La mémoire de Margot, petite fille internée à Rivesaltes pendant la
2de guerre mondiale
Le camp de Rivesaltes à la base était un camp militaire, ayant interné différentes catégories
de populations pendant la 2de guerre mondiale et nous nous concentrons aujourd'hui sur la
communauté juive, plus particulièrement, sur Margot Wicky-Schwarzschild, une allemande ayant
été internée à l'âge de 9 ans avec sa sœur à Rivesaltes, leurs père étant juif.
Margot Wicky-Schwarzschild est une jeune Allemande lorsqu'elle doit quitter sa région
natale du Palatinat. Âgée de 8 ans, elle est expulsée en octobre 1940 avec sa famille. Son père était
de confession juive. Bien que catholique, elle fut, avec sa mère et sa sœur Hannelore envoyée
d'abord à Gurs ( dans les Pyrénées Atlantiques, en Nouvelle-Aquitaine ). Six mois plus tard, ils
furent transférés à Rivesaltes.
Les deux fillettes sont prises en charges par la croix rouge suisse et éviteront la vie du camp
pendant 6 mois, séjournant dans une colonie d'enfants à Pringy ( en Haute-Savoie ).
En mai 1942 leur père travaillant dans des mines près de Carcassonne ( Aude ) via le groupe
de travailleur étranger ou GTE, les ramènent elles et leur mère dans la campagne où il réside. Ils
vivront une vie « normale » jusqu'en septembre 1942 lorsque Margot et sa sœur se font arrêter, et
ramener au camp de Rivesaltes.
Alors, Margot à 9 ans lorsqu'elle y retourne et nous explique que pour elle, sa vie là-bas
reste vague, se souvenant que les enfants jouaient dehors, avec des pierres par terre car ils n'avaient
pas de jouets et surtout pas grand chose à faire. D'après elle, chacun était enfermé dans son îlot, il
n'y avait pas de médecin, mais une infirmière était à disposition. Les conditions étaient néanmoins
dures, notamment à cause du vent très froid. Dans le camp, tous les enfants parlaient un espagnol
plus ou moins approximatif, le plus souvent elle avait faim, sa mère lui ramenait certaines fois du
lait et du riz. Tout cela jusqu'au jour où la mère de Margot et ses deux petites filles sont sauvées de
la déportation, par une photographie de la mère lors de sa communion, prouvant qu'elle et ses deux
filles ne sont pas de la même religion que leurs père. Lui partira à Auschwitz.et ce sera la dernière
fois qu'elles le verront.
Après leur libération, elles reviennent dans la colonie d'enfant de la Croix-Rouge, et restent
à Pringy jusqu'à la fin de la guerre. Elles y vivent avec d'autres filles, dont deux sœurs orphelines
( leurs parents ayant pris le même convoi que leurs père) avec qui elles ont gardé contact. Elles y
ont passé le certificat d'étude ( correspondant à l'école primaire ) et ont appris le français. Ces deux
sœurs orphelines vivent désormais en Israël.
En 1946 elles reviennent en Allemagne à Kaiserslautern ( dans leur région natale au
Palatinat ) où elles étudient principalement l'Allemand, et l'Anglais.
Puis quelques temps plus tard leurs grands parents leur ont dit de « venir en Bavière... ».
En effet il y avait plus de ravitaillements, surtout plus de nourriture qu'à Kaiserslautern ( car il y
avait beaucoup d'exploitant agricoles ). Elles vécurent alors dans un petit appartement, près de leur
famille maternelle. Des amis allemands avec qui elles gardent encore contact aujourd'hui les ont
beaucoup aidés. Ils sont à Munich maintenant. En Bavière Margot a fait ses études supérieurs dans
un couvent ( à l'école primaire), correspondant à un brevet en France.
Bien plus tard en 1956, à l'âge de 25 donc, elle s'installera avec son mari en Suisse où elle vit encore
aujourd'hui.
La vie de Margot Wicky-Schwarzschild est une représentation atypique d'une enfant qui
c'est retrouvée au mauvais endroit au mauvais moment. Internée à Rivesaltes, elle a perdu un être
cher, son père, en raison de la persécution de sa communauté par le IIIe Reich. Elles se souvient
vaguement de ces quelques années de jeunesse gâchées à être parqué dans un camp : s'occuper avec
rien sous la main, un vent très froid dû aux îlots les habitations n'étant pas isolées, des soins
médiocres... des conditions dont elle aurait bien pu se passer. Malgré cela elle reste relativement
privilégiée en restant en vie et en bonne santé, contrairement à beaucoup d'enfants considérés juif ;
comme elle. Tout cela alors qu'elle était une fille catholique, dont le père a eu pour seul crime de
pratiquer une religion différente...
Nous verrons dans le prochain article de la série « des vies à Rivesaltes » nous nous interrogeront
sur les conditions de vie des criminels de guerre dans ce camps devenu prison a la fin de la guerre.
Groupe d'enfant arrivant de Rivesaltes à Pringy,
souriants en 1941.
Lettre de Ruth à la mère de Margot en 1942.
Lettre du Préfet
des Pyrénées-
Orientales à la
mère de Margot,
travaillant à la
Croix-Rouge à
Cruseilles, en
Haute-Savoie.

Rivesaltes

  • 1.
    La mémoire deMargot, petite fille internée à Rivesaltes pendant la 2de guerre mondiale Le camp de Rivesaltes à la base était un camp militaire, ayant interné différentes catégories de populations pendant la 2de guerre mondiale et nous nous concentrons aujourd'hui sur la communauté juive, plus particulièrement, sur Margot Wicky-Schwarzschild, une allemande ayant été internée à l'âge de 9 ans avec sa sœur à Rivesaltes, leurs père étant juif. Margot Wicky-Schwarzschild est une jeune Allemande lorsqu'elle doit quitter sa région natale du Palatinat. Âgée de 8 ans, elle est expulsée en octobre 1940 avec sa famille. Son père était de confession juive. Bien que catholique, elle fut, avec sa mère et sa sœur Hannelore envoyée d'abord à Gurs ( dans les Pyrénées Atlantiques, en Nouvelle-Aquitaine ). Six mois plus tard, ils furent transférés à Rivesaltes. Les deux fillettes sont prises en charges par la croix rouge suisse et éviteront la vie du camp pendant 6 mois, séjournant dans une colonie d'enfants à Pringy ( en Haute-Savoie ). En mai 1942 leur père travaillant dans des mines près de Carcassonne ( Aude ) via le groupe de travailleur étranger ou GTE, les ramènent elles et leur mère dans la campagne où il réside. Ils vivront une vie « normale » jusqu'en septembre 1942 lorsque Margot et sa sœur se font arrêter, et ramener au camp de Rivesaltes. Alors, Margot à 9 ans lorsqu'elle y retourne et nous explique que pour elle, sa vie là-bas reste vague, se souvenant que les enfants jouaient dehors, avec des pierres par terre car ils n'avaient pas de jouets et surtout pas grand chose à faire. D'après elle, chacun était enfermé dans son îlot, il n'y avait pas de médecin, mais une infirmière était à disposition. Les conditions étaient néanmoins dures, notamment à cause du vent très froid. Dans le camp, tous les enfants parlaient un espagnol plus ou moins approximatif, le plus souvent elle avait faim, sa mère lui ramenait certaines fois du lait et du riz. Tout cela jusqu'au jour où la mère de Margot et ses deux petites filles sont sauvées de la déportation, par une photographie de la mère lors de sa communion, prouvant qu'elle et ses deux filles ne sont pas de la même religion que leurs père. Lui partira à Auschwitz.et ce sera la dernière fois qu'elles le verront. Après leur libération, elles reviennent dans la colonie d'enfant de la Croix-Rouge, et restent à Pringy jusqu'à la fin de la guerre. Elles y vivent avec d'autres filles, dont deux sœurs orphelines ( leurs parents ayant pris le même convoi que leurs père) avec qui elles ont gardé contact. Elles y ont passé le certificat d'étude ( correspondant à l'école primaire ) et ont appris le français. Ces deux sœurs orphelines vivent désormais en Israël. En 1946 elles reviennent en Allemagne à Kaiserslautern ( dans leur région natale au Palatinat ) où elles étudient principalement l'Allemand, et l'Anglais. Puis quelques temps plus tard leurs grands parents leur ont dit de « venir en Bavière... ». En effet il y avait plus de ravitaillements, surtout plus de nourriture qu'à Kaiserslautern ( car il y avait beaucoup d'exploitant agricoles ). Elles vécurent alors dans un petit appartement, près de leur famille maternelle. Des amis allemands avec qui elles gardent encore contact aujourd'hui les ont beaucoup aidés. Ils sont à Munich maintenant. En Bavière Margot a fait ses études supérieurs dans un couvent ( à l'école primaire), correspondant à un brevet en France. Bien plus tard en 1956, à l'âge de 25 donc, elle s'installera avec son mari en Suisse où elle vit encore aujourd'hui.
  • 2.
    La vie deMargot Wicky-Schwarzschild est une représentation atypique d'une enfant qui c'est retrouvée au mauvais endroit au mauvais moment. Internée à Rivesaltes, elle a perdu un être cher, son père, en raison de la persécution de sa communauté par le IIIe Reich. Elles se souvient vaguement de ces quelques années de jeunesse gâchées à être parqué dans un camp : s'occuper avec rien sous la main, un vent très froid dû aux îlots les habitations n'étant pas isolées, des soins médiocres... des conditions dont elle aurait bien pu se passer. Malgré cela elle reste relativement privilégiée en restant en vie et en bonne santé, contrairement à beaucoup d'enfants considérés juif ; comme elle. Tout cela alors qu'elle était une fille catholique, dont le père a eu pour seul crime de pratiquer une religion différente... Nous verrons dans le prochain article de la série « des vies à Rivesaltes » nous nous interrogeront sur les conditions de vie des criminels de guerre dans ce camps devenu prison a la fin de la guerre. Groupe d'enfant arrivant de Rivesaltes à Pringy, souriants en 1941. Lettre de Ruth à la mère de Margot en 1942. Lettre du Préfet des Pyrénées- Orientales à la mère de Margot, travaillant à la Croix-Rouge à Cruseilles, en Haute-Savoie.