Le fait religieux au féminin
18-20 mars 2015
Ouverture de la session 2015
Entre le moment où nous avons annoncé la session...
dans l’esprit de la révolution risquait d’instrumentaliser l’éducation et de leur faire perdre leur
liberté qu’aux yeux de...
Mais il faut dire aussi que cet enseignement contribue aussi à rehausser l’image de
l’École. On a trop laissé croire que l...
La laïcité
De même en ce qui concerne la laïcité. L’enseignement catholique est très attaché à la
laïcité car la laïcité e...
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Encore une fois, nous ignorions les événements de janvier mais nous pensons qu’avec ce sujet
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Ouverture de la session 2015 - Christian Salenson

  1. 1. Le fait religieux au féminin 18-20 mars 2015 Ouverture de la session 2015 Entre le moment où nous avons annoncé la session en mars dernier, le moment où nous l’avons construite, l’été dernier, et aujourd’hui, il y a eu les événements de Paris de début janvier, les attentats contre Charlie Hebdo et contre le supermarché cacher. Ces événements ont marqué profondément la société. Il y a fort à parier qu’il y aura un avant et un après. On se souvient des événements dramatiques du 11 septembre 2001 à New-York. Avec du recul, ils nous ont appris que les réactions que suscitent de tels événements sont souvent plus graves que les événements eux-mêmes. Les réactions du gouvernement Bush ont été bien plus dramatiques en nombre de morts que ceux provoqués par la chute des tours. La déstabilisation du Proche Orient et le développement de l’islamisme politique sont des conséquences de la réaction américaine. Et plus sournoisement encore, les démocraties elles- mêmes payent un lourd tribut à cette réaction inappropriée, en particulier avec le développement de l’idéologie sécuritaire et les atteintes qu’il porte aux libertés individuelles. Tout cela nous invite à la plus grande prudence et la plus grande sagesse dans les réactions présentes et à venir, alors même que de tels événements ont un effet de révélateur sur les malaises longtemps occultés qui agitent notre société. Ce n’est pas le lieu et nous n’avons pas les moyens de faire l’analyse politique du malaise sociétal mais comme vous le savez, en ces cas là, on se tourne toujours vers l’Ecole. Nous sommes habitués à ce que la société peu ou prou se défausse ainsi. L’Ecole n’a pas vocation à cautériser les blessures que la société ne gère pas ou même génère. Donc nous prenons avec la distance voulue cette attente coutumière et disproportionnée. L’Ecole apporte toutefois sa contribution aux problèmes sociétaux. Le ministère de l’éducation nationale donne quelques orientations que nous examinons avec bienveillance et vigilance. La personne humaine avant le citoyen L’ISTR, comme Institut catholique de formation développe un département au service des religions à l’Ecole. Nous recevons les demandes de formations, y compris celles du gouvernement à la lumière du caractère propre et du caractère universitaire de l’institut. Nous entendons l’urgence qu’il y a à former des citoyens. Ce mot est sur toutes les lèvres. Mais nous devons l’entendre et le recevoir avec retenue. Former des citoyens n’est pas le but de l’École catholique. Écoutons ce que disent les textes officiels de l’Église. « Le but de l’École catholique est la promotion de la personne humaine dans toutes ses dimensions…. » . Est-ce à dire que nous ne voulons pas former des citoyens ? Nous y sommes tout à fait favorables mais cela ne peut pas être le but premier. En revanche nous pensons, nous croyons qu’en ayant le projet éducatif de former des hommes et des femmes libres et responsables, nous formons d’authentiques citoyens, peut-être un peu différents de ce que l’État voudrait. Nous nous souvenons que c’est une vieille histoire et que ce débat a opposé au moment de la révolution française Robespierre et Condorcet. Le premier a trop vouloir éduquer les citoyens 1
  2. 2. dans l’esprit de la révolution risquait d’instrumentaliser l’éducation et de leur faire perdre leur liberté qu’aux yeux de Condorcet le primat accordé à l’instruction garantissait. Les valeurs vécues de la République Depuis les événements, nous entendons beaucoup parler des valeurs de la République. Dans l’enseignement catholique, nous sommes attachés aux valeurs de la République. On peut citer Jean-Pierre Chevènement qui n’est pas soupçonnable d’être inféodé à l’Eglise catholique. Il était alors ministre de l’intérieur et des cultes. Il prononça ce discours à Strasbourg lors de l’ordination épiscopale de Joseph Doré archevêque de Strasbourg, évéché concordataire. Il disait ceci : « Les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité qui ont inspiré le combat républicain sont pour une large part des valeurs chrétiennes laïcisées. La liberté et surtout l’égalité sont largement des inventions chrétiennes. S’agissant de l’égalité, on ne peut qu’admettre l’audace à proprement parler révolutionnaire des Evangiles, faisant surgir cette idée neuve, contraire à toutes les normes et les idées d’un monde romain à la culture fortement hellenisée. Quant à la fraternité, elle est une traduction, à peine une adaptation, de l’agapé du Nouveau testament. » Hélas aujourd’hui nous voyons que la fraternité est souvent remplacée par la solidarité qui n’est qu’une forme édulcorée de la fraternité. Même dans les établissements catholiques on est victime de cette réduction de la fraternité à son sous-produit qu’est la solidarité. Pourquoi ne disons-nous pas que nous faisons des actions de fraternité ? La fraternité est évangélique et elle a inspiré la République. Nous avons donc toutes les raisons pour nous sentir à l’aise dans les valeurs de la république. Nous ne pensons pas que ce les valeurs de la République soit le problème. Qui est contre la liberté, l’égalité, la fraternité ? Le problème se situe plutôt dans le décalage entre les valeurs annoncées et les valeurs vécues réellement. Chacun sait à propos de l’égalité que le fossé ne cesse de se creuser entre riches et pauvres, que l’égalité entre hommes et femmes est un combat qui n’a rien perdu de son actualité. La société serait bien avisée de réduire ce fossé qui s’élargit chaque jour et qui est source de violence. Pour la part qui nous revient, dans l’Ecole catholique nous pouvons enseigner les valeurs de la République ou même un catéchisme républicain. Pourquoi pas ? Mais nous savons d’expérience que les catéchismes n’ont jamais converti personne ! Ce n’est pas leur but. Le problème auquel nous sommes confrontés est moins d’enseigner un catéchisme républicain que de vivre dans l’Ecole les valeurs annoncées: la mixité, la place de ceux qui ont des handicaps sociaux, affectifs, le refus de sélectionner et d’exclure, l’apprentissage de la pluralité culturelle et religieuse… L’enseignement du fait religieux L’enseignement du fait religieux quelque peu amorti ces dernières années dans le public, sinon dans le privé, est à nouveau sollicité. Le président de la république, François Hollande, a souhaité, le mercredi 21 janvier, que soit portée « une attention particulière » à l’enseignement du fait religieux. Sa place devrait en être renforcée dans les futurs programmes dès 2016. Que peut-on attendre de cet enseignement ? On ne peut tout en attendre mais la connaissance objective est religions est utile à ceux qui sont adeptes d’une religion et qui souvent la connaissent mal ou bien même ont une connaissance faussée. Elle est utile aux autres qui peuvent alors dépasser des idées toutes faites, des jugements hâtifs et mieux comprendre l’autre. L’ignorance suscite des peurs et des fantasmes. 2
  3. 3. Mais il faut dire aussi que cet enseignement contribue aussi à rehausser l’image de l’École. On a trop laissé croire que l’École n’était pas compétente dans le domaine des religions, si bien qu’aujourd’hui des élèves, en toute bonne foi si je puis dire, contestent à des enseignants le savoir et la parole qu’ils ont sur les religions. Les religions elles-mêmes ont besoin de savoir qu’elles sont objet de savoir de la part de ceux qui n’en sont pas nécessairement les adeptes. Depuis le rapport Debré, les pouvoirs publics ont introduit dans les programmes plus de connaissance du fait religieux. Mais on sait que dans la pratique, les programmes ne sont pas toujours suivis. Aujourd’hui certains demandent un nouveau « renforcement » et de nouvelles ambitions à cet enseignement. Un rapport sénatorial récent préconisait même d’en faire une matière d’enseignement à part entière1 . « il s’agissait de confier cet enseignement spécifique, doté d’un nombre défini d’heures de cours, à des professeurs volontaires issus de disciplines comme l’histoire-géographie, le français ou la philosophie, dans lesquelles est déjà abordé aujourd’hui le fait religieux ». Jean Baubérot, théoricien notoire de la laïcité, propose de créer un corps de certifiés et d’agrégés à même d’enseigner le fait religieux en tant que discipline à part entière. Éric Vinson, auteur avec sa femme d’un remarquable ouvrage sur Jean Jaures, docteur en théorie politique, enseignant à Sciences-Po et à l’Institut catholique de Paris, dit qu’il faudrait « créer à l’université des départements de ‘sciences des religions capables de former des généralistes des religions rompus, comme en Allemagne, à la pédagogie ». Ces idées ne sont pas prêtes d’aboutir en France alors que tout cela existe dans les autres démocraties, mais elles montrent que l’enseignement du fait religieux pourrait occuper une place plus importante à l’avenir. Beaucoup d’enseignants cependant avouent manquer eux-mêmes de culture religieuse pour transmettre un savoir sur ces questions. Selon le gouvernement un module spécifique pourrait être intégré à la formation initiale. Faut-il en revoir les contenus?  On peut contester le terme de « fait religieux ». Il a été choisi à dessein pour marquer l’objectivité du savoir sans convoquer les croyances ou les jugements de valeur. Certains pensent aujourd’hui qu’il faudrait « une plus grande cohérence entre les contenus, une meilleure progressivité, et des objectifs à atteindre à chaque niveau de la scolarité2 . L’enseignement du fait religieux accorde une part trop belle « au passé », déplore de son côté Éric Vinson. « Pour ne pas avoir de problème en classe, on préfère parler des dieux de l’Égypte ancienne. Mais c’est aussi de l’Islam d’aujourd’hui qu’il faut parler!  ». L’École doit reconquérir le droit qu’elle a elle-même délaissé, à parler de religion auprès de certains publics qui contestent sur ce point la légitimité de l’enseignant 3 . 1 Ses rédacteurs, Jean-René Lecerf (UMP) et Esther Benbassa (EELV), ont finalement dû supprimer cette proposition qui ne faisait pas l’unanimité 2 Isabelle Saint-Martin, directrice de l’IESR, institut rattaché à l’École pratique des hautes études 3 « Étudiant la naissance de l’Islam avec une classe de 5e , j’avais apporté un Coran, se souvient Laurent Gassier, enseignant d’histoire-géo dans le Val-de-Marne. Entre indignation et provocation, un élève m’a alors demandé de lâcher ce livre car selon lui j’étais impur. » Sur le moment, l’enseignant, désarçonné, a reposé 3
  4. 4. La laïcité De même en ce qui concerne la laïcité. L’enseignement catholique est très attaché à la laïcité car la laïcité est la garantie pour les religions de pouvoir exister dans l’espace public sans être inquiétées dès lors qu’elles respectent l’ordre public. Les évêques français ont dit l’attachement de l’Église de France à la laïcité, il y a quelques années dans la lettre aux catholiques de France. Mais on entend des choses très diverses sur la laïcité. Contrairement à ce que l’on entend parfois, la laïcité n’est pas une valeur. Elle est un mode juridique d’organisation de la vie en société. La société n’est pas laïque. L’État est laïc mais la société ne l’est pas. La société n’est pas neutre. La neutralité est celle de l’État, pas de la société. La laïcité n’est pas la religion de ceux qui n’ont pas de religion. Nous sommes tous des laïcs car cette règle de vie s’impose à tous dans la vie de la république. La laïcité est un mode juridique sous le contrôle des droits de l’homme. La laïcité est sous le regard et au service de la liberté religieuse, qui elle est un droit de l’homme, un droit fondamental. Le gouvernement prévoit de former un millier de professeurs et d’éducateurs à la laïcité d’ici le mois de juillet. A ce jour, on ne sait pas bien ce que sera cette formation ni sur le contenu ni sur le forme et la durée de la formation. Le secrétariat général semble-t-il a donné son accord pour l’enseignement catholique. Nous pensons que nous devons pour ce qui nous concerne d’une part proposer aussi des formations sur la laïcité et d’autre part articuler la laïcité avec les approches européennes et particulièrement ce que dit la constitution européenne sur la liberté religieuse et les droits de l’homme. Une nouvelle étape Les événements de janvier, les réactions qu’ils suscitent, la place de l’École nous renvoie chacun là où nous sommes à un examen de nos pratiques et à accentuer encore le travail éducatif que nous faisons. A l’ISTR et avec tous ceux d’entre vous qui sont en formation nous nous sommes sentis confortés dans le travail d’enseignement du fait religieux. Nous en avons fait part aux directeurs diocésains, soulignant le travail déjà accompli et le désir d’accentuer encore ce travail en particulier en direction d’une juste compréhension de la laïcité et d’une connaissance plus approfondie de l’islam. Nous sommes très attachés à la laïcité (lettre aux catholiques de France) et à son enseignement mais nous sommes vigilants sur les dérives de la laïcité telle que nous l’entendons ces jours-ci. L’Etat est laïque, la société non ! rappelait le cardinal JP Ricard. Une laïcité qui tend à refluer les religions produit l’effet inverse à celui recherché, génère de la violence et se renie elle-même. Confirmés dans ce travail engagé depuis plusieurs années, nous devons lui donner une force nouvelle. Deux chantiers s’ouvrent devant nous. D’une part, en connaissances de religions, nous pensons que nous devons proposer à un très large public une formation sur l’islam, conséquente, ouverte, qui ne se contente pas de décrire quelques notions de base mais qui donne une vision scientifique, culturelle et spirituelle de l’islam. D’autre part, nous devons aussi intervenir dans le domaine de la compréhension de la l’ouvrage. « Aujourd’hui, je répondrais à ce garçon qu’en classe, le coran est un objet d’étude historique et scientifique », affirme-t-il. 4
  5. 5. laïcité, avec la scientificité voulue et le rejet d’une laïcité idéologisée. L’approche de la laïcité doit se conjuguer avec la liberté religieuse comme droit fondamental de l’être humain. Ce matin nous nous retrouvons nombreux pour notre session annuelle sur le fait religieux. Nous qui sommes ici ce matin, nous savons que cet enseignement est une nécessité pour permettre à des jeunes aujourd’hui d’habiter une culture de s’approprier le patrimoine sans lequel on n’est jamais réellement chez soi dans la culture et la société, mais aussi de s’ouvrir à la dimension symbolique. Cette nouvelle session apporte sa contribution au travail déjà fait les années précédentes. Eduquer à la paix Plusieurs d’entre vous ont participé aux sessions annuelles passées. Il y a deux ans, nous l’avions intitulé l’éducation à la paix. Voilà ce que nous écrivions au terme de la session : Cet enseignement doit ouvrir à cette intelligence des choses et du monde que les religions partagent avec les arts, ouvrir à une autre dimension du réel à laquelle n’a pas accès la seule raison scientifique ou technique et sans laquelle la vie n’est pas totalement humaine. Sans préjuger de la confession de foi propre à chacun, les religions en général ont vocation à ouvrir des chemins vers l’intériorité indispensable à qui recherche la paix. Elles offrent aussi par leurs messages fondateurs des capacités de résistance aux diverses formes de la réduction de l’humain… La symbolique L’an dernier nous avions travaillé sur la dimension symbolique car nous pensons que la connaissance des religions comme celle des arts ouvre à cette forme d’intelligence du réel. Et voilà ce que nous en disions dans la conclusion L’enseignement du FR n’est pas réductible à ce qu’il a été si souvent et que l’on voit dans les manuels, à savoir un enseignement positiviste. Nous entendons par enseignement positiviste le savoir écrasé qui ne donne pas accès au sens. On désigne les éléments d’une architecture religieuse, on se contente de les nommer sans ouvrir à la symbolique des lieux. Nous savons aussi qu’il n’est pas réductible à une approche patrimoniale par laquelle certes on permet à des gens de ne pas être égaré dans la culture qu’ils habitent, d’avoir accès à ses productions culturelles mais qui en font plus des récepteurs passifs que des acteurs... Nous avons mieux compris que l’on ne peut pas comprendre le monde dans lequel on vit et la culture dans laquelle nous baignons sans la compréhension du religieux. Et nous concluions cette session en se disant que l’Un des enjeux majeurs de la prise en compte du fait religieux dans l’enseignement est l’ouverture à l’intelligence symbolique du réel. Le fait religieux au féminin Cette année nous avons retenu comme thème : « le fait religieux au féminin ». Pourquoi avoir choisi ce thème et comment rejoint-il les enjeux évoqués précédemment ? 5
  6. 6. Encore une fois, nous ignorions les événements de janvier mais nous pensons qu’avec ce sujet de session, nous ne sommes pas éloignés des enjeux décisifs pour notre société. En parlant du féminin, nous nous situons d’emblée dans l’altérité et pas n’importe quelle altérité mais l’altérité homme/femme. Or elle est la matrice de toutes les formes d’altérité pour l’anthropologie chrétienne. Ce caractère matriciel probablement explique qu’elle soit si mal vécu et qu’elle suscite tant de résistances dans la société et dans l’Eglise. Nous l’abordons sous l’angle du fait religieux. Ce n’est évidemment pas la seule manière de l’aborder mais nous croyons que cet angle d’attaque a sa pertinence propre. Le fait religieux au féminin, dans notre culture, est victime d’une double ignorance : d’abord celle d’être religieux et ensuite d’être au féminin ! La première des ignorances est celle de la religion et des religions en France dont nous souffrons des effets pervers. La seconde est celle de l’exclusion des femmes de l’histoire, de la culture et aussi de la religion. En effet, considéré comme une affaire d’hommes le fait religieux a longtemps été écrit au masculin. Or les femmes comme les hommes sont au cœur des religions: dieux ou déesses, saints ou saintes, figures anonymes ou héroïnes, soumises ou conquérantes, religieuses ou laïcs, mystiques ou missionnaires, vierges et/ou mères, amoureuses et inspiratrices, elles y occupent une place de choix. On se propose donc au cours de cette session de considérer comment le fait religieux s’écrit au féminin. Le sujet est original. Le fait religieux est peu abordé en ce sens alors même que la religion véhicule des représentations des hommes, des femmes et de leurs relations qui influencent et peuvent déterminer des manières d’être homme ou femme. Or dans le travail éducatif, un des points majeurs est l’éducation à la mixité. Il ne suffit pas de mettre ensemble des petits garçons et des petites filles pour qu’il y ait mixité. L’enseignement du fait religieux n’est pas le seul angle d’une éducation à la mixité mais on peut penser que l’apprentissage du fait religieux décliné au féminin est une participation à l’éducation à la mixité au sein de l’École. Voilà le programme … 6
  7. 7. Encore une fois, nous ignorions les événements de janvier mais nous pensons qu’avec ce sujet de session, nous ne sommes pas éloignés des enjeux décisifs pour notre société. En parlant du féminin, nous nous situons d’emblée dans l’altérité et pas n’importe quelle altérité mais l’altérité homme/femme. Or elle est la matrice de toutes les formes d’altérité pour l’anthropologie chrétienne. Ce caractère matriciel probablement explique qu’elle soit si mal vécu et qu’elle suscite tant de résistances dans la société et dans l’Eglise. Nous l’abordons sous l’angle du fait religieux. Ce n’est évidemment pas la seule manière de l’aborder mais nous croyons que cet angle d’attaque a sa pertinence propre. Le fait religieux au féminin, dans notre culture, est victime d’une double ignorance : d’abord celle d’être religieux et ensuite d’être au féminin ! La première des ignorances est celle de la religion et des religions en France dont nous souffrons des effets pervers. La seconde est celle de l’exclusion des femmes de l’histoire, de la culture et aussi de la religion. En effet, considéré comme une affaire d’hommes le fait religieux a longtemps été écrit au masculin. Or les femmes comme les hommes sont au cœur des religions: dieux ou déesses, saints ou saintes, figures anonymes ou héroïnes, soumises ou conquérantes, religieuses ou laïcs, mystiques ou missionnaires, vierges et/ou mères, amoureuses et inspiratrices, elles y occupent une place de choix. On se propose donc au cours de cette session de considérer comment le fait religieux s’écrit au féminin. Le sujet est original. Le fait religieux est peu abordé en ce sens alors même que la religion véhicule des représentations des hommes, des femmes et de leurs relations qui influencent et peuvent déterminer des manières d’être homme ou femme. Or dans le travail éducatif, un des points majeurs est l’éducation à la mixité. Il ne suffit pas de mettre ensemble des petits garçons et des petites filles pour qu’il y ait mixité. L’enseignement du fait religieux n’est pas le seul angle d’une éducation à la mixité mais on peut penser que l’apprentissage du fait religieux décliné au féminin est une participation à l’éducation à la mixité au sein de l’École. Voilà le programme … 6

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