Architecture du web et ontologie d opérations

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Présentation donnée à la MSHS Sud-Est (http://mshs.unice.fr/?p=5379) le 21 avril dernier.

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  •  La sempiternalité d’un sujet considéré comme simple va alors de pair avec l’éternité du prédicat. C’est la raison pour laquelle cette prédication substantielle est appelée simple. En revanche, une substance qui est conçue comme étant composée et corruptible, est entièrement sujette à l’altération et à la destruction. Le nom d’une telle substance peut entrer dans cette prédication substantielle (qui peut être appelée composée) seulement si, aussi longtemps que et pour autant qu’elle existe, la partie de la substance qui est concernée dans la prédication substantielle est en permanence identique avec un cas particulier de l’universel en position de prédicat. (…) Lorsqu’on dit que Socrate est un homme, on confie à Socrate le soin de représenter l’humanité pendant un laps de temps fini. Ce type de prédication substantielle sera dit composite. (cité dans Bouveresse, Qu’est-ce qu’un système philosophique ?).
  • Architecture du web et ontologie d opérations

    1. 1. Architecture du Web et ontologie d’opérations, Alexandre Monnin Axe 2 MSHS, “TICs, Usages et Communautés”, Séminaire invité EQUIPE PROJET WIMMICS Inria Sophia Antipolis-Méditerranée 21 AVRIL 2015
    2. 2. SOMMAIRE 1. Ontologie et métaphysique 2. L’Architecture du Web 3. Des processus aux opérations 4. Asymétrie et construction du réseau 5. Pistes ouvertes ou à ouvrir 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 2
    3. 3. Ontologie et métaphysique L’importance des substances Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web 21 AVRIL 2015 - 3 1
    4. 4. « Ontologie » du Web ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 4 Métaphysique ou Ontologie ? Théorie de l’objet = « science de la référence » (pour paraphraser J. Benoist). 2 questions : a) Comment fait-on référence ? (nature de la référence) b) A quoi ? (nature du référent) Hiérarchie des genres de l’être (Aristote, arbres de Porphyre) Théorie de l’objet = « ontologie » (Lorhardus, Goclenius, mais aussi Scot, Suarez, etc.) vs
    5. 5. Théorie de l’objet et métaphysique 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 5 La théorie de l’objet n’est en soi pas incompatible avec la métaphysique Si l’on considère que l’objet éminent de la métaphysique est la substance ou le substrat (choses physiques concrètes, composés de matière et de formes…), ce dernier constituera également ce à quoi il sera fait référence de manière éminente.
    6. 6. La « page Web » comme substance ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 6 Exemple de la page d’accueil du Monde Elle change tout le temps selon certains aspects (accidentels ?) tout en demeurant identique selon d’autres aspects (essentiels ?).
    7. 7. Illustration de la substance (Vuillemin) 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 7 Le schème de la prédication accidentelle est figuré dans le croquis ci-contre dans What Are Philosophical Systems?, livre dans lequel Vuillemin s’efforce de cartographier a priori les systèmes philosophiques possibles. La caractérisation de la substance qui en émerge est donc utile en ceci qu’elle s’abstrait de de la vision d’un auteur particulier pour acquérir une généralité beaucoup plus grande.
    8. 8. Les substances aujourd’hui 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 8 Les substances suffisent-elles ? Les substances permettent, semble-t-il, de rendre compte des personnes, des chaises (le mobilier ontologique du monde), etc. Quid cependant des nuages ? Des centrales nucléaires ? Du taux de change du dollar ? Des fictions ?  De nombreux objets ne rentrent pas, a priori, dans ce cadre.
    9. 9. Le complément des substances 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 9 Les ontologues ont donc introduit de nouvelles distinctions Aussi bien en philosophie qu’en informatique : • Endurants vs. Perdurants (Dolce – qui ajoute également les abstraits, ce qui est également le cas de Cyc par ex.) • Continuants vs Occurants (BFO)
    10. 10. Cette dualité des catégories ontologiques suffit-elle ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 10 Limites de cette distinction (1/2) Les objets sont des durées ou des cycles de vie – à l’instar des processus. Déjà la prédication (cf. schéma précédent) était déjà soumise à la temporalité. Pour cette raison, Vuillemin parle de la prédication substantielle concernant les substances périssables (à la différences des astres dans l’univers aristotélicien) comme d’une prédication « composée » ou « composite »*.
    11. 11. Cette dualité des catégories ontologiques suffit-elle ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 11 Limites de cette distinction (2/2) A l’inverse, les processus sont tout autant des « continuants » que les objets. En outre Ils sont également localisés par des objets.  Les deux catégories se renversent donc aisément et la distinction est loin d’aller de soi.
    12. 12. L’ontologie des substances contemporaine entre Aristote et Frege 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 12 Fonctions et arguments On peut voir dans l’ontologie actuelle une reprise de la distinction frégéenne entre fonctions et arguments.  F(x) Limite : En réalité, chez Frege, (x) est un parcours de valeurs (a, b, c, etc.) et F( ) ce qui permet de spécifier les valeurs en question ! x devient la substance F devient la propriété
    13. 13. Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web 21 AVRIL 2015 - 13 L’Architecture du Web Quelle ontologie pour les URI et les ressources ? 2
    14. 14. 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 14 Frege du point de vue de l’architecture du Web - 14 Sinn et Bedeutung Dans la perspective de l’architecture de l’architecture du Web, la distinction entre sens et référent a été largement mobilisée pour rendre compte de la manière dont les URI font référence. ( le schéma assimile sens frégéens et descriptions russelliennes) ( seul les noms réfèrent à des objets chez Frege)  La position examinée est une synthèse de plusieurs arguments. Credit : Henry S. Thompson.
    15. 15. 21 AVRIL 2015 - 15 Quid sur le Web ? Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 15 Quelle conception du référent émerge de l’architecture du Web ? Les questions précédentes, transposées au Web, deviennent les suivantes : a) Comment fait-on référence (à tous types d’objets – c’est la spécificité du Web) ? b) Qu’est-ce qu’un référent ? (non pas « qu’est-ce qu’un objet sur le Web ? » mais « que nous apprend le Web comme appareil « matériel de désignation » [cf. Fabian Muniesa, sur la bourse] à propos des objets ? »).
    16. 16. 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 16 L’architecture du Web - 16 Deux séries de débats Qui aboutissent selon nous (cf. travail de thèse) aux mêmes conclusions : a) Le débat autour de la standardisation des URI (adresses ?, noms ?, identifiants ?, pointeurs du Web ?)  1992-1998 (2005) b) Le débat autour de la spécificité des URI du Web Sémantique censées identifier des objets et non plus des documents  2002-2005
    17. 17. Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 17 Des URI aux URI 1/3 21 AVRIL 2015 - 17 Uniform Resource Locators Uniform Resource Names - Adresses de choses accessibles. (« pages Web ») - Des choses qui changent sans cesse. - Noms d’objets dans le monde ou de concepts intangibles (inaccessibles) - Des choses qui ne changent pas (ex. : La recherche du temps perdu). http://www.inria.fr http://ns.inria.fr/fabien.gan don#me ldap://[2001:db8::7]/c=GB?obj ectClass?one
    18. 18. 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 18 Des URI aux URI 2/3 - 18 Uniform Resource Locators a) Les URL ne donnent pas seulement accès à des contenus « en ligne » mais permettent également de donner accès à des descriptions de tous types d’objets (ceci inclut les objets réputés « inaccessibles »). b) Il n’est donc pas interdit de donner accès à des descriptions de contenus jugés accessibles (la page d’accueil du Monde par ex.).  Aussi n’y a-t-il pas de différence, du point de vue des URL, entre contenus accessibles et inaccessibles, et les URL peuvent-elles désigner autant d’objets (voire les mêmes) que les URN. http://www.inria.fr http://ns.inria.fr/fabien.gan don#me ldap://[2001:db8::7]/c=GB?obj ectClass?one Uniform Resource Names a) Les objets désignés par les URN sont considérés comme immuables car les URN ont été conçues sur le modèles des identifiants bibliothéconomiques, elles désignent des réalités traitées de manières artificiellement stables dans l’univers de la documentation (éditions, exemplaire, articles, etc.) b) Comment accéder à des informations à propos de ces réalités ?  Soit, chaque les gestionnaires de chaque schéma d’URN élabore un protocole dédié.  Soit on utilise le protocole Http, le protocole du Web et alors il ne subsiste plus de différences avec les URL.
    19. 19. 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 19 Des URI aux URI 3/3 - 19 REST, 1995-2000 Entre 1996 et 2000, Roy T. Fielding rédige une thèse à propos du style d’architecture du Web, baptisé REST. Fielding entend identifier les grands principes du Web en terme de design, de manière à permettre de réviser les standards en les mettant en adéquation avec ces principes (A.M. : « mettre le Web en cohérence avec lui-même »). En sortira notamment une réécriture du standards portant sur les identifiants du Web, qui verra, en 1998, la fusion des URL avec les URN au profit des URI.
    20. 20. 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 20- 20 Credit: Paul Downey
    21. 21. 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 21  la ressource  l’état de la ressource  l’état représentationnel ou représentation de la ressource « … » REpresentational State Transfer
    22. 22. 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 22 Les ressources = des ombres ? - 22 “7.1.2 Manipulating Shadows. Defining resource such that a URI identifies a concept rather than a document leaves us with another question: how does a user access, manipulate, or transfer a concept such that they can get something useful when a hypertext link is selected? REST answers that question by defining the things that are manipulated to be representations of the identified resource, rather than the resource itself. An origin server maintains a mapping from resource identifiers to the set of representations corresponding to each resource. A resource is therefore manipulated by transferring representations through the generic interface defined by the resource identifier.” (Roy T. Fielding & Richard Taylor)
    23. 23. 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 23 Quelle ontologie pour ces ombres/objets ? - 23 L’attente comme la régularité ou la confiance (que toutes deux supposent), sont des éléments essentiels de l’architecture du Web. L’ontologie des objets sociaux développée dans Livet et Nef (2009) semble tout à fait adaptée pour rendre compte de la manière dont les URI font référence à l’échelle d’un publisher (gestionnaire d’un nom de domaine). a) Permet de distinguer un engagement éditorial d’un engagement computationnel. b) Sur le modèle de la règle, l’objet est construit progressivement et dynamiquement en multipliant les représentations qui l’actualisent (de toutes natures), sans que celles-ci ne l’épuisent jamais. c) Cette construction progressive n’exclut pas des pannes et des révisions. d) Cette ontologie articule distance et proximité en introduisant du virtuel au cœur d’une ontologie de l’actuel (soit, au cœur du numérique).
    24. 24. 21 AVRIL 2015 - 24 Ontologie des objets « sur le Web » ou thèse plus générique sur les objets ? 1/3 Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 24 “Computer scientists have ended up having to face all sorts of unabashedly metaphysical questions. (…) More recently, they have been taken up anew by network designers wrestling with the relations among identifiers, names, references, locations, handles, etc., on the World Wide Web.” (Brian Cantwell Smith, On the Origin of Objects).
    25. 25. 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 25 Ontologie des objets « sur le Web » ou thèse plus générique sur les objets ? 2/3 - 25 “the presence of an object inherently involves its absence. The reason is simply the standard one: in order for a subject to take an object as an object, there must be a separation between them – enough separation to make room for intrinsic abstraction, of detachment, of stabilization. So it is essentially an ontological theorem of this metaphysics that no object, for any given subject, will be wholly there, in the sense of being fully effectively accessible. Or, to put it more carefully: in order to be present ontologically – i.e., in order to be materially present – an object must also be (at least partially) absent metaphysically, in the sense of being partly out of effective reach. [je souligne]” (Brian Cantwell Smith, On the Origin of Objects). Des deux voies distinguées par Smith, la première, la moins « prudente », semble davantage convenir aux enseignements de l’architecture du Web. Parce qu’aucun objet n’est intégralement présent, il ne peut être, en tant que tel, pleinement et effectivement accessible. C’est le cas des ressources qui radicalisent en quelque sorte cette leçon.
    26. 26. Ontologie des objets « sur le Web » ou thèse plus générique sur les objets ? 3/3 00 MOIS 2011EMETTEUR - NOM DE LA PRESENTATION - 26 Objectité, vague et virtuel L’objecti(vi)té au sens de Smith suppose un écart que l’ontologie du vague, nécessaire pour penser les êtres sociaux, permet de caractériser. Le vague du social n’empêche pas de penser la résistance qu’oppose le monde ou l’agentivité qui commande l’appréhension du monde en termes d’objets. On est amené à irrémédiablement associer les dimensions ontologiques et épistémiques dès lors que l’on pose des types ontologiques.
    27. 27. Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web 21 AVRIL 2015 - 27 Des processus aux opérations Sous-titre facultatif 3
    28. 28. Point d’arrivée/Nouveau point de départ 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 28 Bilan (1/2) On a emprunté à Pierre Livet et Frédéric Nef le concept de processus pour prolonger les analyses des architectes du Web. On a également repris la « métaphysique empirique » (Latour) de ces derniers pour caractériser le Web et ses grands types (URI, ressource, représentation, littéraux – cf. article), ce que Tim Berners-Lee nomme « l’ingénierie philosophique ».
    29. 29. Point d’arrivée/Nouveau point de départ 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 29 Bilan (2/2) Ceci nous a permis de tirer un certain nombre de conséquences plus vaste sur l’objectité (ce qui fait d’un objet un objet), à partir des enseignements de l’architecture du Web - à condition de les prendre au sérieux : importance du virtuel, du vague et de la distance, de la régularité, constitution dynamique de l’objet, caractère pluriel des représentations qui l’actualisent, etc.).
    30. 30. Une réflexion sur l’ontologie 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 30 Est-ce suffisant ? (1/2) Il est possible de retracer le processus suivi par les architectes du Web pour dégager les grands principes qui ont donné naissance au Web et en fonction desquels il a évolué à mesure que des investissements de forme ont été réalisé pour transférer son existence de quelques prototypes sommairement documentés aux recommandations qui le décrivent désormais (voire aux grands principes qui les animent et leur servent de boussole). Ces distinctions font partie du système, il faut les indiquer et s’assurer de leur viabilité. C’est le rôle du TAG (Technical Architecture Group) au sein du W3C.
    31. 31. Une réflexion sur l’ontologie 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 31 Est-ce suffisant ? (1/2) Peut-on en faire de même s’agissant des philosophes ? Peut-on demander à Pierre Livet (oui, car il s’est posé la question !) d’où il tire sont concept de processus par exemple ?
    32. 32. Ontologie vs Epistémologie 1/2 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 32 D’une difficulté actuelle Il est difficile de poser cette question car les philosophes ont tendance à dissocier, voire opposer, les choses de la connaissance des choses. Les choses sont et elles n’ont pas besoin que nous les connaissions pour être. Soit on tait tout simplement cette interrogation concernant notre connaissance de leur être ; soit on pourra théoriser l’impossibilité de connaître l’être des choses au motifs qu’un accès à celles-ci par le biais de la connaissance nous en coupe par définition. On reconnaîtra des positions récemment défendues par le réalisme spéculatif (RS).
    33. 33. Ontologie vs Epistémologie 2/2 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 33 D’une difficulté actuelle - Le RS radicalise le geste latourien consistant à séparer épistémologie et ontologie au profit de la seconde (ceci, pourrait-on dire, afin de se redonner des objets intéressants, inscrits dans le monde et dotés d’agentivité). - La lecture philosophique du RS (G. Harman en particulier) ne retient que l’anti-kantisme primaire de la démarche et le fait que toute connaissance en tant que relation d’accès à l’objet empêche de concevoir l’être de ce dernier. - La philosophie empirique voulue par Latour se renverse alors en ontologie spéculative rétive à toute saisie des objets par l’enquête.
    34. 34. Autre voie : ensembles vs opérations 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 34 Des réserves de distinctions Contrairement aux apparences (les ressources étant toutes identifiées par des URI), l’ontologie promue ici ne sera pas ensembliste. Elle ne livre pas des individus mais des opérations. - Ex. à partir de l’ensemble vide {} = 0 on peut imaginer répéter plusieurs fois la même opération pour distinguer cet ensemble de l’ensemble {{}} = 1, {{},{{}}} = 2, etc. L’ajout des accolades ne distingue pas seulement un ensemble mais fournit une réserve de distingueurs à partir desquels il est possible de générer récursivement la suite des entiers naturels.
    35. 35. L’ontologie comme structure de distinctions 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 35 Une approche plus générale que l’ontologie classique L’approche visée est plus générale que l’approche classique orientée vers les choses (voire que celle qui cherche à les évider en spéculant à leur propos !) : cf. F(x).  x, on l’a vu, n’est pas une substance mais une variable. x est une réserve de distingueurs.  F( ) permet d’opérer des distinctions sur cette réserve de distingueurs.  F(a) indique une valeur particulière de la fonction F pour a, une nouvelle distinction.
    36. 36. L’ontologie comme structure de distinctions 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 36 Une approche plus générale que l’ontologie classique Pour comprendre ce qui permet à F( ) de distinguer, il faut distinguer F( ) et passer d’une logique du premier ordre à une logique du second ordre : G(F). L’ontologie classique présuppose les distinctions mais les distingueurs qui les rendent possibles ne sont pas eux-mêmes distingués.
    37. 37. L’exemple de la ressource 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 37 Le ressource comme fonction : ensemble ou opérations ? Fielding lui-même compare la ressource à une fonction sur un mode ensembliste qui demande peut-être à être amendé : “a resource R is a temporally varying membership function M R (t), which for time t maps to a set of entities, or values, which are equivalent. The values in the set may be resource representations and/or resource identifiers. A resource can map to the empty set, which allows references to be made to a concept before any realization of that concept exists—a notion that was foreign to most hypertext systems prior to the Web” (Fielding et Taylor 2002)
    38. 38. L’exemple de la ressource 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 38 Le ressource comme fonction : ensemble ou opérations ? A lire ce passage, on se rend compte que la ressource ne fait pas tant référence à un ensemble déjà distingué qu’à la faculté d’opérer de nouvelles distinctions (ou l’incapacité en cas de panne), de plus en plus sophistiquées. En témoigne la référence à l’ensemble vide, avant toute actualisation de la ressource. (t) (qui n’est pas lié uniquement au temps) représente alors la réserve de distingueurs (représentations et URI) à partir desquelles la ressource MR ( ) va permettre d’opérer de nouvelles distinctions.
    39. 39. L’ontologie classique et les distinctions 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 39 L’ontologie classique et la distinction Sinn/Bedeutung La conception frégéenne se construit sur une dualité entre des référents (par exemple la planète Vénus) et des sens associés à ces référents (par exemple, la qualification « d’étoile du soir » ou « d’étoile du matin »). Cette distinction permet de reconstruire les trois positions dominantes à l’heure actuelle en métaphysique. 1. Selon la première, la position aristotélicienne, les substances (particulières) constituent la cible d’une opération de référence, tandis que les propriétés (universelles comme particulières) sont les corrélats des prédicats. 2. La suivante, la position nominaliste classique, pose que la référence est faite à des substrats particuliers, et la signification implique la contribution de propriétés particulières. 3. Enfin, selon la dernière, d’inspiration « occamienne renouvelée » (ontologie de tropes), les référents sont identifiés par la comprésence de qualités particulières (de propriétés concrètes) et les significations liées par des similarités entre qualités ou propriétés particulières.
    40. 40. L’ontologie des opérations de distinction 1/5 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 40 Une ontologie dynamique Le mode de structuration est donc plus fondamental que le genre des entités examinées. Cette approche, dynamique et relationnelle, demande à être prise en compte plus sérieusement par les ontologies philosophiques, généralement centrées sur des entités statiques.
    41. 41. L’ontologie des opérations de distinction 1/5 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 41 Une ontologie dynamique Dans cette perspective dynamique, les vieux dualismes de l’ontologie philosophique se réduisent à la dualité de deux opérations : a) distinguer des items – essayer de les identifier, même de manière relative ; b) les rendre, ainsi que leurs articulations, explicites.
    42. 42. L’ontologie des opérations de distinction 2/5 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 42 Indistinction et implicite L’explicitation débute avec une opération basique de distinction qui distingue des items précédemment non distingués. Pour rendre explicites les articulations entre items distingués, elle use implicitement d’autres items, non encore distingués. La définition du type de ces entités est donc relative à l’étape du processus d’explicitation considérée.  Parce que les distinctions sont de grain grossier à l’entame du processus, plusieurs genres d’entités demeurent indistingués à cette étape.
    43. 43. L’ontologie des opérations de distinction 3/5 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 43 Une ontologie triadique : trois stades 1) Le type ontologique d’une entité qui n’est pas distinguée d’autres entités peut cependant se manifester dans une pratique ou un usage, en restant implicite. 2) Le type d’une entité est distingué et demeure non explicité quand elle a été captée mais que les façons qu’elle a de se distinguer d’autres types d’entités (qui lui serviraient de « distingueurs ») ne sont pas elles-mêmes distinguées. 3) Le type d’une entité est explicite quand les façons qu’elle a de se distinguer d’autres entités ont elles-mêmes été distinguées.
    44. 44. L’ontologie des opérations de distinction 4/5 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 44 Une ontologie triadique : un processus récursif Cette base triadique donne lieu à un processus récursif dès lors qu’il devient possible de : 1) distinguer des entités en usant d’autres entités pour les distinguer (étape 2 de la diapositive précédente), 2) de rendre explicites ces distinctions précédentes en distinguant les distingueurs au moyen de nouveaux distingueurs (étape 3 de la diapositive précédente), 3) de rendre explicite ces distingueurs en les distinguant à l'aide de nouveaux distingueurs, et ainsi de suite.
    45. 45. L’ontologie des opérations de distinction 5/5 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 45 Une ontologie triadique : un processus récursif Un tel développement récursif permet d’intégrer les processus dynamiques dans la sphère de l’ontologie plutôt que de présupposer des entités statiques, définies une fois pour toutes. Au cours de son développement, ce processus charrie avec lui de nouveaux distingueurs, permettant de poser, en chemin, de nouvelles distinctions. Nous progressons ainsi pas à pas, du plus grossier vers le plus fin.
    46. 46. Opérations de distinction et ontologie classique 1/8 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 46 Ontologies classiques : Substances Les substances se peuvent distinguer d’autres substances : des substances particulières usent alors d’autres substances particulières en guise de distingueurs. Dès lors qu’à la première étape nous nous focalisons sur la substance, nous présupposons à minima d’autres substances pour être en mesure de distinguer cette substance initiale. Néanmoins, ces substances, utilisées en guise de distingueurs, ne sont pas elles-mêmes distinguées, elles demeurent indistinguées.
    47. 47. Opérations de distinction et ontologie classique 2/8 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 47 Ontologies classiques : Qualités, relations Comment distinguer des substances particulières de qualités particulières ? Si les substances se distinguent des qualités, usant par là-même des qualités en guise de distingueurs, quels traits des substances et des qualités permettent de les distinguer les unes des autres ?
    48. 48. Opérations de distinction et ontologie classique 3/8 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 48 Ontologies classiques : Qualités, relations Nous pourrions répondre en mobilisant un nouveau type d’entités, le type des relations. Par exemple, si la « qualité » et non la « substance » constitue la catégorie de base, la relation de comprésence entre qualités (une qualité est comprésente à une autre si toutes deux coexistent dans un même faisceau ou bundle de qualités) construit le substrat à partir de ces qualités (au même niveau que les qualités et la relation).
    49. 49. Opérations de distinction et ontologie classique 4/8 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 49 Ontologies classiques : Genres et universaux De même, si nous admettons une différence entre deux genres d’entités (substances et qualités), nous avons usé non seulement de la relation de différence mais aussi, à un autre niveau, des genres comme nouveau type d’entités – qu’on peut assimiler à des genres ou universaux.
    50. 50. Opérations de distinction et ontologie classique 5/8 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 50 Trois possibilités À la suite de cette étape, nous avons envisagé trois possibilités : - la première, qu’il n’y ait que des substances ; - la seconde, que nous pourrions uniquement avoir des qualités et une relation – si ce que l’on appelle des substances résultent de la comprésence de qualités; - la troisième, que nous n’ayons que des relations – si nous considérons la comprésence et la similarité (ou la différence) comme plus fondamentales que leurs relata.
    51. 51. Opérations de distinction et ontologie classique 6/8 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 51 Retour sur la seconde possibilité Dans la foulée de la seconde possibilité (visant par exemple à différencier les substances des qualités par exemple, pour ce qui est de la première possibilité), nous pourrions aboutir à des genres (ou universaux), des relations ou les deux. Pour rendre ultérieurement explicite en tant que distingueurs le ciment ou la connexion articulant une substance et ses qualités il faudrait rendre explicite le distingueur de cette substance et de ces qualités, soit la relation entre la substance et les qualités. (Si la qualité est un universel, la substance exemplifie cet universel, et la relation est une relation d’exemplification. Si la qualité est un particulier, nous avons besoin, outre la relation de comprésence, d’une relation d’instanciation, étant donné qu’une comprésence particulière est une instanciation d’une relation universelle de comprésence.)
    52. 52. Opérations de distinction et ontologie classique 7/8 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 52 Les types flottants 1) A cours de la première étape 0  les entités sont indistinguées. 2) Au cours de l’étape 1  émergent des particuliers (nous ne savons pas encore s’il s’agit de substances, de qualités ou de relations, ni même d’exemplification ou d’instanciation d’universaux. 3) Au cours d’étape 2  nous distinguons parmi les particuliers, qualités et substances par ex. Dans ce cas, les relations, s’il y en a, ne sont pas encore distinguées et ne le seront qu’au cours d’une troisième étape à venir.
    53. 53. Opérations de distinction et ontologie classique 8/8 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 53 Les types flottants Le type ontologique spécifique d’une entité est défini en conformité avec l’étape à laquelle il a été nécessaire de le distinguer d’autres types ontologiques. Jusqu’à cette étape, le type ontologique d’une entité peut être considéré comme un « type flottant », encore indéterminé au regard d’une pluralité de types encore possibles).
    54. 54. Opérations de distinction et ontologie du Web 1/8 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 54 Plusieurs étapes L’ontologie du Web est une ontologie dynamique en vertu d’un processus de distinctions de nature triadique plutôt que dualiste. Sur le Web, l’ontologie et les explicitations sont conditionnées par le processus de développement du réseau et de ce fait fonction des différentes étapes dudit processus, considéré sous un jour récursif.
    55. 55. Opérations de distinction et ontologie du Web 2/8 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 55 Plusieurs étapes En ce sens, le Web Sémantique – le Web qui requiert des ontologies, pourrait conserver les traits du Web social, dans lequel les folksonomies émergent du libre tagging par les utilisateurs et de la réunion, à différentes échelles et selon des paliers successifs, de leurs tags les uns avec les autres.
    56. 56. Opérations de distinction et ontologie du Web 3/8 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 56 Plusieurs étapes La dynamique consistant à rendre explicites les types flottant de manière récursive semble fournir une propriété fondamentale de l’ontologie des Web 2.0 et 3.0, et pourrait bien caractériser toute ontologie philosophique qui inclurait son propre processus d’explicitation.
    57. 57. Opérations de distinction et ontologie du Web 4/8 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 57 Le trajet n’est pas unidirectionnel Ex. du tagging : si la complexité croissante des distinctions permet de spécifier avec un grain toujours plus fin le tag singulier, à l’inverse, pour en revenir à la folksonomie il est nécessaire de relâcher ces contraintes de manière à faire coexister simultanément différents niveaux ontologiques de grain variable.
    58. 58. Opérations de distinction et ontologie du Web 5/8 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 58 Le trajet n’est pas unidirectionnel Il semble ainsi loisible d’enclencher un processus de développement ontologique non seulement de manière ascendante, en partant de distinctions grossières pour embrasser des distinctions toujours plus fines, mais également de manière descendante, en repartant, à rebours, des strates explicitées vers un niveau de plus grande indistinction.  Une manière de se montrer à nouveau plus libéral qu’à l’ordinaire vis-à-vis des catégories ontologiques, étant entendu que tous ces niveaux présentent une pertinence du point de vue ontologique.
    59. 59. Opérations de distinction et ontologie du Web 6/8 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 59 Distinction et indistinction, explicitation et « implicitation » Les opération qui distinguent des distinctions donnent lieu à des explicitations alors qu’à l’inverse, les opérations qui les renvoient dans l’implicite prennent les traits de ce que l’on nommera des « indistinctions » ou des « implicitations ».
    60. 60. Opérations de distinction et ontologie du Web 7/8 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 60 Distinction et indistinction, explicitation et « implicitation » Le recours à une ontologie d’opérations autorise une meilleure prise en compte des distinctions locales, entées sur la réalité du Web, sans nécessiter l’import immotivé de catégories philosophiques non seulement stables mais aussi exogènes (le point de départ retenu ici découle à la fois de l’analyse opérée par les architectes du Web dans les standards et des types qu’elle met en jeu).
    61. 61. Opérations de distinction et ontologie du Web 8/8 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 61 Distinction et indistinction, explicitation et « implicitation » C’est l’autre enseignement important : il n’y a pas d’état initial absolu ou d’état zéro doté de primitive(s) originelle(s) mais des démarrages qui sont en fait des redémarrages, isolant certaines primitives dans des contextes plus ou moins locaux.
    62. 62. Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web 21 AVRIL 2015 - 62 Asymétrie et construction du réseau Sous-titre facultatif 4
    63. 63. Le Web n’est pas une réalité ultime 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 63 À l’inverse d’une tentative visant à épuiser a priori la diversité des types, incarnée par l’analyse des systèmes philosophiques de Jules Vuillemin, la dynamique bidirectionnelle du processus « d’explicitation » ne met en évidence aucun socle ontologique ultime reposant sur des entités statiques. Le Web lui-même n’est pas une « réalité ontologique ultime », bien plutôt un projet technique en constant devenir, à faire, dont l’architecture, pour demeurer stable, n’en est pas moins sujette à des agencements changeants, portés par des opérations distinguant (ou indistinguant) autant d’entités.
    64. 64. Les distingueurs sont explicités sur le Web 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 64 Being is use (or building the network) Les analyses précédentes mettent l’accent sur l’importance des relations constitutives (distinction/indistinction) qui induisent des propriétés nouvelles dans leurs termes. Qui plus est, on ne peut pas tout expliciter, il faut donc disposer toujours de distingueurs qui n’ont pas été utilisés. Sur le Web, les distingueurs sont explicités par ceux qui construisent le réseau (plus encore que par ceux qui l’utilisent) : architectes, moteurs de recherche, etc. On ne peut ignorer cette dimension qui constitue, on l’a vu, un défi pour l’ontologie classique.
    65. 65. Google et la mesure/performation du Web 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 65 L’exemple de Google Google crée un réseau en opérant, à partir des réalités induites par l’architecture du Web et par les interactions des utilisateurs, une mesure citationnelle du Web qui substitue aux pointeurs des liens entre des pages stabilisées dans son index.  Par ce biais, il typifie les entités mises en relation.
    66. 66. Ontologie explicite 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 66 L’exemple de Google Il en fait de même à partir des situations de ceux qui interagissent avec ces entités (via l’analyse de leur historique, les informations envoyés à chaque interaction en ligne, etc.).  La nature de entités typifiées évolue donc sans arrêt et selon des modalités qui échappent aux utilisateurs. Cette ontologie est donc plus explicite que celle des métaphysiciens.
    67. 67. Accès ouvert 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 67 L’exemple de Google Néanmoins, il convient de rendre transparents les dispositifs opérationnels du Web afin de garantir un accès vraiment ouvert. C’est le cas concernant les standards du W3C, et notamment ceux qui touchent à l’architecture du Web, que chacun peut consulter. Ce n’est pas le cas des algorithmes utilisés par Google (avec, par exemple, la question de la recherche dite naturelle par opposition aux résultats sponsorisés, et du caractère étanche – ou non – de ces deux modalités).
    68. 68. Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web 21 AVRIL 2015 - 68 Pistes ouvertes ou à ouvrir Une approche de la sémantique des URI 5
    69. 69. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 69 La sémantique bidimensionnelle En construisant des matrice on peut représenter des situation de communication comparables. Pierre Paul Jacques <Pierre, a1, t1> Pierre Pierre Pierre <Paul, a2, t2> Paul Paul Paul <Jacques, a3, t3> Jacques Jacques Jacques Matrice bidimensionnelle pour « je »
    70. 70. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 70 La sémantique bidimensionnelle Les lignes représentent ici le contexte de visée et les colonnes un contexte donné. La rencontre entre les deux permet de déterminer le référent. Si celui-ci est donc sensible au contexte d’usage, le rôle sémantico-pragmatique considéré est toujours désigner le bon référent une fois placé dans le bon contexte d’usage. Ceci permet d’apposer la valeur de vérité dans chaque case de la diagonale, à supposer que colonnes et lignes aient été bien ordonnées en fonction du rôle sémantico-pragmatique de la relation considérée – ici, le rôle du locuteur dans la phrase).
    71. 71. Parenthèse Smith 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 71 Sémantique bidimensionnelle et l’ontologie des ressources En suivant B. C. Smith, on est conduit à appréhender les lois de la physique sous un angle « fondamentalement déictique ». Selon l’interprétation classique de ces phénomènes, dont la source remonte aux travaux de David Kaplan consacrés aux démonstratifs, la signification abstraite d’une expression déictique demeure stable, quand, dans le même temps sa référence particulière varie selon le contexte d’usage (ce que les matrices bidimensionnelles convoquées précédemment), et ce, note Smith, de manière systématique (en fonction d’une règle, qui n’est rien d’autre que la signification ou le rôle sémantico-pragmatique dont il était question).
    72. 72. Parenthèse Smith 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 72 Sémantique bidimensionnelle et l’ontologie des ressources Pour appuyer sa comparaison avec la physique des champs, Smith compare ce schéma à la situation d’un aimant utilisé dans un établi pour ramasser des trombones. L’attraction magnétique exercée s’y révèle constante et systématique (gouvernée par des lois ou des règles), à l’instar de la signification (ici, le rôle sémantico-pragmatique). A l’inverse, les objets attirés, ses « référents », sont tous des particuliers qui varient en fonction de l’usage.
    73. 73. Parenthèse Smith 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 73 Sémantique bidimensionnelle et l’ontologie des ressources “Suppose I pick up a magnet in the workshop, using it first to clean off the drill press table, then to retrieve some paper clips from the floor. In the abstract, magnetic attraction, like meaning, is systematic and constant. (…). Again, it is also why we know how to use a magnet in new and different situations, without having to learn any new facts. But although magnetic attraction in general is abstract, the attracted items, like referents, are particular. And once again what is attracted depends on use, not on token. I have just one (token) magnet in my workshop; but I use it on different occasions to pick up different things: yesterday, filings from the drill press; today, paper dips..
    74. 74. Parenthèse Smith 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 74 Sémantique bidimensionnelle et l’ontologie des ressources In both cases [l’indexicalité et les lois de la physique], the governing laws (regularity, habits) is an abstract but constant universal that maps particular occurrences – events, essentially – onto other particular occurrences or events, in a systematic way. (…) The crucial point of similarity, which is also the most difficult to say, has to do with the fact that the particularity of the result, referent of collected item, spreads out through space and time, in a kind of continuous egocentric (differential) way, until it captures the first entity that relates to the source or originating particular events in the mandated fashion.
    75. 75. Parenthèse Smith 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 75 Sémantique bidimensionnelle et l’ontologie des ressources In this way we arrive at our first moral. In virtue of the deictic nature of its constitutive regularities, the physical substrate sustains exactly the sort of token- reflexivity that Strawson and many others have seen as a necessary constituent in the particularity of object reference.
    76. 76. Parenthèse Smith 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 76 Sémantique bidimensionnelle et l’ontologie des ressources Recognizing this fact, which has been obscured by differences in theoretical framing, represents a substantial step towards meeting the "world as One" mandate of naturalism. In particular, it shows one way in which physical and intentional phenomena are more similar than one might at first have thought. Perhaps it will please a Fregean physicist that the object of a magnet's reach is determined by the sense of its attraction. Or sober a proponent of situated language to realize that physics has been "situated" since the beginning.” (Brian Cantwell Smith, On the Origin of Objects)
    77. 77. Parenthèse Smith 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 77 Sémantique bidimensionnelle et l’ontologie des ressources La morale tirée par Smith, qui aboutit à traiter uniment les « phénomènes intentionnels » et les « phénomènes physique », tout en affirmant que l’mage physique du monde ne comporte pas la notion d’individu ou d’objet mais la présuppose. Ceci est particulièrement intéressant dans la perspective du Web où il semble en aller de même : la ressource, introuvable physiquement, étant néanmoins présuposée pour pouvoir parler d’objet (plus que d’individu).
    78. 78. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 78 Une sémantique multidimensionnelle On peut ne pas se limiter à deux dimensions quelles qu’elles soient et construire des matrices multidimensionnelles. On obtient un « vecteur d’information » n’est plus une fonction de deux mondes possibles mais de n mondes possibles.
    79. 79. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 79 Une sémantique de l’accès Ceci semble mieux ajusté au Web où le même pointeur (identifiant ou adresse) peut renvoyer à des contenus (représentations) différents et variant dans le temps et en fonction des interactions tout en ressortissant à un même référent (ressource). Ces n dimensions semblent correspondre à la notion d’accès qui est également adaptée aux réseaux dont les liens peuvent être différenciés au moyen de libellés (littéraux : tags, requêtes sur un moteur, etc.).
    80. 80. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 80 Une sémantique des accès multiples On augmentera le nombre de dimensions si l’on admet par exemple que l’on peut arriver à une même ressource via des pointeurs variés, des tags évocateurs de tel ou tel aspect d’un composant du contenu de la ressource ou encore des requêtes adressée à des moteurs de recherche.
    81. 81. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 81 Ressources vers pointeurs = « se signaler » Si l’on commence avec deux dimensions, on pourra associer en ligne, les composantes de la ressource (les représentations) et en colonne les requêtes qui utilisent le pointeur de la ressource. Le Web est censé être construit de telle manière que chaque requête utilisant le bon pointeur tombe au mieux sur les différents composants de la même ressource.
    82. 82. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 82 Ressources vers pointeurs = « se signaler » « Se signaler », c’est simplement assurer la communication par un faisceau dans le sens ressource (paramètres de ses composantes) vers pointeurs. Pointeur 1 Pointeur 2 <Paramètres de variation adressés 1, a, t> X 0 <Paramètres de variation adressés 2, a, t> 0 X
    83. 83. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 83 Pointeurs vers ressource = « déréférencer » Les lignes représentent les paramètres ou modalités en vertu desquels les représentations se différencient les unes des autres dans un contexte a (tel ou tel publisher ou autorité) et à un instant t. Les colonnes représentent l’autre extrême du processus, à savoir les URI qui conditionnent l’accès aux représentations (qui permettent de déclencher les interactions qui donnent accès aux états représentationnels modalisés selon certains paramètres).
    84. 84. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 84 Pointeurs vers ressource = « déréférencer » « Déréférencer », c’est simplement assurer la communication par un faisceau dans le sens pointeur(s) vers ressource. <Composantes de la ressource x, t> <Composantes de la ressource y, t> Pointeur 1 X 0 Pointeur 2 0 X
    85. 85. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 85 Pointeurs vers ressource = « déréférencer » En partant cette fois-ci des pointeurs, sont visées les représentations auxquelles on accède à partir d’une URI. En vertu de la négociation de contenu, qui ne pose aucune obligation à ce que soit mise en place une redirection vers de nouvelles IRI, cette relation ne saurait être fonctionnelle car elle peut déboucher, ponctuellement, sur une multitude de représentations.
    86. 86. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 86 Dimensions supplémentaires et sous-réseaux (1/2) Là encore, on peut ajouter une dimension supplémentaire si tel ou tel élément d’une ressource s’avère suffisamment spécifique en terme de contenu ou de format pour susciter par exemple un ou plusieurs tag non-pertinents pour qualifier d’autres éléments appartenant à trajectoire de la ressource. Ces libellés forment alors des sous-réseaux.
    87. 87. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 87 Dimensions supplémentaires et sous-réseaux (2/2) Ce sont autant de relations de similarités différenciantes entre les contenus des ressources qui, permettant de situer suffisamment d’éléments les uns par rapport aux autres, jouent le rôle de dimensions de plein droit – à condition qu’elle présentent quelque indépendance entre elles et ne soient pas réductibles à des combinaisons d’autres similarités.
    88. 88. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 88 Sémantique usuelle et sémantique multidimensionnelle La sémantique usuelle prétend arriver à un référent sous un concept et par là à une valeur de vérité. Ce qui compte sur le Web, pour permettre d’accéder aux composants d’une ressource, c’est qu’en partant par exemple d’une ressource, on puisse disposer d’un faisceau de composants accessibles grâce à des identifiants (composants qui, sans être identiques entre eux, conviennent à cette ressource).
    89. 89. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 89 Unicité du référent vs multiplicité des modalités d’accès Il n’y a donc ni fausseté ni négation et pas non plus de vérité à proprement parler puisque le vide, en guise de résultat, conserve l’unicité du faisceau.  La valeur de vérité étant alors remplacée par la réussite ou la convergence des accès (leur appartenance à un même faisceau). Il semble alors que supposer , dans le cadre du Web Sémantique, une unité de sens ou de référent (comme « objet ») du côté de la « ressource », adossée à une seul mode de représentation, en opposition à la diversité des modes d’accès, voire en l’offusquant purement et simplement, est en fait tout aussi dommageable et inexact que de supposer une stricte unité d’identifiant du côté de l’adressage.
    90. 90. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 90 Variété des fonctions d’accès et variété des contenus L’idéal du Web vise plutôt à garantir une grande liberté du côté de la fonction d’accès (le choix des pointeurs que l’on peut associer à des littéraux variés), et du point de vue de la variété des contenus des ressources (les modalités qu’empruntent les représentations : images, textes, vidéos, services interactifs, etc.).
    91. 91. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 91 Disposer d’un ordre ou le découvrir La sémantique bidimensionnelle généralisée suppose que chaque locuteur puisse connaître a priori le rôle sémantico-pragmatique qui permet de bien ordonner les lignes et les colonnes d’une matrice. Or, le formalisme matriciel implique seulement qu’on puisse trouver un ordre des lignes et des colonnes qui assure d’apposer « succès » dans chaque case de la diagonale, autrement dit qu’on puisse définir une condition d’auto-stabilité, une forme de point fixe. Une fois qu’on a trouvé cette stabilité, elle est notre repère, mais il faut d’abord la trouver, on n’en dispose pas a priori*.
    92. 92. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 92 Un paradoxe de la règle * ceci fait écho au fameux paradoxe de la règle et au fait qu’il est nécessaire pour un utilisateur d’inférer une ressource à partir de ses représentations, en l’absence de toute « définitions d’URI » dans les standards en dépit des propositions en ce sens.
    93. 93. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 93 Explorer tous les modes d’accès ? En un sens, le Web demande à admettre une sémantique où le contenu de la ressource demande d’explorer tous les « mondes possibles », soit, ici, tous les modes d’accès. Et ce dans les deux sens : pointeurs vers ressources et réciproquement. La question est alors « que devient, au gré de la multiplication des relations/dimensions, la propriété d’auto-stabilité de la diagonale ? ».
    94. 94. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 94 Convergence ou rayonnement A condition de toujours demeurer en capacité de relier ces représentations correctement à la ressource, ce qui suppose de se trouver sur la zone de concordance des multiples dimensions (l’homologue de la diagonale), la valeur de vérité étant alors remplacée par la réussite ou la convergence des accès (leur appartenance à un même faisceau). Outre la convergence, il faut aussi que les différents éléments qui participent d’une même ressource puissent se redistribuer en éventail (« fan out ») pour rayonner sur les différents contenus.
    95. 95. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 95 Convergence et rayonnement Pour que le Web ait du sens ou puisse servir d’échangeur pour des interactions sociales, il faut que tout contenu associé à une ressource renvoie à un identifiant, à un libellé ou à une requête, ce qui exige d’associer convergence et rayonnement.
    96. 96. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 96 Convergence et rayonnement Ces deux processus ainsi mis en évidence partent chacun d’une multiplicité , assurent une certaine unité et aboutissent à une autre multiplicité. Ils vont en sens inverse l’un de l’autre. Néanmoins, il n’est pas exigé qu’intervienne une correspondance terme à terme entre chacun des éléments de chacune de ces deux multiplicités mais à tout le moins que chaque processus fasse converger le faisceau à un moment donné, même si c’est ensuite pour le refaire diverger ou rayonner (et que cela marche dans les deux sens).
    97. 97. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 97 Faisceau Pour certains couples de dimensions, il sera possible de définir une diagonale. On ne pourra le faire sur l’ensemble des dimensions. Il sera toutefois nécessaire que les différentes diagonales obtenues puissent former ce que l’on a déjà nommé un « faisceau ».
    98. 98. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 98 Pointeurs de la ressource 1 Pointeurs de la ressource 2 <Faisceau 1, a, t> X 0 <Faisceau 2, a, t> 0 X Composantes de la ressource 1 Composantes de la ressource 2 <Faisceau 1, a, t> X 0 <Faisceau 2, a, t> 0 X Faisceau de composantes. Les cases de cette matrice et de la suivante équivalent chacune aux matrices présentées dans les tableaux précédents. Faisceau de pointeurs.
    99. 99. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 99 Stratifier les faisceaux à diverses échelles du Web On peut stratifier la notion de faisceau elle-même, sans oublier le périmètre de la convergence ou du rayonnement qu’elle implique, selon l’échelle adoptée. Distinguons ainsi : 1) L’idée d’un faisceau de versions à l’échelle d’un publisher (ce qui constitue déjà la problématique au cours de l’architecture du Web, soit la coordination entre des URI, les ressources qu’elle identifient et des représentations que ces dernières qualifient).
    100. 100. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 100 Stratifier les faisceaux à diverses échelles du Web 2) des faisceaux de pointeurs à l’échelle du Web, qui évoque plus immédiatement le Web Sémantique. 3) des faisceaux de versions et de pointeurs à l’échelle du Web (ex. des articles de presses republiés sur d’autres par d’autres publishers). 4) des faisceaux de version et/ou d’adresses, et/ou de tags, et/ou de libellés à l’échelle du Web.
    101. 101. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 101 L’identité sur le Web L’identité sur le Web repose sur un pari incertain, à savoir que les trajets des variations associées à différentes ressources expriment une compatibilité vis-à- vis de ressources dont ils ne dépendent pas directement. Il faudrait donc disposer d’une autre diagonale que celle considérée jusqu’ici.
    102. 102. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 102 Identité sur le Web et pertinence Supposons en effet que des faisceaux soient « suffisamment identiques » à d’autres faisceaux, la diagonale envisagée jusqu’à présent ne saurait en tout logique marquer la pertinence à les voir associés les uns aux autres. Elle marque au contraire l’identité en considérant des ressources auxquelles des faisceaux se rattachent directement. C’est pourquoi, en partant d’un faisceau pivot, l’indicateur de pertinence recherché correspond cette fois aux complémentaires des diagonales considérées précédemment.
    103. 103. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 103 Pointeurs de la ressource 1 Pointeurs de la ressource 2 <Faisceau 1, a, t> X 0 <Faisceau 2, a, t> 0 X Composantes de la ressource 1 Composantes de la ressource 2 <Faisceau 1, a, t> X 0 <Faisceau 2, a, t> 0 X Comparaisons entre faisceaux de versions. Comparaisons entre faisceau de pointeurs.
    104. 104. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 104 Normativité sémantico-pragmatique Cette condition sur les faisceaux fait ressortir une condition plus générale que celle de l’auto-stabilité de la diagonale comme pure combinatoire à savoir la normativité sémantico-pragmatique. - Pragmatiquement, tout utilisateur d’un pointeur (ou lanceur d’une requête) doit obtenir une réponse, fut-ce une réponse qui revient à dire « ce pointeur ne correspond à rien, à aucune ressource ». Ou encore « cette ressource n’a aucun contenu associé » (deux codes Http différents). - Sémantiquement, les contenus doivent être appropriés aux pointeurs, littéraux (tags) ou labels de requêtes adressées à des moteurs.
    105. 105. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 105 Sémantique multidimensionnelle ontologies des opérations Un pointeur distingue une ressource mais il n’explicite pas les éléments spécifiques de la ressource (utilisés comme distingueurs les uns par rapport aux autres). Des libellés peuvent être employés pour distinguer des spécificités de la ressource et/ou de ses contenus (en associant ces libellés à différents pointeurs de la ressource).  Ces opérations aboutissent, en d’autres termes, à de nouvelles formes d’explicitations.
    106. 106. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 106 Sémantique bidimensionnelle Cela reste dynamique et récursif car si les spécificités des éléments de la ressource inspirent des tags, ces tags doivent à leur tour demeurer cohérents au regard de leur faisceau d’appartenance et permettre de retrouver la ressource, d’où des ajustements en fonction des nouvelles représentations générées au fil du temps.
    107. 107. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 107 Différentes échelles de coordination Architectes, programmeur er publishers sur le Web doivent garantir : 1) La correspondance entre pointeurs, ressources et composantes de la ressource (point de vue de l’architecture du Web) 2) La pertinence des liens sémantiques (Web Sémantique) 3) La pertinence des liens interactionnels (Web social) La coordination exigée se stabilisera dans tous les cas à mesure que les faisceaux assureront effectivement les convergences qui leur sont demandées.
    108. 108. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 108 Renforcement des liens Les liens appelés à se renforcer sont ceux qui sont utilisés avec succès (l’utilisation et la mesure de cette utilisation étant dès lors indissociables). On peut supposer que de tels liens minimiseront les phénomènes d’équivocité et l’accès à des contenus sans rapports avec les attentes induites chez les utilisateurs. A l’inverse, certains lien surprenants peuvent jaillir de nouvelles connexions. Celles qui se renforcent sont alors celles qui sont empruntées.
    109. 109. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 109 Différentes associations, différentes normativités Nous pouvons découvrir dans les relations ainsi renforcées des liaisons catégorielles fondamentales, comme nous pouvons voir émerger des liens métaphoriques voire des associations qui ont l’arbitraire, le succès et le caractère éphémère d’une mode. Il reste que ces liens qui émergent ont bel et bien une certaine normativité, fût- elle temporaire ou mieux enracinée.
    110. 110. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 110 Autoréférence et structure ontologique On notera enfin, dans le recours aux matrices multidimensionnelles, un effet d’autoréférence du Web vis-à-vis de sa propre structure. Un réseau sous forme de graphe se définit par la matrice qui indique ceux de ses nœuds qui sont connectés. Il utilise différents labels nécessitant de définir différents types de connexions*, donc de construire des matrices multidimensionnelles. * Selon un principe potentiellement récursif à son tour : sur le Web Sémantique les liens seront des URI qui utiliseront d’autres URI en guise de distingueurs (différentes relations, distinguées les unes des autres au moyen d’autres URI qui en livrent une caractérisation formelle au sein d’un schéma ontologique). Mais des littéraux (par ex. des tags) pourront également faire office de liens, d’un autre type. Et ces liens pourront à leur tour être traités comme des ressource (en leur associant des URI), distinguant ces URI et ces ressources de les représentations associées (et ces représentations les unes par rapport aux autres, à l’instar des collections d’URI qu’un tag doté d’une URI agrège). Les interfaces sont également très importante pour construire ces sous-réseaux qui autrement, s’appuient essentiellement sur les même éléments techniques de bases (songeons à ce qui distingue LinkedIn, Pinterest et Facebook).
    111. 111. Quelle sémantique pour les URI ? 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 111 Structure récursive et schéma ontologique du Web  La structure qui préside à la construction progressive du réseau du Web nous fournit ainsi, en fin de compte, le schéma de son ontologie.
    112. 112. Ce que je n’ai pas évoqué et qui n’a pas encore été travaillé 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 112 Ontologie d’opération et ANT (1/2) L’idée de prendre au sérieux la nature du Web et ses opération de constitution (y compris sous forme de réseau) doit nous amener à une comparaison avec l’ANT. Même si les réseaux de l’ANT ne sont pas les réseaux du Web (et l’ANT y a beaucoup insisté), il n’empêche que le Web fournit à l’ANT un terrain d’expérimentation privilégié.
    113. 113. Ce que je n’ai pas évoqué et qui n’a pas encore été travaillé 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 113 Ontologie d’opération et ANT (2/2) En même temps, des différences sont apparues. Nous n’abandonnons pas (à l’instar de Brian Cantwell Smith) un certain nombre de concepts laissés de côté par l’ANT : le social (et le vague qui le caractérise), la représentation, le référent, l’individuation, la dimension épistémique, etc.
    114. 114. Ce que je n’ai pas évoqué et qui n’a pas encore été travaillé 21 AVRIL 2015Alexandre Monnin- Architecture et ontologie du Web - 114 Ontologie d’opération et controverse sur le Web Mon projet de recherche chez Inria vise à mieux prendre en compte la controverse du point de vue de l’architecture du Web et du Web Sémantique (en intégrant les sous-réseaux qui lui sont associés et qui ajoutent des connexions qui dépasse les définitions factuelles privilégiées sur les factbases ou DBpedia par exemple). Du point de vue des fondations théoriques, penser l’ontologie du Web afin de poser la question du pluralisme, de la transformation des objets par la controverse, de l’importance des relation constitutives, etc. constitue un enjeu crucial.
    115. 115. Merci

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