d’exécutionde la mission de facilitation Tache/ Exécution du mandat Création du Comité de Facilitation période 23 septembre 09 Responsable S.E René Garcia Préval Connaissance des dossiers 23-29 septembre Les membres du CF Contact avec le Conseil de l’Université d’État d’Haïti Compréhension de la genèse de la crise Rencontre avec les acteurs concernés par la crise à la FMP + les responsables de certaines facultés de proximité aux événements récents 30 septembre-6 Les membres du CF octobre 09 -Rencontre avec les dirigeants de la FMP -Rencontre avec les dirigeants de la FE -Rencontres informelles avec quelques étudiants concernés par la crise Rencontres bilan avec l a 29 septembre 09 La Présidence Présidence en présence du Rectorat et les responsables des facultés (13 octobre 09 6 octobre 09 13 octobre 09 particulièrement) 27 octobre 09 Rencontre avec les directeurs 6 octobre 09 Les membres du CF d’information de la presse (parlée, écrite et télévisée) Rencontre avec d’autres acteurs de 7-22 octobre Les membres du CF l’UEH Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 1
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    III. Cadres méthodologiquesretenus 3.1 Population visée dans le cadre de la mission La FMP a constitué la cible prioritaire de la mission puisqu’elle constitue le nœud gordien de la crise à l’U.E.H. Nous avons donc tenté de rencontrer différents groupes d’acteurs de cette institution. Nous n’avons pas pu trouver malheureusement un consensus au sein du CF pour rencontrer le corps professoral de la FMP. Le corps professoral demeure une boîte noire que nous n’avions pas pu explorer durant notre mandat. Nous avons choisi de rencontrer la direction de l’École Normale Supérieure et celle de la Faculté des Sciences humaines suite à la réception de la proposition formulée conjointement par Le doyen Bérard Cénatus et le Professeur Ansèlme Rémy. Cette proposition nous a été soumise par voie électronique. La Faculté d’Ethnologie, en dernier lieu, nous a intéressé vu que son espace physique constituait l’un des pôles de tension au cours des récents événements. La population, visée dans le cadre de la mission, est constituée de sept catégories d’acteurs : • Des responsables de décanat et des chefs de département de la FMP ; • Le comité central des étudiants de la FMP (exclu en bloc) ; • Le groupe des 35 étudiants suspendus pour deux (2) ans; • Le Collectif des Etudiants pour la Sauvegarde de la FMP; • Des responsables de Décanat et des chefs de département de la FE • Des responsables de la FASCH • Des responsables de l’ENS Nous avons utilisé deux sources de données pour réaliser cette mission : des documents d’archives ainsi que des témoignages d’acteurs ayant vécu la genèse de la crise. Deux cadres méthodologiques ont été retenus pour guider notre mission : 1. Le premier cadre2 se rapproche de l’évaluation normative. Ce cadre repose, d’une part, sur l’appréciation portée sur chaque composante de la FMP par 2 Voir modélisation de ce cadre en annexe
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    rapport à descritères et des normes de façon à recueillir des informations pertinentes nous permettant d’identifier le maximum de facteurs de risques associés à la crise et, d’autre part, sur la justification du mode de savoir faire dans le milieu ambiant de la FPM. Le profil des acteurs (es) , les mécanismes de fonctionnement ont été pris en compte dans les propos recueillis pour mieux cerner les déterminants de la crise dans sa globalité. 2. Le second cadre3 est préconisé pour asseoir une écoute pour une meilleure compréhension de la genèse de la crise afin de nous permettre de mieux orienter les discussions tout au cours du processus d’exécution de notre mission. Ce cadre a d’abord une fonction observatoire :  Identifier, apprécier et regrouper les types de besoins et de demandes ;  Apprécier les types de réponses et leur disponibilité; Le devoir de réserve Respect de la confidentialité de certaines informations recueillies dans le cadre du dialogue; Ensuite, une fonction d’identification des issues vers la formulation des recommandations. IV. Présentation descriptive des synthèses des propos recueillis 4.1 La synthèse de la rencontre avec le Conseil de l’Université d’État d’Haïti Lundi 28 septembre 2009 Grâce à l’intermédiation du Recteur, nous avons rencontré le Conseil de l’Université avec la représentation de la majorité de ses instances . Elles ont fait état de leur préoccupation relative à la crise. Elles ont affiché leur optimisme et leur compréhension du dessaisissement de leurs prérogatives au profit du Comité. Elles énumèrent les difficultés matérielles existant à l’Université, touchant professeurs, Décanats, personnel administratif ainsi qu’étudiants. Décision : « Position plutôt conciliante du Conseil de l’Université dans la quête d’une 3 Voir modélisation de ce cadre en annexe Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 1
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    solution positive. LeComité a cru trouver en ce Conseil un partenaire déterminant dans le dégel de la situation en raison de sa proximité et du dialogue plus ouvert existant entre ses membres. Cela favorisera la restitution au Conseil, la normalité et la plénitude de son autorité décisionnelle et de gestion au sein de l’Université ». Idées dégagées : « Il est nécessaire et urgent que l’État se montre réceptif aux revendications des étudiants. Il doit s’efforcer de ne pas étouffer ou refouler les mécontentements exprimés par des sanctions choquantes. Son attitude réceptive évitera toute forme de tendance à l’impunité qui pourrait prendre forme au sein de l’Université. Il restaurera ainsi l’autorité disciplinaire des décanats dans la régulation des comportements à travers les entités de l’UEH». Le Comité n’a cependant pas reçu un accueil uniforme dans les Facultés. Les représentants de la FASCH ont été réticents vis-à-vis du Comité. Les représentants des étudiants, regroupés au sein du Conseil de l’Université d’État d’Haïti (CUEH), ont tenu des propos défavorables en ce sens. Toutefois, les étudiants du CUEH nous ont soumis une déclaration4 réclamant la reconsidération des sanctions infligées à certains de leurs camarades de la FMP. La position de la FASCH allait évoluer de manière plus positive face au CF une semaine plus tard à partir d’une proposition5 soumise par le représentant des professeurs de la FASCH et le doyen de l’ENS. La dernière assemblée du CUEH, tenue le lundi 5 octobre au Rectorat, a finalement voté en grande majorité sur le principe d’acceptation du Comité de facilitation. 4.2 Rencontre avec la FMP 4.2.1 La synthèse des propos recueillis des membres du Décanat et des Chefs de département de la Faculté de Médecine et de Pharmacie Vendredi 2 octobre 2009 Éclairage de la genèse et de l’éclatement de la crise apparemment née de la proposition d’un étudiant, opposé aux instances compétentes de la FMP. Sa proposition résumait une violation systématique des mesures administratives et 4 5 Voir l’intégralité de cette déclaration en annexe 2 de ce rapport Voir l’intégralité de cette proposition en annexe 3 de ce rapport Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 1
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    disciplinaires arrêtées ausein de la Faculté (Port obligatoire de la blouse et du badge, Réduction des couloirs de circulation entre la Faculté et l’extérieur, transformation des salles de conférence en dortoir, parking des camionnettes dans la cour, éviter une dérive alarmante des bonnes mœurs, occupation abusive des salles pendant la nuit où des besoins de toutes natures auraient été assouvies). Mésentente tirée du retrait formel de la note éliminatoire, mais avec volonté de compensation par un effort à consentir pour les matières réputées essentielles, notamment dans les rapports entre la Faculté de Médecine et les Facultés étrangères. Désaccord suivi de diatribes et de propos vexatoires, et mêmes jugés inexcusables, des étudiants à l’endroit des membres du décanat, dont l’un aurait même failli connaître un sort bien funeste. Nonobstant des difficultés rencontrées par chaque Faculté observée (manque de moyens, d’infrastructures, contiguïté des locaux d’accueils des étudiants, absence de restaurants universitaires, de laboratoires, de bibliothèques, de cafétérias, d’un lieu décent où les plus nécessiteux pourraient dormir, professeurs sous-payés, absence de budget d’investissement, réduction et octroi au rabais du budget de fonctionnement, d’ailleurs absorbé par la masse salariale à près de 85%, rencontre de deux années académiques, etc.), les responsables de ladite Faculté se sont montrés disposés à une réouverture plutôt immédiate de la Médecine, en commençant par les services administratifs et une vérification vigilante de l’identité de chaque individu admis à pénétrer l’enceinte de la Faculté jusqu’à complet fonctionnement. Nécessité alors du maintien des forces de police pour contrer toutes nouvelles agitations. Toutefois, compromis trouvé sur le régime des sanctions, qui doivent être révisées par le Conseil de Discipline concerné, dès réouverture de la Faculté, en vue d’une adaptation correspondant à chaque situation et, le cas échéant, d’un retrait même de la décision ; possibilité de fermer l’année académique 2008-2009 en janvier, grâce à des sacrifices exorbitants qui seront consentis par les différents Professeurs ainsi concernés. Proposition à court terme d’une restructuration complète de l’Université en vue d’une compétition réelle et confortable avec les Facultés privées, d’apaiser toutes les Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 1
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    rancoeurs une foispour toutes d’où qu’elles viennent et définir une politique de l’Université d’État, d’un budget suffisant et propre à chaque Faculté librement exécuté ; Besoins de Professeurs pour des matières de base (rhumatologie, endocrinologie, etc.). Idée dégagée : La Faculté de Médecine pourra rouvrir ses portes d’abord pour les services administratifs, et ensuite pour l’ensemble des étudiants, de manière ordonnée, avec un engagement concomitant de l’État d’un encadrement effectif et urgent, afin de faire face dans l’immédiat à des défis majeurs, pourtant élémentaires, d’une grande banalité même. Le Conseil de discipline siègera pour entendre chaque étudiant, chaque cas spécifiquement, conformément au règlement intérieur de ladite Faculté. 4.2.2 SYNTHÈSE DES PROPOS RECUEILLIS DU COLLECTIF DES ÉTUDIANTS POUR LA SAUVEGARDE DE LA FMP (CESFMP) Entrevue très ouverte et très soutenue. Elle a permis de comprendre, à l’instar des autres réunions antérieurement tenues, les points de discorde, parfois sans grand intérêt, pour le fonctionnement même de la Faculté, mais susceptibles de causer, par carence de communication jointe à des difficultés matérielles et académiques (telles la note éliminatoire, les lettres de blâme sans réelle précision de la faute administrative reprochée, l’obligation de port du badge et de la blouse répercussions au sein de la Faculté), des ressentiments contagieux et même des répercussions malencontreuses sur le fonctionnement de ladite Faculté. Proposition par ces étudiants, en plus de la réouverture administrative déjà suggérée par le Comité au décanat et aux Chefs de Département de la Faculté, d’une rentrée par promotion, en commençant par le Stage dont l’absence est drastiquement sanctionnée en terminant la semaine suivante par le Concours d’admission. Souhait de plus de communication entre l’Administration et les étudiants, même dans le cadre de nouvelles réglementations, voire de décisions disciplinaires, d’une amélioration de leurs conditions de vie et de travail à l’intérieur de la Faculté, en vue d’éviter la survenance de situations, au départ bénignes et par la suite difficiles <<contensibles>>. Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 1
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    En conclusion, lesinstances rencontrées souhaitent, lorsqu’elles ne l’ont pas déjà effectué, la réouverture de l’Université, mais avec les garanties concrètes que les Mesures d’Accompagnement formulées par le Pouvoir puissent être immédiatement observées, et notamment dans leurs effets immédiats. 4.2.3 SYNTHÈSE DES PROPOS RECUEILLIS DU COMITÉ CENTRAL DES ÉTUDIANTS DE LA FMP Date : jeudi 15 octobre et mardi 20 octobre 2009 La rencontre du jeudi 15 octobre a duré cinq (5) heures de temps Points pertinents retenus de cette rencontre : Genèse de la crise et son contenu La crise à la FMP remonte à septembre 2008 et non à avril 2009. Le Manifeste des 8 du mois de novembre 2008 (une pétition) est le document de référence qui a amorcé la crise à la FMP; 1. Tensions accumulées chez les étudiants face au comportement peu communicatif et parfois humiliant du vice doyen (des lettres de blâme non justifiées pour le non port de la blouse, des propos de dénigrement émis de façon constante…) 2. La note du 3 novembre 2008 du Décanat a été mal accueillie par les étudiants. Le contenu des deux derniers paragraphes de cette note : «Aucune composante, ou groupe d’une composante n’est autorisée à nuire ou à paralyser le fonctionnement normal de la faculté, quelque soit la raison. Si tel est le cas les acteurs seront identifiés et passibles de sanctions disciplinaires allant de la suspension à l’exclusion définitive ou à la révocation selon le cas ». 1. La note du 4 mai 2009 convoquant une réunion des parents au lieu de dialoguer avec les étudiants ; Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 1
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    2. La décision arbitraireet vide de sens du 9 septembre 2009 excluant 46 étudiants à cause de leur conviction, de leur désir de changement témoignent le courant qui circule à la faculté à savoir : tout par et pour le Décanat.  Gestion administrative quasiment nulle : non renouvellement des cadres enseignants et l’impossibilité de mettre en place des mécanismes pouvant restructurer, revitaliser et re dynamiser le système. (Des cours sortent du cursus, des professeurs sont révoqués et non remplacés…) Donc, rôle de régulateur non joué.  Fermeture de laboratoire, la précarité de la bibliothèque…) De ce fait, absence d’une politique réelle visant à relever le niveau académique, à rendre plus performante et plus compétitive la Faculté. Communication entre les différentes entités de la Faculté totalement défaillante. a) Absence d’assemblées mixtes pour discuter sur les grandes décisions (refonte du curriculum, refonte des règlements internes…) concernant le fonctionnement adéquat de la faculté. b) Conseil virtuel des chefs de département pourtant responsables de l’orientation à donner aux cours. -Ils n’ont pas de bureau. Ils n’ont aucun regard sur les activités académiques de la Faculté. Les étudiants rappellent avoir eu des examens avec l’en-tête d’une faculté privée. c) Pas de rapport entre les différentes entités. Pas de mécanismes pour prendre en compte les doléances des divers groupes. 4. L’utilisation à outrance des forces de l’ordre pour résoudre les problèmes soulevés montre à clair la volonté de dominer et le refus de comprendre que diriger équivaut à servir, aider et écouter. Ils rappellent les débarquements du 28 août et du 9 septembre 2009 de la police suite à la sollicitation du décanat. Ce qui a certainement fait élargir le fossé des frustrations. d) Ils ont aussi signalé la tentative d’abolir les activités culturelles extra Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 1
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    académiques à laFaculté. Idées dégagées : Ils rappellent que cette lutte estudiantine a pour essence d’aboutir à une faculté de médecine renforcée, plus compétitive et plus performante. Elle a comme objectifs selon eux de mettre à nue l’inefficacité du système et de souligner l’importance d’une réforme solide. Il est donc inutile de rappeler qu’il est un impératif pour que soient envisagées dans le cadre de la résolution de cette crise, des solutions mûrement réfléchies et surtout tenant compte de la réalité prédominant à la faculté. Points pertinents retenus de la rencontre du 20 octobre 2009 avec le Comité central des étudiants 5. Ils ont contesté l’idée d’une réouverture sans un possible dialogue ; 6. Ils ont rejeté l’idée d’un comité de discipline ad hoc pour réviser les sanctions. Ils avancent que les sanctions ont été prises de façon arbitraire et non conformes aux prescrits des règlements par un décanat qui a fait une mauvaise gestion de la crise (refus systématique de dialogue face à leurs revendications)… 7. Ils seraient favorables à l’idée d’Amnistie générale et la création d’une commission pour arbitrer toute négociation entre l’assemblée des étudiants et le décanat comme solution de sortie de crise … 4.3 SYNTHÈSE DE LA RENCONTRE AVEC TROIS REPRÉSENTANTS DE LA DIRECTION DE LA FACULTÉ D’ETNOLOGIE Date : lundi 5 octobre 2009 Entretiens fructueux et constructifs. Beaucoup de détails de la réalité aiguë des difficultés au sein de cette Faculté : Ensemble éternels étudiants finissants, étudiants irréguliers, étudiants réguliers et même des professeurs astreints à une indigence révoltante (Ex. : 11 000, 00 G net pour un professeur titulaire de trois (3) chaires ; 18 000, 00 G pour un professeur titulaire de cinq (5) chaires, incapacité même pour des professeurs de se doter de Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 2
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    livres de basepour leurs recherches et la transmission du savoir ; Rien qu’une cafétéria où se bousculent plus de trois cents (300) étudiants pour s’offrir difficilement un plat d’à peine quinze (15) gourdes. Problème de transport, même pour des expérimentations sur sites ; Capacité d’accueil inexistante des étudiants venus de partout dans le pays. Professeurs sous-qualifiés, d’autres irréguliers : absence d’intérêt pour la Faculté, etc. Bref ! L’Ethnologie est devenue la poche privilégiée de la pauvreté, de compensation aux échecs essuyés dans d’autres Facultés, des frustrations et même des audaces des uns et des autres pour la survie. Le rectorat et les décanats, pensent-ils, doivent se faire entendre plus concrètement pour ne pas laisser libres aux étudiants, qui les ont bien investis, d’ailleurs, les espaces d’expression face à l’opinion publique. Idée dégagée : Cette faculté fonctionne dans la pauvreté et l’indigence. Malgré des précautions prises par les responsables, toute persistance de cette situation risquerait de conduire à un carrefour irrémédiable. La réouverture se fera le mercredi 7 octobre 2009 avec un forum pour une catégorie d’étudiants dits mémorants, et ensuite le 12 octobre avec les étudiants dits finissants et les étudiants réguliers. 4.4 Synthèse des propos recueillis des dirigeants de la FASCH Points pertinents retenus des échanges avec ces dirigeants :  Mauvaise gestion de la crise de la FMP par le Rectorat pour cause de déficit de communication entre les dirigeants et les étudiants. Les membres du Conseil exécutif ont tendance à se fier aux versions des représentants des professeurs et du décanat au sein du Conseil de l’Université sans chercher à développer des stratégies de communication viables pour mieux cerner les déterminants de la crise;  Deux lettres adressées au Rectorat dans le cadre de la crise à la FMP nous ont été soumises par la direction des Sciences humaines. La première lettre, datant du 17 juin, faisait l’objet d’une demande de rencontre avec le Rectorat sur la situation qui prévalait à la FMP et la seconde, datant du 22 septembre, Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 2
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    condamnait l’intervention policièreà la FMP.  Ces dirigeants ont déploré qu’ils n’aient pu obtenir du Rectorat dans une rencontre d’une durée de cinq (5) heures en juillet dernier la conduite d’une médiation entre les acteurs de la FMP. Ils pensent qu’on aurait pu éviter le pourrissement de la crise si on avait emprunté le chemin de la médiation dès juillet 2009.  Ils ont aussi dénoncé le manque de disposition d’écoute chez le Vice recteur à la recherche. Les violons ne s’accordent pas semble-t-il entre la direction de la FASH et le Vice Recteur à la Recherche.  Les dirigeants ont aussi évoqué la question de la gestion des programmes de maîtrise par le Rectorat et pensent que cela constitue une concurrence déloyale entre le Rectorat et la FASH et entre le Rectorat et l’ENS.  Ils ont aussi évoqué la question de grandes Facultés (FMP, FAMV, FDS) et de petites Facultés traitées en parents pauvres par les membres du Rectorat.  Ils ont beaucoup insisté sur le traitement discriminatoire fait aux professeurs contractuels par rapport aux professeurs nommés (60,000.00gourdes + 13ème mois accordés annuellement aux professeurs nommés et seulement 27,000.00gourdes accordés par année aux contractuels qui ne bénéficient d’aucun avantage social) Idées dégagées de cette rencontre : 1) Le temps imparti est trop court pour le travail du Comité de Facilitation. Il faut une rallonge d'au moins 15 jours. Le comité pourrait entre temps soumettre un Rapport intermédiaire de Mission au Président de la République. 2) L’évacuation des locaux par les Forces de Police 3) La levée des sanctions prises dans les conditions que l'on sait à l’égard des étudiants. 4) La signature d'un Gentlemen Agreement entre les parties annonçant une trêve et mettant à l'écart des propos et actions inappropriés pouvant être assimilés à des formes de violence ou de détérioration du matériel de la Faculté comme patrimoine commun. Dans ce même document, l'on fixera le cadre général global du dialogue, Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 2
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    les modalités dece dialogue et un échéancier. L' on pourrait même envisager la formation d'un comité de négociation pour réaliser alors le dialogue et les négociations sérieuses entre toutes les parties pour une reprise alors harmonieuse de toutes les activités au sein de la Faculté de Médecine. 4.5 Synthèse des propos recueillis des dirigeants de l’ENS Points pertinents retenus • L'Entrevue a été très ouverte et très soutenue; • Les dirigeants de l'École Normale souhaitent une amnistie générale à la FMP pour arriver à une réouverture harmonieuse de cette dite faculté d'ici peu; Concernant l'ENS:  Ils ont évoqués des problèmes de carence de cadres enseignants en chimie, physique et biologie;  Il y a carence de matériels pour les travaux pratiques en chimie, physique et biologie  Ils collaborent avec la Guadeloupe pour le suivi de la licence en physique;  Ils enregistrent par contre des progrès sensibles en mathématique;  Ils collaborent avec la Martinique pour le master en Français et en langues étrangères;  Ils collaborent aussi avec Paris VIII pour le master en philosophie Les dirigeants à l'ENS s'engagent de façon régulière à la formation post graduée des étudiants sortants dans le but de constituer une banque de ressources adéquates pour l'enseignement. Idée dégagée • Ils déplorent le manque d'utilisation des normaliens au niveau du cycle secondaire par le Ministère de l'Éducation Nationale. Selon eux, beaucoup de professeurs non qualifiés ont intégré l'enseignement secondaire alors que des centaines de normaliens sont écartés. • Il est impérieux qu'il y ait des missions d'enseignement pour la chimie, la physique et la biologie en attendant de former un réseau de professeurs qui seraient disponibles sur place. Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 2
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    Résumé des rencontresavec les facultés incluant l’INAGHEI Points de convergence retenus des échanges des rencontres avec les responsables des Faultés En effet, l’absence se fait trop souvent ressentir d’un budget suffisant, autonome et constant pour assurer des besoins immédiats, et même élémentaires, devant favoriser un fonctionnement plutôt acceptable des Institutions universitaires. Professeurs sous-payés, et malgré tout en retard dans la réception de leurs salaires de manière périodique (des arriérés de salaires qui atteignent presque QUARANTE CINQ MILLIONS DE GOURDES (45 000 000. 00 Gdes, en intégrant l’INAGHEI), professeurs pratiquement dans l’indigence caractérisée et de fait dans l’impossibilité manifeste de transmettre, pour la plupart, un savoir de qualité, absence de formation continue pour les Maîtres, de Bibliothèques adéquates : D’où une carence dans la dynamisation même des structures de la production universitaire, un désintéressement compréhensible vis-à-vis des activités facultaires, aucun budget pour la Recherche, le même budget reconduit depuis plus de dix (10) ans, un absentéisme parfois outrancier, un manque de professeurs qualifiés pour des matières essentielles, nomination de Professeurs non qualifiés, et jamais recyclés etc. Tout cela est constitutif de déficiences de gravité suffisante pour que l’État puisse repenser intégralement sa politique de l’Enseignement Supérieur, sans négliger celle de l’Enseignement préparatoire au stade sus visé. Résumé des idées dégagées des différents groupes d’étudiants rencontrés Quant à la situation des étudiants, leurs conditions d’évolution se révèlent à la fois précaires et exécrables : en dehors de l’inexistence constatée et déplorée de bibliothèques «standardisées», de cafétérias, de restaurants universitaires, d’espaces de loisirs, de dialogues et de discussions, de dortoirs aménagés, de transports élaborés, etc. s’ajoutent des problèmes purement académiques, tels des cours non dispensés par manque de professeurs, des laboratoires dysfonctionnels pour les uns et d’autres convertis en bureaux, sous l’ancien décanat, créant ainsi des Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 2
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    besoins non encorecomblés de formation expérimentale…, manque de concision dans l’application des règlements en vigueur que, même corrigé par la suite, est source de mésintelligences, celles-ci nées, -en l’absence de choix délibéré par un petit groupe du désordre-, d’un manque de communication primordial entre Responsables et Étudiants, en vue d’une meilleure connaissance des décisions arrêtées par les Décanats, notamment celui de la Faculté de Médecine. Il faudra une redéfinition même du Cadre Universitaire Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 2
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    V. Interprétation etappréciation des données recueillies 5.1 L’ampleur du problème La crise à l’Université d’État d’Haïti nécessite une réponse définitive. Son ampleur inquiète et constitue une menace pour d’autres entités de la société. La présence des étudiants dans les rues de façon régulière ainsi que la démarche empruntée pour articuler les revendications ont exprimé un mal profond (Piquant 2009). Cette crise, en effet, révèle le conflit existant entre les besoins d’écoute des étudiants et l’insuffisance des réponses des dirigeants. De plus, malgré l’approche frontale utilisée, les étudiants de différentes facultés ont quelque part exprimé entre eux un sens de la convergence, de similitude et de solidarité. Cette crise est fondamentalement structurelle mais épouse une forme conjoncturelle à la faveur d’un déficit de communication entre les différentes entités de l’UEH. Sa nature révèle les limites de la gestion organisationnelle des différentes entités de l’UEH. Les acteurs concernés doivent s’ouvrir réciproquement pour introduire une communication saine dans l’espace universitaire en dépit des attitudes et des faits répréhensibles de part et d’autre. Une analyse des données recueillies des rencontres effectuées et des sources de lecture de rapports d’évaluation sur le fonctionnement de la FMP et d’autres entités de l’UEH durant ces dernières années nous conduit à déterminer le modèle causal de la crise actuelle qui a duré plus de cinq (5) longs mois. La crise étant structurelle. Les infrastructures, les programmes de recherches et académiques ne donneront des résultats en l’absence de possibilités financières car la crise a des liens directs avec la faiblesse institutionnelle de l’État et de ses instances visibles. Le budget alloué à l’Université est symptomatique de cette faiblesse. Il est impérieux cependant de signaler que les conditions de la naissance même de l’UEH participent à ce déficit de vision de programmes de recherche et d’une politique de formation académique uniforme pour parvenir à produire des connaissances dans l’intérêt de la nation. Jouthe et al. (2005)6 ont explicitement signalé de telle lacune concernant le domaine de recherches dans leur étude : « Le premier obstacle à l’institutionnalisation de la recherche a son origine dans l’acte de naissance même de l’Université, qui n’a pas été 6 Jouthe et al. (2005) Pour une politique institutionnelle de la recherche à l’Université d’État d’Haïti, Rapport présenté à M. Fritz Deshommes, Vice Recteur à la Recherche.
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    créée à partird’une réflexion sur le rôle de l’Université dans la Société. L’UEH n’a jamais été une entité organique, un espace réunissant des facultés productrices d’un savoir autonome. Les dispositions transitoires de 1997 ont été une tentative pour contourner en partie le problème constitutionnel que comportait la création de l’Université, au regard des clauses de la Constitution de 1987 » (Jouthe, E. et al 2005 p. 5).. Aucun cadre réel de coopération n’existe entre l’UEH et la société haïtienne pour lui permettre de répondre adéquatement à la demande sociale de recherche. Ce n’est pas par hasard que l’UEH tarde à produire des connaissances par exemple dans le domaine de la santé, des déterminants de la violence urbaine explosive des sept dernières années, des problèmes identitaires… Les relations entre les différentes entités de l’UEH demeurent aussi opaques dans la mesure qu’elles soient marquées par la dispersion géographique des facultés. Toujours selon Jouthe, « L’absence d’un sentiment d’appartenance institutionnelle et d’un cadre de référence commun favorise entre les Facultés et entre les disciplines la concurrence, voire certaines formes de rivalités, plutôt que la concentration de synergie nécessaire pour faire face aux enjeux collectifs » . 1 Les crises en série émergeant à l’UEH depuis plus d’une dizaine d’années ont atteint aujourd’hui des dimensions fort inquiétantes et nécessitent un regard articulé qui tiendra compte de tous les déterminants qui les sous-tendent. La modélisation à la page suivante traduit ma compréhension de la genèse de la crise actuelle. Cette modélisation tente de poser un regard systémique sur la crise au lieu de la réduire à un simple conflit entre quelques étudiants et le décanat de la FMP. Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 2
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    Figure 4 :Modèle causal de compréhension de la crise actuelle Crise des acteurs Liée à une crise morale dans la société. Cette crise se manifeste par une méfiance- un déficit de communication entre les acteurs des différentes entités de l’UEH -Absence notoire d’apprentissage interdisciplinaire Revendications insatisfaites des étudiants Éclatement de crise en série au sein de l’UEH Difficulté de cohabitation entre les acteurs Tension interne mue en manifestation de rue et en casse Jean François, E. (2009) Jean François, E. (2009) Polarisation des pôles de tension Mouvement mu en dimension sociopolitique et gagnant l’opinion publique Crises politiques Les crises politiques en série durant ces vingt dernières années affectent largement le processus de construit organisationnel de l’UEH Déficit de gouvernance -Incapacité des acteurs de l’UEH de juguler la crise actuelle -Tentative de récupération par d’autres secteurs Élie,JR. (juin 2000) Vulnérabilité économique accrue de la majorité des étudiants qui fréquentent la FMP, la FE, l’UEH en général -Déficit de prise en charge des jeunes dans ce pays par l’État Crise économique Crise organisationnelle -Budget nettement insuffisant pour faire fonctionner l’UEH -La FMP reçoit moins de la moitié du budget demandé… -Incapacité de l’État de prendre en charge l’UEH l’UEH se retrouve encore sans un cadre légal formel en dépit des dispositions transitoires consacrant son autonomie depuis 1997
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    5. 2 Crisede gestion organisationnelle de l’enseignement au sein de la FMP L’UEH nécessite une «remobilisation» pour pouvoir mieux servir la société. La FMP illustre cette nécessité au niveau de ses programmes. Déjà, en 2005, le rapport d’évaluation de Gosselin et Jean dressait un tableau sombre sur la qualité de l’enseignement académique de la FMP :  Aucun contrôle sur les contenus des enseignements par la direction de la FMP, les enseignements sont personnels aux enseignants, les méthodes d’enseignements ainsi que les séances pratiques sont très discutables, les méthodes d’évaluations ont les mêmes lacunes, les dispositifs d’évaluation de programme font défaut ;  Recrutés par voie d’examen national, les étudiants souffrent d’un éloignement très marqué de la part de la direction, ils sont peu impliqués dans la vie de la faculté en plus de subir l’intrusion de la politique dans l’atmosphère de l’hôpital universitaire ;  Mal rémunérés, les enseignants sont majoritairement démobilisés. La FMP n’a aucun pouvoir sur eux. Il n’y a aucune concertation entre les enseignants d’une même discipline et encore moins entre ceux de disciplines différentes, les polycopiés remplacent les enseignements de même que leurs enseignants ;  Des faiblesses dans les relations entre les autres entités dirigeantes de l’UEH et la FMP, dans les rapports de l’Université avec le ministère de la santé publique et de la population ;  L’hôpital universitaire est dans un état lamentable. Une réforme de la FMP ne pourra pas se faire sans une remise à niveau de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti ;  Absence criante de matériels indispensables au fonctionnement des laboratoires. Les étudiants développent leur sens clinique faute de pouvoir compter sur les examens complémentaires ; Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 2
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     Il n’existepas de disponibilité chez les enseignants à la FMP ;  Les enseignants ne sont pas formés aux méthodes pédagogiques innovatrices et sont peu sensibles aux principes de l’éducation des adultes ;  Les étudiants déplorent le peu de contact avec les enseignants qui viennent donner leur cours et s'en vont immédiatement après. Ils se plaignent de l'antagonisme dont certains d'entre eux font preuve à leur endroit.  Les étudiants ne participent pratiquement pas à la vie de la Faculté. La direction ne semble pas demander l'avis des étudiants. Il est révélateur que la direction et les étudiants occupent deux immeubles séparés  Les étudiants ont tendance à faire la grève, ce qui rend difficile l’implantation d’un nouveau programme. Les recommandations de ce rapport semblent n’avoir pas été suivies de façon régulière jusqu’ici. Par contre, un plan d’action élaboré par l’équipe dirigeante actuelle a fait ressortir une certaine volonté de mettre en œuvre certaines activités académiques pour revitaliser la FMP. Nous avons tenté de visiter ce plan à la lumière des recommandations du rapport Gosselin-Jean. Plan d’action octobre 2007 de la direction de la FMP vs rapport Gosselin Le plan d’action pour un renforcement institutionnel de la Faculté de Médecine et de Pharmacie (FMP) élaboré en octobre 2007, présenté en juin 2008 et actualisé en mai 2009 a comporté onze points découlant d’une stratégie à adopter. Les points sont centrés sur les «besoins de la communauté». Ce plan d’action a envisagé la nécessité d’actualiser l’enseignement dispensé à la FMP. Il a voulu tenir compte de la réalité sanitaire du pays et des progrès scientifiques. D’après ce plan, une révision du curriculum existant est indispensable. Bref, ce plan semble reconnaître les maux qui affaiblissent le fonctionnement de cette institution. Les ambitions louables de ce plan nous interpellent au point qu’elles suscitent une confrontation avec les recommandations contenues dans le rapport d’évaluation Gosselin. Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 3
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    En effet, àtravers ses différents points, le plan d’action prévoit l’organisation de manifestations scientifiques telles que journées scientifiques, séances de formation pour les formateurs non sans l’utilisation des nouvelles technologies, le renforcement du concept d’autonomie et des rapports entre la FMP et l’HUEH, l’intégration du corps enseignant dans l’espace international, le regroupement des anciens de l’institution, l’aménagement du cadre physique de la FMP. Plusieurs activités inspirées de ces points ont eu lieu avec une satisfaction relative. Elles laissent transparaître le malaise contre lequel elles sont organisées. Le rapport Gosselin a plutôt réalisé une étude sur le fonctionnement et l’organisation interne et externe de la FMP. Ce rapport conclut que la FMP est en perte de contrôle sur son fonctionnement interne. Ses activités académiques se réalisent dans une opacité inquiétante. Les dispositifs d’évaluation existants sont largement défaillants. Le rapport Gosselin a identifié de grandes faiblesses dans les relations entre l’Université et la FMP, entre l’Université et le Ministère de la Santé Publique et de la Population et l’HUEH. Ce rapport a formulé plusieurs recommandations pressantes dont une réforme majeure des études médicales et un appui technique à la réforme de la FMP. Conscient des faiblesses existantes, le rapport Gosselin a identifié des pistes envisageables telles l’investissement massif dans les ressources humaines, matérielles et financières. La réforme qui doit s’opérer s’effectuera dans le cadre d’une réforme globale de l’UEH. La confrontation du plan d’action 2007 avec les recommandations du rapport Gosselin révèle que les deux documents prennent en compte le malaise de la FMP. Les points contenus dans le plan d’action 2007 ne sont faisables que dans un contexte institutionnel sain, c’est-à-dire, un cadre institutionnel non fragilisé, stable et dynamique. Or, la FMP est ébranlée jusque dans ses bases, un tel plan parait insuffisant pour la relever de manière provisoire voire durable. Le rapport Gosselin quant à lui semble avoir embrassé les difficultés de la FMP dans leurs aspects les plus divers: « un climat politique étouffant, des relations inter-organisationnelles tendues entre les ministères de tutelles, l'Université, l'Hôpital universitaire, la Faculté, l'état de délabrement avancé de l'Hôpital universitaire, l'absence d'un corps professoral digne de ce nom, l'asservissement des étudiants aux polycopiés et aux examens des années antérieures » (Rapport Gosselin P. 17 paragraphe 5) . Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 3
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    Les propositions derecommandations, si elles sont prises en compte, pourront donner des résultats dans un délai provisoire et encore moins durable. Le plan d’action 2007 aborde le malaise de la FMP en surface en négligeant son ampleur tandis que le rapport Gosselin, sans être alarmant, attaque les difficultés dans leur racine en les analysant avec profondeur et justesse. En conséquence, les points du plan d’action 2007 pourraient être envisagés ultérieurement après la matérialisation des recommandations du rapport Gosselin. Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 3
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    « Dans lecontexte de désagrégation de notre société, il nous faudra poser sérieusement la question du mépris de l'autre ou du mépris des couches défavorisées. Cette question ne doit être abordée d'une manière démagogique et folklorique. Ce coin de terre abonde en hommes et en femmes blessés et humiliés quotidiennement dans leur corps et dans leur dignité. Ils ne peuvent pas et ne doivent pas attendre une intervention divine pour les faire sortir de l'enfer de la misère. Contre leur volonté, ils souffrent dans leur corps et ils sont soumis à une terrible humiliation qui détruit en eux la vraie relation qu'ils devraient avoir avec leur être profond. Un regard de dénigrement est souvent porté sur leurs modes de vie individuels et collectifs. La hiérarchie sociale des valeurs dévalue leur mode de vie, leurs convictions et leur style de vie ». Toussaint, H. (2009) 5.3 Déficit de communication à la FMP vs crise morale dans notre société Le modèle de communication interne de la FMP semble être inadaptable à l’attente des étudiants. Ce modèle, apparemment inéquitable, ne permet pas aux responsables de la FMP de maintenir l’équilibre dans les rapports les plus ordinaires avec les étudiants et vice versa. Il entraîne des perturbations certaines. Il empêche que les responsables répondent de manière adéquate aux aspirations légitimes des étudiants. Ces derniers sont incapables de voir, à leur tour, dans les responsables des interlocuteurs honnêtes et crédibles, disponibles et réceptifs. Les uns comme les autres sont en désaccord avec les buts poursuivis par la FMP et laissent une place de choix aux rapports de force. En effet, certaines allégations apparemment racistes d'un membre du décanat et de certains professeurs, dénoncées par les étudiants contestataires, méritent d’être vérifiées car elles tendent à remettre en question la crédibilité du décanat. La désagrégation des rapports entre les étudiants et les personnalités du décanat élu indique que ces hiérarchies perdent de leur autorité pour statuer équitablement sur le sort des étudiants expulsés. Leur renvoi massif paraît traduire le refus de poser les problèmes gangrenant le fonctionnement de la Faculté. Il est de notre devoir d’éviter que nos recommandations soient teintées du «politiquement correct». La réouverture de la FMP sera harmonieuse si et seulement si elle est éclairée par un sens élevé de justice sociale, de l’éthique, de l’impartialité et de la transparence. Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 3
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    Il est difficilede dissocier la crise à la FMP de la crise morale qui secoue notre société. Le comportement des acteurs au sein de la communauté universitaire nous interpelle à plus d’un titre et traduit ce malaise où la crise morale qui secoue notre société est au cœur même de la mêlée à l’UEH. L’opinion publique a évidemment accès aux manifestations visibles des étudiants durant ces six (6) derniers mois et l’approche frontale empruntée par ces derniers pour faire valoir leurs revendications n’a fait que discréditer leur lutte en quelque sorte. Cette approche frontale, condamnée par plus d’un, aurait pu être évitée si les étudiants avaient choisi la voie de sérénité tout en conservant la dimension « résistance » et cherchant à ramener beaucoup plus d’alliés à leur cause. Cette approche frontale, apparemment suicidaire, utilisée pour mener leur lutte, s’est caractérisée par « un incivisme ambiant » après avoir épuisé en vain les différentes voies de dialogues. Sans vouloir faire l’avocat de cet « incivisme ambiant », ne serait-il pas la conséquence directe de l’absence de l’apprentissage de citoyenneté dans ce pays ponctué de violence explosive depuis ces vingt dernières années? Cet « incivisme ambiant » ne serait-il pas la conséquence du manque de prise en charge de la jeunesse dans ce pays où les repères crédibles, les modèles de références se font rares de plus en plus? Qu’a -t-on fait en matière d’apport de connaissance et de réflexions durant ces vingt dernières années au sein de l’U.E.H pour prévenir cet « incivisme ambiant » qui sévit aujourd’hui? L’on dira que ces jeunes ne se comportent pas en universitaires mais l’on n’osera questionner certains professeurs qui ne se comportent pas en responsables universitaires non plus? La société doit certainement porter un regard sur les dérives suicidaires des étudiants, mais doit aussi s’armer de courage pour questionner : la qualité de l’enseignement au sein de l’UEH durant ces dernières années? La réforme de l’UEH non encore aboutie après 12 ans de proclamation des dispositions transitoires 7 consacrant son autonomie? Dans quelles conditions évoluent des milliers d’étudiants qui viennent faire l’apprentissage du savoir d’un niveau supérieur? Le niveau de responsabilité de l’État face à cette unique université publique? 7 Date de proclamation des Disposition Transitoires de l’UEH : 21 février 1997 Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 3
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    L’approche suicidaire adoptéepar les étudiants dérange certes mais ne devrait servir de prétexte pour étouffer l’état du fonctionnement délabré de plusieurs Facultés au sein de cette Université. Un fonctionnement délabré qui ne répond pas aux normes universitaires. Il n’est pas nécessaire de revenir sur le diagnostic posé par le rapport Gosselin suffisamment élaboré plus haut pour décrire la désorganisation qui règne dans la gestion de l’enseignement à la FMP. En nous basant cependant sur les propos recueillis des responsables d’au moins quatre autres Facultés il nous importe de signaler que l’UEH fonctionne dans la plus totale indigence et se trouve dans l’incapacité de répondre à un espace de savoir adéquat pour satisfaire les besoins réels des étudiants au service de notre pays. Quelle Université pour quel pays? Il ne fait pas de doute que les acteurs sont en crise au sein de la communauté universitaire. L’entité CUEH, considérée comme l’instance décisionnelle de l’UEH, paraît être en déficit de légitimité face à l’assemblée des étudiants et l’ensemble des corps professoraux puisque certains des décanats semblent être élus dans des conditions peu démocratiques. L’assemblée des professeurs à la FMP par exemple arrive difficilement à réunir 60 % du nombre total pour débattre des problèmes de cette Faculté. Ce problème ne se pose pas cependant pour toutes les Facultés où certaines d’entre elles conservent encore la culture de l’assemblée mixte telle que conçue par les dispositions transitoires de 1997. Là où la culture de l’assemblée mixte fait défaut, les revendications des étudiants sont plus difficiles à accueillir et à gérer et le décanat détient tout le pouvoir sans laisser une brèche pour la participation des étudiants dans la vie de la Faculté. Selon les dispositions transitoires qui consacrent l’autonomie de l’UEH, la configuration organisationnelle doit favoriser la participation de tous les acteurs dans la vie de cette Faculté et de façon transparente. À la FMP par exemple, les étudiants sont apparemment liés aux responsables par une communication verticale de type descendant. Si la configuration organisationnelle de certaines Facultés ne favorise pas la participation des étudiants et des professeurs dans les réflexions d’orientation de l’UEH, comment pourrait-on aboutir à des résultats escomptés dans le cadre d’une véritable réforme ? Comment s’entendre sur un consensus épistémologique à la base de la réforme s’il n’existe pas réellement cet espace de débat contradictoire pour avancer des Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 3
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    thématiques en fonctionde l’intérêt de la nation? Telle Université telle société. L’université a pour devoir d’être à l’avant garde de la société en questionnant en permanence tous les déterminants responsables du dysfonctionnement de la sécurité sociale dans ce pays. C’est à l’Université d’État d’Haïti de donner le ton sur le modèle de médecin approprié en fonction des besoins de notre pays, le modèle de sociologue, le modèle d’Ethnologue, le modèle d’agronome, le modèle de juriste… etc… La communauté universitaire doit trouver un consensus sur un cadre épistémologique arrêté pour orienter une réforme en profondeur en fonction des réalités du pays. Quels sont les déterminants qui sous-tendent des problèmes réels que confronte la société d’aujourd’hui ? Problèmes identitaires ; Violences urbaines ; Absence de citoyenneté ; Problèmes environnementaux ; Système de santé inapproprié lié à une vision conventionnelle de santé publique … Toute réforme universitaire doit tenir compte de tous ces déterminants et définir un cadre épistémologique correspondant. L’Université d’État d’Haïti, malheureusement, fonctionne depuis quelque temps de façon inquiétante et les crises en série durant ces dernières années traduisent ce mal profond qui semble constituer un défi de taille pour les acteurs dirigeants. Peut-on résoudre cette crise en cherchant seulement à sanctionner des étudiants pour « l’incivisme ambiant » créé durant ces six (6) derniers mois et passer un trait sur le déficit de gouvernance de certains acteurs dirigeants de l’UEH ? Certaines questions méritent d’être posées dans le cadre de la FMP par exemple ? La FMP nécessite-t-elle en réalité plus d’une centaine de professeurs où plus de 60% d’entre eux sont peu disponibles pour accompagner adéquatement les étudiants ? Une réforme sérieuse et équitable pourrait seule répondre à une telle question que la société n’a peut-être pas le courage d’avancer… Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 3
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    Proposition de sortiede crise : L'émotion est encore très vive chez les deux parties à la FMP et des pôles de tension s’agitent encore contre le Conseil exécutif du Rectorat. Il y a eu des dégâts humains à la FMP de part et d'autres dans cette crise selon notre constat d'intervenante. Nous avons ce souci de proposer un renforcement du processus de dégel amorcé pour faciliter ce climat harmonieux tant souhaité au sein de l'UEH. Phase I : fin octobre-fin décembre 2009 3. Consolider le processus de dégel amorcé par le CF durant ces quatre dernières semaines. Cette consolidation tiendra compte de l’adoption des mesures suivantes :  Amnistie générale à la FMP pour permettre à cette communauté de se réconcilier avec elle-même. Je reprends les propos évoqués par le professeur Eddy Lacoste[1] à la rencontre du 13 octobre 2009 avec le CF: « Il faut exiger la signature d'un Gentlemen Agreement entre les parties annonçant une trêve et mettant à l' écart des propos et actions inappropriés pouvant être assimilés à des formes de violence. Dans ce même document, l'on fixera le cadre général global du dialogue, les modalités de ce dialogue et un échéancier. L' on pourrait même envisager la formation d' un comité de négociation pour réaliser alors le dialogue et les négociations sérieuses entre toutes les parties pour une reprise alors harmonieuse de toutes les activités au sein de la Faculté de Médecine ».  Prévoir une cérémonie œcuménique à la réouverture de la FMP en présence des autorités de l’UEH pour renforcer ce climat serein ;  Encourager les étudiants ayant fait l'objet de « sanctions » à effectuer des actions communautaires en santé à travers des centres périphériques publics de santé durant les trois prochains mois pour favoriser l'apprentissage du devoir civique chez eux;  Le Conseil de l’Université d’État d’Haïti doit définir une stratégie de dialogue pour faciliter dans le plus bref délai des rencontres en série entre le Conseil exécutif de l’UEH et la Faculté des Sciences Humaines ainsi qu’avec l’École Normale Supérieure pour clarifier les enjeux sur la gestion des programmes de maîtrise afin de retrouver un climat de confiance dans la relation entre le
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    Rectorat et cesdeux Facultés. Une commission de 3 membres du CUEH se porterait volontaire pour arbitrer ces rencontres. Le Conseil exécutif du Rectorat doit travailler à enlever de l’esprit de la communauté des autres Facultés la préférence semble-t-il affichée pour les Facultés de Médecine, Science et Agronomie ;  Suivi de l’application des mesures d’accompagnement pour permettre aux facultés de fonctionner de manière adéquate dans le respect des droits des étudiants, des professeurs et du personnel administratif. Nous reprenons ici les mesures d’accompagnement soumises à l’exécutif pour les suites utiles : À court terme (novembre 2009-janvier 2010) • Mettre une dizaine d’autobus aux services de l’UEH pour le transport des étudiants. • Rendre fonctionnelles toutes les cafétérias de l’UEH et subventionner les plats chauds • Aménager des dortoirs dans des maisons de résidence pour les étudiants. • Implanter des bibliothèques fonctionnelles Des mesures à prévoir aussi à court terme spécifiquement dans le cadre de la FMP (novembre 09-janvier 2010) • Constituer une banque de ressources alternatives de spécialistes en lien avec la coopération cubaine et les associations des médecins haïtiens en pays francophones pour combler les vides pour les cours de Rhumatologie, endocrinologie, anatomie radiologie, Histologie… • Trouver une entente avec la coopération cubaine, le Conseil de l’HUEH ainsi que les moniteurs de la FMP pour le remplacement provisoire des internes qui partent en service social d’ici janvier 2010 par les nouveaux médecins haïtiens franchement diplômés de Cuba. Il faut agir en responsable pour éviter une désorganisation des soins à l’HUEH durant au moins quatre mois avec la rentrée tardive prochaine des nouveaux internes. Les nouveaux internes de la FMP risquent de prendre service seulement à la fin du Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 3
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    printemps avec leretard provoqué par la crise… • Travailler à la réorganisation de la gestion des soins à l’Hôpital général afin qu’il réponde aux normes d’un espace de savoir universitaire pour accueillir les étudiants de la FMP (Le Conseil exécutif de l’UEH doit jouer un rôle actif dans la redéfinition de la vocation de cet hôpital de concert avec le Décanat, les chefs de département à la FMP ainsi que la Direction de l’École Nationale des Infirmières); À moyen terme : novembre 2009- juin 2010 (Suite des mesures d’accompagnement) • Travailler à rendre fonctionnels les laboratoires au sein de la FMP • Injecter un fonds spécial d’urgence pour augmenter l’enveloppe budgétaire de l’exercice 2009-2010 de l’UEH afin de lui permettre de faire face à ses problèmes d’indigence et éponger les arriérés de salaire de 2 ans d’un nombre important de professeurs… À long terme • Travailler à mettre en oeuvre le processus de construction d’au moins 4 campus universitaires de L’UEH dans plusieurs départements. 2. À court terme (novembre 2009) : Création d’une commission interdisciplinaire d’experts pour une réforme en profondeur de l’UEH  Créer une commission d’experts interdisciplinaires universitaires qui sera chargée de conduire une réforme en profondeur de l’UEH. Pour une duré de 6 mois (novenbre09- mars 2010), cette commission aura pour mandat de : o Définir avec les représentants de toutes les entités de la communauté Universitaire un consensus épistémologique pour la conduite de la réforme (quelle université pour quel pays et en fonction de quels besoins?); o Vérifier la gestion de la qualité de l’enseignement dans toutes les Facultés en ce sens : analyser le cursus en vigueur (ces cursus Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 3
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    correspondent-ils en réalitéaux besoins de la discipline en question et aux réalités du pays ?);  À propos du statut des professeurs, est-ce que le nombre de professeurs affectés correspond aux besoins du cursus de la Faculté ? Le statut des professeurs à temps plein mérite d’être vérifié. Ce statut doit être redéfini en fonction des nouvelles données de la Réforme ? Les critères d’embauche des professeurs au sein des Facultés sont à vérifier et à définir en fonction des nouvelles données de la réforme? La disponibilité des professeurs selon l’importance de la matière enseignée (les cours de 3 crédits nécessitant par exemple plus de disponibilité en terme de durée que les cours de 1 crédit)  Vérifier la configuration organisationnelle de toutes les Facultés à la lumière des dispositions transitoires du 21 février 1997 … Est-ce qu’il existe des assemblées mixtes viables dans toutes les Facultés ? Comment sont les relations entre étudiants, professeurs et le personnel administratif au sein des Facultés ?  Est- ce qu’il existe des programmes de recherches au sein des Facultés ? Est-ce qu’il existe des programmes d’extension universitaire au sein des Facultés ?  Vérifier le statut des étudiants au sein de toutes les Facultés ? (nombre de finissants, mémorants et réguliers)  Le cadre légal en perspective à vérifier et suggérer des stratégies pressantes pour son élaboration finale ? Après 12 ans de la proclamation des dispositions transitoires, il n’existe encore aucun cadre légal les renforçant… 3. Concernant la gestion administrative des facultés (novembre 2009- février 2010)  Conduire un audit de gestion de toutes les facultés d’ici février 2010 afin d’uniformiser la configuration organisationnelle administrative selon les normes universitaires de gestion. La configuration organisationnelle de gestion administrative universitaire doit tenir compte des prescrits des dispositions transitoires. Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 4
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    Étape de restructurationorganisationnelle de l’UEH Phase 2 : Avril-octobre 2010  Réaliser des mini forums à travers les Facultés pour discuter des propositions de recommandation de la commission de Réforme;  Organisation d’un congrès des étudiants pour valider les prescrits de la réforme et définir les stratégies électorales pour le renouvellement graduel des décanats, et des membres du Conseil exécutif de l’UEH ;  Organisation graduelle de nouvelles élections selon les nouveaux prescrits de la Réforme découlant de l’esprit des dispositions transitoires ;  Rétablissement des Assemblées mixtes viables dans toutes les Facultés Des suggestions par rapport à l’augmentation excessive des « mémorants » Certains responsables de Facultés rencontrés ont fait part des difficultés éprouvées avec la population des « mémorants » qui augmentent de plus en plus. Il faudrait peut-être penser à des propositions de travaux de recherche collectifs parmi les stratégies pouvant servir à solutionner ce problème crucial. À court /moyen terme (novembre 2009-juin 2010)  Organisation de séminaire de thèse intensif pour les mémorants de plusieurs Facultés;  Constitution de 10 ou 15 groupes de recherches pour travailler sur une quinzaine de thématiques en rapport aux réels problèmes sociaux du pays : Violences urbaines; Exploitation sexuelle sur les enfants de rue; Gestion du SIDA en Haïti; La relation haitiano-dominicaine ; La crise alimentaire; Haïti et les impacts du changement climatique; Famille migration et santé; Les jeunes et la question identitaire; Quel système de santé nécessite Haïti?; Femmes et violences sociales ; Perte identitaire et société de consommation…. Les résultats de ces recherches feront l’objet d’une publication collective pour aider à la compréhension des déterminants de ces problèmes sociaux. Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 4
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    Suggestion par rapportà « l’incivisme ambiant » A moyen terme (janvier-décembre 2010) Promouvoir l’Implantation graduelle de maisons de citoyenneté à travers les quartiers sensibles pour offrir des ateliers sur l’action civique, la participation citoyenne, la question de genre, les droits sexuels et reproductifs, la quête identitaire …. Encourager des activités de loisirs sains pour les jeunes au sein de ces maisons de citoyenneté… Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 4
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    Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestiondes Services de Santé Doctorante en Sciences Humaines Appliquées Intervenante communautaire en santé Membre du Comité de Facilitation
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    Proposition de plandes délais pour une réforme Universitaire de taille Étapes de dégel et introduction du processus de réforme universitaire Phase de dégel et de redressement de la gestion administrative des facultés Oct.09 Nov.09 déc 09 Janv 10 Fev. 10 Mars. 10 Dégel des pôles de tension au sein de la communauté universitaire et rétablissement d’un climat serein de fonctionnement Suivi de l’application graduelle des mesures d’accompagnement pouvant faciliter un fonctionnement harmonieux des facultés Création d’une commission universitaire interdisciplinaire indépendante d’experts de 5 membres pour interagir avec les entités de l’UEH sur les stratégies de mise en œuvre de cette réforme… Conduire un audit de gestion de toutes les facultés d’ici février 2010 Lancement d’un appel d’offre pour la construction d’au moins 4 campus universitaires Étapes de restructuration organisationnelle Avril 2010 de l’UEH Phase de construit d’un autre espace de savoir pour un programme d’Enseignement supérieur digne d’Haïti Mai. 2010 Juin 2010 Août 2010 Septembre 2010 Octobe 2010 Réalisation de mini Forum au sein des Facultés entre toutes les entités sur le rapport de la commission indépendante de réforme Organisation d’un congrès des étudiants pour débattre en atelier, de façon démocratique, les prescrits du rapport de la commission indépendante de réforme pour sa validation Rétablissement des assemblées mixtes viables au sein des facultés avant d’intégrer le ou les campus universitaires Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 4
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    Nous n’avons paspu rencontrer le corps professoral faute de consensus entre les membres du CF autour de la table FMP dans la crise actuelle et positionnement des acteurs Décanat Mme.Gladys Prosper --Dr. Dodley Sévère… Conseil exécutif de l’UEH Réseaux internes Assemblée des étudiants/es Corps professoral CESFMP Conseil des Comité de départements Composante discipline administrative Conseil de l’UEH composé de 33 membres Les sanctions ont été apparemment prises dans des conditions non conformes ??? Comité central de 11 étudiants 35 étudiants suspendus pour deux ans Rencontre avec le Conseil de l’HUEH si nécessaire Stratégie d’échantillonnage adoptée pour l’orientation des rencontres Solidarité externe Sciences Humaines Monde organisationnel des étudiants dans cette nouvelle crise École Normale Supérieure Ethnologie Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 4
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    Appréciation de l’impact dumode de savoir faire Appréciation du fonctionnement de la FMP et du savoir faire de l'équipe dirigeante Appréciation de la structure Organisationnelle de la FMP Figure2: Cadre retenu pour apprécier le fonctionnement et le savoir faire à la FMP Adapté de François Champagne, 1999 Chercheur au niveau du Département d’Administration de la Santé de l’Université de Montréal Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 4
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    Rencontre/Accueil . Information Écoute Mise en confiance Pertinence de l’information Qualitéde l’entretien Écoute Dialogue Gestion d’état de crise Objectivité/impartialité Climat serein Échange fructueux Maîtrise de la crise (en terme de dégâts humains ) Restauration d’une écoute et quelles sont les solutions? Les références provisoires Aide à l’appréciation de la situation Disponibilité des références Qualité de l’accueil Sécurité Figure 3 : Cadre d’écoute Adaptation de Loubat, J.R, 1997 Élaborer son projet d’établissement social et Médico-social, Dunod p.122 Identification des difficultés, des enjeux et des acteurs en cause, des ressources et points forts, points faibles, des aspirations Ouverture de perspectives Pertinence et opportunité des perspectives, faisabilité des démarches Suivi Multiplication des rencontres pour écouter les points de vue de différents acteurs Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 4
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    Quelques Références bibliographiquesutilisées dans ce compte rendu Élie, J.R (juin 2000) , Réforme de l’Université Cadre Conceptuel, draft présenté au Conseil de l’Université le 2 juin 2000 (Vice Recteur des affaires académiques lors) Gosselin, R., Jean, P. (2005), Identification des besoins institutionnels à l’UEH et en particulier à la Faculté de Médecine et de Pharmacie Jean François. E, L'Échec de la société civile haïtienne à la lumière des dernières crises de l’université d'Etat d'Haïti, Le Nouvelliste, 30 septembre 2009 Jouthe, E. et al (2005) Pour une Politique institutionnelle de la Recherche à l’Université d’État d’Haïti, rapport présenté au Vice -recteur à la recherche, M. Fritz Deshommes Loubat, J.R, (1997), Élaborer son projet d’établissement social et Médico-social, Dunod Piquant, J. (7 octobre 2009), Université d’Etat d’Haïti : Pour une sortie de crise , Alter presse Toussaint, H. (2 octobre 2009) Haïti: L'avenir du débat et de la raison en Haïti, Propos d’un universitaire, Le Nouvelliste ___________________________________________ SE Le Président Préval, R. (2009), Adresse à la Nation, déclaration officielle sur la crise de la FMP Autres documents consultés  Dubois. C.H et al, Avril 2009, Analyse et projection: Recensement des ressources humaines en santé en Haïti, MSPP, ACDI, Unité Santé Internationale de l’Université de Montréal  Éli, J.R (juin 2001) Projet de formation en administration universitaire à l’intention de cadres administratifs de l’UEH, Université d’État d’Haïti  Cadet, C.L (mai 2001) L’Université d’État d’Haïti aux défis du Changement, U.E.H  La Faculté de Médecine et de Pharmacie, à la croisée des chemins (plan d’action 2007 élaboré par l’équipe dirigeante de la FMP, présenté en juin 2008 et revisité le 4 mai 2009)  Des professeurs à temps plein (UEH 2000) Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 4
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    Besoins exprimés parla Direction de l’École Normale Supérieure Rubriques Arriérés de salaires Deux véhicules Laboratoire informatique Matériel pour le laboratoire de Chimie-Biologie Climatiseurs Stages Bourses Octobre 2005 à septembre 2009 1 Bus et un Tout-terrain 25 ordinateurs + 3 imprimantes 4,961,750.00 3,966,000.00 392,502.50 6,422,000.00 Bibliothèque et secrétariat Étudiants finissant de l’ENS Préparation de Master en physique, Chimie, Biologie 286,405.00 3,000,000.00 9,400.000.00 28,428,657.50 Mission d’enseignement 6 missions en biologie et Chimie US$ 23,340.00 US$ 18,240.00 Billet d’Avion : US$ 1500 X 6 Frais d’Hôtel : US $ 100 X 7 jours X 6 Perdiem : 120 X 7 jours TP en Mathématiques 255 heures de TP : US $ 20.00 X 255 US$ 9,000.00 US$ 4,200.00 US$ 5,040.00.00 US$ 5,100.00 Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 4
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    Besoins urgents expriméspar la Faculté d’Ethnologie 2 véhicules Renforcement de la bibliothèque Activités de recherche Laboratoire informatique Cafétéria Arriérés de salaire Véhicules bus pour les sorties d’extension universitaire 500,000.00gourdes 1,500.000.gourdes 40 ordinateurs Environ 1,500 étudiants pour 10 mois 2007-2008 + 2008-2009 500.000.00gdes 3,387,400.16gourdes Besoins urgents exprimés par Faculté des Sciences humaines Renforcement de la bibliothèque Équipements, matériels Département de pour monter un studio Communication sociale Audio visuel Laboratoire informatique 40 ordinateurs Arriérés de salaires Mars-juillet 2009 Arriérés de salaires Mars-juillet 2008 Non chiffré Non chiffré 1,187,504.84 280,000.00gdes Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 5
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    Annexes Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestiondes Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 5
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    Annexe 1. Adresseà la Nation de S.E Monsieur Garcia Préval, Président de la République «Cela fait maintenant de longs mois qu'une crise au sein de la Faculté de Médecine et de Pharmacie, paralyse l'Université d'Etat d'Haïti, menace la paix publique et est la source de nombreux drames humains. «Mandaté par le peuple Haïtien, chargé par la Constitution de la bonne marche des institutions de la République, j'avais néanmoins choisi de respecter l'autonomie de l'Université, confiant que les auteurs directement impliqués auraient pu dégager, dans le dialogue, des solutions harmonieuses et réalistes aux problèmes sérieux soulevés à l'occasion de cette crise. «L'Etat dont j'ai la charge s'était jusqu'ici limité à garantir le respect de la loi et la paix des rues, laissant aux universitaires la responsabilité de résoudre une crise qui à l'origine s'était présentée sous un aspect purement académique. «Mais il est aujourd'hui évident que la confrontation a débordé ce cadre initial et que ses interlocuteurs ne peuvent seuls y trouver une issue satisfaisante. Ce n'est plus simplement le fonctionnement d'une institution qui est bloqué, mais celui d'une société déjà fragilisée. L'intégrité des biens et des vies de nombreux citoyens est quotidiennement violée, au nom de revendications recevables mais qui ne sauraient être défendues de cette manière-là, sous un régime qui respecte scrupuleusement les conquêtes populaires des libertés civiques et des libertés d'expression et d'association en particulier. «J'ai conscience d'avoir été critiqué pour mon obsession d'une stabilité fondée sur le dialogue permanent entre acteurs sociaux et politiques, plutôt que sur l'autoritarisme. Je persiste : le dialogue et la stabilité sont les seules garanties du l'autoritarisme. Je persiste : le dialogue et la stabilité sont les seules garanties du progrès et du bonheur de notre peuple, mais également de la reconquête de notre souveraineté nationale, trop souvent sabordée par les comportements de ceux-là même qui se présentent comme ses plus ardents défenseurs. Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 5
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    «La crise del'Université sera résolue par le dialogue, au sein de l'institution, mais également entre elle et l'ensemble de la société. L'autonomie universitaire ne libère pas la nation de ses engagements envers son université, ni l'université de ses devoirs vis-à-vis la nation. «Sollicité par des parents inquiets de voir leurs sacrifices réduits à néant, par des citoyens traumatisés par la répétition des atteintes à leurs biens et à leurs activités vitales, par une Force Publique en pleine reconstitution et trop souvent mobilisée par l'incivisme ambiant, j'ai décidé de m'investir dans la résolution de cette crise. «Elle comporte à la fois des aspects urgents mais sous-tendus par un malaise sociétal dont la genèse comme les solution dépassent l'étendue d'un simple mandat quinquennal. Ce malaise ne sera levé que par un engagement sur le long terme de l'Etat et de l'ensemble de la citoyenneté. «En ce qui concerne les problèmes exigeant des solutions immédiates, j'ai décidé d'une part de mandater un comité chargé de facilité dans le meilleur délai la reprise d'un fonctionnement harmonieux de l'université d'Etat. De l'autre, et malgré les difficultés financières évidentes auxquelles notre Etat est confronté, de dégager les ressources indispensables à la résolution des problèmes les plus urgents. Les plus profonds seront pris en compte par un effort soutenu de l'ensemble de la nation pour redéfinir une politique de l'enseignement supérieur à la hauteur des défis auxquels nous sommes confrontés. «En attendant, je ne saurais cependant me dérober à mon devoir de garant de l'ordre public et je réaffirme ma ferme volonté de mettre fin à toute atteinte à cet ordre». René Préval Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 5
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    Annexe 2 : Communiquéde presse du Secrétariat de la Présidence donnant mandat au Comité de Facilitation Secrétariat Général de la Présidence Palais National PN/SG/09/00344 Communiqué de presse La crise qui secoue l’Université d’État d’Haïti, s’éternise, dégénère et menace l’existence même de cette importante institution. Interpellée par cette institution, la Présidence, après consultation avec différents secteurs concernés a décidé de confier à un Comité de Facilitation la mission d’œuvrer à la reprise d’un fonctionnement harmonieux des différentes entités de l’UEH dans les meilleurs délais et d’amorcer les solutions aux problèmes bien réels mis en évidence par la crise actuelle. Le mandat du Comité de Facilitation est de 30 jours Le comité de Facilitation est ainsi composé : -Madame Rose-Anne Auguste -Mme Josseline Colimon Féthière -Monsieur Émile Hérald Charles -Monsieur Jean Alouidor -Monsieur Fritzo Canton -Monsieur Hérold Jean François Palais National, le 23 septembre 2009 Fritz Longchamp Secrétariat Général Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 5
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    Annexe III. Positiondes étudiants siégeant au sein du CUEH Port-au-Prince, le 16 septembre 2009 Note à la communauté universitaire et au grand public Vu les articles 8 et 24-f des Dispositions Transitoires ; Vu le point 5 de la résolution adoptée par le Conseil de l’Université en date du 2 septembre 2009, votée le 7 septembre 2009 donnant mission au Conseil Exécutif de monter, dans un temps record, une commission qui devra travailler sur la crise de la Faculté de Médecine et de Pharmacie (FMP), impliquant toutes les parties,y compris des membres du conseil de l’université. 3. Considérant que le décanat de la Faculté de Médecine et le rectorat de l’Université ont reconnu justes les doléances des étudiants contestataires ; 2. Considérant que le décanat de la FMP a voulu exclure de l’institution, en date du 8 septembre 2009, les étudiants grévistes. Une telle décision est réputée non conforme à la résolution votée par l’organe suprême de l’U.E.H, le Conseil de l’Université, réuni au Rectorat de l’Université, le 7 septembre 2009 ; 3. Considérant qu’aucune décision de force ne résoudra cette crise qui ternit l’image de l’UEH en général et celui de la FMP en particulier ; 4. Considérant que les étudiants membres du Conseil de l’Université ont essuyé une fin de non-recevoir de la part du Conseil Exécutif en date du 18 Août 2009 dans leur tentative d’assurer la médiation en vue de trouver une fructueuse issue à la crise ; 5. Considérant que la reprise des processus de dialogue entre les différentes parties impliquées dans la crise est le seul moyen d’arriver à une résolution efficace et durable de cette crise ; 6. Considérant que les décanats de toutes les Facultés de l’Université sont tenues d’appliquer, à tout le moins, d’optempérer aux décisions du Conseil de l’Université d’Etat d’Haïti (C.U.E.H). Pour empêcher l’effondrement de l’UEH, lié au non respect des dispositions transitoires du 21 Février 1997 qui régissent jusqu'à présent son fonctionnement, nous, étudiants membres du Conseil de l’Université, demandons au Conseil Exécutif d’agir cette fois-ci, pour l’histoire, en appliquant la résolution prise et votée par le Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 5
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    Conseil de l’Universitéen date du 7 septembre 2009. En effet, la décision du renvoi définitif ou partiel de certains étudiants de la FMP tend à envenimer la crise et, par suite, à l’étendre à d’autres entités de l’UEH ; ce qui compromettrait la stabilité et la sérénité au sein de celle-ci. Pour cela, nous réitérons notre appel à la communauté de la FMP (membres du décanat, professeurs, étudiants, membre du personnel administratif et de soutien), au Conseil Exécutif, au Conseil de l’Université, à la société civile de revenir sur la table de dialogue pour pouvoir résoudre la crise de la FMP sans causer préjudice à aucune des parties impliquées dans la crise. Nous condamnons énergiquement les violences, sous toutes les formes, perpétrées dans les mouvements des étudiants et, comme il leur est reconnu le droit de manifester, de faire valoir leurs doléances, nous leur recommandons de jouer la carte de la prudence face à toute éventuelle alliance ou aide pour éviter toutes dérives, sinon toutes violences dues à des infiltrations malhonnêtes. Nous condamnons de toutes nos forces la chasse aux étudiants de la FMP, entamés par la PNH sous l’autorisation du décanat de la FMP. De plus, nous déplorons les mauvais traitements dont les étudiants de la FMP ont été l’objet lors de la dernière intervention policière. En définitive, nous déconseillons toute démarche visant á autoriser les forces de l’ordre á violer l’espace universitaire. Il revient, par conséquent, au Conseil Exécutif, en tant que responsable de la bonne gestion de l’UEH, de faire preuve de sérénité et d’impartialité dans la crise actuelle. Pour authentification : NOM PRENOM (S) ENTITÉ SIGNATURE 1-FILS Pierre Inodyl FE 2- OLIVIER Daddy ENS 3- MEDEE Ewenso Simon IERAH/ISERSS 4- OXEUS Getho INAGHEI 5- SAINT-GERMAIN Patrick FO 6- PIERRE Sandiny FAMV 7- DELIZIN Emmanuel FDS 8- VICTOR Mario Gérard FDSE Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 5
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    Annex 4 :Proposition soumise par le Professeur Anselme Rémy et le Doyen de l’ENS, Bérard Cénatus Proposition de Résolution en vue de résoudre la crise à la Faculté de Médecine, de Pharmacie et de Technologies Médicales (Présentée par deux (2) membres du Conseil de l’Université (CU) Bérard Cénatus de l’Ecole Normale Supérieure et Anselme Rémy de la Faculté des Sciences Humaines) Vu les articles 34, 34-1, (Titre III), l’article 159 (Titre V), les articles 208, 209, 210, 211, 211-1, 212 (Titre VI) et l’article 296 (Titre XV) de la Constitution de 1987, Vu les Dispositions Transitoires de Février 1997 réglementant le fonctionnement général de l’Université d’Haïti (UEH), Considérant qu’il y a lieu de réaffirmer la position du Conseil de l’Université (CU) d’Etat d’Haïti comme seul organisme revêtu de l’autorité et de la capacité légale et institutionnelle pour résoudre en dernière instance tout différend à l’intérieur de l’UEH, Considérant qu’il est urgent de résoudre le conflit qui paralyse la Faculté de Médecine, de Pharmacie et de Technologies Médicales (FMP) depuis le mois d’avril 2009 et qui affecte le fonctionnement de plusieurs unités à l’intérieur de l’UEH, Le Conseil de l’Université d’Haïti a décidé ce qui suit : 1. Il réaffirme qu’en vertu de l’Article 8 des Dispositions Transitoires de Février 1997, il « est l’organe suprême d’orientation, de contrôle et d’arbitrage de l’UEH ». A ce titre, toute décision, toutes mesures qui affectent le statut et la situation d’un membre de la communauté universitaire devront lui être formellement soumises pour leur approbation ou validation en dernière instance. 2. Il informe la population en général et la communauté universitaire en particulier, que dans le but d’explorer toutes les initiatives pouvant aider à trouver une prompte et juste solution à la crise paralysant la Faculté de Médecine et de Pharmacie et de Technologies Médicales (FMP), il a rencontré le lundi 28 septembre écoulé le Comité Présidentiel de Facilitation créé par le Président René Préval dont la mission expresse et officielle est « d’œuvrer à la reprise d’un fonctionnement harmonieux des différentes entités de l’UEH dans les meilleurs délais … » Il a ensuite décidé de collaborer avec ledit Comité de Facilitation, ce dans le respect scrupuleux de l’autonomie de l’UEH. 3. Dans le but de faciliter la détente au sein de l’UEH en général et à la FMP en particulier, il a décidé d’accorder une amnistie générale pour toutes les actions entreprises en violations des lois et règlements. Cette décision implique l’annulation de toutes les sanctions imposées par les autorités universitaires ou académiques aux violations commises lors des derniers événements et qui ont abouti à la présente crise. 4. Il est crée un Comité de Négociation de cinq (5) membres sélectionnés au sein du CU pour : Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 5
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    1. Servir d’interfacedirecte et immédiate avec le Comité Présidentiel de Facilitation dans le but de rendre plus fluides et plus efficaces les échanges entre ce dernier et le Conseil Universitaire, 2. Initier des contacts avec tous les secteurs concernés à la FMP en vue de contribuer au dégel des rapports au sein de cette unité de l’UEH et arriver à la reprise des activités académiques. 3. Préparer et présenter un rapport préliminaire au CU dans un délai de quinze (15) jours sur les mesures et actions immédiates à entreprendre par les autorités universitaires pour améliorer la situation générale à la FMP en priorité et dans les autres entités. Un autre rapport plus étoffé devra être présenté dans un (1) mois. 5. Les étudiants de la FMP et leurs alliés dans les autres unités de l’UEH et des autres universités devront cesser toutes manifestations de rues et à l’intérieur des unités pendant la durée du travail du Comité de Négociation. 6. Les membres de la communauté universitaire de l’UEH, à quelques titres que ce soit, doivent observer dans leurs rapports, directs ou indirects, les règles de civilité et de respect mutuel. Le Conseil de l’Université (CU) de l’UEH entend sanctionner toutes déclarations désobligeantes par voie de presse ou autres (journaux, radio, internet, panneaux), visant à stigmatiser, ou insulter un interlocuteur. 7. Le Conseil de l’Université informe la communauté nationale et universitaire qu’il entend i. jouer son rôle d’organe suprême d’orientation de contrôle et d’arbitrage de l’UEH, ii. sensibiliser les autorités nationales et le grand public sur les problèmes, besoins urgents et à long terme de l’UEH, iii. établir une plus grande transparence, égalité et équité dans la répartition des fonds alloués à l’UEH, y compris ceux qui seraient accordés en urgence dans le cadre de la dernière déclaration du Président René Préval, ce pour en finir avec les rentes de situation et la distinction entre grandes et petites facultés, iv. réorienter et dynamiser le processus de reforme universitaire en vue de doter le pays d’une université publique au service de la communauté en général et qui réponde aux exigences de ses besoins et de son développement Bérard Cénatus Anselme Rémy Membre Conseil de Direction Délégué des Professeurs Ecole Normale Supérieure Faculté des Sciences Humaines P.S La présente proposition n’engage que les signataires. Toutes les personnes et organisations affiliées ou pas à l’UEH sont encouragées à la commenter et peuvent faire valoir leurs opinions aux signataires et/ou aux membres du CU. Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 5
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    C.C Conseil del’Université Presse Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 5
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    Annexe 4. Retoursur la RENCONTRE AVEC LES ORGANES DE PRESSE Entrevue très attendue par l’opinion publique, désireuse de connaître les démarches et de se sentir rassurée sur les chances de succès du Comité par rapport à tant d’écueils et de réticences clairement affichées. Exposé assuré et explication conceptuellement satisfaisante du rôle et du parcours, déjà effectué, du Comité : accueil favorable de l’ensemble des organes de Presse et soulagement perceptible de l’opinion publique. Bref ! Acceptation et Accueil très positifs du mode et de l’évolution de l’accomplissement, en toute sérénité, de la mission à nous-mêmes impartie. Nécessité d’un relais par les autorités publiques pour plus de solennité et plus de confiance dans un dénouement qui tienne compte de la réalité des problèmes alors soulevés. Le reportage d’Alterpresse sur le point de presse du Comité de Facilitation Mercredi 7 octobre 2009 par Ronald Colbert P-au-P, 06 oct. 09 [AlterPresse] --- L’Exécutif haïtien s’est engagé à doter l’Université d’Etat d’Haïti (Ueh) d’une allocation extraordinaire de ressources financières en vue de jeter les bases d’une reprise normale des activités au sein de l’enseignement supérieur public dans la capitale, apprend l’agence en ligne AlterPresse. Le rectorat de l’Ueh fournira, d’ici le jeudi 8 octobre, un cahier de charges y relatif, annonce le comité de facilitation entre les différents acteurs, formé, le 23 septembre 2009 pour un mandat d’un mois, par le président René Garcia Préval. Dans l’immédiat, seront apportées des réponses concrètes et adaptées, comme une formule de cafétéria proche du modèle de cantine scolaire en application dans les écoles fondamentales publiques. Environ 60 % des facultés et écoles supérieures, telles la faculté d’ethnologie qui compte reprendre les activités académiques le 7 octobre, se trouvent dans une ambiance de reprise à une date non encore déterminée. Par rapport aux sanctions à l’encontre de plusieurs étudiants contestataires à la faculté de médecine et de pharmacie (FMP, paralysée dans son fonctionnement depuis avril 2009), le comité de facilitation signale avoir noté une “capacité de flexibilité” chez le décanat de la Fmp. Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 6
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    Cela ne signifiepas que le comité de facilitation peut entériner ou porter à revenir sur les sanctions prises, lesquelles relèvent du décanat et des structures compétentes de la Fmp. “Une réalité d’apaisement, de dégel ainsi qu’une reprise de confiance ont émergé. La désignation du comité de facilitation a bousculé un ensemble d’inerties au sein de l’Ueh. Le conseil de l’Ueh, qui comprend 33 membres, vient d’approuver, le 5 octobre, une résolution en faveur d’un dialogue avec le comité de facilitation”, souligne le journaliste Hérold Jean-François, porteparole du comité dans sa première rencontre le 6 octobre avec la presse, à laquelle a assisté AlterPresse. Mais attention, l’ensemble des problèmes ne va pas être solutionné en 30 jours, au cours de la période qui correspond au mandat du comité de facilitation. Dès le départ, les personnes désignées [1] pour initier le dialogue avec toutes les composantes au sein de l’Ueh ont exigé une garantie d’autonomie (sans aucune interférence de la présidence haïtienne) afin de pouvoir conduire les démarches d’échanges et de concertation. Depuis leur désignation, ils se sont réunis en 3 fois avec René Préval pour lui exposer l’évolution de leur travail et lui faire part de recommandations et de mesures d’accompagnement à adopter très rapidement pour ramener le calme à l’université d’Etat d’Haïti. Cette “commission ad hoc”, qui a rencontré le rectorat, le Conseil de l’Ueh, le décanat de la faculté de médecine et de pharmacie (Fmp) et son conseil des chefs de département, les comités de discipline dans certaines facultés, et eu des rencontres informelles avec d’autres acteurs directs et indirects “ de manière à responsabiliser chacune et chacun”, créera une fenêtre d’opportunités pour des discussions plus approfondies à l’université d’Etat d’Haïti. Seront alors posés les problèmes fondamentaux urgents : de cafétéria, de laboratoire, de dortoir, de bibliothèque, d’autobus, de campus et de réforme. Sur la question de campus, le comité de facilitation propose à l’Exécutif de lancer un appel d’offres pour la mise en oeuvre proprement dite, d’ici à 2011, d’un grand espace de regroupement universitaire public au nord de Port-auPrince. Parallèlement, dans une perspective de long terme, face au désespoir des jeunes – qui craignent d’être confrontés au chômage au sortir de l’université -, le comité de facilitation suggère de rapprocher l’université d’Etat des familles Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 6
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    en mettant enplace des structures fonctionnelles d’enseignement supérieur public en province. Le comité de facilitation lance un appel à une prise de conscience chez la partie des étudiants “ qui ne se sentent pas encore confortables pour entamer le dialogue”, afin d’arriver à un minimum, c’est-à-dire une reprise de la qualité de vie au sein de l’université d’Etat d’Haïti. Tout en admettant les questionnements, le comité de facilitation pour une reprise harmonieuse des activités académiques à l’Ueh rattache les résultats de sa mission (qu’il précise être une “implication citoyenne bénévole”) à la disponibilité et aux dispositions des acteurs à vouloir un déblocage réel de la situation de crise. Les membres du comité de facilitation affirment haut et fort qu’ils n’ont pas reçu ni ne recevront aucune rémunération pour la mission qu’ils exécutent pendant un mois “à l’appel de la communauté universitaire”. Il s’agit, avant tout, de favoriser un dialogue ouvert, y compris avec les étudiantes et étudiants, principaux bénéficiaires directs de l’offre de formation. “Nous voulons rapprocher les protagonistes et effacer les antagonismes en mettant toutes les énergies en synergie”, avancent les membres du comité de facilitation qui soulignent n’être ni une instance au sein de l’Ueh, ni une structure de décision. [rc apr 06/10/2009 14:00] [1] La gestionnaire Jocelyne Féthière, l’ingénieur Mathias Pierre, le journaliste et directeur de la station privée Radio Ibo Hérold Jean-François, Dr. Emile Hérald Charles, Me Fritzo Canton, Dr Jean Alouidor (pédiatre) et l’infirmière (également doctorante en sciences humaines) Rose Anne Auguste sont les 7 membres du comité de facilitation. Ronald Colbert [AlterPresse - Haiti] Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 6
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    Annexe 5- Deuxdocuments de ceux soumis par les étudiants du Comité Central de la Faculté de Médecine Annexe 5.1 Suivi du « Manifeste des 8 » Considérant la pétition « Manifeste des 8 » du mois de novembre 2008 signée par l’ensemble des promotions de la FMP, adressée au Rectorat de l’UEH et au décanat et restée sans réponse, dans laquelle déjà étaient relatés les multiples difficultés auxquelles la FMP fait face telles : absence de certains cours, fermeture des laboratoires, réduction de la durée des stages, dysfonctionnement de la bibliothèque, etc. Considérant la note datant du 3 novembre 2008 interdisant tout mouvement de protestation pour quelque soit la raison sous peine d’être sanctionné (sanction allant de la suspension a l’exclusion définitive), bafouant tous les principes et acquis démocratiques Considérant l’absence non motivée auprès de la communauté estudiantine de la doyenne pendant cinq mois, ce qui constitue une faute administrative excessivement grave Considérant qu’après l’arrêt de travail du 27 avril, la lettre du 29 avril du Comité Central invitant les responsables du décanat a initier des débats autour des problèmes sus-cités demeure jusqu'à date sans réponse Considérant le refus manifeste du décanat de communiquer avec les étudiants et sa volonté de contourner les problèmes justifiés par une convocation des parents à une réunion a l’HUEH le lundi 4 mai 2009, ce qui traduit leur irresponsabilité et qui montre que selon eux il n’existe aucune différence entre un écolier et un universitaire Considérant que leur première intervention sur la crise a été faite au niveau de la presse (note de presse du 2 juillet 2009) et ce, trois mois après l’arrêt de travail observé a la faculté. Considérant que le Dr Gladys T. Prosper a elle-même déclaré sur la radio Vision 2000 lors de la rubrique « Invité du jour » animé par M. Valery Numa qu’elle ne dispose pas de baguette magique pour pallier aux divers problèmes de la faculté et Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 6
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    ce malgré sestrente-trois ans passés dans les sphères décisionnelles de la FMP, ce qui prouve donc son manque flagrant de vision Considérant que Dr Gladys T. Prosper lors d’une émission sur la TNH se déclare contre toute idée d’assemblée mixte avec les étudiants sous prétexte que ces derniers sont des « têtes brulées » pour citer ses propos. Considérant notre première rencontre officielle avec différents professeurs tels les Drs Telemaque, Deverson, Desmangles, Gedeon déclarant que toutes nos revendications sont justes, fondées et générées par le simple fait que des notions de base en administration font défaut a l’équipe dirigeante pour citer le Dr Louis Franck Telemaque (a la salle de DCEM2) Considérant notre première rencontre officielle avec différents professeurs tels les Drs Telemaque, Deverson, Desmangles, Gedeon declarant que toutes nos revendications sont justes, fondées et générées par le simple fait que des notions de base en administration font défaut a l’équipe dirigeante pour citer le Dr Louis Franck Telemaque (a la salle de DCEM2) Considérant notre deuxième rencontre avec les professeurs (Drs Noel, Milce, Gedeon, Desmangles). Ce dernier nous a choque par ses révélations qu’il a également tenues a l’émission « Ranmase » de Caraibes FM « questionné sur le succès étonnant de mes étudiants au cours d’anatomie en PCEM1 le quota de la discipline pour laquelle généralement les étudiant échouent, est passé de 150 a 50 points… On dirait que le décanat part en guerre contre les étudiants » Considérant que la médiation entamée avec le Dr Deverson a la mi-mai soldée par le refus du décanat de s’asseoir autour d’une table avec les étudiants pour débattre de la crise Considérant que la médiation entamée avec Dr Junot Felix à la fin du moi de mai ayant facilité une rencontre avec le recteur, M. Jean Henry Vernet et le vice-recteur aux affaires académiques, M. Wilson Laleau au cours de laquelle nous était faite la fallacieuse promesse d’arriver dans le plus bref délai a une solution devant mettre fin Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 6
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    a cette crise Considérantles lettres du 3 juillet 2009 et du 8 juillet 2009 du Comité Central sollicitant le dialogue avec le décanat, lettres qui ont été remis respectivement aux Drs Junot Felix et Deverson et qui sont jusqu'à date restées sans réponse Considérant la rencontre avec les professeurs Emile Herard Charles, Demorcy, Buteau, Cherro, Desmangles, Bernard Pierre au terme de laquelle Dr Demorcy déclara qu’après constat, le décanat a perdu toute légitimité Considérant qu’après près de quatre mois de crise le recteur refuse tout dialogue avec les étudiants, refuse de comprendre que l’université est le lieu de débat contradictoire par excellence et déclare le 20 juillet qu’il n’est pas venu pour dialoguer mais pour livrer un message. Considérant que le 18 août les représentants d’étudiants auprès du rectorat ont sollicité auprès de celui-ci une rencontre en vue de discuter sur la crise de la FMP, lettre déclarée irrecevable par le rectorat sous prétexte que les représentants signataires de la lettre n’avaient pas posé leurs paraphes mais leurs noms Considérant la tentative d’assassinat orchestrée dans la nuit du 28 au 29 août 2009 par les différentes unités des forces de l’ordre (a noter ce soir la la présence d’ambulance pour empiler les cadavres, de sapeurs pompiers pour laver le sang des étudiants…) Considérant que sans solution aucune à la crise on prétend reprendre les activités académiques comme si de rien n’était Considérant la dernière rencontre avec les professeurs Emile Herard Charles, Telemaque, Levêque, Desmangles, Jean Louis, Lafontant, Abel dans une atmosphère sereine, calme, paisible ou il a été conclu que ces professeurs devraient assurer la mediation entre le décanat et les étudiants Considérant que dans la matinée du 9 septembre, triste et alarmant est de constater le mépris, le non respect de la personne humaine témoignés par la tentative de tuerie ordonnée par le décanat Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 6
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    Considérant les différentesmesures discriminatoires visant les plus pauvres, les « anonymes » sans référence sociale et la volonté manifeste de boycotter la formation de cette « génération d’intrus » comme ils le disent Considérant la pétition signée par 462 étudiants témoignant leur désaccord avec le mode de gestion de cette équipe Considérant qu’en définitive tout le monde, quelque soit sa position sociale, politique ou économique, notamment le recteur Jean Henry Vernet reconnaît la justesse et la légitimité de toutes nos revendications Nous, les représentants élus des différentes promotion de la Faculté de Médecine et de Pharmacie / Ecole de Technologie Médicale de l’Université d’État d’Haïti déclarons ce qui suit : Nous ne reconnaissons plus l’autorité morale et la légitimité de cette équipe décanale par conséquent nous déclarons nuls et sans effet toute décision prise jusqu'à la résolution de la crise. Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 6
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    Annexe 5.2 POUR UNEAUTRE FMP/ETM 10/15/2009 Le Comité Central. QuickTimeᆰ et un dホcompresseur BMP sont requis pour visionner cette image. Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 6
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    A 7 moisprès, la crise à la FMP/ETM n’est toujours pas résolue. Les revendications estudiantines jugées pertinentes et justes par tous, et visant à rendre la FMP plus performante, à la rendre à la fois adaptée à la réalité haïtienne et standardisée (comme le recommandent d’ailleurs les dispositions transitoires de l’UEH statuant sur les procédures de réforme au sein de l’Université) sont paradoxalement jusqu'à présent restées sans réponse aucune. Cette crise nous a permis malheureusement de constater que l’Université d’Etat d’Haïti, tout comme la plupart des institutions publiques du pays n’échappe pas au laxisme, à la mauvaise foi, au manque de sens de responsabilité… des personnes mandatées à diriger. Encore une fois, nous semble-t-il que la notion de « chef », consciemment ou pas, n’est pas totalement maîtrisée. Le désir d’imposer un discours dominant, de fuir les débats contradictoires est plus que manifeste. Alors que plus d’uns le savent pertinemment, la mission d’un dirigeant, « d’un chef » n’est autre que d’aider, que de servir, que d’accompagner ou de guider le dirigé. Nous ne cesserons jamais de le répéter : L’université est le miroir de toute société, de tout pays. Aussi, dans notre cas ne serait-ce nullement une surprise si l’image qu’elle reflète est déformante, laide, affreuse : lorsqu’on considère le nombre incalculable de problèmes auxquels elle est confrontée et surtout lorsqu’on remarque le manque de volonté flagrante de pallier à certains d’entre eux. Dans le contexte où nous évoluons actuellement, où tout est prioritaire, nous ne pouvons en aucun cas, nous permettre le luxe de continuer à creuser le fossé de l’injustice sociale, du mensonge, des inégalités socio économiques, de la dérive de nos institutions publiques et surtout du dysfonctionnement de notre système éducatif… Aujourd’hui, triste et affligeant est-il de faire face presqu’impuissamment à la perte des valeurs acquises à l’école, à l’église, dans la famille…ou d’assister à la disparition de certaines notions vertueuses telles le respect de l’autre, la confraternité, l’amour de l’autre, l’amour du travail, l’amour du pays, de la communauté…Tout semble ne plus exister. Aucun modèle, aucune élite… Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 6
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    Il n’est unsecret pour personne que les problèmes du pays sur le plan sanitaire sont criants. Le manque de moyens financiers, le manque important de ressources humaines et surtout l’absence d’une politique d’amélioration des conditions de vie… ne constituent certainement qu’un amer cocktail à placer honteusement ou fièrement (dépendamment des personnes impliquées) sur la table du sous-développement, de la misère et de la pauvreté. Nous sommes à un carrefour historique. Et de tous ceux qui ont eu à intervenir à propos de cette crise à la FMP/ETM, une seule conclusion est à tirer : si une solution réelle, durable et efficace n’est pas adoptée dans le plus bref délai, l’UEH en fera les frais. Et de ce fait, le pays en sera le plus grand perdant. Notre premier document sur la crise à savoir : La Radiographie de la FMP/ETM Quelle issue !!! que nous avons publiée et dans laquelle sont clairement énumérées les différentes irrégularités administratives et académiques auxquelles nous faisons face quotidiennement est plus que justifiée, surtout lorsque le 23 septembre 2009, le Président de la république eut été amené à mettre sur pied une commission de facilitation à la résolution de la crise. Voila donc la preuve tangible de l’incapacité et de l’incompétence des personnes censées décider sur le fonctionnement adéquat de l’UEH, qui jusqu’ à date demeure malheureusement le seul centre public de l’enseignement supérieur. L’état actuel de notre chère Université, particulièrement de la faculté de médecine et de pharmacie ne nous rend pas fiers. Nous avons plus de problèmes que de salles de cours, que de livres, que de professeurs à plein temps, que de laboratoires… Aussi, force était de constater le déclenchement de la crise à la Faculté de médecine, très peu de temps après celles observées à l’ENS et à la faculté d’ethnologie. Témoignage donc de l’effondrement d’un système inefficient, inadapté et inapproprié à la réalité haïtienne ainsi qu’au processus actuel de globalisation. Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 6
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    Il nous estdonc un devoir 7 mois après, de rappeler dans ce document les problèmes de la Faculté de médecine et surtout les vraies raisons qui nous ont pousse à observer un arrêt de travail depuis le 27 avril 2009. La faculté de médecine ces deux dernières années, avec cette équipe décanale a pratiquement laissé le rail de la compétitivité et de la modernisation. Y a-t-il eu un projet académique réel ? - Notre programme s’étend sur 24 semaines de cours (y inclues les semaines d’examen), alors que l’on sait très bien que la durée standard requise est de 30 à 33 semaines. -La durée des stages hospitaliers est réduite de moitie. (Certains passent même à une semaine) -En première année, on n’a plus de Statistiques médicales, en 2e année de médecine on n’a plus de Radiologie anatomique et pire encore, la Doyenne de la faculté ne vient plus dispenser depuis 2 ans, son cours de T.P d’Histologie ou encore celui d’ana-pathologie digestive en DCEM2.De quoi parle-t-on maintenant ? De manque de ressources humaines ? - En 5e année, le cours de médecine familiale longtemps enseigne par le Dr. Lubrenne Bien-aimé est inexplicablement sorti du cursus. Rappelons donc pourquoi. En juillet 2008, il y eut un problème avec ce dernier, ce qui a traine une première crise jusqu’en septembre 2008. (Voir radiographie de la FMP/ETM) de laquelle le docteur sera révoqué pour absence répétée, et par conséquent, le cours qu’il avait entame depuis une semaine dans la nouvelle année académique n’est plus. A ne pas oublier la gériatrie, l’endocrinologie qui ne sont plus enseignées. -En pharmacie, les stages hospitaliers ne se font plus. Aucun mécanisme n’est mis en place pour relever le niveau de cette section. Des cours comme : Pharmacie hospitalière, sante publique, virologie, endocrinologie ont bizarrement disparu du cursus. Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 7
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    -Pendant que lascience ne cesse de se développer, pendant que partout dans le monde on ne cesse de faire la promotion de la recherche, pendant que surtout la science médicale devient de plus en plus pratique, paradoxalement à la faculté de médecine on procède à la fermeture des laboratoires. Aujourd’hui, ne fonctionne plus, le laboratoire de botanique qui a laisse sa place aux bureaux du DESS. Le laboratoire de contrôle de la qualité des médicaments est dysfonctionnel. Celui de physiologie est dans un état délabrant. -Des livres qui nous ont été offerts dans le cadre de la coopération avec l’Université de Montréal, n’ont jamais été mis à notre disposition depuis deux ans. Alors que tout le monde sait dans quel état se trouve notre bibliothèque. (Peut-être que c’est ainsi qu’ils définissent le concept de bibliothèque virtuelle). Peut-être comme l’est souligné dans leur bilan, que tout cela fait partie du projet majeur de refonte du Curriculum de la faculté. Peut-être qu’il y a une tentative de moderniser la Faculté et que malheureusement nous n’arrivons pas à comprendre. Peut-être… Quelle orientation compte-t-on donner à la Faculté ??? -Le terrain de jeu est transformé en parking si bien que toute tentative d’organiser des activités sportives sur la cour est un délit…Paradoxal hein !!! Des professionnels de la sante ne faisant pas de sport. -Les activités culturelles sont bannies. Peu d’importance est accordée aux journées scientifiques, autrefois très prisées. La Commission de Refonte des règlements internes par son travail, illustre parfaitement l’objectif poursuivi par le Décanat. En effet, il y a de quoi être sérieusement inquiet lorsqu’on considère : Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 7
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    L’article : 39(page 16) stipulant que « …les salles de cours et de travaux pratiques peuvent être mises à la disposition des enseignants et des étudiants d’une faculté privée par autorisation du Décanat. » Nous pouvons expliquer pourquoi donc nous avions eu des textes d’examens avec l’en-tête d’une faculté privée. Ce sont donc les échanges inter facultaires qui commencent déjà. Les articles : 54-55 (page 19-20) stipulent que : « Les membres des comités de la faculté peuvent être des professeurs de la Faculté, des vices doyens, des personnes ressources non attachées à la Faculté. Ces comités sont entre autres :…comité de contrôle des résultats d’examen, comité d’équivalence, comité de gestion de la bibliothèque, comité de discipline… » Comment donc comprendre que des personnes qui n’ont rien à voir avec la Faculté puissent définir son mode de fonctionnement, puissent définir notre avenir, puissent prendre des mesures disciplinaires, puissent déterminer qui doit pouvoir bénéficier de la formation donnée à la Faculté ? Quelle ingérence ! Est-ce pour confirmer que nous n’avons pas la compétence requise pour prendre les rênes de la Faculté ? Ou ce sont les règles de l’administration du 21e siècle qui sont en train d’être appliquées ? Lorsque l’article 114 (page 40) stipule que : « l’admission en 1ere année de médecine, de pharmacie et de technologie médicale s’obtient par voie de concours : cependant le nombre d’admis sera déterminé de façon périodique selon les capacités d’accueil de la Faculté… » Nous pouvons donc y voir une tentative d’explication du fait qu’en 1ere année nous avons actuellement près de 50 places vacantes. De la place se fait donc pour leurs amis étudiants qui seront admis par équivalence en 1ere et en 2e année. Point n’est besoin de participer au concours. Et c’est triste lorsque nous savons pertinemment qu’il y a un manque flagrant de personnel de santé dans le pays. Et surtout lorsque nous savons aussi que l’État haïtien dispose d’un budget annuel pour 165 étudiants en 1ere année afin de pouvoir offrir à ce peuple si courageux, qui ne rechigne pas pour payer les taxes réclamées à cet effet, la possibilité de voir ses fils bénéficier d’une formation solide, soutenue et adéquate. Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 7
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    N e so y o n s p a s c o m p l i c e s d e c e t t e t e n t a t i v e d’exclusion socioprofessionnelle à peine voilée : « L’internat est possible avec 40 personnes. » comme l’avait dit La Doyenne, Dr. Gladys Prosper… (À noter également le règlement visant a empêcher toute personne ayant un handicap physique à fréquenter la faculté) Lorsque l’article 122 (page 42) stipule que : « …au surplus sera ouvert au Décanat un dossier confidentiel dans lequel seront consignées les différentes observations relatives au comportement de l’étudiant durant son passage à la Faculté… Dossier qui peut-être communiqué à la demande d’autres Centres Universitaires sur une base confidentielle. » Donc nous pouvons comprendre clairement les propos du vice doyen de médecine, Dr. Dodley Sévère à savoir : « si se nan mache Salomon nou pral profese, pa gen pwoblem. Men si se pou travese frontyè menmm la SaintDomingue, nou met kontinye di aba paske se avem nap jwenn. » Cet article ne s’écarte nullement du courant qui circule à la Faculté. Rappelons la fameuse note du 3 novembre 2008 qui nous interdisait formellement de nous réunir, de revendiquer pour quelle que soit la raison, sous peine après être identifiés, d’être passibles de suspension voire même d’exclusion. Nous ne mentons pas quand nous répétons qu’on nous ignore, qu’on nous marginalise. Notre droit d’expression, de contestation et surtout de questionner la gestion de la Faculté que nous fréquentons nous est refusé arbitrairement. Et ce n’est pas la note de presse qui convoquait nos parents à une réunion le 4 mai 2009(en témoignent les demandes de discussion du 29 avril, du 3 juillet, du 8 juillet qu’ils ont boudées) pour débattre de la crise, qui dira le contraire. Alors qu’à l’Université c’est l’andragogie. C’est l’espace par excellence des débats contradictoires entre les différentes entités. Qu’ont fait les Étudiants pour subir un tel sort ??? Pourquoi la FMP/ETM doitelle périr ??? Quel est le plan ??? A quelle fin ??? L’avenir dira le reste… Il y a eu une absence flagrante de vision, de l’irresponsabilité, de la mauvaise Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 7
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    foi, un manquede savoir faire… Oui quand on considère : la pétition « Manifeste des 8 » du mois de novembre 2008 signée par l’ensemble des promotions de la FMP adressée au Rectorat de l’UEH et au décanat et restée sans réponse, dans laquelle déjà étaient relatées les multiples difficultés auxquelles la FMP fait face telles : absence de certains cours, fermeture des laboratoires, réduction de la durée des stages, dysfonctionnement de la bibliothèque, etc. - l’absence non motivée auprès de la communauté estudiantine de la doyenne pendant cinq mois, ce qui constitue une faute administrative excessivement grave; - qu’après l’arrêt de travail du 27 avril, la lettre du 29 avril du Comité Central invitant les responsables du décanat à initier des débats autour des problèmes suscités demeure jusqu'à date sans réponse; - le refus manifeste du décanat de communiquer avec les étudiants et sa volonté de contourner les problèmes justifiés par une convocation des parents à une réunion à l’HUEH le lundi 4 mai 2009, ce qui traduit leur irresponsabilité et qui montre que selon eux, il n’existe aucune différence entre un écolier et un universitaire; - que leur première intervention sur la crise a été faite au niveau de la presse (note de presse du 2 juillet 2009) et ce trois mois après l’arrêt de travail observé à la faculté; - que le Dr Gladys T. Prosper a elle-même déclaré sur la radio Vision 2000 lors de la rubrique « Invité du jour » animé par M. Valery Numa qu’elle ne dispose pas de baguette magique pour pallier aux divers problèmes de la faculté » et ce malgré ses trente-trois ans passés dans les hautes sphères décisionnelles de la FMP, ce qui prouve donc son manque flagrant de vision; -que Dr Gladys T. Prosper lors d’une émission sur la TNH se déclare contre toute idée d’assemblée mixte avec les étudiants sous prétexte que ces derniers sont des « têtes brulées » pour citer ses propos; - notre première rencontre officielle avec différents professeurs tels les Drs Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 7
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    Télémaque, Deverson, Desmangles,Gédéon déclarant que toutes nos revendications sont justes, fondées et générées par le simple fait que des notions de base en administration font défaut à l’équipe dirigeante, pour citer le Dr Louis Franck Télémaque (à la salle de DCEM2) ; - notre deuxième rencontre avec les professeurs (Drs Noel, Milcé, Gédéon, Desmangles).Où le Dr Desmangles nous a choqué par les révélations qu’il a également tenues à l’émission « Ranmase » de Caraïbes FM : « j’ai été questionné sur le succès étonnant de mes étudiants au cours d’anatomie en PCEM1, par conséquent, le quota de la discipline pour laquelle généralement les étudiants échouent, est passé de 150 à 50 points… On dirait que le décanat part en guerre contre les étudiants » - que la médiation entamée avec le Dr Deverson à la mi-mai est soldée par le refus du décanat de s’asseoir autour d’une table avec les étudiants pour débattre de la crise; -que la médiation entamée avec Dr Junot Félix à la fin du mois de mai ayant facilité une rencontre avec le Recteur, M. Jean Henry Vernet et le vice-recteur aux affaires académiques, M. Wilson Laleau au cours de laquelle, nous était faite la fallacieuse promesse d’arriver dans le plus bref délai à une solution devant mettre fin à cette crise; -les lettres du 3 juillet 2009 et du 8 juillet 2009 du Comité Central sollicitant le dialogue avec le décanat, lettres qui ont été remises respectivement aux Drs Junot Félix et Aristobule DEVERSON et qui sont jusqu'à date restées sans réponse; - la rencontre avec les professeurs Emile Hérard CHARLES, DEMORCY, Buteau, Cherro, Desmangles, Bernard Pierre au terme de laquelle Dr Demorcy déclara qu’après constat, « le décanat a perdu toute légitimité. » -qu’après près de quatre mois de crise le Recteur refuse tout dialogue avec les étudiants, refuse de comprendre que l’université est le lieu de débat contradictoire par excellence et a déclaré le 20 juillet « n’être pas venu dialoguer mais pour livrer un message »; Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 7
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    - que le18 août les représentants d’étudiants auprès du rectorat ont sollicité auprès de celui-ci une rencontre en vue de discuter sur la crise de la FMP, lettre déclarée irrecevable par le rectorat sous prétexte que les représentants signataires de la lettre n’avaient pas posé leurs paraphes mais leurs noms; -la dernière rencontre avec les professeurs Emile Herard Charles, Télémaque, Leveque, Desmangles, Jean Louis, Lafontant, Abel le lundi 7 septembre, dans une atmosphère sereine, calme, paisible où il a été conclu que ces professeurs devraient assurer la médiation entre le décanat et les étudiants; -la déclaration plus que tendancieuse du Dr. Mallebranche sur les ondes de RFM, le dimanche 13 septembre 2009 « Si les étudiants sortent victorieux de cette crise, que la FMP meure » Et puis…il y a eu ces dernières gouttes d’huile versées sur le feu de la mobilisation avec les attaques, les tentatives d’assassinat de la nuit du 28 août au 29 août et du 9 septembre 2009, bafouant ainsi tous les acquis et principes démocratiques et traduisant le non respect de la personne humaine. Pourquoi avoir choisi cette voie ? Pourquoi ? Où est la moralité dans tout ça ? Les étudiants sont à tort traités de bandits, de menteurs, d’incapables, d’immatures… parce qu’ils revendiquent une meilleure formation, parce qu’ils font savoir leur rêve de grandeur, leur vision d’une faculté compétitive pouvant offrir des cadres modèles au service de cette pauvre nation au combien courageuse. Il faut souligner que ces récents événements n’ont fait qu’approfondir le fossé dû à cause de cette crise. Les séquelles sont inoubliables. C’est triste et hypocrite de diaboliser de vaillants étudiants, de patriotiques jeunes gens, qui au péril de leur vie défendent le projet d’une autre Université afin d’aboutir à une société renforcée. Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 7
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    NOS REVENDICATIONS En relevantles divers problèmes auxquels la FMP/ETM fait face, après avoir questionné le mode de gestion de notre alma mater et tenant compte de notre rêve d’avoir une Faculté plus performante et pouvant offrir à tous indistinctement, une formation solide, nous tenons donc à préciser de nouveau nos revendications, qui une fois satisfaites, certainement permettront à ce que la FMP/ETM continue à former valablement des cadres pour la société et surtout pour le système sanitaire du pays déjà très fragile. A COURT TERME 1) Il est évident que la crise a confirmé l’absence de vision, le manque de sens de responsabilité de nos dirigeants…et de plus il est clair que la méfiance des étudiants vis-à-vis de cette équipe dirigeante n’a cessé de s’accentuer au point que leur légitimité soit sérieusement remise en question. Aussi, pour assurer le bon fonctionnement de l’institution et le redressement de cette pénible situation, il s’avère donc indispensable que soit envisagé et adopté le sage recul de ce Décanat des prises de décisions au sein de la FMP/ETM. Ce qui devra donc justifier la tenue d’un conseil provisoire devant assurer l’intérim, liquider les affaires courantes et surtout d’assurer de nouvelles élections dans le plus bref délai. 2) Compte tenu des multiples questions et inquiétudes soulevées par les règlements nouvellement élaborés, la décision de soumettre ces derniers à des débats entre les entités (étudiants, personnel administratif, professeurs…) compétentes et qualifiées à cet effet, s’impose indubitablement. 3) Nous exigeons que les articles 147-148 et 169 du livre vert régissant jusqu'à date le fonctionnement de l’institution, « nous autorisant à revoir toutes nos copies 15 jours après la remise des bulletins, et surtout à ce que celles-ci soient corrigées dans Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 7
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    l’anonymat complet »afin d’éviter tout dérapage inutile soient appliques sans condition. 4) Nous exigeons également la tenue d’Assemblée(s) Mixte(s) afin que chacune des entités concernées (décanat, professeurs, étudiants) se trouve imbue et activement impliquée dans toutes les décisions visant le fonctionnement adéquat de la faculté. 5) Nous soutenons que la bibliothèque fonctionne tous les jours de la semaine, pendant les jours fériés et même pendant les vacances. (De 8heures AM à 6 heures PM du lundi au vendredi. Et de 8 heures AM à 2 heures PM les samedi et dimanche.) 6) Nous exigeons la régularisation selon les normes établies, des stages hospitaliers. 7) Nous demandons la mise sur pied d’une commission d’examens et de contrôle de correction des copies ayant pour mission d’assurer l’impartialité des corrections et de veiller à ce que les examens se déroulent selon les normes établies. 8) Lorsqu’on considère qu’il est aisé pour un candidat d’accéder au poste visé, sans pour autant prendre la peine de connaître les divers besoins et souhaits des différentes entités de l’institution, ce qui certainement contribue à un climat de frustration et d’instabilité, lorsqu’on considère les dispositions transitoires de 1997 qui optent pour l’implication active des étudiants dans les différentes activités au sein des facultés : il se révèle donc indispensable qu’un changement soit opéré au niveau du quotta des élections, qui devra être reparti comme suit : 45%pour les professeurs, 40% pour les étudiants et 15% pour le personnel administratif. 9) Nous réclamons la revue des modalités actuelles concernant le concours d’admission, qui ont déjà permis à ce qu’une cinquantaine de places soient restées vacantes et qui ont, par conséquent, prouvé qu’elles étaient inappropriées. De même, nous souhaitons la tenue d’un comité de surveillance du concours d’admission avec la participation active des étudiants ainsi que la publication des listes d’attente. Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 7
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    A MOYEN TERME(début de la nouvelle année académique) 1) Notre désir d’avoir une faculté plus compétitive est plus fort que tout. Aussi, ne tolérerons-nous sous aucun prétexte que, les cours qui ont été retirés inexplicablement du cursus, n’y soient pas figurés à nouveau, y compris des séminaires sur le secourisme (pour toutes les sections).Toutefois étant conscients de la situation actuelle, nous exigeons que ce problème soit résolu avant le début de la prochaine année académique. 2) Nous réclamons une bibliothèque actualisée avec : au minimum 5 exemplaires des livres de base pour quelle que soit la section considérée. 3) Nous exigeons à ce que soient mises en place des procédures permettant de veiller à la régularité, à la ponctualité des professeurs au cours et à leur évaluation. Ce qui ne sera que pour garantir une meilleure formation des futurs professionnels de la santé que nous sommes. 4) Nous exigeons que les examens oraux, examens de stage soient passés devant un jury d’au moins trois (3) membres. 5) Nous demandons aussi à ce que la 1ere année de Technologie Médicale bénéficie d’une salle de cours. De même nous soutenons le fait que cette section ait un représentant officiel à la Faculté, capable de prendre en compte ses doléances. 6) Personne ne l’aurait cru. Les étudiants à la FMP/ETM n’ont pas d’assurance médicale. Désormais, il nous faut pallier à ce problème. Aussi, réclamons-nous que tous les étudiants de la Faculté soient assurés. De même, doit-être mise sur pied une infirmerie. 7) Compte tenu du lourd investissement effectué par l’Etat haïtien dans le processus de notre formation, compte tenu du manque flagrant de personnel de santé dans le Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 7
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    pays, nous avonsdonc compris combien il est important de réviser les articles suivant et stipulant. Car autrement, ce serait une aberration de continuer à perdre nos ressources humaines. 8) Compte tenu des fonds provenant de l’AMHE, des étudiants, de l’état haïtien au profit de la Cafeteria et surtout tenant compte de la situation socio- économique du pays, il devient donc obligatoire que chaque étudiant (ainsi que les membres des personnels) ait la possibilité d’obtenir quotidiennement deux repas gratuitement. 9) Nous exigeons la reprise des stages hospitaliers pour la section Pharmacie. 10) Nous exigeons aussi la reprise des activités sportives et culturelles. (Le traditionnel gala, les championnats…ne doivent plus constituer un défi.) 11) Nous réclamons la tenue de réelles journées scientifiques avec l’implication de tous les étudiants. 12) Nous demandons également à ce que soit mis à la disposition du Comité central un bureau. Surtout que le conseil exécutif de l’Université a déjà entrepris une politique de renforcement des comités centraux. 13) Nous exigeons la mise sur pied d’un laboratoire d’informatique avec au moins 100 ordinateurs. 14) Compte tenu de la façon dont les cours sont dispensés à la Faculté et de l’incapacité des étudiants à se procurer des documents nécessaires à leur formation, nous réclamons à ce que soit mise à leur disposition une photocopieuse. A LONG TERME 1) Nous savons tous combien est indispensable la phase pratique dans l’apprentissage des sciences médicales. Aussi, demandons-nous la redynamisation et le fonctionnement adéquat et régulier des laboratoires rendus non fonctionnels. Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 8
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    2) Nous exigeonsaussi la remise sur pied des laboratoires : de contrôle de la qualité des médicaments, d’anatomie, de botanique, de physiologie, de chimie. 3) L’une des missions de l’Université est de répondre aux divers problèmes de la société. Aussi, comprenons-nous l’urgence d’occuper les périodes de vacances par des activités de clinique mobile. 4) Tenant compte que la Faculté accueille des étudiants de partout dans le pays, et tenant compte également de la précarité des services offerts par l’Etat haïtien, nous demandons à ce que soit installé au profit des étudiants, un dortoir. 5) Les problèmes sur le plan sanitaire dans le pays sont multiples ; et les facultés de la trempe de la FMP/ETM, capables de former valablement à cet effet des cadres sont peu nombreuses. Aussi, exigeons-nous que la capacité d’accueil de la faculté soit augmentée et passée à 300 annuellement. Aujourd’hui la FMP/ETM est dans l’impasse. L’UEH fait face également à de multiples difficultés. L’éducation est méprisée. En résumé, l’Université est malade. Et les médecins pour la traiter se font de plus en plus rares…De ce fait, face à ce triste panorama, nous ne pouvons plus continuer à jouer avec le feu. L’eau du changement, de la vraie réforme, d’une Université plus performante et plus compétitive doit couler dans tous les esprits. L’UEH ne doit pas périr. Et pour cela, les facultés qui la composent doivent exister et fonctionner selon les normes, afin de pouvoir offrir à tous les fils authentiques de ce pays indistinctement, une formation solide, soutenue et adéquate. Vive la FMP/ETM !!! Vive l’UEH !!! Vive le pays !!! Rose-Anne Auguste M.Sc. Gestion des Services de Santé, Membre du Comité de Facilitation 8