T O U L O U S E O P E N M É T R O P O L E
AMEL MIAOULIS
L'OPEN DATA DANS LE
DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE
DOSSIER PROSPECTIVE STRATÉGIQUE - INNOVATION TERRITORIALE
ET DONNÉES NUMÉRIQUES - UEV 241
CNAM BRETAGNE SESSION 2018/2019
(1) Nouvel Accord du 22 janvier 2019 - Marché unique du numérique et de question des données.
02
AVANT PROPOS
L'occitanie, la nouvelle région qui rassemble entre autres Toulouse et Montpellier, est
certainement l'un des centres de gravité français qui veulent utiliser l'open data pour dynamiser
leurs actions au plus près de leurs territoires. On ne compte plus les projets depuis ces 5
dernières années: data.laregion.fr, toulouse data science, Opendata Sicoval...
Une effervescence semble s'être emparée de la ville rose mais aussi de la France avec un désir
très fort d'inclure tous les acteurs publics, privés mais aussi les citoyens. Les nombreuses
initiatives prises au sein de l’Union Européenne notamment avec la dernière en date (1 ) sur le
renforcement du partage de données du secteur public indiquent le désir des états à renforcer la
fourniture de données dans le but de soutenir l’économie et l’utilisation dans l’intérêt de tous.
Ce grand chantier ouvert en perpétuelle évolution depuis une dizaine d’années évolue dans un
contexte où les repères socio-économiques changent à grande vitesse. L’avènement des
GAFAM et de la Chine poussent les pays d’Europe et plus précisément les grandes métropoles
dans une course vers un nouvel Eldorado où se trouverait « l’Or noir de la donnée » qui
permettra d’obtenir de nombreux bénéfices tant sur le plan social, économique et écologique.
« Les données sont le carburant qui alimente la croissance de nombreux produits et services
numériques (2) » en association avec les nouvelles directives sur la protection des données et
des informations du service public (ISP) celle-ci possèderait un dispositif politique et législatif
garantissant l’anonymat des informations liées aux citoyens. Ce cadre légal définissant entre
autre l’obligation de la mise à disposition des données du secteur public en vue de leur
réutilisation met l’accent sur le volume important et croissant de donnée de forte valeur qui sont
désormais disponible à tous les domaines de la société.
La région toulousaine ne pouvait donc pas faire impasse à cette (r)évolution de par son héritage
historique entre l’alliance de la technologie et des modèles économiques qui peuvent apporter
une croissance non négligeable. En incluant le Big Data dans ses 34 plans de réindustrialisation,
l’état français ne s'y est pas trompé, conscient de l'importance de ce nouveau marché et de la
multitude d'applications qui en découle. Il en est de même pour les élus locaux qui
souhaiteraient aussi bien en profiter. D’autant plus, que Toulouse possède certains fleurons
comme Airbus ou Sigfox qui font la fierté de ses habitants. Un nouveau challenge et défi se
présentent donc pour ce nouveau millénaire et Toulouse souhaite être présente dans les villes les
plus avancées dans l’utilisation de sa data en s’appuyant sur ces nombreux atouts.
Il m’a semblé intéressant de porter l’objet de cette étude sur le secteur du numérique comme
création de valeur au sein de ce territoire. Nous découvrirons dans une première partie les
éléments historiques de l'open data et son développement dans ce secteur d'activité. Nous
terminerons par l'analyse d'une prospective révélant 3 scénarii basés sur une sélection de
variables.
 
(2) Commission européenne - Communiqué de presse - février 2019
(1) http://www.opendatafrance.net/lassociation/les-valeurs-et-engagements/ 03
TOULOUSE PIONNIER DE L'OPEN DATA
C'est par un long processus en lien avec les grandes
évolutions sociétales et technologiques que la ville a su
moderniser ses infrastructures et se retrouver parmi les villes
les plus actives au côté de Rennes, Brest et de Nantes.
Au cours des années 2010, le mouvement de l'open data voit
le jour en France. Les découvertes et les avancées sur le
potentiel du Big Data créent un climat propice à ce
phénomène. Les personnalités politiques, économiques et
intellectuelles du pays s'emparent du sujet devenant le
nouveau "Terra Incognita". La multiplication des rencontres
entre ces différents acteurs et leur constitution en un réseau
national va permettre de lancer ce mouvement en quelques
années et d'établir les principes fondateurs qui sont :
ouverture des données publiques, transparence démocratique
et développement économique. Très vite une volonté
politique apparaît en 2011 sur l’ouverture de la donnée
publique à Toulouse Métropole. Les objectifs initiaux qui
sont exposés aux élus sont les suivants (1):
L’informatisation de l’administration toulousaine a pris naissance dans les années 1970. Aujourd'hui
tous les services de la métropole sont informatisés, mis à part certains services qui agissent
directement sur le terrain (exemple : les espaces verts) mais là aussi de nouvelles perspective sont à
l’étude. La mutation de la mairie a pris plusieurs décennies selon les budgets et les évolutions de la
société (informatique, numérique et bientôt IOT). A cette époque, la donnée n’était pas envisagée en
tant qu’objet par les décisionnaires, en effet l’outil informatique avait plus de valeur.
"Le personnel politique
appartient à un secteur
traditionnel, à la manière de
l'édition, de la presse, des
agences de voyage ou de
l'industrie de la musique. Tous
ces secteurs sont en train de
changer de façon considérable,
et nos politiciens devront faire
de même, notamment dans
leur communication avec le
public."
Viktor Mayer-Schönberger
(2013)
Une ville parmi les pionnières
La transparence administrative
Le développement économique
Le marketing territorial.
04
Un terrain fertile naissait en faveur de l’ouverture des données publiques à l’échelle nationale à
cette époque. La conférence organisé par la FING (Fondation Internet Nouvelle Génération) en
juillet 2011 à Marseille est une nouvelle occasion pour la ville d'élargir son réseau et de découvrir
les enjeux et de la ré-exploitation des données publiques dans la vie du citoyen. A leur retour, le
Collectif Open Data Toulouse est crée,. Celui-ci est composé d'experts en informatique,
d'activistes du logiciel libre et de quelques élus locaux. Une lettre ouverte est
adressé au maire de l'époque Pierre Cohen demandant de libérer les données. Leur activisme
portera ses fruits par l'accord du Directeur Général des Services de la métropole de Toulouse.
L'open data est ainsi définitivement lancée à la fin de l'année 2011.
Lancement du projet
Bien que le phénomène open data ne soit qu’à ses balbutiements, la métropole avance à tâtons,
mais veut faire vite. Un travail collaboratif s’engage alors avec l'association OpenStreetMap qui
s'intéresse à la récupération de données géographiques des filaires de voiries. Leur objectif était
d’ouvrir la carte OSM (OpenStreetMap) de Toulouse. Le choix s’est porté sur la licence ODbL
issu du projet opendatacommons.org imitant ainsi la ville de Paris. En effet, celle-ci permettait
d'exploiter  les données publiques, commerciales sous les conditions de mentionner la source,
l'usage et si celles-ci génère des créations. De plus, ODbL favorise la libre circulation des
données et au repartage à l’identique, ce qui selon Sandrine Mathon (Responsable du service au
sein de la DSI) « Cela permettrait à tout le monde de participer au commun ».
Carte sur le thème du vélo réalisé avec les données ouverte de la ville de Toulouse - 18/06/11
(1) Article Émilie Massemin , La Tribune 20/05/2015
(2) Cf.Enquête réalisée par l’Observatoire Open data des territoires sur la mise en œuvre
et leur projet. (2018)
(3) LOI N° 2016-1321 DU 7 OCTOBRE 2016
(4) ARTICLE L.322-6 DU CRPA
05
Une première version basique d'une plateforme de
publication de données voit le jour avec l'aide du
service de communication. Très sommaire, le site
se présente avec un simple bouton de téléchargement
pour accéder à quelques jeux de données comprenant
l’altimétrie de voies, les pôles territoriaux et les
mairies de quartier. Le portail était réservé à l’usage
des développeurs professionnels avec l’objet d’une
recherche précise sur un jeu de données. Sans
explications contextuelles, celui-ci n’était pas réservée au grand public bien qu’il pouvait avoir accès.
Face à cette contrainte et au souci d’ouvrir la donnée à la citoyenneté la plateforme change pour devenir
« data.toulouse-metropole.fr ».
Un des axes d’accélérations a été de recourir à la plateforme OpenDataSoft en 2015 (utilisé
jusqu’à ce jour) pour bénéficier des avantages d’une approche SAAS (software as a service) et se
diriger ainsi vers le grand public. La ville s’est abonnée à l’entreprise parisienne pour un contrat
renouvelable de 3 ans à raison de 10 000 € par an (1). Plusieurs versions ont été depuis mises à
jour selon les nouvelles demandes des utilisateurs et des directives politiques. Une meilleure
ergonomie, plusieurs formats de fichiers, une page d’accueil recensant les informations utiles.
Les améliorations apportées ont permis de proposer une visualisation des données centrée sur les
besoins de l’utilisateur et de profiter d’API pour alimenter les propres applications développées
par la direction numérique de la ville.
L'ouverture des données se fait donc au fur et à mesure sans un véritable plan soulevant des
questions cruciales : quels sont les demandes ? Quels types de données ? Comment les services
vont s'y prendre ? « Test and Learn » pourrait être donc le mot d’ordre des membres de
l’équipe. Au commencement, seuls quelques services et agents sont impliqués par le lancement
du projet. Bien que des freins internes se sont révélés sur la non compréhension et de l'intérêt de
cette démarche, cela fût perçu comme un accroissement de tâches supplémentaires et vide de
sens. Toulouse ne se démarque pas vraiment des autres collectivités sur les obstacles rencontrés
lors de son déploiement (2).
La loi pour une République Numérique (3) marque le passage pour les collectivités de la
possibilité de « rendre publics » à l’obligation de publier gratuitement en ligne certains
documents. Néanmoins, les élus peuvent être sollicités pour confirmer l’ouverture de certaines
données si la direction numérique émet un doute sur sa parution. Les deux catégories principales
des documents qui sont publiées sont : les données administratives des administrés et les
documents listés dans le RIP (4) (répertoire des informations publiques).
Gestion et échanges de données
Plateforme https://data.toulouse-metropole.fr
06
La question de quelle publication peut-on publier ne pose donc plus. Les seules données censurées
ou faisant l’objet d’un retravaille sont celles qui peuvent permettre une ré-identification. Cela fût
par exemple le cas avec un jeu de données sur les abonnés à la médiathèque. Les informations
fournies sur une géolocalisation précise permettaient de retrouver le nombre de personne par rue et
identifier les abonnés. La décision de censurer ces données a été prise au sein de la métropole afin
de garantir l’anonymat.
Certaines publications répondent à des besoins internes. La possibilité pour chaque service
d’extraire les données ont permis une plus grande agilité au sein de l’organisation. L’open data
s’apparente à un levier interne de modernisation qui avait été auparavant mésestimé. Par exemple,
l’accessibilité des bâtiments aux personnes à mobilité réduite a été cartographié grâce aux
ressources de l’open data. Cela a permis de mieux transmettre les informations sur les besoins
publics pour mieux aménager les structures en interne et aussi de diffuser les informations auprès
des habitants. Certaines publications de données peuvent être complexes. En effet, il est parfois
nécessaire de consolider un tableau en agrégeant les données d’autres services ce qui implique plus
de temps et de ressources pour sa mise en ligne. La structuration des jeux de données est un facteur
indéniable qui peut paraître chronophage pour l’agent qui en a la charge. Cette problématique que
rencontre les autres collectivités en phase avec l’open data est une des raisons parmi d’autres qui
expliquerait la faible ouverture de données massives. Néanmoins des solutions sont apportées pour
apporter plus de souplesse aux utilisateurs mais aussi aux producteurs de données.
« Aujourd'hui, les collectivités qui se lancent peuvent plus facilement mettre en place l’extraction
des données depuis les applications métiers et automatiser leur exposition. Plus besoin de passer
du temps à manipuler les jeux de données manuellement » décrit Sandrine Mathon.  L’expérience
utilisateur a considérablement évoluée ces dernières années dans les normes et usages notamment
grâce à l'influence des acteurs comme Google et Amazon. Pour parvenir à mieux satisfaire ces
citoyens, la collectivité toulousaine met cet axe comme une de ses priorités dans son déploiement
numérique.
 
Plateforme https://data.toulouse-metropole.fr
(1)Institut de mathématiques de Toulouse est une unité mixte de recherche du CNRS,
regroupant l'essentiel des chercheurs et enseignants-chercheurs en mathématiques à Toulouse. 07
LE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE
DANS LE SECTEUR INFORMATIQUE
Un bassin d'activité centré autour de la métropole
La région métropolitaine de Toulouse apparaît aujourd’hui comme l’une des technopoles les plus
dynamiques d’Europe. Son cœur fonctionnel est constitué de l’industrie aéronautique et spatiale,
encadrée par une série d’autres activités de pointe comme l’électronique et l’industrie de
l’informatique associés à l’enseignement et à la recherche. Le tout forme un complexe industriel qui
a non seulement une présence imposante mais possède aussi un potentiel important d’expansion
économique et d’innovations technologiques.
Le secteur tertiaire représente 78 % de ces emplois dont 27 000 salariés dans le numérique répartis
sur 3 000 établissements (1). Au-delà des gros éditeurs comme Oracle, les fournisseurs de services
(Capgemini), ou data center (FullSave) sa structure se compose essentiellement de petites et
moyenne entreprises centrée autour du territoire toulousain (cf. carte INSEE 2014 – Accès aux
emplois).
  Un marché d’emploi centré autour de la métropole
Un système de transaction inter firme de nature marchande et non marchande
Un ensemble d’institutions publiques, associatives ou professionnelles de soutien
  Les interactions de ces 3 éléments constituent un levier puissant sur l’économie de proximité.
Accompagner les entreprises de la filière informatique et numérique
C’est donc par une certaine aisance que l’arrivée de l’open data et de ses potentiels apparaissent comme
une source puissante d’économie agissant comme un levier de croissance au sein de ces industries.Très
vite les entreprises de l’informatique liées aux industries aéronautiques et spatiales en collaboration avec
les principaux centres de recherches (IMT – ENSEIGHT) (1) commencent à travailler sur la
donnée. Leurs travaux se portent sur la réalisation de logiciels embarqués, satellites ou guidage au sol.
(1) Social Networks, Innovation and the Knowledge Economy GRIMALDI et TORRISI,2001 08
Leur expertise combinée en matière de hardware et software apportent les premiers stockages de
données provenant des instruments de navigation, simulateurs de vols… En outre, les entreprises
liées à l’industrie aéronautique et spatiale embauchent une main-d’œuvre qualifiée, privilégiant les
candidats qui ont déjà acquis une expérience locale. Ce choix préférentiel est un révélateur
supplémentaire de leur ancrage au système productif local. Ce phénomène suggère que les
échanges interpersonnels dans cette partie de l’économie locale présentent souvent un contenu très
tacite (1), de telle sorte que les interlocuteurs ressentent le besoin de travailler en étroite liaison
dans un contexte où les interactions en face-à-face sont facilitées. Un système local hiérarchisé de
sous-traitance s’est donc progressivement mis en place à Toulouse dans les domaines de la
fourniture de services et de systèmes informatiques.
 
Le développement des usages des données par les acteurs privés imposent les infrastructures
nécessaires notamment dans le stockage des données.  Au début des années 2000, deux tendances
informatiques voient le jour : la mise à disposition d’applications d’infrastructure et la virtualisation.
La convergence de ces deux tendances ont donné le concept du Cloud Computing. Le stockage de
donnée apparaît comme un élément central dans la problématique des ressources et des processus.
Qu’il s’agisse d’une simple externalisation à des fins de sauvegarde ou de l’utilisation de services
logiciels, l’infrastructure informatique devient cruciale tant que pour les entreprises que pour les
collectivités midi-pyrénéennes.
Dans sa cartographie des data centers en France daté de 2014, le magazine spécialisé Global Security
Mag comptabilisait ainsi plus d'une cinquantaine d'usines à données en Île-de-France contre
uniquement trois à Toulouse. Le Sud-Ouest semble particulièrement à la traîne comparé à la
métropole lilloise qui comptabilise déjà plus d'une dizaine de centres. "Le maillage territorial des
data centers est fondamental, non seulement pour conserver les données à proximité, mais surtout
pour renforcer l'écosystème numérique au niveau local, souligne Laurent Bacca Président Directeur
Général de Full Save (principal opérateur d’infrastructure IT & Cloud toulousain). Pour pallier à ce
retard qui s’explique pour certains par une lourdeur administrative des autorisations foncières, la
métropole compte bien rattraper ce décalage. Plusieurs initiatives ont été prises par l’ouverture de 3
autres centres de stockage depuis ces 5 dernières années : L’Arche de données de l’INRA, data
center national à vocation collective et scientifique, Fil d’Ariane sur le parc technopolitain proche des
industries aériennes et l’ouverture d’une 3ème salle de 1 600 m² au data center TS100.
 
La relocalisation des data centers devient également un des enjeux de la politique économique de la
ville. Consciente des possibilités illimitées qu'offre l’ouverture des données, Toulouse s’adapte en
ouvrant des marchés publics vers ce secteur en créant des opportunités de business pour ces
nouvelles entreprises. Une démarche qui se qualifie de « win to win » où chacun tire son profit.
Un territoire sous équipé
09
Dans la plupart des analyses sur la Net économie, le développement des activités s’établit sur le
soutien des institutions privées et par l’administration publique locale. Si l’industrie de
l’informatique et par la suite du numérique occupe un rôle important dans l’essor de la technopole
toulousaine, elle a été longtemps oublié des actions institutionnelles de soutien. Pourtant les
retombées importantes sur les activités spécialisées dans l’industrie aérospatiales et électroniques
ont contribué au rayonnement et à l’image de Toulouse.
L’architecture des institutions réunit 3 grandes catégories d’instances :
 
Divers clubs d’entreprises de hautes technologies ont vu le jour depuis une vingtaine
d’années. Ces structures rassemblent surtout des petites et moyennes entreprises exerçant dans
l’innovation. Leur objectif est de gérer et diffuser de l’information pour les membres afin que les
entreprises soient mises en relation avec des clients, des donneurs d’ordres ou des centres de
recherche.
Les institutions collectives
Les institutions privés
Institutions privées portées par le milieu d’affaires de l’informatique
la Chambre de Commerce et d’Industrie
Les instances publiques nationales et locales
L’affirmation institutionnelle des PME innovantes de l’informatique passe
par la création d’associations spécifiques d’entreprises. Cette démarche
collective privée a été illustrée notamment par la création en 2001 de
l’association « la Mêlée Numérique » qui répond à la volonté de plusieurs
entreprises locales de constituer en Midi-Pyrénées une structure de valorisation et d’appui au
développement des métiers et activités de l’économie numérique au sens large du terme.
  La Mêlée Numérique
  DigitalPlace
La volonté de ce cluster est de faciliter le développement à l'international
des entreprises déjà bien lancées. Elle propose également de les
accompagner par différents moyens : business plan, soutien juridique,
mutualisation de moyens de communication, accompagnement sur des
appels à projets, réseautage...
A partir de février 2019, elle fusionnera avec le cluster montpelliérain
FrenchSouth.Digital pour devenir Digital 113.
10
Créée en 2000 (anciennement Incubateur Midi-Pyrénées) l'organisme public régional propose un
appui et un dispositif financier pour aider les nouvelles entreprises. (« Le Fonds d’Amorçage de
Midi-Pyrénées »). Initialement créée pour favoriser la valorisation des travaux issus de la
recherche publique par la création d’entreprise, elle
s'ouvre vers le tout public. Sa nouvelle offre se
présente en trois volets.
Une première phase, gratuite et ouverte à tous,
pour une pré-incubation de 1 mois destinée à
éprouver le projet. Ensuite, une phase d'incubation
de 12 à 18 mois avec un financement de 50 000 €
pour développer son business model.
Et enfin, une dernière phase d'accélération de 6
mois, avec à nouveau 50 000 €, pour développer
son entreprise.
Les institutions publiques territoriales.
Créé en janvier 2014 dans le but de soutenir la création et le
développement d’entreprises sociales et solidaires innovantes.
Elle propose un accompagnement à des porteurs de projets, d'idées,
(individus ou entreprises) jusqu'à la création de l'activité. La durée
d'accompagnement est de 6 à 18 mois selon le besoin et la maturité
du projet. Cette structure lance chaque année un « appel à projet »
pour repérer, soutenir et développer des innovations sociales.
  Première Brique
  IOT Valley
Créée en 2009 par 4 entrepreneurs toulousains, IOT Valley est une
communauté d'entreprises située à Labège (Sicoval). Cet écosystème
est spécialisé dans l'internet des objets rassemblant plus de 40 start up et 20 partenaires. Elle représente
aujourd’hui un lieu de 13 000 m2 où se trouve plusieurs établissements dédiés au numérique et à
l’informatique.
  Incubateur Nubbo
227 projets accompagnés
82% pérennes après 5 ans
1 635 emplois créés
5 33 millions € de fonds levés
5, 7 M€ investist depuis la
création de l’incubateur
Quelques chiffres *
Source: Communiqué de presse 2018 - Conseil
Régional
11
L'expérimentation "Trafic Zen" menée en collaboration avec les Autoroutes du Sud de la France et
France Télécom, a permis aux automobilistes d'obtenir une information en temps réel sur les
panneaux d’autoroute et ainsi adapter leur itinéraire.
L’ouverture de la donnée créatrice de nouvelles entreprises
L'application "Qui Dit miam" présente les menus proposés par
les cantines de Toulouse, servis dans les écoles maternelles et
élémentaires. L'application met en avant les valeurs de la
restauration collective et les actions faites au niveau local sur
les menus (production locale, bio, aliments de saison). Grâce à
une collaboration avec la cantine centrale, les fiches techniques
des plats sont également mises à disposition et de visualiser les
différents allergènes auprès des parents.
Quelques chiffres *
Utiliser l’open data pour faciliter l'activité des services
Une étude réalisée par DigitalPlace en 2011 montre que 85% des entreprises ont moins de 50 employés
dont 40% sont des start up. 83% d’entre elles ont leur siège en Haute-Garonne. La problématique du
franchissement d’un cap de croissance se pose réellement. La collectivités et organismes publics
conscientes du rôle qu’elles ont pour favoriser le développement de ces jeunes entreprises offrent ce
qu’elles ont de mieux : accès à ses données publiques à condition qu’elles puissent apporter une réelle
valeur ajoutée dans la vie quotidienne des citoyens. En complément, un large espace de pépinières sont
présents dans toute la région pour accueillir de jeunes entreprises, le temps de leur permettre
d'atteindre la taille critique et pouvoir disposer de leurs propres locaux.
La collectivité  toulousaine a pu intégrer cet enjeu dans des missions d’accompagnement au côté des
futurs acteurs privés. Rendre de meilleurs services aux usagers, tout en utilisant les technologies les
plus adaptées et les plus innovantes. Ce principe a guidé la mise en place de plusieurs expérimentations
visant à faciliter la ville à l'usager. Quatre grands registres ressortent dans cette étude.
  Utiliser l’open data pour faciliter la circulation dans Toulouse.
Source: Communiqué de presse 2018 - Conseil
Régional
L'objectif de la "zapette" permet aux services techniques de
signaler, avec un téléphone portable, toute dégradation ou
incident constaté sur la voie publique. La donnée récoltée
permet in fine d’améliorer le service à l'usager.
Utiliser l’open data pour améliorer la vie quotidienne
Contribuer à l’enrichissement des données
Plusieurs expérimentations sont soutenues financièrement par Toulouse Métropole, exemple :  
le domaine de la navigation par satellite.
internes de la collectivité
12
La donnée comme ressource économique dans la smart city
Quelques chiffres *
De servir de tremplin aux startups locales pour leur développement et le renforcement de leur
visibilité à l'échelle nationale ou internationale.
Le programme Smart City 2015- 2020 a pour objectif de construire avec  les citoyens  la ville
intelligente de demain : plus fluide, conviviale, innovante, dynamique, attractive, responsable et durable.
Le chantier est ambitieux : 500 millions d’euros d’investissements publics et 200 millions
d’investissements privés. Dans un souci de co-construction avec les habitants, les entreprises, plusieurs
projets ont vu le jour ou verront le jour d’ici 2020.
Pour en citer quelques-uns : wifi dans la ville,  4G dans le métro, véhicule autonome connecté, éclairage
public intelligent, îlot autonome pour les seniors ...
Dès 2017, des expérimentations ont eu lieu avec 2 enjeux importants :
  
Permettre l'élaboration de nouveaux services grâce à la mise à disposition de certaines données de
la collectivité.
Source: Communiqué de presse 2018 - Conseil
Régional
La cartographie des données débutée depuis quelques années a permis de visualiser toutes les
données dont dispose la collectivité ainsi que leur provenance au travers des 430 applications.
La mise à disposition de ces données a pour but de favoriser la création d’entreprise notamment
les start-up et les initiatives dans l'économie sociale et solidaire.
13
L'exemple d'Open Bikes
Quelques chiffres *
L’application Open Bikes Now offre aux cyclistes la possibilité de visualiser les vélos ou bornes de
retour disponible. Elle permet aussi de programmer dans le temps l’utilisation de ce service grâce à un
système de prédiction basé sur des données en open source et des méthodes statistiques. Pour cela, elle
réutilise pour la ville de Toulouse les jeux de données JC Decaux, gestionnaire du réseau Vélo
Toulouse. Ces données sont ensuite retravaillées puis intégrées à un algorithme de calcul statistique
développé pour cette application afin de délivrer aux usagers les informations recherchées sur les
disponibilités des vélos stations. La start up souhaite
ainsi résoudre le problème typique du
cycliste qui ne sait pas où poser et
prendre son vélo en libre service.
Lauréat du prix spécial
« Open Data Toulouse Métropole »
lors de la 6ème édition du concours
Dataconnexions en 2016,
elle est déployée dans plus de 70
villes dans le monde.
  
Source: Communiqué de presse 2018 - Conseil
Régional
Ces jeux de données publiques sont en libre consultation et disponible sur l'Open Data de Toulouse
Métropole.
Quelques chiffres clés
visuel de l'application Open Bikes
14
PROSPECTIVE
Au regard de cette étude, la métropole de Toulouse semble être un angle d'analyse prospective
intéressante. Son avantage historique dans l'ouverture de la donnée, lui donne une position de
leader par rapport aux autres organisations publiques. Quatre domaines importants se sont révélés
indiquant plusieurs variables sensibles sur l'avenir de ce tissu économique.
TECHNOLOGIQUE
POLITIQUE ÉCONOMIQUE
SOCIOLOGIQUE
Présentation des variables et scénarii
Engagement
Acculturation des agents
Vision locale et régionale
Entreprises et ses partenaires privés
Entreprises et les institutions publics
Infrastructures IT
Stockage des données
IOT: Objets connectés publics
Participation citoyenne
Fracture numérique
Numérisation des services publics
Domaines et variables retenus
La sélection de ces domaines et variables illustre les effets de l'open data et de ses conséquences dans
le développement économique et indirectement dans la vie de ses habitants.
Politique : engagement fort de la ville, structuration des services, plusieurs mis à jour de la
plateforme de données, présence dans les milieux d'affaires...
Economie : relation et soutien avec le secteur économique et davantage d'implications dans les
projets urbains.
Technologie : Des atouts et faiblesses dans les infrastructures technologiques. Des centres et des
laboratoires de recherches tournés vers l'innovation de pointe.
Sociologie : Une ouverture vers la transparence et la participation citoyenne. Un déploiement
important dans les usages du numériques.
19
- Engagement
- Acculturation des agents
- Entreprises et
institutions publics
- Stockage des
données
- IOT: Objets
connectés publics
- Fracture
numérique
Tableau descriptif des variables
- Participation
citoyenne
DOMAINE
SOCIOLOGIQUE
- Infrastructures IT
DOMAINE
TECHNOLOGIQUE
- Entreprises et
partenaires privés
DOMAINE
ÉCONOMIQUE
- Vision locale et régionale
DOMAINE
POLITIQUE
TENDANCIEL
RUPTURE
BASSE
RUPTURE
HAUTE
VARIABLES
- Promotion OD
- Travail en silo
- Thèmes variés OD
- Agent non qualifié
- Réutilisation à but
politique - Développement
applications
- Pratique des usages
digitaux en interne
- Contraste important
des tailles d'entreprises
- Relation marchande
géo-centrée
- Système économique
hiérarchisé
- Investissement
financiers
- Fragilité Model
Business
- Soutien financier
- Facilitation des démarches
- Initiation d'évènements
- Campagne de promotions
- Absence de vision
- Directive des
demandes
- Relation
dominant/dominé
- Collaboration en
R&D
- Accompagnement
- Déploiement fibre optique
- Qualité des gestion de flux
- Développement de la
4 G dans les transports
- Insuffisance de centre
de sockage
- Augmentation de
la maintenance
- Centralisation
des réseaux
- Zone bas débit
- Maintenance
prédictive
- Retard important
- Approche
"Smart Grids"
- Besoin en forte
demande
- Relocalisation
- Éclairage connectés
- Habitat connectés
- Véhicule autonome
et connecté
- Faiblesse sécurité
- Transparence
démocratique
- Concertation
- Écart important des CSP
- Équipement digital des
écoles
- Taux de retraités important
- Mauvaise utilisation
- Désintérêt
- Citoyens experts
-Smart éducation
- Accompagnement
- Élitisme
- Contrôle des
données
- Communauté de
réutilisateurs
- Co-Construction du
service public
- Absence de contrôle
- Désaprobation des
habitants
- Déploiement
insuffisant
- Infra intelligentes
- Services publics
intelligents
- Métropole disruptive
- Désengagement - Création d'emploi
- Croissance éco
- Innovation projet
urbain
- Réseaux
hétérogènes
- Visualisation des données
- Data center
dernière génération
- Augmentation des
infras
- Performance de la
smart city
- Innovation
incrémentale
16
Présentation des 3 scénarii
1er scénario - Abandon de la souveraineté
Dans ce 1er scénario, le pouvoir politique de la ville laisse la gestion de la cité aux grands groupes privés.
(1) professeur de Droit à l’Université du Maryland - Article https://lpeblog.org/2017/12/06/from-
territorial-to-functional-sovereignty-the-case-of-amazon/
(2) Comment les géants du numériques veulent gouverner nos villes de Jean
Haëntjens urbaniste etéconomiste
17
La pression démographique explose en ville (70% de population urbaine en
2050) et les infrastructures deviennent vieillissantes. Pour la métropole, il
devient urgent de trouver des solutions. La pression de ses citoyens mais aussi
des villes concurrentes pousse l'administration locale à faire appel aux
entreprises puissantes et expertes dans les domaines des nouvelles
technologiques. Désireuse de séduire une population jeune et technophile, elle
laisse la main mise totale sur l'utilisation de sa donnée sans réelle contrepartie.
Les habitants non associés à participer se voient imposer de nouveaux modes
d'usages publiques dans leur vie quotidienne ignorant qu'ils sont la source
même de leur pouvoir.
1er scénario - La donnée comme moyen de pouvoir
Le passage d’une démocratie territoriale à une démocratie fonctionnelle s'explique par la mutation
du modèle démocratique traditionnel auquel nous assistons. Habituellement, la gouvernance
politique est à l'origine des réglementations, aujourd'hui les entreprises se substituent à l'État par les
habitudes d'usages des concitoyens se conformant ainsi à leurs règles d’utilisation plutôt qu’à une
loi. Alors qu’aux Etats-Unis, Amazon est en passe de devenir la centrale d’achats du gouvernement
américain, Franck Pasquale (1) a récemment publié un article dans lequel il analyse la place des
GAFAM, notamment Amazon, dans nos démocraties et la mutation qu’ils induisent.
Pour ces entreprises, la Smart city est une belle opportunité sur la récolte de données. En leur faisant
place, ils se révèlent utiles, smart et ingénieux par l'interopérabilité qu'ils produisent. L'alliance de
l'IA dans les domaines de la mobilité, l'urbanisme, la santé, la maison... sont autant de sources de
données à capitaliser. Pour illustrer ces propos, Google vient de créer Sidewalk Labs, filiale de sa
maison mère Alphabet, entièrement dédiée à la Smart city avec pour objectif de proposer des
solutions globales de gestion de mobilité. Dans le cadre du projet LinkNYC, la ville de New York
dispose désormais de bornes wifi intelligentes livrées par Google. Elles remplacent les vieilles
cabines téléphoniques et proposent la connexion de son téléphone ou de sa tablette à un réseau wifi
20 fois plus rapide. Autre exemple, Google Fiber, autre filiale d’Alphabet,  a la volonté de vouloir
distribuer la fibre optique. La ville de Kansas City a été la première en 2012 à bénéficier du réseau
nommé Google Fiber. La firme devient un fournisseur d’accès à internet ultra-rapide et très
concurrentiel par rapport à l’offre offerte par les fournisseurs historiques américains.
Doit-on craindre les effets de cette délégation de la gestion des services publics (transports, eau,
électricité…) aux entreprises du numérique (2) ? Il y a toujours eu une différence idéologique entre
le public et le privé. Le privé est là pour créer des richesses, alors que les pouvoirs politiques sont là
pour penser à l'intérêt général. Ainsi se trouve la différence notoire entre ces deux pouvoirs.Si nous
vivons dans un monde de plus en plus connecté, le rôle que vont jouer les géants du numériques est
une importante question d'actualité.
18
Dans ce deuxième scénario, la ville exerce un total pouvoir de contrôle et de surveillance
2 ème scénario - L'Etat policé
19
Les habitants sont sous total contrôle. Les instances politiques ont compris les
potentiels et le pouvoir que peuvent procurer la donnée. Cela lui a permis
d'optimiser ses ressources et engendrer des ressources financières grâce au
couplage des données de l'administration financière. La ville est plus sûr grâce à
la surveillance connectée mais aussi à la police prédictive mis en place jusqu'à
dans les écoles.,
2 ème scénario - La donnée comme moyen de surveillance
Dans son célèbre roman d’anticipation 1984 paru en 1949, le journaliste et écrivain
George Orwell décrit un monde totalitaire gouverné par un « Big Brother » qui s’insinue jusque
dans les consciences. Ce qui pouvait s'interpréter comme un fantasme ou de la science-fiction est
une dérive des projets de la smart city vers la "Safe City" vers lesquelles certaines métropoles se
tournent aujourd'hui.
Cette fuite en avant dans les technologies de contrôle social où des centres sont équipés pour sonder
des quantités de bases de données issues des services publics et privées séduisent de plus en plus
d'élus. La sécurité est, avec la mobilité, le pilier le plus réaliste de la smart city, estime Marc
Darmon, directeur général adjoint du groupe Thales, principale entreprise des technologies de
contrôle de la ville de Nice. Surveiller en temps réel l’espace public urbain, ce qui se dit sur les
réseaux sociaux et faire de la police « prédictive » sont devenus des sujets à la mode face à
l'actualité de ces dernières années. Toutes les villes sont aujourd'hui équipées de caméras de
surveillance aux résultats insignifiants comparé aux nouveaux produits d'analyse automatique des
images qui arrivent sur le marché mondial. Les améliorations techniques de l'exploitation des
images et d'identification des personnes sont en large en progression. Par exemple, l’utilisation de
la reconnaissance faciale en lien avec des fichiers biométriques permettra de repérer dans la foule
des individus au comportement douteux. La computer vision permet en effet de faire le lien en
temps réel entre une base de données contenant les photos de suspects et les images de vidéo-
surveillance, de repérer des comportements suspects, la présence d’objets dangereux dans l’espace
public ou les regroupements illégaux de personnes. La Chine montre actuellement le chemin de ces
nouveaux dispositifs répressifs.
(1) Association de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet
(2) Smart City et Données Personnelles: Quels Enjeux de Politiques Publiques et de Vie Privée?”, CNIL,
Octobre 2017. https://www.cnil.fr/sites/default/files/atoms/files/cnil_cahiers_ip5.pdf.
En France l'affaire de la « jurisprudence » de
l'application niçoise Reporty dénoncée par La
Quadrature du Net (1) continue d'alimenter les
débats sur le droit des données personnelles. Les
travaux du comité de prospective de la CNIL (2)
pointaient l’absence de base légale et affirmaient son
opposition claire à l’ensemble de ces projets.
20
Cela nous amène à la question du contrôle des données personnelles. Les risques de mise en place
d’une dérive politique trop sécuritaire ne sont pas prises à la légère par les associations de défenses
des droits et à la liberté. Si la "Ville Intelligente" rend déjà de nombreux services aux
municipalités, concernant leur fonctionnement quotidien (trafic routier, gestion automatisée des
éclairages) faut-il définir des limites au niveau de la surveillance ?
L'arrivée du RGPD (règlement général sur la protection des données) interdit désormais qu’un
service soit rémunéré par des données personnelles. Néanmoins, la flou juridique sur la spécificité
de la Safe City s'apparentant à la législation d'une extension de la vidéo-surveillance laissent les
mairies libre des utilisations technologiques dans leur volonté politique sécuritaire. La relation
partenaire entre l'organisations publiques et entreprises privées n'est pas aussi clair sur
l'exploitation des données publiques comme nous montre les déploiement de Nice et Marseille.
Ce qui n'est pas le cas en Chine où le gouvernement entend avoir le contrôle sur les équipements de
surveillance et des stockages des données dans un Cloud souverain obligeant les entreprises
étrangères à stocker les fichiers des citoyens chinois en Chine.
La police prédictive couplée aux autres organes comme la justice nous proposent un scénario
obscur sur le droit individuel. Le référencement de toutes décisions de justices (légaltech) même en
Open Data ne marque t-elle pas la fin des grands principes qui fondent le droit pénal d'une société
démocratique (présomption d'innocence, individualisation des peines ) ?
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3 ème scénario - Uni vers Cité ou la donnée comme pouvoir démocratique
Dans ce 3ème scénario, la ville est gérée par ses habitants dans les décisions politiques.
(1) François Richard (Directeur Partenariat et Réglementation, Smart Cities & Territories, Orange
(2) Carlos Moreno, Smart city : essai de définition
22
L'innovation technologique a engagé la ville vers une nouvelle ère démocratique à 4.0 et les
rapports de pouvoirs entre gouvernants et gouvernés sont profondément transformés. Les
manifestation des années 2018/2019 ont permis de changer le système de l'intérieur par des
nouveaux visages politiques sortis de la société civile conscient de la valeur et puissance de leur
donnée. Il n'existe plus de crise de confiance ni de clivage entre les citoyens ordinaires et les
citoyens politiques. La population présente un intérêt pour les sujets de société qui ont un lien
direct dans leur quotidien. La donnée est une valeur de décision qui permet d'orienter les actions
municipales.
3 ème scénario - Démocratie participative et transparence
La naissance d’un univers numérique représenté par le "cybermonde" impacte aujourd'hui les
rapports de pouvoirs entre gouvernants et gouvernés. Si la smart city est souvent réduite à l’image
d’une simple ville intelligente, aux habitants et infrastructures interconnectés, il en résulte que nous
assistons à un décloisonnement du fait de l’absence de frontières dans le cyber-espace.
Quelles que soient les innovations urbaines pionnières en Europe, toutes nous dirigent vers une
intelligence collective basée sur une gouvernance participative où « le consommateur devient
conso-acteur et la ville vivante » (1) . L’un des aspects de la smart city est la connectivité des
citoyens et celle-ci passe par une éducation au numérique.
Comme nous l'avons vu précédemment dans le second scénario deux visions de l'État-Nation
s'opposent avec ce troisième scénario: : l’une renvoyant à la puissance publique de pleins pouvoirs
par un contrôle sécuritaire, l’autre affirmant la souveraineté reconquise du citoyen dans son
individualité. S’il y a bien un pouvoir que le cybermonde donne, c’est celui de pouvoir disposer de
soi et faire valoir son opinion. De facto, les rapports de pouvoir évoluent et prennent la forme de
vastes mouvements contestataires, non contrôlable comme l'a démontré récemment les
manifestations des gilets jaunes. Le dispositif du Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) qui
permet aux citoyens d'être acteur de la cité sous-entend un pouvoir publique à contre-courant de la
démocratie traditionnelle. Pour Carlos Moreno « l’intelligence urbaine naît de la capacité du
citoyen à avoir une intelligence sociale. Il ne peut donc y avoir de ville intelligente sans
intelligence citoyenne ». Considérées sous l’angle de la citoyenneté, les données numériques et leur
utilisation deviennent un enjeu de gouvernance publique. La question bouleverse
fondamentalement le partenariat social qui lie les citoyens et avec les gouvernants. L’usage des
données personnelles devient, en somme, la question centrale à traiter pour jeter les nouvelles bases
des rapports entre sociétaires : privés, citoyens ordinaires et pouvoir public
23
Les initiatives prises dans quelques métropoles françaises comme à Nantes, Lyon ou Toulouse
nous démontre le désir de certains élus d'associer les habitants aux projets sociaux qui régissent
leur quotidien. Le Laboratoire des Usages à Toulouse dont l’objectif est de favoriser la co-
construction de nouveaux services publics et d’améliorer les services existants rencontre un
certain succès. Ce dispositif composé d'organismes associés (transport, habitat, municipalité..)
n'est pas encore élargis dans l'ensemble des quartiers de la ville.
Que ce soit pour co-construire ou bien de restaurer le dialogue, le développement d'outils
numériques dans un but de démocratie participative peine à prendre forme en France. L'exemple
de l'arrivée de la plateforme bruxelloise Civic Tech sur notre territoire nationale annonce une
timide avancée. Seules deux villes l'utilisent actuellement Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) et
L’Isle-d’Abeau (Isère). Au delà de l'idée de co-construire, la crise de confiance qui s'instaure
entre les citoyens et leurs représentants et des difficultés pour ces derniers à mener à bien leurs
missions de service public, pourraient en venir à bout avec l'utilisation de la plateforme
« Civocracy ». Sa valeur ajoutée est de proposer un programme d'accompagnement d'une durée
initiale de 10 mois auprès d' élus et d'agents sensibilisés à la participation citoyenne. Ce dispositif
a déjà entre autres conquis les communautés urbaines du Sicoval et de Strasbourg. Le nouveau
modèle démocratique se cherche encore parmi tous ces enjeux environnementaux, sécuritaires,
cyber risques... Néanmoins, des solutions sont apportées par la pression des évènements sociaux
qui démontrent un réel désir du citoyen à intégrer un nouveau système circulaire entre les
pouvoirs publics et économiques.
L'utopie de la smart city, futur modèle de démocratie participative où la donnée numérique
deviendrait le nouveau maitre jeu serait-elle le modèle revisité d'un système athénien 4.0 ?
Extrait: Pistes de partage de données publiques par les acteurs privés - Crédits : CNIL
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UN AVENIR INCERTAIN
Si chaque ville a sa propre histoire, elle est à l'image de ses habitants et du projet commun qu'ils
souhaitent développer. L'histoire des civilisations nous révèle que les villes pérennes et glorieuses
se sont construites autour de quatre invariants: le citoyen, les infrastructures, l'espace public et le
bien commun. Si le dessein premier des villes intelligentes doit être l'amélioration de la qualité de
vie, elle ne pourra y parvenir qu'à l'aide de trois leviers primordiaux:
- l'inclusion sociale
- réinvention des infrastructures urbaines
- la révolution technologique
Une idée répandue suppose qu'une ville intelligente est une ville connectée. Or l'intelligence d'un
territoire n'est-elle pas sa capacité à capitaliser sur la connexion technologique pour recréer du lien
social ? Nous voyons bien que la technologie laissée à elle même produit l'effet inverse comme le
souligne le pourcentage élevé de la solitude urbaine touchant toutes les générations.
Les propositions doivent donc émaner des citoyens et à ce sujet la technologie permet l'expression
de ces propositions, comme nous l'avons souligné dans le dernier scénario.
Les finalités de la mise à disposition de la donnée peuvent donc différer selon les contextes
territoriaux, les ambitions et les projets des élus, car cette démarche est en lien avec une volonté
politique. L’open data, émanant d’une vision politique, peut donc orienter l’action publique sur un
territoire : développement économique, participation citoyenne…
Dans l'avenir, chaque collectivité choisira son champ d’action dans sa politique open data pour
répondre aux différents enjeux auquel elle doit faire face. Sans cette donnée, elle risquerait de
tomber dans un scénario extrême aux conséquences néfastes pour l'ensemble de tous.
25
SOURCES
Nouvel Accord du 22 janvier 2019  -  Marché unique du numérique et de question des données
Commission européenne - Communiqué de presse -  février 2019
http://www.opendatafrance.net/lassociation/les-valeurs-et-engagements/
Article Émilie Massemin , La Tribune 20/05/2015
Enquête Observatoire Open data des territoires sur la mise en œuvre et leur projet. (2018)
Loi N° 2016-1321 DU 7 OCTOBRE 2016
Article L.322-6 DU CRPA
Social Networks, Innovation and the Knowledge Economy GRIMALDI et TORRISI,2001
Comment les géants du numériques veulent gouverner nos villes, de Jean Haëntjens
Article https://lpeblog.org/2017/12/06/from-territorial-to-functional-sovereignty-the-case-of-
amazon/
Smart City et Données Personnelles : Quels Enjeux de Politiques Publiques et de Vie Privée ?
CNIL, Octobre 2017. https://www.cnil.fr/sites/default/files/atoms/files/cnil_cahiers_ip5.pdf.
Carlos Moreno,  Smart city : essai de définition
La Quadrature du net, La Smart city policière se répand comme traînée de poudre
Le peuple des connecteurs: Ils ne votent pas, ils ne travaillent pas, ils n'étudient pas mais ils
changent le monde, Thierry Crouzet
Bilan Smart City 2018, Toulouse Open Métropole
Smart city : Quelles relations public-privé pour rendre la ville plus intelligente ? Terra Nova
1984, Georges Orwel

L'open Data dans le développement économique.

  • 1.
    T O UL O U S E O P E N M É T R O P O L E AMEL MIAOULIS L'OPEN DATA DANS LE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE DOSSIER PROSPECTIVE STRATÉGIQUE - INNOVATION TERRITORIALE ET DONNÉES NUMÉRIQUES - UEV 241 CNAM BRETAGNE SESSION 2018/2019
  • 2.
    (1) Nouvel Accorddu 22 janvier 2019 - Marché unique du numérique et de question des données. 02 AVANT PROPOS L'occitanie, la nouvelle région qui rassemble entre autres Toulouse et Montpellier, est certainement l'un des centres de gravité français qui veulent utiliser l'open data pour dynamiser leurs actions au plus près de leurs territoires. On ne compte plus les projets depuis ces 5 dernières années: data.laregion.fr, toulouse data science, Opendata Sicoval... Une effervescence semble s'être emparée de la ville rose mais aussi de la France avec un désir très fort d'inclure tous les acteurs publics, privés mais aussi les citoyens. Les nombreuses initiatives prises au sein de l’Union Européenne notamment avec la dernière en date (1 ) sur le renforcement du partage de données du secteur public indiquent le désir des états à renforcer la fourniture de données dans le but de soutenir l’économie et l’utilisation dans l’intérêt de tous. Ce grand chantier ouvert en perpétuelle évolution depuis une dizaine d’années évolue dans un contexte où les repères socio-économiques changent à grande vitesse. L’avènement des GAFAM et de la Chine poussent les pays d’Europe et plus précisément les grandes métropoles dans une course vers un nouvel Eldorado où se trouverait « l’Or noir de la donnée » qui permettra d’obtenir de nombreux bénéfices tant sur le plan social, économique et écologique. « Les données sont le carburant qui alimente la croissance de nombreux produits et services numériques (2) » en association avec les nouvelles directives sur la protection des données et des informations du service public (ISP) celle-ci possèderait un dispositif politique et législatif garantissant l’anonymat des informations liées aux citoyens. Ce cadre légal définissant entre autre l’obligation de la mise à disposition des données du secteur public en vue de leur réutilisation met l’accent sur le volume important et croissant de donnée de forte valeur qui sont désormais disponible à tous les domaines de la société. La région toulousaine ne pouvait donc pas faire impasse à cette (r)évolution de par son héritage historique entre l’alliance de la technologie et des modèles économiques qui peuvent apporter une croissance non négligeable. En incluant le Big Data dans ses 34 plans de réindustrialisation, l’état français ne s'y est pas trompé, conscient de l'importance de ce nouveau marché et de la multitude d'applications qui en découle. Il en est de même pour les élus locaux qui souhaiteraient aussi bien en profiter. D’autant plus, que Toulouse possède certains fleurons comme Airbus ou Sigfox qui font la fierté de ses habitants. Un nouveau challenge et défi se présentent donc pour ce nouveau millénaire et Toulouse souhaite être présente dans les villes les plus avancées dans l’utilisation de sa data en s’appuyant sur ces nombreux atouts. Il m’a semblé intéressant de porter l’objet de cette étude sur le secteur du numérique comme création de valeur au sein de ce territoire. Nous découvrirons dans une première partie les éléments historiques de l'open data et son développement dans ce secteur d'activité. Nous terminerons par l'analyse d'une prospective révélant 3 scénarii basés sur une sélection de variables.   (2) Commission européenne - Communiqué de presse - février 2019
  • 3.
    (1) http://www.opendatafrance.net/lassociation/les-valeurs-et-engagements/ 03 TOULOUSEPIONNIER DE L'OPEN DATA C'est par un long processus en lien avec les grandes évolutions sociétales et technologiques que la ville a su moderniser ses infrastructures et se retrouver parmi les villes les plus actives au côté de Rennes, Brest et de Nantes. Au cours des années 2010, le mouvement de l'open data voit le jour en France. Les découvertes et les avancées sur le potentiel du Big Data créent un climat propice à ce phénomène. Les personnalités politiques, économiques et intellectuelles du pays s'emparent du sujet devenant le nouveau "Terra Incognita". La multiplication des rencontres entre ces différents acteurs et leur constitution en un réseau national va permettre de lancer ce mouvement en quelques années et d'établir les principes fondateurs qui sont : ouverture des données publiques, transparence démocratique et développement économique. Très vite une volonté politique apparaît en 2011 sur l’ouverture de la donnée publique à Toulouse Métropole. Les objectifs initiaux qui sont exposés aux élus sont les suivants (1): L’informatisation de l’administration toulousaine a pris naissance dans les années 1970. Aujourd'hui tous les services de la métropole sont informatisés, mis à part certains services qui agissent directement sur le terrain (exemple : les espaces verts) mais là aussi de nouvelles perspective sont à l’étude. La mutation de la mairie a pris plusieurs décennies selon les budgets et les évolutions de la société (informatique, numérique et bientôt IOT). A cette époque, la donnée n’était pas envisagée en tant qu’objet par les décisionnaires, en effet l’outil informatique avait plus de valeur. "Le personnel politique appartient à un secteur traditionnel, à la manière de l'édition, de la presse, des agences de voyage ou de l'industrie de la musique. Tous ces secteurs sont en train de changer de façon considérable, et nos politiciens devront faire de même, notamment dans leur communication avec le public." Viktor Mayer-Schönberger (2013) Une ville parmi les pionnières La transparence administrative Le développement économique Le marketing territorial.
  • 4.
    04 Un terrain fertilenaissait en faveur de l’ouverture des données publiques à l’échelle nationale à cette époque. La conférence organisé par la FING (Fondation Internet Nouvelle Génération) en juillet 2011 à Marseille est une nouvelle occasion pour la ville d'élargir son réseau et de découvrir les enjeux et de la ré-exploitation des données publiques dans la vie du citoyen. A leur retour, le Collectif Open Data Toulouse est crée,. Celui-ci est composé d'experts en informatique, d'activistes du logiciel libre et de quelques élus locaux. Une lettre ouverte est adressé au maire de l'époque Pierre Cohen demandant de libérer les données. Leur activisme portera ses fruits par l'accord du Directeur Général des Services de la métropole de Toulouse. L'open data est ainsi définitivement lancée à la fin de l'année 2011. Lancement du projet Bien que le phénomène open data ne soit qu’à ses balbutiements, la métropole avance à tâtons, mais veut faire vite. Un travail collaboratif s’engage alors avec l'association OpenStreetMap qui s'intéresse à la récupération de données géographiques des filaires de voiries. Leur objectif était d’ouvrir la carte OSM (OpenStreetMap) de Toulouse. Le choix s’est porté sur la licence ODbL issu du projet opendatacommons.org imitant ainsi la ville de Paris. En effet, celle-ci permettait d'exploiter  les données publiques, commerciales sous les conditions de mentionner la source, l'usage et si celles-ci génère des créations. De plus, ODbL favorise la libre circulation des données et au repartage à l’identique, ce qui selon Sandrine Mathon (Responsable du service au sein de la DSI) « Cela permettrait à tout le monde de participer au commun ». Carte sur le thème du vélo réalisé avec les données ouverte de la ville de Toulouse - 18/06/11
  • 5.
    (1) Article ÉmilieMassemin , La Tribune 20/05/2015 (2) Cf.Enquête réalisée par l’Observatoire Open data des territoires sur la mise en œuvre et leur projet. (2018) (3) LOI N° 2016-1321 DU 7 OCTOBRE 2016 (4) ARTICLE L.322-6 DU CRPA 05 Une première version basique d'une plateforme de publication de données voit le jour avec l'aide du service de communication. Très sommaire, le site se présente avec un simple bouton de téléchargement pour accéder à quelques jeux de données comprenant l’altimétrie de voies, les pôles territoriaux et les mairies de quartier. Le portail était réservé à l’usage des développeurs professionnels avec l’objet d’une recherche précise sur un jeu de données. Sans explications contextuelles, celui-ci n’était pas réservée au grand public bien qu’il pouvait avoir accès. Face à cette contrainte et au souci d’ouvrir la donnée à la citoyenneté la plateforme change pour devenir « data.toulouse-metropole.fr ». Un des axes d’accélérations a été de recourir à la plateforme OpenDataSoft en 2015 (utilisé jusqu’à ce jour) pour bénéficier des avantages d’une approche SAAS (software as a service) et se diriger ainsi vers le grand public. La ville s’est abonnée à l’entreprise parisienne pour un contrat renouvelable de 3 ans à raison de 10 000 € par an (1). Plusieurs versions ont été depuis mises à jour selon les nouvelles demandes des utilisateurs et des directives politiques. Une meilleure ergonomie, plusieurs formats de fichiers, une page d’accueil recensant les informations utiles. Les améliorations apportées ont permis de proposer une visualisation des données centrée sur les besoins de l’utilisateur et de profiter d’API pour alimenter les propres applications développées par la direction numérique de la ville. L'ouverture des données se fait donc au fur et à mesure sans un véritable plan soulevant des questions cruciales : quels sont les demandes ? Quels types de données ? Comment les services vont s'y prendre ? « Test and Learn » pourrait être donc le mot d’ordre des membres de l’équipe. Au commencement, seuls quelques services et agents sont impliqués par le lancement du projet. Bien que des freins internes se sont révélés sur la non compréhension et de l'intérêt de cette démarche, cela fût perçu comme un accroissement de tâches supplémentaires et vide de sens. Toulouse ne se démarque pas vraiment des autres collectivités sur les obstacles rencontrés lors de son déploiement (2). La loi pour une République Numérique (3) marque le passage pour les collectivités de la possibilité de « rendre publics » à l’obligation de publier gratuitement en ligne certains documents. Néanmoins, les élus peuvent être sollicités pour confirmer l’ouverture de certaines données si la direction numérique émet un doute sur sa parution. Les deux catégories principales des documents qui sont publiées sont : les données administratives des administrés et les documents listés dans le RIP (4) (répertoire des informations publiques). Gestion et échanges de données Plateforme https://data.toulouse-metropole.fr
  • 6.
    06 La question dequelle publication peut-on publier ne pose donc plus. Les seules données censurées ou faisant l’objet d’un retravaille sont celles qui peuvent permettre une ré-identification. Cela fût par exemple le cas avec un jeu de données sur les abonnés à la médiathèque. Les informations fournies sur une géolocalisation précise permettaient de retrouver le nombre de personne par rue et identifier les abonnés. La décision de censurer ces données a été prise au sein de la métropole afin de garantir l’anonymat. Certaines publications répondent à des besoins internes. La possibilité pour chaque service d’extraire les données ont permis une plus grande agilité au sein de l’organisation. L’open data s’apparente à un levier interne de modernisation qui avait été auparavant mésestimé. Par exemple, l’accessibilité des bâtiments aux personnes à mobilité réduite a été cartographié grâce aux ressources de l’open data. Cela a permis de mieux transmettre les informations sur les besoins publics pour mieux aménager les structures en interne et aussi de diffuser les informations auprès des habitants. Certaines publications de données peuvent être complexes. En effet, il est parfois nécessaire de consolider un tableau en agrégeant les données d’autres services ce qui implique plus de temps et de ressources pour sa mise en ligne. La structuration des jeux de données est un facteur indéniable qui peut paraître chronophage pour l’agent qui en a la charge. Cette problématique que rencontre les autres collectivités en phase avec l’open data est une des raisons parmi d’autres qui expliquerait la faible ouverture de données massives. Néanmoins des solutions sont apportées pour apporter plus de souplesse aux utilisateurs mais aussi aux producteurs de données. « Aujourd'hui, les collectivités qui se lancent peuvent plus facilement mettre en place l’extraction des données depuis les applications métiers et automatiser leur exposition. Plus besoin de passer du temps à manipuler les jeux de données manuellement » décrit Sandrine Mathon.  L’expérience utilisateur a considérablement évoluée ces dernières années dans les normes et usages notamment grâce à l'influence des acteurs comme Google et Amazon. Pour parvenir à mieux satisfaire ces citoyens, la collectivité toulousaine met cet axe comme une de ses priorités dans son déploiement numérique.   Plateforme https://data.toulouse-metropole.fr
  • 7.
    (1)Institut de mathématiquesde Toulouse est une unité mixte de recherche du CNRS, regroupant l'essentiel des chercheurs et enseignants-chercheurs en mathématiques à Toulouse. 07 LE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE DANS LE SECTEUR INFORMATIQUE Un bassin d'activité centré autour de la métropole La région métropolitaine de Toulouse apparaît aujourd’hui comme l’une des technopoles les plus dynamiques d’Europe. Son cœur fonctionnel est constitué de l’industrie aéronautique et spatiale, encadrée par une série d’autres activités de pointe comme l’électronique et l’industrie de l’informatique associés à l’enseignement et à la recherche. Le tout forme un complexe industriel qui a non seulement une présence imposante mais possède aussi un potentiel important d’expansion économique et d’innovations technologiques. Le secteur tertiaire représente 78 % de ces emplois dont 27 000 salariés dans le numérique répartis sur 3 000 établissements (1). Au-delà des gros éditeurs comme Oracle, les fournisseurs de services (Capgemini), ou data center (FullSave) sa structure se compose essentiellement de petites et moyenne entreprises centrée autour du territoire toulousain (cf. carte INSEE 2014 – Accès aux emplois).   Un marché d’emploi centré autour de la métropole Un système de transaction inter firme de nature marchande et non marchande Un ensemble d’institutions publiques, associatives ou professionnelles de soutien   Les interactions de ces 3 éléments constituent un levier puissant sur l’économie de proximité. Accompagner les entreprises de la filière informatique et numérique C’est donc par une certaine aisance que l’arrivée de l’open data et de ses potentiels apparaissent comme une source puissante d’économie agissant comme un levier de croissance au sein de ces industries.Très vite les entreprises de l’informatique liées aux industries aéronautiques et spatiales en collaboration avec les principaux centres de recherches (IMT – ENSEIGHT) (1) commencent à travailler sur la donnée. Leurs travaux se portent sur la réalisation de logiciels embarqués, satellites ou guidage au sol.
  • 8.
    (1) Social Networks,Innovation and the Knowledge Economy GRIMALDI et TORRISI,2001 08 Leur expertise combinée en matière de hardware et software apportent les premiers stockages de données provenant des instruments de navigation, simulateurs de vols… En outre, les entreprises liées à l’industrie aéronautique et spatiale embauchent une main-d’œuvre qualifiée, privilégiant les candidats qui ont déjà acquis une expérience locale. Ce choix préférentiel est un révélateur supplémentaire de leur ancrage au système productif local. Ce phénomène suggère que les échanges interpersonnels dans cette partie de l’économie locale présentent souvent un contenu très tacite (1), de telle sorte que les interlocuteurs ressentent le besoin de travailler en étroite liaison dans un contexte où les interactions en face-à-face sont facilitées. Un système local hiérarchisé de sous-traitance s’est donc progressivement mis en place à Toulouse dans les domaines de la fourniture de services et de systèmes informatiques.   Le développement des usages des données par les acteurs privés imposent les infrastructures nécessaires notamment dans le stockage des données.  Au début des années 2000, deux tendances informatiques voient le jour : la mise à disposition d’applications d’infrastructure et la virtualisation. La convergence de ces deux tendances ont donné le concept du Cloud Computing. Le stockage de donnée apparaît comme un élément central dans la problématique des ressources et des processus. Qu’il s’agisse d’une simple externalisation à des fins de sauvegarde ou de l’utilisation de services logiciels, l’infrastructure informatique devient cruciale tant que pour les entreprises que pour les collectivités midi-pyrénéennes. Dans sa cartographie des data centers en France daté de 2014, le magazine spécialisé Global Security Mag comptabilisait ainsi plus d'une cinquantaine d'usines à données en Île-de-France contre uniquement trois à Toulouse. Le Sud-Ouest semble particulièrement à la traîne comparé à la métropole lilloise qui comptabilise déjà plus d'une dizaine de centres. "Le maillage territorial des data centers est fondamental, non seulement pour conserver les données à proximité, mais surtout pour renforcer l'écosystème numérique au niveau local, souligne Laurent Bacca Président Directeur Général de Full Save (principal opérateur d’infrastructure IT & Cloud toulousain). Pour pallier à ce retard qui s’explique pour certains par une lourdeur administrative des autorisations foncières, la métropole compte bien rattraper ce décalage. Plusieurs initiatives ont été prises par l’ouverture de 3 autres centres de stockage depuis ces 5 dernières années : L’Arche de données de l’INRA, data center national à vocation collective et scientifique, Fil d’Ariane sur le parc technopolitain proche des industries aériennes et l’ouverture d’une 3ème salle de 1 600 m² au data center TS100.   La relocalisation des data centers devient également un des enjeux de la politique économique de la ville. Consciente des possibilités illimitées qu'offre l’ouverture des données, Toulouse s’adapte en ouvrant des marchés publics vers ce secteur en créant des opportunités de business pour ces nouvelles entreprises. Une démarche qui se qualifie de « win to win » où chacun tire son profit. Un territoire sous équipé
  • 9.
    09 Dans la plupartdes analyses sur la Net économie, le développement des activités s’établit sur le soutien des institutions privées et par l’administration publique locale. Si l’industrie de l’informatique et par la suite du numérique occupe un rôle important dans l’essor de la technopole toulousaine, elle a été longtemps oublié des actions institutionnelles de soutien. Pourtant les retombées importantes sur les activités spécialisées dans l’industrie aérospatiales et électroniques ont contribué au rayonnement et à l’image de Toulouse. L’architecture des institutions réunit 3 grandes catégories d’instances :   Divers clubs d’entreprises de hautes technologies ont vu le jour depuis une vingtaine d’années. Ces structures rassemblent surtout des petites et moyennes entreprises exerçant dans l’innovation. Leur objectif est de gérer et diffuser de l’information pour les membres afin que les entreprises soient mises en relation avec des clients, des donneurs d’ordres ou des centres de recherche. Les institutions collectives Les institutions privés Institutions privées portées par le milieu d’affaires de l’informatique la Chambre de Commerce et d’Industrie Les instances publiques nationales et locales L’affirmation institutionnelle des PME innovantes de l’informatique passe par la création d’associations spécifiques d’entreprises. Cette démarche collective privée a été illustrée notamment par la création en 2001 de l’association « la Mêlée Numérique » qui répond à la volonté de plusieurs entreprises locales de constituer en Midi-Pyrénées une structure de valorisation et d’appui au développement des métiers et activités de l’économie numérique au sens large du terme.   La Mêlée Numérique   DigitalPlace La volonté de ce cluster est de faciliter le développement à l'international des entreprises déjà bien lancées. Elle propose également de les accompagner par différents moyens : business plan, soutien juridique, mutualisation de moyens de communication, accompagnement sur des appels à projets, réseautage... A partir de février 2019, elle fusionnera avec le cluster montpelliérain FrenchSouth.Digital pour devenir Digital 113.
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    10 Créée en 2000(anciennement Incubateur Midi-Pyrénées) l'organisme public régional propose un appui et un dispositif financier pour aider les nouvelles entreprises. (« Le Fonds d’Amorçage de Midi-Pyrénées »). Initialement créée pour favoriser la valorisation des travaux issus de la recherche publique par la création d’entreprise, elle s'ouvre vers le tout public. Sa nouvelle offre se présente en trois volets. Une première phase, gratuite et ouverte à tous, pour une pré-incubation de 1 mois destinée à éprouver le projet. Ensuite, une phase d'incubation de 12 à 18 mois avec un financement de 50 000 € pour développer son business model. Et enfin, une dernière phase d'accélération de 6 mois, avec à nouveau 50 000 €, pour développer son entreprise. Les institutions publiques territoriales. Créé en janvier 2014 dans le but de soutenir la création et le développement d’entreprises sociales et solidaires innovantes. Elle propose un accompagnement à des porteurs de projets, d'idées, (individus ou entreprises) jusqu'à la création de l'activité. La durée d'accompagnement est de 6 à 18 mois selon le besoin et la maturité du projet. Cette structure lance chaque année un « appel à projet » pour repérer, soutenir et développer des innovations sociales.   Première Brique   IOT Valley Créée en 2009 par 4 entrepreneurs toulousains, IOT Valley est une communauté d'entreprises située à Labège (Sicoval). Cet écosystème est spécialisé dans l'internet des objets rassemblant plus de 40 start up et 20 partenaires. Elle représente aujourd’hui un lieu de 13 000 m2 où se trouve plusieurs établissements dédiés au numérique et à l’informatique.   Incubateur Nubbo 227 projets accompagnés 82% pérennes après 5 ans 1 635 emplois créés 5 33 millions € de fonds levés 5, 7 M€ investist depuis la création de l’incubateur Quelques chiffres * Source: Communiqué de presse 2018 - Conseil Régional
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    11 L'expérimentation "Trafic Zen"menée en collaboration avec les Autoroutes du Sud de la France et France Télécom, a permis aux automobilistes d'obtenir une information en temps réel sur les panneaux d’autoroute et ainsi adapter leur itinéraire. L’ouverture de la donnée créatrice de nouvelles entreprises L'application "Qui Dit miam" présente les menus proposés par les cantines de Toulouse, servis dans les écoles maternelles et élémentaires. L'application met en avant les valeurs de la restauration collective et les actions faites au niveau local sur les menus (production locale, bio, aliments de saison). Grâce à une collaboration avec la cantine centrale, les fiches techniques des plats sont également mises à disposition et de visualiser les différents allergènes auprès des parents. Quelques chiffres * Utiliser l’open data pour faciliter l'activité des services Une étude réalisée par DigitalPlace en 2011 montre que 85% des entreprises ont moins de 50 employés dont 40% sont des start up. 83% d’entre elles ont leur siège en Haute-Garonne. La problématique du franchissement d’un cap de croissance se pose réellement. La collectivités et organismes publics conscientes du rôle qu’elles ont pour favoriser le développement de ces jeunes entreprises offrent ce qu’elles ont de mieux : accès à ses données publiques à condition qu’elles puissent apporter une réelle valeur ajoutée dans la vie quotidienne des citoyens. En complément, un large espace de pépinières sont présents dans toute la région pour accueillir de jeunes entreprises, le temps de leur permettre d'atteindre la taille critique et pouvoir disposer de leurs propres locaux. La collectivité  toulousaine a pu intégrer cet enjeu dans des missions d’accompagnement au côté des futurs acteurs privés. Rendre de meilleurs services aux usagers, tout en utilisant les technologies les plus adaptées et les plus innovantes. Ce principe a guidé la mise en place de plusieurs expérimentations visant à faciliter la ville à l'usager. Quatre grands registres ressortent dans cette étude.   Utiliser l’open data pour faciliter la circulation dans Toulouse. Source: Communiqué de presse 2018 - Conseil Régional L'objectif de la "zapette" permet aux services techniques de signaler, avec un téléphone portable, toute dégradation ou incident constaté sur la voie publique. La donnée récoltée permet in fine d’améliorer le service à l'usager. Utiliser l’open data pour améliorer la vie quotidienne Contribuer à l’enrichissement des données Plusieurs expérimentations sont soutenues financièrement par Toulouse Métropole, exemple :   le domaine de la navigation par satellite. internes de la collectivité
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    12 La donnée commeressource économique dans la smart city Quelques chiffres * De servir de tremplin aux startups locales pour leur développement et le renforcement de leur visibilité à l'échelle nationale ou internationale. Le programme Smart City 2015- 2020 a pour objectif de construire avec  les citoyens  la ville intelligente de demain : plus fluide, conviviale, innovante, dynamique, attractive, responsable et durable. Le chantier est ambitieux : 500 millions d’euros d’investissements publics et 200 millions d’investissements privés. Dans un souci de co-construction avec les habitants, les entreprises, plusieurs projets ont vu le jour ou verront le jour d’ici 2020. Pour en citer quelques-uns : wifi dans la ville,  4G dans le métro, véhicule autonome connecté, éclairage public intelligent, îlot autonome pour les seniors ... Dès 2017, des expérimentations ont eu lieu avec 2 enjeux importants :    Permettre l'élaboration de nouveaux services grâce à la mise à disposition de certaines données de la collectivité. Source: Communiqué de presse 2018 - Conseil Régional La cartographie des données débutée depuis quelques années a permis de visualiser toutes les données dont dispose la collectivité ainsi que leur provenance au travers des 430 applications. La mise à disposition de ces données a pour but de favoriser la création d’entreprise notamment les start-up et les initiatives dans l'économie sociale et solidaire.
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    13 L'exemple d'Open Bikes Quelqueschiffres * L’application Open Bikes Now offre aux cyclistes la possibilité de visualiser les vélos ou bornes de retour disponible. Elle permet aussi de programmer dans le temps l’utilisation de ce service grâce à un système de prédiction basé sur des données en open source et des méthodes statistiques. Pour cela, elle réutilise pour la ville de Toulouse les jeux de données JC Decaux, gestionnaire du réseau Vélo Toulouse. Ces données sont ensuite retravaillées puis intégrées à un algorithme de calcul statistique développé pour cette application afin de délivrer aux usagers les informations recherchées sur les disponibilités des vélos stations. La start up souhaite ainsi résoudre le problème typique du cycliste qui ne sait pas où poser et prendre son vélo en libre service. Lauréat du prix spécial « Open Data Toulouse Métropole » lors de la 6ème édition du concours Dataconnexions en 2016, elle est déployée dans plus de 70 villes dans le monde.    Source: Communiqué de presse 2018 - Conseil Régional Ces jeux de données publiques sont en libre consultation et disponible sur l'Open Data de Toulouse Métropole. Quelques chiffres clés visuel de l'application Open Bikes
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    14 PROSPECTIVE Au regard decette étude, la métropole de Toulouse semble être un angle d'analyse prospective intéressante. Son avantage historique dans l'ouverture de la donnée, lui donne une position de leader par rapport aux autres organisations publiques. Quatre domaines importants se sont révélés indiquant plusieurs variables sensibles sur l'avenir de ce tissu économique. TECHNOLOGIQUE POLITIQUE ÉCONOMIQUE SOCIOLOGIQUE Présentation des variables et scénarii Engagement Acculturation des agents Vision locale et régionale Entreprises et ses partenaires privés Entreprises et les institutions publics Infrastructures IT Stockage des données IOT: Objets connectés publics Participation citoyenne Fracture numérique Numérisation des services publics Domaines et variables retenus La sélection de ces domaines et variables illustre les effets de l'open data et de ses conséquences dans le développement économique et indirectement dans la vie de ses habitants. Politique : engagement fort de la ville, structuration des services, plusieurs mis à jour de la plateforme de données, présence dans les milieux d'affaires... Economie : relation et soutien avec le secteur économique et davantage d'implications dans les projets urbains. Technologie : Des atouts et faiblesses dans les infrastructures technologiques. Des centres et des laboratoires de recherches tournés vers l'innovation de pointe. Sociologie : Une ouverture vers la transparence et la participation citoyenne. Un déploiement important dans les usages du numériques.
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    19 - Engagement - Acculturationdes agents - Entreprises et institutions publics - Stockage des données - IOT: Objets connectés publics - Fracture numérique Tableau descriptif des variables - Participation citoyenne DOMAINE SOCIOLOGIQUE - Infrastructures IT DOMAINE TECHNOLOGIQUE - Entreprises et partenaires privés DOMAINE ÉCONOMIQUE - Vision locale et régionale DOMAINE POLITIQUE TENDANCIEL RUPTURE BASSE RUPTURE HAUTE VARIABLES - Promotion OD - Travail en silo - Thèmes variés OD - Agent non qualifié - Réutilisation à but politique - Développement applications - Pratique des usages digitaux en interne - Contraste important des tailles d'entreprises - Relation marchande géo-centrée - Système économique hiérarchisé - Investissement financiers - Fragilité Model Business - Soutien financier - Facilitation des démarches - Initiation d'évènements - Campagne de promotions - Absence de vision - Directive des demandes - Relation dominant/dominé - Collaboration en R&D - Accompagnement - Déploiement fibre optique - Qualité des gestion de flux - Développement de la 4 G dans les transports - Insuffisance de centre de sockage - Augmentation de la maintenance - Centralisation des réseaux - Zone bas débit - Maintenance prédictive - Retard important - Approche "Smart Grids" - Besoin en forte demande - Relocalisation - Éclairage connectés - Habitat connectés - Véhicule autonome et connecté - Faiblesse sécurité - Transparence démocratique - Concertation - Écart important des CSP - Équipement digital des écoles - Taux de retraités important - Mauvaise utilisation - Désintérêt - Citoyens experts -Smart éducation - Accompagnement - Élitisme - Contrôle des données - Communauté de réutilisateurs - Co-Construction du service public - Absence de contrôle - Désaprobation des habitants - Déploiement insuffisant - Infra intelligentes - Services publics intelligents - Métropole disruptive - Désengagement - Création d'emploi - Croissance éco - Innovation projet urbain - Réseaux hétérogènes - Visualisation des données - Data center dernière génération - Augmentation des infras - Performance de la smart city - Innovation incrémentale
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    16 Présentation des 3scénarii 1er scénario - Abandon de la souveraineté Dans ce 1er scénario, le pouvoir politique de la ville laisse la gestion de la cité aux grands groupes privés.
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    (1) professeur deDroit à l’Université du Maryland - Article https://lpeblog.org/2017/12/06/from- territorial-to-functional-sovereignty-the-case-of-amazon/ (2) Comment les géants du numériques veulent gouverner nos villes de Jean Haëntjens urbaniste etéconomiste 17 La pression démographique explose en ville (70% de population urbaine en 2050) et les infrastructures deviennent vieillissantes. Pour la métropole, il devient urgent de trouver des solutions. La pression de ses citoyens mais aussi des villes concurrentes pousse l'administration locale à faire appel aux entreprises puissantes et expertes dans les domaines des nouvelles technologiques. Désireuse de séduire une population jeune et technophile, elle laisse la main mise totale sur l'utilisation de sa donnée sans réelle contrepartie. Les habitants non associés à participer se voient imposer de nouveaux modes d'usages publiques dans leur vie quotidienne ignorant qu'ils sont la source même de leur pouvoir. 1er scénario - La donnée comme moyen de pouvoir Le passage d’une démocratie territoriale à une démocratie fonctionnelle s'explique par la mutation du modèle démocratique traditionnel auquel nous assistons. Habituellement, la gouvernance politique est à l'origine des réglementations, aujourd'hui les entreprises se substituent à l'État par les habitudes d'usages des concitoyens se conformant ainsi à leurs règles d’utilisation plutôt qu’à une loi. Alors qu’aux Etats-Unis, Amazon est en passe de devenir la centrale d’achats du gouvernement américain, Franck Pasquale (1) a récemment publié un article dans lequel il analyse la place des GAFAM, notamment Amazon, dans nos démocraties et la mutation qu’ils induisent. Pour ces entreprises, la Smart city est une belle opportunité sur la récolte de données. En leur faisant place, ils se révèlent utiles, smart et ingénieux par l'interopérabilité qu'ils produisent. L'alliance de l'IA dans les domaines de la mobilité, l'urbanisme, la santé, la maison... sont autant de sources de données à capitaliser. Pour illustrer ces propos, Google vient de créer Sidewalk Labs, filiale de sa maison mère Alphabet, entièrement dédiée à la Smart city avec pour objectif de proposer des solutions globales de gestion de mobilité. Dans le cadre du projet LinkNYC, la ville de New York dispose désormais de bornes wifi intelligentes livrées par Google. Elles remplacent les vieilles cabines téléphoniques et proposent la connexion de son téléphone ou de sa tablette à un réseau wifi 20 fois plus rapide. Autre exemple, Google Fiber, autre filiale d’Alphabet,  a la volonté de vouloir distribuer la fibre optique. La ville de Kansas City a été la première en 2012 à bénéficier du réseau nommé Google Fiber. La firme devient un fournisseur d’accès à internet ultra-rapide et très concurrentiel par rapport à l’offre offerte par les fournisseurs historiques américains. Doit-on craindre les effets de cette délégation de la gestion des services publics (transports, eau, électricité…) aux entreprises du numérique (2) ? Il y a toujours eu une différence idéologique entre le public et le privé. Le privé est là pour créer des richesses, alors que les pouvoirs politiques sont là pour penser à l'intérêt général. Ainsi se trouve la différence notoire entre ces deux pouvoirs.Si nous vivons dans un monde de plus en plus connecté, le rôle que vont jouer les géants du numériques est une importante question d'actualité.
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    18 Dans ce deuxièmescénario, la ville exerce un total pouvoir de contrôle et de surveillance 2 ème scénario - L'Etat policé
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    19 Les habitants sontsous total contrôle. Les instances politiques ont compris les potentiels et le pouvoir que peuvent procurer la donnée. Cela lui a permis d'optimiser ses ressources et engendrer des ressources financières grâce au couplage des données de l'administration financière. La ville est plus sûr grâce à la surveillance connectée mais aussi à la police prédictive mis en place jusqu'à dans les écoles., 2 ème scénario - La donnée comme moyen de surveillance Dans son célèbre roman d’anticipation 1984 paru en 1949, le journaliste et écrivain George Orwell décrit un monde totalitaire gouverné par un « Big Brother » qui s’insinue jusque dans les consciences. Ce qui pouvait s'interpréter comme un fantasme ou de la science-fiction est une dérive des projets de la smart city vers la "Safe City" vers lesquelles certaines métropoles se tournent aujourd'hui. Cette fuite en avant dans les technologies de contrôle social où des centres sont équipés pour sonder des quantités de bases de données issues des services publics et privées séduisent de plus en plus d'élus. La sécurité est, avec la mobilité, le pilier le plus réaliste de la smart city, estime Marc Darmon, directeur général adjoint du groupe Thales, principale entreprise des technologies de contrôle de la ville de Nice. Surveiller en temps réel l’espace public urbain, ce qui se dit sur les réseaux sociaux et faire de la police « prédictive » sont devenus des sujets à la mode face à l'actualité de ces dernières années. Toutes les villes sont aujourd'hui équipées de caméras de surveillance aux résultats insignifiants comparé aux nouveaux produits d'analyse automatique des images qui arrivent sur le marché mondial. Les améliorations techniques de l'exploitation des images et d'identification des personnes sont en large en progression. Par exemple, l’utilisation de la reconnaissance faciale en lien avec des fichiers biométriques permettra de repérer dans la foule des individus au comportement douteux. La computer vision permet en effet de faire le lien en temps réel entre une base de données contenant les photos de suspects et les images de vidéo- surveillance, de repérer des comportements suspects, la présence d’objets dangereux dans l’espace public ou les regroupements illégaux de personnes. La Chine montre actuellement le chemin de ces nouveaux dispositifs répressifs. (1) Association de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet (2) Smart City et Données Personnelles: Quels Enjeux de Politiques Publiques et de Vie Privée?”, CNIL, Octobre 2017. https://www.cnil.fr/sites/default/files/atoms/files/cnil_cahiers_ip5.pdf. En France l'affaire de la « jurisprudence » de l'application niçoise Reporty dénoncée par La Quadrature du Net (1) continue d'alimenter les débats sur le droit des données personnelles. Les travaux du comité de prospective de la CNIL (2) pointaient l’absence de base légale et affirmaient son opposition claire à l’ensemble de ces projets.
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    20 Cela nous amèneà la question du contrôle des données personnelles. Les risques de mise en place d’une dérive politique trop sécuritaire ne sont pas prises à la légère par les associations de défenses des droits et à la liberté. Si la "Ville Intelligente" rend déjà de nombreux services aux municipalités, concernant leur fonctionnement quotidien (trafic routier, gestion automatisée des éclairages) faut-il définir des limites au niveau de la surveillance ? L'arrivée du RGPD (règlement général sur la protection des données) interdit désormais qu’un service soit rémunéré par des données personnelles. Néanmoins, la flou juridique sur la spécificité de la Safe City s'apparentant à la législation d'une extension de la vidéo-surveillance laissent les mairies libre des utilisations technologiques dans leur volonté politique sécuritaire. La relation partenaire entre l'organisations publiques et entreprises privées n'est pas aussi clair sur l'exploitation des données publiques comme nous montre les déploiement de Nice et Marseille. Ce qui n'est pas le cas en Chine où le gouvernement entend avoir le contrôle sur les équipements de surveillance et des stockages des données dans un Cloud souverain obligeant les entreprises étrangères à stocker les fichiers des citoyens chinois en Chine. La police prédictive couplée aux autres organes comme la justice nous proposent un scénario obscur sur le droit individuel. Le référencement de toutes décisions de justices (légaltech) même en Open Data ne marque t-elle pas la fin des grands principes qui fondent le droit pénal d'une société démocratique (présomption d'innocence, individualisation des peines ) ?
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    21 3 ème scénario- Uni vers Cité ou la donnée comme pouvoir démocratique Dans ce 3ème scénario, la ville est gérée par ses habitants dans les décisions politiques.
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    (1) François Richard(Directeur Partenariat et Réglementation, Smart Cities & Territories, Orange (2) Carlos Moreno, Smart city : essai de définition 22 L'innovation technologique a engagé la ville vers une nouvelle ère démocratique à 4.0 et les rapports de pouvoirs entre gouvernants et gouvernés sont profondément transformés. Les manifestation des années 2018/2019 ont permis de changer le système de l'intérieur par des nouveaux visages politiques sortis de la société civile conscient de la valeur et puissance de leur donnée. Il n'existe plus de crise de confiance ni de clivage entre les citoyens ordinaires et les citoyens politiques. La population présente un intérêt pour les sujets de société qui ont un lien direct dans leur quotidien. La donnée est une valeur de décision qui permet d'orienter les actions municipales. 3 ème scénario - Démocratie participative et transparence La naissance d’un univers numérique représenté par le "cybermonde" impacte aujourd'hui les rapports de pouvoirs entre gouvernants et gouvernés. Si la smart city est souvent réduite à l’image d’une simple ville intelligente, aux habitants et infrastructures interconnectés, il en résulte que nous assistons à un décloisonnement du fait de l’absence de frontières dans le cyber-espace. Quelles que soient les innovations urbaines pionnières en Europe, toutes nous dirigent vers une intelligence collective basée sur une gouvernance participative où « le consommateur devient conso-acteur et la ville vivante » (1) . L’un des aspects de la smart city est la connectivité des citoyens et celle-ci passe par une éducation au numérique. Comme nous l'avons vu précédemment dans le second scénario deux visions de l'État-Nation s'opposent avec ce troisième scénario: : l’une renvoyant à la puissance publique de pleins pouvoirs par un contrôle sécuritaire, l’autre affirmant la souveraineté reconquise du citoyen dans son individualité. S’il y a bien un pouvoir que le cybermonde donne, c’est celui de pouvoir disposer de soi et faire valoir son opinion. De facto, les rapports de pouvoir évoluent et prennent la forme de vastes mouvements contestataires, non contrôlable comme l'a démontré récemment les manifestations des gilets jaunes. Le dispositif du Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) qui permet aux citoyens d'être acteur de la cité sous-entend un pouvoir publique à contre-courant de la démocratie traditionnelle. Pour Carlos Moreno « l’intelligence urbaine naît de la capacité du citoyen à avoir une intelligence sociale. Il ne peut donc y avoir de ville intelligente sans intelligence citoyenne ». Considérées sous l’angle de la citoyenneté, les données numériques et leur utilisation deviennent un enjeu de gouvernance publique. La question bouleverse fondamentalement le partenariat social qui lie les citoyens et avec les gouvernants. L’usage des données personnelles devient, en somme, la question centrale à traiter pour jeter les nouvelles bases des rapports entre sociétaires : privés, citoyens ordinaires et pouvoir public
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    23 Les initiatives prisesdans quelques métropoles françaises comme à Nantes, Lyon ou Toulouse nous démontre le désir de certains élus d'associer les habitants aux projets sociaux qui régissent leur quotidien. Le Laboratoire des Usages à Toulouse dont l’objectif est de favoriser la co- construction de nouveaux services publics et d’améliorer les services existants rencontre un certain succès. Ce dispositif composé d'organismes associés (transport, habitat, municipalité..) n'est pas encore élargis dans l'ensemble des quartiers de la ville. Que ce soit pour co-construire ou bien de restaurer le dialogue, le développement d'outils numériques dans un but de démocratie participative peine à prendre forme en France. L'exemple de l'arrivée de la plateforme bruxelloise Civic Tech sur notre territoire nationale annonce une timide avancée. Seules deux villes l'utilisent actuellement Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) et L’Isle-d’Abeau (Isère). Au delà de l'idée de co-construire, la crise de confiance qui s'instaure entre les citoyens et leurs représentants et des difficultés pour ces derniers à mener à bien leurs missions de service public, pourraient en venir à bout avec l'utilisation de la plateforme « Civocracy ». Sa valeur ajoutée est de proposer un programme d'accompagnement d'une durée initiale de 10 mois auprès d' élus et d'agents sensibilisés à la participation citoyenne. Ce dispositif a déjà entre autres conquis les communautés urbaines du Sicoval et de Strasbourg. Le nouveau modèle démocratique se cherche encore parmi tous ces enjeux environnementaux, sécuritaires, cyber risques... Néanmoins, des solutions sont apportées par la pression des évènements sociaux qui démontrent un réel désir du citoyen à intégrer un nouveau système circulaire entre les pouvoirs publics et économiques. L'utopie de la smart city, futur modèle de démocratie participative où la donnée numérique deviendrait le nouveau maitre jeu serait-elle le modèle revisité d'un système athénien 4.0 ? Extrait: Pistes de partage de données publiques par les acteurs privés - Crédits : CNIL
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    24 UN AVENIR INCERTAIN Sichaque ville a sa propre histoire, elle est à l'image de ses habitants et du projet commun qu'ils souhaitent développer. L'histoire des civilisations nous révèle que les villes pérennes et glorieuses se sont construites autour de quatre invariants: le citoyen, les infrastructures, l'espace public et le bien commun. Si le dessein premier des villes intelligentes doit être l'amélioration de la qualité de vie, elle ne pourra y parvenir qu'à l'aide de trois leviers primordiaux: - l'inclusion sociale - réinvention des infrastructures urbaines - la révolution technologique Une idée répandue suppose qu'une ville intelligente est une ville connectée. Or l'intelligence d'un territoire n'est-elle pas sa capacité à capitaliser sur la connexion technologique pour recréer du lien social ? Nous voyons bien que la technologie laissée à elle même produit l'effet inverse comme le souligne le pourcentage élevé de la solitude urbaine touchant toutes les générations. Les propositions doivent donc émaner des citoyens et à ce sujet la technologie permet l'expression de ces propositions, comme nous l'avons souligné dans le dernier scénario. Les finalités de la mise à disposition de la donnée peuvent donc différer selon les contextes territoriaux, les ambitions et les projets des élus, car cette démarche est en lien avec une volonté politique. L’open data, émanant d’une vision politique, peut donc orienter l’action publique sur un territoire : développement économique, participation citoyenne… Dans l'avenir, chaque collectivité choisira son champ d’action dans sa politique open data pour répondre aux différents enjeux auquel elle doit faire face. Sans cette donnée, elle risquerait de tomber dans un scénario extrême aux conséquences néfastes pour l'ensemble de tous.
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    25 SOURCES Nouvel Accord du22 janvier 2019  -  Marché unique du numérique et de question des données Commission européenne - Communiqué de presse -  février 2019 http://www.opendatafrance.net/lassociation/les-valeurs-et-engagements/ Article Émilie Massemin , La Tribune 20/05/2015 Enquête Observatoire Open data des territoires sur la mise en œuvre et leur projet. (2018) Loi N° 2016-1321 DU 7 OCTOBRE 2016 Article L.322-6 DU CRPA Social Networks, Innovation and the Knowledge Economy GRIMALDI et TORRISI,2001 Comment les géants du numériques veulent gouverner nos villes, de Jean Haëntjens Article https://lpeblog.org/2017/12/06/from-territorial-to-functional-sovereignty-the-case-of- amazon/ Smart City et Données Personnelles : Quels Enjeux de Politiques Publiques et de Vie Privée ? CNIL, Octobre 2017. https://www.cnil.fr/sites/default/files/atoms/files/cnil_cahiers_ip5.pdf. Carlos Moreno,  Smart city : essai de définition La Quadrature du net, La Smart city policière se répand comme traînée de poudre Le peuple des connecteurs: Ils ne votent pas, ils ne travaillent pas, ils n'étudient pas mais ils changent le monde, Thierry Crouzet Bilan Smart City 2018, Toulouse Open Métropole Smart city : Quelles relations public-privé pour rendre la ville plus intelligente ? Terra Nova 1984, Georges Orwel