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  1. 1. outes du GothiqueLe gothique, un styleeuropéen L’art gothique est le style qui prédomine enEurope du XIIIe au XVe siècle. Il fait suite au romanet précède la grande éclosion de la Renaissance.Considéré comme originaire d’Île-de-France – onl’appelait opus francigenum avant que Vasari nelui donne le nom qui lui est resté –, il évolue à par-tir des premiers monastères cisterciens et de la ba-silique de Saint-Denis (1144) vers les grandes ca-thédrales du gothique dans sa plénitude(Chartres, Paris, Reims, Cologne, Lyon, etc.) etvers le gothique flamboyant et perpendiculaire del’Angleterre. L’arc en ogive, avec son développement struc-tural, est un des éléments qui le caractérisent, ain-si que la croisée d’ogives, qui permet la construc-tion de structures de plus en plus complexes et enmême temps de plus en plus élancées. L’archi-tecture gothique, beaucoup plus riche que la ro-mane d’un point de vue plastique et expressif, estintéressante non seulement pour les solutions Lleida : le cloître de la Seu Vellaqu’elle apporte – arcs-boutants, contreforts, co-lonnes fasciculées, pinacles, gables, flèches, ro-saces, etc. –, mais aussi parce qu’elle rend pos-sibles de nouvelles conceptions de l’espace. L’art gothique en Catalogne La géographie du gothique Cet art surgit au moment de la consolidation de Le gothique catalan s’inscrit avec originalité dans le gothique méditerra- L’art gothique en Catalogne est représenté par un riche patrimoine quil’autorité royale et d’un certain relâchement des néen, dont l’esprit est sensiblement différent de celui qui inspire les pays plus s’étend sur tout le territoire, bien qu’à des degrés divers suivant les ré- au nord. Les traditionnels liens culturels et politiques de la Catalogne avec gions. D’abord, il y a lieu de distinguer la Catalunya Vella de la Catalunyaliens féodaux qui a pour conséquence la naissance l’Occitanie et quelques secteurs de l’Italie, ainsi que son rayonnement sur les Nova, différemment peuplées. La « Vieille-Catalogne » se trouve au nord,d’une nouvelle classe sociale spécifiquement ur- bords de la Méditerranée, qui atteint son point culminant au XIVe siècle, facili- sur l’itinéraire traditionnel qui mène à Aragon en passant par les plateauxbaine – la bourgeoisie – et le développement des tent les relations avec les principaux centres artistiques italiens et renforcent du centre. Là, la période d’installation sur le territoire coïncide pleinementinstances de gouvernement et d’administration l’identité du gothique catalan dans une aire culturelle où les valeurs du classi- avec l’époque de l’art roman, qui s’y implante avec force, alors que le go-– Parlements, conseils municipaux, corporations. cisme sont encore latentes. Tout à fait explicite en ce sens est l’éloge fait à thique n’y pénètre qu’à la fin du XIIIe siècle avec un style déjà nettementTout cela contribue à la croissance des villes et à l’Acropole d’Athènes en 1380 par le roi Pierre III le Cérémonieux, promoteur défini. En revanche, les grandes constructions de la « Nouvelle-une grande prospérité du commerce, décisives des grandes constructions gothiques (« le plus beau joyau qui soit au monde, Catalogne » commencent après la conquête chrétienne, qui s’achève aupour l’évolution du gothique. Dans le domaine reli- tel que tous les rois des Chrétiens réunis pourraient à peine en faire un de milieu du XIIe siècle ; c’est le moment de transition entre les deux styles,gieux, il coïncide avec les nouvelles formes de piété semblable »). Mais cela n’exclut pas que les rois se sentent attirés par les pendant lequel jouent un grand rôle l’ordre de Cîteaux et les ordres mili-populaire suscitées par les ordres mendiants ; dans fastes artistiques des cours de Paris et de Bourgogne, ni que se fasse sentir, taires.le domaine de la culture, avec la philosophie sco- au XVe siècle surtout, l’influence des Pays-Bas et du monde germanique.lastique et les grandes synthèses encyclopé- Il y a lieu ensuite d’opposer le monde urbain au monde rural. La crois-diques, avec la création des universités et le déve- Le gothique catalan participe donc pleinement des courants européens, sance et la prospérité des villes suscitent des reconstructions comme cel-loppement d’une culture urbaine qui aboutira à mais il le fait d’une façon originale et créative qui atteste la vitalité et l’essor de le de la cathédrale de Barcelone ou celle d’autres églises, et de nouvelles la société catalane en ce moment de plénitude. C’est peut-être dans l’archi-l’humanisme ; avec les écrits de Dante et de Ray- constructions civiles (marchés couverts, chantiers navals, hôtels de ville, tecture que l’originalité du gothique catalan est la plus évidente : sens desmond Lulle ; avec le monde de la cour et de la che- résidences royales) et militaires (murailles). L’arrivée des ordres mendiants proportions et pureté formelle, priorité donnée à l’espace plutôt qu’à la hau-valerie, enfin avec l’art lyrique des troubadours et – dominicains et franciscains – a pour conséquence l’installation de cou- teur, création de volumes compacts et intégration des éléments de structure,l’ars nova musical. vents dans les principales localités, notamment Vilafranca del Penedès, etc. Ce mouvement affecte non seulement la Catalogne proprement dite (en- Montblanc, Tortosa, Balaguer et Puigcerdà. Hors des villes, et à l’excep- globant la ville de Perpignan, qui conserve un beau patrimoine), mais il s’étend Le gothique trouve donc dans les villes le lieu tion de quelques églises mineures, le gothique est présent dans les aussi aux territoires de la couronne d’Aragon qui ont des liens politiques avecidéal pour son épanouissement. Et si la cathédrale grands monastères cisterciens, dans les grandes forteresses des tem- la Maison de Barcelone, et notamment à ceux où l’on parle le catalan comme pliers et des hospitaliers comme Miravet, Ulldecona ou Gardeny, dans lesen est le monument archétypique, cet art est éga- Valence ou les Baléares ; il touche même l’Aragon, la Sardaigne et Naples. châteaux ou les palais comme Vilassar de Dalt, Verdú, La Floresta,lement bien représenté dans les palais royaux, les Peratallada et autres, dans les hospices qui accueillent les voyageurs,châteaux et les résidences seigneuriales, les Pour ce qui est de la chronologie, on assiste, pendant le long passage du ro- dans les grandes demeures seigneuriales.sièges d’institutions et de corporations, les hôpi- man au gothique (XIIe-XIIIe s.) à une série de tentatives visant à surpasser les for-taux, les marchés couverts, les ponts, les mu- mules de l’art roman, tentatives différentes de celles du nord de la France et quirailles ainsi que dans la configuration urbaine. finiront par s’imposer comme modèles. Les premières manifestations du go- Les itinéraires que nous proposons ici suivent les grands axes de communi-Dans le domaine des arts plastiques, le gothique thique en sa plénitude ne font leur apparition que pendant la deuxième moitié du cation du pays et regroupent divers échantillons du vaste répertoire de l’artest, au début, étroitement lié à l’architecture XIIIe siècle, dans les domaines de l’architecture et de l’art plastique. À partir de gothique catalan ; les grands monuments, les visites détaillées dans les 1300 se manifeste une véritable fièvre de construction et de rénovation qui mène grandes villes ou les grands bourgs y alternent avec des constructions plus– sculptures de grandes façades, peintures mu- l’architecture à sa maturité. Dans le domaine des arts plastiques, et notamment modestes dont la valeur est souvent complétée par la beauté du paysage ourales –, mais très tôt commence la recherche de en peinture, le courant italianisant va au-delà du gothique linéaire et reste vivant, autres agréments. Vient ensuite une liste des musées les plus importants dul’expressivité individuelle et de la préciosité. Cette intense et fécond tout au long du XlVe siècle. Vers 1400 s’installe le gothique inter- pays qui contiennent un riche fonds d’art gothique. Seuls les principaux mo-recherche va se retrouver dans les retables peints national, qui s’enrichit, dans sa période finale, d’influences flamandes, germa- numents et les grands musées des villes ont des horaires de visite établis.et sculptés, les sépulcres, l’imagerie de la dévo- niques et italiennes. Profondément ancré en Catalogne, le gothique s’y manifeste Pour des raisons de sécurité, les églises sont souvent fermées hors destion, les chœurs, l’orfèvrerie, etc., qui constituent encore pendant une bonne partie du XVIe siècle par des tendances « gothici- heures de culte ; il faut alors en demander la clé à la mairie ou à quelque habi-un mobilier autonome en grande partie visible au- santes ». L’architecture, quant à elle, fera appel pendant plus longtemps encore à tant du village. C’est avec plaisir que les offices de tourisme vous aideront àjourd’hui dans les grands musées. des formules propres à l’art gothique. programmer vos visites.
  2. 2. Barcelone Barcelone, l’une des gran- de la façade latérale du Palau de la Generalitat, siège du gouvernement autonome de des villes de la Méditerranée, Catalogne et bel échantillon du gothique civil catalan. On débouche ensuite sur la devient à partir du Moyen Plaça de Sant Jaume, centre politique de la ville et lieu de convergence des axes du Âge la capitale de la Cata- castrum romain. Avant de visiter l’hôtel de ville, il vaut la peine de faire un petit dé- logne grâce à la suprématie, tour vers le Carrer del Call, qui garde, avec les ruelles voisines, le souvenir du quartier dans l’ensemble des comtés juif médiéval. catalans, du comté qui porte Sur la Plaça de Sant Jaume, en face de la Generalitat, l’ hôtel de ville témoigne son nom. À son rôle poli- de la splendeur médiévale dans son Saló de Cent et sur sa façade latérale du Carrer tique vient s’ajouter un rôle de la Ciutat. Devant cette façade, le Carrer d’Hèrcules, allusion au mythique fon- économique grâce au grand dateur de Barcelone, mène à la petite Plaça de Sant Just toute proche : devant la re- développement de son com- marquable église gothique Sant Just i Pastor, il y a une belle fontaine du même merce, maritime surtout. À style et, à côté, l’ancien palais de la comtesse de Palamós, aujourd’hui siège de partir du XIIIe siècle, c’est le l’académie des belles lettres. Par le Carrer de la Dagueria et le Carrer de Jaume I, L’hôtel de ville lieu de résidence habituel des on arrive à la Plaça de l’Àngel, qui donne sur la Via Laietana, une artère pleine de rois de la confédération cata- vie et de circulation qui rompt un moment le charme de l’atmosphère médiévale. lano-aragonaise, qui s’ap- puient sur une oligarchie En face, le Carrer de la Princesa nous mène au Carrer de Montcada, l’un des en- droits les plus évocateurs de la vieille ville, avec ses palais qui sont de beaux échan- Principaux puissante de patriciens et de marchands pour mener à tillons du gothique catalan en partie réhabilités par la ville, et qui abritent le mu- sée Picasso, le musée du textile et de l’habillement, des boutiques et des galeries monuments bien une politique d’expan- d’art. sion. Au XIVe siècle, la ville Le Carrer de Montcada, avec au bout la plus étroite ruelle de Barcelone, le Casa de la Ciutat (Plaça de Sant est déjà une forte puissance Carrer de les Mosques, débouche devant l’abside de l’église Santa Maria del Mar, Jaume). L’actuel hôtel de ville conser-Le Missel de Sant Cugat (1400) méditerranéenne, et va le qui est peut-être le monument le plus admiré de tout le gothique catalan pour la ve un grand nombre d’éléments du rester tout au long du beauté et l’harmonie de ses proportions. On l’appelle la « cathédrale de La bâtiment construit à partir de 1370, XVe siècle, malgré les grandes Ribera », L’ancien quartier maritime. Par le Carrer de l’Espaseria, on arrive à la auquel se sont ajoutés de nouveauxcrises sociales et politiques. Plaça de Palau, où se trouve une remarquable fontaine dédiée au Génie catalan, corps de bâtiment, en particulier pen- Ce moment d’apogée de Barcelone coïncide avec la période de plénitude de l’art go- devant le port et devant le quartier populaire de La Barceloneta. À droite s’élève la dant les XIXe et XXe siècles. La façadethique, ce qui explique la richesse de son patrimoine gothique. La vitalité de la ville remarquable Llotja, construction gothique recouverte d’une façade néoclassique ; principale d’origine, qui donne sur leprovoque – comme dans le reste de la Catalogne, mais ici avec plus de force – la réno- après avoir fait office de halle, ce bâtiment abrita la Bourse de Barcelone jusqu’à Carrer de la Ciutat, est d’Arnau Bar-vation de la cathédrale romane, de nombreuses églises de quartiers et de faubourgs, récemment. gués (1400-1402) : on y remarque desd’anciens palais, résidences ou hôpitaux, le tracé de nouvelles murailles, la construc- Du côté ouest de la Llotja, se trouve la Plaça d’Antoni López et l’itinéraire conti- vitraux, le grand portail surmontétion de nouveaux bâtiments (hôtel de ville, délégation permanente du Parlement) et nue ensuite par le Passeig de Colom. Cette large avenue longe le port. Elle est bor- d’une archivolte et de belles sculp-celle de nouveaux couvents dont les congrégations sont attirées par la prospérité barce- dée de palmiers du côté de la mer, en suivant l’ancien Moll de la Fusta (« quai du tures décoratives, notamment un ar-lonaise. bois ») ; ce quai délimite la partie du port qui accueille les embarcations de plai- change que l’on attribue à Pere Ce patrimoine est concentré à l’intérieur des anciennes murailles démolies lors d’un sance. Il faut ensuite, à mi-chemin, traverser l’avenue pour pénétrer dans le vieux Sanglada. À l’étage noble, se trouve lanouveau mouvement d’expansion économique et démographique au milieu du quartier jusqu’au Carrer Ample, où se trouve l’église baroque de La Mercè qui pièce la plus ancienne, le Saló deXIXe siècle ; il s’agit de la Ciutat Vella (ou vieille ville) où se trouvent les grands monu- abrite la belle statue gothique de la Vierge de ce nom, patronne de la ville. Cent, réalisé par l’architecte Perements, et qui conserve en partie son caractère médiéval dans le dédale de ses vieilles Le Passeig de Colom donne sur la Plaça de la Porta de la Pau : c’est une véritable Llobet, où se réunissait le Consell de Cent, assemblée générale du gouver-ruelles. Le quartier qui entoure la cathédrale, où se trouvent les principaux bâtiments entrée maritime de Barcelone où se dresse la haute colonne qui soutient la statue de nement municipal. Ce salon rappelleà caractère institutionnel, reçoit précisément le nom de Barri Gòtic (ou quartier go- Christophe Colomb, l’un des monuments marquants de la ville. C’est là aussi celui du Tinell, avec ses arcs en pleinthique) ; toutefois, ce nom n’est pas très approprié car il recouvre en réalité toute l’an- qu’aboutit la Rambla. Sur le côté ouest de la place, on trouve l’imposant bâtiment des cintre surmontés d’un plafond de boiscienne ville romaine, dont on trouve de nombreux vestiges, et les constructions go- Drassanes (anciennement chantiers navals), constitué de vastes et élégantes salles go- à caissons. C’est de l’ancienne cha-thiques ne se limitent pas à ce quartier mais s’étendent au contraire dans toute la vieille thiques qui témoignent de la puissance de la marine catalane au Moyen Âge. Elles pelle que provient le retable dit desville (basilique Santa Maria del Mar, chantiers navals des Drassanes, halles de la renferment aujourd’hui l’intéressant musée maritime. La façade qui donne sur Conseillers, chef-d’œuvre de LluísLlotja, etc.) l’Avinguda del Paral·lel est prolongée par une partie restaurée des murailles du Dalmau (1444-1445), conservé actuel- Le meilleur itinéraire pour visiter les principaux monuments gothiques de XIVe siècle. lement au MNAC.Barcelone pourrait démarrer sur la Rambla, au Pla de l’Ós (ou Pla de la Nous revenons au Pla de l’Ós, d’où nous étions partis, en remontant la Rambla,Boqueria), là où débouchent le Carrer de Sant Pau, le Carrer de l’Hospital, le la promenade la plus fréquentée et la plus célèbre de Barcelone, toujours animée, Cases dels Canonges (Carrer delCarrer de la Boqueria et le Carrer del Cardenal Casañas. Par cette dernière rue en jalonnée de nombreuses curiosités, dont les kiosques de fleurs et d’animaux. Deux Bisbe). Ensemble de maisons go-pente douce, on arrive bientôt à la Plaça del Pi, à l’ombre de l’église d’ El Pi avec sa bâtiments tout proches méritent une visite : l’ensemble magnifique de ce qui fut thiques, restaurées à l’époque moder-grande rosace. De la Plaça de Sant Josep Oriol, où se trouve le monument au dra- l’ hôpital de la Santa Creu, de construction gothique avec des éléments plus ré- ne qui se trouvent derrière la cathé-maturge Àngel Guimerà, on prend l’étroit et sinueux Carrer de la Palla, jalonné de cents, dont les belles salles abritent aujourd’hui la Bibliothèque de Catalogne et, au drale ; c’est là que résidaient lesboutiques d’antiquaires et de bouquinistes, jusqu’à la Plaça Nova. Sur cette place bout de la Rambla, juste avant d’arriver à la Plaça de Catalunya sur la droite, chanoines. Le passage suspendu quis’achève la large Avinguda de la Catedral où l’on peut encore voir l’entrée de l’une l’ancienne église collégiale Santa Anna, œuvre de transition du roman au go- les unit au Palau de la Generalitat estdes principales portes de l’ancienne ville, protégée par deux tours cylindriques mé- thique, située dans un étonnant petit espace clos, calme et surprenant, où se trouve une œuvre néogothique. Aujourd’hui,diévales qui s’élèvent sur une muraille romaine, à côté du Palau del Bisbe et devant une croix monumentale. c’est la résidence officielle du prési-le moderne siège de l’ordre des architectes, dont la façade est ornée d’un sgraffite La visite de la vieille ville est terminée, mais il reste encore quelques monuments dent de la Generalitat de Catalunya, ledessiné par Picasso. à voir qui font partie du gothique de Barcelone. Dans l’Eixample, un quartier gouvernement autonome. Toujours sur cette avenue, qui nous montre d’autres vestiges de murailles ro- construit selon le plan Cerdà après la destruction des murailles, pendant la secondemaines, nous arrivons au parvis, qui donne sur le Pla de la Seu, devant la porte moitié du XIXe siècle, se trouvent deux églises gothiques déplacées pierre à pierre Cathédrale (Pla de la Seu). Cette ca-principale de la cathédrale. Là se trouve la belle construction gothique de la Pia afin de les sauver de la démolition obligatoire pour des raisons d’urbanisme : l’égli- thédrale, dont la construction fut entre-Almoina. La visite approfondie du vaste et majestueux siège épiscopal peut prendre se de la Concepció, Carrer d’Aragó, entre le Carrer de Bruc et le Carrer de Llúria, prise en 1298, a remplacé l’église ro-fin à la porte de Sant Iu, qui donne sur le Carrer dels Comtes de Barcelona ; cette et celle de Montsió, sur la Rambla de Catalunya, qui contrastent avec les im- mane antérieure, elle-même bâtie surrue passe devant le Palau del Lloctinent, qui renferma longtemps les archives de la meubles modernistes (Art nouveau) qui les entourent. l’emplacement de la première cathé-couronne d’Aragon. Elle rejoint, par la Baixada de Santa Clara, la très belle et Plus loin, dans un quartier aujourd’hui résidentiel qui faisait partie de l’ancien- drale, paléochrétienne. On ne connaîtévocatrice Plaça del Rei, délimitée par le Palau Reial Major, au gothique splendi- ne commune de Sarrià avant son rattachement à Barcelone en 1921, se trouve le pas l’auteur du plan initial, mais on saitde, et sa chapelle de Santa Àgata, monument qu’il faut absolument visiter avant monastère de Pedralbes, très bel ensemble architectural entouré de murailles, qui qu’au XIVe siècle, les maîtres maçonsde voir le musée d’histoire dans l’ancienne Casa Padellàs, de style gothique tardif. abrite une communauté de clarisses. Il s’y trouve de remarquables peintures et en furent Jaume Fabré (venu de De nouveau sur la Baixada de Santa Clara mais en sens contraire, on rejoint le sculptures de l’époque. Plus loin encore, en suivant la côte est de Barcelone, on trou- Majorque), Bernat Roca et ArnauCarrer de la Pietat, qui longe l’abside de la cathédrale ; on peut contempler dans cette ve l’importante ville de Badalona avec, en dehors, l’ancien monastère de Sant Bargués. Elle comprend trois nefs, unrue les Cases dels Canonges restaurées, avant d’arriver au Carrer del Bisbe, le long Jeroni de la Murtra, remarquable exemple de gothique tardif qui mérite le détour. déambulatoire, des chapelles séparées par les contreforts, et deux croisillons qui forment un début de transept. À l’extérieur, deux tours octogonales marquent les extrémités du transept. La flèche qui s’élève aux pieds de la nef et la façade principale ont été construites à partir de 1885, sur un dessin de maître Carlí datant de 1408. Sont dignes d’intérêt les portes de Sant Iu, de La Pietat, avec un relief (1483-1490) de Michael Lochner, de Santa Eulàlia (avec une statue d’Antoni Claperós du milieu du XVe s.) et de la chapelle de Santa Llúcia, attenante auLa cathédrale L’église d’El Pi Le monastère de Pedralbes Le Carrer de la Pietat cloître. Ce dernier a été construit en
  3. 3. 3L’intérieur de la cathédrale Cathédrale : siège dit Cadira del Rei Martíplusieurs étapes jusqu’au milieu du (1445-1452). Dans la sacristie sont nale, chapelles séparées par les de nouvelles constructions comme le à l’architecte Pere Arvei : une série deXVe siècle ; on y remarque les grilles en conservés, entre autres pièces d’orfè- contreforts, harmonieuses galeries pavillon des convalescents baroque grands arcs en plein cintre sur desfer forgé des chapelles et les clefs de vrerie, un ostensoir processionnel sur dans le cloître, avec des arcades et (XVIIe s.) et le collège de chirurgie néo- colonnes polylobées soutiennent levoûte, notamment celle du lavabo, un siège d’argent dit Cadira del Rei des chapiteaux et colonnes issus des classique (XVIIIe s.), devenu l’académie plafond de bois. Outre les activitésœuvre d’Antoni Claperós (1448) qui re- Martí, deux pièces exceptionnelles ateliers de Gérone, le tout remontant de médecine. Au début du XXe siècle, commerciales auxquelles elle étaitprésente saint Georges. qui remontent à 1400 environ. Parmi au début du XVe siècle. l’hôpital a été transféré dans le bâti- destinée, cette vaste halle a accueilliÀ l’intérieur des nefs, la lumière est les pièces qui sont conservées au pe- ment moderniste de Domènech i Mon- nombre de fêtes et de spectacles. Entamisée grâce à la disposition en re- tit musée capitulaire, on remarque La Les Drassanes (Passeig de Josep taner, dit hôpital de Sant Pau. L’ancien 1971 a été découverte une autre salletrait des vitraux (seuls ceux du chevet Pietat (1490), une peinture de Carner). Chantiers navals du Moyen hôpital abrite aujourd’hui la Biblio- gothique, la Sala dels Cònsols.donnent une lumière directe). Les Bartolomé Bermejo d’un réalisme ex- Âge qui constituent, avec la toute thèque de Catalogne et d’autres insti-stalles du chœur sont en bois (importé traordinaire, faite pour l’archidiacre proche Llotja, un témoignage excep- tutions culturelles et académiques. La La Mercè (Plaça de la Mercè). Églisedes Pays-Bas) sculpté travaillé de fa- Lluís Desplà, qui y figure. Devant le tionnel de l’importance du commerce traditionnelle foire de la Sant Ponç, qui baroque de l’ancien couvent des frèresçon extraordinaire, œuvre en grande cloître se trouve la Casa de l’Ardiaca, maritime et de la marine de Catalogne a lieu dans le Carrer de l’Hospital, est de la Merci (ordre fondé à Barcelone enpartie de Pere Sanglada à partir de construite sur la muraille romaine et pendant cette période. Ce sont les un souvenir vivant des anciens ven- 1218 du temps de Jacques Ier) qui a1394. La crypte de Santa Eulàlia, sous restaurée par l’archidiacre Desplà lui- plus grands arsenaux médiévaux du deurs d’herbes médicinales. remplacé une autre église gothique. Onle maître-autel, contient un magni- même. monde et les seuls à être aussi bien y vénère la Mare de Déu de la Mercè,fique sépulcre d’albâtre sculpté en conservés. Les bâtiments furent re- La Llotja (Plaça d’Antoni López). patronne de Barcelone, une belle1327 par le maître pisan Lupo di La Concepció (Carrer d’Aragó 305). construits au XIVe siècle, à l’apogée Ancienne bourse de commerce des Vierge gothique (1360-1370) en bois,Francesco. D’autres éléments sont Paroisse de l’Eixample, un quartier qui de l’essor maritime de la Catalogne marchands de Barcelone. L’édifice, restaurée, attribuée au sculpteur et or-également dignes d’intérêt : le sépul- s’est formé hors des anciennes mu- sur le pourtour de la Méditerranée. qui se trouve devant le port, remonte fèvre Pere Moragues.cre de saint Raymond de Penyafort railles, à partir de la seconde moitié du L’architecture en est simple et fonc- au XIVe siècle, moment du plus grand(XIVe s.), et celui de l’évêque saint XIXe siècle. L’église et le cloître sont tionnelle : de longues nefs parallèles essor du commerce catalan en Carrer de Montcada. Rue de l’ancienOleguer, œuvre de Pere Sanglada ceux de l’ancien monastère féminin orientées face à la mer, avec des arcs Méditerranée, et on l’a reconstruit à la quartier de La Vilanova de la Mar, ou-(1406) située dans l’ancienne salle ca- de Santa Maria de Jonqueres, situé diaphragme soutenant le toit. Elles fin du XVIIIe siècle, en style néoclas- verte au XIIe siècle, quand un noble depitulaire, œuvre de l’architecte Arnau Carrer de Jonqueres, désaffecté en abritent le musée maritime, où l’on sique, tout en respectant les cons- la famille Montcada obtint l’autorisa-Bargués ; les retables peints de saint 1835, et reconstitué pierre par pierre, peut voir une reproduction, construite tructions gothiques de l’intérieur. Peu tion d’y construire. Son tracé rectiligneGabriel, premier travail de Lluís entre 1871 et 1888, sur son emplace- sur place, de la galère de Jean après 1350 commencent les travaux contraste avec celui des autres rues duBorrassà, celui de saint Ambroise et ment actuel. Hormis quelques petites d’Autriche qui participa à la bataille de sous la direction du maître Pere Llo- quartier. Aux XIVe et XVe siècles, desaint Martin, de Joan Mates (1411- adaptations et modifications, l’en- Lépante (1571). bet, et c’est en 1392 que s’achève la puissantes familles de la noblesse y1414), et celui de la Transfiguration, semble répond à l’œuvre gothique : Adossé à ce monument subsiste grande Sala de Contractacions habitaient dans de beaux palais (cebelle œuvre de Bernat Martorell église à une seule nef, abside polygo- une partie des anciennes murailles de (chambre du commerce) que l’on doit mot ayant ici le sens d’hôtel particulier) Barcelone, avec une tour carrée et la porte de Santa Madrona ou de La Drassana. Ces murailles correspon- dent à la troisième enceinte fortifiée de la ville (la première était romaine, et la seconde, qui remonte au XIIIe siècle, longeait la Rambla) qui entourait les anciens faubourgs, construite sur ordre de Pierre III le Cérémonieux, pendant la seconde moitié du XIVe siècle. Ce sont les seuls vestiges des murailles médiévales, démolies en 1854 pour faciliter l’expansion de la ville. Hôpital de la Santa Creu (Carrer de l’Hospital). Ancien hôpital de Barce- lone, créé en 1401 par le Consell de Cent afin de réunir les hôpitaux exis- tants. Construit selon le schéma habi- tuel, il se compose de plusieurs bâti- ments disposés autour d’une cour centrale dont les arcades rappellent celles d’un cloître. Les étages se com- posent de salles très vastes dont le plafond de bois est soutenu par des arcs diaphragme. Plus tard, s’y sontCathédrale : détail du retable de la Transfiguration, de Bernat Martorell ajoutés des éléments Renaissance et Carrer de Montcada : le Palau Aguilar (musée Picasso)
  4. 4. 4Palau Reial Major : le Saló del Tinellqui existent encore et dont certains ont dite Diputació del General ou corps qui donne sur la Plaça de Santété transformés en musées. Ils présen- Generalitat, était devenue un organis- Jaume a été construit à la fin dutent en général la structure caractéris- me fixe et avait besoin d’un siège. À XVIe siècle en style Renaissance.tique du gothique civil catalan : sur la l’origine, c’est l’architecte Marcfaçade, un grand portail à voussoirs, Safont qui dirige les travaux. Il est Palau Reial Major (Plaça del Rei).des fenêtres à meneaux, une tour ou l’auteur de la façade (d’origine) située Ensemble de monuments adossés à lamirador, une cour avec l’escalier qui Carrer del Bisbe, remarquablement muraille romaine, ancienne résidencemonte à l’étage, souvent entourée de décorée en 1418 par le jeune sculp- des rois de la couronne catalano-ara-galeries à arcades. C’est dans le Palau teur Pere Joan, à qui l’on doit le splen- gonaise. Les principaux éléments quiAguilar, bel édifice du XVe siècle, d’où dide médaillon de Sant Jordi (repré- subsistent sont la chapelle de Santaproviennent des peintures antérieures sentant saint Georges), l’escalier Àgata et le Saló del Tinell. C’est en(1280) d’un gothique linéaire sur le thè- d’accès à l’étage avec une galerie de 1302 que l’on commence à construire Drassanes : le musée maritimeme de la conquête de Majorque, colonnes d’une élégance extraordi- la chapelle sur ordre de Jacques II, etconservées au MNAC, et dans le Palau naire et la chapelle de Sant Jordi, dont les travaux sont dirigés par Bertran C’est encore Pierre III qui fit construire Sur la Plaça del Rei se trouvent aussidel Baró de Castellet (XVe s.), contigu, la façade est décorée de subtils entre- Riquer. La structure en est très simple : le Saló del Tinell, la grande salle (1359), la Casa Padellàs, de style gothiqueque se trouvent la plupart des salles du lacs d’un gothique flamboyant (1427- une seule nef avec abside polygonale, sous la direction de Guillem Carbonell. tardif et restaurée plus tard, siège dumusée Picasso. Le Palau dels Mar- 1434). Le palais possède des orne- couverte d’un riche plafond à caissons, Et nous savons que la première pierre musée d’histoire de la ville, et le Palauquesos de Llió (XIIIe -XIVe s., restauré) ments et des trésors remarquables, sur des arcs diaphragme. Les cha- fut posée après consultation des astro- del Lloctinent (XVIe s.), qui abrita long-abrite le musée du textile et de l’ha- tels une statuette de Sant Jordi en ar- pelles latérales remontent au temps de logues par le roi, qui choisit une date temps les archives de la couronnebillement. Le Palau Dalmases, chef- gent (1420-1430) et diverses brode- Pierre III le Cérémonieux et de Martin Ier propice. Cette vaste salle, lieu de fêtes d’Aragon. Par la petite Plaça de Santd’œuvre baroque (XVIIe s.) conserve ries du XVe siècle, notamment le de- l’Humain. Dans cette chapelle est et cérémonies, est formée de six arcs Iu, on entre dans ce qui fut le jardin duune chapelle gothique (XVe s.) qui pré- vant d’autel de Sant Jordi, d’Antoni conservé le retable du Connétable. Ce diaphragmes qui soutiennent la toiture. palais royal, un coin calme et ac-sente une voûte décorée de sculptures Sadurní (vers 1450). Le Pati dels retable (1464-1465), l’une des plus On y conserve des fragments de pein- cueillant d’où l’on accède au muséereprésentant des anges musiciens. Le Tarongers (cour des orangers), entou- belles pièces de Jaume Huguet, fut tures de style gothique linéaire (fin du Marès, qui occupe quelques dépen-Palau dels Cervelló abrite une grande ré d’une impressionnante gale- réalisé pendant la guerre civile contre XIIIe s.) qui représentent des épisodes dances du palais et abrite un richegalerie d’art. rie ornée de gargouilles, date du Jean II, sur commande du connétable de la conquête de Majorque par fonds médiéval. XVIe siècle, où des travaux d’agran- Pierre de Portugal, alors roi de Jacques Ier. La grande tour appelée àMontsió (Rambla de Catalunya, 117). dissement furent réalisés, toujours Catalogne, que l’on a identifié comme tort Mirador del Rei Martí remonte au Pedralbes (Plaça del Monestir). Mo-Église paroissiale de l’Eixample. Com- dans le style gothique. Le nouveau le roi sans barbe du tableau central. XVIe siècle. nastère de Santa Maria de Pedralbes, fondé en 1326 par la reine Elisenda de Montcada, troisième femme de Jac- ques II. Ce monastère a toujours eu une vie communautaire, et il est occu- pé aujourd’hui par les clarisses. La construction de l’église, du cloître et des dépendances fut rapide, le résul- tat étant un ensemble d’une grande unité de style qui constitue l’un des meilleurs exemples de l’essor de l’ar- chitecture gothique catalane sous Jacques II. L’église, d’une grande sim- plicité de lignes, se compose d’une seule nef, avec des chapelles entre les contreforts et un chevet polygonal.Palau de la Generalitat : le Sant Jordi de Pere Joan Dans le sanctuaire, à droite du maître- autel, se trouve le sépulcre d’Elisendame celle de La Concepció, elle corres- de Montcada, retirée au monastère àpond à un monastère de la vieille ville, la mort du roi. C’est une magnifiqueen l’occurrence celui des religieuses sculpture, avec d’un côté la reine dansdominicaines de Santa Maria de ses vêtements royaux et, de l’autreMontsió, situé Carrer de Montsió et côté, qui donne sur le cloître, la reinedéplacé pierre par pierre (entre 1882 gisante dans les habits religieux. Leet 1888) suite à la réhabilitation du cloître est grandiose : les colonnes etquartier, qui exigeait sa démolition. les chapiteaux des deux premiersL’église et le cloître, beaux échan- étages d’arcades proviennent des ate-tillons du gothique des XIVe et liers spécialisés de Gérone. La salleXVe siècles, ont servi de monastère capitulaire forme un bâtiment indépen-jusqu’en 1947, quand la communauté dant, construit en 1416 par Guillems’est installée à Esplugues de Llo- Abiell. S’ouvre également sur le cloîtrebregat, emportant le cloître. L’église la chapelle de Sant Miquel, petit ora-est devenue église paroissiale. toire décoré de peintures de Ferrer Bassa (1343-1346), de style italien, quiPalau de la Generalitat (Plaça de constitue un espace plein de raffine-Sant Jaume). Siège de la principale ment et de beauté. Le monastère estinstitution de gouvernement de la entouré de murailles. Ouvert au publicCatalogne, ensemble de bâtiments lorsqu’une partie de la collection Thys-qui constitue l’un des meilleurs sen-Bornemisza (actuellement auexemples du gothique civil catalan et MNAC) y fut hébergée, ce monastèrequi comporte des éléments Renais- est désormais un musée.sance intéressants. Sa constructionremonte au début du XVe siècle : la El Pi (Plaça del Pi). Il s’agit de l’unedélégation permanente du Parlement, Palau de la Generalitat : la galerie de colonnes des églises les plus anciennes de
  5. 5. 5Santa Maria del Mar : l’intérieur de la basilique Santa Anna : le cloîtreBarcelone, aussi appelée Santa Maria Sant Just (Plaça de Sant Just). Église malgré la proximité de la Plaça dedels Reis, et elle constitue, avec son dédiée à saint Juste et à saint Pasteur. Catalunya, elle conserve un certainclocher, une image caractéristique de L’essentiel en fut construit entre 1342 air secret. La partie la plus anciennela ville gothique. Les habitants de ce et 1360, sur l’emplacement d’une date du XIIe siècle, mais le reste dequartier commerçant très vivant en- église antérieure, avec l’intervention l’église remonte au XIIIe siècle, mo-treprirent la construction d’une nou- du maître maçon Bernat Roca, qui tra- ment de transition du roman au go-velle église vers 1305, sous la protec- vailla également à la construction de thique. Sont pleinement gothiquestion du roi, pendant la période la cathédrale. Elle se compose d’une (XIVe et XVe s.) la porte et le cloître,d’euphorie économique et de réamé- seule nef avec une abside polygonale ainsi que la salle capitulaire et di-nagement urbain qui prit fin en 1391. et des chapelles entre les contreforts verses chapelles.Elle se compose d’une seule nef, de suivant le modèle du gothiquechapelles entre les contreforts et d’un catalan ; l’autel, dédié à saint Félix, Santa Maria del Mar (Plaça de Santamagnifique clocher octogonal annexe conserve l’ancien privilège du testa- Maria). Église du quartier de La(fin du XIVe s.). Une grande rosace ment sacramentel. Ce vieux quartier, Ribera. C’est l’un des plus beauxsemblable à celle de Sant Cugat qui était habité par des nobles et des échantillons de l’architecture gothiques’ouvre sur la façade, dont la porte a artisans, conserve une fontaine go- catalane, dont l’apparente simplicitéde nombreux points communs avec thique commandée par les Fiveller en dans la structure est obtenue par l’in-celle de Sant Iu (à la cathédrale). La 1367, et le palais de la comtesse de tégration de tous les éléments et parcorporation des revendeurs (dont le Palamós, avec une belle cour et des la beauté et l’harmonie des propor-siège se trouvait sur la Plaça del Pi) éléments des XIIIe et XIVe siècles, qui tions. C’était le cœur de l’ancien fau-avait commandé en 1455 à Jaume est aujourd’hui le siège de l’académie bourg de La Vilanova de la Mar, unHuguet un retable pour sa chapelle, des belles lettres. quartier proche du port où cohabi-lequel se trouve actuellement au taient gens de la mer, portefaix et por-MNAC. Santa Anna (Carrer de Santa Anna). teurs et marchands, nobles du Carrer Église d’un ancien monastère de de Montcada et artisans (les différentsLa Pia Almoina (Pla de la Seu). l’ordre militaire du Saint-Sépulcre, métiers donnèrent leur nom aux ruesBâtiment datant du XVe siècle, qui fut plus tard église collégiale. Elle était du quartier). Non loin, sur la Plaça delle siège de l’institution de bienfaisan- située à l’extrémité de l’ancienne en- Born avaient lieu des fêtes, des foiresce dite la Pia Almoina, où venaient ceinte fortifiée, mais elle se trouve et des tournois. Les habitants firentmanger tous les jours les pauvres de aujourd’hui en plein centre ville et, construire une nouvelle église surBarcelone. C’est de là que provient le Église de La Mercè : la Vierge de La Mercè l’emplacement de l’antérieure etretable de saint Sébastien, de Joan confièrent les travaux aux architectesMates (1417-1418), aujourd’hui au Berenguer de Montagut et RamonMNAC. Il abrite aujourd’hui le musée Despuig. La première pierre fut poséediocésain de Barcelone. en 1329, et la dernière voûte terminée en 1383. L’église se compose de troisSant Jeroni de la Murtra (Camí de nefs, un déambulatoire et des cha-Sant Jeroni, Badalona). Ancien mo- pelles entre les contreforts. On re-nastère de hiéronymites, situé dans marque à l’extérieur la perspective deune vallée au pied d’une colline, dans l’abside polygonale et un beau portailla commune de Badalona. Fondé en sur la façade flanquée de deux tours1416, il jouissait de la protection roya- octogonales ; la grande rosace, refaitele, notamment de celle de Jean II et de après le tremblement de terre deFerdinand II ; l’empereur Charles- 1428, conserve des restes des vitrauxQuint et le roi Philippe II y firent des gothiques. L’intérieur est un grand es-séjours. Après la sécularisation de pace rendu diaphane par la finesse1835 commence une époque d’aban- des éléments de support (piliers octo-don et de ruine. Il reste un beau cloître gonaux) et par les proportions trèsorné d’un grand myrte (« murtra »). étudiées de tous les éléments : la lar-D’un gothique tardif (maître Jaume geur de la nef centrale est le doubleAlfonso y travaillait vers 1475), il est de celle des nefs latérales, la hauteurformé d’une alternance de gros piliers de celles-ci équivaut à la largeur totaleet de fines colonnes de pierre de de l’église, etc. La sobriété de l’archi-Gérone, et comporte une belle déco- tecture fait ressortir les formes et lesration sculptée (clefs de voûte, volumes compacts et simples de ceconsoles). La fontaine centrale est go- chef-d’œuvre restauré après la guerrethicisante (1573). L’église, très déla- civile de 1936-1939. On y conserve labrée, avait une structure gothique et dalle du sépulcre du connétable Pierredes éléments Renaissance. Monastère de Pedralbes : peintures de Ferrer Bassa de Portugal.
  6. 6. Du Maresme aux Pyrénées par la Selva, le Vallès et Osona C’est sans doute le te végétation. Plus loin, à Ripoll, l’imposante présence romane du monastère ne plus long des itiné- peut faire oublier les remarquables galeries gothiques du cloître. Depuis Ripoll, raires que nous pro- deux intéressants prolongements de l’itinéraire sont possibles. La première option posons. Depuis Bar- commence par une visite à Sant Joan de les Abadesses, où l’on peut admirer un celone et les terres cloître exceptionnel et de beaux retables dans le monastère. Par un paysage tout à côtières du Ma- fait pyrénéen, composé de verts spongieux et brillants, nous arrivons à resme, il rejoint la Camprodon, où la silhouette familière du Pont Nou s’accompagne d’autres Cerdagne et l’Urge- échantillons gothiques et de belles villas modernistes. Une promenade s’impose llet, au cœur des alors, par un chemin pittoresque, au petit village caché de Beget, où l’on trouvera Pyrénées. Une partie une exceptionnelle église romane et un retable du XIVe siècle dans un charmant de cet itinéraire peut ensemble fait de balcons, d’auvents et de petits ponts entourés du murmure des être considérée com- eaux. me facultative, bien La deuxième option à partir de Ripoll est celle qui remonte la vallée du Freser, Bellver de Cerdanya que vivement re- par la N-152, et passe par le col de Toses. Une vue panoramique s’offre à nous sur commandée. cette plaine fertile entourée de hautes cimes souvent enneigées qu’est la Cerdagne. Le long de la Au retour, Alp, une belle cité de villégiature, nous offre dans son église une remar- Principaux chaude et lumineuse quable peinture murale gothique. Mais c’est à Puigcerdà, le plus gros bourg deLe Missel de Sant Cugat (1400) façade littorale du Maresme et de la Cerdagne, qui trône dans la vallée, que l’on peut admirer un merveilleux exemple du gothique, l’église Sant Domènec, avec son clocher octogonal, avant monumentssuccession d’agglomérations qui lui donnent vie, on arrive, sur les rives de la d’aller goûter le calme du lac et contempler, depuis le belvédère d’El Mirador, le Alp. Village de la Cerdagne, centreTordera, aux monts couronnés par les imposantes ruines du château de Palafolls. Segre qui coule au milieu des prés et va se perdre au loin par le « Forat de la résidentiel aujourd’hui connu sur-Comme un vaisseau, il fait face à l’active plaine maritime. Sur la côte est de cette Seu ». tout grâce au stations de ski de Laplaine se trouve Blanes, une station balnéaire qui offre de remarquables échan- Il faut aussi visiter, tout près de Puigcerdà, Llívia et ses remarquables monu- Molina et Masella. Dans l’église, ontillons de l’art gothique. Vers l’est encore, on longe l’une des plus belles parties de ments gothiques ; puis continuer à l’ouest, faire une pause à l’église paroissiale de peut voir une fresque représentantla Costa Brava avec Lloret de Mar et les merveilleuses criques de Sant Francesc et Bellver de Cerdanya, avant d’aller à La Seu d’Urgell, qui nous offre divers mo- saint Christophe qui remonte àSanta Cristina. On arrive alors à la pittoresque Tossa de Mar, dont le vieux numents gothiques et où un air médiéval vient se superposer, surtout dans le 1300.quartier est entouré de tours et de murailles médiévales d’où l’on peut contempler Carrer Major, aux bruits multicolores du marché hebdomadaire. On peut com-le bleu infini de la Méditerranée. pléter la visite à la capitale de l’Alt Urgell en faisant un tour à Castellbò, un peu L’Ametlla del Vallès. Localité rési- Puis vers l’intérieur, on remonte la Tordera pour arriver à Hostalric, une ag- plus à l’ouest, pour y voir l’église Santa Maria et d’autres éléments gothiques inté- dentielle, composée de maisons etglomération flanquée de tours, entourée de murailles, qui s’étend sur un sommet ressants. de villas modernistes (ou Art nou-au milieu de la vallée, comme pour surveiller le vaste passage vers le couloir pré- Le retour de Ripoll à Barcelone se fait par la C-17. À Sant Quirze de Besora, veau) ou d’architecture contempo-littoral. Non loin de là, on trouvera encore des vestiges gothiques à Breda (bourg une route sur la droite nous mène au petit village de Lluçà, où le monastère, un raine. Le Mas Draper était l’un desspécialisé dans la poterie et la céramique), près du col de N’Orri, où l’itinéraire joyau de l’art roman, contient de remarquables peintures gothiques. Puis, par plus importants du canton, commeamorce une côte qui aboutit près du sommet sur lequel se trouvent les ruines du un long chemin qui passe par Prats de Lluçanès et Avinyó et se dirige ensuite en témoigne son architecture (enchâteau de Montsoriu. On ne peut qu’arriver à pied à cette forteresse désolée, vers l’est, nous arrivons au monastère roman de L’Estany qui garde d’intéres- grande partie du XVIe siècle, bienmais l’effort est compensé par la beauté du monument et du panorama. sants sépulcres gothiques. Nous continuons par les plateaux de Moià et que de facture gothique) et la grande Par la route d’Arbúcies, par celle, sinueuse et pittoresque, de Viladrau qui lon- Collsuspina et nous redescendons en zigzag vers Centelles, où Sant Martí de tour attenante.ge les contreforts boisés du Montseny, la poétique « montagne des améthystes », Centelles surplombe une puissante proue sur laquelle les ruines d’un châteaupuis par le chemin de Taradell, on arrive à Mont-rodon, belle demeure gothique historique contemplent un beau panorama. Beget. Petite localité pyrénéenne. Saqui fait partie de Tona. Vient ensuite, plus au nord, la capitale de la région, Vic, Une longue route solitaire et sinueuse débouche à Sant Feliu de Codines. Vers très belle église romane conserve uneoù le gothique a une importance considérable, jusque dans le musée épiscopal. À l’est, nous allons trouver plusieurs sites dignes d’intérêt, dont le Mas Draper, à très belle statue, romane également,l’intérêt artistique que présente le centre de Vic, s’ajoute une vie culturelle active, L’Ametlla del Vallès, et l’ensemble monumental de La Doma, près de La dite Majestat de Beget, avec, à sesle tout accompagné de la touche d’imprécision et de mystère qu’apporte un Garriga, non loin de l’autoroute. C’est à partir de là que nous allons retrouver pieds, un petit retable gothique en al-brouillard fréquent. la lumière et la couleur du monde méditerranéen, où le ciel est lumineux et bâtre, issu des ateliers de Sant Joan Au nord-est de la plaine de Vic, sur le plateau de Collsacabra, le village de Taver- l’atmosphère pleine de vie. Autour de Les Franqueses del Vallès, de beaux mas de les Abadesses (XIVe s.). À l’origine,tet conserve une statue gothique de grande valeur. Ce village, auquel on accède par garnis de fenêtres à meneaux sont entourés de champs cultivés parsemés de il était accompagné de la statue de laune route pittoresque qui traverse Roda de Ter et Santa Maria de Corcó, est aussi un quelques pinèdes. Il vaut encore la peine d’aller un peu plus à l’est pour visiter Vierge assise qui se trouve dansextraordinaire balcon qui contemple les eaux bleues du barrage de Sau et les monts l’église gothique de Sant Pere de Vilamajor, ou voir, à Can Bordoi, à Llinars l’église. Signalons aussi une série dedes Guilleries. del Vallès, les vestiges de l’époque gothique mis au jour lors des fouilles du retables baroques. Au nord de Vic, sur la C-17, Montesquiu présente les souvenirs gothiques de Castellvell. Ce serait une bonne conclusion avant d’entreprendre la dernièreson château qui se dresse sur l’autre rive du Ter, presque caché dans une luxurian- partie de l’itinéraire qui clôt le circuit proposé à partir de Barcelone. Bellver de Cerdanya. Cité cerdane baignée par le Segre, au pied de la chaîne du Cadí. L’église, très simple, est dans la lignée de la tradition go- thique catalane. Ce charmant villa- ge, où l’on trouve de nombreuses ré- sidences secondaires, conserve quelques pans de ses murailles des XIIIe et XIVe siècles. Blanes. Belle localité côtière situe à l’extrême sud de la Costa Brava, petit port de pêche et de plaisance. Les Cabrera y avaient aussi un palais au- quel travailla, vers 1400, le célèbre ar- chitecte Arnau Bargués, en même temps qu’il prenait part à la construc- tion du monastère de Poblet (Palau del Rei Martí) et à celle de la cathé- drale de Barcelone. De ce palais, il reste quelques murs et l’église an- nexe, aujourd’hui paroissiale. La fon- taine gothique de Blanes est l’une des mieux conservées de celles qui restent en Catalogne. Breda. Ville située sur le versant est du Montseny, de tradition agricole et industrielle, spécialisée dans la fabri- cation d’objets de céramique et de poteries. Remarquable ensemble monumental dont le centre est l’an- cien monastère bénédictin de SantTossa de Mar Salvador de Breda. Il s’y trouve une

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