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DE LA RELIGION                                                                                           CONSIDÉRÉF. DANS ...
-4-                                                         -r>-de leur état religieux; et quainsi la Religion a une      ...
-6-                                                             -7­    Il est bien évident que si le Christianisme avait  ...
-8-                                                             -9­que ce commandement soit saisi dans toute son ex­      ...
-   10­                                                          -lf­ mour mutuel, avaient toujours prêché cet amour tant ...
-13 ­                      -1.2­                                                             spirituelles dont leurs prédé...
-14­qui porte son nom; et peu de temps après, pour                                           -15­mieux sopposer à cette do...
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-20-                                                                      -2f ­employé toutes ses forces pour comprimer la...
-22-                                                                                     -23 ­                            ...
-24-                                                           - 2ts­   Quant à la loi du progrès, dont il vient dêtre    ...
-   26-                                                          -27 ­    Mais duu côté si un retour à ces croyances reli­...
-28­                                                         -29 ­    Ce nest pas ici le lieu de prouver que le Seigneur  ...
-30 -	                                                            -3i ­ généralement estimé, mettant à profit cet élan gén...
- 32­                                                           -33 ­Seul et Unique Dieu, en qui est la Divine Trinité. Il...
CATALOGUE     OUVRAGES DEMMANUEL SWEDENllOHG                           Traduit& en F,"atlçai.                  PAR J.·F.-E...
-    36--                   PAR l.-F .-E. LE BOYS DES GUAYSIndex général des Passages de la Divine Parole cités dans les P...
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J f-e-le boysdesguays-de-la-religion-consideree-dans-son-action-sur-l'etat-de-la-societe-saint-amand-1862

  1. 1. OE LA RELIGION cONSIDtftÉE DANS SON ACTION SUR LÉTAT DE LA SOCIÉTÉ lAli J.-F.-E. LE BOYS DES GlJAYS TROISIÈME ÉDITION SAINT-AMAND (CHER) A la Librairie de LA NOUVELLE JERUSALEU. cbez Porle, libraire. PARIS M.1ll11l0T, RUB MOllSIEUR-LE-PRIIiCE, 58. E. JUlIG-TREUTTEL, LIBRAIRE. RUB DB ULLE, 19. LONDRESSWEDBllBORG SOCIBTY, 36. BLOOIISDURY STREBT. OXFORD STRBBT. NEW-YORK llEW CUURCU BOOK-ROOll, 3.t6. BROADWAY. 1862
  2. 2. - ~ -C".~. ~ f~ l, DE LA RELIGION li CONSIDÉRÉE DANS SON ACTION SUR 1 LÉTAT DE LA SOCIÉTÉ PAR J,-F.-E. LE BOYS DES CUAYS 1 TROISIÈME ÉDITION 1 SAINT-AMAND (CHEn) ~, lia Librairie de L, r/OUIELLE JERUSALEM, cbez Porie, libraire. PAlUS nI. nUNoT, RUI! MONSIIlUR-LE-PRINCIl, 58. E. JtlNli-TREU1TEL, LIBRAIRIl, RUIl DE tiLLE, 10. 1 LONDHES 5Wlml!NBORli SOCIETY, 3G, BLOOllSDURY STREET, OXfoilD STaiJ!T. NEW-YOIlK NEW CIIURCII lOOI;-ROO~:, 3.t6, IlRO.DWAY. . 1 1862 ,~ ~, 1: 1 1 1L. . ~
  3. 3. DE LA RELIGION CONSIDÉRÉF. DANS SON ACTION SUR. LÉTAT DE LA SOCIÉTÉ. (l La Société est en danger! Il Voilà le cri de dé- tresse que chaque jonr on entend répétel; la crainte liIIPRIMJ::RIE DI; llf;STEiXAY, A SAINT-AMAND (CHJ::R). de voil lédifice social disparaîLle dans un cata- clysme IHéoccupe la plupart des esprits, aussi cher- che-t-on de tous côtés à prévenir ce danger; et comme on a surtout remarqué que les lévolutions ontrapille- ,,-:;:;---- ment succédé lune à lautre depuis que les anciennes . ....- ". , croyances religieuses ont été affaiblies pal le philo- sophisme, plusieurs sont convaincus, et un plus grand nombre se persuadent, quun letou) à ces anciennes croyances donnera à la Société toute la stabilité dé-;-, sirable. Cette opinion sc répandant chaque jour de plus en plus, il est important dexaminer si elle est bien fondée. Mais, avant tout, il est 11 observer que vouloir sauver la Société par la R.eligion, cest reconnaitre implicitement que létat social des peuples dépend
  4. 4. -4- -r>-de leur état religieux; et quainsi la Religion a une Christianisme falsifié depuis plus de quinze siècles,action puissante SUI la Société. Cest aussi cc que ainsi quil va ~tle montré, mais cest le vrai Chris-MUS reconnaissons; mais en ajoutant que, pa" suite tianisme; car lui seul, par sa doctrine et par sesde celte action puissante, létat social devient meil- dogmes, possède la force de persuasion nécessaireleur ou pire, selon que les principes de la Religion pour opérer un tel changement.son t nais 011 on t été falsifiés. Ceux qui sont habitués à confondre le Christia- Si la Société est maintenant dans un grand péril, nisme, soit avec le Catholicisme-Romain, soit aveccest parce que, depuis le plus haut degré de léchelle le Protestantisme, soit avec lÉglise Grecclue, serontsociale jusquau plus bas, il y a partout antagonisme surpris dentendre dire que le Chlistianisme, telau lieu damoUl mutuel; toutefois, cet antagonisme quil existe maintenant dans les diverses Commu-ne règne pas daujourdhui seulement, car aussi loin nions Chrétiennes, est un Christianisme falsifié; carquon puisse remonter dans lhistoire, on le voit en si chacune de ces trois Communions admet que letous lieux se développer avec plus ou moins dinten- Christianisme a été falsifié chez ses deux rivales, ellesité sous les diverses formes de lamour de soi; mais soutient quil est pur chez elle. Cependant, commeaujourdhui il est parvenu à un tel point, quil me- lantagonisme règne au même deglé, quoique sousnace de tout engloutir. Les lois civiles et politiques, des formes différentes, chez tous les peuples qui ap-comme le prouve lexpérience, son t impuissan tes partiennent à ces trois Communions, elles ne sau-conlle lui; elles ne feraient que le déplacer ou le ~ raient échapper à ce dilemme,fOlcer à prendre une autre forme, mais il nen sub- Ou le Christianisme a été conservé pur, ou il a étésisterait pas moins, et serait toujours menaçant; il falsifié. Sil a été conservé pur, létat social chez lesny a que des croyances religieuses qui puissent le peuples Chrétiens depuis quinze cents ans, cest-à-"éprimel en changeant le cœur de lhomme; mais dire, depuis quil existe des peùples Chrétiens, lac-pOUl cela il faut des croyances fortes et vraies, et cuse dimpuissance, et fait douter de son origine Di-:non pas ces vieilles croyances qui, nayant pu anê- vine; sil a été falsifié, il ne peut lui être adressé ter la malche de lantagonisme lorsquelles étaient aucun reproche, et les misères de ces quinze siècles généralement admises et non contestées, montrent doivent êtle imputées à ceux qui lon t falsifié.suffisamment par là quelle est leur impuissance. Ce Un vrai Chrétien hésiterait-il 11 absoudre le Chlis-qui peut arrêter aujourdhui lantagonisme, et le Lianisme? Aimerait-il mieux laccuser dimpuis- changer peu à peu en amonr mutuel, ce nest pas un sance? 1*.
  5. 5. -6- -7­ Il est bien évident que si le Christianisme avait La Doctrine Chrétienne, donnée par le Seigneur été conservé dans sa pureté, son action puissante se Lui-Même, avait pour fondement lamour mutuel;développan t à lextérieur aurait peu à peu produit et tout homme qui lira lÉvangile sans idée doctri­ un état social tout opposé à celui que nous présente nale préconçue, devra sétonner que depuis quinzelhistoire, et aurait ainsi manifesté à tous les yeux siècles les Chrétiens se soient déchirés enlte euxson origine Divine. pOUl des points de doctrine, lorsquils auraient pu Examinons maintenant les diverses proposi~ions voir clairemen t que le Seigneur avait placé toute laqui viennent dêtre avancées. doctrine Chrétienne dans lamour des hommes les Et dabord, pour faire comprendre quel aurait été uns envers les autres, et quainsi cesser dêtre danslétat social produit par le Christianisme, sil eût été lamour mutuel, cétait cesser dêtre dans sa doc­conservé pur, montrons quelle est sa vraie doctrine. , trine, cest-à-dire, cesser dêtre Chrétien. Lorsque lon considère aujourdhui les doctrines En effet, il nest pas un seul Chrétien érudit quireconnues par les diverses Communions Chrétiennes, ne sache que par ces mots: Cl La Loi et les Prophè­on est porté, tant elles diffèrent entre elles, à croire tes, Il le Seigneur entendait toute lÉcritùre Sainteque le Seigneur en fondant son Église a voulu en ou toute la Parole; or, un Pharisien ayant demandélaisser la doctrine ;1 larbitre des hommes, ou que (IUel était le grand commandement dans la Loi,du moins il nen a pas posé les bases en termes tel­ I( Jésus lui dit : Tu aimelas le SeigneuI ton Dieulement clairs, que personne ne pût sy méplendle. Il de tout cœur, et de toute ton àme, et de toute taCependant il nen a pas été ainsi; ces bases ont éLé si Il pensée; cest là le premier et le grand comman­nettement posées, quil faudrait êlte aveugle pour ne Il dement; puis le second, semblable à celui-là: Tupas les y voir; mais lamour de la domination et la­ II aimeras ton prochain comme toi-même, De lesmour de la propre intelligence réndent aveugle pour Il deux commandements toute la Loi et les p,.o­le vrai, et donnent de la clairvoyance pour le faux; 1) lJhëtes dépendent. II - Matth. XXU. 36 à 40.­ct comme ces amours ont commencé à régner parmi En demandant a11 Seigneur quel était le grand com­queJques Chrétiens dès les premièrs siècles du Chris­ manùement dans la Loi, le Pharisien voulait savoirtianisme, et se sont ensuite généralement répandus, comment il entendait la Loi, et quel était le fonde­c est pour cela quon a laissé de côté ces bases pour ment de la doctrine quil prêchait; 01, le Seigneuren chercher dautres plus conformes à ces deux pose dune manière plécise lamoUl envers Dieuamours. comme plemier ct grand commandement; mais afin
  6. 6. -8- -9­que ce commandement soit saisi dans toute son ex­ tes, Il quil a employés ici, et quon ne retrouve plustension, il ajoute: (1 Le second, semblable à celui-là: nulle part au sujet daucun autre commandement, ilTu aimClas ton prochain comme toi -même; ) cétait a déclaré que ce commandement-ci est le même quelui dire: Si tu ne sais pas ce que cest quaimer Dieu, les deux précédents, qui eux-mêmes sont semblables,tu dois savoir ce que cest quaimer ton prochain ct que par conséquent faire aux autres ce que nouscomme toi-même; aime donc ton prochain comme voudrions que les autres nous fissent, cest aimer letoi-même, ce sera aimer Dieu, car le second com­ prochain comme nous-mêmes, et cest aimer Dieu.mandement est semblable au premier; et il ajoute Toute la doctrine évangélique est donc renferméeencore: De ces deux commandements toute la Loi (1 dans cc commandement : Faire aux autres ce queet les Prophètes dépendent. )) Nétait-ce pas dire en nous voudrions que les autres nous fissent; or, cesttermes clairs: Lamour à légard du prochain est le ." Ut en dautres telmes lamour mutuel; car si tous lesfondement de toute ma doctrine; cest la pierre de Chrétiens agissaient ainsi, ils saimeraient tous mu­ touche dont vous devez vous selvir quand les Écri­ tuellement, et il ny aurait plus dantagonisme. Cettetures ont besoin dêtre interprétées; toute interpré­ doctrine a été du reste pleinement confirmée par le tation qui se concilie avec cet amour est bonne, et Seigneur dans les dernières exhortations quil a toute interprétation qui ne se concilie pas avec lui adressées à ses disciples : « Cest ici mon comman­ est mauvaise; car tout est renfermé dans lamour il 1) dement, que vous vous aimiez les uns les autres, légard du prochain, amour qui lui-même renfell11e 1) comme je vous ai aimés. » -Jean, XV. t 2. - Puis, lamoul envers Dieu. de nouveau: Ces choses je vous commande, afin que (1 Il restait il expliquer ce que cest que le prochain, Il vous vous aimiez les uns les au tres, )1 -1 bid. t7 . et le Seigneur la enseigné dans la parabole du Sa­ - Et un instant auparavant il leur avait déjà dit: maritain, - Luc, X. 25 il 37, - par sa réponse au « Un commandement nouveau je vous donne, que légiste qui lui avait dit: Et qui est mon prochain? (1 1) 1) vous vous aimiez les uns les autres; à ceci ils COrt­ Le Seigneur a montré aussi ce que cest que lamour 1) naîtront tous que mes disciples vous êtes, si de envers le prochain, lorsquil a dit: (1 Toutes les cho­ » lamour vous avez les uns pour les autres. 1) ­ 1) ses que vous voulez que vous fassent les hommes, XIII. 34, 35. - Est-il besoin de plus de confirma­ » de même aussi, vous, faites-les-leUl; car cest là la tians? 1) Loi et les Prophètes. 1) - Matth. VII. t2. - En Les Apôtres, qui avaient très-bien compris que effet, par ces mots: (l Cest là la Loi ct les ProlJhè­ toute la doctrine chrétienne était renfermée dans la­
  7. 7. - 10­ -lf­ mour mutuel, avaient toujours prêché cet amour tant à tous les yeux son origine divine; cal lamour mu­recommandé par le Seigneur. La tradition rapporte tuel mis en application aurait produit tout lopposéque .Jean lÉvangéliste, quon a surnommé le théolo­ de ce qui existe depuis quinze cents ans, et lon nau­gien, étant dans un âge avancé, ne disait aux fidèles rait pas vu les Chrétiens se faire continuellement uneque ces paroles: ( lUes petits enfants, aimez-vous les guerre acharnée non-seulement de peuple à peuple,Il uns les autres; li et que, lorsquon lui fit observer mais allssi de ville à ville, de bourgade à bourgade,quil répétait toujours la même chose, il répondit: de famille à famille, et dhomme à homme, chacun « Cest le commandement du Seigneur; et si on le méplÎsant le prochain, ou naimant que soi - mêmeIl garde, il suffit pour quon soit sauvé. li Ainsi le dans le prochain.théologien par excellenee résumait toute la science On dira que cet amour mutuel na jamais cessédivine dans lamour mutuel. Oui, toute la science di­ dêtle prêché dans toutes les chaires de la Chrétien­vine est dans cet amour; aimez, vous saurez; mais té. Cela est vrai; mais en a-t-on fait le fondementaimez réellement, sinon vous resterez dans votre de toute la doctrine? Lui a-t-on tout rapporté? Tousignorance. Aimer réellement, cest sentir comme un les dogmes quon a lépandus sont-ils daccord avecplaisir en soi le plaisir dautrui; mais sentir son lui? Toutes les vratiques quon a recommandées seplaisir dans autrui, ce nest pas aimer autrui, cest concilient-elles avec lui? En un mot, la-t-on missaimer soi-même. Vouloir pénétrer dans la science au-dessus de tout, comme le seul et unique moyendivine ou faire de la théologie sans aimer réellement, . de salut? Quimporte donc quon lait recommandécest-à-dire, sans lamOltl doù procède la vraie in­ dans des sermons, si lon na pas su, en prêchanttelligence, cest se plonger dans les ténèbres les plus dexemple, le faire pénétrer dans les cœurs.épaisses. Voilil pourquoi ce quon décore du nom de La doctrine de lamour mutuel, expressément re­Théologie dans le monde chrétieJl, nest quun tissu commandée par les Apôtres, subsista pendant lesdincohérences et daberrations de lesprit humain: trois premiers siècles; non pas que tous ceux qui se (1 Ils ont fait éclore des œufs daspics, et ils ont disaient Chrétiens fussent alor& dans lamour mu­li tissé des toiles daraignées. Il - Ésaïe, LIX. 5. tuel, car il sétait déjà produit plusieurs hérésies; Maintenant, puisque toute la doctrine chrétienne mais néanmoins la généralité des Chrétiens suivaientest renfermée dans lamour mutuel, il est facile de la doctrine apostolique, et lamour mutuel conselvévoir que si cette doctrine eût été suivie, le Christia­ parmi eux manifestait lorigine divine du Christia­ nisme aurait ploduit un état social qui eùt manifesté nisme. Cependant, il est il obselvel qualors les Chré­
  8. 8. -13 ­ -1.2­ spirituelles dont leurs prédécesseurs avaient eu per­tiens nétaient pas enCOle constitués en peuples ou ception. Ils ne surent plus ce que cest que Dieu, ninations; répandus dans un grand nombre de contrées ce que cest que le prochain, ni ce que cest que lesoumises pour la plupart à la domination romaine, bien et le vrai, la chari té et la fo i, le ciel et lenfer,ils avaient presque toujours vécu dans la persécu­ ni ce que cest que lâme de lhomme, ni quel est sontion, privés souvent des droits civils et politiques. mode dexistence après la mort. Si les successeurs des premiers Chrétiens les eus­ Ils en étaient déjil arrivés à ce point, - du moinssent imités èn conformant leur vie à lÉvangile, la ceux qui se prétendaient leurs chefs, car ces notionsvraie doctrine chrétienne se serait conservée; mais étaient encore perçues par les simples, -lorsque parles diSCUSSions auxquelles ils se livrèrent eurent pour un édit Constantin permit aux Chrétiens lexercicepremier résultat de faire préférer le vrai au bien, ou public de leur religion. Le Christianisme paru t alorsla foi à la charité. Dès lors, tout commença à être triomphant, mais ce ne fut quà lextérieur; carinterverti, puisquon mettait au premier rang ce qui frappé déjà au cœur par les hérésies qui sétaient mul­devait être au second, et au second ce qui devait être tipliées, et surtout par les discussions sur la foi, ilau premier; de Iii sont nés les hérésies, les schis­ Ile fut plus conservé intérieurement que chez le plusmes, les sectes, et toutes les fausses doctlines qui ont petit nombre. LArianisme, qui était alors t1ès-puis­ désolé la Chrétienté jusquà nos jours. La Bible, tant sant, faillit même létouffer; car sil eût été victo­le Nouveau Testament que lAncien, devint un arsenal rieux, il ny aurait plus eu de Chrétiens, même à où chacun alla cherchel des armes pour soutenir la lextérieur, dans lacception propre de ce mot, puis­ doctline qui concordait avec son amour dominant et. que Arius niait la divinité de Jésus-Christ. Cepen­ avec sa propre intelligence, et le passage qui était le dant, après une lUlle longue et acharnée, lArianisme plu8 en faveur de cette doctrine en devenait le fon­ fut vaincu, mais la victoire coûta cher au Christianis­ dement. Quil en ait été ainsi, on le voit clairement me; en effet, il ny avait eu jusqualors pour les en ce que parmi les milliers ùhérésies ou de sectes Chrétiens, malgré leurs discussions, quun seul sym­ qui ont déchiré le Christianisme, il nyen a pas une hole, celui des Apôtres; il avait suffi aux premiers seule qui ne se soit appuyée et qui ne sappuie SUl Chrétiens, homme simples qui croyaient sans discu­ la Bible. ter; mais pour apaiser les dissensions qui sélevè­ Du moment où les Chrétiens eurent interverti lor­ rent au sujet de la doctrine Arienne, le Concile de dre en préfélan t le vrai au bien, ou la foi il la cha­ Nicée, qui condamna cette doctrine, fit le symbole rité, ils perdirent successivement toutes les notions 2.
  9. 9. -14­qui porte son nom; et peu de temps après, pour -15­mieux sopposer à cette doctrine toujours menaçante, Ce dogme de la TlÎnité Divine en trois Personnesil parut un troisième symbole, qui est connu sous le distinctes fut dès lors adopté par ceux qui dirigèlentnom dAthanase. Ces trois symboles ont subsisté jus­ le Christianisme, et devint la tête (le toute la Théo­quà présent dans les Églises Chrétiennes, malgré les logie; on crut aussi voir cette Trinité des Personnesdivergences de ces Églises. Dans les deux premiers dans le ::;ymbole de Nicée, où il est dit seulement:lunité de Dieu est maintenue, mais dans celui dA­ Il Je crois en un seul Dieu, le Père; en un seul Sei­thanase elle nexiste plus, car il est dit: lt Je crois en gneur, Jésus-Christ; et à lEsplit Saint; Il et commeDieu le Père, en Dieu le Fils, et en Dieu lEsprit alors pour soutenir un tel dogme, on fut obligé din­Saint; Il ainsi en trois Dieux, puisquon y trouve ces t.roduire la métaphysique dans la Théologie, toutesmots: Cl Autre est la Personne du Père, autre celle les idées saines furent remplacées par des arguties.du Fils, et autre celle de lEsprit Saint. )) Il est Tel nétait pas cependant le dogme de la TlÎniLéajouté, il est vrai, que les trois Personnes Divines de enseigné par le3 Apôtres. Les premiers Chrétiens netoute éternité ne font néanmoins quun seul Dieu; reconnaissaient nullement la Trinité des Personnes;mais quoiquon dise de bouche quil ny a quun seul ils savaient que le Sauveur ou Rédempteur annoncéDieu, lidée de trois Dieux nen subsiste pas moins par les Prophètes, et attendu sous le nom de Messie,dans lesprit, puisquon donne à chacun deux des nétait autre que Jéhovah Lui-lIême, puisque Jého­attributions différentes. vah avait dit en beaucoup dendloits, et notamment Les Ariens niaient la Divinité de Jésus-Christ, dans Hosée : le Moi Jéhovah ton Dieu, et de Dieu ex­parce quils ne voyaient pas daulles moyens de con­ 1) cepté Moi tu ne reconnaîtras point; ct DE SAU­~ervel intacte la palfaite unité de Dieu; et les au­ Il vEun, point dautre que Moi. Il - XIII. 4. -Etteurs du symbole dAthanase ont fait trois Personnes dans Ésaïe: Cl Ainsi a dit Jéhovah le Roi dIsraël, etDivines, parce quils ne voyaient pas dautres moyens )) son RÉDEMPTEUR Jéhovah Sébaoth : Moi le Pre­de conserver quelque reconnaissance de la Divinité )) miel, et Moi le Dernier; ct, excepté Moi, point dedu Seigneur Jésus-Christ; or, ce point étant indis­ Il Dieu. )1 - XLIV. 6. - Ils ne reconnaissaient doncpensable pour que le Christianisme ne fùt pas en Liè­ quun seul Dieu dans la Personne du Seigneur Jésus­rement détruit, la Providence permit que lerreur Chlist, car Lui -lIême, en qui ils cloyaient, avait dit:Athanasienne, comme moins pernicieuse, obtint la lt Moi et le Père nous sommes un. 1) - Jean, X, 30.victoire sur lerreur Arienne. - Cl Philippe! qui Ma vu, a vu le Père; et comment • Il toi, dis-tu: Montre-nous le Père? li - Jean, XIV,
  10. 10. -16- -17­ 9. - Cétait du reste le dogme prêché par les pre­ De ce dogme de la Trinité des Personnes Divines mil:rs Disciples; lApôtre Jean dit dans sa plemière de toute éternité, qui montre combien les auteurs du I~pître : (1 Jésus-Christ est le vrai Dieu et la vie éter­ symbole dAthanase avaient perdu les vraies notionsIl ncHe. Il - V. 20. - Et Paul déclare que cc dans de la Divinité, il en a découlé un autre par lequelIl Jésus-Chlist habite corporellement toute la plé­ on attribue à Dieu les passions humaines, en le fai­Il mtude de la Divinité. Il - Coloss. II. 9. Il - Né­ sant même plus cruel que lhomme le plus vindica­ tait-~e pas affirmer que dans le corps ressuscité du tif; et, ce quil y a de plus étonnant, quoique ceSeigneur Jésus-Christ il y avait le Trine Divin, et dogme lépugne à la raison, il sest néanmoins con­quainsi le Seigneur était le Vrai Dieu, comme le servé intact dans toute la Chrétienté, et règne encoredisait Jean? Et maintenant, éclairés par une nouvelle aujourdhui dune manière absolue tant chez les Pro­dispensation de Vérités Divines, les nouveaux Chlé­ I~ testants que chez les Catholiques-Romains. Le senstiens savent que dans le Seigneur il yale Père, le commun cependant dit à tout homme doué de raisonFils et lEsprit Saint, comme dans chaque homme que Dieu est la Miséricorde même et la Clémencecréé à limage de Dieu il y a la volon té, len tende­ même, parce quil est lAmour même et le Bienment et lacte qui en résulte; que la Volonté Divine même, et que cest là ce qui constitue son Essence.ou lAmOllI Divin est le Père, CIue lEntendement Di­ Si donc on navait pas, dès lenfance, été familia1Ïsévin ou la Sagesse Divine est le Fils, et que lActe qui en quelque sorte avec un tel dogme, pourrait-on,en résulte ou lOpération Divine est lEsprit Saint; sans éprouver un sentiment dindignation, entendreou bien, que dans le Seigneur lAme est le Père, dire que Dieu, qui est notre Père céleste et la BontélHumain Glorifié ou le Corps est le Fils, et lAction même, selon les expressions de lÉvangile, sest Îl­ou la Providence est lEsprit Saint. rité contre le genre humain, et la destiné tout en­ Que lon ne dise pas, pour soutenir la Trini té des tier à une damnation éternelle; que longtemps après,Personnes, que ce dogme a été puisé dans la Parole; et par une gràce spéciale, il a engagé son Fils, Dieucal il suffirai t de répondre que la Parole dans lAn­ de toute éternité comme Lui, à descendre dans lecien Testament enseigne partout lUnité de Dieu, et monde, à prendre SUI lui la damnation qui avait étéque si dans le Nouveau Testament il est parlé du Père, décidée, et ainsi il apaiser la colère de son Père; quedu Fils et de lEsprit Saint, cette Trinité concerne ce nétait que par ce moyen que le Père pOUlrait re­des attributs différents de la Divinité, ainsi ({uil garder lhomme avec quelque faveur; que le Fils avient dêtre dit, et non pas des Personnes distinctes, exécuté cette œuvre, de sorte que plenant SUl Lui la 2>1<,
  11. 11. -18 - -19 ­damnation du genre humain il sest laissé crucifier je ne dis pas entre tous les peuples chrétiens, maiscomme malédiction de Dieu; que le Père après lac­ seulement chez un peuple, soit dans une de ses pro­complissement de cette œuvre est devenu propice, ct vinces, soit dans une de ses villes, ou même dans laa, par amour pour son Fils, retiré la damnation, moindre de ses bourgades? Quy voit-on? Partoutmais seulement de dessus ceux pour lesquels le Fils division ouverte ou secrète, partout antagonisme pa­intelcéderaiL, la laissant peser tout entière sur les tent ou caché. Sont-ce là les fruits que lÉvangileautres. aurait dfl porter? Que lon compare lépoque où Par ces deux dogmes principaux de la Théologie nous vivons avec celle où Jéhovah sest incarné pouron peut juger de leffet que leur enseignement a dû fonder le Christianisme et sauver les hommes; quelleproduire, car toute la doctrine en a découlé. Avec la diffélence y trouvera-t-on? La civilisation nétait­vraie doctrine chrétienne, laction du Christianisme Il elle pas alors à son apogée, comme on prétend assezsur létat social aurait été telle, que chez tous les généralement quelle y est aujourdhui? Les repro­peuples, où le Christianisme depuis le quatrième siè­ ches que les penseUls dalors faisaient à cette civi,li­cle a été admis, les hommes, devenus successive­ sation, les penseurs de nos jours ne les adressent-ilsment de vrais Chrétiens à lintérieur, auraient con­ pas à la nôtre? En quoi lhomme a-t-il été changé?stitué à lextérieur un état social conforme ft leur Est-cc que les mauvaises passions que lÉvangile si­état intérieur, et dès lors lamour mutuel aurait été gnale, et quil est destiné à réplimer, ne bouillon­le fondement de toute communion religieuse vérita­ nent pas avec autant de force dans le cœur humain?blement chrétienne. Au contraire, avec la doctrine Il est vrai que les deux civilisations, quoique sembla­chrétienne pervertie par ces deux dogmes, laction bles dans le plus grand nombre de points, diffèrentdu Christianisme au lieu de sétendre sur les Chlé­ aussi en quelques-uns; ce ne sont plus les mêmestiens en général na pu pénétrer que chez quelques mœurs, les mêmes lois civiles, les mêmes institu­hommes, et alors au lieu de lamour mutuel sest éta­ tions politiques; mais si lhomme aujourdhui estbli dans toute la Chrétienté cet antagonisme qui de en général plus policé extérieurement, en est-il de­progrès en progrès est parvenu aujourdhui ft son venu intélieurement meilleur? Na-t-il pas le mêmecomble, et menace dengloutir la société chrétienne. égoïsme, la même cupidité, la même ardeur de do­ Quon ouvre lhistoire depuis Constantin jusquà miner? Si donc il y a eu progrès à lextérieur ounos jours; y trouvera-t-on une seule époque, ne fùt­ dans lordre naturel, ce nest pas à la religiosité diteelle que dune année, où lamour mutuel ait régné, Chrétienne quon le doit, car il est prouvé quelle a
  12. 12. -20- -2f ­employé toutes ses forces pour comprimer la pensée, a contribué pour beaucoup à létat social actuel.et la contenir dans des bornes quelle croyait infran­ mais nous allons voir quelle en est seulement lachissables; mais on le doit au vrai Christianisme, cause secondaire, et non pas la cause principale.car bien quil ait été aflêté dans sa marche et ense­ On crQit généralement que la religion et la philo­veli sous les langes du Catholicisme-Romain, il y a sophie sont tout à fait antipathiques, et ne sauraientdans ses principes une force latente qui na pu être vivre ensemble; cest là une erreur; lune traitantétouffée, et qui a produit ces résultats. de choses spirituelles et lautre de choses naturelles, Ceux qui diligent maintenant les diverses commu­ il y a entre elles la même relation quentre le spiri­nions chrétiennes soutiendront que le Christianisme tuel et le naturel; et comme le spirituel ne sauraitna pas été falsifié, - et cependant chacune de ces exister sans un naturel cOIrespondant, il en résultecommunions linterprète à sa manière et se prétend . ,) (lue toute religion a nécessairement avec elle uneexclusivement Chrétienne; - ils diront que cest pllilosophie, cest-à-dire quelle a des principes na­seulement à la philosophie modell1e qnon doit attri­ turels qui correspondent à ses principes spirituels.huer létat social actuel. Cette manière dexpliquer Si la Religion est vlaie, sa philosophie est vraie; sila chose pourrait être admise, si avant lirruption de la religion est falsifiée, sa philosophie lest aussi; dela philosophie moderne, on pouvait montrer un seul même donc quil ny a quune seule religion vraie,peuple chrétien qui eût manifesté comme effet le ca­ de même aussi il ny a quune seule philosophieractèle du vrai Christianisme; mais on fouillerait ~ vraie. Tant quune religion falsifiée ne ComlJtera dansen vain dans lhistoire, on nen découvrirait pas un son sein que des croyants aveugles, elle régnera avecseul; il ne sagit pas ici des Chrétiens qui vivaient sa philosophie sans contestation; mais du moment(lans les premiers siècles; car, nous le répétons, où la foi aveugle cessera dêtre universelle, ceux quiavant que Constantin eût admis le Christianisme (lans auront déchiré le bandeau qui leur couvrait les yeuxlEmpire, il ny avait pas encore eu de peuples chré­ se feront des principes philosophiques opposés à latiens; les Chrétiens formaient alors de simples so­ philosophie de cette religion, et par conséquent op­ciétés religieuses et non un corps de nation; et, pres­ , posés aussi à ses principes spirituels; de là combatque continuellement persécutés, ils navaient par entre cette religion et cette autre philosophie nais­conséquent aucune action SUl les lois civiles et poli­ sante, qui, se formant delle-même, et ne découlant tiques des pays quils habitaient. pas de la vraie religion, ne sera pas par conséquent Il est vl3i, cependant, (lue la philosophie moderne la vraie philosophie; mais le combat nen sera pas
  13. 13. -22- -23 ­ . comme de la dégradation spirituelle la plus profondemoins acharné, car lerreur attaque lerreur qui lui il ne pouvait être ramené librement à la vraie reli­est opposée avec autant dacharnement quelle attaque gion quau moyen de principes religieux susceptiblesla vérité. Toutefois, il est à remarquer que dans toute dêtre admis par sa nature déchue, le Seigneur a per­philosophie erronée, comme dans toute religion fal­ mis quil sétablît partout des religions en rapportsifiée, il y a toujours quelques véri tés; mais ces vé­ avec létat de chaque peuple; et comme toute religionrités entourées de faussetés et derreurs perdent leur qui nest pas la vraie Religion tend à se maintenirefficacité. perpétuellemen tstationnaire, et ne consen tirai t même Daprès cela, on voit que, lorsquà côté de sa pro­ pas à se transformer en une autre moins impure, carpre philosophie, une religion falsit1ée à laquelle on a ses directeurs tiennent à la conserver intacte pourcru aveuglément laisse se former une philosophie qui jouir des avantages mondains quelle leur procure, le :.ne découle pas de ses dogmes, cette religion court Seigneur a permis aussi ces luttes entre chaque reli­inévitablement à sa perte, et est dans limpossibilité gion et la philosophie qui naît tôt ou tard malgré la(le recouvrer son autorité; car le combat ne cessera compression exercée sur les esprits; ainsi sest ma­que quand les deux adversaires, après nombre de vic­ nifestée et se manifeste encore de nos jours la loi dutoires et de défaites alternatives, succomberont tous progrès. Si aujourdhui le monde entier chancelledeux dépuisement. La France, surtout depuis un dans ses vieilles croyances, cela ne se rattache-t-ilsiècle, en offre un exemple frappant; le Catholi­ pas à ce même plan providentiel, qui consiste à con­cisme-Romain et la Philosophie j;y font une guerre duire par la liberté spilÏtuelle tous les habitants duacllarnée, tantôt ouvertement, tantôt sourdement; et globe à la vraie Religion? Est-ce que les peuples sou­cette guerre ne cessera que pal lanéantissement de mis à lIslamisme, est-ce que les Indiens, les Chinois,lun et de lautre, pour faire place à la Vraie Reli­ les Australiens, et tous les habitants des îles, idolâ­gion Chrétienne et à la vraie Philosophie. tres ou sauvages, pourraient jamais se délivrer des Ces luttes, plus ou moins longues, quon retrouve langes religieux qui les enveloppent, si les nationspartout depuis les temps historiques les plus anciens, chrétiennes, aidées des chemins de fer et de la va­sont le résultat de la liberté spirituelle que le Sei­ peur, ne glissaient pas chez eux avec les denréesgneur a donnée à lhomme en le créant, liberté sans commerciales les idées qui résultent du libre examen?laquelle lhomme aurait été une brute et non un Ainsi se prépare chez tous ces peuples la lutte entrehomme. Cest par cette liherté que lhomme est tom­ leurs vieilles religions et une philosophie naissante,bé, et cest au~si par elle quil se relèvera; mais qui périra avec elles, lorsque le temps sera venu.
  14. 14. -24- - 2ts­ Quant à la loi du progrès, dont il vient dêtre lable, on doit donc moins sen prendre aux princi­parlé, elle ne saurait être mise en doute, quand on pes de la philosophie moderne quaux doctrines reli­connait sa vraie marche. Ce nest ni en suivant la li­ gieuses des diverses communions chrétiennes; car lesgne droite, ni en parcourant lm cercle, que se fait le philosophes en combaLlant lesclavage spirituel ser­progrès; cest en décrivant Ulie spirale; et, de même vaient sans le vouloir, et sans en avoir conscience, leque la spirale, il est indéfini. Cette loi ainsi conçue progrès religieux, puisque le Chlistianisme ne pou­est conforme et à linfinité de Dieu se manifestan t vait entrer dans sa nouvelle période ascendante (Iuaudans la création par les indéfinis, et à lhistoire de moyen dune libe-rté spirituelle pleine et entièle, tan­lhumanité qui descend, il est vrai, après avoir mon­ dis que les chefs des diverses communions chrétien­té, mais qui ne descend que pour remonter plus haut nes, au contraire, en sopposant de tous leurs effortschaque fois. Cest dailleurs ce qui nous est repré­ à la liberté spirituelle, retardaient cette nouvelle pé­senté dans la nature par le cours apparent du soleil, • riode du Christianisme.qui, à partir du solstice dhiver, monte et descend Puisque les croyances religieuses produites par lachaque JOUi, mais pour se trouver chaque lendemain falsification du Christianisme sont la principale causeun peu plus élevé à midi. de létat social actuel, et puisque le IJhilosophisme a Daprès celte loi du progrès, les diverses commu­ été permis par la Providence pour détruire lescla­nions chrétiennes, étant visiblement arrivées à la fin vage spirituel, il est bien évident quun retour à cesde leurpéliodde escendante, vont peu à peu faire place croyances religieuses serait impuissant pour sauverà la Vraie Religion Chrétienne; et la philosophie la société; et quau lieu de prévenir la catastrophe,moderne, ayant rempli les vues de la Providence en il pourrait au contraire la rendle plus imminente;détruisant lesclavage spirituel, mais étant incapable car la cause persistant, leffet persiste; et donnerde coopérer au rétablissement de lordre en raison plus dactivité à la cause, cest rendre leffet plusdes principes dissolvants quelle renferme, va aussi prompt. Et dailleurs peut-on espérer que cette im­elle-même être remplacée peu à peu par la vraie puissance de la Yieille Église Chrétienne cessera,Philosophie, dont les principes découleront des prin­ quand le Catholicisme-Romain se prétend immobile, cipes du vrai Christianisme, qui, loin dêtre atténués et veut rester immobile; et quand on voit le Protes­ pal lexamen de la raison, en recevront au contraire tantisme, variable par sa nature, essayer maintenant une confirmation plus éclatante. de revenir aux principes de ses premiers fondateurs, Si létat social des peuples chrétiens est si déplo­ afin de se rendre immobile aussi pour éviter le ra­ tionalisme qui le mine? 3.
  15. 15. - 26- -27 ­ Mais duu côté si un retour à ces croyances reli­ quinze siècles, lorsquau contraire cette longue pé­gieuses est impuissant pour sauver la société, dun riode de temps a servi à laccomplissement de sesautre côté la persistance dans le philosophisme ne la vues toujours miséricordieuses.sauverait pas davantage, car le philosophisme ren­ Quand le Christianisme fut fondé, le voile qui cou­ferme dans lordre naturel presque autant derreurs vrait les vérités que renferme la Parole ne pouvait(lue le Catholicisme-Romain renferme de faussetés pas encore être en tièremen t levé; les hommes né­dans lordre spirituel? et par conséquent ils présen­ taient pas alors en état de contempler certaines vé­tent lun et lautre li peu près alltant de dangels. Quon rités, et si elles leur eussent été présentées sansne sappuie donc ni sur lun ni sur lautre, et quon voile, pas un seul ne les aurait reçues; le Seigneur neles laisse sentre-déchirer. Aujourdhui, en France, fit donc que lever un coin du voile, et en découvrantlUniversité est battue en brèche par le Catholicisme­ (~ au monde les vérités quil était susceptible de rece­Romain, qui naguère pliait sous les coups de sa li­ voir, il avertit ses disciples que lÉglise quil instau­vale; ce nest point là une victoire, cest seulement rait alors aurait le sort des Églises précédentes; maisun succès passager; ces succès et ces revers alterna­ quà la consommation du siècle, cest-à-dire, à la (l J)tifs sont permis par le Seigneur, afin que par là ils fin de cette Église, il viendrait (1 dans les nuées dusarrachent mutuellement leuls oripeaux, et que ciel avec puissance et gloire Jl pour fonder une Égliseleurs partisans désillusionnés les voient enfin dans qui naurait point de fin. Cest cette Église que letoute leur nudité, et en aient honte. Seigneur instaure aujourdhui en ôtant le voile qui Lunique moyen de sauver létat social, ce Serait couvrait sa Parole. Les Vérités Divines, ces pierres (lde le reconstituer peu à peu par un retour au Vlai précieuses, Il maintenant exposées aux yeux des hom­Christianisme, non pas en remontant le cours des mes, peuvent être contemplées pal eux, et admisessiècles, mais en développant le Christianisme avec la pal lintelligence et par la raison; car les connais­somme des connaissances spirituelles et naturelles sances naturelles aujourdhui acquises, loin dêtre enaujourdhui acquises. opposition avec les vérités internes de la Parole Di­ Vouloir lemontelle cours des siècles, cest-à-dire, vine, viennent au contraire les confirmer; et plus lesreprendre le Christianisme à lépoque où il a com­ sciences feront de plogrès, plus elles fourniront de mencé à être falsifié, ce serait méconnaître les lois moyens confirmatifs, les vérités spirituelles et les de lOrdre Divin, et accuser <limprévoyan.ce la Pro­ vérités naturelles étant liées entre elles comme lâmevidence Divine, qui aurait ainsi dépensé inutilement et le corps.
  16. 16. -28­ -29 ­ Ce nest pas ici le lieu de prouver que le Seigneur soi, comme on le voit clairement par les petits en-Jésus-Christ nest plus avec la "ieille Église Chré­ fants qui, sans aucune exception, rapportent tout à tienne, dont la consommation est accomplie; et quil eux; or, lamour de soi ou légoïsme est le mal doùinstaure maintenant sa Nouvelle Église, signifiée dans découlent tous les autres mallX, puisquil est lopposéla Palole par la Nouvelle Jérusalem; toutes les preu­ de lamour mutuel ou du dévoLÎment, qui est le bienves quon poulrait désirer se tlouvent en abondance doù découlent tous les autles biens.dans les éClits théologiques de Swedenborg. Il sagit Ainsi, la société est mauvaise parce que lhommeseulement de montre! que cette Nouvelle Église Chré­ est mauvais, et il nest pas vrai de dire flue lhommetielJne peut seule sauver la société. est mauvais parce que la société est mauvaise; nous La Société est un être collectif ou un tout, dont les posons ceci en thèse générale daprès ce principe, quehommes sont les parties. Si le tout est mauvais, cest lamour mutuel ou le dévoùment est le bien, et queévidemment parce que les parties sont mauvaises; et lamour de soi ou légoïsme est le mal: mais nous nepour que ce tout devienne bon, il faut nécessaire­ nions pas que la mauvaise olganisation de la sociétément que les parties deviennent bonnes. Rendez ne réagisse sur beaucoup dhommes qui, dans un mi­bonnes les parties, cest-à-dire, réformez les hom­ lieu moins mauvais, auraient été moins méchants. Dumes, ct le tout ou létat social sera bon; mais autre­ reste, il est facile de leconnaître que lorganisationment, vous échouerez. Quelques-uns, il est vrai, dune société est la conséquence de létat intérieur deprétendent que si lhomme est mauvais, cest parce ceux qui la composent, at que vouloir réformer la so­la société mal constituée ne lui permet pas dêtre ciété sans qne les individus aient été pléalablementbon; et, pour soutenir cette prétention, ils posent réformés, cest vouloir ce qui est impossible; onen principe que lhomme nait bon, doù ils concluent pourra, il est vrai, en changer la forme, ainsi queque sil est mauvais, cest la mauvaise organisation cela a déjà été fait tant de fois; mais changer lade la société qui le rend tel. Admettre cc principe, forme, ce nest pas ce que nous entendons ici par ré­nest-ce pas nier lutilité de la Religion? Car si cest fOImer.la mauvaise organisation de la société qui rend Supposons que, dans une de ces révolutions quilhomme mauvais, il suffit de bien constituer la so­ enthousiasment un peuple entiel, à cet instant su­ciété pour le rendre bon, et dès lors la religion de­ blime où, ap!ès la victoire complète, tous les citoyensvient inutile. Alais cest absolument le contraire: soubliant eux-mêmes donnent toutes les preuves dunLhomme naît mauvais, car il naît avec lamour de pur dévoûment, supposons, dis-je, quun législateur, 8*,
  17. 17. -30 - -3i ­ généralement estimé, mettant à profit cet élan géné­ que la Religion qui puisse opérer la réforme inté­ reux, leur p,ésente une constitution en tous points rieure, et seulement la Vraie Religion Chrétienne, conforme à ce pur dévoûment, et que tous laccep­ puisque le Christianisme falsifié qui règne depuis tant tent aussitôt avec admiration et amour sans avoir de siècles a complètement échoué dans cette œuvre. aucune arrière-pensée. Cette constitution, si les ci­ La Vieille Église Chrétienne a échoué, parce que toyens en eussen t été dignes, non pas accidentelle­ ]a falsification des dogmes lui a fait perdre les notions ment, mais réellement, cest~à-dire, sils eussent été quelle avait reçues concernant Dieu, lâme de lhom­ individuellement réfonnés, aurait fait le bonheur de me, et la vie après la mort; et la Nouvelle Église la nation eutière; mais acceptée dans un moment Chrétienne peut seule réformer la société, parce que denthousiasme, elle ne sera pas longtemps respec­ possédant ces notions avec les vérités nouvellement tée; et, dès le lendemain, lenthousiasme nétant plus dévoilées, et sappuyant ainsi sur les vrais dogmes, au même degré, cette œuvre si admirée la veille ne elle peut régénérer lhomme, et par la régénération sera déjà plus vue du même œil. Chacun frappé à son individuelle arriver à la réformation complète de lapoint de vue des vices de la société, veut et même Société.désire avec ardeur que la société soit réformée; mais Que, dans les diverses communions chrétiennes,en même temps chacun veut rester tel quil est, cest­ les ecclésiastiques qui comprennent limportance deà-dire, ne pas se réformer lui-même; on voit le mal leurs fonctions, cest-à-dire, qui veulent avant touteschez les autres, mais chez soi on ne le voi t pas; ou, ~. choses le salut des âmes et leur propre salut à eux­si on le voit, on latténue. mêmes, veuillent bien fixer leur attention sur ce sim­ Lhomme collectif, ou la Société, restera donc ple exposé, et recourir ensuite aux écrits théologi­mauvais tant que lamour de soi ou légoïsme régnera ques de Swedenborg pour ce qui concerne les dog­chez lhomme individu; pour remplacer chez lhomme mes de la Nouvelle Église Chrétienne, et les véritéslamour de soi par lamour mutuel, les institutions nouvellement dévoilées qui sont aujourdhui en la pos­humaines seules sont impuissantes, nous lavons déjà session de cette Église; il ne sagit pas de rompre ladit; elles peuvent modifier les mœurs et accélérer la chaine des temps, en renversant lédifice religieuxcivilisation, mais rieu de plus. En quoi ont-elles pour en construire un nouveau sur le sable mouvantchangé le cœur humain? Lhomme est-il au fond des passions humaines; la Révélation est précieuse­moins égoïste? Il peut à lextérieur le paraître moins, ment conservée, et cest sur elle, cest sur ce roc quemais à lintérieur il lest tout autant. Il ny a donc sappuie la Nouvelle Église du Seigneur Jésus-Christ,
  18. 18. - 32­ -33 ­Seul et Unique Dieu, en qui est la Divine Trinité. Il faire en matière de religion une abnégation complètene sagit pas non plus des fermes extérieures du culte; de votre intelligence? De ce que lhomme ne pourraconservez celles que vous avez tant que vous les croi­ jamais comprendre linfinité de Dieu, car pour com­rez utiles au salut des àmes, et quelles ne choqueront prendre Dieu dans son infinité il faudrait être Dieu,pas vos collsciences; la forme nest quun vêtement, on ne doit nullement en inférer que la Religion obligeet chacun doit être libre de se vêtir à sa manière; à croire ce qui est mathématiquement impossible; carmais naltérez plus la substance des choses spiri­ Dieu est le Suprême Géomètre, et toutes les lois detuelles. Cessez de penser, chacun de votre côté, que son Ordre Divin sont mathématiquement réglées.votre communion seule est lÉglise; lÉglise nest pas Croire, ce nest pas admettre sans comprendre;ici ou là, elle est partout où règne lamour mutuel croire, cest voir, voir avec les yeux de lintelligencebasé sur la reconnaissance dun Dieu. Tous ceux qui les choses qui ne sont pas du ressort de la vue corpo­fuient les maux comme péchés appartiennent à lÉ­ relle. Abandonnez donc le spirituel faux, qui ne peutglise du Seigneur Jésus-Christ, quelle que soit du convenir ni à votre nature ni à votre éducation; adop­reste la religion dans laquelle ils ont été élevés; car tez le spirituel vrai, propagez-le, et vous verrez alorsfuir les maux comme péchés, cest reconnaître un lantagonisme disparaître peu à peu pour faire placeDieu et vivre dans lamour mutuel; si le Seigneur les à lamour mutuel; et la Société, se reconstituant ainsi rejetait, parce que, nayant pas entendu parler de sur des bases solides, sera désormais à labri des ré­Lui, ils ne Le reconnaissent pas, serait-il lAmour ,.. volutions violentes que vous redoutez. même et la Justice même? Quant à tous les hommes de bonne volonté, nous lem dirons: Vous voulez sauver la Société, revenez à des idées religieuses vraies, et cessez de vous per­ suader que les vieilles croyances puissent faire autre­ ment quelles nont fait; ce sont elles qui ont conduit la Société sur les bords de labîme, et elles ne sau­ raient lempêcher dy tomber. Dailleurs, habitués qué vous êtes à faire usage de votre raisonnement en chaque chose, pourliez-vous jamais rous astreindre à croire sincèrement ce que votre raison repousse, et à
  19. 19. CATALOGUE OUVRAGES DEMMANUEL SWEDENllOHG Traduit& en F,"atlçai. PAR J.·F.-E. tE DOlS DES GUAlS.Arcanes Célestes qui sont dans lKcrlture Sainte. avec un Index. lris. 11 vol. in-S o 121 50La Vraie Religion Chrétienne, 3 vol. in-12. 15 •La Sagesse Angélique sur le Divin Amour et sur la Divine Sa­ gesse. avec Table analytique & Index. t vol. in-t 2. . . . 5 "La Sagesse Angélique sur la Divine Providence, avec Table analytique & Index, t vol. in-t2. 5 •Du Ciel & de ses Merveilles, & de lEnfer, 1 vol. ill-12. 2 •LAmour Conjugal, 2 vol. in-12 , 8 •Doctrine Céleste, 1 101. in-12. . . 4. "Les Quatre Doctrines de la Nouvelle Jérusalem. 5 "Exposition sommaire de la Doctrine, 1 vol. in-12. 1 50Des Terres dans lUnivelS. 1 vol. in-12 . 2 "Du Jugement Dernier, 1 vol. in-t2 .. 2 )ContinuaLion sur le Jugement l1ernier.....1 vol. in-t 2. 1 "Du Commerce de lAme & du Corps, 1 vol. in-t2 .. 1 "Appendice à la Vraie Religion ChréLienne, 1 vol. in-1S . 1 50Exposition sommaire du Sens interne, 1 vol. in·So . 5 •Doctrine de la Charité (extr, des Arcanes Célestes), 1. vol. in·S o. 1 50Doctrine de la Nouvelle Jérusalem sur la Charité (posthume). 1 •Des Biens de la Charité, t vol. in-So . 1 50De la Parole & de sa saintelé, 1 vol. in-So . " 15De la Toute-Présence et de la Toute-Science de Dieu. • 50Du Cheval Blanc, dont il est parlé dans lApocalypse.. 1 "Du Divin Amour (ouvrage posthume), 1 vol. in·S· .. 2 "Doctrine sur Dieu Triun, 1 vol. in-52, avec Table analytique. 2 "Des Représentations et des Correspondances, t vol. in ·52 2 50LApocalypse Révélée. 3 vol. in-t2, , 15 "LApocalypse Expliquée, 1 vol. grand in-So. 10 " OUVRAGES CONCERNANT LA NOUVELLE ÉGLffiE PAn ÉD, nlCIIERLa Religion du bon Sens. 6 "Mélanges. 2 vol. • 12 "
  20. 20. - 36-- PAR l.-F .-E. LE BOYS DES GUAYSIndex général des Passages de la Divine Parole cités dans les Prix. Écrits dEm. Swedenborg, 1 vol. grand in-8". • . . . . 10 »Lettres à un Homme du Monde, ou Système de philosophie religieuse, 1101. in-12 . . • . . . • . . . . . . . 5 »LApocalypse dans son Sens spirituel, daprès lApocalypse Ré· vélée & [Apocalypse Expliquée de Swedenborg, suivie du Sens spirituel du XXIV- Chap. de Matthieu, daprès les Ar- canes Célestes, 1 vol. in-8". . . . . . , . • . . . . 7 50De la Religion considérée dans son action sur létat de la société. » 50 PAR J.-F.-E. LE BOYS DES GUAYS & J.-D.-A, HABLÉLe Nouveau Testament, 1 vol. in-52. , . . . . • . . . 2 50Scriptura Sacra, seu Verbum Domini. Versio litteralis, duce Em. Swedenborgio, cum Explicalionibus sellsus spirilualis ex Ejusdem operibuscollectis. Pars quarta, Libri prophetici, Tomus 1. Totius opcris volumen VII. Esaias. . . 10 » PAR S.-A. BLANCHETExposition populaire de la Vraie Religion Chrétienne » 50Petit Cours de Morale pratique.. . . . . . • . 1 •Abrégé des principaux Points de Doctrine de la Vraie Religion Chrétienne, daprès les Écrits de Swedenborg, par Robert Hindmarsh,1 vol. in-18. • • . . . . . . . . . . . 5»Appel aux Hommes réfléchis, eu faveur des Doctrines de la Nouvelle Jérusalem, par le Rév. S. Noble, 1 vol. in-18 .• 6» La NOftvelle Jérusalem, revue religieuse & philosophique.Collection des sept premières années avec table analytil(Ue et alphabéti- que à la lin du ,- vol. Prix: 42 fI. - Les vol. VIII & IX. Prix: 9 fI. OUVRAGES SOUS PRESSETable analytique & Index des Arcanes Célestes, 3 vol. grand in-8".Les Particularités de la Bible.La continuation de la Scriptura Sacra: Psalmi; Jeremias.
  21. 21. -1"­

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