Le Diamant                                                                                                  Canton du Diam...
VASE A OUICOU                                                                                    HACHES                   ...
COUI(H. : 50 cm)Collection particulière    a9720737Le coui, coque d’un demi-fruit de calebassier,fait office de récipient à...
ÉGLISE SAINT-THOMAS1829-1860 a9720713En 1684, la paroisse du Diamant est érigée par                dotée d’un clocher, mai...
ÉTIQUETTE DE BOUTEILLE                                                                                                    ...
HÔTEL DIAMANT-LES-BAINS                                                                                                   ...
CANONS DU DIAMANT                                                                                                         ...
Le Patrimoine des communes de la Martinique
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Le Patrimoine des communes de la Martinique

  1. 1. Le Diamant Canton du Diamant Arrondissement du Marin Superficie : 2 734 ha Population 2007 : 5 602 hab. Habitants : les Diamantinois Cours d’eau : Rivière Fond Placide, Rivière Fond Thoraille, Ravine Fond Manoel Origine du nom : du rocher éponyme, bouchon volcanique jailli de la mer, dont les facettes rappellent la pierre précieuse. Historique Les traces archéologiques les plus anciennes datent le premier peu- d’activité de l’économie locale. Vers 1783, le quartier du Diamant plement du site au IVe siècle de notre ère, époque à laquelle les compte 1 183 âmes, dont 904 esclaves, qui travaillent dans 8 habi- Arawaks abordent la Grande Anse du Diamant. Une seconde culture tations-sucreries, 16 cotonneries, 10 caféières et 2 cacaoyères. Les amérindienne s’établit par la suite dans cette région, avec l’arrivée, vagues d’occupation anglaise à la fin du XVIIIe et au début du XIXe au Xe siècle, des Caraïbes, qui s’y installent en nombre. La paroisse siècle confèrent une importance stratégique au rocher du Diamant. des Anses d’Arlet est fondée vers 1674, et est d’abord desservie par les En 1804, les Britanniques dépensent des sommes considérables pour jésuites. Si le Diamant n’en est qu’une dépendance, une chapelle y le fortifier, comme à Aden, à Gibraltar ou à Malte. Le commodore est construite bien avant. En 1684, la construction d’une église est Hood y installe une garnison pour contrôler le canal de Sainte-Lucie. engagée, la paroisse constituée et sa desserte confiée aux moines Après que ses hommes aient été délogés, l’année suivante, par la flotte capucins. Le 17 mai 1717, le gouverneur de la Martinique La de l’amiral Villeneuve, l’utilisation militaire du rocher est définiti- SITE DU DIAMANT Varenne et son intendant Ricouart d’Hérouville sont victimes de la vement abandonnée. La paroisse et le quartier, d’abord inclus dans a9720724 sédition des planteurs dite « gaoulé ». Arrivés dans l’île avec la commune du Sud, sont érigés en commune autonome en 1862. Le rocher du Diamant, aiguille de lave haute l’instruction de limiter la production sucrière, ils ont immédiate- Au milieu du XXe siècle, la vie économique est animée par la pêche de 176 mètres, et le Morne-Larcher, petit ment provoqué l’hostilité de la population. L’intendant et le gouver- et deux distilleries, alors que l’agriculture s’essouffle à cause d’une stratovolcan andésitique qui culmine à neur sont arrêtés et séquestrés à l’habitation Bourgeot, actuelle pluviométrie insuffisante. En 1925, durant les élections municipales, 477 mètres, témoignent de la forte activité « O’Mullane », puis renvoyés en France. L’ordre royal est rétabli dix personnes trouvent la mort, fauchées par le fusil mitrailleur des éruptive qui a précédé la naissance du site, il dans l’île dès 1719 et, dès lors, le sucre constitue le premier pôle troupes envoyées par le gouverneur Richard pour maintenir l’ordre. y a moins d’un million d’années.Le Diamant 92 93 Le Diamant
  2. 2. VASE A OUICOU HACHES IVe-IXe siècle Période précolombienne Terre cuite (H. : 32,5 cm, d. : 35 cm) Conque de lambi (H. : 10 et 11 cm) Musée départemental de Préhistoire et d’Archéologie Collection particulière a9720748 Fort-de-France a9720754 Le coquillage est un matériau très répandu avant l’arrivée des Européens. Les casques, dont les lambis Institution fondamentale des sociétés insulaires et des cultures guyano-amazoniennes, sont une espèce, sont travaillés de façon à fournir des couteaux, des haches, des ciseaux à bois et divers les « fêtes de boisson » accompagnent les événements, rites initiatiques, travaux collectifs ornements. Ils sont taillés à l’aide de galets, puis poncés sur une plaque de corail madrépore. et projets guerriers qui jalonnent l’existence de l’homme précolombien. À ces occasions Les tranchants sont enfin peaufinés avec des sont ingurgitées pendant plusieurs jours de très importantes quantités de ouicou. Cette fragments de corail. Ces outils font preuve d’une boisson est obtenue par fermentation de patates douces ou pulpe de la racine du efficacité comparable à celle des couteaux obtenus à manioc, mélangée à de la cassave et à de l’eau. Le mélange était placé dans de partir de la pierre polie. grands récipients de ce type, d’une capacité pouvant atteindre une dizaine de litres. FUSAÏOLE Ve-IXe siècle Céramique Collection particulière a9720735 Cette fusaïole sert à filer le coton, qui, une fois tissé, est utilisé pour la fabrication des hamacs. On en faisait également des cordes et des lignes de pêche. FRAGMENT DE COUPELLE Ve-IXe siècle ECUELLE Céramique ANTHROPOMORPHE Collection particulière a9720709ADORNOS e e IV -IX siècle Les techniques deIVe-IXe siècle Terre cuite (l. : 20 cm) fabrication de ceCéramique (H. : 5,5 et 6 cm) Musée départemental de Préhistoire et type de poterieCollection particulière a9720708 d’Archéologie, Fort-de-France a9720751 ont persisté chezCes adornos sont recouverts de motifs blancs les peuples amé-sur fond d’engobe rouge lustré, caractéris- rindiens actuels.tiques de la deuxième période Arawak. La Après son malaxage,figurine zoomorphe représente une tête de ADORNO la pâte est modelée engrenouille. IVe-IXe siècle de longs et fins rouleaux, FILTRE À EAU Terre cuite (H. : 7,4 cm) superposés jusqu’à l’obten- Roche volcanique, céramique et bois Musée départemental de Préhistoire et d’Archéologie tion de la forme générale du Collection particulière a9720741 Fort-de-Francea9720753 vase ou du plat selon la technique L’eau pluviale, recueillie dans de grandes Cette poterie, en forme de tête humaine surmontée d’une coiffe en du montage au colombin. Ces boudins jarres, est versée dans la cuve qui constitue volute et recouverte d’un engobe rouge, est dite à « tête barrancoïde ». d’argile sont ensuite raclés de façon à obte- l’élément supérieur de cet équipement. Filtrée Cette désignation fait référence à la culture amérindienne originaire nir des parois lisses. Les adornos, les bords ou la panse sont lentement par la pierre poreuse, elle s’écoule, du bas Orénoque vénézuélien. Cette dernière apparaît vers 700 av. rapportés sur la poterie mise à sécher. L’ajout de l’enduit intervient dans un double souci, utilitaire souvent la nuit entière, dans la jarre collec- J.-C. et se propage aux Antilles par les groupes saladoïdes (env. 100- et esthétique ; l’engobe, solution d’eau et d’argile, est coulé sur l’intégralité de la pièce et donne sa teur. L’eau est ensuite puisée au moyen de la 800), qui en ont adopté certains traits dans leur production céramique. coloration à l’ensemble, tout en gommant les petites imperfections. Enfin, les finitions décoratives louche en calebasse dans le récipient collec- sont pratiquées par incision et/ou par peinture. La cuisson au four est extrêmement rare. Le cas échéant, trice, la « chaspagne », qui pouvait être aussi elle se pratique en plein air, les poteries étant disposées au centre d’un échafaudage de bûches. une boîte en fer blanc soudée à un manche.Le Diamant 94 95 Le Diamant
  3. 3. COUI(H. : 50 cm)Collection particulière a9720737Le coui, coque d’un demi-fruit de calebassier,fait office de récipient à usages multiples. Lacalebasse intervient par ailleurs dans la fabri-cation de nombreux objets d’artisanat. Lestechniques auxquelles il est fait appel dansl’île proviennent conjointement des continentsafricain et américain. POTS DE CHAMBRE XIXe siècle PILON ET MORTIER Terre cuite Bois Collection particulière a9720740 Collection particulière a9720747 L’appellation de dobann pour ce type de vases fait référence à la ville d’Aubagne (Bouches-du-Rhône), Contrairement à leurs équivalents africains, destinés au pilage des céréales, lieu originel de leur production. Recouvertes d’un rondin de bois, ils servaient de pots de chambre. On ces objets, de petite taille et à usage domestique, interviennent surtout dans les versait le soir dans les rivières ou dans la mer et à Fort de France, dans de gros récipients en fer, col- la cuisine et la préparation des plantes médicinales. lectés tous les matins et vidés à la Pointe Simon. FORME À SUCRE XVIIe siècle Terre cuite Collection particulière a9720736 La forme à sucre sert à purger le sucre, c’est- à-dire à l’égoutter et à le purifier. Une fois sec ATTAQUE DU ROCHER DU DIAMANT et démoulé, il a la forme d’un pain. Ce type XIXe siècle de poterie est fréquemment importé de métro- Aquarelle pole, particulièrement de Bordeaux (Gironde). Musée régional d’Histoire et d’Ethnographie Les formes sont toujours de diamètre iden- Fort-de-France a9720755 tique, 45 centimètres, mais de hauteurs diffé- NOTRE-DAME DU BON PORT Le rocher du Diamant occupe une situation par un navire de Sainte-Lucie. Le succès de rentes : la plus grande mesure environ 120 e XIX siècle stratégique convoitée lors des conflits franco- l’amiral Hood repose sur sa totale maîtrise centimètres, soit presque le double de la taille Bronze (H. : 80 cm) britanniques qui secouent le premier Empire. des mers. Celle-ci est remise en question par ordinaire. Ce récipient tronconique est posé Collection particulière a9720743 Il est occupé, de janvier 1804 à juin 1805, par l’arrivée de la flotte de l’amiral De Villeneuve, sur un pot de raffinerie destiné à recueillir les La dédicace à Notre-Dame du Bon Port est tra- les hommes du commodore Hood qui parti- représentée sur cette gravure aquarellée. Après impuretés mêlées au gros sirop. Après un CROIX ditionnellement répandue, en métropole cipent au blocus de la Martinique. La propa- trois jours de combats, le 2 juin 1805, l’esca- séjour de trente jours dans une purgerie, les XVIe siècle comme en outre-mer, dans les communes gande britannique a fait du rocher une sorte dre franco-espagnole reprend le rocher, qui pains sont retirés des formes, séchés dans une Laiton (55 x 22 cm) situées près des côtes. Cela se révèle particu- de navire appelé Her Majesty Ship Diamant- retrouve son état sauvage. De nos jours, les étuve puis pilés. Le sucre est ensuite placé dans Galerie Jean-Vermuse a9720745 lièrement vrai pour des paroisses antillaises, Rock. Six canons sont hissés sur le site, qui Anglais le considèrent encore comme un vrai des barriques ou boucauts. Ces poteries ont été Cette croix est la propriété des Vermuse, famille dont l’implantation est principalement litto- par ailleurs est doté de réservoirs creusés dans navire de guerre que leurs bateaux saluent en retrouvées au fond de la baie du Diamant par d’origine espagnole, qui était établie en Flan- rale. Seule l’église du Mouillage, à Saint- le roc, d’une citerne, d’une caserne en bois et passant au large. une équipe de plongeurs sous-marins. dres depuis trois siècles. Pierre, en portait officiellement le nom. d’un hôpital. Le rocher est ravitaillé en vivresLe Diamant 96 97 Le Diamant
  4. 4. ÉGLISE SAINT-THOMAS1829-1860 a9720713En 1684, la paroisse du Diamant est érigée par dotée d’un clocher, mais l’édifice est deséparation de celle des Anses-d’Arlet. Les habi- nouveau ruiné par un cyclone en 1817. Latants se cotisent, avec l’aide du roi, pour effec- reconstruction d’un nouveau lieu de culte PLAQUE COMMÉMORATIVEtuer les grosses réparations de l’église et du pose de grandes difficultés financières. De 1829presbytère. Au XVIIIe siècle, l’église est un longues polémiques, entre les habitants et le Marbrecorps de bâtiment rectangulaire, avec une préfet apostolique, précèdent la construction Église Saint-Thomas a9720734 FONTS BAPTISMAUXsacristie appuyée en cul de lampe. Elle pos- de cette église. Les travaux sont finalement Fin du XVIIe siècle Cette plaque commémore la bénédiction desède une nef mais pas de chapelle ni de financés grâce à l’augmentation d’un Pierre (H. : 108 cm) l’église Saint-Thomas du 15 décembre 1829clocher : les cloches sont soutenues par des impôt, proportionnel au nombre d’esclaves Église Saint-Thomas a9720733 par l’abbé Dacheux et le commissaire-com-poteaux situés à l’extérieur. En 1700, possédés. Le bâtiment actuel ne date, dans Le bassin monolithique actuel correspondrait mandant Telliam Maillet. En 1830, l’abbé1 800 carreaux sont importés de Pro- ses parties les plus anciennes, que de aux fonts baptismaux d’origine, contempo- Dacheux, curé des Anses-d’Arlets qui dessertvence pour la réalisation du carrelage. 1829. (Inscrite à l’inventaire supplémentaire rains du premier sanctuaire maçonné de aussi Le Diamant, est l’un des premiersEntièrement détruite par l’ouragan de des monuments historiques en 1979) 1684. Il a été retrouvé par le père David, curé prêtres de la Martinique qui accepte de prêter1766, elle est reconstruite en 1778 et CRUCIFIX de la paroisse et historien de la Martinique. serment au roi Louis-Philippe. La même 1868 Laiton (60 x 44,2 cm) année, le nom du commissaire-commandant Église Saint-Thomas a9720715 est mentionné dans un rapport concernant le Ce crucifix présente la particularité de porter naufrage du bâtiment négrier ou contre les une Vierge à l’Enfant sur son revers. Partie rochers. intégrante d’une croix de procession haute de 2 mètres, il est rénové par l’abbé David, curé de la paroisse de 1970 à 1998. JEAN-BAPTISTE PRÉVOST DE SANSAC, MARQUIS DE TRAVERSAY a97207552ne Né le 23 juillet 1754 au Diamant, Jean-Bap- américaine. Celle-ci l’amènera pendant sa période révolutionnaire. Il émigre en Suisse tiste Prévost de Sansac est le fils aîné d’une quatre ans aux Antilles, et notamment en et sera recommandé par l’ancien Ministre CHARPENTE famille de huit enfants et descendant Martinique comme commandant en de la Marine à Catherine II de Russie, qui XIXe siècle-1983 d’une prestigieuse lignée de second de L’Iphigénie. Accumu- souhaite recruter des officiers français. Il Bois marins, les Duquesne. Dès lant les succès, il gravit très connaitra là une carrière tout aussi glorieuse Église Saint-Thomas a9720714 l’âge de cinq ans, il quitte vite les échelons pour que sous les pavillons français. Promu Vice- L’église est dédicacée le 26 décembre 1829. son île et débute son devenir commandant de amiral par le Tsar Paul 1er, Amiral et Grand Elle ne possède qu’une nef et appartient, instruction à Sorèze, l’Aigrette, frégate de amiral de la Mer Noire en juin 1801, il est comme celles du Marin et de L’Ajoupa- dans le Tarn. À onze vingt-six canons,l’une nommé gouverneur militaire du port de Bouillon, aux églises d’inspiration baroque. ans, il rentre à des plus rapide de la Sébastopol par le Tsar Alexandre Ier. Napoléon En 1860, les paroissiens se cotisent à nouveau l’École des gardes mer des Caraïbes ou essaiera de le débaucher, mais en vain. Son pour l’agrandir. Le mur qui limite le bâtiment de la Marine à des États-Unis d’A- dernier exploit reste sa participation à la est remplacé par une colonnade de bois, des Rochefort, puis à mérique. Il épouse, le grande expédition dans l’Antarctique, avec le allées latérales sont ajoutées, et les murs exté- celle de Brest, où il 1er septembre 1783, franchissement du cercle polaire en janvier rieurs sont refaits. Si l’influence française est finira son apprentis- Marie-Madeleine de 1820. On donne le nom de Traversay à un manifeste, ses motifs à double volute semblent sage. En 1773, il Riouffe, qui lui don- groupe de trois îles découvertes au Nord de plutôt être une réminiscence du baroque espa- endosse la tenue des nera trois enfants. Il la Terre Sandwich. Devenu l’homme de gnol. Façade et clocher sont rénovés en 1871. officiers et participe à devient Capitaine de vais- confiance du Tsar, il choisit de rester enAUTEL La charpente apparente est refaite en 1983 par plusieurs campagnes dans seau en 1786 et accède ainsi Russie où il est connu sous le nom de l’Ami-XVIIIe siècle les Compagnons de France, qui la taillent en la mer des Caraïbes comme aux honneurs de la Cour où on ral Yvan Ivanovitch de Traversay. Il ne revoit niMarbre de Saint-Joseph métropole avant de la transporter et de laÉglise Saint-Thomas a9720732 enseigne de vaisseau. Lieutenant lui reconnaît le titre de Marquis. Entre la Martinique, ni la France avant sa mort, le monter sur place, en même temps qu’ils refont trois années après, il sera l’un des acteurs fran- 1788 et 1790, il effectue son dernier voyage à 19 mai 1831.L’autel primitif, dédié à la Vierge, était en bois. Trop vétuste, il est remplacé par un autel « à la romaine », le clocher. (Inscrite à l’inventaire supplémetaire des çais participant à la guerre d’indépendance la Martinique, et retrouve la France à l’aube defabriqué au Puy (Haute-Loire) en 1770. monuments historiques en 1979)Le Diamant 98 99 Le Diamant
  5. 5. ÉTIQUETTE DE BOUTEILLE Première moitié du XXe siècle Habitation Dizac a9720711 La marque Rhum Diamant et change Dizac est déposée de nombreuses fois par Octave Hayot de propriétaire. En entre 1886 et 1890. 1745, elle porte le L’étiquette datant nom d’habitation des années 1935- Gardié-Beuze, avant 1936, représente la distil- de devenir habitation lerie et son moulin qui Latournelle en 1816. Habita- possédait une remarquable charpente tion Dizac depuis 1850, le domaine fonc- en bois. La distillerie Dizac est exploitée dès tionne comme distillerie et produit du rhum le XVIIe siècle sous le nom de plage du agricole jusqu’aux années 1940. MAISON DU BAGNARD 1940 Bois CHEMINÉE Anse Caffard a9720720ne 1896 Pierre volcanique (H. : 6 m) Cette maison construite Habitation Dizac par Médard Aribot, l’abrite Anse Caffard a9720710MAISON DU GAOULÉ pendant près de dix ans à Cette cheminée appartient à l’ancienne sucre-1710 son retour de Guyane. En rie-distillerie de l’habitation Dizac. En 1945, laPierre 1933, il est relégué au distillerie cesse son activité et sa colonne àHabitation O’Mullane a9720725 bagne de Cayenne et distiller est transportée à l’usine Trois-RivièresL’habitation à laquelle appartient cette mai- sucre de la colonie et rétablir l’Exclusif colo- les séquestrent toute la nuit. Le lendemain, les y reste quinze ans. À sa à Sainte-Luce.son est le théâtre d’un événement appelé nial. Les nouvelles sucreries sont interdites ; deux prisonniers partent sous escorte et sont libération, cet artistegaoulé. Le 17 mai 1717, les planteurs de la ceux qui possédaient des sucreries en embarqués de force à l’Anse La Touche, près de illettré et taciturne s’éta-région y séquestrent le gouverneur Antoine de construction sont donc ruinés. La présence des Saint-Pierre, sur le Gédéon, qui les ramène en blit au Diamant, où il vitLa Varenne et l’intendant Ricouart d’Hérou- émissaires provoque l’hostilité des colons, et France. Pour éviter l’anarchie, Dubucq se voit de ses créations : sculptures de bateaux et bustes. (Inscrite à l’inventaire supplémentaire des monu-ville, représentants du roi de France. Les colons une coalition, animée par la famille Dubucq, proposé l’intérim du commandement de l’île, ments historiques en 2006)de la Martinique avaient pris l’habitude de originaire de La Trinité, prépare un guet- avant l’arrivée du nouveau représentant duvendre leur sucre à l’étranger, transgressant apens. Les émissaires du roi, en tournée d’ins- roi. À son arrivée, ce dernier fait arrêter lesles règles de l’Exclusif, qui visaient à réserver pection, se rendent pour souper à l’habitation planteurs séditieux. Ils sont jugés puis graciésle commerce colonial à la seule métropole. Le Bourgeot, actuelle habitation O’Mullane, à par le roi. (I. M. H. 1988)régent envoie donc deux émissaires avec de l’invitation de son propriétaire. À 8 heures, unesévères instructions : limiter la production de centaine d’hommes armés les surprennent et MAISON TRADITIONNELLE INSTRUMENT DE MUSIQUE 1930 XXe siècle Morne-Blanc a9720704 Bois TOMBE Les parois sont faites de gaulettes, branches de Collection particulière a9720721 XXe siècle bois ti-baume tressées. Les interstices sont com- Cimetière a9720729 Cet instrument de musique traditionnel, blés par l’application d’un enduit composé de Les tombes de ce type, simples monticules encore appelé bwa ronflé (« bois qui ronfle »), chaux et de bouse de vache. Traditionnelle- de terre ornés de conques de lambi, sont en général était principalement utilisé par des conteurs, ment, le sol est en terre battue, et la toiture est réservées aux gens de condition modeste. Elles sont de qui s’en accompagnaient lors de veillées funè- faite de feuilles séchées. La construction peut moins en moins nombreuses. bres animées. La cloison en bois aspergée être consolidée par un soubassement de pierre, d’eau et frottée à l’aide d’un bâton produit un scellé avec du ciment, et un toit en tuiles. son rauque.Le Diamant 100 101 Le Diamant
  6. 6. HÔTEL DIAMANT-LES-BAINS USTENSILES À MANIOC1943-1945 XXe sièclePierre et béton Bois92, rue Justin-Roc a9720726 Morne-Blanc a9720707Ce bâtiment est le premier hôtel construit dans Le manioc, élément de base de l’alimentationle sud de la Martinique. D’aspect massif – cer- des Amérindiens, est consommé sous forme detains murs atteignent 52 centimètres d’épais- cassave ou de farine. La préparation de cetteseur – il possède dix chambres larges et aérées, dernière implique de nombreux outils. Aprèsdont le carrelage provient de Fort-de-France. Il épluchage, les tubercules sont réduits en purées’est agrandi depuis vers la mer par la au moyen de la grage à manioc. Cette bouil-construction de bungalows dans le jardin ou lie est ensuite disposée dans une couleuvre,en bord de plage. boyau cylindrique en vannerie. L’opération SIMCA 8 1100 suivante consiste alors à placer la pulpe dans 1948 des sacs pressés à l’aide de pierres ou de contre- Musée rétromobile poids. Collection particulière Habitation Dizac a9720718 CITERNE L’ancien responsable des ventes de la concession Simca de l’île, Christian Gallet de Saint- 1943 Pierre (20 x 12 m) a9720730 Aurin, a réalisé le projet d’un espace-musée, qui présente la gamme complète de la pro- duction Simca, soit 44 voitures de la Simca 5 (1936) à la Simca 1100 (1976). Cette Cette citerne est construite par le maire Léon Gallet de Saint-Aurin pour pallier la pénurie d’eau automobile est la vedette de la collection, car elle porte, griffe très rare, la plaque de l’ar- potable durant la saison sèche. D’une capacité de 400 000 litres, elle recevait les eaux pluviales qui tisan constructeur de la partie en bois. s’écoulaient du toit de l’église et alimentait toute la commune. Elle continue à être utilisée jusque dans les années 1960, date à laquelle sont installées les canalisations d’eau courante. MONUMENT AUX MORTS XXe siècle Pierre Place du Marché a9720717 Au dos de ce monument commandé à l’entreprise Jeumont (Nord) et érigé sous le mandat du maire Louis Véronique, sont gravés les noms de vingt-quatre Diamantinois, morts lors de la Première Guerre mondiale. Ils sont surmontés de cette inscription : « Entre les plus beaux noms, leur nom est le plus beau. » PLATINES XXe siècle Béton et métal NASSE Morne-Blanc a9720705 XXe siècle Bois a9720703 La cuisson de la pulpe de manioc essorée se fait sur un grand disque, appelé « platine », La pêche traditionnelle aux Antilles se fait à l’aide de ce type de casier. La nasse est conçue selon autrefois en terre cuite, ensuite en fonte. CetteÉCOLE PRIMAIRE une technique artisanale de tressage de lattes souples, ou liennes, et peut durer dernière étape requiert une grande habileté,1945 jusqu’à six ans. De la forme d’un le maître à manioc agitant à l’aide d’une sorteEntrepreneur : Roy-Camille polygone irrégulier, elle est lestée dePierre et béton de râteau la préparation, qui devient une pierres et calée sur les fonds herbeux ou77, rue Justin-Roc a9720727 semoule blanche et fine appelée « farine de coralliens. Les plus grands pièges attei-Une galerie de près de 3 mètres court autour de manioc ». gnent 3 mètres de long pour une hau-huit classes réparties sur les deux niveaux. Les teur variant de 80 à 100 centimètres.larges ouvertures apportent une touche créole Les matériaux utilisés ont progressi-à ce bâtiment de conception moderne. vement évolué : les essences tropicales, bwa miret, bwa patat ou bwa bomb, sont remplacées par du grillage en fil de fer.Le Diamant 102 103 Le Diamant
  7. 7. CANONS DU DIAMANT Fer et bronze PÈRE DAVID Place du front de mer a97207053ne 1927-1998 a97207055ne Ces canons rassemblés sur la place du front de mer fai- saient partie des batteries défensives installées en divers Originaire de Vendée, Bernard points du territoire de la commune, notamment à David est né le 28 septembre 1927 l’anse Caffard et à la Chery . à Saint-Aubin-la-Plaine.Ordonné prêtre le 26 juillet 1952, il est nommé à la Martinique la même année. C’est à Terres Sainville qu’il inaugure son apostolat. Il sert CAP 110 ensuite au Lamentin, à Bellevue, Artiste : Laurent Valère puis au Diamant. Il publie un 1998 recueil des proverbes créoles de la Béton armé moulé région en collaboration avec Jar- Anse Caffard a97207054ne del. Passionné d’histoire, il colla-STATUE LE ROI DES INDES Faisant face au rocher du Diamant et à la bore à la Société d’histoire de laBois, métal et paille passe des Fous, ces 15 colosses de béton blanc Martinique, écrit la biographie desCollection privée a97207052ne de 2,50 mètres de haut et d’un poids de 4,5 NÈGRE MARRON prêtres du clergé de la Martinique Sculpté au couteau à la fin des années 1950 par le légendaire tonnes sont regroupés en un espace concentré Artiste : Hector Charpentier de 1635 à 1848. Il décède acciden- 1998 Médard Aribot (1901-1973), ce buste polychrome présente un et alignés en triangle dont la pointe est orien- tellement le 5 février 1998 à Bronze personnage ceint dune couronne de métal doré. Il est pourvu tée vers le large. Leur teinte blafarde, leurs Ravine gens bois a97207051ne Rivière-Salée. Toutes ses collec- dun visage mélancolique aux grands yeux bleus et au nez postures et leurs expressions évoquent le tions ont fait l’objet d’une dona- Érigée à l’entrée du bourg et inaugurée le aquilin surmontant une moustache et une large bouche à recueillement, le deuil et la mort. Cet ensem- tion à la commune du Diamant 22 mai 1998 à l’occasion des cérémonies peine déformée par un léger rictus. Galons, épaulettes et cravate ble de statues monumentales est réalisé par qui lui a consacré un musée. commémoratives du cent cinquantième anni- ajoutent à lensemble un caractère officiel, éminent ou proto- Laurent Valère et a été inauguré à l’occasion versaire de l’abolition de l’esclavage, cette colaire. Les experts se perdent en conjectures sur cette œuvre des cérémonies commémoratives du cent statue en bronze d’Hector Charpentier, repré- originale dudit bagnard. Certains y voient une effigie du roi cinquantième anniversaire de l’abolition de ÉDOUARD GLISSANT sentant un esclave muni d’une corne de lambi bé-zingue ou Béhanzin, roi du Dahomey exilé en Martinique l’esclavage en mai 1998. Il est dédié aux 1928 - 2011 brisant ses chaînes, est un hommage rendu entre 1894 et 1906, alors que dautres y reconnaissent la repré- esclaves enchaînés dans les cales du bâtiment a97207054ane a97207054bne au courage des nombreux rebelles qui, durant sentation dune divinité tamoule vénérée par les Indo-marti- négrier qui s’échoua contre les rochers le Né le 21 septembre 1928 à Sainte-Marie, Édouard Glissant part en 1946 étudier l’ethnologie et la philo- toute la période esclavagiste, cherchèrent à niquais qui aurait inspiré un Aribot que lon dit volontiers 8 avril 1830, faisant perdre la vie à près de sophie à la Sorbonne, après ses classes au lycée Schoelcher. Prix Renaudot 1958 pour son roman La s’affranchir du joug de la servitude.fasciné par les cérémonies fastueuses. Ce buste a appartenu à N. Angély, pêcheur à lAnse Cafard, avant 300 esclaves. Sa dénomination de « Cap 110 » lézarde, fondateur du Front antillo-guyanais avec Paul Niger en 1961, il est expulsé de Guadeloupe,de passer aux mains de son actuel propriétaire. est due à la direction qui, sur le compas, assigné à résidence dans l’hexagone après avoir été interdit de séjour en Martinique de 1959 à 1965. De indique celle du Golfe de Guinée. retour, il fonde l’Institut Martiniquais d’Études et la revue de sciences humaines Acoma. Docteur d’état en anthropologie en 1980, il publie sa thèse sous le titre Discours antillais avant de diriger le Courrier de l’UNESCO de 1982 à 1988. Professeur et directeur du centre d’études françaises et francophones de l’université d’état de Louisiane en 1989, professeur de littéra- ture française à la City Uni- versity de New York à partir de 1995, il développe les concepts d’antillanité, de créolisation et de « tout-monde » qui le font célébrer parmi les grands auteurs de la fin du XXe siècle et comme un des premiers penseurs de la globalisation. Décédé à Paris à l’âge de 82 ans le 3 février 2011, il est inhumé dans le cimetière du Diamant.Le Diamant 104 105 Le Diamant

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