Bilan
tourisme




           du tourisme
               en 2010
oc




                    juillet 2011




               oc
Ce dossier a été réalisé par la Mission Statistique et Études sur le tourisme de la sous-direction P3E de la DGCIS.
Bilan
du tourisme
en 2010
En quelques mots …

Ce bilan de l’activité du tourisme en 2010 restitue les principaux résultats du dispositif d’observation
statistique piloté par la DGCIS1. Il est articulé en deux volets :
- le volet « offre » s’appuie sur l’enquête Insee-DGCIS auprès des entreprises d’hébergement touristique
(enquête « fréquentation ») ;
- le volet « demande » repose sur deux enquêtes DGCIS-Banque de France : l’une (SDT) auprès des
touristes français, l’autre (EVE) auprès des touristes étrangers en France.
Ce bilan reprend également les deux « 4 pages » de la DGCIS réalisés sur la base des trois enquêtes sur
chacun de ces volets.
Dans ce bilan, sauf mention expresse, les allers-retours dans la journée ne sont pas pris en
compte.

Embellie pour les hôtels, beau fixe pour les campings

La fréquentation hôtelière est repartie à la hausse en 2010 : elle a augmenté de 2,3 % par rapport à 2009
(- 4,9 % l’année précédente), tirée par le tourisme d’affaires (+ 4,6 %). L’année 2010 est également
marquée par le retour des clientèles étrangères (+ 2,8 %) après un fort recul en 2009 (- 11,1 %) lié à la
crise économique mondiale. Il s’agit des clientèles lointaines, notamment en provenance des économies
émergentes, la fréquentation hôtelière des clientèles européennes ayant globalement stagné (- 0,2 %)
et même reculé d’un point hors la clientèle russe. La fréquentation de la clientèle française s’est accrue,
quant à elle, de 2,0 % en 2010 après un recul de 1,4 % en 2009. Toutefois, le niveau de fréquentation record
atteint en 2007 (198,9 millions de nuitées) n’a pas été retrouvé en 2010 (192,2 millions de nuitées).

Moins de voyages mais plus de dépenses pour les touristes français

En 2010, le taux de départ des Français pour motif personnel (75,9 %) a baissé de 2,1 points par rapport
à 2009. Le nombre de voyages réalisés (197,5 millions) a donc diminué (- 2,3 %). Néanmoins, ce constat
doit être tempéré par des signes de reprise de l’activité : d’abord, les touristes résidents ont sensiblement
allongé leurs séjours, de sorte que le nombre des nuitées (1,14 milliard en 2010) n’a reculé que de 1,4 % ;
ensuite, le poids de l’hébergement marchand s’est accru ; enfin, la dépense a augmenté fortement
(4,9 %). On renoue ainsi avec la situation, régulièrement observée avant la crise, d’une divergence entre
stabilité, voire recul, des nuitées et forte croissance des dépenses, largement du fait - avant la crise -
d’une hausse des prix.
Cette situation reflète exclusivement celle des voyages en métropole (près de 90 %). Elle est différente
pour les voyages à l’étranger : leur nombre s’est accru (+ 1,5 %), celui des nuitées davantage (+ 3,3 %)
et le montant des dépenses plus encore (+ 5,3 %).

L’activité des touristes étrangers en France se stabilise après deux années
de fort recul

Dans un contexte de nette reprise du tourisme international en 2010, les arrivées de touristes étrangers en
France (76,8 millions) se sont stabilisées, comme en Espagne. Un léger allongement des voyages a permis
une croissance modérée (+ 0,5 %) du nombre de nuitées (515 millions) par rapport à 2009. Mais les touristes
étrangers ont un peu plus sensiblement réduit leurs dépenses journalières (- 1,1 %), en même temps que
la part de l’hébergement marchand. Leur dépense totale2 sur le territoire national a donc légèrement reculé
(- 0,6 %), passant de 30,6 en 2009 à 30,4 milliards d’euros en 2010.
Le dynamisme des arrivées, nuitées et dépenses en France des touristes allemands et des BRIC3 a été
contrebalancé par les difficultés d’autres clientèles, notamment européennes.



1
  En partenariat avec l’Insee et la Banque de France. Les résultats présentés dans ce document n’engagent cependant que la DGCIS.
2
  Hors transport international.
3
  Brésil, Russie, Inde, Chine.
Sommaire

█   Bilan de l’offre touristique 2010  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 9
    Premier bilan de la fréquentation hôtelière en 2010 .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 11
       Synthèse  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 11
       Bilan détaillé de la fréquentation hôtelière en 2010  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 12
        1. La fréquentation hôtelière, tirée par la reprise du tourisme d’affaires, est repartie à la hausse en 2010 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
        2. Retour des clientèles étrangères, en particulier des clientèles lointaines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
        3. La région capitale en tête de la hausse de fréquentation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
        4. Fort dynamisme de l’hôtellerie haut de gamme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
       4 pages DGCIS-INSEE : Le tourisme en 2010, embellie pour les hôtels, beau fixe pour les campings...  .  . 17



█   Bilan de la demande touristique  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 21
    Bilan 2010 du tourisme des résidents (enquête SDT)  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 23
       Synthèse  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 23
       Bilan détaillé de l’activité touristique des résidents en 2010  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 25
        1. En 2010, les Français sont moins nombreux à être partis en voyage pour motif personnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
        2. Moins de voyages en France, en particulier en court séjour, mais plus de voyages à l’étranger. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
        3. La plupart des régions françaises ont pâti du recul des arrivées ; celles-ci se sont néanmoins maintenues
        dans les espaces urbains et les stations de ski . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
        4. La hausse du nombre de voyages à l’étranger a bénéficié à tous les continents sauf l’Afrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
        5. L’allongement de la durée des voyages, surtout à l’étranger, a limité le recul global des nuitées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
        6. La part des nuitées en hébergements marchands a progressé en 2010 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
        7. Légère diminution des voyages par la route . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
        8. En 2010, les Français ont dépensé nettement plus au cours de leurs voyages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31

    Premier bilan 2010 du tourisme des étrangers en France (enquête EVE)  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 33
       Synthèse  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 33
       Bilan 2010 détaillé du tourisme des étrangers en France  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 35
        1. Nette reprise du tourisme international en 2010. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
        2. Stabilisation pour la France et l’Espagne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
        3. Les arrivées en France : fort rebond des clientèles allemande et des BRIC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
              3.1. Retour en force des clientèles allemandes et des BRIC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
              3.2. Nouveau recul des autres clientèles européennes ainsi que des arrivées d’Afrique et des États-Unis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
          4. Globalement, les nuitées augmentent peu mais les situations sont très contrastées, notamment du fait
          des variations des durées de séjours . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
              4.1 Globalement, un léger allongement des séjours génère 2,7 millions de nuitées de plus qu’en 2009 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
              4.2 Les touristes allemands et des BRIC ont peu allongé leurs séjours en France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
              4.3 Outre celle des BRIC, la fréquentation de certaines clientèles, notamment européennes, a pâti d’une réduction de la durée des séjours . . . . . . 38
              4.4 L’allongement des séjours a joué fortement pour d’autres clientèles : Royaume-Uni, Pays-Bas, États-Unis et Afrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
          5. La part de l’hébergement marchand se réduit à nouveau … . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
          6. … contribuant ainsi à une légère baisse de la dépense des touristes étrangers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
       Zoom 1 : La part des touristes étrangers en transit diminue régulièrement depuis plusieurs années  .  .  .  . 45
       Zoom 2 : Les voyages de 2 à 7 nuitées occupent une part grandissante  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 46
       4 pages DGCIS : Le tourisme en 2010, moins de voyages mais plus de dépenses pour les Français,
       activité stable pour les étrangers  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .47



█   Annexes  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  . 53


Bilan du tourisme en 2010                                                                                                                                                                                                                                       7
Bilan de l’offre
touristique
2010
Premier bilan de la fréquentation hôtelière en 2010


Synthèse


La fréquentation hôtelière est repartie à la hausse en 2010 : elle a augmenté de 2,3 %1 par rapport
à 2009 (- 4,9 % l’année précédente), tirée par le tourisme d’affaires (+ 4,6 %). L’année 2010 est
également marquée par le retour des clientèles étrangères (+ 2,8 %) après un fort recul en 2009
(- 11,1 %) lié à la crise économique mondiale. Il s’agit des clientèles lointaines, notamment en
provenance des économies émergentes, la fréquentation hôtelière des clientèles européennes ayant
globalement stagné (- 0,2 %) et même reculé d’un point hors la clientèle russe. La fréquentation de
la clientèle française s’est accrue, quant à elle, de 2,0 % en 2010 après un recul de 1,4 % en 2009.
Toutefois, le niveau de fréquentation record atteint en 2007 (198,9 millions de nuitées) n’a pas été
retrouvé en 2010 (192,2 millions de nuitées).

La fréquentation hôtelière2 est repartie à la hausse en 2010 : elle a augmenté de 2,3 % par rapport à 2009 (- 4,9 %
l’année précédente), tirée par le tourisme d’affaires (+ 4,6 %) plus touché que le tourisme de loisir par la crise
économique en 2009 (-6,2 % contre -3,9 %). La fréquentation au cours de la saison pré-estivale et estivale (mai à
septembre) a été soutenue (+ 2,9 % par rapport à 2009). Toutefois, le niveau de fréquentation record atteint en 2007
(198,9 millions de nuitées) n’a pas été retrouvé en 2010 (192,2 millions de nuitées).


La fréquentation de la clientèle française s’est accrue de 2,0 % en 2010 après un recul de 1,4 % en 2009. Toutefois,
si cette fréquentation a davantage contribué que celle des clientèles étrangères à la progression globale de la
fréquentation hôtelière (1,3 point contre 1,0 point), c’est en raison d’un volume nettement plus important des nuitées
(deux tiers du total). L’année 2010 est en effet marquée par le retour des clientèles étrangères (+ 2,8 %) après un
sérieux recul en 2009 (- 11,1 %) lié à la crise économique mondiale.

L’afflux des clientèles lointaines, notamment en provenance des économies émergentes, est particulièrement fort :
+ 45,1 % pour les nuitées des touristes chinois, + 28,1 % pour celles des Russes ou des Sud-américains ou encore
+ 23,0 % pour celles les touristes du Proche et Moyen-Orient.

Par contre, la fréquentation hôtelière des clientèles européennes a globalement stagné (- 0,2 %) et même reculé d’un
point hors la clientèle russe. Les situations sont contrastées selon les pays. Le nouveau recul de la fréquentation
des clientèles britannique (- 6,7 %), néerlandaises (– 7,1 %), belges (-1,9 %) et italiennes (-1,8 %) n’a été que
partiellement compensé par le retour des clientèles allemandes (+ 1,6 %), espagnoles (+ 3,3 %) et d’Europe du
Nord3 (+ 9,6 %).

Les espaces urbains sont à l’origine d’une grande partie de la croissance de la fréquentation hôtelière, en particulier
l’Île-de-France (nuitées en hausse de 5,7 %) : outre l’attraction habituelle qu’exerce la région capitale sur les clientèles
étrangères, les hôtels franciliens ont aussi bénéficié cette année d’une hausse de fréquentation remarquable de la
clientèle française (+ 8,6 %), liée en partie à la reprise du tourisme d’affaires.

L’hôtellerie haut de gamme – 4 étoiles, 4 étoiles plus et 5 étoiles (catégorie qui se déploie progressivement jusqu’à
mi-2012) – est particulièrement dynamique : une offre de chambres en extension notable (+ 4,6 % par rapport à
2009), une croissance de la demande à deux chiffres (+ 11,6 %) et, au final, le taux d’occupation des chambres
le plus élevé de l’hôtellerie (65,1 % contre 59,4 % en moyenne). Les hôtels haut de gamme attirent d’abord les
clientèles étrangères, notamment les clientèles lointaines : les touristes internationaux ont réalisé 61,7 % des nuitées
du secteur en 2010.



1
  Données consolidées. Les données définitives seront disponibles en avril prochain. La révision sera vraisemblablement faible.
2
  En métropole.
3
  Danemark, Suède, Norvège, Finlande, Islande.




Bilan de l’offre touristique 2010                                                                                                 11
Bilan détaillé de la fréquentation hôtelière en 2010



1. La fréquentation hôtelière, tirée par la reprise du tourisme d’affaires,
est repartie à la hausse en 2010

La fréquentation hôtelière est repartie à la hausse en 2010 avec une croissance du volume des nuitées de 2,3 %
par rapport à 2009, tirée par la reprise du tourisme d’affaires (+ 4,6 %) plus touché que le tourisme de loisir par la
crise économique en 2009 (-6,2 % contre -3,9 %). Ainsi en 2010 ce dernier a représenté 43,9 % de l’ensemble des
192,2 millions de nuitées réalisées dans les hôtels métropolitains. Néanmoins, la hausse de la fréquentation hôtelière
n’a pas permis d’effacer complètement la forte baisse enregistrée en 2009 (- 4,9%) qui avait largement entamé le
record de nuitées de 2007 (198,9 millions).

En 2010, seuls les mois de janvier (- 2,3 %) et de décembre (- 1,3 %), traditionnellement creux pour l’activité hôtelière,
ont été en recul par rapport à 2009 alors que la fréquentation avait été en recul chaque mois de l’année 2009
(graphique 1). La fréquentation a évolué favorablement au cours des dix autres mois de l’année 2010, en particulier
au cours de la saison pré-estivale et estivale (+2,9 % entre mai-septembre 2010 et la même période de 2009).
Néanmoins, entre un début d’été prometteur (+ 5,9 % en juin et + 2,9 % en juillet) et une bonne fin de saison
(+ 3,8 % en septembre), le mois d’août a plutôt été en demi-teinte (+ 0,2 %).


Graphique 1 : Évolution de la fréquentation hôtelière depuis 2007
(Glissement annuel* en %)




* Nombre de nuitées d’un mois m de l’année n rapporté au nombre de nuitées du même mois m de l’année n-1.
Sources : Insee, DGCIS, partenaires régionaux.




2. Retour des clientèles étrangères, en particulier des clientèles lointaines

La fréquentation de la clientèle française s’est accrue de 2,0 % en 2010 après - 1,4 % en 2009 (tableau 1). Toutefois,
si elle a davantage contribué à la progression globale des nuitées que les clientèles étrangères (1,3 point contre 1,0
point), c’est en raison du volume important de ses nuitées (deux tiers du total).

L’année 2010 a été marquée par le retour des clientèles étrangères (+ 2,8 %) dont le recul, lié à la crise économique
mondiale, avait été très fort en 2009 (- 11,1 %). L’embellie a été particulièrement marquée entre mai et septembre
(+ 5,0 % en moyenne par rapport à 2009). En avril, l’éruption du volcan islandais Eyjafjöll a eu un impact sur
l’évolution de la fréquentation étrangère (- 2,2 %).




12                                                                                                          Bilan de l’offre touristique 2010
Les évolutions des clientèles européennes et des clientèles lointaines sont contrastées. La fréquentation des
clientèles lointaines, en particulier en provenance des économies émergentes, a enregistré des progressions à deux
chiffres : + 45,1 % pour les nuitées des touristes chinois, + 28,1 % pour celles des Russes ou des Sud-américains
ou encore + 23,0 % pour celles les touristes du Proche et Moyen-Orient. L’augmentation des nuitées des clientèles
lointaines plus traditionnelles, comme le Japon et les Etats-Unis, est plus mesurée (respectivement + 3,8 % et
+ 3,3 %).
En dehors de la clientèle russe, la fréquentation des clientèles européennes (près des trois quarts des clients
étrangers) est moins bien orientée, et 2010 apparaît comme une année blanche. Néanmoins, là aussi les situations
diffèrent suivant les pays : la fréquentation britannique n’a cessé de diminuer au cours de l’année (- 6,7 % par rapport
à 2009), directement impactée par la dépréciation de la livre sterling vis-à-vis de l’euro. La clientèle britannique
reste néanmoins la première clientèle étrangère en 2010 avec près de onze millions de nuitées. D’autres clientèles
européennes parmi les plus importantes sont aussi en recul : les clientèles néerlandaise (- 7,1 %), belge (- 1,9 %),
italienne (- 1,8 %) et suisse (- 1,3 %). A contrario, les clientèles allemandes et espagnoles ont réalisé davantage de
nuitées qu’en 2009 (respectivement + 1,6 % et + 3,3 %), ainsi que les clientèles d’Europe du Nord (+ 9,6 %).


Tableau 1 : Évolution 2010/2009 des nuitées selon le pays de résidence de la clientèle
                                                                                                          en %
                                                                                                 Poids
                                                                   Évolution des nuitées
                        Pays de résidence                                                    des clientèles
                                                                        2010 / 2009
                                                                                           (nuitées en 2010)
                       Total                                                   2,3         100,0
                       France                                                  2,0          66,2
                       Étranger                                                2,8          33,8      100,0
                       Europe                                                 -0,2                     73,1
                       dont Royaume-Uni                                       -6,7                     16,6
                            Italie                                            -1,8                      9,8
                            Allemagne                                          1,6                      9,2
                            Espagne                                            3,3                      7,8
                            Belgique                                          -1,9                      8,1
                            Pays-Bas                                          -7,1                      5,0
                            Suisse                                            -1,3                      3,7
                            Danemark, Suède, Norvège, Finlande, Islande        9,6                      2,7
                            Russie                                            28,1                      2,5
                       Amériques                                               8,9                     13,7
                       dont États-Unis                                         3,3                      8,8
                            Amérique centrale et du Sud                       28,1                      3,4
                       Asie et Océanie                                        16,0                     11,5
                       dont Chine                                             45,1                      1,8
                            Japon                                              3,8                      3,8
                            Proche et Moyen-Orient (y c. Égypte)              23,0                      2,1

Sources : Insee, DGCIS, partenaires régionaux.




3. La région capitale en tête de la hausse de fréquentation

La hausse de la fréquentation en 2010 a surtout bénéficié aux espaces urbains (nuitées en hausse de + 3,6 %),
l’Île-de-France en tête (+ 5,7 %). La région capitale, qui totalise 34 % des nuitées métropolitaines, a été la première
contributrice (+ 1,9 point) à la croissance globale. La crise économique mondiale avait lourdement pesé sur la
fréquentation hôtelière de la région en 2009 (- 5,9 %). Si les clientèles étrangères ont continué à être plus nombreuses
dans les hôtels franciliens en 2010 (51,4 % de l’ensemble, + 3,1 % par rapport à 2009), la clientèle française, en
particulier pour tourisme d’affaires, a fait la différence en 2010 (+ 8,6 % par rapport à 2009).




Bilan de l’offre touristique 2010                                                                                    13
Tableau 2 : Évolution 2010/2009 des nuitées dans les régions

                                                               Évolution des nuitées 2010 / 2009 (en %)              Contribution à
                                                                                                                   l’évolution totale
                                                              Total           Français         Étrangers              des nuitées
                       France                                   2,3              2,0              2,8                     2,3
                       Alsace                                   1,5             -0,1              4,2                     0,0
                       Aquitaine                                2,1              1,4              6,4                     0,1
                       Auvergne                                 1,2              0,8              5,2                     0,0
                       Basse-Normandie                          0,9              0,4              3,0                     0,0
                       Bourgogne                                5,2              4,1              7,8                     0,1
                       Bretagne                                -1,0             -1,7              3,0                     0,0
                       Centre                                  -0,3             -0,8              1,4                     0,0
                       Champagne-Ardenne                        0,9              0,8              1,1                     0,0
                       Corse                                    3,3              5,5             -2,6                     0,0
                       Franche-Comté                            1,7              1,9              0,6                     0,0
                       Haute-Normandie                         -3,8             -4,2             -1,9                    -0,1
                       Île-de-France                            5,7              8,6              3,1                     1,9
                       Languedoc-Roussillon                     1,5              1,3              2,6                     0,0
                       Limousin                                -0,7             -0,1             -5,5                     0,0
                       Lorraine                                 1,8             -0,4             10,5                     0,0
                       Midi-Pyrénées                           -2,2             -3,9              1,5                    -0,1
                       Nord - Pas-de-Calais                    -1,1             -0,5             -2,8                     0,0
                       Pays de la Loire                        -1,2             -1,5              1,6                     0,0
                       Picardie                                -0,5              1,5             -7,1                     0,0
                       Poitou-Charentes                        -2,9             -4,1              8,8                    -0,1
                       Provence - Alpes - Côte d’Azur           2,7              2,0              4,2                     0,2
                       Rhône-Alpes                             -0,6             -0,5             -0,9                    -0,1

Note de lecture : la contribution d’une région à l’évolution totale des nuitées est obtenue en multipliant son taux d’évolution par son poids en nuitées.
En 2010, le nombre de nuitées en Île-de-France a augmenté de 5,7 % par rapport à 2009 et la région contribue à 1,9 point de hausse. A contrario, le
nombre de nuitées a diminué de 3,8 % en Haute-Normandie et la région contribue à 0,1 point de baisse.
Sources : Insee, DGCIS, partenaires régionaux.




La Bourgogne a aussi tiré son épingle du jeu (+ 5,2 %) mais avec un impact beaucoup plus limité sur la croissance
globale (+ 0,1 point). En Lorraine (+ 1,8 %), le centre Pompidou-Metz, depuis son ouverture mi-mai, a participé à la
forte croissance de la fréquentation étrangère (+ 10,5 %) dans les hôtels de la région.
Dans ce contexte favorable, les baisses de fréquentation, qui concernent plutôt les régions à l’ouest du territoire
(carte 1) mais aussi les espaces de montagne (- 2,1 %), sont peu marquées (tableau 3).


Carte 1 : Évolution 2010/2009 des nuitées dans les régions




Sources : Insee, DGCIS, partenaires régionaux.




14                                                                                                                          Bilan de l’offre touristique 2010
Tableau 3 : Évolution et poids des nuitées par espace touristique

                                             Évolution des nuitées 2010 / 2009 (en %)          Poids des nuitées 2010 (en %)

                                               Total       Français      Étrangers          Total       Français      Étrangers
                       Littoral                 0,9           -0,4           4,2           17,4             71,8        28,2
                       Montagne                -2,1           -2,3          -1,5            6,4             73,4        26,6
                       Rural                   -0,4           -1,2           2,5           11,2             76,6        23,4
                       Urbain                   3,6            4,0           2,8           65,1             62,2        37,8
                       Ensemble                 2,3            2,0           2,8          100,0             66,2        33,8

Sources : Insee, DGCIS, partenaires régionaux.




4. Fort dynamisme de l’hôtellerie haut de gamme

Le taux d’occupation des hôtels, qui rapporte le nombre de chambres occupées au nombre de chambres offertes,
s’établit à 59,4 % en 2010 (tableau 4), en hausse de 1,3 point par rapport à 2009, sans toutefois atteindre le taux
record de 2007 (61,9 %). Plus précisément, le parc de chambres offertes a été globalement stable (- 0,1 %) et la
hausse du taux d’occupation s’explique par la croissance de la demande de chambres (+ 2,2 %).
En pratique, si toutes les catégories d’hôtels ont profité de la hausse, le milieu de gamme (3 étoiles) et le haut de
gamme (4 étoiles, 4 étoiles luxe et 5 étoiles), avec des taux d’occupation en hausse de + 2,1 points et + 4,1 points,
ont mieux tiré leur épingle du jeu que l’hôtellerie économique (+ 0,4 point). Dans les hôtels 0, 1 et 2 étoiles, l’offre et
la demande de chambres ont diminué, et la hausse du taux provient d’une moindre baisse de la demande.


Tableau 4 : Évolution du taux d’occupation et des nuitées par catégorie d’hôtels

                                                        Taux d’occupation                                   Nuitées

                                                   Année 2010            Évolution            Répartition               Évolution
                                                                        2010/2009              en 2010                 2010/2009
                       Catégories d’hôtels             (en %)         (en points de %)         (en %)                   (en %)

                       0 et 1 étoile                   60,4                  0,7                18,3                      0,3
                       2 étoiles                       56,7                  0,3                39,5                     -0,7
                       3 étoiles                       60,5                  2,1                29,4                      3,7
                       4, 4 luxe et 5 étoiles          65,1                  4,1                12,8                     11,9
                       Ensemble                        59,4                  1,3               100,0                      2,3

Avertissement : l’ancienne et la nouvelle nomenclature du classement hôtelier (respectivement «de 0 à 4 étoiles et 4 étoiles luxe» et «de 1 à 5 étoiles»)
continuent d’exister en parallèle jusqu’à la fin de la mise en place du nouveau classement, prévue en juillet 2012. Aussi pendant la période transitoire, il
convient d’être prudent sur les commentaires portant sur des évolutions.
Sources : Insee, DGCIS, partenaires régionaux.




Au contraire, dans le milieu et surtout dans le haut de gamme, offre et demande de chambres ont progressé. Timide
sur le milieu de gamme, où c’est surtout la demande qui a été moteur, la double dynamique offre-demande est une
caractéristique de la bonne santé de l’hôtellerie de luxe (taux d’occupation de 65,1 %, le plus élevé) : l’extension
notable de l’offre de chambres (+ 4,6 %) répond à une demande en très forte croissance en 2010 (+ 11,6 %). En
2010, le volume de nuitées a ainsi très fortement augmenté dans le haut de gamme (+ 11,9 %), et le secteur totalise
désormais une nuitée hôtelière sur huit (contre une sur neuf en 2009).
Le fort attrait des clientèles étrangères pour le haut de gamme est une autre de ses caractéristiques : leur présence
y est deux fois plus importante (61,7 %) que dans les autres catégories d’hôtels (29,6 %). Les clientèles lointaines
représentent plus de 40 % des nuitées des clientèles étrangères dans le haut de gamme.




Bilan de l’offre touristique 2010                                                                                                                        15
Graphique 2 : Taux d’occupation (%) des hôtels par catégorie depuis 2007




Sources : Insee, DGCIS, partenaires régionaux.




16                                                                         Bilan de l’offre touristique 2010
Nº 12 - avril 2011

        oc
  direction générale de la compétitivité
  de l’industrie et des services

                                                       de la direction générale de la compétitivité, de l'industrie et des services




                                                         Le tourisme en 2010
                 Embellie pour les hôtels, beau fixe pour les campings

Fortement affectée par la crise                                  Une fréquentation en hausse dans                            Pour l’hôtellerie, la croissance de
économique de 2009, la fréquentation                             les hôtels et dans les campings                      2010 s’appuie sur l’augmentation du nombre
des hôtels redémarre en 2010. Dans                                                                                    de séjours (+ 1,8 %). Pour les campings,
les campings, elle augmente depuis                                En 2010, le nombre de nuitées                       elle s’explique par la plus longue durée des
2008.                                                      (définitions) progresse de 2,2 % dans                      séjours sur les emplacements locatifs.
La clientèle étrangère contribue à la                      les hôtels et de 0,9 % dans les campings                          Depuis 2008, la fréquentation
hausse de fréquentation de ces deux                        (tableau 1). Conséquence de la crise                       des campings est repartie à la hausse,
types d’hébergements. Signe de la                          économique, les touristes étrangers étaient                essentiellement grâce à la clientèle française
reprise économique amorcée début                           venus moins nombreux en France en 2009 ;                   (+ 6,9 % en sept ans). Quant à la clientèle
                                                           ils y reviennent en partie en 2010. Leur                   étrangère, elle n’a pas retrouvé son niveau
2010, la clientèle d’affaires fréquente
                                                           fréquentation augmente de + 2,8 % pour                     de 2003.
davantage les hôtels qu’en 2009.
                                                           les hôtels, après - 11,1 % en 2009, et de                         En 2010, la fréquentation dans les
Les hôtels situés en ville, et plus
                                                           + 1,0 % pour les campings, après - 1,1 %.                  hôtels est comparable à celle des années
particulièrement à Paris, sont les                                                                                    2005-2006, sans atteindre les hauts
                                                           Les touristes français sont également plus
grands bénéficiaires de cette reprise.                                                                                 niveaux de 2007 et 2008. Comme pour
                                                           nombreux : + 2,0 % dans les hôtels et
Plus que les années passées, le littoral                   + 0,8 % dans les campings. La fréquentation                les campings, elle est supérieure à celle
atlantique et les massifs montagneux                       hôtelière de 2010 est donc supérieure à                    de 2003 (+ 2,2 points), mais avec une
ont attiré les campeurs de 2010.                           celle de 2009 et ce presque tous les mois :                clientèle étrangère moins présente qu’en
Hôtels ou campings, les établis-                           mars, après de mauvais résultats en 2008                   2003 ou 2007.
sements les plus confortables sont                         et 2009, retrouve quelques couleurs ; il
plus recherchés. Et au sein des                            en est de même pour juin et juillet avec                      L’hôtellerie profite du retour
campings, les clients se tournent de                       respectivement + 5,9 % et + 2,9 %. Dans                       de la croissance
plus en plus vers les emplacements                         les campings, c’est en juillet et en août que
avec habitations légères (chalets,                         la progression est la plus marquée, le début                     En 2010, 192,2 millions de nuitées
bungalows, etc.).                                          et la fin de la saison étant comparables à                  ont été passées dans les hôtels, pour
                                                           ceux de 2009.                                              105,5 millions de séjours. La durée moyenne



          1. Fréquentation touristique dans les hôtels et les campings en France métropolitaine
                                                                  Nuitées*                                                      Séjours*
                                         Nombre         Évolution   Évolution 2009-2010 des nuitées     Nombre           Évolution
                                                       2009-2010                                       de séjours       2009-2010     Durée moyenne des séjours
                                        de nuitées                   des touristes en provenance...
                                         en 2010       du nombre                                        en 2010         du nombre
                                                       de nuitées                                     (en millions)     de séjours          2009           2010
                                       (en millions)                  de France     de l'étranger
                                                         (en %)                                                           (en %)        (en nuitées)    (en nuitées)
                                                                        (en %)       (en %)

Hôtels
 Année 2010                                192,2           2,2               2,0        2,8             105,5                  1,8           1,81          1,82
 Saison** 2010                             100,3           2,9               1,7        5,0              54,0                  2,5           1,85          1,86
Campings (saison** 2010)                   103,8           0,9                0,8        1,0              19,2                -0,1           5,33          5,41
 Emplacements nus*                          61,6          -3,3               -5,2       -0,2              13,4                -3,0           4,61          4,61
 Emplacements locatifs*                     42,2           7,5                8,9        3,7               5,8                 7,0           7,15          7,23
Ensemble (saison** 2010)                   204,1           1,9               1,3        3,0               73,2                 1,8           2,78          2,79

* Voir définitions.
** Saison : période de mai à septembre.
Sources : Insee, DGCIS, partenaires régionaux, enquêtes de fréquentation hôtelière et dans les campings.




                                                                                    V
 Bilan de l’offre touristique 2010                                                                                                                          17
des séjours reste stable : un peu moins de                                 2. Parc et fréquentation des hôtels
deux nuitées. La hausse de la fréquentation
n’a pas permis d’effacer complètement la                                            Parc                       Fréquentation*              Taux d'occupation*
forte baisse de 2009 (- 4,9 %), ni, a fortiori,                           Nombre          Évolution          Nombre         Évolution     Taux        Évolution
de retrouver le niveau record de fréquentation      Catégorie           de chambres      2009-2010          de nuitées     2009-2010     en 2010     2009-2010
                                                                        au 1er janvier                       en 2010
de 2007 (198,9 millions de nuitées).                                        2011           (en %)          (en millions)    (en %)        (en %)     (en points)
        L’augmentation du nombre de nuitées
passées par la clientèle d’affaires dans les       0 et 1 étoile         107 183            -4,5              35,1            0,3           60,4         0,7
hôtels (+ 4,6 %) explique à elle seule 87 %        2 étoiles             258 731            -2,1              75,9           -0,7           56,7         0,3
de la croissance de 2010. Cela reflète la           3 étoiles             175 838             2,0              56,5            3,7           60,5         2,1
                                                   4 et 5 étoiles         69 857             5,4              24,6           12,0           65,1         4,1
sortie de crise économique amorcée début
2010. La clientèle étrangère a également           Ensemble               611 609           -1,2            192,2               2,2         59,4         1,3
été un moteur de cette reprise. Avec une           * Voir définitions.
                                                   Sources : Insee, DGCIS, partenaires régionaux, enquête de fréquentation hôtelière.
augmentation des nuitées de 2,8 %, elle
contribue à 40 % de la croissance. En 2010,
la fréquentation de la clientèle française            Campings : le choix du confort                          2 étoiles, contre + 2,0 % et + 2,6 % pour les
augmente moins (+ 2,0 %), mais elle                   plus fréquent...                                        3 et 4 étoiles (tableau 4).
contribue davantage à la croissance (pour                                                                             Là encore, les campings adaptent leur
60 %) : avec 127,3 millions de nuitées, elle              103,8 millions de nuitées ont été                   offre : dans un contexte général de réduction
représente en effet les deux tiers des nuitées     passées dans les campings entre mai et                     (- 1,0 % toutes catégories confondues), seule
des hôtels.                                        septembre 2010, contre 102,9 millions                      l’offre des 4 étoiles reste stable. En 2010,
        Toutes les catégories d’hôtels profitent    au cours de la même période en 2009.                       les campings de 3 et 4 étoiles offrent 59 %
de la reprise de la fréquentation. Et, en 2010,    D’un côté, la fréquentation touristique des                des emplacements et concentrent 72 % de
leurs taux d’occupation augmentent, mais           emplacements nus diminue de 3,3 % alors                    la fréquentation.
restent inférieurs à ceux de 2007 et 2008.         que, de l’autre, celle des emplacements                            Les campings les plus confortables
Le nombre de nuitées augmente de 3,7 %             locatifs augmente de 7,5 %. Il s'agit d'une                sont également les plus équipés en
pour les 3 étoiles et de 12,0 % pour les 4 et      évolution structurelle.                                    emplacements locatifs : 41,6 % des
5 étoiles. Ces hôtels haut de gamme ont à                 Seule l’année 2009 fait figure                      emplacements sont locatifs dans les 4
la fois pu développer leur parc et leur taux       d’exception : en effet, au plus fort de la crise           étoiles, contre 10,7 % dans les établissements
d’occupation. À l’inverse, les hôtels de 0 à 2     économique, la fréquentation touristique                   d’une étoile. Ce mouvement s’amplifie,
étoiles ont dû réduire leur offre pour pouvoir     sur les emplacements nus avait, elle                       puisqu’en 2010 les deux tiers des nouveaux
accroître leur rentabilité (tableau 2).            aussi, progressé de 3 %. Les gestionnaires                 emplacements locatifs sont créés dans les
                                                   d’établissement accompagnent ces                           campings 3 et 4 étoiles.
   Afflux de la clientèle étrangère                 évolutions, en réduisant leur offre en                             Comme le nombre d’emplacements
   lointaine dans les hôtels                       emplacements nus (- 2,6 % après - 2,2 %                    diminue et que la fréquentation des campings
                                                   en 2009) et en augmentant de 4,5 %                         progresse, les taux d’occupation augmentent
       L’afflux de la clientèle étrangère           les capacités en emplacements locatifs.                    (+ 0,3 point), mais seuls les établissements
lointaine (tableau 3), notamment en                Deux tiers des emplacements locatifs                       les plus confortables en bénéficient.
provenance des nouvelles puissances                supplémentaires sont situés dans trois
économiques, est particulièrement fort :           régions : Languedoc-Roussillon, Aquitaine                      ... et des séjours plus longs
+ 45 % pour les nuitées des touristes chinois      et Rhône-Alpes.
entre 2009 et 2010, + 28 % pour les Sud-                  Tout comme pour les hôtels, la                             19,2 millions de touristes (12,1 millions
Américains ou encore + 23 % pour les               fréquentation des campings les moins étoilés               en provenance de la France et 7,1 millions
touristes du Proche et Moyen-Orient.               diminue, alors que celle des établissements                de l’étranger) ont fréquenté les campings
       Les nuitées des clients européens sont      de haut standing progresse : respectivement                de la métropole en 2010. Les séjours durent
en légère baisse par rapport à 2009 (- 0,2 %).     - 3,3 % et - 2,4 % pour les campings de 1 et               en moyenne 5,4 nuitées. Le nombre de
Là encore, la fréquentation des Européens
les plus éloignés de la France augmente le
plus : + 9,6 % pour les nuitées des touristes                3. Provenance des clientèles étrangères des hôtels
des pays du Nord de l’Europe, + 13,2 % pour
                                                                                           Nuitées* en 2010                     Évolution 2009-2010
ceux des pays d’Europe centrale et orientale              Provenance
                                                                                             (en millions)                             (en %)
et + 28,3 % pour les Russes.
                                                   Europe                                           47,5                                  -0,2
       À l’inverse, la clientèle plus habituelle   dont Royaume-Uni                                 10,8                                  -6,7
des pays limitrophes est moins présente                  Allemagne                                   6,0                                   1,7
qu’en 2009. Les nuitées de la clientèle du               Italie                                      6,4                                  -1,8
Royaume-Uni, traditionnellement la plus                  Belgique                                    5,2                                  -1,9
importante, diminuent encore fortement en                Espagne                                     5,1                                   3,3
2010 (- 6,7 %). En 2005, elles représentaient      Amériques                                         8,9                                   9,1
                                                   dont États-Unis                                   5,7                                   3,4
21,7 % des nuitées étrangères en France, et
                                                   Asie et Océanie                                   7,4                                  15,7
seulement 16,6 % en 2010. Seules l’Espagne         dont Chine                                        1,1                                  44,8
et l’Allemagne font exception, leur                Afrique                                           1,1                                   7,0
fréquentation progressant respectivement           Ensemble                                         65,0                                   2,8
de + 3,3 % et de + 1,7 % sur un an.
                                                   * Voir définitions.
                                                   Sources : Insee, DGCIS, partenaires régionaux, enquête de fréquentation hôtelière.




                                                                          II

  18                                                                                                                        Bilan de l’offre touristique 2010
touristes reste stable, c’est l’allongement
                                                             Provenance des clientèles étrangères des campings
de la durée des séjours qui fait croître la
fréquentation des campings. Les séjours
sur emplacements locatifs, d’une durée                            Danemark
plus importante, sont préférés aux séjours
sur emplacements nus. En 2010, quel que                              Espagne
soit le type d’emplacement, les séjours des
étrangers ont été plus longs qu’en 2009,                              Suisse
tandis que ceux des Français étaient de plus                                                                                            Nuitées* 2010
courte durée.                                                           Italie                                                          Nuitées* 2009
       Un tiers des touristes fréquentant les
campings sont étrangers. Parmi eux, 98 %                             Belgique
sont des Européens, dont 42 % originaires
des seuls Pays-Bas (graphique). Entre                           Allemagne
2009 et 2010, la fréquentation des touristes
                                                             Royaume-Uni
étrangers progresse, hormis pour ceux
originaires d’Allemagne. Fait marquant, à
                                                                    Pays-Bas
l’inverse de ce qui se passe dans l’hôtellerie,
les Britanniques reviennent passer leurs                                         0     1   2      3     4      5   6     7     8   9     10 11      12 13 14 15
vacances dans les campings français, après                                                                                                    en millions de nuitées

une année de recul important.
                                                      * Voir définitions.
                                                      Sources : Insee, DGCIS, enquête de fréquentation dans les campings.
   Record de fréquentation pour
   les hôtels d’Île-de-France

       Pour l’hôtellerie, l’année 2010              d’un afflux de clientèle. Enfin, les massifs                          pour combler le recul de la fréquentation
s’avère particulièrement bonne en Île-de-           montagneux, et tout particulièrement les                            des Français.
France (+ 5,7 % de fréquentation) sous              Pyrénées (- 7,2 %), sont moins prisés                                      La fréquentation sur le littoral
l’afflux conjugué des clientèles françaises          qu’en 2009.                                                         méditerranéen diminue en 2010 : les
et étrangères (carte 1). Avec 66 millions                                                                               campings de la région PACA comptent
de nuitées en 2010, la région capitale                 Campings : une saison favorable                                  en effet 3,6 % de nuitées en moins,
contribue à elle seule à 85 % de la hausse             sur le littoral atlantique                                       contrairement aux hôtels de cette région.
de fréquentation en métropole. Après la                                                                                 Cette désaffection est le fait des touristes
baisse de 2009, l’Île-de-France atteint                    Dans les campings, la saison d’été                           français comme des touristes étrangers.
ainsi son plus haut niveau de fréquentation         2010 est très positive pour le littoral                             En Languedoc-Roussillon et en Corse, la
depuis 2005.                                        atlantique. L’activité touristique a été                            fréquentation est restée proche du niveau
       La région Provence - Alpes - Côte            particulièrement favorable en Aquitaine,                            atteint en 2009.
d’Azur (PACA) est la deuxième par ordre             Pays de la Loire et Basse-Normandie grâce,                                 La saison 2010 a également été
d’importance en termes de fréquentation             notamment, à une présence plus importante                           favorable en montagne : 1,7 % de nuitées
pour l’hôtellerie. Son nombre de nuitées            des touristes étrangers (carte 2). Seul Poitou-                     supplémentaires pour l’ensemble des
croît de 2,7 %, ce qui ne compense qu’en            Charentes fait exception : son image aura                           massifs et 3,2 % en plus pour les seuls
partie la baisse de 6,4 % de l’année                sans doute été affectée ponctuellement par                          touristes en provenance de l’étranger.
précédente. Les Français, mais davantage            les ravages de la tempête Xynthia, fin février                              L’espace rural et l’espace urbain ont
encore les étrangers, y sont venus en plus          2010. Les étrangers y sont certes venus en                          enregistré respectivement des hausses de
grand nombre.                                       plus grand nombre, mais pas suffisamment                             2,5 % et 2,2 %.
       En Rhône-Alpes, troisième région
« hôtelière », la fréquentation des touristes
français, mais également étrangers, baisse
légèrement (- 0,6 % et - 0,8 %), et ce à l’instar
de l’ensemble des régions de montagne.
       Dans les autres régions, la                                         4. Parc et fréquentation des campings
fréquentation hôtelière est plus dynamique                                                 Parc                         Fréquentation*                  Taux d'occupation*
à l’est de l’Île-de-France. Elle est
                                                                             Nombre             Évolution            Nombre             Évolution        Taux      Évolution
particulièrement élevée en Bourgogne                                     d'emplacements        2009-2010            de nuitées         2009-2010        en 2010   2009-2010
                                                      Catégorie
(+ 5,2 %), grâce à une forte augmentation                                  au 1er janvier                            en 2010
de la fréquentation des étrangers (+ 7,8 %).                                   2011                   (en %)       (en millions)        (en %)          (en %)    (en points)
Dans les régions de la moitié ouest de la
                                                    0 et 1 étoile             47 699                   -2,8              4,2              -3,3            25,8       -0,6
France, la fréquentation diminue. Seules
                                                    2 étoiles                237 307                   -1,8             25,1              -2,4            29,2       -0,5
l’Aquitaine et la Basse-Normandie font              3 étoiles                267 763                   -0,7             42,6               2,0            35,6        0,6
exception.                                          4 étoiles                147 176                    0,0             32,0               2,6            44,1        1,1
       Après la forte baisse de 2009, l’espace      Ensemble                 699 945                   -1,0            103,8               0,9            34,9         0,3
urbain suscite de nouveau l’intérêt des
touristes (+ 2,4 %). Sur le littoral, seules la     * Voir définitions.
côte méditerranéenne et la Corse bénéficient         Sources : Insee, DGCIS, enquête de fréquentation dans les campings.




                                                                                 III

  Bilan de l’offre touristique 2010                                                                                                                                    19
1. Fréquentation* dans les hôtels en 2010                                 2. Fréquentation* dans les campings en 2010
                       selon les régions                                                           selon les régions




    Évolution 2009-2010                                                            Évolution 2009-2010
          Plus de 3 %                                                                    Plus de 3 %
          De 0 à 3 %                                                                     De 0 à 3 %
          Moins de 0 %                                                                   Moins de 0 %


    Nuitées (en millions)                                                          Nuitées (en millions)
               60                                                                             20

               30                                                                             10
               6                                                                              2

    * Voir définitions.
    Sources : Insee, DGCIS, partenaires régionaux, enquête de fréquentation        * Voir définitions.
    hôtelière.                                                                     Sources : Insee, DGCIS, enquête de fréquentation dans les campings.




   Sources                                                Définitions                                            Bibliographie
       L’enquête de fréquentation hôtelière                  Les nuitées (ou fréquentation)                 - Pallez D., « 2009 : une saison très favorable
est effectuée mensuellement auprès des                correspondent au nombre total de nuits                pour les campings, une année difficile pour
hôtels de tourisme classés (de 0 à 5 étoiles)         passées par les clients dans un hôtel ou un           l’hôtellerie », Insee Première n° 1296, mai
et des hôtels de chaîne (classés ou non). Elle        camping ; un couple séjournant trois nuits            2010.
est réalisée conjointement par l’Insee et la          consécutives dans un hôtel compte ainsi pour          - Doguet B., « 2009 : une année difficile
direction générale de la Compétitivité, de            six nuitées, de même que six personnes ne             pour l’hôtellerie de tourisme, alors que le
l’Industrie et des Services (DGCIS). Dans             séjournant qu’une nuit. La fréquentation              camping gagne du terrain », Le 4 pages de
la plupart des régions, elle bénéficie d’une           des campings est observée uniquement                  la DGCIS n° 9, mai 2010.
extension d’échantillon financée par les               entre mai et septembre, période autrement             - Mémento du tourisme, DGCIS, édition
partenaires locaux du tourisme.                       appelée saison.                                       2010 (sortie prévue en mai 2011).
       L’enquête de fréquentation dans les                   Le nombre de séjours (ou arrivées)             - Les 4 Pages mensuels de conjoncture
campings (hôtellerie de plein air) relève             correspond au nombre de clients                       hôtelière de la DGCIS.
également d’un partenariat entre l’Insee              différents séjournant une ou plusieurs                - Le 4 Pages de la DGCIS, « Bilan de l'année
et la DGCIS. L’ensemble des campings                  nuits consécutives dans le même hôtel                 touristique 2010 en France » (à paraître).
classés (de 1 à 4 étoiles) possédant au moins         ou le même camping.
un emplacement de passage (définitions)                       Un emplacement de passage est
est interrogé mensuellement au cours                  un emplacement destiné à une clientèle
de la saison d’été (de mai à septembre).              touristique n’y élisant pas domicile. Il
Les campings possédant uniquement des                 peut être nu ou locatif, c’est-à-dire équipé
emplacements loués à l’année ne sont pas              d’un hébergement léger du type chalet,
enquêtés.                                             bungalow, mobile home ou habitation
       Les résultats figurant dans cette              légère de loisir.                                         Séverine Francastel, DGCIS,
publication sont définitifs pour les                         Le taux d’occupation est le rapport du             Dominique Pallez, Insee
campings ; pour les hôtels, les résultats             nombre de chambres (ou d’emplacements)
des deux derniers mois de l’année sont                occupées au nombre de chambres (ou
provisoires. Les enquêtes campings ont été            d’emplacements) effectivement offertes sur
rénovées en 2003 et les enquêtes hôtels en            une période donnée (c’est-à-dire en excluant
                                                                                                                     Directeur de la publication
2005. Les séries hôtels ont été rétropolées           les fermetures saisonnières).                                        Luc Rousseau
jusqu’en 2003.
                                                                                                                          Rédacteur en chef
                                                                                                                          François Magnien
                                                                                                                        Secrétaire de rédaction
                                                                                                                         Nicole Merle-Lamoot
                                   Pour en savoir plus :                                                                 Composition par PAO
                                                                                                                            Brigitte Baroin
  Consultez la rubrique « Statistiques et études économiques » du site tourisme.
  gouv.fr                                                                                                       Direction générale de la compétitivité,
                                                                                                                    de l'industrie et des services



                                                                              IV

   20                                                                                                                     Bilan de l’offre touristique 2010
Bilan
de la demande
touristique
2010
Bilan 2010 du tourisme des résidents (enquête SDT1)


Synthèse

En 2010, le taux de départ des Français pour motif personnel (75,9 %) a baissé de 2,1 points par
rapport à 2009. Le nombre de voyages réalisés (197,5 millions) a donc diminué (- 2,3 %). Néanmoins,
ce constat doit être tempéré par des signes de reprise de l’activité : d’abord, les touristes résidents
ont sensiblement allongé leurs séjours, de sorte que le nombre des nuitées (1,14 milliard en 2010)
n’a reculé que de 1,4 % ; ensuite, le poids de l’hébergement marchand s’est accru ; enfin, la dépense
a augmenté fortement (4,9 %). On renoue ainsi avec la situation, régulièrement observée avant la
crise, d’une divergence entre stabilité, voire recul, des nuitées et forte croissance des dépenses,
largement du fait - avant la crise - d’une hausse des prix.
Cette situation reflète exclusivement celle des voyages en métropole (près de 90 %). Elle est
radicalement différente pour les voyages à l’étranger : leur nombre s’est accru (+1,5%), celui des
nuitées davantage (+ 3,3 %) et le montant des dépenses plus encore (+5,3 %).

En 2010, le taux de départ des Français en voyage pour motif personnel s’est établi à 75,9 %, en baisse de
2,1 points par rapport à 2009. Le calendrier 2010, avec un nombre de jours fériés et de ponts plus réduit qu’en 2009,
a contribué à la diminution du taux de départ en courts séjours.

La baisse du taux de départ en 2010 concerne toutes les catégories de ménages : les ouvriers (- 3,0 points), les
employés (- 3,1 points) et, même s’ils résistent mieux, les ménages dont le chef est un cadre supérieur ou bien
exerce une profession intellectuelle supérieure (- 1,5 point).

Le nombre des voyages réalisés en 2010 est mécaniquement en baisse2 lui aussi (- 2,3 % par rapport à 2009).
Contrairement aux années précédentes, le seuil des 200 millions de voyages pour motif personnel n’a pas été atteint
(197,5 millions de voyages pour motif personnel en 2010). La baisse est donc sensible après une quasi-stabilité en
2009 (- 0,1 % par rapport à 2008).

Selon qu’il s’agit de voyages en métropole ou à l’étranger, les évolutions ne sont pas du tout les mêmes : alors que le
nombre de voyages en métropole s’est replié de 2,8 %, les Français voyagent de plus en plus à l’étranger (+ 1,5 %
en 2010 après + 1,0 % en 2009). Néanmoins, la part de ces voyages reste encore limitée (11 %), de sorte que leur
hausse ne permet pas de compenser la baisse des voyages en métropole.

La baisse des voyages en 2010 n’est pas uniforme sur l’ensemble de l’année : le recul est plus marqué sur la période
estivale, - 3,2 % sur la période juillet-août par rapport à la même période de 2009 et - 4,5 % sur la période de mai à
septembre. La demande de voyages est toutefois repartie au dernier trimestre 2010 (+ 0,8 %).

La majorité des régions ont été concernées par le recul de la demande de voyages des résidents, en particulier
certaines régions emblématiques de l’activité touristique comme PACA, avec une baisse de 5,7 % du nombre de
voyages de résidents dans la région en 2010. A contrario, quelques régions tirent leur épingle du jeu : la Corse
(+ 5,5 %), la Basse-Normandie (+ 3,6 %) ou encore la Lorraine (+ 6,8 %). Le nombre de voyages des Français est
également orienté à la hausse pour la région capitale (+ 1,6 % par rapport à 2009). Avec près de 14 millions de
voyages personnels réalisés en 2010, l’Île-de-France est restée dans le trio de tête des régions touristiques préférées
des Français, derrière Rhône-Alpes (19,9 millions) et PACA (16,2 millions).

En termes d’espaces touristiques, les campagnes continuent à générer le plus de voyages (un tiers du total)
devant les villes et le littoral. Les espaces littoraux ( - 4,1 %), ruraux ( - 3,9 %) et de montagne hors stations
( - 4,4 %) sont en recul. Les villes (stabilité) et les stations de ski (légère hausse des voyages) résistent mieux.



1
    Cf Annexe 1, p. 51.
2
    La population de référence pour le calcul du taux de départ n’ayant que très peu évolué.




Bilan de la demande touristique 2010                                                                                23
S’agissant des voyages des touristes français à l’étranger, en dehors de l’Afrique, en recul de 5 %, tous les
autres continents ont bénéficié de la croissance de leur nombre : l’Europe (+ 2,7 %), mais aussi les destinations
plus lointaines, telles l’Amérique (+ 3,3 %) et l’Asie-Océanie (+ 5,2 %). Le Vieux Continent demeure, et de loin,
la principale zone de réception, avec 70 % des voyages des Français à l’étranger. L’Espagne reste leur destination
étrangère favorite, renforçant même sa position en 2010 (+ 6,4 %). Par ailleurs, bénéficiant d’un change favorable,
les Français ont davantage fréquenté la Grande-Bretagne et les États-Unis.

En 2010, les touristes Français ont réalisé un total de 1,14 milliard de nuitées au cours de leurs voyages pour
motif personnel : 940 millions sur le territoire métropolitain et 205 millions à l’étranger. Du fait de voyages plus long
à l’étranger (9,5 nuitées contre 5,3), la part des nuitées en métropole (82,1 %) est moins élevée que la part des
voyages (89,1 %). Comme pour les voyages, l’évolution est à la baisse pour les nuitées, mais celle-ci est moins
marquée : - 1,4 % par rapport à 2009. Selon qu’il s’agit de séjours en métropole ou à l’étranger, les évolutions sont
contrastées : un recul plus marqué des nuitées dans le premier cas (- 2,3 %), une hausse, comme pour les voyages,
dans le second (+3,3 %).

Aussi bien, d’une part, le moindre recul des nuitées par rapport aux voyages en métropole que, d’autre part, leur
plus forte croissance à l’étranger s’expliquent par un allongement de la durée des séjours (+1,0 % au global), plus
marqué pour les voyages à l’étranger (+1,7 %) qu’en métropole (+ 0,5 %).

Autre signe de reprise, l’évolution des nuitées est plus favorable aux hébergements marchands, aussi bien pour
les destinations intérieures qu’à l’étranger. En effet, en 2010, en métropole, les nuitées dans des hébergements
marchands n’ont reculé que de 1,6 % contre - 2,7 % pour les nuitées non marchandes et, à l’étranger, les nuitées
payantes ont augmenté de 3,5 % contre + 2,9 % pour les autres. Au total, toutes destinations confondues, la
fréquentation des hébergements marchands est restée stable quand celle des hébergements non marchands a
baissé (- 2,2 %).

Enfin, la dépense des touristes français a augmenté fortement (4,9 %). On renoue ainsi avec la situation, régulièrement
observée avant la crise, d’une divergence entre stabilité (ou recul) des nuitées et forte croissance des dépenses,
largement du fait - avant la crise - d’une hausse des prix. Cette situation reflète exclusivement celle des voyages en
métropole (près de 90 %).




2
  Le taux de départ en voyages pour motif personnel (agrément, santé, étude, etc.) d’une population rapporte le nombre de personnes ayant passé
  au moins une nuitée à l’extérieur de leur domicile pour motif personnel à l’ensemble de la population considérée. Ici, on mesure le taux de départ des
  personnes résidentes en France de 15 ans ou plus.
3
  Dom exclus.




24                                                                                                                 Bilan de la demande touristique 2010
Bilan détaillé de l’activité touristique des résidents en 2010




1. En 2010, les Français sont moins nombreux à être partis en voyage pour motif personnel

En 2010, le taux de départ des Français en voyage pour motif personnel s’est établi à 75,9 %, contre 78,0 % en 2009
(graphique 1). La part des résidents partis au moins une fois en déplacement touristique (avec une nuit passée hors
du domicile) au cours de l’année est donc en baisse de 2,1 points. Sur la période 2005-2009, le taux de départ avait
oscillé entre 77,4 % et 78,6 % (graphique 2).

Le calendrier 2010, avec un nombre de jours fériés et de ponts plus réduit qu’en 2009, à contribué à la diminution en
courts séjours. Sur l’ensemble de l’année, le taux de départ en court voyage (une à trois nuitées hors du domicile)
a reculé de 3 points, soit deux fois plus que celui des grandes vacances (taux de départ en baisse de 1,5 point
seulement).

Cependant ce constat est seulement valable pour les voyages en France. En effet, ces trois dernières années les
Français ont un peu plus accru le nombre de leurs courts séjours à l’étranger que celui des plus longs (+ 1,6 % en
2010 par rapport à 2009, contre + 1,5 % pour l’ensemble des voyages à l’étranger). La possibilité de réserver par
internet en dernière minute un week-end dans une capitale européenne à des tarifs attractifs contribue sans doute au
développement d’un nomadisme de court séjour à l’étranger : plus des deux tiers des courts voyages à destination
de l’Europe font l’objet d’une réservation totale ou partielle par internet. Le recours à internet pour réserver une ou
plusieurs composantes (hébergement, transport, etc.) du voyage s’amplifie progressivement alors même que la part
des voyages réservés est stable, autour de 40 %. Ainsi, pour la première fois, en 2010 les Français sont passés par
internet pour plus de la moitié des voyages réservés (54 % et + 5 points par rapport à 2009), soit pour plus d’un
voyage sur cinq.

Graphique 1 : Taux de départ* en 2009 et 2010 et évolution 2010/2009 du nombre de voyages* des touristes français
selon la Profession Catégorie Sociale (PCS) du chef de ménage

                    Taux de départ                                                                                                        Évolution du nombre
                        (en %)                                                                                                             de voyages (en %)
                        100                                                                  Taux de départ en 2009                                     3,0
                                                   93,9                                      Taux de départ en 2010
                                                          92,4
                         90                                         89,3                     Évolution 2010/2009 du nombre de voyages (en %)            2,0
                                                                           86,9
                                                                                    79,6
                         80                                                                                                                 78,0 75,9   1,0
                               76,3 1,8                                                    76,5
                                           73,6                                                     71,8              71,1
                                                                                                           68,8              69,8
                         70                                                                                                                             0,0
                                                      -1,4             -1,2
                         60                                                                                              -2,0                  -2,3     -1,0

                         50                                                                                                                             -2,0
                                                                                      -4,6

                         40                                                                           -6,2                                              -3,0

                         30                                                                                                                             -4,0

                         20                                                                                                                             -5,0

                         10                                                                                                                             -6,0

                          0                                                                                                                             -7,0
                                Agriculteurs       Cadres et        Professions     Employés        Ouvriers       Inactifs (retraités,      Ensemble
                                 exploitants,     professions      intermédiaires                                     étudiants,
                                  artisans,      intellectuelles                                                     demandeurs
                              commerçants et supérieures                                                              d'emploi,
                              chefs d'entreprise                                                                  personnes au foyer)

* pour motif personnel.
Source : Enquête SDT (DGCIS).


La baisse du taux de départ en 2010 concerne toutes les catégories de ménages, en premier lieu celles des ouvriers
(- 3,0 points) et des employés (- 3,1 points). Ces deux catégories avaient bien résisté aux premiers effets de la crise
en 2009. Même s’ils résistent mieux, les ménages dont le chef est un cadre supérieur ou bien exerce une profession
intellectuelle supérieure sont concernés par la baisse du taux de départ (- 1,5 point).




Bilan de la demande touristique 2010                                                                                                                            25
La baisse du taux de départ des résidents s’observe dans de nombreuses régions, notamment en Rhône-Alpes
et en Bretagne. Les touristes en provenance de la région PACA on fortement réduit leur mobilité en court séjour
(- 8 points) mais aussi le nombre de leurs voyages plus longs (- 5,1 points). Les Franciliens, plus aisés que la
moyenne, ont mieux résisté et, toutes durées de voyages confondues, sont de nouveau ceux qui partent le plus en
2010, avec un taux de départ de 85,6 %.


Graphique 2 : Évolution du taux de départ des individus selon la PCS du chef de ménage




Source : Enquête SDT (DGCIS).




2. Moins de voyages en France, en particulier en court séjour, mais plus
de voyages à l’étranger

Le nombre des voyages réalisés en 2010 est mécaniquement en baisse3 (- 2,3 % par rapport à 2009) et, contrairement
aux années précédentes, le seuil des 200 millions de voyages pour motif personnel n’a pas été atteint (197,5 millions
de voyages pour motif personnel en 2010). La baisse est donc sensible après une quasi-stabilité en 2009 (- 0,1 %
par rapport à 2008). La baisse du prix du carburant en 2009 avait vraisemblablement contribué à maintenir le volume
des voyages.

Par ailleurs, le recul porte exclusivement sur les voyages en métropole (- 2,8 % DOM exclus) : dans le même
temps, les Français accentuent leur propension à voyager à l’étranger : + 1,5 % en 2010 après + 1,0 % en 2009
(tableau 1). Néanmoins, la part des voyages à l’étranger des résidents reste encore limitée à 11 %, ce qui ne permet
pas de compenser la baisse des voyages en métropole. Celle-ci demeure, et de loin, la destination favorite de ses
habitants : ils y réalisent traditionnellement près de 9 voyages sur 10.

La baisse des voyages des Français en 2010 n’est pas uniforme sur l’ensemble de l’année (graphique 3) : le recul
est plus marqué sur la période estivale, - 3,2 % sur la période juillet-août par rapport à la même période de 2009 et
- 4,5 % sur la période de mai à septembre. La demande de voyages est toutefois repartie au dernier trimestre 2010
(+ 0,8 %).




3
    La population de référence pour le calcul du taux de départ n’ayant que très peu évolué.




26                                                                                             Bilan de la demande touristique 2010
Tableau 1 : Voyages, nuitées et durée des séjours des résidents en France* et à l’étranger**

a. Voyages et nuitées
                                                                 Nombre
                                                                                    Structure    Évolution
                                                               (en millions)                                    Contribution
                                                                                      2010      2010/2009
                                                                                                               (points de %)
                                                             2009        2010          (%)         (%)

                     Voyages            En France            181         176           89,1       -2,8             -2,5
                                       À l'étranger           21          22           10,9        1,5              0,2
                                              Total          202         198           100        -2,3             -2,3
                     Nuitées            En France          962           940           82,1       -2,3             -1,9
                                       À l'étranger        198           205           17,9        3,3              0,6
                                              Total      1 160         1 144           100        -1,4             -1,4


b. Durée des séjours
                                                        Durée moyenne des séjours
                                                               (en nuitées)                               Évolution
                                                                                                         2010/2009
                                                      2009                      2010                        (%)

                     En France                        5,31                      5,34                         0,5
                     À l'étranger                     9,31                      9,47                         1,7
                     Total                            5,73                      5,79                         1,0
* Hors DOM.
** y compris DOM.
Source : Enquête SDT (DGCIS).


Graphique 3 : Évolution mensuelle de l’activité touristique (voyages et nuitées) des résidents depuis 2006
Glissement annuel en %*




* Nombre de voyages (de nuitées) d’un mois m de l’année n rapporté au nombre de nuitées du même mois de l’année n-1.
Source : Enquête SDT (DGCIS).




3. La plupart des régions françaises ont pâti du recul des arrivées ; celles-ci se
sont néanmoins maintenues dans les espaces urbains et les stations de ski

La majorité des régions ont pâti du recul de la demande de voyages des Français (tableau 2), en particulier certaines
régions emblématiques de l’activité touristique comme PACA, avec une baisse de 5,7 % du nombre de voyages
de résidents dans la région en 2010 (plus forte contribution à la baisse, de 0,5 point) ou la Bretagne (- 3,9 %). La
tempête Xynthia, en février 2010, a pénalisé l’activité touristique en Poitou-Charentes (- 6,4 %). La baisse est moins
forte dans d’autres régions également touristiques telles que le Languedoc-Roussillon (- 0,8 %), Aquitaine (- 0,8 %)
ou Rhône-Alpes (- 0,2 %).



Bilan de la demande touristique 2010                                                                                           27
A contrario, quelques régions tirent leur épingle du jeu : la Corse (+ 5,5 %), la Basse-Normandie (+ 3,6 %) ou encore
la Lorraine (+ 6,8 % et + 0,2 point de contribution, la plus forte à la hausse). À Metz, l’ouverture du centre Pompidou,
en mai 2010, attire de nombreux touristes dans l’agglomération : de mai à décembre, les courts voyages ont bondi
de 22,5 % par rapport à la même période en 2009. Le nombre de voyages des Français est également orienté à
la hausse pour la région capitale (+ 1,6 % par rapport à 2009). Avec près de 14 millions de voyages personnels
réalisés en 2010, l’Île-de-France est restée dans le trio de tête des régions touristiques préférées des Français,
derrière Rhône-Alpes (19,9 millions) et PACA (16,2 millions).




Tableau 2 : Évolution 2010/2009 des voyages et des nuitées en France des touristes résidents selon la région de
destination
                                       Voyages                                         Nuitées                              Durée moyenne de voyage
  Destination
                          Structure    Évolution     Contribution à      Structure    Évolution     Contribution à       En 2009        En 2010       Évolution
                          en 2010     2010/2009    l'évolution totale    en 2010     2010/2009    l'évolution totale   (en nuitées)   (en nuitées)   2010/2009
                                        (en %)     (en points de %)                    (en %)     (en points de %)                                     (en %)

Alsace                      1,7         -8,8             -0,2             1,3          -7,6             -0,1             4,11            4,16           1,3
Aquitaine                   6,4         -0,8             -0,1             7,7          -1,1             -0,1             6,38            6,36          -0,3
Auvergne                    2,9         -4,3             -0,1             2,7           1,5              0,0             4,62            4,91           6,1
Bourgogne                   3,5         -4,3             -0,2             2,8          -9,4             -0,3             4,40            4,16          -5,4
Bretagne                    7,0         -3,9             -0,3             8,1          -4,2             -0,3             6,23            6,21          -0,3
Centre                      4,5         -3,7             -0,2             3,1          -2,2             -0,1             3,61            3,66           1,6
Champagne-Ardenne           1,9        -11,3             -0,2             1,3           3,6              0,0             3,16            3,69          16,9
Corse                       0,9          5,5              0,0             2,0          -8,1             -0,2            12,76           11,12         -12,8
Franche-Comté               1,8         -7,8             -0,1             1,6          -2,3              0,0             4,50            4,77           6,0
Île-de-France               7,9          1,6              0,1             5,0           4,1              0,2             3,32            3,40           2,4
Languedoc-Roussillon        7,1         -0,8             -0,1            10,0          -1,5             -0,1             7,57            7,52          -0,7
Limousin                    1,2        -16,5             -0,2             1,2         -12,7             -0,2             5,15            5,38           4,5
Lorraine                    3,0          6,8              0,2             2,2          -1,1              0,0             4,17            3,86          -7,4
Midi-Pyrénées               5,1         -1,7             -0,1             5,3          -3,8             -0,2             5,74            5,61          -2,2
Nord - Pas-de-Calais        3,8         -5,0             -0,2             2,8           0,4              0,0             3,76            3,97           5,7
Basse-Normandie             3,7          3,6              0,1             3,4           7,6              0,2             4,73            4,91           3,8
Haute-Normandie             2,2         -8,4             -0,2             1,4          -6,1             -0,1             3,36            3,45           2,5
Pays de la Loire            7,5         -1,8             -0,1             7,3          -1,7             -0,1             5,23            5,23           0,1
Picardie                    2,5         -5,6             -0,1             1,8          -2,4              0,0             3,61            3,73           3,4
Poitou-Charentes            4,6         -6,4             -0,3             5,2          -6,0             -0,3             6,01            6,04           0,5
Provence - Alpes -
Côte d’Azur                 9,2         -5,7             -0,5            12,5          -4,6             -0,6              7,16           7,24           1,1
Rhône-Alpes                11,3         -0,2              0,0            11,2           0,2              0,0              5,24           5,26           0,4
Non déterminé               0,2        -20,5             -0,1             0,2         -19,8             -0,1              4,90           4,95           0,9
Total                      100          -2,8             -2,8             100          -2,3             -2,3              5,31           5,34           0,5
Source : Enquête SDT (DGCIS).

En termes d’espaces touristiques, les campagnes continuent à générer le plus de voyages (un tiers du total), devant
les villes et le littoral (tableau 3). Les espaces littoraux (- 4,1 %), ruraux (- 3,9 %) et de montagne hors stations
(- 4,4 %) sont en recul. Les villes (stabilité) et les stations de ski (légère hausse des voyages) résistent mieux.




Tableau 3 : Évolution 2010/2009 des voyages et des nuitées en France par espace touristique

Type d’espace en France                Voyages                                         Nuitées                              Durée moyenne de voyage
métropolitaine            Structure    Évolution     Contribution à     Structure     Évolution     Contribution à       En 2009        En 2010       Évolution
                          en 2010     2010/2009    l'évolution totale   en 2010      2010/2009    l'évolution totale   (en nuitées)   (en nuitées)   2010/2009
                                        (en %)     (en points de %)                    (en %)     (en points de %)                                     (en %)

Mer                        22,6         -4,1            -0,9             31,2          -3,3             -1,1               7,3            7,4           0,7
Rural                      34,3         -3,9            -1,3             30,9          -2,0             -0,6               4,7            4,8           2,0
Ville                      29,2         -0,1             0,0             20,9          -1,5             -0,3               3,9            3,8          -1,4
Stations de ski             4,7          0,5             0,0              6,3          -3,1             -0,2               7,3            7,1          -3,6
Montagne hors ski           6,0         -4,4            -0,3              7,0          -1,6             -0,1               6,1            6,2           2,9
Non déterminé               3,2         -7,8            -0,3              3,7          -1,3              0,0               5,7            6,1           7,0
Total                     100,0         -2,8            -2,8            100,0          -2,3             -2,3               5,3            5,3           0,5
Source : Enquête SDT (DGCIS).




28                                                                                                                       Bilan de la demande touristique 2010
4. La hausse du nombre de voyages à l’étranger a bénéficié à tous les continents
sauf l’Afrique

En dehors de l’Afrique, en recul de 5 %, tous les autres continents ont bénéficié de la croissance du nombre de
voyages des touristes français à l’étranger (tableau 4) : l’Europe (+ 2,7 %), mais aussi les destinations plus lointaines,
telles l’Amérique (+ 3,3 %) et l’Asie-Océanie (+ 5,2 %).
Le Vieux Continent demeure, et de loin, la principale zone de réception, avec 70,7 % des voyages des Français à
l’étranger (+ 0,8 point par rapport à 2009). L’Espagne reste la destination étrangère favorite des Français, avec
près d’un voyage à l’étranger sur six, et elle renforce sa position (+ 6,4 %), devant l’Italie en recul (- 6,1 %). Par
ailleurs, bénéficiant d’un change favorable, les Français ont davantage fréquenté la Grande-Bretagne (+ 12 %) et
les États-Unis (+ 28,9 %).


Tableau 4 : Évolution 2010/2009 des voyages et des nuitées à l’étranger des touristes résidents selon la zone de
destination

 Destination                             Voyages                                        Nuitées                              Durée moyenne de voyage
                            Structure    Évolution     Contribution à     Structure    Évolution     Contribution à       En 2009        En 2010       Évolution
                            en 2010     2010/2009    l'évolution totale   en 2010     2010/2009    l'évolution totale   (en nuitées)   (en nuitées)   2010/2009
                                          (en %)     (en points de %)                   (en %)     (en points de %)                                     (en %)

Europe                       70,7          2,7             1,9            56,9           6,0              3,4               7,4            7,6           3,2
 dont Espagne                16,4          6,4             1,0            14,8           4,5              0,7               8,7            8,6          -1,7
      Italie                 10,6         -6,1            -0,6              8,4         -0,8             -0,1               7,2            7,6           5,7
Afrique                      14,1         -5,0            -0,7            17,8          -1,0             -0,2              11,4           11,9           4,2
Amériques                     9,6          3,3             0,3            15,9          -0,9             -0,1              16,3           15,7          -4,0
Asie et Océanie               4,0          5,2             0,2              6,5          6,3              0,4              15,2           15,4           1,1
Non déterminé                 1,5         -7,6            -0,1              2,8         -2,7             -0,1              16,7           17,6           5,3
Total                         100          1,5             1,5             100           3,3              3,3               9,3            9,5           1,7

Source : Enquête SDT (DGCIS).


5. L’allongement de la durée des voyages, surtout à l’étranger, a limité le recul
global des nuitées

En 2010, les touristes français ont réalisé un total de 1,14 milliard de nuitées au cours de leurs voyages pour motif
personnel (tableau 1) : 940 millions sur le territoire métropolitain et 205 millions à l’étranger. Du fait de voyages plus
longs à l’étranger (9,5 nuitées contre 5,3), la part des nuitées en métropole (82,1 %) est moins élevée que la part
des voyages (89,1 %).

Comme pour les voyages, dont le nombre a globalement reculé de 2,3 % par rapport à 2009, l’évolution est à
la baisse pour les nuitées : - 1,4 %. Selon qu’il s’agit de séjours en métropole ou à l’étranger, les évolutions sont
contrastées : un recul plus marqué des nuitées dans le premier cas (- 2,3 %), une hausse, comme pour les voyages,
dans le second (+3,3 %).

Qu’il s’agisse du moindre recul par rapport aux voyages des nuitées en métropole ou de leur plus forte croissance à
l’étranger, le différentiel correspond à un allongement de la durée des séjours (+1,0 % au global), plus marqué pour
les voyages à l’étranger (+1,7 %) qu’en métropole (+ 0,5 %). Cet allongement des séjours est le signe encourageant
d’une reprise de l’activité du tourisme. À l’étranger, il a d’autant plus contribué à limiter le recul des nuitées que la
durée moyenne des voyages hors métropole est élevée.

Globalement, l’allongement des séjours a été particulièrement important en fin d’année : la reprise observée sur les
voyages (+ 0,8 %) au quatrième trimestre 2010 est nettement plus forte en termes de nuitées (+ 7,3 %).

Les nuitées en métropole perdues par rapport à 2009 (22,3 millions) représentent l’équivalent d’une semaine entière
de fréquentation touristique des Français sur le territoire en 2009. Alors même que la durée moyenne des séjours
est très variable selon les espaces touristiques (beaucoup plus longues à la mer et à la montagne qu’à la campagne
et à la ville), donc la répartition des nuitées différente de celle des voyages, l’évolution de la fréquentation dans
les territoires est en phase avec celle des arrivées : baisse sur tous les types d’espaces, y compris dans les villes
(- 1,5 %) et des stations de ski (-1,3 %), qui pourtant résistent mieux en termes de voyages. Certaines destinations
régionales, en recul en nombre de voyages, bénéficient toutefois d’une fréquentation en hausse : c’est le cas de
Champagne-Ardenne (+ 3,6 %) et de l’Auvergne (+ 1,5 %).


Bilan de la demande touristique 2010                                                                                                                               29
En 2010, les touristes français ont réalisé 6,5 millions de nuitées de plus qu’en 2009 à l’étranger. Ce sont les destinations
européennes qui connaissent un regain de fréquentation (+ 6,0 %), l’allongement des voyages y contribuant pour plus
de la moitié. Le volume des nuitées des touristes français vers les destinations lointaines reste stable (+ 0,1 %).
Les disparités régionales rendent compte des spécificités socio-économiques : ainsi les Franciliens cumulent un
taux moyen de départ, un nombre moyen de voyages par individu parti et une durée moyenne de voyages élevés
(7,1 nuitées en moyenne en 2010). À l’inverse, les habitants du Nord - Pas-de-Calais réalisent les plus longs voyages
(6,7 nuitées en moyenne) après les Franciliens mais cumulent un faible taux de départ et un faible nombre de
voyages par individu parti.


6. La part des nuitées en hébergements marchands a progressé en 2010

Autre signe de reprise (avec l’allongement des séjours), l’évolution des nuitées est plus favorable aux hébergements
marchands, aussi bien pour les destinations intérieures qu’à l’étranger. En effet, en 2010, en métropole, les nuitées
dans des hébergements marchands n’ont reculé que de 1,6 % contre - 2,7 % pour les nuitées non marchandes et,
à l’étranger, les nuitées payantes ont augmenté de 3,5 % contre seulement + 2,9 % pour les autres (tableau 5). Au
total, toutes destinations confondues, la fréquentation des hébergements marchands est restée stable quand celle
des hébergements non marchands a baissé (- 2,2 %).

Cette évolution n’est toutefois pas assez forte pour remettre en cause les comportements structurels : les Français
ont continué de privilégier l’hébergement marchand pour leurs voyages à l’étranger (68,5 % des nuitées) et
l’hébergement non marchand pour leurs voyages en métropole (67,1 % des nuitées). En métropole, s’agissant de
l’hébergement non marchand, dans plus de 80 % des cas, la famille ou les amis assurent le gîte ; autrement les
Français passent ces nuitées non marchandes dans leur résidence secondaire. Toujours en métropole, les locations,
gîtes et chambres d’hôtes assurent près de la moitié des nuitées marchandes (47,5 %) des touristes résidents, loin
devant les campings (26 %) et les hôtels (18,2 %).

Tableau 5 : Évolution 2010/2009 des nuitées des touristes français en France et à l’étranger selon le type d’hébergement
                                        Ensemble des nuitées                         Nuitées en France                           Nuitées à l’étranger
                             Nombre de       Structure des    Évolution    Structure des Évolution   Contribution     Structure des     Évolution   Contribution
Type d’hébergement           nuitées en       nuitées par    2010/2009      nuitées par  2010/2009   à l'évolution     nuitées par     2010/2009    à l’évolution
                               2010               type         (en %)           type       (en %)        totale            type          (en %)         totale
                            (en millions)   d’hébergement                 d’hébergement               (en points     d’hébergement                   (en points
                                                en 2010                       en 2010                    de %)           en 2010                        de %)
                                                 (en %)                        (en %)                                     (en %)
Hôtel                            150            13,1            3,5            6,0          1,6           0,1            45,5              4,7           2,1
Camping                           87             7,6           -4,4            8,6         -1,9          -0,2             3,3            -26,4          -1,2
Location, gîte
ou chambre d’hôte                173            15,1           -0,6          15,7          -1,2          -0,2            12,7              3,1           0,4
Autre hébergement marchand        40             3,5           -0,5           2,7          -8,6          -0,2             7,0             18,1           1,1
Hébergement marchand             450            39,3            0,0          32,9          -1,6          -0,5            68,5              3,5           2,4
Résidence secondaire du foyer    160            14,0           -1,2          16,4          -2,6          -0,4             3,1             49,2           1,1
Famille                          414            36,2           -1,3          39,8          -1,7          -0,7            19,5              2,1           0,4
Amis                              89             7,8           -4,4           8,2          -5,3          -0,4             5,9              1,3           0,1
Autre hébergement
non marchand                       31             2,7         -11,1            2,7         -9,5          -0,3              3,0           -16,9          -0,6
Hébergement non marchand          695           60,7           -2,2          67,1          -2,7          -1,8            31,5              2,9           0,9
Total des hébergements          1 144            100           -1,4           100          -2,3          -2,3             100              3,3           3,3
Source : Enquête SDT (DGCIS).



7. Légère diminution des voyages par la route

En 2010, les Français ont réalisé, toutes destinations confondues, plus des trois quarts de leurs voyages personnels
par la route (78,1 %), essentiellement en voiture. Néanmoins, sous les effets conjugués des hausses répétées du prix
du carburant et de la concurrence des autres modes de transport, notamment du low cost aérien, la route a cédé un
peu de terrain (- 1,1 point par rapport à 2009). Pour les voyages à l’étranger, l’éruption du volcan islandais Eyjafjöll a
pesé sur la demande de longs voyages en avril-mai (- 5,5 %) mais l’aérien reste logiquement le mode de transport
majoritaire (55,5 %) devant la route (33,7 %).
C’est donc avec les voyages en métropole que le poids de la route est le plus élevé (83,5 %) : les Français n’hésitent
pas à utiliser un réseau routier et autoroutier qui maille très largement le territoire. Loin derrière, le ferroviaire rassemble
près d’un voyage sur sept (13,1 %).



30                                                                                                                     Bilan de la demande touristique 2010
8. En 2010, les Français ont dépensé nettement plus au cours de leurs voyages

En 2010, bien que leurs nuitées aient été moins nombreuses, les Français ont davantage dépensé qu’en 2009 au cours
de leurs voyages pour motif personnel : 60,7 milliards d’euros (tableau 6), soit une hausse assez notable de + 4,9 %.

L’augmentation des dépenses les touristes français est importante pour les voyages en métropole (+ 4,7 %) alors
même que le nombre des nuitées y a reculé en 2010, au contraire de la fréquentation à l’étranger. La dépense
moyenne par nuitée (41 € en métropole, 107 € à l’étranger) a en effet beaucoup plus fortement augmenté pour les
voyages en métropole (+ 7,2 % par rapport à 2009) que pour les voyages à l’étranger (+1,9 %) .
Outre les dépenses d’hébergement (hors forfaits), qui augmentent de 2,7 % en métropole et de 7,7 % à l’étranger, en
partie sous l’effet de l’accroissement de la part des nuitées marchandes, les dépenses de nourriture, de loisirs et de
shopping progressent fortement par rapport à 2009 (respectivement + 9,0 % en métropole et + 6,8 % à l’étranger).

Tableau 6 : Évolution 2010/2009 des dépenses en France et à l’étranger par poste de dépense
                           Ensemble des dépenses          Dépenses des touristes français en France*             Dépenses des touristes français à l’étranger**
                            des touristes français
                                                                   Structure des             Contribution                  Structure des               Contribution
                           Montant 2010 Évolution    Montant 2010 dépenses par Évolution     à l’évolution   Montant 2010 dépenses par Évolution       à l’évolution
                           (en milliards 2010/2009   (en milliards poste en 2010 2010/2009       totale      (en milliards poste en 2010 2010/2009         totale
  Type de dépenses           d’euros)      (en %)      d’euros)       (en %)       (en %)     (en points       d’euros)       (en %)       (en %)       (en points
                                                                                                 de %)                                                     de %)
Dépenses en forfait           12,7         5,2         3,4           8,7          3,5          0,3             9,3           42,3            5,8          2,4
Dépenses en hébergement
(hors forfait)                11,4         3,9         8,7         22,5           2,7          0,6             2,7           12,2            7,7          0,9
Dépenses en transport
(hors forfait)                12,7        -0,4         8,9         22,9           -0,7        -0,2             3,8           17,2            0,1          0,0
Dépenses autres
(hors forfait)                24,0         8,4        17,8         45,9           9,0          4,0            6,2           28,3             6,8          1,9
Total                         60,7         4,9        38,8        100,0           4,7          4,7           22,0          100,0             5,3          5,3
* Hors DOM.
** y compris DOM.
Source : Enquête SDT (DGCIS).


On renoue ainsi avec la situation, régulièrement observée avant la crise (graphique 4), d’une divergence entre, d’une
part, une stabilité ou même un recul des nuitées et, d’autre part, une forte croissance des dépenses, largement du
fait d’une hausse des prix des biens et services liés au tourisme, supérieure à celle de l’ensemble des prix.
Cette situation reflète exclusivement celle des voyages en métropole (près de 90 %). Elle est radicalement différente
pour les voyages à l’étranger : leur nombre s’est accru (+ 1,5 %), celui des nuitées davantage (+ 3,3 %) et le
montant des dépenses plus encore (+ 5,3 %).

Graphique 4 : Évolution des nuitées et de la dépense (valeur, volume et prix) des touristes français en France
                        Indices base 100 en 2005




Source : compte satellite du tourisme (DGCIS).




Bilan de la demande touristique 2010                                                                                                                              31
Premier bilan 2010 du tourisme des étrangers
en France (enquête EVE1)


Synthèse

Dans un contexte de nette reprise du tourisme international en 2010, les arrivées de touristes
étrangers en France (76,8 millions) se sont stabilisées, comme en Espagne. Un léger allongement
des voyages a permis une croissance modérée (+ 0,5 %) du nombre de nuitées (515 millions) par
rapport à 2009. Mais les touristes étrangers ont un peu plus sensiblement réduit leurs dépenses
journalières (-1,1 %), en même temps que la part de l’hébergement marchand. Leur dépense totale2
sur le territoire national a donc légèrement reculé (- 0,6 %), passant de 30,6 en 2009 à 30,4 milliards
d’euros en 2010.
Le dynamisme des arrivées, nuitées et dépenses en France des touristes allemands et des BRIC3 a
été contrecarré par les difficultés d’autres clientèles, notamment européennes.

La reprise du tourisme4 mondial est forte en 2010 avec une hausse des arrivées internationales de 7 % par rapport à
2009. Elle profite surtout à l’Asie (+ 13 %) et, dans une moindre mesure, à l’Amérique (+ 8 %), l’Europe (+3 %) étant
le continent où la reprise est la moins dynamique.

En France, les arrivées de touristes étrangers se stabilisent, après les baisses de 2008 et 2009, au plus fort de la
crise. En Espagne, une légère augmentation (+1%) est observée. Il s’agit cependant de la première hausse depuis
trois ans dans un pays où le secteur du tourisme est stratégique pour l’économie. L’évolution est, par contre, très
favorable pour les États-Unis (+ 11 %), l’autre grand concurrent de la France en matière de tourisme récepteur.

La France a accueilli 76,8 millions de touristes étrangers en 2010, comme en 2009 à un millier près. Toutefois, le
nombre des nuitées passées en France par ces touristes (515 millions) est en légère croissance : 2,7 millions de plus
qu’en 2009, soit une hausse de 0,5 %. Cette hausse résulte donc de l’allongement - mesuré - de la durée moyenne
des voyages des touristes étrangers en France5.

En revanche, le nombre des nuitées en hébergement marchand a légèrement diminué (- 0,7 %), donc leur part dans
l’ensemble des nuitées (68,2 %) également. Ce recul a contribué à la baisse de la dépense journalière moyenne
des touristes étrangers sur le territoire : celle-ci, de l’ordre de 60 euros, s’est réduite de moins d’un euro (- 1,1 %).
La hausse des nuitées a limité l’impact de cette contraction sur la dépense totale des touristes étrangers : elle est
passée de 30,6 milliards à 30,4 milliards entre 2009 et 20106, soit une baisse de 0,6 %. Il s’agit ainsi d’une stabilisation
après deux années de très forte baisse (plus de 10 % entre 2007 et 2009, graphique 1). Ces résultats recouvrent de
très fortes disparités selon le pays d’origine des touristes, dans un contexte de sortie de crise différencié selon les
économies.

Fait majeur de l’année 2010, l’Allemagne et les BRIC se détachent par leur très forte contribution à l’activité touristique
des étrangers en France :

- Les touristes allemands sont venus en France beaucoup plus nombreux qu’en 2009 (+ 6,4 %), contribuant ainsi
pour l’essentiel à l’accroissement du nombre des nuitées. Même si leurs séjours ne se sont que peu allongés et
la part des nuitées en hébergement marchand s’est réduite, expliquant pour partie le léger recul de la dépense
journalière (- 1,7 %), la croissance des nuitées (+ 7,3 %) et des dépenses (+ 5,5 %) sont très vives.
- Grâce à une très forte croissance de leurs arrivées (+ 32,6 %) et de leurs nuitées (+ 31,1 %), les touristes en
provenance des BRIC ont pratiquement contribué à hauteur de la clientèle allemande, malgré leur poids encore limité.

1
  Cf. Annexe 1, p. 51.
2
  Hors transport international.
3
  Brésil, Russie, Inde, Chine.
4
  Au moins une nuit sur le territoire métropolitain, par opposition aux excursionnistes.
5
  6,7 nuits en 2010.
6
  Avec la prise en compte des excursionnistes, la dépense 2010 des visiteurs étrangers atteint 35,1 Mds d’euros, contre 35,5 Mds en 2009, en recul de 1,2 %.




Bilan de la demande touristique 2010                                                                                                                     33
Avec l’augmentation des dépenses journalières (+ 5,0 %), l’accroissement en 2010 de la dépense totale en France
de cette clientèle est impressionnant (+ 37,6 %).

Ainsi, l’activité du tourisme international en France aurait-elle été dynamique en 2010 sans les nouveaux reculs
d’autres clientèles, en premier lieu d’Europe. En effet, hors l’Allemagne et la Russie (on pourrait ajouter les pays
d’Europe centrale, dont les arrivées sont en nette croissance), les arrivées des clientèles européennes reculent de
2,0% et les nuitées d’autant (-1,9 %), la durée des séjours stagnant. Le recul de la dépense de ces clientèles est
beaucoup plus important encore (- 5,1 %), du fait de la baisse de la dépense par nuitée (- 3,3 %) : sur 1 Md de perte
de recettes par rapport à 2009, ce tassement de la dépense journalière en explique 600 millions. La baisse de la part
des nuitées en hébergement marchand y a contribué.

La clientèle britannique7, dont les arrivées reculent encore en 2010 (- 1,0 %), mais plus modérément que les deux
années antérieures, a limité à 0,2 point sa contribution à la baisse du tourisme des Européens en France. Les
touristes britanniques ont fortement allongé leurs séjours en 2010, de sorte que le nombre de leurs nuitées en
France a augmenté de près de 1 %. Cela ne suffit pas, cependant, à maintenir leurs dépenses : celles-ci reculent de
2,3 %, les touristes britanniques comprimant fortement leurs dépenses quotidiennes alors même que la part de leurs
nuitées en hébergement marchand s’accroît.

Les arrivées en provenance de la Belgique et du Luxembourg, clientèle dont le poids est proche de celui de la
clientèle allemande, sont en forte baisse (- 2,6 %), de même que les nuitées (- 2,9 %) et la dépense (- 2,6 %). La
clientèle des Pays-Bas (proche elle aussi en poids des clientèles allemande et belgo-luxembourgeoise) réduit plus
fortement encore ses arrivées mais rallonge sensiblement la durée des séjours, de sorte que le recul des nuitées
n’est que de 0,5 %. La part des nuitées marchandes s’accroissant et, en lien, la dépense journalière, la dépense
totale des touristes néerlandais augmente légèrement.

L’Irlande, le Portugal et la Grèce, pays confrontés à de graves difficultés de soutenabilité de leurs finances publiques,
contribuent significativement à la baisse de l’activité touristique en France (-0,3 point de croissance ensemble, soit
autant que de grosses clientèles comme la Belgique ou les Pays-Bas), alors même que leur poids est faible dans
l’ensemble des touristes étrangers en France. En effet, globalement, le recul de ces clientèles est brutal en 2010 :
-13 % pour les arrivées, -19 % pour les nuitées, la durée des séjours se contractant fortement, et -17 % pour les
dépenses. Les arrivées en provenance d’Espagne, pays confronté a des difficultés de même nature, se stabilisent.
Toutefois, les touristes espagnols réduisent fortement leurs durées de séjours en France, ce qui se solde par une
importante baisse des nuitées (- 6,6 %) donc de leur dépense totale (- 5,3 %).

La clientèle des États-Unis, malgré des arrivées en fort recul (-5,0 %) est, comme celle des Pays-Bas, finalement
contributive en termes de dépenses : grâce à des durées de séjours en hausse sensible (+2,9 %), elle limite la
baisse des nuitées (-2,3 %) ; en outre, une importante hausse des dépenses par nuitée (+4,0 %) assure au final un
accroissement de la dépense totale (+1,7 %).

Les clientèles africaines arrivent nettement moins nombreuses mais rallongent fortement leurs séjours (pourtant déjà
deux fois plus longs que les autres clientèles). La baisse des nuitées est donc limitée et la dépense totale en légère
hausse.




7
    Qui reste la première en termes d’arrivées et de nuitées par pays.




34                                                                                         Bilan de la demande touristique 2010
Bilan 2010 détaillé du tourisme des étrangers en France


1. Nette reprise du tourisme international en 2010

Avec 935 millions d’arrivées en 2010 (tableau 1), le tourisme international repart à la hausse8 (+ 7 %) après le recul
de 2009 (- 4 %), année la plus durement touchée par la crise économique mondiale. Pour autant, cette reprise est
loin d’être uniforme selon les derniers chiffres de l’OMT. L’Asie (192 millions d’arrivées) est le continent qui enregistre
la plus forte progression (+ 13 %), bénéficiant du dynamisme économique de la Chine et de l’Inde. Le continent
européen reste de loin la principale zone de réception en 2010 avec 471 millions d’arrivées, même si l’éruption du
volcan Eyjafjöll et l’incertitude économique planant sur la zone euro ont pesé sur la reprise des arrivées de touristes,
en croissance de 3 % par rapport à 2009 . Les arrivées de touristes ont augmenté de 8% en Amérique, soit un point
de plus que la moyenne mondiale. En Afrique et en Océanie, continents ne recevant que peu de touristes étrangers
(48,7 et 11,6 millions d’arrivées en 2010), la progression se situe légèrement en dessous de la moyenne mondiale
(+6% pour chacun des deux continents).

Tableau 1 : Arrivées de touristes étrangers dans les continents
                                                                                     Part dans       Évolution     Contribution
                                                     2009            2010           l’ensemble      2010/2009      à l’évolution
                                                   (millions)      (millions)         en 2010          (%)         2010/1009
                                                                                        (%)                        (en points)
                      Europe                         457             471              52,1               3            1,6
                      Asie                           170             192              19,4              13            2,5
                      Amériques                      141             151              16,1               8            1,3
                      Océanie                         11              12                1,3              6            0,1
                      Afrique                         46              49                5,2              6            0,3
                      Moyen-Orient                    52              60                5,9             14            0,8
                      Total                          877             935               100               7              7
Source : OMT.



2. Stabilisation pour la France et l’Espagne

Les arrivées de touristes internationaux dans l’Hexagone restent stables à 76,8 millions (tableau 2). Si l’Hexagone
demeure la première destination touristique au monde, les arrivées de touristes étrangers restent en 2010 en deçà
du record de 2007 (80,8 millions de touristes) et également du niveau de 2008 (79,2 millions), année d’entrée dans
la crise économique. Les effets de la crise sur l’activité touristique semblent donc avoir persisté en 2010.

La situation est comparable pour l’Espagne avec une légère augmentation de 1 % par rapport à 2009. Il s’agit
cependant de la première hausse depuis trois ans dans un pays où le secteur du tourisme demeure stratégique
pour l’économie.

Les États-Unis conservent aisément leur deuxième place derrière la France, avec une progression d’arrivées
de touristes étrangers de 11 %. Les pays européens enregistrant les plus fortes hausses peuvent être qualifiés
« d’émergents » en matière de tourisme (certains NEM). La Chine, qui se trouve en quatrième position en 2010, peut
améliorer ce classement dans les années à venir.

S’agissant, plus globalement, des visiteurs étrangers (touristes et excursionnistes), la France en a reçu 189,2 millions
en 2010 (tableau 2). Ce chiffre est en baisse de 1,6% par rapport à 2009 (192,4 millions), du fait de la diminution du
nombre d’excursionnistes9, de 2,7%, celui des touristes étant stable. Le nombre de visiteurs étrangers reste ainsi
en deçà du niveau record de 2008 (193,6 millions). La répartition (59 %/41 %) entre excursionnistes et touristes se
rééquilibre légèrement au profit des touristes.




8
  Pour un continent, il s’agit de la variation de la somme des arrivées d’étrangers dans chacun des pays de la zone et non des arrivées étrangères à la
  zone prise dans son ensemble. Cependant, au niveau mondial, les deux concepts coïncident.
9
  Ceux-ci viennent quasi-totalement des pays européens limitrophes.




Bilan de la demande touristique 2010                                                                                                                 35
Tableau 2 : Arrivées en France de visiteurs étrangers (touristes et excursionnistes)
                                                    Visiteurs en 2010 (millions)                         Évolution 2010/2009 (%)
                                           Total         Touristes       Excursionnistes      Total          Touristes     Excursionnistes

                     Europe                173,4            65,0            108,4              -1,9            -0,4               -2,8
                     Hors Europe            15,8            11,8              4,0               1,7             2,0                0,7
                     Total                 189,2            76,8            112,5              -1,6             0,0               -2,7

Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires.



3. Les arrivées en France : fort rebond des clientèles allemande et des BRIC

La stabilité en 2010 des arrivées en France de touristes étrangers recouvre des évolutions très contrastées selon
leurs zones de résidence. Les cartes géographique et économique des principaux pays de résidence des touristes
internationaux se superposent assez bien :
- forte progression des arrivées en provenance des zones relativement épargnées par la crise économique où ayant rebondi ;
- stabilité ou diminution des arrivées en provenance des zones plus durement affectées et encore en
  convalescence.

3.1. Retour en force des clientèles allemandes et des BRIC

Le premier fait marquant en 2010 est la forte progression, après deux années consécutives de baisse, des
clientèles allemandes, dont les arrivées augmentent de +6,4 % par rapport à 2009, soit près de 700 000 arrivées
supplémentaires (tableau 3). Il s’agit, et de loin, de la plus forte augmentation en nombre d’arrivées de touristes
d’un pays étranger en France. L’Allemagne conforte ainsi sa position de deuxième clientèle étrangère de la France
avec 11,4 millions d’arrivées en 2010. Elle se rapproche du Royaume-Uni qui reste cependant la première clientèle
internationale avec 12,1 millions d’arrivées.

Autre fait marquant : la très forte progression des pays émergents, plus particulièrement des BRIC avec une
croissance de + 32,6 % des arrivées par rapport à 2009. Ainsi, en dépit de leur moindre poids que l’Allemagne
dans les arrivées de touristes étrangers en France (3 % contre 15 %), les BRIC contribuent presque autant (0,8 point
contre 0,9 point) à la croissance des arrivées de touristes étrangers en France. Les BRIC apportent près de 600 000
arrivées supplémentaires par rapport à 2009. À l’image du développement économique de ces pays, les arrivées
de touristes de Chine et du Brésil bondissent respectivement de 23,4 % et 20,1 %. Les chiffres concernant la Russie
et l’Inde sont encore plus impressionnants : +63,8 % et +71,6 %. Ils doivent cependant être relativisés au nombre
encore très limité de touristes originaires de ces pays.
Les arrivées en provenance d’Océanie - essentiellement d’Australie - sont également en forte croissance (+ 9,3 %)
mais leur contribution reste limitée compte tenu du poids encore faible de cette clientèle.

Tableau 3 : Arrivées des touristes étrangers en France selon le continent d’origine

                                        Nombre de touristes (millions)        Part dans     Variation       Évolution        Contribution à
                                                                             l’ensemble    2010/2009       2010/2009     l’évolution 2010/1009
                                             2009           2010            en 2010 (%)     (milliers)        (%)              (en points)
                     Europe                 65,2           65,0               84,7           -235            -0,4               -0,3
                      Allemagne             10,7           11,4               14,8            687             6,4                0,9
                      Russie                 0,3            0,4                0,6            173            63,8                0,2
                      Autres                54,3           53,2               69,3         -1 095            -2,0               -1,4
                     Amériques               5,5            5,6                7,3            111             2,0                0,1
                      États-Unis             3,1            2,9                3,8           -154            -5,0               -0,2
                      Canada                 0,9            0,9                1,2             63             7,2                0,1
                      Brésil                 0,6            0,8                1,0            126            20,1                0,2
                     Asie                    3,1            3,3                4,3            159             5,1                0,2
                      Chine                  0,7            0,9                1,2            173            23,4                0,2
                      Japon                  0,7            0,6                0,8            -98           -14,1               -0,1
                      Inde                   0,2            0,3                0,4            113            71,6                0,1
                     Océanie                 1,1            1,2                1,6            102             9,3                0,1
                     Afrique                 1,8            1,7                2,2           -137            -7,5               -0,2
                      Afrique du Nord        1,3            1,2                1,5           -103            -8,1               -0,1
                     Total                  76,8           76,8               100              -1             0,0                0,0
Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires.




36                                                                                                                           Bilan de la demande touristique 2010
3.2. Nouveau recul des autres clientèles européennes ainsi que des arrivées d’Afrique et
des États-Unis

Grâce à l’afflux des touristes allemands, globalement les arrivées en provenance d’Europe se stabilisent en 2010
(- 0,4 %) après les reculs de - 3,1 % en 2009 et - 2,8 % en 2008, liés à la crise économique.

Pénalisées notamment par un change défavorable, les arrivées de touristes britanniques (tableau 4) reculent encore
en 2010 (- 1,0 %). Cette baisse est toutefois beaucoup plus contenue qu’en 2009 (- 9,8 %) et la perte se « limite » à
un peu plus de 100 000 arrivées. La clientèle italienne est, elle aussi, en léger retrait (- 1,3 %), avec une réduction du
nombre des arrivées du même ordre que celle de la clientèle britannique.

Les arrivées des touristes belges, luxembourgeois et néerlandais sont en baisse plus sensible (- 2,6 % pour les
Belgo-luxembourgeois et - 3,4 % pour les Néerlandais). Compte tenu du poids de ces clientèles, leur contribution
(- 0,7 point, - 530 000 arrivées) à la décroissance des arrivées de touristes étrangers en France efface assez largement
celle, à la croissance, des visiteurs allemands.

Mais, au recul des pays du Benelux, s’ajoute celui, tout aussi important en contribution, de trois autres pays qui ont
en commun de graves problèmes de soutenabilité de leurs finances publiques, difficultés ayant donné lieu à la mise
en place de politiques restrictives : les arrivées en provenance du Portugal, de Grèce et d’Irlande sont en effet très en
retrait par rapport à 2009 (- 5,5 %, - 13,2 % et - 32,2 %), soit une perte globale de 260 000 touristes.

Toutefois, les clientèles européennes constituent toujours l’essentiel des arrivées de touristes internationaux en
France (85 % en 2010).

Le nombre de touristes en provenance des États-Unis est en recul de 5,0 % en 2010 (-150 000 arrivées). Les visiteurs
américains, comme les Britanniques, sont notamment pénalisés par un change défavorable. Les effets de la crise
semblent encore perceptibles sur la première puissance économique mondiale. Ce recul est cependant plus que
compensé par la croissance des arrivées de touristes canadiens (+ 7,2 %) et, plus encore, de la clientèle brésilienne.
Au final, le nombre d’arrivées en provenance du continent américain augmente même de 2,0 % par rapport à 2009.
Le continent américain reste ainsi en 2010 le deuxième en termes d’arrivées de touristes en France, loin derrière
l’Europe mais devant l’Asie.

Comme les arrivées en provenance du continent américain, celles venant du continent asiatique se caractérisent par
des évolutions très contrastées selon les pays. Ainsi, le recul de la clientèle japonaise (-14,1 % soit 100 000 arrivées
de moins qu’en 2009) s’oppose à la croissance très forte des arrivées des touristes de Chine (23,4 %) et d’Inde
(71,6 %), qui représentent ensemble un surcroît de 300 000 arrivées en 2010, très supérieur au recul japonais.
Les arrivées de touristes en provenance d’Afrique sont en recul de 7,5 %.

Tableau 4 : Arrivées de touristes européens en France selon le pays d’origine

                                             Nombre de touristes (millions)     Part dans    Variation     Évolution       Contribution à
                                                                               l’ensemble   2010/2009     2010/2009    l’évolution 2010/1009
                                                    2009          2010        en 2010 (%)    (milliers)      (%)             (en points)
                     Royaume-Uni                    12,2         12,1           15,7          -125          -1,0              -0,2
                     Allemagne, Autriche            11,3         12,1           15,8           796           7,0               1,2
                     Belgique, Luxembourg           10,9         10,6           13,8          -282          -2,6              -0,4
                     Italie                          7,2          7,2            9,3           -96          -1,3              -0,1
                     Pays-Bas                        7,2          7,0            9,1          -249          -3,4              -0,4
                     Suisse                          5,4          5,5            7,1            24           0,4               0,0
                     Espagne                         4,9          4,9            6,4            12           0,3               0,0
                     Finlande,
                     Danemark, Suède                 1,5           1,5           1,9            -21         -1,4               0,0
                     Portugal,
                     Irlande, Grèce                  2,0          1,8            2,3          -259        -12,9               -0,4
                     Autres                          2,5          2,5            3,3           -36         -1,4               -0,1
                        Pologne                      0,4          0,3            0,5           -16         -4,4                0,0
                        Russie                       0,3          0,4            0,6           173         63,8                0,3
                     Europe                         65,2         65,0           84,7          -235         -0,4               -0,4

Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires.




Bilan de la demande touristique 2010                                                                                                           37
4. Globalement, les nuitées augmentent peu mais les situations sont
très contrastées, notamment du fait des variations des durées de séjours


4.1 Globalement, un léger allongement des séjours génère 2,7 millions de nuitées de plus
qu’en 2009

Les touristes internationaux ont réalisé 514,9 millions de nuitées en France en 2010, contre 512,2 millions en 2009 :
une légère hausse, de + 0,5 % soit 2,7 millions de nuitées de plus qu’en 2009, pour la première fois depuis 2007
(tableau 5a). Le niveau reste néanmoins en deçà des années antérieures : 526,2 millions de nuitées en 2008 et 536,3
millions en 2007.

Arrivées et nuitées sont bien sûr corrélées. Néanmoins les écarts d’évolution traduisent les variations de la durée des
séjours. Globalement, leurs arrivées restant stables, l’augmentation du nombre des nuitées des touristes étrangers
s’explique totalement par un allongement (+0,5 % par rapport à 2009) de la durée moyenne (6,7 jours en 2010) de
leurs voyages en France (tableau 5b). Cependant, une fois encore, les évolutions sont très contrastées selon les
pays ou zones de résidence des touristes.

4.2 Les touristes allemands et des BRIC ont peu allongé leurs séjours en France

Comme pour les arrivées, les touristes allemands et des BRIC contribuent largement à l’augmentation d’ensemble des
nuitées étrangères par rapport à 2009 : avec une hausse de 7,3 % les Allemands contribuent pour 1 point au taux de
croissance de 0,5 % et les BRIC, avec une croissance de +31,1 %, contribuent fortement eux aussi (0,9 point). Par
rapport à 2009, ce sont 5,2 millions et 4,4 millions de nuitées supplémentaires que réalisent les touristes de ces deux
zones.

Néanmoins, la contribution des BRIC serait comparable à celle de l’Allemagne si leurs clientèles n’avaient pas réduit
la durée de leurs séjours en France (de 1,1 %) et les touristes allemands augmenté légèrement la leur (+0,8 %) :
alors que le surcroît de nuitées allemandes en 2010 est dû pour plus de 600 000 à l’allongement des séjours, il est
réduit de près de 300 000 nuitées pour les BRIC du fait de voyages plus courts.

Toutefois, au sein des BRIC, les situations sont contrastées : ainsi, alors que Brésiliens et Russes réduisent
sensiblement la durée de leurs voyages en France (de - 6,6 % et - 3,7 %), les touristes en provenance de l’Inde
augmentent fortement (+10,4 %) la leur. Mais, les taux de croissance des arrivées des touristes en provenance de
ces pays sont si élevés que l’effet « durées de séjours » reste dans tous les cas secondaire.

Une façon plus frappante de présenter ces chiffres est de les exprimer en journées d’activité supplémentaires
par rapport à l’année 2009 : en 2009, près de 200 000 touristes allemands étaient, en moyenne, quotidiennement
présents sur le territoire national. Le surcroît de nuitées allemandes en 2010 correspond à 27 de ces « jours moyens
de 2009 ». Pour les BRIC, le surcroît est de 113 jours ! (cf. dernière colonne des tableaux 5a et 6a).

4.3 Outre celle des BRIC, la fréquentation de certaines clientèles, notamment européen-
nes, a pâti d’une réduction de la durée des séjours

Les nuitées des touristes belges et luxembourgeois (tableau 6b) ne sont que peu impactées par la durée de leurs
séjours, qui reste assez stable en moyenne, et ne creuse donc pas un recul déjà très important de 1,7 million de
nuitées, résultant d’arrivées en forte baisse.

Par contre, les touristes en provenance du Portugal et d’Irlande, pays durement touchés par la crise, sont arrivés
non seulement moins nombreux en France mais, en outre, y sont restés moins longtemps : la réduction des séjours
explique la moitié de la perte de nuitées.

L’intégralité des pertes de nuitées des touristes suisses et espagnols s’explique par le fort recul de la durée de leurs
séjours. Ces pertes sont particulièrement importantes s’agissant des touristes espagnols : plus de 1,6 million de
nuitées par rapport à 2009.



38                                                                                        Bilan de la demande touristique 2010
Le recul relatif des nuitées des touristes japonais est beaucoup plus fort : -14,3 % par rapport à 2009, ce qui
représente une perte en nombre de nuitées équivalente à celle des touristes américains (600 000). Les séjours sont
restés de durée à peu près égale.

4.4 L’allongement des séjours a joué fortement pour d’autres clientèles : Royaume-Uni,
Pays-Bas, États-Unis et Afrique

Les nuitées britanniques sont en hausse (+ 700 000) du fait de l’allongement des séjours, sans lequel on enregistrerait
une perte d’un nombre équivalent de nuitées.

Les nuitées de la clientèle des Pays-Bas sont en baisse (près de 300 000 nuitées de moins qu’en 2009), mais le
résultat aurait été bien pire sans le million et demi de nuitées généré par l’allongement des séjours.

Au total, hors les cas notables de l’Allemagne et de la Russie, la majorité des pays d’Europe reculent en termes
de nuitées : globalement la perte de 6 millions de nuitées par rapport à 2009, aurait été pire sans l’allongement
des séjours (principalement des touristes britanniques et des Pays-Bas), source de près d’un million de nuitées
supplémentaires.

Les nuitées des touristes venant des États-Unis sont elles aussi en baisse, de 2,3 %, par rapport à 2009, soit 600 000
nuitées en moins. Là encore, l’allongement des séjours a limité les pertes, qui auraient été doublées sinon.

Enfin la baisse importante des nuitées de la clientèle d’Afrique (près de 700 000) aurait été là encore bien pire sans
l’effet d’allongement des séjours (+1,2 million de nuitées, toutes choses égales par ailleurs) beaucoup plus marqué
qu’avec la clientèle américaine. Cet allongement est remarquable, la clientèle africaine ayant des durées de séjours
deux fois plus longues que les autres.


Tableau 5a : Nuitées des touristes étrangers en France selon le continent d’origine

                                                                           Part dans   Variation du    Évolution   Contribution Variation
                                           Nombre de nuitées (millions)   l’ensemble   nombre de      2010/2009    à l’évolution d’activité en
                                                                            en 2010      nuitées         (%)       2010/1009        jours
                                              2009           2010
                                                                              (%)       (milliers)                  (en points)   par an (*)
                      Europe                 405,1         405,3           78,7           205           0,1            0,0          0,2
                       Allemagne              70,8          75,9           14,7         5 174           7,3            1,0         26,7
                       Russie                  2,3           3,7            0,7         1 347          57,7            0,3        210,5
                       Autres                332,0         325,7           63,3        -6 316          -1,9           -1,2         -6,9
                      Amériques               48,3          49,1            9,5           872           1,8            0,2          6,6
                       États-Unis             25,9          25,3            4,9          -595          -2,3           -0,1         -8,4
                       Canada                  8,7           9,6            1,9           878          10,1            0,2         36,9
                       Brésil                  5,1           5,7            1,1           622          12,2            0,1         44,4
                      Asie                    24,6          26,0            5,0         1 393           5,7            0,3         20,7
                       Chine                   5,4           6,7            1,3         1 308          24,3            0,3         88,7
                       Japon                   4,2           3,6             0,7         -598         -14,3           -0,1        -52,3
                       Inde                    1,2           2,3             0,5        1 095          89,5            0,2        326,6
                      Océanie                  9,0           9,8            1,9           889           9,9            0,2         36,2
                      Afrique                 25,2          24,6             4,8         -669          -2,7           -0,1         -9,7
                       Afrique du Nord        17,9          17,6             3,4         -272          -1,5           -0,1         -5,6
                      Total                  512,2         514,9            100         2 689           0,5            0,5          1,9
(*) En 2009, en moyenne près de 200 000 touristes allemands étaient présents par jour sur le territoire national, générant autant de nuitées. Le surcroît
de nuitées en 2010 correspond à 27 jours supplémentaires de présence des touristes allemands sur le territoire.
Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires.




Bilan de la demande touristique 2010                                                                                                                  39
Tableau 5b : Impact de la durée des séjours selon le continent d’origine

                                                 Durée moyenne                 Évolution                  Variation                dont liée à la
                                                   des séjours                2010/2009                 du nombre de                variation de
                                                    en 2010                      (%)                       nuitées                 la durée des
                                                (nombre de nuits)                                         (milliers)             séjours (milliers)
                     Europe                             6,2                     0,4                         205                      1 409
                      Allemagne                         6,7                     0,8                       5 174                        627
                       Russie                           8,3                    -3,7                       1 347                       -143
                      Autres                            6,1                     0,1                      -6 316                        925
                     Amériques                          8,8                    -0,2                         872                       -271
                      États-Unis                        8,7                     2,9                        -595                        709
                      Canada                           10,2                     2,7                         878                        250
                      Brésil                            7,6                    -6,6                         622                       -404
                     Asie                               7,9                     0,5                       1 393                         82
                      Chine                             7,3                     0,7                       1 308                         46
                      Japon                             6,0                    -0,3                        -598                         -9
                      Inde                              8,5                    10,4                       1 095                        219
                     Océanie                            8,2                     0,6                         889                         54
                     Afrique                           14,6                     5,3                        -669                      1 234
                      Afrique du Nord                  15,1                     7,2                        -272                      1 178
                     Total                              6,7                     0,5                       2 689                      2 508

Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires.


Tableau 6a : Nuitées des touristes européens en France selon le pays d’origine
                                                                          Part dans      Variation du      Évolution   Contribution Variation
                      Principaux pays     Nombre de nuitées (millions)   l’ensemble      nombre de        2010/2009    à l’évolution d’activité en
                      européens
                                                                           en 2010         nuitées           (%)       2010/1009        jours
                      clients                2009           2010
                                                                             (%)          (milliers)                    (en points)   par an (*)
                     Royaume-Uni         77,0               77,7          15,1              684              0,9           0,2           3,2
                     Allemagne, Autriche 76,2               82,9          16,1            6 640              8,7           1,6          31,8
                     Belgique,
                     Luxembourg          59,5               57,8          11,2           -1 718             -2,9          -0,4         -10,5
                     Italie              40,7               40,4           7,8             -278             -0,7          -0,1          -2,5
                     Pays-Bas            54,2               53,9          10,5             -283             -0,5          -0,1          -1,9
                     Suisse              28,5               27,9           5,4             -614             -2,2          -0,2          -7,9
                     Espagne             24,7               23,1           4,5           -1 628             -6,6          -0,4         -24,0
                     Finlande,
                     Danemark, Suède      9,4                  9,1          1,8             -304            -3,2          -0,1         -11,8
                     Portugal,
                     Irlande, Grèce      14,2              11,5            2,2           -2 700           -19,0           -0,7        -69,4
                     Autres              20,7              21,1            4,1              405             2,0            0,1          7,2
                        Pologne           3,1               3,1            0,6               23             0,7            0,0          2,7
                        Russie            2,3               3,7            0,7            1 347            57,7            0,3        210,5
                     Europe             405,1             405,3           78,7              205             0,1            0,1          0,2

(*) cf. tableau 5a.
Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires.


Tableau 6b : Impact de la durée des séjours des touristes européens
                                                 Durée moyenne                 Évolution                  Variation                dont liée à la
                      Principaux pays
                                                   des séjours                2010/2009                 du nombre de                variation de
                      européens
                                                    en 2010                      (%)                       nuitées                 la durée des
                      clients
                                                (nombre de nuits)                                         (milliers)             séjours (milliers)
                     Royaume-Uni                         6,4                       1,9                      684                      1 474
                     Allemagne, Autriche                 6,8                       1,6                    6 640                      1 291
                     Belgique, Luxembourg                5,4                      -0,3                   -1 718                       -176
                     Italie                              5,6                       0,6                     -278                        258
                     Pays-Bas                            7,7                       3,0                     -283                      1 585
                     Suisse                              5,1                      -2,6                     -614                       -741
                     Espagne                             4,7                      -6,8                   -1 628                     -1 690
                     Finlande, Danemark, Suède           6,2                      -1,8                     -304                       -171
                     Portugal, Irlande, Grèce            6,6                      -7,1                   -2 700                       -873
                     Autres                              8,4                       3,4                      405                        453
                        Pologne                          8,8                       5,4                       23                        157
                        Russie                           8,3                      -3,7                    1 347                       -143
                     Europe                              6,2                       0,4                      205                      1 409
Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires.




40                                                                                                                               Bilan de la demande touristique 2010
5. La part de l’hébergement marchand se réduit à nouveau …

En 2010, les touristes internationaux ont réalisé en moyenne un peu plus des deux tiers (68,2 %) de leurs nuitées en
hébergement marchand10. Cette part s’est à nouveau réduite (elle était de 69 % en 2009), en recul chez les clientèles
de tous les continents sauf d’Amérique et d’Océanie. La part de l’hébergement marchand est plus forte pour les
clientèles lointaines (72 % des nuitées des touristes américains et 83 % des nuitées des Océaniens). À l’inverse,
seulement 41% des nuitées des touristes venant d’Afrique sont réalisées en hébergement payant : s’agissant de la
« destination France », ces clientèles ont plus facilement l’opportunité de profiter d’un point de chute dans la famille
ou chez des amis.

Tableau 7 : Évolution des nuitées en hébergement marchand entre 2005 et 2010
                                                    Total des nuitées                            Nuitées marchandes
                                              Nombre          Évolution annuelle    Nombre      Évolution annuelle    Part dans le total
                                             (millions)               (%)          (millions)           (%)           des nuitées (%)

                        2005                  502,7                -0,1             344,5             -2,5                  68,5
                        2006                  513,7                 2,2             358,8              4,1                  69,8
                        2007                  536,3                 4,4             373,3              4,0                  69,6
                        2008                  526,2                -1,9             366,3             -1,9                  69,6
                        2009                  512,2                -2,7             353,3             -3,5                  69,0
                        2010                  514,9                 0,5             350,9             -0,7                  68,2
Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires.


L’arbitrage entre hébergement marchand et non marchand est, avec la durée des séjours (cf. 4. supra) et la dépense
(cf. 6 infra) un levier budgétaire important en période de difficultés économiques. De fait, alors que le nombre de
nuitées marchandes avait fortement augmenté avant la crise économique, de l’ordre de 4 % l’an en 2006 et 2007, il
a reculé de 2 % en 2008 et plus encore en 2009 : - 3,5 %. Aussi, l’année 2010, avec un tassement de 0,7 %, augure-
t-elle d’un retour à la normale (tableau 7).

Les marges de manœuvre à court terme sont réelles. La réduction du nombre de nuitées marchandes peut en effet
se solder par une perte sèche de nuitées. Elle peut également être compensée, en tout ou partie, par le recours à des
hébergements non marchands dans la famille ou chez des amis. Enfin, les propriétaires de résidences secondaires
en France peuvent modifier cet équilibre en recourant à ces résidences ou à des voyages en hébergements
payants – hôtels, chambres d’hôtes, etc. – qui leur permettent de découvrir de nouvelles régions. Ces marges sont
évidemment variables d’un pays à l’autre, certains, comme les pays d’Afrique, ayant davantage d’opportunités de
telles compensations.

De fait, les clientèles d’Afrique ont fortement réduit en 2009 leurs nuitées marchandes : -12,3 % soit 1,4 million de
nuitées en moins. Cette évolution est cohérente avec le doublement de la durée des séjours et semble correspondre
à un recours accru à l’hébergement dans la famille ou chez des amis (tableau 8). De même, les trois quarts du recul
des nuitées de la clientèle espagnole correspondent à celui des nuitées marchandes : 1,2 million sur un total de
1,4 million de nuitées perdues. Mais, au contraire des clientèles d’Afrique, les touristes espagnols ont fortement
réduit la durée de leurs séjours, ne compensant que peu par l’hébergement non marchand. De même, le recul
des nuitées des clientèles du Portugal, de la Grèce, de l’Irlande, pays confrontés à des difficultés budgétaires plus
graves encore, sont exclusivement celles des nuitées marchandes, l’hébergement non marchand - très important
pour ces pays (45 % globalement) - étant resté stable en 2010.

À l’opposé, les touristes en provenance d’Océanie, de l’ensemble « Belgique- Pays-Bas-Royaume-Uni » et d’Amérique
ont fortement accru leur nuitées marchandes.

Enfin, entre les deux, les clientèles allemande et asiatique ont accru le nombre des leurs nuitées marchandes en
2010, mais moins que les nuitées non marchandes.

Au total, alors que la fréquentation des clientèles étrangères a renoué avec la croissance, l’hébergement marchand
reste en recul avec la perte de 2,4 millions de nuitées par rapport à 2009.


10
     Hôtel, camping, location d’appartement ou de maison, etc.




Bilan de la demande touristique 2010                                                                                                       41
Tableau 8 : Nuitées en hébergement marchand selon le continent ou le pays d’origine

                                                         Part en 2010            Part           Variation         Variation    Évolution des     Contribution à
                             Nombre de nuités
                                                          des nuitées        des nuitées     du nombre total    du nombre        nuitées         l’évolution du
                            marchandes (millions)
                                                      marchandes de la       marchandes        de nuitées        de nuitées    marchandes      nombre des nuitées
                                                    zone dans le total des dans l’ensemble      (milliers)      marchandes      2010/2009         marchandes
                             2009           2010
                                                     nuitées marchandes      des nuitées                          (milliers)        (%)            2010/2009
                                                              (%)            en 2010 (%)                                                            (en point)

Europe                   285,4             280,7            80,0               69,3                 205             -4 650           -1,6               -1,3
 Allemagne                51,6              53,8            15,3               70,8               5 174              2 163            4,2                0,6
  Royaume-Uni             52,7              53,9            15,3               69,3                 684              1 161            2,2                0,3
  Pays-Bas                43,5              44,1            12,6               81,8                -283                587            1,3                0,2
  Belgique                39,1              40,3            11,5               74,4              -1 592              1 190            3,0                0,3
  Italie                  29,5              29,2              8,3              72,4                -278               -254           -0,9               -0,1
  Espagne                 15,9              14,6              4,2              63,3              -1 628             -1 245           -7,8               -0,4
  Grèce, Irlande, Portugal 9,1               6,4              1,8              55,3              -2 700             -2 781          -30,4               -0,8
Amériques                 32,9              34,9            10,0               71,1                 872              1 990            6,0                0,6
Asie                      16,4              17,0              4,8              65,4               1 393                656            4,0                0,2
Océanie                    7,2               8,2              2,3              83,3                 889              1 020           14,2                0,3
Afrique                   11,5              10,1              2,9              41,0                -669             -1 416          -12,3               -0,4
Total                    353,3             350,9             100               68,2               2 689             -2 400           -0,7               -0,7

Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires.




6. … contribuant ainsi à une légère baisse de la dépense des touristes
étrangers

Avec la durée des séjours et l’arbitrage entre hébergement marchand et non marchand, la dépense journalière est le
troisième levier dont disposent les touristes pour ajuster leurs activités touristiques à leur budget, surtout en période
de crise ou de sortie de crise. La dépense journalière est d’ailleurs liée à l’arbitrage entre hébergement marchand
et non marchand, l’hébergement étant un poste des plus importants de la dépense totale. À cet égard, comme
l’indique le tableau 9, on observe une étroite corrélation entre l’évolution du poids de l’hébergement marchand entre
2009 et 2010 et celui de la dépense journalière :


Tableau 9 : Évolution 2010/2009 de la part de l’hébergement marchand et de la dépense quotidienne selon le continent
d’origine
                                                          Évolution de la part                        Évolution
                                                     de l’hébergement marchand                      de la dépense
                                                     dans l’ensemble des nuitées                      par nuitée
                                                                  (%)                                     (%)
                     Europe                                    -1,7                                   -2,5
                     Amériques                                  4,2                                    2,3
                     Asie                                      -1,6                                   -3,2
                     Océanie                                    3,9                                   22,8
                     Afrique                                   -9,9                                    3,9
                     Total                                     -1,2                                   -1,1
Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires.


De fait, pour l’ensemble des touristes étrangers en France, comme le poids de l’hébergement marchand, la dépense
journalière a légèrement reculé, passant de 59,8 à 59,1 euros (tableau 10b), soit une baisse de 1,1 %. Le nombre
total de nuitées des touristes ne s’est cependant pas suffisamment accru (+0,5 %) pour permettre une augmentation
de la dépense totale des touristes étrangers en France : elle a atteint 30,4 milliards d’euros en 2010, contre
30,6 milliards en 2009, soit une baisse de 0,6 % (tableau 10a). Il s’agit d’une stabilisation après deux années de très
forte baisse (plus de 10% entre 2007 et 2009, graphique 1).

Une fois encore, selon les zones de provenance, les évolutions sont contrastées. La dépense est en baisse pour les
clientèles d’Europe prises dans leur ensemble, pour lesquelles une trop faible hausse de 0,1 % des nuitées ne permet
pas de contrecarrer une baisse de la dépense journalière de 2,5 %, en partie liée au recul du marchand. La dépense
des touristes allemands (+5,5 %) est un peu moins dynamique que celle des nuitées (+7,3%) du fait notamment de



42                                                                                                                        Bilan de la demande touristique 2010
la baisse du poids des hébergements marchands. Même phénomène avec les clientèles d’Asie : + 2,3 % pour la
dépense totale, le recul de la dépense journalière (-3,2 %) réduisant l’impact de la forte hausse des nuitées (5,7 %).
La dépense des clientèles américaines est à l’opposée : la hausse de la dépense journalière (2,3 %), sous l’action
d’une hausse sensible de la part des nuitées marchandes, renforce une hausse plus modeste des nuitées et assure
ainsi une croissance respectable de la dépense totale (+4,1 %). Enfin, les clientèles d’Afrique, malgré une forte
baisse de la part de l’hébergement marchand, augmentent leur dépense journalière (de 2 euros en moyenne). Leur
dépense quotidienne est structurellement faible, de l’ordre de 50 euros, de sorte que l’augmentation de certaines
dépenses a un impact plus fort. Enfin, la faible part des nuitées marchandes (à peine plus de 40 % contre près de
70 % pour l’ensemble des touristes étrangers) réduit mécaniquement l’effet d’une baisse de leur poids.


Tableau 10a : Dépenses des touristes étrangers en France selon le continent d’origine
                                            Dépense des touristes             Part dans         Variation         Évolution          Contribution
                                              (milliards d’euros)            l’ensemble         (millions        2010/2009           à l’évolution
                                                                               en 2010          d’euros)            (%)              2010/1009
                                             2009            2010
                                                                                 (%)                                                 (en points)
                     Europe                  24,1           23,5               77,4              -591              -2,5                     -1,9
                      Allemagne               4,3            4,5               14,8               236               5,5                      0,8
                      Russie                  0,1            0,3                 1,0              185             152,3                      0,6
                      Autres                 19,7           18,7               61,5             -1012              -5,1                     -3,3
                     Amériques                3,1            3,2               10,6               128               4,1                      0,4
                      États-Unis              1,7            1,7                 5,6               28               1,7                      0,1
                      Canada                  0,5            0,6                 2,0               93              17,6                      0,3
                      Brésil                  0,4            0,4                 1,5               36               8,9                      0,1
                     Asie                     1,5            1,5                 5,0               34               2,3                      0,1
                      Chine                   0,3            0,4                 1,3               61              19,0                      0,2
                      Japon                   0,3            0,3                 0,9              -26              -8,8                     -0,1
                      Inde                    0,1            0,1                 0,4               60             102,7                      0,2
                     Océanie                  0,6            0,9                 2,8              222              35,0                      0,7
                     Afrique                  1,3            1,3                 4,3               14               1,1                      0,0
                      Afrique du Nord         0,7            0,9                 2,9              147              20,5                      0,5
                     Total                   30,6           30,4                100              -192              -0,6                     -0,6

Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires.




Tableau 10b : Impact de la dépense journalière selon la zone d’origine
                                                    Évolution de la dépense par nuitée                        Effet sur la dépense totale
                                                Montant (en euros)                  Évolution                Variation         dont liée à la
                                                                                   2010/2009                 (millions        variation de la
                                             2009                   2010              (%)                    d’euros)       dépense par nuitée
                                                                                                                             (millions d’euros)
                     Europe                  59,5                   58,1               -2,5                   -591                -563
                      Allemagne              60,5                   59,5               -1,7                    236                 -77
                      Russie                 51,9                   83,0               60,0                    185                 115
                      Autres                 59,4                   57,4               -3,3                 -1 012                -601
                     Amériques               64,2                   65,6                2,3                    128                  65
                      États-Unis             65,2                   67,8                4,0                     28                  67
                      Canada                 60,9                   65,1                6,8                     93                  40
                      Brésil                 79,4                   77,1               -2,9                     36                 -13
                     Asie                    59,9                   58,0               -3,2                     34                 -39
                      Chine                  59,6                   57,1               -4,3                     61                 -17
                      Japon                  70,5                   75,0                6,4                    -26                  16
                      Inde                   47,6                   50,9                7,0                     60                   8
                     Océanie                 70,9                   87,0               22,8                    222                 159
                     Afrique                 50,7                   52,7                3,9                     14                  55
                      Afrique du Nord        40,4                   49,4               22,3                    147                 158
                     Total                   59,8                   59,1               -1,1                   -192                -322
Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires.




Bilan de la demande touristique 2010                                                                                                                 43
Graphique 1 : Évolution de la dépense en France des visiteurs étrangers




Source : Compte satellite du tourisme (DGCIS).




44                                                                        Bilan de la demande touristique 2010
Zoom 1 : La part des touristes étrangers en transit diminue régulièrement
depuis plusieurs années

En raison de sa situation géographique centrale, la France est traditionnellement un pays de passage pour les
étrangers voyageant en Europe. Les pays voisins ou ceux pour lesquels la France est un point de passage naturel
vers d’autres destinations européennes sont les principaux concernés. Ainsi, 30 % des touristes espagnols arrivant
en France sont en transit (c.-à-d. restent au maximum deux nuits dans le pays avant de repartir vers leur destination
touristique). Suivent ceux du Royaume-Uni (19 %) et du Portugal (18 %).

Néanmoins, en dehors d’une légère remontée en 2008, le poids des touristes internationaux en transit en France est
en diminution régulière depuis 2006, passant de 14,6 % à 13,8 % en 2010. Cette évolution est liée à celle des modes
de transport : le poids de la « route », beaucoup plus important dans les modes utilisés par les touristes étrangers
en transit (graphique 1a), diminue tendanciellement au sein de cette population depuis 2005, au profit des autres
modes de transport, notamment l’aérien (graphique 1b).




Graphique 1a : Les arrivées de touristes étrangers en France selon les différents modes de transport en 2010
        a. Ensemble des arrivées                                                 b. Transit




Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires.




Graphique 1b : Évolution des modes de transport des touristes en transit
Part de chacun des modes, en %




Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires.




Bilan de la demande touristique 2010                                                                              45
Zoom 2 : Les voyages de 2 à 7 nuitées occupent une part grandissante

Les trois quarts des touristes internationaux ne restent pas plus d’une semaine en France (graphique 2a). L’afflux
progressif des clientèles lointaines fait mécaniquement diminuer la part des voyages d’une seule nuitée (graphique 2b).
À l’autre extrême, moins de 8 % des touristes internationaux séjournent en France pendant plus de 15 jours. On
observe un tassement des séjours de plus de 7 nuits.




Graphique 2a : Les voyages des touristes étrangers en France en 2010 selon leur durée
                                                                29 nuits et
                                                                  plus
                                                15 à 28 nuits     2%
                                                      6%                      1 nuit
                                                                              18%

                                         8 à 14 nuits
                                              16%


                                                                                       2 nuits
                                                                                        14%




                                                4 à 7 nuits                     3 nuits
                                                    30%                          14%


Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires.




Graphique 2b : Évolution de la répartition (en %) des voyages des touristes étrangers en France selon leur durée




Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires.




46                                                                                               Bilan de la demande touristique 2010
Nº 14 - juillet 2011

        oc
  direction générale de la compétitivité
  de l’industrie et des services

                                                  de la direction générale de la compétitivité, de l'industrie et des services




     Le tourisme en France en 2010 : moins de voyages mais
plus de dépenses pour les Français, activité stable pour les étrangers

       En 2010, le taux de départ des                       1. Voyages, nuitées et durée des séjours des Français
Français en voyage pour motif personnel                                  en France* et à l’étranger**
a baissé de 2,1 points par rapport à 2009.
                                                                                              Nombre
Néanmoins, les touristes résidents ont                                                      (en millions)
                                                                                                                  Structure       Évolution
                                                                                                                                                 Contribution
sensiblement allongé leurs séjours, accru                                                                           2010         2010/2009
                                                                                                                                                (points de %)
                                                                                          2009        2010           (%)            (%)
la part de leurs nuitées en hébergement
marchand et augmenté fortement leurs                 Voyages         En France            181         176             89,1         -2,8             -2,5
dépenses. Cette situation de stabilité, ou                          À l'étranger           21          22             10,9          1,5              0,2
de recul, des nuitées et de forte croissance                               Total          202         198             100          -2,3             -2,3
des dépenses était régulièrement observée            Nuitées         En France           962          940             82,1         -2,3             -1,9
avant la crise. Elle reflète seulement celle                         À l'étranger         198          205             17,9          3,3              0,6
des voyages en métropole : le nombre des                                   Total       1 160        1 144             100          -1,4             -1,4
voyages à l’étranger s’est accru, celui des                                           Durée moyenne des séjours
                                                                                                                                           Évolution
nuitées et des dépenses davantage.                                                           (en nuitées)
                                                                                                                                          2010/2009
       Dans un contexte de nette reprise                                           2009                        2010                          (%)
du tourisme international en 2010, les
                                                     En France                     5,31                        5,34                           0,5
arrivées de touristes étrangers en France se         À l'étranger                  9,31                        9,47                           1,7
sont stabilisées. Un léger allongement des           Total                         5,73                        5,79                           1,0
voyages a permis une croissance modérée              * Hors DOM ; ** y compris DOM.
du nombre de nuitées par rapport à 2009.             Source : Enquête SDT (DGCIS).
Le dynamisme des arrivées et des nuitées
en France des touristes allemands et des             2010 est mécaniquement en baisse lui aussi              rapport à la même période de 2009 et
BRIC contraste avec les difficultés de la             (- 2,3 % par rapport à 2009), soit 197,5                - 4,5 % sur la période de mai à septembre. La
plupart des autres clientèles, notamment             millions de voyages pour motif personnel                demande de voyages est toutefois repartie au
                                                     en 2010. La baisse est donc sensible après              dernier trimestre 2010 (+ 0,8 %).
européennes.
                                                     une quasi-stabilité en 2009 (- 0,1 % par
                                                     rapport à 2008).                                           La plupart des régions françaises
   En 2010, les Français sont
                                                                                                                ont enregistré un recul
   moins nombreux à être partis
                                                        Moins de voyages en France                              des arrivées de touristes français
   en voyage pour motif personnel
                                                        mais plus à l’étranger
                                                                                                                    La majorité des régions ont pâti du recul
        En 2010, le taux de départ des Français
                                                            Selon qu’il s’agit de voyages en                 des voyages des Français en métropole, en
(15 ans ou plus) en voyage pour motif                                                                        particulier certaines régions emblématiques
personnel s’est établi à 75,9 %, en baisse de        métropole ou à l’étranger, les évolutions
                                                     ne sont pas du tout les mêmes : alors que               de l’activité touristique comme PACA, avec
2,1 points par rapport à 2009 (graphique 1).                                                                 une baisse de 5,7 % du nombre de voyages de
Le calendrier 2010, avec un nombre de jours          le nombre de voyages en métropole s’est
                                                                                                             résidents dans la région en 2010. A contrario,
fériés et de ponts plus réduit qu’en 2009, a         replié de 2,8 %, les Français voyagent de
                                                                                                             quelques régions ont tiré leur épingle du jeu :
contribué à la diminution du taux de départ          plus en plus à l’étranger : + 1,5 % en 2010
                                                                                                             la Corse (+ 5,5 %), la Basse-Normandie
en courts séjours.                                   après + 1,0 % en 2009. Néanmoins, la
                                                                                                             (+ 3,6 %) ou encore la Lorraine (+ 6,8 %).
        La baisse du taux de départ en 2010          part des voyages à l'étranger reste encore              Le nombre de voyages des Français est
concerne toutes les catégories de ménages :          limitée (11 %), de sorte que leur hausse                également orienté à la hausse pour la région
les ouvriers (- 3,0 points), les employés            ne permet pas de compenser la baisse des                capitale (+ 1,6 %). Avec près de 14 millions
(- 3,1 points) et, dans une moindre mesure, les      voyages en métropole.                                   de voyages personnels réalisés en 2010, l’Île-
ménages dont le chef est un cadre supérieur                 La baisse des voyages des Français               de-France est restée dans le trio de tête des
ou bien exerce une profession intellectuelle         en 2010 n’est pas uniforme sur l’année : le             régions touristiques préférées des Français,
supérieure (- 1,5 point).                            recul est plus marqué sur la période estivale,          derrière Rhône-Alpes (19,9 millions) et
        Le nombre des voyages réalisés en            - 3,2 % sur la période juillet-août par                 PACA (16,2 millions).


                                                                            I
 Bilan de l’offre touristique 2010                                                                                                                     47
En termes d’espaces touristiques, les
campagnes continuent à générer le plus de                                   1. Taux de départ* en 2009 et 2010 et
voyages (un tiers du total) devant les villes et                        évolution 2010/2009 du nombre de voyages*
le littoral (tableau 2). Les espaces, littoraux                    des touristes français selon la PCS du chef de ménage
(- 4,1 %), ruraux (- 3,9 %) et de montagne                                                                                                                                                    Évolution du
hors stations (- 4,4 %) sont en recul. Les                   Taux de départ                                                                                                                    nombre de
                                                                (en %)                                                                                                                       voyages (en %)
villes (stabilité) et les stations de ski (légère                                                                                        Taux de départ en 2009
                                                                 100                                                                                                                                     3,0
hausse des voyages) résistent mieux.                                                        93,9
                                                                                                   92,4                                  Taux de départ en 2010
                                                                 90                                            89,3                      Évolution 2010/2009 du nombre de voyages (en %)                 2,0
                                                                                                                      86,9
   La hausse du nombre de voyages                                                                                               79,6
                                                                                                                                                                                          78,0 75,9
                                                                 80     76,3 1,8                                                                                                                         1,0
   à l’étranger a bénéficié à tous les                                               73,6
                                                                                                                                       76,5
                                                                                                                                                 71,8              71,1
                                                                                                                                                        68,8              69,8
   continents sauf l’Afrique                                     70                                                                                                                                      0,0
                                                                                                 -1,4             -1,2
                                                                 60                                                                                                   -2,0                    -2,3       -1,0
       En dehors de l’Afrique, en recul de
5 %, tous les autres continents ont bénéficié                     50
                                                                                                                                  -4,6
                                                                                                                                                                                                         -2,0

de la croissance du nombre des voyages                           40                                                                                -6,2                                                  -3,0
des touristes français à l’étranger : l’Europe
(+ 2,7 %), mais aussi les destinations plus                      30                                                                                                                                      -4,0

lointaines, telles l’Amérique (+ 3,3 %) et                       20                                                                                                                                      -5,0
l’Asie-Océanie (+ 5,2 %). Le Vieux Continent
demeure, et de loin, la principale zone de                       10                                                                                                                                      -6,0

réception, avec 70 % des voyages des Français                     0                                                                                                                                      -7,0
à l’étranger. L’Espagne reste la destination                             Agriculteurs       Cadres et          Professions      Employés         Ouvriers       Inactifs (retraités,       Ensemble
                                                                          exploitants,     professions        intermédiaires                                       étudiants,
étrangère favorite des Français. Elle renforce                             artisans,      intellectuelles                                                         demandeurs
                                                                       commerçants et supérieures                                                                  d'emploi,
même sa position en 2010 (+ 6,4 %). Par                                chefs d'entreprise                                                                      personnes au foyer)
ailleurs, bénéficiant d’un change favorable,                  * pour motif personnel.
                                                             Source : Enquête SDT (DGCIS).
les Français ont davantage fréquenté la
Grande-Bretagne et les États-Unis.
                                                         voyages en métropole que, d'autre part, la plus                                      fréquentation des hébergements marchands
   L’allongement de la durée des                         forte croissance des nuitées que des voyages                                         est restée stable quand celle des hébergements
   voyages, surtout à l’étranger, a                      à l’étranger s’expliquent par un allongement                                         non marchands a baissé (-2,2 %).
   limité le recul global des nuitées                    de la durée des séjours (+ 1,0 % au global),
                                                         plus marqué pour les voyages à l’étranger                                               Les Français ont dépensé
       En 2010, les touristes français ont               (+ 1,7 %) qu’en métropole (+ 0,5 %).                                                    nettement plus qu'en 2009
réalisé un total de 1,14 milliard de nuitées au
                                                                                                                                                 au cours de leurs voyages
cours de leurs voyages pour motif personnel :                 La part des nuitées en
940 millions sur le territoire métropolitain
                                                              hébergements marchands a                                                               Enfin, la dépense des touristes
et 205 millions à l’étranger. Du fait de
voyages plus longs à l’étranger (9,5 nuitées
                                                              progressé en 2010                                                               français a augmenté fortement (4,9 %)
                                                                                                                                              (tableau 3). On renoue ainsi avec la
contre 5,3), la part des nuitées en métropole
(82,1 %) est moins élevée que la part des                       Autre signe de reprise, l’évolution des                                       situation, régulièrement observée avant la
voyages (89,1 %). Comme pour les voyages,                nuitées est plus favorable aux hébergements                                          crise, d’une divergence entre stabilité (ou
l’évolution est à la baisse pour les nuitées             marchands, aussi bien pour les destinations                                          recul) des nuitées et forte croissance des
mais celle-ci est moins marquée : - 1,4 % par            intérieures qu’à l’étranger. En effet, en                                            dépenses, largement du fait - avant la crise -
rapport à 2009. Selon qu’il s’agit de séjours            2010, en métropole, les nuitées dans des                                             d’une hausse des prix (graphique 2). Cette
en métropole ou à l’étranger, les évolutions             hébergements marchands n’ont reculé que                                              situation reflète exclusivement celle des
sont contrastées : un recul dans le premier              de 1,6 % contre - 2,7 % pour les nuitées                                             voyages en métropole (près de 90 %). Elle
cas (- 2,3 %), une hausse, comme pour les                non marchandes et, à l’étranger, les nuitées                                         est différente pour les voyages à l’étranger :
voyages, dans le second (+ 3,3 %).                       payantes ont augmenté de 3,5 % contre                                                leur nombre s’est accru (+ 1,5 %), celui des
       Aussi bien, d'une part, le moindre recul          seulement + 2,9 % pour les autres. Au                                                nuitées davantage (+ 3,3 %) et le montant
des nuitées comparativement au recul des                 total, toutes destinations confondues, la                                            des dépenses plus encore (+ 5,3 %).


             2. Évolution 2010/2009 des voyages et des nuitées des touristes français en France
                                           par espace touristique
                                                     Voyages                                                          Nuitées                                        Durée moyenne de voyage
Type d'espace                          Structure     Évolution      Contribution à                Structure         Évolution       Contribution à                                                     Évolution
                                                                                                                                                                  En 2009            En 2010
en France                              en 2010      2010/2009     l'évolution totale              en 2010          2010/2009      l'évolution totale                                                  2010/2009
                                                                                                                                                                (en nuitées)       (en nuitées)
métropolitaine                            (%)         (en %)      (en points de %)                   (%)             (en %)       (en points de %)                                                      (en %)

Littoral                               22,6           -4,1               -0,9                     31,2                   -3,3             -1,1                       7,3               7,4               0,7
Rural                                  34,3           -3,9               -1,3                     30,9                   -2,0             -0,6                       4,7               4,8               2,0
Urbain                                 29,2           -0,1                0,0                     20,9                   -1,5             -0,3                       3,9               3,8              -1,4
Stations de ski                         4,7            0,5                0,0                      6,3                   -3,1             -0,2                       7,3               7,1              -3,6
Montagne hors stations de ski           6,0           -4,4               -0,3                      7,0                   -1,6             -0,1                       6,1               6,2               2,9
Non déterminé                           3,2           -7,8               -0,3                      3,7                   -1,3              0,0                       5,7               6,1               7,0
Total                                 100,0           -2,8               -2,8                    100,0                   -2,3             -2,3                       5,3               5,3               0,5
Source : Enquête SDT (DGCIS).




                                                                                            II
   48                                                                                                                                                             Bilan de l’offre touristique 2010
3. Évolution 2010/2009 des dépenses des touristes français en France et à l'étranger
                                         par poste de dépenses
                               Ensemble des dépenses                      Dépenses des touristes français                           Dépenses des touristes français
                                des touristes français                             en France*                                               à l'étranger**
                                   Montant        Évolution        Montant       Structure     Évolution   Contribution      Montant       Structure     Évolution   Contribution
Type de dépenses                     2010        2010/2009           2010      des dépenses   2010/2009    à l'évolution       2010      des dépenses   2010/2009    à l'évolution
                                 (en milliards     (en %)        (en milliards   par poste      (en %)         totale      (en milliards   par poste      (en %)         totale
                                   d'euros)                        d'euros)      en 2010                    (en points       d'euros)       en 2010                   (en points
                                                                                  (en %)                       de %)                         (en %)                      de %)

Dépenses en forfait                    12,7        5,2              3,4           8,7            3,5          0,3             9,3          42,3            5,8           2,4
Dépenses en hébergement
(hors forfait)                         11,4        3,9              8,7          22,5            2,7          0,6             2,7          12,2            7,7           0,9
Dépenses en transport
(hors forfait)                         12,7       -0,4              8,9          22,9           -0,7         -0,2             3,8          17,2            0,1           0,0
Dépenses autres
(hors forfait)                         24,0        8,4             17,8         45,9             9,0          4,0            6,2           28,3            6,8           1,9
Total                                  60,7        4,9             38,8        100,0             4,7          4,7           22,0          100,0            5,3           5,3
* hors DOM ; ** y compris DOM.
Source : Enquête SDT (DGCIS).

   Nette reprise du tourisme                                  de très forte baisse (plus de 10 % entre 2007                       Grâce à une très forte croissance de
   international en 2010,                                     et 2009). Ces résultats recouvrent de très                   leurs arrivées (+ 32,6 %) et de leurs nuitées
   stabilisation pour la France et                            fortes disparités selon le pays d’origine des                (+ 31,1 %), les touristes en provenance
   l’Espagne                                                  touristes, dans un contexte de sortie de crise               des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine)
                                                              différencié selon les économies.                             ont pratiquement contribué à hauteur de la
       La reprise du tourisme mondial est                                                                                  clientèle allemande, malgré leur poids encore
forte en 2010 avec une hausse des arrivées                       Fort rebond des clientèles                                limité. Avec l’augmentation des dépenses
internationales de 7 % par rapport à 2009.                       allemande et des BRIC                                     journalières, l’accroissement en 2010 de la
Elle profite surtout à l’Asie (+ 13 %) et,                                                                                  dépense totale en France de cette clientèle
dans une moindre mesure, à l’Amérique                                Fait majeur de l’année 2010,                          est très fort.
(+ 8 %), l’Europe (+ 3 %) étant le continent                  l’Allemagne et les BRIC se détachent par leur
où la reprise est la moins dynamique.                         très forte contribution à l’activité touristique                 Nouveau recul des autres
       En France, les arrivées de touristes                   des étrangers en France (tableau 4).                             clientèles européennes…
étrangers se stabilisent, après les baisses                          Les touristes allemands sont venus en
de 2008 et 2009, au plus fort de la crise.                    France beaucoup plus nombreux qu’en 2009                            Ainsi, l’activité du tourisme
En Espagne, une légère hausse (+ 1 %) est                     (+ 6,4 %), contribuant ainsi pour l’essentiel                international en France aurait-elle été
observée. Il s’agit cependant de la première                  à l’accroissement du nombre des nuitées.                     dynamique en 2010 sans les nouveaux reculs
depuis trois ans dans un pays où le secteur du                Même si leurs séjours ne se sont que peu                     d’autres clientèles, en premier lieu d’Europe.
tourisme est stratégique pour l’économie.                     allongés et la part des nuitées en hébergement               En effet, hors l’Allemagne et la Russie (on
       La France a accueilli 76,8 millions de                 marchand s’est réduite, expliquant pour                      pourrait ajouter les pays d’Europe centrale,
touristes étrangers en 2010, comme en 2009                    partie le léger recul de la dépense journalière              dont les arrivées sont en nette croissance), les
à un millier près. Toutefois, le nombre des                   (- 1,7 %), la croissance des nuitées (+ 7,3 %)               arrivées des clientèles européennes reculent
nuitées passées en France par ces touristes                   et des dépenses (+ 5,5 %) est très vive.                     de 2,0 % et les nuitées d’autant (- 1,9 %),
(515 millions) est en légère croissance :
2,7 millions de plus qu’en 2009, soit une
hausse de 0,5 %. Cette hausse résulte donc                                  2. Évolution des nuitées et de la dépense
de l’allongement - mesuré - de la durée                             (valeur, volume et prix) des touristes français en France
moyenne des voyages des touristes étrangers                     Indices base 100 en 2005
en France .

   Stabilisation de la dépense
   des touristes étrangers après
   deux années de très fort recul

       En revanche, le nombre des nuitées
en hébergement marchand a légèrement
diminué (- 0,7 %), donc leur part dans
l’ensemble des nuitées (68,2 %) également.
Ce recul a contribué à la baisse de la dépense
journalière moyenne des touristes étrangers
sur le territoire : celle-ci, de l’ordre de
60 euros, s’est réduite de moins d’un euro
(- 1,1 %). La hausse des nuitées a limité
l’impact de cette contraction sur la dépense
totale des touristes étrangers : elle est passée
de 30,6 milliards à 30,4 milliards entre 2009
et 2010, soit une baisse de 0,6 %. Il s’agit
                                                                Source : Compte satellite du tourisme (DGCIS).
ainsi d’une stabilisation après deux années



                                                                                        III
   Bilan de l’offre touristique 2010                                                                                                                                       49
4. Arrivées et séjours des touristes étrangers en France
                                         selon le continent et le pays de provenance
                                Arrivées                                        Nombre                   Durée moyenne                      Variation      dont liée à
                              de touristes     Variation          Évolution   de nuitées     Évolution    des séjours      Évolution       du nombre      la variation
                               étrangers      2010/2009          2010/2009      en 2010     2010/2009        en 2010      2010/2009        de nuitées     de la durée
                               (millions)      (milliers)           (%)        (millions)      (%)         (nombre de        (%)            (milliers)    des séjours
                                                                                                              nuits)                                        (milliers)

Europe                           65,0          -235               -0,4         405,3           0,1             6,2           0,4             205           1 409
 Royaume-Uni                     12,1          -125               -1,0          77,7           0,9             6,4           1,9             684           1 474
 Allemagne, Autriche             12,1           796                7,0          82,9           8,7             6,8           1,6           6 640           1 291
 Belgique, Luxembourg            10,6          -282               -2,6          57,8          -2,9             5,4          -0,3          -1 718            -176
 Italie                           7,2           -96               -1,3          40,4          -0,7             5,6           0,6            -278             258
 Pays-Bas                         7,0          -249               -3,4          53,9          -0,5             7,7           3,0            -283           1 585
 Suisse                           5,5            24                0,4          27,9          -2,2             5,1          -2,6            -614            -741
 Espagne                          4,9            12                0,3          23,1          -6,6             4,7          -6,8          -1 628          -1 690
 Finlande, Danemark, Suède        1,5           -21               -1,4           9,1          -3,2             6,2          -1,8            -304            -171
 Portugal, Irlande, Grèce         1,8          -259              -12,9          11,5         -19,0             6,6          -7,1          -2 700            -873
 Autres                           2,5           -36               -1,4          21,1           2,0             8,4           3,4             405             453
    Pologne                       0,3           -16               -4,4           3,1           0,7             8,8           5,4              23             157
    Russie                        0,4           173               63,8           3,7          57,7             8,3          -3,7           1 347            -143
Amériques                         5,6           111                2,0          49,1           1,8             8,8          -0,2             872            -271
 États-Unis                       2,9          -154               -5,0          25,3          -2,3             8,7           2,9            -595             709
 Canada                           0,9            63                7,2           9,6          10,1            10,2           2,7             878             250
 Brésil                           0,8           126               20,1           5,7          12,2             7,6          -6,6             622            -404
Asie                              3,3           159                5,1          26,0           5,7             7,9           0,5           1 393              82
 Chine                            0,9           173               23,4           6,7          24,3             7,3           0,7           1 308              46
 Japon                            0,6           -98              -14,1           3,6         -14,3             6,0          -0,3            -598              -9
 Inde                             0,3           113               71,6           2,3          89,5             8,5          10,4           1 095             219
Océanie                           1,2           102                9,3           9,8           9,9             8,2           0,6             889              54
Afrique                           1,7          -137               -7,5          24,6          -2,7            14,6           5,3            -669           1 234
Total                            76,8            -1                0,0         514,9           0,5             6,7           0,5           2 689           2 508

Source : Enquête EVE (DGCIS), résultats 2010 provisoires.


la durée des séjours stagnant. Le recul de la               fortement encore ses arrivées mais rallonge              ce qui se solde par une importante baisse des
dépense de ces clientèles est beaucoup plus                 sensiblement la durée des séjours, de sorte              nuitées (- 6,6 %), donc de leurs dépenses
important encore (- 5,1 %), du fait de la                   que le recul des nuitées n’est que de 0,5 %.             totales (- 5,3 %).
baisse de la dépense par nuitée (- 3,3 %) : sur             La part des nuitées marchandes s’accroissant
un milliard d'euros de pertes de recettes par               et, en lien, la dépense journalière, la dépense              Bilan contrasté pour les
rapport à 2009, ce tassement de la dépense                  totale des touristes néerlandais augmente                    clientèles plus lointaines
journalière en explique 600 millions. La                    (+ 1,3 %).
baisse de la part des nuitées en hébergement                                                                                La clientèle des États-Unis, malgré
marchand y a contribué.                                        … notamment des pays                                  des arrivées en fort recul (- 5,0 %), est,
       Les arrivées de la clientèle britannique                confrontés à la soutenabilité                         comme celle des Pays-Bas, finalement
reculent encore en 2010 (- 1,0 %), mais                        de leurs finances publiques                            contributive en termes de dépenses : grâce
plus modérément que les deux années                                                                                  à des durées de séjours en hausse sensible
antérieures. Les touristes britanniques ont                        Ensemble, Irlande, Portugal et Grèce,             (+ 2,9 %), elle limite la baisse des nuitées
fortement allongé leurs séjours en 2010,                    pays confrontés à de graves difficultés de                (- 2,3 %) ; en outre, une importante hausse
de sorte que le nombre de leurs nuitées en                  soutenabilité de leurs finances publiques,                des dépenses par nuitée (+ 4,0 %) assure au
France a augmenté de près de 1 %. Cela                                                                               final un accroissement de la dépense totale
                                                            contribuent significativement à la baisse
ne suffit pas, cependant, à maintenir leurs                                                                           (+ 1,7 %).
                                                            de l’activité touristique en France (- 0,3
                                                                                                                            Les clientèles africaines arrivent
dépenses : celles-ci reculent de 2,3 %, les                 point de croissance, soit autant que de
                                                                                                                     nettement moins nombreuses mais rallongent
touristes britanniques comprimant leurs                     grosses clientèles comme la Belgique ou les
                                                                                                                     fortement leurs séjours (pourtant déjà deux
dépenses quotidiennes alors même que                        Pays-Bas), alors même que leur poids est
                                                                                                                     fois plus longs que les autres clientèles).
la part de leurs nuitées en hébergement                     faible dans l’ensemble des touristes étrangers
                                                                                                                     La baisse des nuitées est donc limitée et la
marchand s’accroît.                                         en France. En effet, globalement, le recul
                                                                                                                     dépense totale en légère hausse.
       Les arrivées en provenance du                        de ces clientèles est brutal en 2010 : -13 %
Benelux, dont la clientèle a un poids proche                pour les arrivées, -19 % pour les nuitées, la                Mission Statistiques et
de celui de la clientèle allemande, sont en                 durée des séjours se contractant fortement,
                                                                                                                         Études sur le Tourisme
forte baisse (- 2,6 %), de même que les                     et -17 % pour les dépenses. Les arrivées en
nuitées (- 2,9 %) et la dépense (- 2,6 %).                  provenance d’Espagne, pays confronté à des
La clientèle des Pays-Bas (proche elle                      difficultés de même nature, se stabilisent.                        Directeur de la publication
                                                                                                                                    Luc Rousseau
aussi en poids des clientèles allemande                     Toutefois, les touristes espagnols réduisent
                                                                                                                                     Rédacteur en chef
et belgo-luxembourgeoise) réduit plus                       fortement leurs durées de séjours en France,                             François Magnien
                                                                                                                                   Secrétaire de rédaction
                                                                                                                                    Nicole Merle-Lamoot
                                    Pour en savoir plus :                                                                           Composition par PAO
                                                                                                                                       Brigitte Baroin
  Consultez la rubrique « Statistiques et études économiques » du site tourisme.
  gouv.fr                                                                                                                Direction générale de la compétitivité,
                                                                                                                             de l'industrie et des services
                                                                                   IV


   50                                                                                                                               Bilan de l’offre touristique 2010
Annexes

1. Les enquêtes sur le tourisme
2. Mesure de l’impact de l’allongement des voyages
1. Les enquêtes sur le tourisme

Les enquêtes de fréquentation

Les enquêtes de fréquentation pour l’hôtellerie (EFH) et sur la saison d’activité (mai à septembre) pour le camping
(EFHPA) sont réalisées par les directions régionales de l’Insee dans le cadre d’une convention nationale passée
entre la DGCIS et l’Institut. Dans certaines régions, des conventions ont été passées avec des partenaires locaux
(ORT, CRT, DRT…) pour augmenter l’échantillon de l’enquête hôtellerie. L’enquête de fréquentation dans l’hôtellerie
de plein air est exhaustive.

L’enquête Suivi de la Demande Touristique (SDT)

L’enquête SDT permet de suivre l’évolution des comportements touristiques des résidents. Mensuelle, elle est réalisée
par voie postale auprès d’un panel de 20 000 personnes, âgées de 15 ans et plus, représentatif de la population
résidente. Par convention, dans la suite du chapitre, le terme « Français » désigne l’ensemble des résidents en
France.

Les voyages et les allers-retours des « VRP » font partie du domaine du tourisme mais sont dans la pratique exclus
du champ de l’enquête SDT parce que le mode d’interrogation par voie postale rend difficile leur suivi.

L’enquête sur les visiteurs venant de l’étranger (EVE)

L’enquête DGCIS-Banque de France auprès des visiteurs venant de l’étranger (EVE) permet de suivre les
comportements touristiques sur le territoire français des personnes résidant à l’étranger. L’enquête est réalisée
auprès des touristes et des excursionnistes à leur sortie du territoire métropolitain. 80 000 personnes sont interrogées
chaque année, par vague trimestrielle.




2. Mesure de l’impact de l’allongement des voyages

Le nombre de nuitées en France des touristes étrangers une année donnée dépend du nombre et de la durée
de leurs voyages. D’une année à l’autre, on peut identifier, dans la variation du nombre de nuitées, la part due à
l’allongement de la durée des voyages. On retranche pour ce faire à la variation totale des nuitées la variation fictive
correspondant à la variation observée du nombre de voyage mais en supposant leur durée inchangée par rapport
à l’année précédente. Ce calcul peut être mené au niveau d’un pays en maintenant constante la durée moyenne
des séjours de l’ensemble des touristes provenant de ce pays. Il peut être également mené directement au niveau
des continents. Toutefois, pour un continent donné, l’impact (en nombre de nuitées) de l’allongement de la durée
moyenne des séjours n’est pas égal à la somme des impacts calculés au niveau de chaque pays du continent.
En effet, même si on suppose inchangée les durées moyennes des séjours des touristes par pays d’origine, la
durée moyenne des séjours de l’ensemble des touristes du continent varie car elle est la moyenne des durées
(inchangées) par pays pondérées par des nombres d’arrivées différents chaque année. Dans cette étude, il a été
convenu que l’impact au niveau d’un ensemble de pays serait la somme des impacts relatifs aux différents pays qui
le constituent (cf. Tableau 5b, 6b). Le même principe a été appliqué pour l’impact de la dépense par nuitée sur la
dépense totale (tableau 10b).




Annexes                                                                                                              53
oc

Bilan tourisme 2010 dgcis (http://www.tourisme.gouv.fr/stat_etudes/bilans/bilans.php)

  • 1.
    Bilan tourisme du tourisme en 2010 oc juillet 2011 oc
  • 2.
    Ce dossier aété réalisé par la Mission Statistique et Études sur le tourisme de la sous-direction P3E de la DGCIS.
  • 3.
  • 5.
    En quelques mots… Ce bilan de l’activité du tourisme en 2010 restitue les principaux résultats du dispositif d’observation statistique piloté par la DGCIS1. Il est articulé en deux volets : - le volet « offre » s’appuie sur l’enquête Insee-DGCIS auprès des entreprises d’hébergement touristique (enquête « fréquentation ») ; - le volet « demande » repose sur deux enquêtes DGCIS-Banque de France : l’une (SDT) auprès des touristes français, l’autre (EVE) auprès des touristes étrangers en France. Ce bilan reprend également les deux « 4 pages » de la DGCIS réalisés sur la base des trois enquêtes sur chacun de ces volets. Dans ce bilan, sauf mention expresse, les allers-retours dans la journée ne sont pas pris en compte. Embellie pour les hôtels, beau fixe pour les campings La fréquentation hôtelière est repartie à la hausse en 2010 : elle a augmenté de 2,3 % par rapport à 2009 (- 4,9 % l’année précédente), tirée par le tourisme d’affaires (+ 4,6 %). L’année 2010 est également marquée par le retour des clientèles étrangères (+ 2,8 %) après un fort recul en 2009 (- 11,1 %) lié à la crise économique mondiale. Il s’agit des clientèles lointaines, notamment en provenance des économies émergentes, la fréquentation hôtelière des clientèles européennes ayant globalement stagné (- 0,2 %) et même reculé d’un point hors la clientèle russe. La fréquentation de la clientèle française s’est accrue, quant à elle, de 2,0 % en 2010 après un recul de 1,4 % en 2009. Toutefois, le niveau de fréquentation record atteint en 2007 (198,9 millions de nuitées) n’a pas été retrouvé en 2010 (192,2 millions de nuitées). Moins de voyages mais plus de dépenses pour les touristes français En 2010, le taux de départ des Français pour motif personnel (75,9 %) a baissé de 2,1 points par rapport à 2009. Le nombre de voyages réalisés (197,5 millions) a donc diminué (- 2,3 %). Néanmoins, ce constat doit être tempéré par des signes de reprise de l’activité : d’abord, les touristes résidents ont sensiblement allongé leurs séjours, de sorte que le nombre des nuitées (1,14 milliard en 2010) n’a reculé que de 1,4 % ; ensuite, le poids de l’hébergement marchand s’est accru ; enfin, la dépense a augmenté fortement (4,9 %). On renoue ainsi avec la situation, régulièrement observée avant la crise, d’une divergence entre stabilité, voire recul, des nuitées et forte croissance des dépenses, largement du fait - avant la crise - d’une hausse des prix. Cette situation reflète exclusivement celle des voyages en métropole (près de 90 %). Elle est différente pour les voyages à l’étranger : leur nombre s’est accru (+ 1,5 %), celui des nuitées davantage (+ 3,3 %) et le montant des dépenses plus encore (+ 5,3 %). L’activité des touristes étrangers en France se stabilise après deux années de fort recul Dans un contexte de nette reprise du tourisme international en 2010, les arrivées de touristes étrangers en France (76,8 millions) se sont stabilisées, comme en Espagne. Un léger allongement des voyages a permis une croissance modérée (+ 0,5 %) du nombre de nuitées (515 millions) par rapport à 2009. Mais les touristes étrangers ont un peu plus sensiblement réduit leurs dépenses journalières (- 1,1 %), en même temps que la part de l’hébergement marchand. Leur dépense totale2 sur le territoire national a donc légèrement reculé (- 0,6 %), passant de 30,6 en 2009 à 30,4 milliards d’euros en 2010. Le dynamisme des arrivées, nuitées et dépenses en France des touristes allemands et des BRIC3 a été contrebalancé par les difficultés d’autres clientèles, notamment européennes. 1 En partenariat avec l’Insee et la Banque de France. Les résultats présentés dans ce document n’engagent cependant que la DGCIS. 2 Hors transport international. 3 Brésil, Russie, Inde, Chine.
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    Sommaire █ Bilan de l’offre touristique 2010 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9 Premier bilan de la fréquentation hôtelière en 2010 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11 Synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11 Bilan détaillé de la fréquentation hôtelière en 2010 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 1. La fréquentation hôtelière, tirée par la reprise du tourisme d’affaires, est repartie à la hausse en 2010 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 2. Retour des clientèles étrangères, en particulier des clientèles lointaines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 3. La région capitale en tête de la hausse de fréquentation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13 4. Fort dynamisme de l’hôtellerie haut de gamme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15 4 pages DGCIS-INSEE : Le tourisme en 2010, embellie pour les hôtels, beau fixe pour les campings... . . 17 █ Bilan de la demande touristique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21 Bilan 2010 du tourisme des résidents (enquête SDT) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 Synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 Bilan détaillé de l’activité touristique des résidents en 2010 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 1. En 2010, les Français sont moins nombreux à être partis en voyage pour motif personnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 2. Moins de voyages en France, en particulier en court séjour, mais plus de voyages à l’étranger. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26 3. La plupart des régions françaises ont pâti du recul des arrivées ; celles-ci se sont néanmoins maintenues dans les espaces urbains et les stations de ski . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27 4. La hausse du nombre de voyages à l’étranger a bénéficié à tous les continents sauf l’Afrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29 5. L’allongement de la durée des voyages, surtout à l’étranger, a limité le recul global des nuitées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29 6. La part des nuitées en hébergements marchands a progressé en 2010 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30 7. Légère diminution des voyages par la route . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30 8. En 2010, les Français ont dépensé nettement plus au cours de leurs voyages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31 Premier bilan 2010 du tourisme des étrangers en France (enquête EVE) . . . . . . . . . . . . . 33 Synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33 Bilan 2010 détaillé du tourisme des étrangers en France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35 1. Nette reprise du tourisme international en 2010. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35 2. Stabilisation pour la France et l’Espagne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35 3. Les arrivées en France : fort rebond des clientèles allemande et des BRIC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36 3.1. Retour en force des clientèles allemandes et des BRIC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36 3.2. Nouveau recul des autres clientèles européennes ainsi que des arrivées d’Afrique et des États-Unis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37 4. Globalement, les nuitées augmentent peu mais les situations sont très contrastées, notamment du fait des variations des durées de séjours . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38 4.1 Globalement, un léger allongement des séjours génère 2,7 millions de nuitées de plus qu’en 2009 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38 4.2 Les touristes allemands et des BRIC ont peu allongé leurs séjours en France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38 4.3 Outre celle des BRIC, la fréquentation de certaines clientèles, notamment européennes, a pâti d’une réduction de la durée des séjours . . . . . . 38 4.4 L’allongement des séjours a joué fortement pour d’autres clientèles : Royaume-Uni, Pays-Bas, États-Unis et Afrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39 5. La part de l’hébergement marchand se réduit à nouveau … . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41 6. … contribuant ainsi à une légère baisse de la dépense des touristes étrangers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42 Zoom 1 : La part des touristes étrangers en transit diminue régulièrement depuis plusieurs années . . . . 45 Zoom 2 : Les voyages de 2 à 7 nuitées occupent une part grandissante . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46 4 pages DGCIS : Le tourisme en 2010, moins de voyages mais plus de dépenses pour les Français, activité stable pour les étrangers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .47 █ Annexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53 Bilan du tourisme en 2010 7
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    Premier bilan dela fréquentation hôtelière en 2010 Synthèse La fréquentation hôtelière est repartie à la hausse en 2010 : elle a augmenté de 2,3 %1 par rapport à 2009 (- 4,9 % l’année précédente), tirée par le tourisme d’affaires (+ 4,6 %). L’année 2010 est également marquée par le retour des clientèles étrangères (+ 2,8 %) après un fort recul en 2009 (- 11,1 %) lié à la crise économique mondiale. Il s’agit des clientèles lointaines, notamment en provenance des économies émergentes, la fréquentation hôtelière des clientèles européennes ayant globalement stagné (- 0,2 %) et même reculé d’un point hors la clientèle russe. La fréquentation de la clientèle française s’est accrue, quant à elle, de 2,0 % en 2010 après un recul de 1,4 % en 2009. Toutefois, le niveau de fréquentation record atteint en 2007 (198,9 millions de nuitées) n’a pas été retrouvé en 2010 (192,2 millions de nuitées). La fréquentation hôtelière2 est repartie à la hausse en 2010 : elle a augmenté de 2,3 % par rapport à 2009 (- 4,9 % l’année précédente), tirée par le tourisme d’affaires (+ 4,6 %) plus touché que le tourisme de loisir par la crise économique en 2009 (-6,2 % contre -3,9 %). La fréquentation au cours de la saison pré-estivale et estivale (mai à septembre) a été soutenue (+ 2,9 % par rapport à 2009). Toutefois, le niveau de fréquentation record atteint en 2007 (198,9 millions de nuitées) n’a pas été retrouvé en 2010 (192,2 millions de nuitées). La fréquentation de la clientèle française s’est accrue de 2,0 % en 2010 après un recul de 1,4 % en 2009. Toutefois, si cette fréquentation a davantage contribué que celle des clientèles étrangères à la progression globale de la fréquentation hôtelière (1,3 point contre 1,0 point), c’est en raison d’un volume nettement plus important des nuitées (deux tiers du total). L’année 2010 est en effet marquée par le retour des clientèles étrangères (+ 2,8 %) après un sérieux recul en 2009 (- 11,1 %) lié à la crise économique mondiale. L’afflux des clientèles lointaines, notamment en provenance des économies émergentes, est particulièrement fort : + 45,1 % pour les nuitées des touristes chinois, + 28,1 % pour celles des Russes ou des Sud-américains ou encore + 23,0 % pour celles les touristes du Proche et Moyen-Orient. Par contre, la fréquentation hôtelière des clientèles européennes a globalement stagné (- 0,2 %) et même reculé d’un point hors la clientèle russe. Les situations sont contrastées selon les pays. Le nouveau recul de la fréquentation des clientèles britannique (- 6,7 %), néerlandaises (– 7,1 %), belges (-1,9 %) et italiennes (-1,8 %) n’a été que partiellement compensé par le retour des clientèles allemandes (+ 1,6 %), espagnoles (+ 3,3 %) et d’Europe du Nord3 (+ 9,6 %). Les espaces urbains sont à l’origine d’une grande partie de la croissance de la fréquentation hôtelière, en particulier l’Île-de-France (nuitées en hausse de 5,7 %) : outre l’attraction habituelle qu’exerce la région capitale sur les clientèles étrangères, les hôtels franciliens ont aussi bénéficié cette année d’une hausse de fréquentation remarquable de la clientèle française (+ 8,6 %), liée en partie à la reprise du tourisme d’affaires. L’hôtellerie haut de gamme – 4 étoiles, 4 étoiles plus et 5 étoiles (catégorie qui se déploie progressivement jusqu’à mi-2012) – est particulièrement dynamique : une offre de chambres en extension notable (+ 4,6 % par rapport à 2009), une croissance de la demande à deux chiffres (+ 11,6 %) et, au final, le taux d’occupation des chambres le plus élevé de l’hôtellerie (65,1 % contre 59,4 % en moyenne). Les hôtels haut de gamme attirent d’abord les clientèles étrangères, notamment les clientèles lointaines : les touristes internationaux ont réalisé 61,7 % des nuitées du secteur en 2010. 1 Données consolidées. Les données définitives seront disponibles en avril prochain. La révision sera vraisemblablement faible. 2 En métropole. 3 Danemark, Suède, Norvège, Finlande, Islande. Bilan de l’offre touristique 2010 11
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    Bilan détaillé dela fréquentation hôtelière en 2010 1. La fréquentation hôtelière, tirée par la reprise du tourisme d’affaires, est repartie à la hausse en 2010 La fréquentation hôtelière est repartie à la hausse en 2010 avec une croissance du volume des nuitées de 2,3 % par rapport à 2009, tirée par la reprise du tourisme d’affaires (+ 4,6 %) plus touché que le tourisme de loisir par la crise économique en 2009 (-6,2 % contre -3,9 %). Ainsi en 2010 ce dernier a représenté 43,9 % de l’ensemble des 192,2 millions de nuitées réalisées dans les hôtels métropolitains. Néanmoins, la hausse de la fréquentation hôtelière n’a pas permis d’effacer complètement la forte baisse enregistrée en 2009 (- 4,9%) qui avait largement entamé le record de nuitées de 2007 (198,9 millions). En 2010, seuls les mois de janvier (- 2,3 %) et de décembre (- 1,3 %), traditionnellement creux pour l’activité hôtelière, ont été en recul par rapport à 2009 alors que la fréquentation avait été en recul chaque mois de l’année 2009 (graphique 1). La fréquentation a évolué favorablement au cours des dix autres mois de l’année 2010, en particulier au cours de la saison pré-estivale et estivale (+2,9 % entre mai-septembre 2010 et la même période de 2009). Néanmoins, entre un début d’été prometteur (+ 5,9 % en juin et + 2,9 % en juillet) et une bonne fin de saison (+ 3,8 % en septembre), le mois d’août a plutôt été en demi-teinte (+ 0,2 %). Graphique 1 : Évolution de la fréquentation hôtelière depuis 2007 (Glissement annuel* en %) * Nombre de nuitées d’un mois m de l’année n rapporté au nombre de nuitées du même mois m de l’année n-1. Sources : Insee, DGCIS, partenaires régionaux. 2. Retour des clientèles étrangères, en particulier des clientèles lointaines La fréquentation de la clientèle française s’est accrue de 2,0 % en 2010 après - 1,4 % en 2009 (tableau 1). Toutefois, si elle a davantage contribué à la progression globale des nuitées que les clientèles étrangères (1,3 point contre 1,0 point), c’est en raison du volume important de ses nuitées (deux tiers du total). L’année 2010 a été marquée par le retour des clientèles étrangères (+ 2,8 %) dont le recul, lié à la crise économique mondiale, avait été très fort en 2009 (- 11,1 %). L’embellie a été particulièrement marquée entre mai et septembre (+ 5,0 % en moyenne par rapport à 2009). En avril, l’éruption du volcan islandais Eyjafjöll a eu un impact sur l’évolution de la fréquentation étrangère (- 2,2 %). 12 Bilan de l’offre touristique 2010
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    Les évolutions desclientèles européennes et des clientèles lointaines sont contrastées. La fréquentation des clientèles lointaines, en particulier en provenance des économies émergentes, a enregistré des progressions à deux chiffres : + 45,1 % pour les nuitées des touristes chinois, + 28,1 % pour celles des Russes ou des Sud-américains ou encore + 23,0 % pour celles les touristes du Proche et Moyen-Orient. L’augmentation des nuitées des clientèles lointaines plus traditionnelles, comme le Japon et les Etats-Unis, est plus mesurée (respectivement + 3,8 % et + 3,3 %). En dehors de la clientèle russe, la fréquentation des clientèles européennes (près des trois quarts des clients étrangers) est moins bien orientée, et 2010 apparaît comme une année blanche. Néanmoins, là aussi les situations diffèrent suivant les pays : la fréquentation britannique n’a cessé de diminuer au cours de l’année (- 6,7 % par rapport à 2009), directement impactée par la dépréciation de la livre sterling vis-à-vis de l’euro. La clientèle britannique reste néanmoins la première clientèle étrangère en 2010 avec près de onze millions de nuitées. D’autres clientèles européennes parmi les plus importantes sont aussi en recul : les clientèles néerlandaise (- 7,1 %), belge (- 1,9 %), italienne (- 1,8 %) et suisse (- 1,3 %). A contrario, les clientèles allemandes et espagnoles ont réalisé davantage de nuitées qu’en 2009 (respectivement + 1,6 % et + 3,3 %), ainsi que les clientèles d’Europe du Nord (+ 9,6 %). Tableau 1 : Évolution 2010/2009 des nuitées selon le pays de résidence de la clientèle en % Poids Évolution des nuitées Pays de résidence des clientèles 2010 / 2009 (nuitées en 2010) Total 2,3 100,0 France 2,0 66,2 Étranger 2,8 33,8 100,0 Europe -0,2 73,1 dont Royaume-Uni -6,7 16,6 Italie -1,8 9,8 Allemagne 1,6 9,2 Espagne 3,3 7,8 Belgique -1,9 8,1 Pays-Bas -7,1 5,0 Suisse -1,3 3,7 Danemark, Suède, Norvège, Finlande, Islande 9,6 2,7 Russie 28,1 2,5 Amériques 8,9 13,7 dont États-Unis 3,3 8,8 Amérique centrale et du Sud 28,1 3,4 Asie et Océanie 16,0 11,5 dont Chine 45,1 1,8 Japon 3,8 3,8 Proche et Moyen-Orient (y c. Égypte) 23,0 2,1 Sources : Insee, DGCIS, partenaires régionaux. 3. La région capitale en tête de la hausse de fréquentation La hausse de la fréquentation en 2010 a surtout bénéficié aux espaces urbains (nuitées en hausse de + 3,6 %), l’Île-de-France en tête (+ 5,7 %). La région capitale, qui totalise 34 % des nuitées métropolitaines, a été la première contributrice (+ 1,9 point) à la croissance globale. La crise économique mondiale avait lourdement pesé sur la fréquentation hôtelière de la région en 2009 (- 5,9 %). Si les clientèles étrangères ont continué à être plus nombreuses dans les hôtels franciliens en 2010 (51,4 % de l’ensemble, + 3,1 % par rapport à 2009), la clientèle française, en particulier pour tourisme d’affaires, a fait la différence en 2010 (+ 8,6 % par rapport à 2009). Bilan de l’offre touristique 2010 13
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    Tableau 2 :Évolution 2010/2009 des nuitées dans les régions Évolution des nuitées 2010 / 2009 (en %) Contribution à l’évolution totale Total Français Étrangers des nuitées France 2,3 2,0 2,8 2,3 Alsace 1,5 -0,1 4,2 0,0 Aquitaine 2,1 1,4 6,4 0,1 Auvergne 1,2 0,8 5,2 0,0 Basse-Normandie 0,9 0,4 3,0 0,0 Bourgogne 5,2 4,1 7,8 0,1 Bretagne -1,0 -1,7 3,0 0,0 Centre -0,3 -0,8 1,4 0,0 Champagne-Ardenne 0,9 0,8 1,1 0,0 Corse 3,3 5,5 -2,6 0,0 Franche-Comté 1,7 1,9 0,6 0,0 Haute-Normandie -3,8 -4,2 -1,9 -0,1 Île-de-France 5,7 8,6 3,1 1,9 Languedoc-Roussillon 1,5 1,3 2,6 0,0 Limousin -0,7 -0,1 -5,5 0,0 Lorraine 1,8 -0,4 10,5 0,0 Midi-Pyrénées -2,2 -3,9 1,5 -0,1 Nord - Pas-de-Calais -1,1 -0,5 -2,8 0,0 Pays de la Loire -1,2 -1,5 1,6 0,0 Picardie -0,5 1,5 -7,1 0,0 Poitou-Charentes -2,9 -4,1 8,8 -0,1 Provence - Alpes - Côte d’Azur 2,7 2,0 4,2 0,2 Rhône-Alpes -0,6 -0,5 -0,9 -0,1 Note de lecture : la contribution d’une région à l’évolution totale des nuitées est obtenue en multipliant son taux d’évolution par son poids en nuitées. En 2010, le nombre de nuitées en Île-de-France a augmenté de 5,7 % par rapport à 2009 et la région contribue à 1,9 point de hausse. A contrario, le nombre de nuitées a diminué de 3,8 % en Haute-Normandie et la région contribue à 0,1 point de baisse. Sources : Insee, DGCIS, partenaires régionaux. La Bourgogne a aussi tiré son épingle du jeu (+ 5,2 %) mais avec un impact beaucoup plus limité sur la croissance globale (+ 0,1 point). En Lorraine (+ 1,8 %), le centre Pompidou-Metz, depuis son ouverture mi-mai, a participé à la forte croissance de la fréquentation étrangère (+ 10,5 %) dans les hôtels de la région. Dans ce contexte favorable, les baisses de fréquentation, qui concernent plutôt les régions à l’ouest du territoire (carte 1) mais aussi les espaces de montagne (- 2,1 %), sont peu marquées (tableau 3). Carte 1 : Évolution 2010/2009 des nuitées dans les régions Sources : Insee, DGCIS, partenaires régionaux. 14 Bilan de l’offre touristique 2010
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    Tableau 3 :Évolution et poids des nuitées par espace touristique Évolution des nuitées 2010 / 2009 (en %) Poids des nuitées 2010 (en %) Total Français Étrangers Total Français Étrangers Littoral 0,9 -0,4 4,2 17,4 71,8 28,2 Montagne -2,1 -2,3 -1,5 6,4 73,4 26,6 Rural -0,4 -1,2 2,5 11,2 76,6 23,4 Urbain 3,6 4,0 2,8 65,1 62,2 37,8 Ensemble 2,3 2,0 2,8 100,0 66,2 33,8 Sources : Insee, DGCIS, partenaires régionaux. 4. Fort dynamisme de l’hôtellerie haut de gamme Le taux d’occupation des hôtels, qui rapporte le nombre de chambres occupées au nombre de chambres offertes, s’établit à 59,4 % en 2010 (tableau 4), en hausse de 1,3 point par rapport à 2009, sans toutefois atteindre le taux record de 2007 (61,9 %). Plus précisément, le parc de chambres offertes a été globalement stable (- 0,1 %) et la hausse du taux d’occupation s’explique par la croissance de la demande de chambres (+ 2,2 %). En pratique, si toutes les catégories d’hôtels ont profité de la hausse, le milieu de gamme (3 étoiles) et le haut de gamme (4 étoiles, 4 étoiles luxe et 5 étoiles), avec des taux d’occupation en hausse de + 2,1 points et + 4,1 points, ont mieux tiré leur épingle du jeu que l’hôtellerie économique (+ 0,4 point). Dans les hôtels 0, 1 et 2 étoiles, l’offre et la demande de chambres ont diminué, et la hausse du taux provient d’une moindre baisse de la demande. Tableau 4 : Évolution du taux d’occupation et des nuitées par catégorie d’hôtels Taux d’occupation Nuitées Année 2010 Évolution Répartition Évolution 2010/2009 en 2010 2010/2009 Catégories d’hôtels (en %) (en points de %) (en %) (en %) 0 et 1 étoile 60,4 0,7 18,3 0,3 2 étoiles 56,7 0,3 39,5 -0,7 3 étoiles 60,5 2,1 29,4 3,7 4, 4 luxe et 5 étoiles 65,1 4,1 12,8 11,9 Ensemble 59,4 1,3 100,0 2,3 Avertissement : l’ancienne et la nouvelle nomenclature du classement hôtelier (respectivement «de 0 à 4 étoiles et 4 étoiles luxe» et «de 1 à 5 étoiles») continuent d’exister en parallèle jusqu’à la fin de la mise en place du nouveau classement, prévue en juillet 2012. Aussi pendant la période transitoire, il convient d’être prudent sur les commentaires portant sur des évolutions. Sources : Insee, DGCIS, partenaires régionaux. Au contraire, dans le milieu et surtout dans le haut de gamme, offre et demande de chambres ont progressé. Timide sur le milieu de gamme, où c’est surtout la demande qui a été moteur, la double dynamique offre-demande est une caractéristique de la bonne santé de l’hôtellerie de luxe (taux d’occupation de 65,1 %, le plus élevé) : l’extension notable de l’offre de chambres (+ 4,6 %) répond à une demande en très forte croissance en 2010 (+ 11,6 %). En 2010, le volume de nuitées a ainsi très fortement augmenté dans le haut de gamme (+ 11,9 %), et le secteur totalise désormais une nuitée hôtelière sur huit (contre une sur neuf en 2009). Le fort attrait des clientèles étrangères pour le haut de gamme est une autre de ses caractéristiques : leur présence y est deux fois plus importante (61,7 %) que dans les autres catégories d’hôtels (29,6 %). Les clientèles lointaines représentent plus de 40 % des nuitées des clientèles étrangères dans le haut de gamme. Bilan de l’offre touristique 2010 15
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    Graphique 2 :Taux d’occupation (%) des hôtels par catégorie depuis 2007 Sources : Insee, DGCIS, partenaires régionaux. 16 Bilan de l’offre touristique 2010
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    Nº 12 -avril 2011 oc direction générale de la compétitivité de l’industrie et des services de la direction générale de la compétitivité, de l'industrie et des services Le tourisme en 2010 Embellie pour les hôtels, beau fixe pour les campings Fortement affectée par la crise Une fréquentation en hausse dans Pour l’hôtellerie, la croissance de économique de 2009, la fréquentation les hôtels et dans les campings 2010 s’appuie sur l’augmentation du nombre des hôtels redémarre en 2010. Dans de séjours (+ 1,8 %). Pour les campings, les campings, elle augmente depuis En 2010, le nombre de nuitées elle s’explique par la plus longue durée des 2008. (définitions) progresse de 2,2 % dans séjours sur les emplacements locatifs. La clientèle étrangère contribue à la les hôtels et de 0,9 % dans les campings Depuis 2008, la fréquentation hausse de fréquentation de ces deux (tableau 1). Conséquence de la crise des campings est repartie à la hausse, types d’hébergements. Signe de la économique, les touristes étrangers étaient essentiellement grâce à la clientèle française reprise économique amorcée début venus moins nombreux en France en 2009 ; (+ 6,9 % en sept ans). Quant à la clientèle ils y reviennent en partie en 2010. Leur étrangère, elle n’a pas retrouvé son niveau 2010, la clientèle d’affaires fréquente fréquentation augmente de + 2,8 % pour de 2003. davantage les hôtels qu’en 2009. les hôtels, après - 11,1 % en 2009, et de En 2010, la fréquentation dans les Les hôtels situés en ville, et plus + 1,0 % pour les campings, après - 1,1 %. hôtels est comparable à celle des années particulièrement à Paris, sont les 2005-2006, sans atteindre les hauts Les touristes français sont également plus grands bénéficiaires de cette reprise. niveaux de 2007 et 2008. Comme pour nombreux : + 2,0 % dans les hôtels et Plus que les années passées, le littoral + 0,8 % dans les campings. La fréquentation les campings, elle est supérieure à celle atlantique et les massifs montagneux hôtelière de 2010 est donc supérieure à de 2003 (+ 2,2 points), mais avec une ont attiré les campeurs de 2010. celle de 2009 et ce presque tous les mois : clientèle étrangère moins présente qu’en Hôtels ou campings, les établis- mars, après de mauvais résultats en 2008 2003 ou 2007. sements les plus confortables sont et 2009, retrouve quelques couleurs ; il plus recherchés. Et au sein des en est de même pour juin et juillet avec L’hôtellerie profite du retour campings, les clients se tournent de respectivement + 5,9 % et + 2,9 %. Dans de la croissance plus en plus vers les emplacements les campings, c’est en juillet et en août que avec habitations légères (chalets, la progression est la plus marquée, le début En 2010, 192,2 millions de nuitées bungalows, etc.). et la fin de la saison étant comparables à ont été passées dans les hôtels, pour ceux de 2009. 105,5 millions de séjours. La durée moyenne 1. Fréquentation touristique dans les hôtels et les campings en France métropolitaine Nuitées* Séjours* Nombre Évolution Évolution 2009-2010 des nuitées Nombre Évolution 2009-2010 de séjours 2009-2010 Durée moyenne des séjours de nuitées des touristes en provenance... en 2010 du nombre en 2010 du nombre de nuitées (en millions) de séjours 2009 2010 (en millions) de France de l'étranger (en %) (en %) (en nuitées) (en nuitées) (en %) (en %) Hôtels Année 2010 192,2 2,2 2,0 2,8 105,5 1,8 1,81 1,82 Saison** 2010 100,3 2,9 1,7 5,0 54,0 2,5 1,85 1,86 Campings (saison** 2010) 103,8 0,9 0,8 1,0 19,2 -0,1 5,33 5,41 Emplacements nus* 61,6 -3,3 -5,2 -0,2 13,4 -3,0 4,61 4,61 Emplacements locatifs* 42,2 7,5 8,9 3,7 5,8 7,0 7,15 7,23 Ensemble (saison** 2010) 204,1 1,9 1,3 3,0 73,2 1,8 2,78 2,79 * Voir définitions. ** Saison : période de mai à septembre. Sources : Insee, DGCIS, partenaires régionaux, enquêtes de fréquentation hôtelière et dans les campings. V Bilan de l’offre touristique 2010 17
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    des séjours restestable : un peu moins de 2. Parc et fréquentation des hôtels deux nuitées. La hausse de la fréquentation n’a pas permis d’effacer complètement la Parc Fréquentation* Taux d'occupation* forte baisse de 2009 (- 4,9 %), ni, a fortiori, Nombre Évolution Nombre Évolution Taux Évolution de retrouver le niveau record de fréquentation Catégorie de chambres 2009-2010 de nuitées 2009-2010 en 2010 2009-2010 au 1er janvier en 2010 de 2007 (198,9 millions de nuitées). 2011 (en %) (en millions) (en %) (en %) (en points) L’augmentation du nombre de nuitées passées par la clientèle d’affaires dans les 0 et 1 étoile 107 183 -4,5 35,1 0,3 60,4 0,7 hôtels (+ 4,6 %) explique à elle seule 87 % 2 étoiles 258 731 -2,1 75,9 -0,7 56,7 0,3 de la croissance de 2010. Cela reflète la 3 étoiles 175 838 2,0 56,5 3,7 60,5 2,1 4 et 5 étoiles 69 857 5,4 24,6 12,0 65,1 4,1 sortie de crise économique amorcée début 2010. La clientèle étrangère a également Ensemble 611 609 -1,2 192,2 2,2 59,4 1,3 été un moteur de cette reprise. Avec une * Voir définitions. Sources : Insee, DGCIS, partenaires régionaux, enquête de fréquentation hôtelière. augmentation des nuitées de 2,8 %, elle contribue à 40 % de la croissance. En 2010, la fréquentation de la clientèle française Campings : le choix du confort 2 étoiles, contre + 2,0 % et + 2,6 % pour les augmente moins (+ 2,0 %), mais elle plus fréquent... 3 et 4 étoiles (tableau 4). contribue davantage à la croissance (pour Là encore, les campings adaptent leur 60 %) : avec 127,3 millions de nuitées, elle 103,8 millions de nuitées ont été offre : dans un contexte général de réduction représente en effet les deux tiers des nuitées passées dans les campings entre mai et (- 1,0 % toutes catégories confondues), seule des hôtels. septembre 2010, contre 102,9 millions l’offre des 4 étoiles reste stable. En 2010, Toutes les catégories d’hôtels profitent au cours de la même période en 2009. les campings de 3 et 4 étoiles offrent 59 % de la reprise de la fréquentation. Et, en 2010, D’un côté, la fréquentation touristique des des emplacements et concentrent 72 % de leurs taux d’occupation augmentent, mais emplacements nus diminue de 3,3 % alors la fréquentation. restent inférieurs à ceux de 2007 et 2008. que, de l’autre, celle des emplacements Les campings les plus confortables Le nombre de nuitées augmente de 3,7 % locatifs augmente de 7,5 %. Il s'agit d'une sont également les plus équipés en pour les 3 étoiles et de 12,0 % pour les 4 et évolution structurelle. emplacements locatifs : 41,6 % des 5 étoiles. Ces hôtels haut de gamme ont à Seule l’année 2009 fait figure emplacements sont locatifs dans les 4 la fois pu développer leur parc et leur taux d’exception : en effet, au plus fort de la crise étoiles, contre 10,7 % dans les établissements d’occupation. À l’inverse, les hôtels de 0 à 2 économique, la fréquentation touristique d’une étoile. Ce mouvement s’amplifie, étoiles ont dû réduire leur offre pour pouvoir sur les emplacements nus avait, elle puisqu’en 2010 les deux tiers des nouveaux accroître leur rentabilité (tableau 2). aussi, progressé de 3 %. Les gestionnaires emplacements locatifs sont créés dans les d’établissement accompagnent ces campings 3 et 4 étoiles. Afflux de la clientèle étrangère évolutions, en réduisant leur offre en Comme le nombre d’emplacements lointaine dans les hôtels emplacements nus (- 2,6 % après - 2,2 % diminue et que la fréquentation des campings en 2009) et en augmentant de 4,5 % progresse, les taux d’occupation augmentent L’afflux de la clientèle étrangère les capacités en emplacements locatifs. (+ 0,3 point), mais seuls les établissements lointaine (tableau 3), notamment en Deux tiers des emplacements locatifs les plus confortables en bénéficient. provenance des nouvelles puissances supplémentaires sont situés dans trois économiques, est particulièrement fort : régions : Languedoc-Roussillon, Aquitaine ... et des séjours plus longs + 45 % pour les nuitées des touristes chinois et Rhône-Alpes. entre 2009 et 2010, + 28 % pour les Sud- Tout comme pour les hôtels, la 19,2 millions de touristes (12,1 millions Américains ou encore + 23 % pour les fréquentation des campings les moins étoilés en provenance de la France et 7,1 millions touristes du Proche et Moyen-Orient. diminue, alors que celle des établissements de l’étranger) ont fréquenté les campings Les nuitées des clients européens sont de haut standing progresse : respectivement de la métropole en 2010. Les séjours durent en légère baisse par rapport à 2009 (- 0,2 %). - 3,3 % et - 2,4 % pour les campings de 1 et en moyenne 5,4 nuitées. Le nombre de Là encore, la fréquentation des Européens les plus éloignés de la France augmente le plus : + 9,6 % pour les nuitées des touristes 3. Provenance des clientèles étrangères des hôtels des pays du Nord de l’Europe, + 13,2 % pour Nuitées* en 2010 Évolution 2009-2010 ceux des pays d’Europe centrale et orientale Provenance (en millions) (en %) et + 28,3 % pour les Russes. Europe 47,5 -0,2 À l’inverse, la clientèle plus habituelle dont Royaume-Uni 10,8 -6,7 des pays limitrophes est moins présente Allemagne 6,0 1,7 qu’en 2009. Les nuitées de la clientèle du Italie 6,4 -1,8 Royaume-Uni, traditionnellement la plus Belgique 5,2 -1,9 importante, diminuent encore fortement en Espagne 5,1 3,3 2010 (- 6,7 %). En 2005, elles représentaient Amériques 8,9 9,1 dont États-Unis 5,7 3,4 21,7 % des nuitées étrangères en France, et Asie et Océanie 7,4 15,7 seulement 16,6 % en 2010. Seules l’Espagne dont Chine 1,1 44,8 et l’Allemagne font exception, leur Afrique 1,1 7,0 fréquentation progressant respectivement Ensemble 65,0 2,8 de + 3,3 % et de + 1,7 % sur un an. * Voir définitions. Sources : Insee, DGCIS, partenaires régionaux, enquête de fréquentation hôtelière. II 18 Bilan de l’offre touristique 2010
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    touristes reste stable,c’est l’allongement Provenance des clientèles étrangères des campings de la durée des séjours qui fait croître la fréquentation des campings. Les séjours sur emplacements locatifs, d’une durée Danemark plus importante, sont préférés aux séjours sur emplacements nus. En 2010, quel que Espagne soit le type d’emplacement, les séjours des étrangers ont été plus longs qu’en 2009, Suisse tandis que ceux des Français étaient de plus Nuitées* 2010 courte durée. Italie Nuitées* 2009 Un tiers des touristes fréquentant les campings sont étrangers. Parmi eux, 98 % Belgique sont des Européens, dont 42 % originaires des seuls Pays-Bas (graphique). Entre Allemagne 2009 et 2010, la fréquentation des touristes Royaume-Uni étrangers progresse, hormis pour ceux originaires d’Allemagne. Fait marquant, à Pays-Bas l’inverse de ce qui se passe dans l’hôtellerie, les Britanniques reviennent passer leurs 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 vacances dans les campings français, après en millions de nuitées une année de recul important. * Voir définitions. Sources : Insee, DGCIS, enquête de fréquentation dans les campings. Record de fréquentation pour les hôtels d’Île-de-France Pour l’hôtellerie, l’année 2010 d’un afflux de clientèle. Enfin, les massifs pour combler le recul de la fréquentation s’avère particulièrement bonne en Île-de- montagneux, et tout particulièrement les des Français. France (+ 5,7 % de fréquentation) sous Pyrénées (- 7,2 %), sont moins prisés La fréquentation sur le littoral l’afflux conjugué des clientèles françaises qu’en 2009. méditerranéen diminue en 2010 : les et étrangères (carte 1). Avec 66 millions campings de la région PACA comptent de nuitées en 2010, la région capitale Campings : une saison favorable en effet 3,6 % de nuitées en moins, contribue à elle seule à 85 % de la hausse sur le littoral atlantique contrairement aux hôtels de cette région. de fréquentation en métropole. Après la Cette désaffection est le fait des touristes baisse de 2009, l’Île-de-France atteint Dans les campings, la saison d’été français comme des touristes étrangers. ainsi son plus haut niveau de fréquentation 2010 est très positive pour le littoral En Languedoc-Roussillon et en Corse, la depuis 2005. atlantique. L’activité touristique a été fréquentation est restée proche du niveau La région Provence - Alpes - Côte particulièrement favorable en Aquitaine, atteint en 2009. d’Azur (PACA) est la deuxième par ordre Pays de la Loire et Basse-Normandie grâce, La saison 2010 a également été d’importance en termes de fréquentation notamment, à une présence plus importante favorable en montagne : 1,7 % de nuitées pour l’hôtellerie. Son nombre de nuitées des touristes étrangers (carte 2). Seul Poitou- supplémentaires pour l’ensemble des croît de 2,7 %, ce qui ne compense qu’en Charentes fait exception : son image aura massifs et 3,2 % en plus pour les seuls partie la baisse de 6,4 % de l’année sans doute été affectée ponctuellement par touristes en provenance de l’étranger. précédente. Les Français, mais davantage les ravages de la tempête Xynthia, fin février L’espace rural et l’espace urbain ont encore les étrangers, y sont venus en plus 2010. Les étrangers y sont certes venus en enregistré respectivement des hausses de grand nombre. plus grand nombre, mais pas suffisamment 2,5 % et 2,2 %. En Rhône-Alpes, troisième région « hôtelière », la fréquentation des touristes français, mais également étrangers, baisse légèrement (- 0,6 % et - 0,8 %), et ce à l’instar de l’ensemble des régions de montagne. Dans les autres régions, la 4. Parc et fréquentation des campings fréquentation hôtelière est plus dynamique Parc Fréquentation* Taux d'occupation* à l’est de l’Île-de-France. Elle est Nombre Évolution Nombre Évolution Taux Évolution particulièrement élevée en Bourgogne d'emplacements 2009-2010 de nuitées 2009-2010 en 2010 2009-2010 Catégorie (+ 5,2 %), grâce à une forte augmentation au 1er janvier en 2010 de la fréquentation des étrangers (+ 7,8 %). 2011 (en %) (en millions) (en %) (en %) (en points) Dans les régions de la moitié ouest de la 0 et 1 étoile 47 699 -2,8 4,2 -3,3 25,8 -0,6 France, la fréquentation diminue. Seules 2 étoiles 237 307 -1,8 25,1 -2,4 29,2 -0,5 l’Aquitaine et la Basse-Normandie font 3 étoiles 267 763 -0,7 42,6 2,0 35,6 0,6 exception. 4 étoiles 147 176 0,0 32,0 2,6 44,1 1,1 Après la forte baisse de 2009, l’espace Ensemble 699 945 -1,0 103,8 0,9 34,9 0,3 urbain suscite de nouveau l’intérêt des touristes (+ 2,4 %). Sur le littoral, seules la * Voir définitions. côte méditerranéenne et la Corse bénéficient Sources : Insee, DGCIS, enquête de fréquentation dans les campings. III Bilan de l’offre touristique 2010 19
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    1. Fréquentation* dansles hôtels en 2010 2. Fréquentation* dans les campings en 2010 selon les régions selon les régions Évolution 2009-2010 Évolution 2009-2010 Plus de 3 % Plus de 3 % De 0 à 3 % De 0 à 3 % Moins de 0 % Moins de 0 % Nuitées (en millions) Nuitées (en millions) 60 20 30 10 6 2 * Voir définitions. Sources : Insee, DGCIS, partenaires régionaux, enquête de fréquentation * Voir définitions. hôtelière. Sources : Insee, DGCIS, enquête de fréquentation dans les campings. Sources Définitions Bibliographie L’enquête de fréquentation hôtelière Les nuitées (ou fréquentation) - Pallez D., « 2009 : une saison très favorable est effectuée mensuellement auprès des correspondent au nombre total de nuits pour les campings, une année difficile pour hôtels de tourisme classés (de 0 à 5 étoiles) passées par les clients dans un hôtel ou un l’hôtellerie », Insee Première n° 1296, mai et des hôtels de chaîne (classés ou non). Elle camping ; un couple séjournant trois nuits 2010. est réalisée conjointement par l’Insee et la consécutives dans un hôtel compte ainsi pour - Doguet B., « 2009 : une année difficile direction générale de la Compétitivité, de six nuitées, de même que six personnes ne pour l’hôtellerie de tourisme, alors que le l’Industrie et des Services (DGCIS). Dans séjournant qu’une nuit. La fréquentation camping gagne du terrain », Le 4 pages de la plupart des régions, elle bénéficie d’une des campings est observée uniquement la DGCIS n° 9, mai 2010. extension d’échantillon financée par les entre mai et septembre, période autrement - Mémento du tourisme, DGCIS, édition partenaires locaux du tourisme. appelée saison. 2010 (sortie prévue en mai 2011). L’enquête de fréquentation dans les Le nombre de séjours (ou arrivées) - Les 4 Pages mensuels de conjoncture campings (hôtellerie de plein air) relève correspond au nombre de clients hôtelière de la DGCIS. également d’un partenariat entre l’Insee différents séjournant une ou plusieurs - Le 4 Pages de la DGCIS, « Bilan de l'année et la DGCIS. L’ensemble des campings nuits consécutives dans le même hôtel touristique 2010 en France » (à paraître). classés (de 1 à 4 étoiles) possédant au moins ou le même camping. un emplacement de passage (définitions) Un emplacement de passage est est interrogé mensuellement au cours un emplacement destiné à une clientèle de la saison d’été (de mai à septembre). touristique n’y élisant pas domicile. Il Les campings possédant uniquement des peut être nu ou locatif, c’est-à-dire équipé emplacements loués à l’année ne sont pas d’un hébergement léger du type chalet, enquêtés. bungalow, mobile home ou habitation Les résultats figurant dans cette légère de loisir. Séverine Francastel, DGCIS, publication sont définitifs pour les Le taux d’occupation est le rapport du Dominique Pallez, Insee campings ; pour les hôtels, les résultats nombre de chambres (ou d’emplacements) des deux derniers mois de l’année sont occupées au nombre de chambres (ou provisoires. Les enquêtes campings ont été d’emplacements) effectivement offertes sur rénovées en 2003 et les enquêtes hôtels en une période donnée (c’est-à-dire en excluant Directeur de la publication 2005. Les séries hôtels ont été rétropolées les fermetures saisonnières). Luc Rousseau jusqu’en 2003. Rédacteur en chef François Magnien Secrétaire de rédaction Nicole Merle-Lamoot Pour en savoir plus : Composition par PAO Brigitte Baroin Consultez la rubrique « Statistiques et études économiques » du site tourisme. gouv.fr Direction générale de la compétitivité, de l'industrie et des services IV 20 Bilan de l’offre touristique 2010
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    Bilan 2010 dutourisme des résidents (enquête SDT1) Synthèse En 2010, le taux de départ des Français pour motif personnel (75,9 %) a baissé de 2,1 points par rapport à 2009. Le nombre de voyages réalisés (197,5 millions) a donc diminué (- 2,3 %). Néanmoins, ce constat doit être tempéré par des signes de reprise de l’activité : d’abord, les touristes résidents ont sensiblement allongé leurs séjours, de sorte que le nombre des nuitées (1,14 milliard en 2010) n’a reculé que de 1,4 % ; ensuite, le poids de l’hébergement marchand s’est accru ; enfin, la dépense a augmenté fortement (4,9 %). On renoue ainsi avec la situation, régulièrement observée avant la crise, d’une divergence entre stabilité, voire recul, des nuitées et forte croissance des dépenses, largement du fait - avant la crise - d’une hausse des prix. Cette situation reflète exclusivement celle des voyages en métropole (près de 90 %). Elle est radicalement différente pour les voyages à l’étranger : leur nombre s’est accru (+1,5%), celui des nuitées davantage (+ 3,3 %) et le montant des dépenses plus encore (+5,3 %). En 2010, le taux de départ des Français en voyage pour motif personnel s’est établi à 75,9 %, en baisse de 2,1 points par rapport à 2009. Le calendrier 2010, avec un nombre de jours fériés et de ponts plus réduit qu’en 2009, a contribué à la diminution du taux de départ en courts séjours. La baisse du taux de départ en 2010 concerne toutes les catégories de ménages : les ouvriers (- 3,0 points), les employés (- 3,1 points) et, même s’ils résistent mieux, les ménages dont le chef est un cadre supérieur ou bien exerce une profession intellectuelle supérieure (- 1,5 point). Le nombre des voyages réalisés en 2010 est mécaniquement en baisse2 lui aussi (- 2,3 % par rapport à 2009). Contrairement aux années précédentes, le seuil des 200 millions de voyages pour motif personnel n’a pas été atteint (197,5 millions de voyages pour motif personnel en 2010). La baisse est donc sensible après une quasi-stabilité en 2009 (- 0,1 % par rapport à 2008). Selon qu’il s’agit de voyages en métropole ou à l’étranger, les évolutions ne sont pas du tout les mêmes : alors que le nombre de voyages en métropole s’est replié de 2,8 %, les Français voyagent de plus en plus à l’étranger (+ 1,5 % en 2010 après + 1,0 % en 2009). Néanmoins, la part de ces voyages reste encore limitée (11 %), de sorte que leur hausse ne permet pas de compenser la baisse des voyages en métropole. La baisse des voyages en 2010 n’est pas uniforme sur l’ensemble de l’année : le recul est plus marqué sur la période estivale, - 3,2 % sur la période juillet-août par rapport à la même période de 2009 et - 4,5 % sur la période de mai à septembre. La demande de voyages est toutefois repartie au dernier trimestre 2010 (+ 0,8 %). La majorité des régions ont été concernées par le recul de la demande de voyages des résidents, en particulier certaines régions emblématiques de l’activité touristique comme PACA, avec une baisse de 5,7 % du nombre de voyages de résidents dans la région en 2010. A contrario, quelques régions tirent leur épingle du jeu : la Corse (+ 5,5 %), la Basse-Normandie (+ 3,6 %) ou encore la Lorraine (+ 6,8 %). Le nombre de voyages des Français est également orienté à la hausse pour la région capitale (+ 1,6 % par rapport à 2009). Avec près de 14 millions de voyages personnels réalisés en 2010, l’Île-de-France est restée dans le trio de tête des régions touristiques préférées des Français, derrière Rhône-Alpes (19,9 millions) et PACA (16,2 millions). En termes d’espaces touristiques, les campagnes continuent à générer le plus de voyages (un tiers du total) devant les villes et le littoral. Les espaces littoraux ( - 4,1 %), ruraux ( - 3,9 %) et de montagne hors stations ( - 4,4 %) sont en recul. Les villes (stabilité) et les stations de ski (légère hausse des voyages) résistent mieux. 1 Cf Annexe 1, p. 51. 2 La population de référence pour le calcul du taux de départ n’ayant que très peu évolué. Bilan de la demande touristique 2010 23
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    S’agissant des voyagesdes touristes français à l’étranger, en dehors de l’Afrique, en recul de 5 %, tous les autres continents ont bénéficié de la croissance de leur nombre : l’Europe (+ 2,7 %), mais aussi les destinations plus lointaines, telles l’Amérique (+ 3,3 %) et l’Asie-Océanie (+ 5,2 %). Le Vieux Continent demeure, et de loin, la principale zone de réception, avec 70 % des voyages des Français à l’étranger. L’Espagne reste leur destination étrangère favorite, renforçant même sa position en 2010 (+ 6,4 %). Par ailleurs, bénéficiant d’un change favorable, les Français ont davantage fréquenté la Grande-Bretagne et les États-Unis. En 2010, les touristes Français ont réalisé un total de 1,14 milliard de nuitées au cours de leurs voyages pour motif personnel : 940 millions sur le territoire métropolitain et 205 millions à l’étranger. Du fait de voyages plus long à l’étranger (9,5 nuitées contre 5,3), la part des nuitées en métropole (82,1 %) est moins élevée que la part des voyages (89,1 %). Comme pour les voyages, l’évolution est à la baisse pour les nuitées, mais celle-ci est moins marquée : - 1,4 % par rapport à 2009. Selon qu’il s’agit de séjours en métropole ou à l’étranger, les évolutions sont contrastées : un recul plus marqué des nuitées dans le premier cas (- 2,3 %), une hausse, comme pour les voyages, dans le second (+3,3 %). Aussi bien, d’une part, le moindre recul des nuitées par rapport aux voyages en métropole que, d’autre part, leur plus forte croissance à l’étranger s’expliquent par un allongement de la durée des séjours (+1,0 % au global), plus marqué pour les voyages à l’étranger (+1,7 %) qu’en métropole (+ 0,5 %). Autre signe de reprise, l’évolution des nuitées est plus favorable aux hébergements marchands, aussi bien pour les destinations intérieures qu’à l’étranger. En effet, en 2010, en métropole, les nuitées dans des hébergements marchands n’ont reculé que de 1,6 % contre - 2,7 % pour les nuitées non marchandes et, à l’étranger, les nuitées payantes ont augmenté de 3,5 % contre + 2,9 % pour les autres. Au total, toutes destinations confondues, la fréquentation des hébergements marchands est restée stable quand celle des hébergements non marchands a baissé (- 2,2 %). Enfin, la dépense des touristes français a augmenté fortement (4,9 %). On renoue ainsi avec la situation, régulièrement observée avant la crise, d’une divergence entre stabilité (ou recul) des nuitées et forte croissance des dépenses, largement du fait - avant la crise - d’une hausse des prix. Cette situation reflète exclusivement celle des voyages en métropole (près de 90 %). 2 Le taux de départ en voyages pour motif personnel (agrément, santé, étude, etc.) d’une population rapporte le nombre de personnes ayant passé au moins une nuitée à l’extérieur de leur domicile pour motif personnel à l’ensemble de la population considérée. Ici, on mesure le taux de départ des personnes résidentes en France de 15 ans ou plus. 3 Dom exclus. 24 Bilan de la demande touristique 2010
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    Bilan détaillé del’activité touristique des résidents en 2010 1. En 2010, les Français sont moins nombreux à être partis en voyage pour motif personnel En 2010, le taux de départ des Français en voyage pour motif personnel s’est établi à 75,9 %, contre 78,0 % en 2009 (graphique 1). La part des résidents partis au moins une fois en déplacement touristique (avec une nuit passée hors du domicile) au cours de l’année est donc en baisse de 2,1 points. Sur la période 2005-2009, le taux de départ avait oscillé entre 77,4 % et 78,6 % (graphique 2). Le calendrier 2010, avec un nombre de jours fériés et de ponts plus réduit qu’en 2009, à contribué à la diminution en courts séjours. Sur l’ensemble de l’année, le taux de départ en court voyage (une à trois nuitées hors du domicile) a reculé de 3 points, soit deux fois plus que celui des grandes vacances (taux de départ en baisse de 1,5 point seulement). Cependant ce constat est seulement valable pour les voyages en France. En effet, ces trois dernières années les Français ont un peu plus accru le nombre de leurs courts séjours à l’étranger que celui des plus longs (+ 1,6 % en 2010 par rapport à 2009, contre + 1,5 % pour l’ensemble des voyages à l’étranger). La possibilité de réserver par internet en dernière minute un week-end dans une capitale européenne à des tarifs attractifs contribue sans doute au développement d’un nomadisme de court séjour à l’étranger : plus des deux tiers des courts voyages à destination de l’Europe font l’objet d’une réservation totale ou partielle par internet. Le recours à internet pour réserver une ou plusieurs composantes (hébergement, transport, etc.) du voyage s’amplifie progressivement alors même que la part des voyages réservés est stable, autour de 40 %. Ainsi, pour la première fois, en 2010 les Français sont passés par internet pour plus de la moitié des voyages réservés (54 % et + 5 points par rapport à 2009), soit pour plus d’un voyage sur cinq. Graphique 1 : Taux de départ* en 2009 et 2010 et évolution 2010/2009 du nombre de voyages* des touristes français selon la Profession Catégorie Sociale (PCS) du chef de ménage Taux de départ Évolution du nombre (en %) de voyages (en %) 100 Taux de départ en 2009 3,0 93,9 Taux de départ en 2010 92,4 90 89,3 Évolution 2010/2009 du nombre de voyages (en %) 2,0 86,9 79,6 80 78,0 75,9 1,0 76,3 1,8 76,5 73,6 71,8 71,1 68,8 69,8 70 0,0 -1,4 -1,2 60 -2,0 -2,3 -1,0 50 -2,0 -4,6 40 -6,2 -3,0 30 -4,0 20 -5,0 10 -6,0 0 -7,0 Agriculteurs Cadres et Professions Employés Ouvriers Inactifs (retraités, Ensemble exploitants, professions intermédiaires étudiants, artisans, intellectuelles demandeurs commerçants et supérieures d'emploi, chefs d'entreprise personnes au foyer) * pour motif personnel. Source : Enquête SDT (DGCIS). La baisse du taux de départ en 2010 concerne toutes les catégories de ménages, en premier lieu celles des ouvriers (- 3,0 points) et des employés (- 3,1 points). Ces deux catégories avaient bien résisté aux premiers effets de la crise en 2009. Même s’ils résistent mieux, les ménages dont le chef est un cadre supérieur ou bien exerce une profession intellectuelle supérieure sont concernés par la baisse du taux de départ (- 1,5 point). Bilan de la demande touristique 2010 25
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    La baisse dutaux de départ des résidents s’observe dans de nombreuses régions, notamment en Rhône-Alpes et en Bretagne. Les touristes en provenance de la région PACA on fortement réduit leur mobilité en court séjour (- 8 points) mais aussi le nombre de leurs voyages plus longs (- 5,1 points). Les Franciliens, plus aisés que la moyenne, ont mieux résisté et, toutes durées de voyages confondues, sont de nouveau ceux qui partent le plus en 2010, avec un taux de départ de 85,6 %. Graphique 2 : Évolution du taux de départ des individus selon la PCS du chef de ménage Source : Enquête SDT (DGCIS). 2. Moins de voyages en France, en particulier en court séjour, mais plus de voyages à l’étranger Le nombre des voyages réalisés en 2010 est mécaniquement en baisse3 (- 2,3 % par rapport à 2009) et, contrairement aux années précédentes, le seuil des 200 millions de voyages pour motif personnel n’a pas été atteint (197,5 millions de voyages pour motif personnel en 2010). La baisse est donc sensible après une quasi-stabilité en 2009 (- 0,1 % par rapport à 2008). La baisse du prix du carburant en 2009 avait vraisemblablement contribué à maintenir le volume des voyages. Par ailleurs, le recul porte exclusivement sur les voyages en métropole (- 2,8 % DOM exclus) : dans le même temps, les Français accentuent leur propension à voyager à l’étranger : + 1,5 % en 2010 après + 1,0 % en 2009 (tableau 1). Néanmoins, la part des voyages à l’étranger des résidents reste encore limitée à 11 %, ce qui ne permet pas de compenser la baisse des voyages en métropole. Celle-ci demeure, et de loin, la destination favorite de ses habitants : ils y réalisent traditionnellement près de 9 voyages sur 10. La baisse des voyages des Français en 2010 n’est pas uniforme sur l’ensemble de l’année (graphique 3) : le recul est plus marqué sur la période estivale, - 3,2 % sur la période juillet-août par rapport à la même période de 2009 et - 4,5 % sur la période de mai à septembre. La demande de voyages est toutefois repartie au dernier trimestre 2010 (+ 0,8 %). 3 La population de référence pour le calcul du taux de départ n’ayant que très peu évolué. 26 Bilan de la demande touristique 2010
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    Tableau 1 :Voyages, nuitées et durée des séjours des résidents en France* et à l’étranger** a. Voyages et nuitées Nombre Structure Évolution (en millions) Contribution 2010 2010/2009 (points de %) 2009 2010 (%) (%) Voyages En France 181 176 89,1 -2,8 -2,5 À l'étranger 21 22 10,9 1,5 0,2 Total 202 198 100 -2,3 -2,3 Nuitées En France 962 940 82,1 -2,3 -1,9 À l'étranger 198 205 17,9 3,3 0,6 Total 1 160 1 144 100 -1,4 -1,4 b. Durée des séjours Durée moyenne des séjours (en nuitées) Évolution 2010/2009 2009 2010 (%) En France 5,31 5,34 0,5 À l'étranger 9,31 9,47 1,7 Total 5,73 5,79 1,0 * Hors DOM. ** y compris DOM. Source : Enquête SDT (DGCIS). Graphique 3 : Évolution mensuelle de l’activité touristique (voyages et nuitées) des résidents depuis 2006 Glissement annuel en %* * Nombre de voyages (de nuitées) d’un mois m de l’année n rapporté au nombre de nuitées du même mois de l’année n-1. Source : Enquête SDT (DGCIS). 3. La plupart des régions françaises ont pâti du recul des arrivées ; celles-ci se sont néanmoins maintenues dans les espaces urbains et les stations de ski La majorité des régions ont pâti du recul de la demande de voyages des Français (tableau 2), en particulier certaines régions emblématiques de l’activité touristique comme PACA, avec une baisse de 5,7 % du nombre de voyages de résidents dans la région en 2010 (plus forte contribution à la baisse, de 0,5 point) ou la Bretagne (- 3,9 %). La tempête Xynthia, en février 2010, a pénalisé l’activité touristique en Poitou-Charentes (- 6,4 %). La baisse est moins forte dans d’autres régions également touristiques telles que le Languedoc-Roussillon (- 0,8 %), Aquitaine (- 0,8 %) ou Rhône-Alpes (- 0,2 %). Bilan de la demande touristique 2010 27
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    A contrario, quelquesrégions tirent leur épingle du jeu : la Corse (+ 5,5 %), la Basse-Normandie (+ 3,6 %) ou encore la Lorraine (+ 6,8 % et + 0,2 point de contribution, la plus forte à la hausse). À Metz, l’ouverture du centre Pompidou, en mai 2010, attire de nombreux touristes dans l’agglomération : de mai à décembre, les courts voyages ont bondi de 22,5 % par rapport à la même période en 2009. Le nombre de voyages des Français est également orienté à la hausse pour la région capitale (+ 1,6 % par rapport à 2009). Avec près de 14 millions de voyages personnels réalisés en 2010, l’Île-de-France est restée dans le trio de tête des régions touristiques préférées des Français, derrière Rhône-Alpes (19,9 millions) et PACA (16,2 millions). Tableau 2 : Évolution 2010/2009 des voyages et des nuitées en France des touristes résidents selon la région de destination Voyages Nuitées Durée moyenne de voyage Destination Structure Évolution Contribution à Structure Évolution Contribution à En 2009 En 2010 Évolution en 2010 2010/2009 l'évolution totale en 2010 2010/2009 l'évolution totale (en nuitées) (en nuitées) 2010/2009 (en %) (en points de %) (en %) (en points de %) (en %) Alsace 1,7 -8,8 -0,2 1,3 -7,6 -0,1 4,11 4,16 1,3 Aquitaine 6,4 -0,8 -0,1 7,7 -1,1 -0,1 6,38 6,36 -0,3 Auvergne 2,9 -4,3 -0,1 2,7 1,5 0,0 4,62 4,91 6,1 Bourgogne 3,5 -4,3 -0,2 2,8 -9,4 -0,3 4,40 4,16 -5,4 Bretagne 7,0 -3,9 -0,3 8,1 -4,2 -0,3 6,23 6,21 -0,3 Centre 4,5 -3,7 -0,2 3,1 -2,2 -0,1 3,61 3,66 1,6 Champagne-Ardenne 1,9 -11,3 -0,2 1,3 3,6 0,0 3,16 3,69 16,9 Corse 0,9 5,5 0,0 2,0 -8,1 -0,2 12,76 11,12 -12,8 Franche-Comté 1,8 -7,8 -0,1 1,6 -2,3 0,0 4,50 4,77 6,0 Île-de-France 7,9 1,6 0,1 5,0 4,1 0,2 3,32 3,40 2,4 Languedoc-Roussillon 7,1 -0,8 -0,1 10,0 -1,5 -0,1 7,57 7,52 -0,7 Limousin 1,2 -16,5 -0,2 1,2 -12,7 -0,2 5,15 5,38 4,5 Lorraine 3,0 6,8 0,2 2,2 -1,1 0,0 4,17 3,86 -7,4 Midi-Pyrénées 5,1 -1,7 -0,1 5,3 -3,8 -0,2 5,74 5,61 -2,2 Nord - Pas-de-Calais 3,8 -5,0 -0,2 2,8 0,4 0,0 3,76 3,97 5,7 Basse-Normandie 3,7 3,6 0,1 3,4 7,6 0,2 4,73 4,91 3,8 Haute-Normandie 2,2 -8,4 -0,2 1,4 -6,1 -0,1 3,36 3,45 2,5 Pays de la Loire 7,5 -1,8 -0,1 7,3 -1,7 -0,1 5,23 5,23 0,1 Picardie 2,5 -5,6 -0,1 1,8 -2,4 0,0 3,61 3,73 3,4 Poitou-Charentes 4,6 -6,4 -0,3 5,2 -6,0 -0,3 6,01 6,04 0,5 Provence - Alpes - Côte d’Azur 9,2 -5,7 -0,5 12,5 -4,6 -0,6 7,16 7,24 1,1 Rhône-Alpes 11,3 -0,2 0,0 11,2 0,2 0,0 5,24 5,26 0,4 Non déterminé 0,2 -20,5 -0,1 0,2 -19,8 -0,1 4,90 4,95 0,9 Total 100 -2,8 -2,8 100 -2,3 -2,3 5,31 5,34 0,5 Source : Enquête SDT (DGCIS). En termes d’espaces touristiques, les campagnes continuent à générer le plus de voyages (un tiers du total), devant les villes et le littoral (tableau 3). Les espaces littoraux (- 4,1 %), ruraux (- 3,9 %) et de montagne hors stations (- 4,4 %) sont en recul. Les villes (stabilité) et les stations de ski (légère hausse des voyages) résistent mieux. Tableau 3 : Évolution 2010/2009 des voyages et des nuitées en France par espace touristique Type d’espace en France Voyages Nuitées Durée moyenne de voyage métropolitaine Structure Évolution Contribution à Structure Évolution Contribution à En 2009 En 2010 Évolution en 2010 2010/2009 l'évolution totale en 2010 2010/2009 l'évolution totale (en nuitées) (en nuitées) 2010/2009 (en %) (en points de %) (en %) (en points de %) (en %) Mer 22,6 -4,1 -0,9 31,2 -3,3 -1,1 7,3 7,4 0,7 Rural 34,3 -3,9 -1,3 30,9 -2,0 -0,6 4,7 4,8 2,0 Ville 29,2 -0,1 0,0 20,9 -1,5 -0,3 3,9 3,8 -1,4 Stations de ski 4,7 0,5 0,0 6,3 -3,1 -0,2 7,3 7,1 -3,6 Montagne hors ski 6,0 -4,4 -0,3 7,0 -1,6 -0,1 6,1 6,2 2,9 Non déterminé 3,2 -7,8 -0,3 3,7 -1,3 0,0 5,7 6,1 7,0 Total 100,0 -2,8 -2,8 100,0 -2,3 -2,3 5,3 5,3 0,5 Source : Enquête SDT (DGCIS). 28 Bilan de la demande touristique 2010
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    4. La haussedu nombre de voyages à l’étranger a bénéficié à tous les continents sauf l’Afrique En dehors de l’Afrique, en recul de 5 %, tous les autres continents ont bénéficié de la croissance du nombre de voyages des touristes français à l’étranger (tableau 4) : l’Europe (+ 2,7 %), mais aussi les destinations plus lointaines, telles l’Amérique (+ 3,3 %) et l’Asie-Océanie (+ 5,2 %). Le Vieux Continent demeure, et de loin, la principale zone de réception, avec 70,7 % des voyages des Français à l’étranger (+ 0,8 point par rapport à 2009). L’Espagne reste la destination étrangère favorite des Français, avec près d’un voyage à l’étranger sur six, et elle renforce sa position (+ 6,4 %), devant l’Italie en recul (- 6,1 %). Par ailleurs, bénéficiant d’un change favorable, les Français ont davantage fréquenté la Grande-Bretagne (+ 12 %) et les États-Unis (+ 28,9 %). Tableau 4 : Évolution 2010/2009 des voyages et des nuitées à l’étranger des touristes résidents selon la zone de destination Destination Voyages Nuitées Durée moyenne de voyage Structure Évolution Contribution à Structure Évolution Contribution à En 2009 En 2010 Évolution en 2010 2010/2009 l'évolution totale en 2010 2010/2009 l'évolution totale (en nuitées) (en nuitées) 2010/2009 (en %) (en points de %) (en %) (en points de %) (en %) Europe 70,7 2,7 1,9 56,9 6,0 3,4 7,4 7,6 3,2 dont Espagne 16,4 6,4 1,0 14,8 4,5 0,7 8,7 8,6 -1,7 Italie 10,6 -6,1 -0,6 8,4 -0,8 -0,1 7,2 7,6 5,7 Afrique 14,1 -5,0 -0,7 17,8 -1,0 -0,2 11,4 11,9 4,2 Amériques 9,6 3,3 0,3 15,9 -0,9 -0,1 16,3 15,7 -4,0 Asie et Océanie 4,0 5,2 0,2 6,5 6,3 0,4 15,2 15,4 1,1 Non déterminé 1,5 -7,6 -0,1 2,8 -2,7 -0,1 16,7 17,6 5,3 Total 100 1,5 1,5 100 3,3 3,3 9,3 9,5 1,7 Source : Enquête SDT (DGCIS). 5. L’allongement de la durée des voyages, surtout à l’étranger, a limité le recul global des nuitées En 2010, les touristes français ont réalisé un total de 1,14 milliard de nuitées au cours de leurs voyages pour motif personnel (tableau 1) : 940 millions sur le territoire métropolitain et 205 millions à l’étranger. Du fait de voyages plus longs à l’étranger (9,5 nuitées contre 5,3), la part des nuitées en métropole (82,1 %) est moins élevée que la part des voyages (89,1 %). Comme pour les voyages, dont le nombre a globalement reculé de 2,3 % par rapport à 2009, l’évolution est à la baisse pour les nuitées : - 1,4 %. Selon qu’il s’agit de séjours en métropole ou à l’étranger, les évolutions sont contrastées : un recul plus marqué des nuitées dans le premier cas (- 2,3 %), une hausse, comme pour les voyages, dans le second (+3,3 %). Qu’il s’agisse du moindre recul par rapport aux voyages des nuitées en métropole ou de leur plus forte croissance à l’étranger, le différentiel correspond à un allongement de la durée des séjours (+1,0 % au global), plus marqué pour les voyages à l’étranger (+1,7 %) qu’en métropole (+ 0,5 %). Cet allongement des séjours est le signe encourageant d’une reprise de l’activité du tourisme. À l’étranger, il a d’autant plus contribué à limiter le recul des nuitées que la durée moyenne des voyages hors métropole est élevée. Globalement, l’allongement des séjours a été particulièrement important en fin d’année : la reprise observée sur les voyages (+ 0,8 %) au quatrième trimestre 2010 est nettement plus forte en termes de nuitées (+ 7,3 %). Les nuitées en métropole perdues par rapport à 2009 (22,3 millions) représentent l’équivalent d’une semaine entière de fréquentation touristique des Français sur le territoire en 2009. Alors même que la durée moyenne des séjours est très variable selon les espaces touristiques (beaucoup plus longues à la mer et à la montagne qu’à la campagne et à la ville), donc la répartition des nuitées différente de celle des voyages, l’évolution de la fréquentation dans les territoires est en phase avec celle des arrivées : baisse sur tous les types d’espaces, y compris dans les villes (- 1,5 %) et des stations de ski (-1,3 %), qui pourtant résistent mieux en termes de voyages. Certaines destinations régionales, en recul en nombre de voyages, bénéficient toutefois d’une fréquentation en hausse : c’est le cas de Champagne-Ardenne (+ 3,6 %) et de l’Auvergne (+ 1,5 %). Bilan de la demande touristique 2010 29
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    En 2010, lestouristes français ont réalisé 6,5 millions de nuitées de plus qu’en 2009 à l’étranger. Ce sont les destinations européennes qui connaissent un regain de fréquentation (+ 6,0 %), l’allongement des voyages y contribuant pour plus de la moitié. Le volume des nuitées des touristes français vers les destinations lointaines reste stable (+ 0,1 %). Les disparités régionales rendent compte des spécificités socio-économiques : ainsi les Franciliens cumulent un taux moyen de départ, un nombre moyen de voyages par individu parti et une durée moyenne de voyages élevés (7,1 nuitées en moyenne en 2010). À l’inverse, les habitants du Nord - Pas-de-Calais réalisent les plus longs voyages (6,7 nuitées en moyenne) après les Franciliens mais cumulent un faible taux de départ et un faible nombre de voyages par individu parti. 6. La part des nuitées en hébergements marchands a progressé en 2010 Autre signe de reprise (avec l’allongement des séjours), l’évolution des nuitées est plus favorable aux hébergements marchands, aussi bien pour les destinations intérieures qu’à l’étranger. En effet, en 2010, en métropole, les nuitées dans des hébergements marchands n’ont reculé que de 1,6 % contre - 2,7 % pour les nuitées non marchandes et, à l’étranger, les nuitées payantes ont augmenté de 3,5 % contre seulement + 2,9 % pour les autres (tableau 5). Au total, toutes destinations confondues, la fréquentation des hébergements marchands est restée stable quand celle des hébergements non marchands a baissé (- 2,2 %). Cette évolution n’est toutefois pas assez forte pour remettre en cause les comportements structurels : les Français ont continué de privilégier l’hébergement marchand pour leurs voyages à l’étranger (68,5 % des nuitées) et l’hébergement non marchand pour leurs voyages en métropole (67,1 % des nuitées). En métropole, s’agissant de l’hébergement non marchand, dans plus de 80 % des cas, la famille ou les amis assurent le gîte ; autrement les Français passent ces nuitées non marchandes dans leur résidence secondaire. Toujours en métropole, les locations, gîtes et chambres d’hôtes assurent près de la moitié des nuitées marchandes (47,5 %) des touristes résidents, loin devant les campings (26 %) et les hôtels (18,2 %). Tableau 5 : Évolution 2010/2009 des nuitées des touristes français en France et à l’étranger selon le type d’hébergement Ensemble des nuitées Nuitées en France Nuitées à l’étranger Nombre de Structure des Évolution Structure des Évolution Contribution Structure des Évolution Contribution Type d’hébergement nuitées en nuitées par 2010/2009 nuitées par 2010/2009 à l'évolution nuitées par 2010/2009 à l’évolution 2010 type (en %) type (en %) totale type (en %) totale (en millions) d’hébergement d’hébergement (en points d’hébergement (en points en 2010 en 2010 de %) en 2010 de %) (en %) (en %) (en %) Hôtel 150 13,1 3,5 6,0 1,6 0,1 45,5 4,7 2,1 Camping 87 7,6 -4,4 8,6 -1,9 -0,2 3,3 -26,4 -1,2 Location, gîte ou chambre d’hôte 173 15,1 -0,6 15,7 -1,2 -0,2 12,7 3,1 0,4 Autre hébergement marchand 40 3,5 -0,5 2,7 -8,6 -0,2 7,0 18,1 1,1 Hébergement marchand 450 39,3 0,0 32,9 -1,6 -0,5 68,5 3,5 2,4 Résidence secondaire du foyer 160 14,0 -1,2 16,4 -2,6 -0,4 3,1 49,2 1,1 Famille 414 36,2 -1,3 39,8 -1,7 -0,7 19,5 2,1 0,4 Amis 89 7,8 -4,4 8,2 -5,3 -0,4 5,9 1,3 0,1 Autre hébergement non marchand 31 2,7 -11,1 2,7 -9,5 -0,3 3,0 -16,9 -0,6 Hébergement non marchand 695 60,7 -2,2 67,1 -2,7 -1,8 31,5 2,9 0,9 Total des hébergements 1 144 100 -1,4 100 -2,3 -2,3 100 3,3 3,3 Source : Enquête SDT (DGCIS). 7. Légère diminution des voyages par la route En 2010, les Français ont réalisé, toutes destinations confondues, plus des trois quarts de leurs voyages personnels par la route (78,1 %), essentiellement en voiture. Néanmoins, sous les effets conjugués des hausses répétées du prix du carburant et de la concurrence des autres modes de transport, notamment du low cost aérien, la route a cédé un peu de terrain (- 1,1 point par rapport à 2009). Pour les voyages à l’étranger, l’éruption du volcan islandais Eyjafjöll a pesé sur la demande de longs voyages en avril-mai (- 5,5 %) mais l’aérien reste logiquement le mode de transport majoritaire (55,5 %) devant la route (33,7 %). C’est donc avec les voyages en métropole que le poids de la route est le plus élevé (83,5 %) : les Français n’hésitent pas à utiliser un réseau routier et autoroutier qui maille très largement le territoire. Loin derrière, le ferroviaire rassemble près d’un voyage sur sept (13,1 %). 30 Bilan de la demande touristique 2010
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    8. En 2010,les Français ont dépensé nettement plus au cours de leurs voyages En 2010, bien que leurs nuitées aient été moins nombreuses, les Français ont davantage dépensé qu’en 2009 au cours de leurs voyages pour motif personnel : 60,7 milliards d’euros (tableau 6), soit une hausse assez notable de + 4,9 %. L’augmentation des dépenses les touristes français est importante pour les voyages en métropole (+ 4,7 %) alors même que le nombre des nuitées y a reculé en 2010, au contraire de la fréquentation à l’étranger. La dépense moyenne par nuitée (41 € en métropole, 107 € à l’étranger) a en effet beaucoup plus fortement augmenté pour les voyages en métropole (+ 7,2 % par rapport à 2009) que pour les voyages à l’étranger (+1,9 %) . Outre les dépenses d’hébergement (hors forfaits), qui augmentent de 2,7 % en métropole et de 7,7 % à l’étranger, en partie sous l’effet de l’accroissement de la part des nuitées marchandes, les dépenses de nourriture, de loisirs et de shopping progressent fortement par rapport à 2009 (respectivement + 9,0 % en métropole et + 6,8 % à l’étranger). Tableau 6 : Évolution 2010/2009 des dépenses en France et à l’étranger par poste de dépense Ensemble des dépenses Dépenses des touristes français en France* Dépenses des touristes français à l’étranger** des touristes français Structure des Contribution Structure des Contribution Montant 2010 Évolution Montant 2010 dépenses par Évolution à l’évolution Montant 2010 dépenses par Évolution à l’évolution (en milliards 2010/2009 (en milliards poste en 2010 2010/2009 totale (en milliards poste en 2010 2010/2009 totale Type de dépenses d’euros) (en %) d’euros) (en %) (en %) (en points d’euros) (en %) (en %) (en points de %) de %) Dépenses en forfait 12,7 5,2 3,4 8,7 3,5 0,3 9,3 42,3 5,8 2,4 Dépenses en hébergement (hors forfait) 11,4 3,9 8,7 22,5 2,7 0,6 2,7 12,2 7,7 0,9 Dépenses en transport (hors forfait) 12,7 -0,4 8,9 22,9 -0,7 -0,2 3,8 17,2 0,1 0,0 Dépenses autres (hors forfait) 24,0 8,4 17,8 45,9 9,0 4,0 6,2 28,3 6,8 1,9 Total 60,7 4,9 38,8 100,0 4,7 4,7 22,0 100,0 5,3 5,3 * Hors DOM. ** y compris DOM. Source : Enquête SDT (DGCIS). On renoue ainsi avec la situation, régulièrement observée avant la crise (graphique 4), d’une divergence entre, d’une part, une stabilité ou même un recul des nuitées et, d’autre part, une forte croissance des dépenses, largement du fait d’une hausse des prix des biens et services liés au tourisme, supérieure à celle de l’ensemble des prix. Cette situation reflète exclusivement celle des voyages en métropole (près de 90 %). Elle est radicalement différente pour les voyages à l’étranger : leur nombre s’est accru (+ 1,5 %), celui des nuitées davantage (+ 3,3 %) et le montant des dépenses plus encore (+ 5,3 %). Graphique 4 : Évolution des nuitées et de la dépense (valeur, volume et prix) des touristes français en France Indices base 100 en 2005 Source : compte satellite du tourisme (DGCIS). Bilan de la demande touristique 2010 31
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    Premier bilan 2010du tourisme des étrangers en France (enquête EVE1) Synthèse Dans un contexte de nette reprise du tourisme international en 2010, les arrivées de touristes étrangers en France (76,8 millions) se sont stabilisées, comme en Espagne. Un léger allongement des voyages a permis une croissance modérée (+ 0,5 %) du nombre de nuitées (515 millions) par rapport à 2009. Mais les touristes étrangers ont un peu plus sensiblement réduit leurs dépenses journalières (-1,1 %), en même temps que la part de l’hébergement marchand. Leur dépense totale2 sur le territoire national a donc légèrement reculé (- 0,6 %), passant de 30,6 en 2009 à 30,4 milliards d’euros en 2010. Le dynamisme des arrivées, nuitées et dépenses en France des touristes allemands et des BRIC3 a été contrecarré par les difficultés d’autres clientèles, notamment européennes. La reprise du tourisme4 mondial est forte en 2010 avec une hausse des arrivées internationales de 7 % par rapport à 2009. Elle profite surtout à l’Asie (+ 13 %) et, dans une moindre mesure, à l’Amérique (+ 8 %), l’Europe (+3 %) étant le continent où la reprise est la moins dynamique. En France, les arrivées de touristes étrangers se stabilisent, après les baisses de 2008 et 2009, au plus fort de la crise. En Espagne, une légère augmentation (+1%) est observée. Il s’agit cependant de la première hausse depuis trois ans dans un pays où le secteur du tourisme est stratégique pour l’économie. L’évolution est, par contre, très favorable pour les États-Unis (+ 11 %), l’autre grand concurrent de la France en matière de tourisme récepteur. La France a accueilli 76,8 millions de touristes étrangers en 2010, comme en 2009 à un millier près. Toutefois, le nombre des nuitées passées en France par ces touristes (515 millions) est en légère croissance : 2,7 millions de plus qu’en 2009, soit une hausse de 0,5 %. Cette hausse résulte donc de l’allongement - mesuré - de la durée moyenne des voyages des touristes étrangers en France5. En revanche, le nombre des nuitées en hébergement marchand a légèrement diminué (- 0,7 %), donc leur part dans l’ensemble des nuitées (68,2 %) également. Ce recul a contribué à la baisse de la dépense journalière moyenne des touristes étrangers sur le territoire : celle-ci, de l’ordre de 60 euros, s’est réduite de moins d’un euro (- 1,1 %). La hausse des nuitées a limité l’impact de cette contraction sur la dépense totale des touristes étrangers : elle est passée de 30,6 milliards à 30,4 milliards entre 2009 et 20106, soit une baisse de 0,6 %. Il s’agit ainsi d’une stabilisation après deux années de très forte baisse (plus de 10 % entre 2007 et 2009, graphique 1). Ces résultats recouvrent de très fortes disparités selon le pays d’origine des touristes, dans un contexte de sortie de crise différencié selon les économies. Fait majeur de l’année 2010, l’Allemagne et les BRIC se détachent par leur très forte contribution à l’activité touristique des étrangers en France : - Les touristes allemands sont venus en France beaucoup plus nombreux qu’en 2009 (+ 6,4 %), contribuant ainsi pour l’essentiel à l’accroissement du nombre des nuitées. Même si leurs séjours ne se sont que peu allongés et la part des nuitées en hébergement marchand s’est réduite, expliquant pour partie le léger recul de la dépense journalière (- 1,7 %), la croissance des nuitées (+ 7,3 %) et des dépenses (+ 5,5 %) sont très vives. - Grâce à une très forte croissance de leurs arrivées (+ 32,6 %) et de leurs nuitées (+ 31,1 %), les touristes en provenance des BRIC ont pratiquement contribué à hauteur de la clientèle allemande, malgré leur poids encore limité. 1 Cf. Annexe 1, p. 51. 2 Hors transport international. 3 Brésil, Russie, Inde, Chine. 4 Au moins une nuit sur le territoire métropolitain, par opposition aux excursionnistes. 5 6,7 nuits en 2010. 6 Avec la prise en compte des excursionnistes, la dépense 2010 des visiteurs étrangers atteint 35,1 Mds d’euros, contre 35,5 Mds en 2009, en recul de 1,2 %. Bilan de la demande touristique 2010 33
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    Avec l’augmentation desdépenses journalières (+ 5,0 %), l’accroissement en 2010 de la dépense totale en France de cette clientèle est impressionnant (+ 37,6 %). Ainsi, l’activité du tourisme international en France aurait-elle été dynamique en 2010 sans les nouveaux reculs d’autres clientèles, en premier lieu d’Europe. En effet, hors l’Allemagne et la Russie (on pourrait ajouter les pays d’Europe centrale, dont les arrivées sont en nette croissance), les arrivées des clientèles européennes reculent de 2,0% et les nuitées d’autant (-1,9 %), la durée des séjours stagnant. Le recul de la dépense de ces clientèles est beaucoup plus important encore (- 5,1 %), du fait de la baisse de la dépense par nuitée (- 3,3 %) : sur 1 Md de perte de recettes par rapport à 2009, ce tassement de la dépense journalière en explique 600 millions. La baisse de la part des nuitées en hébergement marchand y a contribué. La clientèle britannique7, dont les arrivées reculent encore en 2010 (- 1,0 %), mais plus modérément que les deux années antérieures, a limité à 0,2 point sa contribution à la baisse du tourisme des Européens en France. Les touristes britanniques ont fortement allongé leurs séjours en 2010, de sorte que le nombre de leurs nuitées en France a augmenté de près de 1 %. Cela ne suffit pas, cependant, à maintenir leurs dépenses : celles-ci reculent de 2,3 %, les touristes britanniques comprimant fortement leurs dépenses quotidiennes alors même que la part de leurs nuitées en hébergement marchand s’accroît. Les arrivées en provenance de la Belgique et du Luxembourg, clientèle dont le poids est proche de celui de la clientèle allemande, sont en forte baisse (- 2,6 %), de même que les nuitées (- 2,9 %) et la dépense (- 2,6 %). La clientèle des Pays-Bas (proche elle aussi en poids des clientèles allemande et belgo-luxembourgeoise) réduit plus fortement encore ses arrivées mais rallonge sensiblement la durée des séjours, de sorte que le recul des nuitées n’est que de 0,5 %. La part des nuitées marchandes s’accroissant et, en lien, la dépense journalière, la dépense totale des touristes néerlandais augmente légèrement. L’Irlande, le Portugal et la Grèce, pays confrontés à de graves difficultés de soutenabilité de leurs finances publiques, contribuent significativement à la baisse de l’activité touristique en France (-0,3 point de croissance ensemble, soit autant que de grosses clientèles comme la Belgique ou les Pays-Bas), alors même que leur poids est faible dans l’ensemble des touristes étrangers en France. En effet, globalement, le recul de ces clientèles est brutal en 2010 : -13 % pour les arrivées, -19 % pour les nuitées, la durée des séjours se contractant fortement, et -17 % pour les dépenses. Les arrivées en provenance d’Espagne, pays confronté a des difficultés de même nature, se stabilisent. Toutefois, les touristes espagnols réduisent fortement leurs durées de séjours en France, ce qui se solde par une importante baisse des nuitées (- 6,6 %) donc de leur dépense totale (- 5,3 %). La clientèle des États-Unis, malgré des arrivées en fort recul (-5,0 %) est, comme celle des Pays-Bas, finalement contributive en termes de dépenses : grâce à des durées de séjours en hausse sensible (+2,9 %), elle limite la baisse des nuitées (-2,3 %) ; en outre, une importante hausse des dépenses par nuitée (+4,0 %) assure au final un accroissement de la dépense totale (+1,7 %). Les clientèles africaines arrivent nettement moins nombreuses mais rallongent fortement leurs séjours (pourtant déjà deux fois plus longs que les autres clientèles). La baisse des nuitées est donc limitée et la dépense totale en légère hausse. 7 Qui reste la première en termes d’arrivées et de nuitées par pays. 34 Bilan de la demande touristique 2010
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    Bilan 2010 détaillédu tourisme des étrangers en France 1. Nette reprise du tourisme international en 2010 Avec 935 millions d’arrivées en 2010 (tableau 1), le tourisme international repart à la hausse8 (+ 7 %) après le recul de 2009 (- 4 %), année la plus durement touchée par la crise économique mondiale. Pour autant, cette reprise est loin d’être uniforme selon les derniers chiffres de l’OMT. L’Asie (192 millions d’arrivées) est le continent qui enregistre la plus forte progression (+ 13 %), bénéficiant du dynamisme économique de la Chine et de l’Inde. Le continent européen reste de loin la principale zone de réception en 2010 avec 471 millions d’arrivées, même si l’éruption du volcan Eyjafjöll et l’incertitude économique planant sur la zone euro ont pesé sur la reprise des arrivées de touristes, en croissance de 3 % par rapport à 2009 . Les arrivées de touristes ont augmenté de 8% en Amérique, soit un point de plus que la moyenne mondiale. En Afrique et en Océanie, continents ne recevant que peu de touristes étrangers (48,7 et 11,6 millions d’arrivées en 2010), la progression se situe légèrement en dessous de la moyenne mondiale (+6% pour chacun des deux continents). Tableau 1 : Arrivées de touristes étrangers dans les continents Part dans Évolution Contribution 2009 2010 l’ensemble 2010/2009 à l’évolution (millions) (millions) en 2010 (%) 2010/1009 (%) (en points) Europe 457 471 52,1 3 1,6 Asie 170 192 19,4 13 2,5 Amériques 141 151 16,1 8 1,3 Océanie 11 12 1,3 6 0,1 Afrique 46 49 5,2 6 0,3 Moyen-Orient 52 60 5,9 14 0,8 Total 877 935 100 7 7 Source : OMT. 2. Stabilisation pour la France et l’Espagne Les arrivées de touristes internationaux dans l’Hexagone restent stables à 76,8 millions (tableau 2). Si l’Hexagone demeure la première destination touristique au monde, les arrivées de touristes étrangers restent en 2010 en deçà du record de 2007 (80,8 millions de touristes) et également du niveau de 2008 (79,2 millions), année d’entrée dans la crise économique. Les effets de la crise sur l’activité touristique semblent donc avoir persisté en 2010. La situation est comparable pour l’Espagne avec une légère augmentation de 1 % par rapport à 2009. Il s’agit cependant de la première hausse depuis trois ans dans un pays où le secteur du tourisme demeure stratégique pour l’économie. Les États-Unis conservent aisément leur deuxième place derrière la France, avec une progression d’arrivées de touristes étrangers de 11 %. Les pays européens enregistrant les plus fortes hausses peuvent être qualifiés « d’émergents » en matière de tourisme (certains NEM). La Chine, qui se trouve en quatrième position en 2010, peut améliorer ce classement dans les années à venir. S’agissant, plus globalement, des visiteurs étrangers (touristes et excursionnistes), la France en a reçu 189,2 millions en 2010 (tableau 2). Ce chiffre est en baisse de 1,6% par rapport à 2009 (192,4 millions), du fait de la diminution du nombre d’excursionnistes9, de 2,7%, celui des touristes étant stable. Le nombre de visiteurs étrangers reste ainsi en deçà du niveau record de 2008 (193,6 millions). La répartition (59 %/41 %) entre excursionnistes et touristes se rééquilibre légèrement au profit des touristes. 8 Pour un continent, il s’agit de la variation de la somme des arrivées d’étrangers dans chacun des pays de la zone et non des arrivées étrangères à la zone prise dans son ensemble. Cependant, au niveau mondial, les deux concepts coïncident. 9 Ceux-ci viennent quasi-totalement des pays européens limitrophes. Bilan de la demande touristique 2010 35
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    Tableau 2 :Arrivées en France de visiteurs étrangers (touristes et excursionnistes) Visiteurs en 2010 (millions) Évolution 2010/2009 (%) Total Touristes Excursionnistes Total Touristes Excursionnistes Europe 173,4 65,0 108,4 -1,9 -0,4 -2,8 Hors Europe 15,8 11,8 4,0 1,7 2,0 0,7 Total 189,2 76,8 112,5 -1,6 0,0 -2,7 Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires. 3. Les arrivées en France : fort rebond des clientèles allemande et des BRIC La stabilité en 2010 des arrivées en France de touristes étrangers recouvre des évolutions très contrastées selon leurs zones de résidence. Les cartes géographique et économique des principaux pays de résidence des touristes internationaux se superposent assez bien : - forte progression des arrivées en provenance des zones relativement épargnées par la crise économique où ayant rebondi ; - stabilité ou diminution des arrivées en provenance des zones plus durement affectées et encore en convalescence. 3.1. Retour en force des clientèles allemandes et des BRIC Le premier fait marquant en 2010 est la forte progression, après deux années consécutives de baisse, des clientèles allemandes, dont les arrivées augmentent de +6,4 % par rapport à 2009, soit près de 700 000 arrivées supplémentaires (tableau 3). Il s’agit, et de loin, de la plus forte augmentation en nombre d’arrivées de touristes d’un pays étranger en France. L’Allemagne conforte ainsi sa position de deuxième clientèle étrangère de la France avec 11,4 millions d’arrivées en 2010. Elle se rapproche du Royaume-Uni qui reste cependant la première clientèle internationale avec 12,1 millions d’arrivées. Autre fait marquant : la très forte progression des pays émergents, plus particulièrement des BRIC avec une croissance de + 32,6 % des arrivées par rapport à 2009. Ainsi, en dépit de leur moindre poids que l’Allemagne dans les arrivées de touristes étrangers en France (3 % contre 15 %), les BRIC contribuent presque autant (0,8 point contre 0,9 point) à la croissance des arrivées de touristes étrangers en France. Les BRIC apportent près de 600 000 arrivées supplémentaires par rapport à 2009. À l’image du développement économique de ces pays, les arrivées de touristes de Chine et du Brésil bondissent respectivement de 23,4 % et 20,1 %. Les chiffres concernant la Russie et l’Inde sont encore plus impressionnants : +63,8 % et +71,6 %. Ils doivent cependant être relativisés au nombre encore très limité de touristes originaires de ces pays. Les arrivées en provenance d’Océanie - essentiellement d’Australie - sont également en forte croissance (+ 9,3 %) mais leur contribution reste limitée compte tenu du poids encore faible de cette clientèle. Tableau 3 : Arrivées des touristes étrangers en France selon le continent d’origine Nombre de touristes (millions) Part dans Variation Évolution Contribution à l’ensemble 2010/2009 2010/2009 l’évolution 2010/1009 2009 2010 en 2010 (%) (milliers) (%) (en points) Europe 65,2 65,0 84,7 -235 -0,4 -0,3 Allemagne 10,7 11,4 14,8 687 6,4 0,9 Russie 0,3 0,4 0,6 173 63,8 0,2 Autres 54,3 53,2 69,3 -1 095 -2,0 -1,4 Amériques 5,5 5,6 7,3 111 2,0 0,1 États-Unis 3,1 2,9 3,8 -154 -5,0 -0,2 Canada 0,9 0,9 1,2 63 7,2 0,1 Brésil 0,6 0,8 1,0 126 20,1 0,2 Asie 3,1 3,3 4,3 159 5,1 0,2 Chine 0,7 0,9 1,2 173 23,4 0,2 Japon 0,7 0,6 0,8 -98 -14,1 -0,1 Inde 0,2 0,3 0,4 113 71,6 0,1 Océanie 1,1 1,2 1,6 102 9,3 0,1 Afrique 1,8 1,7 2,2 -137 -7,5 -0,2 Afrique du Nord 1,3 1,2 1,5 -103 -8,1 -0,1 Total 76,8 76,8 100 -1 0,0 0,0 Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires. 36 Bilan de la demande touristique 2010
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    3.2. Nouveau reculdes autres clientèles européennes ainsi que des arrivées d’Afrique et des États-Unis Grâce à l’afflux des touristes allemands, globalement les arrivées en provenance d’Europe se stabilisent en 2010 (- 0,4 %) après les reculs de - 3,1 % en 2009 et - 2,8 % en 2008, liés à la crise économique. Pénalisées notamment par un change défavorable, les arrivées de touristes britanniques (tableau 4) reculent encore en 2010 (- 1,0 %). Cette baisse est toutefois beaucoup plus contenue qu’en 2009 (- 9,8 %) et la perte se « limite » à un peu plus de 100 000 arrivées. La clientèle italienne est, elle aussi, en léger retrait (- 1,3 %), avec une réduction du nombre des arrivées du même ordre que celle de la clientèle britannique. Les arrivées des touristes belges, luxembourgeois et néerlandais sont en baisse plus sensible (- 2,6 % pour les Belgo-luxembourgeois et - 3,4 % pour les Néerlandais). Compte tenu du poids de ces clientèles, leur contribution (- 0,7 point, - 530 000 arrivées) à la décroissance des arrivées de touristes étrangers en France efface assez largement celle, à la croissance, des visiteurs allemands. Mais, au recul des pays du Benelux, s’ajoute celui, tout aussi important en contribution, de trois autres pays qui ont en commun de graves problèmes de soutenabilité de leurs finances publiques, difficultés ayant donné lieu à la mise en place de politiques restrictives : les arrivées en provenance du Portugal, de Grèce et d’Irlande sont en effet très en retrait par rapport à 2009 (- 5,5 %, - 13,2 % et - 32,2 %), soit une perte globale de 260 000 touristes. Toutefois, les clientèles européennes constituent toujours l’essentiel des arrivées de touristes internationaux en France (85 % en 2010). Le nombre de touristes en provenance des États-Unis est en recul de 5,0 % en 2010 (-150 000 arrivées). Les visiteurs américains, comme les Britanniques, sont notamment pénalisés par un change défavorable. Les effets de la crise semblent encore perceptibles sur la première puissance économique mondiale. Ce recul est cependant plus que compensé par la croissance des arrivées de touristes canadiens (+ 7,2 %) et, plus encore, de la clientèle brésilienne. Au final, le nombre d’arrivées en provenance du continent américain augmente même de 2,0 % par rapport à 2009. Le continent américain reste ainsi en 2010 le deuxième en termes d’arrivées de touristes en France, loin derrière l’Europe mais devant l’Asie. Comme les arrivées en provenance du continent américain, celles venant du continent asiatique se caractérisent par des évolutions très contrastées selon les pays. Ainsi, le recul de la clientèle japonaise (-14,1 % soit 100 000 arrivées de moins qu’en 2009) s’oppose à la croissance très forte des arrivées des touristes de Chine (23,4 %) et d’Inde (71,6 %), qui représentent ensemble un surcroît de 300 000 arrivées en 2010, très supérieur au recul japonais. Les arrivées de touristes en provenance d’Afrique sont en recul de 7,5 %. Tableau 4 : Arrivées de touristes européens en France selon le pays d’origine Nombre de touristes (millions) Part dans Variation Évolution Contribution à l’ensemble 2010/2009 2010/2009 l’évolution 2010/1009 2009 2010 en 2010 (%) (milliers) (%) (en points) Royaume-Uni 12,2 12,1 15,7 -125 -1,0 -0,2 Allemagne, Autriche 11,3 12,1 15,8 796 7,0 1,2 Belgique, Luxembourg 10,9 10,6 13,8 -282 -2,6 -0,4 Italie 7,2 7,2 9,3 -96 -1,3 -0,1 Pays-Bas 7,2 7,0 9,1 -249 -3,4 -0,4 Suisse 5,4 5,5 7,1 24 0,4 0,0 Espagne 4,9 4,9 6,4 12 0,3 0,0 Finlande, Danemark, Suède 1,5 1,5 1,9 -21 -1,4 0,0 Portugal, Irlande, Grèce 2,0 1,8 2,3 -259 -12,9 -0,4 Autres 2,5 2,5 3,3 -36 -1,4 -0,1 Pologne 0,4 0,3 0,5 -16 -4,4 0,0 Russie 0,3 0,4 0,6 173 63,8 0,3 Europe 65,2 65,0 84,7 -235 -0,4 -0,4 Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires. Bilan de la demande touristique 2010 37
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    4. Globalement, lesnuitées augmentent peu mais les situations sont très contrastées, notamment du fait des variations des durées de séjours 4.1 Globalement, un léger allongement des séjours génère 2,7 millions de nuitées de plus qu’en 2009 Les touristes internationaux ont réalisé 514,9 millions de nuitées en France en 2010, contre 512,2 millions en 2009 : une légère hausse, de + 0,5 % soit 2,7 millions de nuitées de plus qu’en 2009, pour la première fois depuis 2007 (tableau 5a). Le niveau reste néanmoins en deçà des années antérieures : 526,2 millions de nuitées en 2008 et 536,3 millions en 2007. Arrivées et nuitées sont bien sûr corrélées. Néanmoins les écarts d’évolution traduisent les variations de la durée des séjours. Globalement, leurs arrivées restant stables, l’augmentation du nombre des nuitées des touristes étrangers s’explique totalement par un allongement (+0,5 % par rapport à 2009) de la durée moyenne (6,7 jours en 2010) de leurs voyages en France (tableau 5b). Cependant, une fois encore, les évolutions sont très contrastées selon les pays ou zones de résidence des touristes. 4.2 Les touristes allemands et des BRIC ont peu allongé leurs séjours en France Comme pour les arrivées, les touristes allemands et des BRIC contribuent largement à l’augmentation d’ensemble des nuitées étrangères par rapport à 2009 : avec une hausse de 7,3 % les Allemands contribuent pour 1 point au taux de croissance de 0,5 % et les BRIC, avec une croissance de +31,1 %, contribuent fortement eux aussi (0,9 point). Par rapport à 2009, ce sont 5,2 millions et 4,4 millions de nuitées supplémentaires que réalisent les touristes de ces deux zones. Néanmoins, la contribution des BRIC serait comparable à celle de l’Allemagne si leurs clientèles n’avaient pas réduit la durée de leurs séjours en France (de 1,1 %) et les touristes allemands augmenté légèrement la leur (+0,8 %) : alors que le surcroît de nuitées allemandes en 2010 est dû pour plus de 600 000 à l’allongement des séjours, il est réduit de près de 300 000 nuitées pour les BRIC du fait de voyages plus courts. Toutefois, au sein des BRIC, les situations sont contrastées : ainsi, alors que Brésiliens et Russes réduisent sensiblement la durée de leurs voyages en France (de - 6,6 % et - 3,7 %), les touristes en provenance de l’Inde augmentent fortement (+10,4 %) la leur. Mais, les taux de croissance des arrivées des touristes en provenance de ces pays sont si élevés que l’effet « durées de séjours » reste dans tous les cas secondaire. Une façon plus frappante de présenter ces chiffres est de les exprimer en journées d’activité supplémentaires par rapport à l’année 2009 : en 2009, près de 200 000 touristes allemands étaient, en moyenne, quotidiennement présents sur le territoire national. Le surcroît de nuitées allemandes en 2010 correspond à 27 de ces « jours moyens de 2009 ». Pour les BRIC, le surcroît est de 113 jours ! (cf. dernière colonne des tableaux 5a et 6a). 4.3 Outre celle des BRIC, la fréquentation de certaines clientèles, notamment européen- nes, a pâti d’une réduction de la durée des séjours Les nuitées des touristes belges et luxembourgeois (tableau 6b) ne sont que peu impactées par la durée de leurs séjours, qui reste assez stable en moyenne, et ne creuse donc pas un recul déjà très important de 1,7 million de nuitées, résultant d’arrivées en forte baisse. Par contre, les touristes en provenance du Portugal et d’Irlande, pays durement touchés par la crise, sont arrivés non seulement moins nombreux en France mais, en outre, y sont restés moins longtemps : la réduction des séjours explique la moitié de la perte de nuitées. L’intégralité des pertes de nuitées des touristes suisses et espagnols s’explique par le fort recul de la durée de leurs séjours. Ces pertes sont particulièrement importantes s’agissant des touristes espagnols : plus de 1,6 million de nuitées par rapport à 2009. 38 Bilan de la demande touristique 2010
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    Le recul relatifdes nuitées des touristes japonais est beaucoup plus fort : -14,3 % par rapport à 2009, ce qui représente une perte en nombre de nuitées équivalente à celle des touristes américains (600 000). Les séjours sont restés de durée à peu près égale. 4.4 L’allongement des séjours a joué fortement pour d’autres clientèles : Royaume-Uni, Pays-Bas, États-Unis et Afrique Les nuitées britanniques sont en hausse (+ 700 000) du fait de l’allongement des séjours, sans lequel on enregistrerait une perte d’un nombre équivalent de nuitées. Les nuitées de la clientèle des Pays-Bas sont en baisse (près de 300 000 nuitées de moins qu’en 2009), mais le résultat aurait été bien pire sans le million et demi de nuitées généré par l’allongement des séjours. Au total, hors les cas notables de l’Allemagne et de la Russie, la majorité des pays d’Europe reculent en termes de nuitées : globalement la perte de 6 millions de nuitées par rapport à 2009, aurait été pire sans l’allongement des séjours (principalement des touristes britanniques et des Pays-Bas), source de près d’un million de nuitées supplémentaires. Les nuitées des touristes venant des États-Unis sont elles aussi en baisse, de 2,3 %, par rapport à 2009, soit 600 000 nuitées en moins. Là encore, l’allongement des séjours a limité les pertes, qui auraient été doublées sinon. Enfin la baisse importante des nuitées de la clientèle d’Afrique (près de 700 000) aurait été là encore bien pire sans l’effet d’allongement des séjours (+1,2 million de nuitées, toutes choses égales par ailleurs) beaucoup plus marqué qu’avec la clientèle américaine. Cet allongement est remarquable, la clientèle africaine ayant des durées de séjours deux fois plus longues que les autres. Tableau 5a : Nuitées des touristes étrangers en France selon le continent d’origine Part dans Variation du Évolution Contribution Variation Nombre de nuitées (millions) l’ensemble nombre de 2010/2009 à l’évolution d’activité en en 2010 nuitées (%) 2010/1009 jours 2009 2010 (%) (milliers) (en points) par an (*) Europe 405,1 405,3 78,7 205 0,1 0,0 0,2 Allemagne 70,8 75,9 14,7 5 174 7,3 1,0 26,7 Russie 2,3 3,7 0,7 1 347 57,7 0,3 210,5 Autres 332,0 325,7 63,3 -6 316 -1,9 -1,2 -6,9 Amériques 48,3 49,1 9,5 872 1,8 0,2 6,6 États-Unis 25,9 25,3 4,9 -595 -2,3 -0,1 -8,4 Canada 8,7 9,6 1,9 878 10,1 0,2 36,9 Brésil 5,1 5,7 1,1 622 12,2 0,1 44,4 Asie 24,6 26,0 5,0 1 393 5,7 0,3 20,7 Chine 5,4 6,7 1,3 1 308 24,3 0,3 88,7 Japon 4,2 3,6 0,7 -598 -14,3 -0,1 -52,3 Inde 1,2 2,3 0,5 1 095 89,5 0,2 326,6 Océanie 9,0 9,8 1,9 889 9,9 0,2 36,2 Afrique 25,2 24,6 4,8 -669 -2,7 -0,1 -9,7 Afrique du Nord 17,9 17,6 3,4 -272 -1,5 -0,1 -5,6 Total 512,2 514,9 100 2 689 0,5 0,5 1,9 (*) En 2009, en moyenne près de 200 000 touristes allemands étaient présents par jour sur le territoire national, générant autant de nuitées. Le surcroît de nuitées en 2010 correspond à 27 jours supplémentaires de présence des touristes allemands sur le territoire. Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires. Bilan de la demande touristique 2010 39
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    Tableau 5b :Impact de la durée des séjours selon le continent d’origine Durée moyenne Évolution Variation dont liée à la des séjours 2010/2009 du nombre de variation de en 2010 (%) nuitées la durée des (nombre de nuits) (milliers) séjours (milliers) Europe 6,2 0,4 205 1 409 Allemagne 6,7 0,8 5 174 627 Russie 8,3 -3,7 1 347 -143 Autres 6,1 0,1 -6 316 925 Amériques 8,8 -0,2 872 -271 États-Unis 8,7 2,9 -595 709 Canada 10,2 2,7 878 250 Brésil 7,6 -6,6 622 -404 Asie 7,9 0,5 1 393 82 Chine 7,3 0,7 1 308 46 Japon 6,0 -0,3 -598 -9 Inde 8,5 10,4 1 095 219 Océanie 8,2 0,6 889 54 Afrique 14,6 5,3 -669 1 234 Afrique du Nord 15,1 7,2 -272 1 178 Total 6,7 0,5 2 689 2 508 Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires. Tableau 6a : Nuitées des touristes européens en France selon le pays d’origine Part dans Variation du Évolution Contribution Variation Principaux pays Nombre de nuitées (millions) l’ensemble nombre de 2010/2009 à l’évolution d’activité en européens en 2010 nuitées (%) 2010/1009 jours clients 2009 2010 (%) (milliers) (en points) par an (*) Royaume-Uni 77,0 77,7 15,1 684 0,9 0,2 3,2 Allemagne, Autriche 76,2 82,9 16,1 6 640 8,7 1,6 31,8 Belgique, Luxembourg 59,5 57,8 11,2 -1 718 -2,9 -0,4 -10,5 Italie 40,7 40,4 7,8 -278 -0,7 -0,1 -2,5 Pays-Bas 54,2 53,9 10,5 -283 -0,5 -0,1 -1,9 Suisse 28,5 27,9 5,4 -614 -2,2 -0,2 -7,9 Espagne 24,7 23,1 4,5 -1 628 -6,6 -0,4 -24,0 Finlande, Danemark, Suède 9,4 9,1 1,8 -304 -3,2 -0,1 -11,8 Portugal, Irlande, Grèce 14,2 11,5 2,2 -2 700 -19,0 -0,7 -69,4 Autres 20,7 21,1 4,1 405 2,0 0,1 7,2 Pologne 3,1 3,1 0,6 23 0,7 0,0 2,7 Russie 2,3 3,7 0,7 1 347 57,7 0,3 210,5 Europe 405,1 405,3 78,7 205 0,1 0,1 0,2 (*) cf. tableau 5a. Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires. Tableau 6b : Impact de la durée des séjours des touristes européens Durée moyenne Évolution Variation dont liée à la Principaux pays des séjours 2010/2009 du nombre de variation de européens en 2010 (%) nuitées la durée des clients (nombre de nuits) (milliers) séjours (milliers) Royaume-Uni 6,4 1,9 684 1 474 Allemagne, Autriche 6,8 1,6 6 640 1 291 Belgique, Luxembourg 5,4 -0,3 -1 718 -176 Italie 5,6 0,6 -278 258 Pays-Bas 7,7 3,0 -283 1 585 Suisse 5,1 -2,6 -614 -741 Espagne 4,7 -6,8 -1 628 -1 690 Finlande, Danemark, Suède 6,2 -1,8 -304 -171 Portugal, Irlande, Grèce 6,6 -7,1 -2 700 -873 Autres 8,4 3,4 405 453 Pologne 8,8 5,4 23 157 Russie 8,3 -3,7 1 347 -143 Europe 6,2 0,4 205 1 409 Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires. 40 Bilan de la demande touristique 2010
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    5. La partde l’hébergement marchand se réduit à nouveau … En 2010, les touristes internationaux ont réalisé en moyenne un peu plus des deux tiers (68,2 %) de leurs nuitées en hébergement marchand10. Cette part s’est à nouveau réduite (elle était de 69 % en 2009), en recul chez les clientèles de tous les continents sauf d’Amérique et d’Océanie. La part de l’hébergement marchand est plus forte pour les clientèles lointaines (72 % des nuitées des touristes américains et 83 % des nuitées des Océaniens). À l’inverse, seulement 41% des nuitées des touristes venant d’Afrique sont réalisées en hébergement payant : s’agissant de la « destination France », ces clientèles ont plus facilement l’opportunité de profiter d’un point de chute dans la famille ou chez des amis. Tableau 7 : Évolution des nuitées en hébergement marchand entre 2005 et 2010 Total des nuitées Nuitées marchandes Nombre Évolution annuelle Nombre Évolution annuelle Part dans le total (millions) (%) (millions) (%) des nuitées (%) 2005 502,7 -0,1 344,5 -2,5 68,5 2006 513,7 2,2 358,8 4,1 69,8 2007 536,3 4,4 373,3 4,0 69,6 2008 526,2 -1,9 366,3 -1,9 69,6 2009 512,2 -2,7 353,3 -3,5 69,0 2010 514,9 0,5 350,9 -0,7 68,2 Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires. L’arbitrage entre hébergement marchand et non marchand est, avec la durée des séjours (cf. 4. supra) et la dépense (cf. 6 infra) un levier budgétaire important en période de difficultés économiques. De fait, alors que le nombre de nuitées marchandes avait fortement augmenté avant la crise économique, de l’ordre de 4 % l’an en 2006 et 2007, il a reculé de 2 % en 2008 et plus encore en 2009 : - 3,5 %. Aussi, l’année 2010, avec un tassement de 0,7 %, augure- t-elle d’un retour à la normale (tableau 7). Les marges de manœuvre à court terme sont réelles. La réduction du nombre de nuitées marchandes peut en effet se solder par une perte sèche de nuitées. Elle peut également être compensée, en tout ou partie, par le recours à des hébergements non marchands dans la famille ou chez des amis. Enfin, les propriétaires de résidences secondaires en France peuvent modifier cet équilibre en recourant à ces résidences ou à des voyages en hébergements payants – hôtels, chambres d’hôtes, etc. – qui leur permettent de découvrir de nouvelles régions. Ces marges sont évidemment variables d’un pays à l’autre, certains, comme les pays d’Afrique, ayant davantage d’opportunités de telles compensations. De fait, les clientèles d’Afrique ont fortement réduit en 2009 leurs nuitées marchandes : -12,3 % soit 1,4 million de nuitées en moins. Cette évolution est cohérente avec le doublement de la durée des séjours et semble correspondre à un recours accru à l’hébergement dans la famille ou chez des amis (tableau 8). De même, les trois quarts du recul des nuitées de la clientèle espagnole correspondent à celui des nuitées marchandes : 1,2 million sur un total de 1,4 million de nuitées perdues. Mais, au contraire des clientèles d’Afrique, les touristes espagnols ont fortement réduit la durée de leurs séjours, ne compensant que peu par l’hébergement non marchand. De même, le recul des nuitées des clientèles du Portugal, de la Grèce, de l’Irlande, pays confrontés à des difficultés budgétaires plus graves encore, sont exclusivement celles des nuitées marchandes, l’hébergement non marchand - très important pour ces pays (45 % globalement) - étant resté stable en 2010. À l’opposé, les touristes en provenance d’Océanie, de l’ensemble « Belgique- Pays-Bas-Royaume-Uni » et d’Amérique ont fortement accru leur nuitées marchandes. Enfin, entre les deux, les clientèles allemande et asiatique ont accru le nombre des leurs nuitées marchandes en 2010, mais moins que les nuitées non marchandes. Au total, alors que la fréquentation des clientèles étrangères a renoué avec la croissance, l’hébergement marchand reste en recul avec la perte de 2,4 millions de nuitées par rapport à 2009. 10 Hôtel, camping, location d’appartement ou de maison, etc. Bilan de la demande touristique 2010 41
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    Tableau 8 :Nuitées en hébergement marchand selon le continent ou le pays d’origine Part en 2010 Part Variation Variation Évolution des Contribution à Nombre de nuités des nuitées des nuitées du nombre total du nombre nuitées l’évolution du marchandes (millions) marchandes de la marchandes de nuitées de nuitées marchandes nombre des nuitées zone dans le total des dans l’ensemble (milliers) marchandes 2010/2009 marchandes 2009 2010 nuitées marchandes des nuitées (milliers) (%) 2010/2009 (%) en 2010 (%) (en point) Europe 285,4 280,7 80,0 69,3 205 -4 650 -1,6 -1,3 Allemagne 51,6 53,8 15,3 70,8 5 174 2 163 4,2 0,6 Royaume-Uni 52,7 53,9 15,3 69,3 684 1 161 2,2 0,3 Pays-Bas 43,5 44,1 12,6 81,8 -283 587 1,3 0,2 Belgique 39,1 40,3 11,5 74,4 -1 592 1 190 3,0 0,3 Italie 29,5 29,2 8,3 72,4 -278 -254 -0,9 -0,1 Espagne 15,9 14,6 4,2 63,3 -1 628 -1 245 -7,8 -0,4 Grèce, Irlande, Portugal 9,1 6,4 1,8 55,3 -2 700 -2 781 -30,4 -0,8 Amériques 32,9 34,9 10,0 71,1 872 1 990 6,0 0,6 Asie 16,4 17,0 4,8 65,4 1 393 656 4,0 0,2 Océanie 7,2 8,2 2,3 83,3 889 1 020 14,2 0,3 Afrique 11,5 10,1 2,9 41,0 -669 -1 416 -12,3 -0,4 Total 353,3 350,9 100 68,2 2 689 -2 400 -0,7 -0,7 Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires. 6. … contribuant ainsi à une légère baisse de la dépense des touristes étrangers Avec la durée des séjours et l’arbitrage entre hébergement marchand et non marchand, la dépense journalière est le troisième levier dont disposent les touristes pour ajuster leurs activités touristiques à leur budget, surtout en période de crise ou de sortie de crise. La dépense journalière est d’ailleurs liée à l’arbitrage entre hébergement marchand et non marchand, l’hébergement étant un poste des plus importants de la dépense totale. À cet égard, comme l’indique le tableau 9, on observe une étroite corrélation entre l’évolution du poids de l’hébergement marchand entre 2009 et 2010 et celui de la dépense journalière : Tableau 9 : Évolution 2010/2009 de la part de l’hébergement marchand et de la dépense quotidienne selon le continent d’origine Évolution de la part Évolution de l’hébergement marchand de la dépense dans l’ensemble des nuitées par nuitée (%) (%) Europe -1,7 -2,5 Amériques 4,2 2,3 Asie -1,6 -3,2 Océanie 3,9 22,8 Afrique -9,9 3,9 Total -1,2 -1,1 Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires. De fait, pour l’ensemble des touristes étrangers en France, comme le poids de l’hébergement marchand, la dépense journalière a légèrement reculé, passant de 59,8 à 59,1 euros (tableau 10b), soit une baisse de 1,1 %. Le nombre total de nuitées des touristes ne s’est cependant pas suffisamment accru (+0,5 %) pour permettre une augmentation de la dépense totale des touristes étrangers en France : elle a atteint 30,4 milliards d’euros en 2010, contre 30,6 milliards en 2009, soit une baisse de 0,6 % (tableau 10a). Il s’agit d’une stabilisation après deux années de très forte baisse (plus de 10% entre 2007 et 2009, graphique 1). Une fois encore, selon les zones de provenance, les évolutions sont contrastées. La dépense est en baisse pour les clientèles d’Europe prises dans leur ensemble, pour lesquelles une trop faible hausse de 0,1 % des nuitées ne permet pas de contrecarrer une baisse de la dépense journalière de 2,5 %, en partie liée au recul du marchand. La dépense des touristes allemands (+5,5 %) est un peu moins dynamique que celle des nuitées (+7,3%) du fait notamment de 42 Bilan de la demande touristique 2010
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    la baisse dupoids des hébergements marchands. Même phénomène avec les clientèles d’Asie : + 2,3 % pour la dépense totale, le recul de la dépense journalière (-3,2 %) réduisant l’impact de la forte hausse des nuitées (5,7 %). La dépense des clientèles américaines est à l’opposée : la hausse de la dépense journalière (2,3 %), sous l’action d’une hausse sensible de la part des nuitées marchandes, renforce une hausse plus modeste des nuitées et assure ainsi une croissance respectable de la dépense totale (+4,1 %). Enfin, les clientèles d’Afrique, malgré une forte baisse de la part de l’hébergement marchand, augmentent leur dépense journalière (de 2 euros en moyenne). Leur dépense quotidienne est structurellement faible, de l’ordre de 50 euros, de sorte que l’augmentation de certaines dépenses a un impact plus fort. Enfin, la faible part des nuitées marchandes (à peine plus de 40 % contre près de 70 % pour l’ensemble des touristes étrangers) réduit mécaniquement l’effet d’une baisse de leur poids. Tableau 10a : Dépenses des touristes étrangers en France selon le continent d’origine Dépense des touristes Part dans Variation Évolution Contribution (milliards d’euros) l’ensemble (millions 2010/2009 à l’évolution en 2010 d’euros) (%) 2010/1009 2009 2010 (%) (en points) Europe 24,1 23,5 77,4 -591 -2,5 -1,9 Allemagne 4,3 4,5 14,8 236 5,5 0,8 Russie 0,1 0,3 1,0 185 152,3 0,6 Autres 19,7 18,7 61,5 -1012 -5,1 -3,3 Amériques 3,1 3,2 10,6 128 4,1 0,4 États-Unis 1,7 1,7 5,6 28 1,7 0,1 Canada 0,5 0,6 2,0 93 17,6 0,3 Brésil 0,4 0,4 1,5 36 8,9 0,1 Asie 1,5 1,5 5,0 34 2,3 0,1 Chine 0,3 0,4 1,3 61 19,0 0,2 Japon 0,3 0,3 0,9 -26 -8,8 -0,1 Inde 0,1 0,1 0,4 60 102,7 0,2 Océanie 0,6 0,9 2,8 222 35,0 0,7 Afrique 1,3 1,3 4,3 14 1,1 0,0 Afrique du Nord 0,7 0,9 2,9 147 20,5 0,5 Total 30,6 30,4 100 -192 -0,6 -0,6 Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires. Tableau 10b : Impact de la dépense journalière selon la zone d’origine Évolution de la dépense par nuitée Effet sur la dépense totale Montant (en euros) Évolution Variation dont liée à la 2010/2009 (millions variation de la 2009 2010 (%) d’euros) dépense par nuitée (millions d’euros) Europe 59,5 58,1 -2,5 -591 -563 Allemagne 60,5 59,5 -1,7 236 -77 Russie 51,9 83,0 60,0 185 115 Autres 59,4 57,4 -3,3 -1 012 -601 Amériques 64,2 65,6 2,3 128 65 États-Unis 65,2 67,8 4,0 28 67 Canada 60,9 65,1 6,8 93 40 Brésil 79,4 77,1 -2,9 36 -13 Asie 59,9 58,0 -3,2 34 -39 Chine 59,6 57,1 -4,3 61 -17 Japon 70,5 75,0 6,4 -26 16 Inde 47,6 50,9 7,0 60 8 Océanie 70,9 87,0 22,8 222 159 Afrique 50,7 52,7 3,9 14 55 Afrique du Nord 40,4 49,4 22,3 147 158 Total 59,8 59,1 -1,1 -192 -322 Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires. Bilan de la demande touristique 2010 43
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    Graphique 1 :Évolution de la dépense en France des visiteurs étrangers Source : Compte satellite du tourisme (DGCIS). 44 Bilan de la demande touristique 2010
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    Zoom 1 :La part des touristes étrangers en transit diminue régulièrement depuis plusieurs années En raison de sa situation géographique centrale, la France est traditionnellement un pays de passage pour les étrangers voyageant en Europe. Les pays voisins ou ceux pour lesquels la France est un point de passage naturel vers d’autres destinations européennes sont les principaux concernés. Ainsi, 30 % des touristes espagnols arrivant en France sont en transit (c.-à-d. restent au maximum deux nuits dans le pays avant de repartir vers leur destination touristique). Suivent ceux du Royaume-Uni (19 %) et du Portugal (18 %). Néanmoins, en dehors d’une légère remontée en 2008, le poids des touristes internationaux en transit en France est en diminution régulière depuis 2006, passant de 14,6 % à 13,8 % en 2010. Cette évolution est liée à celle des modes de transport : le poids de la « route », beaucoup plus important dans les modes utilisés par les touristes étrangers en transit (graphique 1a), diminue tendanciellement au sein de cette population depuis 2005, au profit des autres modes de transport, notamment l’aérien (graphique 1b). Graphique 1a : Les arrivées de touristes étrangers en France selon les différents modes de transport en 2010 a. Ensemble des arrivées b. Transit Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires. Graphique 1b : Évolution des modes de transport des touristes en transit Part de chacun des modes, en % Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires. Bilan de la demande touristique 2010 45
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    Zoom 2 :Les voyages de 2 à 7 nuitées occupent une part grandissante Les trois quarts des touristes internationaux ne restent pas plus d’une semaine en France (graphique 2a). L’afflux progressif des clientèles lointaines fait mécaniquement diminuer la part des voyages d’une seule nuitée (graphique 2b). À l’autre extrême, moins de 8 % des touristes internationaux séjournent en France pendant plus de 15 jours. On observe un tassement des séjours de plus de 7 nuits. Graphique 2a : Les voyages des touristes étrangers en France en 2010 selon leur durée 29 nuits et plus 15 à 28 nuits 2% 6% 1 nuit 18% 8 à 14 nuits 16% 2 nuits 14% 4 à 7 nuits 3 nuits 30% 14% Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires. Graphique 2b : Évolution de la répartition (en %) des voyages des touristes étrangers en France selon leur durée Source : Enquête EVE, résultats 2010 provisoires. 46 Bilan de la demande touristique 2010
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    Nº 14 -juillet 2011 oc direction générale de la compétitivité de l’industrie et des services de la direction générale de la compétitivité, de l'industrie et des services Le tourisme en France en 2010 : moins de voyages mais plus de dépenses pour les Français, activité stable pour les étrangers En 2010, le taux de départ des 1. Voyages, nuitées et durée des séjours des Français Français en voyage pour motif personnel en France* et à l’étranger** a baissé de 2,1 points par rapport à 2009. Nombre Néanmoins, les touristes résidents ont (en millions) Structure Évolution Contribution sensiblement allongé leurs séjours, accru 2010 2010/2009 (points de %) 2009 2010 (%) (%) la part de leurs nuitées en hébergement marchand et augmenté fortement leurs Voyages En France 181 176 89,1 -2,8 -2,5 dépenses. Cette situation de stabilité, ou À l'étranger 21 22 10,9 1,5 0,2 de recul, des nuitées et de forte croissance Total 202 198 100 -2,3 -2,3 des dépenses était régulièrement observée Nuitées En France 962 940 82,1 -2,3 -1,9 avant la crise. Elle reflète seulement celle À l'étranger 198 205 17,9 3,3 0,6 des voyages en métropole : le nombre des Total 1 160 1 144 100 -1,4 -1,4 voyages à l’étranger s’est accru, celui des Durée moyenne des séjours Évolution nuitées et des dépenses davantage. (en nuitées) 2010/2009 Dans un contexte de nette reprise 2009 2010 (%) du tourisme international en 2010, les En France 5,31 5,34 0,5 arrivées de touristes étrangers en France se À l'étranger 9,31 9,47 1,7 sont stabilisées. Un léger allongement des Total 5,73 5,79 1,0 voyages a permis une croissance modérée * Hors DOM ; ** y compris DOM. du nombre de nuitées par rapport à 2009. Source : Enquête SDT (DGCIS). Le dynamisme des arrivées et des nuitées en France des touristes allemands et des 2010 est mécaniquement en baisse lui aussi rapport à la même période de 2009 et BRIC contraste avec les difficultés de la (- 2,3 % par rapport à 2009), soit 197,5 - 4,5 % sur la période de mai à septembre. La plupart des autres clientèles, notamment millions de voyages pour motif personnel demande de voyages est toutefois repartie au en 2010. La baisse est donc sensible après dernier trimestre 2010 (+ 0,8 %). européennes. une quasi-stabilité en 2009 (- 0,1 % par rapport à 2008). La plupart des régions françaises En 2010, les Français sont ont enregistré un recul moins nombreux à être partis Moins de voyages en France des arrivées de touristes français en voyage pour motif personnel mais plus à l’étranger La majorité des régions ont pâti du recul En 2010, le taux de départ des Français Selon qu’il s’agit de voyages en des voyages des Français en métropole, en (15 ans ou plus) en voyage pour motif particulier certaines régions emblématiques personnel s’est établi à 75,9 %, en baisse de métropole ou à l’étranger, les évolutions ne sont pas du tout les mêmes : alors que de l’activité touristique comme PACA, avec 2,1 points par rapport à 2009 (graphique 1). une baisse de 5,7 % du nombre de voyages de Le calendrier 2010, avec un nombre de jours le nombre de voyages en métropole s’est résidents dans la région en 2010. A contrario, fériés et de ponts plus réduit qu’en 2009, a replié de 2,8 %, les Français voyagent de quelques régions ont tiré leur épingle du jeu : contribué à la diminution du taux de départ plus en plus à l’étranger : + 1,5 % en 2010 la Corse (+ 5,5 %), la Basse-Normandie en courts séjours. après + 1,0 % en 2009. Néanmoins, la (+ 3,6 %) ou encore la Lorraine (+ 6,8 %). La baisse du taux de départ en 2010 part des voyages à l'étranger reste encore Le nombre de voyages des Français est concerne toutes les catégories de ménages : limitée (11 %), de sorte que leur hausse également orienté à la hausse pour la région les ouvriers (- 3,0 points), les employés ne permet pas de compenser la baisse des capitale (+ 1,6 %). Avec près de 14 millions (- 3,1 points) et, dans une moindre mesure, les voyages en métropole. de voyages personnels réalisés en 2010, l’Île- ménages dont le chef est un cadre supérieur La baisse des voyages des Français de-France est restée dans le trio de tête des ou bien exerce une profession intellectuelle en 2010 n’est pas uniforme sur l’année : le régions touristiques préférées des Français, supérieure (- 1,5 point). recul est plus marqué sur la période estivale, derrière Rhône-Alpes (19,9 millions) et Le nombre des voyages réalisés en - 3,2 % sur la période juillet-août par PACA (16,2 millions). I Bilan de l’offre touristique 2010 47
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    En termes d’espacestouristiques, les campagnes continuent à générer le plus de 1. Taux de départ* en 2009 et 2010 et voyages (un tiers du total) devant les villes et évolution 2010/2009 du nombre de voyages* le littoral (tableau 2). Les espaces, littoraux des touristes français selon la PCS du chef de ménage (- 4,1 %), ruraux (- 3,9 %) et de montagne Évolution du hors stations (- 4,4 %) sont en recul. Les Taux de départ nombre de (en %) voyages (en %) villes (stabilité) et les stations de ski (légère Taux de départ en 2009 100 3,0 hausse des voyages) résistent mieux. 93,9 92,4 Taux de départ en 2010 90 89,3 Évolution 2010/2009 du nombre de voyages (en %) 2,0 86,9 La hausse du nombre de voyages 79,6 78,0 75,9 80 76,3 1,8 1,0 à l’étranger a bénéficié à tous les 73,6 76,5 71,8 71,1 68,8 69,8 continents sauf l’Afrique 70 0,0 -1,4 -1,2 60 -2,0 -2,3 -1,0 En dehors de l’Afrique, en recul de 5 %, tous les autres continents ont bénéficié 50 -4,6 -2,0 de la croissance du nombre des voyages 40 -6,2 -3,0 des touristes français à l’étranger : l’Europe (+ 2,7 %), mais aussi les destinations plus 30 -4,0 lointaines, telles l’Amérique (+ 3,3 %) et 20 -5,0 l’Asie-Océanie (+ 5,2 %). Le Vieux Continent demeure, et de loin, la principale zone de 10 -6,0 réception, avec 70 % des voyages des Français 0 -7,0 à l’étranger. L’Espagne reste la destination Agriculteurs Cadres et Professions Employés Ouvriers Inactifs (retraités, Ensemble exploitants, professions intermédiaires étudiants, étrangère favorite des Français. Elle renforce artisans, intellectuelles demandeurs commerçants et supérieures d'emploi, même sa position en 2010 (+ 6,4 %). Par chefs d'entreprise personnes au foyer) ailleurs, bénéficiant d’un change favorable, * pour motif personnel. Source : Enquête SDT (DGCIS). les Français ont davantage fréquenté la Grande-Bretagne et les États-Unis. voyages en métropole que, d'autre part, la plus fréquentation des hébergements marchands L’allongement de la durée des forte croissance des nuitées que des voyages est restée stable quand celle des hébergements voyages, surtout à l’étranger, a à l’étranger s’expliquent par un allongement non marchands a baissé (-2,2 %). limité le recul global des nuitées de la durée des séjours (+ 1,0 % au global), plus marqué pour les voyages à l’étranger Les Français ont dépensé En 2010, les touristes français ont (+ 1,7 %) qu’en métropole (+ 0,5 %). nettement plus qu'en 2009 réalisé un total de 1,14 milliard de nuitées au au cours de leurs voyages cours de leurs voyages pour motif personnel : La part des nuitées en 940 millions sur le territoire métropolitain hébergements marchands a Enfin, la dépense des touristes et 205 millions à l’étranger. Du fait de voyages plus longs à l’étranger (9,5 nuitées progressé en 2010 français a augmenté fortement (4,9 %) (tableau 3). On renoue ainsi avec la contre 5,3), la part des nuitées en métropole (82,1 %) est moins élevée que la part des Autre signe de reprise, l’évolution des situation, régulièrement observée avant la voyages (89,1 %). Comme pour les voyages, nuitées est plus favorable aux hébergements crise, d’une divergence entre stabilité (ou l’évolution est à la baisse pour les nuitées marchands, aussi bien pour les destinations recul) des nuitées et forte croissance des mais celle-ci est moins marquée : - 1,4 % par intérieures qu’à l’étranger. En effet, en dépenses, largement du fait - avant la crise - rapport à 2009. Selon qu’il s’agit de séjours 2010, en métropole, les nuitées dans des d’une hausse des prix (graphique 2). Cette en métropole ou à l’étranger, les évolutions hébergements marchands n’ont reculé que situation reflète exclusivement celle des sont contrastées : un recul dans le premier de 1,6 % contre - 2,7 % pour les nuitées voyages en métropole (près de 90 %). Elle cas (- 2,3 %), une hausse, comme pour les non marchandes et, à l’étranger, les nuitées est différente pour les voyages à l’étranger : voyages, dans le second (+ 3,3 %). payantes ont augmenté de 3,5 % contre leur nombre s’est accru (+ 1,5 %), celui des Aussi bien, d'une part, le moindre recul seulement + 2,9 % pour les autres. Au nuitées davantage (+ 3,3 %) et le montant des nuitées comparativement au recul des total, toutes destinations confondues, la des dépenses plus encore (+ 5,3 %). 2. Évolution 2010/2009 des voyages et des nuitées des touristes français en France par espace touristique Voyages Nuitées Durée moyenne de voyage Type d'espace Structure Évolution Contribution à Structure Évolution Contribution à Évolution En 2009 En 2010 en France en 2010 2010/2009 l'évolution totale en 2010 2010/2009 l'évolution totale 2010/2009 (en nuitées) (en nuitées) métropolitaine (%) (en %) (en points de %) (%) (en %) (en points de %) (en %) Littoral 22,6 -4,1 -0,9 31,2 -3,3 -1,1 7,3 7,4 0,7 Rural 34,3 -3,9 -1,3 30,9 -2,0 -0,6 4,7 4,8 2,0 Urbain 29,2 -0,1 0,0 20,9 -1,5 -0,3 3,9 3,8 -1,4 Stations de ski 4,7 0,5 0,0 6,3 -3,1 -0,2 7,3 7,1 -3,6 Montagne hors stations de ski 6,0 -4,4 -0,3 7,0 -1,6 -0,1 6,1 6,2 2,9 Non déterminé 3,2 -7,8 -0,3 3,7 -1,3 0,0 5,7 6,1 7,0 Total 100,0 -2,8 -2,8 100,0 -2,3 -2,3 5,3 5,3 0,5 Source : Enquête SDT (DGCIS). II 48 Bilan de l’offre touristique 2010
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    3. Évolution 2010/2009des dépenses des touristes français en France et à l'étranger par poste de dépenses Ensemble des dépenses Dépenses des touristes français Dépenses des touristes français des touristes français en France* à l'étranger** Montant Évolution Montant Structure Évolution Contribution Montant Structure Évolution Contribution Type de dépenses 2010 2010/2009 2010 des dépenses 2010/2009 à l'évolution 2010 des dépenses 2010/2009 à l'évolution (en milliards (en %) (en milliards par poste (en %) totale (en milliards par poste (en %) totale d'euros) d'euros) en 2010 (en points d'euros) en 2010 (en points (en %) de %) (en %) de %) Dépenses en forfait 12,7 5,2 3,4 8,7 3,5 0,3 9,3 42,3 5,8 2,4 Dépenses en hébergement (hors forfait) 11,4 3,9 8,7 22,5 2,7 0,6 2,7 12,2 7,7 0,9 Dépenses en transport (hors forfait) 12,7 -0,4 8,9 22,9 -0,7 -0,2 3,8 17,2 0,1 0,0 Dépenses autres (hors forfait) 24,0 8,4 17,8 45,9 9,0 4,0 6,2 28,3 6,8 1,9 Total 60,7 4,9 38,8 100,0 4,7 4,7 22,0 100,0 5,3 5,3 * hors DOM ; ** y compris DOM. Source : Enquête SDT (DGCIS). Nette reprise du tourisme de très forte baisse (plus de 10 % entre 2007 Grâce à une très forte croissance de international en 2010, et 2009). Ces résultats recouvrent de très leurs arrivées (+ 32,6 %) et de leurs nuitées stabilisation pour la France et fortes disparités selon le pays d’origine des (+ 31,1 %), les touristes en provenance l’Espagne touristes, dans un contexte de sortie de crise des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) différencié selon les économies. ont pratiquement contribué à hauteur de la La reprise du tourisme mondial est clientèle allemande, malgré leur poids encore forte en 2010 avec une hausse des arrivées Fort rebond des clientèles limité. Avec l’augmentation des dépenses internationales de 7 % par rapport à 2009. allemande et des BRIC journalières, l’accroissement en 2010 de la Elle profite surtout à l’Asie (+ 13 %) et, dépense totale en France de cette clientèle dans une moindre mesure, à l’Amérique Fait majeur de l’année 2010, est très fort. (+ 8 %), l’Europe (+ 3 %) étant le continent l’Allemagne et les BRIC se détachent par leur où la reprise est la moins dynamique. très forte contribution à l’activité touristique Nouveau recul des autres En France, les arrivées de touristes des étrangers en France (tableau 4). clientèles européennes… étrangers se stabilisent, après les baisses Les touristes allemands sont venus en de 2008 et 2009, au plus fort de la crise. France beaucoup plus nombreux qu’en 2009 Ainsi, l’activité du tourisme En Espagne, une légère hausse (+ 1 %) est (+ 6,4 %), contribuant ainsi pour l’essentiel international en France aurait-elle été observée. Il s’agit cependant de la première à l’accroissement du nombre des nuitées. dynamique en 2010 sans les nouveaux reculs depuis trois ans dans un pays où le secteur du Même si leurs séjours ne se sont que peu d’autres clientèles, en premier lieu d’Europe. tourisme est stratégique pour l’économie. allongés et la part des nuitées en hébergement En effet, hors l’Allemagne et la Russie (on La France a accueilli 76,8 millions de marchand s’est réduite, expliquant pour pourrait ajouter les pays d’Europe centrale, touristes étrangers en 2010, comme en 2009 partie le léger recul de la dépense journalière dont les arrivées sont en nette croissance), les à un millier près. Toutefois, le nombre des (- 1,7 %), la croissance des nuitées (+ 7,3 %) arrivées des clientèles européennes reculent nuitées passées en France par ces touristes et des dépenses (+ 5,5 %) est très vive. de 2,0 % et les nuitées d’autant (- 1,9 %), (515 millions) est en légère croissance : 2,7 millions de plus qu’en 2009, soit une hausse de 0,5 %. Cette hausse résulte donc 2. Évolution des nuitées et de la dépense de l’allongement - mesuré - de la durée (valeur, volume et prix) des touristes français en France moyenne des voyages des touristes étrangers Indices base 100 en 2005 en France . Stabilisation de la dépense des touristes étrangers après deux années de très fort recul En revanche, le nombre des nuitées en hébergement marchand a légèrement diminué (- 0,7 %), donc leur part dans l’ensemble des nuitées (68,2 %) également. Ce recul a contribué à la baisse de la dépense journalière moyenne des touristes étrangers sur le territoire : celle-ci, de l’ordre de 60 euros, s’est réduite de moins d’un euro (- 1,1 %). La hausse des nuitées a limité l’impact de cette contraction sur la dépense totale des touristes étrangers : elle est passée de 30,6 milliards à 30,4 milliards entre 2009 et 2010, soit une baisse de 0,6 %. Il s’agit Source : Compte satellite du tourisme (DGCIS). ainsi d’une stabilisation après deux années III Bilan de l’offre touristique 2010 49
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    4. Arrivées etséjours des touristes étrangers en France selon le continent et le pays de provenance Arrivées Nombre Durée moyenne Variation dont liée à de touristes Variation Évolution de nuitées Évolution des séjours Évolution du nombre la variation étrangers 2010/2009 2010/2009 en 2010 2010/2009 en 2010 2010/2009 de nuitées de la durée (millions) (milliers) (%) (millions) (%) (nombre de (%) (milliers) des séjours nuits) (milliers) Europe 65,0 -235 -0,4 405,3 0,1 6,2 0,4 205 1 409 Royaume-Uni 12,1 -125 -1,0 77,7 0,9 6,4 1,9 684 1 474 Allemagne, Autriche 12,1 796 7,0 82,9 8,7 6,8 1,6 6 640 1 291 Belgique, Luxembourg 10,6 -282 -2,6 57,8 -2,9 5,4 -0,3 -1 718 -176 Italie 7,2 -96 -1,3 40,4 -0,7 5,6 0,6 -278 258 Pays-Bas 7,0 -249 -3,4 53,9 -0,5 7,7 3,0 -283 1 585 Suisse 5,5 24 0,4 27,9 -2,2 5,1 -2,6 -614 -741 Espagne 4,9 12 0,3 23,1 -6,6 4,7 -6,8 -1 628 -1 690 Finlande, Danemark, Suède 1,5 -21 -1,4 9,1 -3,2 6,2 -1,8 -304 -171 Portugal, Irlande, Grèce 1,8 -259 -12,9 11,5 -19,0 6,6 -7,1 -2 700 -873 Autres 2,5 -36 -1,4 21,1 2,0 8,4 3,4 405 453 Pologne 0,3 -16 -4,4 3,1 0,7 8,8 5,4 23 157 Russie 0,4 173 63,8 3,7 57,7 8,3 -3,7 1 347 -143 Amériques 5,6 111 2,0 49,1 1,8 8,8 -0,2 872 -271 États-Unis 2,9 -154 -5,0 25,3 -2,3 8,7 2,9 -595 709 Canada 0,9 63 7,2 9,6 10,1 10,2 2,7 878 250 Brésil 0,8 126 20,1 5,7 12,2 7,6 -6,6 622 -404 Asie 3,3 159 5,1 26,0 5,7 7,9 0,5 1 393 82 Chine 0,9 173 23,4 6,7 24,3 7,3 0,7 1 308 46 Japon 0,6 -98 -14,1 3,6 -14,3 6,0 -0,3 -598 -9 Inde 0,3 113 71,6 2,3 89,5 8,5 10,4 1 095 219 Océanie 1,2 102 9,3 9,8 9,9 8,2 0,6 889 54 Afrique 1,7 -137 -7,5 24,6 -2,7 14,6 5,3 -669 1 234 Total 76,8 -1 0,0 514,9 0,5 6,7 0,5 2 689 2 508 Source : Enquête EVE (DGCIS), résultats 2010 provisoires. la durée des séjours stagnant. Le recul de la fortement encore ses arrivées mais rallonge ce qui se solde par une importante baisse des dépense de ces clientèles est beaucoup plus sensiblement la durée des séjours, de sorte nuitées (- 6,6 %), donc de leurs dépenses important encore (- 5,1 %), du fait de la que le recul des nuitées n’est que de 0,5 %. totales (- 5,3 %). baisse de la dépense par nuitée (- 3,3 %) : sur La part des nuitées marchandes s’accroissant un milliard d'euros de pertes de recettes par et, en lien, la dépense journalière, la dépense Bilan contrasté pour les rapport à 2009, ce tassement de la dépense totale des touristes néerlandais augmente clientèles plus lointaines journalière en explique 600 millions. La (+ 1,3 %). baisse de la part des nuitées en hébergement La clientèle des États-Unis, malgré marchand y a contribué. … notamment des pays des arrivées en fort recul (- 5,0 %), est, Les arrivées de la clientèle britannique confrontés à la soutenabilité comme celle des Pays-Bas, finalement reculent encore en 2010 (- 1,0 %), mais de leurs finances publiques contributive en termes de dépenses : grâce plus modérément que les deux années à des durées de séjours en hausse sensible antérieures. Les touristes britanniques ont Ensemble, Irlande, Portugal et Grèce, (+ 2,9 %), elle limite la baisse des nuitées fortement allongé leurs séjours en 2010, pays confrontés à de graves difficultés de (- 2,3 %) ; en outre, une importante hausse de sorte que le nombre de leurs nuitées en soutenabilité de leurs finances publiques, des dépenses par nuitée (+ 4,0 %) assure au France a augmenté de près de 1 %. Cela final un accroissement de la dépense totale contribuent significativement à la baisse ne suffit pas, cependant, à maintenir leurs (+ 1,7 %). de l’activité touristique en France (- 0,3 Les clientèles africaines arrivent dépenses : celles-ci reculent de 2,3 %, les point de croissance, soit autant que de nettement moins nombreuses mais rallongent touristes britanniques comprimant leurs grosses clientèles comme la Belgique ou les fortement leurs séjours (pourtant déjà deux dépenses quotidiennes alors même que Pays-Bas), alors même que leur poids est fois plus longs que les autres clientèles). la part de leurs nuitées en hébergement faible dans l’ensemble des touristes étrangers La baisse des nuitées est donc limitée et la marchand s’accroît. en France. En effet, globalement, le recul dépense totale en légère hausse. Les arrivées en provenance du de ces clientèles est brutal en 2010 : -13 % Benelux, dont la clientèle a un poids proche pour les arrivées, -19 % pour les nuitées, la Mission Statistiques et de celui de la clientèle allemande, sont en durée des séjours se contractant fortement, Études sur le Tourisme forte baisse (- 2,6 %), de même que les et -17 % pour les dépenses. Les arrivées en nuitées (- 2,9 %) et la dépense (- 2,6 %). provenance d’Espagne, pays confronté à des La clientèle des Pays-Bas (proche elle difficultés de même nature, se stabilisent. Directeur de la publication Luc Rousseau aussi en poids des clientèles allemande Toutefois, les touristes espagnols réduisent Rédacteur en chef et belgo-luxembourgeoise) réduit plus fortement leurs durées de séjours en France, François Magnien Secrétaire de rédaction Nicole Merle-Lamoot Pour en savoir plus : Composition par PAO Brigitte Baroin Consultez la rubrique « Statistiques et études économiques » du site tourisme. gouv.fr Direction générale de la compétitivité, de l'industrie et des services IV 50 Bilan de l’offre touristique 2010
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    Annexes 1. Les enquêtessur le tourisme 2. Mesure de l’impact de l’allongement des voyages
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    1. Les enquêtessur le tourisme Les enquêtes de fréquentation Les enquêtes de fréquentation pour l’hôtellerie (EFH) et sur la saison d’activité (mai à septembre) pour le camping (EFHPA) sont réalisées par les directions régionales de l’Insee dans le cadre d’une convention nationale passée entre la DGCIS et l’Institut. Dans certaines régions, des conventions ont été passées avec des partenaires locaux (ORT, CRT, DRT…) pour augmenter l’échantillon de l’enquête hôtellerie. L’enquête de fréquentation dans l’hôtellerie de plein air est exhaustive. L’enquête Suivi de la Demande Touristique (SDT) L’enquête SDT permet de suivre l’évolution des comportements touristiques des résidents. Mensuelle, elle est réalisée par voie postale auprès d’un panel de 20 000 personnes, âgées de 15 ans et plus, représentatif de la population résidente. Par convention, dans la suite du chapitre, le terme « Français » désigne l’ensemble des résidents en France. Les voyages et les allers-retours des « VRP » font partie du domaine du tourisme mais sont dans la pratique exclus du champ de l’enquête SDT parce que le mode d’interrogation par voie postale rend difficile leur suivi. L’enquête sur les visiteurs venant de l’étranger (EVE) L’enquête DGCIS-Banque de France auprès des visiteurs venant de l’étranger (EVE) permet de suivre les comportements touristiques sur le territoire français des personnes résidant à l’étranger. L’enquête est réalisée auprès des touristes et des excursionnistes à leur sortie du territoire métropolitain. 80 000 personnes sont interrogées chaque année, par vague trimestrielle. 2. Mesure de l’impact de l’allongement des voyages Le nombre de nuitées en France des touristes étrangers une année donnée dépend du nombre et de la durée de leurs voyages. D’une année à l’autre, on peut identifier, dans la variation du nombre de nuitées, la part due à l’allongement de la durée des voyages. On retranche pour ce faire à la variation totale des nuitées la variation fictive correspondant à la variation observée du nombre de voyage mais en supposant leur durée inchangée par rapport à l’année précédente. Ce calcul peut être mené au niveau d’un pays en maintenant constante la durée moyenne des séjours de l’ensemble des touristes provenant de ce pays. Il peut être également mené directement au niveau des continents. Toutefois, pour un continent donné, l’impact (en nombre de nuitées) de l’allongement de la durée moyenne des séjours n’est pas égal à la somme des impacts calculés au niveau de chaque pays du continent. En effet, même si on suppose inchangée les durées moyennes des séjours des touristes par pays d’origine, la durée moyenne des séjours de l’ensemble des touristes du continent varie car elle est la moyenne des durées (inchangées) par pays pondérées par des nombres d’arrivées différents chaque année. Dans cette étude, il a été convenu que l’impact au niveau d’un ensemble de pays serait la somme des impacts relatifs aux différents pays qui le constituent (cf. Tableau 5b, 6b). Le même principe a été appliqué pour l’impact de la dépense par nuitée sur la dépense totale (tableau 10b). Annexes 53
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