2010 
La gestion du stockage sous‐terrain des déchets nucléaires : 
Conception de scénarios pour la chaîne logistique 
Jérémy Di ZAZZO 
Michaël FERTIN 
      
30/06/2010 
 
Remerciements 
 
Nous souhaitons tout d’abord remercier M. Hoorelbeke, Adjoint au directeur des projets de l’Andra, 
et M. Jean‐Marie Krieguer, Chef du projet HA‐MAVL, pour nous avoir donné les moyens de mener 
nos investigations dans les meilleures conditions et pour s’être assurés de l’entière collaboration de 
toutes les parties prenantes, en interne à l’Andra, comme en externe auprès des différents acteurs 
de l’industrie nucléaire. 
 
Ensuite, nous tenons à exprimer toute notre gratitude à MM. François Engel et Grégory Rolina, nos 
conseillers à l’école des Mines de Paris, qui ont su nous faire prendre de la hauteur sur le sujet grâce 
à leur avis éclairés.  
 
Nous  remercions  également  Marie‐Hélène  Lagrange,  Fanny  Gérard,  Alain  Roulet  et  Bernard  Félix, 
pour leur disponibilité et leur encadrement durant notre période à plein temps à l’Andra.  
 
Merci aussi à Luis Aparicio, Christophe Baroux, Michel Colombert, Olivier Houdry, Louis Londe, Jean‐
Baptiste  Poisson,  Rodolphe  Raffard,  et  bien  d’autres  à  l’Andra,  pour  nous  avoir  permis  de  réunir 
l’ensemble des données techniques nécessaires à l’élaboration de cette étude. 
 
Merci à MM. Daniel Fulleringer et Olivier Ducos (CEA) pour la qualité de la visite qu’ils ont organisé 
pour nous le 07/05/2010 sur le site de Marcoule.  
 
Nous  tenons  enfin  à  remercier  MM.  Pierre  Chambrette  et  Laurent  Gagner  (Areva  NC/Recycling 
Business Unit), MM. Stéphane Béguin et Michel Bordier (EDF/Division Combustible Nucléaire) et M. 
Marc Olivier de l’Autorité de Sûreté Nucléaire pour les réponses qu’ils ont apporté à nos questions à 
l’occasion des entretiens que nous avons eu ensemble. 
 
 
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Résumé 
En France, deux kilogrammes de déchets radioactifs1
 sont produits par personne et par an. Parmi ces 
déchets, certains resteront nocifs pour l’homme et l’environnement pendant un million d’années. 
Ces  déchets  à  vie  longue  sont  actuellement  entreposés  dans  des  installations  de  surface  conçues 
pour durer une cinquantaine d’années.  
En 1991, le législateur créé l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, l’Andra. L’une 
de ses missions est de conduire les recherches visant à stocker les déchets radioactifs à vie longue en 
couche  géologique  profonde.  En  2006,  la  loi  confirme  le  stockage  réversible  profond  étudié  par 
l’Andra comme la solution de référence pour la gestion durable des déchets de haute et de moyenne 
activité à vie longue (HA‐MAVL). 
Notre travail de fin d’études a porté sur l’étude de scénarios d’acheminement des colis de déchets 
HA et MAVL depuis les entrepôts de surface jusqu’au futur stockage profond, dont la mise en service 
est prévue pour 2025. Ces scénarios incluent des étapes de manutention, de conditionnement, de 
contrôle et de transport des colis, le tout s’intégrant dans une véritable chaîne logistique de gestion 
des colis de déchets.  
La première complexité de cette problématique est de type combinatoire : une centaine de colis HA 
et MAVL différents entreposés sur quatre sites de production sont destinés à un stockage unique. 
L’ordonnancement  du  stockage  a  donc  été  un  élément  central  de  nos  travaux.  Les  scénarios  sur 
lesquels nous avons planchés précisent en outre pour chaque famille de déchets les flux de colis, les 
dates et les lieux associés à chacune des étapes de la chaîne logistique. 
D’autre  part,  l’élaboration  des  scénarios  de  gestion  des  colis  est  une  étude  multicritères  à  part 
entière. En effet, le projet de stockage réversible profond s’appuie sur les plans : 
• Scientifiques et  techniques  :  Des  équipements  de  haute  technologie  sont  nécessaires  à  la 
gestion des colis de haute et de moyenne activité, pour assurer la protection des travailleurs 
et du public durant toute la durée de vie des radionucléides présents dans les déchets. 
• Politiques : Expression d’une politique publique, le projet de stockage réversible profond est 
encadré, évalué et contrôlé par plusieurs institutions représentant la nation. L’implantation 
du futur stockage est également un enjeu de politique locale très sensible. 
• Economiques : La conception, l’exploitation et la fermeture d’installations d’entreposage et 
de  stockage  ont  un  coût  élevé  supportés  en  intégralité  par  les  producteurs  de  déchets 
radioactifs (CEA, EDF, Areva). 
Enfin,  l’élaboration  des  scénarios  de  gestion  des  colis  de  déchets  HA  et  MAVL  s’inscrit  dans  un 
environnement multi‐acteurs, et conditionne à la fois la conception du futur stockage ainsi que les 
opérations de gestion des colis sur les sites de production. Pour comprendre les responsabilités et le 
point de vue de chacune  des parties prenantes, nous avons rencontré des représentants du CEA, 
d’EDF, d’Areva et de l’Autorité de sûreté nucléaire.  
 
                                                            
1
 Site de l’Andra : www.andra.fr 
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Résumé 
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Pour répondre à la problématique, nous avons commencé par rencontrer les ingénieurs de l’Andra 
pour recueillir l’ensemble des données nécessaires à l’élaboration des scénarios de gestion des colis 
et pour définir les critères d’optimisation associés à chaque étape de la chaîne logistique.  
Nous  avons  ensuite  modélisé  mathématiquement  les  scénarios  d’entreposage  et  de  stockage  des 
colis  de  déchets  comme  des  déplacements  élémentaires  d’un  lieu  initial  à  un  lieu  final,  pouvant 
inclure une étape de transport et/ou de conditionnement. Dans la logique de l’ordonnancement, des 
dates et des flux sont associés à chaque déplacement élémentaire.  
Une première étude a alors été menée sur les colis de déchets vitrifiés de haute activité produits à la 
Hague. Bien que ne prenant en compte qu’un seul type de déchets, cette étude nous a conduits à 
élaborer  trois  scénarios  différents,  que  nous  avons  comparés  sur  un  plan  économique  grâce  aux 
données  récupérées  à  l’Andra.  Les  enjeux  sociopolitiques  et  de  sûreté  liés  à  cette  étude  sont 
toutefois encore à approfondir, notamment en intégrant des critères issus de la concertation avec les 
élus locaux et les associations. 
Nous avons ensuite mis en place une méthodologie pour réaliser des scénarios comportant plusieurs 
familles de déchets et plusieurs entrepôts initiaux. Cela nous a conduits à développer un logiciel de 
simulation et d’analyse des scénarios vis‐à‐vis des différents critères techniques, économiques ou de 
sûreté  que  nous  avions  définis.  Cette  méthodologie  a  alors  été  appliquée  pour  obtenir  deux 
scénarios répondant à des critères différents : limiter la création de nouveaux entrepôts ou réduire 
les risques sur la mise en route du stockage. 
Devant la difficulté de comparer des critères de natures différentes, nous nous sommes appliqués à 
décortiquer le processus décisionnel qui permettra d’aboutir au scénario retenu pour les premières 
années  de  l’exploitation  du  stockage  réversible  profond.  Nous  avons  mis  en  exergue  le  caractère 
collectif de l’élaboration des scénarios d’entreposage et de stockage, impliquant à la fois l’Andra et 
les producteurs de déchets. 
Notre exposé final s’est attaché à montrer la précocité (inattendue) des échéances liées à la décision 
des  premiers  colis  à  stocker  dès  2025.  Nous  avons  émis  deux  hypothèses  permettant  d’aboutir 
rapidement à une décision en cas de retard dans la concertation entre l’Andra et les producteurs de 
déchets :  
• La mise en place d’un arbitre, qui reste encore à définir. 
• La  prise  de  conscience  collective  de  l’urgence  des  échéances,  qui  permettrait  alors 
d’accélérer le processus en réduisant la complexité du problème.  
 
 
 
 
 
 
Table des Matières 
Remerciements ....................................................................................................................................... 2 
Résumé .................................................................................................................................................... 3 
Table des Illustrations ............................................................................................................................. 8 
Introduction ........................................................................................................................................... 10 
A/ Petite histoire de la gestion des déchets nucléaires ........................................................................ 11 
1.  L’héritage de la politique énergétique française ...................................................................... 11 
L’époque des pionniers ................................................................................................................. 11 
L’âge d’or ....................................................................................................................................... 12 
La chute et la renaissance ............................................................................................................. 13 
2.  Le talon d’Achille de l’industrie nucléaire ................................................................................. 14 
Les filières de gestion françaises ................................................................................................... 14 
Les déchets de haute et de moyenne activité à vie longue .......................................................... 15 
L’épineuse question des déchets à vie longue .............................................................................. 17 
3.  Un enjeu de politique nationale et locale ................................................................................. 18 
L’encadrement législatif des trois axes de recherche ................................................................... 18 
La réconciliation des intérêts locaux et nationaux ........................................................................ 19 
L’introduction d’une exigence sociétale : la réversibilité .............................................................. 20 
B/ Le projet de stockage réversible profond ......................................................................................... 22 
1.  Un objet scientifique et technologique ..................................................................................... 22 
Un objectif de sûreté à long terme ............................................................................................... 22 
Une réflexion « à terminaison » .................................................................................................... 23 
Des équipements de haute technologie ....................................................................................... 24 
2.  Un projet encadré, évalué et contrôlé ...................................................................................... 25 
La tutelle administrative ................................................................................................................ 25 
L’évaluation scientifique ............................................................................................................... 26 
Le contrôle de l’Autorité de sûreté ............................................................................................... 27 
3.  Un enjeu financier majeur ......................................................................................................... 28 
Une nécessité technique et commerciale pour l’industrie ........................................................... 28 
Un exutoire attendu pour les déchets anciens ............................................................................. 28 
Une charge financière à provisionner ........................................................................................... 30 
C/ Les chroniques d’entreposage et de stockage ................................................................................. 32 
1.  Définition ................................................................................................................................... 32 
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Table des Matières 
2.  Chroniques et chaine logistique globale ................................................................................... 32 
Deux sujets liés .............................................................................................................................. 32 
Présentation de la chaine logistique globale et des critères associés .......................................... 33 
3.  Une première approche logistique globale ............................................................................... 39 
Eléments techniques pour la compréhension ............................................................................... 39 
Trois scénarios d’entreposage et de stockage .............................................................................. 40 
Résultats étape par étape ............................................................................................................. 41 
Synthèse ........................................................................................................................................ 43 
D/ Ordonnancement et amélioration des chroniques de stockage ...................................................... 45 
1.  Modélisation des chroniques .................................................................................................... 45 
2.  Méthodologie d’élaboration des chroniques ............................................................................ 45 
Contraintes .................................................................................................................................... 45 
Critère d’ordonnancement ............................................................................................................ 46 
Critères logistiques ........................................................................................................................ 46 
3.  Création d’un outil informatique pour la gestion des critères logistiques ............................... 48 
Etablissement d’un cahier des charges ......................................................................................... 48 
Fonctionnement de l’outil ............................................................................................................. 48 
4.  L’obtention puis l’organisation des données ............................................................................ 51 
Obtention des données ................................................................................................................. 51 
Organisation des données ............................................................................................................. 53 
5.  Application :  réalisation  de  deux  chroniques  pour  la  première  tranche  du  stockage 
(2025/2040) ....................................................................................................................................... 54 
Contexte ........................................................................................................................................ 54 
Chronique 1 : limiter la création de nouveaux entrepôts ............................................................. 54 
Chronique 2 : réduire les risques sur la mise en route du stockage ............................................. 56 
Une comparaison délicate ............................................................................................................. 58 
E/ La décision en environnement multi‐acteurs ................................................................................... 60 
1.  La nécessaire consolidation des données d’entrée .................................................................. 60 
Des incertitudes à lever ................................................................................................................. 60 
L’agrément des premiers colis à stocker ....................................................................................... 60 
2.  L’élaboration collective des chroniques d’entreposage et de stockage ................................... 61 
Une concertation qui doit s’accélérer ........................................................................................... 61 
Un planning serré .......................................................................................................................... 62 
3.  Un processus décisionnel encore incertain ............................................................................... 63 
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Table des Matières 
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Les risques inhérents à un retard .................................................................................................. 63 
Deux mécanismes décisionnels ..................................................................................................... 64 
Conclusion ............................................................................................................................................. 67 
Annexe 1 : Intitulé du travail d’option .................................................................................................. 69 
Annexe 2 : Document de synthèse des critères et des flux .................................................................. 71 
Annexe 3 : Données d’entrée pour les scénarios de gestion des CSD‐V ............................................... 76 
Annexe 4 : Code de l’Environnement .................................................................................................... 83 
Annexe 5 : Loi n°2006‐739 .................................................................................................................... 89 
Annexe 6 : Deux rapports de la Commission Nationale d’Evaluation ................................................... 92 
Annexe 7 : PNGMDR 2010‐2012 ........................................................................................................... 97 
Annexe 8 : Documentation utilisateur de notre outil informatique ................................................... 104 
 
 
 
Table des Illustrations 
Fig. 1 : Immersion de déchets radioactifs dans l’Atlantique (Andra, 2009) .......................................... 11 
Fig. 2 : Production d’électricité en France (RTE, 2009) ......................................................................... 12 
Fig. 3 : Les quatre générations de réacteurs nucléaires à l’uranium (EDF, 2009) ................................. 14 
Fig. 4 : La classification française des déchets radioactifs (Andra, 2009) ............................................. 15 
Fig. 5 : Vue aérienne du CSM ................................................................................................................ 15 
Fig. 6 : Vue intérieure du CSTFA ............................................................................................................ 15 
Fig. 7 : Vue intérieure du CSFMA ........................................................................................................... 15 
Fig. 8 : Répartition en volume des déchets HA et MAVL à fin 2007 (Inventaire National, 2009) ......... 16 
Fig. 9 : CSD‐V.......................................................................................................................................... 16 
Fig. 10 : CSD‐C ........................................................................................................................................ 16 
Fig. 11 : Colis de déchets cimentés........................................................................................................ 17 
Fig. 12 : Colis de déchets bitumés ......................................................................................................... 17 
Fig. 13 : Galeries souterraines du laboratoire de Bure (Andra, 2009) .................................................. 20 
Fig. 14 : Calendrier du projet HA‐MAVL (Andra, 2009) ......................................................................... 20 
Fig. 15 : Futures infrastructures du stockage réversible profond (Andra, 2009) .................................. 23 
Fig. 16 : Architecture souterraine du stockage à terminaison (Andra, 2009) ....................................... 24 
Fig. 17 : Mise en sur‐conteneur MAVL (Andra, 2009) ........................................................................... 25 
Fig. 18 : Alvéole de stockage MAVL (Andra, 2009) ................................................................................ 25 
Fig. 19 : Hotte de transfert HA (Andra, 2009) ....................................................................................... 25 
Fig. 20 : Scie pour saignées radiales (Andra,2009) ................................................................................ 25 
Fig. 21 : Organigramme de l’Andra ....................................................................................................... 26 
Fig. 22 : Les quatre sites d’entreposage de déchets HA‐MAVL (Andra, 2009) ...................................... 33 
Fig. 23 : Entrepôt de colis vitrifiés (CEA/Marcoule) .............................................................................. 34 
Fig. 24 : Casemate 14 (CEA/Marcoule) .................................................................................................. 34 
Fig. 25 : Emballages de transport de type B (Areva, 2009) ................................................................... 35 
Fig. 26 : Emballages de type IP2 ............................................................................................................ 36 
Fig. 27 : Colis de stockage pour colis C0 (Andra, 2009) ......................................................................... 36 
Fig. 28 : Colis de stockage pour fûts de bitume (Andra, 2009) ............................................................. 37 
Fig. 29 : Descenderie par camion (Andra, 2009) ................................................................................... 37 
Fig. 30 : Robot pousseur pour alvéole de stockage HA (Andra, 2009) .................................................. 38 
Fig. 31 : Alvéole de stockage MAVL (Andra, 2009) ................................................................................ 38 
Fig. 32 : Synoptique des trois scénarios CSD‐V explorés ....................................................................... 40 
Fig. 33 : Désentreposage des installations de La Hague ....................................................................... 41 
Fig. 34 : Construction, exploitation et démantèlement de l’entrepôt supplémentaire ....................... 41 
Fig. 35 : Stock de colis primaires dans l’entrepôt du scénario B ........................................................... 42 
Fig. 36 : Stock de colis primaires dans l’entrepôt du scénario C ........................................................... 43 
Fig. 37 : Construction des alvéoles de stockage .................................................................................... 43 
Fig. 38 : Synthèse des coûts actualisés .................................................................................................. 44 
Fig. 39 : Méthodologie d’élaboration des chroniques de stockage ...................................................... 45 
Fig. 40 : Synoptique de l’outil logiciel (1) .............................................................................................. 49 
Fig. 41 : Synoptique de l’outil logiciel (2) .............................................................................................. 50 
Fig. 42 : Synoptique de l’outil logiciel (3) .............................................................................................. 50 
Fig. 43 : Les fûts de bitume de Marcoule dans l’Inventaire National et le MID .................................... 52 
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Table des Illustrations 
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Fig. 44 : Schéma entités‐associations de notre base de données ......................................................... 53 
Fig. 45 : Scénario 1 (Chronique première tranche) ............................................................................... 55 
Fig. 46 : Flux de stockage journalier (scénario 1) .................................................................................. 55 
Fig. 47 : Nombre d’emballages de transport (scénario 1) ..................................................................... 56 
Fig. 48 : Scénario 2 (Chronique première tranche) ............................................................................... 57 
Fig. 49 : Flux de stockage journalier (scénario 1) .................................................................................. 58 
Fig. 50 : Echéances du projet HA‐MAVL ................................................................................................ 62 
 
Introduction 
Il y a 1,5 million d’années, l’Homo Habilis inventait la technique en créant les premiers outils. Il y a 
500 000  ans,  l’Homo  Erectus  réussissait  à  maîtriser  le  feu.  Telles  sont  les  échelles  de  temps  de 
l’évolution  humaine.  Il  y  a  50  ans,  l’Homo  Sapiens  Sapiens  français  créait  son  premier  déchet 
nucléaire  à  vie  longue,  dont  la  radioactivité  restera  dangereuse  pendant  au  moins  un  million 
d’années. 
 
De nos jours, les déchets de haute et de moyenne activité à vie longue (HA‐MAVL) sont entreposés 
dans des installations de surface conçues pour durer une cinquantaine d’années. Devant la nécessité 
de  « limiter  les  charges  qui  seront  supportées  par  les  générations  futures »2
,  il  est  apparu 
indispensable de rechercher des solutions de gestion à long terme pour les déchets radioactifs à vie 
longue. 
 
L’Agence  Nationale  pour  la  gestion  des  Déchets  Radioactifs  (Andra)  est  chargée  de  concevoir  un 
centre  de  stockage  en  couche  géologique  profonde  pour  isoler  les  déchets  HA  et  MAVL  de  la 
biosphère  pendant  le  million  d’années  nécessaires  à  la  décroissance  de  leur  radioactivité.  Notre 
travail de fin d’études aux Mines de Paris s’est inscrit dans ce projet à forts enjeux.  
 
Comme le précise son intitulé3
, notre étude concernait en effet la gestion opérationnelle des colis de 
déchets HA et MAVL depuis leur production jusqu’à leur stockage, avec l’objectif de « proposer des 
méthodes de modélisation et d’analyse des scénarios possibles de gestion des déchets et colis de 
déchets, et à en tester l’application sur des cas concrets. »  
 
La première partie de ce rapport présente l’ensemble du contexte concernant la gestion des déchets 
de haute et moyenne activité à vie longue (parties A et B). Nous présentons ensuite le cœur de notre 
travail sur les chroniques d’entreposage et de stockage (parties C et D) qui nous a amené à nous 
interroger sur le processus décisionnel de la chronique finale dans un environnement multi‐acteurs 
(partie E). 
                                                            
2
 Voir Annexe 4 : Code de l’Environnement 
3
 Voir Annexe 1 : Intitulé du travail d’option 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 10 sur 109 
 
A/ Petite histoire de la gestion des déchets nucléaires4 
1. L’héritage de la politique énergétique française 
L’époque des pionniers 
Les premiers déchets radioactifs apparaissent en France dans les années 1930. Ce sont les sources de 
radium  utilisées  dans  les  hôpitaux  pour  soigner  le  cancer.  Les  premiers  déchets  nucléaires 
apparaissent  quant  à  eux  après  la  seconde  guerre  mondiale,  avec  la  création  du  Commissariat  à 
l’Energie Atomique (CEA), qui entame les premières recherches nucléaires françaises. 
 
La quantité de déchets radioactifs devient significative en France au cours des années 1950 et 1960, 
avec la fabrication d’armes atomiques et la construction des réacteurs électronucléaires de première 
génération, fonctionnant à l’uranium naturel. Le premier essai nucléaire est organisé en Algérie en 
1960 et la force de dissuasion nucléaire française devient opérationnelle en 1964, avec la première 
prise d’alerte d’un Mirage IV armé d’une bombe à fission. La première bombe à fusion explose en 
1968 et la flotte de sous‐marins nucléaires lanceurs d’engins est constituée à partir de 1971.  
 
A  cette  époque,  le  CEA  dispose  de  plusieurs  sites  dédiés  à  la  conception  de  la  bombe  atomique 
française.  Les  sites  de  Pierrelatte  (26)  et  de  Marcoule  (30)  produisent  respectivement  l’uranium 
hautement enrichi et le plutonium, qui servent à la fabrication des têtes nucléaires, assemblées sur le 
site  de  Valduc  (21).  Le  site  de  Marcoule,  avec  ses  trois  réacteurs  et  son  usine  de  traitement  des 
combustibles  usés,  est  le  premier  à  produire  des  déchets  nucléaires.  Les  premières  installations 
militaires de Pierrelatte et de Marcoule sont aujourd’hui en cours de démantèlement, car les stocks 
de  matières  fissiles  à  usage  militaires  sont  considérés  comme  suffisants  pour  les  besoins  de  la 
Défense Nationale. 
 
Au  début  des  années  1960,  le  stockage  des  déchets  radioactifs  n’est  pas  encore  une  solution 
éprouvée. Les déchets font néanmoins l’objet d’un conditionnement solide assurant le confinement 
des radionucléides et sont entreposés sur site, dans l’attente d’une solution satisfaisante. En 1967 et 
en 1969, la France participe toutefois à deux campagnes internationales d’immersion en Atlantique. 
Au total, 46 396 fûts de déchets de faible activité sont immergés à 4 000 mètres de profondeur. Cette 
pratique, initiée à titre expérimental par la France, a été arrêtée définitivement depuis la Convention 
de Londres (1982). 
 
Fig. 1 : Immersion de déchets radioactifs dans l’Atlantique (Andra, 2009) 
                                                            
4
 D’après l’ouvrage de cours Introduction au génie atomique, de Jacques Bouchard, Jean‐Paul Deffain et Alain 
Gouchet (Les Presses Mines ParisTech) 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 11 sur 109 
Petite histoire de la gestion des déchets nucléaires 
 
Dans le civil, sept réacteurs de puissance fonctionnant à l’uranium naturel sont mis en service de 
1963 à 1972. Ils sont implantés sur les premières centrales nucléaires EDF à Chinon, Chooz, Saint‐
Laurent et Bugey. Cette première génération de réacteurs électronucléaires affiche des puissances 
comprises entre 70 et 540 MW, à comparer aux 900 MW, 1300 MW puis 1500 MW de la seconde 
génération de réacteurs. 
 
L’âge d’or 
En  1974,  le  premier  choc  pétrolier  conduit  le  gouvernement  français  à  lancer  un  ambitieux 
programme  électronucléaire.  Le  constructeur  américain  Westinghouse  cède  la  licence  de  ses 
Réacteurs  à  Eau  Pressurisée  (REP)  au  français  Framatome.  Eurodif,  la  première  usine  civile 
d’enrichissement  est  créée  à  Pierrelatte  pour  alimenter  la  seconde  génération  de  réacteurs, 
fonctionnant à l’uranium légèrement enrichi. En 20 ans seulement, 58 réacteurs sont construits sur 
19 centrales nucléaires. La France acquiert alors un taux d’indépendance énergétique proche de 50% 
et se positionne comme le second producteur mondial d’électricité d’origine nucléaire, derrière les 
Etats‐Unis. La filière connaît un essor remarquable et permet à EDF de se développer en Europe. 
 
 
Fig. 2 : Production d’électricité en France (RTE, 2009) 
 
En  1976,  l’Etat  crée  la  Compagnie  générale  des  matières  nucléaires,  la  Cogema,  spécialisée  dans 
l’approvisionnement en uranium et dans le traitement des combustibles usés. La Cogema exploite 
alors l’usine de La Hague, où sont traités les combustibles usés des réacteurs français et étrangers à 
une  échelle  industrielle.  Deux  nouvelles  lignes  de  séparation  des  matières  valorisables  et  de 
conditionnement  des  déchets  ultimes  y  sont  créées  au  début  des  années  1990  pour  répondre  à 
l’explosion de la demande.  
 
L’avantage du traitement est de permettre le recyclage des combustibles usés. Toutes les puissances 
nucléaires n’ont pas fait ce choix : aux Etats‐Unis par exemple, le combustible usé n’est pas valorisé, 
c’est  un  déchet  ultime  destiné  au  stockage.  L’usine  de  La  Hague  permet  de  récupérer  l’uranium 
restant  dans  le  combustible  ainsi  que  le  plutonium  apparu  au  cours  de  l’irradiation  en  réacteur. 
L’uranium de retraitement peut être ré‐enrichi pour former du combustible neuf. Le plutonium est 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 12 sur 109  
Petite histoire de la gestion des déchets nucléaires 
envoyé à l’usine MELOX de Marcoule pour y être mélangé avec de l’uranium appauvri et donner du 
combustible recyclé MOX  (Mixed OXydes). Aujourd’hui, l’uranium de retraitement enrichi et le MOX 
alimentent  respectivement  4  et  21  réacteurs  nucléaires  EDF,  ce  qui  porte  à  17%  la  part  de 
combustible électronucléaire français provenant du recyclage. 
 
Le choix du traitement et du recyclage justifie le concept de « cycle du combustible nucléaire ». Cette 
politique  conditionne  également  la  définition  légale  des  déchets  radioactifs.  Selon  le  Code  de 
l’Environnement, les déchets radioactifs ultimes sont ceux qui « ne peuvent plus être traités dans les 
conditions techniques et économiques du moment, notamment par extraction de leur part valorisable 
ou  par  réduction  de  leur  caractère  polluant  ou  dangereux »5
.  La  sémantique  distingue  donc  les 
matières radioactives, l’uranium et le plutonium, des déchets radioactifs. 
 
La chute et la renaissance 
L’accident de la centrale américaine de Three Mile Island le 28 mars 1979 et l’explosion de la centrale 
ukrainienne de Tchernobyl le 26 avril 1986 portent un coup sévère au développement de la filière 
électronucléaire  durant  les  décennies  1980  et  1990.  Les  nombreuses  analyses  rétrospectives  ont 
toutefois  montré  que  l’accident  de  Tchernobyl  était  imputable  à  l’incompétence  flagrante  du 
personnel et à une série d’essais complètement hasardeux. Mais à l’époque, les 50 pertes directes, 
auxquelles viennent s’ajouter au moins 4 000 décès causés par les radiations et la contamination de 
l’environnement,  traumatisent  le  monde  entier.  La  plupart  des  pays,  dont  la  France,  gèlent  leur 
programme  nucléaire  et  certains  pays,  comme  l’Autriche  et  l’Italie,  décident  même  de  sortir  du 
nucléaire. 
 
C’est  l’imminence  d’une  autre  catastrophe  environnementale  qui  permet  à  l’industrie 
électronucléaire de rebondir au début des années 2000. Le changement climatique vient apporter un 
argument de poids aux « supporters du tout nucléaire » : c’est la seule source d’énergie sans carbone 
qui soit capable de se substituer aux énergies fossiles ! En effet, les énergies renouvelables ne seront 
pas suffisantes, car l’hydraulique est pratiquement exploitée au maximum de ses possibilités, tandis 
que l’éolien et le solaire forment une offre peu compétitive, irrégulière et insuffisante. 
 
En  2007,  le  chantier  du  premier  réacteur  de  troisième  génération,  de  technologie  EPR  (European 
Pressurized Reactor), est finalement lancé à Flamanville. La conception de ces nouveaux réacteurs 
n’est  pas  révolutionnaire,  mais  vise  à  capitaliser  l’expérience  acquise  avec  les  réacteurs  à  eau 
pressurisée, en vue d’assurer la relève d’un parc nucléaire vieillissant. Cependant, le programme EPR 
ayant pris au moins deux décennies de retard avec l’effet Tchernobyl, EDF envisage de prolonger la 
durée de vie des centrales actuelles au‐delà des quarante ans d’exploitation initialement prévus. 
 
La génération suivante de réacteurs fait déjà l’objet d’intenses recherches, coordonnées au sein du 
Forum International Génération IV. Un consensus semble s’établir autour des réacteurs à neutrons 
rapides pour constituer cette quatrième génération. En tout état de cause, il est certain que la fusion 
nucléaire ne pourra prendre la relève de la fission avant au moins un siècle, ce qui assure un bel 
avenir à la production des déchets nucléaires tels qu’on les connaît. 
 
                                                            
5
 Voir Annexe 4 : Code de l’Environnement 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 13 sur 109  
Petite histoire de la gestion des déchets nucléaires 
 
Fig. 3 : Les quatre générations de réacteurs nucléaires à l’uranium (EDF, 2009) 
2. Le talon d’Achille de l’industrie nucléaire 
Les filières de gestion françaises 
La  France  a  adopté  une  classification  de  ses  déchets  radioactifs  basée  sur  deux  paramètres :  leur 
activité et leur période radioactive. En se désintégrant, les éléments radioactifs contenus dans les 
déchets  émettent  l’un  des  trois  types  de  rayonnements  dangereux,  classés  par  pouvoir  de 
pénétration croissant : alpha (noyaux d’hélium), béta (électrons ou positons) et gamma (photons de 
grande énergie). L’activité des éléments radioactifs s’exprime en becquerels (Bq), correspondant à 
un  nombre  de  désintégration  par  seconde.  Les  déchets  sont  considérés  de  faible  activité  jusqu’à 
100 000 Bq par gramme, soit 10 000 fois la radioactivité naturelle du granite, mais seulement 10 fois 
la radioactivité naturelle du minerai d’uranium. 
 
La gravité de l’exposition humaine à la radioactivité s’exprime en débit de dose, dont l’unité est le 
sievert (Sv). Pour un colis de déchets radioactifs, elle est non seulement fonction de l’activité du colis, 
mais aussi de la capacité de confinement de son conditionnement, de la distance du sujet exposé et 
de  la  durée  de  l’exposition.  Les  déchets  de  haute  activité  sont  par  exemple  transportés  dans  des 
emballages blindés qui abaissent le débit de dose au contact à un niveau très inférieur à celui de la 
radioactivité naturelle, estimée à 2,4 mSv par an et par personne. La réglementation européenne fixe 
la limite d’exposition artificielle du public à 1 mSv par an et celle des travailleurs du nucléaire à 20 
mSv par an. 
 
La période radioactive correspond au  temps  nécessaire pour que la quantité d’atomes radioactifs 
présents  dans  un  colis  de  déchets  se  soit  désintégrée  de  moitié.  La  période  varie  avec  les 
caractéristiques de chaque élément radioactif, dont la durée de vie vaut une dizaine de période. Par 
exemple, les déchets à vie courte ont une période radioactive inférieure à 31 ans et perdent toute 
trace  de  radioactivité  après  300  ans.  Ils  sont  stockés  par  l’Andra  dans  les  centres  de  stockage  de 
surface de l’Aube. A l’opposé, les déchets à vie longue peuvent rester dangereux pour l’homme et 
son environnement pendant des centaines de milliers d’années. La période radioactive du neptunium 
237 est ainsi supérieure à 2 millions d’années !  
 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 14 sur 109  
Petite histoire de la gestion des déchets nucléaires 
  Vie très courte (VTC) 
Vie Courte 
(VC) 
Vie Longue 
(VL) 
Très Faible 
Activité (TFA) 
Déchets VTC 
(Entreposage de 
décroissance sur site) 
Déchets TFA 
(Centre de stockage de Morvilliers) 
Faible Activité 
(FA)  Déchets FMA‐VC 
(Centre de stockage 
de Soulaines) 
Déchets FAVL 
(Stockage en projet) 
Moyenne Activité 
(MA) 
Déchets HA‐MAVL 
(Stockage en projet) 
Haute Activité 
(HA) 
3,8% des déchets en volume 
99,9% de la radioactivité ! 
Fig. 4 : La classification française des déchets radioactifs (Andra, 2009) 
 
Comme  on  peut  le  voir  dans  le  tableau  précédent,  les  deux  paramètres  physiques  « activité »  et 
« durée de vie » délimitent plusieurs filières d’élimination des déchets dont la gestion est assurée par 
l’Andra. Les filières pour les déchets à vie longue sont encore à l’état de projet, que ce soit le centre 
de stockage à faible profondeur des déchets de faible activité à vie longue ou le centre de stockage 
en couche géologique profonde des déchets de haute et moyenne activité à vie longue. A l’inverse, 
les filières pour les déchets à vie courte sont d’ores‐et‐déjà opérationnelles.  
 
Dans ce cadre, l’Andra est en charge de la surveillance du Centre de Stockage de la Manche (CSM), 
qui  a  accueilli  entre  1969  et  1994  plus  de  500 000  m3
  de  déchets  de  (FMA‐VC).  L’Andra  exploite 
désormais dans l’Aube le Centre de Stockage des déchets de Très Faible Activité (TFA), le CSTFA, et le 
Centre de Stockage des déchets de Faible et Moyenne Activité à Vie Courte (FMA‐VC), le CSFMA, 
dotés respectivement d’une capacité de 650 000 m3
 et d’1 million de m3
.  
 
 
Fig. 5 : Vue aérienne du CSM  Fig. 6 : Vue intérieure du CSTFA Fig. 7 : Vue intérieure du CSFMA
Les déchets de haute et de moyenne activité à vie longue 
En 2007, l’Inventaire National a recensé 3 000 m3
 de déchets de Haute Activité (HA) et 40 000 m3
 de 
déchets de Moyenne Activité à Vie Longue (MAVL) français. En 2030, on estime que l’inventaire sera 
porté à 5 000 m3
 pour les déchets HA et 50 000 m3
 pour les déchets MAVL. La filière électronucléaire 
est responsable à elle seule de la production de 80% des déchets HA et de 60% des déchets MAVL. 
S’ils ne représentent en volume que 0,2% du total des déchets radioactifs français, les déchets HA 
concentrent à eux seuls 95% de la radioactivité ! 
 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 15 sur 109  
Petite histoire de la gestion des déchets nucléaires 
Déchets HA          Déchets MAVL 
 
Fig. 8 : Répartition en volume des déchets HA et MAVL à fin 2007 (Inventaire National, 2009) 
 
Les  déchets  HA  et  MAVL  français  sont  principalement  issus  du  traitement  des  combustibles  usés, 
actuellement réalisé par Areva à La Hague grâce à deux usines de capacité annuelle de 800 tonnes de 
combustible chacune. Une fois déchargé du réacteur, le combustible usé contient 96% de matières 
valorisables  (95%  d’Uranium  et  1%  de  Plutonium)  et  4%  de  déchets  radioactifs.  Le  traitement 
consiste à séparer les matières valorisables des déchets, à les purifier et à les conditionner sous une 
forme qui permette de les expédier en toute sécurité vers les usines de fabrication du combustible 
recyclé. 
 
Les 4% d’éléments non‐valorisables présents dans le combustible usé sont constitués : 
• de produits de fission (Césium 134, Strontium 90), éléments radioactifs à vie courte, et 
• d’actinides mineurs (Curium 244, Américium 241), éléments radioactifs à vie longue. 
Ces déchets sont concentrés dans une solution de haute activité et mélangés à de la fritte 
de  verre  dans  un  four  de  fusion  pour  former  un  verre  homogène  emprisonnant  les 
éléments  radioactifs.  C’est  le  procédé  de  vitrification,  élaboré  dans  l’Atelier  Pilote  de 
Marcoule, puis mis en service à une échelle industrielle dans l’Atelier de Vitrification de 
Marcoule et les ateliers R7 et T7 de La Hague. 98% du volume des déchets HA français 
destinés  au  stockage  profond  se  présente  sous  forme  de  colis  de  déchets  vitrifiés.  Le 
reste est composé de quelques combustibles usés expérimentaux et issus de la propulsion 
navale, qui seront sans doute stockés en l’état. Traiter 800 tonnes de combustible usé 
génère environ 500 Colis Standards de Déchets Vitrifiés (CSD‐V) de 400 kg. 
 
Fig. 9 : CSD‐V 
Le traitement des combustibles usés produit également de nombreux déchets MAVL et 
en premier lieu, les déchets de structure des assemblages combustibles, qui contiennent 
des produits d’activation à vie longue. Areva a mis au point à La Hague un procédé de 
compactage  des  coques  et  embouts  qui  permet  de  diviser  le  volume  de  ce  type  de 
déchets par un facteur cinq. La France applique en effet une stratégie de concentration 
de la radioactivité qui passe par la réduction du volume des déchets ultimes. Les galettes 
obtenues  sont  ensuite  conditionnées  dans  des  Conteneurs  Standards  de  Déchets 
Compactés (CSD‐C) de 175L, géométriquement semblables aux conteneurs de déchets 
vitrifiés.  Fig. 10 : CSD‐C
 
Comme tout procédé industriel, le traitement génère également des déchets technologiques qui lui 
sont propres : matériels usés, gants, filtres, résines. Ces déchets sont conditionnés en colis cimentés. 
Enfin,  les  effluents  radioactifs  issus  notamment  des  opérations  de  rinçage  sont  ordinairement 
conditionnés en colis de déchets bitumés. Un conditionnement des déchets sous forme solide est en 
effet une spécification d’acceptation au stockage indispensable. 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 16 sur 109  
Petite histoire de la gestion des déchets nucléaires 
 
           
  Fig. 11 : Colis de déchets cimentés                Fig. 12 : Colis de déchets bitumés 
 
Outre  les  déchets  issus  directement  du  traitement  des  combustibles  usés,  certaines  structures 
activées par les flux de neutrons présents dans les réacteurs nucléaires conduisent à des déchets 
MAVL en faible quantité, par exemple, les grappes de contrôles ou les structures récupérées après 
démantèlement. Par ailleurs, les installations de recherche du CEA et le programme de la défense 
nationale  produisent  également  des  déchets  MAVL.  Les  déchets  MAVL,  contenant  moins  de 
radionucléides  à  vie  courte  que  les  déchets  HA,  émettent  peu  de  chaleur  mais  nécessitent  un 
isolement de longue durée à cause de leur contenu en éléments radioactifs à vie longue. 
 
L’épineuse question des déchets à vie longue 
Les  déchets  nucléaires,  et  tout  particulièrement  les  déchets  à  vie  longue,  alimentent 
traditionnellement  l’argumentaire  des  opposants  à  l’énergie  atomique.  Au‐delà  du  danger  lié  à 
l’exposition directe, ils représentent une menace à très long terme pour l’environnement. La durée 
de leur nocivité est un argument qui défie la raison. Comment s’assurer que les radionucléides ne se 
répandront pas dans la nature, qu’ils ne pollueront pas les sols et les nappes phréatiques, qu’ils ne 
passeront pas dans la chaîne alimentaire ? Qui les surveillera pendant un million d’années ?  
 
Lorsque l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs est créée en 1979, sa mission est 
limpide : régler le problème des déchets nucléaires qui menace l’avenir de la filière électronucléaire 
française. Pour des raisons de sûreté et de radioprotection, les déchets HA et MAVL ne peuvent être 
stockés en surface, comme c’est déjà le cas pour les déchets à vie courte. Depuis les années 60, un 
concept  fait  consensus  au  sein  de  la  communauté  scientifique  internationale :  le  stockage  en 
profondeur.  L’idée  est  de  disposer  les  déchets  dans  une  formation  géologique  assurant  le 
confinement des radionucléides durant les centaines de milliers d’années nécessaires.  
 
Pour  explorer  cette  voie,  l’Andra  s’associe  en  1982  avec  la  Belgique,  la  Suisse  et  l’Allemagne,  qui 
possèdent  déjà  des  laboratoires  souterrains  destinés  à  l’exploration  de  formations  argileuses,  
granitiques  et  salines.  A  la  fin  des  années  1980,  l’agence  prospecte  les  campagnes  françaises  en 
quête d’une formation géologique adéquate. Quatre départements sont retenus pour faire l’objet 
d’un examen approfondi de leur sous‐sol : les Deux Sèvres (granite), le Maine et Loire (ardoise), l’Ain 
(formations salines) et l’Aisne (argile).  
 
Sur  place,  les  techniciens  entament  des  études  géologiques  et  sismiques,  mais  se  heurtent 
rapidement  à  des  réactions  violentes,  relayées  par  un  puissant  écho  médiatique  stigmatisant  les 
« poubelles nucléaires » de l’Andra. C’est le début d’un bras de fer entre l’intérêt général et l’intérêt 
particulier. Investis d’une mission stratégique pour l’avenir de la politique énergétique française, les 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 17 sur 109  
Petite histoire de la gestion des déchets nucléaires 
ingénieurs négligent de consulter les élus locaux et les associations. Soucieux de l’impact négatif que 
pourrait  avoir  un  stockage  sur  l’image  de  leur  région  et  son  économie,  certains  riverains  se 
mobilisent contre le projet.  
 
Au‐delà de la réticence des populations locales, le projet de stockage profond rencontre également 
l’opposition  frontale  des  militants  anti‐nucléaires.  Des  rassemblements  fortement  médiatisés  sont 
organisées sur les sites qui retiennent l’attention de l’Andra. En mettant en échec toute solution de 
gestion à long terme des déchets, les opposants entendent démontrer que l’industrie nucléaire toute 
entière  est  dans  une  impasse.  Cette  résistance  idéologique  n’a  qu’un  seul  but :  alarmer  l’opinion 
publique pour que la France sorte du nucléaire. 
 
Sous l’effet de la vive opposition suscitée par les investigations sur le terrain, le Premier Ministre 
Michel Rocard décrète en 1989 un moratoire qui gèle les recherches menées dans le cadre du projet 
de  stockage  profond.  Pour  sortir  de  cette  impasse  et  redonner  une  légitimité  au  projet,  le 
gouvernement décide de transmettre le dossier au législateur au début des années 1990. 
 
3. Un enjeu de politique nationale et locale 
L’encadrement législatif des trois axes de recherche 
Le 30 décembre 1991, le parlement vote sans opposition une loi sur la gestion durable des déchets 
radioactifs.  On  la  nomme  aussi  « loi  Bataille »,  du  nom  de  son  rapporteur,  le  député  du  Nord, 
Christian Bataille, également membre de l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques 
et Technologiques (OPECST). Cette loi est historique à double titre. Elle marque d’abord la prise en 
main du problème de la gestion des déchets HA et MAVL par les parlementaires. C’est également la 
première fois qu’une loi française fixe avec précision le contenu d’un programme de recherche. 
 
La  loi  définit  en  effet  trois  axes  de  recherches  pour  la  gestion  des  déchets  de  haute  activité.  Le 
stockage en couche géologique profonde reste une solution privilégiée, dont l’étude est confiée à 
l’Andra.  A  cette  occasion,  l’agence  se  voit  attribuer  le  statut  d’Etablissement  Public  Industriel  et 
Commercial (EPIC). L’objectif est de lui conférer une véritable indépendance vis‐à‐vis du CEA (dont 
elle était précédemment un département), et plus largement des producteurs de déchets. 
 
Le CEA hérite des deux autres axes de recherche : l’entreposage de longue durée en surface et la 
séparation‐transmutation.  L’entreposage  n’est  pas  une  solution  définitive car  les  installations  de 
surface  ont  des  durées  de  vie  limitées.  Cette  solution  fait  donc  supporter  la  charge  des  déchets 
radioactifs  sur  les  générations  futures.  Elle  nécessite  en  effet  de  reconstruire  périodiquement  de 
nouveaux  entrepôts  et  d’y  transférer  les  déchets  qui  s’accumulent,  tout  en  sachant  que  leur 
conditionnement  se  dégrade  avec  le  temps.  L’entreposage  permet  cependant  de  regrouper  les 
déchets afin d’en faciliter l’accès et la surveillance, dans l’attente de progrès scientifiques permettant 
l’émergence de nouvelles solutions. Aujourd’hui, l’entreposage de longue durée comme solution de 
gestion à long terme des déchets a été abandonné par la loi. Toutefois, l’entreposage préalable des 
déchets reste une étape nécessaire, pour assurer notamment la décroissance thermique des déchets 
dont  la  température  est  incompatible  avec  le  stockage  en  couche  géologique  profonde. 
L’entreposage est par ailleurs la seule solution disponible à l’heure actuelle pour gérer les déchets HA 
et MAVL.  
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 18 sur 109  
Petite histoire de la gestion des déchets nucléaires 
 
Le dernier axe, celui de la séparation‐transmutation, est de loin le plus prospectif. Dans un contexte 
industriel,  la  séparation  poussée  interviendrait  dans  le  cadre  du  traitement  du  combustible  usé, 
après  que  la  solution  de  haute  activité  ait  été  épurée  des  matières  valorisables  (uranium  et 
plutonium). Plutôt que de vitrifier cette solution en vue de l’entreposer puis de la stocker, l’idée de la 
séparation poussée est d’en extraire sélectivement les radionucléides : neptunium, puis iode, puis 
américium, puis curium, etc. La faisabilité de ce procédé a été démontrée dans l’installation Atalante 
du CEA à Marcoule. 
 
La transmutation vise à diminuer la durée de vie des radioéléments à vie longue isolés par séparation 
poussée. Un tel miracle pourrait être obtenu par bombardement neutronique dans un réacteur à 
neutrons rapides (RNR). C’est la raison pour laquelle le CEA privilégie les RNR comme solution de 
référence pour la quatrième génération de réacteurs électronucléaires. Le réacteur expérimental à 
neutrons rapides Phénix a démontré la faisabilité de la transmutation de certains actinides mineurs 
comme  l’américium  et  le  neptunium.  Cependant,  les  recherches  menées  par  le  CEA  ont  conclu  à 
l’infaisabilité industrielle de la transmutation des produits de fission comme l’iode 129 et le césium 
135. La transmutation ne pourra donc pas se substituer au stockage profond des déchets ultimes de 
haute activité. A terme, elle pourra toutefois en réduire la nocivité. 
 
La réconciliation des intérêts locaux et nationaux 
En  1993,  le  député  Christian  Bataille  prend  en  charge  une  mission  de  médiation  pour  trouver  de 
nouveaux  sites  susceptibles  d’accueillir  un  laboratoire  souterrain.  Après  l’échec  des  investigations 
menées  sans  concertation  à  la  fin  des  années  1980,  le  processus  intègre  dorénavant  un  dialogue 
direct avec les élus locaux. Un appel à candidature est lancé auprès des Conseils Généraux de toute 
la France, et quatre départements sont finalement retenus pour l’intérêt de leur sous‐sol : la Vienne, 
la Meuse, la Haute‐Marne et le Gard. 
 
En 1994, les géologues de l’Andra peuvent retourner sereinement sur le terrain. Leurs investigations 
sont désormais encadrées par une loi, et soutenues sur place par des élus qui trouvent un véritable 
intérêt dans le projet. Le stockage en couche géologique profonde représente en effet une source 
importante d’emplois directs et indirects sur une durée d’exploitation qui dépassera certainement le 
siècle. En plus des emplois créés, un laboratoire souterrain génère également des revenus directs 
pour les communes et les départements sur lesquels il est implanté, via un fonds d’accompagnement 
financé directement par une taxe payée par les producteurs de déchets radioactifs.  
 
L’Andra  dépose  en  1996  trois  demandes  de  création  pour  des  laboratoires  souterrains  dans  la 
Vienne, dans le Gard et sur la commune de Bure (85 habitants), située à la frontière entre la Meuse 
et  la  Haute‐Marne.  Cependant,  le  site  granitique  de  la  Vienne  est  écarté  pour  des  raisons 
scientifiques.  Le  site  du  Gard  rencontre  sur  place  la  vive  opposition  de  certains  vignerons  qui 
craignent que le projet porte atteinte à l’image de leur vignoble. Un unique laboratoire voit donc le 
jour à Bure, pour y étudier une couche d’argile datant du Callovo‐Oxfordien (‐160 Millions d’années). 
Le but est de recueillir des données sur le comportement mécanique, thermique et chimique de la 
roche à 500 mètres de profondeur, afin de tester ses capacités de confinement, son imperméabilité 
et sa stabilité. 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 19 sur 109  
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Petite histoire de la gestion des déchets nucléaires 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 21 sur 109  
pendant une durée d’au moins cent ans, notamment dans le cas d’une évolution des connaissances 
scientifiques  qui  permettrait  de  valoriser  les  déchets  autrement.  Sur  le  plan  décisionnel,  l’Andra 
envisage  actuellement  la  réversibilité  par  le  pilotage  progressif  du  processus  de  stockage,  qui 
pourrait s’étaler sur une centaine d’années. La fermeture du site pourra être effectuée par étapes 
intermédiaires, tout en sachant que les opérations de retrait des colis deviendraient progressivement 
plus complexes.  
 
En outre, le stockage devra être modulaire, afin de permettre aux générations suivantes d’en faire 
évoluer la conception en fonction du retour d’expérience acquis. Les décisions correspondant à la 
construction, à la mise en exploitation, au remblaiement, puis au scellement de chaque module de 
stockage seront prises par les parties prenantes à l’occasion de jalons intermédiaires, qui pourraient 
être planifiés tous les dix ans par exemple. 
 
 
B/ Le projet de stockage réversible profond 
1. Un objet scientifique et technologique 
Un objectif de sûreté à long terme 
L'objectif fondamental du stockage réversible profond est rappelé par le Guide de sûreté relatif au 
stockage  définitif  des  déchets  radioactifs  en  formation  géologique  profonde  (ASN,  2008)  :  «  La 
protection des personnes et de l'environnement constitue l'objectif fondamental assigné au stockage 
des  déchets  en  formation  géologique  profonde.  Elle  doit  être  assurée  envers  les  risques  liés  à  la 
dissémination de substances radioactives et de toxiques chimiques ». 
 
La  protection  de  l’homme  et  de  l’environnement  repose  sur  le  respect  d’exigences  de  sûreté  de 
conception  et  d’exploitation  qui  garantissent  leur  maintien  dans  toutes  les  situations  de 
fonctionnement  ou  de  configurations  pour  lesquelles  elles  sont  requises.  En  exploitation,  les 
fonctions de sûreté d’un stockage de déchets radioactifs sont comparables à celles de toute autre 
installation nucléaire, notamment protéger le personnel, le public et l’environnement des risques de 
dissémination des substances radioactives et d’exposition externe aux rayonnements ionisants. 
 
Les recherches sur le stockage réversible profond s’inscrivent dans l’objectif de « prévenir ou limiter 
les  charges  qui  seront  supportées  par  les  générations  futures  »  (loi  n°  2006‐739  du  28  juin  2008, 
article 2). Aussi, le stockage est‐il conçu de manière à pouvoir être fermé. Après cette fermeture, la 
protection  de  l’homme  et  de  l’environnement  sera  assurée  par  la  mise  en  œuvre  de  dispositions 
passives. En effet, le Guide de sûreté précise : « Après la fermeture de l’installation, la protection de 
la santé des personnes et de l’environnement ne doit pas dépendre d’une surveillance et d’un contrôle 
institutionnel qui ne peuvent pas être maintenus de façon certaine au‐delà d’une période limitée ». La 
passivité du stockage après la fermeture constitue la différence fondamentale de fonctionnement 
avec un entreposage. 
 
Pour  obtenir  l’autorisation  de  création  du  stockage  réversible  profond,  l’Andra  doit  apporter  à 
l’Autorité de sûreté nucléaire la démonstration que les « barrières » mises en place pour isoler les 
déchets  de  la  biosphère  assureront  la  sûreté  après  fermeture  sur  la  durée  nécessaire  à  la 
décroissance radioactive des éléments à vie longue, soit un million d’années. La mise en œuvre d’une 
telle démonstration est une première sur le plan scientifique. Pour y parvenir, l’Andra est associée à 
plusieurs  laboratoires  de  recherche,  universités  et  prestataires  spécialisés.  Le  CEA  assure  ainsi  la 
réalisation de plusieurs études qui nécessitent des moyens et des compétences très pointus. 
 
Voici quelques exemples de fonctions de sûreté auxquelles contribuent les alvéoles de stockage : 
• S’opposer aux circulations d’eau, 
• Limiter le relâchement des radionucléides et les immobiliser, 
• Retarder et atténuer la migration des radionucléides, grâce à une épaisseur d’argilite de 60 
mètres au‐dessus et en dessous des alvéoles (barrière de diffusion), 
• Protéger la roche hôte en limitant les perturbations mécaniques induites dans la roche au 
voisinage. 
 
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Le projet de stockage réversible profond 
Une réflexion « à terminaison » 
L’Andra a publié en 2009 un dossier qui propose une première description des futures infrastructures 
du stockage réversible profond. En voici une brève présentation. Le centre de stockage comprendra 
des  installations  de  surface,  des  installations  souterraines  et  des  ouvrages  reliant  la  surface  et  le 
fond.  En  surface,  un  premier  ensemble  regroupera  les  bâtiments  de  soutien  des  activités  de 
construction  du  stockage,  en  prenant  en  compte  la  gestion  des  déblais  issus  du  creusement.  Un 
second ensemble sera voué aux activités nucléaires du centre avec la réception des emballages de 
transport,  l’extraction  et  le  contrôle  des  colis  primaires  de  déchets  radioactifs  et  leur 
conditionnement dans des conteneurs de stockage. 
 
 
Fig. 15 : Futures infrastructures du stockage réversible profond (Andra, 2009) 
 
Les infrastructures souterraines du stockage seront implantées en position médiane dans la couche 
d’argilites du Callovo‐Oxfordien. Pour répondre aux besoins de fractionnement liés à la sûreté à long 
terme,  et  de  modularité  favorisant  la  flexibilité  et  la  progressivité  de  la  construction  et  de 
l’exploitation du stockage, les zones de stockage seront subdivisées de façon arborescente en sous‐
zones, modules et alvéoles de stockage.  
 
Comme le montre le plan qui suit, les études menées par l’Andra jusqu’en 2009 ont été engagées 
avec  le  souci  d’une  optimisation  globale  du  concept  de  stockage  réversible  profond.  Les  travaux 
d’ingénierie ont donc porté sur la totalité des infrastructures à créer sur la période d’exploitation du 
stockage.  De  la  même  façon,  les  travaux  d’inventaire  des  déchets  HA  et  MAVL  ont  porté  sur 
l’intégralité de la production engagée par le parc nucléaire actuel, y compris la production à venir. 
 
Un premier scénario de mise en stockage des déchets HA‐MAVL à partir de la mise en service du 
stockage a été proposé en 2009. Il intègre les 106 familles différentes de déchets à stocker sur une 
période s’étalant de 2025 à 2150. Le projet entrant dans une phase plus industrielle, le besoin s’est 
fait ressentir de recentrer l’ensemble des études sur une échelle de temps plus restreinte et plus 
urgente : la première tranche du stockage, qui pourrait s’étendre de 2025 à 2040. 
 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 23 sur 109  
Le projet de stockage réversible profond 
 
Fig. 16 : Architecture souterraine du stockage à terminaison (Andra, 2009) 
 
Des équipements de haute technologie 
Nous présentons ici quelques équipements du futur stockage encore en cours de conception afin de 
montrer  le  haut  degré  de  technicité  du  projet,  ce  qui  nous  paraît  nécessaire  à  une  meilleure 
compréhension du contexte de notre sujet.  
 
Les ouvrages de liaison entre la surface et les installations souterraines du stockage sont constitués 
de deux types d’ouvrage : les puits et les galeries inclinées (descenderies). Les puits verticaux, situés 
à l’aplomb des ouvrages souterrains, servent à la ventilation, à l’extraction des déblais et au transfert 
du matériel et du personnel. La descenderie comprendra un ouvrage dédié au transfert des colis de 
stockage ainsi qu’un ouvrage de service permettant l’accès des personnes et des équipements.  
 
L’alvéole  MAVL  est  une  galerie  horizontale  de  longueur  400  m  et  de  section  50  m2
.  Elle  devra 
disposer  d’un  revêtement  en  béton  et  de  plusieurs  portes  blindées  qui  assureront  la  protection 
radiologique du personnel tout en permettant la maintenance des équipements. Il est actuellement 
prévu que l’alvéole permette l’empilement des colis de stockage sur deux ou trois niveaux et soit 
aménagée de façon à limiter les vides résiduels autour des colis. Elle devra être équipée d’une cellule 
de  manutention  télé‐opérée  comprenant  à  minima  un  système  de  transfert  et  un  système 
d’empilement des colis, capable à la fois de stocker et de retirer des colis. 
 
L’alvéole HA est un microtunnel borgne de longueur 40 m et de diamètre 0,7 m, qui correspond à 
celui  des  colis  de  stockage,  augmenté  du  jeu  de  manutention  et  de  l’épaisseur  du  chemisage 
métallique  dont  elle  est  recouverte.  Elle  devra  être  équipée  d’une  enceinte  blindée  assurant  la 
protection  radiologique  du  personnel  et  d’un  système  avec  chaîne  pousseuse  permettant 
d’introduire  les  colis  dans  l’alvéole.  On  envisage  équiper  la  chaîne  pousseuse  d’un  grappin  de 
préhension, pour effectuer des opérations de retrait des colis dans le cadre de la réversibilité. 
 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 24 sur 109  
Le projet de stockage réversible profond 
Lorsque la fermeture sera décidée, elle sera mise en œuvre progressivement par un remblaiement 
du  réseau  de  galeries  de  liaison  et  la  construction  de  scellements.  Par  ailleurs,  des  saignées 
hydrauliques radiales remplies d’argile gonflante, disposées à intervalles réguliers, complèteront le 
dispositif de fermeture. Elles interrompront le revêtement et la zone fracturée d’argilite.
 
Fig. 17 : Mise en sur‐conteneur MAVL (Andra, 2009) Fig. 18 : Alvéole de stockage MAVL (Andra, 2009)
Fig. 19 : Hotte de transfert HA (Andra, 2009) Fig. 20 : Scie pour saignées radiales (Andra,2009)
 
2. Un projet encadré, évalué et contrôlé 
La tutelle administrative 
La loi de 1991 a donné à l’Andra un statut d’Etablissement Public Industriel et Commercial (EPIC). Le 
premier objectif était bien sûr de lui conférer une véritable indépendance vis‐à‐vis des producteurs 
de déchets qui financent ses recherches. Le statut d’EPIC a également permis de rapprocher l’agence 
des responsables politiques, qui se sont saisis de la gestion des déchets radioactifs depuis le début 
des années 1990.  
 
La présidence de l’Andra est assurée par un député, qui partage la gouvernance de l’agence avec la 
Directrice Générale. Actuellement, le Président de l’Andra est M. François‐Michel Gonnot, député de 
l’Oise. La stature publique du Président lui confère la légitimité nécessaire pour porter les projets de 
l’agence devant les collectivités locales des sites retenus pour y implanter un stockage.  
 
La loi de 1991 a placé l’agence sous la tutelle directe des ministères de l’industrie, de la recherche et 
de l’environnement. Au sein du Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et 
de la Mer, c’est la Direction Générale de l’Energie et du Climat (DGEC) qui suit au plus près l’avancée 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 25 sur 109  
Le projett de stockage réversible profond 
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Jérémy D Page 266 sur 109  
Le projet de stockage réversible profond 
 
La  CNE  est  composée  d’experts  reconnus  sur  le  plan  international  et  nommés  pour  six  ans  par 
l’Assemblée Nationale, le Sénat et le gouvernement. Elle passe au crible les dossiers de l’Andra dont 
elle est un évaluateur privilégié. Au cours d’auditions publiques, elle interroge les différentes parties 
prenantes sur les thèmes de son choix. Le premier scénario de mise en stockage des déchets HA‐
MAVL qui a été élaboré au cours de l’année 2009 par l’Andra a été présenté à la commission par le 
Directeur des Projets en décembre 2009, devant un auditoire incluant notamment les producteurs de 
déchets et l’autorité de sûreté. 
 
Un rapport synthétisant les travaux  de la CNE est transmis  chaque année  par le gouvernement à 
l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), ce qui assure 
notamment le suivi continu du projet de stockage réversible profond par les parlementaires. En sus 
de l’évaluation des travaux effectués, la commission émet des recommandations pour la poursuite 
des  études  à  mener.  Dans  un  souci  de  transparence  vis‐à‐vis  du  public,  ce  rapport  annuel  est 
disponible sur internet. 
 
Le contrôle de l’Autorité de sûreté 
L’Andra est également soumise au contrôle de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Ses installations 
de stockage dans l’Aube sont régulièrement inspectées, de même que son laboratoire souterrain, qui 
n’accueille pourtant aucun déchet radioactif, car l’ASN suit de près l’avancement des projets menés 
par  l’Andra.  Grâce  à  son  appui  technique  l’IRSN,  l’autorité  est  en  mesure  de  fournir  des  avis  sur 
chacun  des  dossiers  émis  par  l’Andra.  L’instruction  par  l’ASN  de  la  Demande  d’autorisation  de 
création (DAC) du stockage réversible profond, prévue à l’horizon 2015, sera un élément‐clef et un 
jalon indispensable du processus d’autorisation du projet.  
 
Créée par la loi n° 2006‐686 relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire (loi TSN), 
l’Autorité  de  sûreté  nucléaire  est  une  institution  indépendante.  Comme  l’Autorité  des  marchés 
financiers,  l’ASN  dispose  des  pouvoirs  législatifs,  exécutifs  et  judiciaires  dans  son  domaine  de 
compétence. Les règlements et les prescriptions établies par le Collège de l’ASN et publiés au Bulletin 
Officiel de l’ASN s’imposent aux exploitants des installations nucléaires. L’ASN est obligatoirement 
consultée  pour  tout  projet  de  décret  ministériel  ayant  trait  à  la  sûreté  nucléaire  ou  à  la 
radioprotection.  
 
Le contrôle est par ailleurs le cœur de métier  de l’ASN, qui réalise des inspections régulières des 
installations nucléaires, dans le souci de protéger les travailleurs, le public, et l’environnement des 
risques liés aux activités nucléaires. Dans ce cadre, les inspecteurs de l’ASN sont habilités à effectuer 
des mises en demeures ou encore à infliger des amendes en cas d’infraction à la réglementation en 
vigueur. 
 
Néanmoins, la sûreté est un élément délicat à apprécier dans le cadre d’une étude multicritères. On 
ne peut en effet rapporter sans équivoque une évaluation sur un plan économique. Les études de 
sûreté  sont  menées  pour  démontrer  que  des  objets  techniques  assurent  la  radioprotection  de 
l’homme  et  de  l’environnement  en  conditions  normales  et  dégradées  de  fonctionnement.  Il  est 
cependant  difficile  de  formuler  un  indicateur  fiable  pour  évaluer  la  sûreté  d’une  installation 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 27 sur 109  
Le projet de stockage réversible profond 
nucléaire,  d’une  matrice  de  conditionnement  ou  d’un  transport  de  déchets.  Nous  en  avons  fait 
l’expérience  au  début  de  nos  investigations,  alors  que  le  libellé  de  notre  sujet  demandait 
explicitement de prendre en compte des critères à la fois techniques, économiques et de sûreté dans 
la conception de la chaîne logistique des déchets de haute et de moyenne activité à vie longue. Toute 
la difficulté d’une étude multicritères est de comparer sur un même plan des critères techniques, 
économiques, politiques et de sûreté. 
 
3. Un enjeu financier majeur 
Une nécessité technique et commerciale pour l’industrie 
Si la plupart des pays nucléarisés ont des projets de stockage en couche géologique profonde dans 
leurs  cartons,  il  n’existe  à  l’heure  actuelle  aucun  stockage  de  déchets  de  haute  activité  en 
exploitation  dans  le  monde.  En  Allemagne,  plusieurs  projets  de  stockage  sont  à  l’étude  dans  des 
anciennes mines de sel, mais ils rencontrent des difficultés d’ordre politique ou technique. En effet, 
un moratoire a gelé le projet de stockage des déchets de haute activité, et le stockage des déchets de 
faible et de moyenne activité connaît des problèmes de stabilité qui perturbent son exploitation. Les 
Etats‐Unis disposent d’un centre de stockage opérationnel pour les déchets MAVL militaires, mais 
ont  supprimé  les  crédits  de  recherche  du  laboratoire  de  Yucca  Mountain,  destiné  à  l’étude  du 
stockage des combustibles usés de l’électronucléaire civil.  
 
Grâce  à  son  laboratoire  souterrain  Hades,  la  Belgique  mène  depuis  près  de  30  ans  des  dizaines 
d’expériences de thermique, de mécanique, de chimie et de radiation dans une couche géologique 
d’argile. L’Andra participe à ces expériences menées en partenariat avec plusieurs pays européens. 
La Suède, la Finlande et la Suisse disposent chacune d’un laboratoire pour l’étude du granite dans 
lesquels sont menées des expériences de caractérisation, d’hydrogéologie et de modélisation dans 
un  cadre  international.  Avec  une  mise  en  service  de  son  stockage  prévue  pour  2020,  la  Finlande 
pourrait être le premier pays à stocker en profondeur des matières de haute activité. Cependant, il 
ne s’agirait pas d’un stockage de « déchets » au sens où l’entend la loi française, car la Finlande a 
choisi de stocker directement ses combustibles usés, conditionnés dans des conteneurs en cuivre 
très performants. 
 
La plupart des projets étrangers envisagent en effet le stockage direct des combustibles usés, après 
une  étape  d’entreposage  préalable.  Le  succès  du  stockage  en  profondeur  des  déchets  vitrifiés  de 
haute activité pourrait conforter le choix du traitement des combustibles usés tel qu’il est pratiqué 
en France. D’autres pays pourraient même imiter la France, à l’image du Japon qui a construit une 
usine de traitement sur le modèle de l’usine de La Hague, après en avoir acquis la licence auprès 
d’Areva. Parce qu’il apporterait une solution de gestion durable pour les déchets les plus nocifs, un 
stockage réversible profond en exploitation pourrait également dynamiser la filière électronucléaire 
française à l’export, et notamment la vente de réacteurs. 
 
Un exutoire attendu pour les déchets anciens 
Le 7 mai 2010, nous avons passé une journée sur le site de Marcoule organisée par le CEA. Nous 
avons eu l’occasion de visiter plusieurs installations de conditionnement et d’entreposage de déchets 
de haute et de moyenne activité à vie longue. Nous avons également pu nous entretenir avec les 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 28 sur 109  
Le projet de stockage réversible profond 
exploitants de ces installations, ce qui nous a notamment permis de cerner avec précision les enjeux 
liés à deux déchets particuliers : les colis de déchets vitrifiés C0 et les fûts de bitume. Il s’agit de 
déchets anciens produits et entreposés à Marcoule depuis la fin des années 1960 dans le cadre de la 
production de plutonium militaire du CEA. 
 
Les colis C0 sont des fûts en acier inoxydable de 175l qui contiennent les premiers déchets vitrifiés de 
haute activité produits en France. Ils sont issus des solutions de produits de fission provenant de 
l’usine  de  traitement  UP1  de  Marcoule,  dont  la  vitrification  a  débuté  en  1978  pour  s’achever  en 
2012. Toutefois, depuis la mise à l’arrêt définitive de l’usine UP1 il y a une quinzaine d’années, la 
production  de  colis  C0  est  résiduelle  (vitrification  d’effluents  de  rinçage  des  fonds  de  cuve).  A 
Marcoule,  près  de  3200  colis  C0  sont  déjà  entreposés  dans  des  puits  ventilés,  au  sein  d’une 
installation attenante à l’atelier de vitrification. Ces colis anciens sont aujourd’hui nettement moins 
exothermiques que les colis de déchets vitrifiés en cours de production à La Hague, ce qui rend leur 
mise en stockage possible dès l’ouverture du centre. 
 
L’Atelier de vitrification de Marcoule (AVM) et son entrepôt sont des installations vieillissantes, dont 
les opérations de démantèlement et d’assainissement sont déjà programmées. Le démantèlement 
de  l’AVM  pourra  débuter  dès  2012,  lorsque  le  dernier  colis  C0  aura  été  conditionné.  Celui  de 
l’entrepôt devra attendre l’expédition vers le centre de stockage en couche géologique profonde de 
l’intégralité des colis entreposés. Cependant, l’agrément de l’Autorité de sûreté pour l’exploitation 
pérenne  de  l’entrepôt  expire  en  2025,  date  à  laquelle  les  opérations  de  désentreposage  doivent 
impérativement avoir débutées. Pour les exploitants de cette installation, la mise en stockage dès 
2025 des colis C0 est donc une réelle nécessité. 
 
Les fûts de bitume résultent du traitement des effluents radioactifs de Marcoule. Ce sont des fûts en 
acier non allié de 200L dont la production a débuté en 1966 pour s’achever en 2013. A partir de 
2015, la matrice de bitume sera remplacée par une matrice de ciment, qui paraît plus favorable au 
stockage. A ce jour, 60 000 fûts de bitume ont déjà été conditionnés et entreposés dans 35 fosses de 
la  zone  nord  du  site  et  dans  14  casemates  en  béton.  Cependant,  l’Autorité  de  sûreté  impose  la 
reprise  des  fûts  de  bitume  car  elle  considère  que  ces  entrepôts  anciens  ont  atteint  leur  limite 
d’exploitation. De 2000 à 2006, l’intégralité des 6 000 fûts de bitume de la zone nord ont été extraits 
des fosses, reconditionnés dans un surfût de 380L en acier inoxydable et entreposés dans l’Entrepôt 
Intermédiaire Polyvalent (EIP). Construit en 2000 et conçu pour une durée d’exploitation de 50 ans, 
l’EIP est une installation ultramoderne et téléopérée. Depuis 2007, l’EIP accueille les fûts de bitumes 
extrait  des  deux  premières  casemates.  Sa  capacité  de  12 000  colis  pourrait  être  saturée  dans  les 
années qui viennent. 
 
La gestion des 50 000 fûts de bitume encore entreposés dans les casemates 3 à 14 fait l’objet d’une 
discussion  entre  le  CEA,  l’Andra  et  l’Autorité  de  sûreté.  Si  le  désentreposage  de  ces  fûts  reste 
indispensable, la poursuite d’une mise en surfût suivie d’un entreposage dans l’EIP n’apparaît pas 
être  la  meilleure  solution.  Tout  d’abord,  le  surfût  de  380l  induit  un  taux  de  vide  important  qui 
pourrait  être  rédhibitoire  pour  le  stockage  en  couche  géologique  profonde.  Ces  déchets  sont 
pourtant  destinés  pour  moitié  à  la  filière  MAVL,  le  reste  étant  destiné  à  un  stockage  en  faible 
profondeur. Ensuite, l’entreposage des 50 000 fûts nécessiterait que le CEA construise des extensions 
extrêmement coûteuses à l’EIP. Dans son Etude Prospective des Déchets Nucléaires de Marcoule, le 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 29 sur 109  
Le projet de stockage réversible profond 
CEA développe donc une stratégie consistant à reconditionner directement en colis de stockage les 
fûts extraits des casemates et à les expédier dès que possible vers le centre de stockage approprié. La 
mise en service du stockage réversible profond est donc également une cible importante pour les 
exploitants chargée de la gestion des fûts de bitume de Marcoule.  
 
Bien  qu’ils  soient  entreposés  dans  des  installations  anciennes,  les  colis  C0  et  les  fûts  de  bitume 
présentent  toutefois  l’avantage  de  disposer  d’un  conditionnement  sous  forme  solide.  Certains 
déchets  anciens  ne  sont  pas  encore  conditionnés,  comme  les  boues  radioactives  (MAVL)  de  La 
Hague,  qui  sont  entreposées  dans  des  silos  dans  l’attente  de  la  définition  d’un  conditionnement 
approprié. Cependant, la loi de n°2006‐739 impose aux propriétaires de déchets produits avant 2015 
de les avoir conditionnés sous une forme solide avant 20307
. Ces déchets doivent donc faire l’objet 
d’une reprise et d’un conditionnement. Pour les déchets destinés au stockage réversible profond, il 
apparaît  préférable  d’attendre  2025  pour  commencer  les  opérations  de  reprise  et  de 
conditionnement des colis afin de les expédier directement vers le stockage plutôt que de créer de 
nouvelles installations pour les y entreposer. Le stockage réversible profond apporterait donc une 
solution intéressante pour la gestion de nombreux colis HA et MAVL anciens.  
 
Une charge financière à provisionner 
La loi n°2006‐739 a institué trois taxes additionnelles à la taxe sur les installations nucléaires de base, 
dites respectivement de « recherche », d’ « accompagnement » et de « diffusion technologique »8
. 
La  première  taxe  est  reversée  en  intégralité  à  l’Andra  via  un  fonds  destiné  exclusivement  aux 
recherches sur l’entreposage et le stockage réversible profond des déchets de haute et de moyenne 
activité  à  vie  longue.  Les  deux  autres  taxes  sont  reversées  aux  communes  et  départements 
accueillant le laboratoire souterrain et le futur centre de stockage. 
 
La  taxe  de  recherche  est  le  produit  d’un  coefficient  fixé  par  le  gouvernement  et  d’une  somme 
forfaitaire appliquée à chaque réacteur et à chaque usine de traitement de combustible usé. Le fonds 
de recherche est donc financé à 100% par les trois propriétaires de déchets HA‐MAVL : EDF (79%), le 
CEA (14%) et Areva (7%). Le principe « pollueur‐payeur » est bien respecté, à la différence près que la 
répartition des charges entre les trois producteurs ne respecte pas exactement la répartition de leurs 
stocks respectifs de déchets. Un arrangement sera certainement nécessaire entre EDF et Areva pour 
que le premier rembourse une partie des charges excédentaires supportées par le second, qui est 
propriétaire d’un inventaire de déchets HA‐MAVL très limité.  
 
Le  coefficient  qui  permet  d’ajuster  la  taxe  est  révisé  tous  les  trois  ans  en  fonction  du  budget 
prévisionnel  du  projet  HA‐MAVL.  Ainsi,  le  fonds  de  recherche était  alimenté  à  hauteur  de  96,6 
millions d’euros par an sur la période 2006‐2009, montant qui a été porté à 118 millions d’euros par 
an sur la période 2009‐2012. Le projet HA‐MAVL est une activité très particulière de l’Andra, qui fait 
l’objet d’une comptabilité séparée.  
 
En effet, la loi interdit au fonds de recherche d’être déficitaire ou bénéficiaire, tandis que l’Andra 
mène par ailleurs une activité commerciale classique avec ses centres de stockage en exploitation 
                                                            
7
 Voir Annexe 5 : Loi n°2006‐739 
8
 Voir Annexe 5 : Loi n°2006‐739 
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Le projet de stockage réversible profond 
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dans  l’Aube.  La  part  du  budget  annuel  allouée  au  projet  qui  ne  serait  pas  dépensée  serait  donc 
obligatoirement reversée au Report à Nouveau de l’agence. En interne, le contrôle de gestion a mis 
en place une méthode comptable par centres de coûts, dont l’unité d’œuvre est la main d’œuvre. 
Des feuilles de pointage permettent d’attribuer les heures effectuées par chaque direction dans le 
cadre du projet. En externe, les études et travaux commandés auprès de prestataires sont affectées 
sélectivement aux dépenses du projet. 
 
Lorsque  le  gouvernement  aura  autorisé  la  création  du  centre  de  stockage  à  l’horizon  2015,  un 
nouveau fonds, dit de « travaux » sera institué au sein de l’Andra. Il alimentera les investissements 
liés  à  la  construction  de  la  première  tranche  du  centre  de  stockage,  qui  prendra  en  charge  les 
premier colis : installations de surface, liaisons jour‐fond, puits de ventilation, galeries souterraines et 
premières  alvéoles  de  stockage.  Le  fonds  travaux  sera  alimenté  par  les  provisions  qui  sont 
actuellement constituées par EDF, le CEA et Areva dans le cadre de l’évaluation prudente des charges 
de gestion des déchets radioactifs9
. Ces provisions sont couvertes par des actifs dont le niveau de 
liquidité et de sécurité est surveillé de près par le Trésor public. 
 
Les provisions constituées par les propriétaires de déchets de haute et de moyenne activité à vie 
longue doivent couvrir la construction, l’exploitation et la fermeture du stockage réversible profond. 
Le montant de ces provisions est fixé par l’Etat, en tenant compte d’une évaluation du coût total 
établie par un groupe de travail réunissant l’Andra et les producteurs de déchets. En 2005, le coût 
total du stockage réversible profond était évalué à 15 milliards d’euros, ce qui représentait en valeur 
nette actualisée une provision de plus de 3 milliards d’euros pour EDF. 
 
 
 
9
 Voir Annexe 5 : Loi n°2006‐739 
 
C/ Les chroniques d’entreposage et de stockage 
1. Définition 
Après  avoir  présenté  un  historique  de  la  gestion  des  déchets  nucléaires  en  France  ainsi  que  les 
enjeux d’un stockage réversible profond, nous pouvons maintenant présenter le cœur du travail que 
nous avons réalisé. Nous avions en effet comme objectif de « proposer des méthodes de modélisation 
et  d’analyse  des  scénarios  possibles  de  gestion  des  déchets  et  colis  de  déchets,  et  à  en  tester 
l’application sur des cas concrets » (sujet de stage). 
 
Pour cela, il convient tout d’abord de définir clairement ce qui est entendu par « scénarios possibles 
de gestion des déchets et colis de déchets » que nous avons renommés chronique d’entreposage et 
de stockage. Voici la définition que nous avons mise en place et qui servira de référence dans la suite 
de ce compte rendu : 
 
Une chronique est un scénario qui établit, pour chaque type de déchet, la succession des étapes de 
l’entreposage jusqu’au stockage, en précisant les lieux, les dates et les flux de colis associés. 
 
2. Chroniques et chaine logistique globale 
Deux sujets liés 
On  comprend  donc  avec  cette  définition  que  les  chroniques  ne  se  limitent  pas  uniquement  à 
l’enceinte du site de stockage mais concernent toutes les étapes que subissent les colis depuis leur 
site de production ou d’entreposage jusqu’au site de stockage profond. Ce sont donc ces étapes qui 
vont  permettre  de  déterminer  des  critères  logistiques  pour  juger  de  la  qualité  des  chroniques 
produites. Ces différentes étapes font intervenir une chaine logistique que nous avons donc étudiée 
en détail. 
 
Chaine logistique 
globale
Chroniques 
d’entreposage et 
de stockage
 
 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 32 sur 109 
Les chroniques d’entreposage et de stockage 
Présentation de la chaine logistique globale et des critères associés 
 
La réalisation de nos chroniques de stockage implique donc une bonne connaissance des spécificités 
de  la  chaine  logistique  globale  des  déchets  radioactifs,  depuis  le  producteur  jusqu’au  site  de 
stockage. Pour réaliser cette étude ainsi que la détermination des critères associés pouvant avoir un 
impact sur les chroniques, nous avons utilisé différentes sources d’information : 
• Les  documents  de  l’Andra  (en  particulier  le  rapport  2009)  ainsi  que  la  documentation 
disponible  des  différents  acteurs  de  la  chaine  logistique  (Areva  NC  et  le  CEA  pour 
l’entreposage, TN International pour le transport, etc.). 
• Nos  nombreux  échanges  avec  les  experts  de  l’Andra  spécialisés  dans  chaque  partie  de  la 
chaine logistique dans le cadre de réunions que nous avons organisées. 
• Les points de vue de plusieurs responsables des acteurs industriels de la chaine logistique 
(EDF, Areva, le CEA), qui ont accepté de nous rencontrer. 
• Des visites d’installations, en particulier sur le site de Marcoule (CEA) pour l’entreposage, de 
la  Hague  (Areva  NC)  pour  la  manutention  des  déchets  et  le  transport  et  du  laboratoire 
souterrain de Bure pour le creusement des alvéoles HA. 
 
 Afin de présenter succinctement les éléments les plus importants de ce processus logistique, nous 
allons suivre le trajet hypothétique de deux colis spécifiques depuis leur site de production jusqu’au 
site de stockage. 
 
Nous nous projetons maintenant en 2035, le site de stockage HA‐MAVL est maintenant opérationnel 
depuis 10 ans et a déjà reçu de nombreux déchets radioactifs. Nous allons maintenant suivre le trajet 
détaillé de deux déchets particuliers, que nous avons déjà décrit dans la partie 3.2 :  
• Le colis C0 de l’Atelier de Vitrification de Marcoule (HA) 
• Le fût d’enrobé bitumineux de Marcoule (MAVL) 
L’entreposage 
En 2035, il existera 4 sites d’entreposage, celui de Bugey devant être mis en service en 2013 par EDF. 
 
Fig. 22 : Les quatre sites d’entreposage de déchets HA‐MAVL (Andra, 2009) 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 33 sur 109  
Les chroniques d’entreposage et de stockage 
Entrepôt AVM – CEA Marcoule 
Les colis C0 sont initialement entreposés sur le site du CEA à Marcoule. L’entrepôt AVM, créé en 
1978, a une capacité totale de 665m3
 dont 579 m3
 sont occupés par les 3250 colis. 
 
Techniquement,  l’entrepôt  AVM  est  constitué  de  grands  puits  verticaux  dans  lesquels  sont 
entreposés les déchets. Comme les colis C0 sont exothermiques, les puits d’entreposage possèdent 
un système de ventilation servant à dissiper la chaleur émise. 
 
Fig. 23 : Entrepôt de
Casemate n°14 de Marcoule (fûts EIP inox) 
 colis vitrifiés (CEA/Marcoule) 
Les fût d’enrobés bitumineux de Marcoule sont actuellement entreposés dans des casemates du site, 
en particulier la casemate n° 14, la plus récente du site. Comme le montre la photo, l’entreposage est 
extrêmement basique : les colis sont juste empilés les uns sur les autres dans un vaste hall fermé. 
 
 
Fig. 24 : Casemate 14 (CEA/Marcoule) 
Le transport 
Une fois les colis désentreposés par des procédés logistiques robotisés, ceux‐ci doivent être chargés 
dans des emballages de transport blindés avant d’être expédiés vers le centre de stockage réversible 
profond.  
 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 34 sur 109  
Les chroniques d’entreposage et de stockage 
Emballages de type B 
Les  colis  C0  font  partie  de  la  catégorie  de  déchets  la  plus  dangereuse  et  doivent  donc  être 
transportés dans des conditions drastiques de sécurité pour protéger les êtres vivants présents dans 
l’entourage immédiat et empêcher toute dissémination en cas d’accident. 
 
Les autorités compétentes imposent donc un emballage de type B pour de tels colis. Ces emballages 
doivent respecter toute une série de normes et subissent donc une large batterie de tests, réalisés 
successivement dans l’ordre le plus défavorable possible : 
• Résistance à une chute libre de 9m sur sol indéformable 
• Résistance à une chute libre de 1m sur poinçon 
• Résistance à un incendie à 800°C pendant 30 minutes 
• Etanchéité pendant 8h à une profondeur de 15m 
Pour répondre à telles contraintes, ces emballages sont généralement spécifique à un type de colis et 
leur développement est très long (environ 10 ans) et extrêmement coûteux. Leur fabrication utilise 
des techniques complexes (le corps de l’emballage est généralement formé d’un seul bloc d’acier). 
En outre, les processus de manutention pour fermer et ouvrir de tels emballages sont très complexes 
et durent actuellement près d’une journée entière ! 
 
 
Fig. 25 : Emballages de transport de type B (Areva, 2009) 
 
Emballage de type IP2 
Les fûts de bitume de Marcoule font partie des colis les moins dangereux de la catégorie MAVL. Ils 
peuvent donc être transportés dans des emballages de type IP2, dont l’homologation est nettement 
moins stricte que celle des emballages de type B. 
 
Ces emballages sont des containers  standards avec une résistance accrue en cas de chute et des 
dispositifs limitant l’activité à l’extérieur de l’emballage.  
 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 35 sur 109  
Les chroniques d’entreposage et de stockage 
 
Fig. 26 : Emballages de type IP2 
Le conditionnement 
Les  colis  C0  et  les  fûts  de  bitume  de  Marcoule  sont  à  l’état  de  colis  primaires.  Pour  pouvoir  les 
stocker dans des conditions de sûreté optimale, il est indispensable de les reconditionner dans un 
surconteneur qui en facilitera la manutention (pour les fûts de bitume) et assurera la résistance à la 
r les colis C0).  corrosion sur plus d’un siècle (pou
Conditionnement des colis AVM 
Les colis primaires C0 sont conditionnés dans un cylindre métallique étanche en inox. Ces colis de 
stockage sont standardisés afin de faciliter la manutention de ces derniers sur le site de stockage. 
 
Fig. 27 : Colis de stockage po
Conditionnement des fûts de bitume de Marcoule 
ur colis C0 (Andra, 2009) 
Les  fûts  de  bitume  de  Marcoule  sont  conditionnés  par  4  dans  des  colis  de  stockage 
parallélépipédiques  en  béton,  dont  la  taille  est  standardisée  pour  faciliter  les  opérations  de 
manutention sur le site. 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 36 sur 109  
Les chroniques d’entreposage et de stockage 
 
Fig. 28 : Colis de stockage pour fûts de bitume (Andra, 2009) 
Le stockage 
Une fois arrivés au terminal ferroviaire du site dans leurs emballages de transport respectifs, les colis 
sont déchargés et contrôlés. Les colis sont ensuite placés dans une hotte de transfert, qui permet 
d’assurer  la  radioprotection  des  travailleurs  sur  le  site  de  stockage.  La  hotte  emprunte  alors  la 
descenderie  qui  assure  la  liaison  jour‐fond,  via  un  camion  ou  un  funiculaire  (option  technique  en 
cours de validation).  
 
 
Fig. 29 : Descenderie par camion (Andra, 2009) 
Stockage des colis C0 
Une alvéole de stockage pour colis de haute activité consiste en un microtunnel dans lequel sont 
positionnés  les  colis  de  stockage.  Les  colis  sont  insérés  par  un  robot  pousseur,  capable  aussi  de 
retirer les colis si nécessaire dans le cadre de la réversibilité du stockage. L’alvéole est fermée le reste 
du temps pour limiter l’irradiation des galeries du site, où des opérateurs peuvent être présents. 
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Les chroniques d’entreposage et de stockage 
 
Fig. 30 : Robot pousse
Stockage des colis de stockage MAVL 
ur pour alvéole de stockage HA (Andra, 2009) 
Les  alvéoles  de  stockage  des  colis  MAVL  sont  très  différentes.  Elles  ont  un  diamètre  extérieur 
nettement plus important que pour les colis HA et ont une section carrée à l’intérieur, pour mieux 
s’adapter à la forme des colis MAVL et ainsi limiter au maximum les vides résiduels. 
 
Pour les alvéoles MAVL, les outils de manutention sont placés à l’intérieur de cette dernière. La hotte 
de transfert de colis est tout d’abord transportée jusqu’à la zone de manutention de l’alvéole, où des 
robots en extraient le colis pour ensuite aller le placer dans la zone de stockage de l’alvéole, isolée du 
reste de l’alvéole par un système de confinement. 
 
 
Fig. 31 : Alvéole de stockage MAVL (Andra, 2009) 
 
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Les chroniques d’entreposage et de stockage 
3. Une première approche logistique globale 
 
Ce  qui  suit  maintenent  a  trait  à  une  étude  économique  que  nous  avons  réalisée  et  qui  illustre 
l’intérêt  d’une  approche  globale  de  la  chaîne  logistique  de  gestion  des  déchets  de  haute  activité. 
Cette  application  prend  en  compte  un  déchet  bien  particulier,  dont  le  stockage  interviendra  très 
tardivement pour des raisons physiques. Cette étude répond à une question particulière à laquelle 
trois  scénarios  différents  apportent  des  réponses  contrastées :  faut‐il  prévoir  une  étape 
d’entreposage supplémentaire dans la gestion des colis de déchets vitrifiés de La Hague ? 
 
Eléments techniques pour la compréhension 
Les  solutions  de  produits  de  fission  et  d’actinides  mineurs  issues  du  traitement  des  combustibles 
usés  des  58  Réacteurs  à  Eau  Pressurisée  d’EDF  sont  conditionnées  depuis  1989  à  La  Hague  sous 
forme de verre dans un Conteneur Standard de Déchets Vitrifiés (CSD‐V). Les colis CSD‐V contiennent 
donc des déchets de haute activité à vie longue. 
 
A  sa  production,  la  puissance  thermique  du  colis  CSD‐V  est  supérieure  à  2000  W,  ce  qui  est 
incompatible  avec  les  critères  de  température  du  stockage. Cette  puissance  thermique  décroît  au 
cours du temps, pour atteindre après 60 ans d’entreposage la puissance thermique maximale admise 
en stockage : 500W. 
 
Les  prévisions  de  production  établies  par  l’Andra  estiment  que  le  parc  électronucléaire  actuel 
pourrait  avoir  généré  jusqu’en  2055  près  de  41 000  colis  CSD‐V,  entreposés  à  La  Hague  dans  des 
installations attenantes aux ateliers de vitrification. Ces entrepôts ont été conçus pour une durée 
d’exploitation de 50 ans, qui pourra éventuellement être prolongée, sous réserve de l’autorisation de 
l’ASN.  
 
Pour le stockage des colis CSD‐V, l’espacement des colis à l’intérieur d’un alvéole (au moyen d’ « 
intercalaires  »)  et  l’espacement  des  alvéoles  constituent  les  paramètres  d’adaptation  de 
l’architecture du stockage à la puissance thermique des déchets à la mise en stockage.  
 
Une décision d’augmenter la durée d’entreposage réduirait la puissance thermique des déchets à la 
mise en stockage et se traduirait par la diminution des intercalaires entre colis dans le même alvéole 
et par le rapprochement des alvéoles, ce qui induit une économie directe sur l’emprise du stockage 
et le volume minier excavé. La partie variable du coût du stockage, correspondant au creusement et 
à l’équipement des alvéoles de stockage, est directement proportionnelle au volume minier excavé.  
 
Au‐delà  d’une  centaine  d’années  d’entreposage,  le  volume  excavé  et  l’emprise  du  stockage  ne 
diminuent quasiment plus en jouant sur la durée d’entreposage. Dans la suite de cette étude, nous 
avons  choisi  de  comparer  deux  scénarios  extrêmes  correspondant  respectivement  à  un  stockage 
après 60 ans et après 90 ans d’entreposage.  
 
Une  durée  d’entreposage  de  90  ans  n’est  pas  envisageable  dans  les  installations  actuelles  de  La 
Hague.  Nous  avons  donc  envisagé  la  création  d’une  installation  d’un  nouveau  genre,  dédiée 
exclusivement à l’entreposage supplémentaire des colis CSD‐V. Les colis de La Hague y seraient alors 
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placés après une soixantaine d’années d’entreposage (à une puissance thermique de 500 W) et y 
resteraient entreposés pendant une trentaine d’années avant d’en être retirés (à une puissance de 
300 W).  
  
Trois scénarios d’entreposage et de stockage 
Pour la gestion des colis CSD‐V, nous avons exploré trois scénarios différents. La puissance thermique 
des colis étant le paramètre principal de différenciation de ces scénarios, nous avons dimensionné 
les flux de façon à ne gérer que des colis de même puissance thermique à une étape donnée de la 
chaîne  logistique.  Ainsi,  le  flux  de  stockage  a  été  fixé  uniformément  à  500  colis/an  pour  les  trois 
scénarios, ce qui correspond à peu près au flux de production constaté à La Hague.  
 
La durée totale du stockage est légèrement supérieure à la durée totale de  production, car il est 
prévu que les derniers colis qui seront produits à La Hague auront une puissance thermique initiale 
supérieure, nécessitant un entreposage préalable d’au moins 70 ans avant stockage. Au final, nous 
avons fait l’hypothèse d’une mise en stockage de la totalité de l’inventaire CSD‐V en 80 ans. 
 
 
Fig. 32 : Synoptique des trois scénarios CSD‐V explorés 
 
Le scénario A est notre scénario de référence, basé sur les hypothèses du Dossier 2005 de l’Andra. Ce 
scénario  envisage  un  stockage  direct  des  CSD‐V  dès  leur  sortie  des  entrepôts  de  La  Hague.  Les 
déchets stockés dégagent alors une puissance thermique de 500 W. 
 
Le scénario B décale la mise en stockage des colis de 30 ans par rapport au scénario A, ce qui permet 
de  stocker  des  colis  de  300  W,  et  de  bénéficier  des  économies  sur  la  ressource  de  stockage 
présentées  précédemment.  Ce  scénario  nécessite  cependant  la  création  d’un  entrepôt  pour  la 
décroissance supplémentaire des colis CSD‐V. Le désentreposage de La Hague se déroule cependant 
selon les mêmes conditions que le scénario A. 
 
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Le  scénario  C  ressemble  fortement  au  scénario  B :  création  d’un  entrepôt  de  décroissance 
supplémentaire  et  décalage  de  la  mise  en  stockage  des  colis.  La  différence  réside  dans  le 
désentreposage  de  La  Hague.  Ce  scénario  émet  l’hypothèse  d’un  désentreposage  plus  précoce  et 
plus rapide des entrepôts existants, ce qui permet d’évacuer le dernier colis en 2090, soit 40 ans plus 
tôt que dans les scénarios A et B. Cette hypothèse correspond  à la décision de ne pas prolonger 
l’exploitation des entrepôts de La Hague au‐delà de la durée pour laquelle ils ont été conçus. 
 
Résultats étape par étape 
 
• Désentreposage 
Les scénarios A et B font l’hypothèse d’une prolongation des entrepôts de La Hague pour permettre 
d’évacuer  des  colis  CSD‐V  de  500  W  (pour  stockage  direct  ou  entreposage  supplémentaire).  Les 
entrepôts ayant été conçus pour 50 ans d’exploitation, il faudra donc prévoir une prolongation d’une 
trentaine  d’années,  ce  qui  entraîne  des  frais  de  jouvence  à  déterminer.  Le  scénario  C  permet 
d’économiser ces frais de jouvence, en vidant les entrepôts avant qu’ils n’aient atteint l’âge moyen 
de 55 ans, grâce à un désentreposage précoce et accéléré (800 colis/an).  
 
  Scénario A  Scénario B  Scénario C 
Début du désentreposage  2050  2050  2040 
Durée du désentreposage  80 ans  80 ans  50 ans 
Flux de colis retirés  500 colis/an  500 colis/an  800 colis/an 
Âge des entrepôts à la MAD  80 ans  80 ans  55 ans 
Frais de jouvence  A/D  A/D  0 € 
Fig. 33 : Désentreposage des installations de La Hague 
 
• Entreposage supplémentaire 
Les scénarios B et C nécessitent la création d’un entrepôt supplémentaire, pour amener les colis CSD‐
V à une puissance thermique de 300 W seulement, et réaliser des économies au niveau de l’étape de 
stockage.  L’installation  devra  être  conçue  pour  une  durée  d’exploitation  séculaire.  Le  scénario  A 
prévoyant  un  stockage  direct,  il  fait  l’économie  de  cette  nouvelle  installation  d’entreposage. 
Cependant, les scénarios B et C se distinguent nettement, notamment par la capacité maximale à 
prévoir.  
 
  Scénario A  Scénario B  Scénario C 
Mise en Service Initiale  ‐  2050  2040 
Durée d’exploitation  ‐  110 ans  120 ans 
Capacité à prévoir  ‐  16 970 colis  35 820 colis 
Coût total brut  0 €  913 M€  1 841 M€ 
Coût total actualisé (2040)  0 €  447 M€  968 M€ 
Fig. 34 : Construction, exploitation et démantèlement de l’entrepôt supplémentaire 
 
Dans le scénario B, les colis CSD‐V sont reçus à une puissance thermique de 500 W et à un rythme de 
500 colis/an pendant 80 ans. Ils y restent entreposés une trentaine d’années pour que leur puissance 
thermique chute à 300 W avant d’être expédiés vers le centre de stockage au même rythme de 500 
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colis/an.  Au  final,  l’entrepôt  est  exploité  pendant  110  ans,  et  chaque  alvéole  d’entreposage  est 
utilisée près de 4 fois par des colis différents. Ce fonctionnement permet de ne créer que 17 000 
places environ pour gérer l’intégralité de l’inventaire CSD‐V. 
 
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5000
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2030
2040
2050
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2080
2090
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2110
2120
2130
2140
2150
2160
2170
Stock de colis primaires entreposés
Années
Entrepôt supplémentaire Scénario B
 
Fig. 35 : Stock de colis primaires dans l’entrepôt du scénario B 
 
Le scénario C ne permet cependant pas ce fonctionnement, car les dates et les flux en entrée et en 
sortie sont mal ajustés. En effet, les colis sont reçus à une puissance thermique très supérieure à 500 
W,  à  cause  du  désentreposage  précoce  et  accéléré  de  La  Hague.  Le  premier  colis  reste  donc 
entreposé  50  ans  dans  l’installation,  et  le  dernier  pratiquement  70 !  Il  est  donc  pratiquement 
impossible  d’envisager  une  réutilisation  successive  des  alvéoles  d’entreposage,  ce  qui  conduit  à 
prévoir une capacité de pointe de près de 36 000 places, proche de la quantité totale de CSD‐V à 
gérer. Comme on peut le constater dans le tableau de résultats, l’impact financier est direct, avec 
notamment des frais de construction qui doublent par rapport au scénario B. 
 
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2160
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Stock de colis primaires entreposés
Années
Entrepôt supplémentaire Scénario C
 
Fig. 36 : Stock de colis primaires dans l’entrepôt du scénario C 
 
• Stockage 
Le scénario A, pris comme référence, fait l’hypothèse d’une puissance thermique de 500 W dégagée 
par les CSD‐V à la mise en stockage, ce qui correspond à un entreposage de décroissance de 60 ans. 
Dans les scénarios B et C, les CSD‐V dégagent une puissance thermique de seulement 300 W à leur 
mise  en  stockage,  grâce  à  un  entreposage  de  décroissance  supplémentaire  de  30  ans.  Le  tableau 
suivant indique les résultats obtenus sur le volume minier excavé et l’emprise du stockage. En euros 
bruts, l’économie réalisée sur le coût du stockage se chiffre à près de 2 milliards d’euros. 
 
  Scénario A  Scénario B  Scénario C 
Début du stockage  2050  2080  2080 
Âge des colis au stockage  60 ans  90 ans  90 ans 
Puissance thermique  500 W  300 W  300 W 
Volume minier excavé  2,615 Mm3
  1,484 Mm3
  1,484 Mm3
 
Emprise totale  386 ha  222 ha  222 ha 
Coût total brut  4 238 M€  2 272 M€  2 272 M€ 
Coût total actualisé (2040)  915 M€  171 M€  171 M€ 
Fig. 37 : Construction des alvéoles de stockage 
Synthèse 
Nous avons effectué une évaluation économique des trois scénarios basée sur les coûts dont nous 
disposions, concernant notamment le nouvel entrepôt de décroissance et le stockage des colis CSD‐
V. Il faut toutefois noter que de nombreux postes de coûts manquent à cette évaluation. Nous ne 
possédions  en  effet  aucune  donnée  sur  le  coût  du  transport,  du  conditionnement  en  colis  de 
stockage  et  des  différentes  opérations  de  manutention  (entreposage,  désentreposage,  contrôle, 
etc.). 
 
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Les chroniques d’entreposage et de stockage 
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Coûts actualisés en 2040  Scénario A  Scénario B  Scénario C 
Entreposage supplémentaire  0 €  447 M€  968 M€ 
Stockage  915 M€  171 M€  171 M€ 
Total  915 M€  618 M€  1 139 M€ 
Fig. 38 : Synthèse des coûts actualisés 
 
Pour  pouvoir  comparer  des  dépenses  effectuées  à  des  horizons  temporels  distincts,  nous  avons 
utilisé  un  taux  d’actualisation  de  3,5%  par  an  (taux  utilisé  couramment  par  l’Andra).  On  peut 
cependant se demander quel signification il est encore possible de donner à des dépenses étalées sur 
plus d’un siècle. Les horizons habituels d’actualisation ne dépassent jamais 20 ou 30 ans, car le poids 
donné aux dépenses à effectuer au‐delà devient rapidement dérisoire. Dans les scénarios B et C par 
exemple, l’actualisation divise le coût brut du stockage par plus de 13 ! Considérer seulement des 
coûts  actualisés  dans  une  optimisation  technico‐économique  pourrait  donc  conduire  à  reporter 
éternellement  le  stockage  des  déchets,  l’entreposage    représentant  un  investissement  de  départ 
moins élevé. 
 
En euros bruts ou en valeur nette actualisée, le scénario B semble néanmoins le plus avantageux sur 
le plan économique. Pour qu’elle soit tout à fait complète, cette étude mériterait toutefois d’être 
prolongée sur les autres plans qui environnent le sujet. Sur le plan politique, on peut en effet se 
demander dans quelle mesure une nouvelle étape d’entreposage, comme prévue dans le scénario B, 
serait acceptée par le grand public, sachant qu’à l’horizon où cet entrepôt deviendra nécessaire, un 
stockage de déchets de haute activité sera certainement en exploitation depuis plusieurs décennies. 
Sur le double plan de la sûreté et de la radioprotection, les scénarios B et C représentent un risque 
d’exposition des travailleurs et du public plus élevé, car ils nécessitent des étapes de manutention 
supplémentaires : transfert, entreposage et désentreposage de colis.  
 
Cette  étude  apporte  donc  une  réponse  sur  le  seul  plan  économique  à  la  question  posée :  faut‐il 
prévoir une étape d’entreposage supplémentaire dans la gestion des colis de déchets vitrifiés de La 
Hague ? Cependant, le nouvel entrepôt n’étant pas à construire avant 2040 ou 2050, la réponse à 
cette question pourra encore attendre au‐moins deux à trois décennies avant d’être définitivement 
tranchée. Ce n’est pas le cas d’autres préoccupations logistiques, telles que l’ordonnancement des 
premiers colis à stocker dès 2025, comme nous allons le voir dans la suite de cet exposé. 
 
 
D/ Ordonnanccement ett améliorration dees chroniiques de s stockagee 
 
Dans cet
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Jérémy D Page 45 sur 109 
Ordonnancement et amélioration des chroniques de stockage 
• connaissance suffisante du comportement des colis en stockage pour la période considérée : 
seuls  les  colis  dont  le  comportement  aura  été  suffisamment  caractérisé  pour  la  période 
considérée pourront être stockés. Pour les autres colis, un effort de R&D devra être mis en 
place pour les caractériser et voir s’ils sont stockables en l’état pour les tranches suivantes. 
• puissance  thermique :  comme  on  l’a  vu  pour  les  colis  de  déchets  vitrifiés,  certains  colis 
nécessitent  un  entreposage  préalable  avant  d’être  stockés.  Pour  la  première  tranche 
d’exploitation du stockage par exemple, aucun colis Ha de La Hague ne pourra être stocké. 
• … 
 
Les  contraintes  permettent  donc  uniquement  d’obtenir  un  nouvel  inventaire  de  colis  HA‐MAVL 
stockables sur la période considérée, réduit par rapport à l’inventaire initial. 
 
Critère d’ordonnancement 
A partir du nouvel inventaire, il convient maintenant de déterminer l’ordre dans lequel les colis vont 
être désentreposés et arriver sur le stockage. Nous avons donc déterminé plusieurs critères pouvant 
aboutir à un ordonnancement :  
• Ordre des mises à l’arrêt définitives des entrepôts : les entrepôts ne sont pas tous construits 
en même temps et arrivent donc en fin de vie à des dates différentes. Si l’on souhaite éviter 
de construire de nouveaux entrepôts, il convient donc de stocker les colis des entrepôts en 
fin de vie en premier. 
• Ordre  de  production  initiale :  un  critère  d’ordonnancement  simple  pourrait  consister  à 
stocker les colis dans l’ordre de leur production. Cet ordre, s’il ne présente aucun avantage 
sur le plan technico‐économique, a cependant l’avantage d’être simple et d’avoir un effet 
très positif sur le plan de la communication auprès du public. Cela signifierait en effet que 
l’on gère tous les déchets sans exception et en commençant par ceux que nous ont laissé les 
générations précédentes, afin de ne pas les léguer à notre tour aux générations futures. 
• Ordre  de  terme  source  mobilisable  décroissant :  le  terme  source  mobilisable  d’un  colis 
correspond au risque que le colis représente dans son conditionnement actuel et dans son 
entrepôt actuel. Commencer par stocker les colis de terme source mobilisable correspondrait 
donc à stocker en premier les colis qui présentent le plus de risque pour les populations en 
surface. Il convient d’ailleurs de remarquer qu’un colis ayant un terme source mobilisable 
très fort pourra être parfaitement sûr dans son alvéole de stockage, le risque en surface et le 
risque en profondeur étant grandement décorrélé (en particulier parce qu’une grande part 
du risque provient de l’entrepôt dans lequel est le déchet, qui n’intervient bien évidemment 
plus dans le site de stockage). 
• … 
 
Critères logistiques 
Nous avons maintenant un ordonnancement des colis à désentreposer et à stocker, c'est‐à‐dire que 
l’on sait par exemple que tel colis doit arriver en premier, suivi de tel autre colis, etc. On ne sait 
encore rien sur les dates, les flux et les quantités mises en jeu. C’est en faisant intervenir les critères 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 46 sur 109  
Ordonnancement et amélioration des chroniques de stockage 
logistiques  que  l’on  va  obtenir  ces  renseignements  supplémentaires.  Ces  critères  sont  répartis  en 
plusieurs grandes familles 10
: 
Gestion du parc des entrepôts (par exemple utiliser un entrepôt jusqu’à sa fin de vie) 
• Minimiser la création de nouveaux entrepôts (en envoyant rapidement les colis sur le site de 
stockage par exemple). 
• Optimiser l’utilisation des entrepôts, c'est‐à‐dire garder les entrepôts remplis le plus possible 
durant leur durée de vie pour rentabiliser au mieux leur investissement. 
• Minimiser le terme‐source mobilisable des entrepôts (indicateur de sûreté de l’ASN relatif à 
un colis dans un entrepôt, sur lequel un ingénieur de l’Andra doit se renseigner) sur la durée 
du stockage. Il est en effet préférable de vider en premier les entrepôts les moins sûrs et de 
reté leur contenu sur le site de stockage. stocker en sû
Transport des colis 
• Réguler le flux de désentreposage des colis, c’est‐à‐dire essayer d’utiliser au maximum de 
leurs capacités les installations de  désentreposage des différents entrepôts. Cela permettra 
aussi un dimensionnement sommaire des installations de désentreposage non existante (ce 
qui  est  le  cas  actuellement  pour  la  majorité  des  entrepôts).  Concrètement,  il  s’agit  donc 
d’obtenir un flux de colis stable et proche de la capacité maximale des installations sur la 
durée de vie de ces dernières. 
• Minimiser le nombre de transport (en particulier entre entrepôts, il est préférable d’envoyer 
directement les colis sur le site de stockage). 
• Minimiser  le  nombre  d’emballages  de  type  B  à  acquérir,  en  fixant  des  flux  pas  trop 
importants  par  exemple  (les  périodes  de  rotation  de  ces  emballages  sont  en  effet  très 
longues) 
Conditionnement en colis de stockage 
• Réguler les activités de conditionnement sur le site de stockage, afin d’utiliser au mieux les 
nnement qui y seront présentes. installations de conditio
Gestion du centre de stockage 
• Réguler les activités de génie civil. 
• Réguler le nombre de transferts jour‐fond quotidiens. 
• Minimiser l’emprise du stockage (correspond plus ou moins à la surface totale utilisée par le 
site  de  stockage).  Le  levier  principal  de  ce  critère  est  d’entreposer  les  déchets  HA  plus 
longtemps  pour  qu’ils  soient  plus  froids  lorsqu’ils  arrivent  sur  le  site  de  stockage  et 
nécessitent ainsi moins d’intercalaires dans leurs alvéoles de stockage. 
• Minimiser la variété de types d’alvéoles MAVL ouvertes simultanément. Il existera en effet 
différents  types  d’alvéoles  MAVL  selon  la  nature  des  colis  contenus.  Pour  chaque  type 
d’alvéole MAVL, il existera donc toute une batterie d’appareils de manutentions spécifiques 
à entretenir et à garder au fond du site. 
 
Pour  obtenir  la  chronique  finale,  on  se  fixe  donc  un  certain  nombre  de  critères  à  respecter  (par 
exemple avoir une activité constante sur le site de stockage). On détermine alors un ou plusieurs 
                                                            
10
 Voir Annexe 2 : Document de synthèse des critères et des flux 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 47 sur 109  
Ordonnancement et amélioration des chroniques de stockage 
indicateurs associés sur lesquels on fixe des objectifs quantifiés (pour l’activité de stockage, le flux 
journalier de colis de stockage dans la descenderie du site est un bon indicateur ; on peut alors lui 
fixer une valeur constante à atteindre de 6 colis par jour (flux standard pour laquelle la descenderie a 
été  conçue))  puis  l’on  obtient  la  chronique  complète  (flux,  dates,  quantités)  par  itération  jusqu’à 
obtenir une chronique adéquate. 
 
Afin d’accélérer cette étape, qui serait extrêmement longue si elle était réalisée de façon totalement 
manuelle,  nous  avons  réalisé  un  outil  informatique  de  simulation  de  chronique  qui  nous  permet 
d’extraire tous les indicateurs que l’on souhaite d’une chronique donnée. 
 
3. Création d’un outil informatique pour la gestion des critères 
logistiques 
Etablissement d’un cahier des charges 
Devant la complexité de la création de chroniques (106 familles, une vingtaine de critères logistiques 
pour une infinité d’indicateurs quantifiés envisageables), nous avons créé un outil informatique sous 
Excel possédant une couche programme en Visual Basic for Application afin d’aider à la création des 
chroniques. 
 
Pour créer cet outil, nous avons établi un cahier des charges en partenariat avec les ingénieurs de 
l’Andra directement concernés par la création de chroniques : 
• Outil  fonctionnant  sous  MS  Excel :  tous  les  ingénieurs  de  l’Andra  savent  utiliser  Excel  et 
pourront ainsi se servir de l’outil sans difficulté. 
• Documentation exhaustive : deux documentations ont été produites, l’une pour l’utilisateur 
quotidien et une autre pour un éventuel développeur souhaitant faire évoluer l’outil pour 
répondre à de nouveaux besoins. 
• Un outil flexible et grandement paramétrable : toutes les données d’entrée de l’outil sont 
paramétrables, différents niveaux de complexité peuvent être étudiés (du macro par grands 
types de colis jusqu’au micro en suivant les colis sous‐familles par sous‐familles dans leurs 
tanches d’entrepôts respectives), un nombre infini d’indicateurs peut être suivi pour chaque 
chronique. 
• Un outil simple et efficace : l’outil a été pensé pour que le remplissage des données soit le 
plus aisé possible, la simulation d’une chronique complète prend moins d’une minute. 
 
Fonctionnement de l’outil11 
L’outil créé permet de simuler la chronique que l’on souhaite améliorer. On rentre donc celle‐ci en 
entrée.  L’outil  va  alors  simuler  la  chronique  et  agréger  toutes  les  données  de  simulation  (flux 
journaliers, annuels, volumiques ou en nombre de colis, nombre d’emballages impliqués, etc.) dans 
une  feuille  de  données.  Cette‐dernière  n’a  pas  pour  vocation  à  être  utilisée  telle  quelle  par 
l’utilisateur  (la  feuille  en  question  fait  plusieurs  dizaines  de  milliers  de  lignes  pour  une  chronique 
comportant 100 opérations élémentaires !). L’utilisateur utilise les outils d’Excel (en particulier les 
tableaux  et  graphiques  croisés  dynamiques)  afin  d’en  extraire  la  série  d’indicateurs  qu’il  souhaite 
                                                            
11
 Voir Annexe 8 : Documentation utilisateur de l’outil 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 48 sur 109  
Ordonnancement et amélioration des chroniques de stockage 
suivre pour la chronique en question. Ce sont donc ces indicateurs qui constituent la sortie utilisable 
de cet outil. 
 
 
Fig. 40 : Synoptique de l’outil logiciel (1) 
 
Mettons que le critère à atteindre ici soit d’avoir une activité constante sur le site de stockage, avec 
pour indicateur suivi le flux de stockage avec pour valeur objectif 1,5 colis/jour. On voit donc que la 
chronique initiale ne permet pas d’atteindre cet objectif. Pour cela, l’outil est utilisé pour réaliser une 
étude paramétrique et/ou une analyse de sensibilité par itération afin d’obtenir le résultat souhaité : 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 49 sur 109  
Ordonnancement et amélioration des chroniques de stockage 
 
Fig. 41 : Synoptique de l’outil logiciel (2) 
 
Après un certain nombre d’itérations, l’indicateur obtient les valeurs conformes et la chronique est 
terminée : 
 
Fig. 42 : Synoptique de l’outil logiciel (3) 
 
L’ensemble de la méthodologie présentée ainsi que l’outil seront réutilisés à l’Andra par l’équipe qui 
prendra notre relève sur l’élaboration des chroniques de stockage. 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 50 sur 109  
Ordonnancement et amélioration des chroniques de stockage 
4. L’obtention puis l’organisation des données 
Obtention des données 
Pour réaliser les chroniques et cet outil d’aide à la décision, nous avons bien évidemment eu besoin 
de données sur les familles de colis et sur toutes les étapes de la chaine logistiques. Ces données 
peuvent être classées en quelques grandes catégories : 
• L’inventaire des déchets, leur conditionnement et leur emplacement initial 
• Les chroniques de production des déchets 
• Les données sur les entrepôts 
• Les données sur le transport 
• Les données sur les alvéoles de stockage 
 
Les récupérer n’a pas été chose facile. Il n’existait en effet à l’Andra aucune centralisation de ces 
données :  les  ingénieurs  chargés  de  l’inventaire  des  colis  possédaient  sur  leur  disque  dur  des 
données sur les colis, ceux chargés du transport leurs données sur les emballages, etc. En outre, il 
arrivait parfois que ces données ne recoupent pas. 
 
En  effet,  il  existe  différents  inventaires  des  déchets  à  l’Andra.  Il  existe  tout  d’abord  l’Inventaire 
National  (I.N.),  qui  est  public  et  dont  les  données  proviennent  directement  des  producteurs  de 
déchets. Cet inventaire ne traite que des déchets en production ou existant. A côté de cet inventaire, 
l’Andra  a  créé  son  propre  inventaire  de  travail  appelé  Modèle  d’Inventaire  de  Dimensionnement 
(M.I.D.). Celui‐ci existe en deux versions principales : une version dite standard faisant des pronostics 
sur la production futur des déchets radioactifs en prenant une durée de vie des centrales nucléaires 
de 40 ans, et un autre inventaire, dit de dimensionnement, qui lui considère une durée de vie de 60 
ans pour le parc nucléaire français. 
 
Or,  ces  inventaires  ne  se  recoupent  pas  systématiquement  en  termes  de  noms  de  déchets  et  de 
quantité. On peut ainsi compter pas moins de quatre façons différentes pour appeler une famille 
données : 
• Nom classique 
• Référence Inventaire National 
• Colis‐type MID 
• Famille de déchet 
 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 51 sur 109  
Ordonnaancement ett amélioratioon des chroniiques de stocckage 
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Jérémy D 2 sur 109  
Ordonnancement et amélioration des chroniques de stockage 
Organisation des données 
Ne  voulant  pas  reproduire  ce  morcellement  des  données  qui  nous  avait  tant  gênés  lors  de  la 
récupération des données, nous avons décidé de créer une base de données de type relationnelle 
pour avoir toutes nos données situées au même endroit et facile à mettre à jour12
. 
 
 
Fig. 44 : Schéma entités‐associations de notre base de données 
 
 
 
   
                                                            
12
 Nous avons profité des nombreuses réunions que nous avons eues avec les ingénieurs chargés d’organiser 
ces données pour leur exposer tous les avantages d’une centralisation des données. Nous espérons donc qu’ils 
réutiliseront cette base de données comme embryon pour un projet de centralisation globale de l’ensemble 
des données de l’Andra. 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 53 sur 109  
Ordonnancement et amélioration des chroniques de stockage 
5. Application : réalisation de deux chroniques pour la première tranche 
du stockage (2025/2040) 
 
Contexte 
Avant  notre  travail,  une  première  chronique  avait  déjà  été  réalisée  à  l’Andra.  Il  s’agissait  d’une 
chronique sur l’ensemble de la durée d’exploitation du stockage qui proposait un scénario stockant 
l’ensemble  des  déchets  actuels.  Cette  chronique  n’était  fondée  que  sur  un  seul  critère 
d’ordonnancement : l’ordre des mises à l’arrêt définitives des entrepôts. 
 
Dans cette chronique, les premiers déchets arrivant dans le site de stockage étaient les bitumes de 
Marcoule,  soit  l’équivalent  d’à  peu  près  60 000  fûts.  Il  faut  en  effet  savoir  que  ces  fûts  sont 
actuellement entreposés dans des casemates sur le site du CEA de Marcoule. Or, l’Autorité de sûreté 
considère que es casemates ne respectent plus les règles de sûreté en vigueur aujourd’hui et a donc 
demandé au CEA de les reprendre et de les reconditionner. 
 
Le CEA s’est alors exécuté et a déjà repris près de 7000 fûts, qui ont été reconditionnés dans un 
nouveau colis et placés dans un nouvel entrepôt ultramoderne : l’EIP. Pour le reste des colis, deux 
scénarios sont alors envisageables pour le CEA : 
• Continuer à désentreposer les fûts de bitume pour les mettre dans l’EIP  
• Stocker directement les fûts de bitume à l’ouverture du centre de stockage 
 
Nous avons étudié ces deux scénarios en termes de chroniques de stockage pour la première tranche 
du stockage (fixée dans le cadre de cette étude à une période allant de 2025 à 2040) vis‐à‐vis de 
critères différents. 
 
Chronique 1 : limiter la création de nouveaux entrepôts 
Nous sommes partis de la chronique produite par l’Andra afin de l’améliorer et d’étudier différents 
aspects absent de la chronique initiale tels que les besoins en emballage de transport par exemple. 
Dans le cadre de notre méthodologie, celle‐ci répond à différents critères et contraintes : 
• Contrainte : écarter les colis qui n’ont pas encore été produits à la première tranche 
• Critère  d’ordonnancement :  ordre  des  mises  à  l’arrêt  définitives  des  différents  entrepôts 
actuels 
• Critère logistique :  
o vider  les  casemates  de  Marcoule    le  plus  rapidement  possible  (c'est‐à‐dire 
commencer tout de suite avec une activité industrielle sur le site de stockage) 
o limiter le besoin en emballages de transport de type B 
 
 
 
 
 
 
 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 54 sur 109  
Ordonnancement et amélioration des chroniques de stockage 
Voici la chronique simplifiée à laquelle nous sommes arrivés : 
 
Famille  Lieu initial  Date initiale  Débit  Quantité transférée 
Bitumes de Marcoule (MAVL) 
Casemates Sud 
(Marcoule) 
2025  4244  46690 
Colis C0 PIVER (HA)  APM (Marcoule)  2029  180  180 
Colis C0 AVM (HA)  AVM (Marcoule)  2030  271  3250 
Colis CSD‐C (MAVL)  ECC (La Hague)  2030  655  18735 
Bitumes STE2 et STE3 (MAVL)  Bat S et ES (La Hague)  2035  2144  12862 
Bitumes de Marcoule (MAVL) 
Casemate 14 
(Marcoule) 
2038  1093  3280 
Fig. 45 : Scénario 1 (Chronique première tranche) 
 
Par rapport à la chronique initiale de l’Andra dont nous sommes partis, nous avons lissés les flux de 
stockage et les besoins en emballages de transport :  
 
0
1
2
3
4
5
6
2020 2030 2040
Nombre de colis stockés par jour
Années
Flux de stockage journalier
HA
MAVL
 
Fig. 46 : Flux de stockage journalier (scénario 1) 
 
Le flux de stockage atteint en effet très rapidement un flux journalier de 5 colis par jour, limite que 
nous nous étions fixée vis‐à‐vis des capacités de la descenderie. 
 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 55 sur 109  
Ordonnancement et amélioration des chroniques de stockage 
 
0
20
40
60
80
100
120
2020 2030 2040
Nombre d'emballages nécessaires par an
Années
Emballages de transport
Type B
Type IP2
 
Fig. 47 : Nombre d’emballages de transport (scénario 1) 
 
Pour les emballages de transport, il convient de bien séparer emballages de type B et emballage de 
type IP2 dans le graphique. En effet on peut voir qu’il y aura un fort besoin d’emballages de transport 
de  type  IP2,  or,  ces  emballages  sont  nettement  moins  cher  à  concevoir  et  acquérir  que  les 
emballages de type B. Pour ces derniers, la demande croît progressivement jusqu’à atteindre une 
valeur de 25 vers 2040, ce qui reste acceptable. 
 
Cette chronique répond donc bien aux contraintes et critères que nous lui avons fixés. Cependant, il 
faut aussi prendre en compte le risque que les bitumes ne soient pas stockables dès 2025, soit que 
les  installations  de  désentreposage  ne  soient  pas  au  point  d’ici  là,  soit  que  leur  emballage  de 
transport ne soit pas conçu ou agréé, soit parce que leur comportement (les bitumes gonflent et 
dégagent  du  H²  explosif)  ne  sera  pas  considéré  comme  suffisamment  connu  d’ici  l’ouverture  du 
stockage. 
 
 
Chronique 2 : réduire les risques sur la mise en route du stockage 
Afin d’explorer cette deuxième possibilité, nous avons créé une chronique dont le critère principal 
est de réduire les risques sur la mise en route du stockage. Dans le cadre de notre méthodologie, 
celle‐ci répond à différents critères et contraintes : 
• Contraintes : 
o écarter les colis qui n’ont pas encore été produits à la première tranche 
o écarter  les  colis  dont  le  comportement  risque  de  ne  pas  être  assez  caractérisé  à 
l’ouverture du stockage 
• Critères  d’ordonnancement :  ordre  de  mise  à  l’arrêt  définitive  des  entrepôts.  Cependant, 
dans cette chronique, les colis seront désentreposés avant la fin de vie de leur entrepôt et 
non plus à la date de mise à l’arrêt définitive de celui‐ci. 
• Critères logistiques : 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 56 sur 109  
Ordonnancement et amélioration des chroniques de stockage 
o Mise en route progressive du site de stockage (indicateur : flux de stockage croissant 
jusqu’à atteindre en environ 5 ans une valeur de 4 colis par jour pour les MAVL et de 
2 pour les HA) : cette mise en route progressive permettra de mettre résoudre plus 
facilement les éventuels problèmes au démarrage de l’installation. 
o Mise en route décalée d’au moins trois ans entre les colis MAVL et HA : les colis HA 
et  MAVL  utilisent  des  installations  très  différentes ;  décaler  leur  mise  en  route 
permettra de se concentrer sur un seul type de problème éventuel à la fois et non 
sur ceux de deux installations en même temps. 
 
Voici la chronique simplifiée à laquelle nous sommes arrivés :  
Famille  Lieu initial  Date initiale  Débit  Quantité transférée 
Colis CSD‐C (MAVL)  ECC (La Hague)  2025  progressif  25245 
Colis CBFC’‐2 (MAVL)  EDS (La Hague)  2031  960  9162 
Colis C1PG (MAVL)  ICEDA (Bugey)  2038  400  990 
Colis C0 PIVER (HA)  APM (Marcoule)  2029  180  180 
Colis C0 AVM (HA)  AVM (Marcoule)  2030  progressif  3250 
Colis CSD‐V (verres Umo) (HA) 
R7‐T7,EV‐SE (La 
Hague) 
2038  800  1000 
Fig. 48 : Scénario 2 (Chronique première tranche) 
 
Comme on peut le voir, les critères ont bien été respectés : 
 
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Ordonnancement et amélioration des chroniques de stockage 
0
0,5
1
1,5
2
2,5
3
3,5
4
4,5
2020 2030 2040
Nombre de colis stockés par jour
Années
Flux de stockage journalier
HA
MAVL
 
Fig. 49 : Flux de stockage journalier (scénario 1) 
 
Cette chronique présente donc comme avantage principal de réduire les risques lors de la mise en 
route du site de stockage. Elle présente cependant plusieurs inconvénients, en particulier pour les 
producteurs de déchets :  
• Le CEA doit construire de nouvelles tranches pour l’entrepôt EIP afin d’entreposer les fûts de 
bitume en provenance des casemates. 
• Cette chronique commence à vider des entrepôts qui sont encore très loin de leur fin de vie 
(ECC à la Hague a été construit au début des années 2000 et devront donc durer jusqu’en 
2050 au moins), ce qui empêcherait les producteurs de rentabiliser leur investissement dans 
ces entrepôts. 
 
Une comparaison délicate 
Nous l’avons vu, ces deux chroniques répondent chacune à des critères différents qui sont tous deux 
tout  aussi  valables,  et  présentent  donc  toutes  les  deux  un  certain  nombre  d’avantages  et 
d’inconvénients. 
 
Afin de pouvoir les comparer, il faudrait qu’on puisse les situer l’une par rapport à l’autre grâce à un 
paramètre commun. On pourrait penser au coût de ces deux chroniques afin de les comparer et de 
retenir la moins coûteuse dans une optique générale de minimisation des coûts. Cependant cela est 
impossible : nous n’avons pas toutes les informations nécessaires (impossible par exemple de chiffrer 
le  coût  du  transport  des  colis,  qui  est  le  cœur  de  métier  d’Areva  TN  et  qui  est  donc  bien  trop 
stratégique pour pouvoir être divulgué) et même si nous pouvions chiffrer toutes les phases de la 
chaine logistiques associée à chacune des chroniques, il nous serait impossible de mettre un coût sur 
le niveau de sûreté ou sur l’emprise gagnée dans un scénario par rapport à l’autre (cf étude sur les 
verres HA exothermiques). 
 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 58 sur 109  
Ordonnancement et amélioration des chroniques de stockage 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 59 sur 109  
Puisqu’il existe autant de chroniques que de critères possibles pour les déterminer et que chaque 
acteur  aura  ses  propres  critères  pour  déterminer  la  chronique  qui  lui  convient  le  mieux,  il  est 
intéressant de s’interroger sur le processus décisionnel dans cet environnement multi‐acteurs.  
 
E/ La décision en environnement multi­acteurs 
1. La nécessaire consolidation des données d’entrée 
Des incertitudes à lever 
Pour créer des scénarios d’entreposage et de stockage des déchets HA et MAVL et pour les analyser 
avec l’outil informatique que nous avons développé, nous avons eu besoin d’une grande quantité de 
données, associées à chacune des étapes de la future chaîne logistique de gestion des déchets. Nous 
avons obtenu ces données auprès des experts de l’Andra, mais il faut noter qu’à la rédaction de ce 
rapport, de nombreuses incertitudes pèsent encore sur la qualité et l’exhaustivité de ces données 
d’entrée. 
 
Par exemple, nous avons eu besoin d’associer à chaque type de déchets un emballage de transport 
blindé. En effet, le nombre de colis transportés par emballage entre dans le calcul du nombre de 
convois annuels, un des critères de comparaison des scénarios. De même, il est rapidement apparu 
essentiel de distinguer les transports faisant intervenir deux types d’emballages différents, dont les 
délais  et  les  coûts  de  conception,  d’agrément  et  de  fabrication  n’étaient  pas  du  même  ordre  de 
grandeur. 
 
Il nous a été communiqué des données consolidées pour le transport des déchets ayant déjà fait 
l’objet d’une expédition, notamment dans le cadre des retours aux clients étrangers de l’usine de La 
Hague. Quelques études de transportabilité nous sont également parvenues, ce qui nous a permis de 
progresser.  Cependant,  pour  la  grande  majorité  des  déchets  n’ayant  jamais  été  transportés,  les 
données sur le transport nous ont fait défaut. 
 
Côté stockage, un jeu complet de données nous a été transmis sur la mise en conteneur de stockage 
des colis primaires. Certains colis MAVL pourraient ainsi être regroupés par 4, 6, 8 ou 9 dans des 
grands  cubes  de  béton,  ce  qui  modifie  par  exemple  le  flux  de  stockage  journalier,  critère  de 
comparaison fondamental entre les scénarios. Cependant, les experts de l’Andra nous ont mis en 
garde  sur  le  caractère  provisoire  des  données  communiquées,  qui  seront  sans  doute  revues  et 
corrigées au fur et à mesure de l’avancement du projet. 
 
Nous  avons  envisagé  ces  incertitudes  de  conception  en  concevant  notre  outil  informatique  de  la 
manière la plus ouverte et la plus modulable possible. Ainsi, les ingénieurs qui reprendront notre 
outil pourront modifier les données d’entrée pour rafraîchir les premiers scénarios que nous avons 
dessinés.  Cependant,  il  nous  paraissait  important  d’attirer  l’attention  sur  ces  incertitudes  pour 
considérer les résultats quantitatifs avec précaution. 
 
L’agrément des premiers colis à stocker 
Les producteurs de déchets radioactifs sont responsables des études sur le comportement des colis, 
car  ce  sont  eux  qui  en  assurent  actuellement  la  gestion  au  sein  de  leurs  installations  de 
conditionnement et d’entreposage. Ils réalisent notamment des prélèvements permettant de décrire 
avec  précision  le  contenu  radiologique  de  chaque  colis  de  déchets.  Les  études  effectuées  par  les 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 60 sur 109 
La décision en environnement multi‐acteurs 
producteurs sont synthétisées dans des dossiers de connaissance qui sont transmis à l’Andra pour 
caractériser les 106 familles de déchets HA et MAVL destinées au stockage réversible profond. 
 
De son côté, l’Andra établit des spécifications d’acceptation en stockage qui précisent pour chaque 
type  de  colis  les  intervalles  de  tolérance  associés  à  tous  les  paramètres  physiques  à  prendre  en 
compte pour le stockage : poids, contamination, activité, stabilité chimique, gonflement, production 
de gaz, etc. Les spécifications d’acceptation définitives ne pourront être validées par l’ASN qu’après 
le  décret  d’autorisation  du  stockage,  mais  des  projets  de  spécifications  ont  déjà  été  publiés  par 
l’Andra.  
 
Lorsque la mise en service du stockage aura été décidée, l’Andra sera en mesure de délivrer des 
agréments qui autorisent le stockage des déchets, famille par famille. Le processus d’agrément vise à 
contrôler  que  chaque  colis  de  déchets  respecte  l’ensemble  des  spécifications  d’acceptation  en 
stockage. L’agrément des colis n’est pas une donnée d’entrée en tant que telle pour l’élaboration des 
chroniques  de  stockage.  Cependant,  pour  établir  les  premières  chroniques,  il  est  nécessaire  de 
connaître la liste des colis qui pourront être stockés en premier.  
 
La  plupart  des  colis  de  déchets  sont  conditionnés  sous  une  forme  qui  satisfait  complètement  les 
projets  de  spécifications  d’acceptation.  Toutefois,  certains  déchets  doivent  faire  l’objet  d’une 
évolution de leur conditionnement pour pouvoir être acceptés en stockage. C’est le cas par exemple 
des  déchets  entreposés  en  vrac  ou  des  boues  entreposées  en  silos.  La  définition  du  meilleur 
conditionnement possible en vue du stockage nécessite une collaboration active entre l’Andra et les 
producteurs. 
 
2. L’élaboration collective des chroniques d’entreposage et de stockage 
Une concertation qui doit s’accélérer 
Dans le cadre des échanges entre l’Andra et les producteurs de déchets radioactifs, des groupes de 
travail  ont  été  constitués  pour  assurer  une  collaboration  aussi  bien  dans  un  cadre  bilatéral  que 
multilatéral.  Ainsi,  depuis  plus  de  deux  ans,  un  groupe  de  travail  associe  l’Andra  et  le  CEA  sur  le 
devenir des déchets radioactifs du site de Marcoule. 
 
Un autre groupe de travail réunit l’Andra, le CEA, EDF et Areva sur des questions liées aux colis de 
déchets.  Jusqu’ici,  les  échanges  ont  principalement  portés  sur  le  Modèle  d’Inventaire  de 
Dimensionnement élaboré par l’Andra pour recenser l’ensemble des déchets destinés au stockage 
réversible  profond.  Les  nouveaux  projets  de  conditionnement  des  déchets  y  ont  également  été 
présentés par les producteurs, dans un souci de cohérence avec les spécifications d’acceptation en 
stockage éditées par l’Andra.  
 
L’élaboration des chroniques d’entreposage et de stockage est une des tâches assignées à ce groupe 
de travail multi‐institutionnel. Cependant, même si des études individuelles ont été réalisées par les 
parties prenantes, en dehors de ce cadre collaboratif, nous pensons que ce sujet doit encore être 
approfondi. 
 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 61 sur 109  
La décisiion en enviroonnement mmulti‐acteurs
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Jérémy D Page 622 sur 109  
La décision en environnement multi‐acteurs 
 
Cependant, une échéance plus précoce nous a été communiquée à l’Andra ; il s’agit du début de 
l’avant  projet.  L’avant  projet  couvrira  l’ensemble  des  études  d’ingénierie  nécessaires  à  la 
construction de la première tranche du stockage, s’étalant vraisemblablement de 2025 à 2040. Pour 
définir  les  installations  de  surface  (réception,  contrôle,  et  conditionnement  des  colis),  les 
équipements de manutention et de transfert ainsi que les infrastructures souterraines (galeries et 
premières  alvéoles  de  stockage)  qui  devront  être  conçus  pour  la  mise  en  service  initiale  du  futur 
centre, on comprend que les premières chroniques de stockage constituent une donnée d’entrée 
indispensable. 
 
Etant  donné  que  l’avant  projet  doit  débuter  au  cours  de  l’année  2011  et  que  les  producteurs 
proposeront leurs propres chroniques d’ici la fin de l’année 2010, cela fixe une idée du délai accordé 
à la concertation sur les premières chroniques : 1 an ! Celui‐ci paraît court, sachant que les groupes 
de travail se réunissent en moyenne une fois tous les deux mois. Que se passerait‐il si les différentes 
parties prenantes n’étaient pas capables de trouver un consensus en l’espace d’une demi‐douzaine 
de réunions ? La question mérite d’être posée, surtout en considérant l’importance des enjeux liés 
aux scénarios de gestion des déchets. 
 
3. Un processus décisionnel encore incertain 
Les risques inhérents à un retard 
Comme nous l’avons montré, les chroniques d’entreposage et de stockage sont un élément‐clef de la 
gestion des déchets de haute et de moyenne activité à vie longue. Elles sont requises à la fois pour 
optimiser  les  opérations  d’entreposage,  de  conditionnement  et  de  transport  réalisées  par  les 
producteurs  et  pour  optimiser  la  conception  du  stockage  réversible  profond  assurée  par  l’Andra, 
dans le cadre d’une véritable logique de chaîne logistique. Quelles seraient les conséquences d’un 
retard dans l’élaboration des premières chroniques ?  
 
Selon nous, un retard dans la disponibilité des premières chroniques pourrait avoir des conséquences 
directes sur le planning du projet HA‐MAVL, en commençant par retarder la mise en route de l’avant 
projet. Si la concertation sur l’élaboration des premières chroniques prenait seulement une à deux 
années de retard, certaines données de conception pourraient même ne pas être consolidées pour la 
remise du dossier technique appuyant la demande d’autorisation de création, prévue fin 2014. Le 
respect des échéances légales pourrait donc être remis en question. 
 
D’autre part, un retard pourrait également induire des dérives de coût et d’optimum technique. En 
effet,  plus  les  premières  chroniques  de  stockage  seront  disponibles  tardivement,  et  moins  les 
opérations menées par les producteurs seront optimisées en vue du stockage. Tant que le choix des 
premiers colis à stocker ne sera pas définitif, les opérations de reprise et de conditionnement des 
déchets anciens continueront au détriment d’une stratégie prévoyant une expédition directe vers le 
stockage  réversible  profond.  N’ayant  pas  la  certitude  de  pouvoir  stocker  ses  déchets  anciens  dès 
2025, le CEA pourrait ainsi être amené à continuer de les entreposer dans de nouvelles installations 
très coûteuses. 
 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 63 sur 109  
La décision en environnement multi‐acteurs 
De même, un revirement tardif dans l’élaboration des premières chroniques de stockage pourrait 
avoir des conséquences techniques indésirables. On sait par exemple que les alvéoles de stockage 
MAVL seront construites et équipées en fonction du type de colis qu’elles accueilleront. Certaines 
alvéoles  seront  ainsi  dédiées  au  stockage  des  fûts  de  bitumes  tandis  que  d’autres  seront 
dimensionnées  et  construites  pour  recevoir  des  colis  de  déchets  compactés.  Il  serait  regrettable 
d’avoir fait creuser et équiper à 500 mètres sous terre une alvéole MAVL de 20 000 m3
 avant de 
décider le report du stockage à la décennie suivante des colis qu’elle était sensée accueillir.  
 
Sur un autre registre, un retard dans la concertation sur les premières chroniques pourrait porter 
atteinte à l’image du projet. En effet, le prochain jalon officiel de l’Andra a été fixé à fin 2012 pour 
préparer le débat public dont la loi prévoit la tenue au cours de l’année 2013. Si les chroniques de 
stockage ne sont pas figées à cette échéance, cela pourrait mettre l’Andra en porte‐à‐faux vis‐à‐vis 
du  public.  Comment  les  porteurs  du  projet  pourraient‐ils  démontrer  la  nécessité  de  créer  un 
stockage  réversible  profond  dès  2025  s’ils  ne  sont  pas  en  mesure  d’en  préciser  le  besoin à  court 
terme ? 
 
Deux mécanismes décisionnels 
Pour pallier les risques de dérives liés à un éventuel retard dans la concertation sur les premiers colis 
à stocker, nous entrevoyons deux mécanismes qui permettraient d’aboutir rapidement : l’arbitrage 
et l’urgence.  
 
L’arbitrage permettrait de trancher les divergences de point de vue entre les parties prenantes et de 
retenir  une  solution  parmi  l’ensemble  des  possibles.  Cependant,  la  procédure  d’élaboration 
collective  des  chroniques  présentée  dans  le  Plan  National  de  Gestion  des  Matières  et  Déchets 
Radioactifs n’a pas encore identifié un arbitre. 
 
Pour pouvoir imposer sa décision à tous les acteurs, l’arbitre doit être issu d’une institution dont la 
légitimité est manifeste. On pourrait penser à l’Autorité de sûreté, mais son pouvoir ne couvre pas 
les champs économiques et sociopolitiques du projet. D’autre part, l’ASN ne saurait se substituer aux 
exploitants dans la formulation des choix technico‐économiques. Son rôle est de contrôler, pas de 
décider. 
 
C’est généralement à l’Etat qu’il revient d’arbitrer ce genre de question, et particulièrement dans le 
secteur  nucléaire.  On  se  rappelle  que  le  projet  de  stockage  réversible  profond  est  avant  tout 
l’expression d’une politique publique, affirmée à travers deux lois de programmes et qui fait l’objet 
d’un suivi continu par le parlement et par l’exécutif. A titre d’exemple, le coût du stockage réversible 
profond est un sujet qui fait l’objet d’un arbitrage de l’Etat. C’est en effet le ministre de l’énergie qui 
est chargé d’en arrêter l’évaluation, sur la base d’une estimation de l’Andra, et après avoir recueilli 
les observations des producteurs et l’avis de l’ASN14
. 
 
Dans le cas de l’élaboration des premières chroniques, un « accélérateur » décisionnel permettrait 
d’éviter un arbitrage qui n’apporterait pas nécessairement une solution satisfaisante pour toutes les 
parties prenantes. Il s’agit de l’urgence, une idée qui peut évoquer de prime abord l’imprévoyance et 
                                                            
14
 Voir Annexe 4 : Code de l’Environnement 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 64 sur 109  
La décision en environnement multi‐acteurs 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 65 sur 109  
une  mauvaise  organisation,  mais  qui  reste  un  ingrédient  inévitable  de  toute  prise  de  décision, 
comme l’a montré Claude Riveline en 1991 dans son article De l’urgence en gestion. 
 
Comme nous l’avons vu, il existe des dizaines de critères qui permettent de juger et de comparer les 
différents  scénarios  qui  peuvent  émerger  quant  au  choix  des  premiers  colis  HA‐MAVL  à  stocker. 
Outre  le  fait  que  les  parties  prenantes  n’accordent  pas  nécessairement  la  même  importance  à 
chacun de ces critères, il faut souligner une nouvelle fois la difficulté de rapporter sur un même plan 
des enjeux techniques, politiques, de sûreté et économiques. Pour les seuls critères économiques, de 
nombreuses  incertitudes sur les données d’entrée empêchent  de surcroît de pouvoir les ramener 
sans ambiguïté à un coût dont l’évaluation fasse l’unanimité. 
 
A partir de là, ce sont justement les échéances fixées par l’Etat qui pourraient permettre de limiter 
les discussions. Dans un contexte où tous les acteurs ressentiraient de la même façon la proximité 
des  échéances  et  auraient  anticipé  les  risques  inhérents  à  un  retard  dans  la  prise  de  décision, 
l’urgence permettrait de simplifier le problème en réduisant le nombre de critères pris en compte 
par  chacun.  L’urgence  permettrait  donc  d’atteindre  dans  un  temps  limité  une  solution  acceptée 
collectivement. Dans cet esprit, le dernier objectif de ce rapport est donc d’attirer l’attention des 
parties prenantes sur l’urgente nécessité d’organiser une concertation multilatérale pour parvenir en 
moins d’un an à un consensus sur les premières chroniques de stockage des déchets de haute et de 
moyenne activité à vie longue. 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Conclusion 
 
Pour répondre à la problématique posée par le sujet de ce travail d’option, nous avons récupéré de 
nombreuses  données techniques auprès des ingénieurs de l’Agence  nationale pour la gestion des 
déchets radioactifs. Nous avons agrégé ces données au sein d’une base de données, qui a servi de 
support à l’outil informatique de simulation et d’analyse des flux de colis que nous avons développé 
pour  cette  occasion.  Cet  outil  nous  a  permis  d’élaborer  plusieurs  scénarios  d’entreposage  et  de 
stockage des colis de déchets de haute et de moyenne activité à vie longue dans le cadre du projet 
de stockage réversible profond étudié par l’Andra. 
 
Pour  avoir  une  vision  d’ensemble  de  l’environnement  multi‐institutionnel  dans  lequel  s’inscrit  ce 
projet à forts enjeux, nous avons rencontré des décideurs issus de chacune des parties prenantes au 
CEA,  chez  EDF,  chez  Areva  et  à  l’Autorité  de  sûreté  nucléaire.  Cela  nous  a  permis  de  mieux 
appréhender  les  dimensions  techniques,  économiques,  de  sûreté  et  politiques  qui  font  des 
chroniques d’entreposage et de stockage un sujet éminemment multicritères.  
 
Pour conclure cette étude, nous souhaiterions revenir sur les échelles de temps associées au projet 
de stockage réversible profond. On sait que les déchets à vie longue restent nocifs pour l’homme et 
son environnement durant près d’un million d’années. L’Andra doit donc apporter la preuve de la 
sûreté du stockage sur cette échelle de temps géologique. Une telle démonstration est totalement 
inédite pour un objet technologique. 
 
D’autre part, les scénarios que nous avons étudiés ont montré la nécessité d’exploiter le stockage 
réversible  profond  sur  une  durée  au  moins  séculaire  pour  respecter  les  contraintes  thermiques 
associées au stockage des déchets les plus chauds. Il est même possible que cette durée dépasse le 
siècle et demi si on souhaite optimiser le stockage des colis de déchets vitrifiés de haute activité. Là 
encore, il s’agit d’une durée d’exploitation exceptionnellement longue pour un projet industriel.  
 
Toutefois, les décisions associées au stockage des premiers colis doivent être prises dans des délais 
beaucoup plus serrés. On a vu en effet que les scénarios d’entreposage et de stockage conditionnent 
la conception de l’ensemble de la chaîne logistique de gestion des déchets, site de stockage inclus. 
Tenant compte des délais liés à l’ingénierie, le respect des échéances fixées par la loi nécessite de 
figer l’inventaire des premiers colis à stocker d’ici un à deux ans. Au fil de nos rencontres, nous avons 
pu constater que certains acteurs ne percevaient pas l’urgence d’une prise de décision concertée à 
ce sujet. 
 
Convaincus que la prise en compte de l’urgence pouvait accélérer la concertation entre les acteurs et 
aboutir à une décision dans les délais impartis, nous nous sommes donc efforcés de faire passer ce 
message lors de notre soutenance publique à l’école des Mines de Paris, et nous l’avons rappelé à 
l’occasion de notre audition du 01/07/2010 à l’Assemblée Nationale par le député Claude Birraux, 
président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques.  
 
 
 
 
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Annexes 
 
Annexes 
Annexe 1 : Intitulé du travail d’option 
Proposition de sujet de 3ème
année
de l’option Gestion Scientifique de Mines ParisTech
Analyse de la gestion opérationnelle
de colis de déchets radioactifs
depuis leur production jusqu’à leur stockage
L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) est chargée de concevoir et
d’exploiter les centres de stockage de déchets radioactifs. Deux centres sont actuellement en phase
d’exploitation pour les déchets de très faible activité (TFA) d’une part et pour les déchets de faible et
de moyenne activité à vie courte (FMA-VC) d’autre part. Pour les déchets comportant une forte
proportion de radionucléides à vie longue ou une activité très élevée, deux autres centres sont en
cours de conception. Un stockage est étudié à faible profondeur pour accueillir les colis de déchets de
faible activité à vie longue (FAVL) et un stockage en couche géologique profonde pour les déchets de
moyenne activité à vie longue ainsi que les déchets de haute activité (HA-MAVL). Les déchets FAVL
proviennent du secteur électronucléaire, du secteur chimique et de l’assainissement de sites pollués.
Les déchets HA-MAVL proviennent en grande partie du secteur électronucléaire, ainsi que d’activités de
recherche.
La majorité des colis de déchets HA-MAVL qui seront disponibles pour être expédiés vers le
stockage en formation géologique profonde lors de sa mise en exploitation est déjà fabriquée et une
partie des colis de déchets FAVL l’est également. Les producteurs de déchets disposent d’ores et déjà
d’ateliers de conditionnement, d’installations d’entreposage intermédiaire et, pour certains colis, de
moyens de transport. Les filières de gestion sont ainsi en partie construites ; elles devront néanmoins
évoluer avec la jouvence des équipements, avec l’évolution de la production et des modes de
conditionnement des déchets et, surtout, avec la mise en exploitation progressive des centres de
stockage FAVL et HA-MAVL. Un objectif des prochaines années est d’optimiser l’ensemble de la chaîne
conditionnement-agrément-contrôles-entreposage-transports-stockage, en utilisant au mieux les
équipements disponibles et en adaptant la conception des maillons manquants, notamment les centres
de stockage à l’étude. Cette optimisation porte à la fois sur les aspects de coût, de sûreté nucléaire,
d’impact environnemental et socio-économique. Elle prend en compte les processus décisionnels, liés
notamment à la multiplicité des acteurs et à la réversibilité du stockage géologique profond imposée
par la Loi. Outre les aspects logistiques (transports entre sites, organisation du conditionnement, de
l’entreposage et des contrôles sur les différents sites…) elle est contrainte par des paramètres
techniques tels que la diversité, l’état et la décroissance radioactive des déchets, les possibilités de tri,
de traitement et de conditionnement, les possibilités opérationnelles de construction et d’exploitation
de capacités de stockage, la durabilité des installations existantes et à créer.
L’Andra doit donc se doter de méthodes d’analyse et d’optimisation de la chaîne de gestion
des déchets, et les appliquer aux filières FAVL et HA-MAVL. Ces applications feront l’objet d’échanges
itératifs avec les autres acteurs et parties prenantes (producteurs de déchets, Autorité de sûreté
nucléaire…), à la fois pour collecter l’ensemble des données nécessaires et pour partager et valider les
choix de gestion. Il est à noter qu’avec la mise en exploitation de nouveaux stockages, le rattachement
de certains déchets à l’une ou l’autre des filières FAVL et HA-MAVL (voire à la filière FMA-VC) peut
évoluer dans le temps.
L’Andra a effectué des premiers travaux dans ce sens pour recenser les besoins en
entreposage et identifier des priorités temporelles en matière de stockage : un ordonnancement
prévisionnel de la prise en charge des différents types de colis produits et à produire demande à être
établi sur la durée d’exploitation de chaque centre de stockage pour le dimensionner (cette durée est
séculaire pour le stockage géologique profond). Cependant ces travaux doivent être approfondis, ils ne
reposent pas à ce stade sur une méthode d’optimisation globale et formalisée, ils ne couvrent pas
nécessairement tous les paramètres.
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Annexes 
Le sujet d’étude proposé consiste à analyser dans son ensemble la problématique, à proposer
des méthodes de modélisation et d’analyse des scénarios possibles de gestion des déchets et colis de
déchets, et à en tester l’application sur des cas concrets.
L’analyse de la problématique visera à identifier et caractériser les paramètres, contraintes et
critères à prendre en compte pour la réalisation d’un modèle. Elle s’effectuera en liaison avec les
ingénieurs et cadres de l’Andra intervenant sur les différents maillons de la gestion des déchets, sur le
projet HA-MAVL. Ils apporteront les connaissances et données techniques nécessaires à l’étude. Si
nécessaire, des visites pourront être effectuées auprès d’autres acteurs que l’Andra.
Les méthodes à rechercher permettront d’identifier, de décrire et de comparer les différents
scénarios possibles de gestion des colis de déchets, chaque scénario se caractérisant par un
ordonnancement, une organisation et une localisation des divers éléments de la filière pour chaque
type de colis de déchets. Elles consolideront les données relatives à chaque élément de la filière
(essentiellement les transports, l’entreposage et le stockage).
Cela se traduira par la réalisation d’un outil de simulation au format Excelrendant compte des
diverses variables : production de déchets et de colis, âge des colis et des installations, nombre et flux
de colis et capacités d’entreposage, évolution des caractéristiques des colis avec le temps (puissance
thermique par exemple)… Cet outil permettra en outre l’analyse des chroniques à l’aide d’indicateurs
propres à chaque critère retenu lors de l’analyse de la problématique.
Cet outil sera ensuite appliqué à des cas représentatifs qui seront choisis dans le cadre de
l’étude. Ces applications devraient permettre de dégager des scénarios satisfaisant au mieux les
critères indiqués plus haut, et d’établir des chroniques d’entreposage et de désentreposage (sur les
sites de production et de conditionnement et sur le site de stockage), de transport entre les sites, et
d’exploitation des alvéoles de stockage.
Le travail méthodologique et son application concrète seront effectués en lien étroit avec les
ingénieurs de l’Andra ayant à développer une vision d’ensemble des filières de gestion des déchets.
   
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Annexes 
Annexe 2 : Document de synthèse des critères et des flux 
 
Objet 
 
Dans  le  cadre  de  notre  stage  ayant  pour  objet  l'élaboration  d’un  outil  d’analyse  des  scénarios 
possibles de gestion des déchets HA et MAVL, nous avons organisé au cours du mois de janvier 2010 
des  réunions  avec  les  cadres  de  l’Andra  pour  débattre  des  enjeux  associés  à  chaque  étape  de  la 
future chaine logistique allant des installations d’entreposage chez les producteurs jusqu’à l’alvéole 
de stockage en couche géologique profonde. 
 
L’objet de cette réunion était de valider avec l’équipe nous encadrant les critères identifiés lors de 
ces réunions préparatoires. Les indicateurs seront intégrés au modèle global, ainsi que les relations 
mathématiques et les contraintes associées.  
 
Critères retenus 
 
Gestion du parc d’entrepôts 
 
E1 : minimiser l’investissement dans de nouveaux entrepôts 
 
Indicateur 1 (courbe) : Nombre annuel de colis à entreposer dans de nouveaux entrepôts 
Indicateur 2 (valeur) : Intégrale de la courbe précédente 
 
Indicateur 3 (courbe) : Volume annuel de colis à entreposer dans de nouveaux entrepôts 
Indicateur 4 (valeur) : Intégrale de la courbe précédente 
 
Leviers : ‐ privilégier le stockage en ligne 
    ‐ stocker les colis des entrepôts parvenus en Mise à l’Arrêt Definitive (MAD) 
    ‐ tirer parti des volumes disponibles dans les entrepôts existants (jeux de taquins) 
 
E2 : optimiser l’utilisation des entrepôts 
 
Indicateur (valeur) par entrepôt :  
é  ô é     ô     é  
 ℎ ℎ é           ℎ      à       
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Annexes 
t MAD 
Capacité max 
Volume colis entreposé
 
Leviers : ‐ désentreposer le plus tardivement (et donc le plus rapidement) possible 
 
Remarque :  Les  flux  de  désentreposage  seront  de  la  forme :  ax bx²  pour  prendre  en  compte 
différents  scénarios  de  désentreposage  (notamment  le  partage  des  infrastructures  avec  d’autres 
activités, comme l’envoi de colis de La Hague à l’étranger). 
 
E3 : minimiser le terme source mobilisable des entrepôts existants 
 
Indicateur 1 ( e) : TS c mu mes decourb M  u lé des volu  colis par an 
é     é  
é  (aire sous la courbe précédente) 
Indicateur 2 (valeur) :  
 
Leviers : ‐ favoriser le stockage au plus tôt des colis présentant le TSM le plus important 
      ‐ vider (vers le stockage) en premier les entrepôts présentant le TSM le plus important 
 
Remarques :  ‐  Le  Terme  Source  Mobilisable  (TSM)  est  un  indicateur  de  sûreté  défini  par  les 
producteurs  pour  un  déchet  donné  (activité  et  radio‐toxicité)  dans  un  conditionnement  donné 
(matrice de confinement) et pour un entreposage donné (performance de l’entrepôt). 
        ‐ D’autres leviers sont d’ores‐et‐déjà utilisés pour réduire le TSM. On retiendra surtout le 
reconditionnement des colis, associé ou non à leur reprise dans d’autres entrepôts. 
          ‐ Pour être exploitable, un tel indicateur doit être exprimé dans une unité permettant la 
comparaison des familles de colis entre elles et des entrepôts entre eux. Le respect de cette exigence 
est à vérifier au plus tôt. 
                  ‐ En outre, cet indicateur nécessite évidemment de se procurer les données pour chaque 
famille de colis dans un état d’entreposage donné.  
 
Ces  deux  dernières  remarques  doivent  être  approfondies  avec  Marie‐Hélène  Lagrange,  en 
coopération avec les producteurs, qui sont à la source de cet indicateur. 
 
E4 : Reguler flux de des‐entreposage par entrepôt 
 
Indicateur 1 (courbe) par entrepôt : flux de désentreposage par entrepôt 
Indicateur 2 (courbe) par entrepôt: dérivée de la courbe précédente 
Indicateur 3 (courbe) par entrepôt doté de capacités de désentreposage :  
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Annexes 
max é   é    
 
Levier :  ‐  augmenter  la  capacité  opérationnelle  des  infrastructures  de  désentreposage  existantes 
(nécessite toutefois des investissements) 
 
Remarque : Dans une volonté d’optimiser le dimensionnement et l’utilisation des installations, il est 
nécessaire d’avoir un flux le plus homogène possible sur des durées caractéristiques de l’utilisation 
normale d’une installation industrielle. 
 
Transport des colis (primaires et de stockage) 
 
T1 : minimiser le nombre de transports 
 
Indicateur 1 (courbe) :  
   
   
       
 
Indicateur 2 (valeur) : intégrale de la courbe précédente 
 
Levier : Nombre de sites d’entreposage successifs pour chaque famille de colis. 
 
Remarques : ‐ Les Indicateurs sont à déterminer pour les emballages de type B, de type IP2 et les 
deux confondus. 
          ‐ Le flux de transport doit aussi inclure les transferts entre deux entrepôts producteurs. 
 
T2 : minimiser le nombre d’emballages a acquerir 
 
Indicateur 1 (valeur) : nombre total d’emballages de type B à acquérir 
 
Indicateur 2 (valeur) : nombre total d’emballages de type IP2 à acquérir 
 
Remarques : ‐ Le nombre d’emballages à acquérir est une optimisation des ressources par rapport au 
besoin pour chaque famille de colis, en tenant compte de la durée de vie moyenne des emballages et 
de leur taux de rotation annuel moyen. 
         ‐ Il semble plus dimensionnant d’étudier les besoins en emballages de type B qui sont 
plus  coûteux  et  plus  longs  à  développer  (10  ans  typiquement),  mais  il  peut‐être  utile  de  suivre 
également le besoin en emballages IP2. 
 
Gestion du centre de stockage 
 
S1 : Minimiser l’emprise du stockage 
 
Indicateur 1 (courbe) : Puissance thermique résiduelle des colis HA à stocker (par an) 
 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 73 sur 109  
Annexes 
  é   ,      à    ,
 
 
Où :  
• Puissance résiduelle (f, n) est la puissance résiduelle moyenne de la famille f l’année n. 
• Flux de colis à stocker (f, t) est le nombre de colis de la famille f à stocker l’année t. 
 
Indicateur 2 (valeur) : Intégrale de la courbe précédente 
 
Leviers : ‐ décroissance thermique HA 
 
S2 : reguler les activites de creusement des alveoles 
 
Indicateur 1 (courbe) : Volume de colis à stocker par an, moyenne glissante sur 5 ans (HA et MAVL) 
     à    ,      
 
Où :  
• Flux de colis à stocker (f, n) est le nombre de colis de la famille f à stocker l’année n. 
• Volume unitaire (f) est le volume unitaire du colis de stockage de la famille f. 
 
Indicateur 2 (courbe) : Nombre d’alvéoles à ouvrir par an pour chaque filière (HA et MAVL) 
 
Leviers : ‐ flux de stockage par famille 
 
Remarques : ‐ Le co‐stockage n’est pas un levier, c’est plutôt une contrainte qui se traduit par la 
nécessité de stocker en même temps des colis qui peuvent provenir d’entrepôts différents. Rappel : 
les incompatibilités de co‐stockage doivent être paramétrées dans l’outil final, elles ne sont toujours 
pas figées.  
        ‐ L’indicateur 2 dépend du remplissage des alvéoles MAVL dans le cadre du co‐stockage. 
Il est donc plus fin, mais ne sera peut‐être pas facilement accessible. 
 
S3 : minimiser la variété de types d’alveoles a gerer simultanement 
 
Indicateur (courbe) : Nombre de types d’alvéoles différentes à gérer par an 
 
S4 : reguler le flux de Conditionnement sur le site de stockage 
 
Indicateur (courbe) : Flux de colis à conditionner en colis de stockage par an sur le site de stockage.  
 
Levier : entreposage primaire sur le site de stockage 
 
Remarque :  La  forme  désirée  pour  le  flux  de  colis  à  gérer  sur  le  centre  de  stockage  n’est  pas 
forcément une constante. Il est possible d’envisager des paliers sur des périodes assez longues (10 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 74 sur 109  
Annexes 
ans). Cependant, un flux croissant sur toute la période serait préférable (mieux vaut ajouter une ligne 
de conditionnement qu’en abandonner une). 
S5 : minimiser la maintenance des equipements des alveoles 
 
Indicateur (valeur) : Du ulrée cum ée d’exploitation des alvéoles 
       à    ,
     à    ,
é
 
Où :  
• Nombre total de colis à stocker (f,a) est le nombre de colis de la famille f à stocker durant 
toute la période dans l’alvéole a. 
• Flux  de  colis  à  stocker  (f,a)  est  le  nombre  de  colis  de  la  famille  f  à  stocker  par  an  dans 
l’alvéole a (hypothèse du flux linéaire). 
 
S6 : Reguler le flux de stockage 
 
Indicateur (courbe) : Nombre liaisons moyen de   jour‐fond quotidiennes  
∑      à    ,  
      é
 
Où :  
• Flux de colis à stocker (f, n) est le nombre de colis de la famille f à stocker l’année n. 
 
Annexe : modèle de flux envisagé 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 75 sur 109  
Annexes 
Annexe 3 : Données d’entrée pour les scénarios de gestion des CSD­V 
 
• Conteneur Standard de Déchets Vitrifiés (CSD‐V) 
 
Les  solutions  de  produits  de  fission  et  d’actinides  mineurs  issues  du  traitement  des  combustibles 
usés  des  58  Réacteurs  à  Eau  Pressurisée  d’EDF  sont  conditionnées  depuis  1989  à  La  Hague  sous 
forme  de  verre  dans  un  Conteneur  Standard  de  Déchets  Vitrifiés  (CSD‐V).  Le  conteneur  en  acier 
inoxydable, de volume 175 litres, présente une épaisseur de 5 mm. La masse du déchet vitrifié est 
d’environ 400 kg. 
 
 
Conteneur Standard de Déchets Vitrifiés (Areva) 
 
Les  colis  CSD‐V  contiennent  donc  des  déchets  de  haute  activité  à  vie  longue,  dont  le  débit 
d’équivalent de dose β‐γ au pseudo‐contact (5 cm) sera d’environ 230 Sv (Sievert) par heure après 60 
ans d’entreposage. A titre de comparaison, le niveau moyen d’exposition à la radioactivité naturelle 
est de 0,3 μSv par heure, et la mort est pratiquement certaine au‐delà d’une dose de 10 Sv reçue sur 
une très courte période. Le Guide de sûreté relatif au stockage définitif des déchets radioactifs en 
formation géologique profonde rédigé par l’Autorité de Sûreté Nucléaire fixe à 0,25 mSv par an la 
dose individuelle maximale induite par la présence du stockage. 
 
 
Décroissance radioactive du colis CSD‐V    Décroissance thermique du colis CSD‐V 
 
Le  strontium  90  et  le  césium  137  sont  à  l’origine  d’un  fort  dégagement  thermique,  qui  décroît 
progressivement  dans  le  temps.  A  sa  production,  la  puissance  thermique  du  colis  CSD‐V  est 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 76 sur 109  
Annexes 
supérieure à 2000 W, ce qui est incompatible avec les critères de température du stockage. La durée 
minimum d’entreposage préalable a été fixée à 60 ans dans le Dossier 2009. 
 
• Production des CSD‐V 
 
Le Modèle d’Inventaire de Dimensionnement (MID) de l’Andra fournit les informations utiles sur la 
production achevée et à venir des colis CSD‐V. Au sein des CSD‐V, la version 2009 du MID distingue 
quatre  principaux  « colis‐types »  CSD‐V  produits  à  La  Hague,  correspondant  aux  campagnes  de 
production  successives  des  usines  de  traitement  de  La  Hague.  Le  MID  établit  une  prévision  de 
production prudente, intégrant des marges par rapport aux déclarations des producteurs de déchets. 
A terminaison, ce sont près de 41 000 CSD‐V qui seront à gérer. 
 
« Colis‐types » 
du MID 
Typologie 
Période de 
production 
Nombre de 
colis par an 
C1  Combustibles usés à l’uranium enrichi (UOX)  1989‐2006  429 
C5  Combustibles usés évolués (UOX)  2007‐2025  783 
C6  Combustibles usés recyclés (MOX)  2026‐2043  940 
C8  Combustibles usés Superphénix  2044‐2055  95 
 
• Entreposage actuel des CSD‐V 
 
 
E‐EV‐SE : Entreposage des colis CSD‐V en puits verticaux (Areva) 
 
Les colis CSD‐V sont actuellement entreposés à La Hague dans deux entrepôts attenants aux ateliers 
de vitrification R7 et T7, et dans l’ « Extension des Entreposages des Verres Sud‐Est » (E‐EV‐SE). Ces 
entrepôts ont été conçus pour une durée d’exploitation de 50 ans, qui pourra éventuellement être 
prolongée,  sous  réserve  de  l’autorisation  de  l’ASN.  Compte‐tenu  des  prévisions  de  production,  la 
saturation  de  ces  entrepôts  pourrait  intervenir  en  2012.  Pour  y  pallier,  deux  nouveaux  modules 
d’entreposages  (E‐EV‐LH)  sont  en  cours  de  construction.  Ils  apporteront  une  capacité  suffisante 
jusqu’à  l’horizon  2024.  Des  améliorations  de  conception  devraient  conférer  à  ces  entrepôts  une 
durée d’exploitation de 75 ans. 
 
Entrepôts  Mise en service  Capacité (en nombre de colis) 
R7  1989  4 500 
T7  1992  3 600 
E‐EV‐SE  1996  4 320 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 77 sur 109  
Annexes 
E‐EV‐LH 1  2012  4 212 
E‐EV‐LH 2  2017  4 212 
 
Pour  l’entreposage  des  colis  CSD‐V  produits  à  La  Hague  après  2024,  nous  avons  considéré 
l’hypothèse  d’un  entrepôt  construit  sur  le  modèle  des  entrepôts  existants,  c’est‐à‐dire  capable 
d’accueillir les colis dès leur sortie de l’atelier de vitrification et dégageant une puissance thermique 
de plus de 2000 W. Cet entrepôt serait doté d’une capacité suffisante pour accueillir la totalité de la 
production  à  venir.  Bien  sûr,  dans  la  réalité,  on  construira  sans  doute  les  extensions  nécessaires 
tranches par tranches, au fur et à mesure de la production de CSD‐V. Cependant, nous avons adopté 
une  simplification  sur  ce  point,  car  notre  but  n’est  pas  de  recenser  dans  le  détail  les  besoins  en 
entreposage15
. 
 
 
 
Il est à noter que les entrepôts de verres de La Hague gèrent également des CSD‐V provenant du 
traitement  des  combustibles  étrangers.  Les  scénarios  de  gestion  présentés  dans  la  suite  de  cette 
étude ne portent que sur les colis français, conformément au Code de l’Environnement, qui interdit 
la gestion à long terme des déchets radioactifs étrangers sur le sol français16
. En outre, le retour des 
colis de déchets issus du traitement des combustibles étrangers devrait être achevé en 2015. 
 
• Transport des CSD‐V 
 
Les  CSD‐V  produits  et  entreposés  à  La  Hague  font  partie  des  rares  colis  de  déchets  de  Haute  ou 
Moyenne  Activité  à  Vie  Longue  pour  lesquels  nous  bénéficions  d’un  retour  d’expérience  sur  le 
transport. Les colis CSD‐V issus du traitement des combustibles étrangers sont en effet régulièrement 
expédiés par mer ou par rail vers le Japon, la Belgique, les Pays‐Bas, la Suisse ou encore l’Allemagne. 
                                                            
15
 Ce travail a été effectué dans le Rapport « Entreposage » du Dossier 2009 de l’Andra 
16
 Article 8 de la Loi n°2006‐739 de programme relative à la gestion des matières et déchets radioactifs 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 78 sur 109  
Annexes 
TN International, la filiale d’Areva spécialisée dans le transport des matières et déchets radioactifs, a 
déjà conçu, fait agréer et produit plusieurs générations d’emballages de Type B dédiés au transport 
des CSD‐V : le TN 28 VT, le TN 81 et le TN 85. Chacun de ces emballages blindés transporte 28 colis 
CSD‐V. 
 
 
Emballage TN 28 VT utilisé pour l’expédition de CSD‐V à l’étranger (Areva) 
 
• Conditionnement en colis de stockage 
 
Une étape importante de la gestion à long terme des déchets de haute activité est encore à l’étude à 
l’Andra. Il s’agit du conditionnement des CSD‐V en colis de stockage. La solution de référence étudiée 
par  l’Andra  est  un  surconteneur  en  acier  non  allié  de  55  millimètres  d’épaisseur.  Sa  fonction 
principale  est  d’interdire  l’arrivée  d’eau  au  contact  du  verre  pendant  la  période  thermique  des 
déchets,  caractérisée  par  une  température  supérieure  à  50°C.  En  effet,  la  vitesse  d’altération 
aqueuse du verre dépend de la température, et augmente d’un facteur 15 à 30 entre 50°C et 90°C. 
Au‐delà de la période thermique, qui dure plusieurs siècles dans le cas des CSD‐V, le verre permet de 
limiter  drastiquement  le  relâchement  de  radionucléides  dans  l’eau,  même  après  la  perte 
d’étanchéité  des  conteneurs  sous  l’effet  de  la  corrosion.  Chaque  colis  de  stockage  ne  contiendra 
qu’un seul CSD‐V. 
 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 79 sur 109  
Annexes 
 
Colis de stockage pour CSD‐V (Andra, 2009) 
 
Le site de conditionnement en colis de stockage des colis CSD‐V n’est pas encore décidé. Cependant, 
les  installations  et  emballages  de  transport  ayant  d’ores  et  déjà  été  développés  à  La  Hague  pour 
l’expédition des colis primaires à l’étranger, il paraît préférable de prévoir un conditionnement sur le 
site de stockage. En outre, s’il reste techniquement envisageable, le transport des colis de stockage 
réduirait la capacité unitaire des emballages de transport et augmenterait le nombre de transport, ce 
qui est contraire aux objectifs de sûreté. 
• Stockage 
Les alvéoles de stockage des déchets de haute activité sont des forages ou microtunnels horizontaux 
borgnes,  d’environ  0,7  mètre  de  diamètre  excavé.  Leur  longueur  a  été  limitée  à  environ  40  m, 
néanmoins la faisabilité d’une longueur plus grande est étudiée comme une piste de progrès. Pour le 
stockage des colis HA fortement exothermiques, l’espacement des colis à l’intérieur d’un alvéole (au 
moyen d’ « intercalaires ») et l’espacement des alvéoles constituent les paramètres d’adaptation de 
l’architecture du stockage à la puissance thermique des déchets à la mise en stockage.  
 
Une décision d’augmenter la durée d’entreposage réduirait la puissance thermique des déchets à la 
mise en stockage et se traduirait par la diminution des intercalaires entre colis dans le même alvéole 
et par le rapprochement  des alvéoles. Au‐delà d’une centaine  d’années d’entreposage, le volume 
excavé et l’emprise du stockage ne diminuent quasiment plus en jouant sur la durée d’entreposage.  
 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 80 sur 109  
Annexes 
 
Alvéole de stockage pour CSD‐V (Andra, 2009) 
 
Dans la suite de cette étude, nous avons choisi de comparer deux scénarios extrêmes correspondant 
respectivement à un stockage après 60 ans et après 90 ans d’entreposage. Les données sur l’emprise, 
le volume minier excavé et le coût du stockage par colis sont présentées dans le tableau qui suit17
. 
On constate qu’un allongement de 30 ans de la période d’entreposage divise par près de 2 le coût du 
stockage  ainsi  que  son  emprise.  Il  faut  cependant  noter  qu’il  ne  s’agit  que  du  coût  variable,  qui 
n’englobe pas les frais fixes liés à la construction d’infrastructures communes (descenderie, puits de 
ventilation, etc.) 
 
Colis‐type  Données unitaires (par colis)  Stockage à 60 ans  Stockage à 90 ans 
C1 
Emprise du stockage  70 m2
  44 m2
 
Volume minier excavé  48 m3
  29 m3
 
Coût du stockage  80 104 €  42 751 € 
C5 
Emprise du stockage  96 m2
  50 m2
 
Volume minier excavé  67 m3
  35 m3
 
Coût du stockage  106 163 €  51 675 € 
C6 
Emprise du stockage  105 m2
  63 m2
 
Volume minier excavé  69 m3
  41 m3
 
Coût du stockage  113 030 €  67 729 € 
 
• Entreposage de décroissance supplémentaire 
 
Les économies substantielles sur l’emprise, le volume minier excavé et le coût du stockage évoquées 
précédemment nécessitent une prolongation de l’entreposage au‐delà des 60 ans de décroissance 
thermique  minimum  préalable  à  la  mise  en  stockage.  Nous  avons  étudié  une  prolongation  d’une 
trentaine  d’années  de  cet  entreposage  de  décroissance.  De  l’entreposage  du  premier  colis  au 
désentreposage  du  dernier,  cela  conduirait  ainsi  à  une  période  d’exploitation  des  entrepôts 
centenaire, soit le double de la durée pour laquelle ont été conçues les installations existantes à La 
Hague.  
 
                                                            
17
Voir Identification de la configuration géométrique de 10 modules HA, Andra 2009 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 81 sur 109  
Annexess 
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2008 
2 sur 109  
 
colis  par 
stallation 
n surface 
on  et  de 
s 
Jérémy D
Annexes 
Annexe 4 : Code de l’Environnement 
Code de l’Environnement – Chapitre II : Dispositions particulières à la
gestion durable des matières et des déchets radioactifs
Modifié par Loi n°2006‐739 du 28 juin 2006
Les principes
« La recherche et la mise en oeuvre des moyens nécessaires à la mise en sécurité définitive des déchets
radioactifs sont entreprises afin de prévenir ou de limiter les charges qui seront supportées par les
générations futures.
Les producteurs de combustibles usés et de déchets radioactifs sont responsables de ces substances,
sans préjudice de la responsabilité de leurs détenteurs en tant que responsables d'activités nucléaires. »
Extrait de l’Article L542-1
Les définitions
« Une substance radioactive est une substance qui contient des radionucléides, naturels ou artificiels,
dont l'activité ou la concentration justifie un contrôle de radioprotection.
Une matière radioactive est une substance radioactive pour laquelle une utilisation ultérieure est
prévue ou envisagée, le cas échéant après traitement.
Un combustible nucléaire est regardé comme un combustible usé lorsque, après avoir été irradié dans
le coeur d'un réacteur, il en est définitivement retiré.
Les déchets radioactifs sont des substances radioactives pour lesquelles aucune utilisation ultérieure
n'est prévue ou envisagée.
Les déchets radioactifs ultimes sont des déchets radioactifs qui ne peuvent plus être traités dans les
conditions techniques et économiques du moment, notamment par extraction de leur part valorisable
ou par réduction de leur caractère polluant ou dangereux.
L'entreposage de matières ou de déchets radioactifs est l'opération consistant à placer ces
substances à titre temporaire dans une installation spécialement aménagée en surface ou en faible
profondeur à cet effet, dans l'attente de les récupérer.
Le stockage de déchets radioactifs est l'opération consistant à placer ces substances dans une
installation spécialement aménagée pour les conserver de façon potentiellement définitive dans le
respect des principes énoncés à l'article L. 542-1.
Le stockage en couche géologique profonde de déchets radioactifs est le stockage de ces substances
dans une installation souterraine spécialement aménagée à cet effet, dans le respect du principe de
réversibilité. »
Extrait de l’Article L542-1-1
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Annexes 
Le PNGMDR
« I. - Un plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs dresse le bilan des modes de
gestion existants des matières et des déchets radioactifs, recense les besoins prévisibles d'installations
d'entreposage ou de stockage, précise les capacités nécessaires pour ces installations et les durées
d'entreposage et, pour les déchets radioactifs qui ne font pas encore l'objet d'un mode de gestion
définitif, détermine les objectifs à atteindre. »
« II. - Le plan national et le décret qui en établit les prescriptions respectent les orientations suivantes :
1° La réduction de la quantité et de la nocivité des déchets radioactifs est recherchée notamment par le
traitement des combustibles usés et le traitement et le conditionnement des déchets radioactifs ;
2° Les matières radioactives en attente de traitement et les déchets radioactifs ultimes en attente d'un
stockage sont entreposés dans des installations spécialement aménagées à cet usage ;
3° Après entreposage, les déchets radioactifs ultimes ne pouvant pour des raisons de sûreté nucléaire
ou de radioprotection être stockés en surface ou en faible profondeur font l'objet d'un stockage en
couche géologique profonde.
III. - Le plan national est établi et mis à jour tous les trois ans par le Gouvernement. Il est transmis au
Parlement, qui en saisit pour évaluation l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et
technologiques, et rendu public. »
Extraits de l’Article L542-1-2
La CNE
« Une commission nationale est chargée d'évaluer annuellement l'état d'avancement des recherches et
études relatives à la gestion des matières et des déchets radioactifs par référence aux orientations
fixées par le plan national prévu à l'article L. 542-1-2. Cette évaluation donne lieu à un rapport annuel
qui fait également état des recherches effectuées à l'étranger. Il est transmis au Parlement, qui en saisit
l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, et il est rendu public.
La commission est composée des membres suivants, nommés pour six ans :
1° Six personnalités qualifiées, dont au moins deux experts internationaux, désignées à parité par
l'Assemblée nationale et par le Sénat, sur proposition de l'Office parlementaire d'évaluation des choix
scientifiques et technologiques ;
2° Deux personnalités qualifiées désignées par le Gouvernement sur proposition de l'Académie des
sciences morales et politiques ;
3° Quatre experts scientifiques, dont au moins un expert international, désignés par le Gouvernement
sur proposition de l'Académie des sciences.
Le mandat des membres de la commission est renouvelable une fois.
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Annexes 
La commission est renouvelée par moitié tous les trois ans. Pour la constitution initiale de la
commission, le mandat de six de ses membres, désignés par tirage au sort, est fixé à trois ans.
Le président de la commission est élu par les membres de celle-ci lors de chaque renouvellement
triennal.
Les membres de la commission exercent leurs fonctions en toute impartialité. Ils ne peuvent,
directement ou indirectement, exercer de fonctions ni recevoir d'honoraires au sein ou en provenance
des organismes évalués et des entreprises ou établissements producteurs ou détenteurs de déchets.
Les organismes de recherche fournissent à la commission tout document nécessaire à sa mission. »
Article L542-3
Le centre de stockage en couche géologique profonde
« Un centre de stockage en couche géologique profonde de déchets radioactifs est une installation
nucléaire de base.
Par dérogation aux règles applicables aux autres installations nucléaires de base :
- la demande d'autorisation de création doit concerner une couche géologique ayant fait l'objet d'études
au moyen d'un laboratoire souterrain ;
- le dépôt de la demande d'autorisation de création du centre est précédé d'un débat public au sens de
l'article L. 121-1 sur la base d'un dossier réalisé par l'Agence nationale pour la gestion des déchets
radioactifs créée à l'article L. 542-12 ;
- la demande d'autorisation de création du centre donne lieu à un rapport de la commission nationale
mentionnée à l'article L. 542-3, à un avis de l'Autorité de sûreté nucléaire et au recueil de l'avis des
collectivités territoriales situées en tout ou partie dans une zone de consultation définie par décret ;
- la demande est transmise, accompagnée du compte rendu du débat public, du rapport de la
commission nationale mentionnée à l'article L. 542-3 et de l'avis de l'Autorité de sûreté nucléaire, à
l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, qui l'évalue et rend
compte de ses travaux aux commissions compétentes de l'Assemblée nationale et du Sénat ;
- le Gouvernement présente ensuite un projet de loi fixant les conditions de réversibilité. Après
promulgation de cette loi, l'autorisation de création du centre peut être délivrée par décret en Conseil
d'Etat, pris après enquête publique ;
- l'autorisation de création d'un centre de stockage en couche géologique profonde de déchets
radioactifs ne garantissant pas la réversibilité de ce centre dans les conditions prévues par cette loi ne
peut être délivrée.
Lors de l'examen de la demande d'autorisation de création, la sûreté du centre est appréciée au regard
des différentes étapes de sa gestion, y compris sa fermeture définitive. Seule une loi peut autoriser
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Annexes 
celle-ci. L'autorisation fixe la durée minimale pendant laquelle, à titre de précaution, la réversibilité du
stockage doit être assurée. Cette durée ne peut être inférieure à cent ans. »
Article L542-10-1
L’Andra
« L'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, établissement public industriel et
commercial, est chargée des opérations de gestion à long terme des déchets radioactifs, et notamment :
1° D'établir, de mettre à jour tous les trois ans et de publier l'inventaire des matières et déchets
radioactifs présents en France ainsi que leur localisation sur le territoire national, les déchets visés à
l'article L. 542-2-1 étant listés par pays ;
2° De réaliser ou faire réaliser, conformément au plan national prévu à l'article L. 542-1-2, des
recherches et études sur l'entreposage et le stockage en couche géologique profonde et d'assurer leur
coordination ;
3° De contribuer, dans les conditions définies à l'avant-dernier alinéa du présent article, à l'évaluation
des coûts afférents à la mise en œuvre des solutions de gestion à long terme des déchets radioactifs de
haute et de moyenne activité à vie longue, selon leur nature ;
4° De prévoir, dans le respect des règles de sûreté nucléaire, les spécifications pour le stockage des
déchets radioactifs et de donner aux autorités administratives compétentes un avis sur les
spécifications pour le conditionnement des déchets ;
5° De concevoir, d'implanter, de réaliser et d'assurer la gestion de centres d'entreposage ou des centres
de stockage de déchets radioactifs compte tenu des perspectives à long terme de production et de
gestion de ces déchets ainsi que d'effectuer à ces fins toutes les études nécessaires ;
6° D'assurer la collecte, le transport et la prise en charge de déchets radioactifs et la remise en état de
sites de pollution radioactive sur demande et aux frais de leurs responsables ou sur réquisition
publique lorsque les responsables de ces déchets ou de ces sites sont défaillants ;
7° De mettre à la disposition du public des informations relatives à la gestion des déchets radioactifs et
de participer à la diffusion de la culture scientifique et technologique dans ce domaine ;
8° De diffuser à l'étranger son savoir-faire.
L'agence peut obtenir le remboursement des frais exposés pour la gestion des déchets radioactifs pris
en charge sur réquisition publique des responsables de ces déchets qui viendraient à être identifiés ou
qui reviendraient à meilleure fortune.
L'agence propose au ministre chargé de l'énergie une évaluation des coûts afférents à la mise en œuvre
des solutions de gestion à long terme des déchets radioactifs de haute et de moyenne activité à vie
longue selon leur nature. Après avoir recueilli les observations des redevables des taxes additionnelles
mentionnées au V de l'article 43 de la loi de finances pour 2000 (n° 99-1172 du 30 décembre 1999) et
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Annexes 
l'avis de l'Autorité de sûreté nucléaire, le ministre chargé de l'énergie arrête l'évaluation de ces coûts et
la rend publique.
L'agence peut conduire, avec toute personne intéressée, des actions communes d'information du public
et de diffusion de la culture scientifique et technologique. »
Article L542-12
Le fonds recherche
« Il est institué, au sein de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, un fonds destiné
au financement des recherches et études sur l'entreposage et le stockage en couche géologique
profonde des déchets radioactifs. Les opérations de ce fonds font l'objet d'une comptabilisation
distincte permettant d'individualiser les ressources et les emplois du fonds au sein du budget de
l'agence. Le fonds a pour ressources le produit de la taxe dite de "recherche" additionnelle à la taxe sur
les installations nucléaires de base prévue au V de l'article 43 de la loi de finances pour 2000 (n° 99-
1172 du 30 décembre 1999). »
Extrait de l’Article L542-12-1
Le fonds travaux
« Il est institué, au sein de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, un fonds destiné
au financement de la construction, de l'exploitation, de l'arrêt définitif, de l'entretien et de la
surveillance des installations d'entreposage ou de stockage des déchets de haute ou de moyenne
activité à vie longue construites ou exploitées par l'agence. Les opérations de ce fonds font l'objet
d'une comptabilisation distincte permettant d'individualiser les ressources et les emplois du fonds au
sein du budget de l'agence. Le fonds a pour ressources les contributions des exploitants d'installations
nucléaires de base définies par des conventions. »
Extrait de l’Article L542-12-2
La CLIS
« Il est créé, auprès de tout laboratoire souterrain, un comité local d'information et de suivi chargé
d'une mission générale de suivi, d'information et de concertation en matière de recherche sur la gestion
des déchets radioactifs et, en particulier, sur le stockage de ces déchets en couche géologique
profonde.
Ce comité comprend des représentants de l'Etat et de l'agence régionale de santé, deux députés et deux
sénateurs désignés par leur assemblée respective, des élus des collectivités territoriales consultées à
l'occasion de l'enquête publique ou concernées par les travaux de recherche préliminaires prévus à
l'article L. 542-6, des représentants d'associations de protection de l'environnement, de syndicats
agricoles, d'organisations professionnelles, d'organisations syndicales de salariés représentatives et de
professions médicales, des personnalités qualifiées ainsi que le titulaire de l'autorisation prévue à
l'article L. 542-10-1. »
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Annexes 
« Le comité se réunit au moins deux fois par an. Il est informé des objectifs du programme, de la
nature des travaux et des résultats obtenus. Il peut saisir la commission nationale visée à l'article L.
542-3 et le Haut Comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire créé par l'
l'article 23 de la loi n° 2006‐686 du 13 juin 2006 relative à la transparence et à la sécurité en matière
nucléaire. La commission nationale présente chaque année, devant le comité local d'information et de
suivi, son rapport d'évaluation sur l'état d'avancement des recherches dans les trois axes de recherche
définis par l'article 3 de la loi n° 2006‐739 du 28 juin 2006 de programme relative à la gestion durable
des matières et des déchets radioactifs. »
« Le comité est consulté sur toutes questions relatives au fonctionnement du laboratoire ayant des
incidences sur l'environnement et le voisinage. Il peut faire procéder à des auditions ou des contre-
expertises par des laboratoires agréés. »
Extraits de l’Article L542-13
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Annexes 
Annexe 5 : Loi n°2006­739 
LOI n° 2006-739 du 28 juin 2006 de programme relative à la gestion
durable des matières et déchets radioactifs
Les trois axes de recherche
« Pour assurer, dans le respect des principes énoncés à l'article L. 542-1 du code de l'environnement, la
gestion des déchets radioactifs à vie longue de haute ou de moyenne activité, les recherches et études
relatives à ces déchets sont poursuivies selon les trois axes complémentaires suivants :
1° La séparation et la transmutation des éléments radioactifs à vie longue. Les études et recherches
correspondantes sont conduites en relation avec celles menées sur les nouvelles générations de
réacteurs nucléaires mentionnés à l'article 5 de la loi n° 2005-781 du 13 juillet 2005 de programme
fixant les orientations de la politique énergétique ainsi que sur les réacteurs pilotés par accélérateur
dédiés à la transmutation des déchets, afin de disposer, en 2012, d'une évaluation des perspectives
industrielles de ces filières et de mettre en exploitation un prototype d'installation avant le 31
décembre 2020 ;
2° Le stockage réversible en couche géologique profonde. Les études et recherches correspondantes
sont conduites en vue de choisir un site et de concevoir un centre de stockage de sorte que, au vu des
résultats des études conduites, la demande de son autorisation prévue à l'article L. 542-10-1 du code de
l'environnement puisse être instruite en 2015 et, sous réserve de cette autorisation, le centre mis en
exploitation en 2025 ;
3° L'entreposage. Les études et les recherches correspondantes sont conduites en vue, au plus tard en
2015, de créer de nouvelles installations d'entreposage ou de modifier des installations existantes, pour
répondre aux besoins, notamment en termes de capacité et de durée, recensés par le plan prévu à
l'article L. 542-1-2 du code de l'environnement. »
Article 3
Le conditionnement des déchets anciens
« Les propriétaires de déchets de moyenne activité à vie longue produits avant 2015 les conditionnent
au plus tard en 2030. »
Article 7
La constitution des provisions
« I. - Les exploitants d'installations nucléaires de base évaluent, de manière prudente, les charges de
démantèlement de leurs installations ou, pour leurs installations de stockage de déchets radioactifs,
leurs charges d'arrêt définitif, d'entretien et de surveillance. Ils évaluent de la même manière, en
prenant notamment en compte l'évaluation fixée en application de l'article L. 542-12 du code de
l'environnement, les charges de gestion de leurs combustibles usés et déchets radioactifs.
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Annexes 
II. - Les exploitants d'installations nucléaires de base constituent les provisions afférentes aux charges
mentionnées au I et affectent à titre exclusif à la couverture de ces provisions les actifs nécessaires.
Ils comptabilisent de façon distincte ces actifs qui doivent présenter un degré de sécurité et de liquidité
suffisant pour répondre à leur objet. Leur valeur de réalisation est au moins égale au montant des
provisions mentionnées au premier alinéa du présent II, à l'exclusion de celles liées au cycle
d'exploitation. »
« Les exploitants mettent en œuvre le plan de constitution d'actifs au plus tard dans un délai de cinq
ans à compter de la publication de la présente loi. »
Extraits de l’Article 20
Les trois taxes INB additionnelles
« Il est créé trois taxes additionnelles à la taxe sur les installations nucléaires de base. Le montant de
ces taxes additionnelles, dites respectivement de "recherche, "d'accompagnement et de "diffusion
technologique, est déterminé, selon chaque catégorie d'installations, par application d'un coefficient
multiplicateur à une somme forfaitaire. Les coefficients sont fixés par décret en Conseil d'Etat après
avis des conseils généraux concernés et des groupements d'intérêt public définis à l'article L. 542-11
du code de l'environnement pour ce qui concerne les taxes dites "d'accompagnement et de "diffusion
technologique, dans les limites indiquées dans le tableau ci-dessous et des besoins de financement, en
fonction des quantités et de la toxicité des colis de déchets radioactifs produits et à produire ne
pouvant pas être stockés en surface ou en faible profondeur que peut produire chaque catégorie
d'installations.
Les taxes additionnelles sont recouvrées dans les mêmes conditions et sous les mêmes sanctions que la
taxe sur les installations nucléaires de base.
Sous déduction des frais de collecte fixés à 1 % des sommes recouvrées, le produit de la taxe
additionnelle dite de "recherche est reversé à l'Agence nationale pour la gestion des déchets
radioactifs.
Sous déduction des frais de collecte fixés à 1 % des sommes recouvrées, le produit de la taxe
additionnelle dite "d'accompagnement est réparti, à égalité, en un nombre de parts égal au nombre de
départements mentionnés à l'article L. 542-11 du code de l'environnement. Une fraction de chacune de
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Annexes 
ces parts, déterminée par décret en Conseil d'Etat dans la limite de 20 %, est reversée par les
groupements d'intérêt public mentionnés au même article L. 542-11, au prorata de leur population, aux
communes du département dont une partie du territoire est distante de moins de 10 kilomètres de
l'accès principal aux installations souterraines d'un laboratoire souterrain mentionné à l'article L. 542-4
du même code ou d'un centre de stockage en couche géologique profonde mentionné à l'article L. 542-
10-1 du même code. Le solde de chacune de ces parts est reversé au groupement d'intérêt public
mentionné à l'article L. 542-11 du même code.
Sous déduction des frais de collecte fixés à 1 % des sommes recouvrées, le produit de la taxe
additionnelle dite de "diffusion technologique est reversé aux groupements d'intérêt public mentionnés
à l'article L. 542-11 du même code à égalité entre eux. »
Article 21
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Annexes 
Annexe 6 : Deux rapports de la Commission Nationale d’Evaluation 
Rapport d’évaluation n°3 (juin 2009)
Commission Nationale d’Evaluation
Le stockage en couche géologique profonde
« D'ici à la fin 2009, des décisions importantes doivent être prises. Pour son évaluation scientifique, la
Commission a besoin de disposer en temps utile de l'ensemble des données. La Commission souhaite
donc que lui soient exposés avant fin 2009 :
• La définition retenue de la réversibilité avec les options techniques envisagées pour sa mise en
œuvre et son cadre chronologique. A cet égard, la Commission apprécie favorablement que
l'Andra aborde le problème de la réversibilité en le développant dans un cadre international.
• Le modèle d’inventaire de dimensionnement (MID) à établir fin 2009 et qui sera inclus dans la
DAC. Le MID fera connaître aux populations concernées ce que l'on propose de placer
dans le stockage géologique. La Commission s'inquiète de la lenteur d’élaboration des
spécifications des colis finaux destinés au stockage profond, notamment ceux issus de la
reprise des déchets anciens de Cadarache et de Marcoule. Hors du contexte normalisé
des colis de la Hague, elle met en garde contre une situation où l’incertitude existant sur
la compatibilité entre le site de stockage en attente de définition et le conditionnement
final gèlerait les progrès dans la résolution du problème posé.
• Le détail des éléments qui conduisent au choix de la Zira où pourrait être implanté le futur
centre de stockage souterrain. La Commission note que l'Andra lui a présenté une synthèse des
acquis récents. Toutefois, elle souhaite que lui soient fournies les données de base récemment
acquises en géologie et géophysique, qui doivent jouer un rôle primordial dans la sélection de
la Zira.
La Commission regrette que les études socio-économiques restent encore embryonnaires et que l'on ne
dispose toujours pas du coût réel d'un stockage et de son impact sur l'économie locale. »
1.1.1 Inventaire
« Le modèle d’inventaire de dimensionnement de 2009 donnera une nomenclature des colis-types de
déchets différente de celle du Dossier 2005 ; il donnera également leurs caractéristiques ; il sera
complété en 2010. En prévision de la DAC, l’Andra émettra en 2014 un « Projet de spécifications
d’acceptation des colis de stockage » et en 2025 pour la mise en service éventuelle du stockage, les «
Spécifications d’acceptation » et les premiers agréments. La DAC ne couvrira que les déchets pour
lesquels des projets de spécifications d’acceptation en stockage auront été préparés pour 2014.
La Commission s’inquiète de la lenteur avec laquelle ces spécifications sont élaborées. Elle attend la
version 2009 du MID pour se prononcer sur la nécessité de poursuivre ou d’entreprendre des E&R
couvrant le comportement de tous les colis destinés au stockage profond.
Concernant un possible stockage profond dans la couche du Callovo-Oxfordien de Meuse/Haute-
Marne, la Commission observe aussi qu’est apparue la notion nouvelle de « ressource rare » en sites
de stockage. A cet égard, la Commission estime nécessaire de préciser cette notion et que la DAC de
2015 définisse explicitement les déchets qui pourront être stockés, en incluant une stratégie éventuelle
de gestion des déchets anticipant sur des productions futures. »
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Annexes 
1.3.3 Gestion des déchets du CEA
« La Commission souligne l'effort actuel de gestion mené par le CEA ; elle prend acte que le CEA et
l’Andra cherchent à optimiser la gestion des déchets anciens MAVL, en particulier des 60 000 fûts de
bitume de Marcoule.
La Commission souligne que la publication de spécifications pour les colis destinés au stockage
permettra aux producteurs de déchets de prévoir un conditionnement optimal définitif. Elle met en
garde contre une situation où l’incertitude existant sur la compatibilité entre le conditionnement
des colis et le site de stockage en attente de définition, gèlerait tout progrès dans la résolution du
problème posé. »
Annexe 11 DÉCHETS DU CEA
« Dans son rapport n° 2 de juin 2008, la Commission s’était interrogée sur l’optimisation de la gestion
des déchets MAVL, autres que ceux issus du retraitement actuel, dont le CEA est un important
producteur (environ 40 % de tous les colis MAVL). Elle a eu l’occasion cette année de revenir sur
cette question, notamment pour les déchets du CEA-Marcoule, lors de sa visite de certaines
installations dédiées au traitement des déchets bruts et à l’entreposage de colis situées sur les centres
de Cadarache et de Marcoule (25 et 26 mars 2009).
La Commission a constaté l’ampleur des travaux de reprise des déchets en vrac ou préconditionnés, la
qualité des conditionnements et/ou reconditionnements, la qualité des entreposages ; elle a reçu
l’assurance qu’un dialogue avait été ouvert avec l’Andra, au travers d’un groupe de travail, pour aller
vers l’optimum de gestion souhaité. En particulier la définition de colis d’entreposage/stockage entre
le CEA et l’Andra, en relation avec la reprise des fûts d’enrobés bitumineux de Marcoule, semble
entrée dans une phase active. »
« Le CEA souhaite évacuer une partie des fûts vers le stockage FAVL et l’autre vers le stockage
MAVL/HAVL. Une faible partie ira au CSFMA, comme les colis de bitume faits après 1995. Dans les
deux cas, un choix rapide des colis de stockage optimiserait la gestion des fûts de bitume car cela
éviterait, éventuellement, des conditionnements successifs. Ce n’est pas simple. La gestion des fûts de
bitume de Marcoule est l’exemple d’une gestion difficile. »
« La question qui se pose est de savoir si les fûts de bitume devant aller au stockage en profondeur ne
pourraient pas être mis directement en conteneur de stockage, puis entreposés dans une installation
d’attente d’expédition (IAE). Cela éviterait la mise en « sur-fûts ». Une étude est en cours. »
« Le bitume est une matrice en voie de disparition. Une reprise limitée des boues de la STE2 issues
d’UP2 400 a eu lieu à la Hague en début 2002 (340 colis du silo 14). L’ASN souhaite l’arrêt de cette
pratique. Les boues seront probablement cimentées. La Commission prend acte que le CEA et l’Andra
cherchent à optimiser la gestion des déchets anciens MAVL, en particulier des 60 000 fûts de bitumes
de Marcoule. Elle renouvelle néanmoins la recommandation générale qu’elle avait faite l’année
dernière sur la gestion optimisée de tous les déchets MAVL, compte tenu des importantes quantités
encore à conditionner ou à reprendre qui existent chez tous les producteurs de déchets. Cette
démarche demande une caractérisation complémentaire des déchets, voire des recherches
complémentaires sur leurs conditionnements, qu’il convient d’identifier au plus tôt pour que les
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Annexes 
dossiers de connaissances et les MID des stockages soient établis en temps voulu dans le respect
de la loi. »
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Annexes 
Rapport d’évaluation n°2 (juin 2008)
Commission Nationale d’Evaluation
2.1 CADRE DES ÉTUDES ET RECHERCHES
« La Commission rappelle que la demande d’autorisation de création (DAC) du stockage ne couvrira
que les déchets pour lesquels des projets de spécifications d’acceptation en stockage auront été
préparés pour 2014. »
2.2.2 Gestion, surveillance et transport des colis
« De manière très liée au programme précédent, le programme « colis » devra mettre à jour le modèle
d'inventaire de dimensionnement (MID) pour 2009, particulièrement mais non exclusivement pour les
déchets MAVL, HAVL et les combustibles CU314, seuls pris en compte pour la demande
d'autorisation de création (DAC), élaborer différents scénarios de gestion des colis sur la base des
chroniques de production fournies par les producteurs, formuler diverses formes de spécifications,
analyser les problèmes liés au transport et prévoir les moyens de contrôle des colis de déchets.
Pour élaborer le MID 2009, l’Andra demande aux producteurs de mettre à jour les dossiers de
connaissances existants et d’établir de nouveaux dossiers.
Ces dossiers de connaissances doivent répondre aux spécifications, révisées en 2007, définies par
l’Andra qui fixe les paramètres à y faire figurer : c’est un premier niveau de spécification, celui du
dossier de connaissances. Au-delà, l’Andra doit contribuer à l’élaboration des futures spécifications
d’acceptation en stockage et formuler dans ce but des « spécifications de niveau 2 », qui caractérisent
les colis primaires tels qu’ils sont pris en compte dans l’étude du stockage : elles servent à analyser les
projets de conditionnement proposés par les producteurs. Elles seront régulièrement réactualisées
jusqu’en 2014 pour fournir la matière des projets de spécifications d’acceptation qui seront
jointes au dossier DAC ; celles-ci pourront encore évoluer jusqu’aux spécifications définitives
d’acceptation à l’échéance de la mise en service en 2025. Un tel calendrier représente donc pour
les producteurs une source notoire d’incertitudes en ce qui concerne les déchets MAVL. »
« L’audition de l’Andra a permis une première clarification, fort utile, d’un domaine assez vaste,
divers et complexe dont la Commission n’a encore acquis qu’une vision parcellaire et, pour partie,
imprécise. La présentation à la Commission de certaines dimensions du programme mériterait d’être
reprise et approfondie dans l’avenir. Par exemple, s’il est clair que le transport des déchets vers le site
de stockage relève de la responsabilité des producteurs, la mesure dans laquelle l’Andra est concernée
par cet aspect, qui figure explicitement dans l’intitulé du programme, au-delà de la définition des
infrastructures de réception sur le site de stockage, reste imprécise. De même la gestion des
incertitudes sur les caractéristiques des colis existants, la question spécifique des conteneurs et
de leur contrôle, l’articulation entre entreposage et stockage et ses implications sur l’évolution
de certaines caractéristiques des colis, et donc sur l’objet de leur contrôle, mériteraient d’être
explicitées. Enfin, en dehors des relations, anciennes et étroites, avec le CEA, le cadre des
collaborations nationales et internationales, en œuvre ou en projet, n’a jusqu’ici guère été
évoqué.
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Annexes 
La Commission souhaite que le programme « colis » fasse l’objet d’une nouvelle mise au point dans le
courant de l’année 2009. »
2.2.3. Gestion et colis de déchets MAVL
« L’Andra a demandé aux producteurs de déchets de consolider les connaissances sur les colis de
déchets MAVL qui pourraient rester en entreposage une centaine d’années dans diverses conditions.
Ce besoin concerne aussi les colis qui seront déposés en stockage, en attente de la fermeture de celui-
ci.
En dépit de la variété des colis de déchets MAVL, le CEA assure correctement leur gestion.
L’entreposage des colis MAVL sera assuré. Cela dit, il reste quelques problèmes à régler concernant
certains déchets historiques MAVL (bitumes) dont la situation est encore en discussion pour savoir de
quel stockage ils relèvent.
La Commission considère que les E&R faites par le CEA pour le compte des producteurs sur
l’évolution des colis sont en bonne voie, d’autant plus qu’elles sont entreprises sur la base d’acquis
importants. Par ailleurs, le CEA poursuit souvent pour son propre compte des E&R en
conditionnement et caractérisation pour rationaliser et améliorer les pratiques actuelles et tester de
nouveaux modes de conditionnement. La Commission encourage les producteurs à poursuivre dans
cette voie en vue de maîtriser le conditionnement des déchets anciens.
La Commission n’a pas d’interrogations sur la technologie du conditionnement mais souhaite
connaître pour les colis MAVL, autres que ceux du retraitement actuel, comment fonctionne la chaîne
des décisions qui va du conditionnement au stockage et quels acteurs entrent en jeu: producteurs,
Andra, pouvoirs publics. Il paraît souhaitable de chercher un optimum de gestion, fondé sur des
considérations technologiques et financières, qui ne semble pas atteint. »
 
 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 96 sur 109  
Annexes 
Annexe 7 : PNGMDR 2010­2012 
Plan National de Gestion des Matières et Déchets Radioactifs 2010-2012
1.2 Les principes à prendre en compte pour définir les filières de gestion
« Les déchets radioactifs doivent être gérés selon les principes suivants, inspirés de la législation
générale sur la gestion des déchets:
il convient de prévenir et réduire à la source, autant que raisonnablement possible, la production
et la nocivité des déchets, notamment par un tri et une ségrégation appropriés ;
la stratégie de confinement/concentration doit être privilégiée, même si dans certains cas, il peut
être admis exceptionnellement de ne pas l’appliquer, sur la base d’une justification appropriée ;
les transports de déchets sont organisés de manière à limiter les volumes de déchets transportés
et les distances parcourues dans le cadre d’une stratégie de gestion donnée ;
la valorisation des déchets par réemploi ou recyclage doit être favorisée, à condition que cette
valorisation ne porte pas préjudice à l’environnement ou à la santé publique ;
le public doit être informé des effets pour l’environnement et la santé publique des opérations de
production et de gestion à long terme des déchets.
Afin de définir des solutions de gestion à long terme pour les déchets radioactifs, il est important de
prendre en compte un principe de proportionnalité vis-à-vis du risque et de l'impact, et
d’optimisation entre les coûts (financiers, humains, etc.) et les bénéfices attendus de la mise en
place d’une solution de gestion précise. Ce principe est difficile à appliquer simplement, notamment
parce qu’il exige de considérer des coûts et des bénéfices sur différentes périodes temporelles parfois
très éloignées dans le futur. »
1.2.2 Un nombre important de paramètres à optimiser pour chaque mode de gestion
Anticiper les besoins en installations de traitement et d’entreposage
« La dimension temporelle est un critère primordial dans la mise en place de filières de gestion à long
terme de façon à permettre la juste adéquation entre les besoins en installations d’entreposage, de
traitement/ conditionnement, caractérisation et transport et les moyens disponibles à l’instant t. Par
ailleurs, l’intégration de ce facteur t permet d’anticiper les risques liés à la défaillance du producteur
de déchets. Le volume et la disponibilité des filières de gestion à long terme par rapport aux besoins
doivent être suivis et anticipés pour éviter que la production de déchets n’induise des besoins qui
seraient supérieurs aux capacités disponibles et autorisées.
La définition par les producteurs de déchets d’une stratégie de gestion de leurs déchets à moyen
et long terme apparaît à ce titre un outil indispensable, pour leur permettre, individuellement,
ou en lien avec d’autres producteurs, de définir leurs besoins présents et à venir à chacune des
étapes de gestion des déchets et se doter des moyens (installations d’entreposage, emballages de
transport, moyens de caractérisation…) indispensables à une gestion optimisée. Ces stratégies
sont examinées régulièrement par les autorités de sûreté, avec l’appui de l'IRSN.»
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 97 sur 109  
Annexes 
Optimiser le confinement des déchets pour garantir la sûreté de leur gestion
« L’objectif de la fabrication d’un colis est de confiner les déchets sous une forme stable, solide,
monolithique. Un traitement avant conditionnement est également parfois nécessaire pour assurer une
compatibilité, notamment physico-chimique, entre le déchet et la matrice ou le système
d’immobilisation retenu pour la constitution du colis. Les principales matrices utilisées de façon
industrielle et mises en œuvre depuis de nombreuses années sont notamment le verre et le ciment.
Pour certains déchets solides, les galettes compactées (coques et embouts) sont directement empilées
dans le conteneur. Les études qui seront menées dans les prochaines années viseront à rendre ces
procédés industriellement plus performants soit en augmentant leurs capacités de production, soit en
étendant leurs domaines d’application à des déchets nouveaux, soit pour développer de nouvelles
matrices dans l’objectif d’optimiser les propriétés confinantes de certains colis. »
1.3.2 Le Plan National de Gestion des Matières et des Déchets Radioactifs (PNGMDR)
« Afin de mettre à jour le PNGMDR, le Gouvernement a choisi de continuer à s’appuyer sur les
travaux d’un groupe de travail pluraliste. Coprésidé par la DGEC et l’ASN, ce dernier est composé
notamment de producteurs et gestionnaires de déchets, d’associations, de représentants d’élus,
d‘administrations, de la CNE, du DSND et de l’IRSN. Les nombreuses présentations réalisées au sein
du groupe de travail ont constitué une source d'informations très précieuse pour la rédaction du plan. »
2.1 L’entreposage d’attente des matières et déchets radioactifs
« L’entreposage des déchets radioactifs est une opération qui consiste à les placer
temporairement dans une installation aménagée à cet effet pour permettre une mise en attente,
un regroupement, un suivi ou une observation. A la différence d’un centre de stockage, les lieux
d’entreposages de déchets radioactifs ne sont pas conçus pour assurer des fonctions de sûreté à très
long terme mais pour une durée déterminée (en particulier, ils nécessitent un entretien et des
interventions humaines ce qui permet de surveiller les colis). Cependant il pourrait en exister sur
chaque site de stockage pour pouvoir assurer les contrôles et surtout permettre aux colis d'attendre
(refroidissement des verres par exemple) avant leur stockage. Au terme de la période d’entreposage
(dépendant de l'ouverture d'un site de stockage), les déchets sont donc obligatoirement retirés de
l’installation. Cette dernière sera réutilisée ou démantelée le moment venu. Par ailleurs, les
installations d’entreposage présentent des garanties de sûreté proportionnées aux types de déchets
qu’elles accueillent. »
2.5 La gestion à long terme des déchets : bilan des recherches sur de nouvelles filières
« Dans le domaine du conditionnement et du comportement des déchets, les producteurs de déchets et
l’Andra ont mis en place des structures de pilotage et d’échange permettant de garantir la cohérence de
l’ensemble des programmes de R&D. Il est désormais acté que les producteurs sont responsables
de la caractérisation des colis et des études sur le comportement intrinsèque des colis
(constitution d'un dossier de connaissances et d’un modèle opérationnel décrivant le
comportement à long terme de ce colis), tandis que l'Andra est en charge des interactions entre
les colis et les matériaux environnants. »
2.5.4 Les déchets HA-MAVL : stockage géologique réversible, entreposage
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 98 sur 109  
Annexes 
Conditionnement des déchets MAVL
« Pour les déchets MA-VL, trois modes de conditionnement ont été ou sont utilisés : compactage,
cimentation et bitumage. Un travail d'acquisition de connaissances a été accompli depuis la loi de
1991, qui a été formalisé notamment dans des dossiers de connaissance des colis, et a le cas échéant
débouché sur des modèles opérationnels de comportement des colis. Une des principales questions à
approfondir concerne l’hydrogène résultant de la radiolyse des matériaux organiques, qui est le
gaz majoritairement relâché par les colis pendant la période d’exploitation du stockage (dossier
Andra 2005). Un programme de R&D visant à améliorer les outils de modélisation pour la
prévision de la production d’hydrogène et à identifier les productions de molécules
hydrosolubles, produits de dégradation des polymères, susceptibles de complexer les
radionucléides a été mis en place. »
3.1.2 Projets de création d’installations d’entreposage
Création ou extension d’installations d’entreposage d’ici 2015 (hors déchets tritiés traités au
chapitre 3.5.1)
« En complément aux installations d’entreposage existant sur les sites de production de déchets, les
créations et extensions d’installations projetées par AREVA, le CEA et EDF d’ici 2015 permettront de
répondre, en termes de capacité et de durée, aux besoins d’entreposage liés aux colis de déchets HA et
MAVL produits à cet horizon. »
Création ou extension d’installations d’entreposage de 2015 à 2025
« Dans la décennie 2015 – 2025, d’autres créations ou extensions d’installations d’entreposage seront
nécessaires. Sont concernés sur les sites de production ou de conditionnement suivants:
• l’entreposage des colis de boues bitumées et déchets solides à Marcoule en attente de mise en
stockage, en complément de l’installation d’entreposage intermédiaire polyvalent : EIP ;
• une extension des capacités d’entreposage des déchets de structure et technologiques
compactés à La Hague (ECC) ;
• une nouvelle extension de E-EV-SE à La Hague.
Au-delà de l’utilisation des capacités d’entreposage disponibles à Marcoule, la poursuite d’une mise
en fûts EIP n’apparaît pas la stratégie la plus appropriée aux colis de boues bitumées. Une stratégie
plus favorable consiste à les placer directement dans un conteneur de stockage, sur le site de Marcoule.
Cette stratégie pourra être étendue aux déchets solides MAVL du site de Marcoule.
Cette option diminue globalement le nombre de transferts et de manutentions de colis à réaliser. Elle
offre pour les colis de boues bitumées un gain très important de ressource de stockage, en diminuant
(de l’ordre de 40 %) le volume final des colis de stockage. Le volume et le coût de stockage sont
diminués.
Une mise en conteneur de stockage MAVL pourra être réalisée sur le site de Marcoule à partir de la
date d’autorisation de création du centre de stockage géologique profond (soit à l’horizon de 2017). La
conception définitive du conteneur pourra ainsi intégrer les exigences provenant de la future loi fixant
les conditions de la réversibilité, ainsi que les prescriptions techniques suite à l’instruction de la
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 99 sur 109  
Annexes 
demande d’autorisation de création du stockage. Cependant, une telle stratégie suppose que la
conception et la construction de l’atelier de conditionnement anticipent sur les spécifications
d’acceptation des colis en stockage, qui elles aussi ne pourront être finalisées qu’après l’autorisation
de création. La conception de l’atelier de conditionnement intégrera une flexibilité suffisante pour
s’adapter à des évolutions des spécifications de ce conteneur.
Une telle stratégie étendue aux déchets solides ne nécessite pas la construction d’alvéoles
supplémentaires à l’EIP. En revanche, les colis de stockage MAVL constitués à partir de 2017 devront
être entreposés dans une nouvelle capacité d’entreposage, à mettre en exploitation en 2017. Cette
nouvelle capacité sera aussi amenée à accueillir des colis rattachés à la filière FAVL, et qui seront
aussi conditionnés sur le site en conteneur de stockage.
Une mise en stockage des colis de boues bitumées MAVL et potentiellement de déchets solides de
Marcoule à partir de la mise en exploitation du projet de centre de stockage géologique profond
ouvre la possibilité d’une optimisation d’ensemble du système, en limitant les capacités
d’entreposage nouvelles à créer. Le CEA et l’Andra étudieront ce scénario de manière concertée
d’ici fin 2012.
L’étude traitera en particulier de la faisabilité des conteneurs de stockage en vue de leur conception, de
celle de l’installation d’entreposage à créer, des possibilités de transport jusqu’aux centres de
stockage, et des possibilités de mise en stockage au cours du temps et à la prise en compte de la
réversibilité du stockage géologique profond. Cette étude sera suivie par un groupe de travail
réunissant le CEA, l’Andra, le DSND et l’ASN. Compte tenu de la place des transports dans le
caractère opérationnel de ce scénario, le CEA en analysera les possibilités et les limites pour 2010.
Areva, l'Andra et EDF étudieront pour fin 2012 les scénarios de désentreposage et de transport
des colis de déchets de structure et technologiques compactés (CSD-C) ainsi que les besoins en
capacités d'entreposage supplémentaires à créer d'ici 2025 sur le site de La Hague, en tenant
compte d'une possibilité de mise en stockage de colis CSD-C dès la décennie 2025-2030
Areva, EDF et l’Andra analyseront d’ici fin 2012 la faisabilité de principe d’intégrer les
extensions d’E-EV-SE à La Hague dans le dispositif de soutien à la réversibilité du stockage
géologique profond, en vue de la présentation de scénarios de gestion entreposage-transport-
stockage au prochain débat public sur le projet de centre de stockage géologique profond. »
Création ou extension d’installations d’entreposage au-delà de 2025
« L’Andra précisera d’ici fin 2012, en concertation avec les producteurs de déchets, les scénarios
envisageables de gestion de l’ensemble des colis de déchets HA et MAVL destinés au projet de
centre de stockage géologique profond. Il s'agira notamment d'étudier les chroniques
d’entreposage, de désentreposage, de conditionnement, de transport et de mise en stockage, ainsi
que les besoins en entreposage en résultant, en vue du prochain débat public sur le projet de
stockage. Les producteurs définiront en cohérence les solutions de transport à mettre en œuvre
et vérifieront avec l'Andra la compatibilité de ces solutions avec leurs installations actuelles et
futures.
On analysera notamment la pertinence de pourvoir aux besoins en entreposage au-delà de 2025 par des
capacités d’entreposage intégrées au centre de stockage géologique profond, au lieu de la création ou
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 100 sur 109  
Annexes 
de l’extension d’installations sur les sites de production ou de conditionnement. Cela consisterait soit à
mobiliser des installations nécessaires en tout état de cause au transit des colis sur le centre (entre leur
arrivée depuis les sites de production ou conditionnement, leur déchargement et leur contrôle, leur
conditionnement éventuel en conteneur de stockage et leur transfert dans les installations souterraines)
soit à créer des installations dédiées à un entreposage d’attente. L’option d’un entreposage, sur le site
de stockage, de déchets HA pour une deuxième phase de décroissance thermique, entre dans le second
cas. Les études de scénarios de gestion des colis de déchets HA et MAVL compareront ainsi pour le
débat public l’option d’un entreposage sur le centre de stockage lorsqu’elle est envisageable, à celle
d’un entreposage sur les sites de production ou de conditionnement, aux plans de la sûreté, de l’impact
(environnemental et socio-économique), du coût et de la réversibilité.
La durée prévisionnelle d’exploitation de cette future génération d’installations d’entreposage est de
l’ordre d’une centaine d’années, cohérente avec la durée d’exploitation prévisible du centre de
stockage géologique profond, la décroissance thermique des déchets HA et la durée de réversibilité
d’au moins cent ans fixée par la loi.
Les conclusions de l'ensemble des travaux demandés dans cette partie concernant les déchets
HA-MAVL seront synthétisées par l'Andra dans le dossier qu'elle remettra fin 2012 concernant
l'entreposage. »
3.5.4 Les recherches pour les déchets HA-MAVL : séparation / transmutation, stockage
géologique réversible, entreposage
Recherches sur l'entreposage des déchets HA-MAVL 
« Les études de scénarios entreposage-transport-stockage permettront de préciser le recensement des
besoins en entreposage : familles et formes de colis à entreposer, capacités nécessaires, dates de mise à
disposition et durées d’exploitation cibles. Ces études viseront à une optimisation d’ensemble des
filières de gestion, au plan de la sûreté, de l’impact environnemental et du coût. Elles prendront
en compte la réversibilité du stockage, notamment en identifiant systématiquement des solutions
d’entreposage pour accueillir des colis qui seraient retirés du stockage. »
« L’Andra recueillera et capitalisera le retour d’expérience de la construction et de l’exploitation des
installations existantes ou en développement. Elle apportera un appui technique aux exploitants pour
favoriser la complémentarité de leurs projets de création ou d’extension avec le stockage. Elle
élaborera un guide de recommandations pour la conception d’installations d’entreposage s’inscrivant
dans cette complémentarité.
L’Andra remettra fin 2012 un bilan d’ensemble des études et recherches sur l’entreposage
qu’elle aura pilotées et coordonnées (y compris les études concernant les déchets HA-MAVL).
Les propositions retenues dans le cadre de la prochaine révision du PNGMDR, en complément
aux capacités de transit nécessaires à l’exploitation du stockage, seront présentées au débat
public sur le projet de centre de stockage. En fonction des suites données au débat, elles
pourront être incluses dans la demande d’autorisation de création du centre (DAC) présentée
par l’Andra en vue d’une instruction en 2015. Le dossier de DAC tiendra compte de
l’ordonnancement dans le temps de la mise à disposition des capacités d’entreposage. »
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 101 sur 109  
Annexes 
Recherches sur la connaissance et le conditionnement des déchets MAVL
« L'article 7 de la loi du 28 juin 2006 précise que les propriétaires de déchets MAVL produits avant
2015 doivent les conditionner au plus tard en 2030. Afin de préparer le stockage de ces déchets
MAVL historiques, il est demandé aux producteurs de présenter fin 2011 un point d'avancement
des travaux qu'ils auront menés en lien avec l'Andra pour définir des modes de conditionnement
appropriés ; il s'agira d'identifier les difficultés principales restant à résoudre et de dresser un premier
bilan des solutions envisagées.
Les études de comportement à long terme des déchets MAVL continueront à porter sur trois grandes
thématiques, faisant l’objet de sous groupes du comité technique Andra / CEA / Producteurs : les colis
de boues bitumées ; les gaz issus de la corrosion des matériaux métalliques et les gaz radioactifs ;
les déchets organiques (autres que les boues bitumées). Concernant les colis de stockage en béton,
la R&D mise en œuvre au sein du groupement de laboratoires « évaluation des structures cimentaires »
sera poursuivie.
En particulier, un programme de R&D a été mis en place pour améliorer les outils de modélisation
pour la prévision de la production d’hydrogène, et pour identifier les productions de molécules
hydrosolubles, produits de dégradation des polymères, susceptibles de complexer les radionucléides. Il
aboutira notamment à la constitution d'une base de données (PRELOG) sur les données intrinsèques
relatives aux polymères qui, couplée à la modélisation, permettra d'évaluer les rendements de
production de gaz à partir des principales données de composition des polymères et du spectre du
rayonnement.
L'Andra remettra pour fin 2010 un rapport évaluant l'impact sur le stockage des déchets
contenant des matières organiques, et irradiants ou riches en éléments émetteurs alphas, en
particulier vis-à-vis de la sûreté en stockage.
En ce qui concerne les déchets contenant des matières organiques, des traitements conduisant à
l'élimination ou à la diminution du contenu en matières organiques des déchets permettraient de limiter
l'hydrogène produit par la transformation de ces matières sous l'effet de la radiolyse et d'éviter
l'apparition de substances pouvant présenter un caractère complexant ainsi que les interactions avec les
microorganismes. Ces procédés de réduction du contenu organique des déchets comprennent
notamment la séparation des flux en amont, et le traitement à froid ou à chaud. »
« Pour les déchets de moyenne activité à vie longue, la R&D porte actuellement sur un procédé
d'incinération du déchet au sein d'un plasma gazeux à haute température (4500°C), généré par une
torche. Les études en cours s'intéressent également à l'incorporation directe dans un bain de verre en
fusion (procédé SHIVA). La technique de destruction par plasma suivie d'une vitrification est déjà
utilisée pour la destruction de certains types de déchets industriels, comme les déchets issus de
l'industrie électronique. Les études visent à rendre cette technique applicable aux déchets de moyenne
activité à vie longue. Les travaux porteront notamment sur la nucléarisation de l'ensemble de la
technologie. La limitation est l’investissement nécessaire et les coûts de fonctionnement qui
deviennent élevés avec une exploitation dans le domaine nucléaire.
Le CEA et AREVA présenteront les bilans des études dans ce domaine fin 2011. Ces études
seront conduites de façon à assurer le pré-développement du procédé, à le porter au stade de la
faisabilité industrielle et de pouvoir, d’ici 2020, statuer sur le lancement du déploiement à
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 102 sur 109  
Annexes 
l’échelle industrielle. De manière plus générale, concernant les déchets contenant une fraction
significative de matières organiques, les producteurs concernés présenteront fin 2011 les
scénarios de traitement-conditionnement envisageables permettant notamment de limiter la
production d'hydrogène, en tenant compte des aspects radioprotection, industriels et financiers
ainsi qu’un calendrier volontariste de mise en œuvre du ou des procédé(s) envisagés. »
 
   
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 103 sur 109  
Annexes 
Annexe 8 : Documentation utilisateur de notre outil informatique 
 
Jérémy Di Zazzo 
Michaël Fertin 
 
 
Outil de simulation des chroniques de stockage :  
Documentation utilisateur 
 
 
 
Sommaire 
Outil de simulation des chroniques de stockage :  Documentation utilisateur .................................. 104 
Présentation générale ..................................................................................................................... 105 
Cadre ........................................................................................................................................... 105 
Taches réalisées ........................................................................................................................... 105 
Réalisation ................................................................................................................................... 105 
Entrées/sorties ................................................................................................................................ 105 
Données d’entrées ...................................................................................................................... 105 
Données de sortie ....................................................................................................................... 106 
Schéma récapitulatif .................................................................................................................... 106 
Descriptif du fichier Excel ................................................................................................................ 107 
La feuille « Echéancier » .............................................................................................................. 107 
La feuille « colis ........................................................................................................................... 108 
La feuille « entrepôts » ................................................................................................................ 108 
La feuille « Production » .............................................................................................................. 108 
La feuille « Emballages » ............................................................................................................. 108 
La feuille « Inventaire » ............................................................................................................... 108 
Les feuilles d’indicateurs ............................................................................................................. 109 
Lancement du programme .............................................................................................................. 109 
 
 
   
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 104 sur 109  
Annexes 
Présentation générale 
 
Cadre 
Cet  outil  de  simulation  des  chroniques  de  stockage  a  été  créé  dans  le  cadre  du  travail  d’option 
(équivalent d’un stage de fin d’étude) de deux élèves des Mines de Paris, qui avaient pour objectif la 
mise en place de méthodes d’analyse et d’amélioration de chroniques de stockage, dans le cadre du 
projet HA‐MAVL. 
 
Taches réalisées 
L’outil en question permet de réaliser trois tâches fondamentales : 
• Simulation de l’ensemble de la chaine logistique liée à la chronique étudiée : l’outil simule 
l’ensemble des flux mus en jeu par la chronique, depuis les producteurs (flux d’entrée et de 
sortie des entrepôts, par famille de colis, années…) jusqu’au site de stockage (flux d’entrée 
par  année,  nombre  d’alvéoles  de  stockage  à  ouvrir…),  en  prenant  en  compte  toutes  les 
phases intermédiaires tels que le transport (nombre d’emballages de transports nécessaire, 
nombre  de  transports…)  ou  le  conditionnement  (nombre  de  colis  conditionnés  par  les 
producteurs, sur le site de stockage…). 
• Analyse fine de la chronique selon différents critères : l’outil est capable de fournir en sortie 
toute une série d’indicateurs technico‐économiques permettant de vérifier que la chronique 
est techniquement et économiquement viable. 
• Amélioration progressive de la chronique vis‐à‐vis d’un critère : l’outil a été conçu pour être 
utiliser  de  manière  itérative  et  ainsi  améliorer  progressivement  la  chronique  selon  le 
processus suivant :  
o L’utilisateur rentre dans un premier temps la chronique à améliorer 
o Il la simule puis l’analyse selon un certain critère grâce à cet outil 
o Fort de son analyse, il améliore la chronique initiale et réitère ces opérations jusqu’à 
obtenir une chronique satisfaisante 
Réalisation 
Il a en outre été conçu pour répondre à différents impératifs : 
• Simplicité d’utilisation : basé sur Excel, peu de tables à remplir 
• Rapidité d’exécution : simule l’ensemble d’une chronique en moins d’une minute 
• Flexibilité : peut effectuer tout type d’analyse sur une chronique 
• Evolutivité : peut être très facilement modifié pour répondre à de nouveaux problèmes 
 
Entrées/sorties 
 
Données d’entrées 
Il existe deux types de données d’entrée pour l’outil : 
• Les  données  relatives  aux  colis,  aux  entrepôts,  aux  moyens  de  transport  et  au 
conditionnement. Idéalement, ces données sont rentrées par l’utilisateur une seule fois et 
n’ont plus besoin d’être modifiées par la suite. 
• La chronique de stockage à simuler et analyser : ces données sont organisées sous forme 
d’un  échéancier  où  chaque  ligne  correspond  à  une  opération  élémentaire  sur  les  colis 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 105 sur 109  
Annexes 
(déplacement d’un entrepôt vers un autre, conditionnement, déplacement vers une alvéole 
du site de stockage…) 
 
Données de sortie 
L’outil génère deux niveaux de sortie différents : 
• Une sortie intermédiaire, sous forme d’une feuille d’inventaire, qui expose l’ensemble des 
résultats de la simulation de façon exhaustive, en termes de flux, de quantités, de types de 
colis, etc. Ces données de sortie représentent un stade intermédiaire de données car elles 
n’ont pas pour vocation d’être utilisées directement par l’utilisateur mais plutôt par les outils 
d’analyse du logiciel Excel. 
• Différents indicateurs répondant chacun à une problématique et à un critère précis, 
présentés sous forme de tableaux croisés dynamiques pour offrir plus de flexibilité à 
l’utilisateur. 
Schéma récapitulatif 
Les couleurs du schéma et les noms correspondent à ceux utilisées pour les feuilles du fichier Excel. 
 
 
Données  
  Colis 
 
Entrepôts 
 
  Production 
 
Emballages 
 
  Indicateurs
   
Programme    
VBA 
Chronique 
Echéancier 
Stocks 
Désentrep. Sortie intermédiaire
Besoins entrep. 
Inventaire 
Cond. 
… 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 106 sur 109  
Annexes 
Descriptif du fichier Excel 
Le fichier Excel contenant l’outil se présente sous la forme d’une succession de feuilles au rôle bien 
précis. 
 
La feuille « Echéancier » 
C’est dans cette feuille que l’utilisateur rentre la chronique à simuler et analyser. Dans cette feuille, 
chaque  ligne  correspond  à  une  opération  élémentaire  sur  une  famille  de  colis.  Cette  opération 
élémentaire consiste à déplacer un certain nombre de colis issus d’une même famille de colis depuis 
un lieu initial vers un lieu final, à partir d’une date donnée et à un débit donné. Il existe en outre 
plusieurs  options  concernant  ce  déplacement :  celui‐ci  peut  nécessiter  l’usage  d’un  emballage  de 
transport ou d’un conditionnement en colis de stockage. Les colonnes correspondantes sont : 
• Réf MID : référence dans le MID de la famille de colis considérée. L’ensemble des familles 
disponibles est configuré dans la feuille de données « colis ». 
• Lieu  initial :  lieu  d’où  l’on  retire  les  colis  considérés.  L’ensemble  des  lieux  disponibles  est 
configuré dans la feuille de données « entrepôts », ce qui laisse donc une très grande liberté 
à  l’utilisateur  en  terme  de  localisations :  entrepôts  plus  ou  moins  détaillés,  alvéoles  de 
stockage,  etc.  Rien  n’empêche  aussi  l’utilisateur  de  créer  un  lieu  « Producteurs »  d’où 
proviendraient directement les nouveaux colis par exemple. 
• Lieu final : lieu où l’on dépose les colis. Rien n’empêche l’utilisateur de mettre le même lieu 
comme lieu initial et final, ce qui peut être utile lorsque l’on conditionne des colis primaires 
en colis de stockage sur le même lieu 
• Date initiale : date à partir de laquelle le déplacement a lieu 
• Débit : débit annuel en colis primaires 
• Quantité  transférée :  quantité  de  colis  primaires  transférés  au  cours  de  l’opération 
élémentaire 
• Conditionnement : « Oui » indique que le colis est conditionné en colis de stockage lors de 
l’opération.  Il  est  important  de  noter  qu’il  n’existe  dans  cet  outil  que  deux  états  pour  un 
colis : primaire ou stockage. 
• Transport : « Oui » indique que le déplacement du colis nécessite l’utilisation de l’emballage 
de transport correspondant. 
• Conditionnement dans le lieu initial : « P » pour primaire et « S » pour stockage 
Certaines colonnes permettant un remplissage plus aisé mais n’influençant pas sur le programme 
sont aussi disponible tels que  
• Date  fin  contrôle :  donne  la  date  à  laquelle  la  quantité  transférée  aura  été  entièrement 
déplacée en fonction du débit donné 
Cette feuille contient aussi certains paramètres utiles à l’exécution du programme :  
• Année début exercice 
• Date fin exercice 
• NB jours ouvrés 
Enfin,  c’est  depuis  cette  feuille  qu’est  lancé  le  programme  en  appuyant  sur  le  bouton  « Lancer 
Application ». 
 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 107 sur 109  
Annexes 
La feuille « colis 
Cette feuille contient toutes les données relatives aux familles de colis considérés. Seules les familles 
présentes  dans  cette  feuille  peuvent  subir  des  opérations  élémentaires  au  sein  de  la  feuille 
échéancier. 
 
La feuille « entrepôts » 
Cette  feuille  contient  toutes  les  données  relatives  aux  entrepôts  et  plus  généralement  aux 
localisations  possibles  des  colis.  Seules  les  entrepôts  présents  dans  cette  feuille  peuvent  être 
considérés comme des lieux initiaux et finaux envisageables lors des opérations élémentaires de la 
feuille échéancier. 
 
La feuille « Production » 
Cette feuille synthétise les chroniques de production de chaque famille de colis en donnant le flux de 
production  de  colis  primaires  année  par  année.  Les  familles  de  colis  présents  dans  cette  feuille 
doivent correspondre à ceux présents dans la feuille colis. 
 
La feuille « Emballages » 
Cette  feuille  contient  toutes  les  données  relatives  aux  emballages  de  transport.  Les  noms  des 
emballages doivent concorder avec ceux présents dans la colonne « emballage correspondant » de la 
feuille « Colis ». 
 
La feuille « Inventaire » 
Cette feuille est automatiquement générée par le programme. C’est là que sont disponibles de façon 
exhaustive toutes les informations issues de la simulation et utiles pour l’analyse de la chronique. On 
y  trouve  donc  toute  une  série  d’informations  utiles  pour  chaque  triplet  (famille  de  colis, 
entrepôt/alvéoles, année) : 
• Flux de production de colis primaires (nombre) 
• Production cumulée de colis primaires (nombre) 
• Production cumulée de colis primaires (volume) 
• Flux d'entreposage de colis primaires (nombre) 
• Flux d'entreposage de colis primaires (volume) 
• Flux de désentreposage de colis primaires (nombre) 
• Flux de désentreposage de colis primaires (volume) 
• Stock de colis primaires (nombre) 
• Stock de colis primaires (volume) 
• Flux d'entreposage de colis de stockage (nombre) 
• Flux d'entreposage de colis de stockage (volume) 
• Flux de désentreposage de colis de stockage (nombre) 
• Flux de désentreposage de colis de stockage (volume) 
• Stock de colis de stockage (nombre) 
• Stock de colis de stockage (volume) 
• Flux d'entreposage total (nombre) 
• Flux d'entreposage total (volume) 
• Flux de désentreposage total (nombre) 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 108 sur 109  
Annexes 
Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 109 sur 109  
• Flux de désentreposage total (volume) 
• Stock total (nombre) 
• Stock total (volume) 
• Taux d'occupation spatio‐temporel de l'entrepôt 
• Flux de conditionnement en nombre de colis primaires 
• Flux de conditionnement en volume de colis primaires 
• Flux de conditionnement en nombre de colis de stockage 
• Flux de conditionnement en volume de colis de stockage 
• Flux de colis de transport reçus (nombre) 
• Flux de colis de transport expédiés (nombre) 
• Nombre d'emballages de transport nécessaires 
• Intégrale de la capacité (m3.an) 
• Flux d'entreposage total journalier (nombre) 
• Flux de désentreposage total journalier (nombre) 
Les feuilles d’indicateurs 
Ces feuilles sont en fait des graphiques croisés dynamiques générés à partir de la feuille inventaire. 
Cela  laisse  donc  une  flexibilité  totale  à  l’utilisateur  final  qui  peut  alors  sélectionner  finement  les 
données  qu’il  souhaite  analyser  et  comparer  en  utilisant  les  fonctions  de  filtre,  de  tri,  etc.  des 
graphiques croisés dynamiques. 
Les indicateurs déjà configurés sont les suivants :  
• Stock 
• Désentreposage 
• Besoins entreposage 
• Conditionnement 
• Expéditions 
• Réceptions 
• Nombre d’emballages 
• Creusement 
• Alvéoles 
• Stockage 
Lancement du programme 
Une fois les données rentrées convenablement et l’échéancier complété, il suffit d’appuyer sur le 
bouton « Lancer Application » en haut à gauche de la feuille « Echéancier » pour exécuter l’outil. Une 
barre de progression du processus s’affiche alors. 
 

10Rapport_Mines_Andra

  • 1.
  • 2.
      Remerciements    Nous souhaitons tout d’abord remercier M. Hoorelbeke, Adjoint au directeur des projets de l’Andra,  et M. Jean‐Marie Krieguer, Chef du projet HA‐MAVL, pour nous avoir donné les moyens de mener  nos investigations dans les meilleures conditions et pour s’être assurés de l’entière collaboration de  toutes les parties prenantes, en interne à l’Andra, comme en externe auprès des différents acteurs  de l’industrie nucléaire.    Ensuite, nous tenons à exprimer toute notre gratitude à MM. François Engel et Grégory Rolina, nos  conseillers à l’école des Mines de Paris, qui ont su nous faire prendre de la hauteur sur le sujet grâce  à leur avis éclairés.     Nous  remercions  également Marie‐Hélène  Lagrange,  Fanny  Gérard,  Alain  Roulet  et  Bernard  Félix,  pour leur disponibilité et leur encadrement durant notre période à plein temps à l’Andra.     Merci aussi à Luis Aparicio, Christophe Baroux, Michel Colombert, Olivier Houdry, Louis Londe, Jean‐ Baptiste  Poisson,  Rodolphe  Raffard,  et  bien  d’autres  à  l’Andra,  pour  nous  avoir  permis  de  réunir  l’ensemble des données techniques nécessaires à l’élaboration de cette étude.    Merci à MM. Daniel Fulleringer et Olivier Ducos (CEA) pour la qualité de la visite qu’ils ont organisé  pour nous le 07/05/2010 sur le site de Marcoule.     Nous  tenons  enfin  à  remercier  MM.  Pierre  Chambrette  et  Laurent  Gagner  (Areva  NC/Recycling  Business Unit), MM. Stéphane Béguin et Michel Bordier (EDF/Division Combustible Nucléaire) et M.  Marc Olivier de l’Autorité de Sûreté Nucléaire pour les réponses qu’ils ont apporté à nos questions à  l’occasion des entretiens que nous avons eu ensemble.      Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 2 sur 109  
  • 3.
      Résumé  En France, deux kilogrammes de déchets radioactifs1  sont produits par personne et par an. Parmi ces  déchets, certains resteront nocifs pour l’homme et l’environnement pendant un million d’années.  Ces  déchets  à vie  longue  sont  actuellement  entreposés  dans  des  installations  de  surface  conçues  pour durer une cinquantaine d’années.   En 1991, le législateur créé l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, l’Andra. L’une  de ses missions est de conduire les recherches visant à stocker les déchets radioactifs à vie longue en  couche  géologique  profonde.  En  2006,  la  loi  confirme  le  stockage  réversible  profond  étudié  par  l’Andra comme la solution de référence pour la gestion durable des déchets de haute et de moyenne  activité à vie longue (HA‐MAVL).  Notre travail de fin d’études a porté sur l’étude de scénarios d’acheminement des colis de déchets  HA et MAVL depuis les entrepôts de surface jusqu’au futur stockage profond, dont la mise en service  est prévue pour 2025. Ces scénarios incluent des étapes de manutention, de conditionnement, de  contrôle et de transport des colis, le tout s’intégrant dans une véritable chaîne logistique de gestion  des colis de déchets.   La première complexité de cette problématique est de type combinatoire : une centaine de colis HA  et MAVL différents entreposés sur quatre sites de production sont destinés à un stockage unique.  L’ordonnancement  du  stockage  a  donc  été  un  élément  central  de  nos  travaux.  Les  scénarios  sur  lesquels nous avons planchés précisent en outre pour chaque famille de déchets les flux de colis, les  dates et les lieux associés à chacune des étapes de la chaîne logistique.  D’autre  part,  l’élaboration  des  scénarios  de  gestion  des  colis  est  une  étude  multicritères  à  part  entière. En effet, le projet de stockage réversible profond s’appuie sur les plans :  • Scientifiques et  techniques  :  Des  équipements  de  haute  technologie  sont  nécessaires  à  la  gestion des colis de haute et de moyenne activité, pour assurer la protection des travailleurs  et du public durant toute la durée de vie des radionucléides présents dans les déchets.  • Politiques : Expression d’une politique publique, le projet de stockage réversible profond est  encadré, évalué et contrôlé par plusieurs institutions représentant la nation. L’implantation  du futur stockage est également un enjeu de politique locale très sensible.  • Economiques : La conception, l’exploitation et la fermeture d’installations d’entreposage et  de  stockage  ont  un  coût  élevé  supportés  en  intégralité  par  les  producteurs  de  déchets  radioactifs (CEA, EDF, Areva).  Enfin,  l’élaboration  des  scénarios  de  gestion  des  colis  de  déchets  HA  et  MAVL  s’inscrit  dans  un  environnement multi‐acteurs, et conditionne à la fois la conception du futur stockage ainsi que les  opérations de gestion des colis sur les sites de production. Pour comprendre les responsabilités et le  point de vue de chacune  des parties prenantes, nous avons rencontré des représentants du CEA,  d’EDF, d’Areva et de l’Autorité de sûreté nucléaire.                                                                  1  Site de l’Andra : www.andra.fr  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 3 sur 109  
  • 4.
    Résumé  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 4 sur 109   Pour répondre à la problématique, nous avons commencé par rencontrer les ingénieurs de l’Andra  pour recueillir l’ensemble des données nécessaires à l’élaboration des scénarios de gestion des colis  et pour définir les critères d’optimisation associés à chaque étape de la chaîne logistique.   Nous avons  ensuite  modélisé  mathématiquement  les  scénarios  d’entreposage  et  de  stockage  des  colis  de  déchets  comme  des  déplacements  élémentaires  d’un  lieu  initial  à  un  lieu  final,  pouvant  inclure une étape de transport et/ou de conditionnement. Dans la logique de l’ordonnancement, des  dates et des flux sont associés à chaque déplacement élémentaire.   Une première étude a alors été menée sur les colis de déchets vitrifiés de haute activité produits à la  Hague. Bien que ne prenant en compte qu’un seul type de déchets, cette étude nous a conduits à  élaborer  trois  scénarios  différents,  que  nous  avons  comparés  sur  un  plan  économique  grâce  aux  données  récupérées  à  l’Andra.  Les  enjeux  sociopolitiques  et  de  sûreté  liés  à  cette  étude  sont  toutefois encore à approfondir, notamment en intégrant des critères issus de la concertation avec les  élus locaux et les associations.  Nous avons ensuite mis en place une méthodologie pour réaliser des scénarios comportant plusieurs  familles de déchets et plusieurs entrepôts initiaux. Cela nous a conduits à développer un logiciel de  simulation et d’analyse des scénarios vis‐à‐vis des différents critères techniques, économiques ou de  sûreté  que  nous  avions  définis.  Cette  méthodologie  a  alors  été  appliquée  pour  obtenir  deux  scénarios répondant à des critères différents : limiter la création de nouveaux entrepôts ou réduire  les risques sur la mise en route du stockage.  Devant la difficulté de comparer des critères de natures différentes, nous nous sommes appliqués à  décortiquer le processus décisionnel qui permettra d’aboutir au scénario retenu pour les premières  années  de  l’exploitation  du  stockage  réversible  profond.  Nous  avons  mis  en  exergue  le  caractère  collectif de l’élaboration des scénarios d’entreposage et de stockage, impliquant à la fois l’Andra et  les producteurs de déchets.  Notre exposé final s’est attaché à montrer la précocité (inattendue) des échéances liées à la décision  des  premiers  colis  à  stocker  dès  2025.  Nous  avons  émis  deux  hypothèses  permettant  d’aboutir  rapidement à une décision en cas de retard dans la concertation entre l’Andra et les producteurs de  déchets :   • La mise en place d’un arbitre, qui reste encore à définir.  • La  prise  de  conscience  collective  de  l’urgence  des  échéances,  qui  permettrait  alors  d’accélérer le processus en réduisant la complexité du problème.            
  • 5.
      Table des Matières  Remerciements ....................................................................................................................................... 2  Résumé .................................................................................................................................................... 3  Table des Illustrations ............................................................................................................................. 8  Introduction ........................................................................................................................................... 10  A/ Petite histoire de la gestion des déchets nucléaires ........................................................................ 11  1.  L’héritage de la politique énergétique française ...................................................................... 11  L’époque des pionniers ................................................................................................................. 11  L’âge d’or ....................................................................................................................................... 12  La chute et la renaissance ............................................................................................................. 13  2.  Le talon d’Achille de l’industrie nucléaire ................................................................................. 14  Les filières de gestion françaises ................................................................................................... 14  Les déchets de haute et de moyenne activité à vie longue .......................................................... 15  L’épineuse question des déchets à vie longue .............................................................................. 17  3. Un enjeu de politique nationale et locale ................................................................................. 18  L’encadrement législatif des trois axes de recherche ................................................................... 18  La réconciliation des intérêts locaux et nationaux ........................................................................ 19  L’introduction d’une exigence sociétale : la réversibilité .............................................................. 20  B/ Le projet de stockage réversible profond ......................................................................................... 22  1.  Un objet scientifique et technologique ..................................................................................... 22  Un objectif de sûreté à long terme ............................................................................................... 22  Une réflexion « à terminaison » .................................................................................................... 23  Des équipements de haute technologie ....................................................................................... 24  2.  Un projet encadré, évalué et contrôlé ...................................................................................... 25  La tutelle administrative ................................................................................................................ 25  L’évaluation scientifique ............................................................................................................... 26  Le contrôle de l’Autorité de sûreté ............................................................................................... 27  3.  Un enjeu financier majeur ......................................................................................................... 28  Une nécessité technique et commerciale pour l’industrie ........................................................... 28  Un exutoire attendu pour les déchets anciens ............................................................................. 28  Une charge financière à provisionner ........................................................................................... 30  C/ Les chroniques d’entreposage et de stockage ................................................................................. 32  1.  Définition ................................................................................................................................... 32  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 5 sur 109  
  • 6.
    Table des Matières  2.  Chroniques et chaine logistique globale ................................................................................... 32  Deux sujets liés .............................................................................................................................. 32  Présentation de la chaine logistique globale et des critères associés .......................................... 33  3.  Une première approche logistique globale ............................................................................... 39  Eléments techniques pour la compréhension ............................................................................... 39  Trois scénarios d’entreposage et de stockage .............................................................................. 40  Résultats étape par étape ............................................................................................................. 41  Synthèse ........................................................................................................................................ 43  D/ Ordonnancement et amélioration des chroniques de stockage ...................................................... 45  1. Modélisation des chroniques .................................................................................................... 45  2.  Méthodologie d’élaboration des chroniques ............................................................................ 45  Contraintes .................................................................................................................................... 45  Critère d’ordonnancement ............................................................................................................ 46  Critères logistiques ........................................................................................................................ 46  3.  Création d’un outil informatique pour la gestion des critères logistiques ............................... 48  Etablissement d’un cahier des charges ......................................................................................... 48  Fonctionnement de l’outil ............................................................................................................. 48  4.  L’obtention puis l’organisation des données ............................................................................ 51  Obtention des données ................................................................................................................. 51  Organisation des données ............................................................................................................. 53  5.  Application :  réalisation  de  deux  chroniques  pour  la  première  tranche  du  stockage  (2025/2040) ....................................................................................................................................... 54  Contexte ........................................................................................................................................ 54  Chronique 1 : limiter la création de nouveaux entrepôts ............................................................. 54  Chronique 2 : réduire les risques sur la mise en route du stockage ............................................. 56  Une comparaison délicate ............................................................................................................. 58  E/ La décision en environnement multi‐acteurs ................................................................................... 60  1.  La nécessaire consolidation des données d’entrée .................................................................. 60  Des incertitudes à lever ................................................................................................................. 60  L’agrément des premiers colis à stocker ....................................................................................... 60  2.  L’élaboration collective des chroniques d’entreposage et de stockage ................................... 61  Une concertation qui doit s’accélérer ........................................................................................... 61  Un planning serré .......................................................................................................................... 62  3.  Un processus décisionnel encore incertain ............................................................................... 63  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 6 sur 109  
  • 7.
    Table des Matières  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 7 sur 109   Les risques inhérents à un retard .................................................................................................. 63  Deux mécanismes décisionnels ..................................................................................................... 64  Conclusion ............................................................................................................................................. 67  Annexe 1 : Intitulé du travail d’option .................................................................................................. 69  Annexe 2 : Document de synthèse des critères et des flux .................................................................. 71  Annexe 3 : Données d’entrée pour les scénarios de gestion des CSD‐V ............................................... 76  Annexe 4 : Code de l’Environnement .................................................................................................... 83  Annexe 5 : Loi n°2006‐739 .................................................................................................................... 89  Annexe 6 : Deux rapports de la Commission Nationale d’Evaluation ................................................... 92  Annexe 7 : PNGMDR 2010‐2012 ........................................................................................................... 97  Annexe 8 : Documentation utilisateur de notre outil informatique ................................................... 104   
  • 8.
        Table des Illustrations  Fig. 1 : Immersion de déchets radioactifs dans l’Atlantique (Andra, 2009) .......................................... 11  Fig. 2 : Production d’électricité en France (RTE, 2009) ......................................................................... 12  Fig. 3 : Les quatre générations de réacteurs nucléaires à l’uranium (EDF, 2009) ................................. 14  Fig. 4 : La classification française des déchets radioactifs (Andra, 2009) ............................................. 15  Fig. 5 : Vue aérienne du CSM ................................................................................................................ 15  Fig. 6 : Vue intérieure du CSTFA ............................................................................................................ 15  Fig. 7 : Vue intérieure du CSFMA ........................................................................................................... 15  Fig. 8 : Répartition en volume des déchets HA et MAVL à fin 2007 (Inventaire National, 2009) ......... 16  Fig. 9 : CSD‐V.......................................................................................................................................... 16  Fig. 10 : CSD‐C ........................................................................................................................................ 16  Fig. 11 : Colis de déchets cimentés........................................................................................................ 17  Fig. 12 : Colis de déchets bitumés ......................................................................................................... 17  Fig. 13 : Galeries souterraines du laboratoire de Bure (Andra, 2009) .................................................. 20  Fig. 14 : Calendrier du projet HA‐MAVL (Andra, 2009) ......................................................................... 20  Fig. 15 : Futures infrastructures du stockage réversible profond (Andra, 2009) .................................. 23  Fig. 16 : Architecture souterraine du stockage à terminaison (Andra, 2009) ....................................... 24  Fig. 17 : Mise en sur‐conteneur MAVL (Andra, 2009) ........................................................................... 25  Fig. 18 : Alvéole de stockage MAVL (Andra, 2009) ................................................................................ 25  Fig. 19 : Hotte de transfert HA (Andra, 2009) ....................................................................................... 25  Fig. 20 : Scie pour saignées radiales (Andra,2009) ................................................................................ 25  Fig. 21 : Organigramme de l’Andra ....................................................................................................... 26  Fig. 22 : Les quatre sites d’entreposage de déchets HA‐MAVL (Andra, 2009) ...................................... 33  Fig. 23 : Entrepôt de colis vitrifiés (CEA/Marcoule) .............................................................................. 34  Fig. 24 : Casemate 14 (CEA/Marcoule) .................................................................................................. 34  Fig. 25 : Emballages de transport de type B (Areva, 2009) ................................................................... 35  Fig. 26 : Emballages de type IP2 ............................................................................................................ 36  Fig. 27 : Colis de stockage pour colis C0 (Andra, 2009) ......................................................................... 36  Fig. 28 : Colis de stockage pour fûts de bitume (Andra, 2009) ............................................................. 37  Fig. 29 : Descenderie par camion (Andra, 2009) ................................................................................... 37  Fig. 30 : Robot pousseur pour alvéole de stockage HA (Andra, 2009) .................................................. 38  Fig. 31 : Alvéole de stockage MAVL (Andra, 2009) ................................................................................ 38  Fig. 32 : Synoptique des trois scénarios CSD‐V explorés ....................................................................... 40  Fig. 33 : Désentreposage des installations de La Hague ....................................................................... 41  Fig. 34 : Construction, exploitation et démantèlement de l’entrepôt supplémentaire ....................... 41  Fig. 35 : Stock de colis primaires dans l’entrepôt du scénario B ........................................................... 42  Fig. 36 : Stock de colis primaires dans l’entrepôt du scénario C ........................................................... 43  Fig. 37 : Construction des alvéoles de stockage .................................................................................... 43  Fig. 38 : Synthèse des coûts actualisés .................................................................................................. 44  Fig. 39 : Méthodologie d’élaboration des chroniques de stockage ...................................................... 45  Fig. 40 : Synoptique de l’outil logiciel (1) .............................................................................................. 49  Fig. 41 : Synoptique de l’outil logiciel (2) .............................................................................................. 50  Fig. 42 : Synoptique de l’outil logiciel (3) .............................................................................................. 50  Fig. 43 : Les fûts de bitume de Marcoule dans l’Inventaire National et le MID .................................... 52  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 8 sur 109 
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    Table des Illustrations  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 9 sur 109   Fig. 44 : Schéma entités‐associations de notre base de données ......................................................... 53  Fig. 45 : Scénario 1 (Chronique première tranche) ............................................................................... 55  Fig. 46 : Flux de stockage journalier (scénario 1) .................................................................................. 55  Fig. 47 : Nombre d’emballages de transport (scénario 1) ..................................................................... 56  Fig. 48 : Scénario 2 (Chronique première tranche) ............................................................................... 57  Fig. 49 : Flux de stockage journalier (scénario 1) .................................................................................. 58  Fig. 50 : Echéances du projet HA‐MAVL ................................................................................................ 62 
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      Introduction  Il y a 1,5 million d’années, l’Homo Habilis inventait la technique en créant les premiers outils. Il y a  500 000  ans,  l’Homo Erectus  réussissait  à  maîtriser  le  feu.  Telles  sont  les  échelles  de  temps  de  l’évolution  humaine.  Il  y  a  50  ans,  l’Homo  Sapiens  Sapiens  français  créait  son  premier  déchet  nucléaire  à  vie  longue,  dont  la  radioactivité  restera  dangereuse  pendant  au  moins  un  million  d’années.    De nos jours, les déchets de haute et de moyenne activité à vie longue (HA‐MAVL) sont entreposés  dans des installations de surface conçues pour durer une cinquantaine d’années. Devant la nécessité  de  « limiter  les  charges  qui  seront  supportées  par  les  générations  futures »2 ,  il  est  apparu  indispensable de rechercher des solutions de gestion à long terme pour les déchets radioactifs à vie  longue.    L’Agence  Nationale  pour  la  gestion  des  Déchets  Radioactifs  (Andra)  est  chargée  de  concevoir  un  centre  de  stockage  en  couche  géologique  profonde  pour  isoler  les  déchets  HA  et  MAVL  de  la  biosphère  pendant  le  million  d’années  nécessaires  à  la  décroissance  de  leur  radioactivité.  Notre  travail de fin d’études aux Mines de Paris s’est inscrit dans ce projet à forts enjeux.     Comme le précise son intitulé3 , notre étude concernait en effet la gestion opérationnelle des colis de  déchets HA et MAVL depuis leur production jusqu’à leur stockage, avec l’objectif de « proposer des  méthodes de modélisation et d’analyse des scénarios possibles de gestion des déchets et colis de  déchets, et à en tester l’application sur des cas concrets. »     La première partie de ce rapport présente l’ensemble du contexte concernant la gestion des déchets  de haute et moyenne activité à vie longue (parties A et B). Nous présentons ensuite le cœur de notre  travail sur les chroniques d’entreposage et de stockage (parties C et D) qui nous a amené à nous  interroger sur le processus décisionnel de la chronique finale dans un environnement multi‐acteurs  (partie E).                                                               2  Voir Annexe 4 : Code de l’Environnement  3  Voir Annexe 1 : Intitulé du travail d’option  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 10 sur 109 
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      A/ Petite histoire de la gestion des déchets nucléaires4  1. L’héritage de la politique énergétique française  L’époque des pionniers  Les premiers déchets radioactifs apparaissent en France dans les années 1930. Ce sont les sources de  radium  utilisées dans  les  hôpitaux  pour  soigner  le  cancer.  Les  premiers  déchets  nucléaires  apparaissent  quant  à  eux  après  la  seconde  guerre  mondiale,  avec  la  création  du  Commissariat  à  l’Energie Atomique (CEA), qui entame les premières recherches nucléaires françaises.    La quantité de déchets radioactifs devient significative en France au cours des années 1950 et 1960,  avec la fabrication d’armes atomiques et la construction des réacteurs électronucléaires de première  génération, fonctionnant à l’uranium naturel. Le premier essai nucléaire est organisé en Algérie en  1960 et la force de dissuasion nucléaire française devient opérationnelle en 1964, avec la première  prise d’alerte d’un Mirage IV armé d’une bombe à fission. La première bombe à fusion explose en  1968 et la flotte de sous‐marins nucléaires lanceurs d’engins est constituée à partir de 1971.     A  cette  époque,  le  CEA  dispose  de  plusieurs  sites  dédiés  à  la  conception  de  la  bombe  atomique  française.  Les  sites  de  Pierrelatte  (26)  et  de  Marcoule  (30)  produisent  respectivement  l’uranium  hautement enrichi et le plutonium, qui servent à la fabrication des têtes nucléaires, assemblées sur le  site  de  Valduc  (21).  Le  site  de  Marcoule,  avec  ses  trois  réacteurs  et  son  usine  de  traitement  des  combustibles  usés,  est  le  premier  à  produire  des  déchets  nucléaires.  Les  premières  installations  militaires de Pierrelatte et de Marcoule sont aujourd’hui en cours de démantèlement, car les stocks  de  matières  fissiles  à  usage  militaires  sont  considérés  comme  suffisants  pour  les  besoins  de  la  Défense Nationale.    Au  début  des  années  1960,  le  stockage  des  déchets  radioactifs  n’est  pas  encore  une  solution  éprouvée. Les déchets font néanmoins l’objet d’un conditionnement solide assurant le confinement  des radionucléides et sont entreposés sur site, dans l’attente d’une solution satisfaisante. En 1967 et  en 1969, la France participe toutefois à deux campagnes internationales d’immersion en Atlantique.  Au total, 46 396 fûts de déchets de faible activité sont immergés à 4 000 mètres de profondeur. Cette  pratique, initiée à titre expérimental par la France, a été arrêtée définitivement depuis la Convention  de Londres (1982).    Fig. 1 : Immersion de déchets radioactifs dans l’Atlantique (Andra, 2009)                                                               4  D’après l’ouvrage de cours Introduction au génie atomique, de Jacques Bouchard, Jean‐Paul Deffain et Alain  Gouchet (Les Presses Mines ParisTech)  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 11 sur 109 
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    Petite histoire de la gestion des déchets nucléaires    Dans le civil, sept réacteurs de puissance fonctionnant à l’uranium naturel sont mis en service de  1963 à 1972. Ils sont implantés sur les premières centrales nucléaires EDF à Chinon, Chooz, Saint‐ Laurent et Bugey. Cette première génération de réacteurs électronucléaires affiche des puissances  comprises entre 70 et 540 MW, à comparer aux 900 MW, 1300 MW puis 1500 MW de la seconde  génération de réacteurs.    L’âge d’or  En  1974,  le premier  choc  pétrolier  conduit  le  gouvernement  français  à  lancer  un  ambitieux  programme  électronucléaire.  Le  constructeur  américain  Westinghouse  cède  la  licence  de  ses  Réacteurs  à  Eau  Pressurisée  (REP)  au  français  Framatome.  Eurodif,  la  première  usine  civile  d’enrichissement  est  créée  à  Pierrelatte  pour  alimenter  la  seconde  génération  de  réacteurs,  fonctionnant à l’uranium légèrement enrichi. En 20 ans seulement, 58 réacteurs sont construits sur  19 centrales nucléaires. La France acquiert alors un taux d’indépendance énergétique proche de 50%  et se positionne comme le second producteur mondial d’électricité d’origine nucléaire, derrière les  Etats‐Unis. La filière connaît un essor remarquable et permet à EDF de se développer en Europe.      Fig. 2 : Production d’électricité en France (RTE, 2009)    En  1976,  l’Etat  crée  la  Compagnie  générale  des  matières  nucléaires,  la  Cogema,  spécialisée  dans  l’approvisionnement en uranium et dans le traitement des combustibles usés. La Cogema exploite  alors l’usine de La Hague, où sont traités les combustibles usés des réacteurs français et étrangers à  une  échelle  industrielle.  Deux  nouvelles  lignes  de  séparation  des  matières  valorisables  et  de  conditionnement  des  déchets  ultimes  y  sont  créées  au  début  des  années  1990  pour  répondre  à  l’explosion de la demande.     L’avantage du traitement est de permettre le recyclage des combustibles usés. Toutes les puissances  nucléaires n’ont pas fait ce choix : aux Etats‐Unis par exemple, le combustible usé n’est pas valorisé,  c’est  un  déchet  ultime  destiné  au  stockage.  L’usine  de  La  Hague  permet  de  récupérer  l’uranium  restant  dans  le  combustible  ainsi  que  le  plutonium  apparu  au  cours  de  l’irradiation  en  réacteur.  L’uranium de retraitement peut être ré‐enrichi pour former du combustible neuf. Le plutonium est  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 12 sur 109  
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    Petite histoire de la gestion des déchets nucléaires  envoyé à l’usine MELOX de Marcoule pour y être mélangé avec de l’uranium appauvri et donner du  combustible recyclé MOX  (Mixed OXydes). Aujourd’hui, l’uranium de retraitement enrichi et le MOX  alimentent  respectivement  4 et  21  réacteurs  nucléaires  EDF,  ce  qui  porte  à  17%  la  part  de  combustible électronucléaire français provenant du recyclage.    Le choix du traitement et du recyclage justifie le concept de « cycle du combustible nucléaire ». Cette  politique  conditionne  également  la  définition  légale  des  déchets  radioactifs.  Selon  le  Code  de  l’Environnement, les déchets radioactifs ultimes sont ceux qui « ne peuvent plus être traités dans les  conditions techniques et économiques du moment, notamment par extraction de leur part valorisable  ou  par  réduction  de  leur  caractère  polluant  ou  dangereux »5 .  La  sémantique  distingue  donc  les  matières radioactives, l’uranium et le plutonium, des déchets radioactifs.    La chute et la renaissance  L’accident de la centrale américaine de Three Mile Island le 28 mars 1979 et l’explosion de la centrale  ukrainienne de Tchernobyl le 26 avril 1986 portent un coup sévère au développement de la filière  électronucléaire  durant  les  décennies  1980  et  1990.  Les  nombreuses  analyses  rétrospectives  ont  toutefois  montré  que  l’accident  de  Tchernobyl  était  imputable  à  l’incompétence  flagrante  du  personnel et à une série d’essais complètement hasardeux. Mais à l’époque, les 50 pertes directes,  auxquelles viennent s’ajouter au moins 4 000 décès causés par les radiations et la contamination de  l’environnement,  traumatisent  le  monde  entier.  La  plupart  des  pays,  dont  la  France,  gèlent  leur  programme  nucléaire  et  certains  pays,  comme  l’Autriche  et  l’Italie,  décident  même  de  sortir  du  nucléaire.    C’est  l’imminence  d’une  autre  catastrophe  environnementale  qui  permet  à  l’industrie  électronucléaire de rebondir au début des années 2000. Le changement climatique vient apporter un  argument de poids aux « supporters du tout nucléaire » : c’est la seule source d’énergie sans carbone  qui soit capable de se substituer aux énergies fossiles ! En effet, les énergies renouvelables ne seront  pas suffisantes, car l’hydraulique est pratiquement exploitée au maximum de ses possibilités, tandis  que l’éolien et le solaire forment une offre peu compétitive, irrégulière et insuffisante.    En  2007,  le  chantier  du  premier  réacteur  de  troisième  génération,  de  technologie  EPR  (European  Pressurized Reactor), est finalement lancé à Flamanville. La conception de ces nouveaux réacteurs  n’est  pas  révolutionnaire,  mais  vise  à  capitaliser  l’expérience  acquise  avec  les  réacteurs  à  eau  pressurisée, en vue d’assurer la relève d’un parc nucléaire vieillissant. Cependant, le programme EPR  ayant pris au moins deux décennies de retard avec l’effet Tchernobyl, EDF envisage de prolonger la  durée de vie des centrales actuelles au‐delà des quarante ans d’exploitation initialement prévus.    La génération suivante de réacteurs fait déjà l’objet d’intenses recherches, coordonnées au sein du  Forum International Génération IV. Un consensus semble s’établir autour des réacteurs à neutrons  rapides pour constituer cette quatrième génération. En tout état de cause, il est certain que la fusion  nucléaire ne pourra prendre la relève de la fission avant au moins un siècle, ce qui assure un bel  avenir à la production des déchets nucléaires tels qu’on les connaît.                                                                 5  Voir Annexe 4 : Code de l’Environnement  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 13 sur 109  
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    Petite histoire de la gestion des déchets nucléaires    Fig. 3 : Les quatre générations de réacteurs nucléaires à l’uranium (EDF, 2009)  2. Le talon d’Achille de l’industrie nucléaire  Les filières de gestion françaises  La  France a  adopté  une  classification  de  ses  déchets  radioactifs  basée  sur  deux  paramètres :  leur  activité et leur période radioactive. En se désintégrant, les éléments radioactifs contenus dans les  déchets  émettent  l’un  des  trois  types  de  rayonnements  dangereux,  classés  par  pouvoir  de  pénétration croissant : alpha (noyaux d’hélium), béta (électrons ou positons) et gamma (photons de  grande énergie). L’activité des éléments radioactifs s’exprime en becquerels (Bq), correspondant à  un  nombre  de  désintégration  par  seconde.  Les  déchets  sont  considérés  de  faible  activité  jusqu’à  100 000 Bq par gramme, soit 10 000 fois la radioactivité naturelle du granite, mais seulement 10 fois  la radioactivité naturelle du minerai d’uranium.    La gravité de l’exposition humaine à la radioactivité s’exprime en débit de dose, dont l’unité est le  sievert (Sv). Pour un colis de déchets radioactifs, elle est non seulement fonction de l’activité du colis,  mais aussi de la capacité de confinement de son conditionnement, de la distance du sujet exposé et  de  la  durée  de  l’exposition.  Les  déchets  de  haute  activité  sont  par  exemple  transportés  dans  des  emballages blindés qui abaissent le débit de dose au contact à un niveau très inférieur à celui de la  radioactivité naturelle, estimée à 2,4 mSv par an et par personne. La réglementation européenne fixe  la limite d’exposition artificielle du public à 1 mSv par an et celle des travailleurs du nucléaire à 20  mSv par an.    La période radioactive correspond au  temps  nécessaire pour que la quantité d’atomes radioactifs  présents  dans  un  colis  de  déchets  se  soit  désintégrée  de  moitié.  La  période  varie  avec  les  caractéristiques de chaque élément radioactif, dont la durée de vie vaut une dizaine de période. Par  exemple, les déchets à vie courte ont une période radioactive inférieure à 31 ans et perdent toute  trace  de  radioactivité  après  300  ans.  Ils  sont  stockés  par  l’Andra  dans  les  centres  de  stockage  de  surface de l’Aube. A l’opposé, les déchets à vie longue peuvent rester dangereux pour l’homme et  son environnement pendant des centaines de milliers d’années. La période radioactive du neptunium  237 est ainsi supérieure à 2 millions d’années !     Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 14 sur 109  
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    Petite histoire de la gestion des déchets nucléaires    Vie très courte (VTC)  Vie Courte  (VC)  Vie Longue  (VL)  Très Faible  Activité (TFA)  Déchets VTC  (Entreposage de  décroissance sur site)  Déchets TFA  (Centre de stockage de Morvilliers)  Faible Activité  (FA)  Déchets FMA‐VC  (Centre de stockage  de Soulaines)  Déchets FAVL  (Stockage en projet)  Moyenne Activité  (MA)  Déchets HA‐MAVL  (Stockage en projet)  Haute Activité  (HA)  3,8% des déchets en volume  99,9% de la radioactivité !  Fig. 4 : La classification française des déchets radioactifs (Andra, 2009)    Comme on  peut  le  voir  dans  le  tableau  précédent,  les  deux  paramètres  physiques  « activité »  et  « durée de vie » délimitent plusieurs filières d’élimination des déchets dont la gestion est assurée par  l’Andra. Les filières pour les déchets à vie longue sont encore à l’état de projet, que ce soit le centre  de stockage à faible profondeur des déchets de faible activité à vie longue ou le centre de stockage  en couche géologique profonde des déchets de haute et moyenne activité à vie longue. A l’inverse,  les filières pour les déchets à vie courte sont d’ores‐et‐déjà opérationnelles.     Dans ce cadre, l’Andra est en charge de la surveillance du Centre de Stockage de la Manche (CSM),  qui  a  accueilli  entre  1969  et  1994  plus  de  500 000  m3   de  déchets  de  (FMA‐VC).  L’Andra  exploite  désormais dans l’Aube le Centre de Stockage des déchets de Très Faible Activité (TFA), le CSTFA, et le  Centre de Stockage des déchets de Faible et Moyenne Activité à Vie Courte (FMA‐VC), le CSFMA,  dotés respectivement d’une capacité de 650 000 m3  et d’1 million de m3 .       Fig. 5 : Vue aérienne du CSM  Fig. 6 : Vue intérieure du CSTFA Fig. 7 : Vue intérieure du CSFMA Les déchets de haute et de moyenne activité à vie longue  En 2007, l’Inventaire National a recensé 3 000 m3  de déchets de Haute Activité (HA) et 40 000 m3  de  déchets de Moyenne Activité à Vie Longue (MAVL) français. En 2030, on estime que l’inventaire sera  porté à 5 000 m3  pour les déchets HA et 50 000 m3  pour les déchets MAVL. La filière électronucléaire  est responsable à elle seule de la production de 80% des déchets HA et de 60% des déchets MAVL.  S’ils ne représentent en volume que 0,2% du total des déchets radioactifs français, les déchets HA  concentrent à eux seuls 95% de la radioactivité !    Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 15 sur 109  
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    Petite histoire de la gestion des déchets nucléaires  Déchets HA         Déchets MAVL    Fig. 8 : Répartition en volume des déchets HA et MAVL à fin 2007 (Inventaire National, 2009)    Les  déchets  HA  et  MAVL  français  sont  principalement  issus  du  traitement  des  combustibles  usés,  actuellement réalisé par Areva à La Hague grâce à deux usines de capacité annuelle de 800 tonnes de  combustible chacune. Une fois déchargé du réacteur, le combustible usé contient 96% de matières  valorisables  (95%  d’Uranium  et  1%  de  Plutonium)  et  4%  de  déchets  radioactifs.  Le  traitement  consiste à séparer les matières valorisables des déchets, à les purifier et à les conditionner sous une  forme qui permette de les expédier en toute sécurité vers les usines de fabrication du combustible  recyclé.    Les 4% d’éléments non‐valorisables présents dans le combustible usé sont constitués :  • de produits de fission (Césium 134, Strontium 90), éléments radioactifs à vie courte, et  • d’actinides mineurs (Curium 244, Américium 241), éléments radioactifs à vie longue.  Ces déchets sont concentrés dans une solution de haute activité et mélangés à de la fritte  de  verre  dans  un  four  de  fusion  pour  former  un  verre  homogène  emprisonnant  les  éléments  radioactifs.  C’est  le  procédé  de  vitrification,  élaboré  dans  l’Atelier  Pilote  de  Marcoule, puis mis en service à une échelle industrielle dans l’Atelier de Vitrification de  Marcoule et les ateliers R7 et T7 de La Hague. 98% du volume des déchets HA français  destinés  au  stockage  profond  se  présente  sous  forme  de  colis  de  déchets  vitrifiés.  Le  reste est composé de quelques combustibles usés expérimentaux et issus de la propulsion  navale, qui seront sans doute stockés en l’état. Traiter 800 tonnes de combustible usé  génère environ 500 Colis Standards de Déchets Vitrifiés (CSD‐V) de 400 kg.    Fig. 9 : CSD‐V  Le traitement des combustibles usés produit également de nombreux déchets MAVL et  en premier lieu, les déchets de structure des assemblages combustibles, qui contiennent  des produits d’activation à vie longue. Areva a mis au point à La Hague un procédé de  compactage  des  coques  et  embouts  qui  permet  de  diviser  le  volume  de  ce  type  de  déchets par un facteur cinq. La France applique en effet une stratégie de concentration  de la radioactivité qui passe par la réduction du volume des déchets ultimes. Les galettes  obtenues  sont  ensuite  conditionnées  dans  des  Conteneurs  Standards  de  Déchets  Compactés (CSD‐C) de 175L, géométriquement semblables aux conteneurs de déchets  vitrifiés.  Fig. 10 : CSD‐C   Comme tout procédé industriel, le traitement génère également des déchets technologiques qui lui  sont propres : matériels usés, gants, filtres, résines. Ces déchets sont conditionnés en colis cimentés.  Enfin,  les  effluents  radioactifs  issus  notamment  des  opérations  de  rinçage  sont  ordinairement  conditionnés en colis de déchets bitumés. Un conditionnement des déchets sous forme solide est en  effet une spécification d’acceptation au stockage indispensable.  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 16 sur 109  
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    Petite histoire de la gestion des déchets nucléaires                 Fig. 11 : Colis de déchets cimentés                Fig. 12 : Colis de déchets bitumés    Outre  les  déchets  issus  directement  du  traitement  des  combustibles  usés,  certaines  structures  activées par les flux de neutrons présents dans les réacteurs nucléaires conduisent à des déchets  MAVL en faible quantité, par exemple, les grappes de contrôles ou les structures récupérées après  démantèlement. Par ailleurs, les installations de recherche du CEA et le programme de la défense  nationale  produisent  également  des  déchets  MAVL.  Les  déchets  MAVL,  contenant  moins  de  radionucléides  à  vie  courte  que  les  déchets  HA,  émettent  peu  de  chaleur  mais  nécessitent  un  isolement de longue durée à cause de leur contenu en éléments radioactifs à vie longue.    L’épineuse question des déchets à vie longue  Les  déchets  nucléaires,  et  tout  particulièrement  les  déchets  à  vie  longue,  alimentent  traditionnellement  l’argumentaire  des  opposants  à  l’énergie  atomique.  Au‐delà  du  danger  lié  à  l’exposition directe, ils représentent une menace à très long terme pour l’environnement. La durée  de leur nocivité est un argument qui défie la raison. Comment s’assurer que les radionucléides ne se  répandront pas dans la nature, qu’ils ne pollueront pas les sols et les nappes phréatiques, qu’ils ne  passeront pas dans la chaîne alimentaire ? Qui les surveillera pendant un million d’années ?     Lorsque l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs est créée en 1979, sa mission est  limpide : régler le problème des déchets nucléaires qui menace l’avenir de la filière électronucléaire  française. Pour des raisons de sûreté et de radioprotection, les déchets HA et MAVL ne peuvent être  stockés en surface, comme c’est déjà le cas pour les déchets à vie courte. Depuis les années 60, un  concept  fait  consensus  au  sein  de  la  communauté  scientifique  internationale :  le  stockage  en  profondeur.  L’idée  est  de  disposer  les  déchets  dans  une  formation  géologique  assurant  le  confinement des radionucléides durant les centaines de milliers d’années nécessaires.     Pour  explorer  cette  voie,  l’Andra  s’associe  en  1982  avec  la  Belgique,  la  Suisse  et  l’Allemagne,  qui  possèdent  déjà  des  laboratoires  souterrains  destinés  à  l’exploration  de  formations  argileuses,   granitiques  et  salines.  A  la  fin  des  années  1980,  l’agence  prospecte  les  campagnes  françaises  en  quête d’une formation géologique adéquate. Quatre départements sont retenus pour faire l’objet  d’un examen approfondi de leur sous‐sol : les Deux Sèvres (granite), le Maine et Loire (ardoise), l’Ain  (formations salines) et l’Aisne (argile).     Sur  place,  les  techniciens  entament  des  études  géologiques  et  sismiques,  mais  se  heurtent  rapidement  à  des  réactions  violentes,  relayées  par  un  puissant  écho  médiatique  stigmatisant  les  « poubelles nucléaires » de l’Andra. C’est le début d’un bras de fer entre l’intérêt général et l’intérêt  particulier. Investis d’une mission stratégique pour l’avenir de la politique énergétique française, les  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 17 sur 109  
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    Petite histoire de la gestion des déchets nucléaires  ingénieurs négligent de consulter les élus locaux et les associations. Soucieux de l’impact négatif que  pourrait  avoir  un stockage  sur  l’image  de  leur  région  et  son  économie,  certains  riverains  se  mobilisent contre le projet.     Au‐delà de la réticence des populations locales, le projet de stockage profond rencontre également  l’opposition  frontale  des  militants  anti‐nucléaires.  Des  rassemblements  fortement  médiatisés  sont  organisées sur les sites qui retiennent l’attention de l’Andra. En mettant en échec toute solution de  gestion à long terme des déchets, les opposants entendent démontrer que l’industrie nucléaire toute  entière  est  dans  une  impasse.  Cette  résistance  idéologique  n’a  qu’un  seul  but :  alarmer  l’opinion  publique pour que la France sorte du nucléaire.    Sous l’effet de la vive opposition suscitée par les investigations sur le terrain, le Premier Ministre  Michel Rocard décrète en 1989 un moratoire qui gèle les recherches menées dans le cadre du projet  de  stockage  profond.  Pour  sortir  de  cette  impasse  et  redonner  une  légitimité  au  projet,  le  gouvernement décide de transmettre le dossier au législateur au début des années 1990.    3. Un enjeu de politique nationale et locale  L’encadrement législatif des trois axes de recherche  Le 30 décembre 1991, le parlement vote sans opposition une loi sur la gestion durable des déchets  radioactifs.  On  la  nomme  aussi  « loi  Bataille »,  du  nom  de  son  rapporteur,  le  député  du  Nord,  Christian Bataille, également membre de l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques  et Technologiques (OPECST). Cette loi est historique à double titre. Elle marque d’abord la prise en  main du problème de la gestion des déchets HA et MAVL par les parlementaires. C’est également la  première fois qu’une loi française fixe avec précision le contenu d’un programme de recherche.    La  loi  définit  en  effet  trois  axes  de  recherches  pour  la  gestion  des  déchets  de  haute  activité.  Le  stockage en couche géologique profonde reste une solution privilégiée, dont l’étude est confiée à  l’Andra.  A  cette  occasion,  l’agence  se  voit  attribuer  le  statut  d’Etablissement  Public  Industriel  et  Commercial (EPIC). L’objectif est de lui conférer une véritable indépendance vis‐à‐vis du CEA (dont  elle était précédemment un département), et plus largement des producteurs de déchets.    Le CEA hérite des deux autres axes de recherche : l’entreposage de longue durée en surface et la  séparation‐transmutation.  L’entreposage  n’est  pas  une  solution  définitive car  les  installations  de  surface  ont  des  durées  de  vie  limitées.  Cette  solution  fait  donc  supporter  la  charge  des  déchets  radioactifs  sur  les  générations  futures.  Elle  nécessite  en  effet  de  reconstruire  périodiquement  de  nouveaux  entrepôts  et  d’y  transférer  les  déchets  qui  s’accumulent,  tout  en  sachant  que  leur  conditionnement  se  dégrade  avec  le  temps.  L’entreposage  permet  cependant  de  regrouper  les  déchets afin d’en faciliter l’accès et la surveillance, dans l’attente de progrès scientifiques permettant  l’émergence de nouvelles solutions. Aujourd’hui, l’entreposage de longue durée comme solution de  gestion à long terme des déchets a été abandonné par la loi. Toutefois, l’entreposage préalable des  déchets reste une étape nécessaire, pour assurer notamment la décroissance thermique des déchets  dont  la  température  est  incompatible  avec  le  stockage  en  couche  géologique  profonde.  L’entreposage est par ailleurs la seule solution disponible à l’heure actuelle pour gérer les déchets HA  et MAVL.   Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 18 sur 109  
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    Petite histoire de la gestion des déchets nucléaires    Le dernier axe, celui de la séparation‐transmutation, est de loin le plus prospectif. Dans un contexte  industriel,  la  séparation poussée  interviendrait  dans  le  cadre  du  traitement  du  combustible  usé,  après  que  la  solution  de  haute  activité  ait  été  épurée  des  matières  valorisables  (uranium  et  plutonium). Plutôt que de vitrifier cette solution en vue de l’entreposer puis de la stocker, l’idée de la  séparation poussée est d’en extraire sélectivement les radionucléides : neptunium, puis iode, puis  américium, puis curium, etc. La faisabilité de ce procédé a été démontrée dans l’installation Atalante  du CEA à Marcoule.    La transmutation vise à diminuer la durée de vie des radioéléments à vie longue isolés par séparation  poussée. Un tel miracle pourrait être obtenu par bombardement neutronique dans un réacteur à  neutrons rapides (RNR). C’est la raison pour laquelle le CEA privilégie les RNR comme solution de  référence pour la quatrième génération de réacteurs électronucléaires. Le réacteur expérimental à  neutrons rapides Phénix a démontré la faisabilité de la transmutation de certains actinides mineurs  comme  l’américium  et  le  neptunium.  Cependant,  les  recherches  menées  par  le  CEA  ont  conclu  à  l’infaisabilité industrielle de la transmutation des produits de fission comme l’iode 129 et le césium  135. La transmutation ne pourra donc pas se substituer au stockage profond des déchets ultimes de  haute activité. A terme, elle pourra toutefois en réduire la nocivité.    La réconciliation des intérêts locaux et nationaux  En  1993,  le  député  Christian  Bataille  prend  en  charge  une  mission  de  médiation  pour  trouver  de  nouveaux  sites  susceptibles  d’accueillir  un  laboratoire  souterrain.  Après  l’échec  des  investigations  menées  sans  concertation  à  la  fin  des  années  1980,  le  processus  intègre  dorénavant  un  dialogue  direct avec les élus locaux. Un appel à candidature est lancé auprès des Conseils Généraux de toute  la France, et quatre départements sont finalement retenus pour l’intérêt de leur sous‐sol : la Vienne,  la Meuse, la Haute‐Marne et le Gard.    En 1994, les géologues de l’Andra peuvent retourner sereinement sur le terrain. Leurs investigations  sont désormais encadrées par une loi, et soutenues sur place par des élus qui trouvent un véritable  intérêt dans le projet. Le stockage en couche géologique profonde représente en effet une source  importante d’emplois directs et indirects sur une durée d’exploitation qui dépassera certainement le  siècle. En plus des emplois créés, un laboratoire souterrain génère également des revenus directs  pour les communes et les départements sur lesquels il est implanté, via un fonds d’accompagnement  financé directement par une taxe payée par les producteurs de déchets radioactifs.     L’Andra  dépose  en  1996  trois  demandes  de  création  pour  des  laboratoires  souterrains  dans  la  Vienne, dans le Gard et sur la commune de Bure (85 habitants), située à la frontière entre la Meuse  et  la  Haute‐Marne.  Cependant,  le  site  granitique  de  la  Vienne  est  écarté  pour  des  raisons  scientifiques.  Le  site  du  Gard  rencontre  sur  place  la  vive  opposition  de  certains  vignerons  qui  craignent que le projet porte atteinte à l’image de leur vignoble. Un unique laboratoire voit donc le  jour à Bure, pour y étudier une couche d’argile datant du Callovo‐Oxfordien (‐160 Millions d’années).  Le but est de recueillir des données sur le comportement mécanique, thermique et chimique de la  roche à 500 mètres de profondeur, afin de tester ses capacités de confinement, son imperméabilité  et sa stabilité.  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 19 sur 109  
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    Petite hiistoire de la ggestion des ddéchets nuclléaires    L B d d à c c l’ B « La constructi Bien  que  cet de déchets  d’opposition  à  faire  barr concertation chargés  du  ’occasion d’u Bure, les com « Oui au labo ion du labor tte  installati radioactifs locaux, nati rage  au  pr   mené  par  sujet  sem un rassembl mmunes avo o ! ».   ratoire de B on  n’ait  pas s,  elle  mob ionaux et eu ojet.  Cepen les  parleme ble  avoir  p ement anti‐n oisinantes arb ure débute  s  vocation  à  bilise  des  uropéens dé ndant,  le  tr entaires  qui porté  ses  nucléaire eu borent des p en 2000.  recevoir  collectifs  éterminés  ravail  de    se  sont  fruits.  A  ropéen à  pancartes  Fig lab g. 13 : Galerie boratoire de B es souterraine Bure (Andra, 2 es du  2009)  Un  Com permane des asso future im place  de Reconna intégré à mité  Local  d ent entre les ociations et m mplantation  e  choix.  Grâ aissance App à la fois des c d’Information s ingénieurs  même des op des installa âce  à  cette  profondie (ZI critères scien n  et  de  Sui de l’Andra e pposants au  tions de sur structure  d IRA), qui cou ntifiques et s ivi  (CLIS)  es et le public.  projet. Parm rface et des  ’échange,  la uvre une tre socio‐économ st  mis  en  p Le CLIS intè mi les sujets q ouvrages so a  délimitatio entaine de k miques.   place  pour  ègre notamm qui y sont dé outerrains d on  de  la  Zo m2  à proxim assurer  un  ment des élu ébattus, le ch u stockage t ne  d’Intérêt mité du labor dialogue  us locaux,  hoix de la  tient une  t  pour  la  ratoire, a    L’introdduction d’uune exigence sociétale  : la réversiibilité  En juin  parleme profond  à vie lon public av réserve d 2005, l’Andr entaires  vote la solution d ngue. La loi  vant que sa  d’un décret d ra établit la  ent  en  2006 de référence encadre str demande d’a d’autorisatio faisabilité d 6  une  nouve e pour la gest ictement le  autorisation  on de créatio du stockage  elle  loi  de  p tion des déc calendrier d de création  on, la mise en       La loi n° public o sûreté, m le  plan  t                 6  Voir An Di Zazzo/Mic °2006‐739 af rganisé en 2 mais sociétal technique,  l                        nexe 5 : Loi n chaël Fertin  ffirme un co 2005 : la réve le. Il s’agit de es  colis  stoc                         °2006‐739  Fig. 14 :  oncept soute ersibilité. Ce e ne pas ferm ckés  dans  le Calendrier du enu par la so e concept ne mer l’avenir  es  alvéoles  s u projet HA‐M dans la cou programme6 hets de haut du projet, qu soit instruit n service du  che d’argile qui  fait  du te activité et ui devra être e au cours d stockage est  étudiée à  B u  stockage  r t de moyenn e soumis à u de l’année 20 t prévue pou Bure. Les  réversible  e activité  un débat  015. Sous  ur 2025.     ociété civile  e relève pas  avec des déc souterraines  MAVL (Andra,  à l’occasion d’une exige cisions prises devront  po 2009)  n d’un premi nce techniq s dans le pré uvoir  être  r ier débat  ue ou de  ésent. Sur  écupérés  Jérémy D Page 200 sur 109  
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    Petite histoire de la gestion des déchets nucléaires  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 21 sur 109   pendant une durée d’au moins cent ans, notamment dans le cas d’une évolution des connaissances  scientifiques qui  permettrait  de  valoriser  les  déchets  autrement.  Sur  le  plan  décisionnel,  l’Andra  envisage  actuellement  la  réversibilité  par  le  pilotage  progressif  du  processus  de  stockage,  qui  pourrait s’étaler sur une centaine d’années. La fermeture du site pourra être effectuée par étapes  intermédiaires, tout en sachant que les opérations de retrait des colis deviendraient progressivement  plus complexes.     En outre, le stockage devra être modulaire, afin de permettre aux générations suivantes d’en faire  évoluer la conception en fonction du retour d’expérience acquis. Les décisions correspondant à la  construction, à la mise en exploitation, au remblaiement, puis au scellement de chaque module de  stockage seront prises par les parties prenantes à l’occasion de jalons intermédiaires, qui pourraient  être planifiés tous les dix ans par exemple.   
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      B/ Le projet de stockage réversible profond  1. Un objet scientifique et technologique  Un objectif de sûreté à long terme  L'objectif fondamental du stockage réversible profond est rappelé par le Guide de sûreté relatif au  stockage  définitif des  déchets  radioactifs  en  formation  géologique  profonde  (ASN,  2008)  :  «  La  protection des personnes et de l'environnement constitue l'objectif fondamental assigné au stockage  des  déchets  en  formation  géologique  profonde.  Elle  doit  être  assurée  envers  les  risques  liés  à  la  dissémination de substances radioactives et de toxiques chimiques ».    La  protection  de  l’homme  et  de  l’environnement  repose  sur  le  respect  d’exigences  de  sûreté  de  conception  et  d’exploitation  qui  garantissent  leur  maintien  dans  toutes  les  situations  de  fonctionnement  ou  de  configurations  pour  lesquelles  elles  sont  requises.  En  exploitation,  les  fonctions de sûreté d’un stockage de déchets radioactifs sont comparables à celles de toute autre  installation nucléaire, notamment protéger le personnel, le public et l’environnement des risques de  dissémination des substances radioactives et d’exposition externe aux rayonnements ionisants.    Les recherches sur le stockage réversible profond s’inscrivent dans l’objectif de « prévenir ou limiter  les  charges  qui  seront  supportées  par  les  générations  futures  »  (loi  n°  2006‐739  du  28  juin  2008,  article 2). Aussi, le stockage est‐il conçu de manière à pouvoir être fermé. Après cette fermeture, la  protection  de  l’homme  et  de  l’environnement  sera  assurée  par  la  mise  en  œuvre  de  dispositions  passives. En effet, le Guide de sûreté précise : « Après la fermeture de l’installation, la protection de  la santé des personnes et de l’environnement ne doit pas dépendre d’une surveillance et d’un contrôle  institutionnel qui ne peuvent pas être maintenus de façon certaine au‐delà d’une période limitée ». La  passivité du stockage après la fermeture constitue la différence fondamentale de fonctionnement  avec un entreposage.    Pour  obtenir  l’autorisation  de  création  du  stockage  réversible  profond,  l’Andra  doit  apporter  à  l’Autorité de sûreté nucléaire la démonstration que les « barrières » mises en place pour isoler les  déchets  de  la  biosphère  assureront  la  sûreté  après  fermeture  sur  la  durée  nécessaire  à  la  décroissance radioactive des éléments à vie longue, soit un million d’années. La mise en œuvre d’une  telle démonstration est une première sur le plan scientifique. Pour y parvenir, l’Andra est associée à  plusieurs  laboratoires  de  recherche,  universités  et  prestataires  spécialisés.  Le  CEA  assure  ainsi  la  réalisation de plusieurs études qui nécessitent des moyens et des compétences très pointus.    Voici quelques exemples de fonctions de sûreté auxquelles contribuent les alvéoles de stockage :  • S’opposer aux circulations d’eau,  • Limiter le relâchement des radionucléides et les immobiliser,  • Retarder et atténuer la migration des radionucléides, grâce à une épaisseur d’argilite de 60  mètres au‐dessus et en dessous des alvéoles (barrière de diffusion),  • Protéger la roche hôte en limitant les perturbations mécaniques induites dans la roche au  voisinage.    Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 22 sur 109 
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    Le projet de stockage réversible profond  Une réflexion « à terminaison »  L’Andra a publié en 2009 un dossier qui propose une première description des futures infrastructures  du stockage réversible profond. En voici une brève présentation. Le centre de stockage comprendra  des  installations  de surface,  des  installations  souterraines  et  des  ouvrages  reliant  la  surface  et  le  fond.  En  surface,  un  premier  ensemble  regroupera  les  bâtiments  de  soutien  des  activités  de  construction  du  stockage,  en  prenant  en  compte  la  gestion  des  déblais  issus  du  creusement.  Un  second ensemble sera voué aux activités nucléaires du centre avec la réception des emballages de  transport,  l’extraction  et  le  contrôle  des  colis  primaires  de  déchets  radioactifs  et  leur  conditionnement dans des conteneurs de stockage.      Fig. 15 : Futures infrastructures du stockage réversible profond (Andra, 2009)    Les infrastructures souterraines du stockage seront implantées en position médiane dans la couche  d’argilites du Callovo‐Oxfordien. Pour répondre aux besoins de fractionnement liés à la sûreté à long  terme,  et  de  modularité  favorisant  la  flexibilité  et  la  progressivité  de  la  construction  et  de  l’exploitation du stockage, les zones de stockage seront subdivisées de façon arborescente en sous‐ zones, modules et alvéoles de stockage.     Comme le montre le plan qui suit, les études menées par l’Andra jusqu’en 2009 ont été engagées  avec  le  souci  d’une  optimisation  globale  du  concept  de  stockage  réversible  profond.  Les  travaux  d’ingénierie ont donc porté sur la totalité des infrastructures à créer sur la période d’exploitation du  stockage.  De  la  même  façon,  les  travaux  d’inventaire  des  déchets  HA  et  MAVL  ont  porté  sur  l’intégralité de la production engagée par le parc nucléaire actuel, y compris la production à venir.    Un premier scénario de mise en stockage des déchets HA‐MAVL à partir de la mise en service du  stockage a été proposé en 2009. Il intègre les 106 familles différentes de déchets à stocker sur une  période s’étalant de 2025 à 2150. Le projet entrant dans une phase plus industrielle, le besoin s’est  fait ressentir de recentrer l’ensemble des études sur une échelle de temps plus restreinte et plus  urgente : la première tranche du stockage, qui pourrait s’étendre de 2025 à 2040.    Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 23 sur 109  
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    Le projet de stockage réversible profond    Fig. 16 : Architecture souterraine du stockage à terminaison (Andra, 2009)    Des équipements de haute technologie  Nous présentons ici quelques équipements du futur stockage encore en cours de conception afin de  montrer  le  haut degré  de  technicité  du  projet,  ce  qui  nous  paraît  nécessaire  à  une  meilleure  compréhension du contexte de notre sujet.     Les ouvrages de liaison entre la surface et les installations souterraines du stockage sont constitués  de deux types d’ouvrage : les puits et les galeries inclinées (descenderies). Les puits verticaux, situés  à l’aplomb des ouvrages souterrains, servent à la ventilation, à l’extraction des déblais et au transfert  du matériel et du personnel. La descenderie comprendra un ouvrage dédié au transfert des colis de  stockage ainsi qu’un ouvrage de service permettant l’accès des personnes et des équipements.     L’alvéole  MAVL  est  une  galerie  horizontale  de  longueur  400  m  et  de  section  50  m2 .  Elle  devra  disposer  d’un  revêtement  en  béton  et  de  plusieurs  portes  blindées  qui  assureront  la  protection  radiologique du personnel tout en permettant la maintenance des équipements. Il est actuellement  prévu que l’alvéole permette l’empilement des colis de stockage sur deux ou trois niveaux et soit  aménagée de façon à limiter les vides résiduels autour des colis. Elle devra être équipée d’une cellule  de  manutention  télé‐opérée  comprenant  à  minima  un  système  de  transfert  et  un  système  d’empilement des colis, capable à la fois de stocker et de retirer des colis.    L’alvéole HA est un microtunnel borgne de longueur 40 m et de diamètre 0,7 m, qui correspond à  celui  des  colis  de  stockage,  augmenté  du  jeu  de  manutention  et  de  l’épaisseur  du  chemisage  métallique  dont  elle  est  recouverte.  Elle  devra  être  équipée  d’une  enceinte  blindée  assurant  la  protection  radiologique  du  personnel  et  d’un  système  avec  chaîne  pousseuse  permettant  d’introduire  les  colis  dans  l’alvéole.  On  envisage  équiper  la  chaîne  pousseuse  d’un  grappin  de  préhension, pour effectuer des opérations de retrait des colis dans le cadre de la réversibilité.    Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 24 sur 109  
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    Le projet de stockage réversible profond  Lorsque la fermeture sera décidée, elle sera mise en œuvre progressivement par un remblaiement  du  réseau  de galeries  de  liaison  et  la  construction  de  scellements.  Par  ailleurs,  des  saignées  hydrauliques radiales remplies d’argile gonflante, disposées à intervalles réguliers, complèteront le  dispositif de fermeture. Elles interrompront le revêtement et la zone fracturée d’argilite.   Fig. 17 : Mise en sur‐conteneur MAVL (Andra, 2009) Fig. 18 : Alvéole de stockage MAVL (Andra, 2009) Fig. 19 : Hotte de transfert HA (Andra, 2009) Fig. 20 : Scie pour saignées radiales (Andra,2009)   2. Un projet encadré, évalué et contrôlé  La tutelle administrative  La loi de 1991 a donné à l’Andra un statut d’Etablissement Public Industriel et Commercial (EPIC). Le  premier objectif était bien sûr de lui conférer une véritable indépendance vis‐à‐vis des producteurs  de déchets qui financent ses recherches. Le statut d’EPIC a également permis de rapprocher l’agence  des responsables politiques, qui se sont saisis de la gestion des déchets radioactifs depuis le début  des années 1990.     La présidence de l’Andra est assurée par un député, qui partage la gouvernance de l’agence avec la  Directrice Générale. Actuellement, le Président de l’Andra est M. François‐Michel Gonnot, député de  l’Oise. La stature publique du Président lui confère la légitimité nécessaire pour porter les projets de  l’agence devant les collectivités locales des sites retenus pour y implanter un stockage.     La loi de 1991 a placé l’agence sous la tutelle directe des ministères de l’industrie, de la recherche et  de l’environnement. Au sein du Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et  de la Mer, c’est la Direction Générale de l’Energie et du Climat (DGEC) qui suit au plus près l’avancée  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 25 sur 109  
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    Le projett de stockage réversible profond  des  trav commun produit  exposait “jalon” d vaux  de l’A nication priv un  dossier  t les différen de l’Andra es Andra  et  va ilégié entre  complet  fa tes options  st prévu pou alide  les  or l’Andra et l’a isant  état  d de sûreté, d r fin 2012.  rientations  administrati de  l’état  d’a e conception techniques. on. Ainsi, à c avancement  n et de réver Le  rapport chaque jalon du  projet.  rsibilité envis t  est  le  fo n important, Le  « Dossie sagées et le  ormat  de   l’agence  er  2009 »  prochain    Pour ass triple tu techniqu Chaussé fonction l’intelligi surer l’interf telle ministé ues  de  l’Etat es,  et  le  D nement  de  ibilité des tra face entre la érielle, les di t.  En  2010,  Directeur  in l’Etat  dans  avaux scient a population  irecteurs de  le  Directeur ndustriel,  du les  domaine ifiques de l’A d’ingénieur l’Andra fon r  des  projet u  Corps  de es  technique Andra par les s et de doct t traditionne s  était  en  e es  Mines.  U es  permet  e s décideurs p teurs qui com ellement par effet  issu  du Une  bonne  en  effet  aux  politiques.  mpose l’agen rtie des gran u  Corps  des  compréhen directeurs  d nce et sa  nds corps  Ponts  et  nsion  du  d’assurer    Comme  S’il exist néanmo expérien de stock stockage assure é activité à service d     L’évalua La politiq national membre de reche étudiée  l’Andra.  Di Zazzo/Mic l’indique l’o e un service  ins  les  com nces en labo kage de surf e élaborées p également le  à vie longue des deux pro rganigramm consacré ex mpétences  d ratoire men ace exploité par la Direct  développem e (FAVL), le S ojets de stock ation scien que de trans e  d’évaluati e de l’Académ erches défin par le CEA, a   Di In Chef  Te chaël Fertin  ntifique  sparence init ion  (CNE),  u mie des scien nis  par  la loi ainsi que le p Préside Con d'Admin recteur dustriel du Service chnique me ci‐dessous xclusivement e  toutes  les ées par la D és par la Dire ion de la ma ment du proj Service techn kage portés p Fig. 21 : Or tiée avec la lo un  organe  in nces. La com  de 1991 et  projet de sto ent du seil  istration Directeur  Projets Chef du Pr HA‐MAV s, l’Andra est t au dévelop s  directions Direction scie ection indus aîtrise des ris jet de stocka nique réunit  par l’Andra. t structurée  pement du p .  Il  se  nour entifique, du trielle et de sques. Au se age à faible p des ingénie selon une d projet HA‐M rrit  en  effet  retour d’ex s spécificatio in de la Dire profondeur d urs aux prof division fonct AVL, celui‐ci t  des  étude périence de ons d’accept ction des pro des déchets  fils variés qu tionnelle.   mobilise  s  et  des  s centres  tation en  ojets, qui  de faible  ui sont au  rganigramme oi de 1991 s’ ndépendant mmission exa repris par l ockage révers Directrice Générale des s rojet  VL C e de l’Andra  ’est traduite  présidé  jus amine en con la loi de 200 sible profond Chef du Projet FAVL Directeur Scientifique par la créati squ’en  2009  ntinu l’avanc 06 : la sépa d et l’axe ent Directe Maîtr Risq eur de la rise des ques   ion de la Com par  Bernar cement des t ration‐trans treposage pi mmission  rd  Tissot,  trois axes  mutation  ilotés par  Jérémy D Page 266 sur 109  
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    Le projet de stockage réversible profond    La  CNE  est composée  d’experts  reconnus  sur  le  plan  international  et  nommés  pour  six  ans  par  l’Assemblée Nationale, le Sénat et le gouvernement. Elle passe au crible les dossiers de l’Andra dont  elle est un évaluateur privilégié. Au cours d’auditions publiques, elle interroge les différentes parties  prenantes sur les thèmes de son choix. Le premier scénario de mise en stockage des déchets HA‐ MAVL qui a été élaboré au cours de l’année 2009 par l’Andra a été présenté à la commission par le  Directeur des Projets en décembre 2009, devant un auditoire incluant notamment les producteurs de  déchets et l’autorité de sûreté.    Un rapport synthétisant les travaux  de la CNE est transmis  chaque année  par le gouvernement à  l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), ce qui assure  notamment le suivi continu du projet de stockage réversible profond par les parlementaires. En sus  de l’évaluation des travaux effectués, la commission émet des recommandations pour la poursuite  des  études  à  mener.  Dans  un  souci  de  transparence  vis‐à‐vis  du  public,  ce  rapport  annuel  est  disponible sur internet.    Le contrôle de l’Autorité de sûreté  L’Andra est également soumise au contrôle de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Ses installations  de stockage dans l’Aube sont régulièrement inspectées, de même que son laboratoire souterrain, qui  n’accueille pourtant aucun déchet radioactif, car l’ASN suit de près l’avancement des projets menés  par  l’Andra.  Grâce  à  son  appui  technique  l’IRSN,  l’autorité  est  en  mesure  de  fournir  des  avis  sur  chacun  des  dossiers  émis  par  l’Andra.  L’instruction  par  l’ASN  de  la  Demande  d’autorisation  de  création (DAC) du stockage réversible profond, prévue à l’horizon 2015, sera un élément‐clef et un  jalon indispensable du processus d’autorisation du projet.     Créée par la loi n° 2006‐686 relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire (loi TSN),  l’Autorité  de  sûreté  nucléaire  est  une  institution  indépendante.  Comme  l’Autorité  des  marchés  financiers,  l’ASN  dispose  des  pouvoirs  législatifs,  exécutifs  et  judiciaires  dans  son  domaine  de  compétence. Les règlements et les prescriptions établies par le Collège de l’ASN et publiés au Bulletin  Officiel de l’ASN s’imposent aux exploitants des installations nucléaires. L’ASN est obligatoirement  consultée  pour  tout  projet  de  décret  ministériel  ayant  trait  à  la  sûreté  nucléaire  ou  à  la  radioprotection.     Le contrôle est par ailleurs le cœur de métier  de l’ASN, qui réalise des inspections régulières des  installations nucléaires, dans le souci de protéger les travailleurs, le public, et l’environnement des  risques liés aux activités nucléaires. Dans ce cadre, les inspecteurs de l’ASN sont habilités à effectuer  des mises en demeures ou encore à infliger des amendes en cas d’infraction à la réglementation en  vigueur.    Néanmoins, la sûreté est un élément délicat à apprécier dans le cadre d’une étude multicritères. On  ne peut en effet rapporter sans équivoque une évaluation sur un plan économique. Les études de  sûreté  sont  menées  pour  démontrer  que  des  objets  techniques  assurent  la  radioprotection  de  l’homme  et  de  l’environnement  en  conditions  normales  et  dégradées  de  fonctionnement.  Il  est  cependant  difficile  de  formuler  un  indicateur  fiable  pour  évaluer  la  sûreté  d’une  installation  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 27 sur 109  
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    Le projet de stockage réversible profond  nucléaire,  d’une  matrice de  conditionnement  ou  d’un  transport  de  déchets.  Nous  en  avons  fait  l’expérience  au  début  de  nos  investigations,  alors  que  le  libellé  de  notre  sujet  demandait  explicitement de prendre en compte des critères à la fois techniques, économiques et de sûreté dans  la conception de la chaîne logistique des déchets de haute et de moyenne activité à vie longue. Toute  la difficulté d’une étude multicritères est de comparer sur un même plan des critères techniques,  économiques, politiques et de sûreté.    3. Un enjeu financier majeur  Une nécessité technique et commerciale pour l’industrie  Si la plupart des pays nucléarisés ont des projets de stockage en couche géologique profonde dans  leurs  cartons,  il  n’existe  à  l’heure  actuelle  aucun  stockage  de  déchets  de  haute  activité  en  exploitation  dans  le  monde.  En  Allemagne,  plusieurs  projets  de  stockage  sont  à  l’étude  dans  des  anciennes mines de sel, mais ils rencontrent des difficultés d’ordre politique ou technique. En effet,  un moratoire a gelé le projet de stockage des déchets de haute activité, et le stockage des déchets de  faible et de moyenne activité connaît des problèmes de stabilité qui perturbent son exploitation. Les  Etats‐Unis disposent d’un centre de stockage opérationnel pour les déchets MAVL militaires, mais  ont  supprimé  les  crédits  de  recherche  du  laboratoire  de  Yucca  Mountain,  destiné  à  l’étude  du  stockage des combustibles usés de l’électronucléaire civil.     Grâce  à  son  laboratoire  souterrain  Hades,  la  Belgique  mène  depuis  près  de  30  ans  des  dizaines  d’expériences de thermique, de mécanique, de chimie et de radiation dans une couche géologique  d’argile. L’Andra participe à ces expériences menées en partenariat avec plusieurs pays européens.  La Suède, la Finlande et la Suisse disposent chacune d’un laboratoire pour l’étude du granite dans  lesquels sont menées des expériences de caractérisation, d’hydrogéologie et de modélisation dans  un  cadre  international.  Avec  une  mise  en  service  de  son  stockage  prévue  pour  2020,  la  Finlande  pourrait être le premier pays à stocker en profondeur des matières de haute activité. Cependant, il  ne s’agirait pas d’un stockage de « déchets » au sens où l’entend la loi française, car la Finlande a  choisi de stocker directement ses combustibles usés, conditionnés dans des conteneurs en cuivre  très performants.    La plupart des projets étrangers envisagent en effet le stockage direct des combustibles usés, après  une  étape  d’entreposage  préalable.  Le  succès  du  stockage  en  profondeur  des  déchets  vitrifiés  de  haute activité pourrait conforter le choix du traitement des combustibles usés tel qu’il est pratiqué  en France. D’autres pays pourraient même imiter la France, à l’image du Japon qui a construit une  usine de traitement sur le modèle de l’usine de La Hague, après en avoir acquis la licence auprès  d’Areva. Parce qu’il apporterait une solution de gestion durable pour les déchets les plus nocifs, un  stockage réversible profond en exploitation pourrait également dynamiser la filière électronucléaire  française à l’export, et notamment la vente de réacteurs.    Un exutoire attendu pour les déchets anciens  Le 7 mai 2010, nous avons passé une journée sur le site de Marcoule organisée par le CEA. Nous  avons eu l’occasion de visiter plusieurs installations de conditionnement et d’entreposage de déchets  de haute et de moyenne activité à vie longue. Nous avons également pu nous entretenir avec les  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 28 sur 109  
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    Le projet de stockage réversible profond  exploitants de ces installations, ce qui nous a notamment permis de cerner avec précision les enjeux  liés à deux déchets particuliers : les colis de déchets vitrifiés C0 et les fûts de bitume. Il s’agit de  déchets anciens produits et entreposés à Marcoule depuis la fin des années 1960 dans le cadre de la  production de plutonium militaire du CEA.    Les colis C0 sont des fûts en acier inoxydable de 175l qui contiennent les premiers déchets vitrifiés de  haute activité produits en France. Ils sont issus des solutions de produits de fission provenant de  l’usine  de  traitement UP1  de  Marcoule,  dont  la  vitrification  a  débuté  en  1978  pour  s’achever  en  2012. Toutefois, depuis la mise à l’arrêt définitive de l’usine UP1 il y a une quinzaine d’années, la  production  de  colis  C0  est  résiduelle  (vitrification  d’effluents  de  rinçage  des  fonds  de  cuve).  A  Marcoule,  près  de  3200  colis  C0  sont  déjà  entreposés  dans  des  puits  ventilés,  au  sein  d’une  installation attenante à l’atelier de vitrification. Ces colis anciens sont aujourd’hui nettement moins  exothermiques que les colis de déchets vitrifiés en cours de production à La Hague, ce qui rend leur  mise en stockage possible dès l’ouverture du centre.    L’Atelier de vitrification de Marcoule (AVM) et son entrepôt sont des installations vieillissantes, dont  les opérations de démantèlement et d’assainissement sont déjà programmées. Le démantèlement  de  l’AVM  pourra  débuter  dès  2012,  lorsque  le  dernier  colis  C0  aura  été  conditionné.  Celui  de  l’entrepôt devra attendre l’expédition vers le centre de stockage en couche géologique profonde de  l’intégralité des colis entreposés. Cependant, l’agrément de l’Autorité de sûreté pour l’exploitation  pérenne  de  l’entrepôt  expire  en  2025,  date  à  laquelle  les  opérations  de  désentreposage  doivent  impérativement avoir débutées. Pour les exploitants de cette installation, la mise en stockage dès  2025 des colis C0 est donc une réelle nécessité.    Les fûts de bitume résultent du traitement des effluents radioactifs de Marcoule. Ce sont des fûts en  acier non allié de 200L dont la production a débuté en 1966 pour s’achever en 2013. A partir de  2015, la matrice de bitume sera remplacée par une matrice de ciment, qui paraît plus favorable au  stockage. A ce jour, 60 000 fûts de bitume ont déjà été conditionnés et entreposés dans 35 fosses de  la  zone  nord  du  site  et  dans  14  casemates  en  béton.  Cependant,  l’Autorité  de  sûreté  impose  la  reprise  des  fûts  de  bitume  car  elle  considère  que  ces  entrepôts  anciens  ont  atteint  leur  limite  d’exploitation. De 2000 à 2006, l’intégralité des 6 000 fûts de bitume de la zone nord ont été extraits  des fosses, reconditionnés dans un surfût de 380L en acier inoxydable et entreposés dans l’Entrepôt  Intermédiaire Polyvalent (EIP). Construit en 2000 et conçu pour une durée d’exploitation de 50 ans,  l’EIP est une installation ultramoderne et téléopérée. Depuis 2007, l’EIP accueille les fûts de bitumes  extrait  des  deux  premières  casemates.  Sa  capacité  de  12 000  colis  pourrait  être  saturée  dans  les  années qui viennent.    La gestion des 50 000 fûts de bitume encore entreposés dans les casemates 3 à 14 fait l’objet d’une  discussion  entre  le  CEA,  l’Andra  et  l’Autorité  de  sûreté.  Si  le  désentreposage  de  ces  fûts  reste  indispensable, la poursuite d’une mise en surfût suivie d’un entreposage dans l’EIP n’apparaît pas  être  la  meilleure  solution.  Tout  d’abord,  le  surfût  de  380l  induit  un  taux  de  vide  important  qui  pourrait  être  rédhibitoire  pour  le  stockage  en  couche  géologique  profonde.  Ces  déchets  sont  pourtant  destinés  pour  moitié  à  la  filière  MAVL,  le  reste  étant  destiné  à  un  stockage  en  faible  profondeur. Ensuite, l’entreposage des 50 000 fûts nécessiterait que le CEA construise des extensions  extrêmement coûteuses à l’EIP. Dans son Etude Prospective des Déchets Nucléaires de Marcoule, le  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 29 sur 109  
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    Le projet de stockage réversible profond  CEA développe donc une stratégie consistant à reconditionner directement en colis de stockage les  fûts extraits des casemates et à les expédier dès que possible vers le centre de stockage approprié. La  mise en service du stockage réversible profond est donc également une cible importante pour les  exploitants chargée de la gestion des fûts de bitume de Marcoule.     Bien  qu’ils  soient entreposés  dans  des  installations  anciennes,  les  colis  C0  et  les  fûts  de  bitume  présentent  toutefois  l’avantage  de  disposer  d’un  conditionnement  sous  forme  solide.  Certains  déchets  anciens  ne  sont  pas  encore  conditionnés,  comme  les  boues  radioactives  (MAVL)  de  La  Hague,  qui  sont  entreposées  dans  des  silos  dans  l’attente  de  la  définition  d’un  conditionnement  approprié. Cependant, la loi de n°2006‐739 impose aux propriétaires de déchets produits avant 2015  de les avoir conditionnés sous une forme solide avant 20307 . Ces déchets doivent donc faire l’objet  d’une reprise et d’un conditionnement. Pour les déchets destinés au stockage réversible profond, il  apparaît  préférable  d’attendre  2025  pour  commencer  les  opérations  de  reprise  et  de  conditionnement des colis afin de les expédier directement vers le stockage plutôt que de créer de  nouvelles installations pour les y entreposer. Le stockage réversible profond apporterait donc une  solution intéressante pour la gestion de nombreux colis HA et MAVL anciens.     Une charge financière à provisionner  La loi n°2006‐739 a institué trois taxes additionnelles à la taxe sur les installations nucléaires de base,  dites respectivement de « recherche », d’ « accompagnement » et de « diffusion technologique »8 .  La  première  taxe  est  reversée  en  intégralité  à  l’Andra  via  un  fonds  destiné  exclusivement  aux  recherches sur l’entreposage et le stockage réversible profond des déchets de haute et de moyenne  activité  à  vie  longue.  Les  deux  autres  taxes  sont  reversées  aux  communes  et  départements  accueillant le laboratoire souterrain et le futur centre de stockage.    La  taxe  de  recherche  est  le  produit  d’un  coefficient  fixé  par  le  gouvernement  et  d’une  somme  forfaitaire appliquée à chaque réacteur et à chaque usine de traitement de combustible usé. Le fonds  de recherche est donc financé à 100% par les trois propriétaires de déchets HA‐MAVL : EDF (79%), le  CEA (14%) et Areva (7%). Le principe « pollueur‐payeur » est bien respecté, à la différence près que la  répartition des charges entre les trois producteurs ne respecte pas exactement la répartition de leurs  stocks respectifs de déchets. Un arrangement sera certainement nécessaire entre EDF et Areva pour  que le premier rembourse une partie des charges excédentaires supportées par le second, qui est  propriétaire d’un inventaire de déchets HA‐MAVL très limité.     Le  coefficient  qui  permet  d’ajuster  la  taxe  est  révisé  tous  les  trois  ans  en  fonction  du  budget  prévisionnel  du  projet  HA‐MAVL.  Ainsi,  le  fonds  de  recherche était  alimenté  à  hauteur  de  96,6  millions d’euros par an sur la période 2006‐2009, montant qui a été porté à 118 millions d’euros par  an sur la période 2009‐2012. Le projet HA‐MAVL est une activité très particulière de l’Andra, qui fait  l’objet d’une comptabilité séparée.     En effet, la loi interdit au fonds de recherche d’être déficitaire ou bénéficiaire, tandis que l’Andra  mène par ailleurs une activité commerciale classique avec ses centres de stockage en exploitation                                                               7  Voir Annexe 5 : Loi n°2006‐739  8  Voir Annexe 5 : Loi n°2006‐739  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 30 sur 109  
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    Le projet de stockage réversible profond  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 31 sur 109                                                               dans l’Aube.  La  part  du  budget  annuel  allouée  au  projet  qui  ne  serait  pas  dépensée  serait  donc  obligatoirement reversée au Report à Nouveau de l’agence. En interne, le contrôle de gestion a mis  en place une méthode comptable par centres de coûts, dont l’unité d’œuvre est la main d’œuvre.  Des feuilles de pointage permettent d’attribuer les heures effectuées par chaque direction dans le  cadre du projet. En externe, les études et travaux commandés auprès de prestataires sont affectées  sélectivement aux dépenses du projet.    Lorsque  le  gouvernement  aura  autorisé  la  création  du  centre  de  stockage  à  l’horizon  2015,  un  nouveau fonds, dit de « travaux » sera institué au sein de l’Andra. Il alimentera les investissements  liés  à  la  construction  de  la  première  tranche  du  centre  de  stockage,  qui  prendra  en  charge  les  premier colis : installations de surface, liaisons jour‐fond, puits de ventilation, galeries souterraines et  premières  alvéoles  de  stockage.  Le  fonds  travaux  sera  alimenté  par  les  provisions  qui  sont  actuellement constituées par EDF, le CEA et Areva dans le cadre de l’évaluation prudente des charges  de gestion des déchets radioactifs9 . Ces provisions sont couvertes par des actifs dont le niveau de  liquidité et de sécurité est surveillé de près par le Trésor public.    Les provisions constituées par les propriétaires de déchets de haute et de moyenne activité à vie  longue doivent couvrir la construction, l’exploitation et la fermeture du stockage réversible profond.  Le montant de ces provisions est fixé par l’Etat, en tenant compte d’une évaluation du coût total  établie par un groupe de travail réunissant l’Andra et les producteurs de déchets. En 2005, le coût  total du stockage réversible profond était évalué à 15 milliards d’euros, ce qui représentait en valeur  nette actualisée une provision de plus de 3 milliards d’euros pour EDF.        9  Voir Annexe 5 : Loi n°2006‐739 
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      C/ Les chroniques d’entreposage et de stockage  1. Définition  Après  avoir présenté  un  historique  de  la  gestion  des  déchets  nucléaires  en  France  ainsi  que  les  enjeux d’un stockage réversible profond, nous pouvons maintenant présenter le cœur du travail que  nous avons réalisé. Nous avions en effet comme objectif de « proposer des méthodes de modélisation  et  d’analyse  des  scénarios  possibles  de  gestion  des  déchets  et  colis  de  déchets,  et  à  en  tester  l’application sur des cas concrets » (sujet de stage).    Pour cela, il convient tout d’abord de définir clairement ce qui est entendu par « scénarios possibles  de gestion des déchets et colis de déchets » que nous avons renommés chronique d’entreposage et  de stockage. Voici la définition que nous avons mise en place et qui servira de référence dans la suite  de ce compte rendu :    Une chronique est un scénario qui établit, pour chaque type de déchet, la succession des étapes de  l’entreposage jusqu’au stockage, en précisant les lieux, les dates et les flux de colis associés.    2. Chroniques et chaine logistique globale  Deux sujets liés  On  comprend  donc  avec  cette  définition  que  les  chroniques  ne  se  limitent  pas  uniquement  à  l’enceinte du site de stockage mais concernent toutes les étapes que subissent les colis depuis leur  site de production ou d’entreposage jusqu’au site de stockage profond. Ce sont donc ces étapes qui  vont  permettre  de  déterminer  des  critères  logistiques  pour  juger  de  la  qualité  des  chroniques  produites. Ces différentes étapes font intervenir une chaine logistique que nous avons donc étudiée  en détail.    Chaine logistique  globale Chroniques  d’entreposage et  de stockage     Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 32 sur 109 
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    Les chroniques d’entreposage et de stockage  Présentation de la chaine logistique globale et des critères associés    La réalisation de nos chroniques de stockage implique donc une bonne connaissance des spécificités  de  la  chaine logistique  globale  des  déchets  radioactifs,  depuis  le  producteur  jusqu’au  site  de  stockage. Pour réaliser cette étude ainsi que la détermination des critères associés pouvant avoir un  impact sur les chroniques, nous avons utilisé différentes sources d’information :  • Les  documents  de  l’Andra  (en  particulier  le  rapport  2009)  ainsi  que  la  documentation  disponible  des  différents  acteurs  de  la  chaine  logistique  (Areva  NC  et  le  CEA  pour  l’entreposage, TN International pour le transport, etc.).  • Nos  nombreux  échanges  avec  les  experts  de  l’Andra  spécialisés  dans  chaque  partie  de  la  chaine logistique dans le cadre de réunions que nous avons organisées.  • Les points de vue de plusieurs responsables des acteurs industriels de la chaine logistique  (EDF, Areva, le CEA), qui ont accepté de nous rencontrer.  • Des visites d’installations, en particulier sur le site de Marcoule (CEA) pour l’entreposage, de  la  Hague  (Areva  NC)  pour  la  manutention  des  déchets  et  le  transport  et  du  laboratoire  souterrain de Bure pour le creusement des alvéoles HA.     Afin de présenter succinctement les éléments les plus importants de ce processus logistique, nous  allons suivre le trajet hypothétique de deux colis spécifiques depuis leur site de production jusqu’au  site de stockage.    Nous nous projetons maintenant en 2035, le site de stockage HA‐MAVL est maintenant opérationnel  depuis 10 ans et a déjà reçu de nombreux déchets radioactifs. Nous allons maintenant suivre le trajet  détaillé de deux déchets particuliers, que nous avons déjà décrit dans la partie 3.2 :   • Le colis C0 de l’Atelier de Vitrification de Marcoule (HA)  • Le fût d’enrobé bitumineux de Marcoule (MAVL)  L’entreposage  En 2035, il existera 4 sites d’entreposage, celui de Bugey devant être mis en service en 2013 par EDF.    Fig. 22 : Les quatre sites d’entreposage de déchets HA‐MAVL (Andra, 2009)  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 33 sur 109  
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    Les chroniques d’entreposage et de stockage  Entrepôt AVM – CEA Marcoule  Les colis C0 sont initialement entreposés sur le site du CEA à Marcoule. L’entrepôt AVM, créé en  1978, a une capacité totale de 665m3  dont 579 m3  sont occupés par les 3250 colis.    Techniquement,  l’entrepôt  AVM est  constitué  de  grands  puits  verticaux  dans  lesquels  sont  entreposés les déchets. Comme les colis C0 sont exothermiques, les puits d’entreposage possèdent  un système de ventilation servant à dissiper la chaleur émise.    Fig. 23 : Entrepôt de Casemate n°14 de Marcoule (fûts EIP inox)   colis vitrifiés (CEA/Marcoule)  Les fût d’enrobés bitumineux de Marcoule sont actuellement entreposés dans des casemates du site,  en particulier la casemate n° 14, la plus récente du site. Comme le montre la photo, l’entreposage est  extrêmement basique : les colis sont juste empilés les uns sur les autres dans un vaste hall fermé.      Fig. 24 : Casemate 14 (CEA/Marcoule)  Le transport  Une fois les colis désentreposés par des procédés logistiques robotisés, ceux‐ci doivent être chargés  dans des emballages de transport blindés avant d’être expédiés vers le centre de stockage réversible  profond.     Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 34 sur 109  
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    Les chroniques d’entreposage et de stockage  Emballages de type B  Les  colis  C0 font  partie  de  la  catégorie  de  déchets  la  plus  dangereuse  et  doivent  donc  être  transportés dans des conditions drastiques de sécurité pour protéger les êtres vivants présents dans  l’entourage immédiat et empêcher toute dissémination en cas d’accident.    Les autorités compétentes imposent donc un emballage de type B pour de tels colis. Ces emballages  doivent respecter toute une série de normes et subissent donc une large batterie de tests, réalisés  successivement dans l’ordre le plus défavorable possible :  • Résistance à une chute libre de 9m sur sol indéformable  • Résistance à une chute libre de 1m sur poinçon  • Résistance à un incendie à 800°C pendant 30 minutes  • Etanchéité pendant 8h à une profondeur de 15m  Pour répondre à telles contraintes, ces emballages sont généralement spécifique à un type de colis et  leur développement est très long (environ 10 ans) et extrêmement coûteux. Leur fabrication utilise  des techniques complexes (le corps de l’emballage est généralement formé d’un seul bloc d’acier).  En outre, les processus de manutention pour fermer et ouvrir de tels emballages sont très complexes  et durent actuellement près d’une journée entière !      Fig. 25 : Emballages de transport de type B (Areva, 2009)    Emballage de type IP2  Les fûts de bitume de Marcoule font partie des colis les moins dangereux de la catégorie MAVL. Ils  peuvent donc être transportés dans des emballages de type IP2, dont l’homologation est nettement  moins stricte que celle des emballages de type B.    Ces emballages sont des containers  standards avec une résistance accrue en cas de chute et des  dispositifs limitant l’activité à l’extérieur de l’emballage.     Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 35 sur 109  
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    Les chroniques d’entreposage et de stockage    Fig. 26 : Emballages de type IP2  Le conditionnement  Les  colis  C0 et  les  fûts  de  bitume  de  Marcoule  sont  à  l’état  de  colis  primaires.  Pour  pouvoir  les  stocker dans des conditions de sûreté optimale, il est indispensable de les reconditionner dans un  surconteneur qui en facilitera la manutention (pour les fûts de bitume) et assurera la résistance à la  r les colis C0).  corrosion sur plus d’un siècle (pou Conditionnement des colis AVM  Les colis primaires C0 sont conditionnés dans un cylindre métallique étanche en inox. Ces colis de  stockage sont standardisés afin de faciliter la manutention de ces derniers sur le site de stockage.    Fig. 27 : Colis de stockage po Conditionnement des fûts de bitume de Marcoule  ur colis C0 (Andra, 2009)  Les  fûts  de  bitume  de  Marcoule  sont  conditionnés  par  4  dans  des  colis  de  stockage  parallélépipédiques  en  béton,  dont  la  taille  est  standardisée  pour  faciliter  les  opérations  de  manutention sur le site.  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 36 sur 109  
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    Les chroniques d’entreposage et de stockage    Fig. 28 : Colis de stockage pour fûts de bitume (Andra, 2009)  Le stockage  Une fois arrivés au terminal ferroviaire du site dans leurs emballages de transport respectifs, les colis  sont déchargés et contrôlés. Les colis sont ensuite placés dans une hotte de transfert, qui permet  d’assurer  la  radioprotection des  travailleurs  sur  le  site  de  stockage.  La  hotte  emprunte  alors  la  descenderie  qui  assure  la  liaison  jour‐fond,  via  un  camion  ou  un  funiculaire  (option  technique  en  cours de validation).       Fig. 29 : Descenderie par camion (Andra, 2009)  Stockage des colis C0  Une alvéole de stockage pour colis de haute activité consiste en un microtunnel dans lequel sont  positionnés  les  colis  de  stockage.  Les  colis  sont  insérés  par  un  robot  pousseur,  capable  aussi  de  retirer les colis si nécessaire dans le cadre de la réversibilité du stockage. L’alvéole est fermée le reste  du temps pour limiter l’irradiation des galeries du site, où des opérateurs peuvent être présents.  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 37 sur 109  
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    Les chroniques d’entreposage et de stockage    Fig. 30 : Robot pousse Stockage des colis de stockage MAVL  ur pour alvéole de stockage HA (Andra, 2009)  Les  alvéoles  de stockage  des  colis  MAVL  sont  très  différentes.  Elles  ont  un  diamètre  extérieur  nettement plus important que pour les colis HA et ont une section carrée à l’intérieur, pour mieux  s’adapter à la forme des colis MAVL et ainsi limiter au maximum les vides résiduels.    Pour les alvéoles MAVL, les outils de manutention sont placés à l’intérieur de cette dernière. La hotte  de transfert de colis est tout d’abord transportée jusqu’à la zone de manutention de l’alvéole, où des  robots en extraient le colis pour ensuite aller le placer dans la zone de stockage de l’alvéole, isolée du  reste de l’alvéole par un système de confinement.      Fig. 31 : Alvéole de stockage MAVL (Andra, 2009)    Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 38 sur 109  
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    Les chroniques d’entreposage et de stockage  3. Une première approche logistique globale    Ce  qui suit  maintenent  a  trait  à  une  étude  économique  que  nous  avons  réalisée  et  qui  illustre  l’intérêt  d’une  approche  globale  de  la  chaîne  logistique  de  gestion  des  déchets  de  haute  activité.  Cette  application  prend  en  compte  un  déchet  bien  particulier,  dont  le  stockage  interviendra  très  tardivement pour des raisons physiques. Cette étude répond à une question particulière à laquelle  trois  scénarios  différents  apportent  des  réponses  contrastées :  faut‐il  prévoir  une  étape  d’entreposage supplémentaire dans la gestion des colis de déchets vitrifiés de La Hague ?    Eléments techniques pour la compréhension  Les  solutions  de  produits  de  fission  et  d’actinides  mineurs  issues  du  traitement  des  combustibles  usés  des  58  Réacteurs  à  Eau  Pressurisée  d’EDF  sont  conditionnées  depuis  1989  à  La  Hague  sous  forme de verre dans un Conteneur Standard de Déchets Vitrifiés (CSD‐V). Les colis CSD‐V contiennent  donc des déchets de haute activité à vie longue.    A  sa  production,  la  puissance  thermique  du  colis  CSD‐V  est  supérieure  à  2000  W,  ce  qui  est  incompatible  avec  les  critères  de  température  du  stockage. Cette  puissance  thermique  décroît  au  cours du temps, pour atteindre après 60 ans d’entreposage la puissance thermique maximale admise  en stockage : 500W.    Les  prévisions  de  production  établies  par  l’Andra  estiment  que  le  parc  électronucléaire  actuel  pourrait  avoir  généré  jusqu’en  2055  près  de  41 000  colis  CSD‐V,  entreposés  à  La  Hague  dans  des  installations attenantes aux ateliers de vitrification. Ces entrepôts ont été conçus pour une durée  d’exploitation de 50 ans, qui pourra éventuellement être prolongée, sous réserve de l’autorisation de  l’ASN.     Pour le stockage des colis CSD‐V, l’espacement des colis à l’intérieur d’un alvéole (au moyen d’ «  intercalaires  »)  et  l’espacement  des  alvéoles  constituent  les  paramètres  d’adaptation  de  l’architecture du stockage à la puissance thermique des déchets à la mise en stockage.     Une décision d’augmenter la durée d’entreposage réduirait la puissance thermique des déchets à la  mise en stockage et se traduirait par la diminution des intercalaires entre colis dans le même alvéole  et par le rapprochement des alvéoles, ce qui induit une économie directe sur l’emprise du stockage  et le volume minier excavé. La partie variable du coût du stockage, correspondant au creusement et  à l’équipement des alvéoles de stockage, est directement proportionnelle au volume minier excavé.     Au‐delà  d’une  centaine  d’années  d’entreposage,  le  volume  excavé  et  l’emprise  du  stockage  ne  diminuent quasiment plus en jouant sur la durée d’entreposage. Dans la suite de cette étude, nous  avons  choisi  de  comparer  deux  scénarios  extrêmes  correspondant  respectivement  à  un  stockage  après 60 ans et après 90 ans d’entreposage.     Une  durée  d’entreposage  de  90  ans  n’est  pas  envisageable  dans  les  installations  actuelles  de  La  Hague.  Nous  avons  donc  envisagé  la  création  d’une  installation  d’un  nouveau  genre,  dédiée  exclusivement à l’entreposage supplémentaire des colis CSD‐V. Les colis de La Hague y seraient alors  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 39 sur 109  
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    Les chroniques d’entreposage et de stockage  placés après une soixantaine d’années d’entreposage (à une puissance thermique de 500 W) et y  resteraient entreposés pendant une trentaine d’années avant d’en être retirés (à une puissance de  300 W).      Trois scénarios d’entreposage et de stockage  Pour la gestion des colis CSD‐V, nous avons exploré trois scénarios différents. La puissance thermique  des colis étant le paramètre principal de différenciation de ces scénarios, nous avons dimensionné  les flux de façon à ne gérer que des colis de même puissance thermique à une étape donnée de la  chaîne  logistique.  Ainsi, le  flux  de  stockage  a  été  fixé  uniformément  à  500  colis/an  pour  les  trois  scénarios, ce qui correspond à peu près au flux de production constaté à La Hague.     La durée totale du stockage est légèrement supérieure à la durée totale de  production, car il est  prévu que les derniers colis qui seront produits à La Hague auront une puissance thermique initiale  supérieure, nécessitant un entreposage préalable d’au moins 70 ans avant stockage. Au final, nous  avons fait l’hypothèse d’une mise en stockage de la totalité de l’inventaire CSD‐V en 80 ans.      Fig. 32 : Synoptique des trois scénarios CSD‐V explorés    Le scénario A est notre scénario de référence, basé sur les hypothèses du Dossier 2005 de l’Andra. Ce  scénario  envisage  un  stockage  direct  des  CSD‐V  dès  leur  sortie  des  entrepôts  de  La  Hague.  Les  déchets stockés dégagent alors une puissance thermique de 500 W.    Le scénario B décale la mise en stockage des colis de 30 ans par rapport au scénario A, ce qui permet  de  stocker  des  colis  de  300  W,  et  de  bénéficier  des  économies  sur  la  ressource  de  stockage  présentées  précédemment.  Ce  scénario  nécessite  cependant  la  création  d’un  entrepôt  pour  la  décroissance supplémentaire des colis CSD‐V. Le désentreposage de La Hague se déroule cependant  selon les mêmes conditions que le scénario A.    Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 40 sur 109  
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    Les chroniques d’entreposage et de stockage  Le  scénario  C ressemble  fortement  au  scénario  B :  création  d’un  entrepôt  de  décroissance  supplémentaire  et  décalage  de  la  mise  en  stockage  des  colis.  La  différence  réside  dans  le  désentreposage  de  La  Hague.  Ce  scénario  émet  l’hypothèse  d’un  désentreposage  plus  précoce  et  plus rapide des entrepôts existants, ce qui permet d’évacuer le dernier colis en 2090, soit 40 ans plus  tôt que dans les scénarios A et B. Cette hypothèse correspond  à la décision de ne pas prolonger  l’exploitation des entrepôts de La Hague au‐delà de la durée pour laquelle ils ont été conçus.    Résultats étape par étape    • Désentreposage  Les scénarios A et B font l’hypothèse d’une prolongation des entrepôts de La Hague pour permettre  d’évacuer  des  colis  CSD‐V  de  500  W  (pour  stockage  direct  ou  entreposage  supplémentaire).  Les  entrepôts ayant été conçus pour 50 ans d’exploitation, il faudra donc prévoir une prolongation d’une  trentaine  d’années,  ce  qui  entraîne  des  frais  de  jouvence  à  déterminer.  Le  scénario  C  permet  d’économiser ces frais de jouvence, en vidant les entrepôts avant qu’ils n’aient atteint l’âge moyen  de 55 ans, grâce à un désentreposage précoce et accéléré (800 colis/an).       Scénario A  Scénario B  Scénario C  Début du désentreposage  2050  2050  2040  Durée du désentreposage  80 ans  80 ans  50 ans  Flux de colis retirés  500 colis/an  500 colis/an  800 colis/an  Âge des entrepôts à la MAD  80 ans  80 ans  55 ans  Frais de jouvence  A/D  A/D  0 €  Fig. 33 : Désentreposage des installations de La Hague    • Entreposage supplémentaire  Les scénarios B et C nécessitent la création d’un entrepôt supplémentaire, pour amener les colis CSD‐ V à une puissance thermique de 300 W seulement, et réaliser des économies au niveau de l’étape de  stockage.  L’installation  devra  être  conçue  pour  une  durée  d’exploitation  séculaire.  Le  scénario  A  prévoyant  un  stockage  direct,  il  fait  l’économie  de  cette  nouvelle  installation  d’entreposage.  Cependant, les scénarios B et C se distinguent nettement, notamment par la capacité maximale à  prévoir.       Scénario A  Scénario B  Scénario C  Mise en Service Initiale  ‐  2050  2040  Durée d’exploitation  ‐  110 ans  120 ans  Capacité à prévoir  ‐  16 970 colis  35 820 colis  Coût total brut  0 €  913 M€  1 841 M€  Coût total actualisé (2040)  0 €  447 M€  968 M€  Fig. 34 : Construction, exploitation et démantèlement de l’entrepôt supplémentaire    Dans le scénario B, les colis CSD‐V sont reçus à une puissance thermique de 500 W et à un rythme de  500 colis/an pendant 80 ans. Ils y restent entreposés une trentaine d’années pour que leur puissance  thermique chute à 300 W avant d’être expédiés vers le centre de stockage au même rythme de 500  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 41 sur 109  
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    Les chroniques d’entreposage et de stockage  colis/an.  Au  final, l’entrepôt  est  exploité  pendant  110  ans,  et  chaque  alvéole  d’entreposage  est  utilisée près de 4 fois par des colis différents. Ce fonctionnement permet de ne créer que 17 000  places environ pour gérer l’intégralité de l’inventaire CSD‐V.    0 5000 10000 15000 20000 25000 30000 35000 40000 2010 2020 2030 2040 2050 2060 2070 2080 2090 2100 2110 2120 2130 2140 2150 2160 2170 Stock de colis primaires entreposés Années Entrepôt supplémentaire Scénario B   Fig. 35 : Stock de colis primaires dans l’entrepôt du scénario B    Le scénario C ne permet cependant pas ce fonctionnement, car les dates et les flux en entrée et en  sortie sont mal ajustés. En effet, les colis sont reçus à une puissance thermique très supérieure à 500  W,  à  cause  du  désentreposage  précoce  et  accéléré  de  La  Hague.  Le  premier  colis  reste  donc  entreposé  50  ans  dans  l’installation,  et  le  dernier  pratiquement  70 !  Il  est  donc  pratiquement  impossible  d’envisager  une  réutilisation  successive  des  alvéoles  d’entreposage,  ce  qui  conduit  à  prévoir une capacité de pointe de près de 36 000 places, proche de la quantité totale de CSD‐V à  gérer. Comme on peut le constater dans le tableau de résultats, l’impact financier est direct, avec  notamment des frais de construction qui doublent par rapport au scénario B.    Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 42 sur 109  
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    Les chroniques d’entreposage et de stockage  0 5000 10000 15000 20000 25000 30000 35000 40000 2010 2020 2030 2040 2050 2060 2070 2080 2090 2100 2110 2120 2130 2140 2150 2160 2170 Stock de colis primaires entreposés Années Entrepôt supplémentaire Scénario C   Fig. 36 : Stock de colis primaires dans l’entrepôt du scénario C    •Stockage  Le scénario A, pris comme référence, fait l’hypothèse d’une puissance thermique de 500 W dégagée  par les CSD‐V à la mise en stockage, ce qui correspond à un entreposage de décroissance de 60 ans.  Dans les scénarios B et C, les CSD‐V dégagent une puissance thermique de seulement 300 W à leur  mise  en  stockage,  grâce  à  un  entreposage  de  décroissance  supplémentaire  de  30  ans.  Le  tableau  suivant indique les résultats obtenus sur le volume minier excavé et l’emprise du stockage. En euros  bruts, l’économie réalisée sur le coût du stockage se chiffre à près de 2 milliards d’euros.      Scénario A  Scénario B  Scénario C  Début du stockage  2050  2080  2080  Âge des colis au stockage  60 ans  90 ans  90 ans  Puissance thermique  500 W  300 W  300 W  Volume minier excavé  2,615 Mm3   1,484 Mm3   1,484 Mm3   Emprise totale  386 ha  222 ha  222 ha  Coût total brut  4 238 M€  2 272 M€  2 272 M€  Coût total actualisé (2040)  915 M€  171 M€  171 M€  Fig. 37 : Construction des alvéoles de stockage  Synthèse  Nous avons effectué une évaluation économique des trois scénarios basée sur les coûts dont nous  disposions, concernant notamment le nouvel entrepôt de décroissance et le stockage des colis CSD‐ V. Il faut toutefois noter que de nombreux postes de coûts manquent à cette évaluation. Nous ne  possédions  en  effet  aucune  donnée  sur  le  coût  du  transport,  du  conditionnement  en  colis  de  stockage  et  des  différentes  opérations  de  manutention  (entreposage,  désentreposage,  contrôle,  etc.).    Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 43 sur 109  
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    Les chroniques d’entreposage et de stockage  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 44 sur 109   Coûts actualisés en 2040 Scénario A  Scénario B  Scénario C  Entreposage supplémentaire  0 €  447 M€  968 M€  Stockage  915 M€  171 M€  171 M€  Total  915 M€  618 M€  1 139 M€  Fig. 38 : Synthèse des coûts actualisés    Pour  pouvoir  comparer  des  dépenses  effectuées  à  des  horizons  temporels  distincts,  nous  avons  utilisé  un  taux  d’actualisation  de  3,5%  par  an  (taux  utilisé  couramment  par  l’Andra).  On  peut  cependant se demander quel signification il est encore possible de donner à des dépenses étalées sur  plus d’un siècle. Les horizons habituels d’actualisation ne dépassent jamais 20 ou 30 ans, car le poids  donné aux dépenses à effectuer au‐delà devient rapidement dérisoire. Dans les scénarios B et C par  exemple, l’actualisation divise le coût brut du stockage par plus de 13 ! Considérer seulement des  coûts  actualisés  dans  une  optimisation  technico‐économique  pourrait  donc  conduire  à  reporter  éternellement  le  stockage  des  déchets,  l’entreposage    représentant  un  investissement  de  départ  moins élevé.    En euros bruts ou en valeur nette actualisée, le scénario B semble néanmoins le plus avantageux sur  le plan économique. Pour qu’elle soit tout à fait complète, cette étude mériterait toutefois d’être  prolongée sur les autres plans qui environnent le sujet. Sur le plan politique, on peut en effet se  demander dans quelle mesure une nouvelle étape d’entreposage, comme prévue dans le scénario B,  serait acceptée par le grand public, sachant qu’à l’horizon où cet entrepôt deviendra nécessaire, un  stockage de déchets de haute activité sera certainement en exploitation depuis plusieurs décennies.  Sur le double plan de la sûreté et de la radioprotection, les scénarios B et C représentent un risque  d’exposition des travailleurs et du public plus élevé, car ils nécessitent des étapes de manutention  supplémentaires : transfert, entreposage et désentreposage de colis.     Cette  étude  apporte  donc  une  réponse  sur  le  seul  plan  économique  à  la  question  posée :  faut‐il  prévoir une étape d’entreposage supplémentaire dans la gestion des colis de déchets vitrifiés de La  Hague ? Cependant, le nouvel entrepôt n’étant pas à construire avant 2040 ou 2050, la réponse à  cette question pourra encore attendre au‐moins deux à trois décennies avant d’être définitivement  tranchée. Ce n’est pas le cas d’autres préoccupations logistiques, telles que l’ordonnancement des  premiers colis à stocker dès 2025, comme nous allons le voir dans la suite de cet exposé.   
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      D/ Ordonnanccement ett améliorration dees chroniiques de s stockagee    Dans cet déchets  doit être tte partie, no référencés  e mise en pla ous allons ét dans  l’inven ace pour étab tudier des ch ntaire  de l’A blir efficacem hroniques qu Andra.  On  co ment ces chr ui portent su omprend  do roniques com ur l’ensemble nc  qu’une  m mplexes.  e des 106 fa méthodologie milles de  e  précise  1. Modélisation des c chroniquees    Afin de p nous  av élément transfert lieu initi emballag primaire bien évid stockage génériqu pouvoir trav vons  modélis taires  pour  t d’une certa al vers un lie ge de transp e au colis de demment de e, mais aussi ue de condit vailler de faço sé  les  chron chaque  fam aine quantit eu final. Ce t port (type B o e stockage).  es entrepôts i de lieux plu ionnement,  on efficace s niques.  Une mille  de  déc té de colis, à ransfert peu ou IP2) ainsi Les lieux ini s et du site d us abstraits  un entrepôt  sur les chron e  chronique  hets.  Chaqu à un certain  ut en outre fa i qu’une opé itiaux peuve de stockage,  tel qu’un lie générique à niques (en ut devient  alo ue  opération flux, à parti aire interven ération de co nt être de d voire des al eu générique à créer, etc. tilisant un ta ors  une  succ n  élémentai r d’une cert nir une opéra onditionnem différentes n lvéoles de st e de product ableur en pa cession  d’op re  correspo taine date, d ation de tran ent (passage natures, il pe tockage sur l tion des colis rticulier),  pérations  ond  à  un  depuis un  nsport en  e du colis  eut s’agir  le site de  s, un lieu    2. Afin de c avons co   Contrai Nous  pa exhausti l’ensemb • e e Famille  de colis  Di Zazzo/Mic Méthodol créer des chr ommencé pa intes  artons  donc  if les colis sto ble de la vie  existence  de existeront su Lieu  initial  chaël Fertin  logie d’éla roniques de  ar mettre en  Fig. 39 : Mét de  l’inventa ockables dan du stockage es  colis  sur  ur la  période Lieu  final  Da tra aboration stockage po place une m hodologie d’é aire  de  tous ns la période ), nous faiso la  période  e considérée ate  ansfert  Q tr n des chro ur plus de 10 méthodologie élaboration d s  les  déchets  de temps co ns jouer tou considérée : e pourront êt Quantité  ransfert  F t oniques  06 familles d e.  es chronique s  HA‐MAVL.  onsidérée (q te une série  :  il  est  bien tre considéré Flux  ransfert  T de colis HA‐M s de stockage Pour  extrai ue ce soit la  de contraint   évident  qu és comme st Transport  Conditionnnement  MAVL différents, nous    e  ire  de  cet  in première tr tes :  nventaire  anche ou  colis  qui ue  seuls  les  tockables  Jérémy D Page 45 sur 109 
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    Ordonnancement et amélioration des chroniques de stockage  • connaissance suffisante du comportement des colis en stockage pour la période considérée :  seuls  les colis  dont  le  comportement  aura  été  suffisamment  caractérisé  pour  la  période  considérée pourront être stockés. Pour les autres colis, un effort de R&D devra être mis en  place pour les caractériser et voir s’ils sont stockables en l’état pour les tranches suivantes.  • puissance  thermique :  comme  on  l’a  vu  pour  les  colis  de  déchets  vitrifiés,  certains  colis  nécessitent  un  entreposage  préalable  avant  d’être  stockés.  Pour  la  première  tranche  d’exploitation du stockage par exemple, aucun colis Ha de La Hague ne pourra être stocké.  • …    Les  contraintes  permettent  donc  uniquement  d’obtenir  un  nouvel  inventaire  de  colis  HA‐MAVL  stockables sur la période considérée, réduit par rapport à l’inventaire initial.    Critère d’ordonnancement  A partir du nouvel inventaire, il convient maintenant de déterminer l’ordre dans lequel les colis vont  être désentreposés et arriver sur le stockage. Nous avons donc déterminé plusieurs critères pouvant  aboutir à un ordonnancement :   • Ordre des mises à l’arrêt définitives des entrepôts : les entrepôts ne sont pas tous construits  en même temps et arrivent donc en fin de vie à des dates différentes. Si l’on souhaite éviter  de construire de nouveaux entrepôts, il convient donc de stocker les colis des entrepôts en  fin de vie en premier.  • Ordre  de  production  initiale :  un  critère  d’ordonnancement  simple  pourrait  consister  à  stocker les colis dans l’ordre de leur production. Cet ordre, s’il ne présente aucun avantage  sur le plan technico‐économique, a cependant l’avantage d’être simple et d’avoir un effet  très positif sur le plan de la communication auprès du public. Cela signifierait en effet que  l’on gère tous les déchets sans exception et en commençant par ceux que nous ont laissé les  générations précédentes, afin de ne pas les léguer à notre tour aux générations futures.  • Ordre  de  terme  source  mobilisable  décroissant :  le  terme  source  mobilisable  d’un  colis  correspond au risque que le colis représente dans son conditionnement actuel et dans son  entrepôt actuel. Commencer par stocker les colis de terme source mobilisable correspondrait  donc à stocker en premier les colis qui présentent le plus de risque pour les populations en  surface. Il convient d’ailleurs de remarquer qu’un colis ayant un terme source mobilisable  très fort pourra être parfaitement sûr dans son alvéole de stockage, le risque en surface et le  risque en profondeur étant grandement décorrélé (en particulier parce qu’une grande part  du risque provient de l’entrepôt dans lequel est le déchet, qui n’intervient bien évidemment  plus dans le site de stockage).  • …    Critères logistiques  Nous avons maintenant un ordonnancement des colis à désentreposer et à stocker, c'est‐à‐dire que  l’on sait par exemple que tel colis doit arriver en premier, suivi de tel autre colis, etc. On ne sait  encore rien sur les dates, les flux et les quantités mises en jeu. C’est en faisant intervenir les critères  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 46 sur 109  
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    Ordonnancement et amélioration des chroniques de stockage  logistiques  que  l’on va  obtenir  ces  renseignements  supplémentaires.  Ces  critères  sont  répartis  en  plusieurs grandes familles 10 :  Gestion du parc des entrepôts (par exemple utiliser un entrepôt jusqu’à sa fin de vie)  • Minimiser la création de nouveaux entrepôts (en envoyant rapidement les colis sur le site de  stockage par exemple).  • Optimiser l’utilisation des entrepôts, c'est‐à‐dire garder les entrepôts remplis le plus possible  durant leur durée de vie pour rentabiliser au mieux leur investissement.  • Minimiser le terme‐source mobilisable des entrepôts (indicateur de sûreté de l’ASN relatif à  un colis dans un entrepôt, sur lequel un ingénieur de l’Andra doit se renseigner) sur la durée  du stockage. Il est en effet préférable de vider en premier les entrepôts les moins sûrs et de  reté leur contenu sur le site de stockage. stocker en sû Transport des colis  • Réguler le flux de désentreposage des colis, c’est‐à‐dire essayer d’utiliser au maximum de  leurs capacités les installations de  désentreposage des différents entrepôts. Cela permettra  aussi un dimensionnement sommaire des installations de désentreposage non existante (ce  qui  est  le  cas  actuellement  pour  la  majorité  des  entrepôts).  Concrètement,  il  s’agit  donc  d’obtenir un flux de colis stable et proche de la capacité maximale des installations sur la  durée de vie de ces dernières.  • Minimiser le nombre de transport (en particulier entre entrepôts, il est préférable d’envoyer  directement les colis sur le site de stockage).  • Minimiser  le  nombre  d’emballages  de  type  B  à  acquérir,  en  fixant  des  flux  pas  trop  importants  par  exemple  (les  périodes  de  rotation  de  ces  emballages  sont  en  effet  très  longues)  Conditionnement en colis de stockage  • Réguler les activités de conditionnement sur le site de stockage, afin d’utiliser au mieux les  nnement qui y seront présentes. installations de conditio Gestion du centre de stockage  • Réguler les activités de génie civil.  • Réguler le nombre de transferts jour‐fond quotidiens.  • Minimiser l’emprise du stockage (correspond plus ou moins à la surface totale utilisée par le  site  de  stockage).  Le  levier  principal  de  ce  critère  est  d’entreposer  les  déchets  HA  plus  longtemps  pour  qu’ils  soient  plus  froids  lorsqu’ils  arrivent  sur  le  site  de  stockage  et  nécessitent ainsi moins d’intercalaires dans leurs alvéoles de stockage.  • Minimiser la variété de types d’alvéoles MAVL ouvertes simultanément. Il existera en effet  différents  types  d’alvéoles  MAVL  selon  la  nature  des  colis  contenus.  Pour  chaque  type  d’alvéole MAVL, il existera donc toute une batterie d’appareils de manutentions spécifiques  à entretenir et à garder au fond du site.    Pour  obtenir  la  chronique  finale,  on  se  fixe  donc  un  certain  nombre  de  critères  à  respecter  (par  exemple avoir une activité constante sur le site de stockage). On détermine alors un ou plusieurs                                                               10  Voir Annexe 2 : Document de synthèse des critères et des flux  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 47 sur 109  
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    Ordonnancement et amélioration des chroniques de stockage  indicateurs associés sur lesquels on fixe des objectifs quantifiés (pour l’activité de stockage, le flux  journalier de colis de stockage dans la descenderie du site est un bon indicateur ; on peut alors lui  fixer une valeur constante à atteindre de 6 colis par jour (flux standard pour laquelle la descenderie a  été  conçue))  puis l’on  obtient  la  chronique  complète  (flux,  dates,  quantités)  par  itération  jusqu’à  obtenir une chronique adéquate.    Afin d’accélérer cette étape, qui serait extrêmement longue si elle était réalisée de façon totalement  manuelle,  nous  avons  réalisé  un  outil  informatique  de  simulation  de  chronique  qui  nous  permet  d’extraire tous les indicateurs que l’on souhaite d’une chronique donnée.    3. Création d’un outil informatique pour la gestion des critères  logistiques  Etablissement d’un cahier des charges  Devant la complexité de la création de chroniques (106 familles, une vingtaine de critères logistiques  pour une infinité d’indicateurs quantifiés envisageables), nous avons créé un outil informatique sous  Excel possédant une couche programme en Visual Basic for Application afin d’aider à la création des  chroniques.    Pour créer cet outil, nous avons établi un cahier des charges en partenariat avec les ingénieurs de  l’Andra directement concernés par la création de chroniques :  • Outil  fonctionnant  sous  MS  Excel :  tous  les  ingénieurs  de  l’Andra  savent  utiliser  Excel  et  pourront ainsi se servir de l’outil sans difficulté.  • Documentation exhaustive : deux documentations ont été produites, l’une pour l’utilisateur  quotidien et une autre pour un éventuel développeur souhaitant faire évoluer l’outil pour  répondre à de nouveaux besoins.  • Un outil flexible et grandement paramétrable : toutes les données d’entrée de l’outil sont  paramétrables, différents niveaux de complexité peuvent être étudiés (du macro par grands  types de colis jusqu’au micro en suivant les colis sous‐familles par sous‐familles dans leurs  tanches d’entrepôts respectives), un nombre infini d’indicateurs peut être suivi pour chaque  chronique.  • Un outil simple et efficace : l’outil a été pensé pour que le remplissage des données soit le  plus aisé possible, la simulation d’une chronique complète prend moins d’une minute.    Fonctionnement de l’outil11  L’outil créé permet de simuler la chronique que l’on souhaite améliorer. On rentre donc celle‐ci en  entrée.  L’outil  va  alors  simuler  la  chronique  et  agréger  toutes  les  données  de  simulation  (flux  journaliers, annuels, volumiques ou en nombre de colis, nombre d’emballages impliqués, etc.) dans  une  feuille  de  données.  Cette‐dernière  n’a  pas  pour  vocation  à  être  utilisée  telle  quelle  par  l’utilisateur  (la  feuille  en  question  fait  plusieurs  dizaines  de  milliers  de  lignes  pour  une  chronique  comportant 100 opérations élémentaires !). L’utilisateur utilise les outils d’Excel (en particulier les  tableaux  et  graphiques  croisés  dynamiques)  afin  d’en  extraire  la  série  d’indicateurs  qu’il  souhaite                                                               11  Voir Annexe 8 : Documentation utilisateur de l’outil  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 48 sur 109  
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    Ordonnancement et amélioration des chroniques de stockage  suivre pour la chronique en question. Ce sont donc ces indicateurs qui constituent la sortie utilisable  de cet outil.      Fig. 40 : Synoptique de l’outil logiciel (1)    Mettons que le critère à atteindre ici soit d’avoir une activité constante sur le site de stockage, avec  pour indicateur suivi le flux de stockage avec pour valeur objectif 1,5 colis/jour. On voit donc que la  chronique initiale ne permet pas d’atteindre cet objectif. Pour cela, l’outil est utilisé pour réaliser une  étude paramétrique et/ou une analyse de sensibilité par itération afin d’obtenir le résultat souhaité :  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 49 sur 109  
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    Ordonnancement et amélioration des chroniques de stockage  4. L’obtention puis l’organisation des données  Obtention des données  Pour réaliser les chroniques et cet outil d’aide à la décision, nous avons bien évidemment eu besoin  de données sur les familles de colis et sur toutes les étapes de la chaine logistiques. Ces données  peuvent être classées en quelques grandes catégories :  • L’inventaire des déchets, leur conditionnement et leur emplacement initial  •Les chroniques de production des déchets  • Les données sur les entrepôts  • Les données sur le transport  • Les données sur les alvéoles de stockage    Les récupérer n’a pas été chose facile. Il n’existait en effet à l’Andra aucune centralisation de ces  données :  les  ingénieurs  chargés  de  l’inventaire  des  colis  possédaient  sur  leur  disque  dur  des  données sur les colis, ceux chargés du transport leurs données sur les emballages, etc. En outre, il  arrivait parfois que ces données ne recoupent pas.    En  effet,  il  existe  différents  inventaires  des  déchets  à  l’Andra.  Il  existe  tout  d’abord  l’Inventaire  National  (I.N.),  qui  est  public  et  dont  les  données  proviennent  directement  des  producteurs  de  déchets. Cet inventaire ne traite que des déchets en production ou existant. A côté de cet inventaire,  l’Andra  a  créé  son  propre  inventaire  de  travail  appelé  Modèle  d’Inventaire  de  Dimensionnement  (M.I.D.). Celui‐ci existe en deux versions principales : une version dite standard faisant des pronostics  sur la production futur des déchets radioactifs en prenant une durée de vie des centrales nucléaires  de 40 ans, et un autre inventaire, dit de dimensionnement, qui lui considère une durée de vie de 60  ans pour le parc nucléaire français.    Or,  ces  inventaires  ne  se  recoupent  pas  systématiquement  en  termes  de  noms  de  déchets  et  de  quantité. On peut ainsi compter pas moins de quatre façons différentes pour appeler une famille  données :  • Nom classique  • Référence Inventaire National  • Colis‐type MID  • Famille de déchet    Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 51 sur 109  
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    Ordonnaancement ett amélioratioon des chroniiques de stocckage  F Colis‐ Ré   En outre gestion  emballag n’existai   Ainsi, po d’agréga     Di Zazzo/Mic Fig. 4 e, le MID évo de leurs déc ges ou sur le ent plus dan our récupére ation en étud Quantités M Quantités  Famille de dé ‐type MID (in Andra) éférence Inve National Type de déc chaël Fertin  43 : Les fûts de olue en perm chets. Il nou es alvéoles d ns le MID…  er un ensem diant l’évolut   MID IN échet nventaire  entaire  l chet e bitume de M manence en  us est donc  de stockage q ble de donn tion du MID.   CEA‐ 1 7 1 7 Marcoule dan fonction des régulièreme qui correspo ées homogè .  B2.5 1010 709 710 CE 4 s l’Inventaire s décisions p ent arrivé  d’ ondaient en f ène, nous av F2‐4‐04 EA‐1030 N/A 44 980 e National et l prises par les obtenir des  fait à des fam ons dû faire Bitumes de  Marcoule B2.2 CEA‐1020 24 422 11 200 Page 52 e MID  s producteur information milles de dé  un importa F2‐4‐03 B2.3 CEA‐1000 2 249 3 280 rs pour la  ns sur les  chets qui  nt travail  Jérémy D 2 sur 109  
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    Ordonnancement et amélioration des chroniques de stockage  Organisation des données  Ne  voulant  pas reproduire  ce  morcellement  des  données  qui  nous  avait  tant  gênés  lors  de  la  récupération des données, nous avons décidé de créer une base de données de type relationnelle  pour avoir toutes nos données situées au même endroit et facile à mettre à jour12 .      Fig. 44 : Schéma entités‐associations de notre base de données                                                                         12  Nous avons profité des nombreuses réunions que nous avons eues avec les ingénieurs chargés d’organiser  ces données pour leur exposer tous les avantages d’une centralisation des données. Nous espérons donc qu’ils  réutiliseront cette base de données comme embryon pour un projet de centralisation globale de l’ensemble  des données de l’Andra.  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 53 sur 109  
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    Ordonnancement et amélioration des chroniques de stockage  5. Application : réalisation de deux chroniques pour la première tranche  du stockage (2025/2040)    Contexte  Avant  notre travail,  une  première  chronique  avait  déjà  été  réalisée  à  l’Andra.  Il  s’agissait  d’une  chronique sur l’ensemble de la durée d’exploitation du stockage qui proposait un scénario stockant  l’ensemble  des  déchets  actuels.  Cette  chronique  n’était  fondée  que  sur  un  seul  critère  d’ordonnancement : l’ordre des mises à l’arrêt définitives des entrepôts.    Dans cette chronique, les premiers déchets arrivant dans le site de stockage étaient les bitumes de  Marcoule,  soit  l’équivalent  d’à  peu  près  60 000  fûts.  Il  faut  en  effet  savoir  que  ces  fûts  sont  actuellement entreposés dans des casemates sur le site du CEA de Marcoule. Or, l’Autorité de sûreté  considère que es casemates ne respectent plus les règles de sûreté en vigueur aujourd’hui et a donc  demandé au CEA de les reprendre et de les reconditionner.    Le CEA s’est alors exécuté et a déjà repris près de 7000 fûts, qui ont été reconditionnés dans un  nouveau colis et placés dans un nouvel entrepôt ultramoderne : l’EIP. Pour le reste des colis, deux  scénarios sont alors envisageables pour le CEA :  • Continuer à désentreposer les fûts de bitume pour les mettre dans l’EIP   • Stocker directement les fûts de bitume à l’ouverture du centre de stockage    Nous avons étudié ces deux scénarios en termes de chroniques de stockage pour la première tranche  du stockage (fixée dans le cadre de cette étude à une période allant de 2025 à 2040) vis‐à‐vis de  critères différents.    Chronique 1 : limiter la création de nouveaux entrepôts  Nous sommes partis de la chronique produite par l’Andra afin de l’améliorer et d’étudier différents  aspects absent de la chronique initiale tels que les besoins en emballage de transport par exemple.  Dans le cadre de notre méthodologie, celle‐ci répond à différents critères et contraintes :  • Contrainte : écarter les colis qui n’ont pas encore été produits à la première tranche  • Critère  d’ordonnancement :  ordre  des  mises  à  l’arrêt  définitives  des  différents  entrepôts  actuels  • Critère logistique :   o vider  les  casemates  de  Marcoule    le  plus  rapidement  possible  (c'est‐à‐dire  commencer tout de suite avec une activité industrielle sur le site de stockage)  o limiter le besoin en emballages de transport de type B                Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 54 sur 109  
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    Ordonnancement et amélioration des chroniques de stockage  Voici la chronique simplifiée à laquelle nous sommes arrivés :    Famille  Lieu initial  Date initiale Débit  Quantité transférée  Bitumes de Marcoule (MAVL)  Casemates Sud  (Marcoule)  2025  4244  46690  Colis C0 PIVER (HA)  APM (Marcoule)  2029  180  180  Colis C0 AVM (HA)  AVM (Marcoule)  2030  271  3250  Colis CSD‐C (MAVL)  ECC (La Hague)  2030  655  18735  Bitumes STE2 et STE3 (MAVL)  Bat S et ES (La Hague)  2035  2144  12862  Bitumes de Marcoule (MAVL)  Casemate 14  (Marcoule)  2038  1093  3280  Fig. 45 : Scénario 1 (Chronique première tranche)    Par rapport à la chronique initiale de l’Andra dont nous sommes partis, nous avons lissés les flux de  stockage et les besoins en emballages de transport :     0 1 2 3 4 5 6 2020 2030 2040 Nombre de colis stockés par jour Années Flux de stockage journalier HA MAVL   Fig. 46 : Flux de stockage journalier (scénario 1)    Le flux de stockage atteint en effet très rapidement un flux journalier de 5 colis par jour, limite que  nous nous étions fixée vis‐à‐vis des capacités de la descenderie.    Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 55 sur 109  
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    Ordonnancement et amélioration des chroniques de stockage    0 20 40 60 80 100 120 2020 2030 2040 Nombre d'emballages nécessaires par an Années Emballages de transport Type B Type IP2   Fig. 47 : Nombre d’emballages de transport (scénario 1)    Pour les emballages de transport, il convient de bien séparer emballages de type B et emballage de  type IP2 dans le graphique. En effet on peut voir qu’il y aura un fort besoin d’emballages de transport  de type  IP2,  or,  ces  emballages  sont  nettement  moins  cher  à  concevoir  et  acquérir  que  les  emballages de type B. Pour ces derniers, la demande croît progressivement jusqu’à atteindre une  valeur de 25 vers 2040, ce qui reste acceptable.    Cette chronique répond donc bien aux contraintes et critères que nous lui avons fixés. Cependant, il  faut aussi prendre en compte le risque que les bitumes ne soient pas stockables dès 2025, soit que  les  installations  de  désentreposage  ne  soient  pas  au  point  d’ici  là,  soit  que  leur  emballage  de  transport ne soit pas conçu ou agréé, soit parce que leur comportement (les bitumes gonflent et  dégagent  du  H²  explosif)  ne  sera  pas  considéré  comme  suffisamment  connu  d’ici  l’ouverture  du  stockage.      Chronique 2 : réduire les risques sur la mise en route du stockage  Afin d’explorer cette deuxième possibilité, nous avons créé une chronique dont le critère principal  est de réduire les risques sur la mise en route du stockage. Dans le cadre de notre méthodologie,  celle‐ci répond à différents critères et contraintes :  • Contraintes :  o écarter les colis qui n’ont pas encore été produits à la première tranche  o écarter  les  colis  dont  le  comportement  risque  de  ne  pas  être  assez  caractérisé  à  l’ouverture du stockage  • Critères  d’ordonnancement :  ordre  de  mise  à  l’arrêt  définitive  des  entrepôts.  Cependant,  dans cette chronique, les colis seront désentreposés avant la fin de vie de leur entrepôt et  non plus à la date de mise à l’arrêt définitive de celui‐ci.  • Critères logistiques :  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 56 sur 109  
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    Ordonnancement et amélioration des chroniques de stockage  o Mise en route progressive du site de stockage (indicateur : flux de stockage croissant  jusqu’à atteindre en environ 5 ans une valeur de 4 colis par jour pour les MAVL et de  2 pour les HA) : cette mise en route progressive permettra de mettre résoudre plus  facilement les éventuels problèmes au démarrage de l’installation.  o Mise en route décalée d’au moins trois ans entre les colis MAVL et HA : les colis HA  et MAVL  utilisent  des  installations  très  différentes ;  décaler  leur  mise  en  route  permettra de se concentrer sur un seul type de problème éventuel à la fois et non  sur ceux de deux installations en même temps.    Voici la chronique simplifiée à laquelle nous sommes arrivés :   Famille  Lieu initial  Date initiale  Débit  Quantité transférée  Colis CSD‐C (MAVL)  ECC (La Hague)  2025  progressif  25245  Colis CBFC’‐2 (MAVL)  EDS (La Hague)  2031  960  9162  Colis C1PG (MAVL)  ICEDA (Bugey)  2038  400  990  Colis C0 PIVER (HA)  APM (Marcoule)  2029  180  180  Colis C0 AVM (HA)  AVM (Marcoule)  2030  progressif  3250  Colis CSD‐V (verres Umo) (HA)  R7‐T7,EV‐SE (La  Hague)  2038  800  1000  Fig. 48 : Scénario 2 (Chronique première tranche)    Comme on peut le voir, les critères ont bien été respectés :    Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 57 sur 109  
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    Ordonnancement et amélioration des chroniques de stockage  0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5 2020 2030 2040 Nombre de colis stockés par jour Années Flux de stockage journalier HA MAVL   Fig. 49 : Flux de stockage journalier (scénario 1)    Cette chronique présente donc comme avantage principal de réduire les risques lors de la mise en  route du site de stockage. Elle présente cependant plusieurs inconvénients, en particulier pour les  producteurs de déchets :   •Le CEA doit construire de nouvelles tranches pour l’entrepôt EIP afin d’entreposer les fûts de  bitume en provenance des casemates.  • Cette chronique commence à vider des entrepôts qui sont encore très loin de leur fin de vie  (ECC à la Hague a été construit au début des années 2000 et devront donc durer jusqu’en  2050 au moins), ce qui empêcherait les producteurs de rentabiliser leur investissement dans  ces entrepôts.    Une comparaison délicate  Nous l’avons vu, ces deux chroniques répondent chacune à des critères différents qui sont tous deux  tout  aussi  valables,  et  présentent  donc  toutes  les  deux  un  certain  nombre  d’avantages  et  d’inconvénients.    Afin de pouvoir les comparer, il faudrait qu’on puisse les situer l’une par rapport à l’autre grâce à un  paramètre commun. On pourrait penser au coût de ces deux chroniques afin de les comparer et de  retenir la moins coûteuse dans une optique générale de minimisation des coûts. Cependant cela est  impossible : nous n’avons pas toutes les informations nécessaires (impossible par exemple de chiffrer  le  coût  du  transport  des  colis,  qui  est  le  cœur  de  métier  d’Areva  TN  et  qui  est  donc  bien  trop  stratégique pour pouvoir être divulgué) et même si nous pouvions chiffrer toutes les phases de la  chaine logistiques associée à chacune des chroniques, il nous serait impossible de mettre un coût sur  le niveau de sûreté ou sur l’emprise gagnée dans un scénario par rapport à l’autre (cf étude sur les  verres HA exothermiques).    Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 58 sur 109  
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    Ordonnancement et amélioration des chroniques de stockage  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 59 sur 109   Puisqu’il existe autant de chroniques que de critères possibles pour les déterminer et que chaque  acteur aura  ses  propres  critères  pour  déterminer  la  chronique  qui  lui  convient  le  mieux,  il  est  intéressant de s’interroger sur le processus décisionnel dans cet environnement multi‐acteurs.  
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      E/ La décision en environnement multi­acteurs  1. La nécessaire consolidation des données d’entrée  Des incertitudes à lever  Pour créer des scénarios d’entreposage et de stockage des déchets HA et MAVL et pour les analyser  avec l’outil informatique que nous avons développé, nous avons eu besoin d’une grande quantité de  données, associées à chacune des étapes de la future chaîne logistique de gestion des déchets. Nous  avons obtenu ces données auprès des experts de l’Andra, mais il faut noter qu’à la rédaction de ce  rapport, de nombreuses incertitudes pèsent encore sur la qualité et l’exhaustivité de ces données  d’entrée.    Par exemple, nous avons eu besoin d’associer à chaque type de déchets un emballage de transport  blindé. En effet, le nombre de colis transportés par emballage entre dans le calcul du nombre de  convois annuels, un des critères de comparaison des scénarios. De même, il est rapidement apparu  essentiel de distinguer les transports faisant intervenir deux types d’emballages différents, dont les  délais  et les  coûts  de  conception,  d’agrément  et  de  fabrication  n’étaient  pas  du  même  ordre  de  grandeur.    Il nous a été communiqué des données consolidées pour le transport des déchets ayant déjà fait  l’objet d’une expédition, notamment dans le cadre des retours aux clients étrangers de l’usine de La  Hague. Quelques études de transportabilité nous sont également parvenues, ce qui nous a permis de  progresser.  Cependant,  pour  la  grande  majorité  des  déchets  n’ayant  jamais  été  transportés,  les  données sur le transport nous ont fait défaut.    Côté stockage, un jeu complet de données nous a été transmis sur la mise en conteneur de stockage  des colis primaires. Certains colis MAVL pourraient ainsi être regroupés par 4, 6, 8 ou 9 dans des  grands  cubes  de  béton,  ce  qui  modifie  par  exemple  le  flux  de  stockage  journalier,  critère  de  comparaison fondamental entre les scénarios. Cependant, les experts de l’Andra nous ont mis en  garde  sur  le  caractère  provisoire  des  données  communiquées,  qui  seront  sans  doute  revues  et  corrigées au fur et à mesure de l’avancement du projet.    Nous  avons  envisagé  ces  incertitudes  de  conception  en  concevant  notre  outil  informatique  de  la  manière la plus ouverte et la plus modulable possible. Ainsi, les ingénieurs qui reprendront notre  outil pourront modifier les données d’entrée pour rafraîchir les premiers scénarios que nous avons  dessinés.  Cependant,  il  nous  paraissait  important  d’attirer  l’attention  sur  ces  incertitudes  pour  considérer les résultats quantitatifs avec précaution.    L’agrément des premiers colis à stocker  Les producteurs de déchets radioactifs sont responsables des études sur le comportement des colis,  car  ce  sont  eux  qui  en  assurent  actuellement  la  gestion  au  sein  de  leurs  installations  de  conditionnement et d’entreposage. Ils réalisent notamment des prélèvements permettant de décrire  avec  précision  le  contenu  radiologique  de  chaque  colis  de  déchets.  Les  études  effectuées  par  les  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 60 sur 109 
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    La décision en environnement multi‐acteurs  producteurs sont synthétisées dans des dossiers de connaissance qui sont transmis à l’Andra pour  caractériser les 106 familles de déchets HA et MAVL destinées au stockage réversible profond.    De son côté, l’Andra établit des spécifications d’acceptation en stockage qui précisent pour chaque  type  de  colis les  intervalles  de  tolérance  associés  à  tous  les  paramètres  physiques  à  prendre  en  compte pour le stockage : poids, contamination, activité, stabilité chimique, gonflement, production  de gaz, etc. Les spécifications d’acceptation définitives ne pourront être validées par l’ASN qu’après  le  décret  d’autorisation  du  stockage,  mais  des  projets  de  spécifications  ont  déjà  été  publiés  par  l’Andra.     Lorsque la mise en service du stockage aura été décidée, l’Andra sera en mesure de délivrer des  agréments qui autorisent le stockage des déchets, famille par famille. Le processus d’agrément vise à  contrôler  que  chaque  colis  de  déchets  respecte  l’ensemble  des  spécifications  d’acceptation  en  stockage. L’agrément des colis n’est pas une donnée d’entrée en tant que telle pour l’élaboration des  chroniques  de  stockage.  Cependant,  pour  établir  les  premières  chroniques,  il  est  nécessaire  de  connaître la liste des colis qui pourront être stockés en premier.     La  plupart  des  colis  de  déchets  sont  conditionnés  sous  une  forme  qui  satisfait  complètement  les  projets  de  spécifications  d’acceptation.  Toutefois,  certains  déchets  doivent  faire  l’objet  d’une  évolution de leur conditionnement pour pouvoir être acceptés en stockage. C’est le cas par exemple  des  déchets  entreposés  en  vrac  ou  des  boues  entreposées  en  silos.  La  définition  du  meilleur  conditionnement possible en vue du stockage nécessite une collaboration active entre l’Andra et les  producteurs.    2. L’élaboration collective des chroniques d’entreposage et de stockage  Une concertation qui doit s’accélérer  Dans le cadre des échanges entre l’Andra et les producteurs de déchets radioactifs, des groupes de  travail  ont  été  constitués  pour  assurer  une  collaboration  aussi  bien  dans  un  cadre  bilatéral  que  multilatéral.  Ainsi,  depuis  plus  de  deux  ans,  un  groupe  de  travail  associe  l’Andra  et  le  CEA  sur  le  devenir des déchets radioactifs du site de Marcoule.    Un autre groupe de travail réunit l’Andra, le CEA, EDF et Areva sur des questions liées aux colis de  déchets.  Jusqu’ici,  les  échanges  ont  principalement  portés  sur  le  Modèle  d’Inventaire  de  Dimensionnement élaboré par l’Andra pour recenser l’ensemble des déchets destinés au stockage  réversible  profond.  Les  nouveaux  projets  de  conditionnement  des  déchets  y  ont  également  été  présentés par les producteurs, dans un souci de cohérence avec les spécifications d’acceptation en  stockage éditées par l’Andra.     L’élaboration des chroniques d’entreposage et de stockage est une des tâches assignées à ce groupe  de travail multi‐institutionnel. Cependant, même si des études individuelles ont été réalisées par les  parties prenantes, en dehors de ce cadre collaboratif, nous pensons que ce sujet doit encore être  approfondi.    Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 61 sur 109  
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    La décisiion en enviroonnement mmulti‐acteurs Areva él examina de préci interne  appartie l’électric abore actue ant les capac isions quant avant d’être ennent  majo cien.  ellement une cités de retra  à la métho e rendus pub oritairement  e chronique d ait et de tran odologie ado blics. Comm à  EDF, cett de désentre nsport des co optée, ces tr e les déchet e  chronique posage des  olis. Cepend avaux devan ts français e e  est  égalem colis de déch ant, nous n’ nt être valid ntreposés p ment  réalisée hets de La H avons pas pu dés par une  par Areva à L e  pour  le  co Hague, en  u obtenir  direction  La Hague  ompte  de    Dans son HA et M publiée  de  cette anciens. n Dossier 20 MAVL, qui est en 2010 sur  e  chronique    009, l’Andra a t en cours d’ la gestion d pour  planif a présenté u ’examen par des déchets d fier  les  opér une première r les product de Marcoule rations  de  r e chronique  teurs de déc e, le CEA a c reprise  et  d de mise en s chets radioac lairement in e  conditionn stockage des ctifs. Dans u ntégré les hy nement  des s déchets  ne étude  pothèses  s  déchets    Nous  pe besoins  de stock en grou pouvant nécessit régleme ensons  que  et leurs atte kage des déc pe de travai t  être  tenté  é d’une réfl ntaires se ra ces  premièr entes en vue  hets HA et M il, le travail  d’imposer  exion  collec approchent.  res  études  p de la concer MAVL. Cepen collectif risq ses  propres ctive se  fait  permettront rtation sur l’ ndant, lorsqu que de se tr s  critères.  D de plus  en  t  aux  différe élaboration  ue chaque in ransformer e D’autre  part, plus pressan ents  acteurs des chroniq stitution pré en véritable    comme  no nte à  mesur s  de  formali ues d’entrep ésentera ses  négociation ous  allons  le re que les  éc ser  leurs  posage et  résultats  n, chacun  e  voir,  la  chéances    Un plannning serréé  La loi pr législate sûreté  n déposé  stockage révoit la mis ur a prévu q nucléaire  du par l’Andra  e élaborées e e en service que la Dema urant  l’anné pour fin 20 en concertat e du stockage ande d’Autor e  2015.  Le  14. Il devra  tion avec les  e réversible  risation de C dossier  per notamment producteurs profond po Création (DA rmettant  cet t inclure les  s de déchets ur 2025. Pou C) soit instru tte  instructi chroniques  .  ur tenir ces  uite par l’Au ion  devra  d d’entreposa délais, le  utorité de  onc  être  age et de      Pour  en Déchets  les produ HA et M correspo dossier t                 13  Voir An Di Zazzo/Mic visager  sere Radioactifs  ucteurs de d MAVL destiné ond en fait a technique co                        nnexe 7 : PNG chaël Fertin  einement  ce 2010‐201213 déchets, les s s au projet d au prochain j omplet sur le                         GMDR 2010‐2 Fig. 50 : Eché ette  échéanc 3  stipule que scénarios env de centre de jalon trienna e stockage ré 012  éances du pro ce  légale,  le e « L’Andra p visageables d  stockage gé al de l’Andra éversible pro ojet HA‐MAVL   Plan  Natio précisera d’i de gestion d éologique pr a, à l’occasio fond en vue  L  nal  de  Gest ici fin 2012,  de l’ensemble rofond. ». L’é on duquel l’a de la DAC.    tion  des  Ma en concerta e des colis de échéance de agence prése atières  et  tion avec  e déchets   fin 2012  entera un  Jérémy D Page 622 sur 109  
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    La décision en environnement multi‐acteurs    Cependant, une échéance plus précoce nous a été communiquée à l’Andra ; il s’agit du début de  l’avant  projet.  L’avant projet  couvrira  l’ensemble  des  études  d’ingénierie  nécessaires  à  la  construction de la première tranche du stockage, s’étalant vraisemblablement de 2025 à 2040. Pour  définir  les  installations  de  surface  (réception,  contrôle,  et  conditionnement  des  colis),  les  équipements de manutention et de transfert ainsi que les infrastructures souterraines (galeries et  premières  alvéoles  de  stockage)  qui  devront  être  conçus  pour  la  mise  en  service  initiale  du  futur  centre, on comprend que les premières chroniques de stockage constituent une donnée d’entrée  indispensable.    Etant  donné  que  l’avant  projet  doit  débuter  au  cours  de  l’année  2011  et  que  les  producteurs  proposeront leurs propres chroniques d’ici la fin de l’année 2010, cela fixe une idée du délai accordé  à la concertation sur les premières chroniques : 1 an ! Celui‐ci paraît court, sachant que les groupes  de travail se réunissent en moyenne une fois tous les deux mois. Que se passerait‐il si les différentes  parties prenantes n’étaient pas capables de trouver un consensus en l’espace d’une demi‐douzaine  de réunions ? La question mérite d’être posée, surtout en considérant l’importance des enjeux liés  aux scénarios de gestion des déchets.    3. Un processus décisionnel encore incertain  Les risques inhérents à un retard  Comme nous l’avons montré, les chroniques d’entreposage et de stockage sont un élément‐clef de la  gestion des déchets de haute et de moyenne activité à vie longue. Elles sont requises à la fois pour  optimiser  les  opérations  d’entreposage,  de  conditionnement  et  de  transport  réalisées  par  les  producteurs  et  pour  optimiser  la  conception  du  stockage  réversible  profond  assurée  par  l’Andra,  dans le cadre d’une véritable logique de chaîne logistique. Quelles seraient les conséquences d’un  retard dans l’élaboration des premières chroniques ?     Selon nous, un retard dans la disponibilité des premières chroniques pourrait avoir des conséquences  directes sur le planning du projet HA‐MAVL, en commençant par retarder la mise en route de l’avant  projet. Si la concertation sur l’élaboration des premières chroniques prenait seulement une à deux  années de retard, certaines données de conception pourraient même ne pas être consolidées pour la  remise du dossier technique appuyant la demande d’autorisation de création, prévue fin 2014. Le  respect des échéances légales pourrait donc être remis en question.    D’autre part, un retard pourrait également induire des dérives de coût et d’optimum technique. En  effet,  plus  les  premières  chroniques  de  stockage  seront  disponibles  tardivement,  et  moins  les  opérations menées par les producteurs seront optimisées en vue du stockage. Tant que le choix des  premiers colis à stocker ne sera pas définitif, les opérations de reprise et de conditionnement des  déchets anciens continueront au détriment d’une stratégie prévoyant une expédition directe vers le  stockage  réversible  profond.  N’ayant  pas  la  certitude  de  pouvoir  stocker  ses  déchets  anciens  dès  2025, le CEA pourrait ainsi être amené à continuer de les entreposer dans de nouvelles installations  très coûteuses.    Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 63 sur 109  
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    La décision en environnement multi‐acteurs  De même, un revirement tardif dans l’élaboration des premières chroniques de stockage pourrait  avoir des conséquences techniques indésirables. On sait par exemple que les alvéoles de stockage  MAVL seront construites et équipées en fonction du type de colis qu’elles accueilleront. Certaines  alvéoles  seront  ainsi dédiées  au  stockage  des  fûts  de  bitumes  tandis  que  d’autres  seront  dimensionnées  et  construites  pour  recevoir  des  colis  de  déchets  compactés.  Il  serait  regrettable  d’avoir fait creuser et équiper à 500 mètres sous terre une alvéole MAVL de 20 000 m3  avant de  décider le report du stockage à la décennie suivante des colis qu’elle était sensée accueillir.     Sur un autre registre, un retard dans la concertation sur les premières chroniques pourrait porter  atteinte à l’image du projet. En effet, le prochain jalon officiel de l’Andra a été fixé à fin 2012 pour  préparer le débat public dont la loi prévoit la tenue au cours de l’année 2013. Si les chroniques de  stockage ne sont pas figées à cette échéance, cela pourrait mettre l’Andra en porte‐à‐faux vis‐à‐vis  du  public.  Comment  les  porteurs  du  projet  pourraient‐ils  démontrer  la  nécessité  de  créer  un  stockage  réversible  profond  dès  2025  s’ils  ne  sont  pas  en  mesure  d’en  préciser  le  besoin à  court  terme ?    Deux mécanismes décisionnels  Pour pallier les risques de dérives liés à un éventuel retard dans la concertation sur les premiers colis  à stocker, nous entrevoyons deux mécanismes qui permettraient d’aboutir rapidement : l’arbitrage  et l’urgence.     L’arbitrage permettrait de trancher les divergences de point de vue entre les parties prenantes et de  retenir  une  solution  parmi  l’ensemble  des  possibles.  Cependant,  la  procédure  d’élaboration  collective  des  chroniques  présentée  dans  le  Plan  National  de  Gestion  des  Matières  et  Déchets  Radioactifs n’a pas encore identifié un arbitre.    Pour pouvoir imposer sa décision à tous les acteurs, l’arbitre doit être issu d’une institution dont la  légitimité est manifeste. On pourrait penser à l’Autorité de sûreté, mais son pouvoir ne couvre pas  les champs économiques et sociopolitiques du projet. D’autre part, l’ASN ne saurait se substituer aux  exploitants dans la formulation des choix technico‐économiques. Son rôle est de contrôler, pas de  décider.    C’est généralement à l’Etat qu’il revient d’arbitrer ce genre de question, et particulièrement dans le  secteur  nucléaire.  On  se  rappelle  que  le  projet  de  stockage  réversible  profond  est  avant  tout  l’expression d’une politique publique, affirmée à travers deux lois de programmes et qui fait l’objet  d’un suivi continu par le parlement et par l’exécutif. A titre d’exemple, le coût du stockage réversible  profond est un sujet qui fait l’objet d’un arbitrage de l’Etat. C’est en effet le ministre de l’énergie qui  est chargé d’en arrêter l’évaluation, sur la base d’une estimation de l’Andra, et après avoir recueilli  les observations des producteurs et l’avis de l’ASN14 .    Dans le cas de l’élaboration des premières chroniques, un « accélérateur » décisionnel permettrait  d’éviter un arbitrage qui n’apporterait pas nécessairement une solution satisfaisante pour toutes les  parties prenantes. Il s’agit de l’urgence, une idée qui peut évoquer de prime abord l’imprévoyance et                                                               14  Voir Annexe 4 : Code de l’Environnement  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 64 sur 109  
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    La décision en environnement multi‐acteurs  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 65 sur 109   une mauvaise  organisation,  mais  qui  reste  un  ingrédient  inévitable  de  toute  prise  de  décision,  comme l’a montré Claude Riveline en 1991 dans son article De l’urgence en gestion.    Comme nous l’avons vu, il existe des dizaines de critères qui permettent de juger et de comparer les  différents  scénarios  qui  peuvent  émerger  quant  au  choix  des  premiers  colis  HA‐MAVL  à  stocker.  Outre  le  fait  que  les  parties  prenantes  n’accordent  pas  nécessairement  la  même  importance  à  chacun de ces critères, il faut souligner une nouvelle fois la difficulté de rapporter sur un même plan  des enjeux techniques, politiques, de sûreté et économiques. Pour les seuls critères économiques, de  nombreuses  incertitudes sur les données d’entrée empêchent  de surcroît de pouvoir les ramener  sans ambiguïté à un coût dont l’évaluation fasse l’unanimité.    A partir de là, ce sont justement les échéances fixées par l’Etat qui pourraient permettre de limiter  les discussions. Dans un contexte où tous les acteurs ressentiraient de la même façon la proximité  des  échéances  et  auraient  anticipé  les  risques  inhérents  à  un  retard  dans  la  prise  de  décision,  l’urgence permettrait de simplifier le problème en réduisant le nombre de critères pris en compte  par  chacun.  L’urgence  permettrait  donc  d’atteindre  dans  un  temps  limité  une  solution  acceptée  collectivement. Dans cet esprit, le dernier objectif de ce rapport est donc d’attirer l’attention des  parties prenantes sur l’urgente nécessité d’organiser une concertation multilatérale pour parvenir en  moins d’un an à un consensus sur les premières chroniques de stockage des déchets de haute et de  moyenne activité à vie longue.                               
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      Conclusion    Pour répondre à la problématique posée par le sujet de ce travail d’option, nous avons récupéré de  nombreuses  données techniques auprès des ingénieurs de l’Agence  nationale pour la gestion des  déchets radioactifs. Nous avons agrégé ces données au sein d’une base de données, qui a servi de  support à l’outil informatique de simulation et d’analyse des flux de colis que nous avons développé  pour cette  occasion.  Cet  outil  nous  a  permis  d’élaborer  plusieurs  scénarios  d’entreposage  et  de  stockage des colis de déchets de haute et de moyenne activité à vie longue dans le cadre du projet  de stockage réversible profond étudié par l’Andra.    Pour  avoir  une  vision  d’ensemble  de  l’environnement  multi‐institutionnel  dans  lequel  s’inscrit  ce  projet à forts enjeux, nous avons rencontré des décideurs issus de chacune des parties prenantes au  CEA,  chez  EDF,  chez  Areva  et  à  l’Autorité  de  sûreté  nucléaire.  Cela  nous  a  permis  de  mieux  appréhender  les  dimensions  techniques,  économiques,  de  sûreté  et  politiques  qui  font  des  chroniques d’entreposage et de stockage un sujet éminemment multicritères.     Pour conclure cette étude, nous souhaiterions revenir sur les échelles de temps associées au projet  de stockage réversible profond. On sait que les déchets à vie longue restent nocifs pour l’homme et  son environnement durant près d’un million d’années. L’Andra doit donc apporter la preuve de la  sûreté du stockage sur cette échelle de temps géologique. Une telle démonstration est totalement  inédite pour un objet technologique.    D’autre part, les scénarios que nous avons étudiés ont montré la nécessité d’exploiter le stockage  réversible  profond  sur  une  durée  au  moins  séculaire  pour  respecter  les  contraintes  thermiques  associées au stockage des déchets les plus chauds. Il est même possible que cette durée dépasse le  siècle et demi si on souhaite optimiser le stockage des colis de déchets vitrifiés de haute activité. Là  encore, il s’agit d’une durée d’exploitation exceptionnellement longue pour un projet industriel.     Toutefois, les décisions associées au stockage des premiers colis doivent être prises dans des délais  beaucoup plus serrés. On a vu en effet que les scénarios d’entreposage et de stockage conditionnent  la conception de l’ensemble de la chaîne logistique de gestion des déchets, site de stockage inclus.  Tenant compte des délais liés à l’ingénierie, le respect des échéances fixées par la loi nécessite de  figer l’inventaire des premiers colis à stocker d’ici un à deux ans. Au fil de nos rencontres, nous avons  pu constater que certains acteurs ne percevaient pas l’urgence d’une prise de décision concertée à  ce sujet.    Convaincus que la prise en compte de l’urgence pouvait accélérer la concertation entre les acteurs et  aboutir à une décision dans les délais impartis, nous nous sommes donc efforcés de faire passer ce  message lors de notre soutenance publique à l’école des Mines de Paris, et nous l’avons rappelé à  l’occasion de notre audition du 01/07/2010 à l’Assemblée Nationale par le député Claude Birraux,  président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques.           Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 67 sur 109 
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    Annexes  Annexe 1 : Intitulé du travail d’option  Proposition de sujetde 3ème année de l’option Gestion Scientifique de Mines ParisTech Analyse de la gestion opérationnelle de colis de déchets radioactifs depuis leur production jusqu’à leur stockage L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) est chargée de concevoir et d’exploiter les centres de stockage de déchets radioactifs. Deux centres sont actuellement en phase d’exploitation pour les déchets de très faible activité (TFA) d’une part et pour les déchets de faible et de moyenne activité à vie courte (FMA-VC) d’autre part. Pour les déchets comportant une forte proportion de radionucléides à vie longue ou une activité très élevée, deux autres centres sont en cours de conception. Un stockage est étudié à faible profondeur pour accueillir les colis de déchets de faible activité à vie longue (FAVL) et un stockage en couche géologique profonde pour les déchets de moyenne activité à vie longue ainsi que les déchets de haute activité (HA-MAVL). Les déchets FAVL proviennent du secteur électronucléaire, du secteur chimique et de l’assainissement de sites pollués. Les déchets HA-MAVL proviennent en grande partie du secteur électronucléaire, ainsi que d’activités de recherche. La majorité des colis de déchets HA-MAVL qui seront disponibles pour être expédiés vers le stockage en formation géologique profonde lors de sa mise en exploitation est déjà fabriquée et une partie des colis de déchets FAVL l’est également. Les producteurs de déchets disposent d’ores et déjà d’ateliers de conditionnement, d’installations d’entreposage intermédiaire et, pour certains colis, de moyens de transport. Les filières de gestion sont ainsi en partie construites ; elles devront néanmoins évoluer avec la jouvence des équipements, avec l’évolution de la production et des modes de conditionnement des déchets et, surtout, avec la mise en exploitation progressive des centres de stockage FAVL et HA-MAVL. Un objectif des prochaines années est d’optimiser l’ensemble de la chaîne conditionnement-agrément-contrôles-entreposage-transports-stockage, en utilisant au mieux les équipements disponibles et en adaptant la conception des maillons manquants, notamment les centres de stockage à l’étude. Cette optimisation porte à la fois sur les aspects de coût, de sûreté nucléaire, d’impact environnemental et socio-économique. Elle prend en compte les processus décisionnels, liés notamment à la multiplicité des acteurs et à la réversibilité du stockage géologique profond imposée par la Loi. Outre les aspects logistiques (transports entre sites, organisation du conditionnement, de l’entreposage et des contrôles sur les différents sites…) elle est contrainte par des paramètres techniques tels que la diversité, l’état et la décroissance radioactive des déchets, les possibilités de tri, de traitement et de conditionnement, les possibilités opérationnelles de construction et d’exploitation de capacités de stockage, la durabilité des installations existantes et à créer. L’Andra doit donc se doter de méthodes d’analyse et d’optimisation de la chaîne de gestion des déchets, et les appliquer aux filières FAVL et HA-MAVL. Ces applications feront l’objet d’échanges itératifs avec les autres acteurs et parties prenantes (producteurs de déchets, Autorité de sûreté nucléaire…), à la fois pour collecter l’ensemble des données nécessaires et pour partager et valider les choix de gestion. Il est à noter qu’avec la mise en exploitation de nouveaux stockages, le rattachement de certains déchets à l’une ou l’autre des filières FAVL et HA-MAVL (voire à la filière FMA-VC) peut évoluer dans le temps. L’Andra a effectué des premiers travaux dans ce sens pour recenser les besoins en entreposage et identifier des priorités temporelles en matière de stockage : un ordonnancement prévisionnel de la prise en charge des différents types de colis produits et à produire demande à être établi sur la durée d’exploitation de chaque centre de stockage pour le dimensionner (cette durée est séculaire pour le stockage géologique profond). Cependant ces travaux doivent être approfondis, ils ne reposent pas à ce stade sur une méthode d’optimisation globale et formalisée, ils ne couvrent pas nécessairement tous les paramètres. Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 69 sur 109  
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    Annexes  Le sujet d’étudeproposé consiste à analyser dans son ensemble la problématique, à proposer des méthodes de modélisation et d’analyse des scénarios possibles de gestion des déchets et colis de déchets, et à en tester l’application sur des cas concrets. L’analyse de la problématique visera à identifier et caractériser les paramètres, contraintes et critères à prendre en compte pour la réalisation d’un modèle. Elle s’effectuera en liaison avec les ingénieurs et cadres de l’Andra intervenant sur les différents maillons de la gestion des déchets, sur le projet HA-MAVL. Ils apporteront les connaissances et données techniques nécessaires à l’étude. Si nécessaire, des visites pourront être effectuées auprès d’autres acteurs que l’Andra. Les méthodes à rechercher permettront d’identifier, de décrire et de comparer les différents scénarios possibles de gestion des colis de déchets, chaque scénario se caractérisant par un ordonnancement, une organisation et une localisation des divers éléments de la filière pour chaque type de colis de déchets. Elles consolideront les données relatives à chaque élément de la filière (essentiellement les transports, l’entreposage et le stockage). Cela se traduira par la réalisation d’un outil de simulation au format Excelrendant compte des diverses variables : production de déchets et de colis, âge des colis et des installations, nombre et flux de colis et capacités d’entreposage, évolution des caractéristiques des colis avec le temps (puissance thermique par exemple)… Cet outil permettra en outre l’analyse des chroniques à l’aide d’indicateurs propres à chaque critère retenu lors de l’analyse de la problématique. Cet outil sera ensuite appliqué à des cas représentatifs qui seront choisis dans le cadre de l’étude. Ces applications devraient permettre de dégager des scénarios satisfaisant au mieux les critères indiqués plus haut, et d’établir des chroniques d’entreposage et de désentreposage (sur les sites de production et de conditionnement et sur le site de stockage), de transport entre les sites, et d’exploitation des alvéoles de stockage. Le travail méthodologique et son application concrète seront effectués en lien étroit avec les ingénieurs de l’Andra ayant à développer une vision d’ensemble des filières de gestion des déchets.     Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 70 sur 109  
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    Annexes  Annexe 2 : Document de synthèse des critères et des flux    Objet    Dans  le  cadre de  notre  stage  ayant  pour  objet  l'élaboration  d’un  outil  d’analyse  des  scénarios  possibles de gestion des déchets HA et MAVL, nous avons organisé au cours du mois de janvier 2010  des  réunions  avec  les  cadres  de  l’Andra  pour  débattre  des  enjeux  associés  à  chaque  étape  de  la  future chaine logistique allant des installations d’entreposage chez les producteurs jusqu’à l’alvéole  de stockage en couche géologique profonde.    L’objet de cette réunion était de valider avec l’équipe nous encadrant les critères identifiés lors de  ces réunions préparatoires. Les indicateurs seront intégrés au modèle global, ainsi que les relations  mathématiques et les contraintes associées.     Critères retenus    Gestion du parc d’entrepôts    E1 : minimiser l’investissement dans de nouveaux entrepôts    Indicateur 1 (courbe) : Nombre annuel de colis à entreposer dans de nouveaux entrepôts  Indicateur 2 (valeur) : Intégrale de la courbe précédente    Indicateur 3 (courbe) : Volume annuel de colis à entreposer dans de nouveaux entrepôts  Indicateur 4 (valeur) : Intégrale de la courbe précédente    Leviers : ‐ privilégier le stockage en ligne      ‐ stocker les colis des entrepôts parvenus en Mise à l’Arrêt Definitive (MAD)      ‐ tirer parti des volumes disponibles dans les entrepôts existants (jeux de taquins)    E2 : optimiser l’utilisation des entrepôts    Indicateur (valeur) par entrepôt :   é  ô é     ô     é    ℎ ℎ é           ℎ      à        Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 71 sur 109  
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    Annexes  t MAD  Capacité max  Volume colis entreposé   Leviers : ‐ désentreposer le plus tardivement (et donc le plus rapidement) possible    Remarque :  Les  flux de  désentreposage  seront  de  la  forme :  ax bx²  pour  prendre  en  compte  différents  scénarios  de  désentreposage  (notamment  le  partage  des  infrastructures  avec  d’autres  activités, comme l’envoi de colis de La Hague à l’étranger).    E3 : minimiser le terme source mobilisable des entrepôts existants    Indicateur 1 ( e) : TS c mu mes decourb M  u lé des volu  colis par an  é     é   é  (aire sous la courbe précédente)  Indicateur 2 (valeur) :     Leviers : ‐ favoriser le stockage au plus tôt des colis présentant le TSM le plus important        ‐ vider (vers le stockage) en premier les entrepôts présentant le TSM le plus important    Remarques :  ‐  Le  Terme  Source  Mobilisable  (TSM)  est  un  indicateur  de  sûreté  défini  par  les  producteurs  pour  un  déchet  donné  (activité  et  radio‐toxicité)  dans  un  conditionnement  donné  (matrice de confinement) et pour un entreposage donné (performance de l’entrepôt).          ‐ D’autres leviers sont d’ores‐et‐déjà utilisés pour réduire le TSM. On retiendra surtout le  reconditionnement des colis, associé ou non à leur reprise dans d’autres entrepôts.            ‐ Pour être exploitable, un tel indicateur doit être exprimé dans une unité permettant la  comparaison des familles de colis entre elles et des entrepôts entre eux. Le respect de cette exigence  est à vérifier au plus tôt.                    ‐ En outre, cet indicateur nécessite évidemment de se procurer les données pour chaque  famille de colis dans un état d’entreposage donné.     Ces  deux  dernières  remarques  doivent  être  approfondies  avec  Marie‐Hélène  Lagrange,  en  coopération avec les producteurs, qui sont à la source de cet indicateur.    E4 : Reguler flux de des‐entreposage par entrepôt    Indicateur 1 (courbe) par entrepôt : flux de désentreposage par entrepôt  Indicateur 2 (courbe) par entrepôt: dérivée de la courbe précédente  Indicateur 3 (courbe) par entrepôt doté de capacités de désentreposage :   Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 72 sur 109  
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    Annexes  max é  é       Levier :  ‐  augmenter  la  capacité  opérationnelle  des  infrastructures  de  désentreposage  existantes  (nécessite toutefois des investissements)    Remarque : Dans une volonté d’optimiser le dimensionnement et l’utilisation des installations, il est  nécessaire d’avoir un flux le plus homogène possible sur des durées caractéristiques de l’utilisation  normale d’une installation industrielle.    Transport des colis (primaires et de stockage)    T1 : minimiser le nombre de transports    Indicateur 1 (courbe) :                     Indicateur 2 (valeur) : intégrale de la courbe précédente    Levier : Nombre de sites d’entreposage successifs pour chaque famille de colis.    Remarques : ‐ Les Indicateurs sont à déterminer pour les emballages de type B, de type IP2 et les  deux confondus.            ‐ Le flux de transport doit aussi inclure les transferts entre deux entrepôts producteurs.    T2 : minimiser le nombre d’emballages a acquerir    Indicateur 1 (valeur) : nombre total d’emballages de type B à acquérir    Indicateur 2 (valeur) : nombre total d’emballages de type IP2 à acquérir    Remarques : ‐ Le nombre d’emballages à acquérir est une optimisation des ressources par rapport au  besoin pour chaque famille de colis, en tenant compte de la durée de vie moyenne des emballages et  de leur taux de rotation annuel moyen.           ‐ Il semble plus dimensionnant d’étudier les besoins en emballages de type B qui sont  plus  coûteux  et  plus  longs  à  développer  (10  ans  typiquement),  mais  il  peut‐être  utile  de  suivre  également le besoin en emballages IP2.    Gestion du centre de stockage    S1 : Minimiser l’emprise du stockage    Indicateur 1 (courbe) : Puissance thermique résiduelle des colis HA à stocker (par an)    Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 73 sur 109  
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    Annexes    é  ,      à    ,     Où :   • Puissance résiduelle (f, n) est la puissance résiduelle moyenne de la famille f l’année n.  • Flux de colis à stocker (f, t) est le nombre de colis de la famille f à stocker l’année t.    Indicateur 2 (valeur) : Intégrale de la courbe précédente    Leviers : ‐ décroissance thermique HA    S2 : reguler les activites de creusement des alveoles    Indicateur 1 (courbe) : Volume de colis à stocker par an, moyenne glissante sur 5 ans (HA et MAVL)       à    ,         Où :   • Flux de colis à stocker (f, n) est le nombre de colis de la famille f à stocker l’année n.  • Volume unitaire (f) est le volume unitaire du colis de stockage de la famille f.    Indicateur 2 (courbe) : Nombre d’alvéoles à ouvrir par an pour chaque filière (HA et MAVL)    Leviers : ‐ flux de stockage par famille    Remarques : ‐ Le co‐stockage n’est pas un levier, c’est plutôt une contrainte qui se traduit par la  nécessité de stocker en même temps des colis qui peuvent provenir d’entrepôts différents. Rappel :  les incompatibilités de co‐stockage doivent être paramétrées dans l’outil final, elles ne sont toujours  pas figées.           ‐ L’indicateur 2 dépend du remplissage des alvéoles MAVL dans le cadre du co‐stockage.  Il est donc plus fin, mais ne sera peut‐être pas facilement accessible.    S3 : minimiser la variété de types d’alveoles a gerer simultanement    Indicateur (courbe) : Nombre de types d’alvéoles différentes à gérer par an    S4 : reguler le flux de Conditionnement sur le site de stockage    Indicateur (courbe) : Flux de colis à conditionner en colis de stockage par an sur le site de stockage.     Levier : entreposage primaire sur le site de stockage    Remarque :  La  forme  désirée  pour  le  flux  de  colis  à  gérer  sur  le  centre  de  stockage  n’est  pas  forcément une constante. Il est possible d’envisager des paliers sur des périodes assez longues (10  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 74 sur 109  
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    Annexes  ans). Cependant, un flux croissant sur toute la période serait préférable (mieux vaut ajouter une ligne  de conditionnement qu’en abandonner une).  S5 : minimiser la maintenance des equipements des alveoles    Indicateur (valeur) : Du ulrée cum ée d’exploitation des alvéoles        à    ,      à    , é   Où :   • Nombre total de colis à stocker (f,a) est le nombre de colis de la famille f à stocker durant  toute la période dans l’alvéole a.  • Flux  de  colis  à  stocker  (f,a)  est  le  nombre  de  colis  de  la  famille  f  à  stocker  par  an  dans  l’alvéole a (hypothèse du flux linéaire).    S6 : Reguler le flux de stockage    Indicateur (courbe) : Nombre liaisons moyen de   jour‐fond quotidiennes   ∑      à    ,         é   Où :   • Flux de colis à stocker (f, n) est le nombre de colis de la famille f à stocker l’année n.    Annexe : modèle de flux envisagé  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 75 sur 109  
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    Annexes  Annexe 3 : Données d’entrée pour les scénarios de gestion des CSD­V    • Conteneur Standard de Déchets Vitrifiés (CSD‐V)    Les  solutions de  produits  de  fission  et  d’actinides  mineurs  issues  du  traitement  des  combustibles  usés  des  58  Réacteurs  à  Eau  Pressurisée  d’EDF  sont  conditionnées  depuis  1989  à  La  Hague  sous  forme  de  verre  dans  un  Conteneur  Standard  de  Déchets  Vitrifiés  (CSD‐V).  Le  conteneur  en  acier  inoxydable, de volume 175 litres, présente une épaisseur de 5 mm. La masse du déchet vitrifié est  d’environ 400 kg.      Conteneur Standard de Déchets Vitrifiés (Areva)    Les  colis  CSD‐V  contiennent  donc  des  déchets  de  haute  activité  à  vie  longue,  dont  le  débit  d’équivalent de dose β‐γ au pseudo‐contact (5 cm) sera d’environ 230 Sv (Sievert) par heure après 60  ans d’entreposage. A titre de comparaison, le niveau moyen d’exposition à la radioactivité naturelle  est de 0,3 μSv par heure, et la mort est pratiquement certaine au‐delà d’une dose de 10 Sv reçue sur  une très courte période. Le Guide de sûreté relatif au stockage définitif des déchets radioactifs en  formation géologique profonde rédigé par l’Autorité de Sûreté Nucléaire fixe à 0,25 mSv par an la  dose individuelle maximale induite par la présence du stockage.      Décroissance radioactive du colis CSD‐V    Décroissance thermique du colis CSD‐V    Le  strontium  90  et  le  césium  137  sont  à  l’origine  d’un  fort  dégagement  thermique,  qui  décroît  progressivement  dans  le  temps.  A  sa  production,  la  puissance  thermique  du  colis  CSD‐V  est  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 76 sur 109  
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    Annexes  supérieure à 2000 W, ce qui est incompatible avec les critères de température du stockage. La durée  minimum d’entreposage préalable a été fixée à 60 ans dans le Dossier 2009.    • Production des CSD‐V    Le Modèle d’Inventaire de Dimensionnement (MID) de l’Andra fournit les informations utiles sur la  production achevée et à venir des colis CSD‐V. Au sein des CSD‐V, la version 2009 du MID distingue  quatre  principaux « colis‐types »  CSD‐V  produits  à  La  Hague,  correspondant  aux  campagnes  de  production  successives  des  usines  de  traitement  de  La  Hague.  Le  MID  établit  une  prévision  de  production prudente, intégrant des marges par rapport aux déclarations des producteurs de déchets.  A terminaison, ce sont près de 41 000 CSD‐V qui seront à gérer.    « Colis‐types »  du MID  Typologie  Période de  production  Nombre de  colis par an  C1  Combustibles usés à l’uranium enrichi (UOX)  1989‐2006  429  C5  Combustibles usés évolués (UOX)  2007‐2025  783  C6  Combustibles usés recyclés (MOX)  2026‐2043  940  C8  Combustibles usés Superphénix  2044‐2055  95    • Entreposage actuel des CSD‐V      E‐EV‐SE : Entreposage des colis CSD‐V en puits verticaux (Areva)    Les colis CSD‐V sont actuellement entreposés à La Hague dans deux entrepôts attenants aux ateliers  de vitrification R7 et T7, et dans l’ « Extension des Entreposages des Verres Sud‐Est » (E‐EV‐SE). Ces  entrepôts ont été conçus pour une durée d’exploitation de 50 ans, qui pourra éventuellement être  prolongée,  sous  réserve  de  l’autorisation  de  l’ASN.  Compte‐tenu  des  prévisions  de  production,  la  saturation  de  ces  entrepôts  pourrait  intervenir  en  2012.  Pour  y  pallier,  deux  nouveaux  modules  d’entreposages  (E‐EV‐LH)  sont  en  cours  de  construction.  Ils  apporteront  une  capacité  suffisante  jusqu’à  l’horizon  2024.  Des  améliorations  de  conception  devraient  conférer  à  ces  entrepôts  une  durée d’exploitation de 75 ans.    Entrepôts  Mise en service  Capacité (en nombre de colis)  R7  1989  4 500  T7  1992  3 600  E‐EV‐SE  1996  4 320  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 77 sur 109  
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    Annexes  E‐EV‐LH 1  2012  4 212  E‐EV‐LH 2 2017  4 212    Pour  l’entreposage  des  colis  CSD‐V  produits  à  La  Hague  après  2024,  nous  avons  considéré  l’hypothèse  d’un  entrepôt  construit  sur  le  modèle  des  entrepôts  existants,  c’est‐à‐dire  capable  d’accueillir les colis dès leur sortie de l’atelier de vitrification et dégageant une puissance thermique  de plus de 2000 W. Cet entrepôt serait doté d’une capacité suffisante pour accueillir la totalité de la  production  à  venir.  Bien  sûr,  dans  la  réalité,  on  construira  sans  doute  les  extensions  nécessaires  tranches par tranches, au fur et à mesure de la production de CSD‐V. Cependant, nous avons adopté  une  simplification  sur  ce  point,  car  notre  but  n’est  pas  de  recenser  dans  le  détail  les  besoins  en  entreposage15 .        Il est à noter que les entrepôts de verres de La Hague gèrent également des CSD‐V provenant du  traitement  des  combustibles  étrangers.  Les  scénarios  de  gestion  présentés  dans  la  suite  de  cette  étude ne portent que sur les colis français, conformément au Code de l’Environnement, qui interdit  la gestion à long terme des déchets radioactifs étrangers sur le sol français16 . En outre, le retour des  colis de déchets issus du traitement des combustibles étrangers devrait être achevé en 2015.    • Transport des CSD‐V    Les  CSD‐V  produits  et  entreposés  à  La  Hague  font  partie  des  rares  colis  de  déchets  de  Haute  ou  Moyenne  Activité  à  Vie  Longue  pour  lesquels  nous  bénéficions  d’un  retour  d’expérience  sur  le  transport. Les colis CSD‐V issus du traitement des combustibles étrangers sont en effet régulièrement  expédiés par mer ou par rail vers le Japon, la Belgique, les Pays‐Bas, la Suisse ou encore l’Allemagne.                                                               15  Ce travail a été effectué dans le Rapport « Entreposage » du Dossier 2009 de l’Andra  16  Article 8 de la Loi n°2006‐739 de programme relative à la gestion des matières et déchets radioactifs  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 78 sur 109  
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    Annexes  TN International, la filiale d’Areva spécialisée dans le transport des matières et déchets radioactifs, a  déjà conçu, fait agréer et produit plusieurs générations d’emballages de Type B dédiés au transport  des CSD‐V : le TN 28 VT, le TN 81 et le TN 85. Chacun de ces emballages blindés transporte 28 colis  CSD‐V.      Emballage TN 28 VT utilisé pour l’expédition de CSD‐V à l’étranger (Areva)    • Conditionnement en colis de stockage    Une étape importante de la gestion à long terme des déchets de haute activité est encore à l’étude à  l’Andra. Il s’agit du conditionnement des CSD‐V en colis de stockage. La solution de référence étudiée  par  l’Andra est  un  surconteneur  en  acier  non  allié  de  55  millimètres  d’épaisseur.  Sa  fonction  principale  est  d’interdire  l’arrivée  d’eau  au  contact  du  verre  pendant  la  période  thermique  des  déchets,  caractérisée  par  une  température  supérieure  à  50°C.  En  effet,  la  vitesse  d’altération  aqueuse du verre dépend de la température, et augmente d’un facteur 15 à 30 entre 50°C et 90°C.  Au‐delà de la période thermique, qui dure plusieurs siècles dans le cas des CSD‐V, le verre permet de  limiter  drastiquement  le  relâchement  de  radionucléides  dans  l’eau,  même  après  la  perte  d’étanchéité  des  conteneurs  sous  l’effet  de  la  corrosion.  Chaque  colis  de  stockage  ne  contiendra  qu’un seul CSD‐V.    Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 79 sur 109  
  • 80.
    Annexes    Colis de stockage pour CSD‐V (Andra, 2009)    Le site de conditionnement en colis de stockage des colis CSD‐V n’est pas encore décidé. Cependant,  les  installations  et emballages  de  transport  ayant  d’ores  et  déjà  été  développés  à  La  Hague  pour  l’expédition des colis primaires à l’étranger, il paraît préférable de prévoir un conditionnement sur le  site de stockage. En outre, s’il reste techniquement envisageable, le transport des colis de stockage  réduirait la capacité unitaire des emballages de transport et augmenterait le nombre de transport, ce  qui est contraire aux objectifs de sûreté.  • Stockage  Les alvéoles de stockage des déchets de haute activité sont des forages ou microtunnels horizontaux  borgnes,  d’environ  0,7  mètre  de  diamètre  excavé.  Leur  longueur  a  été  limitée  à  environ  40  m,  néanmoins la faisabilité d’une longueur plus grande est étudiée comme une piste de progrès. Pour le  stockage des colis HA fortement exothermiques, l’espacement des colis à l’intérieur d’un alvéole (au  moyen d’ « intercalaires ») et l’espacement des alvéoles constituent les paramètres d’adaptation de  l’architecture du stockage à la puissance thermique des déchets à la mise en stockage.     Une décision d’augmenter la durée d’entreposage réduirait la puissance thermique des déchets à la  mise en stockage et se traduirait par la diminution des intercalaires entre colis dans le même alvéole  et par le rapprochement  des alvéoles. Au‐delà d’une centaine  d’années d’entreposage, le volume  excavé et l’emprise du stockage ne diminuent quasiment plus en jouant sur la durée d’entreposage.     Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 80 sur 109  
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    Annexes    Alvéole de stockage pour CSD‐V (Andra, 2009)    Dans la suite de cette étude, nous avons choisi de comparer deux scénarios extrêmes correspondant  respectivement à un stockage après 60 ans et après 90 ans d’entreposage. Les données sur l’emprise,  le volume minier excavé et le coût du stockage par colis sont présentées dans le tableau qui suit17 .  On constate qu’un allongement de 30 ans de la période d’entreposage divise par près de 2 le coût du  stockage  ainsi  que son  emprise.  Il  faut  cependant  noter  qu’il  ne  s’agit  que  du  coût  variable,  qui  n’englobe pas les frais fixes liés à la construction d’infrastructures communes (descenderie, puits de  ventilation, etc.)    Colis‐type  Données unitaires (par colis)  Stockage à 60 ans  Stockage à 90 ans  C1  Emprise du stockage  70 m2   44 m2   Volume minier excavé  48 m3   29 m3   Coût du stockage  80 104 €  42 751 €  C5  Emprise du stockage  96 m2   50 m2   Volume minier excavé  67 m3   35 m3   Coût du stockage  106 163 €  51 675 €  C6  Emprise du stockage  105 m2   63 m2   Volume minier excavé  69 m3   41 m3   Coût du stockage  113 030 €  67 729 €    • Entreposage de décroissance supplémentaire    Les économies substantielles sur l’emprise, le volume minier excavé et le coût du stockage évoquées  précédemment nécessitent une prolongation de l’entreposage au‐delà des 60 ans de décroissance  thermique  minimum  préalable  à  la  mise  en  stockage.  Nous  avons  étudié  une  prolongation  d’une  trentaine  d’années  de  cet  entreposage  de  décroissance.  De  l’entreposage  du  premier  colis  au  désentreposage  du  dernier,  cela  conduirait  ainsi  à  une  période  d’exploitation  des  entrepôts  centenaire, soit le double de la durée pour laquelle ont été conçues les installations existantes à La  Hague.                                                                  17 Voir Identification de la configuration géométrique de 10 modules HA, Andra 2009  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 81 sur 109  
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    Annexess  Nous avo l’entrepo seraient  500 W) e puissanc ons donc en osage  suppl alors placés et y resterai ce de 300 W) visagé la cré lémentaire  d s après une s ent entrepo ).   éation d’une  des colis  HA soixantaine d sés pendant installation  A  fortement d’années d’e t une trentai d’un nouvea t  exothermi ntreposage ( ne d’années au genre, dé iques.  Les  c (soit une pui s avant d’en  diée exclusiv colis  de  La  issance therm être retirés  vement à  Hague  y  mique de  (soit une       Le  princ diamètre d’entrep effectué démantè                           18  Voir Ét Di Zazzo/Mic Con cipal  avanta e  de  puits,  posage à cré ée  par  l’And èlement d’un Coût de c Coût d’expl Coût de dé                        tude d’esquiss chaël Fertin  cept d’entre ge  de  cette ce  qui  réd er. Nous nou dra  en  200 n tel entrepô   construction oitation ann émantèleme                           se de configur epôt de surfa e  configurat duit  significa us sommes b 08.  L’évaluat ôt sont prése Coû n  uel  nt  ration d’entre ace pour col ion  est  la  p ativement  l’ basés sur l’é tion  des  co entées dans  ûts unitaires 23 254 €/co 270 €/colis/ 11 154 €/co eposage de co is HA refroid possibilité  d ’emprise,  et étude d’un co oûts  de  con le tableau qu  bruts  olis  I /an  olis  olis de déchet dis (Andra, 2 e  regrouper t  donc  le  c oncept d’ent nstruction,  d ui suit18 .  Postes co Génie Installations  Ventil ECC/Radio Ene Pièces de  Jouve Ene Frais de p Mise à  Décontam ts HA, Andra 2 Page 82 2009)  r  plusieurs  coût  de  l’ins treposage en d’exploitatio oncernés  e civil  mécaniques lation  protection  rgie  rechange  ence  rgie  personnel  l’Arrêt  mination  2008  2 sur 109     colis  par  stallation  n surface  on  et  de  s  Jérémy D
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    Annexes  Annexe 4 : Code de l’Environnement  Code de l’Environnement– Chapitre II : Dispositions particulières à la gestion durable des matières et des déchets radioactifs Modifié par Loi n°2006‐739 du 28 juin 2006 Les principes « La recherche et la mise en oeuvre des moyens nécessaires à la mise en sécurité définitive des déchets radioactifs sont entreprises afin de prévenir ou de limiter les charges qui seront supportées par les générations futures. Les producteurs de combustibles usés et de déchets radioactifs sont responsables de ces substances, sans préjudice de la responsabilité de leurs détenteurs en tant que responsables d'activités nucléaires. » Extrait de l’Article L542-1 Les définitions « Une substance radioactive est une substance qui contient des radionucléides, naturels ou artificiels, dont l'activité ou la concentration justifie un contrôle de radioprotection. Une matière radioactive est une substance radioactive pour laquelle une utilisation ultérieure est prévue ou envisagée, le cas échéant après traitement. Un combustible nucléaire est regardé comme un combustible usé lorsque, après avoir été irradié dans le coeur d'un réacteur, il en est définitivement retiré. Les déchets radioactifs sont des substances radioactives pour lesquelles aucune utilisation ultérieure n'est prévue ou envisagée. Les déchets radioactifs ultimes sont des déchets radioactifs qui ne peuvent plus être traités dans les conditions techniques et économiques du moment, notamment par extraction de leur part valorisable ou par réduction de leur caractère polluant ou dangereux. L'entreposage de matières ou de déchets radioactifs est l'opération consistant à placer ces substances à titre temporaire dans une installation spécialement aménagée en surface ou en faible profondeur à cet effet, dans l'attente de les récupérer. Le stockage de déchets radioactifs est l'opération consistant à placer ces substances dans une installation spécialement aménagée pour les conserver de façon potentiellement définitive dans le respect des principes énoncés à l'article L. 542-1. Le stockage en couche géologique profonde de déchets radioactifs est le stockage de ces substances dans une installation souterraine spécialement aménagée à cet effet, dans le respect du principe de réversibilité. » Extrait de l’Article L542-1-1 Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 83 sur 109  
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    Annexes  Le PNGMDR « I.- Un plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs dresse le bilan des modes de gestion existants des matières et des déchets radioactifs, recense les besoins prévisibles d'installations d'entreposage ou de stockage, précise les capacités nécessaires pour ces installations et les durées d'entreposage et, pour les déchets radioactifs qui ne font pas encore l'objet d'un mode de gestion définitif, détermine les objectifs à atteindre. » « II. - Le plan national et le décret qui en établit les prescriptions respectent les orientations suivantes : 1° La réduction de la quantité et de la nocivité des déchets radioactifs est recherchée notamment par le traitement des combustibles usés et le traitement et le conditionnement des déchets radioactifs ; 2° Les matières radioactives en attente de traitement et les déchets radioactifs ultimes en attente d'un stockage sont entreposés dans des installations spécialement aménagées à cet usage ; 3° Après entreposage, les déchets radioactifs ultimes ne pouvant pour des raisons de sûreté nucléaire ou de radioprotection être stockés en surface ou en faible profondeur font l'objet d'un stockage en couche géologique profonde. III. - Le plan national est établi et mis à jour tous les trois ans par le Gouvernement. Il est transmis au Parlement, qui en saisit pour évaluation l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, et rendu public. » Extraits de l’Article L542-1-2 La CNE « Une commission nationale est chargée d'évaluer annuellement l'état d'avancement des recherches et études relatives à la gestion des matières et des déchets radioactifs par référence aux orientations fixées par le plan national prévu à l'article L. 542-1-2. Cette évaluation donne lieu à un rapport annuel qui fait également état des recherches effectuées à l'étranger. Il est transmis au Parlement, qui en saisit l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, et il est rendu public. La commission est composée des membres suivants, nommés pour six ans : 1° Six personnalités qualifiées, dont au moins deux experts internationaux, désignées à parité par l'Assemblée nationale et par le Sénat, sur proposition de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques ; 2° Deux personnalités qualifiées désignées par le Gouvernement sur proposition de l'Académie des sciences morales et politiques ; 3° Quatre experts scientifiques, dont au moins un expert international, désignés par le Gouvernement sur proposition de l'Académie des sciences. Le mandat des membres de la commission est renouvelable une fois. Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 84 sur 109  
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    Annexes  La commission estrenouvelée par moitié tous les trois ans. Pour la constitution initiale de la commission, le mandat de six de ses membres, désignés par tirage au sort, est fixé à trois ans. Le président de la commission est élu par les membres de celle-ci lors de chaque renouvellement triennal. Les membres de la commission exercent leurs fonctions en toute impartialité. Ils ne peuvent, directement ou indirectement, exercer de fonctions ni recevoir d'honoraires au sein ou en provenance des organismes évalués et des entreprises ou établissements producteurs ou détenteurs de déchets. Les organismes de recherche fournissent à la commission tout document nécessaire à sa mission. » Article L542-3 Le centre de stockage en couche géologique profonde « Un centre de stockage en couche géologique profonde de déchets radioactifs est une installation nucléaire de base. Par dérogation aux règles applicables aux autres installations nucléaires de base : - la demande d'autorisation de création doit concerner une couche géologique ayant fait l'objet d'études au moyen d'un laboratoire souterrain ; - le dépôt de la demande d'autorisation de création du centre est précédé d'un débat public au sens de l'article L. 121-1 sur la base d'un dossier réalisé par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs créée à l'article L. 542-12 ; - la demande d'autorisation de création du centre donne lieu à un rapport de la commission nationale mentionnée à l'article L. 542-3, à un avis de l'Autorité de sûreté nucléaire et au recueil de l'avis des collectivités territoriales situées en tout ou partie dans une zone de consultation définie par décret ; - la demande est transmise, accompagnée du compte rendu du débat public, du rapport de la commission nationale mentionnée à l'article L. 542-3 et de l'avis de l'Autorité de sûreté nucléaire, à l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, qui l'évalue et rend compte de ses travaux aux commissions compétentes de l'Assemblée nationale et du Sénat ; - le Gouvernement présente ensuite un projet de loi fixant les conditions de réversibilité. Après promulgation de cette loi, l'autorisation de création du centre peut être délivrée par décret en Conseil d'Etat, pris après enquête publique ; - l'autorisation de création d'un centre de stockage en couche géologique profonde de déchets radioactifs ne garantissant pas la réversibilité de ce centre dans les conditions prévues par cette loi ne peut être délivrée. Lors de l'examen de la demande d'autorisation de création, la sûreté du centre est appréciée au regard des différentes étapes de sa gestion, y compris sa fermeture définitive. Seule une loi peut autoriser Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 85 sur 109  
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    Annexes  celle-ci. L'autorisation fixela durée minimale pendant laquelle, à titre de précaution, la réversibilité du stockage doit être assurée. Cette durée ne peut être inférieure à cent ans. » Article L542-10-1 L’Andra « L'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, établissement public industriel et commercial, est chargée des opérations de gestion à long terme des déchets radioactifs, et notamment : 1° D'établir, de mettre à jour tous les trois ans et de publier l'inventaire des matières et déchets radioactifs présents en France ainsi que leur localisation sur le territoire national, les déchets visés à l'article L. 542-2-1 étant listés par pays ; 2° De réaliser ou faire réaliser, conformément au plan national prévu à l'article L. 542-1-2, des recherches et études sur l'entreposage et le stockage en couche géologique profonde et d'assurer leur coordination ; 3° De contribuer, dans les conditions définies à l'avant-dernier alinéa du présent article, à l'évaluation des coûts afférents à la mise en œuvre des solutions de gestion à long terme des déchets radioactifs de haute et de moyenne activité à vie longue, selon leur nature ; 4° De prévoir, dans le respect des règles de sûreté nucléaire, les spécifications pour le stockage des déchets radioactifs et de donner aux autorités administratives compétentes un avis sur les spécifications pour le conditionnement des déchets ; 5° De concevoir, d'implanter, de réaliser et d'assurer la gestion de centres d'entreposage ou des centres de stockage de déchets radioactifs compte tenu des perspectives à long terme de production et de gestion de ces déchets ainsi que d'effectuer à ces fins toutes les études nécessaires ; 6° D'assurer la collecte, le transport et la prise en charge de déchets radioactifs et la remise en état de sites de pollution radioactive sur demande et aux frais de leurs responsables ou sur réquisition publique lorsque les responsables de ces déchets ou de ces sites sont défaillants ; 7° De mettre à la disposition du public des informations relatives à la gestion des déchets radioactifs et de participer à la diffusion de la culture scientifique et technologique dans ce domaine ; 8° De diffuser à l'étranger son savoir-faire. L'agence peut obtenir le remboursement des frais exposés pour la gestion des déchets radioactifs pris en charge sur réquisition publique des responsables de ces déchets qui viendraient à être identifiés ou qui reviendraient à meilleure fortune. L'agence propose au ministre chargé de l'énergie une évaluation des coûts afférents à la mise en œuvre des solutions de gestion à long terme des déchets radioactifs de haute et de moyenne activité à vie longue selon leur nature. Après avoir recueilli les observations des redevables des taxes additionnelles mentionnées au V de l'article 43 de la loi de finances pour 2000 (n° 99-1172 du 30 décembre 1999) et Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 86 sur 109  
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    Annexes  l'avis de l'Autoritéde sûreté nucléaire, le ministre chargé de l'énergie arrête l'évaluation de ces coûts et la rend publique. L'agence peut conduire, avec toute personne intéressée, des actions communes d'information du public et de diffusion de la culture scientifique et technologique. » Article L542-12 Le fonds recherche « Il est institué, au sein de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, un fonds destiné au financement des recherches et études sur l'entreposage et le stockage en couche géologique profonde des déchets radioactifs. Les opérations de ce fonds font l'objet d'une comptabilisation distincte permettant d'individualiser les ressources et les emplois du fonds au sein du budget de l'agence. Le fonds a pour ressources le produit de la taxe dite de "recherche" additionnelle à la taxe sur les installations nucléaires de base prévue au V de l'article 43 de la loi de finances pour 2000 (n° 99- 1172 du 30 décembre 1999). » Extrait de l’Article L542-12-1 Le fonds travaux « Il est institué, au sein de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, un fonds destiné au financement de la construction, de l'exploitation, de l'arrêt définitif, de l'entretien et de la surveillance des installations d'entreposage ou de stockage des déchets de haute ou de moyenne activité à vie longue construites ou exploitées par l'agence. Les opérations de ce fonds font l'objet d'une comptabilisation distincte permettant d'individualiser les ressources et les emplois du fonds au sein du budget de l'agence. Le fonds a pour ressources les contributions des exploitants d'installations nucléaires de base définies par des conventions. » Extrait de l’Article L542-12-2 La CLIS « Il est créé, auprès de tout laboratoire souterrain, un comité local d'information et de suivi chargé d'une mission générale de suivi, d'information et de concertation en matière de recherche sur la gestion des déchets radioactifs et, en particulier, sur le stockage de ces déchets en couche géologique profonde. Ce comité comprend des représentants de l'Etat et de l'agence régionale de santé, deux députés et deux sénateurs désignés par leur assemblée respective, des élus des collectivités territoriales consultées à l'occasion de l'enquête publique ou concernées par les travaux de recherche préliminaires prévus à l'article L. 542-6, des représentants d'associations de protection de l'environnement, de syndicats agricoles, d'organisations professionnelles, d'organisations syndicales de salariés représentatives et de professions médicales, des personnalités qualifiées ainsi que le titulaire de l'autorisation prévue à l'article L. 542-10-1. » Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 87 sur 109  
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    Annexes  « Le comitése réunit au moins deux fois par an. Il est informé des objectifs du programme, de la nature des travaux et des résultats obtenus. Il peut saisir la commission nationale visée à l'article L. 542-3 et le Haut Comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire créé par l' l'article 23 de la loi n° 2006‐686 du 13 juin 2006 relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire. La commission nationale présente chaque année, devant le comité local d'information et de suivi, son rapport d'évaluation sur l'état d'avancement des recherches dans les trois axes de recherche définis par l'article 3 de la loi n° 2006‐739 du 28 juin 2006 de programme relative à la gestion durable des matières et des déchets radioactifs. » « Le comité est consulté sur toutes questions relatives au fonctionnement du laboratoire ayant des incidences sur l'environnement et le voisinage. Il peut faire procéder à des auditions ou des contre- expertises par des laboratoires agréés. » Extraits de l’Article L542-13 Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 88 sur 109  
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    Annexes  Annexe 5 : Loi n°2006­739  LOI n° 2006-739du 28 juin 2006 de programme relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs Les trois axes de recherche « Pour assurer, dans le respect des principes énoncés à l'article L. 542-1 du code de l'environnement, la gestion des déchets radioactifs à vie longue de haute ou de moyenne activité, les recherches et études relatives à ces déchets sont poursuivies selon les trois axes complémentaires suivants : 1° La séparation et la transmutation des éléments radioactifs à vie longue. Les études et recherches correspondantes sont conduites en relation avec celles menées sur les nouvelles générations de réacteurs nucléaires mentionnés à l'article 5 de la loi n° 2005-781 du 13 juillet 2005 de programme fixant les orientations de la politique énergétique ainsi que sur les réacteurs pilotés par accélérateur dédiés à la transmutation des déchets, afin de disposer, en 2012, d'une évaluation des perspectives industrielles de ces filières et de mettre en exploitation un prototype d'installation avant le 31 décembre 2020 ; 2° Le stockage réversible en couche géologique profonde. Les études et recherches correspondantes sont conduites en vue de choisir un site et de concevoir un centre de stockage de sorte que, au vu des résultats des études conduites, la demande de son autorisation prévue à l'article L. 542-10-1 du code de l'environnement puisse être instruite en 2015 et, sous réserve de cette autorisation, le centre mis en exploitation en 2025 ; 3° L'entreposage. Les études et les recherches correspondantes sont conduites en vue, au plus tard en 2015, de créer de nouvelles installations d'entreposage ou de modifier des installations existantes, pour répondre aux besoins, notamment en termes de capacité et de durée, recensés par le plan prévu à l'article L. 542-1-2 du code de l'environnement. » Article 3 Le conditionnement des déchets anciens « Les propriétaires de déchets de moyenne activité à vie longue produits avant 2015 les conditionnent au plus tard en 2030. » Article 7 La constitution des provisions « I. - Les exploitants d'installations nucléaires de base évaluent, de manière prudente, les charges de démantèlement de leurs installations ou, pour leurs installations de stockage de déchets radioactifs, leurs charges d'arrêt définitif, d'entretien et de surveillance. Ils évaluent de la même manière, en prenant notamment en compte l'évaluation fixée en application de l'article L. 542-12 du code de l'environnement, les charges de gestion de leurs combustibles usés et déchets radioactifs. Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 89 sur 109  
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    Annexes  II. - Lesexploitants d'installations nucléaires de base constituent les provisions afférentes aux charges mentionnées au I et affectent à titre exclusif à la couverture de ces provisions les actifs nécessaires. Ils comptabilisent de façon distincte ces actifs qui doivent présenter un degré de sécurité et de liquidité suffisant pour répondre à leur objet. Leur valeur de réalisation est au moins égale au montant des provisions mentionnées au premier alinéa du présent II, à l'exclusion de celles liées au cycle d'exploitation. » « Les exploitants mettent en œuvre le plan de constitution d'actifs au plus tard dans un délai de cinq ans à compter de la publication de la présente loi. » Extraits de l’Article 20 Les trois taxes INB additionnelles « Il est créé trois taxes additionnelles à la taxe sur les installations nucléaires de base. Le montant de ces taxes additionnelles, dites respectivement de "recherche, "d'accompagnement et de "diffusion technologique, est déterminé, selon chaque catégorie d'installations, par application d'un coefficient multiplicateur à une somme forfaitaire. Les coefficients sont fixés par décret en Conseil d'Etat après avis des conseils généraux concernés et des groupements d'intérêt public définis à l'article L. 542-11 du code de l'environnement pour ce qui concerne les taxes dites "d'accompagnement et de "diffusion technologique, dans les limites indiquées dans le tableau ci-dessous et des besoins de financement, en fonction des quantités et de la toxicité des colis de déchets radioactifs produits et à produire ne pouvant pas être stockés en surface ou en faible profondeur que peut produire chaque catégorie d'installations. Les taxes additionnelles sont recouvrées dans les mêmes conditions et sous les mêmes sanctions que la taxe sur les installations nucléaires de base. Sous déduction des frais de collecte fixés à 1 % des sommes recouvrées, le produit de la taxe additionnelle dite de "recherche est reversé à l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs. Sous déduction des frais de collecte fixés à 1 % des sommes recouvrées, le produit de la taxe additionnelle dite "d'accompagnement est réparti, à égalité, en un nombre de parts égal au nombre de départements mentionnés à l'article L. 542-11 du code de l'environnement. Une fraction de chacune de Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 90 sur 109  
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    Annexes  ces parts, déterminéepar décret en Conseil d'Etat dans la limite de 20 %, est reversée par les groupements d'intérêt public mentionnés au même article L. 542-11, au prorata de leur population, aux communes du département dont une partie du territoire est distante de moins de 10 kilomètres de l'accès principal aux installations souterraines d'un laboratoire souterrain mentionné à l'article L. 542-4 du même code ou d'un centre de stockage en couche géologique profonde mentionné à l'article L. 542- 10-1 du même code. Le solde de chacune de ces parts est reversé au groupement d'intérêt public mentionné à l'article L. 542-11 du même code. Sous déduction des frais de collecte fixés à 1 % des sommes recouvrées, le produit de la taxe additionnelle dite de "diffusion technologique est reversé aux groupements d'intérêt public mentionnés à l'article L. 542-11 du même code à égalité entre eux. » Article 21 Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 91 sur 109  
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    Annexes  Annexe 6 : Deux rapports de la Commission Nationale d’Evaluation  Rapport d’évaluation n°3(juin 2009) Commission Nationale d’Evaluation Le stockage en couche géologique profonde « D'ici à la fin 2009, des décisions importantes doivent être prises. Pour son évaluation scientifique, la Commission a besoin de disposer en temps utile de l'ensemble des données. La Commission souhaite donc que lui soient exposés avant fin 2009 : • La définition retenue de la réversibilité avec les options techniques envisagées pour sa mise en œuvre et son cadre chronologique. A cet égard, la Commission apprécie favorablement que l'Andra aborde le problème de la réversibilité en le développant dans un cadre international. • Le modèle d’inventaire de dimensionnement (MID) à établir fin 2009 et qui sera inclus dans la DAC. Le MID fera connaître aux populations concernées ce que l'on propose de placer dans le stockage géologique. La Commission s'inquiète de la lenteur d’élaboration des spécifications des colis finaux destinés au stockage profond, notamment ceux issus de la reprise des déchets anciens de Cadarache et de Marcoule. Hors du contexte normalisé des colis de la Hague, elle met en garde contre une situation où l’incertitude existant sur la compatibilité entre le site de stockage en attente de définition et le conditionnement final gèlerait les progrès dans la résolution du problème posé. • Le détail des éléments qui conduisent au choix de la Zira où pourrait être implanté le futur centre de stockage souterrain. La Commission note que l'Andra lui a présenté une synthèse des acquis récents. Toutefois, elle souhaite que lui soient fournies les données de base récemment acquises en géologie et géophysique, qui doivent jouer un rôle primordial dans la sélection de la Zira. La Commission regrette que les études socio-économiques restent encore embryonnaires et que l'on ne dispose toujours pas du coût réel d'un stockage et de son impact sur l'économie locale. » 1.1.1 Inventaire « Le modèle d’inventaire de dimensionnement de 2009 donnera une nomenclature des colis-types de déchets différente de celle du Dossier 2005 ; il donnera également leurs caractéristiques ; il sera complété en 2010. En prévision de la DAC, l’Andra émettra en 2014 un « Projet de spécifications d’acceptation des colis de stockage » et en 2025 pour la mise en service éventuelle du stockage, les « Spécifications d’acceptation » et les premiers agréments. La DAC ne couvrira que les déchets pour lesquels des projets de spécifications d’acceptation en stockage auront été préparés pour 2014. La Commission s’inquiète de la lenteur avec laquelle ces spécifications sont élaborées. Elle attend la version 2009 du MID pour se prononcer sur la nécessité de poursuivre ou d’entreprendre des E&R couvrant le comportement de tous les colis destinés au stockage profond. Concernant un possible stockage profond dans la couche du Callovo-Oxfordien de Meuse/Haute- Marne, la Commission observe aussi qu’est apparue la notion nouvelle de « ressource rare » en sites de stockage. A cet égard, la Commission estime nécessaire de préciser cette notion et que la DAC de 2015 définisse explicitement les déchets qui pourront être stockés, en incluant une stratégie éventuelle de gestion des déchets anticipant sur des productions futures. » Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 92 sur 109  
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    Annexes  1.3.3 Gestion desdéchets du CEA « La Commission souligne l'effort actuel de gestion mené par le CEA ; elle prend acte que le CEA et l’Andra cherchent à optimiser la gestion des déchets anciens MAVL, en particulier des 60 000 fûts de bitume de Marcoule. La Commission souligne que la publication de spécifications pour les colis destinés au stockage permettra aux producteurs de déchets de prévoir un conditionnement optimal définitif. Elle met en garde contre une situation où l’incertitude existant sur la compatibilité entre le conditionnement des colis et le site de stockage en attente de définition, gèlerait tout progrès dans la résolution du problème posé. » Annexe 11 DÉCHETS DU CEA « Dans son rapport n° 2 de juin 2008, la Commission s’était interrogée sur l’optimisation de la gestion des déchets MAVL, autres que ceux issus du retraitement actuel, dont le CEA est un important producteur (environ 40 % de tous les colis MAVL). Elle a eu l’occasion cette année de revenir sur cette question, notamment pour les déchets du CEA-Marcoule, lors de sa visite de certaines installations dédiées au traitement des déchets bruts et à l’entreposage de colis situées sur les centres de Cadarache et de Marcoule (25 et 26 mars 2009). La Commission a constaté l’ampleur des travaux de reprise des déchets en vrac ou préconditionnés, la qualité des conditionnements et/ou reconditionnements, la qualité des entreposages ; elle a reçu l’assurance qu’un dialogue avait été ouvert avec l’Andra, au travers d’un groupe de travail, pour aller vers l’optimum de gestion souhaité. En particulier la définition de colis d’entreposage/stockage entre le CEA et l’Andra, en relation avec la reprise des fûts d’enrobés bitumineux de Marcoule, semble entrée dans une phase active. » « Le CEA souhaite évacuer une partie des fûts vers le stockage FAVL et l’autre vers le stockage MAVL/HAVL. Une faible partie ira au CSFMA, comme les colis de bitume faits après 1995. Dans les deux cas, un choix rapide des colis de stockage optimiserait la gestion des fûts de bitume car cela éviterait, éventuellement, des conditionnements successifs. Ce n’est pas simple. La gestion des fûts de bitume de Marcoule est l’exemple d’une gestion difficile. » « La question qui se pose est de savoir si les fûts de bitume devant aller au stockage en profondeur ne pourraient pas être mis directement en conteneur de stockage, puis entreposés dans une installation d’attente d’expédition (IAE). Cela éviterait la mise en « sur-fûts ». Une étude est en cours. » « Le bitume est une matrice en voie de disparition. Une reprise limitée des boues de la STE2 issues d’UP2 400 a eu lieu à la Hague en début 2002 (340 colis du silo 14). L’ASN souhaite l’arrêt de cette pratique. Les boues seront probablement cimentées. La Commission prend acte que le CEA et l’Andra cherchent à optimiser la gestion des déchets anciens MAVL, en particulier des 60 000 fûts de bitumes de Marcoule. Elle renouvelle néanmoins la recommandation générale qu’elle avait faite l’année dernière sur la gestion optimisée de tous les déchets MAVL, compte tenu des importantes quantités encore à conditionner ou à reprendre qui existent chez tous les producteurs de déchets. Cette démarche demande une caractérisation complémentaire des déchets, voire des recherches complémentaires sur leurs conditionnements, qu’il convient d’identifier au plus tôt pour que les Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 93 sur 109  
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    Annexes  dossiers de connaissanceset les MID des stockages soient établis en temps voulu dans le respect de la loi. » Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 94 sur 109  
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    Annexes  Rapport d’évaluation n°2(juin 2008) Commission Nationale d’Evaluation 2.1 CADRE DES ÉTUDES ET RECHERCHES « La Commission rappelle que la demande d’autorisation de création (DAC) du stockage ne couvrira que les déchets pour lesquels des projets de spécifications d’acceptation en stockage auront été préparés pour 2014. » 2.2.2 Gestion, surveillance et transport des colis « De manière très liée au programme précédent, le programme « colis » devra mettre à jour le modèle d'inventaire de dimensionnement (MID) pour 2009, particulièrement mais non exclusivement pour les déchets MAVL, HAVL et les combustibles CU314, seuls pris en compte pour la demande d'autorisation de création (DAC), élaborer différents scénarios de gestion des colis sur la base des chroniques de production fournies par les producteurs, formuler diverses formes de spécifications, analyser les problèmes liés au transport et prévoir les moyens de contrôle des colis de déchets. Pour élaborer le MID 2009, l’Andra demande aux producteurs de mettre à jour les dossiers de connaissances existants et d’établir de nouveaux dossiers. Ces dossiers de connaissances doivent répondre aux spécifications, révisées en 2007, définies par l’Andra qui fixe les paramètres à y faire figurer : c’est un premier niveau de spécification, celui du dossier de connaissances. Au-delà, l’Andra doit contribuer à l’élaboration des futures spécifications d’acceptation en stockage et formuler dans ce but des « spécifications de niveau 2 », qui caractérisent les colis primaires tels qu’ils sont pris en compte dans l’étude du stockage : elles servent à analyser les projets de conditionnement proposés par les producteurs. Elles seront régulièrement réactualisées jusqu’en 2014 pour fournir la matière des projets de spécifications d’acceptation qui seront jointes au dossier DAC ; celles-ci pourront encore évoluer jusqu’aux spécifications définitives d’acceptation à l’échéance de la mise en service en 2025. Un tel calendrier représente donc pour les producteurs une source notoire d’incertitudes en ce qui concerne les déchets MAVL. » « L’audition de l’Andra a permis une première clarification, fort utile, d’un domaine assez vaste, divers et complexe dont la Commission n’a encore acquis qu’une vision parcellaire et, pour partie, imprécise. La présentation à la Commission de certaines dimensions du programme mériterait d’être reprise et approfondie dans l’avenir. Par exemple, s’il est clair que le transport des déchets vers le site de stockage relève de la responsabilité des producteurs, la mesure dans laquelle l’Andra est concernée par cet aspect, qui figure explicitement dans l’intitulé du programme, au-delà de la définition des infrastructures de réception sur le site de stockage, reste imprécise. De même la gestion des incertitudes sur les caractéristiques des colis existants, la question spécifique des conteneurs et de leur contrôle, l’articulation entre entreposage et stockage et ses implications sur l’évolution de certaines caractéristiques des colis, et donc sur l’objet de leur contrôle, mériteraient d’être explicitées. Enfin, en dehors des relations, anciennes et étroites, avec le CEA, le cadre des collaborations nationales et internationales, en œuvre ou en projet, n’a jusqu’ici guère été évoqué. Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 95 sur 109  
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    Annexes  La Commission souhaiteque le programme « colis » fasse l’objet d’une nouvelle mise au point dans le courant de l’année 2009. » 2.2.3. Gestion et colis de déchets MAVL « L’Andra a demandé aux producteurs de déchets de consolider les connaissances sur les colis de déchets MAVL qui pourraient rester en entreposage une centaine d’années dans diverses conditions. Ce besoin concerne aussi les colis qui seront déposés en stockage, en attente de la fermeture de celui- ci. En dépit de la variété des colis de déchets MAVL, le CEA assure correctement leur gestion. L’entreposage des colis MAVL sera assuré. Cela dit, il reste quelques problèmes à régler concernant certains déchets historiques MAVL (bitumes) dont la situation est encore en discussion pour savoir de quel stockage ils relèvent. La Commission considère que les E&R faites par le CEA pour le compte des producteurs sur l’évolution des colis sont en bonne voie, d’autant plus qu’elles sont entreprises sur la base d’acquis importants. Par ailleurs, le CEA poursuit souvent pour son propre compte des E&R en conditionnement et caractérisation pour rationaliser et améliorer les pratiques actuelles et tester de nouveaux modes de conditionnement. La Commission encourage les producteurs à poursuivre dans cette voie en vue de maîtriser le conditionnement des déchets anciens. La Commission n’a pas d’interrogations sur la technologie du conditionnement mais souhaite connaître pour les colis MAVL, autres que ceux du retraitement actuel, comment fonctionne la chaîne des décisions qui va du conditionnement au stockage et quels acteurs entrent en jeu: producteurs, Andra, pouvoirs publics. Il paraît souhaitable de chercher un optimum de gestion, fondé sur des considérations technologiques et financières, qui ne semble pas atteint. »     Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 96 sur 109  
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    Annexes  Annexe 7 : PNGMDR 2010­2012  Plan National deGestion des Matières et Déchets Radioactifs 2010-2012 1.2 Les principes à prendre en compte pour définir les filières de gestion « Les déchets radioactifs doivent être gérés selon les principes suivants, inspirés de la législation générale sur la gestion des déchets: il convient de prévenir et réduire à la source, autant que raisonnablement possible, la production et la nocivité des déchets, notamment par un tri et une ségrégation appropriés ; la stratégie de confinement/concentration doit être privilégiée, même si dans certains cas, il peut être admis exceptionnellement de ne pas l’appliquer, sur la base d’une justification appropriée ; les transports de déchets sont organisés de manière à limiter les volumes de déchets transportés et les distances parcourues dans le cadre d’une stratégie de gestion donnée ; la valorisation des déchets par réemploi ou recyclage doit être favorisée, à condition que cette valorisation ne porte pas préjudice à l’environnement ou à la santé publique ; le public doit être informé des effets pour l’environnement et la santé publique des opérations de production et de gestion à long terme des déchets. Afin de définir des solutions de gestion à long terme pour les déchets radioactifs, il est important de prendre en compte un principe de proportionnalité vis-à-vis du risque et de l'impact, et d’optimisation entre les coûts (financiers, humains, etc.) et les bénéfices attendus de la mise en place d’une solution de gestion précise. Ce principe est difficile à appliquer simplement, notamment parce qu’il exige de considérer des coûts et des bénéfices sur différentes périodes temporelles parfois très éloignées dans le futur. » 1.2.2 Un nombre important de paramètres à optimiser pour chaque mode de gestion Anticiper les besoins en installations de traitement et d’entreposage « La dimension temporelle est un critère primordial dans la mise en place de filières de gestion à long terme de façon à permettre la juste adéquation entre les besoins en installations d’entreposage, de traitement/ conditionnement, caractérisation et transport et les moyens disponibles à l’instant t. Par ailleurs, l’intégration de ce facteur t permet d’anticiper les risques liés à la défaillance du producteur de déchets. Le volume et la disponibilité des filières de gestion à long terme par rapport aux besoins doivent être suivis et anticipés pour éviter que la production de déchets n’induise des besoins qui seraient supérieurs aux capacités disponibles et autorisées. La définition par les producteurs de déchets d’une stratégie de gestion de leurs déchets à moyen et long terme apparaît à ce titre un outil indispensable, pour leur permettre, individuellement, ou en lien avec d’autres producteurs, de définir leurs besoins présents et à venir à chacune des étapes de gestion des déchets et se doter des moyens (installations d’entreposage, emballages de transport, moyens de caractérisation…) indispensables à une gestion optimisée. Ces stratégies sont examinées régulièrement par les autorités de sûreté, avec l’appui de l'IRSN.» Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 97 sur 109  
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    Annexes  Optimiser le confinementdes déchets pour garantir la sûreté de leur gestion « L’objectif de la fabrication d’un colis est de confiner les déchets sous une forme stable, solide, monolithique. Un traitement avant conditionnement est également parfois nécessaire pour assurer une compatibilité, notamment physico-chimique, entre le déchet et la matrice ou le système d’immobilisation retenu pour la constitution du colis. Les principales matrices utilisées de façon industrielle et mises en œuvre depuis de nombreuses années sont notamment le verre et le ciment. Pour certains déchets solides, les galettes compactées (coques et embouts) sont directement empilées dans le conteneur. Les études qui seront menées dans les prochaines années viseront à rendre ces procédés industriellement plus performants soit en augmentant leurs capacités de production, soit en étendant leurs domaines d’application à des déchets nouveaux, soit pour développer de nouvelles matrices dans l’objectif d’optimiser les propriétés confinantes de certains colis. » 1.3.2 Le Plan National de Gestion des Matières et des Déchets Radioactifs (PNGMDR) « Afin de mettre à jour le PNGMDR, le Gouvernement a choisi de continuer à s’appuyer sur les travaux d’un groupe de travail pluraliste. Coprésidé par la DGEC et l’ASN, ce dernier est composé notamment de producteurs et gestionnaires de déchets, d’associations, de représentants d’élus, d‘administrations, de la CNE, du DSND et de l’IRSN. Les nombreuses présentations réalisées au sein du groupe de travail ont constitué une source d'informations très précieuse pour la rédaction du plan. » 2.1 L’entreposage d’attente des matières et déchets radioactifs « L’entreposage des déchets radioactifs est une opération qui consiste à les placer temporairement dans une installation aménagée à cet effet pour permettre une mise en attente, un regroupement, un suivi ou une observation. A la différence d’un centre de stockage, les lieux d’entreposages de déchets radioactifs ne sont pas conçus pour assurer des fonctions de sûreté à très long terme mais pour une durée déterminée (en particulier, ils nécessitent un entretien et des interventions humaines ce qui permet de surveiller les colis). Cependant il pourrait en exister sur chaque site de stockage pour pouvoir assurer les contrôles et surtout permettre aux colis d'attendre (refroidissement des verres par exemple) avant leur stockage. Au terme de la période d’entreposage (dépendant de l'ouverture d'un site de stockage), les déchets sont donc obligatoirement retirés de l’installation. Cette dernière sera réutilisée ou démantelée le moment venu. Par ailleurs, les installations d’entreposage présentent des garanties de sûreté proportionnées aux types de déchets qu’elles accueillent. » 2.5 La gestion à long terme des déchets : bilan des recherches sur de nouvelles filières « Dans le domaine du conditionnement et du comportement des déchets, les producteurs de déchets et l’Andra ont mis en place des structures de pilotage et d’échange permettant de garantir la cohérence de l’ensemble des programmes de R&D. Il est désormais acté que les producteurs sont responsables de la caractérisation des colis et des études sur le comportement intrinsèque des colis (constitution d'un dossier de connaissances et d’un modèle opérationnel décrivant le comportement à long terme de ce colis), tandis que l'Andra est en charge des interactions entre les colis et les matériaux environnants. » 2.5.4 Les déchets HA-MAVL : stockage géologique réversible, entreposage Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 98 sur 109  
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    Annexes  Conditionnement des déchetsMAVL « Pour les déchets MA-VL, trois modes de conditionnement ont été ou sont utilisés : compactage, cimentation et bitumage. Un travail d'acquisition de connaissances a été accompli depuis la loi de 1991, qui a été formalisé notamment dans des dossiers de connaissance des colis, et a le cas échéant débouché sur des modèles opérationnels de comportement des colis. Une des principales questions à approfondir concerne l’hydrogène résultant de la radiolyse des matériaux organiques, qui est le gaz majoritairement relâché par les colis pendant la période d’exploitation du stockage (dossier Andra 2005). Un programme de R&D visant à améliorer les outils de modélisation pour la prévision de la production d’hydrogène et à identifier les productions de molécules hydrosolubles, produits de dégradation des polymères, susceptibles de complexer les radionucléides a été mis en place. » 3.1.2 Projets de création d’installations d’entreposage Création ou extension d’installations d’entreposage d’ici 2015 (hors déchets tritiés traités au chapitre 3.5.1) « En complément aux installations d’entreposage existant sur les sites de production de déchets, les créations et extensions d’installations projetées par AREVA, le CEA et EDF d’ici 2015 permettront de répondre, en termes de capacité et de durée, aux besoins d’entreposage liés aux colis de déchets HA et MAVL produits à cet horizon. » Création ou extension d’installations d’entreposage de 2015 à 2025 « Dans la décennie 2015 – 2025, d’autres créations ou extensions d’installations d’entreposage seront nécessaires. Sont concernés sur les sites de production ou de conditionnement suivants: • l’entreposage des colis de boues bitumées et déchets solides à Marcoule en attente de mise en stockage, en complément de l’installation d’entreposage intermédiaire polyvalent : EIP ; • une extension des capacités d’entreposage des déchets de structure et technologiques compactés à La Hague (ECC) ; • une nouvelle extension de E-EV-SE à La Hague. Au-delà de l’utilisation des capacités d’entreposage disponibles à Marcoule, la poursuite d’une mise en fûts EIP n’apparaît pas la stratégie la plus appropriée aux colis de boues bitumées. Une stratégie plus favorable consiste à les placer directement dans un conteneur de stockage, sur le site de Marcoule. Cette stratégie pourra être étendue aux déchets solides MAVL du site de Marcoule. Cette option diminue globalement le nombre de transferts et de manutentions de colis à réaliser. Elle offre pour les colis de boues bitumées un gain très important de ressource de stockage, en diminuant (de l’ordre de 40 %) le volume final des colis de stockage. Le volume et le coût de stockage sont diminués. Une mise en conteneur de stockage MAVL pourra être réalisée sur le site de Marcoule à partir de la date d’autorisation de création du centre de stockage géologique profond (soit à l’horizon de 2017). La conception définitive du conteneur pourra ainsi intégrer les exigences provenant de la future loi fixant les conditions de la réversibilité, ainsi que les prescriptions techniques suite à l’instruction de la Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 99 sur 109  
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    Annexes  demande d’autorisation decréation du stockage. Cependant, une telle stratégie suppose que la conception et la construction de l’atelier de conditionnement anticipent sur les spécifications d’acceptation des colis en stockage, qui elles aussi ne pourront être finalisées qu’après l’autorisation de création. La conception de l’atelier de conditionnement intégrera une flexibilité suffisante pour s’adapter à des évolutions des spécifications de ce conteneur. Une telle stratégie étendue aux déchets solides ne nécessite pas la construction d’alvéoles supplémentaires à l’EIP. En revanche, les colis de stockage MAVL constitués à partir de 2017 devront être entreposés dans une nouvelle capacité d’entreposage, à mettre en exploitation en 2017. Cette nouvelle capacité sera aussi amenée à accueillir des colis rattachés à la filière FAVL, et qui seront aussi conditionnés sur le site en conteneur de stockage. Une mise en stockage des colis de boues bitumées MAVL et potentiellement de déchets solides de Marcoule à partir de la mise en exploitation du projet de centre de stockage géologique profond ouvre la possibilité d’une optimisation d’ensemble du système, en limitant les capacités d’entreposage nouvelles à créer. Le CEA et l’Andra étudieront ce scénario de manière concertée d’ici fin 2012. L’étude traitera en particulier de la faisabilité des conteneurs de stockage en vue de leur conception, de celle de l’installation d’entreposage à créer, des possibilités de transport jusqu’aux centres de stockage, et des possibilités de mise en stockage au cours du temps et à la prise en compte de la réversibilité du stockage géologique profond. Cette étude sera suivie par un groupe de travail réunissant le CEA, l’Andra, le DSND et l’ASN. Compte tenu de la place des transports dans le caractère opérationnel de ce scénario, le CEA en analysera les possibilités et les limites pour 2010. Areva, l'Andra et EDF étudieront pour fin 2012 les scénarios de désentreposage et de transport des colis de déchets de structure et technologiques compactés (CSD-C) ainsi que les besoins en capacités d'entreposage supplémentaires à créer d'ici 2025 sur le site de La Hague, en tenant compte d'une possibilité de mise en stockage de colis CSD-C dès la décennie 2025-2030 Areva, EDF et l’Andra analyseront d’ici fin 2012 la faisabilité de principe d’intégrer les extensions d’E-EV-SE à La Hague dans le dispositif de soutien à la réversibilité du stockage géologique profond, en vue de la présentation de scénarios de gestion entreposage-transport- stockage au prochain débat public sur le projet de centre de stockage géologique profond. » Création ou extension d’installations d’entreposage au-delà de 2025 « L’Andra précisera d’ici fin 2012, en concertation avec les producteurs de déchets, les scénarios envisageables de gestion de l’ensemble des colis de déchets HA et MAVL destinés au projet de centre de stockage géologique profond. Il s'agira notamment d'étudier les chroniques d’entreposage, de désentreposage, de conditionnement, de transport et de mise en stockage, ainsi que les besoins en entreposage en résultant, en vue du prochain débat public sur le projet de stockage. Les producteurs définiront en cohérence les solutions de transport à mettre en œuvre et vérifieront avec l'Andra la compatibilité de ces solutions avec leurs installations actuelles et futures. On analysera notamment la pertinence de pourvoir aux besoins en entreposage au-delà de 2025 par des capacités d’entreposage intégrées au centre de stockage géologique profond, au lieu de la création ou Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 100 sur 109  
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    Annexes  de l’extension d’installationssur les sites de production ou de conditionnement. Cela consisterait soit à mobiliser des installations nécessaires en tout état de cause au transit des colis sur le centre (entre leur arrivée depuis les sites de production ou conditionnement, leur déchargement et leur contrôle, leur conditionnement éventuel en conteneur de stockage et leur transfert dans les installations souterraines) soit à créer des installations dédiées à un entreposage d’attente. L’option d’un entreposage, sur le site de stockage, de déchets HA pour une deuxième phase de décroissance thermique, entre dans le second cas. Les études de scénarios de gestion des colis de déchets HA et MAVL compareront ainsi pour le débat public l’option d’un entreposage sur le centre de stockage lorsqu’elle est envisageable, à celle d’un entreposage sur les sites de production ou de conditionnement, aux plans de la sûreté, de l’impact (environnemental et socio-économique), du coût et de la réversibilité. La durée prévisionnelle d’exploitation de cette future génération d’installations d’entreposage est de l’ordre d’une centaine d’années, cohérente avec la durée d’exploitation prévisible du centre de stockage géologique profond, la décroissance thermique des déchets HA et la durée de réversibilité d’au moins cent ans fixée par la loi. Les conclusions de l'ensemble des travaux demandés dans cette partie concernant les déchets HA-MAVL seront synthétisées par l'Andra dans le dossier qu'elle remettra fin 2012 concernant l'entreposage. » 3.5.4 Les recherches pour les déchets HA-MAVL : séparation / transmutation, stockage géologique réversible, entreposage Recherches sur l'entreposage des déchets HA-MAVL  « Les études de scénarios entreposage-transport-stockage permettront de préciser le recensement des besoins en entreposage : familles et formes de colis à entreposer, capacités nécessaires, dates de mise à disposition et durées d’exploitation cibles. Ces études viseront à une optimisation d’ensemble des filières de gestion, au plan de la sûreté, de l’impact environnemental et du coût. Elles prendront en compte la réversibilité du stockage, notamment en identifiant systématiquement des solutions d’entreposage pour accueillir des colis qui seraient retirés du stockage. » « L’Andra recueillera et capitalisera le retour d’expérience de la construction et de l’exploitation des installations existantes ou en développement. Elle apportera un appui technique aux exploitants pour favoriser la complémentarité de leurs projets de création ou d’extension avec le stockage. Elle élaborera un guide de recommandations pour la conception d’installations d’entreposage s’inscrivant dans cette complémentarité. L’Andra remettra fin 2012 un bilan d’ensemble des études et recherches sur l’entreposage qu’elle aura pilotées et coordonnées (y compris les études concernant les déchets HA-MAVL). Les propositions retenues dans le cadre de la prochaine révision du PNGMDR, en complément aux capacités de transit nécessaires à l’exploitation du stockage, seront présentées au débat public sur le projet de centre de stockage. En fonction des suites données au débat, elles pourront être incluses dans la demande d’autorisation de création du centre (DAC) présentée par l’Andra en vue d’une instruction en 2015. Le dossier de DAC tiendra compte de l’ordonnancement dans le temps de la mise à disposition des capacités d’entreposage. » Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 101 sur 109  
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    Annexes  Recherches sur laconnaissance et le conditionnement des déchets MAVL « L'article 7 de la loi du 28 juin 2006 précise que les propriétaires de déchets MAVL produits avant 2015 doivent les conditionner au plus tard en 2030. Afin de préparer le stockage de ces déchets MAVL historiques, il est demandé aux producteurs de présenter fin 2011 un point d'avancement des travaux qu'ils auront menés en lien avec l'Andra pour définir des modes de conditionnement appropriés ; il s'agira d'identifier les difficultés principales restant à résoudre et de dresser un premier bilan des solutions envisagées. Les études de comportement à long terme des déchets MAVL continueront à porter sur trois grandes thématiques, faisant l’objet de sous groupes du comité technique Andra / CEA / Producteurs : les colis de boues bitumées ; les gaz issus de la corrosion des matériaux métalliques et les gaz radioactifs ; les déchets organiques (autres que les boues bitumées). Concernant les colis de stockage en béton, la R&D mise en œuvre au sein du groupement de laboratoires « évaluation des structures cimentaires » sera poursuivie. En particulier, un programme de R&D a été mis en place pour améliorer les outils de modélisation pour la prévision de la production d’hydrogène, et pour identifier les productions de molécules hydrosolubles, produits de dégradation des polymères, susceptibles de complexer les radionucléides. Il aboutira notamment à la constitution d'une base de données (PRELOG) sur les données intrinsèques relatives aux polymères qui, couplée à la modélisation, permettra d'évaluer les rendements de production de gaz à partir des principales données de composition des polymères et du spectre du rayonnement. L'Andra remettra pour fin 2010 un rapport évaluant l'impact sur le stockage des déchets contenant des matières organiques, et irradiants ou riches en éléments émetteurs alphas, en particulier vis-à-vis de la sûreté en stockage. En ce qui concerne les déchets contenant des matières organiques, des traitements conduisant à l'élimination ou à la diminution du contenu en matières organiques des déchets permettraient de limiter l'hydrogène produit par la transformation de ces matières sous l'effet de la radiolyse et d'éviter l'apparition de substances pouvant présenter un caractère complexant ainsi que les interactions avec les microorganismes. Ces procédés de réduction du contenu organique des déchets comprennent notamment la séparation des flux en amont, et le traitement à froid ou à chaud. » « Pour les déchets de moyenne activité à vie longue, la R&D porte actuellement sur un procédé d'incinération du déchet au sein d'un plasma gazeux à haute température (4500°C), généré par une torche. Les études en cours s'intéressent également à l'incorporation directe dans un bain de verre en fusion (procédé SHIVA). La technique de destruction par plasma suivie d'une vitrification est déjà utilisée pour la destruction de certains types de déchets industriels, comme les déchets issus de l'industrie électronique. Les études visent à rendre cette technique applicable aux déchets de moyenne activité à vie longue. Les travaux porteront notamment sur la nucléarisation de l'ensemble de la technologie. La limitation est l’investissement nécessaire et les coûts de fonctionnement qui deviennent élevés avec une exploitation dans le domaine nucléaire. Le CEA et AREVA présenteront les bilans des études dans ce domaine fin 2011. Ces études seront conduites de façon à assurer le pré-développement du procédé, à le porter au stade de la faisabilité industrielle et de pouvoir, d’ici 2020, statuer sur le lancement du déploiement à Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 102 sur 109  
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    Annexes  l’échelle industrielle. Demanière plus générale, concernant les déchets contenant une fraction significative de matières organiques, les producteurs concernés présenteront fin 2011 les scénarios de traitement-conditionnement envisageables permettant notamment de limiter la production d'hydrogène, en tenant compte des aspects radioprotection, industriels et financiers ainsi qu’un calendrier volontariste de mise en œuvre du ou des procédé(s) envisagés. »       Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 103 sur 109  
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    Annexes  Annexe 8 : Documentation utilisateur de notre outil informatique    Jérémy Di Zazzo  Michaël Fertin      Outil de simulation des chroniques de stockage :   Documentation utilisateur        Sommaire  Outil de simulation des chroniques de stockage :  Documentation utilisateur .................................. 104  Présentation générale ..................................................................................................................... 105  Cadre ........................................................................................................................................... 105  Taches réalisées ........................................................................................................................... 105  Réalisation ................................................................................................................................... 105  Entrées/sorties ................................................................................................................................ 105  Données d’entrées ...................................................................................................................... 105  Données de sortie ....................................................................................................................... 106  Schéma récapitulatif .................................................................................................................... 106  Descriptif du fichier Excel ................................................................................................................ 107  La feuille « Echéancier » .............................................................................................................. 107  La feuille « colis ........................................................................................................................... 108  La feuille « entrepôts » ................................................................................................................ 108  La feuille « Production » .............................................................................................................. 108  La feuille « Emballages » ............................................................................................................. 108  La feuille « Inventaire » ............................................................................................................... 108  Les feuilles d’indicateurs ............................................................................................................. 109  Lancement du programme .............................................................................................................. 109          Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin   Page 104 sur 109  
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    Annexes  Présentation générale    Cadre  Cet  outil  de simulation  des  chroniques  de  stockage  a  été  créé  dans  le  cadre  du  travail  d’option  (équivalent d’un stage de fin d’étude) de deux élèves des Mines de Paris, qui avaient pour objectif la  mise en place de méthodes d’analyse et d’amélioration de chroniques de stockage, dans le cadre du  projet HA‐MAVL.    Taches réalisées  L’outil en question permet de réaliser trois tâches fondamentales :  • Simulation de l’ensemble de la chaine logistique liée à la chronique étudiée : l’outil simule  l’ensemble des flux mus en jeu par la chronique, depuis les producteurs (flux d’entrée et de  sortie des entrepôts, par famille de colis, années…) jusqu’au site de stockage (flux d’entrée  par  année,  nombre  d’alvéoles  de  stockage  à  ouvrir…),  en  prenant  en  compte  toutes  les  phases intermédiaires tels que le transport (nombre d’emballages de transports nécessaire,  nombre  de  transports…)  ou  le  conditionnement  (nombre  de  colis  conditionnés  par  les  producteurs, sur le site de stockage…).  • Analyse fine de la chronique selon différents critères : l’outil est capable de fournir en sortie  toute une série d’indicateurs technico‐économiques permettant de vérifier que la chronique  est techniquement et économiquement viable.  • Amélioration progressive de la chronique vis‐à‐vis d’un critère : l’outil a été conçu pour être  utiliser  de  manière  itérative  et  ainsi  améliorer  progressivement  la  chronique  selon  le  processus suivant :   o L’utilisateur rentre dans un premier temps la chronique à améliorer  o Il la simule puis l’analyse selon un certain critère grâce à cet outil  o Fort de son analyse, il améliore la chronique initiale et réitère ces opérations jusqu’à  obtenir une chronique satisfaisante  Réalisation  Il a en outre été conçu pour répondre à différents impératifs :  • Simplicité d’utilisation : basé sur Excel, peu de tables à remplir  • Rapidité d’exécution : simule l’ensemble d’une chronique en moins d’une minute  • Flexibilité : peut effectuer tout type d’analyse sur une chronique  • Evolutivité : peut être très facilement modifié pour répondre à de nouveaux problèmes    Entrées/sorties    Données d’entrées  Il existe deux types de données d’entrée pour l’outil :  • Les  données  relatives  aux  colis,  aux  entrepôts,  aux  moyens  de  transport  et  au  conditionnement. Idéalement, ces données sont rentrées par l’utilisateur une seule fois et  n’ont plus besoin d’être modifiées par la suite.  • La chronique de stockage à simuler et analyser : ces données sont organisées sous forme  d’un  échéancier  où  chaque  ligne  correspond  à  une  opération  élémentaire  sur  les  colis  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 105 sur 109  
  • 106.
    Annexes  (déplacement d’un entrepôt vers un autre, conditionnement, déplacement vers une alvéole  du site de stockage…)    Données de sortie  L’outil génère deux niveaux de sortie différents :  • Une sortie intermédiaire, sous forme d’une feuille d’inventaire, qui expose l’ensemble des  résultats de la simulation de façon exhaustive, en termes de flux, de quantités, de types de  colis, etc. Ces données de sortie représentent un stade intermédiaire de données car elles  n’ont pas pour vocation d’être utilisées directement par l’utilisateur mais plutôt par les outils  d’analyse du logiciel Excel.  • Différents indicateurs répondant chacun à une problématique et à un critère précis,  présentés sous forme de tableaux croisés dynamiques pour offrir plus de flexibilité à  l’utilisateur.  Schéma récapitulatif  Les couleurs du schéma et les noms correspondent à ceux utilisées pour les feuilles du fichier Excel.      Données    Colis    Entrepôts      Production    Emballages      Indicateurs     Programme     VBA  Chronique  Echéancier  Stocks  Désentrep. Sortie intermédiaire Besoins entrep.  Inventaire  Cond.  …  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 106 sur 109  
  • 107.
    Annexes  Descriptif du fichier Excel  Le fichier Excel contenant l’outil se présente sous la forme d’une succession de feuilles au rôle bien  précis.    La feuille « Echéancier »  C’est dans cette feuille que l’utilisateur rentre la chronique à simuler et analyser. Dans cette feuille,  chaque  ligne  correspond à  une  opération  élémentaire  sur  une  famille  de  colis.  Cette  opération  élémentaire consiste à déplacer un certain nombre de colis issus d’une même famille de colis depuis  un lieu initial vers un lieu final, à partir d’une date donnée et à un débit donné. Il existe en outre  plusieurs  options  concernant  ce  déplacement :  celui‐ci  peut  nécessiter  l’usage  d’un  emballage  de  transport ou d’un conditionnement en colis de stockage. Les colonnes correspondantes sont :  • Réf MID : référence dans le MID de la famille de colis considérée. L’ensemble des familles  disponibles est configuré dans la feuille de données « colis ».  • Lieu  initial :  lieu  d’où  l’on  retire  les  colis  considérés.  L’ensemble  des  lieux  disponibles  est  configuré dans la feuille de données « entrepôts », ce qui laisse donc une très grande liberté  à  l’utilisateur  en  terme  de  localisations :  entrepôts  plus  ou  moins  détaillés,  alvéoles  de  stockage,  etc.  Rien  n’empêche  aussi  l’utilisateur  de  créer  un  lieu  « Producteurs »  d’où  proviendraient directement les nouveaux colis par exemple.  • Lieu final : lieu où l’on dépose les colis. Rien n’empêche l’utilisateur de mettre le même lieu  comme lieu initial et final, ce qui peut être utile lorsque l’on conditionne des colis primaires  en colis de stockage sur le même lieu  • Date initiale : date à partir de laquelle le déplacement a lieu  • Débit : débit annuel en colis primaires  • Quantité  transférée :  quantité  de  colis  primaires  transférés  au  cours  de  l’opération  élémentaire  • Conditionnement : « Oui » indique que le colis est conditionné en colis de stockage lors de  l’opération.  Il  est  important  de  noter  qu’il  n’existe  dans  cet  outil  que  deux  états  pour  un  colis : primaire ou stockage.  • Transport : « Oui » indique que le déplacement du colis nécessite l’utilisation de l’emballage  de transport correspondant.  • Conditionnement dans le lieu initial : « P » pour primaire et « S » pour stockage  Certaines colonnes permettant un remplissage plus aisé mais n’influençant pas sur le programme  sont aussi disponible tels que   • Date  fin  contrôle :  donne  la  date  à  laquelle  la  quantité  transférée  aura  été  entièrement  déplacée en fonction du débit donné  Cette feuille contient aussi certains paramètres utiles à l’exécution du programme :   • Année début exercice  • Date fin exercice  • NB jours ouvrés  Enfin,  c’est  depuis  cette  feuille  qu’est  lancé  le  programme  en  appuyant  sur  le  bouton  « Lancer  Application ».    Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 107 sur 109  
  • 108.
    Annexes  La feuille « colis  Cette feuille contient toutes les données relatives aux familles de colis considérés. Seules les familles  présentes  dans  cette feuille  peuvent  subir  des  opérations  élémentaires  au  sein  de  la  feuille  échéancier.    La feuille « entrepôts »  Cette  feuille  contient  toutes  les  données  relatives  aux  entrepôts  et  plus  généralement  aux  localisations  possibles  des  colis.  Seules  les  entrepôts  présents  dans  cette  feuille  peuvent  être  considérés comme des lieux initiaux et finaux envisageables lors des opérations élémentaires de la  feuille échéancier.    La feuille « Production »  Cette feuille synthétise les chroniques de production de chaque famille de colis en donnant le flux de  production  de  colis  primaires  année  par  année.  Les  familles  de  colis  présents  dans  cette  feuille  doivent correspondre à ceux présents dans la feuille colis.    La feuille « Emballages »  Cette  feuille  contient  toutes  les  données  relatives  aux  emballages  de  transport.  Les  noms  des  emballages doivent concorder avec ceux présents dans la colonne « emballage correspondant » de la  feuille « Colis ».    La feuille « Inventaire »  Cette feuille est automatiquement générée par le programme. C’est là que sont disponibles de façon  exhaustive toutes les informations issues de la simulation et utiles pour l’analyse de la chronique. On  y  trouve  donc  toute  une  série  d’informations  utiles  pour  chaque  triplet  (famille  de  colis,  entrepôt/alvéoles, année) :  • Flux de production de colis primaires (nombre)  • Production cumulée de colis primaires (nombre)  • Production cumulée de colis primaires (volume)  • Flux d'entreposage de colis primaires (nombre)  • Flux d'entreposage de colis primaires (volume)  • Flux de désentreposage de colis primaires (nombre)  • Flux de désentreposage de colis primaires (volume)  • Stock de colis primaires (nombre)  • Stock de colis primaires (volume)  • Flux d'entreposage de colis de stockage (nombre)  • Flux d'entreposage de colis de stockage (volume)  • Flux de désentreposage de colis de stockage (nombre)  • Flux de désentreposage de colis de stockage (volume)  • Stock de colis de stockage (nombre)  • Stock de colis de stockage (volume)  • Flux d'entreposage total (nombre)  • Flux d'entreposage total (volume)  • Flux de désentreposage total (nombre)  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 108 sur 109  
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    Annexes  Jérémy Di Zazzo/Michaël Fertin    Page 109 sur 109   •Flux de désentreposage total (volume)  • Stock total (nombre)  • Stock total (volume)  • Taux d'occupation spatio‐temporel de l'entrepôt  • Flux de conditionnement en nombre de colis primaires  • Flux de conditionnement en volume de colis primaires  • Flux de conditionnement en nombre de colis de stockage  • Flux de conditionnement en volume de colis de stockage  • Flux de colis de transport reçus (nombre)  • Flux de colis de transport expédiés (nombre)  • Nombre d'emballages de transport nécessaires  • Intégrale de la capacité (m3.an)  • Flux d'entreposage total journalier (nombre)  • Flux de désentreposage total journalier (nombre)  Les feuilles d’indicateurs  Ces feuilles sont en fait des graphiques croisés dynamiques générés à partir de la feuille inventaire.  Cela  laisse  donc  une  flexibilité  totale  à  l’utilisateur  final  qui  peut  alors  sélectionner  finement  les  données  qu’il  souhaite  analyser  et  comparer  en  utilisant  les  fonctions  de  filtre,  de  tri,  etc.  des  graphiques croisés dynamiques.  Les indicateurs déjà configurés sont les suivants :   • Stock  • Désentreposage  • Besoins entreposage  • Conditionnement  • Expéditions  • Réceptions  • Nombre d’emballages  • Creusement  • Alvéoles  • Stockage  Lancement du programme  Une fois les données rentrées convenablement et l’échéancier complété, il suffit d’appuyer sur le  bouton « Lancer Application » en haut à gauche de la feuille « Echéancier » pour exécuter l’outil. Une  barre de progression du processus s’affiche alors.