TABLE DES MATIERESIntroduction                                                             11               PREMIERE PARTI...
C- Etude de la mortalité anormale du Chevreuil (« EMAC ») en France               34        1- Présentation de l’« EMAC » ...
E- Le machinisme agricole                                                      55      F- Traumatismes divers             ...
C- Autres maladies potentielles                                                       92          1- La fièvre aphteuse   ...
a- La démodécie                                                  126                b- La gale                            ...
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INDEX DES FIGURESFigure 1 : Chevreuil mâle ou brocard (photo Manfred DANEGGER)Figure 2 : Calendrier de la pousse des bois ...
Figure 21 : Comparaison des collisions par type d’axes routiers entre 1984-1986 et 1993-1994Figure 22 : Evolution de la ré...
INDEX DES TABLEAUXTableau 1 : Nature des autres bactéries isolées lors de pathologies pulmonaires (donnéesSAGIR de 1986 à ...
ABREVIATIONSAFSSA : Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (siège principal du SAGIR àNancy)ANCGG : Associati...
INTRODUCTIONLe Chevreuil (Capreolus capreolus) représente aujourd’hui le grand mammifère sauvageincontournable des campagn...
En plus de l’attrait crée par l’intelligence et la beauté de ce petit cervidé, l’apparition desépisodes de mortalité massi...
PREMIERE PARTIE : GENERALITES  I-     BIOLOGIE DU CHEVREUIL         A- Systématique et répartition géographique           ...
2- Le pelageSa robe est de couleur grise en hiver et rousse en été. Le passage d’un pelage à l’autre se faitau moyen de de...
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C- Habitat et alimentation du Chevreuil           1- Habitat (41)Le Chevreuil est considéré communément comme un animal fo...
b- Régime alimentaire du Chevreuil en milieu forestierEn milieu forestier, le régime alimentaire du Chevreuil est essentie...
Le Chevreuil se nourrit également de divers aliments qu’il trouve en fonction des saisons. Ilconsomme des graines (grains ...
nidification dans la paroi utérine ne se réalisent que fin décembre-début janvier, l’œufreprenant alors un développement c...
Figure 6 et 7 : Parade amoureuse entre un mâle et une femelle, suivie de l’accouplement        (photo du haut : Stephan ME...
Figure 8 : Jeune faon de Chevreuil âgé de quelques jours (photo Stephan LEVOYE (5))Les femelles ne présentent pas de compo...
3- Cas particulier des Chevreuils de plaine (17)La caractéristique du Chevreuil vivant en plaine est la constitution de gr...
Il existe une disparité dans la progression des plans de chasse selon les départements. Danscertains départements, la croi...
II-    PRESENTATION DES PRINCIPALES CAUSES DE         MORTALITE DU CHEVREUIL EN FRANCE         A- Le réseau SAGIR         ...
Au niveau local, le réseau possède deux correspondants par département : l’un appartient à laFDC et l’autre est un représe...
Page - 26 -              Figure 11 : Fonctionnement du réseau SAGIR (source SAGIR)
B- Bilan des données SAGIR           1- GénéralitésL’analyse des 8200 fiches collectées par le réseau SAGIR sur le Chevreu...
Ce sont les blessures de chasse qui arrivent en première position parmi les traumatismes. Ellesreprésentent 49% des cas po...
l’adversaire…) mais elle peut être secondaire à une infection des structures encéphaliquesconsécutive au traumatisme.Enfin...
Principales maladies bactériennes diagnostiquées chez le Chevreuil                               par le réseau SAGIR (1986...
Dans les affections bactériennes diverses, on trouve des affections telles que des surinfections(16 cas) ou des infections...
Répartition du tropisme parasitaire chez le Chevreuil                                    SAGIR (1986 - 2003)              ...
Principaux parasites digestifs responsables de mortalité chez le Chevreuil                                       SAGIR (19...
mitré (1), orphelin (5), rupture d’anévrisme (1), stress (7), torsion de caillette (1), toxémie degestation (2), ulcère de...
(départements dont le numéro était inférieur d’une unité à ceux des départements d’oùprovenaient les Chevreuils « MAC »).A...
3- Résultats des protocoles « EMAC »                   a. Résultats de l’étude rétrospective portant sur les années 1997 à...
b. Résultats de l’ « EMAC » de 1999 à 2001 (3)Pour la première saison (1999-2000), les résultats proviennent des trois dép...
représentent 80 à 90% des strongles isolés. Les autres nématodes présents (10 à 20%) sont desOesophagostomum sp. Compte te...
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Thèse sur les causes de mortalité du chevreuil

  1. 1. TABLE DES MATIERESIntroduction 11 PREMIERE PARTIE : GENERALITESI- BIOLOGIE DU CHEVREUIL 13 A- Systématique et répartition géographique 13 1- Position systématique 13 2- Aire de répartition du Chevreuil européen 13 B- Particularités morphologiques du Chevreuil 13 1- La taille et le poids 13 2- Le pelage 14 3- Les bois 14 C- Habitat et alimentation du Chevreuil 16 1- Habitat 16 2- Comportement alimentaire 16 a- Généralités 16 b- Régime alimentaire du Chevreuil en milieu forestier 17 c- Régime alimentaire du Chevreuil en plaine 18 D- Physiologie de la reproduction 18 E- Comportements territorial et social 20 1- Comportement territorial 20 2- Vie sociale 21 3- Cas particulier des Chevreuils de plaine 22 F- Evolution et situation démographiques du Chevreuil en France 22II- PRESENTATION DES PRINCIPALES CAUSES DE MORTALITE DU CHEVREUIL EN FRANCE 24 A- Le réseau SAGIR 24 1- Présentation du réseau SAGIR 24 2- Fonctionnement du réseau SAGIR 24 3- Intérêt de la base de données SAGIR dans notre travail 25 B- Bilan des données SAGIR 27 1- Généralités 27 2- Les traumatismes 27 3- Les maladies bactériennes 29 4- Les maladies virales 31 5- Les maladies parasitaires 31 6- Les mycoses 32 7- Les intoxications 32 8- Autres causes de mortalité 33 Page - 1 -
  2. 2. C- Etude de la mortalité anormale du Chevreuil (« EMAC ») en France 34 1- Présentation de l’« EMAC » 34 2- Protocoles de l’« EMAC » 34 3- Résultats des protocoles « EMAC » 36 a- Résultats de l’étude rétrospective portant sur les années 1997 à 1999 36 b- Résultats de l’« EMAC » de 1999 à 2001 37 c- Cas particulier de la réserve de Trois-Fontaines (Marne) 38 DEUXIEME PARTIE : MORTALITE DU CHEVREUIL EN FRANCEI- MORTALITE DUE AUX TRAUMATISMES 41 A- La chasse et les blessures suite à une action de chasse 41 B- Les collisions avec un véhicule 42 1- Modalités des enquêtes 43 2- Caractéristiques des collisions entre les véhicules et les grands ongulés sauvages 43 a- Evolution des collisions et espèces impliquées 43 b- Répartition géographique des collisions 44 c- Répartition des collisions dans le temps 45 c.1- Variations annuelles des collisions 45 c.2- Variations hebdomadaires des collisions 47 c.3- Variations des collisions au cours de la journée 47 3- Importance de la mortalité par collisions sur les populations de Chevreuils 47 C- Combats intra-spécifiques 47 1- Caractéristiques épidémiologiques des méningo-encéphalites purulentes liées aux combats intra-spécifiques 48 a- Age et sexe des animaux 48 b- Variations saisonnières de l’incidence des méningo-encéphalites purulentes chez les brocards 48 2- Caractéristiques étio-pathogéniques des méningo-encéphalites purulentes des brocards 49 a- Nature des lésions céphaliques traumatiques observées chez les brocards 49 b- Pénétration et devenir des germes dans l’organisme 49 c- Conséquences des méningo-encéphalites purulentes sur le pronostic vital de l’animal 50 d- Nature des germes isolés lors de méningo-encéphalites purulentes 50 3- Importance des combats sur la mortalité d’une population de Chevreuils 50 D- La prédation 51 1- Généralités 51 2- Prédation par les chiens errants 51 3- Prédation par les renards 52 4- Prédation par les lynx 54 5- Prédation par les loups 54 6- Prédateurs « occasionnels » 55 Page - 2 -
  3. 3. E- Le machinisme agricole 55 F- Traumatismes divers 58II- MORTALITE DUE AUX MALADIES INFECTIEUSES 59 A- Les maladies bactériennes 59 1- Les principales maladies bactériennes du Chevreuil 59 a- Les affections pulmonaires 59 b- Les entérotoxémies 61 c- Les septicémies 63 d- Les méningites et méningo-encéphalites purulentes 65 d1- Caractéristiques épidémiologiques des méningo-encéphalites purulentes 65 α- Age et sexe 65 β- Fluctuations saisonnières de l’incidence des méningo- encéphalites purulentes 65 d2- Etio-pathogénie des méningo-encéphalites purulentes chez le Chevreuil 66 α- Nature des germes mis en causes dans les méningo- encéphalites purulentes 66 β- Importance relative de ces germes dans la mortalité des Chevreuils 66 γ- Etiologie des germes impliqués dans les méningo-encéphalites purulentes chez le Chevreuil 67 d3- Importance des méningo-encéphalites purulentes sur la mortalité d’une population de Chevreuils 68 e- Les colibacilloses 69 2- Les autres maladies bactériennes 70 a- La pseudo-tuberculose 70 b- La paratuberculose 71 c- Les pasteurelloses 72 d- La listériose 73 e- Les salmonelloses 75 f- Les staphylococcoses 76 g- La maladie des abcès et abcès divers 78 3- Autres maladies bactériennes 79 a- Le botulisme 79 b- L’actinomycose et l’actinobacillose 80 c- La tuberculose 81 d- La yersiniose 82 e- Le rouget 82 f- Maladies bactériennes diverses 83 g- Bactérioses transmises par les tiques 86 g1- L’ehrlichiose 86 g2- La maladie de Lyme 88 g3- Les bartonelloses 88 B- Les maladies virales 89 1- La rage 89 2- Le BVD (Diarrhée Virale Bovine) 90 3- Autres maladies virales 92 Page - 3 -
  4. 4. C- Autres maladies potentielles 92 1- La fièvre aphteuse 92 2- La brucellose 93 3- Le charbon bactéridien 93 4- La maladie du dépérissement chronique des cervidés 94III- MORTALITE DUE AUX MALADIES PARASITAIRES 95 A- Principaux parasites pathogènes du Chevreuil 96 1- Parasitoses dues aux nématodes 96 a- Caractères généraux des nématodes 96 b- Infestation par les nématodes digestifs 96 b1- Cycle évolutif des strongles digestifs du Chevreuil 96 b2- Principaux strongles gastro-intestinaux rencontrés chez les Chevreuils 98 b3- Rôle pathogène des strongles gastro-intestinaux 98 α- Strongles de la caillette 98 β- Strongles de l’intestin grêle 104 γ- Strongles du caecum 105 δ- Strongles du colon 106 b4- Incidence du parasitisme gastro-intestinal sur l’état sanitaire et la condition physique du Chevreuil 106 b5- Tableau clinique des strongyloses gastro-intestinales chez le Chevreuil 107 c- Infestation par les nématodes pulmonaires 108 c1- Cycle évolutif des strongles pulmonaires 108 c2- Importance des strongyloses respiratoires 109 c3- Tableau clinique et épidémiologie de la « bronchite vermineuse » 110 d- Conclusion sur les parasitoses dues aux nématodes 112 2- Céphénémyiose et hypodermose 112 a- La céphénémyiose du Chevreuil 112 a1- Cycle biologique de Cephenemyia stimulator 113 a2- Symptomatologie de la céphénémyiose 114 a3- Importance de la céphénémyiose chez le Chevreuil en France 114 b- L’hypodermose du Chevreuil 115 b1- Cycle biologique d’Hypoderma diana 115 b2- Symptomatologie de l’hypodermose du Chevreuil 117 b3- Importance de l’hypodermose du Chevreuil en France 117 3- Le polyparasitisme 118 B- Parasitoses pathogènes secondaires du Chevreuil 118 1- Les mycoses 118 a- Les aspergilloses 118 b- Autres mycoses 119 2- Les protozooses 119 a- La coccidiose 119 b- La cryptosporidiose 120 c- Les babésioses 120 d- Autres protozooses 121 3- Parasitoses dues aux Trématodes 122 a- La fasciolose ou parasitose due à la grande douve 122 b- La dicrocoeliose ou parasitose due à la petite douve 124 4- Les cestodoses 125 5- Les parasitoses dues à des parasites externes 126 Page - 4 -
  5. 5. a- La démodécie 126 b- La gale 127 c- Les tiques 128 6- La strongyloïdose 129 7- Parasitoses dues aux nématodes de la cavité abdominale et du tissu conjonctif 129IV- MORTALITE D’ORIGINES DIVERSES 130 A- Les maladies métaboliques 130 1- L’acidose du rumen 130 2- La toxémie de gestation 132 B- Mortalité naturelle par vieillesse 133 C- Mortalité par épuisement 133 D- Mortalité par dénutrition et malnutrition 134 E- La diarrhée printanière du Chevreuil ou « mal de brout » 135 F- Les intoxications 136 1- Les intoxications d’origine végétale 136 2- Les intoxications par les pesticides agricoles 140 a- Nature des pesticides agricoles responsables d’intoxication chez le Chevreuil 140 b- Les anticoagulants et les IDC 144 b1- Les anticoagulants 144 b2- Les IDC 146 c- Les autres toxiques responsables de toxicité aiguë chez le Chevreuil 149 G- Les tumeurs 157 H- Les anomalies des bois : perruques ou têtes mitrées 157 I- Les accidents de gestation 158V- FACTEURS A L’ORIGINE D’UN BIAIS DANS L’ETUDE ET CONSEQUENCES SUR LA VALEUR DES RESULTATS COLLECTES 158 A- Problèmes relatifs au suivi sanitaire des populations de Chevreuils 158 B- Les biais rencontrés aux différents niveaux du réseau SAGIR 160 1- Collecte des échantillons et demandes des analyses 160 2- Analyses des échantillons au LVD 161 3- Interprétation des résultats au niveau national 162Conclusion 165 Page - 5 -
  6. 6. Page - 6 -
  7. 7. INDEX DES FIGURESFigure 1 : Chevreuil mâle ou brocard (photo Manfred DANEGGER)Figure 2 : Calendrier de la pousse des bois du brocard adulte (ANCGG)Figure 3 : Evolution des bois avec l’âge, de la naissance à 24 mois (ANCGG)Figure 4 : Chevreuil s’alimentant en milieu forestier (photo Manfred DANEGGER)Figure 5 : Cycle de reproduction de la femelle du ChevreuilFigure 6 et 7 : Parade amoureuse entre un mâle et une femelle, suivie de l’accouplement(photos Stephan MEYER et Manfred DANEGGER)Figure 8 : Jeune faon de Chevreuil âgé de quelques jours (photo Stephan LEVOYE)Figure 9 : Les Chevreuils de plaine vivent en groupe de plusieurs individusFigure 10 : Evolution annuelle du tableau de chasse national du Chevreuil de 1973 à 2001(ONCFS)Figure 11 : Fonctionnement du réseau SAGIR (SAGIR)Figure 12 : Principales causes de mortalité du Chevreuil (données SAGIR de 1986 à 2003)(n=8200)Figure 13 : Nature des traumatismes responsables de mortalité chez le Chevreuil (donnéesSAGIR de 1986 à 2003) (n=1351)Figure 14 : Traumatismes mineurs responsables de mortalité chez le Chevreuil (donnéesSAGIR de 1986 à 2003) (n=35)Figure 15 : Nature des principales maladies bactériennes diagnostiquées chez le Chevreuil(données SAGIR de 1986 à 2003) (n=1350)Figure 16 : Nature des maladies bactériennes secondaires diagnostiquées chez le Chevreuil(données SAGIR de 1986 à 2003) (n=154)Figure 17 : Nature des principaux parasites du Chevreuil (données SAGIR de 1986 à 2003)(n=500)Figure 18 : Principaux parasites digestifs responsables de mortalité chez le Chevreuil(données SAGIR de 1986 à 2003) (n=173)Figure 19 : Les collisions routières sont un des principaux traumatismes dont sont victimes lesChevreuils (photo Manfred DANEGGER)Figure 20 : Nombre de collisions annuelles impliquant le grand gibier de 1984 à 1986 et de1993 à 1994 Page - 7 -
  8. 8. Figure 21 : Comparaison des collisions par type d’axes routiers entre 1984-1986 et 1993-1994Figure 22 : Evolution de la répartition mensuelle des collisions entre 1984-1986 et 1993-1994en pourcentage du total annuelFigure 23 : Nombre de collisions mensuelles en fonction du sexe des Chevreuils en 1993-1994Figure 24 : Combat entre deux Chevreuils mâlesFigure 25 : Les faons de Chevreuils, cachés dans un couvert végétal exploité par l’homme,sont fréquemment victimes des machines agricolesFigure 26 : Mâchoire de Chevreuil atteint d’actinobacillose (photo D. MAILLARD)Figure 27 : Schéma général du cycle évolutif des Nématodes gastro-intestinaux chez leChevreuilFigure 28 : Nématodes du tube digestif du Chevreuil (d’après FERTE)Figure 29 : Nature des helminthes parasites du Chevreuil en fonction de leur localisation dansl’organisme (d’après FERTE et SAGIR)Figure 30 : Nématodes du tractus respiratoire du Chevreuil (d’après FERTE)Figure 31 : Cycle évolutif de Dictyocaulus noerneriFigure 32 : Cycle évolutif de Varestrongylus capreoliFigure 33 : Oestres en région naso-pharyngée chez un Chevreuil (photo A WANDELER)Figure 34 : Chevreuil présentant un parasitisme massif par des varrons (photo G. CACARD)Figure 35 : Répartition mensuelle des intoxications à l’if chez le Chevreuil de 1986 à 2003(données SAGIR de 1986 à 2003) (n=8)Figure 36 : Bilan des intoxications du Chevreuil entre 1992 et 1997 (n=30)Figure 37 : Bilan des suspicions d’intoxications de Chevreuils entre 1992 et 1997 (n=120)Figure 38 : Répartition annuelle des intoxications aux anticoagulants du Chevreuil de 1992 à2003 (données SAGIR de 1986 à 2003) (n=38)Figure 39 : Répartition mensuelle des intoxications aux IDC du Chevreuil de 1986 à 2003(données SAGIR de 1986 à 2003)Figure 40 : Répartition annuelle des intoxications aux IDC du Chevreuil de 1986 à 2003((données SAGIR de 1986 à 2003) (n=27) Page - 8 -
  9. 9. INDEX DES TABLEAUXTableau 1 : Nature des autres bactéries isolées lors de pathologies pulmonaires (donnéesSAGIR de 1986 à 2003)Tableau 2 : Nature des bactéries responsables de septicémies chez le Chevreuil (donnéesSAGIR de 1986 à 2003)Tableau 3 : Espèces de staphylocoques isolées chez le Chevreuil et syndromes provoquées parcelles-ci (données SAGIR de 1986 à 2003)Tableau 4 : Espèces bactériennes responsables d’abcès mortels chez le Chevreuil (donnéesSAGIR de 1986 à 2003)Tableau 5 : Maladies bactériennes diverses : espèces bactériennes isolées et syndromesassociés (données SAGIR de 1986 à 2003)Tableau 6 : Principaux végétaux responsables d’intoxication chez les petits ruminantsdomestiques en France Page - 9 -
  10. 10. ABREVIATIONSAFSSA : Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (siège principal du SAGIR àNancy)ANCGG : Association Nationale des Chasseurs de Grand GibierBVD : Diarrhée Virale BovineDL 50 : Dose Létale 50DNOC : Dinitro-2,4 orthocrésolDSV : Direction des Services VétérinairesEMAC : Etude de la Mortalité Anormale du ChevreuilENV : Ecole Nationale VétérinaireESB : Encéphalopathie Spongiforme BovineESST : Encéphalopathies Spongiformes Subaiguës TransmissiblesFDC : Fédération Départementale des ChasseursIDC : Inhibiteurs Des CholinéstérasesLABOTOX : Laboratoire de Toxicologie de l’Ecole Nationale Vétérinaire de LyonLVD : Laboratoire Vétérinaire DépartementaleMAC : Mortalité Anormale du ChevreuilMDC : Maladie du Dépérissement Chronique (des Cervidés)ONC : Office Nationale de la ChasseONCFS : Office Nationale de la Chasse et de la Faune SauvageSAGIR : Réseau d’épidémiosurveillance et d’épidémiovigilance de la faune sauvage nationale Page - 10 -
  11. 11. INTRODUCTIONLe Chevreuil (Capreolus capreolus) représente aujourd’hui le grand mammifère sauvageincontournable des campagnes françaises. Il n’a certes pas la noblesse du cerf élaphe ni larobustesse du sanglier, mais sa grâce, sa finesse et sa vivacité suscitent l’admiration de tousceux qui l’observent.Le Chevreuil constituent également un gibier de choix pour les chasseurs : son intelligence etsa ruse donnent lieu à des parties de chasse aux issues incertaines, et la tendreté et la finessede sa venaison en font un gibier très apprécié pour son goût.Toutes ces qualités ont engendré ces dernières décennies un regain d’intérêt de l’homme pource petit cervidé et une meilleure gestion des populations de Chevreuil a profondément modifiéleur démographie. Au cours de l’Histoire, l’influence de l’homme l’emporte de beaucoup surcelle de l’environnement dans la constitution des Chevreuils et la dynamique de leurpopulation. Depuis son expansion à partir du néolithique (il y a environ cinq mille ans), ladémographie des populations de Chevreuils a fluctué en fonction des autorisations ou desinterdictions de chasse de ce petit cervidé. La révolution française de 1789 octroie au peuplele droit de chasser le Chevreuil et l’augmentation de la pression cynégétique qui en découleprovoque un effondrement des populations. Il faut attendre la deuxième moitié du vingtièmesiècle pour assister au redressement démographique des populations de Chevreuils en France.La principale mesure ayant permis ce développement est la mise en place des plans de chasseà partir de 1979. Depuis lors, on assiste à un accroissement spectaculaire des populations deChevreuils. Ce petit cervidé s’est répandu sur l’ensemble du territoire métropolitain, allantjusqu’à coloniser des zones où il était absent. Il est même considéré comme très abondantdans certaines régions (49).Cette situation de surpopulation va alors poser un certain nombre de problèmes, avec toutd’abord de nombreuses interférences antagonistes avec les activités humaines : dégâts auxcultures ou aux plantations sylvicoles, collisions routières croissantes. Ce fort accroissementdémographique va aussi s’accompagner d’un dépassement des capacités d’accueil de certainsterritoires, avec une dégradation du statut physique et sanitaire des animaux. Il en résulte desanimaux plus chétifs et plus exposés à de nombreux dangers : traumatismes divers, sensibilitéaccrue vis-à-vis de pathologies infectieuses ou parasitaires… .Cette abondance démographique s’accompagne d’un accroissement des mortalités deChevreuils sur le territoire français, avec parfois des épisodes de mortalité massive danscertaines zones. De tels épisodes de mortalité importante se sont déjà produits par le passéavec d’autres espèces gibiers (lapins de garenne décimés par la myxomatose), ce qui a amenéles acteurs du monde cynégétique à s’intéresser de plus près aux pathologies des animauxsauvages. C’est ainsi qu’en 1986, l’Office National de la Chasse (ONC), crée un réseaud’épidémiosurveillance et d’épidémiovigilance de la faune sauvage française : Le réseauSAGIR.Cet organisme a pour mission de collecter des renseignements sur les maladies ou lesprincipales causes de mortalité des espèces sauvages en France, avec comme objectifprincipal la sauvegarde de ces espèces. L’étude des maladies de la faune sauvage présenteégalement deux enjeux de taille : d’abord, un enjeu en santé animale, dans la mesure où lesanimaux sauvages constituent le réservoir naturel potentiel d’agents pathogènes transmissiblesaux animaux domestiques ; d’autre part, un enjeu en santé publique, puisque certainesmaladies sont des zoonoses graves.L’expansion géographique et démographique du Chevreuil au cours de ces trente dernièresannées en a fait une des principales espèces constituant la base de données SAGIR. Page - 11 -
  12. 12. En plus de l’attrait crée par l’intelligence et la beauté de ce petit cervidé, l’apparition desépisodes de mortalité massive à la fin des années 1990 nous a interpellé et a fait germer l’idéede ce travail pour compléter nos connaissances sur les principales causes de mortalité de cetteespèce. Après avoir présenté les particularités biologiques du Chevreuil, nous nousattacherons à décrire les différentes causes de mortalité de celui-ci en insistant sur les plusimportantes et les plus spécifiques. Page - 12 -
  13. 13. PREMIERE PARTIE : GENERALITES I- BIOLOGIE DU CHEVREUIL A- Systématique et répartition géographique 1- Position systématique (41)Embranchement : VertébrésClasse : MammifèresSuper-ordre : OngulésOrdre : ArtiodactylesSous-ordre : RuminantsFamille : CervidésGroupe : TélémétacarpaliensSous-famille : OdocoileinaeGenre : CapreolusEspèce : Capreolus capreolusLe Chevreuil est présent uniquement sur le continent eurasiatique. Cette espèce se subdiviseen trois sous-espèces dont une seule, Capreolus capreolus capreolus, se rencontre en Europe.Les deux autres sous-espèces sont cantonnées à certaines régions du continent asiatique. 2- Aire de répartition du Chevreuil européenLe Chevreuil occupe la presque totalité du continent européen puisqu’il est largementreprésenté en Europe de l’est, centrale et occidentale. Il est également bien présent enScandinavie (au-delà du cercle polaire arctique) et en Angleterre. Sa présence dans les paysméditerranéens se limite aux massifs montagneux. L’espèce est absente d’Irlande ainsi quedes îles méditerranéennes (Corse, Sardaigne, Sicile…) (41).En France, on le rencontre sur l’ensemble du territoire, à l’exception des très hauts massifsalpins et pyrénéens (au-dessus de 2000 mètres) et de la Corse. Il faut ajouter à cette listequelques communes de Normandie, du département du Nord et du pourtour méditerranéen.Néanmoins, grâce à sa grande adaptabilité, le Chevreuil est en train de coloniser ces dernièresrégions (39). B- Particularités morphologiques du Chevreuil (41)Les individus sont désignés par des noms différents selon leur âge et leur sexe. Quelque soitle sexe, le jeune de 0 à 6 mois est appelé faon, puis chevrillard jusqu’à l’âge de 12 mois. Au-delà, le mâle s’appelle brocard et la femelle chevrette. 1- Taille et poidsLe Chevreuil est le plus petit Cervidé européen : sa hauteur varie de 60 à 80 cm au garrot et salongueur totale de 1 à 1.25 m, pour un poids moyen de 20 à 25 kg à l’âge adulte.A la naissance, le faon pèse entre 1.5 et 2 kg. Sa croissance est ensuite rapide et à l’âge de 6mois, il a atteint 60% de son poids définitif (14 à 16 kg). Page - 13 -
  14. 14. 2- Le pelageSa robe est de couleur grise en hiver et rousse en été. Le passage d’un pelage à l’autre se faitau moyen de deux mues, l’une en avril-mai et l’autre en octobre.Le faon possède un pelage caractéristique brun-roux tacheté de blanc et de jaune pendant sestrois premiers mois. Il est alors dit « en livrée ». Puis ces mouchetures disparaissentprogressivement permettant au jeune d’acquérir sa robe d’adulte. Figure 1 : Chevreuil mâle ou brocard (photo Manfred DANEGGER (5)) 3- Les boisLes bois constituent la marque essentielle du dimorphisme sexuel. Seuls les mâles portent desbois.Il s’agit de productions osseuses caduques qui tombent et repoussent chaque année. Les boisse développent sur deux apophyses de l’os frontal appelés « pivots ». Ils tombent tous les ansentre octobre et décembre et repoussent progressivement en 2 à 3 mois. Ils sont alors appelés« velours » car ils sont protégés par une peau recouverte de poils fins. A la fin de l’hiver, lebrocard va « frayer » ses bois c’est-à-dire les dépouiller du velours et ainsi retrouver des boisdurs (figure 2 et 3). Page - 14 -
  15. 15. M A F M J J D J N A O S 1- Novembre: mâles sans bois. — 2- Décembre - janvier: repousse progressive des bois en velours. — 3- Février - mars: le velours recouvre les bois pendant leur repousse. — 4- Avril - mai : le velours se dessèche et tombe par lambeaux sanguinolents. — 5- Juin à septembre: les bois sont durs et dépouillés. — 6- Octobre - novembre: chute des bois. Figure 2 : Calendrier de la pousse des bois du brocard adulte (ANCGG (4))Figure 3 : Evolution des bois avec l’âge, de la naissance à 24 mois (ANCGG (4)) Page - 15 -
  16. 16. C- Habitat et alimentation du Chevreuil 1- Habitat (41)Le Chevreuil est considéré communément comme un animal forestier. Il affectionne toutparticulièrement les forêts de feuillus et riches en couverts bas qui lui fournissent son gîte etsa nourriture.Le Chevreuil est plutôt un animal de lisière. Il est attiré par les transitions entre forêts etcultures, par les bordures entre des peuplements forestiers de structure différente (vieuxtaillis-jeune taillis, vieille futaie-jeune futaie au stade fourré), les accotements de chemins oude layons.A la fin des années 70, le Chevreuil s’est mis à coloniser les milieux ouverts. Ce phénomèneest dû d’une part à l’évolution de l’environnement du Chevreuil en liaison avec les activitéshumaines (tourisme, développement des réseaux routiers) et d’autre part à l’explosiondémographique des populations de Chevreuils. Cette tendance n’a cessé de progresser depuiset elle s’accompagne de profondes modifications comportementales des animaux.Sa plasticité remarquable permet donc au Chevreuil d’occuper tous les types d’habitats :milieu forestier mais aussi plaine cultivée, landes à genêts et ajoncs garrigue à chênes verts dupourtour méditerranéen, bocage et même certaines zones humides. 2- Comportement alimentaire a- Généralités (41) (52)Le Chevreuil est un animal polygastrique qui se nourrit exclusivement de végétaux. Sonappareil digestif lui permet de dégrader la cellulose et la lignine.Le Chevreuil présente de nombreuses contraintes nutritionnelles en raison d’un manque deréserves corporelles, de besoins énergétiques et coûts de reproduction importants qui lerendent très dépendants d’une alimentation de bonne qualité sur toute l’année. De plus, sonestomac est de faible capacité : 4 à 6 litres environ soit 6% du volume corporel. Son régimealimentaire varie fortement en fonction des ressources disponibles selon le milieu et la saison.Toutefois, il consomme sélectivement des aliments à forte valeur nutritive et à digestibilitéélevée (sucres solubles).Les besoins énergétiques d’un Chevreuil adulte sont de 0.3 UF/jour, ce qui correspond àl’absorption journalière de trois à quatre kilogrammes de végétaux frais (soit quatre à cinqcents grammes de matière sèche). Ses besoins en eau sont faibles et l’eau de constitution desaliments absorbés lui suffit bien souvent. Il a besoin d’un gramme de sel par jour.Les besoins alimentaires du Chevreuil sont surtout élevés entre la fin du rut et le début del’hiver.L’activité du Chevreuil est constituée d’une dizaine de périodes de gagnage principalementdiurnes et crépusculaires, entrecoupées de périodes de rumination et de sieste. Il passe six àsept heures par jour à ruminer. Ses gagnages de prédilection sont les clairières, le jeune tailliset les lisières.Son régime alimentaire est différent en fonction des différents habitats. Page - 16 -
  17. 17. b- Régime alimentaire du Chevreuil en milieu forestierEn milieu forestier, le régime alimentaire du Chevreuil est essentiellement constitué d’unepart de végétaux ligneux chargés en sève et d’autre part, de végétaux semi-ligneux, dont larichesse en calcium, phosphore et magnésium agit sur la croissance des faons et la repoussedes bois (52).Parmi les essences semi-ligneuses, le Chevreuil consomme préférentiellement la ronce, lelierre puis la callune. En second choix, il peut aussi se nourrir des feuilles de framboisier,d’églantier, d’aubépine… . Cette consommation arbustivore a lieu toute l’année mais estaccentuée en automne et en hiver. Elle constitue une part importante du régime alimentaire duChevreuil (41).Les aliments ligneux consommés sont des arbres à feuilles caduques ou des arbres à feuillespersistantes ou encore, des arbustes (type cornouiller) mais en moins grande quantité que lesdeux précédents.Les essences ligneuses à feuilles caduques sont surtout utilisées au printemps et en été. Ils’agit principalement de feuilles de chêne, de charme, de frêne, d’orme, d’érable… . LeChevreuil consomme les résineux plutôt en hiver et au début du printemps lorsque les arbres àfeuilles caduques n’ont plus leurs feuilles. Il affectionne particulièrement le sapin et le pinmaritime, surtout à l’état de jeunes plants. Cette consommation de résineux est accentuée lorsd’enneigement important (41). Figure 4 : Chevreuil s’alimentant en milieu forestier (photo Manfred DANEGGER (5))En milieu forestier, les plantes herbacées ne constituent qu’une faible part du régimealimentaire du Chevreuil. Il en utilise toute l’année en faible quantité, avec toutefois uneaugmentation de la consommation au printemps avec des plantes herbacées de typecotylédones ou graminées. Page - 17 -
  18. 18. Le Chevreuil se nourrit également de divers aliments qu’il trouve en fonction des saisons. Ilconsomme des graines (grains de céréales, betteraves pour les animaux vivant au bord deslisières) et des champignons. Il utilise aussi la fructification forestière (glands et fainessurtout, mais aussi framboises sauvages, mures, gousses de légumineuses, poires…). LeChevreuil consomme ces aliments divers en quantité relativement faible l’été, mais enquantité plus importante l’automne puisqu’ils peuvent représenter jusqu’à 20% du régimealimentaire (glands, champignons surtout) (41). c- Régime alimentaire du Chevreuil en plaineLe Chevreuil n’ayant colonisé ce milieu que depuis quelques années, les connaissances surson comportement alimentaire en plaine ne reflètent probablement pas l’entière réalité maisdonnent néanmoins une tendance générale.En plaine, le Chevreuil se nourrit quasi-exclusivement de plantes herbacées. Ellesreprésentent 96% du régime alimentaire, avec une majorité de plantes cultivées (85% durégime alimentaire) (52).Une étude menée dans le nord de la Picardie en 1995 (52) donne les grandes tendancesalimentaires du Chevreuil en plaine. Le régime alimentaire varie selon les saisons, avec uneconsommation de 90% de plantes cultivées en été et 77% en hiver, contre une égalité deconsommation des plantes cultivées et non cultivées en automne.Les principales plantes cultivées consommées sont le blé et la betterave à raison de 63% durégime alimentaire en été et 76% en hiver. Les céréales (feuilles et graines de pois, autresvégétaux et engrais verts) sont ingérés en moins grande quantité tout au long de l’année avecdes variations saisonnières liées au cycle végétal.Les ronces sont les principales plantes non cultivées consommées en automne et en hiver. Enété, le lierre, les graminées non cultivées et les arbres et arbustes sont couramment ingérés.Enfin, pour les animaux vivant dans les bosquets, des variations du régime alimentaire sontobservées. En effet, les ronces constituent une part plus importante du régime alimentairechez ces animaux.L’examen de contenus ruminaux de Chevreuils (52) vivant en plaine permet de compléter cestendances. Il semblerait qu’en hiver et en été, les plantes cultivées soient les plusconsommées, tandis qu’en automne, après la saison de labour, ce soit les plantes non cultivéesqui prédominent dans le régime alimentaire de l’animal.Le Chevreuil est donc un animal opportuniste c’est-à-dire que son régime alimentaire secalque sur les ressources dont il dispose. D- Physiologie de la reproduction (41)L’activité reproductrice se caractérise par un cycle annuel parfaitement défini.La maturité sexuelle est atteinte dans les deux sexes dès l’âge de un an.Le rut s’étend de la mi-juillet à la mi-août, période au cours de laquelle l’activité etl’agressivité des brocards atteignent leur maximum.L’oestrus chez la femelle ne dure que deux jours. Elle doit être impérativement fécondéependant cette période car elle ne reviendra pas en chaleur avant l’année.La caractéristique essentielle du cycle reproducteur du Chevreuil intervient à ce stade. Il s’agitde l’ovoimplantation différée. L’œuf fécondé commence à se développer puis sondéveloppement s’arrête au stade blastocyste. L’œuf reste libre et son implantation et sa Page - 18 -
  19. 19. nidification dans la paroi utérine ne se réalisent que fin décembre-début janvier, l’œufreprenant alors un développement classique. La durée totale de la gestation est d’environ 300jours mais la phase réelle de gestation n’est que de 130 jours, l’œuf étant en diapauseembryonnaire le reste du temps. M A F L M A OVO J C J IMPLANTATION T D A J T N O I R N A U O S T Figure 5 : Cycle de reproduction de la femelle du ChevreuilLes mises-bas s’étalent d’avril à juin avec un pic lors de la deuxième quinzaine de mai. Unefemelle donne naissance de deux à trois faons en moyenne, à l’exception des primipares quimettent bas à un faon.La figure 5 représente le cycle de reproduction d’une femelle Chevreuil.Les femelles se reproduisent toute leur vie soit une dizaine d’année.Les faons pèsent entre 1.5 et 2 kg à la naissance. Ils commencent à suivre leur mère dès l’âgede huit jours et leur protection repose presque exclusivement sur le grand mimétisme que leurprocure leur robe caractéristique (pelage brun-roux tacheté de blanc et de jaune). Ils tètent leurmère jusqu’à l’automne mais leur régime alimentaire devient principalement végétarien dèsdeux mois. Leur croissance est très rapide et à la fin de l’hiver, il est difficile de distinguer lesjeunes de l’année et les adultes. Page - 19 -
  20. 20. Figure 6 et 7 : Parade amoureuse entre un mâle et une femelle, suivie de l’accouplement (photo du haut : Stephan MEYER, photo du bas : Manfred DANEGGER) (5) E- Comportement territorial et social 1- Comportement territorial (17) (41)La notion de territoire se définit par l’attachement d’un individu à une zone géographique plusou moins bien délimitée, qui, par des comportements spécifiques ou des signaux, s’oppose àl’intrusion d’autres individus, en particulier ceux de la même espèce.Chez le Chevreuil, le comportement territorial est l’apanage des brocards reproducteurs. Cetteattitude présente un caractère saisonnier marqué, puisqu’elle s’observe dès la fraye des boisau printemps, et évolue progressivement vers un comportement reproducteur s’achevant finaoût après le rut.La superficie de ces zones protégées varie entre 30 et 70 hectares et elle augmente en périodeterritoriale (printemps et été).Les activités automnales et hivernales du brocard sont réduites et ce dernier se cantonne dansune zone plus ou moins centrale de son territoire. A contrario, le mâle est très actif pendant leprintemps et l’été et explorent la totalité de son domaine.Le Chevreuil est un animal sédentaire puisqu’un mâle peut conserver le même territoireplusieurs années de suite. Page - 20 -
  21. 21. Figure 8 : Jeune faon de Chevreuil âgé de quelques jours (photo Stephan LEVOYE (5))Les femelles ne présentent pas de comportement territorial. Toutefois, elles exploitent souventle même domaine qu’un mâle territorial, qui est fréquemment celui avec lequel elless’accouplent. Tout comme les mâles, les chevrettes limitent leurs déplacements au cœur dudomaine pendant l’hiver. Elles ont également une mobilité réduite lors de la période entourantla mise-bas.La rupture de la relation mère-jeune impose une émigration des jeunes Chevreuils de l’annéeprécédente. Cette dispersion est surtout marquée pour les jeunes brocards qui entrent dans unepériode d’errance plus ou moins longue, dans l’attente de leur établissement sur leur propreterritoire. Les jeunes femelles s’installent rapidement à proximité de leur lieu de naissance,sur le territoire d’un mâle adulte.Le comportement territorial du Chevreuil varie selon son statut social et rythme l’organisationsociale de l’espèce au cours de l’année. 2- Vie sociale (17) (41)Le noyau de base de l’organisation sociale se compose de la chevrette et de ses faons del’année. L’éclatement de la cellule familiale mère-jeune se produit en avril-mai au momentdes nouvelles mises-bas. Cette séparation est le facteur essentiel de dispersion de l’espèce etde colonisation de nouveaux espaces.Le mâle adulte est toujours solitaire et attaché à son territoire. Les relations avec sescongénères se limitent d’une part à la défense de son domaine vital en développant uncomportement agressif vis-à-vis des autres mâles lors de la période de territorialité et dereproduction, et d’autre part à la saillie des femelles au cours du rut. Néanmoins, des relationsde dominance-subordination permettent à plusieurs mâles de vivre côte-à-côte sur le mêmedomaine.Les relations sociales du Chevreuil sont donc complexes et sont le reflet de la grandeadaptabilité de l’espèce face aux contraintes du milieu. Le cas des Chevreuils de plaineillustre cette grande plasticité. Page - 21 -
  22. 22. 3- Cas particulier des Chevreuils de plaine (17)La caractéristique du Chevreuil vivant en plaine est la constitution de groupes de taillesimportantes pouvant atteindre plusieurs dizaines d’individus. Cette tendance grégaire a lieupendant la période automnale et hivernale. Ce regroupement ne correspond pas à une hardebien structurée mais il permet au Chevreuil d’utiliser au mieux les disponibilités alimentairesde la plaine agricole à une période défavorable sur le plan climatique. Ce grégarisme est aussiun moyen de défense face à d’éventuels prédateurs.L’utilisation de l’espace est modifiée puisque le domaine vital peut atteindre plusieurscentaines d’hectares (200 à 300 hectares en moyenne). Figure 9 : Les Chevreuils de plaine vivent en groupe de plusieurs individus (6) F- Evolution et situation démographique du Chevreuil en France (source ONCFS) (43)Il est impossible de connaître avec précision les effectifs de la population de Chevreuils enFrance. Nous ne pouvons faire que des estimations réalisées à partir des données des tableauxde chasse annuels. Les variations de ces tableaux de chasse d’une année sur l’autre reflètentl’évolution des effectifs de Chevreuil. Les prélèvements cynégétiques annuels recommandéspour le Chevreuil sont de l’ordre de 25 à 30% de la population de départ.En 27 ans, les tableaux de chasse ont fortement augmenté. Ils ont été multiplié par plus de huit(52 849 Chevreuils tués durant la saison 1973-1974, 445 315 réalisations en 2001-2002). Lapopulation de Chevreuils est donc en pleine expansion et doit probablement dépasser lemillion d’individus.Toutefois, nous observons un tassement dans le développement de la population deChevreuils depuis quelques années. Le témoin de ce phénomène est la baisse de laprogression des tableaux de chasse concernant le Chevreuil. Jusqu’à la saison cynégétique1997-1998, le taux annuel moyen de progression des tableaux de chasse est de 8,5% sur lesvingt-cinq dernières années. Depuis, ce taux ne cesse de diminuer pour atteindre 3,5% en2001-2002. Page - 22 -
  23. 23. Il existe une disparité dans la progression des plans de chasse selon les départements. Danscertains départements, la croissance des tableaux reste soutenue. Il s’agit souvent dedépartements où les réalisations sont faibles par rapport aux autres départements français. Aucontraire, certains départements dont les populations de Chevreuils sont numériquementimportantes, observent une stagnation de leurs tableaux de chasse voire même une diminutionpour quelques uns. Ce dernier cas est généralement lié au dépassement de l’équilibre entre lespopulations de Chevreuils et leurs milieux. Ce déséquilibre engendre des mortalitésinfectieuses d’animaux pouvant survenir brutalement et entraîner une chute radicale du niveaude la population.L’augmentation régulière et soutenue des populations de Chevreuils s’accompagne doncd’une progression des mortalités cynégétiques et extra-cynégétiques des animaux. Figure 10 : Evolution annuelle du tableau de chasse national du Chevreuil de 1973 à 2001 (source ONCFS) (43) 600 000 Attributions 500 000 Réalisations 400 000 300 000 200 000 100 000 0 73 75 77 79 81 83 85 87 89 91 93 95 97 99 01 74 76 78 80 82 84 86 88 90 92 94 96 98 00 Saisons cynégétiques Page - 23 -
  24. 24. II- PRESENTATION DES PRINCIPALES CAUSES DE MORTALITE DU CHEVREUIL EN FRANCE A- Le réseau SAGIR 1- Présentation du réseau SAGIRLe réseau SAGIR ou Réseau National de Surveillance Sanitaire de la Faune Sauvage est unsystème d’épidémiosurveillance et d’épidémiovigilance du statut sanitaire de la faune sauvagesur l’ensemble du territoire national.Ce réseau a été crée en 1986 par l’Office National de la Chasse (ONC). Son rôle principal estde mettre en évidence et d’étudier les principales causes de mortalité de la faune sauvage enFrance afin de réduire leur impact et de les éliminer.Le fonctionnement du réseau SAGIR repose sur la collaboration étroite entre plusieursorganismes ayant des rôles précis à différents niveaux (figure 11).Depuis 1989, le réseau SAGIR procède à la saisie informatique de l’ensemble des rapportsd’autopsies en provenance de tous les départements français, ainsi que de toutes les autresinformations concernant les animaux examinés (fiches de renseignements SAGIR, résultatsanalyses toxicologiques, parasitologiques…). Depuis sa création, le SAGIR a enregistré plusde 22000 fiches, toutes espèces confondues, constituant ainsi l’une des banques de donnéessur les pathologies de la faune sauvage la plus importante d’Europe. Les Lagomorphes (lelièvre principalement) et le Chevreuil sont les espèces principales transmises au réseau.Toutefois, de nombreux autres animaux ont fait l’objet d’études, et, au total, ce sont plusd’une soixantaine d’espèces de mammifères (80% des fiches) et d’oiseaux (20% des fiches),gibier ou non, qui ont été concernées par les analyses SAGIR. 2- Fonctionnement du réseau SAGIRLes différents partenaires du réseau SAGIR sont l’Office National de la Chasse et de la FauneSauvage (ONCFS), l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) deNancy, le laboratoire de toxicologie de l’Ecole Nationale Vétérinaire de Lyon (LABOTOX),les Laboratoires Vétérinaires Départementaux (LVD), les Fédérations Départementales desChasseurs (FDC) et parfois la Direction des Services Vétérinaires (DSV).La figure 11 présente les interrelations entre ces différents organismes.Au niveau local, c’est la Fédération Départementale des Chasseurs qui est chargée de lacollecte des cadavres et de leur envoi au LVD.A ce niveau, si l’état de l’animal le permet (animal non putréfié), l’autopsie de l’animal estréalisée avec d’éventuelles analyses parasitologiques et bactériologiques. Des prélèvementspeuvent également être effectués pour des recherches complémentaires et sont alors envoyés àdes laboratoires spécialisés. Par exemple, si une suspicion d’intoxication est émise, lesprélèvements sont envoyés au laboratoire de toxicologie de l’ENVL. Page - 24 -
  25. 25. Au niveau local, le réseau possède deux correspondants par département : l’un appartient à laFDC et l’autre est un représentant local de l’ONCFS. Ceux-ci rédigent une fiche decommémoratifs SAGIR qui essaie de rassembler des données épidémiologiques les plusprécises possibles : • Date et lieu précis de la découverte de l’animal • L’espèce animale concernée • L’âge, le sexe et la condition physique de l’individu • Animal trouvé mort ou mourrant • Existence éventuelle d’autres cas semblables à proximité • Signes extérieurs visibles sur le cadavre • Densité évaluée de l’espèce aux 100 hectares • Cause supposée de la mort • LVD auquel le cadavre a été transmisLes correspondants locaux envoient ensuite la fiche SAGIR accompagnée des résultats duLVD au laboratoire centralisateur (AFSSA de Nancy) du réseau SAGIR. Le centralisateurSAGIR (Marie-Eve TERRIER) réalise alors la saisie informatique de toutes les données qu’ilreçoit (fiches SAGIR, résultats des LVD, du laboratoire de toxicologie de l’ENVL ou d’autreslaboratoires spécialisés).Le centralisateur effectue une synthèse de ces résultats deux fois par an et dresse un bilanannuel qu’il transmet à l’organisme coordinateur du réseau, l’ONCFS. Ce dernier va alorsdiffuser ce bilan aux différents partenaires du réseau (LVD, FDC, DSV).Les autres relations secondaires, ainsi les modalités de financement, sont reprises dans lafigure 11. 3- Intérêt de la base de données SAGIR dans notre travailLes données de la base SAGIR permettent donc de connaître les causes de mortalités desprincipales espèces, d’évaluer leur incidence et ses variations dans le temps et l’espace et lesdifférences de sensibilité en fonction du sexe et de l’âge. Les différentes analyses permettentégalement de mettre en évidence les agents pathogènes circulants au sein des populations, ycompris ceux n’étant pas responsables d’une mortalité anormale.En complément de son rôle de collecte d’informations, le SAGIR est un réseau d’alerte quipermet non seulement de mettre en évidence des phénomènes pathologiques anormaux, maisaussi de les signaler à l’ensemble des institutions intéressées par la santé de la faune sauvage(FDC principalement mais aussi DSV…).La consultation de la base de données informatiques nous a permis d’obtenir de nombreusesinformations nécessaires à notre étude. Le réseau SAGIR a enregistré depuis sa création unpeu plus de 8000 cas concernant la mortalité du Chevreuil.Depuis 1997, un accroissement sensible du nombre de cas analysés a été observé. En outre,certains correspondants locaux ont simultanément signalé un grand nombre de cas demortalités impliquant plusieurs cadavres de Chevreuils trouvés dans le même massif à lamême époque. C’est ainsi qu’en 1999 le comité de pilotage du réseau SAGIR a décidé deréaliser une analyse de ce phénomène nouveau et le protocole EMAC (Etude de la MortalitéAnormale du Chevreuil) a été mis en place. Nous reviendrons sur ce protocole après avoirdéfini les grandes causes de mortalité extra-cynégétique du Chevreuil à partir de la base dedonnées SAGIR. Page - 25 -
  26. 26. Page - 26 - Figure 11 : Fonctionnement du réseau SAGIR (source SAGIR)
  27. 27. B- Bilan des données SAGIR 1- GénéralitésL’analyse des 8200 fiches collectées par le réseau SAGIR sur le Chevreuil de 1986 à 2003met en évidence de nombreuses causes de mortalité. Nous avons essayé de dégager quelquesgrandes entités pathologiques que nous décrirons plus en détails dans des chapitres ultérieurs.La figure 12 présente la fréquence des principales causes de mortalité du Chevreuil extraitesde la base de données SAGIR, pour la période allant de 1986 à 2003. Dix grandes catégoriesd’étiologie se dégagent avec des fréquences très variables.Si on exclut les catégories « contrôle », « impossible » et « indéterminée », la cause de la morta été identifiée avec précision dans 5336 cas soit dans un peu plus de deux tiers des cas. Cegrand nombre de cas va nous permettre de tracer les grandes tendances dans les causes demortalité du Chevreuil. Principales causes de mortalité du Chevreuil SAGIR (1986-2003) (n=8200) virus bactéries champignons traumatismes 0,46% 16,46% 0,06% 27,80% contrôle 3,51% divers 9,12% toxiques 1,37% impossible 4,96% parasites 9,79% indéterminée 26,45% Figure 12 : Principales causes de mortalité du Chevreuil (données SAGIR de 1986 à 2003) (n=8200) 2- Les traumatismesLes traumatismes constituent la première cause de mortalité extra-cynégétique des Chevreuilsen France. De 1986 à 2003, le réseau SAGIR a dénombré 2280 Chevreuils morts suite à untraumatisme soit 27,80% de l’ensemble des Chevreuils répertoriés dans SAGIR.La nature exacte du traumatisme a été précisée dans 1351 cas (figure 13). Page - 27 -
  28. 28. Ce sont les blessures de chasse qui arrivent en première position parmi les traumatismes. Ellesreprésentent 49% des cas pour lesquels un diagnostic a pu être établi.Les collisions routières ne constituent que 17% des traumatismes. On peut penser que cegenre de traumatisme est largement sous-évalué si l’on se réfère au nombre de collisionsroutières avec des Chevreuils rapportées dans les inventaires de 1984 – 1986 (1019Chevreuils accidentés) et de 1993 – 1994 (2993 Chevreuils tués sur la route) réalisés dans 25départements français.Cette sous-estimation peut s’expliquer par le phénomène d’auto-diagnostic. Les personnestrouvant des Chevreuils morts sur les bords de route attribuent, à juste titre, le décès à unecollision avec un véhicule. Ayant réalisé leur propre diagnostic, ils ne font pas appel au réseauSAGIR pour déterminer la cause exacte de la mort de l’animal. De même, certains Chevreuilstués par collision ne sont pas signalés car les automobilistes récupèrent secrètement cesanimaux pour les consommer ou bien les animaux, blessés, vont mourir plus loin et ne sontpas retrouvés. Dans tous les cas, il s’agit d’animaux qui ne sont pas comptabilisés par leréseau SAGIR, ce qui entraîne une sous-évaluation du nombre de Chevreuils tués parcollision routière. Principaux traumatismes responsables de mortalité chez le Chevreuil SAGIR 1986 - 2003 (n=1351) divers prédation 3% 25% blessures de chasse 49% collisions routières 17% combats 6% Figure 13 : Nature des traumatismes responsables de mortalité chez le Chevreuil (données SAGIR de 1986 à 2003) (n=1351)La prédation représente un quart de la mortalité par traumatisme. Elle est principalement dueà des chiens de chasse ou des chiens errants et de façon secondaire à des prédateurs sauvages(lynx, renards, « loups »?). Sur 341 décès attribués à la prédation, 247 sont imputés aveccertitude aux chiens, 2 aux lynx et pour les 92 restants, la nature du prédateur n’a pas été miseen évidence.Les combats intra spécifiques peuvent également se montrer mortels pour les Chevreuils. Ilsreprésentent 6% des traumatismes diagnostiqués. La mort peut être directement due autraumatisme (enfoncement de la boîte crânienne, pénétration d’un bois dans le crâne de Page - 28 -
  29. 29. l’adversaire…) mais elle peut être secondaire à une infection des structures encéphaliquesconsécutive au traumatisme.Enfin, les Chevreuils peuvent succomber à des traumatismes plus « anecdotiques ». La figure14 reprend ces divers traumatismes pouvant causer la mort de Chevreuils. Traumatismes mineurs responsables de mortalité chez le Chevreuil. Nombre de cas répertoriés par SAGIR de 1986 à 2003 (n=35) machinisme strangulation agricole 4 4 éventration 2 piège braconnage 7 3 chute noyade 4 11 Figure 14 : Traumatismes mineurs responsables de mortalité chez le Chevreuil (données SAGIR de 1986 à 2003) (n=35) 3- Les maladies bactériennesCes affections arrivent en deuxième position dans les causes de mortalité pour lesquelles unagent a été trouvé. Elles représentent 16,46% de ces mortalités du Chevreuil soit 1350animaux pour lesquels l’analyse bactériologique a confirmé l’origine de la mort.Plusieurs grandes entités pathologiques bactériennes se dégagent : les entérotoxémies (28%des affections bactériennes confirmées), les septicémies (27%), les infections respiratoires(13%), les infections nerveuses (6%) et les colibacilloses (5%) (figure15).Certaines entités bactériennes sont peut-être sous-estimées. En effet, plusieurs fichesattribuent la mort de l’animal à l’atteint d’un organe particulier mais sans qu’aucun agentpathogène n’ait été identifié. C’est principalement le cas d’atteintes respiratoires (190animaux) et d’atteintes nerveuses (109 animaux). La mort des animaux est attribuée auxlésions des organes touchés mais l’absence d’identification d’un agent pathogène ne permetpas de conclure avec certitude du caractère infectieux de l’étiologie de la mort. Ces animauxsont alors classés dans la catégorie « origine indéterminée de la cause de la mort ». Page - 29 -
  30. 30. Principales maladies bactériennes diagnostiquées chez le Chevreuil par le réseau SAGIR (1986 - 2003) (n=1350) Autres maladies Divers bactériennes 6% Entérotoxémie 15% 28% Colibacillose 5% Infections nerveuses 6% Infections Septicémie respiratoires 27% 13% Figure 15 : Nature des principales maladies bactériennes diagnostiquées chez le Chevreuil (données SAGIR de 1986 à 2003) (n=1350)A côté de ces grandes entités, le Chevreuil peut succomber à d’autres maladies bactériennesdont l’incidence est beaucoup plus faible : de quelques cas à quelques dizaines de cas par an.Il s’agit de la listériose, de pasteurellose, de la pseudotuberculose, de la paratuberculose, destaphylococcose, de salmonellose et de la maladie des abcès. La figure 16 donne lepourcentage de ces pathologies bactériennes secondaires. Maladies bactériennes secondaires du Chevreuil Nombre de cas répertoriés par SAGIR de 1986 à 2003 (n=154) Staphylococcose Pasteurellose 12% Paratuberculose 18% 8% Pseudo-tuberculose Listériose 9% 15% Salmonellose Maladie des abcès 10% et abcès divers 28% Figure 16 : Nature des maladies bactériennes secondaires diagnostiquées chez le Chevreuil (données SAGIR de 1986 à 2003) (n=154) Page - 30 -
  31. 31. Dans les affections bactériennes diverses, on trouve des affections telles que des surinfections(16 cas) ou des infections non spécifiques de tractus, d’appareils ou d’organes particuliers(infections digestives, cardiaques, génitales, péritonite, hépatite, poly-arthrite…). Dans cettecatégorie, on trouve également quelques affections spécifiques, de pathogénicité plus oumoins grave, mais qui atteignent rarement le Chevreuil. C’est le cas par exemple du botulisme(2 cas), de l’actinobacillose (2 cas) ou de l’actinomycose (2 cas), de la tuberculose (3 cas), deyersiniose (10 cas) autre que la pseudotuberculose, ou encore de toxiinfections à germesanaérobies (2 cas).Nous présenterons plus précisément les principales maladies bactériennes dans un chapitreultérieur. 4- Les maladies viralesLes virus n’ont été que très rarement identifiés comme agents pathogènes responsables de lamort de Chevreuils : 0,46% des cas de mortalité identifiée et seulement deux virus trouvés.Le principal virus mis en cause est le virus de la rage avec 36 cas répertoriés depuis 1986. Cevirus n’a plus de nos jours qu’une incidence historique puisque le dernier cas de rage deChevreuil date de fin 1992.L’autre virus isolé est le virus du BVD dans seulement deux cas. Ce virus donne lieu à denombreuses recherches à l’heure actuelle.Le Chevreuil peut également être infecté par d’autres virus. Plusieurs études ont révélé dessérologies positives vis-à-vis de certains virus, mais sans pouvoir déterminer l’impact deceux-ci sur l’état sanitaire des Chevreuils (50). 5- Les maladies parasitairesLe parasitisme est considéré comme la principale cause de la mort pour 9,79% des Chevreuils(803 animaux). Le type de parasitisme n’est précisé que pour 500 animaux (figure 17).Le polyparasitisme (35% des animaux pour lesquels le type de parasitisme a pu être établi), leparasitisme digestif (35%) et le parasitisme pulmonaire (20%) forment les trois principalesatteintes parasitaires du Chevreuil.Les myiase (6% soit 29 animaux) sont constituées de quatre cas d’hypodermose, de 22 casd’oestrose et de trois cas de myiases non identifiées.Pour les parasites divers, il s’agit surtout de parasites externes (18 cas) dont six cas dedémodécie, huit cas de babésiose, deux cas de gale et deux cas de polyparasitisme externe. Uncas de teigne, classé parmi les mycoses, peut également être signalé parmi les parasitosesexternes.Les autres parasites de cette catégorie sont des parasites peu pathogènes pour le Chevreuil oubien ne parasitant que très rarement cette espèce. La mort de l’animal a néanmoins étéattribuée à leur présence. Il s’agit d’un cas de sarcosporidiose, d’un cas de trichomonose etd’un Chevreuil mort de péritonite et infesté par un grand nombre de parasites du genreSetaria. Page - 31 -
  32. 32. Répartition du tropisme parasitaire chez le Chevreuil SAGIR (1986 - 2003) (n=500) Myiases Divers 6% 4% Parasitisme digestif 35% Polyparasitisme 35% Parasitisme pulmonaire 20% Figure 17 : Nature des principaux parasites du Chevreuil (données SAGIR de 1986 à 2003) (n=500)Les parasites digestifs entraînant de la mortalité sont principalement représentés par desnématodes. Les autres groupes de parasites digestifs ne provoquent que peu de cas demortalité directe de Chevreuils (figure 18). Cette faible incidence dans la mortalité de certainsparasites peut s’expliquer par la faible pathogénicité du parasite chez le Chevreuil (cestodes,petite douve, coccidies à faible infestation) ou bien par la rareté du parasite (grande douve,strongyloïdes, cryptosporidies).Les parasites pulmonaires sont en majorité des strongles pulmonaires : sur les 100 cas deparasitisme pulmonaire, dans 44 cas la nature du parasite n’est pas précisée et les 56 casrestants sont des strongles pulmonaires.Le Chevreuil est souvent parasité par plusieurs espèces de parasites dans un peu plus d’untiers des cas (35%). Il s’agit le plus souvent de polyparasitisme digestif ou bien d’uneinfestation mixte avec des strongles digestifs et pulmonaires. Lors de polyparasitisme, onretrouve parfois les autres groupes de parasites secondaires en plus des strongles.Nous détaillerons les principales parasitoses dans un chapitre ultérieur. 6- Les mycosesLes champignons ne sont qu’exceptionnellement mortels pour les Chevreuils. Le réseauSAGIR ne répertorie que cinq cas de mycose ayant entraîné la mort de Chevreuils. Il s’agit dequatre infections dues à des champignons du genre Aspergillus et d’un cas de teigne. 7- Les intoxicationsLes toxiques ne sont en cause dans la mortalité du Chevreuil que très rarement. Ilsreprésentent 1,17% des cas de mortalité du Chevreuil dans la base SAGIR.Les intoxications mortelles sont surtout dues à des pesticides agricoles, plus rarement à desplantes vénéneuses. Page - 32 -
  33. 33. Principaux parasites digestifs responsables de mortalité chez le Chevreuil SAGIR (1986 - 2003) (n=173) Coccidies Cryptosporidies 10 3 Strongyloïdes Strongles digestifs 4 52 Grande douve 1 Petite Douve 3 Parasites digestifs non Cestodes identifiés 4 96 Figure 18 : Principaux parasites digestifs responsables de mortalité chez le Chevreuil (données SAGIR de 1986 à 2003) (n=173) 8- Autres causes de mortalitéLa catégorie « contrôle » comprend des animaux pour la plupart abattus à la chasse. Lespersonnes ayant tué ces animaux ont demandé une analyse SAGIR car ils avaient un doute surl’état sanitaire de ces Chevreuils. Les analyses réalisées sur ces animaux n’ont pas révéléd’atteinte de leur état sanitaire. Il s’agit juste de cas de contrôle.Dans la catégorie « impossible », rentrent des animaux qui n’ont pas donné lieu à une autopsieou des analyses correctes, en raison le plus souvent de leur état de dégradation trop avancé.Les cas « indéterminés » correspondent le plus souvent à l’atteinte d’un appareil ou d’unorgane précis mais sans qu’aucun agent causal n’ait pu être identifié (infections respiratoires,digestives, rénales, encéphalites, péritonites, polyarthrites… d’étiologie inconnue). Dans cettecatégorie, la mort peut également s’expliquer par un symptôme prépondérant (anémie,diarrhée, cachexie, paralysie, nécrose pulmonaire…), mais là aussi, sans identification d’unagent précis (bactérien, parasitaire, traumatique ou autre).Les cas de mortalité « divers » se composent principalement d’euthanasies (461 animaux sur702 cas « divers »). Il s’agit d’animaux le plus souvent trouvés mourrant et dont on a abrégél’agonie. Aucune pathologie constatée sur ces animaux n’émerge franchement en dehors duparasitisme.On trouve également des causes très variées de mort. Celles-ci sont en général rares : acidose(50 cas), animaux morts de vieillesse (20), corps étranger (2), dystocie (11), animaux mortsd’épuisement (16) ou de faim (9), hémorragie (32), insuffisance cardiaque (5), rénale (3) oucardio-respiratoire (9), tumeurs (27), malformations (6), misère physiologique (9), animal Page - 33 -
  34. 34. mitré (1), orphelin (5), rupture d’anévrisme (1), stress (7), torsion de caillette (1), toxémie degestation (2), ulcère de caillette (1), occlusions digestives (8).La base de données SAGIR permet de mettre en avant l’importance des traumatismes dans lamortalité de Chevreuils en France. Les maladies bactériennes et parasitaires constituent lesdeux autres grandes causes de mortalité parmi les étiologies identifiées, même si on peutpenser que ces deux causes de mortalité sont sous-estimées. En effet, l’importance de lacatégorie « indéterminée » peut expliquer cette sous-estimation. On peut penser qu’un certainnombre de cas classés dans cette catégorie pourrait rentrer dans les causes bactériennes etparasitaires. La plupart des mortalités dues à l’atteinte d’un appareil ou d’un organeparticulier (atteintes respiratoires, nerveuses, digestives, hémorragies…) auraient sans doutepu rentrer dans ces causes infectieuses si un agent précis avait été isolé. Comme ce n’est pasle cas, la cause de toutes ces mortalités restent « indéterminée ».De même, l’impact du parasitisme (9,79% des causes totales de mortalité) sur l’état sanitairedu Chevreuil n’est sans doute pas évalué à sa juste valeur. Cette classification ne tient pascompte du fait que le parasitisme peut affaiblir les animaux et favoriser voire aggraverd’autres causes de mortalité : animaux plus sensibles aux surinfections bactériennes, animauxaffaiblis plus exposés à la prédation, à la capture par l’homme et à l’euthanasie, auxtraumatismes… .Nous allons maintenant nous intéresser à l’étude sur la mortalité anormale du Chevreuil pourpréciser certains points sur la mortalité du Chevreuil en France. C- Etude de la mortalité anormale du Chevreuil (« EMAC ») en France (2) (3) 1- Présentation de l’«EMAC » (3)En 1997, plusieurs départements ont déclaré une mortalité massive de Chevreuils suite à ladécouverte de plusieurs cadavres ou animaux affaiblis sur une petite surface en peu de temps.Le phénomène s’est ensuite propagé à d’autres départements les années suivantes.A partir des premières constatations, l’origine de ce phénomène restait floue. Nul ne savaits’il résultait d’une régulation naturelle d’effectifs élevés par des mécanismes de densitédépendance ou bien s’il était apparu une épizootie d’origine infectieuse dont les signescliniques ne seraient pas reconnaissables à l’examen anatomo-pathologique classique, maisqui provoquerait la mort ou favoriserait l’apparition d’un polyparasitisme aggravé.A partir de 1999, les différents acteurs du réseau SAGIR ont donc décidé de mettre en placeune étude de ce phénomène,appelé protocole « EMAC » (Etude de la Mortalité Anormale duChevreuil), avec pour but d’expliquer l’origine de celui-ci afin de pouvoir le juguler par lasuite. 2- Protocole de l’«EMAC» (2) (3)Tout d’abord, il a été réalisé une analyse rétrospective portant sur les années 1997 à 1999 àpartir des données du réseau SAGIR. Pour cela, les FDC de certains départements touchés parune mortalité massive de Chevreuils ont fait parvenir à l’«EMAC» l’ensemble des fichesSAGIR des animaux morts dans un cadre de mortalité massive sur ces années-là. Cetéchantillon a ensuite été comparé à un lot de Chevreuils « témoins », analysés par SAGIR aucours des mêmes années (1997 à 1999) dans des départements où la « MAC » était absente Page - 34 -
  35. 35. (départements dont le numéro était inférieur d’une unité à ceux des départements d’oùprovenaient les Chevreuils « MAC »).A partir de 1999, un nouveau protocole a été mis en place. Pour la saison 1999-2000, ilconsistait en une étude approfondie dans plusieurs départements pilotes (Loir et Cher, Landes,Seine et Marne et la réserve de Trois-Fontaines dans la Marne). Dans chaque département,deux types de territoires étaient sélectionnés : des territoires « atteints » où la « MAC »sévissait et des territoires « témoins », indemnes de mortalité massive. A l’intérieur dechacune de ces zones, l’étude portait à la fois sur des animaux malades (c’est-à-dire desanimaux apparemment morts de maladie) et des animaux sains (c’est-à-dire des animauxprésumés non malades, et tués à la chasse ou traumatisés de la route). L’autopsie de tous cesanimaux était réalisée, de même que les analyses bactériologiques et parasitologiques.Certains départements ont même réalisé des analyses virologiques (recherche de BVD) ettoxicologiques. Il était en outre demandé aux responsables départementaux de fournir desrenseignements sur les animaux de l’étude : sexe, âge, poids, condition physique, densité despopulations de Chevreuils… .Lors de la saison suivante (2000-2001), ce protocole a été reconduit en s’élargissant à d’autresdépartements. D’autre part, certains départements, nouvellement touchés par la « MAC », etqui ne faisaient pas partie du protocole initial ont fait parvenir des résultats d’autopsies.D’autres départements, où le phénomène de « MAC » a disparu cette saison-là, ont égalementfait parvenir des résultats d’autopsies.L’interprétation des résultats de l’ « EMAC » a été délicate, de nombreux biais étant apparusen cours d’étude, empêchant une analyse statistique valable.En premier lieu, le protocole d’étude étant assez lourd, il n’a pas été scrupuleusement respectépar tous.Les départements ne sont pas comparables entre eux, les méthodes de collecte des animaux etd’analyses de laboratoire variant d’une structure à l’autre. Les renseignements concernant lesanimaux ne sont pas toujours précis : absence d’indication des poids, de l’âge, certainesdonnées ne sont que des approximations et non des valeurs objectives (estimation de ladensité aux 100 hectares).D’une année sur l’autre, le phénomène « MAC » a disparu de certains départements et aucontraire est apparu dans d’autres départements. De même, certaines zones d’étudeinitialement indemnes de « MAC » se sont transformées en zones atteintes en cours deprotocole (cas d’une zone du Loir et Cher pour la saison 1999 – 2000).Il a donc fallu créer plusieurs catégories d’animaux en fonction de leur statut sanitaire(« malades » ou « sains ») et en fonction de leur zone d’origine (« indemne », « atteinte » ou« atteinte guérie » pour les zones où la « MAC » a disparu d’une saison à l’autre.L’ « EMAC » distingue ainsi quatre catégories de Chevreuils : « K » animaux trouvés mortsou mourrants en zone atteinte, « L » animaux sains abattus en zone atteinte, « T » animauxtémoins provenant de zones indemnes et « G » animaux provenant de zones atteints guéries.Le faible nombre d’animaux de certaines catégories ne permet pas d’avoir des résultats préciset représentatif. Page - 35 -
  36. 36. 3- Résultats des protocoles « EMAC » a. Résultats de l’étude rétrospective portant sur les années 1997 à 1999 (2)Six départements sont impliquées dans cette étude rétrospective : Allier, Aube, Haute Marne,Nièvre, Rhône et Yonne.La comparaison de l’évolution de la mortalité des Chevreuils de 1990 à 1999 montre qu’il n’ya pas de différence significative entre les départements « EMAC » et les départements « nonEMAC » jusqu’en 1993. A partir de 1994, une augmentation de la mortalité apparaît dans lesdépartements « EMAC » et s’accentue fortement à partir de 1997. Cette progression dans lesdépartements « non EMAC » n’a lieu qu’à partir de 1997 et à un degré moindre que dans lesdépartements « EMAC ».Puis, les résultats de 88 Chevreuils morts dans un contexte de mortalité anormale dans les sixdépartements « EMAC » entre 1997 et 1999 sont comparés à ceux de 188 Chevreuilsprovenant de départements « non EMAC » sur les deux mêmes années.La comparaison des grandes causes de mortalité de Chevreuils issus d’un contexte demortalité massive et de Chevreuils non victimes de mortalité anormale, ne permet pas dedégager des différences significatives. On note simplement plus de morts par traumatismeschez les animaux « témoins » alors que les causes indéterminées sont deux fois plusimportantes chez les animaux morts dans un contexte de « MAC ». Cette constatationrenforce l’hypothèse d’un agent pathogène inconnu.De même, la comparaison des lésions nécropsiques entre ces deux groupes de Chevreuils nefait pas apparaître de grandes différences : on trouve un peu plus de lésions d’origineparasitaire parmi les Chevreuils « MAC », et un peu moins de lésions d’étiologie infectieuse.La comparaison des résultats bactériologiques ne permet pas de mettre en évidence un germeparticulier qui pourrait expliquer le phénomène de mortalité massive. En effet, la plupart desgermes retrouvés chez les Chevreuils « MAC » se retrouvent également dans l’échantillon desChevreuils témoins.L’absence de certains agents dans les analyses des Chevreuils « MAC » suggère que cesgermes ne sont pas impliqués dans l’étiologie du phénomène. C’est le cas principalement desbactéries du genre Listeria, Salmonella et Yersinia, et du virus du BVD.Cette étude rétrospective permet de confirmer l’apparition d’un phénomène de mortalitémassive de Chevreuils à partir de 1997. Elle ne renseigne pas sur l’étiologie de cette mortalitéanormale.Toutefois, un certain nombre de points communs ont été dégagés dans les départementsatteints. Le phénomène est d’apparition brutale, de durée variable et n’intervient pas à unesaison précise de l’année. Les Chevreuils sont trouvés faibles et se laissent facilement attraperou capturer par les chiens. En outre, ils présentent souvent des troubles oculaires ou une pertede vision. Toutes les classes d’âge sont touchées.Le renforcement du protocole « EMAC » à partir de 1999 a pour but de compléter lesconnaissances sur ce phénomène. Page - 36 -
  37. 37. b. Résultats de l’ « EMAC » de 1999 à 2001 (3)Pour la première saison (1999-2000), les résultats proviennent des trois départements pilotes :le Loir et Cher, les Landes et la Seine et Marne. Viennent également s’ajouter les résultats dela Réserve de Trois-Fontaines (Marne), où le phénomène de mortalité massive est apparu àl’automne 1999. Au total, 31 animaux ont été analysés. Avec l’implication d’autresdépartements la saison suivante, le nombre de Chevreuils rentrant dans l’ « EMAC » estbeaucoup plus important (99 animaux), même si plusieurs de ces départements n’ont pas suivile protocole précis. Cette augmentation du nombre d’animaux permet d’avoir des résultatsplus significatifs.A partir des observations des correspondants locaux, on peut souligner quelques tendances surle phénomèneIl apparaît préférentiellement dans des massifs où la densité est forte par rapport à la capacitéd’accueil du milieu. Dans certains départements, le phénomène s’est accompagné d’une chutedes densités en Chevreuils, pouvant aller jusqu’à une baisse de moitié des densités (cas parexemple des départements du Rhône et du Territoire de Belfort). Certains départements, aucontraire, n’ont pas vu diminuer la densité de leur population de Chevreuils. Enfin, lorsque lesdensités étaient très fortes et ont considérablement chuté, l’état d’embonpoint des animauxs’est amélioré.Ces tendances proviennent d’observations sur le terrain et relèvent donc d’une part desubjectivité.Sur les deux saisons d’étude, la comparaison des résultats des analyses bactériologiques et deslésions nécropsiques des différents groupes de Chevreuils ne permet pas d’identifier unecause de mortalité spécifique des Chevreuils morts dans le cadre d’une mortalité massive.Des causes de mort très variées ont été trouvées mais sans qu’aucune ne prédomine pour unecatégorie de Chevreuils. Il en va de même pour les lésions et les germes identifiés.Les analyses bactériologiques ont permis d’isoler des germes très fréquents (Clostridium sp,Escherichia coli, Staphylococcus sp) mais aussi des germes plus spécifiques : Streptococcusbovis (réputé pathogène opportuniste), Pasteurella multocida (responsable de pneumonies),Actinomyces pyogenes (responsable de la maladie des abcès).Ces analyses mettent en avant l’absence de certains germes : Salmonelles, Listeria sp. Demême, aucun animal n’était atteint de tuberculose et de paratuberculose.Les analyses virologiques (recherche du virus de la BVD sur six animaux) se sont toutesrévélées négatives, de même que les trois recherches toxicologiques (une pour lesanticoagulants et deux pour les Inhibiteurs Des Cholinéstérases).L’absence de ces différents agents permet de les exclure dans les causes de mortalité duphénomène de « MAC ».Les recherches parasitologiques de la première saison mettent en évidence des niveaux decharges parasitaires élevés en strongles digestifs.Par exemple, sur six Chevreuils « K » du Loir et Cher, trois animaux (deux adultes et un jeunede moins d’un an) présentent des valeurs supérieures à 1500 OPG (Oeufs Par Gramme) pourles strongles digestifs, niveau qui peut être considéré comme représentatif d’une forteinfestation.Il s’agit principalement de strongles de la caillette ou de l’intestin grêle appartenant à lafamille des Trichostrongylidae (Ostertagia, Spiculopteragia, Trichostrongylus). Ces parasites Page - 37 -
  38. 38. représentent 80 à 90% des strongles isolés. Les autres nématodes présents (10 à 20%) sont desOesophagostomum sp. Compte tenu des valeurs en OPG trouvées et de la faible fécondité desfemelles de Trichostrongylidae, on peut considérer que la charge parasitaire est importante.Deux jeunes animaux de moins d’un an sont parasités par Monieza sp, parasite considérécomme assez pathogène chez les jeunes ruminants domestiques.Enfin, le dernier Chevreuil, une femelle adulte, est faiblement parasité.D’autres parasites, présents en grand nombre mais considérés comme peu pathogènes, n’ontprobablement pas un impact important sur la santé des Chevreuils. C’est le cas des nématodesdu genre Trichuris. Il en va de même pour les coccidies, hormis peut être pour les jeunes avecdes charges parasitaires supérieures à 10000 oocystes par gramme observées chez deuxindividus.Des observations similaires ont été faites sur la Réserve de Trois Fontaines. Sur les quatreChevreuils autopsiés, les charges parasitaires sont élevées (trois animaux ont des valeurssupérieures à 1400 OPG). De plus, fait nouveau sur ce territoire, il a été isolé desHaemonchinés du genre Ashworthius, parasite hématophage de la caillette dont lapathogénicité est considérée comme assez élevée. Remarque : on peut signaler que cette espèce de strongle digestif a également étéidentifiée sur des Chevreuils du Loir et Cher dans le cadre du réseau SAGIR.Lors de la saison 2000-2001, les analyses parasitologiques ont mis en avant l’impact duparasitisme sur la santé des Chevreuils, mais sans toutefois démontrer de différencessignificatives entre les quatre catégories d’animaux. Les parasites digestifs ont été considéréscomme affaiblissant l’animal dans plus de deux tiers des cas où des parasites digestifs ont ététrouvés. Les parasites pulmonaires ont un effet néfaste encore plus marqué sur la santé del’animal puisqu’ils sont considérés comme affaiblissant dans trois quarts des cas où ils ont étéisolés. c. Cas particulier de la Réserve de Trois Fontaines (Marne) (3)La Réserve de Trois Fontaines est un enclos de 1360 hectares, géré par l’ONCFS. Depuis1975, ce site assure d’une part la production de Chevreuils pour le repeuplement et permetd’autre part la réalisation d’études techniques et scientifiques sur cette espèce.Un épisode de mortalité massive de Chevreuils s’est déclaré à l’automne 1999, avec ladécouverte de dix cadavres de septembre à fin décembre. La densité de la population deChevreuils était environs de 18 animaux par 100 hectares. Le milieu forestier de type chênaiehêtraie constitue une source alimentaire abondante pour les animaux de l’enclos. L’équilibreentre la faune et la flore est tout à fait satisfaisant à Trois Fontaines.Dans ce contexte, on ne peut attribuer la mortalité massive à un dépassement de la capacitéd’accueil du milieu, provoquant un déséquilibre entre la faune et la flore.Les recherches effectuées sur quatre Chevreuils n’ont pas donné de résultats très intéressants :trois animaux trouvés agonisants ont été euthanasiés et la cause de la mort du quatrième estune infection à Clostridium perfringens. Aucun autre agent ni aucune lésion spécifique n’ontété découverts, si ce n’est des charges parasitaires assez élevées.Compte tenu de la surveillance régulière du territoire depuis de nombreuses années, cetépisode de mortalité massive de Chevreuils dans la Réserve de Trois Fontaines confirmel’existence d’un phénomène anormal. Page - 38 -

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