Université Ibn Tofail  Master : Langue française et diversité linguistique  Faculté des lettres et des  semestre : 2  Sciences humaines  Matière: variation lexicale Kenitra  L’argot des jeunes des cités Réalisé par les étudiants :  Sous la direction : - ANBOURI Meryem  Prof N. SOURHATI - EZZOUIRCHI Chada  - SIBENALI Med Yassine  Année Universitaire: 2006/2007
Plan Introduction I- L’argot 1- Définition  II- De l’argot à la langue des jeunes III- La langue des jeunes 1-la langue des cités 2- des phénomènes à observer a- Le verlan  b-Reverlanisation c- Redoublement après aphérèse(réduplication ) d-La troncation  e -  Métonymie  f- Métaphore. j- emprunt . IV- Corpus V- Analyse VI- Glossaire de quelques mots d argot des jeunes des cités. - Des expressions utilises  Conclusion
Introduction
Les jeunes ont toujours eu des   usages langagiers propres,   mais la nouveauté réside dans l’écho   qu’ils rencontrent, lié à la nouveauté   de leur situation :  prolongation   de l’adolescence par la dépendance   économique. émergence comme force   de consommation. difficile entrée   sur le marché du travail, chômage l’urbanisation et l’immigration   augmentent le sentiment   identitaire .  Cette dénomination de   « langue des jeunes » dissimule le fait   que sont concernés surtout certains   jeunes, majoritairement défavorisés   et immigrés.
Un phénomène « langue des jeunes » est signalé partout dans le monde.  Mais le français semble touché jusque dans sa structure (ailleurs, il s’agit d’un argot). On peut avancer deux hypothèses, non exclusives :  La chape de la norme en France, à laquelle ils sont confrontés à l’école. le fait que beaucoup de ces jeunes sont issus de familles immigrées d’anciennes colonies françaises, venues de cultures d’oralité. Les jeunes des cités manifestent la volonté d’inverser les normes culturelles populaires de la même façon qu’ils inversent les normes culturelles en général..
problématique
Peut-on considérer  l’argot des jeunes de cités comme étant l’expression d’une sous-culture ou bien d’une contre-culture ?
I –  L’argot  : 1- Définition .
Un  argot  est un  registre de langue   ou un parler particulier à un groupe social, c'est-à-dire un  sociolecte , qui vise à exclure tout tiers de la communication.  L'argot a initialement pour fonction : de crypter le message,  pour visée qu'un non-initié ne le comprenne pas.  une fonction identitaire car il permet la reconnaissance mutuelle des membres du groupe et la démonstration de leur séparation de la société par un langage différent.
L'argot contemporain répond aux mêmes finalités que l'argot classique. Il conserve notamment les mêmes fonctions exclusive et identitaire, même si c'est cette dernière qui prédomine. Cependant, l'apparition du  langage SMS  et surtout la diffusion de la culture   hip-hop  sur une large échelle a permis deux évolutions : D'une part il a permis de diffuser cet argot dans la société en dehors des quartiers populaires où il était utilisé principalement, ce qui a déplacé une partie du vocabulaire propre à cet argot dans le registre  familier. D'autre part, il a permis une relative unification de cet argot au niveau du pays, même si des nuances locales et régionales continuent d'exister.
II - De l’argot à la langue des jeunes
L'apparition de l'argot semble concomitant avec l'urbanisation massive des banlieues dans les années 1970, et la création de grands quartiers populaires destinés à loger les populations d'ouvriers et d'employés, en majorité immigrés. Dans l’argot et dans toute la gamme des jargons, enrichit le dictionnaire de mots nouveaux : par exemple  loufoque , que beaucoup utilisent aujourd’hui sans soupçonner le moins du monde son origine jargonesque, vient de la langue des bouchers de la Villette, le  largonji  des  louchebem , La méthode consiste à remplacer la première lettre du mot par un  –l  et à la renvoyer à la fin du mot additionnée d’un suffixe fantaisiste : ainsi  jargon  donne  largonji  et  boucher  devient  louchebem …
Le même phénomène se produit aujourd'hui avec la langue des jeunes:   D’abord considérée comme une  curiosité , elle a pris corps et s’est développée, et elle s’est largement déversée dans le français familier puis dans le français courant. Elle ne peut d’ailleurs renier une certaine filiation avec l’argot classique, laquelle ne se manifeste pas seulement par la reprise de termes un temps éclipsés comme «  daron »  pour «  parent  ».
II- La langue des jeunes 
Les jeunes ont leur langage, dit-on. Il s'agit bien d'un langage et non d'une langue. Car les deux, contrairement aux apparences, ne sont pas synonymes. Les jeunes continuent à utiliser la langue française. Certes, ils lui font subir nombre de contorsions, mais pas beaucoup plus que les médecins, les psychologues, les psychiatres, les pédagogues, lorsqu'ils s'expriment entre eux. On apprend une  langue  (maternelle ou étrangère), on utilise un  langage  châtié dans les réceptions ou un  langage  « peu soutenu » dans les conversations de café.
Le «  langage jeune  » est  une  des multiples façons de se servir de la langue. Un langage peut également, à l'intérieur d'un groupe linguistique, soutenir  une revendication identitaire. Les  «  jeunes des banlieues   », comme on les appelle, s'affirment avec des expressions inconnues des autres milieux. Souvent, pour ces jeunes qui ont eu du fil à retordre avec l'école, le français « académique » est ressentie comme la langue du pouvoir et de l'autorité.
1- Le langage des cités
Le langage  des cités ou du parler jeune est l'un des objets d'étude favoris de la sociolinguistique urbaine. Les premiers travaux ont été ceux de William Labov, l'un des fondateurs de la sociolinguistique  . Le «parler jeune des banlieues» n'est pas un langage dégradé du français qui aurait vocation à se généraliser à toute la société.  Il relève d'un code interne à un milieu destiné à marquer provisoirement sa différence.
Exemple  : « Ma meuf,  quand j'lui dis que j'sors avec des potes, elle bad-trippe grave. »  Traduction  : « Ma copine, quand je lui dis que je sors avec les copains, elle s'inquiète beaucoup.  Tout le monde connaît désormais l'usage des mots : - « Meuf »  (femme, fille), - « Keuf »  (flic),  - « Keum »  (mec),  - « Remps »  (parents).  De même le superlatif  « grave »,  qui peut signifier :  - beaucoup , très ( « Putain, tu me prends grave la tête ! » )
2- les phénomènes observés:
L’étude du « parler urbain » et de ses variations va connaître un essor important. C'est surtout le vocabulaire qui va faire l'objet des études des linguistes, notamment l'invention des nouveaux mots. Car sur le plan formel peux de phénomène se manifestent et surtout sur le plan phonique  et grammatical. Quand on parle de « langue des jeunes », c’est surtout, encore une fois, -le lexique qui est visé. Voici quelques exemples de procédés fréquents (emprunt, codages, troncation, réduplication, métaphore, métonymie) qui eux aussi répondent au fond commun de la langue française : On peut observer les phénomènes suivants :
  a-  Le verlan  : qui consiste à créer des mots argotiques selon des procédés formels on inversant les syllabes  . Verlan "monosyllabique" aç (ça); ainf (faim); ap (pas); auch (chaud); ienb (bien); iench (chien); iep (pied); ouam (moi); ouat (toi); ouf (fou). Verlan "orthographique" à donf (àfond)  ulc (cul) zen (nez) Diverses possibilités de verlan pour un même mot bitch  (putain)  =  iatchbi, tchébi, tche bi, tchiab  celui-là  =  le-Iuice, la-çui  ; chinois = noiche, oinich  ; comme ça = askeum, asmeuk, comme aç  ; pétard  (cigarette de haschisch) =  pet  [pe] ;  pète [pEt].
b-Reverlanisation Femme = meuf  (verlan 1)  feumeu  (verlan 2) ; Mère reum = (verlan 1)  meureu  (verlan 2) ; Choper peucho=  (verlan 1)  peuoch  (verlan 2) ; comme ça =   comme aç  (verlan 1)  askeum  (verlan 2) asmeuk  (verlan 3).
c-Redoublement après aphérèse(réduplication ) - cain> caincain  (africain)   - dic  >  dicdic (indicateur de police)  - fan> fanfan (enfant)  -  gen  >  gengen (argent)  - leur> leur/eur (contrôleur)  -  zic  >  ziczic (musique)  - zon  >  zonzon (prison  )
d-La troncation : Apocope assoc  «  association » basks  «  baskets  »  biz  «  bisness  »  Aphérèse -blème « problème »   -  dic « indicateur de police  » - dwich « sandwich  »   - leur « contrôleur  » - nouche «manouche  » - rien « algérien  » -teur «inspecteur de police  »   - Vail « travail  » - zic « musique  ». - zien « tunisien  ». - zon «prison  » .
e -   Metonymies  : - bleu  (policier, flic)  -  casquette  (contrôleur)  képi  (policier) . f-Métaphore - airbags  (seins, poitrine de femme) . - ananas  (seins) . - arhnouch  (policier)  - bombax  (fille très belle) ; - caisse  (voiture, véhicule automobile) . - fax oufindus  (fille particulièrement maigre [sans poitrine]) . - fouetter  (sentir mauvais).
j-Emprunt  : -  A l’arabe  - (kif, toubab), - arhnouch (policier)  . -  casbah  (maison) . -  doura  (virée dans la cité)  - A des langues africaines ( go,  fille), - A l’anglais  (au black, bitch)  ;
IV– corpus :
Il s'appelle Bendy à 18 ans, habite courbevoie , va au lycée professionnel painlevée ; lycée DESA ville . « Au lycée, je fous le dawwaa, j'écoute aps les profs A la récré, jm'embrouille avec les boufonns qui se la petent . Pour moi le bahut, c'est la prison, ça sert a rien. Quand je vais au lycée, c'est pour taper des barres et dahka avec les potos .Aprés le lycée, jrentre chez oim, j'balance mon sac par terre et je sors traîner dans la rue avec les potos, à base de partie de scooter et voilà hassoul. Buf ; mes études, pour l'instant jm 'en tape, jverrais plus tard. Les week-ends, j'essaie d'aller en boite, enfin, de rentrer t'as vu ; mais aujourd'hui la même histoire, c'est recalage direct, motif : déguisé en racaille style, survêt, casquette, banane. »
V-   Analyse
On observe  dans ce passage  plusieurs caractéristiques d’un langage des jeunes  -Des mots appartement au langage familier, même à la limite argotiques, tel que (potos, boufonns, boite, jm’en tape…). - On remarque aussi la présence de plusieurs phénomènes linguistique:  Troncation   :«  les profs »  professeurs « récré »  recréation Ellipse  :  au niveau des voyelles  « jm’embrouille »  je m’embrouille  « j’rentre »  je rentre « t’as vu »  tu as vu « j’verrais »  je verrais
Le phathème   : qui ne rempli aucune fonction syntaxique, mais il sert à maintenir le contact communicatif, tel que « buf » Le verlan  :  qui consiste à dire les à l’envers.  « aps »  « pas » « oim »  « moi »
Dans ce corpus on a repéré aussi la présence de plusieurs phénomènes lexicaux, tel que l’argot qu’on a déjà mentionner au paravent, puis il y a : L’emprunt  : - des mots empruntés  de  l’arabe dialectale   « dahka » qui signifie  « le rire » « hassoul » qui signifie « voilà » « bahut »qui signifie «    Emprunts d’anglais  « les week-end »  fin de semaine .
On peut  dire que le  langage de bandy,  et les mots qu’il utilise sont issus du langage des immigrant, ces mots qui gardent tout leurs sens, une fois qu’ils sont introduits dans la langue française. Ils ont certainement un moyen pour ces jeunes de garder une partie de leur  propre culture, cela leurs permet aussi de ne pas se faire comprendre par ceux qui les rejettent. De plus, le fait que bendy soit dans un lycée  c'est-à-dire à l’age l’adolescence, alors il utilise un « parler jeune » ou ce qu’ils appelle « parlerdjeun » codifier pour se faire comprendre par ces propres camarades
Glossaire des mots d’argot des jeunes de cités:
accélérer  :  mettre la sauce  apercevoir (s')  :  se gaffer   arrêt (sans)  :  à tout berzingue   arriver  :  se pointer, radiner   attendre   (patienter)  : poireauter   automobile  :  bagnole, bahut, caisse, calèche, chignole, gamelle ,  guinde, os, tire, to mbereau  avocat  :  bavard, débarbot   baiser  :  galoche, gamelle, pelle, patin.   beaucoup  :  bézef, lerche bénéfice  :  bénef  bled   :  Le pays d'origine (Jusqu'au Mali, Sénégal, Cameroun etc . boire  :  écluser, picoler, siffler, tuter   boucher  : l ouchebe
cambrioler  :  casser  . chance  :  baraka, bol, pot.   chaussette   : fumeuse  . chaussure  :  écrase-merde, godasse, grolle, latte, péniche,   pompe, riboui, targette, tartisse.  cigarette  :  cibiche, clope, cousue, tige   . client de prostituée  :  micheton.  comme   : kif . comme ça  :  commak. débarrasser (se) de   (quelqu'un ou quelque chose)  : larguer.   défendre   (quelqu'un)  : prendre les patins.   donner  :  abouler, cloquer, refiler.   dormir  :  en écraser, pioncer, piquer un roupillon, roupiller.  drogue  :  came, chnouf ( ou  schnouffe), dope, stup -  voir aussi   cocaïne.
emprisonner  :  embastiller, enchrister . enceinte  :  en cloque . enfant  :  chiare, gnard, morbach, morpion, moujingue, moufflet . ennuyer   (lassitude)  :  faire tartir . épaule  :  endosse . épouse  :  bergère, bourgeoise, brancard, régulière . fou  :  braque, louf, maboule . homme  :  gnace, gnard, gonze, mec.  homme   (péjoratif)  :  branque, cave, gland, hottu, lavedu, pégreleu.  ici  :  icigo . ivre  :  beurré(e), pété(e), pionardé(e), chlass.  joli(e)  :  choucard(e).  langue  :  menteuse . main  :  battoir, louche, manette, pogne .
maison  :  bicoque . marcher  :  arquer.  mentir  :  bourrer le mou, chambrer.  mourir  :  calencher, canner, claboter, clamser, claquer, passer l'arme à gauche . nez  :  blaire, pif, tarbouif, tarin . nourriture  :  becquetance, bouffe, bouffement, boustifaille, briffe, croque, graille, jaffe, tambouille  (cuisine) , tortore. père  :  dabe, pater, paternel, vieux, vioque . policier  :  archer, bourdille, condé, drauper, flic, matuche, pandore, perdreau, poulardin, pouleman, poulet.  problème   (ennui)  :  bidon, loup, mouscaille, pépin, problo, tuile.  prostituée  :  écrèmeuse, gagneuse, horizontale, pouffe, pute, radasse, radeuse, tapin,tapineuse .
sein  :  nibbar, nichemard, robert, robloche, roploplo. service militaire  :  sapin.  seul  :  seulâbre . sexe féminin  :  babasse, chaglatte, chatte, cramouille, frifri, moniche, moule . sexe masculin  :  biroute, bite, bitoune, braque, chibre, noeud, paf, polduk, zob . tomber  :  se casser la gueule, la tronche, la hure..., se fraiser, se gauffrer . travail  :  turbin, turf . trouver  :  dégauchir . tuer  :  buter, crounir, dégommer, descendre, dessouder, effacer, mataver, repasser scrafer .  ventre  :  baquet, bide, bidon, buffet, burlingue, placard  .
Des expressions  très utilisés
avoir l'estomac sur les talons = avoir faim  avoir une éponge dans le gosier   =  avoir soif  casser les rotules   =  embêter quelqu'un . se la couler douce   =  ne pas faire de zèle . se déguiser en courant d'air   =  s'enfuir  . se déguiser en aiguille dans une botte de foin   =   se cacher . être à fond de cale   =   être sans un sou. faire fissa  =  se tirer en vitesse  . mettre le grapin dessus   =  attraper quelqu'un  . panier à salade   = car de police .
printer la tangente  =  se tirer . ramasser l'argent à la pelle = gagner beaucoup d'argent . sentir qu'il y a des punaises dans le beurre  =  sentir un piège  . tourner au vinaigre  =  commencer à aller mal  travailler pour des prunes  =  travailler sans gagner d'argent . vivre aux frais de la princesse  =  vivre aux frais du gouvernement .
Conclusion
Si ce langage était l’expression d’une sous culture, cela signifierait qu’il partagerait les traits essentiels du langage véhiculé par la culture dominante...  Par contre, s’il était l’expression d’une contre-culture, cela se traduirait par une volonté d’autonomie langagière de la part des jeunes des cités ainsi que par la symbolique d’une contestation permanente à travers leur langage et son évolution.
Ce sont donc ceux qui ne se perçoivent pas intégrés ou rejettent la société qui, généralement, font tout ce qu’ils peuvent pour que le langage qu’ils parlent soit l’expression d’une contre-culture. Ce sont eux qui transforment les mots dès lors que ceux-ci se trouvent appropriés par la culture dominante.  En revanche, les individus désirant s’intégrer à la société parlent moins ce langage et, de toute façon, ils le perçoivent comme exprimant une sous-culture.
Bibliographie: Françoise GADET(2003),  la variation sociale en français , Editions ophyrys , Paris  . F rançoise GADET (1989),  le français ordinaire,  Armand colin, Paris  . GOUDAILLIER  Jean-Pierre  (  1996 ) ,  La langue des cités françaises comme facteur d'intégration ou de non intégration ,  la Fédération  Nationale des Collectivités territoriales pour la Culture (FNCC) , Paris, Conseil Économique et Social . Webographie : casnav.scola.acparis.fr/docs/conf/langue_des_jeunes_des_cités.pdf. users.skynet.be/Landroit/Langagejeune.html. www.cndp.fr/RevueDEES/pdf/111/05305611.pdf
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Argot des jeunes des cites

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    Université Ibn Tofail Master : Langue française et diversité linguistique Faculté des lettres et des semestre : 2 Sciences humaines Matière: variation lexicale Kenitra L’argot des jeunes des cités Réalisé par les étudiants : Sous la direction : - ANBOURI Meryem Prof N. SOURHATI - EZZOUIRCHI Chada - SIBENALI Med Yassine Année Universitaire: 2006/2007
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    Plan Introduction I-L’argot 1- Définition II- De l’argot à la langue des jeunes III- La langue des jeunes 1-la langue des cités 2- des phénomènes à observer a- Le verlan b-Reverlanisation c- Redoublement après aphérèse(réduplication ) d-La troncation e - Métonymie f- Métaphore. j- emprunt . IV- Corpus V- Analyse VI- Glossaire de quelques mots d argot des jeunes des cités. - Des expressions utilises Conclusion
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    Les jeunes onttoujours eu des usages langagiers propres, mais la nouveauté réside dans l’écho qu’ils rencontrent, lié à la nouveauté de leur situation : prolongation de l’adolescence par la dépendance économique. émergence comme force de consommation. difficile entrée sur le marché du travail, chômage l’urbanisation et l’immigration augmentent le sentiment identitaire . Cette dénomination de « langue des jeunes » dissimule le fait que sont concernés surtout certains jeunes, majoritairement défavorisés et immigrés.
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    Un phénomène «langue des jeunes » est signalé partout dans le monde. Mais le français semble touché jusque dans sa structure (ailleurs, il s’agit d’un argot). On peut avancer deux hypothèses, non exclusives : La chape de la norme en France, à laquelle ils sont confrontés à l’école. le fait que beaucoup de ces jeunes sont issus de familles immigrées d’anciennes colonies françaises, venues de cultures d’oralité. Les jeunes des cités manifestent la volonté d’inverser les normes culturelles populaires de la même façon qu’ils inversent les normes culturelles en général..
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    Peut-on considérer l’argot des jeunes de cités comme étant l’expression d’une sous-culture ou bien d’une contre-culture ?
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    I – L’argot  : 1- Définition .
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    Un argot est un registre de langue ou un parler particulier à un groupe social, c'est-à-dire un sociolecte , qui vise à exclure tout tiers de la communication. L'argot a initialement pour fonction : de crypter le message, pour visée qu'un non-initié ne le comprenne pas. une fonction identitaire car il permet la reconnaissance mutuelle des membres du groupe et la démonstration de leur séparation de la société par un langage différent.
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    L'argot contemporain répondaux mêmes finalités que l'argot classique. Il conserve notamment les mêmes fonctions exclusive et identitaire, même si c'est cette dernière qui prédomine. Cependant, l'apparition du langage SMS et surtout la diffusion de la culture hip-hop sur une large échelle a permis deux évolutions : D'une part il a permis de diffuser cet argot dans la société en dehors des quartiers populaires où il était utilisé principalement, ce qui a déplacé une partie du vocabulaire propre à cet argot dans le registre familier. D'autre part, il a permis une relative unification de cet argot au niveau du pays, même si des nuances locales et régionales continuent d'exister.
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    II - Del’argot à la langue des jeunes
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    L'apparition de l'argotsemble concomitant avec l'urbanisation massive des banlieues dans les années 1970, et la création de grands quartiers populaires destinés à loger les populations d'ouvriers et d'employés, en majorité immigrés. Dans l’argot et dans toute la gamme des jargons, enrichit le dictionnaire de mots nouveaux : par exemple loufoque , que beaucoup utilisent aujourd’hui sans soupçonner le moins du monde son origine jargonesque, vient de la langue des bouchers de la Villette, le largonji des louchebem , La méthode consiste à remplacer la première lettre du mot par un –l et à la renvoyer à la fin du mot additionnée d’un suffixe fantaisiste : ainsi jargon donne largonji et boucher devient louchebem …
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    Le même phénomènese produit aujourd'hui avec la langue des jeunes: D’abord considérée comme une curiosité , elle a pris corps et s’est développée, et elle s’est largement déversée dans le français familier puis dans le français courant. Elle ne peut d’ailleurs renier une certaine filiation avec l’argot classique, laquelle ne se manifeste pas seulement par la reprise de termes un temps éclipsés comme «  daron » pour «  parent  ».
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    II- La languedes jeunes 
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    Les jeunes ontleur langage, dit-on. Il s'agit bien d'un langage et non d'une langue. Car les deux, contrairement aux apparences, ne sont pas synonymes. Les jeunes continuent à utiliser la langue française. Certes, ils lui font subir nombre de contorsions, mais pas beaucoup plus que les médecins, les psychologues, les psychiatres, les pédagogues, lorsqu'ils s'expriment entre eux. On apprend une langue (maternelle ou étrangère), on utilise un langage châtié dans les réceptions ou un langage « peu soutenu » dans les conversations de café.
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    Le « langage jeune » est une des multiples façons de se servir de la langue. Un langage peut également, à l'intérieur d'un groupe linguistique, soutenir une revendication identitaire. Les « jeunes des banlieues », comme on les appelle, s'affirment avec des expressions inconnues des autres milieux. Souvent, pour ces jeunes qui ont eu du fil à retordre avec l'école, le français « académique » est ressentie comme la langue du pouvoir et de l'autorité.
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    1- Le langagedes cités
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    Le langage des cités ou du parler jeune est l'un des objets d'étude favoris de la sociolinguistique urbaine. Les premiers travaux ont été ceux de William Labov, l'un des fondateurs de la sociolinguistique . Le «parler jeune des banlieues» n'est pas un langage dégradé du français qui aurait vocation à se généraliser à toute la société. Il relève d'un code interne à un milieu destiné à marquer provisoirement sa différence.
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    Exemple  : «Ma meuf, quand j'lui dis que j'sors avec des potes, elle bad-trippe grave. » Traduction : « Ma copine, quand je lui dis que je sors avec les copains, elle s'inquiète beaucoup. Tout le monde connaît désormais l'usage des mots : - « Meuf » (femme, fille), - « Keuf » (flic), - « Keum » (mec), - « Remps » (parents). De même le superlatif « grave », qui peut signifier : - beaucoup , très ( « Putain, tu me prends grave la tête ! » )
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    L’étude du «parler urbain » et de ses variations va connaître un essor important. C'est surtout le vocabulaire qui va faire l'objet des études des linguistes, notamment l'invention des nouveaux mots. Car sur le plan formel peux de phénomène se manifestent et surtout sur le plan phonique et grammatical. Quand on parle de « langue des jeunes », c’est surtout, encore une fois, -le lexique qui est visé. Voici quelques exemples de procédés fréquents (emprunt, codages, troncation, réduplication, métaphore, métonymie) qui eux aussi répondent au fond commun de la langue française : On peut observer les phénomènes suivants :
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      a- Le verlan : qui consiste à créer des mots argotiques selon des procédés formels on inversant les syllabes . Verlan "monosyllabique" aç (ça); ainf (faim); ap (pas); auch (chaud); ienb (bien); iench (chien); iep (pied); ouam (moi); ouat (toi); ouf (fou). Verlan "orthographique" à donf (àfond) ulc (cul) zen (nez) Diverses possibilités de verlan pour un même mot bitch (putain) = iatchbi, tchébi, tche bi, tchiab celui-là = le-Iuice, la-çui ; chinois = noiche, oinich ; comme ça = askeum, asmeuk, comme aç ; pétard (cigarette de haschisch) = pet [pe] ; pète [pEt].
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    b-Reverlanisation Femme =meuf (verlan 1) feumeu (verlan 2) ; Mère reum = (verlan 1) meureu (verlan 2) ; Choper peucho= (verlan 1) peuoch (verlan 2) ; comme ça = comme aç (verlan 1) askeum (verlan 2) asmeuk (verlan 3).
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    c-Redoublement après aphérèse(réduplication) - cain> caincain (africain) - dic > dicdic (indicateur de police) - fan> fanfan (enfant) - gen > gengen (argent) - leur> leur/eur (contrôleur) - zic > ziczic (musique) - zon > zonzon (prison )
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    d-La troncation :Apocope assoc « association » basks « baskets » biz « bisness » Aphérèse -blème « problème » - dic « indicateur de police » - dwich « sandwich » - leur « contrôleur » - nouche «manouche » - rien « algérien » -teur «inspecteur de police » - Vail « travail » - zic « musique ». - zien « tunisien ». - zon «prison » .
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    e - Metonymies : - bleu (policier, flic) - casquette (contrôleur) képi (policier) . f-Métaphore - airbags (seins, poitrine de femme) . - ananas (seins) . - arhnouch (policier) - bombax (fille très belle) ; - caisse (voiture, véhicule automobile) . - fax oufindus (fille particulièrement maigre [sans poitrine]) . - fouetter (sentir mauvais).
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    j-Emprunt :- A l’arabe - (kif, toubab), - arhnouch (policier) . - casbah (maison) . - doura (virée dans la cité) - A des langues africaines ( go, fille), - A l’anglais (au black, bitch) ;
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    Il s'appelle Bendyà 18 ans, habite courbevoie , va au lycée professionnel painlevée ; lycée DESA ville . « Au lycée, je fous le dawwaa, j'écoute aps les profs A la récré, jm'embrouille avec les boufonns qui se la petent . Pour moi le bahut, c'est la prison, ça sert a rien. Quand je vais au lycée, c'est pour taper des barres et dahka avec les potos .Aprés le lycée, jrentre chez oim, j'balance mon sac par terre et je sors traîner dans la rue avec les potos, à base de partie de scooter et voilà hassoul. Buf ; mes études, pour l'instant jm 'en tape, jverrais plus tard. Les week-ends, j'essaie d'aller en boite, enfin, de rentrer t'as vu ; mais aujourd'hui la même histoire, c'est recalage direct, motif : déguisé en racaille style, survêt, casquette, banane. »
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    V- Analyse
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    On observe dans ce passage plusieurs caractéristiques d’un langage des jeunes -Des mots appartement au langage familier, même à la limite argotiques, tel que (potos, boufonns, boite, jm’en tape…). - On remarque aussi la présence de plusieurs phénomènes linguistique: Troncation   :«  les profs » professeurs « récré » recréation Ellipse  : au niveau des voyelles « jm’embrouille » je m’embrouille « j’rentre » je rentre « t’as vu » tu as vu « j’verrais » je verrais
  • 32.
    Le phathème  : qui ne rempli aucune fonction syntaxique, mais il sert à maintenir le contact communicatif, tel que « buf » Le verlan  : qui consiste à dire les à l’envers. « aps » « pas » « oim » « moi »
  • 33.
    Dans ce corpuson a repéré aussi la présence de plusieurs phénomènes lexicaux, tel que l’argot qu’on a déjà mentionner au paravent, puis il y a : L’emprunt  : - des mots empruntés de l’arabe dialectale « dahka » qui signifie « le rire » « hassoul » qui signifie « voilà » « bahut »qui signifie «  Emprunts d’anglais « les week-end » fin de semaine .
  • 34.
    On peut dire que le langage de bandy, et les mots qu’il utilise sont issus du langage des immigrant, ces mots qui gardent tout leurs sens, une fois qu’ils sont introduits dans la langue française. Ils ont certainement un moyen pour ces jeunes de garder une partie de leur propre culture, cela leurs permet aussi de ne pas se faire comprendre par ceux qui les rejettent. De plus, le fait que bendy soit dans un lycée c'est-à-dire à l’age l’adolescence, alors il utilise un « parler jeune » ou ce qu’ils appelle « parlerdjeun » codifier pour se faire comprendre par ces propres camarades
  • 35.
    Glossaire des motsd’argot des jeunes de cités:
  • 36.
    accélérer : mettre la sauce apercevoir (s') : se gaffer arrêt (sans) : à tout berzingue arriver : se pointer, radiner attendre (patienter) : poireauter automobile : bagnole, bahut, caisse, calèche, chignole, gamelle , guinde, os, tire, to mbereau avocat : bavard, débarbot baiser : galoche, gamelle, pelle, patin. beaucoup : bézef, lerche bénéfice : bénef bled : Le pays d'origine (Jusqu'au Mali, Sénégal, Cameroun etc . boire : écluser, picoler, siffler, tuter boucher : l ouchebe
  • 37.
    cambrioler : casser . chance : baraka, bol, pot. chaussette : fumeuse . chaussure : écrase-merde, godasse, grolle, latte, péniche, pompe, riboui, targette, tartisse. cigarette : cibiche, clope, cousue, tige . client de prostituée : micheton. comme : kif . comme ça : commak. débarrasser (se) de (quelqu'un ou quelque chose) : larguer. défendre (quelqu'un) : prendre les patins. donner : abouler, cloquer, refiler. dormir : en écraser, pioncer, piquer un roupillon, roupiller. drogue : came, chnouf ( ou schnouffe), dope, stup -  voir aussi cocaïne.
  • 38.
    emprisonner : embastiller, enchrister . enceinte : en cloque . enfant : chiare, gnard, morbach, morpion, moujingue, moufflet . ennuyer (lassitude) : faire tartir . épaule : endosse . épouse : bergère, bourgeoise, brancard, régulière . fou : braque, louf, maboule . homme : gnace, gnard, gonze, mec. homme (péjoratif) : branque, cave, gland, hottu, lavedu, pégreleu. ici : icigo . ivre : beurré(e), pété(e), pionardé(e), chlass. joli(e) : choucard(e). langue : menteuse . main : battoir, louche, manette, pogne .
  • 39.
    maison : bicoque . marcher : arquer. mentir : bourrer le mou, chambrer. mourir : calencher, canner, claboter, clamser, claquer, passer l'arme à gauche . nez : blaire, pif, tarbouif, tarin . nourriture : becquetance, bouffe, bouffement, boustifaille, briffe, croque, graille, jaffe, tambouille  (cuisine) , tortore. père : dabe, pater, paternel, vieux, vioque . policier : archer, bourdille, condé, drauper, flic, matuche, pandore, perdreau, poulardin, pouleman, poulet. problème (ennui) : bidon, loup, mouscaille, pépin, problo, tuile. prostituée : écrèmeuse, gagneuse, horizontale, pouffe, pute, radasse, radeuse, tapin,tapineuse .
  • 40.
    sein : nibbar, nichemard, robert, robloche, roploplo. service militaire : sapin. seul : seulâbre . sexe féminin : babasse, chaglatte, chatte, cramouille, frifri, moniche, moule . sexe masculin : biroute, bite, bitoune, braque, chibre, noeud, paf, polduk, zob . tomber : se casser la gueule, la tronche, la hure..., se fraiser, se gauffrer . travail : turbin, turf . trouver : dégauchir . tuer : buter, crounir, dégommer, descendre, dessouder, effacer, mataver, repasser scrafer . ventre : baquet, bide, bidon, buffet, burlingue, placard .
  • 41.
    Des expressions très utilisés
  • 42.
    avoir l'estomac surles talons = avoir faim avoir une éponge dans le gosier = avoir soif casser les rotules = embêter quelqu'un . se la couler douce = ne pas faire de zèle . se déguiser en courant d'air = s'enfuir . se déguiser en aiguille dans une botte de foin = se cacher . être à fond de cale = être sans un sou. faire fissa = se tirer en vitesse . mettre le grapin dessus = attraper quelqu'un . panier à salade = car de police .
  • 43.
    printer la tangente = se tirer . ramasser l'argent à la pelle = gagner beaucoup d'argent . sentir qu'il y a des punaises dans le beurre = sentir un piège . tourner au vinaigre = commencer à aller mal travailler pour des prunes = travailler sans gagner d'argent . vivre aux frais de la princesse = vivre aux frais du gouvernement .
  • 44.
  • 45.
    Si ce langageétait l’expression d’une sous culture, cela signifierait qu’il partagerait les traits essentiels du langage véhiculé par la culture dominante... Par contre, s’il était l’expression d’une contre-culture, cela se traduirait par une volonté d’autonomie langagière de la part des jeunes des cités ainsi que par la symbolique d’une contestation permanente à travers leur langage et son évolution.
  • 46.
    Ce sont doncceux qui ne se perçoivent pas intégrés ou rejettent la société qui, généralement, font tout ce qu’ils peuvent pour que le langage qu’ils parlent soit l’expression d’une contre-culture. Ce sont eux qui transforment les mots dès lors que ceux-ci se trouvent appropriés par la culture dominante. En revanche, les individus désirant s’intégrer à la société parlent moins ce langage et, de toute façon, ils le perçoivent comme exprimant une sous-culture.
  • 47.
    Bibliographie: Françoise GADET(2003), la variation sociale en français , Editions ophyrys , Paris . F rançoise GADET (1989), le français ordinaire, Armand colin, Paris . GOUDAILLIER Jean-Pierre ( 1996 ) , La langue des cités françaises comme facteur d'intégration ou de non intégration , la Fédération Nationale des Collectivités territoriales pour la Culture (FNCC) , Paris, Conseil Économique et Social . Webographie : casnav.scola.acparis.fr/docs/conf/langue_des_jeunes_des_cités.pdf. users.skynet.be/Landroit/Langagejeune.html. www.cndp.fr/RevueDEES/pdf/111/05305611.pdf
  • 48.
    Merci pour votre attention