OGM : de leur production à leur consommation, quels en sont les enjeux ? 
En France, le début des années 2000 est marqué par des scandales sanitaires autour des OGM et de 
leur industrie. On parle de pots de vin versés par Monsanto, l’industrie-mère des semences transgéniques, 
auprès de laboratoires publiant alors des études biaisées sur les conséquences de la culture et la 
consommation des OGM sur le long terme. Le d ébat s’étant apaisé depuis quelques années, les OGM 
continuent leur percée sur le marché agricole, comme le montre la croissance de 14% du chiffre d’affaires de 
Monsanto entre 2011 et 2012, atteignant le chiffre de 13,5 milliards d’euros cette année -là. Mais quels sont les 
véritables enjeux autour des OGM ? De leur production à leur consommati on, c’est la question à laquelle nous 
tenterons de répondre. 
Tout d’abord, si l’on doit parler des OGM, nous devons nous pencher sur l’industriel Monsanto ; 
véritable leader sur ce marché, il produit près de 90% des semences transgéniques depuis 1995. Parmi les 
semences que l’entreprise propose, 70% ont été créées pour être résistantes au Roundup. C’est là que repose 
l’argument de ven te de Monsanto : le Roundup , pesticide très puissant, permet d ’augmenter la rentabilité 
agricole en évitant les pertes de récolte liées à des parasites ou mauvaises herbes, et les OGM y résistent. Car 
en effet, le Roundup est si puissant qu’il ne peut pas être appliqué sur des cultures biologiques, au risque de les 
détruire. Ainsi, Monsanto a créé le poison, le Roundup, pour ens uite en proposer l’antidote, les OGM. Grâce à 
ces produits, Monsanto a la mainmise sur les producteurs d’OGM. Ces derniers sont d’autant plus dépendants 
de l’en treprise, que cette d ernière détient toujours des brevets sur ses semenc es, et c e pour 20 ans, obligeant 
les agriculteurs produisant ces OGM à les racheter chaque année. Mais la culture des OGM est-elle 
véritablement plus rentable pour les agriculteurs ? 
C’est ce qu’avance Monsanto, mais en réalité, les résultats ne sont pas si évidents. Si le rendem ent du 
maïs a augmenté de 31% aux Etats -Unis, où 80% de la production est transgénique, le rendement du maïs 
français a été augmenté de 30%, où la culture du maïs transgénique MON810 est interdite. Ainsi, 
l’augmentation des rendemen ts consécutive à l’utilisation des OGM n’est pas aussi grande qu’on aurait pu 
l’espérer. De plus, il a été récemmen t découv ert que le Roundup dégradait les sols, alors que Monsanto le 
vendait comme biodégradable. Comme expliqué auparavant, le Roundup est trop puissant pour être u tilisé sur 
des cultures biologiques, et le fait qu’il dégrade les sols empêche les agriculteurs de revenir à une culture 
biologique s’ils ont auparavant eu recours au Roundup. Cette observation renforce l’idée que les agriculteurs 
prennent le risque de dev enir dépendants de Monsanto en cultivant ses produits. En outre, le Roundup s’est 
avéré de moins en moins efficace ces dernières années, ce qui tend à montrer qu’il va falloir avoir recours à des 
produits de plus en plus puissants, et sans doute plus dommageables pour l’environnemen t. Ainsi, ces 
observations nous permettent d e conclure que la culture des OGM n’est pas rentable. Cependant, ces 
observations ont été faites dans des pays où l’agriculture biologique est d éjà très puissante et productive 
(comme la France, premier pays agricole dans l’Union Européenne). Qu’en est-il de la culture des OGM dans les 
pays qui ne sont pas indépendants au plan alimentaire ? 
Si beaucoup d’OGM commercialisés sont ceux résistants aux pesticides, ou encore ceux modifiés afi n 
de produire une toxine insecticide, il existe aussi des OGM répondant à de véritables problèmes liés à la faim 
dans le monde. En effet, d’autres sortes d’OGM existent, au point que d es observateurs avancent que les OGM 
sont la solution face au problème de malnutrition de la planète. Ainsi, il existe des OGM permettant la culture 
de tomates de longue conservation, de riz transgénique enrichi en vitamines, de plantes résistantes à la 
sécheresse ou à la salinité. Si aujourd’hui, la production mondiale agricole devrait permettre de nourrir 
l’intégralité de la population, ce n’est pas ce qui se produit dans les faits. De plus, les pays du Tiers Monde 
doivent avant tout se rendre indépendants des pays du Nord du point de vue alimentaire. Avec des semences 
étudiées pour pousser dans des conditions particulières, où la culture biologique de certaines plantes serait 
impossible, les OGM représenteraient une véritable aubaine pour ces pays. Au-delà de la sécurité alimentaire, 
les producteurs de pays pauvres y trouveraient véritablement une plus value économique. En cela, les OGM 
pourraient être véritablement une solution durable pour la planète. 
Ainsi, la culture d’OGM ne doit pas prévaloir sur la culture biologique dans les pays où cette d ernière 
est déjà très productive. En effet, le peu d’informations sur les conséquences sur le long terme des OGM et la 
dépendance env ers leur industrie font qu e leur culture n’est pas durablement rentable, car notammen t 
dangereuse pour l’environnemen t. Cependant, la commercialisation d’OGM aux propriétés plus intéressantes 
pourrait permettre aux pays les plus pauvres de cultiver des produits commercialisables, les aidant à se rendre 
indépendants économiquement et alimentairement parlant. Mais avant toute chose, il faut régler la questi on 
de l’insuffisance d’information et de la transparence autour des OGM et prendre v éritablemen t conscience des 
conséquences sur le long terme qu’ont ces produits sur l’Homme et sur la planète.

OGM, productivité accrue?

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    OGM : deleur production à leur consommation, quels en sont les enjeux ? En France, le début des années 2000 est marqué par des scandales sanitaires autour des OGM et de leur industrie. On parle de pots de vin versés par Monsanto, l’industrie-mère des semences transgéniques, auprès de laboratoires publiant alors des études biaisées sur les conséquences de la culture et la consommation des OGM sur le long terme. Le d ébat s’étant apaisé depuis quelques années, les OGM continuent leur percée sur le marché agricole, comme le montre la croissance de 14% du chiffre d’affaires de Monsanto entre 2011 et 2012, atteignant le chiffre de 13,5 milliards d’euros cette année -là. Mais quels sont les véritables enjeux autour des OGM ? De leur production à leur consommati on, c’est la question à laquelle nous tenterons de répondre. Tout d’abord, si l’on doit parler des OGM, nous devons nous pencher sur l’industriel Monsanto ; véritable leader sur ce marché, il produit près de 90% des semences transgéniques depuis 1995. Parmi les semences que l’entreprise propose, 70% ont été créées pour être résistantes au Roundup. C’est là que repose l’argument de ven te de Monsanto : le Roundup , pesticide très puissant, permet d ’augmenter la rentabilité agricole en évitant les pertes de récolte liées à des parasites ou mauvaises herbes, et les OGM y résistent. Car en effet, le Roundup est si puissant qu’il ne peut pas être appliqué sur des cultures biologiques, au risque de les détruire. Ainsi, Monsanto a créé le poison, le Roundup, pour ens uite en proposer l’antidote, les OGM. Grâce à ces produits, Monsanto a la mainmise sur les producteurs d’OGM. Ces derniers sont d’autant plus dépendants de l’en treprise, que cette d ernière détient toujours des brevets sur ses semenc es, et c e pour 20 ans, obligeant les agriculteurs produisant ces OGM à les racheter chaque année. Mais la culture des OGM est-elle véritablement plus rentable pour les agriculteurs ? C’est ce qu’avance Monsanto, mais en réalité, les résultats ne sont pas si évidents. Si le rendem ent du maïs a augmenté de 31% aux Etats -Unis, où 80% de la production est transgénique, le rendement du maïs français a été augmenté de 30%, où la culture du maïs transgénique MON810 est interdite. Ainsi, l’augmentation des rendemen ts consécutive à l’utilisation des OGM n’est pas aussi grande qu’on aurait pu l’espérer. De plus, il a été récemmen t découv ert que le Roundup dégradait les sols, alors que Monsanto le vendait comme biodégradable. Comme expliqué auparavant, le Roundup est trop puissant pour être u tilisé sur des cultures biologiques, et le fait qu’il dégrade les sols empêche les agriculteurs de revenir à une culture biologique s’ils ont auparavant eu recours au Roundup. Cette observation renforce l’idée que les agriculteurs prennent le risque de dev enir dépendants de Monsanto en cultivant ses produits. En outre, le Roundup s’est avéré de moins en moins efficace ces dernières années, ce qui tend à montrer qu’il va falloir avoir recours à des produits de plus en plus puissants, et sans doute plus dommageables pour l’environnemen t. Ainsi, ces observations nous permettent d e conclure que la culture des OGM n’est pas rentable. Cependant, ces observations ont été faites dans des pays où l’agriculture biologique est d éjà très puissante et productive (comme la France, premier pays agricole dans l’Union Européenne). Qu’en est-il de la culture des OGM dans les pays qui ne sont pas indépendants au plan alimentaire ? Si beaucoup d’OGM commercialisés sont ceux résistants aux pesticides, ou encore ceux modifiés afi n de produire une toxine insecticide, il existe aussi des OGM répondant à de véritables problèmes liés à la faim dans le monde. En effet, d’autres sortes d’OGM existent, au point que d es observateurs avancent que les OGM sont la solution face au problème de malnutrition de la planète. Ainsi, il existe des OGM permettant la culture de tomates de longue conservation, de riz transgénique enrichi en vitamines, de plantes résistantes à la sécheresse ou à la salinité. Si aujourd’hui, la production mondiale agricole devrait permettre de nourrir l’intégralité de la population, ce n’est pas ce qui se produit dans les faits. De plus, les pays du Tiers Monde doivent avant tout se rendre indépendants des pays du Nord du point de vue alimentaire. Avec des semences étudiées pour pousser dans des conditions particulières, où la culture biologique de certaines plantes serait impossible, les OGM représenteraient une véritable aubaine pour ces pays. Au-delà de la sécurité alimentaire, les producteurs de pays pauvres y trouveraient véritablement une plus value économique. En cela, les OGM pourraient être véritablement une solution durable pour la planète. Ainsi, la culture d’OGM ne doit pas prévaloir sur la culture biologique dans les pays où cette d ernière est déjà très productive. En effet, le peu d’informations sur les conséquences sur le long terme des OGM et la dépendance env ers leur industrie font qu e leur culture n’est pas durablement rentable, car notammen t dangereuse pour l’environnemen t. Cependant, la commercialisation d’OGM aux propriétés plus intéressantes pourrait permettre aux pays les plus pauvres de cultiver des produits commercialisables, les aidant à se rendre indépendants économiquement et alimentairement parlant. Mais avant toute chose, il faut régler la questi on de l’insuffisance d’information et de la transparence autour des OGM et prendre v éritablemen t conscience des conséquences sur le long terme qu’ont ces produits sur l’Homme et sur la planète.