Hiver 2011
Étudier le sens
 Au cours du temps
Exemple
 Débile
   Faible physiquement (M-Âge)
   Faible mentalement (sens moderne)
Certains mots
 Ont gardé leur sens étymologique
    Feuille, viaduc…
 Sont restés, mais leur sens diffère
    Embrasser
        Prendre dans ses bras
        Donner un baiser (XVIIe)
 Ont définitivement sorti de l’usage
   Tout en restant utilisés dans certaines expressions figées
    (idiomatiques)
        Bayer aux corneilles
Exemples
 Bayer (ouvrir)
    Et non bailler
 Le vivre et le couvert
    Couvert = toit
 Il n’a pas fait long feu
    Modification du sens
 Je vais le recevoir avec une brique puis un fanal
    Modification du sens
 Sans coup férir
    Férir = frapper
Exemples
 Fier comme un pou
    Pou = coq
 Mort ou vif
    Vif = vivant
Modifications
 Par l’intensité
    Charme
        Incantation magique (m-A,XVIe)
    Charme
        Simple attrait (XVII)
 Par renforcement
    Maîtresse
        Qqun qui aime (Roméo et Juliette)
        Amour adultère (XVIII)
Modification
 Par restriction du sens
    Viande
       Nourriture
       Chair animale
 Par extension de sens
    Corvée
       Travail collectif
       Tâche pénible
Exemple du mot « bourgeois »
 Il s’agit d’un mot de formation française, à
  partir du substantif
 « bourg » et
 du suffixe -ois, -oise qui signifie « relatif à ».
Succession des sens dans les dictionnaires
 Moyen-Âge
   C’est un habitant de villes commerçantes
    soustraites par des chartes de franchise à
    l’influence du seigneur.
   C’est un habitant des villes qui a une certaine
    aisance, et qui possède des droits ou des biens
    immobiliers sur le territoire de la cité.
XVIIe
   C’est un individu appartenant à la classe
    moyenne (classe intermédiaire entre les nobles
    et les manants)
   Se dit quelquefois en mauvaise part, par
    opposition à un homme de la Cour, pour
    signifier un homme peu galant, peu spirituel,
    qui vit et raisonne à la manière du bas peuple.
modifications
 Révolution
   : le bourgeois s’oppose à l’ouvrier.
 XIXe :
   c’est un individu préoccupé de réussite
    matérielle fermé sur des valeurs esthétiques
    et à l’évolution.
Exemple avec le mot « souffrir » (perspective
synchronique)
 Le sens étymologique du mot est « supporter ».
  Le sens figuré s’est développé.
 Le sens de ce mot varie selon la construction :
   en construction transitive directe :
     objet animé (souffrir quelqu’un : résister à quelqu’un)

     objet inanimé

   en construction pronominale
     objet réfléchi (se souffrir : se supporter (se tenir debout))

     objet réciproque : se soutenir mutuellement
Dès la fin du Moyen-Âge,
 la construction pronominale disparaît. Elle est
  remplacée par « porter ».
 L’emploi transitif disparaît plus tard, il est remplacé
  par « soutenir », « résister à ». Le sens figuré, lui, va
  faire fortune.
 Constructions encore existantes :
   Je souffre que tu viennes. (= je le permets)
   souffrir de quelqu’un,
     en supporter des choses désagréables.
   en construction double : souffrir quelque chose à
    quelqu’un, le lui accorder ; souffrir à quelqu’un
    de +infinitif : lui permettre de.

6évolution du sens des mots

  • 1.
  • 2.
    Étudier le sens Au cours du temps
  • 3.
    Exemple  Débile  Faible physiquement (M-Âge)  Faible mentalement (sens moderne)
  • 4.
    Certains mots  Ontgardé leur sens étymologique  Feuille, viaduc…  Sont restés, mais leur sens diffère  Embrasser  Prendre dans ses bras  Donner un baiser (XVIIe)  Ont définitivement sorti de l’usage  Tout en restant utilisés dans certaines expressions figées (idiomatiques)  Bayer aux corneilles
  • 5.
    Exemples  Bayer (ouvrir)  Et non bailler  Le vivre et le couvert  Couvert = toit  Il n’a pas fait long feu  Modification du sens  Je vais le recevoir avec une brique puis un fanal  Modification du sens  Sans coup férir  Férir = frapper
  • 6.
    Exemples  Fier commeun pou  Pou = coq  Mort ou vif  Vif = vivant
  • 7.
    Modifications  Par l’intensité  Charme  Incantation magique (m-A,XVIe)  Charme  Simple attrait (XVII)  Par renforcement  Maîtresse  Qqun qui aime (Roméo et Juliette)  Amour adultère (XVIII)
  • 8.
    Modification  Par restrictiondu sens  Viande  Nourriture  Chair animale  Par extension de sens  Corvée  Travail collectif  Tâche pénible
  • 10.
    Exemple du mot« bourgeois »  Il s’agit d’un mot de formation française, à partir du substantif  « bourg » et  du suffixe -ois, -oise qui signifie « relatif à ».
  • 11.
    Succession des sensdans les dictionnaires  Moyen-Âge  C’est un habitant de villes commerçantes soustraites par des chartes de franchise à l’influence du seigneur.  C’est un habitant des villes qui a une certaine aisance, et qui possède des droits ou des biens immobiliers sur le territoire de la cité.
  • 12.
    XVIIe C’est un individu appartenant à la classe moyenne (classe intermédiaire entre les nobles et les manants)  Se dit quelquefois en mauvaise part, par opposition à un homme de la Cour, pour signifier un homme peu galant, peu spirituel, qui vit et raisonne à la manière du bas peuple.
  • 13.
    modifications  Révolution  : le bourgeois s’oppose à l’ouvrier.  XIXe :  c’est un individu préoccupé de réussite matérielle fermé sur des valeurs esthétiques et à l’évolution.
  • 14.
    Exemple avec lemot « souffrir » (perspective synchronique)  Le sens étymologique du mot est « supporter ». Le sens figuré s’est développé.  Le sens de ce mot varie selon la construction :  en construction transitive directe :  objet animé (souffrir quelqu’un : résister à quelqu’un)  objet inanimé  en construction pronominale  objet réfléchi (se souffrir : se supporter (se tenir debout))  objet réciproque : se soutenir mutuellement
  • 15.
    Dès la findu Moyen-Âge,  la construction pronominale disparaît. Elle est remplacée par « porter ».  L’emploi transitif disparaît plus tard, il est remplacé par « soutenir », « résister à ». Le sens figuré, lui, va faire fortune.  Constructions encore existantes :  Je souffre que tu viennes. (= je le permets)  souffrir de quelqu’un,  en supporter des choses désagréables.  en construction double : souffrir quelque chose à quelqu’un, le lui accorder ; souffrir à quelqu’un de +infinitif : lui permettre de.