Maupassant utilise B de S pour mettre en évidence le thème de la prostituée, thème récurrent dans ses nouvelles.  Maupassant était fasciné par la beauté, que ce soit la beauté de la nature ou la beauté des femmes, notamment celle des prostituées. Maupassant fréquentait les prostituées (il a contracté la syphilis, dont il est mort, auprès de l’une d’entre elles). Elles transgressent les lois morales et sociales ; elles contrastent avec le reste de la société (bien pensante) qui les exclut. Les différents types de prostituées  : La fille entretenue (un amant en titre qui subvient à tous ses besoins) dans  Le Lit 29 La prostituée qui vit confortablement en recevant chez elle des clients qui la paient.  Boule de suif :  « J’avais ma maison pleine de provisions » (L.479-480) Les « filles de maison » pensionnaires d’une « maison » dans laquelle elles accueillent des bourgeois et notables.  L’Ami Patience La fille de brasserie aux multiples clients imposés par le patron de l’établissement. Les prostituées dans l’œuvre de Maupassant
Elle est voluptueuse, sensuelle, charnue, désirable. Maupassant utilise la métaphore de la nourriture pour mettre en évidence l’apparence physique séduisante et « appétissante » (L.300) de B de S. Néanmoins, cette description métaphorique dénigre toute dignité au personnage qui est considéré comme un produit consommable. (Loiseau suggère par ailleurs de « manger le plus gras des voyageurs », L.375) En dépit de « ses qualités inappréciables » (L.306) – générosité, courage, probité (=honnêteté) - , c’est « une prostituée, « une honte publique », exemple typique de  focalisation interne  (le narrateur adopte le point de vue d’un personnage, ici les bourgeoises). Maupassant a de l’admiration pour son personnage, femme  libre  et  patriote , « Puis il en est venu pour loger chez moi ; alors j’ai sauté à la gorge du premier » (L.486-487)
Les femmes se sentent supérieures du fait qu’elles sont mariées et que leur « amour [est] légal » . Elles portent un jugement moral : elles la méprisent, « l’amour légal le prend toujours de haut avec son libre confrère » (L.318). Cependant, leur attitude change. Elles admirent la patriote bonapartiste, elles « se sentaient, malgré elles, attirées par cette prostituée pleine de dignité » (L.514-515). En outre, elles font preuve de « commisération » envers B de S lorsqu’elles découvrent la proposition indécente faite à B de S par l’officier prussien (L.878-879). Cependant, à la fin de la nouvelle, elles ostracisent B de S et témoignent un mépris féroce ; Mme C-L a « un regard de vertu outragée » (L.1260) et Mme Loiseau déclare : « elle pleure sa honte » (L.1338). Leur réaction cause le désespoir de B de S, qui se sent alors , « humiliée », « souillée » (L.1271) et rejetée. Comparaison avec Mme C-L : cette jeune et belle bourgeoise trompe son mari avec des officiers. Elle se comporte comme B de S à la seule différence qu’elle ne se fait pas payer pour ses faveurs (« Mme C-L demeurait la consolation des officiers de bonne famille », L.243-244). Elle est, de toutes les femmes, la plus hypocrite.
Les hommes utilisent les prostituées pour satisfaire leurs pulsions sexuelles ; d’une certaine manière ils sont responsables du traitement des prostituées par l’ensemble de la société.  Les interactions des hommes de la nouvelle avec B de S sont similaires aux attitudes masculines envers les prostituées. Loiseau est « émoustillé » (L.313) ; Cornudet essaie de profiter de la situation et de B de S ; Le comte traite B de S avec condescendance (« il lui parla de ce ton familier, paternel, un peu dédaigneux, l’appelant : ‘ma chère enfant’ » (L. 1134-1136).

La prostituee

  • 1.
  • 2.
    Maupassant utilise Bde S pour mettre en évidence le thème de la prostituée, thème récurrent dans ses nouvelles. Maupassant était fasciné par la beauté, que ce soit la beauté de la nature ou la beauté des femmes, notamment celle des prostituées. Maupassant fréquentait les prostituées (il a contracté la syphilis, dont il est mort, auprès de l’une d’entre elles). Elles transgressent les lois morales et sociales ; elles contrastent avec le reste de la société (bien pensante) qui les exclut. Les différents types de prostituées : La fille entretenue (un amant en titre qui subvient à tous ses besoins) dans Le Lit 29 La prostituée qui vit confortablement en recevant chez elle des clients qui la paient. Boule de suif : « J’avais ma maison pleine de provisions » (L.479-480) Les « filles de maison » pensionnaires d’une « maison » dans laquelle elles accueillent des bourgeois et notables. L’Ami Patience La fille de brasserie aux multiples clients imposés par le patron de l’établissement. Les prostituées dans l’œuvre de Maupassant
  • 3.
    Elle est voluptueuse,sensuelle, charnue, désirable. Maupassant utilise la métaphore de la nourriture pour mettre en évidence l’apparence physique séduisante et « appétissante » (L.300) de B de S. Néanmoins, cette description métaphorique dénigre toute dignité au personnage qui est considéré comme un produit consommable. (Loiseau suggère par ailleurs de « manger le plus gras des voyageurs », L.375) En dépit de « ses qualités inappréciables » (L.306) – générosité, courage, probité (=honnêteté) - , c’est « une prostituée, « une honte publique », exemple typique de focalisation interne (le narrateur adopte le point de vue d’un personnage, ici les bourgeoises). Maupassant a de l’admiration pour son personnage, femme libre et patriote , « Puis il en est venu pour loger chez moi ; alors j’ai sauté à la gorge du premier » (L.486-487)
  • 4.
    Les femmes sesentent supérieures du fait qu’elles sont mariées et que leur « amour [est] légal » . Elles portent un jugement moral : elles la méprisent, « l’amour légal le prend toujours de haut avec son libre confrère » (L.318). Cependant, leur attitude change. Elles admirent la patriote bonapartiste, elles « se sentaient, malgré elles, attirées par cette prostituée pleine de dignité » (L.514-515). En outre, elles font preuve de « commisération » envers B de S lorsqu’elles découvrent la proposition indécente faite à B de S par l’officier prussien (L.878-879). Cependant, à la fin de la nouvelle, elles ostracisent B de S et témoignent un mépris féroce ; Mme C-L a « un regard de vertu outragée » (L.1260) et Mme Loiseau déclare : « elle pleure sa honte » (L.1338). Leur réaction cause le désespoir de B de S, qui se sent alors , « humiliée », « souillée » (L.1271) et rejetée. Comparaison avec Mme C-L : cette jeune et belle bourgeoise trompe son mari avec des officiers. Elle se comporte comme B de S à la seule différence qu’elle ne se fait pas payer pour ses faveurs (« Mme C-L demeurait la consolation des officiers de bonne famille », L.243-244). Elle est, de toutes les femmes, la plus hypocrite.
  • 5.
    Les hommes utilisentles prostituées pour satisfaire leurs pulsions sexuelles ; d’une certaine manière ils sont responsables du traitement des prostituées par l’ensemble de la société. Les interactions des hommes de la nouvelle avec B de S sont similaires aux attitudes masculines envers les prostituées. Loiseau est « émoustillé » (L.313) ; Cornudet essaie de profiter de la situation et de B de S ; Le comte traite B de S avec condescendance (« il lui parla de ce ton familier, paternel, un peu dédaigneux, l’appelant : ‘ma chère enfant’ » (L. 1134-1136).