Bretagne 2015 Ouest France

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Bretagne 2015 Ouest France

  1. 1. Bretagne 2015 BretagneEntreprendre pour gagner Supplément à Ouest-France n° 19 280 du mardi 5 février 2008. 2e cahier. Ne peut être vendu séparément David Adémas Béatrice Le Grand OF OF
  2. 2. 2 Le défi Mardi 5 février 2008Les entrepreneurs de Bretagne parlent d’avenir« Les bonnes performances économiques et sociales passées ne doivent pas faire oublier que les filières majeuresdu système productif breton marquent aujourd’hui le pas », explique Jean-François Le Tallec, président de la CRCI. Pourquoi avez-vous lancé la réflexion vices de proximité pour limiter les pénuries prospective « Bretagne 2015 » ? de main-d’œuvre. Il faut, dans le mêmeLa CRCI et les CCI de Bretagne ont, au tra- esprit, adapter en permanence les compé-vers de Bretagne 2015, souhaité donner la tences aux besoins des entreprises en rap-parole aux chefs d’entreprise. Dans un prochant ces dernières des acteurs de lacontexte de fortes mutations marquées, formation. Il y a lieu également de dévelop-notamment, par la globalisation des mar- per la culture de l’innovation et de la créati-chés, ces derniers ont ainsi pu exprimer vité. L’accès des PME aux fonds d’investis-leurs interrogations, leurs visions et leurs sements régionaux et nationaux – Oséo*,aspirations à propos de la Bretagne de de- par exemple – doit ainsi être facilité. Maismain. Porteurs de valeurs d’intérêt général l’innovation passe aussi par des choses trèset inscrivant leurs actions dans une dyna- simples. L’amélioration du cadre de pro-mique de développement durable, les en- duction en est une, le renforcement des re-trepreneurs entendent, par ailleurs, appor- lations entre les entreprises et le monde deter leur contribution aux politiques de dé- la recherche en est une autre. Les voies developpement économique et d’aménage- progrès concernent également la maîtrisement du territoire. du foncier. Et sur ce point, les chefs d’en- treprise appellent de leurs vœux la sanc- Comment s’est déroulé Bretagne 2015 ? tuarisation des espaces nécessaires à laNous avons initié cette démarche à l’été poursuite du développement industriel, y2006 avec le soutien du cabinet de consul- compris les espaces logistiques. Il importetants TMO Régions. Nous avons ainsi or- enfin de garantir la connexion de la Breta-ganisé vingt-et-une tables rondes dans les gne à ses marchés – et le prolongement de Marc Olliviervingt-et-un pays bretons, lesquelles ont per- la ligne ferroviaire à grande vitesse va in-mis de recueillir les témoignages de plus contestablement dans ce sens – et sa des-de deux cents chefs d’entreprise. Pour ap- serte énergétique. A l’heure où notre régionprofondir les trois grands enjeux clairement Président de la Chambre régionale de commerce et d’industrie, Jean-François Le Tallec ne couvre que 2 à 3 % de ses besoins, deidentifiés – les hommes qui font l’entre- ne l’ignore pas : « Les Bretons sont capables de se réunir et de se mettre tous d’accord nouvelles opportunités de développementprise, l’adaptation des entreprises à leurs pour la réalisation d’un projet commun. » pourraient donc éclore dans ce domaineconcurrences et à leurs marchés et l’inser- pour nos entreprises.tion des entreprises dans leur territoire – souvent qualifiés. Les problèmes de for- une Bretagne entreprenante et perfor-plusieurs groupes de travail, composés de mation sont également montrés du doigt et mante ». * Oséo est un établissement public qui fi-chefs d’entreprise et de techniciens, se ce d’autant qu’il existe des milliers d’em- nance et accompagne les entrepreneurssont réunis en janvier 2007 pour échanger plois non pourvus dans toutes les filières. Que manque-t-il à la Bretagne pour dans leurs projets de création, innovation,sur six grands thèmes dont les enjeux du Les chefs d’entreprise militent donc pour s’inscrire dans une dynamique encore développement, reprise ou transmission.management. Enfin, dernière étape d’une que le décalage entre l’offre de formations plus poussée ?consultation que nous avons souhaitée la professionnelles et les besoins des entre- La Bretagne a cette chance de pouvoirplus large possible, huit cents chefs d’en- prises soit comblé. compter sur son essor démographique. Il Rédaction : Olivier CONSTANT.treprise ont pris part jusqu’en juillet 2007 à convient donc de mettre en place des ser-un questionnaire devant permettre d’éla- Quels sont les atouts et les faiblessesborer un dossier de synthèse. C’est la res- de la Bretagne ?titution de cette réflexion prospective qui Le but de cette réflexion prospective n’était A l’initiative de la CRCI (Chambre régionale de commerce et d’industrie) et des CCIsera présentée à Pacé, le 12 février, à l’oc- pas tant d’identifier les forces et les fai- de Bretagne, un exercice de réflexion mené pour et avec les chefs d’entreprises acasion d’un colloque régional réunissant blesses des entreprises bretonnes mais de débouché sur la réalisation de « Bretagne 2015 ». Sous-titrée « Propositions desplusieurs centaines de chefs d’entreprise mettre le doigt sur les enjeux principaux chefs d’entreprise pour une Bretagne entreprenante et performante », cette réflexionet des représentants des pouvoirs publics. comme les ressources humaines, l’inter- prospective a permis de recueillir les témoignages de plus de 200 chefs d’entreprise nationalisation des systèmes de produc- implantés dans les 21 pays bretons. Plusieurs groupes de travail ont, par ailleurs, Quel enseignement majeur en avez tion ou encore l’innovation. Mais je cons- approfondi les trois grands enjeux clairement identifiés : les hommes qui font vous retiré ? tate à nouveau par le biais de cette réflexion l’entreprise, l’adaptation des entreprises à leurs concurrences et à leurs marchésLa préoccupation centrale mise en exergue que les Bretons sont capables de se réunir et l’insertion des entreprises dans leur territoire. Cette consultation de vaste ampleurpar les chefs d’entreprise est liée au ma- et de se mettre tous d’accord pour la réali- s’est accompagnée de la remise à 800 chefs d’entreprise d’un questionnaire devantnagement des ressources humaines. Les sation d’un projet commun. C’est ce qu’ils permettre d’élaborer un dossier de synthèse. Présenté le 12 février, lors d’un colloqueentrepreneurs soulignent, en effet, leurs dif- ont fait dans le cadre de Bretagne 2015. Le régional à Pacé, ce document préfigure ce que pourrait être la Bretagne de demainficultés à recruter et notamment en milieu sous-titre de cette démarche assurément si les préconisations présentées par les chefs d’entreprises sont suivies d’effet.rural. Ils insistent aussi sur le problème que volontariste parle, en effet, de lui-même : o L’étude est en ligne sur www.bretagne.cci.frconstitue la fidélisation des salariés, le plus « Propositions des chefs d’entreprise pour
  3. 3. Mardi 5 février 2008 Le territoire 3Des chefs d’entreprise acteurs de leur régionIncontestable atout pour les entreprises, lesimages positives et valorisantes véhiculées + – Image positive véhiculée par la ré- gion Bretagne, 62 % des chefspar la Bretagne ne doivent cependant pas d’entreprise estimant que la locali-faire oublier que la région est éloignée des sation bretonne est un facteur positif pourmarchés. Et la récente entrée dans l’Union recruter des personnes extérieures à la ré-de nouveaux pays n’a fait qu’accentuer le gion.déplacement vers l’Est du centre de gravité – Un taux de chômage structurellement in-européen. férieur d’un à deux points par rapport à la La Bretagne souffre également d’un tissu moyenne métropolitaine.économique insuffisamment diversifié et à – Plus de 65 % des Bretons sont proprié-des manques en matière de dessertes ou taires de leur logement contre 59,3 % pourd’infrastructures. Certaines entreprises qui la France entière.participent pourtant, de par leur implanta- – Parc social de logements récent : 43 %tion, à la résorption des déséquilibres terri- des logements ont été construits aprèstoriaux soulignent encore les difficultés de 1981 contre 32 % toutes régions confon-recrutement à la campagne. Celles-ci sont, dues.en partie, liées à la faiblesse des services – La part des maisons individuelles dansen milieu rural et à la difficulté à pourvoir la construction de logements neufs est plusun emploi pour les conjoints. élevée que sur l’ensemble de la France. Le problème de concurrence accrue sur – Les effectifs de l’enseignement supérieurl’occupation des sols n’est pas sans impact sont passés de 103 000 à 109 000 élèveségalement sur les perspectives de déve- en dix ans.loppement des entreprises. Les chefs d’en- – Le taux de réussite au baccalauréat pro-treprise ont, en effet, constaté que les col- fessionnel a été de 84 % lors de la sessionlectivités locales avaient plutôt tendance à 2005, neuf points de plus qu’au niveau na-valoriser l’attractivité résidentielle et touris- tional.tique au détriment des activités écono- Sources : Étude CRCImiques de production. et Bretagne économique. Résolument désireux, cependant, de sepositionner comme acteurs de la vie locale, – Éloignement des marchés.les dirigeants d’entreprises militent donc – Manques en matière de desser-pour que les entreprises d’un même bas- - tes, d’infrastructures et d’approvi- OFsin d’emploi travaillent ensemble. Cela sionnement énergétique.passe par une meilleure gestion des res- – Difficultés de recrutement en milieu rural. « De toutes les données qui composent l’Histoire,sources humaines et de la formation et par – Ressources et services à la population in-un développement, en relation avec les col- suffisamment développés.lectivités, des services utiles aux salariés la géographie est la seule qui ne change jamais. » – 32 places de crèches seule-comme les crèches, les transports ou en- ment pour 1 000 enfants contre 64 au plancore les logements temporaires. Bismarck, homme d’État allemand. national. Jegat a des difficultés pour recruter« Spécialisée dans la maçonnerie, notre en- Nous devons faire face également à la tre de formation des apprentis de Vannes.treprise connaît des problèmes de recrute- concurrence des entreprises spécialisées Nous le déplorons car notre carnet de com-ment depuis une décennie, souligne André dans l’agroalimentaire. Pourtant, les salai- mandes pourrait très bien nous permettreLe Corff, gérant de l’entreprise Jegat à Ré- res que nous offrons sont supérieurs de 15 de recruter une dizaine de personnes sup-guiny (Morbihan). Et ce d’autant que nous à 20 % à ceux de cette filière. Nous don- plémentaires immédiatement. En atten-sommes implantés dans un petit village dis- nons, par ailleurs, à nos jeunes embauchés dant, nous compensons en faisant travaillertant de plus de 45 kilomètres de Vannes. de réelles perspectives de carrière, un ap- une dizaine de travailleurs turcs en sous-Nos difficultés pour embaucher de la main- prenti pouvant assez rapidement prétendre traitance, lesquels nous donnent entière sa-d’œuvre en milieu rural proviennent donc à un poste de chef de chantier. Mais il existe tisfaction ».essentiellement du vieillissement de la po- toujours un problème d’image dans notre Olivier Constantpulation, d’où moins de gens à recruter, et secteur qui doit faire face, parallèlement, àdu tarissement du recrutement dans le mi- de nombreux départs en retraite.lieu agricole. Ce dernier constituait, en ef- Nous rencontrons également de grosses André Le Corff, à gauche,fet, un peu notre vivier jusqu’à présent. difficultés pour intégrer des jeunes au cen- discute avec deux ouvriers. Lézardieux Bréhat Port Clos Les principales infrastructures Roscoff Bloscon Lannion Tréguier LArcouest La Roche Jagu de Bretagne Pontrieux Saint-Cast-le-Guildo Lanildut Morlaix Saint-Brieuc Port du Légué Saint-Malo Landerneau Dinard-Pleurtuit Brest Lamballe Bretagne Saint-Brieuc Armor Dinan Aéroport Châteaulin Carhaix Fougères Port de commerce Loudéac 2x2 voies Douarnenez Quimper Rennes Vitré Voies uniques Quimper Pluguffan Quimper Corniguel Pontivy Chemin de fer Quimperlé Ploërmel Rennes Saint-Jacques Concarneau Réseau de gaz Lorient Lorient Bretagne Sud Gazoduc Lorient Bretagne Sud Auray Vannes Redon Réseau électrique 225 kV 440 kV Source : RFF - RTE - GrDF - DRE - UAF 30 km
  4. 4. 4 Les hommes et les femmes Mardi 5 février 2008L’enjeu primordial des ressources humainesLes chefs d’entreprises vont être confrontés + – Gain de 25 000 habitants pour laà d’immenses défis dans le secteur des res- Bretagne chaque année, cettesources humaines. Le nombre de jeunes croissance s’expliquant en grandeentrant sur le marché du travail ne sera pas majorité par l’immigration d’actifs.suffisant pour remplacer les générations – Qualité de la main-d’œuvre bretonne etsortantes. Au regard de cette modification de son engagement.de l’équilibre des générations, des mesures – Progression de l’emploi salarié presquespécifiques devront donc être prises pour deux fois plus importante que la moyennerenforcer l’attractivité des entreprises au- métropolitaine ces quinze dernières an-près des jeunes et revaloriser l’emploi des nées.seniors. – Gains respectifs de 6 200 emplois et de Ainsi, pour limiter le décalage existant en- 3 800 emplois dans les activités tertiairestre l’offre de formations professionnelles et et la construction en 2005.les besoins des entreprises, les dirigeants – Baisse de 11 % du nombre de deman-d’entreprises militent-ils pour l’activation deurs d’emploi en 2006.d’un travail de rapprochement entre le – Hausse de 67 % du nombre de contratsmonde économique et le système éducatif. de professionnalisation en 2006.Considérée par les sociétés comme un axestratégique de leur compétitivité et de leurdéveloppement, la formation continueconstitue également un axe de progrès. Les tensions actuelles et à venir sur lemarché de l’emploi sont cependant relativi-sées par l’existence de plusieurs facteurs – Tension de main-d’œuvre persis-positifs : accélération de l’immigration d’ac-tifs en provenance d’autres régions, aug-mentation du taux d’activité des femmes et - tante dans l’hôtellerie-restauration et dans certains métiers du BTP et de l’industrie.gisement de productivité au sein des firmes. – Perte de 2 200 emplois dans l’industrie Mais le vieillissement de la population en 2005, seul grand secteur d’activité enpose aussi le problème de la transmission- perte de vitesse en Bretagne.reprise des entreprises. Ce ne sont pas – Accès à la formation continue pourmoins de 17 500 d’entre-elles qui devraient 34,9 % des salariés bretons contre 46,6 %changer de main au cours des dix années au plan national.à venir. – Taux de chômage des femmes supérieur OF Là encore et en support des dispositifs de plus de deux points à celui des hom-existants, ce sont des actions de sensibili- mes.sation qui devraient être menées auprès des « Il n’est de richesses que d’hommes. » – Les plus de 60 ans représentent 22,8 %jeunes, non moins de 10 000 emplois étant de la population en Bretagne contre 20,8 %en jeu chaque année. Jean Bodin, philosophe du XVIe siècle. en France métropolitaine. Des femmes chauffeurs routiers aux Transports Lahaye« La féminisation des postes dans le demi-douzaine est venue nous rejoindre minisation devrait se poursuivre à l’avenirtransport routier ne date pas d’hier, ex- durant la seule année 2007. D’ailleurs, sur mais pas dans des proportions extraordi-plique Patrick Lahaye, président des les seize conducteurs actuellement en for- naires.Transports Lahaye, à Vern-sur-Seiche (Ille- mation, trois sont des femmes. Rémunéré Les transports urbains connaissent, enet-Vilaine). Ma mère a été ainsi l’une des à l’identique des hommes, c’est un métier revanche, une véritable flambée sur le planpremières femmes en France à conduire qui reste dur pour une femme avec des des effectifs féminins. Les femmes conduc-un semi-remorque dans les années 60. contraintes en matière d’horaires, par teurs de bus connaissent, en effet, leursMais il a fallu attendre deux décennies sup- exemple. Toutefois, certaines de nos plannings de travail longtemps à l’avanceplémentaires pour que nous embauchions conducteurs femmes assurent les et elles sont moins soumises à des horai-notre première femme chauffeur routier. transports longues distances, ce qui im- res aléatoires qui plus est. Cela facilite ainsi Olivier Constant Aujourd’hui, et alors que notre entreprise plique des déplacements de plusieurs leur vie de famille ».emploie près de 1 000 salariés, nous jours. Dans nos métiers, où les élémentscomptons vingt-deux femmes conduc- féminins semblent faire preuve de plus de Les Transports Lahaye comptent vingt-teurs au sein de notre effectif dont une prudence au volant que les hommes, la fé- deux femmes conductrices de camion. Répartition de l’emploi total Part de la région dans l’ensemble national 4,9 % selon l’activité et en milliers toutes catégories socio-professionnelles confondues Industrie 203 555 Services 689 310 Commerce 168 909 Construction 88 938 Agriculture Ouest-France 75 336 Source : INSEE - recensements 1999 et 2005
  5. 5. Mardi 5 février 2008 Les valeurs 5Bretagne d’aujourd’hui, Bretagne de demainSupérieure à trois millions d’habitants, la po- + – 37 800 naissances en 2006, pluspulation bretonne ne cesse de progresser. haut niveau enregistré depuisDe nouvelles perspectives de création et de vingt-cinq ans.développement d’entreprises vont donc – 6 % : taux d’accroissement prévu de las’ouvrir pour couvrir les besoins de cette po- population bretonne entre 2005 et 2015.pulation dont la moyenne d’âge est, cepen- – La proportion élevée des plus de 60 ansdant, supérieure à la moyenne nationale. dont une frange importante dispose de re- Ce sont les services aux particuliers qui venus élevés créera des marchés spéci-sont appelés à se développer largement. fiques.Parmi ceux-ci figurent les personnes âgées, – 53 % de magasins de bricolage, 18 % dela petite enfance, le handicap, les prestations jardineries et 17 % de magasins hard dis-de bricolage et de jardinage et les couples count en plus en Bretagne depuis 2005.qui travaillent. Tout un éventail de services à – Gain de 4 200 salariés dans les servicesdomicile – courses, traiteur, coiffure, infor- en 2005, soit les deux tiers des créationsmatique – est à développer en réponse aux d’emplois dans le secteur tertiaire.attentes de personnalisation et d’exigencede rapidité de ces consommateurs. Demême, les contraintes liées à l’environne-ment et une perception plus aiguë de la po-pulation en matière de développement du-rable vont, là encore, favoriser la créationd’entreprises dans de nombreux secteursd’activité comme le logement, les produitsalimentaires, la distribution ou le recyclage. Atout exceptionnel de la Bretagne, l’offre – Le taux de mortalité de la popu-touristique est cependant sujette à laconcurrence de nombreuses autres desti-nations. La Bretagne est, par ailleurs, ins- - lation bretonne est supérieur au taux national car la part des per- sonnes âgées est plus importante qu’au ni- Thierry Creuxcrite dans une tendance à la sédentarisa- veau national.tion de ses touristes. Aussi, des efforts de- – Avec 2,35 personnes par ménage, lavront-ils être faits afin d’offrir un accueil tou- moyenne bretonne est désormais infé-jours plus adapté aux normes internatio- rieure à la moyenne nationale.nales et étendre la saisonnalité de l’offre – Le produit intérieur brut (PIB) breton partouristique. Le tourisme d’affaires est, à cet « Plus le propriétaire de l’entreprise emploi se situe au quatorzième rang fran- et sa prospérité économique auront de l’importance,égard, un des axes de développement im- çais. Cette place reflète en particulier leportant pour le tourisme breton du fait de poids des activités à faible valeur ajoutéel’augmentation des manifestations profes- plus les personnes qui y travaillent prendront de l’importance » en Bretagne.sionnelles et des voyages d’affaires qu’el- – Une fréquentation touristique étale àles génèrent. Vaclav Havel, dramaturge tchèque. 6,887 millions de nuitées en 2006. Terra Nova fait le pari de l’innovation« Lauréate, en 2005, du concours Oseo, or- vendre. Aussi, et en appui des structures Nous prévoyons de tripler notre effectifganisé par le ministère de la Recherche, no- accompagnant efficacement la démarche d’ici à 2010 en recrutant notamment des in-tre société aborde, cette année, la phase de création en Bretagne, nous souhaite- génieurs énergéticiens.de commercialisation de ses produits in- rions pouvoir disposer de structures tout Parallèlement à nos liens étroits avecnovants, témoigne Fred Lherminier, prési- aussi efficaces dans l’accompagnement deux laboratoires de recherche dont celuident de Terra Nova (cinq salariés) à Plou- commercial. du Lysic à l’Université de Bretagne occi-zané (Finistère). Nous proposons, en effet, Nous ne connaissons pas, en revanche, dentale, nous avons scellé, par ailleurs, desdes logiciels permettant aux industriels et de problèmes en matière de recrutement. partenariats stratégiques à caractère tech-aux collectivités de mieux maîtriser leurs L’Afpa (Association pour la Formation pro- nologique avec des fournisseurs situés en Olivier Constantconsommations énergétiques. fessionnelle des adultes) de Brest nous en- France, Suisse et Belgique. Ainsi, notre par- Cette étape est cruciale pour nous car, voie chaque année l’un de ses meilleurs tenaire belge Ewon nous fournit le coffretcontrairement à ce que l’on peut penser stagiaires. Elle devrait donc constituer à nous permettant de surveiller à distance lescommunément, le vrai défi de l’innovation, nouveau une source pour nos futures em- compteurs industriels de nos clients viace n’est pas de créer mais bel et bien de bauches. Internet ». Fred Lherminier, président de Terra Nova. Nombre d’entreprises Répartition des établissements par grands secteurs d’activité selon la taille 1 à 9 salariés 48 % 10 à 19 salariés 42 % Agriculture 44 315 0 salarié 20 salariés et + Construction 5% 5% 17 957 Services Commerce 60 325 16 831 La Bretagne enregistre le plus fort taux de croissance annuel moyen du Industrie 14 060 PIB par régions (+ 4,6 % en Pêche +6% moyenne en Ouest-France maritime 1 537 France) Sources : INSEE, Coceb
  6. 6. 6 L’environnement international Mardi 5 février 2008Le nouveau challenge de la compétition mondialeEngagées dans une compétition mondiale,les sociétés bretonnes doivent s’adapter en + – La Bretagne est la septième ré- gion économique française et lapermanence pour saisir les opportunités cinquième pour l’importance dedécoulant de la globalisation des marchés. son industrie.Ainsi sont-elles amenées à davantage ex- – Ses exportations ont progressé de 19 %porter, à diversifier leurs sources d’approvi- contre 8,9 % pour la France entière ensionnement dans le monde entier, à s’im- 2006.planter ou prendre des participations à l’in- – 3 500 entreprises bretonnes, soit environternational, voire même à délocaliser le tiers des entreprises de plus de dix sala-lorsque leur compétitivité est en jeu. riés, ont exporté au cours de l’année 2004. Dans ce contexte, les entrepreneurs sou- – Création de 12 734 entreprises en Breta-lignent que les PME doivent atteindre une gne en 2006, en augmentation de 2,6 %taille critique nécessaire à leur développe- par rapport à 2005.ment international. Mais les besoins en lo- – Progression de 3,3 % du PIB (produit in-gistique sont tout aussi cruciaux, la logis- térieur brut) breton en 2005.tique conditionnant une partie importantede la compétitivité des firmes, notammenten Bretagne occidentale. Aussi, afin de ré-sorber le déséquilibre, déjà constaté, desflux entrants et sortants de la région, les en- – La Bretagne n’apparaît qu’au trei-treprises insistent pour que le désenclave- zième rang des régions exportatri-ment de la Bretagne soit poursuivi. Dans cette logique, la construction de - ces françaises. – Les filières majeures du système pro-plates-formes logistiques, associant diffé- ductif breton – agroalimentaire, technolo-rents modes de transport comme le rail et gies de l’information et de la communica-la route, est fortement souhaitée et ce d’au- tion, construction automobile et navale ettant que le renchérissement continuel des tourisme – marquent le pas après quaranteproduits pétroliers rend de plus en plus né- années de consolidation. Béatrice Le Grandcessaire la mise en œuvre de solutions al- – 8,2 % seulement des entreprises breton-ternatives au tout routier. Le renforcement nes emploient au moins dix salariés.de la logistique s’accompagnera parallèle- – Augmentation des défaillances d’entre-ment de la création d’emplois dans les usi- prises de 9,6 % en 2006.nes ou chez les prestataires logistiques. – 86 % des chefs d’entreprise de l’industrie Secteur insuffisamment développé éga- interrogés jugent leur entreprise handica- « En période de mobilité économique,lement, le développement des services aux pée, voire menacée par le renchérissemententreprises figure comme l’une des priori- du coût de leur approvisionnement.tés des managers, les entreprises se re-centrant progressivement sur leur cœur de la souplesse est une condition vitale du plein-emploi » – Les services aux entreprises sont sous- représentés en Bretagne par rapport à lamétier. Alfred Sauvy, économiste et sociologue français. moyenne nationale. « L’agroalimentaire pas assez créateur de valeur ajoutée »« Notre entreprise est peu présente à l’ex- cialisées géographiquement dans le cadre L’investissement privé doit, à notre avis,port car nous produisons et commerciali- de la globalisation des marchés. Si la qua- être privilégié dans cette réflexion avec unsons des produits traiteur – de l’entrée au lité de l’infrastructure routière bretonne est appui apporté toutefois par les pouvoirs pu-dessert – à dates limites de conservation bonne, nous sommes cependant éloignés blics et les instances territoriales.courtes, raconte Franck Meuriot, directeur des centres de fret européens. Outre le problème du foncier disponiblegénéral du groupe Stalaven, à Yffiniac (Cô- C’est notamment le cas de Rotterdam et pour des activités industrielles, nous cons-tes-d’Armor). Nos filières d’approvisionne- d’Anvers pour le transport maritime. Nous tatons également que peu d’entreprisesment se sont, en revanche, internationali- pensons, en outre, qu’il y aura lieu d’enta- bretonnes disposent de marques à noto-sées. Ainsi, nous faisons venir des matiè- mer une réflexion sur l’élaboration d’un riété nationale ou internationale. Le tissures premières – produits de la mer, légu- schéma directeur de logistique régionale économique agroalimentaire breton est, Olivier Constantmes surgelés, fruits – de différents conti- intégrant bien les spécificités géogra- par ailleurs, encore insuffisamment créa-nents comme l’Asie ou le Bassin méditer- phiques, ces problématiques ainsi que cel- teur de valeur ajoutée ».ranéen. les des typologies de flux étant très diffé- Certaines filières se sont, en effet, spé- rentes entre Vitré et Quimper, par exemple. Franck Meuriot dirige le groupe Stalaven.
  7. 7. Mardi 5 février 2008 L’avenir 7Quelles actions pour la réussite de la Bretagne ? dépôt de brevets, la Bretagne peut s’ap- l’internationalisation des échanges. Et sur puyer sur quatre pôles de compétitivité ce plan, la Bretagne est handicapée par dont deux à vocation mondiale (mer, ima- son incapacité à concentrer ses flux de pro- ges et réseaux). duction compte tenu de sa situation géo- Mais compte tenu de la taille des entre- graphique à l’écart des grands courants de prises bretonnes – 91,8 % ont moins de dix circulation et de transit. salariés –, il apparaît nécessaire de déve- Les chefs d’entreprise jugent donc prio- lopper les transferts de technologies entre ritaires les interconnexions extérieures à la entreprises bretonnes, notamment des Bretagne, l’achèvement de la mise à 2 x 2 grandes vers les plus petites, et de renfor- voies de la route de Bretagne centrale (RN cer l’accompagnement individuel et col- 164), la réalisation d’une nouvelle plate- lectif des chefs d’entreprise de cette der- forme logistique à proximité de Château- nière catégorie au cours du processus d’in- bourg à l’horizon 2012 et le renforcement novation. des sites portuaires. La couverture numé- Béatrice Le Grand Très réactives mais handicapées par rique des territoires doit, par ailleurs, être leurs tailles lorsqu’il s’agit d’aller chercher renforcée. des marchés à l’export, les PME entendent OF donc faire de la mutualisation l’un des le- Qui fait quoi ?Rapprocher l’entreprise de l’opinion. viers de leur croissance future. Leurs chefs d’entreprises sont convaincus, sur ce point, Relever le défi de la mondialisation. de la nécessité de renforcer la diffusion desAu travers de Bretagne 2015, les chefs d’en- expériences, innovations et bonnes pra-treprise bretons entendent aussi faire tiques par le biais de dispositifs existants ment régional et sa dynamique écono-connaître leurs propositions pour que les comme Plato (partage d’expérience entre mique ». 20 % des emplois industriels bre-politiques régionales initient les conditions dirigeants de PME-PMI). tons dépendent d’un établissement à par-favorables à la création, à la pérennité et au ticipation étrangère. C’est deux fois moinsdéveloppement des entreprises. que la moyenne nationale. Et l’une des premières actions à conduire Outre l’acquisition d’une véritable cultureest, selon eux, de rapprocher l’entreprise export, les dirigeants militent donc pourde l’opinion publique. Ainsi, la mise en une meilleure intégration de l’internationa-place de passerelles entre le monde édu- lisation dans les parcours éducatifs et pourcatif et celui de l’entreprise est-elle à même une sensibilisation renforcée des salariés àde pallier, en partie, les difficultés de re- l’acquisition de compétences internationa-crutement rencontrées dans certains sec- les (langues étrangères, connaissance desteurs. marchés, par exemple) et à la mobilité. Déjà, et à titre d’exemple, l’organisation Secteur stratégique et fortement créa- Vincent Mouchelpar les Chambres de commerce et d’in- teur d’emplois, la logistique doit égalementdustrie et les branches professionnelles être développée pour justement s’inscrire OFdes Journées des métiers donne l’occa- dans le développement ininterrompu desion à des élèves en situation d’orientation Clarifier les compétences.professionnelle de découvrir les métiers de Développer les pôles de compétitivité.certaines filières en manque de brascomme l’agroalimentaire. Les chefs d’entreprise demandent enfin Cette nouvelle image d’acteurs de la so- Ce travail en réseau peut, en particulier, une clarification des compétences éco-ciété que souhaitent acquérir les entrepri- permettre l’accès partagé à des compé- nomiques respectives des collectivités etses doit également apporter des solutions tences qu’isolément chaque entreprise ne une accélération de la mise en œuvre d’uneà l’épineux problème du manque de fon- peut recruter à temps plein et de pérenni- politique économique, synonyme de dyna-cier pour les activités économiques. Aussi ser des emplois saisonniers par mutuali- misme pour la Bretagne. Et sur ce plan, lesles chefs d’entreprise prônent-ils un ren- sation des salariés entre activités touris- attentes sont fortes.forcement des politiques d’accueil des en- tiques, commerciales et de services. Les entrepreneurs souhaitent, de fait, as-treprises par le biais, notamment, de nou- sister à l’émergence d’un projet industrielvelles zones d’activité implantées sur des régional, lequel témoignerait ainsi de l’inté- Une véritable culture exportaxes de transport. rêt que portent les collectivités locales pour Prendre à bras-le-corps les défis de la le maintien et le développement des activi- globalisation constitue un autre temps fort tés industrielles. Ce projet pourrait notam-Des pôles de compétitivité de la réflexion des chefs d’entreprise. Ils ment s’appuyer sur la dynamique des pô- L’innovation sous toutes ses formes est rappellent, en effet, que « c’est le maintien les de compétitivité précités et sur de nou- OFun autre cheval de bataille des entrepre- d’une activité industrielle forte, innovante velles filières innovantes en attente deneurs. Cinquième région française pour le et internationale qui portera le rayonne- Améliorer la logistique. structuration comme les éco-activités.
  8. 8. Publicité

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