Préparé et présenté par: Derrouich Leila  Remis au professeur : Houria BOUARICH  Exposé sur  Les temps chez Benveniste Année Universitaire: 2006 – 2007  Master Langue Française & Diversité Linguistique Séminaire Grammaire Textuelle Semestre II Université Ibn Tofail Faculté des Lettres & des Sciences Humaines Kénitra
Plan   Introduction Chapitre I : Définitions générales  J. Dubois, 1989, « Dictionnaire de linguistique » F. Gadet, 1986, «  La grammaire d’aujourd’hui » E. Benveniste, 1966, « Problèmes de linguistiques générale, 1 » Chapitre II : Types de « temps »  Temps physique Temps chronique Temps linguistique Chapitre III : Les relations de temps dans le verbe français  Les deux types d’énonciation  L’énonciation historique  Le discours  Les temps simples  Les temps composés Conclusion Bibliographie
Chapitre I:   Introduction   Définitions   générales
J. DUBOIS, 1989, «   Dictionnaire de linguistique  »  p. 483 «   On appelle  temps  une catégorie grammaticale généralement associée au verbe et qui traduit diverses catégorisations du temps  « réel »  ou  « naturel ».  La catégorisation la plus fréquente est celle qui oppose le présent, moment de l’énoncé produit  ( ou« maintenant »)  au non présent, ce dernier pouvant être le passé, avant le moment de l’énoncé  ( « avant maintenant »),  et le futur, après le moment de l’énoncé  ( «  après maintenant »)  : ce sont les  temps absolus … »
F. GADET, 1986, «   La grammaire d’aujourd’hui  »  p.670 « …le mot  temps   s’utilise pour désigner, dans la conjugaison, chacune des  articulations spécifiques  de la catégorie du temps : en ce sens, on dit que le  présent , l’ imparfait , le  futur  antérieur, etc. sont des temps. »
E. BENVENISTE, 1966, « Problèmes de linguistiques générale, 1  » p.237 Benveniste affirme que « l’ensemble des formes personnelles du verbe français est traditionnellement réparti entre un certain nombre de  paradigmes temporels  dénommés  « présent » ,  « imparfait » ,  « passé   défini »  etc. et ceux-ci à leur tour se distribuent selon les  trois grandes   catégories du temps ,  présent  ,  passé ,  futur .. »
Chapitre II :  Types de  « temps »
Le  ‘ Temps Physique’  est un «  temps continu  uniforme,infini, linéaire, segmentable à volonté » C’est le  temps objectif ,  unidirectionnel  qui s’écoule sans retour. (Benveniste 1974: 70)
Le  ‘ Temps Physique’  et le  temps vécu   s’écoulent sans fin et sans retour,  Les instants passés ne reviennent jamais; pourtant nous avons des repères qui nous  permettent de retourner dans le temps, de «  promener nos regards sur les  événements accomplis , les parcourir dans  deux directions ,  du passé . » (Benveniste 1974: 70). Ces repères constituent le  ‘ Temps Chronique’ , ou le  temps des événements .
Par rapport au temps chronique, il faut citer le  ‘ Temps Linguistique’  qui est la  manifestation de l’expérience   humaine   du temps  par le biais de la  langue .  Ce type de temps «nous apparaît également irréductible au temps chronique et au temps physique (…) il est lié à  l ’exercice de la parole , il se définit et s’ordonne comme  fonction du discours . » ( Benveniste 1974: 73).
Les relations de  temps  dans le  verbe français Chapitre III:  
Dans son article intitulé « les relations de temps dans le verbe français » publié en 1966, Benveniste émet l’ hypothèse  suivante, assez forte : « les temps d’un verbe français  ne s’emploient pas  comme les membres d’un  système unique , ils se distribuent en  deux systèmes distincts  et complémentaires (…). Ces deux systèmes manifestent  deux plans d’énonciation   différents , que nous distinguerons comme celui de l ’histoire  et celui du  discours . » . p.238
Les deux types d’énonciation L’énonciation historique   Voici ce que dit Benveniste : «  les événements sont posés comme ils se sont produits à mesure qu’ils apparaissent à l’horizon de l’histoire.  Personne ne parle ici ,  les événements semblent se raconter eux-mêmes . Le temps fondamental est l’ aoriste , qui est le temps de l’événement hors de la personne du narrateur. » (1966 : 239).
Texte 1 : Quand Solon  eut accompli  sa mission, il  fit  jurer aux neufs archontes et à tous les citoyens de se conformer à ses lois, serment qui  fut  désormais prêté tous les ans par les Athéniens promus à la majorité civique.(…) Les craintes  étaient  justes ; les précautions  furent  vaines. Solon n’ avait   satisfait  ni les riches ni les pauvres et  disait  tristement : «  Quand on fait de grandes choses, il est difficile de plaire à tous ».  (G. GLOTZ, Histoire grecque, 1925, p.225)
Texte 2  : Après un tour de galerie, le jeune homme  regarda  tour à tour le ciel et sa montre,  fit  un geste d’impatience,  entra  dans un bureau de tabac, y  alluma  un cigare,  se posa  devant une glace, et  jeta  un regard sur son costume, un peu plus riche que ne le permettent en France les lois du goût.  (BALZAC, Etudes philosophiques : Gambara)
-   Le discours  C’est le deuxième plan d’énonciation introduit par Benveniste .  Celui-ci, comme pour le récit, indique qu’il existe des  indices   formels  du discours, ce sont :  moi ,  ici ,  maintenant , qui en constituent le cadre essentiel ; la  1ère  et la  2ème   personne  ; les  adverbes  et des  expressions  telles que  aujourd’hui ,  hier ,  demain  etc. ; ainsi que  tous les temps  (sauf l’aoriste), mais surtout le présent, le futur et le passé composé.
Les temps simples et les temps composés Chaque  temps composé  s’oppose à un simple  temps  en lui fournissant un corrélat au parfait définit par Benveniste en tant que classe entière des formes composées ( avec avoir et être), dont la fonction consiste à présenter la notion comme  « accomplie »  par rapport au moment considéré, et la situation  « actuelle »  résultant de cet accomplissement temporalisé.
Les  temps composés  ont une autre fonction, ils indiquent  « l’antériorité »  qui se détermine par rapport au temps simple corrélatif. Et ils ont la même répartition que les temps simples concernant les deux plans d’énonciation.
Deux distinctions opérées par Benveniste: -   Celle relative aux modalités d'énonciation : a)  récit  des événements passés (= histoire ) :   Se caractérise par le fait que le procès d'énonciation qui l'a produit n'y laisse aucune trace : le passé simple est privilégié mais il admet aussi l'imparfait, le passé composé, le passé antérieur et le plus-que-parfait. b) le  discours  :  Toutes les formes du passé sauf le passé simple et le passé antérieur. -   Celle relative aux formes simples et composées: Les  formes composées  sont susceptibles de 2 types d'emplois :  emploi libre  (les formes composées marquent l' accompli  par rapport à la forme simple) et  emploi conjoint  (valeur d' antériorité ) Les deux séries de distinction ne se confondent pas mais se croisent.
Conclusion
Bibliographie : Émile BENVENISTE, 1966,  Problèmes de Linguistique Générale 1 , Collection Tel, Édition Gallimard, Paris. Émile BENVENISTE, 1974,  Problèmes de Linguistique Générale 2 , Collection Tel, Édition Gallimard, Paris. Françoise GADET, 1986,  La grammaire d’aujourd’hui : Guide alphabétique de   linguistique française , Édition Flammarion, Paris. Jean DUBOIS, 1989,  Dictionnaire de linguistique , Édition Larousse, Paris.
Merci

Divling - Les temps chez Benveniste

  • 1.
    Préparé et présentépar: Derrouich Leila Remis au professeur : Houria BOUARICH Exposé sur Les temps chez Benveniste Année Universitaire: 2006 – 2007 Master Langue Française & Diversité Linguistique Séminaire Grammaire Textuelle Semestre II Université Ibn Tofail Faculté des Lettres & des Sciences Humaines Kénitra
  • 2.
    Plan Introduction Chapitre I : Définitions générales J. Dubois, 1989, « Dictionnaire de linguistique » F. Gadet, 1986, «  La grammaire d’aujourd’hui » E. Benveniste, 1966, « Problèmes de linguistiques générale, 1 » Chapitre II : Types de « temps » Temps physique Temps chronique Temps linguistique Chapitre III : Les relations de temps dans le verbe français Les deux types d’énonciation L’énonciation historique Le discours Les temps simples Les temps composés Conclusion Bibliographie
  • 3.
    Chapitre I:  Introduction Définitions générales
  • 4.
    J. DUBOIS, 1989,«   Dictionnaire de linguistique » p. 483 «   On appelle temps une catégorie grammaticale généralement associée au verbe et qui traduit diverses catégorisations du temps « réel » ou « naturel ». La catégorisation la plus fréquente est celle qui oppose le présent, moment de l’énoncé produit ( ou« maintenant ») au non présent, ce dernier pouvant être le passé, avant le moment de l’énoncé ( « avant maintenant »), et le futur, après le moment de l’énoncé ( «  après maintenant »)  : ce sont les temps absolus … »
  • 5.
    F. GADET, 1986,«  La grammaire d’aujourd’hui  » p.670 « …le mot temps s’utilise pour désigner, dans la conjugaison, chacune des articulations spécifiques de la catégorie du temps : en ce sens, on dit que le présent , l’ imparfait , le futur antérieur, etc. sont des temps. »
  • 6.
    E. BENVENISTE, 1966,« Problèmes de linguistiques générale, 1  » p.237 Benveniste affirme que « l’ensemble des formes personnelles du verbe français est traditionnellement réparti entre un certain nombre de paradigmes temporels dénommés « présent » , « imparfait » , « passé défini » etc. et ceux-ci à leur tour se distribuent selon les trois grandes catégories du temps , présent , passé , futur .. »
  • 7.
    Chapitre II : Types de « temps »
  • 8.
    Le ‘Temps Physique’ est un « temps continu uniforme,infini, linéaire, segmentable à volonté » C’est le temps objectif , unidirectionnel qui s’écoule sans retour. (Benveniste 1974: 70)
  • 9.
    Le ‘Temps Physique’ et le temps vécu s’écoulent sans fin et sans retour, Les instants passés ne reviennent jamais; pourtant nous avons des repères qui nous permettent de retourner dans le temps, de « promener nos regards sur les événements accomplis , les parcourir dans deux directions , du passé . » (Benveniste 1974: 70). Ces repères constituent le ‘ Temps Chronique’ , ou le temps des événements .
  • 10.
    Par rapport autemps chronique, il faut citer le ‘ Temps Linguistique’ qui est la manifestation de l’expérience humaine du temps par le biais de la langue . Ce type de temps «nous apparaît également irréductible au temps chronique et au temps physique (…) il est lié à l ’exercice de la parole , il se définit et s’ordonne comme fonction du discours . » ( Benveniste 1974: 73).
  • 11.
    Les relations de temps dans le verbe français Chapitre III:  
  • 12.
    Dans son articleintitulé « les relations de temps dans le verbe français » publié en 1966, Benveniste émet l’ hypothèse suivante, assez forte : « les temps d’un verbe français ne s’emploient pas comme les membres d’un système unique , ils se distribuent en deux systèmes distincts et complémentaires (…). Ces deux systèmes manifestent deux plans d’énonciation différents , que nous distinguerons comme celui de l ’histoire et celui du discours . » . p.238
  • 13.
    Les deux typesd’énonciation L’énonciation historique Voici ce que dit Benveniste : «  les événements sont posés comme ils se sont produits à mesure qu’ils apparaissent à l’horizon de l’histoire. Personne ne parle ici , les événements semblent se raconter eux-mêmes . Le temps fondamental est l’ aoriste , qui est le temps de l’événement hors de la personne du narrateur. » (1966 : 239).
  • 14.
    Texte 1 : QuandSolon eut accompli sa mission, il fit jurer aux neufs archontes et à tous les citoyens de se conformer à ses lois, serment qui fut désormais prêté tous les ans par les Athéniens promus à la majorité civique.(…) Les craintes étaient justes ; les précautions furent vaines. Solon n’ avait satisfait ni les riches ni les pauvres et disait tristement : «  Quand on fait de grandes choses, il est difficile de plaire à tous ». (G. GLOTZ, Histoire grecque, 1925, p.225)
  • 15.
    Texte 2  :Après un tour de galerie, le jeune homme regarda tour à tour le ciel et sa montre, fit un geste d’impatience, entra dans un bureau de tabac, y alluma un cigare, se posa devant une glace, et jeta un regard sur son costume, un peu plus riche que ne le permettent en France les lois du goût. (BALZAC, Etudes philosophiques : Gambara)
  • 16.
    - Le discours C’est le deuxième plan d’énonciation introduit par Benveniste . Celui-ci, comme pour le récit, indique qu’il existe des indices formels du discours, ce sont : moi , ici , maintenant , qui en constituent le cadre essentiel ; la 1ère et la 2ème personne  ; les adverbes et des expressions telles que aujourd’hui , hier , demain etc. ; ainsi que tous les temps (sauf l’aoriste), mais surtout le présent, le futur et le passé composé.
  • 17.
    Les temps simpleset les temps composés Chaque temps composé s’oppose à un simple temps en lui fournissant un corrélat au parfait définit par Benveniste en tant que classe entière des formes composées ( avec avoir et être), dont la fonction consiste à présenter la notion comme « accomplie » par rapport au moment considéré, et la situation « actuelle » résultant de cet accomplissement temporalisé.
  • 18.
    Les tempscomposés ont une autre fonction, ils indiquent « l’antériorité » qui se détermine par rapport au temps simple corrélatif. Et ils ont la même répartition que les temps simples concernant les deux plans d’énonciation.
  • 19.
    Deux distinctions opéréespar Benveniste: - Celle relative aux modalités d'énonciation : a) récit des événements passés (= histoire ) : Se caractérise par le fait que le procès d'énonciation qui l'a produit n'y laisse aucune trace : le passé simple est privilégié mais il admet aussi l'imparfait, le passé composé, le passé antérieur et le plus-que-parfait. b) le discours : Toutes les formes du passé sauf le passé simple et le passé antérieur. - Celle relative aux formes simples et composées: Les formes composées sont susceptibles de 2 types d'emplois : emploi libre (les formes composées marquent l' accompli par rapport à la forme simple) et emploi conjoint (valeur d' antériorité ) Les deux séries de distinction ne se confondent pas mais se croisent.
  • 20.
  • 21.
    Bibliographie : ÉmileBENVENISTE, 1966, Problèmes de Linguistique Générale 1 , Collection Tel, Édition Gallimard, Paris. Émile BENVENISTE, 1974, Problèmes de Linguistique Générale 2 , Collection Tel, Édition Gallimard, Paris. Françoise GADET, 1986, La grammaire d’aujourd’hui : Guide alphabétique de linguistique française , Édition Flammarion, Paris. Jean DUBOIS, 1989, Dictionnaire de linguistique , Édition Larousse, Paris.
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