La crise de confiance B4C Charleroi,  21 octobre 2009 Etienne de Callataÿ [email_address]
Introduction – un petit test Imaginez …  Revenu net de EUR 2000 / mois Prime de fin d’année d’un coût de 13.500 EUR pour l’employeur Soit en cash : EUR 4.000 net Soit sous forme d’options Probabilité de 2/3 de valeur = EUR 15.000 net Probabilité de 1/3 de valeur = EUR 0 net Que choisissez-vous ?
Introduction – un petit test On recommence mais avec  Revenu net de EUR  1000  / mois Prime de fin d’année d’un coût de 13.500 EUR pour l’employeur Soit en cash : EUR 4.000 net Soit sous forme d’options Probabilité de 2/3 de valeur = EUR 15.000 net Probabilité de 1/3 de valeur = EUR 0 net Que choisissez-vous ?
Introduction – un petit test On recommence encore mais avec  Revenu net de EUR  1000  / mois Seuil de pauvreté EUR 1300 / mois Prime de fin d’année d’un coût de 13.500 EUR pour l’employeur Soit en cash : EUR 4.000 net Soit sous forme d’options Probabilité de 2/3 de valeur = EUR 15.000 net Probabilité de 1/3 de valeur = EUR 0 net Que choisissez-vous ?
Mise en perspective de la crise
Quelques paradoxes (1/2) La stabilité est bénéfique … mais elle conduit à l’instabilité “ La stabilité rend fou” L’aversion au risque conduit à la prise de risques La concurrence est le benchmark  Myopie et hypermétropie conduisent à la même stratégie court-terme :  “tout va bien” long-terme :  “tout ira bien”
Quelques paradoxes (2/2) Crise du crédit … mais le crédit est bénéfique y compris pour les personnes à bas revenus On parle de crise … mais la crise est un état permanent Partager la souffrance de la crise … et accepter la nécessité de la crise
La destruction créatrice (1/3)
La destruction créatrice (2/3) « Licenciement chez Total malgré un bénéfice de 14 milliards d’euros… » « Personne n’a oublié les bénéfices records de Total, soit près de 14 milliards. La société vient d’annoncer la suppression de 500 voir 600 postes dans les raffineries françaises. Il y a de quoi  demander des explications en cette période de crise. »
La destruction créatrice (3/3) Schumpeter : l’économie est en constante mutation Les arbres qui tombent font de la place pour d’autres Il faut abattre des arbres pour fortifier la forêt Il vaut mieux que tous les licenciements n’aient pas lieu au creux de la crise
Les évolutions structurelles Pertes d’emploi dans l’agriculture  …  sans perte correspondante de production Les secteurs nationaux Charbonnage Sidérurgie Verre creux d’emballage Textile Chantiers navals
Le rôle central de la confiance Dilemme Ralentir le déclin des activités existantes  OU Faciliter l’éclosion de nouvelles activités Qu’est-ce qui dicte le choix ? Les intérêts particuliers La capacité à courir des risques Le niveau de confiance
Les causes de la crise
La condition humaine – avant la crise
La condition humaine Et à quoi ressemble-t-elle après la crise ?
La condition humaine – après la crise
La nouvelle pas si nouvelle condition humaine Comportement grégaire dans les bulles dans la panique Apreté au gain Mémoire limitée Trop grande confiance en soi Peur du risque (“sous mon parapluie je vivais heureux”) “ Je te tiens, tu me tiens” …
Les causes Les responsabilités sont multiples Les institutions financières  L’homme de la rue Les pouvoirs publics Cela ne signifie pas “tous responsables, donc personne n’est responsable”
Les causes – les institutions financières (1/3)  Echec du risk management Modèles erronés, mauvaise mesure de certains risques Ignorance des risques extrêmes Utilisation de corrélations historiques Asset – liabilities management Ignorance des risques d’illiquidité Ignorance des risques de financement (wholesale markets) Bulle financière, ici immobilière Inhibition de la prudence Ignorance du problème agent / principal Fixed income = moins risqué que les actions = sûr Les produits structurés étaient lucratifs
Les causes – les institutions financières (2/3)  Assurance non fiable Credit ratings Credit Default Swaps Comptabilité et chiffres flattés Valorisation sur la base de prix de marché Valorisation sur la base de modèles Titrisation accélère l’enregistrement des bénéfices Benchmarks Aisé de faire mieux qu’un benchmark souverain Incitations perverses Incitation à prendre des risques Ethique Comment servir au mieux les intérêts du clients ?
Les causes – les institutions financières (3/3) La titrisation est bénéfique …  Si elle répartit les risques (décorrélation) Si les incendies peuvent être éteints Effet de contagion Impossibilité de convaincre de sa propre stabilité Dilemme du prisonnier Pas de récompense pour celui qui fait du désarmement unilatéral Hypocrisie Les agences de rating comme allié objectif Le système parallèle (shadow banks) faisait des heureux
Les causes – l’homme de la rue Comme investisseur  Naïveté de croire à return (beaucoup) plus élevé pour même risque Trop confiant en lui Appât du gain et comportement grégaire Pour partie, l’offre a répondu à la demande A cédé à une panique qui s’autoalimente Comme emprunteur A trop emprunté A emprunté de manière trop risquée (floating rates, carry trade) Comme électeur – qui a demandé une réforme de la régulation?
Les causes – les autorités (1/5) Politiques monétaires et de change Taux d’intérêt “too low for too long” Greenspan’ put / aléa moral Monnaie unique sans coordination autre Politiques de change (Chine)
Les causes – les autorités (2/5) Politique budgétaire Politique budgétaire pro-cyclique Déficits publics et déséquilibres macroéconomiques «  twin deficits  » Vieillissement : en parler … sans le préparer pousse les épargnants à prendre des risques
Les causes – les autorités (3/5) Politique fiscale Allocation d’actifs et distorsions fiscales Traitement de faveur des plus-values stimule l’investissement à risque Double taxation des dividendes étrangers pénalise la diversification Stimulation de l’endettement Entreprises : déductibilité des charges d’intérêt vs. non-déductibilité de la rémunération des fonds propres Ménages : déductibilité pour emprunt hypothécaire  subprime  = démocratisation de la dépense fiscale Politique de rémunération et distorsions fiscales Stock options, actions de l’employeur
Les causes – les autorités (4/5) Régulation du secteur financier (I/II) Faiblesses opérationnelles :  Manque d’expertise (cf. Madoff) Pas de consolidation Complaisance face aux modèles internes de gestiion des risques Complaisance vis-à-vis des grandes institutions (arbitrage régulatoire) Limites intrinsèques de la régulation : Regulatory capture Inhibe la prudence Pousse au contournement Manque de finesse
Les causes – les autorités (5/5) Régulation du secteur financier (II/II) Conflits d’objectifs :  Trop de crédit ou pas assez ?  Trop de règles urbanistiques ou pas assez ?  Trop de discriminations positives ou pas assez ?  Trop de profits dans le secteur financier ou pas assez ? Trop faible niveau des taux d’intérêt ou pas ?  Règles comptables Pro-cyclicité
Les causes – l’échec de l’économiste (1/2) Les (mauvaises) excuses S’être trompé sur l’ampleur des conséquences, pas sur la cause première Anticiper est au-delà de ses compétences Les autres (capitaines d’industrie, banquiers centraux, contrôleurs, autorités) n’ont pas fait mieux Taleb (à la suite de Keynes) : “Expect the un-expectable”
Les causes – l’échec de l’économiste (2/2) Erreurs  A trop fait confiance A ignoré le lien entre périphérie et centre A négligé la panique A vu le plus de l’innovation financière avant les risques A oublié la liquidité A été influencé par la résilience de l’économie A préféré le moyen/long-terme au court-terme A laissé son biais de croissance et d’optimisme l’emporter
Les conséquences
Les conséquences Perte de capital Impact sur le secteur financier Impact sur l’économie
Les conséquences – perte de capital (1/2) Perte de capital privé MAIS pour partie il s’agit d’un transfert en faveur de celui  qui investit moins cher Perte de capital public crise des finances publiques MAIS le défi des finances publiques date d’avant 2008 . / ..
Les conséquences – perte de capital (2/2) Perte de capital social Perte de confiance Envers l’économie de marché Envers la capacité de réguler Envers la prise de risque Envers les intermédiaires financiers + d’aversion au risque =  – de croissance (impact via coût du capital, régulation, entrepreneuriat, …) MAIS moins d’arrogance
Les conséquences – impact sur le secteur financier (1/4) Nouveau paysage financier mutation des grandes banques nationalisations de longue durée restructurations, cession d’activités et consolidations repli national, voire nationaliste Changement de la gouvernance financière mort de l’autorégulation évolution des instance de la régulation internationale réforme des agences de notation implication de «  l’originator  » en cas de problème secret bancaire et paradis fiscaux en ligne de mire
Les conséquences – impact sur le secteur financier (2/4) Modification du profil de risque des institutions financières réintégration d’activités “hors bilan” désendettement (“ deleveraging ””) augmentation des fonds propres exigences en capital mieux différenciées en fonction du profil de risque et du cycle (“ dynamic provisioning ”) rémunérations / bonus codes d’éthique
Les conséquences – impact sur le secteur financier (3/4) Les questions en suspens risques qui demeurent défaillances de crédit hors marché hypothécaire effet de l’arrêt du soutien public (garanties, politique monétaire très accommodante) scission banque d’affaires / banque commerciale gestion de l’aléa moral « Too big to fail » … mais encore plus gros Lehman : bonne leçon ou plus jamais cela ?
Les conséquences – impact sur le secteur financier (4/4) Impact sur profitabilité ? A priori, en baisse moins de levier fin d’activités très rentables client plus prudent et plus conscient des coûts fiscalité plus lourde ? “ primes” d’assurance ? MAIS pentification de la courbe des taux moins de concurrence
Les conséquences – impact sur l’économie (1/3) A court/moyen terme Investissement Incertitude Financement : taux d’intérêt et garanties exigées Taux d’utilisation des capacités installées Consommation Incertitude sur le marché du travail Perte de revenu (chômage, moindre bonus, …) Perte de patrimoine Doutes sur les finances publiques
Les conséquences – impact sur l’économie (2/3) A moyen/long terme Croissance récente pour partie non soutenable Moins d’innovation financière  Coût du “deleveraging” Coût du risque (prime de risque) plus élevé Coût de la régulation Contrainte budgétaire : plus d’impôts, moins de services publics Moins d’entrepreneuriat MAIS ../...
Les conséquences – impact sur l’économie (3/3) A moyen/long terme MAIS Moins de risques microéconomiques ? Moins de déséquilibres macroéconomiques ? Meilleur alignement d’intérêts entre  stakeholders  ? Réformes structurelles “grâce” à la crise ?
Et chez nous ?
Et chez nous ? (1/5) Crise plus violente en Belgique  A davantage souffert de la crise financière poids du secteur financier était plus important acteurs nationaux ont plus souffert Souffre de la crise de l’assemblage automobile Fragilité en cas de restructurations due à handicap compétitif Pas de nationalisme économique, pas de champions nationaux
Et chez nous ? (2/5) MAIS notre Etat-providence a amorti le coup Importance de l’emploi public / non-marchand Rigidité du marché du travail, qui conduit à différer les licenciements Indemnisation du chômage Hausse des salaires (avec indexation décalée)
Et chez nous ? (3/5) Perspectives macroéconomiques  Dette publique (+ vieillissement) plus problématique Récentes performances non soutenables maintien du pouvoir d’achat (indexation) assouplissement budgétaire légalisation du travail non déclaré baisse du taux d’épargne
Et chez nous ? (4/5) Une austérité budgétaire durable
Et chez nous ? (5/5) Les perspectives  Performances pas radicalement différente de celles des voisins Les rigidités amortissent la crise … et freinent le rebond barrière à la sortie = barrière à l’entrée Crise = nécessité de réformes fiscalité sécurité sociale administration marché du travail … or les réformes sont difficiles en Belgique
Conclusion
Conclusion Cela va moins mal Indicateurs économiques ont (fortement) progressé Les inquiétudes sur le système financier ont significativement reculé Rebond des bourses Tant mieux … mais attention au « business as usual »
Conclusion La crise aura des effets durables Aversion au risque Endettement Régulation du système financier Finances publiques Hypothèque d’inflation Croissance économique potentielle
Conclusion Le coût de la crise … …  et ses effets positifs potentiels Un meilleur système financier Un moindre niveau de risque Une réforme de la fiscalité et des dépenses publiques L’histoire de la crise reste à écrire et dépendra de ce que nous en ferons …  …  dans un environnement économique qui reste prometteur

Présentation Etienne de Callatay

  • 1.
    La crise deconfiance B4C Charleroi, 21 octobre 2009 Etienne de Callataÿ [email_address]
  • 2.
    Introduction – unpetit test Imaginez … Revenu net de EUR 2000 / mois Prime de fin d’année d’un coût de 13.500 EUR pour l’employeur Soit en cash : EUR 4.000 net Soit sous forme d’options Probabilité de 2/3 de valeur = EUR 15.000 net Probabilité de 1/3 de valeur = EUR 0 net Que choisissez-vous ?
  • 3.
    Introduction – unpetit test On recommence mais avec Revenu net de EUR 1000 / mois Prime de fin d’année d’un coût de 13.500 EUR pour l’employeur Soit en cash : EUR 4.000 net Soit sous forme d’options Probabilité de 2/3 de valeur = EUR 15.000 net Probabilité de 1/3 de valeur = EUR 0 net Que choisissez-vous ?
  • 4.
    Introduction – unpetit test On recommence encore mais avec Revenu net de EUR 1000 / mois Seuil de pauvreté EUR 1300 / mois Prime de fin d’année d’un coût de 13.500 EUR pour l’employeur Soit en cash : EUR 4.000 net Soit sous forme d’options Probabilité de 2/3 de valeur = EUR 15.000 net Probabilité de 1/3 de valeur = EUR 0 net Que choisissez-vous ?
  • 5.
  • 6.
    Quelques paradoxes (1/2)La stabilité est bénéfique … mais elle conduit à l’instabilité “ La stabilité rend fou” L’aversion au risque conduit à la prise de risques La concurrence est le benchmark Myopie et hypermétropie conduisent à la même stratégie court-terme : “tout va bien” long-terme : “tout ira bien”
  • 7.
    Quelques paradoxes (2/2)Crise du crédit … mais le crédit est bénéfique y compris pour les personnes à bas revenus On parle de crise … mais la crise est un état permanent Partager la souffrance de la crise … et accepter la nécessité de la crise
  • 8.
  • 9.
    La destruction créatrice(2/3) « Licenciement chez Total malgré un bénéfice de 14 milliards d’euros… » « Personne n’a oublié les bénéfices records de Total, soit près de 14 milliards. La société vient d’annoncer la suppression de 500 voir 600 postes dans les raffineries françaises. Il y a de quoi  demander des explications en cette période de crise. »
  • 10.
    La destruction créatrice(3/3) Schumpeter : l’économie est en constante mutation Les arbres qui tombent font de la place pour d’autres Il faut abattre des arbres pour fortifier la forêt Il vaut mieux que tous les licenciements n’aient pas lieu au creux de la crise
  • 11.
    Les évolutions structurellesPertes d’emploi dans l’agriculture … sans perte correspondante de production Les secteurs nationaux Charbonnage Sidérurgie Verre creux d’emballage Textile Chantiers navals
  • 12.
    Le rôle centralde la confiance Dilemme Ralentir le déclin des activités existantes OU Faciliter l’éclosion de nouvelles activités Qu’est-ce qui dicte le choix ? Les intérêts particuliers La capacité à courir des risques Le niveau de confiance
  • 13.
    Les causes dela crise
  • 14.
    La condition humaine– avant la crise
  • 15.
    La condition humaineEt à quoi ressemble-t-elle après la crise ?
  • 16.
    La condition humaine– après la crise
  • 17.
    La nouvelle passi nouvelle condition humaine Comportement grégaire dans les bulles dans la panique Apreté au gain Mémoire limitée Trop grande confiance en soi Peur du risque (“sous mon parapluie je vivais heureux”) “ Je te tiens, tu me tiens” …
  • 18.
    Les causes Lesresponsabilités sont multiples Les institutions financières L’homme de la rue Les pouvoirs publics Cela ne signifie pas “tous responsables, donc personne n’est responsable”
  • 19.
    Les causes –les institutions financières (1/3) Echec du risk management Modèles erronés, mauvaise mesure de certains risques Ignorance des risques extrêmes Utilisation de corrélations historiques Asset – liabilities management Ignorance des risques d’illiquidité Ignorance des risques de financement (wholesale markets) Bulle financière, ici immobilière Inhibition de la prudence Ignorance du problème agent / principal Fixed income = moins risqué que les actions = sûr Les produits structurés étaient lucratifs
  • 20.
    Les causes –les institutions financières (2/3) Assurance non fiable Credit ratings Credit Default Swaps Comptabilité et chiffres flattés Valorisation sur la base de prix de marché Valorisation sur la base de modèles Titrisation accélère l’enregistrement des bénéfices Benchmarks Aisé de faire mieux qu’un benchmark souverain Incitations perverses Incitation à prendre des risques Ethique Comment servir au mieux les intérêts du clients ?
  • 21.
    Les causes –les institutions financières (3/3) La titrisation est bénéfique … Si elle répartit les risques (décorrélation) Si les incendies peuvent être éteints Effet de contagion Impossibilité de convaincre de sa propre stabilité Dilemme du prisonnier Pas de récompense pour celui qui fait du désarmement unilatéral Hypocrisie Les agences de rating comme allié objectif Le système parallèle (shadow banks) faisait des heureux
  • 22.
    Les causes –l’homme de la rue Comme investisseur Naïveté de croire à return (beaucoup) plus élevé pour même risque Trop confiant en lui Appât du gain et comportement grégaire Pour partie, l’offre a répondu à la demande A cédé à une panique qui s’autoalimente Comme emprunteur A trop emprunté A emprunté de manière trop risquée (floating rates, carry trade) Comme électeur – qui a demandé une réforme de la régulation?
  • 23.
    Les causes –les autorités (1/5) Politiques monétaires et de change Taux d’intérêt “too low for too long” Greenspan’ put / aléa moral Monnaie unique sans coordination autre Politiques de change (Chine)
  • 24.
    Les causes –les autorités (2/5) Politique budgétaire Politique budgétaire pro-cyclique Déficits publics et déséquilibres macroéconomiques «  twin deficits  » Vieillissement : en parler … sans le préparer pousse les épargnants à prendre des risques
  • 25.
    Les causes –les autorités (3/5) Politique fiscale Allocation d’actifs et distorsions fiscales Traitement de faveur des plus-values stimule l’investissement à risque Double taxation des dividendes étrangers pénalise la diversification Stimulation de l’endettement Entreprises : déductibilité des charges d’intérêt vs. non-déductibilité de la rémunération des fonds propres Ménages : déductibilité pour emprunt hypothécaire subprime = démocratisation de la dépense fiscale Politique de rémunération et distorsions fiscales Stock options, actions de l’employeur
  • 26.
    Les causes –les autorités (4/5) Régulation du secteur financier (I/II) Faiblesses opérationnelles : Manque d’expertise (cf. Madoff) Pas de consolidation Complaisance face aux modèles internes de gestiion des risques Complaisance vis-à-vis des grandes institutions (arbitrage régulatoire) Limites intrinsèques de la régulation : Regulatory capture Inhibe la prudence Pousse au contournement Manque de finesse
  • 27.
    Les causes –les autorités (5/5) Régulation du secteur financier (II/II) Conflits d’objectifs : Trop de crédit ou pas assez ? Trop de règles urbanistiques ou pas assez ? Trop de discriminations positives ou pas assez ? Trop de profits dans le secteur financier ou pas assez ? Trop faible niveau des taux d’intérêt ou pas ? Règles comptables Pro-cyclicité
  • 28.
    Les causes –l’échec de l’économiste (1/2) Les (mauvaises) excuses S’être trompé sur l’ampleur des conséquences, pas sur la cause première Anticiper est au-delà de ses compétences Les autres (capitaines d’industrie, banquiers centraux, contrôleurs, autorités) n’ont pas fait mieux Taleb (à la suite de Keynes) : “Expect the un-expectable”
  • 29.
    Les causes –l’échec de l’économiste (2/2) Erreurs A trop fait confiance A ignoré le lien entre périphérie et centre A négligé la panique A vu le plus de l’innovation financière avant les risques A oublié la liquidité A été influencé par la résilience de l’économie A préféré le moyen/long-terme au court-terme A laissé son biais de croissance et d’optimisme l’emporter
  • 30.
  • 31.
    Les conséquences Pertede capital Impact sur le secteur financier Impact sur l’économie
  • 32.
    Les conséquences –perte de capital (1/2) Perte de capital privé MAIS pour partie il s’agit d’un transfert en faveur de celui qui investit moins cher Perte de capital public crise des finances publiques MAIS le défi des finances publiques date d’avant 2008 . / ..
  • 33.
    Les conséquences –perte de capital (2/2) Perte de capital social Perte de confiance Envers l’économie de marché Envers la capacité de réguler Envers la prise de risque Envers les intermédiaires financiers + d’aversion au risque = – de croissance (impact via coût du capital, régulation, entrepreneuriat, …) MAIS moins d’arrogance
  • 34.
    Les conséquences –impact sur le secteur financier (1/4) Nouveau paysage financier mutation des grandes banques nationalisations de longue durée restructurations, cession d’activités et consolidations repli national, voire nationaliste Changement de la gouvernance financière mort de l’autorégulation évolution des instance de la régulation internationale réforme des agences de notation implication de «  l’originator  » en cas de problème secret bancaire et paradis fiscaux en ligne de mire
  • 35.
    Les conséquences –impact sur le secteur financier (2/4) Modification du profil de risque des institutions financières réintégration d’activités “hors bilan” désendettement (“ deleveraging ””) augmentation des fonds propres exigences en capital mieux différenciées en fonction du profil de risque et du cycle (“ dynamic provisioning ”) rémunérations / bonus codes d’éthique
  • 36.
    Les conséquences –impact sur le secteur financier (3/4) Les questions en suspens risques qui demeurent défaillances de crédit hors marché hypothécaire effet de l’arrêt du soutien public (garanties, politique monétaire très accommodante) scission banque d’affaires / banque commerciale gestion de l’aléa moral « Too big to fail » … mais encore plus gros Lehman : bonne leçon ou plus jamais cela ?
  • 37.
    Les conséquences –impact sur le secteur financier (4/4) Impact sur profitabilité ? A priori, en baisse moins de levier fin d’activités très rentables client plus prudent et plus conscient des coûts fiscalité plus lourde ? “ primes” d’assurance ? MAIS pentification de la courbe des taux moins de concurrence
  • 38.
    Les conséquences –impact sur l’économie (1/3) A court/moyen terme Investissement Incertitude Financement : taux d’intérêt et garanties exigées Taux d’utilisation des capacités installées Consommation Incertitude sur le marché du travail Perte de revenu (chômage, moindre bonus, …) Perte de patrimoine Doutes sur les finances publiques
  • 39.
    Les conséquences –impact sur l’économie (2/3) A moyen/long terme Croissance récente pour partie non soutenable Moins d’innovation financière Coût du “deleveraging” Coût du risque (prime de risque) plus élevé Coût de la régulation Contrainte budgétaire : plus d’impôts, moins de services publics Moins d’entrepreneuriat MAIS ../...
  • 40.
    Les conséquences –impact sur l’économie (3/3) A moyen/long terme MAIS Moins de risques microéconomiques ? Moins de déséquilibres macroéconomiques ? Meilleur alignement d’intérêts entre stakeholders ? Réformes structurelles “grâce” à la crise ?
  • 41.
  • 42.
    Et chez nous? (1/5) Crise plus violente en Belgique A davantage souffert de la crise financière poids du secteur financier était plus important acteurs nationaux ont plus souffert Souffre de la crise de l’assemblage automobile Fragilité en cas de restructurations due à handicap compétitif Pas de nationalisme économique, pas de champions nationaux
  • 43.
    Et chez nous? (2/5) MAIS notre Etat-providence a amorti le coup Importance de l’emploi public / non-marchand Rigidité du marché du travail, qui conduit à différer les licenciements Indemnisation du chômage Hausse des salaires (avec indexation décalée)
  • 44.
    Et chez nous? (3/5) Perspectives macroéconomiques Dette publique (+ vieillissement) plus problématique Récentes performances non soutenables maintien du pouvoir d’achat (indexation) assouplissement budgétaire légalisation du travail non déclaré baisse du taux d’épargne
  • 45.
    Et chez nous? (4/5) Une austérité budgétaire durable
  • 46.
    Et chez nous? (5/5) Les perspectives Performances pas radicalement différente de celles des voisins Les rigidités amortissent la crise … et freinent le rebond barrière à la sortie = barrière à l’entrée Crise = nécessité de réformes fiscalité sécurité sociale administration marché du travail … or les réformes sont difficiles en Belgique
  • 47.
  • 48.
    Conclusion Cela vamoins mal Indicateurs économiques ont (fortement) progressé Les inquiétudes sur le système financier ont significativement reculé Rebond des bourses Tant mieux … mais attention au « business as usual »
  • 49.
    Conclusion La criseaura des effets durables Aversion au risque Endettement Régulation du système financier Finances publiques Hypothèque d’inflation Croissance économique potentielle
  • 50.
    Conclusion Le coûtde la crise … … et ses effets positifs potentiels Un meilleur système financier Un moindre niveau de risque Une réforme de la fiscalité et des dépenses publiques L’histoire de la crise reste à écrire et dépendra de ce que nous en ferons … … dans un environnement économique qui reste prometteur