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UNIVERSITE DU DROIT ET DE LA SANTE – LILLE 2
FACULTE DE MEDECINE HENRI WAREMBOURG
THESE POUR LE DIPLOME D’ETAT
DE DOCTEUR EN MEDECINE
Présentation de concepts de physiothérapie selon trois disciplines :
les étirements,
la musculation,
l’endurance.
Applications médicales et sportives.
Présentée et soutenue publiquement le 26 février 2008.
Par Carlos PAULO FERNANDES
Jury
Président : Monsieur le Professeur Bernard Herbaux
Assesseurs : Monsieur le Professeur Philippe Derambure
Monsieur le Professeur Carlos Maynou
Monsieur le Docteur Christophe Popineau
Directeur de Thèse : Monsieur le Docteur Christophe Popineau
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INTRODUCTION
Au cours des différentes époques, de nombreux auteurs ont conçu des méthodes de santé, la
façon de « penser » l’exercice a été modifiée. Plusieurs conceptions se sont ainsi chevauchées,
se sont combattues. Les méthodes de santé n’ont pas forcément un objectif de performance
sportive, elles sont utiles pour la phase de préparation physique générale (tous niveaux sportifs) et
pour l’entretien des fonctions vitales.
La phase de préparation physique générale est dite non-spécifique, elle a de nombreux points
communs avec la rééducation du sportif convalescent, comme le spécifie le concept «
d’entraînement de rééducation » défini dans l’ouvrage collectif de Einsingbach :
«... Un entraînement de rééducation consiste à traiter systématiquement les lésions ou les
dysfonctionnements de l’appareil moteur actif, de l’appareil passif de soutien et de maintien, du
système neuromusculaire et du système cardio-pulmonaire, en ayant pour but de rétablir la
fonction normale...p 3 » [2].
La rééducation et la préparation physique générale participent à l’acquisition de bases pour le
sportif ou le convalescent. Ces réflexes de bases sont souvent inclus dans les méthodes de santé.
Le pragmatisme d’une méthode est l’intérêt de cette étude, car chaque concepteur hiérarchise,
ordonne en vue d’un objectif. Au-delà des clivages entre les différents courants, une tentative sera
faite pour faire un listing des différentes méthodes, et en dégager des concepts communs ou
particuliers. Nous avons choisi un classement par domaine de préparation physique. D’un point de
vue pragmatique, un sportif se doit d’avoir une aptitude générale dans les diverses activités de
bases, c’est-à-dire avoir : «un bon cœur, de bons muscles, de bons tendons, un bon squelette »
c'est-à-dire des organes sains.
La thèse se décline en 4 chapitres successifs sur :
les étirements,
la musculation ou renforcement musculaire,
les méthodes concernant la colonne vertébrale, celle-ci est le vivier de nombreux
protocoles. Elle constitue aussi un exemple mixte idéal concernant les étirements, la
musculation, la rééducation du lombalgique,
l’endurance aérobie, l’aérobic, le cardio-training, réadaptation cardiovasculaire.
Une méthode de santé en principe se veut active, mais l’aide d’une tierce personne est souvent
utile. On abordera le thème des thérapies manuelles en lien avec les disciplines d’études
proposées. Restaurer ou entretenir une fonction normale est donc le but premier de la
physiothérapie, ensuite la performance rentre plutôt dans le cadre d’un acquis ou de
prédisposition.
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CHAPITRE I : LES ETIREMENTS
A - Définition des étirements
Le stretching vient du verbe anglais « to stretch » qui signifie « étirer ». Le but des étirements est
l’acquisition de la qualité de souplesse permettant de « réaliser un geste ou une suite de geste
avec un maximum d’amplitude et d’harmonie » [1].
Pour Canal M. [189] le terme « stretching » : « .... recouvre toutes sortes de pratiques, mais
historiquement correspond à la vulgarisation des techniques réflexes mises au point par Kabat,
Knott et Voss dans le courant des années 50 sous le nom de Facilitation Proprioceptive Neuro-
musculaire...p 33».
De même, Canal M [189] définit aussi le terme de souplesse et d’assouplissement ainsi : « ... la
souplesse est le terme le plus large qui en anglais correspond à la flexibilité (flexibility) c’est-à-dire
la possibilité de se « plier » facilement. L’assouplissement, pour prendre les termes les plus larges
possibles, viserait la suppression des tensions susceptibles de limiter ou de contrarier le
mouvement, recouvrant ainsi tous les domaines dans lesquels la souplesse est susceptible de
s’exprimer ...p 33».
D’après Frey citée dans Weineck [52], sa définition est : «...la souplesse articulaire (concerne la
structure des articulations) et la capacité d’étirement (concerne les muscles, les tendons, les
ligaments et les structures capsulaires) doivent être considérées comme des composantes de la
souplesse et des sous-catégories de celles-ci...p 273».
B - Généralités
I - Présentation des structures mises en jeu lors d’un étirement
Lors d’un étirement, quatre éléments essentiels sont mis en jeu :
1. le tendon (ou du ligament) qui s’attache sur l’os,
2. le muscle,
3. l’aponévrose,
4. les mécanismes de physiologie nerveuse (réflexe myotatique, réflexe myotatique inverse,
et l’innervation réciproque).
Lors de l’étirement, la peau et la structure osseuse subissent également des contraintes
physiques.
Un étirement peut donc agir sur les trois composantes anatomiques principales. Par degré
décroissant d’extensibilité, nous avons le muscle, l’aponévrose, le tendon (l’os est le moins
extensible) [10 ; 11]. Le muscle est l’élément anatomique le plus déformable, il entre en relation
avec les deux autres. L’aponévrose des muscles a des fibres maillées plus lâches (organisation
microvacuolaire tridimensionnelle), elle est de ce fait plus déformable que le tendon. Celui-ci
constitue un dérivé d’aponévrose avec une organisation différente et plus dense des fibres de
collagène.
Ces structures seront présentées par ordre décroissant d’extensibilité.
1 - Le muscle
Il existe différentes sortes de muscles dans le corps. Le muscle strié squelettique est le plus
souvent étiré. Il fait partie du système ostéo-musculo-ligamentaire. Voici quelques schémas
illustrant la structure macroscopique et microscopique du muscle strié squelettique. Nous
constatons que le muscle est entouré de gaines aponévrotiques de deux types :
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les enveloppes conjonctives externes : aponévroses ou fascias,
les enveloppes conjonctives internes : épimysium, périmysium, endomysium, sarcolemme.
En poursuivant plus petit dans la structure, nous distinguons le sarcomère composé de
myofilaments épais et fins, filaments de titine, disque Z (schéma 3 et 4).
Les fonctions et les propriétés des muscles seront vues au chapitre II.
4 / 143
Organisation macroscopique et microscopique du muscle.
5 / 143
2 - Les aponévroses et tissus conjonctifs
Pour comprendre un étirement, il faut percevoir anatomiquement les structures mises en
mouvement. Il s’agit du système ostéo-musculo-ligamentaire. On « tire » sur un muscle relié à un
tendon lui-même relié à l’os.
On peut étirer un muscle ou des muscles grâce à leurs glissements réciproques. Ceci est possible
grâce au système des aponévroses (ou fascias). Nous avons vu dans les schémas précédents
que le muscle est entouré d’aponévroses (à l’extérieur et à l’intérieur des faisceaux musculaires :
épimysium, périmysium, endomysium...), ils illustrent la continuité peau - tissus conjonctif -
muscles.
a) Données microscopiques sur le tissu conjonctif
Cette continuité des tissus entre eux par le tissu aponévrotique est prouvée en étudiant son
anatomie et son ultrastructure. C’est-à-dire que les éléments (muscle - aponévrose - peau) ne sont
pas vraiment séparés fonctionnellement. Cette continuité existe pareillement entre tous les
organes (muscles - muscles, organe - muscle, glissement des tendons entre eux). Le fascia ou
aponévrose possède une organisation standard microvacuolaire. Le système aponévrotique de
glissement, de soutien est rebaptisé selon certains par « système collagènique
multimicrovacuolaire d’absorption dynamique » ou MCDAS en anglais. Cette organisation
multivacuolaire tridimensionnelle des aponévroses permet d’absorber les chocs, de déplacer les
organes entre eux, de comprendre pourquoi une peau étirée revient à sa place.
Ce système possède des propriétés « caoutchouteuse ». Il s’agit d’un système standard
ubiquitaire à l’organisme avec des variations anatomiques. En effet, il existe des zones
anatomiques comme les gaines des tendons de la main où le système microvacuolaire est
remplacé par une macrovacuole, c’est ce que nous expliquent Guimbertau et coll. [183] dans leur
article, « introduction à la connaissance du glissement des structures sous-cutanées humaines »
(les principales notions évoquées du MCDAS proviennent de cet article) : « ...par ailleurs, il est des
zones anatomiques qui ne comportent pas ce système de glissement. Ce phénomène se
rencontre par exemple au niveau des doigts. Les zones I et II, dites gaines digitales, sont une
évolution adaptative du système de glissement MCDAS car les pressions locales sont telles lors
de la flexion des doigts au niveau des poulies A1, A2, A3, A4, qu’une autre façon de gérer le
glissement tout en maintenant la fonction et l’approvisionnement en énergie s’est développée. Il
s’agit de la transformation phylogénétique du système multimicrovacuolaire en une mégavacuole
dont les règles de fonctionnement sont différentes pour pouvoir résister à la contrainte mécanique
imposée par les circonstances externes. Enfin, ce tissu polyorienté dans l’espace peut sélectionner
son organisation, se rigidifier par un enrichissement en collagène et devenir une poulie ou
ligament. Il y a adaptation systématique à la contrainte et la réponse du système microvacuolaire
sera toujours dans le sens de l’efficacité...p 30 ».
En effet, Les structures aponévrotiques n’ont pas la même possibilité d’extensibilité selon leur
topographie [12]. La faculté d’étirement d’un tendon équivaut au 1/ 10ème
de celle de la peau parce
que le tendon possède des faisceaux de collagène parallèles et non polyorientés, il est donc moins
étirable (il est également plus riche en collagène, voir ci-dessous).
L’auteur nous replace dans le contexte de l’origine embryologique des tissus conjonctifs
(transformation phylogénétique) c'est-à-dire les cellules mésenchymateuses embryologiques sont
à l’origine des différents tissus conjonctifs [12].
Le groupement de schémas ci-dessous illustre le paragraphe.
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Illustration architecturale standard d’un fascia
ou « système collagènique multimicrovacuolaire d’absorption dynamique » d’après Guimbertau et coll [183].
7 / 143
Les gaines tendineuses digitales sont considérées comme une mégavacuole d’après Guimbertau et coll.
b) Données macroscopiques sur le tissu conjonctif
Le « système collagènique multimicrovacuolaire d’absorption dynamique » ou fascia (selon les
auteurs) se retrouve dans tous le corps, nous avons sur ce sujet, un thème propre à l’ostéopathie,
c'est-à-dire « l’ubiquité des fascias » : tout organe étant entouré par des fascias, ils constituent
une porte d’entrée pour le développement d’une thérapie manuelle. L’abord des fascias par la
thérapie manuelle a produit de nombreux concepts sur une échelle plus « macroscopique » qui
prend en compte la notion de chaînes fasciales pouvant se décliner en chaînes musculaires. Ici, le
système est considéré comme un ensemble de succession de muscles (entouré d’aponévroses)
organisé de façon directionnelle, dans tout le corps (« Comme les tuiles d’un toit », expression
courante dans le Méziérisme).
Il existe différents concepts de chaînes musculaires qui peuvent s’opposer entre eux [53 ; 54] :
le concept de la chaîne musculaire postérieure (Mézières),
d’analyse mécanique (de Pierron et Leroy),
des chaînes articulaires et musculo-aponévrotiques (Struyf-Denis),
myo-fascial (Bienfait),
ostéo-myotensif (Busquet),
postural global (Souchard),
du tendon central.
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Exemple de chaînes fasciales (fascia myotensif postérieur) d'après Courraud C [184].
Exemple de conception de chaînes musculaires selon la rééducation posturale globale, d’après
Souchard.[185].
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Certains comparent les systèmes des fascias à une toile fasciale tendue par le cadre osseux
(Busquet). Alors on pourrait se poser la question, quel système est subordonné à l’autre ? Est-ce
les chaînes musculaires ou les chaînes fasciales ?
Les avis divergent quant au lien de subordination entre les chaînes musculaires et les chaînes
fasciales.
Ils ne semblent pas y avoir de hiérarchie « préalable » : « … Les étirements en chaîne sollicitent
de nombreux muscles habitués à fonctionner de concert… Le continuum formé par des nappes de
muscles et d’aponévroses qui sont sollicités ensemble par des mises en tension spécifiques. La
confusion ne doit pas être faite avec des « chaînes musculaires » conceptuelles (décrites souvent
en lemniscate) dont parlent à la fois les ostéopathes... p38 » [51].
Pour l’auteur Léopold Busquet, le muscle est subordonné aux fascias, « le muscle n’est qu’un
manœuvre au service de l’organisation générale, c’est à dire au service des fascias…» [13].
Certains chirurgiens cités plus haut, Guimbertau et coll., aboutissent à des conclusions similaires
sur le fascia : «... MCDAS (= système collagènique multimicrovacuolaire d’absorption dynamique)
se retrouve donc dans l’ensemble du corps et semble être le tissu relationnel, d’adaptation. Mais
est-ce suffisant comme conclusion ? Cette apparente organisation globalisante, véritable
charpente mésoscopique de la matière vivante incite à une perception, plus holistique ; ce tissu a
peut-être une autre importance que de n’être que conjonctif ou de remplissage. Et si en fait, il était
l’architecture structurante basique de la forme vivante ?...p30 » [183].
En musculation, par le concept d’énergie - structure, le muscle peut être envisagé comme
l’élément central de la structure ou une structure bien en amont [18]. Il est au cœur de la
production d’énergie d’ATP se transmettant, se transformant aux différents plans de la structure
musculaire (sarcomère, fibre, muscle, puis coordination entre agoniste - antagoniste puis chaînes
musculaires…).
Les avis sont donc partagés suivant les écoles où l’angle de vue que l’on souhaite aborder.
c) Rôles du tissu conjonctif
Au-delà des différents concepts, les aponévroses ont un rôle indispensable au bon fonctionnement
des organes [12] :
rôle de soutien,
de support,
de protection,
d’amortisseur,
de verticalité de la posture (selon Busquet),
hémodynamique,
de défense,
de communication et d’échange,
biochimique.
Les cinq premiers rôles nous intéressent particulièrement.
Par le rôle de soutien, le système musculaire peut fonctionner, les articulations sont stables, les
organes peuvent maintenir leurs formes anatomiques et sont fixés aux os. Nous pouvons citer
l’exemple de l’aponévrose lombaire qui limite la déformation transversale des muscles du rachis,
ce rôle est aussi nommé « rôle d’anti-globulisation » des muscles érecteurs du rachis [145].
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Par le rôle de support, le système fascial (ou des aponévroses) supporte le système nerveux
vasculaire et lymphatique.
Rôle de support vasculo-nerveux de l’aponévrose, d’après Guimbertau et coll. [183].
Par le rôle de protection, Il peut s’épaissir ou se densifier dans les zones de contraintes
maximales.
Par leur rôle d’amortisseur, l’élasticité du fascia permet d’amortir les contraintes et les pressions.
11 / 143
Cette élasticité est réalisée grâce au système microvacuolaire extensible.
Rôle d’amortisseur de l’aponévrose, d’après Guimbertau et coll. [183].
Guimbertau et coll. décrivent : « ... Il faut que ce comportement soit de type caoutchouteux,
permettant la traction des fibrilles en associant extemporanément les autres fibres voisines,
distribuant la contrainte, évitant la fracture fibrillaire. L’absorption de la contrainte va se faire tout
au long du tramage. Ainsi la vacuole la plus près du mobile accomplit son rôle plastique au
maximum et celle la plus éloignée est peu concernée...p 26 » [183]. En effet, les fibrilles de
collagènes (l’armature de la microvacuole) sont capables de s’adapter en changeant de forme
grâce à diverses propriétés : « ...nous avons observé que la fibrille sollicitée répond tout d’abord
par un allongement, ce qui témoigne d’un réarrangement moléculaire avec une capacité à la
récupération de la forme initiale instantanée. Une précontrainte interne, comme un ressort, semble
être en premier sollicitée pour de minimes tensions. Les fibres sous sollicitation mécanique
peuvent se diviser, sans apparence brutale dans l’espace en plusieurs autres fibrilles qui se
dispersent, peuvent ainsi répartir les forces et les absorber efficacement. Cette fusion–scission au
sein d’un gel commun témoigne d’une fluidité visqueuse capable de friction ou attraction explicable
par des liaisons covalentes...p28 » [183].
Par le rôle sur la posture verticale, ils ont un rôle important dans le maintien de la posture
verticale. Dans le cadre de la notion de verticalité, Busquet décrit une chaîne statique postérieure
essentiellement fibreuse [13].
Chaîne statique postérieure, d’après Busquet [13].
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Toutes ces fonctionnalités sont effectives grâce à l’organisation propre aux fascias. Ils s’organisent
en chaînes fasciales et en d’autres termes en chaînes musculaires tant la corrélation est étroite.
3 - Le tendon et le tissu osseux
a) Le tendon
Le tendon constitue un dérivé d’aponévrose avec une organisation des fibres de collagène
différentes. Il est constitué de 70% de fibres collagèniques (70% de la masse du tendon) [186].
C’est un tissu dense, très peu vascularisé. Il est formé sur plusieurs niveaux architectural de fibres
(comme le muscle), dont le tropocollagène est le plus petit.
Un assemblage de tropocollagène forme les microfibrilles puis ces dernières réunies constituent
les subfibrilles qui vont se réunir en fibrilles. L’ensemble des fibrilles devient le faisceau puis à leur
tour le tendon. Les faisceaux du tendon sont organisés les uns parallèles aux autres par rapport à
l’axe du tendon [186].
L’aponévrose des muscles a des fibres maillées plus lâche (organisation microvacuolaire
tridimensionnelle), elle est donc plus déformable.
Anatomie microscopique et réponse mécanique d’un tendon.
Les fonctions du tendon sont :
la liaison et la stabilisation des articulations du système squelettique (attache du muscle à
l’os),
la transmission les forces musculaires aux os.
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b) Le tissus osseux lors de l’étirement
L’étirement agit sur l’os et peut même stimuler l’ostéogénèse en cas d’ostéoporose (cf. chapitre II,
paragraphe musculation et ostéoporose). L’os subit une contrainte mécanique en cas d’étirement
au niveau des insertions des muscles.
4 - Les mécanismes nerveux lors de l’étirement
Ils sont mis en jeu grâce à des « capteurs » sensoriels périphériques situés dans le muscle et dans
le tendon :
le fuseau neuromusculaire dans le muscle,
l’organe tendineux de Golgi dans le tendon (également nommé fuseau neurotendineux).
Nous allons présenter les réflexes dans l’ordre d’extensibilité décroissante des structures
concernées, c'est-à-dire le muscle puis le tendon.
a) Le réflexe myotatique (ou réflexe d’étirement)
C’est un processus neurologique réflexe qui débute au niveau du muscle. Le rôle du réflexe
myotatique est de contrôler les changements « brusque » ou « involontaire » de la longueur du
muscle. Ce réflexe d’étirement est possible grâce aux fuseaux neuromusculaires situés dans le
muscle. Les fuseaux neuromusculaires captent les informations sur la longueur des muscles, c'est-
à-dire leurs états d’étirements et de contractions. Le muscle étiré ou contracté brusquement va
exciter le fuseau neuromusculaire provoquant le réflexe myotatique [209,210].
Le réflexe myotatique possède deux composantes, une phasique et l’autre tonique. La
composante phasique est liée à la vitesse rapide d’étirement provoquant une contraction réflexe.
Elle met en jeu les fibres nerveuses afférentes de type Ia (d’où l’indication de nombreux auteurs de
ne pas faire un stretching rapide). La composante tonique de réflexe est liée à l’intensité faible de
l’étirement qui provoque aussi une contraction réflexe. Elle met en jeu les fibres nerveuses
afférentes de type II [174]. Ce réflexe est monosynaptique et homolatéral.
REFLEXE MYOTATIQUE = POUR LE CONTROLE DE LA LONGUEUR DU MUSCLE
La composante phasique et tonique du réflexe myotatique, d’après Chavanel et coll. [174].
La conséquence pratique du réflexe d’étirement est son exploration par le médecin grâce à son
marteau à réflexe lors d’une percussion sur un tendon. Cette percussion provoque un étirement
brusque du muscle. Cet étirement de muscle provoque sa contraction réflexe, de ce fait beaucoup
de physiologistes déconseillent les étirements balistiques.
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Les étirements de types balistiques provoquent
un réflexe d’étirement
L’étirement brusque au cours d’un lancer
de jambe peut provoquer une contraction
des ischiojambiers à cause du réflexe
myotatique (composante phasique). Ceci
peut favoriser des lésions musculaires.
Le réflexe d’étirement ou myotatique selon Marieb E.N
[209].
b) L’innervation réciproque
C’est un processus neurologique réflexe qui débute au niveau du muscle. L’innervation réciproque
est utilisée dans la contraction de l’antagoniste dans la méthode CRAC (à la quatrième phase de
la technique, voir plus loin paragraphe C /I /2), ce qui permet au muscle agoniste étiré d’être
inhibé.
D’après Chavanel et coll. [174].
c) Le réflexe myotatique inverse (ou réflexe tendineux)
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C’est un processus neurologique réflexe qui débute au niveau du muscle. Le rôle du réflexe
myotatique inverse est de provoquer « le relâchement et l’allongement » en réponse à sa
contraction. Ce réflexe est possible grâce aux organes tendineux de Golgi, organes sensibles à la
tension du tendon. Ces fuseaux neurotendineux auront pour effet d’envoyer un signal inhibiteur au
muscle (étiré ou contracté). C'est-à-dire par les neurofibres Ib puis les fibres alpha (-), ces
dernières vont inhibé le muscle en cas de tension trop forte [174, 209, 210].
Il peut être déclenché de deux façons :
par une forte tension pendant un temps court,
par une faible tension pendant un temps long (d’où l’indication de nombreux auteurs de
pratiquer d’un stretching lent).
REFLEXE MYOTATIQUE INVERSE = POUR LE CONTROLE DE LA TENSION DANS LE
MUSCLE
Le réflexe myotatique inverse : Tp = tension passive étirement intense (ou contraction non décrite ici), Ib =fibre
sensitive, TA = contraction réflexe arrêtée grâce aux neurofibres alpha (-). D’après Chavanel et coll. [174].
La conséquence pratique du réflexe myotatique inverse est celle de l’indication d’un stretching
passif. Ce stretching passif, lent, statique va être conseillé par les physiologistes car provoque un
relâchement des structures musculaires. « ...Ce principe fonde la méthode des étirements
statiques passifs générés par la force de gravité... » [211].
5 - Le rôle des axes articulaires dans la transmission des « forces »
a) Le concept de poulie
Ces chaînes ont donc un rôle de transmission, coordination - harmonisation et d’amortissement.
Certains parlent de véritables cordes fasciales avec des poulies de réflexion (ce concept de poulie
est utilisé dans les courants ostéopathiques), le schéma suivant illustre bien ce propos.
16 / 143
Les poulies de réflexion, d’apres Paoletti S [12].
Ce schéma est tiré de l’ouvrage de Serge Paoletti [12], nous remarquons que la plupart des
poulies de réflexion correspondent aux articulations (poignet, doigt, sacro-lombaire, coxo-fémorale,
genoux, cheville...). Ce schéma est un profil, il montre indirectement le versant sagittal de la
biomécanique articulaire. Notamment pour la colonne vertébrale avec l’articulation prépondérante
du bassin dans son équilibre sagittal (version pelvienne, pente sacrée, et force de contact
intervertébrale). D’ailleurs l’exploitation de ces « poulies / articulations » est fréquente dans les
méthodes d’étirements ou de rééducation.
Illustrons un exemple d’exploitation de ces poulies dans la région du bassin.
La rotation du bassin et du tronc, d’après Troisier O [14].
Les deux photos précédentes sont une illustration de la technique de verrouillage - déverrouillage
de Troisier, avec un travail effectué sur la coxo-fémorale, véritable « poulie-clé » de la méthode
Troisier pour la protection des lombalgiques [14]. D’autres méthodes insistent sur la prise de
conscience de cette région et de sa fonction.
b) La répartition des forces de contact
Bien souvent le but des méthodes de rééducations globales est d’éviter une accentuation des
courbures (hypercyphose ou hyperlordose) afin de ne pas effectuer un travail en compensation de
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la colonne vertébrale, et ceci par d’une compréhension des articulations du bassin (articulations
sacro-lombaires, coxo-fémorales) c’est-à-dire de l’équilibre sagittal pelvi-rachidien.
Nous voyons dans le cadre de ces étirements que les notions de cambrure lombaire exagérée ou
l’existence de cyphose thoracique sont des éléments qui peuvent être considérés comme
anormaux (compensation) ou comme une synergie. Nous abordons ici, le lien très étroit des
étirements des membres périphériques avec la colonne vertébrale, parties du corps inséparables
dans le cadre des méthodes globales d’étirements. La jonction entre la colonne vertébrale et les
membres se fait :
soit au niveau supérieur par le groupe scapulo-huméro-thoracique,
soit au niveau inférieur par l’articulation coxo-fémorale et le sacrum.
Le niveau inférieur est essentiel pour bien répartir les forces de contact au niveau
intervertébral (équilibre sagittal pelvi-rachidien). La rotation de l’axe coxo-bi-fémoral peut
engendrer soit un mouvement de rétroversion du bassin, soit une antéversion, ce que l’on appelle
la « version pelvienne »[143] (synonyme de l’« assiette neutre remplie d’eau » utilisée en langage
imagé par certains moniteurs de la gymnastique Pilates pour définir un bassin en position neutre,
c’est-à-dire sans hyperlordose ou hypercyphose lombaire, voir DVD gymnastique « Essentiel
Pilates n°1 avec petit matériel » avec Didier Pescher, chapitre placement du corps, collection
Eurothémix).
L’élément clé est la non augmentation des forces de contact au niveau de l’articulation
intervertébrale c'est-à-dire de ne pas augmenter les forces de compression et de cisaillement au
niveau des espaces intervertébraux (ce qui se traduit par des compensations) [143].
Il en résulte une volonté de répartir harmonieusement les courbures de la colonne vertébrale :
un rachis aux courbures effacées aura des forces de contact s’appliquant en compression,
un rachis aux courbures accentuées aura des forces de contact qui s’appliqueront en
cisaillement.
Cette répartition harmonieuse se réalise à partir d’articulations importantes comme l’articulation
coxo-fémorale. Elle va pouvoir orienter la « pente sacrée » et par ce fait accentuer ou non les
courbures (ces notions de force de contact seront développées au chapitre III) [143]. Les différents
auteurs pour créer les conditions d’une répartition harmonieuse des forces de contact entre les
vertèbres vont devoir mettre en évidence des postures normales ou des postures tendant vers «
la perfection » (d’où le rôle de certaines articulations clés pour adopter une bonne posture, ici la
coxo-fémorale). L’exploitation de la potentialité de ces poulies (c’est-à-dire articulations
principales) se fait par le travail des étirements ou d’un bon placement corporel.
Le terme de « posture tendant vers la perfection » est un vocabulaire employé par Souchard [8],
l’amplitude articulaire reflétant au mieux le rôle de la poulie. Les illustrations suivantes montrent un
maximum d’amplitude articulaire sans compensation.
Postures illustrant la perfection (sans compensation), d’après Souchard [8].
Cette notion de perfection est souvent associée dans les étirements posturaux par l’absence de
compensation dans la posture. Par exemple, il n’y a pas de cyphose dorsale lors de la flexion
antérieure du tronc sur les membres inférieurs. Ce concept de la compensation a été mis à jour
lors de l’élaboration de la méthode Mézières. Elle les appelait les « tricheries », celles-ci s’incluent
dans le système des chaînes musculaires [83]. Pour certains la compensation peut être
18 / 143
substituable à la notion de synergie : « …alors que ce sont en fait des substitutions d’un muscle
par un autre : celui qui est encore opérationnel tente de faire faire le travail de celui qui est
absent... p15 » [51].
Kendall en 1988 décrit une étude sur le contrôle de la capacité d’étirement des muscles dorsaux
en position assise en fonction de l’angle coxo-fémorale [52 ; 80]. Cet auteur décrit la posture de
figure précédente (flexion du tronc en avant jambe tendue) : «... Capacité d’étirement normale des
extenseurs du dos dans la zone thoracique : contracture des extenseurs du dos dans la région
lombaire avec « paralysie » des deux jambes... p 375 ». Cette étude met en avant, le travail des
étirements sélectifs par rapport aux étirements en groupe de chaînes musculaires : « …L’étirement
du muscle doit être si possible sélectif et ne pas s’inscrire dans un mouvement complexe, auquel
participe plusieurs muscles en série…p 374 » [52]. L’étude se continue par la description des
différents angles possibles de l’articulation coxo-fémorale lors de la flexion antérieure du tronc
(120°, 90°, 45°). Elle décrit ainsi l’articulation comme une poulie.
Illustration des différents angles de la coxo-fémorale lors de la flexion antérieure du tronc. La flexion
progressive confirme le rôle de poulie.
II - Conséquences pratiques
1 - Amélioration de l’amplitude
Les objectifs principaux sont :
l’amélioration de l’amplitude articulaire (effet à long terme) [103],
lutte contre la raideur musculaire (relâcher et décontracter les muscles) [69 ; 71].
Plusieurs zones cibles sont visées :
la colonne vertébrale,
la région du bassin,
les membres.
Trois composantes anatomiques peuvent être travaillées pour le gain d’amplitude :
le tendon,
le muscle,
l’aponévrose.
Les diverses méthodes axent les exercices en proportion variable sur ces éléments. Les objectifs
peuvent être variables dans le temps surtout en rééducation du sportif.
Les exercices peuvent être organisés en trois objectifs :
1. les exercices d’étirements d’entraînement, le but est l’amélioration l’élasticité musculaire,
2. les exercices d’étirements de maintien, le but est la conservation du degré d’élasticité
musculaire et la mobilité articulaire,
3. les exercices d’étirements de régénération, ils sont basés sur la combinaison de techniques
de décontraction musculaire et d’étirements de faible intensité.
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2 - Consignes de base pour débuter les étirements
Voici quelques consignes de bases pour bien débuter les étirements [10 ; 86] :
bien s’échauffer,
éviter les à-coups,
apprendre quelques mouvements de base,
commencer par des mouvements lents ou des positions statiques,
éviter les erreurs de placements (lordose ou cyphose exagérée),
éviter les positions extrêmes (ménisques),
inclure les rotations si possible après maîtrise d’une gestuelle de base.
Il est conseillé d’adapter les étirements selon l’activité et la chronologie de la séance.
Pour la séance d’échauffement :
étirements de type activo-dynamique [10],
étirements actifs raisonnés myotendineux, ERAMT [70].
Entre les efforts :
étirements de type contracté - relaché [10 ; 47].
En fin de séance :
étirements passifs [10 ; 69 ; 86].
En dehors des efforts, en séance individuelle :
étirements posturaux.
3 - Remarques sur l’échauffement
Rey s et coll. [70] conseillent les étirements actifs raisonnés myotendineux à l’échauffement
(ERAMT). Les physiologistes nous indiquent que : « ... Quelle que soit la technique utilisée, les
effets négatifs sur la performance sont présents...p 8 » [69, 207].
De même, Ziltener et coll. [103] affirment : «... Il a, en outre, été montré qu’en termes
d’échauffement, voire de performance, un protocole incluant course sous-maximale et sauts
répétés d’intensité moyenne (avec et sans contre-mouvement) donnait de meilleurs résultats qu’un
protocole identique auquel étaient ajoutées des séances d’étirements statiques des membres
inférieurs...p 113 » et toujours dans le même article« ... En guise d’échauffement, les étirements
ne sont pas indiqués pour les sports de force, d’explosivité ou de vitesse - détente... p 115 ».
Egalement, les étirements ne permettent pas l’augmentation de la température musculaire [103 ;
186] de façon efficace à l’échauffement. Ziltener et coll. proposent à la place des étirements « ...
Des séries de contractions concentriques contre résistance légère à moyenne semblent bien plus
efficaces...p113 » [103].
4 - Prévention des blessures et étirement
Il s’agirait (à l’échauffement ou à d’autres moments de la séance sportive) de considérer plutôt le
risque de blessure en utilisant une technique d’étirement. Selon certaines études (comme les
études de Pope et coll, 1998 et 2000), les étirements avant exercices physiques ne permettraient
pas de diminuer les risques de blessures dans les phases initiales d’un nouvel apprentissage [69].
Mais Canal M. [189] relativise cette remarque en citant d’autres études discordantes sur le sujet de
la prévention des blessures (comme celles Hilyer et coll.). Son principal argument est celui-ci : « ...
Ces études concernent en priorité les étirements à court terme et il serait faux de
généraliser...p33 » [189]. De même Gremion G dans sa revue de littérature sur le sujet indique
« ...aucune étude n'a examiné une population d'athlètes peu mobiles et donc à plus hauts risques
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de blessures. Ces derniers pourraient bénéficier avantageusement du stretching... » [207].
Les étirements semblent être contre-indiqués en cas de courbature, les étirements statiques
entraînant plus de courbatures que les étirements balistiques [103]. De plus les courbatures
semblent être plutôt une adaptation à l’effort musculaire. « ... Ainsi il n’est pas interdit de penser
que les courbatures qui disparaissent toujours au bout de 5 à 7 jours sont les signes précurseurs
normaux de l’adaptation musculaire à une forte utilisation, adaptation réduisant par la suite les
risques de blessures...p36 »[189].
5 - La performance et étirement
Pour le sportif amateur et surtout le senior, la notion de performance peut être très secondaire. La
lutte contre l’enraidissement est une priorité chez le senior et la notion de compétitivité absente
chez le « sportif du dimanche ». Les étirements vus dans le contexte global de la santé, avec une
meilleure connaissance du placement du corps, une meilleure mobilité, un effet relaxant…font
placer au second plan les études statistiques (...en millisecondes sur le temps de suspension en
saut … [70]) sur le déficit d’une performance illusoire [71].
D’autre part, l’efficacité d’un étirement se heurte à des limites anatomiques variables selon les
individus : la disposition des fibres musculaires, des enveloppes conjonctives internes et externes,
les tendons, l’excès de graisse, les contact avec les masses osseuse, l’âge, sexe, hérédité et
disponibilité pour s’entraîner régulièrement ...
Canal M [189] et Gremion G [207] indiquent que la méthode d’assouplissement la plus efficace
pour augmenter l’amplitude du mouvement articulaire serait la technique du contracter - relâcher
avec contraction du muscle antagoniste pendant la phase d’étirement [189] ou méthode CRAC
(Voir illustration au paragraphe C / I /2).
C’est une méthode qui demande beaucoup de précaution, d’apprentissage dans la sensation de
relâchement et de contraction musculaire.
6 - La vitesse d’un mouvement et étirement
Si l’étirement est effectué de façon rapide, Le fuseau neuromusculaire à l’intérieur du muscle est
stimulé et provoque le déclenchement du réflexe myotatique. Celui-ci va provoquer la contraction
réflexe du muscle et l’étirement ne pourra s’effectuer correctement, c’est pourquoi beaucoup
d’auteurs conseillent de faire les étirements lentement. Le mouvement lent va provoquer une
réponse des organes tendineux de Golgi qui empêche la contraction réflexe par une diminution de
l’excitabilité des motoneurones.
Les méthodes PNF vont agir sur la possibilité d’inhiber les motoneurones après la contraction
volontaire pour pouvoir inclure l’étirement juste après. Cela sera le cas du « contracter - relâcher ».
La méthode CRAC ajoutera la contraction de l’antagoniste pour avoir un réflexe d’inhibition
réciproque.
III - Les mouvements en rotation
Une des origines du travail en rotation serait la technique de « Kashland » utilisée dans la méthode
de Kabat. Cette technique se définit comme des mobilisations du squelette fibreux en rotation et
spirale autour de fûts osseux [15]. Le mouvement organique physiologique se développe dans un
espace courbe à trois dimensions avec trajectoire en spirale.
L’extensibilité myo-tendineuse peut s’améliorer lors de l’utilisation de mouvement de rotation. Il
semble même qu’elle permet une protection articulaire en limitant l’amplitude extrême. Henri
Neiger nous renseigne sur ce sujet : « …Lorsque le sujet ressent une douleur articulaire, il faut
réduire un peu l’amplitude de cette articulation et en compensation augmenter la composante de
rotation… p 33 » [11].
Cette notion de rotation peut-être définie d’après ce que dit Eric Viel dans son ouvrage « la
méthode de Kabat » : une des raisons de l’existence des rotations provient « …du fait que les
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insertions musculaires de terminaison sont toujours décalées par rapport à l’axe diaphysaire de
l’os, et la première mise en tension entraîne nécessairement une composante rotatoire ; seule la
tension synchrone d’autres muscles permet au sujet humain qui se contrôle d’annuler la
rotation… p21-22 » [15]. Un des reflets de ce décalage est que la plupart des os sont courbes ou
tordus sur eux-mêmes et jamais dans un axe diaphysaire rectiligne.
Pour synthétiser, Eric Viel décrit cinq raisons sur l’intérêt d’un travail en rotation :
«…-1 la double organisation transversale et longitudinale du squelette fibreux du tissus conjonctif.
Seul l’enroulement des parties molles autour de l’axe des membres associé à un étirement
longitudinal pourra mettre en tension cette structure complexe,
- 2 l’organisation fonctionnelle des feuillets aponévrotiques. Chacun d’eux étant constitué par des
travées conjonctives orientées dans le même sens mais formant un angle par rapport à la direction
des adjacents,
- 3 l’histologie du tissu contractile. A l’organisation longitudinale de l’ensemble des myofibrilles,
s’ajoute une spiralisation de celles-ci à l’intérieur des résilles fibreuses,
- 4 la multiplicité des types d’attaches des fibres musculaires sur les lames tendineuses. La
rotation seule permet de solliciter l’ensemble de ces sites d’attache,
- 5 l’organisation fonctionnelle du membre inférieur et la ceinture pelvienne en rotation. Chacune
des pièces constituantes est entraînée en rotation par rapport aux pièces sus et sous-jacentes lors
de la mise en mouvement, que le pied soit libre ou qu’il soit fixé au sol. Il doit alors résister aux
contraintes en rotation partant du bassin ou des épaules... p134 -136 » [15],
Cette notion de rotation présente une composante ubiquitaire dans le travail des exercices
corporels, tant sur les étirements que sur le renforcement musculaire. Nous verrons qu’une
réflexion sur le travail des abdominaux est abordée sur le thème de la rotation des articulations
coxo-fémorales par le biais de la théorie des « delta pondéral » (voir chapitre II sur les
abdominaux). Cette notion de rotation fait comprendre que l’organisme se meut à travers les trois
plans de l’espace.
Ci-dessous un exemple de mouvement rotatoire tiré de l’ouvrage « étirements analytiques en
kinésithérapie active » de Michèle Esnault.
Un exemple de mouvement en rotation, méthode des étirements myotendineux, d’après Esnault M [16].
C - Méthodes d’étirements
Nous ne citons pas les étirements associés à d’autres agents physiques (au froid, aux
électrostimulations…).
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Un classement sur les méthodes d’étirements peut tenir compte de plusieurs paramètres. Un des
paramètres principaux est le travail contractile musculaire présent ou non. Souvent, ce sont des
hybrides qui incluent soit des mouvements passifs ou actifs avec des protocoles semblables
variant dans les temps d’activité de contraction et de relâchement. L’autre difficulté est l’emploi de
mots différents pour une même technique ou variante proche suivant les pays ou les auteurs.
Plusieurs tendances peuvent être dégagées.
I - Méthodes à tendance « contracter - relâcher »
Elles sont issues des techniques neuro-musculaires et beaucoup ont comme source d’inspiration
la méthode de Kabat. Elles peuvent être utilisées « en rééducation, thérapie manuelle, en méthode
de santé, etc.». De ce fait, on les nomme sous différents vocables, mais obéissent à un schéma
commun de « contracter » et de « relâcher ». Ce schéma étant variable dans le temps de
contraction, de relâchement ou d’utilisation de la respiration. Ce sont des méthodes plutôt
statiques (le sujet ne bouge pas).
Il y a trois formes de bases :
le C-R-E,
le C-R-E-P-I,
le C-R-E-I-R.
1 - La technique par contracter - relâcher - étirements (C-R-E)
Elle peut avoir différents synonymes ou quelques variantes dans la technique dont voici quelques
exemples : étirements myotensifs en thérapie manuelle [82] ; étirements post-isométrie (P-I-R) [2] ;
étirements C-H-R-S= contract-hold-relax-stretch [2] ; étirements neuromusculaire proprioceptifs
[2] ; technique de charge ou de décontraction [2], étirements activo-passif [10]… Techniques de
relâchement musculaire de type « tenir - relâcher » [15 ; 51], ou bien encore les méthodes dites
techniques d’énergie musculaire (= Muscle Energy Technic = M - E – T), utilisant le temps
expiratoire lors de l’étirement passif [82].
Malgré toutes ces variations de vocables, le plan de base de la technique des « C-R-E » se
déroule en quatre étapes [2 ; 15 ; 82] :
1. la mise en tension c’est-à-dire étirement passif avec placement de l’articulation en position
extrême (contract),
2. la contraction (hold), de type isométrique effectuée par le patient,
3. le relâchement, les insertions musculaires restant sur le même angle que lors de la
contraction,
4. Phase d’allongement lent et progressif, stretching passif, effectué par le praticien.
Voici un exemple type présenté dans les illustrations suivantes par l’étirement post-isométrique et
la technique « M - E – T » :
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Méthode du contracter - relâcher avec étirement (C R E).
2 - Les variantes du « contracter - relâcher »
La méthode type C-R-A-C (Contracter – Relâcher avec Contraction de l’Antagoniste) ou d’une
autre abréviation Le C-R-E-I-R (Contracter – relâcher en Inhibition Réciproque) se déroule selon le
schéma suivant [51 ; 189] :
Méthode du contracter - relâcher avec contraction de l’antagoniste (ou méthode « CRAC ») d'après Canal M
[189].
Le cycle C-R-E peut utiliser la contraction des antagonistes des muscles étirés par participation du
sportif ou du patient. (C-R-E-I-R). Elle peut être utilisée pour les contractures musculaires ou en
prophylaxie [2 ; 15].
Le C-R-E-P-I (en Post Inhibition), il y a contraction (de type excentrique) du muscle à étirer par le
sujet lui-même. Cela peut se réaliser par exemple à l’aide d’un élastique. Dans le schéma suivant,
le sujet va réaliser une contraction concentrique des ischio-jambiers puis à l’aide de l’élastique va
réaliser une contraction excentrique de ces muscles.
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Méthode de contracter-relâcher en post-inhibition [source,
http://www.cdgym91.com/gam/doc/cours/souple.pdf].
Les étirements myotensifs font partie intégrante de la méthode p.n.f ou méthode de Kabat [2 ; 15].
Ils sont inclus dans la partie des techniques de relâchement musculaire. Les étirements myotensifs
dit « tenir - relâcher » ont deux variantes techniques dans le PNF [15] :
le « contracter - relâcher », il y a utilisation au démarrage d’un mouvement, ici c’est le sujet
qui décide de la contraction,
le « tenir - relâcher » associé à des « inversions lentes », le sujet accomplit le mouvement
dans toute l’amplitude agoniste, puis change de direction pour effectuer le mouvement
antagoniste.
Les méthodes de type « contracter – relâcher » se déclinent en différents protocoles suivant les
auteurs et les époques dans le monde sportif ou médical. Elles utilisent en proportions variables
les temps de contractions ou les différents régimes de contraction :
la méthode de S-A Sölverborn (une des plus connues) [47],
le stretching selon Anderson (année 70) utilise le PNF et le stretching statique passif,
Knott (aux Etats-Unis) expérimente le contracter – relâcher et rend populaire les travaux
de Kabat (1968),
méthode Holt tirée du PNF en 1971,
méthode Ekstrand utilise le C.R.E en 1980 (football),
étirements myotendineux et aponévrotique en 1986 (ERAMT),
contraction isométrique puis étirement en mode excentrique du muscle,
étirements activo-dynamique,
contraction isométrique du muscle puis relâchement et travail dynamique des muscles
étirés.
II - Méthodes à tendance posturale
Elles peuvent se subdiviser en stretching actif ou passif, c’est-à-dire avec ou sans participation de
la contraction musculaire. Souvent elles associent postures passives, et posture avec contraction
musculaire (isométrique ou excentrique). Voici une liste non exhaustive de méthodes trouvées
dans différents ouvrages pour le public :
« posture passive », stretching passif avec poids du sujet comme seul effort sans
contraction musculaire,
« isostretching » de Redondo B. (inspiration de la méthode. Perrin R, exercice postural
avec isométrie intense des muscles),
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« stretching postural » de J P Moreau. (Succession de posture passive (stretch « lourd »)
et posture en isométrie),
« lian Gong Shi Ba Fa », sorte de stretching postural Chinois. Inspiré d’une gymnastique
médicale créé au 2ème siècle ap-JC, utilisée à l’Hôpital Tong Chang de Changaï [3],
« méthode Gaël Heckli » (danseuse), autosuggestion, posture,
« stretching global actif » de Ph- E Souchard. (Exercice postural avec des contractions
isométrique ou excentriques des muscles étirées),
« méthode Calais-Germain » (méthode globale incluant des étirements posturaux passif,
des renforcements et de la coordination),
« stretching rythmique et postural » de M Frères, et méthode d’étirements à deux [83],
« stretching synthétique » (élaboré par un professeur d’éducation physique et sportive pour
les collégiens) [49],
méthode « wygwys », méthode statique, avec maintien postural. Wygwys = What You Get
is What You See, méthode inspirée de la rééducation médicale [4],
étirements sur table Penchenat,
« gymnastique posturale suédoise » avec utilisation d’étirements par ressaut.
III - Méthodes dynamiques « non posturales »
Il s’agit de méthodes utilisant un stretching dynamique avec mouvement lancé. Ces méthodes sont
moyennement appréciées par les physiologistes, car le mouvement balistique déclenche le réflexe
myotatique protecteur qui va provoquer la contraction du muscle. De plus des mouvements lancés
ou brutaux peuvent provoquer plus facilement des lésions. Mais de nombreux sports nécessitent
les mouvements lancés (danse, karaté), aussi il est conseillé de faire un bon échauffement
progressif pour aborder ce genre de méthodes.
Les étirements balistiques avec mouvements lancés (Rapide ou lent). Ils peuvent être utilisés
aussi dans les programmes de rééducation, sous la forme de ramassage d’objets légers recréant
une répétition de distance doigt - sol, à l’aide d’un métronome [89].
Les étirements par à-coups, les avis divergent sur ces derniers, certains pratiquants de
disciplines sportives (karaté) en font un facteur de préparation spécifique.
La technique de l’étirement spontané (et du bâillement) dans le mouvement eutonique de Gerda
Alexander [3], il s’agit du méthode utilisant de la sensation, la proprioception.
Les étirements dynamiques associés aux machines isocinétiques. Grâce aux machines
isocinétiques, le geste possède une vitesse constante non soumis au risque des « à-coups ». Il
s’agit essentiellement d’un étirement lombo-pelvien dans le cadre de la rééducation du
lombalgique [89]. L’étirement isocinétique fait l’objet d’étude notamment dans le programme
Labview au CHU de Lille [195]. C’est un programme pour la mesure de la résistance musculaire à
l’étirement isocinétique, avec des implications en pathologie. On étudie dans ce cadre l’effet de
l’étirement isocinétique dans le cadre d’une hypertonie pyramidale ou d’une myopathie [194].
IV - Méthodes d’inspiration yoguique, partiellement ou totalement
De nombreux auteurs se sont inspirés du yoga pour élaborer un programme :
stretching de Pavlovic B,
stretching de Waymel T (utilisant aussi un principe de relâchement des chaînes
musculaires, puis tonification des muscles concernés dans l’amplitude travaillée et
utilisation des réflexes médullaires en post-inhibition),
stretching méthode Tobias (mouvements inspirés de l’Hatha-yoga).
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D - Méthodes d’étirements et courants kinésithérapiques
Ces méthodes s’appuient sur l’aide d’une tierce personne (hétéro-manipulation). Elles n’entrent
pas forcement dans le cadre de notre étude, mais elles sont une source d’inspiration de
nombreuses méthodologies. Un bref aperçu en distingue deux courants essentiels.
I - Le courant des thérapies manuelles
Il est divisé en plusieurs familles. Parfois, elles sont opposées aux méthodes officielles (reconnues
par des diplômes universitaires). Elles traversent le monde de la kinésithérapie et de la
rééducation.
1 - Les étirements possibles
Les étirements sont souvent effectués en mode passif par hétéro-manipulation [141]. On peut
utiliser deux classements pour les décrire, les étirements avec composante directionnelle et les
étirements de type contracter-relâcher. C’est ce que nous allons décrire dans les prochains
paragraphes.
a) Les étirements avec composante directionnelle
Les étirements avec une composante directionnelle, peuvent se décomposer en trois directions
possibles pour l’exploitation de l’étirement en thérapie manuelle [79].
L’étirement sur un mouvement longitudinal dans l’axe du tendon, par postures ou exercices
actifs effectués par le patient. Ils peuvent être localisés ou globaux.
L’étirement sur un mouvement transversal, ce sont des manœuvres utilisées également dans
le reboutage. Elles étirent le tendon avec une force perpendiculaire à leur direction. Nous pouvons
citer l’exemple de la méthode Moneyron. Son principe de base consistant à relâcher les « cordes
ligamentaires ou musculo-ligamentaires » avec un mouvement transversal par rapport à l’axe de
la contracture. Ce mouvement est appelé « décordage » [81]. Il peut s’appliquer aux muscles
lombaires [124].
L’étirement sur un mouvement rotatoire se retrouve dans les techniques de mobilisations de la
thérapie manuelle. Ces dernières constituent souvent une forme d’étirement notamment au niveau
vertébral [11 ; 79]. Elles peuvent inclure à proportion variable les différentes directions
d’étirements, comme la rotation possible en fin d’étirements musculaires par hétéro-manipulation
[11].
Les techniques par traction s’ajoutent éventuellement dans les composantes directionnelles de
l’étirement. Nous pouvons citer les techniques de rétablissement du jeu articulaire physiologique
par traction associées aux mouvements translatoires [2]. Ces procédés montrent donc une
variation directionnelle du mouvement. Nous pouvons citer les techniques par traction et
glissement avec mouvement angulaire de l’articulation (technique de Kaltenborn, cf chap III). Les
techniques de thérapies manuelles de type OMT-kaltenborn proposent une alternative pour la lutte
contre la raideur articulaire [137, 208].
b) Les techniques neuromusculaires
Les techniques neuro-musculaires (type contracter – relâcher) sont utilisées dans les thérapies
manuelles, nous avons utilisé dans un paragraphe précédent les vocable d’étirements myotensif
ou M-E-T, voici d’autres vocables qui reflètent des variations techniques [133] :
mobilisations idiomusculaire de F Gaymans,
mobilisation by muscular facilitation and inhibition de K. Lewit et V. Janda,
osteopathic rythmic resistive duction therapy T.J Ruddy,
muscular energy therapy de F. Mitchell Sr,
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muscular energy techniques de Ph Greenman and al,
techniques de Strain and conterstrain de Jones...
2 - Les programmes d’auto-traitements
Le « stretching » peut être inclus dans le cadre d’un protocole d’auto-traitement du patient. Cet
auto-traitement peut devenir une méthode indépendante par adaptation au cas général et au
milieu sportif.
Auto-traitement, protocole, programme autant de mots utilisés avant la possible création d’une
méthode, voici quelques exemples.
La méthode de Anderson B est une partie technique de la méthode de Kabat [15; 48]. Cette
méthode n’incluant pas les mouvements en rotation dans les exercices, utilisant le PNF et
étirements passifs.
La « rééducation posturale globale » est issue du courant Mézièriste (RPG). La RPG développe
un auto-traitement à base de posture, de respiration et d’étirements. Ces exercices deviennent
ensuite le « stretching global actif » [7; 8],
De la combinaison de la méthode Mézières et des techniques ostéopathiques (école de
Maidstone, Wernahm), Frères M revendique la création d’une méthode rythmique d’harmonisation
myotensive. Adaptation de cette méthode sous la forme d’un « stretching rythmique et postural »
[27 ; 83].
Ces exemples montrent quelques possibilités d’évolutions et d’adaptations techniques. Des
réflexions sur d’autres modèles sont en cours, nous pouvons citer des réflexions sur l’adaptation
de la méthode Mc Enzie pour les articulations périphériques. Le modèle discal du syndrome de
dérangement est transposé au modèle de l’arc d’abduction douloureux de l’articulation gléno -
humérale. Développant pour ceci, des mobilisations auto-passives en rotation interne [61].Mais
quand la technique est trop spécifique (cas par cas) et nécessitant une personne expérimentée
alors l’auto-traitement aura moins de chance de diffusion dans la population.
3 - L’étirement en massothérapie
Le courant des thérapies manuelles peut se conjuguer avec la masso-thérapie, les deux sont
parfois peu individualisables.
a) L’étirement inclus dans la séance de massage
Les étirements peuvent être inclus au cours des massages, les thérapeutes ajoutant à leurs
techniques d’origine des mouvements d’étirements passifs ou actifs.
Des thérapeutes de massages occidentaux ont ajouté des étirements comme dans le massage
californien (association massage - mobilisation - étirement) [73], suédois [65]. Ceci est également
le cas dans les massages orientaux avec des ajouts d’étirements passifs comme le shiatsu [63],
massage thaïlandais [64].
b) L’étirement en tant que partie technique d’un mouvement massage
Les étirements peuvent faire partie intégrante de la technique de massage, ces techniques de
massages entraînent la mobilisation des éléments musculo-tendineux, les limites entre étirements
et massages sont moins perceptibles. Car le muscle peut être massé en position d’étirement, et
l’action du massage peut aboutir à des mouvements transversaux du muscle ou du tendon. Ce
mouvement transversal évoque les étirements transversaux, voici trois exemples.
La manipulation dite du pétrissage profond et rapide retrouve ce mouvement transversal. Le
muscle est saisi dans toute sa masse pour le mobiliser transversalement, cette manipulation
s’organise en trois phases possibles : compression, torsion et relâchement du muscle. La torsion
rapide produit un réflexe myotatique identique à celui d’un étirement rapide du muscle. Le
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pétrissage profond à vitesse rapide entretient « la tonicité, l’élasticité et la souplesse des masses
musculaires » [65].
Le massage transverse profond est un geste effectué sur la structure tendineuse en agissant
par friction transversale à la direction des fibres avec placement du tendon en position d’étirement
[73]. Il est utilisé lors des périostites, tendinites (voir paragraphe sur les tendinopathies dans ce
chapitre).
Les techniques de reboutage comme la méthode Moneyron (déjà citée précédemment)
Consistent à relâcher les « cordes ligamentaires ou musculo-ligamentaire » avec un mouvement
transversal par rapport à l’axe de la contracture, ce mouvement est appelé « décordage » [81].
4 - L’étirement du système nerveux
Ce sont des techniques récentes de « neuro-dynamique » :
soit étirements neuro-méningées [67],
soit étirements des nerfs périphériques [68 ; 76 ; 77].
Elles utilisent la capacité naturelle d’élasticité du système nerveux avec des manœuvres ou
manipulations spécifiques pour diverses douleurs ou pathologies. Certaines peuvent ressembler
de loin à des postures d’étirements classiques, mais la démarche de base est différente. Le but est
la mise en « tension » du système nerveux (des plexus, de racines spécifiques) grâce à
l’allongement physiologique des nerfs par des tests à la fois diagnostiques et thérapeutiques. Les
étirements classiques mettent aussi en tension les structures nerveuses car les aponévroses sont
en étroite relation avec les paquets vasculo-nerveux. Voici quelques exemples de mobilisation de
nerfs périphériques.
Le classique signe de Lassègue est une douleur provoquée par la « mise en tension du nerf
sciatique ou d’une des racines ». Kapandji nous renseigne sur «...les travaux de Charnley qui ont
montré que les racines glissent librement à travers les trous de conjugaison…sur une course qui
peut atteindre 12mm... p126 » [76 ; 77],
La mobilisation neuro-dynamique du nerf médian est validée par de nombreux tests
spécifiques et auteurs, d’autres études sont en cours pour valider d’autres mouvements [205].
Nous pouvons citer le test ULTT1 (Upper Limb Tension Test) qui permet de tester différents
syndromes nerveux tels que les syndromes du tunnel carpien, du défilé thoracique [207].
Test dit ULTT1 d’après Butler D [199] et Huguenin F [206].
Des développements de protocoles d’auto-traitements spécifiques ciblés sur les racines
nerveuses sont en cours, des CD Rom de rééducation existent, la thérapie manuelle de type
Kaltenborn-Evjenth propose également des mobilisations neurales [137].
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Test de mobilité du nerf (mobilisation Kaltenborn),
d’après Schomacher O [137].
Un exercice pour la mobilité du nerf radial tiré d’une
brochure de Matheson James W sur le site de « visual
health information » :
[http://www.vhikits.com/products/collections/Neurodynamic
/Neurodynamic.aspx].
Nous avons dans ce paragraphe une « approche de l’étirement » sous l’angle de la mobilisation
des racines nerveuses par adaptation des tissus aux changements positionnels. Le but est de
diagnostiquer l’origine d’une douleur (musculaire ou irritation de la racine) et d’adopter un schéma
thérapeutique.
Les thérapies manuelles fournissent l’occasion d’approcher les étirements sous divers
angles : ligamentaire, musculaire, articulaire et nerveux. Ces éléments sont conjointement
mobilisés lors des manœuvres citées.
II - Le courant des méthodes à dominante somato-psychique
Ce courant sera moins abordé dans notre étude qui se concentre essentiellement sur le
somatique en trois angles de vue (étirement, musculation, aérobic), bien que des passerelles
soient nombreuses.
Nous ne ferons que les citer brièvement :
le yoga, souvent source d’inspiration de nombreuses méthodes (tant somatique que
somato-psychique),
l’eutonie de Gerda Alexander,
le Training-Autogène de Schultz,
la sophrologie de Caycedo,
la méthode de relaxation progressive de Jacobson,
imageries mentales et dérivées…
Ceci nous permet de rappeler que les étirements ont un effet psychologique sur le bien-être de la
personne en procurant une sensation de liberté et de délassement.
E - Applications en pathologies
Ils sont souvent en compléments avec d’autres techniques : musculation, endurance aérobie,
ergothérapie...
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I - Les tendinopathies
1 - Histologie :
Les tendinopathies histopathologiquement sont une dégénérescence intratendineuse, il ne s’agit
pas d’un état inflammatoire, d’où la notion de tendinose à leurs égards [187].
Le terme de tendinose reste soumis à critique, ainsi Métais F dans son article en date du jeudi 12
avril 2007 dans « Kiné actualité », nous indique : « ...On note dans ce contexte mécanique
l’absence de cellules inflammatoires au sein de ces lésions. Ce qui fait abandonner le terme de
tendinite pour celui de tendinose. Ces travaux peuvent être néanmoins critiqués puisqu’ils ne
peuvent être réalisés que sur des lésions chroniques, irréversibles, relevant d’un traitement
chirurgical. On ne peut donc pas dire aujourd’hui si ces lésions dégénératives ne sont pas
précédées d’une phase inflammatoire...p 21 » [188].
Cette tendinose traduit une rupture partielle du collagène c’est-à-dire la phase 3 de la réponse
mécanique du tendon à l’étirement (cf. schémas anatomiques sur le tendon). De fait, cette
réparation peut prendre des mois, elle ne se mesure pas en quelques semaines. Pourquoi cette
durée de récupération? La synthèse du collagène peut durer cent jours.
Les tendinopathies peuvent être divisées en deux groupes :
les lésions inflammatoires se traduisant par des tendinites, tenosynovites, bursites,
les lésions dégénératives considérées comme des tendinoses, si la lésion est insérée sur
l’os c’est l’enthésopathie.
2 - Traitements :
- Traitement médicamenteux symptomatiques [187].
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont indiqués préférentiellement dans les états de
tenosynovites ou de bursites associées uniquement dans les lésions isolées du tendon ou
tendinose.
L’infiltration de corticostéroïdes est reconsidérée car le caractère inflammatoire est sujet à
discussion.
- Traitement physiothérapique.
La rééducation a une place de choix avec des traitements ayant pour objectifs de majorer la
résistance tissulaire du tendon. Le programme de base sera une diminution de la contrainte
mécanique, un repos relatif avec une rééducation passive ou active (des massages, des
étirements associés au renforcement excentrique) [189].
La diminution de la contrainte mécanique comporte un volet consistant à procurer une
diminution de la surcharge mécanique du tendon avec du repos relatif, orthèse, attelles, semelles
orthopédiques, strapping, aménagement d’une activité professionnelle...
Le repos relatif est plus long que le simple traitement de la tendinite qui est en fait une tendinose.
Ce repos relatif vise à éviter les mouvements nocifs et à poursuivre les activités en dessous du
seuil douloureux.
Une rééducation par des massages et étirements comme l’étirement de type transversal,
longitudinal ou de type actif (PNF) ou passif. L’étirement de type transversal est inclus dans le
massage transverse profond. Ce dernier est indiqué dans les tendinopathies corporéales. On évite
sa pratique dans les tendinites. Il est contre-indiqué dans les calcifications du tendon. Son mode
d’application s’effectue transversalement au tendon, pendant 7 à 10 minutes avec 2 à 3 séances
par semaine sur un total de 10 séances. Ce massage agit grâce à ses effets antalgiques locaux,
trophiques et mécaniques. La rééducation utilise également l’étirement de type longitudinal par les
exercises sur les chaînes musculotendineuses (travail en globalité de l’ensemble des chaînes
musculaires).
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Le renforcement musculaire pourra être de type excentrique. Il pourra commencer de façon
prudente par un mode statique puis dynamique suivie de concentrique et se terminer de façon
excentrique. (cf chapitre II, sur le sujet du mode excentrique, notamment avec le protocole de
Stanish). Le régime excentrique aurait un effet sur les ténocytes produisant du collagène. En effet,
d’après Lamontagne M « ...la production de collagène est probablement la clé du phénomène
cellulaire qui détermine la récupération de la tendinose...p 2163 » [187]. Le renforcement
musculaire est utile car il permet de répartir les tensions sur l’appareil musculo-ligamentaire.
- Les agents physiques.
La physiothérapie possède un cortège de traitements dont les bienfaits restent à démontrer tels
que les ultrasons, laser, chaleur, ionisation, onde courtes, courants de basse fréquence,
électrothérapie à visée sédative (TENS), cryothérapie, onde de choc.
- Le traitement chirurgical.
La chirurgie est évoquée en dernier lieu, elle est rare.
Le caractère inflammatoire d’une tendinose est un sujet à discussion selon les auteurs. En
début de symptômes, la tendinose peut se soigner en 6 à 10 semaines et pour la tendinose
chronique, la récupération peut varier de 3 à 6 mois. L’étirement (transversal et
longitudinal) peut être utilisé en complément de thérapeutique pour le traitement d’une
tendinose [188].
II - Les lésions musculaires
1 - Prévention
Les lésions musculaires et leurs préventions par les étirements sont controversées. Il semble que
les étirements ne protègent pas des accidents musculaires à cause la tolérance à l’étirement, du
phénomène de Creeping.
Le stretching pour Cometti [186] dans sa revue de littérature n’a pas d’effet sur la prévention des
blessures à cause de son effet « antalgique » avant effort ( ce que l’on nomme par tolérance à
l’étirement ou stretch tolérance), ceci est aussi confirmé par Ziltener et coll. [103],
Le stretching provoque un phénomène de « creeping ». C'est-à-dire que le tendon s’allonge « ...ce
qui entraîne une réharmonisation des fibres de collagène qui vont s'orienter alors que
normalement leur position est en torsade. Cette nouvelle orientation diminue les capacités
d'absorption du tendon qui se reportent sur le muscle... ». Donc la lésion musculaire peut survenir
plus facilement [207].
D’autres affirment qu’il existe une prévention possible des accidents musculaires avant effort avec
utilisation de techniques comme les étirements myotendineux (ERAMT) de Esnault M.
2 - Récupération post-lésion
La réhabilitation après lésion musculaire est possible selon Ziltener et coll. [103] : « ...un stretching
passif statique dès la 48ème heure post-lésion grade II accélère la récupération des amplitudes
articulaires et surtout le retour à une pleine activité sportive de façon significative...p 114 ».
III - La spondylarthrite ankylosante
1 - Les déformations de la spondylarthrite ankylosante
La rééducation de la spondylarthrite est organisée avec des séances d’étirements. Le but est la
prévention des déformations de la spondylarthrite ankylosante. Les principales déformations
rachidiennes sont les suivantes [91] :
atteintes des sacro-iliaques,
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verticalisation du sacrum avec effacement de la lordose lombaire et d’un flessum de
hanches,
déformation dorsale en hypercyphose.
2 - Place des étirements et de la rééducation
La rééducation est proposée dans les phases inflammatoires si elle est supportée par le patient
par :
de la kinésithérapie douce en décharge,
quelques exercices d’assouplissement en piscine,
En phase de rémission dont les objectifs sont :
la lutte contre la douleur, la lutte contre la raideur, la réalisation de posture (sphinx,
espalier).
Les étirements ont leur place dans la rééducation de la spondylarthrite ankylosante. Les
étirements de type posturaux, d’auto-agrandissement sont utilisés de façon préférentielle
associés à une rééducation globale.
IV - Autres conséquences de la pratique des étirements
De nombreux effets bénéfiques sont imputables aux étirements.
1 - Sur l’appareil locomoteur
Les effets des étirements sur l’appareil locomoteur peuvent être variés.
L’amélioration des problèmes articulaires avec augmentation de la mobilité, de l’amplitude
articulaire, prise en charge des raideurs matinales chez le sujet âgé..., lutte contre les rétractions
chez le sujet alité, dans l’accident vasculaire cérébral.
La lutte contre le déséquilibre ostéo-ligamentaire en aidant à rétablir une symétrie corporelle.
La prévention des lésions de surcharge de l’appareil locomoteur (Tendinopathies mécaniques,
tendinopathies rotuliennes chez les joueurs de football et de basket-ball),
La stimulation de l’ostéogénèse dans l’ostéoporsose (musculation et étirement du muscle
psoas, voir chapitre II),
La prévention des rachialgies, par l’étirement des ischio-jambiers des muscles du dos (voir
chapitre III),
Lutte contre les contractures, certains proposent plutôt le régime excentrique qui semble plus
efficace que l’étirement passif (voir chapitre II) [160],
2 - Sur le système artério-veineux
Il existe des effets sur la vascularisation veineuse et artérielle. Ils s’effectuent grâce aux étirements
dynamiques ou de contracter-relâcher, ce qui n’est pas le cas des étirements statiques qui
« ...compriment les capillaires et compromettent la vascularisation en post-effort... » [103, 207].
Gremion G cite dans son article une étude d’application de stretching après une séance de course
à pied qui entraîne une myolyse [207]. Ces effets sont effectifs grâce aux mobilisations,
compression des tissus mous et à l’effet de pompage des contractions.
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CHAPITRE II : LA MUSCULATION
A - Définitions des régimes de contractions
La musculation possède cinq régimes de contraction principaux qui se répartissent en deux
groupes : le groupe de contraction statique et le groupe de contraction dynamique [17 ; 56 ; 161].
Le régime isométrique est inclus dans le régime de contraction statique et les quatre autres dans
le groupe de contraction dynamique. Le régime de contraction dynamique peut aussi se
dénommer mode isotonique ou mode anisométrique.
I - Isométrique
En régime isométrique, les points d’insertions musculaires restent fixes. Il n’y a pas de
raccourcissement notable du muscle, ni de mouvement généré par la tension musculaire. L’Anaés
définit la contraction isométrique comme étant le moment « … au cours duquel la résistance
opposée au mouvement est égale à la force développée par le muscle. Il n’y a pas de
déplacement du segment de membre. La longueur du complexe tendino-musculaire ne se modifie
pas... p 19 » [161].
II - Concentrique
En régime concentrique, les points d’insertions se rapprochent les uns des autres. Le muscle se
raccourcit et le mouvement est généré par l’augmentation de la tension musculaire. L’Anaés définit
la contraction concentrique comme étant le moment « ...pendant lequel la résistance opposée au
mouvement est inférieure à la force développée par le muscle. Les points d’insertion musculaire se
rapprochent et le muscle se raccourcit. Il s’agit d’une activité musculaire mobilisatrice...p 19 »
[161].
III - Excentrique
En régime excentrique, les points d’insertions s’écartent les uns des autres. Le muscle s’allonge et
le mouvement est généré quand la résistance est supérieure à la force produite par celui-ci (les
muscles du membre s’allongent pour retenir l’haltère. L’Anaés définit la contraction excentrique
comme étant le moment « ...pendant lequel la résistance opposée au mouvement est supérieure à
la force développée par le muscle. Les points d’insertion musculaire s’éloignent et le muscle
s’allonge. Il s’agit d’une activité musculaire freinatrice...p 19 » [161].
IV - Pliométrique
Les points d’insertions musculaires s’éloignent et se rapprochent, il s’agit d’un cycle étirement-
raccourcissement (ou entraînement par étirement-détente). Ce cycle associe les régimes
excentrique et concentrique.
V - Isocinétique
Il est plus spécifique au domaine de la rééducation et du sport de haut niveau. Il s’agit d’une
application de vitesse constante pour obtenir une contraction musculaire concentrique ou
excentrique maximale tout au long du mouvement grâce à du matériel adapté .On parle ainsi
d’isocinétismes concentrique et excentrique. Ce régime nécessite des machines isocinétiques
spéciales qui programment un mouvement spécifique sur deux grands principes, ce que reprend
l’Anaés « ...La maîtrise de la vitesse : on impose une vitesse constante au mouvement du segment
de membre, au lieu de lui imposer une résistance fixe... L’asservissement de la résistance : la
résistance varie et s’auto-adapte en tous points du mouvement pour être égale à la force
développée par le muscle, lorsque la vitesse présélectionnée est atteinte...p20 » [161].
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B - Généralités
I - Fonctions, propriétés du système musculaire
1 - Les fonctions des muscles
Les muscles possèdent diverses fonctions :
production des mouvements du corps,
stabilisation de la posture,
régulation du volume des organes (sphincters musculaires de l’estomac, de la vessie...),
déplacement des substances dans l’organisme (digestion, circulation sanguine artérielle et
veineuse),
production de la chaleur (maintien de la température corporelle).
2 - Les propriétés des muscles
Les muscles possèdent diverses propriétés :
excitabilité électrique,
contractilité,
extensibilité, c’est-à-dire un étirement sans déchirement,
élasticité, retrouve sa longueur et sa forme d’origine après une contraction ou un étirement.
3 - Les types de muscles utilisés en musculation
Plusieurs types de muscles sont utilisés :
le muscle squelettique strié essentiellement,
le muscle cardiaque est aussi stimulé indirectement par une augmentation de la fréquence
cardiaque lors de l’effort,
l’activité physique possède une action facilitatrice en « aidant » le travail des muscles lisses
(qui possèdent une contraction involontaire). Nous pouvons prendre l’exemple de la
musculation des abdominaux qui peuvent faciliter le transit intestinal.
4 - Les principaux effets physiologiques d’un travail musculaire actif
Le travail musculaire actif agit sur les os, les articulations ou d’autres types de tissus par des
mécanismes de mécanotransmission et de mécanotransduction. Ces mécanismes vont aboutir à
l’établissement de lois pour comprendre la physiologie des articulations.
Définitions des mécanismes et lois pour le système ostéo-articulaire.
La mécanotransduction
C’est une transformation d’un signal mécanique en un signal chimique ou biochimique.
La mécanotransmission
C’est une transmission des forces mécaniques à travers les cellules ou organes.
La loi de Delpech
C’est un effet de la compression, « les os croissent en raison inverse des pressions qu’ils
subissent » [174].
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La loi de Wolf
Elle correspond à la traction exercée par les muscles à la périphérie de l’os excite les cellules
sous-périostiques et favorise le développement de l’os en épaisseur, c’est un effet de la traction
[174].
Sur les articulations et le tissu articulaire s’applique aussi la loi d’étendue et d’épaisseur.
La loi d’étendue correspond à l’amplitude des mouvements articulaires proportionnelle à la
différence d’étendue des deux surfaces.
La loi d’épaisseur d’épaisseur du cartilage, elle est proportionnelle aux contraintes de
compression qu’il subit.
La loi sur les tissus capsuloligamentaires
Les tissus capsuloligamentaires placés dans une position relâchée se rétractent. Cette loi justifie
les mouvements actifs pour préserver la fonction dynamique des articulations en maintenant ces
tissus à leur longueur normale et ainsi conserver les amplitudes.
Sur le plan circulatoire, on peut distinguer des effets locaux et généraux de l’activité musculaire.
Au niveau local
Dans le muscle, il existe une vasodilatation locale des vaisseaux musculaires et vasoconstriction
des vaisseaux au niveau des autres organes,
Dans le cœur, il y a augmentation de son travail contractile.
Au niveau général
Dans les artères, il existe une augmentation de la pression sanguine au moment de la contraction
musculaire,
La contraction musculaire a un effet bénéfique sur sa circulation veineuse et lymphatique de
retour. Il y a une action conjointe grâce à l’augmentation du travail du cœur, de l’action du
diaphragme et d’un bon réseau vasculaire. La musculation est contre-indiquée par certains auteurs
en cas de problème d’insuffisance veineuse [176]. Ceci en raison d’une manœuvre de valsava
(effort glotte fermée) qui bloque momentanément le retour veineux. Il s’agit plutôt de favoriser une
activité musculaire dynamique (type marche lente ou cycloergomètre) pour obtenir une bonne
circulation veineuse. Nous pouvons citer l’exemple de la contraction local du mollet provoquant
une dorsi-flexion de la cheville c'est-à-dire une contraction excentrique du muscle provoquant une
compression du système veineux [178].
Voici un schéma de l’effet pompe musculaire du à une contraction locale dynamique :
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Effet de pompe veineuse du triceps sural d’après Bringard et coll. [179].
Le travail musculaire actif a un effet sur la température.
Il y a une augmentation de la température locale et générale,
Sur la fonction digestive.
Par l’action abdomino-diaphragmatique, et l’apport d’oxygène,
Sur la fonction excrétoire.
L’activité musculaire augmente l’élimination des toxines par l’urine et la sueur,
Sur le système nerveux.
Les mouvements musculaires ont un effet sur la Coordination de l’individu, une
oxygénation des cellules nerveuses...
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II - Conséquences pratiques
1 - Le principe de surcharge
La musculation est basée sur l’application du « principe de surcharge ». Ce principe est à la base
de la plupart des protocoles de musculation qui adoptent la méthode de « surcharge progressive ».
La « surcharge progressive » est un « patron » sur lequel se dessinent les programmes grâce à
l’application d’une charge minimale qui semble être supérieure à environ 60 % de la charge
maximale de mobilisation en une seul fois du sujet [17 ; 94].
2 – Le principe d’équilibre et de coordination
Bien souvent les mouvements en musculation s’exécutent dans une action globale, sans
dissociation qui s’appelle une « syncinésie » nécessitant équilibre et coordination.
L’utilisation d’une charge additionnelle peut augmenter les déséquilibres lors d’un mouvement de
musculation. La charge est révélatrice d’une faiblesse physique ou d’un manque de coordination
ou d’équilibre si le mouvement nécessite une adaptation posturale [90].
La bonne coordination des muscles fixateurs et moteurs du mouvement est nécessaire à la
stabilisation du corps et à son déplacement. La coordination fait appel à la notion de synergie
musculaire. Car le système musculaire est pris dans son ensemble. Nous pouvons prendre
l’exemple du bassin et du tronc qui a une stabilisation assurée par un bon gainage du corps, ce qui
se retrouve dans l’exercice du squat. Ce mouvement demande une synergie « des fixateurs de
l’omoplate-abdominaux-lombaires-fessiers » et une synergie des muscles moteurs « quadriceps-
fessiers et jumeaux », ainsi coordination et équilibre sont ainsi étroitement mêlés dans la mise en
jeu du mouvement (c’est une interaction-dynamique) [90].
Le gain de force au départ se fera grâce à la stimulation du système nerveux et par une meilleure
réalisation du geste.
3 - Consignes de bases pour débuter la musculation
La musculation est ici considérée sous l’angle de l’acquisition d’une bonne santé, l’acquisition
d’une force exceptionnelle n’étant pas l’objectif essentiel. La musculation peut varier selon les
objectifs sportifs ou de réadaptation. Les principes de bases permettent de démarrer la
musculation dans de bonnes conditions et d’entretenir les acquis. Sa pratique peut être différente
selon la typologie ou la pathologie (personnes âgées arthrosique, adolescent pré-pubère...).
L’adolescent doit travailler une musculation générale avant de se spécialiser dans un sport donné,
l’arthrosique aura un renforcement musculaire avec des charges légères (voir paragraphe ci-
dessous).
Ces différents sujets sont autant de façon d’aborder la musculation. Le renforcement musculaire
va produire de la force. Cette force pourra être spécifique au régime de contraction, à la vitesse,
au besoin de l’individu (troisième âge, sportif...). Nous voyons donc que les objectifs de force
peuvent être définis par différents angles de vues conditionnant un ensemble de questions sur les
réalités du terrain.
Le choix d’un programme pour augmenter d’un pourcentage faible le gain de qualités physiques ou
de force (suivant la terminologie associée) semble accessoire dans le contexte général de santé
publique, d’autant plus que certains programmes de musculation ne sont accessibles qu’au bout
d’un laps de temps et d’une « maîtrise » des haltères. Très certainement en matière de santé, le
programme de musculation doit être axé sur l’ensemble de l’individu associé à une
personnalisation. Dans un premier temps, pour aborder la musculation, c’est la forme d’un circuit
training adapté qu’il convient d’utiliser avant de se spécialiser dans un type de méthode sportive.
Voici une série de consignes de base pour débuter la musculation :
faire un échauffement,
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pour éviter les blessures, pas de charges maximales, au début, être progressif (environ 60
à 80% de la charge maximale) [17],
éviter les mouvements en compression axiale type squat, commencer par des éducatifs
d’apprentissage [87],
apprendre à maintenir une bonne rectitude vertébrale et obtenir un bon gainage du bassin
avant de commencer des mouvements plus compliqués (Voir chapitre III colonne vertébrale
et chapitre IV paragraphe E),
commencer par les grosses masses musculaires avec des mouvements de base,
ne pas se décourager pour les premières séances qui occasionnent des courbatures [87].
au début, le gain de force se fait par une meilleure coordination neuro-musculaire [10 ; 87].
Ce sont les effets sur les facteurs nerveux,
l’utilisation du « point critique » lors du soulevé de poids est utile pour progresser. Il s’agit
du soulevé de poids arrivé à sa phase maximum sans possibilité d’obtenir le degré
d’angulation souhaité du mouvement. Le mouvement se « bloque » en phase isométrique
au point critique,
utiliser les machines pour avoir des mouvements guidés [87],
3 à 4 séances par semaine comme fréquence hebdomadaire [56],
une charge plus légère pour accomplir plus de répétitions (12 à 15 répétitions du même
mouvement) [17]. Si 12 répétitions semblent légères, augmentez le nombre. Si 12
répétitions semblent excessives, procédez par tâtonnements, plusieurs séances peuvent
être nécessaires,
après une semaine ou deux, le nombre de répétitions peut-être réduit à 6 ou 8 et la charge
augmentée progressivement.
Le collège Américain de médecine du sport en 1998, recommande un programme initial de
renforcement musculaire [55] :
une série de 8 à 12 répétitions pour 8 à 10 exercices,
une série de 10 à 15 répétitions pour des personnes plus âgées et plus frêles,
programme pour les 3 à 4 premiers mois.
Pour améliorer la performance des muscles spécifiques d’un sport, il est conseillé de s’entraîner
avec des exercices similaires au mouvement du sport pratiqué. Ceci s’approche de l’entraînement
pliométrique, avec des charges plus légères. Cela permet d’améliorer et d’acquérir une force
spécifique.
Le gain de force est un des effets attendus, ce gain dans un premier temps du à des facteurs
nerveux, puis dans un second temps à partir de huit semaines du à l’hypertrophie musculaire [94].
Le renforcement musculaire par bande élastique est très souvent employé pour le sujet âgé dans
sa rééducation de la marche ou contre la chute. Ce type de renforcement donne l’occasion de se
muscler sans choc violent [62 ; 191].
III - Risque de la musculation / renforcement musculaire
1 - Chez l’enfant
Les risques de la musculation chez l’enfant peuvent se traduire par des :
troubles des cartilages de croissance de type Ostéodystrophies de croissance,
arrachements épiphysaires.
La mise au repos est conseillée [151].
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2 - Chez l’adulte
Les risques chez l’adulte correspondent aux diverses pathologies de l’appareil locomoteur [151] :
les lésions tendineuses microscopiques (tendinites) ou macroscopiques (ruptures),
les lésions musculaires avec des ruptures plus ou moins étendues,
les lésions cartilagineuses,
les douleurs musculaires post-effort (= Delayed Onset Muscular Soreness).
3 - Contre-indications de la musculation
Elles sont essentiellement cardio-vasculaires [154] :
angor instable,
HTA non contrôlée (PAS > 160 mmHg et/ou PAD > 100 mmHg),
arythmie non contrôlée,
insuffisance cardiaque récente,
valvulopathie sténosante ou régurgitante sévère,
cardiopathie hypertrophique,
insuffisance veineuse (car l’effort se fait glotte fermée et bloque la circulation de retour)
[176],
autres affections susceptibles de s’aggraver ou de se décompenser.
Les programmes de rééducations cardiovasculaires incluent des régimes de contractions variées.
Ils sont soumis à une évaluation avec encadrement avant de passer à une phase III. (Voir à ce
propos le chapitre IV). Un entraînement aérobie avant de passer à la musculation est fort
souhaitable pour les patients coronariens.
D’après Chanudet X, Louembe J et coll.: « ... En présence d’un antécédent cardiovasculaire, ne
seront autorisés à pratiquer la musculation que les hommes, d’âge moyen, ayant une bonne
fonction ventriculaire gauche, non ischémiques à l’effort et dont le niveau de PA est
normal...p259 » [154].
Il faut une fonction ventriculaire gauche satisfaisante ainsi qu’une fonction respiratoire correcte
pour envisager la musculation dans des conditions correctes.
C - Méthodes globales pour le corps
I - Programmes généraux de musculation (circuit training)
Les méthodes suivantes peuvent être utiles pour un débutant ou confirmé. Elles ont le mérite de
proposer une organisation réfléchie pour plusieurs séances dans la semaine, sans contraintes
excessives ni volonté de compétitions. Elles ont un objectif de santé globale. Ces méthodes sont
des programmes incluant différentes techniques de bases en musculation.
1 - Les circuits training
Les programmes de circuit training (ou parcours) peuvent être variés et adaptés à la forme de
base du pratiquant. Ils peuvent s’utiliser seul, ou en groupe. Ils existent de nombreux ouvrages
proposant différentes séquences de circuit training [90].
Pour indication voici trois variantes possibles de circuit-training :
le circuit training à séries alternées par poste de travail,
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le circuit training à séries groupées par poste de travail,
le circuit training à séries mixtes.
Ces trois types de circuits training pouvant se combiner entre eux. Le circuit training musculaire
peut aussi avoir une orientation cardio-vasculaire (Voir chapitre endurance aérobie).
2 - La méthode CALLAC (avec appareillage)
La méthode CALLAC (ou méthode économique) de Dottin Marc, méthode élaborée à partir de son
expérience personnelle de culturiste (programme sur deux ou trois heures d’entraînement par
semaine, une heure par séance).
Remarque : C comme contraction continue, A comme amplitude maximale, L comme lenteur
d’exécution, L comme localisation optimale, A comme anaérobie lactique, C comme charges
modérées [19].
3 - La méthode PROTEO-SYSTEM (sans appareillage)
La méthode PROTEO-SYSTEM de Olivier Lafay, est une méthode hiérarchisée en niveaux (une
succession de 13 étapes). Elle utilise le poids de corps, s’inspire en partie du concept de chaînes
musculaires pour travailler les muscles en synergie. Le muscle n’est pas considéré comme isolé,
mais inclus au sein d’un mouvement général [20].
II - Les trois méthodes de bases de Zatsiorski
Il y a trois méthodes de base (Zatsiorski) pour le développement de la force :
la méthode des efforts maximaux,
la méthode des efforts répétés,
la méthode des efforts dynamiques.
Ici nous entrons dans le cadre du domaine sportif plus spécialisé et pouvant dépasser le cadre
d’initiation à la musculation [18].
1 - La méthode des efforts maximaux
C’est une méthode avec une stimulation nerveuse intense demandant une récupération
importante, elle est non adaptée au débutant. Elle est utilisée par les haltérophiles. Son
programme de base comporte 5 séries de trois répétitions maxima avec temps de repos de 7
minutes entre les séries. Elle permet le développement de la force maximale du muscle.
2 - La méthode des efforts répétés
Elle comporte des charges moins lourdes que la précédente, elle a une action sur les facteurs
nerveux et la masse musculaire. Son programme comporte 6 séries de 6 répétitions avec un
temps de repos de 5 minutes. Les exercices s’effectuent à vitesse moyenne, avec une charge non-
maximale (70 % à 80 %). Elle permet une hypertrophie musculaire et une augmentation de
l’endurance musculaire.
3 - La méthode des efforts dynamiques
C’est une méthode utile pour les débutants, elle a peu d’action sur la force et favorise l’explosion.
Les exercices s’effectuent à vitesse maximum avec des charges légères, voire sans charge. Le
programme est constitué de 10 à 20 séries de 15 répétitions avec récupération de 5 à 7 minutes.
Elle permet le recrutement des unités motrices (facteur nerveux).
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III - Méthode par contraste de charge (méthode bulgare)
Ce sont des exercices alternant les charges lourdes et légères (30% à 50%) à vitesse maximale
dans la série ou dans la séance.
IV - Méthode par charge descendante ou montante (méthode de la pyramide)
1 - Pyramide avec charge ascendante
Dans la même séance, on applique des séries avec répétitions décroissantes avec des charges
montantes. Elle semble bien adaptée au débutant car elle utilise les efforts maximaux en fin de
séance. Elle existe sous une autre variante : la pyramide inversée.
2 - Pyramide avec charge descendante (pyramide inversée)
La méthode de la pyramide ressemble à une conjugaison de la méthode des efforts répétés en
début de séance et de la méthode des efforts maximaux en fin de séance. On se propose
d’inverser le schéma. C’est la méthode de la pyramide inversée, moins adaptée au débutant car
les efforts maximaux sont placés en début de séance.
D - Méthodes locales pour les abdominaux
I - Grandes fonctions des abdominaux
Les abdominaux participent [168] :
aux mouvements du tronc,
au maintien de l’équilibre de la posture,
aux mouvements respiratoires notamment dans la respiration forcée,
aux efforts de poussée (défécation, vomissement, accouchement, etc...),
au soutien des viscères.
II - Deux grandes tendances
Différents concepts émergent en fonction des courants de kinésithérapie notamment de la
rééducation périnéale. On peut les classer en deux courants essentiels [21] :
les abdominaux hyperpressifs,
les abdominaux hypopressifs.
1 - Abdominaux hyperpressifs
Le courant des abdominaux hyperpressifs est le plus diffusé dans le domaine sportif et en
musculation (associant une expiration ou une musculation concentrique des abdominaux.). Voici
une liste d’exercices qui peuvent être inclus dans diverses méthodes :
exercices proprioceptifs de type abdominaux sur ballon (sur zone de travail instable),
exercices du « centrage » et du couple abdominaux / psoas-iliaque dans la méthode
Pilates,
exercices d’abdominaux en respectant la lordose lombaire,
42 / 143
exercices d’abdominaux en fonction de la rotation (interne ou externe) des articulations
coxo-fémorales. Ce sont des exercices expliqués dans la méthode diagnostique des delta-
pondéral de Vincent Boland (voir paragraphe plus bas).
2 – Abdominaux hypopressifs
Ce courant des abdominaux de type hypopressif est essentiellement issu de la kinésithérapie. Il
possède une orientation possible vers la gymnastique périnéale avec des exercices, voici une liste
non-exhaustive :
exercices sur le muscle transverse (isométrie et expiration),
gymnastique abdominale hypopressive du Dr Caufriez,
massage interne issu du yoga appelé « nauli » use de procédés respiratoires typiques.
concept abdo-mg de Guillarme, c’est un travail des abdominaux avec orientation des cônes
de flux pressionnels dans la cavité abdominale. Mr Guillarme ne place pas sa technique
dans la catégorie des méthodes hypopressives. Il considère que sa méthode gère des flux
de pressions physiologiques. On pourrait donc la placer dans un courant « normopressif ».
III - Concepts de méthodologie
1 - Le concept Abdo-MG®
Luc Guillarme avec le concept abdo-MG (Méthode Guillarme) revoit la façon d’exercer les
abdominaux par rapport à la gymnastique classique. Il fait appel aux notions de directions de flux
pressionnel à l’intérieur de la cavité abdominale. Il décrit des lignes de flux caractéristiques
s’organisant à leurs tours en cônes de flux. Ces cônes de flux sont organisés en cône de flux
principaux et accessoires. Ils donnent la direction de la pression dans la cavité abdominale lors
des exercices abdominaux :
soit vers le haut, vers le diaphragme (cônes de flux à orientation thoracique),
soit vers le bas, vers le périnée (cônes de flux abdo-pelvien).
Ces notions de directions de pressions font appel aux notions d’asynchronismes entre les
différentes parties du corps (abdomen, thorax, pelvis). Il décrit des asynchronismes thoraco-
abdominal, asynchronismes respiratoire, abdomino-abdominal, abdomino-pelvien…
L’auteur conclut que « …les deux techniques (concept Abdo-MG et gymnastique classique) sont
totalement opposées et donc non complémentaire et non conciliables…D’autres techniques dites
globales proposent des exercices privilégiant la contraction des muscles transverses au détriment
des muscles droits et obliques. Ces différentes techniques paradoxales ne sollicitent effectivement
pas le plancher périnéal mais accentuent l’asynchronisme thoraco-abdomino-diaphragmatique... p
298» [22]. Il souligne aussi bien le rôle prépondérant de l’orientation des flux de pression au lieu de
la seule notion de pression « … dans la mesure où la responsabilité de la dégradation thoraco-
abdomino-pelvienne semble bien être l’orientation des flux de pression plutôt que la pression
maximale développée lors de l’effort, la rééducation abdominal doit s’intéresser à la récupération
de la musculature responsable de ces pressions dirigées, en particulier dans la sangle abdominale
dont la compétence est de réguler le flux expiratoire, protégeant ainsi le plancher périnéal, les
viscères et le rachis. L’association du souffle à la contraction abdominale représente un duo
fonctionnel assurant efficacité et protection...p 298» [22].
Voici trois schémas représentant les directions de flux physiologiques vers le haut et vers le bas,
selon ce concept. Le cône de flux abdomino-thoracique devra être respecté pendant l’exercice
abdominal.
43 / 143
Lignes de flux Cône de flux abdo-thoracique Cône flux abdo-pelvien
Le concept ABDO-MG se veut aussi global avec de nombreux liens avec les autres physiologies
du corps. La maîtrise de l'orientation des flux pressionnels permettrait une meilleure qualité de vie
comme:
l’orientation des flux vers le bas va permettre baisse de la pression intracrânienne lors de
la défécation,
l’orientation des flux vers le haut va permettre une baisse de la pression intra-abdominale
lors de la toux.
L’auteur de la méthode associe à son concept de l’électrostimulation abdominale et un embout
buccal (embout son). L’ « embout son » a pour objectif de diminuer les résistances périphériques
du flux d’air. Ceci est illustré par les deux schémas suivants :
Laissons le dernier mot à son concepteur : « l'objectif est de récupérer une sangle abdominale
physiologique en associant contraction musculaire assistée par la stimulation et le souffle».
Ce concept est en rapport avec de nombreuses physiologies.
Ce concept associe électrostimulation et un « embout
son ».
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physiothérapie - étirements - musculation - gym pour le dos - endurance - cardiotraining thèse complète 2008 - dr paulo fernandes

  • 1. UNIVERSITE DU DROIT ET DE LA SANTE – LILLE 2 FACULTE DE MEDECINE HENRI WAREMBOURG THESE POUR LE DIPLOME D’ETAT DE DOCTEUR EN MEDECINE Présentation de concepts de physiothérapie selon trois disciplines : les étirements, la musculation, l’endurance. Applications médicales et sportives. Présentée et soutenue publiquement le 26 février 2008. Par Carlos PAULO FERNANDES Jury Président : Monsieur le Professeur Bernard Herbaux Assesseurs : Monsieur le Professeur Philippe Derambure Monsieur le Professeur Carlos Maynou Monsieur le Docteur Christophe Popineau Directeur de Thèse : Monsieur le Docteur Christophe Popineau
  • 2. 1 / 143 INTRODUCTION Au cours des différentes époques, de nombreux auteurs ont conçu des méthodes de santé, la façon de « penser » l’exercice a été modifiée. Plusieurs conceptions se sont ainsi chevauchées, se sont combattues. Les méthodes de santé n’ont pas forcément un objectif de performance sportive, elles sont utiles pour la phase de préparation physique générale (tous niveaux sportifs) et pour l’entretien des fonctions vitales. La phase de préparation physique générale est dite non-spécifique, elle a de nombreux points communs avec la rééducation du sportif convalescent, comme le spécifie le concept « d’entraînement de rééducation » défini dans l’ouvrage collectif de Einsingbach : «... Un entraînement de rééducation consiste à traiter systématiquement les lésions ou les dysfonctionnements de l’appareil moteur actif, de l’appareil passif de soutien et de maintien, du système neuromusculaire et du système cardio-pulmonaire, en ayant pour but de rétablir la fonction normale...p 3 » [2]. La rééducation et la préparation physique générale participent à l’acquisition de bases pour le sportif ou le convalescent. Ces réflexes de bases sont souvent inclus dans les méthodes de santé. Le pragmatisme d’une méthode est l’intérêt de cette étude, car chaque concepteur hiérarchise, ordonne en vue d’un objectif. Au-delà des clivages entre les différents courants, une tentative sera faite pour faire un listing des différentes méthodes, et en dégager des concepts communs ou particuliers. Nous avons choisi un classement par domaine de préparation physique. D’un point de vue pragmatique, un sportif se doit d’avoir une aptitude générale dans les diverses activités de bases, c’est-à-dire avoir : «un bon cœur, de bons muscles, de bons tendons, un bon squelette » c'est-à-dire des organes sains. La thèse se décline en 4 chapitres successifs sur : les étirements, la musculation ou renforcement musculaire, les méthodes concernant la colonne vertébrale, celle-ci est le vivier de nombreux protocoles. Elle constitue aussi un exemple mixte idéal concernant les étirements, la musculation, la rééducation du lombalgique, l’endurance aérobie, l’aérobic, le cardio-training, réadaptation cardiovasculaire. Une méthode de santé en principe se veut active, mais l’aide d’une tierce personne est souvent utile. On abordera le thème des thérapies manuelles en lien avec les disciplines d’études proposées. Restaurer ou entretenir une fonction normale est donc le but premier de la physiothérapie, ensuite la performance rentre plutôt dans le cadre d’un acquis ou de prédisposition.
  • 3. 2 / 143 CHAPITRE I : LES ETIREMENTS A - Définition des étirements Le stretching vient du verbe anglais « to stretch » qui signifie « étirer ». Le but des étirements est l’acquisition de la qualité de souplesse permettant de « réaliser un geste ou une suite de geste avec un maximum d’amplitude et d’harmonie » [1]. Pour Canal M. [189] le terme « stretching » : « .... recouvre toutes sortes de pratiques, mais historiquement correspond à la vulgarisation des techniques réflexes mises au point par Kabat, Knott et Voss dans le courant des années 50 sous le nom de Facilitation Proprioceptive Neuro- musculaire...p 33». De même, Canal M [189] définit aussi le terme de souplesse et d’assouplissement ainsi : « ... la souplesse est le terme le plus large qui en anglais correspond à la flexibilité (flexibility) c’est-à-dire la possibilité de se « plier » facilement. L’assouplissement, pour prendre les termes les plus larges possibles, viserait la suppression des tensions susceptibles de limiter ou de contrarier le mouvement, recouvrant ainsi tous les domaines dans lesquels la souplesse est susceptible de s’exprimer ...p 33». D’après Frey citée dans Weineck [52], sa définition est : «...la souplesse articulaire (concerne la structure des articulations) et la capacité d’étirement (concerne les muscles, les tendons, les ligaments et les structures capsulaires) doivent être considérées comme des composantes de la souplesse et des sous-catégories de celles-ci...p 273». B - Généralités I - Présentation des structures mises en jeu lors d’un étirement Lors d’un étirement, quatre éléments essentiels sont mis en jeu : 1. le tendon (ou du ligament) qui s’attache sur l’os, 2. le muscle, 3. l’aponévrose, 4. les mécanismes de physiologie nerveuse (réflexe myotatique, réflexe myotatique inverse, et l’innervation réciproque). Lors de l’étirement, la peau et la structure osseuse subissent également des contraintes physiques. Un étirement peut donc agir sur les trois composantes anatomiques principales. Par degré décroissant d’extensibilité, nous avons le muscle, l’aponévrose, le tendon (l’os est le moins extensible) [10 ; 11]. Le muscle est l’élément anatomique le plus déformable, il entre en relation avec les deux autres. L’aponévrose des muscles a des fibres maillées plus lâches (organisation microvacuolaire tridimensionnelle), elle est de ce fait plus déformable que le tendon. Celui-ci constitue un dérivé d’aponévrose avec une organisation différente et plus dense des fibres de collagène. Ces structures seront présentées par ordre décroissant d’extensibilité. 1 - Le muscle Il existe différentes sortes de muscles dans le corps. Le muscle strié squelettique est le plus souvent étiré. Il fait partie du système ostéo-musculo-ligamentaire. Voici quelques schémas illustrant la structure macroscopique et microscopique du muscle strié squelettique. Nous constatons que le muscle est entouré de gaines aponévrotiques de deux types :
  • 4. 3 / 143 les enveloppes conjonctives externes : aponévroses ou fascias, les enveloppes conjonctives internes : épimysium, périmysium, endomysium, sarcolemme. En poursuivant plus petit dans la structure, nous distinguons le sarcomère composé de myofilaments épais et fins, filaments de titine, disque Z (schéma 3 et 4). Les fonctions et les propriétés des muscles seront vues au chapitre II.
  • 5. 4 / 143 Organisation macroscopique et microscopique du muscle.
  • 6. 5 / 143 2 - Les aponévroses et tissus conjonctifs Pour comprendre un étirement, il faut percevoir anatomiquement les structures mises en mouvement. Il s’agit du système ostéo-musculo-ligamentaire. On « tire » sur un muscle relié à un tendon lui-même relié à l’os. On peut étirer un muscle ou des muscles grâce à leurs glissements réciproques. Ceci est possible grâce au système des aponévroses (ou fascias). Nous avons vu dans les schémas précédents que le muscle est entouré d’aponévroses (à l’extérieur et à l’intérieur des faisceaux musculaires : épimysium, périmysium, endomysium...), ils illustrent la continuité peau - tissus conjonctif - muscles. a) Données microscopiques sur le tissu conjonctif Cette continuité des tissus entre eux par le tissu aponévrotique est prouvée en étudiant son anatomie et son ultrastructure. C’est-à-dire que les éléments (muscle - aponévrose - peau) ne sont pas vraiment séparés fonctionnellement. Cette continuité existe pareillement entre tous les organes (muscles - muscles, organe - muscle, glissement des tendons entre eux). Le fascia ou aponévrose possède une organisation standard microvacuolaire. Le système aponévrotique de glissement, de soutien est rebaptisé selon certains par « système collagènique multimicrovacuolaire d’absorption dynamique » ou MCDAS en anglais. Cette organisation multivacuolaire tridimensionnelle des aponévroses permet d’absorber les chocs, de déplacer les organes entre eux, de comprendre pourquoi une peau étirée revient à sa place. Ce système possède des propriétés « caoutchouteuse ». Il s’agit d’un système standard ubiquitaire à l’organisme avec des variations anatomiques. En effet, il existe des zones anatomiques comme les gaines des tendons de la main où le système microvacuolaire est remplacé par une macrovacuole, c’est ce que nous expliquent Guimbertau et coll. [183] dans leur article, « introduction à la connaissance du glissement des structures sous-cutanées humaines » (les principales notions évoquées du MCDAS proviennent de cet article) : « ...par ailleurs, il est des zones anatomiques qui ne comportent pas ce système de glissement. Ce phénomène se rencontre par exemple au niveau des doigts. Les zones I et II, dites gaines digitales, sont une évolution adaptative du système de glissement MCDAS car les pressions locales sont telles lors de la flexion des doigts au niveau des poulies A1, A2, A3, A4, qu’une autre façon de gérer le glissement tout en maintenant la fonction et l’approvisionnement en énergie s’est développée. Il s’agit de la transformation phylogénétique du système multimicrovacuolaire en une mégavacuole dont les règles de fonctionnement sont différentes pour pouvoir résister à la contrainte mécanique imposée par les circonstances externes. Enfin, ce tissu polyorienté dans l’espace peut sélectionner son organisation, se rigidifier par un enrichissement en collagène et devenir une poulie ou ligament. Il y a adaptation systématique à la contrainte et la réponse du système microvacuolaire sera toujours dans le sens de l’efficacité...p 30 ». En effet, Les structures aponévrotiques n’ont pas la même possibilité d’extensibilité selon leur topographie [12]. La faculté d’étirement d’un tendon équivaut au 1/ 10ème de celle de la peau parce que le tendon possède des faisceaux de collagène parallèles et non polyorientés, il est donc moins étirable (il est également plus riche en collagène, voir ci-dessous). L’auteur nous replace dans le contexte de l’origine embryologique des tissus conjonctifs (transformation phylogénétique) c'est-à-dire les cellules mésenchymateuses embryologiques sont à l’origine des différents tissus conjonctifs [12]. Le groupement de schémas ci-dessous illustre le paragraphe.
  • 7. 6 / 143 Illustration architecturale standard d’un fascia ou « système collagènique multimicrovacuolaire d’absorption dynamique » d’après Guimbertau et coll [183].
  • 8. 7 / 143 Les gaines tendineuses digitales sont considérées comme une mégavacuole d’après Guimbertau et coll. b) Données macroscopiques sur le tissu conjonctif Le « système collagènique multimicrovacuolaire d’absorption dynamique » ou fascia (selon les auteurs) se retrouve dans tous le corps, nous avons sur ce sujet, un thème propre à l’ostéopathie, c'est-à-dire « l’ubiquité des fascias » : tout organe étant entouré par des fascias, ils constituent une porte d’entrée pour le développement d’une thérapie manuelle. L’abord des fascias par la thérapie manuelle a produit de nombreux concepts sur une échelle plus « macroscopique » qui prend en compte la notion de chaînes fasciales pouvant se décliner en chaînes musculaires. Ici, le système est considéré comme un ensemble de succession de muscles (entouré d’aponévroses) organisé de façon directionnelle, dans tout le corps (« Comme les tuiles d’un toit », expression courante dans le Méziérisme). Il existe différents concepts de chaînes musculaires qui peuvent s’opposer entre eux [53 ; 54] : le concept de la chaîne musculaire postérieure (Mézières), d’analyse mécanique (de Pierron et Leroy), des chaînes articulaires et musculo-aponévrotiques (Struyf-Denis), myo-fascial (Bienfait), ostéo-myotensif (Busquet), postural global (Souchard), du tendon central.
  • 9. 8 / 143 Exemple de chaînes fasciales (fascia myotensif postérieur) d'après Courraud C [184]. Exemple de conception de chaînes musculaires selon la rééducation posturale globale, d’après Souchard.[185].
  • 10. 9 / 143 Certains comparent les systèmes des fascias à une toile fasciale tendue par le cadre osseux (Busquet). Alors on pourrait se poser la question, quel système est subordonné à l’autre ? Est-ce les chaînes musculaires ou les chaînes fasciales ? Les avis divergent quant au lien de subordination entre les chaînes musculaires et les chaînes fasciales. Ils ne semblent pas y avoir de hiérarchie « préalable » : « … Les étirements en chaîne sollicitent de nombreux muscles habitués à fonctionner de concert… Le continuum formé par des nappes de muscles et d’aponévroses qui sont sollicités ensemble par des mises en tension spécifiques. La confusion ne doit pas être faite avec des « chaînes musculaires » conceptuelles (décrites souvent en lemniscate) dont parlent à la fois les ostéopathes... p38 » [51]. Pour l’auteur Léopold Busquet, le muscle est subordonné aux fascias, « le muscle n’est qu’un manœuvre au service de l’organisation générale, c’est à dire au service des fascias…» [13]. Certains chirurgiens cités plus haut, Guimbertau et coll., aboutissent à des conclusions similaires sur le fascia : «... MCDAS (= système collagènique multimicrovacuolaire d’absorption dynamique) se retrouve donc dans l’ensemble du corps et semble être le tissu relationnel, d’adaptation. Mais est-ce suffisant comme conclusion ? Cette apparente organisation globalisante, véritable charpente mésoscopique de la matière vivante incite à une perception, plus holistique ; ce tissu a peut-être une autre importance que de n’être que conjonctif ou de remplissage. Et si en fait, il était l’architecture structurante basique de la forme vivante ?...p30 » [183]. En musculation, par le concept d’énergie - structure, le muscle peut être envisagé comme l’élément central de la structure ou une structure bien en amont [18]. Il est au cœur de la production d’énergie d’ATP se transmettant, se transformant aux différents plans de la structure musculaire (sarcomère, fibre, muscle, puis coordination entre agoniste - antagoniste puis chaînes musculaires…). Les avis sont donc partagés suivant les écoles où l’angle de vue que l’on souhaite aborder. c) Rôles du tissu conjonctif Au-delà des différents concepts, les aponévroses ont un rôle indispensable au bon fonctionnement des organes [12] : rôle de soutien, de support, de protection, d’amortisseur, de verticalité de la posture (selon Busquet), hémodynamique, de défense, de communication et d’échange, biochimique. Les cinq premiers rôles nous intéressent particulièrement. Par le rôle de soutien, le système musculaire peut fonctionner, les articulations sont stables, les organes peuvent maintenir leurs formes anatomiques et sont fixés aux os. Nous pouvons citer l’exemple de l’aponévrose lombaire qui limite la déformation transversale des muscles du rachis, ce rôle est aussi nommé « rôle d’anti-globulisation » des muscles érecteurs du rachis [145].
  • 11. 10 / 143 Par le rôle de support, le système fascial (ou des aponévroses) supporte le système nerveux vasculaire et lymphatique. Rôle de support vasculo-nerveux de l’aponévrose, d’après Guimbertau et coll. [183]. Par le rôle de protection, Il peut s’épaissir ou se densifier dans les zones de contraintes maximales. Par leur rôle d’amortisseur, l’élasticité du fascia permet d’amortir les contraintes et les pressions.
  • 12. 11 / 143 Cette élasticité est réalisée grâce au système microvacuolaire extensible. Rôle d’amortisseur de l’aponévrose, d’après Guimbertau et coll. [183]. Guimbertau et coll. décrivent : « ... Il faut que ce comportement soit de type caoutchouteux, permettant la traction des fibrilles en associant extemporanément les autres fibres voisines, distribuant la contrainte, évitant la fracture fibrillaire. L’absorption de la contrainte va se faire tout au long du tramage. Ainsi la vacuole la plus près du mobile accomplit son rôle plastique au maximum et celle la plus éloignée est peu concernée...p 26 » [183]. En effet, les fibrilles de collagènes (l’armature de la microvacuole) sont capables de s’adapter en changeant de forme grâce à diverses propriétés : « ...nous avons observé que la fibrille sollicitée répond tout d’abord par un allongement, ce qui témoigne d’un réarrangement moléculaire avec une capacité à la récupération de la forme initiale instantanée. Une précontrainte interne, comme un ressort, semble être en premier sollicitée pour de minimes tensions. Les fibres sous sollicitation mécanique peuvent se diviser, sans apparence brutale dans l’espace en plusieurs autres fibrilles qui se dispersent, peuvent ainsi répartir les forces et les absorber efficacement. Cette fusion–scission au sein d’un gel commun témoigne d’une fluidité visqueuse capable de friction ou attraction explicable par des liaisons covalentes...p28 » [183]. Par le rôle sur la posture verticale, ils ont un rôle important dans le maintien de la posture verticale. Dans le cadre de la notion de verticalité, Busquet décrit une chaîne statique postérieure essentiellement fibreuse [13]. Chaîne statique postérieure, d’après Busquet [13].
  • 13. 12 / 143 Toutes ces fonctionnalités sont effectives grâce à l’organisation propre aux fascias. Ils s’organisent en chaînes fasciales et en d’autres termes en chaînes musculaires tant la corrélation est étroite. 3 - Le tendon et le tissu osseux a) Le tendon Le tendon constitue un dérivé d’aponévrose avec une organisation des fibres de collagène différentes. Il est constitué de 70% de fibres collagèniques (70% de la masse du tendon) [186]. C’est un tissu dense, très peu vascularisé. Il est formé sur plusieurs niveaux architectural de fibres (comme le muscle), dont le tropocollagène est le plus petit. Un assemblage de tropocollagène forme les microfibrilles puis ces dernières réunies constituent les subfibrilles qui vont se réunir en fibrilles. L’ensemble des fibrilles devient le faisceau puis à leur tour le tendon. Les faisceaux du tendon sont organisés les uns parallèles aux autres par rapport à l’axe du tendon [186]. L’aponévrose des muscles a des fibres maillées plus lâche (organisation microvacuolaire tridimensionnelle), elle est donc plus déformable. Anatomie microscopique et réponse mécanique d’un tendon. Les fonctions du tendon sont : la liaison et la stabilisation des articulations du système squelettique (attache du muscle à l’os), la transmission les forces musculaires aux os.
  • 14. 13 / 143 b) Le tissus osseux lors de l’étirement L’étirement agit sur l’os et peut même stimuler l’ostéogénèse en cas d’ostéoporose (cf. chapitre II, paragraphe musculation et ostéoporose). L’os subit une contrainte mécanique en cas d’étirement au niveau des insertions des muscles. 4 - Les mécanismes nerveux lors de l’étirement Ils sont mis en jeu grâce à des « capteurs » sensoriels périphériques situés dans le muscle et dans le tendon : le fuseau neuromusculaire dans le muscle, l’organe tendineux de Golgi dans le tendon (également nommé fuseau neurotendineux). Nous allons présenter les réflexes dans l’ordre d’extensibilité décroissante des structures concernées, c'est-à-dire le muscle puis le tendon. a) Le réflexe myotatique (ou réflexe d’étirement) C’est un processus neurologique réflexe qui débute au niveau du muscle. Le rôle du réflexe myotatique est de contrôler les changements « brusque » ou « involontaire » de la longueur du muscle. Ce réflexe d’étirement est possible grâce aux fuseaux neuromusculaires situés dans le muscle. Les fuseaux neuromusculaires captent les informations sur la longueur des muscles, c'est- à-dire leurs états d’étirements et de contractions. Le muscle étiré ou contracté brusquement va exciter le fuseau neuromusculaire provoquant le réflexe myotatique [209,210]. Le réflexe myotatique possède deux composantes, une phasique et l’autre tonique. La composante phasique est liée à la vitesse rapide d’étirement provoquant une contraction réflexe. Elle met en jeu les fibres nerveuses afférentes de type Ia (d’où l’indication de nombreux auteurs de ne pas faire un stretching rapide). La composante tonique de réflexe est liée à l’intensité faible de l’étirement qui provoque aussi une contraction réflexe. Elle met en jeu les fibres nerveuses afférentes de type II [174]. Ce réflexe est monosynaptique et homolatéral. REFLEXE MYOTATIQUE = POUR LE CONTROLE DE LA LONGUEUR DU MUSCLE La composante phasique et tonique du réflexe myotatique, d’après Chavanel et coll. [174]. La conséquence pratique du réflexe d’étirement est son exploration par le médecin grâce à son marteau à réflexe lors d’une percussion sur un tendon. Cette percussion provoque un étirement brusque du muscle. Cet étirement de muscle provoque sa contraction réflexe, de ce fait beaucoup de physiologistes déconseillent les étirements balistiques.
  • 15. 14 / 143 Les étirements de types balistiques provoquent un réflexe d’étirement L’étirement brusque au cours d’un lancer de jambe peut provoquer une contraction des ischiojambiers à cause du réflexe myotatique (composante phasique). Ceci peut favoriser des lésions musculaires. Le réflexe d’étirement ou myotatique selon Marieb E.N [209]. b) L’innervation réciproque C’est un processus neurologique réflexe qui débute au niveau du muscle. L’innervation réciproque est utilisée dans la contraction de l’antagoniste dans la méthode CRAC (à la quatrième phase de la technique, voir plus loin paragraphe C /I /2), ce qui permet au muscle agoniste étiré d’être inhibé. D’après Chavanel et coll. [174]. c) Le réflexe myotatique inverse (ou réflexe tendineux)
  • 16. 15 / 143 C’est un processus neurologique réflexe qui débute au niveau du muscle. Le rôle du réflexe myotatique inverse est de provoquer « le relâchement et l’allongement » en réponse à sa contraction. Ce réflexe est possible grâce aux organes tendineux de Golgi, organes sensibles à la tension du tendon. Ces fuseaux neurotendineux auront pour effet d’envoyer un signal inhibiteur au muscle (étiré ou contracté). C'est-à-dire par les neurofibres Ib puis les fibres alpha (-), ces dernières vont inhibé le muscle en cas de tension trop forte [174, 209, 210]. Il peut être déclenché de deux façons : par une forte tension pendant un temps court, par une faible tension pendant un temps long (d’où l’indication de nombreux auteurs de pratiquer d’un stretching lent). REFLEXE MYOTATIQUE INVERSE = POUR LE CONTROLE DE LA TENSION DANS LE MUSCLE Le réflexe myotatique inverse : Tp = tension passive étirement intense (ou contraction non décrite ici), Ib =fibre sensitive, TA = contraction réflexe arrêtée grâce aux neurofibres alpha (-). D’après Chavanel et coll. [174]. La conséquence pratique du réflexe myotatique inverse est celle de l’indication d’un stretching passif. Ce stretching passif, lent, statique va être conseillé par les physiologistes car provoque un relâchement des structures musculaires. « ...Ce principe fonde la méthode des étirements statiques passifs générés par la force de gravité... » [211]. 5 - Le rôle des axes articulaires dans la transmission des « forces » a) Le concept de poulie Ces chaînes ont donc un rôle de transmission, coordination - harmonisation et d’amortissement. Certains parlent de véritables cordes fasciales avec des poulies de réflexion (ce concept de poulie est utilisé dans les courants ostéopathiques), le schéma suivant illustre bien ce propos.
  • 17. 16 / 143 Les poulies de réflexion, d’apres Paoletti S [12]. Ce schéma est tiré de l’ouvrage de Serge Paoletti [12], nous remarquons que la plupart des poulies de réflexion correspondent aux articulations (poignet, doigt, sacro-lombaire, coxo-fémorale, genoux, cheville...). Ce schéma est un profil, il montre indirectement le versant sagittal de la biomécanique articulaire. Notamment pour la colonne vertébrale avec l’articulation prépondérante du bassin dans son équilibre sagittal (version pelvienne, pente sacrée, et force de contact intervertébrale). D’ailleurs l’exploitation de ces « poulies / articulations » est fréquente dans les méthodes d’étirements ou de rééducation. Illustrons un exemple d’exploitation de ces poulies dans la région du bassin. La rotation du bassin et du tronc, d’après Troisier O [14]. Les deux photos précédentes sont une illustration de la technique de verrouillage - déverrouillage de Troisier, avec un travail effectué sur la coxo-fémorale, véritable « poulie-clé » de la méthode Troisier pour la protection des lombalgiques [14]. D’autres méthodes insistent sur la prise de conscience de cette région et de sa fonction. b) La répartition des forces de contact Bien souvent le but des méthodes de rééducations globales est d’éviter une accentuation des courbures (hypercyphose ou hyperlordose) afin de ne pas effectuer un travail en compensation de
  • 18. 17 / 143 la colonne vertébrale, et ceci par d’une compréhension des articulations du bassin (articulations sacro-lombaires, coxo-fémorales) c’est-à-dire de l’équilibre sagittal pelvi-rachidien. Nous voyons dans le cadre de ces étirements que les notions de cambrure lombaire exagérée ou l’existence de cyphose thoracique sont des éléments qui peuvent être considérés comme anormaux (compensation) ou comme une synergie. Nous abordons ici, le lien très étroit des étirements des membres périphériques avec la colonne vertébrale, parties du corps inséparables dans le cadre des méthodes globales d’étirements. La jonction entre la colonne vertébrale et les membres se fait : soit au niveau supérieur par le groupe scapulo-huméro-thoracique, soit au niveau inférieur par l’articulation coxo-fémorale et le sacrum. Le niveau inférieur est essentiel pour bien répartir les forces de contact au niveau intervertébral (équilibre sagittal pelvi-rachidien). La rotation de l’axe coxo-bi-fémoral peut engendrer soit un mouvement de rétroversion du bassin, soit une antéversion, ce que l’on appelle la « version pelvienne »[143] (synonyme de l’« assiette neutre remplie d’eau » utilisée en langage imagé par certains moniteurs de la gymnastique Pilates pour définir un bassin en position neutre, c’est-à-dire sans hyperlordose ou hypercyphose lombaire, voir DVD gymnastique « Essentiel Pilates n°1 avec petit matériel » avec Didier Pescher, chapitre placement du corps, collection Eurothémix). L’élément clé est la non augmentation des forces de contact au niveau de l’articulation intervertébrale c'est-à-dire de ne pas augmenter les forces de compression et de cisaillement au niveau des espaces intervertébraux (ce qui se traduit par des compensations) [143]. Il en résulte une volonté de répartir harmonieusement les courbures de la colonne vertébrale : un rachis aux courbures effacées aura des forces de contact s’appliquant en compression, un rachis aux courbures accentuées aura des forces de contact qui s’appliqueront en cisaillement. Cette répartition harmonieuse se réalise à partir d’articulations importantes comme l’articulation coxo-fémorale. Elle va pouvoir orienter la « pente sacrée » et par ce fait accentuer ou non les courbures (ces notions de force de contact seront développées au chapitre III) [143]. Les différents auteurs pour créer les conditions d’une répartition harmonieuse des forces de contact entre les vertèbres vont devoir mettre en évidence des postures normales ou des postures tendant vers « la perfection » (d’où le rôle de certaines articulations clés pour adopter une bonne posture, ici la coxo-fémorale). L’exploitation de la potentialité de ces poulies (c’est-à-dire articulations principales) se fait par le travail des étirements ou d’un bon placement corporel. Le terme de « posture tendant vers la perfection » est un vocabulaire employé par Souchard [8], l’amplitude articulaire reflétant au mieux le rôle de la poulie. Les illustrations suivantes montrent un maximum d’amplitude articulaire sans compensation. Postures illustrant la perfection (sans compensation), d’après Souchard [8]. Cette notion de perfection est souvent associée dans les étirements posturaux par l’absence de compensation dans la posture. Par exemple, il n’y a pas de cyphose dorsale lors de la flexion antérieure du tronc sur les membres inférieurs. Ce concept de la compensation a été mis à jour lors de l’élaboration de la méthode Mézières. Elle les appelait les « tricheries », celles-ci s’incluent dans le système des chaînes musculaires [83]. Pour certains la compensation peut être
  • 19. 18 / 143 substituable à la notion de synergie : « …alors que ce sont en fait des substitutions d’un muscle par un autre : celui qui est encore opérationnel tente de faire faire le travail de celui qui est absent... p15 » [51]. Kendall en 1988 décrit une étude sur le contrôle de la capacité d’étirement des muscles dorsaux en position assise en fonction de l’angle coxo-fémorale [52 ; 80]. Cet auteur décrit la posture de figure précédente (flexion du tronc en avant jambe tendue) : «... Capacité d’étirement normale des extenseurs du dos dans la zone thoracique : contracture des extenseurs du dos dans la région lombaire avec « paralysie » des deux jambes... p 375 ». Cette étude met en avant, le travail des étirements sélectifs par rapport aux étirements en groupe de chaînes musculaires : « …L’étirement du muscle doit être si possible sélectif et ne pas s’inscrire dans un mouvement complexe, auquel participe plusieurs muscles en série…p 374 » [52]. L’étude se continue par la description des différents angles possibles de l’articulation coxo-fémorale lors de la flexion antérieure du tronc (120°, 90°, 45°). Elle décrit ainsi l’articulation comme une poulie. Illustration des différents angles de la coxo-fémorale lors de la flexion antérieure du tronc. La flexion progressive confirme le rôle de poulie. II - Conséquences pratiques 1 - Amélioration de l’amplitude Les objectifs principaux sont : l’amélioration de l’amplitude articulaire (effet à long terme) [103], lutte contre la raideur musculaire (relâcher et décontracter les muscles) [69 ; 71]. Plusieurs zones cibles sont visées : la colonne vertébrale, la région du bassin, les membres. Trois composantes anatomiques peuvent être travaillées pour le gain d’amplitude : le tendon, le muscle, l’aponévrose. Les diverses méthodes axent les exercices en proportion variable sur ces éléments. Les objectifs peuvent être variables dans le temps surtout en rééducation du sportif. Les exercices peuvent être organisés en trois objectifs : 1. les exercices d’étirements d’entraînement, le but est l’amélioration l’élasticité musculaire, 2. les exercices d’étirements de maintien, le but est la conservation du degré d’élasticité musculaire et la mobilité articulaire, 3. les exercices d’étirements de régénération, ils sont basés sur la combinaison de techniques de décontraction musculaire et d’étirements de faible intensité.
  • 20. 19 / 143 2 - Consignes de base pour débuter les étirements Voici quelques consignes de bases pour bien débuter les étirements [10 ; 86] : bien s’échauffer, éviter les à-coups, apprendre quelques mouvements de base, commencer par des mouvements lents ou des positions statiques, éviter les erreurs de placements (lordose ou cyphose exagérée), éviter les positions extrêmes (ménisques), inclure les rotations si possible après maîtrise d’une gestuelle de base. Il est conseillé d’adapter les étirements selon l’activité et la chronologie de la séance. Pour la séance d’échauffement : étirements de type activo-dynamique [10], étirements actifs raisonnés myotendineux, ERAMT [70]. Entre les efforts : étirements de type contracté - relaché [10 ; 47]. En fin de séance : étirements passifs [10 ; 69 ; 86]. En dehors des efforts, en séance individuelle : étirements posturaux. 3 - Remarques sur l’échauffement Rey s et coll. [70] conseillent les étirements actifs raisonnés myotendineux à l’échauffement (ERAMT). Les physiologistes nous indiquent que : « ... Quelle que soit la technique utilisée, les effets négatifs sur la performance sont présents...p 8 » [69, 207]. De même, Ziltener et coll. [103] affirment : «... Il a, en outre, été montré qu’en termes d’échauffement, voire de performance, un protocole incluant course sous-maximale et sauts répétés d’intensité moyenne (avec et sans contre-mouvement) donnait de meilleurs résultats qu’un protocole identique auquel étaient ajoutées des séances d’étirements statiques des membres inférieurs...p 113 » et toujours dans le même article« ... En guise d’échauffement, les étirements ne sont pas indiqués pour les sports de force, d’explosivité ou de vitesse - détente... p 115 ». Egalement, les étirements ne permettent pas l’augmentation de la température musculaire [103 ; 186] de façon efficace à l’échauffement. Ziltener et coll. proposent à la place des étirements « ... Des séries de contractions concentriques contre résistance légère à moyenne semblent bien plus efficaces...p113 » [103]. 4 - Prévention des blessures et étirement Il s’agirait (à l’échauffement ou à d’autres moments de la séance sportive) de considérer plutôt le risque de blessure en utilisant une technique d’étirement. Selon certaines études (comme les études de Pope et coll, 1998 et 2000), les étirements avant exercices physiques ne permettraient pas de diminuer les risques de blessures dans les phases initiales d’un nouvel apprentissage [69]. Mais Canal M. [189] relativise cette remarque en citant d’autres études discordantes sur le sujet de la prévention des blessures (comme celles Hilyer et coll.). Son principal argument est celui-ci : « ... Ces études concernent en priorité les étirements à court terme et il serait faux de généraliser...p33 » [189]. De même Gremion G dans sa revue de littérature sur le sujet indique « ...aucune étude n'a examiné une population d'athlètes peu mobiles et donc à plus hauts risques
  • 21. 20 / 143 de blessures. Ces derniers pourraient bénéficier avantageusement du stretching... » [207]. Les étirements semblent être contre-indiqués en cas de courbature, les étirements statiques entraînant plus de courbatures que les étirements balistiques [103]. De plus les courbatures semblent être plutôt une adaptation à l’effort musculaire. « ... Ainsi il n’est pas interdit de penser que les courbatures qui disparaissent toujours au bout de 5 à 7 jours sont les signes précurseurs normaux de l’adaptation musculaire à une forte utilisation, adaptation réduisant par la suite les risques de blessures...p36 »[189]. 5 - La performance et étirement Pour le sportif amateur et surtout le senior, la notion de performance peut être très secondaire. La lutte contre l’enraidissement est une priorité chez le senior et la notion de compétitivité absente chez le « sportif du dimanche ». Les étirements vus dans le contexte global de la santé, avec une meilleure connaissance du placement du corps, une meilleure mobilité, un effet relaxant…font placer au second plan les études statistiques (...en millisecondes sur le temps de suspension en saut … [70]) sur le déficit d’une performance illusoire [71]. D’autre part, l’efficacité d’un étirement se heurte à des limites anatomiques variables selon les individus : la disposition des fibres musculaires, des enveloppes conjonctives internes et externes, les tendons, l’excès de graisse, les contact avec les masses osseuse, l’âge, sexe, hérédité et disponibilité pour s’entraîner régulièrement ... Canal M [189] et Gremion G [207] indiquent que la méthode d’assouplissement la plus efficace pour augmenter l’amplitude du mouvement articulaire serait la technique du contracter - relâcher avec contraction du muscle antagoniste pendant la phase d’étirement [189] ou méthode CRAC (Voir illustration au paragraphe C / I /2). C’est une méthode qui demande beaucoup de précaution, d’apprentissage dans la sensation de relâchement et de contraction musculaire. 6 - La vitesse d’un mouvement et étirement Si l’étirement est effectué de façon rapide, Le fuseau neuromusculaire à l’intérieur du muscle est stimulé et provoque le déclenchement du réflexe myotatique. Celui-ci va provoquer la contraction réflexe du muscle et l’étirement ne pourra s’effectuer correctement, c’est pourquoi beaucoup d’auteurs conseillent de faire les étirements lentement. Le mouvement lent va provoquer une réponse des organes tendineux de Golgi qui empêche la contraction réflexe par une diminution de l’excitabilité des motoneurones. Les méthodes PNF vont agir sur la possibilité d’inhiber les motoneurones après la contraction volontaire pour pouvoir inclure l’étirement juste après. Cela sera le cas du « contracter - relâcher ». La méthode CRAC ajoutera la contraction de l’antagoniste pour avoir un réflexe d’inhibition réciproque. III - Les mouvements en rotation Une des origines du travail en rotation serait la technique de « Kashland » utilisée dans la méthode de Kabat. Cette technique se définit comme des mobilisations du squelette fibreux en rotation et spirale autour de fûts osseux [15]. Le mouvement organique physiologique se développe dans un espace courbe à trois dimensions avec trajectoire en spirale. L’extensibilité myo-tendineuse peut s’améliorer lors de l’utilisation de mouvement de rotation. Il semble même qu’elle permet une protection articulaire en limitant l’amplitude extrême. Henri Neiger nous renseigne sur ce sujet : « …Lorsque le sujet ressent une douleur articulaire, il faut réduire un peu l’amplitude de cette articulation et en compensation augmenter la composante de rotation… p 33 » [11]. Cette notion de rotation peut-être définie d’après ce que dit Eric Viel dans son ouvrage « la méthode de Kabat » : une des raisons de l’existence des rotations provient « …du fait que les
  • 22. 21 / 143 insertions musculaires de terminaison sont toujours décalées par rapport à l’axe diaphysaire de l’os, et la première mise en tension entraîne nécessairement une composante rotatoire ; seule la tension synchrone d’autres muscles permet au sujet humain qui se contrôle d’annuler la rotation… p21-22 » [15]. Un des reflets de ce décalage est que la plupart des os sont courbes ou tordus sur eux-mêmes et jamais dans un axe diaphysaire rectiligne. Pour synthétiser, Eric Viel décrit cinq raisons sur l’intérêt d’un travail en rotation : «…-1 la double organisation transversale et longitudinale du squelette fibreux du tissus conjonctif. Seul l’enroulement des parties molles autour de l’axe des membres associé à un étirement longitudinal pourra mettre en tension cette structure complexe, - 2 l’organisation fonctionnelle des feuillets aponévrotiques. Chacun d’eux étant constitué par des travées conjonctives orientées dans le même sens mais formant un angle par rapport à la direction des adjacents, - 3 l’histologie du tissu contractile. A l’organisation longitudinale de l’ensemble des myofibrilles, s’ajoute une spiralisation de celles-ci à l’intérieur des résilles fibreuses, - 4 la multiplicité des types d’attaches des fibres musculaires sur les lames tendineuses. La rotation seule permet de solliciter l’ensemble de ces sites d’attache, - 5 l’organisation fonctionnelle du membre inférieur et la ceinture pelvienne en rotation. Chacune des pièces constituantes est entraînée en rotation par rapport aux pièces sus et sous-jacentes lors de la mise en mouvement, que le pied soit libre ou qu’il soit fixé au sol. Il doit alors résister aux contraintes en rotation partant du bassin ou des épaules... p134 -136 » [15], Cette notion de rotation présente une composante ubiquitaire dans le travail des exercices corporels, tant sur les étirements que sur le renforcement musculaire. Nous verrons qu’une réflexion sur le travail des abdominaux est abordée sur le thème de la rotation des articulations coxo-fémorales par le biais de la théorie des « delta pondéral » (voir chapitre II sur les abdominaux). Cette notion de rotation fait comprendre que l’organisme se meut à travers les trois plans de l’espace. Ci-dessous un exemple de mouvement rotatoire tiré de l’ouvrage « étirements analytiques en kinésithérapie active » de Michèle Esnault. Un exemple de mouvement en rotation, méthode des étirements myotendineux, d’après Esnault M [16]. C - Méthodes d’étirements Nous ne citons pas les étirements associés à d’autres agents physiques (au froid, aux électrostimulations…).
  • 23. 22 / 143 Un classement sur les méthodes d’étirements peut tenir compte de plusieurs paramètres. Un des paramètres principaux est le travail contractile musculaire présent ou non. Souvent, ce sont des hybrides qui incluent soit des mouvements passifs ou actifs avec des protocoles semblables variant dans les temps d’activité de contraction et de relâchement. L’autre difficulté est l’emploi de mots différents pour une même technique ou variante proche suivant les pays ou les auteurs. Plusieurs tendances peuvent être dégagées. I - Méthodes à tendance « contracter - relâcher » Elles sont issues des techniques neuro-musculaires et beaucoup ont comme source d’inspiration la méthode de Kabat. Elles peuvent être utilisées « en rééducation, thérapie manuelle, en méthode de santé, etc.». De ce fait, on les nomme sous différents vocables, mais obéissent à un schéma commun de « contracter » et de « relâcher ». Ce schéma étant variable dans le temps de contraction, de relâchement ou d’utilisation de la respiration. Ce sont des méthodes plutôt statiques (le sujet ne bouge pas). Il y a trois formes de bases : le C-R-E, le C-R-E-P-I, le C-R-E-I-R. 1 - La technique par contracter - relâcher - étirements (C-R-E) Elle peut avoir différents synonymes ou quelques variantes dans la technique dont voici quelques exemples : étirements myotensifs en thérapie manuelle [82] ; étirements post-isométrie (P-I-R) [2] ; étirements C-H-R-S= contract-hold-relax-stretch [2] ; étirements neuromusculaire proprioceptifs [2] ; technique de charge ou de décontraction [2], étirements activo-passif [10]… Techniques de relâchement musculaire de type « tenir - relâcher » [15 ; 51], ou bien encore les méthodes dites techniques d’énergie musculaire (= Muscle Energy Technic = M - E – T), utilisant le temps expiratoire lors de l’étirement passif [82]. Malgré toutes ces variations de vocables, le plan de base de la technique des « C-R-E » se déroule en quatre étapes [2 ; 15 ; 82] : 1. la mise en tension c’est-à-dire étirement passif avec placement de l’articulation en position extrême (contract), 2. la contraction (hold), de type isométrique effectuée par le patient, 3. le relâchement, les insertions musculaires restant sur le même angle que lors de la contraction, 4. Phase d’allongement lent et progressif, stretching passif, effectué par le praticien. Voici un exemple type présenté dans les illustrations suivantes par l’étirement post-isométrique et la technique « M - E – T » :
  • 24. 23 / 143 Méthode du contracter - relâcher avec étirement (C R E). 2 - Les variantes du « contracter - relâcher » La méthode type C-R-A-C (Contracter – Relâcher avec Contraction de l’Antagoniste) ou d’une autre abréviation Le C-R-E-I-R (Contracter – relâcher en Inhibition Réciproque) se déroule selon le schéma suivant [51 ; 189] : Méthode du contracter - relâcher avec contraction de l’antagoniste (ou méthode « CRAC ») d'après Canal M [189]. Le cycle C-R-E peut utiliser la contraction des antagonistes des muscles étirés par participation du sportif ou du patient. (C-R-E-I-R). Elle peut être utilisée pour les contractures musculaires ou en prophylaxie [2 ; 15]. Le C-R-E-P-I (en Post Inhibition), il y a contraction (de type excentrique) du muscle à étirer par le sujet lui-même. Cela peut se réaliser par exemple à l’aide d’un élastique. Dans le schéma suivant, le sujet va réaliser une contraction concentrique des ischio-jambiers puis à l’aide de l’élastique va réaliser une contraction excentrique de ces muscles.
  • 25. 24 / 143 Méthode de contracter-relâcher en post-inhibition [source, http://www.cdgym91.com/gam/doc/cours/souple.pdf]. Les étirements myotensifs font partie intégrante de la méthode p.n.f ou méthode de Kabat [2 ; 15]. Ils sont inclus dans la partie des techniques de relâchement musculaire. Les étirements myotensifs dit « tenir - relâcher » ont deux variantes techniques dans le PNF [15] : le « contracter - relâcher », il y a utilisation au démarrage d’un mouvement, ici c’est le sujet qui décide de la contraction, le « tenir - relâcher » associé à des « inversions lentes », le sujet accomplit le mouvement dans toute l’amplitude agoniste, puis change de direction pour effectuer le mouvement antagoniste. Les méthodes de type « contracter – relâcher » se déclinent en différents protocoles suivant les auteurs et les époques dans le monde sportif ou médical. Elles utilisent en proportions variables les temps de contractions ou les différents régimes de contraction : la méthode de S-A Sölverborn (une des plus connues) [47], le stretching selon Anderson (année 70) utilise le PNF et le stretching statique passif, Knott (aux Etats-Unis) expérimente le contracter – relâcher et rend populaire les travaux de Kabat (1968), méthode Holt tirée du PNF en 1971, méthode Ekstrand utilise le C.R.E en 1980 (football), étirements myotendineux et aponévrotique en 1986 (ERAMT), contraction isométrique puis étirement en mode excentrique du muscle, étirements activo-dynamique, contraction isométrique du muscle puis relâchement et travail dynamique des muscles étirés. II - Méthodes à tendance posturale Elles peuvent se subdiviser en stretching actif ou passif, c’est-à-dire avec ou sans participation de la contraction musculaire. Souvent elles associent postures passives, et posture avec contraction musculaire (isométrique ou excentrique). Voici une liste non exhaustive de méthodes trouvées dans différents ouvrages pour le public : « posture passive », stretching passif avec poids du sujet comme seul effort sans contraction musculaire, « isostretching » de Redondo B. (inspiration de la méthode. Perrin R, exercice postural avec isométrie intense des muscles),
  • 26. 25 / 143 « stretching postural » de J P Moreau. (Succession de posture passive (stretch « lourd ») et posture en isométrie), « lian Gong Shi Ba Fa », sorte de stretching postural Chinois. Inspiré d’une gymnastique médicale créé au 2ème siècle ap-JC, utilisée à l’Hôpital Tong Chang de Changaï [3], « méthode Gaël Heckli » (danseuse), autosuggestion, posture, « stretching global actif » de Ph- E Souchard. (Exercice postural avec des contractions isométrique ou excentriques des muscles étirées), « méthode Calais-Germain » (méthode globale incluant des étirements posturaux passif, des renforcements et de la coordination), « stretching rythmique et postural » de M Frères, et méthode d’étirements à deux [83], « stretching synthétique » (élaboré par un professeur d’éducation physique et sportive pour les collégiens) [49], méthode « wygwys », méthode statique, avec maintien postural. Wygwys = What You Get is What You See, méthode inspirée de la rééducation médicale [4], étirements sur table Penchenat, « gymnastique posturale suédoise » avec utilisation d’étirements par ressaut. III - Méthodes dynamiques « non posturales » Il s’agit de méthodes utilisant un stretching dynamique avec mouvement lancé. Ces méthodes sont moyennement appréciées par les physiologistes, car le mouvement balistique déclenche le réflexe myotatique protecteur qui va provoquer la contraction du muscle. De plus des mouvements lancés ou brutaux peuvent provoquer plus facilement des lésions. Mais de nombreux sports nécessitent les mouvements lancés (danse, karaté), aussi il est conseillé de faire un bon échauffement progressif pour aborder ce genre de méthodes. Les étirements balistiques avec mouvements lancés (Rapide ou lent). Ils peuvent être utilisés aussi dans les programmes de rééducation, sous la forme de ramassage d’objets légers recréant une répétition de distance doigt - sol, à l’aide d’un métronome [89]. Les étirements par à-coups, les avis divergent sur ces derniers, certains pratiquants de disciplines sportives (karaté) en font un facteur de préparation spécifique. La technique de l’étirement spontané (et du bâillement) dans le mouvement eutonique de Gerda Alexander [3], il s’agit du méthode utilisant de la sensation, la proprioception. Les étirements dynamiques associés aux machines isocinétiques. Grâce aux machines isocinétiques, le geste possède une vitesse constante non soumis au risque des « à-coups ». Il s’agit essentiellement d’un étirement lombo-pelvien dans le cadre de la rééducation du lombalgique [89]. L’étirement isocinétique fait l’objet d’étude notamment dans le programme Labview au CHU de Lille [195]. C’est un programme pour la mesure de la résistance musculaire à l’étirement isocinétique, avec des implications en pathologie. On étudie dans ce cadre l’effet de l’étirement isocinétique dans le cadre d’une hypertonie pyramidale ou d’une myopathie [194]. IV - Méthodes d’inspiration yoguique, partiellement ou totalement De nombreux auteurs se sont inspirés du yoga pour élaborer un programme : stretching de Pavlovic B, stretching de Waymel T (utilisant aussi un principe de relâchement des chaînes musculaires, puis tonification des muscles concernés dans l’amplitude travaillée et utilisation des réflexes médullaires en post-inhibition), stretching méthode Tobias (mouvements inspirés de l’Hatha-yoga).
  • 27. 26 / 143 D - Méthodes d’étirements et courants kinésithérapiques Ces méthodes s’appuient sur l’aide d’une tierce personne (hétéro-manipulation). Elles n’entrent pas forcement dans le cadre de notre étude, mais elles sont une source d’inspiration de nombreuses méthodologies. Un bref aperçu en distingue deux courants essentiels. I - Le courant des thérapies manuelles Il est divisé en plusieurs familles. Parfois, elles sont opposées aux méthodes officielles (reconnues par des diplômes universitaires). Elles traversent le monde de la kinésithérapie et de la rééducation. 1 - Les étirements possibles Les étirements sont souvent effectués en mode passif par hétéro-manipulation [141]. On peut utiliser deux classements pour les décrire, les étirements avec composante directionnelle et les étirements de type contracter-relâcher. C’est ce que nous allons décrire dans les prochains paragraphes. a) Les étirements avec composante directionnelle Les étirements avec une composante directionnelle, peuvent se décomposer en trois directions possibles pour l’exploitation de l’étirement en thérapie manuelle [79]. L’étirement sur un mouvement longitudinal dans l’axe du tendon, par postures ou exercices actifs effectués par le patient. Ils peuvent être localisés ou globaux. L’étirement sur un mouvement transversal, ce sont des manœuvres utilisées également dans le reboutage. Elles étirent le tendon avec une force perpendiculaire à leur direction. Nous pouvons citer l’exemple de la méthode Moneyron. Son principe de base consistant à relâcher les « cordes ligamentaires ou musculo-ligamentaires » avec un mouvement transversal par rapport à l’axe de la contracture. Ce mouvement est appelé « décordage » [81]. Il peut s’appliquer aux muscles lombaires [124]. L’étirement sur un mouvement rotatoire se retrouve dans les techniques de mobilisations de la thérapie manuelle. Ces dernières constituent souvent une forme d’étirement notamment au niveau vertébral [11 ; 79]. Elles peuvent inclure à proportion variable les différentes directions d’étirements, comme la rotation possible en fin d’étirements musculaires par hétéro-manipulation [11]. Les techniques par traction s’ajoutent éventuellement dans les composantes directionnelles de l’étirement. Nous pouvons citer les techniques de rétablissement du jeu articulaire physiologique par traction associées aux mouvements translatoires [2]. Ces procédés montrent donc une variation directionnelle du mouvement. Nous pouvons citer les techniques par traction et glissement avec mouvement angulaire de l’articulation (technique de Kaltenborn, cf chap III). Les techniques de thérapies manuelles de type OMT-kaltenborn proposent une alternative pour la lutte contre la raideur articulaire [137, 208]. b) Les techniques neuromusculaires Les techniques neuro-musculaires (type contracter – relâcher) sont utilisées dans les thérapies manuelles, nous avons utilisé dans un paragraphe précédent les vocable d’étirements myotensif ou M-E-T, voici d’autres vocables qui reflètent des variations techniques [133] : mobilisations idiomusculaire de F Gaymans, mobilisation by muscular facilitation and inhibition de K. Lewit et V. Janda, osteopathic rythmic resistive duction therapy T.J Ruddy, muscular energy therapy de F. Mitchell Sr,
  • 28. 27 / 143 muscular energy techniques de Ph Greenman and al, techniques de Strain and conterstrain de Jones... 2 - Les programmes d’auto-traitements Le « stretching » peut être inclus dans le cadre d’un protocole d’auto-traitement du patient. Cet auto-traitement peut devenir une méthode indépendante par adaptation au cas général et au milieu sportif. Auto-traitement, protocole, programme autant de mots utilisés avant la possible création d’une méthode, voici quelques exemples. La méthode de Anderson B est une partie technique de la méthode de Kabat [15; 48]. Cette méthode n’incluant pas les mouvements en rotation dans les exercices, utilisant le PNF et étirements passifs. La « rééducation posturale globale » est issue du courant Mézièriste (RPG). La RPG développe un auto-traitement à base de posture, de respiration et d’étirements. Ces exercices deviennent ensuite le « stretching global actif » [7; 8], De la combinaison de la méthode Mézières et des techniques ostéopathiques (école de Maidstone, Wernahm), Frères M revendique la création d’une méthode rythmique d’harmonisation myotensive. Adaptation de cette méthode sous la forme d’un « stretching rythmique et postural » [27 ; 83]. Ces exemples montrent quelques possibilités d’évolutions et d’adaptations techniques. Des réflexions sur d’autres modèles sont en cours, nous pouvons citer des réflexions sur l’adaptation de la méthode Mc Enzie pour les articulations périphériques. Le modèle discal du syndrome de dérangement est transposé au modèle de l’arc d’abduction douloureux de l’articulation gléno - humérale. Développant pour ceci, des mobilisations auto-passives en rotation interne [61].Mais quand la technique est trop spécifique (cas par cas) et nécessitant une personne expérimentée alors l’auto-traitement aura moins de chance de diffusion dans la population. 3 - L’étirement en massothérapie Le courant des thérapies manuelles peut se conjuguer avec la masso-thérapie, les deux sont parfois peu individualisables. a) L’étirement inclus dans la séance de massage Les étirements peuvent être inclus au cours des massages, les thérapeutes ajoutant à leurs techniques d’origine des mouvements d’étirements passifs ou actifs. Des thérapeutes de massages occidentaux ont ajouté des étirements comme dans le massage californien (association massage - mobilisation - étirement) [73], suédois [65]. Ceci est également le cas dans les massages orientaux avec des ajouts d’étirements passifs comme le shiatsu [63], massage thaïlandais [64]. b) L’étirement en tant que partie technique d’un mouvement massage Les étirements peuvent faire partie intégrante de la technique de massage, ces techniques de massages entraînent la mobilisation des éléments musculo-tendineux, les limites entre étirements et massages sont moins perceptibles. Car le muscle peut être massé en position d’étirement, et l’action du massage peut aboutir à des mouvements transversaux du muscle ou du tendon. Ce mouvement transversal évoque les étirements transversaux, voici trois exemples. La manipulation dite du pétrissage profond et rapide retrouve ce mouvement transversal. Le muscle est saisi dans toute sa masse pour le mobiliser transversalement, cette manipulation s’organise en trois phases possibles : compression, torsion et relâchement du muscle. La torsion rapide produit un réflexe myotatique identique à celui d’un étirement rapide du muscle. Le
  • 29. 28 / 143 pétrissage profond à vitesse rapide entretient « la tonicité, l’élasticité et la souplesse des masses musculaires » [65]. Le massage transverse profond est un geste effectué sur la structure tendineuse en agissant par friction transversale à la direction des fibres avec placement du tendon en position d’étirement [73]. Il est utilisé lors des périostites, tendinites (voir paragraphe sur les tendinopathies dans ce chapitre). Les techniques de reboutage comme la méthode Moneyron (déjà citée précédemment) Consistent à relâcher les « cordes ligamentaires ou musculo-ligamentaire » avec un mouvement transversal par rapport à l’axe de la contracture, ce mouvement est appelé « décordage » [81]. 4 - L’étirement du système nerveux Ce sont des techniques récentes de « neuro-dynamique » : soit étirements neuro-méningées [67], soit étirements des nerfs périphériques [68 ; 76 ; 77]. Elles utilisent la capacité naturelle d’élasticité du système nerveux avec des manœuvres ou manipulations spécifiques pour diverses douleurs ou pathologies. Certaines peuvent ressembler de loin à des postures d’étirements classiques, mais la démarche de base est différente. Le but est la mise en « tension » du système nerveux (des plexus, de racines spécifiques) grâce à l’allongement physiologique des nerfs par des tests à la fois diagnostiques et thérapeutiques. Les étirements classiques mettent aussi en tension les structures nerveuses car les aponévroses sont en étroite relation avec les paquets vasculo-nerveux. Voici quelques exemples de mobilisation de nerfs périphériques. Le classique signe de Lassègue est une douleur provoquée par la « mise en tension du nerf sciatique ou d’une des racines ». Kapandji nous renseigne sur «...les travaux de Charnley qui ont montré que les racines glissent librement à travers les trous de conjugaison…sur une course qui peut atteindre 12mm... p126 » [76 ; 77], La mobilisation neuro-dynamique du nerf médian est validée par de nombreux tests spécifiques et auteurs, d’autres études sont en cours pour valider d’autres mouvements [205]. Nous pouvons citer le test ULTT1 (Upper Limb Tension Test) qui permet de tester différents syndromes nerveux tels que les syndromes du tunnel carpien, du défilé thoracique [207]. Test dit ULTT1 d’après Butler D [199] et Huguenin F [206]. Des développements de protocoles d’auto-traitements spécifiques ciblés sur les racines nerveuses sont en cours, des CD Rom de rééducation existent, la thérapie manuelle de type Kaltenborn-Evjenth propose également des mobilisations neurales [137].
  • 30. 29 / 143 Test de mobilité du nerf (mobilisation Kaltenborn), d’après Schomacher O [137]. Un exercice pour la mobilité du nerf radial tiré d’une brochure de Matheson James W sur le site de « visual health information » : [http://www.vhikits.com/products/collections/Neurodynamic /Neurodynamic.aspx]. Nous avons dans ce paragraphe une « approche de l’étirement » sous l’angle de la mobilisation des racines nerveuses par adaptation des tissus aux changements positionnels. Le but est de diagnostiquer l’origine d’une douleur (musculaire ou irritation de la racine) et d’adopter un schéma thérapeutique. Les thérapies manuelles fournissent l’occasion d’approcher les étirements sous divers angles : ligamentaire, musculaire, articulaire et nerveux. Ces éléments sont conjointement mobilisés lors des manœuvres citées. II - Le courant des méthodes à dominante somato-psychique Ce courant sera moins abordé dans notre étude qui se concentre essentiellement sur le somatique en trois angles de vue (étirement, musculation, aérobic), bien que des passerelles soient nombreuses. Nous ne ferons que les citer brièvement : le yoga, souvent source d’inspiration de nombreuses méthodes (tant somatique que somato-psychique), l’eutonie de Gerda Alexander, le Training-Autogène de Schultz, la sophrologie de Caycedo, la méthode de relaxation progressive de Jacobson, imageries mentales et dérivées… Ceci nous permet de rappeler que les étirements ont un effet psychologique sur le bien-être de la personne en procurant une sensation de liberté et de délassement. E - Applications en pathologies Ils sont souvent en compléments avec d’autres techniques : musculation, endurance aérobie, ergothérapie...
  • 31. 30 / 143 I - Les tendinopathies 1 - Histologie : Les tendinopathies histopathologiquement sont une dégénérescence intratendineuse, il ne s’agit pas d’un état inflammatoire, d’où la notion de tendinose à leurs égards [187]. Le terme de tendinose reste soumis à critique, ainsi Métais F dans son article en date du jeudi 12 avril 2007 dans « Kiné actualité », nous indique : « ...On note dans ce contexte mécanique l’absence de cellules inflammatoires au sein de ces lésions. Ce qui fait abandonner le terme de tendinite pour celui de tendinose. Ces travaux peuvent être néanmoins critiqués puisqu’ils ne peuvent être réalisés que sur des lésions chroniques, irréversibles, relevant d’un traitement chirurgical. On ne peut donc pas dire aujourd’hui si ces lésions dégénératives ne sont pas précédées d’une phase inflammatoire...p 21 » [188]. Cette tendinose traduit une rupture partielle du collagène c’est-à-dire la phase 3 de la réponse mécanique du tendon à l’étirement (cf. schémas anatomiques sur le tendon). De fait, cette réparation peut prendre des mois, elle ne se mesure pas en quelques semaines. Pourquoi cette durée de récupération? La synthèse du collagène peut durer cent jours. Les tendinopathies peuvent être divisées en deux groupes : les lésions inflammatoires se traduisant par des tendinites, tenosynovites, bursites, les lésions dégénératives considérées comme des tendinoses, si la lésion est insérée sur l’os c’est l’enthésopathie. 2 - Traitements : - Traitement médicamenteux symptomatiques [187]. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont indiqués préférentiellement dans les états de tenosynovites ou de bursites associées uniquement dans les lésions isolées du tendon ou tendinose. L’infiltration de corticostéroïdes est reconsidérée car le caractère inflammatoire est sujet à discussion. - Traitement physiothérapique. La rééducation a une place de choix avec des traitements ayant pour objectifs de majorer la résistance tissulaire du tendon. Le programme de base sera une diminution de la contrainte mécanique, un repos relatif avec une rééducation passive ou active (des massages, des étirements associés au renforcement excentrique) [189]. La diminution de la contrainte mécanique comporte un volet consistant à procurer une diminution de la surcharge mécanique du tendon avec du repos relatif, orthèse, attelles, semelles orthopédiques, strapping, aménagement d’une activité professionnelle... Le repos relatif est plus long que le simple traitement de la tendinite qui est en fait une tendinose. Ce repos relatif vise à éviter les mouvements nocifs et à poursuivre les activités en dessous du seuil douloureux. Une rééducation par des massages et étirements comme l’étirement de type transversal, longitudinal ou de type actif (PNF) ou passif. L’étirement de type transversal est inclus dans le massage transverse profond. Ce dernier est indiqué dans les tendinopathies corporéales. On évite sa pratique dans les tendinites. Il est contre-indiqué dans les calcifications du tendon. Son mode d’application s’effectue transversalement au tendon, pendant 7 à 10 minutes avec 2 à 3 séances par semaine sur un total de 10 séances. Ce massage agit grâce à ses effets antalgiques locaux, trophiques et mécaniques. La rééducation utilise également l’étirement de type longitudinal par les exercises sur les chaînes musculotendineuses (travail en globalité de l’ensemble des chaînes musculaires).
  • 32. 31 / 143 Le renforcement musculaire pourra être de type excentrique. Il pourra commencer de façon prudente par un mode statique puis dynamique suivie de concentrique et se terminer de façon excentrique. (cf chapitre II, sur le sujet du mode excentrique, notamment avec le protocole de Stanish). Le régime excentrique aurait un effet sur les ténocytes produisant du collagène. En effet, d’après Lamontagne M « ...la production de collagène est probablement la clé du phénomène cellulaire qui détermine la récupération de la tendinose...p 2163 » [187]. Le renforcement musculaire est utile car il permet de répartir les tensions sur l’appareil musculo-ligamentaire. - Les agents physiques. La physiothérapie possède un cortège de traitements dont les bienfaits restent à démontrer tels que les ultrasons, laser, chaleur, ionisation, onde courtes, courants de basse fréquence, électrothérapie à visée sédative (TENS), cryothérapie, onde de choc. - Le traitement chirurgical. La chirurgie est évoquée en dernier lieu, elle est rare. Le caractère inflammatoire d’une tendinose est un sujet à discussion selon les auteurs. En début de symptômes, la tendinose peut se soigner en 6 à 10 semaines et pour la tendinose chronique, la récupération peut varier de 3 à 6 mois. L’étirement (transversal et longitudinal) peut être utilisé en complément de thérapeutique pour le traitement d’une tendinose [188]. II - Les lésions musculaires 1 - Prévention Les lésions musculaires et leurs préventions par les étirements sont controversées. Il semble que les étirements ne protègent pas des accidents musculaires à cause la tolérance à l’étirement, du phénomène de Creeping. Le stretching pour Cometti [186] dans sa revue de littérature n’a pas d’effet sur la prévention des blessures à cause de son effet « antalgique » avant effort ( ce que l’on nomme par tolérance à l’étirement ou stretch tolérance), ceci est aussi confirmé par Ziltener et coll. [103], Le stretching provoque un phénomène de « creeping ». C'est-à-dire que le tendon s’allonge « ...ce qui entraîne une réharmonisation des fibres de collagène qui vont s'orienter alors que normalement leur position est en torsade. Cette nouvelle orientation diminue les capacités d'absorption du tendon qui se reportent sur le muscle... ». Donc la lésion musculaire peut survenir plus facilement [207]. D’autres affirment qu’il existe une prévention possible des accidents musculaires avant effort avec utilisation de techniques comme les étirements myotendineux (ERAMT) de Esnault M. 2 - Récupération post-lésion La réhabilitation après lésion musculaire est possible selon Ziltener et coll. [103] : « ...un stretching passif statique dès la 48ème heure post-lésion grade II accélère la récupération des amplitudes articulaires et surtout le retour à une pleine activité sportive de façon significative...p 114 ». III - La spondylarthrite ankylosante 1 - Les déformations de la spondylarthrite ankylosante La rééducation de la spondylarthrite est organisée avec des séances d’étirements. Le but est la prévention des déformations de la spondylarthrite ankylosante. Les principales déformations rachidiennes sont les suivantes [91] : atteintes des sacro-iliaques,
  • 33. 32 / 143 verticalisation du sacrum avec effacement de la lordose lombaire et d’un flessum de hanches, déformation dorsale en hypercyphose. 2 - Place des étirements et de la rééducation La rééducation est proposée dans les phases inflammatoires si elle est supportée par le patient par : de la kinésithérapie douce en décharge, quelques exercices d’assouplissement en piscine, En phase de rémission dont les objectifs sont : la lutte contre la douleur, la lutte contre la raideur, la réalisation de posture (sphinx, espalier). Les étirements ont leur place dans la rééducation de la spondylarthrite ankylosante. Les étirements de type posturaux, d’auto-agrandissement sont utilisés de façon préférentielle associés à une rééducation globale. IV - Autres conséquences de la pratique des étirements De nombreux effets bénéfiques sont imputables aux étirements. 1 - Sur l’appareil locomoteur Les effets des étirements sur l’appareil locomoteur peuvent être variés. L’amélioration des problèmes articulaires avec augmentation de la mobilité, de l’amplitude articulaire, prise en charge des raideurs matinales chez le sujet âgé..., lutte contre les rétractions chez le sujet alité, dans l’accident vasculaire cérébral. La lutte contre le déséquilibre ostéo-ligamentaire en aidant à rétablir une symétrie corporelle. La prévention des lésions de surcharge de l’appareil locomoteur (Tendinopathies mécaniques, tendinopathies rotuliennes chez les joueurs de football et de basket-ball), La stimulation de l’ostéogénèse dans l’ostéoporsose (musculation et étirement du muscle psoas, voir chapitre II), La prévention des rachialgies, par l’étirement des ischio-jambiers des muscles du dos (voir chapitre III), Lutte contre les contractures, certains proposent plutôt le régime excentrique qui semble plus efficace que l’étirement passif (voir chapitre II) [160], 2 - Sur le système artério-veineux Il existe des effets sur la vascularisation veineuse et artérielle. Ils s’effectuent grâce aux étirements dynamiques ou de contracter-relâcher, ce qui n’est pas le cas des étirements statiques qui « ...compriment les capillaires et compromettent la vascularisation en post-effort... » [103, 207]. Gremion G cite dans son article une étude d’application de stretching après une séance de course à pied qui entraîne une myolyse [207]. Ces effets sont effectifs grâce aux mobilisations, compression des tissus mous et à l’effet de pompage des contractions.
  • 34. 33 / 143 CHAPITRE II : LA MUSCULATION A - Définitions des régimes de contractions La musculation possède cinq régimes de contraction principaux qui se répartissent en deux groupes : le groupe de contraction statique et le groupe de contraction dynamique [17 ; 56 ; 161]. Le régime isométrique est inclus dans le régime de contraction statique et les quatre autres dans le groupe de contraction dynamique. Le régime de contraction dynamique peut aussi se dénommer mode isotonique ou mode anisométrique. I - Isométrique En régime isométrique, les points d’insertions musculaires restent fixes. Il n’y a pas de raccourcissement notable du muscle, ni de mouvement généré par la tension musculaire. L’Anaés définit la contraction isométrique comme étant le moment « … au cours duquel la résistance opposée au mouvement est égale à la force développée par le muscle. Il n’y a pas de déplacement du segment de membre. La longueur du complexe tendino-musculaire ne se modifie pas... p 19 » [161]. II - Concentrique En régime concentrique, les points d’insertions se rapprochent les uns des autres. Le muscle se raccourcit et le mouvement est généré par l’augmentation de la tension musculaire. L’Anaés définit la contraction concentrique comme étant le moment « ...pendant lequel la résistance opposée au mouvement est inférieure à la force développée par le muscle. Les points d’insertion musculaire se rapprochent et le muscle se raccourcit. Il s’agit d’une activité musculaire mobilisatrice...p 19 » [161]. III - Excentrique En régime excentrique, les points d’insertions s’écartent les uns des autres. Le muscle s’allonge et le mouvement est généré quand la résistance est supérieure à la force produite par celui-ci (les muscles du membre s’allongent pour retenir l’haltère. L’Anaés définit la contraction excentrique comme étant le moment « ...pendant lequel la résistance opposée au mouvement est supérieure à la force développée par le muscle. Les points d’insertion musculaire s’éloignent et le muscle s’allonge. Il s’agit d’une activité musculaire freinatrice...p 19 » [161]. IV - Pliométrique Les points d’insertions musculaires s’éloignent et se rapprochent, il s’agit d’un cycle étirement- raccourcissement (ou entraînement par étirement-détente). Ce cycle associe les régimes excentrique et concentrique. V - Isocinétique Il est plus spécifique au domaine de la rééducation et du sport de haut niveau. Il s’agit d’une application de vitesse constante pour obtenir une contraction musculaire concentrique ou excentrique maximale tout au long du mouvement grâce à du matériel adapté .On parle ainsi d’isocinétismes concentrique et excentrique. Ce régime nécessite des machines isocinétiques spéciales qui programment un mouvement spécifique sur deux grands principes, ce que reprend l’Anaés « ...La maîtrise de la vitesse : on impose une vitesse constante au mouvement du segment de membre, au lieu de lui imposer une résistance fixe... L’asservissement de la résistance : la résistance varie et s’auto-adapte en tous points du mouvement pour être égale à la force développée par le muscle, lorsque la vitesse présélectionnée est atteinte...p20 » [161].
  • 35. 34 / 143 B - Généralités I - Fonctions, propriétés du système musculaire 1 - Les fonctions des muscles Les muscles possèdent diverses fonctions : production des mouvements du corps, stabilisation de la posture, régulation du volume des organes (sphincters musculaires de l’estomac, de la vessie...), déplacement des substances dans l’organisme (digestion, circulation sanguine artérielle et veineuse), production de la chaleur (maintien de la température corporelle). 2 - Les propriétés des muscles Les muscles possèdent diverses propriétés : excitabilité électrique, contractilité, extensibilité, c’est-à-dire un étirement sans déchirement, élasticité, retrouve sa longueur et sa forme d’origine après une contraction ou un étirement. 3 - Les types de muscles utilisés en musculation Plusieurs types de muscles sont utilisés : le muscle squelettique strié essentiellement, le muscle cardiaque est aussi stimulé indirectement par une augmentation de la fréquence cardiaque lors de l’effort, l’activité physique possède une action facilitatrice en « aidant » le travail des muscles lisses (qui possèdent une contraction involontaire). Nous pouvons prendre l’exemple de la musculation des abdominaux qui peuvent faciliter le transit intestinal. 4 - Les principaux effets physiologiques d’un travail musculaire actif Le travail musculaire actif agit sur les os, les articulations ou d’autres types de tissus par des mécanismes de mécanotransmission et de mécanotransduction. Ces mécanismes vont aboutir à l’établissement de lois pour comprendre la physiologie des articulations. Définitions des mécanismes et lois pour le système ostéo-articulaire. La mécanotransduction C’est une transformation d’un signal mécanique en un signal chimique ou biochimique. La mécanotransmission C’est une transmission des forces mécaniques à travers les cellules ou organes. La loi de Delpech C’est un effet de la compression, « les os croissent en raison inverse des pressions qu’ils subissent » [174].
  • 36. 35 / 143 La loi de Wolf Elle correspond à la traction exercée par les muscles à la périphérie de l’os excite les cellules sous-périostiques et favorise le développement de l’os en épaisseur, c’est un effet de la traction [174]. Sur les articulations et le tissu articulaire s’applique aussi la loi d’étendue et d’épaisseur. La loi d’étendue correspond à l’amplitude des mouvements articulaires proportionnelle à la différence d’étendue des deux surfaces. La loi d’épaisseur d’épaisseur du cartilage, elle est proportionnelle aux contraintes de compression qu’il subit. La loi sur les tissus capsuloligamentaires Les tissus capsuloligamentaires placés dans une position relâchée se rétractent. Cette loi justifie les mouvements actifs pour préserver la fonction dynamique des articulations en maintenant ces tissus à leur longueur normale et ainsi conserver les amplitudes. Sur le plan circulatoire, on peut distinguer des effets locaux et généraux de l’activité musculaire. Au niveau local Dans le muscle, il existe une vasodilatation locale des vaisseaux musculaires et vasoconstriction des vaisseaux au niveau des autres organes, Dans le cœur, il y a augmentation de son travail contractile. Au niveau général Dans les artères, il existe une augmentation de la pression sanguine au moment de la contraction musculaire, La contraction musculaire a un effet bénéfique sur sa circulation veineuse et lymphatique de retour. Il y a une action conjointe grâce à l’augmentation du travail du cœur, de l’action du diaphragme et d’un bon réseau vasculaire. La musculation est contre-indiquée par certains auteurs en cas de problème d’insuffisance veineuse [176]. Ceci en raison d’une manœuvre de valsava (effort glotte fermée) qui bloque momentanément le retour veineux. Il s’agit plutôt de favoriser une activité musculaire dynamique (type marche lente ou cycloergomètre) pour obtenir une bonne circulation veineuse. Nous pouvons citer l’exemple de la contraction local du mollet provoquant une dorsi-flexion de la cheville c'est-à-dire une contraction excentrique du muscle provoquant une compression du système veineux [178]. Voici un schéma de l’effet pompe musculaire du à une contraction locale dynamique :
  • 37. 36 / 143 Effet de pompe veineuse du triceps sural d’après Bringard et coll. [179]. Le travail musculaire actif a un effet sur la température. Il y a une augmentation de la température locale et générale, Sur la fonction digestive. Par l’action abdomino-diaphragmatique, et l’apport d’oxygène, Sur la fonction excrétoire. L’activité musculaire augmente l’élimination des toxines par l’urine et la sueur, Sur le système nerveux. Les mouvements musculaires ont un effet sur la Coordination de l’individu, une oxygénation des cellules nerveuses...
  • 38. 37 / 143 II - Conséquences pratiques 1 - Le principe de surcharge La musculation est basée sur l’application du « principe de surcharge ». Ce principe est à la base de la plupart des protocoles de musculation qui adoptent la méthode de « surcharge progressive ». La « surcharge progressive » est un « patron » sur lequel se dessinent les programmes grâce à l’application d’une charge minimale qui semble être supérieure à environ 60 % de la charge maximale de mobilisation en une seul fois du sujet [17 ; 94]. 2 – Le principe d’équilibre et de coordination Bien souvent les mouvements en musculation s’exécutent dans une action globale, sans dissociation qui s’appelle une « syncinésie » nécessitant équilibre et coordination. L’utilisation d’une charge additionnelle peut augmenter les déséquilibres lors d’un mouvement de musculation. La charge est révélatrice d’une faiblesse physique ou d’un manque de coordination ou d’équilibre si le mouvement nécessite une adaptation posturale [90]. La bonne coordination des muscles fixateurs et moteurs du mouvement est nécessaire à la stabilisation du corps et à son déplacement. La coordination fait appel à la notion de synergie musculaire. Car le système musculaire est pris dans son ensemble. Nous pouvons prendre l’exemple du bassin et du tronc qui a une stabilisation assurée par un bon gainage du corps, ce qui se retrouve dans l’exercice du squat. Ce mouvement demande une synergie « des fixateurs de l’omoplate-abdominaux-lombaires-fessiers » et une synergie des muscles moteurs « quadriceps- fessiers et jumeaux », ainsi coordination et équilibre sont ainsi étroitement mêlés dans la mise en jeu du mouvement (c’est une interaction-dynamique) [90]. Le gain de force au départ se fera grâce à la stimulation du système nerveux et par une meilleure réalisation du geste. 3 - Consignes de bases pour débuter la musculation La musculation est ici considérée sous l’angle de l’acquisition d’une bonne santé, l’acquisition d’une force exceptionnelle n’étant pas l’objectif essentiel. La musculation peut varier selon les objectifs sportifs ou de réadaptation. Les principes de bases permettent de démarrer la musculation dans de bonnes conditions et d’entretenir les acquis. Sa pratique peut être différente selon la typologie ou la pathologie (personnes âgées arthrosique, adolescent pré-pubère...). L’adolescent doit travailler une musculation générale avant de se spécialiser dans un sport donné, l’arthrosique aura un renforcement musculaire avec des charges légères (voir paragraphe ci- dessous). Ces différents sujets sont autant de façon d’aborder la musculation. Le renforcement musculaire va produire de la force. Cette force pourra être spécifique au régime de contraction, à la vitesse, au besoin de l’individu (troisième âge, sportif...). Nous voyons donc que les objectifs de force peuvent être définis par différents angles de vues conditionnant un ensemble de questions sur les réalités du terrain. Le choix d’un programme pour augmenter d’un pourcentage faible le gain de qualités physiques ou de force (suivant la terminologie associée) semble accessoire dans le contexte général de santé publique, d’autant plus que certains programmes de musculation ne sont accessibles qu’au bout d’un laps de temps et d’une « maîtrise » des haltères. Très certainement en matière de santé, le programme de musculation doit être axé sur l’ensemble de l’individu associé à une personnalisation. Dans un premier temps, pour aborder la musculation, c’est la forme d’un circuit training adapté qu’il convient d’utiliser avant de se spécialiser dans un type de méthode sportive. Voici une série de consignes de base pour débuter la musculation : faire un échauffement,
  • 39. 38 / 143 pour éviter les blessures, pas de charges maximales, au début, être progressif (environ 60 à 80% de la charge maximale) [17], éviter les mouvements en compression axiale type squat, commencer par des éducatifs d’apprentissage [87], apprendre à maintenir une bonne rectitude vertébrale et obtenir un bon gainage du bassin avant de commencer des mouvements plus compliqués (Voir chapitre III colonne vertébrale et chapitre IV paragraphe E), commencer par les grosses masses musculaires avec des mouvements de base, ne pas se décourager pour les premières séances qui occasionnent des courbatures [87]. au début, le gain de force se fait par une meilleure coordination neuro-musculaire [10 ; 87]. Ce sont les effets sur les facteurs nerveux, l’utilisation du « point critique » lors du soulevé de poids est utile pour progresser. Il s’agit du soulevé de poids arrivé à sa phase maximum sans possibilité d’obtenir le degré d’angulation souhaité du mouvement. Le mouvement se « bloque » en phase isométrique au point critique, utiliser les machines pour avoir des mouvements guidés [87], 3 à 4 séances par semaine comme fréquence hebdomadaire [56], une charge plus légère pour accomplir plus de répétitions (12 à 15 répétitions du même mouvement) [17]. Si 12 répétitions semblent légères, augmentez le nombre. Si 12 répétitions semblent excessives, procédez par tâtonnements, plusieurs séances peuvent être nécessaires, après une semaine ou deux, le nombre de répétitions peut-être réduit à 6 ou 8 et la charge augmentée progressivement. Le collège Américain de médecine du sport en 1998, recommande un programme initial de renforcement musculaire [55] : une série de 8 à 12 répétitions pour 8 à 10 exercices, une série de 10 à 15 répétitions pour des personnes plus âgées et plus frêles, programme pour les 3 à 4 premiers mois. Pour améliorer la performance des muscles spécifiques d’un sport, il est conseillé de s’entraîner avec des exercices similaires au mouvement du sport pratiqué. Ceci s’approche de l’entraînement pliométrique, avec des charges plus légères. Cela permet d’améliorer et d’acquérir une force spécifique. Le gain de force est un des effets attendus, ce gain dans un premier temps du à des facteurs nerveux, puis dans un second temps à partir de huit semaines du à l’hypertrophie musculaire [94]. Le renforcement musculaire par bande élastique est très souvent employé pour le sujet âgé dans sa rééducation de la marche ou contre la chute. Ce type de renforcement donne l’occasion de se muscler sans choc violent [62 ; 191]. III - Risque de la musculation / renforcement musculaire 1 - Chez l’enfant Les risques de la musculation chez l’enfant peuvent se traduire par des : troubles des cartilages de croissance de type Ostéodystrophies de croissance, arrachements épiphysaires. La mise au repos est conseillée [151].
  • 40. 39 / 143 2 - Chez l’adulte Les risques chez l’adulte correspondent aux diverses pathologies de l’appareil locomoteur [151] : les lésions tendineuses microscopiques (tendinites) ou macroscopiques (ruptures), les lésions musculaires avec des ruptures plus ou moins étendues, les lésions cartilagineuses, les douleurs musculaires post-effort (= Delayed Onset Muscular Soreness). 3 - Contre-indications de la musculation Elles sont essentiellement cardio-vasculaires [154] : angor instable, HTA non contrôlée (PAS > 160 mmHg et/ou PAD > 100 mmHg), arythmie non contrôlée, insuffisance cardiaque récente, valvulopathie sténosante ou régurgitante sévère, cardiopathie hypertrophique, insuffisance veineuse (car l’effort se fait glotte fermée et bloque la circulation de retour) [176], autres affections susceptibles de s’aggraver ou de se décompenser. Les programmes de rééducations cardiovasculaires incluent des régimes de contractions variées. Ils sont soumis à une évaluation avec encadrement avant de passer à une phase III. (Voir à ce propos le chapitre IV). Un entraînement aérobie avant de passer à la musculation est fort souhaitable pour les patients coronariens. D’après Chanudet X, Louembe J et coll.: « ... En présence d’un antécédent cardiovasculaire, ne seront autorisés à pratiquer la musculation que les hommes, d’âge moyen, ayant une bonne fonction ventriculaire gauche, non ischémiques à l’effort et dont le niveau de PA est normal...p259 » [154]. Il faut une fonction ventriculaire gauche satisfaisante ainsi qu’une fonction respiratoire correcte pour envisager la musculation dans des conditions correctes. C - Méthodes globales pour le corps I - Programmes généraux de musculation (circuit training) Les méthodes suivantes peuvent être utiles pour un débutant ou confirmé. Elles ont le mérite de proposer une organisation réfléchie pour plusieurs séances dans la semaine, sans contraintes excessives ni volonté de compétitions. Elles ont un objectif de santé globale. Ces méthodes sont des programmes incluant différentes techniques de bases en musculation. 1 - Les circuits training Les programmes de circuit training (ou parcours) peuvent être variés et adaptés à la forme de base du pratiquant. Ils peuvent s’utiliser seul, ou en groupe. Ils existent de nombreux ouvrages proposant différentes séquences de circuit training [90]. Pour indication voici trois variantes possibles de circuit-training : le circuit training à séries alternées par poste de travail,
  • 41. 40 / 143 le circuit training à séries groupées par poste de travail, le circuit training à séries mixtes. Ces trois types de circuits training pouvant se combiner entre eux. Le circuit training musculaire peut aussi avoir une orientation cardio-vasculaire (Voir chapitre endurance aérobie). 2 - La méthode CALLAC (avec appareillage) La méthode CALLAC (ou méthode économique) de Dottin Marc, méthode élaborée à partir de son expérience personnelle de culturiste (programme sur deux ou trois heures d’entraînement par semaine, une heure par séance). Remarque : C comme contraction continue, A comme amplitude maximale, L comme lenteur d’exécution, L comme localisation optimale, A comme anaérobie lactique, C comme charges modérées [19]. 3 - La méthode PROTEO-SYSTEM (sans appareillage) La méthode PROTEO-SYSTEM de Olivier Lafay, est une méthode hiérarchisée en niveaux (une succession de 13 étapes). Elle utilise le poids de corps, s’inspire en partie du concept de chaînes musculaires pour travailler les muscles en synergie. Le muscle n’est pas considéré comme isolé, mais inclus au sein d’un mouvement général [20]. II - Les trois méthodes de bases de Zatsiorski Il y a trois méthodes de base (Zatsiorski) pour le développement de la force : la méthode des efforts maximaux, la méthode des efforts répétés, la méthode des efforts dynamiques. Ici nous entrons dans le cadre du domaine sportif plus spécialisé et pouvant dépasser le cadre d’initiation à la musculation [18]. 1 - La méthode des efforts maximaux C’est une méthode avec une stimulation nerveuse intense demandant une récupération importante, elle est non adaptée au débutant. Elle est utilisée par les haltérophiles. Son programme de base comporte 5 séries de trois répétitions maxima avec temps de repos de 7 minutes entre les séries. Elle permet le développement de la force maximale du muscle. 2 - La méthode des efforts répétés Elle comporte des charges moins lourdes que la précédente, elle a une action sur les facteurs nerveux et la masse musculaire. Son programme comporte 6 séries de 6 répétitions avec un temps de repos de 5 minutes. Les exercices s’effectuent à vitesse moyenne, avec une charge non- maximale (70 % à 80 %). Elle permet une hypertrophie musculaire et une augmentation de l’endurance musculaire. 3 - La méthode des efforts dynamiques C’est une méthode utile pour les débutants, elle a peu d’action sur la force et favorise l’explosion. Les exercices s’effectuent à vitesse maximum avec des charges légères, voire sans charge. Le programme est constitué de 10 à 20 séries de 15 répétitions avec récupération de 5 à 7 minutes. Elle permet le recrutement des unités motrices (facteur nerveux).
  • 42. 41 / 143 III - Méthode par contraste de charge (méthode bulgare) Ce sont des exercices alternant les charges lourdes et légères (30% à 50%) à vitesse maximale dans la série ou dans la séance. IV - Méthode par charge descendante ou montante (méthode de la pyramide) 1 - Pyramide avec charge ascendante Dans la même séance, on applique des séries avec répétitions décroissantes avec des charges montantes. Elle semble bien adaptée au débutant car elle utilise les efforts maximaux en fin de séance. Elle existe sous une autre variante : la pyramide inversée. 2 - Pyramide avec charge descendante (pyramide inversée) La méthode de la pyramide ressemble à une conjugaison de la méthode des efforts répétés en début de séance et de la méthode des efforts maximaux en fin de séance. On se propose d’inverser le schéma. C’est la méthode de la pyramide inversée, moins adaptée au débutant car les efforts maximaux sont placés en début de séance. D - Méthodes locales pour les abdominaux I - Grandes fonctions des abdominaux Les abdominaux participent [168] : aux mouvements du tronc, au maintien de l’équilibre de la posture, aux mouvements respiratoires notamment dans la respiration forcée, aux efforts de poussée (défécation, vomissement, accouchement, etc...), au soutien des viscères. II - Deux grandes tendances Différents concepts émergent en fonction des courants de kinésithérapie notamment de la rééducation périnéale. On peut les classer en deux courants essentiels [21] : les abdominaux hyperpressifs, les abdominaux hypopressifs. 1 - Abdominaux hyperpressifs Le courant des abdominaux hyperpressifs est le plus diffusé dans le domaine sportif et en musculation (associant une expiration ou une musculation concentrique des abdominaux.). Voici une liste d’exercices qui peuvent être inclus dans diverses méthodes : exercices proprioceptifs de type abdominaux sur ballon (sur zone de travail instable), exercices du « centrage » et du couple abdominaux / psoas-iliaque dans la méthode Pilates, exercices d’abdominaux en respectant la lordose lombaire,
  • 43. 42 / 143 exercices d’abdominaux en fonction de la rotation (interne ou externe) des articulations coxo-fémorales. Ce sont des exercices expliqués dans la méthode diagnostique des delta- pondéral de Vincent Boland (voir paragraphe plus bas). 2 – Abdominaux hypopressifs Ce courant des abdominaux de type hypopressif est essentiellement issu de la kinésithérapie. Il possède une orientation possible vers la gymnastique périnéale avec des exercices, voici une liste non-exhaustive : exercices sur le muscle transverse (isométrie et expiration), gymnastique abdominale hypopressive du Dr Caufriez, massage interne issu du yoga appelé « nauli » use de procédés respiratoires typiques. concept abdo-mg de Guillarme, c’est un travail des abdominaux avec orientation des cônes de flux pressionnels dans la cavité abdominale. Mr Guillarme ne place pas sa technique dans la catégorie des méthodes hypopressives. Il considère que sa méthode gère des flux de pressions physiologiques. On pourrait donc la placer dans un courant « normopressif ». III - Concepts de méthodologie 1 - Le concept Abdo-MG® Luc Guillarme avec le concept abdo-MG (Méthode Guillarme) revoit la façon d’exercer les abdominaux par rapport à la gymnastique classique. Il fait appel aux notions de directions de flux pressionnel à l’intérieur de la cavité abdominale. Il décrit des lignes de flux caractéristiques s’organisant à leurs tours en cônes de flux. Ces cônes de flux sont organisés en cône de flux principaux et accessoires. Ils donnent la direction de la pression dans la cavité abdominale lors des exercices abdominaux : soit vers le haut, vers le diaphragme (cônes de flux à orientation thoracique), soit vers le bas, vers le périnée (cônes de flux abdo-pelvien). Ces notions de directions de pressions font appel aux notions d’asynchronismes entre les différentes parties du corps (abdomen, thorax, pelvis). Il décrit des asynchronismes thoraco- abdominal, asynchronismes respiratoire, abdomino-abdominal, abdomino-pelvien… L’auteur conclut que « …les deux techniques (concept Abdo-MG et gymnastique classique) sont totalement opposées et donc non complémentaire et non conciliables…D’autres techniques dites globales proposent des exercices privilégiant la contraction des muscles transverses au détriment des muscles droits et obliques. Ces différentes techniques paradoxales ne sollicitent effectivement pas le plancher périnéal mais accentuent l’asynchronisme thoraco-abdomino-diaphragmatique... p 298» [22]. Il souligne aussi bien le rôle prépondérant de l’orientation des flux de pression au lieu de la seule notion de pression « … dans la mesure où la responsabilité de la dégradation thoraco- abdomino-pelvienne semble bien être l’orientation des flux de pression plutôt que la pression maximale développée lors de l’effort, la rééducation abdominal doit s’intéresser à la récupération de la musculature responsable de ces pressions dirigées, en particulier dans la sangle abdominale dont la compétence est de réguler le flux expiratoire, protégeant ainsi le plancher périnéal, les viscères et le rachis. L’association du souffle à la contraction abdominale représente un duo fonctionnel assurant efficacité et protection...p 298» [22]. Voici trois schémas représentant les directions de flux physiologiques vers le haut et vers le bas, selon ce concept. Le cône de flux abdomino-thoracique devra être respecté pendant l’exercice abdominal.
  • 44. 43 / 143 Lignes de flux Cône de flux abdo-thoracique Cône flux abdo-pelvien Le concept ABDO-MG se veut aussi global avec de nombreux liens avec les autres physiologies du corps. La maîtrise de l'orientation des flux pressionnels permettrait une meilleure qualité de vie comme: l’orientation des flux vers le bas va permettre baisse de la pression intracrânienne lors de la défécation, l’orientation des flux vers le haut va permettre une baisse de la pression intra-abdominale lors de la toux. L’auteur de la méthode associe à son concept de l’électrostimulation abdominale et un embout buccal (embout son). L’ « embout son » a pour objectif de diminuer les résistances périphériques du flux d’air. Ceci est illustré par les deux schémas suivants : Laissons le dernier mot à son concepteur : « l'objectif est de récupérer une sangle abdominale physiologique en associant contraction musculaire assistée par la stimulation et le souffle». Ce concept est en rapport avec de nombreuses physiologies. Ce concept associe électrostimulation et un « embout son ».