n°26	 Revuede la Sociétédes Écrivainsde Vendéeet des amisde l’Historial 	de la Vendéea v r i l 2 0 1 3 - d é c e m b r e 2...
Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 20132L’initiative est deJean-Marc Joubert,philosophe et direc-teur du départementLe...
Un bel éditopour la ligue des gueux !LES AMISDE L’HISTORIALDE LA VENDÉELES ÉCRIVAINSDE VENDÉES o m m a i r eJean, sans vou...
Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 20134vendredi 19 avrilMAISON DES ROCHETTES -MONTAIGU - 19 Avenue Villebois Mareuil9...
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Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 20136Prix des Écrivains de VendéePeu bavarde était Rose, pas plus ne le serai,Cet h...
7Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 2013Ils étaient dans la sélection...Prix Ouest 2013 au Printemps du Livre à Montai...
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11Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 2013LA CONTESSA T2Scénario : Didier CrisseDessin et couleurs : HervalEditions : G...
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13Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 2013La bande dessinéeprogresse, les actions s’enchaînent tandis que laconfrérie o...
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15Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 2013Une mort en 1943 demeurée mystérieuseDurant l’Occupation, la « maison des deu...
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17Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 2013Cette subtile intrigue, aux allures parfoisfantastiques, est un poême d’amour...
Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 201318jeune trio littéraire et c’est le contact de ses deuxnouveaux amis qui va fai...
19Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 2013Outre ses nombreuses et importantestraductions, ses préfaces, ses nouvelles, ...
Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 201320Accueilli par un grand nomde la poésie, je découvraisque la notoriétéet la si...
21Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 2013Pierre MenanteauEst-ce tout naturellement qu’y sont apparusl’écriture et l’en...
Je n’ai peut-être pas si mal misé en écrivant despoèmes qui sont accessibles à l’enfance. Je suis unpoète que l’enfance a ...
« J’ai toujours pensé, dit et écrit que le poète étaitcelui pour qui le monde est neuf chaque matin ».Pierre Menanteau en ...
de tel dans sa poésie, parce que l’homme lui-même,le poète comme l’enseignant, était resté disponibleet généreux, en une e...
Pour lui, l’arbre est l’axe du monde où « se meutune pensée humaine / Dans son angoisse et sonorgueil » (De chair et de fe...
Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 201326Il va y avoir bientôt quinze ans, le groupe debénévoles qui gèrent les Editio...
27Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 2013Le 7 avril 1992, l’homme de lettres Pierre Me-nanteau nous quittait. Il repos...
Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 201328
29Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 2013Pierre Menanteau :Je me souviens…Pierre Menanteau est présent dans mes souve-...
30 Échos-Musées - avril 2013 - décembre 2013Menanteau maisaussi Clod’ariachez OmnibusPas anodine la présence dePierre Ména...
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32 Échos-Musées - avril 2013 - décembre 2013À l’orée des célébrations consacrées à la GrandeGuerre, l’Historial de la Vend...
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36 Échos-Musées - avril 2013 - décembre 2013Félicie de Fauveau :biographieFélicie, aînée d’une famille de 4 enfants, est f...
37Échos-Musées - avril 2013 - décembre 2013Félicie de Fauveau,Fontaine de jardin à la nympheet au dauphin.marbre gris.Flor...
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Lire en vendée 26 avril2013

  1. 1. n°26 Revuede la Sociétédes Écrivainsde Vendéeet des amisde l’Historial de la Vendéea v r i l 2 0 1 3 - d é c e m b r e 2 0 1 3ÉchosMuséesLire en Vendée
  2. 2. Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 20132L’initiative est deJean-Marc Joubert,philosophe et direc-teur du départementLettres de l’ICES.Jusqu’à présent les colloques organisés par l’Uni-versité Catholique portaient tous sur l’Histoire oula Littérature en général. Jean-Marc Joubert a sou-haité que le département Lettres s’enracine dans laVendée. Il n’est pas Vendéen d’origine. Ses sujetsde recherche ne sont pas vendéens. Il s’est adresséà Michel Chamard, directeur du CVRH qui, toutde suite, a été favorable. La fécondité des écrivainsvendéens le justifiait et l’abondante activité littéraireautour d’eux. C’était d’autre part l’occasion d’unpartenariat fécond entre les professeurs et les étu-diants de l’ICES et le CVRH.La question initiale a été : est-ce que le colloques’intéresse seulement au département de la Vendéeou s’élargit au Bas-Poitou ? Choix a été fait de s’entenir au département.Question suivante : de qui va-t-on parler ? Toutde suite des noms sont venus : Jean Yole, LouisChaigne… Et au fil des conversations, d’autresnoms, nombreux, de plus en plus nombreux, dessujets divers. La Vendée est très identitaire, on lesait. Le colloque va permettre aux étudiants et àleurs professeurs de s’inscrire dans la tradition ven-déenne et d’honorer son patrimoine. L’idée s’estalors naturellement imposée de jumeler le colloqueavec la grande manifestation littéraire de l’année : LePrintemps du livre. Les organisateurs du Printempsont bien sûr été séduits par l’idée. Le colloque « LaVendée littéraire » est le premier colloque qui traitede la Vendée exclusivement. Le CVRH, partenairede la manifestation, publiera les actes du colloque.Yves Viollier présentele colloque Vendée littéraireLe jury du Prix des Écrivains de Vendée pose pour la revue,Michel Dillange, Jacques Bernard, Jean de Raigniac, Yves Viollier,Eveline Thomer, Pierre Lataste, Gilles Bély et Claude BéziauAssistance attentive pour les Prix des Écrivains de Vendée auConseil général de la Vendée avec François Bon, Gérard Faugeron,et Didier Faivre pour le Crédit Mutuel OcéanAppel de Claude Mercier à la Tribune pour un hommage du Juryà propos de son action et de son dernier livre sur les ÉtonnantsVendéens.Le Jury a aussi évoqué le roman de Marlène Manuel, qui a l’étoffed’un réel écrivain qu’il souhaite revoir à Noirmoutier et dans lespages à venir de la revue, pour le bonheur de la littérature ven-déenne (voir page 6)
  3. 3. Un bel éditopour la ligue des gueux !LES AMISDE L’HISTORIALDE LA VENDÉELES ÉCRIVAINSDE VENDÉES o m m a i r eJean, sans vouloir t’embêter dansta modestie, il faut un bel édito, bienindiqué, avec ta bouille, où tu évoquesle Printemps du livre, Grasla, cetteterre vendéenne où on y jette beaucoupd’encre, patin, couffin… ce qui ne t’em-pêche pas de garder ton style. Mais lesconseilleurs ne sont p...Salut Patron, bon, tu vas le faire cet édito quicrache, valorisant et hiérarchisant de suite cette si bellerevue. Et sans fausse modestie, Jean, je crois même qu’ilserait légitime qu’on voye ta bouille en haut ou en basde l’édito, selon mise en page…Bon, je ne voudrais pas t’agacer…Vous le voyez, bonne ambiance à la rédaction,de bons compagnons ; ils s’amusent beaucoup, pourvous, chahutent, invectivent, blaguent mais mettenttout leur cœur, du moins ceux qui en ont encore un,dans ces pages où nous aimons tous nous retrouver.Mais moi, j’aime pas les éditos, comme diraitJean Yanne, j’ai horreur des éditos ; je ne supportepas les éditos ; j’abhorre... ; chaque fois que j’en voisun qui édite, avec sa bouille de travers en haut ou enbas, moi, je lui écrabouille le portrait à ce pontife...Me suis-je bien fait comprendre ?Bon, d’accord, mais les écrivains de Vendée mé-ritent tout de même qu’on les présente, qu’on leschouchoute, qu’on les « choye » et qu’on ait poureux quelques attentions...Ils adorent cela. Cela les stimule !Vous, si vous n’aimez pas, ne la déchirez pas, pastout de suite, cette revue, donnez-la ; c’est tout demême ce qu’ils ont fait de mieux du style en ce débutd’année 2013 ; alors rapportez-la à l’Ices, à Mon-taigu, Noirmoutier ou Grasla ou Saint-Gervais : yen a qui disent que ça porte bonheur, que ça peutfaire des petits...Et quand on aura plus de sous pour l’éditer, cetterevue de gueux, on refera la manche.Philippe, le prochain édito, c’est pour toi ! Jean de Raigniacn°26Revuede la Sociétédes Écrivainsde Vendéeet des amisde l’Historialde la Vendéea v r i l 2 0 1 3 - d é c e m b r e 2 0 1 3ÉchosMuséesÉchosMuséesÉchosMuséesLire en Vendée 4 Colloque La Vendée Littéraire 5 Prix des Écrivains de Vendée 7 Montaigu, Prix Ouest 11 La bande dessinée 14 Cinéma 18 Hommage à Maurice Edgar Coindreau 20 Hommage à Pierre Menanteau 31 Clemenceau à l’Historial 33 Félicie de Fauveau 41 Activités et expositions du Musée 44 Nos sélections 56 Le coin du Centre Vendéen de Recherches Historiques 59 Les Écrivains de la mer3Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 2013
  4. 4. Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 20134vendredi 19 avrilMAISON DES ROCHETTES -MONTAIGU - 19 Avenue Villebois Mareuil9 h 45 Accueil des participantsPar M. Michel RAGON, écrivain, Président d’honneur duColloque « La Vendée littéraire »10 h 00 Le régionalisme traditionnel bat-il son dail ? Regardsd’une philologue sur l’œuvre d’Yves ViollierMme Inka WISSNER10 h 30 L’Enjomineur, 1792 de Pierre Bordage : portrait dela Vendée, terre de conflitsM. Olivier LAUNOYPause11 h 30 Michel Ragon - Le Vendéen de ParisMme Aliette ARMEL12 h 00 Benjamin Rabier, un artiste paradoxalM. Olivier CALONPause déjeuner14 h 00 Ils éditent en Vendée, ils éditent la VendéeM. Gilles BÉLY14 h 30 Le Printemps du livre de Montaigu : «Les raisonsd’un succès»M. Claude BOISUMEAU15 h 00 Les écrivains vendéens au fil des pagesM. Jean de RAIGNIACPause16 h 00 Lieux d’expositions et de mémoireM. Christophe VITAL16 h 30 23 ans d’une petite revue vendéenne : « La Fin dela Rabinaïe »M. Claude MERCIER17 h 00 Conclusionjeudi 18 avrilSALLE DE CONFÉRENCES - ICES8 h 45 Accueil des participantsM. Bertrand DOAT, Président de l’ICES9 h 00 Ouverture du colloqueM. Bruno RETAILLEAU, Président du Conseil Général dela Vendée9 h 15 Ouverture scientifique du colloquePar M. le Recteur Armel PECHEUL, Président du Centre deRecherches Hannah Arendt, Conseil Scientifique de l’ICES9 h 30 Jean Yole, une certaine idée de la VendéeM. Michel CHAMARD10 h 00 Itinéraire intellectuel d’un jeune Vendéen : LouisChaigne, correspondance 1915-1926Mme Christiane ASTOUL-CALENDREAU10 h 30 Poètes vendéensM. Alain PERROCHEAUPause11 h 30 Jean Rivière : la pensée grâciée, une sagesse pourdemain ?M. Dominique SOUCHET12 h 00 Jean Huguet, de La Chaume à la maison chaumoise,parcours d’un écrivain, un éditeur passionné, un éveilleurde talentsM. Yves VIOLLIERPause déjeuner14h00 Clémenceau, écrivain de VendéeM. Jean ARTARIT14 h 30 Prolétaire et homme de Lettres : regard sur l’œuvrede Théodore Dézamy (1808/1850)M. Olivier JAUNET15 h 00 Un Vendéen militaire : Georges de Villebois-MareuilM. Gérard BEDELPause16 h 00 Mgr Baillès, évêque, censeur et critique littéraireM. Jean-Baptiste AMADIEU16 h 30 Scènes d’enfants: à propos des « Petits âges » deSerge FauchereauM. Gilbert PONS17 h 00 Philosophes vendéensM. Jean-Marc JOUBERTLa Vendée littéraire
  5. 5. 5Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 2013
  6. 6. Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 20136Prix des Écrivains de VendéePeu bavarde était Rose, pas plus ne le serai,Cet honneur qui m’est fait, je le dois partagerAu-delà de grand-mère avec toutes les autres,Connues ou inconnues, ce sont aussi les vôtres.Vies humbles et modestes elles n’ont pas fait de bruitAu front des monuments, leur nom n’est pas inscritDiscrètes elles ont vécu, tissant leur quotidienDe chagrins, de soucis et de tout petits riens.Sans allocs, ni sécu, se contentaient de peuSans aide psychologique, sans pilule à rêver,Elles avaient les cantiques, l’angélus, le chapelet,La tisane du soir, la veillée près du feu.Pour m’avoir fait confiance, merci cher éditeur,Chers membres du jury et cher Crédit Mutuel,Aux lectrices et lecteurs rassurants et fidèlesEt pour toutes les « Rose » merci du fond du cœur.Mardi 11 décembre, à l’Hôtel du Département,les prix de la Société des Écrivains de Vendée 2012ont été remis à leurs lauréats, en présence de Fran-çois Bon, président de la Commission des Affairesculturelles du Conseil général, et de Jean de Rai-gniac, président de la SEV.Quatre ouvrages étaient en lice pour les deux ré-compenses. À une large majorité, le jury a décernéle Prix de la SEV 2012 à Jean-Paul Léger et MauriceGindreau, co-auteurs d’Il était une fois des marins,paru aux éditions La Découvrance. C’est un livre detémoignages recueillis auprès de vieux marins de l’îled’Yeu, de Saint-Gilles ou des Sables.Ancien officier radio de la Marine marchande,Jean-Paul Léger, originaire de l’île d’Yeu, s’est parti-culièrement intéressé aux conditions de vie très dif-ficiles des mousses qui commençaient à naviguer dès13 ou 14 ans. Prêtre à l’île d’Yeu de 1971 à 1981,Maurice Gindreau s’est embarqué, hiver comme été,sur des navires pratiquant différents types de pêchepour connaître réellement la vie des marins. Il estdécédé le 14 janvier, quelques jours après cette ma-nifestation à laquelle il n’avait pu participer. RenéMoniot-Beaumont, président de la Maison desécrivains de la mer, a présenté cet ouvrage, préfacépar Roland Mornet.Le prix de la SEV – Crédit Mutuel Océan aété attribué à Régine Albert, pour Je me souviensde Rose, paru aux éditions Les Chantuseries. RégineAlbert s’est glissée dans le personnage de sa grand-mère qui a vécu, au Petit-Bourg des Herbiers, au-tour des années 1900. Un livre sensible et émouvantqui rend hommage à ces femmes humbles et coura-geuses dont la guerre 14-18 a bouleversé la vie.Claude Mercier a été honoré pour son livre Éton-nants Vendéens (L’Étrave), suite littéraire de sonémission de TV Vendée, « Ah, mes aïeux », coup deprojecteur sur 32 étonnants personnages, connus ouquasiment inconnus, comme la dormeuse de Chaixou le député royaliste Armand de Baudry d’Asson.Seul vrai roman de la sélection, Au nom de lavérité (Past’elles), de Marlène Manuel, tisse la toiled’une intrigue de haine et de passion qui trouve sonorigine dans l’époque troublée de l’Occupation. Gilles BélyLauréate du Prix de la SEV – Crédit MutuelOcéan, Régine Albert a choisi la forme poétiquepour évoquer son livre, inspiré par le personnage desa grand-mère. Un discours original et sensible, enhommage à toutes nos grands-mères :Maurice Gindreauet Jean-Paul Léger,Régine Albert,lauréats des prixdes Écrivains de Vendée 2012Jean de Raigniac, François Bon, président de la Commissionculturelle du Conseil général de la Vendée, Jean-Paul Léger, Ré-gine Albert, Didier Faivre représentant le Crédit Mutuel Océan
  7. 7. 7Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 2013Ils étaient dans la sélection...Prix Ouest 2013 au Printemps du Livre à MontaiguL’homme des haiesJean-Loup TrassardGallimard. 17.90 €Qui dégerme aujourd’hui les pommes de terre,aroue le foin (met en rang), fabrique la goutte ?L’auteur de La vie d’un taupier raconte le vieuxVincent Loiseau qui vit avec son fils et sa belle-filledans la ferme de la Hourdais (Mayenne). Veuf etvieux à présent, Loiseau barbeye, fait la barbe deshaies avec son sermiau, et rumine en taillant surles transformations de son royaume. Il rappelle lacomplicité des chevaux au travail avant le tracteur, lepassage à l’eau courante… Pas de lyrisme à la Giono.Ni de nostalgie façon roman de terroir. Un réalismepur et cru par un écrivain de 80 ans que découvritJean Paulhan. Trassard emploie des mots charnusde son patois mayennais et des tournures du parlerpaysan qu’il élève à une grande beauté littéraire. Ilphilosophe, livre sa connaissance encyclopédique ettouchante de son univers naturel. L’homme des haiesrappelle La Billebaude et Le cheval d’orgueil, en plusécrit. Une œuvre d’écrivain, tout simplement, sin-gulière, essentielle et fondamentale au sens propre.Un document ethnographique de première mainaux allures de testament, un Prix Ouest. Qui colle àla définition du prix comme jamais. À ne pas man-quer. Yves ViollierC’est un livre rare et juste, celui d’un ancien quiparle sans nostalgie de son passé de paysan et qui nejuge pas, ne condamne pas ce qu’il fait aujourd’hui.,« lui », son fils, parce que les temps ne sont plusles mêmes. Jean-Loup Trassard rappelle très juste-ment les misères des campagnes, la dureté du travail,les conditions de vie difficiles des paysans du bonvieux temps, leur aspiration au progrès. Une luciditéqui fait tellement défaut aux écolos-bobos… qui secroient autorisés à donner, sans rien y connaître,des leçons de vertu aux paysans d’aujourd’hui. Etpuis surtout, c’est un livre d’écrivain. Trassard écritcomme on imagine qu’il barbeye. Un travail inter-minable et pénible qui ne rapporte pas grand chosemais qui apporte autre chose. Le temps de regarder,de travailler droit, de penser, une belle philosophiehumaniste en somme. Ce livre est comme la haieaprès le travail du paysan : patiemment domesti-quée, maîtrisée pour ne pas gaspiller la terre, droite,vivante, à l’image de celui qui s’en occupe. Gilles BélyUn document ethnogra-phique de première mainaux allures de testament,un Prix Ouestqui colle à la définition duprix comme jamaisà ne pas manquerLe Roman de Charette, de Phi-lippe de Villiers, Fleur de Tonnerrede Jean Teulé, Gagner à en Mourirde Pierre-Louis Basse et De tempêteset d’espoir de Marina Dedeyan.
  8. 8. Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 20138MémoireLaureMénoreau- 16 janvier 2013 -Vendéenne, née àl’Herbaudière, étudianteen langues, chaleureuse,généreuse, pétillante,elle a un goût particulierpour la Russie ; elle s’y rendra souvent, y ferases rencontres déterminantes.En 1992, elle crée avec Monique Durandles Editions Sol’air à Nantes pour être, trèsvite, seule aux commandes. Elle publie nombred’auteurs, vendéens, bretons, nantais. pari-siens, belges, suisses, guyanais, et même russes !Rien ne l’arrête, elle publie, publie... avecla passion de l’écriture et un grand respect desauteurs, des textes... Poèmes et romans en toutgenre, de grands universitaires, de grands au-teurs, dans une ligne éditoriale hors politiqueou secte, ont été publiés, salués par la presse,primés.Une revue voit le jour, en 1994, et diversconcours de nouvelles et recueils.Remise de prix, dîners, soirées littéraires,rencontres avec de grands auteurs : Armel deWismes, Christiane Collange, ou de grandscomédiens comme Jean-Michel Ribes, illu-minaient ses actions littéraires. Elle animaitavec élégance et humour des cafés littéraires auThéâtre du Sphinx à Nantes, à Paris et ailleurs...Elle a publié Adieu Nicolas sous le pseu-donyme de Laura Gaver, nouvelles ayant pourdécor la Russie à l’époque de Brejnev (dispo-nible sur Google Livres).Son deuxième ouvrage, inspiré d’un voyageen Amérique Latine, reste inachevé...Évidemment, on la croisait aussi dans lessalons du livre vendéens... Sa gentillesse et sonsourire restent dans le cœur de tous les auteursqu’elle a croisés, aidés, publiés.L’association Sol’Air disparaît avec elle.Le site restera quelques mois encore en ligne ;vous pouvez le consulter pour découvrir uneVendéenne de lettres et de charme, qui reposeaujourd’hui dans sa terre natale de Noirmoutier :http://www.editionssolair.com/editions.htmC’est une amie qui s’en va. Je l’embrasse. Eveline ThomerMauriceGindreau- 14 janvier 2013 -Coauteur du livre Il était unefois des marins, prix 2012 desÉcrivains de Vendéee, Mau-rice laisse un grand vide der-rière lui. Homme dévoué, pasteur simple et cha-leureux, il était tout particulièrement estimé despopulations maritimes qu’il a côtoyées durant desannées, dont dix à l’île d’Yeu. Le 16 janvier, lesIslais étaient nombreux à l’accompagner dans lapetite église de Nalliers : des familles de marins, lepatron de la Souris des Mers et plusieurs autres pa-roissiens sans oublier, bien sûr, ses amis du secteurde Saint-Michel et de l’Aiguillon.Maurice aimait ses paroissiens et partageaitleur vie quotidienne et notamment celle des pê-cheurs. À l’île d’Yeu, il n’hésita pas à quitter leconfort tout relatif de son presbytère pour celui,plus relatif encore, des navires de pêche et, commele précisait avec humour Roland Mornet, auteurde la préface de l’ouvrage en l’hommage des ma-rins, pas toujours par un temps de curé ; expres-sion bien connue dans le monde maritime pourdésigner le calme plat !Né en 1928, Maurice fut ordonné prêtre en1954. Son ardeur missionnaire ne l’a jamais quittéet, comme le souligne dans son homélie l’AbbéMichel Manceau, son trait de caractère le plusmarquant fut son attachement aux paroissiensqu’il aimait connaître dans leur histoire, leur indi-vidualité et leur identité. Sa grâce était l’écoute, leregard sur la vie des personnes et du milieu où ilétait envoyé. Les habitants de l’île d’Yeu se sou-viennent de sa compassion et de sa disponibilité.Une personne est malade, il est là ! Les équipagesembarquent, il est présent ! On l’appelle pour unmourant, il y va !Présent, il savait l’être aussi auprès des jeunes etde sa famille. Ses neveux et nièces en témoignent. Ilétait toujours à leur écoute ; il suivait leurs études,leurs carrières professionnelles. Tout l’intéressait !Pour reprendre les propos de Jean-FrançoisHenry dans l’hommage qu’il lui a rendu le jourde ses obsèques : le père Maurice Gindreau vientd’embarquer pour la dernière fois, il est parti aularge trouver la lumière et le repos ; allusion à ladevise de l’île d’Yeu : In Altum, Lumen et Perfu-gium. Jean-Paul Léger
  9. 9. 9Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 2013MontaiguJ’y viens pour découvrir sa réalité et saisir com-ment cette terre forte, singulière, inspire poètes etromanciers. J’ai donc reçu la Présidence du Prin-temps du Livre de Montaigu comme un grand hon-neur et l’occasion de satisfaire ma curiosité. Encoreune fois, un appel des livres… La Vendée serait-elledéfinitivement lyrique ? Pour vous avouer la vérité,je ne serai donc pas surpris de rencontrer des per-sonnages de roman à Montaigu, ni même de mar-cher sur des pages en papier vélin. Me voici prêt àme livrer à tous ces enchantements… Eric-Emmanuel SchmittLa Vendée est pour moiun territoire littérairedont les champssont constitués de mots,les forêts de paragraphes,les villes de signatures
  10. 10. Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 20131010Les sorties d’Éveline, Lydie et les autresSur le thème, l’écrivain et ses per-sonnages, Sylvie Durandet avait invité BertrandIllegems, éditeur et auteur ainsi que la romancièreEveline Thomer, ce jeudi 21 février au lycée SaintJoseph de La Roche sur Yon. Bertrand Illegems aconfié, schéma à l’appui tous ses secrets et ingré-dients, comparés joliment à ceux d’une recette decuisine, qui font la trame d’un roman, avec pourexemple son ouvrage Pigeon Vole aux personnagesatypiques. Un moment fort autour de la création,du rêve, de l’imaginaire et bien sur... « des mots ».5° édition du festival de théâtre ama-teur de la Tranche sur merComme les autres années et dès la premièreédition, salle comble. Durant une semaine débutnovembre, se joue une bonne dizaine de pièces, sé-lectionnées par Joël Bonnemaison, créateur et orga-nisateur du festival. Ces pièces d’auteurs, connus ounon, d’auteurs vendéens talentueux pour certainessont jouées à la salle des Floralies devant un publicet un juré composé de personnalités, journalistes,écrivains, comédiens qui détermine la meilleurepièce, le meilleur acteur, actrice, costume, mise enscène, etc... Belle remise des prix le samedi. Un francsuccès pour des pièces de grande qualité. Entrée gra-tuite, ouverte à tous, le théâtre les Floralies est su-perbe et l’accueil de la mairie formidable.Des flots ininterrompus de visiteurspour le 19esalon deSt-GervaisDernière mi-nute, nous évo-querons dans notreprochain numérocomme il le méritece salon encoreréussi de St-Gervaisqui a couronné duprix du Héron cen-dré le second ou-vrage de MathildeWeber, Rendez-vous à Glenda-lough, ouvrage surlequel nous revien-drons également.Joel Bonnemaison et Pierre Barouh, président d’hon-neur de la 5eédition.Première édition du week-end Littér’Herles 6 et 7 juillet 2013 à Noirmoutier avecpour thème : Corsaires et Piratesher-de-fetes@orange.frLe Refuge du Livre à Grasla, les samedi20 et dimanche 21 juillet, avec l’Écolede Brive et remise du prix CharetteLe Salon du Livre du Langon : convivia-lité et diversitéAmbiance très chaleureuse pour ladeuxième édition du Salon du livre duLangon, le dimanche 13 novembre.Entre Plaine et Marais, une bonne tren-taine d’auteurs, dans des domaines trèsdifférents, ont répondu à l’invitation del’Association culturelle langonnaise. Cejeune Salon trouve tout à fait son espacedans la panoplie du livre vendéen et luiouvre les horizons du sud. Une dimension reconnueet encouragée par les élus de la région.Les auteurs vendéens ont aimé la proximité deséchanges et le déjeuner très convivial qui les a réunisavec les organisateurs. En particulier Suzanne Marotet Mady Leray, chevilles ouvrières de cette manifes-tation.
  11. 11. 11Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 2013LA CONTESSA T2Scénario : Didier CrisseDessin et couleurs : HervalEditions : GlénatLa troublante Contessa,cambrioleuse insaisissable,a jeté son dévolu sur unepièce à la valeur inestimable :« Les larmes du condottiere »,un collier offert au XIIIesiècle par un compagnon deMarco Polo à une concubine de l’Empereur chinois.Pour parvenir à ses fins, la Contessa fait appel àl’équipe de « bras cassés » arnaquée lors du casse dutournoi de poker (raconté dans le T1 de la série).Crisse, au meilleur de sa forme, continue àrégaler les fans du genre avec un scénario quialterne les incontournables du film de casse : enjeu,constitution de l’équipe archétypale, préparationminutieuse, vol et rebondissement final. On sentégalement un grand plaisir d’écriture dans desdialogues où explications et tirades « tarantinesques »rythment le récit avec bonheur.Herval livre une fois de plus un travail formidableoù la lisibilité, l’efficacité et l’élégance sont de chaquecase. À noter que le dessinateur est également lecoloriste de cet album. Un coloriste dont la paletteet la gestion des lumières sont entièrement au servicedu récit.Ce tome 2 confirme tout le bien que nouspensions duT1. La Contessa possède indéniablementle potentiel des grandes héroïnes de papier. Serge PerrotinKALIMBO T1Scénario : Didier CrisseDessin et couleurs : FredBessonEditions : SoleilKalimbo sait que sadernière heure est venue.Il fait ses adieux au clanet entame le traditionnelpériple vers le cimetièredes éléphants. Il fait routeen compagnie de son vieil ami, le lion Makoussa.Mais les pérégrinations des deux compères vont êtrerapidement interrompues par l’irruption de Mata-Mata, un jeune zèbre égaré à la merci des dangers11de la savane. Les complices décident alors d’aider lenaïf à retrouver le clan de ses parents. Un zèbre quipourrait bien être Akimba, l’animal mythique dela légende.Avec Kalimbo, le scénariste Crisse offre un beaucadeau à son coloriste-complice Besson tout enrendant un hommage appuyé aux films Disney quiont bercé son enfance. Tous les ingrédients du granddivertissement familial sont réunis dans ce premiertome : un éléphant bourru en bout de course, unvieux lion philosophe et un candide zèbre qu’il vabien falloir aider. Avec ce tome 1, Crisse nous livreune petite fable pleine d’humour et d’espoir quiplaira aux lecteurs de 7 à 77 ans…Fred Besson signe, quant à lui, son premier albumcomme dessinateur. Il était connu jusqu’à alorscomme l’un des meilleurs coloristes de sa génération(entre autre pour son travail sur les œuvres deDidier Crisse). Il nous montre avec Kalimbo qu’ilest également un dessinateur animalier de toutpremier plan. Son bestiaire est, bien sûr, fortementinfluencé par celui de l’oncle Walt. Mais FredBesson se révèle être un excellent directeur d’acteurs.Chaque animal est particulièrement bien campéet vivant ; aussi bien les rôles principaux que lesnombreux rôles secondaires (autruches, guépards,hyènes, macaques…) À ce propos, un petit glossairepédagogique des animaux croisés dans l’album auraitété bienvenu afin de satisfaire la curiosité des jeuneslecteurs. La couleur de l’album est au diapason dutrait. Mais comment en aurait-il pu être autrementde la part du coloriste des Atalante, Troy et autresLargo Winch ? S. P.VIGILANTES T2Scénario : Jean-CharlesGaudinDessin : Riccardo CrosaCouleurs : StéphanePaitreauEditions : SoleilQuatre adolescentsfurent, le temps d’un été, confronté à l’innommable.Une abjection qui, trente ans plus tard, fait irruptionde nouveau dans leur vie. Les quatre décident dereformer les Vigilantes afin d’empêcher qu’éclate unnouveau drame.La bande dessinée
  12. 12. Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 201312Jean-Charles Gaudin continue à déroulerson fil scénaristique avec maîtrise. Il alterneharmonieusement l’époque enjouée de son quatuorenfant avec celle, plus tortueuse, du quatuor adulte.Il fait de Vigilantes une histoire haletante où peuts’exprimer un large spectre de valeurs et d’émotionstelles que l’amour, l’amitié, la culpabilité, lavengeance, le sens de la justice…Le dessinateur Riccardo Crosa livre un T2 plusabouti que son prédécesseur. Son trait s’est affiné,ses personnages ont gagné en incarnation et lesplanches dégagent maintenant une vraie séduction.Les couleurs de Stéphane Paitreau, quant à elles,sont classiques, maîtrisées et d’une grande efficaciténarratives.Vigilantes est une réussite ; sans doute la meilleuresérie en cours du scénariste montois. S. P.LES ARCANES DUM I D I - M I N U I TT10Scénario : Jean-Charles GaudinDessin : Cyril TrichetCouleurs : YoannGuilloEditions : SoleilLe jour de sonmariage, Marnieest abattue par sonamoureux. Au mêmemoment, des beautés (fatales) manipulent deshommes d’influence. Il semblerait qu’un scientifiquemaléfique veuille prendre le pouvoir à l’aide demachines toutes puissantes. Jim et Jenna, agents desservices spéciaux du roi, entrent en scène…Jean-Charles Gaudin écrit une intrigue classique,rythmée, mais peut-être en deçà, au niveau desenjeux, de celles des derniers tomes. Son compliceyonnais, le dessinateur Cyril Trichet, s’affirmed’album en album. Il livre des planches à lanarration aboutie, au trait élégant, d’où se dégagentdes personnages féminins d’une grande séduction.À noter que pour ce dixième album, l’éditeura changé la maquette de la série et opté pour uneesthétique réussie qui rend hommage aux pulpmagazines US des années cinquante. S. P.DEAD LIFE T2Scénario : Jean-CharlesGaudinDessin : Joan UrgellCouleurs : FolnyEditions : SoleilSuite à unec o n t a m i n a t i o naccidentelle, l’eau d’unerivière est devenue unbreuvage mortel quitransforme les humainsen zombies. Curtis,après avoir vu sa famille décimée par le fléau, atrouvé refuge dans la petite ville de Galdercross.Une ville bientôt assiégée par une horde de zombiesdéchaînés.Jean-Charles Gaudin continue à explorer la BDde genre avec bonheur. Il étoffe son récit en mettanten scène de nouveaux personnages et en utilisant lesclichés propres aux séries B. En alternant les scènesd’action et celles où il fouille la psychologie et lepassé dramatique de ses personnages, il distille uneatmosphère lourde et tendue.Un climat oppressant dut également en grandepartie au formidable travail du dessinateur espagnolJoan Urgell. Ses gueules tordues, son trait vif,stylisé, et sa mise en scène dynamique contribuentgrandement à la réussite de Dead Life. S. P.LE CHEVALIERMECANIQUE T2Scénario : CédricMainilDessin : MORCouleurs : Silvio SpecaEditions : SandaweUlysse d’Astarac,chevalier mi-homme,mi-machine au servicedu roi, cherche àmettre la main surune table d’émeraudeconvoitée par une mystérieuse confrérie. La tableaurait le pouvoir de procurer l’immortalité à qui lapossède. Ulysse, de Versailles à Belle-Ile, en passantpar Cordouan et la Bastille, va essayer de prendreles conspirateurs de vitesse. Des comploteurs dontl’objectif final est de renverser le roi Louis XIV…Cédric Mainil continue à mener son équipagede cape et d’épée à un train d’enfer. L’enquête
  13. 13. 13Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 2013La bande dessinéeprogresse, les actions s’enchaînent tandis que laconfrérie occulte semble tisser une toile de plus enplus complexe. En fin alchimiste du récit qu’il est,le scénariste n’oublie pas de s’attarder sur les affresexistentielles de son héros ; un homme au corps demétal qui ne pourra jamais connaître les plaisirs dela chair…Le dessin de MOR semble marquer le pas.La narration est fluide mais certaines erreursanatomiques, un trait parfois approximatif, nouslaissent penser qu’il eût été bon de remettre certainesplanches sur le métier. Heureusement, les couleursde l’Italien Speca tirent le graphisme vers le haut etprocurent une lecture somme toute plaisante. S. P.L’APPEL DESORIGINES T3Scénario : Joël CallèdeDessin : Gaël SéjournéCouleurs : JeanVerneyEditions : Vents d’OuestFin des annéesvingt. Extraordinairesuite d’événementsqui nous mène auxportes de cette contréeafricaine inexplorée« Sanyanga » quisignifie en dialectelocal « Terre des origines ». La jeune Anna, serveusedans un restaurant de Harlem, participe à uneexpédition à la recherche de son père qu’elle n’ajamais connu. Pour financer ce voyage un film esttourné et elle en est l’actrice principale.Ce troisième et dernier tome conclut cettequête du père. Les forces de la nature, l’inconnu,la malchance se liguent contre l’expédition etle voyage tourne au cauchemar. Trafic d’ivoire,viol, folie, passion, jalousie, superstitions, tous lesingrédients du drame sont là. Les personnages sontcrédibles avec leurs défauts, leurs doutes, leurs désirs.L’histoire est passionnante et la fin à la hauteur de cedrame… La vie et la mort suivent leur cours… Onne maîtrise pas son destin, on le subit. Un épiloguesurprenant et un espoir de vie malgré tout car Annaattend un bébé mais qui est le père ? Le blanc ou lenoir ? Le métissage continue.Ce qui nous comble aussi, en dehors du scénariode Callède, c’est la qualité du dessin et de la couleur.Les vendéens Gaël Séjourné et Jean Verney ont surestituer l’atmosphère de cette savane africaine toutcomme pour les autres volumes, les bas-fonds deHarlem, la vie sur un transatlantique, les villes deMombasa, Naïrobi… Un triptyque qui mérite ledétour. René NicolasMARLYSA T12Scénario : Jean-Charles GaudinDessin : Jean-Pierre DanardCouleurs : YoannGuilloEditions : SoleilToujours à larecherche de son fils,Marlysacontinuesespéripéties et elle seretrouve maintenantaux prises avec desnonnes noires.L’Ordre Noir manipule son enfant pour en faireun champion. Marlysa arrivera-t-elle à temps alorsqu’un autre mal qui attend depuis des siècles est entrain de prendre forme ?Ses compagnons lui sont toujours fidèles maisses sautes d’humeurs et sa noirceur grandissantela rendent imprévisible et difficile à gérer. Ils sontsceptiques quant à leur avenir. Et nous aussi…Jean-Charles Gaudin et Jean-Pierre Danard sonttoujours les auteurs de cette série qui atteint sondouzième album pour son troisième cycle. Le côtépositif de cet épisode est le passage du côté obscur,que les auteurs infligent à leur héroïne d’ordinaireaimable. Dans cet opus, elle devient provocatrice etcruelle par amour pour son fils. Cela a le mérite,en plus d’un coup d’accélération donné par lescénariste, de rebooster l’intérêt d’une série quisentait l’enlisement depuis quelques tomes. Hélasle changement de notre héroïne est trop rapide etpeu convaincant, malgré un dessin soigné et coloré(presque un peu trop criard parfois) qui égayela lecture. Il est temps que la série se termine carl’essoufflement pointe son nez... du côté obscur. N. P.
  14. 14. Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 201314Harry Baur, le monstre sacré des années 30 et40, le Depardieu de l’époque ? Mais quel lien avecl’île vendéenne ?Près du port de l’Herbaudière, au bout de l’îlede Noirmoutier, la « maison des aigles » comme onl’appelait, fut l’antre de ce géant du 7eart qui, audébut du parlant s’imposa star avec Poil de carotte,de Julien Duvivier (1932), puis surtout Crime etchâtiment, de Pierre Chenal (1935), Tarass Boulba,d’Alexis Granowsky (1936) et Les Misérables, deRaymond Bernard (également tourné en 1936, avecnotamment Florelle dans le rôle de Cosette.Il semble que ce soit lors de la Première Guerremondiale qu’Harry Baur connut l’île de Noirmou-tier en louant au Vieil sa première villa, puis à laBlanche, au « Petit château », toujours sur la com-mune de Noirmoutier-en-l’Île, écrivit Joël Sarra-zin dans un article paru dans Ouest-France en août1983. Ce, au moment où ce qui fut « la » maison dugrand acteur était en passe d’être démolie.La maison des deux aigles détruite en1984Cette « maison des deux aigles », l’acteur l’ache-ta en 1929 à son ami Alix Adrien, alors adjoint auVieil. Cette villa de la « Bosse-Andrée » dominait leport de l’Herbaudière. Le chroniqueur noirmoutrinHenri Martin, mais aussi Hervé Brunetière dansun article paru dans La lettre aux amis, ont évoquéle monstre sacré sur l’île aux Mimosas : « hommefort courtois, Harry Baur a su se faire apprécierdes gens de l’île. Au début, quand on vit arriver cethomme imposant, aux costumes volontiers fripés,promenant à pas lents ses énormes dobermans surles dunes de la Linière, l’effroi gagna la populationautochtone devant un si curieux équipage. Maisbientôt, davantage qu’un respect, un lien d’amournaquit entre l’acteur et les Noirmoutrins. On s’ha-bitua à la lourde silhouette, à sa démarche grave ».Sur l’île vendéenne, Harry Baur est toujoursvêtu d’un pantalon et d’une vareuse de toile. Il aimela mer et son passe-temps favori est d’embarqueravec les marins du pays, notamment des sardinierset vivre leur rude métier. « Lorsqu’il débarquait deParis en superbe Bugatti, c’était toujours la fête aupays », se remémorait encore Henri Martin. On serassemblait au café où l’acteur venait offrir la tour-née générale. Et s’il restait encore quelqu’un pours’interroger sur son identité, on lui répondait :« vous savez bien, c’est Monsieur Baur, celui qui faitle cinéma ! ».L’antre de la star HarryBaur, mort voilà 70 ans,c’était l’HerbaudièreIl y a vingt ans disparaissait un Vendéen.Une manifestation commémorativepourrait également avoir lieu à la mémoired’Harry Baur sur l’île de Noirmoutierdurant cette année 2013Harry Baur
  15. 15. 15Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 2013Une mort en 1943 demeurée mystérieuseDurant l’Occupation, la « maison des deuxaigles » sera réquisitionnée par les occupants qui enfirent là leur douane. Paradoxe, Harry Baur mourraen 1943, après avoir été traité de collabo. Il partit eneffet tourner à Berlin en 1942 ce qui sera son dernierfilm (Symphonie d’une vie). Mais lors de ce tournage,la Gestapo perquisitionne son appartement parisien,dérobe sa collection de tableaux, arrête son époused’origine juive.Puis Harry Baur est à son tour arrêté à Berlin,torturé, rapatrié à la prison du Cherche-midi, oùil meurt, ou presque, puisqu’on le ramène chez luipour qu’il rende son dernier souffle.Une mort mystérieuse dans une sombre affairedont on ne connut pas le détail. Certains avancentqu’Harry Baur avait incarné de nombreux person-nages juifs et que les Nazis voulurent lui faire payer àleur manière. Autre version, Baur se serait prétendujuif et aurait dupé les Nazis… Faux collabo et vrairésistant ?Car certains détails laissent le trouble : en 1940,des journaux français antisémites accusent Baurd’être Juif. L’acteur fera alors publier son certificat« Aryen » pour se défendre. Et ils sera photographiéà Nuremberg en train d’écouter dans la foule un dis-cours d’Hitler. Photo qui sera publiée en France.Peu de monde osera se déplacer à ses obsèques,au cimetière Saint-Vincent, à Montmartre. C’estson fils qui eut en héritage la « maison des deuxaigles », quelque peu saccagée à la Libération. Maiscelui-ci devait disparaître quelques années plus tard,en 1951, durant la guerre d’Indochine. La fameusemaison va dès lors tomber en ruines, avant qu’unprojet immobilier d’une vingtaine d’appartementsne la remplace en 1985, la maison étant rasée en1984. Les deux aigles et la cheminée style « rétro »GabyCe petit bout de femme (1,52m) fut unevraie et immense star, magistrale actricede théâtre, mais aussi de cinéma,dont elle connut les balbutiementset que la gloire consacra définitivementavec l’immense succès populairedu Voile bleu en 1942Au cinéma, la VendéeVendéenne, Gaby Morlay ? Une rue porte sonnom à l’Aiguillon-sur-Mer, certains vous montrentune résidence à La Faute-sur-Mer où elle venait sereposer entre une pièce et un film. Vendéenne, oui,même si elle laissera longtemps planer des mystèressur ses origines, certains journalistes la pensant Ita-lienne, ou née en Algérie.Si sa mère était bretonne, son père était un Ven-déen du fond des âges, un Fumolleau originaire del’Aiguillon-sur-Mer et Saint-Michel-en-l’Herm,venu s’installer à Angers quand naît la petite Blanchele 6 juin 1893.L’enfant est vive, au rire communicatif, imperti-nente aussi. Elle s’échappe de l’internat du couventde Lisieux, en direction de Paris. Nous sommes en1925 seront sauvés du désastre.Enfin, il faut signaler l’excellent roman de Mar-lène Manuel, intitulé Au nom de la Vérité (Past’EllesÉditions) parue en 2012. L’éclairage que la talen-tueuse écrivaine originaire de la Guérinière apportesur le mystère Baur est d’un intérêt extraordinaire,même s’il s’agit d’un roman, dont l’intrigue se situeen grande partie sur l’île de Noirmoutier et revisitel’histoire trouble de la Résistance.Harry Baur et Gagy Morlay
  16. 16. Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 201316Boileau-Narcejac ? Un tandem littéraire, dontl’un était aussi petit de taille que l’autre était trèsgrand. Le petit, Pierre Boileau (1906-1989), étaitun Parisien qui s’attacha à Nantes ; le très grand,Thomas Narcejac (1908-1998), natif de Rochefort,fut lycéen à Saintes. À eux deux, ils ont formé un desplus fameux auteurs de la littérature, des théoriciensdu roman policier, où leurs régions respectivesétaient souvent mises en valeur dans des suspensesqu’ils construisaient à quatre mains. Et entre Nanteset Saintes, il y a la Vendée. Et Maléfices.1909, elle a 16 ans, de beaux yeux changeants, desrondeurs enfantines corrigées par un menton volon-taire et n’a rien d’une oie blanche.Un certain Armand Berthez, directeur du théâtredes Capucines, lui met le pied à l’étrier comme« marcheuse » (on dirait aujourd’hui « girl »), luitrouve son nom d’artiste en ouvrant un indicateurde chemin de fer (ce sera d’abord Gaby de Mor-laix). La « petite qui est si drôle » intéresse aussi lecinéma et un certain Max Linder, gloire du muetavec qui elle tourne. Elle se distingue dans une piècepatriote durant la Première Guerre mondiale, brûleles planches avec Lucien Guitry. Le théâtre la faitreine, le cinéma la fera star. Le passage au parlantla sert, Gabin, Raimu, Vanel, Jules Berry et HarryBaur sont ses partenaires. Et le mélodrame Le voilebleu devient un des plus grands succès populaires del’histoire du cinéma français.L’Occupation ? Le secrétaire d’Etat à l’Agricul-ture et au ravitaillement à Vichy Max Bonnefoussera l’amour fou de sa vie. Bonnefous démission-nera en 1943, au moment des exactions de la milice.À la Libération, après 14 mois de détention (Gabyva le voir tous les mardis !), Bonnefous est triompha-lement acquitté et rétabli dans sa dignité de préfethors cadre.Quand Boileau-Narcejacfit du Gois une starBoileau-Narcejac a consacré le Gois, cejoyau du patrimoine vendéen, dans lelivre Maléfices, que le cinéma adaptala VendéeAprès la guerre, Gaby ne lâche ni le théâtre ni lecinéma, ni la Vendée, même si elle est plus souvent àNice qu’à l’Aiguillon-sur-Mer ! Atteinte d’une mala-die incurable, elle se consume sur les planches et legrand écran, joue aux côtés de Bourvil (Fortunat)et Gabin (Monsieur) avant de s’éteindre le 4 juillet1964.Il faut lire la biographie de Georges Debot écriteen 1987 (Gaby Morlay, du rire aux larmes, ÉditionsFrance-Empire) avec le précieux témoignage de sonneveu Jean Fumoleau ; et le dernier livre de ClaudeMercier, Étonnants Vendéens.
  17. 17. 17Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 2013Cette subtile intrigue, aux allures parfoisfantastiques, est un poême d’amour triste etdéchiré par cette route submersible entre l’île deNoirmoutier et le continent, soumise à l’attractionlunaire des marées. Cette route de 4 km, mi-pavée,mi-goudronnée, « serpentant à travers les sédimentsmillénaires », dénouera l’intrigue dans la tragédie.Celle d’un vétérinaire de campagne installé avecsa femme à Beauvoir-sur-Mer, son envoûtantemaîtresse sur Noirmoutier, à une époque oùn’existait pas encore le pont.Decoin, réalisateur solide, efficaceÉcrit en 1961, Maléfices fait partie des grandslivres de la belle époque du tandem nanto-saintais,ceux dont les metteurs en scène n’hésitèrent pas às’emparer, et pas les moins grands ! D’abord Henri-Georges Clouzot, dans Les diaboliques (1954), puisHitchcock, s’il vous plaît, pour le célébrissime Sueursfroides (1858), avec James Stewart et Kim Novak. En1961, aussitôt le livre sorti, sur une adaptation quisigne le duo, Henri Decoin (1890-1969) s’attaqueau tournage de Maléfices. On doit entre autres àDecoin Abus de confiance (avec son épouse DanielleDarrieux qu’il fera tourner à plusieurs reprises),Razzia sur la schnouf, La chatte, La vérité sur BébéDonge, son meilleur film... Parisien qui fut d’abordjournalistes sportif, il fait partie de ces metteurs enscène qui ont démarré avec le parlant… Decoin, c’estdu solide, de l’efficace. Le tournage dure plusieurssemaines, essentiellement sur Noirmoutier et biensûr le Gois ; mais aussi au château de l’Equaizière, àLa Garnache…Juliette Gréco, déjà légende vivante à l’époque,interprète le magnifique rôle de l’envoûtantemaîtresse qui habite sur l’île. Celle qui revientd’Afrique, tient en laisse un léopard... Celle qui« aime le cinéma mais ne s’aime pas au cinéma »écrit-elle dans ses mémoires (Jujube).Jean-Marc Bory joue le vétérinaire. LiselottePulver sa femme (L’héroïne du Temps d’aimer et letemps de mourir). Belle distribution. Bon film. Dusolide, avec du caractère. Du Decoin.Mais le film, en noir et blanc, sera un écheccommercial, peu en phase avec la Nouvelle vaguede l’époque. Et il marque peu Noirmoutier, tant lesscènes d’intérieur sont nombreuses, plus que cellesd’extérieurs, plutôt discrètes. Puis on verra peu cefilm à la télévision, sa dernière programmationdatant des années soixante-dix. Et il ne reste qu’unecopie de ce film qu’il a fallu restaurer, précieusementconservée à la Cinémathèque française. Dans lesannées quatre-vingt, une nouvelle adaptation futfaite par une co-production franco-allemande, siratée qu’il vaut mieux ne pas en parler plus. Ne resteplus qu’à espérer revoir un jour la copie du pèreDecoin ! Reste aussi le livre. Diamant du roman noiroù la véritable vedette sous la plume à l’infernalepoésie du tandem Boileau-Narcejac est le Gois.Le « serpent de mer » assoupi dans l’océan quand lamer l’a recouvert. Le Loch Ness de Bourgneuf ! Lelivre existe toujours aux Editions Denoël et Folio. Philippe Gilbert(L’auteur de cet article va sortir un ouvrage surle cinéma à la fin de l’année. Titre : Dictionnaireamoureux du cinéma en Vendée).Jean-Marc Bory est-il envoûté par Juliette Gréco dans la noireintrigue de « Maléfices »Le Gois devient le dangereux trait d’union entre deux femmespour un hommeau cinéma,
  18. 18. Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 201318jeune trio littéraire et c’est le contact de ses deuxnouveaux amis qui va faire prendre à Maurice-EdgarCoindreau un nouveau cap dans sa carrière. Sousleur influence, il accepte un poste de professeurde langue et littérature françaises à l’Université dePrinceton, au New-Jersey. Il enseignera aux Etats-Unis, à Princeton, de 1923 à 1961.Dès son arrivée outre Atlantique, ils’attaque à un monument de la littératureaméricaine, le roman de Dos PassosManhattan TransferLe roman est édité en 1925 ; il le traduit enfrançais en 1928, pendant que Roblès le traduit enespagnol.Depuis un certain temps, Coindreau est déjà enrelations avec l’éditeur Gaston Gallimard et il valui faire apprécier et le pousser à éditer en Francecette traduction de Manhattan Transfer. C’est aussigrâce à cette forte relation et à ses amitiés avecles membres de la Nouvelle Revue Française, queCoindreau va pouvoir faire connaître et éditeren France une impressionnante série de grandsécrivains américains du XXèmesiècle dont il assurela traduction. Ils s’appellent Hemingway, Faulkner,Steinbeck, Truman Capote, Flannery O’ConnorWilliam Styron, entre autres.En effet, aussitôt après Dos Passos, il traduitLe Soleil se lève aussi et L’Adieu aux armes d’ErnestHemingway. Ce n’est pas son auteur préféré à ladifférence de Faulkner.Il découvre William Faulkner qui est totalementinconnu en France, en lisant son roman Senctuery.Il alerte Gallimard sur cet auteur admirablemais Senctuery est entre les mains de René-NoëlRaimbault pour sa traduction. Coindreau rencontreFaulkner et devient son traducteur préféré.Six grands romans vont voir le jour en traductionfrançaise :- Tandis que j’agonise (7930) Traduction 1934.- Lumière d’août (Ught ln August, 7932)Traduction 1935.- Le Bruit et la fureur (The Sound and the Fury,7929) Trad. 1938.- Les Palmiers sauvages (The Wild Palms, 7939)Trad. 1952.Vendéen peut-être par hasard puisque son pèreétait médecin-major au 93èmeRégiment d’Infanteriestationné en notre préfecture, mais Vendéenincontestable comme étant né à La Roche-sur-Yonle 24 Décembre 1892. Beau cadeau de Noël pournotre département.La jeunesse de Maurice-Edgar Coindreau est celled’un garçon doué et travailleur. Il fait ses humanitésau lycée de La Roche-sur-Yon, puis passe la licenceen droit à Bordeaux. Il poursuit par l’agrégation enespagnol qu’il est le seul lauréat à obtenir en 1921.Il enseigne au lycée français de Madrid où ilrestera deux années. Pendant ce séjour, il fréquentela société littéraire espagnole et, en particulier, JoséRoblès, écrivain, traducteur et dessinateur, qui valui faire rencontrer le déjà célèbre écrivain américainJohn Dos Passos. Une forte amitié naît entre ceGrand traducteur de la littératureaméricaine, voici encore un Vendéen dontla littérature peut s’enorgueillir
  19. 19. 19Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 2013Outre ses nombreuses et importantestraductions, ses préfaces, ses nouvelles, Coindreaupublie Aperçus de littérature américaine en 1946 etMémoires d’un traducteur publiés en 1974 et rééditésen 1992, ensemble de portraits des grands écrivainsaméricains.Depuis 1982, chaque année, est remis par laSociété des Gens de Lettres, le Prix Maurice-EdgarCoindreau qui récompense une traduction littéraired’une œuvre écrite en anglais américain.Rentré en France après sa carrière universitaire,il partagea son temps entre la région parisienne, laVendée et la Catalogne. Il mourut le 20 octobre1990 à Limeil-Brévannes dans le Val-de-Marne àl’âge de 97 ans et son perpétuel souhait a été respecté : ilest inhumé à La Roche-sur-Yon.Lire en Vendée se devait de saluer ce Vendéenqui fit connaître à la France ces grands auteursaméricains du début du XXesiècle. Claude Mercier- Requiem pour une nonne (Requiem for a Nun,7957) Trad. 1957.- Les Larrons (The Reivers, 7962) Trad. 1964.Une grande complicité existe entreFaulkner et Coindreau.Ce dernier a une admiration pour Faulkner quiest un grand maître du roman et qui retrace dansses récits la longue agonie de la société du sud desEtats-Unis. En réciproque, le romancier américaina une confiance totale et le plus grand respect pourson traducteur qui va être l’acteur le plus décisif desa gloire en France.De plus. Le style narratif de Faulkner, qui meten scène dans ses romans des personnages d’esclavesdu Mississipi à la limite de l’analphabétisme et auxphrases un peu escamotées, demande à Coindreauun travail énorme pour restituer en français lesdialogues des hommes du Sud. Il y parvient avecréussite grâce au souvenir de la langue françaiseapprise au lycée et aussi du patois vendéen que luiparlait sa nourrice. Ainsi, disait-il, ce qui m’a permisde traduire Faulkner, ç’a été de le traduire en vendéen,et pas en français !»Entre tous ces romans de Faulkner, Maurice-Edgar Coindreau traduit John Steinbeck, Les raisinsde la colère, Des souris et des hommes,Truman Capote,Flannery O’Connor, William Goyen, WilliamStyron, Les Confessions de Nat Turner, ainsi que desromans espagnols de Ferlosio, Goytisolo, Delibes etMatute.Toute cettel i t t é r a t u r eaméricaine dontles premièrestraductions sontcelles de Coindreauaura une belleinfluence sur desauteurs françaiscomme JosephKessel, AlbertCamus ou Jean-Paul Sartre.Maurice Edgar Coindreau
  20. 20. Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 201320Accueilli par un grand nomde la poésie, je découvraisque la notoriétéet la simplicité,la popularitéet la bonhomie pouvaientfaire bon ménageEn 1974, alors que je préparais la parution demon premier recueil de poèmes, je fus envoyé parJean Huguet, directeur à l’époque du CERCLEd’OR, à la rencontre de Pierre Menanteau pourlui demander s’il voulait bien m’écrire une préface.Cette rencontre eut lieu à Péault durant l’été et jedevais en garder un souvenir ému et inoubliable.Accueilli par un grand nom de la poésie, je décou-vrais que la notoriété et la simplicité, la popularité etla bonhomie pouvaient faire bon ménage.Au jeune professeur de lettres que j’étais alors,Pierre Menanteau pouvait parler de l’école pendantdes heures, à une époque où la relation maître-élèveroulait sur des rails qui n’avaient encore subi aucunedistorsion. Son parcours d’instituteur puis d’ins-pecteur des classes primaires parlait avec amour desenfants, s’émerveillait de leur émerveillement et deleur spontanéité, qui n’étaient pas encore, commeaujourd’hui, aseptisés par le bourrage médiatique.Au milieu de sa terre vendéenne, qu’il retrouvaitchaque été avec enchantement, nous avions parlé dejardin et de nature, de poésie et de littérature. Sesrelations faisait rêver le jeune poète que j’étais, et jetrouvais attachant que sa fréquentation des milieuxlittéraires parisiens ne lui eût jamais fait oublier sesracines, ces racines qu’il s’efforçait même de montreravec une belle fierté.Des années durant, jusqu’à sa mort en 1992, jerenouvelai sans oubli, ma visite à Péault et, j’ai sansdoute encore dans mon jardin des plantes que lepoète m’avait données. Je crois pouvoir dire qu’unebelle amitié au-delà du gouffre des générations nousunissait. C’est sans doute elle qui me valut en 1984la possibilité de réaliser une interview du poète pourune de ces radios locales, comme on disait alors, quivenaient de naître. Ce jour-là, Pierre Menanteau seconfia sans fard, avec sa simplicité coutumière. Cesont quelques extraits de cette interview que Lire enVendée livre aujourd’hui pour honorer sa mémoire,vingt ans tout juste après sa disparition.Pierre Menanteau, que fut votre enfance ven-déenne ?Je suis né au Boupère le 22 novembre 1895, dansle Bocage où mon père était directeur d’école. Ilétait originaire de Péault et ma mère était originairede Chasnais aux confins du marais de Luçon. J’aivécu au Boupère les dix premières années de ma vie.Notre maison d’école était à l’orée du bourg, tout àfait à la sortie, et avec ma sœur, nous n’avions pasbeaucoup de contact à l’extérieur. Je faisais un petitjardinage. J’avais ma platebande, j’y faisais des fleurset j’aidais mon père à lever le miel, m’occupant desruches avec lui. En 1905, mon père a été nomméà Dompierre-sur-Yon, ce qui nous rapprochait deLa Roche. C’était le village-rue et depuis le bas dubourg jusqu’en haut du bourg, je voyais tous les mé-tiers, car j’avais une grande curiosité du travail so-cial. Dompierre a été une sorte d’élargissement dansle sens social.
  21. 21. 21Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 2013Pierre MenanteauEst-ce tout naturellement qu’y sont apparusl’écriture et l’enseignement ?Au Boupère, je lisais déjà les poètes. Bien quetrès jeune, j’y ai écrit mon premier poème à l’âgede neuf ans, sur des enfants qui avaient mangé lesboules rouges toxiques de la morelle. Naturelle-ment, je ne l’ai pas gardé, comme quelques autres,mais ce qui me gênait beaucoup, c’est que mon pèreles montrait. C’était bien maladroit, mais c’était ledébut d’une vocation. Mon père était instituteur, ilavait cinq enfants, le plus simple était de les orientervers l’enseignement. Je suis allé à l’école supérieurede Chantonnay où j’ai préparé mon brevet élémen-taire. Puis j’ai passé le concours d’entrée à l’ÉcoleNormale. J’y ai fait trois ans et j’en suis sorti pourêtre mobilisé. Je lisais beaucoup. J’y ai découvert lespoètes, mais j’avais aussi une passion pour la pein-ture. Le jeudi et le dimanche, j’allais faire de l’aqua-relle dans la nature ou j’écrivais, mais je n’ai riengardé de ce temps-là.Après l’horreur de 14-18, vous partez en An-gleterre puis revenez en France pour faire carrièredans l’enseignement ?Blessé au Chemin des Dames,j’ai été libéré à la fin de 1919, etje suis allé en Angleterre. Je sou-haitais continuer mes études. J’y aiété ensuite professeur à Manches-ter puis à Bath. J’ai bien sûr faitla découverte des poètes anglais,et j’étais très frappé par les petitspoèmes, presque de brèves chan-sons et aussi par la poésie de Word-worth, Keats et Shelley.Revenu en France, j’ai été professeur, notam-ment à Poitiers pendant plusieurs années, où j’ai eupendant deux ans Maurice Fombeure comme élève.En ce temps-là, j’étais surtout attiré par Jules Super-vielle et Francis Jammes qui a beaucoup conté pourmoi, en m’ouvrant les portes de la campagne, pas lanature, mais bien la campagne. À Poitiers, j’ai publiémon premier recueil Ce joli temps de demoiselle… en1927.Je suis ensuite devenu inspecteur d’École primairependant deux ans dans le Limousin, puis Directeur
  22. 22. Je n’ai peut-être pas si mal misé en écrivant despoèmes qui sont accessibles à l’enfance. Je suis unpoète que l’enfance a adopté, mais ça ne m’empêchepas d’adorer Paul Valéry et d’apprécier des poètesbeaucoup plus difficiles.Seghers disait de vous dans une anthologie quevous étiez une illustration du vers de Verlaine Lavie est là, simple et tranquille. Est-ce votre avis ?Oui, c’est vrai, maisla simplicité, ce n’est passi simple que ça paraît.C’est plus difficile d’êtresimple, parce qu’il nefaut pas tomber dans labanalité. C’est quelque-fois pour le poète unechose ardue que d’êtresimple. Max Jacob disait«La poésie c’est une af-faire de calme». Il vou-lait dire par là, laissons dormir comme le vin dansles bouteilles les poèmes et puis reprenons-les plustard. C’est ce que je fais. J’en ai des centaines. J’aiété particulièrement encouragé par Jules Supervielle.Il me faisait l’honneur d’attacher son attention à mapoésie.Je n’ai pas écrit que des poèmes réguliers, j’ai écritaussi des poèmes en prose. Je pense que dans mavingtaine de recueils, il y a beaucoup de variété. Jen’ai pas cherché ce que l’on appelle la gloire, j’ai écritpour ma joie personnelle, j’ai publié d’ailleurs asseztardivement. Mais je n’ai jamais cessé d’œuvrer pourla poésie et les poètes. Ils m’ont donné des joies, etces joies sont parmi les plus grandes que j’ai pu re-cevoir… Alain Perrocheaud’École Normale à Cahors, àEvreux et enfin à Poitiers où jesuis revenu. Je suis ensuite venuà Paris et j’y suis resté toute lafin de ma vie.La poésie a-t-elle uniquement et totalementcomblé votre vie ?J’ai publié pas mal delivres et j’ai eu des prixlittéraires, dont le prixGérard de Nerval en1952 et le Grand Prixde la Maison de Poésiede la Société des gensde Lettres, le Prix Fran-cis Jammes qui m’a ététrès cher et le Prix Bro-céliande. J’ai écrit aussi des contes pour l’enfance,comme Ah que la terre est belle ! ou La farandole, etdes essais sur des poètes, un sur Charles Vildrac etl’autre sur Tristan Klingsor pour les éditions Seghers.J’ai quelques romans dans mes réserves, j’ai fait desquantités d’anthologies poétiques, toujours à titregracieux, par amour de la poésie. C’est toujours lapoésie qui m’a repris le plus fortement, c’est là quese sont épanouis les thèmes qui n’ont jamais cesséde me hanter, la nature, animaux, plantes et arbres,mais aussi les humains. Bien qu’ayant vécu très long-temps à Paris, c’est la nature qui est demeuré monthème fondamental. Pendant longtemps aussi, j’aifait de la peinture, à titre d’amateur, pour mon plai-sir. Peindre une aquarelle devant un paysage d’arbreset d’eau, c’était en quelque sorte entrer profondé-ment dans la nature.On vous a rapidement catalogué comme poètepour enfant, qu’en pensez-vous ?Beaucoup disent qu’on ne doit pas faire depoèmes pour les enfants. J’ai écrit des poèmes, et,par les thèmes, comme je suis un poète animalier,j’ai des chances, si mes poèmes ne sont pas d’unetrop grande difficulté quant aux rythmes et auxvocables, j’ai des chances de toucher l’enfant. Saufrarissime exception, je ne cherche pas à toucher l’en-fance, mais l’enfance est touchée par les poèmes quej’écris. J’ai été invité plusieurs fois dans des écoles.
  23. 23. « J’ai toujours pensé, dit et écrit que le poète étaitcelui pour qui le monde est neuf chaque matin ».Pierre Menanteau en était conscient. « Ah ! Jefus cet enfant qui contemple la terre », s’exclame-t-il dans son Légendaire pour un enfant poète (1962).C’est de tels instants qui sont restés vivants en lui etdont s’est inspirée toute sa poésie.Mais je suis sur le bordD’une eau toujours nouvelleQui chante et me rappelleMon intime trésor.Boire l’eau de l’enfanceRamène près de moiCeux qui, sous même toit,M’ont légué leur présence.Fontaines du temps retrouvé, 1984. Rien de bêtifiant dans cet esprit d’enfancequ’il sut conserver malgré les duretés de la vie, mal-gré les violences de la guerre de 1914-1918 (il futblessé au Chemin des Dames en 1917 et décorépour son courage), malgré les horreurs de la Deu-xième Guerre mondiale (en 1940, lors de l’invasionallemande, il dut enterrer lui-même un collèguemort sous les bombes).Ce fils d’enseignant, lui-même professeur puisinspecteur, fut toujours en rapports professionnelset personnels avec la jeunesse.« Peut-être le contact avec l’enfance, l’adoles-cence, la jeunesse, a-t-il contribué à prévenir lasclérose, a-t-il contrarié cette dureté, ou cette pour-riture qui, trop souvent, ac-compagnent, assure-t-on, lavieillesse » (La Barrière en-trouverte, 1967).Toute l’œuvre poétiquede Pierre Menanteau té-moigne de cette ouvertureà la vie qui est d’abord cellede la jeunesse. Chez certains,elle disparaît peu à peu,l’âme se referme, l’esprit sesclérose, l’amertume rem-place l’enthousiasme.RienPierre Menanteau,oiseleur de la poésieQuand l’Oiseau-PoésieFrappe du bec la vitre,C’est pour que je l’inviteÀ nicher dans ma vie,À vivre dans ma voix.…Pierre Menanteau,Au rendez-vous de l’arc-en-cielDepuis Ce joli temps de de-moiselle publié en 1927 jusqu’àCes peintres que j’aime (1990), lesrecueils poétiques de Pierre Me-nanteau ont été nombreux, au-jourd’hui réunis dans ses Œuvrescomplètes (Soc et Foc), et ils ontreçu des Prix prestigieux témoi-gnant de leur qualité littéraire.C’est surtout avec Le Cheval del’aube (1951), Prix Gérard de Ner-val, que Pierre Menanteau fut reconnu comme l’undes plus authentiques poètes de son époque, dontla poésie s’annonçait ainsi : « Un beau cheval toutbleu sort de mon rêve à l’aube ».La séduction à jamais vivante de sa poésie vientd’un esprit d’enfance toujours présent dans sonœuvre, de son enracinement dans les réalités char-nelles de la nature, d’une forme poétique sans af-fèteries, parlant directement au lecteur. Parmi biend’autres qualités, ces trois principales assurent saplace parmi les poètes du XXesiècle.Les richesses de l’esprit d’enfanceCet « esprit d’enfance » qui se trouve plus oumoins en chaque vrai poète, c’est un émerveillementdevant le monde, que certains ont su sauvegarder ;il constitue un courant qu’on peut suivre au longdu siècle, plus particulièrement dans les œuvresde certains poètes, et non des moindres, FrancisJammes, par exemple, ou encore Jules Supervielle,Patrice de La Tour du Pin, Maurice Fombeure, RenéGuy Cadou, Maurice Carême, Bernard Lorraine, etd’autres. Présentant le Florilège poétique de PierreMenanteau (1959), Maurice Fombeure écrivait :Pierre Menanteau
  24. 24. de tel dans sa poésie, parce que l’homme lui-même,le poète comme l’enseignant, était resté disponibleet généreux, en une espèce de grâce permanente, quiétait unanimement louée par tout le monde, aussibien ses administrés que ses pairs, les poètes. Pour-tant, il m’avait confié : « On me dit plein de bonté.Mais c’est difficile ! Si vous saviez ce que cela mecoûte ! »Peut-être. Mais sa poésie en a gardé une ouver-ture au monde qui permet au lecteur de retrouverune fraîcheur, un état de grâce qu’il croyait avoirperdues.Les richesses du mondeCette faculté d’émerveillement se donne d’abordlibre cours face à la nature – d’ailleurs non pas enface, mais immergée en elle. Un de ses plus célèbrespoèmes à l’intention des enfants commence par uneexclamation souvent citée : « Ah ! que la terre estbelle ! » (Bestiaire pour un enfant poète, 1960).La terre ainsi saluée, c’est celle des pays de l’Ouest,les pluies fines de l’hiver, le soleil pesant sur les blésl’été, la campagne travaillée par l’homme, les prés,les champs, les bois, les eaux. La poésie communieavec toute la nature.C’est aussi la mer si proche, les dunes, les grèves,l’écume des vagues, les mouettes criardes, les boisflottés.Pierre Menanteau était riche de deux cultures,aux sens propre et figuré. Par ses ascendants et parses goûts personnels, il avait avec la terre un contactcharnel, celui de l’homme qui « tient la bêche »(« Matin de tous les temps », dans Légendaire pourun enfant poète, 1962), qui sait planter, greffer, dis-tinguer la vraie de la fausse oronge ; mais par sesétudes et ses lectures, il avait aussi une connaissancescientifique parfaite de la flore, de ses classements,de ses espèces. Il caressait en passant dans son jardinde Péault les citronnelles, pour l’odeur, il cueillaitune feuille de millepertuis pour regarder le ciel autravers, mais il avait fait une déclaration au Muséumparce qu’il avait découvert une nouvelle variété demauve sur un bord de route.Tout cela a enrichi sa poésie, son Bestiaire, sonHerbier, son Légendaire, d’abord pu-bliés chez Se-ghers (1958-1962) et que j’ai eu la joie de reprendreen 1997 chez Hachette.Le philosophe Mikel Dufresne a montré quetoute poésie puisait forcément son inspiration pro-fonde dans la nature. Celle de Pierre Menanteau enporte témoignage. Ainsi les empreintes des pattesdes mouettes à marée basse sur la grève vendéennesont-elles pour le poète l’occasion de reconnaître lesigne de l’alliance avec les éléments du cosmos, mar-qué par les oiseaux de l’air sur le sable terrestre quel’eau va recouvrir : « L’étoile des oiseaux blasonneencore la grève » (« Cet âne était si doux… », dansle Bestiaire pour un enfant poète, 1958). Sa poésie estfaite avec les éléments du monde.Plusieurs recueils témoignent de l’enracinementde Pierre Menanteau dans sa Vendée natale, parexemple De chair et de feuilles (1960), Tapisserie duvent d’ouest (1964), Rivages (1968).Comme le peuplier, il fait partie de cette naturequ’il aime : « Je suis frère du vent qui m’apporte lapluie » (« Paroles du peuplier », dans Herbier pour unenfant poète, 1960). À plusieurs reprises il a suggéréson enracinement quasi-physique dans la naturedont il tire sa poésie.Le tilleulLa somnolence du dimancheM’ayant couché sous le tilleulJe cessai bientôt d’être seulJe fus d’abord la basse branche.De marche en marche vers le dômeSe porta mon être épandu.Je le soutenais de mon fût,J’étais le pilier de ce baume.Puis vers les racines secrètes,Vers le parallèle réseau,Descendit mon âme d’en haut,Et je fus cet arbre à deux têtes.Pour retrouver mon âme humaineÀ la place exacte du frontIl fallut le bruit de mon nomAvec une main dans la mienne.(Herbier pour un enfant poète, 1960).
  25. 25. Pour lui, l’arbre est l’axe du monde où « se meutune pensée humaine / Dans son angoisse et sonorgueil » (De chair et de feuilles, 1966). Les Desti-nées parallèles (1981), ce sont celles du poète, de lafaune, de la flore et de toute la nature.S’il écrivit un Légendaire, c’est parce qu’il futtoujours séduit par les contes et légendes, ceux deVendée, ceux d’autres pays puisqu’il a publié unebelle Suite pour Andersen en 1960, inspirée par lescontes de l’écrivain danois. Il lui rend hommage dèsle premier poème de la Suite, mais en reliant l’en-chantement du nord à celui de la Vendée, « dans uneécole au creux vacant du jour ». Le poète sait ce qu’ildoit aux sources de son inspiration profonde :Le nomIl est à Rome des fontainesQui portent le nom d’anciens dieux.Les bretonnes, les vendéennesPortent un simple nom de lieu.Dans le tréfonds de ma mémoireJe vois luire au ras d’un buissonUne source. Avait-elle un nom ?La sauvagine y venait boire.(Fontaines du temps retrouvé, 1984).(Mon grand-père en mourant prononça le nomde la source où il allait boire, enfant, La Courollede Saint-Hilaire-la-Forêt. Comment ne pas aimer cepoème de Vendée ?).Les merveilles des motsComme Mallarmé le rappelait à Degas, la poésiene se fait pas avec des idées, mais avec des mots.Quels que soient les thèmes et les sources d’inspi-ration de Pierre Menan-teau, il fut aussi un poèteparce qu’il savait assembler les mots, allier leur sens,leurs sons, leurs rythmes.Sa poésie renferme un charme délicat mais puis-sant qui provient à la fois de sa résonance symbo-lique et de sa transparence, l’une et l’autre liées parles correspondances qui s’établissent entre les êtres,les choses, la nature. Ainsi naissent les images lesplus évocatrices. Cette poésie communique au lec-teur la sensation d’appartenir aux forces cosmiques,comme on le ressent à certains endroits privilégiésde la nature, en particulier en Vendée, où le mys-tère semble palpable, sources, fontaines, bois, mé-galithes.Cette poésie que l’on sent, que l’on sait riched’une pensée profonde, aux reflets subtilement pan-théistes, cette poésie est évidente parce qu’elle restetoujours très simple, sa versification toujours très ai-sée, et elle possède le privilège de s’inscrire ainsi dansles mémoires, ce qui n’est pas courant aujourd’hui.Pourtant, elle sauvegarde toujours le puissant mys-tère du monde. Sa richesse n’est jamais totalementdéchiffrable. Poésie dont l’enchantement vientd’une habileté technique très savante mais cachéesous la simplicité de son évidence.Simple comme bonjourLorsque le jour est beauEt qu’il vous tend la joueComme fait un enfant.(À l’école du buisson, 1970).La poésie de Pierre Menanteau possède l’art duchant poétique, un don mystérieux qui la place dansle principal courant de la poésie française des ori-gines à nos jours. On y entend le français chanterpour notre plaisir, ce qui est également de plus enplus rare dans les charabias actuels qui s’auto-bapti-sent « poésie ».Il est toujours difficile de circonvenir les raisonsd’un charme en poésie, puisque c’est un art qui saisitles matériaux les plus simples du langage, les mots,que tout le monde utilise tous les jours de façon ba-nale – un art qui crée en les combinant un objet, lepoème, dont les mots prétendent dire plus et autrechose qu’eux-mêmes. C’est le miracle cette poésie àla fois si simple et si savante, ce paradoxe absolu del’artiste.Autre paradoxe, ce campagnard d’origine,comme engendré par sa Vendée natale où il a vouluêtre enterré, a écrit un très beau recueil évoquantParis, la ville inspiratrice elle-aussi, Capitale du sou-venir (1973) ; de même, ce maître des mots a consa-cré son dernier recueil aux images, Ces peintres quej’aime (1990), mais il est vrai qu’il fut lui-même unpeintre de talent qui perdit ses aquarelles sous lesbombes de 1940.Pierre Menanteau
  26. 26. Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 201326Il va y avoir bientôt quinze ans, le groupe debénévoles qui gèrent les Editions SOC & FOC estinterrogé par l’association Les Amis de Pierre Me-nanteau : le poète vient de mourir, l’associationvient de se créer et l’un de ses objectifs est de donnerà lire une œuvre dont une grande partie est deve-nue introuvable. C’est l’occasion pour nous de lireun poète dont nous ne connaissions que quelquestextes. La réédition qui nous est proposée diffère denos publications habituelles, consacrées à des poètescontemporains et le plus souvent accompagnées parle travail d’un artiste. Il s’agit là d’une écriture poé-tique classique, rythmée, souvent rimée, et si PierreMenanteau fut aussi peintre, ses œuvres ne serontque des ponctuations discrètes au fil des livres. SOC& FOC décide néanmoins de tenter l’aventure, fai-sant œuvre patrimoniale, pour mettre en lumièreune poésie accessible au plus grand nombre tout enétant un beau travail d’artisan de la langue française.Et puis au moment où d’autres auteursvendéens du patrimoinesont poussés sous les feuxd’une nouvelle notoriété,curieusement, Pierre Menanteau,défenseur de l’école laïque,n’intéresse personneIl y a cette militance aussi dans notre décision.De nombreux obstacles restent alors à lever, enparticulier l’autorisation de rééditer certains recueilsdont les éditeurs d’origine ont disparu. Il faudra plu-sieurs années pour être certain de pouvoir mener àterme les 8 tomes prévus, qui couvriront l’ensemblede l’œuvre poétique.Le choix d’une édition chronologique est retenu.Il permet d’avancer avec le poète dans son chemi-nement d’écriture, mais aussi dans les thèmes quijalonnent sa vie : la guerre, le passeur de poésie àl’enfant, le quotidien de la capitale, l’amour de lanature, les souvenirs d’enfance, le compagnonnageavec les peintres… L’Association des Amis de PierreMenanteau apporte un supplément à la connais-sance du poète par des notes précieuses.L’un de ses objectifs est dedonner à lire une œuvredont une grande partieest devenue introuvable« Piétons de Paris»Est-ce Léon-Paul Fargue ou Verlaine ou Paul Fort ?Maint piéton de Paris hante comme eux le songe;Un vivant qui passait soudainement s’allonge :Vous voici, Jean Follain, étendu dans la mort.Chaque ami qui s’en va de la main vous appelle.Elle est sombre, cette eau, mais elle est fraternelleMême si tout là-bas c’est l’inconnu du port.Nerval rôde la nuit Place du Châtelet.Victor Hugo, Place des Vosges, se promène.Jean Racine, est-ce vous ? Est-ce vous, La Fontaine ?Ninon s’accroche au bras de ce Dandy : Musset.Ici Francis Carco rêve au bord de la pluie.Non loin Félix d’Arvers que la mémoire oublieSe souvient de l’amour chanté par un sonnet.Empruntant aujourd’hui le rythme de lenteurQu’imposent aux autos les longs embouteillagesJe suis, le long des quais, l’écoulement des âges.D’une foule confuse émerge un voyageurQui se nomme Villon, Chénier ou Baudelaire.La courbe de la Seine est celle d’une artèreOù circule le sang propulsé par le cœur.Capital du souvenir (Reflets de Paris). 1973.Toute une part de son œuvre renvoie à des ré-flexions personnelles particulièrement riches, LaBarrière entrouverte (1967), Les Destinées parallèles(1981, Fontaines du temps retrouvé (1984), et chaqueouvrage apporte au lecteur d’aujourd’hui une poésieinsérée dans un temps et un lieu – et en même tempsouverte sur l’universel d’une grande humanité, d’unvéritable humanisme qui en assure la pérennité.Cette évocation de la poésie de Pierre Menanteaune peut s’achever sans rendre hommage à l’hommequ’il fut, dans tous les domaines. Le poète apportatoujours son aide aux jeunes poètes du moment.L’enseignant sut toujours aider les adolescents et lesjeunes maîtres dont il avait la charge à s’affirmer.Le plus beau témoignage lui en fut donné,lorsque l’Inspecteur de l’Éducation national qu’ilétait, partit en retraite. La salle des fêtes du XIIIearrondissement de Paris ne suffisait pas à contenirtous les instituteurs et professeurs venus témoignerplus que de la reconnaissance, leur affection à celuiqui avait su être aussi le poète dans toute sa vie. Jacques Charpentreau
  27. 27. 27Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 2013Le 7 avril 1992, l’homme de lettres Pierre Me-nanteau nous quittait. Il repose depuis lors auprèsdes siens dans le cimetière de Péault.Tour à tour, professeur de français, directeurd’Écoles Normales et enfin inspecteur de l’Éduca-tion Nationale.Parallèlement à son métier, il a écrit des essais,des contes, des romans, des florilèges, des antholo-gies et de nombreux poèmes. De 1927 à 1990, ila publié plus de 20 recueils de poésies. Son œuvrepoétique a été saluée par divers prix et par la recon-naissance de ses pairs, avec lesquels il a échangé uneimportante correspondance.Pierre Menanteau qui était né le 22 novembre1895, d’une mère native de Chasnais et d’un pèrenatif de Péault, a chanté son paysnatal, ses lieux de vie dont Paris,l’enfance et les sentiments hu-mains.Ce poète fait partie de notrepatrimoine et, de peur que sonœuvre tombe dans l’oubli, en1995, nous avons créé l’associa-tion Les Amis de Pierre Menanteau.Aussitôt, de nombreuses personnesqui l’avaient bien connu nous ontrejoints. Cette même année, l’ex-position « Sur les pas de Pierre Menanteau » quilui fut dédiée, réunissait plus de 150 personnes àPéault, autour des enfants et petits-enfants du poète.Les objectifs principaux de l’association sont defaire connaître le poète Pierre Menanteau, l’hommeet son œuvre.Avec l’aval de la famille du poète, nous avonsréédité, en 8 tomes, toute son œuvre poétique chezl’éditeur vendéen Soc et Foc, auprès duquel il esttoujours possible de se procurer les ouvrages.Actuellement, l’association travaille sur un livre :Pierre Menanteau, l’homme et son œuvre.En 2010, à Luçon, la médiathèque intercommu-nale du pays de la mer a été baptisée « Médiathèqueintercommunale Pierre Menanteau ».L’Association fut très heureuse de cette initiative,d’autant que Pierre Menanteau aimait fréquentercette bibliothèque de Luçon, lors de ses vacances àPéault.Pour cette occasion, l’exposition « Sur les pas dePierre Menanteau » a été refaite sur des matériauxcontemporains. Elle est à disposition chez le prési-dent de l’Association, Gaston Herbreteau, 25, ruede Dissais, à Mareuil-sur-Lay-Dissais.Association les Amis de Pierre MenanteauPierre Menanteaua traversé le XXesiècle auservice de l’Enseignement,son humanismea été reconnu parla communauté éducativeEntre 1998 et 2006 le projet est mené à sonterme. Les Œuvres poétiques de Pierre Menanteausont maintenant accessibles à tous et SOC & FOCest fier d’avoir été l’artisan de cette entreprise. Onpeut se procurer ces livres par le site http://www.soc-et-foc.com, ou en les commandant chez les libraires. pour l’équipe SOC & FOC, Claude BurneauPierre Menanteau
  28. 28. Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 201328
  29. 29. 29Lire en Vendée - avril 2013 - décembre 2013Pierre Menanteau :Je me souviens…Pierre Menanteau est présent dans mes souve-nirs tel que je l’ai rencontré en cet été 1983, dansla vieille maison familiale de Péault. J’étais accom-pagnée d’Yves Viollier : nous avions l’un et l’autrele désir de faire connaissance avec ce poète dont lestextes enchantaient particulièrement le monde desenfants. Il vivait le reste de l’année à Issy les Mouli-neaux et revenait chaque été dans la maison du Sud-Vendée où son père avait vu le jour. Pierre était né auBoupère lorsque son père y était directeur d’école.Je me souviens de sa voix de conteur et desa malice lorsqu’il nous racontait qu’unediseuse de bonne aventure avait prédit àson père qu’il aurait cinq enfants dont unpoèteAprès cette première rencontre, je lui rendis vi-site chaque année. En 1989, il était le seul survivantdes cinq enfants, sa sœur Charlotte avait quitté cemonde l’année précédente.À chacune de mes visites, il me dévoilait un peude son passé, de son amour de l’écriture. Il fut trèslié avec Max Jacob et Jules Supervielle. Il admiraitFrancis Jammes. Évoquait les échanges épistolairesqu’il eut avec Anna de Noailles ou Marie-Noël. Lepoète Maurice Fombeurre fut son élève à Poitiersquand il enseignait comme professeur de Lettres.Il fit allusion, une fois, au jeune soldat de 1914,fantassin de 20 ans, blessé entre Béthune et Arras.Au chemin des Dames, il vit tomber à ses côtés descombattants « c’était ma première nuit au front. Unobus a éclaté, emportant les deux mains de moncompagnon. À leur retour, les brancardiers quil’avaient transporté m’apprirent qu’il était mort enroute… »Entre chacune de mes visites, nous échangionsquelques lettres. À propos du mois de novembre(mois de ma naissance), voici ce qu’il m’écrivait le12 novembre 1985 :« Je suis né le 22 novembre d’une année loin-taine, et ce mois, chaque année, je le trouve long,plus long que les autres. Encore dix-huit jours àpasser avant décembre où l’homme, comme la terreelle-même, sent que quelque chose va changer…Soyons équitables : il y a, en novembre, la fête de laSainte-Cécile, patronne des musiciens. Et la poésien‘est-elle pas musique ? »Pierre Menanteau est décédé en avril 1992. Ilavait 97 ans. Régine AlbertPierre Menanteau
  30. 30. 30 Échos-Musées - avril 2013 - décembre 2013Menanteau maisaussi Clod’ariachez OmnibusPas anodine la présence dePierre Ménanteau dans le recueil lejardin en cent poêmes, paru l’an-née dernière chez Omnibus (218pages, avec illustrations, 29 €). Le poète vendéen néau Boupère dans le bocage et finissant sa longue viedans la plaine à Péault (1895-1992) figure dans cettedéclinaison aux côtés des plus prestigieux : Apollinaire,Rimbaud, Verlaine, Hugo, Ronsard, Cocteau...Menanteau est à l’honneur avec son Vieux rosier,publié pour le première fois en 1960, Ô vieux rosier,ce poids léger...La Vendée est d’ailleurs bien représentée dans cepanthéon où le thème du jardin est décliné au fildes saisons. Car Clod’aria y est aussi. Née en 1916,enseignante retraitée, retirée à l’Orbrie dans le sud-Vendée, elle doit cet honneur à son poème Matind’été, où elle y arrache l’herbe qu’on dit mauvaise. Ph. G.Remise du prix Gérard de Nerval pour son recueil Lecheval de l’aube.Photo extraite du journal Ce matin daté du 29 janvier1952. Pierre Menanteau est ici avec Francis Carco, (àdroite), un autre poète français.
  31. 31. 31Échos-Musées - avril 2013 - décembre 2013Échos-MuséesLes amis de l’Historial de la VendéeClemenceauet lesartistesmodernesManet,Monet,Rodin...
  32. 32. 32 Échos-Musées - avril 2013 - décembre 2013À l’orée des célébrations consacrées à la GrandeGuerre, l’Historial de la Vendée a choisi de rendreun hommage particulier à Georges Clemenceau,le « Père la Victoire », en présentant au public unaspect méconnu de sa personnalité. En effet : il nouades liens nombreux avec la sphère artistique de sontemps. Cette exposition a pour objectif de mettre enavant la place majeure qu’il occupa comme défenseurdes artistes dits « modernes » - notamment dans lecombat qu’il mena pour l’entrée de L’Olympia deManet au Louvre en 1907 ou dans l’installation desNymphéas de son ami Claude Monet à l’Orangeriedes Tuileries en 1927- mais aussi comme esthète etcollectionneur d’art averti. Ce projet sera égalementl’occasion de mettre en lumière son talent d’écrivainet de critique d’art au travers de ses ouvrages, dansses articles et même dans sa correspondance. Enfin,le personnage, par son aura politique et son rôle dansl’histoire du XXesiècle, devint lui-même un sujet àpart entière et généra une abondante production deportraits, de caricatures et de monuments que ceprojet lira à travers une double lecture, historiqueet esthétique.Ce voyage au cœur de l’intimité esthétique de cethomme illustre permettra également d’appréhenderun pan original de la sensibilité et de l’histoire dugoût de la fin du XIXeet du début du XXesiècle etde mieux cerner le rôle majeur que joua le cénacleartistique réuni autour du critique Gustave Geffroyet de Clemenceau et le pouvoir de la presse pourfaire reconnaître et accepter les œuvres de leurs amisimpressionnistes.Aussi curieux que cela puisse paraître, le sujet quenous abordons n’a jamais été étudié. L’expositionde l’Historial de la Vendée à laquelle sont associés– via un comité scientifique – des spécialistesde Clemenceau et de la sphère artistique de cettepériode a pour objectif de réparer cet « oubli ».Le catalogue qui accompagnera l’exposition et lesactes du colloque apporteront une contributionscientifique de référence sur le sujet.Auxcôtésdesœuvres,desapplicationsnumériquesapporteront une lecture critique élargie d’un certainnombre de sujets et permettront d’étoffer l’offreà destination des publics au sens large. Il est ainsiprévu de créer une application autour du thèmede la caricature. Un film sera également produit eninterne et diffusé à l’auditorium de l’Historial. Enfinde nombreuses actions de médiation sur l’éducationdu regard et sur la perception sont programmées.Commissariat général :- Christophe Vital, Conservateuren chef du patrimoine, Directeur dupatrimoine Culturel, Conseil Généralde la VendéeCommissariat scientifique :- Florence Rionnet, Docteur en histoire del’art moderne et contemporain, Responsable despartenariats scientifiques, Conseil Général de laVendée Clemenceau et les artistesmodernesManet, Monet, Rodin…Exposition du 8 décembre2013 au 2 mars 2014Les Lucs-sur-Boulogne,Historial de la VendéeCette exposition a pour objectifde mettre en avant la place majeurequ’il occupacomme défenseur des artistesAuguste Rodin,Buste de Georges Clemenceau, 1911, terre cuite, Paris,musée Rodin (inv. S. 1671)© Paris, musée Rodin Photographie/Christian BarajaClemenceau et les artistes modernes
  33. 33. 33Échos-Musées - avril 2013 - décembre 2013Félicie de FauveauLa visite au musée d’un arrière-petit neveu deFélicie de Fauveau fasciné par la personnalité de cetteparente et qui cherchait à en répertorier les œuvres,fut le début d’une longue relation épistolaire. Plustard, c’est Amblard de Guerry qui, ayant trouvé uneversion des Mémoires de Félicie et cherchant à lespublier, organisait au château de Landebaudière,alors propriété privée, une modeste exposition.En 2004, le département devenu propriétaire duchâteau,nousproduisionsundocumentaireretraçantl’histoire de ce monument et évoquant les épisodesde 1831 et de 1832 ainsi que le rôle de l’artiste auxcôtés de la comtesse de La Rochejaquelein.Une nouvelle exposition àl’Historial de la VendéeFélicie de Fauveau (faussement attribué à),Dague Othello et Desdémone et sonfourreauBronze, vers 1845, Fontenay-le-Comte,musée municipalcliché Serge Bauchet, © Conseil général de laVendée – Conservation départementale desmuséesRoyaliste,catholique et féministe,cette sculptrice a engagé sa vieet son art pour défendre une utopiepolitique s’exprimant avant toutpar l’image mise au service de l’histoire.Elle a déclinéune iconographie catholiqueet lui a donné des formes d’un néo-gothiqueet d’un néo-renaissance inspirés.Ces expositions constituentla première rétrospectivede ses œuvres.L’intérêtque nous avons portédepuis près de trente ansà Félicie de Fauveauremonte à une dagueconservée parmiles collections du muséede Fontenay-le-Comte.Attribuée, peut-être à tord,à l’artiste, elle est ornéed’un manche ayant pourthème Othello.Elle marque le pointde départ d’une longuequête pour découvrircette artisteoubliée.Félicie de Fauveau,1801-1886 :L’Amazonede la sculptureHistorial,16 février-19 mai 2013musée d’Orsay,11 juin-15 septembre2013
  34. 34. 34 Échos-Musées - avril 2013 - décembre 2013ExpositionsPowers L. (photographe)Félicie de Fauveaudevant la sculpture de saint Antoine de Padoue.Florence, vers 1870.Extraite de l’Album des Antiques,confectionné par Félicie de Fauveauet complété par son petit-neveuAlbert Philippe.Collection particulière.Au fil des années, le hasardvoulut que plusieurs œuvres deFélicie nous soient proposées pourenrichir nos collections en mêmetemps que se dessinait l’idéed’une exposition, la première,consacrée à ce qui devenait à nosyeux un grand artiste, romantiqueet passionnée de Moyen Âge,attachée à la Vendée et au Duc deBordeaux jusqu’à l’obsession.Un autre hasard voulut alorsque Sylvain Bellenger évoquâtla présence à l’Institut Nationald’Histoire de l’Art d’une trèsimportante série de lettres del’artiste. Nous proposâmes alors deprendre en charge la transcription,qui permit d’enrichir le corpus deses œuvres, et de nous associerpour mener à bien un projetd’exposition.Guy Cogeval, Président del’établissement public d’Orsayaccepta de se joindre à nous.Les œuvres dispersées dansde nombreux pays étrangersnécessitaient pour les rassemblerun partenariat.C’est donc ainsi que nousavons pu mener à bien cetteréalisation qui constituera à n’enpas douter une révélation pour lepublic et un grand moment pourl’Histoire de l’art du XIXesiècle. » Christophe VitalDirecteur du patrimoine culturel,conservateur en chef des musées de la Vendée
  35. 35. 35Échos-Musées - avril 2013 - décembre 2013Félicité Beaudin,Portrait de Félicie de Fauveau devant le Saint Georges de lord Egerton.Huile sur toile. Florence,1842. Collection particulière.cliché Patrick Durandet© Conseil général de laVendée – Conservation départementale des musées/ expositionsFélicie de Fauveau
  36. 36. 36 Échos-Musées - avril 2013 - décembre 2013Félicie de Fauveau :biographieFélicie, aînée d’une famille de 4 enfants, est filled’un négociant. Elle voyage au gré des changementsde poste de son père. Après quelques essais depeinturedèsl’âgede13ans,ellesetournerapidementvers la sculpture, et décide d’entamer une carrièred’artiste soutenue par sa mère. Pétrie de littératureromantique et épique, passionnée par le Moyen-Âgeet la chevalerie, elle puise son inspiration artistiquedans le vocabulaire médiéval. En 1826, à Paris, sonatelier est fréquenté par des artistes tels que PaulDelaroche ou Ary Scheffer. Exposée au salon de1827 avec succès, sa carrière s’envole.Cependant,royaliste,ellechoisitdeprivilégiersonengagement politique pour soutenir les Bourbon.Elle rejoint la comtesse Félicie de La Rochejaqueleinen Vendée et participe à l’insurrection royalistepour installer le duc de Bordeaux. Celle-ci échoueet Félicie de Fauveau doit s’exiler à Florence auprintemps 1833, où elle restera jusqu’à sa mort,s’adonnantpleinementàsonart.Desonpassagedansla clandestinité, elle gardera une tenue masculine ;ainsi que des liens étroits avec les Bourbons et Féliciede La Rochejaquelein. Elle décède le 12 décembre1886 et repose à Florence dans une chapelle portantune plaque avec l’inscription « Vendée, Labeur,Honneur, Douleur » à coté de ses armoiries.Félicie de Fauveau,Devise de Félicie de Fauveau, projet de pierre tombale, encre sur papier. 1841. Collection particulière.cliché Patrick Durandet© Conseil général de la Vendée – Conservation départementale des musées / expositionsExpositions
  37. 37. 37Échos-Musées - avril 2013 - décembre 2013Félicie de Fauveau,Fontaine de jardin à la nympheet au dauphin.marbre gris.Florence, 1848.Saint Petersbourg, Peterhof StateMuseum-reserve.© The Peterhof State Museum-reserve,St. Petersburg, 2012.
  38. 38. 38 Échos-Musées - avril 2013 - décembre 2013ExpositionsFélicie de Fauveau :l’amazone de la sculptureSylvain Bellenger et Jacques de CasoGallimard, musée d’Orsay, 2013, 350 p. 45 €Exposition, Historial de la Vendée, 16 février-19 mai 2013 ;musée d’Orsay, 11 juin-15 septembre 2013L’œuvre de F. de Fauveau (1801-1886), vendéenne royaliste, hostileà Louis-Philippe, catholique et féministe, est encore aujourd’huiméconnue. Exilée à Florence pendant près d’un demi-siècle, elleest pourtant une des figures majeures de la sculpture romantique.Ce catalogue rassemble des travaux de recherche récents sur l’artiste,des éléments de sa correspondance et de ses mémoires.Félicie de Fauveau et la Vendée, 1801-1886Christophe Vital, Pierre Legal, Thérèse Rouchette, Eric Mension-Rigau, Julien Boureau, et Marie-Elisabeth LoiseauSomogy, 2013, 80 p. 15 €Royaliste, catholique et féministe, cette sculptrice a engagé sa vie etson art pour défendre une utopie politique s’exprimant avant tout parl’image mise au service de l’histoire. Elle a décliné une iconographiecatholique et lui a donné des formes d’un néo-gothique et d’unnéo-renaissance inspirés. Ces expositions constituent la premièrerétrospective de ses œuvres.PublicationsProgramme d’animationUn cycle de conférences dans l’auditorium de l’Historial et desateliers ou stages sur la sculpture permettent d’aborder la théorie etla pratique de cet art ont lieu pendant toute la durée de l’exposition.Pour les derniers mois, il y aura :Une conférence (gratuite sur réservation)Entre intimité et histoire, les objets à message de la collectionHarty de Pierrebourg. (Dimanche 5 mai à 15h)Des ateliers et stage « sculpture » à l’HistorialAtelier modelage : Mercredi 24 avril de 13h30 à 17h30(Dès 8 ans - sur inscription - 5 € )Stage de sculpture sur pierre ou plâtre : 20/21/22 avril de 9h à 18h(Dès 15 ans – sur inscription – 5 €/jour)
  39. 39. 39Échos-Musées - avril 2013 - décembre 2013Félicie de Fauveau,Le drapeau de l’insurrection – Division de la Gaubretière « La bannière de saint Michel »ou Étendard de la division de La Rochejaquelein.peinture sur soie. 1832.La Gaubretière (Vendée), château de Landebaudière, Collection particulière.cliché Patrick Durandet© Conseil général de la Vendée, Conservation départementale des musées / expositionsFélicie de Fauveau
  40. 40. 40 Échos-Musées - avril 2013 - décembre 2013ADHÉSION 2013 :12 €LesAmisdeL’HistorialdelaVendéeHistorial de la Vendée, Allée Paul Bazin 85170 LesLucs-sur-Boulogne02 51 47 61 77 - www.ami-historial-vendee.com- e-mail :conservation-musee@vendee.frBulletin d’adhésionannée 2013, 12 € à adresser aux amis de l’Historial,Conservation des Musées,18 rue Luneau, 85000 La Roche sur YonM. Mme MlleNOM : Prénom :Adresse :Code postal Ville Tél : E-mail : (IMPORTANT POUR VOUS JOINDRE,merci)Journée sculpture le dimanche 28 avril de 10h à19h. Un dimanche entier consacré aux différentestechniques de sculpture : bois, pierre, bronze.Présence de sculpteurs et de restaurateurs d’œuvresanciennes toute la journée, démonstrations, visitescommentées de l’exposition, présentation destravaux des stagiaires.Animations extérieures gratuites – Accès payantaux tarifs du musée pour les animations intérieures.Visiter l’exposition :Des visites commentées thématiques del’exposition tous les jours par les médiatrices del’Historial. Pour les groupes, sur réservation.Mise à disposition de tablettes numériquespour découvrir l’exposition. Une table numériquepermettra la consultation d’un album de dessins deFélicie de Fauveau.A noter :Visite commentée de l’exposition,avec traduction en Langue des SignesFrançaise, le mercredi 8 mai à 15 h. Surinscription historial@vendee.fr.Tarifs d’accès du musée – Réduit pour les porteursde la carte d’invalidité.PRATIQUEL’Historial est ouvert de 10h à 18h jusqu’au 31mars et de 10h à 19h à partir du 1eravril .Fermé les lundisTarif plein : 8 € - Réduit : 5 € - Gratuit pour lesmoins de 18 ans ; Cafétéria et boutique sur place.Renseignements : 02 51 47 61 61 – historial@vendee.fr

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