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Economie arabe

  1. 1. Semestre :4Module : Economie IIIElément : Economie du Monde ArabeEnseignant : Mr BAÂZOUZ Eléments du cours Introduction Evolution des structures économiques du monde arabe Stratégies de développement industriel du monde arabe De la coopération à l’intégration régionale du monde arabe Numérisation & Conception Mr Mohamed-Fadil ZIADI
  2. 2. Professeur BAÂZOUZ Economie du Monde Arabe TABLE DES MATIÈRESTABLE DES MATIÈRES......................................................................................................2INTRODUCTION ....................................................................................................................3Chapitre 1 : ÉVOLUTION DES STRUCTURES ÉCONOMIQUES DU MONDE ARABE 4 I- Évolution des indicateurs socioéconomiques : ...............................................................4 1- Niveau et croissance globale des pays :...................................................................4 2- Investissement et épargne : ......................................................................................4 3- Structure du PIB et croissance sectorielle :............................................................5 4- Commerce extérieur des pays arabes : faiblesse des échanges interarabes : ......5 5- Investissements directs étrangers et les avoirs en devise des pays arabes : ........5 6- Endettement extérieur du monde arabe :...............................................................6 II- Développement humain dans le monde arabe : ..........................................................8 1- Composantes essentielles : .......................................................................................8 a- Personnes : ..............................................................................................................8 b- Santé : .....................................................................................................................8 c- Habitation et logement :..........................................................................................8 d- Enseignement :........................................................................................................8 e- Chômage : ...............................................................................................................9 2- Déficits : .....................................................................................................................9 a- Libertés : .................................................................................................................9 b- Rôle des femmes :...................................................................................................9 c- Savoir :....................................................................................................................9 3- Perspectives : .............................................................................................................9 a- Renforcements des potentialités arabes et du savoir : ..........................................10 b- Potentiel humain : .................................................................................................10 c- Bonne gouvernance : ............................................................................................10Chapitre 2 : STRATÉGIES DE DÉVELOPPEMENT INDUSTRIEL DU MONDE ARABE 11 I- Politiques industrielles des États non pétroliers : .........................................................12 1- Echec et abandon des expériences de développement national :........................12 II- Économies de rente à la recherche d’un modèle de développement industriel : ......14 1- Économie pétrolière : .............................................................................................14 a- Valorisation des exportations : .............................................................................14 b- Naissance de l’industrie pétrochimique :..............................................................15 c- Intégration verticale dans l’industrie pétrolière mondiale : ..................................15 2- Rente pétrolière et stratégie de développement :.................................................15 a- Modèle de développement Algérien :...................................................................16 b- Limites et perspectives des modèles de développement rentier : .........................17Chapitre 3 : DE LA COOPÉRATION À L’INTÉGRATION RÉGIONALE DU MONDEARABE ....................................................................................................................................19 I- Stratégie arabe de coopération :....................................................................................19 1- Coopération dans le cadre de l’Unité Économique Arabe (UEA) et du Marché Commun Arabe (MCA) : ................................................................................................................20 II- Enjeux de l’intégration du monde arabe :.................................................................22 -2-
  3. 3. Professeur BAÂZOUZ Economie du Monde Arabe INTRODUCTIONLe monde arabe ne constitue pas actuellement une unité économique pas plus que politique,chacun des États arabes est intégré dans le système capitaliste mondial, comme une unitéséparée des autres.Les fondements historiques, les modalités et le degré de cette intégration, particulier à chaquepays, constituent des facteurs objectifs qui s’opposent à l’unité économique du monde arabe.L’une des conséquences de la guerre du golf (1990-1991) a été l’éclatement du monde arabe,ou plutôt le retour du monde arabe à ce qu’il a été auparavant, cest-à-dire le Maghreb, laPéninsule arabique, la Vallée du Nil et le Proche Orient. On a assisté un enfermement total dechaque région du monde arabe sur elle-même. Il est difficile dans ces conditions de parlerd’économie arabe proprement dite, néanmoins pour une raison politique, on adoptera le terme« économie arabe » en faveur de l’unité arabe dans une perspective de nécessité historique.Il est évident que les pays arabes ne sont pas homogènes, de part leur système politique, leurportion (choix) et leur orientation en stratégie de développement, leur structuresocioéconomique, leur composant et leur revenu national brut (RNB), leur poidsdémographique. De plus, le monde arabe qui abrite de plus importantes réserves de pétrole aumonde, et qui est la principale source d’approvisionnement en pétrole des pays développés(62,1% des ressources mondiales) fait l’objet de convoitises d’action et des stratégies visant àdéstabiliser les États arabes et à saper toute avancée sérieuse en matière d’unification et derenforcement de ces rangs, aussi bien au Maghreb qu’au Machrek.À l’intérieur de la diversité arabe, on peut distinguer quatre groupes de pays :- Les pays pétroliers, au sein où faute de population ou d’autres ressources importantes, lepétrole constitue l’essentiel de leur activité et façonne leur vie économique sous presque tousces aspects : la Libye, Arabie Saoudite, Katar, Bahrayn, Oman.- Les pays semi pétroliers, dont la richesse en pétrole agit sur une société plus complexe pouren accélérer éventuellement le développement : l’Algérie et l’Irak.- Les pays non pétroliers semi industrialisés : Maroc, Tunisie, Egypte, Liban et Série.- Les pays moins avancés et les moins industrialisés : Mauritanie, Soudan, Somalie, Djibouti,Palestine, Jordanie, Iles Comores.Le monde arabe présente la particularité de reconnaître en son sein deux formes différentes dela nation :- Les nations constituées dans le cadre des États issus du dénombrement de l’empire ottomanau décoloniser dans les années 1950 et 1960, et la nation arabe concept forgé dans les années1880 dont l’expansion correspond à l’espace construit par la conquête des premiers siècles.La ligue arabe est issue de cette double conception. On est en présence d’un cas rare, si nonunique, où la nation est de portée plus vaste que les régions successibles d’être formées duregroupement étatique géographiquement limité.La ligue arabe l’exprime en ses termes : « Membre de 21 pays différents, les arabes seconsidèrent comme faisant partie d’une nation. Le monde arabe occupe une place particulièredans l’ensemble du tiers monde, et constitue la région la plus intégrée dans le système mondialcontemporain.Il y a certainement, à ce fait, des origines historiques lointaines. Le monde arabe a toujoursvécu en liaison avec l’Europe. Le présent cours est surtout concerné par l’application del’analyse économique aux faits et données qui caractérisent la structure et l’évolution deséconomies des pays arabes.Ces faits et données ressemblés autour des thèmes communs, si non à la totalité du mondearabe, du moins à plusieurs pays qui en font partie.L’examen de ces thèmes devrait permettre de mieux comprendre les défis qui s’opposent auxéconomies arabes depuis les années 80 en passant par la guerre du golf d’une part etd’anticiper le choix et les dilemmes auxquelles ils seront confrontés dans l’avenir. -3-
  4. 4. Professeur BAÂZOUZ Economie du Monde ArabeChapitre 1 : ÉVOLUTION DES STRUCTURES ÉCONOMIQUES DU MONDE ARABE I- Évolution des indicateurs socioéconomiques :L’examen de l’évolution des structures économiques des pays arabes portera sur la formationdu produit intérieur brut et sa croissance globale et sectorielle sur l’investissement intérieur brut,sur le commerce extérieur, sur les investissements directs étrangers (IDE) et les avoirs endevises et sur l’endettement extérieur. 1- Niveau et croissance globale des pays :Le monde arabe dispose en 2000 d’un PIB total de 603 milliards de dollars et d’un PIB parhabitant de 4793 dollars qui est largement au dessus de la moyenne enregistrée au niveau despays en voie de développement qui est de 3783 dollars et celui des pays de l’Asie de l’Est etPacifique, le double de celui des pays de l’Asie du Sud et près de trois fois celui de l’AfriqueSubsaharienne.Le taux de croissance du PIB se situe entre 2% (1980-1990) et 3% (1990-2000), demeuremodeste et ne parvient pas à surpasser largement le taux annuel de croissance démographiquequi s’élève à 2,7% durant la période 1975-2000.Le PIB par habitant des pays arabes en 2000 est supérieur à celui des pays de l’Asie de l’Est etPacifique.Ce paradoxe semble lié au voix démographique de ces pays qui fait près de 7,6 fois celui despays arabes, même si leur PIB total équivaut à 3,8 fois celui des pays arabes. Près de 75% duPIB total du monde arabe en 2000 est produit et généré dans six pays : l’Arabie Saoudite(173,3 milliards de dollars), l’Égypte (98,7 milliards de dollars), les Émirat Arabe Unis (46,5milliards de dollars), l’Algérie (53,3 milliards de dollars), le Koweït (37,8 milliards de dollars) et leMaroc (33,33 milliards de dollars).Globalement, les structures sectorielles du PIB en 1998 dans le monde arabe sont données parl’industrie (39,9%) et par les services (48,4%) et par la faible participation de l’agriculture qui estde l’ordre de 11,7%. 2- Investissement et épargne :L’investissement intérieur brut des pays arabes qui s’élève à 22,6% du PIB en 1998 tendre unemoyenne de 25% pour l’ensemble des pays en voie de développement reste globalementinférieur à celui enregistré dans les pays d’Asie de l’Est (33,5%) et dans les pays d’Asie du Sudde Pacifique (24,2%).Dans la plupart des pays arabes, l’investissement intérieur brut est compris entre 20 et 30% duPIB en 1998. À l’exception du Kuwait (14,3%) que de Bahrayn (6%) et de Djibouti (9,5%).Quand à l’épargne intérieure brute, elle est en 1998 négative à Djibouti (-6,2%) et au Liban (-12,8%) et extrêmement faible en Jordanie (3,8%). Elle est généralement inférieure au tauxd’investissement dans la majorité des pays arabes, à l’exception des pays pétroliers où il y aégalisation équivalente entre les deux et plus souvent une épargne largement supérieure àl’investissement.Ces moyens en formation du PIB dans les pays arabes cachent des différences importantesentre les pays et pour un même pays en fonction de l’évolution de la conjoncture nationale, desfacteurs extérieurs (taux de change, coûts de pétrole) et des niveaux et de la qualité desinvestissements. Ainsi que la nature et rythme de la croissance économique. -4-
  5. 5. Professeur BAÂZOUZ Economie du Monde Arabe 3- Structure du PIB et croissance sectorielle :La contribution du secteur agricole est très inégale et va de 0,4% du Produit Intérieur Brut auKoweït à un peut plus de 12% en Algérie, à plus de 17% au Maroc, il atteint 25% au Mauritanieet plafonne 40% au Soudan.La contribution du secteur industriel à la formation du PIB dans les pays avancés en 1998 estinégal et se situe à 18,2% au Soudan, à 26% au Jordanie, à un peu plus de 32% au Maroc eten Egypte et à 40% et plus dans les pays pétroliers.Quand à la participation du secteur des services, à l’exception de Yémen où elle se situe à33,6%, elle dépasse 40% en Algérie et même 50% en Egypte et au Maroc, et dépasse 60% auLiban et 70% en Jordanie et à Djibouti.Entre 1990 et 1999, la structure du PIB dans le monde arabe montre pratiquement une baissequasi générale de la contribution du secteur agricole, le maintient ou l’augmentation de la partde l’industrie et l’augmentation de la contribution des services. 4- Commerce extérieur des pays arabes : faiblesse des échanges interarabes :Au niveau du commerce extérieur des pays arabes pris globalement la part des échanges desbiens et services a baissé de 10 points pour les importations entre 1990 et 2000 passantrespectivement de 39% à 29% du PIB. Alors que celles des exportations est restée inchangé(40%).Durant la même période (1990-2000), les échanges extérieurs des autres régions ontaugmentées par rapport au PIB aussi bien au niveau des importations que des exportations.Abstraction faite des services, la part du commerce des biens (importations + exportations)avait augmenté par rapport au PIB pour la région du Moyen Orient et Afrique du Nord« MENA » passant ainsi de 45,4% à 51,6% entre 1990 et 2000. Entre 1990 et 1998, la balancecommerciale des biens et services pour les pays de région « MENA » a connu globalement unedétérioration puisqu’ils ont importé en 1998 (154,97 milliards de dollars) et ils ont exporté(131,86 milliards de dollars).Cette situation globale du commerce extérieur des biens et services des pays arabes cache desdisparités et des déséquilibres autrement plus significatifs quand ils sont appréhendés auniveau de chaque pays pris séparément. En effet, en terme de valeurs des exportations desbiens et services dans le monde arabe, l’Arabie Saoudite vient en première position en 1998avec 43,93 milliards de dollars, suivie par l’Egypte (13,5 milliards de dollars), l’Algérie (10,1milliards de dollars), le Maroc (9,9 milliards de dollars) et la Tunisie (8,4 milliards de dollars). Auniveau des importations des biens et services en valeur, en 1998 la première place revientcomme pour les exportations à l’Arabie Saoudite avec 44,4 milliards de dollars suivie parl’Egypte (22,8 milliards de dollars), le Maroc (11,4 milliards de dollars) et la Tunisie (9,13milliards de dollars).Il convient de signaler que le commerce interarabe ne dépasse guère 7 à 10% de commerceextérieur des pays arabes. Il est insignifiant malgré les tentatives bilatérales timides visant lacréation de zones de libre échange en particulier depuis la création de l’OMC à Marrakech en1994. À titre d’exemple, le commerce extérieur des pays de Moyen Orient en 2001 s’élève à237 milliards de dollars soit 4% du commerce mondial, ne réalise que 18 milliards de dollarssoit à peine 7,6% au titres internationaux. 5- Investissements directs étrangers et les avoirs en devise des pays arabes :Au niveau du tri des pays arabes en matière des investissements directs à l’étranger, la vedetterevient à l’Arabie Saoudite qui bénéficiait en 1998 d’un flux net de 2,4 milliards de dollars suiviepar l’Egypte avec 1,076 milliards de dollars, le Tunisie avec 650 millions de dollars, le Maroc -5-
  6. 6. Professeur BAÂZOUZ Economie du Monde Arabeavec 250 millions de dollars et enfin la Syrie, les Emirats Arabes Unis et le Yémen avec chacun100 millions de dollars.Les entrées des investissements directs étrangers en pourcentage du PIB semblent avoirbaissées dans le monde arabe passant de 0,9 à 0,3 entre 1990 et 2000. Contre 0,7 et 3,9%pour l’Amérique Latine et le Karine, 1,7 à 2% pour l’Asie de l’Est et Pacifique et de 0,9 à 2,5%pour l’ensemble des pays en voie de développement au cours de la même période. Cettecontre performance du monde arabe au niveau des investissements directs étrangerss’explique sans doute par l’état de l’environnement général de l’investissement, les possibilitéset les contraintes de chaque pays, la stabilité politique relative ou parfois inexistante danscertains pays, la nature autoritaire et autocrate de certains régimes politiques, les appareilsadministratifs et politico-militaires et policiers corrompus. Cette situation se trouve aggravéedans la plupart des pays arabes par le désinvestissement pratiqué par la plupart des dirigeantset des chefs d’État, notamment dans les monarchies du golf et transfert une partie importantede leurs avoirs provenant des exportations pétrolières vers les pays développés, soit pour lesplacer dans les paradis fiscaux, soit pour investir directement ou sous forme de résidencessomptueuses où la consommation de produits ou de biens luxes.Les avoirs extérieurs en devises étrangères s’élèvent en 1998 à peu près de 17 milliards dedollars, pour l’Arabie Saoudite à 5,7 milliards de dollars, pour le Maroc à 4,83 milliards dedollars, pour le Koweït et la Tunisie à 2,3 milliards de dollars.Il est paradoxal de constater que les richesses et les ressources du monde arabe ne profite pasintégralement au peuple arabe. Face à des États pétroliers riches, la plupart des pays nonpétroliers connaissent un endettement externe sans précédant dans leurs histoires, lescondamnent à faire des concessions, à opérer des réformes douloureuses et à procéder à desrestrictions, à la privatisation du patrimoine public, à poursuivre des politiques d’autorité et desprogrammes d’ajustement structurel dont les répercutions sociales négatives sont supportéespar les couches pauvres et moyens de la société. Et c’est sans doute là l’un des paradoxes dumonde arabe où les retards et les déficits notamment en matière du développement social, lapauvreté qui affecte de larges couches de la population contraste avec des richesses des Étatset l’opulence des couches riches et aisées de la population. 6- Endettement extérieur du monde arabe :L’endettement extérieur de la plupart des pays arabes semble obéi à une récurrence historique,et à constituer l’une des raisons pour l’immixtion des puissances étrangères dès le 19ème siècledans les affaires intérieur de ces pays, comme avance à leur mise sous tutelle, sous protectoratet finalement sous régime colonial pur et dur. Dès la fin du 19ème siècle, le début du 20ème sièclel’endettement extérieur des pays arabes (pays du Moyen Orient et Afrique du Nord) s’estglobalement aggravé notamment durant les années 1980 et 1990 passant exclusivement de183,97 milliards de dollars en 1990 et 216,76 milliards de dollars en 1999. Mais il estsymptomatique de constater qu’une analyse synchronique du phénomène de l’endettementextérieur des pays arabes révèle un double mouvement divergeant des endettements decertains pays arabes lourdement enduits d’un coté et surendettement de certains pays qu’ilsn’étaient pas endettés de l’autre.Le premier montre que les pays non pétroliers étaient lourdement endettés (exemple : le Marocet l’Egypte) ont été contraints à réduire leur dette extérieur et à la remboursée et à s’endettermoins durant les années 1990. En effet, le Maroc a réduit sa dette extérieure totale pour laramener à 19,06 milliards de dollars en 1999, alors qu’elle avait grimpé de 15,77 milliards dedollars à 24,45 milliards de dollars entre 1985 et 1990. En proportion du produit national brut, ladette extérieure totale a été ramenée de l’équivalent de 139,2% à 60,3% du PNB entre 1985 et1998.Il faut signaler que le Maroc est sorti du cycle de rééchelonnement dès le début des années 90,en payant régulièrement ses créances échues, et à même adhéré aux dispositions de l’article 8 -6-
  7. 7. Professeur BAÂZOUZ Economie du Monde Arabedes statuts du fond monétaire international relatives à la convertibilité du dirham pour lesopérations courantes.Quand à la dette extérieure de l’Egypte, qui demeure élevée, elle a été réduite progressivementpassant de 36,10 milliards de dollars à 32,94 milliards de dollars entre 1985 et 1990, et à 30,40milliards de dollars en 1999.Le deuxième mouvement qui est l’inverse du premier montre que certains pays arabes n’étaientpas lourdement endettés dans leur majorité ont eu tendance à s’endetter d’avantage, c’est lecas notamment de l’Algérie, la Syrie, le Soudan, la Tunisie, la Jordanie, le Liban, la Mauritanieet le Yémen.En effet, entre 1985 et 1999, la dette extérieure de l’Algérie a augmenté passant de 18,26milliards de dollars à 28,01 milliards de dollars, soit respectivement 32,4% et 67,5% du produitnational brut. L’Algérie qui connaît des problèmes politiques internes au début des années 90,s’est engagé dans un vaste processus de restructuration, de redressement et d’ajustementavec l’appui des institutions internationales (FMI, BIRD, Club de Paris et Club de Londres).Le Soudan a vu sa dette extérieure doublée entre 1985 à 1999 en passant respectivement de8,95 milliards de dollars à 16,13 milliards de dollars. Outre les problèmes politiques internes(changement de régime, démocratisation lente, lutte des clans entre dirigeants politiques), leSoudan vis depuis plusieurs années une guerre entre le nord et le sud qui n’est pas sansconséquences graves sur le budget d’État considéré aux dépenses militaires, eu déterminantde l’amélioration des conditions de vie de larges couches de la population.En guise de conclusion, les pays arabes disposent de potentialités naturelles et humainesimportantes et de ressources financières énormes pour faire face aux exigences d’undéveloppement économique et social global intégré et centré sur les besoins fondamentaux deleurs citoyens.Néanmoins, l’examen des structures économiques a révélé la faible intégration nationale etrégionale des économies arabes et de leur dépendance forte et multiforme du marché extérieur,en plus de faiblesse notoire des échanges extérieures et les investissements interarabes enmatière d’investissement direct étranger. Et paradoxalement, les flux d’investissement directd’origine arabe s’orientent plutôt vers les pays développés. Plusieurs pays arabes sont en effetlourdement endettés et ne peuvent compter ni sur leurs oligarchies financières ni sur lespétrodollars des richissimes ultra riche des pays de golf qui préfèrent placer leurs capitaux dansles pays développés. Ces paradoxes des stratégies de développement économique dans lemonde arabe montrent les défaillances et les décalages structurelles entre tauxd’investissement et taux d’épargne, entre les choix sectoriels et intersectoriels de croissance etles objectifs de développement au niveau du secteur agricole, le secteur industriel et le secteurdes services, entre les équilibres internes et les équilibres externes, entre l’élargissement desmarchés nationaux et internationaux et l’intégration dans le marché mondial, entre taux decroissance économique et taux de croissance démographique, et entre capacité de productionet capacité de consommation et système de redistribution et de répartition des richessenationales.La nature désintégrée des structures économiques de la plupart des pays arabes, la fortedépendance d’exportation (mono produit), l’étroitesse du marché extérieur et l’expatriation derichesse à l’extérieur, constituent des facteurs de blocage structurel au développementéconomique des pays arabes. La faiblesse des échanges commerciaux et des fluxd’investissement interarabe représente des facteurs d’inhibition des dynamiques d’undéveloppement économique et social communautaire à l’échelle du monde arabe, les stratégiesdu développement des pays arabes gagneraient en dynamisme et en efficacité et en impactsocial si elles s’orientent vers la levée progressive des handicaps, des défaillances au niveaunational et à l’échelle du monde arabe pris comme un groupement régional d’ensemble,l’intégration des groupements sous régionaux doit se traduire par la constitution d’ungroupement unique arabe (Union du Monde Arabe), il serait l’espace économique politique etgéostratégique optimal pour le développement dans le future. -7-
  8. 8. Professeur BAÂZOUZ Economie du Monde Arabe II- Développement humain dans le monde arabe :Les projets relatifs à l’indicateur du développement humain (IDH) au cours de la dernièredécennie y ont été inférieurs à la moyenne mondiale. En fait, la région arabe s’est enrichie, nes’est pas développée. Dans la même proportion, les arabes sont confrontés à une pauvreté enterme de potentialité et d’opportunité qui résulte de trois déficits : carence de connaissance,absence de liberté de choix et défaut de promotions de femmes. 1- Composantes essentielles : a- Personnes :La population arabe avoisine les 280 millions en 2000, soit 5% de la population mondiale. Lesarabes sont plus jeunes que la moyenne mondiale : 38% appartient au groupe d’âge 0-14 ans.Les mouvements migratoires, à l’intérieur de et vers la région arabe sont une caractéristiquedémographique notable, tout comme le phénomène d’urbanisation : la moitié de la populationvit dans les villes contre 25% en 1950.En 2015, si les tendances actuelles se poursuivent, la quasi-totalité des pays arabes aurait destaux d’urbanisation compris entre 50 et 97%. Le taux de croissance démographique resteélevé : la population arabe pourrait atteindre entre 410 et 459 millions d’ici 2020. b- Santé :La longévité est supérieure à l’espérance de vie moyenne mondiale qui est de 67ans. Restentplusieurs ambres au tableau et d’importantes disparités entre zone urbaine et zone ruralenotamment par rapport à la santé des femmes. Les dépenses publiques de santé enpourcentage du Produit Intérieur Brut dan,s la plupart des pays avoisinent les 4% contre unemoyenne de 5,7% dans les pays à revenu moyen. c- Habitation et logement :15 des 21 pays arabes sont en dessous de la ligne de pauvreté en matière d’accès à l’eaupotable suite à la pollution des sols, les zones littorales sont dégradées tandis que les surfacesdes terres agricoles cultivées, par tête d’habitant, ont diminué de 0,4 hectare du moyenne en1970 à 0,24 hectare en 1998. d- Enseignement :On constate des progrès concrets en matière d’éducation, le taux d’analphabétisme des adultesa régressé de 60% en 1980 à 40% environ au milieu des années 90. Néanmoins, il y a encore65 millions d’adultes illettrés dont les deux tiers sont des femmes.La réduction des dépenses publiques dans le contexte des ajustements structurellesconjuguées à l’inflation, à l’extension de la propreté et à l’introduction des frais de scolarisationa toute fois eu des effets négatifs. Principale victime est la qualité de l’enseignement qui s’estdétériorée. -8-
  9. 9. Professeur BAÂZOUZ Economie du Monde Arabe e- Chômage :Si les pays arabes ont le niveau de pauvreté (en terme de revenu) le plus bas parmi les pays endéveloppement, avec les faibles disparités du revenu, on note toutefois que un arabe sur 5 visavec moins de deux dollars par jour. Le nombre de chômeurs était estimé à 12 millions en1995, ce qui équivaut à un taux de chômage de 15%, les sans emploi risquent d’être 25 millionsen 2010. 2- Déficits :Une analyse de l’indicateur de développement humain (IDH) révèle de sérieuses disparitésentre les pays arabes. Ainsi, dans le classement en termes de l’indicateur de développementhumain, le Koweït suit de près le Canada qui vient en tête. En revanche, Djibouti est proche dela Sierra Leone, tout en bas de l’échelle.Concernant le monde arabe, trois marques critiques sont mis en avant : liberté, promotion descapacités des femmes, potentialités humaines et connaissances. a- Libertés :Les pays arabes enregistrent en termes de degré de liberté le plus faible score à la fin desannées 1990. Cette mauvaise cote est confirmée par un autre indice composite : « participationet responsabilité ». Celui-ci comprend un ensemble d’indicateurs du processus politique, deslibertés civiles, des droits politiques et l’indépendance des médias. Ici encore, la région arabeenregistre le niveau le plus bas. b- Rôle des femmes :Les femmes arabes n’occupent que 3,5% des sièges aux parlements, contre 11% en Afriquesubsaharienne. Dans plusieurs pays de la région, les femmes ne sont pas des citoyennes, àpart entière, dans certains cas, elles n’ont pas le droit de vote, ni celui d’occuper des fonctionsde direction. Or, l’ensemble de la société souffre lorsque la moitié du potentiel productif estgelée. c- Savoir :Outre l’analphabétisme répandu et les déficiences du système d’enseignement, il faut souleverles faibles niveaux de recherche et de développement scientifique, de même que l’accèsinsuffisant aux technologies de la communication et de l’information.La part des dépenses scientifiques était à 0,5% du Produit Intérieur Brut en 1996, à compareravec les 1,26% à Cuba et les 2,9% au Japon en 1995. Sur le plan, l’écart entre pays arabes etmonde développé s’est creusé. En cause : la nature de l’industrie arabe des technologies de lacommunication et de l’information, extrêmement propice aux monopoles et aux fusions, lescoûts de l’infrastructure, la fuite des cerveaux arabes. 3- Perspectives :Les ressources pour le développement existent dans le monde arabe. Encore faut-il les utiliserà meilleur escient. Trois domaines sont à considérer : -9-
  10. 10. Professeur BAÂZOUZ Economie du Monde Arabe a- Renforcements des potentialités arabes et du savoir :Les gouvernements doivent faire de gros efforts concernant l’enseignement, en assurant untaux de scolarisation égal 100% dans l’enseignement de base. Les investissements enrecherche et développement scientifique devraient être accrus et passer de 0,5% à 2% enfin dedécennie. b- Potentiel humain :Les États devraient se libérer des activités de production, tout en renforçant leurs rôlesrégulateurs pour assurer l’ouverture. Objectif : encourager la compétitivité régionale mais aussiet surtout globale. La réponse la plus pertinente à la globalisation consiste dans l’ouverture etl’adhésion constructive qui permettait aux pays de contribuer à la mondialisation et d’en profiter.Dans ce le but de l’intégration interarabe est à l’ordre du jour, pour survivre et être compétitif, ycompris à travers la création d’Union douanière, ou d’un marché commun. c- Bonne gouvernance :Le rapport du PNUD en 2002 réclame la refonte des institutions étatiques et une participationde la société civile. Conditions préalables : des élections démocratiques, libres, intègres,efficientes et régulière. La réforme de l’administration publique est aussi à l’ordre du jour.Il faut par ailleurs stimuler l’investissement privé et la croissance enfin d’endiguer lesmonopoles et mettre fin au favoritisme.Autre grand chantier : la réforme juridique qui doit figurer au cœur des réformesinstitutionnelles. L’État de droit est le fondement de toutes les institutions de la société et dugouvernement, y compris la représentation politique équitable et intègre, et une administrationpublique à l’écoute des citoyens.En conclusion, le rapport constate que le monde arabe est à un carrefour de son histoire. Lechoix fondamental consiste à savoir si son parcours restera dominé par le torpeur, comme lelaisse croire le contexte institutionnel actuel, et par des politiques inefficaces, ou bien si lesperspectives d’une renaissance arabe, ancrées dans le développement humain, serontactivement recherchées. - 10 -
  11. 11. Professeur BAÂZOUZ Economie du Monde ArabeChapitre 2 : STRATÉGIES DE DÉVELOPPEMENT INDUSTRIEL DU MONDE ARABEDe la fin de la deuxième guerre mondiale aux années 60 et 70 les pays arabes soumis auxdifférents régimes d’administration coloniale obtinrent leur indépendance politique : Algérie(1962), Bahreïn (1971), Djibouti (1977), Liban (1951), Maroc (1960) … D’autres mirent de factofin à des alliances de type colonial en renversant des monarchies inféodées aux intérêtseuropéens (Egypte 1952, Irak 1958). À tous ces pays se posèrent immédiatement des choixéconomiques fondamentaux liés à la contribution possible de l’industrialisation audéveloppement socio-économique.- Quelle importance relative accorder à l’agriculture et à l’industrie ?- À la substitution aux importations et à la promotion des exportations ?- Aux industries légères et aux industries lourdes ?- À la production des biens industriels (dont l’équipement) et à celle de biens deconsommation ?- Et pour un sous-ensemble d’entre eux : que faire « avec » et « après » le pétrole ?Les occasions de parler du caractère inévitable du développement économique du mondearabe ne manquent pas. Avec des revenus pétroliers plus importants et plus de la moitié desréserves pétrolières du monde sous leurs pieds, on ne peut s’empêcher de pensercommunément que les États Arabes se trouvent sur la voie d’un développement absolumentspectaculaire, défiant toutes les théories et tous les modèles existants.Bien que fréquent, ce point de vue est cependant rarement fondé sur une analyse profonde etun raisonnement scientifique rigoureux, mais plutôt sur l’idée intuitive qu’un apport massif decapitaux est suffisant pour entraîner un développement économique véritable.Aucun pays ou groupe de pays ne peut se permettre de considérer une question aussi vitaleavec légèreté.Si le fait de disposer de capitaux favorise sans aucun doute le processus de développement, unafflux monétaire massif pourrait en même temps compliquer et embrouiller la situation.La théorie universelle du développement économique n’existe pas encore. Nous pouvonsreconnaître promptement les pays qui ont réalisé leur développement, mais nous neconnaissons pas la méthode « infaillible » qu’ils ont utilisé.L’histoire n’offre pas aux arabes un enseignement susceptible de leur montrer la voie à suivre.Le cas des ara es est plutôt unique. En effet, comment utiliser des richesses provenant d’uneressource naturelle épuisable pour aboutir à un développement soutenu ?Les aléas du développement sont nombreux pour se permettre de l’entreprendre. Le gaspillageet la bureaucratie peuvent sous différentes formes entraver le développement. De même unnationalisme d’État étroit, peut également détourner l’effort pour le développement.L’assimilation généralement est abusivement établie entre développement et industrialisation,cette dernière étant obtenue par le biais d’un transfert massif de surplus sous forme de capitalproductif, est probablement l’hypothèse cruciale des stratégies de développement et l’origine denombreux échecs. L’évolution des analyses du sous-développement a conduit à privilégierl’analyse de la dépendance et de la domination dans le processus de sous-développement.Les conclusions tirées de cette analyse pour l’étude de la sortie du sous-développement sontorientées vers l’analyse des ruptures avec le système dominant et la constitution des modèlesautocentrés, privilégiant la création d’industries de base à vertu « industrialisante » susceptiblesd’entraîner la modernisation de l’ensemble de l’économie.L’industrialisation dès lors ne peut être considérée que comme l’un des instruments dudéveloppement. C’est dans cette optique qu’il faudra aussi nécessairement se situer pourcaractériser les différentes stratégies d’industrialisation développement. - 11 -
  12. 12. Professeur BAÂZOUZ Economie du Monde ArabeLa « Nation Arabe » ensemble de plus de 280 millions d’habitants, « dispose de conditionsmatérielles, techniques et humaines permettant la mise en œuvre d’une politique authentiqued’industrialisation véritable ».La division de la région a pour corollaire une répartition extrêmement inégale de la rentepétrolifère. Cette inégale répartition est le facteur explicatif des orientations et des évolutionsdes politiques économiques et industrielles pour les pays pétroliers, mais aussi pour les paysdépourvus de ressources pétrolières. I- Politiques industrielles des États non pétroliers : 1- Echec et abandon des expériences de développement national :Après la deuxième guerre mondiale et à la suite de processus de décolonisation, desexpériences de développement national sont initiés dans certains pays du tiers-monde. Ellesaccordent en général une importance centrale à l’industrialisation supposée être le moyen d’undéveloppement économique autonome. Dans la région, et, malgré son échec, la tentatived’industrialisation poursuivie en Egypte au cours de la période Nassérienne est exemplaire.Le caractère exemplaire de l’Egypte est triple :- L’effort d’industrialisation pour la mise en place d’une économie indépendante est intense etplus continu ;- Les autres expériences en Syrie et en Irak n’ont jamais un caractère aussi systématique,l’Egypte ne dispose pas de surplus important pour l’accumulation industrielle ;- Enfin, l’Egypte est le pays de la région où certains « préalables » au développement sontremplis.Le 23 juillet 1952, un groupe de jeunes cadres de l’armée égyptienne (les officiers libres) saisitle pouvoir au Caire et oblige le roi Farouk à prendre le chemin de l’exil. Le 16 janvier 1953,l4egypte devient une république.Les nouveaux dirigeants héritent d’une économie dominée par le secteur privé. Le secteur privéenglobe non seulement les activités productives de biens agricoles et industriels mais aussi lecommerce intérieur et extérieur, la banque, l’assurance …Bien qu’entre les mains du secteur privé, l’industrie est surtout, depuis les années 30, uneindustrie de substitution à l’importation, favorisée par une protection tarifaire plus élevée.De 1957 à 1960, on assiste à une intervention directe croissante de l’État principalement dansl’activité économique non agricole.C’est l’année 1960 qui marque le début de la nationalisation proprement dite de l’économieégyptienne, avec la reprise par l’État de deux banques privées : la Banque nationale et surtoutla Bank Misr qui, l’intermédiaire de ses 29 sociétés affiliées, contrôlait environ 20% de laproduction industrielle.Le secteur privé ne sera toutefois pas entièrement aboli, mais de 1960 à 1973 sa part dansl’investissement total de la nation ne dépassera en général pas 10%.L’investissement public est fondamental de la politique industrielle de l’État. Or, on constatel’intervention de considérations de prestige ou de politique « politicienne » dans le choix desinvestissements.Plus généralement, l’affectation de l’investissement ne repose sur aucune analyse del’importance particulière de certaines branches dans le développement industriel ni sur uneanalyse des relations interindustrielles et intersectorielles. Ainsi les industries des biensd’équipements et très largement négligés, les industries destinées à satisfaire les besoins dudéveloppement de l’agriculture ne sont que partiellement mises en places, certaines liaisonsamont sont « oubliées ».En définitive, toutes les critiques portant sure l’efficacité de la politique d’investissementspublics renvoient aux limites de la planification. Ainsi « le plan est seulement l’addition au jour le - 12 -
  13. 13. Professeur BAÂZOUZ Economie du Monde Arabejour des desiderata des uns et des autres, sans aucune cohérence, sans qu’une stratégie dedéveloppement ait été préalablement définie par les instances politiques supérieures ».Les performances économiques du secteur public industriel sont unanimement considéréescomme médiocres. C’est ce qui se manifeste dans les « deux maladies chroniques » del’industrie : le sous utilisation des capacités de production et le gonflement des emplois nonproductifs dans les entreprises.À partir de 1973 et sous l’égide du Président Anwar Sadate, de profondes modifications serontapportées au fonctionnement de l’économie égyptienne. Cette politique de changement estconnue sous le nom d’Infitah « ouverture ».Le président Sadat affirme, entre autre, que pour se moderniser l’Egypte aura un besoin accrude capitaux étrangers et de technologies nouvelles, tout en soulignant le rôle important qu’ajoué le secteur public dans le développement socio-économique des années 60, il regrette quel’expansion de ce secteur n’ait pu éviter une « bureaucratisation » excessive et coûteuse.La mise en place de la politique d’Infitah est associée à 5 grandes catégories de mesure :- L’encouragement des investissements privés étrangers :- La « privatisation » du commerce extérieur ;- L’assouplissement du contrôle des devises ;- L’abandon des accords bilatéraux de commerce ;- Et la restructuration du secteur public.Comme n’importe quelle politique économique, celle de l’Infitah a eu ses partisans et sesadversaires. L’Infitah a marqué un point d’arrêt à l’expansion de l’activité économique de l’Étatet ré ouvert l’Egypte au capital étranger. Or, pour certains le secteur public a une « supériorité »quasi morale sur le secteur privé. Le premier serait conduit par le souci d’assurer le plus grandbien être à la collectivité et sa distribution la plus équitable alors que le second ne serait mu quepar la poursuite du profit maximum individuel, les deux objectifs étant inconciliables.Ainsi pour O. CARRE « le régime de Sadate n’est pas une alternative au régime Nasser, c’estle régime Nassérien orienté vers la droite comme il était dans les années 50 ».Les répercussions de la politique d’ouverture sur le secteur industriel sont largement négativesou très inférieures aux objectifs. Certes, on constate la reprise de la croissance industrielle, elles’explique par la libéralisation des prix qui permet un meilleur approvisionnement des usines enmatières premières, produits intermédiaires et biens d’équipement. Mais l’afflux des produitsimportés sur le marché provoque une concurrence brutale et inégale sur les produits industrielslocaux.L’afflux des investissements étrangers se sont concentrés dans les banques, les sociétésd’investissement, l’habitat, le tourisme … une faible part d’investissement est allée versl’industrie.De façon générale, l’afflux des investissements étrangers en Egypte s’est trouvé limité ou freinépar trois types de raisons :- La crainte d’une nouvelle guerre israélo-arabe ;- Les troubles sociaux en Egypte ;- La lenteur et la corruption bureaucratique.Paradoxalement, la signature d’un traité de paix avec Israél (mars 1979) peut sembler remettreen cause toute politique d’ouverture.En fait, la paix conclue avec Israél était une paix séparée, ou considérée comme telle parl’ensemble des autres pays arabes. L’Egypte subi un boycott économique et politique de la partde ces pays.Désormais, les insuffisances et blocages de la politique d’ouverture sont antérieurs au boycott.Que ce soit dû à l’absence d’une volonté industrialiste véritable ou aux limites des ressourcespolitiques et sociales du régime pour imposer l’application cohérente d’une stratégie industrielleextravertie, les conditions d’application de la politique d’ouverture n’était pas susceptibles dedonner à l’industrie Egyptienne un rôle particulier dans les échanges économiquesinternationaux. Ainsi, à défaut d’initier un développement de l’Egypte sur un modèle Sud- - 13 -
  14. 14. Professeur BAÂZOUZ Economie du Monde Arabecoréen, l’ouverture accentue le caractère improductif d’une économie dont le fonctionnementrepose de façon croissante sur l’afflux de ressources externes.En définitive, le « capitalisme sauvage » de la période de Sadate s’est révélé aussi incapablede résoudre les problèmes du développement de l’industrie Egyptienne que le fut le« socialisme » bureaucratique et asphyxiant de l’ère de Nasser.En somme, le bilan des expériences menées depuis les années 50 en Egypte n’est guèrepositif. Quelques rares tentatives de développement autonomes, fondées sur le secteurindustriel, se sont soldées par des échecs. Ces voies sont aujourd’hui délaissées au profit depolitiques économiques alternatives où le rôle de l’industrie n’est pas central.De même, la classe moyenne égyptienne tournait autour des 6 à 10% de la population. Ellereste restreinte et fragmentée par sa différenciation entre un secteur urbain et rural. Lechangement le plus significatif fut l’émergence d’une nouvelle classe moyenne d’employésd’État, plutôt que le développement de la classe de petits capitalistes mue par l’espritd’entreprendre, à l’instar de la bourgeoisie occidentale lors de la révolution industrielle au 19èmesiècle. II- Économies de rente à la recherche d’un modèle de développement industriel :Les hydrocarbures sont devenus une donnée essentielle du monde arabe.C’est une donnée récente, les découvertes importantes remontent à l’entre deux guerres ainsiqu’un début d’exploitation mais la mise en valeur sur une grande échelle s’amorce aulendemain de la deuxième guerre mondiale.C’est une donnée fondamentale qui dépasse le simple champ économique. La questionpétrolière présente une dimension stratégique et géopolitique en raison de la place occupée parle pétrole arabe dans le commerce international. Par ailleurs, l’émergence de l’économiepétrolière au cours des quatre dernières décennies a profondément modifié les sociétés arabes.La production arabe est très inégalement répartie : les pays producteurs qui ont pu bénéficierde la rente pétrolière ces dernières années s’opposent aux pays dépourvus de cette richesse.L’Afrique du Nord est une province pétrolière qui est parvenue tardivement sur le marché, àpartir de 1956. Les hydrocarbures (pétrole et gaz naturel) se rencontrent dans les structuressédimentaires du Sahara. La production (174 millions de tonnes en 1994) se partage entredeux producteurs notables l’Algérie et la Libye et deux autres de moindre importance : L’Egypte et la Tunisie.En 1994 : 776 millions de tonnes de pétrole ont été extraits dans les pays arabes du MoyenOrient. (Si on englobe l’Iran,j la production du Moyen Orient s’élève à 954 millions de tonnes). 1- Économie pétrolière : a- Valorisation des exportations :Elle est pour les pays producteurs la première étape de l’industrialisation. Ils cherchent àexporter des produits pétroliers transformés ayant une plus grande valeur ajoutée que le produitbrut. Tous les pays producteurs se sont dotés de grandes raffineries. Cette industrie deraffinage vise le marché intérieur mais aussi le marché international.L’exportation du gaz sous sa forme de méthane a donné lieu à la construction de très vastesplates-formes de liquéfaction. C’est l’Algérie qui a ouvert la voie en exportant pour la premièrefois, en 1964, du gaz naturel liquéfié.Actuellement certains Emirats du Golfe suivent la même voie essentiellement pour desservir lemarché Japonais. - 14 -
  15. 15. Professeur BAÂZOUZ Economie du Monde Arabe b- Naissance de l’industrie pétrochimique :Elle est aussi caractéristique de l’évolution dans laquelle se sont engagés tous les grandsproducteurs. La pétrochimie constitue le pilier de l’industrie. L’Arabie Saoudite semble le plusengagée dans le développement de cette filière pétrochimique.Les pays pétroliers, toujours à partir des hydrocarbures, ont aussi accordé une priorité à lafabrication des engrais azotés. En Algérie ou en Irak, on songe essentiellement au marchéintérieur. Dans les pays du Golf, cette activité a une autre ampleur ; elle participe pour 17% auxexportations mondiales d’urée. c- Intégration verticale dans l’industrie pétrolière mondiale :Les grands producteurs cherchent à investir en aval en s’introduisant dans le capital deraffineries et stations-service sur les marchés des pays industrialisés. Le but recherché est des’assurer une part croissante d’un marché international stable. La guerre a considérablementaccéléré cette tendance. Déjà le Koweït avait le premier à créer sa propre société pétrolière enaval sous le siège Q8. L’Arabie Saoudite cherche à prendre le contrôle de réseaux de raffinageet de distribution qui permettraient d’absorber 50% des exportations. Les Emirats arabessuivent. 2- Rente pétrolière et stratégie de développement :Les Etats pétroliers ont voulu « semer le pétrole » ou prévoir l’après pétrole. Au cours desannées 70, l’industrialisation est un véritable mythe, elle est considérée comme le moyen de sesortir du sous-développement. Les États producteurs qui ont disposé subitement de ressourcesénormes ont beaucoup investi. Ils se sont lancés dans les politiques d’industrialisation,audacieuses voire imprudentes : par exemple, l’Algérie avec son modèle des industriesindustrialisantes, ou également l’Irak ; Dans les pays du Golf, une filière a été privilégiée : cellede l’aluminium. Les projets de Qatar et surtout de l’Arabie Saoudite qui songe à implanter lafabrication de l’aluminium à Yanbu sont bien avancés.Enfin, tous les pays du Golf ont adopté des politiques de substitution aux importations,multiplication des industries de consommation, de première transformation qui restentrelativement limitées en raison de la faiblesse démographique qui caractérisent ces pays.Toutefois, on peut noter une véritable explosion des industries du bâtiment (cimenteries etautres matériaux de construction). Toutes ces branches sont très étroitement corrélées avec lesprogrès de l’urbanisation qui fait naître une demande très forte.Or, les tentatives de certains pays (Algérie, Libye, Irak), à la fin des années 60, pour modifierles rapports avec les compagnies et les États consommateurs, n’ont pu revêtir véritablementleur signification comme élément d’une stratégie de rupture qu’avec les modification survenuesentre 1971 et la fin de 1973.Nous essayerons de formuler quelques brèves réflexions concernant l’influence de la rentepétrolière et du surplus sur les perspectives de développement du monde arabe.On peut repérer à deux niveaux successifs les implications pour le développement duphénomène de rente pétrolière et de son utilisation comme instrument efficace dedéveloppement pour le monde arabe.Il apparaît clairement que transformer la richesse en capital productif est une entreprisecomplexe et difficile. L’abondance des moyens financiers et des devises étrangères n’est, aumieux, qu’un élément permissif d’une stratégie de développement, dont le rythme, le contenu,les objectifs, doit être défini par ailleurs. - 15 -
  16. 16. Professeur BAÂZOUZ Economie du Monde ArabeL’évolution du monde arabe, spécialement depuis 1973, a mis aussi en évidence les ambiguïtéset les difficultés de l’objectif de diversification économique, comme condition nécessaire etcomposante essentielle d’un développement autocentré et maîtrisé.D’une part, au moins dans un premier temps, la tentative de construction industrielle, à partir dupétrole comme matière première et comme source de revenus, a accru l’importance absolue,mais aussi relative, du pétrole dans les économies des pays producteurs.La préparation de l’après pétrole, dans sa phase attelle, prend la forme d’un renforcementconsidérable du caractère pétrolier des économies considérées.L’expérience Algérienne poursuivie après l’indépendance de 1962 est certainement la tentativela plus radicale et cohérente de construction d’une économie nationale indépendante dans lemonde arabe. a- Modèle de développement Algérien :Les stratégies proposées pour la sortie de sous-développement ont semble-t-il logiquement,suivi la même évolution en passant d’une problématique d’aide et de rattrapage à uneproblématique de rupture avec le système dominant et de constitution de modèles« autocentrés » de développement plus élaborés. Ainsi G.DESTANNE DE BERNIS élaborevers la fin des années 60, la théorie des « industries industrialisantes ». L’objectif retenu estcelui de la construction d’une « structure industrielle cohérente ». Pour l’auteur, la mise enplace d’une structure ne peut se faire qu’à partir d’industries industrialisantes.Cette stratégie d’intégration donne un rôle fondamental à l’industrialisation tout en instituant trèsfortement sur le dynamisme des relations à établir entre le développement de l’industrie et ledéveloppement de l’agriculture.Cette stratégie débouche sur des propositions pratiques en matière d’allocation intersectoriellede l’investissement et des choix des techniques.La pensée de G. DEBERNIS a largement influencé l’expérience Algérienne et plus tard, maisdans une bien moindre mesure d’expérience Irakienne.Lors du premier choc pétrolier 1973-1974, l’Algérie ambitionne de devenir le Japon de l’Afriqueet consacre son surplus à l’achat d’usines clés en main, ses émissaires parcourent le mondeindustrialisé pour acquérir ce qui se fait de mieux et surtout de plus en lus cher. Acier,aluminium, engrais, papier, chimie, camions ont la priorité, les unités sont souvent implantéesdans des régions déshéritées aux salariés souvent peu qualifiés, guère familiers destechnologies ultramodernes. Résultat : les retards s’accumulent, et le cycle pétrolier se retourneavant que l’industrie lourde soit en état de marche.En fait, le régime Algérien se caractérise sur le plan interne par une forte distorsion entre lesecteur pétrolier à forte intensité productive et le secteur non pétrolier à faibles gains deproductivité. L’absence d’articulation ou une articulation faible entre les deux secteurs empêchele processus d’accumulation de s’enclencher. Or, c’est le budget de l’État, alimenté par la rentepétrolière, qui constitue le point d’articulation, lequel revêt dès lors un caractère bureaucratiquesource de gaspillage, d’inefficacité et de corruption. L’héritage se révèle encombrant. Dessociétés nationales qui perdent de l’argent, des usines qui tournent au ralenti, et detteextérieure qui explose parce qu’il a bien fallu emprunter pour financer les fins d’industrialisation.Au cours du deuxième choc pétrolier en 1979-1982, les dirigeants ont changé : le pâle ChadliBenjdid, remplaçant di fier Houari Boumdiène, court après une légitimité qui le fuit. L’argent dupétrole va à un programme anti-pénurie qui se traduit par un flot d’importations de produits deconsommation ; réfrigérateurs, TV, automobiles, font leur apparition dans les vitrines desmagasins de l’État.Généralement, se sont les « chocs » et les « contre chocs » pétroliers qui rythment les phasesde croissance et de dépression de l’activité économique. - 16 -
  17. 17. Professeur BAÂZOUZ Economie du Monde ArabeLe troisième choc, en 1991-1992, passe largement inaperçu de la majorité des habitants. Les 3à 4 milliards de dollars supplémentaires récoltés servent à régler une partie des arriérés depaiement accumulé depuis le retournement du cycle pétrolier en 1984-1985.Pour l’économie Algérienne, la dépendance quasi exclusive des agrégats de la demandeglobale, l’investissement la consommation vis-à-vis de la rente pétrolière est très remarquable.À cette dépendance interne correspond, une dépendance externe, dépendance quasi-absoluedes importations qui apparaissent dans toute sa gravité dés lors qu’intervient un « contre choc »pétrolier entraînant une chute brutale de la capacité de production.L’obsession d’Alger, au plan financier est d’éviter de devoir rééchelonner sa dette extérieur, cequi placerait son économie sous les instructions du Fond Monétaire International (FMI), et laBanque Mondiale (BM). On préfère un arrangement discret avec le Crédit Lyonnais qui impliquede régler ses impayés dus aux entreprises françaises. Il n’en évitera rien du tout et, en avril1994, en pleine guerre civile, alors qu’il ne reste plus en caisse de quoi payer la cargaison desemoule d’un cargo qui tourne en rade, un premier ministre de transition accepte lerééchelonnement de la dette extérieure et les conditions qui vont avec. b- Limites et perspectives des modèles de développement rentier :Globalement, les modèles du développement sont très insuffisants, mais c’est le concept mêmede développement et l’articulation – accumulation – industrialisation – développement quidoivent être mis en question.L’existence des revenus pétroliers dans le monde arabe, les perspectives offertes par leurrépartition et leur utilisation, tout autant que les risques d’inversion des résultats et d’éclatementde la société qu’ils introduisent, rendent plus nécessairement encore qu’ailleurs dans le mondela mise en place de stratégies de développement privilégiant la satisfaction des besoinsfondamentaux.L’une des formes déterminantes d’expression d’une stratégie des besoins fondamentaux seral’explication des conditions d’une maîtrise du changement social projeté.On évoque deus aspects cruciaux, à cet égard, de l’évolution constatée dans la quasi-totalitédes pays arabes.- Il s’agit en premier de l’effondrement ou la stagnation de la production agricole et ladésintégration de la société rurale, qui en est à la fois la cause et la conséquence.Lorsque l’accent est mis dans les plans et les projets de développement sur l’agriculture (Irak,Algérie …), les résultats sont très lents à apparaître, tant en termes de production qu’en termesd’amélioration du niveau de vie des populations concernées.Il n’existe aucun lien automatique entre l’injection dans l’agriculture d’une partie du surpluspétrolier, directement (pays pétroliers) ou indirectement (Soudan), et la revalorisation de lacondition rurale.- Il s’agit du contrôle et de la planification de la croissance urbaine. Phénomène généralisé dansle Tiers-monde. L’hypertrophie urbaine, et plus précisément la concentration dans le capital desactivités et des moyens de satisfaction des besoins fondamentaux, entraînant une croissancedémographique « insoutenable » sont particulièrement impressionnantes dans le monde arabe :Bagdad, Caire, Alger, Damas, en particulier « explosent », et mettent en cause touteplanification sérieuse et toute politique de priorité à la satisfaction des besoins fondamentaux.Dans le domaine des stratégies de développement, cette perspective implique, outre unepolitique cohérent des prix et des revenus des agriculteurs, un accès progressivement amélioréaux services collectifs de base dans ces campagnes et une égalisation des chances entreruraux et citadins face aux perspectives d’emploi, de bien être et de participation au pouvoir.L’exemple Algérien est édifiant à maints égards : le grand écart entre la pluie de pétrodollars etun quotidien plus que difficile fait enrager une partie de la population : pas d’eau, pas decourant, pas de logement, pas de travail, pas d’égouts, pas de routes … - 17 -
  18. 18. Professeur BAÂZOUZ Economie du Monde Arabe Pourquoi l’Algérie est-elle riche et les Algériens pauvres ?Pourquoi alors que le revenu pour tête aurait augmenté de 31,3% en deux ans, selon l’officenational des statistiques, le pouvoir ne fait-il rien d’efficace pour ces millions de jeunes en quêted’un toit et d’un emploi, sinon leur envoyer la police, dont les effectifs connaissent eux, unespectaculaire progression. Conclusion :Le pétrole a donc profondément bouleversé l’économie et la société arabe depuis 40 ans. Il aapporté la richesse et certains pays arabes disposent d’un Produit National Brut (PNB) parhabitant parmi les plus élevés de la planète. Pourtant derrière cette opulence façade,actuellement, ce sont le désenchantement et les frustrations qui s’accentuent chaque jour. Lesinégalités introduites par la rente pétrolière ne font que s’accentuer. Les quelques 22000 dollarsdu Produit National Brut par tête qui mesurent l’opulence des Emirats Arabes Unis s’opposentaux quelques 600 ou 700 dollars annuels dont disposent les Egyptiens, Yéménites et biend’autres citoyens arabes. Les rivalités s’aiguisent et le dernier conflit, celui de la guerre du Golf,s’est déroulé sur un arrière fond de rivalités pétrolières. Enfin de compte l’économie pétrolièren’a pas permis la moindre intégration régionale et ce révèle en réalité comme un puissantfacteur d’instabilité, de fragilité dans cette partie du monde en quête de son unité. - 18 -
  19. 19. Professeur BAÂZOUZ Economie du Monde Arabe Chapitre 3 : DE LA COOPÉRATION À L’INTÉGRATION RÉGIONALE DU MONDE ARABEPersonne dans le monde arabe ne conteste le fait que tous les arabes, riches et pauvres, sontde par leur langue, leur religion, leur culture et leur histoire, étroitement liés. Par ailleurs, lacomplémentarité économique qui existe entre divers pays arabes crée des possibilités d’autantplus évidentes.Dans le domaine de l’agriculture, le monde arabe détient quelques 280 millions d’hectares deterre cultivable, 40 millions d’hectares seulement sont actuellement exploités, dont 12 millions àl’aide de système d’irrigation. D’autre part, seule la moitié des possibilités offertes par le Nil, leTigre et l’Euphrate sont utilisés de manière efficace. Avec l’aide d’investissements adéquats etd’une technologie bien adaptée, l’Irak pourrait à elle seule, satisfaire la totalité des besoins encéréales des pays arabes, soit 18 millions de tonnes. De même le Soudan serait en mesure deproduire toutes les qualités de viande nécessaires au monde arabe. Les pays non exportateursde pétrole pourraient non seulement fournir la main d’œuvre indispensable et la base agricole,mais au moment opportun, servir de débouchés aux nombreuses industries d’exportation despays exportateurs de pétrole, telle que l’industrie pétrochimique.D’une manière générale, une approche collective ou régionale au développement dans lemonde arabe devrait permettre aux entreprises arabes de bénéficier des économies d’échelle,de la productivité croissante, des coûts réduits par unité, et de l’amélioration générale dans laqualité du produit. En outre, une approche régionale conviendrait le mieux à l’instauration parmiles différents arabes, d’une division du travail appropriée.Les pays arabes pourraient améliorer leur situation si, au lieu d’agir individuellement et detenter de répondre à tous leurs besoins sans considération aucune pour les facteurs de coût etd’efficacité ainsi que cela semble se produire actuellement, ils reconnaissent leurs avantagesparticuliers et respectifs et canalisaient leurs fonds consacrés à l’investissement enconséquence. En réalité, la division du travail parmi les pays arabes devrait être favorisé par lefait que, le pétrole mis à part, les économies arabes sont, pour la plupart plutôtcomplémentaires que concurrentielles.En plus de ces facteurs économiques importants qui réclament une coopération et unecohésion plus grande entre les pays arabes, il y a aussi le fait que la longue histoire de laculture arabe elle- même « … s’élève contre la division et l’existence au sein du monde arabemoderne de souveraineté détenant un droit exclusif ». Pourtant, nous constatons que leséconomies arabes sont encore dissociées et qu’elles ne montrent aucun signe de coordinationou d’intégration progressive. Cela s’exprime pare des prises de décision ad hoc, par lesarrangements bilatéraux, par la prolifération des fonds au développement et par ledédoublement des projets d’investissements qui sont fondamentalement indivisibles.Les États arabes recherchent depuis 1945, date de la création de la Ligue arabe, une stratégieen vue d’une coopération et d’une intégration arabe. Cette recherche s’est effectuée avec lemaintien et la consécration de l’état actuel des closes. En effet, depuis que les États arabes ontinstitutionnalisé, après leur indépendance politique, les frontières géographiques, économiqueset sociales imposées par les puissances coloniales, ils ont été conduits à convertir les intérêtslocaux de chaque État isolé en intérêts « nationaux ». I- Stratégie arabe de coopération :Tous les indices montrent que la coopération économique qui s’effectue sous l’égide de laLigue arabe ou en dehors de cette institution, est en voie d’affaiblissement.La Ligue arabe a été fondée le 22 mars 1945 afin de renforcer les liens entre les Étatsnouvellement indépendants par la coordination des politiques, dans le cadre de la souveraineté - 19 -
  20. 20. Professeur BAÂZOUZ Economie du Monde Arabeet l’indépendance des partenaires. L’idée d’une intégration approfondie sous la forme d’unefédération des pays du Moyen-Orient a été écartée.Ouverte à tout État arabe, la Ligue prend ses décisions à l’unanimité. Elle a été conçue commel’instrument d’un règlement pacifique des conflits entre les État. La coopération a été renforcéepar le traité de défense commune et de coopération économique signée en 1950 et entré envigueur en 1964, qui a créé le conseil de défense commune et le conseil économique.La révolution Egyptienne de 1952 avait donné le feu vert aux tentatives d’intégration visant àdépasser le simple forum diplomatique. Le meilleur exemple en est la république arabe unie(RAU) proclamée par l’Egypte et la Syrie le 1 février 1958. Le projet devrait échouer, commetant de regroupements, du fait de l’absence de volonté commune des parties. Le coup d’État àDamas en septembre 1961 conduisit au départ de la Syrie de la fédération. Une nouvelletentative, en 1972, avec la création par l’Egypte, le Soudan et la Libye de l’Union desrépubliques arabes, échoua également.Certaines initiatives de la Ligue arabe ont pu avoir une réelle portée, tels l’appui àl’indépendance du Koweït contre l’Irak en 1963, la reconnaissance en 1973 de l’organisation delibération de la Palestine (OLP) comme représentant unique du peuple palestinien ou l’accordde Taef de 1989 qui a conduit à la fin de la guerre civile ai Liban. Mais la bonne marche del’organisation a été entravée par les chocs successifs qu’ont constitues la guerre de six jours(1967), la crise pétrolière (1973) qui a mis à mal la solidarité entre les États producteurs et Étatsconsommateurs, la mise en congé de l’Égypte, pays pivot de la ligue, à la suite des accords decamp David (1976) et la guerre du golf (1991).Ainsi la ligue fut chargée dès le début de son existence de représenter dans son sein deuxtendances contradictoires de la politique arabe d’après guerre : le particularisme de chaquepays et la solidarité de l’ensemble arabe. Incapable de servir la deuxième cause, la ligue arabefinit par consolider la première. C’est pourquoi la ligue arabe constitue une consécration del’État de désintégration dans lequel est plongée la région arabe, concrétisant par des actesfallacieux, un mauvais engagement économique arabe. 1- Coopération dans le cadre de l’Unité Économique Arabe (UEA) et du Marché Commun Arabe (MCA) :Le projet de l’Unité Économique Arabe est né au sein de la ligue arabe pour s’en sépareradministrativement quelques années plus tard, gardant toujours l’esprit de la ligue arabe, cest-à-dire la contradiction et la négligence de la réalité arabe. Relevons quelques aspects de cettecontradiction et de cette négligence :Son caractère « unitariste » mis en avant, contrairement à la psychologie des États arabesindépendants et souverains, jaloux de leurs nationalismes économiques, de leurs ressourcesnaturelles de leurs revenus, etc. L’Unité Économique Arabe est ainsi incompatible avec unparticularisme consolidé dans le cadre de la ligue arabe.La divergence entre les régimes arabes, l’isolement des pays arabes et les affrontements desintérêts relatifs à la survie nationale de chaque État, ne favorisent ni le mouvement despersonnes (qui pourrait actuellement aggraver le problème du chômage de certains pays), ni lemouvement de capital suite à l’état conjoncturel général et à la sécurité. Quant auxmouvements des marchandises, nous allons lui réserver une place dans les paragraphesconsacrés au Marché Économique Arabe.L’Union Économique Arabe (UEA) est née après la création de la C.E.E. Elle devrait se donner,à l’instar de celle-ci, un marché commun dont les principes incompatibles avec la situation despays arabes, doivent cristalliser les effets du mauvais engagement économique et les répandresur les comportements des pays membres. Que représente le Marché Commun Arabe par rapport à l’Union Économique Arabe ? - 20 -
  21. 21. Professeur BAÂZOUZ Economie du Monde ArabeLa décision 17 du 13.8.1964 de la ligue arabe adopte, dans son préambule, les principes inclusdans l’article 1 de la convention du Caire, à savoir : la libre circulation des biens, des personneset des capitaux ; la liberté du séjour, de travail et d’emploi, etc.… Mais elle va se débarrasserde ces principes pour n’en conserver dans son texte, qu’un seul : celui relatif aux échangescommerciaux, conçus comme préalable de toute intégration entre les pays membres de l’UnionÉconomique Arabe. Il s’agit, dans l’esprit du conseil de l’Union Économique Arabe, d’une« étape pratique » vers l’intégration totale, étape ayant pour « véhicule » une zone de libreéchange.- Pourquoi le Marché Commun Arabe ; au lieu de favoriser les échanges entre les pays, les a-t-il défavorisés ?- On sait que la réduction des tarifs douaniers, et la suppression des restrictions quantitativessont restées quasi symboliques ; pour quelle catégorie de produits ? Et pourquoi ?- Est-il possible d’espérer dans l’état actuel de ces pays, qu’une intégration menée par imitationdu marché commun européen, remédiera à la désintégration des pays arabes et à leursubordination à l’extérieur ?Le problème se résume au problème de « structures » et au problème de « systèmeséconomiques ». Si l’activité de production et le besoin d’exportation et d’importation relèventdes structures, la volonté de supprimer les tarifs douaniers et les restrictions quantitativesrelèvent des systèmes économiques. Or, la structure économique est la base de l’échange despays membres du Marché Commun Arabe est fondée essentiellement sur trois catégories deproduits :- Matières premières agricoles comestibles (céréales, légumes, viandes) ;- Matières premières non comestibles (pétrole, phosphates, potasse, coton) ;- Produits industriels finis et semi-finis (textiles, vêtements, sucres, tabac, ciment…).En ce qui concerne la première catégorie, les produits agricoles comestibles font l’objet d’uneconsommation locale acharnée. Le courant commercial en matière agricole entre les paysmembres du Marché Commun Arabe (le seul courant qui aurait pu subsister) est actuellementen régression totale.Pour la deuxième catégorie de produits : si l’on réduit les tarifs au si on ne le fait pas ; lesphosphates et la potasse jordaniens, le coton syrien et le pétrole irakien continuerons toujours à« déserter » la zone. Les activités industrielles sont dans les conditions du Marché CommunArabe, loin de pouvoir absorber ou transformer ces produits. Ainsi, l’exportation de ces matièrespremières hors du Marché Commun Arabe resteront une « chose naturelle » : liée, comme onle sait, à l’impératif de la complémentarité verticale entre les pays arabes et les paysindustrialisés. Cette complémentarité qui implique la préservation d’un monde de productionlocal imposé, ne dépend d’aucun autre volonté locale ou intra zonale.Quant à la troisième catégorie de produits, il s’agit des produits devant faire l’objet d’untroisième courant commercial intra zonal ; produits finis et semi-finis dont les industriespossèdent les caractéristiques générales suivantes :- Elles sont des industries d’« intérêt local » nécessairement protégés ;- Des industries de consommation semblables dans tous les pays et fatalementconcurrentielles ;- Des industries dont l’importance de la production varie d’un pays à l’autre, mais faisant toutesl’objet d’un développement simultané et soutenu. Cette dernière caractéristique estextrêmement importante.C’est en réalité dans le domaine de cette catégorie des produits que le Marché Commun Arabea connu l’échec total, car dans ce domaine le problème de la réduction des tarifs et desrestrictions est logiquement « insoluble » ; et c’est ici que la théorie s’accorde à la pratique.La libre circulation des marchandises envisagée comme préalable de l’intégration est uneprocédure irréalisable en milieu sous-développé. Le concurrence qui pour des pays développés - 21 -
  22. 22. Professeur BAÂZOUZ Economie du Monde Arabeest un mécanisme de répartition, de spécialisation et de restructuration, n’est en milieu sous-développé qu’un instrument de destruction, et les structures actuelles ne la supportent pas.Ce n’est pas parce que l’avenir de la « nation arabe » nécessite la libre circulation des produitsindustriels, comme le croient certains, que les pays membres du Marché Commun Arabeseraient dans l’obligation de fermer leurs usines et d’arrêter le développement de leursindustries de consommation. Ne nous trompons pas : ce développement obéit, à des impératifsdifférents relatifs aux structures des pays arabes, mais aussi à la « survie national » desrégimes arabes ombrageux, toujours jaloux de leurs intérêts locaux, tous dépendants del’étranger quelles que soient leurs positions sur l’échiquier régional. II- Enjeux de l’intégration du monde arabe :Un des traits marquants des États nations arabes est la vulnérabilité de leur économie face à lacontrainte externe induite par la dynamique du système de l’économie mondiale. L’échec despratiques de l’État dans ses fonctions de régulation est à l’origine de l’incohérence dessystèmes productifs arabes.Aussi le choix de l’espace de développement devient crucial pour l’avenir des économiesarabes. L’espace régional peut être le lieu de conquête d’une autonomie collective et d’unemaîtrise de la reproduction des formations nationales ?La dépendance économique vis-à-vis de l’Europe ou des Etats-Unis - 22 -

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