La France au 17ème siècleLhistoire politique de la France au 17ème siècle voit lémergence de lEtat moderne. La rupture del...
La France en EuropeLe grand voisin Habsbourg continue dencercler le royaume. Le roi dEspagne est présent au nordde la Fran...
Dans les villes, le roi souhaite constituer des oligarchies soumises et fidèles.Le problème dynastiqueHenri IV na pas eu d...
treize ans). Marie de Médicis assume donc la régence. Elle ne change rien au Conseil de feu le roi.Pour éviter toute repri...
à nouveau à faire pression les armes à la main. La paix de Loudun met un terme à la deuxièmeguerre civile, et témoigne de ...
des querelles religieuses.    •   Le retour de Richelieu au pouvoir (1624-1630)Le 29 avril 1624, Richelieu est appelé par ...
La guerre sétend sur plusieurs théâtres dopérations: sur la frontière des Pyrénées, en Franche-Comté, en Artois et dans le...
ministre le 4 septembre 1642. le roi fait aussitôt entrer Mazarin au Conseil.Le 20 avril 1643, Louis XIII, sentant sa fin ...
une même révolte contre le fisc les propriétaires de la capitale, les consommateurs qui subissentlaugmentation du tarif et...
est finalement signée le 12 mars 1649, après dâpres négociations sur les 27 articles de laprécédente déclaration. Mazarin ...
1652 est le sommet de ces années noires. Des guerres internes enflamment le royaume. Pourcalmer les plus hostiles, Mazarin...
Le milieu des années 1680 marque un tournant dans le règne.Colbert meurt en 1683, la reine Marie-Thérèse disparaît la même...
Les traités dUtrecht (1713) et de Rastadt (1714)Ces traités remodèlent lEurope au profit dune alliance entre la France et ...
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La france 4

  1. 1. La France au 17ème siècleLhistoire politique de la France au 17ème siècle voit lémergence de lEtat moderne. La rupture dela Fronde (1648-1652) semble opposer un "âge baroque" à un "âge classique", alors quen mêmetemps la monarchie connaît en fait une évolution lente qui aboutit au gouvernement réglé dontVersailles est le centre. La noblesse, évincée progressivement de son rôle de conseiller du prince,est ramenée au service du roi à la cour et à larmée.Tout au long du siècle, les luttes religieuses cristallisent les oppositions.Le poids de limpôt, fortement alourdi après lentrée de la France dans les guerres européennes,entraîne des révoltes populaires, de 1636 à 1643.La politique des Bourbons est marquée par la volonté de briser létau dans lequel les Habsbourgenserrent la France. De ce fait, la guerre est au centre de toute la construction de lEtat moderne.Le rayonnement de la France tient alors à la puissance de sa démographie, qui se reconstitue aprèsles grandes crises, à limpact des forces armées sur terre et sur mer, à lorganisation efficace deson gouvernement, et à sa culture dont Versailles devient le symbole.Henri IV (1589-1610) • Le retour de la paixLa paix de Nantes (13 avril- 2 mai 1598):Lédit de Nantes met un terme aux guerres de Religion qui ont ravagé le royaume pendant plus detrente ans. Il règle lexercice de la Religion dite réformée dans un pays catholique, fait exceptionneldans lEurope du temps. Il impose à tous loubli des troubles et des horreurs passés et accorde uneamnistie générale. Il représente un compromis dans lequel chacune des parties accepte desconcessions. Les catholiques sont satisfaits du fait que la religion romaine est rétablie partout dansle royaume. Les protestants quant à eux jouiront de la liberté de conscience et de culte danscertaines limites, de la reconnaissance de leur existence civile et du maintien de leur parti, garantde leurs libertés. Paris, où réside le roi, et quelques grandes villes tenues par de grands chefs de laLigue nont pas de culte autorisé.La LigueCest un groupe politico-religieux catholique qui sest donné pour but de faire disparaître leprotestantisme de France.Pour obtenir lenregistrement de lédit de Nantes, la tâche est longue et semée dembûches, car lesparlements refusent ou diffèrent lenregistrement. Lédit nest enregistré à Paris que le 25 janvier1599. les parlements de province manifestent longtemps leurs réticences: Grenoble enregistre le27 septembre 1599, Toulouse le 19 janvier 1600…Quant à Rouen, longtemps ligueuse, lédit nestfinalement enregistré quen 1609.La paix de Vervins (2 mai 1598)Devant les succès militaires et politiques du roi de France, Philippe II est contraint dabandonnerson rêve dhégémonie en Europe. Philippe II reconnaît les droits de Henri IV à la couronne deFrance. Les armées espagnoles quittent le territoire français.
  2. 2. La France en EuropeLe grand voisin Habsbourg continue dencercler le royaume. Le roi dEspagne est présent au nordde la France, dans les Pays-Bas, à lest en Franche-Comté, au sud dans le Roussillon. A cetteproximité du Habsbourg dEspagne sajoute celle des Habsbourg dAutriche. A lest lAlsace et laLorraine sont terres dEmpire. Durant tout le 17ème siècle et jusquen 1713,cet encerclement de la France par les Habsbourg reste la préoccupation centrale de la politiqueétrangère française. • La restauration du royaumeLe ConseilProgressivement, Henri IV organise le Conseil à sa convenance. Cet organe du gouvernementcomprend quatre sections:- le Conseil dEtat et des finances gère ladministrationet les relations avec les provinces- le Conseil des finances, créé en 1594, chargé detrouver les ressources et dordonner les dépenses- le Conseil privé (justice)- le Conseil des affaires, très réduit et composédhommes qui ont la confiance du roi.La théorie du pouvoir monarchique de droit divinJean BODIN a défini les fondements du pouvoir monarchique dans les six livres de la République,publiés en 1576. La théorie du droit divin a été développé par plusieurs écrivains politiques: AndréDUCHESNE, Antiquitéset recherches de la grandeur et majesté des rois de France (1609), Charles LOYSEAU, Traité desordres et simples dignités (1610), Jérôme BIGNON, De lexcellence des rois et du royaume deFrance (1610), Cardin LE BRET, De la souveraineté du roi (1632).La transmission de la couronne sopère au moment même où celui qui la détient décède. EnFrance, le roi ne meurt jamais: "le roi est mort, vive le roi!". A cette règle sajoute une obligationde catholicité finalement imposée au terme de trente ans de guerres civiles. Henri IV fut vraimentle roi de France dès son sacre à Chartres, qui a lieu peu après sa conversion. Il fonde égalementune monarchie plus autoritaire.Ladministration des provinces85% des Français habitent en milieu rural.La société rurale est encadrée par la noblesse. Le seigneur est le premier personnage de laparoisse; il a le monopole du moulin et du pressoir; il est titulaire de la basse justice, celle quirègle les conflits les plus fréquents. Les paysans paient au seigneur les "droits seigneuriaux", telsque le cens. Ils paient le champart (droit en nature prélevé sur les récoltes.La noblesse, très hiérarchisée, a dabord une fonction militaire. Les gouverneurs et les lieutenantsgénéraux sont les bras armés du roi dans ses provinces, fonction essentielle dans une société où lasécurité est loin dêtre toujours assurée et où la révolte gronde chez les humbles aussi bien quedans les rangs de la noblesse.Au-dessus des justices seigneuriales fonctionnent les tribunaux du roi, présidé par les prévôts, etau-dessus deux les baillis (nord de la France) ou sénéchaux (sud de la France).
  3. 3. Dans les villes, le roi souhaite constituer des oligarchies soumises et fidèles.Le problème dynastiqueHenri IV na pas eu denfant de son mariage avec Marguerite de Valois, épousée en 1572. le roientretient ouvertement une liaison avec Gabrielle dEstrées, et voulut en faire sa reine, mais ceprojet de mariage fut contesté par la cour et le pape. Plusieurs prétendantes ont été mises enavant, telle que Marie de Médicis. Mais au regard de lEglise, le roi était toujours marié avec la"Reine Margot". Le "démariage" a néanmoins lieu avec le consentement de Marguerite de Valois. Ilépouse Marie de Médicis à Lyonen décembre 1600. La reine a pour premier devoir de donner un filsau roi: le premier enfant naît le 27 septembre 1601, il est prénommé Louis, en hommage à LouisIX, lancêtre commun des Valois et des Bourbons. Cette naissance fonde la dynastie des Bourbons.La politique fiscale de SullyLimpôt direct:la taille est réduite afin de stimuler le travail des paysans sur lesquelspèsent déjà les droits seigneuriaux et la dîme de lEglise.Les impôts indirects: la gabelle (sur la consommation de sel), les aides (principalement sur lesboissons), les traites (taxes sur les marchandises à la sortie ou à lentrée du royaume).Sully, qui apure la dette et rééquilibre le budget, souhaite créer un nouvel impôt à faire peser surles titulaires doffices. La vénalité des offices de justice et de finance est une pratique ancienne.Loffice a deux visages: il relève de la puissance publique et de la propriété privée. Ce nouvel impôtest appelé la paulette. Elle a renforcé la valeur des offices.Henri IV, bâtisseurHenri IV met sa marque sur les édifices royaux. Après les misères des guerres civiles, il veille à lasauvegarde, puis lembellissement de ses demeures. Son effort porte surtout sur le Louvre, surFontainebleau et sur St-Germain-en-Laye. A cela sajoute la construction dhôpitaux… • Les dernières annéesLa vie politique est troublée par des complots. Leurs auteurs visent plusieurs objectifs: seconstituer une principauté indépendante du roi, éliminer un favori ou un ministre, faire obstacle àdes choix politiques… les conjurateurs sappuient sur des aides étrangères, le plus souventespagnole. Les grands féodaux sont facilement détournés du devoir dobéissance et lEspagnetoujours prête à créer des troubles intérieurs en France.Lattentat de Ravaillac a été immédiatement mis sur le compte dun complot ourdi par lEspagnolmenacé par les ambitions françaises vers les Pays-Bas et la rive gauche du Rhin. Le 14 mai 1610,alors quil se rend en carrosse chez Sully, le roi est assassiné dans la rue de la ferronnerie.Le temps des révoltes (1610-1630) • Marie de Médicis et ConciniA la mort de Henri IV, son fils Louis XIII na pas encore neuf ans (la majorité pour les rois étant à
  4. 4. treize ans). Marie de Médicis assume donc la régence. Elle ne change rien au Conseil de feu le roi.Pour éviter toute reprise duneopposition protestante, lédit de Nantes est à nouveau confirmé. En marge du Conseil, la régentesappuie sur le couple des Concini pour gouverner.Concino ConciniGentilhomme de Florence, il appartient à une famille de diplomates. Devenu marquis dAncre en1610, il achète ensuite la charge de premier gentilhomme de la chambre du roi. Le 9 février 1611,il devient lieutenant général de Picardie, province frontière qui garde Paris face aux possessionsespagnoles de lArtois et de la Flandre. Une seule fonction militaire prestigieuse peut lui donnerlautorité qui lui manque encore. En 1613, il est fait maréchal de France, bien que ses états deservice militaire soient quasiment nuls. Cette promotion est toute politique: elle place le nouveaumaréchal parmi les premiers hommes de lEtat. Lessentiel pour la régente est davoir assisdéfinitivement le pouvoir dun homme qui lui doit tout.Il existe à la cour des clans, partisans dune autre politique que celle de la régente, et qui veulentse faire entendre. Le trésor accumulé par Sully sert désormais à assouvir les appétits des plusvindicatifs: les princes reçoivent de très fortes gratifications.La régence de Marie de Médicis marque en effet un tournant dans la politique étrangère de laFrance. Elle contribue au retour des jésuites en France. Elle est également plus favorable à unrapprochement avec les puissances catholiques quau soutien des princes protestants,contrairement à feu Henri IV.Le Conseil négocie en 1612 le double mariage des enfants de France et dEspagne: Louis XIII seramarié avec linfante Anne dAutriche, et linfant Don Philippe avec la sœur aînée de Louis XIII,Elizabeth. Cette réconciliation des deux plus grandes monarchies dEurope donne lieu à des fêtessomptueuses. Cette politique pro-espagnole assure la paix pour vingt ans.Cette nouvelle orientation nexclut pas cependant le resserrement delalliance avec lAngleterre. • Les guerres civilesIl existe à la cour un courant hostile aux mariages espagnols et aux orientations de la régente,formé de protestants derrière le duc de Bouillon. Ils voient dun mauvais œil une régente italienneappuyer une politique offensive en faveur de la Contre-Réforme.Enfin, certains sont hostiles à la régente puisque linstaurationde la paulette a dépouillé nombre de princes de lattribution de charges, enfaveur dune bourgeoisie marchande qui sest accaparée les offices. Les grands,et toute la noblessetraditionnelle rêvent du retour à une monarchie dans laquelle le roi est conseillé par les grands. Dejanvier 1614 à avril 1617 se déroulent trois guerres civiles suivies de réconciliation. Pour les deuxpremières, des traités furent conclus (la paix de Sainte-Menehould le 15 mai1614; la paix de Loudun le 3 mai 1616).La guerre sur le terrain est relayée par une guerre de libelles (petit livre de 8 à 48 pages) où sontdébattus les problèmes de lheure. La régence de Marie de Médicis est marquée par une véritableliberté de dire et écrire. La révolte est donc accompagnée dune offensive pamphlétaire de grandeampleur. Il faut aussi compter sur une diffusion par la lecture publique et le commérage.Le 27 septembre 1614, le roi Louis XIII atteint sa majorité. Les états généraux ne sont donc pasélus pour soutenir la régence. La régence prend fin. Mais Marie de Médicis continue à présider leConseil. Le prince de Condé ne sera donc pas lieutenant général du royaume.Les princes, Condé en tête, nayant pu infléchir la politique pro-espagnole du Conseil, sont amenés
  5. 5. à nouveau à faire pression les armes à la main. La paix de Loudun met un terme à la deuxièmeguerre civile, et témoigne de la démission de la reine, de Concini et des ministres: les "indemnités"versées aux princes ruinent le trésor royal. Le prince de Condé obtient finalement lentrée auConseil et le droit de contresigner les arrêts. La reine se voit mise sur un pied de quasi- égalitéavec le prince de Condé. Elle parvient à le faire arrêter le 1er septembre 1616. Cette mesureextrême a scandalisé les grands. Un complot est monté dans lentourage du jeune Louis XIII, etavec son accord contre Concini: le 24 avril 1617, le maréchal dAncre est assassiné au moment oùil arrive au Louvre pour assister au Conseil. Cette fin brutale provoque une révolution de palais: lareine-mère est exilée à Blois, avec Richelieu, sa créature. Marie de Médicis et son fils Louis XIIIentrent en guerre. Un traité de paix est signé entre les deux, mais la réconciliation nest pas totale:Marie de Médicis ne retrouve pas sa place au Conseil. En outre, Louis XIII fait libéré le prince deCondé contre qui la reine sétait tant battue, ce qui aigrit les relations entre la mère et son fils. Dèslors, Marie de Médicis refuse de revenir au Louvre. Les mécontents et ceux que le favori du roiignore ou méprise se regroupent à nouveau autour delle. Une révolte se déclare à nouveau. Unnouveau traité est signé à Angers, qui permet à la reine-mère dapprocher librement son fils. Ellerevient alors au Louvre, mais doit désormais admettre de passer derrière la reine régnante, AnnedAutriche.Le prince Henri II de Bourbon-Condé (1588-1646)Il fut éduqué par Henri IV, et élevé dans la foi catholique. Le roi le maria à sa propre maîtresse,Charlotte de Montmorency. Le roi continuant à la courtiser, le prince Henri décida de senfuir àBruxelles avec son épouse. Il revint sous la régence de Marie de Médicis. Comme dautres grandsaristocrates, il jalouse la présence au pouvoir de la régente et linfluence de ses favoris, dontlItalien Concini, au détriment de celle des princes de sang. Il fomente des coalitions princièrescontre le gouvernement à partir de 1613, lorsque les largesses de la couronne se tarissent parmanque dargent. Les premières prises darmes des grands se concluent avec le traité négocié parCondé avec la régente à Sainte-Menehould, le 15 mai 1614, par lequel de nouvelles pensions sontaccordées par la couronne, lalliance matrimoniale avec lEspagne est suspendue et la convocationdes Etats généraux est prévue. Il est embastillé quelques années pour avoir continuer à comploter.Libéré par Louis XIII, il se conduit comme un fidèle serviteur du roi et participe aux nombreusescampagnes menées par le roi.Délivré des querelles intestines et de la menace de la révolte des grands, Louis XIII se trouveconfronté à linsubordination de ses sujets protestants, entre 1619 et 1622. • La France en EuropeLes crises intérieures et les guerres civiles ont réduit le rôle de la France en Europe.Le "problème de la Valteline" est un enjeu politique majeur tout au long du17ème siècle. La Valteline correspond à la haute vallée de lAdda, affluent du Pô, qui ouvre à lestvers le Tyrol et lAutriche. Cette vallée est peupléedItaliens catholiques, mais elle est soumise aux Ligues grises protestantes. La défense des droitsdes alliés grisons sur la Valteline est une pierrede touche révélatrice des choix politiques du Conseil du roi, à savoir ladéfense de la liberté de culte, même relative, des protestants, contre lesHabsbourgs, défenseurs de la foi catholique.Leffacement de la France sur la scène internationale a permis une remontée des ambitionsespagnoles. La politique hispanophile, qui avait permis la conclusion des mariages espagnols, avaitmaintenu le status quo en Valteline. Mais les Espagnols reprirent le dessus en Valteline, prétextant
  6. 6. des querelles religieuses. • Le retour de Richelieu au pouvoir (1624-1630)Le 29 avril 1624, Richelieu est appelé par le roi au Conseil. En août 1624, il devient le principalministre jusquà sa mort en décembre 1642.On sest souvent appuyé sur le Testament politique de Richelieu pour y chercher un "programme",alors que ce texte a été écrit plus tard par Richelieu, qui avait un regard rétrospectif sur sonœuvre.Ce qui caractérise les choix politiques de Richelieu: laffirmation du pouvoir du roi sans partage,dans le royaume comme en Europe."Rabaisser lorgueil des grands": il démantèle des forteresses en province qui ne sont pas sur lesfrontières, ni des villes capitales de province. Il légifèrecontre les duels, déjà interdits par le concile de Trente en 1563."Ruiner le parti huguenot": Richelieu, pour avoir essayé de convertir les protestants dans sonévêché du Poitou sait que cette œuvre de reconquête missionnaire sera longue. En revanche, lestatut politique du "parti" en fait un Etat dans lEtat, ce qui est insupportable dans la monarchie envoie de centralisation. Le 28 juin 1629, par la grâce dAlès, le roi impose à ses sujets protestants lasuppression de tous les privilèges politiques que leur reconnaissaient lédit de Nantes. Mais lesstipulations de lédit de Nantes concernant la liberté de conscience et lexercice de la religion sontconfirmés."Relever son nom dans les provinces étrangères": Richelieu a fait son choix et veut revenir à lapolitique déquilibre de Henri IV et aux alliances protestantes.Louis XIII et Richelieu (1630-1643) • La France dans la guerreLannée charnière: 1630La journée des Dupes est un événement tournant du règne. Au Conseil, deux points de vuesaffrontent: un parti favorable à la paix (le parti de la reine-mère qui reste favorable à une allianceavec lEspagne), lautre favorable à une intervention active de la France en Europe (le parti deRichelieu, qui veut reprendre la politique traditionnelle de léquilibre européen). Ces contradictionstrouvent leur solution dans la journée des Dupes, les 10, 11 et 12 novembre 1630. Louis XIII estalors confronté à un choix dramatique entre sa mère et son ministre, et surtout entre deux choixpolitiques. Le roi choisit de garder son ministre; la reine mère est contrainte à lexil à Compiègne etles grands qui lont soutenu sont arrêtés, et parfois même exécutés.La France dans la guerre de Trente ans (1630-1643)Le choix dune politique anti-Habsbourg, et dune politique déquilibre en Europe implique desoutenir les princes protestants et leurs alliés, le Danemark puis la Suède, avant dentrer soi-mêmeouvertement dans le conflit, en 1635. La guerre commence en Allemagne entre le Saint Empireromain germanique et les Suédois et Danois. Louis XIII et Richelieu ne pouvant plus contenir lesambitions delempereur par alliés interposés, font entrer la France dans la guerre. La guerre est officiellementdéclarée à lEspagne aux Pays-Bas le 19 mai 1635. pour Richelieu, lalliance essentielle est cellenoué avec les Provinces Unies et la guerre a pour objectif premier deconquérir les Pays-Bas espagnols pour les partager avec ses alliés.
  7. 7. La guerre sétend sur plusieurs théâtres dopérations: sur la frontière des Pyrénées, en Franche-Comté, en Artois et dans les Flandres, contre lEspagne. Lempereur déclare quant à lui la guerre àla France en décembre 1636. Les opérations ont lieu en Alsace, en Allemagne et en Italie. • Les oppositionsLes révoltes antifiscalesOn impose une fiscalité plus importante aux sujets du royaume de France. Mais on ne doit jamaisoublier dans le contexte de la guerre, omniprésente pour les gouvernants, que pour les gens descampagnes dautres maux sont trop souvent présents (années de mauvaise récoltes, pestes…).Pour ceux qui y survivent, le poids de la fiscalité, qui ne cesse daugmenter, devient alorsproprement insupportable, doù des révoltes populaires.La Révolte des Nu-Pieds (1639-1640) est lune des plus graves et des plus longues. Elle éclate enNormandie en 1639 et se prolonge pendant plus dun an. La cause en est la volonté royaledimposer à cette province la gabelle, exempte jusque là comme pays producteur de sel (les "nu-pieds" sont les travailleurs qui le ramassent au bord de la mer). Le soulèvement se concentre endeux points: Rouen, révolte urbaine, et Basse-Normandie, révolte paysanne. La répression quisabat sur eux revêt une extrême rigueur. Elle est confiée à une commission judiciaire, conduite parle chancelier Séguier lui-même. Les pouvoirs dont il est pourvu sont absolument extraordinaires. Ilfonctionne comme un tribunal militaire en campagne, sans aucun respect des formes ordinaires dejustice. Lesaccusés, privés de défense, sont jugés, condamnés et exécutés sur lheure. Ceux qui échappent àla peine capitale sont envoyés par centaines aux galères, et tous se voient écrasés damendesénormes. Rouen est très durement éprouvée.Cette répression dun genre nouveau, par ses procédures expéditives et sonextrême violence, doit servir dexemple dissuasif pour dautres. Cependant, si lon en juge par lecaractère récurrent des révoltes populaires, lexemplenormand ne fut pas compris des autres provinces.Une opposition religieuse: les jansénistesLa contestation des élites prend appui sur des choix religieux. Cest le cas des jansénistes, dont la"secte", comme dira plus tard Louis XIV, apparaît en France dans les dernières années du règne deLouis XIII. La doctrine apparaît en 1640 après la publication de lAugustinus, écrit par CornéliusJansen, évêque dYpres aux Pays-Bas. Cest une forme renouvelée du calvinisme semble-t-il. LaSorbonne réagit contre lexagération du rôleaccordé à la grâce. Son chef de file, labbé de Saint-Cyran, est enfermé car il répandait cettedoctrine au sein du clergé, et Richelieu avait peur de nouveaux excès. Le mouvement que Richelieua tenté détouffer en mettant son chef de file à lombre prendra de lampleur sous son successeur.Lopposition nobiliaireLe cardinal est en butte à une opposition active des grands. Elle prend la forme de la révolte et ducomplot, non pas contre le roi, mais contre son ministre. Les conjurateurs en général veulentabattre le ministre pour faire pièce à sa politique anti-espagnole. Le complot le plus célèbre estpeut être celui du jeune favori du roi, Cinq-Mars, où trempent Gaston dOrléans, le frère du roi. Ilsont signé un traité avec le roi dEspagne, Philippe IV, au printemps 1642. la conjuration éventée,Richelieu exige la peine capitale pour Cinq-Mars et son ami de Thou, coupable de navoir pasdénoncé le complot.Mazarin, "créature" de Richelieu, succède à ce dernier à la demande de Louis XIII à la mort de son
  8. 8. ministre le 4 septembre 1642. le roi fait aussitôt entrer Mazarin au Conseil.Le 20 avril 1643, Louis XIII, sentant sa fin venir, constitue un Conseil de régence où il fait entrerMazarin, à côté de la reine Anne dAutriche et de Gaston dOrléans. Mazarin est également leparrain de Louis XIV, place toute particulière. Louis XIII meurt le 14 mai 1643.Les années Mazarin (1643-1661) • Mazarin (1643-1648)Le 18 mai 1643, Anne dAutriche exige du parlement de Paris quil casse le dernier testament dudéfunt et se fait reconnaître comme régente à part entière. Elle nomme ensuite le cardinal Mazarinprésident du Conseil de Régence et principal ministre. Gaston dOrléans est lieutenant général duroyaume mais ne vient quen second au Conseil. La grande expérience des affaires de lEurope deMazarin, sa position exceptionnelle de parrain du jeune roi, son appartenance au Sacré Collège quiélit le pape lui assurent leprestige et le respect indispensables à sa nouvelle fonction.La guerre est aussi la dure réalité qui simposera encore pendant seize ans au nouveau ministre.Dans sa lutte contre les Habsbourg, Mazarin peut sappuyer sur de grands capitaines, tels que lemarquis de Turenne et le jeune duc dEnghien (futur Grand Condé).Dès janvier 1644, il devient nécessaire de faire appel à de nouveaux impôts. Comme il est difficiledaugmenter la taille et la gabelle, Mazarin et la régente songent à faire payer la capitale où sontconcentrés beaucoup de gens bien pourvus et dispensés de la taille. Le Conseil remet alors àlhonneur le toisé (pèse sur les maisons construites sans autorisation dans les faubourgs de Paris, àproportion de la longueur des façades, mesurée en toises). En 1646, lédit du tarif augmente lesdroits dentrée des marchandises dans Paris.Laccumulation des taxes et le recours aux emprunts forcés déclenchent une protestation généraledes officiers du roi, directement concernés par ces nouvelles ponctions. • La Fronde (1648-1653)Cette période est complexe. Il faut donc en comprendre les éléments principaux.Le parlementIl faut prendre la mesure des fonctions de cette institution, car les treize parlements du royaumesont des acteurs importants du mouvement contestataire. Le parlement de Paris domine tous lesautres parlements du royaume puisquil couvre presque un tiers du royaume. Sa situation dans laville du roi ajoute à son prestige. Les parlementaires sont des magistrats qui jugent les causes enappel ou les causes très graves en première instance. Titulaires de charges quils ont achetées ouhéritées, les conseillers sont répartis dans des chambres spécialisées. A Paris, deux Chambres desrequêtes traitent les dossiers les moins importants; cinq Chambres jugent de causes plusimportantes; la "Chambre de la tournelle" instruit les causes criminelles; la Grand Chambre, oùsiègent les plus anciens magistrats, couronne lensemble.Le parlement na pas seulement des attributions judiciaires. Il jouit dune sorte de droit de regardsur les affaires politiques car il a, notamment, un droit de remontrance (il peut modifier les éditsroyaux ou en retarder lenregistrement, ce qui fut le cas pour lédit de Nantes par exemple).La première Fronde: lagitation des parlements (janvier-décembre 1648 à janvier-août 1649)Une nouvelle fiscalité menace directement les membres du parlement de Paris. Se joignent dans
  9. 9. une même révolte contre le fisc les propriétaires de la capitale, les consommateurs qui subissentlaugmentation du tarif et les officiers du roi. Le parlement prend la tête du mouvement derésistance.Par delà les intérêts menacés, il apparaît que le conflit oppose deux modes de gouvernement:- le système traditionnel: ladministration des finances et de la justice est confiée à des officiers duroi, le roi gouvernant assisté de sa noblesse au Conseil et dans les provinces- un système nouveau, imposé par une guerre interminable et contestable puisquelle déchire lachrétienté. Le roi, soumis à un ministre tout puissant, gouverne de plus en plus avec descommissaires et des intendants nommés directement par lui.Mazarin fait arrêté deux des meneurs de la Fronde, des parlementaires:le conseiller Broussel, âgé de 73 ans, et le président Potier de Blancmesnil.Des manifestations ont alors lieu en faveur des victimes de larbitraire. Le chancelier Séguier partalors interdire les réunions du parlement pour mettre fin à lagitation. Des barricades sont alorsdressées dans Paris. Broussel est relâché, et lagitation se calme.Après des marchandages pour mettre fin au conflit languissant avec le parlement, la reine acceptefinalement de signer, le 22 octobre 1648, une déclaration qui reprend celle proposée par leparlement le 31 juillet: les intendants sont supprimés, le parlement sauvegarde son droit de regardsur les édits fiscaux et les avantages de ses membres.Mais au fond, la monarchie ne peut accepter les articles de cette déclaration en vertu de laconstruction dune monarchie administrative.Linitiative de la reprise du conflit appartient donc à la reine et son ministre.Dans la nuit des Rois, entre le 5 et le 6 janvier 1649, la reine et ses deux enfants, le roi qui a dixans et son jeune frère, leur oncle (Gaston dOrléans), lieutenant général du royaume, et Mazarin,quittent Paris sous bonne escorte pour Saint-Germain, décidés à reconquérir la capitale les armes àla main.Ce qui rend difficile le récit et la compréhension de la Fronde, cest dabord son extension dans lesprovinces (Bourgogne, Normandie, Anjou…) qui suivent leurs parlements.Les frondeursLes chefs de faction les plus en vue appartiennent à la famille du prince de Condé, mort en 1646:son fils Louis II de Bourbon (appelé le Grand Condé) en particulier.Les troupes des frondeurs sont constituées des clients et protégés des princes dans une pyramidede fidélités qui peut mobiliser beaucoup de monde. Dans les villes, les frondeurs se recrutent parmiles bourgeois et les marchands, les gens de métier soucieux de préserver leurs privilèges…Ce sontceux qui constituent les troupes des milices, armées, et encadrées par des responsables dequartiers.Les nobles sont aussi menacés par la pression fiscale: les gentilshommes se regroupent dans desassemblées de noblesse autour de Paris et dans les provinces.Lannée 1649En 1649, la reine sappuie sur Condé dont larmée tient les alentours de Paris et ferme les voiesdaccès pour affamer la grande ville. Le coup de force de la reine pousse une partie de la grandenoblesse dans la Fronde (la sœur et le frère de Condé par exemple).Les frondeurs prennent de plus en plus pour cible Mazarin.Cette haine sexprime dans des pamphlets de toutes sortes. Pour éviter le pire, Mazarin fait acheterdes régiments allemands dès le 16 janvier 1649. Le 30 janvier 1649, le roi Charles Ier est exécuté,ce qui provoque une contestation unanime. Au sein du parlement, un parti plus modéré émergeprogressivement, sous la houlette notamment de Nicolas Fouquet, alors procureur général. La paix
  10. 10. est finalement signée le 12 mars 1649, après dâpres négociations sur les 27 articles de laprécédente déclaration. Mazarin obtient entre autres choses le maintien des intendants dans lesprovinces frontières.Cependant, le roi, la reine, et la cour ne rentrent à Paris que le 18 août.La fin de la guerre de Trente ans: les traités de Westphalie (24 octobre 1648)Tandis que la reine et Mazarin font face à la Fronde parisienne, les conférences avancent leurstravaux, entamés à Westphalie en 1644. Cela absorbe le ministre, autant que les troublesintérieurs.En Allemagne, le principe "cujus regio, ejus religio" (un royaume, une religion), est maintenu, cequi oblige les peuples à se soumettre à la religion de leur prince ou à émigrer dans un Etat voisinadepte de leur croyance."Léquilibre européen" est restauré: les princes allemands, jouissant de leur supériorité territoriale,le pouvoir de lempereur semble une coquille vide. Les 360 princes, maîtres de leurs territoires,peuvent négocier avec létranger et conclure des alliances à condition de respecter les intérêts delEmpire.La France sort grandie des traités.Les Provinces-Unies ont signé une paix séparée avec lEspagne qui reconnaît définitivement leurindépendance. Dès lors, lEspagne se retire du congrès de Westphalie et poursuit seule la guerrecontre le France. Philippe IV se refuse à traiter: il espère que les troubles intérieurs de la Frondeobligeront la régente à baisser la garde.La deuxième Fronde (1650-1651)Les princes, calmés, nont pas retrouvés une place de premier plan au Conseil, Condé surtout. Lesclientèles nobiliaires sont prêtes à en découdre à nouveau. Pour faire taire ces oppositions, la reineet Mazarin tentent un coup de force contre les princes, et surtout contre Monsieur le Prince (leprince de Condé) en janvier 1650. Obligé de céder à la pression, le gouvernement de la reine lesfait libérer. Mazarin, principale cible desfrondeurs, choisit de seffacer pour laisser passer lorage en attendant queses adversaires senlisent dans leurs querelles internes. Il reste absentjusquen décembre 1651, et continue à correspondre avec la reine. La reinesemploya à diviser ses adversaires: elle se rapproche dabord des Condé, puis sen éloigne pour serapprocher de Gondi. Dès lors, le front uni des Frondes est brisé. Pour faciliter une réconciliationgénérale autour du roi majeur, le 5 septembre 1651, la reine accepte de passer léponge sur lescrimes des Condé et de condamner à nouveau Mazarin.La cérémonie de la majorité a lieu le 7 septembre 1651. Seul absent, le prince de Condé se rejettedans la révolte. Mais la régence est terminée, le roi jouit pleinement de ses pouvoirs: lesengagements pris par Anne dAutriche ne le lient plus et Monsieur le Prince est déclaré criminel delèse-majesté dès le 8 septembre. Le prince de Condé part pour sa province de Guyenne, oùBordeaux connaît une Fronde radicale. Le 13 décembre, Louis XIV rappelle Mazarin, qui pénètre enFrance avec 6000 hommes recrutés par ses soins. Le parlement met alors à prix la tête ducardinal, et en janvier 1652, Gaston dOrléans, hostile à Mazarin, devient frondeur et fait allianceavec Condé.Lannée terrible: 1652De 1648 à 1652, la France connaît une grave crise économique: mauvaises récoltes, famines etdisettes. Les "pestes" frappent durement les populations sous alimentées. La mortalité augmentetrès fortement, entraînant à son tour une forte chute de la natalité, dans un contexte de guerrecontre lEspagne et de Fronde.
  11. 11. 1652 est le sommet de ces années noires. Des guerres internes enflamment le royaume. Pourcalmer les plus hostiles, Mazarin quitte une nouvelle fois la cour, en août 1652, pour un secondexil. La lassitude sempare progressivement des frondeurs. Le 13 octobre, Condé, isolé, quitte Parispour Bruxelles et offre ses services au roi dEspagne. Le 21 octobre, Louis XIV le jeune roi entredans sa capitale sous les acclamations. A Paris, cest la fin des troubles. Louis XIV interditdésormais au parlement de se mêler des affaires de lEtat. Le roi rappelle de nouveau Mazarin.Avec ce grand conflit, dans lequel Paris et tant de provinces ont été engagés, prend fin une formede gouvernement monarchique où dominent les clientèles nobiliaires. Désormais, la monarchiesappuie sur les officiers et bientôt les commissaires, le roi ayant dans sa main lessentiel despouvoirs: la levée des impôts, lexercice de la justice, la direction de la "police" (cest-à-direladministration des provinces).Le second ordre, la noblesse, est sans doute le plus grand perdant de cette confrontation. Son rôledans lEtat le cantonne progressivement au service du roi à la cour et à larmée. Les grands neseront plus les chefs de ces grandes révoltes où sexprimait la contestation politique.Confrontée à une guerre étrangère et aux guerres civiles, la monarchie doit encore et toujourstrouver des ressources nécessaires à lentretien des armées. Limpôt en couvre une part, maislemprunt y contribue aussi de plus en plus. • "Les années fécondes" (1653-1661)Le retour à lordre est progressif, à Paris comme en province.Pendant toutes ces années, la guerre civile masque les combats de la guerre étrangère quicontinue. Le front principal est au nord, mais bien proche de la capitale, puisque lArtois est encoreespagnol. Quand la saison des quartiers dhiver arrive, les généraux passent la main auxdiplomates: le roi dEspagne, incapable de reconstituer ses armées, consent à traiter.La paix entre la France et lEspagne est signée au pied des Pyrénées ennovembre 1659. laspect le plus important du traité aux yeux des contemporains et pour lavenirest la conclusion du mariage du roi avec linfante Marie-Thérèse, fille aînée de Philippe IV. Certes lanouvelle reine de France renonce à ses droits à la succession dEspagne, mais le paiement de ladot, énorme, nest pas payée par le roi dEspagne qui na pas lintention de sy soumettre. Laclause du traité sur la dot va permettre au roi de France davancer des prétentions à la successionespagnole, et Louis XIV en usera tout le long de son règne. La prépondérance en Europe passe desmains de lEspagnol dans celles du Français.Quand Mazarin disparaît le 9 mars 1661, il laisse à son filleul, impatient de régner seul, unroyaume sensiblement agrandi. Mazarin a poursuivi et achevé lœuvre du grand cardinal dont il aprit la suite. Il est resté au pouvoir 18 ans, soutenu indéfectiblement par la reine dabord, puis parle jeune roi ensuite. Cette longévité ministérielle a permis de finir avec succès la grande guerreespagnole, de reconstruire des provinces éprouvées parles guerres civiles et de forger lEtat moderne.temps des épreuves (1685-1715) • Louis XIV face à lEurope
  12. 12. Le milieu des années 1680 marque un tournant dans le règne.Colbert meurt en 1683, la reine Marie-Thérèse disparaît la même année, et Louis se console avecMadame de Maintenon.La révocation de lédit de Nantes est perçue comme une provocation aux yeux de lEuropeprotestante, et au premier rang Guillaume dOrange, devenu roi dAngleterre en 1688. Lesprotestants fuient la France pour se réfugier dans les pays protestants. Ceux qui partent sontsurtout des marchands et des artisans.Guerre de la ligue dAugsbourg (1688-1697): Louis XIV pose un ultimatum à lempereur afin queles questions restées pendantes en Europe soit réglées. Avant toute réponse, les armées françaisesenvahissent Cologne, et saccagent la région. Les partenaires de la Ligue dAugsbourg entrentprogressivement dans la guerre. La guerre générale souvre au printemps 1690: la France est seulecontre lEurope coalisée.Crise économique de 1693-1694: le règne personnel de Louis XIV est marqué par une tendancegénérale à la baisse des prix qui rend la concurrence plus agressive. Pendant lhiver 1693 et leprintemps 1694, le malheur touche tout le royaume. Le royaume connaît des pics de mortalité,ainsi quune baisse de la natalité et de la fécondité. Dans ces conditions, limpôt, indispensablepour soutenir la guerre contre la coalition, mais qui vient arracher le nécessaire à une populationdiminuée, paraît insupportable.La fin de la guerre de la ligue dAugsbourg: la paix de Ryswick (1697). Elle garantit à la France lesconquêtes de Nimègue, mais marque aussi les limites à ne plus franchir vers les Pays Bas et la rivegauche du Rhin. Cette guerre a montré les capacités de résistance de la France. La coalition estbrisée. • La mise au pas des oppositionsLa politique religieuse sefforce de mettre au pas les derniers protestants, les jansénistes et lesquiétistes. A la cour, des opposants rêvent dune monarchie tempérée. Une pensée politiquenouvelle apparaît, alors que le tournant vers la pensée des Lumières samorce. • La prépondérance en questionLa succession dEspagne: la nouvelle donneDes tractations européennes entre Louis XIV, Guillaume dOrange et lempereur ont cours en secretpour le partage de la succession espagnole. Mais la cour dEspagne ayant eu vent du traité, leconseil de Castille incite Charles II à reconnaître Joseph-Ferdinand de Bavière comme son légataireuniversel pour sauvegarder lintégrité de la succession. La répartition est vécue commeinacceptable pour les Espagnols eux-mêmes, qui refusent de voir dépecer lhéritage de Charles II.Le parti national castillan est convaincu que lempereur ne pourra résister à une coalition franco-anglaise et souhaite avant tout préserver lintégrité de la monarchie. Finalement le parti patriotedes castillans lemporte à la cour de Madrid sur le parti de la reine, favorable à lAutriche.Le roi Charles II suit lavis de ce parti, et le met dans son testament, dans le plus grand secret. Le1er novembre 1700, Charles II meurt. La nouvelle en est donc portée à Versailles. Louis XIVaccepte le testament. Le 16 novembre, il présente son petit-fils à la cour comme le roi dEspagne,sous le nom de Philippe V. Le nouveau roi dEspagne est assez vite reconnu par lensemble despuissances européennes, lempereur excepté. Léopold nest pas disposé à voir lhéritage de CharlesQuint échapper aux Habsbourg et son fils dépossédé de la couronne espagnole.Pour les puissances européennes et les puissances maritimes en particulier, une hégémonie desBourbons sur le continent nest pas plus acceptable quune hégémonie des Habsbourg. Louis XIVdoit faire face à une nouvelle coalition.
  13. 13. Les traités dUtrecht (1713) et de Rastadt (1714)Ces traités remodèlent lEurope au profit dune alliance entre la France et lEspagne. La successionespagnoles est finalement partagée: Philippe V garde la péninsule et les possessions dAmérique,mais toutes les possessions européennes lui sont retirées.Pour la France, les traités "effacent les Pyrénées" et lui garantissent le soutien de la monarchieespagnole, si longtemps son ennemi sur les champs de bataille.Quand Louis XIV meurt le 1er septembre 1715, il laisse un royaume agrandi, un Etat renforcé, uneadministration plus efficace

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