dossier Déc 2012

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dossier Déc 2012

  1. 1. Un documentaire transmédia de Maïna Waezi et Corinne Cartaillac Produit par Gilles Perez Un Webdocumentaire & Une installation muséographique Brêêêk ! Conversations interactives Titre provisoire maquette www.brêêêk.fr pour lexposition : Un berger, des bergères... Chroniques vidéo HD Nouveaux enjeux dun métier en mutation Décembre 2012
  2. 2. Avant-propos “Dans nos sociétés qui fonctionnent sur l’escalade du no limit, la responsabilité issue de la prise de conscience de la limite est devenue une utopie. Comment peut-on gérer une autolimitation quand le désir d’une vie sans limite est ancré dans notre structure sociale et psychique ?“ Daniel Cohn-Bendit S’échapper d’un modèle de société qui ne nous convient plus, chercher, expérimenter ; est-il question d’utopie ? Ou d’une quête de cohérence ? Le choix de vie de nos personnages rencontrés sur les crêtes s’inscrit dans cette recherche-là. Leur utopie n’est pas politique au sens traditionnel du terme. Elle est de nature écologique et spirituelle. Nous avons basculé dans une société de l’« avoir » au détriment de l’« être ». « Je consomme donc je suis ». Un postulat qui laisse penser que nous sommes devenus des plantes consommatrices, avides de marchandise ; que nous trouvons des dérivatifs à nos angoisses existentielles ; que nous sommes exposés à un stress artificiel et une peur de l’extérieur alimentés par les médias. La culture de la consommation nous a rendu dépendants des produits de l’agriculture industrielle, de l’industrie minière et des autres industries non-durables. Certains n’ont plus envie de ça et commencent à réfléchir à la façon de transformer les choses, en commençant par changer leur mode de vie. Ainsi aux quatre coins du monde, les « nouveaux utopistes » émergent et s’unissent pour construire des alternatives positives, convaincus qu’une autre façon de vivre est possible. On parle alors d’utopistes du développement durable, ou de léconomie, qui défendent une idée de produire, consommer, fabriquer... différemment. De lécologie industrielle à léconomie solidaire en passant par le microcrédit, lagriculture biodynamique, les réseaux déchange de service, léthique dentreprise et la décroissance soutenable, de nombreuses initiatives ciblées sont apparues depuis trente ans. Elles sont animées par le souci de remédier aux déséquilibres de la planète et aux injus- tices sociales, et visent à offrir une alternative aux maux du capitalisme industriel et marchand. Nos jeunes bergers s’inscrivent dans cette veine lorsqu’ils choisissent de faire une pause et mettre un frein, quelques mois par an, au confort matériel et à la consommation. À l’image de jeunes héros d’un roman, qui ne trouvent pas de place dans ce monde, ils font le choix de vivre autrement, de travailler autrement et expérimentent une vie libre et différente. Nous choisissons pour eux ces dénominatifs de “héros” ou d’”utopistes”, mais eux-mêmes ne se considèrent pas comme tels. Leur postulat est simple : composer avec la société et leurs envies profondes ; s’offrir une vie à leur image, sans peur et sans pression. 2
  3. 3. Avant-propos L’utopie se trouve précisément dans cette passion de la vie et de la liberté et dans cette aptitude profonde et sincère au bonheur. Au delà de l’utopie, les expériences qui découlent de leurs choix sont concrètes : fuir la ville quelques mois par an pour être en contact direct avec la nature, mais aussi refuser le travail qui na pas de sens, et rechercher lharmonie avec la terre. Mettre leurs valeurs en pratique est la première de leurs aspirations. À limage dun miroir grossissant, les témoignages de ces jeunes adultes attirent imperceptiblement notre regard sur les dysfonctionnements et les incohérences de notre société. Inspirés et positifs, ils sculptent petit à petit un monde modelable, changeant, possible. Ils nous amènent ainsi à comprendre l’idée que la réalité est uniquement celle que l’on choisit de se créer. Nos bergers incarnent l’utopie du mieux vivre, du bien être. Ils sont dans des expériences alternatives au modèle capitaliste classique, sans quelles soient nécessairement radicales ou révolutionnaires. L’idée de ce webdocumentaire est de proposer un moment de réflexion et de rencontres, basé sur des témoignages, mais aussi des échanges, des partages et des retours d’expériences. Notre volonté derrière ces témoignages, est de pointer l’émergence de nouvelles alternatives qui sont des formes d’utopies concrètes, qui révèlent certainement une transformation de la société. En outre, nous souhaitons donner une dimension internationale à ce documentaire transmédia. Avec en toile de fond, la volonté de montrer que la transition est un projet de société ouvert sur le monde, ce webdocumentaire permettra de tisser des liens avec des initiatives d’autres continents et de réfléchir à nos rapports avec tous les peuples. 3
  4. 4. Note dintention et de réalisation Intention Dès ma plus jeune enfance, s’est inscrit en moi le désir de faire des films racontant les autres dans une écriture docu- mentaire. Petite fille de paysan, mon envie était déjà de donner la parole à ceux qui la prennent si rarement ou jamais, alors qu’ils sont intimement liés à la vie de la terre, et à peu près les seuls à en connaître la rudesse, les finesses et les possibilités. Je termine d’abord des études universitaires de Sociologie, avec en poche des connaissances théoriques sur le com- portement humain d’un point de vue social, et des techniques d’entretien propres à la discipline. Puis j’intègre une école d’audiovisuel où j’apprends les rouages de la production de films documentaires et le métier de réalisateur. Je réalise un premier film d’étude sur des portraits, qui me permet d’affirmer mon point de vue de réalisatrice et d’exprimer subtilement mon intérêt pour des esprits libres et généareux. Mes expériences de travail se font sur des tournages de fiction. Ces dernières années, le métier d’assistante mise en scène me permet de connaître le dispositif cinématographique en même temps qu’une vie de nomade, où je ne pose jamais vraiment mes valises. D’une expérience à une autre, je voyage au gré du travail et des rencontres. Ainsi va ma vie : une balade sans refrain, des joies intenses, des pauses angoissantes, une étrange et palpitante instabilité, ... Imprégnée de ce mode de vie, je rencontre ces derniers étés, des jeunes hors du commun, nichés au milieu de montagnes immenses et entourés de brebis. Mes chers bergers ... Au cours de randonnées, ils étaient d’abord ces êtres un peu mystérieux que j’apercevais au loin. Je motivais la marche avec l’unique but d’atteindre ces silhouettes et leurs vastes troupeaux sur la crête. C’est comme ça que je les ai rencontré. Ils n’ont pas 30 ans, et sont berger(e)s cinq mois par an. J’ai d’abord été étonnée par ces rencontres ; l’image que je me faisais d’un berger étant loin de ce que m’offrait la réalité. Et puis je me suis demandée ce qui pouvait les motiver à passer cinq mois isolés, loin de « tout ». Des constats et des questions d’une grande naïveté. Avec le temps, les sommets immenses et les longues marches à les accompagner, je m’imprègne de ce rythme de vie en alpage. Ces berger(e)s d’un temps nouveau trouvent à tra- vers ce métier, un moyen de se recentrer sur l’essentiel de leur existence et cherche un équilibre entre « en haut » - la montagne et les alpages - et « en bas » - la vallée et le monde moderne -. Tout semble nous séparer, ma curiosité ne cesse de grandir, mais je me trouve en face d’un étrange miroir. Ces « nomades » ont, à leur manière, lâché prise avec un modèle de vie qu’on voudrait leur imposer. Ils réinventent des codes et des possibles pour faire place avant tout à leurs désirs et à leurs rêves. 4
  5. 5. C’est cette démarche-là qui m’appelle et me réveille. Ils nous montrent comment composer avec la société et nosenvies profondes, et comment s’offrir une vie à notre image, sans peur et sans pression.Cette passion de la vie et de la liberté m’inspire. Cette disposition pour changer, chercher, accueillir et profiter, m’im-pressionne. Sur cette prise de conscience, leur choix d’une existence si singulière me paraît contenir une matière richepour nourrir lécriture dun webdocumentaire.Au fur et à mesure des années, j’ai tissé des liens de plus en plus étroits avec ces berger(e)s. Une relation amicales’est installée, à la fois complice de nos différences et de nos valeurs communes. J’ai pu assister aux premièresexpériences estivales en alpage de certains. Et je suis allée à leur rencontre l’hiver. Il m’était difficile d’imaginer mesbergers sur le plat, amputés de leur troupeau. Et pourtant j’ai découvert d’autres facettes de leur personnalité et deleur histoire, saisissant ainsi les contrastes des univers qu’ils se sont choisis.En « haut, en « bas », deux rythmes, deux univers. Je m’interroge précisément sur cet équilibre et sur ce qu’il signifiedans leur vie : comment chacun le cherche, le construit, le trouve, le remet en question… Bien qu’ayant cet enjeuen commun, ces berger(e)s appréhendent différemment le métier, l’observation de la nature, le face à face avec soi-même, le voyage, le monde moderne, l’avenir...J’ai rencontré ces dernières années de nombreux berger(e)s saisonniers des Hautes-Alpes. Ce travail exploratoire amis en évidence des enjeux forts concernant des trajectoires individuelles et professionnelles, l’image d’un métier, lasaisonnalité, la féminisation, mais aussi la notion de travail, de temps, de bonheur...En recueillant leurs témoignages sur ces thématiques, en dévoilant ainsi timidement quelques portraits, je décide deraconter, non pas chaque histoire personnelle, mais celle qu’ils ont en commun : le choix de s’accorder une pause, unerespiration dans notre monde actuel, à travers l’expérience des alpages et du mode de vie qu’il engendre.Il y a d’abord les confidences de Marie, Charlie, Guillaume et Julie, tous bergers et bergères le temps d’un été. D’autrespersonnages viendront ensuite raconter ce même choix, résultant d’expériences, d’envies, de projets et de parcoursdifférents.Et chaque fois, ces témoignages racontent une seule et même histoire : l’expérience d’une pause en alpage, pourprendre conscience des excès de notre monde actuel, et mieux cerner nos besoins essentiels.TransmédiaTrès vite, mon intérêt pour ce sujet m’a amené à rencontrer Guillaume Lebaudy, ethnologue dans le domaine du terri-toire pastoral, et Directeur de la Maison du Berger (05). C’est avec beaucoup d’enthousiasme que nous avons croisénos regards sur les berger(e)s. Il m’a parlé de son enquête de terrain, à la fois technique et ethnologique, sur ce métieren mutation. Et je lui ai fait part de mon désir de partager la vision du monde d’une génération qui préfère mener untroupeau, plutôt que de suivre la masse. 5
  6. 6. Clin d’oeil, partage de points de vues ; nous nous sommes rencontrés dans cet échange riche et complémentaire, etavons décidé d’avancer ensemble autour d’un projet commun d’installation muséographique, à la Maison du Berger(Cf #2 Conversations interactives page 25). Ce rendez-vous avec le réel est un moyen de partager autrement nosparoles de bergers en rencontrant le public d’un musée, et d’inscrire le propos dans une étude ethnologique.Cette installation s’inscrit comme un support de diffusion supplémentaire et donne à notre projet une dimension trans-média.De la même manière, je me suis rapprochée du travail de Marc Mallen au Centre de l’Oralité Alpine (CG 05). Sadémarche, basée sur le postulat que notre relation au monde se joue au travers du paysage, s’engage dans uneréflexion sur celui de la montagne et sur la collecte des représentations des différents acteurs de ce territoire. Notreprécieuse rencontre a également aboutit sur un solide partenariat entre le COA et notre projet transmédia.Notre webdocumentaire n’est pas à vocation pédagogique et ne transmet pas de connaissance sur le métier de ber-ger et ses savoir-faire. Néanmoins, il accorde un espace de paroles à différents acteurs « experts » qui proposerontdes informations complémentaires et approfondies sur différentes problématiques liées à notre sujet : les métiers dupastoralisme, la montagne, la jeunesse, la pluriactivité etc...RéalisationDes séquences vidéo, des ITW retranscrites et des photographies, classées par thématique, donneront à voir nospersonnages dans l’univers de la montagne, au milieu du troupeau et dans les cabanes. Le passage de la saisonsera marqué, en filigrane, par l’évolution du rythme circadien des brebis en fonction du soleil. En juillet par exemple, leberger se lève très tôt le matin. Plus on avance dans la saison, plus le troupeau part et revient tard. Nos personnagesseront filmés au cœur de leur travail et de leur quotidien, en observant les conditions physiques rudes et continues.Je souhaite ainsi montrer comment le travail façonne le corps et l’esprit au fil du temps, avec l’influence permanentede la nature et du climat sur l’humeur. Charlie a-t-il réellement rêvé éveillé toute une journée par temps de brouillard ?Parfois nous retrouverons nos personnages réunis à l’occasion de «soirées de bergers», des rendez-vous amicauxorganisés dans une cabane sur différents alpages. Durant ces soirées, ils deviennent bavards sur leur métier, chacunallant de son anecdote « brebiesque ». C’est l’occasion de saisir ce qui est de l’ordre du partage et de la complicitésur l’expérience unique et singulière qu’ils traversent tous.Aussi ils seront filmés en interaction avec leurs amis ou familles venus leur rendre visite dans leurs pâturages. Cesretrouvailles révèleront le décalage qui existe entre ceux qui arrivent dans la montagne et ceux qui y vivent et qui ensont imprégnés. Elles dévoileront également leur vie d’ « en bas » par les liens et les discussions qu’ils auront avecleurs proches. Des énergies différentes et spontanées naîtront. Guillaume deviendra soudain très bavard et répon-dra à toutes les curiosités les plus naïves. Ténébreux et mystérieux, Charlie aura un accueil plus réservé. CommentMarie va-t-elle, de son côté, accueillir son amoureux argentin ? Pourquoi Julie est-elle soulagée de voir redescendresa famille ? 6
  7. 7. Pour avoir passé du temps en altitude l’été, je me suis rendue compte à quel point la montagne agit sur le corps etl’esprit, délie les langues, libère le stress, nettoie le mental, accentue les émotions, donne de l’espace aux pensées,et apporte des réponses éveillées. En outre, bien que le métier de berger ne soit pas le propos du film, il a un fortpotentiel symbolique, par ses connotations bibliques et ancestrales, son aspect inconditionnel et peut-être éternel.C’est pourquoi les confidences et expériences de chacun de nos personnages seront saisies uniquement dans cecontexte estival. Je choisis précisément cette période d’alpage pour comprendre pourquoi leur choix, d’être loin duconfort matériel et de la consommation, contribue à leur équilibre et à leur bien-être.Tout ce que j’ai pu observer en alpage me semble avoir un fort potentiel cinématographique. Des montagnes immensesaux reliefs les plus fous et improbables; un dédale de petits chemins desservant sous bois, crêtes et lacs ; des petitsruisseaux dessinés ici et là ; une cabane en bois tirée d’un conte pour enfant ; des empreintes ou carcasses de brebis,des refuges de marmottes ; des espaces subtils et vertigineux à perte de vue... Le tout orchestré par l’harmonie dumouvement incessant et apaisant de la vie et de son mystérieux silence. Parfois, surgissent quelques visages sereinsde randonneurs, venus de ces grands espaces, pour se laver de leur quotidien urbain, bruyant et souvent superficiel.Les jeunes bergers et bergères, eux, ont cette beauté farouche propre aux gens qui vivent au plus près de la nature.Leur silhouette se distingue de la masse blanche et emblématique du troupeau. Ils mènent, observent, marchent,soignent, tel un rituel initiatique durant lequel vont et viennent questions et réponses existentielles. Durant lequels’enracinent les bases de la sagesse...Plus ou moins bavards ou bons orateurs, ces jeunes berger(e)s d’un temps nouveau me touchent par leur clairvoyance,la justesse de leur analyse et leur maturité. Mettre en lumière leur choix, leur visage et leur propos, ne consiste pas àmontrer des alternatives de vie ou des tempéraments marginaux. Ces jeunes adultes, bien qu’ayant choisi un métierancestral, restent terriblement ancrés dans la réalité d’aujourd’hui.Maïna Waezi. 7
  8. 8. Note dintention graphique Une envie : Les récentes réalisations de web documentaires mont particulièrement intéressées. Cette rencontre entre un récit sous la forme de séquences filmiques et une mise en scène interactive a de quoi séduire la conceptrice multimédia que je suis. Une rencontre : Lopportunité dassister à des ateliers de réflexion autour du web documentaire, organisés par la société de production Pages & Images et lESJ (Ecole Supérieure de Journalisme) a confirmé tout lintérêt que représente cette forme décri- ture pour moi et ma permis notamment d’en aborder une concrétisation avec la rencontre de Maïna Waezi. Un point de vue partagé : Je partage ce regard que porte Maïna sur les personnalités de ces jeunes bergers « nouvelle génération », une sen- sibilité commune, une envie dinterroger les fondements de notre modèle de société, de remetre l’humain et la nature au coeur de nos préoccupations. Riches et atypiques, ces personnages vont apporter une matière particulièrement intéressante à mettre en scène sous forme de séquences thématiques. Ce mode d’écriture modulaire, riche de potentiel, est particulièrement adapté à une balade interactive, nous permettant de découvrir ces parenthèses thématiques nourries de réflexions et de confidences. Un vaste panoramique des alpages est lunivers incontournable dans lequel nous allons à la rencontre de ces bergers et bergères répartis dans cette immensité. Un paysage en opacité qui se dessine et se révèle au fur et à mesure que nous visionnons les séquences, que nous en apprenons un peu plus sur ces personnages et sur leurs choix. Cette approche interactive permet d’intégrer l’internaute dans la construction du récit, à la découverte des personnages, de leurs émotions, leurs réflexions. Au fil des thématiques proposées, linternaute, guidé par sa curiosité, découvre des personnages atypiques. Un mini monde se dessine. Linstallation des conversations interactives est aussi une approche qui mintéresse particulièrement. Jai pu expéri- menter ce genre de simulation, qui procure une sensation de conversation, une proximité avec le personnage et une perception accrue des propos échangés. C’est en tant que co-auteurs que nous vous présentons cette œuvre, fruit d’une réflexion commune. Appréhendée dans son ensemble, elle associe le contenu narratif et l’approche interactive. Le travail artistique sur la forme (cf charte graphique - page 24), pour être producteur de sens, est pensé et construit en adéquation avec le sujet. Corinne Cartaillac 8
  9. 9. Note d’intention et de réalisation 4 #1Note dintention graphique 8#1 Un Webdocumentaire Brêêêk !Synopsis webdocumentaire 9Thèmes abordés 10Personnages envisagés 11Format et principes 15Pourquoi un webdocumentaire 16Présentation du webdocumentaire 17Arborescence et navigation 19Charte graphique et sonore 24#2Synopsis installation multimédia 25Note de lethnologue 26Présentation de l’installation 28 Une jeune génération et un métier ancestral. Des bergers et bergères le temps d’un été. Des histoires différentes mais une recherche commune. Brêêêk ! Le choix de s’accorder une respiration dans notre monde actuel, une pause dans ce rythme effréné, à travers l’expérience des alpages et du mode de vie qu’il engendre. 9
  10. 10. Thèmes abordés : exemples et extraitsPlaisir Nature“Être berger tu ne peux pas faire ça juste pour le travail. Il faut que ce “Le loup est un prédateur bien sûr mais ça fait plaisir qu’il soit là car çasoit un plaisir. Les gens, ils te disent souvent « bon courage » et tout, veut dire qu’il y a assez de gibiers pour qu’il s’installe. En terme d’éco-mais non c’est avec plaisir ! C’est un vrai plaisir d’être là-haut !...” Charlie système, c’est plutôt rassurant. De croiser des aigles, des chamoix, des chevreuils, c’est toujours des moments grandioses. ça veut dire que laIdentité montagne va bien....” Charlie“J’ai traversé une crise d’adolescence difficile, perdue dans un conflitexistentiel. Ce travail avec les bêtes m’a reconnecté à la vie, à la terre, Equilibreà moi-même. Ce sont des bêtes, elles ne te jugent pas !...” Julie “C’est un équilibre à trouver. L’hiver, j’aime voir du monde et j’ai besoin de faire partager des choses, d’exister à travers les autres...” JulieTemps“Si j’ai un projet qui me passe par la tête, je vais prendre une semaine Présentou plus pour y réfléchir, laisser mûrir. (…) Ou bien si je dois préparer un “Chaque jour, on vit la journée comme elle arrive. On a quelques obli-plat, je vais prendre le temps, une heure, deux heures s’il le faut… Tout gations par rapport au troupeau qui nous amènent parfois à penser àprend le temps qui lui est nécessaire...” Guillaume demain, mais sinon, on vit le présent de manière très concrète...” MarieInstinct Sobriété“Ce que j’aime par ­ essus tout chez les brebis, c’est qu’elles ressentent d “Quand on évoque le côté retour aux sources dans le mode vie dedes choses que l’être humain ne peux plus ressentir aujourd’hui, car il a berger, les gens pensent à comment vivaient nos grands parents, auperdu cet instinct...” Marie coté vieillot et peu confortable. Or pour moi ce retour-là, c’est retrouver un rythme naturel et ressentir davantage les choses. Ne pas passer àIsolement côté...” Julie“Tu es loin de tout, le portable ne capte pas… Il faut aimer passer dutemps seul...” Guillaume Emotions “Autant positives que negatives, les émotions sont plus intenses. QuandLe loup il y a un truc qui t’émeut ben t’es vraiment ému, quand il y a un truc qui“Avec le loup le travail devient intéressant. Il te met en face de tes te rend triste, tu vas pleurer… c’est vraiment puissance dix...” Charlieresponsabilités. C’est un animal qui a de la puissance et qui est intelli-gent...” Charlie Contemplation “Lorsque j’ouvre les fenêtres de ma cabane, je contemple le paysage,L’essentiel parcours l’espace et observe le levé du soleil… J’ai conscience que je“En bas il y a beaucoup de superflux. Ici on n’a pas grand chose, et suis privilégié. Il y a très peu d’endroit et de travail où l’on peut être enau final on est heureux, notre santé va bien et tout fonctionne. Donc accord avec la nature à ce point..” Guillaumetu t’aperçois que c’est possible de vivre avec très peu de choses...”Guillaume Enjeux AmourLiberté Nomadisme“Tu t’occupes du troupeau mais en réalité, tout ce temps, c’est du temps Décroissancepour toi...” Marie Envie … etc 10
  11. 11. Note d’intention et de réalisationNote dintention graphique 4 8 Personnages envisagés#1Synopsis webdocumentaire 9 MarieThèmes abordés 10Personnages envisagés 11 Marie la bergère, c’est comme ça qu’on l’appelle, qu’on la il y en a dans tous les sens et à toutes les fréquences.Format et principes 15 distingue. Une tornade. Un ptit bout de fille qui prend tout Marie attend aussi la saison d’alpage pour ça : pour poserPourquoi un webdocumentaire 16 l’espace partout où elle va. Une énergie qu’elle a du mal toutes ses idées et pensées, pour reposer son petit cœur.Présentation du webdocumentaire 17 parfois à canaliser. Marie vit comme ça: l’hiver en Argentine, l’été en FranceArborescence et navigation 19 dans les Hautes-Alpes. Accompagnatrice et guide tourismeCharte graphique et sonore 24 Marie a 25 ans, elle est très belle, mince, brune aux yeux équestre une partie de l’année, et bergère l’autre moitié. marron. Ces yeux présentent quelque chose en plus de la Du voyage, de la diversité. Un choix de vie dans lequel#2 couleur : ils ont du pétillant, ils ont une lumière qui reflète elle s’est bien installée, et qui lui correspond pour satisfaireSynopsis installation multimédia 25Note de lethnologue 26 son grand désir de vivre et de profiter du meilleur de ce toutes ses facettes, toutes ses envies, tous ses rêves lesPrésentation de l’installation 28 que la vie lui offre. C’est peut-être parce qu’elle a failli de- plus fous ; pour la remplir de joies, d’émotions intenses, de venir paralysée suite à un accident qu’elle ne veut pas en projets inlassables et nouveaux ; pour la nourrir de vie et perdre une miette. d’expériences ; pour que la lumière ne cesse de briller dans Marie est une charmeuse et une sentimentale. Depuis que son regard. je la connais, elle a des histoires incroyables et incroya- blement passionnelles avec les mecs. Elle aime les racon- Cette année, Marie arrive en France à la fin du mois de mai. ter, et surtout elle en a besoin. À la manière d’une grande Un retour qui, à chaque fois, lui demande quelques jours adolescente à fleur de peau, l’amour est son essence, son d’adaptation. Marie aura pris un peu de poids, car l’alimen- credo, son moteur. tation là-bas est différente de ce qu’elle aime manger ici. Après quelques jours de visite dans sa famille et chez des Il y a trois ans, Marie est partie en Argentine. Le récit de amies, elle se préparera à l’alpage. ce voyage est improbable. De quoi réveiller nos âmes re- Cette année, Marie va garder seule. C’est la première fois. foulées d’aventurier : elle circulait en stop, elle ne savait Elle est bergère depuis 5 ans maintenant. Dans sa mon- parfois pas où dormir le soir, elle trouvait du travail grâce tagne, elle est impressionnante : elle soigne, elle marche, à des rencontres hasardeuses, elle a vécu dans un vil- elle guide les chiens... elle déploie son énergie et effectue lage de montagne dont les habitants, qui ne mangeaient son travail avec beaucoup de conscience et d’exigence. que de la viande, n’étaient encore jamais descendus à la Cette année, elle souhaite faire venir Hugo. Si tout va bien, ville et ne connaissaient, même pas de nom, la France, ni que tout est accepté administrativement, il devrait venir un même l’Europe... et elle a finalement atterri dans le cam- mois en France, la retrouver dans son alpage. Marie va ping de Hugo, son amour d’aujourd’hui. tout faire pour que ça marche. Ce serait comme si ses deux mondes se réunissaient l’espace de quelques jours. Après chaque saison d’alpage, elle passe l’hiver en Argen- tine pour le retrouver et travailler. Au printemps, elle rentre remplie de nouvelles expériences, de nouveaux espoirs, de chagrin, de questions, d’angoisses, de bonheur... 11
  12. 12. Note d’intention et de réalisationNote dintention graphique 4 8 Charlie#1Synopsis webdocumentaire 9 Charlie a 26 ans. Une allure d’adolescent : pas très grand, Ses émotions sont plus intenses : il se surprend à êtreThèmes abordés 10 pas très musclé. Il a un tempérament calme et solitaire. très ému devant un paysage, vraiment triste avec unePersonnages envisagés 11Format et principes 15 Charlie est aussi un grand angoissé. Il n’a pas toujours su mauvaise pensée ou très heureux à l’heure d’une bonnePourquoi un webdocumentaire 16 ce qu’il voulait vraiment faire dans la vie. D’abord la fac nouvelle. Il ressent, donc existe.Présentation du webdocumentaire 17 de sport, puis les travaux agricoles et saisonniers... Ce Et il le lui rend bien, à la nature. Charlie a eu l’annéeArborescence et navigation 19 qu’il aime, c’est être dans la nature et avec les bêtes. Il dernière une relation passionnelle et compliquée avecCharte graphique et sonore 24 trouve dans le métier de berger un rythme qui lui convient le loup. C’était la première fois qu’il le voyait depuis qu’il : le rythme des bêtes, plus proche du rythme naturel et garde. Le prédateur s’est approché du parc de nom-#2 biologique de l’homme. Charlie est comme ça : il reven- breuses nuits, à moins de 100 mètres de la cabane.Synopsis installation multimédia 25 dique le retour aux sources et à la nature ; il fuit la ville, les Charlie raconte les épisodes du loup avec beaucoupNote de lethnologue 26 patrons, les courriers administratifs et les obligations vides d’affection. Il est d’avis qu’il faut laisser de la place pourPrésentation de l’installation 28 de sens. Mais Charlie n’est ni écolo ni anarchiste ni mar- tout le monde dans la montagne, et qu’il est important de ginal. Il n’a pas de case, il cherche simplement sa place et retrouver une variété d’espèce animale. observe, avec le plus grand respect. Charlie est berger car c’est ce qu’il sait le mieux faire. Il Quand on lui demande ce qu’il fait comme métier, il dit qu’il le fait par plaisir, par passion. Il gère seul son troupeau, est berger. Même si il ne fait ce travail que cinq mois par comme il le ressent, et aime cette liberté au travail. L’hi- an. Charlie raconte que c’est à peu près la seule période ver, il pratique le métier de charpentier menuisier. Il s’est de l’année où il est bien. Quand le printemps arrive, il est mis à son compte pour travailler à son rythme et par impatient de « monter ». Il a besoin de ce bol d’air et de peur de ne pas tenir les horaires qu’un patron pourrait se retrouver dans la nature. Le bien-être qu’il ressent est lui donner. Mais il n’est pas complètement satisfait et d’ailleurs ce qui est le plus important dans ce métier. Bien devient sombre et immature à cette période. plus que faire grossir des brebis et des agneaux destinés Charlie ne souhaite pourtant pas être berger toute l’an- à fournir de la viande. D’ailleurs, élever de la viande ne née. Il n’est pas fait pour vivre seul tout le temps, et ne fait pas vraiment partie de ses valeurs. Mais ça lui permet veut pas se dégoûter du métier. Il cherche un meilleur d’être là-haut avec une activité. Il ne pourrait pas passer équilibre, en devenant éleveur le reste de l’année peut- cinq mois en vacances dans ces montagnes. être ? Installé avec des bêtes, ça lui éviterait de sentir Il y a beaucoup de choses qui lui plaisent là-haut. Le rap- ce gros décalage quand il sort de la montagne. Il aime port au temps par exemple : pour chaque tâche, il prend le cependant ce changement et cette instabilité. Il ne pour- temps qui est nécessaire sans jamais ressentir de stress. rait pas vivre autrement pour l’instant. Tout est dans En bas, il regarde les gens pressés et constate que même l’équilibre... si les moyens de déplacements ont été accélérés, le marchant, ça prend une autre allure. Une allure qui lui monde a l’air toujours aussi pressé. Là-haut, tout se fait va bien. Il prend le temps avec les autres également, et en marchant, ça prend une autre allure. Une allure qui lui ses rapports sont de bien meilleure qualité. va bien. Et puis tout lui paraît plus juste, plus vrai. 12
  13. 13. Note d’intention et de réalisationNote dintention graphique 4 8 Julie#1Synopsis webdocumentaire 9 Julie a 24 ans. Une silhouette et une frimousse de toute Julie est heureuse, car là où elle garde, la nature estThèmes abordés 10 jeune fille. On lui en donne facilement 17. Elle a de longs préservée. Préservée des traces de l’homme et desPersonnages envisagés 11 cheveux blonds et de grands yeux bleu clair, dissimulés aménagements modernes. Elle y vit avec un minimumFormat et principes 15 derrière des lunettes. de choses, va chercher l’eau à la rivière, lave à la mainPourquoi un webdocumentaire 16 Julie rie tout le temps. Ces amis confirment. Elle aime ses vêtements... Bergère est un métier « au cœur de laPrésentation du webdocumentaire 17Arborescence et navigation 19 raconter des « conneries ». C’est d’ailleurs son mode de vie » qui n’a pas beaucoup évolué. C’est précisément ceCharte graphique et sonore 24 communication : l’humour, la dérision, ou la moquerie sur qui lui plaît. Elle a l’impression de vivre dans le « vrai ». fond de tendresse. Car Julie est très attentive aux autres. Elle se lève avec le soleil et s’endort quand il se couche.#2 Derrière son air naïf, elle a une intuition et une intelligence Elle prend le temps de faire des choses qu’elle ne feraitSynopsis installation multimédia 25 d’esprit qui lui permettent de cerner la personne à qui elle pas « en bas » : lire, dessiner, observer, « digérer » ceNote de lethnologue 26 s’adresse. qu’elle a vécu. Une lenteur qui n’est pas autorisée enPrésentation de l’installation 28 société. Julie a une énergie différente en montagne. Son Julie est bergère depuis quatre ans. Elle garde seule et se corps s’adapte à la douceur du contexte et aux cycles régale. Elle aime les brebis et les chèvres et leur voue une naturels. sorte de passion. Avec un sourire grand comme ça, elle C’est peut-être pour toutes ces raisons que Julie inspire me raconte que ces bêtes l’ont aidée lorsqu’elle a arrêté sagesse et clairvoyance. D’ailleurs elle n’évoque jamais l’école, en pleine crise d’adolescence, perdue dans un de sentiments comme la solitude ou la tristesse. Elle conflit existentiel. Le travail avec les bêtes l’a reconnecté préfère tirer le positif de chaque situation. à la vie, à la terre et à son être intérieur. Ce sont des bêtes, Julie me parle toutefois d’un équilibre à trouver. Car l’hi- elles ne te jugent pas ! dit-elle. ver, elle aime voir du monde et a besoin de faire partager Il existe un vrai lien affectif entre Julie et ses brebis. Elle ses rires et ses histoires, d’exister à travers les autres. est leur gardienne, elle s’occupe d’elles. Ce sont des ani- Alors elle voyage ou travaille. Durant deux hivers, elle a maux justes, sains, et sans jugement. Sans aucun vice gardé un troupeau dans des champs dans le Var. Une d’ailleurs. Les chèvres, quant à elles, sont parfois mali- autre année, elle est partie en Andalousie, suivre une cieuses. formation dans l’agriculture locale. Elle a appris l’Espa- gnol, fait de belles rencontres, et découvert d’autres Ce que Julie aime par-dessus tout chez les brebis, c’est traditions. Elle prépare prochainement ces vacances en qu’elles ressentent des choses que l’être humain ne peux Roumanie. Un voyage de trois mois avec des amis. plus ressentir aujourd’hui, car il a perdu cet instinct. Le L’été prochain, elle repart en Alpage, mûrir cette fois le mauvais temps qui arrive par exemple. Le troupeau est projet de partir en Mongolie, découvrir le pays à cheval alors un guide et un repère. En comprenant les besoins et rencontrer les populations nomades. des bêtes qui évoluent avec le temps et les saisons, elle accède au rythme de la nature. Les brebis comme reflet de soi aussi. Julie a remarqué cette manie qu’elles ont d’absorber son humeur et ses émotions. 13
  14. 14. Note d’intention et de réalisationNote dintention graphique 4 8 Guillaume#1 Guillaume à 27 ans. Il est blond, grand, avec un phy- Guillaume n’aime pas la solitude. Il est convaincu queSynopsis webdocumentaire 9 sique qui pourrait correspondre à ce qu’on appelle un l’humain est fait pour vivre en groupe, que nous sommesThèmes abordés 10 beau gosse. Il ne se sépare pas de son chien, Swal. Ils des êtres sociaux et que l’on a besoin des autres. Il estPersonnages envisagés 11 se ressemblent d’ailleurs: un grand chien à la fois maigre alors très bavard lorsqu’il croise un ami dans la mon-Format et principes 15 et imposant, qui n’obéit pas toujours bien. Un chien de tagne ou qu’il passe une soirée avec d’autres bergersPourquoi un webdocumentaire 16 caractère qui aime la liberté et qui n’hésite pas à dispa- dans la saison. Il relâche ce qu’il a pu ruminer seul etPrésentation du webdocumentaire 17 raître plusieurs jours parfois. raconte tout ce qui lui est arrivé.Arborescence et navigation 19 Il y a deux ans, Guillaume a décidé de partir pour vivre leCharte graphique et sonore 24 voyage sur une longue durée et pour accomplir quelques Pourtant, s’il descend dans la vallée pour ses congés, il#2 rêves de toujours. Se construire une cabane dans la forêt, ne reste jamais plus de deux jours. Il a besoin de retour-Synopsis installation multimédia 25 pour passer du temps dans la nature, en allant plus loin ner auprès des brebis, pour surveiller le rythme du trou-Note de lethnologue 26 que la vie qu’il peut avoir en tant que berger ; apprendre peau qui évolue chaque jour. Guillaume est avant toutPrésentation de l’installation 28 l’Anglais pour avoir une prestation de qualité dans son tra- très investi dans son travail, qu’il aime bien fait. vail avec les touristes ; skier dans ce pays qui est « la Guillaume redescend de l’alpage en Octobre, travaille Mecque du ski »… un mois sur l’exploitation familiale pour faire du jus de pomme, et enchaîne en décembre une saison de pisteur Guillaume est un homme heureux, sûr de lui, et conscient sur le même massif. La montagne est son élément. Il a de tous ces moments de bonheur qu’il a traversé dans besoin de relief et de froid et d’un cadre de travail l’hiver cette aventure. Il parle de victoire, car encore une fois, aussi. Encore une fois, ce métier lui va bien. Il se lève il a atteint ses objectifs et réalisé ses rêves. Guillaume a et chausse ses skis. Dans ce travail, il est libre et auto- toujours été comme ça. Il voit naître des désirs en lui, et se nome dans ses déplacements et dans ses décisions. Un donne les moyens de concrétiser chaque projet. peu comme l’été en alpage finalement. Ce voyage l’a amené à réaliser que son chez-lui se trou- vait dans les Hautes-Alpes. Il souhaite continuer ce qu’il y Guillaume est conscient que ces deux métiers pré- fait depuis des années : berger l’été et pisteur l’hiver, tout sentent des visions différentes de la montagne. La ques- ça sur la même montagne des Orres. tion est de savoir comment y accueillir du monde sans l’abîmer. Il apprécie la complémentarité de ces deux mé- Guillaume est le berger de l’alpage de Sainte Margue- tiers, car elle lui permet de connaître plusieurs facettes rite. Lorsqu’il ouvre les fenêtres de sa cabane l’été, il d’un même milieu. contemple le paysage, parcourt l’espace et observe le Ces deux rythmes lui conviennent. Il ne pourrait pas levé du soleil. Alors il se sent chez lui, propriétaire de toute faire un seul et même travail. Il lui faut du changement, cette nature. Guillaume sait qu’il est privilégié. Selon lui, de la diversité, pour apprendre de sans cesse de nou- il y a très peu d’endroit et de travail où l’on peut être en velles choses. Il reconnaît que ce sont des choix très accord avec la nature à ce point. Il renseigne volontiers individualistes, qui laissent peu de place à une femme un randonneur, il offre le café aux amis qui passent, il fait pour l’accompagner par exemple... la police si un quad circule de manière illégale et dange- reuse... D’ailleurs, comme de nombreux bergers, il parle de « sa montagne ». 14
  15. 15. Note d’intention et de réalisationNote dintention graphique 4 8 Format et principes#1Synopsis webdocumentaire 9Thèmes abordés 10Personnages envisagés 11 Format : chroniques vidéo - diaporamas photo / sonores - textesFormat et principes 15Pourquoi un webdocumentaire 16 Le webdocumentaire propose des courtes séquences vidéos, des diaporamas photo avec montage sonore et desPrésentation du webdocumentaire 17Arborescence et navigation 19 textes (interviews, articles etc).Charte graphique et sonore 24 Cest une approche par thématique qui est proposée. Ainsi l’internaute peut découvrir le contenu de ces différents#2 formats en choisissant un thème, mais il a aussi la possibilité de sélectionner uniquement les contenus relatifs à unSynopsis installation multimédia 25 personnage, en cliquant sur un des prénoms en bas de page. Certains thèmes peuvent aussi correspondre à desNote de lethnologue 26 propos d’ « experts ».Présentation de l’installation 28 Les séquences vidéos et diaporamas sonores ont une durée de 2 à 8 minutes. Sont également proposées, tels de petites échappées, de très courtes séquences vidéo de quelques secondes : par exemple, un focus sur une marmotte en train de siffler. Principes Ces chroniques vidéo documentaires suivent les personnages dans leurs alpages l’été. Elles correspondent à diffé- rentes situations et thématiques annoncées. Cet ensemble de thèmes vient raconter tout ce que représente ce choix d’une expérience en alpage, dans la vie de ces différents personnages. Un même thème peut être évoqué par plusieurs personnages. Témoignages et confidences se font ainsi écho d’un personnage à l’autre. Tous les contenus visités sont mémorisés avec cet effet de patchwork de carrés d’images colorées, donnant ainsi à l’internaute un feed-back de son parcours. Cet ensemble de thématiques va raconter, au fur et à mesure de sa progression et de son contenu, l’histoire commune d’une génération qui fait le choix de cette pause en alpage. Il ne s’agit donc pas d’un récit linéaire mais de plusieurs témoignages proposés à travers cette diversité de formats. 15
  16. 16. Note d’intention et de réalisationNote dintention graphique 4 8 Pourquoi un webdocumentaire ?#1Synopsis webdocumentaire 9 Nous avons voulu privilégier une approche thématique, non linéaire. Ce sont des confidences glanéesThèmes abordés 10 tout au long dune saison en alpage. Lapproche interactive que permet le support multimédia estPersonnages envisagés 11 particulièrement appropriée. Comme une métaphore, lexploration du paysage permet à linternauteFormat et principes 15 daller à la rencontre de ces personnages atypiques, de mieux connaître leurs motivations pour cePourquoi un webdocumentaire 16 choix de vie.Présentation du webdocumentaire 17Arborescence et navigation 19 Le support web présente aussi lavantage de pouvoir nourrir ce webdocumentaire de nouvelles thé-Charte graphique et sonore 24 matiques, de nouveaux personnages, et donc denrichir le sujet. En effet, plusieurs tournages seront réalisés sur les périodes de juin à septembre 2013 et les séquences vidéos seront mises en ligne au#2Synopsis installation multimédia 25 fur et à mesure des tournages.Note de lethnologue 26 Le lien vers une page Facebook nous permet de créer un lieu déchanges entre les personnages etPrésentation de l’installation 28 les internautes. Le webdocumentaire permet de vivre une promenade virtuelle dans ces vastes espaces. Le lecteur dispose, comme il le souhaite, de son temps pour lire, regarder, fureter, faire son chemin. De plus, le webdoc est une expérience interactive qui implique linternaute dans la narration quil construit par son parcours. Nous pensons que cette nouvelle façon de raconter et de percevoir des histoires est particulièrement appropriée à ce sujet. En effet, le principal axe de recherche de ce projet est d’expérimenter une nouvelle écriture audio- visuelle, qui laisse au spect-acteur la possibilité de choisir et de personnaliser son mode de lecture. La navigation proposée lui permet de privilégier les séquences qui l’intéressent et qui répondent au mieux à sa curiosité et à ses interrogations. Le support webdocumentaire nous permet d’intégrer différentes “matières” telles que séquences vidéo HD, format webcam, photographies, diaporama sonore, textes... Ces différents formats sont complémentaires et enrichissent ainsi le propos. Aujourdhui, lécran web est un écran aussi consulté, si ce nest plus, que lécran TV. Au delà de la facilité de consultation au moment opportun pour linternaute, il y a aussi la possibilité dy revenir, de partager avec son réseau, dy trouver un contenu qui évolue, qui senrichit et qui propose des liens vers une exploration plus large du sujet. Enfin, ce webdocumentaire s’inscrit dans un programme transmédia. En complémentarité, nous avons proposé une installation muséographique “conversations interactives” dans le cadre d’une exposition permanente à la Maison du Berger à Champoléon (05), sous la conduite de son directeur Guillaume Lebaudy, ethnologue. Ces deux approches se complètent : le webdocumentaire est axé sur un choix de vie et linstallation muséographique, elle, aborde les enjeux de métiers en mutation. (Cf #2 Conversations interactives page 25). 16
  17. 17. Note d’intention et de réalisationNote dintention graphique 4 8 Présentation du webdocumentaire#1Synopsis webdocumentaire 9Thèmes abordés 10 L’idée qui soutient ce projet est de témoigner du choix de vie singulier d’une jeune génération, articulé autourPersonnages envisagés 11 d’une saison d’alpage, et de le faire partager à travers la toile de manière expérimentale et sensible. Pour cela,Format et principes 15Pourquoi un webdocumentaire 16 le webdocumentaire « Brêêêk !», à l’image d’une plate-forme d’observation, propose l’expérience d’une narrationPrésentation du webdocumentaire 17 documentaire utilisant divers formats et outils web, et intégrant l’inter­ aute dans la construction de l’histoire. nArborescence et navigation 19Charte graphique et sonore 24 Un court film d’introduction accueille l’internaute (environ 30 sec). Ce film a pour but de plonger celui qui le regarde dans une agitation bruyante et oppressante, afin de provoquer#2 chez lui une saturation puis une envie de calme et de sérénité. Les images représentent des scènes de vie quo-Synopsis installation multimédia 25 tidienne se rapportant aux symboles de notre société actuelle : personnes avec leur portable, embouteillages,Note de lethnologue 26 gros plans de pots d’échappement, affichages de publicité, foule de gens pressés, zones commerciales et indus-Présentation de l’installation 28 trielles, rayons électro-ménager dhypermachés, façades d’immeubles surpeuplés, décharges… Ces images sont ponctuées par de très gros plans de visages, crispés et soucieux, d’hommes et femmes de tout âge. Toutes ces images défilent de plus en plus rapidement, sans respiration, sur fond sonore de «brouhaha» citadins (klaxon, moteurs, foule, métro). La musique (à déterminer) donne le rythme et accompagne cet enchaînement d’images accélérées. L’effet de ce montage visuel et sonore procure un sentiment oppressant, telle une cocotte minute sous pression qui va bientôt exploser. Puis, sur les dernières secondes de ce teaser, la musique s’arrête et le bruit de la ville s’estompe progressive- ment, devenant sourd et lointain. Ce changement donne au spectateur le sentiment que l’on passe du « dehors» au « dedans », du chaos « extérieur » à notre monde « intérieur ». Le « brouhaha » disparaît et laisse place à un souffle aérien, tel celui du vent dans la voile d’un parapente. En même temps, les images se font plus rurales, colorées et aériennes, et les plans de plus en plus larges. Le rythme ralenti avec des plans plus longs. On reste en plan fixe sur la dernière image qui est le panoramique de l’interface interactive du webdocumentaire. Le titre du film arrive et part en fondu au centre de l’écran. Ecran daccueil et de navigation : Ce paysage panoramique de montagne nous plonge dans l’univers de la vie des bergers en transhumance, et nous propose de nombreuses thématiques à découvrir, réparties sur ce paysage présenté en opacité, sous forme de petits découpages en plusieurs carrés qui se révèlent au passage du curseur. Au survol de chaque carré “réactif”, apparaît le titre du thème proposé ainsi qu’un court extrait destiné à donner une idée du contenu de la séquence. Chaque carré “thématique” visualisé va être remplacé sur l’interface de navigation par un changement visuel, un affichage à 100% de cette portion d’image, donnant ainsi un feed-back de son parcours à l’internaute. 17
  18. 18. Note d’intention et de réalisation 4Note dintention graphique 8 Deux autres façons de découvrir les thèmes évoqués, au bas de l’écran :#1 • Tous les thèmes : au clic sur ce lien, tous les thèmes s’affichent sous la forme d’un nuage de mots. L’internauteSynopsis webdocumentaire 9 peut alors accéder directement à la séquence du thème qui l’intéresse.Thèmes abordés 10Personnages envisagés 11Format et principes 15 • Les prénoms des personnages : Marie I Charlie I Julie I Guillaume l [ + ]Pourquoi un webdocumentaire 16Présentation du webdocumentaire 17 Au clic sur chaque prénom, les thématiques du personnage sélectionné s’affichent sous la même forme d’un nuageArborescence et navigation 19 de mots, accompagné dune courte bioraphie.Charte graphique et sonore 24 Au clic sur [ + ], Brêêêk donne un espace de paroles à dautres acteurs (ethnologues, éleveurs...). Leurs témoi- gnages seront également proposés par thématiques.#2Synopsis installation multimédia 25 5 liens, en bas à droite de l’écran :Note de lethnologue 26Présentation de l’installation 28 • À propos : un texte pour expliciter notre démarche • Un programme transmédia : une page de présentation de l’installation muséographique “Conversations inte- ractives” dans le cadre de l’exposition “Un berger, des bergères... Nouveaux enjeux d’un métier en mutation” à la Maison du Berger à Champoléon + lien vers le site de la Maison du Berger + google map + articles de presse sur l’évènement. • Carte : Ce lien proposera une carte pour géo-localiser les lieux, vallées et sommets, où évoluent les personnages. • Crédits et liens • Facebook : les internautes pourront laisser des commentaires et des questions auxquelles les personnages pourront répondre quand ils en auront la possibilité. Une page que nous alimenterons régulièrement : actualité des personnages et ajouts de nouvelles séquences sur le webdocumentaire. Visualisation des séquences thématiques : Une opacité masque en partie l’interface d’accueil, la séquence vidéo s’ouvre au dessus, en fenêtre “pop up”, structurée en 2 parties : • Une partie centrée dans laquelle s’affiche la séquence vidéo, le diaporama ou l’interview textuelle. • Une colonne à droite rappelle le titre et le court extrait aperçu au survol sur l’interface d’accueil. Nous pourrons éventuellement, ajouter dans cette zone, quelques informations complémentaires, pour inciter à consulter une autre thématique ou consulter le point de vue de l’ethnologue sur ce même sujet. Pour les séquences vidéo, un petit bandeau propose les fonction­ alités habituelles à savoir : pause, play, curseur n de progression, réglage du volume sonore, fermeture de la séquence etc. apportant ainsi toute souplesse à l’inter- naute lors du visionnage des séquences. 18
  19. 19. Principe : Limage en opacitée est découpée en plusieurs carrés, chaque carré propose un thème. Arborescence et navigation Au survol de chaque carré, affichage du titre et dun court extrait textuel Chaque "carré" thématique visionné reste ensuite en affichage à 100% afin de donner un feed back des thèmes vus.Possibilitédaffichertous lesthémessous formede nuagede mots Ces quatre liens sont traités en popup Possibilité dafficher les thèmes par personnage + un lien vers la page Facebook 19
  20. 20. Écran "Accueil" Exemple daffichage au survol de chaque carré - Titre du thème - Une phrase extraite de la séquence proposée donne une première idée du contenu à linternaute. Au clic, accès à la séquence (cf écran suivant) 20
  21. 21. Le thème souvre dans une fenêtre popup. Il peut être proposé sous différentes formes :Écran "Thème" - Courte séquence vidéo accompagné dun texte - Diaporama accompagné dun texte - Interview en texte + visuel photo Une opacité est appliquée sur le fond afin de mettre en valeur le visuel du thème. Au bas de la fenêtre vidéo, une zone est prévue pour les fonc- tions habituelles de lecture de video, à savoir : lecture, pause, durée de la séquence, curseur de progression et réglage du volume sonore 21
  22. 22. Écran "Thème" Exemple de thème traité sous forme dinterview retranscrit en texte. Défilement du texte en amenant le curseur vers le bas du texte. 22
  23. 23. Au clic sur " Les thèmes " lien au bas de lécran,Écran "Accueil" Au clic : Affichage de tous les thèmes sous forme de nuage de mots Quand le nuage de mots est affiché, il suffit de recliquer sur "Les thèmes" pour les masquer. Ou au clic sur le prénom dun personnage, seul les thèmes abordés par le personnage choisi saffichent 23
  24. 24. Note d’intention et de réalisationNote dintention graphique 4 8 Charte graphique et sonore#1Synopsis webdocumentaire 9Thèmes abordés 10 Charte graphiquePersonnages envisagés 11Format et principes 15Pourquoi un webdocumentaire 16 Les principes graphiques ont été définis en priorité pour mettre en valeur le contenu et être au service dePrésentation du webdocumentaire 17 lergonomie globale de ce web documentaire.Arborescence et navigation 19 Linterface a été pensée dans lépure, qui, par contraste, va faire ressortir les couleurs, la lumière, cesCharte graphique et sonore 24 dominantes de verts, docres et de bleus des chroniques vidéo, avec une mise en évidence des paysages et des personnages.#2Synopsis installation multimédia 25 Le principe du panoramique ouvre le point de vue, comme nous lavons en montagne et révèle létendueNote de lethnologue 26 des paysages.Présentation de l’installation 28 Les éléments de navigation complémentaires sont regroupés au bas de lécran : - à gauche, des options daffichage des thématiques, - à droite, les options complémentaires (Intentions des auteurs, Un programme transmédia, Liens, Crédits, Partenaires & Contacts). Les partis pris graphiques et typographiques, bien que contemporains, rejettent volontairement tout effet trop "mode" pouvant compromettre la pérennité de lœuvre. Une attention particulière à été portée à la fluidité de la navigation – le passage dune thématique à une autre se fait très facilement - en évitant les clics inutiles. Linterface est proposée en opacité, découpée en carrés invisibles au départ et chaque carré correspond à une thématique. Chaque carré-théma cliqué ouvre la séquence de la thématique sélectionnée. Une fois vue, le carré saffiche à 100% et apporte ainsi un feed-back de son parcours à linternaute mais aussi révèle au fur et à mesure le paysage, comme les pièces dun puzzle, limage apparaît progressivement. Les polices utilisées sont "Corbel" pour les titres et une typo classique baton pour le contenu textuel afin de faciliter la lecture sur écran. Charte sonore Lunivers sonore nous propose une immersion dans lunivers de la montagne, en dévoilant le faux silence de la nature : bruits de cloche de moutons, sifflement des marmottes, ruissellement des torrents, mais aussi dans les divers lieux que nous découvrirons avec nos personnages. 24
  25. 25. Note d’intention et de réalisation 4 Note dintention graphique 8#2 #1 Synopsis webdocumentaire 9 Une installation muséographique Thèmes abordés 10 Personnages envisagés 11 Conversations interactives Format et principes Pourquoi un webdocumentaire 15 16 Présentation du webdocumentaire 17 Arborescence et navigation 19 Charte graphique et sonore 24 #2 Synopsis installation multimédia 25 Les conversations interactives sont des conversations virtuelles Note de lethnologue 26 Présentation de l’installation 28 avec des femmes bergères et éleveurs. Ce dispositif permet d’abord au public, de connaître deux métiers et de comprendre de quelle manière ils sont liés et complémentaires. Mais aussi et surtout, ces conversations permettent de faire connaissance avec celles qui incarnent ces métiers d’alpage : des femmes de grand caractère, aux visions différentes ; des femmes universelles, proches de nos réalités. 25
  26. 26. Note d’intention et de réalisation 4Note de lethnologue Note dintention graphique 8 #1 Synopsis webdocumentaire 9 Thèmes abordés 10 Personnages envisagés 11 Format et principes 15 Le projet de réalisation muséographique multimédia « Conversations interactives » sinscrit dans la démarche Pourquoi un webdocumentaire 16 scientifique dune enquête anthropologique sur le monde de lélevage ovin dans les Alpes. Présentation du webdocumentaire 17 Lancée par la Fédération des Alpages de lIsère (www.alpages38.org) sous la tutelle scientifique de la Maison Arborescence et navigation 19 du berger (Centre dInterprétation des Cultures Pastorales Alpines, www.maisonduberger.fr), cette enquête Charte graphique et sonore 24 sintéresse aux mutations profondes qui touchent les professions de berger(e) salarié(e) et déleveur(se) de moutons alpins. Elle va déboucher sur deux expositions de longue durée à La Maison du Berger (ainsi que sur #2 une exposition temporaire itinérante). Synopsis installation multimédia 25 Note de lethnologue 26 La première (installée en 2012) sintitule : Un berger, des bergères. Nouveaux enjeux dun métier en mutation. Présentation de l’installation 28 La seconde est en construction, elle concernera plus particulièrement la vie des éleveurs, leurs rapports avec leurs salariés, avec la montagne, avec leurs animaux, avec les normes technico-administratives, avec la gestion de la prédation, avec la société en général. Dans le cadre de la restitution au public de ces deux enquêtes scientifiques et techniques, il nous a semblé indispensable daller au-delà de la simple exposition composée classiquement de textes, de photographies, dobjets mis en scène dans un espace muséographique. Nous souhaitions que les visiteurs de la Maison du berger puissent, eux-aussi, partager les réflexions, les émo- tions, les questionnements que nous avons eus sur le « terrain » pendant lenquête. Nous souhaitions quils puissent rencontrer les bergers, bergères, éleveurs et éleveuses et quils passent un moment à discuter avec eux. Le projet de web documentaire engagé par Maïna Waezi et Corinne Cartaillac sur les bergers et la transhu- mance rejoignait nos préoccupations. Qui plus est, nous étions intéressés par la possibilité technique de détour- ner le web doc pour en faire un outil muséographique novateur qui permettrait effectivement une rencontre et une conversation avec un(e) berger(e) et un(e) éleveur(se). Le dispositif sinsèrera dans notre parcours semi-permanent, comme une séquence phare de notre exposition Un berger, des bergères. Son installation en 2013 viendra également en contrepoint de lévolution de cette expo- sition enrichie par les conclusions de lenquête actuellement en cours sur les éleveurs dovins dans les Alpes. Du point de vue de lethnologue, cet équipement donne la possibilité au visiteur de se mettre dans la peau du scientifique qui va rencontrer et interroger des « informateurs » sur le terrain. Malgré la virtualité de la situation de rencontre, il nous semble quil permettra une empathie avec les personnages présentés dans lexposition, une plus grandes proximité avec leur vie au quotidien. 26
  27. 27. Note d’intention et de réalisation 4 Note dintention graphique 8 #1 Synopsis webdocumentaire 9Les visiteurs auront le choix entre un panel de questions et pourront mener une conversation dune durée Thèmes abordés 10 Personnages envisagés 11variable entre 15 et 20. Comme lors dune rencontre en montagne. Cela permettra aussi à la Maison du ber- Format et principes 15ger dassurer ses missions essentielles dinterprétation des métiers du pastoralisme et dinformation du public Pourquoi un webdocumentaire 16sur le rôle des acteurs de ces métiers. Présentation du webdocumentaire 17 Arborescence et navigation 19Dans le contexte de lévolution de notre équipement, il permettra aussi de présenter une technique muséogra- Charte graphique et sonore 24phique relativement nouvelle. Dans le secteur géographique du grand sud-est, peu de musées et structuresassimilées montrent ce type déquipement. Cela nous permettra de nous spécifier et dacquérir une autre #2image. Il viendra par ailleurs compléter le dispositif de rencontres des acteurs de terrain que nous avons mis Synopsis installation multimédia 25en place via ESTIVES, une série démissions de radio (réalisées par Anne-Laurence MAZENQ, journaliste, Note de lethnologue 26 Présentation de l’installation 28chargée de communication et bergère en Isère, émissions écoutables en téléchargement ou streaming) surnotre site internet (www.maisonduberger.fr).Ce dispositif étant évolutif, il pourra à lavenir intégrer dautres « rencontres » générées par de nouveauxtournages au fil de nos prochaines enquêtes de terrain.Guillaume LebaudyPortrait : http://www.youtube.com/watch?v=8TlLrpE0YGgEthnologue, Directeur de la Maison du Berger (Communauté de Communes du Haut-Champsaur)Centre dInterprétation des Cultures Pastorales AlpinesLes Borels - 05260 Champoléon 27
  28. 28. Note d’intention et de réalisation 4Présentation de linstallation Note dintention graphique 8 #1 Synopsis webdocumentaire 9 Thèmes abordés 10 Personnages envisagés 11 Format et principes 15 Aujourd’hui, le multimédia a trouvé sa place dans l’espace d’exposition : Pourquoi un webdocumentaire 16 celle d’un outil interactif au service du projet culturel. Présentation du webdocumentaire 17 Arborescence et navigation 19 Charte graphique et sonore 24 Un peu partout dans le monde se multiplient les expériences touchant l’utilisation du multimédia dans les espaces muséographiques, la numérisation des fonds iconographiques accessibles par internet, #2 ou la confrontation des audioguides classiques aux iPod et autres programmes podcastés. Il ne s’agit Synopsis installation multimédia 25 pas seulement d’une couche supplémentaire venant agrémenter les dispositifs de médiation mais Note de lethnologue 26 bien une évolution radicale de l’expérience muséale – depuis la préparation de la visite jusqu’à la Présentation de l’installation 28 documentation complémentaire post-visite. Les TIC dans l’espace d’exposition : Pour qualifier un objet de multimédia, il faut préciser trois choses. • le contenu, qui est la base même d’une création numérique, • son support de diffusion (qui n’est ni analogique, ni mécanique, ni électronique) et • la dimension participative de l’œuvre ou du produit avec le public Une création multimédia peut être définie comme l’assemblage d’une collection de contenus numé- riques dont la visualisation s’effectue de manière interactive. Donner un nouveau à l’espace d’exposition, faire exister autrement ce qui est regardé mais aussi ceux qui regardent. La Maison du Berger est un espace de rencontre et d’échange, et c’est bien dans cette interaction sans cesse renouvelée, que ce projet peut s’inscrire. L’installation multimédia crée un nou- veau champ de perception visuel et sonore, propose au visiteur de vivre une expérience sensorielle qui le touche directement en le plaçant dans un rôle de spect_acteur. 28
  29. 29. Note d’intention et de réalisation 4 Note dintention graphique 8Une rencontre entre Guillaume Lebaudy, directeur de la Maison du Berger et deux auteurs : #1 Synopsis webdocumentaire 9L’exposition «Un berger, des bergères... nouveaux enjeux dun métier en mutation» (Guillaume Thèmes abordés 10Lebaudy) Personnages envisagés 11Le projet de web documentaire « Brêêêk » (Maïna Waezi et Corinne Cartaillac) Format et principes 15 Pourquoi un webdocumentaire 16 Présentation du webdocumentaire 17Un projet de collaboration : Arborescence et navigation 19 Charte graphique et sonore 24Quels liens pouvons-nous établir entre #2• le contenu du projet de web documentaire, Synopsis installation multimédia 25• les activités de la Maison du Berger et Note de lethnologue 26• les travaux d’études de l’ethnologue ? Présentation de l’installation 28L’idée de «conversations interactives»Les visiteurs de l’exposition auront la possibilité de converser avec de jeunes bergers / bergères /éleveurs par le biais de conversations interactives, de manière virtuelle. Le dispostif place le visiteuren face à face avec chaque personnage et lui apporte une impression de réelle conversation.ScénographieNous arrivons dans un espace de la Maison du Berger dédié à ces conversations interactives. Unverre opale d’environ 1,90m de haut et 0,60m de large, est placé verticalement (accroché au mur, sus-pendu ou tenu par un pied selon la configuration du lieu). Il nous fait face. Un vidéoprojecteur, pilotépar un ordinateur, projète l’image d’un personnage filmé sur ce verre opale. Le personnage «animé»donne l’impression de nous attendre, au moyen d’un court extrait vidéo en boucle.Une tablette interactive est placée devant cet écran de verre. C’est grâce à ce dispositif que la conver-sation interactive va pouvoir s’engager. L’écran tactile nous propose plusieurs questions à poser aupersonnage projeté.Nous sélectionnons une question et le personnage nous répond. Dans une continuité, d’autres ques-tions nous sont proposées, appelant d’autres réponses, telle une réelle conversation.* Option : Le visiteur peut sélectionner grâce à la tablette interactive la langue et les sous-titres qui luiconviennent (italien ou anglais). 29

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