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Fiche pédagogique "Guerre d’Algérie et immigration algérienne" 1958-1962

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Proposée par Véronique Servat, enseignante d’Histoire Géographie, pour les élèves de Troisième et de Première. Cette séquence sous la forme de diaporamas, permet à partir de frises chronologiques et de nombreux documents de différentes natures (coupures de presse, photographies, extraits d’ouvrages historiques ou de déclarations politiques de l’époque) d’étudier les lieux, les acteurs et les enjeux de la guerre d’indépendance algérienne.

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Fiche pédagogique "Guerre d’Algérie et immigration algérienne" 1958-1962

  1. 1. GUERRE D’ALGERIE ET IMMIGRATION ALGERIENNE : DE LA V° RÉPUBLIQUE A L’INDEPENDANCE 1958-1962. EN ALGÉRIE EN FRANCE Août : La Fédération de France du FLN décide d’ouvrir un second front. Septembre : Création du Gouvernement Provisoire de la République algérienne (GPRA). 1958 Septembre : La Constitution de la V° République est approuvée par referendum. Janvier : Ouverture du centre d’identification de Vincennes. 1959Septembre : Lors d’une allocution de Gaulle prononce pour la 1ère fois le mot « autodétermination » en parlant de l’Algérie. Octobre : Saisie du livre «La Gangrene » aux éditions de Minuit sur la Torture en Algérie.. Fin janvier : Semaine des barricades à Alger. Février : Découverte du réseau Jeanson Février : 1ère bombe nucléaire française explose dans le Sahara. Manifeste des 121. 1960 Décembre : Lors du voyage de de Gaulle en Algérie des manifestations ont lieu pour ou contre « l’Algérie algérienne ». Janvier : 75% de oui au referendum sur l’autodétermination de l’Algérie. Avril : Echec du Putsch des généraux et 17 octobre 61 : manifestation violemment 1961 création de l’OAS. réprimée des Algériens de Paris à l’appel du FLN. (Ci-contre Photographie d’Élie Kagan©BDIC) © Janvier : Intensification des attentats de l’OAS en France et en Algérie. 8 février 1962 : Manifestation contre l’OAS et pour la paix en Algérie à Mars: Accords d’Évian Paris. Les violences policières font 9 morts. Cessez le feu en Algérie Avril : Les accords d’Evian sont approuvés par referendum en 1962 métropole. 1 & 5 juillet 1962 : Les Algériens votent à 99,7% pour l’indépendance qui Août : attentat de l’OAS contre de Gaulle. est proclamée 4 jours plus tard.
  2. 2. Automne 1958 : la nouvelle donne. La Constitution de la V° République est soumise au vote des français par referendum et approuvée.Le FLN a été dominé par l’armée française dans la bataille d’Alger en 1957. Laprésence militaire française en Algérie s’intensifie : 450 000 hommes en 58contre 50 000 combattants de l’ALN à cette même date. Devant cettesituation militaire et les évolutions politiques en France, le partiindépendantiste décide d’ouvrir un 2nd front en France. Cette stratégie estmise en œuvre dans la nuit du 24 au 25 août 1958 se traduisant par une séried’actions violentes sur le territoire métropolitain.
  3. 3. L’Algérie à la croisée des chemins : ouvertures politiques, enjeux stratégiques et tensions sociales. (septembre 59-février 60). Le 16 septembre 59 lors dune allocution télévisée De Gaulle prononce pour la première fois le mot « autodétermination » en parlant de l’Algérie Le mot et les options qu’il recouvre pour l’avenir de l’Algérie ( association ? sécession ? Francisation ?) ouvre la porte à différentes interprétations, suscitant les espoirs des partisans d’une évolution du statut de l’Algérie, la déception des partisans de l’indépendance, les craintes des français d’Algérie. Voir l’allocution télévisée du Général de Gaulle. En janvier 1960, entre de Gaulle et les Français d’Algérie, la rupture est consommée. Voir un reportage d’actualité sur la semaine des barricades. L’explosion de la première bombe nucléaire française à Reggane dans le Sahara en février 1960 donne une importance stratégique nouvelle à l’Algérie. Avec cet espace désertique, la France dispose d’une base idéale pour ses essais nucléaires dans un monde engagé dans la guerre froide et la course aux armements.
  4. 4. Français et Algériens : la guerre en métropole (1) Les intellectuels français entre engagement, insoumission et obéissanceLe réseau Jeanson : Manifeste des 121 contre Manifeste des Intellectuels Français :Le réseau Jeanson se constitue autour de Francis Jeanson Au bas de ce texte intitulé Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la(photographié ci-dessous) et sa femme Colette et réunit universitaires, guerre d’Algérie, 121 intellectuels ou personnalités françaises apposentéditeurs, gens du monde du spectacle, activistes politiques. Autant de leur signature.militants qui souhaitent, en France, apporter leur soutien à la lutte Ce « Manifeste des 121 » devait être publié dans Vérité-Liberté et lespour l’indépendance. Au delà des traditionnelles protestations et Temps Modernes en octobre 1960, mais la censure intervient et il estmanifestations, le réseau Jeanson souhaite s’investir dans un soutien finalement publié à l’étranger.plus concret à la cause algérienne.Concrètement le réseau Jeanson cache des Algériens menacés, aide àleur évasion, collecte et verse de l’argent destiné à l’achat d’armes par Consulter lele FLN d’où leur surnom de « porteurs de valises ». texte intégral etLe réseau est en partie démantelé par la police en février 1960, et un voir lesprocès a lieu en septembre. Les 11 principaux accusés sont condamnés signatairesà 10 ans de prison ferme. Une réplique intitulée « Manifeste des intellectuels français » lui est donnée quelques temps plus tard et publiée à la une du Figaro et du Monde. Elle recueille 300 signatures. Là où les 121 écrivent « Nous respectons et jugeons justifiée la conduite des Français qui estiment de leur devoir dapporter aide et protection aux Algériens opprimés au nom du peuple français.- La cause du peuple algérien, qui contribue de façon décisive à ruiner le système colonial, est la cause de tous les hommes libres. » Les 300 répondent : « C’est une imposture de dire ou d’écrire que la France combat le peuple algérien dressé pour son indépendance. La guerre en Algérie est une lutte imposée à la France par une minorité de rebelles fanatiques, terroristes et racistes, armés et soutenus financièrement par l’étranger ».
  5. 5. L’OAS : nouvel acteur du conflit en Algérie et en France. Après cet échec, les organisateurs du coup de force passent dans la clandestinité et misent sur l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) pour arriver à leurs fins: maintenir l’Algérie française et proclamer la déchéance de la V° Leur coup d’éclat tourne court République. puisqu’ils ne reçoivent pas le soutien Les moyens d’action privilégiés sont le des militaires présents en Algérie. terrorisme aveugle visant à instaurer une peur généralisée et déstabilisatrice.Le 21 avril 1961, la perspective d’uneAlgérie indépendante se précisant ‘généraux tentent un putsch à Alger. Qu’en France :Aussi bien en Algérie : Cette stèle a été inaugurée le 6 octobre 2011 par le maire de Paris en souvenir des victimes du terrorisme de l’OAS, elle se trouve au cimetière du Père Lachaise.Attentat à Alger par l’OAS le 26 avril 1962. La une de l’Humanité du 7 février 1962 dénonce les attentats de l’OAS dans Paris qui ont notamment défiguré une fillette de 4 ans. Un appel à la manifestation est lancé pour le lendemain.
  6. 6. Français et Algériens : la guerre en métropole (2) Les chemins de la mémoire La manifestation du 17 octobre 1961 La manifestation du 8 février 1962Une de l’Humanité le 18 octobre 1961. Voir le clip du rappeur Médine qui consacre une chanson à l’événement. La Une de l’Humanité au lendemain de la manifestation contre l’OAS annonce plusieurs morts. La plupart d’entre eux décèdent dans la bouche du métro Charonne où la foule s’entasse dans une terrible bousculade fuyant une police qui se déchaine violemment sur elle, comme le représente bien cette planche de la BD « Dans l’ombre de Charonne » de A. et D. Frappier (éd. Du Mauconduit, 2012). Les obsèques des 9 victimes mobilisent une foule considérable. Trajets des cortèges de la manifestation du 17 octobre 1961. Ci-dessous : photographie d’une manifestation du souvenir, sur le pont St-Michel, le 17 octobre 2011. Voir le clip de la chanson de la compagnie Jolie Môme consacrée à Charonne.
  7. 7. Algériens en France en temps de guerre (1) : au quotidien. Le quartier de la Goutte d’or dans le XVIII° arrondissement de Paris est un de ceux qui abrite une part importante de l’immigration algérienne de Paris à tel point que le quartier est souvent qualifié de « Médina ». Ce sont d’abord des hommes seuls, célibataires ou ayant laissé leur famille au pays qui s’y regroupent selon leur ville ou village de départ. Nombre d’Algériens à Nanterre en 1954 : 7900 l’immigration familiale s’accélère personnes dont paradoxalement durant la guerre. Ils logent le-4300 dans des baraques de bidonville, plus souvent dans des garnis et des hôtels- 2148 en hôtel meublés, meublés.- 802 en foyers,- 442 en appartement- 600 dans des caves et chez des logeursclandestins. Les hommes se retrouvent dans les cafés algériens (ci dessus) après le travail pour jouerDécouvrir la vie quotidienne dans le bidonville par les aux dames, discuter, et prendre des nouvellestémoignages enregistrés de M. Hervo auprès des du pays.habitants du bidonville de Nanterre : Ces cafés souvent contrôlés par le FLN durant lahttp://bidonville-nanterre.arte.tv/ guerre seront particulièrement visés par le couvre feu établit en 1961.N°3-4-6-9 : absence d’équipements collectifsN°5-19-20-22-35 : le logement Ci-dessus et ci-contre : Photographies de PaulN°23-24-30-39 : dangers Almasy, ©Cité nationale de l’histoire deN°27-28-32 : le bidonville et l’extérieur l’immigration.
  8. 8. Algériens en France en temps de guerre (2.1) : face à la police. «L’action répressive est confiée pour le département de la Seine à la Préfecture de police. Maurice Papon est nommé à sa tête en mars 1958. Peu après la prise de fonction de Maurice Papon, est créé le SCAA : Service de Coordination des Affaires Algériennes chargé de centraliser les renseignements pour une action répressive confiée aux forces de police mais aussi à partir de fin 1959 à une harka : la force de police auxiliaire composée de supplétifs algériens. Ils sont dans un premier temps recrutés pour la plupart par contrat directement en Algérie puis en Métropole parmi les immigrés récalcitrants ou opposés au FLN. Les 220 harkis de la préfecture de police mènent des actions pour le moins musclées en particulier dans les XIII° et XVIII° arrondissements de Paris qui consistent en des arrestations suivies de séquestrations, tortures, et parfois liquidations physiques. Dans le cadre de ce système répressif, des arrestations massives, pouvant être qualifiées de rafles, sont effectuées au sein de la communauté algérienne. Les individus arrêtés sont placés dans différents centres de regroupement sans qu’un délit ait été commis. Tout « Nord-Africain » peut y être interné sans jugement sur simple décision administrative » Peggy Derder, Immigration algérienne et guerre d’indépendance, coéd. La Une illustration des violences policières Documentation française – Cité nationale de l’histoire de l’immigration, 2012. particulièrement importantes lors de la manifestation du 17/10/1961 (photographie Elie Kagan ©BDIC )L’étude de l’historien E. Blanchardmontre sur sa couverture un desaspects des rapports entre algériens deFrance et la police : les contrôlesd’identité accompagnés de fouilles.L’historien dit :«Au début de lannée 1958,linsubordination dune policeparisienne tentée de se faire justicepour pallier la supposée faiblesse des Ci-dessus : photographie Alain Texiermoyens légaux de répression et Consulter desdésireuse de faire pression sur un planches de Le 19 octobre à Orly expulsion d’un premier groupe d’Algériens « »Demain,pouvoir politique dont elle menaçait de arrêtés pendant la manifestation du 17 octobre. demain », un récitse détourner, ne fut pas seulement uneparenthèse. » graphique de L. Maffre sur le bidonville de Nanterre et la police.
  9. 9. Algériens en France en temps de guerre (2.2) : face à la police.Dans le récit graphique de Laurent Maffre « Demain, Demain », coéd.Actes Sud BD – Arte Éditions, 2012 ; l’auteur, s’appuyant sur les travauxde Monique Hervo, illustre les interventions de la police dans lebidonville de Nanterre.
  10. 10. Derniers exilés en temps de guerre.L’exil des Français d’Algérie : ils représentent 1 million de personnes en Algérie en 1954, Les harkis : entre 1962 et 1968675 000 arrivent en France entre 1962, certains ne l’ont jamais vue. environ 90 000 d’entre eux franchissent la Méditerranée. Deux images de l’été 1962, les Français quittent l’Algérie, et la liesse dans les rues d’Alger. Écouter l’émission « 2000 ans d’Histoire » de France Inter consacrée à ce sujet. Et les Algériens ? « Les harkis et leurs familles qui ont fui l’Algérie pour la France en 1962 vont y être « En 1975, le recensement général de la population décompte plus de 710 000 immigrés successivement catégorisés comme « Français musulmans rapatriés » à partir de juin 62 algériens, soit un doublement depuis 1962. Le temps de l’installation voire de puis comme « Rapatriés d’origine Nord Africaine » dans les années 1980. Ce prisme de l’enracinement se profile avec la féminisation et la « familiarisation » de l’immigration. En l’origine, omniprésent et durable, et qui n’est pas sans rappeler un des ressorts de la effet, en 1975 la proportion des femmes et des enfants est respectivement de 32% et 37% discrimination coloniale, marginalise doublement les harkis – ni rapatriés comme les au sein de la communauté algérienne. Les immigrés vivent dans un mélange autres, ni français comme les autres. d’attachement à l’Algérie, enfin indépendante, d’espoir de retour, et l’adaptation En matière de logement, une note relative à l’attribution des logements HLM aux anciens progressive à la société française, accélérée par la naissance d’une nouvelle génération harkis, en date de 1964 émanant du ministère des rapatriés, à l’attention des préfets, rend celle des enfants français. » clairement compte de cette logique. Elle rappelle certes, que les anciens harkis sont P. Derder, Idem. considérés comme rapatriés et bénéficiaires à ce titre de la loi du 26 décembre 61. Mais elle donne aux préfets la directive de ne « reloger les anciens harkis qu’après avoir relogé tous les rapatriés demandeurs de logements et particulièrement mal logés ». Dans les faits, les harkis et leurs familles sont majoritairement logés en camps de transit puis en « cités d’accueil », lesquels perdurent jusqu’au milieu des années 70. » Source : LDH Toulon. Voir le Reportage de TF1 sur le camp de harkis de St Maurice l’Ardoise

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