Comité éditorial - Master 2 TEF - Année 2009-2010

Emmanuel ARMAND
Professeur d’anglais

Anne-Sophie BENNETOT
Consultante stratégie web 2.0 et conduite du changement

Assaba BRUCE
assistante chargé de mission renfort RSA- Conseil général d'Ille et Vilaine

Luciana CANUTI
Ingénieur pédagogique- CIRM Rennes 1

Sophie DODEMAN
Chargée de mission TIC - Ville de Rennes

Sylvie GASTINEAU
Déléguée pédagogique - Edition scolaire

Marie GUILLO
Assistante chargé de mission TIC - Conseil général des Côtes-d’Armor – Mission FTLV

Maïwenn LE BELLER
Assistante chargée de mission e-éducation - MIMUM - Conseil Régional de Bretagne

Sara MAMMAD
Animatrice et formatrice aux usages des TIC dans les milieux sociaux.

Fanny SAINT-GEORGES
Assistante chargée de mission e-inclusion - Conseil Régional de Bretagne

Caroline THOUVENOT
Attachée de recherches au département LUSSI - Brest



Directrice de publication : Sophie Dodeman
Attachée de rédaction : Assaba Bruce
Mise en pages : Sylvie Gastineau



Université de Rennes 2 - Haute Bretagne
UFR Sciences Humaines
Campus de Villejean
Place du Recteur Henri Le Moal - CS 24307
35043 Rennes Cedex
La ville
   numérique

          La Caravane
          des quartiers
de la ville de Rennes


     Evaluation et analyse
sommaire
s o m m a i r e
          sommaire
                     Préface
                     Introduction
                     Portrait de la Caravane des Quartiers
                     En bref...

                     La petite histoire de la caravane

                     Constat après 4 ans...

                     Les dispositifs technologiques à Maurepas
                     Méthodologie
                     Questionnaires et observations

                     Traitement des résultats

                     Une méthode collaborative

                     focus-recherche
                     Introduction

                     La démocratie participative

                     La démocratie participative et ville 2.0

                     Médiation/médiatisation

                     Handicap

                     Phénomène de socialisation

                     Recommandations
                     conclusion/prologue
                     Bibliographie
                     Annexes


   4
p r é f a c e                                                              préface
           préface
                               Lorsque la mission "Technologies de l'Information et de la Communi-
                     cation" de la Ville de Rennes a été saisie par Yves Préault, adjoint au Maire,
                     pour accompagner l'organisation de la caravane de quartiers de Maurepas,
                     nous étions avec Sophie Dodeman, (alors stagiaire à la ville et étudiante en
                     Master 2 USETIC-TEF à Rennes 2), au sortir d'un projet réalisé avec les Trans-
                     musicales, avec devant nous un certain nombre de projets d'expérimentations
                     d'usages programmés pour le mois de septembre 2010.

                     Nous avons proposé de faire de cet événement une sorte de laboratoire hors
                     les murs en y installant des dispositifs innovants autour d'un certain nombre
                     de fondamentaux :

                     - expérimenter des interfaces naturelles, sans clavier ni souris, pour élargir les
                     publics

                     - orienter la totalité des contenus et services autour de la notion de proximité

                     - rassembler et mélanger les contenus de la collectivité et ceux des habitants

                     - capitaliser sur les ateliers, travaux, projets déjà réalisés en amont et consti-
                     tuant une matière première numérisable et transformable

                     - étudier sur place les usages des dispositifs pour en tirer des préconisations

                     Ceci nous a conduit à mener de front tous les projets avec une date limite très
                     proche : en moins de six semaines il fallait aboutir non à des concepts, mais à
                     des outils prototypés et opérationnels sur place.La préparation de ces disposi-
                     tifs a nécessité une liaison permanente avec les artisans de la caravane : di-
                     rection et élu de quartier, service "information et innovation numérique" de la
                     collectivité, animateurs d'ateliers avec les habitants, archives municipales et
                     musée de Bretagne, techniciens… Plus de 1000 objets multimédias ont été
                     rassemblés, parfois re-numérisés, rien que pour le Citywall. Le prototype d'ur-
                     banisme immersif développé pour partager et faire réagir sur le projet urbain a
                     littéralement été inventé et réalisé à grande vitesse en associant les aména-
                     geurs, les services techniques, les urbanistes de la ville et des spécialistes du
                     3D en ligne. Le système de pilotage par manette de console wii a été adapté
                     de développements alternatifs trouvés sur le web. Le totem tactile intégrait pour
                     la première fois des billets blogués en temps réel par des journalistes de la col-


                                                                                                    5
La caravane des quartiers - 2010 - préface


                             lectivité… Quand au "mucho wall", sa présence était exceptionnelle et
                             n'a été possible que grâce au volontarisme de ses protagonistes,
                             contactés par mail et séduits par la dynamique rennaise.

                             Lors du montage final, nous ne savions pas si les habitants seraient
                             intéressés par ces dispositifs, quel serait leur degré d'usabilité, et s'ils
                             fonctionneraient de manière autonome ou nécessiteraient une média-
                             tion. Un des objectifs était en effet de pouvoir toucher des publics non
                             familiers des outils numériques.

                             Tout ce travail aurait été perdu sans le soutien de Pascal Plantard, de
                             Jacques-François Marchandise, et des Master 2 USETIC-TEF qui ont
                             décidés de relever le pari de l'analyse et de l'évaluation. Une évaluation
                             qui permet de déceler impasses et chemins prometteurs en dépassant
                             le champ de la technique pour réfléchir sur le fond : sur le terrain, dans
                             le quartier, quelles sont les usages et pratiques des habitants ? Peut-
                             on vulgariser un projet urbain avec le plus grand nombre, relayer les
                             questions efficacement et y répondre ? Est-il possible de capitaliser
                             sur les ressources du territoire pour développer des actions et média-
                             tions numériques hors des écrans d'ordinateurs ? Va-t-on démocratiser
                             l'accès aux informations et services avec du mobilier urbain de nouvelle
                             génération ? Ces mediums peuvent-ils créer du lien en proximité ?

                             Comment organiser des temps de croisement entre individus, collectifs,
                             associations et institutions en proximité ?

                             A l'aune du travail effectué par les protagonistes de la caravane et par
                             le cursus USETIC-TEF, je suis certain que le lecteur trouvera ici une
                             analyse exclusive réalisée de manière agile et originale, sur une opé-
                             ration de la ville de Rennes qui ne l'est pas moins.

                             Ce travail, libre et neutre parce que réalisé par des universitaires, est
                             ici reversé au bénéfice de tous.

                             Merci aux auteurs !

                                                                                       Hugues AUBIN
                                                      Chargé de mission TIC à la ville de Rennes
                                                Service Aménagement et Usages du Numérique
                                                                                 à Rennes métropole


 6
introduction
introduction
        introduction                  La Caravane des quartiers,
                                           des hauts et débats !
                          La caravane des quartiers, une manifestation populaire où la participa-
                       tion est plurielle et qui invite habitants, élus et associations à se retrouver
                       et parfois même à échanger. Voici justement, au détour de discussions
                       sur le site, quelques réflexions recueillies auprès de participants, et de
                       visiteurs : «La Caravane des quartiers a déjà eu lieu les autres années
                       mais ça ne marchait pas», «le dispositif bat de l’aile», «c’est une autre
                       manière d’échanger», «c’est un lieu ouvert», «ce n’est pas souvent
                       que les habitants et les élus ont l’occasion d’échanger» ; «c’est un
                       moment enrichissant même si le lieu n’est pas bien choisi» ; «c’est
                       une invitation à se rencontrer, il faut arriver à faire naître du vivre en-
                       semble», «qui d’autres que les habitants peuvent le mieux statuer des
                       besoins du quartier?» . Beaucoup d’interrogations qui révèlent des ap-
                       préciations différentes chez les élus et chez les habitants, une volonté de
                       mieux définir cet évènement et de lui donner une identité et une fonction
                       utile.

                       Suite à la commande du Directeur Général de la Communication de la Ville
                       de Rennes, nous avons été associés à cet évènement. Nous avons fait le
                       choix d’élaborer un dossier collectif en partant du principe que notre projet
                       était né d’une initiative et d’une démarche venant de l’ensemble des étu-
                       diants de Master 2 TEF.

                       Notre projet s’appuie sur une manifestation citoyenne : la Caravane de
                       quartiers de Maurepas. Il faut savoir que cet évènement a eu lieu plusieurs
                       fois, dans différents quartiers de Rennes notamment les quartiers de Longs-
                       Champs, Cleunay, Charles de Gaulle (Centre), Maurepas (lieu de notre ob-
                       servation) et actuellement à Saint Martin.

                       Le site de la Caravane des quartiers de Maurepas a innové cependant : il
                       a initié une expérimentation, celle d’intégrer des dispositifs technologiques
                       à la démarche première de cette manifestation, qui est de présenter les pro-
                       jets d’urbanisme aux habitants.

                       Nous avons été chargés d’effectuer une évaluation de ces dispositifs mul-
                       timédias et de repérer les usages auprès des habitants. Nous avons fait le
                       choix d’aller au-delà de la commande. La difficulté était liée à une mécon-
                       naissance du contexte de l’ensemble de la promotion et à un manque de


                                                                                                  7
La caravane des quartiers - 2010 - introduction


                              précisions de la commande. Nous avons décidé de prendre le temps
                              de rentrer dans une phase de réflexion commune afin de savoir com-
                              ment aborder cette évaluation.

                              Comment répondre à une commande institutionnelle et satisfaire les
                              impératifs de notre formation universitaire ? Il nous importait de faire
                              le lien entre les deux. Nous avons donc élaboré une stratégie de pro-
                              duction en vue d’optimiser notre travail à la fois dans le cadre de notre
                              formation et dans le cadre de cette commande institutionnelle.

                              Cela a donné lieu à une véritable expertise qui nous a conduit bien au-
                              delà de la commande initiale. Pour ce faire nous avons mis en oeuvre
                              un travail collaboratif.

                              Nous avons également dû composer avec l’éloignement et la
                              contrainte temps de chacun, notre promotion étant constituée d’étu-
                              diants en stage répartis sur des lieux différents et éloignés géographi-
                              quement.

                              C’est à partir de ces premiers constats que nous avons commencé à
                              élaborer une stratégie originale d’organisation méthodologique de
                              notre travail. Elle est le point phare de notre dossier et sera déclinée
                              dans la partie «méthodologie».

                              Nous avons mis en place un plan d’action, une stratégie d’approche
                              qui nous a mené d’un état des lieux - avec un portrait de la Caravane
                              des quartiers - à un bilan contrasté sur l’expérimentation à Maurepas.
                              Nous avons développé notre méthodologie sur le terrain : les résultats
                              statistiques, la production collaborative.

                              Nous avons fait le lien avec notre formation universitaire, joué là en-
                              core la carte de l’originalité, de la créativité, en proposant à nos ensei-
                              gnants une série de focus-recherches qui nous permettait d’apporter
                              une réponse de chercheur à des problématiques croisées. Plusieurs
                              thèmes sont ressortiss : démocratie participative et ville 2.0, médiation/
                              médiatisation, accessibilité et handicap, phénomène de socialisation.

                                                  Ces articles scientifiques ont donné lieu à des préco-
                                                  nisations. Notre analyse et une série de recomman-
                                                  dations viennent clore notre travail.




 8
9
é t a t d e s létate u x
                i des lieux                                      Portrait de
                                                               la Caravane
                                                              des quartiers

                              En bref...
                                 La caravane des quartiers est une manifestation itinérante qui a lieu sur 3
                              jours à la fréquence de 2 à 3 fois par an dans chaque quartier de Rennes.
                              Elle a déjà posé son chapiteau aux Longs-Champs, à Cleunay, dans le centre
                              ville et à Maurepas. Cette manifestation citoyenne vise à présenter aux ha-
                              bitants des projets d’urbanisme. C’est un espace qui s’emploie à être facili-
                              tateur de rencontres et d’échanges entre habitants d'un même quartier et
                              élus de l'équipe municipale. Cette manifestation est également l'occasion
                              pour les habitants de découvrir les projets à venir dans leur quartier, de par-
                              ticiper au débat, de s'exprimer sur les enjeux de proximité.


                              Les objectifs, le message
                              La caravane des quartiers doit répondre à quatre objectifs :

                                1/ Une démarche descendante, donner une double visibilité politique d’une
                              part au maire et aux adjoints et d’autre part aux projets du quartier et de la
                              ville / métropole.

                                  2/ Une démarche remontante, permettre de réfléchir avec les habitants
                              sur les enjeux et projets urbains sur une double dimension territoriale : d’une
                              part le quartier et d’autre part la ville / agglomération.

                                  3/ Aller à la rencontre des habitants : Cette caravane des quartiers doit
                              permettre de toucher de nombreux publics, des publics qui ne sont pas tou-
                              chés habituellement par nos manifestations institutionnelles. Il convient d'évi-
                              ter l'entre-soi mais d'ouvrir et d'adapter notre démarche.

                                4/ Travailler sur la forme : donner l’image d’une équipe nouvelle qui construit
                              les conditions d'un réel débat participatif dans un esprit festif.


   10
La Caravane des quartiers 2010 - Etat des lieux


Le public visé
   En étant présent ponctuellement au cœur de chaque quartier sur
une courte période, l'idée est de pouvoir toucher un public plus large
que les personnes que l'on trouve habituellement dans les conseils de
quartier ou autres instances de participation ; c'est-à-dire des per-
sonnes qui peuvent être intéressées par les principes de citoyenneté
et de démocratie de proximité mais qui ne souhaitent pas spéciale-
ment s'investir à moyen ou long terme sur des projets précis. Cette
manifestation doit donc permettre de toucher des personnes qui n'ap-
partiennent pas à des réseaux particuliers.
Ce projet de Caravane faisait partie du programme 2007 de campagne
de Daniel Delaveau, actuel maire de Rennes.



La petite histoire de la Caravane
La caravane a posé son chapiteau pour la toute 1ère
fois le 12 au 14 Mars 2009 aux Longs Champs.

Le 1er bilan réalisé par les élus pointa le manque d’at-
tractivité populaire. Bruno Chavanat, chef de file de l’op-
position marqua sa déception par rapport à la
conception de la Caravane et à l’investissement des ac-
teurs locaux. La communication montrait ses limites et
l’évènement nécessitait une dimension plus festive pour
attirer le public, par exemple une soirée musicale afin de mobiliser les
gens à se rencontrer. De plus, il se posa la question de réinvestir la
somme importante de 50 000 € par la suite. Il évoqua une éventuelle
consultation des habitants du quartier afin d’améliorer cette première
étape.

Nathalie Appéré, adjointe au maire, insista sur le fait de mobiliser ac-
tivement des structures associatives, des directions de quartier. Elle
proposa de réduire les temps d’échange en installant des espaces
d’expositions.
Caroline Ollivro conseilla d’associer la manifestation à un autre évé-
nementiel connu dans le quartier. Tous les élus de quartier devraient


                                                                                                   11
La Caravane des quartiers 2010 - Etat des lieux


                             être présents et pas seulement l’élu de quartier.
                             L’association des résidents du Foy constata le choix du lieu de cette
                             1ère caravane : elle était cachée donc difficilement accessible. Elle re-
                             leva également un manque de préparation en amont et pas de cou-
                             verture médiatique (Canal B et TV Rennes).

                                                  Elle continua sa route vers Cleunay du 11 au
                                                  13 juin 2009.

                                                  Cette caravane s’organisait à l’image d’un immense
                                                  salon où les gens se retrouvent autour des exposi-
                                                  tions des projets du quartier. Elle mettait en avant 3
                                                  journées de rencontre avec les élus. Elle servait de
                                                  temps fort avec le maire mais n’apportait pas d’amé-
                                                  liorations flagrantes dans la relation avec les habi-
                                                  tants et les structures associatives. Sa spécificité
                             tournait aussi autour de la jeunesse de Cleunay et la direction de quartier
                             voulait montrer qu’il était important de mettre en place une structure pour
                             les jeunes. Cette 2e étape a également connu une faible fréquentation
                             malgré un gros budget publicitaire. La localisation de la Caravane ne
                             permettait pas aux habitants d’Arsenal-Redon de se sentir concernés
                             par cet évènement. Autre reproche évoqué : les élus firent rares…


                                                  Elle se posa dans le quartier Centre du 12 au
                                                  14 Novembre 2009.

                                                  D’après Didier Le bougeant, élu de quartier à la ville
                                                  de Rennes, cette étape était un lieu de débat, une
                                                  agora publique qui avait pour volonté de sortir des
                                                  cadres traditionnels des conseils de quartier.

                                                  Cependant, la caravane de quartier ne fut pas à la
                                                  hauteur des annonces et des promesses. Le public
                             n’était pas présent au rendez-vous : 150 personnes (dont un gros tiers
                             d’institutionnels) pour la soirée de lancement. Le résultat fut modeste
                             au regard de la publicité déployée. Samedi matin, il y eu si peu de
                             monde au rendez vous des élus que ces derniers n’eurent d’autre so-
                             lution que de parler entre eux.


12
La Caravane des quartiers 2010 - Etat des lieux


Elle reprit à Maurepas du 17 au 20 Mars 2010.

Cette étape se voulait attractive et innovante en
mettant en place un éventail de dispositifs multi-
médias.

Yves Préault, élu de quartier Nord-Est fut relative-
ment satisfait de cette 4e caravane qui sembla
plus cadrée, plus thématique. Elle rassembla « un
public varié et intergénérationnel ». Il évoqua l’in-
teractivité des dispositifs technologiques qui permirent de faire du lien
entre les habitants. Cependant, le public fut nombreux seulement ven-
dredi soir et samedi matin. L'affluence à la Caravane serait donc pos-
sible, pour peu que les structures du quartier mobilisent les habitants
au préalable. Surtout lorsqu'une étape importante de la concertation
a lieu au même moment.

Elle se trouve actuellement au canal Saint-Martin du 10 au 12
Juin...



Un constat
Nous avons donc cherché à en savoir plus...

C'est le compte-rendu de Séance du Conseil Municipal du 30 mars
2009 portant sur la "Question orale du Groupe URC concernant la ca-
ravane des quartiers" qui nous a éclairés sur la situation. On y trouve,
en effet, une critique assez virulente sur l'intérêt et l'utilité de la Cara-
vane.

"Malgré une abondante publicité, notamment une couverture en Une
du "Rennais", malgré un budget extrêmement élevé, la caravane des
quartiers organisée dans le quartier Beaulieu -Jeanne d'Arc - Longs
Champs, s'est soldée par une fréquentation particulièrement maigre."

"Dans un contexte de crise et de difficultés financières pour bien des
familles, […], on doit naturellement s'interroger sur le gâchis que re-
présentent de tels moyens investis dans une opération de communi-
cation au regard du résultat obtenu.


                                                                                                     13
La Caravane des quartiers 2010 - Etat des lieux


                             S'agissant des acteurs économiques et institutionnels, on ne peut que
                             constater que le temps de rencontre qui leur était en principe destiné
                             n'a, précisément, rencontré aucun succès. Mais là encore, que vou-
                             lait-on leur dire qui les intéressent vraiment ? A quelles décisions en-
                             tendait-on les associer ? A l'évidence beaucoup d'entre eux ne l'ont
                             pas compris. Nous non plus d'ailleurs...

                             Sans doute quelques enfants sont-ils venus en réponse à l'invitation
                             faites à leurs écoles. Mais était-ce le but essentiel de l'opération, sa-
                                                  chant qu'il existe d'autres moyens plus festifs et plus
                                                  simples de faire se rencontrer la Ville et l'école.
                                                  Enfin et surtout, peu d'habitants se sont sentis
                                                  concernés par cette tournée du Maire dans ses
                                                  quartiers, qui ne présentait ni l'attrait de la fête, ni
                                                  l'intérêt d'une véritable association des habitants à
                                                  des décisions concernant précisément leurs quar-
                                                  tiers. En définitive, c'est bien le problème majeur
                                                  que révèle l'échec de cette opération.

                             Les habitants des quartiers comprendraient sans doute que l'on déploie
                             des moyens importants pour les associer vraiment aux décisions qui
                             les concernent. Mais ils comprennent moins qu'on plante un chapiteau
                             pendant trois jours pour simplement organiser une visite d'information
                             du maire ou des élus.

                             Suite à cette séance, un autre constat a été exprimé en séance du
                             Conseil Municipal du 6 juillet 2009 concernant le bilan de la deuxième
                             Caravane des quartiers.

                             Le constat que l'on peut faire de la deuxième caravane des quartiers,
                             organisée au début du mois de juin dans le quartier de Cleunay, est
                             que l'opération n'a pas trouvé son équilibre et encore moins sa vitesse
                             de croisière. La fréquentation en a été globalement faible : mis à part
                             un débat sur l'aménagement du quartier qui a réuni une centaine de
                             personnes, au total peu de monde. Certains éléments du programme
                             ont même dû être annulés. On peut certes se réjouir qu'à cette occa-
                             sion certaines personnes habituellement éloignées de la vie citoyenne



14
La Caravane des quartiers 2010 - Etat des lieux


aient pu se joindre à l'événement. Mais leur nombre reste proportion-
nellement faible. La localisation n'a pas permis aux habitants d'Arsenal
Redon de se sentir vraiment concernés. En définitive, ce type de ma-
nifestation, essentiellement informative ne semble pas répondre au
désir des habitants d'être écoutés et de voir leur avis réellement pris
en compte et pas seulement d'être informés de ce qui se décide à la
mairie.

Devant ce constat, imaginez vous de poursuivre dans les mêmes
conditions et au même coût l'opération "caravane des quartiers" ?

A cela, Nathalie Appéré a donné quelques chiffres, qui nous permet-
tent d'avoir une idée de la fréquentation sur la Caravane de Juin 2009.

"Pour autant, je voudrais simplement vous donner quelques chiffres
dans l'attente de ce bilan. Sur une édition que nous avions voulu plus
resserrée, puisqu'il s'agissait d'une soirée et de deux journées, soit un
format plus court, nous avons eu pour la soirée du jeudi 11 juin, 250
personnes entre17 heures et 23 heures, le vendredi 12 juin 400 visites,
le samedi 13 juin 600 visites, soit un total de 1 250 visites auxquelles
il conviendrait d'ajouter la fréquentation du blog qui connaît également
une progression avec 797 visites pour 3 171 pages vues. Bien évi-
demment, ces chiffres ne disent rien de la qualité des échanges, de la
satisfaction des participants, du fait qu'un certain nombre de per-
sonnes qui se sont manifestées autour de cette caravane et qui se
sont exprimées, n'avaient jamais auparavant participé à des instances
de quartier. Ces chiffres ne disent rien non plus de cette atmosphère
festive tout à fait marquante et importante pour le quartier que nous
avons connu lors de la soirée du samedi, et qui a rassemblé entre 250
et 300 personnes."

 La dernière séance du Conseil municipal a eu lieu le 8 février 2010.

Elle met en doute l'utilité de l'installation de la Caravane à Maurepas et
on lui reproche d'avoir été détourné pour des raisons politiques.

M. Plouvier - M. le Maire, nous avons été informés de la tenue pro-
chaine d'une "Caravane des quartiers" dans le quartier de Maurepas.


                                                                                                   15
La Caravane des quartiers 2010 - Etat des lieux


                             Les trois premières opérations de cette nature, qui se sont déroulées
                             dans le courant de l'année 2009, n'ont pas permis aux Rennais, et en
                             particulier aux publics des quartiers visés, de comprendre l'objectif re-
                             cherché par ces opérations de communication que votre première ad-
                             jointe qualifiait d"'évènementielle".
                             Force est ainsi de constater qu'elles n'ont pas été l'occasion d'une
                             concertation avec les habitants sur la conduite des projets municipaux
                             dans les quartiers concernés. Par ailleurs, ces opérations ponctuelles
                             n'ont pas eu de suite utile dans les quartiers visités.

                             Les limites de ce type de communication ont été reconnues en Conseil
                             municipal. Un bilan semblait d'autant plus nécessaire, au regard du fai-
                             ble nombre de participants, un grand nombre de Rennais aujourd'hui
                             s'inquiète des 50 000 euros de chaque opération. Il n'y a pas eu de
                             bilan. Cette Caravane prévue à Maurepas était est en effet doublement
                             préoccupante. Elle intervient après que les voeux municipaux aient été
                             en partie détournés de leur objet convivial traditionnel, pour en faire
                             une tribune politique destinée à relayer la campagne menée contre la
                             politique du Gouvernement. Elle intervient par ailleurs à la veille du
                             deuxième tour des élections régionales.
                              Devant le manque de fréquentation du public sur cet évènement, no-
                             tamment l’année dernière, son existence est fortement remise en
                             cause, sa reconduction compromise…

                             Maurepas était une étape clé. Suite à l'échec ou à la réussite de cette
                             manifestation, le maire statuera quant à la reconduction de la Cara-
                             vane.




16
La caravane des quartiers 2010 - Les dispositifs technologiques



        Une expérimentation
                à Maurepas :
            Trois dispositifs
             technologiques

Le Citywall
   Nouveau média urbain développé par la Direction Générale
de la Communication dans le cadre d’un partenariat de re-
cherche et développement avec la FING et la société SEL-
TEN, le Citywall est un mobilier interactif tactile, manipulable
par plusieurs personnes sans clavier, ni souris. La version ins-
tallée à Maurepas à l’occasion de la caravane des quartiers
permet notamment d’interroger la cartographie locale du guide Vivre
à Rennes. On a pu également visualiser le résultat des travaux d’ha-
bitants réalisés dans les ateliers préparatoires coordonnés par la di-
rection de quartiers : «Architectes en herbe», «Portraits de quartier»,
«Paroles d’habitants», etc. Une cartographie historique et interactive
du quartier mêlant images d’archives et vignettes sonores racontées
par Joël David, chargé d’Odonymie et signalétique de proximité. La
réalisation de ce média interactif a notamment été rendue possible
grâce à l’implication de Philippe le Rouzic, des services techniques,
mais aussi à celle des enfants de l’école Trégain de Maurepas, qui ont
participé à la décoration du coffrage.




La maquette 3D
   Les habitants ont pu, d’autre part, naviguer dans la maquette
3D des projets de ZAC (zone d’aménagement concertée) de leur
quartier. Les déplacements se font à l’aide d’une manette de
console Wii dans l’espace virtuel réalisé par la Ville de Rennes
intégré dans Assemb’live, accessible via Internet à partir du blog
de la Caravane et depuis l’espace Guy Ropartz. Les habitants
pouvaient déposer des questions sur le projet, et découvrir les


                                                                                                    17
La Caravane des quartiers 2010 - Etat des lieux


                             27 hectares de projet urbain de Maurepas en immersion. Comment ?
                             Les utilisateurs se trouvaient devant un écran plasma affichant la mo-
                             délisation en 3D du quartier de Maurepas avec les bâtiments existants
                             et le projet de bâti. Ils s’y déplaçaient sous forme d’un avatar capable
                             d’interagir entre eux et dans la maquette 3D, en temps réel. Ce proto-
                             type est basé sur l’utilisation d’un moteur de jeu vidéo sur Internet dans
                             lequel sont incorporées des modélisations de la cellule 3D du service
                             SIG.



                             3. Totem Tactile
                                Autre mobilier innovant que les habitants de Maurepas ont eu l’op-
                             portunité de tester : le totem web tactile conçu par la société Taztag,
                             qui permettait d’interroger le blog de la caravane de quartier par simple
                             toucher, et de visualiser des albums multimédias ainsi que des vidéos.
                             Le blog de la caravane[1] était alimenté en temps réel par l’équipe de
                             Bernadette Kessler, Responsable Service Information multimédia.

                             Au total, techniciens, communicants, chefs de projets événementiels,
                             partenaires publics et privés ont réalisé un bel exercice de collabora-
                             tion.

                             Cet éventail de dispositifs technologiques fut l’objet de notre enquête,
                             à savoir analyser : le comportement des usagers, la satisfaction des
                             habitants par rapport à ces nouvelles propositions, la reconduite ou
                             non de ces innovations..




 [1] http://blog.carava-
nedesquartiers.maure-
pas.rennes.eu/


18
méthodologie
       méthodologie
                                                 Sur le terrain...
                        Notre appropriation de la commande et l’organisation de notre enquête
                      jusqu’à l’élaboration d’une production est la pierre angulaire de notre travail
                      collaboratif. Elle a nécessité beaucoup d’investissement mais également des
                      doutes, des tensions, dans le souci de répondre au mieux à la commande et
                      de réaliser un travail de qualité. La mise en situation de notre méthodologie
                      de recherche fait l’objet d’un retour réflexif et lucide sur les points forts et les
                      points faibles que nous avons remarqué.

                      L’origine du projet : une double commande des élus de
                      Rennes et d’un dossier universitaire
                      Pour y répondre nous avons dans un premier temps fait une visite Explora-
                      toire, puis de façon collaborative élaboré des outils de recherche : grilles d’ob-
                      servation et questionnaires en s’appuyant sur des apports théoriques de l’UE
                      sur «prospectives et design des TIC».

                      Pour répondre à la commande, nous avons décidé d’utiliser deux outils d’en-
                      quête : un questionnaire et une grille d’observation.

                      Nous avons repris le questionnaire préalablement préparé par l’une d’entre
                      nous afin de l’ajuster au mieux pour qu’il soit simple et efficace sur le terrain.
                      Nous avons bénéficié de l’aide et de la supervisation d’Annabelle Boutet, En-
                      seignant Chercheur au département LUSSI de Télécom Bretagne etmembre
                      du Conseil Scientifique du Gis M@rsouin. Notre souci était de ne pas trop mo-
                      nopopliser la personne qui accepterait de se prêter au jeu des questions-ré-
                      ponses. Le questionnaire a été organisé en trois parties: Votre parcours dans
                      la Caravane. Vos Perceptions. Votre profil. Dans la première partie, les ques-
                      tions étaient regroupées par dispositif technologique, afin de faciliter le travail
                      des enquêteurs de terrain. En effet, ils pouvaient ainsi aisément interroger les
                      personnes uniquement sur les dispositifs auxquels elles s’étaient intéressées.

                      Concernant l’élaboration de la grille d’observation, il nous a fallu d’abord nous
                      poser certaines questions opérationnelles : Faut-il faire une grille d’observation
                      par personne ou bien une grille d’observation par dispositif ? Est-ce le même
                      observateur qui suit la personne tout au long de son parcours dans la cara-
                      vane, ou bien différents observateurs qui se transmettent la grille au fil du par-
                      cours ? Nous nous sommes aperçus que le plus cohérent, aussi bien pour
                      des questions d’organisation pratique que pour faciliter l’analyse, était


                                                                                                         19
La Caravane des quartiers 2010 - Méthodologie

                        d’ attribuer une personne à un seul observateur, qui remplirait une grille
                        réservée à cette personne. Nous nous sommes donc mis d’accord sur la
                        procédure suivante : les observateurs se placent de manière à avoir en
                        vue l’entrée de la caravane, et à chaque arrivée d’un visiteur l’un d’eux
                        décide de le suivre, avec une grille d’observation.

                        Nous avons ensuite listé les éléments que nous souhaitions observer :

                        aLes caractéristiques des visiteurs : les critères d’âge et de genre, aux-
                        quels nous avons ensuite ajouté celui « personne seule / en groupe ».

                        aLa temporalité : tenir compte des heures d’arrivée, et de la durée du
                        temps passé sur chaque dispositif.

                        aLa médiation ou l’absence de médiation : indiquer si la personne s’est
                        faite assistée (démonstration, explication,…), sur le contenu ou bien sur
                        le fonctionnement de tel ou tel dispositif. Distinguer par ailleurs si la mé-
                        diation est formelle ou informelle, et de quelle manière elle est effectuée
                        : par un médiateur officiel (médiation formelle), par un proche ou un tiers,
                        ou bien encore par l’un de nous (médiations informelles).

                        aLa participation active ou non : observer si la personne a une position
                        participative ou spectatrice, autrement dit si elle utilise et manipule le dis-
                        positif ou bien si elle se contente d’observer.

                        aL’orientation, le parcours : prendre en compte le parcours de la per-
                        sonne sur la caravane, c’est-à-dire l’ordre dans lequel elle s’intéresse aux
                        dispositifs. Cela notamment pour répondre à la question suivante : qu’est-
                        ce qui attire les personnes en premier lieu ?

                        aLe contournement : observer également les évitements, contourne-
                        ments des dispositifs par les personnes, de manière à faire ressortir les
                        appréhensions éventuelles (crainte, désintérêt…).

                        aLes contenus : indiquer l’ordre de consultation des rubriques du dis-
                        positif « City Wall », afin de pouvoir mesurer leur succès.

                        aLes phrases et mots clés : relever les expressions verbales pouvant
                        éclairer sur l’état d’esprit de la personne concernant son rapport au dis-
                        positif, et qui peuvent être significatives.

                        Nous avions donc choisi de construire notre grille d’observation de ma-
                        nière à ce qu’une grille corresponde à une personne.


 20
La Caravane des quartiers 2010 - Méthodologie

Nous avons alors composé la grille générale de quatre « sous-grilles » :
les caractéristiques de la personne, les attitudes, les contenus du City
Wall et les mots clés.

En nous confrontant à la réalité du terrain, nous avons pu nous aper-
cevoir de certaines limites de notre organisation. Par exemple, nous
avions décidé de répartir entre les observateurs les différents arrivants,
et de les suivre tout au long de leur parcours, une grille à la main. Mais
dans les faits, une partie des visiteurs n'a fait nullement attention aux
dispositifs technologiques, pour se rendre directement au café ou dans
le second espace. Par ailleurs, pour les observateurs qui n’avaient pas
conçu la grille il était difficile de se l’approprier. Cependant, dans l’en-
semble l’observation a bien fonctionné.

Nous nous sommes rendus sur le terrain le jeudi après-midi, après nous
être répartis les tâches de manière à former deux groupes : observa-
teurs /enquêteurs. A la fin de cette première demi-journée sur le terrain,
nous nous sommes concertés afin d’apporter quelques révisions à
notre méthodologie d’enquête. La grille d’observations à connu
quelques modifications (restructuration des questions sous formes de
tableaux et de cases à cocher), et il a été convenu de favoriser les ob-
servations plutôt que les entretiens. Cette méthodologie a été expéri-
mentée le lendemain, lors de notre deuxième enquête sur le terrain.

Au final, 30 questionnaires et 15 observations ont ainsi pu être récol-
tés.

Une commande institutionnelle et une commande universitaire. Nous
avons élaborer une stratégie de production afin de réaliser d’une part,
une analyse pour le Directeur Général de la Communication et, d’autre
part, un dossier collectif universitaire. Cependant nous avons souhaité
donner une autre direction à ce travail en lui insufflant un caractère ori-
ginal sortant du cadre universitaire.Nos objectifs se déclinent ainsi :fa-
voriser une dynamique de groupe, permettre des échanges, des
synergies, utiliser des outils de travail collaboratif, construire et partici-
per à l’ingénierie d’un projet, mutualiser les ressources et les initiatives,
rendre une évaluation de qualité.




                                                                                                21
La Caravane des quartiers 2010 - Méthodologie



                           Résultats
                           statistiques

                              La présente synthèse porte sur l’évaluation des dispositifs multimé-
                           dias de la Caravane des quartiers Maurepas qui a eu lieu du 17 au 20
                           Mars 2010 et répond ainsi à la commande de la Ville de Rennes.

                           L’objectif est de faire remonter les attentes et préoccupations de l’en-
                           semble des habitants du quartier Maurepas par rapport à l’utilité de la
                           Caravane des quartiers en touchant tous les publics, au-delà des per-
                           sonnes déjà impliquées dans les démarches existantes (Conseil de
                           Quartier, Associations…).


                           Echantillon interrogé
                           - 30 questionnaires individuels
                           - 15 observations
                           Enquête réalisée les 18 et 19 mars.
                           Echantillon non représentatif de la population du quartier, en termes
                           de sexe, âge, catégories socio-professionnelle.


                           Outils d’enquête
                           Questionnaire réalisé en collaboration avec Annabelle Boutet, Ensei-
                           gnant Chercheur au département LUSSI de Télécom Bretagne et
                           membre du Conseil Scientifique du Gis M@rsouin.
                           Enquête supervisée par Pascal Plantard, enseignant-Chercheur au
                           Cread, université Rennes 2 et Jacques-François Marchandise de la
                           FING.


                           Les observations et les questionnaires ont été effectués principalement
                           sur les journées du jeudi et du vendredi. Les résultats ont été reportés
                           dans le logiciel de traitement statistique Sphinx. Cet outil a permis de
                           créer des tableaux récapitulatifs et des graphiques qui ont été insérés
                           dans la synthèse pour le Directeur Général de la Communication.


22
La Caravane des quartiers 2010 - Méthodologie


Le public
   Le public présent à la caravane des quartiers se compose princi-
palement de retraités, de cadres et d’étudiants parmi lesquels nous
avons compté les publics scolarisés (classes de primaires).

Les 2 raisons qui ont motivé la venue des personnes présentes à la
Caravane sont :
aprendre connaissance des projets d’aménagement ;
apour raisons professionnelles.
La plupart des habitants étaient déjà au courant du projet d’aménage-
ment du quartier par le biais du Rennais.

Dans l’ordre, les dispositifs qui ont d’abord retenu l’attention des par-
ticipants sont :
aLa maquette 3D (64,5% à l’avoir utilisé)
aLe Citywall (58,1% à l’avoir utilisé)
aLa borne tactile (38,7% à l’avoir utilisé)




Evaluation des dispositifs
technologiques
Le citywall
Le citywall a été utilisé de façon relativement autonome, (seul et en
groupe).
La fonction multitouch a donc été identifiée et utili-
sée par des groupes d’usagers. Cependant, l’utili-
sation du Citywall était courte, de l’ordre de 5 à 10
min sans avoir d’ idées précises de ce qu’on pou-
vait rechercher. On peut donc parler de test explo-
ratoire.
Dans l’ensemble, les personnes interrogées ayant
testé le citywall sont majoritairement satisfaites de
la qualité de l’image et du son (après installation
des haut-parleurs extérieurs au coffrage) ainsi que
du contenu. Plus précisément, les contenus qui ont connus le plus de
succès sont : les photos du quartier.


                                                                                                  23
La Caravane des quartiers 2010 - Méthodologie


                                                Difficultés d’utilisation :
                                                ase repérer dans le menu,
                                                adéplacer et consulter des images.
                                                Le citywall semble-t-il utile aux habitants s’il était
                                                implanté dans la ville de façon permanente ? 48,4%
                                                d’entre eux sont convaincus contre 41,9% qui ne
                                                se prononcent pas.
                                                Plusieurs propositions d’emplacement pour le City-
                                                wall ont été évoquées :
                                                a 19,2% pensent qu’elle pourrait être utile dans
                                                une maison de quartier,
                                                a 12,9% préfèrerait qu’elle soit implantée dans
                                                une bibliothèque municipale,
                                                a 9,7%    pense que la mairie serait un lieu
                                                adapté pour accueillir le Citywall.



                                                       La maquette 3D
                                                       La maquette 3D a été le dispositif le plus uti-
                                                       lisé pendant ces 3 journées.
                                                       L’usage de ce dispositif a nécessité une mé-
                                                       diation active.
                                                       La durée d’utilisation est relativement longue
                                                       par utilisateur (environ 15-30min) et elle peut
                                                       être répartie sur plusieurs jours car plusieurs
                            personnes sont revenues plusieurs fois sur le stand.
                            Ce dispositif a beaucoup plu et a suscité l’intérêt de toutes les généra-
                            tions.

                                            Cet outil a permis aux usagers de se faire une idée
                                            assez précise de l’évolution du quartier.

                                            Les apports cités
                                            a meilleure compréhension
                                            a qualité du service
                                            a présentation en 3D
                                            a meilleure perception du réel, de l’existant.
                                            Ce dispositif serait bien accueilli s’il était implanté dans
                                            la ville puisque 35,5% de testeurs l’ont trouvé utile.


24
La Caravane des quartiers 2010 - Méthodologie

Emplacements possibles d’implantation
a mairie
a maison de quartier
a Champs libres
Cependant 25,8% des usagers ont rencontré des difficultés
de maniabilité avec la wiimote et plusieurs fois, la gêne res-
sentie par rapport à la profusion d’éléments à regarder est
ressortie dans le discours des habitants.




La borne tactile
L’utilisation de ce dispositif a été relativement courte (en majorité de 5
à 15 min) et entièrement autonome.
Nous avons constaté une satisfaction générale du dispositif pour 38,
7% des utilisateurs contre 58,1% qui ne se prononcent pas ayant es-
timé qu’ils ne l’avaient pas testé suffisamment long-
temps pour émettre un avis.
Les vidéos ont suscité un intérêt majeur
pour les usagers, le dispositif se prêtant bien à ce
type de contenu multimédia.
Ce dispositif emporte l’adhésion des utilisateurs
quant à son installation éventuelle dans la ville.
La majorité l’imagine dans une maison de quartier
quant aux autres, ils ont proposé dans la rue, dans
les pôles sociaux ou autres structures associatives.




Bilan général
Cette Caravane a été relativement utile
puisqu’elle a changé positivement le regard
de 38,2% des habitants par rapport au projet
d’aménagement du quartier. Elle n’a rien
changé pour 38,7% des usagers.
Aucun participant n’a déclaré porter un re-
gard négatif.
Cette caravane a changé le regard des habitants sur les technologies
de façon positive pour 51,6% d’entre eux.


                                                                                                 25
La Caravane des quartiers 2010 - Méthodologie


                            Quels bénéfices ?
                            IInformation, convivialité, lien social, découverte de projets et des ac-
                            tions d’écoles, communication, meilleure compréhension des projets
                            de la municipalité.

                            Cette caravane est-elle utile ?
                            a      71% répondent oui contre 12,9% ; 16,1% ne se prononcent
                            pas.

                            A-t-elle facilité la communication entre les habitants et les
                            élus ?
                            a      51, 6% sont d’accord contre 32,3% ; 16,1% ne se prononcent
                            pas.

                            Vous a-t-elle convaincue que les nouvelles technologies peu-
                            vent servir l’urbanisme ?
                            a      71% le reconnaissent contre 16,1% . 12,9 % ne se prononcent
                            pas.


                            Synthèse des observations
                            a      Les dispositifs multimédias apparaissent davantage comme
                            des supports complémentaires aux affiches de présentation du plan
                            de Z.A.C.

                            a      Ils favorisent les échanges entre habitants du quartier.

                            Les dispositifs permettent une prise en main relativement aisée par les
                            utilisateurs, surtout la Borne tactile et le City Wall.

                            a      Un intérêt particulier pour ce genre d’évènements par les per-
                            sonnes âgées et les écoles. Mais les générations se sont peu mê-
                            lées, peu d’échanges entre elles.

                            a      Forte mobilisation des associations et acteurs du quartier.

                            a      Peu d’échanges directs avec les élus, en revanche, beaucoup
                            de messages asynchrones envoyés aux élus avec des questions
                            précises sur le quartier.




26
La Caravane des quartiers 2010 - Méthodologie



                 La production :
                   une initiative
                   collaborative
Un travail collaboratif à 3 niveaux
Les 3 composantes ci -dessous font partie de la dynamique de colla
boration étudiée par Lundgren-Cayrol et Henri. Elles sont nécessaires
pour mener à bien un travail collaboratif. Nous estimons que nous de-
vons retravailler sur ces notions pour arriver à un niveau de collabo-
ration optimale.

a L'engagement : au cours de ce travail collaboratif, on a pu mettre
en avant que cet engagement était de différents ordres. Pour cer-
tains, il est constant ; pour d'autres, plus fluctuant ou incertain. Il est
aussi parfois plus laborieux à des moments de la production, étant
donné l'effort permanent requis sur la durée de la production. D'au-
tres phénomènes ont régi la vie de notre équipe, comme les effets
d'engagement/désengagement, les effets de sous-
investissement/sur-investissement, les effets de solidarisation/dés-
olidarisation.
Dans ce cadre précisément, ne devrions-nous pas interroger les no-
tions d'autonomie, d'éthique et de valeurs propres à chacun des mem-
bres du groupe ? N'est-il pas aussi essentiel de rester dans une
dynamique d'entraide, respectueuse de l'autre et de ses potentielles
difficultés aussi pour maintenir, toujours également, son contrat d'en-
gagement de départ ?

a La coordination : elle est indispensable dans une perspective d'ef-
ficacité et de cohérence de la production. Plus le groupe de travail est
important (notre groupe 12 membres pour 3 coordinateurs), plus ce
travail de coordination requiert un sens pédagogique exacerbé.
Écoute, patience, respect, tact et régulièrement un nécessaire exer-
cice d'explicitation auprès des contributeurs, doivent être les tâches
prioritaires des coordinateurs. Une explicitation renouvelée des étapes
du projet, une synthèse régulière des éléments apportés par les contri-


                                                                                                  27
La Caravane des quartiers 2010 - Méthodologie


                            buteurs. Ce travail de coordination requiert une certaine expertise qui
                            n'est pas forcément reconnu alors que, quand bien même, il est es-
                            sentiel au bon fonctionnement du projet, à la progression de la produc-
                            tion. En effet que fait-on sans pilote dans l'avion ? Mais il faut bien
                            admettre que cette activité manque de visibilité. C'est un don de soi, il
                            faut donc la pratiquer avec humilité, sens du service au groupe. Cette
                            notion interroge la notion de légitimité et de reconnaissance.
                            Qu'est ce qui rend, un membre du groupe, plus légitime qu'un autre à
                            assurer cette fonction ? Comment légitimant 'élire, désigner) le membre
                            pré-disposé à coordonner, éveille-t-on une prise de conscience de cha-
                            cun des membres du groupe ? Comment maintenir ce lien entre les
                            membres ? Sans le dire n'abordons nous pas ici la notion de manage-
                            ment de projet ?

                            a La communication : un travail collaboratif ne peut souffrir d'impro-
                            visations. Les échanges doivent être nuancés, distanciés. Le coordi-
                            nateur doit toujours modérer ces propos et réguler les situations
                            conflictuelles par exemple. Dans quelle mesure la communication
                            entre les membres d'un groupe peut être plus performante ?
                            C'est la question du management de projet qui revient, comment
                            s'adresser aux équipiers ? Comment garder sa troupe motivée ? Gar-
                            der le sens de l'humour et de la dérision, cela a été notre mode de
                            fonctionnement. Retenir aussi que cette communication, révèle bien
                            souvent les personnalités des contributeurs. Elle agit comme une loupe
                            sur les comportements de chacun. Les différentes étapes de notre pro-
                            duction, nous ont permis, notamment dans le rapport à l'écrit, de révé-
                            ler certaines caractéristiques de la personnalité des contributeurs, de
                            souligner quelques attitudes.


                            Le travail collaboratif et ses complexités :
                            Nous avons dû gérer les complexités d'une production au travers d'une
                            réflexion collective (pas simple !) avec des moyens de l'ordre du brico-
                            lage, notamment pour le traitement des données et l'espace de travail
                            collaboratif, pour ainsi dire inexistant, en tout cas pas du tout adapté à
                            un travail de cette ampleur :

                            a La complexité pédagogique : entre commande institutionnelle et
                            production universitaire. Comment répondre à ces deux attentes ?
                            Notre réponse a été double, une présentation du projet de la Cara-
                            vane des quartiers avec ensuite une articulation sur des focus-re-


28
La Caravane des quartiers 2010 - Méthodologie


cherche abordant des thématiques récurrentes.
a La complexité spatio/temporelle : devant l'urgence de la com-
mande et des membres du groupe dispersés, il a fallu trouver des
solutions pour pallier à ces difficultés. C'est le recours à un outil :
Google docs notamment, qui nous a permis de dépasser cet obsta-
cle. Ainsi chacun des membres de l'équipe avait la possibilité de
contribuer à faire avancer le dossier commun.
Lors de cette production, nous avons pu constater de l'importance des
phases synchrones, menées pour une réflexion collective et asyn-
chrones, menées pour une réflexion plus individuelle.

Un outil Google docs exploité, mais il faut reconnaître qu'il était insuf-
fisant pour engager pleinement des phases de réflexion collective en
mode synchrone (écriture collective)

a La complexité psycho-cognitivo-affective : celle-ci relève de la no-
tion de réflexivité. A chaque mise en situation collaborative, un pro-
cessus métacognitif se met en place. Il ne faut pas négliger non plus
la part des affects dans ce processus d'élaboration. Notre travail col-
laboratif a dû concilier avec toutes ces composantes individuelles.
c'est ce que nous avons fait courageusement ! Nos armes, n'est-ce
pas des outils et des méthodes adéquates mis à notre disposition ?


Une liberté pédagogique structurante
ou déstructurée ?
a Une liberté pédagogique qui permet un travail de créativité et de
développement de l’autonomie
a Le choix des outils :    utilisation d'une plate-forme de travail colla-
boratif : Google docs ; utilisation d'un outil de sondage pour dispat-
cher les tâches : doodle ; nombreux échanges par mails, téléphone
a Le choix de définir un travail cohérent pour tous : la rédaction
d’articles scientifiques sur des sujets d’intérêts TEF (technologies de
l’éducation et de la formation)
a Une liberté qui permet travail réflexif sur le déroulement de la pro-
duction
Lors de ce travail nous avons été des acteurs et des apprenants ré-
flexifs. Nous avons pu vivre des notions de respect, de solidarité,
d’écoute, de bienveillance, d’humilité, d’engagement, d’ouverture d'es-
prit, d'éthique, parfois de façon inégale. Nous nous interrogeons sur

                                                                                                 29
La Caravane des quartiers 2010 - Méthodologie


                           le bien-fondé d’une grande liberté pédagogique certes, mais ne serait-
                           elle pas plus efficiente avec un accompagnement, un encadrement ?
                           Dans quelle mesure un accompagnement adapté peut permettre de
                           mieux gérer la confrontation au groupe, de mieux appréhender le tra-
                           vail collaboratif à distance notamment ? Et peut-être, avec l'appui d'une
                           véritable structure encadrante qui conduit la réflexivité du sujet et ses
                           prises de conscience régulières au cours de l'avancée du projet,
                           pourra-t-on dire...Vive le travail collaboratif !


                           Au final un bilan contrasté...
                           ...et des représensations très différentes que l’on peut repérer dans
                           les différents témoignages d’étudiants qui ont participé à ce travail
                           collaboratif :

                           « Lors du (bref) travail en amont ayant eu lieu la veille et le jour de la
                           Caravane des quartiers, j'ai senti une cohésion de groupe, et pour moi
                           il y a eu un vrai travail collaboratif sur les outils de recherche. Une fois
                           sur le terrain, peu de coordination au sein du groupe, et malgré l'inves-
                           tissement de la majorité, on sent que certains commencent déjà à
                           "s'éloigner". Ensuite, concernant l'analyse... Travailler de manière col-
                           laborative pour un groupe d'une douzaine de personnes éloignées géo-
                           graphiquement, c'était mission impossible! Heureusement, des
                           "leaders" se sont vite détachés du groupe et ont pris les choses en
                           main pour "porter" le groupe, qui en avait besoin. L'outil Google docs
                           a été mis en place, mais il ne fait pas tout, et ne peut pas suffire à mo-
                           tiver les troupes. Mais un travail coopératif a été réalisé par une partie
                           de l'équipe. Les grilles qui ont été proposées étaient une très bonne
                           idée et nous ont permis de mettre en commun nos données. Mon sen-
                           timent est de ne pas avoir maîtrisé grand chose durant tout le dérou-
                           lement du projet, de n'avoir pas été "acteur". J'aurais souhaité
                           m'investir davantage, mais les délais, la charge de travail, l'éloigne-
                           ment, le nombre de personnes sur le projet, tout cela a fait que je n'ai
                           pas pu participer réellement au travail collaboratif. Si c'était à refaire,
                           bien sûr il nous faudrait plus de temps pour mettre en place une stra-
                           tégie à mener en amont, sur place et en aval. Il aurait fallu nous concer-
                           ter après l'enquête de terrain, afin de demander à chacun la manière
                           dont il voyait la méthodologie collaborative, et la manière dont il sou-
                           haitait s'investir. Le temps nous a manqué. »


30
La Caravane des quartiers 2010 - Méthodologie


«Dans le cadre d’une commande de la ville de rennes, les M2 TEF ont-
travaillé sur la caravane des quartiers. Cette commande étant assez
floue et importante, nous avons dû nous organiser pour travailler en-
semble sur ce projet afin de recueillir des données sur cet événement
et de les regrouper dans un rapport relatant ce qui se joue lors de cette
manifestation ainsi que la réaction des habitants. Pour ce faire, nous
avons travaillé ensemble. La première partie du travail s’est passé en
présentiel. En effet, nous avons profité de la semaine de regroupement
pour réellement nous pencher sur le sujet (correction du questionnaire,
création de la grille d’observation, explication des rôles de chacun lors
de la manifestation…).Suite à cela et à l’initiative d’un des membres du
groupe, nous avons travaillé via une plateforme collaborative, google
doc. Cela a permis de palier aux contraintes géographique de chacun
et par là même de continuer à échanger et regrouper nos observations
et écrits. Cette méthode de travail permettait à tous de participer. Ce-
pendant, il faut être réaliste, comme dans toute collaboration, il y en a
toujours qui donne plus de temps, de motivation et d’initiative. Un travail
de groupe à distance n’est pas une chose facile à réguler et à diriger,
surtout à 11. Il est donc logique de constater que même si chacun des
membres participe sans problème, il y a toujours un noyau dur qui gère
la troupe et la relance ou tout simplement s’investi plus. Pourtant, mal-
gré les diverses contraintes, on peut remarquer que le travail est fait,
donc on peut penser que les choses ne se sont pas trop mal organi-
sées...»

« La collaboration a eu lieu lors du regroupement à l'université, avant
de se rendre à la Caravane de quartiers, sur l'élaboration du question-
naire et de la grille d'observation. Finalement, je trouve qu'il y en a eu
peu au sein de l’ensemble du groupe. L'outil google docs fut finalement
peu investi par la majorité des personnes mais il y eut sans doute beau-
coup de collaboration dans le comité rédactionnel. J’ai finalement un
peu découvert ce que l'on allait présenter dans ce dossier lors de la
journée Protice. Une suggestion : pourquoi pas l'utilisation d'un wiki
pour un prochain travail collaboratif? »

« Le travail collaboratif de la caravane des quartiers me paraît essentiel
car c’est la mise en commun de nos énergies. Grâce à Sophie nous
avons eu le cadre de travail, avec les objectifs, les buts et une com-
mande qui était bien définie. Cela nous a permis de nous répartir les


                                                                                               31
rôles selon nos disponibilités et nos compétences. Les jours passés
     ensemble dans la caravane ont été très motivants pour comprendre
     l’esprit de ce projet. Le travail ensemble a été très intéressant, difficile
     car nous étions nombreux. Il est plus difficile de travailler ensemble en
     grand groupe qu’à 3 ou 4. Je regrette un peu de ne pas avoir beaucoup
     participé aux échanges sur la plateforme, occupée par le dépouillage,
     des questionnaires. Mais prendre connaissance des documents sur
     Google docs m’a permis de me sentir incluse dans le travail, même si
     j’ai peu pris part aux discussions à propos du dossier. Avec du recul, je
     me dis que j’aurais du transmettre mes impressions tant sur l’observa-
     tion, que l’administration des questionnaires, et sur les gestes, les atti-
     tudes des personnes que j’ai interviewées. Mais, j'ai aussi beaucoup
     aussi utilisé les messages téléphoniques et les échanges mails. Il m’a
     semblé précieux qu’un petit groupe prenne la coordination du travail
     pour donner des pistes à tous et faire réfléchir sur des compléments à
     réaliser. J’ai beaucoup appris avec ce travail collaboratif. Les ré-
     flexions, les informations échangées et partagées, m’ont permis de
     m’ouvrir sur d’autres compétences et de nouveaux savoirs être et faire.
     Chacun a investi des temps différents, à des heures différentes, mais
     cela a été un véritable travail de groupe dans lequel nous avons essayé
     de faire passer l’image de notre filière.»

     « Dans le cadre de l’expérience de la caravane du quartier, nous avons
     été amenés à travailler collectivement sur différents travaux autour de
     cet événement. Effectivement nous avons réalisé différentes produc-
     tions : préparation de l’observation de terrain, travail d’enquête, retrans-
     cription des résultats, analyse, présentation de l’expérience lors de la
     journée protice, réalisation d’articles etc. Pour effectuer ces différents
     travaux nous avons mis en place une stratégie d’échange et de colla-
     boration. Effectivement, étant tous sur des terrains de stages différents,
     ayant tous des contraintes différentes il était difficile de nous réunir.
     Ainsi, très rapidement un membre du groupe a créé un compte Google
     Doc et a diffusé les identifiants afin de mutualiser nos productions. Cet
     espace nous a permis d’organiser notre travail de façon pertinente et
     s’adapter aux contraintes de chacun. Grâce à l’accès aux informations
     sur un même espace où chacun pouvait contribuer, nous avions l’in-
     formation en temps réel et pouvions travailler ensemble, le tout à dis-
     tance. Grâce à cette stratégie de travail collaboratif nous avons pu tous
     nous impliquer dans ce travail, en respectant la disponibilité de chacun.

32
C’est également un outil que nous pourrons réutiliser dans un futur plus
ou moins proche dans le cadre d’un travail d’équipe. Notre stratégie de
collaboration nous a donc permis d’optimiser notre travail, d’éviter la
perte d’information causée lors des allers retours de mails par exemple,
de fonctionner en groupe organisé en se centrant sur des documents
communs. Il n’y a pas eu de directives données en amont chacun a su
s’investir et s’approprier les informations et productions spontanément.
Nous étions donc dans un principe d’entente cordiale, de respect du
rythme de chacun et de confiance dans le groupe. Finalement, ce fut
une expérience riche et formatrice ! »

Néanmoins, notre travail de collaboration aurait pu être davantage op-
timisé par l’utilisation d’outils de partage comme Diigo qui permet le
partage de référence avec des possibilités de commentaires, de souli-
gnage etc. Nous aurions également pu optimiser les moments de re-
groupement à la fac pour organiser notre travail et se répartir plus
uniformément les tâches. Effectivement, même si globalement le travail
de groupe fut efficace et enrichissant, on se rend compte qu’au-delà de
quatre personnes cela devient difficile de réaliser un travail collaboratif
de ce type, mais nous avons su être réactifs et relever ce défi !




                                                                              33
focus -rech erche
          focus-recherche
                                                               introduction

                               A l’origine de notre travail une commande certes, et après... Comment ar-
                            ticuler cette réponse institutionnelle avec notre formation universitaire ? Telle
                            a été notre seconde préoccupation.

                               Nous avons choisi un format qui a aussi cette caractéristique, d’être légi-
                            time auprès de la communauté scientifique : le focus-recherche ou article
                            scientifique. Créatif et pertinent, le focus-recherche a toutes les qualités pour
                            répondre à notre deuxième priorité.

                               Il nous a permis de développer différentes thématiques parmi lesquelles
                            la démocratie participative et ville 2.0. Du projet d'urbanisme, aux appels
                            à la participation de citoyens responsables et concernés, jusqu’aux élus qui
                            viennent presque à domicile, quel message porteur de sens, les élus veu-
                            lent-ils faire passer au travers de ces rencontres citoyennes ? Cette première
                            contribution a été partagée à 8 mains. Le sujet très dense méritait que l’on
                            si arrête plus longuement. Nous avons fait le choix de le scinder en deux
                            parties : une première partie de conceptualisation de la notion de démocratie
                            participative, ce qu’elle représente aujourd’hui dans notre société en pleine
                            mutation numérique ; une seconde partie sur l’expérimentation de démocra-
                            tie participative illustrée par la Caravane des quartiers.

                            Accessibilité et handicap. Dans cet article le quartier est interrogé comme
                            espace intégrateur de la personne handicapée. La politique locale n’a t-elle
                            pas intérêt au regard de tous ses habitants et fortement incitée par la législa-
                            tion, à rendre ce type de manifestation accessible à tous y compris les per-
                            sonnes vieillissantes et en situation de handicap ? Le quartier est lieu de vie,
                            ces rencontres citoyennes comme la Caravane des quartiers lieu d’informa-
                            tions mais aussi lieu de socialisation pour les personnes fragilisées, comment
                            le développement de l’accessibilité à ces rendez-vous urbains peut leur per-
                            mettre de devenir pleinement acteur des modifications de leur lieu de vie ?

                            Médiation/médiatisation. Ici les auteurs de l’article se posent les questions
                            suivantes : quelle est la place de la médiation dans la transmission numérique
                            d’un message ? quelles médiations pour quels objectifs ? Quel processus de
                            médiatisation est mis en œuvre dans les dispositifs expérimentés à la Cara-
                            vane des quartiers ? C’est le point de départ de leur réflexion. Entre médiateur
                            humain et technologique, entre processus de conception et de scénarisation,

                                                                                                         35
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche


                            quelle est la pertinence des dispositifs multimédias présentés lors de
                            la manifestation ?

                            Enfin les phénomènes de socialisation. Les auteurs s’interrogent sur
                            cette manifestation : réunit-elle réellement les caractéristiques néces-
                            saires à la mise en place d’un réel processus de socialisation, pouvant
                            ainsi répondre aux objectifs fixés par la Ville de Rennes ? Après avoir
                            relevé des constats, s’être penché sur les limites auxquelles un tel évè-
                            nement se trouve confronté, il est question dans cette article de savoir
                            en quoi la caravane était ou non un lieu propre à la socialisation.

                            Une fois répartis et engagés dans nos différentes problématiques nous
                            nous sommes, en dernier lieu, exercés à produire un ensemble de re-
                            commandations se rapportant à chacun des sujets traités.




36
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche



                            Démocratie
                                                                              Comment la
                                                                              démocratie pourrait
                                                                              ne pas être

                           participative
                                                                              participative ?
                                                                              Définitions


                             et ville 2.0
                                                                              Etymologiquement : « La de-
                                                                              mokratia vient du grec demos,
                                                                              peuple et kratein commander,
                                                                              pour désigner le gouvernement
                                                                              par le peuple considéré en tant
                                                                              que citoyen, i.e. jouissant du
                                                                              droit de cité. ». Mais encore : «
                                                                              Régime politique dans lequel la
                                                                              souveraineté appartient au peu-
                                                                              ple, ou plus exactement aux
   Démocratie participative, de proximité, délibérative… Ces formula-         membres de la société qui sont
                                                                              définis comme citoyens. ».1
tions sont nombreuses et peuvent revêtir des sens parfois assez éloi-
                                                                              Plus près de notre réalité : «
gnés même si ils ont en commun de faire participer les « citoyens » au        Régime politique dans lequel la
                                                                              souveraineté appartient au peu-
débat public. Les évolutions sémantiques peuvent avoir des implica-           ple qui l'exerce directement (dé-
tions fortes qui nécessitent une observation attentive et constante.          mocratie directe) ou par
                                                                              l'intermédiaire de représentants
                                                                              élus pour agir à sa place, en son
                                                                              nom et sous son contrôle (dé-

Démocratie participative :
                                                                              mocratie représentative) ».2
                                                                              Et enfin ce qui pourrait le plus

mythe ou réalité ?                                                            se rapprocher de la démocra-
                                                                              tie dite « participative » : « Sys-
                                                                              tème politique fondé sur le
                                                                              respect de tous qui généralise le
Assaba Bruce                                                                  dialogue et encourage la partici-
Sylvie Gastineau                                                              pation du peuple à tous les ni-
                                                                              veaux de tous les organes de la
                                                                              société civile. Forme de gouver-
                                                                              nement où la participation du
L'ascension fulgurante de Barack Obama pendant la campagne prési-             peuple est requise et qui repose,
dentielle américaine de 2008 est une démonstration en force d'une             entre autres, sur I'indépendance
                                                                              des pouvoirs exécutif, législatif et
forme de démocratie participative émergente. Il semble bien que l'élec-       judiciaire et sur des élections li-
                                                                              bres. De nombreux droits civils,
tion de Barack Obama à la tête des Etats-Unis doit beaucoup aux               tels le droit d'association, d'as-
usages du Web et d'Internet : la clicocratie (Eudes, 2009). Tous les cy-      semblée ou de la presse sont in-
                                                                              dispensables à la réalisation des
bercitoyens ont été sollicités dans cette campagne et se sont ainsi senti     droits politiques qui sont à la
                                                                              base de la démocratie. »3
investis dans la vie de la Cité. La communauté e-citoyenne s'est no-
                                                                              Concernant le mot participatif,
tamment inscrite pleinement dans cette agora numérique, qui s'est ré-         qui est « Relatif à la participation
vélé le parfait relai de l'agora publique. Elle a été l'occasion de débats    » 4 la définition est la suivante
                                                                              dans Le petit Robert : « La dé-
publics médiatisés sur le web. On se souvient aussi de l'impact consi-        mocratie est la participation à
                                                                              droit égal, à titre égal, à la déli-
dérable d'Internet et de ses internautes, sur le traité établissant une       bération des lois et au gouver-
Constitution pour l'Europe.                                                   nement de la nation ».

                                                                               www.maphilosophie.fr/lexique.php
                                                                              1


La participation s'impose de plus en plus comme le terrain obligé de la po-   2
                                                                                www.camillederoccaserra.com/glos-
                                                                              sary/Glossaire_gi809.html
litique et de l'action publique. De nouveaux mouvements sociaux via les       3
                                                                                www.aidh.org/Biblio/Vocabulaire/Droit
                                                                              s.htm
réseaux sociaux s'appuient également sur ces formes horizontales de           4
                                                                                http://fr.wiktionary.org/wiki/participatif




                                                                                                                   37
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche


                            coordination. Nous assistons à une profonde mutation qui dépasse le sim-
                            ple effet discours, le simple effet mode : une grande conversion du nu-
                            mérique est à l'oeuvre (Doueihi, 2008 ). Qu'en est -il de cet idéal
                            démocratique logé entre démocratie participative, de proximité, délibéra-
                            tive ?

                            Dans un premier temps, mieux définir les contours, sémantique, his-
                            torique de cette notion avec ses nombreuses formulations, éclaire déjà
                            notre propos. D'autre part, mettre ce concept à la lumière de quelques
                            théories sur le sujet, permet de mieux appréhender cette probléma-
                            tique. En effet cette notion (démocratie participative) est tellement pro-
                            téiformes et le terme tellement galvaudé qu'il a fallu trouver un angle
                            de recherche. C'est le lieu de la proximité et notamment celui de la
                            proximité des élus aux habitants qui a retenu notre attention. Il nous
                            a semblé en effet opportun de faire le lien avec le site de notre obser-
                            vation : la Caravane des quartiers. Qu'est ce que les élus mettent en
                            place pour impliquer les habitants au projet urbain de quartier ? De
                            plus à l'heure du numérique, cette notion de démocratie participative
                            recouvrant de nombreux enjeux. Quels sont justement les défis aux-
                            quels celle-ci doit faire face, en cette période de profonde mutation ?
                            Nous l'évoquerons, comme dernier point de notre focus-recherche.
                            Tout au long de notre réflexion nous nous sommes régulièrement nour-
                            ries d'auteurs ayant écrit et produit sur le sujet.


                            Définition de la démocratie participative
                            Ces formulations sont nombreuses et peuvent revêtir des sens assez
                            éloignés même s'ils ont en commun de faire participer les « citoyens»
                            au débat public. Les évolutions sémantiques peuvent avoir des impli-
                            cations fortes qui nécessitent une observation attentive et constante.
                            Si on s’attache aux définitions ci-dessous, il semblerait que ces deux
                            mots ensemble forment une redondance ou un pléonasme, et le terme
                            « participative » ici n’est pas un adjectif mais un processus qui est ap-
                            paru dans les années 1970.


                            Les premières théories de la démocratie participative
                            des années 1970…
                            Carol Pateman , C.B. MacPherson ou Benjamin Barber sont les pre-
                            miers théoriciens de la « démocratie participative ». Tous trois anglo-
                            saxons, leur réflexion est fondée sur la critique de la démocratie «


38
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche


représentative », comme les philosophes Hannah Arendt et John
Dewey, ils pensent la « participation » comme capacité de la société
civile à être active et participer à la recherche de solutions adaptées à
ses problèmes, proches de la démocratie athénienne.

… Au début du XXIème siècle.
Au début des années 2000 cette notion est controversée et en 2002 les
députés français rejetèrent le terme de « démocratie participative » au
profit de « démocratie de proximité » concernant la loi qui imposait la créa-
tion de conseils de quartiers dans les villes de plus de 80 000 habitants.

Aujourd’hui, la démocratie participative est dans l’ère du temps et les
dispositifs qui s’y réfèrent se multiplient, mais restent pourtant margi-
naux et ses expérimentations très localisées. Et si toutefois on en fait
usage au-delà du local, elle reste uniquement consultative sans que
l’on puisse évaluer ses effets sur les décisions politiques.

La métaphore de John Parkinson : « lorsque les citoyens sont associés
à la prise de décision, le processus peut porter sur le "housing" (urba-
nisme), c'est-à-dire sur des questions structurelles. Il peut aussi
concerner le "building" (architecture), à savoir des problèmes impor-
tants mais de second plan. Il peut enfin se focaliser sur le "painting"
(décoration), c'est-à-dire sur des enjeux en aval et relativement margi-
naux », est intéressante car elle illustre bien les dispositifs qui se ré-
clament de la démocratie participative et leurs niveaux d’influence sur         1
                                                                                  Carole Pateman est une théo-
                                                                                ricienne britannique en politique
les décisions politiques.                                                       et impliqué dans le féminisme.
                                                                                Elle est l’auteure de Participa-
Pour l’instant les citoyens restent davantage consultés sur la « déco           tion and Democratic Theory.
                                                                                Cambridge Univ. Press, 1970.
», que sur des questions plus essentielles concernant l’intérêt général.        2
                                                                                  Crawford Brough Macpherson
                                                                                était un influent théoricien cana-
Si la démocratie participative reste l’affaire de quelques élus ou mou-         dien en sciences politiques, en-
                                                                                seignant à l’université de
vements politiques en marges (Attac, cercles alternatifs…), elle a ten-         Toronto.
                                                                                3
                                                                                  Hannah Arendt (1906 - 1975),
dance à sortir des milieux expérimentaux pour aller du bas vers le haut         est une philosophe allemande
                                                                                naturalisée américaine, connue
et ainsi transformer la façon de gouverner et de faire de la politique en       pour ses travaux sur l’activité
                                                                                politique, le totalitarisme et la
s’institutionnalisant progressivement.                                          modernité.
                                                                                4
                                                                                  Enseignant-Chercheur britan-
Même si on est davantage sur des notions de « cyber-démocratie par-             nique spécialiste de la démocra-
                                                                                tie participative, cité dans : Yves
ticipative », la campagne de Ségolène Royal lors des dernières élec-            Sintomer, Carsten Herzberg,
                                                                                Anja Röcke, Les Budgets partic-
tions présidentielles avec son site « désir d’avenir » est un exemple           ipatifs en Europe. Des services
                                                                                publics au service du public, La
français de promotion de la démocratie participative comme fondement            Découverte, 2008, p.300.
                                                                                5
                                                                                  Insérer un petit encadré avec
d’un projet politique, mais on peut également citer l’exemple américain         des définitions succinctes de
                                                                                chacune des notions du premier
de la campagne de Barack Obama.                                                 paragraphe



                                                                                                              39
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche


                            Des pratiques de « démocratie participative »
                            protéiformes

                                             Il n’est pas question d’être exhaustif   étant donné les
                                             logiques politiques contrastées que véhiculent la no-
                                             tion de démocratie participative et les instruments
                                             qu’elle utilise. Alors que dans les années 1970, la dé-
                                             mocratie participative était envisagée comme un pro-
                                             cessus spontané et informel, elle est aujourd’hui plus
                                             procédurale : une attention croissante est portée aux
                                             publics impliqués, à l’organisation des débats et aux
                                             contenus des discussions.


                            Des dispositifs de démocratie
                            participative pluriels
                            Les jurys citoyens, les conférences de consensus, les sondages déli-
                            bératifs et les agendas locaux, mais également les conseils de quartier
                            ou les budgets participatifs et enfin la Commission nationale du débat
                            public en France sont des dispositifs de démocratie participative. Cer-
                            taines d’entre elles vont bien au-delà de la simple consultation, même
                            si en France nous sommes en retard par rapport aux autres pays eu-
                            ropéens.


                            De la démocratie participative à la démocratie
                            de proximité : discours des élus et réalité
                            De l'idéal démocratique participatif et délibératif à la montée en puis-
                            sance, ces dernières années, de la thématique de la proximité dans
                            le discours des élus, quel sens y donner ? B. Barber parle de com-
                            munauté démocratique vivante, d'un "nous" constamment recréé par
                            la discussion, d'une participation pensée à l'échelle locale. Il accuse
                            la démocratie représentative de favoriser l'apathie et l'aliénation poli-
                            tique du plus grand nombre. Il lui importe que le maximum de per-
                            sonnes puisse être impliquées dans des activités de participation, que
                            réapparaisse cet espace de discussion, notamment pour ce qu'il
                            nomme les exclus de la chose publique. Cette motivation de la parti-
                            cipation reste aujourd'hui vive, notamment dans les multiple expé-
                            rience qui tentent d'impliquer localement des publics fragiles,
                            principalement en milieu populaire. Qu'il s'agisse d'ateliers populaires


40
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche


d'urbanisme, de groupes de qualification mutuelle, d'université du ci-
toyen ou de théâtre forum, différentes techniques sont mobilisées pour
produire un effet de politisation auprès de ces groupes (M. Carrel ).
Le concept de démocratie participatif de Jürgen Habermas et John
Rawls s'appuie sur des participants actifs, orientés vers l'entente et
ouverts aux arguments de l'autre. Ils mettent en effet l'accent sur la
capacité de la délibération à fonder la légitimité de la décision et sur
les compétences déployées par les participants à la discussion. Ce
concept de démocratie délibérative constitue aujourd'hui l'une des
sources d'inspiration majeures des expériences de démocratie parti-
cipative.

Face à cet idéal, une réalité : un discours de légitimation du lien re-
présentatif. Dans un contexte de crise de la représentation les élus
tiennent un discours d'auto-légitimation pour restaurer de la confiance
politique et rétablir du lien social. Le discours sur la proximité sert des
intérêts électoraux (L. Blondiaux ). Les élus travestissent en connais-
sance de cause les termes du contrat initial (l'idéal de démocratie par-
ticipative) dans des perspectives électoralistes. Ainsi formulée
l'alternative risque de demeurer stérile. Elle risque surtout de rompre
avec le sens donné à l'action publique alors que l'objectif de cette
proximité, de cette démocratie participative est bien de soutenir la dé-
mocratie représentative (C.Lebart, R. Lefebvre ). Cette posture des
élus donne lieu à un espace de rupture et non de rencontre où habi-
tants et élus sont dos à dos, face à face, se croisent parfois mais ja-
mais ne se rencontrent vraiment.


Les enjeux de la démocratie participative
Pour certains « démocratisation de la démocratie » pour améliorer la
gestion publique, pour d’autres elle serait une menace pour la démo-
cratie représentative, ou encore un outil de communication pour les
gouvernements afin de désamorcer les conflits sociaux. Mais en fait
ses réalités sont beaucoup plus diverses et il s’agit de les analyser
d’une manière plus systémique afin d’en appréhender les diverses lo-
giques sociales et politiques à l’œuvre. Si les résultats des expé-
riences de « démocratie participative » menées sont mitigés et
insuffisamment évalués, il semblerait qu’elle est un impact important,
notamment sur les élus locaux et l’action administrative et les struc-
tures participatives connaissent une croissance exponentielle notam-


                                                                                                 41
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche


                            ment avec les réseaux sociaux, mais également avec l’Internet, que
                            les responsables politiques ne peuvent plus ignorer.


                            Démocratie participative à l’ère numérique
                            La démocratie comme l'a si bien résumé Lincoln , "c'est le gouverne-
                            ment du peuple, par le peuple et pour le peuple". La République en a
                            fait son principe dans l'article 2 de la Constitution de 1958. La démo-
                            cratie n'est pas qu'un mode d'organisation du pouvoir. Elle représente
                            aussi une certaine conception de la société, voir un idéal collectif. Elle
                            est à la fois une forme de société de liberté et un régime politique. A
                            l'ère du numérique, n'est-ce pas l'opportunité offerte de revenir à ces
                            fondamentaux ?

                            Évoquer l'idée de démocratie électronique peut paraître étrange mais
                            la démocratie électronique ne se résume pas au remplacement des
                            techniques pour le vote. Il s'agit d'une démocratie qui dispose d'un en-
                            vironnement électronique et numérique agissant pour elle et lui ouvrant
                            de nouvelles perspectives pour son fonctionnement général. Quels
                            sont par exemple les impacts de la culture numérique et électronique
                            sur nos démocraties contemporaines ? On a un ordre numérique qui
                            s'est construit sous nos yeux. C'est les changements techniques,
                            l'évolution permanente des matériels informatiques e de leurs intercon-
                            nexions qui permettent l'existence d'une démocratie numérique. Com-
                            ment les technologies de l'information ouvrent de nouveaux espaces
                            de liberté, une nouvelle expression démocratique pour l'épanouisse-
                            ment de la démocratie entre génération Web 2.0 et communication am-
                            plifiée ? Dans la même perspective des modalités de e-gouvernement
                            et de e-administration se mettent en place et créent de nouveaux
                            modes de fonctionnement des démocraties et de leurs administrations.
                            Une communication entre administrés et administrations qui prend
                            aussi une forme virtuelle (P.Levy , 2002, M. Rocard, 2007 ). Ce recours
                            à la e-démocratie peut permettre d'envisager des modes d'évaluation
                            et de cyber-résistance face à la pertinence ou non d'une politique pu-
                            blique. Pourquoi ne pas considérer aussi Internet comme un espace
                            généralisé de veille et d'évaluation du monde ? (J.C. Boual, P. Brachet,
                            2004 ). Au final, 'n'est-ce pas de la reconnaissance d'un droit fonda-
                            mental d'accès à l'espace numérique et aussi du bon usage de l'Inter-
                            net, de ses services ou de ses sites que se conduira le possible
                            processus de rénovation démocratique ?


42
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche


Les défis de la e-démocratie
La e-démocratie doit relever plusieurs défis : le changements d'habi-
tudes liés au numérique n'ont pas altéré la nature humaine et le rapport
à l'institution. Elle doit coordonner la mise en place de réglementation
ou de régulation adaptée aux usages d'Internet afin que droits et liber-
tés soient respectés. Mais comment gérer ce décalage, cette com-
plexité entre phénomène d'émancipation et d'asservissement avec des
comportements condamnables ? Elle doit aussi s'atteler à la construc-
tion d'une véritable citoyenneté numérique pour éviter l'apparition de
nouvelles inégalités face à la société numérique. Dans quelle mesure
est-il envisageable de permettre l'accessibilité au plus grand nombre
de personnes ? Dans le cas contraire la fracture sociale risque fort
d'être accentuée. Les changements d'ordre sociaux sont aussi à pren-
dre en compte. Ils sont nombreux spécialistes et néophytes à s'emparer
de l'informatique et de ses développements. Il y a aussi l'apparition de
nouvelles pratiques sociales via des réseaux sociaux comme Myspace
ou Facebook qui favorisent l'émergence de nouvelles relations entre
les individus.(Eudes et Plas, 2007 ). Face à ce développement, pas de
dévotion béate, pas d'inquiétude excessive mais il est essentiel de res-
ter lucide et déterminé. Après tout il ne s'agit que de technologies de
l'information. N'oublions pas que les technologies à l'œuvre peuvent
être utilisées aussi bien pour accroître les libertés que les réduire car
le contrôle social est rendu plus facile aujourd'hui qu'hier. Le secret de
la vie privée semble céder la place à une forme de transparence des
individus qui s'exposent sur la toile. Ainsi par exemple, le secret de l'iso-
loir pour le vote est-il réellement possible à maintenir avec des supports
électroniques ? On sent bien qu'une cybersociété réellement démocra-
tique suppose l'éclosion de cybercitoyens respectueux de la liberté des
autres et soucieux d'affirmer et de défendre leurs droits et leurs libertés.
D'une manière générale, est-ce que ces outils numériques n'arrivent
pas justement, de manière positive, au moment où l'on assiste où
s'exerce une crise de la représentation et à une remise en question des
représentants ?

Conclusion : l'Homo numericus !
La société numérique, nouvel âge d'or ? Elle en offre beaucoup de
signes en tous les cas, par les richesses matérielles qu'elle produit et
par les espaces de liberté qu'elle ouvre. Pour autant loin d'être généra-


                                                                                                 43
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche


                           lisé à toutes les politiques publiques, elle doit encore être mise en
                           œuvre pour faciliter l'accès à la société numérique par le plus grand
                           nombre. Les questions d'identité des personnes, de vie privée, de li-
                           bertés individuelles ou de propriété intellectuelle sont autant d'éléments
                           qui se trouvent en partie déstabilisées par les technologies électro-
                           niques et numériques. Avoir à faire à des comportements de cyberci-
                           toyens, conscients de leurs droits pour éviter que ces questions ne
                           portent atteinte justement à leurs libertés individuelles.

                           L'avènement du numérique ne doit pas nous faire oublier que la réalité
                           de la vie et celle de la liberté se jouent dans des relations ultimement
                           humaines (Mathias, 2008 ). L'Homo numéricus est avant tout un être
                           humain et un citoyen. La toile doit rester au service des libertés réelles
                           et de la démocratie comme société et régime.




44
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche


Les dynamiques croisées                                                        Résumé


de la ville urbaine et la ville                                                Cet article présente les dy-
                                                                               namiques croisées de la
numérique au travers                                                           ville urbaine et la ville nu-

d’une manifestation                                                            mérique, concrétisées au
                                                                               travers d’une manifesta-
citoyenne : Le cas de la                                                       tion citoyenne telle que la

Caravane de quartiers
                                                                               Caravane des quartiers de
                                                                               Maurepas. La ville devient
                                                                               le carrefour d’initiatives
Bennetot Anne-Sophie                                                           institutionnelles ou asso-
Dodeman Sophie                                                                 ciatives qui exploitent le
                                                                               numérique pour résoudre
   Aujourd’hui les médias sociaux du web (Facebook, Twitter, blogs…            des problèmes locaux, en-
) font partie de notre quotidien. La logique d’échanges entre pairs de-        tretenir ou recréer du lien
vient un « réflexe » et nous collaborons de plus en plus à travers des         social, ou encore favoriser
                                                                               de nouvelles formes de
espaces communautaires développés par la génération web 2.0. Ces
                                                                               démocratie. L’objectif prin-
services accessibles depuis nos ordinateurs accroissent notre mobilité
                                                                               cipal est de montrer ce
et facilitent la contribution et la consultation de l’information. Actuelle-
                                                                               que le numérique révèle, à
ment, les entreprises sont en train de faire un grand pas vers cette lo-       travers ce type d’évène-
gique 2.0 mais ce ne sont pas les seules à franchir le pas… En effet,          ment, au niveau de la ville
les acteurs publics s’intéressent de plus en plus à ces nouveaux               et des habitants. Le se-
usages et commencent à imaginer des nouveaux outils pour les ci-               cond objectif est d’avoir
                                                                               une meilleure appréhen-
toyens et de nouveaux services.
                                                                               sion des notions de ville
La FING (Fondation Internet Nouvelle Génération) et le groupe Chro-            2.0 et de démocratie parti-
nos ont lancé un programme Villes 2.0 qui engage des métropoles ré-            cipative à partir d’un cas
                                                                               concret. Enfin, cet article
gionales parmi lesquelles, figure Rennes. Depuis 2007, ce programme
                                                                               s’ouvrira sur des perspec-
d’action explore les défis et les opportunités qui émergent de ces trans-
                                                                               tives de recommandations
formations urbaines, du point de vue des citadins, des territoires et des
                                                                               visant à améliorer, dans la
entreprises. Des projets et des expérimentations visent à aider les ac-        mesure du possible, la
teurs locaux à enclencher une dynamique de changement.                         consultation des citoyens
                                                                               par rapport aux initiatives
Le projet Rennes : villes 2.0                                                  des élus.

   La ville de Rennes est active sur le sujet 2.0 et s’engage dans une
dynamique d’innovation. Récemment elle a développée une applica-               Les mots clés
tion iphone baptisée « Vivre à Rennes », basée sur la géolocalisation.         Ville 2.0, gouvernance,
L’application permet à son utilisateur de visualiser en temps réel les         citoyenneté, transpa-
points d’intérêts à proximité de l’endroit où il se trouve.                    rence, participation


                                                                                                       45
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche


                            Des écrans portatifs sont également mis à disposition par la munici-
                            palité, à l’exemple du chantier de la Courrouze où les habitants visitent
                            le futur aménagement en réalité augmentée via une tablette pc, su-
                            perposant des « couches » virtuelles et réelles. La ville de Rennes en-
                            courage donc les habitants vers le partage d’informations, la
                            collaboration, les interactions… et réfléchit sur la manière d’impliquer
                            encore plus ces acteurs de la ville en mouvement: « D’où le défi
                            conceptuel, comment penser, représenter voire habiter ce nouvel es-
                            pace où la distance physique n’existe pas : il nous faut encore réfléchir
                            à des concepts adaptés 1». Sans représentation partagée et actualisée
                            du territoire, aucun habitant citoyen ne pourra se l’approprier et donc
                            lui donner vie.

                            A cette fin, la Ville de Rennes a innové lors de la Caravane des quar-
                            tiers Maurepas, en insérant des dispositifs technologiques destinés à
                            faciliter l’appréhension des projets d’aménagement du quartier par les
                            habitants et de ce fait, donner une certaine transparence des initiatives
                            territoriales.

                            Comme le souligne Jacques Lévy, « la ville n’est pas seulement gérée
                            par les systèmes d’ingénierie, mais aussi par les habitants qui se ren-
                            dent capables de maîtriser et de faire évoluer cet immense environ-
                            nement qu’est une ville. Ils sont donc tous techniciens, en gérant des
                            informations multiples sur les lieux ou en construisant des stratégies
                            de mobilité ». Des citadins, rappelle Jacques Lévy, qui n’ont pas at-
                            tendu l’internet pour devenir des acteurs, et par exemple, au travers
                            de la civilité, ils « reconstrui[sent] la ville à chaque instant dans l’es-
                            pace public ». 2

                            Finalement, ne peut-on pas penser que seuls les habitants ont l’ex-
                            pertise nécessaire pour ce qui est des projets et des aménagements
                            qui touchent leur quotidien ? En ce sens, il devient capital d’avoir « l’in-
                            formation vraie » des citoyens et des manifestations comme la cara-
                            vane des quartiers qui deviennent des actions stratégiques facilitant
                            l’expression citoyenne et la réponse à leurs attentes et besoins.

                            La caravane des quartiers : carrefour de
                            sensibilisation des habitants à la stratégie ville 2.0
                               Les manifestations telles que la caravane des quartiers peuvent
                            contribuer à favoriser la participation des habitants et entrent en co-
                            hérence avec la stratégie ville 2.0 de Rennes. En effet, la logique


46
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche


web 2.0 reste une logique de partage, d’expression, d’échange et
donc de décisions prisent au collectif.

L’engagement des citoyens est essentiel car, en s’impliquant dans le
processus de la ville 2.0, ils deviennent des acteurs du projet et ceci
permet d’avoir une meilleure représentation entre attentes et besoins
des citoyens et objectifs de la ville. Ensemble, ces deux acteurs contri-
buent au projet, le font évoluer au fil des échanges, des expressions
de besoins, ainsi chacun y trouve sa place.

Avec l’exemple du Citywall, les citadins sont sensibilisés à la ville nu-
mérique et peuvent ainsi percevoir les différentes couches, le système
nerveux qui fait que la ville est une notion complexe. Le but de ce dis-
positif est également lié à la visibilité des ressources et les liens «hy-
perlocaux».

«L’hyperlocal fait référence à l’hypermatériel de Bernard Stiegler, c’est-
à-dire le fait que les technologies actuelles transforment tout en infor-
mation. Tout devient matière à information et notamment tout ce qui
nous entoure, géographiquement, physiquement. La matérialité ne dis-
paraît pas, elle est juste devenue invisible, infiniment petite, impercep-
tible, cachée dans le code… Et c’est cette invisibilité à laquelle nous
sommes confrontés qu’il va nous falloir révéler.»2

A travers un écran, les habitants perçoivent ce qui se passe sur le ter-
ritoire, dans leur ville, dans leur quartier.

Dans l’optique de l’échange et du partage sur le sujet de la ville numé-
rique et mouvante, la maquette 3D immersive est un bon exemple de
support de discussion et de débats. En effet, devant l’écran, les habi-
tants se concertent, se questionnent et se rassurent sur le devenir de
leur quartier. « Où vais-je habiter si mon immeuble est détruit ? » « Où
passe le métro ? J’espère qu’il n’est pas trop loin de chez moi pour
que je puisse me déplacer ? », « Mais cet immeuble qui va être
construit va être collé à ma fenêtre ?!! », « Que va devenir le super-
marché du Gast ? ». Autant de questions étaient évoquées entre ha-
bitants, ou posées au médiateur en charge de guider les usagers dans
la maquette 3D du projet d’aménagement du quartier.

Les habitants comme les élus sont ainsi sensibilisés à cette dynamique
de changement insufflée à la ville. Ces dispositifs technologiques ont
permis aux participants de partager leurs attentes et leurs projets et


                                                                                                47
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche


                           de réagir aux informations concernant leur nouvel espace de vie en en-
                           voyant leurs questions par mail aux élus. Il semble donc à première
                           vue, que cette manifestation citoyenne mette en avant la discussion,
                           l’expression, la concertation. Mais y’a-t—il eu réellement des formes
                           de démocratie participative lors de la Caravane ?

                           La caravane des quartiers génératrice de démocratie
                           participative ?

                              Rappelons dans un premier temps ce qu’implique la notion de dé-
                           mocratie participative et en quoi intervient-elle dans notre société ac-
                           tuelle ?

                           Ce n’est pas chose aisée de définir en quelques mots la démocratie
                           participative. Elle cristallise des enjeux territoriaux, citoyens, politiques.

                           La démocratie participative peut désigner les interventions directes du
                           citoyen dans la vie publique, dans la vie politique : adhérer à une asso-
                           ciation, voter lors d’un référendum, etc. On parle également de démo-
                           cratie participative par opposition à la démocratie représentative, la
                           première étant appelée à suppléer la seconde. Avec l’appui des tech-
                           nologies numériques, le couple politique/administration se voit contraint
                           d’adopter des actions plus transparentes et de rendre des comptes aux
                           citoyens sur ses agissements. C’est précisément ici qu’intervient la no-
                           tion de démocratie participative.

                           L’expérience de la caravane des quartiers n’est pas censée apporter
                           une réponse à cette question mais elle témoigne de la dynamique ac-
                           tuelle qui gravite autour du sujet. Elle fut l’occasion de réunir des habi-
                           tants de Rennes et plus particulièrement du quartier Maurepas, des
                           élus, des associations durant 3 jours autour de temps d’échanges, de
                           découvertes, d’animations.

                           Ces temps de discussion ont été le fruit de confrontations et de ré-
                           flexions autour de la question de l’urbanisme et de l’aménagement du
                           quartier. La caravane des quartiers visait la participation et l’expression
                           citoyenne mais a-t-elle répondu à cet objectif ?

                           La démocratie participative est aujourd’hui encouragée par le législa-
                           teur qui a rendu les conseils de quartiers obligatoires (loi de 2002) dans
                           les villes de plus de 80 000 habitants. Certains élus craignent qu’elle
                           n’empiète sur les pouvoirs des élus locaux, ou qu’elle rende plus difficile
                           la gestion des affaires locales. La plupart des élus locaux consultent


48
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche


pourtant de plus en plus les citoyens avant de prendre des décisions
les concernant, qu’il s’agisse d’aménagement d’un quartier ou de
construire de nouvelles infrastructures. C’est ce qu’on appelle la gou-
vernance.

Lors de la Caravane des quartiers, les citoyens ont été invités à poser
des questions aux élus et à soumettre des propositions. Ainsi en deve-
nant coauteurs des réponses à leurs propres besoins, ils renforcent le
lien qui les relie avec les institutions démocratiques. Néanmoins, bien
que les habitants aient eu l’impression d’être engagés dans le proces-
sus de réaménagement de leur quartier, les décisions
institutionnelles ont été prises et validées sans les avoir
consultés au préalable.

Les remarques, les désaccords avec le projet proposé
ont été entendu, mais ne pouvaient en aucun cas im-
pacter sur le réaménagement du quartier. Les urba-
nistes ayant fait valider ces changements par les élus,
la machine était ainsi lancée sans possibilité de modifi-
cation de la part des habitants.

La quasi-totalité des personnes ne savaient pas où se trouvait la sta-
tion de métro du Gast alors que l’emplacement a été acté depuis long-
temps. Beaucoup de personnes étaient demandeuses de voir le tracé
futur du métro. De fait, il semble que la connaissance du projet était
très faible pour ces personnes, de manière générale. De plus, les ha-
bitants étaient surpris par l’ampleur du projet. Certains demandaient
des informations sur les délais de construction des immeubles alors
que les bâtis sont déjà en construction. De nombreux habitants du quar-
tier, faisant partie d’un collectif opposé à l’impact du projet sur leur es-
pace de vie, sont venus afin de recueillir des informations sur le projet
de réaménagement. Ces personnes étaient dans une démarche de
dialogue cordial une fois qu’elles avaient clairement visualisé le projet
sur l’écran. Visiblement une partie des positionnements négatifs vient
du fait que l’on pense que la collectivité veut cacher des choses. En
montrant ces éléments supposés cachés, on change de registre et le
dialogue semble s’engager plus facilement.

Un des objectifs de la Caravane met l’accent sur « Une démarche re-
montante, permettant de réfléchir avec les habitants sur les enjeux et
projets urbains sur une double dimension territoriale : d’une part le quar-



                                                                                                 49
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche

                            tier et d’autre part la ville / agglomération. » Cet objectif n’a été atteint
                            qu’en partie et les habitants avaient conscience de ce manque.



                            Rennes face à sa stratégie villes 2.0 :
                            comment encourager la démocratie participative ?
                               Ces exemples révèlent une infime partie de ce qui peut se faire à
                            l’échelle du territoire grâce aux outils du web 2.0 et des données par-
                            tagées par d’autres acteurs, tel que les habitants. Bien sur, les citadins
                            peuvent composer entre eux en échangeant oralement et physique-
                            ment, mais les outils numériques ont permis de toucher plus de per-
                            sonnes et de proposer un mode relativement simple de collecte
                            d’informations et d’organisation.

                               Les enjeux politiques et numériques mis en exergue dans cet article
                            révèlent l’ampleur du travail à accomplir pour les élus. La Cité est un
                            vivier d’innovations, un café du commerce et d’échanges qui doit viser
                            à créer du lien entre tous les habitants pour mieux vivre ensemble. La
                            politique est l’affaire de tous et un évènement comme la Caravane doit
                            être le catalyseur de liens, un lieu de rencontre entre les générations,
                            entre les cultures. Elle doit favoriser le débat entre tous et la proximité
                            entre les élus et les habitants. Les technologies peuvent-elles rappro-
                            cher les élus et les citoyens? Quels rôles peuvent avoir les technolo-
                            gies entre les élus et les citoyens?




50
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche



La communication
citoyenne médiatisée :
le rôle du médiateur
Canuti Luciana
Guillo Marie
Le Beller Maïwenn


   Pour cette quatrième édition de la Caravane des Quartiers, la ville
de Rennes a décidé d’expérimenter l’utilisation de dispositifs technolo-
giques dernière génération pour assurer la communication auprès des
habitants de Maurepas. L’utilisation de machines à communiquer , au
sens que lui donne Pierre Schaeffer (1970), permet d’enregistrer, de
stocker, et de redistribuer une multitude d’images, de textes et de do-
cuments sonores. Elles représentent pour le politique, un nouveau
moyen de transmission d’informations et offrent, pour le sujet-destina-
taire, la possibilité de se représenter le monde. Ce sont des « trompe-
œil », elles produisent des simulacres, c’est-à-dire des interprétations
de la réalité. Selon P. Perriault (1989), la conception d’outils technolo-
giques s’est depuis toujours, donné pour objectif d’amoindrir ou de ré-
sorber des déséquilibres existant dans la société, pour parfaire
l’homme. Cependant, il est nécessaire de se débarrasser très rapide-
ment d’un mythe : « les machines à communiquer n’atténuent pas les
difficultés inhérentes à la communication humaine » , et nous irons
même jusqu’à dire qu’elles en révèlent le dysfonctionnement.

Tout acte de communication suppose donc au moins, un émetteur et
un destinataire qui sont tout deux le résultat d’une histoire individuelle
et collective et qui évoluent dans un cadre social d’interprétation pos-
sédant leurs propres pratiques, valeurs et habitudes. Cette communi-
cation peut bien évidemment se faire en face-à-face, mais aussi via un
media, c’est-à-dire via « tout système de communication permettant à
une société de remplir tout ou partie des trois fonctions essentielles de
la communication à distance des messages et des savoirs, de leur
conservation et de la réactualisation par ce biais de ses pratiques cul-
turelles et politiques » .


                                                                                               51
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche


                            L’approche historico-culturelle de Vygotski (1978) met l’accent sur la
                            façon dont l’activité humaine implique l’utilisation d’outils, pour d’une
                            part, exprimer l’histoire et la culture d’une société et d’autre part, per-
                            mettre aux individus d’interagir avec l’environnement. Le chercheur fin-
                            landais Yrjö Engeström (1987) a développé sur ces bases, une
                            approche qui ne se centre pas sur l’individu ou sur les communautés,
                            mais sur les systèmes d’activité. Il représente une activité sous la forme
                            d’un triangle dans lequel le sujet utilise des outils par rapport à l'ac-
                            complissement d'un objectif. Les relations entre ces trois éléments et
                            le triangle plus large des règles (structures du comportement), la com-
                            munauté, et la division du travail dans le système d'activité, influencent
                            l’apprentissage et les interactions ayant lieu. Le triangle offre ainsi un
                            cadre descriptif dans lequel on peut établir des liens entre les outils
                            utilisés dans des actions concernant une activité et leurs relations dans
                            des communautés spécifiques et des structures sociales. Le rapport
                            fondamental se situe entre le participant individuel et l’objectif des sys-
                            tèmes d'activité. Cette relation n'est pas directe mais est obtenue par
                            la médiation des outils. Les systèmes d’activité sont en développement
                            permanent et changent en fonction des actions de nouveaux partici-
                            pants, de nouveaux objectifs et d’outils. En fait, c’est d’abord et grâce
                            aux outils que les activités ont lieu, ceux-ci peuvent être physiques
                            (software, livres) et/ou cognitifs (langage, concepts).

                            Les concepteurs des technologies retenues par la ville de Rennes pour
                            la Caravane des Quartiers ont donc crée des artefacts, des objets ma-
                            tériels au sens de P. Rabardel (1995) ; des écrans tactiles interactifs
                            multi-touch adaptables aux différents contextes selon les objectifs
                            visés. Les agents de la ville ont ensuite réfléchi aux contenus à dépo-
                            ser dans les technologies, au message à transmettre. Pour ce faire,
                            ils ont dû se positionner de façon à voir les habitants de Maurepas
                            comme une population homogène, avec des besoins, des attentes et
                            des compétences similaires. Or, ce n’est pas du tout le cas car, quand
                            un sujet utilise un artefact, il mobilise et projette énormément de lui
                            dans l’objet, celui-ci devient alors à ses yeux, un instrument. L’instru-
                            ment n’est pas donné d’emblée à l’usager, il apparaît à lui à travers un
                            double processus de genèse instrumentale.

                            D’un côté, l’utilisateur rentre dans un processus d’instrumentation lui
                            permettant de faire émerger ou de faire évoluer des schèmes d’utili-
                            sation qui dépendent de la façon dont l’artefact va contribuer à « pré-


52
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche


structurer » l’action du sujet pour réaliser la tâche en question. Selon
Helen Beetham (2007), il est important de voir un objet conçu comme
un espace où les intentions de ses concepteurs et de ses utilisateurs
convergent et dont la signification n'est pas fixée mais apparaît au fil
de l’utilisation. Dans la Caravane des Quartiers, la technologie doit
être interprétée dans son contexte d'activité et voir sa signification et
son impact comme relationnels ; c'est-à-dire se développant par rap-
port à un sujet particulier et dans le contexte d'un jeu spécifique de re-
lations sociales et environnementales. Dans ce sens, la technologie
n'est pas juste l'outil dans le diagramme de Engeström, mais une re-
lation qui se développe dans et par l'utilisation de l’instrument. Une
activité consiste donc à utiliser des outils pour atteindre un objectif pré-
cis dans le cadre du système d’activité. Ainsi, la technologie ne doit
pas être considérée comme un outil neutre existant purement pour
servir un certain objectif humain. Selon Cousin (2005), les gens et les
technologies se rapportent dynamiquement, « nous sommes ce que
nous faisons avec la technologie ».

D’un autre côté, l’usager s’insère dans un processus d’instrumenta-
tion. Il personnalise l’artefact en fonction de ses besoins et de ses at-
tentes et non par rapport aux fonctionnalités prévues par les
concepteurs. Ce processus peut être considéré comme un détourne-
ment ou comme une contribution de l’usager à la conception d’un nou-
vel artefact.

L’usage est donc dépendant du sujet lui-même, de ses compétences
personnelles, de sa motivation et de l’intérêt qu’il porte au dispositif,
mais il est aussi tributaire de la médiation qui, est classiquement en-
tendu par P. Peraya (2009) au sens de relation, d’interface entre deux
termes. Ainsi, G. Chappaz (1995) estime que la médiation est l’une
des clés de la vie en société, un des « outils susceptibles de favoriser
l’intégration des laissés-pour-compte » et d’aider les individus et les
groupes à assurer une véritable communication. La médiation serait,
en effet, un moyen de rapprocher les points de vue, d’ébranler les cer-
titudes et de dissiper les malentendus. La ville de Rennes avait donc
prévu sur le dispositif de la maquette 3D, la médiation formelle d’un
agent de l’institution pour aider à l’utilisation. En ce qui concerne les
autres dispositifs, des explications écrites avertissaient les individus
sur l’usage des technologies cependant, peu d’habitant les a consulté,
préférant regarder ou encore questionner les autres. Dans ce cas là,


                                                                                                 53
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche


                           nous parlerons davantage de médiation informelle, pour qualifier les in-
                           teractions entre un individu ou un groupe d’individus et un tiers, qui ont
                           tous le statut d’utilisateur. Le médiateur est selon G. Chappaz « celui
                           qui va initier à l’usage et constituer au cours des premières formes re-
                           lationnelles la matrice des compétences des individus : la connaissance
                           se construit dans l’interaction avec les autres. Les artisans de la mé-
                           diation […] instaurent des rapports de réciprocité dans un réseau de
                           relations et d’échanges où est respectée et soutenue la liberté du
                           sujet.»

                           Les différents dispositifs de la Caravane des quartiers ont été fortement
                           appréciés par la quasi totalité des utilisateurs. En effet, une majorité
                           des usagers n’a pas rencontré d’obstacles majeurs quant à leur utilisa-
                           tion. Pour le City-Wall, seulement cinq personnes sur dix-huit avouent
                           avoir rencontré quelques difficultés d’utilisation ; et concernant la Borne
                           tactile uniquement trois personnes sur dix. Les résultats sont que plus
                           mitigés en ce qui concerne la maquette 3D, puisque, presque la moitié
                           des individus sondés avouent avoir eu du mal à utiliser le dispositif et
                           ce, pour la plupart, à cause de la difficile maniabilité de la manette Wii
                           utilisée pour se balader dans le futur quartier.

                           Suite à l’analyse des questionnaires et au retour de nos observations
                           de terrain, nous avons remarqué que les utilisateurs ont fréquemment
                           sous-estimé le temps passé sur les dispositifs. Nous pourrions ici faire
                           l’hypothèse que c’est peut être parce que les personnes se sont « amu-
                           sées » avec les outils, qu’elles n’ont pas vu le temps passer, et par
                           conséquent qu’elles y trouvaient leur intérêt. Ensuite, nous avons
                           constaté, de manière générale, que les usages ont été différenciés
                           selon les technologies utilisées. Ainsi avons-nous noté que globale-
                           ment, pour le City Wall, les individus se rendaient sur le stand lorsque
                           quelqu’un s’y trouvait déjà. Il s’est donc avéré que la présence d’un
                           tiers rassurait et éveillait la curiosité, c’est en effet en regardant les au-
                           tres que les gens osaient utiliser les dispositifs. Nous pouvons donc af-
                           firmé que l’affluence sur un dispositif technologique dans notre contexte
                           est davantage un facteur d’usage que de non-usage, il est donc néces-
                           saire de réfléchir au rôle du médiateur, qu’il soit formel ou informel.

                           Le médiateur participe activement au processus de diffusion de l’infor-
                           mation, mais c’est au niveau du sujet que se construit le sens, et cette
                           activité est contrainte par des contextes, par la nature des savoirs et


54
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche


compétences qu’on demande au récepteur de posséder. La première
tâche du médiateur consiste à comprendre ce que l’individu sait déjà.
C’est par le dialogue, par l’échange, par le doute que les perceptions
intuitives des uns et des autres peuvent commencer à s’accorder et à
évoluer vers une compréhension commune. En laissant le temps aux
sujets de s’exprimer, on suscite chez eux un premier niveau de confron-
tation entre l’information nouvelle et eux-mêmes, propice à la produc-
tion de sens. Le médiateur est en premier lieu l’organisateur de ce
processus de communication. Nous reprendrons, pour illustrer ce rôle
du médiateur, l’idée de la mère suffisamment bonne développée par
Winnicott , qui vient du fait qu’elle ne doit pas l’être trop. Si les parents
comblent tous les besoins avant qu’ils ne se présentent, cela ne lais-
sera pas le temps à l’enfant d’éprouver du désir et donc d’agir par lui-
même, en présence de l’autre. Sa deuxième tâche se situe au niveau
de la confrontation, qui se poursuit en parallèle de la première, celle-ci
est créée par les questions que le médiateur ne manquera pas de sus-
citer à tout moment. Nous nous inscrivons ici dans la pensée de Vy-
gotski qui présume que toute fonction cognitive apparaît sous deux
formes : d’abord comme une interaction sociale qui sera, par la suite,
intériorisée par les usagers afin de s’en servir de façon autonome,
comme d’un outil de pensée. Car, le médiateur, en attirant l’attention
des participants sur la façon dont ils se servent d’un outil de pensée,
prépare au transfert de ces outils intellectuels. C’est ce processus
d’échange et de confrontation que Vygotski appelle « dialogue cognitif
», celui-ci peut-être conduit par le médiateur ou se faire spontanément
avec les tiers.

Dans un premier temps, le guidage peut être assez directif afin de mo-
déliser une façon de faire, une procédure cognitive à travers une mé-
diation formelle. Cependant, quand l’aide n’est plus utile, il convient de
se retirer, le plus difficile est donc de juger le moment opportun de le
faire. Se retirer en laissant les individus avoir recours à leurs pairs, à la
médiation informelle, permet d’observer comment ils avancent dans
leur tâche et de leur donner l’occasion de s’entraîner à prendre eux-
mêmes la responsabilité de leurs usages. Le processus cognitif est
ainsi mis en oeuvre par une procédure créant l’interaction dans un cli-
mat de confiance mutuelle et de respect de l’autre. Les erreurs doivent
donc être permises et servir d’outils permettant de rectifier le tir et
d’améliorer les capacités d’analyse et de jugement critique dans le do-


                                                                                                  55
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche


                            maine concerné. Enfin, il est nécessaire pour le médiateur de s’assurer
                            que l’objet du savoir soit compris par le sujet afin de prévoir le transfert
                            des compétences, qui est la capacité de mettre en oeuvre des savoirs
                            ou des savoir-faire appris dans une situation donnée, dans un contexte
                            nouveau. Le rôle du médiateur est, comme on vient de le voir, assez
                            complexe, mais sa présence est indispensable pour une partie des
                            gens qui ne se sentent pas du tout technophile et qui concerne environ
                            30% des participants de cette rencontre.


                            Dans le quartier de Maurepas, les projets ZAC étaient, avant cette ex-
                            périmentation, souvent présentés de manière magistrale et descen-
                            dante, il était très difficile pour les individus de faire entendre leur voix.
                            Nous nous poserons donc une dernière question pour conclure cet ar-
                            ticle ; celle de savoir si l’introduction de dispositifs technologiques der-
                            nière génération dans des évènements tels que la Caravane des
                            quartiers ne participerait pas, dans le cadre de plans de communication
                            institutionnelle, au retour des interactions humaines au plus proches
                            des habitants.




56
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche



Handicap :
                                                                            Résumé :

                                                                            Cet article présente la double
                                                                            problématique du handicap,

la question de                                                              en tant que déficience dans
                                                                            sa dimension biomédicale et
                                                                            l’évolution de la représenta-


l’accessibilité                                                             tion dans un nouveau modèle
                                                                            social soutenu par la loi sur
                                                                            l’égalité des chances du 11 fé-
                                                                            vrier 2005. Le deuxième ob-
Caroline Thouvenot                                                          jectif est de montrer que le
                                                                            handicap est un fait social qui
                                                                            engage les membres d’une
   L’image de la personne handicapée a beaucoup évolué depuis 40            communauté multiculturelle. Il
                                                                            informe des matériels et outils
ans dans la société occidentale. « Le handicap ne peut être envisagé
                                                                            compensatoires qui permet-
en dehors de l’univers social qui le produit »1affirmait Mike Oliver en     tent à des personnes handica-
                                                                            pée d’accéder à des capacités
1996. Cette phrase renvoi à une double problématique : celle de la
                                                                            grâce aux TIC. Mais le rapport
prise en compte compensatoire de la personne handicapée avec ses            à autrui reste essentiel et c’est
                                                                            le regard de l’autre qui permet
déficiences, et, la problématique sociale qui intègre l’exception « han-
                                                                            à la personne handicapée
dicap » comme une composante de la société multiculturelle interdisant      s’intégrer un groupe social.
                                                                            Le quartier représente le lieu
les discriminations.
                                                                            d’intégration par excellence.
                                                                            Toute transformation du lieu
Etat de l’art du handicap                                                   de vie modifie les interactions
                                                                            et fragilisent la Personne Han-
                                                                            dicapée résidente. L’informa-
   Selon les estimations INSEE de 2002, douze millions de personnes
                                                                            tion préalable et le dialogue
en France se déclarent porteuse d’une déficience dans la vie de tous        ouvert sur les différentes ac-
                                                                            cessibilités futurs, la prise en
les jours : 13,4 % d’une déficience motrice, 11,4% d’une déficience
                                                                            compte de des attentes de
sensorielles, 9,8 % d’une déficience cardio-vasculaires ou respira-         qualité de vie, l’écoute de la
toires, 6,6% d’une déficience intellectuelle ou mentale. Au niveau eu-      Personne Handicapée en tant
                                                                            qu’expert de ses besoins pour
ropéen, 50 millions de personnes sont considérées handicapées. Les          mener sa vie de citoyen du
incapacités qui en résultent sont de gravité très différente. Le phéno-     quartier, nécessitent des sup-
                                                                            ports de diffusion de l’informa-
mène du handicap est donc bien une réalité et non la situation d’une        tion       accessibles.       Les
frange de population. Il se définit comme la résultante entre facteurs      Technologies de l’Information
                                                                            et de la Communication peu-
personnels et facteurs environnementaux.                                    vent répondre à ces modalités
                                                                            d’usage, spécifiques aux Per-
Depuis le début du 20ème siècle, le handicap a été problématisé sous        sonnes Handicapées, qui par
la forme des déficiences corporelles et de la différence à autrui. La so-   ailleurs, faciliteront l’accès au
                                                                            public vieillissant et à toute
ciété a reconnu le droit du handicap mais a cherché à effacer l’image       personne.
de la personne en créant des normes spécifiques de la différence.
                                                                            Les mots clés :
La notion de « stigmates » de Goffman2 pose le handicap comme un            Handicap, sociologie du
                                                                            handicap, exclusion,
statut social où se créent les interactions entre les individus dits nor-    intégration, compensation,
maux et ceux dits « a-normaux » en raison de leurs handicaps. Le stig-      accessibilité,
                                                                             identité, regard des autres,
mate, en grec « stigma », qui signifie marque physique d’infamie,           diversité



                                                                                                        57
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche


                           disqualifie et empêche d’être accepté par la société, ce qui mène à l’ex-
                           clusion de la personne hors norme.

                           En France, dès 1975, la loi a reconnu à la personne handicapée le
                           droit à la compensation de son incapacité. Michel Foucault3 précise que
                           la Personne Handicapée « existe essentiellement par rapport à des
                           structures adaptées, à des lois ». Il est exact que la société considère
                           la déficience et l’incapacité sous des aspects négatifs, et qu’il appartient
                           à la personne handicapée de surmonter ces différences pour participer
                           à la société qui la marginalise.

                           Cette approche individuelle du handicap pointe les obstacles générés
                           par les incapacités à surmonter pour vivre en société et l’exclusion qui
                           en découle.

                           La loi du 11 février 2005 pour « l’égalité des droits et des chances, la par-
                           ticipation et la citoyenneté des personnes handicapées » donne une nou-
                           velle définition du handicap, soutenue par l’article L.114 du code de la
                           famille et de la santé. Elle place la Personne Handicapée au centre de
                           tous les dispositifs qui doivent permettre une intégration sans discrimina-
                           tion. La personne handicapée est reconnue en tant que citoyen, acteur et
                           auteur de sa vie. Les institutions sociales et politiques ont la responsabilité
                           de mettre en place des initiatives proactives permettant l’intégration. L’ac-
                           tion collective des associations de personnes handicapées assure une
                           approche multi déficiences qui montre davantage l’exclusion que subis-
                           sent souvent les personnes et crée un mouvement sociopolitique dans
                           le champ du handicap pour obtenir l’intégration.

                           Sous l’influence du sociologue américain Charles Wright Mills4, un nou-
                           veau courant sociologique, d’abord britannique, puis européen, ana-
                           lyse le handicap en tant que fait social « ce n’est pas le fait que la
                           personne ait une déficience quelconque qui fait d’elle une personne
                           handicapée, mais plutôt l’échec de la société capitaliste à répondre à
                           ses besoins »5. L’approche du handicap évolue donc d’un problème in-
                           dividuel vers un paradigme social et politique. La dépendance, liée à
                           la déficience, est un fait social qui concerne tous les membres de la so-
                           ciété et la vie dans tous les lieux publics : région, ville, quartier….


                           Le quartier : lieu de vie
                           Le quartier est le lieu de vie privilégié où l’individu entre en interaction
                           avec d’autres et où il va progressivement construire son identité. C’est


58
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche


un espace de socialisation où chacun intègre les habitudes de vie de
la communauté, où se constituent selon Durkheim, les solidarités pri-
maires6. Les mutations des quartiers remettent en cause les identités
sociales et participent à l’essoufflement de ces solidarités. En réaction
à cet essoufflement, les habitants réagissent par la mise en place de
nouveaux usages et construisent une nouvelle identité sociale.

La personne handicapée fragilisée, construit difficilement son identité
psychologique et sociale. L’information sur les modifications de son lieu
de vie et la prise en compte de ses besoins d’accessibilité sont donc
impératives pour qu’elle puisse préserver un lien social construit, ou le
créer par sa participation active aux débats citoyens sur l’évolution du
quartier. L’identité se forge à travers le regard des autres et leur repré-
sentation du handicap.

Pour Jean Paul Sartre, « autrui est le médiateur indispensable entre
moi et moi-même »7

Le pictogramme du fauteuil roulant est souvent le symbole du handicap,
pourtant il existe différents types de handicaps. La CIDH8 qualifie le
handicap, à travers l’atteinte du corps les déficiences, les difficultés ou
impossibilités à réaliser les activités de la vie courante qui découlent
de ces déficiences, les incapacités et les problèmes sociaux qui en ré-
sultent, les désavantages.

Les handicaps moteurs, dont les origines sont diverses, constituent une dé-
ficience physique du corps ou d’une partie du corps à se mouvoir.

Le handicap visuel concerne la perception, l’utilisation de la fonction vi-
suelle, le traitement des informations reçues.

Le handicap auditif est l’absence ou la perte de l’audition qui peut sur-
venir à n’importe quel âge de la vie.

Les handicaps mentaux sont la conséquence des limitations des facul-
tés cognitives et en particulier de l’efficience intellectuelle. Le handicap
psychique est consécutif aux conséquences de troubles relationnels
de l’individu vis-à-vis de lui-même et de son entourage.

Lorsque la communication est altérée du fait du handicap, le voisin n’en
comprend pas toujours l’origine, car certains handicaps sont invisibles.

Compensation et intégration sociale
Actuellement les Personnes Handicapées sont mieux prise en charge
en intégration individuelle. Des compensations du handicap permettent


                                                                                                a59
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche


                                                d’aller vers une capacité retrouvée. Oliver9 distingue
                                                dans le développement des technologies un facteur
                                                d’inclusion dans la société. L’aide humaine, indispen-
                                                sable aux Personnes Handicapées, maintient la dé-
                                                pendance, alors que les outils technologiques visent
                                                à développer l’autonomie et la responsabilité.

                                                Si les bâtiments doivent respecter des règles d’ac-
                                                cessibilité telles que des plans inclinés, la gestion
                                                des courbes, l’ouverture des portes en largeur et en
                           système automatique, la présence d’ascenseurs, la hauteur pour la pré-
                           hension des objets en fonction de la position des fauteuils roulants, la
                           voirie et les transports doivent également respecter les règles permet-
                           tant une bonne circulation, pour une personne à locomotivité réduite
                           ou en fauteuil roulant, électrique ou manuel. Pour une personne handi-
                           capée moteur, l’évaluation d’expériences de navigation sur fauteuil
                           électrique dans un monde virtuel permet de diminuer les angoisses face
                           à l’inconnu et d’apporter des propositions d’améliorations pertinentes
                           à l’environnement.

                           La démarche « code de la rue », lancée en 2006 par le Ministère des
                           Transports vise à améliorer les déplacements de l’ensemble des usa-
                           gers sur la voirie urbaine. Les personnes déficientes visuelles bénéfi-
                           cient de ces règles d’usages, qui s’harmonisent avec l’information de
                           guidage podotactile, auditive et de Visio description qui leurs sont spé-
                           cifiques. Le code de la rue facilite aussi leurs stratégies d’orientation
                           avec la canne vibrante ou le Tom Pouce Light. L’aménagement des bâ-
                           timents de spectacle ou des lieux d’exposition avec des audio guides
                           et des Visio description permet à tout malvoyant de suivre un spectacle
                           ou une exposition.

                           Les salles de spectacle, de cinéma, les auditoriums, équipés de boucle
                           magnétiques, permettent aux malentendants équipés de prothèses
                           adaptées de compenser leur déficience.

                           Les cyber espaces et les espaces numériques publiques ont des
                           normes d’accessibilité du web, que se soit en terme de manipulation
                           des périphériques, de lisibilité de l’écran et de traduction en braille pour
                           les malvoyants, en avatar de la LPC10 ou en modélisation de la langue
                           des signes pour les malentendants. Lieux de culture, les bibliothèques
                           et médiathèques sont des endroits qui permettent l’accès aux compen-
                           sations à travers des cabines Borges.


60
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche

Certains de ces aménagements sont spécifiques, d’autres peuvent
aider tout public en difficulté ou vieillissant, mais d’une manière géné-
rale, ils améliorent le confort d’accès de tous.

Effet du changement sur l’identité de la Personne
handicapée
   Participer à la vie citoyenne, être reconnu en tant que sujet de droit
est une modalité préparatoire à l’exercice de la citoyenneté et à l’ap-
partenance à un groupe social. La norme du groupe est définie par la
généralité. Dans un quartier, les règles collectives servent de règles,
les usages, de lois locales. L’identité d’un individu, ressentie par le
groupe, correspond à sa personnalité. La Personne Handicapée, elle,
se définit souvent par le désavantage social consécutif à son handicap.
Son identité est modifiée par les contraintes qu’elle subit du fait d’un
environnement non adapté, pour participer aux activités ordinaires du
groupe social. Inclure la personne handicapée signifie la reconnaitre
en tant que personne mais sans négliger son handicap, qui constitue
un des éléments de sa diversité personnelle. Inclure pour bien vivre
demande du temps, de la confiance,pour aller vers l’autre et être re-
connu en tant que personne. Paul Ricœur11 écrit « je me reconnais à
des signes de capacités. Ce n’est pas la même chose d’exister dans
le regard d’autrui et d’exister dans la capacité ». Dans le cadre des
modifications sociales d’organisation de la collectivité, les limitations
de l’exclusion des personnes handicapées et de la souffrance identi-
taire due au regard autoporté sur le handicap, montrent que la loi n’est
pas le seul porteur de la volonté du « vivre ensemble ».

Devenir acteur des modifications du lieu de vie, soutient une démarche
pluridimensionnelle et cohérente. L’information préalable et accessible,
l’organisation de manifestations incitatives, incitent l’habitant handicapé
à participer à des comités qui renforcent le lien social. Ainsi, si une
meilleure connaissance du quartier et de son histoire ancre la personne
au cœur de la vie locale, la représentation de l’évolution du quartier
l’amène se projeter dans un avenir qualifié. L’angoisse du changement
peut ainsi s’estomper au profit d’une inclusion en tant qu’expert de fu-
turs aménagements des lieux de vie et acteur de la vie sociale. La Per-
sonne Handicapée passe ainsi d’un état identitaire « handicap » à un
état identitaire « citoyen ».

L’accessibilité aux bâtis, pour l’accès physique aux manifestations du


                                                                                                a61
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche


                                       type « caravane des quartiers » est complémentaire de l’accessibilité
                                       physique et numérique à tous les outils et supports informatiques : ma-
                                       nipulation, accessibilités aux interfaces de communication prévues par
                                       le décret du 2 mars 200712, soutenu par l’arrêté du 9 novembre 200913,
                                       consolidé le 13 janvier 2010, afin que toute personne puisse percevoir,
                                       comprendre, naviguer et interagir de manière efficace.



                                       Conclusion
                                          Le handicap est un fait social qui s’inscrit dans la diversité des com-
                                       munautés comme le métissage ou le sexe en tant que différence consti-
                                       tutive des collectivités, porteurs des projets de changement. Le
                                       vieillissement de la population augmente considérablement les situa-
                                       tions de handicap. Les besoins des enfants, adultes handicapés et des
                                       seniors devenus handicapés se rejoignent. L’aménagement des quar-
                                       tiers poursuit un objectif direct, d’amélioration de vie des habitants et,
1
  Mike Oliver, Professor of Disabil-
ity Studies. Université de Green-      intermédiaire, de meilleure inclusion de tous, particulièrement des per-
wich, London Understanding
                                       sonnes fragilisées et en situation de handicap.
Disability 1996 Mac milan Press
2
  Erving Goffman, Stigmate. Les
                                       Pour que la caravane, outil d’information soit accessible physiquement,
usages sociaux des handicaps,
Editions de Minuit 1975                après la révision des conditions de circulation à l’intérieur du chapiteau,
3
  Michel Foucault, Dits et Ecrits,
                                       en tant qu’Etablissement Recevant du Public, les TIC compensatoires,
Gallimard 1994
4
  Charles Wright Mills, L’imagina-     pour le citywall, la borne tactile, la maquette 3D permettraient d’amé-
tion sociologique, Ed la Décou-
                                       liorer l’accès pour toute personne présentant une incapacité ou une dé-
verte 1997
5
  Barnes , « What a difference a       ficience. Un accueil humain, informant des outils favorisant
decade makes » Colin 2001
                                       l’accessibilité, selon le type de handicap, encouragerait la visite de ces
6
  Serge Paugam, L’exclusion :
l’état des savoirs », Editions la      habitants handicapés. Quant à l’utilisation de la maquette 3D, il serait
Découverte 2001
                                       intéressant que des avatars porteurs de handicap soient disponibles
7
  Jean Paul Sartre, L’être et le
néant, Gallimard, 1943                 pour la visite virtuelle.
8
  Classification Internationale des
Déficits, Incapacités, Handicap        L’utilisation de nouvelles technologies urbaines, accessibles à toute
9
  Oliver Using emancipatory
                                       personne en situation de handicap, momentanées ou durables, enclen-
méthodologies in disability re-
search, The disability archive UK,     chent des processus dynamiques d’égalité pour l’accès aux ressources
2002
                                       culturelles, économiques, politiques de la vie future de la cité à condition
10
   Langue Parlée Complétée, ver-
sion française du Cuedspeech in-       que l’accessibilité, sous toutes ses formes, soit construite dans les outils
venté en 1967 aux USA par le Dr
                                       d’information qui seront alors vecteurs d’insertion et de modifications
Cornett
11
   Paul Ricoeur, Soi-même              identitaires de la Personne Handicapée.
comme un autre, Edition du Seuil,
1990
12
   NOR: BUDJ0700001D
13
   JORF n°0262 du 11 novembre
2009 page 19593 texte n° 32



62
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche



La Caravane des                                                             Résumé :

                                                                            Cet article pose la question


quartiers :
                                                                            de la Caravane des Quar-
                                                                            tiers de Maurepas en tant
                                                                            que phénomène de sociali-


phénomène                                                                   sation. Réunit-elle réelle-
                                                                            ment les caractéristiques
                                                                            nécessaires à la mise en

de socialisation                                                            place d’un réel processus
                                                                            de socialisation, pouvant
                                                                            ainsi répondre aux objectifs
                                                                            fixés par la Ville de Rennes
                                                                            ? Après avoir redéfinit ce
Emmanuel Armand
                                                                            qu’est la socialisation, nous
Sara Mammad                                                                 déclinerons cet article en
Fanny Saint-Georges                                                         trois parties. Dans un pre-
                                                                            mier temps nous présente-
                                                                            rons les différents constats
L’évènement de la Caravane des quartiers, organisé par la ville de          que l’on peut faire au sujet
Rennes du 17 au 20 mars au cœur du quartier de Maurepas, devait             d’un tel événement de
permettre aux habitants de prendre connaissance des projets du quar-        quartier via les analyses,
                                                                            questionnaires et observa-
tier et de la ville, notamment au moyen de dispositifs technologiques.
                                                                            tions faites, Dans un se-
Cette démarche avait comme objectif de favoriser la rencontre,              cond temps, nous mettrons
l’échange et le partage entre les différents acteurs locaux, publics et     en évidence les limites à la
                                                                            socialisation auxquelles la
particuliers. Peut-on alors parler de phénomène de socialisation ?
                                                                            caravane        se     trouve
                                                                            confrontée, et pour finir
D’abord, qu’entend-on par « socialisation » ? D’après le dictionnaire
                                                                            nous essayerons de dé-
de sociologie, « Au sens fort, socialiser, c’est transformer un individu    montrer en quoi la cara-
d’un être asocial en un être social en lui inculquant les modes de pen-     vane est ou non un lieu de
ser, de sentir et d’agir. Une des conséquences de la socialisation est      socialisation.

de rendre stables les dispositions du comportement ainsi acquises.
Cette intériorisation des normes et des valeurs a également pour fonc-
tion de rendre siennes les règles sociales, qui sont par définition ex-
                                                                            Les mots clés :
térieures à l’individu, et d’augmenter la solidarité entre les membres      exclusion,      rencontre,
du groupe. En tant qu’instrument de la régulation sociale, elle permet      échange, groupe
l’économie des sanctions externes. Le groupe n’a besoin, dans ce
sens, ni de rappeler indéfiniment à l’individu l’existence de ces règles,
ni d’exercer sur lui une contrainte pour qu’elles soient observées : les
violer engendre un sentiment de culpabilité » .

Si au premier abord, la Caravane des quartiers laisse apparaître ce
que l’on pourrait définir comme un phénomène de socialisation,
puisque les gens se retrouvent, se regroupent et créent une certaine
dynamique ; l’approche scientifique nous montre que les considéra-


                                                                                                    63
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche

                           tions restent individualistes et la socialisation ponctuelle. En effet, la
                           caravane reste un événement itinérant de 3 jours qui fait étape 3 à 4
                           fois par an à Rennes, chaque fois dans un quartier différent. Cet article
                           ciblera l’observation de la caravane des quartiers de Maurepas.

                           Afin de mieux comprendre ce que nous avançons, cet article se décli-
                           nera en trois parties. Dans un premier temps, nous présenterons les
                           différents constats que l’on pouvait établir au moment de cet événe-
                           ment. Dans un second temps, nous mettrons en évidence les limites à
                           la socialisation auxquelles la Caravane des quartiers se retrouve
                           confrontée, et pour finir nous tenterons de démontrer en quoi elle est
                           ou non un lieu de socialisation.

                           Sur place : les premiers constats

                           De par notre observation participante lors de la Caravane des quar-
                           tiers, nous avons pu constater différents éléments, grâce à des outils
                           de recherche (observations, questionnaires).

                           Avant tout, le premier constat établi est qu’effectivement la Caravane
                           des quartiers est un lieu de réunion, de regroupement. Sur place, des
                           espaces ont été aménagés pour favoriser ces regroupements : un ac-
                           cueil-café avec des tables autour desquelles s’asseoir, un coin avec
                           deux canapés et une table basse pouvant rappeler un salon… Ces es-
                           paces semblent avoir été surtout investis par les habitants. Néanmoins,
                           on a pu observer que ce n’est pas pour autant qu’un échange entre
                           habitants et élus a eu lieu. A contrario, on observe la formation de pe-
                           tites sphères communicante constituées d’habitants. Les élus, quant
                           à eux, semblaient empreints d’une certaine réserve et n’ont pas forcé-
                           ment été très disponibles pour les habitants.

                           Autre constat, celui de la participation des plus jeunes (avec leurs écoles),
                           des familles, des personnes âgées, qui donne à penser que toutes les
                           générations sont présentes et que la population du quartier de Maurepas
                           est bien représentée ; il y a une apparence de mixité sociale.

                           En s’intéressant à ce qui se déroule auprès des différentes technolo-
                           gies, on observe des manifestations d’entraide, des échanges sur le
                           contenu comme sur la technique. Il semble que les dispositifs facilitent
                           le dialogue entre les visiteurs. La Caravane s’apparente alors à un «
                           laboratoire de nouveautés », et nous pouvons supposer qu’il s’effectue
                           des transferts de compétences, entre ces « apprenants ».


a64
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche


Après quelques temps passés sur les lieux, nous nous sommes rendus
à l’évidence que si des efforts de communication avaient été réalisés
en amont de l’évènement, peu d’informations avaient été données sur
les détails du programme de la manifestation. Par conséquent, les vi-
siteurs apparaissent perdus, ou hésitants. A leur arrivée, ils donnent
l’impression d’ignorer vers quoi, vers qui se tourner. Pour certains, cela
peut se traduire par l’impression d’être mit à l’écart, peut-être même
l’émergence d’un sentiment d’exclusion. Pour illustrer ce propos, citons
une femme qui a été déçue par le déballage de nouvelles technologie,
qui selon elle n’apporte rien à l’événement : « Rennes fait sa comm,
cela ne me touche pas ». Peut-être cela s’explique-t-il également par
la signalétique sur place, plutôt discrète.

D’après ces constats, l’événement de la Caravane
des quartiers a donc permis, dans un temps limité,
d’une part le regroupement d’un panel d’habitants
du quartier, et d’autre part l’installation de dialogues
et d’échanges entre les visiteurs. Toutefois, nos ou-
tils de recherche ont montré qu’une partie des ha-
bitants était venue parce qu’ils se trouvaient inquiets
et/ou curieux, quant à l’évolution du quartier. En
effet, les observations et les questionnaires nous
ont révélé la récurrence d’interrogations, du type « le métro passera-t-
il près de chez nous ? Où l’école va-t-elle se trouver ? Et nos garages,
vont-ils être démolis ? » Ces préoccupations personnelles ne sont-elles
pas un frein à l’installation d’un processus de socialisation ? Et n’existe-
t-il pas d’autres limites à ce processus ?


Analyse à posteriori : révélation des limites
D’après notre analyse menée à posteriori de l’évènement, au moyen des
données récoltées sur le terrain, il existe plusieurs freins à la mise en place
d’un phénomène de socialisation lors de ce type de manifestations.

D’abord, nous postulons que la courte durée de l’événement représente
une réelle contrainte de temps. En effet, d’une part le caractère éphé-
mère de l’évènement constitue un obstacle au processus de socialisa-
tion, puisqu’il ne permet pas aux habitants de s’approprier l’évènement.
D’autre part, cela n’a pas pu permettre une réelle représentativité du
panel d’acteurs présents par rapport à la population du quartier ; le pro-
cessus de « bouche à oreille » n’ayant pas pu encore s’enclencher.


                                                                                                   65
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche

                           Par ailleurs, notre analyse révèle que certaines personnes ne sem-
                           blaient pas ressentir un bien-être collectif lors de l’évènement ; le motif
                           premier de leur présence étant leur préoccupation quant à l’avenir du
                           quartier et leur devenir, plutôt que la rencontre en elle-même.

                           De plus, le plan d’urbanisme présenté à travers la maquette 3D n’était
                           pas suffisamment clair pour présenter aux gens l’avenir du quartier.
                           Les éléments n’étant pas définitifs et les réponses données peu
                           concrètes, le plan renvoyait aux visiteurs l’impression de se trouver en-
                           core très à l’état de projet car pas assez abouti. Il semble donc exister
                           un décalage entre ce que souhaite présenter la Caravane et ce qu’elle
                           propose réellement.

                           Enfin, nous avons pu analyser que les technologies jouaient pour cer-
                           taines personnes plutôt un rôle de révélateur d’exclusion que d’inté-
                           gration : « Ici je me sens mal parce que n’ayant pas accès à tout ça
                           d’habitude, je ne sais pas m’en servir … Je ne suis pas bien, parce
                           que je prends conscience de ma différence… je me sens complète-
                           ment à part, exclu.»

                           Pour notre analyse, plusieurs inconnues demeurent : les compétences
                           techniques acquises par les personnes au moment des manipulations
                           ont-elles été assimilées ? Quelle suite y a-t-il eu après les échanges
                           observés ? Qu’ont retiré les personnes de cet évènement, du point de
                           vue personnel ?

                           Par rapport à ces différentes limites mises en lumière par notre travail
                           mené sur le terrain puis à posteriori de l’évènement, nous déduisons
                           donc que la Caravane des quartiers ne permet pas une socialisation,
                           telle que nous l’avons définie.

                           Alors, un événement comme la Caravane des quartiers peut-il réelle-
                           ment être un lieu de socialisation ? Pouvons-nous parler de création,
                           recréation ou maintien de lien social ? De quoi parlons-nous quand
                           nous faisons référence à un lieu de socialisation ?

                           Plus concrètement…

                           … il ne faut pas perdre de vue que la socialisation d’un quartier existe
                           déjà ; les différents acteurs qui y vivent entretiennent des relations au
                           quotidien et on peut considérer que de part son côté éphémère un évè-
                           nement comme la Caravane des quartiers ne va pas créer une nou-


66
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche


velle socialisation mais au contraire la maintenir, voire la renforcer pour
certains.

Imaginer la Caravane des quartiers comme un véritable phénomène
de socialisation pourrait être effectif si celle-ci était présente dans dif-
férents lieux de la ville, de manière permanente. Il est nécessaire que
la Caravane des quartiers, pour exister en tant que telle, se crée une
identité ; pour cela elle doit être reconnaissable par les habitants.

Selon Guy Rocher , la socialisation est le « processus par lequel la per-
sonne apprend et intériorise tout au long de sa vie les éléments sociaux
culturel de son milieu, les intègre à la structure de sa personnalité sous
l’influence d’expérience et d’agents sociaux significatifs et par là
s’adapte a l’environnement social où elle doit vivre ».

Cela signifie que pour le cas de la Caravane des quartiers, cette notion
du milieu, de l’environnement de l’individu, n’est pas effective. Via les
observations et les discussions avec les usagers, on peut se rendre
compte qu’ici il est surtout question de découverte et de début de ma-
nipulation des dispositifs, plutôt que d’intégration d’usages. La sociali-
sation telle que la définie Guy Rocher, n’est pas repérable lors d’un tel
évènement.

Lorsque l’on interroge le public présent sur les raisons de sa présence,
on peut constater que les réponses les plus fréquemment données ne
correspondaient pas à celles attendus par les organisateurs, à savoir
par curiosité, pour la présentation des projets ZAC, pour la technologie,
pour accompagner les proches et autre. Suite à l’analyse des question-
naires, on peut constater que les habitants ne viennent pas spéciale-
ment pour les dispositifs technologiques mis en place (19%), ni par pure
curiosité (12,9%). D’après les réponses il est clair que l’intérêt est ail-
leurs. En effet, 25,8% des visiteurs déclarent venir pour se renseigner
sur les projets d’urbanisme du quartier. En contre partie, 41,9% des ha-
bitants déclarent être venu pour d’autres raisons. Nous pouvons, au vu
de ces résultats formuler l’hypothèse que les 41,9% de réponses autre
correspondent aux réponses données par une partie des organisateurs
ou encore des personnes venues uniquement dans un but de convivia-
lité (discussion autour d’un café, …)
                                                                               1
                                                                                 Définition du diction-
Un nouveau souffle ?                                                           naire de sociologie
                                                                               2
                                                                                 Guy Rocher « introduc-
                                                                               tion à la sociologie géné-
A priori, l’intitulé de La Caravane des Quartiers laisse penser à une ex-      rale » : 1. L’action
position itinérante à travers la ville de Rennes ; or lorsque l’on se          sociale (p132)


                                                                                                     67
La Caravane des quartiers 2010 - Focus recherche

                           confronte au réel on s’aperçoit qu’il y a un décalage non négligeable
                           entre la représentation que l’on peut s’en faire et la réalité. On constate
                           que la communication autour de cet évènement le présente avant tout
                           comme un lieu de convivialité où les habitants pourront se retrouver et
                           échanger sur la vie passée, présente et future du quartier. Cependant,
                           dans les faits, ce n’est pas exactement ce que l’on peut observer. En
                           effet, les habitants sont bien là mais la magie n’opère pas. Cela est
                           peut être le résultat d’une dynamique absente.

                           A partir de notre analyse menée sur la question de la manifestation de
                           phénomènes de socialisation lors d’évènements comme la Caravane
                           des quartiers, nous pouvons déduire que la socialisation ne pourrait
                           être effective que si l’évènement s’inscrit dans la durée. Pour cela,
                           nous pouvons poser la question de la pertinence de pérenniser ce type
                           d’événements. Cela pourrait prendre alors la forme d’un lieu dans le
                           quartier, rattaché à une structure existante connue des habitants, qui
                           pourrait devenir un espace concret de socialisation (maisons de quar-
                           tier, associations, galeries marchandes, stations de métro, places pu-
                           bliques, …). Ce lieu pourrait proposer des informations et des réponses
                           aux questionnements des habitants avec des agents permanents maî-
                           trisant le sujet. Cela nécessiterait une enquête menée au préalable au-
                           près des habitants, afin de prendre connaissance de leurs envies et
                           leurs besoins quant à ce nouveau lieu.




68
Quelques pistes
recommandations
       recommandations                        pour la suite...

                         Ce travail d'évaluation vise à construire des hypothèses de travail, en vue
                         d'un repositionnement et d'une réorganisation de la caravane des quartiers.
                         Précisons toutefois que les résultats des enquêtes et observations ne sont
                         pas "scientifiques" par manque d'anticipation, de moyens et de temps, de
                         plus l’échantillon de population interrogée n'est pas significatif. Néanmoins,
                         ce projet démontre qu'un nouveau mode de coopération - réactif et ancré
                         dans a vie sociale - est en train de naître entre la Ville de Rennes et la filière
                         USETIC-TEF de l'université Rennes 2.



                         Comment peut-on améliorer la démarche remontante, des
                         habitants vers les institutions ?

                         a     En prévoyant des temps de débats, des forums, des groupes de parti-
                         cipation sur cette question d’aménagement et inclure la participation des ur-
                         banistes (CIU)

                         a    Revoir les objectifs de la Caravane : faire intervenir cette manifestation
                         avant la validation des projets d’aménagement et prendre en compte les re-
                         marques des habitants. Il est nécessaire d’augmenter la médiation sur ces
                         temps de consultation et de réitérer des enquêtes de terrain pour faire re-
                         monter la voix des citoyens.

                         a     Prévoir un système de sondage proche du référendum pour connaître
                         l’opinion globale des habitants sur tel ou tel projet local qui touche à leur es-
                         pace de vie.

                         a     Créer un espace sur le site Rennes.fr qui présente les projets d’urba-
                         nisme dans leur évolution permettant ainsi aux habitants de suivre les chan-
                         gements et de proposer des suggestions d’améliorations.

                         a     Instaurer la consultation et la participation automatique des habitants
                         en mettant en place une permanence téléphonique ou numérique afin de ré-
                         pondre aux interrogations des habitants.

                         a    Ouvrir au plus grand nombre les conseils de quartiers.

                                                                                                      a69
La caravane des quartiers - 2010 - recommandations


                            a    Conserver la logique de transparence en développant des outils
                            d’informations de plus en plus accessibles pour tous.

                            a      Impliquer les structures associatives et proposer des ateliers
                            communs autour de l’urbanisme avec des créations de cartographies
                            subjectives favorisant la créativité des habitants sur cette question de
                            réaménagement et d’évolution du quartier et de la ville.

                            a     Animer un atelier de créativité autour d’une thématique en lien
                            avec la vie de quartier.

                            a     Proposer une boîte à idées sous forme de sculpture (totem re-
                            présentatif du quartier réalisé par les scolaires).


                            Comment peut-on améliorer l’accessibilité pour les
                            personnes en situation de handicap ?
                            a     Sur un plan général, si le sol est plane, l’accès aux fauteuils rou-
                            lants n’est pas facile du fait des fils électriques courants sur le plancher,

                            a     Citywall. Créer un renfoncement dans le coffrage pour que les
                            personnes en fauteuil roulant puissent y passer leurs jambes.

                            a     La borne tactile. Mettre des barres d’appui

                            a    La maquette 3D. Ajouter une « maquette à toucher », indispen-
                            sable aux personnes non voyantes et utile également pour les per-
                            sonnes déficientes intellectuelles. Permettre l’utilisation d’avatars
                            porteurs de handicap pour la visite virtuelle.

                            En général :

                            a     Réviser les conditions de circulation à l’intérieur du chapiteau :

                            a     Signaler et protéger les obstacles et créer un marquage tactile
                            au sol.

                            a     Permettre une meilleure visibilité sur tous les dispositifs à l’aide
                            du zoom et de visio-descriptions permettant de décrire les images aux
                            personnes malvoyantes.

                            a     Informer sur les dispositifs par un accueil humain, selon le type
                            de handicap.

                            a     Améliorer la qualité du son avec un écran secondaire incrusté
                            qui traduise en langue parlée complétée ou en langue des signes, les
                            signaux sonores.


70
La caravane des quartiers - 2010 - recommandations


Comment favoriser la socialisation ?
a      En inscrivant l’évènement dans la durée ou en proposant des
journées plus adaptées au public (samedi, dimanche)

a      Mobiliser les structures associatives et associer la Caravane à
un autre évènement connu des habitants du quartier (braderie, fête
des voisins...)

a      Améliorer la disponibilité des élus et les échanges entre les ha-
bitants et les élus.

a      Donner une réelle identité à la Caravane : lieu de débat ou lieu
de festivité ?

a Proposer des soirées musicales, des activités ludiques qui enga-
gent les habitants du quartier dans la préparation et dans la participa-
tion

a      Proposer des animations entre les écoles primaires et les mai-
sons de retraites via les dispositifs multimédias.



Comment développer la médiation ?
La médiation est nécessaire pour une meilleure appréciation des pro-
jets d’urbanisme visibles au travers des dispositifs multimédias. Elle
nécessite du temps humain et une réelle prise en compte pédagogique
et ergonomique pour une utilisation optimale des outils technologiques.

a      Augmenter le nombre d’agents de médiation (1 médiateur par
dispositif)

a Améliorer la prise en main des dispositifs tels que la maquette 3D
a      Faciliter l’accès aux contenus des dispositifs via rennes.fr ou les
blogs de la Caravane.

a Permettre une plus grande participation des habitants sur tous les
dispositifs

a      Développer une animation autour de chaque dispositif avec les
écoles présentes sur le site et avec des groupes d’habitants.

a Faire participer des habitants sur le choix des contenus, la mania-
bilité des dispositifs


                                                                                                71
La caravane des quartiers - 2010 - recommandations


                            a Adapter les outils de communication:
                            • créer un site internet qui regroupe tous les blogs « caravane des
                            quartiers »,

                            • retravailler l’ergonomie et la dimension pédagogique des blogs,

                            • requérir la participation des habitants sur ce support,

                            • proposer un wiki sur les projets d'urbanisme en cours.




72
conclusion
              ion
c o n c l u s conclusion                             Un bilan en demi-teinte...
                              Pour conclure au sujet de la Caravane, nous nous positionnerons en agora
                           publique en laissant la parole au parti politique en place, ainsi qu’à l’opposition
                           et toujours aux associations, très présentes sur le quartier :

                              «On va laisser les plâtres se faire ou pas», «c’est une invitation à se rencon-
                           trer», «la conception de l’affaire c’est d’arriver à faire naître du vivre ensemble»,
                           «il faudrait que l’organisation soit plus festive sinon ce ne sont que les habitués
                           qui viennent», «les suggestions il faut les demander aux habitants du quartier
                           qui sont le plus à même d’y répondre», «ces retrouvailles citadines ce sont des
                           choix, des orientations qui engagent les élus», «de nombreuses causeries qui
                           sont une autre manière d’échanger... on a une déception sur la participation...
                           en amont il faut travailler la mobilisation (amener les parents par le biais des en-
                           fants par exemple)/ les contenus», «c’est un lieu ouvert ce n’est pas souvent que
                           les élus vont vers les habitants», c’est un moment enrichissant mais le lieu n’est
                           pas bien choisi »...

                              Cette sélection de phrases extraites d’interviews est révélatrice d’un besoin
                           de savoir si la Caravane de quartiers apporte une réelle utilité. Cette enquête
                           que nous avons effectuée était destinée à statuer sur le sort de cette manifesta-
                           tion conviviale mais néanmoins boudée par les habitants. Cet évènement devrait
                           s’intégrer dans l’idée que la cité est le lieu de rencontre et d’échanges de tous.
                           Ouvrir les possibilités d’accès au monde à tous, quelque soit l’âge, la situation
                           sociale ou familiale, est de la responsabilité des élus. La politique de la ville de-
                           vrait soutenir toutes les ouvertures et partager les richesses dans un soucis
                           d’équité.

                           Que retenir de cette expérience?
                           La caravane des quartiers est un événement intéressant à étudier, cependant,
                           en sachant que plusieurs autres quartiers ne vont pas tarder à accueillir la cara-
                           vane, il serait pertinent de continuer à travailler avec la filière sur cet événement.
                           En effet, les préconisations exposées dans cet écrit laissent présager des chan-
                           gements qu’il serait peut-être judicieux d’effectuer en collaboration avec la filière
                           USETIC-TEF. Ce lien entre l’université et la Ville de Rennes fut l’occasion de
                           découvrir de nouveaux horizons, de développer de nouvelles compétences, et
                           également de faire connaître la filière. Cependant, il serait souhaitable qu’à l’ave-
                           nir la commande soit explicite et se fasse beaucoup plus tôt pour permettre une


                                                                                                             73
La Caravane des quartiers 2010 - Conclusion


                           organisation efficace et des temps de concertation en groupe. Nous re-
                           grettons également le manque de lien entre les initiateurs de la com-
                           mande et nous. Ce projet ne devrait pas venir s’ajouter aux autres
                           cours, mais constituer l’un des enseignements, avec un enseignant ré-
                           férent qui connait bien le projet. Par ailleurs, le terrain faisait déjà l’objet
                           de problèmes évoqués auparavant par les élus, les directions de quar-
                           tier : peu de public, les personnes ne venaient pas vraiment pour les
                           technologies... Notre évaluation aurait pu être beaucoup plus riche, si
                           le terrain s’y prêtait vraiment. Notre recherche reste très sommaire...

                           Mais nous retiendrons notre capacité à gérer un projet dans l’urgence
                           de façon souple et adaptée. L’état d’esprit bienveillant et le respect no-
                           tamment de l’écoute de l’autre sont des perspectives qu’il faut garder
                           en vue. La sinécure ne vient qu’après l’aboutissement d’un tel travail
                           qui est certes formateur mais ô combien chronophage parfois !

                           La caravane des quartiers a été une démarche d’observation et de re-
                           cherche fastidieuse pour de bien maigres résultats et des recomman-
                           dations que l’on a souhaité concrètes. Il reste la satisfaction d’un travail
                           rondement mené, bien fait et plus que la somme de travail, nous gar-
                           dons à l’esprit une forme de solidarité rare précieuse et des rencontres
                           marquantes... Merci à tous d’avoir participé à cette expérience de vie
                           aussi.




74
p r o l o g u e
            prologue
                                                                        prologue

                          Un projet qui va faire des petits ! En effet suite à cette collaboration fruc-
                       tueuse, la Ville de Rennes souhaite renouveler sa confiance à l'Université de
                       Rennes 2. Cela pourrait donner lieu, dès l'année prochaine, à un partenariat
                       entre l'Université de Rennes et la Ville de Rennes. Les termes de ce partena-
                       riat, une fois mieux définis permettront d'instaurer des relations plus pérennes
                       entre les deux partenaires. Un contrat, qui s'il a cours, permettra à des étu-
                       diants de l'Université de Rennes 2 de participer plus aisément à des projets
                       de la Ville de Rennes par exemple.

                       D'autres initiatives font suite à cette expérience : notamment un projet éditorial.
                       L'Université de Rennes 2 a la volonté de créer sa propre ligne éditoriale on
                       line. Elle s'inscrit tout à fait dans le projet d'USETIC-TEF et octroierait à toutes
                       lles productions de l'Université de Rennes 2 une plus grande visibilité. On est
                       impatient de lire les premiers ouvrages estampillés "Université Rennes 2".




                                                                                                       75
bibli ogra phie
           bibliographie
                                         bibliographie-webographie
                           BARBER B., Démocratie forte, Desclée de Brouwer, 1997

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                           CARREL M., Faire participer les habitants ? La politique de la ville à l'épreuve du pu-
                           blic-thèse de doctorat en sociologie-Université de Paris V, 2004

                           CHAPPAZ G., Comprendre et construire la médiation. CRDP de Marseille et Publi-
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                           EUDES & PLAS, La démocratie à l'ère du numérique, Presse universitaires de Li-
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                           FOUCAULT M., Dits et Ecrits, Gallimard, 1994

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                           MATHIAS P., Des libertés numériques, notre liberté est-elle menacée par l'internet ,
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                           MILAD D., La grande conversion du numérique, le seuil, 2008

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                           PERAYA, D. Un regard critique sir les concepts de médiation et de médiatisation.
                           Nouvelles pratiques, nouvelles modélisations. 2009

   76
PERRIAULT, J. La logique de l’usage : essai sur les machines à communiquer. Flammarion,
Paris 1989.

PAUGAM S., L’exclusion : l’état des savoirs. Editions la Découverte 2001

RABARDEL, P., Les hommes et les technologies, approche cognitive des instruments
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RICOEUR P., Soi-même comme un autre. Edition du Seuil, 1990

ROCHER G., Introduction à la sociologie générale : 1. L’action sociale

SARTRE J.P., L’être et le néant. Gallimard, 1943

SHAEFFER, P. Machines à communiquer : 2. Pouvoir et communication. Editions du Seuil,
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VYGOTSKI, L.S. Mind in Society: The Development of Higher Psychological Processes, Cam-
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WINNICOTT, W. D., La mère suffisamment bonne. Payot-poche, Paris, 2006

WRIGHT MILLS Ch., L’imagination sociologique, Ed la Découverte 1997




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78
     a n n e xe s
              annexes
                    annexes
Questionnaire d'enquête
Caravane des quartiers Maurepas
La Caravane de quartiers facilite les rencontres et les échanges entre les habitants d'un
quartier et les élus de l'équipe municipale. C'est l'occasion pour les habitants de découvrir
les projets à venir dans leur quartier, de participer au débat, de s'exprimer sur les enjeux
de proximité. La mise en place des outils technologiques de pointe permet de valoriser le
projet de ZAC Maurepas. Aussi, les partenaires de ce projet souhaiteraient un retour sur
cet événement. Pouvez-vous m’accorder quelques instants (10 minutes tout au plus) pour
me donner vos impressions à travers ce questionnaire? Ces dernières resteront ano-
nymes et ne seront traitées qu’à des fins statistiques.


VOTRE PARCOURS EN GENERAL
Parlons tout d’abord de votre parcours sur la Caravane
1/ Combien de temps jusqu’à maintenant environ, avez-vous accordé à l’ensemble des
stands de la Caravane ?
      moins de 5 minutes
      de 5 minutes à moins de 15 minutes
      de 15 minutes à moins de 30 minutes
      de 30 minutes à moins d’1 heure
      de 1 heure à moins d’1heure30
      de 1h30 à moins de 2 heures
      2 heure et plus
2/ Etes-vous venu(e) … (une seule réponse possible)
      seul(e)
      en famille
      avec des amis
      en famille et avec des amis

3/ Quelle situation s’approche le plus de la votre, personnellement ? (une seule réponse
possible)
      je suis venu(e) par hasard mais j’avais vu de la publicité sur cet événement
      je suis venu(e) suite à la publicité sur cet événement
      je suis venu(e) sur incitation de mes proches (famille, collègues …)
     je suis venu(e) suite à la publicité sur cet événement et sur l’incitation de mes
proches
      je suis venu(e) totalement par hasard
4/ Quels sont les motifs de votre présence ? (plusieurs réponses possibles)
      par simple curiosité
      pour la présentation des projets de ZAC
      pour la technologie
      simplement pour accompagner mes proches
      parce qu’il y avait un rassemblement sympathique
      Autres, spécifiez _ _ _ _ _ _ _
      Aucun motif en particulier

5/ Avez-vous déjà participé aux conseils de quartier ?
      Oui
      Non

6/ Vous étiez-vous auparavant déjà informé sur l’évolution de votre quartier ?
      Oui
Par quels moyens ? _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
      Non


VOS PERCEPTIONS
Passons maintenant à vos perceptions.
7/ Jusqu’à maintenant quels dispositifs avez-vous testé, ne serait-ce que 5 mi-
nutes ?




8/ Comment avez-vous testé ce(s) dispositif(s) ?
      Seul
      A plusieurs
      Avec un proche
      Avec l’aide de la personne présente près du dispositif


9/ Avez-vous hésité à utiliser ces dispositifs ?
      Oui, Pourquoi ? _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
      Non


10/ Avez-vous eu besoin d’explications pour utiliser …?


       OUI    NON
Le Citywall        
La Borne Tactile
             
L’Espace d'urbanisme immersif (maquette 3D)
             




11/ Pouvez-vous me préciser sur une échelle de 1 à 5 votre niveau d’appréciation. (1 signi-
fiant que vous n’avez pas apprécié du tout, 5 vous avez vraiment apprécié). Quelle note
donneriez-vous à … (une réponse par ligne)


      1= vous n'avez pas du tout apprécié      2      3      4      5 = vous avez vraiment
apprécié
Citywall


      
      
      
      
      


Borne tactile 


      
      


      
      


Espace d'urbanisme immersif                              
12/ Concernant les aspects techniques, quelle notes donneriez-vous à….


      1 = vous n’avez
pas apprécié du tout         2       3      4       5 = vous avez
vraiment
apprécié
La qualité du son
Citywall                                                        
Borne Tactile                                                   
Espace d’urbanisme                                                   
La qualité de l’image
Citywall                                                        
Borne Tactile                                                   
Espace d’urbanisme                                                   
Synchronisation son-image
Citywall                                                        
Borne Tactile                                                   
Espace d’urbanisme                                                   
Les contenus
Citywall                                                        
Borne Tactile                                                   
Espace d’urbanisme                                                   
La maniabilité
Citywall                                                        
Borne Tactile                                                   
Espace d’urbanisme                                                   




13/ Que pensez-vous globalement du Citywall? Choisissez parmi ces réponses celles qui vous
conviennent. (Plusieurs réponses possibles)


     Cela m’a permis d’échanger avec les gens qui l'utilisaient
     J'ai trouvé les contenus pertinents et utiles
     J'ai trouvé ce dispositif facile à utiliser
      J'aimerais voir ce dispositif dans mon quartier
      Je pense que cela peut être intéressant pour quelques personnes…les-
quelles ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
      Je pense que cela peut être intéressant pour pas mal de personnes
      Aucune de ces réponses ne me convient
      Réponse libre


14/ Un tel mobilier interactif serait-il utile dans votre quartier ?


      Certainement
      Peut-être
      Certainement pas




15/ Dans quel endroit placeriez-vous le Citywall ?


      Dans une maison de quartier
      A la mairie
      Dans un Espace social commun
      Aux Champs Libres
      Autre : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _




16/ Quelles informations et services souhaiteriez-vous trouver dans le Citywall ?
____________________________________________
_
____________________________________________
_
____________________________________________
_




17/ Si vous deviez choisir un adjectif, comment qualifieriez-vous, globalement cette
ballade immersive ? (Plusieurs réponses possibles, proposer la réponse «aucun »)


      impressionnante
      parlante (vous vous êtes projeté dedans)
      originale
      réaliste
      saisissante
      instructive
      aucun de ceux-ci
      autres (spécifiez _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _)




18/ Diriez-vous que l'espace d'urbanisme immersif en 3D vous a aidé à vous représenter le projet de
ZAC?


      oui, beaucoup
      oui, assez
      oui, un peu
      non, n’apporte rien


Quels sont, selon vous, les apports ? _ _ _ _ _ _ _ _ _ _




19/ La borne tactile vous a-t-elle semblé… ?


      Familière
      Attractive
      Utile
      Intéressante
      Compliquée
      Inutile




20/ Avez-vous eu des difficultés à utiliser l'un des dispositifs?


       Oui       Non
Citywall         
Lesquelles
______________________________________                       
Borne tactile 
Lesquelles
______________________________________                       
Espace d'urbanisme
Immersif
       
Lesquelles
______________________________________
       




21/ Cette Caravane de quartiers … (une réponse par ligne)
       Oui, de façon très importante      Oui    Non
A-t-elle modifié positivement le regard que
vous portez sur le projet de ZAC ?              
       


l’a t-elle modifié négativement ?
                   
Vous a-t-elle donné envie d’en savoir plus sur le projet ?
                   
A-t-elle modifié positivement le regard que
vous portez sur les nouvelles technologies ?
       
       
       


Trouvez-vous que la Caravane de quartiers est utile?
       
       
       


A-t-elle facilité la communication entre vous et les élus?    
       
       


Vous a-t-elle convaincue que les nouvelles
technologies peuvent mettre en valeur / servir l’urbanisme?      
       




22/ Que tirez-vous personnellement comme bénéfices de cette opération ?


      spécifiez _ _ _ _ _ _ _ _
      aucun bénéfice




23/ Pensez-vous qu’il faut répéter ce genre d’expérience ?


      oui, spécifiez le type d’événement _ _ _ _ _ _ _ _ _
      non

Caravane version finale

  • 2.
    Comité éditorial -Master 2 TEF - Année 2009-2010 Emmanuel ARMAND Professeur d’anglais Anne-Sophie BENNETOT Consultante stratégie web 2.0 et conduite du changement Assaba BRUCE assistante chargé de mission renfort RSA- Conseil général d'Ille et Vilaine Luciana CANUTI Ingénieur pédagogique- CIRM Rennes 1 Sophie DODEMAN Chargée de mission TIC - Ville de Rennes Sylvie GASTINEAU Déléguée pédagogique - Edition scolaire Marie GUILLO Assistante chargé de mission TIC - Conseil général des Côtes-d’Armor – Mission FTLV Maïwenn LE BELLER Assistante chargée de mission e-éducation - MIMUM - Conseil Régional de Bretagne Sara MAMMAD Animatrice et formatrice aux usages des TIC dans les milieux sociaux. Fanny SAINT-GEORGES Assistante chargée de mission e-inclusion - Conseil Régional de Bretagne Caroline THOUVENOT Attachée de recherches au département LUSSI - Brest Directrice de publication : Sophie Dodeman Attachée de rédaction : Assaba Bruce Mise en pages : Sylvie Gastineau Université de Rennes 2 - Haute Bretagne UFR Sciences Humaines Campus de Villejean Place du Recteur Henri Le Moal - CS 24307 35043 Rennes Cedex
  • 3.
    La ville numérique La Caravane des quartiers de la ville de Rennes Evaluation et analyse
  • 4.
    sommaire s o mm a i r e sommaire Préface Introduction Portrait de la Caravane des Quartiers En bref... La petite histoire de la caravane Constat après 4 ans... Les dispositifs technologiques à Maurepas Méthodologie Questionnaires et observations Traitement des résultats Une méthode collaborative focus-recherche Introduction La démocratie participative La démocratie participative et ville 2.0 Médiation/médiatisation Handicap Phénomène de socialisation Recommandations conclusion/prologue Bibliographie Annexes 4
  • 5.
    p r éf a c e préface préface Lorsque la mission "Technologies de l'Information et de la Communi- cation" de la Ville de Rennes a été saisie par Yves Préault, adjoint au Maire, pour accompagner l'organisation de la caravane de quartiers de Maurepas, nous étions avec Sophie Dodeman, (alors stagiaire à la ville et étudiante en Master 2 USETIC-TEF à Rennes 2), au sortir d'un projet réalisé avec les Trans- musicales, avec devant nous un certain nombre de projets d'expérimentations d'usages programmés pour le mois de septembre 2010. Nous avons proposé de faire de cet événement une sorte de laboratoire hors les murs en y installant des dispositifs innovants autour d'un certain nombre de fondamentaux : - expérimenter des interfaces naturelles, sans clavier ni souris, pour élargir les publics - orienter la totalité des contenus et services autour de la notion de proximité - rassembler et mélanger les contenus de la collectivité et ceux des habitants - capitaliser sur les ateliers, travaux, projets déjà réalisés en amont et consti- tuant une matière première numérisable et transformable - étudier sur place les usages des dispositifs pour en tirer des préconisations Ceci nous a conduit à mener de front tous les projets avec une date limite très proche : en moins de six semaines il fallait aboutir non à des concepts, mais à des outils prototypés et opérationnels sur place.La préparation de ces disposi- tifs a nécessité une liaison permanente avec les artisans de la caravane : di- rection et élu de quartier, service "information et innovation numérique" de la collectivité, animateurs d'ateliers avec les habitants, archives municipales et musée de Bretagne, techniciens… Plus de 1000 objets multimédias ont été rassemblés, parfois re-numérisés, rien que pour le Citywall. Le prototype d'ur- banisme immersif développé pour partager et faire réagir sur le projet urbain a littéralement été inventé et réalisé à grande vitesse en associant les aména- geurs, les services techniques, les urbanistes de la ville et des spécialistes du 3D en ligne. Le système de pilotage par manette de console wii a été adapté de développements alternatifs trouvés sur le web. Le totem tactile intégrait pour la première fois des billets blogués en temps réel par des journalistes de la col- 5
  • 6.
    La caravane desquartiers - 2010 - préface lectivité… Quand au "mucho wall", sa présence était exceptionnelle et n'a été possible que grâce au volontarisme de ses protagonistes, contactés par mail et séduits par la dynamique rennaise. Lors du montage final, nous ne savions pas si les habitants seraient intéressés par ces dispositifs, quel serait leur degré d'usabilité, et s'ils fonctionneraient de manière autonome ou nécessiteraient une média- tion. Un des objectifs était en effet de pouvoir toucher des publics non familiers des outils numériques. Tout ce travail aurait été perdu sans le soutien de Pascal Plantard, de Jacques-François Marchandise, et des Master 2 USETIC-TEF qui ont décidés de relever le pari de l'analyse et de l'évaluation. Une évaluation qui permet de déceler impasses et chemins prometteurs en dépassant le champ de la technique pour réfléchir sur le fond : sur le terrain, dans le quartier, quelles sont les usages et pratiques des habitants ? Peut- on vulgariser un projet urbain avec le plus grand nombre, relayer les questions efficacement et y répondre ? Est-il possible de capitaliser sur les ressources du territoire pour développer des actions et média- tions numériques hors des écrans d'ordinateurs ? Va-t-on démocratiser l'accès aux informations et services avec du mobilier urbain de nouvelle génération ? Ces mediums peuvent-ils créer du lien en proximité ? Comment organiser des temps de croisement entre individus, collectifs, associations et institutions en proximité ? A l'aune du travail effectué par les protagonistes de la caravane et par le cursus USETIC-TEF, je suis certain que le lecteur trouvera ici une analyse exclusive réalisée de manière agile et originale, sur une opé- ration de la ville de Rennes qui ne l'est pas moins. Ce travail, libre et neutre parce que réalisé par des universitaires, est ici reversé au bénéfice de tous. Merci aux auteurs ! Hugues AUBIN Chargé de mission TIC à la ville de Rennes Service Aménagement et Usages du Numérique à Rennes métropole 6
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    introduction introduction introduction La Caravane des quartiers, des hauts et débats ! La caravane des quartiers, une manifestation populaire où la participa- tion est plurielle et qui invite habitants, élus et associations à se retrouver et parfois même à échanger. Voici justement, au détour de discussions sur le site, quelques réflexions recueillies auprès de participants, et de visiteurs : «La Caravane des quartiers a déjà eu lieu les autres années mais ça ne marchait pas», «le dispositif bat de l’aile», «c’est une autre manière d’échanger», «c’est un lieu ouvert», «ce n’est pas souvent que les habitants et les élus ont l’occasion d’échanger» ; «c’est un moment enrichissant même si le lieu n’est pas bien choisi» ; «c’est une invitation à se rencontrer, il faut arriver à faire naître du vivre en- semble», «qui d’autres que les habitants peuvent le mieux statuer des besoins du quartier?» . Beaucoup d’interrogations qui révèlent des ap- préciations différentes chez les élus et chez les habitants, une volonté de mieux définir cet évènement et de lui donner une identité et une fonction utile. Suite à la commande du Directeur Général de la Communication de la Ville de Rennes, nous avons été associés à cet évènement. Nous avons fait le choix d’élaborer un dossier collectif en partant du principe que notre projet était né d’une initiative et d’une démarche venant de l’ensemble des étu- diants de Master 2 TEF. Notre projet s’appuie sur une manifestation citoyenne : la Caravane de quartiers de Maurepas. Il faut savoir que cet évènement a eu lieu plusieurs fois, dans différents quartiers de Rennes notamment les quartiers de Longs- Champs, Cleunay, Charles de Gaulle (Centre), Maurepas (lieu de notre ob- servation) et actuellement à Saint Martin. Le site de la Caravane des quartiers de Maurepas a innové cependant : il a initié une expérimentation, celle d’intégrer des dispositifs technologiques à la démarche première de cette manifestation, qui est de présenter les pro- jets d’urbanisme aux habitants. Nous avons été chargés d’effectuer une évaluation de ces dispositifs mul- timédias et de repérer les usages auprès des habitants. Nous avons fait le choix d’aller au-delà de la commande. La difficulté était liée à une mécon- naissance du contexte de l’ensemble de la promotion et à un manque de 7
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    La caravane desquartiers - 2010 - introduction précisions de la commande. Nous avons décidé de prendre le temps de rentrer dans une phase de réflexion commune afin de savoir com- ment aborder cette évaluation. Comment répondre à une commande institutionnelle et satisfaire les impératifs de notre formation universitaire ? Il nous importait de faire le lien entre les deux. Nous avons donc élaboré une stratégie de pro- duction en vue d’optimiser notre travail à la fois dans le cadre de notre formation et dans le cadre de cette commande institutionnelle. Cela a donné lieu à une véritable expertise qui nous a conduit bien au- delà de la commande initiale. Pour ce faire nous avons mis en oeuvre un travail collaboratif. Nous avons également dû composer avec l’éloignement et la contrainte temps de chacun, notre promotion étant constituée d’étu- diants en stage répartis sur des lieux différents et éloignés géographi- quement. C’est à partir de ces premiers constats que nous avons commencé à élaborer une stratégie originale d’organisation méthodologique de notre travail. Elle est le point phare de notre dossier et sera déclinée dans la partie «méthodologie». Nous avons mis en place un plan d’action, une stratégie d’approche qui nous a mené d’un état des lieux - avec un portrait de la Caravane des quartiers - à un bilan contrasté sur l’expérimentation à Maurepas. Nous avons développé notre méthodologie sur le terrain : les résultats statistiques, la production collaborative. Nous avons fait le lien avec notre formation universitaire, joué là en- core la carte de l’originalité, de la créativité, en proposant à nos ensei- gnants une série de focus-recherches qui nous permettait d’apporter une réponse de chercheur à des problématiques croisées. Plusieurs thèmes sont ressortiss : démocratie participative et ville 2.0, médiation/ médiatisation, accessibilité et handicap, phénomène de socialisation. Ces articles scientifiques ont donné lieu à des préco- nisations. Notre analyse et une série de recomman- dations viennent clore notre travail. 8
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    é t at d e s létate u x i des lieux Portrait de la Caravane des quartiers En bref... La caravane des quartiers est une manifestation itinérante qui a lieu sur 3 jours à la fréquence de 2 à 3 fois par an dans chaque quartier de Rennes. Elle a déjà posé son chapiteau aux Longs-Champs, à Cleunay, dans le centre ville et à Maurepas. Cette manifestation citoyenne vise à présenter aux ha- bitants des projets d’urbanisme. C’est un espace qui s’emploie à être facili- tateur de rencontres et d’échanges entre habitants d'un même quartier et élus de l'équipe municipale. Cette manifestation est également l'occasion pour les habitants de découvrir les projets à venir dans leur quartier, de par- ticiper au débat, de s'exprimer sur les enjeux de proximité. Les objectifs, le message La caravane des quartiers doit répondre à quatre objectifs : 1/ Une démarche descendante, donner une double visibilité politique d’une part au maire et aux adjoints et d’autre part aux projets du quartier et de la ville / métropole. 2/ Une démarche remontante, permettre de réfléchir avec les habitants sur les enjeux et projets urbains sur une double dimension territoriale : d’une part le quartier et d’autre part la ville / agglomération. 3/ Aller à la rencontre des habitants : Cette caravane des quartiers doit permettre de toucher de nombreux publics, des publics qui ne sont pas tou- chés habituellement par nos manifestations institutionnelles. Il convient d'évi- ter l'entre-soi mais d'ouvrir et d'adapter notre démarche. 4/ Travailler sur la forme : donner l’image d’une équipe nouvelle qui construit les conditions d'un réel débat participatif dans un esprit festif. 10
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    La Caravane desquartiers 2010 - Etat des lieux Le public visé En étant présent ponctuellement au cœur de chaque quartier sur une courte période, l'idée est de pouvoir toucher un public plus large que les personnes que l'on trouve habituellement dans les conseils de quartier ou autres instances de participation ; c'est-à-dire des per- sonnes qui peuvent être intéressées par les principes de citoyenneté et de démocratie de proximité mais qui ne souhaitent pas spéciale- ment s'investir à moyen ou long terme sur des projets précis. Cette manifestation doit donc permettre de toucher des personnes qui n'ap- partiennent pas à des réseaux particuliers. Ce projet de Caravane faisait partie du programme 2007 de campagne de Daniel Delaveau, actuel maire de Rennes. La petite histoire de la Caravane La caravane a posé son chapiteau pour la toute 1ère fois le 12 au 14 Mars 2009 aux Longs Champs. Le 1er bilan réalisé par les élus pointa le manque d’at- tractivité populaire. Bruno Chavanat, chef de file de l’op- position marqua sa déception par rapport à la conception de la Caravane et à l’investissement des ac- teurs locaux. La communication montrait ses limites et l’évènement nécessitait une dimension plus festive pour attirer le public, par exemple une soirée musicale afin de mobiliser les gens à se rencontrer. De plus, il se posa la question de réinvestir la somme importante de 50 000 € par la suite. Il évoqua une éventuelle consultation des habitants du quartier afin d’améliorer cette première étape. Nathalie Appéré, adjointe au maire, insista sur le fait de mobiliser ac- tivement des structures associatives, des directions de quartier. Elle proposa de réduire les temps d’échange en installant des espaces d’expositions. Caroline Ollivro conseilla d’associer la manifestation à un autre évé- nementiel connu dans le quartier. Tous les élus de quartier devraient 11
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    La Caravane desquartiers 2010 - Etat des lieux être présents et pas seulement l’élu de quartier. L’association des résidents du Foy constata le choix du lieu de cette 1ère caravane : elle était cachée donc difficilement accessible. Elle re- leva également un manque de préparation en amont et pas de cou- verture médiatique (Canal B et TV Rennes). Elle continua sa route vers Cleunay du 11 au 13 juin 2009. Cette caravane s’organisait à l’image d’un immense salon où les gens se retrouvent autour des exposi- tions des projets du quartier. Elle mettait en avant 3 journées de rencontre avec les élus. Elle servait de temps fort avec le maire mais n’apportait pas d’amé- liorations flagrantes dans la relation avec les habi- tants et les structures associatives. Sa spécificité tournait aussi autour de la jeunesse de Cleunay et la direction de quartier voulait montrer qu’il était important de mettre en place une structure pour les jeunes. Cette 2e étape a également connu une faible fréquentation malgré un gros budget publicitaire. La localisation de la Caravane ne permettait pas aux habitants d’Arsenal-Redon de se sentir concernés par cet évènement. Autre reproche évoqué : les élus firent rares… Elle se posa dans le quartier Centre du 12 au 14 Novembre 2009. D’après Didier Le bougeant, élu de quartier à la ville de Rennes, cette étape était un lieu de débat, une agora publique qui avait pour volonté de sortir des cadres traditionnels des conseils de quartier. Cependant, la caravane de quartier ne fut pas à la hauteur des annonces et des promesses. Le public n’était pas présent au rendez-vous : 150 personnes (dont un gros tiers d’institutionnels) pour la soirée de lancement. Le résultat fut modeste au regard de la publicité déployée. Samedi matin, il y eu si peu de monde au rendez vous des élus que ces derniers n’eurent d’autre so- lution que de parler entre eux. 12
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    La Caravane desquartiers 2010 - Etat des lieux Elle reprit à Maurepas du 17 au 20 Mars 2010. Cette étape se voulait attractive et innovante en mettant en place un éventail de dispositifs multi- médias. Yves Préault, élu de quartier Nord-Est fut relative- ment satisfait de cette 4e caravane qui sembla plus cadrée, plus thématique. Elle rassembla « un public varié et intergénérationnel ». Il évoqua l’in- teractivité des dispositifs technologiques qui permirent de faire du lien entre les habitants. Cependant, le public fut nombreux seulement ven- dredi soir et samedi matin. L'affluence à la Caravane serait donc pos- sible, pour peu que les structures du quartier mobilisent les habitants au préalable. Surtout lorsqu'une étape importante de la concertation a lieu au même moment. Elle se trouve actuellement au canal Saint-Martin du 10 au 12 Juin... Un constat Nous avons donc cherché à en savoir plus... C'est le compte-rendu de Séance du Conseil Municipal du 30 mars 2009 portant sur la "Question orale du Groupe URC concernant la ca- ravane des quartiers" qui nous a éclairés sur la situation. On y trouve, en effet, une critique assez virulente sur l'intérêt et l'utilité de la Cara- vane. "Malgré une abondante publicité, notamment une couverture en Une du "Rennais", malgré un budget extrêmement élevé, la caravane des quartiers organisée dans le quartier Beaulieu -Jeanne d'Arc - Longs Champs, s'est soldée par une fréquentation particulièrement maigre." "Dans un contexte de crise et de difficultés financières pour bien des familles, […], on doit naturellement s'interroger sur le gâchis que re- présentent de tels moyens investis dans une opération de communi- cation au regard du résultat obtenu. 13
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    La Caravane desquartiers 2010 - Etat des lieux S'agissant des acteurs économiques et institutionnels, on ne peut que constater que le temps de rencontre qui leur était en principe destiné n'a, précisément, rencontré aucun succès. Mais là encore, que vou- lait-on leur dire qui les intéressent vraiment ? A quelles décisions en- tendait-on les associer ? A l'évidence beaucoup d'entre eux ne l'ont pas compris. Nous non plus d'ailleurs... Sans doute quelques enfants sont-ils venus en réponse à l'invitation faites à leurs écoles. Mais était-ce le but essentiel de l'opération, sa- chant qu'il existe d'autres moyens plus festifs et plus simples de faire se rencontrer la Ville et l'école. Enfin et surtout, peu d'habitants se sont sentis concernés par cette tournée du Maire dans ses quartiers, qui ne présentait ni l'attrait de la fête, ni l'intérêt d'une véritable association des habitants à des décisions concernant précisément leurs quar- tiers. En définitive, c'est bien le problème majeur que révèle l'échec de cette opération. Les habitants des quartiers comprendraient sans doute que l'on déploie des moyens importants pour les associer vraiment aux décisions qui les concernent. Mais ils comprennent moins qu'on plante un chapiteau pendant trois jours pour simplement organiser une visite d'information du maire ou des élus. Suite à cette séance, un autre constat a été exprimé en séance du Conseil Municipal du 6 juillet 2009 concernant le bilan de la deuxième Caravane des quartiers. Le constat que l'on peut faire de la deuxième caravane des quartiers, organisée au début du mois de juin dans le quartier de Cleunay, est que l'opération n'a pas trouvé son équilibre et encore moins sa vitesse de croisière. La fréquentation en a été globalement faible : mis à part un débat sur l'aménagement du quartier qui a réuni une centaine de personnes, au total peu de monde. Certains éléments du programme ont même dû être annulés. On peut certes se réjouir qu'à cette occa- sion certaines personnes habituellement éloignées de la vie citoyenne 14
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    La Caravane desquartiers 2010 - Etat des lieux aient pu se joindre à l'événement. Mais leur nombre reste proportion- nellement faible. La localisation n'a pas permis aux habitants d'Arsenal Redon de se sentir vraiment concernés. En définitive, ce type de ma- nifestation, essentiellement informative ne semble pas répondre au désir des habitants d'être écoutés et de voir leur avis réellement pris en compte et pas seulement d'être informés de ce qui se décide à la mairie. Devant ce constat, imaginez vous de poursuivre dans les mêmes conditions et au même coût l'opération "caravane des quartiers" ? A cela, Nathalie Appéré a donné quelques chiffres, qui nous permet- tent d'avoir une idée de la fréquentation sur la Caravane de Juin 2009. "Pour autant, je voudrais simplement vous donner quelques chiffres dans l'attente de ce bilan. Sur une édition que nous avions voulu plus resserrée, puisqu'il s'agissait d'une soirée et de deux journées, soit un format plus court, nous avons eu pour la soirée du jeudi 11 juin, 250 personnes entre17 heures et 23 heures, le vendredi 12 juin 400 visites, le samedi 13 juin 600 visites, soit un total de 1 250 visites auxquelles il conviendrait d'ajouter la fréquentation du blog qui connaît également une progression avec 797 visites pour 3 171 pages vues. Bien évi- demment, ces chiffres ne disent rien de la qualité des échanges, de la satisfaction des participants, du fait qu'un certain nombre de per- sonnes qui se sont manifestées autour de cette caravane et qui se sont exprimées, n'avaient jamais auparavant participé à des instances de quartier. Ces chiffres ne disent rien non plus de cette atmosphère festive tout à fait marquante et importante pour le quartier que nous avons connu lors de la soirée du samedi, et qui a rassemblé entre 250 et 300 personnes." La dernière séance du Conseil municipal a eu lieu le 8 février 2010. Elle met en doute l'utilité de l'installation de la Caravane à Maurepas et on lui reproche d'avoir été détourné pour des raisons politiques. M. Plouvier - M. le Maire, nous avons été informés de la tenue pro- chaine d'une "Caravane des quartiers" dans le quartier de Maurepas. 15
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    La Caravane desquartiers 2010 - Etat des lieux Les trois premières opérations de cette nature, qui se sont déroulées dans le courant de l'année 2009, n'ont pas permis aux Rennais, et en particulier aux publics des quartiers visés, de comprendre l'objectif re- cherché par ces opérations de communication que votre première ad- jointe qualifiait d"'évènementielle". Force est ainsi de constater qu'elles n'ont pas été l'occasion d'une concertation avec les habitants sur la conduite des projets municipaux dans les quartiers concernés. Par ailleurs, ces opérations ponctuelles n'ont pas eu de suite utile dans les quartiers visités. Les limites de ce type de communication ont été reconnues en Conseil municipal. Un bilan semblait d'autant plus nécessaire, au regard du fai- ble nombre de participants, un grand nombre de Rennais aujourd'hui s'inquiète des 50 000 euros de chaque opération. Il n'y a pas eu de bilan. Cette Caravane prévue à Maurepas était est en effet doublement préoccupante. Elle intervient après que les voeux municipaux aient été en partie détournés de leur objet convivial traditionnel, pour en faire une tribune politique destinée à relayer la campagne menée contre la politique du Gouvernement. Elle intervient par ailleurs à la veille du deuxième tour des élections régionales. Devant le manque de fréquentation du public sur cet évènement, no- tamment l’année dernière, son existence est fortement remise en cause, sa reconduction compromise… Maurepas était une étape clé. Suite à l'échec ou à la réussite de cette manifestation, le maire statuera quant à la reconduction de la Cara- vane. 16
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    La caravane desquartiers 2010 - Les dispositifs technologiques Une expérimentation à Maurepas : Trois dispositifs technologiques Le Citywall Nouveau média urbain développé par la Direction Générale de la Communication dans le cadre d’un partenariat de re- cherche et développement avec la FING et la société SEL- TEN, le Citywall est un mobilier interactif tactile, manipulable par plusieurs personnes sans clavier, ni souris. La version ins- tallée à Maurepas à l’occasion de la caravane des quartiers permet notamment d’interroger la cartographie locale du guide Vivre à Rennes. On a pu également visualiser le résultat des travaux d’ha- bitants réalisés dans les ateliers préparatoires coordonnés par la di- rection de quartiers : «Architectes en herbe», «Portraits de quartier», «Paroles d’habitants», etc. Une cartographie historique et interactive du quartier mêlant images d’archives et vignettes sonores racontées par Joël David, chargé d’Odonymie et signalétique de proximité. La réalisation de ce média interactif a notamment été rendue possible grâce à l’implication de Philippe le Rouzic, des services techniques, mais aussi à celle des enfants de l’école Trégain de Maurepas, qui ont participé à la décoration du coffrage. La maquette 3D Les habitants ont pu, d’autre part, naviguer dans la maquette 3D des projets de ZAC (zone d’aménagement concertée) de leur quartier. Les déplacements se font à l’aide d’une manette de console Wii dans l’espace virtuel réalisé par la Ville de Rennes intégré dans Assemb’live, accessible via Internet à partir du blog de la Caravane et depuis l’espace Guy Ropartz. Les habitants pouvaient déposer des questions sur le projet, et découvrir les 17
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    La Caravane desquartiers 2010 - Etat des lieux 27 hectares de projet urbain de Maurepas en immersion. Comment ? Les utilisateurs se trouvaient devant un écran plasma affichant la mo- délisation en 3D du quartier de Maurepas avec les bâtiments existants et le projet de bâti. Ils s’y déplaçaient sous forme d’un avatar capable d’interagir entre eux et dans la maquette 3D, en temps réel. Ce proto- type est basé sur l’utilisation d’un moteur de jeu vidéo sur Internet dans lequel sont incorporées des modélisations de la cellule 3D du service SIG. 3. Totem Tactile Autre mobilier innovant que les habitants de Maurepas ont eu l’op- portunité de tester : le totem web tactile conçu par la société Taztag, qui permettait d’interroger le blog de la caravane de quartier par simple toucher, et de visualiser des albums multimédias ainsi que des vidéos. Le blog de la caravane[1] était alimenté en temps réel par l’équipe de Bernadette Kessler, Responsable Service Information multimédia. Au total, techniciens, communicants, chefs de projets événementiels, partenaires publics et privés ont réalisé un bel exercice de collabora- tion. Cet éventail de dispositifs technologiques fut l’objet de notre enquête, à savoir analyser : le comportement des usagers, la satisfaction des habitants par rapport à ces nouvelles propositions, la reconduite ou non de ces innovations.. [1] http://blog.carava- nedesquartiers.maure- pas.rennes.eu/ 18
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    méthodologie méthodologie Sur le terrain... Notre appropriation de la commande et l’organisation de notre enquête jusqu’à l’élaboration d’une production est la pierre angulaire de notre travail collaboratif. Elle a nécessité beaucoup d’investissement mais également des doutes, des tensions, dans le souci de répondre au mieux à la commande et de réaliser un travail de qualité. La mise en situation de notre méthodologie de recherche fait l’objet d’un retour réflexif et lucide sur les points forts et les points faibles que nous avons remarqué. L’origine du projet : une double commande des élus de Rennes et d’un dossier universitaire Pour y répondre nous avons dans un premier temps fait une visite Explora- toire, puis de façon collaborative élaboré des outils de recherche : grilles d’ob- servation et questionnaires en s’appuyant sur des apports théoriques de l’UE sur «prospectives et design des TIC». Pour répondre à la commande, nous avons décidé d’utiliser deux outils d’en- quête : un questionnaire et une grille d’observation. Nous avons repris le questionnaire préalablement préparé par l’une d’entre nous afin de l’ajuster au mieux pour qu’il soit simple et efficace sur le terrain. Nous avons bénéficié de l’aide et de la supervisation d’Annabelle Boutet, En- seignant Chercheur au département LUSSI de Télécom Bretagne etmembre du Conseil Scientifique du Gis M@rsouin. Notre souci était de ne pas trop mo- nopopliser la personne qui accepterait de se prêter au jeu des questions-ré- ponses. Le questionnaire a été organisé en trois parties: Votre parcours dans la Caravane. Vos Perceptions. Votre profil. Dans la première partie, les ques- tions étaient regroupées par dispositif technologique, afin de faciliter le travail des enquêteurs de terrain. En effet, ils pouvaient ainsi aisément interroger les personnes uniquement sur les dispositifs auxquels elles s’étaient intéressées. Concernant l’élaboration de la grille d’observation, il nous a fallu d’abord nous poser certaines questions opérationnelles : Faut-il faire une grille d’observation par personne ou bien une grille d’observation par dispositif ? Est-ce le même observateur qui suit la personne tout au long de son parcours dans la cara- vane, ou bien différents observateurs qui se transmettent la grille au fil du par- cours ? Nous nous sommes aperçus que le plus cohérent, aussi bien pour des questions d’organisation pratique que pour faciliter l’analyse, était 19
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    La Caravane desquartiers 2010 - Méthodologie d’ attribuer une personne à un seul observateur, qui remplirait une grille réservée à cette personne. Nous nous sommes donc mis d’accord sur la procédure suivante : les observateurs se placent de manière à avoir en vue l’entrée de la caravane, et à chaque arrivée d’un visiteur l’un d’eux décide de le suivre, avec une grille d’observation. Nous avons ensuite listé les éléments que nous souhaitions observer : aLes caractéristiques des visiteurs : les critères d’âge et de genre, aux- quels nous avons ensuite ajouté celui « personne seule / en groupe ». aLa temporalité : tenir compte des heures d’arrivée, et de la durée du temps passé sur chaque dispositif. aLa médiation ou l’absence de médiation : indiquer si la personne s’est faite assistée (démonstration, explication,…), sur le contenu ou bien sur le fonctionnement de tel ou tel dispositif. Distinguer par ailleurs si la mé- diation est formelle ou informelle, et de quelle manière elle est effectuée : par un médiateur officiel (médiation formelle), par un proche ou un tiers, ou bien encore par l’un de nous (médiations informelles). aLa participation active ou non : observer si la personne a une position participative ou spectatrice, autrement dit si elle utilise et manipule le dis- positif ou bien si elle se contente d’observer. aL’orientation, le parcours : prendre en compte le parcours de la per- sonne sur la caravane, c’est-à-dire l’ordre dans lequel elle s’intéresse aux dispositifs. Cela notamment pour répondre à la question suivante : qu’est- ce qui attire les personnes en premier lieu ? aLe contournement : observer également les évitements, contourne- ments des dispositifs par les personnes, de manière à faire ressortir les appréhensions éventuelles (crainte, désintérêt…). aLes contenus : indiquer l’ordre de consultation des rubriques du dis- positif « City Wall », afin de pouvoir mesurer leur succès. aLes phrases et mots clés : relever les expressions verbales pouvant éclairer sur l’état d’esprit de la personne concernant son rapport au dis- positif, et qui peuvent être significatives. Nous avions donc choisi de construire notre grille d’observation de ma- nière à ce qu’une grille corresponde à une personne. 20
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    La Caravane desquartiers 2010 - Méthodologie Nous avons alors composé la grille générale de quatre « sous-grilles » : les caractéristiques de la personne, les attitudes, les contenus du City Wall et les mots clés. En nous confrontant à la réalité du terrain, nous avons pu nous aper- cevoir de certaines limites de notre organisation. Par exemple, nous avions décidé de répartir entre les observateurs les différents arrivants, et de les suivre tout au long de leur parcours, une grille à la main. Mais dans les faits, une partie des visiteurs n'a fait nullement attention aux dispositifs technologiques, pour se rendre directement au café ou dans le second espace. Par ailleurs, pour les observateurs qui n’avaient pas conçu la grille il était difficile de se l’approprier. Cependant, dans l’en- semble l’observation a bien fonctionné. Nous nous sommes rendus sur le terrain le jeudi après-midi, après nous être répartis les tâches de manière à former deux groupes : observa- teurs /enquêteurs. A la fin de cette première demi-journée sur le terrain, nous nous sommes concertés afin d’apporter quelques révisions à notre méthodologie d’enquête. La grille d’observations à connu quelques modifications (restructuration des questions sous formes de tableaux et de cases à cocher), et il a été convenu de favoriser les ob- servations plutôt que les entretiens. Cette méthodologie a été expéri- mentée le lendemain, lors de notre deuxième enquête sur le terrain. Au final, 30 questionnaires et 15 observations ont ainsi pu être récol- tés. Une commande institutionnelle et une commande universitaire. Nous avons élaborer une stratégie de production afin de réaliser d’une part, une analyse pour le Directeur Général de la Communication et, d’autre part, un dossier collectif universitaire. Cependant nous avons souhaité donner une autre direction à ce travail en lui insufflant un caractère ori- ginal sortant du cadre universitaire.Nos objectifs se déclinent ainsi :fa- voriser une dynamique de groupe, permettre des échanges, des synergies, utiliser des outils de travail collaboratif, construire et partici- per à l’ingénierie d’un projet, mutualiser les ressources et les initiatives, rendre une évaluation de qualité. 21
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    La Caravane desquartiers 2010 - Méthodologie Résultats statistiques La présente synthèse porte sur l’évaluation des dispositifs multimé- dias de la Caravane des quartiers Maurepas qui a eu lieu du 17 au 20 Mars 2010 et répond ainsi à la commande de la Ville de Rennes. L’objectif est de faire remonter les attentes et préoccupations de l’en- semble des habitants du quartier Maurepas par rapport à l’utilité de la Caravane des quartiers en touchant tous les publics, au-delà des per- sonnes déjà impliquées dans les démarches existantes (Conseil de Quartier, Associations…). Echantillon interrogé - 30 questionnaires individuels - 15 observations Enquête réalisée les 18 et 19 mars. Echantillon non représentatif de la population du quartier, en termes de sexe, âge, catégories socio-professionnelle. Outils d’enquête Questionnaire réalisé en collaboration avec Annabelle Boutet, Ensei- gnant Chercheur au département LUSSI de Télécom Bretagne et membre du Conseil Scientifique du Gis M@rsouin. Enquête supervisée par Pascal Plantard, enseignant-Chercheur au Cread, université Rennes 2 et Jacques-François Marchandise de la FING. Les observations et les questionnaires ont été effectués principalement sur les journées du jeudi et du vendredi. Les résultats ont été reportés dans le logiciel de traitement statistique Sphinx. Cet outil a permis de créer des tableaux récapitulatifs et des graphiques qui ont été insérés dans la synthèse pour le Directeur Général de la Communication. 22
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    La Caravane desquartiers 2010 - Méthodologie Le public Le public présent à la caravane des quartiers se compose princi- palement de retraités, de cadres et d’étudiants parmi lesquels nous avons compté les publics scolarisés (classes de primaires). Les 2 raisons qui ont motivé la venue des personnes présentes à la Caravane sont : aprendre connaissance des projets d’aménagement ; apour raisons professionnelles. La plupart des habitants étaient déjà au courant du projet d’aménage- ment du quartier par le biais du Rennais. Dans l’ordre, les dispositifs qui ont d’abord retenu l’attention des par- ticipants sont : aLa maquette 3D (64,5% à l’avoir utilisé) aLe Citywall (58,1% à l’avoir utilisé) aLa borne tactile (38,7% à l’avoir utilisé) Evaluation des dispositifs technologiques Le citywall Le citywall a été utilisé de façon relativement autonome, (seul et en groupe). La fonction multitouch a donc été identifiée et utili- sée par des groupes d’usagers. Cependant, l’utili- sation du Citywall était courte, de l’ordre de 5 à 10 min sans avoir d’ idées précises de ce qu’on pou- vait rechercher. On peut donc parler de test explo- ratoire. Dans l’ensemble, les personnes interrogées ayant testé le citywall sont majoritairement satisfaites de la qualité de l’image et du son (après installation des haut-parleurs extérieurs au coffrage) ainsi que du contenu. Plus précisément, les contenus qui ont connus le plus de succès sont : les photos du quartier. 23
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    La Caravane desquartiers 2010 - Méthodologie Difficultés d’utilisation : ase repérer dans le menu, adéplacer et consulter des images. Le citywall semble-t-il utile aux habitants s’il était implanté dans la ville de façon permanente ? 48,4% d’entre eux sont convaincus contre 41,9% qui ne se prononcent pas. Plusieurs propositions d’emplacement pour le City- wall ont été évoquées : a 19,2% pensent qu’elle pourrait être utile dans une maison de quartier, a 12,9% préfèrerait qu’elle soit implantée dans une bibliothèque municipale, a 9,7% pense que la mairie serait un lieu adapté pour accueillir le Citywall. La maquette 3D La maquette 3D a été le dispositif le plus uti- lisé pendant ces 3 journées. L’usage de ce dispositif a nécessité une mé- diation active. La durée d’utilisation est relativement longue par utilisateur (environ 15-30min) et elle peut être répartie sur plusieurs jours car plusieurs personnes sont revenues plusieurs fois sur le stand. Ce dispositif a beaucoup plu et a suscité l’intérêt de toutes les généra- tions. Cet outil a permis aux usagers de se faire une idée assez précise de l’évolution du quartier. Les apports cités a meilleure compréhension a qualité du service a présentation en 3D a meilleure perception du réel, de l’existant. Ce dispositif serait bien accueilli s’il était implanté dans la ville puisque 35,5% de testeurs l’ont trouvé utile. 24
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    La Caravane desquartiers 2010 - Méthodologie Emplacements possibles d’implantation a mairie a maison de quartier a Champs libres Cependant 25,8% des usagers ont rencontré des difficultés de maniabilité avec la wiimote et plusieurs fois, la gêne res- sentie par rapport à la profusion d’éléments à regarder est ressortie dans le discours des habitants. La borne tactile L’utilisation de ce dispositif a été relativement courte (en majorité de 5 à 15 min) et entièrement autonome. Nous avons constaté une satisfaction générale du dispositif pour 38, 7% des utilisateurs contre 58,1% qui ne se prononcent pas ayant es- timé qu’ils ne l’avaient pas testé suffisamment long- temps pour émettre un avis. Les vidéos ont suscité un intérêt majeur pour les usagers, le dispositif se prêtant bien à ce type de contenu multimédia. Ce dispositif emporte l’adhésion des utilisateurs quant à son installation éventuelle dans la ville. La majorité l’imagine dans une maison de quartier quant aux autres, ils ont proposé dans la rue, dans les pôles sociaux ou autres structures associatives. Bilan général Cette Caravane a été relativement utile puisqu’elle a changé positivement le regard de 38,2% des habitants par rapport au projet d’aménagement du quartier. Elle n’a rien changé pour 38,7% des usagers. Aucun participant n’a déclaré porter un re- gard négatif. Cette caravane a changé le regard des habitants sur les technologies de façon positive pour 51,6% d’entre eux. 25
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    La Caravane desquartiers 2010 - Méthodologie Quels bénéfices ? IInformation, convivialité, lien social, découverte de projets et des ac- tions d’écoles, communication, meilleure compréhension des projets de la municipalité. Cette caravane est-elle utile ? a 71% répondent oui contre 12,9% ; 16,1% ne se prononcent pas. A-t-elle facilité la communication entre les habitants et les élus ? a 51, 6% sont d’accord contre 32,3% ; 16,1% ne se prononcent pas. Vous a-t-elle convaincue que les nouvelles technologies peu- vent servir l’urbanisme ? a 71% le reconnaissent contre 16,1% . 12,9 % ne se prononcent pas. Synthèse des observations a Les dispositifs multimédias apparaissent davantage comme des supports complémentaires aux affiches de présentation du plan de Z.A.C. a Ils favorisent les échanges entre habitants du quartier. Les dispositifs permettent une prise en main relativement aisée par les utilisateurs, surtout la Borne tactile et le City Wall. a Un intérêt particulier pour ce genre d’évènements par les per- sonnes âgées et les écoles. Mais les générations se sont peu mê- lées, peu d’échanges entre elles. a Forte mobilisation des associations et acteurs du quartier. a Peu d’échanges directs avec les élus, en revanche, beaucoup de messages asynchrones envoyés aux élus avec des questions précises sur le quartier. 26
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    La Caravane desquartiers 2010 - Méthodologie La production : une initiative collaborative Un travail collaboratif à 3 niveaux Les 3 composantes ci -dessous font partie de la dynamique de colla boration étudiée par Lundgren-Cayrol et Henri. Elles sont nécessaires pour mener à bien un travail collaboratif. Nous estimons que nous de- vons retravailler sur ces notions pour arriver à un niveau de collabo- ration optimale. a L'engagement : au cours de ce travail collaboratif, on a pu mettre en avant que cet engagement était de différents ordres. Pour cer- tains, il est constant ; pour d'autres, plus fluctuant ou incertain. Il est aussi parfois plus laborieux à des moments de la production, étant donné l'effort permanent requis sur la durée de la production. D'au- tres phénomènes ont régi la vie de notre équipe, comme les effets d'engagement/désengagement, les effets de sous- investissement/sur-investissement, les effets de solidarisation/dés- olidarisation. Dans ce cadre précisément, ne devrions-nous pas interroger les no- tions d'autonomie, d'éthique et de valeurs propres à chacun des mem- bres du groupe ? N'est-il pas aussi essentiel de rester dans une dynamique d'entraide, respectueuse de l'autre et de ses potentielles difficultés aussi pour maintenir, toujours également, son contrat d'en- gagement de départ ? a La coordination : elle est indispensable dans une perspective d'ef- ficacité et de cohérence de la production. Plus le groupe de travail est important (notre groupe 12 membres pour 3 coordinateurs), plus ce travail de coordination requiert un sens pédagogique exacerbé. Écoute, patience, respect, tact et régulièrement un nécessaire exer- cice d'explicitation auprès des contributeurs, doivent être les tâches prioritaires des coordinateurs. Une explicitation renouvelée des étapes du projet, une synthèse régulière des éléments apportés par les contri- 27
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    La Caravane desquartiers 2010 - Méthodologie buteurs. Ce travail de coordination requiert une certaine expertise qui n'est pas forcément reconnu alors que, quand bien même, il est es- sentiel au bon fonctionnement du projet, à la progression de la produc- tion. En effet que fait-on sans pilote dans l'avion ? Mais il faut bien admettre que cette activité manque de visibilité. C'est un don de soi, il faut donc la pratiquer avec humilité, sens du service au groupe. Cette notion interroge la notion de légitimité et de reconnaissance. Qu'est ce qui rend, un membre du groupe, plus légitime qu'un autre à assurer cette fonction ? Comment légitimant 'élire, désigner) le membre pré-disposé à coordonner, éveille-t-on une prise de conscience de cha- cun des membres du groupe ? Comment maintenir ce lien entre les membres ? Sans le dire n'abordons nous pas ici la notion de manage- ment de projet ? a La communication : un travail collaboratif ne peut souffrir d'impro- visations. Les échanges doivent être nuancés, distanciés. Le coordi- nateur doit toujours modérer ces propos et réguler les situations conflictuelles par exemple. Dans quelle mesure la communication entre les membres d'un groupe peut être plus performante ? C'est la question du management de projet qui revient, comment s'adresser aux équipiers ? Comment garder sa troupe motivée ? Gar- der le sens de l'humour et de la dérision, cela a été notre mode de fonctionnement. Retenir aussi que cette communication, révèle bien souvent les personnalités des contributeurs. Elle agit comme une loupe sur les comportements de chacun. Les différentes étapes de notre pro- duction, nous ont permis, notamment dans le rapport à l'écrit, de révé- ler certaines caractéristiques de la personnalité des contributeurs, de souligner quelques attitudes. Le travail collaboratif et ses complexités : Nous avons dû gérer les complexités d'une production au travers d'une réflexion collective (pas simple !) avec des moyens de l'ordre du brico- lage, notamment pour le traitement des données et l'espace de travail collaboratif, pour ainsi dire inexistant, en tout cas pas du tout adapté à un travail de cette ampleur : a La complexité pédagogique : entre commande institutionnelle et production universitaire. Comment répondre à ces deux attentes ? Notre réponse a été double, une présentation du projet de la Cara- vane des quartiers avec ensuite une articulation sur des focus-re- 28
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    La Caravane desquartiers 2010 - Méthodologie cherche abordant des thématiques récurrentes. a La complexité spatio/temporelle : devant l'urgence de la com- mande et des membres du groupe dispersés, il a fallu trouver des solutions pour pallier à ces difficultés. C'est le recours à un outil : Google docs notamment, qui nous a permis de dépasser cet obsta- cle. Ainsi chacun des membres de l'équipe avait la possibilité de contribuer à faire avancer le dossier commun. Lors de cette production, nous avons pu constater de l'importance des phases synchrones, menées pour une réflexion collective et asyn- chrones, menées pour une réflexion plus individuelle. Un outil Google docs exploité, mais il faut reconnaître qu'il était insuf- fisant pour engager pleinement des phases de réflexion collective en mode synchrone (écriture collective) a La complexité psycho-cognitivo-affective : celle-ci relève de la no- tion de réflexivité. A chaque mise en situation collaborative, un pro- cessus métacognitif se met en place. Il ne faut pas négliger non plus la part des affects dans ce processus d'élaboration. Notre travail col- laboratif a dû concilier avec toutes ces composantes individuelles. c'est ce que nous avons fait courageusement ! Nos armes, n'est-ce pas des outils et des méthodes adéquates mis à notre disposition ? Une liberté pédagogique structurante ou déstructurée ? a Une liberté pédagogique qui permet un travail de créativité et de développement de l’autonomie a Le choix des outils : utilisation d'une plate-forme de travail colla- boratif : Google docs ; utilisation d'un outil de sondage pour dispat- cher les tâches : doodle ; nombreux échanges par mails, téléphone a Le choix de définir un travail cohérent pour tous : la rédaction d’articles scientifiques sur des sujets d’intérêts TEF (technologies de l’éducation et de la formation) a Une liberté qui permet travail réflexif sur le déroulement de la pro- duction Lors de ce travail nous avons été des acteurs et des apprenants ré- flexifs. Nous avons pu vivre des notions de respect, de solidarité, d’écoute, de bienveillance, d’humilité, d’engagement, d’ouverture d'es- prit, d'éthique, parfois de façon inégale. Nous nous interrogeons sur 29
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    La Caravane desquartiers 2010 - Méthodologie le bien-fondé d’une grande liberté pédagogique certes, mais ne serait- elle pas plus efficiente avec un accompagnement, un encadrement ? Dans quelle mesure un accompagnement adapté peut permettre de mieux gérer la confrontation au groupe, de mieux appréhender le tra- vail collaboratif à distance notamment ? Et peut-être, avec l'appui d'une véritable structure encadrante qui conduit la réflexivité du sujet et ses prises de conscience régulières au cours de l'avancée du projet, pourra-t-on dire...Vive le travail collaboratif ! Au final un bilan contrasté... ...et des représensations très différentes que l’on peut repérer dans les différents témoignages d’étudiants qui ont participé à ce travail collaboratif : « Lors du (bref) travail en amont ayant eu lieu la veille et le jour de la Caravane des quartiers, j'ai senti une cohésion de groupe, et pour moi il y a eu un vrai travail collaboratif sur les outils de recherche. Une fois sur le terrain, peu de coordination au sein du groupe, et malgré l'inves- tissement de la majorité, on sent que certains commencent déjà à "s'éloigner". Ensuite, concernant l'analyse... Travailler de manière col- laborative pour un groupe d'une douzaine de personnes éloignées géo- graphiquement, c'était mission impossible! Heureusement, des "leaders" se sont vite détachés du groupe et ont pris les choses en main pour "porter" le groupe, qui en avait besoin. L'outil Google docs a été mis en place, mais il ne fait pas tout, et ne peut pas suffire à mo- tiver les troupes. Mais un travail coopératif a été réalisé par une partie de l'équipe. Les grilles qui ont été proposées étaient une très bonne idée et nous ont permis de mettre en commun nos données. Mon sen- timent est de ne pas avoir maîtrisé grand chose durant tout le dérou- lement du projet, de n'avoir pas été "acteur". J'aurais souhaité m'investir davantage, mais les délais, la charge de travail, l'éloigne- ment, le nombre de personnes sur le projet, tout cela a fait que je n'ai pas pu participer réellement au travail collaboratif. Si c'était à refaire, bien sûr il nous faudrait plus de temps pour mettre en place une stra- tégie à mener en amont, sur place et en aval. Il aurait fallu nous concer- ter après l'enquête de terrain, afin de demander à chacun la manière dont il voyait la méthodologie collaborative, et la manière dont il sou- haitait s'investir. Le temps nous a manqué. » 30
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    La Caravane desquartiers 2010 - Méthodologie «Dans le cadre d’une commande de la ville de rennes, les M2 TEF ont- travaillé sur la caravane des quartiers. Cette commande étant assez floue et importante, nous avons dû nous organiser pour travailler en- semble sur ce projet afin de recueillir des données sur cet événement et de les regrouper dans un rapport relatant ce qui se joue lors de cette manifestation ainsi que la réaction des habitants. Pour ce faire, nous avons travaillé ensemble. La première partie du travail s’est passé en présentiel. En effet, nous avons profité de la semaine de regroupement pour réellement nous pencher sur le sujet (correction du questionnaire, création de la grille d’observation, explication des rôles de chacun lors de la manifestation…).Suite à cela et à l’initiative d’un des membres du groupe, nous avons travaillé via une plateforme collaborative, google doc. Cela a permis de palier aux contraintes géographique de chacun et par là même de continuer à échanger et regrouper nos observations et écrits. Cette méthode de travail permettait à tous de participer. Ce- pendant, il faut être réaliste, comme dans toute collaboration, il y en a toujours qui donne plus de temps, de motivation et d’initiative. Un travail de groupe à distance n’est pas une chose facile à réguler et à diriger, surtout à 11. Il est donc logique de constater que même si chacun des membres participe sans problème, il y a toujours un noyau dur qui gère la troupe et la relance ou tout simplement s’investi plus. Pourtant, mal- gré les diverses contraintes, on peut remarquer que le travail est fait, donc on peut penser que les choses ne se sont pas trop mal organi- sées...» « La collaboration a eu lieu lors du regroupement à l'université, avant de se rendre à la Caravane de quartiers, sur l'élaboration du question- naire et de la grille d'observation. Finalement, je trouve qu'il y en a eu peu au sein de l’ensemble du groupe. L'outil google docs fut finalement peu investi par la majorité des personnes mais il y eut sans doute beau- coup de collaboration dans le comité rédactionnel. J’ai finalement un peu découvert ce que l'on allait présenter dans ce dossier lors de la journée Protice. Une suggestion : pourquoi pas l'utilisation d'un wiki pour un prochain travail collaboratif? » « Le travail collaboratif de la caravane des quartiers me paraît essentiel car c’est la mise en commun de nos énergies. Grâce à Sophie nous avons eu le cadre de travail, avec les objectifs, les buts et une com- mande qui était bien définie. Cela nous a permis de nous répartir les 31
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    rôles selon nosdisponibilités et nos compétences. Les jours passés ensemble dans la caravane ont été très motivants pour comprendre l’esprit de ce projet. Le travail ensemble a été très intéressant, difficile car nous étions nombreux. Il est plus difficile de travailler ensemble en grand groupe qu’à 3 ou 4. Je regrette un peu de ne pas avoir beaucoup participé aux échanges sur la plateforme, occupée par le dépouillage, des questionnaires. Mais prendre connaissance des documents sur Google docs m’a permis de me sentir incluse dans le travail, même si j’ai peu pris part aux discussions à propos du dossier. Avec du recul, je me dis que j’aurais du transmettre mes impressions tant sur l’observa- tion, que l’administration des questionnaires, et sur les gestes, les atti- tudes des personnes que j’ai interviewées. Mais, j'ai aussi beaucoup aussi utilisé les messages téléphoniques et les échanges mails. Il m’a semblé précieux qu’un petit groupe prenne la coordination du travail pour donner des pistes à tous et faire réfléchir sur des compléments à réaliser. J’ai beaucoup appris avec ce travail collaboratif. Les ré- flexions, les informations échangées et partagées, m’ont permis de m’ouvrir sur d’autres compétences et de nouveaux savoirs être et faire. Chacun a investi des temps différents, à des heures différentes, mais cela a été un véritable travail de groupe dans lequel nous avons essayé de faire passer l’image de notre filière.» « Dans le cadre de l’expérience de la caravane du quartier, nous avons été amenés à travailler collectivement sur différents travaux autour de cet événement. Effectivement nous avons réalisé différentes produc- tions : préparation de l’observation de terrain, travail d’enquête, retrans- cription des résultats, analyse, présentation de l’expérience lors de la journée protice, réalisation d’articles etc. Pour effectuer ces différents travaux nous avons mis en place une stratégie d’échange et de colla- boration. Effectivement, étant tous sur des terrains de stages différents, ayant tous des contraintes différentes il était difficile de nous réunir. Ainsi, très rapidement un membre du groupe a créé un compte Google Doc et a diffusé les identifiants afin de mutualiser nos productions. Cet espace nous a permis d’organiser notre travail de façon pertinente et s’adapter aux contraintes de chacun. Grâce à l’accès aux informations sur un même espace où chacun pouvait contribuer, nous avions l’in- formation en temps réel et pouvions travailler ensemble, le tout à dis- tance. Grâce à cette stratégie de travail collaboratif nous avons pu tous nous impliquer dans ce travail, en respectant la disponibilité de chacun. 32
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    C’est également unoutil que nous pourrons réutiliser dans un futur plus ou moins proche dans le cadre d’un travail d’équipe. Notre stratégie de collaboration nous a donc permis d’optimiser notre travail, d’éviter la perte d’information causée lors des allers retours de mails par exemple, de fonctionner en groupe organisé en se centrant sur des documents communs. Il n’y a pas eu de directives données en amont chacun a su s’investir et s’approprier les informations et productions spontanément. Nous étions donc dans un principe d’entente cordiale, de respect du rythme de chacun et de confiance dans le groupe. Finalement, ce fut une expérience riche et formatrice ! » Néanmoins, notre travail de collaboration aurait pu être davantage op- timisé par l’utilisation d’outils de partage comme Diigo qui permet le partage de référence avec des possibilités de commentaires, de souli- gnage etc. Nous aurions également pu optimiser les moments de re- groupement à la fac pour organiser notre travail et se répartir plus uniformément les tâches. Effectivement, même si globalement le travail de groupe fut efficace et enrichissant, on se rend compte qu’au-delà de quatre personnes cela devient difficile de réaliser un travail collaboratif de ce type, mais nous avons su être réactifs et relever ce défi ! 33
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    focus -rech erche focus-recherche introduction A l’origine de notre travail une commande certes, et après... Comment ar- ticuler cette réponse institutionnelle avec notre formation universitaire ? Telle a été notre seconde préoccupation. Nous avons choisi un format qui a aussi cette caractéristique, d’être légi- time auprès de la communauté scientifique : le focus-recherche ou article scientifique. Créatif et pertinent, le focus-recherche a toutes les qualités pour répondre à notre deuxième priorité. Il nous a permis de développer différentes thématiques parmi lesquelles la démocratie participative et ville 2.0. Du projet d'urbanisme, aux appels à la participation de citoyens responsables et concernés, jusqu’aux élus qui viennent presque à domicile, quel message porteur de sens, les élus veu- lent-ils faire passer au travers de ces rencontres citoyennes ? Cette première contribution a été partagée à 8 mains. Le sujet très dense méritait que l’on si arrête plus longuement. Nous avons fait le choix de le scinder en deux parties : une première partie de conceptualisation de la notion de démocratie participative, ce qu’elle représente aujourd’hui dans notre société en pleine mutation numérique ; une seconde partie sur l’expérimentation de démocra- tie participative illustrée par la Caravane des quartiers. Accessibilité et handicap. Dans cet article le quartier est interrogé comme espace intégrateur de la personne handicapée. La politique locale n’a t-elle pas intérêt au regard de tous ses habitants et fortement incitée par la législa- tion, à rendre ce type de manifestation accessible à tous y compris les per- sonnes vieillissantes et en situation de handicap ? Le quartier est lieu de vie, ces rencontres citoyennes comme la Caravane des quartiers lieu d’informa- tions mais aussi lieu de socialisation pour les personnes fragilisées, comment le développement de l’accessibilité à ces rendez-vous urbains peut leur per- mettre de devenir pleinement acteur des modifications de leur lieu de vie ? Médiation/médiatisation. Ici les auteurs de l’article se posent les questions suivantes : quelle est la place de la médiation dans la transmission numérique d’un message ? quelles médiations pour quels objectifs ? Quel processus de médiatisation est mis en œuvre dans les dispositifs expérimentés à la Cara- vane des quartiers ? C’est le point de départ de leur réflexion. Entre médiateur humain et technologique, entre processus de conception et de scénarisation, 35
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche quelle est la pertinence des dispositifs multimédias présentés lors de la manifestation ? Enfin les phénomènes de socialisation. Les auteurs s’interrogent sur cette manifestation : réunit-elle réellement les caractéristiques néces- saires à la mise en place d’un réel processus de socialisation, pouvant ainsi répondre aux objectifs fixés par la Ville de Rennes ? Après avoir relevé des constats, s’être penché sur les limites auxquelles un tel évè- nement se trouve confronté, il est question dans cette article de savoir en quoi la caravane était ou non un lieu propre à la socialisation. Une fois répartis et engagés dans nos différentes problématiques nous nous sommes, en dernier lieu, exercés à produire un ensemble de re- commandations se rapportant à chacun des sujets traités. 36
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche Démocratie Comment la démocratie pourrait ne pas être participative participative ? Définitions et ville 2.0 Etymologiquement : « La de- mokratia vient du grec demos, peuple et kratein commander, pour désigner le gouvernement par le peuple considéré en tant que citoyen, i.e. jouissant du droit de cité. ». Mais encore : « Régime politique dans lequel la souveraineté appartient au peu- ple, ou plus exactement aux Démocratie participative, de proximité, délibérative… Ces formula- membres de la société qui sont définis comme citoyens. ».1 tions sont nombreuses et peuvent revêtir des sens parfois assez éloi- Plus près de notre réalité : « gnés même si ils ont en commun de faire participer les « citoyens » au Régime politique dans lequel la souveraineté appartient au peu- débat public. Les évolutions sémantiques peuvent avoir des implica- ple qui l'exerce directement (dé- tions fortes qui nécessitent une observation attentive et constante. mocratie directe) ou par l'intermédiaire de représentants élus pour agir à sa place, en son nom et sous son contrôle (dé- Démocratie participative : mocratie représentative) ».2 Et enfin ce qui pourrait le plus mythe ou réalité ? se rapprocher de la démocra- tie dite « participative » : « Sys- tème politique fondé sur le respect de tous qui généralise le Assaba Bruce dialogue et encourage la partici- Sylvie Gastineau pation du peuple à tous les ni- veaux de tous les organes de la société civile. Forme de gouver- nement où la participation du L'ascension fulgurante de Barack Obama pendant la campagne prési- peuple est requise et qui repose, dentielle américaine de 2008 est une démonstration en force d'une entre autres, sur I'indépendance des pouvoirs exécutif, législatif et forme de démocratie participative émergente. Il semble bien que l'élec- judiciaire et sur des élections li- bres. De nombreux droits civils, tion de Barack Obama à la tête des Etats-Unis doit beaucoup aux tels le droit d'association, d'as- usages du Web et d'Internet : la clicocratie (Eudes, 2009). Tous les cy- semblée ou de la presse sont in- dispensables à la réalisation des bercitoyens ont été sollicités dans cette campagne et se sont ainsi senti droits politiques qui sont à la base de la démocratie. »3 investis dans la vie de la Cité. La communauté e-citoyenne s'est no- Concernant le mot participatif, tamment inscrite pleinement dans cette agora numérique, qui s'est ré- qui est « Relatif à la participation vélé le parfait relai de l'agora publique. Elle a été l'occasion de débats » 4 la définition est la suivante dans Le petit Robert : « La dé- publics médiatisés sur le web. On se souvient aussi de l'impact consi- mocratie est la participation à droit égal, à titre égal, à la déli- dérable d'Internet et de ses internautes, sur le traité établissant une bération des lois et au gouver- Constitution pour l'Europe. nement de la nation ». www.maphilosophie.fr/lexique.php 1 La participation s'impose de plus en plus comme le terrain obligé de la po- 2 www.camillederoccaserra.com/glos- sary/Glossaire_gi809.html litique et de l'action publique. De nouveaux mouvements sociaux via les 3 www.aidh.org/Biblio/Vocabulaire/Droit s.htm réseaux sociaux s'appuient également sur ces formes horizontales de 4 http://fr.wiktionary.org/wiki/participatif 37
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche coordination. Nous assistons à une profonde mutation qui dépasse le sim- ple effet discours, le simple effet mode : une grande conversion du nu- mérique est à l'oeuvre (Doueihi, 2008 ). Qu'en est -il de cet idéal démocratique logé entre démocratie participative, de proximité, délibéra- tive ? Dans un premier temps, mieux définir les contours, sémantique, his- torique de cette notion avec ses nombreuses formulations, éclaire déjà notre propos. D'autre part, mettre ce concept à la lumière de quelques théories sur le sujet, permet de mieux appréhender cette probléma- tique. En effet cette notion (démocratie participative) est tellement pro- téiformes et le terme tellement galvaudé qu'il a fallu trouver un angle de recherche. C'est le lieu de la proximité et notamment celui de la proximité des élus aux habitants qui a retenu notre attention. Il nous a semblé en effet opportun de faire le lien avec le site de notre obser- vation : la Caravane des quartiers. Qu'est ce que les élus mettent en place pour impliquer les habitants au projet urbain de quartier ? De plus à l'heure du numérique, cette notion de démocratie participative recouvrant de nombreux enjeux. Quels sont justement les défis aux- quels celle-ci doit faire face, en cette période de profonde mutation ? Nous l'évoquerons, comme dernier point de notre focus-recherche. Tout au long de notre réflexion nous nous sommes régulièrement nour- ries d'auteurs ayant écrit et produit sur le sujet. Définition de la démocratie participative Ces formulations sont nombreuses et peuvent revêtir des sens assez éloignés même s'ils ont en commun de faire participer les « citoyens» au débat public. Les évolutions sémantiques peuvent avoir des impli- cations fortes qui nécessitent une observation attentive et constante. Si on s’attache aux définitions ci-dessous, il semblerait que ces deux mots ensemble forment une redondance ou un pléonasme, et le terme « participative » ici n’est pas un adjectif mais un processus qui est ap- paru dans les années 1970. Les premières théories de la démocratie participative des années 1970… Carol Pateman , C.B. MacPherson ou Benjamin Barber sont les pre- miers théoriciens de la « démocratie participative ». Tous trois anglo- saxons, leur réflexion est fondée sur la critique de la démocratie « 38
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche représentative », comme les philosophes Hannah Arendt et John Dewey, ils pensent la « participation » comme capacité de la société civile à être active et participer à la recherche de solutions adaptées à ses problèmes, proches de la démocratie athénienne. … Au début du XXIème siècle. Au début des années 2000 cette notion est controversée et en 2002 les députés français rejetèrent le terme de « démocratie participative » au profit de « démocratie de proximité » concernant la loi qui imposait la créa- tion de conseils de quartiers dans les villes de plus de 80 000 habitants. Aujourd’hui, la démocratie participative est dans l’ère du temps et les dispositifs qui s’y réfèrent se multiplient, mais restent pourtant margi- naux et ses expérimentations très localisées. Et si toutefois on en fait usage au-delà du local, elle reste uniquement consultative sans que l’on puisse évaluer ses effets sur les décisions politiques. La métaphore de John Parkinson : « lorsque les citoyens sont associés à la prise de décision, le processus peut porter sur le "housing" (urba- nisme), c'est-à-dire sur des questions structurelles. Il peut aussi concerner le "building" (architecture), à savoir des problèmes impor- tants mais de second plan. Il peut enfin se focaliser sur le "painting" (décoration), c'est-à-dire sur des enjeux en aval et relativement margi- naux », est intéressante car elle illustre bien les dispositifs qui se ré- clament de la démocratie participative et leurs niveaux d’influence sur 1 Carole Pateman est une théo- ricienne britannique en politique les décisions politiques. et impliqué dans le féminisme. Elle est l’auteure de Participa- Pour l’instant les citoyens restent davantage consultés sur la « déco tion and Democratic Theory. Cambridge Univ. Press, 1970. », que sur des questions plus essentielles concernant l’intérêt général. 2 Crawford Brough Macpherson était un influent théoricien cana- Si la démocratie participative reste l’affaire de quelques élus ou mou- dien en sciences politiques, en- seignant à l’université de vements politiques en marges (Attac, cercles alternatifs…), elle a ten- Toronto. 3 Hannah Arendt (1906 - 1975), dance à sortir des milieux expérimentaux pour aller du bas vers le haut est une philosophe allemande naturalisée américaine, connue et ainsi transformer la façon de gouverner et de faire de la politique en pour ses travaux sur l’activité politique, le totalitarisme et la s’institutionnalisant progressivement. modernité. 4 Enseignant-Chercheur britan- Même si on est davantage sur des notions de « cyber-démocratie par- nique spécialiste de la démocra- tie participative, cité dans : Yves ticipative », la campagne de Ségolène Royal lors des dernières élec- Sintomer, Carsten Herzberg, Anja Röcke, Les Budgets partic- tions présidentielles avec son site « désir d’avenir » est un exemple ipatifs en Europe. Des services publics au service du public, La français de promotion de la démocratie participative comme fondement Découverte, 2008, p.300. 5 Insérer un petit encadré avec d’un projet politique, mais on peut également citer l’exemple américain des définitions succinctes de chacune des notions du premier de la campagne de Barack Obama. paragraphe 39
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche Des pratiques de « démocratie participative » protéiformes Il n’est pas question d’être exhaustif étant donné les logiques politiques contrastées que véhiculent la no- tion de démocratie participative et les instruments qu’elle utilise. Alors que dans les années 1970, la dé- mocratie participative était envisagée comme un pro- cessus spontané et informel, elle est aujourd’hui plus procédurale : une attention croissante est portée aux publics impliqués, à l’organisation des débats et aux contenus des discussions. Des dispositifs de démocratie participative pluriels Les jurys citoyens, les conférences de consensus, les sondages déli- bératifs et les agendas locaux, mais également les conseils de quartier ou les budgets participatifs et enfin la Commission nationale du débat public en France sont des dispositifs de démocratie participative. Cer- taines d’entre elles vont bien au-delà de la simple consultation, même si en France nous sommes en retard par rapport aux autres pays eu- ropéens. De la démocratie participative à la démocratie de proximité : discours des élus et réalité De l'idéal démocratique participatif et délibératif à la montée en puis- sance, ces dernières années, de la thématique de la proximité dans le discours des élus, quel sens y donner ? B. Barber parle de com- munauté démocratique vivante, d'un "nous" constamment recréé par la discussion, d'une participation pensée à l'échelle locale. Il accuse la démocratie représentative de favoriser l'apathie et l'aliénation poli- tique du plus grand nombre. Il lui importe que le maximum de per- sonnes puisse être impliquées dans des activités de participation, que réapparaisse cet espace de discussion, notamment pour ce qu'il nomme les exclus de la chose publique. Cette motivation de la parti- cipation reste aujourd'hui vive, notamment dans les multiple expé- rience qui tentent d'impliquer localement des publics fragiles, principalement en milieu populaire. Qu'il s'agisse d'ateliers populaires 40
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche d'urbanisme, de groupes de qualification mutuelle, d'université du ci- toyen ou de théâtre forum, différentes techniques sont mobilisées pour produire un effet de politisation auprès de ces groupes (M. Carrel ). Le concept de démocratie participatif de Jürgen Habermas et John Rawls s'appuie sur des participants actifs, orientés vers l'entente et ouverts aux arguments de l'autre. Ils mettent en effet l'accent sur la capacité de la délibération à fonder la légitimité de la décision et sur les compétences déployées par les participants à la discussion. Ce concept de démocratie délibérative constitue aujourd'hui l'une des sources d'inspiration majeures des expériences de démocratie parti- cipative. Face à cet idéal, une réalité : un discours de légitimation du lien re- présentatif. Dans un contexte de crise de la représentation les élus tiennent un discours d'auto-légitimation pour restaurer de la confiance politique et rétablir du lien social. Le discours sur la proximité sert des intérêts électoraux (L. Blondiaux ). Les élus travestissent en connais- sance de cause les termes du contrat initial (l'idéal de démocratie par- ticipative) dans des perspectives électoralistes. Ainsi formulée l'alternative risque de demeurer stérile. Elle risque surtout de rompre avec le sens donné à l'action publique alors que l'objectif de cette proximité, de cette démocratie participative est bien de soutenir la dé- mocratie représentative (C.Lebart, R. Lefebvre ). Cette posture des élus donne lieu à un espace de rupture et non de rencontre où habi- tants et élus sont dos à dos, face à face, se croisent parfois mais ja- mais ne se rencontrent vraiment. Les enjeux de la démocratie participative Pour certains « démocratisation de la démocratie » pour améliorer la gestion publique, pour d’autres elle serait une menace pour la démo- cratie représentative, ou encore un outil de communication pour les gouvernements afin de désamorcer les conflits sociaux. Mais en fait ses réalités sont beaucoup plus diverses et il s’agit de les analyser d’une manière plus systémique afin d’en appréhender les diverses lo- giques sociales et politiques à l’œuvre. Si les résultats des expé- riences de « démocratie participative » menées sont mitigés et insuffisamment évalués, il semblerait qu’elle est un impact important, notamment sur les élus locaux et l’action administrative et les struc- tures participatives connaissent une croissance exponentielle notam- 41
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche ment avec les réseaux sociaux, mais également avec l’Internet, que les responsables politiques ne peuvent plus ignorer. Démocratie participative à l’ère numérique La démocratie comme l'a si bien résumé Lincoln , "c'est le gouverne- ment du peuple, par le peuple et pour le peuple". La République en a fait son principe dans l'article 2 de la Constitution de 1958. La démo- cratie n'est pas qu'un mode d'organisation du pouvoir. Elle représente aussi une certaine conception de la société, voir un idéal collectif. Elle est à la fois une forme de société de liberté et un régime politique. A l'ère du numérique, n'est-ce pas l'opportunité offerte de revenir à ces fondamentaux ? Évoquer l'idée de démocratie électronique peut paraître étrange mais la démocratie électronique ne se résume pas au remplacement des techniques pour le vote. Il s'agit d'une démocratie qui dispose d'un en- vironnement électronique et numérique agissant pour elle et lui ouvrant de nouvelles perspectives pour son fonctionnement général. Quels sont par exemple les impacts de la culture numérique et électronique sur nos démocraties contemporaines ? On a un ordre numérique qui s'est construit sous nos yeux. C'est les changements techniques, l'évolution permanente des matériels informatiques e de leurs intercon- nexions qui permettent l'existence d'une démocratie numérique. Com- ment les technologies de l'information ouvrent de nouveaux espaces de liberté, une nouvelle expression démocratique pour l'épanouisse- ment de la démocratie entre génération Web 2.0 et communication am- plifiée ? Dans la même perspective des modalités de e-gouvernement et de e-administration se mettent en place et créent de nouveaux modes de fonctionnement des démocraties et de leurs administrations. Une communication entre administrés et administrations qui prend aussi une forme virtuelle (P.Levy , 2002, M. Rocard, 2007 ). Ce recours à la e-démocratie peut permettre d'envisager des modes d'évaluation et de cyber-résistance face à la pertinence ou non d'une politique pu- blique. Pourquoi ne pas considérer aussi Internet comme un espace généralisé de veille et d'évaluation du monde ? (J.C. Boual, P. Brachet, 2004 ). Au final, 'n'est-ce pas de la reconnaissance d'un droit fonda- mental d'accès à l'espace numérique et aussi du bon usage de l'Inter- net, de ses services ou de ses sites que se conduira le possible processus de rénovation démocratique ? 42
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche Les défis de la e-démocratie La e-démocratie doit relever plusieurs défis : le changements d'habi- tudes liés au numérique n'ont pas altéré la nature humaine et le rapport à l'institution. Elle doit coordonner la mise en place de réglementation ou de régulation adaptée aux usages d'Internet afin que droits et liber- tés soient respectés. Mais comment gérer ce décalage, cette com- plexité entre phénomène d'émancipation et d'asservissement avec des comportements condamnables ? Elle doit aussi s'atteler à la construc- tion d'une véritable citoyenneté numérique pour éviter l'apparition de nouvelles inégalités face à la société numérique. Dans quelle mesure est-il envisageable de permettre l'accessibilité au plus grand nombre de personnes ? Dans le cas contraire la fracture sociale risque fort d'être accentuée. Les changements d'ordre sociaux sont aussi à pren- dre en compte. Ils sont nombreux spécialistes et néophytes à s'emparer de l'informatique et de ses développements. Il y a aussi l'apparition de nouvelles pratiques sociales via des réseaux sociaux comme Myspace ou Facebook qui favorisent l'émergence de nouvelles relations entre les individus.(Eudes et Plas, 2007 ). Face à ce développement, pas de dévotion béate, pas d'inquiétude excessive mais il est essentiel de res- ter lucide et déterminé. Après tout il ne s'agit que de technologies de l'information. N'oublions pas que les technologies à l'œuvre peuvent être utilisées aussi bien pour accroître les libertés que les réduire car le contrôle social est rendu plus facile aujourd'hui qu'hier. Le secret de la vie privée semble céder la place à une forme de transparence des individus qui s'exposent sur la toile. Ainsi par exemple, le secret de l'iso- loir pour le vote est-il réellement possible à maintenir avec des supports électroniques ? On sent bien qu'une cybersociété réellement démocra- tique suppose l'éclosion de cybercitoyens respectueux de la liberté des autres et soucieux d'affirmer et de défendre leurs droits et leurs libertés. D'une manière générale, est-ce que ces outils numériques n'arrivent pas justement, de manière positive, au moment où l'on assiste où s'exerce une crise de la représentation et à une remise en question des représentants ? Conclusion : l'Homo numericus ! La société numérique, nouvel âge d'or ? Elle en offre beaucoup de signes en tous les cas, par les richesses matérielles qu'elle produit et par les espaces de liberté qu'elle ouvre. Pour autant loin d'être généra- 43
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche lisé à toutes les politiques publiques, elle doit encore être mise en œuvre pour faciliter l'accès à la société numérique par le plus grand nombre. Les questions d'identité des personnes, de vie privée, de li- bertés individuelles ou de propriété intellectuelle sont autant d'éléments qui se trouvent en partie déstabilisées par les technologies électro- niques et numériques. Avoir à faire à des comportements de cyberci- toyens, conscients de leurs droits pour éviter que ces questions ne portent atteinte justement à leurs libertés individuelles. L'avènement du numérique ne doit pas nous faire oublier que la réalité de la vie et celle de la liberté se jouent dans des relations ultimement humaines (Mathias, 2008 ). L'Homo numéricus est avant tout un être humain et un citoyen. La toile doit rester au service des libertés réelles et de la démocratie comme société et régime. 44
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche Les dynamiques croisées Résumé de la ville urbaine et la ville Cet article présente les dy- namiques croisées de la numérique au travers ville urbaine et la ville nu- d’une manifestation mérique, concrétisées au travers d’une manifesta- citoyenne : Le cas de la tion citoyenne telle que la Caravane de quartiers Caravane des quartiers de Maurepas. La ville devient le carrefour d’initiatives Bennetot Anne-Sophie institutionnelles ou asso- Dodeman Sophie ciatives qui exploitent le numérique pour résoudre Aujourd’hui les médias sociaux du web (Facebook, Twitter, blogs… des problèmes locaux, en- ) font partie de notre quotidien. La logique d’échanges entre pairs de- tretenir ou recréer du lien vient un « réflexe » et nous collaborons de plus en plus à travers des social, ou encore favoriser de nouvelles formes de espaces communautaires développés par la génération web 2.0. Ces démocratie. L’objectif prin- services accessibles depuis nos ordinateurs accroissent notre mobilité cipal est de montrer ce et facilitent la contribution et la consultation de l’information. Actuelle- que le numérique révèle, à ment, les entreprises sont en train de faire un grand pas vers cette lo- travers ce type d’évène- gique 2.0 mais ce ne sont pas les seules à franchir le pas… En effet, ment, au niveau de la ville les acteurs publics s’intéressent de plus en plus à ces nouveaux et des habitants. Le se- usages et commencent à imaginer des nouveaux outils pour les ci- cond objectif est d’avoir une meilleure appréhen- toyens et de nouveaux services. sion des notions de ville La FING (Fondation Internet Nouvelle Génération) et le groupe Chro- 2.0 et de démocratie parti- nos ont lancé un programme Villes 2.0 qui engage des métropoles ré- cipative à partir d’un cas concret. Enfin, cet article gionales parmi lesquelles, figure Rennes. Depuis 2007, ce programme s’ouvrira sur des perspec- d’action explore les défis et les opportunités qui émergent de ces trans- tives de recommandations formations urbaines, du point de vue des citadins, des territoires et des visant à améliorer, dans la entreprises. Des projets et des expérimentations visent à aider les ac- mesure du possible, la teurs locaux à enclencher une dynamique de changement. consultation des citoyens par rapport aux initiatives Le projet Rennes : villes 2.0 des élus. La ville de Rennes est active sur le sujet 2.0 et s’engage dans une dynamique d’innovation. Récemment elle a développée une applica- Les mots clés tion iphone baptisée « Vivre à Rennes », basée sur la géolocalisation. Ville 2.0, gouvernance, L’application permet à son utilisateur de visualiser en temps réel les citoyenneté, transpa- points d’intérêts à proximité de l’endroit où il se trouve. rence, participation 45
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche Des écrans portatifs sont également mis à disposition par la munici- palité, à l’exemple du chantier de la Courrouze où les habitants visitent le futur aménagement en réalité augmentée via une tablette pc, su- perposant des « couches » virtuelles et réelles. La ville de Rennes en- courage donc les habitants vers le partage d’informations, la collaboration, les interactions… et réfléchit sur la manière d’impliquer encore plus ces acteurs de la ville en mouvement: « D’où le défi conceptuel, comment penser, représenter voire habiter ce nouvel es- pace où la distance physique n’existe pas : il nous faut encore réfléchir à des concepts adaptés 1». Sans représentation partagée et actualisée du territoire, aucun habitant citoyen ne pourra se l’approprier et donc lui donner vie. A cette fin, la Ville de Rennes a innové lors de la Caravane des quar- tiers Maurepas, en insérant des dispositifs technologiques destinés à faciliter l’appréhension des projets d’aménagement du quartier par les habitants et de ce fait, donner une certaine transparence des initiatives territoriales. Comme le souligne Jacques Lévy, « la ville n’est pas seulement gérée par les systèmes d’ingénierie, mais aussi par les habitants qui se ren- dent capables de maîtriser et de faire évoluer cet immense environ- nement qu’est une ville. Ils sont donc tous techniciens, en gérant des informations multiples sur les lieux ou en construisant des stratégies de mobilité ». Des citadins, rappelle Jacques Lévy, qui n’ont pas at- tendu l’internet pour devenir des acteurs, et par exemple, au travers de la civilité, ils « reconstrui[sent] la ville à chaque instant dans l’es- pace public ». 2 Finalement, ne peut-on pas penser que seuls les habitants ont l’ex- pertise nécessaire pour ce qui est des projets et des aménagements qui touchent leur quotidien ? En ce sens, il devient capital d’avoir « l’in- formation vraie » des citoyens et des manifestations comme la cara- vane des quartiers qui deviennent des actions stratégiques facilitant l’expression citoyenne et la réponse à leurs attentes et besoins. La caravane des quartiers : carrefour de sensibilisation des habitants à la stratégie ville 2.0 Les manifestations telles que la caravane des quartiers peuvent contribuer à favoriser la participation des habitants et entrent en co- hérence avec la stratégie ville 2.0 de Rennes. En effet, la logique 46
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche web 2.0 reste une logique de partage, d’expression, d’échange et donc de décisions prisent au collectif. L’engagement des citoyens est essentiel car, en s’impliquant dans le processus de la ville 2.0, ils deviennent des acteurs du projet et ceci permet d’avoir une meilleure représentation entre attentes et besoins des citoyens et objectifs de la ville. Ensemble, ces deux acteurs contri- buent au projet, le font évoluer au fil des échanges, des expressions de besoins, ainsi chacun y trouve sa place. Avec l’exemple du Citywall, les citadins sont sensibilisés à la ville nu- mérique et peuvent ainsi percevoir les différentes couches, le système nerveux qui fait que la ville est une notion complexe. Le but de ce dis- positif est également lié à la visibilité des ressources et les liens «hy- perlocaux». «L’hyperlocal fait référence à l’hypermatériel de Bernard Stiegler, c’est- à-dire le fait que les technologies actuelles transforment tout en infor- mation. Tout devient matière à information et notamment tout ce qui nous entoure, géographiquement, physiquement. La matérialité ne dis- paraît pas, elle est juste devenue invisible, infiniment petite, impercep- tible, cachée dans le code… Et c’est cette invisibilité à laquelle nous sommes confrontés qu’il va nous falloir révéler.»2 A travers un écran, les habitants perçoivent ce qui se passe sur le ter- ritoire, dans leur ville, dans leur quartier. Dans l’optique de l’échange et du partage sur le sujet de la ville numé- rique et mouvante, la maquette 3D immersive est un bon exemple de support de discussion et de débats. En effet, devant l’écran, les habi- tants se concertent, se questionnent et se rassurent sur le devenir de leur quartier. « Où vais-je habiter si mon immeuble est détruit ? » « Où passe le métro ? J’espère qu’il n’est pas trop loin de chez moi pour que je puisse me déplacer ? », « Mais cet immeuble qui va être construit va être collé à ma fenêtre ?!! », « Que va devenir le super- marché du Gast ? ». Autant de questions étaient évoquées entre ha- bitants, ou posées au médiateur en charge de guider les usagers dans la maquette 3D du projet d’aménagement du quartier. Les habitants comme les élus sont ainsi sensibilisés à cette dynamique de changement insufflée à la ville. Ces dispositifs technologiques ont permis aux participants de partager leurs attentes et leurs projets et 47
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche de réagir aux informations concernant leur nouvel espace de vie en en- voyant leurs questions par mail aux élus. Il semble donc à première vue, que cette manifestation citoyenne mette en avant la discussion, l’expression, la concertation. Mais y’a-t—il eu réellement des formes de démocratie participative lors de la Caravane ? La caravane des quartiers génératrice de démocratie participative ? Rappelons dans un premier temps ce qu’implique la notion de dé- mocratie participative et en quoi intervient-elle dans notre société ac- tuelle ? Ce n’est pas chose aisée de définir en quelques mots la démocratie participative. Elle cristallise des enjeux territoriaux, citoyens, politiques. La démocratie participative peut désigner les interventions directes du citoyen dans la vie publique, dans la vie politique : adhérer à une asso- ciation, voter lors d’un référendum, etc. On parle également de démo- cratie participative par opposition à la démocratie représentative, la première étant appelée à suppléer la seconde. Avec l’appui des tech- nologies numériques, le couple politique/administration se voit contraint d’adopter des actions plus transparentes et de rendre des comptes aux citoyens sur ses agissements. C’est précisément ici qu’intervient la no- tion de démocratie participative. L’expérience de la caravane des quartiers n’est pas censée apporter une réponse à cette question mais elle témoigne de la dynamique ac- tuelle qui gravite autour du sujet. Elle fut l’occasion de réunir des habi- tants de Rennes et plus particulièrement du quartier Maurepas, des élus, des associations durant 3 jours autour de temps d’échanges, de découvertes, d’animations. Ces temps de discussion ont été le fruit de confrontations et de ré- flexions autour de la question de l’urbanisme et de l’aménagement du quartier. La caravane des quartiers visait la participation et l’expression citoyenne mais a-t-elle répondu à cet objectif ? La démocratie participative est aujourd’hui encouragée par le législa- teur qui a rendu les conseils de quartiers obligatoires (loi de 2002) dans les villes de plus de 80 000 habitants. Certains élus craignent qu’elle n’empiète sur les pouvoirs des élus locaux, ou qu’elle rende plus difficile la gestion des affaires locales. La plupart des élus locaux consultent 48
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche pourtant de plus en plus les citoyens avant de prendre des décisions les concernant, qu’il s’agisse d’aménagement d’un quartier ou de construire de nouvelles infrastructures. C’est ce qu’on appelle la gou- vernance. Lors de la Caravane des quartiers, les citoyens ont été invités à poser des questions aux élus et à soumettre des propositions. Ainsi en deve- nant coauteurs des réponses à leurs propres besoins, ils renforcent le lien qui les relie avec les institutions démocratiques. Néanmoins, bien que les habitants aient eu l’impression d’être engagés dans le proces- sus de réaménagement de leur quartier, les décisions institutionnelles ont été prises et validées sans les avoir consultés au préalable. Les remarques, les désaccords avec le projet proposé ont été entendu, mais ne pouvaient en aucun cas im- pacter sur le réaménagement du quartier. Les urba- nistes ayant fait valider ces changements par les élus, la machine était ainsi lancée sans possibilité de modifi- cation de la part des habitants. La quasi-totalité des personnes ne savaient pas où se trouvait la sta- tion de métro du Gast alors que l’emplacement a été acté depuis long- temps. Beaucoup de personnes étaient demandeuses de voir le tracé futur du métro. De fait, il semble que la connaissance du projet était très faible pour ces personnes, de manière générale. De plus, les ha- bitants étaient surpris par l’ampleur du projet. Certains demandaient des informations sur les délais de construction des immeubles alors que les bâtis sont déjà en construction. De nombreux habitants du quar- tier, faisant partie d’un collectif opposé à l’impact du projet sur leur es- pace de vie, sont venus afin de recueillir des informations sur le projet de réaménagement. Ces personnes étaient dans une démarche de dialogue cordial une fois qu’elles avaient clairement visualisé le projet sur l’écran. Visiblement une partie des positionnements négatifs vient du fait que l’on pense que la collectivité veut cacher des choses. En montrant ces éléments supposés cachés, on change de registre et le dialogue semble s’engager plus facilement. Un des objectifs de la Caravane met l’accent sur « Une démarche re- montante, permettant de réfléchir avec les habitants sur les enjeux et projets urbains sur une double dimension territoriale : d’une part le quar- 49
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche tier et d’autre part la ville / agglomération. » Cet objectif n’a été atteint qu’en partie et les habitants avaient conscience de ce manque. Rennes face à sa stratégie villes 2.0 : comment encourager la démocratie participative ? Ces exemples révèlent une infime partie de ce qui peut se faire à l’échelle du territoire grâce aux outils du web 2.0 et des données par- tagées par d’autres acteurs, tel que les habitants. Bien sur, les citadins peuvent composer entre eux en échangeant oralement et physique- ment, mais les outils numériques ont permis de toucher plus de per- sonnes et de proposer un mode relativement simple de collecte d’informations et d’organisation. Les enjeux politiques et numériques mis en exergue dans cet article révèlent l’ampleur du travail à accomplir pour les élus. La Cité est un vivier d’innovations, un café du commerce et d’échanges qui doit viser à créer du lien entre tous les habitants pour mieux vivre ensemble. La politique est l’affaire de tous et un évènement comme la Caravane doit être le catalyseur de liens, un lieu de rencontre entre les générations, entre les cultures. Elle doit favoriser le débat entre tous et la proximité entre les élus et les habitants. Les technologies peuvent-elles rappro- cher les élus et les citoyens? Quels rôles peuvent avoir les technolo- gies entre les élus et les citoyens? 50
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche La communication citoyenne médiatisée : le rôle du médiateur Canuti Luciana Guillo Marie Le Beller Maïwenn Pour cette quatrième édition de la Caravane des Quartiers, la ville de Rennes a décidé d’expérimenter l’utilisation de dispositifs technolo- giques dernière génération pour assurer la communication auprès des habitants de Maurepas. L’utilisation de machines à communiquer , au sens que lui donne Pierre Schaeffer (1970), permet d’enregistrer, de stocker, et de redistribuer une multitude d’images, de textes et de do- cuments sonores. Elles représentent pour le politique, un nouveau moyen de transmission d’informations et offrent, pour le sujet-destina- taire, la possibilité de se représenter le monde. Ce sont des « trompe- œil », elles produisent des simulacres, c’est-à-dire des interprétations de la réalité. Selon P. Perriault (1989), la conception d’outils technolo- giques s’est depuis toujours, donné pour objectif d’amoindrir ou de ré- sorber des déséquilibres existant dans la société, pour parfaire l’homme. Cependant, il est nécessaire de se débarrasser très rapide- ment d’un mythe : « les machines à communiquer n’atténuent pas les difficultés inhérentes à la communication humaine » , et nous irons même jusqu’à dire qu’elles en révèlent le dysfonctionnement. Tout acte de communication suppose donc au moins, un émetteur et un destinataire qui sont tout deux le résultat d’une histoire individuelle et collective et qui évoluent dans un cadre social d’interprétation pos- sédant leurs propres pratiques, valeurs et habitudes. Cette communi- cation peut bien évidemment se faire en face-à-face, mais aussi via un media, c’est-à-dire via « tout système de communication permettant à une société de remplir tout ou partie des trois fonctions essentielles de la communication à distance des messages et des savoirs, de leur conservation et de la réactualisation par ce biais de ses pratiques cul- turelles et politiques » . 51
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche L’approche historico-culturelle de Vygotski (1978) met l’accent sur la façon dont l’activité humaine implique l’utilisation d’outils, pour d’une part, exprimer l’histoire et la culture d’une société et d’autre part, per- mettre aux individus d’interagir avec l’environnement. Le chercheur fin- landais Yrjö Engeström (1987) a développé sur ces bases, une approche qui ne se centre pas sur l’individu ou sur les communautés, mais sur les systèmes d’activité. Il représente une activité sous la forme d’un triangle dans lequel le sujet utilise des outils par rapport à l'ac- complissement d'un objectif. Les relations entre ces trois éléments et le triangle plus large des règles (structures du comportement), la com- munauté, et la division du travail dans le système d'activité, influencent l’apprentissage et les interactions ayant lieu. Le triangle offre ainsi un cadre descriptif dans lequel on peut établir des liens entre les outils utilisés dans des actions concernant une activité et leurs relations dans des communautés spécifiques et des structures sociales. Le rapport fondamental se situe entre le participant individuel et l’objectif des sys- tèmes d'activité. Cette relation n'est pas directe mais est obtenue par la médiation des outils. Les systèmes d’activité sont en développement permanent et changent en fonction des actions de nouveaux partici- pants, de nouveaux objectifs et d’outils. En fait, c’est d’abord et grâce aux outils que les activités ont lieu, ceux-ci peuvent être physiques (software, livres) et/ou cognitifs (langage, concepts). Les concepteurs des technologies retenues par la ville de Rennes pour la Caravane des Quartiers ont donc crée des artefacts, des objets ma- tériels au sens de P. Rabardel (1995) ; des écrans tactiles interactifs multi-touch adaptables aux différents contextes selon les objectifs visés. Les agents de la ville ont ensuite réfléchi aux contenus à dépo- ser dans les technologies, au message à transmettre. Pour ce faire, ils ont dû se positionner de façon à voir les habitants de Maurepas comme une population homogène, avec des besoins, des attentes et des compétences similaires. Or, ce n’est pas du tout le cas car, quand un sujet utilise un artefact, il mobilise et projette énormément de lui dans l’objet, celui-ci devient alors à ses yeux, un instrument. L’instru- ment n’est pas donné d’emblée à l’usager, il apparaît à lui à travers un double processus de genèse instrumentale. D’un côté, l’utilisateur rentre dans un processus d’instrumentation lui permettant de faire émerger ou de faire évoluer des schèmes d’utili- sation qui dépendent de la façon dont l’artefact va contribuer à « pré- 52
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche structurer » l’action du sujet pour réaliser la tâche en question. Selon Helen Beetham (2007), il est important de voir un objet conçu comme un espace où les intentions de ses concepteurs et de ses utilisateurs convergent et dont la signification n'est pas fixée mais apparaît au fil de l’utilisation. Dans la Caravane des Quartiers, la technologie doit être interprétée dans son contexte d'activité et voir sa signification et son impact comme relationnels ; c'est-à-dire se développant par rap- port à un sujet particulier et dans le contexte d'un jeu spécifique de re- lations sociales et environnementales. Dans ce sens, la technologie n'est pas juste l'outil dans le diagramme de Engeström, mais une re- lation qui se développe dans et par l'utilisation de l’instrument. Une activité consiste donc à utiliser des outils pour atteindre un objectif pré- cis dans le cadre du système d’activité. Ainsi, la technologie ne doit pas être considérée comme un outil neutre existant purement pour servir un certain objectif humain. Selon Cousin (2005), les gens et les technologies se rapportent dynamiquement, « nous sommes ce que nous faisons avec la technologie ». D’un autre côté, l’usager s’insère dans un processus d’instrumenta- tion. Il personnalise l’artefact en fonction de ses besoins et de ses at- tentes et non par rapport aux fonctionnalités prévues par les concepteurs. Ce processus peut être considéré comme un détourne- ment ou comme une contribution de l’usager à la conception d’un nou- vel artefact. L’usage est donc dépendant du sujet lui-même, de ses compétences personnelles, de sa motivation et de l’intérêt qu’il porte au dispositif, mais il est aussi tributaire de la médiation qui, est classiquement en- tendu par P. Peraya (2009) au sens de relation, d’interface entre deux termes. Ainsi, G. Chappaz (1995) estime que la médiation est l’une des clés de la vie en société, un des « outils susceptibles de favoriser l’intégration des laissés-pour-compte » et d’aider les individus et les groupes à assurer une véritable communication. La médiation serait, en effet, un moyen de rapprocher les points de vue, d’ébranler les cer- titudes et de dissiper les malentendus. La ville de Rennes avait donc prévu sur le dispositif de la maquette 3D, la médiation formelle d’un agent de l’institution pour aider à l’utilisation. En ce qui concerne les autres dispositifs, des explications écrites avertissaient les individus sur l’usage des technologies cependant, peu d’habitant les a consulté, préférant regarder ou encore questionner les autres. Dans ce cas là, 53
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche nous parlerons davantage de médiation informelle, pour qualifier les in- teractions entre un individu ou un groupe d’individus et un tiers, qui ont tous le statut d’utilisateur. Le médiateur est selon G. Chappaz « celui qui va initier à l’usage et constituer au cours des premières formes re- lationnelles la matrice des compétences des individus : la connaissance se construit dans l’interaction avec les autres. Les artisans de la mé- diation […] instaurent des rapports de réciprocité dans un réseau de relations et d’échanges où est respectée et soutenue la liberté du sujet.» Les différents dispositifs de la Caravane des quartiers ont été fortement appréciés par la quasi totalité des utilisateurs. En effet, une majorité des usagers n’a pas rencontré d’obstacles majeurs quant à leur utilisa- tion. Pour le City-Wall, seulement cinq personnes sur dix-huit avouent avoir rencontré quelques difficultés d’utilisation ; et concernant la Borne tactile uniquement trois personnes sur dix. Les résultats sont que plus mitigés en ce qui concerne la maquette 3D, puisque, presque la moitié des individus sondés avouent avoir eu du mal à utiliser le dispositif et ce, pour la plupart, à cause de la difficile maniabilité de la manette Wii utilisée pour se balader dans le futur quartier. Suite à l’analyse des questionnaires et au retour de nos observations de terrain, nous avons remarqué que les utilisateurs ont fréquemment sous-estimé le temps passé sur les dispositifs. Nous pourrions ici faire l’hypothèse que c’est peut être parce que les personnes se sont « amu- sées » avec les outils, qu’elles n’ont pas vu le temps passer, et par conséquent qu’elles y trouvaient leur intérêt. Ensuite, nous avons constaté, de manière générale, que les usages ont été différenciés selon les technologies utilisées. Ainsi avons-nous noté que globale- ment, pour le City Wall, les individus se rendaient sur le stand lorsque quelqu’un s’y trouvait déjà. Il s’est donc avéré que la présence d’un tiers rassurait et éveillait la curiosité, c’est en effet en regardant les au- tres que les gens osaient utiliser les dispositifs. Nous pouvons donc af- firmé que l’affluence sur un dispositif technologique dans notre contexte est davantage un facteur d’usage que de non-usage, il est donc néces- saire de réfléchir au rôle du médiateur, qu’il soit formel ou informel. Le médiateur participe activement au processus de diffusion de l’infor- mation, mais c’est au niveau du sujet que se construit le sens, et cette activité est contrainte par des contextes, par la nature des savoirs et 54
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche compétences qu’on demande au récepteur de posséder. La première tâche du médiateur consiste à comprendre ce que l’individu sait déjà. C’est par le dialogue, par l’échange, par le doute que les perceptions intuitives des uns et des autres peuvent commencer à s’accorder et à évoluer vers une compréhension commune. En laissant le temps aux sujets de s’exprimer, on suscite chez eux un premier niveau de confron- tation entre l’information nouvelle et eux-mêmes, propice à la produc- tion de sens. Le médiateur est en premier lieu l’organisateur de ce processus de communication. Nous reprendrons, pour illustrer ce rôle du médiateur, l’idée de la mère suffisamment bonne développée par Winnicott , qui vient du fait qu’elle ne doit pas l’être trop. Si les parents comblent tous les besoins avant qu’ils ne se présentent, cela ne lais- sera pas le temps à l’enfant d’éprouver du désir et donc d’agir par lui- même, en présence de l’autre. Sa deuxième tâche se situe au niveau de la confrontation, qui se poursuit en parallèle de la première, celle-ci est créée par les questions que le médiateur ne manquera pas de sus- citer à tout moment. Nous nous inscrivons ici dans la pensée de Vy- gotski qui présume que toute fonction cognitive apparaît sous deux formes : d’abord comme une interaction sociale qui sera, par la suite, intériorisée par les usagers afin de s’en servir de façon autonome, comme d’un outil de pensée. Car, le médiateur, en attirant l’attention des participants sur la façon dont ils se servent d’un outil de pensée, prépare au transfert de ces outils intellectuels. C’est ce processus d’échange et de confrontation que Vygotski appelle « dialogue cognitif », celui-ci peut-être conduit par le médiateur ou se faire spontanément avec les tiers. Dans un premier temps, le guidage peut être assez directif afin de mo- déliser une façon de faire, une procédure cognitive à travers une mé- diation formelle. Cependant, quand l’aide n’est plus utile, il convient de se retirer, le plus difficile est donc de juger le moment opportun de le faire. Se retirer en laissant les individus avoir recours à leurs pairs, à la médiation informelle, permet d’observer comment ils avancent dans leur tâche et de leur donner l’occasion de s’entraîner à prendre eux- mêmes la responsabilité de leurs usages. Le processus cognitif est ainsi mis en oeuvre par une procédure créant l’interaction dans un cli- mat de confiance mutuelle et de respect de l’autre. Les erreurs doivent donc être permises et servir d’outils permettant de rectifier le tir et d’améliorer les capacités d’analyse et de jugement critique dans le do- 55
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche maine concerné. Enfin, il est nécessaire pour le médiateur de s’assurer que l’objet du savoir soit compris par le sujet afin de prévoir le transfert des compétences, qui est la capacité de mettre en oeuvre des savoirs ou des savoir-faire appris dans une situation donnée, dans un contexte nouveau. Le rôle du médiateur est, comme on vient de le voir, assez complexe, mais sa présence est indispensable pour une partie des gens qui ne se sentent pas du tout technophile et qui concerne environ 30% des participants de cette rencontre. Dans le quartier de Maurepas, les projets ZAC étaient, avant cette ex- périmentation, souvent présentés de manière magistrale et descen- dante, il était très difficile pour les individus de faire entendre leur voix. Nous nous poserons donc une dernière question pour conclure cet ar- ticle ; celle de savoir si l’introduction de dispositifs technologiques der- nière génération dans des évènements tels que la Caravane des quartiers ne participerait pas, dans le cadre de plans de communication institutionnelle, au retour des interactions humaines au plus proches des habitants. 56
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche Handicap : Résumé : Cet article présente la double problématique du handicap, la question de en tant que déficience dans sa dimension biomédicale et l’évolution de la représenta- l’accessibilité tion dans un nouveau modèle social soutenu par la loi sur l’égalité des chances du 11 fé- vrier 2005. Le deuxième ob- Caroline Thouvenot jectif est de montrer que le handicap est un fait social qui engage les membres d’une L’image de la personne handicapée a beaucoup évolué depuis 40 communauté multiculturelle. Il informe des matériels et outils ans dans la société occidentale. « Le handicap ne peut être envisagé compensatoires qui permet- en dehors de l’univers social qui le produit »1affirmait Mike Oliver en tent à des personnes handica- pée d’accéder à des capacités 1996. Cette phrase renvoi à une double problématique : celle de la grâce aux TIC. Mais le rapport prise en compte compensatoire de la personne handicapée avec ses à autrui reste essentiel et c’est le regard de l’autre qui permet déficiences, et, la problématique sociale qui intègre l’exception « han- à la personne handicapée dicap » comme une composante de la société multiculturelle interdisant s’intégrer un groupe social. Le quartier représente le lieu les discriminations. d’intégration par excellence. Toute transformation du lieu Etat de l’art du handicap de vie modifie les interactions et fragilisent la Personne Han- dicapée résidente. L’informa- Selon les estimations INSEE de 2002, douze millions de personnes tion préalable et le dialogue en France se déclarent porteuse d’une déficience dans la vie de tous ouvert sur les différentes ac- cessibilités futurs, la prise en les jours : 13,4 % d’une déficience motrice, 11,4% d’une déficience compte de des attentes de sensorielles, 9,8 % d’une déficience cardio-vasculaires ou respira- qualité de vie, l’écoute de la toires, 6,6% d’une déficience intellectuelle ou mentale. Au niveau eu- Personne Handicapée en tant qu’expert de ses besoins pour ropéen, 50 millions de personnes sont considérées handicapées. Les mener sa vie de citoyen du incapacités qui en résultent sont de gravité très différente. Le phéno- quartier, nécessitent des sup- ports de diffusion de l’informa- mène du handicap est donc bien une réalité et non la situation d’une tion accessibles. Les frange de population. Il se définit comme la résultante entre facteurs Technologies de l’Information et de la Communication peu- personnels et facteurs environnementaux. vent répondre à ces modalités d’usage, spécifiques aux Per- Depuis le début du 20ème siècle, le handicap a été problématisé sous sonnes Handicapées, qui par la forme des déficiences corporelles et de la différence à autrui. La so- ailleurs, faciliteront l’accès au public vieillissant et à toute ciété a reconnu le droit du handicap mais a cherché à effacer l’image personne. de la personne en créant des normes spécifiques de la différence. Les mots clés : La notion de « stigmates » de Goffman2 pose le handicap comme un Handicap, sociologie du handicap, exclusion, statut social où se créent les interactions entre les individus dits nor- intégration, compensation, maux et ceux dits « a-normaux » en raison de leurs handicaps. Le stig- accessibilité, identité, regard des autres, mate, en grec « stigma », qui signifie marque physique d’infamie, diversité 57
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche disqualifie et empêche d’être accepté par la société, ce qui mène à l’ex- clusion de la personne hors norme. En France, dès 1975, la loi a reconnu à la personne handicapée le droit à la compensation de son incapacité. Michel Foucault3 précise que la Personne Handicapée « existe essentiellement par rapport à des structures adaptées, à des lois ». Il est exact que la société considère la déficience et l’incapacité sous des aspects négatifs, et qu’il appartient à la personne handicapée de surmonter ces différences pour participer à la société qui la marginalise. Cette approche individuelle du handicap pointe les obstacles générés par les incapacités à surmonter pour vivre en société et l’exclusion qui en découle. La loi du 11 février 2005 pour « l’égalité des droits et des chances, la par- ticipation et la citoyenneté des personnes handicapées » donne une nou- velle définition du handicap, soutenue par l’article L.114 du code de la famille et de la santé. Elle place la Personne Handicapée au centre de tous les dispositifs qui doivent permettre une intégration sans discrimina- tion. La personne handicapée est reconnue en tant que citoyen, acteur et auteur de sa vie. Les institutions sociales et politiques ont la responsabilité de mettre en place des initiatives proactives permettant l’intégration. L’ac- tion collective des associations de personnes handicapées assure une approche multi déficiences qui montre davantage l’exclusion que subis- sent souvent les personnes et crée un mouvement sociopolitique dans le champ du handicap pour obtenir l’intégration. Sous l’influence du sociologue américain Charles Wright Mills4, un nou- veau courant sociologique, d’abord britannique, puis européen, ana- lyse le handicap en tant que fait social « ce n’est pas le fait que la personne ait une déficience quelconque qui fait d’elle une personne handicapée, mais plutôt l’échec de la société capitaliste à répondre à ses besoins »5. L’approche du handicap évolue donc d’un problème in- dividuel vers un paradigme social et politique. La dépendance, liée à la déficience, est un fait social qui concerne tous les membres de la so- ciété et la vie dans tous les lieux publics : région, ville, quartier…. Le quartier : lieu de vie Le quartier est le lieu de vie privilégié où l’individu entre en interaction avec d’autres et où il va progressivement construire son identité. C’est 58
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche un espace de socialisation où chacun intègre les habitudes de vie de la communauté, où se constituent selon Durkheim, les solidarités pri- maires6. Les mutations des quartiers remettent en cause les identités sociales et participent à l’essoufflement de ces solidarités. En réaction à cet essoufflement, les habitants réagissent par la mise en place de nouveaux usages et construisent une nouvelle identité sociale. La personne handicapée fragilisée, construit difficilement son identité psychologique et sociale. L’information sur les modifications de son lieu de vie et la prise en compte de ses besoins d’accessibilité sont donc impératives pour qu’elle puisse préserver un lien social construit, ou le créer par sa participation active aux débats citoyens sur l’évolution du quartier. L’identité se forge à travers le regard des autres et leur repré- sentation du handicap. Pour Jean Paul Sartre, « autrui est le médiateur indispensable entre moi et moi-même »7 Le pictogramme du fauteuil roulant est souvent le symbole du handicap, pourtant il existe différents types de handicaps. La CIDH8 qualifie le handicap, à travers l’atteinte du corps les déficiences, les difficultés ou impossibilités à réaliser les activités de la vie courante qui découlent de ces déficiences, les incapacités et les problèmes sociaux qui en ré- sultent, les désavantages. Les handicaps moteurs, dont les origines sont diverses, constituent une dé- ficience physique du corps ou d’une partie du corps à se mouvoir. Le handicap visuel concerne la perception, l’utilisation de la fonction vi- suelle, le traitement des informations reçues. Le handicap auditif est l’absence ou la perte de l’audition qui peut sur- venir à n’importe quel âge de la vie. Les handicaps mentaux sont la conséquence des limitations des facul- tés cognitives et en particulier de l’efficience intellectuelle. Le handicap psychique est consécutif aux conséquences de troubles relationnels de l’individu vis-à-vis de lui-même et de son entourage. Lorsque la communication est altérée du fait du handicap, le voisin n’en comprend pas toujours l’origine, car certains handicaps sont invisibles. Compensation et intégration sociale Actuellement les Personnes Handicapées sont mieux prise en charge en intégration individuelle. Des compensations du handicap permettent a59
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche d’aller vers une capacité retrouvée. Oliver9 distingue dans le développement des technologies un facteur d’inclusion dans la société. L’aide humaine, indispen- sable aux Personnes Handicapées, maintient la dé- pendance, alors que les outils technologiques visent à développer l’autonomie et la responsabilité. Si les bâtiments doivent respecter des règles d’ac- cessibilité telles que des plans inclinés, la gestion des courbes, l’ouverture des portes en largeur et en système automatique, la présence d’ascenseurs, la hauteur pour la pré- hension des objets en fonction de la position des fauteuils roulants, la voirie et les transports doivent également respecter les règles permet- tant une bonne circulation, pour une personne à locomotivité réduite ou en fauteuil roulant, électrique ou manuel. Pour une personne handi- capée moteur, l’évaluation d’expériences de navigation sur fauteuil électrique dans un monde virtuel permet de diminuer les angoisses face à l’inconnu et d’apporter des propositions d’améliorations pertinentes à l’environnement. La démarche « code de la rue », lancée en 2006 par le Ministère des Transports vise à améliorer les déplacements de l’ensemble des usa- gers sur la voirie urbaine. Les personnes déficientes visuelles bénéfi- cient de ces règles d’usages, qui s’harmonisent avec l’information de guidage podotactile, auditive et de Visio description qui leurs sont spé- cifiques. Le code de la rue facilite aussi leurs stratégies d’orientation avec la canne vibrante ou le Tom Pouce Light. L’aménagement des bâ- timents de spectacle ou des lieux d’exposition avec des audio guides et des Visio description permet à tout malvoyant de suivre un spectacle ou une exposition. Les salles de spectacle, de cinéma, les auditoriums, équipés de boucle magnétiques, permettent aux malentendants équipés de prothèses adaptées de compenser leur déficience. Les cyber espaces et les espaces numériques publiques ont des normes d’accessibilité du web, que se soit en terme de manipulation des périphériques, de lisibilité de l’écran et de traduction en braille pour les malvoyants, en avatar de la LPC10 ou en modélisation de la langue des signes pour les malentendants. Lieux de culture, les bibliothèques et médiathèques sont des endroits qui permettent l’accès aux compen- sations à travers des cabines Borges. 60
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche Certains de ces aménagements sont spécifiques, d’autres peuvent aider tout public en difficulté ou vieillissant, mais d’une manière géné- rale, ils améliorent le confort d’accès de tous. Effet du changement sur l’identité de la Personne handicapée Participer à la vie citoyenne, être reconnu en tant que sujet de droit est une modalité préparatoire à l’exercice de la citoyenneté et à l’ap- partenance à un groupe social. La norme du groupe est définie par la généralité. Dans un quartier, les règles collectives servent de règles, les usages, de lois locales. L’identité d’un individu, ressentie par le groupe, correspond à sa personnalité. La Personne Handicapée, elle, se définit souvent par le désavantage social consécutif à son handicap. Son identité est modifiée par les contraintes qu’elle subit du fait d’un environnement non adapté, pour participer aux activités ordinaires du groupe social. Inclure la personne handicapée signifie la reconnaitre en tant que personne mais sans négliger son handicap, qui constitue un des éléments de sa diversité personnelle. Inclure pour bien vivre demande du temps, de la confiance,pour aller vers l’autre et être re- connu en tant que personne. Paul Ricœur11 écrit « je me reconnais à des signes de capacités. Ce n’est pas la même chose d’exister dans le regard d’autrui et d’exister dans la capacité ». Dans le cadre des modifications sociales d’organisation de la collectivité, les limitations de l’exclusion des personnes handicapées et de la souffrance identi- taire due au regard autoporté sur le handicap, montrent que la loi n’est pas le seul porteur de la volonté du « vivre ensemble ». Devenir acteur des modifications du lieu de vie, soutient une démarche pluridimensionnelle et cohérente. L’information préalable et accessible, l’organisation de manifestations incitatives, incitent l’habitant handicapé à participer à des comités qui renforcent le lien social. Ainsi, si une meilleure connaissance du quartier et de son histoire ancre la personne au cœur de la vie locale, la représentation de l’évolution du quartier l’amène se projeter dans un avenir qualifié. L’angoisse du changement peut ainsi s’estomper au profit d’une inclusion en tant qu’expert de fu- turs aménagements des lieux de vie et acteur de la vie sociale. La Per- sonne Handicapée passe ainsi d’un état identitaire « handicap » à un état identitaire « citoyen ». L’accessibilité aux bâtis, pour l’accès physique aux manifestations du a61
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche type « caravane des quartiers » est complémentaire de l’accessibilité physique et numérique à tous les outils et supports informatiques : ma- nipulation, accessibilités aux interfaces de communication prévues par le décret du 2 mars 200712, soutenu par l’arrêté du 9 novembre 200913, consolidé le 13 janvier 2010, afin que toute personne puisse percevoir, comprendre, naviguer et interagir de manière efficace. Conclusion Le handicap est un fait social qui s’inscrit dans la diversité des com- munautés comme le métissage ou le sexe en tant que différence consti- tutive des collectivités, porteurs des projets de changement. Le vieillissement de la population augmente considérablement les situa- tions de handicap. Les besoins des enfants, adultes handicapés et des seniors devenus handicapés se rejoignent. L’aménagement des quar- tiers poursuit un objectif direct, d’amélioration de vie des habitants et, 1 Mike Oliver, Professor of Disabil- ity Studies. Université de Green- intermédiaire, de meilleure inclusion de tous, particulièrement des per- wich, London Understanding sonnes fragilisées et en situation de handicap. Disability 1996 Mac milan Press 2 Erving Goffman, Stigmate. Les Pour que la caravane, outil d’information soit accessible physiquement, usages sociaux des handicaps, Editions de Minuit 1975 après la révision des conditions de circulation à l’intérieur du chapiteau, 3 Michel Foucault, Dits et Ecrits, en tant qu’Etablissement Recevant du Public, les TIC compensatoires, Gallimard 1994 4 Charles Wright Mills, L’imagina- pour le citywall, la borne tactile, la maquette 3D permettraient d’amé- tion sociologique, Ed la Décou- liorer l’accès pour toute personne présentant une incapacité ou une dé- verte 1997 5 Barnes , « What a difference a ficience. Un accueil humain, informant des outils favorisant decade makes » Colin 2001 l’accessibilité, selon le type de handicap, encouragerait la visite de ces 6 Serge Paugam, L’exclusion : l’état des savoirs », Editions la habitants handicapés. Quant à l’utilisation de la maquette 3D, il serait Découverte 2001 intéressant que des avatars porteurs de handicap soient disponibles 7 Jean Paul Sartre, L’être et le néant, Gallimard, 1943 pour la visite virtuelle. 8 Classification Internationale des Déficits, Incapacités, Handicap L’utilisation de nouvelles technologies urbaines, accessibles à toute 9 Oliver Using emancipatory personne en situation de handicap, momentanées ou durables, enclen- méthodologies in disability re- search, The disability archive UK, chent des processus dynamiques d’égalité pour l’accès aux ressources 2002 culturelles, économiques, politiques de la vie future de la cité à condition 10 Langue Parlée Complétée, ver- sion française du Cuedspeech in- que l’accessibilité, sous toutes ses formes, soit construite dans les outils venté en 1967 aux USA par le Dr d’information qui seront alors vecteurs d’insertion et de modifications Cornett 11 Paul Ricoeur, Soi-même identitaires de la Personne Handicapée. comme un autre, Edition du Seuil, 1990 12 NOR: BUDJ0700001D 13 JORF n°0262 du 11 novembre 2009 page 19593 texte n° 32 62
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche La Caravane des Résumé : Cet article pose la question quartiers : de la Caravane des Quar- tiers de Maurepas en tant que phénomène de sociali- phénomène sation. Réunit-elle réelle- ment les caractéristiques nécessaires à la mise en de socialisation place d’un réel processus de socialisation, pouvant ainsi répondre aux objectifs fixés par la Ville de Rennes ? Après avoir redéfinit ce Emmanuel Armand qu’est la socialisation, nous Sara Mammad déclinerons cet article en Fanny Saint-Georges trois parties. Dans un pre- mier temps nous présente- rons les différents constats L’évènement de la Caravane des quartiers, organisé par la ville de que l’on peut faire au sujet Rennes du 17 au 20 mars au cœur du quartier de Maurepas, devait d’un tel événement de permettre aux habitants de prendre connaissance des projets du quar- quartier via les analyses, questionnaires et observa- tier et de la ville, notamment au moyen de dispositifs technologiques. tions faites, Dans un se- Cette démarche avait comme objectif de favoriser la rencontre, cond temps, nous mettrons l’échange et le partage entre les différents acteurs locaux, publics et en évidence les limites à la socialisation auxquelles la particuliers. Peut-on alors parler de phénomène de socialisation ? caravane se trouve confrontée, et pour finir D’abord, qu’entend-on par « socialisation » ? D’après le dictionnaire nous essayerons de dé- de sociologie, « Au sens fort, socialiser, c’est transformer un individu montrer en quoi la cara- d’un être asocial en un être social en lui inculquant les modes de pen- vane est ou non un lieu de ser, de sentir et d’agir. Une des conséquences de la socialisation est socialisation. de rendre stables les dispositions du comportement ainsi acquises. Cette intériorisation des normes et des valeurs a également pour fonc- tion de rendre siennes les règles sociales, qui sont par définition ex- Les mots clés : térieures à l’individu, et d’augmenter la solidarité entre les membres exclusion, rencontre, du groupe. En tant qu’instrument de la régulation sociale, elle permet échange, groupe l’économie des sanctions externes. Le groupe n’a besoin, dans ce sens, ni de rappeler indéfiniment à l’individu l’existence de ces règles, ni d’exercer sur lui une contrainte pour qu’elles soient observées : les violer engendre un sentiment de culpabilité » . Si au premier abord, la Caravane des quartiers laisse apparaître ce que l’on pourrait définir comme un phénomène de socialisation, puisque les gens se retrouvent, se regroupent et créent une certaine dynamique ; l’approche scientifique nous montre que les considéra- 63
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche tions restent individualistes et la socialisation ponctuelle. En effet, la caravane reste un événement itinérant de 3 jours qui fait étape 3 à 4 fois par an à Rennes, chaque fois dans un quartier différent. Cet article ciblera l’observation de la caravane des quartiers de Maurepas. Afin de mieux comprendre ce que nous avançons, cet article se décli- nera en trois parties. Dans un premier temps, nous présenterons les différents constats que l’on pouvait établir au moment de cet événe- ment. Dans un second temps, nous mettrons en évidence les limites à la socialisation auxquelles la Caravane des quartiers se retrouve confrontée, et pour finir nous tenterons de démontrer en quoi elle est ou non un lieu de socialisation. Sur place : les premiers constats De par notre observation participante lors de la Caravane des quar- tiers, nous avons pu constater différents éléments, grâce à des outils de recherche (observations, questionnaires). Avant tout, le premier constat établi est qu’effectivement la Caravane des quartiers est un lieu de réunion, de regroupement. Sur place, des espaces ont été aménagés pour favoriser ces regroupements : un ac- cueil-café avec des tables autour desquelles s’asseoir, un coin avec deux canapés et une table basse pouvant rappeler un salon… Ces es- paces semblent avoir été surtout investis par les habitants. Néanmoins, on a pu observer que ce n’est pas pour autant qu’un échange entre habitants et élus a eu lieu. A contrario, on observe la formation de pe- tites sphères communicante constituées d’habitants. Les élus, quant à eux, semblaient empreints d’une certaine réserve et n’ont pas forcé- ment été très disponibles pour les habitants. Autre constat, celui de la participation des plus jeunes (avec leurs écoles), des familles, des personnes âgées, qui donne à penser que toutes les générations sont présentes et que la population du quartier de Maurepas est bien représentée ; il y a une apparence de mixité sociale. En s’intéressant à ce qui se déroule auprès des différentes technolo- gies, on observe des manifestations d’entraide, des échanges sur le contenu comme sur la technique. Il semble que les dispositifs facilitent le dialogue entre les visiteurs. La Caravane s’apparente alors à un « laboratoire de nouveautés », et nous pouvons supposer qu’il s’effectue des transferts de compétences, entre ces « apprenants ». a64
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche Après quelques temps passés sur les lieux, nous nous sommes rendus à l’évidence que si des efforts de communication avaient été réalisés en amont de l’évènement, peu d’informations avaient été données sur les détails du programme de la manifestation. Par conséquent, les vi- siteurs apparaissent perdus, ou hésitants. A leur arrivée, ils donnent l’impression d’ignorer vers quoi, vers qui se tourner. Pour certains, cela peut se traduire par l’impression d’être mit à l’écart, peut-être même l’émergence d’un sentiment d’exclusion. Pour illustrer ce propos, citons une femme qui a été déçue par le déballage de nouvelles technologie, qui selon elle n’apporte rien à l’événement : « Rennes fait sa comm, cela ne me touche pas ». Peut-être cela s’explique-t-il également par la signalétique sur place, plutôt discrète. D’après ces constats, l’événement de la Caravane des quartiers a donc permis, dans un temps limité, d’une part le regroupement d’un panel d’habitants du quartier, et d’autre part l’installation de dialogues et d’échanges entre les visiteurs. Toutefois, nos ou- tils de recherche ont montré qu’une partie des ha- bitants était venue parce qu’ils se trouvaient inquiets et/ou curieux, quant à l’évolution du quartier. En effet, les observations et les questionnaires nous ont révélé la récurrence d’interrogations, du type « le métro passera-t- il près de chez nous ? Où l’école va-t-elle se trouver ? Et nos garages, vont-ils être démolis ? » Ces préoccupations personnelles ne sont-elles pas un frein à l’installation d’un processus de socialisation ? Et n’existe- t-il pas d’autres limites à ce processus ? Analyse à posteriori : révélation des limites D’après notre analyse menée à posteriori de l’évènement, au moyen des données récoltées sur le terrain, il existe plusieurs freins à la mise en place d’un phénomène de socialisation lors de ce type de manifestations. D’abord, nous postulons que la courte durée de l’événement représente une réelle contrainte de temps. En effet, d’une part le caractère éphé- mère de l’évènement constitue un obstacle au processus de socialisa- tion, puisqu’il ne permet pas aux habitants de s’approprier l’évènement. D’autre part, cela n’a pas pu permettre une réelle représentativité du panel d’acteurs présents par rapport à la population du quartier ; le pro- cessus de « bouche à oreille » n’ayant pas pu encore s’enclencher. 65
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche Par ailleurs, notre analyse révèle que certaines personnes ne sem- blaient pas ressentir un bien-être collectif lors de l’évènement ; le motif premier de leur présence étant leur préoccupation quant à l’avenir du quartier et leur devenir, plutôt que la rencontre en elle-même. De plus, le plan d’urbanisme présenté à travers la maquette 3D n’était pas suffisamment clair pour présenter aux gens l’avenir du quartier. Les éléments n’étant pas définitifs et les réponses données peu concrètes, le plan renvoyait aux visiteurs l’impression de se trouver en- core très à l’état de projet car pas assez abouti. Il semble donc exister un décalage entre ce que souhaite présenter la Caravane et ce qu’elle propose réellement. Enfin, nous avons pu analyser que les technologies jouaient pour cer- taines personnes plutôt un rôle de révélateur d’exclusion que d’inté- gration : « Ici je me sens mal parce que n’ayant pas accès à tout ça d’habitude, je ne sais pas m’en servir … Je ne suis pas bien, parce que je prends conscience de ma différence… je me sens complète- ment à part, exclu.» Pour notre analyse, plusieurs inconnues demeurent : les compétences techniques acquises par les personnes au moment des manipulations ont-elles été assimilées ? Quelle suite y a-t-il eu après les échanges observés ? Qu’ont retiré les personnes de cet évènement, du point de vue personnel ? Par rapport à ces différentes limites mises en lumière par notre travail mené sur le terrain puis à posteriori de l’évènement, nous déduisons donc que la Caravane des quartiers ne permet pas une socialisation, telle que nous l’avons définie. Alors, un événement comme la Caravane des quartiers peut-il réelle- ment être un lieu de socialisation ? Pouvons-nous parler de création, recréation ou maintien de lien social ? De quoi parlons-nous quand nous faisons référence à un lieu de socialisation ? Plus concrètement… … il ne faut pas perdre de vue que la socialisation d’un quartier existe déjà ; les différents acteurs qui y vivent entretiennent des relations au quotidien et on peut considérer que de part son côté éphémère un évè- nement comme la Caravane des quartiers ne va pas créer une nou- 66
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche velle socialisation mais au contraire la maintenir, voire la renforcer pour certains. Imaginer la Caravane des quartiers comme un véritable phénomène de socialisation pourrait être effectif si celle-ci était présente dans dif- férents lieux de la ville, de manière permanente. Il est nécessaire que la Caravane des quartiers, pour exister en tant que telle, se crée une identité ; pour cela elle doit être reconnaissable par les habitants. Selon Guy Rocher , la socialisation est le « processus par lequel la per- sonne apprend et intériorise tout au long de sa vie les éléments sociaux culturel de son milieu, les intègre à la structure de sa personnalité sous l’influence d’expérience et d’agents sociaux significatifs et par là s’adapte a l’environnement social où elle doit vivre ». Cela signifie que pour le cas de la Caravane des quartiers, cette notion du milieu, de l’environnement de l’individu, n’est pas effective. Via les observations et les discussions avec les usagers, on peut se rendre compte qu’ici il est surtout question de découverte et de début de ma- nipulation des dispositifs, plutôt que d’intégration d’usages. La sociali- sation telle que la définie Guy Rocher, n’est pas repérable lors d’un tel évènement. Lorsque l’on interroge le public présent sur les raisons de sa présence, on peut constater que les réponses les plus fréquemment données ne correspondaient pas à celles attendus par les organisateurs, à savoir par curiosité, pour la présentation des projets ZAC, pour la technologie, pour accompagner les proches et autre. Suite à l’analyse des question- naires, on peut constater que les habitants ne viennent pas spéciale- ment pour les dispositifs technologiques mis en place (19%), ni par pure curiosité (12,9%). D’après les réponses il est clair que l’intérêt est ail- leurs. En effet, 25,8% des visiteurs déclarent venir pour se renseigner sur les projets d’urbanisme du quartier. En contre partie, 41,9% des ha- bitants déclarent être venu pour d’autres raisons. Nous pouvons, au vu de ces résultats formuler l’hypothèse que les 41,9% de réponses autre correspondent aux réponses données par une partie des organisateurs ou encore des personnes venues uniquement dans un but de convivia- lité (discussion autour d’un café, …) 1 Définition du diction- Un nouveau souffle ? naire de sociologie 2 Guy Rocher « introduc- tion à la sociologie géné- A priori, l’intitulé de La Caravane des Quartiers laisse penser à une ex- rale » : 1. L’action position itinérante à travers la ville de Rennes ; or lorsque l’on se sociale (p132) 67
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    La Caravane desquartiers 2010 - Focus recherche confronte au réel on s’aperçoit qu’il y a un décalage non négligeable entre la représentation que l’on peut s’en faire et la réalité. On constate que la communication autour de cet évènement le présente avant tout comme un lieu de convivialité où les habitants pourront se retrouver et échanger sur la vie passée, présente et future du quartier. Cependant, dans les faits, ce n’est pas exactement ce que l’on peut observer. En effet, les habitants sont bien là mais la magie n’opère pas. Cela est peut être le résultat d’une dynamique absente. A partir de notre analyse menée sur la question de la manifestation de phénomènes de socialisation lors d’évènements comme la Caravane des quartiers, nous pouvons déduire que la socialisation ne pourrait être effective que si l’évènement s’inscrit dans la durée. Pour cela, nous pouvons poser la question de la pertinence de pérenniser ce type d’événements. Cela pourrait prendre alors la forme d’un lieu dans le quartier, rattaché à une structure existante connue des habitants, qui pourrait devenir un espace concret de socialisation (maisons de quar- tier, associations, galeries marchandes, stations de métro, places pu- bliques, …). Ce lieu pourrait proposer des informations et des réponses aux questionnements des habitants avec des agents permanents maî- trisant le sujet. Cela nécessiterait une enquête menée au préalable au- près des habitants, afin de prendre connaissance de leurs envies et leurs besoins quant à ce nouveau lieu. 68
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    Quelques pistes recommandations recommandations pour la suite... Ce travail d'évaluation vise à construire des hypothèses de travail, en vue d'un repositionnement et d'une réorganisation de la caravane des quartiers. Précisons toutefois que les résultats des enquêtes et observations ne sont pas "scientifiques" par manque d'anticipation, de moyens et de temps, de plus l’échantillon de population interrogée n'est pas significatif. Néanmoins, ce projet démontre qu'un nouveau mode de coopération - réactif et ancré dans a vie sociale - est en train de naître entre la Ville de Rennes et la filière USETIC-TEF de l'université Rennes 2. Comment peut-on améliorer la démarche remontante, des habitants vers les institutions ? a En prévoyant des temps de débats, des forums, des groupes de parti- cipation sur cette question d’aménagement et inclure la participation des ur- banistes (CIU) a Revoir les objectifs de la Caravane : faire intervenir cette manifestation avant la validation des projets d’aménagement et prendre en compte les re- marques des habitants. Il est nécessaire d’augmenter la médiation sur ces temps de consultation et de réitérer des enquêtes de terrain pour faire re- monter la voix des citoyens. a Prévoir un système de sondage proche du référendum pour connaître l’opinion globale des habitants sur tel ou tel projet local qui touche à leur es- pace de vie. a Créer un espace sur le site Rennes.fr qui présente les projets d’urba- nisme dans leur évolution permettant ainsi aux habitants de suivre les chan- gements et de proposer des suggestions d’améliorations. a Instaurer la consultation et la participation automatique des habitants en mettant en place une permanence téléphonique ou numérique afin de ré- pondre aux interrogations des habitants. a Ouvrir au plus grand nombre les conseils de quartiers. a69
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    La caravane desquartiers - 2010 - recommandations a Conserver la logique de transparence en développant des outils d’informations de plus en plus accessibles pour tous. a Impliquer les structures associatives et proposer des ateliers communs autour de l’urbanisme avec des créations de cartographies subjectives favorisant la créativité des habitants sur cette question de réaménagement et d’évolution du quartier et de la ville. a Animer un atelier de créativité autour d’une thématique en lien avec la vie de quartier. a Proposer une boîte à idées sous forme de sculpture (totem re- présentatif du quartier réalisé par les scolaires). Comment peut-on améliorer l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap ? a Sur un plan général, si le sol est plane, l’accès aux fauteuils rou- lants n’est pas facile du fait des fils électriques courants sur le plancher, a Citywall. Créer un renfoncement dans le coffrage pour que les personnes en fauteuil roulant puissent y passer leurs jambes. a La borne tactile. Mettre des barres d’appui a La maquette 3D. Ajouter une « maquette à toucher », indispen- sable aux personnes non voyantes et utile également pour les per- sonnes déficientes intellectuelles. Permettre l’utilisation d’avatars porteurs de handicap pour la visite virtuelle. En général : a Réviser les conditions de circulation à l’intérieur du chapiteau : a Signaler et protéger les obstacles et créer un marquage tactile au sol. a Permettre une meilleure visibilité sur tous les dispositifs à l’aide du zoom et de visio-descriptions permettant de décrire les images aux personnes malvoyantes. a Informer sur les dispositifs par un accueil humain, selon le type de handicap. a Améliorer la qualité du son avec un écran secondaire incrusté qui traduise en langue parlée complétée ou en langue des signes, les signaux sonores. 70
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    La caravane desquartiers - 2010 - recommandations Comment favoriser la socialisation ? a En inscrivant l’évènement dans la durée ou en proposant des journées plus adaptées au public (samedi, dimanche) a Mobiliser les structures associatives et associer la Caravane à un autre évènement connu des habitants du quartier (braderie, fête des voisins...) a Améliorer la disponibilité des élus et les échanges entre les ha- bitants et les élus. a Donner une réelle identité à la Caravane : lieu de débat ou lieu de festivité ? a Proposer des soirées musicales, des activités ludiques qui enga- gent les habitants du quartier dans la préparation et dans la participa- tion a Proposer des animations entre les écoles primaires et les mai- sons de retraites via les dispositifs multimédias. Comment développer la médiation ? La médiation est nécessaire pour une meilleure appréciation des pro- jets d’urbanisme visibles au travers des dispositifs multimédias. Elle nécessite du temps humain et une réelle prise en compte pédagogique et ergonomique pour une utilisation optimale des outils technologiques. a Augmenter le nombre d’agents de médiation (1 médiateur par dispositif) a Améliorer la prise en main des dispositifs tels que la maquette 3D a Faciliter l’accès aux contenus des dispositifs via rennes.fr ou les blogs de la Caravane. a Permettre une plus grande participation des habitants sur tous les dispositifs a Développer une animation autour de chaque dispositif avec les écoles présentes sur le site et avec des groupes d’habitants. a Faire participer des habitants sur le choix des contenus, la mania- bilité des dispositifs 71
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    La caravane desquartiers - 2010 - recommandations a Adapter les outils de communication: • créer un site internet qui regroupe tous les blogs « caravane des quartiers », • retravailler l’ergonomie et la dimension pédagogique des blogs, • requérir la participation des habitants sur ce support, • proposer un wiki sur les projets d'urbanisme en cours. 72
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    conclusion ion c o n c l u s conclusion Un bilan en demi-teinte... Pour conclure au sujet de la Caravane, nous nous positionnerons en agora publique en laissant la parole au parti politique en place, ainsi qu’à l’opposition et toujours aux associations, très présentes sur le quartier : «On va laisser les plâtres se faire ou pas», «c’est une invitation à se rencon- trer», «la conception de l’affaire c’est d’arriver à faire naître du vivre ensemble», «il faudrait que l’organisation soit plus festive sinon ce ne sont que les habitués qui viennent», «les suggestions il faut les demander aux habitants du quartier qui sont le plus à même d’y répondre», «ces retrouvailles citadines ce sont des choix, des orientations qui engagent les élus», «de nombreuses causeries qui sont une autre manière d’échanger... on a une déception sur la participation... en amont il faut travailler la mobilisation (amener les parents par le biais des en- fants par exemple)/ les contenus», «c’est un lieu ouvert ce n’est pas souvent que les élus vont vers les habitants», c’est un moment enrichissant mais le lieu n’est pas bien choisi »... Cette sélection de phrases extraites d’interviews est révélatrice d’un besoin de savoir si la Caravane de quartiers apporte une réelle utilité. Cette enquête que nous avons effectuée était destinée à statuer sur le sort de cette manifesta- tion conviviale mais néanmoins boudée par les habitants. Cet évènement devrait s’intégrer dans l’idée que la cité est le lieu de rencontre et d’échanges de tous. Ouvrir les possibilités d’accès au monde à tous, quelque soit l’âge, la situation sociale ou familiale, est de la responsabilité des élus. La politique de la ville de- vrait soutenir toutes les ouvertures et partager les richesses dans un soucis d’équité. Que retenir de cette expérience? La caravane des quartiers est un événement intéressant à étudier, cependant, en sachant que plusieurs autres quartiers ne vont pas tarder à accueillir la cara- vane, il serait pertinent de continuer à travailler avec la filière sur cet événement. En effet, les préconisations exposées dans cet écrit laissent présager des chan- gements qu’il serait peut-être judicieux d’effectuer en collaboration avec la filière USETIC-TEF. Ce lien entre l’université et la Ville de Rennes fut l’occasion de découvrir de nouveaux horizons, de développer de nouvelles compétences, et également de faire connaître la filière. Cependant, il serait souhaitable qu’à l’ave- nir la commande soit explicite et se fasse beaucoup plus tôt pour permettre une 73
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    La Caravane desquartiers 2010 - Conclusion organisation efficace et des temps de concertation en groupe. Nous re- grettons également le manque de lien entre les initiateurs de la com- mande et nous. Ce projet ne devrait pas venir s’ajouter aux autres cours, mais constituer l’un des enseignements, avec un enseignant ré- férent qui connait bien le projet. Par ailleurs, le terrain faisait déjà l’objet de problèmes évoqués auparavant par les élus, les directions de quar- tier : peu de public, les personnes ne venaient pas vraiment pour les technologies... Notre évaluation aurait pu être beaucoup plus riche, si le terrain s’y prêtait vraiment. Notre recherche reste très sommaire... Mais nous retiendrons notre capacité à gérer un projet dans l’urgence de façon souple et adaptée. L’état d’esprit bienveillant et le respect no- tamment de l’écoute de l’autre sont des perspectives qu’il faut garder en vue. La sinécure ne vient qu’après l’aboutissement d’un tel travail qui est certes formateur mais ô combien chronophage parfois ! La caravane des quartiers a été une démarche d’observation et de re- cherche fastidieuse pour de bien maigres résultats et des recomman- dations que l’on a souhaité concrètes. Il reste la satisfaction d’un travail rondement mené, bien fait et plus que la somme de travail, nous gar- dons à l’esprit une forme de solidarité rare précieuse et des rencontres marquantes... Merci à tous d’avoir participé à cette expérience de vie aussi. 74
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    p r ol o g u e prologue prologue Un projet qui va faire des petits ! En effet suite à cette collaboration fruc- tueuse, la Ville de Rennes souhaite renouveler sa confiance à l'Université de Rennes 2. Cela pourrait donner lieu, dès l'année prochaine, à un partenariat entre l'Université de Rennes et la Ville de Rennes. Les termes de ce partena- riat, une fois mieux définis permettront d'instaurer des relations plus pérennes entre les deux partenaires. Un contrat, qui s'il a cours, permettra à des étu- diants de l'Université de Rennes 2 de participer plus aisément à des projets de la Ville de Rennes par exemple. D'autres initiatives font suite à cette expérience : notamment un projet éditorial. L'Université de Rennes 2 a la volonté de créer sa propre ligne éditoriale on line. Elle s'inscrit tout à fait dans le projet d'USETIC-TEF et octroierait à toutes lles productions de l'Université de Rennes 2 une plus grande visibilité. On est impatient de lire les premiers ouvrages estampillés "Université Rennes 2". 75
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    bibli ogra phie bibliographie bibliographie-webographie BARBER B., Démocratie forte, Desclée de Brouwer, 1997 BARBIER, F. et BERTHO LAVENIR, C. Histoire des médias de Diderot à Internet. Armand Colin, Paris, 2003. BARNES, What a difference a decade makes. Colin 2001 BEETHAM, H. and SHARPE, R. (eds) Rethinking Pedagogy for a Digital Age, Oxford, RoutledgeFalmer, 2007 BLONDIAUX L., Le nouvel esprit de la démocratie, Seuil coll. La République des Idées, 2008, p.39-44 BOUAL J.-C., BRACHET P., Evaluation et démocratie participative, L'Harmattan, 2004 CARREL M., Faire participer les habitants ? La politique de la ville à l'épreuve du pu- blic-thèse de doctorat en sociologie-Université de Paris V, 2004 CHAPPAZ G., Comprendre et construire la médiation. CRDP de Marseille et Publi- cations de l’Université de Provence, 1995. COUSIN G., Learning from cyberspace in Land, R. and Bayne, S. (eds) Education in Cyberspace, Abingdon, Routledge Falmer, 2005. ENGESTROM Y., Learning by Expanding: An Activity Theoretical Approach to De- velopmental Research, Helsinki, Orienta-Konsultit Oy, 1987. EUDES & PLAS, La démocratie à l'ère du numérique, Presse universitaires de Li- moges, 2007 FOUCAULT M., Dits et Ecrits, Gallimard, 1994 JORF n°0262 du 11 novembre 2009 page 19593 texte n° 32 GOFFMAN E. Stigmate. Les usages sociaux des handicaps, Editions de Minuit 1975 HABERMAS J. et RAWLS J., Droit et démocratie-entre fait et norme, Gallimard, 1997 LEBART C., LEFEBVRE R., La proximité en politique, Presses universitaires de Rennes, 2005, p.27-30 LÉVY P., Cyberdémocratie, essai de philosophie politique, Odile Jacob, 2002 LINCOLN, discours de Gettysburg du 19 novembre 1863 MATHIAS P., Des libertés numériques, notre liberté est-elle menacée par l'internet , PUF, 2008, p.166 MILAD D., La grande conversion du numérique, le seuil, 2008 OLIVER M., Understanding Disability. 1996 Mac Milan Press OLIVER M., Using emancipatory methodologies in disability research, The disability archive UK, 2002 PERAYA, D. Un regard critique sir les concepts de médiation et de médiatisation. Nouvelles pratiques, nouvelles modélisations. 2009 76
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    PERRIAULT, J. Lalogique de l’usage : essai sur les machines à communiquer. Flammarion, Paris 1989. PAUGAM S., L’exclusion : l’état des savoirs. Editions la Découverte 2001 RABARDEL, P., Les hommes et les technologies, approche cognitive des instruments contemporains. Paris, Armand Colin, 1995. RICOEUR P., Soi-même comme un autre. Edition du Seuil, 1990 ROCHER G., Introduction à la sociologie générale : 1. L’action sociale SARTRE J.P., L’être et le néant. Gallimard, 1943 SHAEFFER, P. Machines à communiquer : 2. Pouvoir et communication. Editions du Seuil, 1972 VYGOTSKI, L.S. Mind in Society: The Development of Higher Psychological Processes, Cam- bridge, MA, Harvard University Press, 1978 WINNICOTT, W. D., La mère suffisamment bonne. Payot-poche, Paris, 2006 WRIGHT MILLS Ch., L’imagination sociologique, Ed la Découverte 1997 http://blog.caravanedesquartiers.maurepas.rennes.eu www.collegaehuntsic.qc.ca/Pagesdept/Hist_geo/Atelier/Guide/glossaire.htm2 www.maphilosophie.fr/lexique.php3 www.camillederoccaserra.com/glossary/Glossaire_gi809.html4 www.aidh.org/Biblio/Vocabu- laire/Droits.htm http://fr.wiktionary.org/wiki/par- ticipatif Le rapport de M.Rocard, Vers une société de la connaissance ouverte, http://www.villes-in- ternet.net/UPLOAD/article/pages/1214_article.php http://doc.openfing.org/Villes2/Recherche_urbaine_villes2.pdf http://www.internetactu.net/200 8/07/17/besoin-dhybridation/ www.collegeahuntsic.qc.ca/Pagesdept/Hist_geo/Atelier/Guide/glossaire.html www.maphilosophie.fr/lexique.php www.camillederoccaserra.com/glossary/Glossaire_gi809.html www.aidh.org/Biblio/Vocabulaire/Droits.htm http://fr.wiktionary.org/wiki/participatif www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/02/11/a-washington-l-avenement-de-la-clicocra- tie_1153814_3222.html 77
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    78 a n n e xe s annexes annexes
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    Questionnaire d'enquête Caravane desquartiers Maurepas La Caravane de quartiers facilite les rencontres et les échanges entre les habitants d'un quartier et les élus de l'équipe municipale. C'est l'occasion pour les habitants de découvrir les projets à venir dans leur quartier, de participer au débat, de s'exprimer sur les enjeux de proximité. La mise en place des outils technologiques de pointe permet de valoriser le projet de ZAC Maurepas. Aussi, les partenaires de ce projet souhaiteraient un retour sur cet événement. Pouvez-vous m’accorder quelques instants (10 minutes tout au plus) pour me donner vos impressions à travers ce questionnaire? Ces dernières resteront ano- nymes et ne seront traitées qu’à des fins statistiques. VOTRE PARCOURS EN GENERAL Parlons tout d’abord de votre parcours sur la Caravane 1/ Combien de temps jusqu’à maintenant environ, avez-vous accordé à l’ensemble des stands de la Caravane ?  moins de 5 minutes  de 5 minutes à moins de 15 minutes  de 15 minutes à moins de 30 minutes  de 30 minutes à moins d’1 heure  de 1 heure à moins d’1heure30  de 1h30 à moins de 2 heures  2 heure et plus 2/ Etes-vous venu(e) … (une seule réponse possible)  seul(e)  en famille  avec des amis  en famille et avec des amis 3/ Quelle situation s’approche le plus de la votre, personnellement ? (une seule réponse possible)  je suis venu(e) par hasard mais j’avais vu de la publicité sur cet événement  je suis venu(e) suite à la publicité sur cet événement  je suis venu(e) sur incitation de mes proches (famille, collègues …)  je suis venu(e) suite à la publicité sur cet événement et sur l’incitation de mes proches  je suis venu(e) totalement par hasard
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    4/ Quels sontles motifs de votre présence ? (plusieurs réponses possibles)  par simple curiosité  pour la présentation des projets de ZAC  pour la technologie  simplement pour accompagner mes proches  parce qu’il y avait un rassemblement sympathique  Autres, spécifiez _ _ _ _ _ _ _  Aucun motif en particulier 5/ Avez-vous déjà participé aux conseils de quartier ?  Oui  Non 6/ Vous étiez-vous auparavant déjà informé sur l’évolution de votre quartier ?  Oui Par quels moyens ? _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _  Non VOS PERCEPTIONS Passons maintenant à vos perceptions. 7/ Jusqu’à maintenant quels dispositifs avez-vous testé, ne serait-ce que 5 mi- nutes ? 8/ Comment avez-vous testé ce(s) dispositif(s) ?  Seul  A plusieurs  Avec un proche  Avec l’aide de la personne présente près du dispositif 9/ Avez-vous hésité à utiliser ces dispositifs ?  Oui, Pourquoi ? _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _  Non 10/ Avez-vous eu besoin d’explications pour utiliser …? OUI NON
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    Le Citywall   La Borne Tactile   L’Espace d'urbanisme immersif (maquette 3D)   11/ Pouvez-vous me préciser sur une échelle de 1 à 5 votre niveau d’appréciation. (1 signi- fiant que vous n’avez pas apprécié du tout, 5 vous avez vraiment apprécié). Quelle note donneriez-vous à … (une réponse par ligne) 1= vous n'avez pas du tout apprécié 2 3 4 5 = vous avez vraiment apprécié Citywall      Borne tactile      Espace d'urbanisme immersif     
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    12/ Concernant lesaspects techniques, quelle notes donneriez-vous à…. 1 = vous n’avez pas apprécié du tout 2 3 4 5 = vous avez vraiment apprécié La qualité du son Citywall      Borne Tactile      Espace d’urbanisme      La qualité de l’image Citywall      Borne Tactile      Espace d’urbanisme      Synchronisation son-image Citywall      Borne Tactile      Espace d’urbanisme      Les contenus Citywall      Borne Tactile      Espace d’urbanisme      La maniabilité Citywall      Borne Tactile      Espace d’urbanisme      13/ Que pensez-vous globalement du Citywall? Choisissez parmi ces réponses celles qui vous conviennent. (Plusieurs réponses possibles)  Cela m’a permis d’échanger avec les gens qui l'utilisaient  J'ai trouvé les contenus pertinents et utiles  J'ai trouvé ce dispositif facile à utiliser
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    J'aimerais voir ce dispositif dans mon quartier  Je pense que cela peut être intéressant pour quelques personnes…les- quelles ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _  Je pense que cela peut être intéressant pour pas mal de personnes  Aucune de ces réponses ne me convient  Réponse libre 14/ Un tel mobilier interactif serait-il utile dans votre quartier ?  Certainement  Peut-être  Certainement pas 15/ Dans quel endroit placeriez-vous le Citywall ?  Dans une maison de quartier  A la mairie  Dans un Espace social commun  Aux Champs Libres  Autre : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 16/ Quelles informations et services souhaiteriez-vous trouver dans le Citywall ? ____________________________________________ _ ____________________________________________ _ ____________________________________________ _ 17/ Si vous deviez choisir un adjectif, comment qualifieriez-vous, globalement cette ballade immersive ? (Plusieurs réponses possibles, proposer la réponse «aucun »)  impressionnante
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    parlante (vous vous êtes projeté dedans)  originale  réaliste  saisissante  instructive  aucun de ceux-ci  autres (spécifiez _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _) 18/ Diriez-vous que l'espace d'urbanisme immersif en 3D vous a aidé à vous représenter le projet de ZAC?  oui, beaucoup  oui, assez  oui, un peu  non, n’apporte rien Quels sont, selon vous, les apports ? _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 19/ La borne tactile vous a-t-elle semblé… ?  Familière  Attractive  Utile  Intéressante  Compliquée  Inutile 20/ Avez-vous eu des difficultés à utiliser l'un des dispositifs? Oui Non Citywall 
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    Lesquelles ______________________________________  Borne tactile  Lesquelles ______________________________________  Espace d'urbanisme Immersif  Lesquelles ______________________________________  21/ Cette Caravane de quartiers … (une réponse par ligne) Oui, de façon très importante Oui Non A-t-elle modifié positivement le regard que vous portez sur le projet de ZAC ?    l’a t-elle modifié négativement ?    Vous a-t-elle donné envie d’en savoir plus sur le projet ?   
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    A-t-elle modifié positivementle regard que vous portez sur les nouvelles technologies ?    Trouvez-vous que la Caravane de quartiers est utile?    A-t-elle facilité la communication entre vous et les élus?    Vous a-t-elle convaincue que les nouvelles technologies peuvent mettre en valeur / servir l’urbanisme?    22/ Que tirez-vous personnellement comme bénéfices de cette opération ?  spécifiez _ _ _ _ _ _ _ _  aucun bénéfice 23/ Pensez-vous qu’il faut répéter ce genre d’expérience ?  oui, spécifiez le type d’événement _ _ _ _ _ _ _ _ _  non