Introduction à l’anthropologie
Les Quatre Sciences
Anthropologiques
Filière de Sociologie
Module : Anthropologie Sociale et Culturelle
Niveau : 3ème semestre
Professeur : Mme Souad AZIZI
Axes d’étude des
sciences
anthropologiques
2
Ambitions de l’Anthropologie
Reconstitution de « l’histoire biologique et
culturelle » de l’humanité présente et passée.
Compréhension de ce qui fait l’unité de l’Homme
dans la diversité de ses manifestations biologiques
et culturelles.
Recherche des interactions constantes entre les
aspects biologiques et culturels de l’homme.
3
LES QUATRE
SCIENCES ANTHROPOLOGIQUES
1. LA PALÉOANTHROPOLOGIE (clic)
2. L’ARCHÉOLOGIE PRÉHISTORIQUE (clic)
3. LA BIOANTHROPOLOGIE (clic)
4. L’ETHNOLOGIE (clic)
4
La paléoanthropologie
 Etymologie (clic)
 Définition & objet d’étude (clic)
 Le concept d’évolution (clic)
 Grands théoriciens de l’évolution (clic)
 Définition « biologique » de l’Homme (clic)
 Les Australopithèques : ancêtres de l’Homme?
(clic)
 Les Hommes fossiles (clic)
 Restes d’hominidés trouvés au Maroc (clic)
 Annexes L’Histoire de la vie selon Coppens
 La vallée du Rift
 Généalogie de l’homme Arbre généalogique actualisé5
Paléoanthropologie : étymologie
6
DÉFINITIONS
Paléontologie : La science de tous les êtres vivants anciens.
Paléoanthropologie : La science des êtres humains anciens.
OBJET
Étude de l’évolution biologique des premiers hominidés aux
hommes contemporains.
« […] la préhistoire met l’Homme à sa place; elle sert à comprendre
qui nous sommes, la manière dont nous sommes devenus ce que
nous sommes (comment et la raison pour laquelle nous le sommes
devenus (pourquoi). » Yves COPPENS
Paléoanthropologie :
Définition et objet d’étude
7
Le concept d’évolution
Sens biologique large apparu fin 18ème
:
 Il n’existe pas d’organisme vivant
statique.
 Tous les êtres vivants ont subi des
changements au cours du temps
pour aboutir aux formes actuelles,
l’humain compris.
 Remise en cause de la version
monothéiste de la genèse de
l’Homme ?
8
Principaux théoriciens de l’évolution
1. BUFFON (1707-1788) : Tout le vivant change.
Evolution lente des climats et des continents.
Evolution de toutes les espèces vivantes, l’homme y compris.
2. LAMARCK (1744-1829) : Le transformisme.
Les espèces se transforment pour s’adapter à des changements
dans leur milieu.
3. DARWIN (1809-1882) : La sélection naturelle.
Le milieu sélectionne en supprimant les espèces les moins adaptées.
Concept de sélection naturelle : seules les espèces les plus fortes
survivent.
Concept de compétition : les petits de chaque espèce entrent en
compétition dès la naissance. Les survivants possèdent des
caractéristiques naturelles qu’ils transmettront à leurs petits. La
nouvelle génération sera encore mieux adaptée.
9
Le singe est-il l’ancêtre de l’homme?
Oui, selon Charles Darwin.
Selon Yves Coppens :
« L’histoire de la vie peut se raconter
comme celle d’un immense arbre
généalogique né d’une population
première d’êtres unicellulaires un jour
d’il y a 4 milliards d’années entre
quelques feuillets d’argile au fond d’un
des marécages de la Terre. Les herbes,
les mouches, les piafs et les crevettes,
mais aussi les dinosaures et les
Australopithèques sont de notre famille;
seuls les degrés de parenté qui nous
lient différent. »
10
Caricature de Darwin par les adversaires de sa thèse
des origines de l’homme.
Source : Sketch Book, 1874.
Différences entre les squelettes d’humain et de grand singe
11
Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de la préhistoire. Seuil.
La bipédie : exclusivement
humaine ?
« La marche sur deux jambes
qui caractérise l’homme est une
entreprise risquée. Sans une
programmation à la micro-
seconde près, le marcheur
tomberait face contre terre; en
fait, à chaque pas qu’il exécute,
il frôle la catastrophe. »
John NAPIER (anthropologue
britannique)
12
Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de la
préhistoire. Seuil.
Proverbe amazigh (Zagora, Maroc)
« wanna irran ayfettu ikhsat zwar ay
bid »
Celui qui veut marcher, il faut d’abord qu’il se
tienne debout.
S’agit-il de trois squelettes d’hommes ?
14
Australopithecus
afarensis (Lucy fossile)
Restes trouvés en
Afrique de l’Est et du
Sud.
Âge : entre 4 à 3 millions
d’années.
Caractéristiques :
environ 1 à 1,20 mètre,
cerveau de 400 cm₃.
Le squelette de Lucy
indique une bipédie
parfaite et régulière.
Découvert en 1974.
15
Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de la
préhistoire. Seuil.
Lucy symbole
« … dans l’imaginaire est
apparu une jeune femme
– voire une jeune fille -,
paradoxalement grand-
mère de l’humanité toute
entière et tout à la fois
proche par bien des
traits de chacun d’entre
nous et exotique par
beaucoup d’autres. »
Yves COPPENS
16
Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de la
préhistoire. Seuil.
Australopithecus
africanus
Âge : entre 3 à 1,2
millions d’années.
Caractéristiques :
environ 1,25 mètre,
cerveau de 500 cm₃
17
Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de la
préhistoire. Seuil.
Raymond DART
(anthropologue
australien)
 Avec le premier
spécimen découvert à
Taung (Afrique du
Sud), en 1924.
 Dart : 1er à affirmer
que ce spécimen
représente une étape
de l’évolution
humaine.
 Hypothèse non
reconnu jusqu’en
1940.
18
Australopithecus
boisei
Âge : entre 2,5 à 1
million d’années.
Caractéristiques :
environ 1,40 mètre.
19
Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de la
préhistoire. Seuil.
Louis LEAKEY
(anglo-kenyan)
Avec le premier
spécimen
d’australopithèque
boisei (Zinjanthropus
boisei), âgé de 1,8
millions d’années.
Découvert par sa
femme, Mary
LEAKEY, à Oldoway
(Tanzanie), en 1959.
20
Homo habilis
1er fossiles, vieux de 1,75
millions d’années
découverts entre 1960 et
1963, à Oldoway, vallée du
Rift (Afrique de l’Est)
Âge : 2,5 millions d’années.
Caractéristiques : 1,40
mètre, crâne entre 600 à 800
cm₃, léger torus sus-
orbitaire, prognathisme.
Disparition : environs 1,5
millions d’années.
21
Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de
la préhistoire. Seuil.
L’invention de l’outil
Galets aménagés âgés de
2,5 millions d’années
(découverts à Oldoway,
Tanzanie)
Homo habilis considéré
comme l’inventeur de
l’outil, 1er tailleur de
pierres.
22
Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de
la préhistoire. Seuil.
Homo erectus
1er restes découverts
en 1891, à Java
Plus anciens restes
découvert près du lac
Turkana (Kenya).
Âge : environ 1,8
millions d’années.
Colonise une grande
partie de l’Europe
Caractéristiques : 1,60
à 1,80 mètre, crâne de
900 à 1100 cm₃, torus
sus-orbitaire.
1er utilisateur du feu.
23
Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide
de la préhistoire. Seuil.
L’Homme de Neandertal
(Homo neanderthalensis)
Découvert en 1857
(vallon de Neandertal,
Allemagne)
Âge : environ 250 mille
ans.
Caractéristiques :
crâne entre 1500 et
1600 cm₃, torus sus-
orbitaire très
développé,
prognathisme, dents
larges et grosses.
Disparition : environ 40
mille ans.
Auteur des premières
sépultures.
24
Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de
la préhistoire. Seuil.
L’Homme de Cro-Magnon
(Homo sapiens)
Découvert en 1868
Âge : de 33 mille à 35
mille ans
(Paléolithique
supérieur)
Caractéristiques :
1,80 mètres, crâne
1400cm₃, squelette
robuste.
25
Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de
la préhistoire. Seuil.
Outils du Paléolithique
supérieur (Europe)
 1 à 8 : Aurignacien,
âge 36000 à 22000
ans.
 9 à 13 : Gravettien,
âge 30000 à 22000
ans.
 14 à 17 : Solutréen,
âge 21000 à 18000
ans.
 18 à 22 :
Magdalénien, âge
18000 à 10000 ans
26
Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de
la préhistoire. Seuil.
Echelle des temps
quaternaires
Source : J. Pernaud-Orliac.
1999. Petit guide de la
préhistoire. Seuil.
Sépultures d’Homo sapiens
28
Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de la préhistoire. Seuil.
Restes d’hominidés trouvés au Maroc
Site de la découverte
de restes d’un Homo
erectus, d’outils
lithiques et de restes
d’animaux (babouins,
gazelles, équidés,
rhinocéros, éléphants
et ours).
29
Fouille systématique de la
Carrière Thomas 1 (Casablanca)
Paléoanthropologues sur le site de la Carrière Thomas1
J.P. Raynal et F-Z Sbihi
Alaoui, les deux
paléoanthropologues
qui ont découvert
l’Homo erectus de la
Carrière Thomas1.
30
La mandibule de l’Homo erectus
de la Carrière Thomas1
Datation
Homo erectus :
500.000 ans. Outils
lithiques : 700.000
ans.
Site important pour la
connaissance des
peuplements d’Afrique
du Nord-Ouest.
Hypothèse : le
peuplement de
l’Europe du Sud par le
genre Homo s’est
peut-être
partiellement produit
via le Maroc et
l’Espagne.
Site de Sidi Abderrahmane
(Casablanca)
En 1955, site de la
découverte de
l’Atlanthrope
Datation
Plus de 200 mille ans.
32
L’Afrique orientale :
berceau de l’humanité
Principaux sites de la
vallée du Rift où ont été
retrouvés les plus vieux
restes d’hominidés
(Australopithèques et
Homo)
33
Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de
la préhistoire. Seuil.
Evolution de la boîte
crânienne
L’évolution du
volume de la boîte
crânienne est un
indice de l’évolution
de la masse
cervicale et donc du
développement
progressif des
capacités
intellectuelles.
34
Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de
la préhistoire. Seuil.
Généalogie de l’Homme
35
Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de
la préhistoire. Seuil.
Arbre généalogique plus récent
36
Archéologie préhistorique : étymologie
37
DÉFINITIONS
Archéologie : La science des choses anciennes.
Archéologie : Science qui s’intéresse particulièrement aux
sociétés qui ont existé avant l’invention de l’alphabet par les
Phéniciens (- 3012 ans).
OBJET
Étude de l’ensemble des événements passés qui concernent les
sociétés préhistoriques ou les sociétés contemporaines qui n’ont
pas connu l’écriture.
Archéologie préhistorique : définition et objet
38
La bioanthropologie : étymologie
39
DÉFINITIONS
Biologie : La science générale des êtres vivants.
Bioanthropologie ou Anthropologie biologique : Science qui
s’intéresse plus particulièrement à la biologie des hommes
contemporains.
OBJET
Étude de la diversité biologique des groupes humains
contemporains.
La bioanthropologie : définition et objet
40
L’ethnologie : étymologie
41
DÉFINITION
Ethnologie : Sens littéral, la « science des peuples ».
OBJET
Étude de la diversité culturelle des groupes humains
contemporains
Ethnologie : définition et objet
42
Ethnos : sens originel
• A l’origine, ethnos (plur. ethné) est utilisé par
les Grecs pour désigner les sociétés qui ne
sont pas organisées en cités-Etats (ethnos ǂ polis).
• L’Eglise catholique a longtemps utilisé ethnos
pour désigner les peuples païens ou les
« gentils » [gentiles = non chrétiens, non juifs,
infidèles, étrangers].
• Dans le langage séculier, les non-chrétiens sont
d’abord appelés les « nations » ou les
« peuples », sous-entendu qu’ils appartiennent
à des races différentes/inférieures [ex: Nation juive &
antisémitisme].
Évolution sémantique de « peuple » et « nation »
A partir du XIXème siècle, les non-chrétiens vont être appelés les
« races » ou les « tribus ».
• « nation » est réservé aux Etats « civilisés » de l’Occident;
• « peuple » a acquis, depuis la Révolution française, un contenu
sémantique inadapté aux réalités des populations considérés
comme « sans histoire » et « simples » à tous les points de vue;
• « race » est utilisé surtout pour renvoyer à des caractéristiques
physiques.
• « tribu » renvoie à une organisation sociale et politique perçue
comme inférieure à celle des sociétés occidentales.
44
Évolution sémantique du terme « ethnie »
Fin 19ème siècle: Prédominance de la problématique raciale chez
les observateurs de l’Homme
- Gobineau : usage de l’adjectif « ethnique » pour décrire le
mélange des races [Essai sur l’inégalité des races humaines, 1854]
- Vacher de Lapouge : 1er à introduire le terme « ethnie » dans la
langue française [Les Sélections sociales, 1896]. Ses questions =
1) comment rendre compte du fait que des segments éloignés de
leur race originelle changent de mode de vie et de langue au
contact d’une autre race. 2) comment nommer des sous-groupes
faisant preuve d’une cohésion sociale, mais auxquels les termes
« race », « peuple », « nation » ou « nationalité » ne peuvent
s’appliquer.
Début XXème siècle, en France, adoption et usage du
néologisme « ethnie » pour désigner les peuples qui constituent
l’objet de l’ethnologie.
45
Différences d’usage de la notion d’ethnie selon les traditions nationales
Caractère déterminant de l’ethnie?
 En France, la communauté linguistique Carte1 ; Carte2
- Saussure désigne par « ethnisme » « un groupe de peuples racialement
différents que rapprochent des relations multiples de langue, de religion,
de connaissance et de défense communes.
- Regnault définit les communautés linguistiques comme des « ethnies
linguistiques » ou « glossethnies » pour les distinguer des « races
anatomiques »
 En Allemagne, pays slaves, Europe du Nord, le sentiment
d’appartenance à une collectivité Carte3 ; Carte4
- Weber désigne par « groupes ethniques » des groupes humains qui
partagent une croyance subjective dans leur ascendance commune, en
raison de ressemblances physiques, de coutumes, expériences et souvenirs
partagés.
 Pays anglo-saxons, pas de nom équivalent à ethnie en anglais, mais
un mot composé « ethnic group », terme désignant une « minorité
culturelle ». Carte5
- Barth désigne par groupe ethnique « une population qui a une grande
autonomie de reproduction biologique, partage des valeurs culturelles
fondamentales […] constitue un champ de communication et d’interaction, a
un mode d’appartenance qui le distingue lui-même et qui est distingué par les
autres en tant qu’il constitue une catégorie distincte d’autres catégories de
même sorte. »
Usage scientifique courant de « ethnie »
Ethnie = « ensemble linguistique, culturel
et territorial d’une certaine taille ».
Tribu est « réservé à des groupes de plus
faible dimension ».
Ethnie et tribu = 2 notions qui restent floues
Diversité biologique manifeste
48
Malgré la grande diversité des types
humains, manifeste dans la grande
variété des couleurs de peau, de la
texture et couleur des cheveux, de la
couleur des yeux, de la taille et des
faciès des individus d’un continent à
un autre, tous les hommes
contemporains appartiennent à une
même espèce, l’Homo sapiens. Et le
concept de « race » n’a aucune
pertinence scientifique pour ce qui
est des humains.La diversité des types humains
Diversité ethnique
49
Ethnies d’Amérique du Nord
Ethnies de Chine
Carte n°1 : Pays, peuples et langues d’Afrique (retour)
50
Carte 2 : Peuples et groupes linguistiques du Caucase
retour
51
Carte n°3 : Peuples et ethnies d’Afrique Occidentale (retour)
52
Carte n° 4: Groupes ethniques du Mali (retour)
53
Carte n° 5 : Groupes minoritaires d’Afghanistan (retour)
54

Azizi les 4 sous sciences de l'anthropologie

  • 1.
    Introduction à l’anthropologie LesQuatre Sciences Anthropologiques Filière de Sociologie Module : Anthropologie Sociale et Culturelle Niveau : 3ème semestre Professeur : Mme Souad AZIZI
  • 2.
  • 3.
    Ambitions de l’Anthropologie Reconstitutionde « l’histoire biologique et culturelle » de l’humanité présente et passée. Compréhension de ce qui fait l’unité de l’Homme dans la diversité de ses manifestations biologiques et culturelles. Recherche des interactions constantes entre les aspects biologiques et culturels de l’homme. 3
  • 4.
    LES QUATRE SCIENCES ANTHROPOLOGIQUES 1.LA PALÉOANTHROPOLOGIE (clic) 2. L’ARCHÉOLOGIE PRÉHISTORIQUE (clic) 3. LA BIOANTHROPOLOGIE (clic) 4. L’ETHNOLOGIE (clic) 4
  • 5.
    La paléoanthropologie  Etymologie(clic)  Définition & objet d’étude (clic)  Le concept d’évolution (clic)  Grands théoriciens de l’évolution (clic)  Définition « biologique » de l’Homme (clic)  Les Australopithèques : ancêtres de l’Homme? (clic)  Les Hommes fossiles (clic)  Restes d’hominidés trouvés au Maroc (clic)  Annexes L’Histoire de la vie selon Coppens  La vallée du Rift  Généalogie de l’homme Arbre généalogique actualisé5
  • 6.
  • 7.
    DÉFINITIONS Paléontologie : Lascience de tous les êtres vivants anciens. Paléoanthropologie : La science des êtres humains anciens. OBJET Étude de l’évolution biologique des premiers hominidés aux hommes contemporains. « […] la préhistoire met l’Homme à sa place; elle sert à comprendre qui nous sommes, la manière dont nous sommes devenus ce que nous sommes (comment et la raison pour laquelle nous le sommes devenus (pourquoi). » Yves COPPENS Paléoanthropologie : Définition et objet d’étude 7
  • 8.
    Le concept d’évolution Sensbiologique large apparu fin 18ème :  Il n’existe pas d’organisme vivant statique.  Tous les êtres vivants ont subi des changements au cours du temps pour aboutir aux formes actuelles, l’humain compris.  Remise en cause de la version monothéiste de la genèse de l’Homme ? 8
  • 9.
    Principaux théoriciens del’évolution 1. BUFFON (1707-1788) : Tout le vivant change. Evolution lente des climats et des continents. Evolution de toutes les espèces vivantes, l’homme y compris. 2. LAMARCK (1744-1829) : Le transformisme. Les espèces se transforment pour s’adapter à des changements dans leur milieu. 3. DARWIN (1809-1882) : La sélection naturelle. Le milieu sélectionne en supprimant les espèces les moins adaptées. Concept de sélection naturelle : seules les espèces les plus fortes survivent. Concept de compétition : les petits de chaque espèce entrent en compétition dès la naissance. Les survivants possèdent des caractéristiques naturelles qu’ils transmettront à leurs petits. La nouvelle génération sera encore mieux adaptée. 9
  • 10.
    Le singe est-ill’ancêtre de l’homme? Oui, selon Charles Darwin. Selon Yves Coppens : « L’histoire de la vie peut se raconter comme celle d’un immense arbre généalogique né d’une population première d’êtres unicellulaires un jour d’il y a 4 milliards d’années entre quelques feuillets d’argile au fond d’un des marécages de la Terre. Les herbes, les mouches, les piafs et les crevettes, mais aussi les dinosaures et les Australopithèques sont de notre famille; seuls les degrés de parenté qui nous lient différent. » 10 Caricature de Darwin par les adversaires de sa thèse des origines de l’homme. Source : Sketch Book, 1874.
  • 11.
    Différences entre lessquelettes d’humain et de grand singe 11 Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de la préhistoire. Seuil.
  • 12.
    La bipédie :exclusivement humaine ? « La marche sur deux jambes qui caractérise l’homme est une entreprise risquée. Sans une programmation à la micro- seconde près, le marcheur tomberait face contre terre; en fait, à chaque pas qu’il exécute, il frôle la catastrophe. » John NAPIER (anthropologue britannique) 12 Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de la préhistoire. Seuil.
  • 13.
    Proverbe amazigh (Zagora,Maroc) « wanna irran ayfettu ikhsat zwar ay bid » Celui qui veut marcher, il faut d’abord qu’il se tienne debout.
  • 14.
    S’agit-il de troissquelettes d’hommes ? 14
  • 15.
    Australopithecus afarensis (Lucy fossile) Restestrouvés en Afrique de l’Est et du Sud. Âge : entre 4 à 3 millions d’années. Caractéristiques : environ 1 à 1,20 mètre, cerveau de 400 cm₃. Le squelette de Lucy indique une bipédie parfaite et régulière. Découvert en 1974. 15 Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de la préhistoire. Seuil.
  • 16.
    Lucy symbole « …dans l’imaginaire est apparu une jeune femme – voire une jeune fille -, paradoxalement grand- mère de l’humanité toute entière et tout à la fois proche par bien des traits de chacun d’entre nous et exotique par beaucoup d’autres. » Yves COPPENS 16 Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de la préhistoire. Seuil.
  • 17.
    Australopithecus africanus Âge : entre3 à 1,2 millions d’années. Caractéristiques : environ 1,25 mètre, cerveau de 500 cm₃ 17 Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de la préhistoire. Seuil.
  • 18.
    Raymond DART (anthropologue australien)  Avecle premier spécimen découvert à Taung (Afrique du Sud), en 1924.  Dart : 1er à affirmer que ce spécimen représente une étape de l’évolution humaine.  Hypothèse non reconnu jusqu’en 1940. 18
  • 19.
    Australopithecus boisei Âge : entre2,5 à 1 million d’années. Caractéristiques : environ 1,40 mètre. 19 Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de la préhistoire. Seuil.
  • 20.
    Louis LEAKEY (anglo-kenyan) Avec lepremier spécimen d’australopithèque boisei (Zinjanthropus boisei), âgé de 1,8 millions d’années. Découvert par sa femme, Mary LEAKEY, à Oldoway (Tanzanie), en 1959. 20
  • 21.
    Homo habilis 1er fossiles,vieux de 1,75 millions d’années découverts entre 1960 et 1963, à Oldoway, vallée du Rift (Afrique de l’Est) Âge : 2,5 millions d’années. Caractéristiques : 1,40 mètre, crâne entre 600 à 800 cm₃, léger torus sus- orbitaire, prognathisme. Disparition : environs 1,5 millions d’années. 21 Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de la préhistoire. Seuil.
  • 22.
    L’invention de l’outil Galetsaménagés âgés de 2,5 millions d’années (découverts à Oldoway, Tanzanie) Homo habilis considéré comme l’inventeur de l’outil, 1er tailleur de pierres. 22 Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de la préhistoire. Seuil.
  • 23.
    Homo erectus 1er restesdécouverts en 1891, à Java Plus anciens restes découvert près du lac Turkana (Kenya). Âge : environ 1,8 millions d’années. Colonise une grande partie de l’Europe Caractéristiques : 1,60 à 1,80 mètre, crâne de 900 à 1100 cm₃, torus sus-orbitaire. 1er utilisateur du feu. 23 Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de la préhistoire. Seuil.
  • 24.
    L’Homme de Neandertal (Homoneanderthalensis) Découvert en 1857 (vallon de Neandertal, Allemagne) Âge : environ 250 mille ans. Caractéristiques : crâne entre 1500 et 1600 cm₃, torus sus- orbitaire très développé, prognathisme, dents larges et grosses. Disparition : environ 40 mille ans. Auteur des premières sépultures. 24 Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de la préhistoire. Seuil.
  • 25.
    L’Homme de Cro-Magnon (Homosapiens) Découvert en 1868 Âge : de 33 mille à 35 mille ans (Paléolithique supérieur) Caractéristiques : 1,80 mètres, crâne 1400cm₃, squelette robuste. 25 Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de la préhistoire. Seuil.
  • 26.
    Outils du Paléolithique supérieur(Europe)  1 à 8 : Aurignacien, âge 36000 à 22000 ans.  9 à 13 : Gravettien, âge 30000 à 22000 ans.  14 à 17 : Solutréen, âge 21000 à 18000 ans.  18 à 22 : Magdalénien, âge 18000 à 10000 ans 26 Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de la préhistoire. Seuil.
  • 27.
    Echelle des temps quaternaires Source: J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de la préhistoire. Seuil.
  • 28.
    Sépultures d’Homo sapiens 28 Source: J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de la préhistoire. Seuil.
  • 29.
    Restes d’hominidés trouvésau Maroc Site de la découverte de restes d’un Homo erectus, d’outils lithiques et de restes d’animaux (babouins, gazelles, équidés, rhinocéros, éléphants et ours). 29 Fouille systématique de la Carrière Thomas 1 (Casablanca)
  • 30.
    Paléoanthropologues sur lesite de la Carrière Thomas1 J.P. Raynal et F-Z Sbihi Alaoui, les deux paléoanthropologues qui ont découvert l’Homo erectus de la Carrière Thomas1. 30
  • 31.
    La mandibule del’Homo erectus de la Carrière Thomas1 Datation Homo erectus : 500.000 ans. Outils lithiques : 700.000 ans. Site important pour la connaissance des peuplements d’Afrique du Nord-Ouest. Hypothèse : le peuplement de l’Europe du Sud par le genre Homo s’est peut-être partiellement produit via le Maroc et l’Espagne.
  • 32.
    Site de SidiAbderrahmane (Casablanca) En 1955, site de la découverte de l’Atlanthrope Datation Plus de 200 mille ans. 32
  • 33.
    L’Afrique orientale : berceaude l’humanité Principaux sites de la vallée du Rift où ont été retrouvés les plus vieux restes d’hominidés (Australopithèques et Homo) 33 Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de la préhistoire. Seuil.
  • 34.
    Evolution de laboîte crânienne L’évolution du volume de la boîte crânienne est un indice de l’évolution de la masse cervicale et donc du développement progressif des capacités intellectuelles. 34 Source : J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de la préhistoire. Seuil.
  • 35.
    Généalogie de l’Homme 35 Source: J. Pernaud-Orliac. 1999. Petit guide de la préhistoire. Seuil.
  • 36.
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  • 38.
    DÉFINITIONS Archéologie : Lascience des choses anciennes. Archéologie : Science qui s’intéresse particulièrement aux sociétés qui ont existé avant l’invention de l’alphabet par les Phéniciens (- 3012 ans). OBJET Étude de l’ensemble des événements passés qui concernent les sociétés préhistoriques ou les sociétés contemporaines qui n’ont pas connu l’écriture. Archéologie préhistorique : définition et objet 38
  • 39.
    La bioanthropologie :étymologie 39
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    DÉFINITIONS Biologie : Lascience générale des êtres vivants. Bioanthropologie ou Anthropologie biologique : Science qui s’intéresse plus particulièrement à la biologie des hommes contemporains. OBJET Étude de la diversité biologique des groupes humains contemporains. La bioanthropologie : définition et objet 40
  • 41.
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    DÉFINITION Ethnologie : Senslittéral, la « science des peuples ». OBJET Étude de la diversité culturelle des groupes humains contemporains Ethnologie : définition et objet 42
  • 43.
    Ethnos : sensoriginel • A l’origine, ethnos (plur. ethné) est utilisé par les Grecs pour désigner les sociétés qui ne sont pas organisées en cités-Etats (ethnos ǂ polis). • L’Eglise catholique a longtemps utilisé ethnos pour désigner les peuples païens ou les « gentils » [gentiles = non chrétiens, non juifs, infidèles, étrangers]. • Dans le langage séculier, les non-chrétiens sont d’abord appelés les « nations » ou les « peuples », sous-entendu qu’ils appartiennent à des races différentes/inférieures [ex: Nation juive & antisémitisme].
  • 44.
    Évolution sémantique de« peuple » et « nation » A partir du XIXème siècle, les non-chrétiens vont être appelés les « races » ou les « tribus ». • « nation » est réservé aux Etats « civilisés » de l’Occident; • « peuple » a acquis, depuis la Révolution française, un contenu sémantique inadapté aux réalités des populations considérés comme « sans histoire » et « simples » à tous les points de vue; • « race » est utilisé surtout pour renvoyer à des caractéristiques physiques. • « tribu » renvoie à une organisation sociale et politique perçue comme inférieure à celle des sociétés occidentales. 44
  • 45.
    Évolution sémantique duterme « ethnie » Fin 19ème siècle: Prédominance de la problématique raciale chez les observateurs de l’Homme - Gobineau : usage de l’adjectif « ethnique » pour décrire le mélange des races [Essai sur l’inégalité des races humaines, 1854] - Vacher de Lapouge : 1er à introduire le terme « ethnie » dans la langue française [Les Sélections sociales, 1896]. Ses questions = 1) comment rendre compte du fait que des segments éloignés de leur race originelle changent de mode de vie et de langue au contact d’une autre race. 2) comment nommer des sous-groupes faisant preuve d’une cohésion sociale, mais auxquels les termes « race », « peuple », « nation » ou « nationalité » ne peuvent s’appliquer. Début XXème siècle, en France, adoption et usage du néologisme « ethnie » pour désigner les peuples qui constituent l’objet de l’ethnologie. 45
  • 46.
    Différences d’usage dela notion d’ethnie selon les traditions nationales Caractère déterminant de l’ethnie?  En France, la communauté linguistique Carte1 ; Carte2 - Saussure désigne par « ethnisme » « un groupe de peuples racialement différents que rapprochent des relations multiples de langue, de religion, de connaissance et de défense communes. - Regnault définit les communautés linguistiques comme des « ethnies linguistiques » ou « glossethnies » pour les distinguer des « races anatomiques »  En Allemagne, pays slaves, Europe du Nord, le sentiment d’appartenance à une collectivité Carte3 ; Carte4 - Weber désigne par « groupes ethniques » des groupes humains qui partagent une croyance subjective dans leur ascendance commune, en raison de ressemblances physiques, de coutumes, expériences et souvenirs partagés.  Pays anglo-saxons, pas de nom équivalent à ethnie en anglais, mais un mot composé « ethnic group », terme désignant une « minorité culturelle ». Carte5 - Barth désigne par groupe ethnique « une population qui a une grande autonomie de reproduction biologique, partage des valeurs culturelles fondamentales […] constitue un champ de communication et d’interaction, a un mode d’appartenance qui le distingue lui-même et qui est distingué par les autres en tant qu’il constitue une catégorie distincte d’autres catégories de même sorte. »
  • 47.
    Usage scientifique courantde « ethnie » Ethnie = « ensemble linguistique, culturel et territorial d’une certaine taille ». Tribu est « réservé à des groupes de plus faible dimension ». Ethnie et tribu = 2 notions qui restent floues
  • 48.
    Diversité biologique manifeste 48 Malgréla grande diversité des types humains, manifeste dans la grande variété des couleurs de peau, de la texture et couleur des cheveux, de la couleur des yeux, de la taille et des faciès des individus d’un continent à un autre, tous les hommes contemporains appartiennent à une même espèce, l’Homo sapiens. Et le concept de « race » n’a aucune pertinence scientifique pour ce qui est des humains.La diversité des types humains
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    Carte n°1 :Pays, peuples et langues d’Afrique (retour) 50
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    Carte 2 :Peuples et groupes linguistiques du Caucase retour 51
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    Carte n°3 :Peuples et ethnies d’Afrique Occidentale (retour) 52
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    Carte n° 4:Groupes ethniques du Mali (retour) 53
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    Carte n° 5: Groupes minoritaires d’Afghanistan (retour) 54