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INTRODUCTION
L’actualité camerounaise est caractérisée depuis fin 2012 par l’enregistrement de
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1. Les médias camerounais dans leur environnement socio-
politique
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l’instrumentalisation politique et des arrestations...
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Chapitre II :
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CONCLUSION
Au terme de cet essai de dossier d’actualité sur les corps de jeunes filles et d’enfants
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ANNEXES
- Les articles du quotidien Cameroon Tribune
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- Les articles du quotidien Le Jour
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- Les articles du quotidien Mutations
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- Les articles du quotidien Le Messager
24
- Les articles du quotidien La Nouvelle Expression
25
- Les articles de La Météo, Le Soir
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D9 c03 dossier traitement de l'actualité sensible_crimes rituels_danedjo fouba_dorothée

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D9 c03 dossier traitement de l'actualité sensible_crimes rituels_danedjo fouba_dorothée

  1. 1. 2 INTRODUCTION L’actualité camerounaise est caractérisée depuis fin 2012 par l’enregistrement de nombreux cas de décès « insolites » dans les métropoles du pays. Des corps en état de décomposition avancé ont tour à tour été découverts par les populations dans les régions de l’Ouest, du Littoral, du Sud et du Centre, dont le chef lieu est la capitale politique du pays : Yaoundé. Caractère commun aux corps découverts, des femmes, des jeunes filles en majorité, mutilées et violées. Une bonne dizaine de cas entre fin décembre 2012 et début janvier 2013 pour la seule ville de Yaoundé, principalement dans le quatrième arrondissement. L’information est relayée en premier par la presse en ligne et imprimée, les articles sont abondants. Le fait d’actualité est amplifié par les sons et les images dans les médias audiovisuels et l’on a tôt fait de parler de crimes rituels. Pour cause, les populations, les médias, les politiques et autres se basent sur la gent attaquée par les coupables de meurtres en séries, sur l’endroit de trouvailles des corps et sur l’état dans lequel se trouve les cadavres. Ce travail a pour objectif de déterminer en quoi cette information pourrait être qualifiée d’actualité sensible, en quoi l’environnement socio-politique du Cameroun influence son traitement (chapitre I). Il sera également question d’analyser quelques articles de presse collectés durant le mois de janvier 2013. Ce corpus de presse est constitué en majorité des articles de cinq des huit quotidiens qui existent au Cameroun et de quelques hebdomadaires du pays (chapitre II).
  2. 2. 3 Chapitre I : LES MEDIAS CAMEROUNAIS FACE ALES MEDIAS CAMEROUNAIS FACE ALES MEDIAS CAMEROUNAIS FACE ALES MEDIAS CAMEROUNAIS FACE A L’ACTUALITEL’ACTUALITEL’ACTUALITEL’ACTUALITE
  3. 3. 4 1. Les médias camerounais dans leur environnement socio- politique Selon des statistiques disponibles au ministère de la communication, le Cameroun compte plus de 100 chaînes de radio, une quinzaine de chaînes de télévision et près de 600 titres de presse écrite. Parmi eux on compte, une chaîne de télévision nationale, un réseau de stations de radio régionales et de chaînes de radio de proximité coiffé par une chaîne de radio à audience nationale et un quotidien national bilingue. Tous ces médias sont régis par la loi du 19 décenbre 1990 régissant la liberté de communication sociale, le décret présidentiel du 03 avril libéralisant le secteur de l’audiovisuel. A ces textes s’ajoutent un statut général du journaliste de la fonction publique, un code de déontologie journalistique de l’union des journalistes du Cameroun et une convention collective des journalistes et employés des médias. Concrètement, la multiplication des organes de presse est survenue lors des vents de la démocratisation en Afrique Centrale dans les années 1990. Le changement de régime politique survenue à cette période a permis à certains titres de sortir de la clandestinité, Le Messager notamment et à de nombreuses radio et télévisions privées de voir le jour. La création d’un organe de presse écrite soumis à la seule déclaration à une préfecture et animée par la suppression de la censure dans ce domaine aura revigoré de nombreux patrons de presse. En ce sens les médias camerounais remplissent donc les missions régaliennes reconnues à la presse dans le monde « information », « éducation » « divertissement. En dehors de ces missions intrinsèques aux médias, l’on remarque également qu’en temps de paix, il existe au Cameroun des journaux classifiables en différentes idéologies : on a des médias pro-gouvernementaux fortement représentés par la presse à capitaux publics, des médias dit « de l’opposition » parce que plus ouverts à la critique et à la réaction des populations et publics, et des médias sans-opinion fortement représenté par la presse dite « du hilton ». Cette dernière catégorie de journaux est adepte « du gombo », l’écriture des articles en fonction du plus offrant, une pratique de corruption très répandue en milieu médiatique. Les hommes politiques et le commun des mortels s’en servent généralement pour faire des règlements de compte à leurs adversaires idéologiques.
  4. 4. 5 En temps de crise par exemple, les médias camerounais sont minés par l’instrumentalisation politique et des arrestations arbitraires de journalistes. D’une manière générale, l’information retrouvée dans la presse camerounaise est : - Le fruit du travail de collecte, de traitement et de diffusion de l’information de la part des journalistes : - La résultante d’évènements ponctuels organisés par des tiers ; - La conséquence de l’opération marketing d’une entreprise donnée ; - L’objet d’une quête informationnelle exprimée par les publics. 2. Le prétexte de l’étude : les meurtres en séries au Cameroun Nous avons choisi d’étudier un phénomène apparu en fin d’année 2012 dans le quotidien des populations : Des meurtres de jeunes femmes et d’enfants. Un fait d’actualité qui s’est accru dans la presse cybernétique et écrite notamment en janvier 2013. Selon l’opinion publique, il s’agit de crimes rituels. Cette pensée est amplifiée par le fait que les traditions et cultures ancestrales africaines, camerounaises notamment, place l’être humain au centre du mystique. Cette idée s’accroit avec l’arrivée de nombreuses nouvelles églises aux doctrines douteuses communément appelées « églises de réveil ». L’on lie très vite les cas de meurtres enregistrés à la quête de pouvoir et de richesse par ceux qui l’auraient commis. Les hautes personnalités de l’Etat sont indexées, les personnes arrêtées pour des besoins d’enquêtes sont présentées comme des instruments d’atteintes de ces objectifs. La deuxième partie de cette étude nous éclairera au mieux sur les faits relayés et la qualité du traitement accordée à cette actualité.
  5. 5. 6 Chapitre II : «««« CRIMES RITUELSCRIMES RITUELSCRIMES RITUELSCRIMES RITUELS »»»» :::: LA PRESSE ECRITELA PRESSE ECRITELA PRESSE ECRITELA PRESSE ECRITE CAMEROUNAISE SOUS LE CHOCCAMEROUNAISE SOUS LE CHOCCAMEROUNAISE SOUS LE CHOCCAMEROUNAISE SOUS LE CHOC
  6. 6. 7 1. Les faits relatés dans la presse Nous avons collecté un certain nombre d’articles d’une vingtaine d’éditions par quotidien pour le mois de Juin. Les quotidiens utilisés dans notre corpus sont : Cameroon Tribune, Le Jour, Mutations, Le Messager et La Nouvelle Expression. Nous y avons ajouté deux articles des hebdomadaires : La Météo et Le Soir. Voici un tableau récapitulatif des informations données par les différents articles recensés. Les journaux L’article et sa description Les informations données CAMEROON TRIBUNE (3 éditions) Edition du 16 janvier 2013 « deux corps découverts à Mimboman » Colonne P .9 ; bas de page, annonce en pied de Une - Il s’agit de dépouilles de jeunes filles près de l’école maternelle de Mimboman, l’une brutalisée et l’autre en état de décomposition. ; - Aucun des corps n’est encore identifié ; - Aucun cas de disparition de filles dans le quartier ; - Une enquête est ouverte à la gendarmerie d’Emombo ; - Les populations pensent que les crimes sont commis ailleurs et les corps déposés dans le quartier. Edition du 23 janvier : « la police en renfort » P.5 et photo du préfet donnant son allocution, annonce en pied de Une - Visite du préfet du Mfoundi dans l’arrondissement Yaoundé IV ; - Les annonces du préfet : délocalisation du commissariat de Nkolmesseng pour Mimboman (la zone sinistrée) ; Amener les leaders sociaux de l’arrondissement à devenir des porte-voix audibles ; - Préfet occupé à faire le point sur les inscriptions sur les listes électorales. Edition du 24 janvier 2013 « Crimes en série à Yaoundé : 7 femmes tuées », « Les clarifications du gouvernement » - Publication en français et en Anglais de la déclaration du Ministre de la Communication à la presse sur le sujet
  7. 7. 8 P.8 entière, bilingue, annonce en pied de Une LE JOUR (11 éditions) Edition du 14 janvier 2013 P.9 - Le journal indique qu’il y a déjà eu 12 mortes et 11 jeunes femmes portées disparues entre 16 et 25 ans, dernier cadavre découvert le 10 janvier au carrefour Marabout de Mimboman; - La gendarmerie d’Emombo et la brigade d’Ekounou sont chargés de l’enquête ; - Descriptif des victimes : corps couché sur le dos en décomposition, main droite manquante repliée vers le haut, T-shirt couvert de sang retroussé, jambes écartées, slip ou pantalon accroché à la jambe gauche, sandales à côté du corps, cerveau et cœur enlevés, orbites défoncées, parties génitales tailladées ; - Découverte de 3 corps en 3 jours ; - Populations vivant dans ka terreur ; - Qualification des crimes comme rituels par les forces de l’ordre : « signatures des meurtriers semblables » ; - Découverte du corps de Claude Michèle le 08 janvier ; - Témoignage d’une jeune fille de 16 ans ayant échappé au même sort et témoignage de la mort suspecte d’un conducteur de moto-taxi; - Ce sont les conducteurs de moto-taxi qui sont utilisés pour livrer des jeunes femmes. Edition du 15 janvier 2013 « Circulez y a rien à voir ! » P. 9, photo d’une des victimes de son vivant (Claudine Michèle Mballa Mvogo) - Le premier cas enregistré en mi-octobre ; - Il s’agit du 11ème corps découvert en deux mois ; - Le capitaine responsable de
  8. 8. 9 l’enquête ne dit plus rien à ce sujet (Instructions de ses supérieurs hiérarchiques) ; - Le chef de bloc, Gabriel Ndoumou explique que les forces de l’ordre sont arrivés sur les lieux 24h après la découverte d’un des corps, les concernés ayant évoqué des problèmes de transport depuis la veille ; - Edition du 17 janvier 2013 « Cœur, sexe, reins…que cache la chasse aux organes humains ? » Une du journal développé en dossier de deux pages P.2-3 - Reportage dans la famille de l’une des défuntes : Claude Michèle ; - Interview d’une psychologue, d’un anthropologue et enseignant d’université et d’un avocat au barreau du Cameroun ; - Réactions des populations ; - Le réseau serait alimenté par des personnalités de la République en vue de l’utilisation des organes pour des pratiques mystiques ; - Historique des faits : découverte le 5 juillet 2012 du corps d’une fille de 10 ans dans une autre ville, Bafoussam, arrestation d’un jeune ayant avoué le forfait. Assassinat de la fillette pour 17 millions de F.CFA ; arrestation de 5 camerounais en possession de reste humain dans la ville de Djoum qui avouent que les corps sont transportés via des valises diplomatiques par le Nord du pays, le coût des organes étant moins cher au Cameroun par rapport au Nigéria et au Philippines ; - L’article 276 du code pénal réprime l’atteinte à la vie puis
  9. 9. 10 l’utilisation d’organes de la victime ; - L’article 274 du code pénal réprime la violation du tombeau et du cadavre d’un individu. Edition du 18 janvier 2013 « Mimboman, la psychose » P.23 - Les habitants du quartier obligés de changer d’habitudes, adoption de mesures préventives : fini les sorties nocturnes, mesures de sécurité au lycée ; - Mimboman a désormais une réputation de « coupe- gorge » ; - Le quartier possède 17km de voirie bitumée contre 65km, il y a des problèmes d’éclairages public et les maisons sont trop distantes les unes des autres, les gendarmes y sont laxistes ; - Evocation d’une déclaration dans les médias audiovisuels du Ministre de la communication : la thèse des « crimes rituels » est accréditée selon les journalistes. Edition du 21 janvier 2013 « Des suspects des crimes rituels interpellés » Une, P. 4-7 - Des rafles ont été organisées dans l’arrondissement de Yaoundé IV : une vingtaine de contucteurs de moto-taxi sans pièces d’identité ; - La sœur d’une des victimes (Claude Michèle) écrit au président de la république : elle se nomme Débora Ngo Tonyé epouse Mvaebeme, elle est journaliste ; - Des suspects ont été arrêtés grâce à l’analyse du téléphone d’une des victimes décédée le 14 décembre 2012, personnes interpellées dans la capitale économique du pays Edition du 22 janvier 2013 - Descente sur le terrain du
  10. 10. 11 Une et page 5 Secrétaire Général de la présidence de la République en compagnie du délégué général à la sureté nationale et du secrétaire d’Etat en charge de la gendarmerie ; - Le journal parle de 14 filles tuées entre le 02 décembre 2012 et le 10 janvier 2013 avec 7 suspects aux arrêts appartenant à deux gangs : 5 exécutants et 2 comparses, tous conducteurs de moto-taxi ou chargeurs à la gare routière de Mimboman ; - Le premier corps découvert à Yaoundé en octobre 2012. Edition du 23 janvier 2013 « Crimes rituels : l’expérience gabonaise » Une, P.3 - Les organes extraits seraient « utilisés par le pouvoir gabonais » ; - Un sénateur aux arrêts : Gabriel Eyeghe Ekomié serait le commanditaire du meurtre d’une fille de 12 ans à des fins rituelles. Il a été accusé par Aristide Pambou Moussounda. Il aurait commandé la langue et le sexe d’une fille contre 20 millions de F.CFA ; - D’autres cas sont enregistrés dans une église et près d’une plage gabonaise. Edition du 25 janvier 2013 « Des étrangers parmi les suspects » P.7 - Article prenant pour prétexte le point de presse du ministre de la communication de la veille ; - Le MINCOM parle cette fois là de « crimes sacrificatoires » ; - La police et la gendarmerie possèdent chacune une dizaine de suspects ; - 7 corps de jeunes filles retrouvés parmi lesquels 4 identifiés avec des caractéristiques communes :
  11. 11. 12 âgées entre 15 et 30 ans, violées, amputées, retrouvées dans des maisons abandonnées ou de la broussaille, en état de décomposition. Edition du 28 janvier 2013 P.7, petite Une - Deux nouvelles victimes enregistrées : une fille de 12 ans et un garçon de 10 ans (orbites défoncées, violés, corps mutilés) ; - Suspects indexés, conducteurs de moto-taxi rémunérés de 100 000 à 300 000 F.CFA par livraison ; - Victimes camouflées par repassage du corps en vue de les décomposer Edition du 30 janvier 2013 « le film de l’arrestation » Une P.8 - C’est le téléphone d’une des victimes qui met les forces de l’ordre sur la piste des suspects au travers de l’exploitation de son code IMEI ; - Il s’agissait du téléphone de Claude Michèle, la sœur de la journaliste qui a été remis par un des suspects à une de sa petite amie vivant à Douala ; - Quelques noms de suspects cités : Bertrand Ndambou (23ans), Blaise Monthé (26 ans), Julius Tamba alias Général sans sommeil, Ouaffo Kemta, Wakam Waffo : des exécutants d’au moins quinze filles agissant soit en bande, soit en petit groupe, sois individuellement ; - Livraison des filles à des hommes en costume et cravate dans des 4X4 RAV 4 habituellement garées devant un petit bar sans nom près du lieu Feicom Mimboman , contre 100 000 à 300 000 F.CFA
  12. 12. 13 Edition du 31 janvier 2013 « Kah Walla chassée de Mimboman » Petite Une - Présidente du parti politique Cameroon’s People Party reçue par une trentaine d’habitants du quartier pour une visite interrompue par le sous-préfet en charge de l’arrondissement 40mn plus tard. MUTATIONS (5 éditions) Edition du 21 janvier 2013 « Peur dans la ville » P.3 - Editorial du directeur de publication et dessin satirique - L’information a commencé depuis deux semaines dans la presse en ligne, les tabloïds puis les médias audiovisuels, - Assassinat de petites et adolescentes filles ; - Description historique et géographique de l’arrondissement de Yaoundé IV : Un seul poste de police à Emombo, une caserne des sapeurs pompiers à l’entrée de Mimboman, à peine une demie douzaine de policiers. Edition du 22 janvier 2013 - Enquête dans le journal décrivant le mode opératoire des « kidnappeurs-tueurs », témoignages des personnes ayant découvert quelques corps, descente à la gendarmerie et à la police ; - Mutisme des forces de l’ordre ; - Mesures préventives adoptées par les populations Edition du 23 janvier 2013 « Le préfet du Mfoundi pour la collaboration des populations) P.5 - Retour sur la descente du préfet dans l’arrondissement de Yaoundé IV : les moto- taximen sont des bouc- émissaires selon lui ; - Les populations indexent les personnalités Edition du 25 janvier 2013 « une vingtaine de personnes interpellées » P.6 en colonne - Retour sur le point de presse du Mincom : filles disparues en cascades entre le 2 décembre et le 10 janvier, 7
  13. 13. 14 filles assassinées, 4 identifiées, 2 en état de putréfaction avancé, une à la morgue de l’hôpital central de Yaoundé, entre 15 et 30 ans ; - Les noms des suspects sont secrets parce qu’ils bénéficient de la présomption d’innocence ; - Point de vue du journal : sortie médiatique n’ayant point informée ; - Evocation d’une rumeur soutenant la thèse selon laquelle une femme a été interpellée avec un sac contenant des crânes humains ; - Autre rumeur faisant état d’un conducteur de moto-taxi transformé en moto, puis en trousseau de clefs puis en cercueil. Edition du 28 janvier 2013 « Peur dans la ville » P.3 - Re-publication intégrale de l’éditorial du 21 janvier. LE MESSAGER (4 éditions) Edition du 15 janvier 2013 « Nkoabang une jeune élève retrouvée morte » Deux articles en colonne - Claude Michèle : violée, mutilée, tuée, circonstance de sa disparition ; - Description de l’état de frayeur des populations ; - Facteurs favorables identifiés : électricité partielle dans l’arrondissement, lenteur des procédures policières. Edition du 21 janvier 2013 « frayeur à l’école publique de Mimboman » P.4 - Reportage à l’école publique de Mimboman : parents massés devant l’école pendant les cours, accompagnement des enfants jusqu’à l’établissement, suspension des évaluations pendant cette période ; - Des suspects autour de l’école : un homme masqué a été molesté par des élève le 17 janvier, deux messieurs en
  14. 14. 15 4X4 ont essayé d’attirer des enfants avec des biscuits, les enfants plus avertis ont alertés les populations Edition du 25 janvier 2013 Une, P.7 - Analyse du point de presse du Mincom : « le mincom annonce que les crimes ont cessé », « Issa Tchiroma décrète la cessation des crimes » - Avis d’un crypto- communicologue sur la nature des crimes Edition du 30 janvier 2013 P.10 - Publication de la pétition commune de plusieurs acteurs de la société civile contre ces crimes LA NOUVELLE EXPRESSION (2 éditions) Edition du 21 janvier 2013 P.8-9 - Dossier d’enquête sur le sujet : rappel des faits, encadrés explicatifs, mode opératoire des tueurs en série, mesures sécuritaires prises, commentaire sur l’action des forces de sécurités. - Forces de l’ordre exerçant plus dans le contrôle de dossiers de véhicules, racket des populations que dans la protection des biens et des personnes ; - Le sang des jeunes filles fait courir les malfaiteurs ; - Le bilan des victimes s’est alourdi le 15 janvier, premier cas le 1er décembre ; - 14 janvier un individu surpris en train de ligoté deux enfants caché dans un sac ; corruption du conducteur de moto-taxi avec 6000 F.CFA de frais de transport contre 100F.CFA habituel pour la même distance, alerte donnée par le conducteur et abandon du sac ; - 12 janvier : jeune fille de 12 ans droguée et violée
  15. 15. 16 retrouvée vivante sur une véranda, 3 enfants disparus sur le chemin de l’école : un seul retrouvé mort et mutilé ; - Contrôle des cartes nationales d’identité des personnes venant chercher les enfants à la sortie des écoles de la zone Edition du 24 janvier 2013 « Insécurité à Yaoundé : le gouvernement se réveille » P.5 - Extrait de la déclaration du Mincom lors de son point de presse LA METEO et LE SOIR (une édition chacune) Edition de la semaine du 21 janvier : Exposition des photos de quelques suspects en Une - Appartenance régionale des suspects 2. L’analyse du contenu et de l’aspect visuel des articles Sur les 27 éditions de journaux recensées, l’on se rend compte que 11 éditions ont été consacrées à ce sujet par le quotidien Le Jour. Dans la plupart d’entre elles, l’image utilisée pour illustrer les articles est celle de l’une des victimes : Claude Michèle Mballa Mvogo. Cette dernière était âgée de 17 ans, élève au Lycée bilingue de Yaoundé. La jeune fille est peinte dans les différentes colonnes du tabloïd de même que dans celles des quotidiens Le Messager et La Nouvelle expression comme un modèle. En observant attentivement les textes des différentes publications, on sent comme une insistance de la part des rédacteurs des articles de presse sur cette victime. La thèse se confirmera par la suite lorsque l’une des proches de la victime écrira à visage découvert au président de la République et lorsque des suspects seront arrêtés par les force de l’ordre grâce à l’exploitation du code IMEI d’un des téléphones de la victime qui s’avère être Claude Michèle. Sans vouloir jetter du discrédit sur la victime sus-citée, l’on se rend à l’évidence que ce fait d’actualité aura été amplifié par les liens de parenté de la concernée avec un acteur de la
  16. 16. 17 presse. Au-delà des faits perceptibles dans la presse, l’on découvre que la journaliste, sœur de la victime, Débora Ngo Tonyé épouse Mvaebeme, a exercé dans les premières heures du quotidien Le Jour, et est l’une des figures montantes de la presse camerounaise : directrice de publication d’un mensuel L’emploi et chroniqueuse au quotidien de l’Economie. Sur un plan plus textuel, la plupart des publications hormis Cameroon Tribune font un acharnement à peine voilé sur les fores de l’ordre et les pouvoirs publics. On a des termes comme : « laxisme, mutisme, l’enquête est ouverte, aucune information ne filtre, pas d’opération coup de cœur.. » sont implicitement mis en exergue par les reporters pour accentuer l’idée selon laquelle, ces acteurs politiques et garants de la sécurité ont fait preuve de « négligence et de silence » pendant la période d’enregistrement de ces crimes. Les journaux comme La Météo et Le soir iront par ailleurs affichés les visages des présumés innocents suspectés comme des coupables dans les colonnes et sur les Unes de leur publication. Des informations à peine voilée par les autres journaux : les uns donnant les noms de interpellés, les autres s’en tenant à la déclaration officielle du gouvernement lors du point de presse du ministre de la communication, porte-parole du gouvernement. Le caractère sensible de cette actualité appelée soit « crimes rituels », soit « crimes sacrificatoires », soit « crimes en séries » est mis en exergue dans la mise en page des différents journaux. Au départ mis en exergue dans les pages destinées aux faits divers, l’information se déportera peu à peu dans les pages de droites des publications, puis vers les petites Unes des journaux et enfin en grande Une des tabloïds. L’on remarquera que l’unique quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune « évitera » d’en faire un commentaire éditorial, réussira à « contenir » le caractère sensible de l’information en limitant son nombre d’articles sur le sujet et en s’en tenant à la version officielle des faits. Le temps des verbes utilisés par ce dernier sera très dubitatif : imparfait du subjonctif et identification des personnes appelées à témoigner. Dans les autres quotidiens, on ajoutera aux reportages, enquêtes et déclarations, l’interview de divers spécialistes et des extraits de réactions de populations s’insurgeant contre ces meurtres.
  17. 17. 18 CONCLUSION Au terme de cet essai de dossier d’actualité sur les corps de jeunes filles et d’enfants retrouvés en série dans les villes du Cameroun en général et dans la ville de Yaoundé, le quartier Mimboman en particulier, il ressort que l’on est bel et bien en face d’une actualité sensible. La blessure informationnelle aura été accentuée par le fait que la plupart des 27 éditions des divers journaux examinés ont usé de sensationnalisme dans leur publication. Pour cause l’information qui se vend généralement chez le public est faite des 3 S : sexe, sang et scandale. Les journalistes auront usés de la souffrance des proches des victimes et des populations de Mimboman pour convaincre le public de ce que l’on serait en face de « crimes rituels ». En second lieu, cette même presse aura convaincu le politique de la nature des crimes en passant par la description de la présentation des divers corps et le fait de décrier leur ras-le-bol contre les forces de l’ordre (gendarmerie et police). Ce qui aura pour conséquence le non respect des règles éthiques et déontologiques dans certaines publications notamment La météo et Le Soir, qui ont publiés les images et les noms des présumés innocents interpellés dans cette affaire. L’on peut donc aisément identifier le quotidien Cameroon Tribune comme celui qui aura véhiculer le discours officiel sur les crimes rituels, Le jour, Mutations, Le Messager et La Nouvelle Expression comme la presse d’opposition aux informations données par les officiels et La Météo et Le Soir comme les plus instrumentalisés pour servir les opinions de certains individus.
  18. 18. 19 ANNEXES - Les articles du quotidien Cameroon Tribune
  19. 19. 20 - Les articles du quotidien Le Jour
  20. 20. 21
  21. 21. 22 - Les articles du quotidien Mutations
  22. 22. 23 - Les articles du quotidien Le Messager
  23. 23. 24 - Les articles du quotidien La Nouvelle Expression
  24. 24. 25 - Les articles de La Météo, Le Soir

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