Groupe de Travail « Vision stratégique »
Rapport final Janvier 2016
 
 
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Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015 
Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris 
Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
 
 
SOMMAIRE
1. LE GT “VISION STRATÉGIQUE” : LA DÉFINITION DE PISTES D’INNOVATION DANS LA                         
MOBILITÉ​       Page 5 
1.1. Une méthode prospective basée sur l’analyse d’avis experts et la confrontation des parties                           
prenantes à la Fabrique 
1.2. Un rapport qui met en lumière une vision prospective de la mobilité et sa méthodologie                               
attenante 
2. LES SIX GRANDES RUPTURES DES MOBILITÉS​     Page 7 
Rupture 1 ­ La fin du modèle infrastructurel 
Rupture 2 ­ Les usagers moteurs de l'innovation 
Rupture 3 ­ Inflation versus Déflation des mobilités 
Rupture 4 ­ Les intégrations des mobilités 
Rupture 5 ­ La mutation des services publics : l’intérêt général et les biens communs 
Rupture 6 ­ Les générateurs de mobilité comme point d'appui 
3. DES “MOBILITÉS COMPLEXES” OU “COMBINE MOBILITIES”​     Page 10 
4. UNE APPROCHE SYSTÉMIQUE DE LA MOBILITÉ​     Page 11 
Trombinoscope des experts ayant répondu au questionnaire prospectif 
5. DES ENJEUX PRÉCIS POUR CHAQUE MOTEUR D’INNOVATION​     Page 12 
Thème 1 : Les services comme moteur des innovations 
Thème 2 : Les usagers comme moteur des innovations 
Thème 3 : La réduction des mobilités contraintes comme moteur des innovations 
Thème 4 : Les modèles de partage et de "on demand" comme moteurs des innovations 
Thème 5 : Les générateurs de mobilité comme moteurs des innovations 
Thème 6 : L’intérêt général et la donnée comme moteurs des innovations 
Thème 7 : Les réseaux ou communautés comme moteur des innovations 
6. LE RICHE JEU DES ACTEURS DE LA MOBILITÉ​     Page 20 
Les usagers des transports 
Les réseaux sociaux ou communautés 
Les nouveaux opérateurs de transports (uber, drivy etc.) 
Les nouveaux opérateurs de services (waze, SNCF digital etc.) 
Les opérateurs historiques de transports (SNCF, RATP etc.) 
Les territoires et autorités organisatrices des transports urbains 
La puissance publique 
Les générateurs de mobilités (entreprises, loisirs, institutions) 
7. UN RÉFÉRENTIEL STRATÉGIQUE POUR UNE VISION PROSPECTIVE DE LA MOBILITÉ Page                       
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8. UN RÉFÉRENTIEL INTERROGÉ PAR LE JEU DES ACTEURS DE LA MOBILITÉ​     Page 26 
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8.1 Des ateliers de co­production pour une vision commune des enjeux de mobilité 
8.2 Des résultats qui confirment la transition à l’oeuvre 
9. LA NATURE DE LA TRANSITION A L’OEUVRE​     Page 30 
9.1 Une politique du numérique 
9.2 Une économie réaliste et responsable 
9.3 Une autre politique des lieux ... 
9.4 ... Et une autre politique des temps de la ville 
9.5 Assurer la promotion des nouvelles solutions techniques 
9.6 Reconsidérer les objets à partir des usages 
9.7 Un nouveau référentiel des mobilités 
9.8 Formaliser un nouveau service public 
9.9 Les enjeux d'intégration des mobilités 
10. DES PISTES D’ACTION POUR UNE MOBILITE INNOVANTE​     Page 33 
11. LES FICHES PÉDAGOGIQUES​     Page 36 
Quel rôle dans le dispositif pédagogique de la FDM pour les fiches pédagogiques ? 
Quel contenu pour les fiches pédagogiques ? 
Quel format pour les fiches pédagogiques ? 
Remerciements 
Ours 
Annexe 1 : Questionnaire Prospective de "La Fabrique des Mobilités" 
Annexe 2 : Synthèse des réponses au questionnaire 
Annexe 3 : Le protocole de l’atelier du GT vision et prospective 
Annexe 4 : Matrices des ateliers de co­working 
Annexe 5 : Fiches pédagogiques 
 
 
 
 
 
 
 
   
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Pour répondre aux ​ambitieux objectifs du développement durable fixés en 2020 par
l'Etat et consciente des enjeux de la COP 21 qui se tiendra en décembre prochain, l'ADEME
explore un nouveau dispositif de soutien à l'innovation : La Fabrique des mobilités​. Une
version prototype et un Livre Blanc ont été présentés le 16 juin dernier au Ministère de
l'écologie, du développement durable et de l'énergie pour décider d'un éventuel lancement en
octobre 2015.
Incubateur-accélérateur dédié à une filière industrielle et servicielle des mobilités en
mutation, la Fabrique des mobilités vise à produire des innovations de rupture en apportant
des ressources organisées aux entrepreneurs, sans leur assurer de soutien financier. L'activité
des entrepreneurs ou intrapreneurs ainsi encadrée et soutenue représente un capital de
connaissances qu'ils acceptent de mettre en commun, participant ainsi à développer la
dynamique, l'attractivité et la performance de la Fabrique des mobilités.
Chronos, responsable du groupe de travail (GT) "Vision stratégique", réalise une étude dont la
finalité est de produire un éclairage et un corpus de connaissances utiles aux parties
prenantes du dispositif et à l'identité de la Fabrique des mobilités.
Ce présent rapport rend compte de la méthodologie mise en place par le GT “Vision
stratégique” pour mettre en lumière les pistes d’innovation dans la mobilité. En partant des
méta-problèmes, enjeux actuels relevés par l’ADEME, le GT “Vision stratégique” élabore un
référentiel duquel découleront des fiches pédagogiques à destination des start-up de la
Fabrique des Mobilités pour éclairer ce que serait une mobilité souhaitable.
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1. LE GT “VISION STRATÉGIQUE” : LA DÉFINITION DE PISTES
D’INNOVATION DANS LA MOBILITÉ
 
 
 
 
 
 
Rétroplanning des actions menées et à venir du GT Vision 
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1.1. Une méthode prospective basée sur l’analyse d’avis experts et la
confrontation des parties prenantes à la Fabrique
 
Ce rapport s’inscrit dans la production du Groupe de Travail (GT) “Vision Stratégique” piloté
par Chronos. Parmi les dix GT composant l’équipe projet de la Fabrique des Mobilités, le GT
“Vision Stratégique” a pour mission d’apporter un éclairage et un corpus de connaissances
utiles aux entrepreneurs de la Fabrique. Ces connaissances leur permettront de comprendre
les enjeux de l’innovation dans la mobilité à partir d’une vision prospective sur les questions
de mobilité, pour devenir eux-mêmes source d’innovation.
Pour ce faire, une méthodologie globale, divisée en plusieurs étapes majeures, a été mise en
place :  
● un questionnaire à destination d’un groupe d’experts hétéroclites,  
● un atelier de coproduction pour aboutir à une vision commune des enjeux et du
positionnement des acteurs de la mobilité,  
● la construction d’un référentiel stratégique,  
● la construction de fiches prospectives et pédagogiques destinées aux
start-up/entrepreneurs de la Fabrique.  
 
1.2. Un rapport qui met en lumière une vision prospective de la mobilité et
sa méthodologie attenante
La méthodologie utilisée pour aboutir à une vision prospective de la mobilité s’appuie sur les
cinq méta-problèmes initiaux identifiés par l’ADEME. Retravaillés par le GT Vision, ils ont
ensuite donné lieu à un questionnaire prospectif. Ce questionnaire a été soumis à des experts
des mobilités et a permis d’élaborer une première vision des grands enjeux contemporains de
la mobilité. Ces enjeux, affinés en axes stratégiques ont ensuite été soumis à un groupe
d’experts élargi lors d’ateliers de travail, afin de garantir une vision prospective commune,
balayant le plus largement possible les enjeux de mobilité (causes, conséquences, place des
acteurs, etc.). L’agrégat de ces travaux permet de dégager un référentiel, à partir duquel
seront élaborées des fiches pédagogiques à destination des start-up de la Fabrique
(production pour septembre 2015 en partenariat avec le GT Formation). 
 
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2. LES SIX GRANDES RUPTURES DES MOBILITÉS
 
Les réflexions engagées sur la vision prospective des mobilités s’appuient sur cinq
méta-problèmes formulés par l’ADEME. 
 
1. Produire des solutions pour permettre à tous les usagers de mieux adopter et
s'approprier les ressources multiples à la mobilité (“tous acteurs de nos mobilités”).
2. Développer des outils d'aide à la décision appropriés à la complexité des systèmes et
des pratiques dans les territoires (Connaissances, Gouvernance & Décisions).
3. Compléter la palette des services de mobilités pour faire naître une offre
multimodale intégrée et optimiser les ressources existantes (Mobilités quotidiennes).
4. Offrir les moyens aux usagers de designer par eux-mêmes la meilleure organisation
et les meilleures (im)mobilités (Activités, Travail & (im)mobilités).
5. Faciliter la mise en œuvre de nouvelles contraintes​, associées à de nouvelles
récompenses pour aider et soutenir les citoyens qui s’engagent ou faire naître un
Versement Transport Intelligent (Fiscalités, taxes et Versement Transport intelligents).
 
Ces méta-problèmes représentent de grands enjeux contemporains et sont bien cernés dans
l’écosystème d’acteurs des mobilités. Leur formulation reste en revanche relativement large
et ne permet pas de faire émerger spontanément des pistes d’innovation. Il a donc été
nécessaire, dans un premier temps, de les circonstancier. La formulation de six ruptures va
dans ce sens et permet d’explorer les ouvertures possibles. Celles-ci découlent d’un constat
général de la nécessité de prendre en compte les maîtrises​​d’usage : 
­ C’est une exigence pour les opérateurs - exemple : l'investissement de Keolis dans
l'application Moovit ; 
­ C’est une exigence pour la puissance publique - exemple : la pression exercée par
Etalab pour le lancement de la BANO (Base Adresse Nationale Ouverte) ; 
­ C’est une exigence pour le législateur - exemple récent : les députés s'emparant de la
data avant même l'examen de la loi sur le numérique pour rendre obligatoire l'accès
libre et gratuit de toutes les données transport (Loi Macron) ; 
­ Et enfin c’est avant tout une évidence pour les usagers. C'est d’eux que tout procède -
exemple : 75% des possesseurs de smartphones déclarent préparer leur déplacement à
l’aide de services d'information, avant d'entreprendre un déplacement (Obsoco). 
 
 
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L’enjeu est donc celui d’apporter une “assistance à maîtrise d’usage” ​pour l’ensemble des
protagonistes. 
 
 
Rupture 1 - La fin du modèle infrastructurel
 
Les limites de l'offre, les étranglements budgétaires, les injonctions environnementales, le
recul des dotations, les congestions récurrentes, les transformations des modes de vie
renvoient aux limites du modèle infrastructurel à l’œuvre depuis plus d’un siècle. Il est
désormais nécessaire de mieux considérer le diptyque mobilité subie / choisie et
d'accompagner la révolution servicielle pour palier aux déficits de l'infrastructure. 
 
 
Rupture 2 - Les usagers moteurs de l'innovation
 
Les usagers activent des transformations. Ils votent avec leurs pieds et plébiscitent le vélo
en partage, le covoiturage, la marchabilité, les VTC, toutes les formes de partage… mais
aussi l'intégration des modes, voire la délocalisation et la désynchronisation du travail, du
commerce. Le citadin prend la main, se saisit du numérique et fait valoir ses “maîtrises
d’usage”, afin de réduire ses mobilités contraintes. 
 
 
Rupture 3 - Inflation versus Déflation des mobilités
 
La tentation de déflation des déplacements motorisés lutte avec la force d'inertie des
étalements urbains et celle de la croissance des infrastructures. Ce dilemme conduit à
repenser les territoires et l'ajustement des résidences aux ressources de la ville, et d’une
manière plus générale toutes les économies des ressources, et singulièrement celles qui
relèvent des pratiques urbaines (proximités, mobilités de voisinage, modes actifs,
démobilités…). 
 
Rupture 4 - Les intégrations des mobilités
 
L'offre de transport n'est qu'une des variables d'ajustement des pratiques, qui ne peut faire
l'économie d'une intégration dans des systèmes modaux, territoriaux, tarifaires. La rupture
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est l'extension du domaine des mobilités, au-delà du déplacement, en élément pivot des
organisations de la ville et du quotidien. Dans cette intégration, offres matérielles et
servicielles se côtoient, progressivement au profit de la première. Le sujet crucial devient
alors l’organisation des données (plateformes, régies, places de marché) et des chaînes de
valeurs. 
 
Rupture 5 - La mutation des services publics : l’intérêt général et les biens
communs
 
Si les urbanistes viennent de s’emparer de la notion de “bien commun territorial” (Congrès
FNAU, novembre 2014), les membres du Comité de débat de l’ouverture des données
transport (Rapport Jutand ​
) suggèrent la notion “d’intérêt général” pour justifier que
1
toutes les données nécessaires (comme celles de Uber à Boston ou à Portland) soient mises
à contribution pour consolider une action publique concertée. 
 
 
Rupture 6 - Les générateurs de mobilité comme point d'appui
 
Les "générateurs de mobilité" (institutions, entreprises) interviennent dans l'organisation
des mobilités et en transforment les mécanismes. Ils sont un acteur crucial de la maîtrise et
de la régulation des trafics ; imposant leurs horaires et dès lors les contraintes attenantes.
L’intervention des générateurs est pourtant un levier insuffisamment exploré alors qu’il
s’agit d’un gisement fécond d’innovations, pour les start-up, les territoires et les
entreprises.  
 
1
 ​Président du Conseil scientifique STIC de l'ANR 
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3. DES “MOBILITÉS COMPLEXES” OU “COMBINE MOBILITIES”
 
Pour traduire l'émergence d’une multiplicité de pratiques de mobilité, nous avons formulé "un
complexe de mobilité" ("Combine Mobility"). C'est la formulation d'une offre qui se révèle
"agile" dans la manière dont s'en saisit une partie des usagers (voir l’étude ​Mobilités
émergentes​- Obsoco/Ademe - décembre 2014). 
 
Dans ce complexe de mobilité, l'usager joue de multiples ressorts qui apparaissent dans le
graphique ci-dessous : arbitrant et combinant les ressources, jouant des partages des modes
ou d'évitement de déplacements. Les 15% d'individus, identifiés "hyperagiles" dans ​Mobilités
émergentes maîtrisent la connaissance et les pratiques de ces modalités diverses par les
outils du numérique. Ils soulignent ce faisant une tendance : "la maîtrise d'usage", point
d'appui des nouvelles mobilités ; sur laquelle s'adossent peu à peu les Assistances à maîtrise
d'usage, c'est-à-dire les offres servicielles qui se construisent au sein et en périphérie des
mobilités. Il s’agit là d’un champ d'innovations à part entière. 
 
 
 
 
L’écosystème de la mobilité  
   
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4. UNE APPROCHE SYSTÉMIQUE DE LA MOBILITÉ
 
La définition des six ruptures a permis d’orienter les réflexions et d’ouvrir un champ des
possibles extrêmement vaste dépassant la mobilité pure. Ces ruptures ont été mises en
perspective avec des verbatim d’auteurs et de sources variées. Dès lors, y sont intégrés des
questionnements numériques, infrastructurels, individuels, anthropologiques, urbanistiques,
sociaux, etc. Afin de les explorer plus avant et de recueillir le matériau initial d’une vision
prospective pertinente et partagée, un questionnaire prospectif a été imaginé.  
 
Georges Amar (​Ars Mobilis​, 2014)  
● “​En matière de mobilité, commencerait-on à comprendre que toujours plus n'est pas
toujours mieux ?​” 
● “​Si l'homme a un 6ème sens, c'est celui de la mobilité. Cela fait de la mobilité une
expérience et une compétence personnelles.​” 
 
Guillaume Pepy (préface de ​Sans Bureau fixe​, 2014) 
● “​Plutôt que d'attaquer la variable mobilité dans le couple "mobilité-travail", que
serait une politique fondée sur l'autre variable ?​” 
● “​Apparaît alors l'hypermobile, voire l'hyperagile, avec comme perspective, de mieux
(et non moins) se déplacer.​” 
 
The US Department of Transportation (​Beyond Traffic​, 2014) 
● “​La crise des mobilité est celle des infrastructures, mais c'est d'abord une crise de
société.​” 
 
Jacques Lévy (​La recherche urbaine à l'heure de la ville 2.0​, 2012) 
● “​La ville n’est pas seulement gérée par les systèmes d’ingénierie, mais aussi par les
habitants qui se rendent capables de maîtriser et de faire évoluer cet immense
environnement qu’est une ville. Ils sont donc tous techniciens, en gérant des
informations multiples sur les lieux ou en construisant des stratégies de mobilité.​”  
 
Anthony Townsend​​(​Re-Programming Mobility​, ​2014) 
● “Les nouvelles technologies digitales transforment tout à la fois les pourquoi, où,
quand et comment les gens se déplacent jusqu’à leur destination. Malgré le fait que
certains problèmes se résolvent ainsi, ce basculement d’un modèle basé sur
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l’infrastructure physique vers une activité reposant sur l’information et le numérique
recrée un certain nombre de challenges pour les décideurs et autorités organisatrices
de transports. Ceux-ci ont besoin de comprendre comment utiliser/créer ces
nouveaux services sans souffrir de conséquences inattendues.” 
 
Stéphanse Shutlz (​Transportez-vous les uns les autres​, ​2014) 
● “​La voiture est-elle l'avenir du transport collectif ?​” 
 
Eric Jaffe (pour Citylab) (​The Biggest Transportation Breakthroughs of 2014​, 2014) 
● “L’expansion du transport “à la demande” peut étendre les options de mobilité,
encourager les usages multimodaux et réduire le nombre de voitures n’ayant qu’un
seul occupant dans les villes.” 
 
The Family, (​La transition numérique des transports en commun​, 2014​) 
● “Si la foule est un problème, la multitude peut devenir une solution. En permettant
aux entreprises d’enrôler les voyageurs eux-mêmes dans l’amélioration des
performances, le numérique permet aux entreprises de confier aux voyageurs une
partie de l’effort qu’impose la conduite quotidienne des opérations.”
 
Tomio Geron, (R​elayRides Focuses On Longer Rentals As Sharing Economy Focuses On
Travel​, Forbes, 1er octobre 2013) 
● “C’est sur la confiance et les liens de communauté que repose l’économie du partage.”
 
The Family, (​La transition numérique des transports en commun​, 2014) 
● Les nouveaux entrants prospèrent en aval de la chaîne de valeur des transports en
commun pour deux raisons : c’est le maillon qui oppose le moins de barrières à
l’entrée et celui où s’expriment le plus facilement les besoins peu ou pas satisfaits en
l’état actuel du marché.”
 
Duc HA DUONG et Yanai ZAICIK, (​« Twitter pour de vrai ? (interview SNCF) », L’Avenir
appartient​, 12 mai 2014) 
● “Si la taylorisation de notre économie a créé un rôle de conducteur du train anonyme                             
remplissant une fonction déshumanisée, dans quelques années, ça sera le contraire :                       
avec un monde plus transparent et une information qui circule quasiment sans                       
frottement, le public sera outré par l'indifférence d'un conducteur qui, dans sa mission                         
de transporter de milliers de personnes à l’heure et en sécurité, n'échangerait pas                         
avec eux en cas de besoin.” 
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The Family, (​La transition numérique des transports en commun​, 2014) 
● “L’irruption du numérique dans la filière des transports en commun démultiplie la                       
possibilité de faire communiquer véhicules et infrastructures.” 
 
The Family, (​La transition numérique des transports en commun​, 2014) 
● “​La réglementation est un point de vulnérabilité, d’abord parce qu’elle détourne les                       
entreprises de l’attention qu’elles doivent porter aux voyageurs et à leurs besoins.” 
 
De ce travail de recherches est née une série de questions interrogeant les dimensions
essentielles de chacune des ruptures ​
. Le questionnaire a par la suite été soumis à une
2
vingtaine d’experts d’horizons variées et pouvant être regroupés en “huit collèges” : 
● Les représentants de l’ensemble des GT de la Fabrique des Mobilités ; 
● Des experts sur la thématique des mobilités ; 
● Des experts extérieurs à la thématique des mobilités (business, design…) ; 
● Des opérateurs de transports ; 
● Des industriels ; 
● Des représentants territoriaux ; 
● Des représentants de pôles de compétitivité et syndicats ; 
● Des experts open data. 
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 ​Le questionnaire complet est présent en annexe 1 de ce rapport. 
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Trombinoscope des experts ayant répondu au questionnaire prospectif
 
 
   
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5. DES ENJEUX PRÉCIS POUR CHAQUE MOTEUR D’INNOVATION
 
En recoupant les réponses formulées par les répondants au questionnaire, ressortent les
points de convergence et de divergence sur chacun des thèmes envisagés comme moteurs
d’innovation. Des enjeux principaux complétés par des verbatim révèlent la vision des experts
et permettent de faire ressortir des axes stratégiques sur lesquels agir. Les deux pages
suivantes reprennent les éléments considérés comme charnières pour chacun des moteurs
d’innovation.  
 
Il est possible de retrouver en annexe 2 l’intégralité des synthèses du questionnaire. 
 
Thème 1 : Les services comme moteur des innovations
 
Enjeu : Les services s’avèrent une réponse à l’inflation d’infrastructures de mobilité. Cette
inflation, insoutenable pour des raisons budgétaires et capacitaires, est l’occasion d’une
refonte de la notion même d’infrastructure, incluant sous un même chapeau le physique et
le serviciel. La puissance publique tient un rôle clé dans cette mise en oeuvre et doit se
positionner en coordinateur de l’action à travers une gestion unique de la donnée.  
 
Verbatim​:  
● “Une infrastructure servicielle, physique et matérielle peut être vue comme un
seul et même éco-système” (G. Attoma) 
● “Les infrastructures “nouvelle génération” ne sont plus fragmentées et isolées.
Elles sont inter-fonctionnelles et inter-maillées” (G. Amar) 
 
Axes stratégiques​:  
● Développer un écosystème élargi - matériel et immatériel 
● Organiser et réguler un dispositif de mobilité intégrée 
 
Thème 2 : Les usagers comme moteur des innovations
 
Enjeu : Il faut sortir de la logique historique de design de l’offre ou de la demande pour
entrer dans une logique de design collaboratif. Ceci passe notamment par la conception
d’outils d’observation agiles capables de cerner la mutation ou la création d’usages.
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L’usager peut aussi être actif, il monte en compétences dans sa mobilité, gère ses données
et participe à l’éclosion de nouvelles offres. Il a un rôle dans la gouvernance. 
 
Verbatim​:  
● “Comment les usagers fabriquent-ils leurs vies mobiles ? Il faudrait s’intéresser à
l’ingénierie de la vie mobile, chacun en est son ingénieur.” (G. Amar) 
● "Donnez-lui [l’usager] un smartphone ! Augmentez-le de la faculté holoptique.
Eradiquez le dilemme du prisonnier.” (Le Douarec) 
 
Axes stratégiques​:  
● Développer des outils de compréhension des pratiques des usagers -
voyageurs, travailleurs, citoyens, etc -, pour adapter les offres de mobilité
alternative de manière cohérente 
● Faciliter la compréhension des enjeux de mobilité par les citoyens afin qu’ils
deviennent des consom-acteurs. 
 
Thème 3 : La réduction des mobilités contraintes comme moteur des innovations
 
Enjeu : Cette réduction passe par un aménagement réfléchi et contrôlé du territoire,
c’est-à-dire une répartition cohérente du poids des différentes activités des territoires et
une régulation financière appropriée afin d’agir sur les déplacements dispensables. Reste à
y combiner un assouplissement des temps et des espaces du quotidien et une bonne
connaissance par les usagers du cocktail de mobilités disponibles.  
 
Verbatim​:  
.“Il faut remonter le fil des modèles socio-économiques et culturels qui "produisent" les
mobilités et identifier les leviers systémiques susceptibles de générer des changements,
même marginaux.” (Attoma) 
.“Les nouveaux modèles économiques, notamment issus du numérique, peuvent initier une
déconcentration des activités. Ils supportent moins de coûts fixes et peuvent donc
s’adapter aux faibles densités.” (Léonard-Delabie) 
.“L’opacité sur l'intermodalité aboutit à un échec dans certaines zones urbaines ou
rurales.” (Tales) 
 
Axes stratégiques​:  
● Répartir de manière cohérente le poids des différentes activités des territoires
afin d’agir sur les déplacements dispensables 
● Garantir une connaissance par les usagers des mobilités possibles 
 
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Thème 4 : Les modèles de partage et de "on demand" comme moteurs des
innovations
 
Enjeu ​: Les modèles de partage et “on demand”, sans être considérés comme une
alternative absolue aux transports en commun, viennent les suppléer et apportent une
agilité certaine au réseau de mobilité. La combinaison de ces modes doit être considérée
par le prisme de services, publics ou privés, adaptés aux spécificités des territoires.  
 
Verbatim​:  
.“La frontière entre transport collectif et individuel est de plus en plus floue. Dès lors,
permettre aux usagers de « se conduire » eux-mêmes est une extension évidente du service
de transport collectif” (Chataigner) 
.“La ville est un éco système de mouvements. Une des caractéristiques de la ville future
est cette diversité. De 4 ou 5 modes de transports, demain il y en aura 40 ou 50”. (Amar) 
 
Axes stratégiques​:  
● Accompagner l’organisation de la mobilité en favorisant la complémentarité des
systèmes “on demand” avec les différents modes et services de transport
collectifs 
● Adapter l’offre servicielle de mobilité aux spécificités territoriales et à l’échelle
géographique considérée 
 
Thème 5 : Les générateurs de mobilité comme moteurs des innovations
 
Enjeu : Principaux moteurs, les générateurs de mobilité doivent être associés à
l’organisation de la mobilité. Ils ont à la fois un pouvoir d’adaptation des espaces et des
temps du quotidien et peuvent être mobilisés comme espaces de formation et d’influence
des comportements de mobilité. Leur implication passe par un rééquilibrage de la
répartition des coûts qui leur sont alloués et par la mise en valeur des externalités positives
qu’ils tireraient d’un tel investissement de gouvernance. 
 
Verbatim​:  
.“La mobilisation des générateurs de mobilités ne peut s'envisager qu’en créant des ROI
qualitatifs axés sur le bien-être et que ces mesures aient autant d'impact sur les marchés
financiers que les ROI traditionnels” (Beaudoux​) 
.“Il faut dépasser la logique de concertation pour aller vers une logique de Co-construction
avec les parties prenantes de l'activité” (​Hannequin-Somat) 
 
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Axes stratégiques​:  
● Intégrer les générateurs dans la coproduction d’un système de mobilité 
● Combiner les services de mobilité aux services des domaines du quotidien 
 
 
Thème 6 : L’intérêt général et la donnée comme moteurs des innovations
 
Enjeu : Bien qu’étant reconnu comme un moteur d’innovation incontournable,
l’exploitation de la donnée n’est pas encore une évidence, même dans le domaine des
mobilités. Il faut l’appréhender de manière globale afin d’en tirer des usages révélant un
intérêt général suffisamment important pour en justifier l’exploitation. Un accès équitable
entre les sources et les territoires multipliera les champs d’innovation et la
co-construction. Reste la question de sa standardisation. 
 
Verbatim​:  
.“Ne pas chercher à standardiser, laisser les inventeurs / shapers de la data opérer là où
est l'intérêt.” (Le Douarec) 
.“La démocratisation des outils d'exploration de la donnée, aujourd'hui inaccessible aux
"non-experts" et réservée aux data scientists, est nécessaire” (Attoma) 
.“Donner de la visibilité au producteur (ou réutilisateur) pour qu'il voit l'utilisation de sa
donnée et l'intérêt de son exploitation.” (Talès) 
 
Axes stratégiques :  
● Mettre à disposition de manière équitable la donnée entre les différents
utilisateurs 
● Centrer l’exploitation fine de la donnée sur l’objectif d’intérêt général pour une
évolution des services publics et privés 
 
Thème 7 : Les réseaux ou communautés comme moteur des innovations
 
Enjeu : Ils participent à une nouvelle organisation de la mobilité, invitant la demande à se
manifester en amont de l’offre. Initiant “l’émergence d’une société de confiance” et de
partage, c’est l’usager qui s’exprime et s’organise à travers les réseaux sociaux,
développant une dynamique servicielle. Compléments et concurrents des opérateurs
existants, ils sont plus agiles et ne sont pas soumis aux mêmes obligations du système.  
 
Verbatim​:  
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.“Ces outils procèdent pour une grande part des usagers, mais une part non négligeable
leur échappe, ou est détournée par d'autres acteurs qui s'emparent de leur valeur.”
(Marzloff) 
.“Il convient de faire comme si on ne savait pas quelle innovation aura le meilleur impact
pour obtenir un écosystème d’innovations riches et des solutions qui adressent une large
palette de problématiques. L’innovation dirigée a tendance à être peu efficace, sans effet
d’entraînement.” (Delabie & Leonard) 
.“La puissance publique n'aura d'autre choix que de faire rentrer [les barbares ​
] dans le
3
rang, de leur faire payer les infrastructures et les charges sociales dont ils s'exonèrent
habilement et de les amener à ouvrir leurs données.” (Marzloff) 
 
Axes stratégiques​:  
● Renforcer la visibilité des offres de mobilité via une méta-plateforme 
● Adapter et prévenir en permanence les nouveaux usages 
 
 
 
   
3
Définis comme tel par Nicolas Colin de “The family”, les barbares sont les entrepreneurs qui
bouleversent un domaine en s’appuyant sur la transition numérique.
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6. LE RICHE JEU DES ACTEURS DE LA MOBILITÉ
Un élément clé de notre investigation réside dans l'identification des acteurs et la
compréhension de leur écosystème. Qui sont-ils ? Comment s'insèrent-ils dans les questions et
enjeux d'innovation ? Quels sont leurs rapports d’influences et dépendances ? En bref, un
décryptage des questionnaires par le prisme des acteurs.  
 
Huit familles d'acteurs sont identifiées à travers leurs ​objectifs​, ​moyens​, ​forces ​et ​faiblesses​.
L'usager, le réseau social et le générateur de mobilité ont fait l'objet de questions
spécifiques. Mais c'est sur l'acteur public (État et collectivités territoriales) que se concentre
l'essentiel des commentaires. Les nouveaux opérateurs de transport ont surgi des
commentaires, et dans une moindre mesure, les nouveaux opérateurs de services (Google et
consorts). Curieusement, les opérateurs de transport classiques ont été à peine évoqués,
comme s'ils avaient implosé dans le paysage. 
 
L’écosystème des acteurs de la mobilité 
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Légende :​ ​Objectifs​- ​Moyens​- ​Forces ​- ​Faiblesses 
 
Les usagers des transports
 
L’usager en appelle aux transports et autres condiments de mobilité pour servir les finalités
de ses ​statuts divers (citadin, professionnel). Mais il doit faire face aux ​conflits d'usages liés
aux contradictions d'un système qui brouille les espaces-temps de ses activités. Il faut dès
lors servir son ​autonomie dans un contexte d’offres innombrables, faciliter son ​implication​,
sa ​participation active dans la mobilisation de nouvelles offres et réussir l’​alignement de
ses différents statuts​en associant la mobilité aux autres services du quotidien. 
 
 
Les réseaux sociaux ou communautés
 
Les réseaux sociaux, acteurs, participent à la création d’objets sociaux exploitables par les
usagers et sont dès lors ​au plus près de la demande​. Ils tiennent une place cruciale dans le
dispositif global des mobilités et plus précisément dans l’organisation de l’offre de la
demande, favorisant l’émergence d’une ​logique servicielle bottom-up​. Les réseaux sociaux
échappent à une définition précise ; ce sont à la fois des acteurs, ​créateurs d’objets
sociaux​et des ​outils ​au service des usagers.  
 
 
Les nouveaux opérateurs de transports (uber, drivy etc.)
Très ​agiles face à la lourdeur du système en place, les nouveaux opérateurs de transports
cherchent à s’inscrire dans la ​niche d’une nouvelle offre de service. Ils partent d’un silo, se
révèlent ​essentiels au réseau des mobilités existant et se développent alors ​verticalement
(uber) et ​horizontalement ​(blablacar-Total). Pourtant, à terme, ils devront probablement
faire face à des ​ajustements ​fiscaux et ​réglementaires qui risqueraient de remettre en
question leur labilité. 
 
 
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Les nouveaux opérateurs de services (waze, SNCF digital etc.)
 
Au coeur du dispositif complexe de la ​combine mobility​, les nouveaux opérateurs de
services assurent ​l’agilité ​des usagers. Grâce à une “batterie d'outils qui ne cessent
d'œuvrer dans l'anticipation, le prédictif, l'intégration” (Marzloff), ils garantissent
l’information ​pour tous types et circonstances de déplacements.
Leur approche globale, garante de leur succès avec une ​masse critique irrattrapable, les
empêche néanmoins une ​analyse fine des besoins​​locaux​. 
 
 
Les opérateurs historiques de transports (SNCF, RATP etc.)
 
Essayant de se montrer plus innovants pour regagner une notoriété sur laquelle ils sont
extrêmement concurrencés, les opérateurs historiques de transports souffrent d’​obligations
administratives et légales ​qui rendent difficiles l’innovation.  
Ils restent néanmoins des opérateurs ​historiques ​et de ​masse ​touchant à la moindre
innovation nombre d’usagers, même les plus inaccessibles aux nouveaux opérateurs de
transports et de services. En outre, ils disposent d’un très fort ​ancrage territorial, à toutes
les échelles. 
 
 
Les territoires et autorités organisatrices des transports urbains
 
Ils sont responsables de la ​définition des mobilités locales​. Freinés par leur ​culture
traditionnelle​, les territoires sont poussés à l’innovation du fait de leurs ​responsabilités ​sur
le territoire : satisfaire les contraintes de confort, faire face aux limites budgétaires et
environnementales, à la concurrence et aux spécificités territoriales ainsi qu’à l’essor du
numérique. Ils sont irremplaçables du fait de leur ​connaissance des usages et des besoins à
l’​échelle locale.  
 
 
 
 
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La puissance publique
 
Garante de l’intérêt général, la puissance publique détient le rôle et les outils essentiels à
la définition des moyens de ​politiques servicielles​. Sujette à des ​contraintes
réglementaires​, ​administratives​, ​organisationnelles et ​budgétaires, son caractère innovant
doit passer par une ​nouvelle vision de la croissance et du service public, par une “conquête
de la connaissance” (Marzloff) des mobilités, par l’​incitation à la co-gouvernance et par une
nouvelle approche​de la mobilité. 
 
 
Les générateurs de mobilités (entreprises, loisirs, institutions)
 
Ils sont les principaux ​solliciteurs ​de la mobilité des usagers. Dès lors, leur implication est
déterminante dans la ​régulation ​du système des mobilités puisqu’ils peuvent agir sur les
temporalités ​et donc sur l'étalement et la réduction des ​flux, sur la réduction de la place
de la voiture par le biais de ​démarches incitatives ​et sur la diminution des parcours.  
Pour mobiliser ces acteurs, aujourd’hui uniquement sollicités par la taxe de déplacement, il
apparaît fondamental de leur révéler les ​gains ​d’une nouvelle organisation de la mobilité.   
 
L’analyse détaillée du jeu des acteurs est consultable en annexe 3​. 
   
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7. UN RÉFÉRENTIEL STRATÉGIQUE POUR UNE VISION
PROSPECTIVE DE LA MOBILITÉ
La définition d’axes stratégiques et le constat d’un jeu d’acteurs complexe permettent
d’établir un référentiel mettant en exergue les enjeux et les axes stratégiques rendant
possible l’innovation dans la mobilité. 
 
Élaborer un référentiel 
 
Le référentiel est un ensemble de "références", considérées comme emblématiques,
spécifiques et/ou problématiques dans un domaine ou un champ donné, par un groupe
concerné.  
Le référentiel produit une norme qui fait consensus à laquelle le groupe concerné peut se
référer.  
 
Il se traduit en général par la définition de : 
● enjeux ou de grandes finalités dans laquelle s'inscrit le projet ; 
● buts ou objectifs pour et du projet. 
 
Le référentiel permet d’ : 
● encadrer l'action et de normer son application ; 
● évaluer une action ou un projet, ​ex-ante​(faisabilité) ou ​ex-post​(efficacité) ; 
● aider à la décision d'action, ​ex-ante​(Go ou no Go) ou ​ex-post ​(action corrective). 
 
Un référentiel est composé de plusieurs niveaux de précision dans la définition de la vision
stratégique (enjeux, axes et objectifs). En l'occurrence ce premier référentiel se concentre
sur les enjeux et les axes stratégiques.
 
Le terme "enjeu" est ici compris comme une grande finalité poursuivie par la société, un défi
à relever. Les enjeux peuvent dépasser le seul champ de la mobilité et du transport, mais ils
les affectent d'une façon ou d'une autre. Les “axes stratégiques ” sont compris comme les
grandes orientations envisageables pour répondre à l’enjeu. Ils permettent de décrire une
situation visée ou souhaitée pour le futur concernant cette problématique. Ils peuvent
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concerner de multiples domaines tant physiques, que serviciels, sociétaux ou encore
technologiques. 
 
Il s’agit donc pour Chronos de réaliser une analyse critique des éléments énoncés ci-dessus
pour formaliser une vision référentiel correspondant aux caractéristiques intrinsèques de cet
outil.  
 
 
La première version du référentiel d’une vision prospective sur les mobilités 
 
 
Il ressort des analyses précédentes trois enjeux principaux pour une vision prospective de la
mobilité, eux-mêmes précisés en axes stratégiques. Explicitons ce référentiel : l’innovation
passe par les services. En effet, il est maintenant reconnu par tous que les infrastructures
exclusivement matérielles doivent être enrichies pour répondre aux besoins réels de mobilité.
Les usagers, ensuite. Qu’ils soient seuls ou en communautés, de par leurs multiples fonctions
quotidiennes et leurs initiatives, ils sont un autre levier sur lequel agir. Enfin, étant donnée la
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complexité du jeu d’acteurs présenté précédemment, une refonte de la gouvernance est un
enjeu préalable nécessaire à la préparation de l’avenir des mobilités.
Ce référentiel, confronté à divers questionnements lors des ateliers d’experts, est amené à
évoluer de manière itérative.  
 
8. UN RÉFÉRENTIEL INTERROGÉ PAR LE JEU DES ACTEURS DE LA
MOBILITÉ
 
8.1 Des ateliers de co-production pour une vision commune des enjeux de
mobilité
 
Les ateliers qui se sont déroulés le 2 avril 2015 au Numa donnent lieu à la mise à l’épreuve de
la première version du référentiel. Lors de ces ateliers et afin d’affiner les enjeux et axes
stratégiques du premier référentiel, quatre groupes de cinq experts ou membres des groupes
de travail de la Fabrique ont confronté les enjeux et axes stratégiques extraits du4
questionnaire prospectif, avec le jeu d’acteurs caractéristique du domaine des mobilités.
Pour mener à bien cet objectif, deux phases se succédent : d’abord la phase d’analyse de
l’implication des différents acteurs sur chacun des axes stratégiques identifiés par Chronos à
partir des réponses au questionnaire prospectif ; puis une phase d’analyse des relations
d’influence et de dépendance des différents acteurs concernant chacun des enjeux et axes
stratégiques identifiés par Chronos à partir des réponses au questionnaire prospectif.
 
4
table 1 : Benjamin Frayssinet, Nicolas Le Douarec (Buzzcar) ; Pierre Becquart (RATP Innov) ;                               
Jean­Luc Brossard (PSA) ; table 2 : Edwin Mootoosamy, Jean Seng, Olivier Guilbert et Ludivine                             
Bus ; table 4 : Bruno Marzloff (PSA), Sandrine Delenne, J.­P. Orfeuil, Institut d’urbanisme de                             
Paris Paris, et IVM. 
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Légende : Matrice de la phase 1 
 
 
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Les participants doivent remplir sur une échelle de 0 (aucune implication), 1 (implication de
l’acteur) ou 2 (forte implication de l’acteur) leur vision de l’implication de chacun des
acteurs sur l’ensemble des axes stratégiques. 
 
 
 
 
Légende : Exemple de matrice de la phase 2 
Les participants doivent renseigner sur une échelle de -1 (dépendance), 0 (neutralité) ou +1
(influence) leur vision du jeu d’influence entre les acteurs concernant les 3 axes stratégiques
proposés.
Il est possible de trouver le détail du protocole ainsi que toutes les matrices en annexe 4.
 
 
 
 
 
 
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Détail des sous­groupes de l’atelier 
 
 
8.2 Des résultats qui confirment la transition à l’oeuvre
 
L’atelier confirme une vision prospective commune sur les enjeux et axes d’importance et sur
la place des acteurs de l’écosystème de mobilité. Il souligne l’importance d’une sémantique
claire et exemplifiée pour garantir un référentiel intelligible. Enfin, l’atelier permet de
mettre en débat et dès lors de faire ressortir certains axes stratégiques par rapport à
d’autres. Sans qu’une réelle hiérarchisation apparaisse, certains axes stratégiques ont
polarisé les débats. Il ressort de ces ateliers, nourris de lectures et du questionnaire initiale
qu’une transition est à l’oeuvre. 
 
9. LA NATURE DE LA TRANSITION A L’OEUVRE
Face à un catalogue conséquent de propositions de nature très diverse, qu’il s’agisse de
formaliser et généraliser l'observation, la compréhension des pratiques, l'écoute des besoins
et les retours d'expérience, de développer des laboratoires de mobilité couplant activité /
mobilité / VT2.0 ou encore d’inventer les indicateurs pertinents, en recourant aux bénéfices
du big data, diagnostiquer les causes ne suffit pas. Il faut comprendre la nature de la
transition à l'œuvre qui n'est pas réductible à des innovations incrémentales.
On ne fera pas l'économie de formuler de nouvelles règles de partenariat et les formes
d'inclusion des usagers, et de concevoir par ailleurs un autre cadre légal comprenant
amorçage, soutien actif et cofinancement.
 
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9.1 Une politique du numérique
 
La lecture du numérique est complexe. Quatre modèles caricaturés avec humour décrivent les
scénarios possibles de la smart city et les risques afférents :
1) le modèle IBM, ... un grand tableau de bord sur le bureau du maire !
2) La ville Google, ... l'Etat lâche l'affaire !
3) La ville plateforme, l'État Appstore ... et que le marché se débrouille !
4) La ville Open Source, haro sur les solutions propriétaires, et advienne que pourra !
Ce constat désabusé reflète assez le découragement face au chantier de la data.
Actuellement, seules dix autorités organisatrices des transports fournissent des données de
mobilité et elles sont en large partie soit fausses, soit inutilisables en l'état, soit de mauvaise
qualité.
Les risques : l'usine à gaz, la complexité, l'hétérogénéité. Il faut se battre pour une simplicité
d'accès.
La détechnisation est le préalable de la démocratisation des outils d'exploration de la donnée.
Le seuil actuel de compétence technique est trop haut. Dès lors, l'enjeu est celui de
l'appropriation par le client/usager. Sans usages, les bases restent inexploitées, et les
entreprises arrêtent de les fournir. Sans bénéfice immédiat à l'exploitation de la donnée, on
jette le bébé avec l'eau du bain.
 
9.2 Une économie réaliste et responsable
 
Face aux multiples contraintes, les réponses convergent : Rendre la mobilité plus chère
rencontre un consensus parmi les répondants. Une politique réaliste de prix passe par une
responsabilisation de tous : les usagers au premier chef ; les générateurs de mobilité doivent
prendre conscience qu'ils façonnent des congestions ; etc.
Une réflexion sur la valeur des services et les charges et fiscalités afférentes est nécessaire.
Cette nouvelle économie réaliste des mobilités passe par une rupture sur la vision : la
mobilité n'est pas une ressource inépuisable !
Il ne suffit pas de gagner en optimisation, mais d’en appeler à d'autres modèles
socio-économiques (éviter les contresignes, par exemple le tarif unique Navigo en IDF) ou
revisiter les équilibres/concurrences des modes. 
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9.3 Une autre politique des lieux ...
Travailler les lieux et leurs mixités fonctionnelles pour éviter des déplacements
superfétatoires.
Encourager les aménités urbaines des lieux communs : commerce d'itinéraire et de proximité,
dernier kilomètre, consignes et autres aménités urbaines.
Limiter la mobilité par l'urbanisme, passer d'un urbanisme du zonage à un urbanisme des
mixités.
Penser aussi les mixités d'usage, transports personnes/objets, tuyaux, câbles et flux. 
 
Logement et bassins de vie font partie du parcours de mobilité : il faut s’'interroger sur la
sclérose du modèle social de la propriété, et convenir d'un droit à la ruralité.
 
9.4 ... Et une autre politique des temps de la ville
 
Les politiques temporelles agissent :
● sur les temporalités et donc l'étalement des flux (donc sur les congestions),
● sur la réduction des flux (par le travail à distance),
● sur la réduction de la place de la voiture (covoiturage, plan vélo, réduction de
parking, etc.),
● sur la diminution des parcours (relocalisation des entreprises). 
 
9.5 Assurer la promotion des nouvelles solutions techniques
 
Définir et organiser la place de l'infostructure (data, dataservices, API, algorithmes, etc.) est
un travail de Titan qui demande à :
● Organiser la politique de la data à toutes les échelles, autour de plateaux de
plateformes,
● Favoriser les agilités de la demande, c'est favoriser l'agilité de l'offre, du moins ce doit
en être le ferment.
 
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9.6 Reconsidérer les objets à partir des usages
La voiture est-elle encore une voiture ? La voiture peut être un minibus, voire un bus Uber. La
voiture est par nature agile.
La voiture est-elle l'avenir du transport public ? La question est très controversée, soulignant
une difficile rupture culturelle. Pourtant une réduction drastique du parc motorisé au
bénéfice de meilleurs taux d'occupation (nombre de personnes/voiture), taux d'usage (un
temps d'usage/voiture plus conséquent), taux d'utilisation (la multiplication des usages
voyageurs le jour, marchandise la nuit) commencent à s'entendre.
 
 
Coller au plus près au juste à temps et au porte-à-porte ; et panser les déficiences du bus et
l'extension des transports en commun ? Ca tombe bien car on n'arrive plus à financer lesdits
transports. 
9.7 Un nouveau référentiel des mobilités
 
Mobiliser d'autres principes fondateurs : I'intérêt général, l'ESS, le bien commun, les partages,
l'inertie de la prévalence du PIB, etc.
Penser la mobilité différemment. La maîtrise d'usage s'impose à certains jusqu'à devenir le
concept organisateur, mais elle rencontre parfois une incompréhension.
Cette maîtrise d'usage ne se décrète pas. Elle procède d'une prise de conscience des enjeux
problématiques, de la formation et capacité à créer, à s'autorganiser. Elle est aussi la base du
concept d'autorégulation qui participe de la régulation générale du système.
Le respect de l'inclusion et l'identification des dépendances doivent entrer dans le référentiel
des mobilités.
Considérer les nouveaux territoires (la nuit, les périphéries, les PMR, etc.).
9.8 Formaliser un nouveau service public
 
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La démocratie ne peut être revitalisée qu’en partageant de sa puissance avec tous. Ces idées
transparaissent chez nos répondants dans une approche explicite ou sous-jacente d'un
nouveau service public.
Renvoyer une image du collaboratif et du collectif, bref s'attaquer à la redéfinition même du
service public en y intégrant ces notions neuves.
 
9.9 Les enjeux d'intégration des mobilités
 
En tout état de cause, l'architecture des services se définit dans le contexte d'une
infrastructure physique et immatérielle et d'une infostructure, vues comme un seul et même
écosystème. Cela répond à la nécessité d'organiser l'offre de sorte à supprimer les ruptures de
charges, et à assurer une continuité servicielle.
Penser l'intégration, non par l'intervention d'un acteur dominant, mais par l'intervention de
l'usager.
Les bénéfices des intégrations sont considérables, les risques ne le sont pas moins : jusqu'où
ne pas aller ?
Les intégrations, c'est le travail de la Fabrique et des expérimentations territoriales. Soit les
autorités organisatrices assument, soit les start-up prendront la place.
Mythes et limites des intégrations : “J'ai peur des usines à gaz !” soupire un répondant au
questionnaire.
 
10. DES PISTES D’ACTION POUR UNE MOBILITE INNOVANTE
 
Le référentiel proposé par la FabMob énonce ici quatre enjeux majeurs, autant de défis
sociétaux à relever qui dépassent le simple champ des transports.
Ces enjeux sont déclinés en axes stratégiques, qui décrivent la situation future visée dans les
domaines physiques, serviciels, sociétaux, urbains ou technologiques.
Ils sont circonstanciés par des interrogations, des descriptions et/ou des chantiers
emblématiques.
Il s’agit ici d’une seconde - et définitive - version du référentiel stratégique de la Fabrique
des Mobilités. 
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Définir un horizon des mobilités 
Une mobilité possible, nécessaire et désirée suppose : 
● d’organiser la conquête de la connaissance en capitalisant sur des expériences  pour 
guider le choix des acteurs, ​Ex : Chantier CoMoN (ADEME) : plateforme numérique de                           
partage de connaissances des services, expérimentations et initiatives sur la mobilité. 
● de s’accorder sur une nouvelle définition de la croissance en instaurant de nouveaux                         
indicateurs pour permettre une mobilité sans croissance des infrastructures ­ ​Ex  : Le   
projet "Wild! van de spits", porté par BNV Mobility gratifie les usagers qui réduisent leurs                             
déplacements. 
Ajuster l’offre aux maîtrises d’usages
Selon les déterminants des mobilités (travail, courses, tourisme, etc.), il faut :
● organiser la mobilité intégrée, ex. : Chantier “Mobility as a Service” (Helsinki),
système généralisé de mobilité à la demande par "intégrateur de mobilité" qui informe
sur toute l'offre existante, en temps réel, réservation et paiement intégré,
● optimiser l’existant par une meilleure maîtrise des lieux et des temps.
● Ex ​1 ​: incitation au décalage des horaires d'embauche et débauche (réduire
l’affluence de 10%) - Plaine commune
Ex 2 : "La métropole du quart d'heure" de Bordeaux Métropole : rapprochement
ressources - lieux de vie
Permettre une offre liée aux usages 
Penser au-delà des infrastructures physiques demande à :
● construire un accès universel aux offres de transport :
○ en adaptant le service aux enjeux territoriaux - E​x : “Rézo Pouce” - système
d’autostop organisé couvrant un bassin rural de 200 000 habitants
○ en adaptant le service aux enjeux d'inclusion - E​x : “Independant Transportation
Network” (Etats-Unis) - système de mobilité pour les seniors
● mettre à jour le transport public à l'ère du numérique,
> Et si Uber organisait le transport à la demande sous contrat public ?
● organiser l’économie responsable des mobilités.
> Payer moins pour bouger mieux ?
 
Ajuster l'offre au nouvel intérêt général 
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Le bien commun, les partages, les partenariats et les contributions pour favoriser les solutions
et les innovations supposent de :
● définir les accès aux données et les règles de transparence, ​ex : Portland ou
Boston ont rendu obligatoire la fourniture des données, même de la part d'entreprises comme
Uber.
● énoncer les règles et le cadre légal de l'industrie des data-services, ​ex : Le chantier
DatAct investigue les principes et outils pour garantir la circulation et le partage des données
● formuler les règles ​favorisant ​les partenariats et l’implication des usagers.
 
Ce référentiel met en lumière le périmètre d’influence de la Fabrique et sert de guide aux
futures start-up qui souhaitent développer des services innovants de mobilité. Enrichi de ces
ateliers, un rapport reprenant les enjeux et l’écosystème des mobilités est transmis aux
autres GT de la Fabrique. Des retours découle une seconde version du référentiel à partir de
laquelle sont produites les fiches pédagogiques.
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Ces fiches pédagogiques réalisées en partenariat avec le groupe de travail “Formation” de la
Fabrique constituent une partie des ressources mises à disposition des entrepreneurs pour
comprendre les tenants et aboutissants de l’innovation dans la mobilité.
11. LES FICHES PÉDAGOGIQUES
 
Au­delà de la définition de la vision prospective de la Fabrique des Mobilités (FDM), proposée                             
dans la version finale du livre blanc, Chronos a la charge de réaliser des fiches pédagogiques.                               
L’objectif de ses fiches est de s’intégrer dans le dispositif de montée en compétence des                             
porteurs de projets accompagnés par la FDM. En proposant une lecture plus synthétique de la                             
vision prospective, elles permettent de prendre connaissance des grands enjeux de mobilité                       
dans lesquels les actions de la FDM souhaitent s’inscrire. Au­delà de ce rôle “d’information”, ces                             
fiches sont également l’occasion de se questionner sur la prise en compte des grandes                           
tendances d’évolution des mobilités, et de leur jeu d’acteurs, dans les projets et leur                           
positionnement. 
Quel rôle dans le dispositif pédagogique de la FDM pour les fiches pédagogiques ?
Le dispositif pédagogique de la FDM est articulé autour de 8 grands modules :
1. Analyser et comprendre l’activité d’une entreprise dans sa dynamique d’adaptation ; 
2. Pré­spécifier une offre en fonction des enjeux de la mobilité ; 
3. Comprendre la manière dont les utilisateurs potentiels réalisent leur activité ; 
4. Confronter  l’offre  à  l’expérience utilisateur ; 
5. Procéder à l’adaptation de l’offre aux exigences et attentes de l’activité du client ; 
6. Identifier les étapes clés nécessaires à une appropriation réussie de l’offre par le                         
client ; 
7. Conduire une démarche d’expérimentation à petite échelle pour vérifier la pertinence                     
de l’offre ; 
8. Définir une aire de jeu pour mettre en scène l’offre à l’échelle 1. 
 
Le point de jonction le plus intéressant entre la vision prospective et ces modules se trouve                               
naturellement au niveau du module numéro 2. 
 
 
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Ce dernier poursuit un triple objectif : 
1. Apprendre à positionner l’offre à partir de quelques repères prospectifs sur la                       
mobilité ; 
2. Situer la pertinence de l’offre dans un marché et sa probabilité de réussite ;  
3. Se mettre à distance de l’offre avec possibilité d’une requalification de cette dernière. 
 
Les fiches pédagogiques concourent donc à aider au positionnement de l’offre des projets. 
 
Quel contenu pour les fiches pédagogiques ?
 
La vision prospective de la FDM dispose de plusieurs niveaux de lecture (les 5 méta­problèmes,                             
les 6 ruptures, les 7 moteurs d’innovation ou encore une lecture par le jeu d’acteurs). Le                               
premier enjeu de ces fiches est donc d’identifier le niveau le plus à même de s’insérer dans une                                   
logique pédagogique. La participation de Chronos aux ateliers de construction de la FDM,                         
notamment la rencontre du 2 et 3 septembre 2015 à Sophia Antopolis, ont permit d’éprouver le                               
discours. Une synthèse de la vision prospective a été proposée aux porteurs de projets lors des                               
ateliers de la seconde journée. Cette phase amont a validé les ruptures comme les leviers de                               
compréhension le plus efficace. 
 
6 fiches pédagogiques et non 5 comme initialement prévu (en lien avec les méta­problèmes)                           
ont été produites pour assurer la cohérence entre la vision prospective et la formation : 
1. Prendre en compte la demande (vs. Offre) 
2. Promouvoir le commun (vs. Patrimoine) 
3. Attendre un retour sur expérience (vs. retour sur investissement) 
4. Privilégier le service en commun (vs. service public) 
5. Penser “services” et “données” (vs. Infrastructures) 
6. Maîtriser les ressources (vs. Démesures) 
 
Chacune des ruptures mobilisées dans le cadre de la vision prospective s’inscrit dans un jeu                             
d’acteurs spécifique. Il s’agit donc de renseigner la philosophie des ruptures à travers une                           
synthèse, mais également de rappeler les acteurs mobilisés dans le cadre de ces dernières. En                             
complément sont par ailleurs proposés des chiffres clés ou des tendances afin d’illustrer le                           
propos et permettre aux porteurs d’avoir des ordres de grandeur sur ces dynamiques. 
Enfin, une dernière partie repose sur une série de 4 questions sur le positionnement du projet                               
par rapports aux thématiques porteuses, la cohérence par rapports aux évolutions de                       
l’éco­système, la compréhension même de la rupture et enfin l’insertion dans la dynamique de                           
mentora/tutora. 
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1­ Quel est votre niveau de compréhension de cette rupture ? 
A­ très mauvaise B­ mauvaise   C­ moyenne   D­ bonne   E­ très bonne 
Ce positionnement défini le niveau d’accompagnement, retrouve la logique du GT formation et aiguille sur le premier 
niveau de mentorat. 
2­ Pensez­vous bien l’avoir intégré dans le positionnement de votre projet et pourquoi ? 
3­ Quels acteurs sont actuellement mobilisés dans votre projet par rapport à ceux mentionnés ? 
4­ Existe­t­il des liens avec d’autres ruptures et comment les exploiter ? 
 
Quel format pour les fiches pédagogiques ?
 
La chemin de fer ci­dessous permet de structurer les fiches sur un format recto proposé et                               
validé par le commanditaire et les partenaires du GT formation. L’objectif est de permettre aux                             
porteurs de se saisir des informations de base en un coup d’oeil et de pouvoir échanger entre                                 
eux ou avec les partenaires rapidement. Un format ramassé est donc privilégié. 
 
L’ensemble des 6 fiches sont présentes en annexe 5 du présent document. Elles sont par                             
ailleurs remise au commanditaire au format .doc (format brut) afin d’être designées aux couleurs                           
de la FDM par la suite. 
 
 
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Remerciements
 
Nous, le GT Vision, remercions chaleureusement M. Amar, expert en prospective de la
mobilité et M. Attoma, designer, Mme Beaudoux anciennement chez Transdev, M.
Chataigner, designer, M. Cervantès de chez Renault, M. Coldefy du Grand Lyon, M. Dario de
chez Michelin, M. Delabie de Ouishare, Mme Delenne de chez Peugeot, M. Le Douarec de
Buzzcar, M. Faucher de l’UTP, M. Fréchin de Cap Digital, M. Gendre du CEREMA, M. Hannequin
de la CCI de Rennes, M. Léonard de Ouishare, M. Musslin directeur de l’agence d’urbanisme
de Montbéliard, M. Offner de Bordeaux métropole, M.Orfeuil, professeur émérite EUP, M.
Paul-Dubois-Taine expert en mobilité, M. Plassat de l’ADEME, M. Sézille de Challenge
Bibendum, M. Schultz expert 15 Marches, M. Somat professeur à Rennes 2, M. Talès d’Etalab
et M. Vandi du Numa d’avoir pris le temps et la réflexion de répondre au questionnaire. Nous
remercions aussi Vianney Delourme pour la qualité de son aide lors des ateliers du 2 avril.  
Ours
 
Directeur de projet : Bruno Marzloff 
Spécialiste de la méthodologie prospectiviste : Laurence Sellincourt 
Chef de projet : Benjamin Frayssinet 
Assistante chef de projet : Ludivine Bus 
Gestion éditoriale : Claire Huberson  
 
 
 
 
   
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Annexes
 
 
   
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Annexe 1 : Questionnaire Prospective de "La Fabrique des Mobilités"
 
En points d'appui du questionnaire qui suit, nous formulons sept grandes ruptures. Pour                         
chacune d'entre elles, nous interrogeons les moteurs d'innovations qui les accompagnent. 
 
1. Les services comme moteurs des innovations     
2. Les usagers comme moteurs des innovations     
3. La réduction des mobilités contraintes comme moteur des innovations     
4. Les modèles de partage et des offres "à la demande" comme moteurs des innovations  
5. L'intérêt général et la donnée comme moteurs des innovations     
6. Les générateurs de mobilité comme moteurs des innovations     
7. Les réseaux sociaux comme moteurs des innovations     
 
1. Les services comme moteurs des innovations 
 
Le Ministère des transports américain affirme que "​la crise des mobilités est celle des                           
infrastructures​", avec des retards dans les mises à niveau des infrastrutures qui se chiffrent en                             
milliards de dollars. Pourtant, les schémas routiers et ferrés ne cessent de s'étendre. 
 
Au­delà des budgets considérables d'einvestissement et d'entretien, cela pose – ici comme                       
là­bas –, la question d'un modèle qui produit une inflation de la demande. 
Le développement de services numériques de mobilité rebat les cartes, et pose la question d'un                             
dispositif hybride, infrastructurel et serviciel. 
 
 
1. Une  politique de service est­elle  en mesure de résoudre cette logique inflationniste             
de la demande ? 
2. Quels acteurs peuvent accompagner la révolution servicielle des mobilités ? 
3. Quelles nouvelles conditions faudrait­il poser pour l'investissement et l'entretien des                   
infrastructures physiques (routes, ouvrages d'art…) ?  
 
 
2 ­​ ​Les usagers comme moteurs des innovations 
 
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A Helsinki, le programme Kustuplus vise à éliminer progressivement la voiture personnelle et à                           
généraliser la combinaison des services à la demande. A San Francisco, le site Chariot.sf                           
propose de bâtir des lignes de transport public selon les demandes crowdsourcées. 
 
L'offre classique de mobilité est désarçonnée par des pratiques inédites de mobilités. Les                         
usagers développent des expériences, des compétences et des maîtrises d'usage. De fait, ils                         
inventent des modèles par le plébiscite qu'ils font des innovations. 
Ce faisant, nous basculons d'une logique de l'offre à une logique de la demande 
 
1. Considérez­vous que cette logique de la demande est nécessaire et utile ? 
2. Comment analyser et comprendre les usages de la demande (connaissances et  outils 
d'aide à la décision) ? 
3. Comment formuler les accompagnements à une maîtrise d'usage des mobilités ? 
4. Comment favoriser une logique collective, voire collaborative de la demande ?  
 
3.​ ​La réduction des mobilités contraintes comme moteur des innovations 
 
Deux jours de télétravail par semaine pourraient faire économiser 1,7 milliard d'euros et 247                           
millions d’heures aux travailleurs éligibles en France (​source : Centre for Economics and                         
Business Research). 
 
Globalement, la mobilité motorisée continue de croître. La réduction des déplacements due aux                         
“mobilités numériques” (travail, commerce …) est en tension avec l’étalement urbain et le                         
surcroît de déplacement des biens que ces actions engendrent. Ces dilemmes questionnent les                         
pratiques urbaines de proximités. 
 
 
1. Le modèle de croissance des mobilités peut­il être inversé ? De quelle manière ? 
2. Quelles sont les conditions pour réduire "les mobilités subies" ? 
3. Quelles  actions permettraient de recentrer ces activités (travail, 
consommation, courses…) plus près du domicile ? 
 
 
4. ​Les modèles de partage et des offres à la demande​ ​comme moteurs des innovations 
 
Entre 2004 et 2014, le nombre de membres d'un système d'autopartage a été multiplié par 26                               
aux Etats­Unis ! (de 52.000 à 1,38 millions de membres). 
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On observe les prémisses du glissement d'une voiture personnelle vers une "voiture à la                           
demande". Plus généralement cela traduit un déplacement progressif des pratiques de mobilité                       
vers l'intégration de tous les modes (dont les modes en partage), au moins dans les zones                               
urbaines denses. 
 
1. La voiture à la demande est l'avenir du transport collectif ? 
2. Comment intégrer les pratiques et offres de mobilité dans un système plus large : modal,                             
urbain, territorial, tarifaire, informationnels,  serviciels…? 
3. Comment faire de l’utilisateur final un agent actif de l’élaboration et de l'évolution du                           
service ? 
4. Comment aborder ces questions hors de l'urbain dense où se déploient  aujourd'hui 
ces évolutions ? 
 
5. ​L'intérêt général et la donnée comme moteurs des innovations 
 
 
Les urbanistes s’emparent de la notion de “biens communs territoriaux”, l'Etat argue de "l’intérêt                           
général” pour l’ouverture des données transport, les maires de Boston et Portland enjoignent à                           
Uber de fournir ses données, etc. 
 
 
La diffusion du bien commun pénètre la mobilité comme d'autres secteurs publics. La notion de                             
bien commun est au fondement des notions de partage des véhicules, de partage de l'espace                             
public, comme des partages de la donnée. L'accès généralisé à la donnée qui l'accompagne                           
signe une mutation des services publics de mobilité. 
 
 
1. Quelles sont les conditions pour que la donnée accompagne efficacement les 
politiques de mobilité et permettent l'éclosion de services ? Quels services ? 
2. Quels  rôles doivent jouer les différents acteurs (Etat, autorités  organisatrices, 
opérateurs de transport, opérateurs de service, usagers, autres ?) dans cette politique                       
de la "donnée/service" 
 
6. Les générateurs de mobilité comme moteurs des innovations 
 
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De nouveaux acteurs interviennent dans l'organisation des mobilités et en transforment les                       
mécanismes. Deux d'entre eux prennent une place singulière, les réseaux sociaux et les                         
générateurs de mobilité. 
 
Une quinzaine d'entreprises de Plaine Commune, Seine­Saint­Denis, ont mis en œuvre des                       
horaires décalés d'embauche pour fluidifier les trafics de RER. 
 
Les "générateurs de mobilité" (les entreprises et les institutions dont les "donneurs d'ordre du                           
temps") imposent leurs horaires et leurs séquelles (contraintes d'organisation et congestions). 
 
 
1. Quel rôle et quels impacts peut­on attendre d'une concertation active des "générateurs                       
de mobilité" ? 
2. Comment mobiliser et responsabiliser ces générateurs pour réguler les  mobilités :   
fiscalité [versement transport modulable ?], politique des temps ? autres ? 
7. Les réseaux sociaux comme moteurs des innovations 
 
Le AUDI Urban Future Award a récompensé cette année la ville de Mexico pour son application                               
qui agrége en temps réel des données de mobilité issues de différentes sources : administration                             
publique, entreprises, citoyens, réseaux sociaux 
 
Les réseaux sociaux sont identifiés comme "les acteurs les plus influents des intelligences de la                             
ville". En matière de mobilités, la puissance de leur action se mesure à la taille des audiences                                 
des applications, à la taille des places de marché ; à l'importance de leurs usages mais aussi à                                   
l'imortance de leurs contributions. 
 
 
1. Quels  outils – applications, notifications, places de marché, wikis, autres ? – faut­il                       
encourager ? 
2. Faut­il  envisager des actions pour promouvoir ces outils ? Lesquelles ?  Quels sont les     
acteurs les mieux placés pour le faire ? 
 
 
 
 
 
 
 
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Annexe 2 : Synthèse des réponses au questionnaire
 
Les usagers comme moteurs des innovations
 
1. Considérez­vous que cette logique de la demande est nécessaire et utile ? 
 
L’offre ne diparaîtra pas, il y aura toujours des besoins insatisfaits, mais elle doit s’adapter. 
“Aucun réseau de transport n'a structuré son offre en fonction de la demande. Des enquêtes                             
viennent apporter ces éléments et induire des décisions. À travers cette logique, tous les                           
réseaux ont un encouragement à accompagner la demande. L'enjeu est de mieux s'adapter                         
dans le temps et dans l'espace (nuit, périphérique, ...). L'usager numérique est la clés.” 
Faucher​, ​Coldefy 
 
Une bascule inévitable et indispensable.​” 
“Elle est indispensable, la demande sera à la source des nouvelles opportunités d'innovation                         
dans les services.” 
Dario, Fréchin, Hannequin, Somat, Gendre, Cervantes, Plassat, Offner, Sézille, Dario 
“Cette possibilité d'intégrer l'usager du côté de l'offre (et ne pas le restreindre à choisir parmi les                                 
offres existantes) est nécessaire et utile pour apporter plus de réactivité dans la recherche                           
d'adéquation entre offre et demande.”​Chataigner 
La transition vers une logique de la demande est logique dès lors que les usagers montent en                                 
compétences. 
“Favoriser la réinterprétation créative de nouveaux usages, ex : dans beaucoup de cas se sont                             
appropriés pour en faire autre chose. Base intéressante. sortir de la logique du design de l'offre                               
et de la demande. Mais émergence d'une nouvelle logique, design collaboratif.” (​Amar​) 
 
Un accompagnement nécessaire pour une bonne intégration 
Mettre en cohérence les offres, et les rendre accessibles. Ne pas laisser sur le côté ceux qui ont                                   
moins de ressources relationnelles. 
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“La prise de pouvoir par les usagers via les plates formes numériques constitue la nouvelle                             
donne de la mobilité, que cela plaise ou non. La question importante est celle de l’utilité du                                 
service pour la collectivité compte tenu des externalités, ce qui renvoie à la régulation d’accès                             
au marché (sécurité et fiabilité du service) et de la concurrence avec d’autres modes dont                             
l’équilibre financier peut être remis en cause : le service de taxis peut­il totalement disparaître                             
au profit d’un Uber généralisé ? Comment maintenir un minimum de trains régionaux ou                           
d’aménagement du territoire si le covoiturage interurbain (Blablacar) se généralise ?” 
Taine​, ​Beaudoux, Attoma, Orfeuil. 
 
Un frein culturel 
La planification a cependant de l’avenir et restera culturellement privilégiée par les déciders, en                           
demande de contrôle. ​Schultz 
 
2. Comment analyser et comprendre ces nouveaux usages, afin de les mobiliser dans la                           
fabrication d'outils d'aide à la décision ? 
 
Sortir d’une logique de “tout public” 
Les usagers doivent financer leur consommation de mobilité. (​Coldefy​). 
 
Mobiliser les outils classiques d’observation quanti et quali... 
Compréhension en profondeur des usages et des causes de leur évolution. Enquêtes a priori et                             
a posteriori, observatoires. “2 choses importantes à mes yeux 
1. Comprendre les motivations des gens, ce qui suppose d'une façon ou d'une                       
autre des entretiens en profondeur 
2. Comprendre s'il s'agit de mobilités nouvelles ou de nouvelles façons de faire les                         
mêmes activités, et, dans ce cas, confronter la situation apres a la situation                         
avant. Exemple, la réponse à la question "d'où viennent les usagers de Velib et                           
d'autolib" est bien plus importante que le seul constat de leur nombre d'usagers.                         
Ce n'est pas le système qui est vertueux en soi, mais la transition qu'il a                             
suscitée” 
Orfeuil, Attoma, Gendre 
 
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… en parallèle de nouveaux dispositifs de mesure 
 
Observation agile et action publique au plus près des usages, le tout reposant sur une logique                               
Open Data. ​Beaudoux. ​Observation en temps réel. ​Cervantes 
“La connaissance "profonde" semble se privatiser. Ce n'est pas favorable. Et si tous acteurs                           
privés agissant sur un territoire étaient contraint de rendre à la collectivité tout ou partie des                               
connaissances générées ? La question est dévenue donc essentiellement réglementaire,                   
juridique et politique”. (Plassat) 
 
“Il faut concevoir de nouveaux outils d’analyse et d’évaluation d’écosystèmes faisant apparaître,                       
pour chaque projet de nouveau service : (1) les équilibres offre/demande possibles, selon les                           
territoires et les catégories de liaisons (en volume et en prix) ; (2) les effets distributifs avec les                                   
autres services existants ou potentiels ; (3) le paramétrage des leviers de régulation publique                           
comme par exemple : les facilités de circulation et de stationnement, la fiscalité, les exigences                             
de sécurité et de fiabilité.” (Taine) 
 
 
Encadrer par la puissance publique pour accompagner et diriger les nouveaux usages. 
“Par la prise en compte des comportements individuels mis librement à disposition par les                           
utilisateurs puis encadrer par la puissance publique en vue non seulement d'imaginer des outils                           
d'aide à la décision mais aussi pour influencer les comportements individuels“ 
Hannequin­Somat 
 
Ouvrir le champ des possibles ouverts par les nouveaux outils numériques pour susciter de                           
nouveaux usages. 
“On peut aller au­delà d'analyser et comprendre les usages. On peut aider les gens à modifier                               
leurs usages et ceux de leurs pairs. Non pas en planifiant sur 10 ans de grandes infrastructures,                                 
mais en leur donnant les outils et le pouvoir d'influer sur l'offre.” ​Schultz, Le Douarec 
 
 
3. Comment accompagner cette maîtrise d'usage des mobilités ? 
 
“La ville c'est brownien par excellence, la maîtrise, le contrôle absolu ça n'existe pas.” ​Coldefy 
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Développer la capacitation par le numérique 
Maîtrise du numérique. ​Beaudoux 
 
“En créant la plateforme : 
­ réseau 3G national 
­ smartphone a tous les habitants 
­ collecte des données au niveau au moins national (européen)” 
Le Douarec 
 
Par l’expérimentation collective 
“Par la création de living lab et de communauté de pratique” Hannequin­Somat 
“Travailler sur la maîtrise d'ouvrage des mobilités "par la multitude". Exemple : ne pas décider à                               
l'avance où positionner un arrêt de transport, mais desservir l'arrêt qui aura le plus de "likes" (ou                                 
équivalent).” ​Schultz 
“En développant des ... laboratoires de la mobilité... en faisant émerger une grande créativité de                             
construction de service et en les expérimentant.”, ​Dario 
Expérimentation​ : Taine, Hannequin­Somat, Gendre 
 
Par l’intégration des plus fragiles (accessibilité) 
“S'intéresser (vraiment) aux plus fragiles, aux plus dépendants de l'auto, à ceux qui ne décident                             
pas où ils habitent, où ils travaillent et quand ils travaillent.” 
Plassat 
 
Un enjeu culturel, pour les usagers comme pour la puissance publique 
“Cette prise en main par les utilisateurs n’est possible que s’il y a prise de conscience des                                 
enjeux problématiques, formation et capacité à créer, d’auto­organiser. Il y a des aspects                         
culturels à prendre en compte avec. Les pouvoirs publics doivent créer un environnement                         
favorable, lever les freins à ce type d’initiative, accepter d’être bousculés avant de réguler.” 
Léonard­Delabie 
 
 
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4. Comment favoriser une logique collective, voire collaborative de la demande ? 
 
Une logique individuelle, des leviers économiques 
Pas d’organisation collective spontanée : les motivations sont plus économiques que militantes.                       
Mettre en place des incitations individuelles semble plus adapté. ​Orfeuil 
“Carotte et batons restent le ooutils universels du changement. L'argent et le temps sont les 2                               
dimensions : 
● ralentir et augmenter les prix d'usage DIRECTS (des modes devenus indésirables) 
● accélérer et baisser les prix des modes devenus souhaitables co­xx)” 
(Le Douarec) 
“Par la satisfaction des demandes individuelles via des dispositifs d'intermédiation qui                     
permettent en temps réels de rapprocher le besoin individuel de mobilité et une offre davantage                             
partagée” 
Hannequin­Somat 
 
Par une attention portée aux besoins fondamentaux du collectif 
Par une compréhension préalable des besoins partagés par les usagers. ​Chataigner 
“Celle­ci devrait se fédérer autour de l'identification des tendances majeures de la demande                         
sociétale, en prenant en compte les particularités locales.” ​Dario 
“L'attention à l'humain (et le cognitif en particulier) permet d'explorer et de clarifier des questions                             
fondamentales comme notamment la motivation, l'engagement et la récompense, sans quoi on                       
ne peut pas penser – et donc éventuellement favoriser – le collectif et le collaboratif.” ​Attoma 
 
Jouer sur l’environnement : favoriser ou contraindre ? 
“Le secteur public peut être un catalyseur (cadre légal adapté, amorcçage du système, soutien                           
actif, cofinancement ...), le secteur privé peut/doit aussi prendre des initiatives même si le                           
secteur public traine les pieds parce qu'il aurait peur de ne pas tout contrôler”, ​Coldefy 
“Difficile de forcer sa mise en place. Elle peut être le résultat de la contrainte de                               
l’environnement. Elle peut être favorisée si la collaboration n’est pas réprimée (fiscal,                       
réglementaire) et est valorisée par la société. 
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Développer des mécanismes, des outils de contrôle de la confiance, des tiers divers (pas une                             
autorité unique), développer la diversité des alternatives, cela peut favoriser les approches                       
collaboratives.” ​Léonard­Delabie 
“En cédant du pouvoir aux usagers dans la gouvernance.” ​Cervantes 
 
Les services comme moteurs des innovations
Une politique orientée sur les services de mobilité comme réponse à l’inflation                       
d'infrastructures de mobilité ? 
 
Des infrastructures incontournables mais questionnables 
Pour nombre d’experts interrogés, la mobilité est nécessairement liée aux infrastructures (​Offner,                       
Schultz, Hannequin, Somat, Beaudoux​). 
Ce sont plus les restrictions budgétaires que la réduction de la demande qui réduiront l’inflation                             
d’infrastructures (​Coldefy, Attoma, Gendre​)​. 
Cependant, ces restrictions budgétaires peuvent être vus comme une opportunité pour développer                       
une politique orientée sur les services de mobilité. 
 
Revisiter la notion d’infrastructure et réorienter ses missions 
Les services de mobilité ne conduiraient non pas à réduire la demande de mobilité et donc le                                 
besoin d’infrastructures mais permettraient plutôt d’agir sur les moyens inappropriés (voiture                     
solo, etc.) au profit de solutions plus durables : 
● optimisation​ des transports traditionnels grâce aux services 
● développement des deux roues et autres modes doux 
(​Orfeuil, Frechin, Chataigner, Offner)​. 
Pour certains, les services déterminent d’autres infrastructures, comme les aires de                     
covoiturage, réseaux sans fil, … (​Gendre, Chataigner​). 
Ces autres composantes infrastructurelles (les services) viendraient en soutien du monde                     
physique (​Coldefy, Beaudoux, Schultz​). 
 
L’infrastructure, une notion transformée, élargie et consolidée 
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Une infrastructure servicielle, physique et matérielle peut être vue comme un seul et même                           
éco­système (​Attoma​). 
Les notions “eco” et “meta” s’imposent face à la “​machine mécanique​” qui livre “​un monde                             
connecté incertain​” ​(Le Douarec)​. 
 
Par ailleurs, n’est­ce pas l’occasion de revoir le concept même d’infrastructure : non plus                           
quelque chose de matériel mais immatériel (organisations, équipements etc.) (​Amar​). 
 
Les infrastructures “nouvelle génération” ne sont plus fragmentées et isolées (​Faucher, Amar​).                       
Elles sont inter­fonctionnelles et inter­maillées, par exemple le métro déplace les personnes, du                         
fret, des flux en tout genre (électricité, data). Une gestion globale est associée. 
 
Le “cercle pervers” de l’infrastructure et ses issues 
La logique veut qu’on optimise les infrastructures. Mais on n’échappe pas pour autant au                           
syndrome du progrès, donc de la croissance, donc … de plus d’infrastructures, même dans une                             
politiques orientée services. Culturellement, la valeur donné à la recherche d’économies (signe                       
de pauvreté) est à revoir pour pouvoir rentrer dans une logique d’optimisation (​Chataigner​). 
 
Pour s’extraire de cette logique inflationniste des infrastructures de mobilité, il faut d’autres                         
approches des politiques publiques : 
● refaire la ville sur la ville pour éviter la création de nouveaux besoins de mobilité et donc                                 
d’infrastructures (​Schultz​). 
● une politique de modération du développement des infrastructures (​Amar​). 
 
Des prérequis 
Ces politiques publiques impliquent trois modalités : la mobilité, l’immobilité et une nouvelle                         
organisation des activités. Ceci suppose en préalable ​(Gabriel Plassat) ​: 
● une phase de compréhension des pratiques actuelles, d’analyse des typologies et une                       
constitution permanente des “réponses” de citoyens pour ajuster les politiques publiques. 
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● des structures de rencontre (​la Fabriqu​e à terme) permettant la co­conception entre                       
communautés, utilisateurs, collectivités, générateurs etc (​Hannequin & Somat, Le                 
Douerec, Beaudoux​). 
 
Quels acteurs sont les plus à même d'accompagner la révolution servicielle des                       
mobilités ? 
 
Quel jeu d’acteurs ? 
Un écosystème d’acteurs qui combine citoyens­usagers­clients, producteurs et gestionnaires de                   
transport, public et privés, intermédiateurs numériques et régulateurs publics est nécessaire pour                       
ne pas rechuter dans des dérives inflationnistes (​Dubois­Taine, Cervantes​). 
Si pour certains l’enjeu est global, pour d’autres (​Offner​), le jeu d’acteurs est tributaire des                             
situations locales et des gouvernances. 
L’essentiel de la réussite dépend de leur coordination (​Orfeuil​). 
C’est pour certains, un “bouleversement” (​Le Douerec​), ou simplement une “évolution”                     
(​Coldefy​). 
Porter une attention aux ​générateurs de mobilité​, petits et grands (​Orfeuil​, ​Hannequin & Somat​). 
 
 
La transformation du rôle de l’acteur public 
L’acteur public est indispensable pour accompagner : 
● des incitations stratégiques ; aujourd’hui les cahiers des charges restent fortement centrés                       
sur les dimensions techniques  (​Beaudoux​). 
● incitations réglementaires et tarifaires ; taxation des déplacements à l’usage et non à la                           
possession, définir les règles d’usage et valoriser les nouveaux modes de déplacement                       
(​Plassat, Orfeuil​). 
● bref activer un pouvoir régulateur, en veillant aux conditions de concurrence et d’accès                         
au marché (​Dubois­Taine​). 
● dans ce contexte, la coordination des tous les acteurs devient essentielle (​Orfeuil​). 
 
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Les barbares et les offres parallèles 
Par ailleurs, le bouleversement de l’offre de mobilité et le surgissement d’une offre parallèle de                             
transport inédite (Uber, Blablacar, …) entraîne une “non linéarité des perturbations” : un petit                           
acteur peut chambouler un secteur entier (​Le Douarec​, Gendre, Schultz, Plassat, Dubois­Taine​),                       
et conduit à des monopoles à l'échelle mondiale ​(Le Douarec). 
 
L’articulation du servicielle à l’infrastruturel pose question 
Mais dans sa maîtrise industrielle, “​il y aura beaucoup de candidats, peu d'élus​” (​Coldefy​). 
Attoma ​pointe qu’aucun acteur de la nouvelle économie "startupienne" et open source ne semble                           
en capacité de développer des capacités industrielles et de déployer des bouquets de services                           
réellement intégrés. 
Les acteurs qui réussiront seront ceux capables de voir plus loin que la simple mode de transport                                 
(Amar). 
 
Les acteurs traditionnels de transport (SNCF expressément), si changement total de culture                       
(​Frechin, Attoma​). Ils pensent depuis longtemps aux services, mais un frein existe au niveau des                             
collectivités territoriales qui ne posent que des cahiers des charges très techniques (op. cit.                           
Beaudoux​). 
 
La place centrale de la data 
Les agrégateurs de data capables de les valoriser comme le STIF, RATP, Google, hackers, etc.                             
(​Chataigner, Faucher, Talès, Amar)​. 
 
Quelles nouvelles conditions faudrait­il poser pour l'investissement et le fonctionnement                   
des infrastructures physiques ? 
 
Le dyptique : L’Optimisation de l’existant vs. La Nouvelle politique servicielle 
La priorité à l’optimisation des infrastructures existantes plutôt que le développement de                       
nouvelles doit être assortie d’une garantie à un accès équitable à ces infrastructures ​(Orfeuil)                           
comme prévu dans la charte des mobilités de Bordeaux ​(Offner)​. 
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La condition préalable est la mise en place d'une infrastructure de collecte des data et leur mise à                                   
disposition ouverte, sur la base de principes communs d'anonymisation, de standardisation des                       
formats et de certification concernant leur qualité. 
 
L’économie d’abord 
L’objectif : inviter l’ensemble des acteurs à se pencher dessus et permettrait une meilleure                           
priorisation des projets par la transparence des coûts/bénéfices ​(Attoma, Talès, Plassat)​. 
 
Dans ce contexte, il faut envisager des outils d’évaluation (indicateurs) compatibles avec le                         
monde ce nouvel univers complexe et interconnecté ​(Le Douarec). 
 
Cela suppose un réel investissement de la puissance publique ​(Gendre)​ : 
● La mise en place de “responsables des transports intelligents” dans le processus de                         
conception et de gestion des infrastructures. 
● Une redéfinition de la mobilité dans les documents d’urbanisme : ex. contrats projets                         
Etat­Région, PDU, SCOT ont un sous­dossier "mobilité" qui ne porte QUE sur les                         
infrastructures, (cf. ex.) 
● On retrouve la volonté de faire prévaloir le stratégique sur le technique (op. cit.                           
Beaudoux). 
● Et on énonce la nécessaire égalité concurrentielle des modes face au support des                         
différentes dépenses publiques ​(Faucher). 
 
Des pistes d’innovation 
Des principes volontaristes : 
“50% de l'espace affecté à d'autres modes que la voiture”​ (​Schultz​). 
 
Des principes de gouvernance 
Une gouvernance unique de la mobilité (​Cervantes​). 
 
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Changement de paradigmes économiques 
La question de prise en charge financière des coûts fixes de maintenance et de renouvellement                             
des infrastructures et des véhicules est fondamentale. L’irruption des offres nouvelles doit être                         
l’occasion de repenser l’économie des infrastructures. Comment faire supporter aux nouvelles                     
offres des charges publiques ? (​Dubois­Taine​) 
 
Le “passage de l'économie des transports à l'économie de la mobilité” est l’occasion de remettre                             
à plat les modèles économiques : “​Sans doute faut­il s'inspirer du monde numérique pour voir                             
comment s’opère les nouveaux modèles économiques​” (​Amar​), mais les finbalités sociales des                       
mobilité : qualité de vie,  recherche de bien­être, etc. (​Amar​) 
 
Les mobilités contraintes comme moteurs des innovations
 
1. De quelle(s) manière(s) le modèle de croissance des mobilités peut­il être inversé ? 
 
Repenser la ville/Vision territoriale 
“Les PLU en favorisant la concentration urbaine, en organisant une ville multipolaire                       
(déspécialisation à grande échelle des zones)”​Codelfy 
“Les comportements de mobilité reflètent avec précision l’offre accessible par les ménages.                       
Peut­on créer ou susciter une offre alternative au déplacement physique des personnes, sous                         
forme de possibilités de télétravail, de télé­activité, ou d’organisation de services de proximité                         
dans les espaces résidentiels, par exemple ? (...) L’objectif n’est pas de proposer des solutions                             
ou des recommandations, mais de stimuler la réflexion collective des acteurs de chaque «                           
territoire de vie » (publics et privés) en les incitant à coopérer pour la construction d’une vision                                 
commune de leur territoire” ​Taine 
“De là à inverser le modèle, cela suppose que soit : 1/ les aspirations individuelles peuvent                               
fondamentalement évoluer à moyen terme 2/Les modèles d’urbanismes actuels et ce qu’offre la                         
ville (et surtout ses périphéries) changent fondamentalement, ce qui paraît compliqué, y                       
compris dans l’offre de logements, mais aussi en termes de mobilité (beaucoup préfèrent 45mn                           
de trajet en voiture que 1H en TC par exemple, difficile à faire évoluer).” ​Leonard­Delabie 
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Jouer sur les coûts 
“Augmenter les couts des déplacements pour l'usager : cout d'usage de la VP, le cout des TER                                 
extrêmement bas en abonnement D/T ce qui favorise l'étalement urbain (3 ct/km !)” ​Codelfy 
 
Identifier et influer sur les moteurs de la mobilité… dans la mesure du possible 
“En venant réinterroger l'organisation des activités qui engendrent de la                   
mobilité.“​Hannequin­Somat 
“Le domicile travail devient  mûr pour etre disrupté... et il le sera.” ​Le Douarec 
“En théorie changer les horaires ou favoriser le télétravail semble une solution évidente et                           
intelligente pour optimiser le rapport offre/demande. C'est bien ce que chacun fait à son niveau                             
personnel ou familial, alors pourquoi ne pas le faire à grande échelle ? 
Mais vouloir le faire à grande échelle est à mon avis utopique. C'est un peu comme proposer de                                   
déplacer le piano pour le rapprocher du tabouret “ ​Schultz 
“En remontant le fil des modèles socio­économiques et culturels qui "produisent" les mobilités et                           
en cherchant d'identifier les leviers systémiques susceptibles de générer des changement,                     
même marginales.” ​Attoma 
“C'est intimement lié aux modèles d'organisation des entreprises et autres institutions .La                       
mobilité en est tributaire.” ​Cervantes 
 
Construire un bouquet serviciel des mobilités 
“Dans les territoires urbains et péri urbains, une approche intégrée de l'offre stationnement                         
(levier sur la voiture individuelle) et de l'offre des mobilités partagées (transport public                         
traditionnel, voitures:vélos partagés,etc.). C'est le moyen d'obtenir une mobilité cohérente,                   
apaisée, rationnelle.” ​Beaudoux 
 
Réguler par le marché 
“Dans une économie peu contrainte "de marché", sans doute surtout si le coût de la mobilité                               
(prix du carburant mais pas que) augmente beaucoup.” ​Gendre 
 
 
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2. Quelles sont les conditions de réduction des “mobilités subies" ? 
 
Repenser la charge des coûts de la mobilité 
“Aller vers une plus grande proximité des couts acquittés par les usagers et des couts globaux.                               
par exemple, arret du principe general de stationnement gratuit chez l'employeur, mais aussi                         
abandon du tarif unique du Navigo en Idf et des billets Ter a 1 euro en Langudoc Roussillon.                                   
C'est non seulement suicidaire pour les finances publiques, mais un tres mauvais signal pour                           
ceux qui pensent que moins de mobilité est possible” ​Orfeuil 
 
Vers la démobilité 
“Substitution d'une réunion conf à une réunion physique : baisse des coûts / généralisation des                             
outils de télé­conf, télétravail : souplesse des organisations ­ selon le type d'emploi” ​Gendre 
“On peut par exemple venir interroger l'organisation du travail en supprimant le contrôle (voir les                             
travaux de Getz, I. 2009 : liberté et compagnie) et ainsi rendre possible (du moins dans le                                 
tertiaire) le télétravail” ​Hannequin­Somat 
“Une plus grande souplesse dans les trajectoires résidentielles. 
L'acceptation par les salariés et leurs employeurs d'un recours plus fort au télétravail.” ​Offner 
 
Un processus déjà à l’oeuvre dans la société et le travail 
“La tendance de fond de l'individualisation et la parcellisation du travail : de plus en plus de free                                   
lances, indépendants, travailleurs à la tâche. La lente déliquescence de l'entreprise                     
traditionnelle issue des Trente Glorieuses.” ​Schultz 
 
Repenser l’organisation des temps sociaux 
“Permettre une plus grande flexibilité dans les temps contraints (heures de bureau en premier                           
lieu), en horaires flexibles, travail à distance, etc ? Plus que des 'mobilités subies', c'est                             
davantage des 'déplacements pour des activités dont on ne maîtrise pas les horaires'. Les                           
conditions de réduction doivent passer par adresser ces 'activités' pour lesquelles on est amené                           
à se déplacer.” ​Chataigner 
 
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Donner aux usager les moyens et les compétences de faire d’autres choix 
“Il ne faut plus parler des « mobilités subies », mais des univers de choix des usagers pour                                   
accéder aux services de la vie quotidienne. Ce qui limite le choix, c’est bien sûr l’absence de                                 
services alternatifs au déplacement physique, mais c’est aussi et souvent l’ignorance, la                       
passivité ou le manque de coopération pour rechercher des solutions alternatives qui, grâce au                           
numérique, deviennent à la portée « de la multitude ».” ​Taine 
“Meilleure visibilité sur les différents modes de transport. Pb de visibilité, trop d'opacité sur les                             
différents modes de transport et leurs interactions.” ​Tales 
 
Le levier des coûts : le risque d’un accroissement des inégalités 
“Rendre la mobilité plus chère pour ceux qui en subissent déjà le poids et en ont le moins les                                     
moyens, c’est un problème social, et c’est un problème territorial si l’on condamne certains                           
territoires excentrés à la désertification, sans revitalisation possible via la rurbanisation.”                     
Leonard­Delabie 
 
3. Quelles actions permettraient de recentraliser les activités (travail, courses…) plus                     
près du domicile ? 
 
Repenser des aménités de proximité 
“En définissant ce qu’on considéré comme proche et en favorisant les comportements de                         
proximité (voir des propositions dans ( "Grand Paris, approfondir les ambitions, sortir des                         
illusions)” ​Orfeuil 
“En premier lieu il convient de décentraliser le travail et les courses qui ont été concentrées                               
dans leurs cathédrales que sont les immeubles de bureaux, (voire les hyper cathéddrales des                           
sièges sociaux) et les hypermarchés” Le Douarec 
“Les tiers lieux pourraient offrir des bouquets de services en mettant en place des                           
conciergeries.” ​Beaudoux 
 
Le télétravail créateur de nouvelles poly­centralités et d’une relocalisation des services 
“Le haut débit partout. La lente déliquescence de l'entreprise traditionnelle issue des Trente                         
Glorieuses qui profitera au travail individuel 'sans bureau fixe"” ​Schultz 
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“Avec l'arrivée de l'automobile, le territoire s'est équipé de stations essence, de parking, de                           
garages, etc. ; avec l'émergence de l'autonomisation du travail (cf. Michel Lallement), le                         
territoire doit s'équipe de fonctions facilitantes (coworking, fablabs, bibliothèques, crèches, etc.)”                     
Chataigner 
“Développement de lieux tiers combinant bureaux et services aux personnes”​ Sézille 
 
Densifier les centres, concentrer dans des hubs 
“Une politique s'appuyant davantage sur le transport public en zone périurbaine permettrait de                         
densifier les flux de déplacement autour de hubs, incluant des services de proximité (courses).                           
=> résoudre le problème du dernier Km du transport public pourrait être structurant. Il faut                             
continuer à densifier les villes centre.” ​Cervantes 
 
Encourager et favoriser les modes alternatifs 
“Une meilleure vision sur les moyens de transports, les horaires. Le fait qu'il y ait une opacité                                 
sur l'intermodalité, aboutit un constat d'échec dans certaines zones urbaines ou rurales.” ​Tales 
“Plus de place à la marchabilité dans les critères de construction urbaine. Grand mixité, grande                             
accessibilité. Transformer l'image de la ville avec principes de marchabilité, David Mangin.                       
Conceptions urbaines.” ​Amar 
Nouveaux modèles économiques et déconcentration des emplois 
“ Les nouveaux modèles économiques, notamment issus du numérique, pourraient aider à une                         
déconcentration des activités : apporter plus de services en périurbain et en rural, avec des                             
modèles économiques qui supportent moins de coûts fixes, dont peuvent s’adapter aux faibles                         
densités.” ​Léonard­Delabie 
 
Les générateurs comme moteurs des innovations
 
1. Quel rôle et quels impacts peut­on attendre d'une concertation active des "générateurs                         
de mobilité" ? 
 
Une mobilisation difficile 
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“C'est à travailler, mais c'est un travail de fourmi au cas par cas. Les entreprises sont                               
nombreuses, diverses, avec des contraintes spécifiques. Ce qui marche chez l'une ne marchera                         
pas chez l'autre.” ​Codelfy 
“Je ne m'attends a aucun impact significatif car cette methode ne me semble pas adapté au                               
monde actu 
el, hyper connecté et complexe.” ​Le Douarec 
“Faible à mon avis. trop d'imbrications. Qui va déplacer les horaires des écoles.”​ Cervantes 
 
Pas une solution miracle 
“Sans doute utile à court terme, mais se rappeler les années 70 (le Catral en Idf) et les années                                     
90 (Les bureaux du temps) Pas vraiment de grands succès restés dans les mémoires” ​Orfeuil 
 
Concertation ou co­construction ? 
“Il faut dépasser la logique de concertation pour aller vers une logique de Co­construction avec                             
les parties prenantes de l'activité.”, ​Hannequin­Somat 
“L'approche est donc clairement bottom­up avec les communautés pour co­concevoir les                     
solutions de mobilité/immobilité/nouvlles activités” ​Plassat 
“Devraient, même légalement, avoir un travail de co conception de la ville, notamment par les                             
horaires décalés par exemple. Devraient avoir un pro dans l'entreprise dédié à ce travail. Il ne                               
s'agit pas seulement d'optimiser. “ ​Amar 
 
Le partage, un levier clé 
“Ils pourraient participer activement à l'organisation des mobilités en tant que parties prenantes                         
; Ils pourraient se coordonner en termes d'horaires, de partage des flottes, d'informations,                         
d'organisation du travail…” ​Beaudoux 
“Je ne crois pas à cette solution, en dehors des effets d'aubaine pour ceux qui le font déjà (cf.                                     
35 heures). “ ​Schultz 
 
Une nécessité, un impact important 
“Ces générateurs de mobilité étant au coeur des problèmes de mobilité, ils sont des acteurs                             
clés des solutions potentielles tel que l'exemple cité le montre.” ​Sezille 
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“Un impact fondamental je pense car ils peuvent influencer les changements de comportement                         
d'une grande quantité d'utilisateurs.” ​Vandi 
 
Un rapprochement sur la base de la connaissance des coûts 
“Permettre au secteur privé de proposer des solutions et des offres de mobilité innovantes,                           
répondant aux demandes des citoyens. Pour cela une approche business model rentable est                         
importante. Les pouvoir publics doivent pouvoir favoriser cette approche.”​Dario 
“On ne peut pas seulement dire que l’institution / entreprise est responsable. Pour ce dont elle                               
est responsable, elle doit payer dans les impôts et taxes, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui :                                   
une entreprise paie moins d’impôts dans une ZAC isolée, mal desservie, que dans un centre                             
urbain dense, bien desservi ! “ ​Leonard­Delabie, Taine 
 
2. Comment mobiliser et responsabiliser ces générateurs pour réguler les mobilités :                       
fiscalité [versement transport modulable], politique des temps, bien être des salariés, etc                       
? 
 
Une prise de responsabilité de la puissance publique en amont 
“Il y a d'abord une condition politique qui n'est pas gagnée: il faut que les AO (en particulier en                                     
Idf) acceptent de reconnaître que les conditions de transport sont plus que médiocres. Tant qu                             
on se donne des satisfecit, quelle légitimité a t on pour demander aux autres de faire un boulot                                   
d'amélioration?” ​Orfeuil 
 
Pédagogie sur les externalités positives 
“La mobilisation des générateurs de mobilités ne peut s'envisager que par la démonstration de                           
l'amélioration de la performance (Coûts qualité, temps, CO2) de leur activités en modifiant la                           
mobilité générées.” ​Hannequin­Somat 
“En créant des ROI qualitatifs axés sur le bien être et que ces mesures aient autant d'impact sur                                   
les marchés financiers que les ROI traditionnels” ​Beaudoux 
“Les bases d’une négociation « contractuelle » avec les entreprises devraient s’établir sur le                           
partage de la valeur crée par de nouveaux dispositifs d’organisation du travail et de la mobilité :                                 
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gains de qualité de vie des employés, gains de productivité de l’entreprise, gains d’efficience du                             
réseau de transport public …” ​Taine 
“Il faut être capable de mesurer la valeur : 1/ pour l’entreprise elle­même (image, gain de                               
productivité, attractivité pour recrutement, diminution accidents de trajet) 2/ pour les salariés.                       
Cette valeur est­elle monétisable ? Est­elle claire ? 3/ pour la collectivité, le territoire 
L’analyse de cette valeur doit guider la recherche de solutions, de monétisation, de politiques                           
d’incitation.” ​Léonard­delabie 
 
Une nécessaire incitation/récompense 
“La question du bien être des salariés est aussi stratégique, à condition qu'on sorte de                             
l'angélisme et on identifie des indicateurs et des métriques précis – associés à des dispositifs                             
d'évaluation, de rating et de récompense.” ​Attoma 
“Incitation au télétravail (financière). “ ​Cervantes 
“Partir des démonstrateurs principaux d'un territoire, co­concevoir des solutions de                   
mobilité/immobilité/nouvelle activité puis apporter en complément un ajustement par une                   
proposition de contrainte/récompense” ​Plassat 
 
Les transports ​On demand​et partagés comme moteurs des innovations ?
 
La voiture à la demande est­elle l'avenir du transport collectif ? 
 
Oui car le transport collectif tel qu’on le connaît est structurellement et financièrement limité                           
(tous), dès lors “La frontière entre transport collectif et individuel devient de plus en plus flou”                               
(Delabie, Léonard) “Permettre aux usagers de se conduire eux­mêmes est une extension                       
évidente du service de transport collectif” (Chataigner). 
 
La voiture à la demande n’est pas l’avenir mais est complémentaire des autres modes de                             
transports (Beaudoux, Coldefy, Chataigner, Cevantes, Attom, Talès). Ceci car “nos villes (et                       
encore moins nos autres territoires) ne connaissent de contraintes suffisantes pour envisager                       
un basculement massif dans les 10 prochaines années” (Labie, Léonard). 
 
Son succès dépend de la densité du territoire et de la fréquentation des services de transport                               
(Gendre, Dubois­Taine). 
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L’objet “voiture”, diversifié 
Cependant, évolution de l’objet voiture (Le Douarec, Delabie, Leonard, Amar) “la forme de                         
l’objet voiture sera moins importante. La voiture pourra être un minibus si besoin, ou un                             
quadricycle, ou autre chose.” (Delabie, Leonard) 
Changement de la définition même de “transport” qui n'est plus défini par sa technique de                             
transport. Elle devient une hybridation des modes existants. (Amar) 
C’est l’agilité qui déterminera le “transport du futur”. Politique et bureaucratie sont les limites du                             
TC aujourd’hui. “La capacité à coller au plus près et "juste à temps" à la demande est l'avenir du                                     
service en général. Du transport en particulier (Schultz) 
 
La nécessité d’une nouvelle gouvernance 
Pour les questions financières, il faut instaurer une taxation de la consommation de mobilité ­                             
toutes formes confondues (Codefy),“La taxation de la consommation de la mobilité. C'est aussi                         
cela la ville durable et intelligente”. 
 
Rendre la voiture servicielle politiquement compatible et faire des offres globales : 
­ qui fonctionnent 
­ qui coûtent moins chères 
(Plassat) 
 
Multiplication des modes de transport (Amar) 
“Ville est un éco système de mouvements. Une des caractéristiques de la ville future est cette                               
diversité : auj 4 ou 5 modes, demain 40 ou 50”. Amar 
 
Comment intégrer les pratiques et offres de mobilité dans un système serviciel plus large                           
comprenant les dimensions modales, urbaines, territoriales, tarifaires, informationnelles,               
etc ? 
 
Une approche systémique 
Le système serviciel doit être abordé de manière plus globale, sans se concentrer                         
individuellement sur les mobilités. Tous les usages doivent être confondus et non segmentés.                         
De cette approche découlera naturellement un système intégrant les mobilités (Amar, Delabie,                       
Léonard) “Intégrer suppose des silos qu’on cherche à emboîter tant bien que mal : c’est mal                               
parti ! Renversons la manière d’envisager les choses, l’emboîtement nécessaire apparaîtra de                       
lui­même selon les cas, et on fera surtout ressortir les rigidités du systèmes provoquées par les                               
différents silos justement”, Léonard, Delabie 
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“Il faudra penser l'intégration non pas par l'intervention d'un acteur dominant mais penser                         
l'intégration par l'intervention d'un voyageur”, Amar 
 
Il faut revoir la perception de la mobilité (réelle et virtuelle) comme le moyen d’accéder à                               
n’importe quel activité et ainsi l’intégrer à la réflexion de n’importe quel service. “Il faut                             
désormais penser les services de mobilités » comme l’une des composantes de l’offre de                           
services urbains aux personnes et aux entreprises.” Dubois­Taine 
 
Des projets territoriaux ayant une approche globale, Plassat 
 
Une mise en application pratique 
Concrètement, ce système passe par : 
● une simplification du mille­feuille administratif + ouverture radicale des données. (Le                     
Douarec) 
● Plate forme d’information multimodale (Optimod’ Lyon) avec intégration tarifaire                 
(Coldefy, Cervantès, Schultz, Attoma) et billettique unique (Faucher, Attoma) et les                     
données ouvertes (Attoma) 
● Assistants de mobilité à l’échelle nationale, euro (Cervantès) 
 
Contre balancer la place donner aux infrastructures de transports par rapport à la mobilité.                           
(Schultz) 
 
La gouvernance de ce système serviciel 
Les AO transports ou inventeurs d’applications (Offner) 
L’usager “L’usager se fabrique son système.” (Amar) 
Vu la place consacrée aux autorités publiques, celles­ci doivent recevoir un enseignement sur                         
les pratiques de la mobilité pour les CT AOMD (Gendre) 
 
Comment faire de l’utilisateur final un agent actif de l’élaboration et de l'évolution des                           
services ? 
 
En s’inspirant des agents, comprendre comment il fabriquent leur mobilité (Amar) : 
● utiliser les données pour comprendre les usages (Hannequin & Somat, Le Douarec,                       
Beaudoux, Amar) “donnez lui un smartphone ! augmentez le de la faculté holoptique.                         
Éradiquez le dilemme du prisonnier.” Le Douarec 
● Dialogue et retour sur expérience (Coldefy, Gendre, Attoma, Schultz). “Tout d'abord, en                       
l'observant et en l'écoutant”  (Attoma). “Un réseau social des transports” (Talès) 
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“Comment les usagers fabriquent leurs vies mobiles ? Il faudrait s’intéresser à l’ingénierie de la                             
vie mobile, chacun en est son ingénieur.” (Amar) 
 
En donnant aux agents un intérêt à être actif (Orfeuil) : 
­ financier (Coldefy cf ci dessus, Chataigner, Talès) 
­ de gouvernance (Chataigner, Cervantès) à l’image des sociétés d’autopartage en SCIC. 
 
Concrètement, plusieurs techniques (Delabie, Léonard): 
● conceptions traditionnelles pyramidales 
● “techniques de lean startup : codesigner en allant très vite vers l’utilisateur avec des                           
solutions que l’on teste, qu’on fait évoluer, que l’on rejette éventuellement. Ce sont les                           
itérations successives et la diversité des propositions / formules testées qui donnent du                         
pouvoir à l’utilisateur” 
 
Comment aborder ces questions hors de l'urbain dense où se déploient aujourd'hui ces                         
évolutions ? 
 
Enjeu d’autant plus fort dans ces zones détendues (Frechin, Dubois Taine) 
 
Pratiques spontanées hors urbain dense (Dubois Taine), à étudier et comprendre pour inspirer                         
de nouveaux services (Orfeuil, Amar, Talès). “En développant des service ad hoc, pas des                           
services inspirés du milieu urbain dense ?”  Chataigner, Attoma 
“On ne peut pas calquer les modes ou solutions d’un territoire à un autre. Il faut envisager les                                   
choses globalement, au­delà de la mobilité.” Léonard, Delabie 
 
Mais la gouvernance doit suivre pour inspirer de nouveaux modèles économiques (Dubois                       
Taine, Cervantès, Offner, Delabie, Léonard) 
 
“Il faudrait mettre l’utilisation de la voiture individuelle sous contrainte, pour favoriser le                         
développement de nouveaux usages”, Léonard, Delabie. 
 
L’intérêt général et les données comme moteurs des innovations
 
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“La donnée n'a aucun intérêt en tant que telle. Ce qui compte c'est la capacité à valoriser les                                   
données, à les transformer en informations pour améliorer le service et baisser les coûts.”                           
Schultz 
 
“Si Google peut utiliser toutes les données mais intègre les conditions de la ville dans son algo                                 
(toujours la question du passage devant l'école à 16.00), que devient le pb ? Il faut donc bien                                   
spécifier les objectifs de chaque acteur : opérateur, collectivité, citoyen, startup pour essayer de                           
trouver des zones gagnantes pour tous”, Plassat 
 
1. Quelles sont les conditions pour que la donnée accompagne efficacement les                       
politiques de mobilité et permette l'éclosion de services ? 
 
Une approche systémique 
En pensant la donnée de manière systémique Léonard & Delabie : 
● en terme de nature 
● en terme géographique “Il faut penser la donnée de manière globale, pour permettre à                           
des services de l’exploiter de manière globale (au moins européenne) car l’exploitation                       
sur un territoire limité ne produit pas en général suffisamment de valeur ajoutée (en tout                             
cas économique)” 
 
Un cadre réglementaire à définir 
En mettant en place un statut d’intérêt général pour l’ouverture des données, Coldefy 
 
Pour certain, cette ouverture doit être une radicale sans standardisation des données. “Ne pas                           
chercher a standardiser, laisser les inventeurs / shaper de la data opérer là où est l'intérêt.”, Le                                 
Douarec. 
 
Tandis que pour d’autres, les données doivent être standardisées ­ “données recoupables les                         
unes avec les autres : les données techniques d’une part, les données                       
théoriques/prévisionnelles d’autre part, les données en temps réel“, Talès. 
 
Une certification garantie par l’Etat, Attoma : 
● plateformes claires aux acteurs identifiés, Frechin 
● neutres, Léonard & Delabie, Cervantès 
● disponible, à jour, de qualité, Léonard & Delabie, Vandi 
● sur des bases interopérables, Talès 
● “rangées” dans des API, Talès 
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● un accès équitable : “des conditions équitables équivalentes, notamment équivalente                   
entre sources et territoires”, Delabie & Léonard, Dubois­Taine “Avec un dispositif de                       
suivi et d’évaluation, qui permette de déplacer si nécessaire les  « curseurs » de la         
régulation publique” 
 
Des licences qui doivent être : 
● variables, Frechin 
● homogènes, “Des conditions (techniques, de licence, contractuelles) trop hétérogènes                 
entre sources et territoires, c’est rédhibitoire à court terme”, Léonard &Delabie 
 
“Démocratisation des outils d'exploration de la donnée, aujourd'hui inaccessible aux                   
"non­experts" et réservée aux data scientists”, Attoma 
=> chemin engagé : nouvel environnement Microsoft, ML Azur Studio :                     
https://studio.azureml.net 
 
Des conditions d’ouverture 
“Le respect d'une éthique de fonctionnement venant poser un certain nombre de pratique                         
déontologique”, Hannequin & Somat, gouverné par un conseil de l'ordre 
 
Ouverture pour l’innovation : “On devrait ajouter à l'exigence d'ouverture de la donnée, une                           
exigence d'inovation. Cette ouverture doit favoriser l'innovation”, Amar 
 
2. Quels rôles devront jouer les différents acteurs dans cette politique de la                         
"donnée/service" ? 
 
L’ouverture des données 
● Ne pas compter sur RATP et SNCF. “Comment peut on envisager de contraindre des                           
acteurs minoritaires a l'open data, quand les grands acteurs pratiquent l'opacité (y                       
compris à l'égard des pouvoirs publics qui leur versent pourtant des milliards chaque                         
année)”, Orfeuil 
● Publiques et privés, Coldefy, Gendre, Sézille, Cervantès, Coldefy 
 
Un rôle organisationel de la PP 
“Aux autorités organisatrices d'imposer la fourniture des données par les opérateurs qu'elles                       
soutiennent puis confier a une société qui ne fait pas de transport la mise en forme/ vente de                                   
ces informations à des opérateurs selon des conditions contractuelles précises”, Orfeuil 
 
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Définition d’un cadre et garantie de qualité : “Harmoniser, financer des programmes centrés                         
usage, financer le travail nécessaire à fournir des données de bonne qualité. Fred Mazella de                             
BlaBlaCar dit par ex qu'il n'est pas contre fournir ses données mais c'est un travail en plus pour                                   
lequel il n'a pas de BM. “, Vandi 
 
4 grands modèles : 
“­ la ville IBM : on continue comme d'habitude, mais connecté. On cherche à maîtriser la chaîne                                 
de collecte et traitement de données de bout en bout. Des capteurs partout, des données en                               
pagaille, mais une utilisation somme toute identique à aujourd'hui. Un grand tableau de bord sur                             
le bureau de monsieur le maire 
­ la ville Google : on lâche l'affaire. Les gens se débrouillent très bien avec Nest pour l'habitat,                                   
Google pour le travail, Uber pour les déplacements et Amazon pour le commerce. Certaines                           
plateformes deviennent les OS des autres. L'État se retire et laisse la régulation des                           
plateformes gouverner le monde 
­ la ville plateforme : les pouvoirs publics gardent l'OS et favorisent le développement                           
d'applications. La ville au sens traditionnel devient un système d'exploitation sur lequel les                         
entreprises et administrations créent des applications. L'état est un Appstore qui fixe les règles,                           
diffuse ses SDK et laisse faire le marché. 
­ la ville opensource : les pouvoirs publics favorisent le développement de solutions libres et                             
distribuées et taxe à mort les autres.”, Schultz 
 
Les réseaux sociaux comme moteurs des innovations
 
Quels outils faut­il encourager pour une mobilité plus maîtrisée ? + Faut­il envisager des                           
actions pour promouvoir ces outils ; et auquel cas lesquelles ? 
 
Un écosystème favorable à l’innovation 
Erreur de se focaliser sur les outils “Ils font légions et s’ils n’existent pas on les construira”, Le                                   
Douarec, Léonard & Delabie, Dario 
“Créer une culture de l'ouverture radicale et d'une agilité extrême…”, Le Douarec 
=> Un​ BHAG​ européen qui dure plus qu'un programme électoral 
 
“Il convient de faire comme si on ne savait pas quel innovation aura le meilleur impact pour                                 
obtenir un écosystème d’innovations riches et des solutions qui adressent une large palette de                           
problématiques. L’innovation dirigée a tendance à être peu efficace, sans effet d’entraînement.”                       
Delabie & Leonard 
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Des outils physiques et/ou virtuels 
Des outils pour favoriser l’intermédiation et ainsi connaître les réels besoins des usagers,                         
Hannequin, Somat, Coldefy, Plassat, Dubois­Taine, Attoma. Sans barrière d’entrée, “Donner de                     
la visibilité au producteur pour qu'il voit l'utilisation de sa donnée et au ré utilisateur pour qu'il                                 
voit l'intérêt”, Talès 
 
“Des outils propres à chaque acteurs, définis par les documents d’urbanisme”, Fréchin 
 
Tirer partie de l’hybridation physique/numérique avec des forums d'échange physique. “Outils                     
de co présence comme un forum d'échange sur un sujet dans une gare” Amar 
 
 
Des actions 
Rendre ces préoccupations publiques et populaires, à l’occasion d’une fête de la mobilité par                           
exemple et de jeux concours de l’invention d’une nouvelle façon de marcher, Amar 
 
L’apprentissage de la mobilité dès l’enfance, Chataigner 
 
Assistants de mobilité, Cervantès 
 
Alerter ? “Sans doute Commencer par décrire ce qui s'est vraiment passé à Mexico”, Orfeuil 
 
Convaincre les AOMD d’investir dans la données, Gendre ­ ​L'information transport comme                       
investissement public 
 
Que les opérateurs entrent dans le XXème siècle et que les élus arrêtent de les laisser penser                                 
que parce qu'"on ne paie pas on peut être traité comme des veaux", Schultz 
 
 
 
 
 
 
   
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Annexe 3 : Note de Bruno Marzloff - La question du jeu des acteurs
 
Un élément­clé de notre investigation réside dans l'identification des acteurs et la                       
compréhension de leur écosystème. Qui sont­ils ? Comment s'insèrent­ils dans les questions                       
et enjeux d'innovation ? Quel est le jeu d'acteurs ? Quelles influences et dépendances ?                             
Décryptage des questionnaires par le prisme des acteurs. 
 
Huit familles d'acteurs sont identifiés. ​L'usager​, ​le réseau social et ​le générateur de                         
mobilité ont fait l'objet de questions spécifique. Mais c'est sur l'acteur public (​État et ​CT​)                             
que se concentrent l'essentiel des commentaires. ​Les ​nouveaux opérateurs de transport                     
ont surgi des commentaires, et dans une moindre mesure ​les nouveaux opérateurs de                         
services (Google et consorts). Curieusement ​les opérateurs de transport classiques ont                     
été à peine évoqués, comme s'ils avaient implosé dans le paysage. 
 
1. Au cœur, bien sûr, ​l'usager des transports​. Il est d'abord un consommateur des                         
ressources de la ville, un citadin, un individu. Bref il en appelle aux transports, et                             
autres condiments de mobilités pour servir les finalités liées à ses statuts divers. 
On n'est pas voyageur par fonction ou profession, on est voyageur – ou plutôt "acteur de                               
ses mobilités" – par destination, jusqu'à affirmer dans la loi qu'il est acteur de ses                             
mobilités (Musslin) 
Mais surtout l'impulsion vient de l'usager (Dario et alii). "​Il a pris le pouvoir via les                               
plateformes numériques, que cela plaise ou non​" (OPDT) et il préside désormais à la                           
construction de l'offre (tonalité très forte de la question 2.1). 
D'où "​le design by users​" et le "​design collaboratif​" où on "​stimule la créativité de la                               
demande​". Comment casser la logique offre­demande ? En "​professionnalisant le                   
crowdsourcing​" et en "​favorisant la réinterprétation créative de nouveaux usages​" (Amar).                     
D'où "​le design par expérience" ​(Fréchin). 
 
Quatre objectifs clé à retenir dans ce contexte : 
 
● Servir l'autonomie ​de ce sujet ​dans le contexte d'une offre innombrable (en                       
environnement urbain) et donc nécessairement complexe ; c'est ce que nous appelons                       
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la maîtrise d'usage et sa contrepartie dans l'offre : ​l'assistance à maîtrise d'usage                         
(Marzloff)​. 
 
 
● Servir la "ressource humaine" (Marzloff) : faciliter son implication ("​l'usager                   
comme opérateur​", Chataignier), obtenir son adhésion à l'abondement et la circulation                     
de la data, et sa participation active à l'éclosion de nouvelles offres (notamment pour                           
les dispositifs de partage et de collaboratif). 
 
● Réussir "l'alignement" des divers statuts du voyageur​. Nous sommes tous                   
pluriacteurs de nos mobilités (Marzloff) ​: travailleur, citadin, citoyen, chaland, famille…                     
etc. Amar traduit l'idée avec une inflexio : "​considérer que le travailleur est un acteur                             
au même titre que l'habitant du quartier​". En d'autres termes, il s'agit de résoudre les                             
conflits d'usage liés aux contradictions d'un système poreux et flexible qui brouille les                         
espaces­temps des activités de l'usager, donc permettre la "​continuité servicielle​". 
 
● Faire de l'utilisateur un agent actif. ​La formule déclanche de multiples réactions.                       
C'est un levier d'innovation 
● L'impliquer. "​Donnez­lui un smartphone !​" et tout se résoudra … (Le Douarec),                       
"​le valoriser, le responsabiliser, le gratifier, lui accorder une place dans la                       
gouvernance​" (Chataignier, Tales). "​On ne devient actif que si on a une bonne                         
raison de l'être, donnons­lui​" (Orfeuil). 
● L'écouter. "​L'usager, c'est la main invisible du marché​" (Tales) "​L'observer,                   
l'écouter, pas lui demander d'être un design thinker​" (Attoma). Décrypter ses                     
usages de mobilité, lire ses parcours (Claudio). Etre à l'écoute des offres qui                         
marquent les mobilités, les comprendre, les interpréter. "​L'ingénierie               
vernaculaire des mobilités Un travail insuffisamment fait : mieux connaître pas                     
chacun de ses propres mobilités et leurs intégration dans la vie même. Chacun                         
en est son ingénieur​" (Amar) 
● Dans ce contexte, la data est un objet médiateur entre l'usager et les diverses                           
parties prenantes : pour la connaissance, le dialogue, l'implication, la                   
gouvernance (Marzloff). 
 
Les objets sociaux des mobilités 
Pour ce faire, le système a développé un jeu de ressources : ​les objets sociaux des mobilités :                                   
les réseaux sociaux, la donnée, le big data, les API, les algorythmes, les applications, les                             
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places de marché, les fils d'information, les notifications … ​Ceci est la trousse à outils neuve                               
des mobilités. Ces outils procèdent pour une grande part des usagers, mais une part non                             
négligeable leur échappe, ou est détourné par d'autres acteurs qui s'emparent de leurs                         
valeurs. 
 
 
1. Cet usager participe de ​réseaux sociaux​, dans l'univers des mobilités, mais pas que                         
… Ces réseaux sociaux participent de la construction de ces objets sociaux 
Ces réseaux sociaux – nouveaux objets sociologiques, encore insuffisamment compris                   
–, sont­ils des acteurs ? Oui, à notre sens des "acteurs" (Marzloff). Datact les avait                             
identifiés comme tels, "​les acteurs les plus influents des intelligences​". Dès lors, il faut                           
les réinsérer dans le jeu d'acteurs. 
Ce n'est pas l'avis de tous : "​les réseaux sociaux ne sont que des médias​" (Schultz).                                 
Ce sont des "​vecteurs​" essentiels (Coldefy), manière de dire que ce ne sont pas des                             
acteurs. Au passage, une formule intéressante et énigmatique qui reste à développer                       
(Faucher) : "​Les mobilités sont le réseau social.​" 
La difficulté des ​réseaux sociaux est qu'ils échappent aux définitions, par ex. si on                           
considère que Blablacar (BBC) est autant un réseau social que facebook ou que Twitter. 
● … bref, il exploite (et il participe) des ​médias sociaux dont la place dans le dispositif global                                 
des mobilités est devenue cruciale, notamment dans les places de marché des mobilités (BBC                           
par ex.) ou dans l'organisation de l'offre face à la demande ("​la maîtrise d'ouvrage par la                               
multitude​", et "​travailler les like​" pour identifier et optimiser les points d'arrêt par ex., Schultz) 
● Ces médias sociaux alimentent des ​plateformes de mobilités et un canevas de réponses                         
servicielles (qui forment une part consistante des innovations couverte par la Fabrique). 
● Cet ensemble d'outils forme une pièce maîtresse de la ​logique servicielle des mobilités, et un                             
élément clé des maîtrises d'usage (Marzloff). Donc "​l'approche est clairement bottom­up​"                     
avec mobilisation des communautés et de la multitude (Plassat) 
● Mais si "​la logique collaborative​" qui préside à la production des réseaux sociaux "​ne se                             
décrète pas​" (OPDT), elle s'accompagne de : "​sa valorisation par la société​" et "​l'émergence                           
d'une société de confiance​") (AL&GD, Cervantes). Ce dernier point est d'autant plus crucial                         
qu'il est consubstantiel à la fois à l'exploitation de la filière data (cf. Datact) et qu'il ressort de                                   
manière très puissante dans les pratiques de partage (cf. Mobilités émergentes, le                       
covoiturage en tête des modes sur la confiance) (Marzloff). 
 
Les acteurs des nouvelles mobilités (dits aussi "barbares") sont : 
 
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1. Soit de ​nouveaux opérateurs de transports​ (BBC, Uber, Drivy, ZipCar, etc.). 
Ils sont innovants par nature puisqu'ils instituent un nouvel ordre d'action qui se révèle                           
efficient. 
● Ils partent d'un silo (le covoiturage ou l'autopartage par ex.) mais ils s'ouvrent sur de                             
l'intégration verticale ["logistique" pour Uber qui se décline en UberPool, mais aussi en                         
Uber Meal pour la livraison de repas, etc.] ou de ​l'intégration horizontale ​[partenariat                         
de BBC avec Vinci, Total ou Hertz]. Les projets de MaaS (​Mobility as a Service,                             
Kustplus​) les intègre naturellement dans leur plateforme de plateformes (le concept de                       
"plateau plateformes"). 
● Ce sont des concurrents des opérateurs existants, mais infiniment plus labiles, moins                       
"empesés" dans un système, s'affranchissant de ses contraintes (économiques,                 
réglementaires, infrastructurelles, sociales, etc.). De fait, "​un petit acteur peut                   
bouleverser un secteur entier​" (Le Douarec). 
● Mais ces barbares devront faire face un jour ou l'autre à des ajustements fiscaux,                           
règlementaires, etc. Bref la puissance publique n'aura d'autres choix que de les faire                         
rentrer dans le rang, de leur faire payer les infras et les charges sociales dont ils                               
s'exonèrent habilement et de les amener à ouvrir leurs données (Marzloff). Certains en                         
doutent (Schultz). 
 
1. Soit de ​nouveaux opérateurs de services​ (Google/Waze, SNCF Digital, etc.) 
Ceux­là sont devenus incontournables, car ils servent les agilités. Ils ouvrent les possibles, les                           
recensent, les circonstancient et guident les arbitrages. Ils sont peu évoqués dans le                         
questionnaire sauf pour soulever l'objection de "​la création de monopoles à l'échelle                       
mondiale​" (Le Douarec) 
● Ils sont au cœur du dispositif complexe de "​combine mobility​" (multimodalité,                     
intermodalité, comobilité, démobilité, transport à la demande) – dont ils assurent la                       
communication globale – et au sein duquel l'usager opère en permanence des choix                         
(Marzloff). 
● Ils les précèdent par des notifications et une batterie d'outils qui ne cessent d'œuvrer                           
dans l'anticipation, le prédictif, l'intégration… mais aussi ​la routinisation​; une sorte de                       
"voyager léger" dans le complexe​ (Marzloff). 
● Ils ont pris de vitesse les opérateurs classiques de transport qui peinent à les rattraper                             
sur ces sujets – tant ils ont consolidé leur arrière en adoptant des modèles                           
irréplicables. Ils couvrent l'information de toute la gamme des déplacements, de leur                       
contexte et de leurs "circonstances" et "occurrences" dans un spectre très large                       
(Marzloff). 
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● Ils se sont glissés naturellement dans l'espace ouvert par les demandes d'agilités,                       
laissant à penser que cette demande ne fera que s'accentuer et leur influence que                           
croître, est vrai ? On observe aussi des vents contraires : 
● Leur force (le global, une masse critique monstrueuse et irrattrapable) est aussi leur                         
faiblesse. Ils ont du mal à descendre à la maille la plus fine, au local. Ils perdent dès                                   
lors la sensibilité et la pertinence de l'hyperlocal. Cette lecture est un point                         
d'achoppement : l'approche doit­elle être globale ou locale ? Pour Amar :                       
"​l'exploitation sur un territoire limité ne produit pas en général suffisamment de valeur                         
ajoutée​". Datact (mentionnée par Delenne) veut faire la preuve du contraire, sans                       
condamner pour autant l'approche globale. Les deux démarches – même                   
antinomiques – peuvent coexister, mais ne visent pas les mêmes buts, n'activent pas                         
les mêmes moyens, et n'en appellent pas à une même gouvernance (Marzloff). 
● Leur autre faiblesse tient également à leur puissance qui suscite une hostilité,                       
notamment par le barrage que cette hégémonie pose pour l'innovation. 
 
1. Ces acteurs concurrencent frontalement ​les classiques opérateurs de transports                 
qui tentent d'être aussi des opérateurs de services (SNCF, RATP, Transdev…). Ils                       
s'interrogent comme tous les industriels sur l'intégration de innovations, sur leur                     
capacité d'adaptation, sur leur influence … Leur taille n'est­elle pas synomiques de                       
dépendance ? 
Comme tous les acteurs "legacies", ils imaginent incrémenter leur offre en pluguant                       
des startup ou des innovations qui en ressortent. Mais la greffe prend difficilement                         
(Marzloff). 
Ils sont englués dans des lourdeurs dont il est difficile de se dépêtrer, mais ils sont                                 
aussi pénalisés par leur historique (la masse de salariés, les syndicats, les                       
infrastructures, etc.) et par "​la diminution des budgets publics, et les contraintes                       
'techniques' des cahiers des charges des AO​" (Beaudoux). 
 
1. Chapeautant le système et situés eux aussi dans une mutation de leur rôle, ​les                           
territoires ​(ou ​AOMD, autorité organisatrice de mobilité durable) ​[faut­il distinguer                   
les élus des ​autres acteurs publics ?] doivent définir les politiques locales et les                           
concerter. L'innovation pour ces acteurs est contrariée par des résistances culturelles                     
(prédominance des dimensions techniques dans les cahiers des charges des AO,                     
Gendre, Beaudoux), mais poussée par des contraintes : 
 
 
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a. De confort pour les usagers : congestion, temps perdu dans les transports,                       
services de mobilité, services dans la mobilité, etc., 
b. De budget : faire autrement ou plus avec moins, quid de la politique                         
infrastructurelle ? 
c. Environnementales​ : les injonctions à réduire le carbone, 
d. Concurrentielles​ : l'aiguillon des startup (ainsi de BBC pour la SNCF). 
e. Territoriales​. Ce sujet se cristallise autour des différentiels de traitement des                     
mobilités selon les territoires. Le sujet est controversé dans les réponses.                     
Coldefy considère que c'est un non problème ("​Pourquoi vouloir résoudre des                     
problèmes qui n'existent pas ?​"). Mais pour la majorité, "​c'est un enjeu majeur​"                         
(Beaudoux), largement confirmé par les résultats de l'enquête ​Mobilités                 
émergente ​(Marzloff), "​Là est l'enjeu !​" martelle Orfeuil. "​Ce doit être le point                         
central de la réflexion​", confirme Attoma, quitte à manier le paradoxe "​en                       
cherchant d'abord des approches adaptées aux zones moins denses pour les                     
porter ailleurs !​", en imaginant des services innovants, "​comme Chariot ou                     
Sharette​", suggère Claudio. 
f. Numériques. Ce champ définit un nouvel acteur (Gendre) "​le responsable                   
transport intelligent​", signe du rôle attendu par le numérique. Le                   
gouvernement a bien son CDO (chief digital officer), en la personne d'Henri                       
Verdier à Etalab. 
Pour autant, la lecture du numérique est complexe. Schultz y voit avec                         
humour 4 modèles : 
 ​1) le modèle IBM, un grand tableau de bord sur le bureau du maire, 
 2) La ville Google, l'Etat lâche l'affaire, 
 3) la ville plateforme, l'État Appstore et le marché se débrouille, 
 4) La ville Open Source, solutions libre et haro sur les solutions propriétaires. 
C'est assez désabusé, mais reflète assez bien le découragement d'une partie                       
des répondants sur le chantier de Sisyphe de la data ("​Seuls 10 AOT                         
fournissent des données de mobilité et elles sont en large partie soit fausses,                         
soit inutilisables en l'état, soit non interopérables, soit de mauvaise qualité​."                     
Commentaire au Forum Rapport Jutand Numa). 
 "​Le gros risque, c'est l'usine à gaz, la complexité, l'hétérogénéité​" (AL&GD). 
 
Une autre façon de le dire est de se battre pour "​une simplicité d'accès​", une                             
"​détechnisation​" (Musslin). Une conviction que précise Attoma : "​le préalable                   
de la démocratisation des outils d'exploration de la donnée; le seuil en termes                         
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de compétence technique est trop haut​." Dès lors, l'enjeu est celui de                       
l'appropriation (Marzloff) ; "​Sans usages, les bases restent inexploitées, et les                     
entreprises arrêtent de fournir​" (Claudio), d'autant qu'il n'y a aucun bénéfice                     
immédiat à l'exploitation de la donnée. On risque alors de jeter le bébé avec                           
l'eau du bain. 
Alors, les convictions du développement autour d'axes bienveillants – intérêt général, bien                       
commun, données de qualité, interopérables, idéalement neutres… – sonnent comme des                     
vœux pieux. La politique de la data, ce n'est pas gagné ! Même dans le secteur de la mobilité                                     
qui a de vraies longueurs d'avance. 
 
 
1. On observe aussi des résistances du côté de ​la puissance publique ​renvoyée à des                           
nouvelles missions, mais on en attend néanmoins beaucoup. Démunie de ses attributs                       
traditionnels de capacité d'investissement et sur le gril de ses budgets déficients, la                         
politique publique s'opère ailleurs, soit qu'elle laisse la main au marché (Schultz op.                         
cit.), soit qu'elle change de pied et investit dans d'autres politiques. Le catalogue des                           
propositions, décrit ci­dessous est conséquent. 
 
Qu'il s'agisse des AOMD ou de l'État, dans tous les cas repenser les politiques publiques                             
est incontournable (Dario). "​L'essentiel​" (Orfeuil, Plassat) est dans la maîtrise de la                       
demande (AL&GD), d'abord par la coordination des acteurs (gouvernance, MaaS/Kustplus)                   
(Orfeuil/Attoma). L'axe prioritaire d'innovation attendu est dans la définition des moyens                     
de la politique servicielle (donc le libre accès et la libre circulation des données, l'opengov                             
…) que ce soit pour : 
 
 
a. Cela passe par une​ nouvelle vision de la croissance​ à construire 
i. "​La capacité d'inverser la courbe de croissance est hors de portée des                       
acteurs en présence​" et "Les nouveaux acteurs ne sont pas encore                     
légitimes" pour faire valoir d'autres points de vue. "​Il y a bien un                         
désalignement entre l'inertie des systèmes et la capacité d'innovation​"                 
(Attoma) 
ii. Comment résoudre le paradoxe d'une croissance de la demande qui                   
s'alimente mécaniquement des nouvelles offres plus low­cost, plus               
fluides (AL&GD) ? 
 
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a. Cela passe par ​"la conquête de la connaissance"​ (Marzloff) : 
Formaliser et généraliser l'observation, les retours d'expérience et la connaissance de                     
l'univers élargi des mobilités par les AOMD (Gendre) et l'écoute des besoins                       
(typiquement ce que nous faisons au sein de la FabMob). Développer des "​laboratoires                         
de mobilité​" (Claudio), inventer les indicateurs, multiplier et favoriser les                   
expérimentations (OPDT, BMA) pour définir d'autres diagnostics. Par exemple,                 
nuancer la vision de la croissance des mobilités; elle est très relative, voire en baisse                             
mais concentrée : aérien, mobilité subie, temporalité, etc. (Orfeuil). Cette stagnation                     
de la croissance des mobilités mal réparties traîne son lot d'effets délétères, voire                         
pervers (Marzloff). 
 
i. une transformation même des outils d'observation (Attoma, Musslin, et                 
alii) et des objets observés, quitte à recourir aux bénéfices du big data                         
pour opérer ces nouvelles parallaxes, 
ii. le principe subtil du "​retour de connaissance​" (Plassat) sur le modèle                     
des Commons (​je prends et en retour j'enrichis​); 
iii. il ne s'agit pas seulement de diagnostiquer les causes, il faut                     
comprendre la nature de la transition à l'œuvre (Orfeuil) 
iv. la construction "​d'une réduction de l'opacité" (Tales), voire l'alaboration                 
d'une "hypervisibilité de l'offre" (Marzloff) sont des enjeux pour libérer                   
les forces du marché (qu'il ne faut plus voir en offre­demande, suggère                       
Amar). 
 
a. Cela passe aussi par ​l'implication et la gouvernance de tous les acteurs.                       
La puissance publique doit formuler de nouvelles règles de partenariat et les                       
formes d'inclusion des usagers/citoyens : 
i. la puissance publique "​organisatrice des mobilités​" dotée d' "​agence des                   
mobilités​" (Beaudoux, Gendre) … 
ii. … formalise "​un autre cadre légal, amorçage, soutien actif,                 
cofinancement​" (Coldefy), 
iii. … favorise l'open gov, l'open source et l'open data (Le Douarec). Mais                       
"​data, plateformes et gouvernance open…, ça veut dire que ce n'est pas                       
pour tout de suite​". Le doute plane.   
   
a. Cela passe aussi par ​une économie réaliste 
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i. Il faut donc compenser par une politique réaliste de prix (Orfeuil et alii).                         
"​Quand on paye, on est plus responsable. Quand on est gratifié                     
(covoiturage), on est plus engagé.​" (Coldefy, Orfeuil). 
ii. Une autre politique de prix (JLH&AS) dotée d'une autre assiette                   
(Coldefy) et de gratifications et de lucidité (tarif résidentiel                 
stationnement Paris ­ Orfeuil). Bref, il faudra bien en venir à "​Rendre la                         
mobilité plus chère​" (AL&GD), encore un retour au réalisme des prix,                     
sujet récurrent et transverse dans plusieurs questions. 
iii. La nécessaire réflexion sur la valeur des services (OPDT) porte sur la                       
répartition de cette valeur, et les charges et fiscalités afférentes > d'où                       
la nécessité d'imaginer de modèles socio­économiques en rupture               
(Marzloff). Mais aussi repenser "​la valeur créée par les usages​", "​juger                     
l'arbre à ses fruits​" (AL&GD). 
iv. Voir aussi la politique du VT (versement tranport), traitée dans le                     
chapitre "générateur de mobilité". 
 
a. Cette nouvelle économie réaliste des mobilités passe par une rupture sur la                       
vision : ​la mobilité n'est pas une ressource inépuisable ​! 
Il ne suffit pas de gagner en optimisation, on en appelle donc à d'autres                             
modèles socio­écolo­économiques 
i. Donc "​éviter les contresignes​" : le TER à un euro, le tarif unique Navigo                           
en IDF, etc. (Orfeuil). 
ii. Revisiter les offres TC qui "​ont un vrai problème de coût​" (Coldefy) 
iii. Revisiter les équilibres/concurrences des modes et les services minimum                 
: par ex. covoiturage urbain face au TGV et trains du quotidien, Uber et                           
taxis face au stationnement et aux partages voiture (OPDT). 
 
● Cela passe ​une autre politique des lieux et des temps de la ville 
L'inertie du modèle temps et lieu unique de travail est un obstacle qui se résoudra                             
"​quand ce concept cédera la place à celui d'unité de temps et de vision​" (Schultz).                             
Mais le mouvement est déjà engagé. De la station essence à la station de mobilité (qui                               
est paradoxalement aussi celle de l'évitement des mobilités), il s'agit de favoriser les                         
mixités fonctionnelles (Chataignier, Marzloff), donc travailler les lieux dans l'urbain et                     
le territoire, en axant sur les relocalisations et resynchronisation du travail (sans                       
oublier la politique des temps de la ville, Chataignier). 
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i. Délocaliser les activités par le numérique, revitaliser le rurbain et le rural                       
et promouvoir les activités délocalisables (AL&GD). Ce qui suppose                 
d'accompagner l'autonomisation du travail qui est au cœur de ces                   
nouveaux lieux, et de réfléchir au triptyque "emploi, travail, mobilité"                   
(Gendre, Coldefy, Marzloff). Encourager les aménités urbaines :               
commerce d'itinéraire, à distance, de proximité, … (Coldefy, Fréchin, Le                   
Douarec), dernier km et consignes (Cervantes) et autres aménités                 
urbaines et les tiers­lieux (Beaudoux et alii). 
ii. L'urbanisme et la densification urbaine sont des leviers : "​limiter la                     
mobilité par l'urbanisme​" (Faucher), les modèles d'urbanisme changent               
fondamentalement (AL&GD), passer d'un urbanisme du zonage à un                 
urbanisme des mixités (Amar). Penser aussi les mixités d'usage,                 
transports personnes/objets, tuyaux, câbles et flux (Amar, Marzloff et                 
alii), 
iii. Le logement fait partie du parcorus de mobilité : "​s'interroger sur la                       
sclérose du modèle social de la propriété​", (Attoma), 
iv. Territoire, droit à la ruralité (Musslin) et formuler de nouveaux bassins                     
de vie (OPDT, Marzloff). 
 
b. Assurer la ​promotion des nouvelles solutions techniques. ​Définir et                 
organiser la place de l'infra numérique (l'infostructure, data et dataservices,                   
API etc.) est un travail de Titan, dont on a déjà (supra) identifié certains                           
obstacles : 
i. organiser la politique de la data à toutes les échelles (Gendre), autour                       
de plateaux de plateformes (Attoma), 
ii. généraliser le haut débit (Schultz), 
iii. favoriser les agilités de la demande, c'est favoriser l'agilité de l'offre, du                       
moins ce doit en être le ferment (Marzloff). 
Re­considérer les objets à partir des usages : "​la voiture est­elle encore                         
une voiture ?​" (Amar). A commencer par la voiture. Connaît­elle ou non                       
cette mue dont nous mesurons l'impact chez Chronos ? 
La voiture peut être un minibus, aller jusqu'au "​bus Uber​" (pourquoi                       
pas ?). Dès lors pourquoi interdire cet usage dans BBC (Schultz,                     
AL&GD) ? "​La voiture est par nature agile​" confirme Schultz. 
Mais le point est controversé – "​Non la voiture n'est pas l'avenir du                           
transport public​" (Attoma, Cervantes). "​Coller au plus près au juste à                     
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temps​" et au ​porte­à­porte ​(Marzloff); même si BBC l'interdit dans son                     
protocole (Schultz), pour "​penser (panser ?) les déficiences du bus et                     
l'extension des TC​" (Chataignier) ? "​Ca tombe bien car on n'arrive plus à                         
financer les TC​" (Plassat). 
 
a. Cela passe par​ un nouveau référentiel des mobilités​ : 
Mobiliser d'autres principes refondateurs : Intérêt général, ESS, bien commun,                   
partages, maîtrise d'usage, l'inertie de la prévalence du PIB, etc. Vous vouliez de                         
l'innovation ? en voila. Tentons de clarifier quelques pistes : 
i. Amar ! voire repenser les concepts eux­mêmes : la donnée comme                     
infra. ​"​Penser la mobilité différemment​"​ (Plassat). 
Le concept de ​maîtrise d'usage (Marzloff) s'impose à certains,                   
jusqu'à devenir le concept organisateur (Amar) mais il n'accroche pas                   
toujours, voir rencontre une incompréhension (Delenne). 
ii. S'extraire des diptyques mobilité­démobilité (Amar) ou mobilité             
subie/choisie (OPDT) – qui ont permis à Chronos de faire avancer la                       
réflexion pour aller au­delà : ​penser la "mobilité à valeur ajoutée"                     
(Amar). Mais cette maîtrise d'usage ne se décrète pas. Elle procède                     
d'une "​prise de conscience des enjeux problématiques, de la formation                   
et capacité à créer, à s'autorganiser​" (Amar) 
iii. Le respect de l'inclusion (Orfeuil) et l'identification des dépendances                 
doivent entrer dans le référentiel des mobilités. 
iv. Considérer les nouveaux territoires (la nuit, les périphéries, les                 
PMR, etc. (Faucher) 
 
b. Cela passe par​ la formulation d'un nouveau service public 
Un ​article d'Internet Actu sur la Big Society (Blair/Cameron) et son relatif échec                         
rappelle que les gens souhaitent :" toujours plus de contrôle sur leurs services                         
publics ; que les gouvernements veulent toujours faire plus avec moins et que                         
pour cela, ils ont besoin d’élargir leur appui sur la société ; que la démocratie                             
ne peut être revitalisée qu’en partageant de sa puissance avec tous." Ces idées                         
transparaissent chez nos répondants dans une approche explicite ou                 
sous­jacente d'un nouveau service public. 
i. Chataignier souligne la nécessité de "prendre son temps" pour aborder                   
cette transformation lourde. 
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ii. Plassat insiste sur l'appropriation par la puissance publique des notions                   
neuves : "​renvoyer une image du collaboratif et du collecti​f", bref                     
s'attaquer à la redéfinition même du service public en y intégrant ces                       
notions neuves (Offner). 
 
 
c. Cela passe par un questionnement sur ​les enjeux d'intégrations des                   
mobilités​. Les bénéfices sont considérables, les risques ne le sont pas moins :                         
jusqu'où ne pas aller ? 
En tout état de cause, "​l'architecture des services​" (Chataignier) se définit                       
dans un contexte d'intégrations. C'est à la fois l'idée que "​une infrastructure                       
servicielle, physique et imatérielle peut être vue comme un seul et même                       
éco­système​" (Attoma), mais aussi la nécessité d'organiser l'offre de sorte à                     
fluidifier, supprimer les ruptures de charges, assurer une continuité servicielle,                   
maîtriser les alignements (voir supra Marzloff). 
i. à commencer par les intégrations des infras matérielles et immatérielles                   
au sein d'un même écosystème, 
ii. mais aussi intégration des fonctions et des finalités et leur maillage                     
intelligent. "​Penser l'intégration, non par l'intervention d'un acteur               
dominant, mais par l'intervention de l'usager​" (Amar) 
iii. "​les intégrations, c'est le travail de la Fabrique et des expérimentations                     
territoriales​" (Plassat), soit les AO s'y collent soit les startup prendront                     
la place (Offner) 
iv. Mythes et limites des intégrations : "​J'ai peur des usines à gaz ​!​"                         
(Orfeuil) 
 
1. Reste un acteur majeur, jusqu'ici peu mobilisé (sauf avec les PDE et PDIE), ​le                           
générateur de mobilité (entreprise, administration, institutions diverses : musées,                 
hôpitaux, université, producteur de tourisme, etc.), bref ceux qui sont "​les maîtres du                         
temps des mobilités​" (Marzloff). 
 Les flux qu'il détermine sont conséquents et impactent le trafic et les congestions. 
 
Dans ce cadre, les politiques temporelles sont déterminantes (Marzloff). Dès lors, leur                         
effet de levier est énorme car ils peuvent agir : 
a. sur les temporalités​ et donc l'étalement des flux (donc sur les congestions), 
b. sur la réduction des flux​ (démobilité par le travail à distance) 
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c. sur la réduction de la place de la voiture (incitatif, covoiturage, plan vélo, etc.,                           
coercitif, plus de parking, etc.) 
d. sur la diminution des parcours​ (relocalisation des entreprises). 
 
Leur implication est aussi économique ; pour l'heure avec le versement transport, demain                         
d'autres politiques innovantes pourraient consolider leur place dans les régulations du                     
système des mobilités. 
D'où "​une montée en gamme du pôle RH des entreprises​" (Musslin), voire création d'une                           
"​direction des ressources​" comme nouvel interlocuteur en entreprise pour brasser ces                     
enjeux systémique et être l'interlocuteur sur le sujet des mobilités (Marzloff). C'est sans                         
doute un gisement fécond des innovations. Elle est à la portée des acteurs publics 
 
Les générateurs de mobilité définissent une autre controverse. Le scepticisme ou                     
l'incompréhension l'emporte chez certains (Orfeuil, Le Douarec, Schultz, Cervantes). En                   
tout état de cause, il faut s'interroger sur le VT ("​le versement transport est une machine                               
à chômage​" (Coldefy), et il faut pour avancer d'abord admettre que "​les conditions de                           
transport sont de plus en plus médiocres​" (Orfeuil). 
 
En regard, "​sans doute une priorité pour une agence de mobilité d'agglomération​"                       
(Gendre, Beaudoux), ces générateurs sont "​des acteurs­clé​" (Sézille), et produisent "​un                     
impact fondamental​" (Claudio). Pour faire vivre ces acteurs, des propositions innovantes;                     
largement concentré sur un VT très cher (Coldefy) et peu efficace. Pour les réformer : 
● "​La prise en compte concertée des externalités est cruciale​" (Attoma) rejoint la                       
suggestion d'un travail sur le terrain et en communauté (Plassat) 
● "​La mobilisation des générateurs ne peut s'entendre que par l'amélioration de la                       
performance​" (JLH&AS) et dans un contexte où "​ce levier fiscal serait significatif et                         
lisible dans son fonctionnemen​t" (sous entendu, il ne l'est pas pour l'heure, Attoma).                         
Donc, activer les générateurs en leur octroyant "​un régime de fournisseurs de service                         
énergétique​" et les gratifier pour cela, car on ne peut pas dire que l'entreprise est                             
responsable et ne faire que la pénaliser (AL&GD). 
● D'où une suggestion pragmatique d'Attoma : "​formuler des indicateurs et des                     
métriques précis, associés à des dispositifs d'évaluation, de rating et de récompense.​"                       
Il est rejoint par Plassat et alii sur ce plaidoyer. 
● AL&GD le formulent autrement : "​Pour encourager le transfert des financement vers                       
les services numériques, il faut mesurer la valeur de ces service​s", "​Cette valeur                         
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monétisable et claire pour l'AO doit guider la recherche de solutions et les politiques                           
d'incitations​". 
● Amar encourage à aller plus loin et suggère de faire de ces acteurs "​des générateurs                             
de vie mobile​". En d'autres termes, qu'ils soient apporteurs de solutions dans le                         
passage "​d'une vie postée" (Amar), issue d'un modèle fordiste (Marzloff) à un                       
quotidien labile. 
● Le "​bien­être des salariés doit être au cœur du propos​" (Musslin). C'est une évidence,                           
mais so what ? On en fait quoi ? de nouveau la théorie d'une nouvelle connaissance :                                 
"​Un index de critères objectifs​" pour le mesurer ? (Delène). Et on retrouve cette                           
injonction récurrente à des indicateurs neufs pour traduire une situation et des                       
objectifs différents. 
Et si on interrogeait les salariés (Tales), à moins d'entreprendre un travail                       
pédagogique comme en Californie (Amar). 
● Ou alors "​la valeur créée par de nouveaux dispositifs d'organisation du travail​" comme                         
base de contractualisation des PDE ou de la VT. 
 
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Annexe 3 : Le protocole de l’atelier du GT vision et prospective
02 AVRIL 2015 - NUMA
1. Objectifs de l’atelier de coproduction
L'objectif de l’atelier de coproduction est de confronter les enjeux et axes
stratégiques extraits du questionnaire prospectif, avec le jeu d’acteurs
caractéristique du domaine des mobilités. Pour mener à bien cet objectif, deux
phases se succéderont :
Phase 1 : L’analyse de l’implication des différents acteurs sur chacun des axes
stratégiques identifiés par Chronos à partir des réponses au questionnaire prospectif ;
Phase 2 : L’analyse des relations d’influence et de dépendance des différents
acteurs concernant chacun des enjeux et axes stratégiques identifiés par
Chronos à partir des réponses au questionnaire prospectif.
2. Modalités
2.1 Participants
Deux “catégories“ de participants seront mobilisées lors de cet atelier :
● Les représentants respectifs de chacun des GT de la Fabrique des Mobilités
(environ 10 personnes) ;
●
● Un groupe d’experts qui composeront le futur comité de bienveillance de la
Fabrique des Mobilités (environ 10 personnes).
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Cette composition permettra de recueillir à la fois la vision des acteurs de la Fabrique
des Mobilités ainsi que celle, plus spécialisée et légitime, de représentants d’horizon
divers sur la thématique des mobilités.
Afin que l’ensemble des axes stratégiques soient abordés sereinement dans le temps
de l’atelier, chacun des groupes sera subdivisé pour former ​in fine ​5 groupes
d’environ 4/5 personnes.
2.2 Équipement et matériel
Salles 
Une salle plénière pouvant accueillir 5 “îlots” de groupes de travail (ou salles à
proximité).
Chacun des groupes devra disposer d’une table pour interagir autour de supports
préalablement imprimés.
Équipements 
Vidéo projecteur
Paperboards ou tableaux blancs, avec feutres ad hoc de couleur
Matériels 
Bloc notes et stylos pour chaque participant
Réception 
Boissons chaudes et froides disponibles a minima pendant la pause
2.4 Programme
13h30 / Accueil des participants
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13h45-14h00 / Introduction
14h00-14h30 / Présentation des objectifs et de la méthodologie de l'atelier
14h30-15h00 / Phase 1 (travail en sous groupes) : Quelles implications des acteurs sur
les enjeux/axes stratégiques ?
15h00-15h30 / Restitution de la phase 1 par les rapporteurs de groupes
15h30-15h45 / Pause
15h45-16h45 / Phase 2 (travail en sous groupes) : Quelles relations entre les acteurs
par rapport aux axes stratégiques proposés ?
16h45-17h15 / Restitution de la phase 2 par les rapporteurs de groupes
17h15-17h30 / Fin de l'atelier de co-production et remerciements
3. Protocole
Heures/durée 
Objectif  Contenu 
Activité 
13h30
Accueil
des participants
Café,
boisson
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13h45 > 00h15
Introduire
l’enjeu de
définition de la vision
prospective et du
périmètre
de la FDM
Présentation
de GP ou BM
Exposé
théorique GP
14h00 > 00h30
Présenter
l’objectif de
l’atelier et la
méthodologie
> Définir le
périmètre de la FDM
> Affiner la
vision prospective
>
Présentation du référentiel
> Rappel
des acteurs
>Détail
de la matrice d’intervention des
acteurs
> Détail de
la matrice d’influence et de
dépendance des acteurs
Exposé
théorique BF
Phase 1 :
Définir les relations
>
Définition d’un rapporteur
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14h30 > 00h30
d’influence et de
dépendance des
acteurs par
axes et enjeux
stratégiques
> Matrice
de la phase 1
>
Préparation de la restitution
Session
active
en sous
groupes
15h00 > 00h30
Restituer
à l’ensemble des
participants les
productions de chacun des
groupes
Restitution orale des
rapporteurs Session
active
en commun
15h30 > 00h15
Pause
Café,
boisson
15h45 - 01h00
Phase 2 :
Définir l’implication des
acteurs dans les enjeux et
axes
stratégiques
>
Définition d’un rapporteur
> Matrices
de la phase 2
Session
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>
Préparation de la restitution
active
en sous
groupes
16h45 > 00h30
Restituer
à l’ensemble des
participants les
productions de chacun des
groupes
Restitution orale des
rapporteurs Session
active
en commun
17h15 > 00h15
Conclusion
de l’atelier et
remerciement
Exposé
théorique BM
 
 
 
 
 
 
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Annexe 4 : Matrices des ateliers de co-working
Phase 1
 
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Phase 2
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Annexe 5 : Fiches pédagogiques
 
Fiche Demande vs Offre
 
 
 
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Fiche Commun vs Patrimoine
 
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Fiche ReX vs RSI
 
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Fiche Service Commun vs Service Public
 
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fiche Service vs Infrastructure
 
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Fiche Maîtrise des ressources vs démesure
 
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vision stratégique Mobilités rapport 2016

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          Groupe de Travail« Vision stratégique » Rapport final Janvier 2016     1    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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        SOMMAIRE 1. LE GT“VISION STRATÉGIQUE” : LA DÉFINITION DE PISTES D’INNOVATION DANS LA                          MOBILITÉ​       Page 5  1.1. Une méthode prospective basée sur l’analyse d’avis experts et la confrontation des parties                            prenantes à la Fabrique  1.2. Un rapport qui met en lumière une vision prospective de la mobilité et sa méthodologie                                attenante  2. LES SIX GRANDES RUPTURES DES MOBILITÉS​     Page 7  Rupture 1 ­ La fin du modèle infrastructurel  Rupture 2 ­ Les usagers moteurs de l'innovation  Rupture 3 ­ Inflation versus Déflation des mobilités  Rupture 4 ­ Les intégrations des mobilités  Rupture 5 ­ La mutation des services publics : l’intérêt général et les biens communs  Rupture 6 ­ Les générateurs de mobilité comme point d'appui  3. DES “MOBILITÉS COMPLEXES” OU “COMBINE MOBILITIES”​     Page 10  4. UNE APPROCHE SYSTÉMIQUE DE LA MOBILITÉ​     Page 11  Trombinoscope des experts ayant répondu au questionnaire prospectif  5. DES ENJEUX PRÉCIS POUR CHAQUE MOTEUR D’INNOVATION​     Page 12  Thème 1 : Les services comme moteur des innovations  Thème 2 : Les usagers comme moteur des innovations  Thème 3 : La réduction des mobilités contraintes comme moteur des innovations  Thème 4 : Les modèles de partage et de "on demand" comme moteurs des innovations  Thème 5 : Les générateurs de mobilité comme moteurs des innovations  Thème 6 : L’intérêt général et la donnée comme moteurs des innovations  Thème 7 : Les réseaux ou communautés comme moteur des innovations  6. LE RICHE JEU DES ACTEURS DE LA MOBILITÉ​     Page 20  Les usagers des transports  Les réseaux sociaux ou communautés  Les nouveaux opérateurs de transports (uber, drivy etc.)  Les nouveaux opérateurs de services (waze, SNCF digital etc.)  Les opérateurs historiques de transports (SNCF, RATP etc.)  Les territoires et autorités organisatrices des transports urbains  La puissance publique  Les générateurs de mobilités (entreprises, loisirs, institutions)  7. UN RÉFÉRENTIEL STRATÉGIQUE POUR UNE VISION PROSPECTIVE DE LA MOBILITÉ Page                        24  8. UN RÉFÉRENTIEL INTERROGÉ PAR LE JEU DES ACTEURS DE LA MOBILITÉ​     Page 26  2    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      8.1 Des ateliers de co­production pour une vision commune des enjeux de mobilité  8.2 Des résultats qui confirment la transition à l’oeuvre  9. LA NATURE DE LA TRANSITION A L’OEUVRE​     Page 30  9.1 Une politique du numérique  9.2 Une économie réaliste et responsable  9.3 Une autre politique des lieux ...  9.4 ... Et une autre politique des temps de la ville  9.5 Assurer la promotion des nouvelles solutions techniques  9.6 Reconsidérer les objets à partir des usages  9.7 Un nouveau référentiel des mobilités  9.8 Formaliser un nouveau service public  9.9 Les enjeux d'intégration des mobilités  10. DES PISTES D’ACTION POUR UNE MOBILITE INNOVANTE​     Page 33  11. LES FICHES PÉDAGOGIQUES​     Page 36  Quel rôle dans le dispositif pédagogique de la FDM pour les fiches pédagogiques ?  Quel contenu pour les fiches pédagogiques ?  Quel format pour les fiches pédagogiques ?  Remerciements  Ours  Annexe 1 : Questionnaire Prospective de "La Fabrique des Mobilités"  Annexe 2 : Synthèse des réponses au questionnaire  Annexe 3 : Le protocole de l’atelier du GT vision et prospective  Annexe 4 : Matrices des ateliers de co­working  Annexe 5 : Fiches pédagogiques                    3    Fabrique desmobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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            Pour répondre aux​ambitieux objectifs du développement durable fixés en 2020 par l'Etat et consciente des enjeux de la COP 21 qui se tiendra en décembre prochain, l'ADEME explore un nouveau dispositif de soutien à l'innovation : La Fabrique des mobilités​. Une version prototype et un Livre Blanc ont été présentés le 16 juin dernier au Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie pour décider d'un éventuel lancement en octobre 2015. Incubateur-accélérateur dédié à une filière industrielle et servicielle des mobilités en mutation, la Fabrique des mobilités vise à produire des innovations de rupture en apportant des ressources organisées aux entrepreneurs, sans leur assurer de soutien financier. L'activité des entrepreneurs ou intrapreneurs ainsi encadrée et soutenue représente un capital de connaissances qu'ils acceptent de mettre en commun, participant ainsi à développer la dynamique, l'attractivité et la performance de la Fabrique des mobilités. Chronos, responsable du groupe de travail (GT) "Vision stratégique", réalise une étude dont la finalité est de produire un éclairage et un corpus de connaissances utiles aux parties prenantes du dispositif et à l'identité de la Fabrique des mobilités. Ce présent rapport rend compte de la méthodologie mise en place par le GT “Vision stratégique” pour mettre en lumière les pistes d’innovation dans la mobilité. En partant des méta-problèmes, enjeux actuels relevés par l’ADEME, le GT “Vision stratégique” élabore un référentiel duquel découleront des fiches pédagogiques à destination des start-up de la Fabrique des Mobilités pour éclairer ce que serait une mobilité souhaitable. 4    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      1. LE GT“VISION STRATÉGIQUE” : LA DÉFINITION DE PISTES D’INNOVATION DANS LA MOBILITÉ             Rétroplanning des actions menées et à venir du GT Vision  5    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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          1.1. Une méthodeprospective basée sur l’analyse d’avis experts et la confrontation des parties prenantes à la Fabrique   Ce rapport s’inscrit dans la production du Groupe de Travail (GT) “Vision Stratégique” piloté par Chronos. Parmi les dix GT composant l’équipe projet de la Fabrique des Mobilités, le GT “Vision Stratégique” a pour mission d’apporter un éclairage et un corpus de connaissances utiles aux entrepreneurs de la Fabrique. Ces connaissances leur permettront de comprendre les enjeux de l’innovation dans la mobilité à partir d’une vision prospective sur les questions de mobilité, pour devenir eux-mêmes source d’innovation. Pour ce faire, une méthodologie globale, divisée en plusieurs étapes majeures, a été mise en place :   ● un questionnaire à destination d’un groupe d’experts hétéroclites,   ● un atelier de coproduction pour aboutir à une vision commune des enjeux et du positionnement des acteurs de la mobilité,   ● la construction d’un référentiel stratégique,   ● la construction de fiches prospectives et pédagogiques destinées aux start-up/entrepreneurs de la Fabrique.     1.2. Un rapport qui met en lumière une vision prospective de la mobilité et sa méthodologie attenante La méthodologie utilisée pour aboutir à une vision prospective de la mobilité s’appuie sur les cinq méta-problèmes initiaux identifiés par l’ADEME. Retravaillés par le GT Vision, ils ont ensuite donné lieu à un questionnaire prospectif. Ce questionnaire a été soumis à des experts des mobilités et a permis d’élaborer une première vision des grands enjeux contemporains de la mobilité. Ces enjeux, affinés en axes stratégiques ont ensuite été soumis à un groupe d’experts élargi lors d’ateliers de travail, afin de garantir une vision prospective commune, balayant le plus largement possible les enjeux de mobilité (causes, conséquences, place des acteurs, etc.). L’agrégat de ces travaux permet de dégager un référentiel, à partir duquel seront élaborées des fiches pédagogiques à destination des start-up de la Fabrique (production pour septembre 2015 en partenariat avec le GT Formation).    6    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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        2. LES SIXGRANDES RUPTURES DES MOBILITÉS   Les réflexions engagées sur la vision prospective des mobilités s’appuient sur cinq méta-problèmes formulés par l’ADEME.    1. Produire des solutions pour permettre à tous les usagers de mieux adopter et s'approprier les ressources multiples à la mobilité (“tous acteurs de nos mobilités”). 2. Développer des outils d'aide à la décision appropriés à la complexité des systèmes et des pratiques dans les territoires (Connaissances, Gouvernance & Décisions). 3. Compléter la palette des services de mobilités pour faire naître une offre multimodale intégrée et optimiser les ressources existantes (Mobilités quotidiennes). 4. Offrir les moyens aux usagers de designer par eux-mêmes la meilleure organisation et les meilleures (im)mobilités (Activités, Travail & (im)mobilités). 5. Faciliter la mise en œuvre de nouvelles contraintes​, associées à de nouvelles récompenses pour aider et soutenir les citoyens qui s’engagent ou faire naître un Versement Transport Intelligent (Fiscalités, taxes et Versement Transport intelligents).   Ces méta-problèmes représentent de grands enjeux contemporains et sont bien cernés dans l’écosystème d’acteurs des mobilités. Leur formulation reste en revanche relativement large et ne permet pas de faire émerger spontanément des pistes d’innovation. Il a donc été nécessaire, dans un premier temps, de les circonstancier. La formulation de six ruptures va dans ce sens et permet d’explorer les ouvertures possibles. Celles-ci découlent d’un constat général de la nécessité de prendre en compte les maîtrises​​d’usage :  ­ C’est une exigence pour les opérateurs - exemple : l'investissement de Keolis dans l'application Moovit ;  ­ C’est une exigence pour la puissance publique - exemple : la pression exercée par Etalab pour le lancement de la BANO (Base Adresse Nationale Ouverte) ;  ­ C’est une exigence pour le législateur - exemple récent : les députés s'emparant de la data avant même l'examen de la loi sur le numérique pour rendre obligatoire l'accès libre et gratuit de toutes les données transport (Loi Macron) ;  ­ Et enfin c’est avant tout une évidence pour les usagers. C'est d’eux que tout procède - exemple : 75% des possesseurs de smartphones déclarent préparer leur déplacement à l’aide de services d'information, avant d'entreprendre un déplacement (Obsoco).      7    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      L’enjeu est donccelui d’apporter une “assistance à maîtrise d’usage” ​pour l’ensemble des protagonistes.      Rupture 1 - La fin du modèle infrastructurel   Les limites de l'offre, les étranglements budgétaires, les injonctions environnementales, le recul des dotations, les congestions récurrentes, les transformations des modes de vie renvoient aux limites du modèle infrastructurel à l’œuvre depuis plus d’un siècle. Il est désormais nécessaire de mieux considérer le diptyque mobilité subie / choisie et d'accompagner la révolution servicielle pour palier aux déficits de l'infrastructure.      Rupture 2 - Les usagers moteurs de l'innovation   Les usagers activent des transformations. Ils votent avec leurs pieds et plébiscitent le vélo en partage, le covoiturage, la marchabilité, les VTC, toutes les formes de partage… mais aussi l'intégration des modes, voire la délocalisation et la désynchronisation du travail, du commerce. Le citadin prend la main, se saisit du numérique et fait valoir ses “maîtrises d’usage”, afin de réduire ses mobilités contraintes.      Rupture 3 - Inflation versus Déflation des mobilités   La tentation de déflation des déplacements motorisés lutte avec la force d'inertie des étalements urbains et celle de la croissance des infrastructures. Ce dilemme conduit à repenser les territoires et l'ajustement des résidences aux ressources de la ville, et d’une manière plus générale toutes les économies des ressources, et singulièrement celles qui relèvent des pratiques urbaines (proximités, mobilités de voisinage, modes actifs, démobilités…).    Rupture 4 - Les intégrations des mobilités   L'offre de transport n'est qu'une des variables d'ajustement des pratiques, qui ne peut faire l'économie d'une intégration dans des systèmes modaux, territoriaux, tarifaires. La rupture 8    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      est l'extension dudomaine des mobilités, au-delà du déplacement, en élément pivot des organisations de la ville et du quotidien. Dans cette intégration, offres matérielles et servicielles se côtoient, progressivement au profit de la première. Le sujet crucial devient alors l’organisation des données (plateformes, régies, places de marché) et des chaînes de valeurs.    Rupture 5 - La mutation des services publics : l’intérêt général et les biens communs   Si les urbanistes viennent de s’emparer de la notion de “bien commun territorial” (Congrès FNAU, novembre 2014), les membres du Comité de débat de l’ouverture des données transport (Rapport Jutand ​ ) suggèrent la notion “d’intérêt général” pour justifier que 1 toutes les données nécessaires (comme celles de Uber à Boston ou à Portland) soient mises à contribution pour consolider une action publique concertée.      Rupture 6 - Les générateurs de mobilité comme point d'appui   Les "générateurs de mobilité" (institutions, entreprises) interviennent dans l'organisation des mobilités et en transforment les mécanismes. Ils sont un acteur crucial de la maîtrise et de la régulation des trafics ; imposant leurs horaires et dès lors les contraintes attenantes. L’intervention des générateurs est pourtant un levier insuffisamment exploré alors qu’il s’agit d’un gisement fécond d’innovations, pour les start-up, les territoires et les entreprises.     1  ​Président du Conseil scientifique STIC de l'ANR  9    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      3. DES “MOBILITÉSCOMPLEXES” OU “COMBINE MOBILITIES”   Pour traduire l'émergence d’une multiplicité de pratiques de mobilité, nous avons formulé "un complexe de mobilité" ("Combine Mobility"). C'est la formulation d'une offre qui se révèle "agile" dans la manière dont s'en saisit une partie des usagers (voir l’étude ​Mobilités émergentes​- Obsoco/Ademe - décembre 2014).    Dans ce complexe de mobilité, l'usager joue de multiples ressorts qui apparaissent dans le graphique ci-dessous : arbitrant et combinant les ressources, jouant des partages des modes ou d'évitement de déplacements. Les 15% d'individus, identifiés "hyperagiles" dans ​Mobilités émergentes maîtrisent la connaissance et les pratiques de ces modalités diverses par les outils du numérique. Ils soulignent ce faisant une tendance : "la maîtrise d'usage", point d'appui des nouvelles mobilités ; sur laquelle s'adossent peu à peu les Assistances à maîtrise d'usage, c'est-à-dire les offres servicielles qui se construisent au sein et en périphérie des mobilités. Il s’agit là d’un champ d'innovations à part entière.          L’écosystème de la mobilité       10    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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          4. UNE APPROCHESYSTÉMIQUE DE LA MOBILITÉ   La définition des six ruptures a permis d’orienter les réflexions et d’ouvrir un champ des possibles extrêmement vaste dépassant la mobilité pure. Ces ruptures ont été mises en perspective avec des verbatim d’auteurs et de sources variées. Dès lors, y sont intégrés des questionnements numériques, infrastructurels, individuels, anthropologiques, urbanistiques, sociaux, etc. Afin de les explorer plus avant et de recueillir le matériau initial d’une vision prospective pertinente et partagée, un questionnaire prospectif a été imaginé.     Georges Amar (​Ars Mobilis​, 2014)   ● “​En matière de mobilité, commencerait-on à comprendre que toujours plus n'est pas toujours mieux ?​”  ● “​Si l'homme a un 6ème sens, c'est celui de la mobilité. Cela fait de la mobilité une expérience et une compétence personnelles.​”    Guillaume Pepy (préface de ​Sans Bureau fixe​, 2014)  ● “​Plutôt que d'attaquer la variable mobilité dans le couple "mobilité-travail", que serait une politique fondée sur l'autre variable ?​”  ● “​Apparaît alors l'hypermobile, voire l'hyperagile, avec comme perspective, de mieux (et non moins) se déplacer.​”    The US Department of Transportation (​Beyond Traffic​, 2014)  ● “​La crise des mobilité est celle des infrastructures, mais c'est d'abord une crise de société.​”    Jacques Lévy (​La recherche urbaine à l'heure de la ville 2.0​, 2012)  ● “​La ville n’est pas seulement gérée par les systèmes d’ingénierie, mais aussi par les habitants qui se rendent capables de maîtriser et de faire évoluer cet immense environnement qu’est une ville. Ils sont donc tous techniciens, en gérant des informations multiples sur les lieux ou en construisant des stratégies de mobilité.​”     Anthony Townsend​​(​Re-Programming Mobility​, ​2014)  ● “Les nouvelles technologies digitales transforment tout à la fois les pourquoi, où, quand et comment les gens se déplacent jusqu’à leur destination. Malgré le fait que certains problèmes se résolvent ainsi, ce basculement d’un modèle basé sur 11    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      l’infrastructure physique versune activité reposant sur l’information et le numérique recrée un certain nombre de challenges pour les décideurs et autorités organisatrices de transports. Ceux-ci ont besoin de comprendre comment utiliser/créer ces nouveaux services sans souffrir de conséquences inattendues.”    Stéphanse Shutlz (​Transportez-vous les uns les autres​, ​2014)  ● “​La voiture est-elle l'avenir du transport collectif ?​”    Eric Jaffe (pour Citylab) (​The Biggest Transportation Breakthroughs of 2014​, 2014)  ● “L’expansion du transport “à la demande” peut étendre les options de mobilité, encourager les usages multimodaux et réduire le nombre de voitures n’ayant qu’un seul occupant dans les villes.”    The Family, (​La transition numérique des transports en commun​, 2014​)  ● “Si la foule est un problème, la multitude peut devenir une solution. En permettant aux entreprises d’enrôler les voyageurs eux-mêmes dans l’amélioration des performances, le numérique permet aux entreprises de confier aux voyageurs une partie de l’effort qu’impose la conduite quotidienne des opérations.”   Tomio Geron, (R​elayRides Focuses On Longer Rentals As Sharing Economy Focuses On Travel​, Forbes, 1er octobre 2013)  ● “C’est sur la confiance et les liens de communauté que repose l’économie du partage.”   The Family, (​La transition numérique des transports en commun​, 2014)  ● Les nouveaux entrants prospèrent en aval de la chaîne de valeur des transports en commun pour deux raisons : c’est le maillon qui oppose le moins de barrières à l’entrée et celui où s’expriment le plus facilement les besoins peu ou pas satisfaits en l’état actuel du marché.”   Duc HA DUONG et Yanai ZAICIK, (​« Twitter pour de vrai ? (interview SNCF) », L’Avenir appartient​, 12 mai 2014)  ● “Si la taylorisation de notre économie a créé un rôle de conducteur du train anonyme                              remplissant une fonction déshumanisée, dans quelques années, ça sera le contraire :                        avec un monde plus transparent et une information qui circule quasiment sans                        frottement, le public sera outré par l'indifférence d'un conducteur qui, dans sa mission                          de transporter de milliers de personnes à l’heure et en sécurité, n'échangerait pas                          avec eux en cas de besoin.”  12    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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        The Family, (​Latransition numérique des transports en commun​, 2014)  ● “L’irruption du numérique dans la filière des transports en commun démultiplie la                        possibilité de faire communiquer véhicules et infrastructures.”    The Family, (​La transition numérique des transports en commun​, 2014)  ● “​La réglementation est un point de vulnérabilité, d’abord parce qu’elle détourne les                        entreprises de l’attention qu’elles doivent porter aux voyageurs et à leurs besoins.”    De ce travail de recherches est née une série de questions interrogeant les dimensions essentielles de chacune des ruptures ​ . Le questionnaire a par la suite été soumis à une 2 vingtaine d’experts d’horizons variées et pouvant être regroupés en “huit collèges” :  ● Les représentants de l’ensemble des GT de la Fabrique des Mobilités ;  ● Des experts sur la thématique des mobilités ;  ● Des experts extérieurs à la thématique des mobilités (business, design…) ;  ● Des opérateurs de transports ;  ● Des industriels ;  ● Des représentants territoriaux ;  ● Des représentants de pôles de compétitivité et syndicats ;  ● Des experts open data.  2  ​Le questionnaire complet est présent en annexe 1 de ce rapport.  13    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      Trombinoscope des expertsayant répondu au questionnaire prospectif         14    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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        5. DES ENJEUXPRÉCIS POUR CHAQUE MOTEUR D’INNOVATION   En recoupant les réponses formulées par les répondants au questionnaire, ressortent les points de convergence et de divergence sur chacun des thèmes envisagés comme moteurs d’innovation. Des enjeux principaux complétés par des verbatim révèlent la vision des experts et permettent de faire ressortir des axes stratégiques sur lesquels agir. Les deux pages suivantes reprennent les éléments considérés comme charnières pour chacun des moteurs d’innovation.     Il est possible de retrouver en annexe 2 l’intégralité des synthèses du questionnaire.    Thème 1 : Les services comme moteur des innovations   Enjeu : Les services s’avèrent une réponse à l’inflation d’infrastructures de mobilité. Cette inflation, insoutenable pour des raisons budgétaires et capacitaires, est l’occasion d’une refonte de la notion même d’infrastructure, incluant sous un même chapeau le physique et le serviciel. La puissance publique tient un rôle clé dans cette mise en oeuvre et doit se positionner en coordinateur de l’action à travers une gestion unique de la donnée.     Verbatim​:   ● “Une infrastructure servicielle, physique et matérielle peut être vue comme un seul et même éco-système” (G. Attoma)  ● “Les infrastructures “nouvelle génération” ne sont plus fragmentées et isolées. Elles sont inter-fonctionnelles et inter-maillées” (G. Amar)    Axes stratégiques​:   ● Développer un écosystème élargi - matériel et immatériel  ● Organiser et réguler un dispositif de mobilité intégrée    Thème 2 : Les usagers comme moteur des innovations   Enjeu : Il faut sortir de la logique historique de design de l’offre ou de la demande pour entrer dans une logique de design collaboratif. Ceci passe notamment par la conception d’outils d’observation agiles capables de cerner la mutation ou la création d’usages. 15    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      L’usager peut aussiêtre actif, il monte en compétences dans sa mobilité, gère ses données et participe à l’éclosion de nouvelles offres. Il a un rôle dans la gouvernance.    Verbatim​:   ● “Comment les usagers fabriquent-ils leurs vies mobiles ? Il faudrait s’intéresser à l’ingénierie de la vie mobile, chacun en est son ingénieur.” (G. Amar)  ● "Donnez-lui [l’usager] un smartphone ! Augmentez-le de la faculté holoptique. Eradiquez le dilemme du prisonnier.” (Le Douarec)    Axes stratégiques​:   ● Développer des outils de compréhension des pratiques des usagers - voyageurs, travailleurs, citoyens, etc -, pour adapter les offres de mobilité alternative de manière cohérente  ● Faciliter la compréhension des enjeux de mobilité par les citoyens afin qu’ils deviennent des consom-acteurs.    Thème 3 : La réduction des mobilités contraintes comme moteur des innovations   Enjeu : Cette réduction passe par un aménagement réfléchi et contrôlé du territoire, c’est-à-dire une répartition cohérente du poids des différentes activités des territoires et une régulation financière appropriée afin d’agir sur les déplacements dispensables. Reste à y combiner un assouplissement des temps et des espaces du quotidien et une bonne connaissance par les usagers du cocktail de mobilités disponibles.     Verbatim​:   .“Il faut remonter le fil des modèles socio-économiques et culturels qui "produisent" les mobilités et identifier les leviers systémiques susceptibles de générer des changements, même marginaux.” (Attoma)  .“Les nouveaux modèles économiques, notamment issus du numérique, peuvent initier une déconcentration des activités. Ils supportent moins de coûts fixes et peuvent donc s’adapter aux faibles densités.” (Léonard-Delabie)  .“L’opacité sur l'intermodalité aboutit à un échec dans certaines zones urbaines ou rurales.” (Tales)    Axes stratégiques​:   ● Répartir de manière cohérente le poids des différentes activités des territoires afin d’agir sur les déplacements dispensables  ● Garantir une connaissance par les usagers des mobilités possibles    16    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      Thème 4 :Les modèles de partage et de "on demand" comme moteurs des innovations   Enjeu ​: Les modèles de partage et “on demand”, sans être considérés comme une alternative absolue aux transports en commun, viennent les suppléer et apportent une agilité certaine au réseau de mobilité. La combinaison de ces modes doit être considérée par le prisme de services, publics ou privés, adaptés aux spécificités des territoires.     Verbatim​:   .“La frontière entre transport collectif et individuel est de plus en plus floue. Dès lors, permettre aux usagers de « se conduire » eux-mêmes est une extension évidente du service de transport collectif” (Chataigner)  .“La ville est un éco système de mouvements. Une des caractéristiques de la ville future est cette diversité. De 4 ou 5 modes de transports, demain il y en aura 40 ou 50”. (Amar)    Axes stratégiques​:   ● Accompagner l’organisation de la mobilité en favorisant la complémentarité des systèmes “on demand” avec les différents modes et services de transport collectifs  ● Adapter l’offre servicielle de mobilité aux spécificités territoriales et à l’échelle géographique considérée    Thème 5 : Les générateurs de mobilité comme moteurs des innovations   Enjeu : Principaux moteurs, les générateurs de mobilité doivent être associés à l’organisation de la mobilité. Ils ont à la fois un pouvoir d’adaptation des espaces et des temps du quotidien et peuvent être mobilisés comme espaces de formation et d’influence des comportements de mobilité. Leur implication passe par un rééquilibrage de la répartition des coûts qui leur sont alloués et par la mise en valeur des externalités positives qu’ils tireraient d’un tel investissement de gouvernance.    Verbatim​:   .“La mobilisation des générateurs de mobilités ne peut s'envisager qu’en créant des ROI qualitatifs axés sur le bien-être et que ces mesures aient autant d'impact sur les marchés financiers que les ROI traditionnels” (Beaudoux​)  .“Il faut dépasser la logique de concertation pour aller vers une logique de Co-construction avec les parties prenantes de l'activité” (​Hannequin-Somat)    17    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      Axes stratégiques​:   ●Intégrer les générateurs dans la coproduction d’un système de mobilité  ● Combiner les services de mobilité aux services des domaines du quotidien      Thème 6 : L’intérêt général et la donnée comme moteurs des innovations   Enjeu : Bien qu’étant reconnu comme un moteur d’innovation incontournable, l’exploitation de la donnée n’est pas encore une évidence, même dans le domaine des mobilités. Il faut l’appréhender de manière globale afin d’en tirer des usages révélant un intérêt général suffisamment important pour en justifier l’exploitation. Un accès équitable entre les sources et les territoires multipliera les champs d’innovation et la co-construction. Reste la question de sa standardisation.    Verbatim​:   .“Ne pas chercher à standardiser, laisser les inventeurs / shapers de la data opérer là où est l'intérêt.” (Le Douarec)  .“La démocratisation des outils d'exploration de la donnée, aujourd'hui inaccessible aux "non-experts" et réservée aux data scientists, est nécessaire” (Attoma)  .“Donner de la visibilité au producteur (ou réutilisateur) pour qu'il voit l'utilisation de sa donnée et l'intérêt de son exploitation.” (Talès)    Axes stratégiques :   ● Mettre à disposition de manière équitable la donnée entre les différents utilisateurs  ● Centrer l’exploitation fine de la donnée sur l’objectif d’intérêt général pour une évolution des services publics et privés    Thème 7 : Les réseaux ou communautés comme moteur des innovations   Enjeu : Ils participent à une nouvelle organisation de la mobilité, invitant la demande à se manifester en amont de l’offre. Initiant “l’émergence d’une société de confiance” et de partage, c’est l’usager qui s’exprime et s’organise à travers les réseaux sociaux, développant une dynamique servicielle. Compléments et concurrents des opérateurs existants, ils sont plus agiles et ne sont pas soumis aux mêmes obligations du système.     Verbatim​:   18    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      .“Ces outils procèdentpour une grande part des usagers, mais une part non négligeable leur échappe, ou est détournée par d'autres acteurs qui s'emparent de leur valeur.” (Marzloff)  .“Il convient de faire comme si on ne savait pas quelle innovation aura le meilleur impact pour obtenir un écosystème d’innovations riches et des solutions qui adressent une large palette de problématiques. L’innovation dirigée a tendance à être peu efficace, sans effet d’entraînement.” (Delabie & Leonard)  .“La puissance publique n'aura d'autre choix que de faire rentrer [les barbares ​ ] dans le 3 rang, de leur faire payer les infrastructures et les charges sociales dont ils s'exonèrent habilement et de les amener à ouvrir leurs données.” (Marzloff)    Axes stratégiques​:   ● Renforcer la visibilité des offres de mobilité via une méta-plateforme  ● Adapter et prévenir en permanence les nouveaux usages            3 Définis comme tel par Nicolas Colin de “The family”, les barbares sont les entrepreneurs qui bouleversent un domaine en s’appuyant sur la transition numérique. 19    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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        6. LE RICHEJEU DES ACTEURS DE LA MOBILITÉ Un élément clé de notre investigation réside dans l'identification des acteurs et la compréhension de leur écosystème. Qui sont-ils ? Comment s'insèrent-ils dans les questions et enjeux d'innovation ? Quels sont leurs rapports d’influences et dépendances ? En bref, un décryptage des questionnaires par le prisme des acteurs.     Huit familles d'acteurs sont identifiées à travers leurs ​objectifs​, ​moyens​, ​forces ​et ​faiblesses​. L'usager, le réseau social et le générateur de mobilité ont fait l'objet de questions spécifiques. Mais c'est sur l'acteur public (État et collectivités territoriales) que se concentre l'essentiel des commentaires. Les nouveaux opérateurs de transport ont surgi des commentaires, et dans une moindre mesure, les nouveaux opérateurs de services (Google et consorts). Curieusement, les opérateurs de transport classiques ont été à peine évoqués, comme s'ils avaient implosé dans le paysage.    L’écosystème des acteurs de la mobilité  20    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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        Légende :​ ​Objectifs​- ​Moyens​-​Forces ​- ​Faiblesses    Les usagers des transports   L’usager en appelle aux transports et autres condiments de mobilité pour servir les finalités de ses ​statuts divers (citadin, professionnel). Mais il doit faire face aux ​conflits d'usages liés aux contradictions d'un système qui brouille les espaces-temps de ses activités. Il faut dès lors servir son ​autonomie dans un contexte d’offres innombrables, faciliter son ​implication​, sa ​participation active dans la mobilisation de nouvelles offres et réussir l’​alignement de ses différents statuts​en associant la mobilité aux autres services du quotidien.      Les réseaux sociaux ou communautés   Les réseaux sociaux, acteurs, participent à la création d’objets sociaux exploitables par les usagers et sont dès lors ​au plus près de la demande​. Ils tiennent une place cruciale dans le dispositif global des mobilités et plus précisément dans l’organisation de l’offre de la demande, favorisant l’émergence d’une ​logique servicielle bottom-up​. Les réseaux sociaux échappent à une définition précise ; ce sont à la fois des acteurs, ​créateurs d’objets sociaux​et des ​outils ​au service des usagers.       Les nouveaux opérateurs de transports (uber, drivy etc.) Très ​agiles face à la lourdeur du système en place, les nouveaux opérateurs de transports cherchent à s’inscrire dans la ​niche d’une nouvelle offre de service. Ils partent d’un silo, se révèlent ​essentiels au réseau des mobilités existant et se développent alors ​verticalement (uber) et ​horizontalement ​(blablacar-Total). Pourtant, à terme, ils devront probablement faire face à des ​ajustements ​fiscaux et ​réglementaires qui risqueraient de remettre en question leur labilité.      21    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      Les nouveaux opérateursde services (waze, SNCF digital etc.)   Au coeur du dispositif complexe de la ​combine mobility​, les nouveaux opérateurs de services assurent ​l’agilité ​des usagers. Grâce à une “batterie d'outils qui ne cessent d'œuvrer dans l'anticipation, le prédictif, l'intégration” (Marzloff), ils garantissent l’information ​pour tous types et circonstances de déplacements. Leur approche globale, garante de leur succès avec une ​masse critique irrattrapable, les empêche néanmoins une ​analyse fine des besoins​​locaux​.      Les opérateurs historiques de transports (SNCF, RATP etc.)   Essayant de se montrer plus innovants pour regagner une notoriété sur laquelle ils sont extrêmement concurrencés, les opérateurs historiques de transports souffrent d’​obligations administratives et légales ​qui rendent difficiles l’innovation.   Ils restent néanmoins des opérateurs ​historiques ​et de ​masse ​touchant à la moindre innovation nombre d’usagers, même les plus inaccessibles aux nouveaux opérateurs de transports et de services. En outre, ils disposent d’un très fort ​ancrage territorial, à toutes les échelles.      Les territoires et autorités organisatrices des transports urbains   Ils sont responsables de la ​définition des mobilités locales​. Freinés par leur ​culture traditionnelle​, les territoires sont poussés à l’innovation du fait de leurs ​responsabilités ​sur le territoire : satisfaire les contraintes de confort, faire face aux limites budgétaires et environnementales, à la concurrence et aux spécificités territoriales ainsi qu’à l’essor du numérique. Ils sont irremplaçables du fait de leur ​connaissance des usages et des besoins à l’​échelle locale.           22    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      La puissance publique   Garantede l’intérêt général, la puissance publique détient le rôle et les outils essentiels à la définition des moyens de ​politiques servicielles​. Sujette à des ​contraintes réglementaires​, ​administratives​, ​organisationnelles et ​budgétaires, son caractère innovant doit passer par une ​nouvelle vision de la croissance et du service public, par une “conquête de la connaissance” (Marzloff) des mobilités, par l’​incitation à la co-gouvernance et par une nouvelle approche​de la mobilité.      Les générateurs de mobilités (entreprises, loisirs, institutions)   Ils sont les principaux ​solliciteurs ​de la mobilité des usagers. Dès lors, leur implication est déterminante dans la ​régulation ​du système des mobilités puisqu’ils peuvent agir sur les temporalités ​et donc sur l'étalement et la réduction des ​flux, sur la réduction de la place de la voiture par le biais de ​démarches incitatives ​et sur la diminution des parcours.   Pour mobiliser ces acteurs, aujourd’hui uniquement sollicités par la taxe de déplacement, il apparaît fondamental de leur révéler les ​gains ​d’une nouvelle organisation de la mobilité.      L’analyse détaillée du jeu des acteurs est consultable en annexe 3​.      23    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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          7. UN RÉFÉRENTIELSTRATÉGIQUE POUR UNE VISION PROSPECTIVE DE LA MOBILITÉ La définition d’axes stratégiques et le constat d’un jeu d’acteurs complexe permettent d’établir un référentiel mettant en exergue les enjeux et les axes stratégiques rendant possible l’innovation dans la mobilité.    Élaborer un référentiel    Le référentiel est un ensemble de "références", considérées comme emblématiques, spécifiques et/ou problématiques dans un domaine ou un champ donné, par un groupe concerné.   Le référentiel produit une norme qui fait consensus à laquelle le groupe concerné peut se référer.     Il se traduit en général par la définition de :  ● enjeux ou de grandes finalités dans laquelle s'inscrit le projet ;  ● buts ou objectifs pour et du projet.    Le référentiel permet d’ :  ● encadrer l'action et de normer son application ;  ● évaluer une action ou un projet, ​ex-ante​(faisabilité) ou ​ex-post​(efficacité) ;  ● aider à la décision d'action, ​ex-ante​(Go ou no Go) ou ​ex-post ​(action corrective).    Un référentiel est composé de plusieurs niveaux de précision dans la définition de la vision stratégique (enjeux, axes et objectifs). En l'occurrence ce premier référentiel se concentre sur les enjeux et les axes stratégiques.   Le terme "enjeu" est ici compris comme une grande finalité poursuivie par la société, un défi à relever. Les enjeux peuvent dépasser le seul champ de la mobilité et du transport, mais ils les affectent d'une façon ou d'une autre. Les “axes stratégiques ” sont compris comme les grandes orientations envisageables pour répondre à l’enjeu. Ils permettent de décrire une situation visée ou souhaitée pour le futur concernant cette problématique. Ils peuvent 24    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      concerner de multiplesdomaines tant physiques, que serviciels, sociétaux ou encore technologiques.    Il s’agit donc pour Chronos de réaliser une analyse critique des éléments énoncés ci-dessus pour formaliser une vision référentiel correspondant aux caractéristiques intrinsèques de cet outil.       La première version du référentiel d’une vision prospective sur les mobilités      Il ressort des analyses précédentes trois enjeux principaux pour une vision prospective de la mobilité, eux-mêmes précisés en axes stratégiques. Explicitons ce référentiel : l’innovation passe par les services. En effet, il est maintenant reconnu par tous que les infrastructures exclusivement matérielles doivent être enrichies pour répondre aux besoins réels de mobilité. Les usagers, ensuite. Qu’ils soient seuls ou en communautés, de par leurs multiples fonctions quotidiennes et leurs initiatives, ils sont un autre levier sur lequel agir. Enfin, étant donnée la 25    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      complexité du jeud’acteurs présenté précédemment, une refonte de la gouvernance est un enjeu préalable nécessaire à la préparation de l’avenir des mobilités. Ce référentiel, confronté à divers questionnements lors des ateliers d’experts, est amené à évoluer de manière itérative.     8. UN RÉFÉRENTIEL INTERROGÉ PAR LE JEU DES ACTEURS DE LA MOBILITÉ   8.1 Des ateliers de co-production pour une vision commune des enjeux de mobilité   Les ateliers qui se sont déroulés le 2 avril 2015 au Numa donnent lieu à la mise à l’épreuve de la première version du référentiel. Lors de ces ateliers et afin d’affiner les enjeux et axes stratégiques du premier référentiel, quatre groupes de cinq experts ou membres des groupes de travail de la Fabrique ont confronté les enjeux et axes stratégiques extraits du4 questionnaire prospectif, avec le jeu d’acteurs caractéristique du domaine des mobilités. Pour mener à bien cet objectif, deux phases se succédent : d’abord la phase d’analyse de l’implication des différents acteurs sur chacun des axes stratégiques identifiés par Chronos à partir des réponses au questionnaire prospectif ; puis une phase d’analyse des relations d’influence et de dépendance des différents acteurs concernant chacun des enjeux et axes stratégiques identifiés par Chronos à partir des réponses au questionnaire prospectif.   4 table 1 : Benjamin Frayssinet, Nicolas Le Douarec (Buzzcar) ; Pierre Becquart (RATP Innov) ;                                Jean­Luc Brossard (PSA) ; table 2 : Edwin Mootoosamy, Jean Seng, Olivier Guilbert et Ludivine                              Bus ; table 4 : Bruno Marzloff (PSA), Sandrine Delenne, J.­P. Orfeuil, Institut d’urbanisme de                              Paris Paris, et IVM.  26    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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        Légende : Matrice de la phase 1      27    Fabrique des mobilités– Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      Les participants doiventremplir sur une échelle de 0 (aucune implication), 1 (implication de l’acteur) ou 2 (forte implication de l’acteur) leur vision de l’implication de chacun des acteurs sur l’ensemble des axes stratégiques.          Légende : Exemple de matrice de la phase 2  Les participants doivent renseigner sur une échelle de -1 (dépendance), 0 (neutralité) ou +1 (influence) leur vision du jeu d’influence entre les acteurs concernant les 3 axes stratégiques proposés. Il est possible de trouver le détail du protocole ainsi que toutes les matrices en annexe 4.             28    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      Détail des sous­groupes de l’atelier      8.2 Des résultatsqui confirment la transition à l’oeuvre   L’atelier confirme une vision prospective commune sur les enjeux et axes d’importance et sur la place des acteurs de l’écosystème de mobilité. Il souligne l’importance d’une sémantique claire et exemplifiée pour garantir un référentiel intelligible. Enfin, l’atelier permet de mettre en débat et dès lors de faire ressortir certains axes stratégiques par rapport à d’autres. Sans qu’une réelle hiérarchisation apparaisse, certains axes stratégiques ont polarisé les débats. Il ressort de ces ateliers, nourris de lectures et du questionnaire initiale qu’une transition est à l’oeuvre.    9. LA NATURE DE LA TRANSITION A L’OEUVRE Face à un catalogue conséquent de propositions de nature très diverse, qu’il s’agisse de formaliser et généraliser l'observation, la compréhension des pratiques, l'écoute des besoins et les retours d'expérience, de développer des laboratoires de mobilité couplant activité / mobilité / VT2.0 ou encore d’inventer les indicateurs pertinents, en recourant aux bénéfices du big data, diagnostiquer les causes ne suffit pas. Il faut comprendre la nature de la transition à l'œuvre qui n'est pas réductible à des innovations incrémentales. On ne fera pas l'économie de formuler de nouvelles règles de partenariat et les formes d'inclusion des usagers, et de concevoir par ailleurs un autre cadre légal comprenant amorçage, soutien actif et cofinancement.   29    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      9.1 Une politiquedu numérique   La lecture du numérique est complexe. Quatre modèles caricaturés avec humour décrivent les scénarios possibles de la smart city et les risques afférents : 1) le modèle IBM, ... un grand tableau de bord sur le bureau du maire ! 2) La ville Google, ... l'Etat lâche l'affaire ! 3) La ville plateforme, l'État Appstore ... et que le marché se débrouille ! 4) La ville Open Source, haro sur les solutions propriétaires, et advienne que pourra ! Ce constat désabusé reflète assez le découragement face au chantier de la data. Actuellement, seules dix autorités organisatrices des transports fournissent des données de mobilité et elles sont en large partie soit fausses, soit inutilisables en l'état, soit de mauvaise qualité. Les risques : l'usine à gaz, la complexité, l'hétérogénéité. Il faut se battre pour une simplicité d'accès. La détechnisation est le préalable de la démocratisation des outils d'exploration de la donnée. Le seuil actuel de compétence technique est trop haut. Dès lors, l'enjeu est celui de l'appropriation par le client/usager. Sans usages, les bases restent inexploitées, et les entreprises arrêtent de les fournir. Sans bénéfice immédiat à l'exploitation de la donnée, on jette le bébé avec l'eau du bain.   9.2 Une économie réaliste et responsable   Face aux multiples contraintes, les réponses convergent : Rendre la mobilité plus chère rencontre un consensus parmi les répondants. Une politique réaliste de prix passe par une responsabilisation de tous : les usagers au premier chef ; les générateurs de mobilité doivent prendre conscience qu'ils façonnent des congestions ; etc. Une réflexion sur la valeur des services et les charges et fiscalités afférentes est nécessaire. Cette nouvelle économie réaliste des mobilités passe par une rupture sur la vision : la mobilité n'est pas une ressource inépuisable ! Il ne suffit pas de gagner en optimisation, mais d’en appeler à d'autres modèles socio-économiques (éviter les contresignes, par exemple le tarif unique Navigo en IDF) ou revisiter les équilibres/concurrences des modes.  30    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      9.3 Une autrepolitique des lieux ... Travailler les lieux et leurs mixités fonctionnelles pour éviter des déplacements superfétatoires. Encourager les aménités urbaines des lieux communs : commerce d'itinéraire et de proximité, dernier kilomètre, consignes et autres aménités urbaines. Limiter la mobilité par l'urbanisme, passer d'un urbanisme du zonage à un urbanisme des mixités. Penser aussi les mixités d'usage, transports personnes/objets, tuyaux, câbles et flux.    Logement et bassins de vie font partie du parcours de mobilité : il faut s’'interroger sur la sclérose du modèle social de la propriété, et convenir d'un droit à la ruralité.   9.4 ... Et une autre politique des temps de la ville   Les politiques temporelles agissent : ● sur les temporalités et donc l'étalement des flux (donc sur les congestions), ● sur la réduction des flux (par le travail à distance), ● sur la réduction de la place de la voiture (covoiturage, plan vélo, réduction de parking, etc.), ● sur la diminution des parcours (relocalisation des entreprises).    9.5 Assurer la promotion des nouvelles solutions techniques   Définir et organiser la place de l'infostructure (data, dataservices, API, algorithmes, etc.) est un travail de Titan qui demande à : ● Organiser la politique de la data à toutes les échelles, autour de plateaux de plateformes, ● Favoriser les agilités de la demande, c'est favoriser l'agilité de l'offre, du moins ce doit en être le ferment.   31    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      9.6 Reconsidérer lesobjets à partir des usages La voiture est-elle encore une voiture ? La voiture peut être un minibus, voire un bus Uber. La voiture est par nature agile. La voiture est-elle l'avenir du transport public ? La question est très controversée, soulignant une difficile rupture culturelle. Pourtant une réduction drastique du parc motorisé au bénéfice de meilleurs taux d'occupation (nombre de personnes/voiture), taux d'usage (un temps d'usage/voiture plus conséquent), taux d'utilisation (la multiplication des usages voyageurs le jour, marchandise la nuit) commencent à s'entendre.     Coller au plus près au juste à temps et au porte-à-porte ; et panser les déficiences du bus et l'extension des transports en commun ? Ca tombe bien car on n'arrive plus à financer lesdits transports.  9.7 Un nouveau référentiel des mobilités   Mobiliser d'autres principes fondateurs : I'intérêt général, l'ESS, le bien commun, les partages, l'inertie de la prévalence du PIB, etc. Penser la mobilité différemment. La maîtrise d'usage s'impose à certains jusqu'à devenir le concept organisateur, mais elle rencontre parfois une incompréhension. Cette maîtrise d'usage ne se décrète pas. Elle procède d'une prise de conscience des enjeux problématiques, de la formation et capacité à créer, à s'autorganiser. Elle est aussi la base du concept d'autorégulation qui participe de la régulation générale du système. Le respect de l'inclusion et l'identification des dépendances doivent entrer dans le référentiel des mobilités. Considérer les nouveaux territoires (la nuit, les périphéries, les PMR, etc.). 9.8 Formaliser un nouveau service public   32    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      La démocratie nepeut être revitalisée qu’en partageant de sa puissance avec tous. Ces idées transparaissent chez nos répondants dans une approche explicite ou sous-jacente d'un nouveau service public. Renvoyer une image du collaboratif et du collectif, bref s'attaquer à la redéfinition même du service public en y intégrant ces notions neuves.   9.9 Les enjeux d'intégration des mobilités   En tout état de cause, l'architecture des services se définit dans le contexte d'une infrastructure physique et immatérielle et d'une infostructure, vues comme un seul et même écosystème. Cela répond à la nécessité d'organiser l'offre de sorte à supprimer les ruptures de charges, et à assurer une continuité servicielle. Penser l'intégration, non par l'intervention d'un acteur dominant, mais par l'intervention de l'usager. Les bénéfices des intégrations sont considérables, les risques ne le sont pas moins : jusqu'où ne pas aller ? Les intégrations, c'est le travail de la Fabrique et des expérimentations territoriales. Soit les autorités organisatrices assument, soit les start-up prendront la place. Mythes et limites des intégrations : “J'ai peur des usines à gaz !” soupire un répondant au questionnaire.   10. DES PISTES D’ACTION POUR UNE MOBILITE INNOVANTE   Le référentiel proposé par la FabMob énonce ici quatre enjeux majeurs, autant de défis sociétaux à relever qui dépassent le simple champ des transports. Ces enjeux sont déclinés en axes stratégiques, qui décrivent la situation future visée dans les domaines physiques, serviciels, sociétaux, urbains ou technologiques. Ils sont circonstanciés par des interrogations, des descriptions et/ou des chantiers emblématiques. Il s’agit ici d’une seconde - et définitive - version du référentiel stratégique de la Fabrique des Mobilités.  33    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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        Définir un horizondes mobilités  Une mobilité possible, nécessaire et désirée suppose :  ● d’organiser la conquête de la connaissance en capitalisant sur des expériences  pour  guider le choix des acteurs, ​Ex : Chantier CoMoN (ADEME) : plateforme numérique de                            partage de connaissances des services, expérimentations et initiatives sur la mobilité.  ● de s’accorder sur une nouvelle définition de la croissance en instaurant de nouveaux                          indicateurs pour permettre une mobilité sans croissance des infrastructures ­ ​Ex  : Le    projet "Wild! van de spits", porté par BNV Mobility gratifie les usagers qui réduisent leurs                              déplacements.  Ajuster l’offre aux maîtrises d’usages Selon les déterminants des mobilités (travail, courses, tourisme, etc.), il faut : ● organiser la mobilité intégrée, ex. : Chantier “Mobility as a Service” (Helsinki), système généralisé de mobilité à la demande par "intégrateur de mobilité" qui informe sur toute l'offre existante, en temps réel, réservation et paiement intégré, ● optimiser l’existant par une meilleure maîtrise des lieux et des temps. ● Ex ​1 ​: incitation au décalage des horaires d'embauche et débauche (réduire l’affluence de 10%) - Plaine commune Ex 2 : "La métropole du quart d'heure" de Bordeaux Métropole : rapprochement ressources - lieux de vie Permettre une offre liée aux usages  Penser au-delà des infrastructures physiques demande à : ● construire un accès universel aux offres de transport : ○ en adaptant le service aux enjeux territoriaux - E​x : “Rézo Pouce” - système d’autostop organisé couvrant un bassin rural de 200 000 habitants ○ en adaptant le service aux enjeux d'inclusion - E​x : “Independant Transportation Network” (Etats-Unis) - système de mobilité pour les seniors ● mettre à jour le transport public à l'ère du numérique, > Et si Uber organisait le transport à la demande sous contrat public ? ● organiser l’économie responsable des mobilités. > Payer moins pour bouger mieux ?   Ajuster l'offre au nouvel intérêt général  34    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      Le bien commun,les partages, les partenariats et les contributions pour favoriser les solutions et les innovations supposent de : ● définir les accès aux données et les règles de transparence, ​ex : Portland ou Boston ont rendu obligatoire la fourniture des données, même de la part d'entreprises comme Uber. ● énoncer les règles et le cadre légal de l'industrie des data-services, ​ex : Le chantier DatAct investigue les principes et outils pour garantir la circulation et le partage des données ● formuler les règles ​favorisant ​les partenariats et l’implication des usagers.   Ce référentiel met en lumière le périmètre d’influence de la Fabrique et sert de guide aux futures start-up qui souhaitent développer des services innovants de mobilité. Enrichi de ces ateliers, un rapport reprenant les enjeux et l’écosystème des mobilités est transmis aux autres GT de la Fabrique. Des retours découle une seconde version du référentiel à partir de laquelle sont produites les fiches pédagogiques. 35    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      Ces fiches pédagogiquesréalisées en partenariat avec le groupe de travail “Formation” de la Fabrique constituent une partie des ressources mises à disposition des entrepreneurs pour comprendre les tenants et aboutissants de l’innovation dans la mobilité. 11. LES FICHES PÉDAGOGIQUES   Au­delà de la définition de la vision prospective de la Fabrique des Mobilités (FDM), proposée                              dans la version finale du livre blanc, Chronos a la charge de réaliser des fiches pédagogiques.                                L’objectif de ses fiches est de s’intégrer dans le dispositif de montée en compétence des                              porteurs de projets accompagnés par la FDM. En proposant une lecture plus synthétique de la                              vision prospective, elles permettent de prendre connaissance des grands enjeux de mobilité                        dans lesquels les actions de la FDM souhaitent s’inscrire. Au­delà de ce rôle “d’information”, ces                              fiches sont également l’occasion de se questionner sur la prise en compte des grandes                            tendances d’évolution des mobilités, et de leur jeu d’acteurs, dans les projets et leur                            positionnement.  Quel rôle dans le dispositif pédagogique de la FDM pour les fiches pédagogiques ? Le dispositif pédagogique de la FDM est articulé autour de 8 grands modules : 1. Analyser et comprendre l’activité d’une entreprise dans sa dynamique d’adaptation ;  2. Pré­spécifier une offre en fonction des enjeux de la mobilité ;  3. Comprendre la manière dont les utilisateurs potentiels réalisent leur activité ;  4. Confronter  l’offre  à  l’expérience utilisateur ;  5. Procéder à l’adaptation de l’offre aux exigences et attentes de l’activité du client ;  6. Identifier les étapes clés nécessaires à une appropriation réussie de l’offre par le                          client ;  7. Conduire une démarche d’expérimentation à petite échelle pour vérifier la pertinence                      de l’offre ;  8. Définir une aire de jeu pour mettre en scène l’offre à l’échelle 1.    Le point de jonction le plus intéressant entre la vision prospective et ces modules se trouve                                naturellement au niveau du module numéro 2.      36    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      Ce dernier poursuit un triple objectif :  1. Apprendre àpositionner l’offre à partir de quelques repères prospectifs sur la                        mobilité ;  2. Situer la pertinence de l’offre dans un marché et sa probabilité de réussite ;   3. Se mettre à distance de l’offre avec possibilité d’une requalification de cette dernière.    Les fiches pédagogiques concourent donc à aider au positionnement de l’offre des projets.    Quel contenu pour les fiches pédagogiques ?   La vision prospective de la FDM dispose de plusieurs niveaux de lecture (les 5 méta­problèmes,                              les 6 ruptures, les 7 moteurs d’innovation ou encore une lecture par le jeu d’acteurs). Le                                premier enjeu de ces fiches est donc d’identifier le niveau le plus à même de s’insérer dans une                                    logique pédagogique. La participation de Chronos aux ateliers de construction de la FDM,                          notamment la rencontre du 2 et 3 septembre 2015 à Sophia Antopolis, ont permit d’éprouver le                                discours. Une synthèse de la vision prospective a été proposée aux porteurs de projets lors des                                ateliers de la seconde journée. Cette phase amont a validé les ruptures comme les leviers de                                compréhension le plus efficace.    6 fiches pédagogiques et non 5 comme initialement prévu (en lien avec les méta­problèmes)                            ont été produites pour assurer la cohérence entre la vision prospective et la formation :  1. Prendre en compte la demande (vs. Offre)  2. Promouvoir le commun (vs. Patrimoine)  3. Attendre un retour sur expérience (vs. retour sur investissement)  4. Privilégier le service en commun (vs. service public)  5. Penser “services” et “données” (vs. Infrastructures)  6. Maîtriser les ressources (vs. Démesures)    Chacune des ruptures mobilisées dans le cadre de la vision prospective s’inscrit dans un jeu                              d’acteurs spécifique. Il s’agit donc de renseigner la philosophie des ruptures à travers une                            synthèse, mais également de rappeler les acteurs mobilisés dans le cadre de ces dernières. En                              complément sont par ailleurs proposés des chiffres clés ou des tendances afin d’illustrer le                            propos et permettre aux porteurs d’avoir des ordres de grandeur sur ces dynamiques.  Enfin, une dernière partie repose sur une série de 4 questions sur le positionnement du projet                                par rapports aux thématiques porteuses, la cohérence par rapports aux évolutions de                        l’éco­système, la compréhension même de la rupture et enfin l’insertion dans la dynamique de                            mentora/tutora.  37    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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        1­ Quel est votre niveau de compréhension de cette rupture ?  A­ très mauvaise B­ mauvaise   C­ moyenne   D­ bonne   E­ très bonne  Ce positionnement défini le niveau d’accompagnement, retrouve la logique du GT formation et aiguille sur le premier  niveau de mentorat.  2­ Pensez­vous bien l’avoir intégré dans le positionnement de votre projet et pourquoi ?  3­ Quels acteurs sont actuellement mobilisés dans votre projet par rapport à ceux mentionnés ?  4­ Existe­t­il des liens avec d’autres ruptures et comment les exploiter ?    Quel formatpour les fiches pédagogiques ?   La chemin de fer ci­dessous permet de structurer les fiches sur un format recto proposé et                                validé par le commanditaire et les partenaires du GT formation. L’objectif est de permettre aux                              porteurs de se saisir des informations de base en un coup d’oeil et de pouvoir échanger entre                                  eux ou avec les partenaires rapidement. Un format ramassé est donc privilégié.    L’ensemble des 6 fiches sont présentes en annexe 5 du présent document. Elles sont par                              ailleurs remise au commanditaire au format .doc (format brut) afin d’être designées aux couleurs                            de la FDM par la suite.      38    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      Remerciements   Nous, le GTVision, remercions chaleureusement M. Amar, expert en prospective de la mobilité et M. Attoma, designer, Mme Beaudoux anciennement chez Transdev, M. Chataigner, designer, M. Cervantès de chez Renault, M. Coldefy du Grand Lyon, M. Dario de chez Michelin, M. Delabie de Ouishare, Mme Delenne de chez Peugeot, M. Le Douarec de Buzzcar, M. Faucher de l’UTP, M. Fréchin de Cap Digital, M. Gendre du CEREMA, M. Hannequin de la CCI de Rennes, M. Léonard de Ouishare, M. Musslin directeur de l’agence d’urbanisme de Montbéliard, M. Offner de Bordeaux métropole, M.Orfeuil, professeur émérite EUP, M. Paul-Dubois-Taine expert en mobilité, M. Plassat de l’ADEME, M. Sézille de Challenge Bibendum, M. Schultz expert 15 Marches, M. Somat professeur à Rennes 2, M. Talès d’Etalab et M. Vandi du Numa d’avoir pris le temps et la réflexion de répondre au questionnaire. Nous remercions aussi Vianney Delourme pour la qualité de son aide lors des ateliers du 2 avril.   Ours   Directeur de projet : Bruno Marzloff  Spécialiste de la méthodologie prospectiviste : Laurence Sellincourt  Chef de projet : Benjamin Frayssinet  Assistante chef de projet : Ludivine Bus  Gestion éditoriale : Claire Huberson               40    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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          Annexes         41    Fabrique desmobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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        Annexe 1 :Questionnaire Prospective de "La Fabrique des Mobilités"   En points d'appui du questionnaire qui suit, nous formulons sept grandes ruptures. Pour                          chacune d'entre elles, nous interrogeons les moteurs d'innovations qui les accompagnent.    1. Les services comme moteurs des innovations      2. Les usagers comme moteurs des innovations      3. La réduction des mobilités contraintes comme moteur des innovations      4. Les modèles de partage et des offres "à la demande" comme moteurs des innovations   5. L'intérêt général et la donnée comme moteurs des innovations      6. Les générateurs de mobilité comme moteurs des innovations      7. Les réseaux sociaux comme moteurs des innovations        1. Les services comme moteurs des innovations    Le Ministère des transports américain affirme que "​la crise des mobilités est celle des                            infrastructures​", avec des retards dans les mises à niveau des infrastrutures qui se chiffrent en                              milliards de dollars. Pourtant, les schémas routiers et ferrés ne cessent de s'étendre.    Au­delà des budgets considérables d'einvestissement et d'entretien, cela pose – ici comme                        là­bas –, la question d'un modèle qui produit une inflation de la demande.  Le développement de services numériques de mobilité rebat les cartes, et pose la question d'un                              dispositif hybride, infrastructurel et serviciel.      1. Une  politique de service est­elle  en mesure de résoudre cette logique inflationniste              de la demande ?  2. Quels acteurs peuvent accompagner la révolution servicielle des mobilités ?  3. Quelles nouvelles conditions faudrait­il poser pour l'investissement et l'entretien des                    infrastructures physiques (routes, ouvrages d'art…) ?       2 ­​ ​Les usagers comme moteurs des innovations    42    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      A Helsinki, leprogramme Kustuplus vise à éliminer progressivement la voiture personnelle et à                            généraliser la combinaison des services à la demande. A San Francisco, le site Chariot.sf                            propose de bâtir des lignes de transport public selon les demandes crowdsourcées.    L'offre classique de mobilité est désarçonnée par des pratiques inédites de mobilités. Les                          usagers développent des expériences, des compétences et des maîtrises d'usage. De fait, ils                          inventent des modèles par le plébiscite qu'ils font des innovations.  Ce faisant, nous basculons d'une logique de l'offre à une logique de la demande    1. Considérez­vous que cette logique de la demande est nécessaire et utile ?  2. Comment analyser et comprendre les usages de la demande (connaissances et  outils  d'aide à la décision) ?  3. Comment formuler les accompagnements à une maîtrise d'usage des mobilités ?  4. Comment favoriser une logique collective, voire collaborative de la demande ?     3.​ ​La réduction des mobilités contraintes comme moteur des innovations    Deux jours de télétravail par semaine pourraient faire économiser 1,7 milliard d'euros et 247                            millions d’heures aux travailleurs éligibles en France (​source : Centre for Economics and                          Business Research).    Globalement, la mobilité motorisée continue de croître. La réduction des déplacements due aux                          “mobilités numériques” (travail, commerce …) est en tension avec l’étalement urbain et le                          surcroît de déplacement des biens que ces actions engendrent. Ces dilemmes questionnent les                          pratiques urbaines de proximités.      1. Le modèle de croissance des mobilités peut­il être inversé ? De quelle manière ?  2. Quelles sont les conditions pour réduire "les mobilités subies" ?  3. Quelles  actions permettraient de recentrer ces activités (travail,  consommation, courses…) plus près du domicile ?      4. ​Les modèles de partage et des offres à la demande​ ​comme moteurs des innovations    Entre 2004 et 2014, le nombre de membres d'un système d'autopartage a été multiplié par 26                                aux Etats­Unis ! (de 52.000 à 1,38 millions de membres).  43    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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        On observe lesprémisses du glissement d'une voiture personnelle vers une "voiture à la                            demande". Plus généralement cela traduit un déplacement progressif des pratiques de mobilité                        vers l'intégration de tous les modes (dont les modes en partage), au moins dans les zones                                urbaines denses.    1. La voiture à la demande est l'avenir du transport collectif ?  2. Comment intégrer les pratiques et offres de mobilité dans un système plus large : modal,                              urbain, territorial, tarifaire, informationnels,  serviciels…?  3. Comment faire de l’utilisateur final un agent actif de l’élaboration et de l'évolution du                            service ?  4. Comment aborder ces questions hors de l'urbain dense où se déploient  aujourd'hui  ces évolutions ?    5. ​L'intérêt général et la donnée comme moteurs des innovations      Les urbanistes s’emparent de la notion de “biens communs territoriaux”, l'Etat argue de "l’intérêt                            général” pour l’ouverture des données transport, les maires de Boston et Portland enjoignent à                            Uber de fournir ses données, etc.      La diffusion du bien commun pénètre la mobilité comme d'autres secteurs publics. La notion de                              bien commun est au fondement des notions de partage des véhicules, de partage de l'espace                              public, comme des partages de la donnée. L'accès généralisé à la donnée qui l'accompagne                            signe une mutation des services publics de mobilité.      1. Quelles sont les conditions pour que la donnée accompagne efficacement les  politiques de mobilité et permettent l'éclosion de services ? Quels services ?  2. Quels  rôles doivent jouer les différents acteurs (Etat, autorités  organisatrices,  opérateurs de transport, opérateurs de service, usagers, autres ?) dans cette politique                        de la "donnée/service"    6. Les générateurs de mobilité comme moteurs des innovations    44    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      De nouveaux acteursinterviennent dans l'organisation des mobilités et en transforment les                        mécanismes. Deux d'entre eux prennent une place singulière, les réseaux sociaux et les                          générateurs de mobilité.    Une quinzaine d'entreprises de Plaine Commune, Seine­Saint­Denis, ont mis en œuvre des                        horaires décalés d'embauche pour fluidifier les trafics de RER.    Les "générateurs de mobilité" (les entreprises et les institutions dont les "donneurs d'ordre du                            temps") imposent leurs horaires et leurs séquelles (contraintes d'organisation et congestions).      1. Quel rôle et quels impacts peut­on attendre d'une concertation active des "générateurs                        de mobilité" ?  2. Comment mobiliser et responsabiliser ces générateurs pour réguler les  mobilités :    fiscalité [versement transport modulable ?], politique des temps ? autres ?  7. Les réseaux sociaux comme moteurs des innovations    Le AUDI Urban Future Award a récompensé cette année la ville de Mexico pour son application                                qui agrége en temps réel des données de mobilité issues de différentes sources : administration                              publique, entreprises, citoyens, réseaux sociaux    Les réseaux sociaux sont identifiés comme "les acteurs les plus influents des intelligences de la                              ville". En matière de mobilités, la puissance de leur action se mesure à la taille des audiences                                  des applications, à la taille des places de marché ; à l'importance de leurs usages mais aussi à                                    l'imortance de leurs contributions.      1. Quels  outils – applications, notifications, places de marché, wikis, autres ? – faut­il                        encourager ?  2. Faut­il  envisager des actions pour promouvoir ces outils ? Lesquelles ?  Quels sont les      acteurs les mieux placés pour le faire ?                45    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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        Annexe 2 :Synthèse des réponses au questionnaire   Les usagers comme moteurs des innovations   1. Considérez­vous que cette logique de la demande est nécessaire et utile ?    L’offre ne diparaîtra pas, il y aura toujours des besoins insatisfaits, mais elle doit s’adapter.  “Aucun réseau de transport n'a structuré son offre en fonction de la demande. Des enquêtes                              viennent apporter ces éléments et induire des décisions. À travers cette logique, tous les                            réseaux ont un encouragement à accompagner la demande. L'enjeu est de mieux s'adapter                          dans le temps et dans l'espace (nuit, périphérique, ...). L'usager numérique est la clés.”  Faucher​, ​Coldefy    Une bascule inévitable et indispensable.​”  “Elle est indispensable, la demande sera à la source des nouvelles opportunités d'innovation                          dans les services.”  Dario, Fréchin, Hannequin, Somat, Gendre, Cervantes, Plassat, Offner, Sézille, Dario  “Cette possibilité d'intégrer l'usager du côté de l'offre (et ne pas le restreindre à choisir parmi les                                  offres existantes) est nécessaire et utile pour apporter plus de réactivité dans la recherche                            d'adéquation entre offre et demande.”​Chataigner  La transition vers une logique de la demande est logique dès lors que les usagers montent en                                  compétences.  “Favoriser la réinterprétation créative de nouveaux usages, ex : dans beaucoup de cas se sont                              appropriés pour en faire autre chose. Base intéressante. sortir de la logique du design de l'offre                                et de la demande. Mais émergence d'une nouvelle logique, design collaboratif.” (​Amar​)    Un accompagnement nécessaire pour une bonne intégration  Mettre en cohérence les offres, et les rendre accessibles. Ne pas laisser sur le côté ceux qui ont                                    moins de ressources relationnelles.  46    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      “La prise depouvoir par les usagers via les plates formes numériques constitue la nouvelle                              donne de la mobilité, que cela plaise ou non. La question importante est celle de l’utilité du                                  service pour la collectivité compte tenu des externalités, ce qui renvoie à la régulation d’accès                              au marché (sécurité et fiabilité du service) et de la concurrence avec d’autres modes dont                              l’équilibre financier peut être remis en cause : le service de taxis peut­il totalement disparaître                              au profit d’un Uber généralisé ? Comment maintenir un minimum de trains régionaux ou                            d’aménagement du territoire si le covoiturage interurbain (Blablacar) se généralise ?”  Taine​, ​Beaudoux, Attoma, Orfeuil.    Un frein culturel  La planification a cependant de l’avenir et restera culturellement privilégiée par les déciders, en                            demande de contrôle. ​Schultz    2. Comment analyser et comprendre ces nouveaux usages, afin de les mobiliser dans la                            fabrication d'outils d'aide à la décision ?    Sortir d’une logique de “tout public”  Les usagers doivent financer leur consommation de mobilité. (​Coldefy​).    Mobiliser les outils classiques d’observation quanti et quali...  Compréhension en profondeur des usages et des causes de leur évolution. Enquêtes a priori et                              a posteriori, observatoires. “2 choses importantes à mes yeux  1. Comprendre les motivations des gens, ce qui suppose d'une façon ou d'une                        autre des entretiens en profondeur  2. Comprendre s'il s'agit de mobilités nouvelles ou de nouvelles façons de faire les                          mêmes activités, et, dans ce cas, confronter la situation apres a la situation                          avant. Exemple, la réponse à la question "d'où viennent les usagers de Velib et                            d'autolib" est bien plus importante que le seul constat de leur nombre d'usagers.                          Ce n'est pas le système qui est vertueux en soi, mais la transition qu'il a                              suscitée”  Orfeuil, Attoma, Gendre    47    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      … en parallèle de nouveaux dispositifs de mesure    Observation agile etaction publique au plus près des usages, le tout reposant sur une logique                                Open Data. ​Beaudoux. ​Observation en temps réel. ​Cervantes  “La connaissance "profonde" semble se privatiser. Ce n'est pas favorable. Et si tous acteurs                            privés agissant sur un territoire étaient contraint de rendre à la collectivité tout ou partie des                                connaissances générées ? La question est dévenue donc essentiellement réglementaire,                    juridique et politique”. (Plassat)    “Il faut concevoir de nouveaux outils d’analyse et d’évaluation d’écosystèmes faisant apparaître,                        pour chaque projet de nouveau service : (1) les équilibres offre/demande possibles, selon les                            territoires et les catégories de liaisons (en volume et en prix) ; (2) les effets distributifs avec les                                    autres services existants ou potentiels ; (3) le paramétrage des leviers de régulation publique                            comme par exemple : les facilités de circulation et de stationnement, la fiscalité, les exigences                              de sécurité et de fiabilité.” (Taine)      Encadrer par la puissance publique pour accompagner et diriger les nouveaux usages.  “Par la prise en compte des comportements individuels mis librement à disposition par les                            utilisateurs puis encadrer par la puissance publique en vue non seulement d'imaginer des outils                            d'aide à la décision mais aussi pour influencer les comportements individuels“  Hannequin­Somat    Ouvrir le champ des possibles ouverts par les nouveaux outils numériques pour susciter de                            nouveaux usages.  “On peut aller au­delà d'analyser et comprendre les usages. On peut aider les gens à modifier                                leurs usages et ceux de leurs pairs. Non pas en planifiant sur 10 ans de grandes infrastructures,                                  mais en leur donnant les outils et le pouvoir d'influer sur l'offre.” ​Schultz, Le Douarec      3. Comment accompagner cette maîtrise d'usage des mobilités ?    “La ville c'est brownien par excellence, la maîtrise, le contrôle absolu ça n'existe pas.” ​Coldefy  48    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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        Développer la capacitation par le numérique  Maîtrise du numérique. ​Beaudoux    “En créant la plateforme :  ­ réseau 3G national  ­ smartphone a tous les habitants  ­ collecte des données au niveau au moins national (européen)”  Le Douarec    Par l’expérimentation collective  “Par la création de living lab et de communauté de pratique” Hannequin­Somat  “Travailler sur lamaîtrise d'ouvrage des mobilités "par la multitude". Exemple : ne pas décider à                                l'avance où positionner un arrêt de transport, mais desservir l'arrêt qui aura le plus de "likes" (ou                                  équivalent).” ​Schultz  “En développant des ... laboratoires de la mobilité... en faisant émerger une grande créativité de                              construction de service et en les expérimentant.”, ​Dario  Expérimentation​ : Taine, Hannequin­Somat, Gendre    Par l’intégration des plus fragiles (accessibilité)  “S'intéresser (vraiment) aux plus fragiles, aux plus dépendants de l'auto, à ceux qui ne décident                              pas où ils habitent, où ils travaillent et quand ils travaillent.”  Plassat    Un enjeu culturel, pour les usagers comme pour la puissance publique  “Cette prise en main par les utilisateurs n’est possible que s’il y a prise de conscience des                                  enjeux problématiques, formation et capacité à créer, d’auto­organiser. Il y a des aspects                          culturels à prendre en compte avec. Les pouvoirs publics doivent créer un environnement                          favorable, lever les freins à ce type d’initiative, accepter d’être bousculés avant de réguler.”  Léonard­Delabie      49    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      4. Comment favoriser une logique collective, voire collaborative de la demande ?    Une logique individuelle, des leviers économiques  Pas d’organisation collectivespontanée : les motivations sont plus économiques que militantes.                        Mettre en place des incitations individuelles semble plus adapté. ​Orfeuil  “Carotte et batons restent le ooutils universels du changement. L'argent et le temps sont les 2                                dimensions :  ● ralentir et augmenter les prix d'usage DIRECTS (des modes devenus indésirables)  ● accélérer et baisser les prix des modes devenus souhaitables co­xx)”  (Le Douarec)  “Par la satisfaction des demandes individuelles via des dispositifs d'intermédiation qui                      permettent en temps réels de rapprocher le besoin individuel de mobilité et une offre davantage                              partagée”  Hannequin­Somat    Par une attention portée aux besoins fondamentaux du collectif  Par une compréhension préalable des besoins partagés par les usagers. ​Chataigner  “Celle­ci devrait se fédérer autour de l'identification des tendances majeures de la demande                          sociétale, en prenant en compte les particularités locales.” ​Dario  “L'attention à l'humain (et le cognitif en particulier) permet d'explorer et de clarifier des questions                              fondamentales comme notamment la motivation, l'engagement et la récompense, sans quoi on                        ne peut pas penser – et donc éventuellement favoriser – le collectif et le collaboratif.” ​Attoma    Jouer sur l’environnement : favoriser ou contraindre ?  “Le secteur public peut être un catalyseur (cadre légal adapté, amorcçage du système, soutien                            actif, cofinancement ...), le secteur privé peut/doit aussi prendre des initiatives même si le                            secteur public traine les pieds parce qu'il aurait peur de ne pas tout contrôler”, ​Coldefy  “Difficile de forcer sa mise en place. Elle peut être le résultat de la contrainte de                                l’environnement. Elle peut être favorisée si la collaboration n’est pas réprimée (fiscal,                        réglementaire) et est valorisée par la société.  50    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      Développer des mécanismes,des outils de contrôle de la confiance, des tiers divers (pas une                              autorité unique), développer la diversité des alternatives, cela peut favoriser les approches                        collaboratives.” ​Léonard­Delabie  “En cédant du pouvoir aux usagers dans la gouvernance.” ​Cervantes    Les services comme moteurs des innovations Une politique orientée sur les services de mobilité comme réponse à l’inflation                        d'infrastructures de mobilité ?    Des infrastructures incontournables mais questionnables  Pour nombre d’experts interrogés, la mobilité est nécessairement liée aux infrastructures (​Offner,                        Schultz, Hannequin, Somat, Beaudoux​).  Ce sont plus les restrictions budgétaires que la réduction de la demande qui réduiront l’inflation                              d’infrastructures (​Coldefy, Attoma, Gendre​)​.  Cependant, ces restrictions budgétaires peuvent être vus comme une opportunité pour développer                        une politique orientée sur les services de mobilité.    Revisiter la notion d’infrastructure et réorienter ses missions  Les services de mobilité ne conduiraient non pas à réduire la demande de mobilité et donc le                                  besoin d’infrastructures mais permettraient plutôt d’agir sur les moyens inappropriés (voiture                      solo, etc.) au profit de solutions plus durables :  ● optimisation​ des transports traditionnels grâce aux services  ● développement des deux roues et autres modes doux  (​Orfeuil, Frechin, Chataigner, Offner)​.  Pour certains, les services déterminent d’autres infrastructures, comme les aires de                      covoiturage, réseaux sans fil, … (​Gendre, Chataigner​).  Ces autres composantes infrastructurelles (les services) viendraient en soutien du monde                      physique (​Coldefy, Beaudoux, Schultz​).    L’infrastructure, une notion transformée, élargie et consolidée  51    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      Une infrastructure servicielle,physique et matérielle peut être vue comme un seul et même                            éco­système (​Attoma​).  Les notions “eco” et “meta” s’imposent face à la “​machine mécanique​” qui livre “​un monde                              connecté incertain​” ​(Le Douarec)​.    Par ailleurs, n’est­ce pas l’occasion de revoir le concept même d’infrastructure : non plus                            quelque chose de matériel mais immatériel (organisations, équipements etc.) (​Amar​).    Les infrastructures “nouvelle génération” ne sont plus fragmentées et isolées (​Faucher, Amar​).                        Elles sont inter­fonctionnelles et inter­maillées, par exemple le métro déplace les personnes, du                          fret, des flux en tout genre (électricité, data). Une gestion globale est associée.    Le “cercle pervers” de l’infrastructure et ses issues  La logique veut qu’on optimise les infrastructures. Mais on n’échappe pas pour autant au                            syndrome du progrès, donc de la croissance, donc … de plus d’infrastructures, même dans une                              politiques orientée services. Culturellement, la valeur donné à la recherche d’économies (signe                        de pauvreté) est à revoir pour pouvoir rentrer dans une logique d’optimisation (​Chataigner​).    Pour s’extraire de cette logique inflationniste des infrastructures de mobilité, il faut d’autres                          approches des politiques publiques :  ● refaire la ville sur la ville pour éviter la création de nouveaux besoins de mobilité et donc                                  d’infrastructures (​Schultz​).  ● une politique de modération du développement des infrastructures (​Amar​).    Des prérequis  Ces politiques publiques impliquent trois modalités : la mobilité, l’immobilité et une nouvelle                          organisation des activités. Ceci suppose en préalable ​(Gabriel Plassat) ​:  ● une phase de compréhension des pratiques actuelles, d’analyse des typologies et une                        constitution permanente des “réponses” de citoyens pour ajuster les politiques publiques.  52    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      ● des structuresde rencontre (​la Fabriqu​e à terme) permettant la co­conception entre                        communautés, utilisateurs, collectivités, générateurs etc (​Hannequin & Somat, Le                  Douerec, Beaudoux​).    Quels acteurs sont les plus à même d'accompagner la révolution servicielle des                        mobilités ?    Quel jeu d’acteurs ?  Un écosystème d’acteurs qui combine citoyens­usagers­clients, producteurs et gestionnaires de                    transport, public et privés, intermédiateurs numériques et régulateurs publics est nécessaire pour                        ne pas rechuter dans des dérives inflationnistes (​Dubois­Taine, Cervantes​).  Si pour certains l’enjeu est global, pour d’autres (​Offner​), le jeu d’acteurs est tributaire des                              situations locales et des gouvernances.  L’essentiel de la réussite dépend de leur coordination (​Orfeuil​).  C’est pour certains, un “bouleversement” (​Le Douerec​), ou simplement une “évolution”                      (​Coldefy​).  Porter une attention aux ​générateurs de mobilité​, petits et grands (​Orfeuil​, ​Hannequin & Somat​).      La transformation du rôle de l’acteur public  L’acteur public est indispensable pour accompagner :  ● des incitations stratégiques ; aujourd’hui les cahiers des charges restent fortement centrés                        sur les dimensions techniques  (​Beaudoux​).  ● incitations réglementaires et tarifaires ; taxation des déplacements à l’usage et non à la                            possession, définir les règles d’usage et valoriser les nouveaux modes de déplacement                        (​Plassat, Orfeuil​).  ● bref activer un pouvoir régulateur, en veillant aux conditions de concurrence et d’accès                          au marché (​Dubois­Taine​).  ● dans ce contexte, la coordination des tous les acteurs devient essentielle (​Orfeuil​).    53    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      Les barbares et les offres parallèles  Par ailleurs, lebouleversement de l’offre de mobilité et le surgissement d’une offre parallèle de                              transport inédite (Uber, Blablacar, …) entraîne une “non linéarité des perturbations” : un petit                            acteur peut chambouler un secteur entier (​Le Douarec​, Gendre, Schultz, Plassat, Dubois­Taine​),                        et conduit à des monopoles à l'échelle mondiale ​(Le Douarec).    L’articulation du servicielle à l’infrastruturel pose question  Mais dans sa maîtrise industrielle, “​il y aura beaucoup de candidats, peu d'élus​” (​Coldefy​).  Attoma ​pointe qu’aucun acteur de la nouvelle économie "startupienne" et open source ne semble                            en capacité de développer des capacités industrielles et de déployer des bouquets de services                            réellement intégrés.  Les acteurs qui réussiront seront ceux capables de voir plus loin que la simple mode de transport                                  (Amar).    Les acteurs traditionnels de transport (SNCF expressément), si changement total de culture                        (​Frechin, Attoma​). Ils pensent depuis longtemps aux services, mais un frein existe au niveau des                              collectivités territoriales qui ne posent que des cahiers des charges très techniques (op. cit.                            Beaudoux​).    La place centrale de la data  Les agrégateurs de data capables de les valoriser comme le STIF, RATP, Google, hackers, etc.                              (​Chataigner, Faucher, Talès, Amar)​.    Quelles nouvelles conditions faudrait­il poser pour l'investissement et le fonctionnement                    des infrastructures physiques ?    Le dyptique : L’Optimisation de l’existant vs. La Nouvelle politique servicielle  La priorité à l’optimisation des infrastructures existantes plutôt que le développement de                        nouvelles doit être assortie d’une garantie à un accès équitable à ces infrastructures ​(Orfeuil)                            comme prévu dans la charte des mobilités de Bordeaux ​(Offner)​.  54    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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        La condition préalableest la mise en place d'une infrastructure de collecte des data et leur mise à                                    disposition ouverte, sur la base de principes communs d'anonymisation, de standardisation des                        formats et de certification concernant leur qualité.    L’économie d’abord  L’objectif : inviter l’ensemble des acteurs à se pencher dessus et permettrait une meilleure                            priorisation des projets par la transparence des coûts/bénéfices ​(Attoma, Talès, Plassat)​.    Dans ce contexte, il faut envisager des outils d’évaluation (indicateurs) compatibles avec le                          monde ce nouvel univers complexe et interconnecté ​(Le Douarec).    Cela suppose un réel investissement de la puissance publique ​(Gendre)​ :  ● La mise en place de “responsables des transports intelligents” dans le processus de                          conception et de gestion des infrastructures.  ● Une redéfinition de la mobilité dans les documents d’urbanisme : ex. contrats projets                          Etat­Région, PDU, SCOT ont un sous­dossier "mobilité" qui ne porte QUE sur les                          infrastructures, (cf. ex.)  ● On retrouve la volonté de faire prévaloir le stratégique sur le technique (op. cit.                            Beaudoux).  ● Et on énonce la nécessaire égalité concurrentielle des modes face au support des                          différentes dépenses publiques ​(Faucher).    Des pistes d’innovation  Des principes volontaristes :  “50% de l'espace affecté à d'autres modes que la voiture”​ (​Schultz​).    Des principes de gouvernance  Une gouvernance unique de la mobilité (​Cervantes​).    55    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      Changement de paradigmes économiques  La question deprise en charge financière des coûts fixes de maintenance et de renouvellement                              des infrastructures et des véhicules est fondamentale. L’irruption des offres nouvelles doit être                          l’occasion de repenser l’économie des infrastructures. Comment faire supporter aux nouvelles                      offres des charges publiques ? (​Dubois­Taine​)    Le “passage de l'économie des transports à l'économie de la mobilité” est l’occasion de remettre                              à plat les modèles économiques : “​Sans doute faut­il s'inspirer du monde numérique pour voir                              comment s’opère les nouveaux modèles économiques​” (​Amar​), mais les finbalités sociales des                        mobilité : qualité de vie,  recherche de bien­être, etc. (​Amar​)    Les mobilités contraintes comme moteurs des innovations   1. De quelle(s) manière(s) le modèle de croissance des mobilités peut­il être inversé ?    Repenser la ville/Vision territoriale  “Les PLU en favorisant la concentration urbaine, en organisant une ville multipolaire                        (déspécialisation à grande échelle des zones)”​Codelfy  “Les comportements de mobilité reflètent avec précision l’offre accessible par les ménages.                        Peut­on créer ou susciter une offre alternative au déplacement physique des personnes, sous                          forme de possibilités de télétravail, de télé­activité, ou d’organisation de services de proximité                          dans les espaces résidentiels, par exemple ? (...) L’objectif n’est pas de proposer des solutions                              ou des recommandations, mais de stimuler la réflexion collective des acteurs de chaque «                            territoire de vie » (publics et privés) en les incitant à coopérer pour la construction d’une vision                                  commune de leur territoire” ​Taine  “De là à inverser le modèle, cela suppose que soit : 1/ les aspirations individuelles peuvent                                fondamentalement évoluer à moyen terme 2/Les modèles d’urbanismes actuels et ce qu’offre la                          ville (et surtout ses périphéries) changent fondamentalement, ce qui paraît compliqué, y                        compris dans l’offre de logements, mais aussi en termes de mobilité (beaucoup préfèrent 45mn                            de trajet en voiture que 1H en TC par exemple, difficile à faire évoluer).” ​Leonard­Delabie  56    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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        Jouer sur les coûts  “Augmenter les coutsdes déplacements pour l'usager : cout d'usage de la VP, le cout des TER                                  extrêmement bas en abonnement D/T ce qui favorise l'étalement urbain (3 ct/km !)” ​Codelfy    Identifier et influer sur les moteurs de la mobilité… dans la mesure du possible  “En venant réinterroger l'organisation des activités qui engendrent de la                    mobilité.“​Hannequin­Somat  “Le domicile travail devient  mûr pour etre disrupté... et il le sera.” ​Le Douarec  “En théorie changer les horaires ou favoriser le télétravail semble une solution évidente et                            intelligente pour optimiser le rapport offre/demande. C'est bien ce que chacun fait à son niveau                              personnel ou familial, alors pourquoi ne pas le faire à grande échelle ?  Mais vouloir le faire à grande échelle est à mon avis utopique. C'est un peu comme proposer de                                    déplacer le piano pour le rapprocher du tabouret “ ​Schultz  “En remontant le fil des modèles socio­économiques et culturels qui "produisent" les mobilités et                            en cherchant d'identifier les leviers systémiques susceptibles de générer des changement,                      même marginales.” ​Attoma  “C'est intimement lié aux modèles d'organisation des entreprises et autres institutions .La                        mobilité en est tributaire.” ​Cervantes    Construire un bouquet serviciel des mobilités  “Dans les territoires urbains et péri urbains, une approche intégrée de l'offre stationnement                          (levier sur la voiture individuelle) et de l'offre des mobilités partagées (transport public                          traditionnel, voitures:vélos partagés,etc.). C'est le moyen d'obtenir une mobilité cohérente,                    apaisée, rationnelle.” ​Beaudoux    Réguler par le marché  “Dans une économie peu contrainte "de marché", sans doute surtout si le coût de la mobilité                                (prix du carburant mais pas que) augmente beaucoup.” ​Gendre      57    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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        2. Quelles sont les conditions de réduction des “mobilités subies" ?    Repenser la charge des coûts de la mobilité  “Aller vers uneplus grande proximité des couts acquittés par les usagers et des couts globaux.                                par exemple, arret du principe general de stationnement gratuit chez l'employeur, mais aussi                          abandon du tarif unique du Navigo en Idf et des billets Ter a 1 euro en Langudoc Roussillon.                                    C'est non seulement suicidaire pour les finances publiques, mais un tres mauvais signal pour                            ceux qui pensent que moins de mobilité est possible” ​Orfeuil    Vers la démobilité  “Substitution d'une réunion conf à une réunion physique : baisse des coûts / généralisation des                              outils de télé­conf, télétravail : souplesse des organisations ­ selon le type d'emploi” ​Gendre  “On peut par exemple venir interroger l'organisation du travail en supprimant le contrôle (voir les                              travaux de Getz, I. 2009 : liberté et compagnie) et ainsi rendre possible (du moins dans le                                  tertiaire) le télétravail” ​Hannequin­Somat  “Une plus grande souplesse dans les trajectoires résidentielles.  L'acceptation par les salariés et leurs employeurs d'un recours plus fort au télétravail.” ​Offner    Un processus déjà à l’oeuvre dans la société et le travail  “La tendance de fond de l'individualisation et la parcellisation du travail : de plus en plus de free                                    lances, indépendants, travailleurs à la tâche. La lente déliquescence de l'entreprise                      traditionnelle issue des Trente Glorieuses.” ​Schultz    Repenser l’organisation des temps sociaux  “Permettre une plus grande flexibilité dans les temps contraints (heures de bureau en premier                            lieu), en horaires flexibles, travail à distance, etc ? Plus que des 'mobilités subies', c'est                              davantage des 'déplacements pour des activités dont on ne maîtrise pas les horaires'. Les                            conditions de réduction doivent passer par adresser ces 'activités' pour lesquelles on est amené                            à se déplacer.” ​Chataigner    58    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      Donner aux usager les moyens et les compétences de faire d’autres choix  “Il ne fautplus parler des « mobilités subies », mais des univers de choix des usagers pour                                    accéder aux services de la vie quotidienne. Ce qui limite le choix, c’est bien sûr l’absence de                                  services alternatifs au déplacement physique, mais c’est aussi et souvent l’ignorance, la                        passivité ou le manque de coopération pour rechercher des solutions alternatives qui, grâce au                            numérique, deviennent à la portée « de la multitude ».” ​Taine  “Meilleure visibilité sur les différents modes de transport. Pb de visibilité, trop d'opacité sur les                              différents modes de transport et leurs interactions.” ​Tales    Le levier des coûts : le risque d’un accroissement des inégalités  “Rendre la mobilité plus chère pour ceux qui en subissent déjà le poids et en ont le moins les                                      moyens, c’est un problème social, et c’est un problème territorial si l’on condamne certains                            territoires excentrés à la désertification, sans revitalisation possible via la rurbanisation.”                      Leonard­Delabie    3. Quelles actions permettraient de recentraliser les activités (travail, courses…) plus                      près du domicile ?    Repenser des aménités de proximité  “En définissant ce qu’on considéré comme proche et en favorisant les comportements de                          proximité (voir des propositions dans ( "Grand Paris, approfondir les ambitions, sortir des                          illusions)” ​Orfeuil  “En premier lieu il convient de décentraliser le travail et les courses qui ont été concentrées                                dans leurs cathédrales que sont les immeubles de bureaux, (voire les hyper cathéddrales des                            sièges sociaux) et les hypermarchés” Le Douarec  “Les tiers lieux pourraient offrir des bouquets de services en mettant en place des                            conciergeries.” ​Beaudoux    Le télétravail créateur de nouvelles poly­centralités et d’une relocalisation des services  “Le haut débit partout. La lente déliquescence de l'entreprise traditionnelle issue des Trente                          Glorieuses qui profitera au travail individuel 'sans bureau fixe"” ​Schultz  59    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      “Avec l'arrivée del'automobile, le territoire s'est équipé de stations essence, de parking, de                            garages, etc. ; avec l'émergence de l'autonomisation du travail (cf. Michel Lallement), le                          territoire doit s'équipe de fonctions facilitantes (coworking, fablabs, bibliothèques, crèches, etc.)”                      Chataigner  “Développement de lieux tiers combinant bureaux et services aux personnes”​ Sézille    Densifier les centres, concentrer dans des hubs  “Une politique s'appuyant davantage sur le transport public en zone périurbaine permettrait de                          densifier les flux de déplacement autour de hubs, incluant des services de proximité (courses).                            => résoudre le problème du dernier Km du transport public pourrait être structurant. Il faut                              continuer à densifier les villes centre.” ​Cervantes    Encourager et favoriser les modes alternatifs  “Une meilleure vision sur les moyens de transports, les horaires. Le fait qu'il y ait une opacité                                  sur l'intermodalité, aboutit un constat d'échec dans certaines zones urbaines ou rurales.” ​Tales  “Plus de place à la marchabilité dans les critères de construction urbaine. Grand mixité, grande                              accessibilité. Transformer l'image de la ville avec principes de marchabilité, David Mangin.                        Conceptions urbaines.” ​Amar  Nouveaux modèles économiques et déconcentration des emplois  “ Les nouveaux modèles économiques, notamment issus du numérique, pourraient aider à une                          déconcentration des activités : apporter plus de services en périurbain et en rural, avec des                              modèles économiques qui supportent moins de coûts fixes, dont peuvent s’adapter aux faibles                          densités.” ​Léonard­Delabie    Les générateurs comme moteurs des innovations   1. Quel rôle et quels impacts peut­on attendre d'une concertation active des "générateurs                          de mobilité" ?    Une mobilisation difficile  60    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      “C'est à travailler,mais c'est un travail de fourmi au cas par cas. Les entreprises sont                                nombreuses, diverses, avec des contraintes spécifiques. Ce qui marche chez l'une ne marchera                          pas chez l'autre.” ​Codelfy  “Je ne m'attends a aucun impact significatif car cette methode ne me semble pas adapté au                                monde actu  el, hyper connecté et complexe.” ​Le Douarec  “Faible à mon avis. trop d'imbrications. Qui va déplacer les horaires des écoles.”​ Cervantes    Pas une solution miracle  “Sans doute utile à court terme, mais se rappeler les années 70 (le Catral en Idf) et les années                                      90 (Les bureaux du temps) Pas vraiment de grands succès restés dans les mémoires” ​Orfeuil    Concertation ou co­construction ?  “Il faut dépasser la logique de concertation pour aller vers une logique de Co­construction avec                              les parties prenantes de l'activité.”, ​Hannequin­Somat  “L'approche est donc clairement bottom­up avec les communautés pour co­concevoir les                      solutions de mobilité/immobilité/nouvlles activités” ​Plassat  “Devraient, même légalement, avoir un travail de co conception de la ville, notamment par les                              horaires décalés par exemple. Devraient avoir un pro dans l'entreprise dédié à ce travail. Il ne                                s'agit pas seulement d'optimiser. “ ​Amar    Le partage, un levier clé  “Ils pourraient participer activement à l'organisation des mobilités en tant que parties prenantes                          ; Ils pourraient se coordonner en termes d'horaires, de partage des flottes, d'informations,                          d'organisation du travail…” ​Beaudoux  “Je ne crois pas à cette solution, en dehors des effets d'aubaine pour ceux qui le font déjà (cf.                                      35 heures). “ ​Schultz    Une nécessité, un impact important  “Ces générateurs de mobilité étant au coeur des problèmes de mobilité, ils sont des acteurs                              clés des solutions potentielles tel que l'exemple cité le montre.” ​Sezille  61    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      “Un impact fondamentalje pense car ils peuvent influencer les changements de comportement                          d'une grande quantité d'utilisateurs.” ​Vandi    Un rapprochement sur la base de la connaissance des coûts  “Permettre au secteur privé de proposer des solutions et des offres de mobilité innovantes,                            répondant aux demandes des citoyens. Pour cela une approche business model rentable est                          importante. Les pouvoir publics doivent pouvoir favoriser cette approche.”​Dario  “On ne peut pas seulement dire que l’institution / entreprise est responsable. Pour ce dont elle                                est responsable, elle doit payer dans les impôts et taxes, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui :                                    une entreprise paie moins d’impôts dans une ZAC isolée, mal desservie, que dans un centre                              urbain dense, bien desservi ! “ ​Leonard­Delabie, Taine    2. Comment mobiliser et responsabiliser ces générateurs pour réguler les mobilités :                        fiscalité [versement transport modulable], politique des temps, bien être des salariés, etc                        ?    Une prise de responsabilité de la puissance publique en amont  “Il y a d'abord une condition politique qui n'est pas gagnée: il faut que les AO (en particulier en                                      Idf) acceptent de reconnaître que les conditions de transport sont plus que médiocres. Tant qu                              on se donne des satisfecit, quelle légitimité a t on pour demander aux autres de faire un boulot                                    d'amélioration?” ​Orfeuil    Pédagogie sur les externalités positives  “La mobilisation des générateurs de mobilités ne peut s'envisager que par la démonstration de                            l'amélioration de la performance (Coûts qualité, temps, CO2) de leur activités en modifiant la                            mobilité générées.” ​Hannequin­Somat  “En créant des ROI qualitatifs axés sur le bien être et que ces mesures aient autant d'impact sur                                    les marchés financiers que les ROI traditionnels” ​Beaudoux  “Les bases d’une négociation « contractuelle » avec les entreprises devraient s’établir sur le                            partage de la valeur crée par de nouveaux dispositifs d’organisation du travail et de la mobilité :                                  62    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      gains de qualitéde vie des employés, gains de productivité de l’entreprise, gains d’efficience du                              réseau de transport public …” ​Taine  “Il faut être capable de mesurer la valeur : 1/ pour l’entreprise elle­même (image, gain de                                productivité, attractivité pour recrutement, diminution accidents de trajet) 2/ pour les salariés.                        Cette valeur est­elle monétisable ? Est­elle claire ? 3/ pour la collectivité, le territoire  L’analyse de cette valeur doit guider la recherche de solutions, de monétisation, de politiques                            d’incitation.” ​Léonard­delabie    Une nécessaire incitation/récompense  “La question du bien être des salariés est aussi stratégique, à condition qu'on sorte de                              l'angélisme et on identifie des indicateurs et des métriques précis – associés à des dispositifs                              d'évaluation, de rating et de récompense.” ​Attoma  “Incitation au télétravail (financière). “ ​Cervantes  “Partir des démonstrateurs principaux d'un territoire, co­concevoir des solutions de                    mobilité/immobilité/nouvelle activité puis apporter en complément un ajustement par une                    proposition de contrainte/récompense” ​Plassat    Les transports ​On demand​et partagés comme moteurs des innovations ?   La voiture à la demande est­elle l'avenir du transport collectif ?    Oui car le transport collectif tel qu’on le connaît est structurellement et financièrement limité                            (tous), dès lors “La frontière entre transport collectif et individuel devient de plus en plus flou”                                (Delabie, Léonard) “Permettre aux usagers de se conduire eux­mêmes est une extension                        évidente du service de transport collectif” (Chataigner).    La voiture à la demande n’est pas l’avenir mais est complémentaire des autres modes de                              transports (Beaudoux, Coldefy, Chataigner, Cevantes, Attom, Talès). Ceci car “nos villes (et                        encore moins nos autres territoires) ne connaissent de contraintes suffisantes pour envisager                        un basculement massif dans les 10 prochaines années” (Labie, Léonard).    Son succès dépend de la densité du territoire et de la fréquentation des services de transport                                (Gendre, Dubois­Taine).  63    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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        L’objet “voiture”, diversifié  Cependant, évolution del’objet voiture (Le Douarec, Delabie, Leonard, Amar) “la forme de                          l’objet voiture sera moins importante. La voiture pourra être un minibus si besoin, ou un                              quadricycle, ou autre chose.” (Delabie, Leonard)  Changement de la définition même de “transport” qui n'est plus défini par sa technique de                              transport. Elle devient une hybridation des modes existants. (Amar)  C’est l’agilité qui déterminera le “transport du futur”. Politique et bureaucratie sont les limites du                              TC aujourd’hui. “La capacité à coller au plus près et "juste à temps" à la demande est l'avenir du                                      service en général. Du transport en particulier (Schultz)    La nécessité d’une nouvelle gouvernance  Pour les questions financières, il faut instaurer une taxation de la consommation de mobilité ­                              toutes formes confondues (Codefy),“La taxation de la consommation de la mobilité. C'est aussi                          cela la ville durable et intelligente”.    Rendre la voiture servicielle politiquement compatible et faire des offres globales :  ­ qui fonctionnent  ­ qui coûtent moins chères  (Plassat)    Multiplication des modes de transport (Amar)  “Ville est un éco système de mouvements. Une des caractéristiques de la ville future est cette                                diversité : auj 4 ou 5 modes, demain 40 ou 50”. Amar    Comment intégrer les pratiques et offres de mobilité dans un système serviciel plus large                            comprenant les dimensions modales, urbaines, territoriales, tarifaires, informationnelles,                etc ?    Une approche systémique  Le système serviciel doit être abordé de manière plus globale, sans se concentrer                          individuellement sur les mobilités. Tous les usages doivent être confondus et non segmentés.                          De cette approche découlera naturellement un système intégrant les mobilités (Amar, Delabie,                        Léonard) “Intégrer suppose des silos qu’on cherche à emboîter tant bien que mal : c’est mal                                parti ! Renversons la manière d’envisager les choses, l’emboîtement nécessaire apparaîtra de                        lui­même selon les cas, et on fera surtout ressortir les rigidités du systèmes provoquées par les                                différents silos justement”, Léonard, Delabie  64    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      “Il faudra penserl'intégration non pas par l'intervention d'un acteur dominant mais penser                          l'intégration par l'intervention d'un voyageur”, Amar    Il faut revoir la perception de la mobilité (réelle et virtuelle) comme le moyen d’accéder à                                n’importe quel activité et ainsi l’intégrer à la réflexion de n’importe quel service. “Il faut                              désormais penser les services de mobilités » comme l’une des composantes de l’offre de                            services urbains aux personnes et aux entreprises.” Dubois­Taine    Des projets territoriaux ayant une approche globale, Plassat    Une mise en application pratique  Concrètement, ce système passe par :  ● une simplification du mille­feuille administratif + ouverture radicale des données. (Le                      Douarec)  ● Plate forme d’information multimodale (Optimod’ Lyon) avec intégration tarifaire                  (Coldefy, Cervantès, Schultz, Attoma) et billettique unique (Faucher, Attoma) et les                      données ouvertes (Attoma)  ● Assistants de mobilité à l’échelle nationale, euro (Cervantès)    Contre balancer la place donner aux infrastructures de transports par rapport à la mobilité.                            (Schultz)    La gouvernance de ce système serviciel  Les AO transports ou inventeurs d’applications (Offner)  L’usager “L’usager se fabrique son système.” (Amar)  Vu la place consacrée aux autorités publiques, celles­ci doivent recevoir un enseignement sur                          les pratiques de la mobilité pour les CT AOMD (Gendre)    Comment faire de l’utilisateur final un agent actif de l’élaboration et de l'évolution des                            services ?    En s’inspirant des agents, comprendre comment il fabriquent leur mobilité (Amar) :  ● utiliser les données pour comprendre les usages (Hannequin & Somat, Le Douarec,                        Beaudoux, Amar) “donnez lui un smartphone ! augmentez le de la faculté holoptique.                          Éradiquez le dilemme du prisonnier.” Le Douarec  ● Dialogue et retour sur expérience (Coldefy, Gendre, Attoma, Schultz). “Tout d'abord, en                        l'observant et en l'écoutant”  (Attoma). “Un réseau social des transports” (Talès)  65    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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        “Comment les usagersfabriquent leurs vies mobiles ? Il faudrait s’intéresser à l’ingénierie de la                              vie mobile, chacun en est son ingénieur.” (Amar)    En donnant aux agents un intérêt à être actif (Orfeuil) :  ­ financier (Coldefy cf ci dessus, Chataigner, Talès)  ­ de gouvernance (Chataigner, Cervantès) à l’image des sociétés d’autopartage en SCIC.    Concrètement, plusieurs techniques (Delabie, Léonard):  ● conceptions traditionnelles pyramidales  ● “techniques de lean startup : codesigner en allant très vite vers l’utilisateur avec des                            solutions que l’on teste, qu’on fait évoluer, que l’on rejette éventuellement. Ce sont les                            itérations successives et la diversité des propositions / formules testées qui donnent du                          pouvoir à l’utilisateur”    Comment aborder ces questions hors de l'urbain dense où se déploient aujourd'hui ces                          évolutions ?    Enjeu d’autant plus fort dans ces zones détendues (Frechin, Dubois Taine)    Pratiques spontanées hors urbain dense (Dubois Taine), à étudier et comprendre pour inspirer                          de nouveaux services (Orfeuil, Amar, Talès). “En développant des service ad hoc, pas des                            services inspirés du milieu urbain dense ?”  Chataigner, Attoma  “On ne peut pas calquer les modes ou solutions d’un territoire à un autre. Il faut envisager les                                    choses globalement, au­delà de la mobilité.” Léonard, Delabie    Mais la gouvernance doit suivre pour inspirer de nouveaux modèles économiques (Dubois                        Taine, Cervantès, Offner, Delabie, Léonard)    “Il faudrait mettre l’utilisation de la voiture individuelle sous contrainte, pour favoriser le                          développement de nouveaux usages”, Léonard, Delabie.    L’intérêt général et les données comme moteurs des innovations   66    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      “La donnée n'aaucun intérêt en tant que telle. Ce qui compte c'est la capacité à valoriser les                                    données, à les transformer en informations pour améliorer le service et baisser les coûts.”                            Schultz    “Si Google peut utiliser toutes les données mais intègre les conditions de la ville dans son algo                                  (toujours la question du passage devant l'école à 16.00), que devient le pb ? Il faut donc bien                                    spécifier les objectifs de chaque acteur : opérateur, collectivité, citoyen, startup pour essayer de                            trouver des zones gagnantes pour tous”, Plassat    1. Quelles sont les conditions pour que la donnée accompagne efficacement les                        politiques de mobilité et permette l'éclosion de services ?    Une approche systémique  En pensant la donnée de manière systémique Léonard & Delabie :  ● en terme de nature  ● en terme géographique “Il faut penser la donnée de manière globale, pour permettre à                            des services de l’exploiter de manière globale (au moins européenne) car l’exploitation                        sur un territoire limité ne produit pas en général suffisamment de valeur ajoutée (en tout                              cas économique)”    Un cadre réglementaire à définir  En mettant en place un statut d’intérêt général pour l’ouverture des données, Coldefy    Pour certain, cette ouverture doit être une radicale sans standardisation des données. “Ne pas                            chercher a standardiser, laisser les inventeurs / shaper de la data opérer là où est l'intérêt.”, Le                                  Douarec.    Tandis que pour d’autres, les données doivent être standardisées ­ “données recoupables les                          unes avec les autres : les données techniques d’une part, les données                        théoriques/prévisionnelles d’autre part, les données en temps réel“, Talès.    Une certification garantie par l’Etat, Attoma :  ● plateformes claires aux acteurs identifiés, Frechin  ● neutres, Léonard & Delabie, Cervantès  ● disponible, à jour, de qualité, Léonard & Delabie, Vandi  ● sur des bases interopérables, Talès  ● “rangées” dans des API, Talès  67    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      ● un accèséquitable : “des conditions équitables équivalentes, notamment équivalente                    entre sources et territoires”, Delabie & Léonard, Dubois­Taine “Avec un dispositif de                        suivi et d’évaluation, qui permette de déplacer si nécessaire les  « curseurs » de la          régulation publique”    Des licences qui doivent être :  ● variables, Frechin  ● homogènes, “Des conditions (techniques, de licence, contractuelles) trop hétérogènes                  entre sources et territoires, c’est rédhibitoire à court terme”, Léonard &Delabie    “Démocratisation des outils d'exploration de la donnée, aujourd'hui inaccessible aux                    "non­experts" et réservée aux data scientists”, Attoma  => chemin engagé : nouvel environnement Microsoft, ML Azur Studio :                      https://studio.azureml.net    Des conditions d’ouverture  “Le respect d'une éthique de fonctionnement venant poser un certain nombre de pratique                          déontologique”, Hannequin & Somat, gouverné par un conseil de l'ordre    Ouverture pour l’innovation : “On devrait ajouter à l'exigence d'ouverture de la donnée, une                            exigence d'inovation. Cette ouverture doit favoriser l'innovation”, Amar    2. Quels rôles devront jouer les différents acteurs dans cette politique de la                          "donnée/service" ?    L’ouverture des données  ● Ne pas compter sur RATP et SNCF. “Comment peut on envisager de contraindre des                            acteurs minoritaires a l'open data, quand les grands acteurs pratiquent l'opacité (y                        compris à l'égard des pouvoirs publics qui leur versent pourtant des milliards chaque                          année)”, Orfeuil  ● Publiques et privés, Coldefy, Gendre, Sézille, Cervantès, Coldefy    Un rôle organisationel de la PP  “Aux autorités organisatrices d'imposer la fourniture des données par les opérateurs qu'elles                        soutiennent puis confier a une société qui ne fait pas de transport la mise en forme/ vente de                                    ces informations à des opérateurs selon des conditions contractuelles précises”, Orfeuil    68    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      Définition d’un cadreet garantie de qualité : “Harmoniser, financer des programmes centrés                          usage, financer le travail nécessaire à fournir des données de bonne qualité. Fred Mazella de                              BlaBlaCar dit par ex qu'il n'est pas contre fournir ses données mais c'est un travail en plus pour                                    lequel il n'a pas de BM. “, Vandi    4 grands modèles :  “­ la ville IBM : on continue comme d'habitude, mais connecté. On cherche à maîtriser la chaîne                                  de collecte et traitement de données de bout en bout. Des capteurs partout, des données en                                pagaille, mais une utilisation somme toute identique à aujourd'hui. Un grand tableau de bord sur                              le bureau de monsieur le maire  ­ la ville Google : on lâche l'affaire. Les gens se débrouillent très bien avec Nest pour l'habitat,                                    Google pour le travail, Uber pour les déplacements et Amazon pour le commerce. Certaines                            plateformes deviennent les OS des autres. L'État se retire et laisse la régulation des                            plateformes gouverner le monde  ­ la ville plateforme : les pouvoirs publics gardent l'OS et favorisent le développement                            d'applications. La ville au sens traditionnel devient un système d'exploitation sur lequel les                          entreprises et administrations créent des applications. L'état est un Appstore qui fixe les règles,                            diffuse ses SDK et laisse faire le marché.  ­ la ville opensource : les pouvoirs publics favorisent le développement de solutions libres et                              distribuées et taxe à mort les autres.”, Schultz    Les réseaux sociaux comme moteurs des innovations   Quels outils faut­il encourager pour une mobilité plus maîtrisée ? + Faut­il envisager des                            actions pour promouvoir ces outils ; et auquel cas lesquelles ?    Un écosystème favorable à l’innovation  Erreur de se focaliser sur les outils “Ils font légions et s’ils n’existent pas on les construira”, Le                                    Douarec, Léonard & Delabie, Dario  “Créer une culture de l'ouverture radicale et d'une agilité extrême…”, Le Douarec  => Un​ BHAG​ européen qui dure plus qu'un programme électoral    “Il convient de faire comme si on ne savait pas quel innovation aura le meilleur impact pour                                  obtenir un écosystème d’innovations riches et des solutions qui adressent une large palette de                            problématiques. L’innovation dirigée a tendance à être peu efficace, sans effet d’entraînement.”                        Delabie & Leonard  69    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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        Des outils physiques et/ou virtuels  Des outils pourfavoriser l’intermédiation et ainsi connaître les réels besoins des usagers,                          Hannequin, Somat, Coldefy, Plassat, Dubois­Taine, Attoma. Sans barrière d’entrée, “Donner de                      la visibilité au producteur pour qu'il voit l'utilisation de sa donnée et au ré utilisateur pour qu'il                                  voit l'intérêt”, Talès    “Des outils propres à chaque acteurs, définis par les documents d’urbanisme”, Fréchin    Tirer partie de l’hybridation physique/numérique avec des forums d'échange physique. “Outils                      de co présence comme un forum d'échange sur un sujet dans une gare” Amar      Des actions  Rendre ces préoccupations publiques et populaires, à l’occasion d’une fête de la mobilité par                            exemple et de jeux concours de l’invention d’une nouvelle façon de marcher, Amar    L’apprentissage de la mobilité dès l’enfance, Chataigner    Assistants de mobilité, Cervantès    Alerter ? “Sans doute Commencer par décrire ce qui s'est vraiment passé à Mexico”, Orfeuil    Convaincre les AOMD d’investir dans la données, Gendre ­ ​L'information transport comme                        investissement public    Que les opérateurs entrent dans le XXème siècle et que les élus arrêtent de les laisser penser                                  que parce qu'"on ne paie pas on peut être traité comme des veaux", Schultz                  70    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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          Annexe 3 :Note de Bruno Marzloff - La question du jeu des acteurs   Un élément­clé de notre investigation réside dans l'identification des acteurs et la                        compréhension de leur écosystème. Qui sont­ils ? Comment s'insèrent­ils dans les questions                        et enjeux d'innovation ? Quel est le jeu d'acteurs ? Quelles influences et dépendances ?                              Décryptage des questionnaires par le prisme des acteurs.    Huit familles d'acteurs sont identifiés. ​L'usager​, ​le réseau social et ​le générateur de                          mobilité ont fait l'objet de questions spécifique. Mais c'est sur l'acteur public (​État et ​CT​)                              que se concentrent l'essentiel des commentaires. ​Les ​nouveaux opérateurs de transport                      ont surgi des commentaires, et dans une moindre mesure ​les nouveaux opérateurs de                          services (Google et consorts). Curieusement ​les opérateurs de transport classiques ont                      été à peine évoqués, comme s'ils avaient implosé dans le paysage.    1. Au cœur, bien sûr, ​l'usager des transports​. Il est d'abord un consommateur des                          ressources de la ville, un citadin, un individu. Bref il en appelle aux transports, et                              autres condiments de mobilités pour servir les finalités liées à ses statuts divers.  On n'est pas voyageur par fonction ou profession, on est voyageur – ou plutôt "acteur de                                ses mobilités" – par destination, jusqu'à affirmer dans la loi qu'il est acteur de ses                              mobilités (Musslin)  Mais surtout l'impulsion vient de l'usager (Dario et alii). "​Il a pris le pouvoir via les                                plateformes numériques, que cela plaise ou non​" (OPDT) et il préside désormais à la                            construction de l'offre (tonalité très forte de la question 2.1).  D'où "​le design by users​" et le "​design collaboratif​" où on "​stimule la créativité de la                                demande​". Comment casser la logique offre­demande ? En "​professionnalisant le                    crowdsourcing​" et en "​favorisant la réinterprétation créative de nouveaux usages​" (Amar).                      D'où "​le design par expérience" ​(Fréchin).    Quatre objectifs clé à retenir dans ce contexte :    ● Servir l'autonomie ​de ce sujet ​dans le contexte d'une offre innombrable (en                        environnement urbain) et donc nécessairement complexe ; c'est ce que nous appelons                        71    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      la maîtrise d'usageet sa contrepartie dans l'offre : ​l'assistance à maîtrise d'usage                          (Marzloff)​.      ● Servir la "ressource humaine" (Marzloff) : faciliter son implication ("​l'usager                    comme opérateur​", Chataignier), obtenir son adhésion à l'abondement et la circulation                      de la data, et sa participation active à l'éclosion de nouvelles offres (notamment pour                            les dispositifs de partage et de collaboratif).    ● Réussir "l'alignement" des divers statuts du voyageur​. Nous sommes tous                    pluriacteurs de nos mobilités (Marzloff) ​: travailleur, citadin, citoyen, chaland, famille…                      etc. Amar traduit l'idée avec une inflexio : "​considérer que le travailleur est un acteur                              au même titre que l'habitant du quartier​". En d'autres termes, il s'agit de résoudre les                              conflits d'usage liés aux contradictions d'un système poreux et flexible qui brouille les                          espaces­temps des activités de l'usager, donc permettre la "​continuité servicielle​".    ● Faire de l'utilisateur un agent actif. ​La formule déclanche de multiples réactions.                        C'est un levier d'innovation  ● L'impliquer. "​Donnez­lui un smartphone !​" et tout se résoudra … (Le Douarec),                        "​le valoriser, le responsabiliser, le gratifier, lui accorder une place dans la                        gouvernance​" (Chataignier, Tales). "​On ne devient actif que si on a une bonne                          raison de l'être, donnons­lui​" (Orfeuil).  ● L'écouter. "​L'usager, c'est la main invisible du marché​" (Tales) "​L'observer,                    l'écouter, pas lui demander d'être un design thinker​" (Attoma). Décrypter ses                      usages de mobilité, lire ses parcours (Claudio). Etre à l'écoute des offres qui                          marquent les mobilités, les comprendre, les interpréter. "​L'ingénierie                vernaculaire des mobilités Un travail insuffisamment fait : mieux connaître pas                      chacun de ses propres mobilités et leurs intégration dans la vie même. Chacun                          en est son ingénieur​" (Amar)  ● Dans ce contexte, la data est un objet médiateur entre l'usager et les diverses                            parties prenantes : pour la connaissance, le dialogue, l'implication, la                    gouvernance (Marzloff).    Les objets sociaux des mobilités  Pour ce faire, le système a développé un jeu de ressources : ​les objets sociaux des mobilités :                                    les réseaux sociaux, la donnée, le big data, les API, les algorythmes, les applications, les                              72    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      places de marché,les fils d'information, les notifications … ​Ceci est la trousse à outils neuve                                des mobilités. Ces outils procèdent pour une grande part des usagers, mais une part non                              négligeable leur échappe, ou est détourné par d'autres acteurs qui s'emparent de leurs                          valeurs.      1. Cet usager participe de ​réseaux sociaux​, dans l'univers des mobilités, mais pas que                          … Ces réseaux sociaux participent de la construction de ces objets sociaux  Ces réseaux sociaux – nouveaux objets sociologiques, encore insuffisamment compris                    –, sont­ils des acteurs ? Oui, à notre sens des "acteurs" (Marzloff). Datact les avait                              identifiés comme tels, "​les acteurs les plus influents des intelligences​". Dès lors, il faut                            les réinsérer dans le jeu d'acteurs.  Ce n'est pas l'avis de tous : "​les réseaux sociaux ne sont que des médias​" (Schultz).                                  Ce sont des "​vecteurs​" essentiels (Coldefy), manière de dire que ce ne sont pas des                              acteurs. Au passage, une formule intéressante et énigmatique qui reste à développer                        (Faucher) : "​Les mobilités sont le réseau social.​"  La difficulté des ​réseaux sociaux est qu'ils échappent aux définitions, par ex. si on                            considère que Blablacar (BBC) est autant un réseau social que facebook ou que Twitter.  ● … bref, il exploite (et il participe) des ​médias sociaux dont la place dans le dispositif global                                  des mobilités est devenue cruciale, notamment dans les places de marché des mobilités (BBC                            par ex.) ou dans l'organisation de l'offre face à la demande ("​la maîtrise d'ouvrage par la                                multitude​", et "​travailler les like​" pour identifier et optimiser les points d'arrêt par ex., Schultz)  ● Ces médias sociaux alimentent des ​plateformes de mobilités et un canevas de réponses                          servicielles (qui forment une part consistante des innovations couverte par la Fabrique).  ● Cet ensemble d'outils forme une pièce maîtresse de la ​logique servicielle des mobilités, et un                              élément clé des maîtrises d'usage (Marzloff). Donc "​l'approche est clairement bottom­up​"                      avec mobilisation des communautés et de la multitude (Plassat)  ● Mais si "​la logique collaborative​" qui préside à la production des réseaux sociaux "​ne se                              décrète pas​" (OPDT), elle s'accompagne de : "​sa valorisation par la société​" et "​l'émergence                            d'une société de confiance​") (AL&GD, Cervantes). Ce dernier point est d'autant plus crucial                          qu'il est consubstantiel à la fois à l'exploitation de la filière data (cf. Datact) et qu'il ressort de                                    manière très puissante dans les pratiques de partage (cf. Mobilités émergentes, le                        covoiturage en tête des modes sur la confiance) (Marzloff).    Les acteurs des nouvelles mobilités (dits aussi "barbares") sont :    73    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      1. Soit de ​nouveaux opérateurs de transports​ (BBC, Uber, Drivy, ZipCar, etc.).  Ils sontinnovants par nature puisqu'ils instituent un nouvel ordre d'action qui se révèle                            efficient.  ● Ils partent d'un silo (le covoiturage ou l'autopartage par ex.) mais ils s'ouvrent sur de                              l'intégration verticale ["logistique" pour Uber qui se décline en UberPool, mais aussi en                          Uber Meal pour la livraison de repas, etc.] ou de ​l'intégration horizontale ​[partenariat                          de BBC avec Vinci, Total ou Hertz]. Les projets de MaaS (​Mobility as a Service,                              Kustplus​) les intègre naturellement dans leur plateforme de plateformes (le concept de                        "plateau plateformes").  ● Ce sont des concurrents des opérateurs existants, mais infiniment plus labiles, moins                        "empesés" dans un système, s'affranchissant de ses contraintes (économiques,                  réglementaires, infrastructurelles, sociales, etc.). De fait, "​un petit acteur peut                    bouleverser un secteur entier​" (Le Douarec).  ● Mais ces barbares devront faire face un jour ou l'autre à des ajustements fiscaux,                            règlementaires, etc. Bref la puissance publique n'aura d'autres choix que de les faire                          rentrer dans le rang, de leur faire payer les infras et les charges sociales dont ils                                s'exonèrent habilement et de les amener à ouvrir leurs données (Marzloff). Certains en                          doutent (Schultz).    1. Soit de ​nouveaux opérateurs de services​ (Google/Waze, SNCF Digital, etc.)  Ceux­là sont devenus incontournables, car ils servent les agilités. Ils ouvrent les possibles, les                            recensent, les circonstancient et guident les arbitrages. Ils sont peu évoqués dans le                          questionnaire sauf pour soulever l'objection de "​la création de monopoles à l'échelle                        mondiale​" (Le Douarec)  ● Ils sont au cœur du dispositif complexe de "​combine mobility​" (multimodalité,                      intermodalité, comobilité, démobilité, transport à la demande) – dont ils assurent la                        communication globale – et au sein duquel l'usager opère en permanence des choix                          (Marzloff).  ● Ils les précèdent par des notifications et une batterie d'outils qui ne cessent d'œuvrer                            dans l'anticipation, le prédictif, l'intégration… mais aussi ​la routinisation​; une sorte de                        "voyager léger" dans le complexe​ (Marzloff).  ● Ils ont pris de vitesse les opérateurs classiques de transport qui peinent à les rattraper                              sur ces sujets – tant ils ont consolidé leur arrière en adoptant des modèles                            irréplicables. Ils couvrent l'information de toute la gamme des déplacements, de leur                        contexte et de leurs "circonstances" et "occurrences" dans un spectre très large                        (Marzloff).  74    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      ● Ils sesont glissés naturellement dans l'espace ouvert par les demandes d'agilités,                        laissant à penser que cette demande ne fera que s'accentuer et leur influence que                            croître, est vrai ? On observe aussi des vents contraires :  ● Leur force (le global, une masse critique monstrueuse et irrattrapable) est aussi leur                          faiblesse. Ils ont du mal à descendre à la maille la plus fine, au local. Ils perdent dès                                    lors la sensibilité et la pertinence de l'hyperlocal. Cette lecture est un point                          d'achoppement : l'approche doit­elle être globale ou locale ? Pour Amar :                        "​l'exploitation sur un territoire limité ne produit pas en général suffisamment de valeur                          ajoutée​". Datact (mentionnée par Delenne) veut faire la preuve du contraire, sans                        condamner pour autant l'approche globale. Les deux démarches – même                    antinomiques – peuvent coexister, mais ne visent pas les mêmes buts, n'activent pas                          les mêmes moyens, et n'en appellent pas à une même gouvernance (Marzloff).  ● Leur autre faiblesse tient également à leur puissance qui suscite une hostilité,                        notamment par le barrage que cette hégémonie pose pour l'innovation.    1. Ces acteurs concurrencent frontalement ​les classiques opérateurs de transports                  qui tentent d'être aussi des opérateurs de services (SNCF, RATP, Transdev…). Ils                        s'interrogent comme tous les industriels sur l'intégration de innovations, sur leur                      capacité d'adaptation, sur leur influence … Leur taille n'est­elle pas synomiques de                        dépendance ?  Comme tous les acteurs "legacies", ils imaginent incrémenter leur offre en pluguant                        des startup ou des innovations qui en ressortent. Mais la greffe prend difficilement                          (Marzloff).  Ils sont englués dans des lourdeurs dont il est difficile de se dépêtrer, mais ils sont                                  aussi pénalisés par leur historique (la masse de salariés, les syndicats, les                        infrastructures, etc.) et par "​la diminution des budgets publics, et les contraintes                        'techniques' des cahiers des charges des AO​" (Beaudoux).    1. Chapeautant le système et situés eux aussi dans une mutation de leur rôle, ​les                            territoires ​(ou ​AOMD, autorité organisatrice de mobilité durable) ​[faut­il distinguer                    les élus des ​autres acteurs publics ?] doivent définir les politiques locales et les                            concerter. L'innovation pour ces acteurs est contrariée par des résistances culturelles                      (prédominance des dimensions techniques dans les cahiers des charges des AO,                      Gendre, Beaudoux), mais poussée par des contraintes :      75    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      a. De confortpour les usagers : congestion, temps perdu dans les transports,                        services de mobilité, services dans la mobilité, etc.,  b. De budget : faire autrement ou plus avec moins, quid de la politique                          infrastructurelle ?  c. Environnementales​ : les injonctions à réduire le carbone,  d. Concurrentielles​ : l'aiguillon des startup (ainsi de BBC pour la SNCF).  e. Territoriales​. Ce sujet se cristallise autour des différentiels de traitement des                      mobilités selon les territoires. Le sujet est controversé dans les réponses.                      Coldefy considère que c'est un non problème ("​Pourquoi vouloir résoudre des                      problèmes qui n'existent pas ?​"). Mais pour la majorité, "​c'est un enjeu majeur​"                          (Beaudoux), largement confirmé par les résultats de l'enquête ​Mobilités                  émergente ​(Marzloff), "​Là est l'enjeu !​" martelle Orfeuil. "​Ce doit être le point                          central de la réflexion​", confirme Attoma, quitte à manier le paradoxe "​en                        cherchant d'abord des approches adaptées aux zones moins denses pour les                      porter ailleurs !​", en imaginant des services innovants, "​comme Chariot ou                      Sharette​", suggère Claudio.  f. Numériques. Ce champ définit un nouvel acteur (Gendre) "​le responsable                    transport intelligent​", signe du rôle attendu par le numérique. Le                    gouvernement a bien son CDO (chief digital officer), en la personne d'Henri                        Verdier à Etalab.  Pour autant, la lecture du numérique est complexe. Schultz y voit avec                          humour 4 modèles :   ​1) le modèle IBM, un grand tableau de bord sur le bureau du maire,   2) La ville Google, l'Etat lâche l'affaire,   3) la ville plateforme, l'État Appstore et le marché se débrouille,   4) La ville Open Source, solutions libre et haro sur les solutions propriétaires.  C'est assez désabusé, mais reflète assez bien le découragement d'une partie                        des répondants sur le chantier de Sisyphe de la data ("​Seuls 10 AOT                          fournissent des données de mobilité et elles sont en large partie soit fausses,                          soit inutilisables en l'état, soit non interopérables, soit de mauvaise qualité​."                      Commentaire au Forum Rapport Jutand Numa).   "​Le gros risque, c'est l'usine à gaz, la complexité, l'hétérogénéité​" (AL&GD).    Une autre façon de le dire est de se battre pour "​une simplicité d'accès​", une                              "​détechnisation​" (Musslin). Une conviction que précise Attoma : "​le préalable                    de la démocratisation des outils d'exploration de la donnée; le seuil en termes                          76    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      de compétence techniqueest trop haut​." Dès lors, l'enjeu est celui de                        l'appropriation (Marzloff) ; "​Sans usages, les bases restent inexploitées, et les                      entreprises arrêtent de fournir​" (Claudio), d'autant qu'il n'y a aucun bénéfice                      immédiat à l'exploitation de la donnée. On risque alors de jeter le bébé avec                            l'eau du bain.  Alors, les convictions du développement autour d'axes bienveillants – intérêt général, bien                        commun, données de qualité, interopérables, idéalement neutres… – sonnent comme des                      vœux pieux. La politique de la data, ce n'est pas gagné ! Même dans le secteur de la mobilité                                      qui a de vraies longueurs d'avance.      1. On observe aussi des résistances du côté de ​la puissance publique ​renvoyée à des                            nouvelles missions, mais on en attend néanmoins beaucoup. Démunie de ses attributs                        traditionnels de capacité d'investissement et sur le gril de ses budgets déficients, la                          politique publique s'opère ailleurs, soit qu'elle laisse la main au marché (Schultz op.                          cit.), soit qu'elle change de pied et investit dans d'autres politiques. Le catalogue des                            propositions, décrit ci­dessous est conséquent.    Qu'il s'agisse des AOMD ou de l'État, dans tous les cas repenser les politiques publiques                              est incontournable (Dario). "​L'essentiel​" (Orfeuil, Plassat) est dans la maîtrise de la                        demande (AL&GD), d'abord par la coordination des acteurs (gouvernance, MaaS/Kustplus)                    (Orfeuil/Attoma). L'axe prioritaire d'innovation attendu est dans la définition des moyens                      de la politique servicielle (donc le libre accès et la libre circulation des données, l'opengov                              …) que ce soit pour :      a. Cela passe par une​ nouvelle vision de la croissance​ à construire  i. "​La capacité d'inverser la courbe de croissance est hors de portée des                        acteurs en présence​" et "Les nouveaux acteurs ne sont pas encore                      légitimes" pour faire valoir d'autres points de vue. "​Il y a bien un                          désalignement entre l'inertie des systèmes et la capacité d'innovation​"                  (Attoma)  ii. Comment résoudre le paradoxe d'une croissance de la demande qui                    s'alimente mécaniquement des nouvelles offres plus low­cost, plus                fluides (AL&GD) ?    77    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      a. Cela passe par ​"la conquête de la connaissance"​ (Marzloff) :  Formaliser etgénéraliser l'observation, les retours d'expérience et la connaissance de                      l'univers élargi des mobilités par les AOMD (Gendre) et l'écoute des besoins                        (typiquement ce que nous faisons au sein de la FabMob). Développer des "​laboratoires                          de mobilité​" (Claudio), inventer les indicateurs, multiplier et favoriser les                    expérimentations (OPDT, BMA) pour définir d'autres diagnostics. Par exemple,                  nuancer la vision de la croissance des mobilités; elle est très relative, voire en baisse                              mais concentrée : aérien, mobilité subie, temporalité, etc. (Orfeuil). Cette stagnation                      de la croissance des mobilités mal réparties traîne son lot d'effets délétères, voire                          pervers (Marzloff).    i. une transformation même des outils d'observation (Attoma, Musslin, et                  alii) et des objets observés, quitte à recourir aux bénéfices du big data                          pour opérer ces nouvelles parallaxes,  ii. le principe subtil du "​retour de connaissance​" (Plassat) sur le modèle                      des Commons (​je prends et en retour j'enrichis​);  iii. il ne s'agit pas seulement de diagnostiquer les causes, il faut                      comprendre la nature de la transition à l'œuvre (Orfeuil)  iv. la construction "​d'une réduction de l'opacité" (Tales), voire l'alaboration                  d'une "hypervisibilité de l'offre" (Marzloff) sont des enjeux pour libérer                    les forces du marché (qu'il ne faut plus voir en offre­demande, suggère                        Amar).    a. Cela passe aussi par ​l'implication et la gouvernance de tous les acteurs.                        La puissance publique doit formuler de nouvelles règles de partenariat et les                        formes d'inclusion des usagers/citoyens :  i. la puissance publique "​organisatrice des mobilités​" dotée d' "​agence des                    mobilités​" (Beaudoux, Gendre) …  ii. … formalise "​un autre cadre légal, amorçage, soutien actif,                  cofinancement​" (Coldefy),  iii. … favorise l'open gov, l'open source et l'open data (Le Douarec). Mais                        "​data, plateformes et gouvernance open…, ça veut dire que ce n'est pas                        pour tout de suite​". Le doute plane.        a. Cela passe aussi par ​une économie réaliste  78    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      i. Il fautdonc compenser par une politique réaliste de prix (Orfeuil et alii).                          "​Quand on paye, on est plus responsable. Quand on est gratifié                      (covoiturage), on est plus engagé.​" (Coldefy, Orfeuil).  ii. Une autre politique de prix (JLH&AS) dotée d'une autre assiette                    (Coldefy) et de gratifications et de lucidité (tarif résidentiel                  stationnement Paris ­ Orfeuil). Bref, il faudra bien en venir à "​Rendre la                          mobilité plus chère​" (AL&GD), encore un retour au réalisme des prix,                      sujet récurrent et transverse dans plusieurs questions.  iii. La nécessaire réflexion sur la valeur des services (OPDT) porte sur la                        répartition de cette valeur, et les charges et fiscalités afférentes > d'où                        la nécessité d'imaginer de modèles socio­économiques en rupture                (Marzloff). Mais aussi repenser "​la valeur créée par les usages​", "​juger                      l'arbre à ses fruits​" (AL&GD).  iv. Voir aussi la politique du VT (versement tranport), traitée dans le                      chapitre "générateur de mobilité".    a. Cette nouvelle économie réaliste des mobilités passe par une rupture sur la                        vision : ​la mobilité n'est pas une ressource inépuisable ​!  Il ne suffit pas de gagner en optimisation, on en appelle donc à d'autres                              modèles socio­écolo­économiques  i. Donc "​éviter les contresignes​" : le TER à un euro, le tarif unique Navigo                            en IDF, etc. (Orfeuil).  ii. Revisiter les offres TC qui "​ont un vrai problème de coût​" (Coldefy)  iii. Revisiter les équilibres/concurrences des modes et les services minimum                  : par ex. covoiturage urbain face au TGV et trains du quotidien, Uber et                            taxis face au stationnement et aux partages voiture (OPDT).    ● Cela passe ​une autre politique des lieux et des temps de la ville  L'inertie du modèle temps et lieu unique de travail est un obstacle qui se résoudra                              "​quand ce concept cédera la place à celui d'unité de temps et de vision​" (Schultz).                              Mais le mouvement est déjà engagé. De la station essence à la station de mobilité (qui                                est paradoxalement aussi celle de l'évitement des mobilités), il s'agit de favoriser les                          mixités fonctionnelles (Chataignier, Marzloff), donc travailler les lieux dans l'urbain et                      le territoire, en axant sur les relocalisations et resynchronisation du travail (sans                        oublier la politique des temps de la ville, Chataignier).  79    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      i. Délocaliser lesactivités par le numérique, revitaliser le rurbain et le rural                        et promouvoir les activités délocalisables (AL&GD). Ce qui suppose                  d'accompagner l'autonomisation du travail qui est au cœur de ces                    nouveaux lieux, et de réfléchir au triptyque "emploi, travail, mobilité"                    (Gendre, Coldefy, Marzloff). Encourager les aménités urbaines :                commerce d'itinéraire, à distance, de proximité, … (Coldefy, Fréchin, Le                    Douarec), dernier km et consignes (Cervantes) et autres aménités                  urbaines et les tiers­lieux (Beaudoux et alii).  ii. L'urbanisme et la densification urbaine sont des leviers : "​limiter la                      mobilité par l'urbanisme​" (Faucher), les modèles d'urbanisme changent                fondamentalement (AL&GD), passer d'un urbanisme du zonage à un                  urbanisme des mixités (Amar). Penser aussi les mixités d'usage,                  transports personnes/objets, tuyaux, câbles et flux (Amar, Marzloff et                  alii),  iii. Le logement fait partie du parcorus de mobilité : "​s'interroger sur la                        sclérose du modèle social de la propriété​", (Attoma),  iv. Territoire, droit à la ruralité (Musslin) et formuler de nouveaux bassins                      de vie (OPDT, Marzloff).    b. Assurer la ​promotion des nouvelles solutions techniques. ​Définir et                  organiser la place de l'infra numérique (l'infostructure, data et dataservices,                    API etc.) est un travail de Titan, dont on a déjà (supra) identifié certains                            obstacles :  i. organiser la politique de la data à toutes les échelles (Gendre), autour                        de plateaux de plateformes (Attoma),  ii. généraliser le haut débit (Schultz),  iii. favoriser les agilités de la demande, c'est favoriser l'agilité de l'offre, du                        moins ce doit en être le ferment (Marzloff).  Re­considérer les objets à partir des usages : "​la voiture est­elle encore                          une voiture ?​" (Amar). A commencer par la voiture. Connaît­elle ou non                        cette mue dont nous mesurons l'impact chez Chronos ?  La voiture peut être un minibus, aller jusqu'au "​bus Uber​" (pourquoi                        pas ?). Dès lors pourquoi interdire cet usage dans BBC (Schultz,                      AL&GD) ? "​La voiture est par nature agile​" confirme Schultz.  Mais le point est controversé – "​Non la voiture n'est pas l'avenir du                            transport public​" (Attoma, Cervantes). "​Coller au plus près au juste à                      80    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      temps​" et au​porte­à­porte ​(Marzloff); même si BBC l'interdit dans son                      protocole (Schultz), pour "​penser (panser ?) les déficiences du bus et                      l'extension des TC​" (Chataignier) ? "​Ca tombe bien car on n'arrive plus à                          financer les TC​" (Plassat).    a. Cela passe par​ un nouveau référentiel des mobilités​ :  Mobiliser d'autres principes refondateurs : Intérêt général, ESS, bien commun,                    partages, maîtrise d'usage, l'inertie de la prévalence du PIB, etc. Vous vouliez de                          l'innovation ? en voila. Tentons de clarifier quelques pistes :  i. Amar ! voire repenser les concepts eux­mêmes : la donnée comme                      infra. ​"​Penser la mobilité différemment​"​ (Plassat).  Le concept de ​maîtrise d'usage (Marzloff) s'impose à certains,                    jusqu'à devenir le concept organisateur (Amar) mais il n'accroche pas                    toujours, voir rencontre une incompréhension (Delenne).  ii. S'extraire des diptyques mobilité­démobilité (Amar) ou mobilité              subie/choisie (OPDT) – qui ont permis à Chronos de faire avancer la                        réflexion pour aller au­delà : ​penser la "mobilité à valeur ajoutée"                      (Amar). Mais cette maîtrise d'usage ne se décrète pas. Elle procède                      d'une "​prise de conscience des enjeux problématiques, de la formation                    et capacité à créer, à s'autorganiser​" (Amar)  iii. Le respect de l'inclusion (Orfeuil) et l'identification des dépendances                  doivent entrer dans le référentiel des mobilités.  iv. Considérer les nouveaux territoires (la nuit, les périphéries, les                  PMR, etc. (Faucher)    b. Cela passe par​ la formulation d'un nouveau service public  Un ​article d'Internet Actu sur la Big Society (Blair/Cameron) et son relatif échec                          rappelle que les gens souhaitent :" toujours plus de contrôle sur leurs services                          publics ; que les gouvernements veulent toujours faire plus avec moins et que                          pour cela, ils ont besoin d’élargir leur appui sur la société ; que la démocratie                              ne peut être revitalisée qu’en partageant de sa puissance avec tous." Ces idées                          transparaissent chez nos répondants dans une approche explicite ou                  sous­jacente d'un nouveau service public.  i. Chataignier souligne la nécessité de "prendre son temps" pour aborder                    cette transformation lourde.  81    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      ii. Plassat insistesur l'appropriation par la puissance publique des notions                    neuves : "​renvoyer une image du collaboratif et du collecti​f", bref                      s'attaquer à la redéfinition même du service public en y intégrant ces                        notions neuves (Offner).      c. Cela passe par un questionnement sur ​les enjeux d'intégrations des                    mobilités​. Les bénéfices sont considérables, les risques ne le sont pas moins :                          jusqu'où ne pas aller ?  En tout état de cause, "​l'architecture des services​" (Chataignier) se définit                        dans un contexte d'intégrations. C'est à la fois l'idée que "​une infrastructure                        servicielle, physique et imatérielle peut être vue comme un seul et même                        éco­système​" (Attoma), mais aussi la nécessité d'organiser l'offre de sorte à                      fluidifier, supprimer les ruptures de charges, assurer une continuité servicielle,                    maîtriser les alignements (voir supra Marzloff).  i. à commencer par les intégrations des infras matérielles et immatérielles                    au sein d'un même écosystème,  ii. mais aussi intégration des fonctions et des finalités et leur maillage                      intelligent. "​Penser l'intégration, non par l'intervention d'un acteur                dominant, mais par l'intervention de l'usager​" (Amar)  iii. "​les intégrations, c'est le travail de la Fabrique et des expérimentations                      territoriales​" (Plassat), soit les AO s'y collent soit les startup prendront                      la place (Offner)  iv. Mythes et limites des intégrations : "​J'ai peur des usines à gaz ​!​"                          (Orfeuil)    1. Reste un acteur majeur, jusqu'ici peu mobilisé (sauf avec les PDE et PDIE), ​le                            générateur de mobilité (entreprise, administration, institutions diverses : musées,                  hôpitaux, université, producteur de tourisme, etc.), bref ceux qui sont "​les maîtres du                          temps des mobilités​" (Marzloff).   Les flux qu'il détermine sont conséquents et impactent le trafic et les congestions.    Dans ce cadre, les politiques temporelles sont déterminantes (Marzloff). Dès lors, leur                          effet de levier est énorme car ils peuvent agir :  a. sur les temporalités​ et donc l'étalement des flux (donc sur les congestions),  b. sur la réduction des flux​ (démobilité par le travail à distance)  82    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      c. sur laréduction de la place de la voiture (incitatif, covoiturage, plan vélo, etc.,                            coercitif, plus de parking, etc.)  d. sur la diminution des parcours​ (relocalisation des entreprises).    Leur implication est aussi économique ; pour l'heure avec le versement transport, demain                          d'autres politiques innovantes pourraient consolider leur place dans les régulations du                      système des mobilités.  D'où "​une montée en gamme du pôle RH des entreprises​" (Musslin), voire création d'une                            "​direction des ressources​" comme nouvel interlocuteur en entreprise pour brasser ces                      enjeux systémique et être l'interlocuteur sur le sujet des mobilités (Marzloff). C'est sans                          doute un gisement fécond des innovations. Elle est à la portée des acteurs publics    Les générateurs de mobilité définissent une autre controverse. Le scepticisme ou                      l'incompréhension l'emporte chez certains (Orfeuil, Le Douarec, Schultz, Cervantes). En                    tout état de cause, il faut s'interroger sur le VT ("​le versement transport est une machine                                à chômage​" (Coldefy), et il faut pour avancer d'abord admettre que "​les conditions de                            transport sont de plus en plus médiocres​" (Orfeuil).    En regard, "​sans doute une priorité pour une agence de mobilité d'agglomération​"                        (Gendre, Beaudoux), ces générateurs sont "​des acteurs­clé​" (Sézille), et produisent "​un                      impact fondamental​" (Claudio). Pour faire vivre ces acteurs, des propositions innovantes;                      largement concentré sur un VT très cher (Coldefy) et peu efficace. Pour les réformer :  ● "​La prise en compte concertée des externalités est cruciale​" (Attoma) rejoint la                        suggestion d'un travail sur le terrain et en communauté (Plassat)  ● "​La mobilisation des générateurs ne peut s'entendre que par l'amélioration de la                        performance​" (JLH&AS) et dans un contexte où "​ce levier fiscal serait significatif et                          lisible dans son fonctionnemen​t" (sous entendu, il ne l'est pas pour l'heure, Attoma).                          Donc, activer les générateurs en leur octroyant "​un régime de fournisseurs de service                          énergétique​" et les gratifier pour cela, car on ne peut pas dire que l'entreprise est                              responsable et ne faire que la pénaliser (AL&GD).  ● D'où une suggestion pragmatique d'Attoma : "​formuler des indicateurs et des                      métriques précis, associés à des dispositifs d'évaluation, de rating et de récompense.​"                        Il est rejoint par Plassat et alii sur ce plaidoyer.  ● AL&GD le formulent autrement : "​Pour encourager le transfert des financement vers                        les services numériques, il faut mesurer la valeur de ces service​s", "​Cette valeur                          83    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      monétisable et clairepour l'AO doit guider la recherche de solutions et les politiques                            d'incitations​".  ● Amar encourage à aller plus loin et suggère de faire de ces acteurs "​des générateurs                              de vie mobile​". En d'autres termes, qu'ils soient apporteurs de solutions dans le                          passage "​d'une vie postée" (Amar), issue d'un modèle fordiste (Marzloff) à un                        quotidien labile.  ● Le "​bien­être des salariés doit être au cœur du propos​" (Musslin). C'est une évidence,                            mais so what ? On en fait quoi ? de nouveau la théorie d'une nouvelle connaissance :                                  "​Un index de critères objectifs​" pour le mesurer ? (Delène). Et on retrouve cette                            injonction récurrente à des indicateurs neufs pour traduire une situation et des                        objectifs différents.  Et si on interrogeait les salariés (Tales), à moins d'entreprendre un travail                        pédagogique comme en Californie (Amar).  ● Ou alors "​la valeur créée par de nouveaux dispositifs d'organisation du travail​" comme                          base de contractualisation des PDE ou de la VT.    84    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      Annexe 3 :Le protocole de l’atelier du GT vision et prospective 02 AVRIL 2015 - NUMA 1. Objectifs de l’atelier de coproduction L'objectif de l’atelier de coproduction est de confronter les enjeux et axes stratégiques extraits du questionnaire prospectif, avec le jeu d’acteurs caractéristique du domaine des mobilités. Pour mener à bien cet objectif, deux phases se succéderont : Phase 1 : L’analyse de l’implication des différents acteurs sur chacun des axes stratégiques identifiés par Chronos à partir des réponses au questionnaire prospectif ; Phase 2 : L’analyse des relations d’influence et de dépendance des différents acteurs concernant chacun des enjeux et axes stratégiques identifiés par Chronos à partir des réponses au questionnaire prospectif. 2. Modalités 2.1 Participants Deux “catégories“ de participants seront mobilisées lors de cet atelier : ● Les représentants respectifs de chacun des GT de la Fabrique des Mobilités (environ 10 personnes) ; ● ● Un groupe d’experts qui composeront le futur comité de bienveillance de la Fabrique des Mobilités (environ 10 personnes). 85    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      Cette composition permettrade recueillir à la fois la vision des acteurs de la Fabrique des Mobilités ainsi que celle, plus spécialisée et légitime, de représentants d’horizon divers sur la thématique des mobilités. Afin que l’ensemble des axes stratégiques soient abordés sereinement dans le temps de l’atelier, chacun des groupes sera subdivisé pour former ​in fine ​5 groupes d’environ 4/5 personnes. 2.2 Équipement et matériel Salles  Une salle plénière pouvant accueillir 5 “îlots” de groupes de travail (ou salles à proximité). Chacun des groupes devra disposer d’une table pour interagir autour de supports préalablement imprimés. Équipements  Vidéo projecteur Paperboards ou tableaux blancs, avec feutres ad hoc de couleur Matériels  Bloc notes et stylos pour chaque participant Réception  Boissons chaudes et froides disponibles a minima pendant la pause 2.4 Programme 13h30 / Accueil des participants 86    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      13h45-14h00 / Introduction 14h00-14h30/ Présentation des objectifs et de la méthodologie de l'atelier 14h30-15h00 / Phase 1 (travail en sous groupes) : Quelles implications des acteurs sur les enjeux/axes stratégiques ? 15h00-15h30 / Restitution de la phase 1 par les rapporteurs de groupes 15h30-15h45 / Pause 15h45-16h45 / Phase 2 (travail en sous groupes) : Quelles relations entre les acteurs par rapport aux axes stratégiques proposés ? 16h45-17h15 / Restitution de la phase 2 par les rapporteurs de groupes 17h15-17h30 / Fin de l'atelier de co-production et remerciements 3. Protocole Heures/durée  Objectif  Contenu  Activité  13h30 Accueil des participants Café, boisson 87    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      13h45 > 00h15 Introduire l’enjeude définition de la vision prospective et du périmètre de la FDM Présentation de GP ou BM Exposé théorique GP 14h00 > 00h30 Présenter l’objectif de l’atelier et la méthodologie > Définir le périmètre de la FDM > Affiner la vision prospective > Présentation du référentiel > Rappel des acteurs >Détail de la matrice d’intervention des acteurs > Détail de la matrice d’influence et de dépendance des acteurs Exposé théorique BF Phase 1 : Définir les relations > Définition d’un rapporteur 88    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      14h30 > 00h30 d’influenceet de dépendance des acteurs par axes et enjeux stratégiques > Matrice de la phase 1 > Préparation de la restitution Session active en sous groupes 15h00 > 00h30 Restituer à l’ensemble des participants les productions de chacun des groupes Restitution orale des rapporteurs Session active en commun 15h30 > 00h15 Pause Café, boisson 15h45 - 01h00 Phase 2 : Définir l’implication des acteurs dans les enjeux et axes stratégiques > Définition d’un rapporteur > Matrices de la phase 2 Session 89    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      > Préparation de larestitution active en sous groupes 16h45 > 00h30 Restituer à l’ensemble des participants les productions de chacun des groupes Restitution orale des rapporteurs Session active en commun 17h15 > 00h15 Conclusion de l’atelier et remerciement Exposé théorique BM             90    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      Annexe 4 :Matrices des ateliers de co-working Phase 1   91    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      Phase 2                                               92    Fabrique desmobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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          104    Fabrique des mobilités– Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      Annexe 5 :Fiches pédagogiques   Fiche Demande vs Offre       105    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      Fiche Commun vsPatrimoine   109    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      Fiche ReX vsRSI   112    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      Fiche Service Communvs Service Public   115    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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        118    Fabrique desmobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      fiche Service vsInfrastructure   119    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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      Fiche Maîtrise desressources vs démesure   122    Fabrique des mobilités – Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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        123    Fabrique des mobilités– Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45 
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        124    Fabrique des mobilités– Rapport GT “Vision stratégique” - Juin 2015  Chronos – 4 rue du Caire, 75002 Paris  Email : contact@groupechronos.org – Tél. : 01 42 56 02 45