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Le Hebdomadaire d’Informations Générales
TSemaine du Jeudi 02 au Mercredi 8 Mai 2013
EMOINN° 1123
23 ème année -
Prix 300 FCfa
informer
juste et vrai
(Page 6)
(Page 2)Elles ont diminué de 70 milliards au cours du premier trimestre.
MadeMba
sock, aPogée
et décLin
d’un Leader
insatiabLe
La Médina
pleure Papa
samba ndir
FinanceS publiqueS
Les recettes de L’etat
en chute Libre
conSeil economique, Social et environnemental
CommentmmeAminAtAtAll
AfAillibouder
Plus de 100 organisations féminines vent
debout contre le président de la République.
Outrée d’avaler
des couleuvres
sans cesse, la pré-
sidente de la troi-
sième Institution
du pays a failli
rendre le tablier…
(Lire en page 4)
nécrologie
page 3
SyndicaliSme
tteennddaannccee//bullesbullesLE TEMOIN
Hebdomadaire d’Informations Générales 2
Le TEMOIN
SIEGE SOCIAL
Cert-volant lot n°11 /
ISSN n°850 99 72
Tél. : 33 824 32 22
BP. 384 - CP 18523 DAKAR RP
Email : letemoinhebdo@yahoo.fr
Directeur de la Publication :
Mamadou Oumar Ndiaye
Rédaction
Alassane Seck Guèye,
Mamadou Oumar Ndiaye
Pape Ndiaye, Sophie Bâ, Serigne
Saliou Guèye, Maïmouna Faye
Moustapha Boye,
Moussa Kamara (photo)
Infographie
EAG
Opératrices de saisie :
Yacine Niang Thioye, Daba Guèye
Impression : Africome
Semaine du Jeudi 02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123
kayama le billet de Moussa kamara
De nombreux lecteurs se plaignant d’éprou-
ver des difficultés pour trouver leur hebdo
préféré — du fait de problèmes de distribu-
tion auxquels nous sommes confrontés, l’ADP
n’ayant plus son réseau d’antan ! —, nous
vous rappelons que le plus sûr moyen de rece-
voir « Le Témoin », c’est… de s’abonner.
- Abonnement simple : 1 an (20.000 francs,
frais de port compris pour la région de
Dakar).
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Le fils de Thione Ballago Seck a réussi la
prouesse de remplir le Grand Théâtre. La
performance mérite d’être saluée d’autant
plus que ce temple culturel a une capacité
de 1800 places. Et quand on sait que trois
jours avant le spectacle, il n’était plus pos-
sible de trouver un seul ticket d’entrée…
C’était samedi dernier à l’occasion de la
célébration de son quatrième anniversai-
re. Waly Seck est-il entré définitivement
dans la cour des Grands de la musique
sénégalaise ? C’est la seule question qui
vaille après sa première sortie réussie au
Grand Théâtre de Dakar.
Le jeune chanteur Waly Ballago Seck a
réussi son pari de remplir le Grand
Théâtre. Il a célébré avec faste le quatriè-
me anniversaire de son groupe dans ce
nouveau temple de la culture sénégalaise.
A cette occasion, il a assuré avec brio. Un
spectacle de haute facture qui duré trois
tours d’horloge a permis au fils de Thione
de confirmer enfin. Des artistes comme
Thione Seck, son père, Ndiolé, Aida Samb,
Salam Diallo, Ismaël Lo, Doudou Ndiaye
Rose, Mapenda Seck, Ousmane Seck,
Alioune Mbaye Nder et Fata ont aussi
pris part à la fête, tenant à pousser la
chansonnette avec le fils du « crooner »
Thione Seck. Le public composé en majo-
rité de jeunes filles a communié avec le
chanteur durant trois tours d’horloge.
L’ambiance était à son paroxysme et le
spectacle féérique a conquis plus d’un.
Certaines personnes friandes d’exhibi-
tionnisme comme Paco Jackson, Mbaye
Sène et Collé Faye ont rivalisé d’ardeur
pour distribuer des billets de banque sur
scène. Ce qui a contribué à donner une
image peu reluisante de cette fête.
Toujours est il que Waly, qui affirmait
dans nos colonnes qu’il était conscient de
l’ampleur de la tache, a réussi avec brio à
mettre un pied dans la cour des grands. Il
a démarré son show par le titre «
Mbeuguél » avant de boucler par le mor-
ceau Bamba. C’est à guichets fermés que
le fils de Thione a joué. Ce qui constitue
une première pour un artiste de son âge. Il
reste à espérer qu’il réussira à poursuivre
sur cette prometteuse lancée au contraire
de certains artistes qui n’ont pas réussi à
rester constants. Le plus dur commence
pour lui.
quatrième anniverSaire de Waly Seck
Le fils de thione relève avec succès
le défi du grand théâtre
« Travaillez dans ce monde comme si
vous deviez vivre éternellement et priez
comme si vous deviez mourir demain »
recommandait le Prophète Mohamed
(Psl) à ses disciples. En liant à la fois ces
deux concepts pratiques et philoso-
phiques, le grand entrepreneur et enfant
prodigue de la Médina, Pape Samba Ndir
s’est activé durant toute sa vie dans le
social comme s’il devait vivre éternelle-
ment. Hélas, Dieu a fait qu’il n’a pas vécu
longtemps sur terre, autant en tout cas
que l’auraient souhaité les habitants de
cet ensemble de quartiers, puisqu’il est
parti la semaine dernière à la fleur de
l’âge laissant d’innombrables orphelins
de ses multiples bienfaits. Une courte vie
certes, mais pleine de bienfaits.
Décédé à son domicile sis à la rue 6x19 de
la Médina à Dakar, Pape Samba Ndir
était un des hommes les plus généreux
que le Sénégal ait jamais connus. Il avait
toujours la main à la poche, à aider les
veuves, les orphelins, les démunis. Il était
à lui seul une sécurité sociale ambulante
qui réglait discrètement les arriérés de
loyers, payait les factures d’eau, d’électri-
cité, du téléphone, volait au secours des
mosquées, soutenait les jeunes, finançait
baptèmes, mariages, cérémonies funérai-
res… C’est bien simple d’ailleurs, quand
les riches de se pays se calfeutrent dans
leurs bunkers, mettent des « chiens
méchants » derrière leurs hauts murs,
éteignent leurs téléphones portables, se
deceS de pape Samba ndir
une étoile filante de
générosité s’en est allée
font escorter par des gardes du corps et
vont habiter loin de leur quartier de nais-
sance, Papa Samba Ndir, lui, mettait sa
chaise plainte devant chez lui, à la
Médina, tous les soirs pour mieux rece-
voir les visiteurs. Oui, sa vie durant, «
Zambo », comme il était surnommé,
aidait les plus démunis et assistait les
populations déshéritées. Dans les mos-
quées comme dans les foyers de la
Médina, les nombreux gestes de solidari-
té de Papa Samba Ndir étaient envelop-
pés de discrétion. Qui n’a jamais croisé
cet homme plein d’enthousiasme et de
bonne humeur dans les rues de ce quar-
tier traditionnel ? Au cours de ses funé-
railles, la Médina n’a pas désempli d’ano-
nymes et d’humbles venus témoigner, les
larmes aux yeux, des bienfaits que le
défunt leur a rendus à l’abri des regards et
des oreilles indiscrets. Papa Samba était à
la fois le père et la mère de la plupart des
veuves et orphelins de la Médina mais sa
renommée de générosité s’étendait bien
au-delà de la région de Dakar. Et pour
cause, la survie quotidienne de dizaines
de gens dépendait de « Grand Pape
Samba » ou « Moussé-le-Maire » comme
on l’appelait dans le voisinage. « Nous ne
savons pas ce que demain nous réservera,
mais je reste convaincu que beaucoup de
pères ou de mères de famille peineront un
jour à trouver un mouton de Tabaski.
Parce que chaque année, et pendant long-
temps, c’est Pape Samba Ndir qui distri-
buait des moutons de Tabaski à beaucoup
de familles… » a témoigné son ami et vrai
frère Nago Diop. Lequel était venu parti-
ciper à l’émission spéciale que la Top Fm,
la radio du « Témoin », a rendue mercre-
di à l’illustre disparu. Plein de générosité
et d’amour pour les siens et pour tant
d’autres aussi, Pape Samba Ndir était un
« mauvais » politicien dans le sens où il
laissait ses adversaires récolter les fruits
de son travail politique. Cet homme aux
multiples facettes que la Médina pleure
encore aurait voulu avoir plusieurs vies
pour pouvoir offrir davantage de son
temps et de sa fortune à ses semblables.
Partenaires comme adversaires. C’est ce
qui explique que, lors de ses funérailles,
l’observateur ne savait pas à quel parti
politique se vouer pour pouvoir identifier
le camp de l’illustre disparu. Parce que les
leaders politiques issus de l’Apr, du Ps, du
Pds et de Rewmi ont eu à faire presque le
même témoignage élogieux sur le défunt.
« Papa Samba était un frère et un camara-
de de parti. Il était loyal et fidèle. Il était
généreux et pieux. La Médina perd un
illustre fils… »
Encore Pape Samba Ndir, lui, le grand
humaniste ! Toujours déterminé à mener
des actions de terrain aux bénéfices des
autres. Comme ce fut le cas lors du décès
des neuf talibés de la Médina où il a pris
en charge certaines familles rescapées.
Ses amis vous le diront, le défunt aimait
vivre en solidarité. Et ceux qui l’ont
côtoyé avaient toujours de quoi laisser à
la maison avant de revenir prendre le thé
à ses côtés. Du thé qu’il aimait également
partager avec n’importe quelle personne,
histoire de rabaisser sa modeste person-
ne. « Vous connaissez les pharmaciens
ambulants ? Ce sont les petits vendeurs
de médicaments de la rue… Eh bien, il
n’était pas rare qu’un pharmacien ambu-
lant échoue devant la porte de la maison
pour y boire du thé avec Pape Samba… »
ajoute Nago Diop.
À ses amis, voisins et camarades ainsi que
sa famille éplorée, « Le Témoin » — notre
journal dont il était un grand lecteur —
présente ses condoléances attribuées.
Que la terre de Touba — où le Mouride «
Sadikh » qu’il était a été enterré — lui soit
légère.
Pape NDIAYE
bLeu bLanc Foot
On a tous, quelque part en nous, au cœur,
au corps et dans les replis de notre
mémoire, un petit bout ou un morceau de
JA, de Jaraaf. Ces deux clubs de notre
enfance et de notre adolescence, charis-
matiques et historiques, causes de tant de
rêves et aussi de cauchemars. Qu’en reste-
t-il aujourd’hui ? Presque rien ou en tout
cas pas grand-chose. Des soupirs et des
souvenirs. Beaucoup de torts et des
remords en attendant la mort. Oui, la
mort des clubs traditionnels à la gestion
informelle. Depuis que nos deux clubs si
chers sont passés aux mains de dirigeants
sans envergure, sans culture sportive, les
plus purs et les plus sûrs des fidèles ne
pouvaient que les fuir. Pour créer d’autres
entités qui fleurent bon la modernité sur
tous les plans. La Jeanne d’Arc qui se
morfond dans les tréfonds d’un champ-
ionnat de seconde zone, qui l’eut cru ?
Quand le Jaraaf, l’éternel rival, ennemi
intime et non moins cousin voulu par le
destin, parvient au prix d’une remise en
cause cathartique à toujours voguer dans
les flots du foot national, la Vieille Dame,
elle, sans jeu de mot, se crame à petit feu
! Quand Le Témoin titrait que trop de
presse tue la presse, j’acquiesce pour
ajouter que trop de liberté tue aussi la
liberté. Quand on laisse des manants sub-
itement riches de millions sans traçabilité
postuler à des postes aussi prestigieux
que président de club, voila où ça nous
mène ! Vers les abysses ! Jeanne d’Arc,
Jaraaf, Gorée, les seuls clubs nationaux
avec des supporters partout, d’un bout à
l’autre du pays. De Ziguinchor à Podor, en
passant par Tambacounda, Malicounda,
Nioro et Mboro, à Kayar et à Ndar, tous
les footeux en pincent pour l’équipe loca-
le, certes, mais sont aussi au vrai
Jaraafmen ou Ja men. ‘’C’est ça la réalité
‘’ pour paraphraser notre bon cher papa
Bescaye Diop, parti il y a quelques années,
laissant beaucoup de supporters de la JA
dans l’embarras. Que meure donc cette
JA là. Et vive une autre JA. La renaissan-
ce d’une JA, gérée par ses fils et petits fils
formés à bonne école qui ne dédaigneront
pas de faire appel à la sagesse et à l’exper-
tise de membres éminents du club. Une
JA où la parodie de démocratie du plus
grand nombre ne serait plus de mise. Les
erreurs de casting qui avaient écarté et
isolé de brillants sujets au profit de com-
binards et loubards sans scrupule servi-
ront de leçons. Diriger la Jeanne d’Arc est
sans commune mesure avec la direction
d’une écurie de … gros bras. Un club de
foot professionnel où l’on brasse des
milliards fruits de transferts et d’achats de
joueurs stars entre les mains d’un ignare
du star-système, sans entrée à la City,
sans connexion à Paris, Wall Street et
Zurich ne humera jamais l’air de la cour
des grands…
Semaine du Jeudi 02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123
aaccttuueeLL LE TEMOIN
Hebdomadaire d’Informations Générales3
De Charybde en Scylla. Vous vous attendiez à
une amélioration de la situation des finances
publiques ? Détrompez-vous ! Oh certes, beau-
coup d’efforts ont été réalisés sur le plan
macro-économique et, de fait, le déficit budgé-
taire a été sérieusement réduit. De même, des
gestes ont été faits dans le sens du paiement de
l’énorme dette intérieure. Le ministre de
l’Economie et des Finances, M. Amadou Kane,
a même prétendu avec un bel aplomb, à la
veille de la tenue de la réunion des ministres
des Finances de la zone Franc dans notre pays,
il y a trois semaines, que tous les arriérés rela-
tifs à cette dette ont été épongés. Une déclara-
tion qui a été aussitôt démentie par de nomb-
reux opérateurs économiques qui courent der-
rière les créances que l’Etat leur doit, souvent
depuis plusieurs années. Et puis, pas plus tard
que la semaine dernière, des confrères ont
révélé que les propriétaires d’immeubles loués
à l’Etat n’ont pas été payés depuis plusieurs
mois…
Bref, la situation des finances publiques, on le
savait, n’était pas très reluisante. Eh bien, elle
vient de se dégrader sérieusement depuis le
début de l’année en cours. La faute à une insuf-
fisante maîtrise du nouveau Code général des
Impôts dont la mise en œuvre de certaines
dispositions s’est révélée plus difficile que
prévu. Des errements auxquels s’ajoute la
morosité économique ambiante. Résultat : les
recettes fiscales de l’Etat ont baissé de 70
milliards de francs au cours du premier trimes-
tre 2013. Et ce par rapport aux objectifs fixés
par les autorités. Ce déficit est plus grand au
niveau des impôts et taxes intérieurs collectés
par la Direction générale des Impôts et
Domaines, puisqu’il atteint le chiffre abyssal de
55 milliards de francs. Un manque de perfor-
mance dû, encore une fois, aux difficultés ren-
contrées dans l’application du nouveau Code
général des Impôts entré en vigueur au début
de cette année.
Quant à la Douane, elle affiche un gap de 15
milliards de francs par rapport à ses objectifs.
Et ce même si, sur le papier tout au moins, l’ad-
ministration des gabelous a plutôt atteint ses
objectifs. Seulement voilà : ces 15 milliards qui
manquent dans les caisses correspondent
effectivement aux droits que la Senelec lui doit
au titre de l’importation des hydrocarbures
devant faire tourner ses centrales électriques.
L’électricien national étant dans une situation
financière catastrophique ne peut évidemment
pas payer cette somme qu’elle doit effective-
ment. Et pas question pour la douane de blo-
quer ses camions citernes, au risque de provo-
quer des émeutes de l’électricité dans le pays !
Or, quand on sait que les finances publiques
étaient déjà déficitaires en temps normal, ce
gap de 70 milliards de francs — en trois mois
tout de même — dans les recettes fiscales ne va
évidemment pas arranger les choses !
En temps normal, quand les administrations
fiscales sont extrêmement performantes et que
l’économie tourne à plein, ces recettes fiscales
de l’Etat font 105 milliards de francs en moyen-
ne. La Direction générale des Impôts et
Domaines y contribue pour 60 milliards de
francs tandis que sa grande rivale, l’administra-
tion des Douanes, crache au bassinet à hauteur
de 40 milliards. Le reste a des origines diverses.
Seulement voilà, au cours des trois premiers
mois de l’année 2013 en cours, ces recettes
n’ont atteint — et encore avec beaucoup de
peine ! — que 92 milliards par mois. Or, si ces
recettes de l’Etat ont piqué du nez, les charges,
elles, restent constantes. Le principal poste de
dépenses est représenté par les salaires et pen-
sions qui atteignent 53 milliards mensuels en
moyenne. Le reste est constitué par les échéan-
ces de dette intérieure et extérieure pour les-
quelles le Trésor public décaisse 50 milliards de
francs par mois. Les recettes sont déjà pulvéri-
sées depuis longtemps ! Et ce même si l’Etat
reçoit des appuis budgétaires de la part de ses
partenaires pour une enveloppe qui varie entre
10 et 15 milliards tous les trois mois. C’est ce
qui permet d’atteindre l’équilibre si les objectifs
normaux de recettes fiscales — 105 milliards —
sont atteints. Or, on l’a vu, depuis le début de
l’année, on est loin du compte. Ce n’est pas tout
car il y a aussi le Budget consolidé d’investisse-
ment (BCI) qui se monte à 500 milliards de
francs par année. Ce qui, rapporté au mois, fait
45 milliards environ. Une somme qu’il faut
aussi trouver. C’est tout cela qui fait que l’Etat
fait régulièrement appel au marché pour
emprunter de quoi combler son déficit budgé-
taire. D’où les nombreux emprunts obligataires
et autres ventes de bons du Trésor. Les admi-
nistrations fiscales se veulent rassurantes, tou-
tefois : ces contreperformances sont conjonctu-
relles et la courbe des recettes devrait être
redressée très vite afin que les objectifs fixés
par l’Etat soient atteints. A condition que le cli-
mat social ne se détériore pas !
ZérO POINTé POur L’ENErgIE,
bONNEs NOTEs POur
L’EDucATION ET
L’ENsEIgNEMENT suPérIEur
Sur un autre plan, les oreilles de la délégation
gouvernementale — conduite par le ministre
Amadou Kane — ont sifflé il y a deux semaines
sur les rives du Potomac, à Washington, où se
tenaient les Assemblées du Printemps de la
Banque mondiale et du Fonds monétaire inter-
national. Car si, d’une manière générale, le
cadrage macro-économique du Sénégal est bon
— pour le plus grand malheur des Sénégal que
cette orthodoxie n’arrange pas ! —, le talon
d’Achille demeure le secteur de l’Energie où les
performances du gouvernement sont jugées
catastrophiques. En effet, avec ce langage tout
d’euphémisme de la Banque mondiale, l’on
considère que ce secteur « n’est pas géré ».
Autant dire qu’il n’y a pas de ligne directrice
claire, le Sénégal n’indiquant pas un plan pour
résoudre durablement la lancinante question
du sous-secteur de l’électricité. Dans les cou-
loirs de la banque, il se dit que même le patron
Afrique de cette institution, notre compatriote
Moctar Diop (ancien ministre de l’Economie et
des Finances de Wade !) n’oserait même plus
défendre le dossier du Sénégal devant le conseil
d’administration de la BM où il est régulière-
ment titillé sur la question de l’Energie. Et par-
ticulièrement des mauvaises performances du
sous-secteur de l’électricité qui plombe tant la
croissance de l’économie nationale. Car si les
institutions de Bretton Woods ont toujours
exigé la réduction de la subvention gouverne-
mentale accordée à la Senelec, histoire d’appli-
quer la vérité des prix — une mesure contre
laquelle syndicats et associations de consom-
mateurs sont vent debout (cette subvention a
malgré tout été réduite de 120 milliards à 80
milliards dans le présent budget)! —, elles exi-
gent à présent que le Sénégal restructure carré-
ment le secteur et leur propose un plan cohé-
rent dans ce sens. Autrement dit, elles veulent
une alternative au plan « Takkal » qui lui, au
moins, était structuré. Le problème, c’est que
les nouvelles autorités ont dénoncé ledit plan
sans en proposer un autre ! D’où les sévères
remontrances faites à la délégation sénégalaise
afin que le gouvernement se grouille enfin pour
élaborer cette politique énergétique. Ce qui, en
creux, sonne comme un sérieux doute exprimé
sur les compétences du ministre Aly Ngouille
Ndiaye dont la politique de « mix énergétique »
a du mal à prendre forme. Mieux, les
Sénégalais se demandent en quoi elle consiste.
Il n’y a pas qu’eux seuls à se le demander, appa-
remment…
S’il y a en revanche deux ministres dont l’action
est appréciée par les institutions de Bretton
Woods, c’est bien les sieurs Serigne Mbaye
Thiam et Maryteuw Niane. Les performances
de ces deux ministres qui gèrent un secteur non
productif, ¬ c'est-à-dire les ministères de
l’Education nationale et de l’Enseignement
supérieur, sont jugées bonnes et comme méri-
tant d’être encadrées davantage. En somme,
l’éclaircie dans la grisaille gouvernementale…
Mamadou Oumar NDIAYE
economie
Les recettes de l’etat en chute libre durant le premier trimestre 2013
Les institutions de Bretton Woods ont effectivement tancé le gouvernement à propos du dossier de l’Energie.
Cette demande de cotation fait suite à l’Avis
Général de Passation des Marchés publié le 18
avril 2013 sur les sites web de MCA-Sénégal,
Development Gateway Market (DG Market) et de
United Nations Development Business (UNDB),
de même que dans les journaux locaux suivants :
Le Soleil 23 et 25 avril 2013, TEMOIN de la semai-
ne du 22 au 28 avril 2013 et l’AS du 24 avril 2013.
La Millennium Challenge Corporation ("MCC") et
le Gouvernement de la République du Sénégal (le
«Gouvernement» ou «GoS») ont conclu un
Compact pour l’Assistance de Millennium
Challenge Account pour faciliter la réduction de la
pauvreté par la croissance économique de la
République du Sénégal (le "Compact") pour un
montant d’environ cinq cent quarante millions US
Dollars (US $ 540.000.000).
Le Gouvernement agissant par l’intermédiaire du
MCA-Sénégal se propose d’affecter une partie du
financement du MCC au règlement des paiements
autorisés au titre du présent contrat prévu pour
couvrir le coût de la Fourniture et l’installation
d’Equipements Hydrométriques pour le PMU
SAED de MCA Sénégal.
Les équipements et prestations à acquérir, objet
de la présente demande de cotation sont essentiel-
lement constitués de débitmètres continus, de
GPS, et de formation à dispenser.
L’entreprise sera sélectionnée conformément aux
procédures définies dans les Directives du
Millennium Challenge Corporation concernant la
demande de cotation (Octobre 2009).
La Demande de Cotation sera ouverte seulement
aux Soumissionnaires éligibles. Les soumission-
naires qui souhaitent participer doivent exprimer
leur intérêt par courriel, aux adresses suivantes,
en indiquant leurs coordonnées complètes, pour
se faire enregistrer :
Email: pamsenegal@charleskendall.com ;
Copie: info@mcasenegal.org ; procure-
ment@mcasenegal.org
Les soumissionnaires ainsi enregistrés pourront
recevoir la demande de cotation qui leur sera
envoyée par courriel.
Ils pourront également retirer la Demande de
Cotation en la téléchargeant directement à partir
du site de MCA-Sénégal (www.mcasenegal.org),
après la formalité d’enregistrement.
Les cotations portant la mention « Demande de
cotation IWRM10 – Fourniture et l’installation
d’Equipements Hydrométriques pour le PMU
SAED de MCA Sénégal» doivent parvenir sous pli
fermé en quatre exemplaires, dont un (01) original
et trois (03) copies, au plus tard le vendredi 10 mai
2013 à 12H (Heure de Dakar) à l’adresse suivante
:
Bureau du Procurement Agent (Charles Kendall &
Partners Ltd.)
Bâtiment accolé à celui de MCA Sénégal
6 Route de Ngor X Hôtel Ngor Diarama Dakar
Les plis qui parviendront après expiration du délai
mentionné ci-dessus ne seront pas recevables.
Le Directeur Général
de MCA SENEGAL
gouvernement du Senegal
------------
primature
------------
millennium cHallenge account Senegal (mca-Senegal)
aVis de deMande de cotation Pour L’acQuisition et L’instaLLation d’eQuiPeMent
hYdroMétriQues Pour Le PMu saed de Mca senegaL
Semaine du Jeudi 02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123
aaccttuueeLLLE TEMOIN
Hebdomadaire d’Informations Générales 4
Chassée du secrétariat général de la prési-
dence de la République, Mme Aminata Tall
semble être une alliée encombrante pour les
faucons qui reprennent du service dans l’en-
tourage du président Macky Sall. Même le
fait de l’avoir éloignée de la présidence de la
République en la nommant présidente du
Conseil économique, social et environne-
mental (CESE) n’a apparemment pas suffi à
satisfaire l’ostracisme de ces responsables de
l’APR (Alliance Pour la République).
Lesquels voulaient apparemment faire de
cette dame connue pour sa forte personnali-
té, une présidente potiche, c’est-à-dire sans
pouvoirs et qui ne serait là que pour la gale-
rie. A preuve par la récente nomination des
membres de ce CESE où il a fallu que l’an-
cienne secrétaire générale de la présidence
de la République — et ancienne mairesse de
Diourbel — tape sur la table et menace de
démissionner pour que le président de la
République lui-même revienne sur une éniè-
me tentative de lui faire avaler des couleuv-
res. Il faut dire que la dernière était trop
grosse puisque le successeur de Wade vou-
lait tout simplement former à sa place son
propre cabinet en y affectant des personna-
ges connus de lui seul ! Niet catégorique de
Mme Bâ Aminata Tall, qui a mis sa démis-
sion sur le plateau de la balance. Sentant
qu’elle ne plaisantait pas, le Président a recu-
lé.
Il faut dire que c’était l’humiliation de trop
que Mme Tall ne pouvait pas accepter. En
effet, pour ce qui est de la nomination des
membres du CESE, le Président n’avait
donné à la patronne de cette institution
qu’un seul (vous avez bien lu !) poste. Ce que
l’hégérie libérale lui a retourné gentiment en
expliquant qu’un tel poste représentait un
cadeau emposonné et lui créerait plus de
problèmes qu’il n’en résoudrait. En effet, en
dehors des organisations socio-profession-
nelles qui ont eu à proposer leurs candidats,
le président de la République s’était appro-
prié l’exclusivité de la nomination des per-
sonnalités dites qualifiées, en fait des
responsables de son parti. Ayant les mains
liées, Mme Aminata Tall n’avait aucune
marge de manœuvre politique pour nommer
des proches. Surtout que, comme pour rec-
tifier sa générosité à l’Assemblée nationale
où l’Apr, son parti, ne dispose que de 64
députés, le président Macky Sall avait fait du
Cese son affaire personnelle. A preuve, il n’a
octroyé à un grand parti allié comme le PS…
qu’un seul poste ! Même sucette pour la pré-
sidente du Conseil économique, social et
enrinnemental qui, sur 120 membres, n’a eu
droit qu’à un seul et unique poste destiné à
son fief de Diourbel. À prendre ou à laisser !
Mme Aminata Tall a choisi de décliner cette
offre aux allures de cadeau empoisonné. En
effet, elle ne savait pas quoi faire avec un seul
maroquin qui risquait de provoquer des
frustrations mortelles au sein de son mouve-
ment « Set-Sellal » et fragiliser sa base poli-
tique. « Président ! Je ne peux rien faire avec
ce poste, reprenez-le ! » aurait déclaré poli-
ment Mme Aminata Tall dont les propos
nous ont été rapportés par ses proches.
Politiquement très mûre, la Dame de fer du
Baol savait en effet que ce cadeau insigni-
fiant risquait de s'avérer empoisonné pour
plusieurs raisons. À peine cette page tour-
née, le président Macky Sall faisait mine de
vouloir lui former son cabinet, c’est-à-dire de
trouver à Mme la présidente du Cese des
hommes et des femmes qu’il faut aux places
disponibles au CESE. « Là Président ! De
grâce, laissez-moi constituer mon propre
cabinet… » aurait répondu Mme Tall au pré-
sident de la République. La sentant braquée,
le président avait fini par faire machine
arrière. Chose faite ! Souhaitons qu’à ce
niveau au moins, c’est-à-dire au sein de son
cabinet, Mme Aminata Tall pourra caser
quelques militants et alliés à des postes de
conseillers spéciaux. Pour rappel, le défunt
président Ousmane Masseck Ndiaye en avait
une vingtaine.
Pendant ce temps, les 100 organisations
féminines du Sénégal ruminent leur colère
pour le non-respect de la parité au sein du
nouveau Conseil économique, social et envi-
ronnemental. Ce qui est surtout déplorable,
c’est l’absence de cette institution de femmes
pionnières qui, jusque-là, symbolisaient l’en-
treprenariat féminin au Sénégal. Il s’agit des
« Ouvrez le ban ! » Pour ce coup-ci, ce n’é-
tait ni le ban annonçant l’arrivée de l’autori-
té suprême, ni celui destiné à présenter les
armes, mais plutôt le ban de l’excellence ! Un
ban du savoir que le colonel Abdourahim
Kébé a fait ouvrir en soutenant avec succès
une thèse de doctorat.
C’était le samedi 27 avril dernier à l’amphi-
théâtre de la faculté des lettres et sciences
humaines de l’Université Cheikh Anta Diop
de Dakar (Ucad). A l’occasion de ce grand
banquet de l’esprit, ils étaient venus, ils
étaient tous là, parents, amis, étudiants et
frères d’armes. Au premier rang de cet aréo-
page, il faut saluer la présence remarquable
du chef d’Etat major général des Armées
(Cemga), le général Mamadou Sow « Nogass
».
Après avoir bouclé ses humanités sur les «
Etudes Anglophones et Comparées », l’an-
cien patron de la Dirpa (Direction de
l’Information et des Relations publiques des
Armées), le colonel Abdourahim Kébé,
devait donc soutenir sa thèse de doctorat sur
le sujet : « Action humaine et le sens de la
responsabilité : Les récits d’Herman
Melville, Stephan Crane et Ernest
Hemingway ».
Devant un jury composé des professeurs
Oumar Sougou, Oumar Ndongo et Cheikh
Ahmadou Dieng comme président, l’ancien
chef de la Dirpa, le colonel Abdourahim Kébé
a brillamment survolé son sujet de littératu-
re américaine. Face aux membres du jury, et
tout en prenant à témoin le nombreux
public, le colonel Kébé a expliqué que, du
XIXème au XXème siècles, l’interrogation
sur la pertinence de l’action humaine et le
sens de la vie dans un univers hostile et chao-
tique a été au cœur des préoccupations de la
littérature en général et américaine en parti-
culier. Il s’est notamment posé les questions
suivantes : « La vie est-t-elle le fruit du
hasard ? A-t-elle un but précis, ou se limite-
t-elle simplement à être ? Vaut-elle la peine
d’être vécue ? Est-il possible de la rendre plus
conforme à nos aspirations, ou agit-elle de
manière aveugle et arbitraire ? ». A ces inter-
rogations, le colonel Kébé, qui vient d’être
promu attaché de défense du Sénégal à
Washington, a notamment répondu que
cette quête de sens, portée par tous les cou-
rants littéraires de l’époque (19° et 20° siè-
cles), découle de la misère spirituelle de
l’homme. Et d’expliquer qu’avec la « corrup-
tion » du monde chrétien et civilisé, la bruta-
lité de la société américaine, les troublants
enseignements de Charles Darwin et les
catastrophes engendrées par les deux guer-
res mondiales, le Dieu des puritains est mort,
laissant l’homme face à une vision d’un
monde sans Dieu. » Pour l’officier supérieur
de l’armée sénégalaise, il fallait, dès lors,
comme Sisyphe, que l’homme justifiât son
existence par son courage et sa fière révolte
contre les forces irrationnelles qui l’entou-
rent. « Seulement, par rapport aux idéologies
de l’époque, l’action humaine devient insen-
sée, car l’homme reste trivial et à la merci des
circonstances qui, seules, décident de son
sort. Ses efforts pour maîtriser son environ-
nement sont toujours vains, car le destin est
souvent détourné en parodie ou en simulac-
re » a-t-il fait comprendre dans son cours
magistral. Pour tenter de convaincre le jury,
le colonel Abdourahime Kébé précise que la
réaction de l’homme face à la tragédie de la
vie et la futilité de son existence (…) ne doit
nullement conduire à la contemplation ;
l’homme doit agir malgré tout, car son action
n’est pas forcément sans signification. »
Dans sa thèse soutenue devant une auguste
assemblée, le colonel Kébé a aussi fait ressor-
tir que la ressemblance sur certains points
des positions philosophiques des trois
romanciers étudiés, malgré leur appartenan-
ce à des courants littéraires différents, cette
ressemblance montre la continuité histo-
rique, thématique et littéraire de la pensée
américaine, notamment en ce qui concerne
l’absurdité de la vie et la réaction de l’homme
face à l’inconnu. « Parce que leurs œuvres
participent de ce que Camus appelle le “sen-
timent de l’absurdité“ » dit-il tout en révélant
qu’une partie de ses études a porté sur la
nature de la quête des personnages princi-
paux des trois romans de référence. Et sur-
tout du romancier américain Moby Dick et sa
fameuse « Baleine blanche » qui se trouve
être un cachalot blanc particulièrement féro-
ce et d'une taille impressionnante, qui lui a
arraché une jambe par le passé. À travers le
voyage de son personnage principal, le colo-
nel Kébé campe le débat littéraire et philoso-
phique du Bien et du Mal ainsi que celui de
l'existence de Dieu. Il a aussi abordé l’aspect
de la mort et l’absence totale d’une quel-
conque expérience puisque aucune personne
n’est revenue de sa tombe.
Au terme de quatre heures d’un exposé
dense, le public, accroché aux lèvres de l’im-
minent impétrant a pu se convaincre que les
concepts « action », « humanisme », «
réalisme », « fatalité », « naturalisme », «
absurde », « désillusion », « Dieu » etc. sont
les principaux mots clés qui ont jalonné toute
cette dure épreuve académique à laquelle
était soumise le colonel Abdourahim Kébé
face à ses « bourreaux » de professeurs
membres du jury. Un véritable parcours du
combattant… intellectuel au bout duquel le
brillant officier de l’Armée a pu s’en sortir
indemne et, surtout, haut la main. A preuve,
après s’être retiré pour délibérer, le jury est
revenu dans la salle pour élever Abdourahim
Kébé au grade de Docteur. Et ce avec la men-
tion « Très honorable ». Un résultat accueilli
par une salve d’applaudissements, ce qui
était bien le moins. Qui a donc dit que les
fantassins n’ont que leurs muscles pour se
faire valoir ? Le colonel Abdourahim Kébé
vient de soutenir le contraire… Le « Témoin
» adresse ses chaleureuses félicitations à cet
officier qui s’est signalé, durant toutes les
années où il a officié à la tête de la Dirpa,
pour sa grande disponibilité à l’endroit des
journalistes…
Pape NDIAYE
eXcluSiF : nomination deS membreS du conSeil economique Social et environnemental
comment Mme aminata tall a décliné l’unique poste
de conseiller qui lui a été octroyé
Sous la bannière de la parité, les organisations de femmes en guerre
contre le président Macky Sall.
grandes opératrices économiques comme
Adja Dior Diop, présidente du Rasef, Mme
Oulimata Dioum, présidente de l’Afepes,
Mme Khady Fall Tall de l’Afao (Association
des femmes de l’Afrique de l’Ouest) et
Khady Ndao du réseau des Femmes
Rurales. Sans compter une battante comme
Mme Maïmouna Dieng, directrice de l’Ecole
internationale de Coiffure. Mmes Adja Dior
Diop et Oulimata Dioum surtout, s’activent
depuis des décennies dans tous les domai-
nes d’activités économiques, mais aussi
dans le social, pour aider et assister leurs
sœurs opératrices en les initiant aux méca-
nismes de l’entreprenariat féminin. Et pour
avoir mis leur dynamisme au profit du social
et de l’économie, ces deux grandes importa-
trices, Adja Dior Diop et Oulimata Dioum
avaient été décorées par le président Abdou
Diouf de la médaille de l’Ordre national du
Mérite. Sous Me Abdoulaye Wade, aussi,
elles ont été distinguées et singularisées. Il a
fallu l’arrivée du président Macky Sall pour
qu’elles soient oubliées. En lieu et place,
c’est Mmes Tiné Ndoye et Abibatou Ndiaye,
deux femmes inconnues du monde de l’en-
treprenariat féminin, qui sont entrées par
effraction dans l’institution dirigée par mme
Aminata Tall. Mme Tall qui va certainement
se demander d’où viennent ces deux dames.
Une chose est sûre : les associations de fem-
mes ne comptent pas baisser les bras
puisque, sous la bannière de la parité, elles
ont décidé de combattre politiquement le
président Macky Sall. Et on voit mal ce der-
nier s’en sortir politiquement indemne
compte tenu de la capacité de mobilisation
des femmes, particulièrement de toutes ces
grandes dames laissées en rade.
Par Pape NDIAYE
pour avoir Soutenu avec SucceS une tHeSe de doctorat
Le colonel abdourahim kébé ouvre le ban de l’excellence à l’ucad
Semaine du Jeudi 02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123
5
LE TEMOIN
Hebdomadaire d’Informations Générales
aaccttuueeLL
PrEAMbuLE
Les éditeurs de programmes audiovisuels souscrivent à un
cahier des charges pour encadrer la conception et la mise en
œuvre des contenus proposés. L’une des principales obliga-
tions précisées dans ce cadre concerne la mise en place
d’une commission de visionnage, chargée de proposer à l’é-
diteur une classification des programmes, dont la composi-
tion est portée à la connaissance de l’autorité de régulation.
L’existence de cette instance interne permet d’anticiper les
éventuels dérapages et participe des efforts de protection
des consommateurs, particulièrement du jeune public.
Respect du cahier des charges.
Force est de constater cependant, la carence des éditeurs de
programmes audiovisuels sur ce point. L’absence d’infor-
mations complètes sur les grilles de programmes proposés
par les éditeurs rend plus difficile la mission de supervision
et de contrôle du Conseil National de Régulation de
l’Audiovisuel. Le respect des stipulations contractuelles des
cahiers des charges garantit une activité des médias confor-
me aux attentes des populations.
Au demeurant, la liberté d’expression exige de tous les
acteurs un sens aigu des responsabilités afin de prévenir
des dérapages préjudiciables à la paix sociale et la stabilité
de nos institutions. Certains propos de responsables poli-
tiques, comme de certains militants de partis politiques, ou
d’autres catégories de citoyens, relayés par les médias,
heurtent la sensibilité du public. Ils peuvent constituer des
menaces à la cohésion sociale et à l’entente cordiale entre
les différentes communautés de notre pays.
Présomption d’innocence et secret de l’Instruction
Dans le même ordre d’idées, le traitement des affaires pen-
dantes devant la Justice doit se faire dans le respect de la
présomption d’innocence, du secret de l’Instruction, en
prenant toutes les dispositions pour éviter la violation du
principe du contradictoire dans la présentation des faits.
Ces différents constats résultent d’un échantillonnage des
activités de monitoring des services du Conseil National de
Régulation de l’Audiovisuel, qui couvre la période du 1er
janvier au 31 mars 2013.
Le Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel, confor-
mément aux dispositions de l’article 14 de la loi n°2006-04
du 04 janvier 2006, et après en avoir délibéré en sa séance
du 25/04/2013, rend public le présent Avis portant sur les
dysfonctionnements relevés dans les programmes des dif-
férents organes de communication audiovisuelle. Des
recommandations sont formulées dans le sens de corriger
ces manquements au profit du public.
I. DYsFONcTIONNEMENTs
ET MANQuEMENTs
Au cours de cette période, les dysfonctionnements et man-
quements constatés ont trait :
1. A l’exposition des téléspectateurs et des auditeurs,
particulièrement le jeune public, à certains programmes
caractérisés par la violence sous toutes ses formes, l’exposi-
tion de cadavres et l’utilisation d’un langage grossier et
outrancier, notamment dans les programmes suivants :
• « SEN COMEDIE SHOW » de la télévision SENTV
du 03 janvier 2013 à 10 heures avec des acteurs parlant des
imams en des termes insultants et irrévérencieux ;
• « WAX SA XALAAT » de SUD FM du 07 janvier
2013 à 17 heures, avec des injures adressées aux membres
du gouvernement par un auditeur intervenant à l’antenne ;
• « KINKELIBA » de la RTS du 16 janvier 2013,
montrant sans avertissement, ni signalétique, des images
insoutenables de personnes tuées au Mali, suite à des bom-
bardements ;
• Journaux télévisés de WALF TV relayant des pro-
pos injurieux d’un animateur de la TFM à l’égard de ses col-
lègues ;
• « VILLA 145 » de la TFM du 28 janvier 2013, où
l’un des animateurs s’exprime en des termes particulière-
ment grossiers ;
• Journal Télévisé de la TFM du 04 février 2013 avec
des images de cadavres d’enfants, brulés dans l’incendie
survenu à la Médina ;
• « TEUSS » de Zik FM du 12 février 2013 avec les
confessions d’un homosexuel dans un langage particulière-
ment obscène ;
• Journal Télévisé de SENTV des 28 février et 15
mars 2013, images insoutenables de cadavres ;
• Les images dégradantes des reportages sur les sui-
cides et les tentatives de suicide ;
• Les images indécentes, impudiques et rétrogrades
de billets de banques jetés, à même le sol, sur la scène lors
de soirées festives ou dans certaines publicités et vidéos
clips.
2. A l’émission « KEUR GUI » de la 2STV du lundi 04
mars 2013 consacrée à une affaire de viol pendante devant
la Justice, avec une présentation des faits ne comportant
que le point de vue d’une seule partie au procès.
3. Au développement, malgré les recommandations
du dernier Avis trimestriel, dans les programmes des servi-
ces de radio et de télévision, d'incitations à utiliser des ser-
vices SMS ou téléphoniques surtaxés, notamment en vue de
participer à des jeux-concours.
4. A La propagation, à la suite d’un meeting politique,
à travers la station de radio AIDA FM de Linguère, de pro-
pos à très forte connotation éthniciste susceptibles d’instal-
ler un climat propice à l’éclatement de violences intercom-
munautaires.
5. A la diffusion, en « prime time » des premiers épi-
sodes d’« un Café Avec » sur la TFM. Elle met en scène des
séances de tortures simulées avec des instruments tran-
chants, des bagarres sanglantes, des règlements de comptes
entre trafiquants de drogue et des courses poursuites avec
enlèvements (rapt) de victimes ensanglantées et ligotées.
Certaines scènes comportent également les images d’une
jeune fille demandant à se faire offrir un whisky par des
hommes d’âge mûr dans un hôtel de luxe. Elles montrent, à
plusieurs reprises, l’actrice principale fumant une cigarette
et consommant du champagne. De telles images d’une
extrême violence diffusées aux heures où les familles sont
en général devant la télévision, posent problème, notam-
ment pour le jeune public particulièrement sensible et vul-
nérable.
II. rEcOMMANDATIONs
Face à de tels dysfonctionnements et manque-
ments, qui constituent une violation des dispositions des
textes législatifs, réglementaires et des cahiers des charges
en vigueur au Sénégal dans le domaine de l’audiovisuel, le
Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel recom-
mande :
1. De veiller, lors de la diffusion de certains contenus
susceptibles de nuire gravement à l’épanouissement des
enfants, à ce que ceux-ci ne puissent normalement y avoir
accès (protection par la signalétique conformément aux sti-
pulations des cahiers des charges) et, en évitant la program-
mation de ces émissions à des heures de grande écoute. Le
CNRA rappelle que la protection du jeune public dans les
médias audiovisuels nécessite que chacun prenne conscien-
ce des enjeux éducatifs, sociaux et économiques relatifs à
l’exposition des mineurs à ces médias, en tant que consom-
mateurs de contenus, cibles publicitaires, et parfois même
acteurs de productions et de spots les mettant en scène ;
2. Le respect des dispositions de l’article 10 de la loi
n°2006-04 du 4 janvier 2006 qui prescrivent à tous les édi-
teurs de programmes audiovisuels de s’équiper obligatoire-
ment d’un système de retardement de la voix d’au moins
trois secondes pour leurs émissions interactives ;
3. La plus grande vigilance dans le traitement des
affaires pendantes devant la Justice, en veillant au respect
de la présomption d’innocence, à la préservation de l’ano-
nymat et au caractère contradictoire de la présentation des
faits, en garantissant l’égal accès aux émissions, de toutes
les parties au procès, conformément aux dispositions de
l’article 18 du cahier des charges applicable au titulaire
d’une autorisation de diffusion de programme de télévision.
4. Le renforcement des règles de protection du public
contre les risques qui pourraient résulter du développe-
ment de ces programmes incitant à participer à des jeux
concours en utilisant des services SMS ou téléphoniques
surtaxés, grâce à une parfaite information des téléspecta-
teurs sur le coût des communications et sur l’identité des
promoteurs du jeu.
Ce coût doit être porté à la connaissance des téléspectateurs
dans les mêmes conditions que les coordonnées du service
SMS ou téléphonique. En cas d'inscription à l'écran, il doit
donc être exposé dans des caractères identiques à ceux du
numéro du service.
5. D’éradiquer la diffusion à la radio ou à la télévision
de propos discriminatoires et dévalorisants pouvant inciter
à la xénophobie, à l’exclusion, et porter atteinte à la paix
sociale, à l’unité nationale ou à l’intégrité du territoire.
6. De soustraire les images montrant les billets de
banques jetés à même le sol, sur les scènes, au cours de
spectacles, afin de préserver les populations de comporte-
ments attentatoires à la dignité et aux bonnes mœurs dans
un contexte de pauvreté, de rareté des ressources, et parfois
même d’indigence.
L’amplification, par le canal de la télévision diffusant en
clair, de mœurs, de comportements et d’attitudes qui peu-
vent être assimilés à des phénomènes de transgression,
voire de déviance sociale, comporte un risque majeur de
reproduction de modèles aux impacts négatifs sur des fran-
ges importantes de populations vulnérables.
Dans le même ordre d’idées, la diffusion de « télénovelas »,
de sujets de « téléréalité » doit renforcer l’exigence chez les
éditeurs de programmes audiovisuels, de la recherche d’é-
quilibre entre l’ouverture au monde extérieur, la préserva-
tion de nos valeurs fondatrices et la protection du public. La
sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence, le soutien des
efforts de promotion de mesures d’hygiène sociale et de
santé publique, doivent être privilégiés.
Le CNRA appelle les éditeurs de programmes audiovisuels
au respect rigoureux des dispositions législatives, régle-
mentaires et des stipulations des cahiers de charges afin
d’éviter les dérapages et autres situations regrettables, pré-
judiciables au développement harmonieux du paysage
audiovisuel et à la protection des populations.
Le CNRA apprécie hautement l’esprit de coopération et la
disponibilité, aussi bien de la plupart des acteurs et des par-
tenaires, que des personnes concernées par la conception,
la production et la diffusion de programmes audiovisuels. Il
les encourage dans cette dynamique.
Pour l’Assemblée du cNrA
Le Président
republique du Senegal
un peuple – un but – une Foi
conSeil national de regulation de l’audioviSuel
immeuble tamaro – rue moHamed v X JuleS Ferry
boite poStale : 50059 – dakar rp
tel: 33849.52.52 – FaX: 33821.86.14 cnra@cnra.Sn
aVis triMestrieL n °001/2013 du 25 aVriL 2013
(JanVier - FeVrier - Mars)
LE TEMOIN
Hebdomadaire d’Informations Générales 6ddoossssiieerr :: FFêêttee dduu ttrraaVVaaiiLL
Semaine du Jeudi 02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123
Evoquer le nom de Mademba Sock, c’est
se ressouvenir de ces trois jours durant
lesquels les Sénégalais ont été doulou-
reusement privés d’électricité en 1993.
Pendant cette année de « plan d’urgence
» Sakho-Loum, l’Etat du Sénégal annon-
ce sa volonté de privatiser la société
nationale d’électricité (Senelec). Ce,
contre la volonté des travailleurs et de
leur syndicat, le Sutelec, dirigé alors — et
jusqu’à présent, du moins en partie —
par Mademba Sock. Affecté par la crise,
l’Etat du Sénégal est financièrement
incapable d’assurer l’entretien et les
investissements au niveau de cette boîte
déficitaire. S’opposant à la politique de
privatisation tous azimuts dictée par les
institutions de Brettons Woods et appli-
qué aveuglément par le régime socialiste,
le redoutable secrétaire général du
Syndicat Unique des Travailleurs de
l'Electricité (Sutelec), en l’occurrence
Mademba Sock, n’hésite pas à plonger le
Sénégal dans le noir pendant trois jours.
Les pompes de la Société nationale d’ex-
ploitation des Eaux du Sénégal
(SONEES) fonctionnant à l’électricité,
une pénurie d’eau se greffe à la pénurie
d’électricité. Le pays est au bord de l’é-
meute. Les rues de la capitale sont enva-
hies par des femmes, des enfants et des
adultes munis de leurs seaux, bassines,
jerricans et autres récipients pouvant
contenir le liquide précieux. La pénurie
d’eau s’ajoutant à la coupure d’électrici-
té, les nerfs s’échauffent et des assem-
blées populaires se forment pour exiger
le rétablissement du courant. Des
experts venus de la France au deuxième
jour du black-out sont restés impuis-
sants pour rétablir l’électricité. Malgré
les menaces du gouvernement et l’ébulli-
tion populaire, Mademba Sock est resté
imperturbable jusqu’au 4e jour où, vers
15 h, les premières lueurs des lampadai-
res percent la clarté solaire et commen-
cent à envahir la capitale. Et dans un
hourra indescriptible et expressif du sou-
lagement ressenti par tout un peuple, l’é-
lectricité est rétablie. Mais ces jours de
souffrance ne resteront pas impunis.
Mademba Sock est cueilli par la police au
domicile de sa deuxième épouse, fille de
Fambèye Fall Diop, ex-ministre déléguée
chargé des Emigrés. Ces hauts faits d’a-
lors avaient conduit l’actuel ministre du
Tourisme, Youssou Ndour, alors chan-
teur à succès à sortir un tube pour
demander au gouvernement de ne pas
embastiller le leader du Sutelec. En
même temps, le lead-vocal du Super
Etoile suppliait Mademba Sock de ne
plus priver les Sénégalais d’électricité. Le
paysage syndical venait de connaitre un
charismatique nouveau leader contesta-
taire et la c l’Union nationale des syndi-
cats autonomes du Sénégal (Unsas), la
centrale que Sock dirige, se dresse face à
la toute-puissante Confédération natio-
nale des travailleurs du Sénégal (CNTS)
de Madia Diop, figure emblématique du
collaborationnisme syndical appelé
pudiquement la participation responsa-
ble.
Depuis son action téméraire de 1993,
Mademba Sock est devenu une icône
incontournable dans le champ politico-
syndical. En 1998, lors de la privatisation
de la Senelec, ses menaces de recourir à
l’arme de la coupure d’électricité, ne
feront pourtant reculer le gouvernement,
lequel avait pris toutes ses dispositions
pour éviter la réédition du syndrome de
1993. Mademba Sock change de fusil
Empêtrée dans les limbes de la participation responsable mal-
gré la rupture « idéologique» engagée en 1982 par le
Renouveau syndical du timonier Madia Diop, la CNTS a res-
senti durement les licenciements de travailleurs et le délite-
ment de ses bassins de militants après les restructurations
industrielles des années 90. L’ouvriérisme populiste de Madia
autant que son clientélisme politique avec le pouvoir socialiste
en déliquescence, tout cela avait érodé ses discours devenus
plus convenants et politiquement corrects. Aussi l’émergence
de l’UNSAS (Union nationale des syndicats autonomes du
Sénégal) dont le noyau dur était constitué par le SUTELEC
(Syndicat unique des travailleurs de l’électricité) a permis de
dégager un nouvel espace de combat syndical, celui du radica-
lisme corporatiste, autonome et indépendant des partis poli-
tiques. Cette rivalité à la fois personnelle et doctrinale, s’est
traduite en opposition frontale entre les deux têtes de file des
deux centrales : Madia Diop, un ancien du PRA (Parti de la
renaissance africaine) et Mademba Sock, un syndicaliste aris-
tocrate, au discours séduisant, mais verbeux, entêté et jus-
qu’au boutiste, courageux et même téméraire, quand les cir-
constances – ou ses intérêts — l’exigeaient. L’opposition des
deux hommes a pris même des allures hystériques, jusque
devant les tribunaux. Il ne s’agissait pas simplement d’une
guerre de générations, mais presque d’un passage de témoin
entre un septuagénaire usé et émoussé largement compromis
entre ses rentes de PCA, de député, ses longs séjours organisés
par le BIT, et ses liaisons incestueuses avec le milieu des gros-
ses entreprises, et un jeune syndicaliste quadragénaire frin-
gant, combatif, au langage pompeux mais nouveau.
A présent, l’impression qui se dégage est que l’histoire
tourne à rebours. Aujourd’hui, Mademba Sock, englué dans
ses contradictions, apparaît comme un vieux bouc très atteint
à 60 ans seulement. La cassure du SUTELEC, aujourd’hui divi-
sée en deux, sonne le glas du syndicaliste mythique, et sans
doute une certaine forme de militantisme rigoureux à ses
débuts et trop alimentaire par la suite. Bref, tout comme pour
la classe politique, il semble bien que l’heure du renouvelle-
ment de la classe syndicale ait bien sonné. Mademba Sock l’a-
t-il compris ?
Grandeur et décadence de Mademba Sock
mademba Sock
apogée et déclin d’un insatiable d’honneurs et de privilèges
d’épaule. Il entame un combat politique
contre le régime d’Abdou Diouf qu’il veut
renverser en s’appuyant sur sa base syndi-
cale. C’est ainsi qu’en 2000, lors de la pré-
sidentielle, le syndicaliste en chef du
Sutelec annonce sa candidature. Son
objectif, c’est de profiter de sa notoriété
syndicale pour peser sur la défaite électo-
rale du président Abdou Diouf qui se pro-
file à l’horizon. Même si l’annonce de sa
candidature est différemment perçue au
sein de la population sénégalaise, Sock ne
fait pas d’illusions quant à ses chances
face à des candidats comme Abdoulaye
Wade ou Moustapha Niasse. En effet si, en
termes de pression psychologique sur le
candidat Abdou Diouf, cette candidature
pouvait se concevoir, en termes de poids
électoral, elle apparaissait plutôt folklo-
rique et de division. Sans surprise donc, le
candidat Sock recueille au finish 0,56 %
des suffrages et se place dernier parmi les
huit candidats en lice. Score humiliant
pour un homme qui pensait pouvoir sur-
fer sur sa popularité syndicale pour grap-
piller les voix des électeurs. Mais son
objectif qui était celui de mettre Diouf
dans une posture qui le contraindrait à un
second tour était atteint. Diouf battu au
second tour, Abdoulaye Wade devient
président et reconsidère la privatisation
de la Senelec. Mademba Sock, qui a tou-
jours viscéralement lutté contre un tel
projet, a beaucoup pesé de sa personnalité
pour pousser le nouveau président à cas-
ser la privatisation. Chose faite, Mademba
devient un collaborateur invétéré du régi-
me libéral.
MADEMbA sOck :
Au cArrEFOur
DEs POsTEs ET sINécurEs
Il est nommé PCA de l’Aser (Agence séné-
galaise d’électrification rurale) en 2001 où
il perçoit un salaire de 3,5 millions avec
divers autres avantages afférents à un
véhicule, du carburant, un forfait télépho-
ne. Dans le même temps, il est vice-prési-
dent du défunt Conseil Economique et
Social. Après deux mandats de trois ans, il
ne doit plus rempiler mais avec la compli-
cité du pouvoir libéral et surtout de l’alors
ministre de l’Energie, M. Samuel Sarr, qui
l’a ferré et bâillonné, il continue d’occuper
illégalement son poste au sein de l’Aser.
Les dénonciations n’y font rien. Mademba
continue de jouir des délices pécuniaires
de l’Aser. En même temps, il a occupé
pendant deux ans le juteux poste de prési-
dent du conseil d’administration de
l’IPRES (Institution de Prévoyance
Retraite du Sénégal). Durant les onze pas-
sés à l’Aser sous le régime libéral, il est
resté aphone et amorphe au plan syndical
à part quelques sorties comminatoires sur
les téméraires qui remettaient en cause la
prolongation illégale de son mandat à
l’Aser. Jamais, il ne s’est prononcé sur les
délestages sous le régime de Wade. Il n’a
jamais fait grief du plan Takkal. Depuis
2011, il a pris sa retraite au niveau de la
Senelec. Mais cela ne semble pas officiel
puisqu’il continue d’occuper son poste de
PCA à l’Aser. Il continue d’occuper illéga-
lement le poste de Secrétaire général du
Sutelec et, par voie de conséquence, celui
de l’Unsas. Aujourd’hui, il est membre du
Conseil économique social et environne-
mental. En aout 2012, il avait annoncé
qu’il ne serait pas candidat à sa succession
lors du 7e congrès ordinaire du Sutelec qui
devrait avoir lieu les 2 et 3 mars 2013.
Ainsi le 20 avril dernier, le congrès du
Sutelec s’est terminé avec deux secrétaires
généraux, Aliou Bâ et l’inamovible
Mademba Sock. Après 27 ans passés à la
tête du Sutelec, Mademba refuse de tirer
sa révérence. Au sein de l’Unsas, il est
contesté. C’est cela qui explique que des
syndicats affiliés à l’Unsas comme l’Uden,
le Sntpt et le Saes ont préféré ne pas s’ali-
gner sur les directives de l’Unsas lors de la
célébration de la fête du 1er mai.
Aujourd’hui, le leader contesté du Sutelec
qui évoque systématiquement les textes
statutaires et réglementaires pour s’accro-
cher à ses nombreux postes est considéré
comme celui a beaucoup œuvré pour le
recul de la Senelec. Certains agents de
cette société nationale soutiennent
d’ailleurs qu’il utilise ses affidés au sein de
l’entreprise pour mettre les différents
directeurs généraux sous sa coupe. Et d’a-
près les mêmes, ’il s’est toujours opposé à
la privatisation de la Senelec, c’est pour ne
pas perdre son pouvoir d’influence et,
conséquemment, ses privilèges et autres
avantages. Il a toujours usé de la super
puissance que lui offre le syndicat qu’il
dirige pour promouvoir ses béni oui oui,
lesquels lui obéissent au doigt et à l’œil.
Aujourd’hui, il vise un poste au Bureau
international du travail (BIT). In fine, la
boulimie de Sock est difficilement insatia-
ble. Triste sortie de scène pour un homme
qui eut tous les honneurs mais qui oublia
de quitter la scène quand les applaudisse-
ments fusaient encore et qui se retrouve
soudain surpris par les huées…
Par serigne saliou guèye
Semaine du Jeudi 02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123
ddoossssiieerr :: FFêêttee dduu ttrraaVVaaiiLL
LE TEMOIN
Hebdomadaire d’Informations Générales7
Le fait est assez rare pour ne pas être
souligné : les cinq principales centra-
les syndicales de notre pays, à savoir la
cNTs, la csA, l’uNsAs, l’uDTs et la
cNTs Fc ont, ce 1er mai, fait front
commun pour célébrer, symbolique-
ment, la Fête du Travail. un regroupe-
ment monstre et coloré au stade Iba
Mar Diop, des discours enflammés de
secrétaires généraux, et pour tout cou-
ronner une procession la main dans la
main, jusqu’au palais présidentiel
pour la remise rituelle des cahiers de
doléances au chef de l’Etat. Alliance
stratégique, démarche unitaire, nou-
velle culture syndicale ou, tout simple-
ment, nécessité faisant loi, l’indigence
financière commune qui frappe les
sénégalais et les syndicats aussi les a
contraints à une solution plus écono-
mique d’un regroupement idyllique
mais sans lendemain. une solution «
technique » plus productive que les
défilés coûteux, joyeux et ludiques
sans plus. En ces temps durs d’austéri-
té économique, si les syndicats s’appli-
quent une cure financière, ils auront
au moins en partie compris la dure
réalité d’une gestion de structure.
Peu importe si cette leçon s’apprend au détri-
ment de l’orthodoxie syndicale et, surtout,
d’un rite qui n’a pas encore pris trop de rides.
A preuve, même en Europe frappée par la
crise économique, les centrales syndicales
ont tout de même accepté de sacrifier à la
tradition, même en ordres dispersés, du défi-
lé, le muguet à la main. Entre une marche en
désordre et un regroupement en ordre, les
centrales syndicales sénégalaises ont appa-
remment choisi la solution de l’image valori-
sante de l’unité syndicale et économique-
ment supportable. Sans doute, cette option
eût été plus compréhensible si la vingtaine
de centrales syndicales que compte notre
pays s’était retrouvée derrière une seule et
unique bannière. Mais mercredi, il en a été
autrement. Les cinq grandes centrales ont
choisi de se liguer pour se retrouver au stade
Iba Mar Diop. Les quatorze autres, sous la
houlette du tonitruant Sidya Ndiaye et de la
Fédération Générale des Travailleurs du
Sénégal (FGTS), ont préféré investir la place
de l’Obélisque à Colobane. Autre divergence
dans l’approche, si les dirigeants des « cinq»
ont décidé de reconduire le rite de la remise
des cahiers de doléances, les quatorze
avaient semblé vouloir se passer de ce qu’ils
considèrent juste comme une sempiternelle
rengaine, sans lendemain et sans effet réel
sur la résolution des problèmes des tra-
vailleurs.
VIEILLEs PrATIQuEs
sYNDIcALEs
Cette césure est loin d’être fortuite.
Elle découle sans doute des conséquences
directes des élections de représentativité
organisées avec brio par l’ancienne ministre
du travail, Mme Innocence Ntap Ndiaye, en
avril 2011. Pour la première fois, au Sénégal,
de telles compétitions syndicales par voie
d’urnes se tenaient, après maintes et maintes
vaines tentatives. Des générations de minist-
res y ont laissé leurs dents, tellement la tenue
de ces élections à risques semblait relever du
rêve. Refus de se compter des syndicats,
fichier peu représentatif de la population
laborieuse, inscription sur les listes électora-
les chaotique et, surtout, absence de moyens
conséquents pour leur organisation sur fond
de manipulations politiciennes des plus
inimaginables. En effet, autant le pouvoir
d’alors tenait à leur organisation, autant il
posait tous les actes tendant à déstabiliser la
ministre en charge du dossier, elle-même
engoncée dans un inextricable enchevêtre-
ment de contradictions avec le Premier
ministre d’alors, Souleymane Ndéné Ndiaye,
le ministre d’Etat Abdoulaye Baldé, son ex-
allié devenu ennemi juré, et last but not least,
Mme Aminata Tall, alors Secrétaire générale
de la présidence de la République. En
somme, tous les ingrédients d’échec de cette
tentative étaient réunis pour que le poids
électoral de chaque centrale ne fût pas
connu. Mais c’était compter sans l’opiniâtre-
té de Mme Ndiaye qui, déployant son rou-
leau compresseur, déjouant ça et là les intri-
gues et les tours de passe passe de ses frères
libéraux, avait réussi contre vents et marées
à organiser ce scrutin. Sans parler de l’hosti-
lité ostensible de Mademba Sock et son
UNSAS, ainsi que de Cheikh Diop et la CNTS
FC peu empressés de voir tomber les ver-
dicts, synonymes de représentativité. Une
alliance entre les divers adversaires de Mme
Ndiaye a failli avoir sa tête, quand elle fut
soupçonnée de pervertir par l’argent la CNTS
de Guiro et le CSA de Mamadou Diouf. Et
même quand l’ancien président de la
République avait décidé tout simplement de
confier le soin d’organiser les élections au
Premier ministre avant de se raviser.
Le manifeste encouragement fait par les
autorités à la scission au sein de la CNTS FC
(où Mme Bakhao Diongue a créé une centra-
le rivale), n’a fait qu’ajouter à la confusion et
au brouillage des repères. Il semblerait que,
devant un tel imbroglio, le président Wade
fut même tenté de remettre à plus tard le
projet d’élection. En effet, la fête du 1er Mai
approchant, il la voulait plus sereine. Mais
dure comme un roc, Mme Ndiaye donna un
coup d’accélérateur, et à la faveur de la parti-
cipation des structures déconcentrées de
l’Etat (gouvernances, préfectures et inspec-
tions régionales du travail), elle réussit tout
de même à reconstituer bon an mal an le
fichier, malgré l’opposition manifeste de
l’UNSAS et de la CNTS FC. Peine perdue
pour ces centrales, les élections ont bien eu
lieu sur fond d’accusations de fraudes et de
contestations très symboliques. A l’arrivée, le
verdict fut sans appel : la CNTS qu’on croyait
enterrée franchit la première la ligne, suivie
de l’UNSAS, de la CSA, de l’UDTS et de la
CNTS FC. Paradoxalement, plutôt que d’a-
voir droit à des fleurs et une promotion méri-
tée, la ministre du Travail paiera son « outre-
cuidante audace ». Contre toute attente, elle
sera limogée du gouvernement, victime sans
doute de ses contradictions politiques à l’in-
térieur du PDS. Mais, elle aura surtout subi
les foudres du patron de l’UNSAS, Mademba
Sock, qui la rendit responsable de son échec
électoral.
Alors que le Sénégal préparait sa participa-
tion à l’assemblée générale du Bureau
International du Travail (BIT) avec une forte
délégation, le président Wade, sentant l’ani-
mosité très forte entre sa ministre et son allié
syndical, Sock, décida de les convoquer nui-
tamment pour une réconciliation qui ren-
drait plus vivable la cohabitation entre les
deux adversaires lors des travaux de Genève.
Dès que Mademba Sock apprit la manœuvre,
il déclina l’offre d’audience présidentielle.
Mme Ndiaye dut ronger ses freins au palais
avant que le président ne lui demandât de
retourner chez elle et de se mettre à l’écoute
d’une autre convocation. Celle-ci a bien eu
lieu mais sans elle. Mademba Sock, face au
président Wade, n’eut qu’une seule déclara-
tion à la bouche : « Président, c’est elle ou
moi » sur fond de menace de boycott des
assises du BIT et de surchauffe syndicale du
pays, si la ministre restait dans le gouverne-
ment.
ENTrE LA FOurMI guIrO
ET LA cIgALE sOck
Ironie du sort, Mme Ndiaye, en pos-
session de son ordre de mission pour
Genève, apprit par les radios son limogeage
et son remplacement par Sada Ndiaye. Mais
pour l’UNSAS et Mademba Sock, la pilule
reste dure à avaler. Malgré le discret appui
du pouvoir libéral, la CNTS, encore alliée à
un PS bien ancré dans l’opposition, a rem-
porté la timbale. La fourmi Guiro a eu raison
de la cigale Sock. A la CNTS, la relève est
assurée, certes timidement, mais assurée
quand même. Quant à Sock et l’UNSAS, ils
entreront dans une nouvelle turbulence qui
affectera durablement les ressorts de la cen-
trale. Depuis, les choses ne semblent pas
s’arranger pour cette centrale syndicale et
son mythique patron. Sock, à l’image de
Madia Diop, tira les mauvaises leçons de son
leadership. Après d’irréalistes et infructueu-
ses incursions en politique, il dut se résoudre
à optimiser ses plates-bandes syndicales, en
engrangeant les prébendes tirées des prési-
dences tournantes au poste de PCA de
l’IPRES et d’autres niches dont le président
Wade était si prodigue.
En réalité, au-delà des résultats, les
élections de représentativité réussies en
dépit d’un taux de participation très bas d’à
peine 30 %, auront au moins permis de réta-
blir l’ordre des choses. Le gouvernement,
malgré le départ précipité de Mme
Innocence Ntap Ndiaye, détient par devers
lui un excellent outil de travail et d’organisa-
tion des négociations syndicales. Selon toute
logique, seules les trois premières centrales
syndicales devraient être invitées aux tables
de négociations. Si une telle disposition était
respectée, la CNTS, l’UNSAS et la CSA
auraient seules le privilège légal de discuter
avec le gouvernement et, surtout, d’avoir des
places de représentation dans les institutions
sociales paritaires. Autrement dit, dans ce
cas échéant, Sock ne devrait pas diriger de
manière tournante l’IPRES dont la présiden-
ce du Conseil reviendrait exclusivement à la
CNTS. De même que les centrales UDTS et
CNTS FC ne pourraient plus réclamer de
bon droit des postes dans ces institutions.
Encore moins dans les missions extérieures
du BIT et de l’OIT.
C’est fort de ces chiffres et de ce classement
que le président Wade avait, du reste, enta-
mé une véritable reprise en main des rela-
tions avec les centrales. Il s’est même permis
de taquiner gentiment les leaders syndicaux
dont les centrales étaient arrivées en queue
de la compétition électorale et en commen-
tant avec malice les résultats des élections
représentatives, les premières au Sénégal
depuis l’indépendance.
Paradoxalement, aucune leçon véritable n’a
été en apparence tirée de ces joutes électora-
les, qui auraient dû servir de baromètre et de
tableau de bord pour réguler les négociations
entre centrales syndicales et l’état. Pis enco-
re, aucune disposition ne semble être prise
pour l’organisation de nouvelles élections de
représentativité l’année prochaine, puisque
leur périodicité est fixée à trois ans. Pourquoi
l’actuelle équipe gouvernementale, qui béné-
ficie d’un terrain bien préparé, ne cherche-t-
elle pas à capitaliser cet acquis ? C’est tout de
même étonnant qu’elle maintienne encore
en vie les anciennes pratiques en voulant
ménager les centrales syndicales de faible
représentativité. Et, a contrario, en évitant de
donner à la CNTS le statut de première cen-
trale que lui ont conféré par les urnes les
élections d’avril 2011. Malgré cette complici-
té gouvernementale, les centrales syndicales
n’en sont pas pour autant satisfaites. Lors de
leur première rencontre avec le président
Macky Sall en mai 2012, ce dernier s’était
engagé à les recevoir au moins deux fois par
an. Il n’en est rien pour l’heure. De la kyriel-
le de promesses faites l’an dernier par le nou-
veau président, rien de significatif n’a été fait,
notamment sur la baisse tant attendue des
prix des denrées de consommation courante,
de l’électricité, de l’eau et sur l’emploi.
Et les rares acquis de la lutte syndicale pro-
viennent des confrontations, notamment
dans le secteur éducatif où les centrales indé-
pendantes des organisations de la vieille
garde, ont conquis leur autonomie et conso-
lidé leur force de frappe. Mais même à ce
niveau les syndicats nouveaux issus des
corps émergents sont plus performants que
leurs doyens d’âge, le SUDES, l’UDEN, le
SYPROS noyés dans les centrales de premiè-
re génération.
A l’évidence, la célébration de la fête
du Travail version 2013 n’aura rien apporté
de nouveau dans les rapports des syndicats
avec l’Etat. Et il y a de fortes chances que
cette cuvée 2013 reproduise les mêmes effets
que celles des années antérieures. Avec la
seule différence que le pouvoir actuel ne s’ap-
puie en réalité sur aucune centrale puissante
qui pourrait comme à l’époque du pouvoir
socialiste lui servir d’indéfectible soutien.
Mais cette évolution avait déjà commencé
durant le règne de Wade où, déjà, la CNTS
gardait une grande capacité d’action sans
vraiment chercher en user. Elle a préféré se
restructurer en interne plutôt que de risquer
la confrontation avec un pouvoir puissant,
entêté et prêt à en découdre. Surtout à une
période où le PS, groggy après sa défaite de
2000, avait écarté toute idée de se servir de
la CNTS comme bras armé pour secouer, sur
le terrain social, le pouvoir libéral.
Opposition républicaine, certes, mais aussi
aveu d’impuissance devant l’évolution des
mœurs syndicalo-politiques qui ont vu le
cordon ombilical coupé entre le PS et la cen-
trale à l’époque, affiliée de taille, devenue un
bien timide allié.
uNITé DE FAçADE
Face à un pouvoir qui n’a pas de
grande expérience dans ses rapports avec les
syndicats, les centrales syndicales n’ont d’au-
tres choix que de mutualiser leur combat.
Mais le pourront-elles vraiment au regard de
leurs divergences passées exacerbées par les
élections de représentativité qui demeurent
jusqu’à une autre compétition la seule réfé-
rence dans l’appréciation des forces des 20
centrales en activité dans notre pays.
Comment dès lors apprécier les embrassades
entre un Guiro trop accommodant et un
Sock en perte de vitesse ?
Si l’on ne s’arrêtait qu’à cette image, on
pourrait croire que la hache de guerre est
définitivement enterrée entre des centrales
que tout, dans un passé encore récent, avait
séparé et opposé : la compétition, les allian-
ces, le conflit de générations et même les
bases sociologiques de leurs militants.
Certes, la forte et historique implantation de
la CNTS dans tous les secteurs de la produc-
tion prévalait, en dépit d’une érosion percep-
tible et l’émergence de nouvelles figures
emblématiques.
Par Aly samba Ndiaye
Fête du travail : mobiliSation à la place deS déFiléS
Quand les centrales pratiquent le minimum syndical
LE TEMOIN
Hebdomadaire d’Informations Générales 8
Semaine du Jeudi 02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123
eeccoonnooMMiiee
En justifiant la décision de réviser le
Code minier, le directeur général des Mines
a révélé que les exonérations ont coûté plus
de 400 milliards fcfa à l’Etat du du Sénégal
entre 2005 et 2012. Des chiffres qui ne
concernent que ce seul secteur. Dès lors, il
est permis de demander ce qu’il en est des
autres, notamment du commerce, et plus
précisément des activités d’importation et
d’exportation de marchandises. Les chiffres
sont alarmants bien que personne ne puisse
dire avec exactitude combien ces différents
trafics ont coûté à l’économie nationale.
Selon des sources dignes de foi, rien qu’ent-
re 2010 et 2012, c’est-à-dire durant les deux
années précédent la dernière élection prési-
dentielle, et au début de l’année électorale, la
valeur des titres d’exonérations fiscales et
douanières aurait dépassé la barre des 900
milliards fcfa. Soit beaucoup plus que les
694 milliards de francs cfa que M. Karim
Wade est accusé d’avoir détournés !
Un montant avancé par une source en servi-
ce au « Bureau des Exonérations » sis minis-
tère de l’Economie et des Finances. Une
source douanière haut placée tient cepen-
dant à relativiser ce chiffre en indiquant que
le dernier rapport produit sur la question et
datant de 2008 avait fait apparaître effecti-
vement que ces exonérations coûtaient 300
milliards de francs par an au Trésor.
Toutefois, indique-t-elle, du fait des difficul-
tés financières rencontrées par l’Etat et des
pressions exercées alors sur lui, Wade avait
levé le pied à partir de 2010 et mis fin à
beaucoup d’exonérations. Mais toujours est-
il que la saignée continuait même s’il est
plus raisonnable de la chiffre à plus de 100
milliards par an, ce qui était toujours trop.
C’était d’autant plus excessif que, jusqu’au
départ du président Abdou Diouf de la
magistrature suprême en 2000, l’exonéra-
tion constituait une exception qui ne s’obte-
nait qu’au prix d’un véritable parcours du
combattant. Il fallait en effet montrer patte
blanche à une incroyable chaîne de déci-
deurs administratifs pour avoir le privilège
de bénéficier d’une exonération. Et ce même
si les véritables dons tels que les vivres ou les
ambulances destinés aux associations et
organismes à caractère humanitaire, bénéfi-
ciaient de l’exonération de droits et taxes.
Sans oublier les manuels scolaires, les médi-
caments et autres lots d’habillement pour
les populations en détresse sociale. Des exo-
nérations qui n’étaient octroyées toutefois
qu’à l’issue de contrôles rigoureux pour s’as-
surer aussi bien de l’origine et de la nature
des dons, que des véritables destinataires de
ceux-ci. Autrement dit, pour encourager les
personnes de bonne volonté et les associa-
tions communautaires à s’activer dans l’hu-
manitaire et la bienfaisance, le régime du
président Abdou Diouf appliquait une poli-
tique d’exonérations ciblées. Dieu sait que
les bénéficiaires en faisaient bon usage.
Toujours est-il qu’à l’époque, on voyait très
rarement des marabouts et autres hommes
d’affaires indélicats s’aventurer sur le terrain
glissant de la délinquance fiscale. Ils crai-
gnaient d’être traqués par des brigades de
contrôle fiscal qui veillaient rigoureusement
sur tout détenteur de titre d’exonération,
histoire de décourager tout détournement
d’objectif. Il convient de préciser que l’admi-
nistration des Douanes ou la direction des
Impôts et Domaines n’était pas habilitée à
accorder des exonérations. Lesquelles rele-
vaient des pouvoirs exclusifs du président de
la République et du ministre de l’Economie
et des Finances.
Il a fallu attendre l’avènement de l’alternan-
ce de 2000 avec l’arrivée de Me Abdoulaye
Wade au pouvoir pour que cette politique
d’exonération soit détournée de ses objectifs
originaux. Et durant les douze ans de pou-
voir de Me Abdoulaye Wade, les titres d’exo-
nérations sont devenus malheureusement
des instruments d’enrichissement illicite
pour de nombreux marabouts et autres
charlatans dont la plupart sont originaires
de Touba et de Kaolack. Pour la petite histoi-
re, « Le Témoin » vous rappelle l’affaire de
ce marabout « mbacké-mbacké » à qui le
président Wade avait octroyé des titres
d’exonération d’une valeur de 300 millions
fcfa. Pour bénéficier de ces faveurs fiscales
de l’Etat, ce marabout doublé d’un homme
d’affaires avait soutenu qu’il allait construire
une mosquée et un « daara » à Touba. Et
pour les besoins de ces « travaux », il lui fal-
lait importer du marbre, des carreaux, du fer
à béton, des sanitaires etc… Et ce en très
grande quantité.
Puis, muni de ses titres d’exonération le
dispensant des droits et taxes de douanes,
l’homme d’affaires aux longs chapelets s’é-
tait rapproché d’un grand commerçant pour
lui vendre ses titres d’exonération à 200
millions fcfa. Et le tour était joué ! C’est ainsi
que, pendant plusieurs mois, l’heureux opé-
rateur économique a eu à importer des
dizaines de conteneurs renfermant des car-
reaux, du fer et du marbre sans acquitter des
droits de douane. Un an plus tard, le même
chef religieux a bénéficié d’autres titres
d’exonération par le biais de son Ong « isla-
mique » qui n’était autre qu’une « Ong »
maffieuse. Cette fois-là, il avait demandé
des exonérations sur le lait, le sucre et l’hui-
le du fait que, prétendait-il, il lui fallait
nourrir les milliers de talibés pensionnaires
de son « daara ». C’est d’ailleurs ce trafic de
trop qui a fait découvrir le pot aux roses.
Car, après avoir racheté les titres d’exonéra-
tion du marabout, son complice le commer-
çant véreux avait non seulement importé et
enlevé du lait et du sucre, mais aussi du poi-
vre considéré à l’époque comme le produit le
plus cher sur le marché agroalimentaire.
Alertés sur cette affaire de fausse déclaration
portant sur plusieurs millions fcfa, les doua-
niers étaient allés épingler le pauvre com-
merçant. Et le cerveau qui se trouve être le «
mbacké-mbacké » ? Eh bien, il s’était tout
bonnement réfugié derrière une immuni-
té… religieuse.
Cela dit, et comme nous le confirme la
même autorité douanière citée plus haut, «
ces exonérations sociales accordées à des
marabouts ne coûtent que 20 milliards envi-
ron au Trésor. Le problème, c’est qu’elles
portent sur des filières assez fragiles que
toute importation de marchandises en gran-
de quantité et en exonération de droits et
taxes peut destabiliser. D’où un coùt pour
l’économie en réalité beaucoup plus élevé
que le manque à gagner de la douane en tant
que tel. Mais les exonérations qui font perd-
re le plus d’argent au Trésor concerne effec-
tivement des secteurs comme les mines, les
cimenteries etc. » confie notre interlocuteur.
Vous conviendrez donc avec nous que, sous
le régime de Wade, ils étaient très nombreux
à s’être enrichis sur la base des titres d’exo-
nération douanière et fiscale plus rentables
que les titres fonciers de la zone des
Almadies ou des environs du « Terrou bi ».
Et surtout durant la période 2010-2012 cou-
vrant la période de la campagne pré-électo-
rale où les personnes politiquement «
influentes » n’ayant pas pu bénéficier de ter-
rains de Wade, se sont rabattues sur les tit-
res d’exonération. Le président en avait tel-
lement distribué au point que des piliers de
l’économie ont failli s’effondrer. D’ailleurs,
du fait de ces multiples abus, nombreux sont
ceux qui se demandaient comment la
Douane et les Impôts & Domaines réussis-
saient le miracle d’atteindre leurs objectifs
de recettes financières. « A ma connaissan-
ce, je peux vous avancer que l’abus des exos
aurait atteint la barre des 1.000 milliards
fcfa durant les années 2009 et 2011 » nous
confie un fonctionnaire en service au minis-
tère de l’Economie et des Finances. Un chif-
fre que, nous l’avons dit, il convient de
minorer un peu.
Pour dire à quel point les exonérations
accordées aux à certaines entreprises, aux «
Ong », marabouts et autres hommes d’affai-
res ont constitué un véritable crime fiscal
qui a plongé l’économie nationale dans une
profonde agonie.
Souhaitons donc que le président Macky
Sall fasse de la suppression de ces exonéra-
tions de complaisance son affaire personnel-
le. Sinon, il risque d’homologuer des canaux
d’enrichissement illicite qu’il a pourtant
promis de nettoyer à grande eau.
eXonerationS FiScaleS et douaniereS abuSiveS :
Quand industriels, marabouts et « ong » se « sucraient »
au détriment du trésor public
La Voix de l’amérique,
c’est sur la top Fm 107.0
Au moment où l’actualité mondiale s’emballe,
suivez les infos de la Voix de l’Amérique (VOA)
PrINcIPALEs éDITIONs Du JOurNAL PArLé :
06 heures du matin - Midi - 19h 30
La VOA, c’est des infos de première main, des commentai-
res, des analyses et… de la bonne musique !
La VOA, tous les jours sur TOP Fm 107.0
Face aux exonérations douanières et fiscales abusives et exagérées, les
administrations des Impôts et Domaines mais aussi des Douanes
avaient décidé de poser un garrot pour arrêter l’hémorragie. Hélas,
c’était sans compter la générosité légendaire de l’ancien président de
la république, Me Abdoulaye Wade, qui exonérait à tour de bras ! Et
ce, pour des raisons purement politiciennes ou confrériques dans la
plupart des cas. ce faisant, il ouvrait un large boulevard aux trafi-
quants de tout acabit. un boulevard dans lequel se sont engouffrés des
marabouts, grands et petits, des charlatans ainsi que des ong « isla-
miques ». bref, toute une faune qui, pour des raisons prétendument
humanitaires, sollicitait et obtenait des exonérations avant de se livrer
à toutes sortes de trafics. rien qu’entre 2010 et 2012, les titres d’exo-
nérations fiscales et douanières auraient fait perdre au Trésor public
près de 900 milliards fcfa, nous confie-t-on. « Le Témoin » a cherché à
en savoir plus…
Par Pape NDIAYE
Semaine du Jeudi 02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123
rreePPoorrttaaggee
LE TEMOIN
Hebdomadaire d’Informations Générales9
Il est dix heures en ce vendredi, la tempéra-
ture ambiante affiche les trente degrés dans
les rues sablonneuses du quartier de
Thiaroye. Ici, il faut se frayer un chemin
entre les maisons et les étals des femmes
vendeuses aux coins des rues. Accompagné
du chef de la sécurité de la Sar, nous avons
tous troqué nos tenues traditionnelles contre
des tuniques bleues pour les uns et des com-
binaisons de pompiers pour les autres, avec,
pour tout un chacun, une paire de chaussu-
res de sécurité. Ici, c’est ce qu’on appelle : «
les équipements de protection individuelle
(EPI) ». Sur le chemin, il faut s’arrêter un
moment, laisser passer de petits écoliers
habillés de blouses souvent mauves ou ocres,
symboles de leurs appartenances à un éta-
blissement. D’un autre coté, des vieux assis à
l’ombre d’un bâtiment ont étalé un drap à
côté de la route pour recueillir quelques piè-
ces de monnaie pour le financement des tra-
vaux d’une mosquée en réfection. Laquelle
n’est pas loin de l’emprise des pipes de la Sar.
Mais ici, on préfère ignorer le danger et se
ranger dans un fatalisme.
Dans ces quartiers, les maisons et lieux de
culte, à défaut de jouxter les pipes, sont par-
fois construits sur ceux-ci.
M. Sembene, en véritable passionné des
questions sécuritaires et visiblement impa-
tient de montrer l’impact de l’agression dont
est victime le réseau de la Sar, nous conduit
vers les lieux dans sa voiture. Son téléphone
n’arrête pas de sonner, il coordonne avec le
responsable de l’équipe de la Sagam. Malgré
ses communications régulières, il nous retra-
ce l’historique des installations entre deux
appels.
Avec ses trente-deux années de présence à la
Sar, M Sembene connait le circuit comme sa
poche. Par ses hochements de tête, on peut
aisément comprendre le chagrin de cet
homme quand il relate les histoires des sinis-
tres que « son » réseau a eu à subir au fil du
temps.
Avec l’œil vif d’un maniaque de la sécurité il
jette des regards furtifs de chaque côté du
trajet et n’hésite pas à descendre de son
véhicule pour interpeller un contrevenant
sur la gravité de son acte. Mais comme si
chacun voulait rejeter la responsabilité sur
les autres, les propriétaires ayant construit
sur les pipes ne manifestent aucun signe de
regret. Pire, tous semblent connaitre l’am-
pleur et la gravité de leurs gestes, mais ils
préfèrent attendre, disent-ils en chœur, que
la Sar leur demande de casser les installa-
tions anarchiques sur le réseau ou dans la
zone d’emprise avant de s’exécuter.
« Si vous cassez ma construction, vous le
ferez dans le tout Thiaroye », nous lance ce
chef de famille alerté par les interpellations
de deux jeunes filles qui se trouvaient à l’in-
térieur de sa maison et qui nous deman-
daient pourquoi nous prenions des photos
de leur « maison ».
Outre l’occupation de la zone d’emprise, ou
les constructions sur les pipes, la Sar devra
aussi faire face à un projet immobilier d’une
entreprise de fabrication de produits alimen-
taires. En effet, cette entreprise voisine du
circuit des pipes de la Sar a affecté une partie
de ses terres à ses employés pour un projet
immobilier ; mais il se trouve que les pipes
de la Sar passent au milieu du terrain en
question. Alors, pour ne pas connaître les
mêmes problèmes qu’ailleurs, le chef de la
sécurité préconise une concertation avec les
responsables de cette entreprise pour un
respect scrupuleux des règles de sécurité vis-
à-vis des installations de la Sar.
Depuis sa création dans les années soixante,
les autorités gouvernementales et celles de
la Sar ont pris les devants pour délimiter le
domaine de la raffinerie. C’est ce qui justifie
son implantation dans la banlieue dakaroise.
Une zone exclusivement réservée aux entre-
prises évoluant dans le secteur des hydrocar-
bures.
Aujourd’hui, avec l’urbanisation galopante et
un peu anarchique, les installations de la
Société africaine de raffinage ne respectent
plus les normes sécuritaires habituelles, tel-
lement les habitations se sont rapprochées
des équipements tels que les pipes.
Les pipes, c’est le réseau composé par l’en-
semble des tuyaux utilisés pour le transport
des produits pétroliers (avant et après le
traitement de ceux-ci) vers les dépôts. Ils
sont enfouis dans le sol à une profondeur
variant entre quatre vingt centimètres et un
mètre quatre-vingt, et jouxtés par une zone
d’emprise de cinq mètres de part et d’autre,
(ce qui en constitue la zone d’emprise).
Aujourd’hui, les pipes de la Sar subissent
tout le long du réseau des agressions qui en
font de véritables « bombes à retardement ».
Il n’est que de voir les photos pour s’en
reportage :
sur le réseau agressé des pipes de la sar
Il est parmi les fondamentaux de la société africaine de raffinage (sar), l’aspect sécurité. En effet, à l’instar d’au-
tres raffineries, la sécurité du personnel, celle des installations et de l’environnement immédiat fait l’objet d’une
attention toute particulière. Toutefois, le réseau de la sar fait les frais de l’urbanisation anarchique des quartiers
environnants. retour sur une visite de terrain.
Doyenne des raffineries africaines, la Société
africaine de Raffinage (sar) est aujourd’hui
dans un tournant décisif. Très secouée par
les fluctuations des prix des produits pétro-
liers, sa principale matière première, la tor-
che trône encore malgré tout et rejette son
trop plein d’énergie dans les parois gazeuses
de l’atmosphère. Comme si elle y cherchait
un souffle quotidien, la colonne enturbannée
de la flamme fumante illumine et réchauffe
encore tant bien que mal les ménages qui
s’approvisionnent chez elle.
Comme l’oxygène dont les humains ont
besoin, la Sar a aussi besoin de son énergie
pour pouvoir raffiner encore et encore à
défaut de son fric. Ici, à n’en point douter, le
raffinage pour soulager les consommateurs
est le mobile le mieux partagé par les salariés
de l’entreprise. Mais du fait d’un cours mon-
dial insaisissable et d’un refus quasi catégo-
rique des détenteurs d’une licence « d’im-
portateurs de butane » de faire venir le pro-
duit, la vieille puise encore et encore dans
ses dernières ressources pour que la flamme
ne s’éteigne pas.
Depuis 2005, les autorités de la Sar ont pro-
cédé à des recrutements pour renouveler et
rajeunir le personnel. Presque dans tous les
Départements, le constat est unanime : le
personnel technique et d’appoint de la Sar
est jeune. A côté de l’expérience des anciens,
la jeune garde apporte l’énergie dont a
besoin la raffinerie pour exister encore. Un
bon dosage d’une fougue de jeunesse et d’un
capital expérimental qui, s’il s’adosse sur un
accompagnement et une volonté politique,
pourrait effectivement libérer les énergies
nécessaires pour que le secteur de l’énergie
retrouve ses lettres de noblesse. Ce qui
redonnerait aussi à la Sar une seconde jeu-
nesse.
Que de sacrifices pour en arriver là ! Les dif-
férentes entités de la Sar se triturent les
méninges à longueur de journée pour trou-
ver la bonne solution. A côté des efforts de
l’Etat du Sénégal, la Sar tente tant bien que
mal de satisfaire une clientèle de plus en
plus exigeante et dont le statut n’est plus
celui d’un simple consommateur mais de «
consom-acteurs».
Car plus question pour elle (la clientèle) de
rester chez elle attendant l’arrivée d’un buta-
nier ou d’un tanker en provenance de pays
gâtés par la nature, laquelle les a dotés de
ces liquides précieux dans leur sous-sol.
Non, désormais, les « consom-acteurs » exi-
gent, donnent leurs avis. Mieux, ils attri-
buent des notes et apprécient, d’où l’urgen-
ce pour l’entreprise de s’ouvrir à eux en pre-
nant en compte leurs désidératas.
L’utilisation des réseaux sociaux peut aider à
« embellir » l’image de la Sar indexée sou-
vent à tort en cas de rupture. Aussi, elle doit
prendre la température des bénéficiaires de
ses produits.
La bouffée d’oxygène tant attendue
La récente visite du roi du Maroc au Sénégal
ainsi que le dernier voyage du chef de l’Etat
aux Etats-Unis en compagnie du ministre de
l’Energie ont redonné de l’espoir aux popula-
tions. Vivement la concrétisation de ces
accords signés par le ministre de l’Energie à
hauteur de cent vingt milliards de francs cfa
aux Usa. Que le gaz liquéfié de la Louisiane
inonde les pipes de la Sar au moment où
d’autres sources d’énergies, dites propres,
balaient les stigmates de corrosion sur des
installations de l’usine par des produits
pétroliers en tout cas moins nobles. La Sar
peut et doit continuer à assurer son rôle et
c’est possible. Il lui faut pour cela l’accompa-
gnement permanent et sans équivoque de
l’Etat.
La belle histoire qui a commencé au 20e siè-
cle, poursuivons-la ensemble au 21e.
Par O. Ndiaye
libérer leS énergieS
La vieille a encore ses gènes de jeunesse
convaincre.
Les quartiers de Thiaroye sur mer, situés en
pleine banlieue, à quelques encablures de la
Sar, sont traversés par les pipes de cette der-
nière. Mais du fait de l’absence d’une poli-
tique d’urbanisation ou de lotissement
cohérente, des populations de la localité
ont construit sur la zone d’emprise ou enco-
re sur les pipes mêmes, cela malgré la maté-
rialisation de la zone sécuritaire par des
balises visibles le long du réseau.
En plus des constructions à usage d’habita-
tion, des lieux de culte sont parfois installés
sur les pipes même de la Sar. Les responsa-
bles de la sécurité sont souvent mis devant
le fait accompli à cause de l’absence de réac-
tion des autorités étatiques chargées de
faire appliquer le respect des distances
réglementaires par rapport à l’emprise des
pipes. Toujours dans le souci de prévenir
ces installations anarchiques et limiter les
risques de perçages clandestins, les autori-
tés de la Sar se sont attachées les services
d’une société de gardiennage de la place qui
sillonne le tracé des pipes 24h sur 24.
Ceci n’empêche pas cependant la découver-
te d’installations nouvelles sur l’emprise des
pipes presque chaque semaine (Hélas,
compte tenu de l’absence de moyens sur-
tout motorisés pour faire des rondes sur le
réseau, les chargés de la sécurité découvrent
des installations sur les pipes quelques
semaines après). Il s’y ajoute que le nombre
de préposés à la sécurité est souvent insuf-
fisant pour surveiller les points sensibles ou
à haut risque.
Pour lutter contre les vols répétés de ses
produits, la Sar a entrepris nombre de cara-
vanes de sensibilisation dans les quartiers
riverains traversés par les pipes. Des ren-
contres périodiques ont été organisées pour
sensibiliser les habitants de ces quartiers
sur les risques liés à de telles pratiques,
mais aussi quant à l’occupation de la zone
d’emprise.
Aussi, pour permettre une intervention
rapide des responsables de la sécurité de la
Sar en cas de découverte d’une installation
ou occupation irrégulière, un numéro vert à
été mis à la disposition des populations de
ces quartiers.
Les relations sociales étant très denses dans
ces quartiers. Avec l’existence des groupe-
ments de femmes ou d’associations reli-
gieuses ou de jeunes, la Sar avait mis à
contribution ces groupes sociaux pour
nouer des partenariats afin de toucher le
maximum de populations dans le cadre de
la sensibilisation. C’était aussi un moyen
pour elle (la Sar) de contribuer au dévelop-
pement de la localité par des actions socia-
les concrètes au bénéfice des habitants de
ces quartiers (voir photo).
La proximité entre les installations de la Sar
et les habitations occasionne souvent des
feux de paille. Ce fut le cas en fin de semai-
ne dernière, lorsque le responsable de la
sécurité avait été saisi par les agents de
sécurité de la Sagam suite à l’intervention
des sapeurs pompiers de Dakar pour mai-
triser un début de feu au niveau du marigot
de Thiaroye au quartier dit « Cotonnière ».
En réalité, il s’agissait d’un cas isolé de feu
de paille un peu éloigné du reste des instal-
lations de la Sar, mais des cas de ce genre
sont légion dans ce quartier. Il convient de
signaler, d’ailleurs, que les tuyaux de la Sar
sont enfouis à près d’un mètre cinquante
sous terre dans cette zone.
Outre les feux de paille, les cas de vol des
produits pétroliers constituent également
un véritable casse-tête pour les responsa-
bles de la sécurité.
Comme mentionné plus en haut, l’approche
des fêtes religieuses est une période pen-
dant laquelle, les cas de vol deviennent plus
récurrents. Des malfrats « siphonnent »
des produits pétroliers pour les revendre au
marché noir.
Malgré les innombrables campagnes de
sensibilisation et les actions sociales en
faveur des populations habitant le long des
pipes, force est de constater qu’il existe
encore des cas sérieux d’agression des
installations. Bref, la lutte contre les occu-
pations des emprises de la Sar est un vérita-
ble travail de Sisyphe, sans cesse entrepris,
jamais terminé et toujours recommencé.
Par Ousseynou Ndiaye
Semaine du Jeudi 02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123
ssoocciieetteeLE TEMOIN
Hebdomadaire d’Informations Générales 10
Il y a 10 ans de cela, on disait que l’Afrique,
c’est le continent du désespoir. Et ce, dans
tous les domaines particulièrement celui
de la lutte contre le Sida, une pandémie
qui faisait des ravages effroyables au Sud
du Sahara en particulier. Que de chemin
parcouru depuis lors puisque, en une
décennie à peine, l’Afrique est devenue le
continent où la croissance économique
mondiale est la plus soutenue, mis à part
les dragons asiatiques. Mieux, à l’afro-pes-
simisme, a succédé un « afro-optimisme »
béat, si bien qu’aujourd’hui, l’Afrique est
l’objet de toutes les attentions. Bref, le
continent change et se transforme complè-
tement. C’est particulièrement vrai dans le
domaine de la lutte contre le Sida où l’on
avait tendance à considérer, il y a une
décennie à peine, que la situation était
désespérée.
A l’époque, les hôpitaux étaient remplis de
personnes malades du sida et sans espoir
de guérir. Des personnes qui, en plus de
leur maladie mortelle, étaient victimes de
discrimination et de stigmatisation. En
effet, cette maladie a été pendant long-
temps assimilée, dans beaucoup de socié-
tés, à de la sorcellerie du fait de son agres-
sivité sur le corps humain. Pis, on avait
ancré dans les mentalités que les acteurs
de la lutte étaient impuissants face à une
telle situation catastrophique. A cela, s’a-
joutait le problème de l’inaccessibilité des
médicaments du fait de leur rareté et de
leur cherté. Pour cause, le peu de médica-
ments disponibles coûtait, alors, à peu
près 15 000 dollars (7. 500. 000 francs cfa
!) par personne et par an pour le traite-
ment.
Dix ans plus tard, et au prix d’incommen-
surables efforts ainsi que d’une lutte
acharnée, les acteurs sont parvenus à
ramener le prix des mêmes médicaments
à… 80 dollars. Conséquence, selon le
directeur exécutif de l’Onusida, « si on
met les gens très tôt sous traitement, on
peut réduire les nouvelles infections de 96
% ».
Les résultats sont déjà visibles dans un
pays comme l’Ethiopie où, selon M. Sidibé,
« on n’avait pas d’espoir » et où les nouvel-
les infections ont été réduites de 90 %.
Mieux, estime le patron de l’ONUSIDA, «
il est possible d’éliminer la transmission
de la mère à l’enfant et plusieurs pays
comme le Botswana et la Namibie, l’ont
déjà commencé.
Le Burkina, quant à lui, est considéré
comme un pays modèle dans la lutte cont-
re le sida. Il a réduit la prévalence de 6 % à
1% et fait partie, avec le Sénégal (0,7% de
prévalence), des pays où la prévalence est
la plus faible. Il fait également partie des
pays qui ont réduit les nouvelles infections
de plus 25 % à 30 %. Autant de choses qui
font que, « nous ne pouvons qu’espérer
voir le Burkina continuer d’être un modèle
dans l’élimination de la transmission du
virus du Sida de la mère à l’enfant ».
Une chose est sûre : ces avancées mont-
rent qu’aujourd’hui, l’Afrique est entrain
de briser la trajectoire de l’épidémie du
Sida. Mieux, il est entrain d’inverser la
dynamique des nouvelles infections qui
ont été réduites de 50 % dans 25 pays du
monde dont 13 pays africains.
Mais il n’y a pas que les programmes de
prévention qui marchent. Les traitements
aussi sont disponibles un peu partout. Il y
a 10 ans de cela, rappelle M. Sidibé, « on
n’avait même pas 50 000 personnes sous
traitement. Aujourd’hui, plus de 6 millions
400 mille personnes sont sous traitement.
Et, dans le monde, on a plus de 8 millions
de personnes qui sont sous traitement ».
Des traitements qui, selon toujours le
directeur exécutif de l’Onusida, ont égale-
ment un impact sur la mortalité qu’ils
réduisent considérablement. Ce qui fait
que « les gens meurent moins et on a
moins d’orphelins ».
Mais tous ces bons résultats risquent,
hélas, d’être compromis par la décision
des bailleurs de fonds de se retirer. Un
retrait qui ne semble, toutefois, pas ébran-
ler le directeur exécutif de l’Onusida qui,
philosophe et positivant, pense qu’il fau-
drait être moins dépendant des ressources
financières de l’extérieur pour lutter cont-
re le Sida. Pour ce faire, l’Onusida préconi-
se de faire en sorte « qu’on puisse se batt-
re contre les tabous pour mieux faire com-
prendre la nature de l’épidémie et voir
dans quelle mesure on peut mieux engager
les leaders que sont les dirigeants poli-
tiques, traditionnels, religieux pour mieux
faire comprendre la nature de l’épidémie.
Et surtout se battre contre la discrimina-
tion et la stigmatisation ». Parce que sou-
vent, « le fait de méconnaitre cette épidé-
mie et ses modes de transmission, c’est
qu’on exclu des groupes qui sont à risques.
Et je pense, par exemple, aux travailleuses
du sexe, ou aux hommes qui font des rela-
tions sexuelles avec des hommes. Il faut
être inclusif et, pour ce faire, il faut, bien
sûr, tenir compte de la culture et des sen-
sibilités sociales qui existent dans chaque
pays surtout celles religieuses » a-t-il lais-
sé entendre.
Et la deuxième leçon, selon toujours M.
Michel Sidibé, c’est qu’il faut utiliser le
sida comme un point d’entrée pour bâtir
une plateforme industrielle, « produire les
médicaments sur le continent et puis faire
en sorte qu’on puisse changer les mécanis-
mes de gouvernance, revoir les architectu-
res financières et voir dans quelle mesure
on peut transférer des ressources de façon
transparente avec une plus grande obliga-
tion de rendre compte ».
Autant d’éléments qui tiennent compte de
la feuille de route de l’Union africaine, qui
est une décision des leaders africains.
Cette vision continentale s’articule autour
de trois points. « Elle consiste d’abord à
générer des ressources internes, c’est-à-
dire faire en sorte qu’on puisse repenser
complètement les mécanismes de finance-
ment du sida, rehausser nos systèmes
d’appui aux populations les plus démunies
pour pouvoir intégrer des idées nouvelles
comme le système d’assurance-maladie.
Et puis, des mécanismes de taxes pour-
raient être intégrés dans le système de col-
lecte de ressources pour créer des nouvel-
les formes de ressources pour le finance-
ment des maladies
Le deuxième volet, c’est aussi repenser
complètement notre système de régulation
des médicaments au niveau continental.
Faire en sorte que ces médicaments, on
puisse, éventuellement, les produire loca-
lement mais avec la qualité requise.
Last but not least, il faut essayer de repen-
ser complètement l’économie de la
connaissance, les transferts de technolo-
gies et de compétences pour que l’Afrique
puisse se prendre en main. Pour plus d’ef-
ficacité, il faudrait recourir à des espaces
géographiques plus vastes comme
l’Uemoa ou la Cedeao, en Afrique de
l’Ouest, qui polarisent 400 millions de
personnes. Ce qui permettrait de créer un
marché important et d’ouvrir le capital des
sociétés à créer aux différents pays qui
seraient intéressés pour la production de
ces médicaments sur le continent. »
micHel Sidibé, directeur eXécutiF de l’onuSida, à propoS de la lutte contre le Sida :
« sans la jeunesse africaine, il sera difficile de
maintenir et pérenniser nos acquis »
Les efforts consentis ont montré que l’Afrique, longtemps considérée comme le continent du désespoir dans la
réponse au VIH, est aujourd’hui entrain d’inverser la tendance en essayant, tant bien que mal, de briser la trajec-
toire de l’épidémie du sida. une révélation faite par le directeur exécutif de l’Onusida sur la chaine panafricaine
Africable Télévision. Dans le même entretien, M. Michel sidibé est également revenu sur la feuille de route à suiv-
re pour arriver à éliminer le sida.
M. Michel Sidibé est persuadé que les
présidents africains vont considérer cette
feuille de route comme un moyen pour
réduire la dépendance de l’Afrique à l’é-
gard des bailleurs de fonds internatio-
naux.
Cela dit, l’Afrique comptera, vers la fin du
siècle, plus de 350 millions de nouveaux
jeunes pendant que d’autres continents
connaitront un vieillissement de leur
population. Pour l’Afrique, cela créera de
nouveaux défis qu’il faut penser résoudre
dès à présent. Il faut notamment com-
mencer à penser aux moyens de réduire la
vulnérabilité des jeunes pour que ces der-
niers aient accès à des supports et à des
moyens d’accompagnement pour éviter
les fléaux grandissants tels que l’alcoolis-
me, la toxicomanie… Malheureusement,
le monde compte aujourd’hui plus de 600
millions de jeunes qui ne sont pas édu-
qués et qui n’ont pas d’emploi. Malgré
tout, « il faut trouver des moyens pour les
faire participer à travers les réseaux
sociaux et faire en sorte qu’on puisse les
utiliser comme des acteurs », préconise le
patron de l’ONUSIDA.
Selon les données les plus récentes, près
de la moitié des 2 milliards d'utilisateurs
d'Internet dans le monde ont déjà eu
recours à une forme ou une autre de
média social. En Afrique, l'utilisation
d'Internet a connu une croissance de 2
357 % entre 2000 et 2010 et l'Asie abrite
près de 42 % de l'ensemble des internau-
tes.
Les outils offerts par les médias sociaux
renferment un énorme potentiel en
matière de sensibilisation et de mobilisa-
tion de l'action sociale requise pour ren-
verser le cours de l'épidémie de Vih.
L'Onusida, toujours dans le cadre de la
riposte au sida, a mis en ligne la vitalité, le
dévouement et la passion en utilisant les
médias sociaux et en créant des discus-
sions virtuelles. Au moins 79 pays ont
participé à cet échange.
M. Michel Sidibé en est convaincu : « sans
la jeunesse africaine, on aura des difficul-
tés énormes à maintenir et pérenniser
nos acquis. On connait vraiment aujour-
d’hui un bonus démographique extraor-
dinaire, selon les experts, en termes de
dividende démographique et avec l’appui
de la réduction de la mortalité. On est
aujourd’hui dans une situation où on a
des ressources humaines importantes, au
niveau des jeunes, qui vont nous aider, si
elles sont bien canalisées et bien utili-
sées, à, certainement, transformer nos
économies ».
Et le directeur exécutif de l’ONUSIDA de
poursuivre : « ce que nous voulons sur-
tout, c’est de mettre en place une commis-
sion mondiale pour repenser, un peu, ce
que pourrait être la fin de cette épidémie.
Et dans ce débat-là, on va créer une sous-
commission jeunesse qui va impliquer les
jeunes de par le monde ».
Les pays africains s’engagent de plus en
plus. Et les résultats positifs sont là, pal-
pables. Par conséquent, ce n’est pas le
moment d’interrompre les efforts. Au
contraire, il est question de tout faire
pour « commencer avec une génération
sans sida. Et pour nous c’est possible de
dire, en 2015, qu’on va atteindre ce degré
zéro », a prédit, optimiste, M. Michel
Sidibé. Pour autant, il n’oublie pas de
souligner que 6 à 7 millions de sidéens
vivant sur le continent attendent toujours
de recevoir un traitement. Comme quoi,
malgré les incontestables avancées enre-
gistrées, il reste encore beaucoup à faire
pour éradiquer définitivement la pandé-
mie du Sida sur le continent…
Maïmouna Faye
Semaine du Jeudi 02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123
ccuuLLttuurree LE TEMOIN
Hebdomadaire d’Informations Générales11
Le Témoin a rencontré le président
de cette structure, Abdoulaye
Mamadou guissé, qui semble dire
tout haut ce que beaucoup d’autres
murmurent tout bas ! Entretien.
Monsieur Guissé, vous êtes très présent
dans l’espace culturel où vous êtes des vigi-
les décernant de bons et de mauvais points
selon les cas. Mais quelle est la représentati-
vité de l’Omart ?
Abdoulaye Mamadou guIssE -
L’Omart, fort du poids de ses membres, est
présent par ses différentes antennes en
Afrique et un peu partout en Europe et en
Amérique. Le poète Amadou Lamine Sall
en est le Président du Conseil scientifique,
de même que Joe Ouakam entre autres
acteurs culturels. Notre représentativité est
qualitative et non quantitative.
L'Observatoire de la Musique et des Arts a
été légalement créée et son assemblée géné-
rale a été présidée par le préfet de Pikine et
le ministère de la Culture sous Abdoulaye
Elimane Kane. C’était à la veille de
l’Alternance, le 17 septembre 1999. Nous
sommes en train de préparer des stratégies
de redéploiement pour sauver la culture de
notre pays.
Quelle appréciation faites-vous de la
politique culturelle du pouvoir actuel
?
Si le chef de l'Etat a défini la politique cultu-
relle qui prend en charge tous les segments
de la culture, y compris la valorisation du
patrimoine matériel comme immatériel,
force est de reconnaitre qu’il ambitionne
d’en faire un levain. La preuve, dès que les
cinéastes ont raflé des prix au dernier
Fespaco à Ouagadougou, le Président a
décidé de mettre un milliard à partir de
2014 pour la production cinématogra-
phique au Sénégal. Séance tenante, il offre
20 millions aux lauréats. Donc, la volonté
politique est affichée. Mais, l'actuel ministre
de la Culture, M. Abdoul Aziz Mbaye, ne suit
pas et il est en train de dévoyer la politique
culturelle du Sénégal et de l'appauvrir. C'est
le président Macky Sall, alors Premier
ministre, qui avait accompagné les acteurs
culturels à propos de la loi sur les droits
d'auteur et les droits voisins quand Mame
Birame Diouf, alors ministre de la Culture,
trainait les pieds. Ainsi, la loi sur les droits
d'auteur et droits voisins a été votée depuis
le 25 janvier 2008 et il y a eu ensuite une
vingtaine de décrets d'application. Il suffi-
sait juste de les exécuter et le Bsda allait
devenir une société de gestion collective.
Mais voilà que l'actuel ministre parle d'un
comité de pilotage pour revoir les textes,
histoire de jouer au dilatoire avec la compli-
cité de son ami de longue date Aziz Dieng,
par ailleurs président du conseil d’adminis-
tration du Bsda, premier conseiller tech-
nique de son ami ministre Mbaye, président
contesté de l'Association des Métiers de la
Musique (Ams). Ensuite, le ministre parle
de la Convention sur la protection sociale
des artistes et acteurs culturels. Cette
Convention sociale a été signée depuis 2010
par l'ancien Premier ministre Souleymane
Ndéné Ndiaye, et les artistes et acteurs cul-
turels ont commencé depuis lors à souscri-
re. Il suffit juste que l'Etat réagisse en met-
tant 50 ou 100 millions dans la caisse d'ap-
pui social de la Convention avec le pool de
sociétés d'assurance partenaires, pour que
les artistes, mais aussi leurs familles, puis-
sent commencer à se soigner avec une
bonne prise en charge médicale. Hélas, le
ministre Mbaye ne manifeste aucune volon-
té d’aller dans ce sens. Et c’est dommage,
car beaucoup d’artistes sont malades. Il y a
des cas douloureux.
Sur le troisième volet de sa réductrice poli-
tique culturelle, la promotion de la diversité
culturelle, elle est mal entamée, improvisée.
Le ministre doit d'abord fournir à l'Unesco
la revue périodique sur la diversité culturel-
le parce que le Sénégal fait partie des pre-
miers pays à ratifier la Convention sur la
diversité culturelle. Un document élaboré.
C’est important d'abord avant de se lancer
dans des manifestations prétendument de
diversité culturelle. Il n'a pas voulu écouter
les techniciens de son département encore
moins les artistes et acteurs culturels. Dans
certaines régions, des acteurs culturels et
artistes ont boycotté les manifestations du
ministre parce que mal préparées. La poli-
tique culturelle du Sénégal bat de l'aile.
Justement, dans la lettre par laquel-
le vous interpellez le chef de l’Etat,
vous ne semblez pas cautionner les
tournées du ministre en faveur de la
diversité culturelle…
Ecoutez, les tournées du ministre sur la
diversité culturelle, c'est du gâchis, on prend
les budgets des directions et services, qui
sont votés pour des programmes précis, et
on les utilise pour ces tournées improvisées
sans aucun impact culturel. Les tournées
divisent plutôt que de promouvoir la diver-
sité culturelle.
Pouvez-vous être plus explicite ?
Des groupes ethnoculturels ont été zappés
dans les manifestations dites de diversité
culturelle en Casamance. A Kolda et
Tambacounda, des artistes sont aussi igno-
rés, les créateurs et acteurs culturels n'ont
même pas compris ce que veut faire le
ministre.
Qu’est-ce qui explique votre sortie ?
La sortie de l'Omart contre la politique cul-
turelle menée actuellement est due à la
mauvaise passe que la culture traverse. Un
ministre qui manque d'ambition, qui n'a pas
le sens de l'écoute, qui n'est pas généreux,
qui ne respecte pas les animateurs culturels,
ces professionnels et pis, qui bloque depuis
quatre mois leurs salaires. Le président
Macky Sall a fait une erreur de casting avec
Aziz Mbaye. Lequel a crée trop de conflits au
ministère.
Et pourtant, ledit ministre de la
culture avait développé un program-
me qu’il jugeait ambitieux au cours
d’un point de presse. Vous ne vous
retrouviez pas dans ses idées ?
Vous savez, les idées du ministre ne sont
pas innovantes, elles sont dépassées. La
dynamique culturelle est en avance sur le
ministre qui tourne en rond en claironnant
partout la diversité culturelle alors que les
gens vivent cela depuis longtemps. Lui, il
n'était pas au Sénégal, c'est pourquoi il s'en-
lise. Maintenant, on parle d'industries créa-
tives, de développement des entreprises cul-
turelles et de l'économie de la culture.
Il paraît que plusieurs événements
culturels d’envergure, vecteurs de la
diversité culturelle et traditionnelle-
ment soutenus financièrement, tech-
niquement par le ministère de la
culture auraient été zappés…
Oui, le ministre subventionne à coup de
millions le Battle Dance hip hop organisé
par Gassirah Diagne, sa conseillère tech-
nique, membre de son Cabinet, au moment
où les autres manifestations d'envergure
sont ignorées comme le 8ème Festival de
musique traditionnelle de Diourbel, le
Festival international de folklore et de per-
cussions de Louga (Fesfop), la Journée
mondiale du livre et d'autres événements
culturels traditionnellement soutenus par le
ministère.
Et où se situent les priorités, selon
vous ?
L'application de la loi sur les droits d'auteur
et droits voisins en vue de mettre en place la
société de gestion collective, l'application de
la Convention sociale, du statut de l'artiste.
Ensuite appuyer les initiatives culturelles et
entretien avec… abdoulaye mamadou guiSSe,
préSident de l’obServatoire de la muSique et deS artS (omart)
« Le président Macky sall a fait une erreur de casting avec aziz Mbaye ! »
On pourrait les considérer comme les vigiles de la culture qu’ils vivent au quotidien, tirant la sonnette d’alarme quand
les choses vont mal ou applaudissant quand tout roule comme sur des roulettes. A la différence des autres acteurs de
la culture, eux, ils ne portent pas de gants quand il faut rappeler à l’ordre un ministre qui s’égare des sentiers de la cul-
ture. Ils ne se gênent pas non pus pour tresser des lauriers aux ministres qui travaillent. Et le moins que l’on puisse
dire, et c’est le sentiment de beaucoup d’acteurs culturels, c’est que la culture n’est pas en de bonnes mains à l’heure
actuelle. c’est pour ne pas assister à la mort latente de ce secteur que l’Observatoire de la Musique et des Arts (OMArT)
s’est fendu d’une lettre pour interpeller le président de la république, M. Macky sall.
surtout l'arrêt immédiat des tournées sur la
diversité culturelle. Payer immédiatement
les arriérés de salaires des agents du minis-
tère. Développer les politiques sectorielles
du livre, du cinéma, du patrimoine, de la
musique, de la danse, de la mode et aussi
booster les entreprises culturelles. Telles
sont les vraies priorités.
Les autres secteurs de la culture ne se
portent pas mieux, à l’instar de celui
du Livre. Vous soutenez même que
les politiques sectorielles du Livre,
du cinéma et de bien d’autres sec-
teurs sont reléguées au second plan…
Prenons l'exemple du Livre, depuis la
démission de la directrice du Livre, l'écri-
vaine Mariama Ndoye, le poste est vacant.
Cette dame a fait honneur au Sénégal car
elle n'est pas d'accord que le ministre négli-
ge le livre papier au profit du livre numé-
rique. Ensuite, elle refuse la ponction du
budget de sa Direction et du Fonds d'aide à
l'édition pour d'autres choses nébuleuses.
Elle s’oppose enfin à ce que la Foire inter-
nationale du livre soit dévalorisée ou négli-
gée. Pis, le ministre a annulé la veille de sa
célébration la Journée mondiale du Livre,
le 23 avril dernier, prétextant qu'il n'était
pas à Dakar. Et pourtant les écrivains, les
éditeurs, les libraires étaient à Dakar et
dans les régions.
Pour ce qui est du cinéma, dès qu’Alain
Gomis a décroché l’Etalon d’Or de
Yennenga avec son film « Tey »
(Aujourd'hui), le ministre s’est précipité à
travers les médias pour dire que le Sénégal
a gagné la Coupe d'Afrique du cinéma.
Savez vous que le ministre Abdou Aziz
Mbaye n'a pas signé la lettre pour permett-
re au film de Alain Gomis d'être convoyé du
Maroc au Burkina Faso (et de passer du
numérique au 35 mm), contrairement à ce
qu'il avait promis au producteur sénégalais
d'Alain Gomis ? Si c'était seulement le
ministre, le film ne serait pas en compéti-
tion. Savez vous que les films n'ont pas été
soutenus par l'Etat ? Et pourtant, le minist-
re avec sa horde de courtisans pompait l'air
aux cinéastes qui les méprisaient d'ailleurs.
Les sites et monuments historiques sont
aussi oubliés de la politique culturelle, les
événements de mode, le stylisme, le patri-
moine, on n'en entend plus parler. Le
ministre est en train d'étouffer la culture.
Apparemment, vous ne semblez pas
optimiste face aux actes posés par le
ministre de la culture…
Il n'a posé aucun acte sinon partir mener la
belle vie dans les régions avec ses amis qu'il
a amenés au cabinet. Au lieu de renforcer
les événements culturels.
Pensez-vous que les acquis culturels
obtenus sous Wade sont bien préser-
vés ?
Il faut entretenir et rentabiliser les infras-
tructures culturelles telles que la Porte du
Millénaire, la Place du Souvenir, le Grand
Théâtre, le Monument de la Renaissance
africaine. Des centres culturels régionaux
ont été renforcés en logistique comme pôles
régionaux, il faut continuer.
Le mot de la fin
Les artistes et acteurs culturels membres de
l'Omart, à la lumière de l'analyse faite et des
situations constatées dans le secteur de la
culture, estiment que le Ministre doit
démissionner ou que le Président doit
recentrer la politique culturelle qu'il a lui
même définie.
Entretien réalisé par
Alassane seck guèye
iinnFFooss ggeenneerraaLLeessLE TEMOIN
Hebdomadaire d’Informations Générales 12
Semaine du Jeudi 02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123
Oumar Pène a fait face aux journalistes
vendredi dernier. Le lead-vocal du « Super
Diamono » de Dakar a profité de l’opportu-
nité pour revenir sur son long parcours
musical vieux de quatre décennies. Il a
aussi saisi l’occasion pour jouer deux mor-
ceaux de son nouvel album. Un disque très
attendu titré fort justement « Le Choix des
Fans ». Une dénomination suffisamment
expressive, et qui renseigne, si besoin en
était encore, sur la proximité de ce « croo-
ner » avec ses fans regroupés dans le désor-
mais très populaire Afsud Sénégal. Une
façon aussi de rendre hommage à ces der-
niers qui ont cheminé avec lui durant les
40 ans de sa carrière de chanteur à succès.
Le comité d’organisation mis sur pied et
dirigé par Omar Wade a concocté un pro-
gramme alléchant pour les besoins des fes-
tivités de ce 40ème anniversaire. Le mana-
ger Ousmane Faye a expliqué le sens de
cette célébration.
« Il ne s’agit pas seulement de célébrer
Omar Pène mais bien tous les artistes de sa
génération à savoir Thione Seck, Baba
Maal,Youssou Ndour, Kiné Lam Khar
Mbaye et tous les autres. A cet effet, nous
avons concocté un programme qui s’étend
sur plus d’un mois. Dès ce soir (Ndlr, vend-
redi dernier), nous allons jouer un concert
de lancement au « Must ». Le 30 avril
(Ndlr, mardi dernier), il y aura une journée
porte ouverte, au Just4U, organisée par
l’Afsud Sénégal.
Le 08 mai, il est prévu un grand concert
public, à Bargny, offert par Don King
Production. L’hôtel des Almadies accueille-
ra la cérémonie dénommée «la banlieue a
des ailes » et la soirée de gala. Au cours de
cette cérémonie, nous allons élire l’homme
de la banlieue de l’année 2012. Nous allons
ensuite organiser un grand concert popu-
laire à L’Esplanade de Guédiawaye. Omar
Pène sera en voyage au cours du mois de
mai et, à son retour, nous allons continuer à
Suspendus pour une durée de deux ans par la
Fédération sénégalaise de Football (Fsf), le
président de la commission centrale des arbi-
tres, Badara Mamaya Sène, et son adjoint,
Amadou François Guèye, se sont radicalisés
en appelant au boycott des matches du
championnat national. Pour ce faire, ils ont
demandé à tous les arbitres de ne plus officier
pour les compétitions programmées par l’ins-
tance dirigeante du sport-roi dans notre pays.
Un boycott qui risque de paralyser le reste du
championnat national puisque aucun match
des ligue 1 et 2 ne peut se tenir sans les arbit-
res. Lesquels sont regroupés au sein d’une
commission centrale des arbitres du Sénégal.
Le mouvement d’humeur des hommes en
noir est donc mortel pour les compétitions
officielles, surtout quand on sait que la
Fédération sénégalaise de Football, dirigée
par l’avocat Me Augustin Senghor, n’entend
pas revenir sur les sanctions infligées à MM.
Sène et Guèye. Et ce même si on sait que M.
Saër Sekc, président du club de football les «
Diambars » a entrepris une médiation entre la
Fédération et les arbitres suspendus.
Lesquels, encore une fois, ont bénéficié d’une
solidarité de leurs pairs. Seulement voilà, pen-
sant paralyser les championnats de Ligue 1 et
2, ces arbitres boycotteurs avaient compté
sans l’existence d’arbitres d’un genre particu-
lier. Notamment, ils n’avaient pas compté
avec le concept Armée / Nation, c’est-à-dire la
politique de solidarité citoyenne qui veut que
les militaires viennent en assistance aux
populations civiles notamment dans les
domaines sociaux comme la santé, l’éduca-
tion, la réalisation d’infrastructures commu-
nautaires etc. Un autre aspect consiste à pren-
dre le relais de civils qui veulent paralyser des
activités vitales pour la Nation. On se rappelle
ainsi qu’en 1997, lors d’une longue grève
générale des travailleurs de la défunte Sotrac
(Société des transports en commun du Cap-
vert), qui avait paralysé les activités dans
toute la capitale, le président Abdou Diouf
avait réquisitionné l’Armée pour remplacer
les grévistes. Ce sont donc des chauffeurs
militaires qui avaient pris le relais des équipa-
ges civils pour conduire les autobus et activer
le réseau de la Sotrac. Et ce, avec la complici-
té de gendarmes faisant office de receveurs.
Face à cette situation inattendue, les syndica-
listes de la Sotrac avaient fini par manifester
leur volonté de mettre fin à leur mouvement
de grève. Et c’est certainement en souvenir de
cette « jurisprudence Sotrac » que deux sous-
officiers du bataillon des sports nous ont
contactés, histoire de nous faire savoir que
l’Armée a suffisamment d’arbitres de haut
niveau pouvant remplacer les arbitres grévis-
tes si on fait appel à eux. Pour donner la preu-
ve qu’ils sont suffisamment qualifiés pour
officier lors des compétitions de ligue 1 ou 2,
nos interlocuteurs nous renvoient aux compé-
titions inter-corps au cours desquelles les
arbitres militaires et gendarmes font de
brillantes prestations. Et ce dans toutes les
disciplines. Outre le bataillon des sports
regroupant des moniteurs en matière d’arbi-
trage, l’on nous dit que, dans toutes les zones
militaires, il y a des arbitres qualifiés prêts à se
substituer aux collègues de Badara Mamaya
Sène pour siffler le reste des matches du
championnat national. L’Armée peut-elle
voler au secours du football sénégalais mena-
cé par le boycott de ses arbitres ? À en croire
une source de la Dirpa (Direction de
l’Information et des Relations publiques des
Armées), l’Armée sénégalaise s’active dans
tous les domaines. « En matière de sport, il y
a des moniteurs qui forment les arbitres dans
toutes les disciplines. Je pense, cela dit, que la
crise au sein de la Fédération sénégalaise de
football n’a pas encore atteint son paroxysme
au point de justifier un recours à l’Armée.
Mais si tel devait être le cas, il suffirait seule-
ment que la Fédération saisisse officiellement
l’état-major général des Armées pour que le
bataillon des sports mette à la disposition des
différentes ligues de football des arbitres mili-
taires. Mais bon, souhaitons que le conflit
entre la Fédération et la Commission centrale
des arbitres soit réglé au plus vite, afin que M.
Augustin Senghor n’en arrive pas à recourir
aux militaires… » nous explique une source de
la Dirpa.
Une chose est sûre : si la Cca persiste et signe
dans sa volonté de continuer le boycott des
compétitions organisées par la Fédération
sénégalaise de football, alors, elle doit s’atten-
dre à voir les militaires siffler le reste du
championnat pour sauver la saison !
Pape NDIAYE
Que représentent 40 ans de carrière
pour vous ?
Omar PENE - Il s’agit de faire un bilan à
mi-parcours. C’est juste une étape car je
n’ai pas encore fini de chanter. J’ai encore
beaucoup de choses à dire. 40 ans de car-
rière, de parcours. Aujourd'hui, on a fait
40 ans sans pour autant s'en rendre
compte. Cela a été long et difficile. Mais
aujourd'hui, j’éprouve beaucoup de plaisir
à fêter cela. Je ne pense même pas à la
retraite. Tant que Dieu nous donne longue
vie, je me réjouirais toujours de donner du
plaisir à mes amis de l’AFSUD (Ndlr,
Association des Fans du Super Diamono).
Ce sont eux les principaux piliers de la
célébration de ces quarante ans de
musique d’Omar Pène. Cela me fait d’au-
tant plus plaisir que les membres de cette
association sont des jeunes qui ont l’âge
de mon fils. Ils m’appellent Omar Baye
Pène et c’est une belle source de motiva-
tion pour moi.
Qu’est-ce qui fait toujours courir
Omar Pène ?
Je ne suis pas un sprinteur et je ne cours
pas (rires). Au contraire, je marche à mon
rythme et je suis en train de vivre d’autres
aventures. Il est bien de changer de temps
à autre. C’est ce que je fais avec d’autres
musiciens sur le plan international. J’ai
grandi dans la rue et il fallait se battre tous
les jours pour assurer sa vie. Il fallait se
construire tout seul. Je pense que j’y suis
arrivé grâce à Dieu. C’est pour toutes ces
raisons que je suis calme et pondéré. Si j’ai
un conseil à donner aux jeunes artistes,
c’est d’être toujours humbles.
Voudriez-vous nous parler des diffi-
cultés qui vous ont le plus marqués ?
Je n’ai jamais baissé les bras malgré les
nombreuses difficultés rencontrées. Le
Super Diamono est le groupe qui a subi le
plus de mouvements. Il y a eu beaucoup
de départs et d'arrivées. A chaque fois, les
gens disaient : ''C'est fini !'' Je vous assure
qu'on nous a même enterrés, comme on
dit. Cela fait partie de la vie. Dieu sait que
Football : Face au boycott deS arbitreS de la cca
Des arbitres militaires prêts à siffler le reste du championnat national
en aparté avec omar pène
« Le bateau Diamono ne coulera jamais ! »
cela a été dur. Des fois, c’est vrai, les gens
étaient vraiment découragés. Moi, je me
disais tout le temps que tant que le bateau
ne coule pas il continuera son chemin
parce que j'ai toujours le dernier capitaine
qui peut sauver le bateau.
Êtes-vous toujours conseiller
auprès du ministre du Tourisme,
Youssou Ndour ?
Je suis toujours conseiller et chargé de
mission au ministère du Tourisme et des
Loisirs. Pas plus tard qu'hier (jeudi der-
nier, Ndlr) j'étais à Mbour pour représen-
ter le ministre Youssou Ndour parce qu'il
était à Tamba pour les besoins du conseil
des ministres. Je suis jusqu'à présent
dans son cabinet. J'aide un ami et je sers
mon pays. Je ne reçois pas de salaire.
Mais je le fais par patriotisme et une fois
encore pour aider un ami. Quand on l'a
nommé ministre, il m'a appelé pour me
dire : ''On m'a nommé ministre mais tu
viens m'aider en tant qu'ami.'' Vous savez,
Youssou Ndour et moi partageons une
chose qui a son importance : nous nous
connaissons depuis 40 ans, même si c'é-
tait dans l'adversité comme on dit. Mais il
y a des sentiments profonds qui nous lient
et qui font qu'aujourd'hui je suis à ses
côtés. Ce qui me fait énormément plaisir
car c'est pour le pays et la bonne cause
que nous travaillons.
Propos recueillis
par Fadel Lô
quatre décennieS de muSique d’omar pène
un programme alléchant pour les 40 ans de carrière
d’un poids lourd de la musique sénégalaise
dérouler le programme » a confié Ousmane
Faye.
Dembel Diop, le bassiste du groupe et réali-
sateur de l’album, est revenu sur le choix
porté sur ces dix titres du prochain album.
Un choix qui ne fut pas facile, à l’en croire. «
Pour la première fois, il nous a fallu six mois
avant de pouvoir enregistrer. Pare la suite, il
a fallu choisir des musiciens qui ne sont pas
forcément membres du Super Diamono
mais des fans de la première heure qui font
partie de la grande famille du Super
Diamono à l’instar de Papis Konaté, Jules
Diop, Cheikh Tidiane Tall et tant d’autres.
L’autre difficulté a été de choisir dix titres
parmi les six cent morceaux du répertoire
d’Omar Pène à faire figurer dans cet album.
Nous avons finalement opté pour des chan-
sons comme « Cheikh Anta Diop », pour
inviter les étudiants à plus de retenue, «
Woma », « Bailo Diagne » etc. Il y a aussi un
pot- pourri dans lequel Omar Pène reprend
des morceaux de Youssou Ndour, Thione
Seck, Baba Maal et Iso Lo. Vous verrez, il y
aura beaucoup de surprises. Nous avons fini
d’enregistrer et le mixage sera terminé d’ici
la fin de la semaine prochaine » a expliqué le
bassiste attitré du groupe depuis 1994, Pape
Dembel Diop. Bref, après quatre décennies,
Omar Pène poursuit sa carrière avec le
même engagement et ne veut surtout pas
prendre de retraite… Normal, il est comme
le vin qui se bonifie avec les ans. Joyeux
anniversaire, Pène !
La prochaine sortie de son nouvel album et la célébration de ses
quatre décennies de musique nous ont permis de nous rapprocher
du leader du super Diamono. Dans cet entretien-express, il revient
sur son parcours et ses projets.

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    tteennddaannccee//bullesbullesLE TEMOIN Hebdomadaire d’InformationsGénérales 2 Le TEMOIN SIEGE SOCIAL Cert-volant lot n°11 / ISSN n°850 99 72 Tél. : 33 824 32 22 BP. 384 - CP 18523 DAKAR RP Email : letemoinhebdo@yahoo.fr Directeur de la Publication : Mamadou Oumar Ndiaye Rédaction Alassane Seck Guèye, Mamadou Oumar Ndiaye Pape Ndiaye, Sophie Bâ, Serigne Saliou Guèye, Maïmouna Faye Moustapha Boye, Moussa Kamara (photo) Infographie EAG Opératrices de saisie : Yacine Niang Thioye, Daba Guèye Impression : Africome Semaine du Jeudi 02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123 kayama le billet de Moussa kamara De nombreux lecteurs se plaignant d’éprou- ver des difficultés pour trouver leur hebdo préféré — du fait de problèmes de distribu- tion auxquels nous sommes confrontés, l’ADP n’ayant plus son réseau d’antan ! —, nous vous rappelons que le plus sûr moyen de rece- voir « Le Témoin », c’est… de s’abonner. - Abonnement simple : 1 an (20.000 francs, frais de port compris pour la région de Dakar). - Abonnement de soutien : 1 an (à partir de 50.000 francs). Pour tout renseignement, appeler Sokhna Diallo et Manuel Thibault, tous les jours, du lundi au vendredi, de 9 à 18 heures au 33.824.32.22. Dépêchez-vous ! abonnez-vous au « témoin » ! Le fils de Thione Ballago Seck a réussi la prouesse de remplir le Grand Théâtre. La performance mérite d’être saluée d’autant plus que ce temple culturel a une capacité de 1800 places. Et quand on sait que trois jours avant le spectacle, il n’était plus pos- sible de trouver un seul ticket d’entrée… C’était samedi dernier à l’occasion de la célébration de son quatrième anniversai- re. Waly Seck est-il entré définitivement dans la cour des Grands de la musique sénégalaise ? C’est la seule question qui vaille après sa première sortie réussie au Grand Théâtre de Dakar. Le jeune chanteur Waly Ballago Seck a réussi son pari de remplir le Grand Théâtre. Il a célébré avec faste le quatriè- me anniversaire de son groupe dans ce nouveau temple de la culture sénégalaise. A cette occasion, il a assuré avec brio. Un spectacle de haute facture qui duré trois tours d’horloge a permis au fils de Thione de confirmer enfin. Des artistes comme Thione Seck, son père, Ndiolé, Aida Samb, Salam Diallo, Ismaël Lo, Doudou Ndiaye Rose, Mapenda Seck, Ousmane Seck, Alioune Mbaye Nder et Fata ont aussi pris part à la fête, tenant à pousser la chansonnette avec le fils du « crooner » Thione Seck. Le public composé en majo- rité de jeunes filles a communié avec le chanteur durant trois tours d’horloge. L’ambiance était à son paroxysme et le spectacle féérique a conquis plus d’un. Certaines personnes friandes d’exhibi- tionnisme comme Paco Jackson, Mbaye Sène et Collé Faye ont rivalisé d’ardeur pour distribuer des billets de banque sur scène. Ce qui a contribué à donner une image peu reluisante de cette fête. Toujours est il que Waly, qui affirmait dans nos colonnes qu’il était conscient de l’ampleur de la tache, a réussi avec brio à mettre un pied dans la cour des grands. Il a démarré son show par le titre « Mbeuguél » avant de boucler par le mor- ceau Bamba. C’est à guichets fermés que le fils de Thione a joué. Ce qui constitue une première pour un artiste de son âge. Il reste à espérer qu’il réussira à poursuivre sur cette prometteuse lancée au contraire de certains artistes qui n’ont pas réussi à rester constants. Le plus dur commence pour lui. quatrième anniverSaire de Waly Seck Le fils de thione relève avec succès le défi du grand théâtre « Travaillez dans ce monde comme si vous deviez vivre éternellement et priez comme si vous deviez mourir demain » recommandait le Prophète Mohamed (Psl) à ses disciples. En liant à la fois ces deux concepts pratiques et philoso- phiques, le grand entrepreneur et enfant prodigue de la Médina, Pape Samba Ndir s’est activé durant toute sa vie dans le social comme s’il devait vivre éternelle- ment. Hélas, Dieu a fait qu’il n’a pas vécu longtemps sur terre, autant en tout cas que l’auraient souhaité les habitants de cet ensemble de quartiers, puisqu’il est parti la semaine dernière à la fleur de l’âge laissant d’innombrables orphelins de ses multiples bienfaits. Une courte vie certes, mais pleine de bienfaits. Décédé à son domicile sis à la rue 6x19 de la Médina à Dakar, Pape Samba Ndir était un des hommes les plus généreux que le Sénégal ait jamais connus. Il avait toujours la main à la poche, à aider les veuves, les orphelins, les démunis. Il était à lui seul une sécurité sociale ambulante qui réglait discrètement les arriérés de loyers, payait les factures d’eau, d’électri- cité, du téléphone, volait au secours des mosquées, soutenait les jeunes, finançait baptèmes, mariages, cérémonies funérai- res… C’est bien simple d’ailleurs, quand les riches de se pays se calfeutrent dans leurs bunkers, mettent des « chiens méchants » derrière leurs hauts murs, éteignent leurs téléphones portables, se deceS de pape Samba ndir une étoile filante de générosité s’en est allée font escorter par des gardes du corps et vont habiter loin de leur quartier de nais- sance, Papa Samba Ndir, lui, mettait sa chaise plainte devant chez lui, à la Médina, tous les soirs pour mieux rece- voir les visiteurs. Oui, sa vie durant, « Zambo », comme il était surnommé, aidait les plus démunis et assistait les populations déshéritées. Dans les mos- quées comme dans les foyers de la Médina, les nombreux gestes de solidari- té de Papa Samba Ndir étaient envelop- pés de discrétion. Qui n’a jamais croisé cet homme plein d’enthousiasme et de bonne humeur dans les rues de ce quar- tier traditionnel ? Au cours de ses funé- railles, la Médina n’a pas désempli d’ano- nymes et d’humbles venus témoigner, les larmes aux yeux, des bienfaits que le défunt leur a rendus à l’abri des regards et des oreilles indiscrets. Papa Samba était à la fois le père et la mère de la plupart des veuves et orphelins de la Médina mais sa renommée de générosité s’étendait bien au-delà de la région de Dakar. Et pour cause, la survie quotidienne de dizaines de gens dépendait de « Grand Pape Samba » ou « Moussé-le-Maire » comme on l’appelait dans le voisinage. « Nous ne savons pas ce que demain nous réservera, mais je reste convaincu que beaucoup de pères ou de mères de famille peineront un jour à trouver un mouton de Tabaski. Parce que chaque année, et pendant long- temps, c’est Pape Samba Ndir qui distri- buait des moutons de Tabaski à beaucoup de familles… » a témoigné son ami et vrai frère Nago Diop. Lequel était venu parti- ciper à l’émission spéciale que la Top Fm, la radio du « Témoin », a rendue mercre- di à l’illustre disparu. Plein de générosité et d’amour pour les siens et pour tant d’autres aussi, Pape Samba Ndir était un « mauvais » politicien dans le sens où il laissait ses adversaires récolter les fruits de son travail politique. Cet homme aux multiples facettes que la Médina pleure encore aurait voulu avoir plusieurs vies pour pouvoir offrir davantage de son temps et de sa fortune à ses semblables. Partenaires comme adversaires. C’est ce qui explique que, lors de ses funérailles, l’observateur ne savait pas à quel parti politique se vouer pour pouvoir identifier le camp de l’illustre disparu. Parce que les leaders politiques issus de l’Apr, du Ps, du Pds et de Rewmi ont eu à faire presque le même témoignage élogieux sur le défunt. « Papa Samba était un frère et un camara- de de parti. Il était loyal et fidèle. Il était généreux et pieux. La Médina perd un illustre fils… » Encore Pape Samba Ndir, lui, le grand humaniste ! Toujours déterminé à mener des actions de terrain aux bénéfices des autres. Comme ce fut le cas lors du décès des neuf talibés de la Médina où il a pris en charge certaines familles rescapées. Ses amis vous le diront, le défunt aimait vivre en solidarité. Et ceux qui l’ont côtoyé avaient toujours de quoi laisser à la maison avant de revenir prendre le thé à ses côtés. Du thé qu’il aimait également partager avec n’importe quelle personne, histoire de rabaisser sa modeste person- ne. « Vous connaissez les pharmaciens ambulants ? Ce sont les petits vendeurs de médicaments de la rue… Eh bien, il n’était pas rare qu’un pharmacien ambu- lant échoue devant la porte de la maison pour y boire du thé avec Pape Samba… » ajoute Nago Diop. À ses amis, voisins et camarades ainsi que sa famille éplorée, « Le Témoin » — notre journal dont il était un grand lecteur — présente ses condoléances attribuées. Que la terre de Touba — où le Mouride « Sadikh » qu’il était a été enterré — lui soit légère. Pape NDIAYE bLeu bLanc Foot On a tous, quelque part en nous, au cœur, au corps et dans les replis de notre mémoire, un petit bout ou un morceau de JA, de Jaraaf. Ces deux clubs de notre enfance et de notre adolescence, charis- matiques et historiques, causes de tant de rêves et aussi de cauchemars. Qu’en reste- t-il aujourd’hui ? Presque rien ou en tout cas pas grand-chose. Des soupirs et des souvenirs. Beaucoup de torts et des remords en attendant la mort. Oui, la mort des clubs traditionnels à la gestion informelle. Depuis que nos deux clubs si chers sont passés aux mains de dirigeants sans envergure, sans culture sportive, les plus purs et les plus sûrs des fidèles ne pouvaient que les fuir. Pour créer d’autres entités qui fleurent bon la modernité sur tous les plans. La Jeanne d’Arc qui se morfond dans les tréfonds d’un champ- ionnat de seconde zone, qui l’eut cru ? Quand le Jaraaf, l’éternel rival, ennemi intime et non moins cousin voulu par le destin, parvient au prix d’une remise en cause cathartique à toujours voguer dans les flots du foot national, la Vieille Dame, elle, sans jeu de mot, se crame à petit feu ! Quand Le Témoin titrait que trop de presse tue la presse, j’acquiesce pour ajouter que trop de liberté tue aussi la liberté. Quand on laisse des manants sub- itement riches de millions sans traçabilité postuler à des postes aussi prestigieux que président de club, voila où ça nous mène ! Vers les abysses ! Jeanne d’Arc, Jaraaf, Gorée, les seuls clubs nationaux avec des supporters partout, d’un bout à l’autre du pays. De Ziguinchor à Podor, en passant par Tambacounda, Malicounda, Nioro et Mboro, à Kayar et à Ndar, tous les footeux en pincent pour l’équipe loca- le, certes, mais sont aussi au vrai Jaraafmen ou Ja men. ‘’C’est ça la réalité ‘’ pour paraphraser notre bon cher papa Bescaye Diop, parti il y a quelques années, laissant beaucoup de supporters de la JA dans l’embarras. Que meure donc cette JA là. Et vive une autre JA. La renaissan- ce d’une JA, gérée par ses fils et petits fils formés à bonne école qui ne dédaigneront pas de faire appel à la sagesse et à l’exper- tise de membres éminents du club. Une JA où la parodie de démocratie du plus grand nombre ne serait plus de mise. Les erreurs de casting qui avaient écarté et isolé de brillants sujets au profit de com- binards et loubards sans scrupule servi- ront de leçons. Diriger la Jeanne d’Arc est sans commune mesure avec la direction d’une écurie de … gros bras. Un club de foot professionnel où l’on brasse des milliards fruits de transferts et d’achats de joueurs stars entre les mains d’un ignare du star-système, sans entrée à la City, sans connexion à Paris, Wall Street et Zurich ne humera jamais l’air de la cour des grands…
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    Semaine du Jeudi02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123 aaccttuueeLL LE TEMOIN Hebdomadaire d’Informations Générales3 De Charybde en Scylla. Vous vous attendiez à une amélioration de la situation des finances publiques ? Détrompez-vous ! Oh certes, beau- coup d’efforts ont été réalisés sur le plan macro-économique et, de fait, le déficit budgé- taire a été sérieusement réduit. De même, des gestes ont été faits dans le sens du paiement de l’énorme dette intérieure. Le ministre de l’Economie et des Finances, M. Amadou Kane, a même prétendu avec un bel aplomb, à la veille de la tenue de la réunion des ministres des Finances de la zone Franc dans notre pays, il y a trois semaines, que tous les arriérés rela- tifs à cette dette ont été épongés. Une déclara- tion qui a été aussitôt démentie par de nomb- reux opérateurs économiques qui courent der- rière les créances que l’Etat leur doit, souvent depuis plusieurs années. Et puis, pas plus tard que la semaine dernière, des confrères ont révélé que les propriétaires d’immeubles loués à l’Etat n’ont pas été payés depuis plusieurs mois… Bref, la situation des finances publiques, on le savait, n’était pas très reluisante. Eh bien, elle vient de se dégrader sérieusement depuis le début de l’année en cours. La faute à une insuf- fisante maîtrise du nouveau Code général des Impôts dont la mise en œuvre de certaines dispositions s’est révélée plus difficile que prévu. Des errements auxquels s’ajoute la morosité économique ambiante. Résultat : les recettes fiscales de l’Etat ont baissé de 70 milliards de francs au cours du premier trimes- tre 2013. Et ce par rapport aux objectifs fixés par les autorités. Ce déficit est plus grand au niveau des impôts et taxes intérieurs collectés par la Direction générale des Impôts et Domaines, puisqu’il atteint le chiffre abyssal de 55 milliards de francs. Un manque de perfor- mance dû, encore une fois, aux difficultés ren- contrées dans l’application du nouveau Code général des Impôts entré en vigueur au début de cette année. Quant à la Douane, elle affiche un gap de 15 milliards de francs par rapport à ses objectifs. Et ce même si, sur le papier tout au moins, l’ad- ministration des gabelous a plutôt atteint ses objectifs. Seulement voilà : ces 15 milliards qui manquent dans les caisses correspondent effectivement aux droits que la Senelec lui doit au titre de l’importation des hydrocarbures devant faire tourner ses centrales électriques. L’électricien national étant dans une situation financière catastrophique ne peut évidemment pas payer cette somme qu’elle doit effective- ment. Et pas question pour la douane de blo- quer ses camions citernes, au risque de provo- quer des émeutes de l’électricité dans le pays ! Or, quand on sait que les finances publiques étaient déjà déficitaires en temps normal, ce gap de 70 milliards de francs — en trois mois tout de même — dans les recettes fiscales ne va évidemment pas arranger les choses ! En temps normal, quand les administrations fiscales sont extrêmement performantes et que l’économie tourne à plein, ces recettes fiscales de l’Etat font 105 milliards de francs en moyen- ne. La Direction générale des Impôts et Domaines y contribue pour 60 milliards de francs tandis que sa grande rivale, l’administra- tion des Douanes, crache au bassinet à hauteur de 40 milliards. Le reste a des origines diverses. Seulement voilà, au cours des trois premiers mois de l’année 2013 en cours, ces recettes n’ont atteint — et encore avec beaucoup de peine ! — que 92 milliards par mois. Or, si ces recettes de l’Etat ont piqué du nez, les charges, elles, restent constantes. Le principal poste de dépenses est représenté par les salaires et pen- sions qui atteignent 53 milliards mensuels en moyenne. Le reste est constitué par les échéan- ces de dette intérieure et extérieure pour les- quelles le Trésor public décaisse 50 milliards de francs par mois. Les recettes sont déjà pulvéri- sées depuis longtemps ! Et ce même si l’Etat reçoit des appuis budgétaires de la part de ses partenaires pour une enveloppe qui varie entre 10 et 15 milliards tous les trois mois. C’est ce qui permet d’atteindre l’équilibre si les objectifs normaux de recettes fiscales — 105 milliards — sont atteints. Or, on l’a vu, depuis le début de l’année, on est loin du compte. Ce n’est pas tout car il y a aussi le Budget consolidé d’investisse- ment (BCI) qui se monte à 500 milliards de francs par année. Ce qui, rapporté au mois, fait 45 milliards environ. Une somme qu’il faut aussi trouver. C’est tout cela qui fait que l’Etat fait régulièrement appel au marché pour emprunter de quoi combler son déficit budgé- taire. D’où les nombreux emprunts obligataires et autres ventes de bons du Trésor. Les admi- nistrations fiscales se veulent rassurantes, tou- tefois : ces contreperformances sont conjonctu- relles et la courbe des recettes devrait être redressée très vite afin que les objectifs fixés par l’Etat soient atteints. A condition que le cli- mat social ne se détériore pas ! ZérO POINTé POur L’ENErgIE, bONNEs NOTEs POur L’EDucATION ET L’ENsEIgNEMENT suPérIEur Sur un autre plan, les oreilles de la délégation gouvernementale — conduite par le ministre Amadou Kane — ont sifflé il y a deux semaines sur les rives du Potomac, à Washington, où se tenaient les Assemblées du Printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire inter- national. Car si, d’une manière générale, le cadrage macro-économique du Sénégal est bon — pour le plus grand malheur des Sénégal que cette orthodoxie n’arrange pas ! —, le talon d’Achille demeure le secteur de l’Energie où les performances du gouvernement sont jugées catastrophiques. En effet, avec ce langage tout d’euphémisme de la Banque mondiale, l’on considère que ce secteur « n’est pas géré ». Autant dire qu’il n’y a pas de ligne directrice claire, le Sénégal n’indiquant pas un plan pour résoudre durablement la lancinante question du sous-secteur de l’électricité. Dans les cou- loirs de la banque, il se dit que même le patron Afrique de cette institution, notre compatriote Moctar Diop (ancien ministre de l’Economie et des Finances de Wade !) n’oserait même plus défendre le dossier du Sénégal devant le conseil d’administration de la BM où il est régulière- ment titillé sur la question de l’Energie. Et par- ticulièrement des mauvaises performances du sous-secteur de l’électricité qui plombe tant la croissance de l’économie nationale. Car si les institutions de Bretton Woods ont toujours exigé la réduction de la subvention gouverne- mentale accordée à la Senelec, histoire d’appli- quer la vérité des prix — une mesure contre laquelle syndicats et associations de consom- mateurs sont vent debout (cette subvention a malgré tout été réduite de 120 milliards à 80 milliards dans le présent budget)! —, elles exi- gent à présent que le Sénégal restructure carré- ment le secteur et leur propose un plan cohé- rent dans ce sens. Autrement dit, elles veulent une alternative au plan « Takkal » qui lui, au moins, était structuré. Le problème, c’est que les nouvelles autorités ont dénoncé ledit plan sans en proposer un autre ! D’où les sévères remontrances faites à la délégation sénégalaise afin que le gouvernement se grouille enfin pour élaborer cette politique énergétique. Ce qui, en creux, sonne comme un sérieux doute exprimé sur les compétences du ministre Aly Ngouille Ndiaye dont la politique de « mix énergétique » a du mal à prendre forme. Mieux, les Sénégalais se demandent en quoi elle consiste. Il n’y a pas qu’eux seuls à se le demander, appa- remment… S’il y a en revanche deux ministres dont l’action est appréciée par les institutions de Bretton Woods, c’est bien les sieurs Serigne Mbaye Thiam et Maryteuw Niane. Les performances de ces deux ministres qui gèrent un secteur non productif, ¬ c'est-à-dire les ministères de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur, sont jugées bonnes et comme méri- tant d’être encadrées davantage. En somme, l’éclaircie dans la grisaille gouvernementale… Mamadou Oumar NDIAYE economie Les recettes de l’etat en chute libre durant le premier trimestre 2013 Les institutions de Bretton Woods ont effectivement tancé le gouvernement à propos du dossier de l’Energie. Cette demande de cotation fait suite à l’Avis Général de Passation des Marchés publié le 18 avril 2013 sur les sites web de MCA-Sénégal, Development Gateway Market (DG Market) et de United Nations Development Business (UNDB), de même que dans les journaux locaux suivants : Le Soleil 23 et 25 avril 2013, TEMOIN de la semai- ne du 22 au 28 avril 2013 et l’AS du 24 avril 2013. La Millennium Challenge Corporation ("MCC") et le Gouvernement de la République du Sénégal (le «Gouvernement» ou «GoS») ont conclu un Compact pour l’Assistance de Millennium Challenge Account pour faciliter la réduction de la pauvreté par la croissance économique de la République du Sénégal (le "Compact") pour un montant d’environ cinq cent quarante millions US Dollars (US $ 540.000.000). Le Gouvernement agissant par l’intermédiaire du MCA-Sénégal se propose d’affecter une partie du financement du MCC au règlement des paiements autorisés au titre du présent contrat prévu pour couvrir le coût de la Fourniture et l’installation d’Equipements Hydrométriques pour le PMU SAED de MCA Sénégal. Les équipements et prestations à acquérir, objet de la présente demande de cotation sont essentiel- lement constitués de débitmètres continus, de GPS, et de formation à dispenser. L’entreprise sera sélectionnée conformément aux procédures définies dans les Directives du Millennium Challenge Corporation concernant la demande de cotation (Octobre 2009). La Demande de Cotation sera ouverte seulement aux Soumissionnaires éligibles. Les soumission- naires qui souhaitent participer doivent exprimer leur intérêt par courriel, aux adresses suivantes, en indiquant leurs coordonnées complètes, pour se faire enregistrer : Email: pamsenegal@charleskendall.com ; Copie: info@mcasenegal.org ; procure- ment@mcasenegal.org Les soumissionnaires ainsi enregistrés pourront recevoir la demande de cotation qui leur sera envoyée par courriel. Ils pourront également retirer la Demande de Cotation en la téléchargeant directement à partir du site de MCA-Sénégal (www.mcasenegal.org), après la formalité d’enregistrement. Les cotations portant la mention « Demande de cotation IWRM10 – Fourniture et l’installation d’Equipements Hydrométriques pour le PMU SAED de MCA Sénégal» doivent parvenir sous pli fermé en quatre exemplaires, dont un (01) original et trois (03) copies, au plus tard le vendredi 10 mai 2013 à 12H (Heure de Dakar) à l’adresse suivante : Bureau du Procurement Agent (Charles Kendall & Partners Ltd.) Bâtiment accolé à celui de MCA Sénégal 6 Route de Ngor X Hôtel Ngor Diarama Dakar Les plis qui parviendront après expiration du délai mentionné ci-dessus ne seront pas recevables. Le Directeur Général de MCA SENEGAL gouvernement du Senegal ------------ primature ------------ millennium cHallenge account Senegal (mca-Senegal) aVis de deMande de cotation Pour L’acQuisition et L’instaLLation d’eQuiPeMent hYdroMétriQues Pour Le PMu saed de Mca senegaL
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    Semaine du Jeudi02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123 aaccttuueeLLLE TEMOIN Hebdomadaire d’Informations Générales 4 Chassée du secrétariat général de la prési- dence de la République, Mme Aminata Tall semble être une alliée encombrante pour les faucons qui reprennent du service dans l’en- tourage du président Macky Sall. Même le fait de l’avoir éloignée de la présidence de la République en la nommant présidente du Conseil économique, social et environne- mental (CESE) n’a apparemment pas suffi à satisfaire l’ostracisme de ces responsables de l’APR (Alliance Pour la République). Lesquels voulaient apparemment faire de cette dame connue pour sa forte personnali- té, une présidente potiche, c’est-à-dire sans pouvoirs et qui ne serait là que pour la gale- rie. A preuve par la récente nomination des membres de ce CESE où il a fallu que l’an- cienne secrétaire générale de la présidence de la République — et ancienne mairesse de Diourbel — tape sur la table et menace de démissionner pour que le président de la République lui-même revienne sur une éniè- me tentative de lui faire avaler des couleuv- res. Il faut dire que la dernière était trop grosse puisque le successeur de Wade vou- lait tout simplement former à sa place son propre cabinet en y affectant des personna- ges connus de lui seul ! Niet catégorique de Mme Bâ Aminata Tall, qui a mis sa démis- sion sur le plateau de la balance. Sentant qu’elle ne plaisantait pas, le Président a recu- lé. Il faut dire que c’était l’humiliation de trop que Mme Tall ne pouvait pas accepter. En effet, pour ce qui est de la nomination des membres du CESE, le Président n’avait donné à la patronne de cette institution qu’un seul (vous avez bien lu !) poste. Ce que l’hégérie libérale lui a retourné gentiment en expliquant qu’un tel poste représentait un cadeau emposonné et lui créerait plus de problèmes qu’il n’en résoudrait. En effet, en dehors des organisations socio-profession- nelles qui ont eu à proposer leurs candidats, le président de la République s’était appro- prié l’exclusivité de la nomination des per- sonnalités dites qualifiées, en fait des responsables de son parti. Ayant les mains liées, Mme Aminata Tall n’avait aucune marge de manœuvre politique pour nommer des proches. Surtout que, comme pour rec- tifier sa générosité à l’Assemblée nationale où l’Apr, son parti, ne dispose que de 64 députés, le président Macky Sall avait fait du Cese son affaire personnelle. A preuve, il n’a octroyé à un grand parti allié comme le PS… qu’un seul poste ! Même sucette pour la pré- sidente du Conseil économique, social et enrinnemental qui, sur 120 membres, n’a eu droit qu’à un seul et unique poste destiné à son fief de Diourbel. À prendre ou à laisser ! Mme Aminata Tall a choisi de décliner cette offre aux allures de cadeau empoisonné. En effet, elle ne savait pas quoi faire avec un seul maroquin qui risquait de provoquer des frustrations mortelles au sein de son mouve- ment « Set-Sellal » et fragiliser sa base poli- tique. « Président ! Je ne peux rien faire avec ce poste, reprenez-le ! » aurait déclaré poli- ment Mme Aminata Tall dont les propos nous ont été rapportés par ses proches. Politiquement très mûre, la Dame de fer du Baol savait en effet que ce cadeau insigni- fiant risquait de s'avérer empoisonné pour plusieurs raisons. À peine cette page tour- née, le président Macky Sall faisait mine de vouloir lui former son cabinet, c’est-à-dire de trouver à Mme la présidente du Cese des hommes et des femmes qu’il faut aux places disponibles au CESE. « Là Président ! De grâce, laissez-moi constituer mon propre cabinet… » aurait répondu Mme Tall au pré- sident de la République. La sentant braquée, le président avait fini par faire machine arrière. Chose faite ! Souhaitons qu’à ce niveau au moins, c’est-à-dire au sein de son cabinet, Mme Aminata Tall pourra caser quelques militants et alliés à des postes de conseillers spéciaux. Pour rappel, le défunt président Ousmane Masseck Ndiaye en avait une vingtaine. Pendant ce temps, les 100 organisations féminines du Sénégal ruminent leur colère pour le non-respect de la parité au sein du nouveau Conseil économique, social et envi- ronnemental. Ce qui est surtout déplorable, c’est l’absence de cette institution de femmes pionnières qui, jusque-là, symbolisaient l’en- treprenariat féminin au Sénégal. Il s’agit des « Ouvrez le ban ! » Pour ce coup-ci, ce n’é- tait ni le ban annonçant l’arrivée de l’autori- té suprême, ni celui destiné à présenter les armes, mais plutôt le ban de l’excellence ! Un ban du savoir que le colonel Abdourahim Kébé a fait ouvrir en soutenant avec succès une thèse de doctorat. C’était le samedi 27 avril dernier à l’amphi- théâtre de la faculté des lettres et sciences humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). A l’occasion de ce grand banquet de l’esprit, ils étaient venus, ils étaient tous là, parents, amis, étudiants et frères d’armes. Au premier rang de cet aréo- page, il faut saluer la présence remarquable du chef d’Etat major général des Armées (Cemga), le général Mamadou Sow « Nogass ». Après avoir bouclé ses humanités sur les « Etudes Anglophones et Comparées », l’an- cien patron de la Dirpa (Direction de l’Information et des Relations publiques des Armées), le colonel Abdourahim Kébé, devait donc soutenir sa thèse de doctorat sur le sujet : « Action humaine et le sens de la responsabilité : Les récits d’Herman Melville, Stephan Crane et Ernest Hemingway ». Devant un jury composé des professeurs Oumar Sougou, Oumar Ndongo et Cheikh Ahmadou Dieng comme président, l’ancien chef de la Dirpa, le colonel Abdourahim Kébé a brillamment survolé son sujet de littératu- re américaine. Face aux membres du jury, et tout en prenant à témoin le nombreux public, le colonel Kébé a expliqué que, du XIXème au XXème siècles, l’interrogation sur la pertinence de l’action humaine et le sens de la vie dans un univers hostile et chao- tique a été au cœur des préoccupations de la littérature en général et américaine en parti- culier. Il s’est notamment posé les questions suivantes : « La vie est-t-elle le fruit du hasard ? A-t-elle un but précis, ou se limite- t-elle simplement à être ? Vaut-elle la peine d’être vécue ? Est-il possible de la rendre plus conforme à nos aspirations, ou agit-elle de manière aveugle et arbitraire ? ». A ces inter- rogations, le colonel Kébé, qui vient d’être promu attaché de défense du Sénégal à Washington, a notamment répondu que cette quête de sens, portée par tous les cou- rants littéraires de l’époque (19° et 20° siè- cles), découle de la misère spirituelle de l’homme. Et d’expliquer qu’avec la « corrup- tion » du monde chrétien et civilisé, la bruta- lité de la société américaine, les troublants enseignements de Charles Darwin et les catastrophes engendrées par les deux guer- res mondiales, le Dieu des puritains est mort, laissant l’homme face à une vision d’un monde sans Dieu. » Pour l’officier supérieur de l’armée sénégalaise, il fallait, dès lors, comme Sisyphe, que l’homme justifiât son existence par son courage et sa fière révolte contre les forces irrationnelles qui l’entou- rent. « Seulement, par rapport aux idéologies de l’époque, l’action humaine devient insen- sée, car l’homme reste trivial et à la merci des circonstances qui, seules, décident de son sort. Ses efforts pour maîtriser son environ- nement sont toujours vains, car le destin est souvent détourné en parodie ou en simulac- re » a-t-il fait comprendre dans son cours magistral. Pour tenter de convaincre le jury, le colonel Abdourahime Kébé précise que la réaction de l’homme face à la tragédie de la vie et la futilité de son existence (…) ne doit nullement conduire à la contemplation ; l’homme doit agir malgré tout, car son action n’est pas forcément sans signification. » Dans sa thèse soutenue devant une auguste assemblée, le colonel Kébé a aussi fait ressor- tir que la ressemblance sur certains points des positions philosophiques des trois romanciers étudiés, malgré leur appartenan- ce à des courants littéraires différents, cette ressemblance montre la continuité histo- rique, thématique et littéraire de la pensée américaine, notamment en ce qui concerne l’absurdité de la vie et la réaction de l’homme face à l’inconnu. « Parce que leurs œuvres participent de ce que Camus appelle le “sen- timent de l’absurdité“ » dit-il tout en révélant qu’une partie de ses études a porté sur la nature de la quête des personnages princi- paux des trois romans de référence. Et sur- tout du romancier américain Moby Dick et sa fameuse « Baleine blanche » qui se trouve être un cachalot blanc particulièrement féro- ce et d'une taille impressionnante, qui lui a arraché une jambe par le passé. À travers le voyage de son personnage principal, le colo- nel Kébé campe le débat littéraire et philoso- phique du Bien et du Mal ainsi que celui de l'existence de Dieu. Il a aussi abordé l’aspect de la mort et l’absence totale d’une quel- conque expérience puisque aucune personne n’est revenue de sa tombe. Au terme de quatre heures d’un exposé dense, le public, accroché aux lèvres de l’im- minent impétrant a pu se convaincre que les concepts « action », « humanisme », « réalisme », « fatalité », « naturalisme », « absurde », « désillusion », « Dieu » etc. sont les principaux mots clés qui ont jalonné toute cette dure épreuve académique à laquelle était soumise le colonel Abdourahim Kébé face à ses « bourreaux » de professeurs membres du jury. Un véritable parcours du combattant… intellectuel au bout duquel le brillant officier de l’Armée a pu s’en sortir indemne et, surtout, haut la main. A preuve, après s’être retiré pour délibérer, le jury est revenu dans la salle pour élever Abdourahim Kébé au grade de Docteur. Et ce avec la men- tion « Très honorable ». Un résultat accueilli par une salve d’applaudissements, ce qui était bien le moins. Qui a donc dit que les fantassins n’ont que leurs muscles pour se faire valoir ? Le colonel Abdourahim Kébé vient de soutenir le contraire… Le « Témoin » adresse ses chaleureuses félicitations à cet officier qui s’est signalé, durant toutes les années où il a officié à la tête de la Dirpa, pour sa grande disponibilité à l’endroit des journalistes… Pape NDIAYE eXcluSiF : nomination deS membreS du conSeil economique Social et environnemental comment Mme aminata tall a décliné l’unique poste de conseiller qui lui a été octroyé Sous la bannière de la parité, les organisations de femmes en guerre contre le président Macky Sall. grandes opératrices économiques comme Adja Dior Diop, présidente du Rasef, Mme Oulimata Dioum, présidente de l’Afepes, Mme Khady Fall Tall de l’Afao (Association des femmes de l’Afrique de l’Ouest) et Khady Ndao du réseau des Femmes Rurales. Sans compter une battante comme Mme Maïmouna Dieng, directrice de l’Ecole internationale de Coiffure. Mmes Adja Dior Diop et Oulimata Dioum surtout, s’activent depuis des décennies dans tous les domai- nes d’activités économiques, mais aussi dans le social, pour aider et assister leurs sœurs opératrices en les initiant aux méca- nismes de l’entreprenariat féminin. Et pour avoir mis leur dynamisme au profit du social et de l’économie, ces deux grandes importa- trices, Adja Dior Diop et Oulimata Dioum avaient été décorées par le président Abdou Diouf de la médaille de l’Ordre national du Mérite. Sous Me Abdoulaye Wade, aussi, elles ont été distinguées et singularisées. Il a fallu l’arrivée du président Macky Sall pour qu’elles soient oubliées. En lieu et place, c’est Mmes Tiné Ndoye et Abibatou Ndiaye, deux femmes inconnues du monde de l’en- treprenariat féminin, qui sont entrées par effraction dans l’institution dirigée par mme Aminata Tall. Mme Tall qui va certainement se demander d’où viennent ces deux dames. Une chose est sûre : les associations de fem- mes ne comptent pas baisser les bras puisque, sous la bannière de la parité, elles ont décidé de combattre politiquement le président Macky Sall. Et on voit mal ce der- nier s’en sortir politiquement indemne compte tenu de la capacité de mobilisation des femmes, particulièrement de toutes ces grandes dames laissées en rade. Par Pape NDIAYE pour avoir Soutenu avec SucceS une tHeSe de doctorat Le colonel abdourahim kébé ouvre le ban de l’excellence à l’ucad
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    Semaine du Jeudi02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123 5 LE TEMOIN Hebdomadaire d’Informations Générales aaccttuueeLL PrEAMbuLE Les éditeurs de programmes audiovisuels souscrivent à un cahier des charges pour encadrer la conception et la mise en œuvre des contenus proposés. L’une des principales obliga- tions précisées dans ce cadre concerne la mise en place d’une commission de visionnage, chargée de proposer à l’é- diteur une classification des programmes, dont la composi- tion est portée à la connaissance de l’autorité de régulation. L’existence de cette instance interne permet d’anticiper les éventuels dérapages et participe des efforts de protection des consommateurs, particulièrement du jeune public. Respect du cahier des charges. Force est de constater cependant, la carence des éditeurs de programmes audiovisuels sur ce point. L’absence d’infor- mations complètes sur les grilles de programmes proposés par les éditeurs rend plus difficile la mission de supervision et de contrôle du Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel. Le respect des stipulations contractuelles des cahiers des charges garantit une activité des médias confor- me aux attentes des populations. Au demeurant, la liberté d’expression exige de tous les acteurs un sens aigu des responsabilités afin de prévenir des dérapages préjudiciables à la paix sociale et la stabilité de nos institutions. Certains propos de responsables poli- tiques, comme de certains militants de partis politiques, ou d’autres catégories de citoyens, relayés par les médias, heurtent la sensibilité du public. Ils peuvent constituer des menaces à la cohésion sociale et à l’entente cordiale entre les différentes communautés de notre pays. Présomption d’innocence et secret de l’Instruction Dans le même ordre d’idées, le traitement des affaires pen- dantes devant la Justice doit se faire dans le respect de la présomption d’innocence, du secret de l’Instruction, en prenant toutes les dispositions pour éviter la violation du principe du contradictoire dans la présentation des faits. Ces différents constats résultent d’un échantillonnage des activités de monitoring des services du Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel, qui couvre la période du 1er janvier au 31 mars 2013. Le Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel, confor- mément aux dispositions de l’article 14 de la loi n°2006-04 du 04 janvier 2006, et après en avoir délibéré en sa séance du 25/04/2013, rend public le présent Avis portant sur les dysfonctionnements relevés dans les programmes des dif- férents organes de communication audiovisuelle. Des recommandations sont formulées dans le sens de corriger ces manquements au profit du public. I. DYsFONcTIONNEMENTs ET MANQuEMENTs Au cours de cette période, les dysfonctionnements et man- quements constatés ont trait : 1. A l’exposition des téléspectateurs et des auditeurs, particulièrement le jeune public, à certains programmes caractérisés par la violence sous toutes ses formes, l’exposi- tion de cadavres et l’utilisation d’un langage grossier et outrancier, notamment dans les programmes suivants : • « SEN COMEDIE SHOW » de la télévision SENTV du 03 janvier 2013 à 10 heures avec des acteurs parlant des imams en des termes insultants et irrévérencieux ; • « WAX SA XALAAT » de SUD FM du 07 janvier 2013 à 17 heures, avec des injures adressées aux membres du gouvernement par un auditeur intervenant à l’antenne ; • « KINKELIBA » de la RTS du 16 janvier 2013, montrant sans avertissement, ni signalétique, des images insoutenables de personnes tuées au Mali, suite à des bom- bardements ; • Journaux télévisés de WALF TV relayant des pro- pos injurieux d’un animateur de la TFM à l’égard de ses col- lègues ; • « VILLA 145 » de la TFM du 28 janvier 2013, où l’un des animateurs s’exprime en des termes particulière- ment grossiers ; • Journal Télévisé de la TFM du 04 février 2013 avec des images de cadavres d’enfants, brulés dans l’incendie survenu à la Médina ; • « TEUSS » de Zik FM du 12 février 2013 avec les confessions d’un homosexuel dans un langage particulière- ment obscène ; • Journal Télévisé de SENTV des 28 février et 15 mars 2013, images insoutenables de cadavres ; • Les images dégradantes des reportages sur les sui- cides et les tentatives de suicide ; • Les images indécentes, impudiques et rétrogrades de billets de banques jetés, à même le sol, sur la scène lors de soirées festives ou dans certaines publicités et vidéos clips. 2. A l’émission « KEUR GUI » de la 2STV du lundi 04 mars 2013 consacrée à une affaire de viol pendante devant la Justice, avec une présentation des faits ne comportant que le point de vue d’une seule partie au procès. 3. Au développement, malgré les recommandations du dernier Avis trimestriel, dans les programmes des servi- ces de radio et de télévision, d'incitations à utiliser des ser- vices SMS ou téléphoniques surtaxés, notamment en vue de participer à des jeux-concours. 4. A La propagation, à la suite d’un meeting politique, à travers la station de radio AIDA FM de Linguère, de pro- pos à très forte connotation éthniciste susceptibles d’instal- ler un climat propice à l’éclatement de violences intercom- munautaires. 5. A la diffusion, en « prime time » des premiers épi- sodes d’« un Café Avec » sur la TFM. Elle met en scène des séances de tortures simulées avec des instruments tran- chants, des bagarres sanglantes, des règlements de comptes entre trafiquants de drogue et des courses poursuites avec enlèvements (rapt) de victimes ensanglantées et ligotées. Certaines scènes comportent également les images d’une jeune fille demandant à se faire offrir un whisky par des hommes d’âge mûr dans un hôtel de luxe. Elles montrent, à plusieurs reprises, l’actrice principale fumant une cigarette et consommant du champagne. De telles images d’une extrême violence diffusées aux heures où les familles sont en général devant la télévision, posent problème, notam- ment pour le jeune public particulièrement sensible et vul- nérable. II. rEcOMMANDATIONs Face à de tels dysfonctionnements et manque- ments, qui constituent une violation des dispositions des textes législatifs, réglementaires et des cahiers des charges en vigueur au Sénégal dans le domaine de l’audiovisuel, le Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel recom- mande : 1. De veiller, lors de la diffusion de certains contenus susceptibles de nuire gravement à l’épanouissement des enfants, à ce que ceux-ci ne puissent normalement y avoir accès (protection par la signalétique conformément aux sti- pulations des cahiers des charges) et, en évitant la program- mation de ces émissions à des heures de grande écoute. Le CNRA rappelle que la protection du jeune public dans les médias audiovisuels nécessite que chacun prenne conscien- ce des enjeux éducatifs, sociaux et économiques relatifs à l’exposition des mineurs à ces médias, en tant que consom- mateurs de contenus, cibles publicitaires, et parfois même acteurs de productions et de spots les mettant en scène ; 2. Le respect des dispositions de l’article 10 de la loi n°2006-04 du 4 janvier 2006 qui prescrivent à tous les édi- teurs de programmes audiovisuels de s’équiper obligatoire- ment d’un système de retardement de la voix d’au moins trois secondes pour leurs émissions interactives ; 3. La plus grande vigilance dans le traitement des affaires pendantes devant la Justice, en veillant au respect de la présomption d’innocence, à la préservation de l’ano- nymat et au caractère contradictoire de la présentation des faits, en garantissant l’égal accès aux émissions, de toutes les parties au procès, conformément aux dispositions de l’article 18 du cahier des charges applicable au titulaire d’une autorisation de diffusion de programme de télévision. 4. Le renforcement des règles de protection du public contre les risques qui pourraient résulter du développe- ment de ces programmes incitant à participer à des jeux concours en utilisant des services SMS ou téléphoniques surtaxés, grâce à une parfaite information des téléspecta- teurs sur le coût des communications et sur l’identité des promoteurs du jeu. Ce coût doit être porté à la connaissance des téléspectateurs dans les mêmes conditions que les coordonnées du service SMS ou téléphonique. En cas d'inscription à l'écran, il doit donc être exposé dans des caractères identiques à ceux du numéro du service. 5. D’éradiquer la diffusion à la radio ou à la télévision de propos discriminatoires et dévalorisants pouvant inciter à la xénophobie, à l’exclusion, et porter atteinte à la paix sociale, à l’unité nationale ou à l’intégrité du territoire. 6. De soustraire les images montrant les billets de banques jetés à même le sol, sur les scènes, au cours de spectacles, afin de préserver les populations de comporte- ments attentatoires à la dignité et aux bonnes mœurs dans un contexte de pauvreté, de rareté des ressources, et parfois même d’indigence. L’amplification, par le canal de la télévision diffusant en clair, de mœurs, de comportements et d’attitudes qui peu- vent être assimilés à des phénomènes de transgression, voire de déviance sociale, comporte un risque majeur de reproduction de modèles aux impacts négatifs sur des fran- ges importantes de populations vulnérables. Dans le même ordre d’idées, la diffusion de « télénovelas », de sujets de « téléréalité » doit renforcer l’exigence chez les éditeurs de programmes audiovisuels, de la recherche d’é- quilibre entre l’ouverture au monde extérieur, la préserva- tion de nos valeurs fondatrices et la protection du public. La sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence, le soutien des efforts de promotion de mesures d’hygiène sociale et de santé publique, doivent être privilégiés. Le CNRA appelle les éditeurs de programmes audiovisuels au respect rigoureux des dispositions législatives, régle- mentaires et des stipulations des cahiers de charges afin d’éviter les dérapages et autres situations regrettables, pré- judiciables au développement harmonieux du paysage audiovisuel et à la protection des populations. Le CNRA apprécie hautement l’esprit de coopération et la disponibilité, aussi bien de la plupart des acteurs et des par- tenaires, que des personnes concernées par la conception, la production et la diffusion de programmes audiovisuels. Il les encourage dans cette dynamique. Pour l’Assemblée du cNrA Le Président republique du Senegal un peuple – un but – une Foi conSeil national de regulation de l’audioviSuel immeuble tamaro – rue moHamed v X JuleS Ferry boite poStale : 50059 – dakar rp tel: 33849.52.52 – FaX: 33821.86.14 cnra@cnra.Sn aVis triMestrieL n °001/2013 du 25 aVriL 2013 (JanVier - FeVrier - Mars)
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    LE TEMOIN Hebdomadaire d’InformationsGénérales 6ddoossssiieerr :: FFêêttee dduu ttrraaVVaaiiLL Semaine du Jeudi 02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123 Evoquer le nom de Mademba Sock, c’est se ressouvenir de ces trois jours durant lesquels les Sénégalais ont été doulou- reusement privés d’électricité en 1993. Pendant cette année de « plan d’urgence » Sakho-Loum, l’Etat du Sénégal annon- ce sa volonté de privatiser la société nationale d’électricité (Senelec). Ce, contre la volonté des travailleurs et de leur syndicat, le Sutelec, dirigé alors — et jusqu’à présent, du moins en partie — par Mademba Sock. Affecté par la crise, l’Etat du Sénégal est financièrement incapable d’assurer l’entretien et les investissements au niveau de cette boîte déficitaire. S’opposant à la politique de privatisation tous azimuts dictée par les institutions de Brettons Woods et appli- qué aveuglément par le régime socialiste, le redoutable secrétaire général du Syndicat Unique des Travailleurs de l'Electricité (Sutelec), en l’occurrence Mademba Sock, n’hésite pas à plonger le Sénégal dans le noir pendant trois jours. Les pompes de la Société nationale d’ex- ploitation des Eaux du Sénégal (SONEES) fonctionnant à l’électricité, une pénurie d’eau se greffe à la pénurie d’électricité. Le pays est au bord de l’é- meute. Les rues de la capitale sont enva- hies par des femmes, des enfants et des adultes munis de leurs seaux, bassines, jerricans et autres récipients pouvant contenir le liquide précieux. La pénurie d’eau s’ajoutant à la coupure d’électrici- té, les nerfs s’échauffent et des assem- blées populaires se forment pour exiger le rétablissement du courant. Des experts venus de la France au deuxième jour du black-out sont restés impuis- sants pour rétablir l’électricité. Malgré les menaces du gouvernement et l’ébulli- tion populaire, Mademba Sock est resté imperturbable jusqu’au 4e jour où, vers 15 h, les premières lueurs des lampadai- res percent la clarté solaire et commen- cent à envahir la capitale. Et dans un hourra indescriptible et expressif du sou- lagement ressenti par tout un peuple, l’é- lectricité est rétablie. Mais ces jours de souffrance ne resteront pas impunis. Mademba Sock est cueilli par la police au domicile de sa deuxième épouse, fille de Fambèye Fall Diop, ex-ministre déléguée chargé des Emigrés. Ces hauts faits d’a- lors avaient conduit l’actuel ministre du Tourisme, Youssou Ndour, alors chan- teur à succès à sortir un tube pour demander au gouvernement de ne pas embastiller le leader du Sutelec. En même temps, le lead-vocal du Super Etoile suppliait Mademba Sock de ne plus priver les Sénégalais d’électricité. Le paysage syndical venait de connaitre un charismatique nouveau leader contesta- taire et la c l’Union nationale des syndi- cats autonomes du Sénégal (Unsas), la centrale que Sock dirige, se dresse face à la toute-puissante Confédération natio- nale des travailleurs du Sénégal (CNTS) de Madia Diop, figure emblématique du collaborationnisme syndical appelé pudiquement la participation responsa- ble. Depuis son action téméraire de 1993, Mademba Sock est devenu une icône incontournable dans le champ politico- syndical. En 1998, lors de la privatisation de la Senelec, ses menaces de recourir à l’arme de la coupure d’électricité, ne feront pourtant reculer le gouvernement, lequel avait pris toutes ses dispositions pour éviter la réédition du syndrome de 1993. Mademba Sock change de fusil Empêtrée dans les limbes de la participation responsable mal- gré la rupture « idéologique» engagée en 1982 par le Renouveau syndical du timonier Madia Diop, la CNTS a res- senti durement les licenciements de travailleurs et le délite- ment de ses bassins de militants après les restructurations industrielles des années 90. L’ouvriérisme populiste de Madia autant que son clientélisme politique avec le pouvoir socialiste en déliquescence, tout cela avait érodé ses discours devenus plus convenants et politiquement corrects. Aussi l’émergence de l’UNSAS (Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal) dont le noyau dur était constitué par le SUTELEC (Syndicat unique des travailleurs de l’électricité) a permis de dégager un nouvel espace de combat syndical, celui du radica- lisme corporatiste, autonome et indépendant des partis poli- tiques. Cette rivalité à la fois personnelle et doctrinale, s’est traduite en opposition frontale entre les deux têtes de file des deux centrales : Madia Diop, un ancien du PRA (Parti de la renaissance africaine) et Mademba Sock, un syndicaliste aris- tocrate, au discours séduisant, mais verbeux, entêté et jus- qu’au boutiste, courageux et même téméraire, quand les cir- constances – ou ses intérêts — l’exigeaient. L’opposition des deux hommes a pris même des allures hystériques, jusque devant les tribunaux. Il ne s’agissait pas simplement d’une guerre de générations, mais presque d’un passage de témoin entre un septuagénaire usé et émoussé largement compromis entre ses rentes de PCA, de député, ses longs séjours organisés par le BIT, et ses liaisons incestueuses avec le milieu des gros- ses entreprises, et un jeune syndicaliste quadragénaire frin- gant, combatif, au langage pompeux mais nouveau. A présent, l’impression qui se dégage est que l’histoire tourne à rebours. Aujourd’hui, Mademba Sock, englué dans ses contradictions, apparaît comme un vieux bouc très atteint à 60 ans seulement. La cassure du SUTELEC, aujourd’hui divi- sée en deux, sonne le glas du syndicaliste mythique, et sans doute une certaine forme de militantisme rigoureux à ses débuts et trop alimentaire par la suite. Bref, tout comme pour la classe politique, il semble bien que l’heure du renouvelle- ment de la classe syndicale ait bien sonné. Mademba Sock l’a- t-il compris ? Grandeur et décadence de Mademba Sock mademba Sock apogée et déclin d’un insatiable d’honneurs et de privilèges d’épaule. Il entame un combat politique contre le régime d’Abdou Diouf qu’il veut renverser en s’appuyant sur sa base syndi- cale. C’est ainsi qu’en 2000, lors de la pré- sidentielle, le syndicaliste en chef du Sutelec annonce sa candidature. Son objectif, c’est de profiter de sa notoriété syndicale pour peser sur la défaite électo- rale du président Abdou Diouf qui se pro- file à l’horizon. Même si l’annonce de sa candidature est différemment perçue au sein de la population sénégalaise, Sock ne fait pas d’illusions quant à ses chances face à des candidats comme Abdoulaye Wade ou Moustapha Niasse. En effet si, en termes de pression psychologique sur le candidat Abdou Diouf, cette candidature pouvait se concevoir, en termes de poids électoral, elle apparaissait plutôt folklo- rique et de division. Sans surprise donc, le candidat Sock recueille au finish 0,56 % des suffrages et se place dernier parmi les huit candidats en lice. Score humiliant pour un homme qui pensait pouvoir sur- fer sur sa popularité syndicale pour grap- piller les voix des électeurs. Mais son objectif qui était celui de mettre Diouf dans une posture qui le contraindrait à un second tour était atteint. Diouf battu au second tour, Abdoulaye Wade devient président et reconsidère la privatisation de la Senelec. Mademba Sock, qui a tou- jours viscéralement lutté contre un tel projet, a beaucoup pesé de sa personnalité pour pousser le nouveau président à cas- ser la privatisation. Chose faite, Mademba devient un collaborateur invétéré du régi- me libéral. MADEMbA sOck : Au cArrEFOur DEs POsTEs ET sINécurEs Il est nommé PCA de l’Aser (Agence séné- galaise d’électrification rurale) en 2001 où il perçoit un salaire de 3,5 millions avec divers autres avantages afférents à un véhicule, du carburant, un forfait télépho- ne. Dans le même temps, il est vice-prési- dent du défunt Conseil Economique et Social. Après deux mandats de trois ans, il ne doit plus rempiler mais avec la compli- cité du pouvoir libéral et surtout de l’alors ministre de l’Energie, M. Samuel Sarr, qui l’a ferré et bâillonné, il continue d’occuper illégalement son poste au sein de l’Aser. Les dénonciations n’y font rien. Mademba continue de jouir des délices pécuniaires de l’Aser. En même temps, il a occupé pendant deux ans le juteux poste de prési- dent du conseil d’administration de l’IPRES (Institution de Prévoyance Retraite du Sénégal). Durant les onze pas- sés à l’Aser sous le régime libéral, il est resté aphone et amorphe au plan syndical à part quelques sorties comminatoires sur les téméraires qui remettaient en cause la prolongation illégale de son mandat à l’Aser. Jamais, il ne s’est prononcé sur les délestages sous le régime de Wade. Il n’a jamais fait grief du plan Takkal. Depuis 2011, il a pris sa retraite au niveau de la Senelec. Mais cela ne semble pas officiel puisqu’il continue d’occuper son poste de PCA à l’Aser. Il continue d’occuper illéga- lement le poste de Secrétaire général du Sutelec et, par voie de conséquence, celui de l’Unsas. Aujourd’hui, il est membre du Conseil économique social et environne- mental. En aout 2012, il avait annoncé qu’il ne serait pas candidat à sa succession lors du 7e congrès ordinaire du Sutelec qui devrait avoir lieu les 2 et 3 mars 2013. Ainsi le 20 avril dernier, le congrès du Sutelec s’est terminé avec deux secrétaires généraux, Aliou Bâ et l’inamovible Mademba Sock. Après 27 ans passés à la tête du Sutelec, Mademba refuse de tirer sa révérence. Au sein de l’Unsas, il est contesté. C’est cela qui explique que des syndicats affiliés à l’Unsas comme l’Uden, le Sntpt et le Saes ont préféré ne pas s’ali- gner sur les directives de l’Unsas lors de la célébration de la fête du 1er mai. Aujourd’hui, le leader contesté du Sutelec qui évoque systématiquement les textes statutaires et réglementaires pour s’accro- cher à ses nombreux postes est considéré comme celui a beaucoup œuvré pour le recul de la Senelec. Certains agents de cette société nationale soutiennent d’ailleurs qu’il utilise ses affidés au sein de l’entreprise pour mettre les différents directeurs généraux sous sa coupe. Et d’a- près les mêmes, ’il s’est toujours opposé à la privatisation de la Senelec, c’est pour ne pas perdre son pouvoir d’influence et, conséquemment, ses privilèges et autres avantages. Il a toujours usé de la super puissance que lui offre le syndicat qu’il dirige pour promouvoir ses béni oui oui, lesquels lui obéissent au doigt et à l’œil. Aujourd’hui, il vise un poste au Bureau international du travail (BIT). In fine, la boulimie de Sock est difficilement insatia- ble. Triste sortie de scène pour un homme qui eut tous les honneurs mais qui oublia de quitter la scène quand les applaudisse- ments fusaient encore et qui se retrouve soudain surpris par les huées… Par serigne saliou guèye
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    Semaine du Jeudi02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123 ddoossssiieerr :: FFêêttee dduu ttrraaVVaaiiLL LE TEMOIN Hebdomadaire d’Informations Générales7 Le fait est assez rare pour ne pas être souligné : les cinq principales centra- les syndicales de notre pays, à savoir la cNTs, la csA, l’uNsAs, l’uDTs et la cNTs Fc ont, ce 1er mai, fait front commun pour célébrer, symbolique- ment, la Fête du Travail. un regroupe- ment monstre et coloré au stade Iba Mar Diop, des discours enflammés de secrétaires généraux, et pour tout cou- ronner une procession la main dans la main, jusqu’au palais présidentiel pour la remise rituelle des cahiers de doléances au chef de l’Etat. Alliance stratégique, démarche unitaire, nou- velle culture syndicale ou, tout simple- ment, nécessité faisant loi, l’indigence financière commune qui frappe les sénégalais et les syndicats aussi les a contraints à une solution plus écono- mique d’un regroupement idyllique mais sans lendemain. une solution « technique » plus productive que les défilés coûteux, joyeux et ludiques sans plus. En ces temps durs d’austéri- té économique, si les syndicats s’appli- quent une cure financière, ils auront au moins en partie compris la dure réalité d’une gestion de structure. Peu importe si cette leçon s’apprend au détri- ment de l’orthodoxie syndicale et, surtout, d’un rite qui n’a pas encore pris trop de rides. A preuve, même en Europe frappée par la crise économique, les centrales syndicales ont tout de même accepté de sacrifier à la tradition, même en ordres dispersés, du défi- lé, le muguet à la main. Entre une marche en désordre et un regroupement en ordre, les centrales syndicales sénégalaises ont appa- remment choisi la solution de l’image valori- sante de l’unité syndicale et économique- ment supportable. Sans doute, cette option eût été plus compréhensible si la vingtaine de centrales syndicales que compte notre pays s’était retrouvée derrière une seule et unique bannière. Mais mercredi, il en a été autrement. Les cinq grandes centrales ont choisi de se liguer pour se retrouver au stade Iba Mar Diop. Les quatorze autres, sous la houlette du tonitruant Sidya Ndiaye et de la Fédération Générale des Travailleurs du Sénégal (FGTS), ont préféré investir la place de l’Obélisque à Colobane. Autre divergence dans l’approche, si les dirigeants des « cinq» ont décidé de reconduire le rite de la remise des cahiers de doléances, les quatorze avaient semblé vouloir se passer de ce qu’ils considèrent juste comme une sempiternelle rengaine, sans lendemain et sans effet réel sur la résolution des problèmes des tra- vailleurs. VIEILLEs PrATIQuEs sYNDIcALEs Cette césure est loin d’être fortuite. Elle découle sans doute des conséquences directes des élections de représentativité organisées avec brio par l’ancienne ministre du travail, Mme Innocence Ntap Ndiaye, en avril 2011. Pour la première fois, au Sénégal, de telles compétitions syndicales par voie d’urnes se tenaient, après maintes et maintes vaines tentatives. Des générations de minist- res y ont laissé leurs dents, tellement la tenue de ces élections à risques semblait relever du rêve. Refus de se compter des syndicats, fichier peu représentatif de la population laborieuse, inscription sur les listes électora- les chaotique et, surtout, absence de moyens conséquents pour leur organisation sur fond de manipulations politiciennes des plus inimaginables. En effet, autant le pouvoir d’alors tenait à leur organisation, autant il posait tous les actes tendant à déstabiliser la ministre en charge du dossier, elle-même engoncée dans un inextricable enchevêtre- ment de contradictions avec le Premier ministre d’alors, Souleymane Ndéné Ndiaye, le ministre d’Etat Abdoulaye Baldé, son ex- allié devenu ennemi juré, et last but not least, Mme Aminata Tall, alors Secrétaire générale de la présidence de la République. En somme, tous les ingrédients d’échec de cette tentative étaient réunis pour que le poids électoral de chaque centrale ne fût pas connu. Mais c’était compter sans l’opiniâtre- té de Mme Ndiaye qui, déployant son rou- leau compresseur, déjouant ça et là les intri- gues et les tours de passe passe de ses frères libéraux, avait réussi contre vents et marées à organiser ce scrutin. Sans parler de l’hosti- lité ostensible de Mademba Sock et son UNSAS, ainsi que de Cheikh Diop et la CNTS FC peu empressés de voir tomber les ver- dicts, synonymes de représentativité. Une alliance entre les divers adversaires de Mme Ndiaye a failli avoir sa tête, quand elle fut soupçonnée de pervertir par l’argent la CNTS de Guiro et le CSA de Mamadou Diouf. Et même quand l’ancien président de la République avait décidé tout simplement de confier le soin d’organiser les élections au Premier ministre avant de se raviser. Le manifeste encouragement fait par les autorités à la scission au sein de la CNTS FC (où Mme Bakhao Diongue a créé une centra- le rivale), n’a fait qu’ajouter à la confusion et au brouillage des repères. Il semblerait que, devant un tel imbroglio, le président Wade fut même tenté de remettre à plus tard le projet d’élection. En effet, la fête du 1er Mai approchant, il la voulait plus sereine. Mais dure comme un roc, Mme Ndiaye donna un coup d’accélérateur, et à la faveur de la parti- cipation des structures déconcentrées de l’Etat (gouvernances, préfectures et inspec- tions régionales du travail), elle réussit tout de même à reconstituer bon an mal an le fichier, malgré l’opposition manifeste de l’UNSAS et de la CNTS FC. Peine perdue pour ces centrales, les élections ont bien eu lieu sur fond d’accusations de fraudes et de contestations très symboliques. A l’arrivée, le verdict fut sans appel : la CNTS qu’on croyait enterrée franchit la première la ligne, suivie de l’UNSAS, de la CSA, de l’UDTS et de la CNTS FC. Paradoxalement, plutôt que d’a- voir droit à des fleurs et une promotion méri- tée, la ministre du Travail paiera son « outre- cuidante audace ». Contre toute attente, elle sera limogée du gouvernement, victime sans doute de ses contradictions politiques à l’in- térieur du PDS. Mais, elle aura surtout subi les foudres du patron de l’UNSAS, Mademba Sock, qui la rendit responsable de son échec électoral. Alors que le Sénégal préparait sa participa- tion à l’assemblée générale du Bureau International du Travail (BIT) avec une forte délégation, le président Wade, sentant l’ani- mosité très forte entre sa ministre et son allié syndical, Sock, décida de les convoquer nui- tamment pour une réconciliation qui ren- drait plus vivable la cohabitation entre les deux adversaires lors des travaux de Genève. Dès que Mademba Sock apprit la manœuvre, il déclina l’offre d’audience présidentielle. Mme Ndiaye dut ronger ses freins au palais avant que le président ne lui demandât de retourner chez elle et de se mettre à l’écoute d’une autre convocation. Celle-ci a bien eu lieu mais sans elle. Mademba Sock, face au président Wade, n’eut qu’une seule déclara- tion à la bouche : « Président, c’est elle ou moi » sur fond de menace de boycott des assises du BIT et de surchauffe syndicale du pays, si la ministre restait dans le gouverne- ment. ENTrE LA FOurMI guIrO ET LA cIgALE sOck Ironie du sort, Mme Ndiaye, en pos- session de son ordre de mission pour Genève, apprit par les radios son limogeage et son remplacement par Sada Ndiaye. Mais pour l’UNSAS et Mademba Sock, la pilule reste dure à avaler. Malgré le discret appui du pouvoir libéral, la CNTS, encore alliée à un PS bien ancré dans l’opposition, a rem- porté la timbale. La fourmi Guiro a eu raison de la cigale Sock. A la CNTS, la relève est assurée, certes timidement, mais assurée quand même. Quant à Sock et l’UNSAS, ils entreront dans une nouvelle turbulence qui affectera durablement les ressorts de la cen- trale. Depuis, les choses ne semblent pas s’arranger pour cette centrale syndicale et son mythique patron. Sock, à l’image de Madia Diop, tira les mauvaises leçons de son leadership. Après d’irréalistes et infructueu- ses incursions en politique, il dut se résoudre à optimiser ses plates-bandes syndicales, en engrangeant les prébendes tirées des prési- dences tournantes au poste de PCA de l’IPRES et d’autres niches dont le président Wade était si prodigue. En réalité, au-delà des résultats, les élections de représentativité réussies en dépit d’un taux de participation très bas d’à peine 30 %, auront au moins permis de réta- blir l’ordre des choses. Le gouvernement, malgré le départ précipité de Mme Innocence Ntap Ndiaye, détient par devers lui un excellent outil de travail et d’organisa- tion des négociations syndicales. Selon toute logique, seules les trois premières centrales syndicales devraient être invitées aux tables de négociations. Si une telle disposition était respectée, la CNTS, l’UNSAS et la CSA auraient seules le privilège légal de discuter avec le gouvernement et, surtout, d’avoir des places de représentation dans les institutions sociales paritaires. Autrement dit, dans ce cas échéant, Sock ne devrait pas diriger de manière tournante l’IPRES dont la présiden- ce du Conseil reviendrait exclusivement à la CNTS. De même que les centrales UDTS et CNTS FC ne pourraient plus réclamer de bon droit des postes dans ces institutions. Encore moins dans les missions extérieures du BIT et de l’OIT. C’est fort de ces chiffres et de ce classement que le président Wade avait, du reste, enta- mé une véritable reprise en main des rela- tions avec les centrales. Il s’est même permis de taquiner gentiment les leaders syndicaux dont les centrales étaient arrivées en queue de la compétition électorale et en commen- tant avec malice les résultats des élections représentatives, les premières au Sénégal depuis l’indépendance. Paradoxalement, aucune leçon véritable n’a été en apparence tirée de ces joutes électora- les, qui auraient dû servir de baromètre et de tableau de bord pour réguler les négociations entre centrales syndicales et l’état. Pis enco- re, aucune disposition ne semble être prise pour l’organisation de nouvelles élections de représentativité l’année prochaine, puisque leur périodicité est fixée à trois ans. Pourquoi l’actuelle équipe gouvernementale, qui béné- ficie d’un terrain bien préparé, ne cherche-t- elle pas à capitaliser cet acquis ? C’est tout de même étonnant qu’elle maintienne encore en vie les anciennes pratiques en voulant ménager les centrales syndicales de faible représentativité. Et, a contrario, en évitant de donner à la CNTS le statut de première cen- trale que lui ont conféré par les urnes les élections d’avril 2011. Malgré cette complici- té gouvernementale, les centrales syndicales n’en sont pas pour autant satisfaites. Lors de leur première rencontre avec le président Macky Sall en mai 2012, ce dernier s’était engagé à les recevoir au moins deux fois par an. Il n’en est rien pour l’heure. De la kyriel- le de promesses faites l’an dernier par le nou- veau président, rien de significatif n’a été fait, notamment sur la baisse tant attendue des prix des denrées de consommation courante, de l’électricité, de l’eau et sur l’emploi. Et les rares acquis de la lutte syndicale pro- viennent des confrontations, notamment dans le secteur éducatif où les centrales indé- pendantes des organisations de la vieille garde, ont conquis leur autonomie et conso- lidé leur force de frappe. Mais même à ce niveau les syndicats nouveaux issus des corps émergents sont plus performants que leurs doyens d’âge, le SUDES, l’UDEN, le SYPROS noyés dans les centrales de premiè- re génération. A l’évidence, la célébration de la fête du Travail version 2013 n’aura rien apporté de nouveau dans les rapports des syndicats avec l’Etat. Et il y a de fortes chances que cette cuvée 2013 reproduise les mêmes effets que celles des années antérieures. Avec la seule différence que le pouvoir actuel ne s’ap- puie en réalité sur aucune centrale puissante qui pourrait comme à l’époque du pouvoir socialiste lui servir d’indéfectible soutien. Mais cette évolution avait déjà commencé durant le règne de Wade où, déjà, la CNTS gardait une grande capacité d’action sans vraiment chercher en user. Elle a préféré se restructurer en interne plutôt que de risquer la confrontation avec un pouvoir puissant, entêté et prêt à en découdre. Surtout à une période où le PS, groggy après sa défaite de 2000, avait écarté toute idée de se servir de la CNTS comme bras armé pour secouer, sur le terrain social, le pouvoir libéral. Opposition républicaine, certes, mais aussi aveu d’impuissance devant l’évolution des mœurs syndicalo-politiques qui ont vu le cordon ombilical coupé entre le PS et la cen- trale à l’époque, affiliée de taille, devenue un bien timide allié. uNITé DE FAçADE Face à un pouvoir qui n’a pas de grande expérience dans ses rapports avec les syndicats, les centrales syndicales n’ont d’au- tres choix que de mutualiser leur combat. Mais le pourront-elles vraiment au regard de leurs divergences passées exacerbées par les élections de représentativité qui demeurent jusqu’à une autre compétition la seule réfé- rence dans l’appréciation des forces des 20 centrales en activité dans notre pays. Comment dès lors apprécier les embrassades entre un Guiro trop accommodant et un Sock en perte de vitesse ? Si l’on ne s’arrêtait qu’à cette image, on pourrait croire que la hache de guerre est définitivement enterrée entre des centrales que tout, dans un passé encore récent, avait séparé et opposé : la compétition, les allian- ces, le conflit de générations et même les bases sociologiques de leurs militants. Certes, la forte et historique implantation de la CNTS dans tous les secteurs de la produc- tion prévalait, en dépit d’une érosion percep- tible et l’émergence de nouvelles figures emblématiques. Par Aly samba Ndiaye Fête du travail : mobiliSation à la place deS déFiléS Quand les centrales pratiquent le minimum syndical
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    LE TEMOIN Hebdomadaire d’InformationsGénérales 8 Semaine du Jeudi 02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123 eeccoonnooMMiiee En justifiant la décision de réviser le Code minier, le directeur général des Mines a révélé que les exonérations ont coûté plus de 400 milliards fcfa à l’Etat du du Sénégal entre 2005 et 2012. Des chiffres qui ne concernent que ce seul secteur. Dès lors, il est permis de demander ce qu’il en est des autres, notamment du commerce, et plus précisément des activités d’importation et d’exportation de marchandises. Les chiffres sont alarmants bien que personne ne puisse dire avec exactitude combien ces différents trafics ont coûté à l’économie nationale. Selon des sources dignes de foi, rien qu’ent- re 2010 et 2012, c’est-à-dire durant les deux années précédent la dernière élection prési- dentielle, et au début de l’année électorale, la valeur des titres d’exonérations fiscales et douanières aurait dépassé la barre des 900 milliards fcfa. Soit beaucoup plus que les 694 milliards de francs cfa que M. Karim Wade est accusé d’avoir détournés ! Un montant avancé par une source en servi- ce au « Bureau des Exonérations » sis minis- tère de l’Economie et des Finances. Une source douanière haut placée tient cepen- dant à relativiser ce chiffre en indiquant que le dernier rapport produit sur la question et datant de 2008 avait fait apparaître effecti- vement que ces exonérations coûtaient 300 milliards de francs par an au Trésor. Toutefois, indique-t-elle, du fait des difficul- tés financières rencontrées par l’Etat et des pressions exercées alors sur lui, Wade avait levé le pied à partir de 2010 et mis fin à beaucoup d’exonérations. Mais toujours est- il que la saignée continuait même s’il est plus raisonnable de la chiffre à plus de 100 milliards par an, ce qui était toujours trop. C’était d’autant plus excessif que, jusqu’au départ du président Abdou Diouf de la magistrature suprême en 2000, l’exonéra- tion constituait une exception qui ne s’obte- nait qu’au prix d’un véritable parcours du combattant. Il fallait en effet montrer patte blanche à une incroyable chaîne de déci- deurs administratifs pour avoir le privilège de bénéficier d’une exonération. Et ce même si les véritables dons tels que les vivres ou les ambulances destinés aux associations et organismes à caractère humanitaire, bénéfi- ciaient de l’exonération de droits et taxes. Sans oublier les manuels scolaires, les médi- caments et autres lots d’habillement pour les populations en détresse sociale. Des exo- nérations qui n’étaient octroyées toutefois qu’à l’issue de contrôles rigoureux pour s’as- surer aussi bien de l’origine et de la nature des dons, que des véritables destinataires de ceux-ci. Autrement dit, pour encourager les personnes de bonne volonté et les associa- tions communautaires à s’activer dans l’hu- manitaire et la bienfaisance, le régime du président Abdou Diouf appliquait une poli- tique d’exonérations ciblées. Dieu sait que les bénéficiaires en faisaient bon usage. Toujours est-il qu’à l’époque, on voyait très rarement des marabouts et autres hommes d’affaires indélicats s’aventurer sur le terrain glissant de la délinquance fiscale. Ils crai- gnaient d’être traqués par des brigades de contrôle fiscal qui veillaient rigoureusement sur tout détenteur de titre d’exonération, histoire de décourager tout détournement d’objectif. Il convient de préciser que l’admi- nistration des Douanes ou la direction des Impôts et Domaines n’était pas habilitée à accorder des exonérations. Lesquelles rele- vaient des pouvoirs exclusifs du président de la République et du ministre de l’Economie et des Finances. Il a fallu attendre l’avènement de l’alternan- ce de 2000 avec l’arrivée de Me Abdoulaye Wade au pouvoir pour que cette politique d’exonération soit détournée de ses objectifs originaux. Et durant les douze ans de pou- voir de Me Abdoulaye Wade, les titres d’exo- nérations sont devenus malheureusement des instruments d’enrichissement illicite pour de nombreux marabouts et autres charlatans dont la plupart sont originaires de Touba et de Kaolack. Pour la petite histoi- re, « Le Témoin » vous rappelle l’affaire de ce marabout « mbacké-mbacké » à qui le président Wade avait octroyé des titres d’exonération d’une valeur de 300 millions fcfa. Pour bénéficier de ces faveurs fiscales de l’Etat, ce marabout doublé d’un homme d’affaires avait soutenu qu’il allait construire une mosquée et un « daara » à Touba. Et pour les besoins de ces « travaux », il lui fal- lait importer du marbre, des carreaux, du fer à béton, des sanitaires etc… Et ce en très grande quantité. Puis, muni de ses titres d’exonération le dispensant des droits et taxes de douanes, l’homme d’affaires aux longs chapelets s’é- tait rapproché d’un grand commerçant pour lui vendre ses titres d’exonération à 200 millions fcfa. Et le tour était joué ! C’est ainsi que, pendant plusieurs mois, l’heureux opé- rateur économique a eu à importer des dizaines de conteneurs renfermant des car- reaux, du fer et du marbre sans acquitter des droits de douane. Un an plus tard, le même chef religieux a bénéficié d’autres titres d’exonération par le biais de son Ong « isla- mique » qui n’était autre qu’une « Ong » maffieuse. Cette fois-là, il avait demandé des exonérations sur le lait, le sucre et l’hui- le du fait que, prétendait-il, il lui fallait nourrir les milliers de talibés pensionnaires de son « daara ». C’est d’ailleurs ce trafic de trop qui a fait découvrir le pot aux roses. Car, après avoir racheté les titres d’exonéra- tion du marabout, son complice le commer- çant véreux avait non seulement importé et enlevé du lait et du sucre, mais aussi du poi- vre considéré à l’époque comme le produit le plus cher sur le marché agroalimentaire. Alertés sur cette affaire de fausse déclaration portant sur plusieurs millions fcfa, les doua- niers étaient allés épingler le pauvre com- merçant. Et le cerveau qui se trouve être le « mbacké-mbacké » ? Eh bien, il s’était tout bonnement réfugié derrière une immuni- té… religieuse. Cela dit, et comme nous le confirme la même autorité douanière citée plus haut, « ces exonérations sociales accordées à des marabouts ne coûtent que 20 milliards envi- ron au Trésor. Le problème, c’est qu’elles portent sur des filières assez fragiles que toute importation de marchandises en gran- de quantité et en exonération de droits et taxes peut destabiliser. D’où un coùt pour l’économie en réalité beaucoup plus élevé que le manque à gagner de la douane en tant que tel. Mais les exonérations qui font perd- re le plus d’argent au Trésor concerne effec- tivement des secteurs comme les mines, les cimenteries etc. » confie notre interlocuteur. Vous conviendrez donc avec nous que, sous le régime de Wade, ils étaient très nombreux à s’être enrichis sur la base des titres d’exo- nération douanière et fiscale plus rentables que les titres fonciers de la zone des Almadies ou des environs du « Terrou bi ». Et surtout durant la période 2010-2012 cou- vrant la période de la campagne pré-électo- rale où les personnes politiquement « influentes » n’ayant pas pu bénéficier de ter- rains de Wade, se sont rabattues sur les tit- res d’exonération. Le président en avait tel- lement distribué au point que des piliers de l’économie ont failli s’effondrer. D’ailleurs, du fait de ces multiples abus, nombreux sont ceux qui se demandaient comment la Douane et les Impôts & Domaines réussis- saient le miracle d’atteindre leurs objectifs de recettes financières. « A ma connaissan- ce, je peux vous avancer que l’abus des exos aurait atteint la barre des 1.000 milliards fcfa durant les années 2009 et 2011 » nous confie un fonctionnaire en service au minis- tère de l’Economie et des Finances. Un chif- fre que, nous l’avons dit, il convient de minorer un peu. Pour dire à quel point les exonérations accordées aux à certaines entreprises, aux « Ong », marabouts et autres hommes d’affai- res ont constitué un véritable crime fiscal qui a plongé l’économie nationale dans une profonde agonie. Souhaitons donc que le président Macky Sall fasse de la suppression de ces exonéra- tions de complaisance son affaire personnel- le. Sinon, il risque d’homologuer des canaux d’enrichissement illicite qu’il a pourtant promis de nettoyer à grande eau. eXonerationS FiScaleS et douaniereS abuSiveS : Quand industriels, marabouts et « ong » se « sucraient » au détriment du trésor public La Voix de l’amérique, c’est sur la top Fm 107.0 Au moment où l’actualité mondiale s’emballe, suivez les infos de la Voix de l’Amérique (VOA) PrINcIPALEs éDITIONs Du JOurNAL PArLé : 06 heures du matin - Midi - 19h 30 La VOA, c’est des infos de première main, des commentai- res, des analyses et… de la bonne musique ! La VOA, tous les jours sur TOP Fm 107.0 Face aux exonérations douanières et fiscales abusives et exagérées, les administrations des Impôts et Domaines mais aussi des Douanes avaient décidé de poser un garrot pour arrêter l’hémorragie. Hélas, c’était sans compter la générosité légendaire de l’ancien président de la république, Me Abdoulaye Wade, qui exonérait à tour de bras ! Et ce, pour des raisons purement politiciennes ou confrériques dans la plupart des cas. ce faisant, il ouvrait un large boulevard aux trafi- quants de tout acabit. un boulevard dans lequel se sont engouffrés des marabouts, grands et petits, des charlatans ainsi que des ong « isla- miques ». bref, toute une faune qui, pour des raisons prétendument humanitaires, sollicitait et obtenait des exonérations avant de se livrer à toutes sortes de trafics. rien qu’entre 2010 et 2012, les titres d’exo- nérations fiscales et douanières auraient fait perdre au Trésor public près de 900 milliards fcfa, nous confie-t-on. « Le Témoin » a cherché à en savoir plus… Par Pape NDIAYE
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    Semaine du Jeudi02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123 rreePPoorrttaaggee LE TEMOIN Hebdomadaire d’Informations Générales9 Il est dix heures en ce vendredi, la tempéra- ture ambiante affiche les trente degrés dans les rues sablonneuses du quartier de Thiaroye. Ici, il faut se frayer un chemin entre les maisons et les étals des femmes vendeuses aux coins des rues. Accompagné du chef de la sécurité de la Sar, nous avons tous troqué nos tenues traditionnelles contre des tuniques bleues pour les uns et des com- binaisons de pompiers pour les autres, avec, pour tout un chacun, une paire de chaussu- res de sécurité. Ici, c’est ce qu’on appelle : « les équipements de protection individuelle (EPI) ». Sur le chemin, il faut s’arrêter un moment, laisser passer de petits écoliers habillés de blouses souvent mauves ou ocres, symboles de leurs appartenances à un éta- blissement. D’un autre coté, des vieux assis à l’ombre d’un bâtiment ont étalé un drap à côté de la route pour recueillir quelques piè- ces de monnaie pour le financement des tra- vaux d’une mosquée en réfection. Laquelle n’est pas loin de l’emprise des pipes de la Sar. Mais ici, on préfère ignorer le danger et se ranger dans un fatalisme. Dans ces quartiers, les maisons et lieux de culte, à défaut de jouxter les pipes, sont par- fois construits sur ceux-ci. M. Sembene, en véritable passionné des questions sécuritaires et visiblement impa- tient de montrer l’impact de l’agression dont est victime le réseau de la Sar, nous conduit vers les lieux dans sa voiture. Son téléphone n’arrête pas de sonner, il coordonne avec le responsable de l’équipe de la Sagam. Malgré ses communications régulières, il nous retra- ce l’historique des installations entre deux appels. Avec ses trente-deux années de présence à la Sar, M Sembene connait le circuit comme sa poche. Par ses hochements de tête, on peut aisément comprendre le chagrin de cet homme quand il relate les histoires des sinis- tres que « son » réseau a eu à subir au fil du temps. Avec l’œil vif d’un maniaque de la sécurité il jette des regards furtifs de chaque côté du trajet et n’hésite pas à descendre de son véhicule pour interpeller un contrevenant sur la gravité de son acte. Mais comme si chacun voulait rejeter la responsabilité sur les autres, les propriétaires ayant construit sur les pipes ne manifestent aucun signe de regret. Pire, tous semblent connaitre l’am- pleur et la gravité de leurs gestes, mais ils préfèrent attendre, disent-ils en chœur, que la Sar leur demande de casser les installa- tions anarchiques sur le réseau ou dans la zone d’emprise avant de s’exécuter. « Si vous cassez ma construction, vous le ferez dans le tout Thiaroye », nous lance ce chef de famille alerté par les interpellations de deux jeunes filles qui se trouvaient à l’in- térieur de sa maison et qui nous deman- daient pourquoi nous prenions des photos de leur « maison ». Outre l’occupation de la zone d’emprise, ou les constructions sur les pipes, la Sar devra aussi faire face à un projet immobilier d’une entreprise de fabrication de produits alimen- taires. En effet, cette entreprise voisine du circuit des pipes de la Sar a affecté une partie de ses terres à ses employés pour un projet immobilier ; mais il se trouve que les pipes de la Sar passent au milieu du terrain en question. Alors, pour ne pas connaître les mêmes problèmes qu’ailleurs, le chef de la sécurité préconise une concertation avec les responsables de cette entreprise pour un respect scrupuleux des règles de sécurité vis- à-vis des installations de la Sar. Depuis sa création dans les années soixante, les autorités gouvernementales et celles de la Sar ont pris les devants pour délimiter le domaine de la raffinerie. C’est ce qui justifie son implantation dans la banlieue dakaroise. Une zone exclusivement réservée aux entre- prises évoluant dans le secteur des hydrocar- bures. Aujourd’hui, avec l’urbanisation galopante et un peu anarchique, les installations de la Société africaine de raffinage ne respectent plus les normes sécuritaires habituelles, tel- lement les habitations se sont rapprochées des équipements tels que les pipes. Les pipes, c’est le réseau composé par l’en- semble des tuyaux utilisés pour le transport des produits pétroliers (avant et après le traitement de ceux-ci) vers les dépôts. Ils sont enfouis dans le sol à une profondeur variant entre quatre vingt centimètres et un mètre quatre-vingt, et jouxtés par une zone d’emprise de cinq mètres de part et d’autre, (ce qui en constitue la zone d’emprise). Aujourd’hui, les pipes de la Sar subissent tout le long du réseau des agressions qui en font de véritables « bombes à retardement ». Il n’est que de voir les photos pour s’en reportage : sur le réseau agressé des pipes de la sar Il est parmi les fondamentaux de la société africaine de raffinage (sar), l’aspect sécurité. En effet, à l’instar d’au- tres raffineries, la sécurité du personnel, celle des installations et de l’environnement immédiat fait l’objet d’une attention toute particulière. Toutefois, le réseau de la sar fait les frais de l’urbanisation anarchique des quartiers environnants. retour sur une visite de terrain. Doyenne des raffineries africaines, la Société africaine de Raffinage (sar) est aujourd’hui dans un tournant décisif. Très secouée par les fluctuations des prix des produits pétro- liers, sa principale matière première, la tor- che trône encore malgré tout et rejette son trop plein d’énergie dans les parois gazeuses de l’atmosphère. Comme si elle y cherchait un souffle quotidien, la colonne enturbannée de la flamme fumante illumine et réchauffe encore tant bien que mal les ménages qui s’approvisionnent chez elle. Comme l’oxygène dont les humains ont besoin, la Sar a aussi besoin de son énergie pour pouvoir raffiner encore et encore à défaut de son fric. Ici, à n’en point douter, le raffinage pour soulager les consommateurs est le mobile le mieux partagé par les salariés de l’entreprise. Mais du fait d’un cours mon- dial insaisissable et d’un refus quasi catégo- rique des détenteurs d’une licence « d’im- portateurs de butane » de faire venir le pro- duit, la vieille puise encore et encore dans ses dernières ressources pour que la flamme ne s’éteigne pas. Depuis 2005, les autorités de la Sar ont pro- cédé à des recrutements pour renouveler et rajeunir le personnel. Presque dans tous les Départements, le constat est unanime : le personnel technique et d’appoint de la Sar est jeune. A côté de l’expérience des anciens, la jeune garde apporte l’énergie dont a besoin la raffinerie pour exister encore. Un bon dosage d’une fougue de jeunesse et d’un capital expérimental qui, s’il s’adosse sur un accompagnement et une volonté politique, pourrait effectivement libérer les énergies nécessaires pour que le secteur de l’énergie retrouve ses lettres de noblesse. Ce qui redonnerait aussi à la Sar une seconde jeu- nesse. Que de sacrifices pour en arriver là ! Les dif- férentes entités de la Sar se triturent les méninges à longueur de journée pour trou- ver la bonne solution. A côté des efforts de l’Etat du Sénégal, la Sar tente tant bien que mal de satisfaire une clientèle de plus en plus exigeante et dont le statut n’est plus celui d’un simple consommateur mais de « consom-acteurs». Car plus question pour elle (la clientèle) de rester chez elle attendant l’arrivée d’un buta- nier ou d’un tanker en provenance de pays gâtés par la nature, laquelle les a dotés de ces liquides précieux dans leur sous-sol. Non, désormais, les « consom-acteurs » exi- gent, donnent leurs avis. Mieux, ils attri- buent des notes et apprécient, d’où l’urgen- ce pour l’entreprise de s’ouvrir à eux en pre- nant en compte leurs désidératas. L’utilisation des réseaux sociaux peut aider à « embellir » l’image de la Sar indexée sou- vent à tort en cas de rupture. Aussi, elle doit prendre la température des bénéficiaires de ses produits. La bouffée d’oxygène tant attendue La récente visite du roi du Maroc au Sénégal ainsi que le dernier voyage du chef de l’Etat aux Etats-Unis en compagnie du ministre de l’Energie ont redonné de l’espoir aux popula- tions. Vivement la concrétisation de ces accords signés par le ministre de l’Energie à hauteur de cent vingt milliards de francs cfa aux Usa. Que le gaz liquéfié de la Louisiane inonde les pipes de la Sar au moment où d’autres sources d’énergies, dites propres, balaient les stigmates de corrosion sur des installations de l’usine par des produits pétroliers en tout cas moins nobles. La Sar peut et doit continuer à assurer son rôle et c’est possible. Il lui faut pour cela l’accompa- gnement permanent et sans équivoque de l’Etat. La belle histoire qui a commencé au 20e siè- cle, poursuivons-la ensemble au 21e. Par O. Ndiaye libérer leS énergieS La vieille a encore ses gènes de jeunesse convaincre. Les quartiers de Thiaroye sur mer, situés en pleine banlieue, à quelques encablures de la Sar, sont traversés par les pipes de cette der- nière. Mais du fait de l’absence d’une poli- tique d’urbanisation ou de lotissement cohérente, des populations de la localité ont construit sur la zone d’emprise ou enco- re sur les pipes mêmes, cela malgré la maté- rialisation de la zone sécuritaire par des balises visibles le long du réseau. En plus des constructions à usage d’habita- tion, des lieux de culte sont parfois installés sur les pipes même de la Sar. Les responsa- bles de la sécurité sont souvent mis devant le fait accompli à cause de l’absence de réac- tion des autorités étatiques chargées de faire appliquer le respect des distances réglementaires par rapport à l’emprise des pipes. Toujours dans le souci de prévenir ces installations anarchiques et limiter les risques de perçages clandestins, les autori- tés de la Sar se sont attachées les services d’une société de gardiennage de la place qui sillonne le tracé des pipes 24h sur 24. Ceci n’empêche pas cependant la découver- te d’installations nouvelles sur l’emprise des pipes presque chaque semaine (Hélas, compte tenu de l’absence de moyens sur- tout motorisés pour faire des rondes sur le réseau, les chargés de la sécurité découvrent des installations sur les pipes quelques semaines après). Il s’y ajoute que le nombre de préposés à la sécurité est souvent insuf- fisant pour surveiller les points sensibles ou à haut risque. Pour lutter contre les vols répétés de ses produits, la Sar a entrepris nombre de cara- vanes de sensibilisation dans les quartiers riverains traversés par les pipes. Des ren- contres périodiques ont été organisées pour sensibiliser les habitants de ces quartiers sur les risques liés à de telles pratiques, mais aussi quant à l’occupation de la zone d’emprise. Aussi, pour permettre une intervention rapide des responsables de la sécurité de la Sar en cas de découverte d’une installation ou occupation irrégulière, un numéro vert à été mis à la disposition des populations de ces quartiers. Les relations sociales étant très denses dans ces quartiers. Avec l’existence des groupe- ments de femmes ou d’associations reli- gieuses ou de jeunes, la Sar avait mis à contribution ces groupes sociaux pour nouer des partenariats afin de toucher le maximum de populations dans le cadre de la sensibilisation. C’était aussi un moyen pour elle (la Sar) de contribuer au dévelop- pement de la localité par des actions socia- les concrètes au bénéfice des habitants de ces quartiers (voir photo). La proximité entre les installations de la Sar et les habitations occasionne souvent des feux de paille. Ce fut le cas en fin de semai- ne dernière, lorsque le responsable de la sécurité avait été saisi par les agents de sécurité de la Sagam suite à l’intervention des sapeurs pompiers de Dakar pour mai- triser un début de feu au niveau du marigot de Thiaroye au quartier dit « Cotonnière ». En réalité, il s’agissait d’un cas isolé de feu de paille un peu éloigné du reste des instal- lations de la Sar, mais des cas de ce genre sont légion dans ce quartier. Il convient de signaler, d’ailleurs, que les tuyaux de la Sar sont enfouis à près d’un mètre cinquante sous terre dans cette zone. Outre les feux de paille, les cas de vol des produits pétroliers constituent également un véritable casse-tête pour les responsa- bles de la sécurité. Comme mentionné plus en haut, l’approche des fêtes religieuses est une période pen- dant laquelle, les cas de vol deviennent plus récurrents. Des malfrats « siphonnent » des produits pétroliers pour les revendre au marché noir. Malgré les innombrables campagnes de sensibilisation et les actions sociales en faveur des populations habitant le long des pipes, force est de constater qu’il existe encore des cas sérieux d’agression des installations. Bref, la lutte contre les occu- pations des emprises de la Sar est un vérita- ble travail de Sisyphe, sans cesse entrepris, jamais terminé et toujours recommencé. Par Ousseynou Ndiaye
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    Semaine du Jeudi02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123 ssoocciieetteeLE TEMOIN Hebdomadaire d’Informations Générales 10 Il y a 10 ans de cela, on disait que l’Afrique, c’est le continent du désespoir. Et ce, dans tous les domaines particulièrement celui de la lutte contre le Sida, une pandémie qui faisait des ravages effroyables au Sud du Sahara en particulier. Que de chemin parcouru depuis lors puisque, en une décennie à peine, l’Afrique est devenue le continent où la croissance économique mondiale est la plus soutenue, mis à part les dragons asiatiques. Mieux, à l’afro-pes- simisme, a succédé un « afro-optimisme » béat, si bien qu’aujourd’hui, l’Afrique est l’objet de toutes les attentions. Bref, le continent change et se transforme complè- tement. C’est particulièrement vrai dans le domaine de la lutte contre le Sida où l’on avait tendance à considérer, il y a une décennie à peine, que la situation était désespérée. A l’époque, les hôpitaux étaient remplis de personnes malades du sida et sans espoir de guérir. Des personnes qui, en plus de leur maladie mortelle, étaient victimes de discrimination et de stigmatisation. En effet, cette maladie a été pendant long- temps assimilée, dans beaucoup de socié- tés, à de la sorcellerie du fait de son agres- sivité sur le corps humain. Pis, on avait ancré dans les mentalités que les acteurs de la lutte étaient impuissants face à une telle situation catastrophique. A cela, s’a- joutait le problème de l’inaccessibilité des médicaments du fait de leur rareté et de leur cherté. Pour cause, le peu de médica- ments disponibles coûtait, alors, à peu près 15 000 dollars (7. 500. 000 francs cfa !) par personne et par an pour le traite- ment. Dix ans plus tard, et au prix d’incommen- surables efforts ainsi que d’une lutte acharnée, les acteurs sont parvenus à ramener le prix des mêmes médicaments à… 80 dollars. Conséquence, selon le directeur exécutif de l’Onusida, « si on met les gens très tôt sous traitement, on peut réduire les nouvelles infections de 96 % ». Les résultats sont déjà visibles dans un pays comme l’Ethiopie où, selon M. Sidibé, « on n’avait pas d’espoir » et où les nouvel- les infections ont été réduites de 90 %. Mieux, estime le patron de l’ONUSIDA, « il est possible d’éliminer la transmission de la mère à l’enfant et plusieurs pays comme le Botswana et la Namibie, l’ont déjà commencé. Le Burkina, quant à lui, est considéré comme un pays modèle dans la lutte cont- re le sida. Il a réduit la prévalence de 6 % à 1% et fait partie, avec le Sénégal (0,7% de prévalence), des pays où la prévalence est la plus faible. Il fait également partie des pays qui ont réduit les nouvelles infections de plus 25 % à 30 %. Autant de choses qui font que, « nous ne pouvons qu’espérer voir le Burkina continuer d’être un modèle dans l’élimination de la transmission du virus du Sida de la mère à l’enfant ». Une chose est sûre : ces avancées mont- rent qu’aujourd’hui, l’Afrique est entrain de briser la trajectoire de l’épidémie du Sida. Mieux, il est entrain d’inverser la dynamique des nouvelles infections qui ont été réduites de 50 % dans 25 pays du monde dont 13 pays africains. Mais il n’y a pas que les programmes de prévention qui marchent. Les traitements aussi sont disponibles un peu partout. Il y a 10 ans de cela, rappelle M. Sidibé, « on n’avait même pas 50 000 personnes sous traitement. Aujourd’hui, plus de 6 millions 400 mille personnes sont sous traitement. Et, dans le monde, on a plus de 8 millions de personnes qui sont sous traitement ». Des traitements qui, selon toujours le directeur exécutif de l’Onusida, ont égale- ment un impact sur la mortalité qu’ils réduisent considérablement. Ce qui fait que « les gens meurent moins et on a moins d’orphelins ». Mais tous ces bons résultats risquent, hélas, d’être compromis par la décision des bailleurs de fonds de se retirer. Un retrait qui ne semble, toutefois, pas ébran- ler le directeur exécutif de l’Onusida qui, philosophe et positivant, pense qu’il fau- drait être moins dépendant des ressources financières de l’extérieur pour lutter cont- re le Sida. Pour ce faire, l’Onusida préconi- se de faire en sorte « qu’on puisse se batt- re contre les tabous pour mieux faire com- prendre la nature de l’épidémie et voir dans quelle mesure on peut mieux engager les leaders que sont les dirigeants poli- tiques, traditionnels, religieux pour mieux faire comprendre la nature de l’épidémie. Et surtout se battre contre la discrimina- tion et la stigmatisation ». Parce que sou- vent, « le fait de méconnaitre cette épidé- mie et ses modes de transmission, c’est qu’on exclu des groupes qui sont à risques. Et je pense, par exemple, aux travailleuses du sexe, ou aux hommes qui font des rela- tions sexuelles avec des hommes. Il faut être inclusif et, pour ce faire, il faut, bien sûr, tenir compte de la culture et des sen- sibilités sociales qui existent dans chaque pays surtout celles religieuses » a-t-il lais- sé entendre. Et la deuxième leçon, selon toujours M. Michel Sidibé, c’est qu’il faut utiliser le sida comme un point d’entrée pour bâtir une plateforme industrielle, « produire les médicaments sur le continent et puis faire en sorte qu’on puisse changer les mécanis- mes de gouvernance, revoir les architectu- res financières et voir dans quelle mesure on peut transférer des ressources de façon transparente avec une plus grande obliga- tion de rendre compte ». Autant d’éléments qui tiennent compte de la feuille de route de l’Union africaine, qui est une décision des leaders africains. Cette vision continentale s’articule autour de trois points. « Elle consiste d’abord à générer des ressources internes, c’est-à- dire faire en sorte qu’on puisse repenser complètement les mécanismes de finance- ment du sida, rehausser nos systèmes d’appui aux populations les plus démunies pour pouvoir intégrer des idées nouvelles comme le système d’assurance-maladie. Et puis, des mécanismes de taxes pour- raient être intégrés dans le système de col- lecte de ressources pour créer des nouvel- les formes de ressources pour le finance- ment des maladies Le deuxième volet, c’est aussi repenser complètement notre système de régulation des médicaments au niveau continental. Faire en sorte que ces médicaments, on puisse, éventuellement, les produire loca- lement mais avec la qualité requise. Last but not least, il faut essayer de repen- ser complètement l’économie de la connaissance, les transferts de technolo- gies et de compétences pour que l’Afrique puisse se prendre en main. Pour plus d’ef- ficacité, il faudrait recourir à des espaces géographiques plus vastes comme l’Uemoa ou la Cedeao, en Afrique de l’Ouest, qui polarisent 400 millions de personnes. Ce qui permettrait de créer un marché important et d’ouvrir le capital des sociétés à créer aux différents pays qui seraient intéressés pour la production de ces médicaments sur le continent. » micHel Sidibé, directeur eXécutiF de l’onuSida, à propoS de la lutte contre le Sida : « sans la jeunesse africaine, il sera difficile de maintenir et pérenniser nos acquis » Les efforts consentis ont montré que l’Afrique, longtemps considérée comme le continent du désespoir dans la réponse au VIH, est aujourd’hui entrain d’inverser la tendance en essayant, tant bien que mal, de briser la trajec- toire de l’épidémie du sida. une révélation faite par le directeur exécutif de l’Onusida sur la chaine panafricaine Africable Télévision. Dans le même entretien, M. Michel sidibé est également revenu sur la feuille de route à suiv- re pour arriver à éliminer le sida. M. Michel Sidibé est persuadé que les présidents africains vont considérer cette feuille de route comme un moyen pour réduire la dépendance de l’Afrique à l’é- gard des bailleurs de fonds internatio- naux. Cela dit, l’Afrique comptera, vers la fin du siècle, plus de 350 millions de nouveaux jeunes pendant que d’autres continents connaitront un vieillissement de leur population. Pour l’Afrique, cela créera de nouveaux défis qu’il faut penser résoudre dès à présent. Il faut notamment com- mencer à penser aux moyens de réduire la vulnérabilité des jeunes pour que ces der- niers aient accès à des supports et à des moyens d’accompagnement pour éviter les fléaux grandissants tels que l’alcoolis- me, la toxicomanie… Malheureusement, le monde compte aujourd’hui plus de 600 millions de jeunes qui ne sont pas édu- qués et qui n’ont pas d’emploi. Malgré tout, « il faut trouver des moyens pour les faire participer à travers les réseaux sociaux et faire en sorte qu’on puisse les utiliser comme des acteurs », préconise le patron de l’ONUSIDA. Selon les données les plus récentes, près de la moitié des 2 milliards d'utilisateurs d'Internet dans le monde ont déjà eu recours à une forme ou une autre de média social. En Afrique, l'utilisation d'Internet a connu une croissance de 2 357 % entre 2000 et 2010 et l'Asie abrite près de 42 % de l'ensemble des internau- tes. Les outils offerts par les médias sociaux renferment un énorme potentiel en matière de sensibilisation et de mobilisa- tion de l'action sociale requise pour ren- verser le cours de l'épidémie de Vih. L'Onusida, toujours dans le cadre de la riposte au sida, a mis en ligne la vitalité, le dévouement et la passion en utilisant les médias sociaux et en créant des discus- sions virtuelles. Au moins 79 pays ont participé à cet échange. M. Michel Sidibé en est convaincu : « sans la jeunesse africaine, on aura des difficul- tés énormes à maintenir et pérenniser nos acquis. On connait vraiment aujour- d’hui un bonus démographique extraor- dinaire, selon les experts, en termes de dividende démographique et avec l’appui de la réduction de la mortalité. On est aujourd’hui dans une situation où on a des ressources humaines importantes, au niveau des jeunes, qui vont nous aider, si elles sont bien canalisées et bien utili- sées, à, certainement, transformer nos économies ». Et le directeur exécutif de l’ONUSIDA de poursuivre : « ce que nous voulons sur- tout, c’est de mettre en place une commis- sion mondiale pour repenser, un peu, ce que pourrait être la fin de cette épidémie. Et dans ce débat-là, on va créer une sous- commission jeunesse qui va impliquer les jeunes de par le monde ». Les pays africains s’engagent de plus en plus. Et les résultats positifs sont là, pal- pables. Par conséquent, ce n’est pas le moment d’interrompre les efforts. Au contraire, il est question de tout faire pour « commencer avec une génération sans sida. Et pour nous c’est possible de dire, en 2015, qu’on va atteindre ce degré zéro », a prédit, optimiste, M. Michel Sidibé. Pour autant, il n’oublie pas de souligner que 6 à 7 millions de sidéens vivant sur le continent attendent toujours de recevoir un traitement. Comme quoi, malgré les incontestables avancées enre- gistrées, il reste encore beaucoup à faire pour éradiquer définitivement la pandé- mie du Sida sur le continent… Maïmouna Faye
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    Semaine du Jeudi02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123 ccuuLLttuurree LE TEMOIN Hebdomadaire d’Informations Générales11 Le Témoin a rencontré le président de cette structure, Abdoulaye Mamadou guissé, qui semble dire tout haut ce que beaucoup d’autres murmurent tout bas ! Entretien. Monsieur Guissé, vous êtes très présent dans l’espace culturel où vous êtes des vigi- les décernant de bons et de mauvais points selon les cas. Mais quelle est la représentati- vité de l’Omart ? Abdoulaye Mamadou guIssE - L’Omart, fort du poids de ses membres, est présent par ses différentes antennes en Afrique et un peu partout en Europe et en Amérique. Le poète Amadou Lamine Sall en est le Président du Conseil scientifique, de même que Joe Ouakam entre autres acteurs culturels. Notre représentativité est qualitative et non quantitative. L'Observatoire de la Musique et des Arts a été légalement créée et son assemblée géné- rale a été présidée par le préfet de Pikine et le ministère de la Culture sous Abdoulaye Elimane Kane. C’était à la veille de l’Alternance, le 17 septembre 1999. Nous sommes en train de préparer des stratégies de redéploiement pour sauver la culture de notre pays. Quelle appréciation faites-vous de la politique culturelle du pouvoir actuel ? Si le chef de l'Etat a défini la politique cultu- relle qui prend en charge tous les segments de la culture, y compris la valorisation du patrimoine matériel comme immatériel, force est de reconnaitre qu’il ambitionne d’en faire un levain. La preuve, dès que les cinéastes ont raflé des prix au dernier Fespaco à Ouagadougou, le Président a décidé de mettre un milliard à partir de 2014 pour la production cinématogra- phique au Sénégal. Séance tenante, il offre 20 millions aux lauréats. Donc, la volonté politique est affichée. Mais, l'actuel ministre de la Culture, M. Abdoul Aziz Mbaye, ne suit pas et il est en train de dévoyer la politique culturelle du Sénégal et de l'appauvrir. C'est le président Macky Sall, alors Premier ministre, qui avait accompagné les acteurs culturels à propos de la loi sur les droits d'auteur et les droits voisins quand Mame Birame Diouf, alors ministre de la Culture, trainait les pieds. Ainsi, la loi sur les droits d'auteur et droits voisins a été votée depuis le 25 janvier 2008 et il y a eu ensuite une vingtaine de décrets d'application. Il suffi- sait juste de les exécuter et le Bsda allait devenir une société de gestion collective. Mais voilà que l'actuel ministre parle d'un comité de pilotage pour revoir les textes, histoire de jouer au dilatoire avec la compli- cité de son ami de longue date Aziz Dieng, par ailleurs président du conseil d’adminis- tration du Bsda, premier conseiller tech- nique de son ami ministre Mbaye, président contesté de l'Association des Métiers de la Musique (Ams). Ensuite, le ministre parle de la Convention sur la protection sociale des artistes et acteurs culturels. Cette Convention sociale a été signée depuis 2010 par l'ancien Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye, et les artistes et acteurs cul- turels ont commencé depuis lors à souscri- re. Il suffit juste que l'Etat réagisse en met- tant 50 ou 100 millions dans la caisse d'ap- pui social de la Convention avec le pool de sociétés d'assurance partenaires, pour que les artistes, mais aussi leurs familles, puis- sent commencer à se soigner avec une bonne prise en charge médicale. Hélas, le ministre Mbaye ne manifeste aucune volon- té d’aller dans ce sens. Et c’est dommage, car beaucoup d’artistes sont malades. Il y a des cas douloureux. Sur le troisième volet de sa réductrice poli- tique culturelle, la promotion de la diversité culturelle, elle est mal entamée, improvisée. Le ministre doit d'abord fournir à l'Unesco la revue périodique sur la diversité culturel- le parce que le Sénégal fait partie des pre- miers pays à ratifier la Convention sur la diversité culturelle. Un document élaboré. C’est important d'abord avant de se lancer dans des manifestations prétendument de diversité culturelle. Il n'a pas voulu écouter les techniciens de son département encore moins les artistes et acteurs culturels. Dans certaines régions, des acteurs culturels et artistes ont boycotté les manifestations du ministre parce que mal préparées. La poli- tique culturelle du Sénégal bat de l'aile. Justement, dans la lettre par laquel- le vous interpellez le chef de l’Etat, vous ne semblez pas cautionner les tournées du ministre en faveur de la diversité culturelle… Ecoutez, les tournées du ministre sur la diversité culturelle, c'est du gâchis, on prend les budgets des directions et services, qui sont votés pour des programmes précis, et on les utilise pour ces tournées improvisées sans aucun impact culturel. Les tournées divisent plutôt que de promouvoir la diver- sité culturelle. Pouvez-vous être plus explicite ? Des groupes ethnoculturels ont été zappés dans les manifestations dites de diversité culturelle en Casamance. A Kolda et Tambacounda, des artistes sont aussi igno- rés, les créateurs et acteurs culturels n'ont même pas compris ce que veut faire le ministre. Qu’est-ce qui explique votre sortie ? La sortie de l'Omart contre la politique cul- turelle menée actuellement est due à la mauvaise passe que la culture traverse. Un ministre qui manque d'ambition, qui n'a pas le sens de l'écoute, qui n'est pas généreux, qui ne respecte pas les animateurs culturels, ces professionnels et pis, qui bloque depuis quatre mois leurs salaires. Le président Macky Sall a fait une erreur de casting avec Aziz Mbaye. Lequel a crée trop de conflits au ministère. Et pourtant, ledit ministre de la culture avait développé un program- me qu’il jugeait ambitieux au cours d’un point de presse. Vous ne vous retrouviez pas dans ses idées ? Vous savez, les idées du ministre ne sont pas innovantes, elles sont dépassées. La dynamique culturelle est en avance sur le ministre qui tourne en rond en claironnant partout la diversité culturelle alors que les gens vivent cela depuis longtemps. Lui, il n'était pas au Sénégal, c'est pourquoi il s'en- lise. Maintenant, on parle d'industries créa- tives, de développement des entreprises cul- turelles et de l'économie de la culture. Il paraît que plusieurs événements culturels d’envergure, vecteurs de la diversité culturelle et traditionnelle- ment soutenus financièrement, tech- niquement par le ministère de la culture auraient été zappés… Oui, le ministre subventionne à coup de millions le Battle Dance hip hop organisé par Gassirah Diagne, sa conseillère tech- nique, membre de son Cabinet, au moment où les autres manifestations d'envergure sont ignorées comme le 8ème Festival de musique traditionnelle de Diourbel, le Festival international de folklore et de per- cussions de Louga (Fesfop), la Journée mondiale du livre et d'autres événements culturels traditionnellement soutenus par le ministère. Et où se situent les priorités, selon vous ? L'application de la loi sur les droits d'auteur et droits voisins en vue de mettre en place la société de gestion collective, l'application de la Convention sociale, du statut de l'artiste. Ensuite appuyer les initiatives culturelles et entretien avec… abdoulaye mamadou guiSSe, préSident de l’obServatoire de la muSique et deS artS (omart) « Le président Macky sall a fait une erreur de casting avec aziz Mbaye ! » On pourrait les considérer comme les vigiles de la culture qu’ils vivent au quotidien, tirant la sonnette d’alarme quand les choses vont mal ou applaudissant quand tout roule comme sur des roulettes. A la différence des autres acteurs de la culture, eux, ils ne portent pas de gants quand il faut rappeler à l’ordre un ministre qui s’égare des sentiers de la cul- ture. Ils ne se gênent pas non pus pour tresser des lauriers aux ministres qui travaillent. Et le moins que l’on puisse dire, et c’est le sentiment de beaucoup d’acteurs culturels, c’est que la culture n’est pas en de bonnes mains à l’heure actuelle. c’est pour ne pas assister à la mort latente de ce secteur que l’Observatoire de la Musique et des Arts (OMArT) s’est fendu d’une lettre pour interpeller le président de la république, M. Macky sall. surtout l'arrêt immédiat des tournées sur la diversité culturelle. Payer immédiatement les arriérés de salaires des agents du minis- tère. Développer les politiques sectorielles du livre, du cinéma, du patrimoine, de la musique, de la danse, de la mode et aussi booster les entreprises culturelles. Telles sont les vraies priorités. Les autres secteurs de la culture ne se portent pas mieux, à l’instar de celui du Livre. Vous soutenez même que les politiques sectorielles du Livre, du cinéma et de bien d’autres sec- teurs sont reléguées au second plan… Prenons l'exemple du Livre, depuis la démission de la directrice du Livre, l'écri- vaine Mariama Ndoye, le poste est vacant. Cette dame a fait honneur au Sénégal car elle n'est pas d'accord que le ministre négli- ge le livre papier au profit du livre numé- rique. Ensuite, elle refuse la ponction du budget de sa Direction et du Fonds d'aide à l'édition pour d'autres choses nébuleuses. Elle s’oppose enfin à ce que la Foire inter- nationale du livre soit dévalorisée ou négli- gée. Pis, le ministre a annulé la veille de sa célébration la Journée mondiale du Livre, le 23 avril dernier, prétextant qu'il n'était pas à Dakar. Et pourtant les écrivains, les éditeurs, les libraires étaient à Dakar et dans les régions. Pour ce qui est du cinéma, dès qu’Alain Gomis a décroché l’Etalon d’Or de Yennenga avec son film « Tey » (Aujourd'hui), le ministre s’est précipité à travers les médias pour dire que le Sénégal a gagné la Coupe d'Afrique du cinéma. Savez vous que le ministre Abdou Aziz Mbaye n'a pas signé la lettre pour permett- re au film de Alain Gomis d'être convoyé du Maroc au Burkina Faso (et de passer du numérique au 35 mm), contrairement à ce qu'il avait promis au producteur sénégalais d'Alain Gomis ? Si c'était seulement le ministre, le film ne serait pas en compéti- tion. Savez vous que les films n'ont pas été soutenus par l'Etat ? Et pourtant, le minist- re avec sa horde de courtisans pompait l'air aux cinéastes qui les méprisaient d'ailleurs. Les sites et monuments historiques sont aussi oubliés de la politique culturelle, les événements de mode, le stylisme, le patri- moine, on n'en entend plus parler. Le ministre est en train d'étouffer la culture. Apparemment, vous ne semblez pas optimiste face aux actes posés par le ministre de la culture… Il n'a posé aucun acte sinon partir mener la belle vie dans les régions avec ses amis qu'il a amenés au cabinet. Au lieu de renforcer les événements culturels. Pensez-vous que les acquis culturels obtenus sous Wade sont bien préser- vés ? Il faut entretenir et rentabiliser les infras- tructures culturelles telles que la Porte du Millénaire, la Place du Souvenir, le Grand Théâtre, le Monument de la Renaissance africaine. Des centres culturels régionaux ont été renforcés en logistique comme pôles régionaux, il faut continuer. Le mot de la fin Les artistes et acteurs culturels membres de l'Omart, à la lumière de l'analyse faite et des situations constatées dans le secteur de la culture, estiment que le Ministre doit démissionner ou que le Président doit recentrer la politique culturelle qu'il a lui même définie. Entretien réalisé par Alassane seck guèye
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    iinnFFooss ggeenneerraaLLeessLE TEMOIN Hebdomadaired’Informations Générales 12 Semaine du Jeudi 02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123 Oumar Pène a fait face aux journalistes vendredi dernier. Le lead-vocal du « Super Diamono » de Dakar a profité de l’opportu- nité pour revenir sur son long parcours musical vieux de quatre décennies. Il a aussi saisi l’occasion pour jouer deux mor- ceaux de son nouvel album. Un disque très attendu titré fort justement « Le Choix des Fans ». Une dénomination suffisamment expressive, et qui renseigne, si besoin en était encore, sur la proximité de ce « croo- ner » avec ses fans regroupés dans le désor- mais très populaire Afsud Sénégal. Une façon aussi de rendre hommage à ces der- niers qui ont cheminé avec lui durant les 40 ans de sa carrière de chanteur à succès. Le comité d’organisation mis sur pied et dirigé par Omar Wade a concocté un pro- gramme alléchant pour les besoins des fes- tivités de ce 40ème anniversaire. Le mana- ger Ousmane Faye a expliqué le sens de cette célébration. « Il ne s’agit pas seulement de célébrer Omar Pène mais bien tous les artistes de sa génération à savoir Thione Seck, Baba Maal,Youssou Ndour, Kiné Lam Khar Mbaye et tous les autres. A cet effet, nous avons concocté un programme qui s’étend sur plus d’un mois. Dès ce soir (Ndlr, vend- redi dernier), nous allons jouer un concert de lancement au « Must ». Le 30 avril (Ndlr, mardi dernier), il y aura une journée porte ouverte, au Just4U, organisée par l’Afsud Sénégal. Le 08 mai, il est prévu un grand concert public, à Bargny, offert par Don King Production. L’hôtel des Almadies accueille- ra la cérémonie dénommée «la banlieue a des ailes » et la soirée de gala. Au cours de cette cérémonie, nous allons élire l’homme de la banlieue de l’année 2012. Nous allons ensuite organiser un grand concert popu- laire à L’Esplanade de Guédiawaye. Omar Pène sera en voyage au cours du mois de mai et, à son retour, nous allons continuer à Suspendus pour une durée de deux ans par la Fédération sénégalaise de Football (Fsf), le président de la commission centrale des arbi- tres, Badara Mamaya Sène, et son adjoint, Amadou François Guèye, se sont radicalisés en appelant au boycott des matches du championnat national. Pour ce faire, ils ont demandé à tous les arbitres de ne plus officier pour les compétitions programmées par l’ins- tance dirigeante du sport-roi dans notre pays. Un boycott qui risque de paralyser le reste du championnat national puisque aucun match des ligue 1 et 2 ne peut se tenir sans les arbit- res. Lesquels sont regroupés au sein d’une commission centrale des arbitres du Sénégal. Le mouvement d’humeur des hommes en noir est donc mortel pour les compétitions officielles, surtout quand on sait que la Fédération sénégalaise de Football, dirigée par l’avocat Me Augustin Senghor, n’entend pas revenir sur les sanctions infligées à MM. Sène et Guèye. Et ce même si on sait que M. Saër Sekc, président du club de football les « Diambars » a entrepris une médiation entre la Fédération et les arbitres suspendus. Lesquels, encore une fois, ont bénéficié d’une solidarité de leurs pairs. Seulement voilà, pen- sant paralyser les championnats de Ligue 1 et 2, ces arbitres boycotteurs avaient compté sans l’existence d’arbitres d’un genre particu- lier. Notamment, ils n’avaient pas compté avec le concept Armée / Nation, c’est-à-dire la politique de solidarité citoyenne qui veut que les militaires viennent en assistance aux populations civiles notamment dans les domaines sociaux comme la santé, l’éduca- tion, la réalisation d’infrastructures commu- nautaires etc. Un autre aspect consiste à pren- dre le relais de civils qui veulent paralyser des activités vitales pour la Nation. On se rappelle ainsi qu’en 1997, lors d’une longue grève générale des travailleurs de la défunte Sotrac (Société des transports en commun du Cap- vert), qui avait paralysé les activités dans toute la capitale, le président Abdou Diouf avait réquisitionné l’Armée pour remplacer les grévistes. Ce sont donc des chauffeurs militaires qui avaient pris le relais des équipa- ges civils pour conduire les autobus et activer le réseau de la Sotrac. Et ce, avec la complici- té de gendarmes faisant office de receveurs. Face à cette situation inattendue, les syndica- listes de la Sotrac avaient fini par manifester leur volonté de mettre fin à leur mouvement de grève. Et c’est certainement en souvenir de cette « jurisprudence Sotrac » que deux sous- officiers du bataillon des sports nous ont contactés, histoire de nous faire savoir que l’Armée a suffisamment d’arbitres de haut niveau pouvant remplacer les arbitres grévis- tes si on fait appel à eux. Pour donner la preu- ve qu’ils sont suffisamment qualifiés pour officier lors des compétitions de ligue 1 ou 2, nos interlocuteurs nous renvoient aux compé- titions inter-corps au cours desquelles les arbitres militaires et gendarmes font de brillantes prestations. Et ce dans toutes les disciplines. Outre le bataillon des sports regroupant des moniteurs en matière d’arbi- trage, l’on nous dit que, dans toutes les zones militaires, il y a des arbitres qualifiés prêts à se substituer aux collègues de Badara Mamaya Sène pour siffler le reste des matches du championnat national. L’Armée peut-elle voler au secours du football sénégalais mena- cé par le boycott de ses arbitres ? À en croire une source de la Dirpa (Direction de l’Information et des Relations publiques des Armées), l’Armée sénégalaise s’active dans tous les domaines. « En matière de sport, il y a des moniteurs qui forment les arbitres dans toutes les disciplines. Je pense, cela dit, que la crise au sein de la Fédération sénégalaise de football n’a pas encore atteint son paroxysme au point de justifier un recours à l’Armée. Mais si tel devait être le cas, il suffirait seule- ment que la Fédération saisisse officiellement l’état-major général des Armées pour que le bataillon des sports mette à la disposition des différentes ligues de football des arbitres mili- taires. Mais bon, souhaitons que le conflit entre la Fédération et la Commission centrale des arbitres soit réglé au plus vite, afin que M. Augustin Senghor n’en arrive pas à recourir aux militaires… » nous explique une source de la Dirpa. Une chose est sûre : si la Cca persiste et signe dans sa volonté de continuer le boycott des compétitions organisées par la Fédération sénégalaise de football, alors, elle doit s’atten- dre à voir les militaires siffler le reste du championnat pour sauver la saison ! Pape NDIAYE Que représentent 40 ans de carrière pour vous ? Omar PENE - Il s’agit de faire un bilan à mi-parcours. C’est juste une étape car je n’ai pas encore fini de chanter. J’ai encore beaucoup de choses à dire. 40 ans de car- rière, de parcours. Aujourd'hui, on a fait 40 ans sans pour autant s'en rendre compte. Cela a été long et difficile. Mais aujourd'hui, j’éprouve beaucoup de plaisir à fêter cela. Je ne pense même pas à la retraite. Tant que Dieu nous donne longue vie, je me réjouirais toujours de donner du plaisir à mes amis de l’AFSUD (Ndlr, Association des Fans du Super Diamono). Ce sont eux les principaux piliers de la célébration de ces quarante ans de musique d’Omar Pène. Cela me fait d’au- tant plus plaisir que les membres de cette association sont des jeunes qui ont l’âge de mon fils. Ils m’appellent Omar Baye Pène et c’est une belle source de motiva- tion pour moi. Qu’est-ce qui fait toujours courir Omar Pène ? Je ne suis pas un sprinteur et je ne cours pas (rires). Au contraire, je marche à mon rythme et je suis en train de vivre d’autres aventures. Il est bien de changer de temps à autre. C’est ce que je fais avec d’autres musiciens sur le plan international. J’ai grandi dans la rue et il fallait se battre tous les jours pour assurer sa vie. Il fallait se construire tout seul. Je pense que j’y suis arrivé grâce à Dieu. C’est pour toutes ces raisons que je suis calme et pondéré. Si j’ai un conseil à donner aux jeunes artistes, c’est d’être toujours humbles. Voudriez-vous nous parler des diffi- cultés qui vous ont le plus marqués ? Je n’ai jamais baissé les bras malgré les nombreuses difficultés rencontrées. Le Super Diamono est le groupe qui a subi le plus de mouvements. Il y a eu beaucoup de départs et d'arrivées. A chaque fois, les gens disaient : ''C'est fini !'' Je vous assure qu'on nous a même enterrés, comme on dit. Cela fait partie de la vie. Dieu sait que Football : Face au boycott deS arbitreS de la cca Des arbitres militaires prêts à siffler le reste du championnat national en aparté avec omar pène « Le bateau Diamono ne coulera jamais ! » cela a été dur. Des fois, c’est vrai, les gens étaient vraiment découragés. Moi, je me disais tout le temps que tant que le bateau ne coule pas il continuera son chemin parce que j'ai toujours le dernier capitaine qui peut sauver le bateau. Êtes-vous toujours conseiller auprès du ministre du Tourisme, Youssou Ndour ? Je suis toujours conseiller et chargé de mission au ministère du Tourisme et des Loisirs. Pas plus tard qu'hier (jeudi der- nier, Ndlr) j'étais à Mbour pour représen- ter le ministre Youssou Ndour parce qu'il était à Tamba pour les besoins du conseil des ministres. Je suis jusqu'à présent dans son cabinet. J'aide un ami et je sers mon pays. Je ne reçois pas de salaire. Mais je le fais par patriotisme et une fois encore pour aider un ami. Quand on l'a nommé ministre, il m'a appelé pour me dire : ''On m'a nommé ministre mais tu viens m'aider en tant qu'ami.'' Vous savez, Youssou Ndour et moi partageons une chose qui a son importance : nous nous connaissons depuis 40 ans, même si c'é- tait dans l'adversité comme on dit. Mais il y a des sentiments profonds qui nous lient et qui font qu'aujourd'hui je suis à ses côtés. Ce qui me fait énormément plaisir car c'est pour le pays et la bonne cause que nous travaillons. Propos recueillis par Fadel Lô quatre décennieS de muSique d’omar pène un programme alléchant pour les 40 ans de carrière d’un poids lourd de la musique sénégalaise dérouler le programme » a confié Ousmane Faye. Dembel Diop, le bassiste du groupe et réali- sateur de l’album, est revenu sur le choix porté sur ces dix titres du prochain album. Un choix qui ne fut pas facile, à l’en croire. « Pour la première fois, il nous a fallu six mois avant de pouvoir enregistrer. Pare la suite, il a fallu choisir des musiciens qui ne sont pas forcément membres du Super Diamono mais des fans de la première heure qui font partie de la grande famille du Super Diamono à l’instar de Papis Konaté, Jules Diop, Cheikh Tidiane Tall et tant d’autres. L’autre difficulté a été de choisir dix titres parmi les six cent morceaux du répertoire d’Omar Pène à faire figurer dans cet album. Nous avons finalement opté pour des chan- sons comme « Cheikh Anta Diop », pour inviter les étudiants à plus de retenue, « Woma », « Bailo Diagne » etc. Il y a aussi un pot- pourri dans lequel Omar Pène reprend des morceaux de Youssou Ndour, Thione Seck, Baba Maal et Iso Lo. Vous verrez, il y aura beaucoup de surprises. Nous avons fini d’enregistrer et le mixage sera terminé d’ici la fin de la semaine prochaine » a expliqué le bassiste attitré du groupe depuis 1994, Pape Dembel Diop. Bref, après quatre décennies, Omar Pène poursuit sa carrière avec le même engagement et ne veut surtout pas prendre de retraite… Normal, il est comme le vin qui se bonifie avec les ans. Joyeux anniversaire, Pène ! La prochaine sortie de son nouvel album et la célébration de ses quatre décennies de musique nous ont permis de nous rapprocher du leader du super Diamono. Dans cet entretien-express, il revient sur son parcours et ses projets.