Les écrits en polonais jusqu’au
XVIe siècle
Littérature polonaise ancienne: programme de cours
I.

Introduction générale. Bibliographie conseillé. Introduction à la littérature polonaise
médiévale
II. Écrits en latin jusqu’au XIVe siècle:
a. Premiers écrits
b. Chroniques
c. Hagiographie
d. Poésie
e. Théâtre
III. Premiers écrits en polonais. Le Bas Moyen Age
a. « Bogurodzica » et psaumes (rappel)
b. « Posłuchajcie bracia miła »
c. Textes macabres et la chronique de Jan Długosz (le chroniquer)
IV. Introduction à la littérature polonaise de la Renaissance. L’élaboration des nouvelles
poétiques
V. Grandes figures: Jan Kochanowski
VI. Grandes figures: Łukasz Górnicki ou de l’art de l’adoption,
VII. Grandes figures: Mikołaj Sęp Szarzyoski et la poésie métaphysique,
VIII. « Barok dworski »: Jan Andrzej Morsztyn,
IX. « Barok sarmacki »: Waclaw Potocki « Wojna chocimska »,
X. Lumières: cas polonais. Ignacy Krasicki .
Rôle de Bogurodzica
hymne national:
o Les chevaliers polonais l’ont chanté (avant la
bataille de Tannenberg (Grunwald) contre
l’ordre des chevaliers Teutoniques (1410), et
pendant la bataille de Varna (1444) contre les
Turcs.)
o Le chant Bogurodzica a aussi accompagné les
couronnements des premiers rois de la
dynastie Jagellon.
datation:

Bogurodzica

o (Historiens de la littérature médiévale) composé dès la
fin du Xe siècle, ou bien au XIIIe voire au début du XIVe
siècle,
o (musicologues) entre le XIIe et le XIIIe siècle,

Deux versions manuscrites (datent du début du XVe
siècle):

o La première, dite de Kcynia, comporte deux premières
strophes, considérées comme les plus anciennes ; elle se
trouve sur l’arrière de la couverture du livre contenant
des sermons en latin de Maciej de Grochów, datant de
1407. Elle est accompagnée de la partition,
o La deuxième, dite de Cracovie, contient treize strophes
sans partition et a été notée par un anonyme, en 1408.
La rédaction
temps :

du texte a

été faite au moins en trois

o les deux premières strophes,
Bogurodzica – compréhension du
texte
(archaïsmes)
Bogurodzica = Bóg (fr. dieu) +rodzić (mettre au
monde),

Gospodzin = pan (fr. Seigneur),
zwolena = mająca uznanie, cześć (glorifiée),
zyszczy = pozyskaj (obtenir),
spuści = przychyl, uczyń przychylnym (rendre

bienveillant),
dzieła = dla (pour),
Bożyce = syn Boga (fils de Dieu),
pobyt = se rapporte à la vie terrestre,
przebyt = se rapporte à la vie futur, au paradis
Bogurodzica , composition
Caractéristiques de deux strophes:
1. est composée de deux parties : une longue apostrophe
comportant 33 syllabes et une supplique courte de
seulement 6 syllabes (la mise en valeur de la Vierge dans
ce contexte est évidente),
2. est composée également de deux phrases, cette fois-ci la
première étant bien plus courte (deux vers) que la
seconde (quatre vers).

Représentation de

déesis (deesis):

I strophe = Marie + Christ,
II strophe = Jean-Baptiste + Christ.
Bogurodzica – valeur synonymique des
mots

Bogurodzica, dziewica, Bogiem sławiena Maryja,
Twego syna, Gospodzina, matko zwolena Maryja,
Zyszczy nam, spuści nam.
Kirielejson.
Twego dziela Krzciciela, Bożyce,
Usłysz głosy, napeło myśli człowiecze.
Słysz modlitwę, jąż nosimy,
A dać raczy, jegoż prosimy,
A na świecie zbożny pobyt,
Po żywocie rajski przebyt.
Kirielejson.
Déesis et saints: triptique Harbaville, Xe siècle
(Louvre)
Déesis, XIII

siècle, Hagia
Sophia, Istanbul

Déesis, XII

siècle, monastère
de SainteCatherine, Sinaï
Cimabue et autres, Déesis, mosaïque, début
du XIVe siècle, abside de la
Deesis, Tum près de Łęczyca
(premiere-pierre 1161)
PSAUMES

(exemple de la traduction) 

Psauterz floriański

(Psaumes de St. Florian),

Biblioteka Narodowa, Varsovie.
• daté pour la fin du XIVe et le
début du XVe s
• texte en trois langues
(latin, polonais, allemand),
• fait à l’origine pour la reine
Hedwige,

(exemple d’un esemble) 
Kazania świętokrzystkie
(Homélie de la Sainte
Croix)

Auteur: bénédictin de la Sainte
Croix,
Provenance: Petite Pologne,
Le Bas Moyen Age (fin du XIVe – fin du XVe siècle)
• est favorables au
développement de la
culture, polonaise (le
fondation de l’université
de Cracovie),
• caractérisé par l’impacte
de l’imprimerie et
l’entrée de la langue
polonaise dans la vie
publique (jurisprudence,
épistolographie,
éloquence),
Posłuchajcie bracia miła... « Ecoutez chers frères... »
• le chant religieux médiéval
polonais
• D’autres noms attribué:
« Lamentation de la Sainte
Croix » (Lament
świętokrzyski) ou « Les
regrets de la Mère de Dieu
sous la croix » (Żale Matki
Boskiej pod krzyżem),
• Datation de manuscrit: 1470
• le texte est aujourd’hui
disparu, mais un document
du XIXe siècle relate son
existence en apportant le Sujet du chant reprend un motif répandu à
l’époque: la plainte de la Vierge Marie sous la
texte (voir en annexe).
croix qui pleure le sort de Jésus et son propre
destin.
Textes macabres polonais
• dérivent de l’inquiétude
devant la mort (au cours des
XIVe et XVe siècles),
• vont présenter l’art de bien
mourir,
• L’Ars moriendi de Matthieu
de Cracovie (vers 1345-1410)
paraît en 1497 (écrit vers
1408-14010): donne les
indications quant à la forme
que doit emprunter la
représentation de la mort :
l’image s’adresse à l’home
laïc et illettré, alors que le
texte est destiné au clergé et
aux hommes lettrés.

L’homme est la proie de
la psychomachie : une
lutte acharnée entre les
éléments diaboliques
(temptationes diaboli) et
angéliques (bonae
inspirationes angeli).
Textes macabres polonais
• l’un des premiers est le
Dialogus Mortis cum
Homine dû à un auteur
anonyme et daté du XIIe
siècle,
• le dialogue dans sa forme
canonique se déroule
entre l’homme (Homo)
qui doit représenter tout
un chacun et la mort, dont
la représentation subit des
modifications au cours des
siècles.

Les symboles de la mort
 un cavalier sur son
cheval blanc, le
chasseur, armé d’un
arc, etc. (dès le XIe
siècle) un cadavre à
différents stades de
décomposition, souvent
armé d’une faux  (à la
fin du XVe siècle)
squelette
Skarga umierającego (Complainte du mourant)
• fin du XVe siècle,
• une ressemblance étonnante
à un chant tchèque O
rozděleni duše z tělem (vers
1422)
• contient vingt-trois strophes
dans sa version
complète, annotée à la fin du
XVIe siècle, disposés en
acrostiche alphabétiques, les
premières lettres de chaque
strophe formant l’alphabet.
• le chant présente l’homme
sur son lit de mort, entouré
de sa famille et de se amis

Le discours illustre trois
étapes traditionnellement
prévues dans l’ars moriendi ;
les tentations
d’avarice, d’impatience et de
désespoir. De contemptu
mundi est un texte de pape
Innocent III (mort en 1216)
qui reprend le titre d’un
sermon de saint Augustin et
fait référence à la formule
d’Ecclésiaste « Vanitas
vanitatum et omnia vanitas ».
Dialog mistrza Polikarpa ze Śmiercią
Dialogue de Maître Polycarpe avec la mort,
portant le titre latin De Morte prologus
• datant du XIVe siècle,
• le texte latin est écrit en prose,
• la version polonaise, anonyme et inachevée:
o est formée de 498 vers octosyllabiques (8
syllabes), réguliers, à rime plate (aabb),
o est divisé en trois parties : l’introduction (1-18), avec un
« jeu » lyrique associable à l’auteur du poème, la
description des personnages du dialogue (19-48), et un
long dialogue (49-498)
Jan Długosz, le chroniquer
diplomate de Kazimierz Jagellon (1427-1492)
• ses œuvres:
Les catalogues des évêques polonais, des
hagiographies (Vita S. Stanislai, Vita S.
Cunegundis)
un livre héraldique
Annales seu cronicae incliti Regni Poloniae (vers
1480):
opremière histoire de la Pologne,
odouze livres, précédés d’une introduction en
forme de lettres adressées à l’évêque

4 bas moyen age et textes macabres (1)

  • 1.
    Les écrits enpolonais jusqu’au XVIe siècle
  • 2.
    Littérature polonaise ancienne:programme de cours I. Introduction générale. Bibliographie conseillé. Introduction à la littérature polonaise médiévale II. Écrits en latin jusqu’au XIVe siècle: a. Premiers écrits b. Chroniques c. Hagiographie d. Poésie e. Théâtre III. Premiers écrits en polonais. Le Bas Moyen Age a. « Bogurodzica » et psaumes (rappel) b. « Posłuchajcie bracia miła » c. Textes macabres et la chronique de Jan Długosz (le chroniquer) IV. Introduction à la littérature polonaise de la Renaissance. L’élaboration des nouvelles poétiques V. Grandes figures: Jan Kochanowski VI. Grandes figures: Łukasz Górnicki ou de l’art de l’adoption, VII. Grandes figures: Mikołaj Sęp Szarzyoski et la poésie métaphysique, VIII. « Barok dworski »: Jan Andrzej Morsztyn, IX. « Barok sarmacki »: Waclaw Potocki « Wojna chocimska », X. Lumières: cas polonais. Ignacy Krasicki .
  • 3.
    Rôle de Bogurodzica hymnenational: o Les chevaliers polonais l’ont chanté (avant la bataille de Tannenberg (Grunwald) contre l’ordre des chevaliers Teutoniques (1410), et pendant la bataille de Varna (1444) contre les Turcs.) o Le chant Bogurodzica a aussi accompagné les couronnements des premiers rois de la dynastie Jagellon.
  • 4.
    datation: Bogurodzica o (Historiens dela littérature médiévale) composé dès la fin du Xe siècle, ou bien au XIIIe voire au début du XIVe siècle, o (musicologues) entre le XIIe et le XIIIe siècle, Deux versions manuscrites (datent du début du XVe siècle): o La première, dite de Kcynia, comporte deux premières strophes, considérées comme les plus anciennes ; elle se trouve sur l’arrière de la couverture du livre contenant des sermons en latin de Maciej de Grochów, datant de 1407. Elle est accompagnée de la partition, o La deuxième, dite de Cracovie, contient treize strophes sans partition et a été notée par un anonyme, en 1408. La rédaction temps : du texte a été faite au moins en trois o les deux premières strophes,
  • 6.
    Bogurodzica – compréhensiondu texte (archaïsmes) Bogurodzica = Bóg (fr. dieu) +rodzić (mettre au monde), Gospodzin = pan (fr. Seigneur), zwolena = mająca uznanie, cześć (glorifiée), zyszczy = pozyskaj (obtenir), spuści = przychyl, uczyń przychylnym (rendre bienveillant), dzieła = dla (pour), Bożyce = syn Boga (fils de Dieu), pobyt = se rapporte à la vie terrestre, przebyt = se rapporte à la vie futur, au paradis
  • 7.
    Bogurodzica , composition Caractéristiquesde deux strophes: 1. est composée de deux parties : une longue apostrophe comportant 33 syllabes et une supplique courte de seulement 6 syllabes (la mise en valeur de la Vierge dans ce contexte est évidente), 2. est composée également de deux phrases, cette fois-ci la première étant bien plus courte (deux vers) que la seconde (quatre vers). Représentation de déesis (deesis): I strophe = Marie + Christ, II strophe = Jean-Baptiste + Christ.
  • 8.
    Bogurodzica – valeursynonymique des mots Bogurodzica, dziewica, Bogiem sławiena Maryja, Twego syna, Gospodzina, matko zwolena Maryja, Zyszczy nam, spuści nam. Kirielejson. Twego dziela Krzciciela, Bożyce, Usłysz głosy, napeło myśli człowiecze. Słysz modlitwę, jąż nosimy, A dać raczy, jegoż prosimy, A na świecie zbożny pobyt, Po żywocie rajski przebyt. Kirielejson.
  • 9.
    Déesis et saints:triptique Harbaville, Xe siècle (Louvre)
  • 10.
    Déesis, XIII siècle, Hagia Sophia,Istanbul Déesis, XII siècle, monastère de SainteCatherine, Sinaï
  • 11.
    Cimabue et autres,Déesis, mosaïque, début du XIVe siècle, abside de la
  • 12.
    Deesis, Tum prèsde Łęczyca (premiere-pierre 1161)
  • 13.
    PSAUMES (exemple de latraduction)  Psauterz floriański (Psaumes de St. Florian), Biblioteka Narodowa, Varsovie. • daté pour la fin du XIVe et le début du XVe s • texte en trois langues (latin, polonais, allemand), • fait à l’origine pour la reine Hedwige, (exemple d’un esemble)  Kazania świętokrzystkie (Homélie de la Sainte Croix) Auteur: bénédictin de la Sainte Croix, Provenance: Petite Pologne,
  • 14.
    Le Bas MoyenAge (fin du XIVe – fin du XVe siècle) • est favorables au développement de la culture, polonaise (le fondation de l’université de Cracovie), • caractérisé par l’impacte de l’imprimerie et l’entrée de la langue polonaise dans la vie publique (jurisprudence, épistolographie, éloquence),
  • 15.
    Posłuchajcie bracia miła...« Ecoutez chers frères... » • le chant religieux médiéval polonais • D’autres noms attribué: « Lamentation de la Sainte Croix » (Lament świętokrzyski) ou « Les regrets de la Mère de Dieu sous la croix » (Żale Matki Boskiej pod krzyżem), • Datation de manuscrit: 1470 • le texte est aujourd’hui disparu, mais un document du XIXe siècle relate son existence en apportant le Sujet du chant reprend un motif répandu à l’époque: la plainte de la Vierge Marie sous la texte (voir en annexe). croix qui pleure le sort de Jésus et son propre destin.
  • 16.
    Textes macabres polonais •dérivent de l’inquiétude devant la mort (au cours des XIVe et XVe siècles), • vont présenter l’art de bien mourir, • L’Ars moriendi de Matthieu de Cracovie (vers 1345-1410) paraît en 1497 (écrit vers 1408-14010): donne les indications quant à la forme que doit emprunter la représentation de la mort : l’image s’adresse à l’home laïc et illettré, alors que le texte est destiné au clergé et aux hommes lettrés. L’homme est la proie de la psychomachie : une lutte acharnée entre les éléments diaboliques (temptationes diaboli) et angéliques (bonae inspirationes angeli).
  • 17.
    Textes macabres polonais •l’un des premiers est le Dialogus Mortis cum Homine dû à un auteur anonyme et daté du XIIe siècle, • le dialogue dans sa forme canonique se déroule entre l’homme (Homo) qui doit représenter tout un chacun et la mort, dont la représentation subit des modifications au cours des siècles. Les symboles de la mort  un cavalier sur son cheval blanc, le chasseur, armé d’un arc, etc. (dès le XIe siècle) un cadavre à différents stades de décomposition, souvent armé d’une faux  (à la fin du XVe siècle) squelette
  • 18.
    Skarga umierającego (Complaintedu mourant) • fin du XVe siècle, • une ressemblance étonnante à un chant tchèque O rozděleni duše z tělem (vers 1422) • contient vingt-trois strophes dans sa version complète, annotée à la fin du XVIe siècle, disposés en acrostiche alphabétiques, les premières lettres de chaque strophe formant l’alphabet. • le chant présente l’homme sur son lit de mort, entouré de sa famille et de se amis Le discours illustre trois étapes traditionnellement prévues dans l’ars moriendi ; les tentations d’avarice, d’impatience et de désespoir. De contemptu mundi est un texte de pape Innocent III (mort en 1216) qui reprend le titre d’un sermon de saint Augustin et fait référence à la formule d’Ecclésiaste « Vanitas vanitatum et omnia vanitas ».
  • 19.
    Dialog mistrza Polikarpaze Śmiercią Dialogue de Maître Polycarpe avec la mort, portant le titre latin De Morte prologus • datant du XIVe siècle, • le texte latin est écrit en prose, • la version polonaise, anonyme et inachevée: o est formée de 498 vers octosyllabiques (8 syllabes), réguliers, à rime plate (aabb), o est divisé en trois parties : l’introduction (1-18), avec un « jeu » lyrique associable à l’auteur du poème, la description des personnages du dialogue (19-48), et un long dialogue (49-498)
  • 23.
    Jan Długosz, lechroniquer diplomate de Kazimierz Jagellon (1427-1492) • ses œuvres: Les catalogues des évêques polonais, des hagiographies (Vita S. Stanislai, Vita S. Cunegundis) un livre héraldique Annales seu cronicae incliti Regni Poloniae (vers 1480): opremière histoire de la Pologne, odouze livres, précédés d’une introduction en forme de lettres adressées à l’évêque