CHARTE FORESTIERE DU PAYS ADOUR LANDES OCEANES
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TABLE DES MATIERES 
INTRODUCTION .........................................................................................
D- Les politiques publiques en actions sur le territoire ....................................................................
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INTRODUCTION 
La réalisation d’une nouvelle Charte Forestière de Territoire a pour objectif de poursuivre la 
dynamique...
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-et Maa 
Messanges 
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-de-TYROSSE 
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Les secteurs les plus dynamiques (ceux qui recrutent) sont l’Hôtellerie- restauration - tourisme de loisir et 
animation, ...
Communes MACS en 2013 contre 65% pour les Landes et 46% pour l’Aquitaine) Ce chiffre 
atteint 85% si l’on ajoute les offre...
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D Un patrimoine naturel et culturel remarquable 
Le Pays est riche en espaces naturels remarquables dont certains sont ...
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E Un territoire en mutation 
1- Une explosion démographique et urbaine 
Le Pays Adour Landes Océanes est le territoire ...
L’ensemble des collectivités locales sont concernées à des degrés divers. L’augmentation de la population a 
été très impo...
vers l’Aquitaine. De Midi-Pyrénées et de Poitou-Charentes, viennent surtout des adultes de 30 à 59 ans et 
des jeunes. 
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l’habitat densifié qui s’accompagne, en général, de la recherche de nature, d’une augmentation de la 
fréquentation récréa...
augmentation mesurée avec 2,7%. Au total le Pays a perdu 3 368Ha de SAU entre 2000 et 
2010. et 4780Ha depuis 1988. 
- Le ...
- A l’inverse il est possible de boiser des terrains agricoles qui ne seraient plus utilisées en 
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II/ Présentation de la forêt du territoire 
A Historique de la forêt et de la filière bois sur le territoire 
L’histor...
Si le commerce est l’activité économique principale et caractéristique de ce territoire, il se développe 
également une in...
modèles et deux paysages se sont développés parallèlement sans plus se croiser depuis la fin de l’utilisation 
des bois de...
La répartition du territoire entre le GPF Sud Landes sur le massif Sud Landes et le GPF Sud Adour qui 
comprend les boisem...
Cette forêt, de par la vocation touristique et la progression démographique de la zone qu'elle occupe, est 
de plus en plu...
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 Le plateau landais 
L’Est des Communes de Soustons, Magescq, , Saint Vincent de Tyrosse, le nord des Communes de Sai...
La présence de chêne liège est un atout pour ce territoire aussi bien du point de vu de la diversité 
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l'on peut généralement classer "sols bruns" (acide, lessivé, calcique, …). L’engorgement des sols de la 
région est limita...
création d’une ASL sur le canton de Pouillon. Les propriétaires ont également souhaité un regroupement 
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 Une propriété majoritairement privée 
Part de surface 
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de milieux, on note des différences sociologiques entre les propriétaires du plateau landais, du Marensin et 
du Sud Adour...
Il existe une dépendance exclusive du revenu du propriétaire à la production de bois, là ou d’autres 
modèles économiques ...
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D Les gestions forestières pratiquées sur le territoire 
La gestion forestière pratiquée sur le territoire varie en fo...
forestière des propriétaires, la ressource reste en grande partie inexploitée et non ou mal entretenue. La 
forêt est viei...
La surface forestière au sud de l’Adour n’a que très peu évolué mais la tendance au boisement 
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E La forêt : un paramètre majeur en matière de gestion des risques sur le 
territoire 
En matière de gestion des risqu...
En ce qui concerne l’occurrence des feux de forêt sur le Pays Adour Landes Océanes, l’étude menée en 
2010 a permis de cal...
Si la carte précédente permet d’apprécier l’occurrence des feux de forêt, il convient de rappeler qu’il ne 
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Cartographie des enjeux sur le Pays Adour Landes Océanes37 
37 Extrait de la Carte issue du Rapport de Présentation de...
Le Pays Adour Landes Océanes est fortement concerné par le risque incendie de forêt. Les communes de 
Soustons et Seignoss...
Le Sud Adour est moins sensible, le nombre d’habitants y est moins important que sur le reste du 
territoire et les activi...
La surface moyenne brûlée n’a pas augmentée entre 2008 et 2010 sur le Pays Adour Landes Océanes 
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Détail des feux accidentels en pourcentage pour le Pays et le Département 
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2 Dégâts de gibier 
L’histoire des Landes montre à quel point la chasse a toujours reposé sur un équilibre subtil entr...
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  1. 1. CHARTE FORESTIERE DU PAYS ADOUR LANDES OCEANES
  2. 2. 1 TABLE DES MATIERES INTRODUCTION .................................................................................................................................. 1 DIAGNOSTIC ........................................................................................................................................ 2 Chapitre I Description des interactions entre filière bois, forêt et territoire. .............................................. 2 I/ Présentation du territoire .................................................................................................................. 2 A Présentation physique et administrative ......................................................................................... 2 B Une économie diversifiée .............................................................................................................. 2 C Un territoire inégalitaire ................................................................................................................ 3 D Un patrimoine naturel et culturel remarquable .............................................................................. 5 E Un territoire en mutation .............................................................................................................. 6 II/ Présentation de la forêt du territoire.............................................................................................. 12 A Historique de la forêt et de la filière bois sur le territoire ............................................................. 12 B Deux massifs forestiers ............................................................................................................... 14 C La propriété et les propriétaires forestiers ................................................................................... 20 D Les gestions forestières pratiquées sur le territoire ...................................................................... 25 E La forêt : un paramètre majeur en matière de gestion des risques sur le territoire ........................ 28 F La biodiversité Forestière : une richesse environnementale partiellement connue et insuffisamment mise en valeur ................................................................................................................................. 45 G Une forêt très fréquentée ............................................................................................................ 48 H La forêt image de marque du territoire ....................................................................................... 61 I La dynamique forestière face à l’urbanisation .............................................................................. 61 III/ Présentation de la filière bois du territoire ................................................................................... 64 A La filière forêt bois sur le territoire : un poids économique et social important ............................ 64 B Des entreprises interdépendantes ................................................................................................ 67 C Des bouleversements économiques en cours ............................................................................... 68 D De nombreux outils économiques à la disposition des entreprises .............................................. 71 E Des perspectives de consommation encourageantes .................................................................... 73 Chapitre II Analyse des interactions entre la forêt, la filière et territoire .................................................. 75 I. Atouts/faiblesses/opportunités/menaces de la filière bois, de la forêt et du territoire ................ 75 II. Les enjeux identifiés .................................................................................................................. 77 III. Les éléments à prendre en compte dans la construction de la stratégie de développement.......... 78 A- Les actions réalisées dans le cadre de la précédente charte forestière .......................................... 78 B- L’harmonisation avec le projet de territoire et les autres procédures portées par le Pays ............. 78 C- Les éléments prospectifs ............................................................................................................ 78
  3. 3. D- Les politiques publiques en actions sur le territoire .................................................................... 80 STRATEGIE LOCALE DE DEVELOPPEMENT FORESTIER ....................................................... 81 I. Les axes de travail retenus par les acteurs ................................................................................... 81 II. Objectif général de la Charte forestière : améliorer les relations entre la filière et le territoire ...... 83 III. Identification des axes de travail les plus efficaces ...................................................................... 83 IV. Identification des axes de travail les plus viables......................................................................... 86 V. Orientations stratégiques retenues ............................................................................................. 87 VI. Orientations stratégiques, programme d’actions planifié, moyens et indicateurs de suivi et de résultats .............................................................................................................................................. 88 VII. Liste des membres du comité de pilotage ................................................................................... 93 VIII. Liste des membres du comité technique..................................................................................... 94 IX. Liste des indicateurs d’évaluation du programme ....................................................................... 95 BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................................ 98 LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS ....................................................................................... 101 NOTE METHODOLOGIQUE ......................................................................................................... 103 LISTE DES PERSONNES RENCONTREES ................................................................................... 104 COMPTE RENDU DES REUNIONS ............................................................................................... 105 FICHES ACTIONS ............................................................................................................................. 106 2
  4. 4. 1 INTRODUCTION La réalisation d’une nouvelle Charte Forestière de Territoire a pour objectif de poursuivre la dynamique entreprise lors de la réalisation et la mise en oeuvre de la précédente Charte (Création d’un dialogue entre le territoire et la filière, création d’un espace ressource pour les EPCI, développement de la gestion forestière en Sud Adour, …), et de travailler sur de nouvelles problématiques complémentaires de celles traitées dans la précédente Charte. La Charte Forestière de Territoire doit être un outil de connaissance et d'aide à la décision, pour les élus, les propriétaires forestiers, les gestionnaires et services techniques, pour les entreprises, les habitants et les associations. Faire participer la population et l'ensemble des partenaires à la préparation des décisions relève d'une volonté politique affichée. L’animateur a surtout un rôle de médiation visant à pérenniser une forme de concertation efficace et à aider les institutions forestières, les acteurs privés et les collectivités à résoudre les problèmes posés à l’espace forestier. L'objectif n'est pas de réaliser, ou de valider, tel ou tel projet à priori mais de faire en sorte que la forêt soit prise en compte à travers toutes ses dimensions (privée, publique, économique, sociale et environnementale) dans les niveaux de décision et de réalisation sur le territoire intercommunal, en intégrant l'ensemble des acteurs concernés. Cette charte devra aboutir à une programmation pluriannuelle des actions à entreprendre, et servira alors de référence commune aux élus, aux gestionnaires forestiers, aux propriétaires, aux professionnels, aux habitants, et aux partenaires du territoire pour évaluer les politiques engagées ou y participer. Le document suivant se compose d’une première partie descriptive, composant le diagnostic, et d’une analyse explicitant les choix qui conduisent à l’élaboration des orientations stratégiques et du programme d’actions. Les comptes rendus des différentes réunions d’élaboration sont consultables en annexe de ce document.
  5. 5. Moliets- -et Maa Messanges SOUSTONS Saubion St-VINCENT- -de-TYROSSE St MARTIN- -de SEIGNANX Angoumé Tercis- -les-Bains Siest Heugas PEYREHORADE Téthieu Yzosse Candresse Narosse Saugnac- -et-cambran POUILLON DAX St-Jean- -de-Marsac Biarrotte St Laurent- -de-Gosse St-Geours- -de-Maremne Josse Ste Marie- -de-Gosse Rivière-Saas- -et-Gourby Saubusse Orist Pey St-Etienne- -d'Orthe Port-de -Lanne Orthevielle Hastingues Oeyregave Sorde- -l'Abbaye Labatut St-Cricq -du-gave Estibeaux Habas Ossages Le Pays Adour Landes Océanes : 75 Communes fédérées en 4 communautés de communes et une communauté d’agglomération. 2 DIAGNOSTIC Chapitre I Description des interactions entre filière bois, forêt et territoire. I/ Présentation du territoire A Présentation physique et administrative Localisation et présentation administrative Le Territoire du Pays Adour Landes Océanes, situé au Sud-Ouest du département des Landes, correspond aux 6 cantons de Dax Nord, Dax Sud, Orthe et Arrigan, Saint-Martin-de-Seignanx, Saint-Vincent-de- Tyrosse et Soustons, dont les 75 communes sont regroupées en Communautés de Communes, de Maremne-Adour-Côte-Sud, du Pays d’Orthe et de Pouillon, du Seignanx et en Communauté d’Agglomération du Grand Dax. Région Aquitaine Département des Landes Le Pays Adour Landes Océanes, couvre une superficie de 1489 km² soit 16% du Département. Il se caractérise par la présence de deux pôles urbains, celui sous influence de l’agglomération Bayonnaise et celui de Dax. B Une économie diversifiée Dynamique, le Pays Adour Landes Océanes est un territoire qui se différencie du nord des Landes par la diversité d’activités économiques qui le composent. Tilh Mouscardès Misson Cagnotte Gaas St_Lon-les- -Mines St-Martin- Bélus -de-Hinx Oereluy Seyresse St-Pandelon Mées St-Paul- -les-Dax Bénesse- -les-Dax Minbaste Cauneille Soorts- -Hossegor Angresse Tosse Seignosse Bénesse- -Maremne Saubrigues Orx Capbreton Labenne Ondres Tarnos Saint André- -de Seignanx Biaudos Saint Barthélemy Saint Vincent- -de Paul Herm Gourbera Magescq Vieux-Boucau Azur Pays ALO
  6. 6. Les secteurs les plus dynamiques (ceux qui recrutent) sont l’Hôtellerie- restauration - tourisme de loisir et animation, le commerce, vente et grande distribution, et dans une moindre mesure, les services à la personne et à la collectivité (13% des offre enregistrées en 2013) l’industrie (11%) et le secteur du transport et de la logistique (9%) A l’inverse les secteurs de la santé, de la banque, assurance et immobilier, de la communication, média et multimédia, le spectacle et les arts et façonnage d’ouvrage d’art sont les moins dynamique en 2013. Le secteur de l’agriculture, la pêche, les espaces naturels, espaces vert et soins aux animaux, recrutent très peu (2% des offres) ce qui représente tout de même 80 emplois sur la communauté de commune MACS.1 Répartition des établissements par secteurs d'activité sur le 19% 6% 12% 50% 13% PALO E agricoles E industriels E construction E comercerce, transport, servcice E adminsitration publique, enseignement, action sociale Source : Pays Adour Landes Océanes2 Le nombre d’actif ayant un emploi dans la zone est de 58 185 personnes, majoritairement des ouvriers (30%), des employés (25%) et des professions intermédiaire (24%). 3 C Un territoire inégalitaire Le Pays Adour Landes Océanes apparait comme un Pays riche et dynamique, pourtant cette vision cache de grosses disparités entre les Communes et entre les habitants. D’un point de vue social, le territoire concentre plusieurs difficultés : - Difficulté d’accès au logement généralisée sur le territoire, mais plus prégnant sur le littoral, en raison de l’importance des prix notamment des terrains, mais aussi des prix des locations.3 - Taux de chômage élevé, de 11.9% en 2010 selon l’INSEE (12.1% en France à la même période et 11.3% pour le Département) - 17% des emplois sont des emplois à temps partiel, ce taux atteint 30% chez les femmes. Les offres d’emploi sont surtout des offres d’emploi temporaire (76% des offre sur la communauté de 1 Pôle Emploi, Service Statistiques, Etudes, Evaluations et Investigations ; Repère et analyses, Direction Régionale Aquitaine, CDC Maremne Adour Côte-Sud Marché du Travail, septembre 2013 2 Graphique établi à partir des données locales INSEE disponible sur le site Internet : http://www.insee.fr/fr/bases-de-donnees/ default.asp?page=statistiques-locales.htm 3 Compter plus de 2000€/m2 pour un achat sur MACS et le Seignanx, aux alentours de 1500€/m2 sur Pays d’Orthe, Poullion et la CAGD. Pour la location, compter plus de 9.30€/m2 sur la côte et parfois jusqu’à plus de 10.90€/m2 en moyenne sur certaines communes. (13.08€/m2 à Capbreton par exemple) Pour comparaison le coût moyen d’une location d’appartement à Mont de Marsan est de 8.92€/m2 et de 9.67€/m2 à Mimizan. http://www.lacoteimmo.com
  7. 7. Communes MACS en 2013 contre 65% pour les Landes et 46% pour l’Aquitaine) Ce chiffre atteint 85% si l’on ajoute les offres d’emploi occasionnelles (moins d’un mois)4 - 9.3% des emplois des hommes sont des emplois précaires5, cette part est de 14.4% pour les revenu médian moyenne PALO Moyenne landes moyenne France 4 femmes. - On observe de fortes inégalités sociales à l’intérieur du territoire. L’écart entre les 10% des revenus les plus faibles et les 10% des revenus les plus élevés sur le territoire dépassant les 4500€.6 Ces inégalités tendraient à se renforcer. - On observe également une spatialisation des inégalités sociales. L’indice d’inégalité le plus fort étant mesuré à Dax, Soorts-Hossegor, Capbreton et Seignosse.7 Dax étant également l’une des communes où le revenu médian est le plus faible. - Le territoire est très inégal en ce qui concerne les revenus médian. De plus de 2000€ sur Soorts- Hossegor, le revenu mensuel net moyen est seulement de 1200€ à Pey. Visualisation des disparités des revenus médians par communes SaubrigTuaersnos Ondres 2000 1800 1600 1400 1200 Dax AngCoaunmdéresse Herm Narrosse Oeyreluy Gourbera Saint-Pandelon Saint-Paul-lès-Dax Saint-Vincent-de-Paul Yzosse Azur Bénesse-Maremne Capbreton Josse Labenne Magescq Messanges Moliets-et-Maa Sainte-Marie-de-Gosse Saint-Geours-de-Maremne Saint-Jean-de-Marsacq Saint-Martin-de-Hinx SauSbaioinnt-Vincent-de-Tyrosse Saubusse Saint-Martin-de-Seignanx Saint-Barthélemy Tilh Pouillon Mimbaste Habas Gaas Saint-Lon-les-Mines Saint-Étienne-d'Orthe Saint-Cricq-du-Gave Port-de-Lanne Peyrehorade Pey Orthevielle Orist Cauneille Biarrotte Bélus Vieux-Boucau-les-Bains SoorStos-uHsotosnsesgor Tosse Seignosse 4 Pôle emploi Aquitaine, Service Statistique, Etude, Evaluations et Investigations, CDC Maremne Adour Côte Sud Marché du travail, septembre 2013, p 14 5 CDD, Intérim, emplois aidés 6 Insee données 2011 - © Compas 2013 7 Insee données 2011 - © Compas 2013 L’indice d’inégalité n’est disponible que pour les communes suivantes : Dax, Narrosse, Saint-Paul-lès-Dax, Saint-Vincent-de-Paul, Bénesse-Maremne, Capbreton, Labenne, Saint-Geours-de-Maremne, Saint-Vincent-de- Tyrosse, Seignosse, Soorts-Hossegor, Soustons, Tosse, Peyrehorade, Pouillon, Saint-Martin-de-Seignanx, Tarnos, Ondres
  8. 8. 5 D Un patrimoine naturel et culturel remarquable Le Pays est riche en espaces naturels remarquables dont certains sont classés en réserves naturelles : le Courant d’Huchet, l’Etang Noir et le Marais d’Orx. Un classement en réserve naturelle est à l’étude pour les carrières de Tercis. Certains sites non classés n’en sont pas moins remarquables : la grotte aux fées de Saint Cricq du Gave, l’arrière dune, les nombreux lacs, les Luys, la vallée du Gave, sans parler de l’Adour qui a contribué à dessiner le territoire que nous connaissons actuellement. La forêt, les milieux naturels et l’agriculture jouent dans leur ensemble, un rôle primordial dans la constitution des paysages extraordinaires dont nous disposons aujourd’hui. 13% du territoire est classé en zone Natura 2000 au titre de la Directive Habitat et de la Directive Oiseaux. Nous citerons par exemple l’Adour, les Barthes de l’Adour et du Luy, les Tourbières de Mées,… Au-delà des lieux remarquables par leur beauté, leur richesse ou encore leur intérêt environnemental, le Pays s’identifie surtout par la diversité de ses paysages qu’ils soient naturels, agricoles ou forestiers. En effet, le territoire se compose d’une mosaïque de paysages, allant de la dune à l’ouest, aux coteaux agricoles de Chalosse à l’est. Au nord, on retrouve un territoire où domine la forêt entrecoupée de champs de maïs. Le Sud est un territoire dominé par l’agriculture où l’on retrouve surtout des Kiwis et des élevages. Cette mosaïque est complétée par la présence de l’Océan, de l’Adour, des Gaves, des lacs et marais, qui ont valu à ce territoire son nom de « Pays des eaux mêlées ». Le Pays bénéficie également d’un patrimoine culturel très intéressant, au travers des sites majeurs comme l’Abbaye d’Arthous et l’Abbaye de Sorde mais également dans son réseaux de petits patrimoines bâtits (lavoirs, fontaines, églises fortifiées…) Son patrimoine immatériel y est très vivant et en évolution, s’enrichissant des apports des nouvelles générations. (Musique traditionnelle, festivals…)
  9. 9. 6 E Un territoire en mutation 1- Une explosion démographique et urbaine Le Pays Adour Landes Océanes est le territoire le plus dynamique des Landes et le second en Aquitaine après le Bassin d’Arcachon. Ceci se traduit par : - 163 739 habitants (en 2010) soit 41% de la population du Département. - 50% de l’artisanat du Département. - 40% de l’industrie du Département. - 1er pôle thermal de France en nombre de curistes sur Dax et Saint Paul les Dax - 56% des capacités d’hébergement touristique du Département auxquelles il faut ajouter 23 593 Résidences secondaire (70% des capacités du Département). - Plus de 50% de la capacité touristique du territoire, 212 516 lits en 2010 dont 109 111 en hébergement non marchand soit 51.3%  Le fait le plus marquant est l’évolution démographique. Evolution de la populaltion du Pays Adour Landes Océanes 92405 100157 108007 117205 129579 156624 163739 200000 150000 100000 50000 0 1968 1975 1982 1990 1999 2009 2010 On observe une augmentation de la population de 44% entre 1968 et 2010 et 21% entre 1999 et 2010. Ce qui, concrètement, signifie que la population du territoire a quasiment été multipliée par deux en 40 ans. 71 334 personnes se sont installées sur le territoire depuis 1969 dont 34 160 depuis 1999.
  10. 10. L’ensemble des collectivités locales sont concernées à des degrés divers. L’augmentation de la population a été très importante depuis 1969 sur la Communauté de Communes du Seignanx, La Communauté de Communes MACS et dans une moindre mesure sur la Communauté d’Agglomération du Grand Dax. Si la dynamique reste stable pour MACS et pour Grand Dax, on observe un ralentissement conséquent de l’augmentation de population sur le Seignanx (15 point d’écart entre l’augmentation de la population de 1968- 1999 et 1999- 2010. L’augmentation est plus récente sur le Pays d’Orthe et la Communauté de Communes de Pouillon. 7 Evolution de la population du Pays Adour Landes Océanes par EPCI 180000 160000 140000 120000 100000 80000 60000 40000 20000 0 1968 1975 1982 1990 1999 2009 2010 TOTAL SEIGNANX TOTAL POUILLON TOTAL PAYS D'ORTHE TOTAL MACS TOTAL GRAND DAX Si l’on voit toujours se dessiner une « banane » grise entre l’agglomération bayonnaise et l’agglomération dacquoise, du fait de l’importance de la population en valeur absolue. On constate que l’installation des nouveaux habitants sur le territoire se fait désormais sur l’ensemble des EPCIs, les territoires les plus attractifs ces dernières années étant MACS et Pays d’Orthe. Ce phénomène renforce la « rurbanisation »8 du territoire et les problématiques qui y sont associés.  D’où viennent les migrants ? Il n’existe pas d’étude à l’échelle du Pays sur l’origine de ces migrations. Toutefois des données existent à une échelle régionale ou sur des territoires porches. Ainsi, l’INSEE a réalisé une étude au niveau de l’Aquitaine9 : les nouveaux aquitains viennent le plus souvent d’Île-de-France (environ 30 % des entrées), de Midi-Pyrénées (12 %) et de Poitou-Charentes (8 %). Des personnes qui résidaient en Provence - Alpes - Côte d’Azur ou en région Centre se sont installées récemment en Aquitaine, de l’ordre de 13 000 par an pour chacune de ces deux régions. Venant d’Île-de-France, s’installent presque autant de personnes âgées de 60 ans, au moins, que de jeunes. Les franciliens en âge de travailler (30 à 59 ans) sont trois fois plus nombreux que les jeunes à déménager 8 Le mot « rurbanisation » est un néologisme utilisé pour la première fois en 1976 par G. Bauer et J-M Roux dans La rurbanisation ou la ville éparpillée. Ils la définissent comme « l’extension disséminée de nos villes dans les espaces ruraux qui les entourent ». Selon les deux auteurs, devient « rurbain » une « zone rurale proche d’un centre urbain et subissant l’apport résidentiel d’une population nouvelle, le plus souvent urbaine, zone caractérisée par la subsistance d’un espace non urbanisé très largement dominant ». Cette définition a connu de nombreuses évolutions dans la littérature. Nous retiendrons pour notre part une approche géographique et sociologique : la rurbanisation s’entendant à la fois d’un développement des constructions d’habitat et de service dans un espace rural, sans que ce développement ne s’organise autour d’un centre urbain, et de la modification des habitudes de vie des habitants de cette zone, auparavant rurale, vers des modes de consommation, des attentent de service, et une conception culturelle de l’espace similaire à celle de personne vivant en ville. 9 INSEE, L’Aquitaine au troisième rang des territoires de migration, population enquête de recensement, N.GUICHARD, janvier 2007
  11. 11. vers l’Aquitaine. De Midi-Pyrénées et de Poitou-Charentes, viennent surtout des adultes de 30 à 59 ans et des jeunes. Le Pays des Landes de Gascogne a réalisé une enquête en 2007 sur les nouveaux arrivants.10 Dont il ressort que : - la grande majorité des nouveaux habitants vivaient en milieux urbain - Le premier critère d’installation en milieu rural reste indéniablement le désir et la recherche d’une autre qualité de vie. Il s’agit en effet de la motivation prioritaire pour 77% des nouveaux arrivants interrogés. Néanmoins, d’autres facteurs se combinent pour expliquer la décision de quitter la ville pour la campagne : - la possibilité d’achat d’une maison ou l’accessibilité du foncier en milieu rural pour 59% des 8 répondants ; - le critère géographique et l’attrait du Sud pour 31,4% des nouveaux arrivants interrogés ; - le fait d’être natifs de la région et de vouloir se rapprocher de sa famille pour 30,5% des nouveaux habitants ; - dans une moindre mesure, l’identité, les valeurs et l’histoire du territoire motivent plus de 16% des nouveaux habitants. Enfin, le travail mené dans le cadre du SCOT de Bayonne laisse apparaitre que 17 % des nouveaux habitants viennent d’Ile de France ; 16 % des territoires voisins, 56 % du reste du territoire national. Les nouveaux arrivants sont en majorité des jeunes couples et des familles d’actifs  Une modification du type d’habitat L’habitat typique du territoire est une maison individuelle avec jardin, l’habitat est peu dense. La dynamique démographique actuelle ne permet plus d’appliquer ce modèle sans une consommation irraisonnée des espaces naturels, forestiers et agricoles. Par exemple, 9446 logements ont été construits sur le Grand Dax depuis 1990.11 L’habitat pavillonnaire est celui qui consomme le plus d’espace, il est responsable de 80% des espaces artificialisés depuis 1990 sur la CAGD. Si le développement de l’habitat se fait par rayonnement sur le Grand Dax il est en revanche beaucoup plus diffus sur Macs, le Seignanx et Pays d’Orthe où l’on voit se développer une organisation de l’espace polycentrique qui contribue au mitage de l’espace rural. Le SCOT de MACS fait référence à la construction d’un peu plus de 700 logements par an d’ici 2030 pour atteindre 24 000 logements construits. Les préconisations des SCOT des EPCI où la croissance démographique est la plus forte sont de densifier l’habitat en favorisant le développement de l’habitat intermédiaire12, et d’encourager la réhabilitation des logements privés pour le Grand Dax. Depuis 1990 le parc de logements collectifs à augmenter sur le Grand Dax de 29 à 44%. Au-delà des documents d’objectif, on voit se développer l’habitat collectif sur le territoire. Les données des logements commencés sur le territoire entre le 1er janvier 2010 et octobre 201213 montrent que si 40% des logements sont des logements individuels purs, 13% sont des logements individuels groupés et, surtout, 40% sont des logements collectifs et 7% des résidences. Il y a un véritable mouvement vers 10 M. MAUVOISIN, L’accueil de nouvelles populations dans le Pays des Landes de Gascogne : « un enjeu pour le développement local » 11 Rapport de Présentation du SCOT du Grand Dax, P41 12 Il s’agit d’un groupement de logements superposés sous imbriqués avec des caractéristiques proches de l’habitat individuel (accès et espace extérieur privatif, avec des espaces mutualisés de stationnement 13 MEEDDM, CGDD, SOeS, Sit@del2, Logements commences par type et par Commune entre 2010 et 2012.
  12. 12. l’habitat densifié qui s’accompagne, en général, de la recherche de nature, d’une augmentation de la fréquentation récréative des espaces ruraux. 9 2- Un monde agricole en déclin Dans un diagnostic sur la forêt il est indispensable d’aborder les thématiques d’aménagement du territoire et dans ce cadre il est nécessaire de traiter de l’agriculture. L’agriculture, avec la forêt concoure à équilibrer l'espace, à structurer les paysages, …, elle détermine la qualité de vie et donc l’attractivité d’un territoire. Elle concoure également au développement économique, à l’emploi et la qualité des productions influe directement sur le développement local et durable du territoire. La forêt et l’agriculture concernent à elles deux 77 % de l’utilisation de l’espace sur le Pays ALO. Engager une réflexion sur la forêt sans tenir compte de l’agriculture n’est pas envisageable du fait de leurs interactions de plus en plus fortes. Dans un contexte de diminution de l’activité agricole et de concentration des exploitations, le devenir des terres agricoles « abandonnées » se pose face à une pression foncière conséquente et qui se diffuse sur tout le territoire. L’agriculture présente sur le territoire du Pays a connu une forte mutation, notamment des exploitations : de moins en moins d’agriculteurs, des chefs d’exploitation de plus en plus âgés sur des surfaces de plus en plus grandes. Elle continue à jouer cependant un rôle environnemental et paysager fort. La qualité et la spécificité de ses productions sont des points forts pour le territoire, pour son image et son développement économique. 79 % des exploitations agricoles sont individuelles et beaucoup sont à orientation polyculture-élevage. La culture prédominante reste le maïs (fourrager ou grain) qui occupe 2/3 de la SAU totale du territoire. Les sols sableux sont aussi favorables aux cultures légumières comme les asperges qui occupent une place importante et en progression. Le kiwi, bénéficiant d’un label, est aussi très présent sur le canton de Peyrehorade. Les productions animales sont représentées par l’élevage bovin (viande : 25% des exploitations, lait : 15% des exploitations) et l’aviculture (dont 2 exploitations sur 3 élèvent des volailles de chair et 1 sur 3 des volailles grasses). L’importance de l’agriculture est inverse à celle de la forêt. Les cantons les moins forestiers comme Pouillon et Peyrehorade sont très agricoles alors que les cantons de Soustons et Dax Nord, plus boisées sont ceux qui ont le moins de SAU. Quelques chiffres issus du Diagnostic agricole 2010 : - Le Pays compte 1572 exploitations agricoles - La dynamique agricole sur le territoire montre une augmentation de la SAU moyenne par exploitation de 39,11%, généralisée sur le territoire mais plus prégnante sur Dax Nord. Elle est supérieur à la dynamique départementale qui est de 28,3%. La tendance est à la concentration des exploitations, la part des moyennes et grandes exploitations a augmenté de 8,25% en 10 ans contre 5% pour le département. Cette augmentation est particulièrement présente sur Dax Nord et, dans une moindre mesure, sur le canton de Tyrosse. En revanche il y a un recul des grandes exploitations sur Pouillon, leur part a diminué de 2 points entre 2000 et 2010. - La SAU totale diminue de 12%, de façon bien plus importante que les moyennes nationales à 3,2% et départementales (recul de 4,9%). Seul le canton de Peyrehorade connait une
  13. 13. augmentation mesurée avec 2,7%. Au total le Pays a perdu 3 368Ha de SAU entre 2000 et 2010. et 4780Ha depuis 1988. - Le nombre d'exploitation à fortement chuté en 10 ans. 646 exploitations ont disparu soit 29% des exploitations recensées en 2000 Cette diminution est supérieur à la moyenne nationale et départementale qui est de 26%. Elle est générale sur tout le territoire avec une prédominance sur Dax Nord. Depuis 1988 se sont 44% des exploitations qui ont fermé. - La PBS14 par exploitation a augmenté de 36,61% entre 2000 et 2010 (contre 46,5% pour le département) mais la PBS totale du territoire a diminué de 12,4% dans le même temps. Au contraire la PBS totale du département a augmenté de 8,6%, L'augmentation de la production, liée à l'augmentation de la taille des exploitations, ne suffit pas à combler la perte d'exploitation liée à la diminution du nombre d'exploitation. On recense une perte de production de 5,5 millions d’euros entre 2000 et 2010 sur le territoire. Ce phénomène est plus prégnant sur le territoire que la moyenne nationale (28,8% d'augmentation de la PBS moyenne et 5,1% de diminution de la PBS totale.) Les cantons de Saint Vincent de Tyrosse et de Peyrheorade se démarquent avec une évolution positive de leur PBS totale respective de 11,5 et 7,8%, Saint Martin de Seignanx et Dax Sud sont les territoires qui perdent le plus de production totale. - La part des chefs d'exploitation et co-exploitants qui ont moins de 40 ans est de 14%. La population agricole est vieillissante, et on estime à plus de 48% les exploitations qui n'ont pas de successeurs connu sur le Pays. La situation est particulièrement préoccupante sur la CAGD et le Seignanx. La comparaison avec les chiffres de l’évolution des surfaces permet de mettre en évidence certains points : - L’agriculture et la sylviculture ont une tendance générale à perdre des terrains, cependant, ceci est plus marqué pour l’agriculture, en effet, des cantons comme Dax Sud voient leur surface forestière augmenter tandis que la SAU diminue. - Les espaces agricoles font face à deux problèmes : une pression urbaine et une déprise agricole. Les cantons qui ont connus la plus forte diminution de la SAU sont les cantons où la pression urbaine est la plus forte, Saint martin de Seignanx (11% de perte de SAU entre 2000 et 2010) et Dax Nord (9% de perte de SAU entre 2000 et 2010) d’une part ; et, d’autre part, le canton de Pouillon où cette pression est la plus faible mais où la déprise agricole est la plus importante. Ces chiffres peuvent faire penser que l’espace agricole va diminuer au profit de boisements naturels ou artificiels sur le canton de Pouillon. Il est également important de souligner les interactions qui peuvent exister entre agriculture et forêt : -l’exploitation de bois de chauffage peut être un complément de revenu pour les agriculteurs. Ils peuvent en effet intervenir en forêt sans perdre leur statut agricole, sans comptabilité distincte ni démarches administratives spécifiques, à condition que cette activité ne dépasse pas 50 000€ par an et 30% de leur Chiffre d’affaire annuel. 10 - les terrains improductifs peuvent être utilisés pour le bois énergie : TCR et TTCR - Il est possible de défricher des terrains forestiers sous certaine condition, pour installer une terre agricole. (avec compensation) 14 PBS: Production Brute Standard : la valeur de la production potentielle par hectare ou par tête d'animal présent hors toute aide. Ils sont exprimés en euros. Leur valeur est régionalisée lorsque cette régionalisation a un sens.
  14. 14. - A l’inverse il est possible de boiser des terrains agricoles qui ne seraient plus utilisées en 11 agriculture. Ce phénomène s’observe surtout au Sud Adour notamment sur le canton de Pouillon. Il est enfin, important de noter les possibilités d’agroforesterie : L’agroforesterie désigne l’association d’arbres et de cultures ou d’animaux sur une même parcelle agricole, en bordure ou en plein champ. (Association Française d’agroforesterie). Elle existe déjà pour certaine culture : élevage de poulet fermier, canard. Cependant ces exemples restent anecdotiques et pourraient se développer. Le développement de l’agroforesterie correspond à une volonté politique européenne et nationale. C’est une solution intéressante en matière de biodiversité, qui permet de limiter l’érosion des terrains pentus et qui agit sur la qualité des eaux en profondeur. Depuis 2006, les parcelles agroforestières de moins de 200 arbres/ha sont reconnues comme des parcelles agricoles, bénéficiant ainsi de l’éligibilité aux aides PAC. Elles relèvent de ce fait du régime foncier et fiscal agricole. Les activités humaines ont contribué à dessiner le paysage et continuent à le façonner avec le développement récent de l’urbanisation. Nous parlerons plus volontiers pour ce territoire de « rurbanisation ». Ce phénomène conduit aujourd’hui à l’apparition d’un polycentrisme et d’un investissement de l’espace rural par l’espace urbain. Ceci s’observe surtout au nord et à l’est de l’agglomération bayonnaise, le long de la côte jusqu’à Soustons et entre la zone côtière et l’agglomération dacquoise, dessinant ainsi une sorte de « banane rurbaine ». Toutefois, la pression démographique si elle est la plus forte dans cette zone, tend à se diffuser sur l’ensemble du territoire. Ces principales caractéristiques se traduisent par quatre grands enjeux pour le territoire, qui sont : - La croissance démographique et la gestion de ses corollaires. - La préservation de l’espace et des ressources naturelles - Le développement économique et l’emploi - Le maintien de l’identité territoriale, de la culture locale La filière bois et la forêt sont nécessairement impactées par ces changements. Comment transformer cette réalité en atout pour la filière bois ? Quel rôle pour la forêt dans cette attractivité territoriale ? Comment la préservée, quelle forme peut- elle avoir ?
  15. 15. 12 II/ Présentation de la forêt du territoire A Historique de la forêt et de la filière bois sur le territoire L’historique des peuplements forestiers présents sur le territoire du Pays est utile dans la mesure où la compréhension de l’évolution de ces milieux et de leur utilisation nous permet de mieux comprendre les spécificités locales et problématiques actuelles qu’ils connaissent. La première chose à relever est que la forêt est très ancienne sur le territoire, notamment en « Nord Adour ». La forêt a remplacé la steppe à la fin de la dernière glaciation (Würm, 18 000 ans avJC). Par la suite, les Romains ont laissé des témoignages relatant de la présence d’une luxuriante forêt, qu’ils exploitaient notamment dès le Ier siècle pour la production de poix15. Suite à une série d’accidents climatiques, dont une modification du régime d’écoulement des eaux du réseau hydrographique du plateau landais, la forêt va dépérir sur une grande partie des Landes. Cependant, cette disparition ne concernait pas les zones ou la forêt n’était pas inondée par la stagnation des eaux. Ainsi, le Marensin, la Maremne et le Seignanx conservèrent leur forêt originelle. La présence du gemmage16 et de l’utilisation du liège y est avérée au Moyen Age central (du Xe au XIIIe siècles) et au Bas Moyen Age (XIVe – XVe siècle). Cette forêt est réglementée dans le Marensin où certains peuplements sont mis en défens pour permettre leur régénération. Dans le Seignanx, la Maremne et les Pays de Gosse et de Sorde, le pâturage est libre, ce qui conduit à limiter la régénération naturelle par semis et rejets. Cependant, le système agro-sylvo-pastoral est globalement équilibré, chacun y retrouvant son compte grâce notamment à une législation précoce au travers la coutume d’Acqs. La fixation des dunes a également permis la conservation de la forêt originelle, appelée par la suite à se développer. La forêt constitue alors un enjeu fondamental pour l’économie domestique ; elle fournit le bois de chauffage nécessaire pour la cuisson des aliments par exemple, de même que le bois pour les constructions. L’étude menée sur les forêts d’Orthe17 révèle que le bois n’est pas le seul élément utilisé ; on récolte également le « soustre », sous-bois composé de bruyères, fougères, genêts et ajoncs. Il sert à confectionner la litière des animaux de la ferme et entre, par la suite, dans la composition du fumier répandu dans les champs au moment du labour. De même, les Lettres patentes de Louis XII, écrites en 1511 et relatives aux marchandises de Capbreton18, mentionnent la gemme, la résine et le liège, toutes productions alors commercialisées. Très tôt, la forêt est devenue un enjeu économique pour le territoire. Ce dernier est avant tout une terre de commerce, d’échange, incontournable du fait de la présence de l’Adour, des Gaves et du port de Bayonne. Cette position favorable contribua au développement de l’économie forestière marchande et bouleversa les usages traditionnels. Ainsi, les habitants ne pouvaient plus user des leurs bois librement. D’abord utilisés pour les besoin de la marine puis de l’industrie de la chimie, les godrons, poix, gemme sont acheminés au port de Bayonne via l’Adour après avoir été vendus au marché du Sablar à Dax, de Peyrehorade ou encore de Saubusse. Les bois de marine sont, quant à, eux acheminés depuis Peyrehorade. Il existe peu d’étude sur l’historique des forêts du Sud Adour mais les écrits font état de la présence de chênes, de châtaigner et de frênes. Il est probable que les bois de marine vendus au marché de Peyrehorade et acheminés jusqu’à Bayonne proviennent des forêts voisines. L’ordonnance de Colbert sur le « Fait des eaux et forêts » de 1669, en affirmant les privilèges de la Marine, prescrivait des modalités de gestion de ces forêts de chênes, réglementant et limitant l’utilisation par la population des qualités de bois susceptibles d’intéresser les arsenaux royaux. 15 Jacques Sargos, Histoire de la forêt Landaise, L'Horizon chimérique, Bordeaux, 1997, p. 111 16 Ibid 17 Centre culturel du Pays d’Orthe, La forêt en Orthe, http://www.centrecultureldupaysdorthe.com 18 Jacques Sargos, Histoire de la forêt Landaise, L'Horizon chimérique, Bordeaux, 1997, p. 124.
  16. 16. Si le commerce est l’activité économique principale et caractéristique de ce territoire, il se développe également une industrie de production dès le XIXe siècle : sabotier à Peyrehorade, liège dans le Sud Landes notamment autour de Tosse, Soustons et Vieux Boucau, scieurs, etc. Là encore, les possibilités de commercialisation et de transport des marchandises ont joué un rôle primordial pour le développement des diverses productions. L’Adour constituait en effet le trait d’union entre les productions du « nord » et celle du « sud », toutes deux initialement destinées à la marine. La situation évolua par la suite avec, d’une part, l’abandon progressif de l’utilisation du bois pour la construction marine, le déclin de la pêche fluviale et le délaissement des sabots - et, d’autre part, le développement des besoins de gemme (surtout à partir de 1860) et du « petit bois » pour les mines (à partir de 1830). Le massif Sud Adour perd alors de son intérêt économique, figeant la forêt dans une fonction « paysanne », tandis que le Nord Adour gagne des parts de marché et se forge une identité propre qui continue, encore aujourd’hui, avec l’économie régionale voire mondiale du bois de pin maritime. L’écrasant avantage économique de la gemme puis du bois de pin sur les autres productions contribua à spécialiser cette forêt du Sud des Landes et du Nord Adour dans la production de pin maritime. Par la suite, la loi du 4 juin 1857 sur le boisement des Landes de Gascogne entraina la disparition rapide de l’activité pastorale landaise, mettant terme à l’ancien système agro-sylvo-pastorale19. Ce dernier permettait l’entretien des sous-bois, d’autant plus important depuis l’abandon des récoltes de « soustre », et limitait les risques incendies. Avec la seconde moitié du XXe siècle et le déclin de la production de gemme, on assiste au développement d’un milieu spécifiquement dédié à la production de pin et à l’économie forestière. Cette spécialisation allait contraindre les forestiers à s’organiser pour faire « vivre » des milieux forestiers jadis très fréquentés, ce qu’ils n’étaient désormais plus. Ainsi, on est passé d’une forêt aux usages et usagers multiples, entretenu du seul fait de son utilisation, à une forêt mono-usage mais multifonctionnelle. Ce milieu, perçu comme « naturel » du fait de la faible fréquence des activités humaines s’y déroulant, constitue un cadre de vie idéal voire idéalisé, répondant au besoin de nature des nouvelles générations. Désormais, ces espaces forestiers recueillent les « attentes » d’une société souhaitant y pratiquer des activités sans s’investir dans l’entretien des lieux. Les activités forestières ont également joué un rôle dans la sociologie locale et les évolutions démographiques locales, la vie forestière rythmant les mouvements de population locale. Par exemple, on peut citer la répétition des incendies des années 1730, 1750 puis 1803, qui poussèrent les habitants à quitter leurs villages. On constate également, dans les archives généalogiques20, un apport de population venu d’autres régions ou de villages situés plus au Sud au début du XIXe siècle, au moment du développement de l’économie de la gemme et du liège. Des luttes sociales ont opposé propriétaires forestiers et résiniers au tournant du XIXe siècle ; l’attrait économique de la forêt de pin avait conduit au développement de domaines forestiers importants caractérisés souvent par l’absentéisme de leur propriétaire. En parallèle, la société traditionnelle ne pouvait plus user des richesses de la forêt comme elle le faisait auparavant. Cette évolution sociale a profondément marquée la société locale. D’une part, la forêt est toujours perçue comme une forêt ouverte à tous, commune, mais d’autre part, les propriétaires voient dans la fréquentation de ces mêmes espaces un empiétement de leur droit de propriété. Pour conclure, on peut retenir que la forêt est de tout temps un sujet sensible, de nature « politique et juridique », qui contribue à rythmer la vie locale. Elle constitua longtemps un important lieu de vie, une forêt vivrière ; toutefois, son évolution économique la transforma en un lieu important de production, caractérisé par une « fracture » entre le nord et le sud de l’Adour. Depuis le milieu du XIXe siècle, deux 13 19 SPSH, La forêt des Landes de Gascogne, Origine géologiques et historique, de la forêt d’Aquitaine en général et de la forêt des Landes de Gascogne, en particulier, p6 20 Archives départementale des Landes, Fond numérisé, http://archivesenligne.landes.org
  17. 17. modèles et deux paysages se sont développés parallèlement sans plus se croiser depuis la fin de l’utilisation des bois de marine. 14 B Deux massifs forestiers Sur les 150 000 ha que comptent le pays ALO, 44% sont boisés soit environ 63 687 ha.21 Les boisements sur le territoire sont plus diversifiés que sur le reste du département des Landes. Cette situation cache de grande disparité entre le Nord, se rapprochant du massif Landais et le Sud, typique du Sud Adour. Pays Adour Landes-Océanes 5% 77% 0% Total département A l’image de sa forêt, ce territoire offre 2 visages : celui de la Haute Landes et de sa forêt de pin (présente sur Soustons, Dax Nord, St Vincent de Tyrosse et toute la frange littorale) mais aussi des coteaux de Chalosse et de la vallée de l’Adour (pays du sud de l’Adour, de Gosse et du Seignanx). Ainsi, il convient de raisonner suivant deux régions distinctes de par la nature des essences, la gestion des peuplements, les propriétaires et l’organisation de la filière. Ces deux visages du Pays sont mis en évidence par la carte des paysages et sont très visibles sur la carte représentant les différents types de formations boisées présentes sur le territoire. 21 CRPF Aquitaine, Données cadastrales 2009. 3% 0% 15% Surface_futaie_feuillue Surface_futaie_résineuse Surface_peupleraie Surface_taillis_sous_futaie Surface_taillis 3% 89% 1% 7% Futaie feuillue Futaie résineuse Peupliers Taillis sous futaie Taillis simple
  18. 18. La répartition du territoire entre le GPF Sud Landes sur le massif Sud Landes et le GPF Sud Adour qui comprend les boisements Sud Adour et du Seignanx illustre la répartition de ces deux massifs. 15 GPF Sud Landes GPF Sud Adour Répartition des communes dans les deux Groupement de productivité Forestière Estibeaux Téthieu Yzosse Candresse Narosse Saugnac- -et-cambran Source : GPF Sud Adour et Sud Landes - Pays Adour Landes Océanes SOUSTONS St-Jean- -de-Marsac Biarrotte St Laurent- -de-Gosse St-Geours- -de-Maremne Josse Ste Marie- -de-Gosse Angoumé Rivière-Saas- -et-Gourby Saubusse Orist Pey St-Etienne- -d'Orthe Port-de -Lanne Orthevielle Tercis- -les-Bains Siest Heugas Hastingues Oeyregave Sorde- -l'Abbaye Labatut St-Cricq -du-gave Habas Ossages Tilh Mouscardès Misson Cagnotte Gaas St_Lon-les- -Mines St-Martin- Bélus -de-Hinx Oereluy Seyresse St-Pandelon Mées St-Paul- -les-Dax Bénesse- -les-Dax Minbaste Cauneille Soorts- -Hossegor Moliets- -et Maa Messanges Saubion Angresse Tosse Seignosse Bénesse- -Maremne Saubrigues Orx Capbreton Labenne Ondres Tarnos Saint André- -de Seignanx Biaudos Saint Barthélemy Saint Vincent- -de Paul Herm Gourbera Magescq Vieux-Boucau Azur St - VI NCENT- - de- TYROSSE St MARTI N- - de SEI GNANX PEYREHORADE POUI LLON DAX 1 Le massif Landais La partie nord et ouest, que l’on nommera « massif pin maritime », est composée essentiellement de futaies de pin maritime (surface boisée totale de 45 479 ha et un taux de boisement de 60 %).22 Elle est composée de deux régions forestières: - La frange littorale du Pays est comprise dans la région IFN F22 "Dunes Atlantiques" caractérisée par une nette prédominance du pin maritime avec une présence disséminée de taillis, chênes et autres feuillus. - Le Nord-est du Pays est comprise dans la région F21 « Landes de Gascogne » constituée d’une forêt vouée à la production de bois de Pin.  La forêt littorale Le Pays compte 40 km de côtes sur les 160 que compte le département, la forêt littorale est présente sur cette zone. Son rôle de protection est indéniable et doit être maintenu malgré les nombreuses pressions qui s’exercent sur elle (pression foncière, ouverture au public, …). 22 Cadastre 2009 exploitation des données classées B sur les cantons de Soustons, Dax Nord et les Communes de Ondes, Tarnos, Saint Vincent de Tyrosse, Benesse Maremne, Orx, Labenne, Capbreton, Josse, et Saubion.
  19. 19. Cette forêt, de par la vocation touristique et la progression démographique de la zone qu'elle occupe, est de plus en plus sollicitée comme élément paysager mais aussi comme structure naturellement accueillante pour les populations (permanentes et touristiques). Cela se traduit par un grignotage et un mitage de l'espace forestier au profit de zones urbanisées (lotissements, campings, résidences de vacances,…), ou d'aménagements d'infrastructures d'intérêt public (routes, zones industrielles,…). Le rôle de la forêt littorale est primordiale tant pour l’économie touristique locale, que pour son rôle environnemental majeur et la protection indispensable qu’il apporte à la forêt cultivée. Cette forêt joue un rôle de protection prédominant notamment vis-à-vis de l'érosion éolienne. Ces forêts, essentiellement communales et domaniales, sont pour la plupart gérées par l’ONF. Le Conservatoire du Littoral a acquis de nombreux sites sur le territoire et nombre d’entre eux sont des espaces forestiers et/ou gérés par les acteurs de la forêt (exemple des dunes gérées par l’ONF), lesquelles sont gérées par la commune en collaboration avec le conservatoire et l’ONF. Parmis ces sites : les dunes de la côte sud landaise (317 ha) : cette entité est constituée d’un cordon dunaire. La sylviculture permet la fixation des dunes. Elle joue donc un rôle de protection primordiale. Plusieurs sites sont répertoriés :  « Dunes de Seignosse » (72 ha), site qui se compose de l’arrière dune et de la forêt littorale 16 mixte. La fréquentation humaine littorale y est très forte.  « La côte Sauvage » (34 ha) à Hossegor.  La zone de « La Semie » (175 ha) sur la commune de Capbreton concerne une forêt de protection aux arbres sculptés par le vent faisant la transition entre la forêt littorale et le massif dunaire.  La zone de « La Montagne » (36 ha) à Labenne située au Nord de la plage de Ondres, est composée d’une forêt mixte de pins et de chênes-lièges. « Le site du Métro » entre Ondres et Tarnos à proximité de l’estuaire de l’Adour est composé de dunes, de franges forestières, de forêts mixtes et de zones humides issues de la divagation de l’Adour. La forte fréquentation a conduit, malgré les aménagements réalisés dans le cadre du plan plage, à une dégradation avancée de certaines dunes : à Ondres et la zone entre Seignosse et Soustons notamment. L’intégration de l’existence de la dune, de sa fragilité et du recul du trait de côte sur le Pays est un autre enjeu soulevé par les acteurs. L’urbanisation est à certains endroits souvent proches des dunes alors que ces dernières sont en perpétuel recul. Cela altère la vocation touristique et la qualité paysagère de cette forêt de dune et d'arrière dune et remet en cause un certain mode de développement. Un des enjeux essentiels pour le littoral aquitain est de concilier le développement touristique et la préservation du patrimoine. Il y a donc lieu de trouver un modèle qui permette de concilier les différents intérêts de cette partie du territoire. Les collectivités ont certes un grand rôle à jouer dans ce domaine mais tous les acteurs doivent participer à cette réflexion.  Les Landes de Gascogne Les Landes de Gascogne sont couvertes par des sols podzoliques (constitués en trois à quatre mille ans à partir de dépôts sableux du Quaternaire datant du Pléistocène et de l’Holocène, soit entre 16 000 et 9 000 ans) très acides et peu fertiles. Le climat océanique local est caractérisé par un déficit hydrique estival marqué. L’uniformité apparente du massif est liée à la dominance du Pin maritime (Pinus pinaster), essence autochtone. On trouve néanmoins une diversité importante de peuplements, en particulier en bordures de cours d’eau, dans les zones habitées (airiaux avec chênes pédonculés), en lisière de parcelles, et dans la zone du Marensin. Deux zones principales se distinguent : le plateau landais et le Marensin.
  20. 20. 17  Le plateau landais L’Est des Communes de Soustons, Magescq, , Saint Vincent de Tyrosse, le nord des Communes de Saint Geours de Maremne, Saubusse, Rivière, Angoumé, Mées et ainsi que les communes de Saint Paul les Dax, Herm et Gourbera, sont couvertes par une forêt typique du plateau Landais. Le terrain est plat, acide, il s’agit essentiellement de landes humides, les sols y sont peu profonds. Ils sont marqués par une accumulation compacte d’acides humiques à une profondeur variant de 0,2 à 2 m (alios) contribuant à l’assèchement des sols l’été et à leur engorgement l’hiver. L’alios n’est pas réparti uniformément et explique la forte variabilité des conditions situationnelles qui changent à quelques dizaines de mètres près dans une même parcelle. On y trouve une forêt issue d’un « boisement de substitution »23 qui a remplacé la lande pastorale traditionnelle. Cette forêt est constituée d’une pinède de Pin maritime exploitée régulièrement selon le modèle sylvicole classique (plantation, dépressage, éclaircies et coupe rase à 40 ans environ). La forêt de pin maritime bénéficie d’une filière très bien organisée et très compétitive dont les acteurs sont nombreux et s’échelonnent du propriétaire privé à l’industrie lourde. Cette adéquation ressource/débouché permet une très forte valorisation des bois locaux. On y retrouve quelque feuillus en lisière de parcelle (chêne pédonculé, châtaigner, robinier), mais qui ne font pas l’objet d’une sylviculture particulière. Cette partie du territoire a été fortement impacté par la tempête Klaus et les attaques de scolyte qui ont suivi.  Le Marensin La zone dite du Marensin correspond à l’ancienne région IFN« Marensin ». Elle concerne les communes littorales situées entre Moliets et Maâ et Tarnos (hors forêt dunaire) ainsi que les Communes de Azur, Angresse et Benesse Maremne. Elle est caractérisée par un réseau d’anciennes dunes et de lacs qui assure un bon drainage du sol, et par des sols profonds. On y retrouve une diversité d’essences plus importante qu’à l’est, notamment de grosses populations de chênes lièges. Elle est considérée comme une des plus favorables à la croissance du pin maritime. Sa ressource en gros bois en fait la spécificité et peut être un atout stratégique pour la filière forêt bois du Pays. Les bois sont généralement de meilleure qualité, la croissance est bonne et les attaques parasitaires sont faibles. De plus, elle n’a pas été touchée par la tempête Klaus et a peu subit l’attaque de scolytes. Le chêne liège, y est très présent. En effet, son écologie nécessite des conditions particulières que l’on ne retrouve que dans 4 régions en France (le massif des Maures et Esterels dans le var, les côtes de Bastia à Ajaccio en Corses, les Albères, Aspres et Bas Vallespir dans les Pyrénées Orientales, et une région beaucoup plus vaste mais avec une population plus disséminée en Aquitaine mis à part dans le Marensin). Un inventaire a été réalisé par le CFPPA en 2005, ont été comptés les chênes lièges présents en forêt privée mesurant au moins 50 cm de circonférence. L’étude de recensement a inventorié plus de 2 300 ha, soit près de 150 000 chênes liège, en âge d’être récolté ou qui le seront prochainement. 82% se trouvent en milieux forestier, les densités sont majoritairement faibles et les classes d’âge élevées. 70% du liège présent est un liège dit supérais qui n’est pas de bonne qualité en raison d’une inexploitation prolongée. Une entreprise de relance des récoltes a été initiée en 2000. Cette relance doit permettre de valoriser ce matériau forestier. Parallèlement, on observe un changement dans la philosophie de gestion des parcelles, principalement publiques, avec un maintien des jeunes chênes liège. Cette essence est en progression sur le territoire forestier, la régénération naturelle y est bonne. 23 Pour une définition Cf.CRPF Aquitaine, Guide des milieux forestiers en Aquitaine, p77
  21. 21. La présence de chêne liège est un atout pour ce territoire aussi bien du point de vu de la diversité écologique, paysagère, que de l’activité économique. Cette espèce caractéristique du secteur est source de diversification paysagère et économique. Ce territoire est également parcouru de forêt galerie. Ces boisements linéaires sont caractéristiques des bords de cours d’eau et d’étangs. Ils forment fréquemment de véritables galeries impénétrables. Ces milieux, très intéressant d’un point de vue écologique (notamment par la présence du vison d’Europe), mais également pour le fonctionnement des milieux aquatiques, doivent être préservés au même titre que tous les boisements humides du territoire. Nombre d’entre eux sont déjà inscrit dans le réseau Natura 2000. Le taux de prélèvement y serait inférieur au plateau landais. Aucune donnée à cette échelle ne permet de l’affirmer mais des indices, ainsi que la vision des acteurs locaux, laissent penser que la sylviculture est en perte de vitesse sur ce secteur : la propriété y est plus morcelée et les parcelles plus petites. La pression foncière est également plus forte sur cette partie du territoire ce qui rend les exploitations plus compliquées. 18 2 Le Massif Sud Adour La partie sud et est du Pays, que l’on nommera « massif Sud Adour », est située dans la région IFN "Bas Adour et Chalosse" et composée essentiellement de feuillus (surface boisée totale de 18 156ha et taux de boisement de 25 %)24 Ce massif s’insère dans un paysage de coteaux et collines bocagères dans un contexte d’habitats et de villages très dispersés. La forêt est représentée par une mosaïque de taches boisées, morcelées et bordées ou pénétrées de terres agricoles ou pastorales et de landes. Sur les territoires très agricoles (Pouillon, Peyrehorade) la forêt occupe les espaces les moins rentables d’un point de vu agricole. Si le chêne pédonculé est présent en majorité, d’autres essences de feuillus existent. On trouve le châtaignier, les chênes tauzin et pubescent, le frêne, le bouleau, l’aulne, le robinier faux acacia et quelques hêtres sur les versants Nord. Le peuplier est planté dans les zones fertiles et bien alimentées en eau, et du fait de sa croissance rapide, contribue à un apport financier non négligeable. Les résineux sont représentés par des taches de pin maritime ou des reboisements récents en pin laricio ou taeda. Les frênes, saules, aulnes, merisiers, robiniers faux-acacia, châtaigner et érables sont présents sur 10% de la chênaie. D’autres essences ont été introduites en Chalosse, qui semblent plus ou moins s’acclimater aux conditions locales : le chêne rouge, le tulipier de Virginie. L’orme, autrefois très présent, a complètement disparu, à cause d’une maladie cryptogamique. Le chêne n’est pas priorisé par les propriétaires privés qui lui préfèrent des essences à rotation plus courtes : robinier ou peuplier. Les sols, en général des sols bruns, sont propices à une activité agricole et la forêt y occupe une place accessoire. Les coteaux et les collines bocagères qui se succèdent, contrastent avec l'uniformité du massif landais. Les conditions pédoclimatiques sont favorables à la croissance des arbres (fertilité du sol, pluviosité). Le climat doux et humide à proximité du littoral ou de la montagne basque est marqué par une baisse de la pluviosité en allant vers l'Est, alors qu’inversement, l'amplitude thermique mensuelle augmente. Les substrats géologiques rencontrés sont très variés : il s'ensuit une grande variété de sols que 24 Issue des données cadastrales 2009, parcelles classées B sur les cantons de Peyrehorade, Pouillon, Saint Martin de Seignanx moins les Communes de Ondres et Tarnos, et les Communes de Saint Jean de Marsacq, Saint Martin de Hinx, Sainte Marie de Gosse et Saubrigues.
  22. 22. l'on peut généralement classer "sols bruns" (acide, lessivé, calcique, …). L’engorgement des sols de la région est limitant pour tous les peuplements forestiers et pour l’agriculture. Les travaux forestiers sont possibles uniquement quelque mois de l’année, ce qui complique l’organisation des chantiers d’exploitation ou de sylviculture. De plus, cette forêt est constituée de parcelles de petites surfaces, ce qui constitue un obstacle à une gestion dynamique. 19 3 Les impacts de la tempête Klaus limités sur le territoire Le 24 janvier 2009, la tempête Klaus a touché le Sud-Ouest de la France et causé de nombreux dégâts. Selon les estimations réalisées par l’IFN, la surface affectée par la tempête est de 595 000 ha, soit 46 % de la superficie forestière. Le volume affecté dépasse les 40 millions de m3. 150 439Ha ont fait l’objet d’une demande d’aide au nettoyage reconstitution et plus de 42 000Ha ont fait l’objet d’une demande d’aide pour la reconstitution sur les départements des Landes fin 2013.25 Recensement des dégâts observés en forêt sur les points IFN Source : GIP ATGERI : 6 janvier 2012 Le Pays Adour Landes Océanes a été peu impacté par la tempête Klaus en comparaison du reste du département. Cependant, une analyse à l’échelle territoriale révèle que certaine communes ont été fortement touchées par la tempête Klaus : Magescq, Herm et Gourbera et Saint Vincent de Paul. L’est du Sud Adour, canton de Pouillon et de Dax Sud, a également été impacté, on y observe parfois encore en 2014 des parcelles totalement détruites par la tempête. Ce territoire se heurte à une absence d’évaluation des dégâts post tempête, à une petite taille des parcelles et une absence de connaissance du milieu institutionnel par les propriétaires forestiers. Très peu de parcelle on fait l’objet de nettoyage et reconstitution. Cet élément a probablement joué pour accélérer en faveur de la réalisation du PDM et de la 25 Source : draaf.aquitaine.agriculture.gouv.fr
  23. 23. création d’une ASL sur le canton de Pouillon. Les propriétaires ont également souhaité un regroupement de fait à Saubrigues. La tempête et l’impossibilité d’accéder aux aides a permis une prise de conscience des élus locaux concernant la forêt. 20 C La propriété et les propriétaires forestiers  Une propriété plus petite que la moyenne départementale La taille des propriétés est plus petite en moyenne que sur le reste du département. Ceci est vrai pour le nord comme pour le sud Adour. La surface moyenne des propriétés privées est de 4.3Ha sur l’ensemble du Pays contre 9.2Ha pour le département. En ajoutant les propriétés publiques, cette moyenne augmente légèrement pour atteindre 5.10Ha contre 10.7Ha en moyenne dans les Landes. 26 Il existe des disparités assez importantes sur le territoire. Les parcelles sont en moyenne plus importantes au nord de l’Adour où l’on se rapproche des moyennes départementales. La surface moyenne en Sud Adour est de 2.86Ha toute propriété confondue, et de 2.37Ha pour les propriétaires privés. La surface moyenne au Nord de l’Adour est de 9.9Ha toute propriété confondue, et de 9.96Ha pour les propriétaires privés. Au Sud Adour la grande majorité des propriétaires ont de toute petites propriétés, 50% des propriétaires du Sud Adour possède moins de1Ha, il y a quelque « grosses propriétés » mais elles restent l’exception. Au niveau du Pays, il y a une sur-représentation des propriétés de moins de 25Ha et une sous-représentation des parcelles de plus de 100Ha, par rapport aux moyennes départementales. Le constat s’atténue pour les cantons les plus forestiers, cependant la sous-représentation des parcelles de plus de 100Ha reste vraie. (voir graphiques) L’élément le plus frappant, fortement développé en Sud Adour mais également vrai au nord du territoire sont la « parcellisation », et le morcellement des parcelles. Non seulement les propriétés sont petites mais en plus elles sont rarement constituées d’un seul tenant. La structure forestière du Sud Landes s’organise en « timbre-poste » tantôt la forêt est entrecoupée de parcelles artificialisées sur la côte, tantôt entrecoupées par les champs en Sud Adour. 26 Exploitation des données cadastrales 2009, source : CRPF Aquitaine
  24. 24. 160000 140000 120000 100000 80000 60000 40000 20000 15,0.00 14,0.00 13,0.00 12,0.00 11,0.00 10,0.00 9,0.00 8,0.00 7,0.00 6,0.00 5,0.00 4,0.00 3,0.00 2,0.00 1,0.00 12,0.00 10,0.00 8,0.00 6,0.00 4,0.00 2,0.00 La petite taille des parcelles nuit à leur rentabilité et à l’intérêt des propriétaires pour la gestion forestière. 21 0 0 à 1 ha 1 à 4 ha 4 à 10 ha 10 à 25 ha 25 à 100 ha 100 à 500 ha plus de 500 ha Surface des propriétés privées par tranche de surface dans les Landes 0.00 Surface des propriétés privées par tranche de surface dans le Pays ALO 0.00 Surface des propriétés privées par tranche de surface sur les cantons de Soustons et Dax Nord
  25. 25. 22  Une propriété majoritairement privée Part de surface forestière privée, 0.83% Part de la surface forestière publique, 0.17% La forêt appartient majoritairement à des personnes privées : 83% de la surface forestière du Pays appartient à des propriétaires privés, 17% à des propriétaires publiques, majoritairement des communes. Cette répartition est conforme aux chiffres départementaux qui montrent une répartition de 14.6% de surface publique pour 85.4% de surface privée. La forêt domaniale occupe une place très faible, moins de 1% de la surface forestière du Pays.  Une sociologie complexe des propriétaires forestiers Il est primordial de s’intéresser à la sociologie des propriétaires forestiers. En effet, aucune préconisation, aucun objectif ne pourra être atteint sans leur volonté de participer à la mobilisation des bois, au regroupement en vue d’améliorer la gestion ou encore au développement de produit touristique en forêt, par exemple. Les enquêtes nationales révèlent que les propriétaires sont majoritairement âgés, 71% ont plus de 55 ans.27 Leur implication dans la gestion varie beaucoup d’une région à une autre. La région où la part des propriétaires, de plus de 4Ha, ont la plus forte implication dans la gestion de leur parcelle est la région Nord (49% des propriétaires s’impliquent fortement28.) suivi des régions Centre et Ouest. L’Aquitaine arrive en quatrième position avec seulement 36% de propriétaires de plus de 4Ha s’impliquant fortement. 34% des propriétaires forestiers de plus de 4Ha en Aquitaine s’impliquent faiblement, voire pas du tout, dans la gestion de leur parcelle. Au-delà de ces chiffres il est nécessaire de s’intéresser à la personnalité de ces propriétaires. Aude Pottier présente dans sa thèse29 une typologie très intéressante des propriétaires forestiers des Landes de Gascogne : les sylviculteurs de pointe, les séniors, les non-résidents, et les hédonistes. Les sylviculteurs de pointes seraient prédominants dans les Landes de Gascogne. Cette étude nous permet de faire ressortir la spécificité de la sociologie des propriétaires sur le territoire. Tout comme les différences 27 RESOFOP 2011 : Olivier PICARD (CNPF/IDF), Eric TOPPAN (FPF), Nicolas LORIQUE (CRPF Normandie)., Les propriétaires forestiers privés sous la loupe de RESOFOP 28 Idem, classification réalisée à partir de 10 critères (coupes de bois, niveau d’information, aide de professionnels pour la gestion…) permettant de bâtir un score de -2 à 10. Une implication forte correspond à un score de 5 à10, moyenne un score de 3 ou 4 et une implication faible un score de -2 à2 29 POTTIER Aude, La Forêt des Landes de Gascogne comme patrimoine naturel Echelles, enjeux, valeurs
  26. 26. de milieux, on note des différences sociologiques entre les propriétaires du plateau landais, du Marensin et du Sud Adour. Ces derniers se rejoignant sur beaucoup de points. Les propriétaires du plateau landais correspondent clairement aux sylviculteurs de pointe, les plus impliqué, qui poursuivent un objectif de production de bois et sont sensibles aux préconisations techniques. L’étude menée par Elsa RICHOU30 sur les propriétaires du Sud Adour permet d’affiner la sociologie locale des propriétaires forestiers, ou « propriétaires de bois » comme ils se nomment eux même. Ce qui caractérise ce territoire c’est la prédominance des propriétaires retraités (ceux que Aude Pottier qualifie de Sénior mais qui englobe ici des propriétaires plus jeunes.) qui n’ont aucune considération pour les données du marché. Ce sont en général d’anciens agriculteurs. On retrouve aussi en grande majorité des propriétaires hédonistes pour qui la forêt a une vocation utilitaire : fourniture de bois de chauffage, terrain de chasse… Les sylviculteurs de pointe sont marginaux. Cette sociologie est celle d’une forêt paysanne dont les considérations de gestion sont avant tout motivées par des besoins personnels et non une recherche de valorisation économique. La situation dans le Marensin est mal connue, aucune étude ne s’est encore intéressée aux propriétaires de ce petit territoire forestier, devenu stratégique depuis la tempête Klaus. Les acteurs locaux semblent identifier une différence nette avec le plateau landais. Tout comme en Sud Adour, la part des sylviculteurs de pointe semble restreinte et celle des séniors y semble très importante avec une moyenne d’âge visiblement plus élevé qu’en Sud Adour. On y rencontre encore des hédonistes mais leur présence semble plus rare. La particularité de ce territoire, qu’il serait intéressant de vérifier, serait la présence d’un type de propriétaire, non décrit jusqu’alors et que nous qualifierons de « Propriétaire terrien ». Ces derniers ont pour objectif principal la réalisation de plu value foncière et ne semble avoir que peu d’intérêt pour la gestion forestière. Cette catégorie marque une différence notable avec l’ensemble des autres types : ces propriétaires ne sont pas attachés à leur bois. Une étude plus précise sur les propriétaires du Marensin permettrait de mieux les connaître et d’adapter le discours et les actions en fonctions de leur volonté, leurs attentes. Mieux connaître les propriétaires forestiers permettrait de définir une stratégie de développement de la gestion forestière et de mobilisation du bois plus efficace. 23  Le revenu des sylviculteurs exclusivement issu du bois Les sylviculteurs tirent une recette essentiellement du bois de pin maritime, de pin taeda, de peuplier, ou de chêne pédonculé. Au cours des 20 dernières années, la productivité des peuplements de pin maritime a fortement augmenté passant en production moyenne par ha et par an de 8 à 12 m³, essentiellement grâce aux progrès accomplis dans les techniques d’installation et de conduite des peuplements, conjugués à l’amélioration génétique. Les prix des bois de pin maritime se sont effondrés après la tempête Klaus, cependant ceux-ci semblent être revenus à des valeurs comparables à l’avant tempête, aux alentours de 32€/m3 pour les bois d’oeuvre lors des ventes ONF d’octobre 2013 et de mars 2014. Le fait notable est la réduction de l’écart de prix entre les bois d’industrie et les bois d’oeuvre. Le chêne se négocie, quant à lui, entre 40 et 150€ du m3 selon les qualités. Le peuplier se vend aux alentours de 45€/m3 pour les bois de plus belle qualité. 30 RICHOU Elsa, La propriété forestière en Sud Adour : Caractéristiques et enjeux actuels
  27. 27. Il existe une dépendance exclusive du revenu du propriétaire à la production de bois, là ou d’autres modèles économiques permettent de diversifier et donc de sécuriser les revenus. L’Espagne est un pays ou la diversification des revenus forestiers est assez importante, les propriétaires valorisent tant le bois que le tourisme de chasse, la cueillette de baies ou de champignons, la rémunération des visites guidées, l’apiculture, la biomasse des broussailles, l’élevage ou les cultures agricoles… Cela existe aussi en France de façon marginale. Ce modèle économique se rencontre aussi en Suède par exemple notamment à travers le tourisme de chasse. Il est évident que toute valorisation économique n’est pas possible ni souhaitable partout, et que dans tous les cas le bois restera la source de revenu principale. Cependant, des pistes de diversification existent et notre territoire s’y prête particulièrement : - Il est possible de valoriser économiquement les produits forestiers traditionnels : gemme et liège. Ces activités traditionnelles sont tombées en désuétude dans la seconde partie du 20ème siècle. Les exploitations de liège ont repris en 2000 sur le Marensin. Le territoire a la particularité de compter les derniers fabricants de produits en liège en France. Le développement de cette filière permet à la fois de répondre aux problématiques de développement économique du territoire et aux problématiques de diversification du revenu forestier. La récolte de la gemme, dont la viabilité économique a été mise en cause par la concurrence chinoise, semble de nouveaux être économiquement intéressante. Au début de l’année 2014 une association « Gemme la forêt d’Aquitaine » a été constituée. - Il est désormais possible de valoriser le stockage du Carbone à travers l’Association Aquitaine Carbone. En échange d’un engagement de gestion dynamique de la part des propriétaires forestiers, orienté vars la production de bois d’oeuvre, ceux-ci peuvent céder leurs droits à crédit carbone en contrepartie d’un versement de 100€ par Ha pour les 10 premiers Ha puis de 20€ par Ha pour les suivants.(plafonné à 50Ha) Ce système est pour le moment réservé aux propriétaires sinistrés par la tempête, mais il est possible qu’il se développe. - L’attrait touristique de notre territoire permettrait aux propriétaires qui le souhaiteraient de valoriser les visites guidées en forêt ou encore le tourisme de chasse ou de cueillette de champignon par exemple.31 24 - Il est également possible de valoriser des bois nobles peu valorisés aujourd’hui. 31 Cf. Compte rendu réunion de concertation du 3 décembre 2013, groupe gestion
  28. 28. 25 D Les gestions forestières pratiquées sur le territoire La gestion forestière pratiquée sur le territoire varie en fonction de la localisation des parcelles. La forêt de protection dunaire n’est pas exploitée pour la production de bois. La forêt « cultivées » est gérée de façon différente selon les secteurs et surtout selon les propriétaires forestiers dont le portrait a été dressé précédemment. Pour les parcelles situées sur le plateau landais, la forêt est cultivée de façon similaire à la grande Landes Exemple des conséquences de la méconnaissance du métier et des personnes ressources. Photo : Chambre d’Agriculture des Landes Le Marensin se distingue par l’existence d’une pluralité de mode de gestion, on y retrouve autant une sylviculture classique type plantation, dépressage, éclaircies, coupe rase, que des propriétaires pratiquant le semis ou la régénération naturelle. Les bois sont, en général, coupés à un âge plus tardif que l’usage dans le massif. Ainsi le stock de gros bois y est important. Ces coupes de bois sont plus souvent motivées par un besoin de trésorerie (achat d’une voiture, étude des enfants…) que par des considérations techniques ou économiques. On observe également des parcelles non gérées ou à l’abandon sur cette partie du territoire. Cette pluralité de mode de gestion rend difficile les prévisions de développement de l’économie forestière locale. Afin de répondre à la demande croissante de petits bois et de réduire les risques, il est préconisé de diversifier les itinéraires techniques. De nouveaux itinéraires techniques permettant de raccourcir les rotations sont proposées. En raison de la pluralité des modes de gestion, elle-même liée à la sociologie des propriétaires, il est apparu improbable aux acteurs locaux que les nouveaux itinéraires techniques proposés, dit « itinéraires courts », se développent massivement sur cette partie territoire. 32 Le Sud Adour est surtout marqué par un manque de gestion, beaucoup de parcelles étant laissées à l’abandon et d’autre étant souvent mal gérée par manque de connaissance. Les Communes se sont organisées en SIVU en 1980 pour pallier la faible taille de leurs parcelles. Les 9 Communes fondatrices ont été rejointes au cours des ans par de nombreuses municipalités. Le SIVU des chênaies de l’Adour comptent aujourd’hui 40 Communes et plus de 3000Ha. 600Ha de futaie de chêne pédonculé ont été reconstituées, la priorité est données à la régénération naturelle. L’entretien est réalisé, parfois, par le pastoralisme. Cette organisation permet une très bonne valorisation des futaies de Chêne de l'Adour, réputées pour la qualité et la quantité de bois qu'elles fournissent, et une gestion efficace menée par l’ONF. Les chênaies de l’Adour, outre leur rôle de production, assurent des fonctions diverses : régulation des crues, accueil d’usages traditionnels, du tourisme rural, habitat d’une faune et d’une flore très diversifiés. Toutes les communes forestières situées sur le massif Sud Adour ne se situent pas dans la vallée de l’Adour. Elles ont cependant toutes exprimées un problème de gestion lié à la petite taille de leur parcelle malgré l’existence du régime forestier. La majeure partie de ce territoire reste cependant privée. Du fait des problématiques de morcellement, de petites tailles des parcelles, des difficultés d’exploitation et d’une absence de culture 32 Cf. Compte Rendu réunion du groupe de travail Gestion du 3 décembre 2013
  29. 29. forestière des propriétaires, la ressource reste en grande partie inexploitée et non ou mal entretenue. La forêt est vieillissante et le paysage se dégrade. Ceci se traduit par une faible gestion forestière et seulement 7% de la superficie forestière privée dotée d’un PSG ou d’un RTG en 2009. Les feuillus au Sud de l’Adour constituent une ressource sous-exploitée, le bois y perd de sa qualité et les prélèvements représentent moins de la moitié de la production biologique de bois. 0.70% 0.65% 0.60% 0.55% 0.50% 0.45% 0.40% 0.35% 0.30% 0.25% 0.20% 0.15% 0.10% 0.05% 0.00% Part de PSG et RTG dans la superficie de forêt canton de dax nord canton de dax sud privée canton de peyrherorade canton de pouillon canton de saint martin de seignanx canton de soustons canton de SVT Pour remédier à ces problèmes un Plan de Développement de massif a été mis en place pour les propriétaires privés. Porté par le CRPF Aquitaine, il permet de mettre en valeur ce patrimoine sur les zones dotées d’une ASL. Le territoire en compte aujourd’hui une seule dans le secteur de Pouillon. Pour le reste, la Chambre d’Agriculture et le GPF Sud Adour interviennent pour délivrer des informations et conseils de gestion et pour assurer la formation, des agriculteurs notamment. En effet, l’agriculture y a une place importante. La gestion forestière, largement dépendante du milieu agricole est donc face à deux inconvénients majeurs : 26  Le devenir même de l’agriculture dans cette région.  Le savoir-faire et le bon vouloir des agriculteurs. Le principal enjeu de cet espace reste la gestion forestière. Seul le regroupement, accompagné par un animateur, tel qu’il est assuré aujourd’hui à travers l’ASL de Pouillon permettra le développement réel de la sylviculture en Sud Adour. Le problème de la forêt communale hors vallée de l’Adour est également à régler. Les élus formulent des demandes récurrentes pour que leur Commune puisse adhérer à l’ASL ou bénéficier plus largement du PDM. Légalement ce n’est pas possible mais une solution devra être trouvée pour favoriser la gestion forestière publique sur ces zones très morcelée. Un regroupement pour permettre la réalisation en commun de travaux d’entretien, de coupe, etc… sur la Chalosse ou le Pays de Gosse semble incontournable pour permettre l’entretien et la mobilisation de ces forêts communales. Le développement de ce massif est stratégique tant au niveau national, il permet de répondre aux objectif nationaux de mobilisation de bois, qu’au niveau local. Le massif du Sud Adour joue en effet un rôle paysager et environnemental primordial.
  30. 30. La surface forestière au sud de l’Adour n’a que très peu évolué mais la tendance au boisement (vieillissement de la population agricole, abandon de surfaces pâturées…) se fait sentir dans les régions très agricoles comme le canton de Pouillon qui subit une forte déprise agricole. La nécessité de compensation des surfaces défrichées à l’ouest du territoire, alliée à la crise agricole, conduit à l’installation de boisements sur d’anciennes terres agricoles. Cette situation rend plus que jamais nécessaire la formation et l’information des agriculteurs, devenus des forestiers, et leur structuration. Le risque est que ces boisements ne soient pas entretenus sur le long terme et que la dégradation déjà existante se renforce. Cette zone nécessite un accompagnement particulier si l’on veut pouvoir disposer de boisements exploitables et de qualité. Le regroupement et l’animation reste des enjeux primordiaux sur ce territoire. Le développement de la filière bois sur ce territoire pourrait également permettre un développement économique sur un secteur où la crise agricole se fait durement ressentir. La région Sud Adour du Pays ne bénéficie pas d’une filière aussi structurée que le massif de pin maritime. La filière bois y est dans une situation délicate : prix très bas à la production, réduction des débouchés, situation critique de nombreux acteurs économiques. Les scieries ont périclité car leur approvisionnement devenait trop coûteux. Le marché est désormais sous la dépendance de quelques scieurs pyrénéens, basques et espagnols difficiles à cibler. La filière est dans une situation de flou, les opérateurs ayant du mal à suivre le bois et à connaître ses débouchés. Ainsi, le second enjeu sur cette partie du territoire est la structuration d’une filière bois, notamment le développement des activités d’exploitation et de sylviculture. Il est important de signaler que le manque de personnel formé au bucheronnage en pente argileuse sur le territoire est elle-même un frein à la gestion. Même lorsque le propriétaire à la volonté d’entretenir ou d’exploiter il ne trouve pas ou très difficilement de personne qualifiée pour le faire. Ceci est surtout vrai dans le Pays de Gosse en raison de la nature des boisements et du sol. Une réflexion sur la diversification des débouchés pour les feuillus du Sud Adour pourrait également permettre un développement de l’économie en Sud Adour. Le chêne est acheté pour la fabrication de merrain par des entreprises de Dordogne et de Midi Pyrénées. Le peuplier a un potentiel économique important dans le secteur de l’emballage. On s’attend à un manque de bois de peuplier au niveau national dans les années à venir. On retrouve également sur ce territoire des merisiers et des alisiers qui mériteraient d’être valoriser en ébénisterie. Pour disposer de bois de qualité marchande il est nécessaire de conduire une sylviculture orientée vers la production de bois, ce qui n’est que rarement le cas aujourd’hui. Le Plan de développement de massif mis en place doit veiller à ce développement mais pour parvenir à diffuser la culture de la gestion forestière dans le temps et dans l’espace (hors des sites pilotes) il faut que ce massif soit « rentable », d’où l’importance de travailler sur la valorisation économique. 27
  31. 31. 28 E La forêt : un paramètre majeur en matière de gestion des risques sur le territoire En matière de gestion des risques, la forêt est exposée à un certain nombre de phénomènes pouvant lui nuire, tempête, incendie, attaques sanitaires. Cependant, la présence de la forêt peut également s’avérer être un élément de réduction de certains risques comme l’ont démontré plusieurs études. 1 Risque d’incendie sur le territoire du Pays Adour Landes Océanes Le Pays Adour Landes Océanes compte 35 communes concernées par le risque d’incendie de forêt. 30 ASA de DFCI sont présentes sur le territoire. Caractérisation du risque feu de forêt sur le territoire Le risque se définit par la combinaison d’un aléa et d’un enjeu. En ce qui concerne l’aléa, celui-ci est le résultat de la combinaison de l’occurrence (probabilité d’éclosion ou d’incendie) et de l’intensité du feu (surface menacée ou puissance de l’incendie). Un atlas33 relatif au risque incendie de forêt dans les Landes a été réalisé par la DDTM des Landes en 2010. Ce dernier ne concerne pas l’ensemble des Communes du Pays mais uniquement celles incluses dans le périmètre du Dossier départemental des risques majeurs. Plusieurs éléments y figurent. La carte suivante permet d’apprécier l’intensité du feu classé en trois groupes : faible (moins de 1700Kw/m) moyenne (entre 1700 et 3500Kw/m) et élevée (plus de 3500Kw/m). Intensité de l’aléa feu de forêt sur le Pays Adour Landes Océanes. Source : ADACL, IGECOM40, Mise à jour 201234 Deux zones se distinguent : le Plateau landais et le Marensin où l’intensité est forte (en orange) d’une part, et l’est du Seignanx et le sud de MACS ou l’intensité est modérée (en jaune). 33 Rapport de Présentation de l’Atlas relatif au risque incendie de forêt dans les Landes Lot 1,2,3,4- Agence MTDA- Décembre 2010 34 Carte disponible dans le Rapport de Présentation de l’Atlas relatif au risque incendie de forêt dans les Landes Lot 1,2,3,4- Agence MTDA- Décembre 2010, p55
  32. 32. En ce qui concerne l’occurrence des feux de forêt sur le Pays Adour Landes Océanes, l’étude menée en 2010 a permis de calculer l’occurrence par commune en prenant en compte le nombre de départ de feu pour 1000Ha combustibles (forêt, landes, prairie) et la probabilité de départ de feu. 29 Nombre de feux en 10 ans pour 1000Ha combustible35 Le territoire est particulièrement concerné notamment la Communauté de Communes Maremne Adour Côte Sud. Une analyse des données de la DFCI des Landes fait ressortir que certaines communes avec une superficie forestière inférieure à la moyenne départementale (1 598Ha), présente un nombre de départ de feux supérieur à la moyenne départementale : Saint Vincent de Paul, Tosse, Saint Vincent de Tyrosse, Benesse- Maremne et Capbreton. Occurrence des feux de forêt36 35 Rapport de Présentation de l’Atlas relatif au risque incendie de forêt dans les Landes Lot 1,2,3,4- Agence MTDA- Décembre 2010, p 62 36 Ibid , p 79
  33. 33. Si la carte précédente permet d’apprécier l’occurrence des feux de forêt, il convient de rappeler qu’il ne s’agit que d’une analyse mathématique qui ne reflète pas nécessairement la réalité. Ce modèle ne fait pas l’unanimité chez les professionnels. Le sud de notre territoire apparait notamment comme ayant une occurrence forte alors que les formations boisées y sont moins combustibles (chênaies, peupleraies) L’enjeu sur le territoire est très important : En raison de l’importante concentration de population et de sa dynamique et l’urbanisation grandissante on peut affirmer que l’enjeu est fort. D’autant plus avec le poids économique du secteur du tourisme sur le territoire. 30
  34. 34. 31 Cartographie des enjeux sur le Pays Adour Landes Océanes37 37 Extrait de la Carte issue du Rapport de Présentation de l’Atlas relatif au risque incendie de forêt dans les Landes Lot 1,2,3,4- Agence MTDA- Décembre 2010, p88
  35. 35. Le Pays Adour Landes Océanes est fortement concerné par le risque incendie de forêt. Les communes de Soustons et Seignosse sont considérées comme Communes prioritaires après une analyse des enjeux en interface avec un aléa fort.38 Elles ont respectivement 534 et 338 Ha de zones en contact avec des zones urbanisées qui sont classée en aléa fort.39 Cette surface est de 4 612Ha sur l’ensemble du Pays Adour Landes Océanes. Quid du Sud Adour ? Le Sud Adour n’a pas fait l’objet d’étude spécifique quant au risque incendie, nous supposerons d’après la carte suivante de la combustibilité des formations végétales, ainsi que l’historique des feux depuis 2000 et surtout 2004 (les données avant 2004 n’étant pas complètes) que l’aléa est légèrement inférieur à celui présenté à l’est du Seignanx et le Sud de MACS. 38 Rapport de Présentation de l’Atlas relatif au risque incendie de forêt dans les Landes Lot 1,2,3,4- Agence MTDA- Décembre 2010, p90 39 L’étude présentée en 2010, a construit une zone de 100m autour des zones urbanisées, la surface de ces zones classée en aléa fort a ensuite été calculée. 32
  36. 36. Le Sud Adour est moins sensible, le nombre d’habitants y est moins important que sur le reste du territoire et les activités touristiques type camping y sont moins développées. On peut donc conclure à un risque faible sur cette partie du territoire. La surface moyenne brûlée Si le risque sur le territoire est globalement élevé, le morcellement important de la forêt, la pluviométrie élevée ainsi que le système dunaire moins combustible40 conduit à une surface moyenne brûlée qui reste limitée. Le graphique suivant permet de comparer les surfaces moyennes brûlées sur le territoire et sur le département. Il convient de préciser que les chiffres disponibles entre 2000 et 2003 sont incomplets. 33 40000 30000 20000 10000 0 Comparaison des surfaces moyennes brûlées dans le Pays Adour Landes Océanes et dans le reste du département des Landes 40 Voir compte rendu de la réunion de concertation du 3 décembre 2013, « gestion » Surface moyenne brûlée Landes Surface moyenne brûlée PALO
  37. 37. La surface moyenne brûlée n’a pas augmentée entre 2008 et 2010 sur le Pays Adour Landes Océanes contrairement au reste du département. Elle est restée stable, aux alentours de 900m2 légèrement inférieur à la moyenne départementale. Les statistiques ne doivent pas pour autant conduire à minimiser le risque. En effet, il faut rappeler le contexte climatique très favorable ces dernières années (peu d’orage sec, humidité élevée aux périodes les plus sensibles.) De plus, si la surface brûlée est relativement faible, l’enjeu est élevé. L’importance de l’incendie ne se caractérise pas uniquement par la superficie brûlée mais surtout par les dégâts occasionnés. Présentation des causes des départs de feu sur le Pays. Sur le Pays, la foudre est responsable de 9% des départs de feux contre 91% de causes anthropiques parmi lesquelles : la moitié n’est pas prouvé et est classée comme inconnue41 (55%), 26% sont des accidents42, 9% de la malveillance43 et 1% des reprises de feux44. Dans le reste du département, le foudre est responsable de 26% des départs de feux, les causes anthropiques représentent 74% des incendies : 44% sont inconnus, 25% sont des accidents, 4% de malveillance et 1% des reprises de feux. Causes des départs de feux sur le Pays ALO 9% 1% 9% Causes des départs de feux dans les Landes 41 Les causes inconnues regroupe l’ensemble des incendies d’origine anthropique supposée mais non prouvée. 42 Les accidents regroupent l’ensemble des incendies provoqués par des activités humaines mais sans intention de le déclencher. 43 La malveillance recense l’ensemble des actions réalisée avec l’intention de déclencher un feu de forêt. 44 On parle de reprise de feux lorsque l’incendie déclaré éteint brûle de nouveau. 34 26% 55% INCONNUE ACCIDENT MALVEILLANCE FOUDRE REPRISE DE FEU 44% 25% 4% 26% 1% INCONNUE ACCIDENT MALVEILLANCE FOUDRE REPRISE DE FEU
  38. 38. 35 Détail des feux accidentels en pourcentage pour le Pays et le Département Pays ALO en % Landes en % AUTRES 63 63 FEUX ET TRAVAUX AGRICOLES 10 7 TRAINS 7 7 VEHICULES ROUTIERS 5 3 INSTALLATIONS ELECTRIQUES 4 6 REPRISE DE FEU 3 3 ACTIVITES DE LOISIRS 3 2 TRAINS ET VEHICULES ROUTIERS 2 4 TRAVAUX FORESTIERS 2 4 DEPOTS D’ORDURES 1 0 TRAVAUX INDUSTRIELS 0 0 JET D’OBJETS INCANDESCENTS 0 1 On remarque trois spécificités notables sur le Pays Adour Landes Océanes : - Le nombre de départ de feux ayant une cause inexpliquée est très important : plus de la moitié des incendies et 11 points supérieurs au département. - Les actes de malveillance représentent une part importante des départs de feux : 9% soit 5 points de plus que pour le reste du département. - Le nombre de départ de feux liés à la foudre est moins important. Le Pays ayant un niveau kéraunique faible en comparaison du reste du département45. Il est également important de noter un désengagement important des propriétaires dans les ASA de DFCI, peu de participation aux réunions, des Association présidée par les Communes faute de candidat, et surtout une absence prolongée de travaux d’entretien. Le système de prévention dysfonctionne ce qui est très inquiétant pour la maitrise du risque incendie sur le territoire. Conclusion Le risque incendie de forêt est donc fort sur une grande partie du Pays Adour Landes Océanes. Cependant, hormis des incendies relativement importants en 2001 et 2003 dont les dommages sont restés circonscrits à la forêt, le Pays n’a pas connu de gros feux de forêt, ni de sinistre ayant eu des conséquences sur les habitations ou les infrastructures, depuis de nombreuses années. Le grand public n’a plus la mémoire des feux de forêt en l’absence de fait marquant. Ainsi, la culture du risque n’est pas évidente. Ce constat est exprimé par les professionnels qui estiment nécessaire de renforcer la sensibilisation du public sur le risque incendie. Il semble notamment utile de mieux communiquer au quotidien et pendant les périodes critiques. 45 Voir carte Densité d’impact de foudre en annexe
  39. 39. 36 2 Dégâts de gibier L’histoire des Landes montre à quel point la chasse a toujours reposé sur un équilibre subtil entre les usagers (notamment chasseurs) et les propriétaires. L’activité cynégétique est une pratique très ancrée dans le tissu rural du département. Dès le XIV siècle, la liberté de chasser est importante dans les Landes. Le phénomène d’appropriation et d’exclusion de territoire de chasse est une notion tout à fait contemporaine. C’est pourquoi, encore de nos jours, la majeure partie des territoires de chasse sont ouverts. En 1964 le droit de chasse, attribut du droit de propriété, est organisé par les ACCA. C’est en 1972 que les ACCA sont réellement mises en place. C’est déjà en concertation que les statuts de ces dernières ont été établis et que la majorité dans leurs Conseils d’Administration a été réservée aux propriétaires. Par le passé, les chasseurs participaient activement à la lutte contre les incendies. De nos jours, si la lutte est gérée par des professionnels et bénévoles du feu, les chasseurs contribuent toujours à la garde du feu et à la régulation des espèces de grands gibiers. Le Schéma Départemental de Gestion Cynégétique (SDGC) détermine la gestion du grand gibier. Institué par la Loi Chasse du 26 juillet 2000, il est élaboré par la Fédération Départementale des Chasseurs (FDC). Le SDGC est établi pour une durée de 6 ans et est opposable aux chasseurs. Il est réalisé progressivement par grands thèmes (grand gibier, formation et sécurité, gibiers migrateurs…) en respectant les Orientations Régionales de Gestion de la Faune Sauvage et d’Amélioration de la Qualité de ses Habitats auxquelles la FDC40 a été associée pour leur définition. La loi sur le Développement des Territoire Ruraux du 23 février 2005 précise le rôle des SDGC et apporte quelques notions supplémentaires, notamment en matière de gestion du grand gibier. La Loi Chasse du 26 juillet 2000 légitime la chasse comme activité d’intérêt public contribuant à la gestion durable des espèces et des territoires dans une logique de partenariat. La FDC40 s’est investie de longue date dans la sauvegarde des milieux, la gestion des espèces, l’aménagement des territoires, la prévention et l’indemnisation des dégâts de grand gibier, l’animation des structures cynégétiques et la formation des chasseurs. Le présent Schéma Départemental de Gestion Cynégétique a été notifié par arrêté préfectoral en date du 15 juillet 2008. Il est renouvelable tous les 6 ans. Toute opération de gestion d’une espèce animale nécessite d’effectuer des suivis, de fixer des objectifs à l’échelle de la population. Afin de permettre ces travaux le département a été découpé en 15 Unités de Gestion.

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