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Philippe Rivière

Escapade en Pays
Bigouden
En route vers la Préhistoire…
Une fois n’est pas coutume, nous allons quitter le Pays Fouesnantais, pour le Pays
Bigouden. Passé le pont de Cornouaille, aussi communément appelé « pont de Bénodet »,
(comme pour bien rappeler qu’il est posé entre les berges de Clohars-Fouesnant et de
Combrit) c’est direction Penmarc’h, et sa plage de Pors-Carn…
Là, face à la mer, comme dirait le poète, « battu par les vents et les embruns », se tient le
« Musée de Préhistoire Finistérien ». Injustement méconnu, voir dévalué, (sans doute dû au
manque de régularité des ouvertures au public, jusqu’à il n’y a pas si longtemps encore) ce
musée est pourtant une pure merveille ; il regroupe en son sein les collections
archéologiques, résultant de fouilles faites sur tout le département, depuis plus d’un siècle,
reconnues parmi les plus rares et les plus belles de France.
Si Föen Izella s’y intéresse aujourd’hui, c’est que le Pays Fouesnantais, très riche en
patrimoine archéologique, y est joliment représenté.

1/11
La Préhistoire en Finistère, préludes…

Commençons par regarder un peu comment s’est développé, dans notre région, l’intérêt
pour l’archéologie, et les personnes à l’initiative de ce mouvement scientifique.
L’Histoire et l’Archéologie, en Bretagne, doivent énormément à Arthur de la Borderie, qui
créa la Société Archéologique de Bretagne dès 1854.
Balbutiante avant le troisième tiers du 19ème siècle, (citons tout de même Cambry, qui à la
fin du 18ème fera une description de quelques sites, ou le chevalier de Fréminville, qui vers
1835 tentera la première description d’ensemble des monuments « celtiques ») l’archéologie
dans le Finistère va poser ses premiers fondements en 1862, avec la mise en place d’une
Commission Départementale d’Archéologie, (un certain René-François Le Men en est
secrétaire) directement liée à la création du Musée Départemental, d’ou découlera une activité
sur le terrain et de réelles entreprises de fouilles.
1873 voit la naissance de la Société Archéologique du Finistère, ce qui marquera le vrai
départ de la recherche éponyme dans le département. M. Le Men se voit chargé de cordonner
les différentes activités.
Notons, ici, que c’est sous le Second Empire que vont voir le jour les premières campagnes
de fouilles systématiques, insufflées par un Empereur passionné par le sujet, qui va se lancer
dans la recherche des « Antiquités Nationales », (Avant de « nous perdre » l’Alsace et La
Lorraine. Ce qui fait qu’avec Napoléon III, la France aura vraiment connu l’Empire et le
meilleur !).
Parmi les membres de la société, l’on trouve, l’un des grands « fouilleur » de l’époque,
(précédé par son père Armand) Paul du Châtellier (1836-1911). Riche propriétaire terrien
bigouden, ce dernier, dès 1876, va créer, avec son père, un musée privé, dans leur château
familial de Kernuz, à Pont Labbé. Incroyablement prolifique, il va amasser du fait de ses
fouilles et de ses acquisitions, une collection phénoménale, (dépassant largement le cadre du
Finistère) ; au point que Kernuz, qui se visite de très loin, sera décrit par beaucoup à l’époque,
comme « la collection nationale bretonne ». Un vide juridique, concernant la propriété des
« inventions », permettait à tout un chacun de conserver l’ensemble du produit de ses
découvertes. Paul du Châtellier est un personnage controversé, ses méthodes de fouilles seront
souvent critiquées, comme étant superficielles, voire maladroites.
A l’instar de bon nombre de ses homologues du temps, il n’est pas forcément présent sur ses
chantiers, (voyager est encore compliqué, même pour quelqu’un de fortuné).Il n’est parfois
que le commanditaire à distance, et se fait remettre « la récolte » par ses ouvriers journaliers,
sans toujours faire de relevés précis des lieux, il néglige le travail approfondi pour se
contenter de ramasser les objets « intéressants à exposer ». Même si l’engin n’existait pas à
l’époque, il semblait plus du genre « bulldozer », que pinceau fin !

2/11
Lui et son père se brouilleront avec M. Le Men à propos de la découverte du site de
Tronoën, (chacun en revendiquant la paternité et l’exploitation), en St-Jean-Trolimon.
Conséquence de quoi il se verra exclu, pendant longtemps, de la Société Archéologique du
Finistère (avant d’y revenir, en 1897, et d’en prendre la présidence jusqu’à sa mort) ; de ce
fait il publiera une bonne partie de ses compte-rendus de recherches, sur le Finistère, dans le
bulletin de la Société d’Emulation… des Côtes du Nord!
Après la première guerre Mondiale, éprouvée par les difficultés financières, la famille du
Châtellier, devra se résoudre à vendre ses collections à l’état. C’est le musée des Antiquités
Nationales de St-Germain-en-Laye (Yvelines), qui en fera l’acquisition en 1924, (elles seront
déposées, en partie, au musée de Penmarc’h en 1953). Paul du Châtellier a laissé derrière lui
bon nombre d’écrits de premier ordre, et, malgré la controverse, il est considéré, aujourd’hui,
comme l’archéologue finistérien le plus marquant de son temps.

Entrée dans l’ère moderne…
Avec le début du 20ème siècle, l’archéologie finistérienne va négocier un nouveau tournant ;
une certaine anarchie va disparaître, de réelles méthodes de travail vont s’installer, et les
publications, issues des différents travaux menés, vont s’étoffer.
Pour illustrer pleinement cette prise de conscience, ce « professionnalisme », voici ce
qu’écrit, en 1929, dans le journal « L’illustration économique et financière », l’amiral Motet,
(cofondateur du musée de Penmarc’h) sur le sujet :
« …Il fallut des hommes mieux préparés à ces études spéciales pour jeter les premiers
rais de lumières dans l’obscurité de l’archéologie finistérienne. Les premiers préhistoriens
dignes de ce nom, que l’on puisse citer, furent l’amiral Reveillère, le commandant Martin,
le commandant Le Pontois, le commandant de Martel, le commandant Devoir, M. du
Châtellier père et le chanoine Abgral, tous, sauf le dernier, officiers de marine, et, par
conséquent, ayant étudié l’astronomie, observé les rivages et leurs abords. Certains d’entre
eux, certes, ont fait des fouilles, mais aucun n’était obnubilé par cette fièvre maladive qui a
poussé tant d’archéologues à ramasser des bibelots d’étagères en brisant les monuments et
sans tirer de conclusions d’ensemble.
Quand la guerre fut terminée, le commandant Devoir, le commandant le Pontois, le
docteur Kermarec, le commandant Morel, le chanoine Abgral, M. Cornier, ancien
magistrat, M. Jarnot, M. Charbonnier de Sireuil, se réunirent et décidèrent d’apporter aux
études de Préhistoire une méthode d’ensemble, de grands principes d’observation et une
organisation rationnelle des fouilles.
Ils constituèrent une Société, et c’est ainsi que fut fondé l’Institut Finistérien d’Etudes
Préhistoriques »
La rigueur s’installe, contentieux et querelles intestines transpirent dans ces mots, on sent
une volonté de faire « table rase » d’une époque. A noter, pour preuve, que seul est cité, ici,
M. du Châtellier père, le fils semble être relégué au rang de « ramasseur de bibelots
d’étagère ». L’amiral Motet de conclure :
« …la moisson fut telle, qu’il devint nécessaire d’en montrer une partie au public, et c’est
ainsi que naquit le Musée Préhistorique de Penmarc’h. »

3/11
Le Musée Préhistorique, histoire…
Issu d’une démarche totalement privée, le Musée Préhistorique de Penmarc’h, va voir
le jour au lendemain de la 1ère guerre mondiale. En 1919, ils sont quelques précurseurs de la
Préhistoire finistérienne à fouiller la région. Souvent étrangers à celle-ci, ils y possèdent une
résidence secondaire, certains sont membre de la Société Archéologique du Finistère.
Beaucoup sont des officiers de marine, (voir plus haut) qui dirigent leurs travaux au gré de
leurs affectations. En 1921, le 5 août, ils fondent, devant notaire, la société civile du Musée
d’Archéologie de Penmarc’h, qui déposera ses statuts d’association (loi de 1901) le 18 mars
1922, et prendra le nom, cité plus haut, d’Institut Finistérien d’Etudes Préhistoriques. Au
groupe initial viendront se joindre de nombreuses autres personnalités, de différents horizons:
M. Léon, directeur des Beaux-Arts, M. Reinach, membre de l’Institut (et surtout
conservateur du musée des antiquités de St-Germain-en-Laye), Docteur Capitan, membre de
l’Académie de Médecine, M. Baule professeur au Muséum, Delevaud, Ministre, Amiral
Mottet, Capitaine de vaisseau Fateu, professeur Colin, professeur Kerferme, et l’abbé Fauret
pour ne citer que les plus « éminents ». De telles cartes de visites ont de quoi impressionner,
elles sont autant de gages de respectabilité.
Est-ce la prédominance, au sein de l’association, des marins militaires, qui a mis la barre
aussi haut ?
Une chose est sûre, se sont des passionnés et des travailleurs, car le succès ne se fait pas
attendre. Les mises au jour des nécropoles de St-Urnel, puis de Roz-en-Trémen, toutes deux
sur la commune de Plomeur, vont être déterminantes pour la création du musée. Devant
l’importance des découvertes, tout le monde est unanime, il faut les montrer au public!
Surtout que pour l’heure le produit des fouilles n’a pour abri qu’une baraque préfabriquée !
Les choses vont se précipiter.
Le terrain de Pors-Carn est acheté, par la société civile, le 5 octobre 1922. Dès l’année
suivante est édifiée la première salle, (inaugurée le 19 août 1923) ainsi qu’un bureau, un
laboratoire et un logement pour le gardien. Parallèlement le musée extérieur est démarré
(lapidaire), avec une collection de mégalithes. Cette opération pût se faire (comme le titre la
plaque commémorative à l’intérieur du musée) « grâce à l’initiative, au labeur et aux
libéralités » des membres de l’association, avec l’appui de mécènes et des subventions des
Monuments Historiques. (devant l’importance et la qualité des découvertes, le 18 mai 1925,
les collections « présentes et à venir » furent classées comme monument historique) Très
rapidement, devant l’affluence des donations et des objets recueillis lors des fouilles, en 1927,
une deuxième salle, plus grande que la première, fut construite.
A la suite d’autres legs conséquents, une troisième salle fut même envisagée, soumise à
l’approbation de la direction des Beaux-Arts, par M. Chabal, (alors vice-président du musée)
le projet restera sans suite, sûrement pour une question de coût.
Entre 1926 et 1929, par plusieurs acquisitions de terrains, le musée lapidaire fut agrandi. A
ce propos, il est à souligner l’action prépondérante du commandant Bénard le Pontois,
président-fondateur du musée et également l’un des principaux mécènes de l’institution.

4/11
Après sa disparition en 1931, c’est un anglais, Sir Robert Mond, qui reprendra le rôle
principal du mécène, et ce, jusqu’à la veille de la seconde guerre mondiale.
Entre temps, lors de l’assemblée générale du 10 août 1926, l’association du musée
aménagea ses statuts sur ceux de l’Institut International d’Anthropologie, et déménagea son
siège social à Paris, en prenant la nouvelle appellation d’Institut Finistérien d’Etudes
Préhistoriques. Deux ans après, presque jour pour jour, le décret du 12 août 1928, sur avis du
conseil d’état, fit reconnaître l’établissement comme étant d’Utilité Publique.

Un établissement dédié à la recherche et à l’enseignement…
Désiré, pensé et conçu par des chercheurs, dès le départ le musée de Penmarc’h s’est voulu
comme un centre de recherche et d’enseignement. Dans cette optique des contacts vont être
pris avec la Faculté des Sciences de Rennes, (chaire de Généalogie). Pour la plupart issus de
formations scientifiques, les fondateurs du musée voyaient d’un grand intérêt une
collaboration étroite avec des spécialistes en Sciences Naturelles. Si aucun projet ne put voir
le jour à l’époque, cela n’entachera en rien la vocation scientifique du lieu.
Le groupe finistérien continuera ces activités jusqu’à la seconde guerre Mondiale, l’arrivée
de cette dernière allait compliquer sérieusement les travaux du groupe, avec l’occupation et
les fortifications érigées sur le rivage, une partie des collections dut être mise en lieu sûr. A la
libération, l’association se retrouva dans une certaine impasse financière. De part les statuts
adoptés en 1926, et la déclaration d’utilité publique, de 1928, seule la dévolution des biens à
l’Etat semblait possible. C’est là que l’Université de Rennes, intéressée par une station
scientifique extérieure, se proposa de reprendre le musée. Solution idéale et en droite ligne
avec la philosophie de ses créateurs.

5/11
Une Station scientifique de l’Université de Rennes 1…
Par assemblée générale, le 7 octobre 1946, les modalités de cette cession à l’Université de
Rennes (Institut de géologie) furent définies. Le 25 août, de l’année suivante, l’acte officiel
était signé.

Dans le but de développer la recherche préhistorique, liée aux sciences naturelles et en
particulier à la terre, le musée de Penmarc’h, rapidement rattaché au laboratoire
Anthropologique Préhistorique de l’Université de Rennes, sous la direction de
l’anthropologue Pierre-Roland Giot, va jouer un rôle prépondérant dans le fantastique essor
que vont connaître, tant dans les méthodes d’investigations que dans les connaissances, la
Préhistoire et la Protohistoire bretonne, de 1947 à aujourd’hui ; Les chercheurs appréciant tout
particulièrement, lors de leurs opérations de fouilles dans l’Ouest breton, d’avoir cette station
de terrain, indispensable à la conservation des éléments mis à jour.
Avec les années, les innombrables chantiers menés, les acquisitions, les dons et dépôts
effectués, ont considérablement enrichi les collections initiales ; le bâtiment a connu,
évidemment, quelques aménagements et a été régulièrement entretenu par l’Université de
Rennes.

Le musée, sa situation aujourd’hui…
Le musée de Penmarc’h est, à ce jour, une station extérieure de l’Université de Rennes I,
qui, rattachée à l’U.F.R. « Structure et propriétés de la matière », est étroitement liée au
laboratoire d’Anthropologie-préhistoire-prothohistorique et Quaternaire armoricain, (plus
communément appelé : Laboratoire d’Anthropologie Préhistorique) lui-même issu de
l’Institut de Géologie, et à l’Unité propre de Recherche n° 403 du C.N.R.S. ( ex E.R 27, pour
les connaisseurs !), sous la nouvelle dénomination : « Anthropologie et Paléoenvironnement
des civilisations armoricaines et atlantiques ».
Sa situation « matériel », si elle est plus courte à décrire, n’est pas dès plus simple pour
autant :
Le bâtiment appartient à l’Université de Rennes, les collections qu’il abrite au C.N.R.S., et
le tout est posé sur un terrain qui est propriété du ministère de la culture !

6/11
Une autre particularité, et pas des moindres, c’est que malgré son contenu classé Monument
Historique, et son appellation d’Utilité Publique, l’établissement n’est pas entré dans le cercle
convoité des Musées Nationaux, (ce classement, en Musée National, est une arlésienne qui ne
date pas d’hier, pour ses fondateurs la chose était entendue et imminente… dès la fin des
années 1920 !); ce qui le place parmi les « mal lotis » en dotations publiques ; les mécènes
du début n’ayant pas été remplacés, il vit principalement sur ses entrées.
Paradoxalement, il arrive peut-être aujourd’hui, à être l’un des musées les plus pauvres de
France, tout en recélant des richesses considérables !

Les projets pour demain…
Si la situation, telle que décrite plus haut, peut paraître difficile, il n’en est rien, au contraire,
au sortir d’une période que l’on peut qualifier « de gestation », une certaine dynamique se met
en place. En effet, financée par le Ministère de la Culture, le C.N.R.S et le Conseil Général de
Finistère, une extension et une modernisation du musée sont prévues pour 2006.
Ce projet de mise en valeur dépasse le cadre d’un simple agrandissement, il entre dans celui
d’une triple ambition :
- Valoriser les collections, et les aboutissements des travaux, par des présentations
attractives, voir ludiques, adressées aussi bien aux spécialistes qu’au grand public, en
employant les techniques modernes de pédagogie et de muséographie.
- Présenter les méthodes et les outils de recherche scientifique moderne, mis en œuvre
dans tous les domaines touchant à l’archéologie.
- Développer des activités culturelles et scientifiques. L’implantation géographique du
musée, dans une région très touristique, doit lui permettre de jouer un rôle initiateur et
incitateur dans la découverte de la préhistoire et de notre richesse patrimoniale.

Voilà un programme ambitieux, que l’on ne peut que soutenir, et espérer
de tout cœur voir aboutir, tant pour les scientifiques avérés que pour les
amateurs passionnés comme, entre autres, les membres de Foën Izella.

Que d’interrogations ?! Tempête sous un crâne !

7/11
Une autre approche muséographique…
Uniques, tant sur le plan qualitatif que quantitatif, ces collections qui bénéficient déjà d’une
présentation à part, ne pourront que gagner, à bénéficier de certains moyens modernes.
Citons ici, celui qui fut le conservateur du musée pendant de longues années, et qui
connaissait par cœur son contenu, Pierre-Roland Giot :
« Dès le départ, les pionniers du Groupe Finistérien d’Etudes Préhistoriques ont voulu
créer, non pas un musée de collections, mais un outil de travail sur le terrain, une station
laboratoire, où les récoltes étaient avant tout pour être utilisées pour la recherche et pour
l’enseignement. D’autres parts ils concevaient la Préhistoire, la Protohistoire et même
l’Archéologie, tout comme l’Anthropologie, comme sciences naturelles faisant partie du
groupe des Sciences Géologiques. D’où, dès 1925, le dessein affirmé d’offrir leur création
dans le futur à la Faculté de Sciences de l’Université de Rennes, et leurs connexions avec
ses professeurs de géologie. C’est donc tout naturellement que cet établissement, au titre de
son Institut de Géologie, en est devenu propriétaire en 1947, et tout son développement
ultérieur s’est poursuivi dans la même perspective. Il est donc fondamental de ne pas
dénaturer cette vocation d’établissement d’enseignement supérieur scientifique à fonction
primordiale de recherche, de station scientifique extérieure de terrain, qui sert avant tout de
vitrine à la recherche qui se fait et qui évolue, en même temps qu’à une présentation de
haut niveau de la Préhistoire, de la Protohistoire, de l’Anthropologie et de la Géologie
régionale, sans concession à la démagogie et à l’étalagisme. »
Ces propos datent de 1993, ils illustrent parfaitement « l’esprit » du musée.

Les collections présentées…
Réparties entre deux salles d’expositions, on compte pas moins de 19 vitrines, 5
reconstitutions de structures funéraires de l’Age du Bronze au Haut Moyen-Age, 2 coffres de
l’Age du Bronze, 3 stèles où dalles gravées du Néolithique à l’Age du Fer. Complétant
l’ensemble, 8 portiques présentant divers thèmes, sous formes de photographies, textes,
dessins, cartes ou plans en rapport avec les différents sites ou objets exposés. Soit quelque 33
planches de dessins, 87 photographies, 10 tableaux explicatifs 58 plans et cartes.
La région de Fouesnant y tient une bonne place, dans les différents « Ages », celui de
la Pierre Polie ou Néolithique, avec le cairn de Kerleven à La Forêt Fouesnant, les
haches polies de Kerlévot à Pleuven, le Bronze, avec le poignard de Coat-al-Lio en
Fouesnant, ou les haches à douille de Menez-Tosta en Gouesnac’h ou encore St-Evarzec,
avec les céramiques de Kerhuel…etc (seuls manquent, à ce jour, Bénodet et CloharsFouesnant). Là dessus viennent se rajouter les réserves, (où dorment des pièces
fabuleuses, dûment répertoriées datées et étiquetées) pour une surface totale de 266
mètres carrés.
A l’extérieur, le musée lapidaire nous offre de multiples implantations ou reconstitutions,
(stèles de l’Age du Fer, coffres, caveaux, dolmens) toutes ces pièces (51) ont été acquises par
l’Institut Finistérien d’Etudes Préhistoriques, et disposées autour du musée dès la création de
celui-ci. L’une des plus belles et des plus imposantes, est le tumulus de Kerhuel, en StEvarzec…

8/11
Vue du musée lapidaire, au centre la sépulture de Kerhuel.
Voilà pour un survol rapide du contenu de ce musée, (de nos jours les sites archéologiques
sont souvent repérés par avion !) être plus précis, voir exhaustif, serait possible, mais cela
n’offrirait, à mon sens, aucun intérêt, (et serait proprement rébarbatif) à ce stade une seule
chose s’impose, s’y rendre !

A visiter absolument…
Pourquoi ne pas coupler votre visite avec une balade le long de la plage de Pors-Carn, et à
la pointe de la Torche, où, été comme hiver, le cadre est magnifique. L’hiver, quand les
éléments se déchaînent, le spectacle devient même carrément somptueux, alors quel sentiment
indescriptible, étant dans le musée, d’entendre siffler le vent à l’extérieur, et la pluie s’abattre
sur les toits...
Maintenant que vous êtes décidé à y aller, sachez que c’est ouvert tous les jours,
à l’exception du mardi, de juin à septembre, et du lundi et mardi d’octobre à mai,
de 10h à 12h et de 14h à 18h. (Tel 02/98/58/60/35) Ces précisions pour bien montrer que
l’époque où le musée était presque tout le temps fermé, est révolue…

Deux pensionnaires des lieux, toujours souriant.

9/11
La page de couverture a repris ce document

10/11
Plein phare sur le gardien…
Ce renouveau est dû, pour beaucoup, au résident et gardien actuel du lieu, Jacky Prothéry.
En place depuis 2000, il est employé par le C.N.R.S., en qualité de « régisseur des avances et
recettes ». Avant tout, c’est un véritable passionné, qui ne compte pas son temps ; un peu
homme à tout faire, il semble porter « son musée » à bout de bras ; chez les Prothéry, c’est
même en passe de devenir une histoire de famille, car madame aussi est tombée sous le
charme du lieu et les enfants ne sont jamais bien loin…

Jacky, l’homme mais aussi l’âme du musée.
Demandez donc une visite guidée, Jacky se fera un plaisir de vous mener à travers les Ages,
de la Pierre, du Bronze, ou du Fer, et vous ne resterez pas de marbre ; croyez-moi, l’homme
n’a pas son pareil pour inclure une certaine dérision dans ses explications scientifiques et
historiques, pour le plus grand plaisir des petits et des grands…

Conclusion d’une apologie…
Le Musée de la préhistoire de Penmarc’h, en détenant une partie du patrimoine
préhistorique du Pays Fouesnantais, se retrouve un peu le dépositaire de celui-ci, et pour qui
s’y intéresse, il est incontournable…
Bibliographie :
Préhistoire de la Bretagne ; Pierre-Roland Giot, Jean L’Helgouac’h, Jean-Laurent Monier. Editions OuestFrance.
Le Musée Préhistorique Finistérien, Présentation des collections ; Brochure C.N.R.S, Université de Rennes1.
Spécial Pays Fouesnantais ; Bulletin, Foën Izella.
Spécial Pleuven ; Bulletin, Foën Izella.
Remerciements :
A Jacky Prothéry, son épouse et ses enfants, pour leur disponibilité et leur accueil.

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Archéologie à fouesnant

  • 1. Philippe Rivière Escapade en Pays Bigouden En route vers la Préhistoire… Une fois n’est pas coutume, nous allons quitter le Pays Fouesnantais, pour le Pays Bigouden. Passé le pont de Cornouaille, aussi communément appelé « pont de Bénodet », (comme pour bien rappeler qu’il est posé entre les berges de Clohars-Fouesnant et de Combrit) c’est direction Penmarc’h, et sa plage de Pors-Carn… Là, face à la mer, comme dirait le poète, « battu par les vents et les embruns », se tient le « Musée de Préhistoire Finistérien ». Injustement méconnu, voir dévalué, (sans doute dû au manque de régularité des ouvertures au public, jusqu’à il n’y a pas si longtemps encore) ce musée est pourtant une pure merveille ; il regroupe en son sein les collections archéologiques, résultant de fouilles faites sur tout le département, depuis plus d’un siècle, reconnues parmi les plus rares et les plus belles de France. Si Föen Izella s’y intéresse aujourd’hui, c’est que le Pays Fouesnantais, très riche en patrimoine archéologique, y est joliment représenté. 1/11
  • 2. La Préhistoire en Finistère, préludes… Commençons par regarder un peu comment s’est développé, dans notre région, l’intérêt pour l’archéologie, et les personnes à l’initiative de ce mouvement scientifique. L’Histoire et l’Archéologie, en Bretagne, doivent énormément à Arthur de la Borderie, qui créa la Société Archéologique de Bretagne dès 1854. Balbutiante avant le troisième tiers du 19ème siècle, (citons tout de même Cambry, qui à la fin du 18ème fera une description de quelques sites, ou le chevalier de Fréminville, qui vers 1835 tentera la première description d’ensemble des monuments « celtiques ») l’archéologie dans le Finistère va poser ses premiers fondements en 1862, avec la mise en place d’une Commission Départementale d’Archéologie, (un certain René-François Le Men en est secrétaire) directement liée à la création du Musée Départemental, d’ou découlera une activité sur le terrain et de réelles entreprises de fouilles. 1873 voit la naissance de la Société Archéologique du Finistère, ce qui marquera le vrai départ de la recherche éponyme dans le département. M. Le Men se voit chargé de cordonner les différentes activités. Notons, ici, que c’est sous le Second Empire que vont voir le jour les premières campagnes de fouilles systématiques, insufflées par un Empereur passionné par le sujet, qui va se lancer dans la recherche des « Antiquités Nationales », (Avant de « nous perdre » l’Alsace et La Lorraine. Ce qui fait qu’avec Napoléon III, la France aura vraiment connu l’Empire et le meilleur !). Parmi les membres de la société, l’on trouve, l’un des grands « fouilleur » de l’époque, (précédé par son père Armand) Paul du Châtellier (1836-1911). Riche propriétaire terrien bigouden, ce dernier, dès 1876, va créer, avec son père, un musée privé, dans leur château familial de Kernuz, à Pont Labbé. Incroyablement prolifique, il va amasser du fait de ses fouilles et de ses acquisitions, une collection phénoménale, (dépassant largement le cadre du Finistère) ; au point que Kernuz, qui se visite de très loin, sera décrit par beaucoup à l’époque, comme « la collection nationale bretonne ». Un vide juridique, concernant la propriété des « inventions », permettait à tout un chacun de conserver l’ensemble du produit de ses découvertes. Paul du Châtellier est un personnage controversé, ses méthodes de fouilles seront souvent critiquées, comme étant superficielles, voire maladroites. A l’instar de bon nombre de ses homologues du temps, il n’est pas forcément présent sur ses chantiers, (voyager est encore compliqué, même pour quelqu’un de fortuné).Il n’est parfois que le commanditaire à distance, et se fait remettre « la récolte » par ses ouvriers journaliers, sans toujours faire de relevés précis des lieux, il néglige le travail approfondi pour se contenter de ramasser les objets « intéressants à exposer ». Même si l’engin n’existait pas à l’époque, il semblait plus du genre « bulldozer », que pinceau fin ! 2/11
  • 3. Lui et son père se brouilleront avec M. Le Men à propos de la découverte du site de Tronoën, (chacun en revendiquant la paternité et l’exploitation), en St-Jean-Trolimon. Conséquence de quoi il se verra exclu, pendant longtemps, de la Société Archéologique du Finistère (avant d’y revenir, en 1897, et d’en prendre la présidence jusqu’à sa mort) ; de ce fait il publiera une bonne partie de ses compte-rendus de recherches, sur le Finistère, dans le bulletin de la Société d’Emulation… des Côtes du Nord! Après la première guerre Mondiale, éprouvée par les difficultés financières, la famille du Châtellier, devra se résoudre à vendre ses collections à l’état. C’est le musée des Antiquités Nationales de St-Germain-en-Laye (Yvelines), qui en fera l’acquisition en 1924, (elles seront déposées, en partie, au musée de Penmarc’h en 1953). Paul du Châtellier a laissé derrière lui bon nombre d’écrits de premier ordre, et, malgré la controverse, il est considéré, aujourd’hui, comme l’archéologue finistérien le plus marquant de son temps. Entrée dans l’ère moderne… Avec le début du 20ème siècle, l’archéologie finistérienne va négocier un nouveau tournant ; une certaine anarchie va disparaître, de réelles méthodes de travail vont s’installer, et les publications, issues des différents travaux menés, vont s’étoffer. Pour illustrer pleinement cette prise de conscience, ce « professionnalisme », voici ce qu’écrit, en 1929, dans le journal « L’illustration économique et financière », l’amiral Motet, (cofondateur du musée de Penmarc’h) sur le sujet : « …Il fallut des hommes mieux préparés à ces études spéciales pour jeter les premiers rais de lumières dans l’obscurité de l’archéologie finistérienne. Les premiers préhistoriens dignes de ce nom, que l’on puisse citer, furent l’amiral Reveillère, le commandant Martin, le commandant Le Pontois, le commandant de Martel, le commandant Devoir, M. du Châtellier père et le chanoine Abgral, tous, sauf le dernier, officiers de marine, et, par conséquent, ayant étudié l’astronomie, observé les rivages et leurs abords. Certains d’entre eux, certes, ont fait des fouilles, mais aucun n’était obnubilé par cette fièvre maladive qui a poussé tant d’archéologues à ramasser des bibelots d’étagères en brisant les monuments et sans tirer de conclusions d’ensemble. Quand la guerre fut terminée, le commandant Devoir, le commandant le Pontois, le docteur Kermarec, le commandant Morel, le chanoine Abgral, M. Cornier, ancien magistrat, M. Jarnot, M. Charbonnier de Sireuil, se réunirent et décidèrent d’apporter aux études de Préhistoire une méthode d’ensemble, de grands principes d’observation et une organisation rationnelle des fouilles. Ils constituèrent une Société, et c’est ainsi que fut fondé l’Institut Finistérien d’Etudes Préhistoriques » La rigueur s’installe, contentieux et querelles intestines transpirent dans ces mots, on sent une volonté de faire « table rase » d’une époque. A noter, pour preuve, que seul est cité, ici, M. du Châtellier père, le fils semble être relégué au rang de « ramasseur de bibelots d’étagère ». L’amiral Motet de conclure : « …la moisson fut telle, qu’il devint nécessaire d’en montrer une partie au public, et c’est ainsi que naquit le Musée Préhistorique de Penmarc’h. » 3/11
  • 4. Le Musée Préhistorique, histoire… Issu d’une démarche totalement privée, le Musée Préhistorique de Penmarc’h, va voir le jour au lendemain de la 1ère guerre mondiale. En 1919, ils sont quelques précurseurs de la Préhistoire finistérienne à fouiller la région. Souvent étrangers à celle-ci, ils y possèdent une résidence secondaire, certains sont membre de la Société Archéologique du Finistère. Beaucoup sont des officiers de marine, (voir plus haut) qui dirigent leurs travaux au gré de leurs affectations. En 1921, le 5 août, ils fondent, devant notaire, la société civile du Musée d’Archéologie de Penmarc’h, qui déposera ses statuts d’association (loi de 1901) le 18 mars 1922, et prendra le nom, cité plus haut, d’Institut Finistérien d’Etudes Préhistoriques. Au groupe initial viendront se joindre de nombreuses autres personnalités, de différents horizons: M. Léon, directeur des Beaux-Arts, M. Reinach, membre de l’Institut (et surtout conservateur du musée des antiquités de St-Germain-en-Laye), Docteur Capitan, membre de l’Académie de Médecine, M. Baule professeur au Muséum, Delevaud, Ministre, Amiral Mottet, Capitaine de vaisseau Fateu, professeur Colin, professeur Kerferme, et l’abbé Fauret pour ne citer que les plus « éminents ». De telles cartes de visites ont de quoi impressionner, elles sont autant de gages de respectabilité. Est-ce la prédominance, au sein de l’association, des marins militaires, qui a mis la barre aussi haut ? Une chose est sûre, se sont des passionnés et des travailleurs, car le succès ne se fait pas attendre. Les mises au jour des nécropoles de St-Urnel, puis de Roz-en-Trémen, toutes deux sur la commune de Plomeur, vont être déterminantes pour la création du musée. Devant l’importance des découvertes, tout le monde est unanime, il faut les montrer au public! Surtout que pour l’heure le produit des fouilles n’a pour abri qu’une baraque préfabriquée ! Les choses vont se précipiter. Le terrain de Pors-Carn est acheté, par la société civile, le 5 octobre 1922. Dès l’année suivante est édifiée la première salle, (inaugurée le 19 août 1923) ainsi qu’un bureau, un laboratoire et un logement pour le gardien. Parallèlement le musée extérieur est démarré (lapidaire), avec une collection de mégalithes. Cette opération pût se faire (comme le titre la plaque commémorative à l’intérieur du musée) « grâce à l’initiative, au labeur et aux libéralités » des membres de l’association, avec l’appui de mécènes et des subventions des Monuments Historiques. (devant l’importance et la qualité des découvertes, le 18 mai 1925, les collections « présentes et à venir » furent classées comme monument historique) Très rapidement, devant l’affluence des donations et des objets recueillis lors des fouilles, en 1927, une deuxième salle, plus grande que la première, fut construite. A la suite d’autres legs conséquents, une troisième salle fut même envisagée, soumise à l’approbation de la direction des Beaux-Arts, par M. Chabal, (alors vice-président du musée) le projet restera sans suite, sûrement pour une question de coût. Entre 1926 et 1929, par plusieurs acquisitions de terrains, le musée lapidaire fut agrandi. A ce propos, il est à souligner l’action prépondérante du commandant Bénard le Pontois, président-fondateur du musée et également l’un des principaux mécènes de l’institution. 4/11
  • 5. Après sa disparition en 1931, c’est un anglais, Sir Robert Mond, qui reprendra le rôle principal du mécène, et ce, jusqu’à la veille de la seconde guerre mondiale. Entre temps, lors de l’assemblée générale du 10 août 1926, l’association du musée aménagea ses statuts sur ceux de l’Institut International d’Anthropologie, et déménagea son siège social à Paris, en prenant la nouvelle appellation d’Institut Finistérien d’Etudes Préhistoriques. Deux ans après, presque jour pour jour, le décret du 12 août 1928, sur avis du conseil d’état, fit reconnaître l’établissement comme étant d’Utilité Publique. Un établissement dédié à la recherche et à l’enseignement… Désiré, pensé et conçu par des chercheurs, dès le départ le musée de Penmarc’h s’est voulu comme un centre de recherche et d’enseignement. Dans cette optique des contacts vont être pris avec la Faculté des Sciences de Rennes, (chaire de Généalogie). Pour la plupart issus de formations scientifiques, les fondateurs du musée voyaient d’un grand intérêt une collaboration étroite avec des spécialistes en Sciences Naturelles. Si aucun projet ne put voir le jour à l’époque, cela n’entachera en rien la vocation scientifique du lieu. Le groupe finistérien continuera ces activités jusqu’à la seconde guerre Mondiale, l’arrivée de cette dernière allait compliquer sérieusement les travaux du groupe, avec l’occupation et les fortifications érigées sur le rivage, une partie des collections dut être mise en lieu sûr. A la libération, l’association se retrouva dans une certaine impasse financière. De part les statuts adoptés en 1926, et la déclaration d’utilité publique, de 1928, seule la dévolution des biens à l’Etat semblait possible. C’est là que l’Université de Rennes, intéressée par une station scientifique extérieure, se proposa de reprendre le musée. Solution idéale et en droite ligne avec la philosophie de ses créateurs. 5/11
  • 6. Une Station scientifique de l’Université de Rennes 1… Par assemblée générale, le 7 octobre 1946, les modalités de cette cession à l’Université de Rennes (Institut de géologie) furent définies. Le 25 août, de l’année suivante, l’acte officiel était signé. Dans le but de développer la recherche préhistorique, liée aux sciences naturelles et en particulier à la terre, le musée de Penmarc’h, rapidement rattaché au laboratoire Anthropologique Préhistorique de l’Université de Rennes, sous la direction de l’anthropologue Pierre-Roland Giot, va jouer un rôle prépondérant dans le fantastique essor que vont connaître, tant dans les méthodes d’investigations que dans les connaissances, la Préhistoire et la Protohistoire bretonne, de 1947 à aujourd’hui ; Les chercheurs appréciant tout particulièrement, lors de leurs opérations de fouilles dans l’Ouest breton, d’avoir cette station de terrain, indispensable à la conservation des éléments mis à jour. Avec les années, les innombrables chantiers menés, les acquisitions, les dons et dépôts effectués, ont considérablement enrichi les collections initiales ; le bâtiment a connu, évidemment, quelques aménagements et a été régulièrement entretenu par l’Université de Rennes. Le musée, sa situation aujourd’hui… Le musée de Penmarc’h est, à ce jour, une station extérieure de l’Université de Rennes I, qui, rattachée à l’U.F.R. « Structure et propriétés de la matière », est étroitement liée au laboratoire d’Anthropologie-préhistoire-prothohistorique et Quaternaire armoricain, (plus communément appelé : Laboratoire d’Anthropologie Préhistorique) lui-même issu de l’Institut de Géologie, et à l’Unité propre de Recherche n° 403 du C.N.R.S. ( ex E.R 27, pour les connaisseurs !), sous la nouvelle dénomination : « Anthropologie et Paléoenvironnement des civilisations armoricaines et atlantiques ». Sa situation « matériel », si elle est plus courte à décrire, n’est pas dès plus simple pour autant : Le bâtiment appartient à l’Université de Rennes, les collections qu’il abrite au C.N.R.S., et le tout est posé sur un terrain qui est propriété du ministère de la culture ! 6/11
  • 7. Une autre particularité, et pas des moindres, c’est que malgré son contenu classé Monument Historique, et son appellation d’Utilité Publique, l’établissement n’est pas entré dans le cercle convoité des Musées Nationaux, (ce classement, en Musée National, est une arlésienne qui ne date pas d’hier, pour ses fondateurs la chose était entendue et imminente… dès la fin des années 1920 !); ce qui le place parmi les « mal lotis » en dotations publiques ; les mécènes du début n’ayant pas été remplacés, il vit principalement sur ses entrées. Paradoxalement, il arrive peut-être aujourd’hui, à être l’un des musées les plus pauvres de France, tout en recélant des richesses considérables ! Les projets pour demain… Si la situation, telle que décrite plus haut, peut paraître difficile, il n’en est rien, au contraire, au sortir d’une période que l’on peut qualifier « de gestation », une certaine dynamique se met en place. En effet, financée par le Ministère de la Culture, le C.N.R.S et le Conseil Général de Finistère, une extension et une modernisation du musée sont prévues pour 2006. Ce projet de mise en valeur dépasse le cadre d’un simple agrandissement, il entre dans celui d’une triple ambition : - Valoriser les collections, et les aboutissements des travaux, par des présentations attractives, voir ludiques, adressées aussi bien aux spécialistes qu’au grand public, en employant les techniques modernes de pédagogie et de muséographie. - Présenter les méthodes et les outils de recherche scientifique moderne, mis en œuvre dans tous les domaines touchant à l’archéologie. - Développer des activités culturelles et scientifiques. L’implantation géographique du musée, dans une région très touristique, doit lui permettre de jouer un rôle initiateur et incitateur dans la découverte de la préhistoire et de notre richesse patrimoniale. Voilà un programme ambitieux, que l’on ne peut que soutenir, et espérer de tout cœur voir aboutir, tant pour les scientifiques avérés que pour les amateurs passionnés comme, entre autres, les membres de Foën Izella. Que d’interrogations ?! Tempête sous un crâne ! 7/11
  • 8. Une autre approche muséographique… Uniques, tant sur le plan qualitatif que quantitatif, ces collections qui bénéficient déjà d’une présentation à part, ne pourront que gagner, à bénéficier de certains moyens modernes. Citons ici, celui qui fut le conservateur du musée pendant de longues années, et qui connaissait par cœur son contenu, Pierre-Roland Giot : « Dès le départ, les pionniers du Groupe Finistérien d’Etudes Préhistoriques ont voulu créer, non pas un musée de collections, mais un outil de travail sur le terrain, une station laboratoire, où les récoltes étaient avant tout pour être utilisées pour la recherche et pour l’enseignement. D’autres parts ils concevaient la Préhistoire, la Protohistoire et même l’Archéologie, tout comme l’Anthropologie, comme sciences naturelles faisant partie du groupe des Sciences Géologiques. D’où, dès 1925, le dessein affirmé d’offrir leur création dans le futur à la Faculté de Sciences de l’Université de Rennes, et leurs connexions avec ses professeurs de géologie. C’est donc tout naturellement que cet établissement, au titre de son Institut de Géologie, en est devenu propriétaire en 1947, et tout son développement ultérieur s’est poursuivi dans la même perspective. Il est donc fondamental de ne pas dénaturer cette vocation d’établissement d’enseignement supérieur scientifique à fonction primordiale de recherche, de station scientifique extérieure de terrain, qui sert avant tout de vitrine à la recherche qui se fait et qui évolue, en même temps qu’à une présentation de haut niveau de la Préhistoire, de la Protohistoire, de l’Anthropologie et de la Géologie régionale, sans concession à la démagogie et à l’étalagisme. » Ces propos datent de 1993, ils illustrent parfaitement « l’esprit » du musée. Les collections présentées… Réparties entre deux salles d’expositions, on compte pas moins de 19 vitrines, 5 reconstitutions de structures funéraires de l’Age du Bronze au Haut Moyen-Age, 2 coffres de l’Age du Bronze, 3 stèles où dalles gravées du Néolithique à l’Age du Fer. Complétant l’ensemble, 8 portiques présentant divers thèmes, sous formes de photographies, textes, dessins, cartes ou plans en rapport avec les différents sites ou objets exposés. Soit quelque 33 planches de dessins, 87 photographies, 10 tableaux explicatifs 58 plans et cartes. La région de Fouesnant y tient une bonne place, dans les différents « Ages », celui de la Pierre Polie ou Néolithique, avec le cairn de Kerleven à La Forêt Fouesnant, les haches polies de Kerlévot à Pleuven, le Bronze, avec le poignard de Coat-al-Lio en Fouesnant, ou les haches à douille de Menez-Tosta en Gouesnac’h ou encore St-Evarzec, avec les céramiques de Kerhuel…etc (seuls manquent, à ce jour, Bénodet et CloharsFouesnant). Là dessus viennent se rajouter les réserves, (où dorment des pièces fabuleuses, dûment répertoriées datées et étiquetées) pour une surface totale de 266 mètres carrés. A l’extérieur, le musée lapidaire nous offre de multiples implantations ou reconstitutions, (stèles de l’Age du Fer, coffres, caveaux, dolmens) toutes ces pièces (51) ont été acquises par l’Institut Finistérien d’Etudes Préhistoriques, et disposées autour du musée dès la création de celui-ci. L’une des plus belles et des plus imposantes, est le tumulus de Kerhuel, en StEvarzec… 8/11
  • 9. Vue du musée lapidaire, au centre la sépulture de Kerhuel. Voilà pour un survol rapide du contenu de ce musée, (de nos jours les sites archéologiques sont souvent repérés par avion !) être plus précis, voir exhaustif, serait possible, mais cela n’offrirait, à mon sens, aucun intérêt, (et serait proprement rébarbatif) à ce stade une seule chose s’impose, s’y rendre ! A visiter absolument… Pourquoi ne pas coupler votre visite avec une balade le long de la plage de Pors-Carn, et à la pointe de la Torche, où, été comme hiver, le cadre est magnifique. L’hiver, quand les éléments se déchaînent, le spectacle devient même carrément somptueux, alors quel sentiment indescriptible, étant dans le musée, d’entendre siffler le vent à l’extérieur, et la pluie s’abattre sur les toits... Maintenant que vous êtes décidé à y aller, sachez que c’est ouvert tous les jours, à l’exception du mardi, de juin à septembre, et du lundi et mardi d’octobre à mai, de 10h à 12h et de 14h à 18h. (Tel 02/98/58/60/35) Ces précisions pour bien montrer que l’époque où le musée était presque tout le temps fermé, est révolue… Deux pensionnaires des lieux, toujours souriant. 9/11
  • 10. La page de couverture a repris ce document 10/11
  • 11. Plein phare sur le gardien… Ce renouveau est dû, pour beaucoup, au résident et gardien actuel du lieu, Jacky Prothéry. En place depuis 2000, il est employé par le C.N.R.S., en qualité de « régisseur des avances et recettes ». Avant tout, c’est un véritable passionné, qui ne compte pas son temps ; un peu homme à tout faire, il semble porter « son musée » à bout de bras ; chez les Prothéry, c’est même en passe de devenir une histoire de famille, car madame aussi est tombée sous le charme du lieu et les enfants ne sont jamais bien loin… Jacky, l’homme mais aussi l’âme du musée. Demandez donc une visite guidée, Jacky se fera un plaisir de vous mener à travers les Ages, de la Pierre, du Bronze, ou du Fer, et vous ne resterez pas de marbre ; croyez-moi, l’homme n’a pas son pareil pour inclure une certaine dérision dans ses explications scientifiques et historiques, pour le plus grand plaisir des petits et des grands… Conclusion d’une apologie… Le Musée de la préhistoire de Penmarc’h, en détenant une partie du patrimoine préhistorique du Pays Fouesnantais, se retrouve un peu le dépositaire de celui-ci, et pour qui s’y intéresse, il est incontournable… Bibliographie : Préhistoire de la Bretagne ; Pierre-Roland Giot, Jean L’Helgouac’h, Jean-Laurent Monier. Editions OuestFrance. Le Musée Préhistorique Finistérien, Présentation des collections ; Brochure C.N.R.S, Université de Rennes1. Spécial Pays Fouesnantais ; Bulletin, Foën Izella. Spécial Pleuven ; Bulletin, Foën Izella. Remerciements : A Jacky Prothéry, son épouse et ses enfants, pour leur disponibilité et leur accueil. 11/11