ŒUVRES                       DESAINT DENYS           LAREOPAGITE               TRADUITES DU GRECET PRÉCÉDÉES DUNE INTRODUC...
.Von Rétere,ul PhfI,.    . .       •   • • • • • •             •    •      •   •  • •    •   •    Pm lotre lettre lOUS me ...
INTRODUCTION  li faut que les livres, comme les hommes, justifient de leurorigine. Lorsquils ne sauraient nommer leur père...
Il                        INfRODUClIO:i comme dun philosoplle distingué et dun théologien sublime 1Je ne sais même pa!! si...
INTRODUCTION                           IIIju;.:é sous lempire de préventions fausses, et peut-être m~meavec une partialité...
1.                        INTRODUCTION                    ARTICLE PREMIER     OU LON DISCUTE LAUTHENTICITÉ DES LIVRES ATTR...
INTRODUCTION                            y Encore faut-il avouer que, dans lune et lautre espèce, onnatteint pas, pour tous...
VI                          IlSfRODUCllON prétendu et les doctrines quil dut professer dans Je siècle où on le place et da...
I~TnODUCflO~                           "11 philosophie (1); cest là que fut amené à son tour saint Paul,  prédicateur dune...
YUl                        INTRODUCTIONsont que des conjectures; mais je sens que la bonne foi,limpartialité du lecteur le...
INlRODUCnON                              IX  toute la fécondité dun esprit cultivé et mür, et avec toute la  chaleur dun a...
x                          INfRODœTlo~ Platon, dAristote et de Zénon, saint Denys aborda sans douteles plus hautes questio...
INTRODUCTION    Puisquil a été prouvé dun côté que saint Denys lAréopagite  fut versé dans la science de la philosophie et...
Dl                           INTRODUCTION    Un mot de réponse à chacun de ces aristarques.    Selon Érasme, le mot de sai...
INTRODUCTION                             xmidem lIt GC si quis dicat Athenas sine Areopagiti$ regi comilio (t).Si donc des...
:DY                         INTRODUCTIONla hiérarchie angélique (i), et que saint Grégoire (2) et saintBernard (3) ne cher...
INTRODUCrIO~                          xvraires, parmi les alarmes et les difficultés dune vie incessam-ment agitée, on ait...
XVI                       INTRODUCTrON une égale justesse de sentiment dans lappréciation du beau, ni un égal génie pour l...
INTRODUCTIO~                            XV11nest-il pas vrai que les théories platoniciennes y apparaissentramenées à lort...
xl"ln                     INTRODUCTIO~dexpliquer la tournure platonicienne de ses conceptions, et rienabsolument ne rend c...
INTRODUCTION                           SIX mité des enseignements évangéliques. La langue grecque se prê-  tait, il elot v...
INTRODUCTIONpourquoi nierait-on quil en pût être ainsi? Au temps où nousplaçons saint Denys, Athènes nétait pas totalem.en...
INTRODUCTION                          xu même ses paroles (i), ou la critique moderne qui présume que celui-ci a peut-être...
XXII                          INTRODUCTION paraboles (i), et il recommandait formellement à ses disciples une sage discrét...
I:STRODUCflO~                          XXIIIil semeloppa dune obscurité préméditée, laissant au voile assezde transparence...
XXIV                       I~TRODUCTION Marsile Ficin (i), qui louent les œuvres et admirent le style de saint Denys.    E...
INTRODUCTION Augustin nous a laissés ne semblent pas tout 1 fait inutiles à eeux qui veulent pénétrer les oracles de saint...
XXVI                        INTRODucrIO~ quand saint Paul le rencontra dans laréopage: aussi les auteurs estiment quil dev...
INTRODUCTION                             XXVIIlétayer de citations nombreuses; et, du haut de ces textes amon-celés, et so...
UVlll                      INTRODucnox Dieu en trois personnes; apparemment encore, ils lont fIdèle- ment transmis à leurs...
INTRODUCTION                            XXIX.~crire;   et, de la sorte, une probahilit~ nouvelle confinne notre  lentiment...
xxx                         ISTRODUCTION témoignages divers quil invoque en ses œmres sont de même empruntés aux hommes de...
INTRODUCTION                         XXXI   Mais, to que saint Denys ait pu citer de~ tra.litinns, et que ce mot ne suppos...
INTR8DUf.TION quait de oon sens, et que sa sll@acité dans les discussions les plus épineuses na pu prévoir une contradicti...
lNTRODUGTION                        1:1:111  que nous nous livrons ici a une pure supposition; mais nous  SGOlmes détermin...
X1XIV                       INTRODUCTJO~    quil a le désir de soufflir pour Dieu, tellement que, si, plus tard,    cédant...
INTRODUCTION                       xxxvpieuses, il restera tout au plus cinq ou six pages composantle rituel de notre aute...
DXYI                          INTRODUCTION protestants. Les catholiques savent et prouvent que la discipline du secret na ...
INTRODUCTION                           lLXS1IJ1 catholique parle. quon discute à fond sa décision, test un droitet un devo...
J.J.J.TlIl                   L."iTRODUCTIO:-i   On ne voit donc pas bien comment les détails, peu compliquésdailleurs, dan...
LiTRODUCTIOX                            XXXIX avaient embrassé un genre de vie pIns parfait. Car il enseigne que le nom de...
llL                         INTRODUCTION Valois (t): mais outre quEusèbe et saint Jérôme étaient plus près que lui des lie...
INTRODUCTION oe danger devait empêcher lïntroduction de ces pratiques. Cest là créer des fantômrs pour se donner le plaisi...
:tUI                            INTRODUCTION   En eiTet, à moins dèlle fou, on ne trompe pas sans motifs,Ensuite il ny a j...
INTRODUCTiON                           IlUDdonc lauteur présumé se trouvait dans les rangs de ceux-ei, cestusez plaisant q...
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scanning source : liberius.net ... 1sur2 : la célèbre INTRODUCTION aux Oeuvres de Denys de Mgr Georges Darboy.

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Mgr georges-darboy-oeuvres-de-saint-denys-areopagite-1sur2-introduction-de-171-pages-1845-1892

  1. 1. ŒUVRES DESAINT DENYS LAREOPAGITE TRADUITES DU GRECET PRÉCÉDÉES DUNE INTRODUCTION PAR MGR DARBOY ARCHEVÈ:QUE DE PARIS R.E PRODUCTION DE LÉDITION ORIGINALE DE 1845. PARIS . lIAISON DE LA BONNE PRESSE 5, RUE BAYARD, 5.
  2. 2. .Von Rétere,ul PhfI,. . . • • • • • • • • • • • • • • • Pm lotre lettre lOUS me parle; des (Em",es de saint Dell!!slAréopagite qllon ne trml"fI pltts nulle llart. Vous me ditesque tOUl pourl·ie.;; peut-étre, si jltOtl.s en donnaIS lautorisation,pOl"ser li (ai"e cette éditio1l. Je t"eILT birn, mon révérend Père.tOt" autoriser ri (aipe ce que fotts foud,e,:. Cest mon bien-aimp (rhe qui el. a fait les frais: je crois que la propriété étaitfi lui, car al,e,m des traités quil tltait entre les mains ne dittm mot des (Eurres de saint Dmys lAréopagite. Je votts laissl.toltte latitudl, car je suis bit!ll aisi dl rotts ~tre ayréable. . . • • • • • • • • • • • • • JUSTINE DARBOY. Fayl-Billo" 6 tI/(/ts 188i. Au T. R. P. PICARD, SupérieUl général des Augustins lIelAssomption.
  3. 3. INTRODUCTION li faut que les livres, comme les hommes, justifient de leurorigine. Lorsquils ne sauraient nommer leur père, lopinionpublique les accueille avec une sorte dhumeur hostile; etlobscurité et le mystère, si puissants ordinairement à exciterla curiosité, ne font ici que décourager la confiance. Uneréprobation anticipée fait à ces enfants perdus des destinéesingrates; et la flétrissure qui ne les avait atteints cependant quepar voie de solidarité, disparatt à peine parmi le prestige et dansléclat de leur réelle et propre gloire. Cette loi est empreinte depensées hautement morales, et il ne faut pas labolir; mais ondoit lappliquer avec discrétion et réserve, de peur dêtre injuste.Après tout, le bâtard de Dunois valait bien un autre homme; etquand même lIliade ne viendrait pas dHomère, comme le disenten effet quelques critiques doutre-Rhin, ce nen serait pas moinsun beau poème. Ces remarques sont parfaitement applicables aux livres donton offre ici la traduction. On les connalt peu, on les étudieencore moins. Qui a entendu parler de saint Denys lAléopl8ite 1
  4. 4. Il INfRODUClIO:i comme dun philosoplle distingué et dun théologien sublime 1Je ne sais même pa!! si ron vous pardonnerait dinvoquer sonautorité comme antique et vénérable, quoiquil soit certaine-ment impossible dassigner à cet écrivain une date moins reculée que le quatrième siècle, Eh bien, quel est le principe de cette défaveur? Est-ce lafaiblesse ou le peu dimportance des écrits eux-mêmes? Maisla philosophie na rien produit daussi élevé et daussi pur,lantiquité ecclésiastique na bUère douvrages plus remarquables.Nest-ce pas plutot le doute quon éleva sur leur authenticité? Jele pense assurément, Faut-il donc admettre que ces œuvressoient apocryphes? Il est beaucoup plus facile de faire voirquelles ne le sont pas. Alors pourquoi les flétrir, à raison deleur supposition qui est moins certaine, et non pas les honorerà cause de leuI authenticité qui est plus probable? Ensuite pour-quoi cet anathème préventif ne reculait-il pas devant la valeulintrinsèque et le mérite réel des livres dont il sagit? Cestquen matière dhonneur et de légitimité, un soupçon est tou-jours chose grave, souvent chose mortelle; et puis encore cestprécisément un de ces cas dinjustice dont jai parlé plus haut, Ainsi deux questions se présentent; les ounages attribuésà saint Denys lAréopagite sont-ils véritablement de lui? puisquelle utilité et quelle portée faut-il leur reconnaitre? Dabord lopinion que ces livres sont apocryphe!., opinion misel la mode par des hommes dun catholicisme douteux, etamicalement saluée par le protestantisme en foule, est-elle lamieux fondée en raison? Nous sommes loin de le penser. Il nesuffit pas de quelques sophismes acerbes, ni dun peu de belesprit, pour se dispenser dun examen approfondi, ou pourrendre une décision sans appel. Dailleurs, quand même onébranlerait nos preuves, il re!.terait encore à fonder lopinionopposée; nous ne laisserons pas à nos adversaires le droit de selivrer avec intempérance à toutes les négations imaginables,tandis que nous serons dans lobligation de tout établir positive-ment. Cest pourquoi nous demandons la révision dun procès
  5. 5. INTRODUCTION IIIju;.:é sous lempire de préventions fausses, et peut-être m~meavec une partialité préméditée. Ensuite, authentiques ou non, ces livrell, qui remontent au moins jusquau quatrième siècle, ont up mérite incontestable,soit comme monuments, et à raillon de leur antiquité, soitcomme corps de doctrine, et à cause de la sublimité desenseignementll quïls renferment, soit enfin àcause de linfluencepuissante quils exercèrent sur les études théologiques dOrientet dOccident surtout. Ds furent cités avec admiration et com-mentés avel: amour par les plus grands génies. Les plus gravesquestions y sont abordées sans détour, et y reçoivent unesolution claire et précise. La théologie en est élevée et pleine depieuse ferveur, la philosophie hardie et pure, les penséesprofondes et pompeusement rendues. Quon veuille bien lesétudier, et on les absoudra sans peine des injures que leuront décernées certains protelltants, et, si jose faire ce rappro-chement, de linjuste oubli où ils furent laissés par quelquescatholiques. NOUIl désirons aussi montrer la légitimité de cetéloge, en nOU8 livrant à une appréciation sommaire desdoctrines qua professées saint Denys, et en constatant leurinfluence sur le génie chrétien. Cette introduction aura donc deux parties: la première où londira ce quil faut penser touchant lauthenticité des ouvragesqui portent le nom de saint Denys lAréopagite; la seconde oùlon résumera les principaux points qua traités lauteur, enrapprochant lune de lautre les assertions qui expriment toutesa pensée, et en les comparant avec les assertions analogues ouopposées des théologiens et des philosophes.
  6. 6. 1. INTRODUCTION ARTICLE PREMIER OU LON DISCUTE LAUTHENTICITÉ DES LIVRES ATTRIBUt. A SAINT DENYS LABÉOPAGITB On doit estimer que saint Denys lAréopagite est lauteur deslivres connus sous son nom. On désigne avec précision lorigine dun grand nombre demonuments littéraires; tandis quon nest pas encore fixé, si tantest quon doive jamais lêtre, sur la véritable origine de quelquesautres. Il y a donc des signes qui décèlent lâge et le créateurdes œuvres de lesprit, et des principes qui règlent la critiquedans lappréciation de ces marques diverses et dans lapplicationquil sagit den faire. En un mot, il y a une législation daprèslaquelle se constate cette paternité intellectuelle; autrement,on pourrait dire avec impunité que les poèmes dHomèrefurent écrits par un de nos contemporains, et que les dialoguesde lorateur nous sont venus des Chinois; autrement encore, onne pourrait, touchant les questions de ce genre, ni entrer dansle doute, ni acquérir la certitude. Il existe donc des caractères distinctifs auxquels on peutreconnattre lorigine dun ouvrage, soit que nous les trouvionsempreints en lui-même, soit que des témoins nous les présen-tent. Car tout livre rappelle nécessairement nne époque, unstyle, un ordre didées qui sont comme ses titres de naissance;et presque toujours aussi il est cité, applaudi, ou combattu parles contemporains, ou par les générations postérieures. Mais ces indications intrinsèques ou extrinsèques ne sont pastoutes également significatives. Elles se présentent parfois commefaits matériels, et alors OB essaye moins volontiers de lescombattre; parfois comme faits moraux, et alors il est plus facilepeut-être de les plier au caprice des interprétations diverses.
  7. 7. INTRODUCTION y Encore faut-il avouer que, dans lune et lautre espèce, onnatteint pas, pour tous les cas, un même tiel:(ré de certitude:la critique ne répand pas une égale lumière !>ur tous les points de son vaste domaine; il Y a, comme dans le monde phy- sique, les ténèbres épaisses, la clarté douteuse et la splendeuréblouissante. Quand donc, en vertu de règles communément avouées, onsapplique à discerner les preuves dauthenticité et les preuvesde supposition de quelque écrit, il arrive, ou bien quellessimposent à lintelli~ence et à la bonne foi, de sorte quon nepeut les rejeter sans cesser dêtre raisonnable et loyal; ou bienquelles sollicitent ladhésion avec plus ou moins de forc€,tellement quon peut les rejeter sans absurdité, mais non passans témérité. Il était bon de rappeler ces principes, dans une matière où ilsagit dapprécier le silence eUes témoignages des temps anciens,les négations et les affirmations quelquefois passionnées despartis, et nous voulons plutot fournir au lecteur les élémentsdune solution, que proposer notre opinion dune manièretranchante. Il nous semble donc téméraire de nier lauthen-ticité des œuvres de saint Denys, et nous croyons quon eneonviendra, si lon veut examiner les preuves, soit intrinsèques,soit extrinsèques, que nous rassemblons ici. § 1", - PRBUVES IllTRIlfSÈQUBS Comment un livre peut-il attester lui-même quil est lœuvrede tel auteur? Cest sans doute par les choses quil renferme,par le caractère des doctrines, par la couleur générale du style,par la nature des faits consignés. Ensuite quand est-ce que cetteattestation dun li vre doit être réputée valable? Sans douteencore quand il ne présente aucune contradiction soit avec lui-même, soit a"ec dautres monuments du temps. Donc un écritDe doit pas être rejeté comme apocryphe, lorsque: t 0 Il existe une parfaite analogie entre les doctrines de lauteur
  8. 8. VI IlSfRODUCllON prétendu et les doctrines quil dut professer dans Je siècle où on le place et dans la position quon lui fait; lorsque: 2° Le style, aussi bien que le fond des choses, rappelle les études et la profession dailleurs connues du personnage; lorsque: 3° .Lécrivain signale la part quil a prise à des événements contemporains, et quil cite les hommes de son époque et les relations qui lattachaient à eux, tellement que ces indications sont en conformité parfaite avec ce que lhistoire nous apprendde lui; lorsque: 4° En attribuant lécrit à quelque faussaire, on tombe dans desdifficultés réellement insolubles, dans des impossibilités morales. Ces indices suffisent, parce que, en droit, les adversaires nesauraient en imaginer dautre!., et parce que, en fait leurs observa-tions se ramènent à ces quatre chefs, Ces indices réunis donnentau moins un haut degré de probabilité à une opinion: autrement,en droit, il faudrait abolir cette partie de la critique qui consisteà juger de lauthenticité dun livre par les caractères quilprésente, et, en fait, jamais aucun livre naurait des caractèresintrinsèques dauthenticité. Cest pourquoi il reste à conclure que notre Aréopagite elltlauteur des ouvrages quon lui attribue. En effet: i O Il existe une parfaite analogie entre les doctrines exposéesen ces livres, et les doctrines que dut professer saint Denys. Dabord, membre de lAréopage, comme le suppose son nom,et comme latteste positivement !.aint LUI< (i), Denys ne dut pasrester étranger à la philosophie. Ce tribunal, dont il étaitprésident, au rapport de Michel Syngel (2), ne se composait quedhommes versés dans la science des lois et de la religion, etcapables dapprécier les différents délits contre les citoyen!., lapatrie et les dieux (3). Cest là que Socrate plaida la cause de la (i) Act. Aposl., cap. n, 34. - (2) Michael Syngel , encoro... inS. Dionys. - (3) Valer. Max., lib. u, cap. 6; Demosth. advers. Aristoc.;Cicero, lib. l, ad Attie. Epist. JI; Isocrat., oral. areopagiücâ; Lucian.,in Anacharr. seu de gymnasiis.
  9. 9. I~TnODUCflO~ "11 philosophie (1); cest là que fut amené à son tour saint Paul, prédicateur dune philosophie nouvelle (2). A la vérité, on pourrait dire que lAréopage, en cette double circonstance, na pas fait honneur à ses lumières; mais il nen serait pas moins évident que les doctrines philosophiques devaient comparaitre devant ce sénat pour y être discutées et jugées. Au reste, celte objection, si cen est une, ne nous atteindrait pas, puisque Denys, subjugué par la puissante parole de lApôtre, prouva la justesse de son sens philosophique, aussi bien que sa correspon- dance à la grâce. De plus, au premier siècle de lère chrétienne, comme du temps de Cicéron (3), et comme plus tard du temps de saint Basile et de saint Grégoire (4.), Athènes était le sanctuaire de léloquence et de la philosophie. Tout le monde sait la passion du peuple athénien pour le beau langage, et que ces Grecs dégénérés, qui trouvaient trop pesante lépée des vainqueurs de Marathon et de Salamine, navaient plus guère dautre ·occupation que de dire et den- tendre quelque chose de neuC(5). Or, conçoit-on que, seul, lAthé- nien Denys ne se soit pas laissé emporter par le tourbillon de la curiosité générale? Conçoit-oll que les nombreux auditeurs qui tour à tour inondaient le Portique, le Lycée, lAcadémie, neraient jamais entrainé dans leurs flots? Quand Rome et lAsieabordaient au Pyrée, en demandant le chemin des écoles, Denys,personnage distingué par ses richesses, sa naissance et lesqualités de son esprit (6), ne céda point à la tentation détudierce que venaient admirer et apprendre les maUres du monde?Voilà ce quon ne saurait admettre. Ce ne sont ici que des con-jectures, dira-t-on. Il est vrai; aussi je ne leur suppose pas cecaractère de force invincible, par lequel des faits nettementétablis déterminent en nous une pleine conviction. Oui, ce ne (1) Plato, in ApologiA Socratis. - (2) Act. Apolt., cap. 17, 19. -(3) De Orat., lib. l, nO .1. - (4) Greg. Nu., funeb. oral. in Basil.,DO 111, leqq. - (5) Aet. Apolt., cap. n, 21. - (6) Menœa Grœe., ad1 oetob.; Vita Diony•. ; Niceph., lib. Il.
  10. 10. YUl INTRODUCTIONsont que des conjectures; mais je sens que la bonne foi,limpartialité du lecteur les accueillera comme légitimes etnIables dans lespèce. Dailleurs elles se trouvent justifiées etpuissamment contirmées par les ménologes des Grecs (i), parlautorité de Siméon Métaphraste (2), de Michel Syngel (3), deshistoriens Nicéphore (4:), Suidas (5) et Eusèbe de Césarée l6), etde saint Grégoire de Nazianzé (7): témoignages calmes et anfiques,que la postérité préfèrera sans doute aux négations tardives et atrabilaires de quelques critiques protestants. Ensuite, converti à la foi par saint Paul, le philosophe devintthéologien éminent. n reçut la vérité chrétienne avec cetteplénitude surabondante, dont sa science philosophique et surtoutsa fidélité à rappel divin le rendaient capable. Effectivementcette intelligence, qui avait demandé vainement la réalité et lavie à de faux systèmes, ne dut-elle pas saisir fortement lesenseignements substantiels et pratiques de lApôtre? Ce cœur,qui jusqualors navait guère pu aimer que les ténèbres, nem-brassa-t-il pas la lumière avec un indicible transport? Quel nefut pas le tressaillement de cette âme, lorsque, enveloppée dansJe filet de la parole évangélique, elle se vit tirée du courantfangeux des opinions païennes, et amenée au grand jour dunepure et sainte doctrine? Après la stupeur où le plongea néces-sairement une transformation si subite et si intime, le premiersentiment qui toucha lâme du néophyte, ne fut-ce pas unsentiment de reconnaissance et de dévouement sans bornes pourla vérité connue? Qui doute des succès dun homme étudiantsous lempire dune conviction miraculeusement formée, avec (i) Menœa Grœcor., apud COl·dr. citata, opera Dionys., t. Il. -(2) Vita Dionysii. - (3) Encomium sancti Dionysii. - (4) Ubi supra. -(5) Dionysius Areopagita, vil eloquentissimus, ad profanœ doetrina>fastigium plovectul, in patrio Grœcarum disciplinarum studioprœcellebat cujuslibet sectœ peritissimus. - (6) Dionysius Areopagitaprœstabilis olim philosophus claret. - (1) Or. funeb. in Bal. Mag,nO U. seqq.
  11. 11. INlRODUCnON IX toute la fécondité dun esprit cultivé et mür, et avec toute la chaleur dun amonr qui commence t De plus, comntl:llinsinuent lei biographes (i), saint Denys rencontre ce que le Seigneur promet aux chrétiens de tous les temps (21, ce qui échut si large- ment aux chrétiens des premiers siècles, les souffrances et la persécution; il lui fallut briser les liens damitié, de famille, de religion, et ces déchirements ne sopèrent que parmi les raille- ries, les reproches et la douleur. Mais à chaque humiliation de notre esprit, correspond un rayon de lumière divine; à chaque froissement de notre cœur, une étincelle de charité; à chacune de nos larmes, une gloire. Il est donc permis de pen~er à ceux qui ont la foi, que Dieu chanRea les tribulations de notre saint en des trésors de science sacrée. Enfin, saint Denys fut initié à la doctrine chrétienne par le sublime Apdtre dont il était devenu la conquête: cest ce quil affirme lui-même (3) ; cest ce quattestent unanimement les div!lrses autorités déjà citées, les ménologes, les biographes, les historiens ecclésiastiques. Si donc lon se rappelle que saint Paul, au rapport de lantiquité, prenait sur ses auditeurs un magique ascendant: si lon se rappelle la haute théologie dont il a confié le secret à ses épîtres, on avouera que le disciple dun tel maître dut faire des progrès rapides, et, pour employer un mot de saint Chrysostome (4), que le nour- risson de cet aigle dut prendre vers les choses divines un magni- fique essor. Aussi est-il dit quil se distingua par sa science autant que par sa vertu, et qui) fut choisi pour évêque de sa ville natale : Dionysius COlintl&iorum Episcopus... inàicat quomodo Dionysius Areopagita ab apostolo Paulo aà flàem, sscundùm ea qUlB.in actis sunt scripta, conversus, primus Atheniensis pcrœcile episco- patum suscepit (5). Philosophe distingué, pieux et savant évêque, appelé ajustifier les dogmes du christianisme devant les nombreux sectateurs de CI) Apud P. Halloix, cap. III. - (2) Joaon., f5, 20. - (3) Infra deDiv. nominibus, cap. 2, 3, " et 7. - (4) De Sacerd., lib. IV. - (5)EUleb., Hilt. Eccl., lib, IV, 23: et lib. lU, cap. 5: Cr. aUi, Hist. Eccl,
  12. 12. x INfRODœTlo~ Platon, dAristote et de Zénon, saint Denys aborda sans douteles plus hautes questions qui tourmentaient la philosophie etleur donna une solution scientifique. La direction jusque-là imprimée à son génie et lempire des circonstances le jetaient nécessairement dans cette voie. Si donc il a laissé quelques écrits, on devra y trouver le double caractère que revêtirent sesenseignements, les conceptions du philosophe et la foi pure duthéologien. Oril suffit de lire quelques-unes des pages qui sUÏ-ent, pour se convaincre que lauteur de ces œuvres était égalementfa~onné aux spéculations philosophiques, et versé dans la science de la religion. Il disserte avec justesse et profondeur sur lesplus incompréhensibles attributs de Dieu. La création, lori~ine et la nature du mal sont admirablement. expliquées. La hiérarchiedes esprits célestes est présentée comme un reflet de Ja Trinité.et comme le type de notre Église terrestre. Les sacrements,canaux de la grâce, nous transmettent la charité, fleuve de feuqui jaillit du trOne de lÉternel, traverse tous les ordres deschoses créées, et remonte à sa source, emportant vers leur prin-cipe tous les cœurs qua touchés le céleste incendie. Les mondesnaturel et surnaturel sont décrits, leur d1fférence établie, leursrllpports constatés; et, emportée sur les ailes de la foi, la raisonde lécrivain franchit dun vol tranquille et assuré des régionsque nul regard na jamais contemplées quen tremblant. Au sur-plus, des hommes qui portent un beau nom dans la science et larelil-(ion ont donné à saint Denys un brevet authentique de philo-sophie et de théologie. Nul ouvrll6e de lantiquité ecclésiastiquene fut si fréquemment traduit ou commenté que les écrits denotre Aréopagite. Seot-Erigène en offrit une version latine auxFrançais du temps de Charles-Ie-Chau·e. Le moyen âge en fit se~délices, et ils conquirent lestime des plus renommés docteurs,Hugues de Saint-Victor, Albert-le-Grand, Alexandre de Halès.saint Thomas. Marsile Ficin, que la renaissance appelait làmede Platon, enrichit de notes savantes plusieurs des traités desaint Denys. Enfin Bossuet leur emprunte parfois ces puissante:>Idées, par lesquelles son génie élargit et illumine les questions.
  13. 13. INTRODUCTION Puisquil a été prouvé dun côté que saint Denys lAréopagite fut versé dans la science de la philosophie et du christianisme, et que dautre part, ses livres rappellent à la fois le philosophe et le docteur de lÉglise, on doit conclure quils ont ce signe intrinstique dauthenticité que nous avons indiqué en premier lieu. Il est vrai, la concordance que nous venons de signaler nétablit pas une parfaite certitude. Mais, la question ne com- portant point une démonstration mathématique, on ne saurait lexiger de nous; tout ce quon peut attendre, cest que notre opinion soit marquée au coin de la vraisemblance et même de la probabilité. Or, nous croyons que le lecteur la jugera telle. Ensuite, quoiquun faussaire donne sans doute à ses œuvres un semblant de lé/{itimité, ilue faut pourtant pas traiter une œuvre comme supposée, par cela seul quelle a infiniment lair dêtre authentique. Si vous trouviez une charmante toile, au coloris gracieux, amr lignes harmonieuses et pures, où une Vierge serrât contre son cœur de mère un enfant qui sourit comme un Dieu, ue feriez-vous pas acte de raison et de science, en nommant Raphaël dUrbin, lors même quon vous dirait que le nom du peintre na été peut-être inscrit au bas de la merveille que par une main frauduleuse? Chacun pourra maintenant apprécier la valeur des objections présentées par les adversaires, relativement au point que nousvenons détablir. Érasme recourt aux expédients pour faire voÏlque saint Denys nétait pas membre de JAréopage. Le mêmeÉrasme et Laurent Valle essayent de railler agréablement ceuxqui croiraient que ce pauvre Aréopagite pouvait être autrechose quun idiot. ScuUet jure sa foi de calviniste quil ny a pasJombre de théologie dam Jes œuvres de notre écrivain, attenduquil ose parler des anges plus explicitement que les autresdocteurs de JÉglise. Enfin, une nuée de critiques plus ou moinsobscurs, Et veterem in Iimo ranre cecinère querelam,trouvent plaisant quil cite des témoignages dont il ny a pasvestige ailleurs.
  14. 14. Dl INTRODUCTION Un mot de réponse à chacun de ces aristarques. Selon Érasme, le mot de saint Luc, œpEOltœy(tYj, signifierait non point membre de lAréopage, mais bien citoyen du quartier d. Mars, œpllo, !tltyo,. Vraiment on était en droit dattendre dÉrasme autre chose que cette lourde espièglerie. Le spirituel littérateur qui recevait de toU!! les monarques de son temps des pensions ou des éloges, et que la gravité papale daigna honorer souvent dun sourire de félicitation, naurait pas dù abuser de sa répu- tation, ou, si lon aime mieux, de sa science dhelléniste, pour imaginer un argument qui a le double malheur dêtre une fausseté et de sentir la pédagogie. Dabord le mot ltltyo, des Grecs nest pas et ne peut être dit synonyme du pagus ou vicus des Latins; les meilleurs lexicographes assignent aux deux mots une étymo-logie, une quantité et une signification différentes (1). Dailleurs,la rue quhabitait le néophyte Denys importe peu à lédification des fidèles, et il est probable que saint Luc ne tint ni à savoir,ni à dire une semblable particularité. Enfin le contexte du récitdes Actes (chap. XVII) appelle une autre interprétation; et defait, il ny a aucun Père de lÉglise, ni aucun commentateur quinait pensé que lexpression critiquée désigne un membre delAréopage. Or, nous aimons mieux suivre la foule immensedes écrivains catholiques que ce batave indécis dont on na puconstater précisément la physionomie religieuse. Érasme et Laurent Valle, son acrimonieux contemporain,affirment que, tout aréopagite quon le suppose, saint Denys neconnaissait nullement la philosophie. Sans doute on pouvaitfaire partie de lAréopage, on peut même sappeler Laurent Vallesans être éminent philosophe. Mais il faut avouer aussi que letitre daréopagite nimplique pas nécessairement lidiotisme.Lantiquité tout entière admira lAréopage; Cicéron dit que riennest plus constant, ferme et sévère que lAréopage; et ailleurs,que lAréopll8e est la providence dAthènes, comme Dieu est laprovidence de lonhers: Negar. hune mundum providentid 1égi, (1) Robert. Stephan., thesaur. Hng. lat. verbo Areopq.
  15. 15. INTRODUCTION xmidem lIt GC si quis dicat Athenas sine Areopagiti$ regi comilio (t).Si donc des conject.ures grandement probables faisaient. conclureque le présHent. de ce tribunal renommé laissa quelques écritsempreints des doctrines philosophiques de son temps, faudrait-il crier de suite à la supposition, et. invoquer son titre de magis-trat comme ulle fin de nOIl-recevoir? Cela ne semble pas logique;et même après les critiqlle~ de la renaissance, on peut lroire sansabsurdité que saint Denys ne fut pas étranger à la philosophie. Le ministre protestant Scultet sest livré à des recherchesmultipliées, je ne dis pas consciencieuses, &111 la question quinous occupe. Or il a découvert Labor improbus omnia L....que saint Paul, déclarant ineffables les choses quil avait entrf:-vues (2), voulait précisément parler de la hiérarchip. céleste,dont saint Denys trahit le secret dans ses livres. Ce Scultet avaitune Larye manière dinterpréter les Écritures. Il a découvert quesaint Irénée (Bœres., lib. II, cap. LV) condamne comme insenséstous ces historiens du royaume des anges. Ni à lendroit cité parle fidèle dépositaire de la foi réformée, ni même ailleurs, lesaint évêque des Gaules ne dit rien de semblable à ce quon luifait dire. Pour être impartial, javouerai que saint Irénée flétritde son blâme et réfute Marcion qui admettait deux dieux, et lesValentiniens qui faisaient de la divinité je ne sais quel monstrueuxassemblage de trente Éones, de noms et de propriétés diverses;ce qui prouve clairement, comme chacun voit, quun papiste dupremier siècle ne pouvait rien nous apprendre touchant les pursesprits. Au fond, Scultet ne manquait pas de sens commun: laréforme, qui dispense dajouter foi aux traditions, peut dispenserau même titre de citer exactement les témoigna+:es écrits. Il adécouvert enfin, ce qui pour cette fois est véritable, que saintAugustin éprouve quelque embarras à définir cette question de (i) Lib. l, ad Attic. Epist. 2; de Nat. Deor., lib. H, nO 40. _ (2) Il.Cor., i2, 4.
  16. 16. :DY INTRODUCTIONla hiérarchie angélique (i), et que saint Grégoire (2) et saintBernard (3) ne cherchent point à classer, daprès la doctrine desaint Denys, les rangs de larmée céleste. Un catholiqüe con-cluerait de là que lenseignement des docteurs en cette rencontrene se présente pas comme fondant un dogme de foi: cesteffectivement ce qui ressort de leurs écrits, et ce quon pllutconstater en interrogeant les théologiens, Petau par exemple (4-).Mais le pasteur calviniste trouve que, tous les Pères ayant uséde cette liberté dopinibn que ltglise laisse touchant les pointsnon décidés, saint Denys dut être excepté de la loi universelle,et ne put dire son sentiment. Cest juste encore une foi~ : pour-quoi Scultet, qui mutile les écrits des Pères, et explique lessaintes lettres au bénéfice de ses préjugés, serait-il ténu de res- •pecter la logique? Enfin on a voulu ériger en preuves intrinsèques de suppositionles extraits que notre auteur emprunte à saint Barthélemi et auxpersonna!;es Hiérothée et Justus, et la diversité dopinions quilattribue à quelques-uns de se!! contemporains touchant unmème texte ou un même fait. Car, dune part, qui est-ce qui a·entendu parler des livres de saint Barthélemi, de Hiérothée etde Justus 1 Et de lautre, comment croire quon ait pu se livrer,dès les temps apostoliques, à une telle variété dinterprétations?Mais dabord est-ce quon ne peut pas, est-ce quon ne doit pa!!admettre que nous avons perdu totalement une foule de monu-ments de lantiquité chrétienne? Plusieurs Pères et plusieursthéologien~, qui ont traité les questions dherméneutique sacrée,navouent-ils pas que certains écrits, même inspirés, ont di~parusans laisser de trace (5)? Serait-il donc si étonnant que, chez deshommes en grande partie illettrés, à une époque où il n~ avaitque de rare!! et difficiles moyens de reproduire les œuvres litté- (1) Enchirid. ad I,aurent., cap. lI8. - (2) Homil. 3~, in Evang. -(3) Sermo 19, in cantiq. - (1) De Angelis. - (5) Athanas. Synopsis. -Chrysost., h. 9 in Matt., et alibi. - Bellarm., 1 controv., lib. IV. -Serar., in Prolog. Bibl. - Bonrrer., Prolog. iD Script., cap. 6.
  17. 17. INTRODUCrIO~ xvraires, parmi les alarmes et les difficultés dune vie incessam-ment agitée, on ait fini ptlr ne l,lus entendre parler dun livre de Hiêrothée ou de Justus, et dune épUre de saint Barthélemi? Ou bien voulez-vous dire que les générations antérieures doient àcelles qui les suivront, le catalogue et lanalyse des production!que, de plein gré ou forcément, elles laissent aller il loubli!Ensuite nest-il pas certain quon peut trouver plusieur,; raisollsdun même rite; quun même texte et un m~me fait sont passiblesdinterprétations multiples? Les dons de lEsprit-Saint ne sont-ils pas infiniment variés, soit dans leurs espèces, soit dans leursdegrés dintensité? Ne lit-on pas dans saint Paul que le,; élansspontanés dune âme pieuse doivent être accueillis, quand ils con-tribuent à lédification des fidèles (t)? Donc, dans les limites delorthodoxie et de la piété, le premier siècle, comme celui-ci,bien mieux que celui-ci, a pu présenter diverses explicationsdes mêmes choses. Et puisque ce fait est possible, les liues quiattesteraient quil sest un jour accompli, et que plusieurshommes ont trouvé dans un même événement plus dune instruc-tion cachée, ne méritent pas pour cette seule raison dêtredépouillés de leur réputation dauthenticité, Évidemment, les apparences jusquici sont pour nous; et ilsemble difficile de nier que notre proposition nait été prouvéequant au premier chef. Venons au second. 2° Le style des écrits que nous examinons, aussi bien que lefond des choses, rappelle les études et la position dailleursconnues de saint Denys. Le style, forme sensible de lidée, porte lempreinte du carac-tère personnel, et des études antérieures de l"homme qui parleou qui écrit; il le façonne il la ressemblance, et, !Ii Josais ledire, à la taille des pensées quïl exprime et revêt; il subit lill-fluence de lécole et du temps auxquels un auteur appartient.Car il tous les peuples, à toutes les époques, il tous les esprib.Déchoit pas une égale part dans le patrimoine de la véritü, ni (1) 1. Cor.. U.
  18. 18. XVI INTRODUCTrON une égale justesse de sentiment dans lappréciation du beau, ni un égal génie pour le reproduire. Chaque siècle, chaque homme a sa physionomie littéraire. Cette diversité prodigieuse semble-rait, au premier coup dœil, rendre parfaitement arbitraire le classement chrnnolollique dun livre, daprès les seule!> données que fouInis~ent le style, et, comme on dit en peinture, le faire dun auteur. Toutefois, si lon observe qu.e les phases subies par un mème idiome lIont en général bien tranchéelil, et quil eliltréellement impossible quune génération sapplique dune partil. renier ses idées, ses sentiments, son caractère propres, et delautre, à dérober aux générations antérieures le secret de leurlittérature, et à ne créer que des pastiches; on avouera que laforme artistique dun monument littéraire est une assez sùreindication de sa date, et quun ouvrage porte, dans le styledont il est écrit, comme un extrait de naissance. Or, dans lespèce, et en appliquant ces remarques aux livresdont nous recherchons lorigine, quel sera le résultat probablede nos investigations? Arriverons-nous il. conclure quils sontauthentiques? Je le pense "jlarce que la forme littéraire quilsaffectent est précisément celle que pouvait prendre louvragecomposé par un philosophe. converti du premier siècle. Effecti-vfment, et sous ce point de vue particulier, quelle idée laissedans lesprit la lecture de saint Denys? Était-il possible décrireainsi il. lorigine du christianisme? Double question quon peutrésoudre par les considérations suivantes. En lisant ces livres, 011 y reconnatt sans peine le philosopheaccommodant à la pensée chrétienne les formules du platonismeantique; le néophyte essayant de traduire le sentiment religieuxdont il est obsédé; le docteur des temps primitifs se débattantdans les entraves dune langue inhabile encore à exprimer desidées nouvelles, et enfin lécrivain dun siècle où le goùt nétaitpas sans pureté, ni la littérature sans gloire. Ainsi, quon parcoure, par exemple, le traité des noms divins,où les questions discutées déjà par les anciens trouvaient naturellement leur place, et appelaient une solution philosophique,
  19. 19. INTRODUCTIO~ XV11nest-il pas vrai que les théories platoniciennes y apparaissentramenées à lorthodoxie, et sous le vêtement de la religion nou-velle, tellement que, comme on avait dit de Platon, que cétait Moise parlant grec, on pourrait dire de saint Denys que ce~tPlaton parlant chrétien? Même on doit tenir compte de cetteobservation, si lon veut comprendre parfaitement la doctrinede notre auteur: cest ce quinsinuent Nicolas de Cusa, saintThomas (i) et Marsile Ficin (2). Et il Y a plus: cet air de familleest si prononcé, quon a voulu en faire contre saint Denys letexte dun reproche, soit pour laccuser de paganisme, soit pourcontester lauthenticité que nous défendons. Or, il ne serait pasétonnant que saint Denys eût été platonicien. Celui que les païenseux-mêmes nommaient, pour lélévation et la pureté de sa doc-trine, le dieu des philosophes (3), a bien pu entrainer et ravirles âmes quune sagesse et llne droiture naturelles préparaientau christianisme. Les anciens Pères ont signalé la glorieuseanalogie qui rapproche en quelques points la doctrine de Platonde celle de lÉvangile (4), et la plupart de nos docteurs sontpassés de récole du premier à la sainte discipline du second (5).On peut facilement croire que laréopagite Denys a parcourules mêmes phases. Au moins cest une manière très naturelle (i) Àd cap. Il de Divin. nom. lect. I. (2) ln argum. ad lib. de Divin nomin. (3) Quem enim omnibus locis divinum, quem sapientissimum, quemlanctissimum, quem Homerum philosophorum appellat (Panœ/ius) ,Tuscul., lib. 1; lib. IV. - Epist. 15, ad Attic. - Deum philosophorumPlatonem. Plata iIle deus noster. Idem, ad Attic., lib. IV. Epist. 15,et alibi. () Arnob, lib. 1 et II, contra Gent... Les Pères combattent les phi-losophes anciens, et Platon reçoit sa part dun blâme mérité. Toutefoisle platonisme leur est moins odieux que les autres sectes, et, sans luifaire aucun emprunt, ils le nomment avec éloge, le considérant commeune sorte décole préparatoire au christianisme. Cest en ce sens quilfaut comprendre le sentiment du P. Baltus. (5) Saint Justin, Clément Alex., Origène, Tertullien, Amobe, LactanciIlÏDt Augustin, et dautres encore.
  20. 20. xl"ln INTRODUCTIO~dexpliquer la tournure platonicienne de ses conceptions, et rienabsolument ne rend cette interprétation improbable ou illégitime.Il y a donc ici plutôt un préjugé en notre faveur quune armecontre nous. Quon lise ensuite, si lon vent, les passages où saint Denystraite des écritures, des apôtres, de nos mystères, de Dieu et tleses attributR. La pompe, lénergie, la répétition des mots, décèlentévidemment une âme qui essaye de donner libre cours à despensées qui la remplissent, à des sentiments qui débordent enelle: à la façon de ces prêtres que chante la poésie, et qui,touchés par le souffle divin, terribles, lœil en feu, sagitaient,sexprimaient dune étrange sorte, comme pour saffranchirenfin de cette douce et indomptable possession, • • • • • • Magnum si pectore possit Excussis.e Deum;ou, si l<!n aime mieux, à la façon de tous les hommes quenvahitune noble inspiration, un saint enthousiasme. Or, nest-cc paslà ce quon pouvait, ce quon devait retrouver dans ce néophyte?Ramené de la philosophie au christianisme, sa conscienc~tressaillit sans doute sous le flot de ces sentiments dont lâmeest toujours inondée, à la suite des grands et solennels chan-gements qui bouleversent lexistence jusque dans ses profondeursintimes, et creusent un autre lit à la pensée et aux affections.Vivement remué, il a voulu exprimer des joies si neuves par dl.sparoles vives et hyperboliques; sa phrase a pris une allure dedithyrambe, et ses fortes convictions éclatent en superlatifsmultipliés. Celui qui nierait la valeur de cette. obser8.tion, cestquil naurait jamais eu le cœur saisi par une de ces émotionspuissantes, qui ont besoin de parler une autre langue que cellt.de la vie matérielle et positive. Ainsi sexplique .naturellementun des caractères les plus frappants du style de saint Den~s,lenthousiasme et le ton pindarique. On remarquera également des locutions jusque-là inusitées,par lesquelles le docteur chrétien selforce de rendre la subli-
  21. 21. INTRODUCTION SIX mité des enseignements évangéliques. La langue grecque se prê- tait, il elot vrai, à de semblables compositions de mots; mais celles quadopte généralement ~aint Denys navaient pas été consacrées par lusage. Aussi plusieurs éditeurs de ses œuvres lui ont rendu le service dy joindre un lexique spécial; et ses paraphrastes et commentateurs ont expliqué et relevé lutilité de Ion néologisme; et tout le monde applaudira à la justesse de leur pensée. Chrétien, et emporté par la foi vers des régions que le génie de son idiome natal navait ni explorées, ni décrites, saint Denys se vit contraint de tourmenter non pas la syntaxe, dont les règles fondamentales, toujours larges comme le~prit humain, comportent des formules assez variées pour lexpression de toutes les pensées et de tous les sentiments, mais bien le vocabulaire, dont les termes navaient pas été créés pour les réalités de lordre surnaturel. Si donc notre auteur recourt à de nombreuses innovations de langage, si, par la combinaison etlagencement de radicaux multiples, il produit des mots insolites et emphatiques, cest dans le louable dessein de ne rester quele moins possible au-dessous de la vérité, et de sa propre convic-tion. Et il est infiniment regrettable que les idiomes modernes,tous formés sous linfluence du christianisme, naient pas donnédes lettres de naturalité à certaines manières de dire exception-nelles dont la théologie aurait besoin, et quaillsi nous soyonsobligés dUser de la liberté qua prise lécrivain grec, et de faire,à son imitation, les barbarismes suivants: suprà-divin, suplà-céleste, trans-lumintu:J:, sUI-essentiel, et dautres encore. Comm€chacun peut en juger, notre opinion rend assez heureusementcompte de ces étrangetés de style que présentent parfois lesœuvres de saint Denys. Enfin la lecture même rapide des livres dont il sagit con-faincra que la façon décrire de lauteur mérite à plusieurségards détre applaudie, quoiquon puisse bien ne pas lanommer absolument irréprochable. Parmi quelques taches quisont comme le cachet de lépoque, brillent des beautés nom-breuses que naurait pas désavouées le siècle de Périclès. Et
  22. 22. INTRODUCTIONpourquoi nierait-on quil en pût être ainsi? Au temps où nousplaçons saint Denys, Athènes nétait pas totalem.ent dèshéritée de ce goÔt délicat et pur que plusieurs langues ont honoré enlui consacrant un nom propre; elle donnait encore des leçonsdéloquence aux grands hemmes de tous les pays. Or, doù vientque notre écrivain ne les aurait pas entendues, comprises etpratiquées? Ensuite il lui fut passible de puiser dans les idéeschrétiennes une notion du beau littélaire, plus correcte et plussplendide que celle quavait Platon. On conçoit dès lors com-ment son style nest pas sans mérite. Dautre part, le caractèreparticulier et les forces de son gt:nie, la direction antérieurementimprimée à ses études, linfluence inévitable du goût contempo-rain ont pu lempêcher de réaliser avec un bonheur parfaitlidéal quil avait peut-être entrevu. On conçoit dès lors aussicomment son style nest pas sans reproche. Donc sous ce pointde vue, comme sous tous les autres, notre opinion soutientlexamen de la critique; et il est au moins permis de la réputervraisemblable: à moins toutefois quon ne veuille dire quendiminuant de deux cents ans lantiquité de ces livres, on leurtrouverait encore la physionomie que nous leur voyons. Carplu!lieurs monumenls de lécole néo-platonicienne sont à peuprès de même style: ce quil est facile de constater par la lec-ture des œuvres de Plotin, de Proclus et des fragments qui nousrestent dHérennius. Mais cette objection, quelque force quonlui suppose, prouve simplement quà envisaser sous un certainrapport la forme littéraire des écrits de saint Denys, on seraitobligé de leur assigner une date flottante, qui se fixe à quel pointlon veut dune période de trois sièçles. A coup sûr, il ne suitpas de là quils naient pu ètre composés par quelque contem-porain des apôtres: cest pourtant ce quil faudrait établir.Dailleurs, quel livre a paru le premier, celui des Noms divinsou celui ues Ennéades? Plotin a pu copier le vrai saint Deny!,comme un faux saint Denys a pu copier Plotin. Or, pour lasolution de ce doute, doit-on croire la critique ancienne quiaffirme que Proclus emprunta à notre auteur lIP!! plnsfes et
  23. 23. INTRODUCTION xu même ses paroles (i), ou la critique moderne qui présume que celui-ci a peut-être fait des emprunts à celui-là? Le lecteurjugera lui-même. Jobserverai seulement que, dans la seconde opinion même, nos livres ne seraient pas dépouillés de cette note intrinsèque dauthenticité q1le présente le style : voilà tout ce quil nous suffit de conclure pour le présent. Mais ne serait-ce point une preuve de supposition quelobscurité et la magnificence, deux caractères si marqués du Iltyle de saint Denys, et que ne présentent nullement les autres écrits de nos premiers docteurs, et en particulier des apôtres? En effet, rien de simple et de transparent comme la pensée etla diction dHermas, de saint Ignace, de saint Polycarpe. Or, ne doit-on pas rapporter à des époques diverses des œuvres de sidiverse apparence Dabord en ce qui concerne lobscurité alléguée, la remarquequon nous oppose est fondée sur une ignorance totale delantiquité, soit profane, soit ecclésiastique. Tout le monde saitavec quelle réserve la philosophie païenne distribuait ses oracles,et quelle profesftait deux doctrines, rune exotérique à lusagede la foule, lautre ésotérique, réservée aux disciples délite.Clément dAlexandrie rapporte que le pytha~oricien Hipparque,accusé et convaincu davoir trahi le secret du mattre, fut exclude récole, et quon lui érigea une colonne funèbre comme à unhomme mort. Chacun a rencontré, au moins une fois, dans seslectures les logogriphes que Platon adressait à son royal adepte.Aristote dit quon ttoit revêtir dornements et rendre ainsi plusaccessibles au vulgaire les choses quil lui importe de sayoir,mais quil faut dissimuler sous des locutions mystérieuses leschoses quil ne lui est pas permis de connattre, Tels furent dureste laveu et lusage des poètes et des philosophes. LÉ~lise a pratiqué dans les premiers siècles cette mêm,.discipline du secret. Cétait conforme aux exemples et auxenseignements du Seigneur; car il sexprimait en figures et en (i) Pachymeres in proœmio ad opera Bancti DionYBIi.
  24. 24. XXII INTRODUCTION paraboles (i), et il recommandait formellement à ses disciples une sage discrétion (2). Aussi les premiers apologistes du chri!>tianisme, Tertullien (3), Origène (4-), Athénagore (5), saint Justin (6), Clément dAlexandrie (7), nont pas cru devoir faire, à la nécessité de ven~er la religion, le sacrifice du silence prescrit, ni décourager la calomnie par la divulgation positive des saints mystères. Il y a plus: les pasteurs des peuples, dansleurs instructions aux catéchumènes, respectaient les limitesposées par la tradition; et cette sorte dinterdit, jeté sur lesvérités les plus augustes de lÉvangile, ne se levait quen faveurdes initiés, comme nous rapprennent saint Ambroise (8),saint Cyrille de Jérusalem (9), saint Basile (tO), saint Grégoire deNazianze (11), saint Jean Chrysostome (12), et saint Augustin (13). Et en cela, la philosophie, et surtout lÉglise, avaient degraves raisons, qui subsistent en tout état de choses, et quonpourrait se rappeler utilement plus dune fois dans la vie. Ily a tels esprits qui blasphèment ce quils ne comprennent pas;il y a tels cœurs qui ne battent jamais que pour ce qui estignoble; il y a tels gens que vous faites rire quand vous leurparlez le langage dune comiction ardente et profonde. Cest cequobservent et dé"eloppent les auteurs cités plus haut. Cest ceque comprit saint DenY!l, élève ù la fois de 111 philosophie et duchristianisme. Il pratiqua sans doute le commandement quilfait à Timothée (14), et pOUl employer son langage ou plutotcelui de la Bible, il se garda de jeter aux pieds des pourceauxla beauté des perles spirituelles. Il dut dOD~ songer à dissimulersa pensée, surtout dans un écrit que des circonstances quil étaitpermis dappréhender, amèneraient sous les yeux des païens; (1) llatth., cap. t3 et toi, et t5 et 21. - Marc., cap. 3 et ta. - Luc.,cap. 8 et 12, et t~ et 18. - (2) Matth., 7, 6. - (3) Apologet., nO 1. -(4) Contrà Celsum, lib. 1. - (5) Legatio pro chlistianis. - (6) l. et 2Apologia. - (1) Stl·omat., lib. 1. - (8) De MYlteriis, et alibi. - (9) Cate-ches, 6<. - (10) De spirUu sancto. - (U) Oratio 3àa et Ua. - (t2) Ho-mil. 18, in-=! ad Cor. - (t3) In Joan., Trac. 2, et alibi. - (toi) Ecc!. hie-larch., cap. 1.
  25. 25. I:STRODUCflO~ XXIIIil semeloppa dune obscurité préméditée, laissant au voile assezde transparence pour lédification des intelligences fidèles, etas~ez dépaisseur pour que les profanes ne pussent devenirindiscrets. C"est pourquoi ses livres rappellent en certainstndroits ces passages éni/olmatiques des anciens philosophes quininvitaient pas indistinctement tous les hommes au banquet deleur doctrine, et ces religieux di!!cours de nos docteurs, où lavérité, comme si elle craignait le regard irrespectueux dunesprit mal préparé, se réfugie ayec ses splendeurs dans unesOlte de ténébreux ~anctuaire. Loin donc quil y ait une preuve de supposition dans cetteobscurité mystérieuse, on doit y voir au contraire une manifestepreuve de haute antiquité, la discipline du secret ayant existédans lÉglise dès le principe, et même les raisons de la pratiquerétant beaucoup plus fortes pour les premiers siècles que pourles temps postérieurs. On ne peut non plu~ rien inférer contre nous de la magnifi-cence du style quemploie saint Denys. Quand même son élo-quence serait ornée aec ce luxe asiatique que lui reprochent lesprotestants Illyricus et Scultet, que sensuÎTait-i1? Quun auteurdes temps apostoliques Il manqué de goût: conclusion qui, danslespèce, est parfaitement insignifiante, et laisse intacte la ques-tion de lauthenticité. Mais reprenons. Le blàme dIl1~ricus et deSenltet est-il fondé? Non pas précisément. Cest du moins ce.quontpensé plusieurs homme!! renommés dans lempire des lettres:saint r.régoire de Nazianze dit que saint Denys écrivit de belleset sublimes pages (i). Photius le nomme grand dans son stylecomme dans ses pensées (2). Et si la délicatesse attique du prôtes-!autisme répugne au sentiment de littérateurs et de philologuesque la renaissance na point nourris de la pureté de llon lait,nous pouvons citer Casaubon (3), Pic de la Mirandole, et de i) Cité par Lansscl, Disput. apolog. de sancto Dionys. -(2) Cité parNoël Alexandre, Hist. Eccles" 8œculo te. (3) JtingH V"les novas, et l"ompositiones format inusitatalt mirificas
  26. 26. XXIV I~TRODUCTION Marsile Ficin (i), qui louent les œuvres et admirent le style de saint Denys. Ensuite de quelque épithète quon veuille honorer ou flétrir sa façon de sexprimer, lauthenticité de ces livres ne sy trouve aucunement intéressée. Un écrivain était-il dispensé dobéir l son génie particulier, parce quil existait au temps des apôtres, ou quil voulait traiter des questions de théol0l-lie? Linspiration divine nabolit pas le caractère des hommes quelle a touchés, et, sous le souffle den haut, ils forment un concert et ne rendent pas un même son. Isaïe, élevé il la cour des rois, nécrit pascomme le pâtre Amos, ni le disciple du pharisien Gamalielcomme le publicain Matthieu, A plus forte raison pourra-t-il setrouvet des différences entre des contemporains qui ne suiventque limpulsion de leur goût naturel: Bossuet ne parle pascomme Fénelon; quy a-t-il détonnant que saint Denys ne parlepas comme Hermas? Ainsi, lélévation, ou même, sil y avait lieu demployer cemot, lenflure du style de saint Denys, nautorise pas la conclu-sion ex.agérée que nos adversaires méditaient den tirer. Au reste, il y a bien quelque étrange logique à dire quunlivre ne remonte pas au temps des apôtres, parce que le styleen est obscur et plein de magnificence. Les protestants trouvent-ils donc si faciles à lire les ÉpUres de saint llaul aux Romains etaux Hpbreux, si dénué de grandeur lÉvangile de saint Jean, sisimple et si claire lApocalypse? Cependant saint Pierre prononceque lon ne comprend pas sans peine les écrits de son frèrelApôtre des nations (2); les cent vingt-cinq discours qae saintet quœ unD verbo aut aItero dici poterant, diftundit in plures vocesadmodùm sonoras et magnificas,atque congestis multis verbis obscuratsermonem. Cité par Lanssel, ubi suprà. lI) Dionysius noster exultat passim, elfundit œnigmata, concinitdithyrambos, ltaque quàm arduum est profundos ljus sensus intelli-gentil penetrare, tàm difficiles miras verborum compositiones ac quasieharaeterlm imitari, ac lafinis prœsertim verbis exprimere. (In OperaBaneU Dionysii.) - (2) II Epist., 3, 16.
  27. 27. INTRODUCTION Augustin nous a laissés ne semblent pas tout 1 fait inutiles à eeux qui veulent pénétrer les oracles de saint Jean; et dell hommell de foi et dintelligence ont laborieusement commentélApocalypse, !lans se flatter den a"oir bien atteinlle sens exact.Mais aussi pourquoi ces catholiques navaient-il!l pas (lonfiance en lesprit propre? Enfin des critiques ont voulu voir une trace de supposition dans les expressions 1U.!" enfant, que saint Denys adresse àTimothée, son collègue dans le sacerdoce, et ult60l"OtO; par laquelle il désigne la personnalité en Dieu. Or, le premier termesemble déplacé dans le calo présent: car ce nest pal! ainsi quun6vêque appelle un évèque; le second navait pas encore reru,par suite dune longue et âpre controverse, sa signification défi-nitive; et pourtant, à la manière nette et résolue dont parleDotre auteur, on pourrait croire quil écrivit après la querelleterminée. Mais quant au premier chef, il est difficile destimer jusquàquel point cette expressioD Xii!, pouvait parartre singulière sousla plume de saint Denys. Dabord il était plus à~é que Timothée:ear une de ses lettres, dont loriginal est perdu, mais qui existaitau temps de Charles-le-Chauve, et que nous possédons en partiedans la traduction de Scot-Erigène, marque quil avait vingt-cinq ans à lépoqut! du crucifiement de Jésus-Christ. Ce fait peutse vérifier dune autre faron : on lit dans les Actes (i) quensortant dAthènes, saint Paul vint à Corintht où il trouva Aquilaet Priscille qui fuyaient de Rome devant lédit de lempereurGlaude. Or, cet édit, daprès le témoignage de Paul Orose, quicite Joseph, avait été porté lan de J.-C. 5i (21; et saint Denyssétait converti à la foi .u cette année mème ou la suivante. liais il navait pu devenir membre du premier tribunal de sonpays, quen passant par la charge darchonte, comme le pres-crivaient les lois athéniennes (3). Denys était donc homme fait (l)Cap. l1 et i8. - (2) Hillt., lib. VII. cap. 6. - (3) Plutarch. in8010n. - Item, in Pericl.
  28. 28. XXVI INTRODucrIO~ quand saint Paul le rencontra dans laréopage: aussi les auteurs estiment quil devint chrétien vers lâge de 4.3 ans, soit lan deJ.-C. 52: ce qui en effet lui donnerait vingt-quatre ou vingt-cinqans à lépoque de la mort du Sauveur. Or, en lan 6,1" saint Paulécrivait à Timothée ces paroles : Nemo adolescentiam tuamcontemnat H). Donc quand Timothée était jeune homme encore,saint Denys avait au moins cinquante-cinq ans. Or, ceUe supériorité dâge pouvait-elle lui permettre lexpres-sion quon lui reproche? En cas daffirmative, lobjection quonvoulait nous faire est nulle; en cas de négative, on aurait prouvéquHne sest pas tenu dans les strictes limites de la bienséancealors reçue. Mais comme un livre ne doit pas être nommé authen-tique, par cela seul que les lois de la polilesse y sont observées,de même il ne peut être réputé apocry·phe, par cela seul quellesy seraient enfreintes. Ensuite est-il vrai que le terme critiqué impliquAt toujourslidée de protection et de supériorité que nous y attachonsaujourdhui 1 Nous ne le croyons pas: car, dans la primitiveÉglise, tous les chrétiens étaient appelés enfant!l, il. raison delingénuité et de la douceur de leurs mœurs; et pour la mêmeraison, les évêques et les autres ministres de lautel recevaientle titre denfants sacrés: o::a:tae; lepot. Le prêtre Clément dA!llxan-drie dit à tous les fidèles et conséquemmellt aux évêques: 0enfants, notre mait.re est. semblable à Dieu son Père (2)! Et cestainsi que parle le Seigneur lui-même; car il demande que IIOUSsoyons des enfants (3), et il nomme enfants ses disciples chéris (,i,).Or, pourquoi saint Denys aurait-il méconnu ou dédaigné ceprofond et pieux langage 1 En second lieu, lapparition du mot ull:darlJa~ dans les œuvresde saint Denys semble au premier coup dœil créer pour notreopinion une difficulté dautant plus grave, quelle se recommandede lérudition dun homme distingué, le P. Morin. fi sest plu à. li) 1 Epist. ad Timoth., ~, i2. - (2) Pœdag., lib. l, cap. 2. - (3) S.Luc., :1.8, :1.1. - Ci) Joan., 21, 5.
  29. 29. INTRODUCTION XXVIIlétayer de citations nombreuses; et, du haut de ces textes amon-celés, et sous la protection dun nom glorieux, lobjection a lairde braver toute critique ultérieure (i). Cependant il est permis de discuter les raisons alléguées par le savant Oratorien. Il estbien vrai quà lépoque où nous plaçons saint Denys, lexpressiondont il sagit navait pas encore re~u du suffrage de lÉgliseentière une sorte de consécration; il est vrai aussi quelle ne futsolennellement accréditée et nentra dans le langage techniquede la théologie quen conséquence du concile dAlexandrie,célébré en 362 par les soins de saint Athanase. Néanmoins cenest pas là quelle paraU pour la première fois; et, pour nëtrepas dun fréquent usage chez les auteurs ecclésiastiquell, elle nelaissait pas dêtre connue et employée. Car le concile de Nicée,Bans vouloir alors fixer définitivement le sens de ce terme, seuétait servi pour désigner la personnalité, comme le démontresaint Basile (2). Quelque temps auparavant, le prédécesseurdAthanase, Alexandre, adressait à lévêque ~;) Constantinople,son homonyme, une lettre qui nous a été conservée par Théo-doret, et où il emploie le même mot pour exprimer la mêmepensée que notre auteur (3). De plus, dès lan 260, saint DenysdAlexandrie écrivait également quil y a en Dieu plûsieurshypostases (4). On p.ourrait ajouter que ce mot dhypostases setrouve dans lexemplaire grec de lépUre aux Hébreux, XlXPlXXt"ÎIPTijc )1tO~,:ti1EWC, que la Vulgate rend, il est vrai, par subs-tance (5), mais que des anciens traduisaient par personne (6). Dailleurs, il faut bien admettre que quelquun se servit lepremier de ce terme, et lui donna la valeur qui lui est restée.Pourquoi veut-on que le philosophe Denys nait pu le connaUreet lemployer au~~i bien que tout autre, même avant tout autre !Apparemment les apôtres savaient exactement le mystère dun (1)De Ordinal., part. Il, cap. 6. - (2) Epist. 125, apud colleet. lelect.Patrum, t. XLVI. - (3) Ad Alex.,Cr. apud collect. Patrum, t. XVIII. -(~) Apud collcet. concilior. Labbœi, t. I. - (5) Epist. ad "ehr., cap. J,3. - (6) Basil., Epist. 38, apud calleet. Patrum, t. XLV. Il
  30. 30. UVlll INTRODucnox Dieu en trois personnes; apparemment encore, ils lont fIdèle- ment transmis à leurs disciples: pourquoi ceux-ci, à leur tour, nauraient-ils pas exprimé avec justesse ce qui leur avait été expliqué avec précision,. ce quils croyaient avec amour? Et parce que saint Denys ne tint réellement aucun compte dune polémique qui nétait pas née, comment peut-on lui faire un reproche démettre en toute tranquillité dâme une expression dont le sens nétait point contesté l Au reste, je ne voudrais pas dire, dans toute la rigueur du mot, que les écrits de saint Denys nous soient venus sans la plus légère altération. Dabord, et indépendamment de toute mauvaise foi, le mode de reproduction des livres à. cette époque rendait moralement inévitables quelques omissions ou changements: ainsi, Corderius, un des meilleurs éditeurs de saint Denys, a signalé quinze cents variantes environ dans les dix exemplairesdifférents quil avait sous les yeux. Ensuite, le sentiment denotre auteur commandait le respect, soit à. raison de son anti- quité présumée, soit à cause de lélévation de ses doctrines : lafraude était donc utile. Une obscurité profonde avait enveloppéses œuvres dès lorigine: la fraude était donc facilement exécu-table. On conçoit donc que, dans lintérêt de lerreur, ou mêmede la vérité, des hommes aient pu méditer la falsification deces monuments, et y faire réellement quelques courtes inter-polations. Mais, f.. de ce que la chose est possible, on ne doit pas sehâter de conclure quelle existe; et 20, dune altération partielleà une supposition totale, il y a tout un monde quon ne renversepas dun trait de plume. Cest pourquoi il nest pas prouvé, etnous nadmettons pas quon ne puisse faire remonter jusquàsaint Denys lintroduction du mot hJPostase dans le langagethéologique. Ainsi, et pour résumer ce qui a cUé dit sur le style de saintDenys, ni les expressions quon a1l~e. ni quelques traits dungoût plus ou moins pur, ne détruisent les inductions légitimesque nous avons fondées sur le caractère général de sa manière
  31. 31. INTRODUCTION XXIX.~crire; et, de la sorte, une probahilit~ nouvelle confinne notre lentiment. ao Lauteur rappelle la part quil a prise à des événements ClOntemporains; il cite les hommes de son ~poque et les relations qui lattachaient à eux, tellement que cell indications sont en conformité parfaite avec ce que DOUS savons dailleurs de saint Denys lAréopagite. Ainsi il se nomme disciple de saint Paul (i): ce qui est faci· lement admissible, daprès ce quon lit dans les Actes des Apôtres (2). Il observa, dit-il (3), léclipse de soleil qui eut lieu l la mort du Sauveur: phénomène miraculeux dont nous troDlonsla preule dans le!! Évangilell (4), dans Phlégon, cité par Eusèbe (5), dam Eusèbe lui-même (6), et dans lhistorien Thallus, cit~ par Jules Africain (i). Il a!!sista au trépas de la Vierge Marie a-vec Pierre, Jacques, frère du Sei~neur, et Hiérothée, son maUreaprès saint Paul (il): ce quaucun fait ni aucun témoignage necontredit. Il mentionne lhospitalité quil trouva chez Carpus (9),Je même qui est cité par lApôtre (tO). Il rappelle que Timothéereçut avec lui les Je~ons Ile saint Paul (U) ; et que cest à laprière de cet ami quil composa les deux livres de la hiérarchieecclésiastique et des noms divins .(t2). Or, le premier fait aquelque rapport avec ce que les écrits inspirés nous apprenDlmtde Timothée; et, en soi, le second est parfaitement croyable. Il6erH au disciple bien-aimé, exiolé dans Pathmos (ta), à Tite,6Jèle de saint Paul (U), à Polycarpe, ~vêque de Smyrne (t5), àCaJus, dont il est question dans plusieurs endroits des saintesleLtres (t6), tous personnages êvidemment contemporains. Les (1) De Divin. nomin., cap. 3, 2. - (2) Act., cap. net 18. - (3) Epist.1, ad. Polycarp. - (4) Matth., 2, 45. - Marc., 15, 23. - Luc., 23, 44.- (5) ChrOD. ad ann. Domini 33. - (6) Ibidem. - (J Julii Alric.dlronog. - (8) De Divin. nom., cap. 3, 2. - (9) Epist" 3, 6. - (10) II,ad Timoth.,~, 13. - (U) De Divin. nom., c. ~. - (12) Ibid., cap. 2. -(13) Epist., 10. - (U) Epist., 9. - (15) Epist., 7. - (16) Act, Apost.,19, 29; 3 Joann.
  32. 32. xxx ISTRODUCTION témoignages divers quil invoque en ses œmres sont de même empruntés aux hommes de son temps : ainsi sappuie-t-il de Jautorité de saint Paul, de Hiérothée quon connait peu du reste (t), de saint Barthélemi (2), de saint Ignace (3), du philosophe Clément, soit quil désigne le platonicien AetiusClemens, à qui Pline-le-Jeune adresse une de ses lettres (4), soitquil désigne au contraire saint Clément Romain, troisièmepape (5). Enfin ce que dit lauteur du chant dans les églises (6)est une nouvelle preuve de sa haute antiquité; car on voit,daprès ce passage, quen ce temps nexistait pas encore lalter-nation des chœurs, qui cependant prit naissance à Antioche souslinspiration de saint Ignace, son contemporain, se répanditbientôt parmi" les chrétientés de lAsie occidentale, et fut univer-sellement adoptée sous Constantin (7). Si donc il en Caut croire Ja parole de notre écrivain, il ny &pas le moindre doute à conserver sur lauthenticité des œuvresque nous examinons. Si, au contraire, on veut les traiter commeapocryphes, il Caut alors opposer des raisons graves, irréfutablesà des assertions multiples et positives. Voyons C!e qui peut nousêtre objecté. Lauteur, dit-on, se trahit manifestement, lorsquil invoquenne tradition ancienne, cipxœ(œ ltœpciSocJLI; (8), et lautorité desaint Ignace (9); lorsquen parlant des morts (tO), il décrit desrites quon na jamais pratiqués dans lÉglise; lorsquailleurs (U)il cite une foule de oérémonies auxquelles il nest pas croyablequon se soit exercé dès le temps des apôtres, et quenfin ilraconte la conséoration des moines, qui nexistèrent que 1008-temps aprêslui (i2). (1) ln Oper. sancti Dionys., passim. - (li) De Mystic. Theol., cap. 1.- (3) De Divin. nom., cap. ,. - () Baron., Annal., ad ann. 109,DO 33. - (3) Pachymer., in paraphras. ad hune locum. (6) De Eccles.hiérarch., cap. 3. - (1) Gilb. Genehr. chronol., sec. 10. - (8) DeEccles. hierarcb., cap. 7. - (9) De Divin. nom., cap. ,. - (10) Ibidem.- (H) Passim. - (12) De Ecc!. hierarch., cap. 6.
  33. 33. INTRODUCTION XXXI Mais, to que saint Denys ait pu citer de~ tra.litinns, et que ce mot ne suppose pas nécessairement une suite ue ~énérations par lesquelles nous serait arrivée la vérité, cest ce quon doit con-tlure dun passage connu de saint Paul, qui bien quantérieur àsaint Denys, accuse pourtant lexistence des traditions (t). Assu-rément il ne faut pas attendre que les protestants applaudissentà notre déduction: chacun sait pourquoi. 01, celte tradition que saint D~nys Il trouvée sur son passage,pouvait-il" la nommer ancienne, IiPXat1at? Dabord ramené à sonradical, ce mot signifierait premier, primitif, originel. Or, quandun tp.rme est susceptible dune double entente, on doit se déciderpour celle qui saccorde avec les autres affirmations de lauteur,et ne pas lui supposer lenvie de se contredire. Comme donc,ainsi quon la vu plus haut, notre aréopagite indique en plu-sieurs endroits le temps précis où il a "écu, il est naturel deplier le mot ambigu à.pXattat au sens avéré de mots parfaitementclairs, et non pas de mépriser la netteté de ceux-ci au bénéficede lobscurité de celui-là. Puis, acceptons la traduction de nos adversaires: il sera tou-jours vrai que lancienneté est chose relati ve. Pour un hommedu temps présent, les anciens sont la génération qui disparaît,après nous avoir initiés à la vie, ou bien les générations desdivers siècles de notre monarchie, ou les écrivains des premierssiècles de lÉglise, ou même les auteurs païens, comme on vou-dra ou plutôt comme le fera comprendre celui qui parle. Si doncsaint Denys, qui ne mourut que vers làge de cent-dix ans,comme létablit Baronius (2), et qui put écrire à une époque assezavancée de sa vie, a nommé ancienne une tradition qui avaitcinquante ans, il sest servi dun terme que nous employonsvolontiers en des circonstances analogues, sans que personneDous reprenne. ûailleurs, si lon repousse lune et lautre de cell réponses, iltaut dire que, avec une grande élévation de génie, lauteur man- (t) II Thessal., 2, U. - (21 Ad ann, Domini 98 et 109.
  34. 34. INTR8DUf.TION quait de oon sens, et que sa sll@acité dans les discussions les plus épineuses na pu prévoir une contradiction que le plus épais Béotien e;1:t évitée lIanl! peine. Or, cette conséquence nest guèreplus spirituelle que le ~lit qU:On prétend. oensurer, et il ne meplaft pas de croire que le lecteur veuille ladmettre. Saint Deny",ou, si lon y tient, limpt)!lteur qui a pris le masque de ce nom,se montre assez habile logicien et raisonneur assez subtil pourquon avoue quil était capable de couvrir sa fraude dun prestigemoins facile à vaincre, et de ne pas la laisser ainsi percée à jour. 28 Saint Denys allègue ce passage de lépître de saint Ignaceaux Romains : Mon amour est crucifié, cl t(LOC ËplùC àGtl&upclluL.Lorsque saint Ignace écrivit ces lignes en lan tOS, Denys, silvivait encore, devait avoir cent ans. Or, on peut présumer quilnattendit pas ce grand Age pour composer ses traités et enparticulier celui c1es Noms divins: ce qui se traduit en certitudequand on songe que ce livre fut destiné à Timothée, qui mourutavant lan tOa, date de lépUre de saint Ignace aux Romains.Il y a donc ici un anachronisme qui compromet gravement lajustesse de notre sentiment sar lauthenticité des œuvres desaint Denys. A cette difficulté, les savants ont donné plusieurs solutions.Dabonl saint Denys survécut certainement à saint Ignace: celui-ci fut martyrisé la onzième année du règne de Trajan, la cent-dixième depu.is Jésus-Christ, comme on le Toit dans Baronius,qui cite Eusèbe et saint Jér6me (t); celui-là, la première annéedu règne dAdrien, la cent-vingtième de lère ehrétiennl., commeon peut le voir dans les divers martyrologes (2), dans les bio-graphes Suidas et Michel Syngel, et dans Baronius (3). Ainsi,admettant volontiers que saint Denys na point écrit les Nomsdivins depuis la mort de S8I1 ami, De pouv.ons-nous pas avancerdu moins quil a relu et retouché son œuvre, quil la complétée,éclaircie par quelques eh8.D6ements ou additions? Il est vrai (i) Baron., ad anD. Domini HO. - (2) Beda. ado. Notker. ad 3 octoh.- (3) Baron., ad anD. U19, nO 39 et seq.
  35. 35. lNTRODUGTION 1:1:111 que nous nous livrons ici a une pure supposition; mais nous SGOlmes déterminés à la faire par les plus nombreuses et les plul grafes raisons quon a vues dans le corps de la preuve, et on n8 pour la lejeter quun motif, cest quil sagit dune hypothèse. Ainsi, nous affirmons par suite de documents positifs, et on nie par suite dune lépuglllince préconçue, Il y a plus: nous poufons dire, démontrer même que le passage incriminé nest pas de saint Denys, mais de quelque copiste ou lecteur, dont lhonnête érudition aura gratifié de cette réminis- cence le texte original. En effet, ce témoignage ne vient pas nec bonheuI là. où il est; il sagissait, comme lauleur lannonee, de justifier par lautorité des Écritures lintroduction du mot amour, Ipwç, dans la théologie. Donc, tout argument basé sur la parole dun pur homme devenait inutile pour le moment, et même sor- tait de la question. Cest pourquoi on ne comprend pas que saint Denys place entre deux textes de lAncien Testament un texte emprunté à. saint Ignace. Cette intercalation et ce mélange dau- torités dinégale valeur ne sont ni rationnels ni conformes aux habitudes de notre écrifain. Au contraire, supprimez les lisnesqui font lobjet de la discussioll, la marche des preuves est régu- lière, et rauteUi reste parfaitement dans son sujet. Quon liseeffectivement les numéros H et suivants du chapitre IV des Nomsdifins, et lon se convaincra de la justesse de ces remarques. Seu-lement, pOUl prévenir toute instance sur cette matière, jobser-ferai que saint Dènys cite daprès la version des soixante-dix, etquici, comme ailleurl, il nomme théologiens nos écrivains sacrél. Ensuite lemprunt fait à laint Ignace na pas la valeur quonlui donne dans les œuvres de lAréopa«ite; et par suite, cest nonseulement un document mal à propos invoqué, mais cest bien uncontre-sens. Car il fallait établir que les auteurs inspirés prennentle mot amoul, iPIll;, dans une noble et pieuse acception. Or, dan:;lépître aux Romains, ce mot reçoit. précisément une significationopposée; cest ce qui résulte évidemment du passage entier. SaintIgnace oppose eotre eux lame)Ur de Jésus-Christ à lamour dumonde, rappelle quon doit lIIlCrifier celui-ci à celui-là, atteste
  36. 36. X1XIV INTRODUCTJO~ quil a le désir de soufflir pour Dieu, tellement que, si, plus tard, cédant à lamour des biens présents, il vlnait à demander la vie, on tienne compte, dit·i1, de sa lettre daujourdhui plutât que de sa parole dalors. Car, Il t lheure où je vous écris, jambitionne » de mourir. Mon amour est crucifié, et il ny a plus en moi de » feu pour les choses terrestres; mais une eau vive jaillit dans » mon cœur et me dit: Viens au Pére. Je ne me nourris donc pas » de périssables joies ni des voluptés de la vie, mais je soupire Il apris le pain de Dieu qui est la chair et le sang de Jésus- J) Christ Il (i). Il demeure évident par le contexte que, dans les paroles soulignées, amour signifie concupiscence. Cest ainsi, du reste, que lont compris les meilleurs bellénistes (2). 01, on ne saurait douter que saint Denys nait connu le vrai sens de saint Ignace. Donc il na pas pu songer à invoquer son autorité en celle rencontre; et si son livre se trouve enrichi de cetle citation malencontreuse, ce nest pas al lui sans doute quil faut limputer, Telle est la double solution par où Jon réfute péremptoirement, selon nous, la difficulté fondée sur le mot de saint Ignace. 30 Doit-on penser que toutes les cérémonies que décrit saint Denys aieot été en usage dés les premiers temps? Les courses laborieuses des apôtres et leur rapide séjour parmi les chrétientés naissantes pouvaient-ils permethe une aussi complète organisa- tion du culte divin If Et quand même ils eussent laissé aux églises un rituel si détaillé, est-il croyable quon leùt suhi ponctuel- lement sous lœil inquisiteur des païens et sous le glaive des persécutions? Car saint Denys cite une foule de pratiques tou- chant la célébration et ladministration des sacrements, et en particulier touchant le, devoirs funèbres rendus aux chrétiens (3). En premier lieu, il est facile denseigner et dapprendre enquelques courtes journées les rites sacrés dont saint Denys faitJex position. Effectivement, si du liVle de la hiérarchie ecclésias-tique on retranche les notions dogmatiques et les considérations (1) S. Ignat., Epis!. ad Rom., n 7. -()lI JO.DD.Brunner, apud Petr.Halloix. - (3) De Eccles. hier., passim.
  37. 37. INTRODUCTION xxxvpieuses, il restera tout au plus cinq ou six pages composantle rituel de notre auteur. Or, il y a plus que de linconvenanceà baser une objection sur lénorme amplitude de ces documents. Puis, quelque peu de temps que les destructeurs rapides dupaganisme aient dû meUre il fonder les divelSes Eglises dAsie,dAfrique el. dEurope, il faut cependant convenil quils ont établict réglé parmi les fidèles la forme du culte. public. Car quelleétait leur mission, sinon dapprendre aux Juifs et aux Gentils ladoctrine et la pratique des sacrements, par ou lon retoit. lonmaintient et lon recouvre la vie spirituelle, sinon dannonr.erle Vrai Dieu et la manière de ladorerf Il est donc impossiblequils naient pas laissé sur ce point capital des instructions posi-tives qui pouvaient, sans exagération, former la matière de sixpages. De plus, ce nest pas sérieusement sans doute quon cherr.hedans lidée de la pelSécution alors déchalnée le moyen daggravella difficulté. Personne nignore que les orages qui accueillirentle christianisme naissant nempêchèrent pas les fidèles de prieret de sacrifier en commun. Enhe autres pleuves de ce fait, nouspouvons r.iter la lettre de Pline-le-Jeune au persécuteur Trajan (i).Si donc lautorité publique connut ces réunions et les toléra, lesrites innocents du peuple chrétien purent sexécuter sans peine.Si au contraire elle ne les connut pas, il était toujours aussifacile de faire des génuRexions que dopérer des rassemblements6. son insu. Enfin, quand il serait impossible dexpliquer comment on eut,dès les premiers siècles, un cérémonial complet, i1i pourtant lefait est constaté, personne ne devra nous ·opposer une fin denon-recevoir. Or, lorigine reculée, lapostolicité de la liturgieest un point hors de toute controverse. Lobservation que nousne possédons aucun rituel rédigé par les apôtres ou leurs succel-Beurs, et quainsi ce quon sait aujourdhui des rites antiquesne nous vient que par tradition, ne fait difficulté que pour les (f) Annal. Baron.• ad ann. fOi.
  38. 38. DXYI INTRODUCTION protestants. Les catholiques savent et prouvent que la discipline du secret na pas permis aux docteurs des temps primitifs de nous laisser par écrit toutes les règles de la liturgie; ils savent et prouvent que la tradition est un moyen que Dieu daigne adopter, aussi bien que lécriture, pour nGUS faiIe parvenir ses volontés saintes. Cest pourquoi ils lisent sans étonnement dans saint Justin, TertullieJI, Origène, saint Cyrille de Jérusalem, saint Cyprien, saint Basile, saint Jean Chrysostome et saintAugustin les memes rites et les cérémonies que décrit saintDenys (i). Cest pourquoi ils acceptent et suivent volontiers cesdiverses pratiques, quoique fondées à lorigine sur un enseignementpurement traditionnel: • Quo (observationes) sine ullius seripturœD instrumenta, soHas traditionis titulo, exindè ccm.suetudinisD patrocinio vindicamus....• Harum et aliarum ejusmodi disripli-» narum si legem expoatules scripturarum, nullam invenies;» traditio tibi prœtendetur auctrix, consuetudo confirmatrix et• fides observatrix. Rationem traditioni, et consuetudini, et fidei• patrocinaturam aut ipse perspicies, aut ab aliquo, qui pel-• -spexerit, dices Il (!). El!. ce qui concerne spécialement les cérémonies usitées dansles funérailles, saint Denys a trouvé des contradicteurs quiestimeat que c"est auez bien prouver la supposition de !leslivres que daffirmer quils De croient pas à son récit. Je traduislibremeDt; mais voici le texte eatier : Dionysius trrat manifeste,quod dacet oleo defuncto8 perfun"dendos et ungendos (3). DesmGtifs de cette sentence, pas un mot. Dailleurs pourquoi lesvoulez-v0U8 savoirt Cest Seultet qui prononce. Quand lÉglise (f) Just.. Apolog. t. - Tertul., de Coron&, ne 3. - Origen., Bomil.n, in Numeros. - Cyril. Bieros., in prœfat. ad catech. et cateches,1 et seq. - Cyprian., Epist. 76, ad !Iagn. - Basil., de Spir. Sancto.- Chrysost., Bomil. Il, ad populo Antioch.; et H..mil. 6, ad Coloss.- Aug. lib. 1, de 8ymb., serm. 106. - (!) Tertul.. de COIonâ, n 3 et•. - Idem habet Basil., de Spirit. sancto, cap. !7. - (3) Scultetus apudP. Balloix, quœst. Za.
  39. 39. INTRODUCTION lLXS1IJ1 catholique parle. quon discute à fond sa décision, test un droitet un devoir; mais quand un protestant parle, allons donc! Pourtant on ne peut qUêtre édifié de ce que nous transmet saintDenys touchant les rites pratiqués envers les défunts. Ce quidéplaît au protestantisme, cest Jonction des cadavres, comme ilvient de nous le dire; cest surtout la prière pour les morts, commeil na pas voulu Javouer. Or il ny a rien en cela qui ne soit fait, ou même qui ne se fasse encore. Les Juifs avaient coutume doindre et dembaumer les morts,en quelques circonstances du moins (i) : quy a-t-il détonnant queles premiers chrétiens, Israélites convel·tis, aient gardé cettereligieuse pratique, et que les Genti:ls laient adoptée en embras-sant la foi~ Marie-Magdeleine est louée de lattention quelle eutdacheter des parfums et de venir embaumer le corps de Jésus.dont elle ignorait la résurrection (~): pourquoi les pieux fidèlesnauraient-ils pas continué envers les membres ce que la saintefemme &.fait fait pour le cher? Pourquoi naurait-on pas commisau prêtre, ou même à. lévêque. le loin mystérieux de verserlhuile sainte SUl les morts, dautant plus, comme lobserve saintDenys, que cette oJ!ction signifiait que le défunt était glorieu-sement sorti des combalB auxquels onlanit voué catéchumène (3)~ Quant à la prière pour les morts, nier quelle ait été en usagedès lorigine du christ.ianisme, cest abolh la valeur de tout témoi-gnage et introduire le scepticisme le plus complet dans lhistoire.Tous les controversistes catholiques depuis trois siècles ont tel-lement mil; ce fait en lumière- quil est inutile de sy arrêter ici.Nous dirons seulement que Tertullien.. saint Cyrille de Jérusalem.saint Chrysostowe. saio1 Augustin pensaient IUr ce point commeles catholiques dlU1jourdhui et comme lei contemporains desaint Denys lAréopagite- (4). (t) Lamy. Introl1. à rEcrit. sainte, ch. t7. - Fleury, Mœurs desIsraél., nO t9. - (~ Marc.• l6. t; Luc.• !!i, t. - Jean., iO, t. - (3) DeEl:cl. hier., cap. 7 part. m, ne- 8. - (41 Ter de Coron., cap. 3. - Cypr.,Epist.66. - Cyril. Hieros., catech. 5 MystaB. - Chrysost., in Epist. adPhilip. - August., Confessiones.
  40. 40. J.J.J.TlIl L."iTRODUCTIO:-i On ne voit donc pas bien comment les détails, peu compliquésdailleurs, dans lesquels entre le rituel de saint Denys, font échecil notre sentiment. 40 E.nlin Joseph Scaliger, avec une polilesse renforcée pour luiet un grand luxe dinjures pour ses antagonistes, se félicite davoit,découvert une pr~uve irréfutable de supposition dans ce quenotre auteur raconte de la consécration et de la vie des moines (1).Je ne veux pas rapporter les inconvenantes paroles dont le litté-rateur protestant a souillé sa plume.. Il parait que, dès ce temps-là, des hommes duIJ esprit même distingué prenaient de lâchesépithètes pour des arguments sans réplique, et, au nom de la tolé-rance philosophique, vous couvraient doutrages ou vous noir-cissaient de calomnies pour faire voir quils avaient raison. Je nereproduis que largumentation, en observant toutefois que plu-sieurs critiques, séduits sans doute par le nom du célèbre philo-logue, se sont rangés à son avis. Donc, daprès eux, ltHa!monastique ne fut institué que longtemps après saint UfnJs, parles Paul, les Antoine et les Pacôme; les cérémonies de la profes-sion et lhabit monacal ne sont mentionnés dans lhistoireecclésiastique quau cinquième siècle. Dl1i il suivrait que letraité de la hiérarchie ecclésiastique ne remonte qUà celteépoque (i). Sous une apparence peut-être spécieuse, cette objection cacheune faiblesse réelle. Pour en convaincre, nous remarquerons queles disciples des Antoine et des Pacôme, ou, si lon veut, lesmoines du cinquième siècle, se nommaient et devaient en effet senommer spécialement ermites, parce quils habitaient le désert,et cénobites, parce quils vhaient en commun. Or saint Denyssabstient précisément de désigner ainsi ceux dont il parle. Il lesappelle constamment moines et thérapeutes: et létymologie etlexplication quil donne de ces mots, si elles sappliquent avecjustesse aux ascètes des temps postérieurs, pouvaient très biencaractériser aussi quelques chrétiens de la primitive Êglise qui 1 De Eccl. hierar", cap. 6. - il (1 Scalig., EleDchus trihœres. Nic Serarii.
  41. 41. LiTRODUCTIOX XXXIX avaient embrassé un genre de vie pIns parfait. Car il enseigne que le nom de moines indique des hommes, non point ensevelis dans une solitude matérielle, mais sc créant au fond de lem conscience une SOlte disolement mystique et se dégageant autant que possible des soucis mondains pour sunir plus inti- mement à Dieu. Il enseigne encore que le nom de thérapeutes indique des hommes voués au culte spérial et au service plus purde la divinité. Or, que des néophytes généreux, dès loriginedu christianisme, aient fait profession publique de sc donner àDieu, et scellé leur plomesse pal une cérémonie religieuse,qui est-ce qui veut le nier~ Et que veut-on nier? Le droit ou le fail t llais dabord, quil soit possible. quil soit mème probable quelEglise naissante ait enfanté cie telles Ames, cest ce quon ne doitpas contester. Pourquoi les conseils de Jésus-Christ (i) et ùe saintPaul (i), touchant la pauvreté, la chasteté, la perfection, seraient-ilsdemelllés plus stériles que les autres oracles de lEvangile ~ Etpourquoi naurait-on pas compris et accepté cette vie intérieureet sans partage qui constitue proprement le moine, comme ditsaint Denys t Ensuite, que cette discipline salutaire ait été réel-lement suivie par des personnes de lun et de lautre sexe, cestce quinsinue le passage cité de saint Paul: cest ce que prouve cemot de saint Ignace dans sa leUre aux Philippiens: Je salue lecollège des vierges, Il y a plus: Philon nous a laissé un petittraité de la vie contemplative, où il décrit les mœurs dune classedhommes et de femmes qui sappliquaient à honorer Dieu parles pratiques dune religion plus soutenue. Sur quoi il fautobserver: io que ces vrais philosophes sont appelés thérapeutespar Philon, aussi bien que par saint Denys, et pour la mêmeraison (3); ~o quEusèbe et saint Jérôme croient que cétaient deschrétiens façonnés par saint Marc à cette exemplaire piété (.1). Ilest vrai que cette opinion na pas été partagée par le savant li) Malth., 19, !el. -12) 1 Cor., 7, 3!e. - 13) De ViLA eontempl. initio.- (i) Euseb., Hist., lib. II, cap. 17. - Hieron., de Script. eeel.
  42. 42. llL INTRODUCTION Valois (t): mais outre quEusèbe et saint Jérôme étaient plus près que lui des lieux et des événements, et quainsi leur témoi- gnage lemporte sur sa négation. ses preuves ne sont pas péremp- toires, et de judicieux critiques les ont rejetées (!). Quoi quil ensoit, si le paganisme ou le judaïsme a pu former des thérapeutes, pourquoi, dans sa fécondité divine, lEglille catholique naurait-ellepas produit un pareil miracle of Donc il a pu exister des moinesou thérapeutes à Athènes. comme dans les villes dÉgypte, etparce que Philon parle de ceux-ci sans quil cesse dappartenir aupremier siècle, saint Denys a le droit de parler de ceux-là sansquon laccuse davoir appartenu au cinquième siècle. La sagacité de Scaliger lui a donc fait défaut en cette rencontre.Même il sest inutilement mis en frais dérudition pour donnerde la yaleur à son argument, et ce lui fut une inspiration malheu-reuse de demander appui à Tertullien. Quand léloquent apolo-giste montre que ses frères ne sont pas misanthropes, inabor-dables, sauTages, comme on voudra, neque Imim (,umru) nlvicolœ,aut e,xules vitœ (3), cela prouye-t-il que nul dentre eux nétait,ne pouvait être célibataire ou retiré du tumulte des atrairespubliques! Comprendre ainsi serait élidemment dénaturer lapensée de Tertullien, qui voulait uniquement absoudre ses core-ligionnaires du reproche dêtre inutiles à la patrie. Dailleurssaint Basile sest exprimé quelque part (} dans les mêmes termesà peu prês que le docteur africain: qui est-ce qui igni)re, dit-il,que lhomme est un animal doux et sociable, et nOD point solitaireet sauvage! p.ovlInntDy oùll iya,ov If Pourtant, personne ne songeà dire quil ny eut pas de moine du temps de saint Basile, ancienmoine lui-même et préeepteW de momes. On a également tort de prétendre que la coupe des cheveux etla forme exceptionnelle de lhabit monacal désignaient les moinesaux fureurs de la persécution, et que la légitime appréhension de (i) In notis ad Hisl. Eeel. Eusebii. - (1) Baron., ad ann. lU. - Natal.Alex., Hisl. Eeel., sille. primo. - (3) Tertul., Apolog., n" U. -.1,) Regulœ fusiùs tract. ad interrog. 3.
  43. 43. INTRODUCTION oe danger devait empêcher lïntroduction de ces pratiques. Cest là créer des fantômrs pour se donner le plaisir de les combathe. Rien absolument de ce quaflhme saint Denys ne force à croire que lhabit donné aux moines dans la cérémonie de leur consé- cration eùt une forme inusitée, étrange, ni qu"i1s le dussent porter en publie et bors des cérémonies religieuses. Or. il faudrait que ces deux choses fussent démontrées pour quil existât unedifficulté réelle. Saint Denys ne parle pas Don plus de la tonsure telle quon la portée quand lEglise eut acquis une existence légalement reconnue; ce quil dit signifie simplement que le chré- tien déposait le luxe de sa chevelure mondaine et la réduisait aux proportions modestes que semble avoir conseillérs saintPaul (i). Cétait là, du reste, un usage ancien parmi qurlquesIerYiteurs de Dieu (:t), et plein de hautes instructions (3). Ainsi, les assertions de saint Denys sont expresses; elIrs setrouvent confirmées dailleurs klar des faits ou positivement avérésou facilement croyables. Les textes ambigus quon invoque contre nous peuvent recevoir une interprétation plausible, qui appuienotre opinion, ou du moins ne la ruine pas. Il résulte de là queles écrits attribués à Dotre Aréopagite ont un troisiéme caractéreintrinsèque dauthenticité. ~ En accusant de faux lauteur de ces livres, ils deviennenttotalement inexplicables, et la palole dun homme, en aucunecirconstance possible, ne sera une garantie de vérité. Nous lavons dit et prouvé plus haut: si lon ajoute foi auxparoles de notre écrivain, la date de son existence est nettementfixée, et nous sommes suffisamment éclairés sur loligine de sesouvrages. Il est contemporain des apôtres, disciple de saint Paul,ami de saint Jean. Il a vu les funérailles de la Vierge Marie; il aété en rapport avec de pieux et illustre. personnages. Or, cescitations sont-elles inexactes, oui ou non? Eh bien, non, cethomme nest pas, ne peut pas être un imposteur. Il) Cor., 11, i. - (2) Numer., 6, 1,1,. - 13) Dionys., de Eccles. hier.,cllop. 6.- Hieron., Epist, 8. ad salvia... -Isidor. Hispal., de Divin officiis.
  44. 44. :tUI INTRODUCTION En eiTet, à moins dèlle fou, on ne trompe pas sans motifs,Ensuite il ny a jamais motifs de fourbelie pour une âme honnHe et loyale. On ne se fait imposteur que par méchanceté ou par faiblesse: dans le premier cas, on veut le mal palle mal; dans le second, on emploie le mal comme moyen du bien. Mais lesesprits droits et les cœurs fermes vont au bien par le bien, cest-à·dire par la vérité. Or, il est absolument impossible dassigner un motif quelconqueà la fraude quon suppose en notre auteur, et il est facile deprouver que tous les motifs imaginables nauraient jamais vaincuen lui le lespect pour la justice et la vérité. Car que voulait-il en écrivant If Prétendait-il recommander defausses doctrines et chercher pour sa secte un glorieux et puis-sant patronage dans le nom de saint Denys If Alais ses livres lontpurs de toute erreur. Il sonde, dun sage et hardi regard, lesdogmes les plus redoutables, et pénètre les régions habitées parles anges. Nous lui dnonsdheureuses explications de quelquesoracles de nos Écritures et des aperçus profonds sur le sens cachédes sacrements. Il parle de Dieu, de sa nature, de ses attributsanc une élévation et une exactitude que peut-être aucun docteurnatteignit, car il surpasse, au dire de plusieurs, saint Grégoirede Nazianze et saint Augustin par la splendeur de sa doctrineet la majesté de son élocution. Les plus renommés théologiensont loué son orthodoxie irréprochable. Il ne fut donc pas prédi-cateur de lhérésie: cest un fait matériel dont tout le mondepeut se convaincre et que personne ne saurait nier. Il na doncpas écrit pour propager lerreur. Mais. soldat de la vérité, na-t-il pas voulu la servir par le men-songelf Nous répondons que les raits combattent cette suppositionet que la saine logique ne lautorise pas. En fait, comment les choses se sont-elles passéesf Qui est-cequi a produit cel livres au grand jour de la publicité If Ce ne sontpar les orthodoxes, mais bien les hér étiques sévériens (1). Si (Il Collat. catllol. curn Severianis, Mansi, t, VII[.
  45. 45. INTRODUCTiON IlUDdonc lauteur présumé se trouvait dans les rangs de ceux-ei, cestusez plaisant quil soit catholique sans le vouloir: imaginez-vousun homme de génie qui compose de luants traités pour déCendredes doctrines dont il finit par ne pas dire un mot f Si, au contraire,il se trouvait parmi ceux-là, ce nest pas moins étrange ClUil naitpas réclamé eontre lusurpation de lhérésie, et quil nait pasdénoncé il lindignation publique la Craude des sévériens : étrangeapotre, qui écrit laborieusement pour la défense de la vérité, etattend dun zèle impie la propagation de son œuvre. Mais veut-on répondre que les liues, devenus publics seu-lement en 5!3, existaient depuis longtemps déjà; que lauteursincèrement orthodoxe sétait enveloppé de mystère et avaithabilem-ent plaeé sa foi sous la garde dun nom révéré! Or, cestici que surgit réellement une forêt de telles invraisemblances quele plus intrépide contradicteur aura peine il les dévorer. Car dabord eomment cet homme qui, tout en dissimulant sapersonnalité, voulait cependant le triomphe de ses doetrines, neles a-t-il pas publiquement loutenues? LoccaiioD, certes, napas manqué depuis lan 300 jusquen 530; les hérésies dArius.de Macédonius, de Nestorius et dEutychès désolaient assezlÉglise pour quun zèle qui recourait il lignominie du mensongeessayAt de la lible vérité et dune discussion permise; sil sest,en effet, mêlé à la contloverse, comment na-t-il pas invoquélautorité de saint Denys quil venait dimaginer tout exprèst Silra invoquée, comment ne la-t-on tenue ni pour suspecte, ni pourvraie, ni pour fausse? Et si lon a exprimé un doute, une accep-tion ou un refus, comment se fait-il que personne nen aitjamais rien entendu dire t Dans notre opinion, lobscurité où Cutlaissé saint Denys se comprend sans peine; mais dans le senti-ment opposé, cest un mystère inexplicable. Quun homme confieà la discrétion sévère de ses amis des doctrines quil nest pasprudent de divulguer encore, et quainsi son œuvre subisse unsilence obligé, il ny a rien là qui étonne: mais quun hommebAlisse une Cable plécisément pour étayer sa foi religieuse, etquil ne lui vienne pas en esprit de sen servir à cet etret, voila ce

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