Le Racing 92 2.0

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Le Racing 92 2.0

  1. 1. 1/6/2015 Detaille Article http://ejournal.midi­olympique.fr/epaper/xml_epaper/Magazine/01_06_2015/pla_5934_Midi_Olympique_Magazine/xml_arts/art_29314413.xml 1/4 L’ARENA 92, QUI VERRA LE JOUR EN DÉCEMBRE 2016, AU PLUS TARD EN JANVIER 2017, AMBITIONNE D’ÊTRE L’ENCEINTE FRANÇAISE LA PLUS, ET LA MIEUX CONNECTÉE. ASSISTER À UN MATCH DE RUGBY PRENDRA ALORS UNE TOUT AUTRE DIMENSION. L’Arena 92 au stade 2.0 PAR ARNAUD BEURDELEY Partir deux heures avant le coup d’envoi d’une rencontre afin d’éviter les embouteillages, tourner en rond pour trouver une place sans prendre le risque de récupérer sa voiture à la fourrière, se rendre dans la bonne tribune correspondant à ses tickets sans faire trois fois le tour du stade, essayer à de multiples reprises (en vain !) de joindre tata Nicole assise dans la tribune opposée sans décharger la batterie de son téléphone, faire la queue à la mi­temps pour commander deux bières et un jambon beurre,et rater le début de la seconde période, s’ennuyer à mourir devant une rencontre du mois de décembre disputée dans un bourbier et se concluant sur un triste 9­ 3, dénicher la boutique du stade pour s’offrir un souvenir du match avant de rentrer à la maison : tout ça, c’est bientôt terminé. C’est en tout cas ce que promet le stade 2.0. Et pour cause. Le stade connecté, c’est l’enjeu de demain du sport business. Ou comment transformer le spectateur en « spect­acteur ». À l’heure de l’hypercorrection et du tout numérique, les stades font face à de nouveaux enjeux et aux nouvelles attentes des « fans » dans le cadre des événements sportifs. À l’heure actuelle, la France est à des années­ lumière de ce qui se pratique par exemple de l’autre côté de l’Atlantique. Aujourd’hui, dans l’Hexagone, aucune enceinte n’a encore le wi­fi (voir glossaire), seuls quelques espaces, comme des salons ou des tribunes privilégiées, sont connectés. Cette
  2. 2. 1/6/2015 Detaille Article http://ejournal.midi­olympique.fr/epaper/xml_epaper/Magazine/01_06_2015/pla_5934_Midi_Olympique_Magazine/xml_arts/art_29314413.xml 2/4 première est imminente. « Bordeaux est depuis le 23 mai le premier stade connecté de France (en wi­fi gratuit, NDLR). L’enceinte du Stade de France le sera début 2016 et Nice juste après, à temps pour l’Euro 2016, expliquait récemment dans les colonnes du journal « Les Échos » Alexandra Boutelier, directeur général délégué du Consortium Stade de France, en charge des opérations et du développement pour Vinci Stadium. Cet investissement de plusieurs millions d’euros par stade n’était pas prévu à l’origine mais il est devenu incontournable. Nous espérons le rentabiliser par les applications pour smartphones qui seront déployées fin 2015. » 100 % WI­FI La France compte aujourd’hui environ 70 millions de téléphones mobiles dont la moitié serait des smartphones. Et près de dix millions de Français utilisent chaque jour les réseaux sociaux. En 2012, huit des vingt­cinq plus gros « social landmarks facebook » (endroits où les gens se connectent le plus) étaient des enceintes sportives, comme le Staples Center de Los Angeles, le Tokyo Dome City ou le Camp Nou de Barcelone… L’enjeu est donc immense, pharaonique. C’est ce qu’a bien compris Jacky Lorenzetti. Le président du Racing­Metro 92, dont l’Arena 92 une enceinte sportive et culturelle d’une nouvelle génération, actuellement en construction au cœur du quartier de La Défense, devrait faire de ce lieu le fleuron des stades français. « Jacky Lorenzetti a décidé d’investir lourdement sur cette partie­là afin d’offrir à l’Arena une couverture wi­fi à 100 % et une couverture connexion simultanée à 50 %, ce qui est déjà très important, explique Roland Cubin, directeur des projets chez Stadome, filiale en charge de l’Arena. D’autres l’ont fait à 25 %, mais on estime qu’à l’avenir ce sera insuffisant. À partir de là, nous avons dimensionné le wi­fi de sorte que 50 % des spectateurs puissent télécharger une vidéo en même temps. En Europe, ce sera probablement le stade le plus connecté. En France, c’est une certitude. L’Arena ne sera pas simplement un stade, ce sera une salle multimodale. L’enceinte va accueillir des spectacles, des concerts, des séminaires, des bureaux et des matchs de rugby. Le but n’est pas simplement de donner une connexion internet aux spectateurs. Le but est de renforcer le spectacle, d’accroître l’émotion, d’accroître la convivialité et le partage et de permettre à tout le monde de communiquer ensemble. » AVEC UN ÉCRAN DE 2 400 M2 Pour atteindre son objectif, Jacky Lorenzetti n’a pas lésiné sur les moyens. Environ 500 bornes wi­ fi seront installées pour proposer la meilleure connexion possible. Et l’Arena pourra se vanter d’offrir à ses spectateurs le plus grand écran géant du monde. Avec 1 860 m2, celui des Dallas Cowboys (NFL) faisant actuellement référence, ressemblera presque à une tablette. D’autant plus que la projection HD, choisie par les responsables parisiens, proposera une qualité d’image inégalée sur 2 400 m2. Jacky Lorenzetti aime souligner que son stade sera au cœur du Manhattan français. Une façon comme une autre de rappeler que le rêve américain ne sera pas si loin. L’Arena 92 aura un goût d’ « americain way of life ». Le MetLife Stadium, enceinte des Giants de New York, informe ses spectateurs en direct via leur mobile des conditions de trafic sur les principaux axes menant au stade, ainsi que des conditions d’utilisation des transports en commun. Le Cowboys Stadium, au Texas (plus grand stade couvert du monde), organise durant l’événement des quizz sur twitter, du style : « Qui sera le prochain marqueur ? ». Les gagnants apparaissent sur l’écran géant et se
  3. 3. 1/6/2015 Detaille Article http://ejournal.midi­olympique.fr/epaper/xml_epaper/Magazine/01_06_2015/pla_5934_Midi_Olympique_Magazine/xml_arts/art_29314413.xml 3/4 voient offrir des cadeaux. Des exemples parmi tant d’autres qui ont inspiré les responsables de l’Arena 92. « Nous allons développer une application unique qui regroupera tous les services de l’Arena, explique encore Roland Cubin. Une application qui permettra sans bouger de son siège de commander une bière, de précommander un tee­shirt à récupérer en sortant par exemple, d’accéder à du contenu exclusif qui pourrait être une interview de l’entraîneur juste avant le match. Sur cette application, tout est envisageable et envisagé. Un exemple ? Sur une faute sifflée par l’arbitre, on pourrait très bien mettre à disposition du spectateur une explication pour mieux comprendre la décision. Les spectateurs pourront aussi recevoir de l’information en direct sur les places de parking disponibles et même être guidés pas à pas jusqu’à leur siège en tribune. L’application nous permettra de rester en veille auprès des fans et des spectateurs même en dehors des événements. » « Ne rien manquer et ne manquer de rien », telle pourrait être la devise de cette future Arena. Vous l’aurez compris, l’idée est d’accéder à une multitude de services via son smartphone ou sa tablette. Objectif : captiver le spectateur avant, pendant et après le spectacle. Que ce soit à l’occasion d’un concert ou un match de rugby. Faire en sorte qu’il reste le plus longtemps possible au cœur de l’enceinte et qu’il consomme. « Dans la façon d’utiliser ces services, il faut être innovant pour que cela se révèle un jour réellement rentable, admet Roland Cubin. L’application Arena sera gratuite, accessible à tous. Derrière celle­ci, il y a aussi la volonté d’accroître la force de vente. Elle va doper l’attractivité. C’est de cette façon que l’on va rentabiliser. Évidemment, il faudra trouver le bon mélange entre la publicité et les ventes. » SPECTATEURS OU INTERNAUTES ? Si la recette est éprouvée de l’autre côté de l’Atlantique, force est de s’interroger sur ce modèle. Est­il applicable en France où le comportement de consommation du public est radicalement différent ? À trop vouloir offrir de nouveaux services, les spectateurs ne se transformeront­ils pas en de simples internautes, les yeux rivés sur leurs smartphones ou autres tablettes, étrangers à ce qui se passe sur la pelouse ? Si tel devait être le cas, le stade 2.0 rendrait le sport accessoire. Les chants de supporters et autres bandas seraient alors relégués au rayon des vieilleries. « Le consortium est sensible à cette problématique, répond Roland Cubin. Nous avons visité beaucoup de salles ou de stades aux États­Unis où la connectivité pollue le spectacle et l’ambiance. Cela relève de la culture américaine. Ce n’est pas notre but. On ne veut pas être dans le « push » (voir glossaire). Notre « fan expérience » (voir glossaire) n’est pas basée là­dessus. Notre but pour cette application est de venir enrichir le spectacle plutôt que de le polluer. Il s’agit donc de trouver le juste milieu pour offrir du service, du contenu, renforcer l’expérience, permettre aux spectateurs de jouer ensemble. Parce que toutes les notions de « big game » (voir glossaire), dès lors que les smartphones sont connectés, sont envisageables. On pourrait faire voter les spectateurs en direct pour l’homme du match, ou imaginer un jeu en partageant le stade en deux ou plusieurs équipes. Cela ne doit pas devenir trop oppressant et être un frein au spectacle vivant. » ET SI INTERNET POLLUAIT LE JEU… Le risque existe. En offrant de l’internet illimité, le spectateur pourra être tenté de consulter ses
  4. 4. 1/6/2015 Detaille Article http://ejournal.midi­olympique.fr/epaper/xml_epaper/Magazine/01_06_2015/pla_5934_Midi_Olympique_Magazine/xml_arts/art_29314413.xml 4/4 mails ou son compte en banque au beau milieu d’un match de rugby. « Si on s’aperçoit que l’accès internet pollue trop le jeu, nous sommes capables de limiter, voire bloquer, l’accès à wi­fi pendant les événements si cela nous apparaissait nécessaire, rétorque Roland Cubin. C’est une possibilité. Nous ne sommes pas là pour donner de l’internet à tout le monde juste pour donner de l’internet. Il faut créer de l’ambiance, de la convivialité, et du lien. L’application sera utilisée différemment en fonction du spectacle. Si c’est un concert, il s’agira de favoriser « la fan expérience » et de mettre le public en lien avec la star. Si c’est du « Business to business » (voir glossaire), ce sera pour permettre de travailler dans de bonnes conditions. Et si c’est du rugby, ce sera pour aider le jeu et la convivialité. » En décembre 2016, au plus tard en janvier 2017, l’Arena 92 sera inaugurée. Pour cet événement, le président Lorenzetti rêve toujours d’une rencontre entre les Barbarians du Racing­Metro 92 et les All Blacks. Alors, à vos smartphones.

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